^
A
Par suite de la mort de M. Mabille, M. A. Molinier,
ancien élève de l'Ecole des Chartes, a dû continuer & terminer
les travaux entrepris par ce regretté collaborateur pour les
tomes II, IV, V.
Le nom de M. A. Molinier remplacera celui de M. E. Ma-
bille, SU)' les prochains volumes de la nouvelle édition de
l'Histoire générale de Languedoc.
^
HISTOIRE
GENERALE
DE LANGUEDOC
ÉDITION
ACCOMPAGNEE
DE DISSERTATIONS & NOTES NOUVELLES
CONTENANT
LE RECUEIL DES INSCRIPTIONS DE LA PROVINCE
AMTiaUES ET DU MOYEN AGE
DES PLANCHES, DES CARTES GÉOGRAPHIQ.UES ET DES VUES DE MONUMENTS
PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE
M. Edouard DULAURIER, membre de l'institut
ANNOTEE PAR
M. Emile MABILLE
ATTACHÉ AU DÉPARTEMENT DES MANUSCRITS DE LA
BIBLIOTHÈQUE NATIONALE
M. Edward BARRY
PROFESSEUR d'hISTOIRE A LA FACULTÉ DES LETTRES
DE TOULOUSE
CONTINUEE JUSQUES EN 1790
PAR
M. Ernest ROSCHACH
CORRESPONDANT DU MINISTÈRE DE l'iNSTRUCTION PUBLIQUE POUR LES TRAVAUX HISTORIQUES
Tous droits réservés pour ce qui concerne la nouvelle rédaction,
même partiellement.
HISTOIRE
GÉNÉRALE
DE LANGUEDOC
AVEC DES NOTES ET LES PIECES JUSTIHCATIVES
PAR
DOM CL. DEVIC & DOM J. VAISSETE
REUGIEUX BÉNÉDICTINS DE LA CONGRÉGATION DE SAINT-MAUR
TOME DEUXIEME
TOULOUSE
EDOUARD PRIVAT, LIBRAIRE-ÉDITEUR
MDCCCLXXV
t. X
596642
r5. . Il . 5"4
PRÉFACE
LE tome II de la nouvelle édition de VHistoire générale de Languedoc
complète le tome I de l'édition prînceps ^ les anciennes Ilotes, plu-
sieurs Notes ou dissertations nouvelles relatives à divers points d'his-
toire & aux institutions, les chartes 6c chroniques antérieures à l'an 877,
telles sont les matières qui y sont contenues. La principale cause des retards
éprouvés par cette partie de la publication a été la nature même des sujets
traités dans le premier volume de VHistoire. Dans cette partie de leur œuvre,
les Bénédictins avaient à élucider un grand nombre de questions pour la
solution desquelles leur siècle ne possédait pas tous les éléments nécessaires.
Se dont plusieurs n'ont même été soulevées que de nos jours. C'est ainsi
que l'ethnologie, l'origine des anciennes populations gauloises 8<. l'époque de
la colonisation du bassin de la Méditerranée, n'ont pu être étudiées d'une
manière un peu précise qu'après la découverte assez récente de la véritable
filiation des races indo-européennes. Pour la période romaine, mieux fourni
de livres Se de documents, dom Vaissete n'avait encore que bien peu de ces
innombrables inscriptions qui ont renouvelé l'histoire du haut empire, 8c de
son temps l'art délicat de l'épigraphie était encore dans l'enfance. Aussi sur
beaucoup de points était-il indispensable de compléter les rectificaiions déjà
indiquées dans le tome I, de développer des thèses nouvelles qui, faute de
place, n'avaient pu y être exposées.
Tel a été le premier 8c certainement le plus sérieux motif de ce long
II. a
vj PREFACE.
retard j le trouble apporté dans les travaux scientifiques aussi bien que dans
les transactions commerciales, par les événements de 1 870-1871, en est un
autre. Enfin, ajoutons-y la longue maladie qui a fini par emporter le
premier &. l'un des plus actifs collaborateurs de l'ouvrage, M. Emile Mabille.
Ami de ce savant, son aide assidu pendant les derniers temps de sa vie,
nous devons payer ici un tribut à sa mémoire, 8c consacrer quelques lignes
à cette existence toute de travail.
Mabille (Émile-Louis) naquit à Tours, le 21 décembre 1828. D'une
santé délicate, il fit la plus grande partie de ses études sous la direction de
son père &. vint les terminer à Paris, en 18475 ce fut au lycée Bonaparte
qu'il passa sa dernière année scolaire & qu'il fit sa philosopbie. Reçu bache-
lier, il entra d'abord à l'École d'administration, récemment créée. Après sa
suppression, deux ans plus tard, il suivit les cours de l'Ecole des Chartes,
en subit avec succès les examens Se reçut le titre d'archiviste paléographe,
après avoir présenté comme thèse une notice sur les divisions géographiques
de la Touraine au moyen âge, travail des plus sérieux, refondu plus tard
Se publié dans la Bibliothèque de VÈcole des Chartes. Attaché à la Biblio-
thèque nationale en i85i, il rendit à cet établissement de nombreux Se utiles
services. D'abord chargé du service des manuscrits français, il dirigea plus
tard le cabinet des titres. Se apporta à la conservation de cette importante
collection tous les soins désirables. Cependant il continuait à s'occuper
d'histoire. Se c'était surtout sa chère Touraine qui attirait Se captivait son
attention. Esprit net Se lucide, doué de beaucoup de persévérance, il excel-
lait aux travaux de critique proprement dits. Se préférait à des compositions
étendues Se plus littéraires des mémoires substantiels Se précis. L'étude des
sources, l'examen des rapports entre les chroniques Se les chartes, tels étaient
les travaux les plus appropriés à son esprit. Il a laissé dans ce genre de vrais
modèles; le mémoire sur V Aquitaine 6- ses marches au neuvième siècle,
y Introduction aux chroniques des comtes d'Anjou^ la monographie sur les
Pérégrinations du corps de saint Martin sont excellents de tout point, pleins
de faits nouveaux, exposés avec clarté Se méthode. Le premier, notamment,
qui est le tirage à part d'une I^ote rectificative insérée dans ce volume,
obtint, en 1871, une mention au concours des antiquités nationales. II
abonde en renseignements inédits Se corrige de nombreuses erreurs des
ouvrages antérieurs.
Ce fut en 1866 que M. E. Mabille reçut de M. Dulaurier la proposition
de collaborer à la nouvelle édition de V Histoire générale de Languedoc ; il se
mit immédiatement à ce nouveau travail Se y apporta les qualités ordinaires
^^T"
PREFACE. vij
de son esprit Se ses connaissances spéciales. Esprit méthodique, il s'attacha
tout d'abord à débrouiller la première époque de cette histoire, &. c'est à ces
quelques années de bon travail que l'on doit la notice sur l'Aquitaine, la pré-
paration des notes du tome I , & la réunion des preuves du présent volume.
M. Mabille espérait recueillir bientôt le fruit de tous ces travaux, quand
arriva la guerre de 1870 8c les lamentables événements qui la suivirent. Par
une obstination difficile à comprendre, notre honorable ami voulut rester à
Paris 8c supporter les privations du siège, alors que sa constitution ne lui
aurait permis, en aucun cas, d'en partager les dangers. C'est à cette impru-
dence qu'il faut attribuer la maladie qui nous l'a ravi. Mal rétabli à la fin
de 1872, un voyage un peu fatigant, qu'il dut faire alors dans le Midi,
acheva de ruiner sa faible santé, 8(. les deux ans qu'il vécut encore ne furent
plus qu'une longue suite de rechutes 8c de demi-guérisons. C'est à ce moment
que sentant chaque jour ses forces s'amoindrir, il nous choisit pour collabo-
rateur. Se méfiant peut-être trop peu de notre inexpérience, il nous aban-
donna tout d'abord la plus grande partie de la tâche 8c se contenta d'un
simple travail de révision, travail que l'affaiblissement continuel de sa santé
lui rendit de jour en jour plus pénible. Après avoir ainsi traîné de longs
mois, il s'éteignit le 24 septembre 1874, laissant à tous ceux qui l'avaient
connu un peu intimement les meilleurs souvenirs 8c les plus grands regrets.
Héritier de sa tâche, nous nous appliquâmes avant tout à terminer les
volumes qu'il laissait inachevés. Le tome II, la fin du tome IV, dont il
restait encore plus de deux cents pages à écrire, enfin le tome V, que nous
avions commencé sous sa direction, sont là pour témoigner des difficultés
que nous avions à vaincre.
Le tome II de la nouvelle édition comprend les Notes critiques du tome I
de l'édition princeps 8c les Notes rectificatives 8c additionnelles des nouveaux
éditeurs. Parmi ces Notes, outre celles que nous devons à E. Mabille, il faut
signaler à l'attention du public érudit les dissertations toutes nouvelles de
M. Edw. Barry sur l'histoire de la Province à l'époque romaine j on y verra
traitées à nouveau, 8c avec une rare sûreté de savoir 8c de goût, plusieurs
questions importantes, telles que celles des expéditions des Gaulois à Del-
phes, des anciennes populations de la Gaule Narbonnaise 8c des émigrations
des Volkesj nous signalerons encore les recherches de ce savant sur l'orga-
nisation intérieure 8c la religion locale des pagi, les origines de Toulouse 8c
les trophées de Pompée. Plus loin une précieuse Note de M. Ch. Robert
fournit sur la numismatique de la Province des idées toutes nouvelles.
M. H. Zotenberg, de la Bibliothèque nationale, a bien voulu résumer pour
viij PREFACE.
nous les passages des auteurs arabes relatifs aux invasions musulmanes en
Septimanie. Enfin qu'on nous permette de mentionner une courte disser-
tation sur quelques diplômes plus ou moins authentiques publiés par dom
Vaissete.
La seconde partie du volume est occupée par les preuves j ce recueil, dont
l'étendue est presque double de celle qu'il occupait dans l'édition originale,
avait été formé par É. Mabille, 8c c'est à nous qu'est revenue la tâche d'en
surveiller l'impression 5c d'en dresser la table. On y remarquera des textes
inédits du neuvième siècle en assez grand nombre 5 aussi souvent que nous
l'avons pu, nous avons revu les documents sur les originaux, \ts fac-similé
ou les copies anciennes, 5c nous croyons que plus d'un de ces actes royaux,
si souvent publiés, a reçu aujourd'hui pour la première fois sa véritable
forme.
Les preuves qui paraissent aujourd'hui ne sont que de deux sortes, les
chroniques 5c les chartes 5c diplômes j dom Vaissete y avait joint, pour son
tome I seulement, un choix assez restreint de textes épigraphiques de l'époque
romaine. Nous avons supprimé cette portion des preuves; en effet, ce n'est
pas seulement un choix des inscriptions de la Province qui doit être joint à
cette édition, c'est un recueil aussi complet qu'il peut l'être dans l'état actuel
de la science. Ce travail, confié à M. E. Barry 5c à M. Germer-Durand,
bibliothécaire de Nimes, en préparation depuis de longues années, com-
prendra un très-grand nombre d'inscriptions romaines 5c des premiers siècles
du moyen âge. Ce recueil sera le plus complet qui ait encore paru pour une
province de la France, 5c renfermera beaucoup de textes qui manquent aux
recueils les plus célèbres'.
Une table des matières des Notes anciennes 5c nouvelles, une table alpha-
bétique des noms cités dans les Preuves 5c un index bibliographique des
ouvrages indiqués dans les deux premiers volumes, complètent le tome IL
A. MOLINIER.
Octobre 1876.
Il formera un volume qui servira de supplément au tome II & sera accompagné de tables & d'index
particuliers.
SOMMAIRES DES NOTES
DU TOME 11 DE LA NOUVELLE EDITION DE L'HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC
N. B. — Noms des auteurs des Notes ajoutées par les nouveaux éditeurs, avec l'indication de leurs
initiales : M. Edward Barry, a signé [E. B.]; — M. Emile Marille [E. M.]; — M. Auguste MoLi-
NiER [A. M.]; — M. Charles Rorert [C. R.] j — M. Hermann Zotenberg [H. Z.].
NOTES
DE l'Édition originale
Note I. Si les peuples de la Narbonnoise étoient
compris anciennement dans cette troisième par-
tie des Gaules, qu'on appeloit Celtique propre-
ment dite, p. I •
Note additionnelle de dom Vaissete, provenant du
tome V de l'édition originale, p. 2.
II. En quel pays de la Germanie les Tectosages
dont parle César fixèrent leur séjour. — Epoque
de leur sortie des Gaules, p. 3.
Note additionnelle de dom Vaissete, provenant du
tome V de l'édition originale, p. 10.
III. Epoque de la première irruption des Tecto-
sages dans la Macédoine, du siège de Delphes &
de l'entrée de ces peuples en Asie, p. 12.
IV. Sur les circonstances de l'expédition de Del-
phes par les Tectosages, p. 14.
V. Sur l'endroit où Annibal passa le Rhône,
p. 17.
Note additionnelle de dom Vaissete, provenant du
tome V de l'édition originale, p. 18.
VI. En quel temps le Languedoc fut soumis aux
Romains, p. 19.
VII. De quelle manière le Languedoc fut soumis
à la République romaine, p. 20.
VIII. Sur les limites de la Gaule Narbonnoise,
p. 22.
IX. Sur la ville i^Illiieris, p. 29.
X. Sur les Bébryces , peuple de la Narbonnoise,
p. 3o.
XI. Sur l'étendue du pays des Volces Arécomiques,
p. 32.
XII. Sur la situation du pays des peuples Umhra-
nici, Sf. de'quelques autres de la Narbonnoise,
p. 32.
XIII. Sur le passage du Rhône par les Cimbres 81
les Teutons. — Explication d'un endroit de
Plutarque au sujet de la Ligurie & des Alpes,
p. 33.
Notes additionnelles de dom Vaissete, provenant du
tome V de l'édition originale, p. 35.
XIV. Sur Lollius & Manilius, gouverneurs de la
Narbonnoise, p. 38.
XV. Expéditions de Pompée dans la Province ro-
maine ou Gaule Narbonnoise. — Restitution
d'un passage de Cicéron, p. 39.
Note additionnelle de dom Vaissete, provenant du
tome V de l'édition originale, p. 40.
XVI. Epoque du commencement & de la fin de la
guerre de Sertorius & du gouvernement de Fon-
téius dans la Province, p. 41.
XVII. Sur celui qui commandoit dans la Province
dans le temps que la conjuration de Catilina
fut découverte à Rome, p. 42.
Note additionnelle de dom Vaissete, provenant du
tome V de l'édition originale, p. 43.
XVIII. Si les Volces Arécomiques & les Helviens
ont jamais été entièrement soumis aux Marseil-
lois, p. 43.
XIX. Si les peuples de la Narbonnoise furent du
nombre des soixante peuples qui se trouvèrent
à la dédicace de l'autel d'Auguste à Lyon, & sur
les trois Gaules, p. 44,
XX. Quelle part eut la Narbonnoise dans la ré-
volte de Julius Vindex, p. 46.
XXI. Sur iEmilius Arcanus, duumvir de Nar-
bonne, p. 47.
XXII. Epoque d'une inscription de Narbonne qui
prouve que la Narbonnoise demeura toujours
fidèle à l'empereur Sévère, p. 48.
XXIII. Sur l'époque de la mission des premiers
évêques de la Narbonnoise, p. 49.
XXIV. Premiers évèques de Nimes, p. 49.
SOMMAIRES DES NOTES.
XXV. Premiers évêques de Lodève, p. So.
XXVI. Église de Maguelonne, p. 5i.
XXVII. Premiers évéques de Carcassonne, p. 5i.
XXVIII. Sur l'église d'Elne, p. 53.
XXIX. Sur les premiers évêques de Viviers, p. 53.
XXX. Sur l'église de Gévaudati, p. Sy.
XXXI. Kpoque du martyre de saint Saturnin, pre-
mier éveque de Toulouse. — Authenticité de ses
actes, p. 58.
XXXII. Sur saint Antonin de Pamiers & l'origine
de cette ville, p. Sp.
XXXIII. Époque de la division de l'ancienne Nar-
bonnoise en deux provinces, & de la subdivi-
sion des autres parties des Gaules, p. 63.
XXXIV. Sur les Cinq & les Sept provinces des
Gaules & leur vicariat, p. 68.
Note additionnelle de dom Vaissete, provenant du
tome V de l'édition princeps, p. 71.
XXXV. Si les deux provinces des Alpes Maritimes
& Grecques ont jamais fait partie de l'ancienne
Narbonnoise, p. 72,
XXXVI. Sur les neveux ds Constantin élevés à
Narbonne, p. 76.
XXXVII. Sur le concile de Béziers, où présida Sa-
turnin, évêque d'Arles, p. 77.
XXXVIII. Sur la préfecture d'Hespère, fils d'Au-
sone, p. 79.
XXXIX. Sur la situation i'Ehromagus, lieu de la
demeure de saint Paulin, p. 80.
Note additionnelle de dom Vaissete, provenant du
tome V de l'édition princeps, p. 82.
XL. Sur la patrie de Septime Sévère, p. 82.
XLI. En quel endroit des Gaules Vigilance divul-
gua ses erreurs, p. 87.
XLII. Époque de l'irruption de Crocus, roi des
Allemands ou des Vandales, dans les Gaules ^
du martyre de saint Privât, évêque de Gévau-
dan,*8<. de la translation du siège épiscopal dans
la ville de Mende, p. 88.
Note additionnelle des nouveaux éditeurs, p. 93.
XLlIl. En quel endroit se donna la bataille entre
les généraux Constance & Edobic, p. 94.
XLIV. Sur la division des Gaules en Ultérieure
& Citérieure, p. 96.
XLV. Époque de l'entreprise d'Ataulphe sur Mar-
seille, & de la prise de Toulouse par les bar-
bares, p. 95.
XLVI. Sur une inscription en l'honneur d'Ataul-
phe & de Placidie, p. 97.
XLVII. Si le monastère de Saint-Castor étoit situé
à Nimes ou aux environs!' p. 102.
XLVIII. En quel temps le siège du préfet des
Gaules fut transféré de Trêves à Arles, p. io3.
XLIX. Juridiction des évêques d'Arles sur les pro-
vinces des Alpes Maritimes & Grecques, p. io5.
L. Si les évêques de Narbonne ont été soumis à
celui d'Arles, comme à leur métropolitain, avant
Patrocle, p. 1 07.
Ll. Epoque de la mort de Wallia, roi des Visi-
goths, & du retour de ces peuples dans les Gau-
les, p. 112.
LU. Sur quelques circonstances de la guerre d'At-
tila, & les années du règne de Thorismond, roi
des Vislgoths, p. i i3.
LUI. Époque des expéditions deThéodoric II, roi
des Visigoths, en Espagne, & de son retour à
Toulouse, p. 114.
LIV. Sur la famille de Magnus Félix, p. i 14.
LV. Époque du siège d'Arles par Théodoric II, roi
des Visigoths, p. 116.
LVI. Époque de la mort deThéodoric, roi des
Visigoths, de la soumission de Narbonne à ce
prince, & de la mort du comte Gilles, p. 117.
LVII. Sur la Septimanie & l'origine de ce nom,
p. . 19.
Note additionnelle de dom Vaissete, provenant du
tome V de l'édition princeps, p. 124.
LVIII. Si Sigismer, prince françois, épousa une
fille d'Euric, roi des Visigoths, p. 128.
LIX. Éclaircissements sur quelques endroits de la
vie d'Euric & sur sa famille, p. 129.
LX. Époque de l'entrevue de Clovis & d'Alaric,
p. I 3 f .
LXI. Si saint Eugène fonda un monastère dans
l'Albigeois, & sur les actes de sainte Carissime,
vierge, p. i32.
LXII. Sur quelques circonstances de la bataille de
Vouglé &. l'époque de la mort d'Alaric II, roi
des Visigoths, p. i33.
Note additionnelle de dom Vaissete, sur Apolli-
naire, évêque de Clermont, provenant du tome V
de l'édition princeps, p. 134.
LXIII. Chronologie du règne de Gésalic, roi des
Visigoths, p. I 35.
LXIV. Époque de la défaite des François par les
Ostrogoths, &. du siège d'Arles par les premiers,
p. 139.
LXV. Sur saint Gilles, p. 140.
LXVI. Sur le vicariat d'Espagne que saint Césalre,
évêque d'Arles, obtint du pape Symmaque,
p. 141.
LXVII. Sur la mort du roi Amalarlc. — Epoque
de son règne & du second concile de Tolède,
p. 143.
LXVIII. Sur les expéditions de Théodebert dans
la Septimanie ou Languedoc 5 sur le pays 8c
l'évéché d'Arsat, p. 145.
Addition des nouveaux éditeurs, p. 149.
LXIX. Sur les actes de saint Germier, évêque de
Toulouse, p. I 5o.
LXX. Si les François prirent la ville de Cette, en
Languedoc, sur les Visigoths, sous le règne de
Chlldebert, p. 1 52.
LXXI. Sort du Languedoc françois par le partage
du royaume entre les quatre fils du roi Clo-
taire I, p. 1 54.
LXXII. Époque du règne 8c de la mort de Lluva I,
roi des Visigoths, p. 1 55.
LXXIII. Sur l'entrée des Saxons dans la Province
sous le règne de Contran, roi de Bourgogne,
p. 157.
LXXIV. Sur Dyname, gouverneur de Marseille &
d'Uzès, p. I 58.
SOMMAIRES DES NOTES.
V
LXXV. Époque des expéditions de Reccarède con-
tre les François, sur les frontières de la Septi-
manie, de la mort du roi Leuvigilde 8c du mar-
tyre de saint Herménigilde, p. i58.
LXXVI. Epoque de la mort du roi Reccarède &
de la naissance de son fils Liuva, p. i6o.
LXXVII. Quels étoient les châteaux appelés Caput
Arietis, dont le prince Reccarède se rendit maî-
tre sur le roi Contran, p. 161.
LXXVIII. Sur le commencement 8c la fin du règne
de Charibert ou Aribert, roi de Toulouse, 8c
l'étendue de son royaume, p. 162.
Addition des nouveaux éditeurs, p. 170.
LXXIX. Epoque des règnes de Suintila, Sisenand
8c Chintila, rois des Visigoths, p. 170.
LXXX. Époque de la translation du siège épisco-
pal du Vêlai, dans la ville du Puy, p. 171.
tfote additionnelle de dom Vaissete sur l'époque de
la translation du siège épiscopal du Vêlai dans
la ville du Puy, empruntée au tome V de l'édi-
tion originale, p. 172.
Addition faite par les nouveaux éditeurs, p. 18?.
LXXXI. Si les Visigoths prirent quelques places
sur les François à la fin du septième siècle,
p. 182.
LXXXII. Époque de l'entrée des Sarrasins dans la
Septimanie ou la Narbonnoise, p. 184.
LXXXIII. Sur Eudes, duc d'Aquitaine, p. 186.
Généalogie d'Eudes, duc d'Aquitaine, suivant
la charte d'Alaon, p. 188.
"Sote rectificative ajoutée par les nouveaux édi-
teurs : La charte d'Alaon, p. 196.
LXXXIV. Époque des diverses irruptions des Sar-
rasins dans les Gaules, sous le gouvernement de
Charles Martel. — Circonstances de quelques-
unes de ces irruptions, p. 204.
LXXXV. Époque de l'union de la Septimanie ou
Narbonnoise première à la couronne, p. 211.
LXXXVI. Restitution d'une transposition dans le
continuateur de Frédégaire. — Epoque de la ba-
taille qui se donna entre Pépin 8c Waïfre, p. 2 1 2.
LXXXVII. Suite des ducs de Toulouse, d'Aqui-
taine 8c de Septimanie; des marquis de Cothie;
des comtes de Toulouse, de Narbonne, de Bar-
celone, de Carcassonne, 8cc., durant la seconde
race, p. 2 1 4 8c suiv.
5 I. Ducs 8c comtes de Toulouse. — Duché
d'Aquitaine, p. 2i5.
Généalogie de la famille de saint Guil-
laume, duc de Toulouse ou d'Aqui-
taine, p. 221.
5 II. Ducs de Septimanie ou marquis de Co-
thie, comtes de Barcelone, p. 233.
5 III. Époque de la séparation de la Marche
d'Espagne 8c du marquisat de Cothie. —
Origine deWifred le Velu, successeur d'Hum-
frid dans le comté de Barcelone ou marqui-
sat d'Espagne, 8c tige des comtes héréditaires
de cette ville, p. 235.
2 IV. Suite des marquis de Cothie, depuis la
séparation de cette province d'avec le comté
de Barcelone 8c la Marche d'Espagne, p. 242.
Tableau généalogique de la famille de
Bernard II, marquis de Cothie, p. 246.
5 V. Division de l'Aquitaine en deux duchés.
— Comtes de Poitiers ou d'Auvergne, ducs
d'une partie de l'Aquitaine, depuis cette
division jusqu'à Guillaume le Pieux, p. zSi.
5 VI. Suite des ducs d'une partie de l'Aqui-
taine depuis Guillaume le Pieux. — Comtes
de Carcassonne 8c de Razès, p. 262.
Note rectificative ajoutée par les nouveaux éditeurs :
Le royaume d'Aquitaine, ses comtes, ses ducs 81
ses marquis, p. 267 8c suiv.
I. Le royaume d'Aquitaine (778-877), p. 268.
II. Origine de saint Guillaume de Cellonej
histoire de sa famille, p. 272.
Tableau généalogique de la famille de
saint Guillaume, p. 270.
III. Hildebrand, premier comte d'Autun; his-
toire de sa famille, p. 277.
Généalogie de la famille d'Hildebrand,
comte d'Autun, p. 278.
IV. Emenon, comte de Poitiers; histoire de
sa famille, p. 279.
Tableau généalogique, p. 280.
V. Gérard, comte d'Auvergne; sa famille, les
Ranulfe, p. 280.
Tableau de la descendance de Gérard 8c de
Guillaume, comtes d'Auvergne, p. 283.
VI. Guillaume, frère du duc Gérard, comte
d'Auvergne; sa famille, p. 283.
VII. Oliba, comte de Carcassonne; histoire de
sa famille, p. 286.
Tableau généalogique, p. 287.
VIII. Borrel, comte d'Ausone; histoire de sa
famille; origine des rois d'Aragon, p. 288.
Tableau généalogique de la famille de
Borrel, comte d'Ausone, p. 293.
IX. Suniaire II, comte de Roussillon. — Sa
famille; les comtes de Roussillon, p. 293.
Tableau généalogique, p. 296.
X. Suite chronologique des comtes de Tou-
louse (778-918), p. 295.
XI. Suite chronologique des premiers comtes
d'Autun (796-921), p. 3oo.
XII. Comtes de Poitou (778-930), p. 3o2.
XIII. Chronologie des comtes d'Auvergne sous
la seconde race (839-935), p. 309.
XIV. Chronologie des comtes de Carcassonne
8c de Razès (800-944), P- 3i 1.
XV. Comtes de Narbonne, de Nimes, de Ma-
guelonne 8c d'Agde, p. 314.
XVI. Suite chronologique des marquis de
Septimanie ou de Cothie, p. 3 16.
XVII. Chronologie des comtes 8c des marquis
de Barcelone ou de la Marche d'Espagne
(801-864 Se 864-994), ?• 3i8.
XVIII. Chronologie des comtes de Roussillon
(812-991), p. 319.
XIX. Chronologie des comtes d'Ampurias
(812-1 040), p. 321 .
LXXXVIII. Si les archevêques de Narbonne ont ja-
mais été soumis à la primatie de Bourges, p. 323.
LXXXIX. Origines des abbayes de Caunes 8c de
Saint-Chinian, p. 327.
XIJ
SOMMAIRES DES NOTES.
XC. Si Guillaume, premier porte-enseigne, qui se
trouva an siège de Barcelone, est le même que
saint Guillaume, duc de Toulouse. — Epoque du
siège de cette place par Louis le Débonnaire, &
des expéditions de ce prince dans la Marche
d'Espagne, jusques à l'an 814, p. Szç.
Additions & corrections pour quelques endroits du
ix« livre & des Notes LXXXVII & XC (données
par dom Vaissete à la fin de son tome l), p. 334.
XCI. Epoque de la fondation de l'abbaye d'Alet,
aujourd'hui évêché. — Généalogie du comte
Béra, fondateur de ce monastère, p, 338.
XCII. Époque de l'épiscopat d'Aribert, archevêque
de Narbonne, p. 340.
XCIII. Époque de la fondation des abbayes de Fi-
geac & de Gaillac, p. 341.
XCIV. Sur l'époque de la désunion de la Septi-
manie du royaume d'Aquitaine & de son érec-
tion en duché, & sur l'acte de partage que fit,
l'an 817, l'empereur Louis le Débonnaire de ses
États entre ses enfants, p. 343.
XCV. Sur les évêques de la Septimanie qui se dé-
clarèrent en faveur de Lothaire & contribuèrent
à la déposition de l'empereur Louis le Débon-
naire, p. 048.
XCVL Époque de la mort de Pépin I, roi d'Aqui-
taine, & de Bérenger, comte de Toulouse, p. 35o.
XCVn. Époque des différents sièges de Toulouse
par Charles le Chauve, p. 358.
Note rectificative des nouveaux éditeurs, p. 36o.
XCVIII. Époque de la prise de Toulouse par les
Normands, p. 362.
Note additionnelle des nouveaux éditeurs, p. 363,
XCIX. Époque de l'union des comtés de Querci &
de Rouergue au domaine des comtes de Tou-
louse, p. 364.
C. Epoque de la mort de Bernard II, comte de
Toulouse, frère & prédécesseur d'Eudes, p. 3jo,
CI. Sur quelques événeraens arrivés du temps des
Sarrasins 8c sous le règne de Louis le Débon-
naire, p. 37 1 .
Cil. Sur la situation de Findomagus & du castrum
Latera^ p. 373.
cm. Dissertation sur une pièce d'or frappée à
Uzès, p. 374.
NOTES
AJOUTÉES PAR LES NOUVEAUX ÉDITEURS
CIV. Sur les populations primitives de la Gaule,
p. 377.
CV. Le temple de Delphes, p. 38 1.
CVI. Les Volkes Tectosages, p. 40 r.
CVII. Le yicus & le pagus dans la Gaule romaine,
p. 412.
CVIII. Numismatique gauloise, p. 420.
CIX. Sertorius, p. 427.
ex. Le Trophée de Pompée, p. 43o.
CXI. Emigrations des Celtes, p. 433.
CXII. Sur les colonies romaines de la Narbon-
naise, p. 436 & suiv.
Les habitants, p. 440. — Les ordres, p. 441.
— Les magistrats, p. 443. — Les patrons,
p. 446.
CXIII. Colonies latines de la Province, p. 447.
Epoque de la fondation des cités latines du
Languedoc, p. 448. — Les ordres, les ma-
gistrats, p. 462. — Administration publi-
que, p. 404. — Décadence du système mu-
nicipal, p. 455.
CXIV, Numismatique de la province de Langue-
doc :
Période anttque. — Préliminaires, p. 407. —
Description, p. 463.
Premier groupe : Imitation pure de la drachme
de Rhoda , p. 464. — Deuxième groupe :
Monnaies anépigraphes à la croix avec
accessoires divers, p. 466. — Troisième
groupe : Monnaies d'argent rappelant d'un
côté la rose vue en dessus, de l'autre la rose
retournée, p. 484. — Quatrième groupe :
Monnaies diverses d'argent, tant anépigra-
phiques qu'à légendes latines ou ibériques
& se rattachant au second groupe ou au
troisième par un ou plusieurs termes in-
termédiaires, p. 484. — Cinquième groupe :
Monnaies d'argent & monnaies de bronze
appartenant aux Arécomiques in génère,
p. 490. — Sixième groupe : Monnayage
particulier de Nimes, p. 491. — Septième
groupe: Bronzes portant en caractères grecs,
des ethniques ou des noms d'hommes, p. 5o5.
— Huitième groupe : Bronzes à légendes
ibériques, p. 5i5. — Appendice : Monnaies
attribuées à tort à la province de Langue-
doc, p. 517.
CXV. Sur les Visigoths, p. 520.
CXVI. Le canal Ruhresus, p. 527.
CXVII. Origines de Toulouse, p. 528.
CXVIII. Sur les invasions arabes dans le Langue-
doc, p. 549.
CXIX. Remarques sur quelques actes publiés par
dom Vaissete, p. 558.
HISTOIRE
GENERALE
DE LANGUEDOC
9'§>S'#'S.©'g.&.a=S.9.9.g.»9.g.9.9=^.â.9.a.»^g,a,^9,g,a>§.§.a,gf9,g,
NOTES
Note
I
Éd.orig.
t. I,
p. 591.
NOTE 1
Si les peuples de laNarhonnoise étolent
compris anciennement dans cette troi-
sième partie des Gaules quon appe-
loit Celtique proprement dite '.
i^^ ne peut disconvenir que les peuples
V^ de la Narbonnoise, ou de cette an-
cienne partie des Gaules que les anciens ap-
peloient Braccata, ne fussent compris sous
le nom général de Celtes, puisque les an-
ciens le donnoient à tous les Gaulois, & aux
peuples même d'une grande partie de l'Eu-
rope. La difficulté est de savoir si, suivant
la division des Gaules en Celtique propre-
ment dite, en Aquitanique & en Belgique,
la Narbonnoise, avant la conquête dès Ro-
mains, appartenoit à la première de ces trois
parties plutôt qu'à l'une des deux autres.
IL S'il faut en juger par la situation, il pa-
roît que ce pays devoit être compris ancien-
nement dans la Celtique proprement dite;
car, suivant le témoignage de César, la Bel-
gique* occupoit les parties septentrionales
' Voyez, à la suite de cette Note, la Note addition-
nelle placée par D. Vaissete, au tome V de son
édition.
' César, de Bello GalUco, 1. i, n. i.
II.
de la Gaule, & l'Aquîtanique étoît bornée
par la Garonne, les Pyrénées & l'Océan. Si
donc la Narbonnoise avant la conquête des
Romains dépendoit de quelqu'une de ces
trois parties, ce devoit être de la Celtique,
qui, selon le même historien, s'étendoit du
côté du midi, depuis la source du Rhône
jusqu'à la Garonne.
IIL II est vrai que César ne comprend
pas la Gaule appelée Braccata ou Narbon-
noise dans la division qu'il fait des Gaules
en trois parties, parce que cette province
étoit alors soumise à la République romaine,
& qu'il n'entend parler que des provinces
que les Romains n'avoient pas encore sou-
mises; ce qui pourroit faire croire que la
Narbonnoise faisoit anciennement une qua-
trième partie des Gaules : mais cet auteur,
par les bornes qu'il donne à la Celtique
propre, nous fait assez entendre que la Nar-
bonnoise y étoit autrefois comprise, & nous
croyons en avoir d'ailleurs d'autres preuves.
IV. Polybe ' l'insinue en effet, en disant
que les Celtes habitent depuis Narbonne &
son voisinage le long des Pyrénées jusqu'à la
mer Extérieure ou la mer Océane ; & que les
autres peuples qui s'étendent vers les côtes
septentrionales de l'Océan, sont inconnus &
' Polybe, Hlst. 1. 3, p. 191.
Note
I
Éd.orig.
p. Sgj.
Note
I
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
barbares. On pourroit dire que Polybe ne
parle dans cet endroit que des Gaulois en
général connus sous le nom de Celtes : mais
comme il est certain d'un côté que les Cel-
tes proprement dits se donnèrent' eux-mê-
mes ce nom les premiers, & que de l'autre
les Grecs n'appelèrent' Celtes tous les
Gaulois en général, que parce que ceux
des provinces méridionales des Gaules ou
des environs de Marseille qu'ils connurent
d'abord & qui étoient les plus célèbres, se
doniioient ce nom, il s'ensuit que les pro-
vinces méridionales des Gaules, comme la
Narbonnoise, dévoient anciennement faire
partie de la Celtique proprement dite.
V. Diodore' de Sicile paroît confirmer ce
que nous venons de dire, lorsque, en par-
lant des Gaules, il avance « que les Celtes
« habitent au-dessus de Marseille & occu-
« pent le milieu du pays entre les Alpes &
" les Pyrénées ; & que les Galates ou Gau-
« lois s'étendent depuis le pays des Celtes
i< vers l'Océan, la montagne Hercynie & la
« Scythie, quoique, ajoute-t-il, les Romains
" appellent Galates ou Gaulois les uns &
" les autres ; » ce qui fait voir que cet his-
torien met les provinces méridionales des
Gaules ou les pays situés entre les Alpes
ïz les Pyrénées dans la Celtique propre.
Vl^Strabon'' s'explique d'une manière
encore plus précise. Il faut avouer cepen-
dant qu'il renferme la Celtique proprement
dite dans des bornes trop étroites, puisqu'il
n'y comprend que la seule Narbonnoise.
C'est ce qui fait croire ^ qu'il s'est trompé
en voulant suivre la division de César : di-
vision dont il s'éloigne cependant ; car il
confond la Lyonnoise avec la Belgique, &
n'en fait qu'une ancienne partie des Gaules
qu'Auguste, selon lui, partagea en deux pro-
vinces, dont l'une, dit-il, retint son ancien
nom de Belgique, & l'autre prit celui de
Lyonnoise : mais il est constant que la Cel-
tique propre & la Lyonnoise ne sont qu'une
même chose, & par conséquent que César
distingue la Lyonnoise d'avec la Belgique.
' César, de Bello GalUco, 1. i , n. i.
' Strabon, 1. i , p. 33 & seq. 1. 4, p. 1 89.
» Diodore, 1. i;, p. 3o8.
^ Strabon, 1. 4, p. 177 & seq.
• Voyez Casaubon, Notae in Strab. ihld.
Ce qui aura induit Strabon en erreur,
c'est sans doute qu'il aura cru que César
avoit compris la Narbonnoise dans la divi-
sion qu'il fait des Gaules en trois parties ;
mais cet historien n'a pas eu dessein de
parler de cette province qui étoit alors sou-
mise aux Romains. Comme elle fit une
quatrième partie des Gaules depuis l'em-
pereur Auguste, Strabon, pour trouver son
compte dans la division de César, aura cru
que la Narbonnoise étoit la Celtique pro-
prement dite, ce qui lui aura fait supposer
qu'Auguste partagea la Belgique en deux
parties dont l'une prit le nom de Lyonnoise,
ce qui est faux j car Auguste laissa la Belgi-
que" en son entier. Il réforma seulement
l'étendue de, la Celtique proprement dite,
dont il tira quatorze peuples entre la Loire
& la Garonne pour les unir à l'Aquitaine,
& donna le nom de Lyonnoise au reste de
la Celtique. On ne peut donc faire aucun
fonds sur l'autorité de Strabon pour prou-
ver que la Narbonnoise appartenoit ancien-
nement à la Celtique proprement dite, sinon
qu'autant qu'il dit' ailleurs que les peuples
de la Narbonnoise furent les premiers des
Gaules connus sous le nom de Celtes.
[Nous plaçons, à la suite de cette première
Note, la Note additionnelle suivante, imprimée
par Dom Faissete dans le tome V de l'édition
originale.']
Si les peuples de la Gaule Narhonnoîse
étaient Celtes , proprement dits,
d^origine^.
Nous avons dit qu'il paroît que les peu-
ples de la province Narbonnoise fai-
soient partie de la Gaule Celtique propre-
ment dite, avant que les Romains les eus-
sent soumis. M. de Mandajors, dans son
Histoire critique de la Gaule Narbonnoise ,
ouvrage plein d'érudition & de recherches,
est d'une opinion contraire. Il prétend, en-
tre autres, que les peuples de cette province
n'étoient pas soumis à Ambigat, chef ou roi
de la Celtique proprement dite, lorsque
' Diodore, Hist. 1. 53, & seq.
' Strabon, 1. 4, p. i 89.
' Voyez au tome I de cette édition, 1. I, p. 2.
NOTB
I
Note
ADDIT.
Éd. on g.
t.V,
p. 659.
Note
ADDIT.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Bellovèse & Sigovèse (ses neveux) sortirent
de leur pays; sur quoi il a fait une disser-
tation '. Sa principale raison est qu'il ne
trouve aucun des peuples de la Gaule Nar-
bonnoise parmi ceux qui passèrent les Alpes
avec Bellovèse; & il soutient, contre le sen-
timent commun, que les Tectosages qui,
s'établirent aux environs de la forêt Her-
cynie, n'étoient pas de la troupe de Sigo-
vèse, ce capitaine pouvant avoir amené
avec lui d'autres peuples de la Celtique pro-
prement dite. Mais il paroît certain, sur
l'autorité de Justin, que les Tectosages, qui,
après avoir passé le Rhin , s'établirent
d'abord aux environs de la forêt Hercynie,
sortirent des Gaules sous la conduite de
Sigovèse.
Justin* rapporte que les Gaulois s'étant
extrêmement multipliés, trois cent mille
d'entre eux sortirent des Gaules pour aller
chercher de nouvelles demeures; qu'une
partie s'établit en Italie, & que l'autre,
après s'être arrêtée dans l'Illyrie & la Pan-
nonie, & après avoir dompté les peuples
voisins , s'étoit ensuite étendue dans la
Grèce & la Macédoine ; que les mêmes
Gaulois assiégèrent la ville & le temple de
Delphes sous la conduite de Brennus, &
qu'ayant passé en Asie, ils se fixèrent
dans la Gallo-Grèce. Il n'est pas douteux
que Justin n'ait voulu parler ici de la trans-
migration de Bellovèse & de Sigovèse, quoi-
qu'il ne les nomme pas. Or, les principaux
des Gaulois qui assiégèrent Delphes, & qui
s'établirent en Asie dans la Gallo-Grèce,
étoient les Tectosages de la Narbonnoise,
suivant le témoignage de tous les anciens,
que nous avons rapporté ailleurs ^ Par con-
séquent les Tectosages sortirent des Gau-
les & passèrent le Rhin sous la conduite de
Sigovèse, neveu d'Ambigat, & ce dernier
étendoit sa domination, sinon sur toute,
du moins sur une grande partie de la Gaule
Narbonnoise "*.
' M. de Mandajors, Histoire critique de la Gaule
NarbonnoisCj p. 4.
' Justin, 1. 24, c. 3 & seq.
' Voyez "Note II, n. 17.
^ Voyez les Notes CIV, CVI & CX, où les diffé-
rentes questions relatives aux populations primi-
tives de la Gaule ont été traitées d'après les idées
fournies par l'érudition moderne. [E. M.]
NOTE II
En quel pays de la Germanie les Tec-
tosages dont parle César fixèrent
leur demeure. Epoque de leur sortie
des Gaules.
Note
Éd.orig.
t. I,
p. 592.
T L n'y a pas lieu de douter, après le té-
I. I
moignage de César', qu'une colonie de *
Tectosages, après avoir abandonné les Gau-
les leur patrie, n'ait anciennement passé le
Rhin & ne se soit établie dans la Germanie;
mais nous n'avons rien de bien certain tou-
chant l'époque de cette transmigration, &
nous ignorons quels lieux en particulier
ces peuples choisirent, dans un si vaste pays,
pour leur nouvelle demeure.
La plupart des modernes rapportent cette
époque au temps de l'expédition de Sigo-
vèse , & nous les avons suivis. Nous sa-
vons* en effet que ce capitaine gaulois passa
le Rhin avec une nombreuse colonie de ses
compatriotes sous le règne de Tarquin l'An-
cien, roi de Rome, au deuxième siècle de la
fondation de cette ville, & qu'il alla s'établir
aux environs de la forêt Hercynie; ce qui
convient parfaitement avec ce que César
rapporte de la sortie des Tectosages de leur
patrie pour aller fonder une colonie au delà
du Rhin aux environs de la même forêt.
II. Les modernes sont plus partagés au
sujet du pays que ces peuples choisirent
auprès de cette forêt pour y faire leur ha-
bitation. On peut réduire à trois ou quatre
classes leurs divers sentimens. 1° Quelques-
uns^ ont prétendu que ces peuples s'arrê-
tèrent aux environs de la rivière de Neckre
dans le Wirtemberg, la Souabe & le Palati-
nat; 2° d'autres croient* qu'ils ont donné
l'origine aux François & qu'ils se fixèrent
dans le pays d'où ces derniers vinrent s'éta-
blir en deçà du Rhin, c'est-à-dire, comme
' César, de Bello Gallico, 1. 6.
* T. Live, 1. 9.
' Munster, Cosmographla T. Livii,l. 3. — Beatus
Rhenanus, Rer. German. 1. i, p. 80, & Castiga-
t'iones in Tacit. p. 417. — Reineccius, de Mise-
norum Origine, 1. 2o3.
■* Trivor. Ohserv. p. 60 & seq. — Tournemine,
Diss. dans les Mém. de Trévoux ^ janv. 1716.
Noie
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
ils s'expliquent, entre l'Elbe, le Weser, le
Rhin, le Mein & la forêt Hercynie; 3° un
annaliste' moderne de la Bavière & après
lui M. de Leibnitz' ne sont pas éloignés
de croire que les Tectosages prirent leur
demeure vers la Bohême avec les Boiens &
les autres Gaulois qui passèrent au delà du
Rhin. Ce dernier ajoute qu'il est croyable
qu'une partie de ces Gaulois & en particu-
lier les Tectosages s'avancèrent ensuite à
l'orient de la Bohême & qu'ils s'établirent
au voisinage du Danube^ 4° le P. Lacarry',
jésuite, a là-dessus un sentiment très-parti-
culier. Il prétend que les Tectosages qui
s'établirent dans la Germanie ne passèrent
pas le Rhin avec Sigovèse. Il les fait d'abord
arriver dans la Grèce sous la conduite de
Brennus, on ne sait par quelle route; il
veut qu'après la mort de ce général & l'expé-
dition de Delphes, ils soient venus dans la
Pannonie, & qu'ils y aient établi leur de-
meure ; qu'ensuite ils aient passé en deçà
du Rhin & habité les provinces situées le
long de ce fleuve, & qu'ils l'aient repassé
avant le siècle de César, pour aller demeu-
rer dans la Thuringe. Il ajoute enfin que
ces Gaulois sont les mêmes que les Tecto-
sages de César & les Cattes de Tacite, &
qu'ils donnèrent l'origine aux François.
III. La première de ces opinions n'est
Ed.orig. fondée que sur une légère conjecture prise
p. 593. du nom des châteaux de Teck & de Tec-
kembourg, que Rhenanus & ceux qui l'ont
suivi croient être un reste du nom des Tec-
tosages; ainsi elle ne prouve rien & ne
mérite pas qu'on s'y arrête. Nous ne nous
arrêterons pas non plus sur la seconde qui
donne aux François une origine gauloise
& qui, sous ce prétexte, fait établir les
Tectosages dans la Saxe & la Franconie;
nous l'avons déjà réfutée ailleurs'', après
M. de Leibnitz, qui en a touché quelque
chose dans sa réponse' au P. Tournemine.
' Aldzreitter, Annales Boïcae gentis, 1. 3, n. 3.
' Leibnitz, Origines Francorum. n. 9. Leges Sa-
licae apud Eccardum , de Origine Germanorum, &c.
* Lacarry, Historia colon. Gallorum , p. 62 & seq.
p. 242 & seq.
^ Dissertation sur l'origine des François.
' -i^^w Salicae apudEccardum, de Origine Germa-
norum, &c.
Le sentiment de ceux qui assurent que
les Tectosages s'établirent dans la Bohême
avec les Boiens ne paroît pas tout à fait
bien fondé; quant au système du P. La-
carry, il se détruit de lui-même.
IV. En effet ce jésuite, au lieu de sup-
poser que la transmigration des Tectosages
au delà du Rhin se fit successivement du
couchant au levant, comme il est naturel,
& comme les anciens le donnent assez à
entendre, fait d'abord arriver ces peuples
devant Delphes, & leur fait ensuite établir
des colonies du levant au couchant. La prin-
cipale raison qui le porte à croire que les
Tectosages de la Germanie, dont parle
César, sont les mêmes que les Cattes de
Tacite, c'est que ce dernier ne fait aucune
mention des Tectosages : mais 1° les Cattes
étoient ' Suèves ou Germains d'origine ;
ainsi ils ne peuvent être les mêmes que les
Tectosages; 2° si les Cattes eussent été
originaires des Gaules, Tacite n'auroit pas
manqué de l'observer, comme^ il le fait de
tous les autres peuples de la Germanie qui
avoient une pareille origine; 3° le P. La-
carry se contredit lui-même, puisque dans
ses' notes sur le traité de Tacite des Mœurs
des Germains, il prétend que les Boiens,
dont parle cet historien, sont les mêmes
que les Tectosages dont parle César; or, de
l'aveu du P. Lacarry, les Boiens sont diffé-
rens des Cattes. Ce qui le détermine enfin
à ne faire qu'un même peuple des Cattes &
des Tectosages de la Germanie, c'est le voi-
sinage des uns & des autres de la forêt Her-
cynie & la ressemblance de leurs mœurs;
comme si cette forêt n'étoit pas alors d'une
étendue immense, & que César ne fît pas
remarquer que les Tectosages établis au
delà du Rhin imitoient entièrement les
mœurs des Germains & menoient comme
eux une vie très-laborieuse. D'ailleurs,
quelle apparence que les Tectosages qui
furent de l'expédition de Delphes sous le
général Brennus soient venus ensuite s'éta-
blir en deçà & sur les bords du Rhin ,
pour passer ce fleuve quelque temps après
' Voyez Cellarius, Géographie antique, 1. 2, 5. — •
Leibnitz, de Origine Francorum, p. 263.
' Tacite, de Moribus Germanorum.
' Lacarry, Historia colon. Gallorum^ p. 27.
Note
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
& aller se fixer dans la Thuringe? Peut-on,
sans aucune autorité & sur de pures con-
jectures, faire entreprendre de si longs &
de si fréquens voyages à ces peuples ? Il est
bien plus naturel qu'ils aient d'abord passé
le Rhin, & que, sans revenir sur leurs pas,
ils aient laissé des colonies sur leur route,
depuis ce fleuve jusque dans la Galatie ,
comme l'ont supposé jusqu'ici tous les his-
toriens françois & allemands. Enfin César,
en parlant de l'établissement desTectosages
dans la Germanie ou auprès de la forêt Her-
cynie, ne les fait pas partir du bord occiden-
tal du Rhin, où le P. Lacarry prétend qu'ils
demeuroient alors. César n'auroit pas man-
qué de marquer cette circonstance; mais,
non-seulement il n'en dit rien , au con-
traire, en parlant de cette transmigration,
il fait venir immédiatement ces peuples des
Gaules, leur ancienne demeure : Ac propter
homînum multitudînem agrïque inopiam trans
_Rhenum COLONIAS minèrent. On voit que
ce furent de simples colonies, & non pas
des peuples entiers, qui passèrent pour lors
dans la Germanie; or, si les Tectosages éta-
blis dans la Pannonie, après s'être arrêtés à
la gauche du Rhin, eussent entièrement
passé dans la Germanie, comme le prétend
le P. Lacarry, ce n'eût plus été une colo-
nie, mais un peuple entier qui auroit aban-
donné ses anciennes demeures pour en aller
chercher de nouvelles.
V. Ce que les différens auteurs ont dit
jusqu'ici touchant le pays de la Germanie,
où les Tectosages fixèrent leur demeure,
ne pouvant nous satisfaire, nous allons pro-
poser nos conjectures là-dessus & tâcher
d'éviter les inconvéniens des autres systè-
mes ; mais il faut supposer auparavant ,
comme une chose certaine : i° que la Ger-
manie étoit bornée anciennement au midi
par le Danube, qui la séparoit du Norique
& d'une partie de la Pannonie; au cou-
chant par le Rhin; au nord par l'océan
Septentrional, & enfin , au levant, par la
Vistule, qui la séparoit de la Sarmatie, &
par laDace; cette portion de l'Europe com-
prenoit donc alors une partie de la Polo-
gne & de la Hongrie; 2° que la forêt Her-
cynie s'étendoit le long du Danube l'espace
de soixante journées de longueur & de neuf
de largeur. Cela supposé, nous ne doutons
pas que les Tectosages qui, selon César, ^
s'établirent dans la Germanie, n'aient pris
leurs demeures au delà de la Bohême &
dans la partie orientale de la Germanie vers
le Danube & les frontières de- la Dace &
de la Pannonie, c'est-à-dire dans une partie
de la Silésie & de la Moravie jusque vers
Vienne en Autriche. C'est à peu près le
système que M. de Leibnitz a insinué, en
passant, dans son Traité de l'origine des F ran-
çois. Nous Talions développer, après avoir
remarqué d'abord que par là on concilie
tout ce que les anciens rapportent de la
transmigration des Tectosages ou des Gau-
lois au delà du Rhin, ce qu'on ne sauroit
faire dans les autres systèmes.
VI. Cette position convient avec ce que
nous avons rapporté de César; car le pays
où nous croyons que les Tectosages s'éta-
blirent dans la Germanie, étoit situé aux
environs de la forêt Hercynie qui s'éten-
doit le long du Danube jusqu'au delà des
frontières de la Germanie.
VII. Elle convient aussi avec l'autorité
de Tite-Live', qui dit qu'une colonie de
Gaulois suivit la fortune de Sigovèse pour
aller s'établir au delà du Rhin, auprès de
la forêt Hercynie. Cet historien parle ici
sans doute âO la transmigration des Tecto-
sages dont César fait mention, ce qui fixe
l'époque de la sortie de ces peuples de leur
patrie.
VIII. Plutarque' a eu en vue la même co-
lonie de Tectosages conduite par Sigovèse,
lorsqu'il dit « que les Gaulois ne pouvant
« subsister à cause de leur trop grand nom-
ce bre, une partie d'entre eux alla chercher
M ailleurs de nouvelles habitations; que les
« uns, ayant pris du côté de l'océan Septen-
« trional, passèrent les monts Riphéens &: Éd.orig.
« s'étendirent jusqu'aux extrémités de l'Eu- p. 594.
« rope, & que les autres s'établirent ensuite
« en Italie. » On voit clairement par ce
passage les deux colonies de Bellovèse & de
Sigovèse dont parle Tite-Live. Les Gaulois
qui, suivant Plutarque, occupèrent les ex-
trémités de l'Europe, ne doivent pas être
différens des Tectosages, puisque nous sa-
vons qu'une partie de ces derniers porta ses
■ T. Live, 1. 5, c. 33.
' Plutarque, in Camiîlv.
Note
2
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
armes jusque dans la Thrace, qui est à l'ex-
trémité de l'Europe; or, il paroît, suivant
cet auteur, que ces Gaulois, après avoir
passé le Rhin, ne prirent des demeures
fixes que lorsqu'ils eurent passé les monts
Riphéens. Ainsi les premiers établissemens
des Tectosages qui suivirent Sigovèse dé-
voient être au delà de ces montagnes, ce
qui ne sauroit convenir qu'à la partie de la
Germanie où nous croyons que ces peuples
fixèrent d'abord leur demeure.
Il est vrai qu'on ne sauroit appliquer ce
que nous venons de citer de cet historien
aux Tectosages qui s'établirent dans la
Germanie, s'il est vrai que les monts Ri-
phéens dont il parle étoient situés aux
extrémités de la Sarmatie ou de la Scythie
& vers les sources du Tana"is, comme on le
croit communément î mais on explique par-
faitement Plutarque en supposant que les
monts Riphéens dont il s'agit sont les mêmes
que les monts Sudètes qui séparent la Bo-
hême de la Silésie & de la Moravie. Les
anciens' ont en effet donné indifférem-
ment ces deux noms à ces montagnes, au
lieu que les monts Riphéens de la Sarmatie
ou de la Scythie passent pour fabuleux, &
qu'on ne convient" pas qu'il y ait des mon-
tagnes dans cette extrémité de l'Europe.
D'ailleurs , il n'est pas vraisemblable que
les Gaulois, dont le principal but étoit de
piller, de s'enrichir & de porter leurs armes
dans la Grèce & dans l'Asie, se fussent si
fort détournés de leur chemin pour aller se
morfondre vers la mer Glaciale & les extré-
mités septentrionales de l'Europe. Si donc
par les monts Riphéens dont parle Plutar-
que on entend les monts Sudètes situés dans
la Germanie, cet historien est d'accord avec
César & Tite-Live, ce qui prouve en même
temps que les Tectosages, qui s'étendirent
ensuite jusque dans la Thrace ou les extré-
mités de l'Europe, s'établirent d'abord dans
la partie orientale de la Germanie vers le
Danube, sur les frontières de la Moravie,
de la Silésie & de la Pannonie.
IX. Justin paroit fixer dans cette dernière
' Voyez Silcsiographia renovata, t. r, p. i5o. —
Jongelin , Notit, abhatiarum ord'in'is Cisterciens'is ,
1. 5, p. 59.
• Voyez Hoffmann, Lexic. verho Riphaei.
province les premiers établissemens des Tec-
tosages après leur sortie des Gaules. Il'
avance en effet « que les Gaulois s'étant ex-
(( trêmement multipliés, se partagèrent pour
« aller chercher de nouvelles demeures dans
« les pays étrangers; que les uns prirent la
t( route de l'Italie & que ce furent les mêmes
« qui mirent ensuite le feu à la ville de Rome,
« & que les autres marchèrent vers l'IUyriej
« que ces derniers, après avoir vaincu les
« peuples qu'ils rencontrèrent sur leur pas-
(i sage, se fixèrent dans la Pannonie, d'où ils
« passèrent dans la Grèce & la Macédoine. »
Il est évident que cet auteur prétend par-
ler ici de la transmigration des Tectosages,
puisqu'il assure ailleurs" que ce sont ces
mêmes peuples qui entreprirent l'expédi-
tion de Delphes & qui passèrent ensuite
dans la Grèce & la Macédoine. C'est donc
la même transmigration qui se fit sous la
conduite de Sigovèse & dont parlent César,
Tite-Live & Plutarque dans les endroits
déjà cités; or, pour accorder l'autorité de
Justin avec celle de ces historiens , il suffit
que les Tectosages se soient d'abord fixés
dans la Germanie , sur les frontières de la
Pannonie dont ils n'étoient séparés que par
le Danube, & qu'une partie ait ensuite
passé ce fleuve pour s'établir dans cette der-
nière province, d'où ils auront passé de-
puis dans la Grèce & dans la Macédoine 3
au lieu que si les Tectosages, après le pas-
sage du Rhin , s'étoient fixés dans la partie
septentrionale ou occidentale de la Germa-
nie, ils auroient été très-éloignés de la
Pannonie & hors de portée de pouvoir s'y
établir aussi commodément.
X. On pourroit objecter que Justin ajoute,
dans le même endroit, que les Gaulois qui
se fixèrent dans la Pannonie furent les
premiers, après Hercule, qui osèrent en-
treprendre de passer les Alpes; qu'ainsi ce
ne sont pas les mêmes que les Tectosages
ou les Gaulois conduits par Sigovèse, puis-
que, suivant César & Tite-Live, ceux-ci
passèrent le Rhin & non pas les Alpes; au
lieu que, selon Justin, ils entrèrent d'abord
en Italie, d'où ils se rendirent dans la Pan-
nonie & de là dans la Grècej & qu'enfin
' Justin, 1. 24, n. 4.
* Justin, c. 6, & 1. 3i,c. 3.
Note
X
Note
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
suivant ce système , qui est celui de Cluvier,
les Tectosages auroient été de l'expédition
de Bellovèse & non de celle de Sigovèse.
On peut répondre que Tite-Live, dans
rénumération qu'il fait des peuples des
Gaules qui suivirent la fortune de Bellovèse ,
ou qui s'établirent avec lui dans la Gaule
Cisalpine , ne dit rien des Tectosages , ce
qu'il n'auroit pas oublié , ou du moins
quelqu'un des anciens géographes qui ont
parlé après lui des peuples gaulois établis
en Italie. Il ne paroît pas d'ailleurs qu'au-
cun de ces peuples soit sorti de ce pays
pour aller fonder ailleurs de nouvelles co-
lonies avant les Boiens ' qui , après avoir
été chassés par les Romains , allèrent dans
le Norique l'an 566 de Rome, & par consé-
quent longtemps après l'expédition des
Tectosages dans la Grèce & dans l'Asie.
XI. On ne sauroit donc, sur ce passage de
Justin, attribuer aux Gaulois d'Italie les ex-
péditions que les Tectosages firent dans la
Grèce & dans l'Asie. C'est à la colonie qui
passa le Rhin sous la conduite de Sigovèse
qu'on doit les attribuer. Nous voyons , en
effet, que cet historien, dans l'endroit déjà
cité parle également & de l'expédition de
Bellovèse & de celle de son frère Sigovèse.
Sa remarque tombe donc sur les Gaulois en
général, & il a eu raison d'observer que
c'étoit la première fois que 'ces peuples
avoient passé les Alpes, puisque ceux qui
marchèrent sous la conduite du premier
traversèrent ces montagnes pour entrer en
Italie. C'est là le vrai sens de Justin" si
ou l'examine attentivement : Galli abun-
danti multitudîne, cum eos non caperent terrae
quae genuerant, trecenta hominum mîllia, ve-
lut ver sacrum, ad quaerendas novas sedesmi-
serunt. Ex his pordo in Italia consedit, quae
& urbem Romanam captam incendit , & portio
Illyricos sinus.... per strages barbarorum pe-
netravit & in Pannonia consedit : gens as-
pera, audax, bellicosa quae prima post Her- .
culem Alpium invicta juga transcendit :
ibi domitisPannoniis , &c. Les barbares, dont
des Gaules jusque dans la Pannonie, ne
peuvent être que les Germains; car Justin
n'auroit pas appelé barbares les peuples
d'Italie que ces Gaulois durent rencontre.r
sur leur route, après avoir passé les Alpes,
& avant que d'arriver dans la Pannonie.
XII. Nous venons de dire qu'il ne paroît
pas que les Tectosages aient passé les Alpes,
ou du moins qu'ils aient eu part aux expé-
ditions de Bellovèse en Italie. Un historien
moderne de la Bavière ' est persuadé toute-
fois que ces peuples passèrent ces monta-
gnes, pour aller au secours des Gaulois Cis-
alpins durant la guerre^que ceux-ci avoient
contre les Romains. Il cite là-dessus en
général l'autorité de César & de Tacite, &
il croit que les Boiens qui s'établirent en
Italie passèrent alors les Alpes avec cette
partie des Tectosages. Si cela étoit bien
prouvé, on pourroit peut-être en inférer
que ce sont les mêmes Tectosages dont parle
Justin qui s'établirent depuis dans la Pan-
nonie, & qui portèrent de là leurs armes
dans la Grèce & dans l'Asie. Mais comme
nous ne trouvons rien, dans les deux histo-
riens cités, sur ce passage des Tectosages
en delà des Alpes pour aller au secours des
Gaulois Cisalpins, nous nous en tenons à
nos conjectures; & nous ne doutons point
que les Tectosages qui firent tant de bruit
dans la Grèce & dans l'Asie n'aient passé
le Rhin sous la conduite de Sigovèse, qu'ils
ne se soient d'abord établis dans la Germa-
nie orientale vers le Danube , & qu'une
partie n'aitpassé bientôt après dans la Pan-
nonie, d'où ils portèrent leurs armes dans
la Grèce & les provinces voisines. Ceux-ci
peuvent avoir été secourus dans ces expédi-
tions, soit par leurs anciens compatriotes des
Gaules, soit par ceux d'entre eux qui restè-
rent dans la Germanie & qui étoient plus
voisins. Nous voyons en effet qu'entre tous
les Gaulois dont l'ancienne demeure dans les
Gaules nous est connue, & qui portèrent la
terreur de leurs armes dans la Grèce &dans
l'Asie, les anciens ne nomment que les
EJ.orig. les Gaulois qui pénétrèrent dans l'IUyrie seuls Tectosages; & il n'est pas vraisembla-
p. 595. furent toujours victorieux depuis leur sortie
' Voyez Aldzreitter, Annales Boicae gentis , n. 2,
49 & seq.
' Voyez Aldzreitter, j<nnaZ. Boic, 1. 3,n. 2 & seq.
ble que ceux de ces peuples qui s'établirent
dans la Pannonie fussent en assez grand
'Voyez Aldzreitter, ./4rtrta7f5 Boïcae gcnt'is, part, i ,
1. i,n. 8.
Note
8
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
nombre pour suffire à tant d'entreprises,
sans le secours de leurs autres compatriotes.
XIII. Suivant les historiens bavarois',
les Boiens établis dans la Germanie accom-
pagnèrent les Tectosages dans leurs con-
quêtes de la Grèce & de l'Asie. Ils se fondent
sur ce que les premiers sont les mêmes que
les Tolistoboges, que nous savons certaine-
ment avoir suivi avec les Trocmes la for-
tune de ces peuples & pris part à leurs
exploits. Il est vrai qu'il est assez probable
que les Boiens établis dans la Germanie
eurent quelque part aux diverses expédi-
tions des Tectosages à cause du voisinage
de leur demeure j car on convient que ceux-
là occupèrent la Bohême, & les mêmes au-
teurs prétendent qu'ils ont donné l'origine
aux Bavarois 5 ce qui leur a donné occasion
d'entrer dans un fort grand détail des diver-
ses expéditions des Gaulois tant en Italie
que dans la Pannonie, la Grèce, la Thrace,
l'Asie, parce que les Boiens ou les Tolisto-
boges y eurent part; mais nous n'oserions
assurer avec eux que les Boiens soient les
mêmes que les Tolistoboges; Strabon nous
apprend au contraire' que ceux-ci , ainsi
que les Trocmiens , tiroient leur nom de
quelqu'un de leurs capitaines, & non pas de
leurs anciennes habitations qu'on ne trouve
nulle part dans les Gaules. En effet, tous
les anciens les appellent Tolistoboges ou '
Tolistobosges, & non pas ToUstoboies ou
Tolisto-boies, comme les nomment les his-
toriens bavarois.
les anciens Boiens, qui passèrent en Italie &
dans la Germanie avant le temps de César,
originaires des frontières du Nivernois, du
Bourbonnois, & du pays des Eduens; mais
ces auteurs n'ont pas pris garde que les
Boiens n'habitèrent ce canton que du temps
de César, & qu'il n'y a aucune preuve que
c'eût été auparavant leur ancienne demeure
dans les Gaules. César rapporte' que les
Boiens de la Germanie s'étant associés avec
les Helvétiens , & ayant fait une irruption
dans les Gaules , il les vainquit, obligea les
derniers à retourner dans leurs habitations,
& permit aux autres de s'arrêter dans les
Gaules & d'occuper les frontières du pays
des Eduens : Boios petentibus jEduis ut in
finibus suis collocarent concessit : quibus illis*
agros dederunt, &c. Ce n'est donc que depuis
César que les Boiens ont demeuré sur les
frontières du Nivernois & du Bourbonnois;
& bien loin qu'il y ait des preuves qu'ils
aient auparavant habité ce pays, on voit
au contraire qu'il faisoit partie de celui des
Eduens. Il faut donc chercher ailleurs dans
les Gaules la demeure des premiers , lors-
qu'ils en sortirent pour aller s'établir dans
la Germanie. Nous n'en trouvons point qui
leur convienne mieux que les environs de
la Garonne vers son embouchure, tant à
cause du voisinage du pays des Tectosages
qui s'établirent comme eux auprès de la fo-
rêt Hercynie , que parce que nous savons
certainement " qu'il y avoit anciennement
de ce côté-là des peuples appelés Boiens.
Note
X
XIV. Si les Tolistoboges sont les mêmes Ce sont ceux du pays de Buch, qui font par-
que les Boiens qui s'établirent dans la Ger
manie, on pourroit prouver par là l'an-
cienne demeure des premiers dans les Gau-
les; car il paroît certain que les Boiens
qui occupèrent la Bohême , & qui donnè-
rent leur nom à cette partie de la Germa-
nie, étoient originaires des environs de la
Garonne vers son embouchure. Il est vrai
que plusieurs auteurs, & en particulier les
derniers écrivains Me l'Histoire romaine, font
• Velser, Brunner & AIdzreitter, Rerum Boïett-
rum Annales.
' Strabon, 1. 4, p. i 87 & seq.
' Strabon, 1. 4, p. 187 & seq. — Voyez Pline,
I. 5, n. 42, & notae Harduini, ihid.
* Cairou, Histoire romaine, t. 3, p. P.
tie du Bourdelois & qui retiennent encore
quelque chose de leur ancien nom.
XV. Il est assez vraisemblable que, dans
les temps les plus reculés, les peuples du
Bourdelois & leurs voisins, comme ceux de la
Saintonge, de l'Agenois & du Périgord qui
appartenoient alors à la Celtique, portoient
le nom commun de Boiens. C'est ainsi que
dans les Gaules les peuples de toute une
province étoient connus anciennement sous
un nom général, & distingués entre eux
par des noms particuliers; tels étoient, par
exemple, les Volces qui occupoient la plus
' César, de Bello Gallieo, 1.
' Voyez Adnen de Valoi
3.-9.
I, p. 8.
s. Notifia CiiUiaram,
Note
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
id.orig.
t. I,
r. 396.
grande partie du Languedoc. Or, comme
dans la suite les noms des peuples des Gau-
les éprouvèrent divers changemens, il peut
être arrivé que celui de Boiens ne soit resté
qu'à ceux du pays de Buch 5 car il n'est pas
croyable qu'un pays aussi peu étendu ait pu
fournir les nombreuses colonies de Boiens
qui passèrent en Italie & dans la Germanie.
XVI. Quoi qu'il en soit, on voit par ce
que nous venons de dire que si les Tolisto-
boges qui partageoient la Galatie avec les
Tectosages & les Trocmiens sont les mêmes
que les anciens Boiens , ils sortirent vrai-
semblablement des environs de la Garonne
vers son embouchure dans l'Océan. S'il en
faut croire cependant les auteurs de la Nou-
velle histoire ' romaine, les ToUstoboges ,
selon Ptolémée & Strabon, étaient sortis de la
Gaule Narbonnoise, & apparemment les Troc-
miens avaient la même origine, quoique les
anciens auteurs ne nous en aient rien appris.
Mais ils ne nous instruisent pas mieux de
l'origine des Tolistoboges que de celle des
Trocmiens, & nous ne voyons pas que Pto-
lémée ait jamais dit que les premiers fussent
sortis de la Gaule Narbonnoise. Il est vrai^
que Strabon conjecture que l'origine des
uns & des autres étoit la même que celle
des Tectosages, à cause de leur union & de
la conformité de leur langage & de leurs
mœurs, c'est-à-dire, comme il s'explique,
qu'ils étoient tous originairement Celtes :
mais ce n'est pas une conséquence que les
Tolistoboges fussent des peuples de la Gaule
Narbonnoise; & si ce passage de Strabon le
prouvoit, il prouveroit aussi que les Troc-
miens étoient originaires de la même pro-
vince. Il suffit donc que ces peuples soient
sortis de la Celtique proprement dite pour
avoir une même origine avec les Tectosages
qui appartenoient anciennement à cette par-
tie des Gaules : or, les pays situés entre la
Garonne & la Loire avec le Bourdelois dé-
pendoient de la Celtique propre avant Au-
guste.
XVII. Au reste le célèbre M. de Leibnitz,
dans la préface qu'il a donnée pour la '
nouvelle édition des Historiens de Bavière,
donne à entendre que les Boiens qui s'éta-
blirent dans la forêt Hercynie, & les Tecto-
sages qui se rendirent si célèbres par leurs
expéditions dans la Grèce & dans l'Asie,
étoient Germains & non pas Gaulois d'ori-
gine. Il ajoute que les derniers n'avoient
rien de commun que le nom avec les Tec-
tosages des Gaules, & qu'enfin ceux-ci n'ont
point donné l'origine aux autres, nec tamen
cum quibusdam putandum est illos ex his or~
tos. Il avoue cependant que les uns & les
autres parloient la même langue, parce qu'il
prétend qu'elle étoit à peu près commune
aux Gaulois & aux anciens Germains. Mais
s'il y a quelque chose de certain dans l'an-
cienne histoire, c'est que les Tectosages de
la Germanie & de la Pannonie, & ceux en-
fin qui assiégèrent la ville de Delphes &
qui fondèrent le royaume de Galatie, avoient
une origine commune avec les Tectosages
de la Gaule Narbonnoise. En effet, le senti-
ment de M. de Leibnitz est détruit non par
de simples conjectures des modernes, mais
par l'autorité de tout ce qu'il y a de plus
respectable parmi les anciens. Justin dit'
en termes précis, « qu'après la mort de
« Brennus, & l'expédition de Delphes, une
« partie des Tectosages revint à Toulouse
« leur ancienne patrie.... « Amisso Brenno
duce... Tectosagi cum in ANTIQUAM PA-
TRIAM ToLOSAM venissent Ex gente
Tectosagorum non mediocris populus praedae
dulcedine Illyricum repetivit , spoliatisque Is-
tris, in Pannonia consedit. Ces derniers sont
les Scordisques dont cet historien parle dans
ce chapitre. Cicéron" reproche aux peu-
ples de la Narbonnoise que leurs ancêtres
s'étoient enrichis des dépouilles des Grecs,
& en particulier de celles du temple de
Delphes. César' atteste que les Tectosages,
qui de son temps demeuroient encore dans
la Germanie , étoient Gaulois d'origine.
Strabon '', en parlant des Tectosages de la
Gaule Narbonnoise, dit qu'ils fondèrent le
royaume de Galatie en Asie. Il ajoute que
plusieurs auteurs ont écrit que ces peuples
NoTb
z
' Catrou, Histoire romaine, t. 10, p. 5.
* Strabon, 1. 4, p. 187 & seq.
* Praefatioin Annal. 5oicae^t.'«fi5j Brunner &Aldz-
reitter.
' Justin, 1. 82, c. 3.
' Cicéron, pro Fonteio.
^ César, 1. 6, de Bello Gallico,
'' Strabon, 1. 4,, p. 187 & seq.
Note
lO
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
des Gaules sont les mêmes que ceux qui fi-
rent le siège de Delphes sous Brennus j & en
effet dans les anciennes inscriptions qui res-
tent, à Ancyre, & que M. de Tournefort a
rapportées dans son Voyage du Levant^ on y
voit encore des noms purement Gaulois,
comme ceux d'Albiorix, d'Atéporix, &c.
Dion rapporte ' que les Romains enlevèrent
de Toulouse, du temps de Cèpion, les tré-
sors que les Gaulois avoient pillés dans le
temple de Delphes sous la conduite de Bren-
nus. Enfin Suidas' témoigne que ces mêmes
Gaulois étoient originaires de l'Europe occi-
dentale. Il est inutile, après toutes ces auto-
rités , de s'arrêter plus longtemps sur une
vérité jusqu'ici généralement reconnue. Il
est vrai que M. de Leibnitz n'est pas le
premier qui a osé hasarder un sentiment
si singulier. Cluvier' & Schédius'' avant lui
avoient donné un hardi démenti à César, &
avoient nié absolument que jamais aucune
colonie gauloise se fût établie au delà du
Rhinj mais ils fondent leur raisonnement
sur des raisons si pitoyables, qu'elles ne
méritent pas d'être réfutées : elles l'ont déjà
été d'ailleurs par leurs propres^ compa-
triotes *.
XVIII. Il n'est plus parlé des Tectosages
de la Germanie après César , ce qui nous
fait conjecturer qu'ils changèrent de nom.
Tacite ' fait mention des Gothins , Gaulois
d'origine , qui demeuroient* dans la Germa-
nie vers les frontières de la Pannonie; peut-
être sont-ce les mêmes que les Tectosages
de César qui habitoient le même canton.
' Dion Cocceius, Fragm. apud Valesium, p. 63o.
' Suidas, in verho T.cà.<xz\ix.
^ Cluvier, Germania ant, 1. 3, c. 3.
^ Schédius, de Disc. Gennan. syngram. I, c. i.
' Brunner, Annal. Boïc. gent. part, i , 1. 3, n. i.
— Aldzreiter, Annal. Boïcae gentis , part, i, 1. 3,
n. I.
® Les différentes questions auxquelles cette note
est consacrée ont déjà été traitées par M. Barrydans
ses annotations, au livre I de VHistoire de Langue-
doc [Voyez le tome I de cette édition]. Pour ne pas
faire de redites, nous y renvoyons le lecteur, ainsi
qu'aux Notes CIV, CVI, CVIII & CX, où sont résu-
mées les doctrines formulées par l'érudition mo-
derne.
' Tacite, de Morihus Germ. c. 43.
' Voyez Cellarius, Geogr. anù<j. 1. 2, c. 5.
Note
{}ious plaçons, â la suite de la Note II, la Note *odit.
additionnelle suivante, insérée par DomVaîs-
sete à la fin du tome V de V édition origi-
nale.}
Si les Tectosages d'Asie étoient origi- Éd-orïg.
naires des Gaules \ p. 673.
Un savant critique', qui a donné depuis
peu VHistoire des Celtes^ a embrassé à peu
près le système de M. de Leibnitz. Il pré-
tend que « les Gaulois , qui ravagèrent la
« Macédoine & la Grèce, sortoient des pro-
« vinces qui sont au midi du Danube, &
« qu'//^ y avoient été établis de toute ancien-
« neté. On peut se défier, ajoute-t-il, des
« anciens, lorsqu'ils disent que les Gaulois
« qui entreprirent l'expédition contre la
(( Grèce, & en particulier contre la ville &
« contre le temple de Delphes, & qui pas-
« sèrent ensuite en Asie, sortoient origi-
« nairement des Gaules, proprement ainsi
« nommées, & qu'ils y retournèrent en par-
« tie ; c'est, selon les apparences, une pure
« fable, comme je le montrerai plus au
« long en parlant de la migration des Cel-
« tes. Les Gaulois de l'IUyrie étoient, à la
« vérité, les mêmes peuples que ceux qui
c( demeuroient au delà du Rhin : mais au
« reste ils avoient toujours été voisins de
(( la Grèce 5 ils en avoient même possédé la
« plus grande partie sous le nom de Pélas-
(( ges. Il est vrai qu'une partie des Gaulois
« qui passèrent en Asie portoit le nom de
« Tectosages, & que Straboii en tire cette
(( conséquence, qu'il est assez probable
« qu'ils étoient venus du côté de Toulouse,
« où il y avoit un peuple qui portoit le
« même nom : mais la preuve n'est d'aucun
« poids, parce que le nom de Tectosages
u étoit commun à une infinité de peuples
« celtes, pour ne pas dire à tous. »
Tel est le système de cet auteur moderne;
en sorte qu'à son avis on ne doit faire au-
cun fond sur le témoignage de tous les
anciens, qui attestent que les Gaulois qui
ravagèrent la Macédoine & la Grèce, qui
attaquèrent la ville & le temple de Delphes,
' Voyez à ce sujet la Note CIV.
" Simon Peloutier, Histoire des Celtes, c. 8, p. Si
8t suiv.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
1 1
Note
ADDIT.
& qui s'établirent dans l'Asie Mineure,
étoient originaires des Gaules proprement
dites, & que les Tectosages, qui étoient les
principaux de ces peuples, descendoient des
Tectosages qui habitoient les environs de
Toulouse ou le haut Languedoc; &on doit
croire sur sa parole que tous ces Gaulois
étoient anciennement originaires de l'IUy-
rie & de la Pannonie. Mais quelle preuve
donne-t-il d'un sentiment si singulier ?
Aucune autre que de vaines promesses, &
les contradictions qu'il trouve entre les his-
toriens qui parlent de l'expédition que les
Gaulois entreprirent contre la Grèce, & en
particulier contre la ville & le temple de
Delphes.
Mais si l'expédition des Gaulois contre la
ville & le temple de Delphes leur réussit,
suivant les uns, ou si elle leur fut funeste,
selon les autres, cette contradiction tombe-
t-elle sur l'origine des peuples qui l'en-
treprirent, & tous les anciens qui ont parlé
de cette origine ne sont-ils pas d'accord
de les faire venir des Gaules, proprement
nommées? Cicéron, dans son oraison pour
Fonteius, parlant des Volces & des Allo-
broges, principaux peuples de la Province
romaine des Gaules, ou de la Narbon-
noise, qui avoient eu l'impiété d'attaquer
le temple de Delphes, dit les paroles sui-
vantes : Hae sunt natîones quae quondamtam
longe ab suis sedibus Deîphos usque ad Apol-
lînem Pythîum, atque ad oracuîum orbîs terrae
vexandum, profectae sunt. De quel front Ci-
céron auroit-il accusé les Gaulois de la
Province romaine d'un tel attentat, si ceux
qui attaquèrent le temple de Delphes, &
qui sont les mêmes qui s'établirent en Asie,
avoient été lUyriens ou Pannoniens d'ori-
gine? D'ailleurs, le seul nom de Gaulois que
les anciens donnent unanimement à ces
peuples, & celui de Gallo-Grecs que portè-
rent ceux qui s'établirent en Asie, suffisent
pour démontrer qu'ils étoient originaires
des Gaules, proprement dites. En effet, c'est
un principe incontestable, qu'un habile cri-
tique' a mis depuis peu dans tout son jour,
que tous les peuples qui ont porté le nom
de Gaulois, dans la Germanie, l'Illyrie, la
Pannonie, &c., l'ont pris des colonies qui
' Saint-Aubin^ Antiquités françaises & gauloises.
passèrent des Gaules dans ces provinces, 8c
qui ne le communiquèrent qu'aux contrées
où ils s'établirent.
Enfin on peut s'appuyer sur la langue
que parloient les Gallo-Grecs, & qui, sui-
vant le témoignage de saint Jérôme", étoit
à peu près la même qu'on parloit dans les
Gaules. Si ces peuples avoient été ancien-
nement originaires de l'Illyrie & de la Pan-
nonie, ou des régions situées au midi du
Danube, ils auroient du moins conservé
quelque chose de la langue qu'on y parloit,
& saint Jérôme, qui étoit natif de ce pays,
n'auroit pas manqué de le remarquer. Or,
la langue que les anciens peuples ont parlée
a toujours servi de preuve à leur origine.
C'est ainsi que Tacite' a fait voir que les
Gothins & les Oses établis dans la Germa-
nie n'étoient pas Germains : Gothinos Gal-
lica, Osos Pannonîca coarguît non esse Ger-
manos. La langue gauloise,, la pannonienne
& la germanique étoient donc entièrement
différentes ; & puisque les Gallo-Grecs par-
loient la première, ils étoient donc origi-
naires des Gaules, proprement dites.
Quanta ce qu'ajoute le nouvel historien
des Celtes, que le nom de Tectosages que
portoit une partie des Gallo-Grecs étoit
commun à une infinité de peuples celtes,
pour ne pas dire à tous, & que la con-
formité de ce nom n'est d'aucun poids
pour prouver que les Tectosages des Gau-
les ont donné l'origine aux Tectosages
d'Asie, nous attendons les nouvelles décou-
vertes qu'il nous promet à ce sujet. Il don-
nera sans doute un démenti à César' qui
fait venir des Gaules les Volces Tectosages
établis aux environs de la forêt Hercynie.
Mais jusqu'à ce qu'il ait détruit la preuve
de leur origine commune, preuve qui ré-
sulte du concours de tous les anciens & de
presque tous les modernes, on sera en droit
d'assurer que les Tectosages d'Asie descen-
doient des Tectosages qui occupoient une
grande partie du haut Languedoc *.
' Prolegomena, in libr. 2, Comment, in Epist. ad
Galat.
' De Moribus Germanorum.
3 César, de Belle Gallico, 1. 6, c. 24.
'' Voyez, au sujet de la Note Il&de son addition,
la Note CIV,
Note
AUDIT.
Note
3
Éd.orig.
t. I,
p. 596.
I 2
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Éd. orig
t. I,
p. 597.
NOTE m
Epoque de la première irruption des
Tectosages dans la Macédoine , du
siège de Delphes & de Ventrée de ces
peuples en Asie.
Lt-n OLYBE', dans le livre premier de son
I Histoire, parlant de l'entrée de Pyrrhus
en Italie où il avoit été appelé par les Ta-
rentins contre les Romains, dit que cet
événement arriva une année avant l'irrup-
tion des Gaulois dans la Grèce, leur défaite
devant Delphes & leur passage en Asie.
Parlant ensuite, au livre second % de la dé-
faite des Gaulois Sénonois & Boiens par les
Romains, il assure que les derniers vain-
quirent ces peuples trois ans avant la venue
de Pyrrhus en Italie , & cinq ans avant la
défaite des autres Gaulois devant Delphes.
Enfin Pausanias, décrivant fort au long cette
dernière défaite, en place l'époque sous la
seconde année de la cxxv« olympiade', sous
le gouvernement d'Anaxicrate , archonte
d'Athènes , & met l'entrée des Gaulois en
Asie l'année d'après, sous Démodés, autre
archonte.
II est aisé de conclure de tous ces témoi-
gnages que la première irruption des Gau-
lois dans la Macédoine, durant laquelle le
roi Ptolémée Céraunus fuf* tué , tombe sous
l'an 474 de Rome, suivant la supputation de
Varron que nous suivons toujours, & que
celle des Fastes capitolins précède d'une an-
née; que la défaite de ces peuples devant
. Delphes dut arriver l'année suivante, 475
de Rome , & leur entrée en Asie l'année
d'après , 476. En voici les preuves.
II. Le P. Labbe ' & M. Dacier avant nous,
avoient déjà fixé la mort de Ptolémée Cé-
raunus au consulat de P. Valérius Laevinus,
qui répond à l'an 474 de Rome, suivant le
* Polybe, 1. I, p. 6.
* Ibid. 1. 2, p. 108.
' Pausanias, in Phoc'tc.
* Ibid. in Phocic. p. 648 & seq. — Justin, 1. 24,
n. 4.
' Labbe, Chron. i. 1, p. iS-j. — Dacier, Vies de
Pîuta/(juc, t. 3, p. 537.
calcul de Varron : & en effet, c'est précisé-
ment l'année d'après l'entrée de Pyrrhus en
Italie, ce qui est conforme au premier pas-
sage de Polybe que nous avons déjà cité.
Car Pyrrhus dut entrer en Italie l'an 478 de
Rome, puisqu'il en sortit, suivant Plutar-
que", après six années de séjour, & immédia-
tement après la bataille de Bénévent, où il
fut défait sous le consulat de Manius Curius
Dentatus &de L. Cornélius Lentulus, c'est-
à-dire l'an 479 de Rome. On voit, d'ailleurs,
dans Plutarque% que Pyrrhus avoit fait déjà
quelque séjour en Italie lorsqu'il livra ba-
taille au consul Laevinus , l'an 474.
m. La seconde irruption des Gaulois
dans la Grèce & leur défaite devant Del-
phes durent arriver l'an 475 de Rome; car
Pausanias nous apprend qu'après la défaite
& la mort de Ptolémée Céraunus, roi de
Macédoine, par Belgius , ce général gau-
lois étant de retour de cette expédition,
Brennus, après lui avoir fait des reproches
de n'avoir pas usé de sa victoire, détermina
les Gaulois à entreprendre l'expédition de
Delphes la campagne suivante. Par consé-
quent , la mort de Ptolémée Céraunus étant
arrivée l'an 474 de Rome, l'expédition de
Delphes doit être rapportée à l'année 476.
Polybe confirme cette chronologie dans le
second passage cité, en mettant deux années
d'intervalle entre l'entrée de Pyrrhus en Ita-
lie & la défaite des Gaulois devant Delphes.
Il est vrai que cet historien paroît se con-
tredire ailleurs , puisque, dans le premier
livre de son ouvrage, il met sous une même
année (qui fut celle d'après l'entrée de Pyr-
rhus en Italie) l'irruption des Gaulois dans
la Grèce, leur défaite devant Delphes &
leur entrée en Asie. Mais si l'on examine
son texte, on verra qu'il ne parle qu'en
passant dans cet endroit de trois différentes
expéditions arrivées en divers temps , &
qu'il se contente de les rapporter en gros
sous une seule époque, qui est celle de la
première irruption des Gaulois dans la Ma-
cédoine, où Ptolémée Céraunus fut défait &
tué; mais dans l'autre endroit il parle de
l'époque précise de la défaite des Gaulois
devant Delphes, qui arriva deux ans après
' Plutarque, in Pyrrho.
' Ibid.
Note
3
Note
3
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
i3
l'entrée de Pyrrhus en Italie, ou l'an 475 de
Rome.
En effet, nous avons vu que Pausanias
fixe l'époque de la défaite de Brennus & des
Gaulois devant Delphes à la seconde année
de la CXXV» olympiade, ce qui revient à
l'an 475 de Rome, suivant le calcul de Var-
ron j car, au rapport de ce dernier, Rome fut
fondée la troisième année ' de la vi" olym-
piade. Par conséquent, l'institution des jeux
olympiques précède de vingt-trois ans moins
quelques mois la fondation de Rome, puis-
que celle-ci arriva à la fin d'avril & l'autre
au solstice d'été ou au mois de juin. Ainsi,
la seconde année de la CXXV olympiade
revenant à l'an 498 depuis l'institution des
jeux olympiques, cette année doit être la
475 de Rome.
On peut appuyer ce calcul de l'autorité
de Polybe% qui rapporte que Pyrrhus passa
en Italie durant la cxxiv® olympiade. Or,
les Gaulois ayant été défaits devant Del-
phes la seconde année de l'olympiade sui-
vante, selon Pausanias, il s'ensuit qu'il
dut y avoir deux années d'intervalle en-
tre ces deux événemens , & que Pyrrhus
passa la mer au plus tard avant la fin de
la cxxive olympiade. Or, la dernière an-
née de cette olympiade répond à l'an 473
de Romej ainsi Polybe & Pausanias sont
parfaitement d'accord touchant l'époque de
la défaite des Gaulois devant Delphes , &
ces deux historiens conviennent avec nous
sur le calcul des olympiades comparé avec
les années depuis la fondation de Rome,
calcul sur lequel les chronologistes sont
très-partages.
IV. Enfin, le même Pausanias^ assure
que les Gaulois passèrent en Asie l'année
d'après leur défaite devant Delphes , sous
Démoclès, archonte d'Athènes. Ce fut donc
l'année 476 de Rome qui fut celle de la
fondation de cette fameuse colonie gauloise.
V. Il résulte de ce que nous venons de
dire que les deux années de règne qu'Eu-
sèbe"* donne à Sosthène, roi de Macédoine,
furent tout au plus commencées^ car, d'un
' Voyez Petau, Rationarîum temporum.
' Polybe, 1. 2, p. I 29.
' Pausanias, In Phocic.
^ Eusèbe, Chronïcon, édition Scalig. p. 140.
NOTB
3
côté, Ptolémée Céraunus, son prédécesseur,
ne fut tué au plus tôt qu'au printemps de
l'an 474 de Rome, & de l'autre, Méléagre suc-
céda à celui-ci pendant deux mois, & ensuite
Antipater pendant quarante- cinq jours;
son élection ne peut donc tomber que vers
le mois de juillet de la même année, & sa
mort au plus tard que vers le mois de sep-
tembre de l'année suivante. En effet, Bren-
nus le défit en 475, peu de temps après son
entrée dans la Macédoine pour son expé-
dition de Delphes, 8z; ce général gaulois
employa un assez long intervalle de temps à
cette expédition, qui finit au commence-
ment' de l'hiver. Il est vrai que Justin' se
contente de dire que Sosthène fut vaincu
par les Gaulois dans cette occasion ; mais
nous savons d'ailleurs qu'il fut tué sur le
champ de bataille, & suivant Pausanias', An-
tigonus, son successeur, envoya du secours
aux Grecs contre les Gaulois qui vouloient
forcer le passage des Thermopyles pour
leur expédition de Delphes. Or, les der-
niers n'entreprirent de forcer ce passage
qu'après la défaite de Sosthène, qui , par
conséquent , dut être tué dans l'action ,
puisque Antigonus lui avoit déjà alors suc-
cédé.
VI. Du reste, Eusèbe se trompe en rap-
portant la mort de Sosthène sous la seconde
année de la CXXIV° olympiade , puisque
nous avons déjà fait voir qu'elle arriva
quatre ans après. M. Dacier'' ne se trompe
pas moins lorsque, voulant relever Plutar-
que^ dans une de ses notes, il prétend que
Sosthène régnoit encore en Macédoine dans
le temps que Pyrrhus reçut en Italie la pre-
mière nouvelle de la mort de Ptolémée
Céraunus; car, suivant Plutarque*, ce fut Éd.orig,
sous le consulat de Fabricius & d'Emilius, p. '598.
ou l'an 476 de Rome. Mais Sosthène étoit
mort alors depuis près d'un an , comme
nous l'avons déjà prouvé, & il n'y avoit que
deux ans que Céraunus avoit été tué, & non
pas trois , ainsi que l'avance M. Dacier.
" Petau, Rat'ionariam temporum, p. lOJ.
* Justin, I. 24, c. 6.
' Pausanias, in Phocic.
^ Dacier, notes aux T^ies de Plutarqne.
' Plutarque, in Pyrrho.
« Ibid.
Note
4
M
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
NOTE IV
Sur quelques circonstances de l'expédi-
tion de Delphes par les Tectosages.
L •-^icÉRON, Strabon, Dion & Justin nous
V->apprennent, comme on l'a déjà vu dans
une des notes précédentes, que les Tectosa-
ges eurent part à l'expédition de Brennus
dans la Grèce & devant Delphes ; la difficulté
est de savoir si ces peuples étoient venus
immédiatement des Gaules, ou s'ils étoient
seulement du nombre de ceux qui, selon le
même Justin ', s'étoient établis depuis long-
temps dans la Pannonie & dans l'Illyrie.
Cet historien paroît supposer ° cette der-
nière circonstance^ car il fait venir l'armée
de Brennus de la Pannonie, & prétend
qu'elle étoit composée des mêmes Gaulois
qui, après avoir pris des établissemens
dans cette province , avoient fait la guerre
à leurs voisins & diverses courses dans la
Grèce & dans la Thrace ; d'un autre coiè ,
cet auteur^ semble se contredire lorsque,
parlant de l'or de Toulouse, il assure que
plusieurs d'entre les Tectosages qui se trou-
vèrent à l'expédition de Delphes reprirent
le chemin de Toulouse, leur patrie, par la
même route qu'ils avoient tenue en allant
dans la Grèce; par où il donne à entendre
que ces peuples vinrent immédiatement des
Gaules à Delphes , ou du moins qu'ils
étoient sortis depuis peu de leur ancienne
patrie.
Pour concilier Justin avec lui-même ,
nous croyons que la plus grande partie
des Tectosages qui furent dans l'armée de
Brennus étoient du nombre de ces Gau-
lois qui s'étoient établis depuis longtemps
ou dans la Germanie, suivant César, ou
dans la Pannonie & l'Illyrie , selon le
même* Justin; qu'ils avoient été joints de-
puis peu par une colonie de leurs anciens
compatriotes, qui allèrent les trouver pour
' Justin, 1. 24, n. 4.
' Justin, 1. 24, n, 4.
'Justin,!. 3i,n. 3.
* Justin, 1. 24, n, 2.
prendre part à leur fortune, & qu'enfin une
partie des uns & des autres reprit ensuite
le chemin de Toulouse.
Nous pouvons confirmer notre opinion,
d'un côté, sur l'autorité de Polybe ' & de
Pausanias" qui font venir Brennus & les
Gaulois devant Delphes d'un pays où ces
peuples faisoient leur demeure depuis long-
temps, & d'où ils avoient fait de fréquentes
courses dans la Thrace & dans la Grèce, ce
qui ne peut convenir aux Tectosages des
Gaules, trop éloignés de ces pays pour y
porter si souvent & si facilement leurs ar-
mes; d'ailleurs, Justin' ne nous perm.et pas
de douter que les Gaulois ne fussent établis
depuis longtemps dans la Pannonie. D'un
autre côté, comme Pausanias"* dit que les
Gaulois qui sous la conduite de Brennus
ravagèrent la Grèce, venoient des côtes de
l'Océan , que Cicéron = paroît faire aller
les Tectosages immédiatement à Delphes ,
& qu'enfin^ Strabon assure positivement
qu'une grande sédition s'étant élevée parmi
les Toulousains ou Tectosages, une partie
fut chassée par l'autre, & que ceux qui fu-
rent chassés s'étant joints à d'autres Gau-
lois , allèrent s'établir dans la Phrygie ,
après avoir eu part à l'expédition de Del-
phes, nous ne doutons point qu'une partie
des Tectosages qui se trouvèrent au siège
de cette ville ne fussent venus immédiate-
ment des Gaules.
II. Les anciens ne paroissent pas moins
partagés sur le succès du siège de Delphes
par Brennus & les Gaulois. Quelques-uns
disent ou semblent dire que ce capitaine
prit cette ville & qu'il pilla le temple
d'Apollon; d'autres assurent le contraire.
Nous avons cru devoir nous arrêter au sen-
timent des derniers pour les raisons que
nous allons déduire en examinant l'autorité
des uns & des autres.
Parmi ceux qui soutiennent ou à qui on
fait soutenir que le temple d'Apollon de
Delphes fut pillé par les Gaulois, on peut
■ Polybe, 1. 4, p. 3i3.
' Pausanias, in Phocic.
' Justin, 1. 24, n. 2.
* Pausanias, in Phocic,
^ Cicéron, pro Fonteio.
^ Strabon, 1. 4, p. 187 & seq.
NoTB
4
Note
4
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
i:j
citer Cîcéron, Tite-Live, Diodore de Sicile,
Strabon, Dion, Athénée & Valère-Maxime.
Le premier, dans son Oraison pour Fon-
teius, s'exprime ainsi au sujet des Gaulois
de la Province romaine ou Gaule Narbon-
noise : Hae sunt nationes quae quondam tam
longe ab suis sedîbus Delphos usque ad Apol-
linemPithyum, atque ad oraculum orbis terrae
vexandum ac spoliandum profectae sunt. Quel-
ques modernes' prétendent trouver dans ce
passage de Cicéron le pillage du temple de
Delphes par les Gaulois; mais, à bien peser
tous les termes, il est clair que Cicéron dit
seulement que les Gaulois allèrent dans la
Grèce dans le dessein de piller ou de dé-
pouiller ce temple, & cet orateur ne dit
nullement qu'ils l'aient fait. D'ailleurs, Ci-
céron parle ici en orateur. Son but étoit
d'infirmer le témoignage que les Gaulois,
accusateurs de Fonteius, rendoient contre
ce gouverneur de la Narbonnoise, & pour
cela il leur reproche leur irréligion. Il lui
suffisoit que les prédécesseurs de ces Gau-
lois eussent entrepris, quoique sans succès,
de piller le temple de Delphes, vénérable à
toute l'antiquité païenne, pour rendre leur
déposition odieuse.
III. Tite-Live' a eu à peu près la même
vue que Cicéron. Cet historien, dans la
harangue qu'il fait prononcer au consul
Manlius, pour engager le Sénat à lui décer-
ner les honneurs du triomphe pour les vic-
toires qu'il avoit remportées sur les Gaulois
d'Asie, lui fait exagérer les pilleries & les
violences de ces peuples & leur reproche leur
impiété; mais il ne touche qu'en passant le
pillage de Delphes, qui n'étoit de son sujet
qu'autant qu'il servoit à rendre les Gaulois
odieux. D'ailleurs cet historien s'accorde
ici avec les anciens, qui conviennent que
tous les Gaulois qui se trouvèrent à ce fa-
meux siège y périrent. Quaîi tempestate
Gallos spoliantes Delphos fama est peremptos
esse.
IV. Pour Diodore de Sicile', il faut con-
venir qu'il dit nettement dans un en-
droit que les Gaulois pillèrent le temple
d'Apollon de Delphes; mais aussi est-il en
* La Faille, Annales de Toulouse, t. i , p. 5.
* T. Live, 1. 40.
* Diodore, 1. i}, p. Sop.
contradiction avec lui-même, car il assure
ailleurs ' « que ces peuples ne demandoient
« pas mieux que de piller le temple de Del-
« phes; mais qu'après avoir soutenu divers
« combats, ils furent entièrement défaits,
« & que les dieux vengeurs les firent tous
« périr. » Ce qu'il y a de remarquable dans
ce dernier passage, c'est que cet historien
parle ici ex professa des expéditions des Gau-
lois dans la Grèce, & qu'ailleurs ce n'est
qu'en passant & par occasion qu'il dit deux
mots du pillage du temple d'Apollon.
V. La manière dont Strabon" s'exprime
au sujet de l'or de Toulouse fait comprendre
que de son temps plusieurs croyoient que
cet or venoit du pillage du temple de Del-
phes par les Tectosages; mais ce géographe
réfute leur opinion par l'autorité de Possi-
donius , auteur, dit-il, très-exact, qui fait
voir que peu de temps avant cette expédition
des Gaulois, les Phocéens avaient pillé ce
temple & en avaient emporté les richesses ; que
les Gaulois, au lieu de s'en rendre les maîtres,
furent entièrement défaits, & que si quelques-
uns revinrent dans leur ancienne patrie, le
nombre fut peu considérable & peu capable
de former des dépouilles, partagées entre une
infinité de soldats, un trésor aussi riche que
celui que Cépion enleva de Toulouse. Enfin,
Strabon' lui-même embrasse le sentiment
de Possidonius.
VI. A ces autorités on ajoute "• celle de
Justin, à qui on fait dire que les Tectosages
retournèrent dans leur patrie après cette
expédition , chargés des dépouilles du temple
d'Apollon; mais dans les deux endroits où
cet auteur parle du siège de Delphes par
les Gaulois, il ne dit point qu'ils aient pris
& pillé ce temple; il convient au contraire,
dans le premier % que les Gaulois furent
défaits, & dans le second® il assure vérita-
blement « que les Tectosages qui retourné -
« rent chez eux étoient chargés de l'or &
« de l'argent qu'ils avoient acquis par les
« armes & par les sacrilèges; » mais il ne
' Diodore, Eclog, i3, 1. 22, t. 2, p. 870.
' Strabon, 1. 4, p. 187 & seq.
' Strabon, 1. 4, p. 187 & seq.
'' La Faille, Annales de Toulouse, t. r,p.
' Justin, 1. 24, n. 4 &. seq.
* Justin, 1. J2, n. 3.
\
NOTB
4
Kd.orig
t. I,
p. 599.
Note
4
l6
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
marque pas que ces richesses provinssent
du pillage du temple d'Apollon. En effet,
ces Gaulois étoient alors assez accoutumés
à courir & à piller, & il y avoit assez long-
temps qu'ils exerçoient ce métier en diver-
ses provinces pour avoir amassé de grandes
richesses autrement que par le pillage du
temple d'Apollon.
VII. Dion", dans les fragmens de son
Histoire romaine, que M. de Valois nous a
donnés, dit que la ville de Toulouse étoit
riche des dons que les Gaulois avoient en-
levés du temple de Delphes sous la con-
duite de Brennusj ainsi, cet auteur paroît
persuadé que les Tectosages pillèrent ce
templej mais il n'en parle, de même que
les autres, qu'en passant & à l'occasion de
l'or de Toulouse.
VIII. Athénée' parlant du mépris que fai-
soient des richesses les Gaulois Scordis-
ques , parmi lesquels l'usage de l'or étoit
défendu , dit que ces peuples étoient les
restes de ces Gaulois qui avoient attenté
sur l'oracle de Delphes sous la conduite de
Brennus. Il parle véritablement de leurs
pilleries en général; mais il ne dit pas
qu'ils eussent pillé le temple d'Apollon.
IX. Enfin, Valère-Maxime' semble assu-
rer que Brennus se saisit du temple d'Apol-
lon; mais il ne marque pas qu'il l'ait dé-
pouillé; il fait entendre, au contraire, que
dès qu'il y fut entré il éprouva la vengeance
des dieux, & que sa témérité sacrilège lui
fut très-préjudiciable. Brennus Gallorum dux
Delphîs Apollinis templum îngressus , in se
manus vertit, &c.
X. On voit que la plupart des auteurs, dont
nous venons de rapporter les témoignages,
sont portés à croire que le temple de Del-
phes ne fut ni pris ni pillé par les Gaulois,
& que quelques-uns l'assurent positive-
ment. Nous avons d'ailleurs plusieurs auto-
rités très-fortes qui nous confirment dans
ce sentiment.
La première est celle de Polybe, autorité
d'autant plus respectable, qu'outre sa sin-
cérité généralement reconnue, il étoit du
Dion Cassius, Fragment, apud Vales. p.
& les Notes du même.
' Athénée, Deipnos. 1. 6, p. 284.
' Viilère Maxime, 1. 1, c. i, n. 18.
63c
pays, & presque contemporain : avantage
qu'il a lui seul sur tous les autres auteurs
dont nous venons de parler. Il vivoit en
effet vers l'an 55o de Rome, c'est-à-dire
soixante-quinze ans après cette expédition;
ainsi il pouvoit en avoir appris les circons-
tances des témoins oculaires ou contempo-
rains. Or, cet auteur, dans trois endroits dif-
férens de son Histoire, nous fait entendre
que les Gaulois, loin d'avoir pris ou pillé le
temple de Delphes, périrent misérablement
pendant le siège de cette ville. Il parle
en deux de ces endroits de leur entière
défaite : Twv FaXaTÔiv (pOapévTojv", &c., Ttov FaXa-
TôJv T.epi AîXooù; SiacpOopàç *. Et dans le troi-
sième il assure que ceux d'entre ces peuples
qui passèrent' en Asie furent préservés des
malheurs que tous les autres avoient éprou-
vés devant Delphes.
XI. L'autorité de Pausanias, quoique
beaucoup plus moderne que Polybe, n'est
pas moins respectable. Cet auteur qui a fait
la description de la Grèce, sa patrie, & qui
étoit pleinement instruit des choses mémo-
rables qui s'y étoient passées, raconte au
long,, en deux endroits "^ de son ouvrage ,
l'histoire de l'expédition des Gaulois, &
partout où il a occasion d'en parler % il
assure que ces peuples furent entièrement
défaits devant Delphes, qu'ils ne purent
jamais prendre cette place, & qu'elle se
soutint par la protection des dieux & la va-
leur des Grecs qui la secoururent. Il appelle
en témoignage les statues qui, de son temps,
subsistoient encore dans le temple d'Apol-
lon, comme autant de monumens de la vic-
toire des Grecs & de la défaite des Gaulois.
Il est vrai qu'on peut révoquer en doute
les prétendus miracles sur lesquels il fonde
la principale cause de la défaite de Brennus ;
mais les malheurs qui arrivèrent alors à
l'armée de ce général n'en paroissent ni
moins vrais ni moins certains.
XII. Nous croyons donc avec un moderne
■ Polybe, 1. I, p. 6.
» Ihid. 1. 2, p. 108.
' Ihid. 1. 4, p. 3 12.
* Pausanias, in Attic
. 643 & seq.
' Pausanias , in Achaïc
Note
4
p. 6 & seq. in Pkoc'ic.
p. 408 , in Arcadicis,
p. 472.
Note
4
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
17
c(uî a fait une savante dissertation sur l'or
(leToulouse ', que les auteurs qui disentque
le temple d'Apollon de Delphes fut pillé
par les Gaulois, l'ont confondu avec le tem-
ple d'Apollon de Toulouse, qui fut pillé en
effet par les Romains; & que sachant que
les Tectosages avoient entrepris autrefois
l'expédition de Delphes dans le dessein de
s'enrichir des dépouilles du fameux temple
de cette ville, ils ont cru que les richesses
qui furent enlevées par Cépion de celui de
Toulouse, étoient provenues du premier,
& cela d'autant plus aisément que l'origine
de ce trésor leur étoit inconnue. Nous avons
donc cru devoir préférer l'autorité précise
de Polybe, auteur presque contemporain ,
jointe à celle de Possidonius, de Pausanias
& de Strabon même, au témoignage des au-
tres, lesquels, si l'on en excepte Dion, ou
ne s'expliquent pas clairement, ou se con-
tredisent, ou ne disent enfin qu'un mot, en
passant, de cette fameuse expédition.
XIII. On pourroit peut-être sauver la con-
tradiction qui est entre ces historiens , en
Éd.orig. supposant que le pillage du temple de Del-
p. 600. phes par les Gaulois dont ces auteurs font
mention, n'est point différent de celui que
firent du même temple environ cent cin-
quante" ans après les Scordisques, les Mé-
diens & les Dardaniens qu'un habile critique
fait descendre des Gaulois qui attaquèrent
Delphes sous la conduite de Brennus. On ne
peut pas douter du moins que les Scordisques
qui étoient du nombre, ne fussent Tectosa-
ges d'origine. Suivant ce système, tous les
reproches que Cicéron faisoit aux peuples
de la Province romaine d'avoir porté leurs
mains sacrilèges sur les richesses consacrées
dans le temple d'Apollon de Delphes, pour-
roient s'interpréter du pillage fait par les
Scordisques, leurs compatriotes; mais on
ne sauroit expliquer de même l'autorité de
Tite-Live, puisque Manlius, suivant cet
historien, faisoit le même reproche aux
Gaulois d'Asie avant l'expédition des Scor-
disques contre le temple de Delphes. Ce
consul romain faisoit d'ailleurs retomber ce
reproche sur les premiers comme ayant été
' M. de Lagny, Annales de la Faille, t. i , p. 333.
'Voyez Histoire de l'Académie des Inscriptions,
t. 3, p. 83.
de l'expédition de Brennus. Quoi qu'il en
soit, le critique que nous venons de citer
convient que cette expédition fut très-désa-
vantageuse à ce capitaine, & que les Gau-
lois ne prirent ni ne pillèrent point alors lo
temple de Delphes.
NOTE V
Sur Vendroit où Annibal passa le
Rhône '.
IL paroît qu'on peut aisément déterminer
l'endroit, à peu près, où Annibal passa le
Rhône. On' sait d'un côté que ce général
arriva au bord de ce fleuve, & qu'il le passa
à quatre journées de la mer; & que de l'au-
tre après l'avoir passé, il arriva en le cô-
toyant en quatre autres journées de mar-
che à l'embouchure de l'Isère : ainsi , en
mesurant les distances, l'endroit du pas-
sage d'Annibal doit être fixé à peu près à
un égal intervalle & de la mer & du con-
fluent de l'Isère & du Rhône, & par consé-
quent aux environs du pont Saint-Esprit,
entre cette ville & celle d'Orange.
On peut tirer encore une nouvelle preuve
qu'Annibal passa le Rhône en cet endroit,
de ce que le consul Scipion ' qui étoit entré
par l'embouchure de cette rivière avec sa
flotte pour s'opposer au passage des Cartha-
ginois, employa trois jours de marche de-
puis l'endroit où il débarqua ses troupes
après s'être avancé par cette embouchure
jusqu'au lieu où Annibal avoit déjà passé.
Il est vrai que s'il falloit s'arrêter au
texte de Tite-Live^, ce seroit au confluent
de la Saône & du Rhône qu'Annibal seroit
arrivé après quatre journées de marche de-
puis son passage; mais M. de Marca' a fait
voir après Cluvier, qu'il faut lire Isara au
lieu de Scoras dans le texte de Polybe, &
ses raisons nous paroissent convaincantes.
' Voyez à la suite de cette Note, la Note addition-
nelle de D. Vaissete.
' Polybe, 1. I, p. 189.— T. Live, 1. ai.
'Polybe,!. I, p. 189. — T. Live, 1.21.
^ T. Live, 1, 21.
* Marca, de Prrrr:;t. p. 3:07.
Note
4
NOTB
5
II.
Note
5
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
ADDIT.
Ce qu'on pourroit trouver à redire à M. de
Marca, c'est qu'il prétend qu'Annibal passa
le Rhône à Tarascon, lequel est trop voi-
sin de la mer pour en être éloigné des qua-
tre journées marquées par Polybe. Nous
n'ignorons pas qu'un auteur' moderne pré-
tend avoir donné des preuves du sentiment
contraire, qui jointes ensemble forment,
selon lui, une démonstration sans réplique. Il
nous paroît cependant qu'il ne seroit pas
fort difficile de les réfuter : mais cela nous
mèneroit trop loin, & ce n'est pas d'ailleurs
de notre sujet. Nous nous contenterons de
renvoyer à la savante dissertation que M. de
Mandajors', qui a embrassé le sentiment
de M. de Marca, a faite là-dessus, & à
celle de M. le chevalier de Follard' qui a
traité cette matière à fond & l'a mise dans
tout son jour.
[}^ote additionnelle à la Note V, ajoutée par
Dom Vaissete à la fn du tome V de V édition
originale.']
Éd
5°,''|g- Surle passage du Rhône par Annihal"^.
p. 659.
LE P. Fabre, religieux de l'ordre des grands
Carmes, dans des remarques historiques
qu'il a ajoutées au Panégyrique de la ville
d'Arles, qu'il prononça dans la collégiale
de Notre-Dame de la Majour de cette ville
le 25 d'avril de l'an 1743, & qu'il a fait im-
primer, prétend' que tous ceux qui jus-
qu'ici ont voulu fixer le lieu où Annibal
passa le Rhône, se sont trompés 5 & il pro-
pose un nouveau système à l'abri de toutes
les difficultés. Il soutient & tâche de prou-
ver par diverses raisons, qu'Annibal, après
avoir traversé le pays des Volces ou le Lan-
guedoc, « vint au bord du Rhône, à sept
« lieues de l'embouchure de ce fleuve, vis-
ce à-vis d'Arles, ou une lieue au-dessus;
« que voyant que les Volces Arécomiques,
« qui habitoient les deux côtés du fleuve,
« vouloient lui en disputer le passage, &
' Catrou, Histoire romaine, t. 7, p. i 70 & suiv.
' Voyez Histoire de l'Académie des Inscriptions,
t. 3, p. 99 & suiv.
' V6W?irèi, Commentaires sur Polybe, t. 4.
"• Voyez au tome I de cette édition, 1. I, n. 23.
^ Page 65 &. suiv.
Éd.orig.
t.V,
p. 660.
« qu'ils s'étoient postés de l'autre côté pour
« s'y opposer, il rusa, en détachant Han-
« non, qui, avec une partie de l'armée, re-
« monta le fleuve vingt-cinq milles au-dessus
« de son camp, jusques aux Iles de Roque-
ce maure, où ce dernier passa à gué avec le
'( détachement, dans le dessein de prendre
« ensuite les Gaulois en queue j qu'Anni-
« bal le suivit pour mettre la Durance sous
« lui ; qu'Hannon ayant passé, & étant re-
« descendu quelque peu, il fait le signal,
« & prend en queue les Gaulois du pays
« qui s'étoient rassemblés (& qui étoient
« différens de ceux qui s'étoient postés
« devant le camp d'Annibal), tandis qu'An-
« nibal, aux signaux d'Hannon, les avoit
« déjà attaqués de front, en passant le
« fleuve, à peu près où est Avignon, ou un
« peu au-dessus. » En sorte que, suivant ce
système, Annibal, après le départ d'Hannon,
auroit décampé du voisinage d'Arles pour
se rendre aux environs d'Avignon, & auroit
marché l'espace de sept lieues le long du
Rhône, à l'insu des Gaulois, qui s'étoient
campés vis-à-vis de lui.
Sans entrer dans la discussion de cette
difficulté, & des diverses raisons que le
P. Fabre apportepour appuyer son système,
il nous suffira de remarquer que Polybe',
dont l'autorité est décisive sur cette ma-
tière, marque expressément , que le lieu
où Annibal arriva d'abord sur les bords du
Rhône, étoit à quatre journées de distance de
la mer. Or, suivant le P. Fabre, il n'y a que
sept lieues de l'embouchure du Rhône à
Arles. Annibal arriva donc d'abord bien au-
dessus d'Avignon. Il paroît d'ailleurs certain
par les textes de Polybe & de Tite-Live,
qu'Annibal passa le Rhône dans l'endroit
même où il arriva aux bords de ce fleuve;
qu'Hannon, après l'avoir passé à l'insu des
Gaulois, vingt-cinq milles au-dessus du
camp d'Annibal, descendit le long de la
rive opposée, également à l'insu des Gau-
lois, jusqu'à ce qu'il fût à portée d'avertir
Annibal, qui étoit peu éloigné de son
camp, en faisant un signal avec de la fu-
mée; & que ce signal détermina Annibal
à tenter le passage du fleuve, & à attaquer
les Gaulois de front, tandis qu'Hannon fit
' Polybe, 1. 3.
NoTB
AUUIT.
Note
ADDIT.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
19
Note
6
Ed.orig.
t. I,
p. 600.
une diversion, en attaquant leur camp en
queue; ce qui favorisa le passage de toute
l'armée carthaginoise. Au reste, il faut que
le P. Fabre n'ait pas lu le premier volume
de VHistoire de Languedoc, puisqu'il nous
fait dire qu'Annibal passa le Rhône entre
Orange & Avignon, à peu près où est au-
jourd'hui Roquemaure; tandis que nous
établissons au contraire dans la cinquième
note de ce volume", que ce fut aux environs
du pont Saint-Esprit, entre cette ville & celle
d'Orange, qu'Annibal passa le Rhône.
NOTE VI
En quel temps le Languedoc fut soumis
aux Romains.
L
ES Romains formèrent de leurs premiè-
res conquêtes dans les Gaules, une pro-
vince qui fut appelée simplement la province-
ou la province des Gaules, & ensuite la
Gaule Narbonnoise. Elle comprenoit dans
son étendue ce qu'on appelle aujourd'hui
la Savoie, le Dauphiné, la Provence & la
plus grande partie du Languedoc avec le
Roussillon. Ce qui nous reste de l'histoire
romaine nous apprend assez, quand & de
quelle manière furent soumis les Liguriens,
les Salyens ou Saluviens, les Vocontiens, &
les Allobroges qui étoient les principaux
d'entre les peuples des trois premières pro-
vinces , mais nous ignorons comment & en
quel temps le Languedoc ou la partie de
l'ancienne Narbonnoise qui est en deçà du
Rhône, fut assujettie à la République ro-
maine ; ce qu'on doit attribuer à la perte
des livres de Tite-Live, de Dion & des au-
tres historiens qui auroient pu nous l'ap-
prendre.
A leur défaut, ce n'est que par conjecture
qu'on peut fixer le temps auquel le Lan-
guedoc tomba sous la puissance de la Ré-
publique, & fut uni au reste de la Province
romaine pour ne faire ensemble qu'un
même corps. Nous avons pris le parti de
marquer cette époque immédiatement après
la victoire de Fabius Maximus & Cn. Do-
' Voyez supra. Note V, p. 17.
mitius sur Bituit, roi des Auvergnats, & sur
les Allobroges, ou après la bataille qui se
donna au confluent de l'Isère & du Rhône,
l'an 633 de Rome. Voici les raisons qui
nous ont déterminé à embrasser ce senti-
ment' :
1° Il est certain qu'avant cette bataille la
plus grande partie du Languedoc étoitsous
la domination de Bituit' & de la t'épen-
dance des Auvergnats : or, il fut aisé à Fa-
bius, après avoir entièrement défait ce roi
& remporté une victoire complète sur lui,
de passer le Rhône & de soumettre les pays
situés en deçà ou à la droite de cette ri-
vière, dont les peuples avoient secouru les
Auvergnats dans la guerre qu'ils avoient
entreprise contre les Romains. Il est vi ai
que César' dit qu'après cette action les
Romains accordèrent la paix aux Auver-
gnats, & qu'ils ne réduisirent pas leur pays
en province : mais cela doit s'entendre du
pays de ces peuples pris en particulier, &
non des autres situés en deçà du Rhône,
comme le Languedoc, sur lesquels Bituit
étendoit sa domination.
2° En 636 de Rome, le Languedoc étoit
soumis aux Romains, puisque la Républi-
que établit alors une colonie à Narbonne
pour tenir les peuples du pays en bride
& les empêcher de remuer. Il faut donc
que les Romains eussent conquis le Lan-
guedoc depuis quelque temps ; & c'étoit
sans doute depuis l'an 633 que Fabius, par
sa victoire sur Bituit, s'ouvrit les barrières
que le Rhône pouvoit lui opposer pour
l'empêcher d'étendre la domination romaine
en deçà de ce fleuve.
3° Cicéron'', dans son Oraison pour Fon-
teius, se moquant des menaces que faisoient
les peuples de la Province narbonnoise de
se révolter si on ne punissoit cet ancien
gouverneur du pays, dit par ironie : Excî-
tandus Cn. Domitius &■ Q. M.aximus qui na-
tionem Allobrogum & reliquas suis iterum
armis conficiat. « Il faut faire revenir Domi-
« tins & Fabius pour soumettre encore une
' Voyez, au sujet de cette Note, la remarque que
nous avons placée au tome I, n. XXXVII, livre I.
" Strabon, 1. 4, p. 191.
' César, de Belle Gallico, 1. i,n. 46.
^ Cicéron, pro Fonteio, p. 45i,edit. Graevii.
NOTB
6
Éd.orig.
p. 001.
Note
6
20
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
« fois par la force des armes les Allobroges
« & les autres peuples de la province; « ce
qui marque qu'on donnoit à Domitius & à
Fabius la gloire d'avoir achevé de soumet-
tre à l'Empire romain tous les peuples qui
habitoient alors dans la Province romaine,
& par conséquent ceux qui en faisoient
partie à la droite du Rhône ou dans le
Languedoc. Il est vrai qu'au lieu de relî-
quas on lit reViquîas dans le texte de Cicé-
ron' : mais Lambin & Graevius, juges com-
pétens sur cette matière, conviennent qu'il
faut lire relîquas.
4° Velleius Paterculus raconte" comment
& par qui les diverses provinces de l'Em-
pire romain furent assujetties; &, en par-
lant de la Province romaine ou narbon-
noise, il reconnoît qu'elle fut entièrement
soumise par Domitius & Fabius qui y en-
trèrent à la tête d'une armée. Cet auteur
ajoute que la République perdit depuis
cette province, après la défaite de son ar-
mée. Il veut parler sans doute de l'irrup-
tion des Cimbres & des Teutons qui s'en
rendirent en effet les maîtres, après avoir
taillé en pièces les troupes romaines qui
voulurent s'opposer à leur entrée dans le
pays.
5° Ammien Marcellin* attribue à Fabius
la gloire d'avoir achevé de soumettre la
Narbonnoise. Primo tentata per Fulvium ;
deinde praeliis parvis quassata per Sextium;
ad ultimum per Fabium Maximum domita. Or
Fulvius & Sextius n'eurent affaire qu'aux
peuples qui sont à la gauche du Rhône, &
ne passèrent pas en deçà de cette rivière
ou en Languedoc. C'est donc à Fabius qu'on
doit attribuer la conquête de cette partie
de la province.
6° Nous savons enfin qu'il y avoit dans
la Narbonnoise un grand chemin'' appelé
Via Domina, qui traversoit toute cette pro-
vince du temps de Cicéron. Il est parlé
aussi dans V Itinéraire d'Antonin & les Tables
de Peutinger, d'un lieu nommé Forum Do-
mitii situé en deçà du Rhône entre Subs-
tantion & Cessero, aujourd'hui S. Tibéri,
' Cicéron, pro Fonîe'io,
' VelUi'.is Paterculus, 1. 2, n. 89, p.
^ Ammien Marcellin, 1. i5, p. 107.
* Cicéron, pr# Fonteio.
65
en Languedoc. Or, nous ne connaissons
point d'autre Domitius, qui ait pu donner
son nom à cette voie & à ce lieu, que Do-
mitius ^nobarbus qui commandoit dans la
province, l'an 633 de Rome, conjointement
avec Fabius. C'est donc à ces deux capitai-
nes qu'il faut attribuer la soumission du
Languedoc à la République romaine. C'est
aussi le sentiment' de Manuce, de Sigo-
nius, de Laurenci, du P. Petau% de M. de
Valois % de Pitiscus"* & de plusieurs autres
habiles critiques.
NOTE VIT
De quelle manière le Languedoc fut
soumis à la République romaine.
I.o'iLy a peu de preuves, dans les anciens,
^ du temps précis auquel la partie de la
Narbonnoise qu'on appelle aujourd'hui
Languedoc, fut soumise aux Romains, nous
en trouvons encore moins touchant les
circonstances de cette soumission. Il paroît
d'abord que les peuples de ces pays furent
subjugués par la force des armes, de même
que ceux qui habitoient à la gauche du
Rhône; & que ne faisant avec eux qu'un
même corps de province sous l'autorité d'un
même gouverneur, ils furent assujettis aux
mêmes lois, & soumis de la même manière.
On peut appuyer ce raisonnement des
réflexions suivantes : 1° Il paroît par la
Note précédente que les Romains assujet-
tirent par les armes le Languedoc ou la
partie de la Narbonnoise qui est en deçà
du Rhône : or les Romains réduisoient tou-
jours en province les pays qu'ils soumet-
toient de cette manière. Ils interdisoient
alors aux peuples l'usage de leurs lois par-
ticulières, leur en imposoient de nouvelles,
& les rendoient tributaires.
2° Critognat renfermé daiis Alise ' tâche
' Voyez Antiq. Gronov. t. 6, p. 8671.
° Ratlonarium temporum.
5 Notitia Gall.
■* Lexic. anùcj.
* César, de Bello Gallico, 1. 7, n. 77.
Note
6
Note
7
Note
7
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
21
Éd.orig.
t. I,
p. 602.
de détourner les assiégés de se rendre aux
Romains sur l'exemple de la Province ro-
maine ou Gaule Narbonnoise : « Regardez,
« leur dit-il, la Gaule voisine, réduite en
« province, privée de l'usage de ses lois,
« assujettie à l'autorité des gouverneurs
« (securibus) romains, & devenue esclave
« pour toujours. » Par là, Critognat faisoit
assez entendre que toute la Province ro-
maine, qui comprenoit le Languedoc, avoit
été également assujettie par la force des
armes.
3" Si les peuples du Languedoc eussent
été maintenus dans- leur ancienne liberté
sous la protection ou l'alliance des Ro-
mains, comme on ^pourroit le croire, les
gouverneurs de la Narbonnoise, & entre
autres Manius Fonteius n'auroient pas
exigé impunément tant ' d'impôts & de tri-
buts, & exercé tant de vexations dans cette
partie de la Province romaine. Aussi Cicé-
ron% dans l'oraison qu'il prononça pour la
défense de ce préteur, qui l'avoit gouvernée
pendant trois ans, dit nettement que ses
accusateurs, qui étoient les Volces ou Lan-
guedociens & les Allobroges, avoient été
domptés à diverses reprises par les géné-
raux romains bello domîti , & qu'ils avoient
été dépouillés d'une partie de leurs terres :
partim ex veterîbus bellîs agro mulctati ; ce
qui marque un pays entièrement réduit en
province.
II. Quelque décisives que paroissent ces
autorités, nous croyons pouvoir assurer ce-
pendant que les principaux peuples du
Languedoc, après avoir été soumis par les
Romains, furent conservés dans l'usage de
leurs lois & dans leur ancienne liberté 5 que
les villes les plus considérables de cette
partie de la Narbonnoise se soumirent vo-
lontairement, & que le consul Fabius en
recevant leur soumission leur accorda, ainsi
que s'exprime un savant' critique, des con-
ditions raisonnables suivant lesquelles on
devoit plutôt regarder ces villes & les peu-
ples du pays comme alliés que comme sujets
de la République romaine. Voici les raisons
qui nous le persuadent :
' Cicéron, pro Fonteio.
• Cicéron , pro Fonteio.
Freinshemius ad lib. 61 T. Liyii,
1° Strabon' en parlant de Nîmes, capitale
des Volces Arécomiques, dit que cette ville
se gouvernoit par elle-même en forme de
république, qu'elle étoit indépendante du
gouverneur romain de la province, & qu'elle
avoit sous sa juridiction vingt-quatre bourgs
ou villages du voisinage, ce qui pouvoit
renfermer pour lors une assez grande éten-
due de pays & une partie du bas Languedoc.
2° Il est constant que Toulouse, quoique
comprise dans les limites de la Province
romaine, jouissoit d'une entière liberté
avant l'arrivée de Cépion dans ce pays, l'an
648 de Rome. En effet, suivant les fragmens
de Dion ', lorsque ce gouverneur arriva
dans cette ville, elle avoit véritablement
reçu une garnison romaine j mais cet au-
teur assure en même temps qu'elle étoit
alliée de Rome & regardée comme son as-
sociée. Elle vivoit donc alors suivant ses
propres lois, & la garnison romaine qu'elle
avoit reçue, n'étoit sans doute qu'à cause
de sa situation sur la frontière des terres
de la République & à l'extrémité de la pro-
vince. Plutarque' confirme la même chose
non seulement par rapport à Toulouse,
mais encore à l'égard de tous les Tectosa-
ges , puisque, suivant cet auteur, ces peu-
ples, l'an 65o de Rome , avoient un roi ou
souverain magistrat (M^?-^^) en la personne
de Copillus qui fut fait prisonnier par
Sylla, lieutenant de Marins, pour s'être allié
avec les Cimbres & les Teutons contre les
Romains.
3° Il paroît que les Helviens ou peuples
du Vivarois jouissoient du même privilège,
puisqu'ils avoient la liberté de se choisir un
prince ou chef de leur nation pour les gou-
verner sous l'autorité des Romains : tel
étoit Valérius Procillus dont César* fait
l'éloge.
4° Nous ne disons rien de Narbonne,
l'une des villes les plus considérables des
Gaules plus d'un siècle avant qu'elle ne
vînt au pouvoir des Romains, parce qu'elle
reçut une colonie romaine presque aussitôt
que la République eut fait la conquête de
' Strabon, 1. 4, p. 186.
' Fragm. Dion'is, apud Valesium, p j3j St. 632.
* Plutarque, in Sylla, t. I, p. 45xj..
* César, de Bello Gallico, 1. i, n. tp.
Note
7
Note
7
22
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
la partie de la Narbonnoise qui est en deçà
du Rhône. Par là, ses peuples se virent
associés à tous les privilèges des citoyens ro-
mains : mais rien ne prouve tant la liberté
de cette ville & de celles de Toulouse &
de Carcassonne, quoique les deux dernières
ne fussent pas alors honorées du titre de
colonie, que les troupes auxiliaires qu'elles
fournirent à César ' & dont ce général se
servit utilement pour la conquête des Gau-
NOTE VIII
Sur les limites de la Gaule Narbonnoise.
I.T ES anciens ' qui ont traité des limites
L'
de la Gaule Narbonnoise, se sont con-
tentés de nous apprendre en général qu'elle
lesj ce qui est une preuve de la liberté des étoit bornée par les Alpes, le Rhône, les
peuples de ces villes, puisque ceux qui Cévennes, la Garonne, les Pyrénées & la
étoient tributaires ne pouvoient pas faire mer Méditerranée. Ils ne sont pas descen-
une semblable levée de troupes & servir dus dans un plus grand détail, & nous ont
sous leurs propres enseignes. laissés dans l'incertitude au sujet des limites
5° Enfin le grand nombre de villes & de précises de cette ancienne Province re-
peuples de la partie de la Narbonnoise si-
tuée en deçà du Rhône, qui jouissoient du
droit latin, & dont Pline' fait l'énuraéra-
tion, est encore une nouvelle preuve que
quand ces peuples furent soumis à la Ré-
publique, celle-ci leur accorda des privi-
lèges, & les maintint dans leurs libertés. Il
est donc très-probable que les peuples du
Languedoc ne furent pas soumis par les
armes des Romains ; mais que prévoyant
qu'ils ne pourroient l'éviter tôt ou tard, ils
aimèrent mieux traiter avec la République
& se soumettre volontairement à sa domi-
nation en conservant leur liberté, que de
risquer de la perdre par leur résistance.
Cela est d'autant plus vraisemblable, qu'il
importoit extrêmement aux Romains de
ménager les peuples de cette partie de la
Narbonnoise, parce qu'ils avoient par leur
moyen une communication libre avec l'Es-
pagne. Ainsi le désir de se procurer la li-
berté de cette communication fut aussi sans
doute un des motifs qui engagèrent la Re-
manie.
II. Catel% après le célèbre jurisconsulte ^
Roaldez, a tâché de suppléer à leur défaut.
Il prétend que les vraies limites de la Nar-
bonnoise sont les suivantes : « Il commence
« par la ville de Toulouse & suit la ri-
« vière de Garonne en la remontant jus-
« qu'à sa source. De là il tire une ligne par
(( les Pyrénées jusqu'au port de Vendres en
« Roussillon, d'où il suit les côtes de la
« Méditerranée jusqu'au Var. Il côtoie
« ensuite les Alpes cottiennes qu'il laisse à
« l'Italie jusqu'au mont Adula, & vient au
« mont Jura où il prend le Rhône dont il
(' suit le cours jusqu'à sa jonction avec
« l'Isère. Du confluent de ces deux rivières
« il va aux montagnes des Cévennes jusqu'à
« la source du Tarn, qui, à ce qu'il ajoute,
« séparoit dans tout son cours la Narbonnoise
« de l'Aquitaine j & après l'embouchure de
« cette rivière dans la Garonne, il remonte
« celle-ci jusqu'à Toulouse. » Telles sont
les limites que cet auteur donne à l'ancienne
publique à traiter avec les peuples du Lan- Narbonnoise : mais il nous paroît qu'il n'a
guedoc, pour les unir dans un même corps pas traité cette matière avec assez d'exacti-
de province avec ceux qu'ils avoient déjà
soumis en deçà des Alpes & à la gauche du
Rhône '.
tude, & qu'il y a bien des choses à dire sur
ce qu'il a avancé là-dessus.
III. Avant que de nous engager dans
l'examen de son système, il faut remarquer
qu'il s'agit de fixer les limites de la Nar-
bonnoise, telle qu'elle étoit depuis le siècle
d'Auguste jusqu'à sa subdivision en deux
' César, Je Bello Gallico, n. 20.
' Pline, 1. 3, n. 5.
' Il est généralement admis aujourd'hui que le
territoire occupé par lesVolces à la droite du Rhône, P^ovinces. On peut même remonter plus
entre ce fleuve & les Pyrénées, a été soumis par
Domitius Ahenobarbus, à la suite de la bataille de ' Voyez Ausone, de clarls Urhihus, &.c.
Vindaltcium, 121 ans avant J.-C. [E. M.] » Catel, Mémoires de l'hist. de Lang. p. 8 & suiv.
Note
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Éd. orig.
t.-l,
p. 6o3.
haut; car quoique cet empereur ait fait
quelques changemens dans les limites des
trois autres provinces des Gaules, il ne pa-
roît pas qu'il ait touché à celle de la Nar-
bonnoise ou Province romaine ; on n'en a du
moins aucune preuve : ainsi, on peut raison-
nablement supposer qu'elle conserva tou-
jours la même étendue depuis la conquête
que les Romains en firent au septième siè-
cle de leur République jusqu'à ce qu'elle
fut partagée en Narbonnoise & Viennoise
vers la fin' du troisième siècle de l'ère chré-
tienne. Il est vrai que les historiens font
mention de quelques petits changemens du
côté des Alpes, sous l'empire de Galba;
nous en parlerons ailleurs. Nous examine-
rons s'il y en eut quelque autre auparavant
du côté des Pyrénées, dans les observations
que nous allons faire sur les limites que
Catel prescrit à la Narbonnoise.
IV. 1° Suivant l'opinion de cet auteur,
les Alpes maritimes & les Alpes grecques
auroient été anciennement comprises dans
cette province; mais il est certain que les
dernières n'en ont jamais fait partie % &
CateP avoue lui-même que les autres ne fu-
rent incorporées dans la Narbonnoise que
sous l'empire de Galba. Il auroit dû dire"*
qu'il n'y en eut alors qu'une partie qui
fût unie à cette province. Il faut donc en
retrancher tout ce pays.
V. 2° Il est certain' que le Rhône faisoit
la séparation de la Narbonnoise & de la
Celtique jusqu'à Lyon : mais ce fleuve devoit
passer au milieu de la première depuis son
entrée dans le diocèse de Vienne jusqu'à
son embouchure dans la mer ; car le pays des
Allobroges étoit entièrement compris dans la
Narbonnoise, & ces peuples habitoient, sui-
vant César , des deux côtés du Rhône au-
dessus de sa jonction avec l'Isère. Aussi
voyons-nous encbre aujourd'hui que le dio-
cèse de Vienne, qui comprend une partie du
pays des anciens Allobroges, s'étend des deux
côtés du Rhône. Cependant, selon Catel,
c'étoit une ligne tirée depuis le mont Adula
' Voyez Note XXXIII.
» Voyez Note XXXV.
' Catel, Mémoires de l'Hist. de Lang. p. 1 1.
♦ Voyez Note XXXV.
* César, de Bcllo Gallico , 1. i.
jusqu'au mont Jura, & ensuite le Rhône
jusqu'à l'embouchure de l'Isère dans ce
fleuve, qui servoient délimites à la Narbon-
noise; d'où l'on voit qu'il étend plus qu'il
ne faut les bornes de cette province à la
droite du Rhône depuis sa source jusqu'au
mont Jura, & qu'il y comprend une partie
de la Séquanoise & de la Lyonnoise, tandis
qu'il les resserre au-dessous de Lyon jus-
qu'à l'embouchure de l'Isère. En effet, dans
cette supposition , la partie du pays des
Allobroges & du diocèse de Valence, qui
est à la droite du Rhône & au-dessus de
l'embouchure de l'Isère , n'auroit pas ap-
partenu à la Narbonnoise.
VI. 3° Suivant le même auteur', le Tarn
depuis sa source jusqu'à son embouchure
dans la Garonne bornoit la Narbonnoise; ce
qui l'oblige de renfermer dans cette pro-
vince une partie considérable de l'ancienne
Aquitaine. Aussi avoue-t-il que le Vêlai,
le Gévaudan , & la plus grande partie de
l'Albigeois, appartenoient à la première. Il
devoit ajouter, suivant ce principe, une
grande partie du Rouergue; mais il se
trompe certainement, puisque tous ces pays
firent anciennement partie de l'Aquitani-
que depuis que l'empereur Auguste les eut
tirés de la Celtique propre , & non de la
Narbonnoise, pour les unir avec plusieurs
autres à cette province.
VII. Catel se restreint ensuite & ne met
dans la Narbonnoise que la partie du Gévau-
dan , du Rouergue & de l'Albigeois située à
la gauche du Tarn. Il attribue le reste à
l'Aquitaine; mais il avance tout cela sans
preuves & sans autre autorité que celle d'un
passage mal entendu de Pline. Ce géogra-
phe" dit véritablement que le Rouergue &
le Querci étoient limitrophes de la Narbon-
noise, & que les Nidobrîges ou peuples du
pays d'Agenois étoient séparés des Toulou-
sains par le Tarn : mais il ne s'ensuit pas
de là, comme l'interprète Catel', que les
peuples du Rouergue & du Querci fussent
séparés des Toulousains par cette rivière, &
qu'elle fît dans tout son cours la séparation
des deux provinces. Il est vrai que le Tarn
' Catel, Mémoires de l'Hist. de Lang. p. i3.
' Pline, 1. 4, n. 3i.
' Catel, Mémoires de l'Hist. de Lang. p. 9
NoTB
8
Note
8
24
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
;
sépare le Toulousain du Querci vers son
embouchure; mais en le remontant depuis
Montaubaii jusqu'à la pointe de Saint-
Sulpice, le pays situé des deux côtés est de
l'ancienne Narbonnoise, & le Querci est
séparé du Toulousain de ce côté-là par
d'autres limites. Pour ce qui est des Nido-
br'iges ou peuples du pays d'Agenois, ils
confinent encore avec les peuples du Querci
& du Toulousain vers la pointe de Moissac
ou à l'embouchure du Tarn dans la Ga-
ronne; ce qui fait croire avec raison à nos
meilleurs critiques ' qu'il faut suivre la le-
çon de Scaliger dans l'endroit de Pline que
nous venons de citer, & dire que ce sont
les Nitîobrîges ou peuples de l'Agenois qui
sont séparés des Toulousains par le Tarn ,
& non pas ceux du Périgord, comme quel-
ques-uns l'ont' entendu. De quelque ma-
nière qu'on lise ce passage, il , est toujours
vrai que Pline ne dit point que le Tarn fît
la séparation de la Narbonnoise.
VIII. S'il l'avoit dit, il auroit été démenti
par tous les autres anciens géographes &
par les notices qui mettent entièrement
dans l'Aquitaine le Gévaudan, le Rouer-
gue & l'Albigeois, pays traversés vers le
milieu par le Tarn. L'Albigeois , suivant le
système de Catel, auroit dû même appartenir
entièrement à la Narbonnoise; car la ville
d'Albi, sa capitale, est située à la gauche de
cette rivière , & auroit été par conséquent
dans les limites de la Narbonnoise.
IX. On pourroit peut-être dire que l'Albi-
geois faisoit partie de la Narbonnoise avant
le règlement que fit l'empereur Auguste
pour les limites des provinces des Gaules.
Les anciens ne font, en effet, aucune men-
tion de ce pays avant la notice attribuée à
l'empereur Honoré qui le comprend dans
l'Aquitaine : mais il est certain, comme
M. de Valois' l'a fait voir, que ceux de
l'Albigeois furent du nombre des quatorze
peuples de la Celtique qui furent unis à
l'Aquitaine par Auguste; ce qui prouve que
ce pays n'étoit pas compris dans la Narbon-
' Voyez Adrien de Valois, Notitla Gallïarum, m
verbe Nitlohriges.
Hardouin, In Plin.
^ Adrien de Valois, Notitla Galliarum, in verbo
Aqu'itania, p, 32.
noise. Que si les anciens n'ont pas parlé de "
l'Albigeois, ils peuvent l'avoir omis comme
plusieurs autres; ou peut-être du temps de
César faisoit-il partie du Querci ou du
Rouergue dont il est limitrophe, & fit-il
ensuite une cité particulière. Samson pré-
tend que les peuples de ce pays sont les
mêmes que les Héleutériens de César & les
Cambolectres de Pline. Il les divise en Age-
sinates & Atlantiques , dont les premiers
occupoient, selon lui, le pays compris
aujourd'hui dans le diocèse d'Albi, & les
autres ce qui compose le diocèse de Cas-
tres ; mais ce sont des conjectures qui n'ont
aucun fondement, comme le même M. de Ed. cri,';.
Valois' l'a démontré. Soit donc que les p. 6o^,
peuples d'Albigeois fissent avant le règne
d'Auguste un peuple particulier, ou qu'ils
fussent confondus avec les Ruthènes & les
Cadurces , il est certain qu'ils étoient,
comme ces derniers, hors des limites de la
Narbonnoise ou Gaule Braccata, puisqu'ils
furent démembrés par Auguste de la Celti-
que alors distinguée de la Narbonnoise ,
pour être unis à l'Aquitaine dont ils ont
toujours dépendu depuis : or, comme ces
peuples étoient situés de même que ceux
du Rouergue des deux côtés du Tarn, cette
rivière par conséquent n'a pu dans tout son
cours servir de limites à la Narbonnoise.
X. On pourroit dire encore qu'avant les
conquêtes de César dans les Gaules, une
partie du Rouergue étoit de la Province
romaine ou Gaule Narbonnoise, sur ce que
cet historien fait mention des Ruthenî Pro-
vinciales & des Rutheni Eleutheri ou libres.
On pourroit dire aussi la même chose du
Querci ; car César parle des Cadurces libres
& des Cadurces provinciaux : mais quand
les Romains auroient soumis avant César
une partie du Rouergue & du Querci, &
l'auroient unie à la Province romaine, cela
ne prouve pas que le Tarn fît la séparation
de la Narbonnoise, puisqu'on ne sait pas la
vraie situation des peuples du Rouergue &
du Querci libres , & celle des provinciaux.
D'ailleurs cela n'auroit subsisté que jusqu'à
Auguste, qui unit tout le Querci & tout le
Rouergue à l'Aquitaine ; or il s'agit ici de
Adrien de Valois, Notitia. Gallïarum y in verb.
Aquitania, p. 10.
Note
8
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
2i)
prescrire les limites de la Narbonnoise
telles qu'elles sont connues depuis cet em-
pereur. Enfin on n'a aucune preuve qu'une
partie du Querci & du Rouergue fût sou-
mise aux Romains avant le temps de César,
& cet auteur ne fait sans doute mention des
Cadurces & des Ruthènes libres & des Ca-
durces & des Ruthènes provinciaux, que
parce qu'il avoit soumis lui-même la Celti-
que, dont ces peuples faisoient alors par-
tie; qu'il laissa dans leur ancienne liberté
ceux d'entre eux qui se soumirent volontai-
rement ; & qu'il assujettit les autres au
droit provincial après les avoir subjugués
par, les armes. Il paroît, en effet, par
le même ' César qu'avant son entrée dans
les Gaules tous les peuples du Rouergue
jouissoient de la liberté qui leur avoit
été accordée par les Romains après la dé-
faite de Bituit & la soumission de toute la
Narbonnoise. Il est vrai que César V ne parle
que des Ruthenî Provinciales, & des Cadurci
Eleutheri : mais les uns supposent les au-
tres , en sorte que les Rutheni Provinciales
supposent qu'il y avoit des Rutheni Eleu-
theri, ou libres, & que les Cadurci Eleutheri
supposent qu'il y avoit des Cadurci Provin-
ciales.
XI. On pourroit cependant se servir de
l'autorité de Pline pour prouver qu'une
partie du Rouergue étoit comprise dans la
Narbonnoise, sur ce que cet auteur faisant
la description de l'Aquitaine & de la Nar-
bonnoise, met ce pays dans l'une & l'autre
de ces deux provinces : mais Pline doit
s'être trompé en cela, & on doit remarquer
qu'il ne dit pas qu'une partie du Rouergue
appartînt à la Narbonnoise, & l'autre à
l'Aquitaine; mais qu'il place tout ce pays
dans chacune de ces deux provinces, ce qui
n'est pas possible. Il faut donc corriger ce
qu'il avance là-dessus par les autres anciens
géographes & par toutes les notices qui
mettent dans l'Aquitaine le Rouergue de
même que l'Albigeois.
XII. Nous avons encore une preuve que
ces deux pays faisoient partie de l'Aquitaine
dans le poète Ausone' qui, parlant des li-
' César, de Bello Gallico, 1. i, n. 45.
* César, de Bello Gallico, 1. 7, n. 7 & 75.
* Ausone, de clar. Urbïbus, |3.
mites de la Narbonnoise , comprend dans
cette province tout ce qui est entre les Cé-
vennes & la mer Méditerranée , & renferme
dans l'Aquitaine tout ce qui est au nord de
ces montagnes :
Interiusque premunt Aquitanica rura Cebennae
Usque in Tectosagos.
Le Gévaudan , le Rouergue & l'Albigeois
dévoient donc appartenir entièrement à
l'Aquitaine, puisqu'ils sont situés en deçà
& au nord des Cévennes, & qu'ils sont, d'ail-
leurs , assez éloignés de ces montagnes pour
la plus grande partie, de même que le Tarn.
Cette rivière ne pouvoit donc servir de li-
mite à la Narbonnoise dans toute l'étendue
de son cours , y ayant un très-grand espace
entre la plaine d'Albigeois qu'elle traverse,
& l'extrémité occidentale des Cévennes qui
aboutit aux frontières des diocèses de La-
vaur, de Saint-Pons, & de Carcassonne
dans le pays des Tectosages.
XIII. 4° Catel ne paroît pas avoir mieux
placé les limites de la Narbonnoise en les
mettant à la source de la Garonne , puis-
que dans cette supposition tout le pays de
Conserans avec une grande partie du Com-
minges auroient dû appartenir à cette pro-
vince , ce qui est contraire à tous les anciens
géographes & aux notices qui attribuent ces
deux pays à la Novempopulanie.
XIV. Il est vrai que, selon quelques' criti-
ques modernes, le Conserans & la partie
du Comminges qui est à la droite de la Ga-
ronne dévoient du temps de César faire
partie de la Province romaine & , à ce qu'on
prétend, du territoire particulier de Tou-
louse, parce que, suivant cet historien',
l'Aquitaine étoit alors renfermée entre la
Garonne , les Pyrénées & l'Océan. Tout ce
qui est à la droite de ce fleuve devoit appar-
tenir à quelque autre partie des Gaules : or
les pays de Comminges & de Conserans ne
pouvoient convenir qu'à la Narbonnoise. On
ajoute que lorsque Pompée rassembla cette
troupe de brigands espagnols qu'on appela
Convenae , & qu'il les établit en deçà des
' Pagi ad ann. 406, n. 8. — Description historique
delà France, part, i, p. 199.
'César, de Bello Gallico, 1. i, n. I.
NoT«
8
Note
26
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
Éd.oris.
t. I,
p. 6o5.
Pyrénées dans le pays auquel ils donnèrent
leur nom, il falloitque ce canton fût sous la
dépendance des Romains, & qu'il fît par
conséquent partie de la Province romaine ,
la seule des Gaules qui fût alors au pouvoir
de la République.
XV. On peut répondre à l'autorité de Cé-
sar, que cet historien ne comprenant pas
la Province romaine dans sa division des
Gaules, il a voulu seulement marquer les
limites qui étoient alors entre les trois au-
tres parties. Or, comme l'Aquitaine étoit
limitrophe de la Narbonnoise depuis les Py-
rénées jusqu'à la pointe de Moissac , où le
Tarn se jette dans la Garonne, il ne devoit
point parler des limites qui faisoient la sé-
paration de ces deux provinces, mais seule-
ment de celles qui étoient entre les Aqui-
tains & les Celtes proprement dits. Aussi
voit-on que César n'a eu en vue que de pres-
crire les bornes qui séparoient ces deux
peuples : Gallos ab Aquîtanis Garumna fiu-
men... dlvîdit. Eorum una pars quam Gallos
obtinere dictum est, înîtium capit afiumine Kho-
dano, contînetur Garumna jiumîne ,Oce ano , &c,
Aquitanîa a Garumna jiumîne ad Pyrenaeos
montes , & eam partem Oceani quae ad His-
pan'iam pertinet , spectat , &c., &c. Il est évi-
dent par ces divers témoignages , que si la
Garonne avoit séparé alors l'Aquitaine de
la Province romaine depuis sa source jus-
qu'à la pointe de Moissac, tout ce qui se
trouve renfermé dans cet espace à la droite
de ce fleuve auroit appartenu à la Celtique
propre. Or, il est constant que ce pays dé-
pendoit alors de la Province romaine que
César ne comprend pas dans sa description
des Gaules , parce qu'elle étoit déjà soumise
à la République. On peut donc seulement
inférer de l'autorité de cet historien, que
les Celtes ou Gaulois étoient séparés des
Aquitains par la Garonne depuis la jonction
de ce fleuve avec le Tarn jusque vers son
embouchure dans la mer.
XVI. En second lieu, il n'est pas certain
que le pays de Comminges fût de la Pro-
vince romaine ou Narbonnoise du temps de
Pompée , parce que ce capitaine força une
troupe de montagnards d'Espagne à s'y éta-
blir; car Pompée peut avoir obligé ces mon-
tagnards à se réfugier dans ce pays , quoique
dépendant de l'Aquitaine, comme M. de
Valois ' l'a fait voir; & les Aquitains , quoi-
que libres & indépendans , peuvent les
avoir reçus chez eux, soit de bon gré, soit
par crainte de s'attirer les armes de ce gé-
néral. Mais quand même le Conserans & la
partie du Comminges située à la droite de
la Garonne auroient appartenu à la Pro-
vince romaine du temps de Pompée & de
César , il est certain que depuis Auguste
ces deux pays firent partie de l'Aquitaine,
comme l'on peut voir dans tous les anciens
géographes & les notices. Par conséquent,
du moins depuis ce temps-là, ce ne fut point
la Garonne vers sa source qui fit la sépara-
tion de la Narbonnoise , puisque le Conse-
rans & une grande partie du Comminges
sont situés à la droite de ce fleuve.
XVII. Catel ' se sert de l'autorité de Pline
pour prouver que le Conserans étoit de la
Narbonnoise. Il ajoute que la ville de Sa'int-
Lî':^ier de Conserans est située sur la Garonne,
à cause de quoi le pays de Conserans se peut
étendre delà & deçà la rivière de Garonne.
Mais, 1° il est étonnant que cet auteur ait
ignoré que la ville de Saint-Lizier est sur le
Salât & non pas sur la Garonne, & que tout
le diocèse de Conserans est situé à la droite
de ce dernier fleuve. 2° Pline ne dit rien qui
puisse favoriser son opinion. Il est vrai que
ce géographe ' met les Consuarani dans la
Narbonnoise, & les Consoranni dans l'Aqui-
taine : mais ces peuples sont très-différens,
comme l'a fort bien prouvé M. de'' Marca,
quoique leur nom ait quelque ressemblance,
ce qui a sans doute trompé Catel, & lui a
fait confondre les uns avec les autres. En
effet, les premiers habitoient anciennement
une partie du Roussillon & du Gonflent
dans la Narbonnoise, & les autres le pays
de Conserans dans l'Aquitaine. Ainsi du
temps de Pline la rivière de Garonne , vers
sa source, ne faisoit pas la séparation de la
Narbonnoise , puisque tout le Conserans
qui est à la droite de ce fleuve dépendoit de
l'Aquitaine.
XVIII. 5° Enfin Catel s'est trompé par
rapport aux limites de la Narbonnoise &
' Adrien de Valois, Notitia Gall. p. iSy & seq.
° Catel, Mémoires de l'hist, de Languedoc , p. i3.
' Pline, 1. 3, n. 5, & 1. 4, n. 3..
■* Marca Hispanica, p. 17, 27 & 212.
Note
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
27
des Gaules du côté d'Espagne, en les mettant
au port de Vendres, eu Roussillon, sur la
Méditerranée. M. de Marca' a fait voir que
les véritables bornes de la Gaule Narbon-
noise de ce côté-là , s'étendent plus au cou-
chant, & qu'elles vont jusqu'à Cervera &
au promontoire de Vénus.
XIX. Après avoir relevé ce qui nous a
paru défectueux dans les limites que Catel
prescrit à l'ancienne Narbonnoise, nous al-
lons essayer d'entrer dans le détail de celles
qui divisoient en particulier cette province
du reste des Gaules en deçà du Rhône. Nous
nous arrêterons ici à cette partie comme à
celle qui nous intéresse principalement ;
nous parlerons" ailleurs des autres limites
du côté des Alpes.
Nous observerons d'abord avec un habile
critique ' qu'on ne peut bien connoîre l'éten-
due & les limites des anciennes provinces
que par celles des peuples ou des cités par-
ticulières qui les composoient, & que comme
le gouvernement ecclésiastique s'est d'abord
réglé sur le civil , la connoissance de l'éten-
due des anciens diocèses doit servir de rè-
gle pour fixer celle de chaque ancienne cité
ou peuple particulier , à moins qu'on n'ait
des preuves des changemens qui peuvent
être arrivés. Ainsi les limites & l'étendue
particulière des anciennes cités ou diocèses
que les notices ont compris dans la Nar-
bonnoise en deçà du Rhône, nous serviront
à détailler celles de cette province.
XX. Sur ce principe nous attribuons à
l'ancienne Narbonnoise en deçà du Rhône
toute la partie des diocèses de Vienne & de
Valence qui est de ce côté-là avec les dio-
cèses de Viviers & d'Uzès ; une partie de
ceux d'Avignon & d'Arles j les diocèses de
Nimes & d'Alais qui n'en composoient qu'un
seul; ceux d'Agde, de Maguelonne ou de
Montpellier, de Lodève , de Béziers & de
Carcassonne ; celui de Narbonne, duquel
ceux de Saint-Pons &d'Alet furent détachés
dans le quatorzième siècle ; celui d'Elne ou
le Roussillon, & enfin toute la province ec-
clésiastique de Toulouse, qui ne formoit
' Marca Hispanica, p. 41, & seq.
' Voyez Note XXXV,
' Adrien de Valois, Praef. ad Notitiam Gall. p. 12
& seq.
NuTK
8
anciennement qu'un seul diocèse. Par là ,
nous excluons de la Narbonnoise tout le
diocèse de Castres avec la partie de celui
d'Albi qui est à la gauche du Tarn, que Catel
attribue à cette province , mais qui , de
même que le Gévaudan , le Rouergue & le
Vêlai, faisoient partie de l'Aquitaine depuis
Auguste & auparavant de la Celtique. Nous
étendons d'un autre côté les limites de la
Narbonnoise dans toute la partie de l'ancien
diocèse de Toulouse située à la gauche de
la Garonne depuis la jonction de ce fleuve
avec le Salât jusqu'à la pointe de Moissac;
pays quij suivant Catel, faisoit partie de
l'Aquitaine ou Novempopulanie. Nous don-
nons à cette dernière province tout le
Conserans & le Comminges contre le sen-
timent de cet auteur qui en attribue une
grande partie à la Narbonnoise.
XXI. Il seroit inutile de marquer ici en
particulier les limites précises de ces dio-
cèses , puisqu'elles subsistent encore , &
qu'elles sont d'ailleurs assez connues : il
nous suffira de dire en général que la Nar-
bonnoise devoit être séparée de la Lyon-
noise en deçà du Rhône par les mêmes bor-
nes qui séparent aujourd'hui la partie des
diocèses de Vienne & de Valence située du
même côté, du Lyonnois & du Forez, &
qu'ensuite il faut suivre les montagnes des
Cévennes , à l'endroit où elles séparent le
Vivarais du Vêlai & du Gévaudan ou de Éd.orig.
l'Aquitaine jusqu'à la montagne de Lozère p. 6o'6.
& aux sources du Tarn. Ces montagnes sé-
parent ensuite les diocèses d'Alais , de Lo-
dève & de Béziers qui appartenoient à la
Narbonnoise, du Gévaudan & du Rouergue
qui dépendoient de l'Aquitaine jusqu'aux
rochers appelés les Carous & à la monta-
gne de l'Espinouse sur les frontières des
diocèses de Saint-Pons & de Castres ou du
Narbonnois & de l'Albigeois. L'Agoût prend
sa source à cette montagne qui servoit de
limite aux deux provinces.
Les Cévennes régnent ensuite depuis la
source de l'Agoût jusqu'à celle de Tore, &
séparent encore le diocèse de Castres de ce-
lui de Saint-Pons. Elles s'étendent jusque
sur les frontières du diocèse de Lavaur qui
fait partie du pays des anciens Teclosages.
Par là ces bornes sont conformes au témoi-
gnage d'Ausone qui, joint l'extrémité des
Note
8
iS
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
NoTli
Cévennes au pays des Tectosages' , pour ser-
vir de frontière à la Narbonnoise.La rivière
de Tore sert de limite aux diocèses de Cas-
tres & deLavaur, & par conséquent aux
deux provinces , presque depuis sa source ,
jusqu'à son embouchure dans l'Agoût un
peu au-dessous de Castres. L'Agoût, depuis
sa jonction avec le Tore & jusqu'à son
embouchure dans le Tarn à la pointe de
Saint-Sulpice , fait la séparation de l'Albi-
geois & du Toulousain, c'est-à-dire de
l'Aquitaine d'avec la Narbonnoise.
Un ruisseau appelé Passe, qui se jette dans
le Tarn à la droite de cette rivière près de
la pointe de Saint-Sulpice, coule du nord
au midi le long d'une chaîne de petites
montagnes qui séparent le diocèse de Mon-
tauban ou l'ancien Toulousain , de l'Albi-
geois jusqu'à un autre ruisseau appelé
Tescouet. Ce dernier coule du levant au
couchant & sépare le Querci du Toulou-
sain depuis sa source & le lieu de Mon-
clar jusqu'à sa jonction avec la petite
rivière de Tescou auprès de Saint-Naufari
dans le Toulousain. Cette rivière sépare
ensuite les deux provinces jusqu'à son em-
bouchure dans le Tarn à Montauban, & le
Tarn sépare le Querci de l'ancien Toulou-
sain depuis Montauban jusqu'à la pointe de
Moissac où il se jette dans la Garonne.
La Narbonnoise s'étendoit ensuite dans
tout l'ancien diocèse de Toulouse des deux
côtés de ce fleuve en remontant depuis la
pointe de Moissac jusqu'au lieu de Martres
un peu au-dessous de Cazères , à l'extré-
jnité du diocèse de Rieux & vers le Com-
luinges. Ce pays comprenoit, à la gauche de
la Garonne, ce qui compose aujourd'hui la
partie des diocèses de Montauban , de Tou-
louse & de Rieux située de ce côté-là avec
tout celui de Lombez. Il étoit séparé de la
Novempopulanie par la petite rivière de la
Serre , qui sépare le diocèse de Montauban
de celui de Leytoure en remontant depuis
son embouchure à la gauche de la Garonne
& auprès de Saint-Nicolas de la Grave jus-
i(u'à sa source qui est à une petite distance
ce la rivière de Gimone. Cette dernière sé-
pare ensuite du nord-ouest au sud-est le
diocèse de Lombez ou l'ancien Toulousain
* Ausone, de claris Urb, \ 3.
d'avec le diocèse d'Auch depuis le lieu de
Maubec jusque dans le Comminges, & ce
dernier pays est séparé des diocèses de Lom-
bez & de Rieux du couchant au levant par les
basses Pyrénées vers l'embouchure du Salât
dans la Garonne au voisinage de Martres.
Pour trouver les limites de la Narbonnoise
à la droite de la Garonne vers sa source &
du côté des Pyrénées, il faut suivre ces
montagnes qui séparent le diocèse de Pa-
miers ou l'ancien Toulousain d'avec le Con-
serans ou la Novempopulanie, depuis le
lieu de Martres sur la Garonne jusqu'à la
source de la rivière de Salât au pic de
Montbalhé, où, comme M. de Marca' l'a
fait voir, le géographe Ptolémée met les limi-
tes de la Narbonnoise & de l'Aquitaine, Si
non pas aux sources de la Garonne qui sont
plus occidentales. Il faut suivre après cela le
sommet des hautes Pyrénées qui séparent
les Gaules de l'Espagne jusqu'à Cervera &
au cap ou promontoire gallican de Vénus
Pyrénée sur la Méditerranée, dont la côte
fait les limites de la Narbonnoise jusqu'au
Var & à l'Italie.
XXII. On pourroit ne pas convenir que
la partie de l'ancien Toulousain qui est à la
gauche de la Garoniae dépendît de la Nar-
bonnoise sur ce que les anciens itinérai-
res qui comptent par milles dans toute cette
province , & par lieues dans le reste des
Gaules, emploient cette '' dernière manière
de compter depuis Bordeaux jusqu'à Tou-
louse inclusivement comme l'on peut voir
dans Vltinéraire de Bordeaux à Jérusalem,
De là on pourroit corîclure que la partie
du Toulousain qui est à la gauche de la
Garonne devoit appartenir à la Novempo-
pulanie ou Aquitaine , & non pas à la Nar-
bonnoise, & que Toulouse devoit être la
première ville de cette dernière province
de ce côté-là.
On peut répondre à cette difficulté en
supposant avec assez de vraisemblance que
quoique le pays des Tectosages ou le Tou-
lousain s'étendît anciennement des deux
côtés de la Garonne , il n'y eut cependant
d'abord & avant le temps de César que
la partie de ce pays située à la droite de ce
' Marca Hispanica, p. 65.
* Voyez Eergier, p. 480 & suiy.
N»TE
8
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
29
Note
9
Ed.orig.
1. 1,
p. 607.
fleuve qui fût soumise aux Romains j que
ce général ayant étendu les conquêtes de la
République au delà de la Garonne, la partie
du pays des Tectosages située à la gauche
de ce fleuve fut alors incorporée dans la
Province romaine ou Narbonnoise, ou peut-
être même seulement lorsque l'empereur
Auguste eut réglé les limites des provinces
des Gaules; que l'usage de compter par
milles dans la Province romaine étant déjà
établi depuis longtemps , il ne se fit aucun
changement pour la manière de compter
par lieues, qui étoit propre aux Gaulois,
dans la partie du pays des Tectosages d'au
delà de la Garonne , lorsque ceux-ci furent
soumis par César. Quoi qu'il en soit, il pa-
roît du moins qu'au siècle d'Ausone' la
Garonne ne bornoitpas la Narbonnoise; car
cet auteur, parlant des limites de cette pro-
vince, dit seulement qu'elle étoit bornée
du côté du couchant par le pays des Tecto-
sages en général.
Interiusque premunt Aquitanica rura Cebennae
Usque in Tectosagos, paganico nomine Volcas,
Totum Narbo fuit.
Il ne dit pas un mot qui puisse faire croire
que la Garonne séparât ces deux Provinces,
ce qu'il n'auroit pas oublié , puisqu'il traite
cette matière ex professa *.
NOTE IX
Sur la ville d'Illiherîs,
Nous avons des médailles de plusieurs
empereurs depuis Antonin Pie jusqu'à
Tétricus , où on voit cette légende : AEL.
MUNICIP. COEL. & dans d'autres COIL.
Le P. Hardouin^ célèbre par son érudition
& ses nouvelles découvertes, après avoir
séparé le mot de COEL. ou COIL. en ces
' Ausone, de claris Urh. i3.
' Conférez cette Note VIII avec la Nott CVI ci-
après.
' Kardouin, Opéra, p. 48 & 44.
deux syllabes CO. EL. ou CO. IL, l'inter-
prète de la manière suivante : A^A'ium muni-
cipium Consuaranorum Eliberis ou llliberis. Il
appuie son explication de ce passage de
Pline ' : « In ora regio Sardonum ,intusquc
« Consuaranorum ; flumina Teccum , Verno-
({ dubrum ; oppida llliberis magnae quondam
(( urbis tenue vestigium. » Il ajoute qu'Illibe-
ris est la ville de Collioure en Roussillon :
mais nous ne saurions adopter son interpré-
tation pour les raisons suivantes : 1° Parce
qu'il sépare en deux syllabes , sans aucune
autorité, le mot COEL. ou COIL. qu'on ne
trouve ainsi séparé dans aucune de ces mé-
dailles, qui, selon lui, sont en très-grand
nombre. 2° On voit par le passage de Pline
déjà cité, que de son temps la ville d'Illibe-
ris en Roussillon étoit très-peu considéra-
ble : or, quelle apparence qu'une ville
presque détruite nous ait laissé tant de
monumens depuis sa ruine, & que nous en
ayons si peu dans le temps qu'elle étoit
dans sa splendeur. 3° Selon Pline la ville
d'Illiberis n'étoit pas dans le pays des Con-
suarani , mais dans celui des Sardons ; le'
P. Hardouin en convient. Il se sert même de
cette autorité pour expliquer l'inscription
d'une médaille de Tétricus. En effet, selon
Pline' les Sardons occupoient toute la côte,
& les Consuarani le dedans du pays. Or, soit
que la ville d'Illiberis fût celle qu'on appello
aujourd'hui Collioure , comme le prétend
ce savant Jésuite, ou plutôt celle d'Elne ,
ainsi que le prouve M. de Marca % il est
constant que l'une & l'autre étant situées
sur la côte, elles dévoient être dans le pays
des Sardons , & non pas dans celui des Con-
suarani^ ce qui détruit entièrement l'expli-
cation du P. Hardouin ^
' Pline, 1. 3, c. 5.
' Hardouin, in Pltnium , p. 654.
3 Pline, 1. 3, c. 5.
* Marca Hispanica, p. 18, 3o3 & 328.
' Voyez, sur la ville i'IlUheris, la note placée au
tomel, livre II, n. 11. — Comme Illlberl, ville d'Es-
pagne du même nom, aujourd'hui Elvire, Caucoli-
beris, ColliourCj & bien d'autres que l'on pourrait
citer, l'antique llliberis est d'origine ibérienne; elle
était considérée comme la ville la plus importante
de la contrée lors du passage d'Annibal, mais elle
ne tarda pas à déchoir lorsque Ruscino fondée à peu
de distance eut attiré à elle tout le commerce. [E. M.]
Note
9
^'
Note
3o
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
NOTEX
Sur les Béhryces f peuples de la
Narbonnoise\
ON ne sauroit disconvenir que les an-
ciens n'aient donné le nom de Bébryces
aux peuples qui habitoient depuis les envi-
rons de Narbonne jusqu'aux Pyrénées. Le
premier que nous connoissions est le poète
Silius Italiens qui, dans son poème de la
guerre Punique , parle ainsi de ces monta-
gnes :
Pyrene' celsa nimbosi verticis arce
Divises Celtis late prospectât Iberos,
Atque aeterna tenet magnis divortla terris,
Nomen Bebrycia. duxere a virgine colles, &c.
Et plus bas , parlant du passage d'Annibal
& des Carthaginois par ces montagnes :
Jamque per & colles & denses abiete lucos '
Beèryciae Poenus fines transcenderat aulae, &c.
On doit ajouter au témoignage de ce
poète celui de Dion"* qui dit qu'ancienne-
ment les peuples de Narbonne & ceux qui
habitoient vers les Pyrénées s'appeloient
Bébryces ou Bébryciens. Le géographe^
JVIarcianus Herachota en parle dans les
mêmes termes , ce qui nous fait croire que
Festus® Avienus a voulu parler des mêmes
peuples lorsqu'il a dit :
Gens Elesycum prius
Loca haec tenebat atque Narbo civitas
Erat ferocis maximum regni caput.
• Conférez cette Note X avec la note 3, p. 3, du
premier volume, & ci-après avec la Note CVI.
' Silius Italicus, 1. 3, vers. 418 & seq.
' Silius Italicus, 1. 3, vers. 440 & seq.
^ Dion apud Tzetzem. in Lycophr. p. 91, & apud
Valesium, Fragmenta, p. 112. — Voyez Zonare, t. 2,
p. 70.
' Marcianus Heracleota, 1. 2, Peripl.
* Festus Avienus, Z?e5cry?tiooraeOTantiiwae,vers. 626
&seq.
Il paroît, en effet, qu'il faut corriger le
texte de cet auteur, & lire Bebrycumau lieu
de Elesycum.
Etienne de Bysance ' a eu donc raison de
distinguer deux peuples Bébryces dont les
uns habitoient vers le Pont en Asie & les
autres dans les Gaules au voisinage de
l'Espagne ; & Pinedo son commentateur a eu
tort de mettre au rang des songes d'Etienne
ou des fables grecques la distinction que ce
géographe fait de ces deux peuples, sous
prétexte qu'aucun ancien avant lui n'avoit
fait mention de ceux d'Europe ou des
Pyrénées, & que tous ceux qui l'avoient
précédé n'avoient parlé que des Bébryces
d'Asie.
Non-seulement les anciens dont nous
avons rapporté le témoignage , & qui sont
antérieurs à Etienne de Byzance, ont fait
mention des Bébryces des Gaules , mais en-
core plusieurs auteurs grecs du moyen âge
postérieurs à ce géographe. Zonaras dans
ses Annales" rapporte que la mer de Nar-
bonne s'appeloit autrefois la mer Bébry-
cienne. Tzetzez, commentateur de Lyco-
phron % assure que les Bébryces sont les
mêmes que ceux qu'on appeloit de son
temps les Narbonnois, & enfin Eustathe"*
dans son commentaire sur Denys le Géo-
graphe s'exprime dans les mêmes termes.
Malgré ces autorités , il y a quelque lieu
de douter si les peuples de Narbonne & des
environs ont jamais eu véritablement le
nom de Bébryces j & si les divers auteurs
qui le leur ont donné ou qui ont supposé
qu'ils l'avoient porté anciennement ne se
sont pas trompés.
Pour donner du jour à cette matière, il
faut recourir à l'origine la plus reculée du
nom de Bébrycie & de Bébryces. Les an-
ciens conviennent que la Bébrycie étoit
ancieniiement un pays de la Bithynie en
Asie ou la Bithynie même; qu'elle fut ap-
pelée' Bebrycia de Bébryx^ une des filles
de Danaiis qui s'y réfugia & y fonda un
' Etienne de Byzance, de Urh'ibus, p. i56.
* Zonare, t. i, p. 406.
' Tzetzès, p. icj3.
'' Eustathe, p. 1 06.
* Voyez Servius, InVlrgilïi ^neii. 5, vers Sy.
^ Eustathe, in Dionysii Perieg. vers 8o5.
Note
lO
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
3i
royaume, & qui donna aussi son nom à
une grande forêt; qu'Amycus ', fils de Nep-
tune, fut roi de ce pays de Bébrycie, & qu'il
signala son règne par l'usage barbare de
contraindre tous les étrangers qui venoient
dans ses États de se battre contre lui à peine
d'être massacrés s'ils le refusoient; que cette
conduite d'Amycus lui attira, de même
qu'aux Bébryciens ses sujets , la réputation
d'une grande férocité; que ce prince fut
vaincu & tué par les Argonautes ; & que les
Éd.orig. peuples Bébryces furent enfin exterminés'
p. 608. par les Phrygiens. Or, c'est uniquement de
ces Bébryces d'Asie dont parlent la plupart
des anciens géographes , comme Strabon &
Pline, lesquels ne font aucune mention de
ceux des Gaules, non plus que Ptolémée,
Mêla & les autres.
Silius Italiens', qui est le premier qui
parle de ces derniers à l'occasion du passage
d'Annibal par les Pyrénées , nous donne
d'abord l'étymologie du nom de ces monta-
gnes. Il le tire de celui de Pyrène , célèbre
par ses amours avec Hercule doiit il rap-
porte l'histoire, que Pline* met avec raison
au rang des fables. Il s'étend ensuite sur ce
sujet, & prétend que Pyrène eut pour père
un roi du pays qu'il appelle Bebryx, soit
que ce fût son nom propre ou plutôt une
épithète tirée du nom des peuples Bébryces
ses sujets. Il donne aussi à Pyrène celle de
Bébrycie.
Nomen Bebrycia duxere à virgine colles, &c.
Saeva Bebrycis in aula.
Namque ut serpentem patrias exhorruit iras, &c.
M. de Valois', prenant le nom de Bebryx
pour un substantif, conclut de ces vers que
c'étoit le nom du père de Pyrène. Daus-
queius, commentateur de Silius Italiens,
prétend, au contraire, que le mot de 5e-
bryx n'est® qu'un adjectif , & que le père de
Pyrène s'appeloit Amycus, qui est ce même
' Apollonius, Argon. 1. 2, v. i & seq. j & I. i,
p. 45, édit. de 1599. — Sidoine Apollinaire, Car-
m'ina, 5, vers 161 & seq.
=" Strabon, 1. 14, p. 678. — Pline, 1. 5, c. 33.
' Silius Italicus, vers 440 & seq.
-» Pline, 1. 3, c. 3.
^ Adrien de Valois, in Fragm. Dionys. p. ii3.
® Dausqueius, in S'ilium Italicum, p. 140.
roi de Bébrycie en Asie , dont nous avons
déjà parlé, & qui se rendit si célèbre par
sa cruauté, à quoi revient , en effet, l'épi-
thète de Saeva que ce poète donne à son
palais. Ceci nous donne lieu de croire que
Silius Italicus aura appliqué, par une fic-
tion poétique , à un prétendu roi des
Pyrénées ce qui ne convient qu'à un roi
d'Asie. On voit, en effet, par la suite de la
narration de ce poète, que c'étoit là son
dessein; car il fait mention des grandes fo-
rêts de sapins qui étoient dans les Pyrénées.
Et densos abiete liicos
Bebryciae Poenus fines transcenderat aulae.
Or, nous savons qu'Amycus, roi des Bé-
bryces d'Asie, exerçoit ses cruautés dans une
grande forêt appelée Bébrycienne , comme
nous l'avons déjà vu. De là vient aussi sans
doute que Festus Avienus, appliquant aux
Bébryces des Gaules ce qu'on disoit de ceux
d'Asie, donne au royaume dont Narbonne
étoit la capitale l'épithète de féroce.
Atque Narbo civitas
Erat ferocis maximum regni caput.
Nous croyons donc que Silius Italicus,
cherchant en poète l'étymologie du nom des
Pyrénées, se sera mis peu en peine d'avoir
recours à la fiction , & que pour orner son
poème, il aura fait venir & régner dans les
Gaules , par une licence poétique, Amycus,
roi des Bébryciens d'Asie , pour donner
par là une naissance illustre à Pyrène, maî-
tresse d'Hercule, & rendre l'origine du nom
des Pyrénées plus célèbre.
L'autorité de Silius Italicus aura suffi à
Dion pour mettre sans autre examen des
peuples Bébryces dans les Gaules & les pla-
cer aux environs de Narbonne. Les autres
auteurs grecs qui ont suivi ce dernier se
seront laissé entraîner par son témoignage,
& Etienne de Byzance en aura pris occasion
de distinguer deux peuples Bébryces , l'un
dans l'Asie & l'autre dans les Gaules auprès
des Pyrénées.
Festus Avienus, le seul auteur latin qui
fasse mention de ceux des Gaules après Si-
lius Italicus , l'aura suivi trop aveuglément
sans distinguer la fiction de l'histoire; ce
NOTB
10
Note
lO
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
qui lui aura fait croire que dans les temps
les plus reculés , ou pour mieux dire fabu-
leux, les peuples des environs de Narbonne
portoient le nom de Bébryces.
Du reste, il est certain, suivant Ptolé-
mée ', que ces peuples étoient du nombre des
Volces Tectosages. Polybe' ne leur donne
que le simple nom de Gaulois, de même
qu'à ceux du Roussillon; & si anciennement
ils avoient été appelés Bébryces, il n'auroit
pas oublié de le marquer à l'occasion du
passage d'Annibal par leur pays , qu'il dé-
crit fort au long. Il n'en dit rien cepen-
dant non plus que Tite-Live'; ce qui joint
au silence de Strabon, de Pline & des plus
anciens géographes &historiens, nous donne
lieu de douter, avec raison, si jamais les
habitans de Narbonne & des environs ont
eu effectivement le nom de Bébryces.
NOTE XI
Sur l'étendue du pays des Volces
Arécomiques.
TiTE-LiVE*, parlant du passage du Rhône
parAnnibal, dit que les Volces (ce qu'on
doit entendre des Arécomiques) habitoient
les deux côtés de ce fleuve. Colunt autem
(Folcae) circa utramque rîpam Rhodani. Stra-
bon' semble dire la même chose : Tr,v S'ettI
Oixôpa [jLÉp-^ Toij Tuoxapioij OùoXxai vé[;,ovTai ':y)V
xXe'STYjv, oûç 'ApY]y.ct>,(a7.ou? 7:poaaYop£uou(7i. On
voit cependant, par ce qui précède & ce qui
suit que, suivant cet auteur, les Arécomi-
ques n'habitoient qu'à la droite du Rhône,
& c'est ainsi que l'a entendu son traduc-
teur : At alterum Rhodani latus, Volcae ma-
jori ex parte accolant, cognomento Arecomîcî,
&c. , ce qui est confirmé par l'autorité de
Ptolémée^ qui n'étend le pays des Arécomi-
ques que jusqu'au Rhône. On peut conci-
lier l'historien avec le géographe en sup-
' Ptolémée, Géographie.
» Polybe, 1. 3, 189.
' T. Live, 1. 21 .
"T. Live, 1. 21.
' Strabon, 1. 4, p. ? 86.
* Ptolémée, Géographie.
posant, comme ilparoît très-vrai, que dans
le temps du passage d'Annibal les Arécomi-
ques occupoient les deux rivages du Rhône,
& qu'ils n'habitoient plus qu'à la droite
de cette rivière dans le siècle de Strabon.
Nous croyons, en effet, en trouver la
preuve dans César'. Selon cet historien,
Pompée, après la guerre de Sertorius, dé-
pouilla les Volces Arécomiques 8z: les Hel-
viens d'une partie de leurs terres & les
donna aux Marseillois. Cn. Pompeium, fait-
il dire aux magistrats de Marseille, & C„
Caesarempatronos cîvîtatîs, quorum alteragros
Volcarum Arecomicorum & Helvîorum publice
eîs concesserît ; alter bello vicias Gallias (ou
plutôt bello victis Galliis, comme lisent plu-
sieurs critiques) attribuerit , vectigaliaque
auxerit. Cicéron assure " aussi que les Volces
avoient été privés d'une partie de leurs
terres , partim ex veteribus bellis agro mulc-
tati. Or, il est très-vraisemblable que ces
terres, dont les Arécomiques & les Helviens
furent dépouillés & qui furent données aux
Marseillois, étoient celles qui étoient
situées à la gauche du Rhône du côté du
Dauphiné & de la Provence , comme étant
beaucoup plus à la bienséance des derniers.
César les leur ôta depuis ; mais nous igno-
rons si elles furent rendues alors aux Hel-
viens & aux Arécomiques , ou si elles
furent données à d'autres peuples du voi-
sinage , ou enfin si dans la suite elles ne
furent pas restituées à la République de
Marseille'.
NOTE XII
Sur la situation du pays des peuples
Umbranici , 6» de quelques autres
de la Narbonnoise,
ENTRE les peuples de la Gaule Narbon-
noise dont Pline'' fait mention, & dont
nous ne connaissons pas la situation , sont
' César, de Bello civilï, 1. i.
* Cicéron, pro Fonte'io.
' Consultez, au sujet des Volces Arécomiques, ce
que dit Herzog : Historia GalUae Narbonensis, &c.
" Pline, 1. 3, n. 5.
Note
1 1
Éd. ong.
p. 609.
Note
12
Note
12
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
33
Note
les Umbranîcî que M. de Valois ' conjecture
avoir pu occuper le pays qu'on appelle au-
jourd'hui le Lauraguais. Cet auteur appuie
ses conjectures : l" sur la Table de Peutin-
ger ou V Itinéraire de Théodose ^ qui, selon
lui, met ces peuples au voisinage des Tecto-
sages; 2° sur la ressemblance des noms des
Umbranici & du Lauraguais.
Nous laissons cette dernière raison au
jugement du public : nous nous contentons
de remarquer que c'est le château de Lau-
rag qui adonné son nom au Lauraguais,
comme les châteaux de Minerve & de Redas
ont donné le leur au Minervois & au Rasez. Sur le passage du Rhône par les Cim-
Tasconi dans la partie du diocèse de Mon-
tauban qui est à la droite du Tarn , entre
cette rivière & celle d'Aveyron. Ce pays qui
faisoit autrefois partie du diocèse de Tou-
louse, & qui étoit occupé par conséquent
par les Tectosages , est arrosé d'une petite
rivière ou gros ruisseau qui porte encore
le nom de Tescou.
NOTE XIII
Quant à la Table de Peudnger, il est évi-
dent que cet itinéraire , s'il est de quelque
autorité, place les Umbranici aux environs
de Nimes, & par conséquent loin de Tou-
louse & des Tectosages. Nous savons, d'ail-
leurs , que ce qu'on appelle aujourd'hui le
Lauraguais, étoit situé dans le centre &
faisoit partie du pays habité par ces der-
niers peuples; ce qui détruit les conjectu-
res de M. de Valois. S'il étoit permis d'y
substituer les nôtres , nous placerions plutôt
les Umbranici dans le diocèse de Montpel-
lier, puisque, selon la Table de Peutinger^
ils étoient à l'orient des Tectosages , les-
quels s'étendoient jusqu'au diocèse d'Agdej
,& qu'ils étoient placés entre eux & les Vol-
ces Arécomiques.
La situation du pays, habité par divers au-
tres petits peuples particuliers de la Nar-
bonnoise dont Pline fait mention, nous est
encore moins connue. Tels sont les Bormani,
les Cambolectri 'Atlantici, les Tasconi, &c.
Nous ignorons si tous ces peuples particu-
liers habitoient en deçà ou en delà du Rhône.
Ce que nous pouvons dire en général , c'est
qu'il devoit y en avoir plusieurs dans l'éten-
due du Languedoc, & qu'ils étoient sans
doute compris parmi les Volces Tectosages
ou parmi les Arécomiques, puisque Stra-
bon" assure qu'il y avoit plusieurs petits
peuples obscurs qui habitoient depuis le
Rhône ou le pays des Volces Arécomiques
jusques aux Pyrénées.
Si on pouvoit s'arrêter à la ressemblance
des noms, nous trouverions des vestiges des
" Adrien de Valois, Notltia Galliarum, p. 616.
' Strabon, 1. 4, p. 18.
hres 6- les Teutons. Explication
d'un endroit de Plutarque au sujet
de la Ligurie 6* des Alpes,
I.TL est rapporté dans Plutarque' que Ma-
1 rius ayant appris que les Cimbres & les
Teutons revenoient d'Espagne dans le des-
sein d'entrer en Italie, il vint se camper au
bord du Rhône, vers l'embouchure de ce
fleuve, afin de leur en disputer le passage;
que ces barbares s'étant -partagés en deux
corps , les Teutons & les Ambrons , après
avoir traversé en diligence la Ligurie & les
Alpes , joignirent enfin le camp de ce géné-
ral auprès du Rhône , & que ne pouvant
l'engager au combat, ils passèrent outre
dans l'espérance de pouvoir traverser les
Alpes sans rencontrer aucun obstacle. Si cet
endroit de Plutarque n'est point corrompu,
il a besoin du moins d'un éclaircissement
que nous aurions cru trouver dans la der-
nière & excellente traduction françoise de
cet auteur. Quelle apparence , en effet, si les
Teutons à leur retour d'Espagne avoient
déjà passé sans obstacle la Ligurie & les
Alpes, qu'ils aient ensuite rebroussé chemin
8c parcouru une si grande étendue de pays
pour revenir au bord du Rhône présenter
bataille à Marius campé de ce côté dans le
dessein de leur disputer le passage & les
empêcher d'entrer en Italie, ce qui étoit
leur unique but }
Ces difficultés s'évanouissent si , par les
Alpes & la Ligurie que les Teutons tra-
versèrent avant que de joindre Marius, on
' Plutarque, in Mario.
NoTB
i3
II.
Note
i3
34
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
entend les Pyrénées & le pays situé le long
de la côte de Languedoc, ce qu'on peut
appuyer de l'autorité des anciens^ car 1° le
pays situé le long de la côte de Languedoc a
été connu autrefois sous le nom de Ligurie ,
ainsi que nous l'avons prouvé ' ailleurs. 2° Il
n'est pas moins constant que divers auteurs"
ont appelé Alpes les Pyrénées. Les anciens
donnoient, en effet, le nom d'Alpes à toutes
les hautes montagnes d'Europe, ainsi qu'on
le voit dans Servius' sur Virgile , où cet
auteur atteste que les Gaulois appeloient
ainsi les Pyrénées. Fortunat'* donne indiffé-
remment le nom d'Alpes aux Pyrénées &
aux montagnes d'Auvergne. L'Astronome ,
auteur de la Fie de Louis le Débonnaire , par-
lant du passage de ce prince en Espagne,
dit qu'il surmonta les difficultés du passage
des Alpes Pyrénées. Superato ^ pêne difficili
Pyrenaeorum transita Alpium. Enfin Louis le
Débonnaire lui-même , dans une de ses
chartes *, appelle Alpes les montagnes des
Cévennes.
II. Il y a une autre difficulté par rapport
au passage des Cimbres & des Teutons à
leur retour d'Espagne. Plutarque ' les fait
retourner ensemble d'au delà des Pyré-
nées, tandis que Tite-Live* assure que ces
peuples ne se joignirent que dans les Gaules
joints aux Ambrons arrivassent sur les bords
du Rhône devant le camp de Marius, & que
les derniers furent les seuls qui défièrent
ce consul romain. Un critique ' moderne
prétend, au contraire, que les Cimbres ne
se séparèrent des Teutons qu'après avoir
tenté inutilement ensemble d'attirer Marius
au combat , & de le faire sortir des retran-
chemens qu'il avoit faits sur les bords du
Rhône j & qu'après cette tentative les Cim-
bres, s'étant séparés des Teutons, firent un
détour pour aller chercher un passage en
Italie par les Alpes du Norique, ce qui est
assez vraisemblable. En effet, ces peuples
venant du côté des Pyrénées pour passer en
Italie, dévoient naturellement arriver aux
bords du Rhône. Quoi qu'il en soit, il pa-
roît du moins que s'ils se séparèrent aupa-
ravant, leur séparation dut se faire entre
les Pyrénées & le Rhône, & par consé-
quent dans la partie de la Narbonnoise qui
est en deçà de ce fleuve.
IV. Les anciens ne conviennent pas tout à
fait du lieu où les Cimbres furent défaits en
Italie par Catulus & Marius. Suivant" Plutar-
que ce fut dans la plaine de Verceil. Florus '
prétend que ce fut dans une campagne de la
Vénétie appelée Caudio ou CZauc/io. Velleius
Paterculus assure que la bataille se donna
in Raudis campis. La plupart des modernes
Note
i3
après le retour des premiers 5 ce qui pour
roit faire croire que les derniers ne passé- croient, sur l'autorité de Plutarque , que
rent pas au delà de ces montagnes, & qu'ils ces barbares furent défaits aux environs de
i.orig. demeurèrent toujours en deçà. Cependant , Verceil en Piémont. Sigonius veut, au con-
. 6i'o. comme Tite-Live ne nie pas que les Teu- traire, qu'on lise Vérone au lieu de Verceil
tons n'aient passé en Espagne, ils peuvent dans le texte de Plutarque, & en effet si
en être revenus dans le même temps que les cette bataille se donna dans la Vénétie ,
Cimbres & s'être seulement joints avec eux comme l'assure Florus, ce ne peut être au-
■ dans les Gaules. près de Verceil en Piémont. Il paroît
III. Plutarque ajoute que les Cimbres se d'ailleurs, suivant Plutarque, qu'elle se
séparèrent des Teutons avant que ceux-ci donna dans un endroit voisin de l'Adige ,
, rivière très-éloignée de Verceil. Ces rai-
sons nous avoient fait croire que cette ac-
tion s'étoit passée aux environs de Vérone,
dont la vaste campagne est très-propre à
étendre la cavalerie , car Plutarque nous
apprend que l'armée romaine occupoit une
plaine très-étendue. Cependant, comme
nous n'avons aucune preuve qu'il y ait
' Voyez dans cette édition, t. I, livrai, n. 35.
' Voyez Ausone, épitre 24, vers 87. — Isidore,
Origines, 1. 14, c. 8.
' Servius, in Alneid. IV, vers. 1 3.
^ Fortunatus,!. 6, carm. yj 1. 8, carm. 18; 1. 10,
carm. 22,
* Astron. t. 2 des Historiens de Duchesne, p. 293.
' Voyez à la fin de ce volume, aux Preuves. — Di-
plôme de Louisle Débonnaire , pour Aniane , ann. 837.
' Plutarque, in Mario.
* T. Live, Epitome.
' Cellarius, Dissert, de Cimbris, n. 21.
' Plutarque, in Mario.
' Florus, 1. 3.
Note
i3
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
35
Note
ADUIT.
Écï.orig.
t.V,
p. 663.
aucun lieu aux environs de Vérone qui porte
le nom de Verceil, de Caud'io ou de RauJio,
nous croyons devoir corriger ici ce que
nous avons' déjà dit, & adopter le senti-
ment des plus habiles modernes, qui ne
doutent point que cette bataille ne se soit
donnée dans un lieu appelé Raudio aux en-
virons de Verceil en Piémont, où les Cim-
bres peuvent s'être étendus après avoir
passé l'Adige.
[Nous plaçons , à la suite Je cette Note , les
Notes additionnelles suivantes , imprimées par
dora Vaissete dans le tome V de Védition ori-
ginale.]
Sur la guerre des Cimbres ^.
M DE MandAJORS dans son Histoire criti-
• que de la Gaule Narbonnoise, quatrième
dissertation sur la guerre des Cimbres ,
p. 53l, après avoir dit que M. Aurélius
Scaurus, étant consul de Rome en 646, fut
battu par l'es Cimbres, ajoute : « Velleius
« Paterculus le qualifie consul, &Tite-Live
«lieutenant du consul. C'est peut-être cette
« différence qui a donné lieu à de savans
« modernes ' de croire qu'Aurélius avoit
« été deux fois battu par les Cimbres j du
« moins je n'ai pu démêler sur quelle autre
« raison ils appuient leur sentiment. » Il dé-
veloppe ensuite avec sa sagacité ordinaire les
raisons qui lui font croire que M. Aurélius
Scaurus ne perdit qu'une bataille contre les
Cimbres. Les principales sont : i" queTite-
Live ne parle que d'une bataille perdue
par Aurélius, qui, suivant cet historien , fut
tué par Bojorix dont il étoit prisonnier;
2° que Velleius Paterculus ne fait aussi men-
tion que d'une seule bataille entre Aurélius
confondre, dit-il , avec Aurélius , quoique
l'un & l'autre portât le surnom de Scaurus.
Ainsi continue M. de Mandajors : « Ceux
« qui font perdre deux batailles à Aurélius,
« n'ont pour eux que les différentes quali-
i< fications qui lui sont données par Velleius
« Paterculus & par l'Abrégé de Tite-Live :
« or, ce fondement est trop léger pour un
i< fait de cette considération. Scaurus a pu
<( marcher contre les Cimbres pendant son
« consulat, & n'être battu qu'au commen-
" cément de l'année suivante, étant alors
« lieutenant de son successeur. Mais quand
(' ce moyen de concilier Tite-Live & Pater-
" culus nous manqueroit, il vaudroit en-
c core mieux supposer que l'un ou l'autre
« s'est mépris, ou que les copistes ont al-
« téré leur texte, que de multiplier ainsi
« les batailles. »
Ce fut en 647, dit ensuite M. de Manda-
jors, «que Cassius, consul, fut défait &
« tué dans le pays des AUobroges Les
« Cimbres & les Teutons revinrent en 649,
« entre le Rhône & les Alpes , & y battirent
« non-seulement Cépion , mais Mallius ,
« consul , qui avoit marché au secours de la
« Province avec M. iEmilius Scaurus, son
« lieutenant; & ce dernier, qui n'avoit de
« commun avec Aurélius que le surnom de
« Scaurus , fut tué par les Cimbres , avant
« que Mallius & Cépion se fussent joints. »
Enfin, il met au bas de la page les passages
de Dion & d'Orose, qui lui servent de
preuve.
Il est vrai que nous avons avancé, sur
l'autorité de Tite-Live & de Velleius Pater-
culus, que M. Aurélius Scaurus fut défait
deux fois par les Cimbres; la première étant
consul en 646 & la seconde en 649 , étant
lieutenant du consul Mallius. M. de Man-
dajors convient de la première défaite; la
seconde nous paroît évidente par le témoi-
& les Cimbres; 3" qu'il n'est question qxie gnage de l'Abrégé de Tite-Live : M. Aure-
d'une bataille perdue par Aurélius dans ce lius Scaurus, legatus consulis^ a Cimbris fusa
que Quintilien rapporte de la guerre de exercitu captus est'. Ce témoignage nous a
Marins ; 4° enfin, que Dion & Orose ne paru si précis & si circonstancié, que si
Note
ADUIT.
font aucune mention de M. Aurélius, mais
seulement de M. iEmilius , qu'il ne faut pas
' Voyez au tome I de cette édition, livre II, n" 47.
' Voyez au tome I, n" ?>i .
' Histoire naturelle de Languedoc, t. 1, p. 89.
on ne devoit admettre avec M. de Maftda-
jors qu'une seule défaite de M. Aurélius
Scaurus par les Cimbres, il faudroit la rap-
porter au temps où il étoit lieutenant du
' T. Live, Epiiome 67.
Note
ADDIT.
36
NOTES- SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Éd.orig.
t.V,
p. 664.
consul, & non lorsqu'il étoit lui-même con-
sul en 646. En effet, Tite-Live suit l'ordre
chronologique, & après avoir parlé dans le
livre soixante-cinq de la défaite du consul
M. Junius Silanus , en 646, par les Cimbres,
& de celle du consul Cassius par les Tigu-
riens,en 647, il parle dans le livre soixante-
sept de celle de M. Aurélius Scaurus, lieute-
nant du consul. Par conséquent la défaite
de ce dernier, suivaiat Tite-Live, est pos-
térieure à l'an 647 , & elle ne peut être
rapportée qu'à l'an 648 ou à l'an 649. Ainsi
M. Aurélius Scaurus aura été lieutenant du
consul dans la Gaule Narbonnoise , l'une ou
l'autre de ces deux années. Or, nous trou-
vons que M. Aurélius Scaurus fut effective-
ment lieutenant du consul Mallius dans la
Gaule Narbonnoise en 649, & cela dans
l'historien même que M. de Mandajors cite
pour son sentiment. C'est Orose' à qui il
fait dire : M. jEmilîus consularis captus atque
interfectus est, au lieu que nous lisons, au
contraire, dans l'édition de i56l qui a été
suivie dans la nouvelle collection des his-
toriens de France : M. Aurélius consularis
captus atque interfectus est. Cette autorité,
jointe à celle de Tite-Live, ne nous permet
pas de douter qu'Aurélius Scaurus n'ait été
défait par les Cimbres en 649 , lorsqu'il
étoit lieutenant du consul Mallius dans la
Gaule Narbonnoise. Quant à l'autorité de
Dion cité par M. de Mandajors, il nous
permettra de lui dire qu'il n'y a pas fait
assez d'attention- & que s'il avoit jeté les
yeux sur le texte grec , il n'y auroit lu ni
Aurélius, ni iEmilius, mais Scaurus tout sim-
plement xal i^exà 6r,vaTov 2y>.a6pou xov Scpoui-
Xtov [ji,£T£7:£[ji,ç}^aT0 % & c'est le traducteur quia
ajouté de lui-même le mot ^milius sans
aucun fondement. N'y ayant donc aucune
preuve que M. iEmilius Scaurus ait été
lieuteiaant du consul dans la Narbonnoise
en 649, & tous les anciens historiens étant
d'accord que M. Aurélius Scaurus, qui étoit
alors lieutenant du consul Mallius dans
cette province, fut battu & fait prisonnier
par les Cimbres, toute la critique de M. de
Mandajors tombe entièrement.
•T. Live, 1. 5, c. i5.
• Adrien de.Valols, Excerpt exD'ione, p. 63o &seq.
Pour ce qui est de la première défaite
d'Aurélius Scaurus par les Cimbres durant
son consulat, l'an 646 de Rome, nous nous
sommes fondés, avec le savant Pighius " sur
l'autorité de Tacite & de Velleius Pater-
culus : IVL. Scaurum constat (hoc anno) Gal-
liam obtinuisse Barbonensem (dit Pighius
sous l'an 646 de Rome, suivant le calcul
des Fastes capitolins), nec non expeditionem
contra Cimbros infeliciter suscepisse. Tacitus
enim in libello de Moribus Germanorum hune
Scaurum Aurelium inter alios quinque. consu-
larium exercituum Romanos duces, a Germa-
nts bello Cimbrico devictos recenset, cujus
postmodum adducam verba. De eodem Vel-
leius Paterculus historiarum secundo de Cim-
brorum eruptione scribens inter alia memoriae
prodidit , hos etiam in Galliis , antequam ad
Alpes pervenirent, post Carbonem Silanumque
fus os , fugatos &■ exercitibus exutos Scaurum
Aurelium Cos. & alios celleberrimi nominis viros
trucidasse. Non tamen consul in isto Velleii loco
scribendus est Aurélius Scaurus : adversatur
enim capitolinum fragmentum nec monstrat in
magistratu occisum fuisse, sicut in fastorum
tabulis annotari semper solet. Cujus item sen-
tentiae videntur esse Livius & alii : qui istum
post hanc cladem acceptam anno tertio, P.
Rutilio, Cn.Manlio Coss. consularem legatum
in exercitu Romano fuisse volunt, eoque a Cim-
brisfuso, captum , & deinde occisum, sicut
suo loco demonstrabitur. Les PP. Catrou &
Rouillé', dans leur Histoire romaine, met-
tent aussi deux défaites d'Aurélius Scaurus
par les Cimbres, l'une l'année de.son con-
sulat, & l'autre en 648 , suivant le calcul des
Fastes capitolins, ou en 649 de Rome, selon
le calcul de Varron, lorsqu'il étoit lieutenant
général du consul Mallius dans la Gaule
Narbonnoise. Que si, après tout, on veut
qu'Aurélius n'ait été défait qu'une fois par
ces barbares , il faudra dire que c'étoit en
649 de Rome, lorsqu'il étoit lieutenant du
consul Mallius dans la Narbonnoise , & il
faudra alors corriger le texte de Velleius
Paterculus, & lire Scaurumque Aurelium
consularem, au lieu de Scaurumque Aurelium
consulem.
' Pighius, ^/inaZ. Romanor. t. 3, p. lîpi
' Histoire romaine, t. 14, p. 70 & i85.
Note
ADDIT.
Note
ADDIT.
Éd. orig.
t.V,
p. 664.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
37
Sur la défaite des Teutons par
Marius ',
Non
ADOIT.
M DE Mandajors développe, dans son
• Histoire critique de la Gaule Nar bon-
noise ", les circonstances de l'irruption que
les Cinibres & les Teutons firent dans cette
Province. Il di , « que les premiers, à leur
« retour d'Espagne, s'étant joints aux Teu-
« tons, formèrent le projet d'entrer en Italie
'( par deux côtés différens^ que s'étant sé-
« parés pour la seconde fois , les Cimbres
« marchèrent lentement vers les Alpes ^rec-
« ques , & que les Teutons étoient encore
« vers le Var, à la veille de tenter le passage
« des Alpes, lorsque Marius, qui étoit au
«delà de ces montagnes, apprit qu'ils se
« disposoient à marcher en Italie^ qu'alors
« il passa lui-même très-promptement les Al-
« pes pourvenir dans la Narbonnoisej qu'il
« prit d'abord le parti, non pas de cher-
« cher les Teutons, mais de se retrancher
a & d'observer leurs mouvemens , afin
« d'accoutumer les soldats à leurs figures & à
« leurs tailles extraordinaires, avant de les at-
« taquer; qu'il se campa pour cela entre la
« mer & le Rhône, & fit creuser par ses
« soldats le canal qui a retenu le nom de
« Fossa Mariana; que les Teutons & les
«Ambrons, qui étoient alors arrêtés au-
« près des Alpes, jugèrent qu'il seroit dan-
« gereux pour eux de s'engager dans les
'< montagnes en laissant Marius dans la
« Narbonnoise; & que, pour ne pas risquer
« de l'avoir à leurs trousses , ils marchèrent
« à lui par la Ligurie & le long de la mer;
« que s'étant campés devant son retranche-
« ment, ils ne cessèrent pendant plusieurs
;( jours de provoquer les Romains au com-
« bat; qu'après plusieurs tentatives inuti-
< les , ils se retirèrent & marchèrent vers
« l'Italie , dont les Cimbres ne dévoient pas
« alors être éloignés; & qu'enfin Marius,
w étant sorti de son camp , suivit les Teu-
« tons, & remporta sur eux deux victoires
« signalées entre la ville d'Aix & les Alpes. »
Tel est le système de ce critique, entière-
ment opposé au nôtre, qui suppose que les
' Voyez au tome I, livre II, n" 42 & suiv.
' Pages I 10 & suiv. 53 1 & suiv.
Cimbres & les Teutons n'avoient pas en-
core passé le Rhône, lorsque Marius, étant
arrivé sur les bords de ce fleuve, se retran-
cha vers son embouchure , pour tenter de
tomber sur ces barbares après leur pas-
sage,& pour les harceler dans leur marche.
M. de Mandajors ajoute que M. Dacier,
dans sa traduction de Plutarque, suppose,
comme lui , que les Cimbres & les Teutons
avoient déjà passé le Rhône, quand Marius
entra dans la Narbonnoise.
Nous observerons d'abord qu'aucun des
anciens historiens qui ont parlé de la guerre
des Romains contre les Cimbres & les Teu-
tons dans la Gaule Narbonnoise ne nous
apprend si ces barbares, dont les premiers,
après avoir ravagé l'Espagne , s'étoient re-
joints aux autres dans les Gaules, avoient
passé le Rhône pour entrer en Italie , lors-
que Marius vint se retrancher vers l'em-
bouchure de ce fleuve, pour examiner leurs
démarches, & profiter de la première occa- Éd. orig
sion qu'il rencontreroit pour les combattre p|'665.
avec avantage : ainsi ce n'est que par con-
jecture queM. de Mandajors avance que les
Cimbres, s'étant séparés des Teutons, mar-
choient vers les Alpes grecques , & que led
derniers s'étoient arrêtés vers le Var & par
conséquent à la descente des Alpes, lorsque
Marius passa ces montagnes & vint se cam-
per à l'embouchure du Rhône. Nous croyons
au contraire que Marius, ayant appris le des-
sein que ces barbares avoient formé d'entrer
en Italie, passa les Alpes & vint se retran-
cher à l'embouchure du Rhône , avant leur
séparation, pour épier leurs démarches;
que les Cimbres & les Teutons, après
avoir passé ensemble ce fleuve, se séparè-
rent; que les Cimbres prirent la route des
Alpes grecques, & que les Teutons & les
Ambrons, ayant descendu à la gauche du
Rhône pour traverser la Provence & en-
trer en Italie du côté du Var, passèrent sous
les retranche- ens de Marius & tentèrent
d'attirer les Romains au combat. Nous lais-
sons aux militaires à décider si notre sys-
tème n'est pas plus naturel & plus vraisem-
blable. Il est marqué , en effet, dans Plutar-
que', que Marius, aussitôt qu'il eut appris le
dessein des barbares , passa promptement les
' Plutarque, in Mario,
Note
ADDIT.
38
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Alpes, & vint se camper sur les bords du Khône
vers son embouchure dans la mer. Marius ne
peut avoir fait ce chemin sans traverser la
Provence. Or, si les Teutons eussent été
alors vers le Var ^ comme le prétend M. de
Mandajors, Marius n'auroit-il pas agi plus
prudemment de les attendre dans les gorges
des montagnes pour leur en disputer le
passage, que d'aller se poster à cinquante
lieues au delà de leur camp, ce qu'il ne peut
avoir fait sans les rencontrer. Or , si les
Teutons entreprirent de l'attaquer lorsqu'il
étoit retranché de toutes parts , ne l'au-
roient-ils pas inquiété au débouché des
gorges du Piémont & du comté de Nice, par
où il doit avoir passé , & ne l'auroient-ils
pas harcelé dans sa marche ? M. de Manda-
jors convient que Marius, avant que d'at-
taquer les barbares, vouloit accoutumer ses
troupes à leurs figures & à leurs tailles ex-
traordinaires. Etoit-il à portée de le faire ,
tandis qu'il étoit sur les bords du Rhône ,
& que les Teutons étoient vers le Var à cin-
quante lieues de distance; & ces barbares
n'auroient-ils pas eu le temps & la liberté
de passer les Alpes sans être inquiétés ,
tandis que Marius occupoit ses soldats à
creuser des fossés & à élever des retranche-
mens ? Quelle nécessité pour eux de rebrous-
ser chemin pour venir inquiéter Marius
dans son camp , & s'exposer à être repoussés
sur les bords du Rhône , ayant les gorges
des montagnes libres devant eux, & n'ayant
d'autre dessein que de passer en Italie sans
obstacle ?
Il est vrai que Plutarque' rapporte, quel-
ques lignes plus bas, « que les Cimbres
« s'étant séparés des Teutons , ces derniers
« marchèrent par la Ligurie le long de la
« mer, pour aller attaquer Marius dans son
« camp. » Dans le système de M. de Man-
dajors, la séparation des Cimbres & des
Teutons ne dut se faire que vers le Var,
puisque ces derniers marchèrent aussitôt
par la Ligurie le long de la mer pour aller
attaquer Marius sur le bord du Rhône. Or,
quel besoin auroient-ils eu de se séparer,
puisqu'il leur étoit libre de passer ensemble
en Italie? Cet endroit de Plutarque est
cause que M. de Mandajors suppose que les
' Plutarque, tn Mario,
Teutons &. les Ambrons étant arrivés vers
le Var rebroussèrent chemin & revinrent
sur leurs pas le long des côtes de la Pro-
vence, pour attaquer Marius qui s'étoit
déjà retranché à l'embouchure du Rhône à
l'arrivée des Teutons vers le Var. Nous
croyons donc ou que le texte de Plutarque
est corrompu en ceteiidroit, ou que cet
historien s'est trompé, ou enfin qu'il en-
tend par la Ligurie la côte de Languedoc,
comme nous l'avons conjecturé ', à moins
qu'on n'aime mieux adopter l'explication
d'un critique moderne % qui prétend qu'on
doit traduire le passage de Plutarque de la
manière suivante : Les barbares marchèrent
contre Marius qui s'étoit retranché dans la
Ligurie au voisinage de la mer, en supposant
que 5'.a Atvûwv veut dire dans le pays des Ligu-
riens.
NOTE XIV
Note
ADDIT.
Note
'4
Sur Lollius 6» ManilluSf gouverneurs Éd
de la Narhonnoise.
ong.
t. I,
p. 6io.
SUIVANT Plutarque' Lollius partit des
environs de Narbonne pour aller en
Espagne au secours de Métellus contre Ser-
torius. Orose rapporte'* d'un autre côté , que
Manilius étant proconsul de la Narhon-
noise, se mit à la tète de trois légions & de
quinze cents chevaux pour marcher au se-
cours du même Métellus & qu'il fut battu
par Herculeius , lieutenant de Sertorius. Il
est dit enfin, dans VEpitome de Tite-Live %
que le proconsul L. Manlius fut défait en
Espagne par le questeur Herculeius ; ce qui
a donné lieu à Sigonius^ de ne faire qu'une
même personne du Lollius de Plutarque,
du Manilius d'Orose & du L. Manlius de
Tite-Live , prétendant que le texte de Plu-
tarque doit être corrigé, & qu'on y doit lire
• Note XIII.
' Eclaircissemens historiques sur les origines celti~
ques & gauloises, p. 124.
' Plutarque, in Sertorio, p. 574.
^ Orose, 1. 5, c. 23.
' T. Live , Epitome 90.
® Sigonius, in Epit. T. Livji, 90.
Note
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
39
Note
i5
L. Nlanîlîum au lieu de LoUium^ en quoi il
paroît avoir été suivi par Pighius '.
Pour nous, nous avons cru qu'il n'étoit
nullement nécessaire de confondre Lollius
avec Manilius , & d'en faire sans nécessité
une seule & même personne. 11 nous suffit,
pour les distinguer, que ces deux Romains
aient pu se succéder dans le gouvernement
de la Narbonnoise, & amener successive-
ment du secours à Métellus. En effet, celui-
ci servit assez longtemps en Espagne pour
cela, puisqu'il y fut envoyé' l'an 678 ou
674 de Rome, & qu'il y commanda contre
Sertorius jusqu'à l'an 677 ou 678 que Pom-
pée alla le joindre. Il peut donc y avoir eu
divers gouverneurs de la province des Gau-
les ou de la Narbonnoise qui lui aient
donné du secours en différentes années.
C'est ce qui nous a fait prendre le parti de
distinguer LoUius de Manilius, sans croire
qu'il soit nécessaire de corriger le texte de
Plutarque. Pour ce qui est du L. Manlius
don t il est parlé dans l'Epitome de Tite-Live,
il est évident que c'est le même que le
Manilius d'Orose '.
NOTE XV
Expéditions de Pompée dans la Pro-
vince romaine ou Gaule Narbon-
noise. Restitution d'un passage de
Cicéron.
I.jL est certain que lorsque Pompée passa
-. dans la Province romaine des Gaules ,
pour aller en Espagne au secours de Métel-
lus, ce fut en conquérant , & qu'il y soumit
les peuples qui s'étoient révoltés. Nous en
' Pighius, t. 3, p. 281 & 282.
* Voyez Freinshemius, adlib. 89 T. Livii, n. 7.
' Voyez, au sujet de cette A^ore, la rectification que
D. Vaissete avait insérée au tomeV de l'édition ori-
ginale & que nous avons placée au livre II, n, 5i.
Il résulte de cette rectification que L. Manilius Ne-
pos ne fut que proconsul d'une province d'Espagne,
& que ce Manilius est le même que L. Manlius ,
qu'Herculeius battit avant le passage de Lollius en
Espagne. (E. M.]
Note
i5
avons une preuve dans la lettre que ce géné-
ral écrivit' au Sénat pour lui rendre compte
de ses expéditions; car outre les difficultés
qu'il dit avoir surmontées dans les passages
des Alpes gardées par les troupes sertorien-
nes , il ajoute qu'il avoit soumis la Gaule &
les Pyrénées. Recepi Galliam Pyrenaeum,&c.
A son témoignage nous pouvons joindre
celui de Cicéron* qui fait l'éloge de ce ca-
pitaine & qui assure que la Gaule avoit été
témoin de sa valeur, lorsque voulant passer
en Espagne , il s'étoit fait jour à travers
cette province en faisant périr tous les
Gaulois qui avoient voulu s'opposer à son
passage : Testis est Gallîa, per quam legionî-
bus nostrïs in Hispaniam iter Gallorum inter-
necione patefactum cj^ Nous savons, d'ail-
leurs, que dans la fameuse inscription^ que
Pompée fit graver sur les trophées qu'il
éleva au sommet des Pyrénées à son retour
d'Espagne, après avoir heureusement ter- Éd.orig.
miné la guerre de Sertorius, il est marqué p. 611.
qu'il avoit conquis huit cent soixante-seize
villes depuis les Alpes jusques dans l'Es-
pagne ultérieure ; par conséquent la Gaule
Narbonnoise, située entre les Alpes & les
Pyrénées, devoit faire partie de ces con-
quêtes.
II. Soutenus de ces autorités, nous ne fai-
sons aucune difficulté de rapporter au temps
de ce passage de Pompée par la Province le
décret qu'il fit, & dont Cicéron parle dans
son oraison pro Fonteîo : décret par lequel
ce général confisqua en faveur des Mar-
seillois une partie des terres de plusieurs
peuples de la Province : Modo ab Senatu
agrîs urbibasqas mulctati sunt , dit Cicé- •
ron ^ en parlant de ces peuples. Et plus bas :
Qui ex agris, Cn. Pompeii décréta, decedere
sunt coacti.
III. Il est vrai que la plupart des nou-
veaux éditeurs de Cicéron lisent dans le
texte de cet orateur : Fonteii decreto dece-
dere sunt coacti^ au lieu de Pompeii, ne
pouvant comprendre que Pompée ait jamais
eu aucune autorité dans la Province ro-
maine pour y faire un pareil décret : mais
' Ep'ist. Pomp. apud Sallust. p. 1 i5
' Cicéron, pro Lege Maniha.
^ Voyez Marca Hispanica, p. 49 &. seq,
* Cicéron, pro Fonteio.
Note
i5
40
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
outre qu'ils sont démentis ' par tous les ma-
nuscrits & les anciennes éditions où on lit
Pompeîi au lieu de Fonteii , il est constant ,
par les autorités que nous avons déjà rap-
portées, que Pompée, avant que de péné-
trer en Espagne, fut obligé de se faire jour
par les victoires qu'il remporta sur les
Gaulois. D'ailleurs, ce général ne manquoit
pas de pouvoir dans la Province romaine ,
lorsqu'il y passa pour aller en Espagne ,
puisqu'il avoit alors toute l'autorité consu-
laire, quoiqu'il ne fût encore revêtu que de
la dignité de questeur , ainsi que l'assure '
Tite-Live : Cn. Pompeîus, cum adhuc quaes-
tor esset, cum împerio consularî adversus
Sertorium missus est.
C'est donc Pompée qui dépouilla par un
décret solennel les Volces Arécomiques &
les Helviens d'une partie de leurs terres , &
Fonteius n'en fut que l'exécuteur en qualité
de gouverneur de la Province. Cicéron nous
l'apprend dans son Oraison pour ce dernier,
dans laquelle il dit que Fonteius obligea les
Gaulois de la Province à abandonner les
terres qui leur avoient été ôtées j ce qui
montre que le décret de cette confiscation
yenoit d'une autre autorité que de la sienne :
Eos ' ex ils agris quibus erant mulctati dece-
dere coegît. César confirme que ce fut Pom-
pée qui rendit ce décret lorsque parlant ''
des Marseillois, qui pendant la guerre civile
ne vouloient se déclarer ni contre lui ni
contre Pompée , il leur fait dire : Principes '
vero esse earum partium Cn. Pompeium & C.
Caesarem patronos civitatis, quorum aller agros
Volcarum Arecomicorum & Helviorum publiée
eis concesserit : aller, &c. Il paroît, par tout
ce que nous venons de dire, que Pompée
eut assez d'autorité dans la Province pour
punir les rebelles & confisquer sur eux une
partie de leurs terres , lorsqu'il traversa
la Province pour aller en Espagne contre
Sertorius.
' Voyez Cicéron , pro Fonte'io, edit. ad us. Del-
phini, t. I, Orat. p. 480, & edit. Graevii, t. 2, Orat.
p. 434.
* T. Live, Epitome 91.
' Cicéron, pro Fontelo.
" Voyez Note XI.
' César, 1. i^ de Bello civiU.
[Nous plaçons, à la suiie de la Note XV, la
Note additionnelle suivante que D. Vaisseie a
insérée au tome V de son édition : elle rectifie
aussi quelques faits relatifs à la Note XVI qui
■suit.^
ON doit ' fixer à l'an 677 de Rome le pas-
sage de Pompée dans la Narbonnoise
pour aller en Espagne faire la guerre à Ser-
torius, suivant M. deMandajors, qui ajoute
que Fonteius ne pouvoit être alors dans la
Narbonnoise. La preuve qu'il en donne est
que Cicéron " dit que le gouvernement de
Fonteius n'avoit duré que trois années, &
que Pompée avoit déjà fait trois campagnes
en Espagne lorsque, sur la fin de l'an 680, il
vint passer l'hiver dans la Province romaine
ou Gaule Narbonnoise , où Fonteius , qui
en étoit actuellement gouverneur, le reçut.
Or, dit ce critique , puisque l'an 680 étoit la
troisième année depuis le départ de Pompée
pour l'Espagne, il devoit y être entré avant
le l'^i'de janvier678,&puisque Fonteius, qui
ne fut que trois ans dans la Narbonnoise ,
y commandoit encore pendant l'hiver de
l'an 680 à 681, il s'ensuit qu'il n'étoit ar-
rivé tout au plus tôt dans cette province ,
qu'au commencement de l'an 678, c'est-à-
dire, après le départ de Pompée pour l'Es-
pagne.
M. deMandajors nie que Fonteius ait été
en 680 lieutenant du proconsul C. Aurélius
Cotta, que nous avons dit avoir été gouver-
neur de la Narbonnoise cette année, sur
l'autorité de Pighius. Il soutient que, dans
l'Oraison de Cicéron pour Fonteius , il faut
lire ex Fonteii decreto au lieu de ex Pompeii
decrelo , comme il y a dans les anciennes
éditions & dans les manuscrits. Il prouve
que les peuples de la Province, qui avoient
été dépouillés d'une partie de leurs terres ,
l'avoient été par un décret du Sénat , que
Fonteius fit exécuter. Enfin il conjecture
que ces peuples étoient les Ruteni situés aux
environs des Volces.
Nous convenons avec M. de Mandajors,
que Fonteius fut pendant trois ans consé-
cutifs gouverneur de la Province romaine
' Histoire critique delà. Gaule Narbonnoise, p. 642
& suiv.
* Cicéron, jjro Fonteio.
Éd.oria
t.V,°
p. 665.
Éd.orig.
t.v,
p. 666.
Note
ADDIT.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
4ï
ou Narbonnoîse; que Pompée avoit fait du Sénat, qui avoit ordonné la confiscation
trois campagnes en Espagne contre Serto- d'une partie des terres possédées par les
Note
ADOIT.
rius , lorsqu'il se retira à la fin de l'an 680,
dans la Narbonnoise; que Fonteius gouver-
noit alors cette province , & qu'il y avoit la
principale autorité; & que le proconsulat de
L. Aurélius Cotta , dont nous avions cru
que Fonteius avoit été lieutenant dans cette
province en 680, n'est pas fondé : ainsi, il
faut corriger sur ces faits constans ce que
nous avons dit de contraire. Mais rien
n'empêche que Fonteius n'ait été gouver-
neur de la Province, lorsque Pompée y
passa pour aller servir en Espagne contre
Sertorius. En effet, Pompée peut n'avoir
passé dans la Narbonnoise , qu'au printemps
de l'an 678, & de l'aveu de M. de Manda-
jors, Fonteius gouvernoit alors la Province.
Il suffit pour cela que Pompée ait fait trois
campagnes en Espagne à la fin de l'an 680 ,
lorsqu'il alla passer l'hiver dans la Province,
& qu'il écrivit au Sénat la lettre qui nous
a été conservée. Quant aux terres dont quel-
ques peuples de la Province avoient été
dépouillés par le Sénat dont Fonteius fit
exécuter le décret, rien n'empêche aussi
que Pompée , en passant dans la Province
pour aller en Espagne, avec l'autorité con-
sulaire, n'ait donné des ordres pour le faire
exécuter de son côté conjointement avec
Fonteius. Ainsi on peut retenir la leçon :
Pompeii décréta' decedere sunt coacti , qui
paroît, d'ailleurs, assez indifférente, puis-
que M. de Mandajors a prouvé que les
peuples avoient été dépouillés de ces terres
par l'autorité du Sénat; & comme ce ne fut
ni par un décret de Pompée, ni par un
'^•:ret de Fonteius, qu'ils en furent dé-
pouillés, ils peuvent avoir concouru l'un
& l'autre pour faire exécuter celui du Sé-
nat. Quant à la conjecture proposée par
M. de Mandajors touchant les Ruteni, qu'il
croit être les peuples de la Province qui
furent dépouillés d'une partie de leurs ter-
res, nous pourrions l'adopter, si nous ne
savions, d'ailleurs, que les Volces Aréco-
miques & les Helviens furent dépouillés
d'une partie de leurs terres, dont Pompée
disposa en faveur des Marseillois ; ce que ce
général peut avoir fait lorsqu'il passa dans la
Province pour aller en Espagne, en faisant
exécuter de concert avec Fonteius le décret
peuples qui s'étoient élevés contre Fonteius.
Nous trouvons, d'ailleurs , les Volces ' parmi
les peuples de la Province qui furent les
accusateurs de Fonteius , & qui furent ses
principaux adversaires. Enfin, cette confis-
cation étoit récente, l'an 684 de Rome, dans
le temps que Cicéron prit la défense de
Fonteius : Provinciae ' Galliae M. Fonteius
praefuît, quae constat ex ils generibus hominum
& cîvitatum , qui {ut vetera mittavi), partim
nostra memoria bella cum populo Romano
acerba ac diuturna gesserunt , partim modo
ab nostrîs împeratoribus subactî , modo bello
domîtl modo ab senatu agrîs urbîbusque
mulctati sunt ^ &c.
NOTE XVI
Epoque du commencement 6» de la Éd
Note
16
fin de la guerre de Sertorius 6- du p.'ôii.
gouvernement de Fonteius dans la
Province.
>^N ne peut bien fixer les trois années
de la préture ou du gouvernement de
Fonteius dans la Province romaine, dont
parle Cicéron % qu'en fixant en même
temps l'époque du commencement & de la
fin de la guerre de Sertorius. Ce fut à la fin
du consulat Me Cornélius Scipion & de Nor-
banus Flaccus, & après que Sylla eut dé-
bauché l'armée du premier , que Sertorius ,
du consentement de Sylla , se retira libre-
ment de Rome pour aller prendre le gouver-
nement de l'Espagne qui lui étoit échu , ce
qui tombe sous l'an 671 de Rome, suivant le
calcul de Varron que nous suivons toujours.
Sertorius demeura tranquille dans ce pays ,
& ilnepritpubliquement lesarmes qu'après
avoir appris que Sylla maître de Rome l'avoit
' Cicéron , pro Fonte'io.
' Cicéron, pro Fonteio.
' Cicèïon, pro Fonteio.
'' T. Live, Ep'iîome 8. — Voyez Freinshemius, ad
hune lib. n. 18.
Note
i6
42
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
compris dans le nombre des proscrits '. Or ,
cette proscription n'arriva que sur la fin de
l'an 672 de Rome sous le consulat de Papi-
rius Carbo ' & de C. Marcius. Ainsi, on doit
compter le commencement de la guerre de
Sertorius en Espagne depuis la fin de cette
c'étoif C. Aurélius Cotta qui la gouver-
noit alors avec l'autorité de proconsul j ce
fut donc au commencement de l'an 681 que
Fonteius reçut Pompée dans la Province,
& par conséquent cette année fut la troi-
sième de son gouvernement j ce qui prouve
Note
16
année 672 ou plutôt depuis le commence- que les trois années de l'administration de Ed.ong.
ment de la suivante
D'un autre côté. Pompée ne passa en Es-
pagne qu'au commencement de l'an 678 de
Rome, après avoir terminé la guerre en Ita-
lie contre M. ^milius Lépidusj car ce der-
nier qui fut consul l'an 676 ne fut entière-
ment défait par ce général, & obligé de se
réfugier en Sardaigne, que l'année d'après
son consulat'. Or, Fonteius étoit gouver-
neur^ de la Province dans le temps que
Pompée y passa, & que ce général servoit
en Espagne. Ainsi, les dexix premières an-
nées de la préture ou du gouvernement de
Fonteius ne peuvent tomber au plus tôt que
sous les années 678 & 679 de Rome, puisque
l'an 677 M. Lépidus* en étoit gouverneur
sous le titre de proconsul. Il faut donc met-
tre le passage de Pompée par cette province
au commencement de l'an 678.
La troisième année du gouvernement de
Fonteius doit tomber sous l'an 681 de
Rome : en voici la preuve. Lorsque Pom-
pée * alla hiverner dans la Province romaine,
il y fut reçu par Fonteius qui en étoit gou-
verneur. Or, Pompée n'y alla hiverner'
qu'après le siège de Calahorra qu'il entreprit
sous le consulat de M. Aurélius Cotta , ou
l'an 680 de Rome, & après sa troisième cam-
pagne* en Espagne; c'étoit donc pendant
l'hiver, qui dura depuis la fin de l'an 680
jusqu'au printemps de l'an 681 de Rome.
Fonteius n'étoit point gouverneur de la
Province à la fin de l'an 680 de Rome ;
' T. Live, Epitome 90. — Voyez Freinshemius ,
ad lib. 88. — T. Live, n. 1 1, & ad lib. 89, n. 7.
'T. Live, Epitome 88. — Freinshemius, ad
hune lib. n. 21 & seq.
' T. Live, Epitome 90. — Voyez Freinshemius,
in eumd. 1. n. i5 & seq. & ad lib. 91, n. i & seq.
^ C\citon,pro Fonte'io. — Pighius, t. 3, p. 283. —
Freinshemius, in eumd. lib, 91. — T. Live, n. 2.
^ Freinshem. in eumd. n. 10. — Pighius, t. 3, p. 279.
" Cicéron, pro Fonteio.
' T. Live, Epitome 93.
* Epist. Pomp. ad sénat, apud Sallust. p. ii5.
ce préteur doivent tomber sous les années
678,679 & 681 de Rome, & que Pompée ne
dut commencer sa première campagne con-
tre Sertorius qu'au printemps de l'an 678.
II. Pour ce qui est de l'époque de la fin
de la guerre de Sertorius, elle peut être ai-
sément fixée sur ce que nous venons de dire.
Selon Tite-Live' elle dura près de dix ans,
& elle finit la huitième année du généralat
de ce capitaine. Or, nous avons déjà prouvé
qu'elle commença à la fin de l'année 672 de
Rome ou au commencement de la suivante;
par conséquent Pompée dut la terminer
l'année 682 qui étoit la huitième depuis
que les Lusitaniens avoient élu Sertorius
pour leur général. Cette élection arriva
donc l'an 674 de Rome & la seconde année
depuis sa proscription'.
III. Pompée, après avoir terminé cette
guerre, demeura quelque temps enEspagne;
il ne fut rappelé "• en effet qu'en 683 de
Rome, époque à laquelle il faut rapporter
l'érection du trophée qu'il fit élever en pas-
sant sur les Pyrénées, sous le consulat d'Au-
fidius Orestes & de Cornélius Lentulus *.
NOTE XVII
Sur celui qui commandait dans la Pro-
vince dans le temps que la conjuration
de Catilina fut découverte à Rome.
SALLUSTE ^ dit que Q. Métellus Celer
commandoitdans la Gaule Transalpine,
c'est-à-dire dans la Narbonnoise, lorsque les
' Pighius, t. 3, p. 3o3.
^ T. Live, Epitome 56.
' Freinshemius, ad 1. 90 T. Livil. — T. Live, n. 21.
'' Freinshemius ad 1. 97. — T. Live, n. i & seq.
^ Consultez, au sujet de cette Note, l'ouvrage
d'Herzog : Historia Galliae Narhonensis, 1866, in-8.
« Salluste,</e Bello Catïlin. p. 3oo.
61Î
Note
•7
Note
17
NOTES SUR L HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
ADDIT.
Ed.orig.
t.V,
p. 673.
Note
18
Ed.orig.
t. I,
p. 612.
Allobroges commencèrent à remuer, & que
Catilina fut défait par Antoine. Or, c'étoit
à la fin de Tan 691 de Rome; & il est cons-
tant par Cicéron' que Caïus, frère de Lici-
nius Muréna, gouvernoit alors la Province;
il faut donc que Salluste se soit trompé s'il
n'y a point de faute dans son texte. Il pa-
roîten effet, par la suite de cet historien &
par Cicéron dans ses Catilinaires, que dans
le même temps Q. Métellus Celer comman-
doit dans la Gaule Cisalpine ou au delà des
Alpes par rapport à nous.
iD. Vaissete, dans son cinquième volume, a
fait à cette note la rectification suivante .*]
IL faut supprimer cette petite note. M. de
Mandajors^ a raison de dire que Salluste
n'a point dit que Q. Cécilius Métellus Celer
commandât dans la Gaule Transalpine ou
Narbonnoise, lorsque les Allobroges com-
mencèrent à remuer, & que Catilina fut
défait par Antoine. Nous avons été trom-
pés par le commentaire de Laurent Valla '.
NOTE XVIII
Si les Volces Arécomïques 6* les Hel-
viens ont jamais été entièrement
soumis aux Marseillois.
Nous avons ^ déjà cité l'endroit de César
où ce dictateur rapporte' laréponse des
iii«g,lstrats de Marseille à la demande qu'il
leur fit de lui ouvrir les portes de leur
ville, & le motif dont ils se servirent pour
s'en excuser, qui étoit les bienfaits que
leur République avoit également reçus de
lui & de Pompée , le dernier leur ayant
donné les terres qui avoient été confisquées
sur les Volces Arécomiques & sur les Hel-
viens , &c. Quorum alter (Pompeius) agros
' Cicéron, pro Murena, p. i i3, éd. Graevii.
Histoire critique de la Gaule Narhonnoise, Tp. i63.
^ Salluste, éd. de Bàle, 1564, p. 3oo.
^ Voyez Note XV.
5 César, de BeUo çivili^ t. 1,
43
Volcarum Arecomicorum &■ Helviorum publiée
e/j(Massiliensibus) concesserit; alter {Caesav)
bello victas Gallias attribuerit vecti^aliaque
auxerit, &c. Ce passage qui est assez obscur,
a beaucoup embarrassé la plupart des com-
mentateurs. Il paroît en effet par la pre-
mière partie que Pompée soumit entière-
ment à la République de Marseille le pays
des Volces Arécomiques de même que celui
des Helviens : soumission tout à fait incon-
nue & même contredite par les monumens
qui nous restent; car les Volces Arécomi-
ques ont toujours été", du temps des Ro-
mains, des peuples libres & indépendans,
& nous savons que du vivant de César les
Helviens étoient" gouvernés par un prince
de leur nation, ce qui marque leur indé-
pendance des Marseillois. Ainsi, si Pompée
donna les terres des Arécomiques & des Hel-
viens aux peuples de Marseille, on doit l'en-
tendre seulement d'une partie qui peut
avoir été confisquée sur eux après la révolte,
& qui étoit sans doute située à la gau-
che du Rhône, comme nous l'avons' déjà
expliqué ''.
L'intelligence de la seconde partie de ce
passage est encore plus difficile; car il est
certain que César ne soumit pas aux Mar-
seillois toutes ses conquêtes des Gaules, &
qu'il ne leur en donna pas les revenus,
comme cet endroit semble le faire enten-
dre. Aussi Glaréanus, Glandorp & François
Hottman dans leurs notes sur César ont-ils
cru que le texte de cet auteur étoit cor-
rompu en cet endroit, & qu'au lieu de
victas GalliaSj il falloit lire victa Gallia ou
victis Galliis, ou enfin victos Salyos, peuples
voisins des Marseillois dont une partie leur
avoit été autrefois soumise. Suivant les
deux premiers sens, qui paroissent les meil-
leurs, & que nous avons suivis. César aura
assuré aux Marseillois la partie des terres
confisquées sur les Arécomiques & les Hel-
viens, que Pompée leur avoit déjà donnée.
' Strabon, 1. 4, p. 186 8c seq.
" César, de Bello Gallico, 1. 1 & 7.
^ Voyez Note II.
^ Le territoire donné aux Marseillais s'étendait
aussi bien sur la rive droite que sur la rive gauche
du Rhône, puisqu'il comprenait le pays de Nimes.
Voyez, à ce sujet, la Numismatique de la Narbqnna,i^e,
par de La Saussaye & Heizog. [E. M.j
NOT«
18
Hori:
»9
44
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Éd.orig.
t. I,
p. 6i3.
fiées eu particulier, son argument pour-
roit paroitre plus concluant ; mais tou-
tes les inscriptions où il est fait mention
des trois Gaules ne marquent point quelles
étoient ces trois provinces, à la réserve
d'une seule qui commence ainsi :
L. ' IVlusîo jEmîUano Laurenù Lavinatium
IIII militum V.E. praef. re...ul...trîuTn prov.
Gall. Lugdunens. Narbonens. & Aquitanens.
Cette inscription, qui est entièrement
contraire à M. de Marca, fait voir qu'on
comprenoit du moins quelquefois la Nar-
bonnoise parmi les trois provinces des
LçTRABON* remarque qu'à la dédicace Gaules; preuve que les autres inscriptions
Oque Drusus fit à Lyon d'un autel en q^^ \\ est fait mention des trois provinces ou
NOTB
'9
NOTK XIX
Si les peuples de la Narb on noise furent
du nombre des soixante peuples qui
se trouvèrent à la dédicace de V autel
d'Auguste à Lyon, 6* sur les trois
Gaules',
l'honneur d'Auguste, soixante peuples des
Gaules y offrirent chacun une statue. M. de
Marca' fait la supputation de ceux qui pu-
rent assister à cette cérémonie, & il pré-
tend que tous ceux des trois provinces des
Gaules conquises par Jules César s'y trou-
vèrent, qu'il n'y en eut aucun de laNarbon-
noise, & que c'est des trois autres pro-
vinces jointes ensemble qu'il faut entendre
plusieurs inscriptions rapportées dans Gru-
ter, où elles sont désignées par ces mots :
Très Galliae; la Narbonnoise, dit-il, ayant
toujours été distinguée, & fait comme un
corps séparé des autres provinces des
Gaules.
Quoiqu'il soit vrai, & que nous ayons en
des trois Gaules en général, ne désignent
pas plus les trois provinces conquises par
Jules César, que deux d'entre elles avec la
Narbonnoise.
On peut confirmer ce que nous venons de
dire par une médaille de Galba donnée par
M. Petau'. Elle représente trois têtes avec
ces mots : Très Galliae. Or, on sait qu'il y
eut trois gouverneurs de province qui se
déclarèrent d'abord dans les Gaules en fa-
veur' de cet empereur, & celui de la Nar-
bonnoise fut certainement du nombre; ce
qui peut servir à expliquer cette médaille
& à fixer le temps où elle fut frappée. On
peut encore en inférer que la plupart des
autres inscriptions semblables rapportées
effet des preuves que la Narbonnoise étoit par Gruter appartiennent à cette même épo-
communément regardée par les anciens
comme un corps séparé du reste des Gau-
les, il ne s'ensuit pas cependant que ses
peuples n'aient pu s'unir avec ceux des au-
tres provinces des Gaules pour la cérémo-
nie de la dédicace de l'autel de Lyon ; ce qui
paroît d'autant plus vraisemblable qu'elle
étoit bien plus voisine de cette ville que la
Belgique dont M. de Marca met les peuples
à la place de ceux de cette province. Si ce
savant prélat rapportoit quelque inscrip-
tion où il fût fait mention des trois pro-
vinces des Gaules, & où la Lyonnoise ,
l'Aquitanique & la Belgique fussent spéci-
' Voyez, au sujet de cette Note, l'ouvrage de
M. Auguste Bernard : Le temple d'Auguste. Paris,
Impr. Impériale, i865, in-folio. [E. M.]
' Strabon, 1. ^, p. 192.
' Marca, de Primat, p. zi5 & seq.
que, & que par conséquent elles ne favori-
sent nullement l'opinion de M. de Marca.
D'ailleurs Strabon"* ne dit pas que les
soixante peuples qui assistèrent à la dédi-
cace de l'autel d'Auguste à Lyon ne fussent
que de trois provinces ou des trois parties
des Gaules conquises par Jules César; ce
géographe se sert au contraire d'une expres-
sion qui nous fait croire que ces soixante
peuples étoient les principaux de toute la
Gaule ou des quatre provinces : àirb Travtwv
xotvfj xwv TaXatwv, de toute la Gaule en général.
IL Enfin M. de Marca se trompe dans la
supputation qu'il fait des soixante peuples
des trois provinces des Gaules conquises
' Gruter, p. 440, n. 3.
' Petau, Antiq. supcîl.
' Voyez la Note suivante.
' Strabon, 1. 4, p. içi-
Non
'9
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
45
par Jules César, qu'il prétend s'être trouvés
à la dédicace de l'autel de Lyon. Selon Pto-
lérnée ', dit-il, il y av oit dix-sept peuples dans
l'Aquitaine, vingt-quatre dans la Lyonnoise &
quator-^^e dans la Belgique, ce qui fait le nom-
bre de soixante ; mais cet illustre prélat n'a
pas bien calculé : car tous ces nombres ne
font ensemble que cinquante-cinq peuples
& non pas soixante. D'ailleurs, comme Pto-
lémée ne compte que quatorze peuples
pour la Narbonnoise, il n'y auroit qu'à ôter
le même nombre de la Belgique & les subs-
tituer à sa place, & le calcul de M. de
Marca seroit égal; ce que nous pourrions
appuyer de l'inscription de Gruter que nous
avons déjà rapportée, où les trois provinces
Narbonnoise, Lyonnoise, & Aquitanique
sont spécifiées : au lieu que M. de Marca
n'a aucune inscription qui joigne ensemble
& qui nomme les trois provinces des Gau-
les conquises par Jules César.
III. Cet auteur pouvoit ajouter, & il
semble qu'il auroit dû le faire, aux cin-
quante-cinq peuples de ces trois dernières
provinces, les huit que Ptolémée comprend
dans les deux Germaniques, & qu'il joint
à la Belgique; lesquelles du temps d'Au-
guste & de la dédicace de l'autel de Lyon
ne faisoient qu'un même corps. Il auroit
pu, par là, rendre complet le nombre
marqué dans Strabon : mais, au lieu de
soixante peuples précis que ce géographe
fait assister à cette cérémonie, il y en auroit
eu soixante-trois & davantage, comme nous
le verrons bientôt : ainsi ce calcul ne seroit
pas juste. Il faut encore observer que, quoi-
que dans le nombre total des peuples de
'• Lyonnoise marqué dans Ptolémée il
n'y en ait que vingt-quatre , cependant,
dans rénumération qu'il fait en particulier
des peuples de cette province, il en compte
vingt-six; ce qui fait voir qu'il n'y a aucun
fonds à faire sur tous ces calculs, étant cer-
tain qu'il y avoit plus de dix-sept peuples
dans l'Aquitanique dans le temps de la dédi-
cace de l'autel de Lyon, puisque, outre les
quatorze d'entre la Garonne & la Loire
qu'Auguste avoit auparavant unis à cette
province, il faut y comprendre les neuf
• Ptolémée, 1. 2, c. 7, 8 , 9 , 10. — Marca , de
Primat.
NoTB '^
'9
peuples qui habitoient l'ancienne Aquitaine
entre la Garonne, les Pyrénées & l'Océan,
& dont on forma une nouvelle province
appelée Novempopulanie. Par conséquent,
il y avoit, du temps d'Auguste, au moins
vingt-trois peuples dans l'Aquitaine.
IV. J-,e nombre de ceux de la Lyonnoise
& de la Belgique devoit être encore plus
grand que ne le fait Ptolémée. Pour s'en
convaincre, on n'a qu'à consulter César,
Pline, Strabon, Mêla, &c., qui font mention
de plusieurs peuples dont ce géographe ne
dit rien, & on sera persuadé qu'il n'a rap-
porté que les principaux. M. de Marca n'a
donc pas raison de vouloir corriger le texte
de Tacite' dans l'endroit où cet historien
dit qu'il y eut soixante-quatre cités ou peu-
ples des Gaules qui se révoltèrent, & qu'il
faut lire soixante-quatorze , au lieu de
soixante-quatre, parce qu'il trouve le nom-
bre de soixaiite-quatorze peuples, selon
Ptolémée, dans les quatre provinces des
Gaules ; car nous avons déjà fait voir
que, selon ce géographe, il devoit même
y en avoir au moins soixante-cinq dans
les trois provinces conquises par Jules
César, en y comprenant les deux Germani-
ques, comme on doit le faire. Si on ajoute
à ces peuples les quatorze de la Narbon-
noise, cela fait le nombre de soixante-dix-
neuf, & non celui de soixante-quatorze.
Mais quand même M. de Marca ne com-
prendroit pas les deux Germaniques dans
son calcul, cela ne feroit que le nombre
de soixante-onze peuples.
V. Le P. Ménestrier% dans son Histoire
de Lyon, prétend corriger M. de Marca &
trouver, selon Ptolémée, le nombre précis
de soixante peuples dans les trois provinces
des Gaules conquises par César. Il en compte
dix-sept pour l'Aquitaine , & cet ancien
géographe admet en effet le même nombre Éd.orig.
pour cette province : mais ce R. P. se p.^6V4.
trompe par rapport à la Lyonnoise; car il
ne compte que vingt-trois peuples dans cette
province, tandis que Ptolémée % dans l'énu-
mération qu'il en fait, en nomme vingt-six,
quoiqu'il n'en marque que vingt-quatre
' Tacite, Annales, 1. 3.
' Ménestrier, Histoire de Lyon, p. 67 & suîv.
' Ptolémée, 1. 2, c. 7, 8, 9, 10, p. 5o & suiv.
Note
'9
46
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
dans le nombre total. En effet, le P. Mé-
nestrier omet les Bîducessii ou Biducenses,
les M.eldae & Xes^dui nommés par ce géo-
graphe. Enfin, selon l'historien de Lyon,
Ptolémée ne compte que vingt peuples dans
la Belgique ; mais il n'a pas pris garde que cet
auteur en nomme vingt-deux, & entre au-
tres les Veromanduî & les Rauraci qu'il n'a
pas comptés. Il paroît par ce que nous ve-
nons de dire que Ptolémée compte plus de
soixante peuples dans les trois provinces
des Gaules conquises par Jules César.
Il est vrai qu'en calculant le nombre to-
tal des peuples que ce géographe marque à
la fin de chaque province des Gaules, on y
trouve le nombre précis de soixante; mais,
comme nous l'avons déjà fait voir, ce calcul
n'est point juste, & il y a sans doute quel-
que corruption dans les lettres numériques
de Ptolémée, puisqu'il fait l'énumération
de vingt-deux peuples de la Belgique, &
qu'on n'en trouve que dix-neuf dans le
nombre total de cette province. Il en
nomme vingt-six de la Lyonnoise, tandis
que le nombre total se réduit à vingt-qua-
tre, ce qui fait voir que le calcul de ce géo-
graphe ne peut être d'aucun usage pour le
système de M. de Marca.
VI. Les soixante peuples de Strabon ne
se trouvant donc pas en nombre précis dans
trois des provinces des Gaules, de quelle
manière qu'on les arrange, il paroît que le
sens de ce géographe est que ces soixante Quelle part eut la Narhonnolse dans
on ne sauroit du moins disconvenir qu'elle
n'en ait été séparée lorsque l'empereur Au-
guste divisa les Gaules en quatre parties
ou provinces indépendantes l'une de l'au-
tre, puisqu'il est constant que depuis ce
temps-là Lyon fut métropole de la Lyon-
noise, & que M. de Valois' a fait voir
qu'Ammien Marcellin s'est trompé en met-
tant cette ville dans la Narbonnoise.
VIII. M. de Marca pour exclure les peu-
ples de cette province du nombre de ceux
qui se trouvèrent à la dédicace de l'autel de
Lyon, avance qu'ils avoient déjà assez signalé
leur zèle & leur vénération envers Auguste
par la dédicace du fameux autel de Nar-
bonne dont l'inscription nous reste" en
entier, & dont il met l'époque avant la fête
de Lyon : mais l'inscription & la dédicace
de l'autel de Narbonne étant du consulat
de T. Statilius Scaurus & de L. Cassius
Longinus, c'est à la onzième année de J.-C.
& à ran764deRome qu'il faut les rapporter,
au lieu que la dédicace de l'autel de Lyon
se fit vingt-deux ans auparavant & l'an 742
de Rome; rien n'empêchoit donc les peu-
ples de la Narbonnoise de faire leur cour à
Auguste & à Drusus dans cette occasion.
NOTE XX
Note
'9
peuples étoient les principaux de toute la
Gaule en général : dans ce sens, ceux de la
Narbonnoise prirent autant de part que les
autres à la dédicace de l'autel de Lyon, &
peut-être davantage à cause de leur proxi-
mité. Cela est d'autant plus vraisemblable
que M. Baluze ' prétend que la ville de
Lyon fut comprise, depuis sa fondation,
dans l'ancienne Narbonnoise, parce qu'elle
devoit son origine aux Viennois, peuples
de cette province.
VII. M. Baluze assure même, sur l'auto-
torité d'Ammien Marcellin, que Lyon dé-
pendoit encore de la Narbonnoise au milieu
du quatrième siècle ; mais, quoiqu'il soit
assez probable que cette ville ait fait partie
de cette province dans ses commencemens,
' Baluze, Notae in Cyprian. ad an. 487.
la révolte de Julius Vindex.
PARMI un grand nombre de peuples des
Gaules qui prirent part à la révolte de
Vindex, Tacite' ne nomme par occasion
que les Sequanois, ceux d'Autun, d'Auver-
gne & de Vienne dans la Narbonnoise ; en
sorte que ce n'est qxie par une conséquence
qui nous paroît certaine, que nous assurons
que les peuples de cette province furent des
premiers à prendre part à cette révolte.
Nous le prouvons , 1° parce qu'il est cons-
tant que la colonie de Vienne fit* tous ses
' Adrien de Valois, Notes sur Ammien Marcellin,
p. 102 & suiv.
' Voyez aux Preuves, Inscriptions de Narbonne.
' Tacite, Historiarum 1. i, c. 5i & 65, 1. 4, c. i 7.
* Tacite, Historiarum 1. 1, c, 65.
Note
20
Note
20
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
47
efforts pour secourir Viiidex, & qu'elle leva
des troupes en faveur de Galba , ce qui mon-
tre que la révolte pénétra d'abord dans la
Narbonnoise. 2° Tacite' nous apprend que
trois chefs ou gouverneurs des Gaules , duces
Galllarum^ savoir Asiaticus , Flavius & Rufi-
nus, se joignirent à Vindex. Or, de quelle
manière qu'on entende le terme de Dux^
soit d'un gouverneur de province , soit d'un
général qui auroit eu seulement le com-
mandement des troupes, il paroît certain
qu'un des trois fit révolter la Narbonnoise.
En effet, chaque province avoit alors un
proconsul ou un préteur pour la gouver-
ner; & quand ce dernier" n'avoit pas le
commandement des troupes (ce qui arrivoit
quelquefois, surtout lorsqu'il y avoit plus
d'une légion dans le pays), l'Empereur en
donnoit la commission à un lieutenant qui
commandoit les troupes indépendamment
du proconsul ou du propréteur. Or, dans le
temps de la révolte de Vindex, il n'y avoit
que six provinces dans les Gaules, la Narbon-
noise, l'Aquitaine, la Lyonnoise, la Belgi-
que & les deux Germaniques. Nous savons
certainement que ces deux dernières & leurs
gouverneurs ou commandans demeurèrent
fidèles à Néron & se déclarèrent contre
Vindex k Galba; car Verginius', qui com-
mandoit dans la haute Germanie, marcha
contre le premier & le défit , & Fonteius
Capito% qui commandoit dans labasse suivit
le même parti avec ses troupes , qui ne jurè-
rent fidélité à Galba qu'après que cet empe-
reur eut été reconnu par le Sénat.
L'Aquitaine prit encore d'abord parti
contre Vindex
mandoit dans la Belgique. Vindex lui-même,
à qui Junius Blaesus succéda, gouvernoitla
Lyonnoise, selon M. de Tillemont"; &
nous savons ' , d'ailleurs, qu'il n'étoit quç
simple gouverneur & qu'il n'avoit pas le
commandement des troupes. Flavius & Ru-
finus dévoient être, par conséquent l'un
gouverneur ou commandant de la Narbon-
noise , & l'autre commandant de la Lyon-
noise.
Note
20
NOTE XXÎ
Sur ALmilîus Arcanus , duumvir de
Narbonne.
Nous conjecturons qu'Arcanus , à qui
Martial adresse une de ses épigrammes',
est le même que L. iEmilius Arcanus natif
de Narbonne qui, suivant une ancienne ins-
cription, fuf élevé à diverses dignités sous
l'empire d'Adrien. Outre la ressemblance
des noms, nous voyons, d'ailleurs , que l'un
& l'autre étoient natifs de Narbonne , qu'il
en est parlé également avec éloge & dans le
poète & dans l'inscription , & que le temps
convient parfaitement.
En effet, Martial étoit en Espagne lors-
qu'il adressa son épigramme à Arcanus : or,
ce dut être vers l'an 97 ou 98 de J.-C. , puis-
qu'il ne se retira dans ce pays qu'après la
mort de Domitien ' & qu'il avoit passé à
Rome le reste de sa vie depuis l'âge de
celui qui y commandoit vingt ans. Arcanus exerçoit alors la magis-
implora, en effet, le secours de Galba con- trature dans Narbonne sa patrie, &pouvoit
tre les rebelles, dans le temps qu'il ignoroit avoir environ quarante ans. Il peut donc
que celui-ci se fût déclaré en leur faveur : être parvenu sous l'empire d'Adrien à la
Legato Aquitanîae'^ auxilia implorante. llfciut dignité sénatoriale, & aux autres charges
donc que les trois autres provinces des
Gaules fussent celles qui se révoltèrent, &
Ed.ong, Jqj^^ Yes chefs se déclarèrent pour Vindex.
p.6i5. Asiaticus, l'un de ces trois chefs'' com-
' Tacite, Histor'iarum 1. 2, c. 94.
' Dion Cassius, 1. 53, p. 5o5 &5d6.
' Tacite, Histor'iarum 1. i, c. 53.
'' Tacite, Historiarum 1. r , c. 8 & 53.
' Suétone, 1. 7, ?• 93.
* Taciie, Historiarum 1. i , c. 5^.
énoncées dans l'inscription. Adrien honora
probablement Arcanus, dont il est parlé
dans Martial comme d'une personne d'un
mérite distingué, des emplois marqués dans
l'inscription, peu après le voyage que ce
' Tillemont, art. 2, sur Néron, p. 35-j.
' Tacite, Historiarum 1. i, c. 16.
^ Martial, 1. 8, epigram. 72.
^ Voyez aux Preuves^ Inscriptions de Narhonne.
' Voyez Tillemont, sur Domitien, p. 116.
Note
21
Note
21
48
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
22
prince fit dans la Narbonnoise , ou peut-être
un peu auparavant.
Suivant la même inscription, ^Emilius Ar-
canus, avant que de parvenir aux dignités de
Rome & de l'empire , avoit passé par toutes
les charges de la colonie de Narbonne :
Omnibus honoribus in colonia suafunctus ; ce
qui est conforme à ce vers de Martial ' : Ad
leges jubet annuosque fasces. Arcanus devoit
donc exercer la magistrature dans sa patrie ,
dans le temps de cette épigramme, & nous ne
voyons point d'autre dignité à laquelle l'ex-
pression du poète puisse mieux convenir que
la charge de duumvir, d'où l'on peut inférer
que ceux qui étoient revêtus de cette charge
annuelle, dans la colonie de Narbonne,
avoient droit de faire porter les faisceaux
devant eux comme les magistrats de Rome.
NOTE XXII
Epoque d'une inscription de Narhonne
qui prouve que la Narhonnoise de-
meura toujours fidèle à Vempereur
Sévère.
LA date d'une inscription ' de Narbonne
dressée à l'honneur de Julia Domna,
épouse de l'empereur Sévère, & rapportée
dans nos preuves sert beaucoup à nous faire
connoître que cette ville & le reste de la
Province demeurèrent fidèles à cet empe-
reur pendant le soulèvement du reste des
Gaules en faveur d'Albin.
Il est vrai qu'il y a quelque difficulté dans
cette date, parce qu'elle joint le second con-
sulat de Sévère avec la quatrième année de
sa puissance tribunitienne & le titre d'em-
pereur pour la huitième fois , ce qui paroît
ne pouvoir se concilier , car le second con-
sulat' de Sévère tombe sous l'an 194 de
J.-C. & la quatrième année de sa puissance
tribunitienne ne commence ^ qu'au 2 de
juin de l'an 196.
' Martial, 1. 8, eplgram. 72.
" Voyez au-K PreuveSj Inscriptions de Narhonne.
^ Onuphrius, in Fastis.
■* Voyez Tillemont, sur Sévère, n. 7.
D'un autre côté, il est certain que Sévère
avoit pris ' le titre d'empereur pour la sep-
tième fois avant la fin de la troisième année
de son tribunat, c'est-à-dire avant le mois de
j uin de l'an 1 96, & qu'il ne le prit pour la hui-
tième fois que pendant le temps de sa qua-
trième puissance tribunitienne, ce qui fait
que, comme dans cette inscription l'année
du tribunat convient avec le titre d'empereur
pour la huitième fois, cela en détermine
l'époque qui doit être fixée entre le mois
de juin de l'an 196 & le mois de juin de l'an-
née suivante. Ainsi, par le second consulat
marqué dans l'inscription, on doit entendre,
non pas que Sévère fût actuellement con-
sul pour la seconde fois, mais qu'alors il
l'avoit été déjà deux fois , comme s'il y avoit
post consulatum secundum, car l'inscription
paroît vraie & authentique.
On peut fixer encore d'une manière plus
précise la date de cette inscription. Elle doit
être postérieure au mois de janvier de l'an
197, puisque l'empereur Sévère ' donna alors
le titre de César à son fils Bassien , & le
nomma Marc Aurèle Antonin : or, on donne
tous ces noms à Bassien dans l'inscription
dont nous examinons la date^ ainsi elle doit
avoir été dressée entre le mois de janvier &
celui de juin de l'an 197, peu de temps
avant ou après la bataille de Lyon qui se
donna' le 19 de février de la même année.
Sévère porte dans cette inscription le titre
d'imperator pour la huitième fois; mais on
doute * s'il prit ce titre avant ou après cette
bataille : on peut conclure du moins que
s'il l'avoit déjà pris avant cette action, l'ins-
cription est du mois de janvier ou de février
de l'an 197, & que par conséquent Nar-
bonne lui étoit fidèle dans le temps que la
plus grande partie des Gaules favorisoit
Albin. Si au contraire Sévère ne prit le titre
d'imperator pour la huitième fois qu'après
la bataille de Lyon, cela fait toujours con-
noître l'affection & la reconnoissance de la
colonie de Narbonne envers lui peu de
temps après sa victoire j ce qui suffit pour
' Goitz, p. 84 & 85. — Onuphrius, in Fastis.
* Spartien, Fit. Sever. -p. 68. — Voyez Tillemont,
sur Sévère, n. 17.
' Tillemont, 5ar 5évère, n. 16.
^ Voyez Tillemont, sur Sévère, p. 46.
Note
22
Note
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
49
Note
23
nous persuader que cette colonie n'eut
point de part à la révolte d'Albin , & que
toute la Province suivit son exemple. Nous
savons, d'ailleurs', qu'une partie des Gaules
demeura dans l'obéissance de Sévère, &
que la ville de Lyon embrassa le parti de
son compétiteur. La colonie de Vienne,
rivale de cette dernière , prit donc infailli-
blement alors, à son ordinaire, le parti op-
posé , ce qui , joint à l'exemple de la colonie
de Narbonne, dut entraîner le reste de la
Province.
NOTE XXIII
Ed.ong. ^^^j. l'époque de la mission des premiers
|P'^'^' évêques de la Narhonnoise.
Nous suivons Grégoire de Tours', qui
joint ensemble les sept évêques Tro-
phime d'Arles, Paul •de Narbonne, Saturnin
de Toulouse, Denys de Paris, &c., & pré-
tend qu'ils furent envoyés en même temps
pour annoncer l'Evangile dans les Gaules.
Nous convenons cependant que cet histo-
rien peut s'être trompé & que ces évêques
peuvent être venus' dans les Gaules succes-
sivement & en différens temps. L'époque
fixe de la mission de S. Saturnin de Tou-
louse, marquée dans ses actes authentiques,
l'aura peut-être déterminé à lui joindre les
anciens évêques des Gaules, dont on avoit
alors la connoissance, mais dont peut-être
il ignoroit le temps précis où ils avoient
vécu.
Au reste, nous n'entreprenons pas d'exa-
miner ici la grande question "* touchant l'é-
poque de la mission de ces premiers évê-
ques j nous avouons de bonne foi qu'il y a
de grandes difficultés de part & d'autre.
Nous nous contentons de suivre ce qui
nous paroît plus probable, sans préjudice
' Spartien, VitaSever. p. 68.
* Grégoire de Tours, Historiae, 1. i , c. 3o.
'Voyez Pagi, ad ann. 255, n. y & seq. ad ann,
401, n. 46.
"• Voyez Tillemont , sur S. Denys de Paris, &
Marca, Epist. ad Valesium.
de l'ancienne tradition de l'église de Nar-
bonne, qui reconnoît pour son premier
évêque Paul, disciple des apôtres, lequel,
comme nous venons de le dire, peut avoir
été envoyé dans les Gaules longtemps avant
S. Saturnin.
NOTE XXIV
Premiers évêques de Nimes,
QUOIQUE le siège épiscopal de Nimes
soit un des plus anciens de la Province,
nous n'avons pourtant rien de bien certain
sur ses premiers évêques avant le commen-
cement du sixième siècle.
Félix, dont il est fait mention ' dans les
actes de S. Amatius, évêque d'Avignon, est
le premier dont nous ayons quelque con-
noissance. Selon ces actes , dont nous par-
lerons ailleurs, il fut martyrisé avec plu-
sieurs autres évêques des villes voisines,
dans le temps de l'irruption de Crocus; or,
il paroît que cette irruption, comme nous
le ferons voir en un autre endroit', n'ar-
riva qu'au commencement du cinquième
siècle.
Suivant un manuscrit de Savaron, Eugène,
qui souscrivit, avec plusieurs autres prélats
des Gaules, à la lettre qu'ils écrivirent à
S.Léon, l'an 461, étoit évêque de Nimes j
mais ce manuscrit paroît suspect, & avec
raison, au dernier' éditeur de S.Léon;
car il y est fait mention de quelques évê-
ques dont les cités ou sièges n'étoient
pas encore compris dans les notices , & il
y a lieu de douter si ces villes étoient
honorées d'un siège épiscopal à la fin du
cinquième siècle. Peut-être que ce manus-
crit"*, que D. Polycarpe de la Rivière, char-
treux, avoit entre ses mains % au milieu du
dernier siècle, contient seulement les con-
' Gall'ta Christiana, nov, éd. t. 1, inst. p. i3j.
' Voyez Note XLII.
^ Lettres de S. Léon, éd. de Quesnel, t. 2, p. 864
& suiv.
^ Voyez Gallia Christiana , nov. edit. t. 1, p. 5i
& seq.
* Gariel, Séries praesulum Magalonenstum, p. 27.
Note
23
NOT»
*4
II.
Notl:
^4
OO
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
25
jectures de quelque moderne sur les sièges
des prélats qui écrivirent à S. Léon, en
45i, & non point leurs souscriptions ori-
ginales.
Le P. Sirmond, dans une de ses notes sur
Sidoine' Apollinaire, croit que Crocus,
évêque , dont il est parlé dans une lettre
de cet évèque de Clermont, & qui fut
chassé de son siège par Euric, roi des Visi-
goths, vers l'an 474, occupoit le siège épis-
copal de Nimes; mais il ne donne aucune
preuve de sa conjecture. Ce Crocus est
sans doute le même évêque qui assista au
concile d'Arles, sous l'évêque Léonce , vers
l'an 475, & non pas en 624% comme le pré-
tend' Catel, ce qui ne nous fait pas mieux
connoître son siège. Ainsi, le premier évê-
que de Nimes que nous connoissions &
dont nous ayons une époque certaine, c'est
Sédatus, qui souscrivit l'an 5o6 au concile
d'Agde\
des soixante-douze disciples de J.-C. & de
rapporter plusieurs autres choses que nos
critiques ' ont peine à lui passer.
Nous ne disconvenons pas cependant que
S. Flour n'ait été évèque de Lodève, &
peut-être même le premier; mais nous som-
mes persuadés qu'il est fort postérieur
aux temps apostoliques, n'y ayant aucune
preuve de l'époque de son épiscopat. Il aura
peut-être vécu à la fin du quatrième siècle,
comme le croit M. Baillet; & c'est peut-
être cet évêque de Lodève dont on ignore
le nom, qui mourut l'an 422 & dont il est
fait mention dans une èpître' du pape Bo-
niface I, au sujet de l'entreprise de Patro-
cle d'Arles , qui ordonna son successeur.
Flour peut donc avoir été le premier évê-
que de cette église, à moins qu'il ne soit le
même que Florus% qui souscrivit l'an 451
à la lettre des èvêques de nos provinces au
pape S. Léon, & que M. de Tillemont
croit '' avoir pu assister, vers l'an 460, au
concile d'Arles, tenu au sujet de l'affaire de
Lérins.
II. On n'est pas mieux instruit sur les
autres évêques de Lodève jusqu'au commen-
cement du sixième siècle. Sylvain, qu'on
prétend^ avoir été le second évêque de
cette église, n'a d'autre garant que le même
I.Q UIVANT la tradition de l'église de Lo- Bernard Guidonis qui, pour toute preuve,
^dève, S. Flour a été le premier évêque dit qu'il assista au concile d'Elvire en Espa-
NOTE
25
NOTE XXV
Premiers évêques de Lodève^.
de cette ville 5 mais si cette tradition n'est pas
plus ancienne que la légende du saint, elle
n'est pas d'une grande autorité, puisque les
mémoires que nous avons de sa vie ne re-
montent pas plus haut que Bernard Guido-
nis", évêque de la même ville, à la fin du
treizième siècle. Ce prélat, qui composa la
vie de S. Flour, avec plusieurs autres qu'on
trouve dans son Sanctorah manuscrit, ne
fait pas difficulté de le mettre au nombre
' Sidoine Apollinaire, 1. 7, epist. 6, p. 124.
^ Voyez Tillemont, sur Fauste de Rie^, art. 6.
' Catel, Mémoires de l'hist. de Languedoc, p. 978.
^ Conférez la Note LIX du tome IV de cette
édition, où se trouve l'histoire chronologique des
évêques de Nimes.
' Conférez la Note LX du tome IV de cette édi-
tion , qui contient l'histoire chronologique des
évêques (îe Lodève.
^ Catel, Mémoires de l'hist. de Languedoc, p. 994.
— Plnntavit, Chron. praes. Lodovensium , p. 6 & seq.
gne, Van 3o5, sous Vemplre de Constantin.
Mais, 1° le grand Constantin ne fut empereur
que l'an 3o6. Quelle apparence d'ailleurs
que, n'ayant embrassé le christianisme que
plusieurs années après , il ait auparavant
assemblé des conciles? 2° Aucun évêque des
Gaules n'assista au concile d'Elvire, ni au-
cun évêque nommé Sylvain". La souscrip-
tion de Sylvain de Lodève à ce concile est
donc une fable.
III. Ce n'est que par une légende fort Éd.ong.
moderne qu'on prétend prouver' que saint p.'ôi'j.
' Voyez Baillet, 2 novembre.
" Conciles, t. 1 . — Coustelier, Epist, Sanct. Pon-
tifie, p. I 082.
^ Conciles, t. 3.
■• Voyez Tillemont, sur S. Rustique de Narhonne,
Histoire ecclésiastique, t. i 5, p. 407.
' Plantavit, Chronologia praesulum Lodovensium.
" Labbe, Concil. t. T, p. 967.
' Plantavit, Chronologia praesul. Lodovensium.
Note
25
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
5i
Note
i6
vestre, à la prière de l'empereur Constan-
tin, que Mariana ' a tirée des contes arabes
de Raziz.
IL On prétend, sur la foi du même ma-
nuscrit de Savaron , qu'^Etherius qui sous-
crivit à la lettre synodique que les évoques
des Gaules écrivirent au pape S. Léon, en
45 1 , étoit évêque de Maguelonne. C'est sur
la même autorité qu'on lui donne' Vincent
pour successeur en 55oj mais on doit rayer
l'un & l'autre du catalogue des évoques de
cette église , puisqu'il n'y a aucun fonds à
faire sur ce prétendu manuscrit.
III. Il faut en dire autant de Viator qu'on
assure' avoir assisté au concile de Brague
en 572, car, outre qu'il n'y eut que les seuls
évêques d'Espagne qui assistèrent à ce con-
cile, on ne trouve'* pas dans la souscrip-
tion de Viator qu'il fut évêque de Mague-
lonne; il se dit véritablement episcopus
'M.agnetensts ou M.egnetensis ; mais ce nom
est fort différent de M.agalonensis, comme
l'avoue Gariel lui-même. Boetius, qui sous-
crivit par son archidiacre au concile de
Tolède de l'an 589, est donc le plus ancien
évêque de Maguelonne dont le nom soit
parvenu jusqu'à nous. Selon les apparences
c'est un des premiers, s'il n'est pas le pre-
L^^^ARIEL* de qui nous avons une his- mier même, car il ne faut pas chercher
v_J toire des évêques de Maguelonne & l'érection de cet évêché avant le sixième
de Montpellier, s'est donné bien des soins siècle'.
pour nous persuader que Simon, qui logea
J.-C, arborda en Provence avec la Magde-
laine & le Lazare & fut évêque de Mague-
lonne : mais, outre que ce récit fabuleux
ne mérite aucune croyance, il est d'ailleurs
constant que ce prétendu Simon étoit en-
tièrement inconnu à Arnaud de Verdale,
évêque de Maguelonne, qui nous a donné
dans le quatorzième siècle une histoire des
évêques' de son église. On ne doit pas faire
plus d'attention à la prétendue érection de
Maguelonne en évêché par le pape S. Syl-
Amand a été évêque de Lodève au cin-
quième siècle avant que de l'être de Rodez.
En effet, ni la tradition de cette dernière
église ni la vie de ce saint n'en disent rien,
& il faut de meilleures preuves pour nous
faire croire une pareille translation dans
ce siècle.
IV. On prétend qu'Hellade', qui souscri-
vit l'an 45i à l'épître synodique des évê-
ques des Gaules à S. Léon , étoit évêque de
Lodève; mais on n'en a d'autre preuve que
le manuscrit de Savaron, dont on a déjà
parlé, & dont l'autorité n'est pas assez bien
établie pour mériter d'être suivie.
V. Ranulfe , qu'on fait le cinquième '
évêque de Lodève, n'est pas appuyé sur des
fondemens plus solides; ainsi. Materne,
qui souscrivit l'an 5o6 au concile d'Agde,
est le premier dont nous ayons une con-
noissance & une époque certaine.
NOTE XXVI
Eglise de Maguelonne^,
NoTI
26
NOTE XXVII
Premiers évêques de Carcassonne ^.
I.
' Plantavit, Chronologia praesul. Lodovensium.
' Plantavit, Ihid.
3 Conférez la Note LXIII du tome IV de cette
édition, qui contient l'histoire chronologique des
évêques de Maguelonne.
^ Gariel, Séries praesul. Magalon. p. 1 7 & seq. &
Idée de la ville de Montpellier.
5 Voyez Arnaud de Verdale, Labbe, t. \,BihUoth.
p. 793 & suiv.
NOUS ne réfuterons pas ici toutes les
fables que Gérard^ de Vie, chanoine
de Carcassonne, a pris la peine de ramasser,
' Mariana, Rerum Hispanicarum 1. 6, c. 16.
' Gariel, Séries praesul. Magalon. p. 29.
' Gariel, Ibid. p. 3i.
^ Voyez Conciles, t. 5.
5 Voyez Note LVII, n. 6 & suiv,
s Conférez la Note LXIV du tome IV de cette
édition, qui contient l'histoire chronologique des
évêques de Carcassonne.
^ De Vie, Chronologia episcoporum Carcasson. p. i
8t seq.
NoTB
27
Note
^7
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
ou pour mieux dire d'inventer, pour nous
persuader que S. Crescent , disciple de
S. Paul, a été le premier évéque de Carcas-
sonne. Ce qu'il raconte des autres premiers
évêques de cette église n'est pas mieux
fondé. Les anachronismes & les fréquentes
contradictions où il est tombé suffisent pour
détruire ses foibles conjectures.
Cet auteur donne pour second évéque de
la même église Guimera, qu'il place au
catalogue des saints, & qu'il fait mourir
l'an 3oo de J.-C. Messieurs de Sainte-Marthe,
qui mettent' ce dernier à la tête des évê-
ques de Carcassonne, avouent en même
temps que les archives de cette église n'en
disent rien ; qu'il est seulement fait mention
de lui dans un cartulaire, & que la tradi-
tion du pays est qu'il fut enterré dans la
cathédrale avec cette inscription : Guimera^
premier évéque de la présente église.
II. Le bréviaire de Carcassonne l'admet
aussi pour le premier évéque de cette église •
mais son autorité n'est pas d'un grand poids.
De Vie' ne fait pas difficulté de la rejeter
pour établir l'épiscopat du prétendu Cres-
cent avant celui de Guimera, & fait mourir
celui-ci un dimanche i3 de février de Van 3oo,
sans faire attention que le i3 de février de
l'an 3oo étoit un mardi & non pas un di-
manche; ce qui détruit sa chronologie. Il
ajoute qu'on célèbre sa fête à Carcassonne
le même jour, & qu'on y conserve ses reli-
ques dans deux différentes châsses d'argent;
ce qui ne prouve rien par rapport au temps
où il vivoit & sur lequel le bréviaire de
Carcassonne garde un profond silence.
Puisqu'on n'a donc aucun monument qui
prouve que Guimera ait vécu dans le troi-
sième ou quatrième siècle, il faut que ce
prélat soit le même que l'évêque de Carcas-
sonne de ce nom, qui vivoit' à la fin du
neuvième & au commencement du dixième ,
& dont il est fait mention , en effet, dans le
cartulaire de cette église qui est le même
que celui dont parlent Messieurs de Sainte-
Marthe. Or, comme la date des chartes est
souvent omise dans les cartulaires, & qu'elle
Note
' Gall'ia Chr'istiana, t. 2, p. 475.
' De Vie , Chronolog'ia episcoporum Carcass, p.
& 35.
' Voyez Marca Hispanica , p. SyS, Syp, 384.
34
manque, d'ailleurs, dans la plupart des ori-
ginaux du Languedoc depuis la fin du neu-
vième siècle jusque vers la fin du onzième,
il aura été aisé à ceux qui ont vu le nom de
Guimera dans quelqu'une de ces pièces qui
ne sont pas datées , de le placer à la tête des
évêques de Carcassonne, dans l'incertitude
du temps où il aura vécu. Il n'est pas , d'ail-
leurs, vraisemblable que ce cartulaire, qui
est du douzièmeou treizième siècle, rapporte
une charte de l'an 3oo, temps où il paroît
certain que Carcassonne n'étoit pas encore
alors honorée d'un siège épiscopal.
En effet, 1° Cette ville n'est point com-
prise dans les plus anciennes notices des
Gaules, & elle ne paroît qu'au dernier rang
dans les postérieures. 2° Nous ne trouvons
pas la souscription d'aucun évéque de Car-
cassonne dans les conciles tenus avant le Éd.orig,
milieu du sixième siècle. 3° Si les évêques de 0^5^,8.
cette ville avoient assisté à quelqu'un, ce se-
roità celui d'Agde tenu l'an 5o6; cependant
il n'y en est fait aucune mention '. C'est donc
avec raison que nos plus habiles critiques
ne mettent l'érection de cet évêché qu'au
sixième siècle, dans le temps que les rois
Visigoths tenoient leur siège en Espagne. Le
P. Pagi ' la recule même jusqu'au septième;
mais il se trompe, puisque le troisième
concile de Tolède fut tenu l'an 689 & non
l'an 689, comme il le suppose. Il se trompe
également en disant que Guimera , qu'il
admet pour premier évéque de Carcassonne,
souscrivit à ce concile; car ce fut Sergius.
III. On ignore en quel temps a vécu saint
Hilaire qu'on fait succéder immédiatement
au prétendu Guimera, premier évéque ds
Carcassonne. Suivant un ancien martyrologe
de cette église, il vivoit du temps des héréti-
ques ariens; ce qui ne décide rien, puisque
nous savons que les Visigoths , qui furent
maîtres de Carcassonne depuis le cinquième
siècle jusqu'au commencement du huitième ,
ne se convertirent de l'arianisme à la foi ca-
tholique que vers la fin du sixième. S. Hi-
laire peut avoir vécu par conséquent dans
' Voyez Marca Hispanica, p. 24, 80 & seq. —
Adrien de Valois, Notifia Galliarum, p. 126. — Le
Cointe, ad ann. 624, n. 5. — Voyez Note LVII,
n. 6 & suiv.
" Pagi, ad ann. 5o8, n. 7.
Note
^7
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
ce dernier & avoir précédé immédiatement
Sergius. Aussi est-il assez vraisemblable qu'il
a été le premier évêque de Carcassonne. Il
fut inhumé dans une église de son diocèse
dédiée sous l'invocation de S. Saturnin ' .On y
joignit depuis un monastère qui portoit déjà
le nom de S. Hilaire avec celui de S. Satur-
nin au commencement du neuvième siècle.
IV. Nous ne sommes guère mieux ins-
truits sur S. Valère qu'on fait successeur
immédiat de S. Hilaire dans le siège de Car-
cassonne. Ce que nous savons de certain ,
c'est qu'on fait' la fête de l'un & de l'autre
dans cette église le 3 de juin , car Messieurs
de Sainte-Marthe, qui ont marqué' la fête
de S. Hilaire au 3 de janvier se sont trom-
pés. Ce concours des deux fêtes au même
jour fait conjecturer^ à de Vie que S. Va-
lère est le même que S. Hilaire; & en
effet, outre que les noms sont assez res-
semblans , l'ancien calendrier gothique de
l'église de Narbonne ne fait mention au
3 de juin que de S. Valère. Il ne dit rien de
S. Hilaire, ce qu'il n'auroit pas oublié, puis-
que l'église de Carcassonne étoit au voisi-
nage & dans la même province : peut-être
est-ce une faute de copiste; sur quoi nous
ne pouvons asseoir aucun jugement. Quoi
qu'il en soit, il est toujours constant que nous
ne connoissons aucun évêque de Carcas-
sonne avant le sixième siècle ; c'est aussi la
véritable époque de l'érection de cet évéché.
du sixième siècle. S'il faut en croire cepen-
dant Messieurs de Sainte-Marthe', Appel-
lius, évêque d'Elne, souscrivit au concile de
Saragossede l'an 38i,& Ildesindus, son suc-
cesseur, consacra en 482 les églises des sain-
tes Justine &Rufine dans la vallée de Pratoy.
On trouve, à la vérité, dans le concile
de Saragosse' de l'an 38i, la souscription
d'un évêque appelé Ampelius; mais comme
son siège n'est pas marqué, on ne sauroit
dire qu'il fut plutôt évêque d'Elne que de
quelque autre église, à moins qu'on n'en
donne des preuves, ce qu'on ne fait pas.
Pour ce qui est d'Ildesindus , il n'est pas
différent de l'évêque d'Elne de même nom
qui consacra, en effet', vers l'an 982, l'église
des saintes Justine & Rufîne dans la vallée
de Prades en Roussillon, que Messieurs de
Sainte-Marthe, trompés sans doute par des
mémoires peu fidèles, appellent Pretoy.
Ceux qui les ont fournis auront peut-être
trouvé dans quelque monument qu'Ildesin-
dus consacra cette église l'an DCCCC LXXXii,
& sans faire attention à la lettre D , ils au-
ront lu cccc Lxxxii , ce qui aura donné
lieu de faire vivre ce prélat dans le cin-
quième siècle au lieu du dixième, où il vivoit
certainement ''. Domnus, qui occupoit le
siège d'Elne en Syi', est donc le premier
évêque de cette église dont l'époque nous
soit connue.
Note
28
Note
z3
NOTE XXVIII
Sur l'église d'Elne ^.
L'ÉVÊCHÉ d'Elne n'est pas plus ancien ®
que celui de Carcassonne, & on n'en
sauroit faire remonter l'origine au-dessus
' Voyez Mabillon, Annales, t. 2, p. 25i & 864.
' De Vie, Chronologia episcoporum Canasson.
' Voyez Bollandistes, t. i junii, p. 291.
^ De Vie, Chronologia episcoporum Carcasson.
' Conférez la Note LXV du tome IV de cette
édition, qui contient l'histoire chronologique des
évêques d'Elne.
^ Marca Hispanica, c. 24&80. — Adrien de Valois,
Notitia Galliarum, p. 1 26 & seq. — Le Cointe, ad
ann. 624, n. 5. — Voyez Note LVII, n. 6 & suiv.
NOTE XXIX
Sur les premiers évêques de Viviers ^.
l'T E P. Columbi' & Messieuis de Sainte-
1-' Marthe % qui ont travaillé sur l'évéché
de Viviers , avouent que le catalogue des
' Gallia Christiana, t. 2, p. 606.
' Conciles, t. 2, p. loio.
^ Marca Hispanica, c. 41 o & 41 i .
^ Marca Hispanica, c. 922, 927.
^Johannes Biclariensis, CAro«icort, dans le Recueil
de Canisius, p. 134.
fi Conférez la Note LXXIV du tome IV de cette
édition, qui contient l'histoire chronologique des
évêques de Viviers,
' Columbi, Episcopi Vivarienses, p. lyS.
* Gallia Christiana, t. 3, p. 174, c 2.
Note
29
Note
29
54
NOTES SDR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Éd. orig.
p. 619.
premiers évêques de cette église est très-
confus. Ils ne rapportent que les noms de
vingt-neuf évèques depuis l'origine de cette
église jusqu'au neuvième siècle, à la ré-
serve de trois ou quatre dont l'époque est
certaine.
Les anciens monumens de cette église ,
comme les cartulaires, les légendes & les
martyrologes qui rapportent différemment
la succession de ces premiers évèques, sont
cause sans doute de cette confusion. De
là vient que ceux qui ont travaillé ensuite
sur ces mémoires, ont multiplié' les évè-
ques de même nom , parce qu'ils ont trouvé
le même diversement rangé dans ces monu-
mens. Ainsi, on met au nombre des pre-
miers évêques de Viviers quatre Mélanus ,
trois Vénantius, deux Firmins, deux Euma-
chius , trois Longins , deux Luciens , sans
qu'il paroisse qu'on ait eu d'autre raison
de les multiplier ainsi que la diversité des
manuscrits où ils sont placés différem-
ment, mais dans lesquels cependant on ne
trouve qu'un seul évéque de même nom. Il
est, en effet, très-probable que l'église de
Viviers n'a eu dans ses commencemens
qu'un évêque de chacun de ces noms, à
moins qu'on ne rapporte des preuves du
contraire.
Quoiqu'il soit très-difficile de fixer cette
succession sur les mémoires que nous avons,
nous allons pourtant essayer de la réfor-
mer sur le peu d'époques certaines qui nous
restent. Nous croyons donc que le nombre
de vingt-neuf évêques, qu'on place sur le
siège de Viviers depuis l'origine de cette
église jusqu'à Thomas, qui vivoit l'an 8i5,
doit être réduit à vingt, & qu'il faut les
ranger dans l'ordre suivant :
Evêques d'Albe.
1 . s. Januarius.
2. S. Septimius.
3. S. Maspicianus.
4. S. EUCHERIUS.
5. s. FiRMINUS.
6. s. AuLUS ou AvOLus,
406.
7. EUMACHIUS.
Evèques de Viviers.
8. AuxoNius ou AuxA-
MUS, 482-464.
9. s. Lucien.
10. S. Valerius, 507.
11. S. Vénantius, 617-
535.
12. Agrippius, 541.
i3. Melanus, 549.
14. Jean.
i5. Ardulfus.
16. RuSTICUS.
17. LONGINUS.
I 8. Eribaldus.
19. Arcontius.
20. Thomas, 81 5, évêque
d'Albe ou de Viviers.
' Voyez Le Cointe, ad ann. 727, n. 3, 36.
Voici les preuves de cette suite : 1° L'or-
dre des trois premiers ne souffre aucune
difficulté, puisqu'on le trouve de même dans
tous les monumens que nous avons de
l'église de Viviers, & entre autres dans le
mémoire que Thomas , évêque de cette
église, en dressa l'an ii5o'.
2° Celui des trois évèques suivans dé-
pend de la fixation de l'époque de S. Au-
lus 5 car, suivant ses actes % il succéda à
S. Firmin, & celui-ci à S. Eucher. Or, cet
Aulus est sans doute le même qu'Avolus,
évêque d'Albe, qui, suivant les actes ^ de
S. Amatius, évêque d'Avignon, fut mis à
mort par les Vandales, dans le temps de
l'irruption de Crocus, laquelle, comme iious
le prouverons ailleurs, arriva au commence-
ment du cinquième siècle. En effet, dans les
monumens de l'église de Viviers qui sont
postérieurs à cette irruption , & qui font
mention de tous les anciens évèques , il
n'en est fait aucune d'Avolus ; il y est seu-
lement parlé d'un Aulus, sans marquer le
temps où il a vécu; ce qui fait voir que
c'est le même qu'Avolus. Il est vrai que les
actes de S. Aulus'* ne disent pas qu'il ait
été mis à mort par les Vandales. Ils le font
même évêque de Viviers, au lieu de le faire
évêque d'Albe ; mais ces actes ne sont pas
d'une antiquité si reculée, qu'ils ne puissent
être fautifs & qu'on ne puisse douter de leur
authenticité. Ils paroissent même assez mo-
dernes ; car ils font mention de plusieurs
des successeurs de cet évêque , d'où on peut
conclure qu'ils ont été faits longtemps
après la translation du siège épiscopal
d'Albe à Viviers , & que l'auteur aura pu
croire que S. Aulus avoit siégé dans cette
dernière ville.
3° Nous apprenons des mêmes actes
qu'Eumachius succéda immédiatement à
S. Aulus, ce qui nous engage à donner au
premier le septième rang. Auxonius doit
occuper par conséquent le huitième , puis-
que, suivant les mémoires de l'église de
' Columbi, Episcopi Vivarienses, p. 177.
' Columbi, Episc. Vivar. p. 177, & Gallia Chris-
tiana, t. 3, p. 174.
^ Gallia Christiana, nov. éd. t. i, p. i36, instr.
"• Columbi, Episcopi Vivarienses, p. 177, & Gallia
Christiana, t. 3, p. 174.
Note
29
Non
29
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC,
55
Viviers, il siégea durant l'irruption de Cro-
cus , il survécut à cette irruption , & trans-
féra le siège épiscopal d'Albe à Viviers.
Mais comme il paroît, d'ailleurs, que
S. Avolus ou Aulus étoit évoque d'Albe dans
le temps de la même irruption ', & qu'il en
fut même la victime, pour concilier ce que
nous savons d'Auxonius avec ce qu'en rap-
portent les mémoires de l'église de Viviers ,
nous croyons qu'il est beaucoup plus vrai-
semblable qu'il ne fut évoque d'Albe que
quelque temps après cette irruption, qu'il
succéda à Eumachius, & qu'il transféra le
siège épiscopal de la ville d'Albe ruinée par
les Vandales, dans celle de Viviers.
D'ailleurs , les mémoires ecclésiastiques
du cinquième siècle parlent d'un Auxo-
nius , évèque dans la Viennoise ou aux
environs, & M. de Tillemont" croit, après
Messieurs de Sainte Marthe , que c'est notre
évêque de Viviers. Il est nommé dans la
lettre que le pape S. Célestin écrivit l'an 482
aux évêques des Gaules, touchant Prosper &
Hilaire , & dans celle que vingt évêques des
Gaules, & entre autres ceux de la Vien-
noise, écrivirent au pape S. Hilaire au sujet
de l'affaire de Die; ce qui prouve qu'Auxo-
nius vivoit alors.
Au reste , il est difficile de marquer pré-
cisément l'époque de la translation du siège
épiscopal d'Albe à Viviers, car nous voyons
que les peuples du Vivarais étoient encore
appelés^ AlbenseSj du nom de leur capitale,
vers la fin du cinquième siècle, & que les
évêques de cette église ne prenoient encore
que le titre ^'évêques d'Albe au commence-
ment du siècle suivant; c'est ce qui paroît
par la souscription de Vénantius ^ au con-
cile d'Epaone en 5 17. Ce même prélat
prend cependant le titre à^évèque de Vi-
viers ' en souscrivant à celui de Clermont en
535, mais Mélanus ne se qualifie c[u évêque
dAlbe dans sa souscription" au concile
d'Orléans de l'an 549. Thomas ScEthérius,
leurs successeurs, prennent l'un & l'autre
titre' au neuvième siècle; d'où on peut
conclure que le siège épiscopal étoit certai-
nement transféré à Viviers au commencer
ment du sixième siècle, quoique les évê-
ques aient continué jusqu'au neuvième de
prendre le titre de leur ancien siège, en le
joignant au nouveau.
4° Le martyrologe" de Viviers place la
mort de S. Valère , évêque de cette église
sous Clovis, l'an 507, & lui donne S.Lucien
pour prédécesseur. S. Venant, successeur
de S. Valère, vivoit certainement l'an 5i7
& l'an 535, comme nous venons de le voir.
Nous connoissons Agrippius & Mélanus qui
se succédèrent l'un à l'autre. Le dernier
souscrivit l'an 549 au cinquième concile
d'Orléans, & l'autre, suivant le P. Columbi %
vivoit l'an 541. Il est faux, cependant,
que celui-ci ait assisté , comme il le pré-
tend, au quatrième concile d'Orléans tenu
la même année 641, car on n'y trouve pas
sa souscription.
5° Le même auteur s'est trompé'' en met-
tant un Sabinus au nombre des évêques de
Viviers : 'il avance qu'il assista l'an 585 au
second concile de Mâcon; mais il est évi-
dent qu'il a pris Sabinus, évêque de Béarn'
ou de Lescar, Benearnensis pour Vivariensis.
Puis donc qu'il n'est fait mention d'aucun
Sabinus dans les anciens mémoires de l'église
de Viviers , nous le retranchons du catalo-
gue du P. Columbi.
6° Pour les six évêques qui suivent Mé-
lanus dans notre catalogue , nous les lais-
sons dans le même ordre qu'ils sont rangés
dans les mémoires de l'église de Viviers , &
nous les plaçons entre le sixième & le com-
mencement du neuvième siècle; & comme il
en est fait mention dans les anciens ® cartu-
laires de la même église, au sujet des do-
nations qu'ils y avoient faites , ils doivent
plutôt appartenir au temps qui suit qu'à
celui qui précède le sixième siècle. Nous
NoïB
^9
' Gallia Ckristiana, nov. éd. t. 3, p. 174.
* Tillemont, art. 7, sur S. Prosper, p. 17, art. 1,
2, sur S. Mamert, p. 106.
' Sidoine Apollinaire, 1. 6, Epître 11.
^ Conciles, t. 4, p. iSS?,.
* Conciles, p, 1 8o5.
' Concili's, t. 5, p. 3^7 & suiv.
' Columbi, Ep'iscopi Vivarienses , p. 198. — Con-
ciles, t. 9, p. 276.
" Voyez Columbi, Episcopi Vivarienses, p. 193.
' Voyez Columbi, Episcopi Vivarienses, p. 193.
^ Voyez Columbi, Episcopi Vivarienses, p, ipS,
5 Conciles, t. 5, p. 988.
^ Columbi, Episcopi Vivarienses, p. iSl.
Note
29
56
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Éd
mettons Jean & Ardulfus les premiers , parce
qu'il en est parlé dans l'ancienne notice
Nong. Je i^ dotation de l'église de Viviers, qu'on
p. 620 croit être du commencement du huitième
siècle. Les quatre évèques suivans sont pla-
cés au hasard, suivant l'ordre que leur donne
l'ancien Gallia Christîana ; mais nous avons
retranché ceux qui ont été répétés plu-
sieurs fois sous le même nom , lorsque nous
n'avons vu aucune preuve qui nous obligeât
de les multiplier & de croire , sans quelque
autorité, qu'il y ait eu à Viviers plusieurs
évèques de même nom dans ces siècles re-
culés.
On ne sauroit tirer aucun éclaircissement
certain pour la suite des évèques de Viviers,
comme le prétend le P. Columbi ', de l'an-
cienne notice qu'il a donnée de la dota-
tion de cette église , parce que les chartes
qu'on a extraites ne sont pas datées, &
qu'elles sont rapportées confusément & sans
aucune liaison entre elles; ce qu'on peut
prouver par les deux évèques Mélanus &
Vénantius dont nous avons des dates cer-
taines , & dont le premier est placé devant
le dernier dans cette notice , quoique nous
sachions certainement que Vénantius étoit
antérieur à Mélanus.
II. Nous n'ignorons' pas que le P. Le
Cointe arrange d'une manière différente
de la nôtre la chronologie des premiers
évèques de Viviers, sur l'autorité de cette
notice ou Pouillé donné par le P. Columbi.
Il prétend que tous les articles de cette no-
tice qui précèdent le vingt-sixième sont
antérieurs à l'an 727 de J.-C. & qu'ils sont
rangés exactement selon l'ordre chrono-
logique ; sans en donner d'autre preuve que
la date suivante, qui se trouve au n° XL
qu'il seroit très-aisé de détruire , il nous
suffit, pour être convaincus que plusieurs
d'entre les donations qxie cet auîialiste fait
antérieures à l'an 727 sont postérieures,
de lire les paroles suivantes au n° XXIV : In
comitatu Vivariense... in Valentinensi, ce qui
ressent le style du neuvième siècle , car ce
n'est que depuis ce temps-là , & surtout de-
puis l'hérédité des fiefs, que dans les chartes
on a distingué les lieux par comtés. On n'a
qu'à consulter toutes les donations & au-
tres chartes de la première race & celles
du commencement de la seconde , & on
verra qu'on n'employoit dans ce temps-là
que le terme de pagus, pays, pour signifier
ce qu'on a voulu dire dans la suite par celui
de comitatus , comté.
Comme il n'y a donc aucun fonds à faire
sur l'ordre chronologique de ce Pouillé,
c'est ainsi que le P. Columbi l'appelle ,
on ne sauroit s'en servir pour multiplier
les évèques de même nom , comme a fait
le P. Le Cointe, puisque un même évêque
peut avoir fait différentes donations, rap-
portées sous différens articles. Thomas II ,
évêque de Viviers, voulant, à l'exemple de
plusieurs autres églises & monastères de son
temps, conserver la mémoire des anciennes
donations faites à son église, & dont les ori-
ginaux dépéi'issoient, en dressa une notice
ou un extrait sommaire dans le douzième
siècle. Cet évêque est donc le premier au-
teur de ce Pouillé; car il est faux qu'il y
ait eu une collection antérieure, comme
le prétend le P. Columbi, Thomas fit con-
fusément l'extrait de toutes les chartes de
son église qui furent assez lisibles , & parmi
lesquelles il pouvoit s'en trouver plusieurs
des dixième & onzième siècles, dont la plu-
NOTB
29
Omnia ista dotaverunt ad S. Vincentium part étoient sans date, suivant l'usage du
anno septimo régnante domino nostro Galde-
berto & etiam domino Cheuberto (ou comme
porte le cartulaire de l'église de Viviers ,
Theuberto) rege , indictione undecima. Cet
historien tâche d'adapter ces notes chro-
nologiques à la septième année du roi
Thierry IV ou à l'an 727. Mais sans entrer
dans la discussion de toutes ses raisons ,
' Columbi, Episcopi Vivariense s, p. 181.
' Le Cointe, ad ann. 727, n. 3, 36.
* Columbi, p. i85.
pays & du temps. Mais comme il en restoit
encore beaucoup de plus anciennes, que le
temps avoit presque effacées, ce prélat omit
celles-ci qui faisoient les deux tiers des
originaux. Ego Thomas' episcopus exemplavi
istud politicum de aliis vetustissimis chartulis
quas inveni in chartulario S. Vincentii, & nec
tertiam partem potui exemplare propter nimiam
vetustatem qua consumptae , S-c.
Le terme de chartularium a trompé sans
' Columbi , p. 21 T.
Note
29
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
doute le P. Columbi, & il aura cru que
Thomas ne fit que copier un plus ancien
cartulaire ; mais dans cet endroit chartula-
rium veut dire le chartier ou les archives ,
& il est évident que ce prélat fit ses ex-
traits sur les originaux mêmes , dont quel-
ques-uns étoient entiers , & les autres ou
effacés ou usés par le temps. Si c'eût été un
cartulaire écrit au commencement du hui-
tième siècle, comme on le prétend, on ne
comprend pas comment il n'y en auroit eu
que le tiers de lisible.
Le P. Columbi ' prétend encore qu'il est
fait mention de cette plus ancienne notice
ou Fouillé copié par l'évêque Thomas , dans
une charte de l'empereur Charles le Chauve,
& que ce prince l'autorisa avec toutes les
donations dont il y est parlé : mais il n'en
est pas dit un mot dans la charte de ce
prince rapportée par le P. Columbi ' même,
& elle n'est pas différente des autres char-
tes de cet empereur & de celles des autres
princes en faveur des églises, pour les con-
firmer dans leurs possessions.
Il est vrai que le terme de Puletum, omis
dans l'édition que le P. Columbi a donnée de
cette charte, s'y trouve en effets Concedî-
mus Vlvarhnsi matri eccîesiae, res quae quon-
dam Juerunt in jure ejusdem eccîesiae id est
Vu L'ETVm. & quidquid S. Vincentii in eodem
comitatu Valentinensi , cum dimidia ecclesia
S, Romani esse dignoscitur, S-c. Mais on laisse
à juger s'il s'agit là d'un Pouillé ou d'un car-
tulaire , & si ce mot placé comme il est ne si-
gnifie pas plutôt un lieu ou un village de ce
nom : res quae quondam fuerunt in jure ejus-
dem eccîesiae. Ce prétendu Pouillé avoit-il
passé en des mains étrangères, & n'appar-
tenoit-il plus à l'église de Viviers du temps
de Charles le Chauve ?
On doit retrancher du catalogue des évê-
ques de cette église Séverin, que Columbi
fait siéger l'an 804 , parce qu'il n'en donne
d'autre preuve que l'acte prétendu de consé-
cration du grand autel de l'église d'Aniane,
acte que l'on convient'' être supposé.
' Columbi, p. i85.
* Columbi, p. 2o3 & suiv.
' Voyez aux Preuves, sous len. CVIII des Chartes,
la Charte de l'empereur Charles le Chauve , en faveur
de l'église de Viviers.
* Voyez Le Cointe, ad ann. 804,
57
Enfin nous remarquerons ' que le P. Co-
lumbi, qui a été suivi' par Messieurs de
Sainte-Marthe, d'un seul évêque de Viviers
qui vivoit à la fin du règne de Charles le
Chauve, en a fait deux. C'est Ethérius, dont
il est fait mention dans une charte de ce
prince, du mois' d'août de l'an 877. Il est
vrai que cet auteur a lu Euchérius au lieu
d'Ethérius, qui est son vrai nom marqué
dans le cartulaire de l'église de Viviers :
mais cette dernière leçon est d'autant plus
certaine, que le P. Columbi'' convient
qu'Ethérius souscrivit au concile de Pon-
tion , l'an 876, & à celui de Mantaille en
879. Ce n'est donc qu'un seul évêque de
même nom qui siégea depuis l'an 878 jusqu'à
l'an 882.
NOTE XXX
Sur l'église de Gévaudan ^.
MDE Tillemont prétend* qu'on a con-
• fondu Séverien , évêque de Cabale
dans la Syrie , avec S. Séverien , évêque de
Gévaudan (Gabalorum) dans les Gaules , ou
pour mieux dire que la ressemblance des deux
noms est cause que les écrivains peu exacts
du moyen âge ont pris l'un pour l'autre , &
d'un seul évêque en ont fait deux; ce qui
paroît fort vraisemblable à M. Baillet '.
Nous avons, en effet, des preuves certaines
qu'il y a eu un Séverien, évêque de Cabale ,
dans la Syrie : mais nous n'en avons d'autre
qu'une tradition fort moderne* pour celui
des Gaules, & il est très-aisé de confondre
les Gabales de Syrie avec ceux des Gaules.
C'est ce qui est arrivé de nos jours à un
' Columbi, p. 2o3 & seq.
=■ Gallia. Christiana, t. 3, p. 1 177 & seq.
3 Voyez aux Preuves, Chartes & Diplômes,
n. CVIII.
■* Columbi, p. 2o5.
5 Conférez la Note LXXII du tome IV de cette
édition, qui contient l'histoire chronologique des
évêques de Mende.
«Tillemont, Histoire ecclésiastique, t. 4, n. i,
sur S. Privât.
' Baillet, Vie de S. Privât, 21 août.
» Voyez Gallia Christiana, nov. éd. t. i , p. 88.
Note
^9
Éd.orig.
t. 1,
p. 621.
Note
3o
Note
3o
58
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
3i
auteur célèbre ' qui nous a donné une mé-
daille frappée en l'honneur de l'empereur
Justin II, dans le sixième siècle, par les
habitans de Gabales en Syrie, pour une
médaille des peuples du Gévaudan dans les
Gaules, sur lesquels cet empereur, ni ses
prédécesseurs depuis la décadence de l'em-
pire d'Occident , n'eurent aucune autorité.
S. Privât est donc le premier évêque du
Gévaudan que nous connoissions. Ses actes
le font mourir de la main des Vandales,
pendant l'irruption de Crocus, ce qui n'ar-
riva, à ce qu'il paroît' , qu'au commen-
cement du cinquième siècle.
La vérité de cette époque supposée , on
pourroit conjecturer que S. Firmin% qu'on
donne pour successeur à S. Privât, fut son
prédécesseur j car d'un côté nous ignorons
le temps où vivoit le premier, & de l'autre
nous savons que l'église de Gévaudan sub-
sistoit en 314. Genialis, diacre de la cité de
Gévaudan dans la province d'Aquitaine, sous-
crivit en effet , alors , au concile d'Arles.
Or cet ecclésiastique étoit , sans doute ,
député par l'évêque du pays j ainsi celui-ci
n'est peut-être pas différent de S. Firmin.
Nous voyons , d'ailleurs, parles actes "* de
S. Privât , que cet évéque avoit eu divers
prédécesseurs dans son siège. Quoi qu'il en
soit, on doit le regarder comme le princi-
pal fondateur de l'église de Gévaudan , &
on le regardoit, en effet, comme tel , avant
la tradition moderne , qui a admis un Séve-
rien pour premier évèque de cette église.
NOTE XXXI
Epoque du martyre de S. Saturnin,
premier évèque de Toulouse. — Au-
thenticité de ses actes.
JL* si respectable ' que, malgré la tradi-
tion qu'une pieuse crédulité avoit intro-
' Hardouin, Opéra, p. 438.
" Voyez Note XLII.
' Voyez Gallia Christiana, nov. éd. t. I, p. 88.
■* Surius, 21 Aug. p. 884.
* Voyez Ruinart, Actasincera, p. i 28 & sea
duite pour faire ce saint évèque disciple
des Apôtres , il n'y a pas lieu de douter
qu'il n'ait vécu au milieu du troisième siè-
cle 5 ce qui est confirmé par les martyro-
loges de Florus & d'Adon & par le cardinal
Baronius.
Toute la difficulté consiste à fixer l'année
précise de sa mort. Une des raisons qui per-
suadent M. de Tillemont qu'elle n'arriva
pas l'an 260 , comme plusieurs l'avoient cru
jusqu'ici , & qu'il faut la reculer, c'est que
ses actes rapportent qu'il fut ordonné évê-
que de Toulouse, cette même année 25o. Or,
selon ces mêmes actes, S. Saturnin avoit
déjà bâti une église dans la même ville avant
son martyre, & pour la bâtir, il falloit que
depuis son ordination, il eût formé un cer-
tain nombre de fidèles ; ce qu'il ne paroît
avoir pu faire dans l'espace d'une seule
année.
On pourroit répondre que S. Saturnin
ayant travaillé à la propagation de la foi
dans la ville de Toulouse, avant que d'en
devenir le pasteur ordinaire , il eut le temps
de convertir un nombre suffisant de fidèles
pour former une église , avant que de souf-
frir le martyre, & qu'il put l'avoir souffert
par conséquent l'année de son ordination.
En effet , M. de Tillemont ' met sa mission
dans les Gaules dès l'an 245. Ainsi cinq ou
sixans pouvoient suffire. Cependant, comme
nous n'avons rien de certain là-dessus, &
qu'il peut se faire que S. Saturnin ne soit
venu à Toulouse que l'année de son ordi-
nation, c'est-à-dire l'an 25o, comme le por-
tent ses actes, nous avons jugé plus à propos
de différer son martyre jusqu'à la persécu-
tion de l'empereur Valérien.
II. Quant aux actes de S. Saturnin , le
P. Ruinart" prétend qu'ils ont été écrits
cinquante ans après le martyre du saint,
fondé sur l'autorité de la leçon d'un manus-
crit de neuf cents ans d'antiquité. Ainsi
ces actes doivent être du commencement
du quatrième siècle. Cependant M. de
Tillemont, plus intéressé que tout autre à
soutenir leur antiquité , ne les fait que du
cinquième siècle , & les attribue à un diS'
' Tillemont, Histoire ecclésiastique , t. 3 , p 2q3
& n. 3, sur 5. Denys de Paris.
' Ruinart, Acta sincera, p. 128 & se<j.
Note
3i
Note
3i
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
32
Éd.orig,
t. 1,
p. 622.
ciple de S. Exupère , évoque de Toulouse :
mais nous croyons le sentiment du P. Rui-
nart plus probable, & nous sommes per-
suadés avec lui que la fin de ces actes, où il
est parlé de la translation des reliques de
S. Saturnin dans le cinquième siècle sous
S. Exupère, est d'une autre main & a été
insérée depuis dans les mêmes actes ; ce
que le P. Ruinart prouve encore par l'au-
torité d'un autre manuscrit, où ils finissent
par le récit de la mort du saint, & où l'his-
toire de sa translation commence sous un
autre titre.
NOTE XXXII
Sur S. Antonin de Pamîers 6' Vorîgïne
de cette ville.
Lt es Bollandistes', effrayés des difficultés
JL/ qui se rencontrent dans les divers
actes que nous avons de S. Antonin , qu'on
dit avoir été martyrisé à Pamiers , dans les
Gaules, avouent" leur embarras 3 & ne
trouvant rien qui puisse lever leurs doutes,
ils embrassent, jusqu'à ce qu'ils aient trouvé
quelque chose de plus certain, le senti-
ment de MM. de Tillemont & Baillet, qui
prétendent qu'on a confondu S. Antonin
de Pamiers dans les Gaules avec S. Antonin,
martyr d'Apamée en Syrie , & que la res-
semblance du nom latin de ces deux villes
(Apamea, Apamia) est cause que d'un saint
on en a fait deux.
Ces savans critiques paroissent' d'autant
mieux fondés dans leurs conjectures, qu'ils
ont très-bien prouvé que les plus anciens
martyrologes, & entre autres ceux de S. Jé-
rôme , ne font mention que de S. Antonin ,
martyr d'Apamée en Syrie , dont ils préten-
dent que les modernes ont forgé celui de
Pamiers 5 & que, quoique le nom de ce saint
soit marqué deux fois dans les mêmes mar-
tyrologes , savoir au 2 & au 3 de septembre,
c'est pourtant toujours le même.
' Acta Sanctorum, t. ult. junii, p. 5o8 8c t. 2 julii.
=■ Acta Sanctorum, t. 2 julii, p. 12 & seq.
s Bollandistes, t. 2 julii, p. 10 & seq.
59
II. A cette preuve nous pouvons ajouter
que même le nom de Pamiers est inconnu
dans les Gaules avant le douzième siècle ,
& que nous n'avons aucun monument qui
fasse mention de cette ville avant ce temps-
là. En effet , l'abbaye de S. Antonin de
Pamiers, qui est aujourd'hui une église
cathédrale , portoit anciennement le nom
de Frédelas, & non pas celui de Pamiers ,
nom qu'elle a pris certainement d'un châ-
teau que les comtes de Foix firent bâtir
tout auprès, au commencement du dou-
zième siècle ou à la fin du précédent , &
qu'ils nommèrent Pamîers, comme nous le
dirons bientôt : ce qui fait voir que tous les
martyrologes qui mettent un S. Antonin
martyr â Pamîers , dans les Gaules, doivent
être postérieurs au onzième siècle.
lïl. On doit conclure de là que tous les
actes de S. Antonin , où il est dit qu'il
mourut à Pamîers dans les Gaules , sont très-
modernes; & quand ces actes n'auroient
pas, d'ailleurs, des marques visibles de
nouveauté ou de supposition , comme les
Bollandistes l'ont fait voir, par les contra-
dictions , les fables & les anachronismes
dont ils sont remplis, il n'en faudroit pas
davantage pour rendre leur autorité sus-
pecte au sujet d'un martyr qu'on prétend
avoir vécu dans les premiers siècles de
l'Eglise. On ne peut donc s'appuyer sur des
monumens si peu authentiques.
IV. Malgré ce que nous venons de dire ,
nous avons lieu de croire qu'il y a eu dans
les Gaules un S. x\ntonin, martyr, différent
de celui d'Apamée en Syrie, mais sur lequel
nous sommes obligés d'avouer que nous
n'avons aucune connoissance certaine , soit
du temps où il a vécu, soit des circonstances
de son martyre.
V. Pour prouver ce que nous venons
d'avancer, il faut supposer d'abord comme
un fait certain qu'il y avoit une abbaye en
Aquitaine , au commencement du neuvième
siècle, sous le nom de S. Antonin. Il en
est fait mention dans le décret que l'empe-
reur Louis le Débonnaire fit à Aix-la-Cha-
pelle" , l'an 817 , touchant les monastères.
Cette abbaye est la même que le monastère
de S. Antonin , qui subsiste encore sur les
• Voyez Mabillon, Annales, t. 2, p. ^33,
NoTB
3z
Note
32
60
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
frontières du Rouergue, du Querci & de
l'Albigeois, & qui appartient aujourd'hui
aux chanoines réguliers de la congrégation
de France. Il est certain que le monastère
de S. Antonin , dont il est parlé dans le
décret d'Aix-la-Chapelle , est différent de
celui de S. Antonin de Pamiers , qui , sans
doute, ne subsistoit pas encore , puisque ce
dernier devoit appartenir au Toulousain,
pays séparé de l'Aquitaine , lequel fait un
article particulier dans le même décret de
Louis le Débonnaire. Ainsi les Bollandistes
se sont trompés' lorsque, supposant que
S. Antonin auroit souffert le martyre à
Pamiers, dans les Gaules, ils le font mar-
tyr d'Aquitaine j car le Toulousain fai-
soit partie de l'ancienne Narbonnoise.
VI. Suivant une ancienne charte" de
Pépin le Bref, le monastère de S. Antonin
en Rouergue, ou en Aquitaine, étoit situé
dans une vallée appelée Vallis nobllîs. Si on
pouvoit s'appuyer sur l'autorité de cette
charte & d'une autre qu'on attribue' au
même prince , il n'y auroit pas lieu de dou-
ter qu'on ne conservât alors dans cette
abbaye les reliques de S. Antonin, martyr :
mais comme ces monumens paroissent
interpolés, & qu'ils contiennent des ana-
chronismes & des faits contraires à l'his-
toire, on ne sauroit s'en servir pour prou-
ver que les reliques de ce saint étoient
conservées dans ce monastère au huitième
siècle. Le plus ancien & le plus sûr monu-
ment que nous ayons là-dessus est le té-
moignage d'Adhémar de Chabannes, qui
atteste que sous le règne du roi Robert, &
dans le temps qu'il écrivoit sa chronique ,
Dieu opéra divers miracles dans le Querci
par les reliques^de S. Antonin, martyr du
' Bollandistes, t. 2 julii, p. 8, 10 & seq.
* Voyez ci-après aux Preuves, Chartes & Diplô-
mes, sous le n. IV, la Notice de la donation faite au
monastère de S, Antonin en Rouergue, par le roi Pépin,
' Capitulaires, t. 2, Append. n. 5i, p. 1484 &
suiv. & ci-après, Preuves, Chartes & Diplômes,
n. 80, — Comme le disent fort bien les Béné-
dictins & comme nous le faisons remarquer plus
loin , ces pièces sont loin d'être authentiques. Ce
sont des notices rédigées vraisemblablement à la fin
du onzième siècle par les religieux, pour leur tenir
lieu d'actes perdus , ou même qui n'avaient jamais
existé. [E. M.]
Note
32
pays'.£a tempestate S. Leonardus în Lemovi
cino,& S . Antoninus martyr in Cadurcino mira-
culis coeperunt coruscare, &■ undique popull eo
confluxerunt ; ce qui prouve du moins qu'au
commencement du onzième siècle on croyoit
posséder au monastère de S. Antonin, en
Aquitaine, les reliques de ce saint martyr.
On peut même inférer des paroles d'Adhé-
mar, que nous venons de rapporter, qu'il
croyoit que ce saint avoit souffert le mar-
tyre dans les Gaules, & même dans le
Querci , puisqu'il le joint avec S, Léonard,
qui étoit un saint local , & qui est mort
certainement dans le Limousin.
VII. D'un autre côté, nous aurions une-
preuve certaine qu'une partie des reliques
du même S. Antonin étoient conservées
dans l'abbaye de Frédelas ou de Pamiers, à
la fin du neuvième siècle, si on pouvoit
comptersur les actes de la translation qu'on
prétend en avoir été faite en l'an 887 d'une
ancienne église de la même abbaye dans
une nouvelle. Les" Bollandistes soupçon-
nent qu'il s'est glissé quelques erreurs dans
ce monument, & c'est avec raison. Ils
croient cependant que le fonds en est vrai :
nous ferons voir ' ailleurs que du moins
l'époque en est fausse 5 que les circonstan-
ces en paroissent fabuleuses, & que s'il n'est
pas entièrement supposé, nous ne connois-
sons pas assez ce qu'il rapporte de vrai
mêlé avec le faux pour pouvoir s'en servir.
En effet, Roger I"^'' du nom , comte de Car-
cassonne, dont ces actes font mention, ne
vivoit qu'à la fin du dixième siècle & au
commencement du suivant, & c'est alors en
l'an 987, que cette translation peut avoir été
faite, c'est-à-dire qu'il peut avoir obtenu
une partie des reliques de S. Antonin qui
étoient conservées dans l'abbaye de son
nom en Rouergue.
VIII. Ce comte, par son testament ^, donna
à Pierre , son troisième fils , les évêchés & Éd. on;;
1. 1.
toutes les abbayes de son domaine. Il ne p. 623.
Bihl.
nova manu-
' Adhémar de Chabannes, t.
script, de Labbe, p. [79.
" Bollandistes, t. 2 julii, p. i3,
3 Voyez, au tome IV de cette édition, la Note ITI.
•* Voyez, au tome V de cette édition, dans les
Preuves, sous le n. CCCCLXXXI des Chartes, le
Testament de Roger , vicomte de Carcassonne , de
Rase^ & d'Albi.
Note
32
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
6i
spécifie pas véritablement l'abbaye de Fré-
delas en particulier; mais elle est nommée,
vers le milieu du onzième siècle, dans plu-
sieurs ' actes de ce dernier, qui la possé-
doit alors. Nous savons, d'ailleurs, qu'elle
subsistoit vers l'an 960, comme il paroît par
le testament du comte Raymond , rapporté
par le P. Mabillon " dans sa Diplomatique.
Illo alode de Carlîago Rogerio filîo Arnaldo
remaneat ; post suum discessum Sanctt Anto-
nînî Fredelesio remaneat. Ce sont là les
plus anciens monumens que nous ayons
de l'abbaye de S. Antonin de Pamiers. Elle
fut fondée vraisemblablement au dixième
siècle par les comtes de Carcassonne pré-
décesseurs de Roger; car ils étendoient
leur domaine sur la partie méridionale du
diocèse de Toulouse , & c'est de lui qu'il est
parlé dans le testament du même comte Ray-
mond, comme nous le prouverons ailleurs.
IX. Cette abbaye eut le sort de toutes
celles qui tombèrent en mains séculières
dans le onzième siècle , & dans la plupart
desquelles la régularité étant entièrement
déchue , les moines se transformèrent en
chanoines. Roger, comte de Foix , descen-
dant du comte de Carcassonne de ce nom &
successeur de Pierre, évêque , qui possé-
doit l'abbaye de Frédelas comme un bien
héréditaire, touché de sa décadence , s'a-
dressa vers la fin du même siècle à S. Hu-
gues , abbé de Cluny, pour la réformer.
Locum S. Antoninî^ qui vulgo vocatur Fre-
dolus , quatenus ibi monastîci habitas te sta-
tuente regularis inseratur ordo , &c.
X. Il paroît , cependant , que les pieuses
intentions de ce comte n'eurent point leur
exécution , puisque ses successeurs conti-
nuèrent dans leur usurpation , & que la
réforme de Cluny ne fut point introduite
dans cette abbaye. C'est ce qu'on voit par
un acte *, qui nous apprend que les papes
Urbain II & Pascal II furent obligés d'ex-
' Voyez, au tome V de cette édition, dans les
Preuves , sous le n. CCCCLXXXI , le Testament de
Roger, vicomte de Carcassonne, de Rase^ & d'Albi.
' Mabillon, Diplomatique ,:^. SyS.
' Voyez Mabillon, Annales Benedict. t. j\, p. 677.
^ Voyez, au tome V de cette édition, dans les
Preuves, sous le n. CCCLV des Chartes, l'Accord
entre Roger II, comte de Foïx,& l'abbaye de Frédelas
ou. de Pamiers.
communier un autre Roger, comte de Foix,
qui refusoit de restituer à l'église de Fré-
delas les biens qu'il avoit usurpés sur elle j
ce qui dura jusqu'au mois de juin de
l'an un, que ce comte, touché d'un re-
mords de conscience, restitua par un
acte solennel les biens que ses prédéces-
seurs avoient usurpés sur ce monastère.
Ego Rogerius cornes Fuxensis Guirpio
sine inganno domino Deo & S. Antonino &
abbatibus futuris canonice electis & Isarno
priori & successoribus suis & canonicis tam
praesentibus quam futuris totam villam Fre-
delaci & castrum ApamIvE & omnem. abbatîam
S. Antonini , &c.
XI. Les actes que nous venons de rap-
porter nous donnent lieu de faire ici quel-
ques observations : 1° Qu'il n'est dit nulle
part que l'abbaye de Frédelas possédât les
reliques de S. Antonin , martyr, en tout ou
en partie.
2° Que c'est seulement depuis l'an un
que nous connoissons le lieu de Pamiers
dans les Gaules, & que c'étoit pour lors
un château bâti auprès de l'abbaye de Fré-
delas, lequel a donné l'origine à la ville de
même nom.
3" Que dans le même temps cette abbaye
n'étoit gouvernée que par un simple prieur ',
soit qu'elle fût devenue un prieuré soumis
à l'ordre de Cluny , ou , ce qui est plus
vraisemblable , que la réforme n'y ayant pas
été introduite, le titre abbatial fût toujours
demeuré aux comtes de Foix qui avoient
usurpé les biens de ce monastère , & qui
permirent, dans la suite, l'élection des abbés,
& abbatibus futuris canonice electis , comme
porte la charte de l'an iiii.
4° Que le château de Pamiers, castrum
Apamiae, dont il est parlé pour la première
fois dans cette dernière charte, avoit été
bâti vraisemblablement sur le fonds de
l'abbaye à la fin du onzième siècle, par le
même Roger, comte de Foix. Nous savons ,
en effet, que ce comte alla à la guerre
sainte , & qu'il fut de la première croisade.
La tradition ^ de l'église de Pamiers ajoute
qu'il apporta des reliques à son retour de
ce voyage , entre autres celles des SS. Caius
' Voyez Mabillon, t. 5, p. 56o.
* Gallia Christiana^ t. 2, p. 161.
Note
3z
NOTJ
3a
62
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
& Alexandre , martyrs , d'Apamée en Syrie ,
qu'il les déposa dans l'église de Frédelas, &
qu'elles y furent conservées jusqu'au sei-
zième siècle. Il est donc très-vraisemblable
que ce comte , après son retour d'Orient ,
fit bâtir le château de Pamiers , Apamiae ,
auprès de l'abbaye de Frédelas, & qu'il lui
donna ce nom parce qu'il avoit apporté ces
reliques de la ville d'Apamée en Syrie.
XII. De là , il a été aisé de confondre
S. Antonin , martyr des Gaules , patron de
l'abbaye de Frédelas, située auprès du nou-
veau château d'Apamée, au diocèse de Tou-
louse, & patron de l'abbaye de S. Antonin,
en Rouergue, avec S. Antonin, martyr
d'Apamée en Syrie. C'est ce qui a donné
lieu à toutes les fausses légendes qui ont
été fabriquées dans la suite , dans lesquel-
les on ne s'est pas contenté d'ajouter une
infinité de circonstances fabuleuses à ce
qu'on pouvoit savoir du martyre de S. An-
tonin d'Apamée en Syrie , mais qu'on a
transféré dans les Gaules & confondu avec
un autre saint de même nom, qui avoit souf-
fert en Aquitaine , & dont on possédoit une
partie des reliques dans l'abbaye de son
nom en Rouergue ; car nous ne doutons
pas que ces deux saints ne soient différens.
XIII. Il n'y a , en effet , aucune vraisem-
blance que le corps de S. Antonin , martyr
d'Apamée, ait été apporté dans les Gaules,
dans les cinquième ou sixième siècles ,
comme l'insinuent ' les Bollandistes , ni
même dans le huitième, car si nous avons
en France des reliques venues d'Orient, ce
n'est guère que depuis les Croisades , lors-
que les seigneurs qui eurent part à ces
guerres en apportèrent à leur retour, après
les avoir enlevées des villes qu'ils avoient
prises sur les infidèles, ou autrement.
Il est vrai que ce qui détermine davan-
tage les Bollandistes" à croire que les reli-
ques de S. Antonin, conservées à Pamiers,
étoient celles du martyr d'Apamée , c'est
qu'on conservoit aussi dans l'église de Pa-
miers, comme nous l'avons dit, celles des
SS. Ca'ius & Alexandre & de S'" Nathalie,
martyrs, lesquelles furent apportées d'Apa-
mée en Syrie, dans les Gaules, par Roger,
' Bollandistes, t. 2 julii, p. i3,
' Bollandistes, t. 2 julii, p. i3.
Note
82
comte de Foix , à son retour de la pre-
mière croisade : mais comme ces reliques
ne furent mises dans l'abbaye de Frédelas
qu'à la fin du onzième ou au commence-
ment du douzième siècle , & que nous
avons déjà prouvé qu'on honoroit long-
temps auparavant celles d'un S. Antonin ,
martyr, dans le monastère de ce nom en
Rouergue, cela nous donne lieu de croire
qu'il doit y avoir eu , dans les Gaules ,
un S. Antonin, martyr, différent de celui
d'Apamée.
XIV. Nous pouvons appuyer nos conjec- Ed.orig
tures sur les témoignages de Vincent de p. 624.
Beauvais & de S. Antonin de Florence, &
sur l'autorité des divers actes que nous avons
de S. Antonin, qui conviennent presque
tous qu'il mourut dans les Gaules. Il est
vrai que ces actes n'ont rien d'authentique,
& qu'ils sont du moins extrêmement inter-
polés : mais quelque suspects qu'ils soient,
ils paroissent d'autant mieux fondés à re-
connoître un S. Antonin , martyr dans les
Gaules , qu'ils sont tous d'accord sur ce
seul article , qui est d'ailleurs conforme à
l'ancienne tradition du pays.
Divers martyrologes, entre autres ceux
de S. Riquier & de S. Victor, confirment'
cette tradition. Le Père du Solier prétend
que le premier est au moins du commence-
ment du quatorzième siècle. Or, ce marty-
rologe met au 2 de septembre un S. Anto-
nin, prêtre & martyr dans les Gaules, au
territoire de Cahors, différent de celui de
Syrie , qu'il qualifie enfant & dont il parle
aussi au même jour. In Gallia terrîtorîo Ca-
turcensi S. Antoninî presbyterî & martyrîs. Ea-
dem die S. alterîus Antoninî pueri martyrîs, &c.
Ce dernier Antonin est qualifié tantôt en-
fant", & tantôt jeune homme de vingt ans,
dans les différens manuscrits du martyro-
loge de S. Jérôme. Celui de S. Victor met
aussi au même jour, 2 de septembre, un
S. Antonin, différent de celui d'Apamée. In
cîvîtate Brugdunensî passîo S. Antoninî le-
vîtae cum Johanne presbytero & Almachîo
puero, &c., &c. Or, cet Antonin doit être
celui d'Aquitaine, puisqu'on honoroit dans
' Bollandistes, Acta Sanctorum, t. yjunii, p. 5o8
& seq.
' Bollandistes, Acta Sanctorum, t. 2 julii, p. 8.
Note
32
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
63
l'église de Pamiers' , les reliques de ses deux
compagnons, Jean & Almachius, que per-
sonne ne donne pour compagnons à S. An-
tonin d'Apamée; ce qui fait voir que le
nouveau martyrologe romain dans lequel
le cardinal Baronius a ajouté au 2 septem-
bre à Pamiers , dans les Gaules, S. Antonin,
martyr, fi-c, n'est pas le premier martyro-
loge qui fasse mention d'un S. Aiitonin des
Gaules. Ce cardinal s'est trompé, cepen-
dant, pour le lieu de son martyre.
XV. Nous pourrions ajouter à cette tra-
dition du pays, appuyée sur des actes & des
martyrologes , l'ancien culte " rendu dans
les Gaules & en Espagne, & surtout dans
l'Aquitaine & en Auvergne, à un S. Anto-
nin, martyr : culte qui n'auroit pas été,
sans doute, si étendu, si ce saint n'avoit
été martyrisé dans les Gaules.
XVI. On pourroit objecter que, selon
tous les nouveaux martyrologes, la fête de
S. Antonin des Gaules est marquée au 2 de
septembre, jour auquel il est constant que
le martyrologe de S. Jérôme & les autres
plus anciens mettent le martyre de celui
d'Apaméej qu'ainsi ce doit être un même
saint. On peut répondre à cette objection :
1° Qu'il n'est pas impossible que ces deux
saints soient morts, ou bien qu'on célébrât
anciennement leur fête le même jour, ce
qui doit les avoir fait confondre. 2° Catel '
observe que les anciens actes de S. Anto-
nin de Pamiers, qui sont dans le recueil
de Bernard Guidonis , marquent la mort de
ce saint au 29 d'août; il peut donc être
arrivé fort aisément qu'on ait pris Apamée,
en Syrie, pour Pamiers dans les Gaules; &
que sachant que le S. Antonin d'Apamée ,
dont il est fait mention dans le martyrologe
de S. Jérôme, étoit mort le iv. des noues de ,
septembre, on ait cru devoir lire dans les Ëpoque de la division de l'ancienne
plus anciens actes de celui des Gaules , sur Narbonnoise en deux provinces &»
l'autorité de ce martyrologe, le zV. des nones, ^^ i^ subdivision des autres parties
au lieu du îv. des calendes de septembre. 7 yo 7
/-'»•• • .1 T> 11 j. . 4 des Gaules.
C est ainsi que, suivant les Bollandistes% on
a confondu S. Antonin , martyr de Plai-
sance, en Italie, mort le 3o de septembre,
avec S. Antonin d'Apamée, mort le 2 du
même mois. De là , les nouveaux légen-
daires auront confondu les actes de l'un
avec ceux de l'autre, & n'en auront fait
qu'un seul, comme on peut voir dans
les actes qui ont été donnés par Mont-
britius , Nicolas Bertrandi, les PP. Chifflet
& Labbe, où, malgré la contradiction, on
qualifie S. Antonin tantôt enfant, tantôt
jeune homme de vingt ans, conformément
au martyrologe de S. Jérôme, & tantôt
prêtre ; car, suivant la tradition, celui des
Gaules étoit revêtu de ce caractère.
Telle a donc été, comme nous le croyons,
la cause de la confusion que nous voyons
dans les divers actes de ce saint ; actes beau-
coup plus interpolés les uns que les autres.
On aura conservé le peu qu'on savoit, par
S. Jérôme, de celui de Syrie, ou, par la
tradition, de celui des Gaules. Ce dernier
aura , sans doute , souffert le martyre sur
les frontières du Querci & du Rouergue, &
vraisemblablement durant les persécutions
des empereurs païens , ou peut-être seule-
ment au commencement du cinquième siè-
cle dans le temps de l'irruption des Vandales
qui firent une infinité de ravages & plu-
sieurs martyrs dans les Gaules. Il y a ap-
parence que les SS. Jean & Almachius,
dont on prétendoit conserver les reliques
dans l'église de Pamiers, souffrirent aussi
avec lui le même genre de mort.
NOTE XXXIII
Note
3i
' Gallia Chr'ist'tana, t. 2, p. 161.
' Voyez Savaron & Branque, Saints d'Auvergne.
— Bollandistes, t. 2 julii, p. 8. — Fernandez de
Pulgar, Historia de Palencia, t. 2.
^ Catel, Mémoires de l'hist, de Languedoc, p. 3 19.
"* Bollandistes, t. 2 julii, p. 9.
I.T A plupart des modernes sont partagés
i-' au sujet de l'époque de la division des
Gaules en treize ou quatorze provinces ,
sur laquelle les anciens auteurs ne nous
ont rien laissé de précis.
Plusieurs font remonter cette division
Note
33
Note
33
64
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
jusqu'au règne de l'empereur Adrien'. D'au-
tres', & ce sont ceux qui la reculent da-
vantage , ne la mettent que sous l'empire
de Constantin. M. de Marca ' semble pren-
dre un milieu entre ces deux sentimens : il
rapporte d'abord le commencement de cette
division à Adrien ou à Antonin le Pieux , &
la consommation à Constantin. Enfin, M. de
Tillemont'', sur l'autorité de Lactance' ou
de l'auteur du livre de la M.ort des persé-
cuteurs, qui dit que Dioclétien multiplia
beaucoup les provinces en divisant les an-
ciennes, croit que c'est à cet empereur qu'il
faut attribuer cette nouvelle division des
Gaules.
II. Quoique ce dernier sentiment paroisse
le plus probable, & qu'on puisse croire que
l'empereur Dioclétien ajouta quelques pro-
vinces à celles qui subsistoient déjà de son
temps, en subdivisant quelques-unes de ces
Ed.orig. dernières, nous croyons cependant que la
p. 625. division de l'entière Narbonnoise en deux
provinces , savoir en Narbonnoise & en
Viennoise , est un peu plus ancienne , &
qu'on doit la rapporter au plus tôt sous l'em-
pire d'Aurélien , & au plus tard sous celui
de Probusj en sorte qu'elle doit être arrivée
entre l'an 270 & l'an 280 de J.-C.
III. En effet, la division des Gaules en
quatorze provinces ne se fit pas d'abord par
un seul & même empereur. Ces diverses
provinces furent érigées successivement® &
en différens temps, selon que le deman-
doient le bien de l'empire, le gouverne-
ment des peuples & le besoin des provinces
voisines des pays barbares. Les Gaules
étoient divisées en deux seuls gouverne-
mens ou provinces romaines du temps de
César j l'ancienne Narbonnoise en compo-
soit alors une seule. Elles furent partagées
en quatre , sous Auguste , savoir , en Nar-
bonnoise, Lyonnoise, Aquitanique & Bel-
' Onuphrius, de Repuhl. Rom. 1. 3. — Cordemoi,
Histoire de France, X.. i, p. 63 & suiv.
' Adrien de Valois, Notifia Galliarum, p. 3oo &
$eq.
' Marca Hispanlca , p. 80 & de Prim. p. i58 &
seq.
* Tillemont, art. 24, sur Dioclétien.
' Lactance, de la Mort des persécuteurs , c. 7.
« Voyez Marca, de Prim. p. i58 & Lacarry, de
praef. praet. Gall.
gique , c'est-à-dire qu'on en confia le
gouvernement à quatre différens procon-
suls, ou préteurs indépendans les uns des-
autres. Il est, depuis, fait mention' de la
premièreSc de la seconde Germanique, sous
l'empire d'Othon. Ces deux dernières, qui
furent démembrées de la Belgique, avoient
été érigées, selon les apparences, du temps
de l'empereur Néron. La raison en fut sans
doute parce que , s'étendant le long du
Rhin & des frontières de la Germanie ou
des peuples barbares , leur gouvernement
étoit plus difficile & demandoit plus d'at-
tention. Enfin , il est parlé ' de la Séqua-
noise sous l'empire de Dioclétien 5 ce qui
montre qu'un seul empereur n'a pas été
l'auteur de la subdivision des quatre an-
ciennes provinces des Gaules , & qu'avant
Constantin on en comptoit du moins sept
à huit.
IV. Pour ce qui regarde la Narbonnoise
& les autres provinces des Gaules qui fu-
rent divisées en première & seconde, il est
constant qu'elles demeurèrent en leur en-
tier% au moins jusqu'à l'an 270 de J.-C.
Leur subdivision ne sauroit donc être rap-
portée à l'empereur Adrien , comme quel-
ques-uns le prétendent.
En effet, Ptolémée le géographe, qui
vivoit sous l'empereur Antonin le Pieux ,
& peut-être encore sous Marc-Aurèle,
comme le témoigne Suidas , ne reconnoît
d'autre division dans les Gaules que celle
qu'Auguste en avoit faite en quatre pro-
vinces, & il ne dit rien de la prétendue
division de l'empereur Adrien. Il parle seu-
lement des deux Germaniques, situées le
long du Rhin, qui faisoient anciennement
partie de la Belgique^ ce qui fait voir que
de son temps on ne connoissoit dans les
Gaules que ces six provinces.
D'ailleurs , aucun monument avant le
quatrième siècle ne fait mention de la
Viennoise, & encore moins de la Lyon-
noise, de l'Aquitaine & de la Belgique se-
condes, qu'on prétend avoir été érigées par
Adrien j car nous ne nous arrêtons pas à
faire.voir la fausseté de l'épître de S. Cor-
' Tacite, Historiarum 1. i.
' Gruter, p. 166.
' Adrien de Valois, Notitia Galliarum, p. 3oo.
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33
NOTB
33
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
65
neille , pape, à Lupicin , archevêque de
Vienne : d'autres l'ont fait' avant nous.
Nous voyons, au contraire, que dans
tous les monumens qui nous restent des
deuxième & troisième siècles, il n'y est
parlé que des seules provinces Narbon-
noise, Lyonnoise, Aquitanique & Belgique.
Si la prétendue division des Gaules en qua-
torze provinces eût été faite alors , nous
trouverions du moins quelque monument
qui feroit. mention de quelqu'une des nou-
velles provinces : mais ils ne parlent tous
que des anciennes. Parmi plusieurs témoi-
gnages que nous pourrions citer, nous nous
contenterons de celui de Spartien'qui rap-
porte que l'empereur Sévère, avant que
d'être élevé à l'empire , à la fin du deuxièriie
siècle, avoit été gouverneur de la Lyon-
noise : Deinde Lugdunensem provînciam le-
gatus accepit. Cet auteur ne distingue ni la
première ni la seconde Lyonnoise , ce qu'il
auroit dû faire si elles eussent été alors sé-
parées. Le jurisconsulte Paul', qui vivoit à
la fin du deuxième siècle ou au commence-
ment du troisième, met Vienne dans la Nar-
bonnoise : preuve que la Viennoise n'étoit
pas encore alors érigée.
V. Les raisons de ceux qui croient^ que
les Gaules furent divisées en quatorze pro-
vinces, sous l'empire d'Adrien, sont : i° qu'il
est marqué dans le jeune Victor que cet
empereur institua les offices publics, pala-
tins & militaires, dans la forme à peu près
qui subsistoit sous l'empire de Constantin :
Officia publica , palatina & militar'ia in eam
formam statuit quae paucis per Constantînum
immutatîs perseveravit. Mais Adrien peut
avoir réglé ce qui regardoit les charges pu-
bliques du palais & de la milice, sans avoir
fait une nouvelle division des provinces des
Gaules, dont cet endroit de Victor ne dit
rien. D'ailleurs , on sait que Constantin
apporta des changemens considérables, soit
dans les offices civils & militaires, soit dans
le gouvernement des provinces. 2° Eusèbe,
' Tillemont, sur les martyrs de Lyon, t. 3 de son
Histoire ecclésiastique. — Coustelisr, Epistolae Sanct,
Pontif. t. 1, append. p. 25.
* Spartien, p. 65.
^ L. ult. ff. de Censihus.
^ Voyez M. de Marca, de Prim. p. i58 & seq.
Note
33
dit-on ■ , parlant des martyrs de Lyon Se de
Vienne, sous l'empire de Marc Aurèle, sem-
ble dire que cette dernière ville étoit alors
métropolitaine, & par conséquent chef de
province; mais, outre que cet historien ne
le dit pas d'une manière précise, il doit
avoir parlé conformément à l'état où étoient
les provinces des Gaules dans le temps qu'il
écrivoit, & Vienne étoit alors, en effet,
métropole de la Viennoise.
M. de Cordemoi% pour prouver qu'A-
drien divisa les Gaules en quatorze provin-
ces, cite encore l'autorité de Rufus Festus &
d'Ammien Marcellin, qui, dans l'énuméra-
tion qu'ils font des provinces des Gaules,
en comptent treize ou quatorze; mais ils ne
disent pas un mot qui puisse faire conjectu-
rer qu'Adrien soit l'auteur de cette division.
Ces auteurs ne parlent que de l'état où se
trouvoient les Gaules dans le temps qu'ils
écrivoient, c'est-à-dire au milieu du qua-
trième siècle.
VI. Tacite' fait mention de la province
des Alpes maritimes comme d'une province
distincte , ce qui pourroit faire croire qu'elle
avoit été déjà séparée de la Narbonnoise
dans le temps de cet historien : mais nous
ferons voir ailleurs'' que les Alpes mariti-
mes , non plus que les Alpes grecques ,
n'étoient point du corps des Gaules dans le
temps de Tacite; qu'elles n'y furent incor-
porées que du temps de Constantin ou même
plus tard, & qu'elles n'ont jamais fait partie
de l'ancienne Narbonnoise.
VII. Il est donc constant que les quatre
anciennes provinces des Gaules (les deux
Germaniques démembrées de la Belgique
exceptées) n'ont pas été subdivisées avant
l'an 270. En effet, Trebellius' PoUio rap
porte que Tétricus avoit été déjà gouver- Éd.orig,
neur de toutes les provinces des Gaules
lorsqu'il fut élevé à l'empire , ce qui arriva
l'an 268 ou plutôt l'an 271 de J.-C, suivant
le P. Pagi*, qui jure praesidiali omnes Gallias
' Eusèbe, Hist. 1. 5, c. 1.
' Cordemoi , Histoire de France, t. i , p. 63 &
suiv.
^ Tacite, Historiarum 1. i.
* Voyez Note XXXV.
' Trebellius Pollio, p. 196.
^ Pagi, ad ann. 271, n. 3.
t. I,
p. 626.
II
Note
33
66
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
rexerat. C'est-à-dire qu'il avoit gouverné l'empereur Adrien auteur de cette division,
successivement & en divers temps chacune Et qu'on ne dise pas que par le mot d'Aqui-
de ces provinces, comme le même his-
torien le fait assez entendre, & comme
l'explique M. de Tillemont '. Or, il faut re-
marquer que Tétricus ne devoit pas être
fort âgé quand il fut élu empereur, puisque
son fils aîné qu'il déclara César, étoit % alors
taine on doit entendre seulement l'Aqui-
taine première j puisqu'il est constant que
lorsque Tétricus fut proclamé empereur
par l'armée, il prit' lapourpre à Bordeaux :
or cette ville, qui devoit être par consé-
quent de son gouvernement, appartenoit
encore enfant ; que les médailles nous le re- à la seconde Aquitaine dont elle fut depuis
présentent lui-même d'un âge peu avancé; la métropole.
qu'il vécut' encore très-longtemps , lors-
qu'après sept ans de règne il se fut soumis
à Aurélien : ac privatus diutissime vixît ; &
qu'enfin il avoit été sénateur romain &
même consul, senatorem^ P^P' I^om. eum-
demque consularem , & cela sans doute sui-
vant l'usage , avant que d'avoir été pourvu
du gouvernement des diverses provinces
des Gaules. Si ces provinces eussent été de
son temps au nombre de quatorze , comme
on le prétend, ce prince qui les auroit
gouvernées successivement, auroit dû être
fort âgé lorsqu'il fut revêtu de la pourpre.
VIII. Les anciennes provinces des Gau
.les étoient donc encore alors en leur en-
tier; mais elles commencèrent d'être sub-
divisées bientôt après. Ce qui nous le fait
croire, d'est qu'il paroît, selon Vopiscus',
que dans le temps de la révolte de Procu-
lus & de Bonose, la Narbonnoise étoit par-
tagée en plusieurs provinces. Cet historien,
qui écrlvoit avant la fin du troisième siè-
cle % dit que ces deux tyrans avoient attiré à
leur parti la Grande-Bretagne, les Espagnes
8j; les provinces de la Gaule Braccata ou
Narbonnoise : omnesque sibi Britannîas, His~
quand même il n'eût exercé que pendant panza^, S-BrACCATAE Galliae PROVINCIAS
un an le gouvernement de chacune , gou- vindicarent, par où l'on voit que, l'an 280
vernement qui duroit ordinairement deux qu'arriva cette révolte, l'ancienne Narbon-
ans; surtout s'il ne commença à en avoir noise devoit comprendre plusieurs provin-
l'administration , comme il y a lieu de le ces, & que la Viennoise devoit en faire
croire, qu'après son consulat, ou la quaran- alors une particulière : car on ne sauroit
tième année de son âge. Il eût été, d'ail- entendre ce passage de la Narbonnoise &
leurs, fort extraordinaire de voir une même
personne gouverner successivement qua-
torze provinces.
Mais ce qui fait voir évidemment que les
provinces des Gaules n'étoient pas encore
alors subdivisées, c'est que, lorsque Tétri-
cus fut élu empereur, il étoit gouverneur
de l'Aquitaine : Aquîtantam honore praesi-
dîs adminîstrans , dit Eutrope', ou, comme
des Alpes maritimes , puisque cette der-
nière n'a jamais fait partie de la Gaule
Braccata, & n'a jamais été comprise tout
entière dans l'ancienne Narbonnoise,
Mais ce qui prouve encore d'une manière
plus précise que la Viennoise fut séparée
de la Narbonnoise vers la fin du troisième
siècle, & avant le règne de Constantin,
c'est qu'il paroît par les actes ■* de S. Féréol,
dit Aurélius Victor, praesidatu Aquîtanos qui fut martyrisé à Vienne l'an 804, que la
tuebatur : or, ces auteurs ne distinguent ici
ni la première ni la seconde Aquitaine :
ils font Tétricus président ou gouverneur
de l'Aquitaine prise en général. Cette pro-
vince n'étoit donc pas alors encore subdi-
visée , comme le prétendent ceux qui font
première étoit pour lors distinguée de l'au-
tre, & gouvernée par Crispin, qui faisoit
sa résidence à Vienne, & qui est qualifié
président dans ces actes, & consulaire par
M. de Tillemont ^ Il est constant, d'ail-
leurs, que la Viennoise étoit déjà érigée
' Tillemont, Histoire des Empereurs, t. 3, p. 479.
^ Trebellius Pollio, p. 196,
' Eutrope, in Gallian. 1. 9.
* Trebellius Pollio, p. 196.
^ Eutrope, in Gallian. 1. 9.
' Trebellius Pollio. — Eutrope, in Gallian. 1. 9.
■* Vopiscus, p. 240.
' Tillemont, art. 27, sur Dioclétien.
^ Ruinart, Acta sincera, p. 462.
' Tillemont, Histoire ecclésiastique, t. 5, p. 279.
Note
33
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
l'an 314, comme l'on voit par les souscrip-
tions du contile d'Arles de cette année. Il
est vraisemblable qu'elle étoit déjà séparée
d'avec la Narbonuoise ' depuis quelque
temps.
IX. Il est plus difficile de déterminer la
manière dont la division de ces deux pro-
vinces fut faite, & les limites qui furent
d'abord prescrites à l'une & à l'autre. M. de
Marca" croit que le Rhône en fit d'abord
la séparation , mais nous n'oserions l'assu-
rer, sachant qu'une partie du diocèse de
Vienne , d'Arles, de Valence & d'Avignon,
avec tout le diocèse de Viviers, qui sont
en deçà ou à la droite de ce fleuve , ont
toujours , selon les anciennes notices ,
appartenu à la Viennoise. Peut-être que
dans le temps de la séparation de ces deux
provinces, toute la Narbonnoise deuxième,
située à gauche du Rhône, fut comprise
Note
33
partagées, provinciae in frusta concisae. On
peut donc , suivant cet auteur, attribuer à
ce prince l'érection de la Novempopulanie,
de la Lyonnoise deuxième & de la Séqua-
noise. Nous savons, du moins, qu'on con-
noissoit déjà cette dernière sous son règne,
Si. qu'il est fait mention de la Lyonnoise
deuxième, dans une loi du Code Théodo-
sien de l'an 3.12'. Ce prince aura donc dé-
taché la Novempopulanie de l'ancienne
Aquitaine, la Lyonnoise deuxième de l'an- Éd.orig.
cienne Lyonnoise & la Séquanoise de la p. 627.
Belgique, ce qui aura formé sous cet em-
pereur le nombre de dix provinces dans les
Gaules.
XII. Il paroît que les deux provinces des
Alpes maritimes & grecques furent unies
aux Gaules par l'empereur Constantin lors-
qu'il institua les quatre préfets du prétoire
de l'empire. Ce prince peut avoir partagé la
dans la Narbonnoise propre, comme l'a cru Belgique en première & deuxième, si Dio-
M. de Valois % & après lui le P. Pagi"*, sur clétien ne l'avoit déjà fait. Il y avoit donc
des fondemens qui paroissent assez solides ;
nous n'avons rien, cependant, là-dessus qui
puisse entièrement dissiper nos doutes.
X. Il s'ensuit de ce que nous venons d'éta-
blir que Narbonne demeura métropole de
toute l'ancienne Narbonnoise , du moins
jusque vers la fin du troisième siècle.
treize provinces dans les Gaules au milieu
du quatrième siècle, comme on peut le voir
dans Ammien Marcellin qui en fait l'énu-
mération sous l'an 356, car, quoique cet
auteur ait écrit quelque temps après, la
notice qu'il donne de ces provinces est tou-
tefois relative à cette année. Aussi il ne fait
& que les villes de Vienne & d'Arles durent aucune mention de l'Aquitaine deuxième
lui être soumises jusqu'à ce temps-là comme qui étoit déjà érigée l'an 370, mais qui ne le
à leur capitale. Ainsi Narbonne paroît beau-
coup mieux fondée à prétendre la primatie
sur les deux autres que celles-ci sur elle,
comme nous le ferons voir ailleurs.
XL Quant à la division des autres an-
ciennes provinces des Gaules , nous allons
donner là-dessus nos conjectures. On a
déjà vu qu'il y en avoit six sous l'empire
d'Othon , savoir les quatre anciennes d'Au-
guste & les deux Germaniques. La Vien-
noise démembrée de la Narbonnoise, paroît
avoir fait la septième sous Probus, vers
l'an 278, ou du moins sous Dioclétien. Lac-
fut" qu'après l'an 362. Il est aisé de prou-
ver l'époque de cette érection : i" par l'au-
torité de S. Hilaire' qui, adressant en 358
son livre des Synodes aux évêques de toutes
les provinces des Gaules , ne nomme qu'une
seule Aquitaine, tandis qu'en même temps
il fait mention de deux Belgiques & de deux
Lyonnoises ; 2° par une inscription de
l'an"* 362, rapportée parGruter, où il n'est
parlé que d'une seule Aquitaine. L'Aquitaine
deuxième fut donc érigée entre l'an 302 &
l'an 370. Sextus Rufus, qui écrivoit vers
cette dernière année, est en effet le plus
tance' nous apprend que sous ce dernier ancien auteur qui en fasse mention. Cette
empereur les provinces de l'empire furent province fit la quatorzième des Gaules.
XIII. S. Hilaire & Sextus Rufus ne di~
' Adrien de Valois, Notltia Galliarum, p. 606.
' Marca, de Prim. p. 1 58 &c.
' Adrien de Valois, Notitia Galliarum, p. 606.
'' Pagi, ad ann. 374, n. 1.
* Lactance, de la Mort des persécuteurs, c. 7.
' Code Théodosien, 1. i, de Censu.
' Voyez Pagi, ad ann. 374, n. 9.
' S. Hilaire, nov. éd. p. ii5o.
^ Voyez Pagi, ad ann. 374, n. 9.
Note
33
68
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
34
sent rien de la Narbonnoise deuxième,
preuve qu'elle n'existoit pas encore lors-
qu'ils écrivoient. Il en est seulement parlé
pour la première fois dans le concile d'A-
quilée de l'an 38 1. C'est ce qui fait croire
avec raison à M. de Marca ' que cette quin-
zième province des Gaules ne fut érigée
que vers l'an SyS, sous l'empire de Gratien.
Elle l'auroit été auparavant s'il étoit vrai,
comme le prétend le P. Pagi , qu'elle fût
une des cinq provinces dont il est fait men-
tion dans le concile de Valence de l'an 374.
Ce que nous examinerons dans la Note
suivante.
XIV. On peut mettre sous le même règne
de Gratien l'érection des deux provinces
Lyonnoise troisième & Lyonnoise qua-
trième , car elles n'étoient pas connues au-
paravant , ce qui forma le nombre des dix-
sept provinces des Gaules énoncées dans
l'ancienne notice que nous a donnée le
P. Sirmond, & que ce savant jésuite &
après lui le commun des auteurs placent
sous l'empereur Honoré.
NOTE XXXIV
Sur les Cinq & les Sept provinces des
Gaules 6* leur vicariat.
I. tL est fait mention des Cinq provinces
1 des Gaules dans plusieurs monumens
de la fin du quatrième siècle. Le plus an-
cien est le concile de Valence de l'an 374.
Il en est parlé aussi dans une loi du Code'
Théodosien de l'an 399 & dans les actes du
concile de Turin, dont on rapporte l'épo-
que à l'an 397, mais qui, suivant le P. Pagi ',
fut tenu en 401. Il est fait mention, d'un
autre côté, des Sept provinces des Gaules
dans des monumens postérieurs, & en par-
ticulier dans la fameuse notice des cités des
Gaules, qu'on croit avoir été dressée sous
le règne de l'empereur Honoré.
On ne doute point que ces cinq provin-
ces, de même que les sept, n'aient formé
' Marca, de Prim. p. i58 & seq.
• L. i5, de Pagan. Code Théodosien.
• Voyez Pagi, ;id ann. 401, n. 3o.
comme un corps séparé du reste des Gaules,
& l'on convient que les sept étoient les
deux Narbonnoises, la Viennoise, les Alpes
maritimes , Içs deux Aquitaines & la No-
vempopulanie. C'est ainsi qu'elles sont
nommées dans cette notice & dans la cons-
titution ' du même empereur de l'an 418,
en sorte que les Sept provinces renfer-
moient toute l'ancienne Narbonnoise &
toute l'ancienne Aquitaine, & par consé-
quent la moitié des Gaules. On n'est pas
également d'accord sur le nom de chacune
des Cinq provinces, & les critiques sont
fort partagés là-dessus.
II. Le P. Pagi, qui rapporte' leurs diffé-
rens sentimens, avoit d'abord embrassé
celui du P. Lacarry, jésuite. Ce dernier
prétend' que les Cinq provinces renfer-
moient les sept avant l'érection de la
Narbonnoise deuxième & de l'Aquitaine
deuxième 5 que ces deux dernières, après
avoir été démembrées des autres, formè-
rent avec elles le nombre de sept, & que
par conséquent, avant cette érection, les
cinq étoient la Narbonnoise , la Vien-
noise, les Alpes maritimes, l'Aquitaine &
la Novempopulanie. Ce sentiment paroît si
vraisemblable, que M. de Tillemont, après
en avoir embrassé un contraire dans son*
Histoire des Empereurs, paroît l'avoir adopté
dans un des volumes de son Histoire '" ecclé-
siastique. Le P. Pagi ^ l'a abandonné cepen-
dant dans la suite de son ouvrage, sur la
réflexion qu'il a faite que dans la constitu-
tion de l'empereur Honoré de l'an 418, pour
l'assemblée des Sept provinces, la Novem-
populanie & l'Aquitaine deuxième y sont
distinguées des cinq autres, par la liberté
qu'elle accorde aux officiers de l'Empire,
dans ces deux provinces, d'envoyer leurs
substituts à leur place à l'assemblée géné-
rale, à cause de leur éloignementj ce qui
le persuade que ces deux provinces n'ont
' Voyez ci-après aux Preuves , Chartes & Diplô-
mes, n. I, Edit de l'empereur Honorius , pour l'as-
semblée des sept provinces.
' Pagi, ad ann. 374, n. 6 & seq. n. 23 & seq.
^ Lacarry, Praef. praet. Gall. p. 17 & seq.
"• Tillemont, Histoire des Empereurs , t. 5, p. 798
&suiv.
* Histoire ecclésiastique , t. 8, p. 553.
• Voyez Pagi, ad ann. 374, n. 21 &. seq.
NOTK
34
Note
34
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
69
Éd.orig.
t. I,
p. 628.
commencé à faire corps avec les sept qu'a-
près l'an 401 & avant l'an 406, & que par
conséquent les Cinq provinces compre-
noient avant cette union les deux Narbon-
noises, la Viennoise, les Alpes maritimes &
l'Aquitaine première.
III. On peut appuyer les raisons du
P. Pagi sur ce qu'il est constant, comme nous
l'avons vu dans la note précédente, que
l'Aquitaine deuxième étoit déjà érigée avant
le concile de Valence de l'an 874, & la Nar-
bonnoise deuxième avant la loi du Code
Théodosien de l'an 899 & le concile de
Turin de l'an 401, où il n'est fait mention
cependant que des Cinq provinces ; au lieu
que ces monumens auroient dû parler des
Six ou des Septprovinces des Gaules, supposé
que, suivant le système du P. Lacarry,
l'Aquitaine deuxième & la Narbonnoise
deuxième eussent été du corps des Cinq
provinces avant le commencement du cin-
quième siècle , puisqu'elles étoient alors
érigées. Il faut donc que la Novempopula-
nie & l'Aquitaine deuxième n'aient été
ajoutées aux cinq autres qu'après l'an 401,
comme le prétend le P. Pagi.
IV. On peut opposer cependant à ce cri-
tique une difficulté qu'il s'est faite lui-
même, qui renverse tout son système & à
laquelle il ne paroît pas avoir satisfait; la
voici : S. Philastre", parlant avant la fin du
quatrième siècle des Priscillianistes , dit
qu'ils vivoient cachés en Espagne & dans
les Cinq provinces. Or, il est certain, par
Sulpice Sévère % que ces hérétiques se ré-
pandirent dans la Novempopulanie & dans
l'Aquitaine deuxième & qu'ils y débitè-
rent leurs erreurs. Ces deux provinces dé-
voient donc faire alors partie des cinq.
V. On voit par là que le système du
P. Lacarry se soutient. Pour lui donner
encore plus de jour, on peut supposer que
le corps ou vicariat des Cinq provinces fut
établi vers l'an 33o, sous l'empire de Cons-
tantin, dans le temps que ce prince insti-
tua les quatre préfectures de l'Empire; que
comme la Narbonnoise deuxième & l'Aqui-
taine deuxième n'étoient pas encore alors
érigées, il n'y eut d'abord que les cinq
' Philastre, c. 61 .
' Sulpice Sévère, Histoire, 1. r.
provinces nommées parle même auteur qui
formèrent un corps séparé du reste des
Gaules, & qu'on continua de les appeler
les Cinq provinces des GûuZc5 après l'érection .
postérieure de la Narbonnoise deuxième
& de l'Aquitaine deuxième, qui en furent
démembrées , jusqu'à ce que l'empereur
Honoré ayant fait dresser une nouvelle
notice des provinces & des cités des Gaules,
vers le commencement du cinquième siècle,
il changea le nom de Cinq en celui de Sept,
parce qu'en effet tout le pays qu'elles com-
prennent, & qui anciennement n'étoit di-
visé qu'en cinq provinces, étoit alors par-
tagé en sept. Nous adoptons d'autant plus
volontiers ce système, qu'il paroît parfaite-
ment suivi & n'avoir rien que de vraisem-
blable; car, par là, on renferme dans les
Cinq provinces toute l'ancienne Narbon-
noise & toute l'ancienne Aquitaine, de la
même manière que celles-ci étoient com-
prises dans les Sept, & on distingue tou-
jours cette portion des Gaules de l'autre ou
des Gaules proprement dites, qui compre-
noient toute l'ancienne Lyonnoise & toute
l'ancienne Belgique.
VI. La notice' de l'Empire qu'on attri-
bue à l'empereur Valentinien III fait men-
tion aussi des Sept provinces; mais il n'est
pas certain qu'il s'agisse dans cet endroit
des Sept provinces des Gaules dont on a
déjà parlé, parce que, comme le remarque
Pancirole", il est vraisemblable que le ma-
nuscrit est fautif & qu'il faut lire dix-sept
au lieu de sept. En effet, cette notice fait
dans le même endroit l'énumération des
dix-sept provinces des Gaules. Elles étoient
alors, à ce qu'il paroît, toutes soumises à
un même vicaire du préfet; ce qui pourroit
donner lieu de croire qu'on ne distinguoit
plus sous cet empereur les Sept provinces
d'avec le reste des Gaules. Cependant ,
comme la même notice' fait mention de
l'intendant des finances & de l'intendant
des biens particuliers du domaine ou du fisc
' Notifia dignîtatum imper, apud Graevti anti-
quit. t. 7, p. 1787 & 1921.
' Notitia dignitatum imper, apud Graevii anti-
quit. t. 7, p. 1926.
' Notitia dignitatum imper, apud Graevii anti-
quit. t. 7, p. 1870 & i88i.
NOTB
34
Note
34
70
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
des Cinq provinces, Rationalis summarum
Çuînque provinciarum; Rationalis rerum pri-
vatarum Quinque provinciarum ; & qu'il pa-
roît que ces Cinq provinces sont les mêmes
que les Sept de'la notice d'Honoré, il est à
présumer que la Narbonnoise & l'Aquitaine
étoient encore alors distinguées des Gaules
proprement dites.
VII. Il est vrai que Pancirole' prétend
que les Cinq provinces de la notice de Va-
lentinien doivent s'entendre de l'Espagne
Ultérieure. Mais, outre que cet auteur
n'en compte que quatre dans cette partie
de l'Espagne, il est constant d'ailleurs qu'on
n'a jamais distingué l'Espagne Ultérieure
de laCitérieure, de la même manière qu'on
a distingué les Cinq ou les Sept provinces des
Gaules d'avec les Gaules proprement ditesj
à quoi on peut ajouter qu'il s'agit ici des in-
tendans des Cinq ou Sept provinces des
Gaules, puisque cette notice fait mention"
des mêmes intendans pour les Espagnes :
Rationalis rei privatae per Hispanias, & non
pas per Hispaniam ou per Hispaniam Citerio-
rem. Enfin, si les Cinq provinces dont il
est fait mention dans cette notice eussent
appartenu à l'Espagne Ultérieure, leur nom
viendroit d'abord après celui de l'autre par-
tie de l'Espagne, au lieu qu'il en est parlé
immédiatement après les Gaules propre-
ment dites. Il est donc très-vraisemblable
que cette notice distingue les Cinq provin-
ces du reste des Gaules.
VIII. Si on demande d'où vient qu'au
lieu de sept provinces, qui étoient déjà unies
& faisoient un corps séparé sous l'empire
d'Honoré, la notice de Valentinien III n'en
nomme que cinq, contre l'usage déjà reçu;
on peut supposer vraisemblablement que,
sous l'empire de ce dernier, les Visigoths se
trouvant déjà maîtres de deux des Sept pro-
vinces, savoir : de l'Aquitaine deuxième & de
de la Novempopulanie, & les Romains n'en
possédant plus alors que cinq, en tout ou
en partie, ils ne se servirent plus depuis ce
temps-là que du nom de Cinq provinces,
pour désigner cette partie des Gaules qu'on
regardoit toujours comme faisant un corps
séparé du reste de cette portion de l'Empire.
Note
34
Quoi qu'il en soit, il n'est plus parlé dans
la suite des Cinq ou des Sept provinces, dont
les Visigoths & les autres peuples barbares
s'emparèrent enfin entièrement, ainsi que
du reste des Gaules.
IX. On voit, par ce qu'on vient de dire,
que nous excluons, avec les PP. Lacarry &
Pagi", du nombre des Cinq provinces celle
des Alpes grecques , parmi lesquelles la
plupart de ceux qui ont traité cette ma-
tière l'ont comprise , sur la supposition
qu'elle faisoit partie de l'ancienne Narbon-
noise; mais nous ferons voir dans la hlote
suivante qu'elle n'a jamais été renfermée
dans cette portion des Gaules.
X. On ne peut pas douter que les Cinq
provinces ne fussent gouvernées à la fin du
quatrième siècle par un vicaire particulier
soumis au préfet des Gaules. Il est fait
mention d'un de ces vicaires appelé Pro-
clien dans la loi du Code Théodosien de
l'an 399 que nous avons déjà citée; mais
nous ignorons l'époque de l'institution de
ce vicariat. Nous croirions volontiers qu'il
fut établi dès le temps du partage de l'Em-
pire en quatre préfectures par l'empereur
Constantin. Voici les raisons qui nous le
persuadent :
1° L'Aquitaine deuxième étoit déjà éri-
gée l'an 370, & la Narbonnoise deuxième
en 38i. Or, nous avons déjà prouvé que ces
deux provinces, qui étoient du nombre des
Sept, furent comprises dans les Cinq. Il faut
donc que l'institution du vicariat de celles-
ci soit antérieure à l'an 370, puisque, si elle
eût été postérieure, on auroit dit d'abord
les six ou les sept provinces, & non pas les
cinq.
1° L'usage étoit déjà établi, dès le milieu
du quatrième siècle, de distinguer l'Aqui-
taine comme faisant un corps séparé d'avec Éd.orig,
le reste des Gaules. Or, nous ferons voir p.'62'o;
ailleurs" que ce qu'on appeloit alors Aqui-
taine comprenoit cette ancienne province
avec l'ancienne Narbonnoise, & que c'étoit
par conséquent la même chose que les Cinq
ou les Sept provinces.
3" Le vicariat des Gaules auroit été infini-
ment plus étendu que ceux des Espagnes 8i
' Pancirole, p. 1 SyS ,
' Pancirole, p. 1 881.
' Voyez Pagi, ad aiin. 074, n. 2,
' l^ou XL.
Note
34
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
V
de la Grande-Bretagne, si un seul vicaire
eût eu d'abord sous sa dépendance les dix-
sept provinces comprises dans cette partie
de l'Empire; on n'en comptoit en effet que
sept en Espagne & cinq dans la Breta-
gne. Il est vrai que nous ignorons les
noms des vicaires des Cinq provinces jusqu'à
Proclienj mais nous ne connoissons pas
mieux ceux de la Grande-Bretagne, quoi-
que l'institution de ce vicariat paroisse
certainement du même temps que celle des
quatre préfectures.
XI. On pourroit objecter que la notice
de l'Empire faite sous le règne de Valenti-
nien III ne compte que six vicaires pour
l'Occident, savoir : trois sous le préfet
d'Italie & autant sous celui des Gaules, &
qu'elle ne met sous ce dernier qu'un vicaire
pour toutes les Gaules en général, auquel
elle donne, comme on l'a déjà remarqué, le
nom de vicaire des Sept provinces. C'est ce
qui fait croire au P. Sirmond", qui n'admet
que trois vicaires sous le préfet des Gaules,
que, malgré la distinction des Sept provin-
ces & leur vicariat marqués dans cette no-
tice, un seul & même vicaire a toujours
administré les dix-sept provinces des Gau-
les. Godefroi' suit à peu près le même sys-
tème, quoique sur la loi' du Code Théodo-
sien, où il est fait mention de Proclien,
vicaire des Cinq provinces, il convienne que
ce dernier en étoit vicaire particulier, &
qu'il reconnoisse par là un vicariat pour ces
provinces différent de celui du reste des
Gaules. On peut répondre que cette notice
n^est pas tout à fait exacte"* & qu'elle pa-
roît défectueuse dans l'énumération des
vicariats de l'Occident; car elle omet, dans
cet endroit, celui de l'illyrie occidentale,
quoiqu'elle en fasse mention' ailleurs. Il
peut se faire aussi, comme nous l'avons
déjà insinué, que depuis que les Visigoths
& les Bourguignons se furent rendus maî-
tres d'une partie de Gaules, les empereurs
soumirent à un seul & même vicaire tout
' Sirmond, tfot. in Sidonium, p. 1 8.
■■' Godefroi, m Codlcem Theodosianum, t. 2,p.i 1 1
& in fine, t. 6, in notit. imper.
^ Godefroi, in L. î5 de Pagan. Code Théodosien.
■• Voyez Pancirole, Praef. in not. imperii.
^ Notitia, &c, ibid.c. 61.
ce qui leur resta dans ces provinces, au
lieu de deux vicaires qui les gouvernoient
auparavant; ce qui n'empêcha pas la dis-
tinction des Cinq ou des Sept provinces,
d'avec le reste des Gaules, distinction qui
subsista toujours' sous les Romains. Les
Cinq ou les Sept provinces peuvent donc
avoir eu un vicaire séparé & soumis au
préfet du prétoire des Gaules, depuis l'ins-
titution des quatre préfectures de l'Empire
par l'empereur Constantin jusque vers le
milieu du cinquième siècle, que les Ro-
mains ayant perdu une partie de ces pro-
vinces, ils réunirent, ce semble, ce qui leur
en resta sous le gouvernement d'un seul
vicaire du préfet des Gaules. Par là, celui-ci
aura eu d'abord quatre vicaires, & ensuite
trois seulement sous sa juridiction.
iJ^ous pla<^ons ici la Note additionnelle sui-
vante, insérée par D. Vaissete au tome V de
l'édition originale.]
Sur les Cinq & les Sept provinces
des Gaules.
M l'abbé du Bos, dans sa savante His-
» toire'' critique de rétablissement de la
monarchie fran^oise , convient de la division
qu'on faisoit de la Gaule au quatrième siècle
en Gaules proprement dites & en pays dési-
gné alors par le nom des Cinq provinces., pays
qui comprenoit les provinces méridionales
de la Gaule, & que deux de ces cinq pro-
vinces ayant été partagées en deux, on ne
dit plus les Gaules & les Cinq provinces, mais
les Gaules & les Sept provinces; mais il ne
croit pas que les Cinq ou les Sept provin-
ces aient jamais fait, soit dans l'ordre civil,
soit dans l'ordre militaire, un corps d'Etat
distinct du reste de la Gaule ni jamais un
gouvernement séparé. Il soutient que cette
division étoit purement arbitraire & qu'elle
n'avoit lieu, avant l'an 418, que dans le lan-
gage ordinaire. Il s'objecte que plusieurs
savans ont cru que, du commencement
du règne d'Honorius, les Sept provinces
étoient régies par un officier particulier.'
' Voyez Pagi.ad ann. 074, n. 5 & seq.
' Livre 2, c. 5, p. 24 J & stiiv. éd. de 1741.
Note
34
Note
ADDIT.
Éd.orig.
t.V,
p. 674.
Note
ADDIT.
72
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
35
nommé le vicaire des Sept provinces, &
qu'elles faisoient par conséquent dès lors
une espèce de corps d'Etat particulier; à
quoi il répond qu'ils ont été trompés par
une faute de copiste, qui se trouve dans le
texte de la notice de l'Empire donné par
Pancirole.
En admettant cette faute, qui paroît évi-
dente, nous avons d'ailleurs des autorités
certaines auxquelles cet habile critique n'a
pas fait attention, & qui prouvent que les
Cinq ou les Sept provinces étoient gouver-
nées par un vicaire particulier du préfet du
prétoire des Gaules avant lafin du quatrième
siècle. Telle est la loi du Code Théodosien
de l'an 899 adressée à Macrobe, propréfet
ou vicaire du préfet en Espagne, & â Pro-
clien, vicaire des Cinq provinces. Nous trou-
vons, de plus, dans une inscription rappor-
tée par Gruter', qu'il est fait mention du
vicaire des Sept provinces des Gaules : Vi-
cario per Gallias septem provinciarum. Les
Cinq ou les Sept provinces, qui étoient les
mêmes , furent donc gouvernées par un
vicaire particulier du préfet du prétoire des
Gaules, & faisoient par conséquent, avant
l'an 418, un corps séparé & comme une es-
pèce d'Etat particulier; à quoi on peut
ajouter les preuves qu'on trouve dans la
notice de l'Empire donnée par Pancirole,
& qui font voir que ces mêmes provinces
avoient des officiers particuliers des fi-
nances.
NOTE XXXV
Éd.orig. Si les deux provinces des Alpes mari-
P- 629- times (S- grecques ont jamais fait par-
tie de Vancienne Narbonnoise.
I.x TOUS savons en général' que la rivière
1 > du Var, les Alpes, le Rhône vers sa
source, & la montagne d'Adula faisoient les
anciennes limites des Gaules du côté de
l'Italie; mais il est très-difficile de détermi-
' P. 344, n. 2t.
* Pline, 1. 3 , c. 4. — Strabon , 1. 4, p. ijj &
$eq. — Ptolémée, 1. 2, c. 5j 1. 3, c. i.
ner quelles étoient précisément ces limites
entre les sources du Var & du Rhône,
& quels peuples des Alpes il faut attri-
buer plutôt aux Gaules qu'à l'Italie avant
le milieu du quatrième siècle. En effet,
ce n'est que depuis cette dernière époque
que les auteurs & les notices comprennent
les deux provinces des Alpes maritimes &
grecques dans la Gaule; ce qu'il est très-
aisé de prouver.
II. Ptolémée ', qui a écrit au milieu du
deuxième siècle, comprend ces deux pro-
vinces dans l'Italie, & dans l'énumération
qu'il fait des peuples de l'une & de l'autre,
il met dans les Alpes maritimes les Vesdian-
tii dont les villes étoient Cimiez près de
Nice, & Senez; les Nerusii, qui avoient la
ville de Vence pour capitale, & les Suetrii,
maîtres de la ville de Salinae, laquelle,
comme M. de Valois' l'a très-bien prouvé,
est la même que Seillans en Provence, si-
tuée entre Antibes & Senez; c'est aussi la
même dont il est parlé, dans l'ancienne no-
tice donnée par le P. Sirmond, sous le nom
de cîvîtas Sollinensîum pour Sallinensium,
le changement de la lettre a en 0 étant fort
aisé. C'est là tout ce que ce géographe nous
apprend des peuples des Alpes maritimes ,
qu'il place, comme nous l'avons déjà dit,
dans l'Italie, quoiqu'ils fussent en deçà du
Var, à la réserve de Cimiez, & par consé-
quent dans les limites de la Gaule.
III. Ptolémée' comprend aussi dans l'Ita-
lie les Alpes grecques ou Pennines, dans
lesquelles il met les Segusiani, dont Suze
& Briançon étoient les principales villes;
les Caturiges, qui avoient Embrun pour
leur capitale, & les Centrones, maîtres de la
Tarentaise ou Forum Claudii & A'Axima, qui
est aujourd'hui^ le village d'Aimé situé vers
les sources de l'Isère. Il est donc certain
que ces deux provinces des Alpes étoient
censées de l'Italie, sous l'empire d'Antonin
& sous celui de Marc Aurèle, temps auquel
vivoit Ptolémée, & qu'elles ne faisoient
pas, du moins alors, partie de la Narbon-
noise. Il s'agit maintenant de savoir si elles
' Ptolémée, 1. 2, c. 5; 1. 3, c. i.
• Adrien de Valois, Notitia Galliarum, p. 628.
^ Ptolémée, 1. 3, c. 1 , p. 70.
^ Adrien de Valois, Notitia Galliarum, p. 14Î.
Note
35
NOTB
35
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
73
Éd.orig.
t. I,
p. 63o.
en avoîent dépendu auparavant & depuis
la conquête que les Romains avoient faite
de cette province.
IV. Pour mieux entendre cette matière,
il faut savoir que les peuples des Alpes
maritimes étoient anciennement du nom-
bre des Liguriens, qui occupoient' non-
seulement une grande partie des Alpes en
général , mais encore toute la côte de la
mer Méditerranée depuis l'embouchure du
Rhône jusqu'à celle de la Magra% qui sé-
pare l'Etat de Gênes de la Toscane. On
divisoit ces peuples en Liguriens Cisalpins
& Transalpins'. Les premiers s'étendoient
dans l'Italie, entre le Var & la Magra"*, &
étoient subdivisés en plusieurs peuples par-
ticuliers; les autres, qu'on appeloit Gallo-
Liguriens, habitoient entre le Var & le
Rhône.
Les principaux d'entre ces derniers étoient
les Saluviens ou Salyens, que Strabon' ap-
pelle plus particulièrement Gallo-Ligu-
riens ; les Oxubiens, dont Fréjus étoit la
capitale, & les Dècéates, qui possédoient
Antibes. Ces trois peuples furent les pre-
miers des Gaules que les Romains subjuguè-
rent & dont ils réduisirent le pays en pro-
vince. Ils le joignirent à celui des Volces
& des autres peuples qui habitoient entre
les Alpes, le Rhône & la Garonne, & formè-
rent la Province romaine ou Narbonnoise,
vers l'an 632 de Rome.
V. Les Liguriens d'Italie , c'est-à-dire
ceux qui occupoient la côte de Gênes de-
puis le Var & qui s'étendoient^ au nord de
cette côte vers Milan, après avoir sou-
tenu diverses guerres contre les Romains ,
avoient' été soumis par ces peuples quel-
que temps auparavant, & leur pays avoit été
déjà réduit en province dès l'an 563 de
Rome; mais il resta encore dans les Alpes
plusieurs peuples Liguriens entre les Cisal-
• Strabon, 1. 4, p. 184.
' Pline, 1. 3, c. 4, n. 7, p.
' Pline, 1. 3 , c. 4, n. 7,
p. 201 & seq.
'' Strabon, 1. 4, p. 201 & seq,
5 Strabon, 1. 4, p. 184 & seq
c. 4, n. 5 & 7.
* Itinéraire d'Antonin, p. 35.
' Dion Cassius, I. 53 & 54. -
n. 24.
317.
p. 317.
Strabon ,
— Pline, 1. 3,
Pline, 1. 3, c. 20,
pins & les Transalpins, qui ne furent pas
domptés. Les Romains laissèrent la liberté
à ceux-ci & leur permirent de vivre en
forme de république', moyennant un tribut .
peu considérable. Ils habitoient le sommet
des Alpes, s'étendoient jusqu'aux confins
de la mer de Ligurie & appartenoient par-
tie à l'Italie, partie aux Gaules. Ils étoient
connus principalement, suivant le témoi-
gnage de Pline', sous le nom de Liguriens
chevelus. Ligures capillad. Auguste les sou-
mit entièrement & réduisit leur pays en
province, l'an 740 de Rome. On donna à
cette province le nom d'Alpes maritimes,
parce que les peuples soumis s'étendoient
le long de la mer des deux côtés de la ri-
vière du Var. On comprit dès lors cette
province dans l'Italie, comme il paroît par
les anciens géographes, à cause que la plu-
part de ses peuples habitoient au delà des
Alpes.
VI. C'est ce que l'on voitpar l'inscription
qu'Auguste fit graver sur le trophée qu'il
érigea au sommet des Alpes, après avoir
vaincu ces peuples, & que Pline' nous a
conservée. On y voit les noms de tous les
Alpins que ce prince avoit soumis , entre
autres les noms des Liguriens chevelus. Or,
parmi ceux-ci, dont le nombre est fort
grand, nous n'en connoissons que trois ou
quatre qui appartinssent aux Gaules ou qui
habitassent en deçà du Var, savoir : 1° les
Sogiontii que nous croyons être les mêmes
que les Sentii ou Sontii de Ptolémée ^ & les
5oc/zonfza* dont Pline parle' ailleurs, comme
nous le dirons bientôt ; 2° les Brodiontii
que nous conjecturons être les mêmes que
les Vesdiantii de Ptolémée ^ & les Vediantii
de Pline', & dont le nom peut être cor-
rompu dans le texte de l'inscription d'Au-
guste ; 3° les Nerusi dont Vence étoit la
capitale; 4" les Suetri où étoit Seillans,
ainsi que nous l'avons déjà remarqué.
Il pouvoit y avoir encore quelques autres
' Strabon, 1. 4, p. 202 & seq.
* Pline, 1. 3, c. 20, n. 24.
' Pline, 1. 3, c. 20, n. 24.
■* Ptolémée, 1. 2, c, 10.
* Ptolémée, 1. 2, c. 10, n. 5.
^ Ptolémée, 1. 3, c. i , p. 71.
' Pline, 1. 3, c. 20, n. 7
NOTg
35
Note
35
74
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Liguriens chevelus en» deçà des Alpes ou
dans les limites des Gaules, dont la situa-
tion du pays nous est inconnue, & qui
firent partie de la provijice des Alpes mari-
times : ce qu'il y a de vrai, c'est qu'elle
s'étendit d'abord principalement dans l'Ita-
lie. Nous en avons la preuve dans Tacite ',
qui comprend dans cette province la ville
de Vintimille sur la côte de Gênes. On
peut voir dans Pline' & dans Strabon' les
noms des autres Ligxiriens & peuples alpins
d'au delà du Var qu'Auguste soumit, & qui
furent sans doute compris dans la nouvelle
province des Alpes maritimes, tels que les
Ingauni ou peuples d'Albenga, les Taurini
ou ceux de Turin, les Intemelii ou ceux de
Vintimille, &c. Cette province, qui s'éten-
doit jusqu'à Milan, avoit du temps de Tacite
un intendant (Procurator) ou procureur.
VII. Nous venons de dire que la province
des Alpes maritimes fit d'abord partie de
l'Italie, parce que la plupart des peuples
Liguriens qui l'habitoient appartenoient à
cette portion de l'Empire. Elle perdit de
son étendue du côté des Gaules sous l'em-
pereur Galba qui en sépara les deux prin-
cipaux peuples d'en deçà du Var pour les
joindre à la Narbonnoisej savoir les Avan-
tîci & les Bodionticl. Adjecît formulae, dit
Pline'*, en parlant de cette dernière pro-
vince. Galba imperator ex înaîpinîs Avantî-
cos atque Bodîonticos quorum oppidum Dinîa.
La ville de Digne & le pays dont elle étoit
capitale n'avoit donc pas été jusqu'alors de
la dépendance de la Narbonnoise.
VIII. On interprète diversement le nom
de ces deux peuples. Il y en a* qui lisent
Aventîcos atque Ebroduntios , & prétendent
que ce sont les peuples d'Avenches, en
Suisse, &ceux d'Embruiij mais M. de Va-
lois" & le P. Hardouin ' ont solidement dé-
truit ces fausses conjectures & prouvé que
ce devoit être deux peuples qui habitoient
en deçà des Alpes au voisinage du Var.
' Tacite, Histor'iarum 1. z, c. i 2.
" Pline, 1. 3, c. 20, n. 7 & 24.
' Stralîon, p. 201 Se seq.
' Pline, 1. 3, G. 20, n. 5.
^ Lacarry, de Fraef. praet, p. |3.
* Adrien de \'^aloi5. Notifia Galltanim, p. lyi,
^ Hardouin, in l'Un, t. 1, p. Scjij.
Note
35
Nous croyons donc que les Bodiontîcl
dont nous venons de parler ne sont point
différens des Sentîi de Ptolémée ', auxquels
ce dernier donne Dignepour capitale, puis-
que Pline' la donne aussi aux Bodîontîci. Il
y a sans doute quelque corruption dans le
texte de l'un ou de l'autre de ces deux au-
teurs, ainsi que le croit M. de Valois'.
Pour les Avantîcî, ils ne paroissent pas
différens des Brodiontii de l'inscription
d'Auguste'', ou du moins des Vesdiantîi de
Ptolémée, 8c des Vedîantîi dont Pline fait
mention' ailleurs. C'est ce qu'on peut ap-
puyer tant sur la conformité des noms,
que sur ce que tous ces peuples étoient
du nombre des Liguriens chevelus. Pline *
le dit expressément des Vediantli ; & comme
il paroît donner ' aux Avantîcî, de même
qu'aux Bodîontîcî, la ville de Digne pour
capitale , il s'ensuit que les premiers
étoient en deçà du Var. D'ailleurs, n'ayant
été compris dans la Narbonnoise que depuis
Galba, ils dévoient être du nombre des Li-
guriens chevelus qu'Auguste soumit, & qui
suivant Dion* furent compris dans la pro-
vince des Alpes maritimes. Aussi Ptolé-
mée® met les Vesdîantii dans cette même
province, & leur attribue les villes de Ci-
miez & de Senez.
Il est vrai que ce géographe place ces
derniers peuples dans l'Italie, au lieu qu'il
devoit les mettre dans la Gaule Narbon-
noise, puisqu'il écrivoit après l'empire de
Galba. Pline'" semble aussi distinguer les
Avantîcî des Vedîantîî ^ car il renferme les
premiers dans la Gaule Narbonnoise & les
autres dans l'Italie, & donne à ces derniers Éd.orîg.
les villes de Cimiez & de Monaco; mais ces p)*63'i.
peuples n'en faisoient peut-être qu'un seul,
distingué cependant par des noms diffé-
rens à cause que les uns demeuroient au
delà & les autres au deçà du Var. Nous
' Ptolémée, p. 56.
* Pline, 1. 3, c. 20, n. 5.
^ Adrien de Valois, Notitia Galliarum, p. 2pp.
* Pline, 1. 3, n. 24, p. 37p.
* Pline, 1. 3, n. 7.
« Pline, 1. 3, n. 7.
"> Pline, 1. 3, n. 5.
* Dion Cassius, 1. 54.
^ Ptolémée, 1, 3, c. i , p. 71,
•" Pline, 1. 3, n. 5 & 7.
Note
35
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
75
voyons, en effet, que Ptolémée' donne aux
Vediantii la ville de Cimiez en delà & celle
de Senez en deçà de cette rivière, & qu'il ne
dit rien Aes Avantîci. Pline peut donc avoir
voulu parler, sous le nom de Vediantii, de
ceux qui étoient au delà du Var, & des au-
tres en deçà de cette rivière sous le nom
à'Avantici, quoique ce ne fût qu'un même
peuple dont une partie appartenoit alors à
l'Italie, & l'autre à la Province romaine des
Gaules, à moins que leur nom ne soit peut-
être corrompu dans l'un ou l'autre endroit
de cet auteur 5 car Galba n'unit sans doute
à la Narbonnoise que la partie de ces peu-
ples qui est en deçà du Var où étoit Senez,
ville que Pline ne nomme pas. Après tout
ce n'est qu'une conjecture; & si les Avan-
tici sont différens des Vediantii, nous avouons
que nous ignorons quel pays habitoient les
premiers, quoiqu'il paroisse certain qu'il
étoit situé en deçà du Var\
IX. Nous ne savons pas si les Nerusi, dont
Vence étoit la principale ville, furent jamais
unis à la Narbonnoise : pour les Suetri, qui
possédoient Seillans, Pline ' les comprend
dans cette province , quoique Ptolémée les
mette dans l'Italie, ce qui peut faire con-
jecturer qu'ils avoient été peut-être d'abord
de la Narbonnoise, & qu'ils en furent sépa-
rés dans la suite pour être unis aux Alpes
maritimes.
X. L'union de tous ces peuples d'en deçà
du Var à la Narbonnoise n'empêcha pas que
la province des Alpes maritimes, dont ils
dépendoient auparavant, n'existât toujours;
il en est fait mention en effet, dans Tacite'',
depuis la mort de Galba, qui fut le principal
auteur de l'union des Alpins d'en deçà du
Var à la Narbonnoise. Au reste, comme tous
les peuples d'Italie jouirent enfin du droit
latin ou italique, il est vraisemblable que
les peuples des Alpes maritimes qui appar-
tenoient pour la plupart à cette partie de
' Ptolémée, 1. 3, c. i, p. 71.
' Herzog a donné dans son ouvrage l'énuméra-
tion complète des peuples de la Province romaine.
Il a restitué aux noms de plusieurs de ces peuples
leur véritable physionomie. — Consultez Historia
Gall'tae Narhonensis, & Walckenaer, Géographie de
la Gaule.
3 Pline, 1. 3, n. 5.
"• Tacite, Historiarum I. 4(,
l'Empire, jouirent du même droit, ainsi que
tous les autres Italiens, & qu'ils cessèrent
dès lors d'être assujettis au droit provincial.
Aussi ne trouvons-nous plus, après Tacite,
aucun vestige de la province des Alpes ma-
ritimes jusque vers le milieu du quatrième
siècle, qu'Ammien Marcellin & Rufus Fes-
tus en font mention. Ptolémée, au milieu
du deuxième siècle, ne parle point non plus
de ce pays comme d'une province; il fait seu-
lement l'énumération des peuples qui l'habi-
toient dans le chapitre de l'Italie, quoique
quelques-uns d'entre eux appartinssent aux
Gaules, parce qu'effectivement ce pays avoit
été autrefois une province d'Italie.
XI. Nous croyons que les provinces de
l'Empire reçurent sous Constantin un nou-
vel arrangement par rapport aux quatre
préfectures que ce prince institua; qu'en
conséquence, il érigea de nouveau celle des
Alpes maritimes; qu'il n'y comprit que les
peuples d'en deçà des Alpes qui en avoient
dépendu anciennement, avec quelques au-
tres voisins qu'il y ajouta, & que pour cette
raison il attribua cette nouvelle province
aux Gaules & au vicariat des Cinq provinces;
qu'il la composa en partie des peuples de
l'ancienne province des Alpes maritimes,
incorporés par Galba dans la Narbonnoise,
& en partie de quelques autres peuples qui
n'avoient jamais appartenu à cette dernière.
Suivant l'ancienne notice des cités des Gau-
les, la province des Alpes maritimes renfer-
moit huit cités vers le commencement du
cinquième siècle :.savoir celles de Digne,
de Senez & de Seillans (SoUinensium') qui
avoient été unies à la Narbonnoise par
Galba; celle de Glandève qui devoit appar-
tenir aux peuples Avantici ou Vediantii, &
devoit avoir été aussi par conséquent unie
à la Narbonnoise par le même empereur;
celles de Cimiez & de Vence qui étoient de
l'ancienne province des Alpes maritimes,
dont la première , située au delà du Var,
paroît avoir toujours été indépendante de
la Narbonnoise, ainsi que l'autre, quoique
celle-ci se trouvât dans les limites des Gau-
les ; & une septième cité appelée Rigoma-
gentium, dont la situation nous est incon-
nue , mais qui ne peut être Riez, puisque,
suivant la même notice , cette ville ou cité
appartenoit alors à la Viennoise.
NoT«
35
Note
35
76
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
XII. Ces sept cités furent soumises à celle
d'Embrun qui fit la huitième, & fut érigée
en métropole; celle-ci n'avoit jamais été'
de laNarbonnoise; car elle appartenoit aux
peuples Caturiges qui habitoient les Alpes
grecques, lesquelles avoient toujours fait
partie de l'Italie , comme nous le verrons
bientôt.
XIII. On voit, par ce que nous venons de
dire, qu'on doit distinguer deux provinces
des Alpes maritimes , l'une érigée par Au-
guste, & l'autre par Constantin; que la
première ne fut composée d'aucun peuple
qui eût appartenu auparavant à la Narbon-
noise; que la dernière en comprenoit plu-
sieurs qui n'avoient jamais dépendu de
cette province; que les autres n'y avoient
été unies que depuis l'empire de Galba, &
qu'ainsi on ne sauroit dire que la province
des Alpes maritimes , telle qu'elle étoit au
quatrième siècle, ait été entièrement dé-
membrée de la Narbonnoise ou Gaule
Braccata, & qu'anciennement elle en ait
fait partie.
XIV. Il nous reste à dire un mot de la
province des Alpes grecques ou pennines
que plusieurs se persuadent faussement
avoir été aussi un démembrement de la
Narbonnoise; mais ces peuples ont toujours
été compris dans' l'Italie avant le qua-
trième siècle, suivant le témoignage de tous
les anciens géographes. De trois peuples
de cette province dont Ptolémée fait men-
tion, savoir les Segusiani, les Caturiges , &
les Ceutrones, la notice de l'empereur Ho-
noré ne parle que des derniers & du Valais
dont ce géographe ne dit rien. Cette notice
ne donne aucune métropole à cette pro-
vince, pour les raisons que nous dirons'
ailleurs. Rufus Festus & Ammien Marcel-
lin sont les premiers qui la comprennent
dans les Gaules, vers le milieu du quatrième
siècle. Ainsi, comme elle ne fut pas dé-
membrée de la Narbonnoise dont elle
n'avoit jamais fait partie, il n'est pas ex-
traordinaire qu'elle ne fût pas du nombre
des Cinq ou des Sept provinces ' des Gaules
dont nous avons déjà parlé & qui étoient
soumises à un vicaire particulier du préfet
du prétoire. Nous croyons donc que lors-
qu'on érigea de nouveau la province des
Alpes maritimes pour l'attribuer aux Gaules
ou aux Cinq provinces, on érigea aussi celle
des Alpes grecques ou pennines; & qu'elles
furent détachées de l'Italie pour être unies
au vicariat des Gaules proprement dites ,
à cause de leur proximité de la Lyonnoise &
de la Séquanoise qui en faisoient partie. Il
est vrai qu'on ' prétend que la province des
Alpes grecques appartenoit encore à l'Italie
l'an 390, & sous l'empire du grand Théo-
dose , ce qu'on croit pouvoir prouver par
une notice de ce temps-là : mais cette no-
tice est peut-être d'un autre temps; ou
si elle est du règne de ce prince, étant
constant que les Alpes grecques dépen-
doient des Gaules au milieu du quatrième
siècle, comme l'on voit par le témoignage
de Rufus & d'Ammien Marcellin, il faudra,
dans cette supposition, que cette province
ait été démembrée des Gaules par Théo-
dose, pour être unie à l'Italie, & qu'elle
ait été réunie ensuite aux Gaules sous l'em-
pire d'Honoré, puisqu'elle y est comprise
selon la notice de ce dernier empereur.
NOTE XXXVI
Sur les neveux de Constantin élevés
à Narhonne.
Note
35
Éd. orte,
t. I,
p. 632,
(
v
'INET, dans ses notes sur Ausone', se
trompe visiblement en faisant les fils
de Dalmace , qui étudièrent la rhétorique
à Narbonne, petits-neveux de l'empereur
Constantin. Il est certain'' qu'ils étoient
fils de Dalmace, frère du même empereur, &
par conséquent ses propres neveux; mais
cette méprise est plus pardonnable quo
Note
36
' Strabon, p. 204. — Pline, I. 3, c. 17, n. 21.
— Ptolémée, 1. 3, c. i, p. 71.
" Strabon, p. 204. — Pline, 1. 3, n. 21 & 24. —
Ptolémée, 1. 3, c. i, p. 71.
3 Voyez la Note XLIX, n. 6.
' Pagi ad ann. 374 & ad ann. 41, n. 34.
' Godefroy, in L. 1 de Desertoribus, Cod. Thcod,
- Pagi, ad ann. 374, n. 25.
^ Ausone, Proff. 17, p. 177.
* Tillemont, Histoire des Empereurs, t. 4, p. 2S0.
Note
36
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
77
Note
3?
celle de Scaliger' qui, à l'occasion d'Exu-
père qui enseigna la rhétorique à ces prin-
ces, dit que dans le même temps Saturnin
professoit aussi la rhétorique à Toulouse ,
& qu'il fut ensuite martyrisé dans la même
ville, fondé sur ces vers' de Sidoine Apol-
linaire :
Qui Tolosatem tenuit cathedram
De gradu summo Capitolorium
Praecipitatum.
Ce qui montre que ce savant critique a fait
de S. Saturnin, premier évêque de Tou-
louse, un professeur de rhétorique, & qu'il
a confondu la chaire épiscopale de cette
ville, avec une chaire de collège. CateP
avoit déjà relevé cette méprise.
NOTE XXXVII
Sur le concile de Bé-^ïers , où présida
Saturnin, évêque d'Arles.
I.XTOUSne savons de ce concile que le
•N
peu que S. Hilaire en a rapporté par
occasion dans ses ouvrages j car Sulpice
Sévère, qui pouvoit nous en instruire, yCqix
a dit qu'un mot en passant, à l'occasion de
celui d'Arles.
On ne sauroit donc rien dire de précis
touchant ses circonstances. Nous croyons ,
cependant, que le plus grand nombre des
évêques de ce concile étoit des Cinq pro-
vinces, c'est-à-dire de la Narbonnoise, de
la Viennoise, de l'Aquitaine, de la Novem-
populanie & des Alpes maritimes , & peut-
être aussi de la Séquanoise & des Alpes
grecques, à cause de leur voisinage de Bé-
ziers. D'ailleurs, Saturnin d'Arles qui pré-
sida à ce concile, voulut, sans doute pour
fortifier son parti, y attirer les évêques
des mêmes provinces qui avoient assisté
trois ans auparavant à celui d'Arles, & qui
avoient e«u la foiblesse de se déclarer, du
moins extérieurement, pour l'arianisme.
II. De tous les évêques du concile de
Béziers, nous ne connoissons que S. Hi-
laire de Poitiers &Rhodanius de Toulouse,
qui ne cédèrent pas aux sollicitations &
aux violences de Saturnin. Les intrigues de
ce dernier durent d'autant mieux réus-
sir, qu'outre toute l'autorité de l'empereur
dont il étoit appuyé, il présida à ce concile
ou comme seul métropolitain, ou comme
le plus ancien de ceux qui s'y trouvèrent.
Il est faux, cependant, qu'il eût juridic-
tion sur la ville de Béziers , comme l'a
cru Binius", & que cette ville fût de son
diocèse.
III. Nous croyons trouver encore une
preuve de la prévarication, ou plutôt de
la dissimulation des évêques de nos pro-
vinces assemblés à Béziers, dans le titre du
Traité des Synodes que S. Hilaire adressa
l'an 358 aux évêques des deux Germaniquis ,
des deux Belgiques , des deux Lyonnoises de
l'Aquitaine & de la Novempopulanie ; au peu-
ple & au clergé de Toulouse dans la Narbon-
noise, & aux évêques des provinces de la
Grande-Bretagne ; car il nous paroît que le
saint évêque de Poitiers ne faisant aucune
mention dans ce titre des évêques de la
Narbonnoise, de la Viennoise, de la Séqua-
noise & des deux provinces des Alpes, c'est
une preuve, comme le remarque un habile
critique % que ceux-ci ne lui avoient pas
donné encore des marques de leur commu-
nion* qu'ils persistoient du moins exté-
rieurement, dans celle de Saturnin d'Arles
& du parti arien, & qu'ils avoient prévari-
qué au concile de Béziers. Les évêques delà
Grande-Bretagne & des deux Germaniques
que S. Hilaire nomme à la tête de sou ou-
vrage, dévoient lui être, sans doute, plus
indifférens que ceux de ces quatre ou cinq
provinces des Gaules.
IV. On peut appuyer cette remarque sur
ce que ce saint docteur distingue l'église de
Toulouse & la nomme seule, au même en-
droit entre toutes celles de la Narbonnoise.
C'est sans doute parce qu'elle fut la seule
constante dans la foi. Elle résista, en effet,
à toutes les violences de Constance 8c des
NOTB
37
' Scaliger, in Auson, p. 177.
* Sidoine Apollinaire, 1. 9, Epist, 16.
' Catelf Mémoires de l'kist. de Languedoc, p. 820.
' Binius, Conciles, t. 2, p. 783.
' Tillemont, art. 8 sur S. Hilaire, Histoire eccU'
siastique, t. 7, & sur les Ariens, art. ôi.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Ariens, qui voulurent mettre un évêque de que l'issue du concile de Béziers fut entiè-
leur secte à la place de Rhodanius, après rement favorable aux hérétiques : Mansit
l'exil de celui-ci, comme S. Hilaire nous namque (fides) atque etiam nunc permanet post
l'apprend lui-même. Il y a donc lieu de synodi Bitterrensîs professionem, in qua pa-
croire que les évêques des provinces omises tronos hujus haereseos ingerendae qu'ibusdam
Note
37
dans le titre de l'ouvrage de ce saint évê-
que eurent le malheur, dans les conciles
d'Arles & de Béziers, de favoriser les perni-
cieux desseins de Saturnin, de condamner
S. Athanase , & de persister encore quelque
temps dans leur prévarication.
V. S. Hilaire " l'insinue, d'ailleurs, dans son
Traité contre Constance, où il dit qu'ayant
voulu faire connoître aux évêques du con-
Ed.orig. cile de Béziers les pièges qu'on leur ten-
p. 633. doit, ils ne refusèrent de l'écouter que
dans la vue de mettre par un mensonge
leur innocence à couvert, quoiqu'ils sussent
bien ce qu'ils avoientà faire. Qui postea per
factionem eorum pseudo-apostolorum ad Biter-
rensem synodum compulsas cognitionem de-
monstrandae hujus haereseos obtuli; sed hi
timentes publicae conscientiae audire ingesta a
me noluerunt : putantes se innocentiam suam
Christo posse mentiri si volentes nescirent quod
gesturi postmodum essent scientes.
VI. On pourroit entendre ce passage des
évêques ariens, qui, craignant la discussion
du dogme, refusèrent d'écouter S. Hilaire
vobis testibus denuntiaveram, innocens, invio-
lata, religiosa, &c. Ce passage, qui a du
rapport avec le précédent, fait voir que
c'est aux évêques catholiques du concile de
Béziers que S. Hilaire vouloit montrer les
artifices des Ariens, & que ces prélats ne
voulurent point l'écouter. Cognitionem ' de-
monstrandae hujus haereseos obtuli, &c., in
qua patronos hujus haereseos " ingerendae
quibusdam vobis testibus denuntiaveram, &c.,
sed hi timentes publicae conscientiae , &c.
VII. Nous savons enfin que Rhodanius
de Toulouse fut exilé pour n'avoir pas cédé
aux Ariens dans le même concile, & que lui
& S. Hilaire furent les seuls dont on punit la
résistance, suivant le témoignage de Sulpice
Sévère % lequel parle du premier en ces ter-
mes : Rhodanium quoque Tolosanum antisti-
tem, qui natura lenior non tam suis viribus
quam Hilarii socîetate non cesserai Arianis ,
eadem conditio implicuit. On lit dans quel-
ques éditions Rhodanium quoque & Dosa-
num antistitem-, ce qui pourroit faire croire
qu'il y eut un troisième évêque qui s'op-
mais il paroît plus naturel de l'appliquer posa aux desseins des Ariens dans le concile
aux évêques catholiques du concile de de Béziersj mais la première leçon est la vé-
Béziers, qui, appréhendant les menaces de ritable. Hornius'' avoue qu'il l'auroit suivie
Saturnin & l'autorité de l'empereur, ne fi- s'il eût su que Rhodanius eût été évêque de
rent aucun cas des avis qu'il leur donna Toulouse 5 il pouvoit s'en instruire aisé-
sur les desseins pernicieux des Ariens , ce- ment par les ouvrages de S. Hilaire. Or,
dèrent au temps, n'osèrent reconnoître pour revenir, si Rhodanius, d'un naturel
l'innocence de S. Athanase & se persuadè-
rent pouvoir le condamner sans blesser
l'intégrité de la foi.
Ce dernier sens est confirmé par un en-
droit du même Père, dans son traité " des
Synodes^ où il marque qu'il doutoit si après
le concile de Béziers , dans lequel il fut
condamné à l'exil, les évêques des Gaules
doux & d'un esprit accommodant, fut exilé
pour avoir suivi S. Hilaire, d'où vient, si les
autres évêques du concile de Béziers en
firent de même, qu'ils ne subirent pas la
même peine? D'où vient que l'empereur
Constance exerça ' tant de violences dans
la seule église de Toulouse? Il est donc
très-vraisemblable que les évêques catholi-
avoient persisté dans la foi 5 mais qu'il avoit ques de ce concile, à la réserve d'Hilaire &
appris par les lettres de plusieurs d'entre de Rhodanius, intimidés par la faction des
eux qu'ils persévéroient dans sa commu-
nion, & qu'ils refusoient de communiquer
avec Saturnin. S. Hilaire insinue ensuite
' S. Hilaire, 1. i, cont. Constant, n. 2, p.
' S. Hilaire, de Synod. n. i, 2 8i 3.
' S. Hilaire, contr. Constant, n. 2, p. I23p,
" S. Hilaire, de Synod. n. 1, 2 & 3.
^ Sulpice Sévère, Hist. sacra, 1. 2, n. 64.
^ Sulpice Sévère, édit. Horn. p, 434.
'" S. Hilaire, contra Constant, n. i i .
Note
37
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
79
Note
38
Ariens, succombèrent aux pièges de ces hé-
rétiques, & crurent, sans abandonner la foi,
pouvoir condamner S. Athanase, comme on
l'exigeoit d'eux; que quelques-uns d'entre
eux reconnurent leur faute dès qu'ils furent
de retour dans leurs églises & à l'abri des
menaces de Saturnin, & se séparèrent de
nouveau ' de la communion de ce faux évê-
que, qui les avoit engagés dans ce piège;
mais que les évêques de la Narbonnoise &
des autres provinces que S. Hilaire omet
dans le titre de son livre des Synodes, eu-
rent le malheur de persister dans leurs pre-
mières démarches jusqu'après le concile de
Rimini, qu'ils reconnurent peu à peu leur
surprise ^, & revinrent par les soins de
S. Hilaire'. Ainsi tous les évêques des Gau-
les se trouvèrent heureusement réunis dans
la même foi après le concile'' de Paris, tenu
l'an 36oou 362, dans lequel Saturnin d'Ar-
les fut déposé.
NOTE XXXVIII
Sur la préfecture d'Hespère, fils
d'Ausone.
IL est hors de doute ' que l'an 879 Ausone
& son fils Hespère exerçoient la préfec-
ture des Gaules. La difficulté consiste à sa-
voir de quelle manière ils partageoient
l'exercice de cette charge.
Nous croyons pouvoir l'apprendre* d'une
loi adressée la même année au dernier, au
sujet de la Société des mariniers, à la fin de
laquelle il est marqué qu'elle a été reçue à
Constantîne. MM. Godefroi & de Tillemont
sont en peine de trouver dans les Gaules
une ville de ce nom & une Société de mari-
niers; ce qui leur fait croire que c'est de la
ville de Constantine en Afrique dont il est
' S. Hilaire, de Synod. n. 2.
' Sulpice Sévère, Hist. sacra^ 1. 2, n. Sg.
' S. Hilaire, Fragm. i i , p. i353, éd. Coust. 1. 2,
n. 2.
^ Conciles, t. 2, p. 821.
Tillemont, Histoire des Empereurs, note 9 sur
Gratien,
" Cod. Théodosien. L. I, de Navicular.
Note
38
fait mention dans cette loi, & que par con-
séquent Hespère devoit être préfet d'Italie
d'où dépendoit l'Afrique dans le temps que
cette même loi fut donnée; mais cette con-
jecture est détruite par Ausone même ' qui
assure qu'Hespère son fils partageoit alors
avec lui la préfecture des Gaules, & ne dit
rien de celle d'Italie.
Nous pouvons appuyer d'ailleurs le texte
d'Ausone par cette loi même, puisque nous
savons que la ville d'Arles portoit le nom
de Constantine depuis l'empereur Constan-
tin % & que ce titre lui est donné dans la
constitution de l'empereur Honoré de l'an
418 ' pour l'assemblée des Sept provinces.
Quant à M. de Tillemont qui dit qu'on
ne trouve point de corps de mariniers dans
les Gaules , on voit le contraire dans plu-
sieurs inscriptions rapportées par Spon &
dans une de Gruter ^, où il est parlé du corps
des mariniers du Rhône qui élevèrent un
monument en l'honneur de Trajan. Hespère
ayant donc reçu cette loi, l'an 879, à Cons-
tantine ou Arles, il devoit avoir alors l'admi- Ed.orig,
' . . . , 1. 1,
nistration des provinces voisines de cette p. 634.
ville, soit qu'il fût préfet en titre ou seule-
ment vicaire dans les cinq provinces des
Gaules dont nous avons déjà parlé. Il pou-
voit partager ainsi avec Ausone son père la
préfecture des Gaules.
Pour ce qui est de celle d'Italie , il put
l'avoir exercée l'année suivante 880, ou
même dès la fin de l'an 879; car rien n'o-
blige de différer , ainsi que l'a prétendu
M. de Tillemont, jusqu'au 81 de décembre
de cette dernière année, le discours d'Au-
sone à l'empereur Gratien , en actions de
grâces du consulat dont il l'avoit honoré;
discours dans lequel cet auteur rapporte les
divers honneurs que sa famille avoit reçus,
& où il ne dit rien de la préfecture d'Italie,
& dont il auroit dû parler si son fils en eût
été alors revêtu. Ausone peut, en effet,
avoir prononcé ce discours ' au mois de
' Ausone, Grat, act. procons. p, 701 & 7o3.
" Sirmond in Sidonium,-p. z^8,SiiConcil. Gall, t. t.
' Voyez, aux Preuves de ce volume. Chartes Sc
Diplômes, n. I : Edit de l'empereur Honorius pour
V assemblée des Sept provinces.
^ Gruter, p. 1022, n. 10. — Voyez aussi le beau
Recueil des Inscriptions de Lyon, par M. de Boissien-
^ Lacarry, de Praef. praet. Gall. p. 62 & 71.
Note
38
80
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
39
septembre ou d'octobre de l'an 879, que
Gratien étoit de retour de l'Illyrie à Trêves.
NOTE XXXIX
Sur la situation f/'Ebromagus, lieu de
la demeure de S. Paulin.
LA plupart de ceux qui ont écrit sur la
vie ' de S. Paulin ont cru que le lieu
à'Ebromagus, où il fit longtemps son séjour
& dont il est parlé dans les lettres de ce
saint évêque ' & dans plusieurs de celles
d'Ausone % étoit le lieu de Brau ou d'Em-
brau, près de la Garonne , au-dessous de
Blaye, environ à six lieues de Bourg du côté
de la Saintonge. Ces auteurs conviennent
que les anciens itinéraires "• font mention
d'un Ebromagus entre Toulouse & Carcas-
sonnej mais ils ne sauroient se persuader
que ce fût la demeure de S. Paulin : voici
quelques réflexions qui pourroient peut-
être faire croire le contraire.
1° Suivant la vingt-deuxième épître ^ d'Au-
sone, ce seigneur, qui demeuroit alors à
Lugagnac (Lucaniacum) , lieu situé, à ce
qu'on prétend *, à la gauche de la Dordogne,
auprès de Libourne, & à deux lieues de
Bordeaux , manquant de grains pour faire
subsister les gens de sa terre, à cause de la
mauvaise récolte, envoya Philon, son inten-
dant, pour en acheter. Celui-ci alla faire
son emplette du côté du Tarn & de la Ga-
ronne {Tarnim S- Garumnam permeat); après
en avoir ramassé une certaine quantité, il
les fit transporter sur des petits bateaux des
endroits où il les avoit achetés jusqu'à Ebro-
magus, où il les mit en dépôt dans les gre-
niers que Paulin avoit dans ce lieu, en at-
tendant une saison favorable pour les faire
voiturer par la rivière jusqu'à Lugagnac.
' J.-B. le Brun, Vie de S. Paulin, n. 2. — Tille-
mont sur S. Paulin. — Vinet& Scaliger, in Auson.
' S. Paulin, Epist. 1 1 , n. 14.
3 Ausone, Epist. 21, 22, 24.
* Itin. Burdigalense. — Table de Peutinger.
5 Ausone, p. 668.
« Scaliger, in Epist. 24 Auson. — Notae mPauZm.
p. 35 & seq.
Les domestiques de Paulin, impatiens du
long séjour de Philon à Ebromagus , mena-
çoient de le faire déloger avec ses grains
dans une saison incommode (.Immature perî-
clitatur expelli), ce qui donna lieu à Ausone
d'écrire à Paulin pour le prier de permettre
à son intendant de demeurer à Ebromagus
avec ses provisions tout le temps dont il
auroit besoin, jusqu'à ce qu'il pût faire
transporter commodément ces grains à Lu-
gagnac.
Il paroît, par ce que nous venons de dire,
qu'il ne faut pas chercher ailleurs la situa-
tion de VEbromagus de S. Paulin qu'entre
les deux rivières de Tarn & de Garonne, &
que, par conséquent, ce lieu n'est pas diffé-
rent de celui de même nom dont il est parlé
dans les anciens itinéraires, situé à quatorze
milles de Carcassonne vers Toulouse & à
peu près à une égale distance de ces deux
rivières.
En effet, VEbromagus des itinéraires est
vraisemblablement le lieu de Bram, dans le
Lauraguais & l'ancien diocèse de Toulouse,
situé à deux lieues de la petite rivière de
Lers qui se jette dans la Garonne au-dessous
de la ville de Toulouse, ou plutôt le lieu de
Vibram vers la source de la même rivière
de Lers dans le pays de Lauraguais. La dis-
tance marquée dans les itinéraires convient
à peu près à l'un & à l'autre de ces endroits.
VEbromagus de S. Paulin se trouve par là
situé auprès d'une rivière, peu considéra-
ble à la vérité, mais qui, se jetant bientôt
après dans la Garonne, peut avoir servi à
transporter sur de petites barques les pro-
visions que l'intendant d'Ausone avoit faites.
2° Il paroît, par la même épître d'Ausone,
que le lieu à'Ebromagus devoit être fort
éloigné de Lugagnac, puisque, s'il eût été
aussi voisin que Blaye l'est de Libourne,
Philon n'eût pas eu besoin d'un entrepôt
& d'un temps considérable pour faire voi-
turer ses grains dans ce lieu où le besoin
étoit pressant. D'ailleurs, la disette ne fut
pas sans doute particulière à Lugagnac,
mais commune à tous les environs de Bor-
deaux où on met VEbromagus de Paulinj car
nous voyons qu'Ausone fut obligé d'envoyer
acheter des grains dans le pays arrosé par le
Tarn.
3° Cet auteur, dans sa vingt & unième
NOTB
39
Note
39
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
81
épître', remercies. Paulin', qui étoit alors cette ville"; il paroît, au contraire, qu'il na-
à Ebromagus, de lui avoir envoyé de la sau- quit à Eèromagus; car ce saint regardoit ce
mure (murîa) de Barcelone & de l'huile. lieu comme son patrimoine & sa patrie. Il
Or, il est bien plus naturel que ce dernier l'appelle ainsi ' dans un endroit de ses ou-
ait envoyé ces provisions des environs de vrages, d'où on peut conjecturer que ses
Carcassonne, pays où on commence à voir ancêtres s'étoient d'abord établis dans la
des oliviers, que des embouchures de la Narbonnoise, d'où les diverses cliarges qu'ils
Garonne où il n'y en a point. exercèrent dans l'empire les attirèrent à
4° Le même Ausone \ dans sa vingt-qua- Bordeaux. Au reste, nous ne sommes pas
trième épître, se plaignant de l'éloignement les premiers à croire que S. Paulin naquit
de S. Paulin, qui demeuroit pour lors en à Ebromagus. Sacchini' l'insinue dans la
Espagne, convient qu'il se consoleroit & vie de ce saint, & Giselin'' l'assure dans
qu'il le regarderoit même comme voisin, celle de Sulpice Sévère,
s'il n'étoit pas plus éloigné de lui que Sain- On peut objecter contre nos conjectures
tes l'est d'Agen , Vienne de Narbonne & sur la situation du lieu d'£Aromûg-uj, habité
Arles de Toulouse; ce qui marque à peu par S. Paulin, qu'Ausone, dans la même
près la distance de V Ebromagus des itiné- épître 22, parlant de Philon, son inten-
raires jusqu'à Lugagnac.
5° Les anciens ne nous donnent aucune
connoissance d'un Ebromagus situé vers
Bourg ou Blaye. Ils font seulement mention
de celui qui étoit entre Toulouse & Car-
cassonne; nous savons d'ailleurs queS. Pau-
dant, semble dire qu'il avoit été conduit en
bateau jusque dans ce lieu même, sur une
rivière navigable , ad usque vectus Ebro-
magum tuam. Or, la rivière de Lers ne l'est
pas vers sa source. On peut répondre que
le mot de vectus^ dans cet endroit, ne signi-
lin "* avoit du bien du côté de Narbonne, & fie pas précisément que Philon ait abordé
qu'il y recueilloit du vin; ce qui fait voir
que cet illustre personnage n'étoit pas
étranger à la Narbonnoise.
6° L'amitié que S. Paulin avoit contrac-
tée avec Sulpice Sévère nous fournit une
nouvelle preuve que V Ebromagus où de-
meuroit le premier est celui des itinéraires;
car nous savons que Sulpice faisoit alors
son séjour' à Elusione^ entre Toulouse &
Carcassonne; or, selon les itinéraires, le
lieu d'Elusione étoit situé à neuf milles
Éd.orig. d' Ebromagus. Il est très-vraisemblable que
p. 63'5. l'amitié de ces deux personnages fut cimen-
tée par le voisinage de leurs demeures.
Toutes ces raisons, jointes ensemble,
nous font croire que VEbromagus où S. Pau-
lin a fait un long séjour étoit celui des iti-
néraires. Pour ce qui est de sa patrie, on
sait seulement qu'il étoit ® originaire de
Bordeaux {Burdigala oriundus); & il n'est
en bateau à Ebromagus ; il suffisoit que la
rivière de Garonne n'en fût pas éloignée.
Il faut avouer cependant que les derniers
vers de la vingt-quatrième épître d'Ausone
paroissent contredire notre système sur la si-
tuation de V Ebromagus de S.Paulin; les voici :
Et quando' iste meas impellat nuntius aures?
Ecce tuus Paullinus adest, jam ninguida linquit
Oppida Iberorum, Tarbellica jam tenet arva,
Hebromagi jam tecta subit, jam praedia fratris
Vicina ingreditur; jam labitur amne secundo j
Jamque in conspectu est, &c.
Il faut observer que S. Paulin étoit alors
du côté de Saragosse ou en Catalogne,
Nunc tibi * trans Alpes & marmoream Pyrenen
Caesareae Augustae domus est.
& qu'Ausone étoit aux environs de Bor-
NOTB
39
pas certain qu'il ait pris naissance dans deaux, &, à ce qu'il paroît, dans une mai-
' Ausone, p. 661.
* Ausone, p. 666.
* Ausone, p. 684.
* S. Paulin, Epist. 5, n. 22.
5 Voyez la A''of£> Xî..
* Uran. de Ob'ttu Paulin, p.
145.
' Baillet, Vie des Saints, 21 juin.
' S. Paulin, Epist. 11, n. 14,
' Bollandistes, maii, t. 4.
^ Giselin, p. 1 o.
' Ausone, p. 689.
® Ausone, p. 686.
II
NoTii
39
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
son de campagne, située dans le vignoble de
cette ville.
Me ' juga Burdigalae, trino me flumine coetu
Secernunt turbis popularibus : otiaque inter
Vitiferi exercent colles, laetumque colonis
Uber agri, tum prata virentia, tum nemus umbris
Mobilibus, celebrique frequens ecclesia vico.
Ce poëte ' fait encore entendre, dans le
même ouvrage, qu'alors il n'étoit pas éloi-
gné du rivage de la Garonne.
Occidui me ripa Tagi me Punica laedit
Barcino
Et quod terrarum, coelique extenditur inter
Emeritensis Anae , lataeque fluenta Garumnae.
On pourroit donc conclure de ces vers
que VEbromagus de S. Paulin ne peut avoir
été situé dans le Toulousain, puisqu'il au-
roit dû prendre la route de la Bigorre, s'il
avoit voulu se rendre de Catalogne dans ce
lieu. On peut répondre que le chemin de
Saragosse au Toulousain est encore plus
court par la Bigorre que par le Roussillon.
D'ailleurs , en supposant qu'Ausone étoit
alors aux environs de Bordeaux, ce qui est
très-vraisemblable, Paulin n'auroit pas dû
s'embarquer & descendre la Garonne pour
l'aller joindre après être arrivé à Ebroma-
gus, si ce lieu eût été fort au-dessous de
cette ville , ainsi que les commentateurs
de ce poëte le prétendent. Il paroît enfin
(\u Ebromagus ne devoit pas être situé sur
la Garonne, puisque Paulin ne devoit s'em-
barquer sur ce fleuve pour le descendre &
aller joindre Ausone, qu'après être arrivé
de ce lieu dans la maison de son frère.
[Nofe additionnelle , placée par D. Vais-
^'^^ sète au tome V de l'édition orisinaleA
knniT. o -■
ADDIT
Éd. orig.
p. 674.
Sur VEbromagus d' Ausone.
MASTRUC' croit que VEbromagus dont
• il est parlé dans la vingt- deuxième
lettre d'Ausone est àxiiéremàeVEbromagus
' Ausone, p. 686.
' Ausone, p. 684.
' Mémoire pour l'h'ist. naturelle de Long. p. io5.
des itinéraires, qui étoit situé sur la route
de Toulouse à Carcassonne, & il a raison.
Nous avions déjà été prévenus à ce sujet par
les remarques que quelques-uns de nos con-
frères nous avoient communiquées à ce su-
jet. Il paroît, par ces remarques, queVEbro-
magus, dont Ausone parle dans sa lettre,
est le lieu qu'on appelle Branne , situé sur
la rive gauche de la Dordogne, à une lieue
de Lugagnac. Ainsi Philon, après avoir
acheté des grains aux environs du Tarn &
de la Garonne, les aura embarqués au-des-
sous de Moissac, les aura fait descendre
jusqu'à Bordeaux^ & ayant passé ensuite le
Bec-d'Ambés, il aura remonté la Dordogne
pendant cinq à six lieues jusqu'à Branne.
Note
ADDlT.
NOTE XL
Sur la patrie de Sulpîce Sévère.
I. r-pouT ce que nous savons de certain tou-
1 chant la patrie de Sulpice Sévère',
c'est qu'il étoit Aquitain. Il le dit lui-même
dans un endroit de ses Dialogues, & Gen-
nade ^ l'assure de même. Il estvrai que nous
n'ignorons pas que Scaliger ' , Vossius &
quelques autres, ont prétendu que ce célè-
bre historien étoit d'Agen, parce que, dans
un endroif de son Histoire sacrée, il ap-
pelle S. Phœbade, évêque de cette ville, no-
tre Phœbade {noster Phoebadius) ; mais il
nous sera aisé de détruire cette conjecture
après que nous aurons donné la véritable
notion des xaoms A' Aquitain & à' Aquitaine ^
selon le langage des auteurs du quatrième
siècle.
II. Nous avons dit ailleurs que l'ancienne
province d'Aquitaine faisoit avec l'ancienne
Narbonnoise ce qu'on appela, depuis Cons-
tantin jusqu'à Honoré, les Cinq ou les Sept
provinces des Gaules , & qu'on leur donnoit
indifféremment ce nom ou celui d'Aqui-
taine. On divisoit, en effet, dans le qua-
' Sulpice Sévère, Dialogue i, n. 20.
' Gennade, de Script. Eccl. c. 19.
^Scaliger, in Auson.p. 685. — Vossius, de His-
toricis Latinis, 1. 2, c. i3.
■• Sulpice Sévère, Hist. Sacra, 1. 2, n. 58.
Note
40
Ed. orig.
t. 1,
p. 635.
Note
40
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
83
Éd.orig.
t. I,
p. 636.
trième siècle, toutes les Gaules en deux par-
ties, dont la première conservoit le nom de
Gaules proprement dites, & l'autre portoit
le nom général d'Aquitaine. Sulpice Sévère
lui-même nous en fournit une preuve, lors-
qu'en parlant des évêques du concile de
Rimini, il s'exprime en ces termes : Sed ' îd
nostris , id est Aquitanis , Gallis & Brîtannis
îndecens visum, &c. Et lorsque dans ses Dia-
logues il oppose les Gaulois aux Aquitains :
Hominem'' GalluminterAquitanos,&c. On voit
la même distinction dans l'épître de l'em-
pereur ou tyran Maxime à Valentinien II :
Hac fide ' glorîantur Gallia , Aquitanïa ,
omnîs Hispanîa, &c. M. de Valois rapporte "*
plusieurs autres preuves de cette distinc-
tion.
III. Cette partie des Gaules, qu'on appe-
loit zlors Aquitaine, ne comprenoit pas seu-
lement l'ancienne provincedece nom, mais
encore toute l'ancienne Narbonnoise. C'est
ce qui paroît certain par le témoignage
d'Ammien Marcellin', auteur du temps, le-
quel, faisant l'énumération des provinces
qui, de son temps, étoient comprises dans
les Gaules, se sert de ces termes : At nunc
numerantur provinciae per ambitum GalUa-
rum secunda Germania, &-c., c'est-à-dire que
les Gaules proprement dites comprenoient
les huit provinces suivantes, savoir : les
deux Germaniques, les deux Belgiques, la
Séquanoise, les Alpes grecques & les deux
Lyonnoises : ces deux dernières n'étoient
pas encore alors subdivisées. Cet auteur
ajoute, après l'énumération de ces huit pro-
vinces : Hae provinciae sunt urbesque splen-
didae Galliarum. Il entre ensuite dans le
détail des provinces comprises sous le nom
général d'Aquitaine, & s'exprime ainsi :
In Aquitania quae Pyrenaeos montes & eam
partent spectat Oceani, &c., prima provincîa
est Aquitanica, amplitudine urbium admodum
culta; omissis aliis multis, Burdigala & Ar-
verni excellant. Novempopulos Ausci com-
mendant & Vasatae. In Narbonensi Elusa &
' Sulpice Sévère, Hist. Sac. 1. 2, n. 56.
' Sulpice Sévère, Dialog. i, n. 20.
' ConcileSj t. 2, p. io3i.
^ Adrien de Valois, Notitia Galliarum, p. 33.
' Ammien Marcellin , H'ist. 1. i5, p. 104. —
Adrien de Valois, Notitia Galliarum , notes.
Narbona & Tolosa prîncipatum urbium te-
nent. Viennensis civitatum exsultat décore mul-
tarum, &c. On voit par là qu'Ammien Mar-
cellin met au nombre des provinces connues
sous le nom général d'Aquitaine : i°la pro-
vince de ce nom qui n'étoit pas encore sé-
parée en deux; 2" la Novempopulanie; 3" la
Narbonnoise qui n'étoit pas encore distin-
guée en première & seconde; 4° la Vien-
noise; 5° les Alpes maritimes", c'est-à-dire
les cinq provinces dont nous avons déjà
parlé ailleurs.
Sextus Rufus' suit le même plan dans la
description qu'il fait des provinces des Gau
les. Sunt Galliae, dit-il, cum Aquitania £•
Britanniis provinciae XFII, &c., &c. Il dé-
crit ces provinces en commençant au levant
par les Alpes maritimes : il continue par la
Viennoise, la Narbonnoise, la Novempo-
pulanie & les deux Aquitaines; ce qui for-
moit l'Aquitaine prise en général. Cet au-
teur, voulant parler ensuite des provinces
des Gaules proprement dites, recommence
sa description au levant par les Alpes
grecques, & continue par la Séquanoise, les
deux Germaniques, les deux Belgiques &
les deux Lyonnoises. Sozomène' divise éga-
lement les Gaules en Gaule proprement
dite & en Aquitaine, lorsqu'il parle du
tyran Constantin qui s'empara de toutes
ces provinces. Il est donc certain que dans
le quatrième siècle on comprenoit la Nar-
bonnoise dans l'Aquitaine prise en général,
& que celle-ci n'étoit autre chose ^ que ce
qu'on appela alors les Cinq, & qu'on ap-
pela ensuite les Sept provinces.
On peut encore prouver qu'au quatrième
siècle la Narbonnoise faisoit partie de ce
qu'on appeloit Aquitaine en général, par
Sulpice Sévère qui, dans son premier Dialo-
gue % met ces paroles dans la bouche d'un
interlocuteur : Sed dum cogito me hominem
Gallum inter Aquitanos verba facturum, ve-
reor ne offendat vestras nimium urbanas aures
sermo rusticior. Dans le temps de ce dialo-
gue, la Narbonnoise étoit comprise, ou dans
' Lacarry, Praef, praet, Gall. p. 20 & 21.
' Sextus Rufus, Brevlarlum.
' Sozomène, Histoire ecclésiastique, 1. 9, c. n.
't Voyez Note XXXIV.
^ Sulpice Sévère, Dialog. i, n. 20.
Note
40
Note
40
84
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
ce qu'on appeloit les Gaules proprement
dites, ou dans l'Aquitaine prise en général,
puisque, comme nous l'avons déjà montré,
on ne connoissoit pas alors d'autre division
générale des Gaules j mais si elle étoit com-
prise dans les Gaules proprement dites, le
Gaulois interlocuteur n'auroit pas dû met-
tre, comme il fait, la politesse des Aqui-
tains beaucoup au-dessus de celle des au-
tres peuples des Gaules, puisque, suivant
Sulpice Sévère (Epist. 3) étoit établi à
Toulouse avec sa famille, & y avoit une
maison, l'an 397, dans le temps de la mort
lieu à'Eluslo ou Si'Elustone, dont il est fait mention
dans les anciens itinéraires, & dans une lettre de
S. Paulin, évêque de Noie, au sujet de S. Sulpice
Sévère. M. de Valois conjecture ({u'Elusio est le vil-
lage de Luz dans le comté de Carmaing, 8c la res-
semblance des noms nous a engagés à trouver sa
le témoignage de Pline, il n'y avoit pas de conjecture vraisemblable. M. Astruc la rejette ' sur
province plus polie dans cette partie de
l'Empire, soit pour les mœurs, soit pour le
langage, que la Narbonnoise, & qu'au rap-
port du même' auteur, o?x devait plutôt l'ap-
peler l'Italie même qu'une province.
IV. Il s'ensuit de ce que nous venons
d'établir que Sulpice Sévère se disant Aqui-
tain, il ne doit pas pour cela avoir été plu-
ie fondement que le village de Lus ou Z-aç n'est éloi-
gné que de cinq lieues de Toulouse ; au lieu que par
les distances marquées dans les itinéraires, il est à
vingt-huit milles de cette ville, & que quatre milles
romains ne font qu'une lieue de Languedoc. D'ail-
leurs, ajoute-t-il, Eluslo étoit située sur la grande
route de Toulouse à Carcassonne, & Luz en est éloi-
gné d'une grande lieue. Il conjecture, à son tour,
qu'Elusto est le village de la Bastide d'Anjou, situé à
tôt natif de l'Aquitaine propre que de la unelieueoudeuxpetiteslieuesdeCastelnaudary.il
Narbonnoise ou de quelqu'une des Cinq
Provinces ; mais nous avons d'ailleurs des
raisons très-fortes pour croire qu'il étoit
né dans la Narbonnoise & à Toulouse même,
ou du moins aux environs de cette ville.
Nous ne connoissons, en effet, que trois
endroits où ce célèbre personnage ait fait
sa demeure, & ces endroits sont tous trois
situés dans l'étendue de la Narbonnoise;
savoir Elusione, Toulouse & Primuliac. Nos
plus habiles critiques" conviennent que le
premier est le même que celui qui est
marqué dans les anciens itinéraires en-
tre Toulouse & Carcassonne , & qu'on
croit être aujourd'hui le village de Luz
dans le Lauraguais, & le comté de Car-
maing. Sulpice y faisoit son séjour', lors-
qu'en SpS & en 894 il dépêcha à S. Paulin,
qui se trouvoit alors à Barcelone, un de
s'appuie sur le nom même de la Bastide d'Anjou, &
sur le fondement que le mot de Bastide signifie un
fort. La Bastide d'Anjou ne signifie donc, continue-
t-il, que le Fort d'Anjou; & par conséquent le nom
du lieu est Anjou, ou comme on prononce sur les
lieux. Enjeu, lequel peut venir d^Elusio, qu'on
aura successivement prononcé Elusou, Elsou, Ensou,
& enfin En^ou ou Enjou. Ménage se seroit ap-
plaudi sans doute d'avoir fait une pareille décou-
verte.
Nous voulons bien supposer, avec M. Astruc, que
les distances sont exactement marquées dans l'iti-
néraire de Bordeaux, & que le village de Luz étoit
alors situé, comme aujourd'hui, à quelque distance
de la grande route de Toulouse à Carcassonne : mais
pour son étymologie du nom de la Bastide d'Anjou^
nous ne pouvons la lui passer ; & il lui seroit dif-
ficile de prouver que le château ou village de ce
nom subsistât avant Louis, duc d'Anjou, gouver-
neur de Languedoc, qui le fit construire & qui lui
donna son nom, après le milieu du quatorzième siè-
ses domestiques, lequel arriva en huit cle. Le mot de ia^fi^e, dans l'usage du Languedoc, ne
jours dans cette ville. C'est, en effet, sa vé-
ritable distance^ d'Elusione''.
' Pline, 1. 3, n. 5.
* Adrien de Valois, Notitia Galliarum, p. 188. —
Sirmond, ^^ofes sur Sidoine Apollinaire, p. 128. —
Tillemont, 5ar S. Paulin. — Le Brun, Fie de S, Pau-
lin, c. 14, p. 26 & Notes, p. 28.
' S. Paulin, Epist, 1 , p. 7.
^ Voyez Tillemont, art. 3, sur Sulpice Sévère, au
tome 12 de son Histoire ecclésiastique.
^ M. Astruc rejette l'opinion de M. de Valois,
que nous avons admise, touchant la situation du
veut pas dire yôrt ou château, mais une ville nou-
vellement construite, comme il y en eut, en effet,
plusieurs de fondées ' peu de temps avant & après la
réunion du comté de Toulouse à la couronne, soit
par les seigneurs, soit par les gouverneurs ou lieu-
tenans généraux de la province, soit par les séné-
chaux : c'est ainsi , entre autres , qu'Eustache de
» Mémoire pour l'histoire naturelle du Languedoc, p. loi
& suiv.
» Voyez au tome VI de cette édition, livre XXVI, n. 88,
l'alinéa commençant par ces mots : Ceprince&la comtesse, &c.,
& aux Preuves dn tome VIII , la charte CCCLXVI : Mé-
moire des acquisitions faites par Alphonse de Poitiers,
comte de Toulouse & de Poitiers.
Note
40
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
de S. Martin, comme on voit par une lettre
qu'il écrivit alors à sa mère, où il paroît
même qu'il appelle cette ville sa patrie :
Ego enim Tolosae positus tu Treverîs con-
stituta, &■ tam longe a PATRIA, jilio inquié-
tante divulsa.
Quant à Primuliac, où il fit un plus long
séjour, & où il étoit en' 408, on" convient
que ce lieu étoit dans la Narbonnoise. Nous
croirions volontiers qu'il étoit situé dans le
Minervois ou le diocèse d^ Narbonne, sur
les frontières de celui de Carcassonnfe vers
les montagnes de Cannes; car 1° ce pays
solitaire & hors du commerce étoit fort
propre à la construction du monastère que
Sulpice édifia à Primuliac, & où il mena
longtemps une vie retirée; 2° on convient'
Beaumarchais, sénéchalde Toulouse, fonda la Bastide
de son nom, vers l'an 1290, dans le diocèse d'Auch ;
que Guichard de Marziac, aussi sénéchal de Tou-
louse, construisit' en 1298 la Bastide de Marziac
dans le même diocèse d'Auch; que Jean, évêque de
Beauvais, lieutenant du roi en Languedoc, fonda
vers l'an 1842 la Bastide de Beauvais au diocèse de
Saint-Papoul; que Guillaume Flotte, seigneur de
Revel, construisit vers l'an i35o la ville ou la Bas-
tide de Revel au diocèse de Lavaur, &c. Or, toutes
ces bastides ou nouvelles villes, bien loin d'être
fortifiées, furent d'abord toutes ouvertes & sans
défense "•. Il s'ensuit de là que le lieu où est au-
jourd'hui la Bastide d'Anjou étoit une rase campa-
gne, dans le temps des anciens itinéraires, où il est
fait mention A'Elusio ou à'Elusione. [Note placée
par D, Vaissete au tome V de son édition, p. 661].
[Adrien de Valois & les auteurs de l'Histoire de
Languedoc se sont trompés aussi bien qu'Astruc au
sujet de la position du lieu nommé Elusione, situé
sur la route de Toulouse à Carcassonne, entre les
stations appelées ad Vicesimum & Sostomago, & à
une égale distance de l'une & de l'autre. Cette posi-
tion répond à l'église de Saint-Pierre d'Elzonne,
près Montferrand.] [E. M.]
'S. Paulin, Epist. 3i, 32.
' Tillemont, art. 3 sur Sulpice Sévère, au tome i 2
de son Histoire ecclésiastique.
' Tillemont, art. 3, sur Sulpice Sévère, au tome i 2
de son Histoire ecclésiastique.
3 Voyez aussi au tome VI, livre XXVI, n. 16, i" alinda :
...4° 11 est défendu aux sénéchaux... de construire de nouvel-
les bastides, &c.
■♦ TomeVI de cette édition, livre XXVI, n. 96: « On donna le
nom de Bastides, aux nouvelles villes & aux nouveaux bourgs,
qu'ils fondèrent depuis en assez grand nombre dans le pays,
parce que tous ces lieux furent d'abord ouverts &. sans dé-
fense. »
Note
40
que ce saint personnage demeura à Tou-
louse ou aux environs jusque vers l'an 407,
& cette ville n'est pas fort éloignée du Mi-
nervois ; 3° ce pays est encore moins éloi-
gné A'Elusîone dont nous venons de parler,
& qui étoit une autre terre de Sulpice 54" il
paroît que ce célèbre historien étoit à Pri-
muliac en SgS, lorsque S.Paulin le pria' de
lui envoyer le vin vieux qu'il avoit laissé à
Narbonne : or, suivant la situation que nous
donnons à ce lieu, il étoit à portée de cette
ville. Nous apporterons plus bas de nou-
velles raisons qui nous font croire que Pri-
muliac étoit situé dans le diocèse de Nar-
bonne.
V. Sulpice ayant donc fait sa résidence
dans la Narbonnoise au moins jusqu'à l'an
405, qui étoit le cinquante & unième de
son âge, & n'y ayant aucune preuve qu'il
ait jamais demeuré dans l'Aquitaine propre-
ment dite, il paroît beaucoup plus naturel
de le faire natif de la première que de la
dernière de ces provinces.
D'ailleurs, la conjecture de Scaliger&de
Vosius touchant la patrie de cet historien
se détruit d'elle-même : car si Sulpice s'est
servi du terme de noster en parlant de
S. Phœbade d'Agen, c'est seulement parce Éd.oiig
qu'il étoit d'Aquitaine comme lui, & par p.'63j.
opposition à S. Servais de Tongres, qui
étoit Gaulois, c'est-à-dire des Gaules pro-
prement dites, comme on voit par ce pas-
sage : Constantissimusque^ înter eos habeba-
tur noster Foebadius, &■ Servatius Tungro-
rum episcopus. C'est dans le même sens' que
Sulpice appelle nostri lés évêques catholi-
ques & les évêques des Gaules, en général,
en les opposant aux évêques ariens ou à
ceux des provinces étrangères.
Si le terme noster dont se sert Sulpice de-
voit décider de sa patrie, il faudroit le dire
natif du diocèse dont Gavidius étoit évêque,
plutôt que de la ville d'Agen, puisqu'il ap-
pelle ce dernier son évêque, ce qu'il ne dit
pas de S. Phœbade. Hoc ego, dit-il % Gavi-
dium, EPISCOPUM NOSTRUM quasi obtrec-
tantem referre solitum audivî. Or, il paroît
' S. Paulin, Epist, 5, p. 3o.
' Sulpice Sévère, Histoire, 1. 2, n. 58.
' Sulpice Sévère, Histoire, 1. 2, n. 56, 59, £ic.
'' Sulpice Sévère, Histoire,!. 2, n. 56.
Note
40
86
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
certain par la suite du discours que le même
Gavidius assista au concile de Rimini tenu
à la fin de l'année SSç, & que par consé-
quent il ne pouvoit pas être évêque d'Agen,
puisque cette année ' & les suivantes
S. Phœbade remplissoit le siège épiscopal
de cette ville. D'ailleurs, ce siège se trouve
occupé jusqu'après le temps que Sulpice
écrivit son histoire sacrée. Scaliger" em-
barrassé de ce passage prétend sans aucune
autorité que Phœbade & Gavidius ne sont
qu'une même personne ; mais il est évi-
dent' que ce sont deux évêques diffèrens,
tous les deux cependant Aquitains, suivant
la notion qu'on donnoit alors à ce terme.
VI. Gavidius, qui a été sans doute évêque
diocésain de Sulpice, n'a donc pas occupé le
siège épiscopal d'Agen. Il n'a pas été non
plus évêque de Périgueux, comme quel-
ques-uns l'ont prétendu. En effet Paterne,
évêque arien, remplit ce dernier siège jus-
qu'à l'an 362 qu'il fut déposé, & cela dans
le même temps que Gavidius étoit évêque.
Aussi, les derniers éditeurs du Gallia Chrîs-
tiana^ n'ont pas compris Gavidius dans le
catalogue des évêques de Périgueux. Il faut
donc qu'il ait occupé quelque autre siège;
& nous n'en trouvons point qui lui con-
vienne mieux que celui de Narbonne ou
celui de Toulouse.
Nous n'avons rien sur les évêques de
ces deux villes dans le temps du concile de
Rimini auquel Gavidius assista. Pour ce qui
est de Narbonne, il n'y a aucune difficulté,
puisque parmi les anciens évêques de cette
ville nous n'en connoissons aucun entre
S. Paul, qui fut le premier de tous, & Hi-
laire, qui vivoit au commencement du cin-
quième siècle.
A l'égard de Toulouse , Gavidius pouvoit
aussi en être évêque dans le temps de la
tenue du concile de Rimini ; car Rhodanius
qui fut exilé l'an 356, au concile de Béziers,
mourut bientôt après dans la Phrygie; &
quoique nous ignorions' l'époque certaine
de sa mort, les plus habiles critiques ' con-
viennent, cependant, qu'il étoit déjà dé-
cédé en 358 , puisque dans l'ordre général
qui fut donné de convoquer au concile de
Séleucie tous les évêques & ceux même
qui étoient exilés, il n'est fait aucune men-
tion de lui. Son église étant donc vacante
dès l'an 358, elle peut avoir été remplie en
359 par Gavidius, qui en ce cas-là lui aura
succédé immédiatement, car le concile de
Rimini ne fut tenu qu'à la fin de cette der-
nière année.
Nous croyons néanmoins qu'il est plus
probable que Gavidius étoit évêque de Nar-
bonne; car comme nous l'avons dit, nous
ne trouvons rien sur les évêques de cette
ville pendant tout le quatrième siècle, & il
n'est pas tout à fait certain que Rhoda-
nius fût mort l'an 358. Mais quand celui-ci
seroit décédé cette même année, S. Sylvius,
qui vivoit vers la fin du quatrième siècle,
peut avoir été son successeur^ immédiat.
Il est, d'ailleurs, plus vraisemblale qu'une
métropole aussi considérable que celle de
Narbonne ait envoyé son évêque au con-
cile de Rimini en la personne de Gavidius.
VII. Ce que nous avons déjà dit de la
situation de Primuliac peut confirmer nos
conjectures touchant le siège de Gavidius;
car il est très-probable, comme nous l'a-
vons observé , que ce lieu étoit situé dans
le diocèse de Narbonne; ainsi, c'est avec
raison que Sulpice peut avoir appelé Gavi-
dius son évêque.
Sulpice bâtit dans ce lieu deux églises,
suivant le témoignage de S. Paulin^ qui, lui
écrivant en 402, lui marque "^ qu'il lui ren-
voyoit de Noie, dans la Narbonnoise, Vic-
tor, disciple de S. Martin qu'il lui avoit
déjà envoyé auparavant, & qui avoit ren-
contré alors Posthumien dans le même
pays. De Narbonensi, ubi fratri Posthumîano
occurrerat , remissus ad te, nunc à te iterum
profectus est, &c., S-c. Posthumien s'embar-
qua dans le même temps à Narbonne pour
Note
' Gallia Chrlst'iana, nov. éd. t. 2, p. SpS, 896 ,
897.
' Scaliger, in Auson. p. 685.
3 Voyez Hornius, in Sulp. Sev, p. 443.
^ Gallia Christiana, nov. éd. t. 2, p. 1448 & seq.
' Sulpice Sévère, Histoire, 1. 2, n. 5p.
' Tillemont, t. 7, Histoire ecclésiastique, p. 459.
— Vie de S. Hilaire, nouv. édit. n. xcix.
' Tillemont, sur S. Exupère, t. 10, Histoire ecclé-
siastique.
^ S. Paulin, Epist. 3i & 32.
^ S. Paulin, Epist. 28, p. 177,
Note
40
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
87
l'Orient, & prit congé de Sulpice ou dans
cette ville' ou du moins aux environs.
Hinc' abiens valedixî ubî Narbona navim
jo/vimwj. Tout cela prouve que Primuliac,
où Sulpice demeuroit alors, n'étoit pas
éloigné de Narbonne.
Nous savons, d'ailleurs, qu'en 405, Pos-
thumien étant en Egypte & souhaitant de
voir Sulpice, prit dans cette vue la route
de Narbonne. Nflvm' illic onerartam offendî
quae cum mercibus Narbonam petens solvere
parabat ut nihil cunctatus navim conscen-
derem , trîcesîmo die IS/lassiliam adpuhus inde
hue decimo pervenerim , adeo prospéra navi-
gatio piae adfuît voluntatî , &c. Il semble,
suivant ce passage, que Posthumien ne fut
par mer, que depuis l'Egypte jusqu'à Mar-
seille, qu'il relâcha au port de cette ville, au
lieu de débarquer à Narbonne comme ill'a-
voit projeté, & qu'il fit le reste du chemin
par terre jusqu'à Primuliac. Or, il paroît
que Posthumien faisoit ses voyages à pied ;
& si ce lieu eût été situé dans l'Agenois, le
Périgord ou laBigorre comme ou le prétend,
il lui auroit fallu plus de dix jours pour y
arriver de Marseille. Si on veut, au con-
traire, que Posthumien ait débarqué à Nar-
bonne , il faut également que Primuliac ne
fût pas éloigné de cette ville ou de la côte
de la Méditerranée, puisque dans ce sens
il donne à entendre qu'il arriva par mer, le
dixième jour, de Marseille au lieu où étoit
Sulpice. Inde hue decimo pervenerim. De
toutes ces autorités nous croyons pouvoir
conclure que la patrie de Sulpice Sévère
étoit ou la ville de Toulouse, comme l'a
cru * Giselin , auteur de sa vie , ou du
moins Primuliac ou quelque autre lieu de
la Narbonnoise première.
VIII. Nos plus habiles critiques^ conjec-
turent que ce saint personnage professa la
vie monastique à Primuliac. Il y fit bâtir ,
Éd.orig. en effet, un monastère. Un protestant®
0.638. moderne nie hardiment qu'il ait embrassé
' Le Brun, Vie de S. Paulin, c. 40.
' Sulpice Sévère, Dialog. i, n. i.
' Sulpice Sévère, Dialog. i, n- i.
^ Giselin, Fie de Sulpice Sévère^ p. 10.
^ Tillemont, sur S. Sulpice, art. 3.
^ Basnage, in Vit. S. Desiderii, t. 1 , éd. Canisius,
jn-fol. p. 633.
cette profession ; mais il n'en donne d'autre
raison, sinon qu'il est persuadé qu'on a
voulu par là faire honneur à l'état monas-
tique , & qu'on a confondu cet historien
avec Sulpice Sévère qui, après avoir été
abbé, devint archevêque de Bourges au
septième siècle. Il nous suffit de savoir
que le premier fit son séjour plus ordi-
naire à Primuliac , qu'il y fonda un monas-
tère, & qu'il mena une vie retirée & très-
chrétienne, ce qu'on ne sauroit nier, pour
nous faire croire la conjecture des catho-
liques bien fondée.
NOTE XLI
En quel endroit des Gaules, Vigilance
divulgua ses erreurs.
VIGILANCE, après avoir quitté S. Jérôme
dans la Palestine, se retira dans les
Gaules où il répandit le venin de ses er-
reurs. Aucun auteur ne marque précisé-
ment dans quel endroit en particulier il les
divulgua. Nous avons lieu de croire que ce
fut aux environs de Toulouse pour les rai-
sons suivantes :
1° On convient que cet hérétique étoit
natif du Comminges qui est limitrophe du
Toulousain. Or, après avoir quitté la Pa-
lestine, il se retira dans son pays & vers les
Pyrénées où il tâcha de décrier S. Jérôme
tant par ses discours que par ses écrits ,
dans lesquels il répandit' ses erreurs. Nous
savons', d'ailleurs, qu'il avoit été domes-
tique (yernaculus) de Sulpice Sévère qui
habitoit alors aux environs de Toulouse ,
& qui le retint encore auprès de lui à son
retour de la"* Palestine. Comme cet héréti-
que dont il ignoroit les erreurs avoit été
depuis ordonné prêtre , il lui donna de
l'emploi auprès de sa demeure, & par con-
séquent au voisinage de la même ville.
2° S. Jérôme se plaint, dans une ' lettre
Note
' S. Jérôme, Adversus Vigilant, t. 4,
' S. Jérôme, Epist. 36.
^ S. Paulin, Epist. 5.
■* Tillemont, art. 78 sur S. Jérôme.
' S, Jérôme, Epist. 3j.
éd.
Note
4«
88
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
qu'il écrivit au commencement de l'an 404,
de ce qu'un saint évêque ne veilloit pas sur
les erreurs de Vigilance, qui, de retour dans
les Gaules, desservoit une église dans le
diocèse de ce prélat, M.iror sanctum episco-
pum in cujus parochia esse preshyter dicitur,
acquîescere furorî ejus , &c. Cet endroit re-
garde vraisemblablement S. Exupère, évê-
que de Toulouse, qui écrivit, en effet, vers
la fin de l'an 404, au pape S. Innocent pour
le consulter sur la continence des prêtres ,
qui étoit une des erreurs de Vigilance, &
sur d'autres points de discipline, sans
doute , à l'occasion de cet hérétique. Ce
saint Pontife lui répondit au commence-
ment de l'an 405. Ainsi, le saint évêque de
Toulouse peut avoir toléré Vigilance dans
ses commencemens jusqu'à ce que, voyant le
progrès de ses erreufs & sensible aux re-
proches de S. Jérôme, il crut être obligé
de remédier au mal & de consulter le Saint-
Siège _, pour le faire avec plus d'autorité. Le
sens de la lettre de S. Jérôme regarde d'au-
tant plus S. Exupère que ce saint docteur
nous apprend ailleurs, que Vigilance de-
meuroit alors au pied' des Pyrénées proche
de l'Espagne, ce qui convient au diocèse de
Toulouse qui comprenoit dans ce temps-là
le pays de Foix qui confine avec le diocèse
d'Urgel & l'Espagne.
3° Ripaire & Didier % deux curés qui
donnèrent occasion à S. Jérôme d'écrire
contre Vigilance, avoient leurs églises au
voisinage de la demeure de cet hérétique.
Or, leurs paroisses dévoient être dans le dio-
cèse de Toulouse ou aux environs de cette
ville, puisqu'ils chargèrent Sisinnius, moine
de ce diocèse, que S. Exupère envoyoit à
S. Jérôme , de remettre à ce saint docteur
les ouvrages de Vigilance. D'ailleurs ,
S. Jérôme', dans salettre à Minerve &à
Alexandre, moines de Toulouse, témoigne
que Sisinnius lui avoit apporté plusieurs
questions à résoudre de la part des frères &
des soeurs de ce pays. M.ulta sanctorum fra-
trum & sororum de vestra provincia ad me
detulit quaest'iones ', ce qui doit s'entendre,
sans doute, de Ripaire & de Didier.
' S. Jérôme, Adversus Vigilant.
^ S. Jérôme, Adversus Vigilant,
' S. Jérôme, Epist. ad Mmerv. & Alex. t. 4, nov.
éd. p. 410.
Il est vrai qu'un manuscrit de Cluny'
qualifie Ripaire, prêtre de l'église de Ta-
ragone, ce qui n'est appuyé d'aucun autre
monument. Mais supposé la vérité de cette
leçon, il sera toujours vrai que Vigilance
étant pour lors dans les Gaules , comme
l'assure' S. Jérôme, incurset Galliarum ec-
clesîas ; Galliae vernaculum hostem sustinent :
& Ripaire étant voisin de Vigilance selon
ce même saint , Riparîus & Desiderius qui
paraecias suas in vicinia istius scribunt esse
maculatas , cet hérétique aura répandu son
venin dans le diocèse de Toulouse qui con-
finoit alors avec la Catalogne.
NOTE XLII
Epoque de Virruption de Crocus y roi
des Alleniands ou des Vandales , du
martyre de S. Privât, évêque de
Gévaudan , 6* de la translation du
siège épiscopal dans la ville de
Mende.
L -pvLUSiEURS savans modernes', sur l'au-
1 torité de Grégoire de Tours'', ne font
point difficulté de placer dans le troisième
siècle, sous l'empire de Valérien & de Gai-
lien, l'irruption de Crocus, durant laquelle
S. Privât, évêque du Gévaudan, fut marty-
risé. On ne peut disconvenir, en effet, que
Grégoire de Tours n'ait cru que cette irrup-
tion, qui coûta si cher aux Gaules, ne soit
arrivée dans ce temps-là.
Nous adopterions volontiers cette époque
avec les illustres modernes qui la suivent,
si des raisons qui nous paroissent assez for-
tes, & que nous allons développer, ne nous
obligeoient de différer l'irruption des bar-
bares, sous laquelle S. Privât souffrit le
martyre, jusqu'au commencement du cin-
quième siècle. M. de Tillemont^ convient
' S. Jérôme, Epist, 87.
' S. Jérôme, Adversus Vigil-
^ Tillemont, note 1 sur S. Privât, Histoire ecclé-
siastique, t. 4, p. 65 t.
^ Grégoire de Tours, Histoire, 1. i , c. 3o,
5 Tillemont, /fiitoire ecclésiastique, p. 221 & 65i.
Note
4'
Note
4z
Note
4z
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
89
luî-même que selon les actes' de ce saint,
on ne sauroit rapporter sa mort à un autre
temps.
IL II paroît, en effet, que Grégoire de
Tours s'est trompé au sujet de l'époque de
l'irruption de Crocus, & que cet historien
a brouillé la chronologie dans laquelle on
sait d'ailleurs qu'il n'est pas fort exact; &,
sans aller plus loin, il met dans le même
endroit le martyre des SS. Corneille & Cy-
prien sous l'empire de Valérien & Gallien,
lation donne, sous le nom d'Idace ', plu-
sieurs faits du sixième siècle que cet histo-
rien, mort avant la fin du cinquième, n'a
pu écrire. Mais il suffit qu'ldace ait pu con-
noître & nous donner l'histoire de l'irrup-
tion de Crocus, pour ne pas rejeter légère-
ment les fragmens que nous en avons, quoi-
qu'ils ne se trouvent pas dans ses Fastes
consulaires : ils peuvent avoir été tirés de
quelque autre de ses ouvrages.
Nous voyons d'ailleurs qu'Aimoin & Si-
NOTB
4*
Ed
l.orig tandis qu'il est certain que le premier fut gebert ont suivi cet auteur, quel qu'il soit,
^•A ™:^ X »_ __i..: j-iA\-. -rv'Mi îi »,,.:^„,.':i„ _1 * a 1..: i»: .- .^
p. 639 mis à mort sous celui de Dèce. D'ailleurs il
rapporte cette même irruption sous deux
époques différentes, l'une vers la fin du
troisième siècle, & l'autre au commence-
ment du quatrième.
Une des principales autorités qui nous
persuadent que Grégoire de Tours s'est mé-
pris là-dessus, est celle d'Idace qui, dans
divers fragmens historiques que nous avons
sous son nom dans une collection ' de diffé-
rentes chroniques depuis le commencement
du monde, fait entendre, par la suite du
discours, que l'irruption de Crocus, roi des
Vandales, des Suèves & des Alains dans les
Gaules , arriva au commencement du cin-
quième siècle. Ainsi , si ces fragmens sont
véritablement de lui, comme rien ne nous
empêche de le croire, ou du moins ' de son
compilateur qui paroît ^ plus ancien que
Grégoire de Tours, leur autorité, au sujet
de cette époque, doit prévaloir sur celle de
ce dernier qui vivoit plus de cent ans après
le premier, & près de deux siècles depuis
cet événement.
On pourroit infirmer la preuve que nous
tirons de l'autorité d'Idace, en disant que
cet historien ne dit rien de l'irruption de
Crocus dans sa Chronique % & que les ex-
traits qui se trouvent dans la collection dont
on vient de parler sont trop mêlés de fa-
bles pour pouvoir lui être attribués. Il pa-
roît, en effet, que l'auteur de cette compi-
' Voyez Surius, 21 août,
' Canisius, Lect. ant. t. 2, p. 65ç, & nov. edit.
p. 191. — Basnage, in Fit. S, Desiderii^ p. i5o. —
Ruinart, éd. de Grégoire de Tours, p. 71 1 & suiv.
^ Adrien de Valois, Rerum Franc. 1. i 5, p. 444.
'' Basnage, in Vit. S. Desiderii^ p. i5o.
^ Sirmond, Opéra, t. 3.
puisqu'ils placent ' comme lui l'irruption
de Crocus au commencement du cinquième
siècle. Il en est de même de l'auteur ' des
anciennes Annales de Trêves, qui vivoit au
commencement du douzième siècle, lequel
rapporte cette irruption à la même époque.
Pour sauver l'autorité de Grégoire de
Tours, on pourroit supposer qu'il a con-
fondu différentes irruptions des barbares
dans les Gaules j que les Allemands peuvent
avoir fait des excursions ^ dans ces provin-
ces, sous la conduite d'un de leurs rois ap-
pelé Crocus, tant sous l'empire de Valérien
& de Gallien qu'au commencement du qua-
trième siècle; que ces peuples peuvent avoir
eu divers rois de ce nom de même que les
Vandales; & qu'enfin Grégoire de Tours
aura appliqué à un Crocus, roi des Alle-
mands, ce qu'ldace & les auteurs qui l'ont
suivi ont dit d'un Crocus, roi des Vandales,
peuples qui ravagèrent les Gaules au com-
mencement du cinquième siècle, & qu'au
lieu de placer le martyre de S. Privât dans
le temps de l'irruption de ce dernier, il
l'aura mis sous une des époques précé-
dentes.
En effet, tous les auteurs qui parlent de
Crocus, qui ravagea les Gaules durant cette
dernière irruption, le font roi des Vandales
& non des Allemands , quoiqu'il ait pu l'a-
voir été des uns & des autres, puisque, sui-
vant la remarque de Grotius , les auteurs
comprennent tous ces barbares sous le
' Conciles, t. 2, p. io3i. — Ruinart, éd. de Gré-
goire de Tours, p. 707 & suiv.
'Aimoin, 1. 3, c. i. — Sigebert, Chron. t. 1
Rer. Germanorum, p. 491.
' Spicilegium, t. 12, p. 208.
* Adrien de Valois, Rerum Francicarum 1. i , p. 1 8.
Note
42
90
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
nom général de Vandales ' . Comme donc il
peut y avoir eu deux ou trois princes du
nom de Crocus, roi des Allemands ou des
Vandales, & dans des temps différens, Gré-
goire de Tours qui l'aura ignoré, les aura
peut-être confondus.
III. M. de Tillemont', après avoir avoué
que les Vandales du cinquième siècle peu-
vent avoir eu un roi appelé Crocus, & qu'on
peut admettre deux princes de ce nom, suit
pourtant l'autorité de Grégoire de Tours
en ce qu'il croit que Crocus, qui fut fait
prisonnier à Arles, vivoit au troisième siè-
cle. D'un autre côté il abandonne cet' his-
torien, en convenant qu'on ne peut mettre
le martyre de S. Privât qu'au commence-
ment du cinquième siècle. Mais ne voit-on
pas que, selon Grégoire de Tour^^ Crocus,
qui fut fait prisonnier à Arles, est le même
qui fit souffrir le martyre à S. Privât, &
le même, par conséquent, dont Marins, ca-
pitaine romain , s'assura dans cette ville ,
suivant les Fragmens attribués à Idace ^ ? Si
donc Grégoire de Tours peut s'être trompé,
comme le croit M. de TiHemont, en met-
tant le martyre de S. Privât au troisième
siècle au lieu du commencement du cin-
quième, pourquoi n'aura-t-il pas pu errer
également au sujet de l'époque de l'irrup-
tion des barbares qu'il joint au martyre de
ce saint évêque ? Toutes les apparences sont
donc que cet historien a confondu les di-
verses irruptions des barbares dans les Gau-
les, & qu'il attribue les ravages qui ne con-
viennent qu'à Crocus, roi des Vandales , au
commencement du cinquième siècle , à un
roi de même nom qui vivoit sous Valérien
& Gallien. Cela est d'autant plus vraisem-
blable, que cet historien ^ ne dit qu'un mot
en passant de l'irruption du premier, quoi-
que cet événement fût plus célèbre & plus
voisin de son temps que l'autre.
IV. On pourroit tourner cette dernière
remarque contre nous, & demander^ si Cro-
' Tillemont, Histoire ecclésiastique, t. 2, p. 589
& suiv.
' Tillemont, Histoire ecclésiastique, t. 2 , p. 648.
^ Tillemont, Histoire ecclésiastique, :p. 221 &65i.
■* Canisius, Lect. antiq. t. 2, p. 669 & nov. éd.
' Grégoire de Tours, Histoire, 1. 2, c. 2.
fi Qallia Christiana, npv. éd. t. 2, p. 895,
eus n'a ravagé les Gaules qu'au commence-
ment du cinquième siècle, d'où vient que
Grégoire de Tours, qui n'étoitpas fort éloi-
gné du temps de cette irruption, l'a traitée
si succinctement, & qu'il a ignoré le nom
de tant de saints évêques & de tant de fidè-
les qui souffrirent la mort sous ce roi,
comme nous le voyons dans plusieurs actes
qui nous restent de ces saints, & dont cet
historien ne dit rien ? On peut demander
à son tour d'où vient que Grégoire de Tours
n'a rien dit non plus dans ses Traités de la
gloire des martyrs & des confesseurs , de plu-
sieurs saints très-célèbres qui avoient vécu
peu de temps avant lui, même dans la pro-
vince ecclésiastique dont il étoit métropoli-
tain? D'où vient qu'il garde un profond si-
lence ' sur S. Calais, S. Samson, S. Magloire,
S. Malo, S. Maur, &c.? Il peut donc avoir
oublié aisément de faire mention de plu-
sieurs saints évêques de la Lyonnoise, de la
Narbonnoise & de la Viennoise, qui vivoient
longtemps auparavant.
V. Outre l'autorité d'Aimoin, de Sigebert
& de l'Annaliste de Trêves, qui, comme nous
l'avons déjà dit, sont conformes aux frag-
mens d'Idace pour le temps de l'irruption
de Crocus, roi des Allemands ou des Van-
dales, nous avons encore deux autres témoi-
gnages qui paroissent décisifs, sans parler
de Trithème & des autres modernes qui rap-
portent cette irruption à la même époque.
Le premier est celui de Warnharius% au-
teur des actes du martyre de S. Didier, évê-
que de Langres. Cet écrivain, qui met l'ir-
ruption de Crocus au commencement du
cinquième siècle, vivoit, de l'aveu de M. de
Tillemont % au commencement du septième
siècle, & par conséquent peu de temps après
Grégoire de Tours; ainsi son autorité est
d'un aussi grand poids.
Le second témoignage est tiré d'un frag-
ment de la vie de S. Amatius, évêque d'Avi-
gnon, que le R. P. de Sainte-Marthe '' nous
a donné. L'auteur de cette vie ne parle point
' Mabillon, Annales de l'ordre de Saint-Benoît,
I, p. 78 & 86-
' Bollandistes, 22 mai.
^ Tillemont, sar 5. Didier, Histoire ecclésiastique j
I I.
■* Qallia Christiana, nov. éd. t. 1, instr. p. iSy.
NOTK
42
Éd. orig.
p. 640,
Note
42
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
91
à la vérité de l'époque de l'irruption de
Crocus, mais il nomme ce prince qu'il ap-
pelle roi des Allemands. Il rapporte ensuite
le martyre de S. Amatius, & lui prête une
exhortation dans laquelle il lui fait dire à
son peuple que les villes de Lyon , de
Vienne, &c., ont été ravagées par les bar-
bares, & que Privât du Gévaudan ou de Ja-
voux, Avolus d'Albe, Firmus de Vindasque,
Valentin de Carpentras, Félix de Nimes,
Venuste d'Agde ont été les victimes de leurs
cruautés. Or les villes de Vindasque , de
Carpentras & d'Agde, ne sont point compri-
ses dans la plus ancienne notice des cités
des Gaules qu'on rapporte à l'empire d'Ho-
noré. Elles n'étoient pas par conséquent
encore honorées d'un siège épiscopal à la fin
du quatrième siècle, temps auquel on peut
fixer l'époque de cette notice. Il est vrai que
le fragment de la vie de S. Amatius ne pa-
roît pas d'une grande autorité, comme nous
l'avons déjà observé ailleurs. Mais si l'au-
teur a puisé le fonds de sa narration dans
des monumens anciens, comme on peut le
supposer, il est évident que l'irruption de
Crocus, durant laquelle S. Privât souffrit le
martyre, ne doit être que du commence-
ment du cinquième siècle où ces villes peu-
vent avoir été érigées en cités.
VI. On peut prouver encore par ce mo-
nument, quel qu'il soit, que Crocus n'a
ravagé les Gaules qu'au commencement du
cinquième siècle, & employer la raison
dont M. de Tillemont se sert pour ne rap-
porter le martyre de S. Privât qu'au même
temps. En effet, ce fragment suppose que
toutes les Gaules étoient chrétiennes dans
le temps de cette irruption. Denîque omnium
fere episcoporum & sacerdotum & principum
Galliae qui rcligionem £• f.dem christianam
deserère & impio se eorum cultu contaminare
magno animo recusârunt. Or, au troisième
siècle, sous Valérien & Gallien, il s'en fal-
loitbien que le christianisme fût générale-
ment établi dans les Gaules, & qu'il y eût
ce grand nombre d'églises & d'évêques dont
il est fait mention dans ce fragment.
VII. Fondés sur toutes ces autorités,
nous ne doutons pas qu'un roi appelé Cro-
cus ne fût à la tête des Vandales & des au-
tres barbares qui ravagèrent les Gaules au
commencement du ciiiquième siècle, & que
ce ne soit le même qui fut pris à Arles, &
dont Grégoire débours fait mention; ce qui
n'empêche pas qu'un roi des Allemands de ce
nom n'ait pu faire des excursions en deçà
du Rhin, au troisième siècle, sous l'empire
de Valérien & de Gallien, quoiqu'il paroisse
qu'on doive rapporter au temps de l'irrup-
tion de celui-là le martyre des saints dont
nous avons les actes, & qu'on prétend avoir
souffert pendant l'irruption de l'autre. Du
reste, nous remarquerons, en passant, que
ceux qui admettent une irruption d'un roi
appelé Crocus au troisième siècle se trom-
pent lorsqu'ils avancent qu'elle arriva l'an
265, car nous savons' que Posthume ayant
été élu empereur dans les Gaules l'an 260,
il les défendit pendant son règne, qui fut
de sept ans, contre les excursions des peu-
ples d'en delà du Rhin, & que ceux-ci
n'osèrent remuer pendant tout cet inter-
valle. Ainsi les courses que les Allemands
firent dans les Gaules au troisième siècle
arrivèrent avant ou après le règne de Pos-
thume. D'ailleurs, ces courses ne furent que
passagères : on ne peut donc croire que
Crocus, roi de ces barbares, ait couru alors
impunément toutes les Gaules, qu'il ait
soumis la plupart des villes, & entre autres
celle d'Arles. Une telle expédition deman-
doit plus de temps, & nous ne voyons pas
qu'aucun historien de l'empire ait fait men-
tion d'un événement si considérable. Il est
vrai que nous savons" que l'an 276, après la
mort d'Aurélien, les barbares d'en delà du
Rhin firent de grands ravages dans les Gau-
les, & qu'ils s'étendirent beaucoup; mais
cette irruption ne convient nullement avec
celle dont parle Grégoire de Tours, & en-
core moins à l'époque qu'il en donne.
VIII. Nous avons dit' sur la foi des actes
du martyre de S. Amatius, évêque d'Avi-
gnon dont on a déjà parlé, que les Vandales
durant leur irruption dans les Gaules, au
commencement du cinquième siècle, ruinè-
rent la ville de Javoux, ancienne capitale
' Trebellius Pollio. — Voyez Tillemont sur Pos-
thume.
" Vopiscus, V'itae imperatorum Komanorum, p. 227,
228, 239.
3 Voyez, au tome I de cette édition, livre III,
n. 82,
NOT0
4»
Note
42
92
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
du Gévaudan. Nous voyons d'ailleurs, dans
les actes ' de S. Privât, que les barbares dé-
solèrent tout ce pays à la réserve de la for-
teresse de Grèzes qu'ils ne purent prendre 5
ce qui paroît conforme à l'autorité de Gré-
goire' de Tours, selon lequel il n'y eut que
ce château qui résista à leur fureur. Il y a
cependant lieu de douter s'ils détruisirent
alors la ville de Javoux, ou du moins si
elle ne fut point rétablie bientôt après ; car
r cet historien ne dit rien de sa destruc-
tion ; 2" les actes de S. Amatius & de S. Privât
paroissent trop modernes' pourqu'on puisse
s'appuyer tout à fait sur leur autorité;
3" cette ville devoit subsister longtemps
après le cinquième siècle, puisqu'onassure ''
que tous les évèques du pays prirent le titre
d'évôques de Javoux ou de Gévaudan (Epîs-
copi Gabalitani), jusqu'à Raymond qui vi-
voit en 1029, & qu'il fut le premier qui se
qualifia évèque de NLende ; & que suivant
M. de Valois', qui assure aussi qu'aucun
évèque ne prit le titre d'évêque de Mende
avantl'an 1000, la translation du siège épis-
copal dans cette ville ne se fit que vers la
fin du dixième siècle. On peut répondre
qu'Etienne* se qualifioit, en çSo, évèque
de Mende : Stephanus ecclesiae Mimatensis
episcopus, & même, à ce qu'il paroît, huit
ans auparavant ; mais il faut avouer qu'on
n'en a aucune preuve avant ce temps-là ,
& qu'au neuvième siècle les' évèques du
pays se qualifioient évèques de Gévaudan ou
de Javoux ; ce qui fait voir d'un côté, contre
M. de Valois & le P. de Sainte-Marthe,
qu'avant l'an 1000 les évèques de Gévau-
dan prenoient le titre d'évèques de Mende,
& favorise de l'autre le sentiment du pre-
mier qui ne met la traiTslation de l'évèché
dans cette ville que dans le dixième siècle.
On prétend que les évèques de Gévau-
' Surius, 21 août, p. 884.
' Grégoire de Tours, 1. i, c. 32.
' Voyez Ruinart, Not. in Greg. Tur. p. 872^ —
Baillet, Vie de S. Privât, 21 août.
* Gallia Christiana, nov. edit. t. I,p. 89.
^ Adrien de Valois, Notiiia GalUarum, p. 214.
® Voyez, au tome V de cette édition, aux Preuves,
la charte n. LXXX : Rétablissement du monastère de
Sainte -Eminie , en Gévaudan.
' Voyez Gallia Chriitiana, nov. edit. t. 1 , p. 88.
Note
dan", quoique transférés à Mende depuis le ^^
martyre de S. Privât, peuvent avoir conti- Kd ong_
nué de prendre le titre de leur ancien p. 641
siège, de la même manière que ceux qui
siégeoient à Clermont prenoient le titre
d'évèques d'Auvergne , & ceux qui sié-
geoient à Anis ou au Puy celui d'évèques
de Vêlai. Mais on peut répondre : 1° qu'il
n'est pas extraordinaire que les évèques de
Clermont prissent le titre d'évèques d'Au-
vergne, puisque Clermont" & l'ancienne
ville à^ Auvergne n'étoient qu'une même
chose, & qu'il n'y a eu aucune translation
du siège épiscopal de l'une à l'autre, comme
de Javoux à Mende; 2° pour ce qui est du
Puy, il est vrai que les évèques de cette
ville prenoient le titre à'éveques de Vêlai
ou de l'ancienne ville de ce nom; mais ils
se qualifioient' en même temps évèques
à' Anis. Il en est^ de même de ceux de Vi-
viers, qui prenoient conjointement le titre
d'évèques d'Albe, ancienne capitale du Vi-
varais; ce qui prouve que le siège épisco-
pal de Vêlai étoit alors à Anis & celui
d'Albe à Viviers; mais nous n'avons aucune
preuve semblable pour Mende.
Grégoire de Tours semble néanmoins
insinuer que le siège épiscopal étoit dans
cette ville vers la fin du sixième siècle ;
car, en parlant de la mort de S. Yrier, il ra-
conte qu'une femme s'écria alors que S. Ju-
lien de Brioude & S. Privât de Mende
venoient d'arriver pour assister aux obsè-
ques de ce saint : Ecce ■' adest Julianus ex
Brivate , Privatus ex IVIimate., &c., ce qui
fait voir, comme le dit M. Baillet '', que cet
historien parle de Mende comme du lieu
où étoient le tombeau & le culte de S. Pri-
vât. On peut appuyer ce passage d'un autre
du même historien qui, parlant ' de S. Lou-
vent, mort en 584, l'appelle Abbas basili-
cae S. Privati martyris urbis Gabalitanae ;
d'où on peut conclure que le monastère de
S. Privât ayant été bâti vraisemblablement
' Gallia Christiana, nov. edit. t. i , p. 83 & seq.
' Adrien de Valois, Notitia GalUarum , p. 47.
3 Voyez Note LXXX.
^ Voyez Note XXIX.
' Grégoire de Tours, 1. 10, c. 2p.
« Baillet, Vie de S^ Privât.
' Grégoire de Tours, 1. 6, c. 37.
Note
4*
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
93
sur son tombeau, & à Mende même, cette
ville portoit, au sixième siècle le titre de
l'ancienne ville de Javoux, capitale du pays,
& que par conséquent les évêquesy avoient
leur siège, quoiqu'ils ne prissent que le
titre d'évèques de Gévaudan.
Cet argument seroit sans réplique, s'il
étoit constant : 1° que le monastère de
S JPrivat, dont S. Louvent étoit abbé, eût été
bâti sur le tombeau de ce saint évêque du
Gévaudan; 2" si S. Privât avoit été inhumé
à Mende, lieu où il souffrit certainement le
martyre, suivant Grégoire de Tours. Mais
cet historien ne le dit pas, quoiqu'il semble
le supposer parle premier passage que nous
venons de citer, mais qu'on peut expliquer
à la rigueur en disant qu'il n'a voulu parler
que du lieu de son martyre. Les' actes de
S. Privât ne disent pas non plus bien claire-
ment que ce saint ait été inhumé à Mende;
ils rapportent seulement qu'il survécut aux
tourmens qu'on lui avoit fait souffrir , &
qu'étant mort quelque temps après, ses
diocésains l'inhumèrent dans une grotte.
D'ailleurs, ces actes ne sont pas d'une fort
grande autorité puisqu'on convient qu'ils
n'ont été écrits" que dans le onzième siècle.
S. Privât peut donc être mort & avoir été
inhumé à Javoux, capitale du pays où il
avoit certainement son siège ; on peut avoir
fondé ensuite un monastère sur son tom-
beau & avoir transféré ses reliques à Mende
avec le siège épiscopal. C'est ainsi qu'on
en usa' à l'égard des reliques des premiers
évèques du Vêlai reconnus pour saints ,
lorsqu'on transféra le siège épiscopal de
Revessio ou S. Paulhan , ancienne capi-
tale de ce pays, dans la ville du Puy. L'au-
teur des actes de S. Privât, qui vivoit au
onzième siècle & peut-être même dans un
temps postérieur, voyant que les reliques de
ce saint étoient honorées à Mende, aura cru
aisément qu'il y avoit été inhumé, sachant
d'ailleurs qu'il y avoit souffert le martyre;
mais ce qui fait voir le peu de fonds qu'il y
a à faire sur cet auteur. Se qu'il doit être
fort moderne, c'est qu'il préteiad'', contre
' Surins, 21 août, p. 885 & suiv.
" Baillet, Vie de S. Privât, 21 août.
' Gallia Christiana, nov. éd. t. 2, p. 698 & n. 80.
* Surius, 21 août, p. 885 & suiv.
l'autorité de Grégoire de Tours", que lo
siège épiscopal du Gévaudan étoit dans le
village de Mende avant la mort de S. Privât,
& que ses prédécesseurs y avoient toujours
siégé, ce qui est contraire à l'autorité des
canons qui ordonnent aux évèques de
siéger dans les villes capitales. On peut
appuyer ce que nous venons de dire par
l'autorité d'Adon% qui parle de Mende au
neuvième siècle comme d'un village : In ter-
rîtorio cîvitatis Gabalitanae vico NLimatensï
natalis S. Privati eplscopî. Réginon, dans sa
Chronique, s'exprime dans les mêmes termes
au commencement du dixième. Si Mende
n'étoit encore qu'un village au commence-
ment du dixième siècle, quelle apparence
qu'il fût alors honoré d'un siège épiscopal î*
Il paroît donc très -vraisemblable que
ce siège ne fut transféré à Mende qu'un
peu avant le milieu du même siècle. Peut-
être que la ville de Javoux fut ruinée vers
l'an 925, par les Hongrois, qui firent alors
une irruption en deçà du Rhône & péné-
trèrent en Aquitaine ; ce qui aura donné
occasion à cette translation. Nous voyons ,
en effet , que c'est seulement depuis ce
temps-là que les évèques se sont qualifiés
évèques de Mende. Quoi qu'il en soit, l'in-
certitude de l'époque de cette translation
& du lieu où S. Privât fut inhumé a fait
que lorsque nous avons parlé de Parthé-
n'ius évè que de Gévaudan^ dans le sixième
siècle', nous avons supposé, après le P.Rui-
nart"*, que son siège étoit encore à Javoux,
ancienne capitale du pays, & que le monas-
tère de S. Privât dont S. Louvent étoit abbé,
étoit dans la même ville, quoique nous ayons
cru ' d'abord que ce saint évêque avoit été
inhumé dans une grotte de la montagne de
Mende, où on lui fit souffrir le martyre.
[Addition faite par les nouveaux éditeurs à la
Note XLII des Bénédictins.']
[Comme le dit très-bien Dom Vaissete,
quelques auteurs & notamment certains
' Grégoire de Tours, 1. i, c. 82.
' Adon, Martyrologe, 21 août.
* Grégoire de Tours, 1. 6, n. 4, 16 & i(5.
^ Ruinart, Not. in Greg. Tur. 1. 4, c. 40.
5 Voyez au tome I de cette édition, livre III, n. 8ï.
NOTB
4»
Note
ADDIT.
/
Note
»nDiT.
94
^OTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
hagiographes ont confondu les effets de
deux invasions différentes & attribué à celle
du troisième siècle ce qui n'a été que le ré-
sultat de l'invasion du cinquième.
En 259 les Francs ne dépassèrent pas les
bords du Rhin. Quant aux hordes compo-
sées de Francs, d'Allemands & de Vandales
qui pillèrent alors l'Espagne, les auteurs
les plus dignes de foi , tels qu'Eusèbe &
S. Jérôme affirment qu'elles se rendirent
dans la presqu'île ibérique par mer, que ces
pirates dévastèrent tout le littoral, puis,
qu'ayant passé dans la Méditerranée &
longé la côte, ils prirent & ruinèrent la
ville de Tarragone. Il n'est pas croyable, en
effet, qu'une armée de barbares ait pu im-
punément traverser la Gaule dans toute sa
longueur, passer les Pyrénées , ravager
l'Espagne & revenir sur ses pas chargée de
butin sans rencontrer de résistance, dans
un pays qui était encore entièrement sou-
mis aux Romains. Mais tous les auteurs sont
d'accord pour déplorer les tristes effets de
l'invasion qui de 406 à 409, couvrit les Gau-
les de ruines & de décombres; les Vandales
unis aux Bourguignons & aux Alains, se
répandirent depuis le Rhin jusqu'aux Py-
rénées, puis traversèrent ces montagnes &
entrèrent en Espagne, où ils commirent les
mêmes excès. En Gaule, peu de villes pu-
rent leur résister. S. Jérôme (Epîst. 91) nous
a laissé un tableau navrant des malheurs de
cette époque. Nous rapportons ici ses paro-
les d'autant mieux qu'elles viennent à l'ap-
pui de notre thèse, savoir que depuis les
Cimbres, aucune horde barbare n'était en-
trée en Espagne par les Pyrénées.
« Innumerabiles & ferocissimae nadones uni-
versas Gallias occupârunt, quidquid inter Al-
pes &■ Pyrenaeum est quod Oceano & Reno
Includiturj Quadus^ Vandalus ,S armata, Alanî,
Gîpedes, Eruli, Saxones, Burgundiones, Ale-
mani & ô lugenda Respublica ! hostes Pan-
nonîi vastârunt. Etenim Assurvenit cum illis.
'Nlogondacum nohilîs quondam cîvîtas capta,
atque subversa est & in ecclesîa multa homi-
num mîll'ia trucldata. Vangiones longa ob-
sidione deletî. Remorum urbs praepotens ,
Ambiani, Atrebatae , extremique hominum
M-orini, Tornacum, Nemetae, Argentoratus
translatae in Germaniam. Aquîtaniae, Novem-
que populorum, Lugdunensis & Narbonensis
provlncîae praeter paucas urbes,populata sunt
cuncta, quas & îpsas foris glad'ius intus vas-
tat famés. Non possum absque lacrymis Tolo-
sae facere mentionem, quae ut hue usque non
rueret sancti epîscopi Exuperii mérita praesti-
terunt. Ipsae Hispaniae jamjamque periturae
quotidie contremiscunt, recordantes irrup-
tionis Cimbricae & quidquid alii semel passi
sunt. Illae semper timoré patiuntur. Olim a
mari Pontico usque ad Alpes Julias quae erant
nostra non nostra sunt, & per annos XXX
fracto Danubii limite, in mediis imperii Ro-
mani regionibus pugnatur. Quod non culpa
principum, qui religiosissimi sunt, sed scelere
semibarbari accidit proditoris , qui nostris
contra nos opibus armavit inimicos. »
C'est donc entre les années 407 & 409 que
les villes de la Narbonnoise & de la No-
vempopulanie furent incendiées. C'est alors
qu'une des bandes envahissantes, après
avoir ravagé la vallée du Rhône, l'Auver-
gne & le Gévaudan, vint faire le siège d'Ar-
les, où le Préfet des Gaules faisait alors
sa résidence, & dans laquelle étaient reti-
rées les forces romaines. Les barbares fu-
rent repoussés & Crocus, leur chef, y
trouva la mort. C'est donc en 407 ou 408, &
non au troisième siècle, qu'il faut placer le
martyre de S. Privât , la destruction de la
ville d'Alps, de celle de Javoux,&c. — Voyez
Adrien de Valois, Historia rerum Francica-
rum , t. I, où se trouvent cités les différents
textes qui se rapportent à cette question.]
[E. M.]
NOTE XLIII
En quel endroit se donna la bataille
entre les généraux Constance 6*
Edohic,
SOZOMÈNE' rapporte que Constance,
général de l'empereur Honoré, étant
occupé au siège d'Arles , & averti que le
général Edobic s'approchoit du Rhône pour
donner du secours à la place, passa ce
■ Sozomène, 1. 9, c. 14, éd. Valesiana.
Note
Annni
Note
Ed.orig.
p. 641.
Note
43
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
fleuve, marcha au-devant de lui, & lui
livra bataille. Il est évident par là que cette
action dut se passer aux environs de Beau-
Ed.orig. Caire ou de Nimes; car Constance ne pou-
p. 642. voit assiéger la ville d'Arles que du côté de
Provence. Or, si Edobic fût venu du
même côté au secours des assiégés. Cons-
tance n'avoit que faire de passer le Rhône
pour aller au-devant de lui. Suivant le
même historien. Constance livra bataille
aussitôt après le passage du Rhône : Edobic
n'étoit pas éloigné d'Arles quand elle se
donna ^ l'action dut donc se passer aux en-
virons de Nimes qui est du côté de Langue-
doc & à une demi-journée d'Arles.
Il y a beaucoup d'apparence que l'en-
droit où se retira Edobic après sa défaite
devoit être à la droite du Rhône & peu
éloigné de la première de ces deux villes,
puisque, selon ' Sozomène, Constance qui
reprit le siège de la dernière d'abord après
sa victoire, reçut la tête d'Edobic qu'Ecdice
lui apporta, avant que de repasser ce fleuve
pour retourner dans son camp. S'il est cer-
tain, comme l'assure M. de Valois % qu'Ec-
dice chez qui se réfugia Edobic, étoit un
seigneur auvergnat de même nom , père de
l'empereur Avitus, c'est encore une nou-
velle preuve que cette bataille se donna à la
droite du Rhône du côté de Languedoc.
écrivant dans la Lyonnoise ou dans la
Gaule Citérieure par rapport à lui-même,
& dans l'Ultérieure par rapport aux Ro-
mains, devoit placer l'Aquitaine dans cette
dernière , qui étoit la Citérieure des Ro-
mains. On voit par là que la Celtique ou
Lyonnoise & l'Aquitaine étoient situées
dans deux parties différentes de la Gaule,
& que sa division en Citérieure & Ulté-
rieure est la même que celle dont nous
avons déjà parlé , en Aquitaine ou en Sept
provinces, & en Gaules proprement dites ;
& que la première comprenoit l'ancienne
Aquitaine avec l'ancienne Narbonnoise,
& l'autre le reste des Gaules.
M. de Valois s'appuye encore de l'auto-
rité de la Chronique de S. Prosper' qui,
selon lui, semble mettre Valence sur le
Rhône dans la Gaule Ultérieure. Mais cet
auteur ne dit pas que cette ville fût dans
la Gaule Ultérieure : il rapporte seule-
ment qu'Aëce avoit cédé aux Alains la
Gaule Ultérieure, ce qui doit s'entendre
d'une province différente de celle dans la-
quelle Valence étoit située. Nous savons
en effet que dans ce siècle , les Alains
occupèrent les pays situés" entre la Loire
& le Rhône. Ils s'établirent par consé-
quent dans la Lyonnoise qui, par rapport
à S. Prosper, étoit dans la Gaule Ultérieure,
Note
44
NOTE XLIV
Sur la division des Gaules en Ultérieure
6» Citérieure.
M DE Valois' prouve qu'au cinquième
• siècle on divisoit la Gaule en Ulté-
rieure & Citérieure, &que toute l'ancienne
Belgique étoit renfermée dans la première;
mais il a tort de ne pas comprendre l'Aqui-
taine dans la dernière, car l'autorité qu'il
tire de la vie de S. Eloi, par S. Ouen, pour
prouver que Limoges étoit dans la Gaule
Ultérieure, fait contre lui. En effet, S. Ouen
' Sozomène, 1. 9, c. i5.
' Adrien de Valois, Rerum Franc. 1. 4, p. 182.
' Adrien de Valois, Notitia Galliarum, p. 3oi.
NOTE XLV
Epoque de l'entreprise d'Ataulphe sur
Marseille 6* de la prise de Toulouse,
par les barbares,
I.Ti yr DE TiLLEMONT ' rapporte la prise
IVl • de Narbonne par les Visigoths à un
temps antérieur à l'entreprise d'Ataulphe
sur Marseille. Le contraire nous paroît
cependant certain par le texte d'Olympio-
dore*, qui parle de cette entreprise immé-
' Prosper, Chronicon, t. i du Recueil de Duch.
p. 199 & 200.
' Voyez Pagi, ad ann. 451, n. 19.
' Tillemont, art. 5i sur Honoré.
* Olympiodore, apud Photium,Tp. i85.
Note
45
Note
45
96 NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
diatement après la prise de Jovin dans Va- cette ville avoit échappé à la fureur des
leuce , & la rupture des négociations entre Vandales par les prières de S. Exupère son
Note
45
Honoré & Ataulphe, & avant les noces
de ce dernier, qui furent célébrées dans la
ville de Narbonne. Il est constant, d'ail-
leurs, qu'Ataulphe ne prit' cette ville que
vers la fin du mois de septembre de l'an 418
& qu'il y épousa " Placidie au commence-
ment de janvier de l'année suivante. Or,
suivant la suite de ces actions, il dut s'em-
parer durant cet intervalle des villes de
Toulouse & de Bordeaux. Il étoit donc alors
éloigné de la Provence & il faut que son
entreprise sur Marseille ait précédé la prise
de Narbonne; aussi paroît-il plus naturel
de croire que ce prince s'arrêta du côté du
Rhône après le siège de Valence, en atten-
dant la résolution de l'empereur Honoré au
sujetde l'exécution du traité dont ils étoient
convenus; & que ce dernier ayant manqué
à sa parole, il lui déclara la guerre & forma
le projet de s'emparer de Marseille; mais
que, ayant manqué son coup, il abandonna
les environs du Rhône & marcha vers
Narbonne & l'Aquitaine dont il se rendit
maître.
II. Pour ce qui est de la ville de Tou-
louse, nous ne doutons pas qu'Ataulphe, ou
un détachement de son armée, ne s'en soit
rendu maître à la fin de l'an 413, aussitôt
après la prise de Narbonne. Il est certain,
en effet, par le poète Rutilius ' que la pre-
mière fut prise par les barbares avant l'an
417, temps auquel cet auteur composa son
itinéraire^*; ce qui paroît par ces vers où il
parle de Victorin, célèbre Toulousain :
Victorinus enim
Erramem Tuscis considère compulitagris,
Et colère externes capta Tolosa lares.
Or, les barbares qui prirent Toulouse
vers le commencement du cinquième siècle,
ne peuvent être que les Visigoths, puisque
suivant une lettre * de S. Jérôme de l'an 411,
' Idace, Chronicon & Fasti consulares, t. I , édit.
Duch. p. 186.
* Olympiodore, apud Phottum, p. 1 85.
' Rutilius, Itinéraire, p. 14.
* Tillemont, art. 5i & 67 sur Honoré.
' S. Jérôme, Epist. 91, nov. éd.
évêque , & que ces derniers n'étoient plus
alors dans les Gaules. Il faut donc que les
Visigoths qui passèrent en 414 au delà des
Pyrénées, & qui ne revinrent en deçà de ces
montagnes qu'en 419, aient pris Toulouse
en 413, après s'être emparés de Narbonne,
& avant que de se rendre maîtres de Bor-
deaux. C'est aussi le sentiment de MM. de
Tillemont" & de Valois \
III. Il est vrai que quelques auteurs, en-
tre autres CateP, prétendent qu'il ne faut
pas prendre les paroles de S. Jérôme à la
lettre, & qu'elles signifient seulement que
les prières de S. Exupère empêchèrent non
pas la prise, mais la désolation de Tou-
louse par les Vandales. Non possum, dit
S. Jérôme* absque lacrymis Tolosae facere
mentîonem quae ut hue usque non rueret ,
S. episcopi Exuperiî mérita praestiterunt. On
voit assez par ce passage que la ville de Tou-
louse fut entièrement préservée des mains
de ces barbares.
Quant à l'autorité de Rutilius dont se
sert Catel, pour prouver que la ville de
Toulouse fut prise par les Vandales , ce
poète n'ayant écrit de son aveu que l'an 417,
& les Visigoths ayant pu alors s'en être
rendus maîtres, on peut entendre par con-
séquent cet auteur de la prise de la même
ville par ces derniers peuples.
Mais d'où vient, dit-on, que S. Jérôme
ne peut retenir ses larmes, quand il se rap-
pelle le souvenir de Toulouse, si cette ville
n'avoit pas été prise par les Vandales dans
le temps que ce saint docteur écrivoit cette
lettre? On peut répondre de deux maniè-
res : 1° Il y a des larmes de joie comme de
tristesse. Or les mérites de S. Exupère qui,
dans une désolation si générale, préserva sa
ville épiscopale de la fureur des barbares,
peuvent avoir excité les premières dans un
personnage aussi pieux & aussi dévoué à
ce saint prélat que l'étoit S. Jérôme. 2° Il
est très-possible que ce saint docteur ait
appris la mort de S. Exupère dans le temps
' Tillemont, art. 53 & 60, sur Honoré.
• Adrien de Valois, Rerum Francicarum 1. 3,p. 1 15
' Catel, Mémoires de l'histoire de Lang. p. 446.
* S. Jérôme, Epist. 91, nov. éd.
Éd.oria.
t. I,"
p. 64.3
Note
45
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
NOTB
4^
qu'il écrîvoit cette lettre, c'est-à-dire l'an 41 1 ,
& que la perte que Toulouse fit alors de son
ange tutélaire lui ait fait appréhender que
cette ville, qu'il aimoit beaucoup, destituée
d'un si puissant protecteur, ne devînt enfin
la proie des barbares.
NOTE XLVI
Sur une inscription en Vhonneur
d'Ataulphe 6» de Placidie,
Î.T 'inscription dont il s'agit est conçue
L
en ces termes
Ataulpho Flavio
Potentissimo régi regum rectissîmo,
Victori victorum invictissimo, Vandalicae
Barbarie! depulsori, & Caesareae Placidiae
Animae suae : dominis suis clementissimis
Anatilil Narbonenses Arecomlci
Optimis principibus in palatio
Posuerunt ob electam Heracleam in regiae
Majestatls sedem.
Plusieurs habiles modernes ', qui ont eu
occasion de parler de cette inscription,
n'ont pas fait difficulté de l'admettre comme
vraie , & nous ne connoissons que M. de
Tillemont" qui ait paru douter de son au-
thenticité. Quelque déférence que nous
ayons pour le suffrage de tous ces savans
antiquaires, nous ne croyons pas devoir
l'adopter. Nous avons même des raisons
assez fortes pour croire ce monument sup-
posé; les voici :
IL Bouche' qui est le premier qui l'a
donné dans son Histoire de Provence, dit
qu'il fut trouvé au terroir de la ville de
Saint-Gilles j près du Rhône, sous le règne de
Charles V, roi de France. Spon * dit au con-
traire que le marbre sur lequel l'inscription
' Sipon, Miscellanea, p. iSp. — Ducange, Chro-
nlcon Pasch. In Histor'ia Bysantina, p, 672. — Me-
nestrier, Histoire de Lyon, — Hardouin, Not. in
Plin. c. 4, 1. 3.
* Tillemont, art. 5i sur Honoré.
' Bouche, Histoire de Provence, t. 1, p. l58,
^ S-pon, Miscellanea, -p. iSp.
est gravée, fut déterré à Saint-Gilles même,
& il croit, après Poldo d'Albenas ' qui n'avoit
aucune connoissance de cette inscription,
que la ville de Saint-Gilles est l'ancienne
Héraclée. Le P. Hardouin , dans ses notes
sur Pline, sans nous donner d'autre garant
que Bouche même, qui dit tout le contraire,
assure que cette inscription fut trouvée à
Saint-Rémi, petite ville de Provence, 8t
ajoute que cette dernière ville est la véri-
table Héraclée de Pline.
III. Cette diversité de sentimens sur
l'endroit où ce monument a été découvert
donne d'abord lieu de présumer qu'il est
supposé; on peut ajouter qu'on ignore le
lieu où il est conservé, & que personne n'a
dit encore l'avoir vu. Mais en examinant
de près tous les termes de l'inscription , il
est aisé de se convaincre qu'elle a été faite à
plaisir dans les derniers siècles. Nous allons
donner là-dessus nos réflexions, après avoir
observé qu'elle ne peut avoir été dressée
en l'honneur d'Ataulphe & de Placidie son
épouse, que depuis leur mariage, qui fut
célébré à Narbonne au mois de janvier de
l'an 414', jusqu'à la fin de la même année',
ou au plus tard au commencement de la
suivante, que lesVisigoths quittèrent entiè-
rement les Gaules pour se retirer * en Es-
pagne ; qu'Ataulphe ne rentra plus dans les
Gaules & qu'il mourut au delà des Pyré-
nées au mois d'août de l'an 416 '. Cela posé,
entrons dans le détail des termes de l'ins-
cription.
IV. Ataulpho Flavio potentissimo régi re-
gum rectissimOj victori victorum invictissimo.
Selon le style des inscriptions dont le bon
goût n'étoit pas encore entièrement perdu
au commencement du cinquième siècle, il
auroit fallu dire Flavio Ataulpho, & non
pas Ataulpho Flavio. D'ailleurs, tous les an-
ciens qui ont parlé de ce roi ne lui ont
jamais donné d'autre nom ou prénom que
celui d'Ataulphe ; & quoique nous voyons
dans le Code visigothique le prénom de
Flavius donné au roi des Visigoths à la tête
' Poldo d'Albenas, p. 220.
" Olympiodore, apud Photium, p. i85.
^ Orose, 1. 7, c. 43.
^ Prosper, Chronicon.
* Chronicon Paschale, p. 716.
II.
Note
46
98
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Éd.orig.
t. 1,
p. 644.
de quelques-unes de leurs lois , nous n'en
trouvons cependant aucun, avant Recca-
rède, c'est-à-dire avant la fin du sixième
siècle, qui se soit servi de ce prénom, & il
est certain qu'on n'en sauroit donner au-
cune preuve avant ce temps-là.
V. Il paroît, en effet, que Théodoric, roi
des Ostrogoths, ou d'Italie, fut le premier
des princes barbares qui se para ' du titre
de Flavius, affecté jusqu'alors aux seuls em-
pereurs. Ce prince se l'attribua, sans doute,
parce que, quoiqu'il n'eût pas le titre d'em-
pereur, il en tenoit cependant la place en
Occident, & qu'il prétendoit avoir succédé à
leur autorité. Avant lui, & jusqu'à l'entière
décadence de l'Empire, bien loin qu'aucun
des rois barbares se soit égalé aux empe-
reurs par des titres si magnifiques, on voit,
au contraire, qu'ils se comportoient comme
s'ils leur eussent été soumis, & qu'ils se re-
gardoient comme vassaux de l'Empire. Rec-
carède, qui est le premier des rois des Visi-
goths qui employa ce prénom à la tête de
ses lois, le prit , au sentiment d'un habile"
critique , pour ne pas céder & paroître
inférieur aux rois lombards d'Italie, qui
l'avoient usurpé sur les empereurs de
Constantinople auxquels il avoit toujours
été consacré.
VI. On pourroit objecter que le terri-
toire de Saint-Gilles , aux environs du
Rhône, étoit appelé anciennement Vallîs
Flavîana, & qu'il a pris ce nom, selon quel-
ques auteurs, des premiers rois Visigoths
maîtres du pays, à cause qu'ils se servoient
du prénom de Flavius. Mais outre qu'il est
constant qu'Ataulphe ne régna jamais dans
ce canton, & qu'on n'en sauroit donner
aucune preuve, tous les mémoires où il est
fait mention de la Vallée Flavienne pour
signifier le territoire de Saint-Gilles, ne
remontent pas au-dessus de la seconde race
de nos rois. D'ailleurs, on n'a aucune preuve
que ce pays ait tiré ce nom de quelqu'un
des rois Visigoths j & quand cela seroit, on
devroit le rapporter plutôt à Théodoric',
roi d'Italie, qui régna, en effet, sur le Lan-
' Conciles, t. 4, p. 1329, i33i, 1401.
' Adrien de Valois, Rerum Francicarum 1. 14,
p. 35 1 . — Voyez Mariana, 1. 6, c. 1.
» Voyez Note LXVI.
guedoc & la Provence, ou à quelqu'un des
successeurs de Reccarède, puisque ce sont
les seuls, comme on l'a déjà dit, qui se soient
donnés le prénom de Flavius.
VII. Pour le titre de très-puissant roi des
rois, de très-juste S- très-invincible, de vain-
queur des vainqueurs que l'inscription donne
à Ataulphe, outre que ces termes ne sont
point du style des anciennes inscriptions,
il falloit, dit M. de Tillemont", que les peu-
ples qui dressèrent celle dont il s'agit por-
tassent alors la bassesse & la flatterie à une
étrange extrémité , eux qui deux ans aupara-
vant n'eussent traité Ataulphe que de barbare
& de tyran. En effet, quelle apparence que
ces peuples chez qui ce roi barbare n'avoit
été qu'en passant pour les piller & ravager
leurs campagnes, lui eussent, par des ter-
mes si pompeux, témoigné une reconnais-
sance si peu méritée, & qu'ils eussent célé-
bré son entrée dans les Gaules par un éloge
si peu sincère & si peu convenable ?
On peut ajouter que ce furent, ou les
peuples de la prétendue Héraclée, ou ceux
de Narbonne, comme Bouche l'a avancé,
qui firent ériger ce monument à Ataulphe.
Ce ne peuvent être les premiers, puisque
ce prince , lorsqu'il s'éloigna du Rhône
pour aller prendre Narbonne n'avoit pas
encore épousé Placidie ; qu'on n'a aucune
preuve qu'il soit retourné de ce côté-là
après son mariage, & qu'il paroît, au con-
traire, que les peuples du pays demeu-
rèrent toujours soumis à l'autorité de
Constance, général de l'empereur Honoré,
ennemi juré d'Ataulphe & des Visigoths,
qu'il contraignit enfin de passer au delà des
Pyrénées. Ceux de Narbonne ne peuvent
non plus avoir fait ériger ce prétendu mo-
nument j car outre qu'ils l'auroient plutôt
fait élever dans leur ville, il n'est pas vrai-
semblable qu'ils eussent osé insulter Cons-
tance en le faisant dresser sur les bords du
Rhône & sous les yeux de ce général qui
étoit alors à Arles.
VIII. Vandalicae barbariei depulsori. Cette
inscription, comme nous l'avons dit, ne
peut convenir à Ataulphe que depuis son
mariage avec Placidie, jusqu'à sa sortie des
Gaules. Or, il est certain qu'il n'y avoit plus
' Tillemont, art. 52 iur Honoré.
Note
46'
Note
46
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
99
de Vandales dans ces provinces ' lorsque
les Visigoths y entrèrent, & que les premiers
avoient déjà passé en Espagne depuis le
mois de septembre' de l'an 409, deux ans
auparavant; ce qui seul prouve la fausseté
de l'inscription. Que si, par les Vandales
qu'on prétend qu'Ataulphe chassa des Gau-
les on veut entendre cette partie des Alains
qui s'étoient mêlés avec ces barbares & qui
étoient demeurés dans les Gaules, on voit
que, bien loin d'être chassés' par les Visi-
goths, ils aidèrent, au contraire, les Romains
à les chasser au delà des Pyrénées, par la
conduite qu'ils tinrent durant le siège de
Bazas que les mêmes Visigoths avoient en-
trepris.
IX. Et Caesareae Placidiae animae suae :
Jomînis suis démentis simis. Ces termes prou-
vent à la vérité, que l'inscription est posté-
rieure aux noces d'Ataulphe & de Placidie ;
mais on ose assurer qu'ils sont extraordi-
naires & contre le style des inscriptions.
Quel exemple a-t-on, en effet, dans les
anciens monumens du terme de Caesareae
donné à une femme, soit qu'elle fût fille
ou sœur d'un empereur, &de celui à' animae
suae à une épouse ou à une maîtresse }
X. Anatilii Narbonenses Arecomicî. 1° Si
l'inscription a été trouvée à Saint-Gilles,
comme l'assurent Bouche & Spon, & non pas
à Saint-Remi en Provence, comme le prétend
le P. Hardouin, il s'ensuit que le pays des
Anatiliens s'étendoit à la droite & en deçà
du Rhône. Or, selon Pline & Ptolémée, ces
peuples habitoient à la gauche de ce fleuve
& du côté de Provence; ce qui a, sans
doute, déterminé le P. Hardouin à mettre
du même côté l'ancienne Héraclée, parce
qu'il a trouvé dans cette inscription qu'elle
étoit la capitale des Anatiliens. Ultra ^à'it
Pline "• parlant de la partie orientale de la
Narbonnoise située en delà & à la gauche
du Rhône, Fossae (c'est le village de Fos
auprès des Martigues) ex Rhodano C.
IVlarii opère &■ nomine insignes. Stagnum
TS/Lastremala, oppidum TS/Laritima Avaticorum
superque campi Lapidei (La Crau) HercuUs
' Adrien de Valois, Kerunt Francicarum 1. 3, p. i t i .
' Prosper, Chron'icon.
' S. Paulin, Eucharist.
■* Pline, 1. 3, n. 5.
Note
46;
praeliorum memoria, &c. regio Anatiliorum
5* intus Desuviatium , Cavarumque , &c. Pto-
lémée ', parlant de la même partie orientale
de la Narbonnoise, dit : Post Rhodanum mari
iterum adjacente Anatiliorum civitas, NLari-
tima colonia (les Martigues), &c.,&c. Ainsi,
cette inscription est contraire à l'autorité
de ces deux auteurs; & quoiqu'on conjec-
ture avec assez de vraisemblance que les
Anatiliens s'étendoient entre les bouches
du Rhône, on n'a cependant aucune preuve
qu'ils fussent établis en deçà de ce fleuve.
2° Ces mots Anatilii Narbonenses Areco-
m/d prouvent, ou que les Arécomiques joi-
gnoient leur nom à celui de Narbonenses,
ou que ceux de Narbonne étoient du nom-
bre des Arécomiques, ou enfin que les
Anatiliens étoient Narbonnois & Arécomi-
ques. Le premier est sans exemple; les
Arécomiques étoientvéritablement du nom-
bre des Volces qui étoient divisés en
Tectosages & en Arécomiques, & qui par-
tageoient entre eux presque tout le Lan-
guedoc : mais jamais aucun auteur n'a
donné aux Arécomiques qui habitoient les
environs de Nimes le nom de Narbonenses
Arecomicî, mais bien celui de Volcae Areco-
mîci, Volcae étant le nom général & Areco-
micî le particulier. Que si par ces termes
on entend les peuples de Narbonne, la
fausseté de l'inscription est encore plus
sensible, puisque cette ville n'étoit pas dans
le pays des Arécomiques. Enfin, nous avons
vu que les Anatiliens n'étoient ni Narbon-
nois ni Arécomiques, puisqu'ils étoient si-
tués à la gauche du Rhône, & que les Are- Ed.ong
comiques, du moins depuis César, ne p fi^'5
s'étendoient qu'à la droite de ce fleuve.
3" Ce n'étoit point l'usage, au commence-
ment du cinquième siècle, d'employer dans
les inscriptions, les noms des anciens peu-
ples particuliers des Gaules, tels que ceux
des Arécomiques & des Anatiliens, & on
n'en a aucun exemple. On se servoit à la
vérité de ces sortes de noms dans le siècle
de César & d'Auguste; mais la dénomina-
tion des anciens peuples avoit changé sous
l'empire d'Honoré, parce que les villes ca-
pitales avoient déjà pris les noms du pays
où elles étoient situées. La multiplication
' Ptolémée, 1. 2, c. 5.
Note
46
100
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
des provinces romaines avoit, d'ailleurs,
confondu alors les anciens noms des peu-
ples particuliers dans ceux de ces nouvelles
provinces.
XI. Optimîs prîncîpîbus In palatto posue-
runt ob electam a se Heracleam in regîae
majestatîs sedem. Nous ne disons rien sur
ces termes, regiae majestatîs : on en laisse
le jugement aux connoisseurs de l'antiquité,
pour nous arrêter à ce qui est dit du palais
& de la ville d'Héraclée, ce qui montre
évidemment la supposition de ce monu-
ment, puisque, sous l'empire d'Honoré,
cette ville ne subsistoit plus depuis plu-
sieurs siècles.
Il est vrai que Pline' fait mention d'une
ville de ce nom à l'embouchure du Rhône;
mais de son temps elle étoit déjà détruite.
Sunt auctores, dit-il, £• Heracleam oppidum
in ostiis Rhodanî fuisse. Qu'on ne dise pas
qu'elle peut avoir été rebâtie sous le même
nom, après le siècle de Pline, & avoir existé
sous l'empire d'Honoré, car : 1° outre qu'on
n'en a aucune preuve , on peut demander
d'où vient que si cette ville, qui devoit être
célèbre, a subsisté depuis le temps de Pline
jusqu'à l'empire d'Honoré, aucun ancien
auteur ou géographe n'en a fait mention.
2° Quand elle auroit été rebâtie, c'eût été
sans doute par quelqu'un des empereurs
qui régnèrent dans les Gaules; mais quelle
apparence qu'ils lui eussent conservé son
ancien nom, tandis qu'ils l'ôtoient aux autres
pour leur imposer le leur, comme nous le
voyons de Constantinople, de Grenoble, &c.,
&, sans sortir de la proviiice, de la ville
d'Elne que M. de Marca' a prouvé être
l'ancienne Illiberis rebâtie par Constantin,
à laquelle il donna le nom de l'impératrice
Hélène, sa mère.
3° Si Héraclée subsistoit du temps d'A-
taulphe, cette ville aura-t-elle été ensevelie
d'abord après la mort de ce prince dans un
éternel oubli; en sorte que les historiens
& les monumens qui parlent si souvent des
autres villes de la province beaucoup moins
considérables n'aient seulement pas daigné
nommer celle où les rois Visigoths avoient
d'abord établi leur siège ? Par quelle révo-
• Pline,!. 3, n. 5.
' Marca Hispanica, p. 2^.
lution aura-t-elle disparu tout à coup ?
Ne méritoit-elle pas d'être mise parmi les
cités des Gaules dans quelque notice, &
surtout dans celle d'Honoré qu'on rapporte
au même temps ? N'auroit-elle pas dû avoir
un siège épiscopal, ainsi que plusieurs au-
tres petites villes du voisinage beaucoup
moins considérables ?
XII. On dira peut-être, pour appuyer
cette prétendue inscriptioii, que Godefroi
de Viterbe & Othon de Frissingue assurent
que la ville de Saint-Gilles s'appeloit encore
de leur temps le palais des Goths, palatium
Gothorum, & que suivant les anciens titres'
on nommoit Selva Gothesca la forêt de
Saint-Gilles. Ces autorités prouvent tout au
plus que quelqu'un des rois Visigoths qui
régnèrent dans les Gaules fit construire un
palais à Saint-Gilles ou aux environs, ce
que nous ne disputons pas; mais ce dut être
postérieurement à la mort de l'empereur
Majorien, puisque c'est seulement depuiu
ce temps-là que ces peuples étendirent leur
domination jusqu'au Rhône. Il paroît, d'ail-
leurs, par la suite de l'histoire, qu'Ataulphe
fit un séjour fort court dans les Gaules, &
que toutes ses conquêtes y furent passagères,
Quand on accorderoit qu'il séjourna quel-
que peu de temps sur les bords du Rhône,
après la prise de Valence sur les tyrans,
comme quelques-uns' le prétendent &
comme il est assez vraisemblable, cela ne
prouveroit rien en faveur de l'inscription;
& ni le palais des rois Goths, ni le séjour
qu'Ataulphe put faire aux environs de Saint-
Gilles , ne marquent nullement que cette
ville soit l'ancienne Héraclée, ni que ce
prince y ait établi le siège de son empire.
Othon de Frissingue ne le dit pas, non plus
que Godefroi de Viterbe.
On voit, d'ailleurs, le peu de fonds qu'on
peut faire sur leur autorité, puisqu'ils sup-
posent faussement l'un & l'autre qu'Ataul-
phe avoit déjà épousé Placidie lorsqu'il
entra dans les Gaules, & que le dernier met
la ville de Narbonne auprès du Rhône.
Ataulphus...,^ in Gallia prope civitatem Nar-
' Catel, Mémoires de l'histoire de Languedoc,
p. 453.
' Voyez Le Cointe, ad ann. 53 1, n. i5.
^ God. de Viterbe, Panth. t. 3. — Pistor. p. 402.
Note
46
i
NOTB
46
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
lOI
Éd.orig.
t. I,
P- '546.
honensem, ubî hodîe villa S. JEgîdli dicitur,
in loco qui usque hodîe palatium Gothorum
vocatur, consedit; supra Rhodanum fiuvium ;
a quo loco per Constantînum comitem postea
pulsus in finibus Hispaniae cum Gothis rese-
dit. Suivant cet auteur, le palais des Goths
& la ville de Saint-Gilles étoient différens.
Le P. Le Cointe ' prétend, en effet, que le
premier devoit être situé à la gauche du
Rhône du côté de Provence. Ainsi ce palais
ne peut être la même chose que la ville de
Saint-Gilles où l'on a trouvé la prétendue
inscription, mais qu'on a plutôt fabriquée
de nos jours sur ce passage de Godefroi de
Viterbe.
Xin. Suivant cette inscription, Ataulphe
choisit la ville d'Héraclée pour la capitale
de ses États & le siège de son empire, ce qui
dut arriver, comme on a voulu le faire en-
tendre, après son mariage avec Placidie.
Or, dans le temps de ce mariage qui fut
célébré au mois de janvier de l'an 414,
Constance, général de l'empereur Honoré,
étoit maître' de la ville d'Arles, & par con-
séquent des environs de la ville de Saint-
Gilles, & depuis ce temps-là, il ne cessa de
harceler les Visigoths jusqu'à ce qu'il les eut
obligés enfin de sortir des Gaules. D'ailleurs,
pendant cet intervalle qui ne fut au plus
que d'un an, ces peuples furent toujours
éloignés du Rhône, puisqu'ils prirent alors
les villes de Toulouse & de Bordeaux 3
qu'ils firent le siège de Bazas% d'où Ataul-
phe prit avec eux la route des Pyrénées; &
qu'enfin Constance, maître de toute la Nar-
bonnoise, assiégeoit dans le même temps*
la ville de Narbonne qu'il obligea enfin de
se rendre. Quelle apparence qu'Ataulphe
ait été alors établir le siège de son empire
à Saint-Gilles , & qu'il y ait vécu tranquil-
lement au milieu des applaudissemens des
peuples du pays qu'il avoit ruinés, & cela à
la face du général Constance, dont le siège
étoit à Arles, dans le voisinage. Ce dernier y
assembla, en effet, toutes ses forces dans le
dessein de chasser les barbares des Gaules,
' Le Cointe, ad ann. 53 1, n. i5.
' Orose, 1. 7, c. 47.
' S. Paulin, Eucharist. — Tillemont, art. Sz sur
Honoré.
* Orose, 1. 7. c. 47,
comme le témoigne Orose, auteur contem-
porain, lequel écrivoit presque sur les
lieux en 417, trois ans après la sortie des
Visigoths des Gaules.
XIV. Il est vrai que S. Prosper ', dans Sc.
Chronique, ne parle de la sortie des Goths
des Gaules & de leur entrée en Espagne
que sous l'an 416, & qu'ainsi leur séjour
peut avoir été plus considérable; mais
quand il auroit été de dix-huit mois, cela
ne sauroit détruire ce qu'on a déjà établi
touchant le peu de temps qui s'écoula entre
les noces d'Ataulphe & sa sortie des Gaules.
D'ailleurs S. Prosper ne parle, dans sa Chro-
nique, de l'époque du passage des Visigoths
en Espagne, qu'à l'occasion de la prise d'At-
tale : Attalus a Gothis ad Hispanias migran-
tibus neglectus capitur. Les Goths peuvent
donc être sortis des Gaules en 414 & Attale
n'avoir été pris que l'année suivante. On
doit dire la même chose de la Chronique
d'Idace' qui ne parle de la sortie de ces peu-
ples des Gaules que sous l'an 416, à l'occa-
sion de la mort d'Ataulphe qu'il suppose
être arrivée cette année; mais il est' certain
qu'elle arriva à Barcelone au mois d'août
ou au commencement de celui de septem-
bre de l'an 415. Nous savons*, d'ailleurs,
que Théodose, fils de ce prince, mourut
aussi dans la même ville l'an 414, peu de
temps après sa naissance ; les Visigoths dé-
voient donc s'être retirés en Espagne dans
la même année. Toutes ces raisons ne nous
permettent pas de douter que l'inscription
que nous venons d'examiner ne soit sup-
posée, & qu'elle n'ait été fabriquée dans le
dernier siècle; car si elle eût été découverte
sous le règne de Charles V, comme Bouche
le prétend, elle n'auroit pas été inconnue
à d'Albenas, à Catel & à tous les autres
historiens ou antiquaires de nos provinces
qui avoient intérêt d'en parler & d'en faire
usage.
XV. Nous n'avons rien dit de deux autres
inscriptions qu'on prétend être jointes à
' Prosper, Chronicorij t. i de la B'thl, de Labbe,
p. 49.
' Idace, dans Duchesne, t. i, p. 186.
3 Chronicon Pasch. in hist. Bys. p. 716.
^ Olympiodore, apud Photium, p. 188. — Voyez
Tillemont, art. 55 sur Honoré.
NoTB
Noté
46
102
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
celle-ci, & avoir été gravées sur deux au-
tres côtés du même marbre; le P. Ménes-
trier' les a données dans son Histoire de
Lyon. « Sur l'un des côtés de ce marbre, dit
« cet auteur, on voyoit la ville de Rome &
« un cavalier qui vouloit y mettre le feu;
(( mais un Amour lui retenoit le bras, tandis
.< que les trois Grâces embrassoient & ca-
« ressoient un lion couronné de lauriers,
« avec ces mots gravés au-dessus & au-des-
.< sous :
Non permittam ut immittas ,
\rderent isto viscera nostra igné.
Amor servat urbem.
Gratia non omnibus grata.
'< Sur un autre côté étoit une ville ceinte
K de tours qui représentoit l'ancienne Hé-
•c raclée avec un grand palais qui portoit
/ cette inscription :
Nisl trajecisset Amor pectora,
Roma non esset Roma,
Heraclea non esset
Flaviorum palatium ,
Orbis non urbis.
Nos caperet spatium.
11 est aisé de s'apercevoir que ces inscrip-
tions sont de la façon d'un auteur récent
ou d'un imposteur. Le P. Ménestrier, qui les
rapporte, convient qu'elles sont d'un stylé
qui fait voir que lorsqu'elles ont été faites,
l'éloquence & la langue latine avoient ex-
trêmement dégénéré par une affectation de
pointes & d'allusions dont les ouvrages de
Sidonius, dit-il, de Cassiodore, d'Ennodius
& de la plupart des auteurs de ce temps-là
sont remplis; mais cela ne prouve rien. Ces
auteurs sont de la fin du cinquième siècle
ou du commencement du sixième, où la lan-
gue latine commença à la vérité à déchoir à
cause du mélange des barbares; au lieu que
l'inscription dont il s'agit doit être du com-
mencement du cinquième siècle, avant que
ces peuples eussent fixé leur séjour dans les
provinces de l'Empire, & par conséquent
avant qu'ils n'eussent eu le temps de com-
promettre le goût de la bonne latinité; ce
qui n'arriva pas tout à coup. On peut voir,
" Ménestrier, Histoire de Lyon, p, 164
en effet, dans le Recueil de Gruter, plu-
sieurs inscriptions de la fin du quatrième
& du commencement du cinquième siècle
qui se ressentent encore de la noblesse & de
la simplicité qu'on admire dans les divers
monumens qui nous restent des plus beaux
siècles de l'Empire. Sans aller plus loin,
nous en donnons' une de Narbonne posté-
rieure de cinquante ans à celle d'Ataulphe,
dont elle est entièrement différente, soit
pour le style, soit pour les pensées; elle
prouve que le bon goût se conservoit en-
core dans la Narbonnoise vers la fin du
cinquième siècle.
XVI. Enfin, nous remarquerons que Ga-
riel, dans son livre intitulé : Idée générale
de la ville de Montpellier % ouvrage qu'on
peut dire en passant, rempli de faits dou-
teux, de fables & d'anachronismes, s'il en
fut jamais, rapporte les mêmes inscriptions,
mais bien différemment, car elles sont d'un
style beaucoup plus diffus. Il prétend les
donner telles qu'elles furent découvertes
avec le marbre sur lequel elles étoient gra-
vées dans les superbes ruines de Saint-Gilles,
sous le règne de Charles le Sage. Il avoue,
cependant, qu'il les avoit tirées d'un ma-
nuscrit de feu Guillaume Pélissier, évêque
de Maguelonne, qui avoit péri depuis un
siècle ; ce que nous ne saurions concilier. Il
est du moins évident que ce qu'il rapporte
prouve de plus en plus la supposition de
ces inscriptions, puisque ceux qui les ont
données ne peuvent convenir entre eux, ni
du lieu où elles furent trouvées , ni en
quels termes elles étoient conçues.
NOTE XLVII
Si le monastère de Saint-Castor étoit
situé à Nîmes ou aux environs?
SI nous en croyons le P. Guesnay, le mo-
nastère que S. Castor fonda, & pour le-
quel Cassien écrivit ses Institutions mo-
' Voyez aux Preuve les inscriptions de Narbonne.
' Gariel, Idée générale de la ville de Montpellier
p. 48 & suiv.
Note
46
Note
47
Note
47
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
lo3
nastiques', étoit situé à Nimes ou aux avoit été situé du côté de Nimes, qu'après
environs de cette ville. Suivant le même la mort de S. Quintin le peuple & le clergé
auteur, ce saint en étoit abbé lorsqu'il fut d'Apt y eussent été en corps chercher
Éd.orig. élu évoque d'Apt, & après son élection, il S. Castor, comme il est marqué dans la vie
p. 647. en fonda un autre dans sa ville épiscopale; manuscrite de ce saint? Quelle apparence
Note
47
mais il ne rapporte d'autre preuve que les
fragmens des actes de S. Castor, qui disent
tout le contraire. En effet, selon ces actes,
S. Castor ne fonda qu'un seul & même mo-
nastère, dont ils ne marquent pas la situa-
tion, & ie gouverna avant & après son
épiscopat. Nous voyons% d'ailleurs, dans la
vie manuscrite de ce saint, que l'unique
monastère dont il fut le fondateur étoit
situé à Manancha, lieu qu'on croit être
dans le diocèse d'Apt, & le même qu'on
nomme aujourd'hui Nianancuegno.
Ce qui peut avoir trompé le P. Guesnay,
c'est que suivant les actes qu'il rapporte,
S. Castor étant natif de Nimes, & ayant
fondé un monastère dans une de ses terres,
il a cru que ce monastère devoit être situé
auprès de cette ville ; mais il n'a pas pris
garde que c'est le même monastère qu'il
gouvernoit en qualité d'abbé, quand le
clergé & le peuple d'Apt l'élurent pour
leur évêque après la mort de S. Quintin, &
qu'il continua de gouverner pendant son
épiscopat : Abbasque factus^ illius caenobii
cujus fundator erat.... exempta ab iiumanis
Çuintino tam cleri quant populi vods in
ejus vie em fuerit subie dus , &c., sîbi^ Castorem
praeficî poscunt pontificem.... Cum itaque in
ejusdem monasterii regimine successorem sibi
nîteretur constituere compulsus est reti-
nere, &c,, preuve évidente que S. Castor fut
fondateur du seul & unique monastère de
ISdanancha.
Le P. Guesnay'' convient lui-même que ce
saint fonda son premier monastère dans une
de ses terres appelée Maunacj or, c'est la
même que celle de IVLanancha dont nous
avons parlé, & qui étoit située dans le
diocèse d'Apt, comme on le conjecture^ &
en effet, quelle apparence si ce monastère
' Guesnay, Cassian. lllustr. p. 1 69 & seq. p. 409,
709 & seq.
' Voyez au tome I, livre IV, n. 22.
* Guesnay, Ca55iart. illust, p. 709 & 710. — Vie
nzss. Je S. Castor, communiquée par M. le Foiirnier.
* Guesnuy, Cassian. ilîustr. p. 1 59.
que S. Castor lui-même, après son élection,
eût retenu le gouvernement d'un monastère
si éloigné de sa ville épiscopale? Aussi le
P. Guesnay qui a été peut-être touché de
cette dernière raison, lui fait-il fonder après
son élection, mais sans aucune preuve, un
nouveau monastère à Apt pour le gouver-
ner pendant son épiscopat.
Mais ce qui fixe entièrement la situation
du seul & unique monastère de S. Castor
auprès de cette dernière ville, c'est que selon
sa vie manuscrite, Manancha ou Maunac
étoit une terre qui lui appartenoit vérita-
blement, mais qui avoit été auparavant du
patrimoine de sa femme, fille de cette veuve
d'Arles dont il avoit pris les intérêts avec
tant de charité & de zèle.
On doit conclure de ce que nous venons
de dire que le monastère pour lequel Cassien
écrivit ses Institutions n'étoit pas situé à
Nimes, comme le prétend le P. Guesnay,
mais plutôt à Manancha en Provence où
S. Castor, natif de Nimes, l'avoit fondé.
Nous nous serions moins arrêté à ces mi-
nuties, si M. de Tillemont ' ne paroissoit
adopter le sentiment du P. Guesnay en pla-
çant comme lui à Nimes le monastère fondé
par Castor avant son élévation à l'épiscopat'.
NOTE XLVIII
En quel temps le siège du préfet des
Gaules fut transjéré de Trêves à
Arles.
ON ne doute pas que la ville de Trêves
n'ait été le siège des empereurs qui ont
résidé dans les Gaules jusqu'au règne de Va-
' Tillemont, art. 8 sur Cassien, Histoire ecclésias~
tique, t. 4.
' Voir, au tome I decette édition, livre IV, n.22,
la Note rectificative de Dom Vaissete au sujet de
S. Castor.
Note
Note
104
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
lentinien II, & celui du préfet du prétoire
qui gouverna ces provinces jusqu'au même
temps, ce qu'on peut voir par la date & la
réception de plusieurs lois du Code Théo-
dosien. Une telle prérogative donna un si
grand relief à cette ville, qu'elle passa pen-
dant tout ce temps-là pour la capitale ou la
métropole ' de toutes les Gaules. D'un autre
côté, il est certain que le siège du préfet des
Gaules étoit déjà établi à Arles au commen-
cement du cinquième siècle ' ; mais on
ignore l'époque précise de cette translation.
Le P. Pagi ' & M. de Tillemont croient
qu'elle se fit après la prise ou la ruine de
Trêves par les barbares qui la prirent "* qua-
tre fois dans un intervalle fort court depuis
l'an 407, suivant M. de Tillemont % ou de-
puis l'an 402, selon le P. Pagi®. Il paroît
cependant que Pétrone, préfet des Gaules,
qui ordonna de tenir tous les ans à Arles
l'assemblée des Sept provinces, résidoit ^
déjà dans cette ville l'an 402, car le préfet
du prétoire devoit être * présent à ces as-
semblées. Nous voyons d'ailleurs que les
prétentions des évêques d'Arles n'étant fon-
dées que sur la dignité & la supériorité de
cette ville pour le civil sur toutes les autres
des Gaules, le siège du préfet devoit y être
transféré, lorsqu'ils commencèrent à faire
valoir leurs prétentions. Or, ce fut d'abord
au concile de Turin, qui fut tenu suivant le
P. Pagi ^ l'an 401, & dont on ne sauroit'"
différer la tenue après l'irruption des Van-
dales ou des barbares dans les Gaules, l'an
' Ausone, de Claris Urhïhus,
' Voyez aux Preuves, Chartes & Diplômes n. I :
Edit de l'empereur Honorius pour l'assemblée des
Sept provinces.
' Pagi ad ann. 402, n. 3o & seq. — Tillemont,
art. 2 sur le pape Zosime, Histoire ecclésiastique,
t. 10.
'' Salvien, 1. 6.
* Tillemont, art. 26 sur Honoré.
^ Pagi ad ann. 402, n. 3o & seq.
' Tillemont, Chronologie & art. 2 sur Zosime,
Histoire ecclésiastique , t. 12, p. 718.
* Voyez aux Preuves, Chartes & Diplômes, n. I :
Edit deV empereur Honorius pour l'assemblée des Sept
provinces,
' Pagi ad ann. 401.
'° Tillemont, art. i sur Zosime, Histoire ecclésias-
tique.
Note
48
407. Il faut donc que le siège du préfet du
prétoire ait été transféré à Arles avant ce
temps-là, & par conséquent avant la ruine
de Trêves.
On peut fixer l'époque de cette translation
par la supplique que les évêques de la Vien-
noise présentèrent au pape S. Léon en fa-
veur de l'église d'Arles & dans laquelle ils
disent que les empereurs Valentinien & Ho-
noré avoient donné à cette ville des privi-
lèges très-singuliers & l'avoient honorée du
titre de mère de toutes les Gaules. Hanc ''
(Arelatem) clementissîmae recordationîs Valen-
tinlanus & Honorius fidelissimi principes spe-
cîalibus privilegiis, &, ut verbo ipsorum uta-
mur , matrem omnium GalUarum appellando
decorârunt. Quelques auteurs ont voulu
douter de la vérité de cette supplique, mais
personne n'en dispute aujourd'hui l'authen-
ticité. Or, il est évident " que l'empereur
Valentinien II ne donna à Arles le titre de
M.ère des Gaules que parce qu'il transféra de
Trêves en cette ville le siège de cette partie
de l'Empire avec celui da préfet; car c'est
inutilemeiit que le P. Pagi ' détourne le sens
d'un texte si clair, & prétend attribuer à Éd.orig
Honoré seul d'avoir donné à Arles le titre
de mère ou de métropole des Gaules.
Il est vrai que Valentinien II, après la
défaite du tyran Maxime à Aquilée, vint à
Trêves où il défit aussi Victor, fils de ce
tyran, & qu'il y passa l'hiver '^ de l'an 389,
mais nous ne voyons pas qu'il y ait fait uii
plus long séjour, quoique nous sachions
qu'il demeura dans les Gaules depuis ce
temps-là jusqu'à sa mort. On sait^ au con-
traire qu'il résidoit àVienne, lorsqu'il tomba
en 392, dans les embûches d'Arbogaste. Il
faut donc que ce prince ait transféré son
siège dans la Viennoise dont la ville d'Arles
faisoit partie.
Il est en effet très-vraisemblable que cette
dernière ville, qui auparavant étoit ® la se-
' Opéra S, Léon. t. i, p. SSç.
' Quesnel, Notes sur S. Léon, — Tillemont, sur
S. Léon. — Coustelier, Epist, Sanct, Pontifie, t. 2.
^ Pagi, ad ann. 401, n. 46.
^ Tillemont, art. 5o sur Théod. I.
^ S. Ambroise, Homélie 2, de Div. nov. éd. —
Grégoire de Tours, 1. 2, c. 9. — Zosime, 1. 4.
^ Ausone, de claris Urbibus.
t. I,
p. 648
I
Note
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Io5
coude des Gaules, devint alors la première.
Elle étoit d'ailleurs très-célèbre depuis que
Constantin, dont elle prit le nom, l'eut
agrandie". Ce princeyavoit un palais où lui
& ses successeurs dans les Gaules firent sou-
vent leur résidence. Valentinien II transféra
donc vraisemblablement son siège, & celui
du préfet du prétoire des Gaules, de Trêves
à Arles. Mais comme il résidoit quelquefois
à Vienne où il avoit aussi un palais dans
lequel il fut tué, c'est là peut-être la source
de la jalousie de ces anciennes villes &rori-
gine de leur dispute pour la primatie qu'elles
portèrent au concile de Turin, tenu avant la
première ruine de Trêves par les barbares.
Nous n'ignorons pas qu'un moderne ^ pré-
tend que c'est de Valentinien III, & non de
Valentinien II, que les évèques de la Vien-
noise parlent dans leur supplique au pape Juridiction des évêques d'Arles sur les
qu'après le concile de Turin de l'an 401, &
fait voir en même temps que cette ville de-
voit être la capitale ou métropole du corps
des Cinq provinces, avant qu'elle ne le fût
de celui des Sept, qui, selon le P. Pagi, ne
fut érigé qu'après le concile de Turin. Or
comme la ville de Vienne étoit le siège du
vicaire de ces provinces avant la transla-
tion de celui du préfet à Arles, ce fut aussi
sans doute une des sources des prétentions
des évêques de ces deux villes pour la pri-
matie ou le droit de métropolitain sur
toute la Viennoise.
NOTE XLIX
S. Léon : mais cet auteur se trompe visi-
blementj car cette requête fut présentée
l'an 449, & ils n'auroient pas dit de Valen-
tinien III qui étoit alors plein de vie, cle-
mentîssîmae recordatlonïs. D'ailleurs Valen-
tinien, qui dans cette supplique est nommé
devant Honoré, devoit avoir précédé ce der-
nier. Aussi M. de Marca ^ & le P. QuesneP
l'entendent-ils de Valentinien II. Le pre-
mier cite même une constitution de cet em-
pereur de l'an 392, en faveur de la ville
d'Arles; mais nous ne savons pas qu'elle
soit parvenue jusqu'à nous.
Pour ce qui est du siège du préfet du pré-
toire, nous trouvons que Florus siégeoit
encore à Trêves ' au mois de juin de l'an 890.
Mais depuis ce temps-là on n'a aucune
preuve que lui ni ses successeurs aient ré-
sidé dans cette ville ; il faut donc mettre
l'époque de la translation de ce siège dans la
ville d'Arles par l'empereur Valentinien II,
en 391 ou en 392 au plus tard; ce qui dé-
truit le système du P. Pagi, qui prétend" que
la ville d'Arles ne devint métropole civile
& le siège du préfet du prétoire des Gaules
' Adrien de Valois, Notitia Galliarum, p. 33.
* Lacarry, Praef. praet. p. 128.
' Marca, de Pr'im. p. 168.
* Quesnel, Notes sur S. Léon. t. 2, p. 85o
* Lacarry, Praef. praet. p. 83 & seq.
* Pagi ad ann. 401, n. 46 ; ad ann. 402, n. 5o
& seq.
provinces des Alpes maritimes &
grecques.
I.x TOUS croyons avoir déjà prouvé que les
IN Alpes grecques & une partie des Alpes
maritimes n'étoient pas comprises dans
l'ancienne Narbonnoise, ni avant ni après
César. Le P. Quesnel ', qui suppose qu'elles
en faisoient partie, prétend qu'elles nen
furent démembrées au plus tôt qu'au milieu
du quatrième siècle. Il n'a pas fait attention
sans doute que Tacite parle, en plusieurs
endroits, des Alpes maritimes comme d'une
province différente de l'ancienne Narbon-
noise qui étoit alors en son entier. Par con-
séquent les évèques d'Arles ne pouvoient
prétendre la juridiction qu'ils exercèrent
sur lapremiêre pour les raisons qu'il avance,
savoir : que S. Tropbime ayant éclairé des
lumières de la foi toute l'ancienne Narbon-
noise, dont lui & ses successeurs furent les
seuls & uniques métropolitains, ces prélats
dévoient étendre leur juridiction sur tous
les pays qui en faisoient anciennement par-
tie : car, suivant les canons % deux diverses
provinces ne pouvoient être soumises à un
même métropolitain, & celle des Alpes ma-
ritimes subsistoit avant la mission de S.Trc-
phime.
' Quesnel, Notes sur S. Léon, t. 2, p. 614 & 5ï>.<
* Concile de N'icée, canon 4.
Note
49
Note
49
io6
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
IL On ne peut disconvenir cependant
que S. Hilaire, évêque d'Arles, n'ait exercé
les droits de métropolitain sur les Alpes
maritimes; ce qui paroît ' par ce qui se
passa dans l'affaire d'Armentaire, évéque
d'Embrun, déposé au concile de Riez de l'an
439, non-seulement parce qu'il n'avoit été
ordonné que par deux évèques, mais encore
parce qu'il l'avoit été sans le consentement &
l'autorité de son métropolitain : or celui-ci ne
pouvoit être autre que l'évêque d'Arles,
puisque nous voyons tous les évèques des
Alpes maritimes confondus alors avec ceux
de la Viennoise, & que S. Hilaire lui-même
présida à ce concile.
m. C'est donc ailleurs que dans l'an-
cienne dépendance des Alpes maritimes de
la Narbonnoise, qu'il faut chercher l'origine
de la juridiction des évèques d'Arles sur la
première de ces provinces. En effet, si cette
dernière raison eût eu lieu, le pape Zosime,
si favorable à l'église d'Arles, n'auroit pas
manqué de comprendre cette province, de
même que la Viennoise & les deux Narbon-
noises, dans le décret par lequel il accorda
le droit de métropolitain à Patrocle d'Arles,
ce qu'il ne fit pourtant pas; & les dix-neuf
évèques qui présentèrent une requête à saint
Léon pour le rétablissement de la même
église dans ses anciens droits^ n'auroient pas
oublié d'en faire mention; mais ils ne par-
lent que des trois dernières provinces, qui
seules composoient en effet l'ancienne Nar-
bonnoise, sur laquelle Patrocle prétendoit
la juridiction ordinaire de métropolitain.
IV. Nous croyons donc que ce dernier
ayant obtenu par brigue du pape Zosime le
Ed.orig. privilège singulier d'être en même temps
p. 649. métropolitain de plusieurs provinces, avec
celui d'être le vicaire du S. Siège sur le reste
des Gaules, & que ne cherchant qu'à étendre
encore davantage son autorité, il obligea
l'évêque d'Embrun à lui céder, de gré ou de
force, le droit de métropolitain dans sa pro-
vince, laquelle, à cause de sa proximité,
étoit à la bienséance de l'église d'Arles.
Nous en avons une preuve, de l'aveu même
du P. Quesnel, dans la dixième lettre de saint
Léon où ce pape se plaignant " des usurpa-
' Opéra S. Léon. t.
' Opéra S. Leoit, t.
p. 528 & 52Ç).
, p. 4325 t. 2, p.5oi &520
tions des évèques d'Arles sur les provinces
voisines se sert de ces termes : Suis limitibus^
suis terminis sit unusquisque contentas, & pri-
vilegium sibi debitum in alium transferre se
passe noverit non licere. Quod si quis negligens
apostolicas sanctiones, plus gratiae tribnens
personali, sui honoris desertor esse noverit ;
prîvilegium suum in alium transferre se posse
credens, non is cui cesserit, sed is qui intra
provinciam antiquitate episcopali caeterosprae-
venit, sacerdotes ordinandi sibi vindicet potes-
tatem. Ceci est confirmé par le pape S. Hi-
laire dans son épître quatrième' au sujet
d'Ingenuus, évêque d'Embrun, successeur
d'Armentaire, dont il parle en ces termes :
Habeat itaque pontifcium frater & coepiscopus
noster Ingenuus provinciae suae, de cujus du-
dum apostolica sede EST ILLICITA CESSIONE
CULPATUS; ce qui a un rapport manifeste
aux paroles de S. Léon.
V. Il est vrai qu'il y a des auteurs qui
prétendent ' que S. Hilaire n'agit dans l'af-
faire d'Armentaire qu'en qualité de vicaire
du pape, en vertu de laquelle il avoit droit
d'assembler un concile de plusieurs pro-
vinces, comme nous le voyons dans l'affaire
de Quelidoine de Besançon. On peut ajou-
ter encore que le concile qui déposa Armen-
taire fut tenu à Riez dans la Narbonnoise
deuxième, au lieu qu'il semble qu'il auroit
dû se tenir dans la province même des Alpes
maritimes. D'ailleurs, nous ne voyons pas
que S. Hilaire ait ordonné aucun évêque à
la place du déposé, ce qu'il auroit dû faire
s'il eût exercé les droits de métropolitain
dans la province de ce dernier. Mais il nous
suffit de savoir que la principale raison de
la déposition d'Armentaire fut d'avoir été
ordonné sans le consentement & l'autorité
de son métropolitain; ce qui prouve assez
qu'Embrun n'étoit pas alors métropole, &
qu'elle étoit soumise dans ce temps-là à un
autre. On pourroit dire cependant que le
droit de métropole avoit été transféré ou
cédé volontairement par les évèques d'Em-
brun à quelque autre ville de leur province.
Il paroît en effet' que l'an 459, S. Veran,
évêque de Vence, étoit à la tête des évèques
' Conciles, t. 4.
" Baluze, in lib. 3 Concord. c. 3t.
' Conciles, t. 4, p. io38.
Note
49
Note
49
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
107
des Alpes maritimes, comme on peut le voir
dans la lettre qu'ils écrivirent en commun
au pape S. Léon touchant l'union des évê-
chés de Cimiez & de Nice : mais S. Veran
peut avoir été nommé le premier, comme le
plus ancien, & non comme le métropoli-
tain des Alpes maritimes.
VI. Pour ce qui est des Alpes grecques,
on a vu ailleurs que cette province n'avoit
jamaisfait partie de l'ancienne Narbonnoise,
& qu'elle ne fut au plus tôt, comprise dans
les Gaules que sous Dioclétien. Il est vrai
que l'an 460, S. Léon ' soumit à Vienne la
ville de Tarentaise, nommée la première des
Alpes grecques dans les anciennes notices,
mais elle n'en étoit pas la métropole. Cette
province, anciennementfort étendue", étoit
alors sans métropolitain ; voici comment : la
ville d'Avenches en Suisse qui en étoit ' la
métropole du temps de Tacite, après avoir
été ruinée ■* par les barbares sous l'empire
de Gallien, fut incorporée dans la Séqua-
noise, dont elle faisoit partie sous l'empire
d'Honoré, comme on le voit dans la Notice
qu'on rapporte au règne de cet empereur,
La province des Alpes grecques perdit ainsi
beaucoup de son ancienne étendue, & fut
réduite à un petit nombre de cités. Elle
subsista cependant toujours, mais comme
elle n'avoit point de métropole pour le civil,
elle cessa en même temps d'avoir un métro-
politain pour l'ecclésiastique. C'est par cette
raison que S. Léon % conformément à la
discipline de l'Eglise, soumit les évèques de
Tarentaise à la métropole de Vienne comme
à la plus voisine. Il leur conserva néanmoins
une espèce d'autorité sur l'évêché de Marti-
nach (Octodurum) dans le Wallais, le seul
qui restât alors dans cette province, & leur
accorda le privilège singulier d'en consacrer
les évèques. Ce dernier évêché ne fut donc
soumis que médiatement à Vienne jusqu'à
ce qu'enfin la province ecclésiastique des
Alpes grecques fut rétablie par l'érection
' Opéra S, Léon, t. z, p. 522 & seq.
' Voyez Ammien Marcellin, 1. i 5. — Lacarry,
Praef. praet. Gall. p. i5 & 16.
^ Tacite, Hist. 1. i , c. i3.
'' Adrien de Valois, Notitia Galliarum, p. 5i.
' Voyez Le Cointe, ad ann. 5o8, n. 55 ; ad ann.
696, n. 6.
de Tarentaise en métropole, & d'un plus
grand nombre d'évêchés pour composer une
province, ce qui fait voir qu'il n'y a eu
qu'une partie de Jette ancienne province
qui ait été soumise à la Viennoise, & cela
seulement pour le spirituel, depuis la ruine
de la ville d'Avenches qui en étoit l'ancienne
métropole. Par conséquent les Alpes grec-
ques n'ont jamais été de la dépendance de
l'ancienne Narbonnoise, ni pour le civil ni
pour l'ecclésiastique.
VII. Nous ne disons rien du sentiment
singulier du P. Quesnel ', qui prétend que
la Notice des cités des Gaules, attribuée par
nos plus habiles critiques au règne de l'em-
pereur Honoré, n'est que de la fin du cin-
quième siècle, & du temps de Sidoine Apol-
linaire, évéque de Clermont, parce qu'il a
été solidement réfuté par le P. Pagi %
NOTE L
Si les évèques de Narbonne ont été
soumis à celui d'Arles^ comme à leur
métropolitain^ avant Patrocle.
I.T E P. Quesnel' ayant entrepris l'apolo-
-Lgie de S. Hilaire d'Arles, au sujet de la
conduite du pape S. Léon à son égard, a
avancé, pour le justifier, que le droit de
métropolitain dont il usoit sur plusieurs
provinces étoit fondé sur une possession
primordiale; que ses prédécesseurs en
avoient toujours joui sur toute l'ancienne
Narbonnoise , & que, par conséquent, l'é-
glise de Narbonne elle-même leur avoit tou-
jours été soumise.
Pour prouver un tel paradoxe, il prétend
que la division de l'ancienne Narbonnoise
en plusieurs provinces ne remonte pas plus
haut que le milieu du quatrième siècle. 11
convienf* cependant que les autres ancien-
' Quesnel, sur S, Léon, t. 2, p. 467.
' Pagi, ad ann. 874, n. i5 & seq.
' Quesnel , sur S, Léon, t. 2 , p. 5^3 & seq.
5 12.
^ Quesnel, sur S. Léon, t. 2, p. 004.
Note
49
Note
5o
io8
Note
5o
nés provinces des Gaules peuvent avoir été
Ed.orig. subdivisées avant Constantin. Mais nous
p.65o. avons déjà fait voir que la province des
Alpes maritimes, qu'il Y>rétend avoir fait
partie de la Narbonnoise, subsistoit long-
temps avant le milieu du quatrième siècle,
& que la Viennoise fut érigée ' avant Cons-
tantin. M. de Tillemont" a d'ailleurs solide-
ment réfuté ses raisons & a démontré, par
l'autorité d'Eusèbe de Césarée', que Vienne
avoit le titre de métropole avant le milieu
du quatrième siècle.
II. Nous n'entrerons pas ici dans la discus-
sion des droits prétendus entre les églises
de Vienne & d'Arles; nous nous arrêterons
seulement à faire voir que celle de Nar-
bonne n'a jamais été soumise à la dernière
avant Patrocle, son évéque, c'est-à-dire avant
l'an 417. Nous nous fixerons principalement
là-dessus au temps qui précède l'an 814,
puisqu'il est certain que dès lors la Nar-
bonnoise & la Viennoise étoient deux pro-
vinces'* différentes. Ainsi, quand l'évèque
d'Arles auroit joui dans ce temps-là du
droit de métropolitain sur cette dernière,
cela n'influe en rien sur Narbonne, puis-
que, selon le droit commun, le métropoli-
tain d'une province n'avoit aucune juridic-
tion sur celui d'une autre; qu'on ne sauroit
donner des preuves positives & certaines du
contraire : & qu'on n'en a aucune par rap-
port à la juridiction de l'église d'Arles sur
celle de Narbonne.
III. La seule preuve qu'en apporte le
P. Quesnel ^ est tirée de la conduite que
Faustin, évèque de Lyon, & les autres évè-
ques des Gaules tinrent l'an 254, à l'égard
de Marcien, évèque d'Arles, hérétique no-
vatien. Faustin, dit-on, &les autres évéques
des Gaules écrivirent au pape S. Etienne
& à S. Cyprien pour demander la déposi-
tion & l'excommunication de ce prélat; ce
qui est une preuve, ajoute-t-on, que celui-
ci étoit métropolitain, & par conséquent
'Adrien de Valois, Notltla GalUarum , p. 200
& 3oo.
' Tillemont, art. 8 sur S. Hila'ire d'Arles, t. i5
de son Histoire ecclésiastique.
* Eushhe, Histoire ecclésiastique, 1. 5, c. i.
< Voyez Note XXXIII, n. 8.
' Quesnel, sur S, Léon, t. 2, p. 407,
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
qu'il avoit toute la Narbonnoise sous sa ju-
ridiction, cette province n'étant pas encore
subdivisée, & n'y ayant qu'un métropolitain
dans chaque province. L'évèque de Nar-
bonne devoit donc lui être soumis; & en
effet, si Marcien n'eût pas été métropoli-
tain, les évêques des Gaules ne se seroient
pas adressés à des étrangers pour le déposer,
ils auroient plutôt eu recours à l'évèque de
Narbonne, si celui-ci eût été métropolitain
de la province, ou à tout autre qui l'eût étc-
de la Narbonnoise.
IV. A cette objection nous répondons .
1° qu'il n'est pas tout à fait certain que
du temps de Marcien, c'est-à-dire l'an 254,
la Narbonnoise & la Viennoise ne fussent
pas deux provinces séparées, ce qui ôteroit
toute la difficulté; mais supposons qu'elles
ne l'étoient pas.
2° Dans cette supposition, le siège de
Narbonne pouvoit être vacant dans ce
temps-là, & les évêques des Gaules incer-
tains à quel de leurs confrères ils dévoient
s'adresser dans cette circonstance, & au mi-
lieu de la persécution, peuvent avoir cru
devoir recourir aux deux évêques les plus
illustres de l'Occident, savoir au premier
siège occupé par le pape S. Etienne & à
S. Cyprien, évèque de Carthage, pour les
informer de l'état des choses.
3° Mais quand bien même il y auroit
eu un évèque à Narbonne, on peut répon-
dre avec un savant critique ' : « Que dans
« cette occasion les évêques des Gaules, qui
(( ne s'étoient peut-être jamais rencontrés
« dans la nécessité de déposer un évèque,
« n'osoient pas entreprendre de procéder
« contre Marcien sans être appuyés par l'au-
« torité des principaux prélats de l'Eglise,
« particulièrement de S. Etienne & de S. Cy-
« prien, les premiers de tous, l'un parla di-
(( gnité de son siège, & l'autre par l'éminence
« de sa science & de sa vertu.
4" Enfin, on peut admettre le système du
P. Pagi* qui prétend qu'avant le règne du
grand Constantin il n'y avoit encore rien
de réglé dans les Gaules par rapport aux
droits des métropolitains, qu'il n'y avoit
' Tillemont, sur S, Cyprien, art. Sp de l'Histoire
ecclésiastique, t. 4.
' Pagi, ad ann. 401, n. 5o&seq.
Note
5o
Note
5o
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
109
alors aucune métropole ecclésiastique, &
que tous les évêques des Gaules étoient
censés dans ce temps-là ne composer en-
semble qu'une seule province.
V. Une seule de ces quatre raisons suffit
pour prouver l'indépendance de l'évêque de
Narbonne de celui d'Arles 5 mais, d'ailleurs,
on ne donne aucune preuve qu'aucun suc-
cesseur de Marcien jusqu'à Patrocle ait ja-
mais exercé quelque acte de juridiction dans
la Narbonnoise première, ce qui est néces-
saire pour montrer que l'autorité que les
evêques d'Arles vouloient s'arroger sur cette
province étoit bien fondée. Il paroît, au
contraire, que les évoques de Narbonne
ont toujours joui avant Patrocle d'Arles du
droit de métropolitain.
VI. 1° Selon l'usage & le droit' commun,
l'évêque de Narbonne auroit dû être métro-
politain de celui d'Arles, tandis que ces deux
villes furent d'une même province civile.
Le P. QuesneP avoue que Narbonne étoit
anciennement la ville métropolitaine de la
Narbonnoise pour le civil, & qu'Arles ne
l'a été que depuis l'empereur Constantin ;
il s'ensuit' que du temps de Marcien, & au
troisième siècle, cette dernière ville devoit
être soumise à Narbonne au moins pour le
civil. Or, selon le même auteur'', l'ordre
ecclésiastique des provinces a été réglé sur
le civil au moins jusqu'au commencement
du cinquième siècle. Par conséquent Nar-
bonne devoit aussi dans le troisième, être
métropole pour l'ecclésiatique, & l'évêque
d'Arles devoit être soumis à celui de Nar-
bonne, & non pas ce dernier à celui d'Ar-
les. Que si cette dernière ville fut élevée à
la dignité de métropole par l'empereur
Constantin, ou, pour parler plus exacte-
ment, par Valentinien II, lorsqu'il y trans-
féra le siège du préfet des Gaules, comme
on l'a déjà vu, ce ne fut qu'une dignité
honoraire, laquelle ne devoit rien changer
à la disposition des provinces ecclésiasti-
ques selon la règle du pape Innocent I, re-
connue par le P. Quesnel même. Secundum^
' Concile de Nicée, canon 4.
* Quesnel, sur S, Léon, t. 2, p. 471.
* ^ Quesnel, sur S. Léon, t. 2, p. 45 1.
* Quesnel, sur S. Léon, t. 2, p. 5o3.
* Innocent I, Epist, 24, édit. Coust. p. 852.
prîstinum provinciarum morem metropoUtanos
episcopos convenit numerari : règle aussi fa-
vorable aux prétentions des églises de Nar-
bonne & de Vienne sur celles d'Arles, que
préjudiciable à cette dernière qui ne pou-
voit tirer son autorité que de sa nouvelle
qualité de métropole ou de mère des Gaules,
dont elle ne fut honorée qu'à la fin du
quatrième siècle.
2° La principale raison dont se servoient
les évêques d'Arles pour exercer la primatie
sur Narbonne, & que le P. Quesnel' fait
tant valoir, c'est la mission de S. Trophime
qu'ils prétendoient avoir porté la foi dans
toute l'ancienne Narbonnoise^ & même dans le
reste des Gaules. Mais on sait que S. Tro-
phime avoit d'autres collègues dans l'épisco-
pat qui vinrent' en même temps que lui dans
les Gaules, & que S. Paul de Narbonne &
S. Saturnin de Toulouse ne lui cédoient ni
par rapport à la dignité des villes où ils
établirent leurs sièges, ni pour le zèle &
pour la sainteté. Il paroît donc certain que
Patrocle, pour usurper une primatie incon-
nue jusqu'à lui, & dont nous n'avons aupara-
vant aucun vestige, supposa cette prétendue
autorité de S. Trophime sur les églises de
toute la Narbonnoise. S. Léon' l'accuse, en
effet, de cette supposition. Aussi voyons-
nous par les actes de S. Paul de Narbonne
qui, quoiqu'ils ne soient pas originaux, sont
néanmoins très-anciens *, que ce prélat as-
sembla^ un concile de son autorité dans
une affaire qui lui étoit personnelle, ce qui
montre, sans doute, une juridiction de mé-
tropolitain.
3° Mais si les évêques d'Arles ont été mé-
tropolitains de toute la Narbonnoise dès
rétablissement de leur église, d'où vient
qu'ils ne jouissoient pas des droits qui dé-
voient y être attachés dans le temps du con-
cile de Turin, vers l'an 401 ^ î* D'où vient
qu'ils n'avoient pour lors aucun évêque
sous leur juridiction j & qu'ils renfermoient
' Quesnel, sur S. Léon, t. 2, p. 609, 5i3,&c.
' Grégoire de Tours, Histoire, 1. i, c. 3o
' S. Léon, Epist. 10.
^ Voyez Tillemont, sur S. Denis de Paris, Hit-
taire ecclésiastique, t. 4.
* Bollandistes, 22 Mars. — Bosq. t. 2, p. 106
^ Conciles, t. 2, p. 1 156.
Note
5o
Éd.orifi.
t. 1,
p. 65i.
Note
5o
IIO
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
toutes leurs prétentions sur ceux de la Vien-
noise? D'où vient que l'évêque d'Arles souf-
frit alors patiemment & sans réclamer, que
ce concile où il se trouva déclarât à son
préjudice, Procule de Marseille, métropoli-
tain de la deuxième Narbonnoise? D'où
vient qu'étant si ardent à soutenir ses droits
& ses prérogatives, il se borna à la seule
Viennoise, & qu'il ne fit pas valoir ses pré-
tentions sur la Narbonnoise première, pro-
vince sur laquelle il n'avoit dans ce temps-
là aucune juridiction, de l'aveu même' du
P. Quesnel?
VII. Cet auteur" convient que les évêques
de Narbonne exerçoient alors l'autorité de
métropolitain dans cette province j mais il
prétend qu'ils l'avoient obtenue par subrep-
tion ; en sorte que suivant ce système , non-
seulement ils n'auroient jamais joui de la
juridiction qu'ils dévoient avoir selon les
canons, sur la Viennoise avant qu'elle fût
démembrée de la Narbonnoise première,
mais qu'ils auroient même usurpé l'auto-
rité qu'ils exerçoient alors sur la Narbon-
noise première. Quand ont-ils donc obtenu
cette autorité & de qui? Quelle preuve
donne-t-on de cette usurpation? Aucune
autre que le témoignage' de Patrocle qui
assure le pape Zosime, « que les évêques de
« Narbonne avoient empiété sur lui le droit
« de métropolitain dans la Narbonnoise
« première, » & celui de ce pape qui atteste,
dit-on, cette usurpation après une mûre
délibération & un sérieux examen. Mais
qui ne sait que Patrocle étoit un fourbe "•
& un homme de mauvaises mœurs, & que
Zosimen'étoitpas à l'abri delà surprise de la
part d'un prélat aussi ambitieux, appuyé
d'ailleurs delà protection & de l'autorité du
patrice Constance, dont il s'étoit servi pour
s'emparer de l'évêché d'Arles? A quel des
deux papes vaut-il mieux s'en rapporter, à
Zosime ou à S. Léon? Le P. Quesnel ' pré-
fère l'autorité du premier. Pour nous, nous
croyons que la sainteté de l'autre & la con-
noissance qu'il avoit acquise de cette affaire
' Quesnel, sur S, Léon, t. 2, p. Sop, & suiv,
' Quesnel, sur S. Léon, t. 2, p. 5 16.
' Quesnel, 5ur 5, Léon, t. 2, p. ^53 & 5o8.
^ Prosper, Chronicon.
* Quesnel, sur S. Léon, t. 2, p. 462 & 5i3.
pendant son séjour ' dans les Gaules & dans
la Viennoise, avant son élection au ponti-
ficat, sont des raisons assez fortes pour nous
persuader qu'il ne s'est pas trompé quand il
a dit que Patrocle étoit' un menteur. D'ail
leurs, S. Léon n'est pas le seul qu'il faut
regarder dans la décision qu'il donna en
faveur de l'église de Narbonne 3 on ne peut
condamner sa conduitesans condamner celle
des SS. papes Boniface & Célestin, ses pré-
décesseurs, qui rétablirent cette église dans
ses anciens droits, & remirent les choses
dans l'état où elles étoient avant Patrocle 5
& sans désapprouver aussi le pape S. Hi-
laire, qui confirma leur décision. On peut
ajouter que si l'autorité des modernes doit
être de quelque poids , outre celle de
M. de Marca & du P. Morin, contre les-
quels le P. Quesnel a écrit sa dissertation
en faveur de S. Hilaire d'Arles, on a en-
core celle du P. Sirmond, de MM. de Tille-
mont & Fleury, & d'une infinité d'autres,
qui désapprouvent tous la conduite violente
de Patrocle, & conviennent que Zosime
se laissa surprendre par les artifices de ce
prélat.
VIII. 4° Si les évêques d'Arles avoient
joui si constamment du droit de métropo-
litain sur toute l'ancienne Narbonnoise,
pourquoi lorsqu'on subdivisa cette pro-
vince, celle dont la ville d'Arles fit partie ne
prit-elle pas le nom d'Arelatoise plutôt que
de Viennoise ? Car suivant l'usage commun,
lorsque les provinces prenoient leur nom
d'une ville, & non d'une nation ou d'un
peuple, c'étoit toujours de la métropole, &
non d'une simple cité, comme on le voit de
la Lyonnoise, la Tarragonoise, la Carthagi-
noise, &c. Le P. QuesneP cite là-dessus
l'autorité d'Innocent I, pour faire voir que
l'ordre ecclésiastique des provinces n'a pas
toujours suivi le civil 5 mais puisque de son
aveu. Vienne a été métropole selon le civil,
& que le civil régloit l'ecclésiastique avant
la décision d'Innocent I, comme il paroît
par le concile de Turin, au sujet des deux
églises devienne & d'Arles, l'érection de la
province Viennoise étant antérieure au
' Prosper, Chronicon.
' S. Léon, Ep'ist. 10.
' Quesnel, sur S. Léon, t. 2, p. 471.
Note
5o
Note
5o
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
III
£d.orig.
t. I,
p. 652.
temps où vivoit Innocent I, il s'ensuit que
la ville de Vienne eut un métropolitain ec-
clésiastique conformément aux anciens ca-
nons , religieusement observés avant le
changement de la discipline introduit à cet
égard parla décrétale de ce pape. D'ailleurs
cette décrétale ne fut point suivie ni confir-
mée par le concile de Chalcédoine, comme
le prétend le P. Quesnel; ce concile éta-
blit au contraire une règle tout opposée
par son dix-septième canon, ainsi que le
P. Coustant' l'a remarqué : Ut si civitas ali-
<]uaj dit ce canon, ab imperatoria auctoritate
innovata est , vel deinceps innovata fuerït,
civiles & publicas formas ecclesîasticarum
quoque paraeciarum ordo sequatur. Le con-
cile ordonna seulement, par son douzième
canon , de déposer ceux qui contre les règles
de l'Eglise obtiendroient à l'avenir des res-
crits de l'empereur pour partager une pro-
vince en deux; en sorte qu'on voyait par là
deux métropolitains dans une province.
IX. Si donc les évèques d'Arles n'eurent
d'abord aucune juridiction sur l'église de
Vienne, & si la première de ces deux villes
n'étoit pas l'ancienne métropole de la pro-
vince Viennoise, à plus forte raison ils n'eu-
rent jamais aucune autorité sur celle de
Narbonne qui avoit été la mère commune
de l'une & de l'autre. S'ils eussent exercé le
droit de métropolitain sur toute l'ancienne
Narbonnoise,les pères du concile de Turin
n'auroient pas été embarrassés comme ils le
furent, pour juger le différend de ces évo-
ques avec ceux de Vienne au sujet de la pri-
matie : mais l'évêque d'Arles n'avoit garde
de rien prétendre alors sur Narbonne. En
vain le P. Quesnel ^ cite-t-il divers con-
ciles où les évèques d'Arles ont présidé; car
outre que M. de Tillemont' a fort affoibli
l'induction qu'il en veut tirer en faveur du
prétendu droit de ces prélats, il est constant
d'ailleurs qu'il ne donne aucune preuve
qu'ils aient jamais présidé à ces conciles en
présence ou au préjudice des évèques de
Narbonne.
X. 5" Enfin ce qui prouve évidemment
l'injustice des prétentions de Patrocle sur
• Coustelier, Epist. Sanct. Pontifie, t. i, p. 852.
' Quesnel, sur S. Léon, t. 2, p. 446 & suiv.
' Tillemont, art. 2 sur Zos'ime.
la province de Narbonne, c'est que, dès que
Hilaire, évéque de cette dernière église, eut
connoissance du privilège extraordinaire
que le pape Zosime venoit d'accorder à ce
prélat, il s'en plaignit hautement comme
d'une innovation. Zosime ne lui répondit à
la vérité que par des duretés & des menaces,
au lieu de lui rendre justice & de discuter
ses prétentions : mais il rentra dans ses
droits aussitôt après la mort de ce pape &
la création de S. Boniface son successeur.
Celui-ci le rétablit dans son ancienne auto-
rité, sur les plaintes que firent le clergé &
le peuple de Lodève des entreprises de
Patrocle qui avoit voulu ordonner un évé-
que dans leur église. Si les droits des évè-
ques d'Arles sur la Narbonnoise première
eussent été aussi clairs que le prétend le
P. Quesnel, le clergé & le peuple de Lodève
se seroient-ils plaints, surtout après le dé-
cret de Zosime, &n'auroit-onpas vu ces évè-
ques soutenir ensuite leurs prétentions sur
la province de Narbonne } Cependant depuis
ce temps-là il ne paroît pas qu'ils aient fait
la moindre démarche sur ce sujet, quoiqu'ils
aient continué d'exercer leur juridiction sur
les autres provinces de l'ancienne Narbon-
noise situées à la gauche du Rhône.
XI. Il est vrai que le P. Quesnel ' soutient
qu'après le jugement du pape S. Boniface
en faveur des évèques de Narbonne, les évè-
ques d'Arles continuèrent d'exercer leurau-
torité de métropolitain sur la Narbonnoise
première. Il le dit, mais il ne le prouve pas.
Il se contredit même là-dessus j cardans
un autre endroit % au sujet de la deuxième
épître de S. Léon à S. Rustique de Nar-
bonne, il avoue que les prédécesseurs de ce
dernier n'avoient jamais voulu rien relâ-
cher de leurs droits aux évèques d'Arles:
Nec par est credere aliquid de suo jure Narbo-
nensem unquam remisisse ; praesertim cum pos-
terius Bonifacii papae judicium Narbonensi ec-
clesiae sua jura asseruisset. Rêvera nunquam
mis synodîs interfuit Rusticus quae ab Hilarîo
Arelatensi congregatae sunt ex plurium provin-
ciarum episcopis, qualesfuère Regensis, Arau-
sicana I, Vasensis l, &■ Arelatensis II, ne me-
tropolitico juri suo ullatenus derogatum esset^
' Quesnel, sur S. Léon, t. 2, p. 514.
' Quesnel, sur S. Léon, t. 2, p. 780, col. ?..
Note
Note
112
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
nec îllarumconstîtutîs parendum sîbl esse exîs-
tîmavit, ne illius jurisdictionem agnosceret, a
quo ut totius synodî praesîde condita maxime
fuerant & promulgata. Comment donc pour-
roit-on croire que les évêques deNarbonne
aient voulu céder leur droit après la décré-
tale de S. Boniface, puisque nous savons au
contraire qu'ils y furent maintenus par le
pape S. Célestin' son successeur immédiat
& par S. Léon } Ce dernier met d'ailleurs le
nom de Rustique de Narbonne avant celui
de Ravenne d'Arles dans une lettre qu'il
leur écrit en commun. Aussi voyons-nous
que dans les conciles de Riez, d'Orange &
de Vaison, convoqués par S. Hilaire d'Arles
qui y présidoit en qualité de métropolitain,
le même S. Rustique refusa non-seulement
de s'y trouver, comme le P. Quesnel en con-
vient,, mais qu'il n'y assista aucun évèque de
la Narbonnoise première, quoiqu'il y en
eût de la Narbonnoise deuxième & des Alpes
maritimes, provinces que les évêques d'Arles
prétendoient devoir être soumises à leur
juridiction.
XII. Tout ce que nous venons de dire
prouve, ce semble, qu'un fait aussi obscur
que celui de la déposition de Marcien d'Ar-
les, ne sauroit prouver la prééminence & la
primatie de cette dernière église sur celle de
Narbonne. Quant à ce qu'ajoute le P. Ques
diocèses. L'adresse de ces sortes de lettres
formées, qui étoient une marque de com-
munion, ii'étoit pas alors particulière ' à un
seul évêque ou au métropolitain d'une pro-
vince, comme elle le fut peut-être dans la
suite aux évêques d'Arles, par rapport aux
Gaules, lorsque le pape Zosime eut accordé
à Patrocle le privilège singulier dont nous
avons déjà parlé.
XIII. Du reste, S. Hilaire d'Arles pouvoit
avoir ses raisons pour soutenir une juridic-
tion dont il trouvoit son siège en posses-
sion, mais dont il ne connoissoit peut-être
pas l'origine : il étoit naturel qu'il soutînt
un droit acquis à son église : droit que la
décision du pape Zosime autorisoiten quel-
que manière, quoique établi sur des fonde-
mens ruineux. On peut donc justifier ce
saint évêque qui, par ses rares vertus s'attira
l'estime & le respect de tous ses comprovin-
ciaux, sans entreprendre en même temps
la justification de Patrocle son prédécesseur
& des droits extraordinaires que ce dernier
avoit usurpés.
NOTE LI
Note
5o
Note
5i
nel% que la prière que fait S. Cyprien au Epoque de la mort de Wallîaj roi des Éd.orig.
pape S. Etienne de lui apprendre le nom de Visigoths, 6* du retour de ces peuples p.'653.
celui qui seroit élu à la place de Marcien
pour savoir à qui il devoit adresser ses
frères, & à qui il devoit écrire, est une
preuve que l'évêque d'Arles étoit métropo-
litain, & le seul des évêques des Gaules à
qui on dût adresser ou qui dût recevoir ces
lettres formées, cela ne le prouve en aucune
manière. C'est seulement une marque,
comme l'explique fort bien M. de Tille-
mont' , que S. Cyprien vouloit savoir le
nom du successeur de Marcien pour être
informé à qui il devoit écrire & adresser ses
frères lorsqu'ils iroient à Arles, ce qui n'em-
pêchoit pas qu'il n'écrivît de semblables
lettres aux autres évêques lorsque quelque
ecclésiastique de Carthage alloit dans leurs
' Conciles, t. 2, p. 1620.
* Quesnel, sur S. Léon, t. 2, p. 447.
^ Tillemont, art. Sp sur S, Cyprien,
dans les Gaules.
N
OUS ne ferions aucune attention à la
foible autorité de Jornandès ' qui donne
pour le moins douze années de règne à
Wallia, roi des Visigoths, si M. de Marca'
ne sembloit suivre sur cela cet historien, en
faisant succéder à ce prince, en 429, le roi
Théodoric premier, qu'il appelle, sans au-
cune preuve, fils de Wallia. Ce savant pré-
lat, qui ne traite cette matière qu'en passant,
n'a pas fait attention sans doute aux auto-
rités d'Idace & d'Isidore, dont le premier
étoit auteur contemporain, & par consé-
quent plus digne de foi que Jornandès tjui
' S. Augustin, Epist. 44, n. 3, nov. edit,
' Jornandès, de Rehus Getarum sive Gothor. c. 32.
' M. deMarca, Histoire de Béarn,\. i,c. 14, n. i.
Note
5i
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
ii3
Note
52
n'écrivoit que plus de cent quarante ans
après, & qu'on sait être d'ailleurs fort mau-
vais chrouologiste.
Idace ' dit que Wallia mourut la vingt-
quatrième année d'Honoré, après le retour
desVisigoths dans les Gaules; ce qui revient
à l'an 418. S. Isidore rapporte' la mort de
ce prince à la vingt-cinquième année du
même empereur. Ere 467, c'est-à-dire à l'an
419 de J.-C. Ainsi, selon ces deux auteurs,
ce prince ne régna que trois ans.
Il paroît cependant que l'époque mar-
quée dans Isidore est plus certaine; car
selon cet historien, Wallia ne mourut qu'a-
près que le patrice Constance eut cédé aux
Visigoths la seconde Aquitaine, & que ces
peuples eurent pris possession de cette par-
tie des Gaules, & Idace en convient. Or il
est dit dans la Chronique de S. Prosper%
autre auteiir contemporain, que la confir-
mation de la paix entre Wallia & Constance,
selon laquelle ce patrice céda aux Visigoths,
au nom d'Honoré, la seconde Aquitaine, ne
fut faite que l'an 419, sous le consulat de
Monaxius & de Plinta. Il s'ensuit de là
que les Visigoths n'établirent leur royaume
dans les Gaules & le siège de leur empire à
Toulouse que l'an 419, & que Wallia mou-
rut cette même année.
NOTE LU
Sur quelques circonstances de la guerre
(T Attila, 6* les années du règne de
Tkorismond, roi des Visigoths.
I.T TNE chronique attribuée à Idace, &
V--' qu'on peut voir dans le recueil"* de
Canisius, rapporte diverses circonstances de
la guerre d'Attila dans les Gaules; mais
elles paroissent fabuleuses à nos meilleurs ^
' Idace, Chrome, apud Sirmond. p. jpy & 298.
' Isidore, Chron'ic. p. 71 5 & 716.
^ Prosper, Bihl. de Lahbe, t. i , p. 49.
'' Canisius, Thésaurus monumentorum eccles'iast'i-
corum sive lectiones antïquae, &c. nov, éd. t. 2,
p. 186.
' Adrien de Valois, jRer. Francicarumi. 4, p. 164
& seq.
critiques. Elles sont d'ailleurs contredites
par la véritable Chronique de cet auteur &
par les autres anciens historiens. Nous ne
faisons donc pas difficulté de mettre au rang
des fables l'ambassade qu'Aëce envoya en
même temps à Attila & àThéodoric, roi des
Visigoths, pour les animer l'un contre l'au-
tre en leur faisant les mêmes promesses; la
bataille donnée à Orléans entre les mêmes
Attila & Théodoric; les circonstances de
cette bataille où on prétend que ce dernier
fut tué, qu'il eut deux cent mille Visigoths
tués sur la place, & Attila cent cinquante
mille des siens; le combat que cet auteur
prétend s'être donné ensuite dans la cam-
pagne de Châlons, entre Thorismond, fils de
Théodoric, & les Huns, & sa durée de trois
jours entiers; la supercherie d'Aëce qui,
après la bataille de Méri, alla successive-
ment, pendant la nuit, dans les deux camps
d'Attila & de Thorismond pour leur per-
suader de se retirer : tous faits racontés
dans la prétendue Chronique d'Idace, mais
que l'auteur, qui a pris peut-être le fonds
de sa narration de cet historien, a ajoutés
de son chef, &, à ce qu'il paroît, sans au-
cune autorité.
II. Quoique celle de Jornandès mérite
beaucoup plus d'attention, on ne sauroit
cependant faire aucun fonds sur ce qu'il
dit' du retour d'Attila dans les Gaules après
la bataille de Méri, & sur la seconde vic-
toire de Thorismond, auprès de la Loire, sur
ce roi des Huns, comme M. de Valois' l'a
fait voir.
III. Nous avons suivi cependantcet histo-
rien goth, au sujet des circonstances qu'il
rapporte de la mort de Thorismond, parce
que dans son récit il n'y a rien de contraire
à la vérité de l'histoire. Nous nous sommes
fixés, après le P. Sirmond', à l'époque que
donne de la mort de ce prince ce même his-
torien, savoir à la troisième année de son
règne. Cette époque est confirmée par la
Chronique de S. Prosper qui la rapporte
sous le consulat d'Opilion, c'est-à-dire à
l'an 453. Il estvrai que la Chronique d'Idace ^
' Jornandès, de Rehus Getarum s'ive Gothor.c. /^i.
" Adrien de Valois, Ker. Franc'icarum 1. 4, p. 170.
^ Sirmond, Not. in. Sidon'ium, 1. 1, epist. 2.
'' Idace, apud Sirmond. p. 3o5.
Note
52
II
8
Note
52
114
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
53
Éd.oric.
t. I,
0.654.
ne parle de cette mort que sur la fin de l'an
462, & sous la seconde année de l'empire
de Marcien : mais Isidore' qui la met sous
l'Ere 491, ou l'an 453 de J.-C, confirme
l'époque marquée dans S. Prosper; il se
trompe pourtant en ne donnant à Thoris-
mond qu'une année de règne.
NOTE LUI
Epoque des expéditions de ThéodoricIIy
roi des Visigoths, en Espagne y ^ de
son retour à Toulouse.
ON ne peut douter que l'entrée deThéo-
doric en Espagne, la bataille de Paramo,
qu'il livra sur la rivière d'Obrego aux Suèves,
& la prise de la ville de Braga par ce prince,
ne soient arrivées l'an 456, puisque Idace "
marque lejour de cette bataille un vendredi
sixième d'octobre, & la prise de Braga, un
dimanche vingt-huitième du même mois; ce
qui fait voir évidemment par la lettre domi-
nicale que ces événemens durent se passer
en 456. Mais cet auteur se trompe en met-
tant cette bataille & cette prise avant la
déposition d'Avitus & en donnant trois ans
de règne à cet empereur, puisque nos plus
habiles critiques^ conviennent qu'il ne
porta la pourpre que pendant dix mois &
quelques jours, & qu'il en fut dépouillé le
17 de mai de l'an 456.
On doit conclure de là que si Théodoric
entra en Espagne avant la déposition d'Avi-
tus, comme Idace & S. Isidore "* après lui le
font entendre, il dut entreprendre cette
expédition au commencement du printemps
de l'an 466, & qu'il dut faire la guerre dans
ce pays depuis ce temps-là jusqu'après Pâ-
ques de l'année suivante, qu'il reprit la route
des Gaules.
C'est, en effet, à cette dernière époque
qu'on doit mettre le retour de Théodoric à
' Isidore, Chronicon, p. 718.
" Idace, Chronicon, p. 307 & sec[.
' Pagi, ad ann, 456, n. 5 & seq.
■* Isidore, Chronicon, p. 718.
Toulouse j car nous savons' d'un côté qu'il
repassa les Pyrénées aussitôt après son en-
treprise sur Mérida, & de l'autre qu'il quitta '
cette ville après la fête de Pâques & immé-
diatement après l'élection de Majorien en
Occident & celle de Léon en Orient, c'est-
à-dire après le premier d'avril de l'an 457,
que le dernier fut élu, environ deux mois
après l'autre.
Il est vrai que, suivant la Chronique
d'Idace, le jour de Pâques tomba alors le
cinquième jour avant les calendes d'avril ou
le 28 de mars, ce qui ne sauroit s'accorder
avec l'an 457, où Pâques arriva le 3i & non
le 28 de mars. Mais comme nous savons que
cette fête ne tomba au mois de mars depuis
l'an 452 jusqu'à l'an 468, qu'une seule fois,
savoir, l'an 467, il y a lieu de croire que
c'est une faute de copiste, & qu'il faut lire
dans Idace' post dîes Paschae quod fuit pridie
ou II. (au lieu de V.) kal. aprilis ; ce qu'on
peut prouver par l'éclipsé de soleil dont
parle cet auteur sous la même année & qui
arriva, selon lui, un mercredi neuvième de
juin, V. idus Junias die quarta feria, car en
lisant pridie ou II. id. Junias, tout s'accorde,
puisque la lettre dominicale de l'an 467,
étoit F. & par conséquent le 9 de juin étoit
cette année un dimanche & non pas un
mercredi.
NOTE LIV
Sur la famille de Magnus Félix.
l'XTOUS n'avons pas hésité à donner la
IN ville de Narbonne pour patrie à Ma-
gnus Félix qui fut préfet des Gaules & en-
suite consul, fondés tant sur l'autorité de
Sidoine'' Apollinaire, qui l'insinue, que sur
celle du P. Sirmond^ qui l'assure positive-
' Isidore, Chronicon, p. 71 5.
' Idace, Chronicon, p. 807 & seq.
' Idace, Chronicon, p. Sop.
"* Sidoine, Carm, 28, vers. ^55 & seq. — Carm.
24, vers. 90 & seq.
' Sirmond, Notes sur Sidoine, p. 64.
Note
53
Note
54
Note
54
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
ii5
ment. Cependant le P. Lacarry ', sans donner
aucune raison, prétend que, suivant le pre-
mier, il étoit natif d'Arles 5 mais non-seule-
ment Sidoine n'en dit pas un mot, il fait
entendre au contraire que ce personnage
& ses enfans demeurant à Narbonne où ils
avoient leur maison & leur bibliothèque,
qu'ils tenaient de leurs ancêtres^ ils étoient
natifs de cette ville.
II. Nous avons conjecturé que Magnus
contribua beaucoup à la paix que Majorien
couv-iut avec Théodoric, roi des Visigoths ;
ce que nous appuyons sur l'autorité & le
crédit que cet illustre magistrat, qui demeu-
roit au voisinage de ces peuples, s'étoit
acquis, parmi eux, par sa probité & ses
éminentes qualités, ainsi qu'il est marqué
dans ces vers de Sidoine :
Qui dictât ' modo jura Getis, sub judice vestro
Pellitus raucum praeconem suscipit liostis.
Oit convient' que c'est du préfet Magnus
Félix dont Sidoine parle en cet endroit.
III. Nous prouvons le temps de la mort
de ce personnage par les vers suivans du
même poète qui regardent Eulalie sa belle-
fille & femme de Probus sou fils.
Hic'' saepe Eulaliae meae legeris
Cujus Cecropiae pares Minervae
Mores, & rigidi senes, & ipse
Quondam purpureus socer timebant.
Ce dernier vers montre que Magnus Félix
étoit déjà décédé dans le temps de ce poème,
dont on fixe'^ l'époque entre l'an 468 &
l'an 47 1 .
IV. Nous rapportons celle de la préfecture
de Félnc, fils de ce consul, aux années 472 &
473, contre le sentiment du P. Lacarry* qui
la met sous l'an 474 ou l'an 475. Il paroît
certain, en effet, d'un côté qu'il étoit déjà
patrice en 474, & de l'autre qu'on ne parve-
noit point de cette dignité à celle de préfet
' Lacarry, Praef. praet. p. 160.
' Sidoine, Carmina, 5, vers. 56 1 & seq.
' Sirmond, Notes sur Sidoine, p. 209.
^ Sidoine, Carmina, 24.
* Voyez Tillemont sur S. Sidoine.
' Lacarry, Praef. praet. p. lyS.
qui lui étoit inférieure. Nous tirons la
preuve que Félix étoit patrice en 474 de la
lettre que lui écrivit alors Sidoine ' pour le
féliciter de cette dignité. Gaudeo" te, domine
major^ amplissimae dignitatis infulas conse-
quutum... Nam licet in prae senti arum sis potis-
simus magistratusy & in lares Philagrianos
PATRICIUS apex tantis postsaeculis tua tan-
tum felicitate remeavefit, &c. Félix devoit
par conséquent avoir exercé la préfecture
les années précédentes. Or, les deux années
de cette préfecture ne peuvent être anté-
rieures à l'an 471, puisque l'an 470 Eutrope'
étoit préfet des Gaules, & qu'avant ce temps-
là Félix, par sa demeure à Narbonne^, ville
alors soumise aux Visigoths, étoit hors
d'état de s'avancer dans les charges de
l'Empire.
Ce qui a trompé le P. Lacarry, c'est qu'il
prétend^ que Polémius étoit préfet des
Gaules en 472 & 473. Mais il est certain
que ce dernier n'exerça cette charge qu'a-
près l'an 475, savoir" en 476 & 477. Félix
pouvoit donc l'occuper en 472 ou 473, & il
aura été créé patrice en 474, & non pas en
472 ou 473, comme l'a cru M. de Tillemont '.
V. Le P. Lacarry ' conjecture que le père
de Camille, frère du consul Magnus Félix,
fut proconsul d'Afrique, sur ce qu'il est dit"
dans Sidoine que Camille avoit fait honneur
au proconsulat de son père, ornaverat pro-
consulatum patris. La raison qu'il en donne
c'est que, dans ce siècle, l'Afrique étoit
la seule province de l'Empire qui fût gou-
vernée par un proconsul. Mais ce pays étoit
alors depuis trop longtemps entre les mains
des Vandales pour croire que le père de
Camille l'eût gouverné au nom de l'Empire.
Nous croyons plutôt qu'il avoit eu le gou-
vernement de la Viennoise, ou de quel-
qu'autre des six provinces consulaires des
' Tillemont, art. 16, iS & 27 sur S. Sidoine;
art. 8 sur Fauste de Rie-{.
^ Sidoine, 1. 2. Epist. 3.
' Lacarry, Praef. praet. p. 169.
■* Sidoine, Carmina, () & 24.
5 Lacarry, Praef. praet. p. lyt & seq.
" Tillemont, art. 3o sur S. Sidoine.
' Tillemont, art. 8 sur Fauste df Rie^, p. 43o.
* Lacarry, Praef. praet, p. 161.
^ Sidoine, 1. 1 , Epist. i 1.
Note
54
Note
54
116
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
55
Ed.orig.
t. 1,
p. 655.
Gaules, ainsi appelées dans la Notice de
l'Empire, qu'on prétend avoir été dressée
sous le règne de l'empereur Valentinien III.
Sidoine ne pouvoit signifier l'exercice de
cette dignité que par le terme de proconsu-
lat, proconsulatus, pour éviter l'équivoque
du mot de consulat".
NOTE LV
Epoque du siège d'Arles par Théo-
. doric II j roi des Visigoths.
I.x TOUS avons rapporté avec M. de Valois'
Il l'époque du siège d'Arles par Théo-
doric II, à l'an 469, ce qui est appuyé sur
l'autorité des monumens historiques de ce
temps-là. En effet, le comte Gilles, qui prit
la défense' de cette place, étant encore '' à la
suite de Majorien à la fin de l'an 458, ne
peut l'avoir défendue que l'année suivante &
avant la paix qui fut conclue cette dernière
année % entre cet empereur & les Visigoths.
II. Il est vrai que, si nous en croyons le
P. Sirmond" & quelques autres après lui, le
maître de la milice, qui étoit à Lyon avec
Majorien à la fin de l'an 468, étoit Ricimer
ou le comte Népotien, & non pas le comte
Gilles ; mais cet habile critique n'a pas pris
garde que Ricimer n'étoit maître de la mi-
lice qu'en Italie^ & que l'éloge de Sidoine
ne sauroit lui convenir.
Pour Népotien, si l'on examine le texte
d'Idace % on verra que ce comte étoit maître
de la milice en Espagne, où il étoit en 459,
St non pas dans les Gaules. C'étoit d'ail-
' On peut consulter, pour l'histoire de Magnus
Félix & de sa famille, V Histoire littéraire de la.
France, commencée par les Bénédictins & continuée
par l'Académie des Inscriptions & Belles-Lettres;
on y trouvera quelques indications utiles. [E. M.]
' Adrien de Valois, Rerum Franc, 1. 4. p. ipo.
' S. Paulin, Vie de S. Martin, 1. 6.
^ Sidoine, Carm. 5, vers. 552.
' Idace, Chronicon, p. 3 10.
® Sirmond, 7/of. sur Sidoine, p. 208 — Lacarry,
Praef. praet. p. 169.
' Adrien de Valois , Rerum Franc. 1. 4, p. ipo.
' Idace, Chronicon, p. 3io
leurs contre l'usage, que deux maîtres de la
milice commandassent ensemble dans la
même province. Or, il est certain que le
comte Gilles qui étoit maître de la milice
des Gaules dès l'an 457 & le commence-
ment' du règne de Majorien, défendit' la
ville d'Arles contre les Visigoths. Enfin l'é-
loge que Sidoine fait du maître de la milice
qui étoit à la suite de Majorien, dans le
panégyrique de ce prince, convient' par-
faitement à ce comte.
III. Du reste, il n'est rien moins que cer-
tain que Népotien fût au service de l'Em-
pire; car quoique Idace'' le fasse maître delà
milice en Espagne, titre qui ne semble conve-
nir qu'à la milice romaine, il paroît cepen-
dant, par le même auteur, que Népotien
agissoit dans ce pays conjointement avec le
comte Suniéric, général de Théodoric, dans
le temps que ce roi étoit encore brouillé
avec Majorien, & que ces deux généraux
commandoient de concert l'armée des Visi-
goths. Mais ce qui semble lever toute la
difficulté, c'est que vers l'an' 462, Théo-
doric rappela d'Espagne Népotien pour met-
tre Arborius à sa place, ce qui est confirmé
par la Chronique d'Isidore®, qui met Su-
niéric & Népotien au nombre des géné-
raux que ce prince envoya dans la Galice
contre les Suèves. Ainsi, ou Népotien aura
été d'abord au service des Romains & maître
de leur milice en Espagne, en 469, & aura
passé ensuite en 460, au service de Théodo-
ric ; ou, ce que nous croyons plus vraisem-
blable, il aura toujours été au service des
Visigoths & maître de leur milice, dignité
que Théodoric aura prise des Romains, &
dont il aura honoré ses principaux géné-
raux. Nous savons que les Visigoths prirent
de ceux-ci plusieurs autres titresf entre
autres celui de comte, comme nous le
voyons' en la personne de Suniéric & de
plusieurs autres.
' Grégoire de Tours, 1. i, c. 1 1.
' S. Paulin, Fie de S. Martin, 1. 6.
' Adrien de Valois, Rerum Franc. 1. 5, p. 1 96.
^ Idace, Chronicon, p. Sic & seq.
' Idace, Chronicon, p. Sic & seq.
® Isidore, Chronicon, p. 719.
^ Idace, Chronicon, p. 3io & seq. — Voyez Com-
monit. ad hreviar, Cod, Theod,
Note
55
Note
56
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
117
NOTE LVI
Il est vrai que Idace joint avec la neu-
vième année de Léon, la première de l'empe-
reur Anthème, élu en Occident en 467. Mais
il est évident que ce chronographe compte
Note
56
-i, . . » TTT » T . FF . les années de ce dernier, depuis la mort de
Epoque de la mort de Théodoric II, roi gévère, son prédécesseur, tué le 4 août de
des Visigoths, de la soumission de
Narbonne à ce prince 6* de la mort
du comte Gilles,
I.tL est assez difficile de fixer l'époque
1 précise de la mort de Théodoric II.
Idace' la place sous la neuvième année de
l'empire de Léon en Orient & la première
de celui d'Anthème en Occident. Jornandès'
dit qu'il mourut après avoir régné treize ans.
Isidore' assure qu'il fut tué par son frère
la huitième année de Léon, l'Ere 504; Ma-
rins d'Avenches "*, dans sa Chronique, rap-
porte sa mort sous le consulat de Puscus &
de Jean, c'est-à-dire l'an 467. Enfin l'auteur '
du Supplément, ou Appendix à la Chronique
de Victor de Tunes, en parle sous le troi-
sième consulat de l'empereur Léon & celui
de Tatien, ce qui répond à l'an 466.
Entre ces différentes autorités, le P. Pagi
préfère ® celle de Marins d'Avenches, parce
qu'on peut l'accorder , dit-il , avec celle
d'Idace, qui rapporte la mort de Théodoric
sous l'an 2483 d'Abraham, commencé, sui-
vant cet ancien auteur, au premier d'octo-
bre de l'an 466 de J.-C. Mais il nous paroît
que ce savant critique se trompe & que
Idace rapporte la mort de Théodoric sous
cette dernière année, ainsi que nous Talions
faire voir. Nous croyons donc devoir pré-
férer l'époque marquée dans V Appendix de
la Chronique de Victor de Tunes. Idace,
loin d'y être contraire, comme le prétend
le P. Pagi, la confirme ; car il place cette
mort sous la neuvième année de l'empereur
Léon. Or, cette année concourt avec l'an 466,
& ne peut convenir avec l'an 467, ce prince
ayant été élu en Orient, en 457.
' Idace, Chronlcon, p. 3i3.
° Jornandès, de Rehus Getarum s'tve Gothor.c. j^j\.
^ Isidore, Chronlcon, p. 719.
^ Marius d'Avenches, t. i , édit. Duchesne.
^ H'ispania illustrata, t. 4, éd. Scaliger.
" Pagi, ad ann. 464, n. 2.
l'an 465, puisqu'il met son élection dans le
même mois d'août & sous la huitième an-
née de Léon 5 tandis que nous savons qu'il
ne fut élu qu'au mois d'avril de l'an 467. En
comptant donc, suivant Idace, les années
d'Anthème, depuis le 4 d'août de l'an 465,
Théodoric, mort en 466, peut être décédé
dans la première année du règne de ce
prince. D'ailleurs, la neuvième année de
Léon convient, suivant le même auteur", à
l'an 466, car il fait mention sous la septième
année de cet empereur d'Orient, d'une
éclipse de soleil arrivée le lundi 20 de juil-
let^ ce qui prouve que cette éclipse arriva
l'an 464. Or si, suivant Idace, la septième
année de l'empire de Léon concourt avec le
mois de juillet de l'an 464, la neuvième doit
concourir avec le même mois de l'an 466.
Quanta la preuve que le P. Pagi prétend
tirer d'Idace, que Théodoric dut décéder
après le premier d'octobre de l'an 466, parce
que cet auteur rapporte la mort de ce
prince sous l'an 2488 d'Abraham, nous
croyons que ce critique raisonne sur un
faux principe; savoir' que Idace compte les Éd.orig.
années d'Abraham, depuis le premier d'oc- ^gU
tobre. En effet, cet historien , suivant le
P. Pagi, rapporte' la mort d'Ataulphe, roi
des Visigoths, sous l'an 2482 d'Abraham, qui
ne commença, selon le calcul que ce criti-
que lui prête, qu'au premier d'octobre de
l'an 415, & nous savons cependant que ce
roi décéda avant la fin du mois de septembre
de la même année 415, puisque, selon la
Chronique Alexandrine, on apprit sa mortà
Constantinople , le vendredi 24 du même
mois. Il faut donc qu'Idace suppute les an-
nées d'Abraham depuis le mois de janvier, &
non depuis le mois d'octobre. Ceci est encore
prouvé par l'époque de l'éclipsé arrivée le
lundi 20 de juillet de l'an 464, & rapportée
par Idace sous l'an 2481 d'Abraham. Or,
' Idace, Chronicon, p. 3 12.
' Pagi, ad ann. 415, n. 23 ; ad ann. 473, n. 6.
' Pagi, ad ann. 4i5, n. 23.
Note
56
Il8
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
selon le calcul que le P. Pagi ' attribue à cet huit ans dans le temps de ce siège ; il paroît
auteur, l'an 2481 d'Abraham ne dut corn- même que peu de temps auparavant ce
mencer qu'au premier d'octobre de l'an 464. prince étoit encore à la mamelle.
Il faudroit donc que Idace rapportât cette
éclipse sous l'an 2480 d'Abraham & non sous Hae flentem' tenuêremanus, si forsitan altrix
l'an 2481, mais il fait tout le contraire. Te mihi, cum nolles, lactandum tolleret, &c.,
Après avoir concilié l'autorité d'Idace
avec notre calcul touchant l'époque de la lui fait dire encore Sidoine par Avitus ;
mort de Théodoric II, il est aisé de conci- d'où nous concluons qu'il pouvoit avoir
Note
55
lier de même les autres auteurs, excepté
Marins d'Avenches, qu'il faut nécessaire-
ment abandonner. Jornandès dit que ce
prince mourut après treize ans de règne.
Or, nous avons déjà prouvé ailleurs qu'il
succéda à son frère Thorismond, vers le
commencement de l'an 453. Ainsi, il dut
mourir en 466, au lieu que s'il étoit mort
en 467, comme le prétend le P. Pagi, il au-
roit eu plus de quatorze ans de règne.
Isidore est encore favorable à notre cal-
tout au plus trente-cinq à quarante ans
dans le temps de sa mort, en 466.
III. Idace' rapporte la soumission de Nar-
bonne à Théodoric sous la sixième année
de l'empereur Léon en Orient & la deuxième
de Sévère en Occident; ce qui prouve que le
comte Agrippin dut livrer cette ville à ce
prince entre le mois de novembrede l'année
462 & celui de février de la suivante. On
met, en effet, l'élection de Léon au sept de
février de l'an 457 & celle de Sévère au dix-
cul; car suivant cet historien, Euric ayant neuf de novembre de l'an 461, ce qui con-
succédé à Théodoric II, l'Ere 504 qui ré- vient parfaitement. Il y a, cependant, une
pond à l'an 466 de J.-C, ce dernier doit difficulté, c'est qu'Idace rapporte sous la
être mort la même année. Il est vrai que cet même année une éclipse de lune arrivée
auteur fait concourir l'année de la mort de era DVI, nonas manias, & tout répond fort
Théodoric avec la huitième de l'empereur bien à l'an 462. Le P. Pagi' avoue que ces
Léon; mais cet auteur s'est trompé en cela. notes chronologiques sont altérées, & cela
Enfin, nous avons une nouvelle preuve paroît évident; mais il prétend que le jour
de cette époque dans celle des années du de la férié & l'année de l'ère espagnole con-
règne d'Euric , successeur immédiat de viennent avec l'an 462 : Character ferîae £•
Théodoric ; car il paroît certain ' que le ^''^^ Hîspanîcae annum Christï sexagesîmum
premier mourut l'an 484, dans la dix-neu-
vième année de son règne; il doit donc
l'avoir commencé en 466, & Théodoric II,
son frère, doit être mort cette dernière
année.
II. Nous conjecturons que Théodoric
n'avoit pas encore alors atteint la quaran-
tième année de son âge; car Sidoine Apolli-
naire lui fait dire par l'empereur Avitus
qu'il étoit encore en bas âge, dans le temps
du siège de Narbonne , arrivé en 486.
Narbonem' tabe solutuni
Ambieras, tu parvus eras, &c.
sacundum certo indîcant. Cet habile critique
n'a pas , sans doute, fait attention que
l'ère 5o6 répond à l'an 468 & que le sept de
mars, en 462, étoit un mercredi & non un
vendredi.
Au reste, les circonstances qu'Idace ^ rap-
porte de la soumission de Narbonne à
Théodoric confirment ce que nous avons
déjà établi ailleurs ^ sur l'autorité de Sidoine
Apollinaire, savoir que l'empereur Sévère
céda cette ville à ce prince en vertu d'un
traité qu'ils firent ensemble : Agrippinus
Gallus & comeSj & civis, dit cet historien, JEgî-
dîo comiti vîro insîgni inimicus, ut Gothorum
mereretur auxilia Narbonam tradidit Theude-
Théodoric n'avoit donc qu'environ sept à
* Pagi, ad ann. 464, n. 4.
* Voyez Note LIX, n. 3.
' Sidoine, Carmina, 7, vers. 476 & seq.
' Sidoine, Carmlna, 7, vers. 476 & seq.
" Idace, Chron'icon, p. 3i i.
' Pagi, ad ann. 463, n. 6.
■* Idace, Chronicon, p. 3i i.
^ Voyez au tome I, livre IV, n. 76.
Note
56
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
luj
NOTB
57
rîco. Isidore ' rapporte à peu près les mêmes
termes : or Sévère étoit également ennemi
du comte Gilles. Il faut donc que cet empe-
reur fût uni avec Agrippin, qu'il lui ait
donné ordre de livrer la ville de Narbonne
aux Visigoths, & qu'il ait acheté à ce prix
l'alliance de ces peuples dont parle Sidoine.
Éd.orig.
p. 657.
ce nom tire son origine de Béziers appelée
par les anciens Bitterrae Septimanorum^ à
cause que les Visigoths s'y étoient d'abord
établis. MM. Catel' & Valois' ont déjà
réfuté cette opinion. Nous pouvons ajouter
qu'il est faux que les Visigoths aient fixé
leur première demeure à Béziers; ils ne
NoTB
57
Pour ce qui est de l'époque de la mort furent maîtres de cette ville que longtemps
du comte Gilles, Idace% auteur contempo-
rain, la rapporte peu de lignes après avoir
parlé de l'éclipsé de soleil, dont nous avons
déjà fait mention, & sous la même année,
c'est-à-dire en 464. Le P. Pagi' la diffère
cependant jusqu'à l'année suivante, préten-
dant qu'Idace s'est trompé; mais outre que
toutes les notes chronologiques convien-
nent très-bien à l'an 464, il est certain,
d'ailleurs, que cet historien place cette mort
sous la troisième année de Sévère, lequel
prit la pourpre le 19 de novembre de
l'an 461. Le comte Gilles mourut par consé-
quent entre le 20 de juillet qu'arriva cette
éclipse & le 19 de novembre de l'an 464 que
la quatrième année de Sévère commença; ce
qui fait voir que le P. Daniel"* s'est trompé
en rapportant cette mort sous l'an 463.
NOTE LVII
Sur la Sepî'imanie 6" Vorîgîne de
ce nom.
LT->^Ecinq ou six opinions différentes que
-L/ nous trouvons parmi nos modernes
touchant l'étymologie du nom de Septima-
nie , nous n'en voyons que deux qui méri-
tent quelque attention , savoir, celles de
MM. de Marca & de Valois. Le P. le Cointe
a embrassé le sentiment de ce dernier :
nous en parlerons dans la suite.
Zurita % suivi par le P. Sirmond^, croit que
'Isidore, Chronicon, p. 719.
* Idace, Chronicon , p. 3 1 2.
' Pagi , ad ann. 464, 11.4.
* Daniel, Pracf. H'ist. p. 12 & seq.
' Zurita, Annales aragonnaises.
"" SirTiiond, Notes sur Sidoine, p. 63.
après leur arrivée dans les Gaules & vers la
fin du cinquième siècle. D'ailleurs, là ville
de Toulouse ayant été la capitale de leurs
Etats & celle de Narbonne la métropole
de la province, il n'est pas vraisemblable
qu'on eût choisi le nom d'une légion, dont
on ne se servoit plus alors, & celui d'une
ville particulière, pour le donner à tout un
pays, préférablement à plusieurs autres vil-
les plus considérables.
II. L'opinion de Bernard' Guidonis n'est
pas mieux fondée. Cet évèque tire le nom
de Septimanie de celui du cap de Cette, au-
près d'Agde; mais la différente manière
dont les anciens orthographient ces deux
noms fait voir combien cette conjecture
est mal fondée. Ils"* ont toujours appelé le
cap ou la montagne de Cette Sitius ou Setius
monSj & on auroit dû dire par conséquent
Seiimania^ & non pas Septimanîa , qu'on
trouve toujours écrit avec un p dans tous
les auteurs.
III. ilous ne nous arrêterons pas à réfuter
le sentiment de Catel ' qui croit que la ville
de Saint-Gilles auprès du Rhône portoit
autrefois le nom de Septimanie, & qu'elle
l'a donné à toute la province. Quand cela
seroit, nous ne connoîtrions pas mieux
l'étymologie de ce nom. Cet auteur donne,
pour toute preuve de son opinion, l'endroit
de la vie de S. Gilles oii il est dit qu'on
appelle Septimanie le pays situé à la droite
de l'embouchure du Rhône dans la mer; ce
qui prouve véritablement que la ville de
Saint-Gilles étoit située dans la Septimanie,
' Catel, Mémoires de l'Histoire de Languedoc,
p. 34 & suiv.
" Adrien de Valois, Notitia Galliarum, p. 614 &
seq.
' Catel, Mémoires de l'Histoire de Languedoc ,
p. 34 & suiv.
■* Adrien de Valois, Notitia Galliarum, p. 5^3.
^ Catel, Mémoires de l'Histoire de La-tgucdoc ,
p. 34 & suiv.
Note
57
120
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
mais non pas que ce nom fût anciennement
celui de cette ville.
IV. Il nous reste à examiner les opinions
de MM. de Marca & de Valois. Le premier",
qui a pris la sienne de Scaliger" après l'avoir
rectifiée, a été suivi parle P. Pagi'. Il pré-
tend que le nom de Septimanie vient de cette
ancienne partie des Gaules qu'on appeloit
les Sept provinces, & dont les Visigoths
étoient les maîtres, en tout ou en partie,
dans le temps que ce nom fut mis en usage,
c'est-à-dire avant la défaite du roi Alaric II.
Le nom de Septimanie, dit ce savant prélat,
marquoit tous les pays que les Visigoths
occupoient alors ^ il ajoute qu'après la ba-
taille de Vouglé, ces peuples ayant perdu
la plupart des provinces qu'ils possédoient
dans les Gaules, ce nom demeura seulement
au pays qu'ils conservèrent en deçà des Py-
rénées, savoir à la plus grande partie de la
Narbonnoise première.
Les Sept provinces qui , selon M. de
Marca, donnèrent leur nom à la Septimanie,
étoient comme nous l'avons dit ailleurs, les
deux Aquitaines, la Novempopulanie , la
Viennoise, les deux Narbonnoises & la pro-
vince des Alpes maritimes. Ainsi, pour réfu-
ter entièrement son sentiment, nous n'avons
qu'à fixer l'époque à laquelle on commença
à se servir de ce terme, & voir si dans ce
temps-là, les Visigoths étoient les maîtres
des Sept provinces en tout ou en partie.
V. Sidoine Apollinaire ''est le premierque
nous connoissions qui ait appelé Septima-
nie les Etats des Visigoths dans les Gaules.
Il emploie ce nom dans une épître dont
M. de Tillemout' a fixé l'époque au plus
tard à l'an 478, que ces peuples n'étoient pas
encore maîtres de l'Auvergne. Cette lettre
peut être même antérieure, mais quand elle
seroit absolument de l'an 473, il est du moins
vraisemblable qu'on se servoit déjà depuis
quelque temps du nom de Septimanie, & que
cet auteur nel'inventa pasprécisément alors.
Or, pour peu que ce nom ait été en usage
avant la conquête que firent les Visigoths
de la plus grande partie de la Narbonnoise
première. Il ne fut donc pas d'abord em-
ployé pour désigner cette seule province.
Cette remarque détruit le système de M. de
Valois dont nous parlerons bientôt, ainsi
que celui des autres auteurs qui prétendent
que ce nom a pris son origine de la Nar-
bonnoise première, & affoiblit beaucoup
l'opinion de M. de Marca.
Il est certain, en effet, qu'en 478 les
Visigoths n'avoient rien dans la Viennoise,
la Narbonnoise deuxième & les Alpes mari-
times, qui étoient du nombre des Sept pro-
vinces, & qu'ils ne possédoient alors qu'une
partie de l'Aquitaine première. Aussi n'est-
ce qu'après l'an 480, qu'étant depuis peu
maîtres de l'Auvergne, ils passèrent le
Rhône & s'emparèrent d'une portion 'de la
Viennoise & de la Narbonnoise deuxième.
Ils ne pénétrèrent dans les Alpes maritimes
que longtemps après : d'où il est aisé de
conclure que dans le temps qu'on donnoit
au pays occupé par ces peuples le nom de
Septimanie, ils régnoient à peine sur trois
des Sept provinces j savoir sur l'Aquitaine
deuxième & la Novempopulanie, & sur une
partie de la Narbonnoise première & de
l'Aquitaine première, ce qui détruit le sys-
tème de M. de Marca.
On pourroit dire peut-être qu'il suffisoit
que le pays occupé par les Visigoths fît
partie de ce qu'on appeloit auparavant les
<Sepf province^', pour qu'on lui donnât le nom
de Septimanie : mais dans ce cas-là cette
étymologie paroîtroit très-fausse, puisque
le pays que les Visigoths ne possédoient
pas de cette partie des Gaules étoit beau-
coup plus étendu que celui qui leur étoit,
soumis.
VI. Examinons à présent le sentiment du
P. le Cointe ' & de M. de Valois", qui est ce-
lui qui paroît le plus vraisemblable. Selon
ces auteurs, le nom de Septimanie vient des
sept cités ou peuples qui composoient la
Noie
57
avant l'an 478, il l'aura été par conséquent Narbonnoise première, dans le temps que
les Visigoths s'en rendirent les maîtres; de
'Marcel Hispanica, p. 91 & seq. même que la Novempopulanie prenoit son
' Scaliger, in Auson. p, 289.
sPagi, adann. 40T, n. 47 & seq. ^ ' Le Cointe, ad ann. 53 1 , n. i 3.
■• Sidoine, 1. 3, /îpisr. I. 'Adrien de Valois, Notitia GalUarum , j,. 5i^
£t seq.
^ Ttlleinont, art. zz sur S. Sidoine,
Note
57
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
I 21
lid.orig.
t. I,
p. 658.
nom de neuf peuples qui la composoient. villes de Maguelonne, de Carcassonne &
Les sept cités de la Septimanie étoient, d'Elne n'ont été évèchés ou cités que dans
selon M. de Valois, les villes & diocèses le sixième siècle, c'est que nous n'avons au-
de Toulouse , Béziers, Nimes, Agde, Ma- cun monument avant ce temps-là où il soit
guelonne, Lodève & Uzès ; mais il n'a fait mention de leurs évoques, & que les
pas pris garde qu'il omet une huitième cité, premiers dont nous trouvons les noms sont
NOTB
57
savoir celle de Narbonne, métropole de la
province, ce qui ruine entièrement son sys-
tème.
On pourroit le rectifier en retranchant
Maguelonne du nombre des anciennes cités
de la Septimaniej car si cet auteur & M. de
Marca ont fait voir que Carcassonne &
Elne n'ont été cités ou évèchés qu'au
sixième siècle, longtemps après que le nom
de Septimanie fut en usage , on pourroit le
dire de Maguelonne & se servir des mêmes
raisons. Par là, il n'y aura eu que sept cités
bien avant dans le sixième siècle.
VIII. Nous croyons donc, avec MM. de
Marca" & de Valois', que les villes de Car-
cassonne & d'Elne n'ont été cités ou évè-
chés qu'après l'an Soy , & même après
l'an 533, lorsque les Visigoths ayant perdu
les deux villes de Lodève & d'Uzès, ils
firent, à ce qu'il paroît, ériger celles-là en
évèchés pour se dédommager de la perte
des autres. Pour ce qui est de Maguelonne,
elle ne paroît pas véritablement dans les plus
anciennes Notices j mais elle se trouve dans
dans la Narbonnoise première en y com- les postérieures qui peuvent être du com-
prenant la métropole, dans le temps que mencement du sixième siècle, & elle y pa-
les Visigoths se rendirent maîtres de cette roît' avant que les villes de Carcassonne &
province vers la fin du cinquième siècle^
ce qui paroît aisé à prouver.
VII. 1° Suivant la Notice' des cités des
Gaules qu'on met sous l'empire d'Honoré ,
il n'y avoit alors que six cités ou évèchés
dans la Narbonnoise première, savoir, Nar-
bonne, Toulouse, Lodève, Béziers, Nimes
o. Uzès. Agde n'est pas comprise dans cette
Notice; mais cette ville fut bientôt après
honorée d'un siège épiscopal, comme nous
l'avons fait voir ailleurs. 2° Au concile'
d'Agde, tenu l'an 5o6, où les seuls évêques
deladominationdes Visigoths se trouvèrent,
soit par eux-mêmes, soit par leurs députés,
nous trouvons bien les noms des évêques
des sept cités dont nous venons de parler;
mais on n'y trouve point ceux des évêques
de Maguelonne, de Carcassonne & d'Elne.
Si ces trois villes eussent été alors épisco-
pales, étant si voisines de celle d'Agde &
sous la domination d'un même prince, leurs
évêques ou leurs procureurs n'eussent pas
manqué d'assister à ce concile; puisque les
évêques de la domination des Visigoths les
plus éloignés, tels que ceux de Tours, de
Bordeaux, de Bourges, d'Antibes, &c., s'y
trouvèrent ou en personne ou par leurs
députés. 3° Mais ce qui prouve que ces trois
• Sinnond, Conc. Gall. t. i.
' Conciles, t. 4, p. 1344 & suiv.
d'Elne y fussent comprises; ce qui nous
donne lieu de croire qu'elle fut érigée en
évêché avant les deux dernières & vraisem-
blablement peu de temps après la bataille
de Vouglé, en l'an Soy. Il semble par là que
les Visigoths voulurent toujours conserver
dans la Narbonnoise première le nombre
de sept cités, & qu'à mesure qu'ils en per-
doient quelqu'une, ils en faisoient ériger
une nouvelle. La ville de Lodève étant re-
tombée dans la suite sous la domination
de ces peuples, elle devint une huitième
cité de la partie de la Narbonnoise première
soumise aux Visigoths, qu'on appela ce-
pendant Septimanie.
IX. On voit, par ce que nous venons de
dire, que nous n'admettons que sept cités
dans la Narbonnoise première, jusqu'au
sixième siècle, en y comprenant la métro-
pole; ce qui peut servir à rectifier le sys-
tème de M. de Valois touchant l'origine
du nom de Septimanie. Nous sommes pour-
tant obligés de l'abandonner : 1° parce qu'il
n'est pas constant que, dans le temps que le
nom de Septimanie fut en usage, toute la
Narbonnoise première ou ces Sept cités,
' Marca Hispanica, p. 24, 81 & seq.
' Adrien de Valois, Notitla Galliarum , p. 5i4
& seq.
' Voyez Duchesiie, Historiens de France, t. I.
NOTli
57
122
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
fussent au pouvoir des Visigothsj & qu'il quod lîmitem regni sui, rupto dissolutoque
paroît, au contraire, qu'ils n'en possé- foedere antîquo, vel tutatur armorum jure vel
doient alors qu'une partiej 2" parce que promovet, & dans un autre endroit parlant
Sidoine Apollinaire, qui s'est servi le pre- du même roi ' : Modo per promotae lîmitem
mier de r e terme, n'a pas voulu signifier sortis, ut populos sub armis, sic fraenat arma
par là la Narbonnoise première, mais plu- sub legibus. La lettre' d'où le premier de
tôt l'ancien domaine des Visigoths dans les ces passages est tiré fut écrite au commen-
NoTE
57
Gaules qui leur fut cédé par l'empereur
Honoré, comme nous Talions faire voir en
proposant notre sentiment sur l'étymologie
du nom de Septimanie.
X. Sidoine s'est servi de ce terme dans une
lettre" qu'il écrit vers Tan 478, à Avitus son
parent, pour l'exhorter à venir au secours
cément de l'an 475, & l'autre, l'année sui-
vante. On voit, dans cette dernière, que
ces termes limes promotae sortis ou le pays
qui étoit échu en partage aux Visigoths
dans les Gaules, & dont Euric avoit fort
étendu les frontières, est la même chose
que ce qu'il appelle dans la lettre à Avitus ,
de l'Auvergne que les Visigoths vouloient veteres fines , les anciennes limites, ou limes
envahir : Quippe si vestra crebrOylu'x dit-il, regni Gothorum, les limites du royaume vi-
illud praesentia invisat, vel Gothîs crédite, qui sigothique. Paul, diacre', s'exprime delà
saepenumero etiam SeftimA'NIATA SU AMfas- même manière; car il renferme l'ancien
tidiunt vel refundunt, modo invidiosi hujus domaine des Visigoths dans les Gaules avant Éd.ongj
anguli etiam desolata proprietate potiantur... Euric, à ce qui leur avoit été d'abord cédé p. ôSg.
Quia etsi illî, veterum finium limitibus effrac- parles empereurs, c'est-à-dire à l'Aqui-
tis, omni vel virtute vel mole, possessionis
turbidae metas in Rhodanum Ligerimque pro-
terminant : vestra tamen auctoritas pro digni-
tate sententîae, sic partem utramque modera-
bitur, ut & nostra discat quid debeat negare
cum petitur, & poscere adversa desinat cum
negatur. Il est clair par ce passage & par
l'époque de la lettre, que Sidoine entend
taine deuxième, & à la ville de Toulouse :
Gothi quoque non contenti provincia quam
superius a Romanis habitandam pênes Gal-
liam acceperant, Arvernos & Narbonam cum
suis finibus captas învadunt, &c.
XI. Il résulte de ce que nous venons de
rapporter que par le nom de Septimanie, Si-
doine entend seulement l'ancien domaine des
par la Septimanie ce qu'il appelle dans le Visigoths dans les Gaules (yeteres fines).
même endroit les anciennes limites des domaine dans lequel la Narbonnoise pre-
Visigoths, veteres fines Gothorum, que ces mière, à la réserve de la ville de Toulouse
peuples avoient franchies depuis quelques & de son territoire, n'étoit pas comprise. Et
années pour se rendre maîtres de la plus en effet , dans le temps que ce prélat se
grande partie de l'Aquitaine première & de servoit du mot de Septimanie, les Visigoths
la Narbonnoise première & qu'ils vouloient n'étoient pas encore entièrement les maîtres
I
étendre jusqu'au Rhône & à la Loire.
Septimaniamsuamfastidiuntvel refundunt, &c.,
veterum finium limitibus effractis, 6-c., metas
în Rhodanum Ligerimque proterminant, &c.
Or, Sidoine explique ailleurs ce qu'il en-
tend par les anciennes limites des Visigoths,
savoir le pays des Gaules qui avoit été cédé
anciennement à ces peuples par les empe-
reurs, & dans les bornes duquel ils s'é-
toient auparavant tenus renfermés, con-
formément aux traités qu'ils avoient faits
de toute cette province, puisqu'il dit dans
le même endroit, que ces peuples faisoient
tous leurs efforts pour étendre leurs fron-
tières jusqu'au Rhône. Ce ne pouvoit être
que par la conquête de la Narbonnoise
première, limitrophe de ce fleuve; par con-
séquent ils ne la possédoient pas encore en
entier. Il faut donc chercher la Septimanie
dans les anciens Etats des Visigoths dans
les Gaules , c'est-à-dire dans l'Aquitaine
deuxième qui, avec la ville de Toulouse &
avec les Romains, jusqu'aux nouvelles en- son territoire, fut d'abord cédée à ces peu-
treprises d'Euric ' : Evarix rex Gothorum
' Sidoine, 1. 8, Epist, 3.
■ Sidoine, 1. 3, Epist. 1. » Tillemont sur S. Sidoine.
' Sidoine, 1. 7, Epist. 6, 3 pgi^,] diacre, Hist. Miscell, 1. i5.
I
à
Note
57
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
123
pies, l'an 419, par le patrice Constance au
nom (le l'empereur Honoré; or nous trou-
vons la Septimanie dans cette province en y
joignant le Toulousain.
XII. L'Aquitaine deuxième dont la ville
de Bordeaux étoit la métropole, ne renfer-
moitanciennementque six peuples' oucités,
savoir : le Bordelois, le Poitou, la Saintonge,
l'Angoumois, le Périgord & l'Agenois, ou les
diocèses de Bordeaux, de Poitiers, de Sain-
tes, d'Angoulème, de Périgueux & d'Agen;
à quoi, si l'on ajoute la cité ou le diocèse
de Toulouse qui fut cédé aux Visigoths
par le même traité, on trouvera les sept
cités ou les sept peuples qui peuvent avoir
donné le nom à la Septimanie dont parle
Sidoine.
On pourroit croire que la Novempopu-
lanie, ou du moins une grande partie, fut
cédée aux Visigoths parl'empereur Honoré,
avec l'Aquitaine deuxième & Toulouse; mais
les anciens historiens qui font mention de
cette cession n'en disent rien. Idace" rap-
porte seulement que cet empereur leur céda
l'Aquitaine depuis Toulouse jusqu'à l'Océan,
& S. Prosper% auteur contemporain suivi
par Isidore'', la seconde Aquitaine avec quel-
ques villes des provinces voisines. Or, l'un de
ces auteurs explique l'autre; car en suppo-
sant, comme nous faisons, qu'Honoré ne
céda aux Visigoths que l'Aquitaine deuxième
avec le Toulousain, on entend très-bien ce
qu'Idace a voulu dire, puisque tout ce pays
s'étend depuis Toulouse jusqu'à l'Océan; &
par les villes des provinces voisines dont
parle S. Prosper, on peut entendre seule-
ment le Toulousain qui étoit alors d'une
très-grande étendue, & pouvoit comprendre
plusieurs petites villes outre la capitale.
Quoi qu'il en soit, il est du moins certain par
le texte de cet auteur que toute la Novem-
populanie ne fut pas alors cédée aux Visi-
goths; nous savons d'ailleurs, qu'ils ne s'é-
tendirent dans l'Aquitaine première que
longtemps après.
XIII. Ces peuples demeurèrent longtemps
' Voyez Notltla civ'itatum Gall. apud S'irmondum ,
Conc. Gall. t. ! .
' Idace, Chronicon,
^ S. Prosper, Chronicon, p. ^ç).
^Isidore, Chronicon ^ p. 716.
renfermés dans les limites de ces sept pays
ou cités qu'ils possédoient légitimement.
L'an 462,1e comte Agrippin leur ayant livré
la ville deNarbonne au nom de l'empereur
Sévère, ils s'étendirent depuis ' peu à peu,
& firent successivement des conquêtes dans
la Narbonnoise première & les provin-
ces voisines ; de sorte que l'an 478, qui
est l'époque de la lettre de Sidoine Apol-
linaire dont il s'agit, il ne restoit plus aux
Visigoths qu'à s'emparer de l'Auvergne,
pour être maîtres de toute la partie des
Gaules située entre la Loire, le Rhône,
les Pyrénées & les deux mers. Il est vrai
que ces peuples non contens des pays qui
leur avoient été cédés par Honoré, avoient
fait diverses tentatives depuis cette cession
pour étendre leurs frontières, & qu'il y a
lieu de croire qu'ils s'emparèrent de divers
pays voisins de leur demeure; c'est aussi ce
que Sidoine fait entendre par ces termes :
Saepenumero Septlmanlam suam fastldlunt S-
refundunt. Mais il paroît en même temps
que les empereurs les obligèrent de restituer
leurs conquêtes & de se renfermer dans leurs
anciennes limites, par les nouveaux traités
qu'ils firent avec eux , jusqu'à ce qu'enfin
ces mêmes peuples profitant de la décadence
& des troubles de l'Empire qui suivirent la
mort de Majorien, ils franchirent impuné-
ment les bornes de leurs anciens Etats &
s'approprièrent les provinces voisines que
l'empereur Népos fut obligé de leur céder
par un traité.
XIV. Selon ce que nous venons de dire,
l'Aquitaine deuxième, avec la ville de Tou-
louse, auront d'abord porté le nom de Sep-
timanie avant que les Visigoths fissent des
progrès dans les provinces voisines ; à moins
que Sidoine Apollinaire n'ait inventé ce
terme pour désigner les anciens Etats de ces
peuples dans les Gaules, Etats qui, en effet,
étoient composés de sept cités.
XV. Depuis cet évêque de Clermont jus-
qu'à Grégoire de Tours, nous ne trouvons
aucun auteur ni aucun monument' qui
fassent mention de la Septimanie; car il
est faux que ce nom soit employé en 533,
dans le testament de S. Rémi, comme quel-
' Idace, Chronicon.
' Le Cointe, ad ann. 533, n. 5o,
Note
57
124
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Éd.orig.
t. I,
p 660.
ques auteurs l'ont avancé; ainsi nous igno-
rons si on se servit de ce terme depuis Si-
doine pour désigner la partie des Gaules
soumise aux Visigoths. On pourroit seule-
ment conjecturer qu'on appela ainsi les
pays qui restèrent à ces peuples tant en
deçà qu'en delà du Rhône, après la bataille
de Vouglé en Soy, sur ce que l'Anonyme '
de Ravenne comprend la Provence dans la
Septimaniej ce qu'aucun autre auteur n'a
fait ni avant ni après lui. Mais comme on
ignore le temps auquel ce géographe a vécu,
on ne peut rien dire de positif sur son au-
torité. Tout ce qu'il y a de certain, c'est que
depuis Grégoire de Tours on a toujours
appelé Septimanie la partie de la Narbon-
noise première qui demeura aux Visigoths,
& qu'on continua de donner ce nom à cette
province jusque sous la troisième race de
nos rois, soit que cet historien l'ait em-
prunté de Sidoine Apollinaire, & qu'il l'ait
appliqué aux Etats que les Visigoths possé-
doientde son temps dans les Gaules; ou que
lui & les autres auteurs qui l'ont suivi aient
ainsi appelé cette province, parce qu'elle
comprit d'abord sous les Visigoths sept ci-
tés ou diocèses, comme nous l'avons déjà
dit.
Du reste, les auteurs & les monumens
postérieurs à Grégoire de Tours donnent
indifféremment le nom de Septimanie & de
Gothie à la partie de la Narbonnoise pre-
mière qui demeura aux Visigoths depuis
la bataille de Vouglé; mais nous ne trou-
vons aucun ancien auteur goth ou espagnol
qui ait donné le nom de Septimanie à cette
province. Elle est appelée seulement la
province des Gaules ou la Gaule Gothique,
dans les actes des conciles de Tolède ou
dans les auteurs qui ont écrit dans les pays
situés au delà des Pyrénées; ce qui nous
fait conjecturer que les historiens gaulois
ou françois qui se sont servis du nom de
Septimanie l'ont pris de Grégoire de Tours,
& celui-ci de Sidoine Apollinaire; & que
les Visigoths n'ont jamais ainsi appelé cette
province pendant tout le temps qu'ils en
ont été les maîtres.
' Anonyme de Ravenne, p. 35, 191 & 196.
[^i^ote additionnelle placée par D. Vaîssetc
au tome V de V édition originale.^
Sur la Septimanie.
MASTRUC', peu content des diverses
• opinions des savans sur l'origine du
nom de Septimanie, en propose une nou-
velle, qu'il croit plus naturelle & plus sim-
ple. Il prétend que ce sont les Goths eux-
mêmes qui ont imposé ce nom au pays qu'ils
occupoient dans les Gaules; qu'ils ont pris
par conséquent ce nom du fond de leur
propre langue, & qu'ainsi c'est dans la lan-
gue tudesque qu'il faut chercher l'étymo-
logie du nom de Septimanie; que dans cette
langue man signifie homme, & sée la mer;
que peut-être les Goths prononçoient sete
pour ^ée dans leur idiome particulier : ainsi,
ajoute-t-il, seemans ou setemans aura signi-
fié, dans la langue gothique, les habitans de
la côte & des pays maritimes. De ce nom, les
habitans des Gaules, qui parloient latin,
auront fait Setemanie ou Setimani & même
Septimani, & auront par conséquent donné
aux pays maritimes de Languedoc, occupés
par les Goths, le nom de Setimania ou Septi-
mania.W appuie cette étymologie sur ce qu'il
est certain, à ce qu'il prétend, que le nom
de Septimanie n'a jamais été attribué qu'à
cette partie de la Narbonnoise qui étoit si-
tuée le long de la mer Méditerranée, depuis
le cap de Creux en Roussillon jusqu'aux
embouchures du Rhône, à douze ou treize
lieues loin de la côte.
Ce système souffre de grandes difficultés.
M. Astruc n'en trouve qu'une seule qu'il
s'objecte : « C'est, dit-il, que Sidoine Apol-
« linaire, qui a employé le premier le nom
« de Septimanie pour désigner le pays des
« Goths, l'a employé en 473, dans un temps
« où les Goths n'étoient pas encore maî-
« très du bas Languedoc ; & que ce nom,
« par conséquent, a été originairement em-
« ployé à désigner un pays très-différent du
« bas Languedoc, & fort éloigné de la mer
« Méditerranée ; & qu'ainsi c'est sans aucun
' Mémoires pour l'histoire naturelle de Languedoc^
p. 141 & SUIY.
Éd.oria.
t.V,^
p. 667
Note
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
I2b
« fondement, ou pour mieux dire, contre
« la vérité de l'histoire, qu'on prétendroit
« conclure que ce nom signifie pays mari-
ai time, de ce que le pays qui l'a porté dans
« la suite étoit effectivement situé près de
« la mer, puisque c'est la première accep-
« tion de ce nom qui en doit fixer la valeur,
« l'origine & l'étymologie. »
Pour répondre à cette objection, M. As-
truc s'efforce de prouver que les Goths
étoient maîtres du bas Languedoc en 478,
lorsque Sidoine Apollinaire écrivit àAvitus
la lettre où il emploie le nom de Septima-
nie : mais, quand il seroit vrai que les Vi-
sigoths étoient alors maîtres depuis quel-
ques années de la Narbonnoise première,
ou de la plus grande partie de cette pro-
vince, il est certain qu'ils dominoient sur
plusieurs autres pays, qui leur avoient été
cédés par les empereurs romains, & que c'est
de ces pays dont Sidoine a voulu parler
sous le nom de Septimanie : Veterum finium
Umlûbus effractîs, &c., dit Sidoine dans sa
lettre à Avitus. M. Astruc voudroit persua-
der qu'il ne s'agit ici que des conquêtes que
les Goths faisoient pour s'approcher de la
Loire ; en sorte que les anciennes limites vou-
droient dire les nouvelles ; ce qu'il ne fera
pas croire aisément.
Mais ce n'est pas la seule objection qu'on
peut faire contre son opinion : une des plus
fortes est, qu'en supposant avec M. Astruc
que ce sont les Goths eux-mêmes qui ont
donné le nom de Septimanie à la Narbon-
noise première, ils ne s'en sont jamais ser-
vis dans aucun monument, & que ce nom
n'a été employé que par des Romains ou
des Gaulois. En effet, on n'a qu'à consul-
ter le code des lois Visigothiques, les actes
des conciles de Tolède & tous les autres
monumens de l'histoire des Goths, on ne
trouvera jamais qu'ils aient employé le nom
de Septimanie pour désigner leur province
des Gaules ou la Narbonnoise première,
tandis que Sidoine & quelques autres Gau-
lois ou Latins se sont servis de ce nom 3
preuve certaine que la racine de ce nom
vient de septem.
Une société de gens de lettres qui s'est
formée à Montpellier, dont M. le prési-
dent Bonnier d'Alco est un des principaux
membres, gens de goût & d'érudition, qui
Note
AUUIT.
s'assemblent une fois la semaine pour trai-
ter différens sujets de littérature, ayant
examiné les divers sentimens sur l'origine
du nom de Septimanie, & n'en étant pas
satisfaits, M. d'Alco écrivit à M. de Manda-
jors pour le consulter. M. de Mandajors,
dans sa réponse, après avoir solidement ré-
futé l'opinion de M. Astruc, en propose une
nouvelle. Il convient que le nombre de
sept cités a donné le nom à la Septimanie,
& lui est relatif; & prétendant que Cons-
tance en céda un plus grand nombre à Wal-
lia, roi des Visigoths, il suppose qu'Euric,
roi des Visigoths , occupoit en 473 sept
cités de l'Aquitaine première, dans le temps
qu'il faisoit divers efforts pour envahir
l'Auvergne, huitième cité de cette province;
qu'ayant formé un gouvernement de ces
sept cités, il en gratifia le duc Victor, & que
ces sept cités ont donné le nom à la Septi-
manie. Il développe ensuite son opinion par
divers raisonnemens, que M. d'Alco a dé-
battus avec force dans une réponse datée
du i5 de juin de l'an 1742. Une des objec-
tions de M. d'Alco, contre le système de
M. de Mandajors, est qu'il suppose qu'en
473 les Goths étoient en possession du
Berry. M. d'Alco le nie, & s'appuie princi-
palement sur ce que Sidoine, alors évéque Ed.orig.
de Clermont , fut appelé à l'élection de p. 668
S. Simplice, archevêque de Bourges, à l'ex-
clusion des évêques soumis à la domina-
tion des Goths. Or, S. Simplice n'a pu être
élu qu'après l'an 472; ainsi Bourges étoit
par conséquent alors sous la domination
des Romains. D'ailleurs, ajoute M. d'Alco,
suivant Grégoire de Tours, Euric établit
Victorius duc ou gouverneur de sept cités
de l'Aquitaine première, la quatorzième
année de son règne ; & l'Auvergne étoit
alors sous la domination des Goths suivant
le même historien, ce qui détruit tout le sys-
tème de M. de Mandajors, comme M. d'Alco
le prouve en détail.
M. d'Alco, après avoir exposé les raisons
qui lui font rejeter l'opinion de M. de Man-
dajors, en propose une nouvelle dans sa
réponse. Il suppose que l'étymologie du
mot Septimania vient de septem maenîa ou
de septem mansiones ; c'est-à-dire de sept
villes murées ; & il se contente de trouver
ce nombre aux environs de Narbonne, sans
Note
A])DIT.
126
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
qu'il soit nécessaire que ces villes fussent
épiscopales. Or, ajoute-t-il, la métropole
de Narbonne,suivantla division queWamba,
roi des Visigoths, fit de cette province en
680, étoit composée de huit villes princi-
pales, savoir : Narbonne, Béziers, Agde,
Maguelonne, Nimes, Lodève, Carcassonne
& Elnej & cette division étoit relative aux
plus anciens titres, & par conséquent au
siècle où vivoit Sidoine Apollinaire. Nous
voyons d'un autre côté, continue M. d'Alco,
que l'empereur Sévère céda aux Visigoths,
en 462, toute la Narbonnoise première jus-
qu'à Nimes; à l'exception de cette dernière
ville, qu'Euric assiégea plusieurs années
après. Ainsi, ce sont les sept villes de la
Narbonnoise première cédées en 462 aux
Visigoths par l'empereur Sévère qui font la
Septimanie qu'on cherche.
M. de Mandajors, persistant dans son
opinion , répliqua aux objections de
M. d'Alco. Il soutient, entre autres, que les
Visigoths étoient maîtres de Bourges en
472, & que Grégoire de Tours se trompe en
fixant la nomination de Victor au duché ou
gouvernement de sept cités de l'Aquitaine
première à la quatorzième année du règne
d'Euric. Il fait remonter cette nomination à
l'an 475 & ajoute à la fin, qu'il ne peut se
persuader que la Septimanie de Sidoine soit aussi que le nom de Septimanie fut inventé
la même que celle de la Narbonnoise pre- précisément cette année, ce qui n'est nul-
mière; qu'elles n'ont de commun que le lement vraisemblable; & il paroît, au con-
nom & la domination des Goths, & que traire, que ce nom étoit en usage depuis
lorsque ce mot de Septimanie fut inventé, longtemps : Saepenumero Septimaniam suam
les Goths n'avoient peut-être pas sept cités fastîdiunt fi- refundunt, dit Sidoine dans sa
dans la Narbonnoise. M. d'Alco me fit lettre à Avitus. Il est évident d'ailleurs par
l'honneur de me faire part de cette dispute, cette lettre, que la Septimanie dont parle
dont il m'envoya les pièces, le II de mars de Sidoine étoit l'ancien domaine des Goths
l'an 1743, en me priant d'en dire mon sen- dans les Gaules : Veterum finium limïtibus
timent, que je pris la liberté de lui envoyer effractis, est-il dit en parlant des Visigoths
quelque temps après; j'en rapporterai ici qui s'efforçoient d'étendre leur domination.
M. de Mandajors & de M. d'Alco ne me
paroissent pas plus solides.
M. de Mandajors suppose que Victor ne
fut pas le premier duc ou gouverneur des
sept cités ou villes, qui, selon lui, ont
formé la Septimanie de Sidoine, & qu'Euric
en avoit nommé un autre avant lui : il le
suppose, & ne le prouve pas; mais en ad-
mettant la supposition, il faudra prouver
aussi qu'Euric créa ce gouvernement de
sept cités de l'Aquitaine première, précisé-
ment après la conquête du Berry, & avant
celle de l'Auvergne ; & si cette création est
antérieure à la conquête du Berry, ou pos-
térieure à celle de l'Auvergne, tout le sys-
tème de M. de Mandajors tombe entière-
ment. Mais si Victor n'a été nommé à ce
gouvernement qu'en 476 ou 476, & si ce
gouvernement a été créé alors pour la pre-
mière fois, comme il est fort vraisemblable,
il est certain que l'Auvergne appartenoit
alors aux Visigoths, & que ce pays faisoit
une des sept cités dont Victor fut gouver-
neur. Il n'est pas non plus certain qu'en
473 la ville de Bourges fût au pouvoir des
Visigoths, quoiqu'il paroisse qu'elle leur
fut soumise bientôt après. Mais en suppo-
sant même que la ville de Bourges étoit sou-
mise aux Visigoths en 473, il faut supposer
NoTK
ADDIT
le précis.
Il est certain qu'il est plus aisé de dé-
truire les diverses opinions qui ont paru
jusqu'ici sur l'origine du nom de Septima-
nie que d'en établir une bien solide, qui
soit à l'abri de toutes les difficultés. J'ai
discuté dans la Nofe LVII du [présent] vo-
lume de l'Histoire de Languedoc, les opi-
nions de ceux qui nous avoient précédés,
avant que de proposer la nôtre. Je viens
d'examiner celle de M. Astruc : celles de
Or, quand même ces peuples auroient sou-
mis le Berry l'an 470, l'acquisition qu'ils en
auroient faite eût été trop récente, trois ans
après, pour que ce pays pût être censé faire
partie de leur ancien domaine.
Quant à l'opinion de M. d'Alco, elle re-
vient à peu près au sentiment du P. le
Cointe & de M. de Valois, dont nous avons
fait voir le peu de solidité dans la Nofe LVII
[qui précède]. M. d'Alco rectifie ce sys-
tème en supposant que le nom de Septi-
Note
AUUIT,
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
127
manie vient: de sept villes murées situées
aux environs de Nar])onne (septem maenïaoxi
septem mansiones), cédées en 462 par l'em-
pereur Sévère au roi Théodoric; mais, ou-
tre que cette cession eût été trop récente
en 473 pour que Sidoine Apollinaire quali-
fiât les limites de cette province veteres fines,
à l'exclusion des plus anciens domaines que
les Visigoths possédoient dans les Gaules,
dès qu'on s'arrête indifféremment à sept
villes muréesj on peut assurer qu'il y en
avoit un plus grand nombre dans l'étendue
du pays cédé par Sévère à Théodoric; &
nous ne voyons aucune raison de préférer
les villes de Carcassonne, Agde & Mague-
lonne, qu'on met au nombre des sept, & qui
n'étoient pas encore alors épiscopales ou
capitales, à celles de Cessera, Mesua, Fo-
rum Domîtîi^ Piscenae & autres; car Wamba
régla, en 680, les limites des diocèses. Que
si on prétend que ces sept villes étant chefs
de diocèses sous le règne de ce prince, cela
doit remonter aux temps antérieurs; il
faudra faire voir qu'elles l'étoient sous
l'empire de Sévère, & alors on embrassera
d'un côté le système de sept cités ou sept
villes épiscopales qui ont donné le nom à
la Septimanie, tandis qu'on le rejettera de
l'autre. Non- seulement on n'a aucune
preuve que Carcassonne, Agde & Mague-
lonne fussent décorées du titre de cités ou
td.orig. de capitales de peuples en 462, mais il pa-
p. 669. roît certain qu'elles ne le furent que long-
temps après; & cependant dans un temps
assez antérieur au règne de Wamba, pour
que ce prince pût dire qu'il avoit réglé les
limites de leurs diocèses , conformément
aux anciens monumens.
Nous nous en tenons donc, sur l'origine
du nom de Septimanie, à l'opinion que
nous avons proposée dans la Hôte LVII du
présent volume de cette histoire, parce que
c'est celle qui souffre le moins de difficul-
tés : elle est appuyée sur le nombre de sept
cités ou sept peuples, que le patrice Cons-
tance céda au roi Wallia en 419. Il est vrai
qu'on oppose que les Romains cédèrent
alors aux Visigoths, non-seulement les six
cités de l'Aquitaine seconde, mais encore
quelques autres cités des provinces voisines,
suivant le témoignage de Prosper, dans sa
Chronique; ce qui surpasse le nombre de
sept : maison peut expliquer la Chronique
de Prosper par celle d'Idace, qui dit que
Constance céda à Wallia le pays situé de-
puis Toulouse jusqu'à l'Océan : Gothi per
Constantium ad Gallias revocati, sedes inAqui-
tania, a Tolosa usque ad Oceanum accepe-
runt ; en sorte que lorsque Prosper dit que
Constance céda à Wallia la seconde Aqui-
taine, on ne doit pas l'entendre de toute
l'Aquitaine seconde en entier, mais de la
plus grande partie de cette province : Cons-
tantius patricius pacem firmat cum Wallia,
data ei ad inhabitandum secunda Aquiiania,
& quibusdam civitatibus confinium provincia-
rum. Les provinces limitrophes de l'Aqui-
taine seconde étoient l'Aquitaine première,
la Narbonnoise première &la Novempopu-
lanie. Il est certain que Wallia ne posséda
que le Toulousain dans la Narbonnoise
première, qui lui fut cédé parles Romains,
& qu'aucun pays de l'Aquitaine première ne
tomba au pouvoir des Visigoths que sous le
règne d'Euric. Ainsi, en supposant avec
Idace, que Constance céda à Wallia la partie
de l'Aquitaine qui s'étend depuis Toulouse
jusqu'à la mer Océane, il lui aura cédé avec
cette ville, l'Agenois, le Bourdelois, l'An-
goumois & le Périgord, qui font la plus
grande portion de l'Aquitaine seconde. Or,
si on joint à ces cinq peuples ceux de Bazas
& de Lectoure, situés le long de la Garonne
vers Bordeaux, on trouvera le nombre des
sept cités que l'on cherche, & la Chronique
de Prosper s'accordera avec celle d'Idace.
Nous embrassons d'autant plus volon-
tiers ce système ainsi rectifié, qu'il a été
suivi depuis peu par un excellent critique
dont le suffrage est d'un fort grand poids,
qui a fait une étude particulière de cette
matière, & qui a longtemps réfléchi sur les
diverses opinions touchant l'origine du
nom de Septimanie. C'est le célèbre abbé
Dubos, qui s'exprime de la manière sui-
vante dans son Histoire critique de la monav'
chie française ' : « Il s'en faut beaucoup que
« les auteurs modernes soient d'accord en-
« tre eux sur ce que signifie, dans la lettre
« de Sidonius à Avitus, le terme de Septi-
K manie... Je n'entreprendrai point de les
' Histoire critique de la. monarchie fran^ohe , I. 3,
c. 10, p. 621 81 suiv, de l'édition de 1742.
Note
ADDIT
Note
128
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
accorder; &, ce qui suffît, eu traitant la
matière que je traite, je me contenterai
d'observer que, dans le passage que je
viens de rapporter, Septîmanîe signifie
certainement les quartiers que Constance,
mort collègue de l'empereur Honorius,
assigna dans les Gaules auxVisigoths, à
leur retour d'Espagne en 419. On aura
donné dans le langage ordinaire, au pays
compris dans ces quartiers, le nom de
Septimanie, parce qu'il renfermoit, sui-
vant l'apparence, sept cités qui n'étoient
pas toutes de la même province. Comme
ces cités composoient à certains égards
un nouveau corps politique, il aura bien
fallu lui trouver une dénomination, un
nom par lequel on pût, lorsqu'on avoit à
en parler, le désigner, sans être obligé
d'avoir recours à des circonlocutions.
Quelles étoient ces cités ? Nous avons vu
en parlant de cet événement dans notre
livre second, que Toulouse & Bordeaux
en étoient deux. Quelles étoient les cinq
autres } Les cités qui sont adjacentes à ces
deux-là, de quelque province de la Gaule
que ce fût qu'elles fissent partie. On aura
donc attribué à nos sept cités le nom de
Septimanie par un motif à peu près sem-
blable à celui qui avoit fait donner en
droit public le nom de Sept provinces à
ces sept provinces des Gaules dont nous
avons parlé à l'occasion de l'édit rendu
par Honorius en 418. Ainsi Sidonius aura
écrit, dans l'intention de donner une
juste idée de l'envie qu'avoient les Visi-
goths d'être maîtres de l'Auvergne, que
pour y avoir des quartiers, ils étoient
prêts, à ce qu'il leur plaisoit de dire,
d'évacuer & de rendre leurs premiers
quartiers. Quoique certainement la pro-
position ne fût point faite sérieusement,
& qu'elle ne fût qu'un simple discours,
elle aidoit néanmoins à faire voir que les
Visigoths avoient une extrême envie de
posséder l'Auvergne. On se sera accou-
tumé, dès le temps de Sidonius, à dire la
Septimanie, pour dire le pays tenu par les
Visigoths ; ce qui aura été cause que dans
la suite, on aura donné ce nom à d'autres
pays qu'à celui qui l'avoit porté d'abord :
mais toujours relativement à sa première
acception, c'est-à-dire, parce que ces
« pays-là étoient tenus parles Visigoths. »
Dans un autre endroit", M. l'abbé Dubos
assure « qu'il paroît, en faisant attention à
« la suite de l'histoire, qu'on donna aux
(( Visigoths, non pas la seconde Aquitaine
« en entier, mais seulement une portion
« de cette province & quelques cités de la
« Narbonnoise première ou d'autres pro-
« vinces. »
NOTE LVIII
Si Sigismer, prince françois, épousa
une fille d'Euric , roi des Visi-
goths.
SUIVANT M. de Valois', le prince Sigismer,
dont Sidoine' Apollinaire décrit l'entrée
dans Lyon, alla dans cette ville pour épou-
ser une fille du roi Euric ; mais la manière
dont M. deTillemonf* s'exprime surce sujet
donne lieu de croire qu'il ne faisoit pas
beaucoup de fonds sur cette conjecture.
Nous avons, en effet, deux raisons qui
nous font douter de la vérité de ce mariage :
i" parce qu'il est très-difficile que l'an 469%
qui est le temps où Sidoine fait mention du
voyage du prince Sigismer, Euric eût une
fille en état d'être mariée. Ce roi étoit alors
assez jeune; car nous avons prouvé ailleurs®
que Théodoric, son frère & son prédéces-
seur, étoit mort l'an 466, à l'âge d'environ
trente-cinq ans : or, Euric étoit son puîné
de quelques années, puisque le prince Fré-
déric étoit entre eux deux '. D'ailleurs Euric
devoit être encore enfant, lorsqu'en45i son
père Théodoric I marcha contre Attila; car
il ne prit avec lui que ses deux fils aînés
Thorismond & Théodoric, sans doute parce
' Histoire critique de la monarchie française, 1. 2,
c. 6, p. 256.
* Adrien de Valois, Rerum Francicarum 1. 5, p. 2 1 9
&. seq.
' Sidoine, 1. 4, Epist. 20.
^ Tillemont, art. 9, sur S. Sidoine.
^ Tillemont, art. 9, sur S. Sidoine.
6 Voyez Note LVI.
' Jornandès, c. 36.
Note
ADDIT.
Note
58
Ed.orig
t. 1,
p. 660.
Note
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
129
Note
59
qu'ils étoieiit alors les seuls capables de
porter les armes. Nous verrons enfin qu'Ala-
ricj fils aîné d'Euric, ne se maria que vers
l'an 496^ ainsi Euric, en 469, pouvoit avoir,
tout au plus, vingt-cinq à trente ans.
2° M. de Valois prétend prouver le ma-
cette cession comme d'un article du traité
qui devoit être conclu entre ces deux prin-
ces, ii'en a parlé que sur un bruit fort in-
certain & qu'il détruit lui-même par ses
lettres postérieures. Mais les lettres de ce
prélat ne sont pas rangées selon l'ordre
riage de Sigismer avec une fille d'Euric, par chronologique, & telle qui est postérieure
une épître de Sidoine, où il est parlé d'une à celle où il parle de la cession de l'Auver-
alliance entre les Visigoths & les François, giie, lui est antérieure pour la datej ainsi
qu'il croit avoir été cimentée par ce ma- cela ne prouve rien. D'ailleurs, M. de Til-
riage. Il est vrai que Sidoine' fait entendre lemont',quia beaucoup travaillé pour fixer
que les François demandèrent la paix à la chronologie de ces lettres, ne doute pas
Euric & son alliance : Mo(/o de superîore que l'Auvergne n'ait été cédée aux Visigoths
cum barbaris ad Vachalîm trementibus fœdus par l'empereur Népos, dans un traité de
Victor innodat; & qu'il parle ailleurs' des paix.
Quelle apparence, en effet, qu'Euric, qui
vouloit à quelque prix que ce fût, terminer
ses Etats par la Loire & le Rhône % ait re-
fusé la paix que les évêques de Provence
lui offroient au nom de l'empereur à ces
conditions, & qu'il y ait renoncé ensuite
pour faire une paix moins avantageuse dans
le temps qu'il étoit le maître de donner la
loi? Peut-on croire que ce roi, par le traité
qu'il conclut avec S. Épiphane, ait aban-
donné toutes ses conquêtes qu'on vouloit
lui laisser auparavant, pour se renfermer
dans les bornes étroites de l'ancien domaine
des Visigoths dans les Gaules ? Car, si Né-
pos ne lui eût pas cédé les pays qu'il avoit
conquis, Euric se seroit presque vu réduit
à la seule province ecclésiastique de Bor-
deaux & au pays toulousain. Enfin, y a-t-il
quelque vraisemblance que Sidoine ne fût
pas instruit des .articles de paix proposés
au roi des Visigoths son voisin par les évê-
ques de Provence, lui qui étoit si intéressé
& si attentif à savoir tout ce qui se passoit
là-dessus? Nous ne doutons pas que, par le
traité que Népos conclut avec ce prince, il
ne lui ait cédé l'Auvergne avec toutes ses
suader que l'empereur Népos ait nouvelles conquêtes, & qu'Euric n'ait alors
cédé l'Auvergne au roi Euric par un traité borné ses Etats dans les Gaules par la
solennel : il aime mieux croire que ce roi Loire, le Rhône, l'Océan, la Méditer-
s'empara de ce pays par les armes. Sa raison ranée & les Pyrénées 5 ce qui faisoit l'uni-
est que Sidoine'', dans sa lettre à Grec, évê- que objet de son ambition. Outre la fin de
que de Marseille, où il fait mention de la harangue de S. Epiphane' à ce prince
mêmes peuples comme si ce prince les
avoit domptés :
Hic tonso occipiti senex Sicamber,
Postquam victus es, elicis retrorsum
Cervicem ad veterem novos capillos.
Mais rien de tout cela ne prouve une al-
liance entre les Visigoths & les François,
formée par le mariage de Sigismer avec la
fille du roi Euric. Il est au contraire plus
vraisemblable que ce prince françois n'alla
à Lyon, & n'y fit son entrée que pour épou-
ser la fille d'un roi des Bourguignons, alors
maîtres de cette ville.
NOTE LIX
Eclair cîs se mens sur quelques endroits
de la vie d'Euric 6* sur sa famille.
I.
Ti «• DE Valois' a de la peine à se per-
NoTB
59
'Sidoine, 1. 8, Epist. 3.
' Sidoine, 1. 8, Epist. 9.
' Adrien de Valois, Kerum/'rancicarKm 1. 5, p. 226.
* Sidoine, 1. 7, Epist. 7.
' Tillemont, art. 22 & 27, sur S. Sidoine; art. 8,
sur Fauste de Rie^.
' Sidoine, I. 3, Epist. i ; 1. 7, Epist. i.
' Ennodius, Fie de S. Èpiphane, p. i665 & suit.
II.
Note
59
i3o
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
qui nous donne lieu de le croire, nous avons
l'autorité de Jornandès, qui, parlant des
conquêtes d'Euric dans les Gaules & en
Espagne, durant la décadence de l'Empire,
dit qu'il soumit alors ces provinces à son
propre domaine, ce qui prouve qu'il étoit
censé tenir de l'Empire ce qu'il en possé-
doit auparavant : Euricus ' rex Vesegotharum
Appendix est souvent fautif, il peut y avoir
une erreur dans cet endroit comme dans
les autres. Il est constant, en effet, que
Alaric II, fils & successeur d'Euric, étoit
le 2 de février & au mois de septembre do
l'an 5o6 dans la vingt-deuxième année de
son règne'. Il put l'avoir commencé par
conséquent & avoir succédé à son père au
Cd.orig. Romani regni vaccillationem cernens, Arela- mois d'octobre de l'an 484, ce qui approche
p. ôô'i, tum & Massiliampropriae subdidit ditioni. Et plus du calcul d'Isidore", qui met la mort
ensuite : Euricus... totas Hispanias Gallias- de ce dernier prince VEre Su ou l'an 488
que sibi jam JURE PROPRIO tenens simulquo- deh-C.,la dixième année de l'empereur Zenon,
que & Burgundiones subegit. & qui lui donne dix-sept ans de règne : car
II. L'époque de la soumission de la Pro- en supposant avec le P. Pagi qu'Euric no
vence à Euric souffre quelque difficulté.
L'auteur de VAppendix de la Chronique de
Victor ' de Tunes, dans les éditions que nous
en avons, place la prise des villes d'Arles &
de Marseille par ce roi sous le consulat de
Jean & de Sévère, c'est-à-dire sous l'an 470,
tandis qu'il est' certain que la Provence
obéissoit alors & encore longtemps après
aux Romains, & qu'elle ne fut soumise aux
Visigoths queversran48i.Mais ilfautpren-
dre garde que cet Appendix ou ces Additions
à la Chronique de Victor de Tunes, faites
par un Goth ou Espagnol, ayant été ajou-
tées à la marge des manuscrits de Victor,
il aura été aisé aux copistes postérieurs de
se tromper, & de transposer sous un consu-
lat ce qui avoit été rapporté sous un autre.
Nousavonsplusieurs exemples d'unesembla-
ble transposition dans le même Appendix.
III. Jornandès'' dit qu'Euric mourut la
commença de régner que l'an 467, & qu'il
est mort l'an 486, il auroit dû avoir alors
près de dix-huit ans de règne, ce qui ne
peut s'accorder avec Isidore.
IV. Les vers que Sidoine' fit pour une
coupe qui devoit être présentée à la reine
Ragnahilde, nous donnent lieu de croire
après le P. Sirmond ^, que cette princesse
étoit femme d'Euric. Quelques auteurs^ pré-
tendent cependant qu'elle avoit épousé
Théodoric II , frère & prédécesseur de ce
prince. Ils croient en trouver la preuve
dans les vers suivans de Sidoine " :
Sic tibi, cui rex est genitor socer atque maritus,
Natus rex quoque sit cum pâtre postque patrem.
Ils infèrent de là que Ragnahilde n'avoit
point d'enfant, & que l'inscription lui en
dix-neuvième année de son règne. Il sera souhaite un, ce qui convient, continue-t-on,
donc décédé en 484, en supposant, comme à Théodoric II, qui mourut sans postérité :
nous l'avons' dit ailleurs, qu'il commença mais il paroît que ces vers ne disent rien
de régner l'an 466. Le P. Pagi% après avoir moins que cela, & qu'au contraire, le poëte
prouvé que ce prince dut mourir avant le souhaite que le fils de Ragnahilde règne un
2 de février de l'an 486, prétend cependant jour avec son père & après son père ; fondé
qu'il décéda cette même année, parce que sans doute sur les exemples funestes qu'on
VAppendix de la Chronique de Victor de avoitdéjàvus dans lafamille de Théodoric I,
Tunes rapporte sa mort sous l'an 485. Mais dont les enfans, poussés par l'ambition de
comme le P. Pagi prouve' ailleurs que cet régner, s'étoient égorgés les uns les au-
NOTE
' Jornandès, c. 47.
' Victor de Tunes, éd. Scaliger, & Hlsp. lllust. t. 4.
' Tillemont, art. 8, sur Fauste de Rie^.
''Jornandès, c. 47.
5 Voyez Note XCVI.
" Pagi, ad ann. 485, n. 24.
' Pagi, ad ann. 477, n. 20.
' Voyez Note LXII n. 3.
'Isidore, Ckronicon, p. 719 & seq.
^ Sidoine, 1. 4, Epist. 8.
'' Sirmond, not. Concil. Gall. p. 78.
^ Cliabanel, Antiquités de la Daurade, c. 8. —
Catelj Mémoires de l'Histoire de Languedoc, p. 471
'^ Sidoine, 1. 4, E/ist. 8.
Note
59
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
i3i
Note
ùo
très. Le dernier vers peut donc regarder
Alaric II, fils d'Euric.
V. Quanta ce qu'ajoute Chabanel", que
cette reine fut inhumée dans le cimetière
de l'église de la Daurade, qu'il estvraisem-
blable qu'elle étoit catholique, & qu'elle ou
le roi son époux fit construire ou du moins
agrandir cette église, ce sont de pures
conjectures qui n'ont aucun fondement.
Quelle apparence que l'épouse d'un roi
aussi zélé arien qu'Euric, & sans doute
arienne elle-même, ait fait bâtir cette église,
ou bien le roi Théodoric , son prétendu
mari , à moins que ce n'eût été pour ceux de
leur secte, sur quoi nous n'avons aucun mo-
nument. Il est vrai que Chabanel croit que
Ragnahilde étoit catholique parce qu'elle
étoit fille d'un roi des Bourguignons : il
se trompe, ces peuples professoient alors
l'arianisme.
NOTE LX
Epoque de l'entrevue de Clovîs
6" d' Alaric.
GRÉGOIRE de Tours', qui rapporte ce
qui se passa à l'entrevue de Clovis avec
Alaric, ne dit rien qui puisse en fixer l'épo-
que. Il est vrai qu'il en parle immédiate-
ment après la guerre que le premier fit aux
Bourguignons en 5oo & 5oi. Mais on sait
qu'il n'y a rien de fixe pour la chronologie
dans l'ordre des faits rapportés par cet
historien. En effet, il place dans le chapi-
tre suivant l'exil de S. Quentin, évêque de
Rodez, après cette conférence & avant la
bataille de Vouglé, donnée l'an 507. Mais
il est certain ' que cet évéque ne fut exilé
que l'an 5ii. N'ayant donc aucune preuve
précise de l'époque de cette conférence,
nous croyons qu'il est très-vraisemblable
qu'elle se tint peu de temps après les négo-
' Chabanel, Antiquités de la Daurade, c. 8.
' Grégoire de Tours, Histoire, 1, 2, c. 35.
' Adrien de Valois, Rerum Francicarum 1. 6,
p. 268 & seq.
Note
60
ciations de Théodoric, roi d'Italie, pour ac-
commoder les différends qui s'étoient élevés
entre Clovis & Alaric, & qu'elle en fut une
suite, contre le sentiment du P. Daniel &
de nos historiens modernes, qui prétendent
qu'elle fut postérieure à la guerre de Clovis
contre les Bourguignons, & qu'elle précéda
immédiatement les nouveaux différends qui
s'élevèrent entre les deux rois, & qui fu-
rent suivis de la défaite & de la mort du
dernier à la bataille de Vouglé.
Suivant ce que nous venons de dire, cette
conférence dut se tenir vers la fin de l'année
498 ou au commencement de la suivante ,
car le P. Daniel a démontré' que les négo-
ciations de Théodoric, pour accommoder les
premiers différends des rois des François &
des Visigoths, précédèrent la guerre que
Clovis fit aux Bourguignons l'an 5oo. Nous
pouvons ajouter deux nouvelles raisons à
celles que cet auteur en a données.
La première, c'est que Cassiodore, le seul
qui ait parlé de ces négociations, dont les
lettres qui regardent la même matière sont
ordinairement de suite, rapporte celles qui
concernent cette affaire immédiatement
après la dernière du second livre. Or, Théo- Éd.ortg.
doric écrivit celle-ci à Clovis au sujet des p.'eô'a.
Allemands qui s'étoient réfugiés en Italie
après la bataille de Tolbiac. Ainsi cette der-
nière lettre étant de l'an 497 au plus tard,
les suivantes ne doivent pas être fort éloi-
gnées de cette date.
La seconde raison est que Théodoric,
ayant toujours été ennemi des Bourguignons
& que s'étant ligué avec Clovis contre Gon-
debaud, leur roi, depuis l'an 5oo, il n'y a
aucune apparence qu'il se fût adressé à ce
dernier pour l'engager à devenir le média-
teur des différends de l'autre avec Alaric, &
le porter à s'unir avec lui contre les Fran-
çois.
Il paroît donc certain qu'il s'éleva un dif-
férend entre Clovis & Alaric avant l'anSooj
que Théodoric, roi d'Italie, s'employa pour
réconcilier ces deux princes j que ses soins
ne furent pas inutiles, & que les deux rois
conclurent enfin la paix. Le P. Daniel con-
' Le P. Daniel, Histoire de France, t. i , p. 3o, &
Chronol, du règne de Clovis, à la fin du même vo-
lume.
Note
60
l32
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
61
vient de tout ceci, & il établit la paix & la
réconciliation d'Alaric & de Clovis dans
cette occasion sur l'autorité de Procope
qu'il cite en marge. Mais, en supposant,
comme il fait, que l'entrevue des deux rois
dont parle Grégoire de Tours fût posté-
rieure à la guerre des François contre les
Bourguignons, ou à l'an 5oo, il est obligé de
multiplier sans aucune iiécessité les que-
relles & les réconciliations entre Clovis &
Alaric. Or, nous n'avons aucune preuve
certaine que ces deux princes se soient
brouillés & raccommodés si souvent. Il est,
au contraire, bien plus naturel de croire
qu'après leur première réconciliation par
l'entremise de Théodoric, ils n'eurent aucun
nouveau différend jusqu'à celui qui servit
de prétexte au premier pour déclarer la
guerre à l'autre, durant laquelle ce dernier
perdit la vie.
Quant aux circonstances de l'entrevue de
ces deux rois rapportées par Roricon, Ai-
moin & la Chronique attribuée à Idace dans
la collection de Canisius ', il n'y a qu'à les
lire pour être persuadé de leur supposition.
C'est pourquoi nous n'en avons fait aucun
cas, à l'exemple de nosplus habiles critiques.
NOTE LXI
Si S. Eugène fonda un monastère dans
V Albigeois y 6» sur les actes de sainte
Carissimej vierge.
I.T ESPP.Mabillon',Ruinart'&deSainte-
i-'Marthe'' nefontpas difficulté de croire
que S. Eugène, évèque de Carthage, ait
fondé un monastère dans les Gaules & dans
le lieu de son exil; c'est là l'origine qu'ils
donnent au monastère de Vieux (Fiancium)
en Albigeois. La seule preuve qu'ils en ont
n'est appuyée cependant que sur le propre
du diocèse d'Albi qui portoit autrefois' que
S. Eugène exilé dans les Gaules^ ayant éta-
bli sa demeure dans V Albigeois, y avoit bâti
un monastère auprès du sépulcre du martyr
S. Amarand, où. cet évèque de Carthage étoit
mort après bien des travaux & des peines. On
a supprimé tout cela dans la nouvelle édi-
tion de ce propre, réformé & imprimé
en 1703, par ordre de feu M. de la Ber-
chère, archevêque d'Albi, & on n'a mis pour
leçons le jour de la fête du saint, que le pur
texte de Grégoire de Tours. Il est vrai qu'on
lit encore dans le nouveau propre, au 2
d'octobre, fête de S'® Carissime, que cette
sainte alla mourir au monastère de Vieux fondé
par S. Eugène, &c.
La fondation de ce monastère n'étant
donc uniquement appuyée que sur la lé-
gende de l'église d'Albi, cette autorité ne
nous paroît pas assez forte pour nous empê-
cher de donner ici les raisons que nous
avons d'en douter.
La principale est le silence de Grégoire
de Tours qui parle assez au long de S. Eu-
gène en deux différens endroits de ses ou-
vrages, sans dire un mot du monastère de
Vieux. Or, il semble qu'il en auroit dû dire
quelque chose, surtout s'il avoit été cons-
truit sur le tombeau de S. Amarand, martyr,
dont il parle' aussi fort au long; car il
n'oublie pas de faire mention des monas-
tères bâtis de son temps sur les sépulcres
des saints martyrs. Il y a quelque chose de
plus, c'est que cet historien paroît dire le
contraire; car quoiqu'il rapporte' dans son
Histoire que S. Eugène fut exilé dans la
ville d'Albi, & qu'il y mourut, il dit cepen-
dant dans son livre de la Gloire^ des martyrs
que ce saint évèque de Carthage ayant eu
révélation du jour de sa mort, il alla au
tombeau de S. Amarand, & qu'il y rendit
son âme à Dieu : or, on convient que le
tombeau de S. Amarand étoit à Vieux, lieu
éloigné d'Albi de plus de trois grandes lieues.
Note
<5.
' Canisius, Antlq. lect, t. 2, nov. edit. — Voyez
Ruinart, in Greg. Turon.-p. 709 & seq.
' Mabillon, Annales, t. 4, p. 33.
' Ruinart, Historïa persecut. Vandal'icae, part. 2,
c. 8, n. 7, 8c not. in Greg. Turon. p. 787 & seq.
* Gallia Christiana, nov. edit. t. i, p. 45 & 46.
' Ruinart, Historïa persecut. Vandalicae, part. 2
c. 8, n. 7.
" Grégoire de Tours, de Glor. mart. 1. i, c. 67
& seq.
' Grégoire de Tours, Histoire, 1. 2, c. 3.
^ Grégoire de Tours, de Glor. mart. 1. 1, c. 53.
Note
61
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
lys
Si donc ce saint a passé le temps de son
exil dans cette ville, il ne peut avoir de-
meuré à Vieux , & y avoir fondé un mo-
nastère.
Ce qu'il y a de certain, c'est que dans la
suite du temps on bâtit un monastère dans
ce lieu sur les tombeaux des SS. Amarand,
Eugène, &c., de même qu'on en bâtit plu-
sieurs autres dans les Gaules, sur les sé-
pulcres des saints martyrs, comme ceux de
S.Julien de Brioude, de S. Saturnin de Tou-
louse, de S. Bausile de Nimes , de S. Ti-
béri de Cessera, de S. Privât de Javoux ou
de Mende, &c.; mais on n'a aucun monu-
ment de celui de Vieux qui remonte au-
dessus du dixième siècle, quoique vraisem-
blablement il ait pu avoir été fondé aupa-
ravant, sans que nous sachions pourtant
que S. Eugène en ait été le fondateur.
Au reste, les auteurs ' qui mettent sous
l'an 1464 la translation dans la cathédrale
d'Albi des reliques de S. Amarand, de S.Eu-
gène & des autres saints qui jusqu'alors
avoient été conservées à Vieux, se trompent,
puisqu'elle ne fut faite qu'en 1494, sous
Louis d'Amboise, évêque d'Albi, comme on
peut' le voir dans le nouveau propre du
diocèse. D'ailleurs, ce prélat n'occupa ce
siège que depuis l'an 1478 jusqu'en i5o2.
II. Quant aux actes de S*"^ Carissime
insérés dans le bréviaire d'Albi', ils ne sont
guère propres à nous donner des éclaircis-
semens sur l'époque de la fondation du mo-
nastère de Vieux, ou sur la vie de cette
sainte. Ils portent qu'elle naquit à Albi
d'Aspasius & d'Hélène, personnes nobles^
qu'inspirée du Saint-Esprit, elle fit vœu de
virginité; que s'étant, par cette démarche,
attiré la persécution de ses parens qui vou-
Ed.orig. [oient la marier à Hugolîn de Châteauvîeux
p. 663. (c/e Castro veteri), elle se retira sous la con-
duite d'un ange dans un bois où elle de-
meura cachée pendant trois ans, sans que le
lieu de sa retraite fût connu de personne
que de sa nourrice, qui lui apportoit de
temps en temps un pain d'orge pour sa
nourriture; que Carissime- ayant ressuscité
' Riiinart, H'istoria persecut. Vandaîicae, part 2,
c. 8, n. 7. — Voyez aussi Tillemont.
' Gallia Christiana, nov. edit. t. I.
^ Propre d'Albi, p. 280 & 23i.
la fille de cette nourrice, & craignant d'être
découverte par ce miracle, elle passa la
rivière de Tarn, malgré l'opposition des
démons; qu'après avoir erré dans des lieux
déserts & pleins de forêts, elle trouva enfin,
par miracle, S. Eugène exilé dans ces lieux,
auquel elle se joignit; qu'ayant marché de
compagnie, ils arrivèrent au voisinage de la
rivière de Vère, où ce saint avoit commencé
à bâtir un monastère; qu'enfin la sainte,
après avoir passé sept ans auprès de lui, eut
révélation du jour de sa mort, dont elle
avertit ce saint évêque qui la fit inhumer
dans son monastère. Telle est la légende de
S''' Carissime; mais si S. Eugène n'a pas
fondé le monastère de Vieux, comme il y a
apparence, ces actes, qui assurément ne
ressentent pas la simplicité du commence-
ment du sixième siècle, n'auront pas beau-
coup d'autorité, & il est évident par le nom
d'Hugolin de Châteauvieux , le prétendu
futur époux de S'" Carissime, qu'ils sont
postérieurs au onzième siècle où les noms
propres des familles ont commencé d'être
en usage'.
NOTE LXII
Sur quelques circonstances de la ba-
taille de Vouglé 6» l'époque de la
mort d'Alaric II, roi des Visigoths.
N(
ce que rapporte Roricon ' des circons-
tances de la bataille de Vouglé. Cet histo-
rien est trop peu accrédité, au sentiment
des meilleurs critiques', pour qu'on puisse
compter sur la vérité des faits qu'il avance :
• M. Élie-A. Rossignol, dans ses Monographies
communales du département du Tarn (t. 3, p. 32o),
s'est entièrement rangé à l'avis de dom Valssète. On
peut voir dans cet ouvrage une intéressante notice
sur le monastère de Vieux, dont le titre abbatial
fut supprimé avant la fin du dixième siècle, & dont
les biens furent réunis à ceux de l'abbaye d'Auril-
lac, en 1078, par Frotard, évêque d'Albi. [E. M.J
' Roricon, 1. 4, t. i, dans Duchesne.
3 Le Long, Bièl. n. 6563.
Note
61
Note
62
Note
62
184
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
ainsi nous sommes surpris qu'un de nos
historiens ' modernes qui en fait le moins
de cas, ait pourtant puisé dans son ouvrage
l'ordonnance & plusieurs circonstances de
cette fameuse bataille.
Le P. le Long' conjecture fort vraisem-
blablement que cet auteur, qui a amplifié
ce qu'il a trouvé de Clovis dans Grégoire de
Tours & dans l'auteur anonyme des Gestes
des rois de France , ne vivoit que dans le
onzième siècle. C'est ce qu'on peut inférer
de son quatrième livre, où il fait mention '
de Perpignan, dont il prétend que ce roi
fit la conquête ; car le nom de cette ville est
inconnu"* avant le dixième siècle.
II. Il est faux qu'Apollinaire, fils du fa-
meux S. Sidoine, évêque de Clermont, ait
été tué à la bataille de Vouglé, comme le
P. Daniel', trompé par Mariana, l'a avancé.
Il est constant par Grégoire de Tours® que
ce noble Auvergnat fut élu évêque de Cler-
mont la quatrième année après la mort de
Clovis, & par conséquent longtemps après
la bataille de Vouglé'.
III. Isidore* donne vingt-trois ans de rè-
gne à Alaric, c'est-à-dire que ce roi mourut
en 507, dans la vingt-troisième année de
son règne. Nous savons, en effet, tant par
l'avertissement de ce prince qui est à la
tête du Code Théodosien, que par les actes
du concile d'Agde, qu'au mois de février &
au commencement de septembre de l'an 5o6,
il n'étoit encore que dans la vingt-deuxième
année de son règne • ce qui prouve qu'il dut
le commencer en 484.
IV. Nous ne nous arrêtons pas à faire
remarquer ici que Procope ' s'est trompé, en
mettant la défaite d'Alaric par Clovis auprès
de la ville de Carcassonne assiégée par les
François. D'autres l'ont remarqué avant
nous.
' Daniel, Histoire de France, t. 1, p. 46.
• Le Long, Bïbl. n. 6568.
' Roricon, L 4, t. i, dans Duchesne, p. 816.
^ Marca Hispanica, p. 21, 458.
^ Daniel, Histoire de France, t. 1, p. 47.
® Grégoire de Tours, Histoire, 1. 3, c. 2.
" Voyez, à la suite de cette Note, la Note addition-
nelle, placée par D. Vaissète au tome V de l'édition
originale.
* Isidore, Chronicon, p. 720.
® Procope, de Bello Gothorum, 1. 1.
£Note additionnelle de D. Vaissète, placée dans
le tome V de l'édition originale.}
Sur Apollinaire j évêque de Clermont.
MAUDIGIER , chanoine de Clermont en
• Auvergne, dans une dissertation ma-
nuscrite qui nous a été communiquée sur
l'origine de la maison des Apollinaires,
combat le sentiment commun, & soutient
qu'Apollinaire , fils de S. Sidoine Apolli-
naire, évêque de Clermont, fut tué en 507,
à la bataille de Vouglé, à la tête de dix mille
Auvergnats qu'il avoit conduits au secours
d'Alaric, roi des Visigoths, & qu'il fut père
d'Apollinaire , élu évêque de Clermont en
5i5, & d'Alcime. Il prétend que, suivant
Grégoire de Tours, il ne se sauva pas un
seul de ces Auvergnats de la bataille, &
qu'Apollinaire y périt comme les autres. De
plus, ajoute-t-il, si Alcime, sœur d'Apolli-
naire, élu évêque de Clermont en 5i5, eût
été fille de S. Sixioine, ce dernier, qui dans
ses lettres nous a fait connoître Sévériane
& Rosia ses filles, auroit-il oublié d'en faire
aussi mention > Mais, 1° il est faux que
Grégoire de Tours dise que tous les Auver-
gnats qu'Apollinaire conduisit au secours
d'Alaric, & Apollinaire lui-même aient péri
à la bataille de Vouglé ; on en jugera par
l'endroit de cet historien : Maximus' îbi
tune Arvernorum populus, qui cum Apollinare
venerat, & primi qui erant ex senatoribus cor-
ruerunt. Les derniers éditeurs de Grégoire
de Tours conjecturent avec raison, qu'au
lieu àe primi, il faut lire plurimi; ce qu'on
peut confirmer par le passage parallèle de
l'auteur des Gestes des rois de France''^ qui
l'avoit pris de Grégoire de Tours : Maximus
autem tune ibi Arvernorum populus^ qui cum
Apollinare duce venerat, corruit in gladio
Francorum cum senatoribus multis. Un grand
nombre n'est pas tous 3 & il n'y a rien dans
ces passages qui puisse faire croire qu'Apolli-
naire ait été du nombre des morts. On peut
même ajouter que, si ce général avoit été
tué dans l'action, Grégoire de Tours n'au-
roitpas oublié de le remarquer j 2° Alcime
' Grégoire de Tours, 1. 2, c. 3j.
' Gest. regum Francorum, 1. 17,
NoTiî
ADDIT.
Éd. orig
t.V,
p. 674.
Note
ADDIT.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
i35
Note
63
Ed.orig.
t. 1,
p. 663.
pouvoit être la plus jeune des filles de
S. Sidoine Apollinaire, & n'être pas d'un
âge assez avancé, lorsqu'il parloit de ses
sœurs, pour faire mention d'elle j 3° M. Au-
digier fixe l'époque de la naissance de S. Si-
doine Apollinaire à l'an 484. Est-il vraisem-
blable qu'en 5i5 son petit-fils eût été d'un
âge assez avancé pour être élu évêque,dans
un siècle où il falloit être d'un âge plus
que mûr pour parvenir à l'épiscopat?
NOTE LXIII
Chronologie du règne de Gésalicj roi
des Visigoths.
I.T A suite chronologique de ce qui se
J— passa dans les provinces méridionales
des Gaules, les dernières années de Clovis,
est extrêmement embarrassée. Grégoire de
Tours & nos autres anciens historiens n'ont
rien de certain, & nos modernes ne sont
pas d'accord là-dessus. On peut éclaircir
cette matière en fixant l'époque des événe-
mens arrivés sous le règne de Gésalic, roi
des Visigoths.
II. La Chronique d'Isidore ' nous apprend
que ce prince fut élu dans la ville de Nar-
bonne par les Visigoths immédiatement
après la bataille de Vouglé, c'est-à-dire vers
le milieu de l'an Soy, & qu'il régna quatre
ans. Or, comme il mourut avant le mois de
juin de l'an 5ii, ainsi que nous le ferons
voir, ces quatre années de règne ne doivent
pas être entièrement complètes.
Le même historien", ainsi que l'auteur
de VAppendix à la Chronique de Victor de
Tunes, rapportent que Gésalic, avant sa
mort, demeura un an entier caché dans
l'Aquitaine, qu'il rentra ensuite dans l'Es-
pagne où il fut défait une seconde fois par
Ibbasj qu'il se sauva dans les Gaules, &
qu'enfin il fut tué après avoir passé la Du-
rance. Gésalic dut donc se rendre dans
'Isidore, Chronicon , p. 720,
Gothorum, t. I . — Diich. p. 8 i î
' Isidore, Chronicon, p. 720.
— Chronol. regum
l'Aquitaine, au plus tard vers le printemps
de l'an 5io.
Ce prince, avant son séjour dans cette pro-
vince, avoit été chassé d'Espagne & obligé
de se réfugier en Afrique, après avoir été
défait pour la première fois par le général
Ibbas : ainsi cette défaite dut arriver vers la
fin de l'an 609; car étant allé se réfugier
en Aquitaine au plus tard au printemps de
l'an 5io, comme nous venons de le dire, ce
n'est pas trop qu'il ait employé quatre à
cinq mois, soit pour son passage en Afrique,
soit dans son séjour à la cour de Thrasa-
mond, roi des Vandales, où il sollicita du
secours, soit enfin pour repasser en Espa-
gne & se rendre de là en Aquitaine. Sa fuite
de Narbonne & la prise de cette place par
Gondebaud, roi des Bourguignons, qui la
suivit, doivent avoir précédé par consé-
quent la fin de l'an 509.
III. On peut prouver d'une manière
encore plus précise l'époque de la prise de
Narbonne par ces peuples : ils durent s'en
rendre maîtres avant la fin de l'an 5o8, puis-
que le général Ibbas étoit déjà alors entré
dans les Gaules par ordre de Théodoric,
roi d'Italie, & qu'il n'est pas vraisemblable
que Gondebaud eût osé attaquer cette place
après l'arrivée des Ostrogoths. D'ailleurs,
Gésalic, ayant abandonné Narbonne aux
Bourguignons pour se retirer en Espagne,
&^ayant fait depuis un assez long" séjour à
Barcelone avant sa première défaite par
Ibbas, vers la fin de l'an 609, Gondebaud
dut prendre cette ville vers le milieu de
l'an 5o8. Ibbas dut la reprendre sur lui au
plus tard vers le milieu de l'an 609, puisqu'il
î'avoitdéjà reprise' lorsqu'il passa en Es-
pagne pour en chasser Gésalic, & avant la
première défaite de ce prince & sa fuite en
Afrique, qui arrivèrent, comme nous venons
de le dire, vers la fin de l'an 609.
Il est vrai que VAppendix de la Chronique
de Victor de Tunes' ne met la fuite de Gé-
salic en Afrique que l'an 5 10, sous le con-
sulat de Boëce; mais cet Appendix ne place
aussi son retour en Espagne que trois ans
' Isidore, Chronicon, p. 720.
' Cassiodore, 1. 4, Epist. 17. — Le Cointe, ad
ann. 609, n. 1 .
3 Victor de Tunes, Hisp. illustr. t. 4, p. 126.
Note
63
Ed.orig.
1. 1,
p. 664.
Note
63
i36
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
après, savoir l'an 5i3, sous le consulat de deCarcassonne au plus tôt que vers le mois
Probus, ce quidonneroit plus de six années d'août de la même année; car les troupes
de règne à ce prince contre l'autorité d'Isi- de Théodoric n'eurent ordre' de s'assem-
dore qui ne lui en donne que quatre. Cet bler en Italie que le 24 de juin.
Appendixj suivant l'édition de Scaliger, ne VI. Théodoric ne vint pas alors en per-
fait aucune mention du retour de Gésalic sonne dans les Gaules, comme l'avance le
d'Afrique; mais il fait commencer sous le P. Daniel % & il ne paroît pas d'ailleurs
même consulat de Probus les quinze années qu'il y soit venu quelqu'une des années
du règne de Théodoric, roi d'Italie, en Es- suivantes. Il est vrai que Procope' semble
pagne; or, ce règne ne commença que de- l'assurer aussi bien que S. Isidore-*; mais
puis la mort de Gésalic, ce qui revient au ces deux auteurs postérieurs sont contredits
même. par deux historiens du temps, très-bien in-
IV. Les différentes époques sous les- formés de ce qui se passoit sous leurs yeux,
quelles les mêmes faits sont rapportés dans Le premier est Cassiodore', qui parle véri-
les diverses éditions de cet Appendix, font tablement d'une armée envoyée l'an 5o8,
voir qu'on ne peut pas s'appuyer sur son par Théodoric contre les Francs au secours
autorité; & que, comme l'auteur n'a rap- des Visigoths, mais qui ne dit pas un mot
porté qu'à la marge de la Chronique de qui puisse donner lieu de croire que ce
Victor de Tunes les événemens qui regar- prince fût à la tête de ces troupes; circons-
dent les Visigoths, il aura été aisé aux co- tance qu'il n'auroit pas oubliée, puisqu'il
pistes de faire des transpositions, & de mar- parle du voyage de Théodoric à Rome en
quer vis-à-vis d'un consulat ce qui étoit 5oo, des aqueducs qu'il fit bâtir à Ravenne
marqué sous un autre. en 5o2, & de plusieurs autres faits moins
Cet Appendix prouve cependant l'ordre considérables qui regardent la personne de
chronologique des faits que nous venons ce roi. Cet auteur ajoute que l'armée que
d'établir, puisqu'il marque la fuite de Gésa- Théodoric envoya dans les Gaules étoit
lie en Afrique sous un consulat différent commandée par les généraux de ce prince :
de celui de son retour en Espagne. Or, ce preuve qu'il n'y étoit pas en personne,
prince étant mort vers le printemps de l'an Enfin, ce roi étoit trop occupé dans le
5ii, après avoir fait un an de séjour en même temps en Italie^ contre les entre-
Aquitaine, il ne peut être revenu d'Afrique prises de l'empereur Anastase,qui lui avoit
qu'en 5lo, & s'y étant réfugié sous un con- déclaré la guerre, pour s'absenter dans de
sulat antérieur, il doit y avoir passé du pareilles circonstances. Il est encore moins
moins en 609. Reprenons l'ordre chrouolo- vrai' que Théodoric en personne ait chassé
gique des événemens arrivés sous le règne Gésalic d'Espagne, comme quelques-uns
de Gésalic. l'ont avancé.
V. Les François durent lever le siège de L'autorité de S. Cyprien , évêque de
Carcassonne l'an 5o8, & non l'an 5o7 comme Toulon & disciple de S. Césaire d'Arles,
le prétend le P. Daniel', puisque, selon prouve évidemment que ce roi ne mit pas
Procope', ce fut l'armée de Théodoric qui, le pied dans les Gaules, au moins dans cette
ayant pénétré dans les Gaules, jeta l'épou- occasion. Ce prélat, qui étoit alors en
Note
63
vante parmi ces peuples occupés à ce siège,
& les obligea à décamper. Or, suivant la
Chronique de Cassiodore% auteur contem-
porain, l'armée des Ostrogoths ne vint dans
les Gaules au secours des Visigoths que
l'an 5o8, sous le consulat de Venantius Junior
& de Celer. Les François ne levèrent le siège
' Daniel, Histoire de France, t. i, p. 47.
" Procope, de Bello Gothorum, 1. i, p. 177.
' Cassiodoie, C/ironicon, p. 3y5.
Provence, dit positivement dans la vie*
de S. Césaire, son maître, que Théodoric
' Cassiodore, 1. 1, Epist. 24.
' Daniel, Histoire de France, t. i, p. 47.
5 Procope, de Bello Gothorum, 1. i, p. 177.
^ Isidore, Chronicon, p. 721.
' Cassiodore, Chronicon, p. SpS.
" Marcellin, Chronicon.
' Voyez Pagi, adann. 5o8, n. 5.
8 Act. SS. 0. S. B. S2ec. I, p. C'j'>.
Note
63
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
,37
n'envoya que ses lieutenaiis dans les Gau-
les : Alarico rege a vïctorîos'issimo Clodoveoîn
certamine perempto, Teudericus Italiae rexpro-
vinciam istam mîssis ducib us intr avérât, &c. Ce
qui doit servir à expliquer ' les autorités de
Procope & de S. Isidore.
VII. Nous avons dit que Clovis fit lui-
même, l'an 5o8, le siège de Carcassonne,
après la prise de Toulouse, contre le senti-
ment du P. Daniel' qui fait assiéger cette
place l'an 507 par Thierry, fils de ce prince,
sans en donner aucune preuve'; mais ce dut
être Clovis qui entreprit ce siège, puisque
selon Procope^, le seul auteur qui en parle,
la même armée qui avoit assiégé & tué
Alaric, assiégea Carcassonne. D'ailleurs,
suivant Grégoire de Tours', Clovis déta-
cha son fils Thierry, après la bataille de
Vouglé, pour aller soumettre l'Albigeois &
le Rouergue, d'où ce prince ayant passé en
Auvergne poussa ses conquêtes jusque sur
les frontières des Bourguignons, & soumit,
comme dit Aimoin*, les parties supérieures
du royaume d'Alaric. Thierry étoitpar con-
séquent alors trop éloigné de Carcassonne
pour en entreprendre le siège; au lieu que
Clovis étoit bien plus à portée, puisque
nous savons qu'il se rendit maître en per-
sonne de la ville de Toulouse. Enfin, Fré-
degaire' assure que Clovis étendit ses
conquêtes jusqu'aux Pyrénées, tandis que
Thierry étoit employé à prendre les places
qui étoient du côté de la mer, c'est-à-dire
vers le Rhône & la Méditerranée.
Au reste, il y a lieu de croire que les
Éd.orig. François ne commencèrent le siège de Car-
p.6ô5. cassonne que l'an 5o8, parce qu'il paroît
' Adrien de Valois, Rerum Francicarum 1. 6.
p. 3o5.
* Daniel, Histoire de France, t. i, p. 47.
' Grégoire de Tours, dans son Histoire ecclésiasti-
que, donne peu de renseignements sur la campagne
des Francs dans le Midi de la Gaule pendant l'an-
née 5o8 } il se contente de dire qu'après la bataille
de Vouglé, une partie de l'armée des Francs alla
soumettre l'Albigeois & le Rouergue; Procope est
beaucoup plus explicite; c'est lui qui mentionne la
prise de Toulouse 8c le siège de Carcassonne. [E. M.]
^ Procope, de Bello Gothorum, 1. i , p. 177.
' Grégoire de Tours, 1. 2, c. 87.
" Aimoin, 1, 1 , c. 22.
' Frédegaire, Hist. epit. c. 25.
d'un côté que Clovis termina la campagne
de l'an 507 par la prise de Toulouse, &
que de l'autre, il n'est pas vraisemblable
qu'il ait employé une année entière à .ce
siège ; car les François ' ne levèrent le camp
de devant cette ville qu'après l'arrivée du
secours des Ostrogoths, qui n'entrèrent
dans les Gaules, comme nous l'avons déjà
dit, qu'après le mois de juin de l'an 5o8.
VIII. Procope & Grégoire de Tours ne
sont pas d'accord touchant l'enlèvement du
trésor des Visigoths par le roi Clovis. Le
premier' assure positivement que ces peu-
ples le transférèrent, après la bataille où
Alaric fut tué, de Toulouse à Carcassonne,
pour le mettre en lieu de sûreté. L'autre',
suivi par nos anciens historiens, prétend
que Clovis enleva de Toulouse tous les
trésors d'Alaric. Dans cette contrariété de
témoignages nous avons cru qu'il falloit
prendre un milieu & dire, pour sauver l'au-
torité des deux historiens, que Clovis em-
porta de Toulouse les trésors les moins pré-
cieux que les Visigoths n'avoient pas eu le
temps de transporter à Carcassonne, comme
l'argent monnoyé, &c. Nous savons, en
effet, par le témoignage de Frédegaire ■•, que
le riche bassin du poids de cinq cents livres
d'or qu'Aëce avoit envoyé au roi Thoris-
mond étoit encore conservé en Espagne,
dans le trésor des rois visigoths; ce qui
fait voir que Clovis n'emporta pas tout.
IX. Quant à l'époque de la prise de Nar-
bonne par Gondebaud, roi des Bourgui-
gnons, M. de Valois^ croit que ce prince
s'en rendit maître en 5io, & le P. Daniel*
en 509. Nous avons préféré l'autorité du
P. le Cointe^ qui place cet événement en
5o8, & il paroît, comme nous l'avons déjà
dit, qu'il dut précéder l'arrivée d'Ibbas &
des Ostrogoths en Provence. Aussi est-il
certain que, dès que ce général fut dans le
pays, il défit* les François 8c les Bourgui-
' Pagi, ad ann. 5o8, n. 5.
' Procope, Historia Gothorum, 1. i, p. r77.
' Grégoire de Tours, 1. 2, c. 87.
* Frédegaire, Chronicon, c. 78, p. 646.
^ Adrien de Va lois, RcruTTi Francicarum 1. 6, p. 3 r o.
'' Daniel, Histoire de France, t. i, p. 52.
' Le Cointe, ad ann. 5o8, n. 46.
• Gassiodore, C/irortico«, p. dçS. — Jornandès,c. 53.
Note
63
Note
63
l38
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
gnons, & qu'il se rendit maître d'une par-
tie des provinces & des places que ces
peuples avoient conquises, entre autres
deNarbonne'. Quelle apparence que Gon-
debaud, après sa défaite & celle des Fran-
çois, ses alliés, eût osé entreprendre à la
vue d'une armée victorieuse, le siège de la
plus forte place des Visigoths dans les Gau-
les & dans le centre de leurs États s' D'ail-
leurs, il est constant que ce prince devoit
être maître de Narbonne dans le temps
qu'Ibbas entra dans les Gaules, puisque
ce général la reprit bientôt après sur lui :
il est également certain^ que les Bourgui-
gnons avoient pris cette place sur Gésalicj
que celui-ci', après l'avoir perdue, s'étoit
retiré en Espagne, & qu'il étoit actuelle-
ment au delà des Pyrénées quand Ibbas ar-
riva en deçà des Alpes.
X. Il paroît par les lettres de Cassiodore''
que Gésalic entretenoit des liaisons avec
Clovis, dans le temps que les Ostrogoths
entrèrent dans les Gaules, c'est-à-dire dès
l'an 5o8. Ce fut, sans doute, sur le soup-
çon qu'en eut Théodoric, que ce roi donna
ordre à Ibbas d'agir également contre l'un
& l'autre de ces deux princes. Il est certain,
du moins, que Gésalic s'étoit allié avec
Clovis avant la fin de l'an 609, puisque
ayant passé alors en Afrique, Théodoric
se plaignit à Thrasamond, roi des Vandales,
de ce qu'il avoit reçu chez lui ce prince
allié de ses ennemis ; ce qui ne peut s'enten-
dre que des François : Qui nostris inimicis,
dum a nobisfoveretur, adjunctus est.
XI. Nous pouvons ajouter aux raisons
que nous avons déjà données pour prouver
que Gésalic s'enfuit d'Espagne en Afrique
au plus tard vers la fin de l'an 609, ainsi
que le croit le P. le Cointe% que ce prince
étant mort avant le mois de juin de l'anSii,
plus d'un an depuis son retour de la cour
de Thrasamond, roi des Vandales, il doit
par conséquent avoir repassé la mer au
commencement de l'an 5io. Or, s'il n'étoit
arrivé en Afrique que dans la même année,
Théodoric, roi d'Italie, n'auroit pas eu assez
de temps, soit pour en être informé, soit
pour envoyer ensuite une ambassade so-
lennelle à Thrasamond auquel il se plai-
gnit vivement de la réception qu'il avoit
faite à ce prince détrôné & du séjour qu'il
faisoit dans ses Etats; car il est certain que
Gésalic ne quitta l'Afrique qu'après l'arri-
vée' des ambassadeurs de Théodoric.
XII. Il paroît que Gésalic avoit fait un
assez long séjour à Barcelone avant que de
s'enfuir en Afrique. Apud Barcilona'' se con-
tulît, ibi moratus quousque etiam regni fas-
cibus a Theodorico fugae ignominia privare-
tur. Il ne dut, par conséquent, abandonner
Narbonne que vers l'an 5o8, ce qui confirme
l'époque de la prise de cette ville par Gon-
debaud qui en chassa ce prince, & l'obligea
de se retirer à Barceloiie.
XIII. Nous conjecturons que Thierry,
fils de Clovis, étoit à la tète des François
qui furent battus par Ibbas & par les Os-
trogoths, auprès du Rhône, parce que cette
bataille se donna en 5o8, dans le temps que
Clovis étoit occupé, comme nous le croyons,
au siège de Carcassonne. Or, il est très-
vraisemblable que les François, qui vou-
loient pénétrer en Provence, étoient sous
les ordres de quelque prince de leur na-
tion : nous savons, d'ailleurs, que Thierry
commandoit de ce côté-là.
XIV. Il est aisé de prouver que Gésalic
étoit mort avant le mois de juin de l'an 5 11%
car on data en Espagne par les années du
règne de Théodoric, roi d'Italie, comme on
le voit par les actes de plusieurs conciles
qui furent tenus depuis l'an 5ll jusques
en 526. Or, il est certain ■* qu'on n'y compta
les années du règne de ce prince que depuis
la mort de Gésalic. Les actes du concile de
Gironne ^ tenu le 8 de juin, sous le consulat
d'Agapet, ou l'an Siy, sont datés de la sep-
tième année du règne de Théodoric. Ce
dernier avoit donc commencé de régner en
Espagne avant le 8 de juin de l'an 5ii, &
Gésalic devoit être mort avant ce temps-là.
Note
63
' Cassiodore, 1. 4, Ep'ist. 17.
' Isidore, Chronicon, p. 720.
^ Cassiodore, 1. 5, Ep'ist. 43.
"• Cassiodore, 1. 5, Ep'ist. 43.
5 JLe Cointe, ad ann. Sop, n. i.
' Cassiodore, 1. 5, Ep'ist. 43 8c 44.
° Isidore, Chronicon, p. 720.
3 Conciles, t. 4, p. 1 563 & 1567.
^ Isidore, Chronicon, p. 720.
^ Conciles, t. 4, p. i568.
Note
64
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
189
Ed. orig.
t. 1,
p. 666.
NOTE LXIV
Epoque de la défaite des François par
les Ostrogoths 6* du siège d'Arles
par les premiers.
Lt e p. Danîel' n'admet sous le règne de
l-* Gésalic qu'un seul siège de la ville
d'Arles par les François, qu'il met sous
l'an 5o8. Il prétend que ce fut alors que
ces peuples qui l'avoient entrepris furent
défaits avec les Bourguignons, leurs alliés,
par Hibba ou Ibbas, général de Théodoric.
M. de Valois % qui a compris par le texte de
Cassiodore, que c'étoient deux actions arri-
vées en divers temps, les distingue l'une de
l'autrej mais il ne paroît pas en avoir bien
fixé l'époque. Nous sommes persuadés avec
lui qu'il faut rapporter sous différentes an-
nées la défaite des François par le général
Ibbas & le siège d'Arles par ces peuples &
les Bourguignons : voici en quel temps.
II. La défaite des François & des Bour-
guignons dut arriver l'an 5o8, & non plus
tôt parce que, comme on l'a déjà dit dans la
note précédente, ce fut seulement alors que
Théodoric envoya une armée dans les Gau-
les au secours des Visigoths, sous la con-
duite de ses généraux. Les noms de ces offi-
ciers ne sont pas marqués à la vérité dans
la Chronique de Cassiodore, mais comme
elle assure que cette armée défit celle des
François, & que nous savons d'ailleurs, par
Jornandès^ & Paul diacre, que le duc Ibbas
étoit à la tête des troupes de Théodoric, &
qu'il étoit le principal des généraux que ce
prince envoya dans les Gaules dans cette oc-
casion, ce fut lui, par conséquent, qui défit
les François &les Bourguignons en 5o8.
III. Il ne paroît pas que dans le temps de
cette défaite, ces peuples fussent occupés
au siège d'Arles, comme l'avance le P. Daniel.
La seule preuve qu'il en donne '' est tirée de
Daniel, Histoire de France, t. i, p. 5i.
' Adrien de Valois, Rerum Francicarum 1. 6.
' Jornandès, c. 58. — Paul diacre, Hist. misccll.
1. i5, p. 437.
'• Daniel, Histoire de France, t. 1 , p. 5i.
l'épître 10 du huitième livre de Cassiodore,
où il est fait mention des actions de valeur
quefitTulus,un des généraux deThéodoric,
à la défense du pont d'Arles. Il n'est point
dit que cette ville fût alors assiégée, mais
seulement que les François vouloient se
rendre les maîtres de la tête orientale du
pont gardée par les Visigoths : Arelate ' est
civitas supra undas Rhodani constituta, quae
în orïentîs prospectum tabulatum pontem per
nuncupati flum'inls dorsa transmïtiît : hune &
hostlbus capere & nostrîs defendere necessa-
rium fuit, &c. Cela prouve que les François
n'étoient pas les maîtres de la partie de ce
pont qui aboutissoit à Arles ou à la Pro-
vence. Ainsi ces peuples ne pouvoient être
alors occupés au siège de cette ville, puis-
qu'on sait qu'elle est entièrement située à
la gauche du Rhône. Mais quand môme les
François auroient été maîtres de l'île de
Camargue, il auroit toujours fallu qu'ils
eussent passé ce fleuve & qu'ils eussent été
maîtres du pont pour assiéger la place. La
lettre de Cassiodore prouve donc seulement
que les François qui étoient du côté du
Languedoc vouloient pénétrer en Provence
& s'emparer du pont qui faisoit la commu-
nication des deux provinces; mais qu'ils
furent traversés dans leur dessein par les
Goths qui, les ayant repoussés & poursuivis,
les défirent entièrement à la droite de ce
fleuve.
ÏV. Le P. Daniel aura été trompé sans
doute, sur ce que voyant qu'il est fait men-
tion d'un siège d'Arles par les François &
les Bourguignons, tant dans la vie de saint
Césaire que dans diverses épîtres de Cassio-
dore, il aura cru que ces peuples étoient
occupés à cette entreprise lorsque le géné-
ral Ibbas leur livra bataille en 5o8j mais il
pouvoit observer que l'époque du siège
d'Arles est marquée dans ces épîtres, puis
que ' Théodoric, pour dédommager les habi-
tans de cette ville des ravages que les Fran-
çois avoient faits alors dans leur campagne,
leur accorda la remise des impôts & des
tributs pour Vannée suivante, indiction iv.
Or, cette indiction répond à l'an Sii.Le
siège d'Arles, qui mit les habitans de cette
' Cassiorlore, 1. 8, Epist. 10.
^ Cassiodore, 1. 3, Epist. 32 & 40,
Note
64
Note
64
140
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
ville & les autres Provençaux dans l'im-
possibilité de payer les tributs qu'ils dé-
voient à Théodoric, doit appartenir par
conséquent à l'an 5lo.
V. C'est pour cette raison que M. de
Valois ' admet deux sièges d'Arles par les
François & les Bourguignons sous le règne
de Gésalic, l'un en 5io, & l'autre en 5o8. Il
applique au dernier siège ce qui est rap-
porté par S. Cyprien dans la vie de S. Cé-
saire : mais comme cet écrivain ne dit rien
qui puisse faire croire qu'Arles ait été
assiégé par ces peuples en 5o8 plutôt qu'en
5io, nous croyons avec le P. le Cointe'
qu'ils n'en formèrent le siège que cette der-
nière année^ car l'èpître 10 du huitième
livre de Cassiodore, qui parle de l'attaque
du pont de la même ville en 5o8, ne dit
rien qui puisse faire croire qu'ils la tenoient
alors assiégée, ainsi que nous l'avons déjà
remarqué.
VI. Au reste, c'est sans fondement que le
P. Daniel' dit que Théodoric conclut enfin
la paix avec Clovis l'an 609. Il paroît, au
contraire, par tous les auteurs*, que depuis
la mort d'Alaric II jusqu'à celle de Théo-
doric, ces deux princes furent toujours en
guerre l'un contre l'autre : Et nunquam Go-
thus Francis cessit dum viveret Theodericus,
dit Jornandès^ Le siège d'Arles par les
François en5io en est d'ailleurs une preuve
certaine. Théodoric n'eut donc pas besoin
de cette prétendue paix pour s'approprier
la Provence & le Languedoc j il en avoit
déjà fait prendre^ possession en son nom
dès l'an 5o8, par Ibbas son général, au nom
du jeune Amalaric son pupille^
' Adrien de Valois, Rerum Francïcarum 1. 6,
p. 3o2 & 3i I.
^ Le Cointe, ad ann. 5io, n. i.
' Daniel, Histoire de France, t. i, p. 52.
■* Procope, Historia Gothorum, 1. 4, p. 484.
^ Jornandès, c. 58.
^ Adrien de Valois, iîerttm/'rartcifaraOTl. 6,p.3o3,
' La manière dont les Bénédictins ont traité l'his-
toire des Visigoths laisse beaucoup à désirer. Nous
avons cherché à compléter les indications qu'ils
donnent sur cette époque, par quelques notes pla-
cées au bas des pages du premier volume. — Voyez
aussi ci-après les Notes consacrées par M. Barry à
l'étude de cette période importante de l'histoire du
Languedoc. [E. M.j
NOTE LXV
Sur Saint Gilles.
Nous souscrivons à la critique qu'ont faite
M. BaiUef & le P. Mabillon» des actes
de S. Gilles, & nous avouons que ce monu-
ment n'a rien de fort authentique. Il est fort
aisé de s'en convaincre parlesfragmens que
le P. le Cointe' en rapporte. Nous croyons
en même temps, avec eux, que ce saint n'est
point différent de l'abbé'' du même nom
que S. Césaire, évêque d'Arles, envoya à
Rome l'an 614, & que c'est là l'époque la
plus certaine de sa vie.
Nous ne saurions cependant adopter la
conjecture de M. Baillet & du P. le Cointe,
qui entendent d'Amalaric ou de Theudis,
rois des Visigoths, ce qui est dit dans ces
actes : que les gens de la famille du roi Fla-
vius rencontrèrent S, Gilles dans sa grotte en
poursuivant une biche, &c. Nous croyons que
cela regarde plutôt Théodoric, roi d'Italie,
qui régna sur les Visigoths d'Espagne & des
Gaules depuis l'an 5o8 jusqu'à l'an 626. En
voici les raisons :
1° Cette rencontre^ donna occasion au
roi Flavius d'accorder à S. Gilles un endroit
pour bâtir un monastère. Or, en 5i4*, ce
saint étoit déjà abbé, c'est-à-dire père de
moines dans le langage du sixième siècle j
le monastère de Saint-Gilles devoit donc être
fondé cette même année, & par conséquent
ce ne peut être niAmalaric, ni Theudis, qui
n'ont régné qu'après l'an 626, qui lui accor-
dèrent l'endroit où il le fit bâtir.
2°I1 n'y auroit aucune difficulté si, comme
le semble dire M. Baillet, le roi Flavius eût
été lui-même en personne à la chasse lors-
que S. Gilles fut rencontré dans sa grotte j
car il paroît constant que Théodoric ne mit
jamais le pied dans les Gaules; mais les
actes de ce saint abbé, tels qu'ils sont, ne
' Baillet, i sept.
' Mabillon, Proleg. 1. 1 Jet. SS. Ben. SiAnnal. t. 3.
' Le Cointe, ad ann. 53 1, n. 10 & $eq.
^ Conciles, t. 4, p. i3io.
' Le Cointe, ad ann. 53 1 , n. 1 o &. seq.
^ Conciles, t. 4, p. i3io.
Noie
65
Éd. orig.
t. I,
p. 667.
I
1
Note
65
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
141
Note
66
portent pas que le roi Flavius l'ait rencon-
tré lui-même; il parlent seulement de sa
famille ou de ses gens. Contigît ' er^^o fami-
liam Flavii régis qui tune temporis Gothorum
monarchiam tenebat, praedicti loci viciniam
venandî gratta intrare, &c. Ce passage semble
au contraire devoir être entendu de Théo-
doric, & nullement d'Amalaric oudeTheu-
dis, puisqu'il est certain que le premier
réunit en sa personne toute la monarchie des
Goths, soit en Italie, soit en Espagne, soit
dans les Gaules j au lieu que les deux autres
ne régnèrent qu'en Espagne & dans une
partie du pays que les Goths occupoient en
deçà des Pyrénées.
C'est fort inutilement que le P. le Cointe"
s'applique à prouver que les rois visigoths
prenoient le prénom de P/avzuj. On convient
que les derniers rois de cette nation se pa-
roient de ce titre; mais on ne sauroit don-
ner aucune preuve qu'ils l'aient pris avant
la fin du sixième siècle, comme nous l'avons
dit ailleurs'; au lieu qu'il est certain que
Théodoric* s'en servoit : c'est donc de lui
qu'ont voulu parler les actes de S. Gilles, &
non d'Amalaric ou de Theudis ses succes-
seurs.
NOTE LXVI
Sur le vicariat d'Espagne que S. Cé-
saire, évêque d'ArleSj obtint du pape
Symmaque .
1. A VANT que de parler de l'étendue de ce
-iv vicariat, il est à propos d'observer
que M. Baillet' se trompe lorsqu'il paroît
supposer que le refus que faisoit l'évêque
d'Aixde se soumettre à la décision des papes
S. Léon ^ & Symmaque% au sujet des diffé-
' Le Comte, ad ann. 53 j, n. lo'&seq.
' Le Cointe, ad ann. 53 1 , n. 16.
' Voyez Note XLVI, n. 4 & suiv.
^ Conciles, X. 4, p. i328, i33i, 1401.
5 Baillet, i sept. Vie de S. Gilles.
® S. Léon, Epist. lop.
' Conciles, t. 4, p. i3o5. — Voyez le Cointe, ad
ann. 5o8, n. 55.
rends qui étoient entre les évêquesde Vienne
& d'Arles, fut le motif qui engagea S. Cé-
saire à envoyer S. Gilles à Rome en 614,
pour y soutenir les droits de son église; &
que suivant cette décision, la Provence & le
Languedoc dévoient dépendre de la métro-
pole d'Arles. Il avoue cependant dans une
note marginale qu'il y a de la difficulté pour
Narbonne & le Languedoc.
1° Il ne s'agit nullement dans la décision
de ces deux papes de la soumission du Lan-
guedoc & d'une grande partie de la Pro-
vence à la métropole d'Arles, c'est-à-dire
des deux provinces Narbonnoises& de celle
des Alpes maritimes. Elle roule unique-
ment sur la seule province Viennoise, sur
laquelle les deux Eglises de Vienne & d'Ar-
les se disputoient l'autorité métropolitaine.
S. Léon, pour les accorder', laissa à la pre-
mière quatre évêchés de la Viennoise, &
soumit tous les autres de cette province à
la juridiction de l'évêque d'Arles; ce qui fut
confirmé par le pape Symmaque, l'an 5o2.
2° Cette décision ne regardoit en rien
l'évêque d'Aix, métropolitain de la Narbon-
noise deuxième, province différente de la
Viennoise. Il est vrai que l'évêque d'Arles
avoit des prétentions particulières sur la
première de ces deux provinces, mais c'étoit
une affaire différente, sur laquelle, ni saint
Léon, ni Symmaque, n'avoient rien décidé.
IL Les évêques d'Arles prétendoient que
l'évêque d'Aix étoit obligé de se trouver au
concile provincial de la Viennoise, lors-
qu'ils jugeoient à propos de le convoquer,
ce qui étoit comme une suite de leurs pré-
tentions pour la primatie sur toute l'an-
cienne Narbonnoise dont nous avons parlé
ailleurs. Les évêques d'Aix refusoient de
leur côté d'assister à ces conciles provin-
ciaux, ce qui engagea S. Césaire à envoyer
S. Gilles à Rome, l'an 514, pour obtenir du
pape la confirmation de cet ancien privi-
lège de leur Église.
Le pape Symmaque accorda" non-seule-
ment cette confirmation à l'église d'Arles ,
mais il conféra en même temps à S. Césaire
qui en étoit évêque, le vicariat des provinces
de la Gaule &' de l'Espagne; ou pour mieux
' Tillemont, sur S. HiUire d'Arles.
* Conciles, t. 4, p. i3io.
Note
66
Note
66
142
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
dire , il renouvela en sa faveur l'ancien
vicariat que les prédécesseurs de ce saint
prélat avoient exercé au nom de l'Eglise
romaine.
III. On est partagé sur ce qu'on doit
entendre par VEspagne dont le pape Sym-
maque accorda le vicariat à S. Césairej &
si les provinces qui sont au delà des Pyré-
nées étoient soumises à son autorité, ou
seulement celles de Languedoc ou de Septi-
manie qu'on prétend avoir été alors com-
prises dans l'Espagne. Selon le premier
sens, le vicariat accordé par Symmaque aux
évêques d'Arles auroit été beaucoup plus
étendu qu'il ne l'étoit auparavant; mais
suivant le second, il n'auroit pas passé ses
anciennes bornes.
IV. Le P. le Cointe', qui adopte le pre-
mier sens, est persuadé que le vicariat ac-
cordé par Symmaque à S. Césaire ne com-
prenoit dans les Gaules que les provinces
soumises à la monarchie gothique à laquelle
ce prélat étoit lui-même assujetti; ce qu'on
peut appuyer sur ce qu'il paroît que selon
l'usage de ces siècles, un vicaire apostoli-
que n'exerçoit ordinairement sa juridiction
que dans les provinces soumises à la domi-
nation du prince auquel il étoit lui-même
assujetti. Selon ce sentiment, S. Césaire
n'aura eu inspection dans les Gaules que
sur la Provence & la Septimanie ou Lan-
guedoc, les seules provinces en deçà des
Pyrénées soumises aux Visigoths, & il aura
étendu son autorité sur toute la partie de
l'Espagne qui obéissoit à ces peuples ; car,
ajoute le P. le Cointe, la primatie ou vica-
riat accordé, quarante ans auparavant, par
les papes S. Simplice & Hormisdas, aux
évêques de Séville, sur la Lusitanie & la
Bétique, n'empêchoit pas Symmaque d'ac-
corder à S. Césaire le vicariat des autres
provinces d'Espagne soumises aux Visigoths,
^t.T'^' puisque celles-là étoient alors sous la dé-
p. 668. pendance des Suèves.
V. Quelque vraisemblable que puisse
paroître ce système , il souffre cependant
de la difficulté, par rapport aux provinces
des Gaules soumises au vicariat de S. Cé-
saire, puisqu'il est constant, par les épîtres
du pape Symmaque', que cet évèque exerça
son vicariat, non-seulement sur toute la
Viennoise, mais encore sur la Narbonnoise
deuxième. Or, la plus grande partie de ces
deux provinces étoit alors soumise aux
Bourguignons. Ce vicariat s'étendoit donc
dans les Etats de ces peuples, comme dans
ceux des Visigoths, à moins que S. Césaire
n'exerçât la juridiction sur toute la Vien-
noise en qualité de métropolitain, & non
en qualité de vicaire du Saint-Siège; mais
il n'est pas croyable que l'évêque de Vienne,
qui avoit été déclaré indépendant de la
juridiction métropolitaine de l'évêque d'Ar-
les par la décision de S. Léon, confirmée
par le pape Symmaque, eût voulu s'y sou-
mettre. Il faut donc que S. Césaire eût une
supériorité sur les diocèses soumis à la
métropole de Vienne ou sur le royaume des
Bourguignons , comme vicaire du Saint-
Siège, & non comme métropolitain; ce qui
fait voir que son vicariat s'étendoit dans
les Gaules, hors des limites du royaume
des Visigoths.
VI. Pour ce qui regarde l'Espagne, nous
sommes persuadés avec le P. le Cointe que
tous les pays que les Goths y possédoient
étoient soumis au vicariat de S. Césaire, &
il paroît que le pape Symmaque par le mot
d'Espagne n'a pas entendu la seule pro-
vince de Septimanie soumise aux Visigoths.
1° Ce pape' fait mention des provinces
d'Espagne au pluriel : Tarn in GaÛiae quant
in Hispanlae provînciis. Ainsi quand il se-
roit vrai que dans le temps de cette lettre,
c'est-à-dire l'an 614, la Septimanie ou le
Languedoc auroit été compris sous le nom
général d'Espagne, on n'en sauroit con-
clure que le pouvoir de S. Césaire fût limité
dans cette seule province, puisque le mot
d'Espagne est un terme général, qui signi-
fioit autant les pays situés en delà des
Pyrénées que la Septimanie qui est en
deçà.
VII. 2° Quoiqu'il soit vrai que la Septi-
manie ou Narbonnoise première ait été
comprise dans l'Espagne' & qu'on lui ait
Note
66
' Le Cointe, ad ann.
045, n. 4.
5o8, n. 62 & 63 j ad ann.
' Conciles, t. 4.
' Conciles, t. 4, p. i3io.
' Le Cointe, ad ann. 53t, n.
de Valois, Notitia Galltarum.
& seq. — Adrien
NOTK
66
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
143
donné même quelquefois le nom d'Espagne
Citérieure ou Ultérieure par rapport aux
Espagnols & aux François, il est certain
néanmoins que cette province n'a été ainsi
nommée qu'après que les Visigoths eurent
transféré le siège de leur royaume au delà
des Pyrénées. On appeloit auparavant les
Etats de ces peuples, tant en deçà qu'en delà
des Pyrénées, le royaume de Toulouse & en-
suite de Narbonne. Theudis fut le premier
des rois de cette nation qui établit sou siège
en Espagne en 53 1, car quoique Gésalic se
fût enfui de Narbonne, où il avoit été élu&
où il avoit fixé son siège après la prise de
Toulouse, & qu'il eût ensuite résidé à Bar-
celone, il fit cependant un séjour assez court
dans cette dernière ville, & il fut détrôné
peu de temps après : il est certain, d'ail-
leurs', qu'Amalaric son successeur résida
toujours à Narbonne. LaSeptimanien'étoit
donc pas comprise dans l'Espagne en 6145
ce ne fut qu'après la mort d'Amalaric que
Theudis & les rois visigoths ses successeurs
ayant abandonné le séjour'' des Gaules pour
établir leur demeure en Espagne, cela donna
occasion aux auteurs postérieurs de com-
prendre sous le nom général d'Espagne la
Septimanie ou Languedoc, la seule pro-
vince des Gaules dont les Visigoths demeu-
rèrent les maîtres, depuis la mort de Théo-
doric, roi d'Italie.
VIII. On peut objecter que Grégoire de
Tours' parlant de la défaite d'Amalaric,
l'an 53 1, dit qu'elle arriva en Espagne, quoi-
qu'il soit certain par tous les anciens auteurs,
comme Procope & Isidore, que ce prince
fut défait auprès de Narbonne. Il falloit
donc que la Septimanie fût comprise dès
lors dans l'Espagne, sous ce nom général.
Il est vrai que Grégoire de Tours ren-
ferme la Septimanie dans l'Espagne de même
que les autres auteurs qui l'ont suivi comme
Frédegaire ScAimoinj mais cet historien
écrivant à la fin du sixième siècle, il n'est
pas extraordinaire qu'il ait donné à cette
province le nom qu'elle portoit alors, &
qu'il en ait parlé selon le langage de son
temps. Nous convenons qu'aussitôt après
l'an 53i, la Septimanie ou Narbonnoise
première fut comprise dans l'Espagne j
mais, comme nous l'avons déjà dit, on ne
sauroit prouver par aucun monument
qu'elle ait été auparavant connue sous ce
nom. Aussi voyons-nous que Procope", au-
teur plus ancien que Grégoire de Tours,
distingue très-bien la Septimanie de l'Espa-
gne, lorsqu'en parlant de la défaite d'Ama-
laric dans cette première province, il dit
qu'après'la mort de ce prince les Visigoths
passèrent des Gaules en Espagne : Qui cladi
superfuerant, ex Gallia cum uxorîbus libe-
rîsque egressi, in HiSPANiAM ad Theudim jam
palam tyrannum se receperunt, selon la tra-
duction latine de cet auteur.
Il est vrai qu'il se trompe, & qu'il confond
l'expédition de Childebert contre Amalaric
avec celle de Théodebert contre Theu-
dis j mais les deux princes françois portè-
rent également leurs armes dans la Septi-
manie; & s'il est vrai qu'ils aient donné la
liberté aux Visigoths du pays qu'ils con-
quirent dans cette province, de se retirer
en Espagne ou dans les Etats de Theudis,
il faut que par le terme d'£j^ag^ne, Procope
entende la portion des Etats de ces peuples
situés au delà des Pyrénées.
Il résulte de ce que nous venons de dire
que l'an 5i4 la Septimanie n'étoitpas encore
comprise sous le nom général d'Espagne, &
que le vicariat de S. Césairedevoit s'étendre
par conséquent au delà des Pyrénées.
NOTE LXVII
Sur la mort du roi Amalaric. —
Epoque de son règne 6* du second
concile de Tolède.
Note
66
Note
67
' Le Cointe, ad ann. 53i, n. 8 & seq. — Adrien
de Valois, Rerum Francicarum 1. 7, p. 357 & 373.
— Daniel, Histoire de France^ t. i, p. 70 & 75.
' Adrien de Valois, Rerum Francicarum 1. 7,
p. 357 & 373.
Grégoire de Tours, 1. 3, c. 3, 10.
I.-K TOUS ne nous arrêterons pas à prouver
IN que la guerre que Childebert entreprit
contre Amalaric, & dans laquelle le dernier
' Procope, de Bello Gothoram in Hist. Bys. p. 345.
Note
67
Éd.orig.
t. I,
p. 669.
144
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
perdit la vie, se passa dans la Septimanie &
aux environs de Narbonne. Plusieurs habi-
les critiques' l'ont déjà démontré sur l'au-
torité de Procope% de S. Isidore^ & de
l'auteur de VAppendix ou Supplément à la
Chronique de Victor de Tunes'*, & ont fait
voir que Grégoire de Tours ^ ne dit pas le
contraire.
IL II n'est pas aussi aisé de déterminer le
lieu où mourut Amalaric & de marquer les
circonstances de sa mort; car presque tous
les anciens historiens varient là-dessus.
S. Isidore^ dit qu'après la bataille de Nar-
bonne ce prince, s'étant retiré à Barcelone
fut égorgé dans cette dernière ville par ses
propres soldats. L'auteur du supplément'
à la Chronique de Victor de Tunes rapporte
la même chose, avec cette différence qu'il
fait mourir Amalaric par la main d'un Fran-
çois. Enfin, Frédegaire* assure aussi que ce
prince mourut à Barcelone. Nous croyons
donc avec le P. Daniel ', que l'autorité de
ces historiens doit être préférée à celle de
Procope, de Grégoire de Tours & de ceux
qui les ont suivis, lesquels font mourir ce
roi lorsqu'il étoit sur le point de s'enfuir de
Narbonne en Espagne.
III. Pour ce qui est de l'époque précise
de la mort d'Amalaric & des années de son
règne, nous savons qu'il commença de
régner au mois de septembre de l'an 626,
après la mort du roi Théodoric, son aïeul,
& qu'il régna cinq ans suivant Isidore'";
ainsi il dut mourir l'an 53 1. C'est aussi à
cette année que cet historien & l'auteur du
Supplément à la Chronique de Victor de
Tunes rapportent sa mort. Il dut régner ce-
pendant un peu plus de cinq ans, car il ne
mourut qu'après le 4 de décembre de la
' Le Cointe, ad ann. 53 1. — Adrien de Valois,
Rerum Franc'icarum 1. 7, p. 371. — Daniel, Histoire
de France, t. i , p. 76.
' Procope, de Bello Gothorum, 1. t, c. i3.
' Isidore, Chronicon, p. 721.
■* Victor de Tunes, Chronicon, éd. Scaliger.
^ Grégoire de Tours, 1. 3, c, 10.
® Isidore, Chronicon, p. 721.
' Victor de Tunes, Chronicon, éd. Scaliger.
* Frédegaire, Epit, 3o 8<. 42.
' Daniel, Histoire de France, t. I , p. 70 & j5.
'"Isidore, Chronicon, p. 721.
même année, ce que le P. Pagi ' a très-bien
prouvé par la date des conciles de Lérida &
de Valence en Espagne, tenus l'un le 4 du
mois d'août, & l'autre le 4 du mois de dé-
cembre de l'an 646, la quin'j^ième année du
règne de Theudis^ successeur de ce prince. On
lit Theaderedîj au génitif, dans les actes de
ce dernier concile, ce qui est une inflexion
du nominatif Theudis. Quelques critiques
avoient pris mal à propos ce nom pour
celui de Théodoric, ce qui faisoit qu'on
avoit de la peine à concilier cette date.
IV. On voit la même inflexion dans une
épitaphe trouvée à Narbonne', rapportée
par le P. Ruinart' dans ses notes sur Gré-
goire de Tours & datée de la fin du mois
d'avril, la dixième année du règne de Theu-
dis, régnante Theudere^ indiction IV, ce qui
convient très-bien à l'an 641. Le P. Rui-
nart a cru cependant qu'elle appartenoit au
règne de l'un ou de l'autre des deux rois
visigoths du nom de Théodoric; mais Théo-
doric I n'ayant jamais été maître de Nar-
bonne, & cette inscription ayant été trouvée
dans cette ville, elle ne peut être placée
sous le règne de ce prince. On ne sauroit
d'ailleurs, concilier l'indiction iv avec la
dixième année de son règne. Cette même
indiction ne peut pas non plus s'accorder
avec la dixième année du roi Théodoric II,
qui ne fut maître de Narbonne que sur la
fin de son règne; mais elle convient parfai-
tement avec la dixième année de Theudis,
c'est-à-dire avec l'an 641, d'où l'on doit con-
clure que ce prince commença de régner
en 53i. Ce dut être au mois de décembre,
comme nous l'avons déjà prouvé ; ce qui
nous donne l'époque précise de la mort
d'Amalaric, son prédécesseur.
V. Cette dernière époque sert beaucoup à
fixer celle du second concile de Tolède sur
laquelle les modernes ne sont pas d'accord.
Selon tous"* les manuscrits, il fut tenu le
ij du mois de mai, la cinquième année du rè-
gne d'Amalaric, Van 565 de l'Ere espagnole .
ces notes chronologiques ont jeté beaucoup
' Pagi, ad ann. 646, n. 10 & seq.
' Voyez, aux Preuves de ce volume, les Inscrip-
tions de Narbonne.
' Ruinart, Notae in Greg. Tur, p. iSSp.
^ Aguirre, Concil. Hisp. t. 1, p. 122 j t. 2, p. 267.
Note
67
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
145
Note
68
d'obscurité sur la date de ce concile & sur
le commencement & la suite du règne
d'Amalaric. Binius',qui rapporte cette date
à l'an 53i, prétend qu'il faut lire le nom de
Theudis au lieu de celui d'Amalaric, &
l'ère 569, qui répond à l'an 53i de J.-C, au
lieu de l'ère 565.
Le cardinal d'Aguirre' atteste d'un autre
côté que tous les manuscrits portent dans
le titre du concile qu'il fut tenu la cinquième
année du règne d'Amalaric, Van 565 de l'ère
espagnole : ce qui l'oblige à rapporter cette
date à l'an 527 & à faire commencer le
règne d'Amalaric l'an 523, du vivant du roi
Théodoric son a'ieul. Mais comme il est
certain, par les preuves que nous venons de
rapporter, qu'Amalaric n'est mort que l'an
53i & qu'il n'a régné que cinq ans, cette
date ne sauroit être vraie. Nous aimons
donc mieux supposer avec ce savant cardi-
nal que le nom du roi & l'année du règne
sont marqués comme il faut dans les manus-
crits, & croire contre lui, avec Binius & le
P. Pagi% qu'il faut lire l'ère 569 au lieu de
l'ère 565. Ainsi ce concile fut tenu au mois
de mai de l'an 53i, la dernière année du
règne d'Amalaric.
NOTE LXVIII
Sur les expéditions de Théodehert
dans la Septimanie ou Languedoc ^
sur le pays 6* Vévêché d'Arsat.
NOTI
68
o;
I./^N sait, en général, que Théodoric,
roi des Ostrogoths, reconquit après
la mort de Clovissurles enfans de ce prince
plusieurs places qui avoient été enlevées
aux Visigoths depuis la bataille de Vouglé,
ainsi que nous l'apprend Grégoire de
Tours* : Gothi vero cum post Clodovechi
mortem multa de his quae îlle adquisierat
pervasissent, &c. Mais nous ne saurions
marquer précisément jusqu'où ce roi d'Ita-
lie étendit ses conquêtes dans les Gaules ;
nous sommes seulement assurés qu'il reprit
la ville de Rodez & le Rouergue, ce qui
nous fait croire qu'il reprit aussi le Gévau-
dan & le Vêlai, & peut-être l'Albigeois. Il
ne paroît pas douteux que le pays d'Uzès
ne soit retourné en même temps sous la do-
mination des Goths, si tant est que les Fran-
çois l'eussent pris sur eux; car quelle appa-
rence que Théodoric eût conquis tout le
Rouergue, & qu'il eût laissé derrière lui
rUzége, situé au milieu de ses Etats, entre
la Provence & la Septimanie?
II. Ce n'est donc que depuis l'an 533 que
Théodehert, fils de Thierry, roi d'Austrasie,
ayant reconquis ' sur les Visigoths les places
que Théodoric avoit enlevées aux François
après la mort de Clovis, la ville & le pays
d'Uzès furent soumis aux François, & l'on Éd.ong.
ne sauroit donner aucune preuve du con- p. 670.
traire. Ainsi, c'est avec raison que nous
mettons ce pays au nombre des conquêtes
de Théodehert.
III. On doit en dire de même de la ville
& du diocèse de Lodève où ce prince porta
ses armes. Leur situation entre Béziers &
Rodez, villes qui dépendoient des Goths
avant son expédition, ne nous permet pas
de douter qu'ils n'aient été repris par Théo-
doric, après la mort de Clovis.
IV. Les souscriptions du concile' tenu à
Clermont, en Auvergne, l'an 535, deux ans
après l'expédition de Théodehert, par les
évêques de la domination de ce prince qui
avoit succédé depuis peu à Thierry , son
père, dans le royaume d'Austrasie, prou-
vent' qu'il étoit alors le maître du Gévau-
dan, du Rouergue, du pays de Lodève & du
Vivarais; car on y voit les noms d'Hilaire,
évêque de Javoux; de Deutérius de Lo-
dève; de Dalmace de Rodez & de Vénan-
tius'de Viviers.
V. La souscription de ce dernier con-
firme la conjecture d'un historien moderne *
au sujet de la fin de la guerre de Bourgogne
qu'il met en 534, après la mort de Thierry,
& du partage de ce royaume entre tous les
' Conciles, t. 4, p. 1374 8c suiv.
'Aguirre, Concil. H'isp, t. i , p. 122; t. 2, p. 267.
' Pagi, ad ann. 53i, n. 9.
* Grégoire de Tours, 1. 3, c. 21.
' Grégoire de Tours, 1. 3, c. 21, 22 & 28.
' Conciles, t. 4, p. i8o3.
' Le Cointe, ad ann. 535, n. 9.
* Daniel, Histoire de France, t. i, p. 78 & 88.
II.
Note
68
146
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
princes françois. Théodebert dut obtenir
le Vivarais en vertu de ce partage, ce qui
est appuyé d'ailleurs sur la Chronique de
Marius d'Avenches"; car il n'y a aucune ap-
parence que ce prince l'ait conquis sur les
Goths qui paroissent ne l'avoir jamais pos-
sédé, quoique Roderic de Tolède" semble
vouloir le faire entendre ; mais son témoi-
gnage n'est pas d'un grand poids.
VI. Nous avons ajouté le château d'ï/^er-
num aux conquêtes de Théodebert, parce
qu'outre que ce prince porta ses con-
quêtes du côté du Rhône & de la ville d'Ar-
les qu'il assiégea, nous voyons d'ailleurs
que ce château fut un de ceux que le prince
Reccarède reprit sur les François l'an 585.
Ces peuples dévoient par conséquent l'avoir
enlevé auparavant aux Visigoths, & sans
doute pendant l'expédition de Théodebert.
VII. Pour ce qui est du pays d'Arsat ou
de Larsat, pagus Arisitensis, qui faisoit par-
tie du Rouergue, nous croyons que les Vi-
l'Èglise^ Ligons, Gagnac, Laissac & Mon-
ferran. Or, tous ces lieux sont situés en
Rouergue, vers les frontières du Gévaudan
& de l'ancien diocèse de Nimes; ainsi nous
ne doutons pas que le pays de VArssague':^
dont il est parlé dans cette charte, ne soit
le même que le pagus Arîsîtensîs de Gré-
goire de Tours.
On pourroit aussi conjecturer qu'une
partie de l'ancien diocèse de Nimes, savoir
ce qui compose aujourd'hui le diocèse d'Alais
limitrophe du Rouergue, faisoit partie du
pays d'Arsat, sur ce que la baronie d'Hierle,
donnée par le roi S. Louis en assise à la
maison d'Anduse, est appelée dans les mo-
numens du ternes Terra Aris dit ou Erîsdiij
peut-être par corruption du nom Arîsîtensîs.
Cette ancienne baronie s'étend, en effet,
dans le diocèse d'Alais & les frontières du
Rouergue depuis Merueys jusqu'à Vissée
{Vîrîdesîccum). D'ailleurs, le pays de l'Arsat
appartenant, à ce qu'on prétend, à la famille
Note
68
sigoths le conservèrent, & que Théodebert deTonanceFerréol quipossédoit de grands
ne le prit pas sur eux, mais seulement le biens dans l'ancien diocèse de Nimes vers
reste du pays.Ce canton comprenoit, suivant les confins du même pays du Rouergue, &
Grégoire' de Tours, environ quinze parois-
ses du Rouergue. On est partagé sur leur
situation : on les place* plus communé-
ment sur les frontières de ce pays vers le
Gévaudan & le diocèse d'Alais ou l'ancien
diocèse de Nimes. Nous pouvons confirmer
ce sentiment par un titre du Trésor' des
chartes du roi de l'an 1207 écrit en lan-
gage du pays, par lequel Guillaume, comte
entre autres le lieu de Trêve (Trevîdon), il
est assez vraisemblable que tout le domaine
de cette famille composoit le pays d'Arsat.
Enfin, on appelle encore Saînte-Eulalîe-de-
Larsac un lieu du diocèse de Vabres situé
vers les frontières du Gévaudan. C'est tout
ce que nous pouvons dire de la situation de
ce pays, en attendant la dissertation que
nous fait espérer là-dessus M. de Manda-
de Rodez, engage à Raymond, comte de jors qui pourra éclaircir cette matière par
Toulouse, pour la somme de vingt mille sols
melgoriens, le château de Montrosier avec
huit autres châteaux ou villages qu'il pos-
sédoit dans le pays de l'Arssagueo^, savoir :
Buzens, Galhac, Provenquières, Sévérac-
' Marius d'Avenches, Chronlcon. — Duch. t. i,
p. 2l3.
' Roderic de Tolède, 1. 3, c. 21.
' Grégoire de Tours, 1, 5, c. 5.
•* Dominici, Ansbertus redivïvus, p. 41 & seq. —
Le Cointe, adann. SzS, n. lo. — Gallia Christiana,
nov. edit. t. i, p. 196 & seq.
' Voyez au tome VIII de cette édition, aux Preu-
ves, sous le n. LXXXVIII, V Engagement du pays de
l'Arssaguc^ , fait a Raymond, comte de Toulouse,
par Guillaume, comte de Rode^.
ses recherches, 8z; qui prétend que tout ce
qui compose aujourd'hui le diocèse d'Alais
étoit de l'ancien pagus Arîsîtensîs.
VIII. Ce pays fut honoré d'un siège épis-
copal j mais il est difficile de déterminer si
on doit en attribuer l'érection ou aux Visi-
goths ou aux François. Le P. le Cointe'
qui est persuadé que les derniers demeurè-
rent toujours maîtres de ce canton depuis
les conquêtes de Clovis, quoique les autres
eussent repris sur eux le reste du Rouer-
gue, prétend qu'ils firent ériger cet évêché
pour empêcher que leurs sujets ne fussent
soumis à un évêque étranger^ mais il n'en
apporte aucune preuve. Il paroît, au con-
' Le Cointe, ad ann. 535, n. 9.
Note
68
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
47
Éd. orig
t. I
traire, par Grdgoire de Tours, que les Visi-
goths demeurèrent maîtres de ce pays tandis
que le reste du Rouergue obéissoit aux
François, & que cela donna occasion aux
premiers d'y ériger un siège épiscopalj c'est
aussi le sentiment de plusieurs personnes
habiles'.
IX. Nous jugeons donc qu'il est beaucoup
sous le règne des Visigoths, & que ces peu-
ples n'aient établi un évèché dans ce pays.
Grégoire de Tours le fait assez entendre en
parlant de Monderic qui parvint à cet évè-
ché vers l'an SyS par la faveur de Sigebert,
roi d'Austrasie; puisque, suivant cet histo-
rien, Dalmace, évêque de Rodez, deman-
doit alors qu'on remît sous son autorité les
plus probable que les Goths reconquirent quinze paroisses qui en dépendoient & qui
ce pays sur les François, avec le Rouergue,
peu de temps après la mort de Clovis; que
Théodebert ayant repris dans la suite la
ville de Rodez & presque tout le Rouergue
sur les Visigoths, il négligea de soumettre
ce canton, soit à cause de sa situation avan-
tageuse dans les montagnes, soit parce qu'il
vouloit porter ses armes ailleurs j & que
c'est ce qui donna occasion aux derniers d'y
ériger un évèché.
Il paroît, en effet, que les Visigoths, de-
puis la défaite d'Alaric II à la bataille de
Vouglé & la perte de la meilleure partie de
leurs États dans les Gaules, affectèrent' de
conserver dans la partie de la province ec-
clésiastique de Narbonne qui leur demeura,
le même nombre d'évèchés qu'ils y possé-
doient auparavant^ & que comme ils firent
ériger ceuxdeMaguelonne, de Carcassonne
& d'Elne pour se dédommager de ceux de
Toulouse, d'Uzès & de Lodève qu'ils avoient
P.V71, perdus, ils firent aussi ériger celui d'Arsat,
pour réparer la perte de celui de Rodez,
après que Théodebert leur eut enlevé cette
ville en 533. Car il est constant que depuis
avoient été démembrées de son diocèse
Et apud' Arîsitensem vicum (Nlondericus)
epîscopus instituitur, habens sub se plus minus
dîoeceses quîndecîm, quas pr'imum Gotht quî-
dem tenuerant, nunc vero Dalmatîus Ruthe-
nensis epîscopus vindîcabat. Il paroît, par ce
passage, que du temps des Goths ces parois-
ses ne dépendoient pas du diocèse de Rodez,
& qu'elles étoient par conséquent gouver-
nées par un évêque particulier.
XI. Lorsque Dalmace demanda de rentrer
dans le droit qu'ilavoit sur ces paroisses, le
pays d'Arsat étoit tombé sans doute depuis
peu sous l'obéissance des François. Nous
conjecturons que Clotaire I, maître de toute
la monarchie, le prit sur les Visigoths vers
l'an 5605 car il n'y a aucune apparence que
Sigebert, roi d'Austrasie, son fils, l'ait con-
quis sur ces peuples, puisque nous savons
que ce dernier prince vécut toujours en
paix avec Athanagilde, leur roi, qui étoit
son beau-père.
XII. Il ne paroît pas, en effet, que Déo-
tarius, qui est le premier évêque d'Arsat
que nous connoissions depuis que ce pays
que Théodoric, roi des Ostrogoths, eut re- fut soumis à la domination françoise, ait
pris Rodez sur les François, l'évêché de
cette ville fut soumis à la métropole de
Narbonne, quoiqu'il dût dépendre naturel-
lement de celle de Bourges, parce que, sui-
vant l'usage de ce siècle, les souverains ne
permettoient pas que les évêques de leur
domination dépendissent d'une métropole
étrangère.
X. Il est vrai que nous ne connoissons
les évêques d'Arsat que depuis que ce pays
obéissoit aux François; mais cela n'empê-
che pas qu'il n'ait pu y avoir des évêques
pu parvenir à cet évèché avant ce temps-là.
Il est vrai que le P. leCointe" prétend qu'il
l'occupa depuis l'an 533 jusqu'en 569, sur
ce que, suivant les anciens monumens de
l'église de Metz,* rapportés par Dominici ',
il fit bâtir le village d'Arsat, d'où le pays a
pris son nom; & qu'il conjecture que ce
qui y donna lieu fut que ce pays avoit été
désolé depuis peu, durant la guerre que
Théodebert avoit faite aux Visigoths dans
le Rouergue en 533. Mais si Déotarius fit
bâtir, ou, comme s'expriment Dominici &
NOTB
68
' Ruinart, Not. in Greg. Tur. p. 208. — Gallia ' Grégoire de Tours, 1. 5, c. 5.
Christiana, nov. edit. t. i , p. i(;5 & r 96. ' Le Cointe, ad ann. 523, n. 1 o & seq. ; ad ann.
'Voyez Nota XXV, XXVI, XXVII & LVII , 569, n. 27.
n. 6 & suiv. ' Dominici, Ansbertus rcdivlvus, App. p. 9 Scscq.
Note
68
148
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
le P. le Coînte', rebâtir le chef-lieu du pays
d'Arsat, ce fut peut-être pour quelque autre
motif, ou s'il fut désolé durant les guerres,
ce peut avoir été dans quelque autre occa-
sion que durant l'expédition de Théodebert.
D'ailleurs, il est marqué dans les mêmes
monumens" queDéotarius fut sacré évêque
d'Arsdit par S. Aigulphe, évêque de Met'ç, son
frère. Ot^ ce dernier, de l'aveu du P. le
Cointe^ ne parvint à l'épiscopat que depuis
l'anSyS; ilnepeutdoncavoirconsacréDéota-
rius avant ce temps-là. Cet annaliste, pour se
tirer de cette difficulté, rej ette "* l'autorité des
monumens de l'église de Metz, par rapporta
cette ordination. Mais, s'ils sont erronés en
cela, ils peuvent l'être sur tout le reste :
aussi paroissent-ils suspects à d'habiles cri-
tiques. On pourroit y trouver plusieurs
autres choses à dire, quelque autorité qu'ait
voulu leur donner Marc-Antoine Dominici,
entre autres sur ce qu'ils font S. Aigulphe
évêque de Metz, ordonné après l'an 678,
contemporain de Théodebert, roi d'Austra-
sie, mort en 647. Ce prélat ne peut donc
avoir reçu la donation que ce prince fit à
l'église de Metz du pays d'Arsat suivant ces
monumens. Dominici^ conjecture qu'il faut
lire Sigebert au lieu de Théodebert 5 mais
le P. le Cointe® rejette cette conjecture sur
ce que S. Aigulphe ne fut évêque de Metz
qu'après la mort du premier. Si donc Déo-
tarius fut évêque d'Arsat, commenous l'ap-
prenons des mêmes monumens qui le font
en même temps frère de S. Aigulphe, il ne
peutavoirvécu qu'après le milieu du sixième
siècle, puisqu'il est certain que ce dernier
étoit encore évêque de Metz en 6o3'. Enfin
ces monumens le font oncle paternel &
prédécesseur, dans l'évêché d'Arsat, de Mon-
consacré par S. Aigulphe, évêque de Metz.
XIII. Nous avons dit que Dalmace, évê-
que de Rodez, revendiqua sur Monderic les
quinze paroisses du pays d'-<4r5flt_, qui avoient
été démembrées de son diocèse : nous ne
savons pas s'il obtint sa demande. Le P. Rui-
nart' prétend, après M. de Valois, que ce
sont les mêmes paroisses qu'Innocent, évê-
que de Rodez & successeur de Dalmace, ré-
pétoit% en 684, sur Ursicin, évêque de
Cahors; ce qui prouveroit que Dalmace ne
les réunit pas à son évêché. Mais les parois-
ses que les évêques de Cahors pouvoient
avoir usurpées sur ceux de Rodez dévoient
être situées au couchant du Rouergue, au
lieu que celles qui étoient comprises dans
le pays d'Arsat s'étendoient vers le levant.
Ce qu'il y a de vrai, c'est que si S. Dalmace
réunit à son diocèse les quinze paroisses de
l'Arsat dont on a déjà parlé, ce pays devoit
s'étendre au-delà du Rouergue & dans la
Septimanie, puisque nous voyons qu'Em-
mon', évêque d'Arsat, assista, l'an 626, au
concile de Reims 5 ce qui fait voir que cet
évêché subsistoit encore au commencement
du septième siècle.
XIV. On ignore l'époque de sa suppres-
sion. Il paroît seulement qu'elle étoit déjà
faite vers l'an 660, & qu'il avoit été réuni
alors aux diocèses voisins d'Uzès ou de
Nimes. C'est ce qu'on peut inférer de la vie
de S. Amand, évêque de Mastrick, écrite
par un auteur contemporain. Ce saint
prélat* ayant entrepris de bâtir le mo-
nastère de Nant, sur les frontières du
Rouergue & de la Septimanie, Mommole,
évêque d'O^indîs, dans le voisinage, s'opposa
de toutes ses forces à son dessein. On' ne
doute pas que le nom à^O'^indis ne soit cor-
NOTE
68
deric qui fut nommé à cet évêché vers l'an rompu dans cet auteur, & qu'il ne faille li
573, par Sigebert, roi d'Austrasiej ce qui
prouve encore qu'il ne peut avoir été
' Dominici, Anshertus redivivus , c. 6. — Le
Cointe, ad ann, 669 & seq.
' Dominici, Anshertus redivivus, append. p. 10,
' Le Cointe, ad ann. 569.
* Le Cointe, ad ann. SzB, n. i3,
* Dominici, Anshertus redivivus, c. 6, p. 5l.
® Le Cointe, ad ann. 569.
^ Voyez Notae in epist. 58 1. 2, Gregorii Magni.
nov. éd.
Ucedensisj i° parce qu'il n'y a aucune ville
épiscopale au voisinage de Nant dont le
nom approche davantage de celui d'Oijznc/zV;
2° parce qu'on sait d'ailleurs que le siège
épiscopal d'Uzès étoit rempli vers le même
' Ruina rt, Not. in Greg. Tur, p. 3i5.
* Grégoire de Tours, 1. 6, c. 38.
' Conciles, t. 5, p. 1689.
^ Vie de S. Amand, act. SS. 0. S. B. t. 2.
^ Voyez Mabillon, ad ann. 661, n. 12 & seq. —
Bollandlstes, 6 février.
i
Éd.orig.
p. 072
Note
68
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
149
Note
ADQIT.
temps ' par un évèque appelé Mommole. Si
donc l'évéque qui s'opposa à la construction
du monastère de Nant étoit évèque d'Uzès,
comme il paroît qu'il n'y a pas lieu d'en
douter , l'Uzége devoit être alors limi-
trophe du Rouergue , & comprendre par
conséquent la plus grande partie du pays
qui forme aujourd'hui le diocèse d'Alaisj-
ce qui prouve que si le pagus Arîshensîs
renfermoit ce dernier diocèse, comme on le
prétend, l'évèché d'Arsat devoit être alors
supprimé &avoir été réuni au diocèse d'Uzès
dont il avoitpuètre démembré auparavant,
ou bien de celui de Nimes. Ce qu'il y a de
vrai,c'est qu'au neuvième siècle' ce dernier
diocèse étoit limitrophe du Rouergue, &
qu'il comprenoit par conséquent alors le
pays qui compose aujourd'hui celui d'Alais ;
ce qui a duré jusqu'à laiin du dernier siècle,
que celui-ci en a été séparé.
lAddîtîon faîte par les nouveaux éditeurs
à la Note LXVIII.]
[Les Bénédictins ont commis quelques
erreurs, dans la Note qui précède. Nous
ne pouvons mieux les relever qu'en donnant
ici un résumé de l'article consacré à Vévè-
ché à' Arisitum, par M. Jules Quicherat,dans
son savant ouvrage intitulé : De la Forma-
tion française des anciens noms de lieux,
p. 91 (Paris, A. Franck, 1867. In-i8.)^mz-
tum, que Grégoire de Tours nous fait con-
naître par l'adjectif Arisitensis vicus^ , est
appelé Arisidum dans une généalogie des
Carlovingiens écrite au neuvième siècle^.
C'était le chef-lieu d'une petite contrée de
la Gaule méridionale, que les rois d'Austra-
sie érigèrent en évèché au sixième siècle.
Cet évêché n'embrassait qu'une quinzaine
' Vit. S. Aigul. act. SS. O. S. B. t. 2, p. 660 &
seq. — Voyez Mahillon, ad ann. 661, n. 18.
' Voyez aux Preuves de ce volume, sous le n. LU,
une Charte de l'an 887 : Donation de Louis le Dé-
bonnaire en faveur de l'abbaye d'Aniane , & sous le
n. LXXVII, une autre Charte de l'an 853 : Charte
du roi Charles le Chauve en faveur de l'abbaye
d'Aniane.
^ Historia 1. 5, c. 5.
■* Dom Bouquet, Scriptores rcrum Franc, t. VI.
de paroisses. Malgré les réclamations des
évêques de Rodez, qui le revendiquaient
comme un démembrement de leur diocèse,
il fut maintenu jusqu'au déclin du septième
siècle sous la dépendance de l'église de Metz.
La position du pagus Arisitensis a fort
embarrassé les critiques; depuis deux cents
ans on s'accorde à l'assimiler avec le Larzac,
région montagneuse qui appartient au dé-
partement actuel de l'Hérault. Le Larzac est
contenu entre l'Hérault, la Vis & le Ler-
gue : il confine aux départements du Gard
& de l'Aveyron. Dom Vaissete, dans sa dis-
sertation sur Arisitum, tout en admettant
que le pays répondait au Larzac, en a con-
sidérablement augmenté l'étendue d'après
des ressemblances de noms qu'il a relevés
dans les anciens titres. D'abord, il y a ratta-
ché une contrée nommée VArssaguet dans
une charte romane de 1207, & l'Arssaguet
est une partie de l'arrondissementde Milhau
(Aveyron), à plus de quinze lieues du Lar-
zac. Il y a aussi rattaché une partie de l'an-
cien diocèse d'Alais, limitrophe du Larzac,
laquelle est appelée dans une charte de 1243
terra Erisdii.
Composé de la sorte, l'évèché d'Arisitum
au lieu de quinze paroisses en aurait con-
tenu plus de cent. En signalant le rappro-
chement de terra Erisdii avec Arisitum, le
savant bénédictin avait mis le doigt sur le
nœud de la question, mais il aurait dû s'en
tenir là, & ne plus songer au Larzac ni à
rien de ce qui lui ressemble. En effet, la
première chose à se demander en présence
d'un nom de la forme Arisitum, c'est la posi-
tion probable de l'accent dans l'ancienne
prononciation ; car le dérivé est tout diffé-
rent, selon que l'accent aura été placé sur
le premier/ ou sur le second. L'accent ayant
affecté le second z, le dérivé serait Ar'^et ou
Accède ; dans l'autre cas, nous devons être
amenés à quelque chose comme Ariste, ce
qui est bien loin d'Arzac ou de Larzac, en
admettant la prothèse de l'article. Or, plu-
sieurs chartes coiiservées aux archives de
Nimes offrent les formes suivantes : in Aris-
jz'enje (889); in vicaria quae dicitur Arisico
(895); in Ariceatense (1009); carta de Arisdo
(douzième siècle) , ce qui nous amène à
VErisdium de dom Vaissete, qui n'est pas
le dernier terme de la métamorphose. Erisde,
Note
ADOIT.
Note
ADDIT.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
69
Éd-orig
p. 672.
équivalent français de Erisdium, n'était pas
assez coulant pour la bouche des Méridio-
naux ; par une série de transpositions &
d'adoucissements ils le réduisirent à la forme
îerle, orthographiée Hierîe, & le nom
d'Hierle existe encore dans celui de Saint-
Bresson-d'Hierle, commune voisine du Vi-
gan sur le territoire de laquelle doivent
exister les ruines de l'antique Arîsîtum.
De cette façon, le territoire du Vicus Ari-
skensis de l'époque Mérovingienne, devenu
au sixième siècle le siège d'un évèché éphé-
mère, & au neuvième siècle la circons-
cription d'une viguerie carlovingienne, ne
répond nullement au Larzac (Hérault),
mais seulement à la partie occidentale de
l'arrondissement du Vigan (Gard), y compris
le canton du Vigan tout entier & celui
d'Alzon, c'est-à-dire le riche bassin de la
rivière d'Arre. Il est probable que le nom
d'Arisitum a été formé sur le nom de cette
rivière & que la Vicar'ia Arisica comprenait
toute la vallée de l'Arre. On trouve dans le
canton d'Alzon les communes d'Arre & d'Ari-
gas, dont les noms ont, probablement, la
même étymologie'.] [E. M.]
NOTE LXIX
Sur les actes de S. Germierj évêque de
Toulouse.
I.T ES Bollandistes' qui nous ont donné
-L' les actes de S. Germier, évéque de
Toulouse, ne font pas difficulté de les ad-
mettre comme originaux. Ils les attribuent à
Prétiosus, disciple du saint, & prétendent
seulement qu'ayant été transcrits dans le
dixième ou onzième siècle, le copiste y a
inséré de lui-même le miracle dont il est
fait mention à la fin, & qui peut faire soup-
çonner qu'ils sont d'un auteur moderne.
' Voyez aussi dans la Note que nous avons con-
sacrée ci-après à la description du pagus Ncmau-
sensis,ce qui concerne la vicaria Arisitcnsis. ^E.M.,]
' Bollandistes, 16 mai, p. 691.
Nous croyons au contraire que ces actes,
pris dans toutes leurs parties & tels que
nous les avons, ne sont pas plus anciens que
le onzième siècle; que c'est la vraie époque
de leur fabrication; qu'ils ne sont pas diffé-
rens de ceux du même saint dont Catel'
fait mention & que Bernard Guidonis trans-
crivit & interpola; & qu'enfin^, s'ils contien-
nent quelque chose des véritables actes de
S. Germier dressés par Prétiosus, le vrai
est tellement confondu avec le faux qu'il
est très-difficile de démêler l'un d'avec
l'autre.
II. Pour prouver l'antiquité de ces actes
& sauver les contradictions qu'ils renfer-
ment, les Bollandistes supposent d'abord
que Bernard Guidonis ou quelque autre
copiste aura défiguré les noms propres &
substitué ceux de Parlsidnam au lieu d'Arî-
sitinam, Jerosolymas -pour Incoîismas, Astari-
censïs pour Bituricensîs. Et, en effet, si ces
termes , que les Bollandistes prétendent
défigurés, sont véritablement du premier
auteur de ces actes, comme nous le ferons
voir, c'est une marque évidente de leur
nouveauté. D'ailleurs ces critiques convien-
nent que l'écrivain fait connoître le temps
où il vivoit, par ces termes : Quorum unus
Prétiosus sanctissimiconfessorisGermeriivitam
vel actus LONGE POST scrîpsisse perhibetur.
Ces paroles & la suite du discours font voir
que ce n'est pas Prétiosus lui-même qui
parle; mais que c'est toujours un auteur
postérieur qui le fait parler; &, en effet, si
l'auteur de cette vie eût vécu au sixième
siècle, se seroit-il servi de ces termes en
parlant d'un évêque, ab reverendîssimo Tor-
raoaZc/o' ? Appeloit- on dans ce temps-là,
comme il fait, le pays de Toulouse, comitatus
Tolosanus^? Rendoit-on alors aux environs
de cette ville, ainsi qu'il le suppose, un
culte public aux idoles '' ?
III. Mais ce qui prouve la nouveauté de
ces actes, c'est que les noms propres des
lieux, que les Bollandistes prétendent défi-
gurés par les copistes, sont certainement de
' Catel , Mémoires de l'Histoire de Lanijuedoc ,
p. 846.
'■' Bollandistes, \6 mai, Fie de S. Germier, n. 4.
' Bollandistes, 16 mai, Vie de S. Germier, n. 6.
■• Bollandistes, 16 mai, Vie de S. Germier, n. 8.
Note
69
Note
69
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
iji
la première main & conformes aux vues &
aux desseins de l'auteur. On doit conserver
le terme de Paris hanam au n" 3, & c'est en
vainque ces écrivains lui substituent d'eux-
mêmes sans aucune autorité celui d'Arisita-
nam, puisque l'auteur a voulu parler en cet
endroit de LA VILLE de Paris (civitatem) &
non pas du lieu d'Arsat en Rouergue qui^
selon Grégoire de Tours', n'étoit qu'un
village, Arlsitensis vîcus. L'auteur fait voir
qu'il avoit dessein de parler de la ville de
Paris en ce qu'il dit que S. Germier, à son
retour de son ordination % paj^a au palais
du roi Clovis qui voulut le voir. Or, si saint
Germier fut ordonné au pays d'Arsat ,
comme les BoUandistes le supposent, quel
palais pouvoit avoir ce prince depuis ce
pays situé sur la frontière du Rouergue &
du Gévaudan jusqu'à Toulouse, & quand y
a-t-il fait son séjour? Il est vrai que Clovis
s'avança jusqu'à Toulouse après la bataille
de Vouglé : mais il retourna promptement à
Paris dont il fit la capitale de son royaume,
& nous n'avons aucun mémoire qui parle
de quelque voyage de ce prince sur les
frontières de l'Aquitaine première qui fut
soumise par son fils Thierry. Il n'y a enfin
aucune preuve que le village ou le pays
d'Arsat fût érigé sous le règne de Clovis.
C'est donc mal à propos que ces critiques
changent le terme de Parisitanam en celui
d'Arisitanam^ dans les actes de S. Germier,
ù. qu'ils prétendent que ce prélat fut or-
donné dans le pays d'Arsat, pour n'être pas
obligés de convenir de la nouveauté de ces
actes, s'il avoit été sacré à Paris.
IV. C'est avec aussi peu de fondement que
ces auteurs lisent dans ces actes Incolismis^
au lieu de Jerosolymis, terme qui y est ex-
pressément marqué. L'auteur fait venir
S. Germier du lieu de sa naissance à Tou-
louse, & lui fait passer la mer. Transita
mari* Tolosanis partibus venit. Si ce saint
eût été natif d'Angoulême & non pas de
Jérusalem, comme le suppose cet écrivain,
il n'avoit que faire de traverser la mer pour
aller à Toulouse. Les BoUandistes, pour se
' Grégoire de Tours, Histoire, 1. 5, g. 5.
' BoUandistes, 16 mai. Vie de S. Germier, n. 5.
^ BoUandistes, 16 mai, Vie de S. Germier.
■* BoUandistes, i6 mai. Vie de S. Germier, n. 1.
tirer de cette difficulté, prétendent que par
cette mer on doit entendre le passage de
Blaye à Bordeaux ou le Bec d'Ambez; che-
min que S. Germier prit, à ce qu'ils suppo-
sent, afin d'éviter les courses des Bourgui-
gnons. Mais, outre qu'on sait que ces peu-
ples étoient amis & alliés de Clovis à la fin
du règne de ce prince, temps auquel saint
Germier dut faire ce voyage; qu'ils ne pos-
sédoient rien dans toute l'Aquitaine , &
qu'ils étoient très-éloignés de la province
ecclésiastique de Bordeaux où le saint au-
roit dû voyager suivant cette leçon, il seroit
très-singulier qu'on eût donné le nom de
mer à la rivière de Garonne.
V. Ce qu'on vient de dire suffit pour faire
voir que le premier auteur des actes que
nous avons de S. Germier est beaucoup
plus moderne que les BoUandistes ne le
prétendent, & que c'est le même que
celui qui rapporte à la fin un miracle ar-
rivé, de l'aveu de ces critiques, au onzième
siècle.
Quant à ce qu'ils ajoutent qu'on doit lire
dans cet endroit des actes Bituricensem comî-
tatum'y au lieu d''Astaracensem, comme porte
le manuscrit, ils se trompent également j
car c'est du comté d'Astarac, en Gascogne,
dont on a voulu parler & non du comté de
Bourges. Le premier étoit déjà établi dès le
onzième siècle %& faisoit partie du diocèse
d'Auch qui n'est pas éloigné du château de
Muret (M.uratiense castrum. Vit. S. Germ.
ibid.)j sur la Garonne, au diocèse de Tou-
louse. C'est dans ce château où étoit le tom-
beau de S. Germier, & non dans celui de
TAurat en Auvergne avec lequel les BoUan-
distes le confondent. C'est donc de l'arche-
vêque d'Auch, & non pas de celui de Bour-
ges dont il est parlé au même endroit. D'ail-
leurs l'auteur donne le titre de Saint à ce
prélat, & on n'en trouve' aucun reconnu
pour tel dans l'église de Bourges depuis le
neuvième siècle; au lieu que nous connois-
sons S. Austinde, archevêque d'Auch à la
fin du onzième, ce qui prouve que les
actes de S. Germier étant d'une même main,
ils doivent être postérieurs au temps de saint
' BoUandistes, 16 mai, Vie de S, Germier, n. 1 1.
' Oïhenart, Notitia Vasconiae, p. 499.
' Gallin C/iristiana, nov, éd. t. 1, p- 980.
Note
69
Édorig.
t. I,
p. 673.
Note
69
l52
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
70
Austinde. Au reste, il paroît que l'auteur
étoit religieux de Saint-Germier , auprès de
Muret, où il y avoit, en effet, ancienne-
ment un prieuré conventuel.
NOTE LXX
Si les François prirent la ville de Cette
en Languedoc sur les Visigoths, sous
le règne de Childehert.
LE P. Daniel prétend ' que l'expédition
des Visigoths contre la ville que S. Isi-
dore' appelle Septem oppidum regarde la
ville de Cette, en Languedoc, & non celle
de Ceuta en Afrique. « Il assure que la
« première, Je laquelle on voitj dit-il, en-
« core aujourd'hui les ruines, avoit été prise
« par les François, vers l'an 644, que les
« Visigoths y ayant aussitôt fait transpor-
« ter par mer leur armée, reprirent la place j
« mais comme le dimanche qui suivit cette
<f reprise ils ne faisoient point les gardes
« Septa signifioit en latin Settej que cette
« conjecture suppose qu'il avoit lu dans les
« anciens auteurs ce même nom pour signi-
« fier Sette. Il ajoute enfin que c'est cette
« victoire des Françoissur les Visigoths qui
« est marquée sur diverses médailles de
« Clotaire frappées à Marseille, dans l'une
« desquelles est d'un côté la tète de ce
« prince, & sur le revers Victoria Gothica. »
Il est aisé de détruire toutes ces raisons
& de faire voir qu'il s'agissoit dans cette
expédition du siège de Ceuta en Afrique,
entrepris par les Visigoths sur les Impé-
riaux, & non de celui de Cette en Langue-
doc sur les François; le seul texte d'Isidore
suffit pour le démontrer : Post tam felicis
successum victoriae, dit cet auteur", trans
FRETUM inconsulte Gothi gesserunt. Deni-
que dum adversum MILITES qui Septem
OPPIDUM pulsis Gothis invaderunt, OcEANI
FRETA transissent idemque castrum magna vi
certaminis expugnarent, adveniente die Do-
minico^ deposuerunt arma, ne diem sacrum
praelio funestarent. Hac igitur occasione re~
perta, milites repentino incursu adgressum
exercitum mari undique terraque conclusum ,
adeo prostraverunt, ut ne unus quidem supe-
NOTE
70
« accoutumées autour de leur camp, les
« François les y surprirent & les défirent resset qui tantae cladis excidium praeteriret.
« entièrement. » On voit par ce passage que l'expédition
Les raisons qui lui font croire qu'il s'agit des Visigoths se passa au delà du détroit,
dans cet endroit d'Isidore, de la ville de fra/i^/refum, & du côté de l'Océan, Oceani
Cette en Languedoc & non de Ceuta en fréta; ce qui ne sauroit convenir à la ville
Afrique, sont : 1° « que les Visigoths ne de Cette située sur la Méditerranée , mais
« possédoient rien en Afrique ; 2° qu'Isidore
« en cet endroit parle des François, qui,
« par conséquent, ne peuvent pas avoir pris
« Ceuta; & qu'ainsi il s'agit de Cette en
« Languedoc qui appartenoit aux Visigoths;
« 3° que Strabon appelle le cap de Sette
« JS/Lons Settius,Sz. qu'il n'est pas surprenant
« qu'en cinq cents ans ce nom ait été changé
« en celui de Septius & Settia ou Setta en
« celui de Septa; 4° que dans quelques car-
ce tes d'Espagne le cap de Cette est appelé
« IVLonte Septa; 5° que Bernard Guidonis,
« évêque de Lodève, dit que la Septimanie
« tiroit son nom du cap de Sette; & qu^
« quoiqu'il ne croie pas cette conjecture
« véritable, elle prouve que le nom de
' Daniel, Histoire de France, t. 1 , p. i 1 1.
* Isidore, Ckronicon, p. 722.
bien à celle de Ceuta en Afrique qui est au
delà du détroit de Gibraltar. Cette seule
raison fait tomber toutes celles du P. Da-
niel. D'ailleurs, quelle apparence que les
Visigoths, qui étoient maîtres de la Septi-
manie & des passages des Pyrénées, eussent
eu besoin d'équiper une flotte pour re-
prendre la ville de Cette en Languedoc, sur
les François, tandis qu'il leur étoit si aisé
d'y envoyer une armée par terre?
2" Il n'est pas dit un seul mot des Fran-
çois dans tout cet endroit d'Isidore. Les
ennemis contre lesquels les Visigoths com-
battirent sont nommés milites : mais cela
prouve que cette expédition étoit contre
les Impériaux, maîtres de l'Afrique, & qu'il
s'agissoit par conséquent du siège de Ceuta.
' Isidore, Ckronicon, p. 722.
Note
70
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
i53
Car M. de Valois' a fait voir que cet his-
torien, de même que Jornandès & les au-
tres auteurs espagnols, ont toujours voulu
désigner les Impériaux par le terme de milites
dont ils se sont servis dans plusieurs en-
droits de leurs ouvrages. Au reste, il est évi-
dent par le même texte d'Isidore que les Vi-
sigoths n'avoient pas repris la ville de Ceuta
ou la prétendue ville de Cette, lorsqu'ils
furent battus dans leur camp comme le
prétend le P. Daniel; mais qu'ils en avoient
seulement formé le siège pour tâcher de la
reprendre. Ce qui l'a trompé, c'est qu'Isi-
dore parle, immédiatement avant cette ex-
pédition des Visigoths, de celle du roi
Childebert en Espagne, contre ces peuples,
dans laquelle il eut le dessous; & qu'il aura
cru, sans doute, que cet historien a voulu
parler dans la suite, de la continuation de
cette guerre, à cause de ces mots : Post tam
felicis successum victoriae, &c. Mais il est
clair que ce n'est qu'une transition dont se forsitan monte, juxta maris stagnum sito, ubi
sert Isidore, pour parler de la défaite des quondamcivitas fuisse fertur Septimania dicta,
Édorig. Visigoths en Afrique par les Impériaux, quae ab incolis podium C^T JE prope civitatem
p. 674. après avoir parlé de leur victoire en Espa
remise sous leur obéissance, il envoya pour
la reprendre une flotte qui fut entièrement
défaite un jour de dimanche, au rapport
d'Isidore.
2° Parce que Strabon a appelé le cap de
Sette M.ons Settius^ il ne s'ensuit pas que
ce nom ait été changé en celui de Septius
cinq cents ans après; le P.Daniel n'en rap-
porte du moins aucune preuve. Nous en
avons', au contraire, qui font voir qu'au
neuvième siècle on appeloit Sita ce cap
ou presqu'île, d'où on a formé le nom de
Cette, comme on l'appelle aujourd'hui, &
non pas Sette^ comme il plaît au P. Daniel
de l'appeler.
3° Bernard Guidonis tire l'étymologie du
terme de Septimanie d'une ville de même
nom, située à la vérité auprès de la monta-
gne de Cette ; mais non pas du nom de cette
montagne : Et haec" est provincia Narbo-
nensis cujus pars Septimania dicitur a quodam
Note
70
gne sur les François.
Il est inutile après cela de s'arrêter à
réfuter les autres raisons du P. Daniel ,
nous n'en dirons qu'un mot en passant :
1° Rien n'empêche que les Visigoths ne
possédassent quelques places en Afrique &
vers le détroit, du temps de Justinien; il est
certain que, sous leurs derniers rois & au
septième siècle, ils étoient maîtres d'une
partie de la Mauritanie Tingitane. Mais ce
qui fait voir qu'ils pouvoient occuper la
ville de Ceuta & une portion de l'Afrique,
sous le règne de Theudis, c'est que les Os-
trogoths d'Italie ne se déterminèrent',
l'an 540, à élire Ildebaud pour leur roi que
parce qu'il étoit parent de ce prince, lequel
leur promit de faire diversion en leur fa-
veur contre les Impériaux, leurs ennemis.
Or, Theudis ne pouvoit la faire que du
côté d'Afrique occupé par Justinien. Il est
donc vraisemblable qu'il prit alors sur cet
empereur la ville de Ceuta, la plus voisine
de ses Etats, & que les Impériaux l'ayant
' Adrien de Valois, Rerum Francicarum 1. 8,
p. 446.
' Procope, de Bello Gothorum, 1. 2, in fine.
Agathensem vulgariter appellatur. On voit
que cet auteur écrit Ceta, & non pas Septa :
preuve que, de son temps, ce dernier nom
n'étoit pas en usage, comme l'infère le
P. Daniel; & qu'il ne doit pas l'avoir lu
ainsi dans les anciens auteurs, puisqu'il
n'emploie ni la lettre S ni la lettre p.
4° Si on voit dans quelques cartes d'Es-
pagne le nom de IVLonte Septa donné au
cap de Cette, c'est une erreur qui ne
prouve rien; il n'est pas extraordinaire
que des étrangers défigurent les noms de
nos villes & de nos provinces dans leurs
cartes : ils se servent, d'ailleurs, de termi-
naisons différentes des nôtres.
5° La médaille de Clotaire où on lit sur
le revers Victoria Gothica, ne prouve nulle-
ment la prise de Cette en Languedoc sur
les Visigoths par les François. Ce prince
peut avoir entrepris diverses autres expé-
' Voyez aux Preuves de ce Yolume, sous le nu-
méro XXXIX , le Diplôme de Louis le Débonnaire
en faveur de l'abbaye d'An'iane (an 822), & sous le
numéro LU, une Charte du même empereur en fa-
veur de la même abbaye (an 837).
" Bernard Guidonis, dans Catel, Mémoires de
l'Histoire de Languedoc, p. 36. y^
/
Note
70
i54
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
NOTB
7«
ditions que nous ignorons, soit contre les
Visigoths d'Espagne, soit contre les Ostro-
goths d'Italie, pour qu'on ait eu occasion
de frapper cette médaille.
6° Nous ajouterons enfin qu'on n'a au-
cune preuve qu'il y ait jamais eu ni ville, ni
bourg, ni village au cap de Cette avant la
construction du canal de Languedoc & la fin
du dernier siècle 5 que c'est une ville toute
moderne, & qu'on ne sait ce que c'est que
les ruines qu'on en voit encore aujourd'hui^
Juivant le P. Daniel. La prise de cette ville
par les François sur les Visigoths & la, dé-
faite de ces derniers dans cette occasion
sont donc une pure imagination de cet his-
torien, & il est évident qu'Isidore a voulu
parler du siège de Ceuta en Afrique ,
comme Mariana, que le P. Daniel son con-
frère a abandonné , l'avoit fort bien ex-
pliqué.
NOTE LXXI
Sort du Languedoc Jrançoîs par le
partage du royaume entre les qua-
tre fils du roi Clôt aire 1,
I. A PRÈS la mort du roi Clotaire I, qui ar-
ov riva l'an 56i ou 662, ses quatre fils par-
tagèrent entre eux le royaume de France.
Grégoire de Tours', qui a parlé de ce
partage, se contente de dire que Charibert,
l'aîné de ces princes , eut le royaume de
Childebert, ou de Paris ^Contran celui d'Or-
léans, Chilpéric celui de Clotaire, son père,
ou de Soissons, & Sigebert celui du roi
Thierry, ou de Metz. Nous apprenons,
d'ailleurs, que le Toulousain échut à Cha-
ribert avec l'Aquitaine occidentale & le
Vivarais à Gontran; & que le reste du
Languedoc françois, qui faisoit partie du
royaume de Metz ou d'Austrasie, fut du
partage de Sigebert. Il faut en excepter
cependant l'Albigeois^ qui fut démembré de
ce dernier royaume avec le Querci & qui
fit partie des Etats de Charibert, sans doute
Grégoire de Tours, 1. 4, c. 22,
pour faire les portions égales 5 mais ces
deux pays furent dans la suite réunis à
l'Austrasie.
IL II est certain qu'une partie de l'Aqui-
taine occidentale échut à Charibert, puis-
qu'il est marqué dans le traité d'Andelot '
que Sigebert, frère de ce prince, posséda
plusieurs pays de cette portion du royaume
comme venant de sa succession. Nous au-
rions encore une preuve qu'il régna dans
ce pays, s'il étoit vrai qu'il fût mort à
Blaye, comme Aimoin" l'a avancé : mais il
paroît certain qu'il mourut à Paris, & ou
croit' que cet auteur a confondu ce prince
avec Aribert ou Charibert, roi de Toulouse,
qui mourut peut-être dans cette ville.
III. Nous prouvons que le Toulousain
échut à Charibert, parce qu'il est certain*
que le roi Chilpéric, son frère, possédoit
ce pays, après la mort de ce prince. Chil-
péric ne l'eut pas en vertu du partage qu'il
fit avec ses frères, après la mort du roi
Clotaire I, leur père, puisque ses Etats
s'étendoient au nord du royaume; il faut
donc qu'il l'ait eu dans son tiers de la suc-
cession de Charibert. Or, comme celui-ci
posséda le royaume de Childebert, ce der-
nier avoit eu par conséquent le Toulousain
en partage, après la mort du roi Clovis, son
père.
IV. Il est marqué dans le même traité d'An-
delot que l'Albigeois & le Querci avoient
appartenu à Charibert. Ces pays furent
donc séparés du royaume de MetZj dont ils
dépendoient auparavant, pour augmenter
le lot de ce prince. Après sa mort, l'Albi-
geois dut être réuni au même royaume,
puisque Didier', duc de Toulouse, s'en em-
para au nom de Chilpéric, vers l'an 576,
sur Sigebert, roi d'Austrasie.
V. Le Vêlai & le Gévaudan furent sou-
mis* à ce dernier prince & à ses succes-
' Grégoire de Tours, 1. 9, c. 20.
' Almoin, 1. 3, c, 2.
' Ruinart, in Greg. Tur. de Glor. conf. c. ip,
p. 909.
^ Grégoire de Tours, Histoire, 1. 6, c. 12; 1. 7,
c. 9, 10, i5.
* Grégoire de Tours, Histoire, I. 8, c. 45.
* Grégoire de Tours, Histoire, 1. 4, c. 40 & 47
1. 6, c. 37 & 38.
Note
7'
Éd orig-
t. I,
p. 675.
Note
7'
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
IDJ
Note
72
seurs en Austrasie; ainsi ces pays demeu-
rèrent toujours unis à ce royaume qui lui
échut après la mort du roi Clotaire, son
père.
VL Childebert possédoit dans le temps
de sa mort les diocèses de Lodève & d'Uzès,
ce qui pourroit faire croire qu'ils tombè-
de J.-C, ne lui donne en tout que trois
années de règne, tandis que de l'autre, Jean
de Biclar", évêque de Girone, auteur con-
temporain 8t plus ancien qu'Isidore, le fait
régner six ans & commencer son règne
comme lui l'an 667 , car il rapporte son
élection à la seconde année de l'empereur
rent dans la portion de Charibert, puisque Justin, qui succéda à Justinien, son prédé-
ce dernier succéda à son royaume. Cepen-
dant, comme nous voyons d'un côté que
ces deux pays faisoient partie du royaume
d'Austrasie ' sous Childebert II, fils deSige-
bert, & que de l'autre il n'en est point parlé
dans le traité d'Andelot, où tous les pays
que ce dernier avoit acquis de la succession
de Charibert son frère, sont spécifiés, U
paroît qu'après la mort de Clotaire I, ils
furent réunis au royaume de Metz ou
d'Austrasie , dont originairement ils avoient
fait partie. Ce furent, en effet, les princes
austrasiens qui conquirent ces pays sur les
Visigoths : nous voyons, d'ailleurs, que le
roi Sigebert étoit maître' de la rive droite
du Rhône vers son embouchure, où le pays
d'Uzès est situé.
VIL Pour ce qui est du Vivarais, il n'en
est fait aucune mention dans les historiens
du temps : comme nous savons, cependant,
que ce pays étoit une ancienne dépendance
de la Bourgogne, & que Contran eut ce
royaume en partage, le Vivarais dut échoir
par conséquent à ce prince.
NOTE LXXII
cesseur, le 14 de novembre' de l'an 565. Il
est vrai que, suivant Jean de Biclar, Justin
ne commença de régner que pendant Vindïc-
tion XV, c'est-à-dire après le premier de
septembre de l'an 566 j mais cela ne fait
rien à l'époque de l'élection de Liuva, qui,
suivant cette supputation, peut avoir été
élu en 567, vers la fin de cette année. Ces
deux historiens conviennent donc pour le
commencement du règne de ce prince, &
ils ne diffèrent que pour le nombre des an-
nées de règne qu'ils lui donnent j sur quoi
il n'est pas impossible de les concilier.
IL Isidore rapporte' qu'après la mort du
roi Athanagilde, il y eut en Espagne un
interrègne de cinq mois, pendant lequel
Liuva, qui étoit actuellement gouverneur
de la Septimanie, fut élu à Narbonne; &
que ce prince ayant été ensuite reconnu en
Espagne ou au delà des Pyrénées, il associa
au trône son frère Leuvigilde, la seconde
année après son élection. Cette association
se fit donc vers la fin de l'an 568 ou plutôt
en 569, car quoique la plupart des éditions
de la Chronique d'Isidore en rapportent
l'époque sous l'ère 606, les meilleurs ma-
nuscrits de cette Chronique la mettent^ ce-
pendant sous l'ère 607. Cette époque est
conforme au calcul de Jean de Biclar, qui
rapporte l'association de Leuvigilde sous la
Époque du règne i^ de la mort de troisième année de Justin, commencée, sui-
Liuva I, roi des Visigoths, vaut cet auteur, à la fin de l'an 568.
° m. Liuva, après avoir associé son frère.
I.yL y a une grande difficulté au sujet des
1 années du règne du roi Liuva I, & sur
le temps de sa mort. D'un côté S. Isidore',
évêque de Séville, qui dit que ce prince
commença de régner l'ère 6o5 ou l'an 567
lui abandonna le gouvernement de toutes
les provinces de la monarchie gothique
situées au delà des Pyrénées, & se contenta
de régner sur la Septimanie. Or Isidore,
qui dans sa Chronique n'a voulu marquer
que les années du règne des rois visigoths
NOT
7^
' Grégoire de Tours, Histoire, 1. 6, c. 7 ; 1. 8,
18.
' Grégoire de Tours, Histoire, 1. 4, c. ^"j,
' Chronicoii Isidori Pacensis, p. 724.
' Johannes Eicl. Chronicon, p. 134 & seq.
' Voyez Pagi, ad ann. 565, n. 5.
^ Chronicon Isidori Pacensis, p. 224.
* Labbe, Bibliot/itca nova, t. 1, p. 67.
Note
7^
i56
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
eu Espagne, &qui pour cette raison ne parle
pas de la mort de Liuva, ne lui aura donné
que trois années de règne; savoir deux en
Espagne, l'une entière & l'autre commen-
cée, & la troisième, qui avoit précédé & qui
n'étoit aussi que commencée, depuis qu'il
fut élu à Narbonne, jusqu'à ce qu'il fut
reconnu au delà des Pyrénées , parce qu'il
n'y avoit pas alors de roi en Espagne. Mais
depuis l'association de Leuvigilde, il ne
compte que les années de ce dernier. D'un
autre côté, comme Liuva continua de ré-
gner dans la Septimanie après cette associa-
tion, Jean de Biclar lui aura donné six
années de règne , depuis son élection à
Narbonne jusqu'à sa mort qu'il rapporte,
en effet, sous la septième année de Jus-
tin, c'est-à-dire, suivant son calcul, vers
la fin de l'an 6723 c'est le seul moyen de
concilier ces deux historiens sur cet arti-
cle.
IV. Isidore confirme ce que nous venons
de dire, car il ajoute qu'on ne doit compter
les années du règne de Liuva, en Espagne,
que pour une seule, & qu'il faut attribuer
les autres au règne de Leuvigilde son frère.
Huîc autem (Lîuvae) unus tantum annus in
ordine temporum reputatur, rsliquî Leuvi-
gîldo fratrî ad:iu.merantur. Si Liuva avoit
régné trois ans commencés sur toute l'Es-
pagne avant l'association de son frère ,
comme on pourroit l'inférer de ce qu'Isi-
dore lui donne trois années de règne; en
ôtant la dernière pour la donner à Leuvi-
gilde, il en resteroit toujours deux, & non
pas une seulement : ce qui fait voir que cet
historien compte pour une de ces trois
années les cinq mois d'interrègne avant
que Liuva fût reconnu en Espagne; qu'il
fut élu par conséquent à Narbonne, aus-
sitôt après la mort d'Athanagilde, & qu'il
régna sur la Septimanie pendant tout cet
intervalle.
V. Nous pouvons confirmer l'époque de
la mort de Liuva, dont nous avons déjà
parlé, sur ce que Jean de Biclar qui la
rapporte sous la septième année de Justin,
parle au même endroit de la mort du pape
Jean III, & de l'élection de Benoît I, son
successeur, qui arrivèrent en 572. Cet au-
teur a eu donc raison de donner six an-
nées de règne à Liuva, puisque nous avons
déjà vu qu'il fut élu en 567. Ce témoignage ^^
est si précis, qu'un habile historien mo- Éd.ong.
derne ' d'Espagne n'a pas fait difficulté de p/g^'g.
le suivre.
VI. Jean de Biclar paroît cependant se
contredire, car il rapporte*, au même en-
droit, la mort de Liuva sous la cinquième
année du règne de Leuvigilde, son frère.
Or, ce dernier ayant été associé au plus tôt,
au commencement de l'an 569, il ne pou-
voit être en 672 que dans la quatrième an-
née de son règne. On peut accorder cet
historien avec lui-même, en supposant, sui-
vant S. Isidore, qu'il attribue à Leuvigilde
la seconde année du règne de Liuva en Es-
pagne; & qu'ainsi, quoique le premier n'ait
été associé qu'en 569, on doit compter ce-
pendant la première année de son règne,
en remontant à l'an 568 & au temps auquel
Liuva avoit commencé la seconde année
du sien, en Espagne. Suivant ce calcul,
Liuva aura pu mourir en 572, dans la cin-
quième année du règne de Leuvigilde, son
frère.
VII. Cette époque de la mort de Liuva
est conforme à l'autorité de Roderic ' de
Tolède, qui ne fait commencer le règne
de Leuvigilde en Espagne & dans les Gaules
qu'à l'ère 610 ou l'an 672, c'est-à-dire de-
puis la mort de son frère. Cet auteur se
trompe cependant, en ne mettant le com-
mencement du règne de Liuva que depuis
l'ère 607 ou l'an 669.
VIII. Luc de Tuy'', dans sa Chronique,
prétend au contraire que ce dernier fut élu
roi des Visigoths à Narbonne, l'ère 602 ou
l'an 569, du vivant du roi Athanagilde ; que
celui-ci étant mort sept ans après, Liuva
qui n'avoit régné jusqu'alors, que sur la
Narbonnoise ou Septimanie, fut reconnu
en Espagne ; qu'il associa aussitôt soh frère
Leuvigilde, & qu'il régna ensuite trois ans
conjointement avec lui. Mais il n'y a aucun
fonds à faire sur cet historien, qui n'est
que du treizième siècle, qu'en ce qu'il •
donne à Liuva plus de trois ans de règne
sur la Septimanie.
' Voyez Ferrera, ad ann. 572.
* Johannes Bicl. Chron'icon, p. i35.
' Roderic de Tolède, 1. 2, c. 14.
"* Luc de Tuy, Chronïcon.
Note
73
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
i57
NOTE LXXIII
Sur Ventrée des Saxons dans la Pro-
vince sous le règne de Contran y roi
de Bourgogne.
SUIVANT Grégoire de Tours', Mommole,
général du roi Gontran, après avoir
vaincu les Saxons qui s'étoient établis en
Italie avec les Lombards, & avoient fait une
irruption en deçà des Alpes, leur fît pro-
mettre de reprendre la route de la Germa-
nie d'où ils étoient sortis, & de retourner
par les Gaules dans leurs anciennes de-
meures. Ces peuples exécutèrent leur pro-
messe; ^i après avoir repassé en Italie où
ils allèrent quérir leurs femmes, leurs en-
fans & tout leur bagage, ils revinrent en
deçà des Alpes, passèrent le Rhône, entrè-
rent en Auvergne & se rendirent au delà
du Rhin. Le P. Daniel ' rapporte ce passage
sous l'an 669 ou 670, mais il nous paroît
qu'il dut arriver en SyS. En voici les raisons :
Il est certain que le patrice Celse étant
mort en 670% le roi Gontran donna "* sa di-
gnité au général Amé ; que les Lombards
firent une irruption dans le royaume de
Bourgogne, sous le patriciat de celui-ci, qui
fut défait & tué par ces peuples j que Mom-
mole lui succéda daiis la charge de patrice,
& qu'il enétoit revêtu lorsque les Lombards
ayant fait une nouvelle irruption dans les
Etats de Gontran, il les défit entièrement;
que les Saxons ayant entrepris ensuite une
nouvelle excursion^ en deçà des Alpes, il
les battit; & que ce fut alors qu'il leur fit
promettre de retourner dans la Germanie;
ce qu'ils exécutèrent à leur retour d'Italie
après avoir passé le Rhône.
' Grégoire de Tours, Histoire ecclésiastique, 1. 4,
c. 42 & suiv.
' Daniel, Histoire de France, t. i, p. i65 & suiv.
* Marius d'Avenches, Chronlcon, p. 1 15.
* Grégoire de Tours, Histoire ecclésiastique, 1. 4,
e. 42 & suiv. — Paul Diacre, 1. 3, c. 3,5 & 6. —
Frédégaire, Eplt. 78.
* Paul Diacre, Chronlcon, 1. 3, c. 3, 5 & 6. — Gré-
goire de Tours, fl^isfojVeeccZéi.l. 4, c. 42 &suiv.
Il est aisé de conclure de tous ces faits
qu'Ame ne fut défait & tué qu'en 671, que
Mommole battit les Lombards, la campagne
suivante ou l'an 672, & les Saxons un an
après; car il paroît, par la suite du discours
de Grégoire de Tours & de Paul Diacre, que
toutes ces excursions arrivèrent en diffé-
rentes années. On pourroit même croire
que les Saxons ne passèrent le Rhône pour
se rendre ensuite dans la Germanie que l'an
574, puisqu'après avoir été défaits ils retour-
nèrent en Italie; & que, revenus en deçà
des Alpes , ils n'arrivèrent aux bords du
Rhône que dans le temps de la moisson;
mais il est toujours certain que Mommole
étant patrice lorsqu'il défit les Lombards &
ensuite les Saxons, il ne peut avoir com-
mandé contre ces peuples qu'après l'an 570.
En effet, Marius d'Avenches", auteur con-
temporain, ne parle de la seconde irruption
des premiers dans les Gaules & de leur dé-
faite que sous l'an 574, & il paroît rapporter
la défaite des autres sous la même année.
L'entreprise du patrice Celse sur Avignon,
vers l'an 570, doit donc avoir précédé le
passage du Rhône par les Saxons, quoi qu'en
dise le P. Daniel qui la fait suivre.
Cet historien prétend" que ces peuples
passèrent le Rhône vers Lyon, ce qui est
contre l'autorité de Grégoire de Tours, de
Paul Diacre, & de Frédégaire, qui font enten-
dre que ce fut du côté d'Avignon. Il ne pa-
roît pas non plus que Mommole fût posté de
l'autre côté de ce fleuve lorsque les Saxons
se présentèrent pour le passer, comme
il l'avance; car selon les mêmes auteurs, il
étoit du côté où ces peuples étoient arrivés,
c'est-à-dire à la gauche du Rhône. D'ailleurs
pour se rendre au plus tôt dans les Etats de
Sigebert, suivant leur promesse, ils n'avoient
que faire de remonter le long de ce fleuve
après leur arrivée à Avignon, puisqu'ils
n'avoient qu'à le passer près de cette ville,
& qu'ils entroient incontinent dans les pays
dépendant de l'Austrasie; au lieu que s'ils
avoient pris du côté de Lyon, ils auroient
continué de marcher dans les Etats de Gon-
tran cojitre les intentions de Mommole.
' Marius d'Avenches, Chronlcon, p. 1 i5.
' Le Père Daniel, Histoire de France, t. i,p. i65
& suiv.
Note
73
Note
74
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
NOTE LXXIV
Sur Dynamey gouverneur de Marseille
6» d'U-^ès.
N'
Ed. orig,
t. 1,
OUS avons dit après M. de Valois' que
Marseille avoit toujours appartenu en
entier au roi Sigebert, que le roi Childe-
bert, son fils, en céda seulement une partie
P- 677. à Contran, roi de Bourgogne, son oncle, &
qu'enfin Dyname fut toujours gouverneur
de cette ville ainsi que de la Provence aus-
trasienne & du pays d'Uzès, au nom du
même Childebert, & non pas de Gontran,
quoiqu'un de nos derniers historiens' ait
avancé le contraire.
1° Grégoire de Tours' fait assez entendre
que Sigebertj père de Childebert, posséda
Marseille en entier, en parlant du duc Loup,
gouverneur de cette ville pour ce prince •
mais ce qui prouve invinciblement qu'elle
appartenoit entièrement aux rois d'Austra-
sie, c'est que l'an 583, Childebert en possé-
doit une moitié après avoir cédé l'autre à
Gontran son oncle ; & qu'il ne cessa ^ de lui
demander la restitution de cette partie,
comme d'un bien qu'il détenoit injustement.
2° Dans le temps de cette demande, Théo-
dore, évêque de Marseille, eut recours' au
roi Childebert comme à son souverain. On
voit encore qu'après toutes les brouilleries
qui s'élevèrent entre ces deux princes à
l'occasion de cette ville, & que Gontran eut
rendu à Childebert la partie que celui-ci
lui avoit cédée autrefois, Childebert^ en
fut alors entièrement le maître. Enfin, on
ne sauroit donner aucune preuve que Gon-
tran ait rien possédé dans Marseille, en tout
ou en partie, avant le règne de son neveu
Childebert.
'Adrien de Valois, Rerum Franclcarum 1. 11,
p. 124 & seq. p. i33, 184, 187 & 172.
* Daniel, Histoire de France, t. i, p. 100, 204
& 2o5.
' Grégoire de Tours, 1. 4, c. 47.
^ Grégoire de Tours, 1. 6, c. 24.
^ Grégoire de Tours, 1. 6, c. i i & ^3 ; 1. 8, c. i 2.
'^ Grégoire de Tours, 1. 8, c. 12,
3" Grégoire de Tours' parle toujours de
Dyname comme d'un sujet de ce dernier
prince & comme étant gouverneur d'une
de ses provinces ; & il est constant que sous
le règne de ce roi d'Austrasie, Dyname,
étant gouverneur de Marseille, l'étoit en
même temps du pays d'Uzès qui faisoit par-
tie' de ce royaume.
NOTE LXXV
Epoque des expéditions de Reccarède
contre les François, sur les frontières
de la Septimanie, de la mort du roi
Leuvigilde, 6» du martyre de saint
Herménigilde.
I.pwE l'époque de la mort de Leuvigilde
■L/dépendent les deux autres. Or, il est
constant que cette mort arriva entre le i3
d'avril & le 8 de mai de l'an 5S6; en voici
les preuves :
1° Le troisième concile ' de Tolède fut
tenu le 8 de mai de l'ère 627, ou de l'an 589,
la quatrième année du roi Reccarède. Ce
prince avoit donc commencé son règne
avant le 8 de mai de l'an 586. Leuvigilde
devoit, par conséquent, être mort avant ce
temps-là.
2° Selon une ancienne épitaphe rapportée
par le P. Ruinart^, le premier d'août de la
quinzième indiction ou de l'an 582, con-
couroit avec la quatorzième année du règne
de Leuvigilde. Or, ce prince ne régna que
dix-huit ans % ou plutôt il décéda dans la
dix-huitième année de son règne *j il mou-
rut donc dans le courant de l'an 586.
3° La Chronique de Jean de Biclar con-
vient très - bien avec cette supputation,
quoi qu'en disent ceux ' qui font mourir
' Grégoire de Tours, 1. 8, c. 1 2, 8c 1. 9, c. 11.
* Grégoire de Tours, 1. 6, c. 7.
' Concil. Hisp. t. 2, p, 338.
■* Grégoire de Tours, .^/ipe«if. col. 1393.
^ Isidore, Chronicon, p. 726.
* Johannes Bicl. Chronicon,
^ BoUandistes, i3 mars. — Ruinart, 7/of. in Grcg.
Tur, p. 398, 399. — Le Cointe, ad ann. 587.
Note
74
Note
75
Note
75
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Leuvîgilde l'an SSy. En effet, selon cet his-
torien, Leuvigilde mourut la dix-huitième
année de son règne, qui commença' à la
fin de l'année 568, ou au plus tard les pre-
miers mois de la suivante : il étoit, par
conséquent, dans cette dix-huitième année
aux mois d'avril & de mai de l'an 586.
4° Suivant S. Isidore' de Séville, Recca-
rède succéda immédiatement au roi Leuvi-
gilde, son père, l'an 624 de l'ère espagnole
qui répond à l'an 586 de J.-C. Ce prince
dut mourir, par conséquent, cette dernière
année.
5° Enfin, la mort de Leuvigilde doit être
placée entre le i3 d'avril & le 8 de mai de la
même année, si nous nous en rapportons à
l'autorité d'une inscription ' qui a été donnée
par Tamayo Salasar dans son Martyrologe
d'Espagne, & qui parle de la consécration
de l'église deTolède faite après la conversion
du roi Reccarède le i3 d'avril de l'ère 6i5 ou
de l'an 587, la première année du règne de ce
prince. Or, Reccarède ne se convertit "* que
dix mois après avoir commencé de régner 5
ce qui prouve que cette inscription est de
la fin de la première année de son règne,
lequel doit avoir donc commencé entre le
i3 d'avril & le 8 de mai de l'an 586. Nous
avions déjà employé ces preuves, lorsque
nous nous sommes aperçus que le P. Pagi '"
les a rapportées à peu près de la même ma-
nière, pour fixer l'époque de la mort de
' Voyez Note LXXIÎ.
' Isidore, édit. Grotius, p. 724 & seq.
' Tamayo Salasar, Martyrol, i3 mars, p. 61 5. —
Il est fâcheux de voiries Bénédictins s'étayer d'une
autorité aussi suspecte que celle de Tamayo Sala-
sar, l'un des plus impudents faussaires qu'ait pro-
duits le dix-septième siècle. Non-seulement il a
inséré dans son Martyrologe une foule de pièces
apocryphes & de fausses mentions , mais encore
des inscriptions supposées, au nombre desquelles
il faut compter celle que citent ici les Bénédictins.
C'est grâces à lui que la collection des Conciles d'Es-
pagne, du cardinal d'Aguirre, renferme tant de ti-
tres douteux, & on a tout lieu de croire que c'est
lui qui a fabriqué la fameuse charte d'Alaon.Il ne
faut donc tenir aucun compte de l'argument tiré
par les Bénédictins de l'inscription qui constate la
consécration de l'église de Tolède. [E. M.]
^ Johannes Bicl. Chronicon.
* Pagi, ad ann. 585, n. 3 & seq.
Leuvigilde. Grégoire de Tours' s'est donc
trompé en rapportant la mort de ce prince
sous la douzième année du règne de Chil-
debert, roi d'Austrasie, laquelle répond à
l'an 587 de J.-C, à moins qu'il n'y ait quel-
que transposition dans cet endroit de son
histoire.
II. On pourroit objecter que l'épitaphe
rapportée par le P. Ruinart ayant été trou-
vée à Narbonne, & Leuvigilde n'ayant com-
mencé à régner' dans la Septimanie qu'après
la mort du roi Liuva, son frère, c'est-à-
dire l'an 572, la date de cette épitaphe ne
peut convenir à l'an 582 comme nous l'avons
dit. Mais l'indiction qui y est marquée
en fixe l'époque à cette année; & quoique
Leuvigilde n'ait commencé à régner dans la
Septimanie que depuis l'an 572, cela n'em-
pêche pas qu'en 582 on ne datât dans cette
province de la quatorzième année de son
règne, & qu'on ne s'y conformât au calcul
qu'on suivoit en Espagne, suivant lequel
l'année 582 étoit effectivement la quator-
zième du règne de ce prince, à compter
depuis son association au trône des Visi-
goths.
III. L'époque de la mort de Leuvigilde
étant une fois fixée, il est aisé de détermi-
ner celle du martyre du prince Herméni-
gilde, son fils, puisque, suivant Jean de
Biclar fauteur contemporain, celui-ci mou-
rut un an avant son père, c'est-à-dire en
585.
IV. Il est vrai que la plupart des moder-
nes mettent la mort de S. Herménigilde
au i3 d'avril de l'an 586, mais ils se
trompent visiblemenf*. Outre les autorités
que nous avons déjà citées, & qui prouvent
que Leuvigilde mourut en 586, un an après
la mort de ce saint, Grégoire de Tours ^
rapporte le martyre d'Herménigilde sous la
dixième année du règne de Childebert, &
par conséquent sous l'an 585. Nous avons
donc sur cette dernière époque le témoi-
gnage de deux historiens contemporains,
Jean de Biclar & Grégoire de Tours.
' Grégoire de Tours, 1. 8, c. 46.
' Johannes Bicl. Chronicon,^. i35.
'Johannes Bicl. Chronicon, p. i36 & iSy.
'' Voyez Pagi, ad ann. 584, n. 2 & seq.
^ Grégoire de Tours, 1. 8, c. 28.
Note
75
Éd.orig-
t. 1,
p. 678
Note
75
160
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
V. Ce qui fait que la plupart des moder-
nes mettent le jour du martyre d'Hermé-
nigilde au i3 d'avril de l'an 586, c'est que
ce jour-là étoit la veille de Pâques , & que
selon S. Grégoire le Grand ' & Paul Diacre %
le saint fut décapité pendant cette solen-
nité 3 mais ces deux auteurs assurent que
cela arriva le jour même de la fête & non
pas la veille, în ipso sacratopaschali (fie. Ainsi
selon ce calcul, S. Herménigilde sera mort
le 14 & non le i3 d'avril.
VI. Mais ce qui fait voir que S. Hermé-
nigilde ne peut avoir été mis à mort le
i3 d'avril de l'an 586, c'est que le roi Leu-
vigilde, son père, qui décéda avant le 8 de
mai de la même année, comme nous l'avons
prouvé, soutint depuis cette mort une assez
longue guerre ^ contre Gontran, roi de
Bourgogne, qui la lui déclara à cette occa-
sion, & qu'il n'y auroit eu par conséquent
qu'environ quinze jours entre le martyre
de l'un & la mort de l'autre. Or, cet espace
n'auroit pu suffire pour cette guerre_, qui
d'ailleurs, suivant Grégoire de Tours, du-
roit encore au mois d'août : preuve qu'il
doit y avoir eu un an d'intervalle entre le
martyre de S. Herménigilde & la mort du
roi, son père, comme l'assure Jean de Bi-
clar.
Aussi Grégoire ' de Tours la rapporte-t-il à
la dixième année de Childebert, roi d'Aus-
trasie, laquelle finissoit le jour de Noël de
la même année. Il est vrai que cet historien
parle auparavant du concile de Mâcon,
tenu au mois de novembre' de l'an 585; mais
on' convient qu'il y a une transposition
dans son texte.
VIII. Pour ce qui est de la seconde expé-
dition de Reccarède dans cette province,
que quelques historiens modernes ont con-
fondue avec la première, nous l'avons rap-
portée sous l'an 588, quoique le P. Pagi*
prétende qu'elle est de l'année suivante, par
la raison que la Chronique de Jean de Biclar
en parle sous la septième année du règne
de l'empereur Maurice & la troisième du
roi Reccarède 5 mais le premier ayant com-
mencé à régner le 14 d'août de l'an 582' &
le second vers la fin du mois d'avril de l'an
586, il s'ensuit que la moitié de l'an 588 ap-
partient à la septième année de l'un & à la
troisième de l'autre.
NOTE LXXVI
Note
75
Si donc le premier fut mis à mort le jour Epoque de la mort du roi Reccarède
de Pâques, ce dut être le 25 de mars qui, en
585, tomba ce jour-là. Quant à sa fête qu'on
célèbre le i3 d'avril, on peut l'avoir remise
à ce jour, à cause de la quinzaine de Pâques
qui arrive ordinairement sur la fin de mars.
D'ailleurs, le P. Pagi ■* remarque fort bien
qu'on n'a pas toujours fixé la fête des saints
au jour de leur mort; & qu'ainsi il n'est pas
certain que S. Herménigilde ait été marty-
risé le i3 d'avril.
VII. Il paroît par ce que nous venons de
dire que la guerre que Gontran, roi de
Bourgogne, & le prince Reccarède se firent
dans la Septimanie & qui est postérieure à
la mort d'Herménigilde & antérieure à celle
de Leuvigilde, doit appartenir' à l'an 585.
' S. Grégoire le Grand, Dialogues, 1. 3, c. 3i.
' Paul Diacre, de Gest. Lang. 1. 3, c. 21.
' Grégoire de Tours, 1. 8, c. 46.
^ Pagi, ad ann. 684, n. 5.
* Pagi, ad ann. 684, n. 3.
6» de
Liuva.
la naissance de son fils
I.x TOUS avons déjà fait voir dans la Noftf
IN précédente que le roi Reccarède com-
mença à régner vers le i'"' de mai de l'an 586.
Son règne fut de quinze ans & un mois, sui-
vant les anciens historiens espagnols® : il
doit être mort par conséquent vers le mois
de juin de l'an 601, ce qui est conforme aux
meilleures' éditions de la Chronique d'Isi-
dore qui rapportent sa mort sous l'ère 639,
' Grégoire de Tours, 1. 8, c. 3o.
' Pagi, ad ann. 588, n. 10.
' Adrien de Valois, Rerum Francicarum 1. i3,
p. 265.
'' Pagi, ad ann. 588, n. 9.
^ Pagi, ad ann. 582, n. 10.
« Luc de Tuy, Roderic de Tolède, Vulsa, &c.
' Chronicon Is'idori Pacensis , edit. Grotius &
Labbe, Bibllotheca. nova.
Note
76
Note
76
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
161
& confirme ce que nous avons déjà dit de
l'époque du commencement du règne de ce
prince.
IL II est plus difficile de déterminer
quelle étoit la mère de Liuva, fils & succes-
seur de Reccarède j car il est certain que ce
ne fut aucune des deux princesses françoises
qui furent promises en mariage à celui-ci ;
puisque, suivant Isidore", la mère de Liuva
étoit de basse extraction, ignobîU quidem
matre progenîtus. D'ailleurs, selon les mê-
mes éditions de la Chronique d'Isidore,
Liuva II mourut l'an 6o3,la vingt-deuxième
année de son âge'. Il naquit donc en 58i &
avant qu'on traitât le mariage de son père
avec Rigonthe ou avec Clodosvinde. Il est
vrai que, suivant Luc ' de Tuy, Liuva n'étoit
âgé que de vingt ans lorsqu'il mourut après
un règne de deux ans, & que Roderic '' de
Tolède ne lui donne que seize ans dans le
temps de sa mort j ce qui prouveroit qu'il
ne vint au monde qu'en 583, selon le pre-
mier, ou seulement en 687, selon l'autre*
mais suivant ces auteurs mêmes, ce prince
dut naître avant qu'on négociât le mariage
de Reccarède avec Clodosvinde , puisqu'il
ne fut arrêté que l'an 588 % conformément à
la chronologie de Grégoire de Tours suivie
par tous nos historiens. Or, comme d'un
autre côté nous savons que le mariage pro-
jeté entre ce roi & Rigonthe, qui est l'au-
tre princesse françoise, n'eut pas son exécu-
tion, on doit conclure que Liuva dut naître
de Baddon qui, en 589, étoit reine des Visi-
goths & épouse légitime de Reccarède 5 mais
qui auparavant & dans le temps qu'on négo-
cioit le mariage de ce prince avec une des
princesses françoises, n'étoit encore sans
doute que sa concubine, à moins qu'il n'eût
épousé une autre femme, & qu'elle fût déjà
morte en 582, lorsqu'il demanda Rigonthe
au roi Chilpéric.
' Isidore, CArortrcortjédit.Grotiusj & Lahhe, Bihl.
noya.
"Voyez aussi pour ces dates la Chronologia regum
Gothorum & le Chronicon brève regum JVisigotlio-
rum, imprimé ci-aprèsj dans les Preuves.
» Luc de Tuy, p. 5i.
* Roderic de Tolède, p. 49.
' Grégoire de Tours, 1. 9, c. 20 & 25.
NOTB
77
NOTE LXXVII
Quels étoîent les châteaux appelés
Caput Arietis dont le prince Recca-
rède se rendit maître sur le roi
Contran.
Ï'/^N est en peine de savoir quels étoient
V_-/les châteaux que Grégoire de Tours
appelle Caput Arietis Castra, qui étoient si-
tués sur les frontières de la Septimanie &
que le prince Reccarède emporta sur le roi
Contran en 585. Catel ', d'Hauteserre ' & la
Faille' croient que c'est Castelnaudary dans
le Lauraguais; mais ils ne donnent aucune
preuve que cette ville ait jamais été appelée
Caput Arietis. D'ailleurs, elle ne subsistoit
pas alors, & dans tous les monumens qui
restent elle n'a jamais d'autre nom que celui
de Castellum novum ou Castrum novum Arri.
Enfin, quoi qu'en dise Catel, on n'a aucune
certitude que le terme Caput ait été pris
quelquefois pour château.
IL II est vrai que la Faille prétend « qu'il
« est fait mention de la ville de Castelnau-
« dary, sous le nom de Caput Arietis, dans
'( un testament latin d'un riche & puissant
« bourgeois de cette ville appelé Capde-
« nier, du 2 mars 1228, dans lequel il fait
« un legs d'un héritage qu'il avoit, sis près
.( de la même ville. Il ajoute que ce testa-
« ment est dans l'abbaye de Grandselve, à
<( laquelle Capdenier laissa degrandsbiens.)y
Mais, pour juger sainement de cette auto-
rité, la Faille auroit dû rapporter les pro-
pres paroles de l'acte. Ce bourgeois peut
avoir fait un legs à l'abbaye de Grandselve &
lui avoir donné quelques terres situées au
voisinage d'un lieu nommé simplement
Caput Arietis, que cet annaliste aura pris
pour Castelnaudary : ce qui ne prouveroit
rienj car il est difficile de croire que ces
deux noms soient joints ensemble dans le
testament.
' Catel , Mémoires de l'histoire de Languedoc ,
p. 346.
* Hauteserre, No£. in Greg. Tur.
' La Faille, add. au t. I des Annales de Tou-
louse, p. 6.
éd.orijj
p.079.
H.
Note
77
162
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
III. Quoi qu'il en soit, nous ne doutons
pas que le Caput Arietis de Grégoire de
Tours ne soit le même que le lieu de Ca-
baret^ au diocèse de Carcassonne. Voici les
preuves qu'on en peut donner : 1° le terme
Languedocien répond parfaitement au nom
latin; car, dans le langage du pays, Cab veut
dire tète & Aret bélier j ainsi Cab-aret veut
dire tète de bélier; au lieu que le nom de
Castelnau n'a rien qui en approche.
IV. Par ce que nous venons de rapporter,
on explique fort bien le passage de Grégoire
de Tours qui a un peu embarrassé M. de
Valois '. En effet, selon le premier, le prince
Reccarède prit sur les François, outre le
château d'Ugernum, les châteaux (Castra)
appelés Caput Arietis^ ou deux châteaux,
selon le témoignage de Jean de Biclar', au-
teur contemporain. M. de Valois n'en met
cependant qu'un seul sous le nom de Caput
Note
77
2° Selon Grégoire de Tours, Reccarède Arietis, & avoue qu'on ignore le nom de
ne prit pas le château, mais les châteaux de
Cabaret : Caput Arietis Castra obtinuit. Or,
nous voyons qu'il y a toujours eu deux châ-
teaux sur la montagne ou Pui de Cabaret,
ainsi appelé à cause de sa ressemblance à
la tête d'un bélier. On nomme encore ces
deux châteaux les Tours de Cabaret ; il y a
toujours eu des châtelains ou gouverneurs
avec une garnison pour les défendre, depuis
la réunion de la province à la couronne &
même auparavant, à cause de l'importance
de leur situation, & qu'ils étoient limitro-
phes du Carcassez, qui appartenoit aux Vi-
sigoths, & du Toulousain, qui étoit du do-
maine des François. Ces deux châteaux sont
situés environ à trois lieues de Carcassonne
vers le nord & la source de la petite rivière
de Clamou, qui se jette dans l'Aude auprès
de Trèbes. Les deux tours ou châteaux de
Cabaret, ainsi appelés dans tous les anciens
titres, ont donné leur nom au petit pays de
Cabardès qui étoit anciennement un titre
de viguerie, réunie à celle de Carcassonne
au commencement du quatorzième siècle.
Le principal des deux châteaux avoit un
gouverneur sous le nom de Châtelain de
Cabaret, couché l'an i3oo sur l'état du roi,
pour la somme de deux cents livres de gages
par an. Le gouverneur de l'autre château,
sous le titre de Châtelain de la Tour-Neuve
au Pui de Cabaret, n'avoit que quarante
livres de gages par an; ces deux titres fu-
rent réunis en un seul au quinzième siècle.
Depuis ce temps-là, il n'y a eu qu'un seul
châtelain ou gouverneur des deux tours de
Cabaret. Nous donnerons ailleurs la suite
de tous ces châtelains ou gouverneurs avec
ceux du reste de la province '.
' Dom Vaissete n'a pu mettre ce projet à exécu-
tion. L'Histoire de Languedoc, qui, dans l'origine.
l'autre. Dans un autre endroit', cet auteur
conjecture que le second château pris par
Reccarède pourroit être la ville de Lodève;
mais toutes ces difficultés s'évanouissent en
supposant, comme nous l'avons fait voir,
qu'il y avoit deux châteaux au Pui de Caba-
ret ou à Caput Arietis, dont le prince d'Es-
pagne fit la conquête sur Gontran, roi de
Bourgogne.
NOTE LXXVIII
Sur le commencement 6* la fin du
règne de Chariherty ou Ariberty roi
de Toulouse^ 6* l'étendue de son
royaume.
Lt)OUR fixer les années du règne de ce
1 prince, il fautsupposer d'abord, comme
une chose qui ne souffre plus de difficulté,
qu'on doit compter les seize années du
règne de Dagobert I, depuis la cession
que le roi Clotaire II, son père, lui fit de
devait avoir six volumes in-folio, n'en eut jamais
que cinq & resta incomplète. Nous nous proposons
de remplir les intentions de l'illustre auteur de
cet ouvrage, en donnant dans cette édition, non-
seulement la suite des châtelains & des gouverneurs
généraux ou particuliers de la province, mais aussi
celles des archevêques, des évéques, des abbés, des
abbesses, 8cc.; on les trouvera dans les volumes IV,
VII & suivants. [E. M.]
' Adrien de Valois, Rerum Francicarum 1. i3,
p. 198.
" Johannes Bicl. Chronicon, p. iSy.
' Adrien de Valois, Rerum Francicarum 1. 7,
p. 3p3.
Note
78
Note
78
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
l63
l'Austrasîe. M. de Valois, les PP.leCointe, seur immédiat de Rustique, le 8 du mois
Mabillon & Pagi ont mis cette chronologie, d'avril de la même année, l'intervalle des
sur l'autorité de Frédégaire, dans toute son quinze jours qui se trouvent, suivant ce
évidence. système, entre la mort de l'un & l'élection
II. Il reste cependant une difficulté, sa- de l'autre ne paroît pas suffisant pour tou-
voir si on doit faire commencer le règne de tes les formalités usitées en cette occasion*
Dagobert au mois de mars de l'an 622, avec au lieu qu'en supposant que Rustique mou-
les PP. le Cointe, Mabillon" & Pagi, ou rut à la fin de décembre, l'espace est assez
seulement à Noël de la même année, avec long, depuis sa mort jusqu'à l'élection & à
M. de Valois". Ce dernier sentiment nous la consécration de Didier, pour avertir la
paroît le plus probable pour les raisons sui-
vantes :
i" Il est constant', sur l'autorité des meil-
leurs manuscrits de Frédégaire & des an-
ciens auteurs qui l'ont suivi, que Clotaire
déclara Dagobert, son fils, roi d'Austrasie,
la trente-neuvième année de son règne. Or,
cette année du règne de Clotaire ne com-
mença que depuis le mois d'octobre de l'an
622. Par conséquent, Dagobert n'a pu être
cour, recevoir ses ordres pour l'élection,
assembler les évêques comprovinciaux, ren-
voyer l'acte de l'élection au roi pour obte-
nir sa confirmation, &c., ce qui fut, en effet,
pratiqué dans cette rencontre.
3° Guillaume de la Croix", auteur de
V Histoire des éveques de Cahors , suivi par
le P. le Cointe % assure que Rustique mou-
rut le vingt-six de décembre j ce qu'il aura
tiré sans doute de quelque ancien martyro-
roi d'Austrasie qu'après ce temps-là , & le loge ou nécrologe de cette église. Or, cette
commencement de son règne ne peut être
compté depuis le mois de mars de l'an 622.
En effet, Chilpéric, père de Clotaire II,
mourut au commencement d'octobre de
l'an 584, comme tout le monde en con-
vient sur l'autorité de Grégoire "* de Tours.
Ainsi, la trente-huitième année du règne
de ce dernier ne finit qu'au mois d'octobre
& la trente-neuvième commence seulement
alors.
2° L'auteur contemporain de la vie de
S. Didier % évêque de Cahors, loin d'être
Ed.orig. contraire à ce calcul, le favorise & le con-
t. r,
p. <58c>. firme. Suivant cet auteur. Rustique, frère
& prédécesseur de Didier, fut tué par ses
diocésains entre la fin de la septième & le
commencement de la huitième année du
règne de Dagobert, finîente anno septimo &
încipiente octavo. Si la huitième année de
Dagobert commençoit le 22 de mars, ce
prélat dut mourir alors : mais comme Dago-
bert approuva l'élection® de Didier, succes-
' Mabilloh, Analecta, t. 3, p. 53o, — Pagi, ad
ann. 629, n. 9.
' Adrien de Valois , Rerum Francicarum 1. 18,
p. 21.
'Adrien de Valois, Rerum Francicarum \. i3,
p. 198. — Ruinart, not. in Fredegarium ,'p. 6z6.
^ Grégoire de Tours, 1. 6, c. 46 & suiv.; 1. 7, c. 9.
* Vita S. Desiderii, c. 5, Labb.Bibl. t. 1, p. 701.
• Ibid.
date convient parfaitement, quoi qu'en dise
le P. Pagi% avec le commencement du rè-
gne de Dagobert depuis Noël.
4° Il est certain que Suintila, roi des Vi-
sigoths, fut détrôné, & que Sisenand fut mis
à sa place vers le mois de décembre de l'an
63i, comme nous le ferons voir dans la t^ote
suivante. Or, Frédégaire^ rapporte cet évé-
nement à la neuvième année de Dagobert.
Donc la première année de ce prince ne
peut être comptée depuis le mois de mars
de l'an 622, puisque, suivant ce calcul, le
mois de décembre de l'an 63l auroit appar-
tenu à la dixième année de son règne, &
non à la neuvième, au lieu qu'en supposant
que Dagobert ne commença de régner que
depuis Noël de l'an 622, tout s'accorde très-
bien.
III. Venons au commencement du règne
de Charibert, ou Aribert, roi de Toulouse.
On sait, en général, qu'après la mort du
roi Clotaire II, Dagobert, son frère, re-
fusa de partager la monarchie avec lui, &
qu'il lui céda seulement quelque temps
après, par un traité, une partie de l'Aqui-
' Guillaume de la Croix, n.37.
' Le Cointe, ad ann. 621, n. 3; ad ann.
n. 19.
' Pagi, ad ann. 629, n. 9.
* Frédégaire, c. 78.
628,
Note
78
Note
78
164
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
taine, en titre de royaume, dont Toulouse
fut la capitale. On croit communément
que Charibert ne commença à régner que
depuis ce temps-là dans ce pays : mais il
nous paroît plus vraisemblable qu'il s'em-
para de Toulouse & d'une partie de la
Neustrie, avant le traité qu'il conclut avec
son frère & aussitôt après la mort du roi
Clotaire, leur père, c'est-à-dire à la fin de
l'an 628, car ce dernier étant décédé' dans la
quarante-cinquième année de son règne,
commencé, comme nous l'avons déjà dit, au
mois d'octobre de l'an 684, il ne dut mourir
qu'après le premier d'octobre de l'an 628.
IV. 1° Il est constant que le prince Cha-
ribert, soutenu de Brunulfe, son oncle, re-
mua" aussitôt après la mort du roi Clo-
taire II , son père , & qu'une partie du
royaume de Neustrie, d'où dépendoit la
ville de Toulouse, fit difficulté de recon-
noître Dagobert. Sed^ fi* Neustrasiî pontifices
& proceres plurîma pars regnum Dagoberti
vîsî sunt expetîsse. S'il n'y eut qu'une partie
du royaume de Neustrie qui se soumit à
Dagobert, l'autre refusa donc de le recon-
noître &prit le parti de Charibert son frère.
2° Frédégaire'* assure ailleurs que Dago-
bert ne se rendit maître que d'une grande
partie du royaume après la mort de Clotaire
son père, savoir d'une portion de la Neus-
trie & de la Bourgogne : ce qui fait voir
encore que l'autre ne reconnoissoit pas
alors ce prince & qu'elle devoit s'être dé-
clarée pour Charibert. Dagobertus, cum jam
anno VII regnaret, MAXIMAM PARTEM jjafrw
regni..., adsumpsit, &c.
3° Enfin, cet historien fait assez entendre
qu'une partie de l'Aquitaine reconnut Cha-
ribert aussitôt après la mort du roi, son
père, puisqu'il lui donne' trois années de
règne dans le royaume de Toulouse, &
qu'il assure que ce prince mourut*' la neu-
vième année du règne de Dagobert^ son frère,
c'est-à-dire avant la fin de l'an 63 1 que la
' Frédégaire, c. 56 & 58. — Voyez Adrien de
Valois, Reram Francîcarum 1. 18, p. 66.
' Frédégaire, c. 56. — Voyez Note LXXXIII.
ï Ihid. c. 56.
" liid. c. 58.
« lild. c. 57.
« Ihid, c. 67.
dixième commençoit. Charibert aura donc
régné à Toulouse dès la fin de l'an 628.
V. Il s'ensuit de là qu'on ne doit pas
compter les années du règne de ce prince
depuis le traité qu'il fit avec le roi Dago-
bert, son frère, suivant lequel ce dernier lui
céda le Toulousain avec une partie de
l'Aquitaine, puisque ce traité fut postérieur
de plus d'un an à la mort de Clotaire II,
& que n'ayant été conclu que vers le mois
de mai de 63o, Charibert n'auroit régné
guère plus d'un an.
VI. Nous fixons l'époque de ce traité sur
celle de l'ordination de S. Didier, évêque
de Cahors, car il est certain que le Querci,
qui fut un des pays cédés à Charibert par
le roi son frère, en vertu de ce traité, ap-
partenoit encore à ce dernier prince dans
le temps que Didier fut ordonné évêque, &
que l'ordination de ce prélat ne se fit qu'au
mois d'avril de l'an 63o, comme nous le
verrons bientôt.
VII. Le P. Pagi', pour se tirer de cette
difficulté, suppose que Charibert ne régna
jamais dans le Querci , ou du moins que s'il
obtint ce pays par le traité qu'il fit avec
son frère, il le lui rendit aussitôt, & qu'il
peut l'avoir échangé avec l'Albigeois. Mais
on ne peut douter que le Querci n'ait été
cédé à Charibert par le traité que Dagobert
fit avec lui, puisque Frédégaire' l'assure
positivement, & la rétrocession ou l'é-
change dont parle le P. Pagi sont pure-
ment imaginaires.
VIII. Il est vrai que ce critique', après
le P. Mabillon, avance d'un an l'ordination
de S. Didier, qu'il rapporte au jour de Pâ-
ques de l'an 629, ce qui étend davantage les
années du règne de Charibert; mais cette
ordination s'étant faite la huitième année
du règne de Dagobert, & cette huitième
année n'ayant commencé qu'à la fin de
l'an 629, comme nous l'avons déjà prouvé,
il s'ensuit que S. Didier n'a été ordonné
qu'en 63o. Nous savons* d'ailleurs que Sya-
grius, gouverneur de Marseille, ne mourut
' Pagi, ad ann. 629, n. 9.
' Frédégaire, c. 57.
' Pagi, ad ann. 629, n. 10. — Voyez Mabillort,
Analecta, t. 3, p. 53o.
* Vita S. Desider'iij c. 5, Lahb. Bibl. t. i , p. 701,
Note
78
Note
7 qu'après Clotaire II, & par conséquent pos-
térieurement au l""" d'octobre de l'an 628;
qu'après la mort de ce seigneur, Didier, son
frère, qui étoit alors à la cour, fut nommé
à ce gouvernement dont il alla prendre
possession; que ce dernier fit quelque
Éd.orig. séjour à Marseille; qu'il revint ensuite à la
p. 681. cour, & que Rustique, évoque de Cahors,
son autre frère, étant mort quelque temps
après, il fut élu & consacré à sa place le jour
de Pâques. Or, tout cela demande un plus
long intervalle que celui qui se trouve entre
le mois de novembre de l'an 628 & le jour
de Pâques suivant, & l'espace de quinze à
seize mois que nous mettons entre la mort
de Syagrius & l'ordination de S. Didier est
à peine suffisant pour l'exécution de ce que
nous venons de rapporter.
IX. On pourroit dire peut-être que le roi
Dagobert ayant mandé par ses lettres à
S. Sulpice, évèque de Bourges, d'ordonner
S. Didier, à la fête de Pâques', & que ce
prince ayant, par d'autres lettres, datées
du 8 d'avril, approuvé l'élection & la con-
sécration de ce prélat, cette cérémonie ne
put avoir été faite l'an 63o, puisque cette
année Pâques étoit le même jour, 8 du mois
d'avril; au lieu qu'en supposant que l'ordi-
nation de Didier se fit l'an 629, que la fête
de Pâques tomba le 16 du même mois, il y
a un intervalle entre les lettres de consen-
tement du roi Dagobert & le jour de la con-
sécration. Mais dans cette supposition
même, cet intervalle, qui n'est que de huit
jours, n'étoit pas suffisant, puisque S. Sul-
pice, après avoir reçu les lettres du roi,
devoit convoquer le concile de sa province
à Cahors & se rendre dans cette ville pour
l'ordination de Didier. Il faut donc suppo-
ser, avec le P. Mabillon, que Didier fut seu-
lement ordonné au temps pascal ; & dans
ce cas-là, cette ordination peut avoir été
également faite l'année 63o, ou la précé-
dente, ou bien Dagobert aura peut-être
donné ces lettres après l'ordination & les
aura fait pourtant dater du jour de cette
cérémonie, à moins que ce prince n'y ait
été présent, & qu'il les ait fait expédier le
jour même de la consécration de Didier.
X. On peut objecter encore que Frédé-
• FiU 5. DeiUerii, c. 7 & 8.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
i65
gaire' rapporte sous la septième année de
Dagobert, & presque immédiatement après
la mort de Clotaire II, le traité par lequel
le premier céda à Charibert le Toulousain,
le Querci, &c., ce qui prouve, en suppo-
sant que ce traité n'a été conclu qu'après
l'ordination de S. Didier, qu'elle doit avoir
été faite en 629. Mais Frédégaire raconte
de suite ce qui regarde le roi Charibert,
quoique arrivé en différens temps; & en
effet, cet historien parle au même endroi*
de la guerre que ce prince fit aux Gascons
la troisième année de son règne. Aussi,
quoique Frédégaire rapporte la mort de
Brunulfe, oncle de Cha 'bert, sous la sep-
tième année de Dagobert, ou l'an 629, le
P. Pagi ' croit cependant que ce seigneur
mourut après cette année.
XI. Il s'ensuit de ce que nous venons
de dire que Charibert dut se faire recon-
noître pour roi à Toulouse, ou aux envi-
rons, à la fin de l'an 628 & aussitôt après la
mort du roi Clotaire, son père; que son
frère Dagobert lui ayant fait la guerre
& l'ayant obligé de se soumettre, il ob-
tint, par un traité conclu vers le mois de
mai de l'an 63o, que ce dernier lui céderoit
le Toulousain avec une partie de l'Aqui-
taine, dont il s'étoit déjà emparé, & qu'en-
fin étant décédé après avoir régné trois ans^y
sa mort dut arriver vers la fin de l'an 63i.
XII. Le P. Pagi'', trompé par son propre
système touchant la chronologie des années
du règne de Dagobert, rapporte l'époque
de la mort de Charibert à l'an 63o, ou au
plus tard au commencement de l'an 63i,
parce que Frédégaire mettant la mort de ce
prince sous la neuvième année du roi son
frère, il suppose que cette année doit être
comptée depuis le mois de mars de l'an 63o.
Mais comme nous avons déjà fait voir que
la neuvième année de Dagobert n'a com-
mencé qu'à la fin de décembre de cette
dernière année, il s'ensuit que Charibert-
peut avoir vécu jusqu'à la fin de l'an 63i,
sans quoi il n'auroit pas eu les trois années
entières de règne que Frédégaire lui donne.
' Frédégaire, c. 67.
•* Pagi, ad ann. 628, n. i3.
' Frédégaire, c, 57.
* Pagi, ad aan. 63o, a. 7.
NoT«
78
Note
7U
i66
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
XIII. Ce critique' suppose encore que le
traité qui fut fait entre les deux frères suivit
immédiatement la mort du roi Clotaire, leur
père, & c'est depuis cette époque qu'il sup-
pute les trois années du règne de Charibert,
prétendant que le traité fut antérieur à la
consécration de S. Didier. Il prend de là
occasion de réfuter quelques modernes qui
ne donnent que deux années de règne à ce
prince , parce qu'ils ne le commencent
qu'après l'ordination de S. Didier, & qui
croient avec raison que le traité entre ces
deux princes fut postérieur à cette ordina-
tion. Mais, comme nous l'avons déjà dit, on
peut donner trois ans de règne à Charibert,
sans être obligé de supposer qu'il ne com-
mença de régner que depuis le traité qu'il
fit avec le roi Dagobert son frère.
XIV. Il se présente une nouvelle diffi-
culté : c'est que S. Didier mourut le i5 de
novembre de la vingt-sixième année de son
épiscopat & de la dix-septième année du
règne de Sigebert, roi d'Austrasie, car c'est
ainsi qu'il faut lire dans le manuscrit de la
vie de S. Didier, comme le P. Mabillon " l'a
fait voir. Or cela prouve, selon cet auteur',
suivi par le P. Pagi, que S. Didier fut or-
donné l'an 629, puisqu'il mourut en 654,
car la dix-septième année du roi Sigebert ne
sauroit convenir qu'à cette dernière année,
ce prince ayant succédé le 19 de janvier de
l'an 638 au roi Dagobert son père.
XV. Cette difficulté s'évanouit en suppo-
sant, comme M. de Valois "* l'a prouvé,
qu'on ne doit compter les années de Sige-
bert que depuis le commencement de l'an
639, ou au plus tôt depuis^ fin de l'an 638,
& qu'on doit attribuer toute cette dernière
année à la seizième du roi Dagobert, son
père, quoique celui-ci soit mort au mois
de janvier de l'an 638, de même que Frédé-
gaire ne compte les années de Dagobert, en
Austrasie , que depuis la fin de l'an 622,
quoique ce prince eût été placé sans doute
sur le trône quelques mois auparavant, Si.
' Pagi, ad ann. 628, n. i3, & 629, n. 12.
' Mabillon, Analecta, t. 3, p. 533.
' Mabillon, Analecta, t. 3, p. 533. — Pagi, ad
ann. 654, n. 1 1,
■♦ Adrien de Valois, Rerum Francicarum 1. 19,
p. 126.
que cet historien donne ainsi toute cette
année 622 au règne de Clotaire II.
M. de Valois confirme cette chronologie
par celle des années du règne de Clovis II,
frère de Sigebert, que les anciens historiens
ne comptent certainement que depuis le
commencement de l'an 639, quoiqu'il eût
succédé dans une portion du royaume à
Dagobert, son père, depuis le mois de jan-
vier de l'année précédente. Il doit en être
de même par conséquent du roi Sigebert,
son frère; sur quoi il faut observer qu'il y
a eu deux manières de compter les années du
règne de ce dernier, l'une depuis la mort de
Dagobert, & c'est celle qu'a suivie l'auteur
de la vie de S. Didier; l'autre depuis que ce
prince lui eut donné le royaume d'Austra-
sie, ce qu'il fit' la onzième année de son
règne, ou l'an 633. Frédégaire a toujours
suivi ce dernier calcul. Or, suivant cet his-
torien, la dixième année du règne de Sige-
bert en Austrasie, qui répond à l'an 642,
concourt avec la quatrième de Clovis II, son
frère" : celui-ci n'étoit donc encore en 642
que dans la quatrième année de son règne,
qui par là ne peut avoir commencé que
depuis le commencement de l'an 639. On
doit dire la même chose du règne de Sige-
bert, son frère, à le prendre depuis la mort
de Dagobert. Tout cela prouve que S. Di-
dier ayant été ordonné au mois d'avril de
l'an 63o, & qu'étant décédé le i5 de novem'
bre^, la vingt-sixième année de son épiscopat &
la dix-septième de Sigebert, h. compter depuis
la mort de Dagobert, sa mort dut arriver
en 655 & non en 654.
Sigebert lui-même mourut le premier de
février suivant, ou de l'an 656, dans la dix-
huitième année de son règne, en comptant
depuis la mort de Dagobert, comme le
P. Pagi^ en convient. Et en effet, Clovis II,
son frère, qui mourut à la fin de novembre
de l'an 656% n'étoit alors, suivant tous les
historiens cités par ce critique, que dans la
dix-huitième année du sien; ce qui confirme
tout ce que nous venons de dire touchant la
' Frédégaire, c. yS.
* Frédégaire, c. 88 & suiv.
' Vita S. Desiierii, t. i , c. i p.
'' Pagi, ad ann. 656, n. 11, 16 & 17,
« Ibii,
Note
78
Ed.orig,
t. I,
p. G82.
Note
78
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
167
supputation des années du règne de Sigebert
à compter depuis la mort de Dagobert. Il est
vrai que le P. Pagi suppose de lui-même,
& contre l'autorité des historiens qu'il cite,
que Clovis II régna dix-huit ans accomplis
& quelques mois : mais le roi Dagobert,
son père, étant mort le 19 de janvier de
l'an 638, il auroit dû régner près de dix-neuf
ans, suivant le calcul de ce critique, & non
pas seulement dix-huit & quelques mois; &
il auroit dû mourir dans la dix-neuvième
année de son règne, & non pas dans la dix-
huitième, ce qui seroit contre l'autorité de
tous les anciens historiens, qui le font mou-
rir la dix-huitième de son règne.
XVI. Nous remarquerons ici par occasion
que le P. Pagi ' se trompe en donnant quatre-
vingts ans à S. Didier dans le temps de sa
mort; car ce saint auroit eu trente-neuf ans
suivant ce critique en 6i3, lorsque le roi
Clotaire l'appela à sa cour avec ses deux frè-
res. Il paroît, cependant, par l'ancien auteur
de sa vie, qu'il étoit alors encore fort jeune.
£0" autem tempore, Theudeberto rege inte-
rempto, Theudcrico aeque defuncto, Brune-
childe quoque equorumpedibus impetita ac maie
discerpta^ Clotarius pater inclyti Dagobertimo-
narchiam solus tenebat, a quo très germani,
îd est Rusticus, Siagrius & Desiderius floren-
tissime enutritî summîs dignitatîbus praediti
sunt, fi-c. On voit, par ce passage, que nous
rapportons corrigé suivant le manuscrit de
Moissac, que Clotaire fit élever ces trois
frères sous ses yeux, après l'an 6i3. Or, si
le moins âgé avoit eu alors trente-neuf ou
au moins trente-huit ans, ils ne dévoient
plus avoir besoin d'être élevés. D'ailleurs,
peu de lignes après, le même auteur, parlant
de Didier, fait connaître que ce dernier
passa son adolescence à la cour de Clotaire,
où il n'alla, comme nous venons de le voir,
qu'après l'an 61 3. Desiderius vero minor tem-
pore sed non inferior dignitate sub adolescen-
tiae adhuc annos thesaurarius régis effectus
valde strenue se accinxit... & inter coaevos &
proceres laudcdjHiter nimis adolescentiam suam
gerebat, quantUmque aetate crescebat, &c.
Ce qui a trompé' sans doute le P. Pagi,
' Pagi, ad ann. 63/^, n. 12.
' Vita S. Desiderii, p. 699.
^ Pagi, ad ann. 684, n. 12.
c'est que voulant défendre contre M. de Va-
lois l'autorité de la vie de S. Didier, &
prouver qu'elle avoit été écrite par un au-
teur presque contemporain, en quoi il. a
très-bien réussi, il s'est persuadé qu'il y est
fait mention de Cybar (Eparchius), abbé ou
reclus à Angoulême, comme vivant du temps
de Didier. Or, comme suivant Grégoire de
Tours', Cybar mourut en 58i, le P. Pagi
conclut que Didier vivoit au moins quelques
années auparavant. Mais il n'y a aucune
nécessité d'admettre que VEbargehenus'^
dont il est parlé dans la vie de S. Didier
comme de son contemporain, soit le même
que Cybar ou Eparchius, abbé ou reclus, dont
il est parlé dans Grégoire de Tours, quoi-
que le mot à'Eparchius paroisse appuyé du
manuscrit de Moissac'; car il peut y avoir
eu un évêque d'Angoulème de ce nom au
septième siècle, mais différent du reclus
dont parle Grégoire de Tours.
En effet^, l'auteur de la vie de S. Didier
paroît n'avoir voulu parler dans cet endroit
que des évêques les plus célèbres des Gaules
qui vivoient du temps de ce prélat. Voici ses
termes : Habebat eo tempore plures Dominus
Jésus in Galliis nobiles servos; Arverno Gal-
lum, Bituricis Sulpicium^ Ruthena Verum,
Agenno Salustium^ Engolismo Ebargehenum,
Petrogorico Austerium, Noviomo Eligium,
M.etis Arnulphum, Luco Austrasium, Mete-
rone (ou, suivant le manuscrit de Moissac,
Nietascone) Diodorum, Caturca Desiderium.
Il est certain ' que les évêques Gai II du nom
de Clermont, Sulpice de Bourges, Vérus de
Rodez, Saluste d'Agen, Austérius de Péri-
gueux, Eloi de Noyon, Arnoul de Metz, &
Déodat de Mâcon, étoient en même temps
collègues de S. Didier dans l'épiscopat. Il
doit en être de même d'un Ebargehenus ou
Eparchius d'Angoulème, quoiqu'il ait été
omis par les nouveaux éditeurs du Gallia
Christiana; car le catalogue des évêques de
cette église n'est pas rempli, depuis l'an ôzS
jusqu'à l'an ySo.
On doit conclure de là que l'auteur de la
NoTi;
78
' Grégoire de Tours, Histor'tae 1.6, c
' Vita S. Desiderii, p. 707.
3 Labbe, Bihl. nova, Append. t. 2,
* Vita S. Desiderii, n. l5, p. 707.
* Voyez le Gallia Christiana,
8.
Note
78
168
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Éd.orîg.
t. I,
p. 683.
vie de S. Didier, n'ayant voulu parler que
des évéques les plus célèbres des Gaules
contemporains de S. Didier, M. de Valois
& le P. Pagi' après lui ont eu tort de
supposer qu'au lieu de Luco Austrasîum,
il faut lire Luxovio Eustasîum, & que c'est
de S. Eustase, abbé de Luxeuil, en Bour-
gogne, dont il s'agit ici. Il est vrai qu'on
lit Luxovio au lieu de Luco dans le manus-
crit de Moissac; mais c'est sans doute une
faute de ce manuscrit où il y a certaine-
ment plusieurs mots corrompus, comme par
exemple, Deodoxum pour Deodatum de Ma-
çon. C'est donc d'un évéque de Toul ou de
ou la partie de la Provence qui dépendoit
du royaume de Neustrie; & qu'enfin Dago-
bert ne se réserva de toute l'Aquitaine que
le Berri, le Limousin, l'Auvergne, l'Albi-
geois, le Rouergue, le Vêlai & le Gévau-
dan, outre le pays d'Uzès compris dans
l'Aquitaine Austrasienne. Voici les raisons
sur lesquelles nous nous appuyons :
1° Il est rapporté, dans une charte ' qui
nous paroît authentique % que Dagobert,
après la mort du jeune Chilpéric, son ne-
veu & fils de Charibert, donna à Boggis &
Bertrand, frères du même Chilpéric, le Tou-
lousain, le Querci, le Poitou, l'Agenois, le
Note
78
Lisieux appelé Austrasius ou Austasius, sui- pays d'Arles, la Saintonge & le Périgord à
vant le manuscrit de Moissac, & contempo-
rain de S. Didier, que l'auteur de sa vie aura
voulu parler; car Toul étoit appelé ancien-
nement" Leucus, Leucia, Tullum Leucorum,
ou civitas Leucorum, & Lisieux Lexovium ou
civitas Luxoviorum.
XVII. Quant à l'étendue des Etats de
Charibert, Frédégaire' rapporte que le roi
Dagobert, son frère, lui céda divers pays
situés entre la Loire & les frontières d'Es-
pagne. Citra Ligerem & limitem Hispaniae
qui ponitur partibus Vasconiae, seu & montis
Pyrenaei, pagos & civitates quos fratri suo
Chariberto noscitur concessisse ; pagum
Tolosanum, Catorcinum, Agenensem, Petro-
coreum & Santonicum, vel quod ab his versus
montes Pyrenaeos excluditur hoc tantum Cha-
riberto regendum concessit... Charibertus se-
dem Tolosae eligens régnât in parte provin-
ciae Aquitanicae. Cet auteur semble vouloir
faire entendre par là, que Dagobert ne
céda à Charibert que le Toulousain, le
Querci, l'Agenois, le Périgord & la Sain-
tonge, avec la Novempopulanie ou Gasco-
gne, & qu'il se réserva le reste de l'Aqui-
taine.
Nous avons cependant lieu de croire que
Charibert obtint de plus, par son traité
avec son frère, ou du moins peu de temps ' Voyez aux Preuves de ce volume les Chartes &
après, le Poitou & l'Angoumois ; qu'il régna Diplômes, n. LXVII : c'est la charte fausse attri-
SUr toute l'Aquitaine occidentale ou Neus- ^^" ^ Charles le Chauve, où est rapportée la généa-
trienne, depuis la Loire jusqu'aux Pyré- ^°5^^ apocryphe d'Eudes, duc d'Aquitaine.
nées } qu'il eut en partage le diocèse d'Arles . ' ^°y"' ^ " '"'"'' ^°'' LXXXIII & la Note rec-
t'ificat'tve,
^ Catel, Mémoires de l'histoire de Languedoc ,
p. 524.
"• Pagi, ad ann. 716, n. 11.
* Catel, Mém. de l'hist. de Languedoc, p. 624.
titre de duché héréditaire. Il paroît, par là,
que le duché d'Aquitaine, possédé par les
enfans de Charibert, étoit aussi étendu que
le royaume qui avoit été donné à ce der-
nier par le roi Dagobert, son frère, & que
par conséquent le Poitou & le pays d'Arles
faisoient partie de ce royaume.
2° Une inscription de l'an 716, trouvée en
1279 à Saint-Maximin en Provence, dans
le tombeau de S'^*' Magdeleine, & rapportée
après Bernard Guidonis par Catel ' & de-
puis par le P. Pagi ■*, est datée du règne
d'Eudes, régnante Odoino piissimo Franco-
rum rege ; ce qui ne peut convenir qu'à
Eudes, duc d'Aquitaine, comme l'a fort bien
prouvé ce dernier critique qui se félicite
d'avoir fait le premier cette découverte. Il
ignoroit, sans doute, que CateP l'avoit faite
plus de soixante ans avant lui. Eudes ré-
gnoit donc en 716 sur une partie de la Pro-
vence. Le P. Pagi croit que la crainte qu'eu-
rent les peuples de ce pays de tomber entre
les mains des Sarrasins fit qu'ils reconnu-
rent son autorité & se soumirent à son obéis-
sance : mais si ce célèbre critique avoit su
qu'Eudes possédoit à titre de duché héré-
ditaire les pays dépendans du royaume de
' Pagi, ad ann. 634, n. 12.
' Adrien de Valois, Notitia Galliarum,
' Frédégaire, c. 57.
Note
78
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
i6ij
Neustrie, situés à la gauche de la Loire, il
auroit pu voir que ce ne fut pas seulement
depuis le commencement du huitième siè-
cle qu'une partie de la Provence fut soumise
à ce duc, & qu'il tenoit ce pays de ses an-
cêtres.
3° On peut confirmer ce que nous venons
de dire, par le témoignage de la Chronique '
de S. Bénigne de Dijon dont l'auteur, qui a
copié véritablement Frédégaire au sujet du
partage qui fut fait entre Dagobert & Cha-
ribert, au lieu de ces mots : Charibertus se-
dem Tolosae elîgens régnât in parte provinciae
Aquitanîcae, a substitué ceux-ci : régnât in
partibus Provinciae & Aquitaniae. La Chro-
nique * d'Hugues de Flavigni ou de Verdun
porte la même leçon : regnabat Aribertus in
Provincia & Aquitania, ce qui peut donner
lieu de croire qu'on lisoit ainsi dans les
plus anciens manuscrits de Frédégaire, d'où
ces auteurs peuvent l'avoir tiré.
4° Enfin Aimoin', en parlant du partage
fait entre Dagobert & Charibert se sert de
ces termes : Collataque ei provincia quae a
ripa Ligeris extenditur usque ad Pyrenaei
juga montis. On voit la même expression
dans une chronique"* d'Aquitaine : Legitur
etiam quod Dagobertus fratrem suum Aritper-
tum consortem regni fecit, collata ei terra a
ripa Ligeris usque ad juga Pyrenaei. Si les
Etats de Charibert s'étendoient depuis les
bords de la Loire jusqu'aux Pyrénées, il
falloit qu'il fût maître du Poitou^ car si
Dagobert se fût réservé ce pays, comme il
se réserva le Berry& l'Auvergne, les Etats de
son frère ne se seroient pas étendus depuis
la rive de ce fleuve jusque vers les Pyrénées.
Toutes ces raisons nous font croire que
Dagobert céda à son frère Charibert, soit
par le traité dont nous venons de parler,
soit peu de temps après, outre le Toulou-
sain, le Quercy & la Gascogne, tous les pays
compris dans l'Aquitaine seconde, ce qui
composoit le royaume des Visigoths sous le
règne d'Honoré, & renfermoit à peu près
l'Aquitaine Neustriennej & qu'il laissa en-
' Chronique de S. Bénigne de Dijon, Spicilége,
t. I, p. 382.
' Labbe, B'ihl. nova, t. 1 , p. loi.
' Almoin, 1. 4, c. 17.
^ Labbe, B'ibl. nova, t. 2, p. 53 1 his.
suite le même pays aux enfans de ce prince,
pour le posséder héréditairement sous le
nom de duché d'Aquitaine, avec la partie de
la Provence qui dépendoit auparavant de la
Neustrie.
Nous venons de dire que le Quercy fit
partie du royaume de Charibert, & qu'il passa
aux ducs héréditaires d'Aquitaine, ses des-
cendans. Nous voyons cependant par la vie
de S. Didier, évêque de Cahors, & par quel-
ques autres monumens, que Sigebert III,
roi d'Austrasie,étoit reconnu pour souverain
dans ce pays vers l'an 654. Mais c'étoit sans
doute parce que les enfans de Charibert
n'avoient pas une souveraineté absolue sur
leurs Etats, & que les différens pays qui
les composoient relevoient des royaumes
dont auparavant ils avoient fait partie. Ainsi
comme le Quercy avoit été autrefois dépen-
dant de l'Austrasie, Sigebert devoit y être
reconnu pour souverain.
Il paroît certain que Dagobert, par le par-
tage qu'il fit avec Charibert, ne lui céda pas
le Limousin, & qu'il se réserva ce pays &
par conséquent tout le reste de l'Aquitaine
orientale. C'est ce qu'on peut prouver par
l'acte de fondation' de l'abbaye de Solignac,
au diocèse de Limoges, daté du 22 de no-
vembre de la dixième année de Dagobert. Il
est vrai que, suivant ce que nous avons dit
plus haut, la dixième année de ce prince
n'ayant commencé qu'à la fin de l'an 63i,
cette fondation doit être postérieure à la
mort de Charibert. Mais il paroît toujours,
par cet acte% que Dagobert avoit donné au-
paravant le lieu de Solignac à S. Eloi, fon-
dateur de cette abbaye, lequel en avoit déjà
fait consacrer l'église au mois de mai de
l'an' 63i. Ainsi ce prince possédoit le Li-
mousin du vivant de Charibert, & s'étoit
par conséquent réservé ce pays.
Au reste les anciens auteurs qualifient
indifféremment Charibert, roi de Toulouse
ou d'Aquitaine; ce qui fait voir que cette
ville étoit censée de l'Aquitaine} & que,
comme elle fut la capitale des Etats de ce
prince, elle dut l'être aussi du duché d'Aqui-
taine que possédèrent ses descendans.
Note
78
Éd.orig.
t. 1,
p. 684.
' Mabillon, ad ann. 63i, n. 22.
' Gallia Christiana, nov. edit. Instr. p.
' Ibid. nov. edit. p. 566.
i85.
Note
ADÛIT.
170
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
79
[Addition des nouveaux éditeurs.^
[ La plupart des faits avancés ici par les
Bénédictins sont entachés d'erreur. Ils ont
été puisés dans la charte d'Alaon, & nous
avons déjà fait voir dans nos notes, au pre-
mier volume de cette édition , qu'il faut
rejeter rigoureusement tout ce qui pro-
vient de cette source. On ne peut accorder
beaucoup plus de confiance à la Vie de
S. Didier, du moins telle qu'elle a été im-
primée parle P. Labbe & les Bollandistes.
Ceux-ci se sont servis d'un texte altéré par
de nombreuses interpolations de date assez
récente.] fE. M.]
auteur contemporain, Suintila commença de
régner l'an 659 de l'ère espagnole ou l'an
621 de J.-C. Suivant tous les anciens histo-
riens', ce prince régna dix ans. Il ne fut
donc détrôné que l'an 63i , & c'est aussi sous
cette époque qu'Isidore' de Béja met l'élec-
tion de Sisenand.
3° Le quatrième concile de Tolède' est
daté du 9 de décembre de l'ère 671, ou de
l'an 633 de J.-C, la troisième année du règne
de Sisenand; par conséquent la première
année du règne de ce prince ne peut avoir
commencé qu'entre le 9 de décembre de l'an
63o & le même jour de l'année suivante 63i.
On peut encore prouver plus particulière-
ment le commencement du règne de ce
prince, puisque nous savons d'un côté qu'il
régna '•quatre ans un mois & quelques jours,
& de l'autre qu'il mourut au commence-
ment de l'an 636 de J.-C. Par conséquent
-d ^ j ' j Q • -1 c 1 il ne commença son règne que vers la fin
Epoque des règnes de Suintila, Sisenand de l'an 63i.
Nous prouvons l'époque de sa mort par
celle des années de Chintila, son successeur
Note
79
NOTE LXXIX
6» Chintila, rois des Visigoths.
*• /Quelques modernes' rapportent à
^■^^l'an 63o la première année du règne
du roi Sisenand, successeur immédiat de
Suintila : mais ces auteurs se trompent cer-
tainement, puisque ce dernier ne fut dé-
trôné qu'à la fin de l'an 63i, comme il est
aisé: de le prouver.
1° Frédégaire' rapporte à la neuvième
année de Dagobert l'expédition que les
troupes de ce prince entreprirent en Espa-
gne, en faveur de Sisenand, contre Suintila
qui étoit encore sur le trône. Or, nous avons
fait voir dans la î^ote précédente que, sui-
vant le calcul de cet historien, la neuvième
annéede Dagobert ne commençoitqu'à la fin
de l'an 63o. D'ailleurs, suivant Frédégaire,
les milices du Toulousain n'entreprirent
cette expédition au nom de Dagobert que
quelque temps après la mort de Charibert
qui régnoit sur ce pays; & nous avons déjà
vu que ce dernier régnoit encore à Toulouse
l'an 63i, & qu'il ne mourut que vers la fin
de cette année.
2° Selon la Chronique d'Isidore ' de Sévill e,
' LeCointe, ad ann. 63o, n. 7.- Daniel, ATJif. ieFr.
^ Frédégaire, c. 78.
^ Isidore, Chronicon, p. 725.
immédiat, car ce dernier n'étoit* encore au
mois de juin de l'an 636, que dans la pre-
mière année de son règne, & dans la seconde
au mois de janvier de l'ère 676, ou de l'an
638 de J.-C. Nous savons d'ailleurs, que Chin-
tila mourut ® au mois de janvier de l'an 640,
après trois ans huit mois & quelques jours
de règne; ce qui prouve qu'il ne commença
de régner au plus tôt que vers le mois de mai
de l'an 636. Les quatre années du règne de
Sisenand doivent donc être comptées seule-
ment depuis la fin de l'an 63i, que Suintila,
son prédécesseur, fut détrôné.
Il est vrai que Roderic de Tolède donne
cinq ans & onze mois de règne à Sisenand;
ainsi, étant mort, comme nous l'avons dit,
au commencement de l'an 636, il auroit pu
commencer son règne l'an 63o. Mais cet
historien espagnol est démenti par les mo-
numensdont nous venons de faire mention,
' Voyez Duchesne, lîecHeJZ des historiens de France,
t. I, p. 819. — Luc de Tuy & Roderic de Tolède,
Chronicon.
^ Isidore, Chronicon.
^ Concil. Hisp. t. 2, éd. d'Aguirre.
■* Aguirre, Chronol. t. i Concil. Hisp. p. 16.
5 Ibid.
^ Pagi, ad ann, 640, n. 17.
NOTF
79
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
171
Note
80
& qui prouvent que Suintila vivoit encore
au mois de décembre de l'an 63o. Roderic,
qui n'écrivoit qu'au treizième siècle, est
d'ailleurs contredit par Luc de Tuy, son
contemporain, qui ne donne que trois ans
de règne à Sisenand. Enfin Vulsa , qui
donne, comme nous l'avons déjà dit, qua-
tre années un mois & quelques jours de
règne à ce dernier, doit être préféré, puis-
que cet auteur, qui est le même que S. Ju-
lien de Tolède, vivoit au septième siècle.
Aussi a-t-il été suivi par le P. Mariana &
le cardinal d'Aguirre.
II. Nous avons dit que le bassin que Sise-
nand promit à Dagobert, pour obtenir de
lui du secours contre Suintila pesoit cinq
cents livres d'or; ce qui paroîtra sans doute
incroyable. Nous suivrions volontiers la
leçon d'un manuscrit de Frédégaire qui
porte qu'il n'étoit que du poids de cinq
cents sols, si nous ne savions' d'ailleurs que
les Visigotbs donnèrent deux cent mille
sols d'or en échange.
NOTE LXXX
Epoque de la translation du siège ép'is-
copal du Vêlai j dans la ville du
Puy.
I. ><>'est une opinion commune' que saint
V-^ Evode, évèque du Vêlai, appelé vul-
gairement S. Vosi , transféra le siège épis-
copal du pays dans la ville d'Anis ou du
Puy. La plupart de ceux' qui suivent ce
sentiment font vivre ce prélat dès le troi-
sième siècle; mais ce n'est que sur des tra-
ditions fabuleuses qui ne méritent aucune
attention.
Il paroît constant, & les plus habiles cri-
tiques* en conviennent, que du temps de
Grégoire de Tours , c'est-à-dire à la fin
du sixième siècle , le siège épiscopal du
Vêlai n'étoit pas encore transféré au Puy,
' Ruina rt, in cap. yS Fredegar'i'i,
' Voyez Gallla. Christiana, nov. éd. t. 2, p. 689.
^ Gissey, 1. i , c. 14. — Théodore, 1. i , c. 10.
* Adrien de Valois, Not'it'ia GalViarum , p. 690.
puisque cet ancien historien', faisant men-
tion du lieu d'Anis ou du Puy, le distingue
du siège d'Aurèle, qu'il appelle évoque de
la ville de Vêlai. Vellavae urbïs episcopus.
II. S'il étoit vrai, comme quelques-uns'
l'avancent, que l'ancienne Vellava & Anî-
cium ou le Puy fussent la même ville, cela
lèveroit toutes les difficultés ; mais le P. Ma-
billon' a démontré que la ville de Vellava
est l'ancien Ruessium de Ptolémée, lequel
prit ensuite le nom de Vellava, à l'exemple
des autres villes des Gaules, qui empruntè-
rent les noms des peuples dont elles étoient
capitales ; que Vellava fut appelée cîvîtas
Vetula après que le siège épiscopal qui y
étoit établi eut été transféré à Anïs ; &
qu'enfin c'est la même qui est connue au-
jourd'hui sous le nom de Saint-Paulhan,
sur les frontières de l'Auvergne & du Vêlai.
Puisqu'il est hors de doute que ces deux
villes sont très-différentes & que le siége_
épiscopal a d'abord été établi dans la pre-
mière, il faut chercher l'époque de sa trans-
lation de l'une à l'autre.
III. Pour ce qui est de la tradition de
l'église du Puy, dont nous venons de par-
ler, elle n'est d'aucune autorité, n'étant
appuyée que sur des légendes très-moder-
nes & contraires aux anciens monumens.
En effet, suivant les souscriptions des évê-
ques de Vêlai en divers conciles, de même
que dans tous les actes qui précèdent le
dixième siècle, il n'est fait mention nulle
part à.'Anis comme ayant été le siège épisco-
pal du Vêlai. Tous les évêques se qualifient,
au contraire, avant ce temps-là, Vallavorum
ou Vallavaunus episcopus. La ville de Vel-
lava étant donc différente de celle du Puy,
comme nous l'avons dit, il s'ensuit que
dans tout ce temps-là ces évêques pre-
noient le titre du pays en général, ou plu-
tôt de la capitale, la même que le lieu de
Saint-Paulhan.
IV. Le plus ancien monument* qui fasse
mention de la ville d'Anis comme siège épis-
copal du Vêlai, c'est le testament d'Her-
' Grégoire de Tours, 1. 10, c. 2,5.
' Bollandistes, i févr. p. 204.
' Acta Sanctorum ordinis S. Bened'icti , saec. 4,
part. I, p. 769.
^ Spic'ileg'ium, t. 8, p. i5.
Noie
80
Éd.ong.
t. I,
p. 685.
Note
80
172
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
veus, évèque d'Autun, de l'an 919, souscrit
par Adalard, évèque d'Anis. Les successeurs
de ce prélat prirent" dans la suite le titre
d'évêques d'Anis ou du Vêlai, Aniciensis seu
Vallavensisj jusqu'à ce qu'enfin ils se bor-
nèrent à celui d' Aniciensis episcopus.
V. Dans les souscriptions" des conciles
de Tuisy ' & de Soissons, en 860 & 866, Har-
duin n'a que le seul titre de Vallavensis epis-
copus ^ de même que Gui, son successeur,
tant dans les souscriptions des conciles de
Châlons & de Pontion, en 876 & 876, que
dans un diplôme '' de Charles le Chauve
daté de cette dernière année, & dans un
acte de l'an 877. C'est donc entre 877 & 919
qu'il faut chercher l'époque de la transla-
tion de l'évêché du Vêlai dans la ville du
Puy. Il paroît qu'on doit attribuer cette
translation à Nortbert, évèque vers l'an 885.
Voici les raisons qui nous le persuadent.
VI. Ce prélat' qu'on prétend être le fils
de Bernard, comte d'Auvergne, fut élu après
la mort de Gui I, son prédécesseur, par
une partie du clergé, tandis que l'autre élut
Vital, frère du vicomte de Polignac. Cha-
cun des deux contendansprétendoit faire va-
loir son droit, & le vicomte étoit en état de
soutenir son frère contre Nortbert, quand ,
par un accord qu'ils firent ensemble, ce der-
nier demeura seul évèque, à condition qu'il
céderoitlavillede Saint-Paulhan ou de Vêlai
à Vital, ou plutôt au vicomte son frère, ce
qui fut exécuté. Depuis ce temps-là cette
ville appartint aux vicomtes de Polignac, &
Nortbert transféra alors de Vellava au Puy
les reliques des SS. George & Marcellin,
premiers évêques du pays. C'est donc là
l'époque de la translation de l'évêché dans
la ville du Puy, car il est certain que lors-
que Nortbert céda son ancienne ville épis-
copale aux vicomtes de Polignac, les corps
des premiers évèques du pays y reposoient
encore j preuve que ce prélat & ses prédé-
' Gallia Christ, nov. éd. t. 2, Instr, col. 22 1 & seq .
' Conciles, t. 8 & 9.
^ Lisez Tusey.
■* Gallia Christiana, nov. éd. t. 2, Instr. col. 221,
p. 693.
^ Mabillon, Acta Sanctorum ordinis S, Benedicti,
saec. 4, part, i, p. 769. — Gallia Christiana, nov.
éd. t. 2, Instr. col. 221, p. 693.
cesseurs y avoient fait jusqu'alors leur rési-
dence, & que Nortbert l'établit au Puy, où il
transféra ces saintes reliques. Aussi voyons-
nous que depuis ce temps-là seulement ses
successeurs prirent le titre d'évêques d'Anis
ou le joignirent à l'ancien.
Tout ce que nous venons de rapporter
est appuyé sur d'anciens monumens authen-
tiques, & en particulier sur une relation'
que laissa en 1428 Guillaume de Chalançon,
évèque du Puy, qui avoit vu les actes ori-
ginaux de la translation de ces reliques, &
qui fit alors la cérémonie d'ouvrir la châsse
de S. George, premier évèque du Vêlai.
Quant à la ville du Puy, son nom n'est pas
connu avant le douzième siècle j mais il est
certain, d'ailleurs, que c'est la même que
celle d'Anis.
lîiote additionnelle placée par Dom Vaissete
au tome V de l'édition originale.}
Sur Vépoque de la translation du siège
épiscopal du Vêlai dans la ville du
Puy,
Nous avons exposé dans la J^ote LXXX
du premier volume les raisons qui nous
faisoient croire que l'évêché du Vêlai n'avoit
été transféré dans la ville du Puy que vers
la fin du neuvième siècle. Un chanoine du
Puy [M. de Trêves], animé d'un zèle ardent
pour les droits & les intérêts de son église,
s'est élevé & a combattu nos raisons dans
une Dissertation manuscrite de trente-six
grandes pages qu'il nous a adressée & qui
est écrite d'un style amer; en sorte que peu
s'en faut qu'il ne nous accuse d'impiété &
de sacrilège, pour avoir osé douter que la
ville du Puy ait été épiscopale dès le troi-
sième siècle. Il paroît cependant que nos
raisons n'ont pas déplu à d'habiles criti-
ques" qui les ont adoptées. Mais pour satis-
faire à la délicatesse de cet ecclésiastique
& de ceux qui pourroient penser comme
lui, nous allons représenter ses objections,
que nous mettrons dans toute leur force;
' Gallia Christiana, p. 698.
' Voyez Astruc, Mémoire sur l'histoire naturelle
de Languedoc, p. 67.
Note
ADDIT.
Ed.orig,
t.V,
p. 675.
NOTK
ADUIT.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
17^
nous supprimerons seulement les lieux
communs, les répétitions, les saillies, les
traits de vivacité, les déclamations & diver-
ses excursions qui ne font rien à la ques-
tion. Mais comme il ne nous a pas encore
entièrement convaincus, nous ajouterons la
réponse à ses objections : ce sera au public
éclairé à juger & à choisir le parti qui lui
paroîtra le plus convenable. Nous pouvons
assurer, quelque intention sinistre que ce
critique nous prête, que notre unique motif
a été de chercher la vérité & de la trouver.
1° On oppose d'abord l'opinion commune
& la chaîne de la tradition constante de
l'église du Puy, qui met la translation du
siège épiscopal dans cette ville à la fin du
troisième siècle par S. Vosi [Evodius], son
premier évéque, tradition, ajoute-t-on, ap-
puyée sur le martyrologe & les bréviaires
de l'église du Puy.
2° On nous reproche d'avoir tu « que
« Charlemagne marqua toujours une véné-
« ration singulière pour l'église du Puy;
« que c'est de cette église qu'il tira un évê-
i< que & des chanoines pour former le cha-
« pitre de Girone; qu'il consentit avec
« plaisir que la capitale du comté de Bi-
« gorre, qu'il assiégeoit, fût hommagée en
« plein à Notre-Dame du Puy, ce qui est
« appuyé, ajoute-t-on, sur un titre que
« M^ de Marca communiqua au P. de Gis-
« seyj que cet empereur faisoit recueillir
« par distinction au Puy, apud Podium
« S. Mariae , le denier de S. Pierre qu'il
« envoyoit à Rome tous les ans ; qu'il eut la
« dévotion de visiter cette église; que le
« fameux Théodulphe , évéque d'Orléans,
« visita alors aussi l'église du Puy; qu'il y
« fit le riche présent que l'on conserve en-
« core d'une belle Bible latine, écrite par-
te tie à la main sur du vélin, partie en
« beaux caractères d'or & d'argent burinés
« sur de l'écorce d'arbre. »
3° On prétend que Grégoire de Tours,
dans l'endroit où il parle de l'évèque Aurèle,
n'exclut pas l'établissement du siège épisco-
pal dans la ville d'Anis ou du Puy. Dans
cette idée, on explique comme l'on veut le
passage de cet historien par le moyen d'une
construction forcée, & on assure que c'est
mal à propos que nous avons dit que Gré-
goire de Tours appelle Aurèle Vallavae
urbïs episcopus. On ajoute que le P. de
Sainte-Marthe s'est rendu à l'explication
qu'on donne, & qu'il a supposé que le siège
d'Aurèle étoit établi au Puy. On s'appuie
ensuite sur le témoignage du P. le Cointe,
de l'abbé Châtelain & de quelques autres
critiques qui attribuent à S. Vosi," succes-
seur de S. Paulian, la translation de l'évè-
ché au Puy.
4° Il n'est pas dit un mot de la prétendue
translation du siège épiscopal au Puy par
l'évèque Nortbert dans la relation de Guil-
laume de Chalançon de l'an 1428, ni dans
les actes de l'an 1061 & de l'an 1162, con-
servés dans les archives de l'église collé-
giale de S. George du Puy, où il est parlé
de la vérification des reliques de ce saint
& des premiers évéques du pays.
5° On soutient que Vital, abbé, frère du
vicomte de Polignac & concurrent de Nort-
bert dans l'évêché du Puy, étoit abbé de la
cathédrale du Puy, dignité de cette église
qui s'y est conservée, dit-on, jusqu'à nos
jours; que ce n'est qu'en qualité d'abbé de
Véglise du Puy que Vital a pu concourir
avec Nortbert , & que par conséquent la
cathédrale y étoit établie avant l'élection
de Nortbert, qui dès lors n'a pu transférer
le siège épiscopal au Puy.
6° On nie que la transaction passée entre
Nortbert d'un côté, & Vital & le vicomte
de Polignac, son frère, de l'autre, ait été
exécutée, & que dès lors la ville de Saint-
Paulhan ait appartenu aux vicomtes de Po-
lignac, puisque, quatre siècles après, Jean
de Cumenis céda cette ville au vicomte de
Polignac.
7° On objecte le procès-verbal de l'éléva-
tion des reliques de S. Vosi & de cinq de
ses successeurs, fait au Puy le 23 de février
de l'an 17 12 dans la collégiale de ce saint,
par feu M. de la Roche-Aimon, évéque du
Puy. Il est fait mention dans ce procès-ver-
bal, ajoute-t-on, de deux marbres trouvés
sous le maître-autel de cette église , où
étoient renfermés les corps de ces saints.
Le premier marbre étoit chargé de l'inscrip-
tion suivante :
Hic requîescit corpus sancti Evodîi prîmi
ecclesîae Aniciensîs praesulis.
Cette inscription, fidèlement transcrite,
Note
ADUIT.
Note
ADDIT.
174
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Éd.orig.
t.V,
p. 676.
ayant été envoyée au P. de Montfaucon & à
messieurs de l'Académie des Inscriptions &
Belles-Lettres, ils décidèrent qu'elle étoit
du siècle de Charlemagne.
8° On nous reproche de n'avoir pas fait
assez de fonds sur les actes de S. Aggrève,
parce qu'il y est fait mention de la ville
d'Anis ou du Puy comme de celle de son
siège 5 qu'il y est qualifié Espagnol & qu'il
y est dit qu'il reçut sa mission du pape
Martin I.
9° On combat le P. Le Cointe, M. Châ-
telain & les autres critiques modernes, qui
placent l'épiscopat de S. Vosi au milieu ou
à la fin du cinquième siècle, fondés sur
ce que la capitale du Vêlai est qualifiée
cîvitas Vallavorum , dans la plus ancienne
Notice des cités des Gaules, dressée sous
l'empire d'Honorius, & on soutient forte-
ment que ce prélat transféra le siège épis-
copal du Vêlai au Puy à la fin du troisième
siècle. On prétend que dans cette Notice
« il n'a pas été question précisément de
« recueillir les villes épiscopales des Gau-
« les, mais seulement les plus considéra-
« blés & alors les plus connues ; qu'ainsi
« on n'en a pu marquer d'autres dans le
« Vêlai, que l'ancien Ruej^zum^ Vellav a, on
« Saint-Paulhan, seule ville qu'il y eût alors
(( dans le pays, celle du Puy n'ayant eu le
« titre de ville que quelques siècles après. »
On soutient ensuite, sans crainte de se con-
tredire, que c'est de la ville du Puy dont il
s'agit dans cette Notice, parce qu'elle étoit
alors la capitale du Vêlai.
10° On produit un acte tiré des archives
de la cathédrale du Puy, qu'on assure être
daté de la dow^îème année du règne de Louis
le Débonnaire, c'est-à-dire de Van 826, où il
est fait mention de l'église de Notre-Dame,
quae est constructa inpago Vallavensi, in villa
quae vocatur Anicium, ubi Nortbertus episco-
pus pastor est, d'où l'on conclut que la ville
du Puy étoit capitale au commencement du
neuvième siècle. On prétend que le titre
de villa donné au Puy dans cet acte veut
dire ville & plus que bourg (burgus), terme
employé dans la charte de Raoul de l'an 929.
11° Enfin, pour faire voir que les titres
de Vallavensis, Podiensis & Aniciensis epis-
copus étoient synonymes, on cite la lettre
de Sylvestre II, dans laquelle Théodore y
est qualifié Vallavensis ecclesiae episcopus,
tandis que les prédécesseurs de Théodore
sont nommés ecclesiae Aniciensis episcopi
dans les titres de l'abbaye du Monastier
Saint-Chaffre. Reprenons ces objections &
voyons si elles sont sans réplique. Nous
observerons d'abord qu'elles ont deux ob-
jets. Le premier est de prouver que S. Vosi
transféra le siège épiscopal au Puy & qu'il
fut le premier évêque de cette ville- le
second, que cette translation fut faite à la
fin du troisième siècle. Nous convenons
dans l'examen du neuvième article que
S. Vosi transféra le siège épiscopal au Puy,
ce qui fait tomber la plupart des objections;
mais nous nions hardiment que cet événe-
ment se soit passé au troisième siècle. En-
trons en matière.
1° On oppose l'opinion commune & la
chaîne de la tradition de l'église du Puy. Il
est vrai que l'opinion commune a beaucoup
de poids lorsqu'elle n'est pas détruite par
des preuves plus fortes, & c'est de quoi il
est ici question. Quant à la chaîne de la
tradition, elle est encore plus respectable
que l'opinion commune quand elle est fon-
dée & qu'elle est prouvée; mais dans le cas
présent, quelle preuve donne-t-on que,
suivant la tradition de l'église du Puy, on
a toujours cru que le siège épiscopal du
Vêlai a été transféré au Puy au troisième
siècle? Aucune. On se fonde uniquement
sur quelques légendes 8c sur le martyro-
loge, tous monumens modernes éloignés de
plus de douze siècles des événemens & de
la source de la tradition. Pour établir une
chaîne de tradition, une tradition constante,
il faut remonter de siècle en siècle au moins
jusqu'à deux cents ans de l'événement, &
prouver par une suite de témoignages non
suspects qu'on a toujours cru la même chose
sans interruption, & on ne nous produit
que deux bréviaires de l'église du Puy im-
primés, l'un en i5i6 & l'autre en i532, &
le propre du même diocèse imprimé en
1661, encore ne nous disent-ils rien de
l'époque de la translation du siège épisco-
pal au Puy. On jugera de l'autorité des lé-
gendes contenues dans ces deux bréviaires
par l'extrait que nous en allons donner.
Il est dit dans les leçons de S. George,
premier évêque du Vêlai, dont la fête tombe
Note
ADDIT,
Note
ADDIT.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
au lo du mois de novembre, « que ce saint
« fut un des soixante-douze disciples de
« J.-C. ; qu'il se trouva à la dernière cène
(( de J.-C. qui le communia de sa main ; que
« S. Pierre l'envoya dans les Gaules avec
« S. Front, premier évêque de Périgueux,
« son frère; que S. George étant arrivé à la
« Cité vieille [yetulam cîvitatem'], il recon-
« nut que c'étoit là le lieu de son sacer-
« doce; que sous son épiscopat la Sainte
« Vierge révéla le lieu du Puy, &c. » Dans
le nouveau propre de l'église du Puy, im-
primé en 1661 & corrigé, il est dit dans les
leçons de S. George qu'il fut un des soixante-
douze disciples de J.-C., mais il n'est pas dit
que J.-C. l'ait communié le jour de la cène.
On ajoute, d'un autre côté, « qu'après l'As-
« cension il s'attacha à S. Pierre , qui l'en-
« voya évéque dans le Vêlai ; qu'étant parti
« avec S. Front, il mourut subitement à son
« arrivée au bord du lac de Bolsenne ; que
« S. Front le ressuscita avec le bâton de
« S. Pierre; que les deux prélats allèrent
« voir S^" Marthe à Marseille, &c., &c.)) Il
est rapporté dans le même propre, aux leçons
du jour de l'octave de S. George, le 17 de
novembre, « que ce saint, revenant de voir
« S"" Marthe, alla à Toulouse pour voir
« S. Saturnin, qu'il trouva en arrivant cou-
« ronné du martyre; qu'il revint dans le
« Vêlai, où S. Front, évêque de Périgord,
i( son ami, qui venoit de mourir, lui appa-
(' rut avec les anges; qu'il alla dans le Péri-
« gord faire les obsèques de ce saint prélat,
i< l'an 42 de J.-C; qu'il avoit résolu de
« bâtir une église sur le mont Anis; qu'on
« célèbre sa résurrection le 6 des ides de
« mai ; qu'il prophétisa que l'église de
« Sainte-Marie du Puy seroit célèbre par
« les miracles qui s'y opéreroient, &c. »
Dans les leçons du même propre pour le
jour de la translation des reliques de saint
George, le 22 de décembre, on lit « que
« lorsque Nortbert, évêque d'Anis, eut cédé
« à un autre seigneur le bourg de Saint-
« Paulhan, qui appartenoit auparavant au
« domaine épiscopal & qu'on appeloit Civi-
« tas veiula, ce fut à condition qu'on trans-
« féreroit à Anis le corps de S. George ,
« ce qui fut exécuté. » Le procès-verbal
dressé en 1428 par Guillaume de Chalen-
çon, touchant l'ouverture de la châsse de
175
ce saint, qui est qualifié docteur du Vêlai,
Vun des soixante-dow^e disciples de J.-C,
s'étend davantage sur cette translation. On
y rapporte « que Nortbert étoit cousin gef-
« main du comte de Poitiers, duc d'Aqui-
« taine; que le roi ayant appris en songe
« ou par révélation la mort de Gui, évêque
« du Puy, & qu'une personne respectable
« lui ayant apparu, lui ordonna de nommer
« à cet évêché le premier qu'il rencontre-
« roit le lendemain; que ce fut Nortbert, à
« qui il donna des lettres pour ordonner au
« chapitre du Puy de l'élire; que Nortbert
« arriva au Puy dans le temps que le chapi-
« tre étoit partagé entre le frère du vicomte
« de Polignac & un autre; que Nortbert
« ayant présenté les lettres du roi, il fut
« élu & intronisé unanimement. Le diable
u excita contre lui, ajoute le procès-verbal,
« l'abbé Vital, moine & frère du vicomte de
(( Polignac, qui, au désespoir de n'avoir pas
« été élu évéque, lui fit toute sorte d'ava-
(( nies, ce qui engagea Nortbert à faire un
« voyage à la cour. Le roi lui ordonna de
« s'en retourner, avec promesse de le suivre
« incessamment pour le soutenir , & ce
« prince, ayant assemblé une armée, vint en
« effet au Puy, attaqua l'abbé, ravagea ses
« domaines, surtout son abbaye, qu'il ruina
« entièrement, & l'emmena prisonnier. Le
« roi, ayant ainsi rendu la paix à l'église du
« Puy, congédia ses troupes & s'en retourna
« chez lui. Après son départ. Vital attaqua
« de nouveau le saint, & toute la race du
« vicomte de Polignac s'éleva contre lui &
« lui fit la guerre. Enfin, des personnes
« sages trouvèrent moyen de rétablir la
« paix. On convint que l'évêque céderoit
« Vetulam civîtatem, qu'on appelle mainte-
ce nant Saint-Paulhan, au vicomte, à condi-
« tion qu'on transféreroit ailleurs les reli-
« ques des SS. George & Marcellin, ce qui
« fut fait, &c. »
S. Marcellin est qualifié troisième évéque
du Fêlai dans les bréviaires imprimés en
i5i6 & i532 & dans le propre imprimé en
1661. Il est dit qu'il succéda immédiate-
ment à S. George : Anno Domini circiter cen-
tesimo sanctus Marcellinus post. B. Georgium
Vallavorum episcopus creatus est.
On célèbre au Puy, le 12 de novembre, la
fête de S. Vosi; mais on ne marque pas
Note
ADUIT.
Éd. ori-;
tv,
p. 677.
Note
ADDIT.
176
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
l'époque de son épiscopat, ni dans les bré-
viaires imprimés en i5i6 & i532, ni dans le
propre imprimé en 1661. Il est dit dans les
bréviaires « qu'après la mort de S. George,
« plusieurs saints évèques qui lui succédè-
(( rent, quoique avertis par la même vision,
« ne voulurent pas abandonner le siège que
« le premier évêque du Vêlai, envoyé par
« S. Pierre, prince des apôtres, avoit établi,
« & qu'ils ne voulurent pas permettre de
« transférer ailleurs la chaire épiscopale.
« Après un long intervalle evoluto namque
« plurîmo tempore, ajoute-t-on, Vosi fut
« élu évèque du Vêlai, & tout le peuple,
« effrayé par plusieurs signes & diverses
« visions, lui persuada de transférer le siège
« dans le lieu marqué. » On' rapporte en-
suite que la Sainte Vierge ayant apparu à
S. Vosi, lui ordonna de bâtir l'église du
Puy, &c. Il est dit dans les antiennes de
Laudes, « que Vosi étant allé à l'église,
« trouva des lettres imprimées sur l'autel
« oratorium petens invenît lîtter as super altare
« impressas; que recherchant avec soin le
« sens de ces lettres, il avoit reconnu que
« l'autel avoit été consacré par les mains
« des anges ; qu'ayant regardé à travers la
« muraille, il avoit vu les cierges allumés,
^( & que c'étoit un argument probable de
« la visite des anges. » Il y a dans les leçons
de S. Vosi imprimées dans le propre de
l'an 1661 « que S. Vosi , premier évêque
« d'Anis, transféra le siège èpiscopalj » &
on en rapporte les mêmes circonstances
énoncées dans les leçons de la fête de la
dédicace de l'église du Puy.
Dans les leçons de l'octave de cette fête,
qui tombe au 11 de juillet, on raconte dans
les bréviaires de i5i6 & i532 l'histoire de
la mission de S. George, premier évêque du
Vêlai, par S. Pierre, dont il étoit disciple,
« qu'il avoit suivi de Jérusalem, qui le con-
« sacra & qui le ressuscita. » On dit ensuite
que S. George & S. Front se rendirent dans
le Vêlai : M.oxque properantes, ad quamdam
Vallavensis comîtatus urbem , quae ab antî-
quitatis prîvilegio, tune temporîs cîvîtas vetula
dîcebatur; en sorte que la capitale du Vêlai
se seroit appelée la cité vieille du temps de
S. Pierre.
Les leçons de la dédicace de l'église du
Puy sont bien plus étendues dans le propre
de l'an 1661. Il y est dit « que sous l'èpisco-
pat de S. George, envoyé en Vêlai par
S. Pierre, une bonne femme, attaquée
de la fièvre quarte, eut une apparition
de la Vierge qui lui dit d'aller sur le
mont Anis pour recouvrer sa santé j qu'é-
tant montée, elle y trouva une pierre en
forme d'autel & qu'elle s'endormit au-
près. Pendant le sommeil, continue-t-on,
la Vierge & les anges l'environnèrent &
lui rendirent la santé. Elle alla raconter
sa vision à S. George, qui, étant monté
sur le mont Anis, le trouva couvert de
neige en plein été, & vit un cerf qui, par
ses vestiges, marquoit le contour du tem-
ple qu'il résolut de bâtir sur cette mon-
tagne enl'honneur delà Vierge; mais il ne
put exécuter son dessein & en laissa l'exé-
cution à S. Vosi, son successeur, qui s'y
détermina sur une autre vision qu'eut
une femme malade & sur l'apparition d'un
ange. S. Vosi, dit-on, alla à Rome pour
demander au pape la permission de trans-
férer le siège épiscopal au Puy. Le pape,
la lui ayant accordée , le renvoya avec
Scutaire, qu'il lui donna pour compa-
gnon, & ils firent tous deux construire
l'église du Puy en peu d'années. S. Vosi,
voulant retourner à Rome pour deman-
der au pape la permission de la consa-
crer, n'eut pas fait un mille, qu'il rencon-
tra deux veillards vêtus de blanc qui
l'assurèrent qu'ils étoient envoyés de
Rome, & qui lui remirent deux petites
boîtes de reliques (dans l'une desquelles
étoit le prépuce de J.-C, suivant la lé-
gende de S. Vosi) : les deux vieillards
ordonnèrent à S. Vosi de porter nu -
pieds les deux boîtes à Anis. Quanta la
consécration de la nouvelle église, lui
dirent-ils, n'en soyez pas en peine, les an-
ges l'ont consacrée aujourd'hui, après quoi
les deux vieillards disparurent. Vosi, Scu-
taire, le clergé & le peuple se rendirent
alors à l'église; aussitôt les portes s'ou-
vrirent d'elles-mêmes, les cloches sonnè-
rent aussi d'elles-mêmes & on trouva dans
l'église un grand nombre de torches & de
cierges allumés, &, sur l'autel, l'huile qui
avoit été répandue pour la consécra-
tion. »
Nous nous sommes un peu étendus sur
Note
ADDIT
Note
ADDIT.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
177
Ed. orig.
t.V,
p. 678.
ces moniimens, dont on prétend se servir
pour prouver que S. Vosi transféra son
siège au Puy à la fin du troisième siècle, &
nous n'y ajouterons aucune réflexion. Nous
pourrions les comparer cependant avec ce
que rapporte le P. Odon de Gissey, qui a fait
imprimer, en 1644, son Histoire de Notre-
Dame du Puy, & avec l'Histoire de la même
église, donnée en 1693, par frère Théodore,
ermite, & les mettre en contradiction dans
plusieurs circonstances. Il nous suffira de
remarquer que le P. de Gissey", après avoir
réfuté l'opinion d'un auteur qui avoit écrit
cent ans avant lui & qui rapportoitla trans-
lation de l'évêché au Puy à l'an 212 de
J.-C, sous le pape Callixte, & après avoir
dit que d'autres la rapportoient au pontifi-
cat de S. Corneille, en 262, la fixe à l'an 221
ou aux premières années de S. Callixte, &
que le frère Théodore a embrassé à peu
près son opinion, en assurant' que les fon-
demens de l'église du Puy furent jetés l'an
222 de J.-C. Est-ce là cette chaîne de la tra-
dition constante & uniforme de l'église du
Puy qi-.'on vante tant, touchant l'époque de
la translation du siég^ épiscopal dans cette
ville à la fin du troisième siècle; & avons-
nous eu tort d'avancer qu'on n'appuie l'his-
toire de cet événement que sur des tradi-
tions fabuleuses qui ne méritent aucune
créance }
1° Ce qu'on rapporte de l'empereur Char-
lemagne dans le second article n'est pas
mieux fondé j c'est pourquoi nous avons
passé sous silence dans notre histoire les
faits énoncés dans cet article, qui ne sont
tirés que de quelques auteurs ou monu-
mens apocryphes, comme le faux Turpin,
le Philomela, &c. Ainsi on doit mettre au
rang des fables ce qu'on rapporte de l'église
de Girone & les prétendus voyages de Char-
lemagne à Notre-Dame du Puy. Il est vrai
que M. de Marca communiqua au P. de Gis-
sey un titre qu'il croyoit alors vrai, & qu'il
a reconnu évidemment faux, touchant l'ori-
gine du vasselage du comté de Bigorre à
l'égard de l'église du Puy, & on est surpris
que notre censeur ait ignoré cette rétracta-
tion de M. de Marca, qu'il pouvoit voir dans
L.
L.
i,c. 4.
son Histoire de Béarn'. Nous nous conten-
terons d'en rapporter les paroles suivantes :
« Il faudroit, dit M. de Marca dans cet ou-
(( vrage, avoir un bon estomac pour digérer
" toutes ces foiblesses qui ont été forgées
« pour autoriser la supériorité de l'église
« du Puy sur le comté de Bigorre, en rap-
« portant l'origine de cette dépendance à
(( Charlemagne. Je fournis il y a quelque
« temps cette pièce au P. Odo de Gissey,
« de la compagnie de Jésus, qui l'a insérée
« au livre III, chap. 18, de ses Discours
« historiques de Notre-Dame du Puy, se-
« conde édition. Pour lors, j'avois quelque
« opinion de la vérité de cette narration
« au fonds de la chose, quoique je décou-
« vrisse les ipipertinences aux circonstan-
« ces mais comme le seul défaut de
« meilleures instructions rendoit en quel-
« que façon plausible cette fourbe , je
« suis obligé de la rejeter avec plus de
« véhémence, &c. » Quant à la prétendue
levée du denier de S. Pierre, sous l'empire
de Charlemagne, à Aix-la-Chapelle, à Saint-
Gilles & à Notre-Dame du Puy, c'est un
fait très-incertain', pour ne pas dire fabu-
leux. Il est vrai qu'il en est fait mention
dans une épître du pape Grégoire VII au
onzième siècle. Mais tous nos historiens 8c
tous les monumens de la monarchie gardent
un profond silence à ce sujet.
3° Le passage de Grégoire de Tours, au
sujet de l'évèque Aurèle, pour faire voir
que du temps de ce prélat & à la fin du
sixième siècle, la ville de Vellava, où étoit
le siège épiscopal, & le lieu d'Anis étoient
deux choses différentes, est si précis, qu'il
n'est pas possible d'en éluder l'autorité 3 &
toutes les peines qu'on se donne pour en
détourner le sens sont à pure perte. Certe
Anicii Gregorius meminit tanquam loci a civi-
tate Vellava differentis, in libri X, capite XXV,
his verbis (dit Adrien de Valois', célèbre
critique) : Ingressus Vellavae urbis termi-
num, ad locum quem Anicium vocitant, &
ad basilicas propinquas cum omni exercitu
restitit, instruens aciem qualiter Aurelio
ibidem tune consistent! episcopo bellum
' Marca, Histoire de Béarn, p. 807 & suiv.
* Voyez Pagi, Critic. ad ann. 804, n. 8.
' Notifia Galliarum, p. 69 1.
Note
ADUIT.
II.
Note
ADDIT.
178
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
inferret. Aperte Gregorîus Vellavam urbem,
îd est Ruessionem vel civitatem Vellavorum
dîstînguit ab Anicio, ubi tune episcopus Vel-
lavorum commorabatur, velut in Castro suae
dioeceseos. Sed ne aetate quîdem Gregorli se-
des ep'iscopatus stata erat Anicium. AUoquîn
Gregorius Anicium, si sedes jam tune antisti-
tis & caput gentis fuisset, civitatem aut urbem,
aut oppidum vocavisset; non (ut facit) locum,
Quodeumque ergo nomen olim tulerit, quod-
cumque nuncferat Revessio seu civitas Vella-
vorum ^ sive eversa ea urbe, sive etiam adhue
stante, translata est episcopatâs sedes in civita-
tem Anicium vel Podium : sed tempus trans-
lationis incertum, quod utique Evodii episcopi
aetate multo posterius fuit. M. de Valois se
trompe néanmoins sur ce dernier article;
car ce fut S. Vosi qui transféra le siège épis-
copal au Puy, mais non pas dans le siècle
qu'on le prétend. Il se trompe aussi dans
la suite du même article ', en supposant que
civitas quae dicitur vetula in pago Vellavo-
rum dont il est fait mention sous ce titre
dans le livre des miracles de 6. Bernard,
archevêque de Vienne, est le Puy ou Anis,
car il s'agit certainement dans cet endroit
de l'ancien Kuessium, qui prit le titre de
Civitas vetula après la translation du siège
épiscopal au Puy, ainsi que le P. Mabillon
l'a fait voir'. Tous nos meilleurs critiques,
& en particulier D. Ruinart , dans son édi-
tion de Grégoire de Tours, & D. Martin
Bouquet, dans sa nouvelle collection des His-
toriens de France^, font voir que Grégoire
de Tours distingue dans cet endroit la ville
de Vellava, où étoit le siège épiscopal, du
lieu d'Anis.
On peut joindre à ces suffrages celui de
M. Audigier, chanoine de Clermont, dans
son Histoire manuscrite d'Auvergne que
nous avons vue. Il soutient que l'ancien
Ruessium fut détruit par les Normands en
864. Il s'appuie : 1° sur l'auteur anonyme
dont le fragment est rapporté dans Du-
chesne'' : Totam regionem Arvernicam diver-
' Notitia Galliarumj p. 691, col. 2.
' Acta Sanctorum ordinis S. Bénédictin saec. 4,
part. I, p. 758.
5 T. 2, p. 38o.
■* Duchesne, Historiens de France. — Gallia Chris-
tiana, nov. éd. t. 2.
sis calamitatibus (Kollo) exinanivit ; 2° sur
l'auteur des Gestes des Normands & sur
Adrevalde, qui rapportent la même chose j
3" enfin sur le passage de Grégoire de Tours
que nous examinons , & qui prouve que,
sous l'épiscopat de S. Aurèle, Aiiis n'étoit
encore qu'une simple montagne, ce qui est
confirmé par le P. le Cointe sous l'an 691.
M. Audigier conclut de là que la transla-
tion de l'èvêché du Vêlai à Anis est posté-
rieure à l'an 864. Or, ajoute-t-il, Hardouin,
qui souscrivit au concile de Soissons en 866,
se qualifie episcopus Vellavensis, ainsi que
Gui, son successeur, est qualifié dans la
charte de Charles le Chauve en 875. C'est
donc à Nortbert, conclut-il, qu'il faut rap-
porter cette translation; ce prélat céda
alors à Clodion, vicomte de Polignac, la
ville de Saint-Paulhan, suivant l'histoire de
la translation des reliques de S< George, &
cette ville avoit été possédée par Rorice,
comme èvèque & comme comte de Vêlai.
M. Audigier fait voir ensuite combien est
fabuleuse la vie de S. George.
Le P. de Sainte-Marthe lui-même n'est
pas éloigné du sentiment qui assure que la
ville d'Anis n'étoit pas encore épiscopale à
la fin du sixième siècle, quoiqu'il paroisse
hésiter. Après avoir parlé de S. Vosi", qu'il
met pour lé septième évêque du Vêlai, &
avoir dit qu'il transféra son siège au mont
Anis sans marquer l'époque de son épisco-
pat, il ajoute la note suivante au bas de la
page : Hic sequimur communem sententiam ,
cum nondum certiorem teneamus. Objici tamen
potest tempore Gregorii Turonensis, £• S. Au-
relii Vellavensis episcopi, de quo infra, non-
dum Anicium fuisse civitatem episcopalem ;
quando de eo loquens Gregorius haec habet :
ingressus autem Vellavae urbis terminum ,
ad locum quem Anicium vocitant, accedit.
Sane de urbe episcopali non ita loqueretur Gre-
gorius Turonensis. Forte S. Evodius postponi
deberet S. Aurelio : nihil enim de chronologia
istorum episcoporum constat usque ad Aure-
lium. Aliunde idem Gregorius non obscure
significat infra, Aurelium episcopum apud
Anicium tune sedem habuisse : qualiter Aure-
lio ibidem tune consistenti episcopo bellum
inferret. Forte Anicium tune tantum eastrum
' Gallia Christiana, nov. éd. t. 2, p. 68p.
Note
ADDIT.
Note
ADDIT.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
179
Ed. orig.
t.V,
p. 679.
crat, situ plus quam arte munîtum, quod non-
dum in magnam urbem creverat, quia recens
erat sedis episcopalis ad hune locum transla-
tîo, en quoi le P. de Sainte-Marthe semble
se contredire^ mais rien n'est plus vrai que
la conjecture qu'il donne, qu'il faut placer
l'épiscopat de S. Vosi après celui de S. Au-
rèle, comme nous le ferons voir bientôt.
4° Le silence de la relation de l'an 1428,
touchant la tranûlation de l'évêché au Puy,
ne décide rien ni pour ni contre.
5° On a vu que Vital est qualifié moine
dans cette relation, & qu'il y est marqué
que le roi ruina son abbaye.
6" Notre critique nie que la transaction
passée entre Nortbert & le vicomte de Poli-
gnac, touchant la cession du lieu de Saint-
Paulian, ait eu son exécution, sur le fonde-
ment que Jean de Cuménis céda ce lieu en
i3o6 au vicomte de Polignac; mais toute la
preuve qu'on en apporte consiste dans ces
deux lignes insérées dans les Preuves du
GalUa Chrîstîana' : Joannes de Cumenîs tran-
sîgît cum Armando vîcecomite de Polîgnac, se
dîcente majorem annorum xiipro jurîsdîctîone
oppîdi S. PauUanij MCCCVI, mense junïi.
Mais une transaction n'est pas une cession :
il s'agissoit d'un différend entre l'évêque &
le vicomte au sujet de la juridiction sur le
bourg de Saint-Paulian , ce qui suppose
que le vicomte en étoit alors en possession.
7° Le procès-verbal de l'élévation des reli-
ques deS.Vosi, en I7i2,estla seule objection
qui mérite quelque attention. On trouva,
dit-on, dans le maître-autel, deux marbres
surl'un desquels étoit l'inscription suivante :
Hic requiescit corpus S. Evodii , primi eccle-
siae Aniciensis praesulis , & le P. de Mont-
faucon & les messieurs de l'Académie des
Belles-Lettres de Paris décidèrent que les
caractères de cette inscription étoient du
siècle de Charlemagne. Il y a, dans le mé-
moire qui fut envoyé à cette occasion à
M. le cardinal de Polignac & qui nous a
été communiqué, « que D. Bernard de Mont-
« faucon , D. Denys de Sainte-Marthe ,
« D. Edmond Martène & quelques mes-
« sieurs de l'Académie des Belles-Lettres
« décidèrent que cette inscription étoit de
« temps caroïins ; » ce qui comprend la
' T. 2, p. 2,39.
seconde race de nos rois. Ainsi, en recon-
noissant cette inscription pour authentique,
nous abandonnons volontiers les conjectu-
res qui nous avoient fait croire que Nortbert
étoit le premier évêque du Vêlai qui avoit
transféré le siège épiscopal au Puy; & nous
convenons qu'on doit rapporter cette trans-
lation à S. Vosi. La difficulté est d'en fixer
l'époque, & c'est ce que nous allons tenter.
Nous avons deux autorités incontesta-
bles, qui prouvent que le siège épiscopal
n'étoit pas encore au Puy au cinquième &
au sixième siècle; savoir, la Notice des cités
des Gaules dressée sous l'empire d'Hono-
rius, & le passage de Grégoire de Tours
que nous avons discuté. D'ailleurs, Grégoire
de Tours, qui étoit né en Auvergne, pays
voisin du Vêlai, ne dit rien ni de l'église
de Notre-Dame du Puy, ni de S. Vosi, ce
qu'il n'auroit pas oublié, ayant entrepris
principalement l'histoire ecclésiastique des
Gaules, si cette église eût été bâtie & si ce
saint eût vécu au troisième siècle. Enfin,
nous avons fait voir qu'on n'a rien de cer-
tain touchant l'époque de la construction
de l'église Notre-Dame du Puy & de l'épis-
copat de S. Vosi. On ne peut donc rappor-
ter au plus tôt l'un & l'autre qu'au sep-
tième siècle. Or, nous trouvons un S. Vosi
à la fin du septième siècle, & il en est fait
mention dans les vies authentiques de saint
Prix ou Priest [Praejectus'] & de S. Bonit,
évèques de Clermont, en Auvergne, écrites
par des auteurs contemporains. Il est mar-
qué' dans la dernière que S. Bonit, ayant
abdiqué l'épiscopat au bout de dix ans, prit
l'habit monastique dans l'abbaye de Man-
lieu en Auvergne, que S. Genès, évêque de
Clermont avoit fondée dans son propre
fonds & où il avoit établi Vosi pour premier
abbé : Quem superius praefatum locum dudum
Genesius nobilissimus pontijex coenobium in
propria constituit gleba atque virum venera-
bilem EvoDiUM instituit patrem. S. Vosi, pre-
mier abbé de Manlieu, est reconnu pour
saint', & S. Genès fonda cette abbaye du-
rant son épiscopat qui s'étend depuis l'an
656 jusqu'en 660. Ainsi cette abbaye aura été
' AcXa. Sanctorum ordinis S. Bcnedicti , saec. 3,
part. T, p. 90 & seq.
' Gallia Christiana, nov. éd. t. 2, p. 36t.
Note
ADDIT.
Note
ADDIT.
i8o
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
fondée vers l'an 65j, comme l'a marqué le
P. Mabillon". Nous trouvons, d'un autre
côté, dans la vie de S. Prix, évèque de Cler-
mont, que ce saint prélat engagea % vers
l'an 665, le comte Génésius à fonder l'ab-
baye des Filles de Chamalière, au faubourg
de Clermont, & qu'il donna Vosi pour supé-
rieur aux religieuses. In quo monaster'io, ad
exercendam normam fidei religionîsque , ac
mortifie adonis custodiam EVODIUM summum
praefecit & ad necessitatem eorum res suas
jure obtentas inibi delegavit. Il nous paroît
évident que S. Vosi, premier abbé de Man-
lieu & supérieur des religieuses de Chama-
lière, n'est que la même personne, & qu'il
fut élu quelques années après & vers l'an
670 évèque du Puy. Ainsi, après avoir fait
bâtir l'église de Notre-Dame du Puy, il y
aura transféré le siège épiscopal à la fin du
septième siècle. Il n'y a rien en tout cela qui
ne s'accorde parfaitement & qui ne soit
fondé sur les monumens les plus authenti-
ques j en sorte que, par là, toutes les diffi-
cultés s'évanouissent.
8° Après ce que nous venons d'établir, il
est inutile de répondre à l'objection qu'on
nous fait touchant les actes de S. Aggrève,
évèque du Puy, qui, suivant les meilleurs
critiques', n'ont rien d'authentique. Ainsi,
si S. Aggrève a été véritablement évèque du
Puy ou d'Anis, son épiscopat doit être placé
après celui de S. Vosi. On peut rapporter
son martyre à l'irruption des Sarrasins dans
le Vêlai en 729. Ils firent^, en effet, alors
souffrir le martyre à S. Chaffre, abbé de
Carmeri ou du Monastier, situé au voisi-
nage du Puy.
9° Le neuvième article n'est pas plus so-
lide, & tous les raisonnemens qu'on fait
pour affoiblir le témoignage du P. le Cointe
& de l'abbé Châtelain, qui prouvent, par
la Notice des cités des Gaules dressée
sous l'empire d'Honorius, que la ville du
Puy n'étoit pas épiscopale au cinquième
siècle, portent à faux. D'ailleurs on se con-
' Mabillon, Annal. Bened'ict. t. i.
^ Acta Sanctorum ordin'is S, Benedict't , saec. 2,
p. 640 & seq.
' Bollandistes, i févr. — Gall'ia. Ckristianaj noY.
éd. t. 2, p. 692, col. I .
■* Histoire de Languedoc, 1. viii, n. 21.
tredit : on soutient d'un côté que la ville
de Vellava ou de Saint-Paulian étoit dans
le temps de cette Notice la seule ville du
Vêlai, & on prétend, de l'autre, que c'est
de la ville du Puy dont il s'agit dans la
même Notice, parce qu'elle étoit alors la
capitale du Vêlai, ce qui est en question, &
une pétition de principe.
10° L'acte produit n'est pas du règne de
Louis le Débonnaire ; & pour le prouver,
nous le rapporterons en entier.
EgoBoso & uxor meaMagemburgis cogita-
mus de Dei misericordia, quod Dominus noster
Jésus Christus misereatur nostri; & genitoris
mei, & genitricis meae Rddois, & germani mei
Dodonis ; pro hoc donamus de rébus pro~
priis nostris beatae genitrici Virgini JVLariae
in casa Dei quae est constructa in pago
Vellavense, in villa quae vocatur Anicium, ubî
Nortbertus episcopuspastorlessevidetur^.Ipsae
res quas donamus sunt in pago Viennense, in
agro Colombarense, in villa quae dicitur Ar-
labosc quod donamus ; hoc est, casa indomini-
cata cum curtile & hortile & , una cum ar-
boribus ; & est ecclesia indominicata, quae est
constructa in honore sanctae Mariae una cum
presbiteratu &■ decimis ; hoc donamus &■ in vi-
neis & in campis, & pratis & silvis, & in mo-
lendinis; donamus omnia quaecumque in ipsa
villa aspiciuntur vel aspîcere videtur; dona-
mus etiam superdictae casae Dei castellare
quod est ultra Doso, & quidquid aspicit vel
aspicere videtur; & donamus ibi aliam villam
quae nominatur Gurdis cum ecclesia Sancti
Justi, & quidquid ipsa villa aspicit ; & dona-
mus ibi aliam villam quae vocatur in Laval,
& quidquid ad ipsam villam appendit; & dona-
mus aliam villam quae dicitur Fabricas; do-
namus etiam aliam villam quae vocatur
Licas ; quidquid ergo ad ipsas villas supra-
scriptas aspicit vel aspicere videtur, & quid-
quid inquisitum sit, aut inquirendum est dona-
mus, ea tamen ratione, dummodo nos pariter
vivimus, usum & fructum possideamus. Et si
de nobis par parem supervixerit, usum & fruc-
tum semper possideat; & si infans de nobis
natus aut procreatus fuerit, ipse haereditati
succédât & donationi, & sanctae IVLariae sem-
per serviat de ipsis rébus subscriptis ; ipse
autem episcopus qui est & qui erit, unam me-
dietatem in manu sua teneat, aliam. medîeta-
tem canonici sanctae TS/Lariae recipiant & pas-
Note
ADDIT.
Éd. orig.
t.V,
p. 680.
Note
ADDIT.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC. i8i
sideant; sed neque episcopus neque canonïcï, [Addition faîte par les nouveaux éditeurs. S
nec vendere, neque donare, neque commutare,
neque in fevo donare licentiam habeant ; sed
semper ipsam haereditatem in manu sua te- [Dans les Nofej qui précèdent, les Béné-
neant, & qui hoc facere voluerit, similis sit dîctins, après avoir placé d'abord au neii-
Judae traditori qui dominum suum tradidit, vième siècle l'époque de la translation du
& cum Datan & Abiron in inferno crucietur ; ^'^^S^ ^^ l'Eglise de Vêlai au Puy, ont en-
Beel-iebuth quoque princeps daemoniorum & ^"^^^ ^^^ ^^tte translation au septième siè-
satellites ejus judices sint illius, & si hoc ^^^' ^^^ adoptant l'opinion qui veut que ce
NOTB
ADDIT.
fecerit aliquis eorum, corpus ejus in vita sua
cadat in lepram sicut fecit Naaman Cyrus
quem Dominus liberavit per Eliseum prophe-
tam; & si hoc fecerit aut episcopus, aut cano-
nicus, supradicta haereditas ad propinquos
vel ad consanguineos nostros, & in manu îllo-
rum revertatur; ea tamen ratione dummodo
nos vivimus , donamus sanctae IVIariae per
unumquemque annum in vestitura modios
duos, unum de annona & alterum de vino.
Sane si quis, aut nos, aut ullus de haeredi-
bus nostris, aut ullus homo aut immissa per-
sona hanc donatîonem inquietare, aut infrin-
gere voluerit, non hoc valeat vindicare quod
repetit, sed componat tantum, fi- alius tantum
quantum ipsae res valere potuerint. Ista prae-
sens donatio ante facta omni tempore stabilis
& firma permaneat, cum stipulatione subnixa.
Haec donatio facta est in mense Julio, feria
quarta, anno duodecimo régnante Ludovico
imperatore... Boso qui fecit istam donationem
firmavit. Magemburgis firmavit. Votgrinus
firmavit. Rionaldus firmavit. Hugo Remensis
clericus transtulit veterem cartam in hanc,
quia deleta erat.
L'épiscopat de Nortbert énoncé dans cet
acte en détermine l'époque. Or, ce prélat
étoit placé sur le siège épiscopal du Vêlai à
la fin du neuvième siècle & au commence-
ment du dixième. L'acte est donc de la dou-
zième année du règne de l'empereur Louis
V Aveugle qui dominoit dans le Vivarais où
il a été dressé, & il appartient par consé-
quent à l'an 912 '.Nortbert étoit alors évê-
que du Puy.
II. Il s'ensuit de ce que nous avons déjà
dit que les titres à'Aniciensis & de Valla-
vensis episcopus ne peuvent être synonymes
que depuis la fin du septième siècle, c'est-
à-dire depuis la translation du siège épis-
copal au Puy.
' Histoire de Languedoc, t. iv, NoteV^ n. 4.
changement de résidence ait eu lieu sous
l'épiscopat d'Evodius, plus connu sous le
nom vulgaire de S. Vosi. Il faut, en effet,
accepter cette date comme celle de la trans-
lation définitive de l'évéché de Vêlai au
Puyj mais bien avant cette époque les évè-
ques de Vêlai y avaient établi, momenta-
nément du moins, leur demeure. Ils s'y re-
tirèrent, par exemple, lors des troubles
causés par les grandes invasions qui, dans
le courant du cinquième siècle, désolèrent
tout le midi de la Gaule. Il est, en effet,
certain, malgré les arguments que l'on peut
tirer du passage de Grégoire de Tours, que
la ville du Puy, Anicium, existait pendant
la période gallo-romaine 5 les inscriptions
& de nombreux fragments antiques qui y
ont été découverts ne laissent aucun doute
à cet égard. C'était un lieu fortifié, un cas-
trum, qui servait au besoin de refuge aux
habitants des environs. Une inscription, dé-
couverte en 1847 dans les travaux faits à la
cathédrale, semble établir que la première
église du Puy a été construite par l'évêque
Scutarius ou Scutaire (& non pas Scrutaire,
comme l'avaient écrit les Bénédictins dans
les Notes qui précèdent), avant 493. Cette
inscription, gravée sur une pierre autrefois
consacrée au culte des idolâtres, établit
en même temps que l'églrse du Puy a été
élevée sur les débris d'un tfnple consacré
aux dieux du vieux polythéisme. — On
peut voir, sur les origines de la ville du
Puy, les ouvrages suivants de M. Aymard :
Recherches sur des inscriptions inédites ou
peu connues de la ville du Puy. — Antiqui-
tés gallo-romaines découvertes au Puy. —
Les origines de la ville du Puy, dans le Re-
cueil des Congrès scientifiques de France,
22" session, i856, t. 11, p. 338. — Voir
aussi, à ce sujet, le Recueil des inscriptions
chrétiennes de la Gaule, par M. Le Blant,
n^ôyi.] [E. M.]
Note
8i
Éd.orig.
t. I,
p. 685.
I«2
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
NOTE LXXXI
Si les Visigoths prirent quelques pla-
ces sur les François à la fin du sep-
tième siècle,
\,Ql nous en croyons Roderîc de Tolède ',
O auteur du treizième siècle, les villes
d'Albi, de Rodez & de Toulouse apparte-
noient aux Visigoths, lorsque le roi Wamba
entra dans la Septimanie pour y punir la
rébellion du duc Paul. Il met' les deux
premières au nombre de celles qui s'é-
toient révoltées contre ce prince , & il as-
sure que Wamba ordonna qu'on les réparât
à son départ de Narbonnej mais cet auteur
se trompe certainement.
Il est constant d'abord que la ville d'Albi
étoit du domaine des François dans le temps
de la mort de S. Didier, évèque de Cahors,
l'an 655, & du concile de Bordeaux, tenu
sous le règne du roi Chilpéric II , vers
l'an 673, dont nous avons parlé ailleurs. Elle
appartenoit donc encore à ces peuples ,
après la révolte du duc Paul, & sous le
règne de Wamba.
II. Il est également certain que la ville
de Rodez étoit sous' la domination Fran-
çoise au milieu du septième siècle. Il est
vrai que, depuis ce temps-là, il ne nous reste
aucun monument qui nous apprenne pré-
cisément quel prince en étoit le maître :
mais outre qu'aucun historien ne nous dit
qu'elle ait été reprise par les Visigoths ,
si elle leur avoit été soumise dans le temps
de la révolte du duc Paul, elle seroit com-
prise, comme celle d'Albi, dans la Notice ^
des évèchés de la monarchie gothique dres-
sée sous le règne de Wamba, peu après la
punition de cette révolte. Il n'est parlé dans
cette Notice ni de l'une ni de l'autre de ces
deux villes : par conséquent elles étoient
alors soumises aux François, & il est évi-
■ Roderic de Tolède, I. 3, c. 4, 5 & i3
' Roderic de Tolède, 1. 3, c. 11
' Gallia Ckristiana, nov. éd. t. i, p. 201, & aux
Preuves de ce volume : Inscriptions.
* Conc. Hispan. t. i, p. 3o6.
dent que Roderic s'est trompé, quoiqu'il
n'ait pas confondu, comme l'a cru M. de
Valois ', Rodez avec le pays de Cerdagne,
Cerîtania, & Albi avec le château de Liviaj
car l'historien espagnol distingue fort bien,
dans le même endroit, tous ces différens
lieux.
III. Quant à la raison qu'apporte le P. le
Cointe^ pour prouver que la ville d'Albi
appartenoit aux Visigoths, du moins en 683,
parce que Citruin, abbé, souscrivit alors au
treizième concile de Tolède, elle n'est d'au-
cun poids ; car c'est en vain que cet anna-
liste prétend que Citruin étoit abbé de Cas-
tres au diocèse d'Albi : il n'y a aucune
preuve qu'il ait jamais gouverné ce monas-
tère.
1° L'ancienne Chronique' des évêques
d'Albi & des abbés de Castres, que le P. le
Cointe & ceux qui ont cru comme lui que
Citruin a été abbé de ce monastère citent
en leur faveur, n'en dit rien. Citruin y est
nommé, à la vérité, parmi les évêques d'Albi
sous l'an 692 : Anno 692 Citruînus epîscopa-
bat ; mais il ne s'ensuit pas de là qu'il eût
été auparavant abbé de Castres. On peut
prouver, au contraire, par cette Chronique,
qu'il ne parvint jamais à cette dernière di-
gnité , car l'ancien auteur qui a écrit l'his-
toire des abbés de Castres ne le met pas du
nombre, ce qu'il n'auroit pas oublié.
2° Il est vrai qu'on lisoit autrefois six
vers'' en l'honneur de Citruin sur la façade
de l'église de Castres, & qu'ils étoient mêlés
parmi plusieurs autres à la louange des an-
ciens abbés de ce monastère; mais ces vers
ne disent pas que Citruin ait été abbé de
Castres : il est marqué seulement qu'il fut
élu évèque d'Albi, après avoir assisté au con-
cile de Tolède en qualité de député de l'évê-
que de Carcassonne. D'ailleurs, ces éloges '
étoient écrits* de suite sur la même façade :
les noms des abbés y étoient marqués sous
des chiffres différens selon leur rang & leur
' Adrien de Valois, Rerum Francicarum 1. 21,
p. 277.
* Le Cointe, ad ann. 682, n. 20 & 26.
' Spicilegium, t. 7, p. 336.
■* Spicilegium, t. 7, p. 339. — Voyez aussi, tomeV
de cette édition, aux Preuves : Inscriptions.
^ Spicilegium, t. 7. p. 33p.
Éd.orig.
t. J,
p. 686.
Note
81
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
i83
antiquité, & on n'y voyoit aucun chiffre ou
numéro pour Citruin dont l'éloge étoit placé
entre ceux de Faustin II & de Bertrand III,
abbés du monastère : preuve que Citruin ne
fut jamais revêtu de cette dignité; qu'on
n'avoit mis son éloge en cet endroit que
parce qu'il étoit évèque diocésain & sans
doute bienfaiteur du monastère & contem-
porain de ces deux abbés. S'il eût été lui-
même abbé de Castres, non-seulement on
n'auroit pas oublié de lui en donner le titre
ainsi qu'aux autres, mais il auroit eu son
chiffre comme eux.
On ne doit donc faire aucun fonds sur la
prétendue épitaphe de Citruin , évèque
d'Albi, dans laquelle, il est qualifié abbé de
Castres, & qu'on prétend avoir été trouvée
dans les ruines de cette ancienne abbaye;
car outre qu'elle peut être d'un auteur mo-
derne' qui aura cru faussement que ce pré-
lat avoit été abbé de Castres, il n'est pas
croyable qu'il ait été inhumé dans cette
abbaye plutôt que dans sa ville épiscopale,
à moins qu'on en ait d'autres preuves. Enfin,
c'est Besse qui prétend avoir déterré cette
épitaphe, & cet auteur est assez suspect en
fait d'anciens monumens. Si Citruin n'a pas
été abbé de Castres, on ne peut conclure de
sa souscription au treizième concile de To-
lède que la ville d'Albi fût alors sous la do-
mination des Visigoths.
Il est très-vraisemblable que ce person-
nage étoit abbé dans le diocèse de Carcas-
sonnedans le temps de ce concile, puisqu'il
y fut député par l'évêque de cette ville ; car
c'eût été contre l'usage de ces siècles qu'un
évèque, qui ne pouvoit se rendre à un con-
cile, y députât en son nom un étranger ou
une personne qui n'étoit pas de son clergé.
Il demeure constant, par ce que nous ve-
nons de dire, qu'il n'y a aucune preuve que
les villes de Rodez & d'Albi fussent du
domaine des Visigoths dans le septième
siècle.
IV. Il en est de même de Toulouse; car
quoique Roderic de Tolède prétende qu'en
ce temps-là elle étoit sous l'obéissance de
ces peuples, & qu'elle soit comprise dans
quelques Notices des Eglises d'Espagne don-
nées par le cardinal d'Aguirre, ces autori-
' Gallia Christiana, nov. éd. t. 1, p. 6.
tés ne sont cependant d'aucun poids. Il est
certain que cette ville appartenoit aux Fran-
çois l'an 63o, sous le règne de Dagobert, &
vers l'an 670 sous l'épiscopat de S. Erembert ;
qu'elle étoit possédée à la fin du septième
siècle & au commencement du huitième par
Eudes, duc d'Aquitaine ; & que nous n'avons
aucun ancien monument qui prouve qu'elle
ait été prise par les Visigoths sur les Fran-
çois dans cet intervalle.
V. Le P. le Cointe ' ajoute la ville
d'Uzès aux conquêtes des Visigoths sur les
François vers la fin du septième siècle. Il
n'en donne d'autre preuve que la souscrip-
tion de l'abbé Léopard, au nom de Potentin,
évèque d'Utique (,Utîcensis),en 683, au trei-
zième concile de Tolède, supposant que
c'est de la ville d'Uzès dont il est parlé dans
cet endroit. Mais rien n'est moins certain ;
car il y avoit pour lors' dans la Bétique, en
Espagne, une ville du nom d'Utique, qui
est sans difficulté celle dont Potentin étoit
évèque. Il est vrai qu'elle n'est pas comprise
dans la Notice des évèchés d'Espagne dressée
sous le roi Wamba; mais on connoît, par
les souscriptions des conciles de Tolède,
qu'il y avoit plus d'évêchés en Espagne qu'on
n'en compte dans cette Notice, soit qu'ils
aient été omis ou qu'ils n'aient été érigés
que dans la suite. Il faut convenir cepen-
dant que la ville d'Uzès dans la Narbonnoise
est appelée' Utica, & son évèque episcopus
Utîcensis dans quelques monumens : mais
ils sont fort postérieurs au septième siècle ;
& dans tous ceux qui le précèdent elle a tou-
jours le nom à'Ucecia.
On ne sauroit donc s'appuyer sur le sen-
timent du P. Pagi^ qui croit, après le P. le
Cointe, que suivant les souscriptions du trei-
zième Concile de Tolède, les villes d'Albi
& d'Uzès appartenoient alors aux Visi-
goths. Si ces peuples les avoient enlevées aux
François dans le septième siècle, les auteurs
goths ou espagnols, qui écrivoient dans ce
temps-là, & qui étoientsi attentifs à relever
la gloire de leurs princes & de leur nation,
n'auroient pas manqué de l'observer.
• Le Cointe, àd ann. 682, n. 14 & seq.
' Voyez Baudran, Lexic. Geog.
3 Adrien de Valois, Notitia Galliarum, p. 611.
* Pagi, ad ann. 683, n. i5.
NoT£
81
Note
8z
184
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Éd. orlg.
1. 1,
p. 687.
NOTE LXXXII
i
,poque de Ventrée des Sarrasins dans
laSeptimanie ou la Narbonnoise,
I.T 'ÉPOQUE de l'entrée des Sarrasins dans
i-/ cette province ou dans les Gaules, &
de la prise de Narbonne par ces infidèles,
dépend de celle de leur entrée en Espagne;
car, suivant la Chronique ' de Moissac, ils
passèrent en deçà des Pyrénées la neuvième
année après avoir débarqué en Espagne.
Les historiens sont fort partagés sur cette
dernière époque. La plupart la fixent à l'an
714 de J.-C., mais plusieurs critiques mo-
dernes ont fait voir que cette date est éga-
lement contraire à la vérité de l'histoire &
aux monumens du temps. Us sont cepen-
dant encore partagés entre eux.
II. Le marquis de Mondejar, savant espa-
gnol, suivi par le P. Pagi% a fixé, après
l'abbé de Longuerue, l'époque de l'entrée
des Sarrasins en Espagne à l'an 710 de J.-C.
& la défaite du roi Roderic à la bataille de
Guadalète, au mois de juillet de l'année sui-
vante. D'un autre côté, D. Joseph Perez,
bénédictin espagnol , & professeur dans
l'Université de Salamanque, prétend ' dans
une savante dissertation que la première
irruption des Sarrasins sur les côtes d'Espa-
gne arriva l'an 711 de J.-C. après le 19 d'oc-
tobre, & que la bataille de Guadalète se
donna le 17 de juillet de l'année suivante.
Comme ce professeur a réfuté*, d'une ma-
nière qui paroît sans réplique, le système du
marquis de Mondejar touchant le calcul de
l'ère espagnole, système dont ce marquis se
servoit pour fixer l'entrée des Sarrasins en
Espagne à l'an 710, nous croyons devoir
nous arrêter à son sentiment comme à celui
qui paroît appuyé sur des fondemens plus
solides.
III. L'époque de l'entrée des Sarrasins en
Espagne étant fixée à l'an 711, il est aisé de
* Chronleon Moiss'iacense , Duchesne, t. 3, p. 187.
* Pagi, ad ann. 7to & seq.
' Persz, Dissertation ecclésiastique, p. Srp & suiv.
* Ibid.ip. 356 &suiv.
déterminer celle de leur premier passage des
Pyrénées & du siège de Narbonne qu'ils
firent ensuite, puisque, suivant les Annales'
de Moissac & d'Aniane , cet événement ar-
riva la neuvième année d'après, ainsi que
nous l'avons déjà remarqué. Sema'' rex Sa-
racenorum nono anno postquam Spanîam în-
gressi sun-t Narbonam ohsident, &c. Cette
neuvième année commença donc le 19 d'oc-
tobre de l'an 719 & finit au même jour de
l'an 720.
IV. Nous pouvons encore fixer plus pré-
cisément l'époque du siège de Narbonne par
les Sarrasins, puisqu'il est constant que ces
infidèles étoientdéjà maîtres de cette ville
au mois de février de cette dernière année.
Nous en avons la preuve dans une charte'
qui regarde la même ville & dans laquelle il
est fait mention du règne du calife Omar.
Tempore quod regnavit Aumar, Îbln-Aumar
régente Narbone. Or, il s'agit ici du calife
Omar II , car c'est le seul qui ait pu régner
sur le pays conquis par les Sarrasins dans
les Gaules, ces infidèles n'ayant pas encore
passé en Espagne sous le règne d'Omar I.
Omar II commença de régner l'an 717 &
mourut* au mois de février de l'an 720; les
Sarrasins doivent, par conséquent, avoir
assiégé & pris la ville de Narbonne entre le
19 du mois d'octobre de l'an 719 & le mois
de février de l'an 720, puisque ce prince
étoit maître de cette ville dans le temps de
sa mort.
V. Il est vrai que l'Annaliste de Moissac
paroît combattre notre calcul, lorsqu'il dit
que les Sarrasins, dans le troisième mois
après avoir pris Narbonne, assiégèrent Tou-
louse & furent battus devant cette place par
Eudes. Et in ipso anno in mense tertio ad obsi-
dendum Tolosam pergunt, &c. Or, nos anciens
annalistes* rapportent la défaite des Sarra-
sins par ce duc devant cette dernière ville à
l'an 721. Ces infidèles ne peuvent donc avoir
' Annales de Moissac, Duchesne, t. 3, p. iSy. —
Annales d'Aniane, awK Preuves de ce volume : Chro-
niques.
' Annales d'Aniane, aux Preuves de ce volume :
Chroniques.
' Marca Hispanica, Append. p. 802.
^ Pagi, ad ann. 720, n. i.
^ Duchesne, t. 2, p. 3 & 7.
Note
82
Note
82
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
18!
pris Narbonne qu'en 721, & non vers le met Tentrée des Sarrasins en yj^uitaine, c'est-
mois de février de l'an 720. Mais, outre qu'il à-dire dans les États du duc Eudes, dont
est constant que les Sarrasins étoient déjà Toulouse étoit la capitale, que tf/x anj aprèj
Note
82
maîtres de Narbonne cette dernière année,
comme il est prouvé par la charte que nous
avons déjà citée, on ne lit pas d'ailleurs
dans les Annales d'Aniane', qui sont les
mêmes que celles de Moissac, in ipso anno,
mais seulement in mense tertio, au troisième
moisj ce qui peut être entendu d'une an-
née différente de celle où les Sarrasins assié-
gèrent Narbonne. Ces infidèles peuvent
donc avoir pris cette ville en 719 ou en 720
& avoir fait le siège de Toulouse dans le
troisième mois de l'an 721.
VL On peut même conserver la leçon des
Annales de Moissac, en supposant que les
Sarrasins assiégèrent Toulouse au mois de
mars ou de mai de l'an 720, c'est-à-dire le
troisième mois de l'année commencée ou en
janvier ou en mars, & qu'ils ne furent dé-
faits devant cette ville par Eudes qu'en 721,
en sorte que le siège auroit duré un an
ou près d'un an. L'Annaliste de Moissac
paroît d'ailleurs faire durer ce siège pen-
dant tout ce temps-là, puisqu'il dit queCar-
cassonne fut pris par Ambiza , général des
Sarrasins, cinq ans après le siège de Toulouse
& la défaite de ces infidèles devant cette
ville. Or, suivant Isidore de Béja% Ambiza
n'entra dans les Gaules que peu de temps
avant sa mort qui arriva l'ère 763 ou l'an
725 de J.-C. Il semble, par conséquent, que
le siège de Toulouse commença en 720,
puisque celui de Carcassonne, qui fut fait
cinq ans après, ne fut entrepris qu'en 725.
VII. Il est cependant beaucoup plus vrai-
semblable que les Sarrasins ne commencè-
rent le siège de Toulouse que l'an 72 1 , car sui-
vant Isidore de Béja% auteur contemporain,
ces infidèles, après avoir pris Narbonne, fi-
rent diverses expéditions contre les François
& étendirent leurs conquêtes dans la Gaule
Gothique ou Septimanie avant que d'assiéger
Toulouse j ce qui prouve qu'il dut y avoir
un assez long intervalle entre le siège de
ces deux villes. D'ailleurs, Paul Diacre^ ne
' Annales d'Aniane, Preuves, Chroniques.
* Chronicon Isidori Pacensis , p. i6.
^ lèid. p. 1 5.
^ Paul Diacre, de Gcst. Langob. 1. 6, c. 46.
leur passage d'Afrique en Espagne, ce qui
revientà l'an 721, suivant ce que nous avons
dit plus haut. Il est vrai que cet historien
confond dans le même endroit la défaite des
Sarrasins devant Toulouse avec la bataille
que Charles Martel leur livra, treize ans
après.
VIII. Anastase ' le Bibliothécaire, qui con-
fond également ces deux actions, dit que les
Sarrasins tentèrent le passage du Rhône la
owi^ième année après leur entrée en Espagne.
Si on pouvoit s'appuyer sur cet auteur, les
infidèles auroient fait cette tentative, sui-
vant notre calcul, pendant l'année 722, ou
du moins à la fin de la précédente, & par
conséquent après leur défaite devant Tou-
louse, ce qui ne paroît pas possible.
IX. Il est aisé, en effet, de faire voir que
• les Sarrasins n'entreprirent rien dans les
Gaules pendant toute l'année 722, & de
fixer en même temps d'une manière précise
l'époque de la levée du siège de Toulouse
par ces infidèles, & de leur défaite devant
cette ville. Il est certain que Zama, leur gé-
néral & gouverneur d'Espagne, fut tué dans
l'action : or, par la supputation des années
de son gouvernement & de celui de ses suc-
cesseurs, sa mort dut arriver vers le mois de
mai de l'an 721. 1° Suivant Isidore de Béja',
Alahor, gouverneur d'Espagne, fut relevé
l'ère 756 ou l'an 718, par le général Zama.
Ce dernier gouverna* l'Espagne jusqu'à sa
mort pendant près de trois ans; ce qui nous Éd.orig.
donne l'époque certaine de sa défaite devant p. 688.
Toulouse en 721. 2° Ambiza' succéda àZama
dans le gouvernement d'Espagne un mois
après la mort de celui-ci. Il gouverna pen-
dant quatre ans & demi, & mourut l'ère 763
ou l'an 725 de J.-C. 5 par conséquent il dut
succédei» à Zama au plus tard au mois de
juillet de l'an 721. Ce dernier aura donc été
défait devant Toulouse vers le mois de mai
de la même année, & aura été pourvu du
gouvernement d'Espagne vers le mois de
juillet de l'an 718.
' Anastase, Vita Greg, II.
' Chronicon Isidori Pacensis, p.
î Ibid.
1 4 & seq.
Note
82
186
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
On doit conclure de ce que nous venons
de dire, que Zama n'a pu entreprendre de
passer le Rhône la onzième année après l'en-
trée des Sarrasins en Espagne, puisque cette
année ne commence qu'au 19 d'octobre de
l'an 721, & qu'elle est postérieure à sa
mort. Ainsi si Anastase le Bibliothécaire a
voulu parler de ce général arabe, comme il
y a apparence, il n'aura pas bien calculé, à
moins qu'il n'ait voulu dire que les Sarra-
sins tentèrent de passer le Rhône laonzième
année depuis leur premier débarquement
sur les côtes d'Espagne. Nous croyons donc
que ces infidèles passèrent les Pyrénées
vers le mois d'octobre de l'an 719, qu'ils
prirent Narbonne bientôt après , qu'ils
s'étendirent ensuite dans la Septimanie, &
qu'après avoir livré différens combats aux
François ou plutôt aux troupes du duc Eu-
des qui régnoit alors en Aquitaine & vers
le Rhône, ils s'efforcèrent de passer ce
fleuve en 720 j qu'enfin ayant assiégé Tou-
louse, ce prince les défit devant cette ville
vers le mois de mai de l'an 721.
X. On voit parla que c'est sans fondement
que plusieurs modernes, & entre autres le
P. Pagi', rapportent à la même année, ou à
l'an 721, toutes les expéditions de Zama dans
les Gaules. Ce qui a trompé ce critique,
c'est : 1° qu'il n'a compté la neuvième année
dont parle l'Annaliste de Moissac que de-
puis l'an 712, & après que les Sarrasins se
furent entièrement rendus maîtres de l'Es-
pagne- au lieu qu'on doit la compter depuis
leur entrée & leur premier débarquement
sur les côtes de ce royaume, ainsi que l'An-
naliste de Moissac le dit expressément. Par
conséquent, suivant le P. Pagi même, Zama
doit avoir pris Narbonne en 719, car le mar-
quis de Mondéjar, dont il suit le calcul, fixe
cette première entrée à l'an 7 105 2° le P.
Pagi s'est trompé aussi sans doute parce
qu'il aura cru, sur l'autorité de l'Annaliste
de Moissac, que tous les exploits de Zama
dans les Gaules se passèrent dans l'espace
de trois mois 5 mais nous avons fait voir qu'il
y eut au moins dix-huit mois d'intervalle
depuis la prise de Narbonne par ce général
jusqu'à sa défaite devant Toulouse.
' Pagi, ad ann. 721.
XI. Ferreras' prétend qu'Alahor, prédé-
cesseur de Zama, conquit toute la Septimanie
ou Gaule Narbonnoise l'an 718, & que Nar-
bonne avec les autres villes de cette pro-
vince furent subjuguées parce capitaine : il
se sert de l'autorité d'Isidore de Béja" pour
prouver cette conquête : mais cet ancien au-
teur ne dit pas qu'Alahor se soit rendu maî-
tre de la Gaule Narbonnoise; il dit seule-
ment qu'il tâcha de la conquérir pendant les
trois années de son gouvernement. Alahor...
debellando atque pacifie ando pêne per très an-
nos Galliam Narbonensem petit, &c. Isidore
se seroit contredit lui-même, puisqu'il dit
plus bas que ce fut le général Zama qui fit la
conquête de cette province, Postremo Nar
bonensem Galliam suam facit, &c.^ ce qui est
conforme à ce que nous avons déjà dit& à
l'autorité des historiens françois. Ferreras^
ne se trompe pas moins en supposant qu'A-
lahor étoit encore gouverneur d'Espagne
pour les Sarrasins en 719 : il est certain qu'il
dut finir son administration en 718, car sui-
vant le même Isidore, Abdelazis commença
à gouverner l'Espagne l'ère j5o ou l'an 712,
& fut tué après trois années de gouverne-
ment, c'est-à-dire en 716 ou l'ère 753, comme
le marque expressément le même historien.
Or, Alahor qui lui succéda la même année
ne gouverna pas trois ans entiers : par con-
séquent il dut finir son gouvernement en-
718, & Zama, son successeur immédiat, dut
prendre alors l'administration de l'Espagne.
NOTE LXXXIII
Sur Eudes, duc d'Aquitaine.
I.T ES historiens modernes sont fort par-
i-' tagés sur l'origine du fameux Eudes,
duc d'Aquitaine. Quelques auteurs espa-
gnols ont voulu le faire Goth ou Espagnol
de naissance ; mais"* nos plus habiles criti-
' Ferreras, ad ann. 718.
^ Chronicon Isidori Pacensis , p. i A,
' Ferreras, ad ann, 719.
■♦ Voyez Oïhenart, T/oritm, p, 294, 366 & 394. —
Hauteserre, Rerum Aquitaniae 1. 7, c. 7. — Adrien
de Valois, Rerum Francicarum 1. 24, p. 479.
Note
82
Note
83
Note
83
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
187
ques rejettent avec raison cette origine
comme fabuleuse, & conviennent en géné-
ral qu'il étoit François ou Aquitain; ils ne
sontpas d'accord cependant entre eux sur le
nom de son père, & la plupart le font passer
pour un aventurier.
Il n'y a plus lieu de douter de sa véri-
table extraction, si on peut admettre pour
vraie une charte de Charles-le-Chauve don-
née l'an 845 en faveur du monastère d'Alaon
au diocèse d'Urgel, & rapportée parle car-
dinal d'Aguirre ' dans sa Collection des Con-
ciles d'Espagne. Ce diplôme que nous don-
nons dans nos preuves', & dans lequel on
voit dans le dernier détail toute lagénéalogie
de ce duc, est d'une très-grande conséquence
pour l'intelligence de plusieurs faits qui
regardent l'histoire de la monarchie pen-
dant deux siècles très-obscurs. Nous entre-
rons d'autant plus volontiers dans l'examen
de son authenticité, qu'Eudes & les ducs
d'Aquitaine de sa famille ont régné sur une
grande partie du Languedoc, & que Tou-
louse étoit la capitale de leurs Etats.
II. Nous ne trouvons d'abord rien dans
cette charte, soit dans le style, soit dans les
faits qu'elle rapporte, soit enfin dans sa date,
qui puisse la faire soupçonner de supposi-
tion. Nous voyons au contraire qu'elle est
conforme sur tous ces articles aux autres
diplômes de la seconde race ; que les faits
qui y sont énoncés s'accordent avec les
monumens les plus authentiques de notre
histoire; ce que nous allons tâcher de déve-
lopper après avoir remarqué qu'elle paroît
indiquée dans une autre' de Bernard, duc
ou comte de Toulouse, de l'an 871.
Pour mieux entrer dans la discussion de
cette matière, nous avons cru devoir donner
Éd.orig. ici une table généalogique de la race d'Eu-
p.'ôs'g. des, tirée de la charte même, & comparer
ensuite les faits qu'elle rapporte avec ce que
nous savons de la famille de ce duc & les
' Concil. Hispanica, t. 3, p. i3i & seq.
' Voyez aux Preuves de ce volume, aux Chartes
& Diplômes, n" LXVII : la Charte dite d'Alaon.
— Voyez sur l'authenticité de cette charte l'Addi-
tion placée à la fin de cette Note.
' Voyez aux Preuves de ce volume, aux Chartes
& Diplômes, le n" XCVI : Charte de Bernard, duc
& marquis, en faveur de l'abbaye d'Alaon.
Note
83
autres monumens du temps. On verra par
leur comparaison qu'il n'y a rien dans la
charte qui ne soit conforme, ou du moins
qui soit contraire à ces monumens.
III. Le fait le plus important dont il est
fait mention dans la charte est que Chari-
bert, roi de Toulouse & fils de Clotaire II,
eut trois fils qui lui survécurent. Jusqu'ici
nous ne connoissions que le seul Ildé-
ric ou Childéric; mais quoique nos an-
ciens historiens ' ne nomment que ce der-
nier, ils n'excluent pas les autres. Us font
entendre que Dagobert fit périr ce jeune Kd.orig
prince dans le dessein de s'emparer du p'oc.o.
royaume de Toulouse; & la charte parle
également de la mort violente d'Ildéric. On
pourroit demander, cependant, si Dagobert
poussé par son ambition fut l'auteur de la
mort de celui-ci, pourquoi ne fit-il pas aussi
mourir ses frères qui avoient droit comme
lui au royaume de leur père? Mais Amand,
duc des Gascons, aïeul de ces jeunes prin-
ces, peut les avoir mis à l'abri de ses en-
treprises; ou bien ce roi, qui en vouloit
moins à leur vie qu'à leurs Etats dont il
s'empara aussitôt après la mort d'Ildéric,
les voyant par là hors d'état de rien entre-
prendre, eut compassion de leur jeunesse
& les laissa en paix.
IV. Le récit que Frédégaire " fait de la
révolte d'Amand,duc des Gascons, sous la
quatorzième & la quinzième année de Da-
gobert, peut servir à confirmer ce que la
charte rapporte de Boggis & de Bertrand ,
frères d'Ildéric & fils'de Charibert, roi de
Toulouse : car ce duc, qui suivant la même
charte étoit leur aieul maternel, ayant fait
révolter ces peuples, porta ses courses',
l'an 636, dans tout l'ancien royaume de Cha-
ribert ; ce qu'il entreprit, sans doute, en
faveur de ces princes, ses petits-fils, qu'il
voyoit exclus de la succession de leur père.
Il est rapporté d'ailleurs'*, dans une an-
cienne chronique, que Dagobert, dans cette
occasion prit & fit entièrement démolir la
ville de Poitiers, pour avoir embrassé le
parti des Gascons rebelles ; & nous avons
' Frédégaire, c. 67. — Gesta Dagobert'i, c. 26.
' Ibid. c. 78.
5 Ibid.
^ Voyez Hauteserre, Rcrum A^uitaniae l. J,c. /^.
i88
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
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Note
83
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
18
vu ' que le Poitou avoit été du domaine de
Charibert.
V. Suivant Frédégaire & nos autres anciens
annalistes, Dagobert pardonna, l'an 687, à
Amand & aux Gascons, après qu'ils lui eu-
rent prêté serment de fidélité. Ce fut sans
doute alors que ce roi céda à Boggis & à
Bertrand, ses neveux, le royaume de leur
père & de leur frère, à titre de duché héré-
ditaire, ainsi qu'il est rapporté dans la
chartej & que, content de la souveraineté
qu'il conserva sur tous les pays qui compo-
soient ce royaume, il se relâcha de ses au-
tres prétentions, soit par grâce & par com-
passion pour les jeunes princes aquitains,
ou plutôt en vertu d'un traité qu'il peut
avoir fait dans le même temps avec Amand,
duc de Gascogne, leur aïeul & leur tuteur,
lequel n'avoit, ce semble, pris les armes que
pour soutenir leurs droits. Il paroît qu'ou-
tre l'hommage Dagobert se réserva un tri-
but annuel sur le duché d'Aquitaine ou de
Toulouse, en le cédant à ses neveux, Fré-
dégaire ' fait du moins mention de l'un & de
l'autre au sujet de Waïfre, arrière petit-fils
de l'un de ces princes & successeur de tous
les deux dans le duché d'Aquitaine.
Ce que la charte dit de Sadregisile, duc
d'Aquitaine, est rapporté de la même ma-
nière par nos anciens historiens'. On voit
de part & d'autre les mêmes noms des ter-
res qui, après la mort de ce duc, furent con-
fisquées sur ses enfans & dont le roi Da-
gobert disposa en faveur de l'abbaye de
Saint-Denis. Sérénus, duc d'Aquitaine, &
Amantia , son épouse , aïeux de Gisèle ,
femme de Charibert, roi de Toulouse, dont
il est fait mention dans la charte d'Alaon,
nous sont connus d'ailleurs par la vie'* de
S. Amand, évèque de Maëstricht, leur fils,
écrite par Baudemont, son disciple. Le temps
où ce saint, qui étoit oncle de Gisèle, a vécu
s'accorde avec la charte ^
• Voyez Note LXXVIII, n" 17.
' Frédégaire, p. i3o.
' Gesta Dagoberti, c. 35, éd. Duchesne, t. i,
p. 582.
^ Bollandistes, 6 février, p. 849.
* M. Rabanis a critiqué assez vivement le pro-
cédé employé ici par les Bénédictins pour défendre
l'auihenticité de la charte d'Alaon. Aprèsavoiréta-
VI. Boggis & Bertrand, ducs d'Aquitaine,
nous sont aussi connus par d'autres monu-
mens. Il est fait mention du premier dans
bli que l'auteur de la charte avait copié la vie de
S. Amand, il ajoute : « Les illustres auteurs de
VHistoire de Languedoc avaient entrevu le plagiat j
mais voulant défendre la charte d'Alaon, ils ont
employé un procédé facile & peu coûteux pour
mettre de leur côté les témoignages qui leur sont
les plus contraires. Ce procédé consiste d'abord à
infirmer l'autorité de tous les documents qui ne
s'accordent pas avec leur opinion, & ensuite à alté-
rer sans scrupule le sens des pièces qu'ils analysent.
Ils n'hésitent pas, dans l'occasion présente, à recou-
rir au témoignage des actes de S. Amand pour
appuyer les assertions de la charte sur l'existence
de Sérénus & d'Amantia, & par suite, sur la réa-
lité du mariage de Haribert ( c'est l'orthographe
adoptée par M. Rabanis ) avec Gisèle ; seule-
ment, ils détournent le sens des actes, ils ne veu-
lent pas voir ce qui y est & ils y mettent ce qui
n'y est pas. « Sérénus , disent-ils , duc d'Aqui-
« taine & Amantia son épouse, aïeux de Gisèle,
« femme de Charibert, roi de Toulouse, nous sont
« connus d'ailleurs par la vie de S. Amand, évêque
« de Maëstricht, leur fils. Le temps où ce saint,
« qui étoit oncle de Gisèle, a vécu s'accorde avec la
« charte. » Il n'y a pas en cela un seul mot de
vrai D'abord, Sérénus & Amantia sont don-
nés par la charte l'un pour aïeul, l'autre pour
mère de Gisèle. Rien n'est donc plus directement
opposé à la vie de S. Amand, où on lit, en pro-
pres termes , que Sérénus & Amantia étaient le
mari & la femme. Ensuite, il est faux que Séré-
nus nous soit connu comme duc d'Aquitaine. Les
actes de S. Amand représentent Sérénus & sa femme
comme de simples seigneurs du pays d'Herbauges.
Quel est, d'un autre côté, le fondement de cette
proposition incidente & qui se trouve jetée là à
propos de S. Amand, « ce saint qui était oncle de
Gisèle? » Si les Bénédictins s'en tiennent aux Actes,
il faut qu'ils admettent que Sérénus & Amantia
ont été mari & femme, & par conséquent que saint
Amand & Gisèle étaient frère & sœur. Si c'est au
contraire le sentiment de la charte qu'ils adoptent,
ils doivent se refuser à faire de Sérénus & d'Aman-
tia, c'est-à-dire du père & de la fille, les parents
de S. Amand. D'aucune façon, ils ne peuvent
accepter les deux témoignages. — C'est dans un
auteur espagnol, Antonio de Yepes, que la Charte
a trouvé le duché de Sérénus. Yepes dit en effet que
Sérénus, père de S. Amand, était duque de Aquita-
nia \ » (Voyez Rabanis, tes Mérovingiens d'Aqui-
taine^ Paris, i856, in-8°, p. 45.) [E. M.]
' Yepes, Coronica gênerai de la orden de S. Benito,
II, p. 67.
Note
83
Note
83
90
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
l'ancien auteur qui a fait l'Histoire de la
conversion de S. Hubert' & dans la Chroni-
que de Sigebert, suivant laquelle il mourut
en 688 ". Ils parlent encore d'Oc/a, sa veuve
& tante de S. Hubert. Ce dernier % selon
l'auteur de sa vie, qu'on prétend avoir été
son disciple, étoit fils de Bertrand, duc
d'Aquitaine. Tout cela convient très-bien
avec la charte. La parenté de S. Hubert
avec Eudes, fils deBoggis, est prouvée par
le même historien* de la conversion de ce
saint, qui rapporte qu'il renonça, vers
l'an 688, à la principauté d'Aquitaine en
faveur d'Eudes, son frère puîné. Il est vrai
que cet auteur se trompe sur le degré de
parenté qui étoit entre l'un & l'autre : mais
son texte peut avoir été corrompu, & on
convient' qu'il y a des fautes dans cet
auteur, quoique très-ancien & très-respec-
table. L'année de la mort de S. Hubert, qui
arriva l'an 727, est d'ailleurs conforme à la
chronologie des divers degrés de parenté
énoncés dans la charte.
VII. Tout ce qu'elle nous apprend des
guerres & des révolutions arrivées en Aqui-
taine du temps d'Eudes, d'Hunold son fils, 8<
de Waïfre son petit-fils, s'accorde très-bien
avec les auteurs contemporains. Nos généa-
logistes® delà maison de France font men-
tion de Walachise issu de la race de Pépin, 8z;
de Valdtrude sa femme : or, suivant la charte,
Valdtrude, épouse d'Eudes & fille du même
Walachise, étoit proche parente & de la
race de Charles le Chauve. On pourroitfixer
ce degré de parenté, si on pouvoit se rap-
porter à ces généalogistes, qui font Wala-
chise fils de S. Arnoul & frère d'Anchi-
gise, père de Pépin d'Héristal : mais ils se
' Voyez Duchesne, t. r, p. 678 & seq. — Le
Cointe, ad ann. 688, n. 84 & seq. & ad ann. 711,
n. 9. — Chronicon Turonense, apud Martène &
Durand, Coll. ampliss, t. 5, p. 947.
' Le Cointe, ad ann. 688, n. 84 & seq. & ad
ann. 711, n. 9.
' Stirius, 3 novembre. — Voyez Le Cointe, ad
ann. 702, n. 42 & seq. & Hauteserre, Rerum
Aqu'itan'iae L 7, c. 6.
'' Le Cointe, ad ann. 702, n. 44.
' Voyez Le Long, BlhUoth. n. 3480. — Gallia
Christiana, nov. edit. t. 3, p. 828.
* Voyez Sainte-Marthe, Généal.t. i. — Du Bou-
chet, &c.
trompent, S. Arnoul n'eut' que deux fils,
Clodulfe & Anchigise. Rien n'empêche ce-
pendant que Walachise n'ait été fils de
Clodulfe ou de quelque autre de la race de
Pépin.
VIII. Il est aisé de trouver une parfaite
conformité entre ce qui est rapporté d'un
côté dans la charte, & de l'autre dans nos
anciens historiens' au sujet de la fidélité
de Loup I, duc de Gascogne, fils d'Hatton
& petit-fils d'Eudes, envers Charlemagne.
Ce fut sans doute une suite de la conduite '
que tint Hatton , son père, à l'égard de
Charles Martel, auquel il paroît qu'il de-
meura toujours fidèle. Il semble même qu'il
se ligua avec ce prince contre Hunold son
frère. C'est le sens qu'on peut donner à un
de nos anciens annalistes qui"*, après avoir
rapporté que Charles Martel fit la guerre à
Hunold en ySS^ Karlus invas'it Vasconiam,
dit sous l'année suivante : Hatto lîgatus est.
D'autres^ l'entendent d'une autre manière
& croient que Charles fit Hatton prison-
nier. Si cela est, ce prince peut lui avoir
donné la liberté peu de temps après & l'a-
voir engagé à se déclarer en sa faveur con-
tre Hunold.
IX. Eginard® nous fait connoître la qua-
lité d'Artalgarius & d'Ictérius dont il est
parlé dans cette charte, lorsqu'il dit que
Waïfre les donna en otage à Pépin, comme
les principaux seigneurs d'Aquitaine. Sui-
vant ce diplôme, confirmé par Réginon', le
premier étoit fils d'Hatton, & par consé-
quent cousin germain de Waïfre. Il est très-
vraisemblable qu'Ictérius étoit frère d'Artal-
garius ; car quoique la charte ne lui donne
que le titre d'avuncuZuj' par rapport à Wan-
drille, fils de ce dernier, il paroît cependant
qu'il étoit son oncle paternel. Et en effet,
suivant le style des auteurs de ce siècle, le
terme à'avunculus signifie également oncle
' Mabillon, Acta Sanctorum ord'tn'is S, Benedlcti,
t. 2, p. 535, & ad ann. 629, n. i3. — Généalogie
de la maison de France, t. i, p. 22.
' Eginhard. — Annales Metenses, &c.
' Duchesne, t. 2, p. i35, & Annales Met. t. 3 j
ihid. p. 273.
^ Duchesne, t. 2, p. 3.
^ Tiaiiteserre, Rerum Aquitaniae l, 7,0. 9, p. i38.
^ Eginhard, Recueil de Duchesne, t. 2, p. 236.
' Reginon, ad ann. 760.
Note
83
Kd.orig.
t. I,
p. 691.
Note
83
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
191
paternel & maternel. Nous en avons la
preuve sans sortir de la race d'Eudes dans le
Continuateur de Frédégaire',qui assure que
Rémistan étoit fils de ce duc, & qui ne lui
donne ' cependant que la qualité à'avun-
culus à l'égard de Waïfre. Ictérius est qua-
lifié, dans la charte, comte d'Auvergne 5 ce
qui fait voir que c'est le même que Charle-
magne créa comte de ce pays en 778, sui-
vant nos anciens historiens.
X. L'affaire de Roncevaux est racontée
dans la charte de la même manière que
dans les Annales d'Eginard' & dans nos
plus anciens auteurs, ainsi que la révolte
d'Adalaric "• duc des Gascons; celle de Sigui-
nus ou Sciminus% son successeur", & en-
fin celles de Garsimire ' & de Loup Centulle,
ducs ou comtes de Gascogne. Il est fait men-
tion dans les anciens monumens*, de même
que dans la charte, de Donat Loup, comte de
Bigorre, de Totilo qui fut créé duc de Gas-
cogne, après la révolte de Loup Centulle
& de Garsimire, de Bérarius, archevêque de
Narbonne, &c. Tout s'accorde avec la plus
exacte chronologie.
XI. Enfin nous trouvons une preuve des
faits énoncés dans cette charte dans le té-
moignage de l'Astronome ', auteur de la Vie
de Louis le Débonnaire^ qui, faisant mention,
sous l'an 828, d'une course que firent les
comtes Ebles & Asinarius jusqu'à Pampe-
lune, dit qu'ils furent attaqués à leur re-
tour par les Gascons, & ajoute que ces
peuples pardonnèrent au dernier, parce
qu'il étoit leur allié par le sang, Tanquam
qui eos affinitate sanguinis tangeret. Or, nous
voyons par la charte que Wandrille, comte
des Marches de Gascogne & issu de la fa-
mille d'Eudes & des autres ducs hérédi-
taires de Gascogne, avoit épousé la fille
' Continuateur de Frédégaire, c. i33.
• Ihii. c. 128.
' Duchesne, t. 2, p. 240.
"• Ibid. p. 288.
' Ibid. p. 260, 297, 797.
® Oïhenart, Notitia Vasconiae, p. 255.
' Annales de Moissac, Duchesne, t. 3, p. 147. —
Eginhard, Annales, t. 2, ibid. p. 262. — Astro-
nome, p. 3oo.
* Marca, Histoire de Bêarn, p. 191 & 802. — Ca-
tel, Mémoires de l'hist. de Languedoc, p. 746 & 747.
' Astronome, p. 3o3.
d'un comte appelé Asinarius, qui est sans
doute le même que celui dont il s'agit dans
la Vie de Louis le Débonnaire.
La conformité des faits énoncés dans la
charte d'Alaon avec ce que nous avons de
plus authentique dans nos anciens histo-
riens fait naître une réflexion fort natu-
relle, savoir que cette pièce ne sauroitêtre
l'ouvrage d'un imposteur, puisque la plu-
part de ces historiens n'avoient pas encore
paru dans le temps que, suivant l'objection,
elle auroit dû être fabriquée.
XII. Si des faits particuliers contenus
dans ce diplôme nous passons aux preuves
générales, on se persuadera aisément de
son authenticité. La succession héréditaire
parmi les ducs d'Aquitaine de la famille
d'Eudes qui y est établie est également re-
connue par tous nos historiens anciens &
modernes. Or, cette hérédité, jusqu'alors
inconnue enPrance par rapport aux duchés,
fut cependant autorisée en la personne d'Eu-
des & de ses descendans par nos rois, & par
Pépin même, le plus grand ennemi de la
famille de ce duc; car ce prince, ni Char-
les Martel, son père, n'entreprirent pas
la guerre contre Eudes & ses successeurs,
parce qu'ils possédoient héréditairement le
duché d'Aquitaine, ce qu'ils auroient dû
faire si ces ducs eussent été des usurpateurs,
mais uniquement parce qu'ils refusoient
de reconnoître leur suzeraineté, & qu'ils
prétendoient régner en souverains sur toute
l'Aquitaine.
XIII. D'ailleurs la qualité de princes &
même de rois d^ Aquitaine, donnée à Eudes &
à ceux de sa famille par presque tous les
anciens historiens ' tant nationaux qu'étran-
gers, est d'un très-grand poids pour assurer
la généalogie de ce duc rapportée dans la
charte ; car, comme l'a remarqué un de nos
plus célèbres historiens % on donnoit bien
' Paul Diacre, 1. 6, c. 46. — Anastase, Vita
Greg. II. — Gervais de Tilb. p. 940. — Frédégaire,
c. 118, 124, 129. -—Annales de Moissac, t. 3, éd.
Duchesne, p. 137. — Labbe, Bibl. nov. t. 2, p. 356.
— Capitulaires, t. 2, p. 109. — Annal. Met. p. 279.
— Mirac. S. Maximin, abbat. c. 3. — Acta Sanctorum
ordinis S. Benedicti, saec. 1 . — Ibid. saec. 4, part. 1,
p. 219. — Duchesne, t. 2, p. 70, 287; t. 3, p. 280.
^Adrien de Valois, Rerum Fuancicarum 1. 18,
p. 34.
Note
83
Note
83
[92
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
pour lors quelquefois la qualité de prince
aux grands seigneurs; mais on ne joignoit
jamais cette qualité avec le nom de la pro-
vince dont ils avoient le gouvernement.
Ainsi dès qu'on voit Eudes, Hunold, Waïfre,
Loup, &c., qualifiés jjr/nce^ d'Aquitaine ou de
Gascogne, c'est une marque qu'on recon-
noissoit en eux une origine & une autorité
différentes de celles des autres gouverneurs
de province. On leur a non-seulement donné
le titre de roi, mais on datoit ' même quel-
quefois les chartes par les années de leur
règne, sans énoncer celui du roi de France,
ce qui est sans exemple pour les autres ducs
ou simples gouverneurs de province durant
le septième siècle.
XIV. On peut ajouter que, par cette
charte, on explique très-bien un endroit du
Continuateur de Frédégaire', dont l'inter-
prétation a partagé nos modernes. Voici les
termes de cet historien : Chilpericus itaque &
Raganfredus legationem ad Eudonem ducem
dirigunt, auxilium postulantes^ rogant, REG-
NUM &■ munera tradunt. On dispute sur la
signification du mot regnum. Les uns,
comme le P. le Cointe, prétendent que le
roi Chilpéric & Rainfroi, maire du palais de
ce prince, n'envoyèrent qu'un simple pré-
sent à Eudes pour obtenir de lui du secours ,
savoir une couronne magnifique, mais sans
aucune attribution ou reconnaissance de
souveraineté. Les autres, avec M. de Valois',
sont persuadés que Chilpéric reconnut en
cela la souveraineté absolue d'Eudes sur le
duché d'Aquitaine, & son indépendance ;
mais la vérité de la charte d'Alaon une fois
reconnue , elle confirme sans réplique
l'explication de ce dernier auteur. Il est cer-
tain, en effet, suivant la décision de l'Aca-
démie'* des Belles-Lettres, consultée sur cet
endroit du Continuateur de Frédégaire,
que le mot regnum peut signifier dans cet
endroit une indépendance £• une sauverai-
' Vita s. Par. dans les Acta Sanctorum ord'in'is
S. Benedicti, t. 3, p. 676 & 678. — Caxe\, Mémoi-
res de l'hist. de Languedoc, p. 624. — Pagi> ad
ann. 716, n. 11. — Capitulai res, t. 2, p. 1392.
' Frédégaire, e. 107, p. 673.
' Adrien de Valois, Rerum Francicarum 1. 23,
p. 424.
^ Histoire de l'Académie des Inscriptions, t. 1 ,
p. 162 & suiv.
Note
83
neté reconnue par Chilpéric, & que c'est
non-seulement par le langage ordinaire de
l'historien , mais encore par rapport au
temps où il a écrit, au sujet dont il traite,
aux autres vérités historiques déjà recon-
nues, & au concours de toutes les circons-
tances, qu'on doit fixer la signification de
ce terme à ce sens plutôt qu'à un autre. Or,
la charte d'Alaon détermine toutes ces cir-
constances , & confirme merveilleusement
l'interprétation de M. de Valois, qui paroît
d'ailleurs appuyée du suffrage de l'illustre
académicien (M. l'abbé de Vertot) qui con-
sulta ses confrères sur ce terme, & qui
ajouta de nouvelles raisons pour fortifier le
sentiment de l'historien moderne. Il est
très-naturel que Chilpéric se voyant à la
merci de Charles Martel, dont l'ambition Éd-orig.
lui étoit assez connue, ait eu recours à un p. 692.
prince de son sang tel que le duc Eudes,
pour se soutenir sur le trône contre les en-
treprises d'une famille étrangère, & qu'il
lui ait cédé la souveraineté que Dagobert
s'étoit réservée sur l'Aquitaine en donnant
ce duché en apanage aux prédécesseurs de
ce duc, après les avoir dépouillés de l'in-
dépendance qu'ils dévoient avoir naturelle-
ment par droit de succession aux États de
leur père. Ainsi , la charte d'Alaon expli-
que & autorise le passage du Continuateur
de Frédégaire, & le passage de cet histo-
rien confirme la vérité de la charte.
XV. Toutes ces raisons ne nous permet-
tent pas de douter de l'authenticité de ce
monument, & nous ne voyons pas par quel
endroit on pourroit le soupçonner de suppo-
sition. Il est vrai que le P. Mabillon, à qui
il a été connu & qui en a fait usage dans un
endroit de ses Annales", semble douter de
son authenticité : Porro hoc praeceptum,dit-
il, quale typis vulgatum est ex archivo Urgeli-
tano, non omnino genuinum,sed veluti quod-
dam générale instrumentum est, quod Otto Ur-
gelitanus episcopus, ineunte saeculo undecimo,
renovaricuravit. Mais ces soupçons ne tom-
bent pas sur la charte même, ils ne regar-
dent que la copie qui en a été faite au on-
zième siècle, & sur laquelle elle a été im-
primée. Il y a, en effet, quelques fautes de
copiste, comme il est aisé de s'en apercevoir.
' Mabillon, ad ann. 835, n. 33.
Note
83
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
,93
Du reste, il paroît que cet habile critique
se trompe lorsqu'il dit que ce n'étoitlà qu'un
instrument général & non une pièce parti-
culière. Il est bien vrai que la charte de
Charles le Chauve faisoit partie de l'instru-
mentgénéral ou du recueil des pièces qui re-
gardoient le monastère d'Alaon,&qu'Othon,
évèque d'Urgel, fit dresser dans le onzième
siècle, parce que ce monastère étoit alors
uni à son église j mais ce n'étoit que la pre-
mière pièce du recueil suivie de onze autres
qu'on peut voir dans la collection du cardi-
nal d'Aguirre, lesquelles contiennent la
confirmation des donations faites à ce mo-
nastère par ses fondateurs. Or, il n'y a au-
cun lieu de douter de la vérité de ces autres
pièces, & elles supposent toutes la première;
ce qui est une nouvelle preuve de son au-
thenticité '.
XVI. D. Juan Ferreras", historien d'Espa-
gne & le seul que nous sachions qui, avec le
P. Mabillon, ait parlé de cette charte après
le cardinal d'Aguirre, prétend qu'elle souf-
fre beaucoup de difficultés. Il n'en propose
cependant aucune, & tandis que nous les
ignorerons, nous croirons être en droit d'en
supposer la vérité après le témoignage fa-
vorable de ce cardinal^ qui nous l'a donnée
comme vraie. Elle est appuyée d'ailleurs
du suffrage de Yepes, & du célèbre Prudent
de Sandoval, évèque de Pampelune qui en
avoient des copies qu'on a trouvées parmi
leurs papiers. On croit qu'ils les avoient
tirées de l'Histoire manuscrite de Catalogne,
composée par François Compte avant la fin
du seizième siècle & conservée dans la bi-
bliothèque du marquis de Liche où cette
pièce se trouve transcrite. Plusieurs autres
savants "• espagnols modernes ne font pas
difficulté de l'admettre comme véritable,
quoique contraire à leurs anciens préjugés.
XVII. On objectera peut-être que cette
charte fait mention des vicomtes de Béarn,
de Béziers, &c., & que ce titre de dignité
paroît beaucoup plus moderne ; mais, selon
M. de Marca% il étoit déjà en usage dans
' Toutes ces pièces sont fausses. [E. M.]
' Ferreras, Hist. d'Espagne, t. 4, an 832, p. 167.
' Aguirre, Concil. Hipan. t. 3, p. iSy & seq.
* Ibid.
' Marca, Histoire de Béarn, p. 202 & 203.
les provinces de France frontières d'Espa-
gne, dès le règne de Louis le Débonnaire. Il
est fait mention, en effet, en 832, dans une
ancienne charte, d'un Adefonsus\ vicomte
dans le Roussillon, & en 848, deux ans avant
celle d'Alaon, dans les titres de l'église de
Girone, d'un Ansemond ' qui prend indif-
féremment la qualité de vîdame & celle de
vicomte ; ce qui nous donne lieu de remar-
quer que ces deux termes signifioient alors
la même chose.
Il faut avouer cependant qu'il ne paroît
pas que le titre de vicomte ait été en usage
avant l'empire de Louis le Débonnaire, &
qu'il ne devint commun dans toutle royaume
que vers la fin ' de celui de Charles le
Chauve. Il est vrai que le P. le Ceinte *
rapporte un diplôme de l'an 790 qu'il pré-
tend avoir été donné par Charlemagne, &
où le terme de vicomte est employé , mais
il est évident que cette charte est du règne
de Charles le Chauve, tant par Vintitulé &
le nom du notaire ' que par le lieu de la
date qui est Reims , car nous savons que
Charlemagne demeura ® dans la Germanie
pendant tout l'an 790.
On trouve aussi le titre de vicomte dans
deux diplômes attribués à Charlemagne.
L'un a été donné parle P. Mabillon' dans
sa Diplomatique, & il le rapporte à l'an 8o3.
Mais nous ferons voir ailleurs qu'il est de
Charles le Gros. L'autre, qui est sans date, a
été inséré dans la vie* de S. Benoît d'Aniane,
& on ne peut disconvenir qu'il ne soit de
Charlemagne : mais comme ce n'est pas une
charte originale, les copistes peuvent y avoir
ajouté le mot vicecomitibus qui s'y trouve,
ou l'avoir substitué à celui de vicariis, qui
signifioit la même chose avant que le pre-
mier fût en usage. Revenons à la charte
d'Alaon.
XVIII. On pourroit encore supposer avec
quelques généalogistes de la Maison de
' Marca Hispanica^ c. 269 & seq.
' lèid. c. 779 & seq.
' Marca, Histoire de Béarn, p. 259. — Capitu-
laires, t. 2, p. 28, 179.
^ Le Cointe, ad ann. 790, n. 2.
' Mabillon, de Re diplomatica, p. 76.
^ Éginhard. — Annal. Metens.
' Mabillon, de Re diplomatica, p. 5o5.
* Acta Sanct. ord. S, Bened. saec. 4, part, r , p. 202.
NoTii
83
II.
Note
83
94
NOTES .SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Éd.orig.
t. 1,
p. 693.
France, que le duc Walachise, père de
Waldtrude, dont il est fait mention dans ce
diplôme, étant père de S. Wandrille, abbé
de Fontenelle, né au plus tard l'an 601 ',
Eudes, duc d'Aquitaine, qui naquit au plus
tôt vers l'an 65o, ne peut avoir épousé la
sœur de cet abbé : mais quoique cela ne
soit pas impossible, il est d'ailleurs très-
incertain, pour ne pas dire faux, que
S. Wandrille fût fils de Walachise. L'auteur
contemporain qui nous a donné la vie de ce
saint n'en dit rien, & on ne trouve ce
fait que dans la seconde Vie du saint qui
a été interpolée' & qui a été écrite fort
postérieurement à la première. L'auteur de
cette seconde Vie, de même que celui de la
Chronique de Fontenelle, pour donner une
origine illustre à S. Wandrille, lui ont sup-
posé Walachise pour père, ce qui n'est pas
possible suivant leur propre calcul ; du
reste, nous ne nions pas que le duc Wa-
lachise n'ait pu être parent de S. Wandrille.
XIX. Prévenons toutes les autres objec-
tions qu'on pourroit former contre la charte
d'Alaon. Peut-être la regardera-t-on comme
suspecte, parce qu'elle nous vient de la part
des Espagnols dont la critique, en fait d'an-
ciens monumens, n'est pas toujours assez
exacte. On pourra ajouter qu'il n'est pas
vraisemblable que M. de Marca, qui avoit
fait tant de recherches des anciens titres de
la province de la Catalogne, ait ignoré celui-
ci, s'il avoit subsisté de son temps, & qu'il
n'est pas possible que quelqu'un de nos
anciens historiens n'eût fait mention de la
postérité de Charibert, roi de Toulouse, &
de l'origine d'Eudes, duc d'Aquitaine , si
elles étoient telles qu'on les trouve dans
ce monument.
Il est aisé de répondre à toutes ces diffi-
cultés : 1° Quoique nous ayons quelques
pièces supposées, données par des auteurs
espagnols, on ne sauroit cependant soup-
çonner celle-ci de faux, tant par rapport à
l'habileté & à la bonne foi des savans ' d'Es-
pagne, dont la réputation est hors d'at-
teinte, qui reconnoissent la vérité de ce di-
' Voyez Baillet, 22 juillet.
" Mabillon, Acta Sanctorum ord'tn'is S. Benedïcti,
t. 2, p. 535.
* Aguirre, Concil. Hisp. t. 3, p. iSy Si. seq.
plôme, que parce qu'il nous vient d'un pays
où une infinité d'autres' anciennes char-
tes, généralement reconnues pour vraies, se
sont conservées. D'ailleurs, cette raison gé-
nérale est très-foibleà moins qu'il n'y en ait
quelque particulière à opposer 5 2° il n'est
pas extraordinaire que M. de Marca n'ait
pas eu connoissance de ce diplôme ; car
outre que ce savant prélat n'a pas vu tous
les titres de Catalogne, celui d'Alaon n'étoit
plus dans les archives de la cathédrale d'Ur-
gel lorsqu'il fit sa recherche. Il avoit passé'
alors dans les mains de François Compte
qui l'avoit employé dans son histoire manus-
crite de Catalogne • 3° le silence des anciens
auteurs sur l'origine d'Eudes pourroit être
de quelque poids, si la disette presque
générale où nous sommes d'historiens du
temps pendant le septième siècle, & depuis
Grégoire de Tours jusqu'à la seconde race,
ne nous faisoit regretter la perte de presque
tous nos anciens monumens pendant cet in-
tervalle. Combien de choses encore plus in-
téressantes n'ignorons-nous pas sur nos der-
niers rois de la première race, & combien
de temps n'avons-nous pas été sans connoî-
tre Dagobert II, roi d'Austrasie, qui cepen-
dant a régné plusieurs années ? Combien
d'autres faits importans ensevelis dans l'ou-
bli jusqu'à nos jours, & qu'on n'a décou-
verts que depuis soixante ans ou environ?
Enfin, on opposera peut-être qu'il n'est
pas croyable queBoggis, Bertrand, Eudes &
les ducs d'Aquitaine leurs successeurs, aient
pu descendre de Charibert, roi de Tou-
louse, puisqu'on ne trouve aucun de leurs
noms dans la généalogie de la première race
de nos rois, contre l'usage de cette famille,
suivant lequel les noms se perpétuoient tant
dans la ligne directe que dans les collatéra-
les. Cette objection nousparoît très-foible j
car quoique nous convenions de l'usage, il
n'étoit pas cependant si constant qu'il n'y
ait plusieurs exemples du contraire. Nous
savons que Théodebald , fils de Thierry,
roi d'Austrasie, Gonthier & Chramne, fils
de Clotaire I, Samson, fils de Chilpéric I,
Daniel, fils de Childéric II, &c., sont les
seuls de la première race qui aient porté ces
' Marca Hlspan'ica, append.
' Aguirre, Concil. Hisp. t. 3, p. lij.
Note
83
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
noms. Or, suivant l'objection, tous ces prin-
ces ne devroientpas appartenir à la famille
royale. Cela ne prouve donc rien contre
nous, & les noms des parens maternels
peuvent également avoir passé à leurs des-
cendans, comme ceux des parens paternels.
XX. La vérité de la charte d'Alaon une
fois établie, cette pièce nous tire d'une in-
finité d'embarras qui ont occupé la plupart
de nos modernes au sujet d'Eudes, duc
d'Aquitaine, & nous donne lieu de connoî-
tre les motifs qui peuvent l'avoir engagé &
ses successeurs aussi à se mettre dans l'in-
dépendance. Eudes aura donc d'abord suc-
cédé à Boggis, son père, & à Bertrand, son
oncle, dans le duché de l'Aquitaine Neus-
trasienne, qui comprenoit le royaume de
Toulouse, tel que le roi Charibert, son
a'ieul, l'avoit possédé : ce qui prouve que
cette ville fut la capitale de ses Etats ; car
quoique les anciens auteurs ne lui don-
nent & à ses successeurs que le titre de
ducs d'Aquitaine, ils étoient cependant
véritablement ducs de Toulouse. Nous
voyons, en effet, que ces mêmes auteurs
qualifient indifféremment Charibert ' son
a'ieul , tantôt roi de Toulçuse, tantôt roi
d'Aquitaine. Eudes aura ensuite profité des
troubles qui arrivèrent en France , après la
bataille de Textri, dans le temps que les
maires du palais commencèrent d'usurper
l'autorité royale. Sous prétexte de se mettre
dans l'indépendance de ces ministres, il
aura étendu son autorité dans le reste de
l'Aquitaine, ou dans la portion de cette
province, qui jusqu'alors avoit fait partie
de l'Austrasie. Lui & ses successeurs au-
ront fait valoir leurs droits & leurs pré-
tentions à la couronne d'Aquitaine contre
la nouvelle famille régnante avant & après
l'élection de Pépin, à laquelle il ne paroît
pas que les Aquitains aient concouru, quoi-
qu'ils fissent pourtant plus du tiers du
royaume. Les descendans d'Eudes auront
cru être d'autant mieux fondés à soutenir
leurs droits contre les prétentions de Pépin
le Bref, que ce duc avoit été' reconnu pour
' Voyez Frédégaire, Chron. c. Sy. — Gesta Da-
gohert. c. \6. — Vita. S. Rictrui'is, Bollandistes,
mai, t. 3, p. 82. — Aimoin, 1. 4, c. 20.
' Continuateur de Frédégaire, c. 107, p. 678.
souverain par le roi Chilpéric qui, Seul,
pouvoit lui disputer la souveraineté, &c.
XXI. Plusieurs de nos anciens histo-
riens accusent Eudes d'avoir introduit
Abdérame & les Sarrasins dans les Gaules,
& d'avoir par là donné lieu à la désolation
& aux ravages que ces infidèles causèrent
pour lors dans presque tout le royaume.
Quoique nos plus habiles modernes ' aient
justifié ce prince là-dessus, cependant,
comme un de nos derniers historiens' sem-
ble avoir adopté cette fable, nous croyons
devoir la réfuter de nouveau. On prétend
donc qu'Eudes appela les Sarrasins à son
secours, l'an 732, contre Charles Martel qui
lui faisoit alors la guerre, & qu'il se ligua
avec eux contre ce prince : mais Isidore de
Béja', le seul historien qui raconte avec
quelque détail ce qui occasionna cette ir-
ruption, ne dit rien d'une circonstance si
remarquable.
Le récit de cet historien, dont l'autorité
doit avoir d'autant plus de poids qu'il étoit
contemporain & Espagnol, & par con-
séquent à portée d'être instruit de ce qui
se passoit alors, fait comprendre, au con-
traire, l'absurdité de cette fable. Selon cet
auteur, Abdérame ne partit de Cordoue
pour son expédition de l'an 782, que dans
le dessein d'aller punir dans la Cerdagne
la révolte de Munuza, allié d'Eudes. Le gé-
néral arabe, après avoir terminé cette ex-
pédition plus tôt qu'il n'avoit cru, ne se dé-
termina ensuite à passer les Pyrénées & à
venir dans les Gaules que pour' occuper ses
troupes. Il entra d'abord en Gascogne qui W.orîg.
étoit sous la domination d'Eudes. Il mit p. 694.
toute cette province à feu & à sang 5 ensuite
il assiégea, prit & pilla Bordeaux qui étoit
également du domaine de ce duc. Il lui
livra bataille, le défit entièrement & ravagea
enfin le reste de ses provinces. Tous ces
actes d'hostilité de la part des Sarrasins
prouvent-ils qu'Eudes les ait appelés à son
' Catel, Mémoires de l'histoire de Languedoc ,
p. 626. — Adrien de Valois, Rerum Francicarutn
1. 24, p. 489. — Marca Hispanica, 1. 3, c. 3. —
Mabillon, ad ann. 732, n. 8. — • Pagi, ad ann.
732, n. 2.
' Daniel, Histoire de France, t. i, p. i5o & seq.
' Chronicon Isidori Pacensis, p. 18.
Note
83
196
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
secours, & ne faudroit-il pas qu'il eût bien
mal connu ses propres intérêts pour leur
donner lieu, en les introduisant dans ses
Etats^ de les ruiner & d'y mettre tout en
combustion? Il n'y a que les auteurs aus-
trasiens', partisans trop déclarés de la fa-
mille de Pépin, qui aient pu inventer
une telle chimère, pour rendre odieux le
plus grand ennemi de Charles Martel. Aussi
l'auteur' des Annales de Moissac ou d'A-
niane, qui étoit Aquitain 8z: presque con-
temporain, ne dit-il rien d'une pareille
circonstance.
Il est vrai qu'on ne sauroit excuser Eudes
d'avoir donné sa fille en mariage au général
Munuza, Maure ou Sarrasin de naissance
& mahométan de religion : mais il fut forcé
en quelque manière de contracter cette al-
liance. Il arrêta' par là, pour un temps, les
courses des Sarrasins dans ses Etats & les
éloigna du royaume. S'il acheta donc la
paix de ces infidèles au prix de sa propre
fille, qui en fut la victime, on peut blâmer
sa lâcheté, mais on ne sauroit l'accuser
d'avoir trahi sa patrie. Après tout, combien
de sang, combien de ravages n'épargna-t-il
pas par cette alliance, honteuse à la vérité,
mais d'où dépendoit en quelque sorte le
salut de ses Etats? S'il eut tant de peine à
les défendre contre les entreprises de Char-
les Martel, pouvoit-il manquer de succom-
ber, si les Sarrasins l'avoient attaqué dans
le même temps? Enfin, on peut dire que si
Munuza , gendre de ce duc, n'eût pas été
rebelle, ou s'il avoit été plus heureux dans
l'exécution de ses projets, plusieurs pro-
vinces de France auroient été à l'abri des
maux & des ravages que les infidèles leur
firent éprouver dans cette occasion.
XXII. Eudes dut mourir au commence-
ment de l'an ySS, puisque, suivant le Con-
tinuateur de Frédégaire ^, Charles Martel,
après avoir appris la nouvelle de sa mort, ré-
solut cette même année, dans une assemblée
de la nation qui paroît avoir été celle du
' Voyez le Cointe, ad ann. 782, n. 47.
' Voyez à la fin. de ce volume, aux Preuves,
Chroniques.
^ Chronicon Isidori Pacensts, p, 18.
"• Continuateur de Frédégaire, c. 109, p, 676 &
suiv.
Champ de Mars, de faire la guerre aux en-
fans de ce duc. Charles vint alors jusqu'à
Bordeaux & Blaye qu'il assiégea & qu'il
prit. Cette guerre dura deux ans, suivant
nos anciens annalistes '. Nous savons qu'elle
fut terminée par la paix, laquelle doit ap-
partenir par conséquent à l'an ySô. D'ail-
leurs, le même Continuateur, qui finit sa
Chronique à l'an ySS, & qui rapporte tout ce
qui se passa pendant ce temps-là, n'en dit
rien. On doit conclure de ce que nous
venons de dire : 1° que l'Annaliste de Metz,
qui rapporte, sous la seule année 735, les
deux expéditions de Charles Martel contre
les fils d'Eudes & la paix qu'il conclut avec
eux, se trompe^ 2° qu'on ne doit ajouter
aucune foi aux Chroniques de Réginon &
de Sigebert, suivant lesquelles Charles ayant
déclaré la guerre à Eudes, entra en Gasco-
gne, défit ce duc 8z: le tua, à ce qu'ils pré-
tendent, dans une bataille.
XXIII. Nous ne croyons pas devoir réfu-
ter ici l'opinion de quelques auteurs, entre
autres d'Antoine Hauteserre% qui soutien-
nent, sur l'autorité de la Chronique de Sige-
bert, que Waïfre, duc d'Aquitaine, étoit fils
d'Eudes & frère puîné d'Hunold. Car, outre
qu'il est certain par l'Annaliste de Metz' &
les autres anciens monumens qu'Hunold
étoit père de Waïfre, tous les modernes
conviennent aujourd'hui de la vérité de ce
fait.
[Note rectificative ajoutée par les nouveaux
éditeurs.}
La Charte d'Alaon.
Publiée pour la première fois par le car-
dinal d'Aguirre, en 1698 , reproduite &
mise en œuvre moins de quarante ans plus
tard par les auteurs de V Histoire de Langue-
doc, la charte dite d'Alaon n'a cessé d'avoir,
pendant tout le dix-huitième siècle, la plus
étonnante fortune & d'être considérée par
l'érudition française comme un document
d'une grande valeur. Le système qu'elle ré-
' Duchesne, t, 2, p. 3, 7 & 1 1.
' Hauteserre, Rerum Aquitaniae 1. 7,
' Duchesne, t. 3, p. 273,
9 & II.
Note
JIECTIF.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
'97
vêlait sur les N'érovingiens d'Aquitaine
devint, après l'adhésion que lui donnèrent
les Bénédictins, comme un fait certain, une
vérité historique qui passait pour incontes-
tée. Il fut accepté par VArt de vérifier les da-
tes,%i à sa suite par tous les ouvrages d'his-
toire classique. Il y a bientôt quarante ans,
M. Fauriel, s'emparantà son tour des don-
nées qu'elle fournit, en fit le fondement &
la base essentielle de son Histoire de la
Gaule ménV/ona/e. La publication de cet ou-
vrage & le succès qu'il obtint tout d'abord
attirèrent l'attention des érudits sur la
charte d'Alaon. Défendue par M. Fauriel,
trop intéressé dans la question pour être
impartial, elle fut vivement attaquée par le
savant Benjamin Guérard, qui, se plaçant
au point de vue de la diplomatique, dut
conclure à sa fausseté.
Depuis lors, un érudit appartenant à
l'Université, M. Rabanis, a de nouveau sou-
mis ce trop célèbre document à l'examen de
la critique". Laissant de côté la question
' Les Mérovingiens i' Aquitaine, essai historique
& critique sur la charte d'Alaon, par M. Rabanis.
Paris, Durand, i856, in-S». — La collection des
Conciles d'Espagne du cardinal d'Aguirre est rem-
plie de pièces fausses, de chartes & d'inscriptions
supposées. Aussi ne doit-on consulter ce recueil
qu'avec la plus grande réserve. M. Rabanis, après
avoir rappelé le déplorable penchant des Espa-
gnols aux seizième & dix-septième siècles pour la
falsification des textes historiques & en avoir cité
un ou deux exemples tirés de la collection des Con-
ciles, ajoute : « Et qu'on ne croie pas que ce fut la
défiance qui manqua au cardinal d'Aguirre, au
contraire, personne n'a pris plus de peine pour se
tenir en garde contre les surprises. C'est même ce
qui donne un côté piquant à son rôle d'éditeur si
souvent trompé. Dans son indignation contre les
faussaires dont les productions le débordaient de
toutes parts, il invoquait le secours du bras séculier
& s'écriait : « Quand donc ceux qui sont les
plus intéressés dans ces questions, principale-
ment Nos Seigneurs les évêques & les membres des
conseils royaux de justice & de foi extermineront-
ils ces honteuses fictions avec tous les pseudo-chro-
niqueursi* Quand imposeront-ils un frein aux
fabricateurs de semblables impostures ? » ( Concil.
d'Espag. t. 2, dissert. 3, excurs. 7.) Mais il avait
beau faire, au moment Tnême où il écrivait ces
lignes désespérées, le premier venu lui glissait dans
la main une pièce apocryphe, 81 dans sa candeur
il se hâtait de l'imprimer, u
de diplomatique, déjà traitée par Guérard,
& pour laquelle il se sentait moins d'ap-
titude, M. Rabanis s'est surtout attaché à
mettre en contradiction les allégations de
la charte & les données de l'histoire, telles
qu'elles sont fournies par les chroniqueurs
les plus dignes de foi. Il a également fait
ressortir les impossibilités chronologiques
auxquelles le système généalogique qu'elle
renferme conduit forcément. Il en a conclu
que la pièce était fausse. Recherchant alors
les sources que le faussaire avait dû consul-
ter, il a séparé les faits que celui-ci a tirés
de sa propre imagination de ceux dont il a
puisé la connaissance dans des documents
antérieurs, documents qui, par eux-mêmes,
n'ont aucune valeur ou bien ont été déna-
turés, falsifiés par l'usage qui en a été
fait. Puis, suivant pas à pas les différentes
mentions de la charte qu'il a trouvées, il a
été convaincu qu'elle n'avait pu être fabri-
quée qu'au dix-septième siècle -, & rencon-
trant sous sa plume comme y faisant allu-
sion pour la première fois le nom d'un des
plus célèbres faussaires de cette époque,
il n'a pas cru trop s'avancer en lui en attri-
buant la paternité. L'ouvrage de M. Ra-
banis est fait avec méthode & critique :
il contient le dernier mot sur la valeur
d'un document dont la publication a rempli
d'erreurs & de faussetés tous les ouvrages
d'érudition écrits depuis le dix-septième siè-
cle; nous ne pouvons mieux faire dans cette
Note que de lui emprunter ses principaux
arguments & de donner ses conclusions.
Ce qu'est en réalité la charte
d'Alaon. — Un simple coup-d'œil jeté sur
la charte d'Alaon suffit, quand on n'a pas
l'esprit prévenu, pour en faire reconnaître
immédiatement le caractère apocryphe. Le
fonds & la forme, l'ensemble & les détails,
tout concourt à le démontrer. L'objet appa-
rent de l'acte c'est la sanction donnée par
Charles le Chauve aux libéralités faites par
un certain comte Wandregisile à l'église
d'Alaon, un des plus obscurs monastères du
diocèse d'Urgel. Rien de plus ordinaire que
cette sorte d'actes : il y a pour le règne de
Charles le Chauve des centaines de confir-
mations de cette espèce, toutes conçues
dans les mêmes termes, calquées sur le
même formulaire; mais celle-là n'y ressem-
NOTE
•ECTir
Note
RECTIF.
198
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
ble en rien. Au lieu de tenir comme les au-
tres dans une page ou deux, elle renferme
une longue & lourde narration, unvéritable
mémoire à consulter où sont racontés, dans
une langue qui n'est d'aucune époque, les
événements de deux siècles & plus. Ce que
veut le roi, c'est empêcher le comte Wan-
dregisile de disposer d'une quantité de do-
maines qu'il pouvait être tenté de regarder
comme siens, tandis qu'ils ne lui apparte-
naient pas réellement. Et, pour mieux spé-
cifier ce qui appartient légitimement à
Wandregisile, le roi se met à détailler lon-
guement & pesamment ce qui ne lui appar-
tient pas. Dans cette intention, il remonte
à l'origine de la famille du donateur, il la
suit de génération en génération, faisant au
fur & à mesure l'histoire de chacun de ses
membres, & exposant par quels motifs cha-
cun d'eux, sans exception, avait par félonie
mérité de perdre ses biens, ce qui ne per-
mettait à Wandregisile d'y prétendre au-
cun droit. Il passe donc en revue les pro-
priétaires à propos des propriétés , & ne
parle des propriétés que pour dire qu'il les
excepte de la donation. A chaque article il
rappelé une confiscation , d'où un refus
formel de reconnaître le droit de Wandre-
gisile, refus fondé, selon l'expression même
du prince, sur l'intérêt des tiers détenteurs.
Quant aux domaines qu'il permet de don-
ner, ils ne valent pas beaucoup la peine
qu'on s'en occupe : ce sont de pauvres mé-
tairies situées dans les gorges les plus âpres
du diocèse d'Urgel, au bord de la Ribagor-
çana ; elles ne sont désignées là absolument
que pour la forme. Ce qui reste en réalité
après cette interminable fin de non-rece-
voir, donnée pour une confirmation, c'est
une généalogie, mais une généalogie comme
jamais chroniqueur du neuvième siècle ne
s'est avisé d'en écrire aucune, parce qu'il eût
été hors d'état d'en recueillir les éléments.
Son but véritable. — Ce point établi,
il n'est pas difficile de démêler le but vérita-
ble que s'est proposé l'auteur de la charte :
c'est d'éclaircir une des questions les plus
compliquées, les plus insolubles des anna-
les espagnoles, l'origine des premiers rois
d'Aragon; accréditer un nouveau système
relativement à la fondation des plus an-
ciens royaumes chrétiens de la Pénin-
sule, & représenter les souverains qui s'y
sont succédé comme les héritiers en ligne
directe de Clovis, comme les ayants droit
des Mérovingiens , tel est l'unique sens
de la charte. Imaginée dans un intérêt es-
pagnol, elle n'a pu être écrite que par
une plume espagnole. C'est donc en Espa-
gne qu'il faut chercher le nom de son au-
teur.
Preuves de sa fausseté. — Mais ce
ne sont pas seulement le plan général de la
charte d'Alaon & ses dimensions insolites
qui la rendent suspecte; ce sont surtout les
formes inusitées de sa rédaction, la cons-
tante impropriété des termes &c les nom-
breuses disparates qu'elle présente pour le
style & pour les idées. L'auteur, oubliant
qu'il est censé écrire en 846, insiste à cha-
que instant sur les conditions de légitimité,
d'hérédité des fiefs, de primogéniture, de suc-
cession en ligne directe ou en ligne collaté-
rale, idées ou institutions qui, loin d'ap-
partenir à cette époque, ne sont nées que
beaucoup plus tard. Il sait ce que c'est
qu'un fief {en 845!) & pour lui les comtes
ou ducs de Vasconie sont propriétaires de
leurs fiefs à titre héréditaire ; le roi qualifie
Asinarius, fils de Wandregisile, de notre cou-
sin &■ homme lige, « consanguineus nosterac
homo ligius, » expressions qui n'appartien-
nent pas plus à la langue du neuvième siè-
cle que les suivantes : Patentes litterae, —
Haereditaria, emptitia, seu dotalitia ratione, —
Regnum Franciae immédiate, — Vasconîae
ducamen, — Regnum Gothicum, — Secunda
Eudonis linea, — Advocatiam, — Gageriae
titulo, &c. — Ces anachronismes de langage
& bien d'autres que l'on pourrait signaler
trahissent l'époque où la charte a été écrite
& suffisent à eux seuls pour en dévoiler la
supposition.
Erreurs historiques qu'elle ren-
ferme. — Convaincue de fausseté par la
diplomatique, la charte d'Alaon ne paraît
pas moins suspecte aux yeux de l'histoire;
il suffit, pour s'en assurer, de comparer ses
allégations aux données des chroniqueurs.
Parmi les personnages qu'elle mentionne,
il y en a qu'elle a inventés de toutes pièces,
d'autres dont elle a puisé les noms à des
sources historiques, il est vrai, mais d'une
autorité fort contestable. Les personnages
Note
RECTIF.
NOTC
BECriF.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
199
qu'elle a inventés , qui n'ont jamais été
cités que par elle, sont : la reine Gisèle,
femme de Charibert; Waldtrude, femme du
duc Eudes; Adèle, femme de Wa'ifre ; Lu-
pus II, Walchigise , Wandregisile , Wan-
drade, femme d'Hatton; Artalgarius, Ermi-
ladius, Imitarius, Marie, femme de Wan-
dregisile; Antonius, vicomte de Béziers ;
Bernharthus, comte des Marches de Gasco-
gne, & sa femme Theude ; Atton, comte de
Paillas, & sa femme Eysseline; Burchard ou
Bouchard de Montmorency (en 845!) & sa
sœur Gerberge, &c. Les noms qu'elle a
empruntés à divers documents & apparte-
nant à des personnages réels, mêlés de près
ou de loin aux affaires de la Gaule Aquita-
nique, mais dont elle a baptisé le plus sou-
vent des personnages de son invention ,
sont : Sérénus, Amantia, Sadrégisile, Aman-
dus, Charibert, Childéric, Boggis, Bertrand,
Eudes, Hatton , Hunald , Waïfre, Lupus,
Adalgarius, Adalaric, Garsimire, CentuUus,
Asinarius,Totilus,Sighuinus, &c.
C'est ainsi qu'elle fait de Sérénus, qualifié
par elle duc d'Aquitaine , le père du duc
Amand ou Amandus, & qu'elle donne Aman-
tia pour femme à ce dernier. Ces noms ont
été puisés dans la légende de S. Amand,-
mais la légende ne dit point que Sérénus
ait jamais été duc de Gascogne; il habitait
le pays d'Herbauges & était simplement de
condition noble. Il était mari d'Amantia &
non son beau-père. Il était père de saint
Amand, qui n'eut jamais rien à démêler avec
les comtes ou ducs d'Aquitaine, & non du
duc Amandus qui n'a jamais existé. C'est ce
qui nous prouve que la reine Gisèle est aussi
un personnage fictif. L'histoire, en effet, ne
nous a pas révélé le nom de la femme de
Charibert; elle nous apprend seulement
que Childéric, son fils, mourut tout jeune,
peu de temps après lui, & qu'alors Dago-
bert rentra en possession des domaines qu'il
avait abandonnés à son frère.
Les ducs Boggis & Bertrand ne sont pas
moins imaginaires que le duc Amandus. Ce
sont les légendes de S. Hubert & de S. Ode,
légendes du douzième siècle qui ont fourni
à l'auteur de la charte les noms de ces
personnages. Bertrand est le père de S. Hu-
bert : la légende le donne comme un no-
ble aquitain; la charte, d'après les com-
mentateurs, mais sans aucune raison, en
fait un duc. Il y a bien eu un duc nommé
Boggis, c'est le père de S. Arnoult ; mais
il est démontré que ce duc a vécu entre les
années 540 & 610, & non en 681, comme le
veut la charte, & d'après elle, les auteurs
deVHistoire de Languedoc. hes chroniqueurs
ne nous ont point révélé le nom de la femme
du duc Eudes; c'est un oubli que tient à
réparer la charte. D'après elle, Eudes au-
rait épousé Waldtrude, fille de Walachise.
C'est en combinant la légende de S. Amand
avec celle de S. Wandrille, fondateur de
l'abbaye de Fontenelle, que le faussaire a
fabriqué ce mariage & la filiation de la
femme d'Eudes. Il est impossible de ne pas
reconnaître dans ce Walachise, allié à la
dynastie carlovingienne & père de Wald-
trude, un des fils que certaines légendes
donnaient à S. Arnoult , celui qui fut
père de S. Wandrille, fondateur de l'ab-
baye de Fontenelle; du moins les auteurs
de VHïstoire de Languedoc, loin de mettre en
doute cette identité, l'ont alléguée comme
une preuve de la vérité de la charte. Il n'y
a à cela qu'une petite difficulté, c'est que les
temps sont loin de s'accorder. D'après tous
ses hagiographes , S. Wandrille naquit au
plus tard en 601 & fut, dans sa jeunesse,
attaché au roi Dagobert (628-638), dont son
père, S. Arnoult, devint le tuteur. Com-
ment alors Waldtrude, sœur de S. Wan-
drille , aurait-elle pu devenir la femme
d'Eudes, qui, d'après les Bénédictins , ne
commença à régner qu'en 681 au plus iot,
c'est-à-dire quatre-vingts ans après la nais-
sance de celui qu'il aurait eu pour beau-
frère : même en supposant Waldtrude plus
jeune que son frère de vingt ans, ce qui est
beaucoup, elle n'en aurait pas moins eu
soixante-un ans quand son mari aurait été
âgé de vingt-cinq ans environ. .
Ce n'est pas là malheureusement le seul
point sur lequel la charte est en désaccord
avec la chronologie. Par moments elle fait
vivre ses personnages au delà des limites qui
peuvent être raisonnablement assignées à
la nature humaine; d'autres fois elle multi-
'plie tellement les générations, qu'elle n'ac-
corde à chacune que dix ans d'existence ea
moyenne. Ainsi, en donnant pour héritier
à Lupus II Adalaric, ce Vascon qui, au dire
Note
itecTir.
Note
RECTIF.
200
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
des chroniques, s'était révolté contre Louis,
roi d'Aquitaine, en 787, & en le faisant pé-
rir cette année-là dans un combat avec un
de ses fils, nommé Centulle, fils qui, treize
ans seulement après la mort de son prétendu
trisaïeul, aurait été en état de combattre &
de se faire tuer aux côtés de son père, la
charte compte cinq générations pleines &
entières entre Eudes mort en 735, & Cen-
tulle tué en 787. Cinq générations, dans
un espace de cinquante-deux ans, savoir :
Hunald, Waïfre, Lupus II, Adalaric & Cen-
tulle, tous se succédant immédiatement les
uns aux autres & laissant postérité. Il est
vrai que les Bénédictins & M. Fauriel,
frappés de l'invi'aisemblance que ce calcul
donne aux assertions de la charte, ont pré-
tendu que ce n'était pas en 787 qu'Adalaric
& Centulle sont morts, mais dans un com-
bat livré en 812 seulement; ce qui n'ajoute
en somme qu'une moyenne de quatre ans à
celle de dix précédemment accordée aux
cinq générations comprises entre Hunald &
Centulle. On ne sort par ce moyen d'une
difficulté (qui n'est point résolue) que pour
tomber dans une autre encore plus difficile
à expliquer. Entre le dernier combat livré
par le rebelle Adalaric en 812, & l'époque
du diplôme de Louis le Débonnaire qui a
confirmé à Garsimire, au dire de la charte,
la cession ou dévolution du Bigorre & du
Béarn, il n'a pu s'écouler au plus que vingt-
huit ans. Louis le Débonnaire, qui donna
la ratification, étant mort en 840, on ne
peut comprendre alors comment à la date
de 840 les descendants de cet Adalaric, tué
en 812, pouvaient en être à la quatrième gé-
nération, & comment ses arrière petits-fils
se trouvaient déjà d'âge à conquérir non pas
de simples châteaux, mais de véritables
royaumes en Espagne. Ces quatre généra-
tions d'hommes, tous arrivés à maturité^,
tous laissant à leur mort des fils dans la
force de l'âge, auraient tenu en vingt-huit
ans, ce qui donnerait sept ans pour chacun.
Il suffit de citer de tels faits pour juger
de la valeur de l'acte qui nous les a trans-
mis. Nous n'insisterons pas davantage sur
les erreurs de fait que présente la charte
d'Alaon. La plupart ont déjà été relevées
dans le cours de cet ouvrage. Passons à
l'histoire de la charte elle-même.
Histoire de la charte. — Les Bénédic-
tins & M. Fauriel se sont donné beaucoup
de peinepour établir les preuves matérielles
de l'existence authentique de la charte d'A-
laon; elle était connue, disent-ils, depuis
plus de huit cents ans. Mais les preuves
qu'ils allèguent à l'appui de cette assertion
ne sont autres que celles données par Diego
José Dormer, historiographe d'Aragon, qui
a fourni au cardinal d'Aguirre la copie sur
laquelle la charte fut imprimée dans le re-
cueil des Conciles d'Espagne. On lit dans
la Notice rédigée par Dormer, datée du
16 avril 1687, & placée en tête de cette
pièce : « Qu'elle avait été tirée des archi-
ves de la cathédrale d'Urgel, par François
Compte, vers i58oou 1690, qui la transcri
vit littéralement dans son Histoire manuscrite
de Catalogne ; qu'on en connaissait deux
autres copies : une dans les papiers de frère
Antonio de Yepes, & l'autre dans ceux de
l'évêque don Prudentio de Sandoval, qui
probablement avaient été faites d'après l'ou-
vrage de Compte. Le préambule qui pré-
cède la charte, est-il encore dit dans cette
Notice, nous apprend que c'était une copie
ou rénovation d'un titre primitif exécutée
vers l'an iioi à l'occasion de l'érection de
l'évêché de Barbastro par le roi don Pe-
dro I. Cette érection qui blessait les droits
de l'église d'Urgel, & contre laquelle l'évê-
que Odon, élu en 1094, réclama en cour de
Rome, nécessita, pour être envoyée au pape
Pascal II, la transcription à nouveau des
actes dont S. Héribald s'était jadis prévalu
auprès du roi don Ramire. Parmi ces actes
se trouvait la fameuse charte dite depuis
d'Alaon. »
« L'ouvrage de François Compte, ajoute
Dormer, était déposé dans la bibliothèque
du marquis deLicherès; c'était une histoire
de Catalogne, à la fin de laquelle l'auteur
avait placé une liste des comtes d'Urgel.
L'ancienneté du monastère d'Alaon, que
concerne la charte , dépassait au moins
huit cents ans, puisque dom Juan Bris Mar-
tinez, abbé de San-Juan de la Pena qui a
parlé de ce monastère d'après les titres les
plus authentiques, n'hésite pas à dire qu'il
existait dès le temps des Goths, & qu'il ap-
partenait à l'ordre de Saint-Benoît. C'est ce
qui s'accorde avec ce que la charte dit de
Note
RECTIF.
Note
JIECTIF.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
201
ses bienfaiteurs : « qui omnes de infidelium
spoliîs monasterium suscitarunt, » Ces paro-
les peuvent signifier, en effet, qu'ils ne
firent que relever le monastère de ses ruines,
lorsqu'ils y installèrent un abbé & des moi-
nes tirés de l'abbaye de Saint-Pierre-de-
Sirès. »
Telle est, en résumé, la Notice de Dor-
mer; examinons ce qu'il peut y avoir de
fondé dans ces allégations.
François Compte, notaire à lUe, en Rous-
sillon, avait fait, non pas une Histoire de
Catalogne , mais une simple géographie,
rédigée en catalan, des comtés de Roussil-
lon & de Cerdagne. On en connaissait deux
copies, dont l'une avait appartenu au chro-
niqueur Jérôme Pujades. C'est ce dernier
qui, héritier & copiste d'une grande partie
des manuscrits de Compte, avait fait, lui,
une Histoire de Catalogne dont la première
partie seulement fut imprimée, la seconde
resta manuscrite. Selon Marca & Baluze
(Marca Hispanica, col. l33, 211, &c.), Puja-
des était un chroniqueur sans instruction,
sans jugement & sans goût, qui avait rem-
pli son livre de traditions fabuleuses & de
légendes apocryphes. Si donc il y avait dans
la bibliothèque du marquis de Licherès une
copie d'une Histoire de Catalogne, ce ne
pouvait être qu'une copie du manuscrit de
Pujades. Mais qui a vu ce manuscrit, & qui
dans ce manuscrit a vu la charte en ques-
tion? Personne autre que Dormer ou celui
duquel il tenait le fait'.
' « N'est-ce point là, je le demande, dit à ce pro-
pos M. Rabanis (p. 196), l'éternelle histoire de
toutes les falsifications espagnoles? Toujours des
textes que personne n'a vus, toujours des prête-
noms, cherchés parmi des auteurs morts depuis
longtemps & que les faussaires prennent à témoin
de leur véracité. » Et à cette occasion M. Rabanis
fait remarquer les analogies que présente l'histoire
de la charte avec celle de tous les documents apo-
cryphes dont l'Espagne fut inondée aux seizième
& dix-septième siècles. Il rappelle qu'au commen-
cement du dix-septième siècle Jérôme Roman de la
Higuerra publia une Chronique ou Histoire univer-
selle attribuée à Dexter, écrivain mentionné par
saint Jérôme & qui vivait dans la première moi-
tié du cinquième siècle; que, selon l'éditeur, cette
chronique avait été tirée de la bibliothèque du
monastère de Fulde, mais que le manuscrit origi-
Quant à la copie vue, dit-on, dans les
papiers de don Antonio de Yepes, on peut
affirmer qu'elle n'a jamais existé, ou que le
savant Yepes, s'il la connaissait, ne l'a pas
jugée digne de la moindre attention; autre-
ment il n'eût pas manqué de la citer ou d'y
faire allusion dans sa Coronica gênerai, où
sont rapportées avec tant de soin toutes les
fondations bénédictines de l'Espagne. Il
faut avouer aussi que rien ne pouvait être
plus maladroit de la part de Dormer que de
citer dans sa Notice D. Juan Bris Martinez,
abbé de San-Juan de la Pena, car ce der-
nier ne s'est jamais douté de l'existence de
la charte, & cependant, si quelqu'un devait
nal, qui jusque-là n'avait été vu de personne, ne
put, malgré toutes les recherches, jamais être re-
trouvé. Roman de la Higuerra prétendait en avoir
reçu une copie par l'entremise d'un jésuite, qui lui-
même l'avait transcrite à Worms d'après une autre
copie, qu'un particulier qui ne fut jamais nommé
avait prise dans le monastère. La vérité est que don
Roman de la Higuerra n'était qu'un imposteur &
que VHistoire de Dexter n'avait jamais existé. Il
ajoute que quelques années plus tard Lorenço Ra-
mires de Prado, ami de la Higuerra, donnait une
autre chronique suivie de plusieurs pièces attri-
buées à Julien Pérès, archidiacre de Tolède au on-
zième siècle. La copie d'après laquelle l'édition fut
faite avait été tirée de la bibliothèque du comte
d'Olivarès, qui la tenait lui-même d'un grand per-
sonnage, le comte de Moxa (Pedro de Sandoval),
lequel à son tour l'avait reçue d'un sien frère. Mais
cette copie provenait aussi de Roman de la Higuerra,
qui l'avait fabriquée comme la chronique de Dexter.
n Vers le milieu du même siècle, ajoute M. Rabanis,
Dom Argais, bénédictin, publia deux chroniques,
l'une sous le nom i'Hauthertus de Séville, l'autre
sous celui de Liberatus, abbé de Pampelune. Mais
l'éditeur n'avait eu entre lés mains que des copies
de ces chroniques & ces copies lui étaient venues de
don Antonio Lupian de Zapata, qui prétendait
avoir tiré l'histoire d'Hautbertus d'un manuscrit
de Saint-Denis, en France, & celle de Liberatus
d'un manuscrit du monastère de RipoU. Après
vérification , il fut prouvé que ces manuscrits
n'avaient jamais existé. Ces falsifications n'étaient
point isolées, mais combinées de telle sorte qu'elles
se soutenaient les unes les autres. Aussi l'Académie
de Lisbonne se crut-elle obligée, en 1721, de se
constituer en tribunal, afiri de dénoncer & de flé-
trir ces indignes supercheries qui tendaient à dé-
truire toute la moralité & toute la certitude de Ihis-
toire. )» (Rabanis, p. 187.}
Note
RECTIF.
202
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
connaître à fond les titres de l'église
d'Alaon, c'était certainement ce soigneux
explorateur des archives ecclésiastiques,
qui, avant d'être nommé abbé de San-Juan
de la Pena, avait été prieur d'Alaon, & qui
écrivait dans le même temps que François
Compte (1590) , c'est-à-dire à l'époque où
l'on veut que la charte eût encore existé
parmi les papiers de l'église d'Urgel. Selon
dom Martinez, qui avait travaillé spéciale-
ment sur les origines des royaumes de So-
brarve , d'Aragon & de Navarre, le plus
ancien titre du monastère d'Alaon était une
charte de Charles le Simple datée de l'an
908, qu'il analyse en ces termes : « Dans le
courant du mois de septembre 908, le roi
Charles de France appelé le Simple (car
c'est lui qui régnait à cette époque), ac-
corda au monastère de Notre-Dame d'Alaon,
à l'abbé Frugello, & aux moines bénédic-
tins de cette maison un grand privilège que
l'on conserve encore aujourd'hui dans ses
archives. Par ce privilège, entre autres fa-
veurs, il accorda au monastère les proprié-
tés & maisons de Saint-Ramond & de Saint-
André avec les mêmes confronts que ces
propriétés ont maintenant, c'est-à-dire une
quarte appelée la quarte de Saint-André
depuis les Cent-Fontaines, d'où descend la
rivière Noguera, jusqu'au défilé ou au saut,
œuvre merveilleuse de la nature par où
elle se dirige vers le monastère. Il accorda
aussi que les moines bénédictins qui rési-
daient dans l'abbaye eussent la faculté, après
la mort de l'abbé Frugello ', & dans tous les
' Marca prétend que Martinez s'est trompé en
attribuant ce diplôme à Charles le Simple & en le
rapportant à l'année 908; il l'attribue à Charles le
Chauve (Marca Hispanica, col. 359, ^i^i^' 872). Sa
conjecture est fondée sur ce qu'un privilège plus
ancien de trente-six ans (872) & accordé au même
abbé Frugello par le marquis de Septimanie, Ber-
nard, paraît faire allusion à une charte ou à un
diplôme antérieur délivré par Charles le Chauve
(Voyez ci-après, aux Preuves, charte XCVII). Dans
cette hypothèse, le privilège mentionné par Mar-
tinez aurait été cet acte primitif accordé au monas-
tère d'Alaon, vers l'année 870 environ. L'opinion
de Marca a d'autant plus de valeur qu'il n'est
guère supposable que l'abbé Frugello, qui vivait en
872, vécût encore en 908. — Ainsi tombe un des
moyens extrêmes employés par M. Fauriel pour
cas analogues de vacance du siège abbatial,
de choisir l'abbé qui les dirigerait sous la
règle de S. Benoît". » Pas un mot dans cet
acte qui rappelle le fameux privilège de
Charles le Chauve. Il n'y a qu'une manière
d'expliquer le silence de Martinez, c'est que
de son temps la charte d'Alaon n'était pas
plus connue qu'elle ne l'avait été dans les
temps antérieurs , mais alors elle n'existait
donc pas ?
Aux preuves que Dormer avait réunies de
l'existence matérielle de la charte, M. Fau-
riel en a voulu ajouter d'autres : il a pré-
tendu qu'elle avait été citée, avant que
Dormer ne l'eût communiquée au cardinal
d'Aguirre, par Melchior de Palau, évêque
d'Urgel, quij en i665, envoya aux frères de
Sainte-Marthe un catalogue des évêques de
son diocèse. Il aurait, dans ce catalogue, à
propos de Sizebut I, implicitement cité la
charte d'Alaon, en attribuant la fondation de
ce monastère au comte Wandregisile & à sa
femme Marie. Donc, ajoute M. Fauriel,
Melchior de Palau avait vu la charte & ce
document était encore à cette époque dans
les archives d'Urgel. Melchior de Palau
mentionne, il est vrai, la fondation du mo-
nastère d'Alaon du temps de l'évêque Size-
but I , il nomme le comte Wandregisile & sa
femme Marie ; mais ce n'est point, comme
l'a cru M. Fauriel, dans les archives d'Urgel
qu'il avait puisé la connaissance de ces
noms ; il l'a prise, & c'est là une circons-
tance importante à noter pour la solution
de la question qui nous occupe, dans un
ouvrage imprimé, d'où les frères de Sainte-
Marthe auraient tout aussi bien pu la tirer
eux-mêmes, & que plus tard ils ont con-
sulté. Cet ouvrage est le NLartyrologîum His-
panum , compilation due au fameux don
Juan Tamayo de Salazar, qui fut imprimée
à Lyon entre les années i65i & 1659, qua-
torze ans avant la communication de Mel-
chior de Palau aux frères de Sainte -Marthe.
On lit en effet dans cet ouvrage, sous l'an-
défendre l'authenticité de la charte d'Alaon. Il pré-
tendait que c'était à cette charte que faisait allu-
sion l'acte du marquis Bernard. [E. M.]
' Dom Bris Martinez, Historia del monasterio de
San-Juan de la Pena, &c. 1. 1 1, c. 19, passage cité
par M. Kàhanis, passim.
Note
KECTIV
Note
KECTIK.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
20v3
née 829 ; « Si'^ebutus hujus nomlne I, episco-
pus Urgellensis, qui cum Bartholomeo metropo-
litano Narbonensî facultatem concessit Wan-
dregïsilo & IVLariae ejus conjugî, comitibus
Vasconîae trans Garumnam, construendi mo-
nasterîum Alaonensïs (sic)j ejus memorîa ad
annum DCCCXXXII. » La communication de
Melchior de Palau n'est que la traduction
de ce passage qui, d'ailleurs, a été copié
par les frères de Sainte-Marthe, car ils ci-
tent pour leurs autorités Melchior de Palau
& le JVLartyrologîum Hispanum.
cryphes, & y ajoutant leurs propres men-
songes, ont rempli l'histoire ecclésiastique
d'Espagne de faux conciles, de fausses hui-
les pontificales, de faux évêques & de faux
saints, de la même manière que, dans l'his-
toire civile, ils ont supposé des rois, des
princes, des événements qui n'ont jamais
existé. »
Tel est l'homme qui, le premier, a pro-
noncé le nom de ce comte de la Gascogne
Transgaronnaise Wandregisile, & de sa
femme la comtesse Marie 5 qui, le premier,
Note
RECTIF.
Voilà donc un écrivain qui, bien long- a rapporté la fondation d'Alaon au règne
temps avant la publication des Conciles de Louis le Débonnaire; qui, enfin, trente-
d'Espagne, connaissait évidemment la charte trois ans avant que Dormer parlât de la
puisqu'il a pu, en quelques lignes, en résu- charte, semble l'avoir connue, & avoir voulu
mer les principales assertions : le nom &
l'existence d'un comte de Gascogne, appelé
Wandregisile, le nom de sa femme, la date
de sa mort, & enfin la fondation du monas-
tère d'Alaon, fondation laissée jusqu'alors
dans une incertitude complète par les plus
savants hommes de la péninsule. Quel est
cet écrivain ? Don Juan Tamayo de Salazar,
qui fut l'un des plus intrépides faussaires du
dix-septième siècle. Digne émule de Roman
de la Higuerra & de Zapata,s'il ne participa
point aux falsifications du Pseudo-Dexter,
d'Hautbertus, &c., il les défendit du moins,
& fit ses preuves dans le même genre au
moyen de plusieurs publications dont la
plus étonnante était intitulée : n Aulî Halî,
Civis Burdigalensîs, poetae Toletanï, Carmen
heroîcum de adventu D. Jacobï in Hispania,
notis illustratum, &c., Matr/f/, 1648, zn-4''. »
Il affirmait avoir extrait cet ouvrage d'un
manuscrit antique ; mais l'auteur de la Bi-
bliothèque espagnole prouva que le poëme
du prétendu Aulus n'était qu'un centon
pillé dans le Talichristia d'Alvaro Gomez,
écrivain du seizième siècle. Aussi, Antonio,
tout en rendant justice à son érudition dont
il aurait dû faire un meilleur emploi, le
met sur le même rang que l'auteur du Pseu-
do-Dexter; il ajoute que toutes ses compo-
sitions ont été puisées à des sources impu-
res, & place en tête le célèbre Martyroîo-
gium jH'zVpanum. L'Académie de Lisbonne ne
le traita pas moins sévèrement lorsqu'elle
rappelait « cet Argais, ce Tamayo de Sa-
lazar & tant d'autres, soit espagnols, soit
portugais qui, propageant des récits apo-
en révéler l'existence ou en préparer la pu-
blication.
L'Auteur de la charte. — N'est-on
pas alors amené à conclure que la charte a
été fabriquée par Tamayo lui-même, & que
c'est de lui qu'elle est parvenue directement
ou indirectement entre les mains de Dor-
mer? Si celui-ci affecte de n'avoir pas connu
la note du Martyroïogium ^ s'il passe sous
silence le nom de Tamayo, c'est probable-
ment parce que, dès 1672, la Bibliothèque
espagnole avait signalé cette autorité
comme des plus suspectes. Donc il savait
lui-même, en produisant cette pièce, qu'elle
pouvait ne pas être d'un bon aloi, & c'est
ce qui explique les détails qu'il donne dans
la Notice dont il a cru devoir accompa-
gner sa copie en l'envoyant au cardinal
d'Aguirre '.
' Il n'est pas douteux que la charte d'Alaon ne
se rattache, d'une manière incidente il est vrai, à
la querelle qui, renouvelée du seizième siècle, excita
à un si haut degré la verve des érudits du dix-sep-
tième siècle, querelle dont l'objet était, comme l'on
sait, de décider de l'antiquité relative des maisons
souveraines de France & d'Espagne-Autriche, & à
laqifelle prirent part Du Bouchet, Chifflet, Chan-
tereau-Lefèvre, Dominici & bien d'autres encore.
(Voir à ce sujet la dissertation de M. de Foncema-
gne , dans les Mémoires de l'Académie des Inscriptions
& Belles-Lettres, ancienne série, t. 20.) Tandis que
Du Bouchet, appuyé sur l'autorité & sur les notes
de Duchesne, faisait remonter les Capétiens par
Ansbert & Blithilde jusqu'aux préfets du prétoire
de la famille gallo romaine de Tonantius Ferréo-
lus, & que Chantereau-Lefèvre, s'arrètani à mi-
Note
RECTIF.
204
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Nous conclurons en disant, avec M. Ra-
banis , que la charte d'Alaon est fausse ;
qu'elle n'a pu être fabriquée au moyen âge 5
qu'elle n'a été rédigée qu'après la publi-
cation des documents sur lesquels elle s'ap-
puie, chroniques, légendes, martyrolo-
chemin, se contentait de les faire descendre de saint
Arnulfe, l'ancêtre officiel des Carolingiens; d'un au-
tre côté Chifflet, l'implacable adversaire de la loi
salique, leur donnait pour auteur un cadet de la
maison des Welf de Bavière, réservant les honneurs
du droit de primogéniture pour la maison de Habs-
bourg, qui descendait de l'aîné.
C'est alors qu'on exhuma tous les documents qui
pouvaient servir à rattacher les Carolingiens aux
Mérovingiens & les Capétiens aux Carolingiens.
Dans cette lutte, les érudits d'Espagne faisaient
tous leurs efforts pour établir l'antériorité de leur
monarchie & surtout celle de la dynastie d'Aragon,
qui s'était fondue par les femmes dans la maison
d'Autriche. Déjà les généalogistes du parti autri-
chien avaient trouvé le moyen de relier la famille
des Habsbourg à la race de Clovis par un prétendu
fils de Clodion. Il pouvait paraître intéressant, &
ce devait être une tentation bien forte pour les
antiquaires espagnols, de rattacher également aux
Mérovingiens leurs princes nationaux , de telle
sorte que l'alliance des maisons d'Autriche & d'Es-
pagne, par le mariage de Philippe le Beau avec
Jeanne la Folle, n'eût été que la réunion de deux
branches longtemps séparées de la même tige. Il
n'est pas impossible que cette considération fût en-
trée pour quelque chose dans la rédaction de la
charte d'Alaon. Il est bon de rappeler à ce sujet
que Tamayo s'était précisément occupé des origines
des maisons souveraines. Il accusa même Chifflet
d'avoir pillé, sans nommer l'auteur, une de ses dis-
sertations généalogiques dans les additions aux Vin-
diciae Hispanicae. La concordance des dates donne à
cette conjecture une certaine apparence de vérité.
Le travail de DuBouchet avait été publié en 1646,
celui de Chifflet en 1647, la réfutation des Vindi-
c'iae, par Blondel, en 1664, & c'est au milieu de
cette guerre, en i658, que parut le volume du Mar-
tyrologium, dans lequel il est question de Wandre-
gisile & du monastère d'Alaon. Si la charte n'a pas
fait plus de bruit lors de sa publication, c'est
qu'elle fut publiée trop tard & que les raisons qu'on
aurait eues de s'en servir n'existaient plus. En effet,
par l'avènement de la maison de Bourbon au trône
de Charles-Quint, la jalousie qui avait porté tant
d'écrivains dévoués à l'Espagne à rechercher pour
leurs souverains une origine, qui les mît au moins
de niveau avec les rois de France, n'avait plus
de raison. (Rabanis, passim, p. 210.)
ges, &c., c'est-à-dire dans la première moi-
tié du dix-septième siècle. ■ [E. M].
NOTE LXXXIV
Epoque des diverses irruptions des
Sarrasins dans les Gaule s , sous le
gouvernement de Charles Martel. —
Circonstances de quelques-unes de
ces irruptions .
I.-Q lEN n'est si difficile que de fixer pré-
Iv cisément l'époque des différentes ir-
ruptions que les Sarrasins firent dans les
Gaules du temps de Charles Martel. L'em-
barras de nos meilleurs critiques, & le par-
tage où ils sont là-dessus, en est une bonne
preuve. Nous croyons qu'il faut reconnoître
cinq principales excursions de ces infidèles
dans les diverses provinces du royaume,
depuis l'an 719, jusqu'à l'an 789. Nous
allons tâcher de développer chacune de ces
époques.
II. Nous avons déjà parlé ' de la première
qui doit être rapportée aux années 719,
720 & 721, & qui se termina par la défaite
du général Zama devant Toulouse.
III. La seconde expédition ou irruption
des Sarrasins dans les Gaules arriva cinq
ans après 5 car nous apprenons" des Anna-
les de Moissac ou d'Aniane, qu'Ambiza gé-
néral de ces infidèles assiégea Carcassonne,
la cinquième année après cette défaite. Ce fut
par conséquent en 726, puisque la bataille
de Toulouse où Zama fut tué se donna
l'an 72r,& que l'an 726 finissoit la quatrième
& commençoit la cinquième année après
cette bataille. D'ailleurs, nos anciens anna-
listes parlent d'une nouvelle irruption des
Sarrasins' sous l'an 725, après avoir déjà
fait mention de celle de 721. L'auteur des
Annales d'Aniane '' rapporte dans un autre
' Note LXXXII.
' Voyez aux Preuves de ce volume, dans les chro-
niques, VExtrait des Annales d'Aniane.
' Duchesne, t. 2, p. 3 & 7.
■* Voyez aux Preuves de ce volume, dans les chro-
niques, VExtralt des Annales d'Aniane.
Note
HECTIF.
Note
84
Éd.orig.
t. I,
p. 694.
Note
84
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
2o5
ad orig.
t. I.
P 6qS.
endroit que ces infidèles prirent la ville
d'Autun un mercredi 22 du mois d'août de
l'an 725, ce qui convient avec la plus exacte
chronologie, & fait voir qu'ils firent le siège
de Carcassonne & qu'ils prirent Au tun dans
la même année.
IV. Il paroît cependant, par les mêmes
Annales, que ces deux événemens durent
arriver en diverses années , car elles font
mention du siège de Carcassonne dans un
endroit différent de celui où il est parlé de
la prise d'Autun. Que si l'Annaliste d'A-
niane sépare ces deux événemens, ou pour
mieux dire s'il en est fait mention en deux
endroits différens, c'est qu'ayant entrepris,
dans le premier, de parler de la conquête
de l'Espagne & de la Septimanie, qui en
étoit une dépendance, par les Sarrasins, il
a rapporté de suite ce qui regarde cette
dernière province.
V. Il est donc certain que les Sarrasins
prirent Autun en 726, & c'est sans doute de
cette seule expédition dans les Gaules que
quelques anciens annalistes ' ont voulu par-
ler, lorsqu'ils ont dit que ces infidèles vin-
rent pour la première fois en 72$, Saraceni
venerunt primitus ; car ces auteurs ne peu-
vent par là avoir eu en vue le premier pas-
sage des Sarrasins en deçà des Pyrénées,
puisqu'ils attestent que, l'an 721, le duc Eu-
des les chassa de l'Aquitaine ou de ses Etats
(de terra ^ufl).Ils ont donc voulu dire que,
l'an 725, ces infidèles vinrent pour la pre-
mière fois dans les pays qui étoient soumis
au roi Thierry IV, & gouvernés par Charles
Martel, c'est-à-dire en France j par où ils
donnent à entendre que ce prince ne ré-
gnoit pas alors sur l'Aquitaine, & que cette
province qui appartenoit à Eudes, n'étoit
pas censée en ce temps-là faire partie du
royaume de France.
VI. Si nous en croyons les PP. le Cointe
& Pagi, les Sarrasins soumirent, l'an 725,
l'Albigeois, le Querci, le Rouergue & une
grande partie du reste de l'Aquitainej mais
ils n'ont que des conjectures fort incertai-
nes à nous donner là-dessus. Il paroît, au
contraire, que ces pays furent alors à l'abri
' Duchesne, t. 2, p. 3 & 7.
' Le Cointe, ad ann. 726, n. 8 & seq. — Pagi,
ad ann. 716, n. 4.
Note
des incursions des infidèles, puisque, sui-
vant l'Annaliste d'Aniane, Ambiza après la
prise de Carcassonne tourna vers le Rhône,
& c'est sans doute de ce côté-là qu'il
pénétra en Bourgogne. Ces mêmes criti-
ques ne sont pas mieux fondés, lorsqu'ils
avancent qu'Eudes livra alors la bataille
aux Sarrasins, & qu'il les défit de nou-
veau. Il est vrai qu'ils se servent de l'au-
torité de Paul Diacre & â'Anastase le Bi-
bliothécaire' pour prouver cette seconde
défaite dans cette même année : mais il
paroît que ce que rapportent ces deux
anciens écrivains regarde la bataille de
Toulouse, où les Sarrasins furent entière-
ment défaits par Eudes. Si, cependant, ce
duc leur livra bataille dans cette occasion,
elle dut se donner plutôt du côté du Rhône,
au retour de leur irruption en Bour-
gogne, ou bien après la prise de Nimes,
qu'en Aquitaine , puisque ces infidèles
ayant pris Carcassonne, tournèrent" vers
ce fleuve, selon l'Annaliste de Moissac,
& non du côté d'Aquitaine où il n'y a au-
cune preuve qu'ils aient pénétré alors. Ce
qui a trompé, sans doute, le P. le Cointe
& l'a obligea placer cette prétendue action
dans le Querci ou dans le Périgord, c'est
qu'il a cru qu'Eudes ne possédoit rien aux
environs du Rhône; mais outre le diocèse
d'Uzès dont il s'étoit emparé depuis long-
temps, selon M. de Valois % il y occupoit
encore le diocèse d'Arles, ainsi que nous
l'avons déjà prouvé : ce qui fait voir qu'il
avoit un égal intérêt à disputer le passage
de cette rivière aux Sarrasins. Soit donc
que ce duc les ait battus dans cette occa-
sion , avant ou après leur entrée en Bour-
gogne où ils passèrent certainement cette
année"*, il ne paroît pas qu'ils aient rien
entrepris alors en Aquitaine; & quoique
nos anciens annalistes rapportent sous cette
année que les Sarrasins entrèrent pour la
^première' fois en France, ce n'est pas une
' Le Cointe, ad ann. 725, n. 16 & seq.
' Anastase, Fit. Greg. IL
' Adrien de Valois, Rerum Francicarum 1. 24,
p. 446 & 479.
t Voyez, aux Preuves de ce volume, l'Extrait des
Annales d'Aniane,
^ Duchesne, t. 2, p. 3.
Note
84
106
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
conséquence qu'ils aient alors ravagé l'A-
quitaine, comme le prétend le P. leCointe.
VII. Le vénérable Bède' fait mention,
sous l'an 729, d'une irruption des Sarrasins
dans les Gaules; d'autres" la rapportent à
l'an 728, mais ils se trompent'. Comme cet
historien écrivoit dans ce temps-là, on ne
trois années de gouvernement' jusqu'à sa
défaite & à sa mort, qui arrivèrent au mois
d'octobre. Or , suivant le calcul de ce
même historien, ces trois années peuvent
être comptées depuis le commencement de
l'an 780, ce qu'il est aisé de supputer par
le temps du gouvernement qu'il donne à
sauroit révoquer son autorité en doute. C'est chacun des prédécesseurs de ce gouverneur
donc la troisième irruption des infidèles en d'Espagne.
deçà des Pyrénées : mais nous en ignorons
le détail; il y a seulement lieu de croire
que ce fut alors qu'ils coururent l'Aquitaine,
& qu'ils ravagèrent les frontières de cette
province du côté de la Septimanie, comme
le Vêlai, le Gévaudan, le Rouergue, &c. , car
Bède ajoute qu'ils furent battus peu de temps
après, dans la même province. Or, si cela
doit s'entendre de la bataille de Poitiers,
ainsi que le prétend le P. Pagi, il n'y a pas
lieu de douter qu'ils n'aient couru & ravagé
l'Aquitaine ou les États d'Eudes en 729.
Nous savons, d'ailleurs, que ce duc"* acheta
bientôt après la paix de ces infidèles par le
mariage de sa fille avec le général Munuza.
L'inaction où demeurèrent les Sarrasins
jusqu'en 782 fut le fruit de cette paix, &
c'est sans aucune autorité que le P. le
Cointe' rapporte sous l'an 731 le ravage de
la Bourgogne par ces infidèles.
VIII. La quatrième & la plus fameuse
irruption des Sarrasins en deçà des Pyré-
nées fut celle qu'ils entreprirent en 782 ,
sous la conduite d'Abdérame. Presque tous
nos modernes conviennent de cette épo-
que, & elle n'a rien de contraire à la chro-
nologie marquée dans Isidore de Béja,
quoi qu'en disent" le P. le Cointe & M. de
Marca, qui prétendent que, suivant cet
historien, la bataille de Poitiers, où ce gé-
néral arabe fut tué, dut se donner l'an 784.
Il paroît, au contraire, si on examine le
texte d'Isidore, qu'Abdérame dut finir ses
jours en 782. Cet historien lui donne
' Bède, H'ist. eccles. gent. Anglorum , 1. 5, c. 24.
"Adrien de Valois, Rerum Francicarum 1. 4,
p. 491. — Mabillon, ad ann, 729, n. 5.
' Voyez Pagi, ad ann. 729, n. 5.
■* Chron'icon Isidori Pacensis, p. i8.
^ Le Cointe, ad ann. 731, n. i.
" Le Cointe, ad ann. 782, n. 71 . — Marca H'is-
pan'ica, c. 235.
Nous avons déjà montré" que Zama suc-
céda à Alahor en 718, & qu'il fut tué devant
Toulouse , vers le mois de mai de l'an 721 ;
qu'Ambiza, qui prit la place du premier un
mois après, mourut l'ère 768 ou l'an 725,
après avoir administré l'Espagne pendant
quatre ans & demi. Jahic, successeur immé-
diat d'Ambiza, gouverna, suivant Isidore',
près de trois ans, ou comme l'explique Ro-
deric'* de Tolède, deux ans & demi. Il fut
donc relevé au plus tard vers le milieu de
l'an 728' par Codoyffa, son successeur im-
médiat; ce dernier, après six mois* de gou-
vernement, eut pour successeur pendant
quatre mois Attuman, qui, par conséquent,
ne gouverna les Etats des Sarrasins en Es-
pagne que jusque vers la fin du mois d'a-
vril de l'an 729. Or, Alcuta , successeur
d'Attuman & prédécesseur immédiat d'Ab-
dérame, ne fut en place que pendant' dix
mois. Ce dernier aura donc été nommé Éd.orig
gouverneur d'Espagne en 780, suivant Isi- pl'gg^
dore, & au plus tard au mois de mars de la
même* année.
On devroit même rapporter la défaite &
la mort de ce général à l'an 781, si on vou-
loit suivre scrupuleusement l'autorité d'Isi-
dore de Béja; car si cet auteur parle sous
cette année du commencement du gouver-
ment d'Abdérame en Espagne, il parle aussi
en même temps de sa fin & par conséquent
de sa défaite & de sa mort à la bataille de
Poitiers; il lui donne cependant, dans le
' Chron'icon Isidori Pacensis, p. 17.
^ Note LXXXII, n. 9.
' Chronicon Isidori Pacensis, p. F 5 & 16.
^ Roderic de Tolède, Hist. arab. c. 1 1 .
5 Chronicon Isidori Pacensis, p. 17. — Voyez Pagi,
ad ann. 728, n. 2.
^ Chronicon Isidori Pacensis, p. 17.
7 Ihid.
* Ferreras, Histoire d'Espagne, t. 4, p. 46.
Note
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
207
Note
même endroit, trois années d'administra-
tion 3 ce qui fait voir que cet historien a
rapporté sous une même époque tout ce
qui regarde ce gouverneur d'Espagne , sa-
voir sous l'an 781, temps auquel la révolte
du général Munuza lui donna occasion de
se mettre en armes & de venir l'année sui-
vante dans les Gaules, où il mourut. D'ail-
leurs Isidore fait mention d'Abdérame sous
l'ère 767 ou l'an 729 deJ.-C. au sujet delà
déposition d'Alcuta, son prédécesseur. Il est
vrai qu'il ne parle d'Abdelmélec, successeur
d'Abdérame que sous l'an 784 de J.-C;
mais comme il donne à celui-là quatre an-
nées de gouvernement, & qu'il lui fait suc-
céder Aucupa en 787, il faut par consé-
quent qu'Abdelmélec ait commencé de gou-
verner avant l'an 784, & vers les premiers
mois de l'an 733, ce qui convient parfaite-
ment avec l'époque de la mort d'Abdérame,
tué en octobre de l'an 782 , car il dut
s'écouler quelques mois avant que le calife
ne le remplaçât.
IX. Si nos modernes sont d'accord sur
l'époque de la défaite du général Abdérame
auprès de Poitiers, ils ne le sont pas de
même sur les circonstances de son irrup-
tion dans les Gaules. Le P. le Cointe", suivi
de quelques autres, trompé par Roderic
de Tolède', la fait commencer en 731. Il
prétend qu'Abdérame vainquit alors les
François auprès du Rhône; qu'il ravagea
ensuite tout le royaume de Bourgogne des
deux côtés de ce fleuve; que l'année sui-
vante' il agit avec deux corps d'armée,
savoir vers le Rhône & la Bourgogne par
ses lieutenans, & en personne dans l'Aqui-
taine, où il fut défait par Charles Martel.
Le P. Daniel ■* assure d'un autre côtéqu'y4^-
dérame ayant passé les Pyrénées, partagea ses
troupes; qu une partie courut la Bourgogne &
la Provence, &■ se saisit d'Arles où les Fran-
çois reçurent un grand échec ; que ce géné-
ral traversa toute la nouvelle Gascogne ,
prit avec son corps d'armée Bordeaux , passa
la Garonne S- la Dordogne , & défit Eudes
campé au delà de cette rivière ; qu'après avoir
' Le Cointe, ad ann. 78 1 , n. i .
' Roderic de Tolède, Hist. arab. c. i3.
' Le Cointe, ad ann. 782, n. 21 & 48.
^ Daniel, Histoire de France, t. 1, p. 862 & seq.
réuni toutes ses forces, il continua sa marche
par la Saintonge & le Périgord; qu'il prit
Poitiers, pilla & brûla plusieurs petites villes,
& s'empara de la plupart de celles du Rhône
& de la Saône ; qu'il vint ensuite jusqu'à Sens
qu'il assiégea & qu'il ne put prendre; qu'il
marcha enfin vers Tours, & qu'il rencontra
Charles M.artel entre cette ville & Poitiers ou
se donna la bataille. Mais la plupart de ces
circonstances paroissent fabuleuses.
1° Il est faux qu'Abdérame ait pris Poi-
tiers : M. de Valois ' qui l'avoit cru d'abord,
s'est rétracté dans les errata de son troisième
volume. Ce général ne s'empara que des
faubourgs de cette ville où étoit l'église de
Saint-Hilaire à laquelle il mit le feu. 2° Ni
Abdérame, ni ses lieutenans ne coururent'
la Bourgogne & n'assiégèrent la ville de
Sens en 781 ou en 782. La seule narra-
tion d'Isidore' de Béja, auteur contempo-
rain, suffit pour démontrer l'impossibilité
de ces prétendues courses des Sarrasins
dans cette occasion. Suivant ^ cet historien,'
ce général ne passa qu'une seule fois les
Pyrénées, & n'alla^ alors que dans la Gas-
cogne & l'Aquitaine où il fut défait & tué.
D'ailleurs, Isidore, non plus que le Conti-
nuateur de Frédégaire* & l'auteur des
Annales d'Anianeoude Moissacqui parlent
assez au long de l'expédition d'Abdérame,
ne disent rien ni de la prise de Poitiers, ni
du siège de Sens par ce général. Ils parlent
encore moins du ravage de la Bourgogne
& des pays situés aux environs du Rhône
par les infidèles durant cette irruption. Il
est vrai que le chronographe^ de Bèze place
la désolation de cette abbaye par les Sarra-
sins en 731, mais il dit en même temps que
cet événement arriva la même année que
les infidèles ruinèrent la ville d'Autun. Or,
il est certain par les Annales d'Aniane qu'ils
prirent cette ville l'an 726, ce qui fait voir
qu'ils entrèrent alors en Bourgogne, &
' Adrien de "Valois, errata ad lib. 24 Rerum
Francicarum p. 486.
' Ihid.
' Chronicon Isidori Pacensis, p. 17 & 18.
^ Ihid.
^ Marca Hispanica, p. 235.
^ Continuateur de Frédégaire, c. 107 & suiv.
' Spicilegium, t. 1, p. 627.
Note
208
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
qu'on doit reporter à cette époque la plu-
part des ravages qu'ils firent à droite de la
Saône & du Rhône, & que plusieurs de nos
modernes mettent en ySi.
X. Le P. Daniel", trompé par Roderic
de Tolède ou par Mariana, qu'il a suivi
trop aveuglément, nous donne encore plu-
sieurs circonstances de la défaite d'Abdé-
rame qui ne sont pas plus certaines. Il
dit : « Que Charles Martel avoit rassem-
« blé une armée composée non-seulement
« des troupes d'en deçà du Rhin, mais en-
'( core de ses sujets delà Germanie j sujets,
« dit-il, qu'on n'appeloit jamais que dans
« les pressantes nécessités de l'Etat. » U
compare la taille gigantesque de ces Ger-
mains avec la petitesse des Arabes. Mais si
cet historien avoit eu recours à l'original
d'où Roderic a pris ce fait qu'il a mal en-
tendu, c'est-à-dire à la Chronique d'Isi-
dore de Béja, il auroit vu que ce dernier ne
nous dit rien des soldats germains qu'il
prétend avoir été appelés par Charles
Martel dans cette occasion j & qu'Isidore
ne fait qu'opposer la valeur & la force des
peuples du Nord, c'est-à-dire des François,
à la faiblesse & à la petite taille de ceux du
Midi ou des Arabes. Atque dum acrîter dimi-
cant, dit cet auteur % gentes septentriona-
les in ictu ocult, ut paries, immobiles perma-
nentes... Arabes gladio enecant, &c. Il s'agit
ici non pas des troupes germaniques, mais de
toutes' celles dont l'armée de Charles Mar-
tel étoit composée, & à qui Isidore dans le
même endroit donne le nom de Gens Aus-
triae ou à'Europenses , par opposition aux
Asiatiques, ou Arabes, & aux Africains, ou
Maures, qui formoient l'armée d'Abdérame.
On n'oseroit dire qu'il n'y avoit que des
Germains dans celle de Charles : Roderic
n'a donc pas entendu son original dont il
rapporte plusieurs phrases entières, & il a
entraîné dans son erreur ceux qui se sont
contentés de le copier, au lieu d'avoir re-
cours à la source. Comment dans une ir-
ruption si subite, à laquelle Charles Martel
ne s'attendoit pas, & qu'il ne se mit en état
' Daniel, Histoire de France, t. i , p. 363.
' Chronicon Isidori Pacensis, p. 1 8.
^ Adrien de Valois, Rerum Francicarum
p. 487.
24»
de repousser' qu'après qu'Eudes eut été dé-
fait auprès de la Dordogne & qu'il l'eutprié
de le secourir, ce prince auroit-il pu faire
passer le Rhin & appeler du fond de la
Germanie des troupes étrangères pour ve-
nir combattre auprès de Poitiers contre une
armée qui s'étoit répandue tout à coup en
France ? Ne sait-on pas d'ailleurs, que pour
lors les nations germaniques refusoient de
reconnaître l'autorité de Charles & d'obéir
à ses ordres ? Mais ce qui met la méprise de
Roderic de Tolède dans tout son jour, c'est
que l'auteur contemporain ' de la Vie de
S. Eucher, évèque d'Orléans, parlant de
cette même irruption des Sarrasins (les-
quels, selon lui, ne pénétrèrent alors qu'en
Aquitaine), dit que dès que Charles en fut
averti, il assembla promptement une armée
de François & de Bourguignons pour aller à
leur rencontre, & qu'il remporta sur eux
une mémorable victoire. Interea gens nefanda
Ismaëlitarum ex propriis cubicuUs egressa, ad
depopulandam provinciam AquitANIAM in-
gressa , imminenti periculo sui exercitus cunc-
tam vastans supellectilem, civitates vel cas-
tella nititur expugnare. Audiens haec Carolus
princeps , collectis gentibus Burgundionum
Francorumque, obviam illis, &c. On voit par
ce passage que l'armée de Charles n'étoit
composée que de François & de Bourgui-
gnons sans aucun mélange de Germains.
XI. Nous n'ignorons pas que les PP. le
Cointe' & Pagi, après les BoUandistes ,
prétendent que l'auteur de la Vie de S. Eu-
cher parle dans cet endroit de la défaite
des Sarrasins par Charles Martel auprès de
Narbonne l'an 767 & non de la bataille de
Poitiers, parce que, disent-ils, le saint, sui-
vant l'auteur de sa vie, fut exilé la seizième
année de son épiscopat, & qu'il avoit été
élu par l'autorité de Charles Martel ; or, con-
tinuent-ils, si S. Eucher fut exilé en 782,
après la bataille de Poitiers , il devoit
avoir été élu en 716, mais Charles Martel
' Chronicon Isidori Pacensisj p. 18.
' BoUandistes, 20 févr. p. 218. — Mabillon ,
Acta. Sanctorum ordinis S. Benedicti, saec. 3, part, i ,
p. 598.
' Le Cointe, ad ann. 737, n, 3i, & seq. — Pagi,
ad ann, 731, n. 16 & seq. — BoUandistes, 20 févr.
p. 218.
Note
84
Éd. orig.
t. I,''
p. 697.
Note
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
209
Note
n'avoit alors aucun pouvoir dans le royaume
de Neustrie. Son élection étant donc posté-
rieure à l'an 716, son exil doit être arrivé
longtemps après l'an ySi. Il est aisé de ré-
pondre à cette objection.
1° S. Eucher peut avoir été élu par le
crédit de Charles Martel peu de temps
après le mois de mars de l'an 717 que ce
maire du palais se rendit maître de la Neus-
trie', après la bataille de Vinci. Suivant
ce calcul, il pouvoit être dans la seizième
année de son épiscopat au mois d'octobre
de l'an 732. Il est vrai que le roi Chilpéric
rentra quelque temps après dans la posses-
sion d'une partie de ses Etats, & que Char-
les ne l'en dépouilla entièrement que l'an-
née suivante; mais il est constant, selon
l'Annaliste de Metz, que ce maire du palais
poursuivit Chilpéric jusqu'à Paris après la
bataille de Vinci, & qu'alors il se rendit
maître de la Neustrie, cunctaque regione llla
subacta, &c., ce qui suffit pour qu'il ait pu
contribuer en ce temps-là à l'élection de
S. Eucher.
2° On peut supposer que ce prélat ne
fut élu qu'en 718, peu de temps après la
fuite du roi Chilpéric en Aquitaine & l'en-
tière soumission de la Neustrie à Charles ,
& qu'il ne fut exilé qu'en 733, quelques
mois après la bataille de Poitiers : car l'au-
teur de sa vie ne dit pas qu'il ait été exilé
d'abord après cette bataille qui se donna au
mois d'octobre. Nous savons, en effet, que
l'auteur" des Annales du monastère deSaint-
Tron, où S. Eucher fut inhumé, assure qu'il
ne fut envoyé en exil qu'en 733.
3° Le P. Mabillon % quia vu les mêmes
difficultés, soutient, après M. de Valois*,
que S. Eucher fut exilé en 732, quoiqu'il
ne mette son élection que vers l'an 720.
Il fait voir que c'est là le véritable sens de
l'auteur de sa vie, selon lequel ce prélat
mourut la sixième année de son exil : or,
s'il n'avoit été relégué qu'en 737, après la
bataille de Narbonne, il auroit survécu
' Annal, Mettens. ad ann. 717.
' BoUandistes, 20 febr. p. 210 & seq.
^ Mabillon, Acta SS, Ordtnis S.Benedict'i, p, 697,
ad ann. 532, n, i 3 ; ad ann. 738, n. ^j\.
^ Adrisn de Valois, Rcrum Francicarum 1. 24,
p. 480.
II.
longtemps à Charles Martel, & les enfans de
ce prince l'auroient infailliblement rétabli
dans son évéché; on sait cependant qu'il
mourut exilé. Sa mort dut donc précéder
l'an 741, & son exil l'an 737 : c'est le rai-
sonnement de D. Mabillon.
4° Enfin ceux qui prétendent que S. Eu-
cher ne fut exilé qu'en 737, après la ba-
taille de Narbonne, sont obligés de dire
que l'auteur de sa vie a voulu désigner la
Narbonnoise par le mot Aquitanîam. Mais
il est sans exemple qu'on ait ainsi confondu
dans ce temps-là ces deux provinces; au
lieu qu'en supposant que cet auteur veut
parler des ravages que les Sarrasins commi-
rent dans l'Aquitaine propre, avant la ba-
taille de Poitiers, tout s'accorde parfaite-
ment.
XII. Nous ne nous arrêterons pas à dis-
cuter les autres circonstances de la bataille
de Poitiers rapportées par quelques moder-
nes, comme la perte prodigieuse qu'ils at-
tribuent aux Sarrasins, dans cette occasion,
de trois cent soixante-quinze mille hommes
des leurs, tués sur la place, tandis qu'ils
prétendent que les François ne perdirent
que quinze cents soldats ; ce qui n'est ap-.
puyé que sur l'autorité de Paul Diacre'
& d'Anastase le Bibliothécaire", laquelle
ne peut s'appliquera la victoire de Charles
Martel sur ces infidèles à la bataille de
Poitiers. Le témoignage de ces deux histo-
riens est à peu près le même : or, selon
Anastase, qui ne dit rien de Charles Martel,
Eudes envoya la relation de la défaite des
Sarrasins au pape Grégoire II, qui mourut
au mois de février de l'an 731. Cet auteur
ne peut donc avoir voulu parler de la ba-
taille de Poitiers donnée au mois d'octobre
de l'année suivante. Aussi nos plus habiles
critiques' sont obligés de supposer une
bataille antérieure à celle-là, où ils préten-
dent que ce duc fit un si horrible carnage
des infidèles; ce qui doit s'entendre, sans
doute, de leur défaite devant Toulouse,
qui est le seul échec qu'ils aient souffert
de la part d'Eudes, dont les anciens histo-
' Paul Diacre, Historia Lang. 1. 6, c. 46.
' Anastase, Vita Greg. II.
^ Le Cointe, ad ann. 725, n. 16 & seq.} ad ann.
782, n. 68. — Pagi, ad ann. jz5, n. 4.
'4
Note
84
210
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Éd.orig.
t. I,
p. 698.
riens fassent mention. M. de Valois' révo-
que en doute avec raison un si prodigieux
nombre de morts.
XIII. Il n'est pas bien certain si Eudes se
trouva en personne à la bataille de Poitiers.
Il est vrai que Paul Diacre' prétend que
les Sarrasins furent entièrement défaits par
Charles Martel & ce duc qui s'étoient joints,
mais il paroît, comme nous l'avons déjà
dit, que cet historien confond la bataille
de Toulouse avec celle de Poitiers. Ainsi,
on ne sauroit s'appuyer sur son témoignage
ni sur celui des historiens postérieurs qui
avancent le même fait, & qui l'ont sans
doute pris de lui. Ce qu'il y a de certain ,
c'est qu'Isidore de Béja^ auteur contempo-
rain, n'en dit rien. Il semble, d'ailleurs,
qu'Eudes ayant été déjà entièrement défait
par les infidèles, il n'étoit guère en état de
leur tenir tète.
Suiva-nt M. deMarca', ce duc perdit du-
rant cette irruption deux batailles consé-
cvitives, l'une aux bords de la Garonne &
l'autre en deçà ou à la droite de la Dordogne,
ce qu'on peut fonder d'un côté sur l'Anna-
liste d'Aniane"* qui met la défaite d'Eudes
sur les bords de la Garonne, & de l'autre,
sur Isidore'' de Béja, suivant lequel ce duc
fut battu auprès de la Dordogne. Il peut donc
se faire que les Sarrasins lui aient livré
deux combats différens, à moins que ces
infidèles ne l'aient attaqué entre ces deux
rivières, ce qui pourroit peut-être concilier
les deux historiens. Quoi qu'il en soit, si
Eudes fut défait deux fois par Abdérame, il
ne le fut jamais par ce général du côté^
d'Arles, comme Roderic de Tolède l'avance
mal à propos.
XIV. C'est à cette irruption qu'il faut
rapporter la désolation de la Gascogne & de
presque toute l'Aquitaine par les Sarrasins
qui s'étoient étendus, avant leur défaite, de-
puis les Pyrénées jusqu'au delà de Poitiers,
' Adrien de Valois, Rerum Franclcarum 1. 24,
p. 490 & seq.
' Paul Diacre, Historia Lang. 1. 6, c. 46.
' Marca Hispan'ica, p. 235.
^ Voyez dans les Preuves de ce volume, aux
Chroniques, les Annales d'Aniane.
^ Ckronicon Is'idori Pacensis, p. 18.
" Adrien de Valois, Rerum Franclcarum 1. 24,
p. 490 Se seq. — Marca Hispan'ica, p. 235.
& qui, à leur retour, ayant pris le chemin
de la Septimanie, durent passer par le Li-
mousin, le Quercy, le Rouergue, l'Albi-
geois & le Toulousain pour arriver dans
cette province.
XV. Le P. Pagi ' suppose que ces infi-
dèles firent une nouvelle irruption en
France, l'an ySS. Il donne pour garant de
ce fait le Continuateur' de Frédégaire, qui
rapporte à la vérité que Charles Martel se
rendit alors en Bourgogne pour pacifier
les troubles qui s'y étoient élevés, mais qui
ne parle pas des Sarrasins. Il paroît que ce
prince n'entreprit ce voyage que pour
étouffer les semences de révolte qui com-
mençoient déjà à se former dans ce royaume
ou en Provence, où le duc Mauronte &
quelques autres gouverneurs méditoientde
se soustraire à son autorité pour se rendre
indépendans. Il est vrai que cette révolte,
qui éclata quelques années après, donna
lieu, dans la suite, aux Sarrasins avec les-
quels les rebelles se liguèrent, dépasser le
Rhône & de s'établir au delà de ce fleuve;
mais ce ne fut qu'en 786 '.
XVI. Ce fut cette même année que ces
infidèles se rendirent maîtres'* de la ville
d'Arles, après avoir été appelés par le même
Mauronte, gouverneur d'une partie de la
Provence qui s'étoit révoltée de nouveau.
Ce duc, avec quelques autres gouverneurs
du royaume de Bourgogne, qui crurent
ne pouvoir se soutenir dans leurs entre-
prises qu'en s'unissant avec les Sarrasins,
les appelèrent' à leur secours, leur livrè-
rent Avignon, & les introduisirent au delà
du Rhône. Ces barbares s'étendirent alors
dans toute la province d'Arles, où ils cau-
sèrent des maux infinis , pendant quatre
années consécutives* que durèrent leurs
courses de ce côté-là. Ainsi, c'est principale-
ment à cette époque qu'il faut rapporter la
désolation dé la Provence &: des autres pays
situés au delà du Rhône & de la Saône'.
' Pagi, ad ann. 733, n. i.
° Continuateur de Frédégaire, c. 109, p. ôyS.
' Annales d'Aniane, aux Preuves de ce volume.
" Ibld.
^ Continuateur de Frédégaire, c. 1 09, p. 677 & 678.
*" Annales d'Aniane, aux Preuves de ce volume.
' Adrien de Valois, Rerum Francicarum 1. 24,
p. 5oo 81 seq.
Note
84
Note
84
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
21 1
Note
ADDIT.
Note
85
XVII. La cinquième irruption des Sarra- longtemps sous la domination Françoise,
NOTB
82
sins en France commença donc en 736' &
continua les années suivantes. Charles Mar-
tel étant venu au secours des provinces dé-
solées chassa ces infidèles, en 737, d'une par-
tie de la Provence, & les poursuivit jusqu'à
Narbonneoùil les défit auprès de cette ville.
Tandis que ce prince étoit occupé, l'an 738,
à des guerres étrangères, Mauronte, qui
étoit encore maître de toutes les montagnes
de Provence avec les Sarrasins ses alliés, se
révolta de nouveau, & ces infidèles recom-
mencèrent leurs excursions jusqu'à ce que
Charles Martel, secouru de Luitprand, roi
des Lombards, soumit le premier & chassa
entièrement les autres des provinces situées
le long du Rhône, en 739. Depuis ce temps-
là Ies_ Sarrasins ne tentèrent plus aucune
excursion en France, du moins pendant la
vie de Charles Martel.
[.Addition des nouveaux éditeurs.']
[La plupart des questions discutées dans
cette Note par dom Vaissete ont déjà été
traitées dans les notes du premier volume.
Voyez plus loin la Note consacrée au même
sujet dans le présent volume.]
& y étoient encore, le premier depuis
l'an 5o8, & l'autre depuis l'an 533. Celui de
Lodève, après avoir appartenu aux Fran-
çois, avoit été repris par les Visigoths, ses
anciens maîtres, vers la fin du sixième siè-
cle^ les sept autres avoient toujours dé-
pendu jusqu'alors de la monarchie gothi-
que.
II. Suivant la Chronique d'Uzès donnée
parCaseneuve, les Visigoths dévoient avoir
repris cette ville au milieu du huitième
siècle, puisque les François s'en étoient
déjà alors emparés sur ces peuples'. Anno
Domini BCCLVI , dit cette chronique, in-
trante mense Aprili, in Nemauso ac Ucessia
jam redactis sub Francorum dominio, cessante
dominio Gothorum, intravit cornes Radulfus,
prout reperitur in archivis S. Theoderiti Uti-
censis. Si ce fait est bien certain, il faut que
les Visigoths qui habitoientla partie orien-
tale de la Septimanie, après s'être soustraits
à la tyrannie des Sarrasins, vers l'an 738,
aient pris Uzès ou sur ces infidèles qui
pouvoient s'en être emparés, ou sur les en-
fans d'Eudes, duc d'Aquitainej car, au juge-
ment d'un habile critique', cette ville fut du
domaine de ce duc, qui dut s'en rendre
maître lorsqu'il envahit l'Aquitaine Austra-
sienne, dont elle faisoit partie. Dans cette
supposition , Ansemond , seigneur goth ,
qui se soumit à Pépin le Bref, en 752, avec
Nimes & les autres villes du voisinage, dut
aussi livrer celle d'Uzès à ce prince, qui la
Epoque de Vunïon de la Septimanie réunit par là au domaine de la couronne.
NOTE LXXXV
ou Narbonnoise première à la cou-
ronne.
Lt a Septimanie renfermoit huit diocèses
■L' lorsque les Sarrasins s'en emparèrent
Sur les Visigoths, vers le commencement
du huitième siècle, savoir : ceux de Nar-
bonne, ville métropole de la province, de
Béziers, Nimes, Agde, Lodève, Maguelonne,
Carcassonne & Elne. Ces huit diocèses ou
cités, avec ceux de Toulouse & d'Uzès, com-
posoienttoutela Narbonnoise première. Les ziers, & Maguelonne au roi Pépin. Or ^ selon
deux derniers avoient alors passé depuis
' Caseneuve, Le Franc-Alleu, p. 285 & suiv.
* Adrien de Valois, Rerum Francicarum 1. 23,
' Le Coime, ad ann. 736, n. 22 p. ^33.
Il faut avouer, cependant, qu'on ne sau-
roit faire beaucoup de fonds sur cette chro-
nique, qui est du moins fort erronée sur la
chronologie. Elle ne consiste qu'en dix à
douze articles que son auteur a recueillis,
ou des anciens titres de la cathédrale d'U-
zès, ou des Annales d'Aniane, qu'il a trans-
crits de suite dans un ancien manuscrit, &
dont 11 rapporte la plupart sous une fausse
date. Il dit dans le premier, tiré des Anna-
les d'Aniane, qu'Ansemond (qu'il appelle
Misemont) livra en 743 Nimes, Agde, Bé-
Éd.orig.
t. 1,
p. 699.
Note
85
212
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
ces Annales, cet événement arriva en 762 '.
D'ailleurs, Pépin n'étoit pas encore roi
en 743. Il est fait mention dans le quatrième,
& sous l'an 755, du comte Guillaume, fon-
dateur de l'abbaye de Gellone, & on ajoute
que la même année S. Benoît fonda celle
d'Aniane; mais il est certain que ces deux
faits sont fort postérieurs. On fait, dans le
huitième article, Nébridius archevêque de
Narbonne en 773, tandis que nous savons
qu'il ne remplit ce siège que longtemps
après. Tout cela fait voir que si l'auteur
de cette chronique a puisé dans de bonnes
sources les faits qu'il rapporte, on ne sau-
roit du moins compter sur sa chronologie,
& que c'est mal à propos que quelques-uns
de nos modernes , & entre autres le P. le
Cointe, se sont appuyés sur un fondement
si peu solide.
III. Nous venons de dire que suivant les
Annales d'Aniane, les villes de Nimes,
Béziers, Agde & Maguelonne se soumirent,
en 752, à Pépin. Ce prince les unit alors
pour la première fois au domaine de la
couronne. L'Annaliste de Metz" confirme
cette époque 3 car, selon cet auteur, Pépin
conduisit une armée dans la Gothie, en 762,
forma le siège de Narbonne, & se rendit
maître de cette ville au bout de trois ans.
Il paroît que l'Annaliste d'Aniane convient
avec celui de Metz de l'époque de ce siège
par Pépin, puisque après avoir rapporté que
les villes de Nimes, d'Agde, &c. , se soumirent
à ce prince en 762, il ajoute sous la même
année : Ex eo die Franci Narbonam infestant;
mais il n'est pas d'accord avec cet auteur
sur celle de la reddition de cette place,
qu'il met en 759. Nous avons cru devoir pré-
férer son autorité à celle de l'Annaliste de
Metz, tant parce qu'il est plus ancien, que
parce qu'écrivant dans le pays, il'devoit être
mieux informé. Ce qu'il dit de la prise de
Narbonne par les François est d'ailleurs
confirmé par Gervais deTilbéri' ou le ma-
réchal d'Arles , auteur qui n'a écrit à la vé-
rité qu'au douzième siècle ou au commence-
ment du treizième, mais qui étoit parfaite-
' Voyez aux Preuves de ce volume les Annales
d'Aniane.
'' Annal. Mettens. p. 275.
' Gervais de Tilbéri, p. 940.
ment instruit de ce qui s'étoit passé dans
la province au voisinage de laquelle il fit
un long séjour, & qui enfin, au jugement
de nos meilleurs critiques, a pris dans de
bonnes sources' ce qu'il rapporte touchant
les Sarrasins & la prise de Narbonne p»r
les François sur ces infidèles.
IV. La soumission de cette capitale fut
suivie de celle du reste delà Septimanie"
& de l'union de toute cette province à la
couronne, qui par là tomba enfin pour la
première fois sous la domination françoise.
Si donc les villes de Carcassonne & de
Lodève étoient encore alors sous l'obéis-
sance des Goths ou celle des Sarrasins, ce
que nous ignorons, elles durent se rendre
aux François en même temps, à moins que
les ducs d'Aquitaine ne s'en fussent empa-
rés. Dans ce dernier cas, ces deux villes
n'auront été unies à la couronne, pour la
première fois, que huit à neuf ans après,
lorsque Pépin eut achevé de soumettre
tous les pays possédés par Waïfre, petit-
fils & successeur d'Eudes, duc d'Aquitaine.
NOTE LXXXVI
Restitution d'une transposition dans le
Continuateur de Frédégaire. — Epo-
que de la bataille qui se donna entre
Pépin 6* Waijre.
I.T 'exactitude sur la chronologie est
i-' si nécessaire, pour ne pas se tromper
dans la narration des faits historiques,
qu'on ne sauroit la négliger sans tomber
dans des fautes considérables. Nous en
avons un exemple dans plusieurs de nos
modernes, qui, dans ce qu'ils rappor-
tent touchant la guerre d'Aquitaine entre
Pépin & Waïfre, ont renversé l'ordre des
faits pour n'avoir pas pris garde à la trans-
position d'un chapitre dans le quatrième
Continuateur de la Chronique de Frédé-
' Adrien de Valois, Rerum Francicarum 1. 24,
p. 5o5.
* Annal. Mettens. — Gervais de Tilbéri, p. 940.
Note
85
Note
86
Note
86
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
2l3
gaire, ce qui leur a fait inventer, pour lier
les faits, plusieurs circonstances contraires
à la vérité de l'histoire. Ce chapitre est
le iSo*' de cette Continuation dans l'édi-
tion de Dom Ruinart'j il doit être placé
immédiatement après le chapitre 126 avec
ces trois lignes qui le précèdent & qui ter-
minent le chapitre 129 : Iterum, eo anno,
cum omni exercitu suo, praedictus rex Pîppi-
nus ad sedem proprïam reversas est.
II. La preuve que nous donnons de cette
transposition est que, suivant l'ordre des
faits rapportés dans le texte du Continua-
teur de Frédégaire, tel qu'il est imprimé,
tout le chapitre i3o devroit appartenir à
l'année 765, que Dom Ruinart a aussi mar-
quée à la marge. Or, il est constant que
les expéditions attribuées à Pépin dans ce
chapitre se passèrent en 763, & que ce
prince demeura dans l'inaction & ne sortit
pas de ses Etats pendant tout l'an 765, ainsi
que l'attestent tous nos autres" anciens his-
toriens, entre autres EginhardSc l'Annaliste
de Metz.
Suivant ce qui est rapporté dans ce cha-
pitre, Pépin s'étant rendu à Nevers y tint
l'assemblée du champ de Mai; il passa
ensuite la Loire , entra dans le Limou-
sin, & rencontra enfin le duc Waïfre qui
lui présenta la bataille & qui fut entière-
ment défait. On voit, au contraire, dans les
mêmes historiens, que, l'an 765, Pépin tint'
l'Assemblée du Champ de Mai à Attigny-sur-
Aisne & non pas à Nevers; que la seule
fois qu'il la tint dans cette ville, pendant la
.guerre d'Aquitaine contre Waïfre, ce fut ^ en
763 & qu'aussitôt après, ayant passé dans
l'Aquitaine, il s'avança jusqu'à Cahors, pé-
nétra jusqu'à Limoges , &c. Par conséquent
tout ce qui est contenu dans le chapitre i3o
de la Continuation de Frédégaire, ayant
suivi immédiatement l'assemblée de Nevers,
doit être rapporté à l'an 763, & ce dut être
dans la mème^ année que Waïfre, ayant
présenté la bataille à Pépin, fut battu par
' Continuateur de Frédégaire, p. 698.
' Duchesne, t. 2, p. i3, 27, 236. — Éginhard. —
Annal, Mettens. t. 3, 278.
' Eginhard & Annal. Mettens.
" liid.
' Continuateur de Frédégaire, c. i3o.
Note
86
ce prince, comme il est dit dans le même
endroit du Continuateur de Frédégaire. Il
s'ensuit de ce que nous venons de dire que
ce ne fut pas en 766 que ce duc fit, pour ré-
parer ses pertes, ce qu'il n'avoit encore osé Éd.orig
faire depuis le commencement de la guerre en p'^oo.
présentant la bataille à Pépin, comme le dit
un de nos historiens modernes', puisque
cette bataille se donna trois ans auparavant.
III. Nous pouvons ajouter une autre
preuve après laquelle on ne sauroit dou-
ter que tout le chapitre i3o de la Con-
tinuation de Frédégaire n'appartienne à
l'an 763, & qu'il ne doive, par conséquent,
suivre immédiatement le chapitre 126, &
précéder le 127*. Il est dit dans ce chapi-
tre i3o que Blandiny comte d'Auvergne, fut
tué dans le combat que Waïfre livra à
Pépin. Nous voyons cependant', dans le
chapitre 128, lequel, comme on le suppose,
contient les faits arrivés en 764, qu'alors
Blandin n'étoit plus comte d'Auvergne, &
que Chilping lui avoit déjà succédé. Par
conséquent le chapitre i3o ne sauroit con-
venir à l'an 765 & doit précéder le 128'.
Nous savons, d'ailleurs, que Blandin fut
comte' d'Auvergne depuis le commence-
ment de cette guerre, ou l'an 761, jusqu'à
sa mort.
IV. Il nous reste à prouver que les trois
lignes qui précèdent le chapitre i3o & qui ■>
terminent le 129^ appartiennent au 126®.
Elles sont, en effet, une répétition de la
conclusion de ce dernier; & si on devoit
les rapporter à l'an 764, suivant la chrono-
logie du P. Ruinart, elles contiendroient
une fausseté, savoir que cette même année.
Pépin, après avoir fait la guerre hors de ses
Etats, retourna en France, puisque selon nos
anciennes Annales, & entre autres celles
d'Eginhard & de Metz, ce prince ne fit au-
cune guerre & ne sortit point de France
pendant les années 764 & 765. Ainsi tous
les chapitres 127, 128 & 129 de la Continua-
tion de Frédégaire appartiennent, au moins
depuis la dixième "* ligne du 127®, à l'an 765,
ce qui est conforme à l'Annaliste de Metz,
' Daniel, Histoire de France, t. i, p. 416.
' Continuateur de Frédégaire, c. 1 3o, p. 697.
' Ibid. p. 694 & seq.
* Ibid. c, i3o, p. 696.
Note
86
214
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
Note
87
qui rapporte les faits contenus dans ces
chapitres sous cette dernière année.
V. Nous remarquerons en passant que le
P.Daniel' se trompe lorsqu'il dit que le
comte Adalard, qui défit Chilping, comte
d'Auvergne, commandoit dans Cavaillon pour
Pépin. Cet historien a pris Cavaillon pour
Châlons-sur-Saône. On lit, dans l'Annaliste
de Metz^ : Adalardus cornes Cabîllonensis ,(\\x\
est le vrai nom de Châlons-sur-Saône. Pour
faire Adalard comte de Cavaillon, il fau-
droit qu'il y eût dans le texte du Continua-
teur de Frédégaire' cornes CabeUicencîs :
mais il y a Cavalonensis qui est une corrup-
tion'* de Cabillonensis.
NOTE LXXXVII
Suite des ducs de Toulouse, d'Aqui-
taine ^ de Septimanie ; des marquis
de Gothie ^ des comtes de Toulouse,
de Narhonne , de Barcelone , de
Carcassonne, &c., durant la seconde
race.
Ï.y^->^U0IQUE cette matière ait été déjà
V^ traitée avec assez d'étendue par plu-
sieurs savans écrivains modernes, elle souf-
fre encore cependant tant de difficultés
que nous croyons devoir la discuter de
nouveau. Nous nous sommes déterminés
d'autant plus volontiers à cette entreprise,
que les divers monumens qui ont paru de-
puis, ou que nous avons découverts, nous
ouvrent une carrière -presque toute nou-
velle.
II. Avant que de nous engager dans cette
discussion, nous ferons ici quelques obser-
vations préliminaires : i" Sous les deux
premières races de nos rois, le titre de duc
' Daniel, Histoire de France, t. i, p. 414.
* Annal. Mettens. éd. Duchesne, t. 3, p. 279,
' Continuateur de Frédégaire, c. 128.
^ Voyez la Chronique de Moissac, éd. Duchesne,
t. 3, p. 148. — Adrien de Valois, iVotir/a Galliarum,
p. 110.
désignoit ordinairement' un gouverneur
de province, & celui de comte, un gouver-
neur de diocèse j en sorte que les ducs
avoient plusieurs comtés ou diocèses dans
leur département ou sous leur autorité, &
que les comtes étendoient seulement la leur
sur tout un diocèse. On voyoit cependant
quelques" comtes qui avoient une autorité
indépendante dans leur comté ou gouverne-
ment. Enfin, depuis le règne de Charle-
magne, on donna à plusieurs comtes le titre
de marquis , parce que leurs comtés ou
gouvernemens étoient situés sur les marches
ou frontières des divers royaumes ou pro-
vinces qui composoient la monarchie.
2° Les ducs ou gouverneurs généraux
sont désignés indifféremment, dans les au-
teurs du temps, par le nom de la province
même dont ils avoient le gouvernement ou
par celui de la ville capitale dont ils étoient
en même temps gouverneurs particuliers.
Par exemple, Adalbert, qui vivoit sous le
règne de Charles le Chauve, est qualifié
parNithard' tantôt duc d'Austrasie, tantôt
comte de Mefî^, parce que cette ville étoit
capitale du duché ou gouvernement d'Aus-
trasie, & qu'outre ce duché, Adalbert pos-
sédoit encore le comté particulier de Metz :
ou, pour mieux dire, c'étoit ce comté même
qui lui donnoit une autorité supérieure *
sur toute l'Austrasie. Les historiens con-
temporains appellent de même Folcrad qui
vivoit alors, tantôt duc d'Arles & tantôt duc
de Provence, parce qu'il étoit comte parti-
culier de cette ville, capitale du duché ou
gouvernement général de Provence. Ainsi,
par la même raison, Bernard, fils de S. Guil-
laume, fondateur de Gellone, est nommé
par les historiens^ du temps, tantôt duc
de Septimanie , & tantôt duc ou comte
de Barcelone : preuve que cette ville étoit
alors capitale du duché ou gouvernement
général de Septimanie. On donnoit donc
' Voyez Valafrid Strabon, de Reb, eccles, c. 3 1 .
Bibl. Patr. t. i5. — Grégoire de Tours, 1. 8, c. 18 ;
1. 9, c. 7. — Eginhard, ad ann. 748.
' Frédégaire, c. 87.
' Nithard, dans Duchesne, t. 2, p. 367 & 368.
'' Annal. Mettens. ad ann. 840. — Annales Bertin,
p. 20 I .
5 Voyez Annal. Fuld. & Mett. ad ann. 844.
Note
87
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
21.)
Éd.orig.
t. I,
p. 701.
indifféremment le titre de duc ou de comte
aux gouverneurs généraux de province :
ils ne sont même désignés très-souvent
que sous l'une ou l'autre de ces qualités
jointe à leur nom de baptême, sans expri-
mer la province ou la ville dont ils avoient
le gouvernement.
3° Les grands diocèses du royaume, par-
ticulièrement ceux qui étoient situés sur
les frontières, & qui sous Charlemagne ne
formulent encore qu'un seul comté, com-
mencèrent d'être partagés en plusieurs, vers
la fin du règne de ce prince. Ceux qui
avoient moins d'étendue continuèrent ce-
pendant de ne former qu'un seul comté ou
gouvernement particulier.
4° Charlemagne' ne donna jamais à une
même personne qu'un seul comté ou gou-
vernement particulier dans l'intérieur du
royaume. S'il se relâcha de cette maxime,
ce ne fut qu'à l'égard des provinces fron-
tières , où il donna quelquefois à un
même seigneur plusieurs comtés ou gou-
vernemens particuliers. Il paroît que Louis
le Débonnaire n'observa pas toujours ré-
gulièrement cet usage : il est du moins
certain que sous le règne de Charles le
Chauve, il étoit permis à un même seigneur
de posséder plusieurs comtés ou gouver-
. nemens particuliers dans l'intérieur du
royaume, & que les exemples en sont fré-
quens.
5" Les comtes particuliers des villes mé-
tropolitaines prises suivant l'ordre ecclé-
siastique, n'avoient par ce titre' aucune
autorité ou prééminence sur les autres
comtes de leur province, à moins que
leur ville ne fût d'ailleurs capitale de quel-
que royaume ou gouvernement général.
Nous ne voyons pas, en effet, que les
comtes particuliers de Sens, de Trêves, de
Lyon, de Bourges, &c., fussent en même
temps ducs ou gouverneurs généraux de
France, d'Austrasie, de Bourgogne ou
d'Aquitaine; au lieu que nous trouvons
que les comtes particuliers de Paris, de
Metz, de Toulouse, de Poitiers, &c., joi-
gnoient à cette dignité celle de ducs de
France, d'Austrasie, d'Aquitaine, &c. 1/a
' Moine de S. Gall, Fie de Charlemagne, p. 112.
* Le Cointe, ad aiin. 778, n. 8.
raison en est, comme nous l'avons déjà dit,
que ces dernières villes étoient capitales
de divers royaumes ou gouvernemens géné-
raux. Le seul droit attaché à la dignité des
comtes particuliers des villes métropoli-
taines, étoit d'envoyer aux autres comtes
des villes de la province ecclésiastique dont
ils dépendoient, un exemplaire des nou-
veaux capitulaires ou ordonnances de nos
rois qui leur étoient adressés dans ce des-
sein.
6° Quoique sous les règnes de Charlema-
gne & de Louis le Débonnaire les dignités
de duc & de comte ne fussent pas encore
héréditaires, cependant ces princes, pour ré-
compenser le mérite des pères, honoroient
souvent leurs enfans des mêmes charges
qu'ils avoient occupées". Cet usage fut
plus généralement observé sous Charles le
Chauve, qui se fit une loi' de laisser aux
enfans les dignités de leurs pères^ou à leur
défaut, aux plus proches parens. Il avoit
tellement prévalu avant cette loi, que
l'Annaliste' de Saint-Bertin, auteur con-
temporain, remarque sous l'an 867, comme
une chose singulière, que les enfans de Ro-
bert le Fort & ceux de Rainulfe, comte de
Poitiers, eussent été privés des dignités de
leurs pères. C'est aussi au règne de ce prince
qu'il faut rapporter^ le commencement de
l'hérédité des bénéfices ou fiefs.
7° Il est aisé de remarquer que, sous la
seconde race & bien avant dans la troi-
sième, les noms se perpétuoient dans les
familles. Cet usage peut servir à connoître
la descendance & la succession de divers
comtes, surtout lorsqu'il se trouve appuyé
d'autres circonstances. Examinons présen-
tement la suite des ducs ou comtes de Tou-
louse sous la seconde race.
^ I. — Ducs &■ comtes de Toulouse. —
Duché d'Aquitaine.
III. Toulouse, après avoir été ville royale
' Ermoldus Nigellus, 1. 2, p. 43.
' Capitulaires, t. 2, p. 268, 269 & suiv.
3 Annal. Bertin. p. 23o.
* Voyez aux Preuves de ce volume. Chartes &
Diplômes, n. LXXII, LXXIII, LXXIV, trois Char-
tes de Charles le Chauve en faveur de ses vassaux.
Note
87
Note
87
216
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
sous les Visigoths, qui y avoieiit établi le
siège de leur empire, & qui en avoient fait
la capitale de leurs Etats, tant en deçà qu'au
delà des Pyrénées, devint ville ducale dès
qu'elle eut passé sous la domination des
François, au commencement du sixième
siècle. Il est fait mention, dans les anciens
historiens, de Launebode, de Didier, d'Aus-
trovalde, &c., ducs de Toulouse sous les suc-
cesseurs de Clovis, ce qui prouve, suivant
les principes que nous avons établis, que
comme cette ville fut censée de l'Aquitaine
depuis que ce prince l'eut enlevée aux Visi-
goths, elle fut en même temps capitale d'un
gouvernement général qui comprenoit une
partie de ce pays.
Ce gouvernement devoit s'étendre dans la
partie occidentale de l'Aquitaine, car après
la mort de Clovis cette portion du royaume
fut partagée entre les princes sesenfans,&.
père, en titre de duché héréditaire, ainsi
que nous l'avons expliqué ailleurs. L'union
qu'Eudes, petit-fils de Charibert, fit à son
domaine de l'Aquitaine austrasienne , donna
un nouvel éclat à la ville de Toulouse : elle
fut la capitale de tous ses États, ce qui con-
tinua sous Hunold & Waïfre, ses succes-
seurs, jusque vers la fin du huitième siècle.
IV. Waifre ayant été vaincu & entière-
ment dépouillé de son duché par Pépin le
Bref, Charlemagne, fils & successeur de ce
dernier, érigea l'Aquitaine en royaume,
peu de temps après sa réunion à la couronne.
Ce royaume "fut d'abord possédé par Louis
le Débonnaire qui, à ce qu'il paroît, éta-
blit son siège à Toulouse. Car nous savons
que ce prince y avoit un palais ' & qu'il y
tenoit" ordinairement l'assemblée ou la
diète de ses Etats : nous voyons d'ailleurs',
que cette ville conserva toujours le titre de
Note
87
à ce qu'il paroît, entre Childebert, roi de ville ducale, & que ce fut la seule de toute
Paris ou de Neustrie & Thierry, roi de Metz l'Aquitaine qui en fut honorée^ ce qui fait
ou d'Austrasie. Or, comme il est certain voir sa prééminence sur toutes les autres
que ce dernier posséda la partie orientale villes de ce royaume, & que les ducs de
de l'Aquitaine qu'il avoit soumise après la Toulouse avoient une autorité supérieure
bataille de Vouglé, il s'ensuit que l'occi- à celle de tous Içs comtes des différens pays
dentale devoit dépendre du royaume de qui le composoient, c'est-à-dire, qu'ils en
Paris ou de Neustrie; ce qui nous a donné avoient le gouvernement général *.
occasion de diviser l'Aquitaine en Neus- Chorson. — V. Le premier qui fut ho-
trienne & Austrasienne. La première, après noré du titre de duc de Toulouse^ sous la
la mort de Charibert, roi de Paris, à qui elle seconde race de nos rois, fut Chorson ou
avoit appartenu, ayant été partagée entre Torsin, que Charlemagne éleva à cette di-
ses trois frères, chacun fit gouverner les gnité lorsqu'il régla le gouvernement d'Aqui-
pays qui lui échurent, par un duc' ou gou- taine, en 778, & qu'il établit des comtes
verneur général , & Toulouse continua françois dans les principales villes de ce
d'être capitale d'un duché ou gouvernement royaume. C'est le seul, entre tous ces com-
général jusqu'au règne de Clotaire II, qui
recueillit tous les Etats qui composoient la
monarchie françoise & disposa du royaume
d'Austrasie, en 622, en faveur de Dagobert,
son fils aîné. Celui-ci se réserva la partie
de l'Aquitaine qui dépendoit de ce royaume,
& céda le reste au roi Charibert son frère,
qui établit son siège à Toulouse : preuve
que cette ville étoit regardée comme la
capitale de l'Aquitaine neustrienne. Elle
redevint ducale bientôt après par la cession
que le même Dagobert fit aux enfans de
Charibert, ses neveux, des Etats de leur
Éd orig.
M,
p- 702.
' Grégoire de Tours, 1. 6, c. 12 j 1.
ij5; 1. 9. c. 17, 2;c.
c. 26 Sa.
tes, à qui l'auteur contemporain' de la Vie
' Acta Sanctorum ordinîs S. Benedicti , saec. 4,
part. I, p. 90, — Voyez Mabillon, de Re diplom.
' Astronome, p. 288.
3 Ibid.
^ Il est admis aujourd'hui que les ducs bénéfi-
ciaires de Toulouse n'ont jamais eu aucune autorité
sur le nord de l'Aquitaine. C'est pour avoir mé-
corinu ce fait que dom Vaissete a introduit une si
grande confusion dans la succession des comtes &
des ducs de Poitiers, d'Auvergne & de Toulouse, &
qu'il a cherché à rattacher à une même famille des
personnages qui n'ont jamais eu aucune alliance
entre eux. C'est ce que nous montrerons plus loin.
[E. M.]
' Astronome, p. 288.
Note
87
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
217
de Louis le Débonnaire^ qui rapporte cette
nomination, donne le titre de duc. Chorson
avoitdonc une autorité supérieure sur tout
ce pays. Aussi voyons-noiis que les titres
de duc de Toulouse & d'Aquitaine étoient
alors synonymes. Nous en avons une preuve
entre autres en la personne de Guillaume, à
Besse' nous a donné un titre de l'an 796,
dans lequel il est fait mention de Torsin ou
Chorson, prince de Toulouse & de Narbonne :
l'époque certaine de la destitution de ce
comte prouveroit toute seule la fausseté de
ce titre, quand il ne porteroit' pas d'ail-
leurs des marques évidentes de supposition.
Non
87
qui le même historien donne' le titre de C'est cependant sur un fondement si peu
' ~ ' ~ " ' assuré que cet auteur' met ce seigneur au
nombre des comtes particuliers de Nar-
bonne ; mais nous verrons plus bas que ce
comté étoit alors occupé par d'autres.
D'ailleurs la police du royaume ne per-
mettoit pas, sous le règne de Charlemagne,
qu'un même seigneur possédât deux comtés
ou gouvernemens particuliers dans l'inté-
rieur du royaume, comme nous l'avons déjà
remarqué.
Il est vrai qu'il paroît que Chorson, en
qualité àe duc ^e TouZou^e, avoit une auto-
rité supérieure sur le comté de Narbonne,
sur le reste de la Septimanie & sur la Mar-
che d'Espagne, qui dépendoient alors du
royaume d'Aquitaine , car ce seigneur est le
seul que nous trouvons honoré du titre de
duc, entre tous les comtes de ce royaume.
Il est rapporté, d'ailleurs, dans une ancienne
chronique citée par Catel*, que Charlema-
gne rétablit ce cOmte de Toulouse dans le
gouvernement de Bordeaux, de Narbonne &
de la province que ses prédécesseurs avoient
possédée auparavant : Comltem Tolosae prae-
posuît Torsinum, oui Burdîgalam, Narbonam
& provinciam àsuls praedecessoribus,lîcet în~
fideUbus,possessam restîtuit; d'où Ton doit
conclure, suivant les autres circonstances,
& l'explication d'Audigier% queceprincelui
donna le duché ou gouvernement général
d'Aquitaine. Cetauteur prétend même prou-
ver par là que Chorson descendoit d'Eudes ,
duc de ce pays. Il lui donne pour père le
comte Mancion, proche parent & de la
race de Waïfre, petit-fils & successeur de ce
duc. Il ajoute que le terme d'infidelîbus
duc de Toulouse, & que l'auteur' de sa vie
appelle duc de toute l'Aquitaine ' ; ce qui
nous donne l'origine certaine des ducs
d'Aquitaine, qui d'abord ne furent pas dif-
férens des comtes particuliers de Toulouse,
parce que , comme nous l'avons déjà dit,
cette ville étoit la capitale de ce royaume.
Au reste, ceux qui étoient pourvus de ces
dignités sous le règne de Charlemagne ne
les possédoient qu'à vie, & pouvoient en
être dépossédés lorsqu'ils avoient commis
quelque faute considérable.
VI. C'est ce qui arriva à Chorson*. On
rapporte communément sa destitution à
l'an 789, mais nous croyons, avec le P. le
Cointe% qu'elle arriva en 790. Il est cer-
tain, en effet, qu'il ne fut dépossédé^ du
duché de Toulouse qu'après l'exil d'Adalaric,
duc de Gascogne , & que celui-ci ne fut
exilé qu'à la diète ou assemblée générale
que Charlemagne tint à Worms au prin-
temps' de l'an 790. Le P. le Cointe se
trompe cependant quand il avance que
Louis, qui y assista, n'alla trouver son père
que pendant l'été de l'an 790, puisqu'il est
constant* qu'il avoit passé l'hiver précédent
avec lui, & qu'il retourna en Aquitaine im-
médiatement après cette diète, pour tenir
celle de ses Etats à Toulouse.
' Astronome, p. 288.
' Fita S. Guillelm'i, p. 74. — MabilloUj p. 71,
^ C'est l'auteur de la Vie de S. Guillaume qui l'ap-
pelle ainsi ; mais on sait qu'il ne faut jamais pren-
dre au pied de la lettre les assertions des biographes
& des légendaires. Guillaume n'a jamais exercé
d'autorité que sur les provinces limitrophes des
Pyrénées. [E. M.]
* Astronome, p. 288.
* Le Cointe, ad ann, 789, n. 176; ad ann. 790,
n. 8 & seq.
* Astronome, p. 288.
' Egmhard, Annal, p. 246. — Chronique de Mo'is-
ioc, p. 139.
' Eginhard, Annal, p. 246. — Astronome, p. 288.
' Besse, Narh. p. 435.
* Le Cointe, ad ann. 782, n. 1 3, & ad ann. 790,
n. 8 & seq.
^ Besse, Nari, p. 80.
* Catel, Histoire des comtes de Toulouse, p. 42. —
Cette Chronique a été rédigée à une époque très-
récente & ne mérite aucune confiance. [E. M.]
' Audigier, Origine des François, t. 2, p. 241.
Note
87
218
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
doit s'entendre, dans cet endroit, de la ré-
volte de ces ducs contre les ancêtres de
Charlemagne, ce qui prouveroit que le du-
ché d'Aquitaine, possédé par Eudes & ses
successeurs, rentra dans sa famille en la
personne de Chorson ; mais ce ne sont que
des conjectures dont le fondement ne paroît
pas bien solide.
S. Guillaume I" du nom.— VII. Quoi
qu'il en soit, si Charlemagne rendit le du-
ché d'Aquitaine à la postérité d'Eudes en la
personne de Chorson, il le lui ôta en 790,
par la proscription de ce seigneur, à la
par Milon , Magnarius & Sturmion dont
nous avons parlé ailleurs ' & qui se succé-
dèrent à la fin du huitième siècle, il s'ensuit
que Guillaume n'a pas été comte de cette
ville, & que c'est le même qui fut nommé
au duché ou comté de Toulouse par Char-
lemagne. Guillaume ayant donc été comte
particulier de Toulouse, il ne peut l'avoir
été en même temps de Narbonne, suivant
le principe admis par M. de Marca.
D'ailleurs, l'auteur" de la Fie de S. Guil-
laume, fondateur de Gellone, le qualifie
duc de toute V Aquitaine & non duc en Aqui-
NOTE
87
place duquel il nomma alors Guillaume au taine^ Provence &■ Languedoc, comme le sup-
duchè de Toulouse^ ou, comme l'explique pose M. de Marca après Catel. L'auteur de
le P. Mabillon', au duché d'Aquitaine. On cette vie, qui est grave & ancien, & dont
ne convient pas si ce dernier est le même Ordericus^ Vitalis -pd-Ae avec éloge au dou-
que le saint de ce nom qui fonda l'abbaye zième siècle, ne dit pas un mot qui puisse
de Gellone au diocèse de Lodève. Catel, faire croire que Guillaume ait été comte
& après lui les PP. Labbe^ & Mabillon'', de Narbonne. Il doit être préféré, sans
& presque tous nos historiens ou généa- doute, au roman de Guillaume, quoi qu'en
logistes, soutiennent l'affirmative. M. de dise M. de Marca, qui fait peu de cas de
Marca'^ prétend au contraire que S. Guil- son témoignage, parce qu'il prétend qu'il
laume, fondateur de Gellone, fut seulement n'est pas beaucoup ancien : mais il l'est pour
comte de Narbonne ou duc de Septimaniej le moins autant que l'autre. Or, Toulouse
mais il ne s'appuie que sur le roman de étant la capitale du royaume d'Aquitaine,
Guillaume au court ne-^, qui fait ce seigneur & ses gouverneurs ayant le titre de duc, ils
comte ou marquis de Narbonne. Ce savant dévoient avoir une autorité supérieure à
prélat conclut de là qu'il ne peut avoir été celle de tous les simples comtes ou gouver-
en même temps comte de Toulouse, puis- neurs particuliers des différens pays qui le
que, suivant l'usage alors observé dans le composoient, & S. Guillaume étoit vérita-
royaume, une même personne ne pouvoit blement duc d'Aquitaine. L'auteur de sa vie
posséder c?ew5c comtés de deux cités qui étaient & Ordericus Vitalis ont eu donc raison de
assises en diverses provinces. lui donner ce titre, qui, comme nous le
Nous convenons de cet usage , mais il est prouverons encore ailleurs par d'autres
Éd.orig
t. 1,
p. 703.
aisé de l'opposer à M. de Marca; car
comme ce roman n'est d'aucune autorité,
& qu'il est certain, d'ailleurs, par des monu-
mens* incontestables, que le comté de Nar-
bonne fut occupé du vivant de Guillaume
au court ne^ par d'autres seigneurs, savoir
' Astro'nome, p. 288.
' Mabillon, Annal, ord. S. Ben. ad ann. 804,
n, 32.
' Labbe, Tables généal. p. 484.
^ Mabillon, ad ann. 804, n. 82.
= P. de Marca, Histoire de Béarn, p. 685 & seq.
^ Voyez aux Preuves de ce volume. Chartes &.
Diplômes, n. V, Jugement des commissaires du roi
en faveur de Daniel, archevêque de Narbonne, &
n. VII, Limites de la ville de Caunes , réglées par
l'autorité de Magnarius, comte de Narbonne.
témoignages, signifioit alors la même chose
que celui de duc ou comte de Toulouse.
VIII. Saint Guillaume avoit aussi, par ce
titre, une autorité supérieure sur le comté
particulier de Narbonne & sur toute la
Septimanie, parce que ces pays faisoient
alors partie du royaume d'Aquitaine, de
même que la Marche d'Espagne. Aussi
voyons-nous, par le témoignage des auteurs
contemporains, qu'il commanda non-seule-
ment dans l'Aquitaine propre & la Gasco-
gne, mais encore dans les autres provinces
' Mabillon, Acta Sanctorum ordinis S. Benedicti,
p. 74.
" Ibid. saec. 4, part. 1, p. 70.
^ Orderic Vital, 1. 6.
NOTB
87
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
2 19
c'est-à-dire dans tous les États de Louis le
Débonnaire, non en qualité de duc de Sep-
timanie, puisque ce duché n'étoit pas en-
core alors érigé, & qu'il ne le fut' qu'en 817,
après avoir été séparé du royaume d'Aqui-
taine, mais comme duc de Toulouse, en
sorte que l'étendue de l'autorité des ducs
de cette capitale d'Aquitaine étoit alors
proportionnée à celle du même royaume.
Il faut cependant en excepter, à ce qu'il
paroît, la Gascogne, qui, quoique dépen-
dante du royaume d'Aquitaine, fut adminis-
trée par des ducs ou gouverneurs géné-
raux indépendans'.
Il est surprenant qu'un aussi habile cri-
tique que M. de Marca ait voulu préférer
l'autorité d'un roman à celle d'un historien
beaucoup plus ancien , qui , quoiqu'il ait
rapporté quelques faits qui paroissent in-
certains, est appuyé cependant , pour la
plupart des autres, tant sur le témoignage
des auteurs du temps que des monumens
les plus authentiques ; au lieu que ce ro-
man n'est qu'un tissu de fables' inventées
au plus tôt dans le onzième siècle, plus de
trois cents ans après la mort de Guillaume.
Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à compa-
rer la généalogie de Guillaume, rapportée
par l'auteur du roman, avec celle que nous
trouvons dans les actes originaux & les
historiens contemporains. Suivant le pre-
mier^, ce duc, qu'il fait natif de Narbonne,
étoit ^/5 d'Aymeri & d'Ermengarde fille d'un
prétendu Bonîface, roi de Pavîe ; il avoïtpour
frère Bernard de Brebant; de ses quatre
sœurs, l'une, appelée Blanchefleur, épousa
Louis le Débonnaire , &c. Nous omettons
plusieurs autres rêveries semblables, qu'il
suffiroit de rapporter pour en faire sentir
le faux & le ridicule. D'un autre côté, les
monumens du temps nous apprennent que
Guillaume, fondateur de Gellone, étoit fils
• Voyez Note XCIV.
' Il faut en excepter, comme nous l'avons déjà
dit, le Poitou, le Limousin, le Berry, l'Auvergne
& le Périgord ; en somme, le duché de Toulouse ad-
ministré par Guillaume ne renfermait que le comté
de Toulouse, la Sepfimanie & les provinces con-
quises en Espagne. [E. M.]
' Voyez Orderic Vital, 1. 6.
* Catel, Histoire des comtes, p. 5o & suiv. —
Mémoires de l'histoire de Languedoc, p. 567 & siiiv.
de Théodoric & d'Aldane, qu'il n'avoitque
deux sœurs, &c., en sorte qu'on ne voit
rien dans les anciens monumens qui puisse
convenir avec la généalogie fabuleuse du
roman. Aussi tous nos plus habiles généa-
logistes n'en font-ils aucun cas : mais puis-
qu'on ne sauroit s'appuyer sur une si foible
autorité pour connoître l'origine de Guil-
laume, nous ne comprenons pas comment
M. de Marca & quelques autres' après lui
s'en servent pour admettre , sans autre
preuve, un Aymeri au nombre des comtes
de Narbonne.
IX. Ce qui les a peut-être fait donner
dans cette erreur, c'est que, suivant le ro-
man auquel ils ont ajouté foi trop aisément,
Guillaume étant né à Narbonne d'un père
qui étoit d'une naissance illustre, ils au-
ront cru qu'il étoit comte de cette ville.
Mais il est certain que Guillaume étoit
natif & originaire de France, comme le té-
moigne l'auteur de sa vie', en parlant du
voyage qu'il fit à la cour de Charlemagne
avant que de se retirer à Gellone :. Causa
extitit ut ipse, dit cet auteur,... Franciam
accitus natale solum pair ii que consulatus
immo sui haereditatem reviseret, &c. C'en est
assez pour faire connoître que le roman de
Guillaume au court ne^ est une pure fable
qui ne mérite aucune attention 3 les noms
de famille qui y sont employés font d'ail-
leurs assez connoître que l'auteur ne vivoit,
au plus tôt, qu'à la fin du onzième siècle.
X. On ne doit pas faire plus de fonds sur
l'autorité du faux Turpin & de l'historien
Philomela, qui font comte de Narbonne le
prétendu Aymeri, père de Guillaume au
court ne\. Les fables ridicules de ces deux ro-
mans sont aujourd'hui trop décriées, pour
pouvoir être apportées sérieusement en
preuve d'un fait historique. Ainsi' le P. le
Cointe, qui admet un Aymeri, comte de
Narbonne, sous le règne de Charlemagne,
différent du père de Guillaume, ne doit pas
être écouté, puisqu'il n'a d'autre garant que
ces auteurs fabuleux} il convient'' d'ailleurs
' P. de Marca, Histoire de Béarn, p. 685 & seq.
* Vita S. Guillelmi, p. 78.
' Le Cointe, ad ann. 778, n. 8, & ad ann. 782,
n. I I.
-^ Ibid.
Note
87
Note
87
220
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Éd.orig
t. 1,
p. 704
que Théodorîc, le vrafi père de Guillaume,
ne fut jamais comte de Narbonne. Ce pré-
tendu Aymeri est donc un nom supposé; &à
moins qu'on ne donne d'autres preuves ap-
puyées sur des monumens plus solides , il
doit être rejeté du nombre des comtes de
Narbonne, d'autant plus que nous avons
déjà prouvé que ce comté étoit occupé par
d'autres dans le temps où ce prétendu sei-
gneur auroit dû en être revêtu.
Au reste, nous sommes surpris qu'un au-
teur aussi judicieux que Catel' après avoir
avoué que les romans dont nous venons de
parler ne contiennent que des fables, s'ap-
puie cependant sur leur autorité pour nous
donner Aymeri, & son prétendu fils Guil-
laume au court nc^, pour les deux premiers
vicomtes de Narbonne. On pouvoit laiss&r
passer tout au plus de pareils contes au
siècle de Nicole Gilles, qui les a adoptés &
dont il rapporte le témoignage; mais, dans
des temps plus éclairés, il faut des preuves
plussolides.Nous savons d'ailleurs" qu'il n'y
a eu des vicomtes en France que bien avant
sous l'empire de Louis le Débonnaire.
XI. Saint Guillaume fut duc ou comte de
Toulouse depuis l'an 790 jusqu'en 806,
qu'il embrassa l'état monastique dans l'ab-
baye de Gellone qu'il avoit fondée. Il laissa
une nombreuse postérité. Comme nous au-
rons occasion d'en parler souvent dans le
cours de cette Note, que le duché de Septi-
manie dont Bernard son fils fut revêtu
passa à ses descendans, sous le titre de mar-
quisat de Gothie, & qu'eux ou leurs proches
possédèrent dans la suite, à ce qu'il paroît,
le duché ou comté de Toulouse & divers
autres comtés de la Province, nous avons
cru devoir donner ici leur généalogie ; elle
servira à donner une idée plus nette de
plusieurs faits que nous serons obligés de
discuter. Nous y avons distingué ce qui est
prouvé par les anciens monumens d'avec ce
qui n'est pas tout à fait si certain , ou qui
n'est fondé que sur des conjectures que
nous avons formées & que nous dévelop-
perons'.
' Catel , Mémoires de l'kistoire de Languedoc ,
p. 565 & suiv.
' Note LXXXlll, n. 17.
' Peu d'historiens se sont montrés aussi hardis
Raymond Raphinel. — XII. Nous igno-
rons le nom de celui qui succéda immédia-
tement à Guillaume, dans le comté ou du-
ché de Toulouse. On pourroit croire que
ce fut un seigneur appelé Raymond Ra-
phinel', qui, sous l'empire de Charlemagne,
prend le titre de duc d'Aquitaine dans une
charte ' dont on peut fixer la date à l'an 810.
Or, comme nous l'avons déjà dit, les ducs
d'Aquitaine n'étoient pas alors différens
des ducs ou des comtes de Toulouse. Cette
date est telle : Actum apud Bîterrensem civi-
tatem in mense TS/iartîo, XII cal. Aprilis, sub
ferta v. régnante domno nostro Ludovico &
anno XXI imperii serenissîmi imperatoris Ca-
rolî, ce qui ne sauroit s'accorder ; mais en
lisant anno X, au lieu de XXI, tout convient
avec l'an 810. Il est vrai que le P. Mabil-
lon' rapporte cette date à l'an 798, à cause
de la lettre dominicale F. Mais, comme cette
date est de l'empire de Charlemagne, & non
de son règne en France ou en Italie, ainsi
que le suppose cet auteur, elle doit être
postérieure à l'an 800, & il est plus naturel
de la rapporter à l'an 810, avec lequel la
même lettre dominicale s'accorde. D'ail-
leurs, cet habile historien se trompe, en
croyant pouvoir allier l'année 798 avec la
vingt & unième année du règne de Charle-
magne en Italie; car selon lui ^ ce règne
commença dès le mois de mai de l'an 774;
par conséquent, le 3l de mars de l'an 798, ce
prince n'étoit encore que dans la dix-neu-
vième année de son règne en Italie, & non
dans la vingt & unième. Comme on ne peu t
donc accorder cette année avec l'an 798, &
que dom Vaissete dans leurs conjectures, & c'est là
le côté faible de son œuvre. Il a admis comme des
faits vrais de pures hypothèses, surtout quand il a
voulu rechercher l'origine & la filiation des comtes
carlovingiens du Poitou, de l'Auvergne & de Tou-
louse. En procédant toujours par suppositions, il
a rattaché à une seule & même famille, celle de
saint Guillaume, des personnages qui n'en ont
jamais fait partie j c'est ce que nous établirons
plus loin. [E. M.]
' L'existence de Raymond Raphinel ne repose
que sur une charte fausse. Voyez plus loin ce que
nous disons à ce sujet. [E. M.]
' Mabillon, ad ann. 798, n. 24.
3 Ihid.
■• Ihid. ad ann. 774, n. 48.
Note
87
Note
87
Éd.orig.
t. I,
p. 705.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC. 221
GÉNÉALOGJK DE LA FAMILLE DE S. GUILLAUME, DUC DE TOULOUSE OU D'AQUITAINE'.
NuTB
87
S. Guil-
laume , duc
de Toulouse
ou d'Aquitai-
ne, moine &
fondateur de
l'abbaye de
Gellone , é-
p o u s a : i"
Cunégonde,
3° Guitbur-
ge. Mourut
vers 81 3.
BÉRA, comte de Ra-
zès, à ce qu'il paroit,
fonda l'abbaye d'AIct
avec son énouse Ru-
niille vers 1 au 8i3.
Bernard, duc dej
Septimanie & comte |
de Barcelone depuis
l'an 820. Ducde'rou-
louse ou d'Aquitaine,
en 835. Epousa Do- '
dane en 825. Mourut
en 84^.
Gauzelme, comte dej
Roussillon , mort en'
834. ^
Witcharius.
Adalelme.
Herbert.
Helimbruch ou Ger-
bert;e, épousa le com-
te Wala, qui fut en-
suite abbé de Corbie.
Argila,vraisemblab!e-
1 ment comte de Razès.
Rotrude, épouse d'A-
dalaric ou Alaric, com-
te de Girone.
Guillaume, duc de
Toulouse ou d'Aqui-
taine, né en 827, mort
à Barcelone en 849.
Bernard, comte d'Au-
vergne, marquis de Go-
thie depuis l'an 879 ,
épousa Ermengarde.
Mourut en 886.
N., épouse de \Vi-
grin , comte d'Angou-
lême.
Béra, comte de Razès
& peut-être de Rous-
sillon en 844 & 846.
Warin, mort jeune
Guillaume le Pieux,
comte d'Auvergne, mar-
auis de Golhie & duc
d'Aquitaine, épousa In-
gelbergc, fille de Boson,
roi de Provence, mou-
rut en gi8.
Ave.
Adelinde,épouse d'Ac-
fred ou Egfrid, comte
de Carcassonne.
.... Soniarius, com-
te d'Empurias en 849,
de Roussillon vers 85o.
llieudoin.
Borrel , créé comte
d'Ausone en 798. . .
SuNiFRED, comte de
Girone en 819, mar-
\ quis de Gothie en 844.
I Épousa Ermessinde.
. HuMFRiD, comte de
. Besalu en 85o, marquis
. de Gothie en 858, pros-
. crit en S64 ; est peut-
. être le même qu'Egtrid,
. comte de Toulouse en
. 842. . .
Oliba, comte de Car-
. cassonne en 820, épou-
, sa : i" Elmetrude , 2° Ri-
. childe. Delà mort en
. 837
/ Sesenande.
Sunifred.
WiFRED le Velu, com-
te de Barcelone, épousa
Widinilde. Mort vers
901.
Radulfe , comte de
Gonflant, vivoit en 888.
Miron, comte de Rous-
sillon en 874&goi. De
lui descendent les com-
tes héréditaires de Rous-
sillon & de Confiant.
Humfrid, moine.
Egfrid ou Acfred, fait
comte de Bourges en
867. Mort en 868.
Wifred, comte dej
Bourges, épousa Ode I
& fonda, en 827, 1 ab- ,
baye de Strade. Mort
vers l'an 838 & avant/
l'an 840.
Emenon , comte de
' Poitiers, proscrit en
839. Epousa une fille
: de Robert le Fort.
Agane, fille unique,
épousa Robert, comte
de Madrie.
Adhémar, comte de
Poitiers depuis 893JUS-
qu'en 902. épousa San-
eia , fille de Guillaume,
comte de Périgueux.
Louis, comte de Car-
cassonne vers l'an 85 1.
Turpion , comte
Adalelme... /'^'^"Soulême.
Bernard épousa Bli-
childe, fille de Rori-
con, comte du Maine.
^ Mort en 844.
G érard , comte d'Au-
vergne en 839. Epou-
sa, en secondes no-
ces. Mathilde, fille de
Pépin I , roi d'Aqui-
taine, mort en 841.
Guillaume , comte
1 d'Auvergne en 841,
après Gérard son
frère.
Raynald, comte
d'Herbauges & de
Nantes en 843.
Albane &
Berthe , reli-
c ieuses à
Gellone.
. Aledran , marquis
' de Gothie en 849.
Adalelme défendit Pa-
ris contre les Normands
,en 885.
Bernard II, marquis
de Gothie depuis 865,
proscrit en 878. Il fut,
I à ce qu'il paroît, comte
/de Poitiers depuis 867.
Emenon, rebelle, 878.
Ebles , abbé séculier
' de Saint-Hilaire de Poi-
tiers , de Saint-Denis,
, &c. Mort en 893.
Premier lit.
t Rainulfe I , comte
de Poitiers depuis l'an
) 839, & duc d'Aquitaine,
i Mort en 867.
Second lit.
Gérard ou Géraud ,
. comte de Limousin en
• 847, épousa Adeltrude.
' Hervé, comte, mort
I en 84.5.
I Rainon, comte d'Her-
, bauees en 852.
, Tnéodoric & Aledran
. frères défendirent Paris
. contre les Normands en
.885.
' Waltharius, comte, se
I révolta contre le roi Eu-
ides, son grand-oncle,
en 892.
Rainulfe II, comte
de Poitiers & duc d'A-
quitaine, prit le titre de
roi d'Aquitaine en 888,
& mourut de poison en
893
Gauzbert.
Divers enfans privés
de la succession aux
dignités de leur père.
S. Géraud , comte
d'Aurillac, né en 855.
Fonda l'abbaye d'Au •
rillac en 894. Mort en
Ave ou Avigerne ,
sœur de S. Géraud ,
épousa N.
Boson, mort jeu-
ne & sans postérité.
WiFRED II, com-
te & marquis de
Barcelone , épousa
Garsinde. Mort en
91 3, sans enfans.
Miron, comte de
Barcelone après son
frère. Mort en 928,
Soniarius, comte
d'Urgel , mort en
o5o. Epousa Ri-
childe.
Radulfe , moine
de Ripoll en 888.
Ensuite évêque
d'Urgel.
Borrel.
Oliba II, comte
de Carcassonne &
de Razès en 873,
conjointement avec
son frère mort après
877.
AcFRED I, comte
de Carcassonne &
de Razès en 873.
Epousa Adelinde ,
sœur de Guillaume
le Pieux. Mort vers
l'an 906.
Ebles, comte de
Poitiers depuis l'an
I902, & ducd'Aqui-i
, taine depuis 1 i
' 928. Né aune con-
cubine.
Rainald.
Benoit , vicomte
de Toulouse.
Seniofred,
comte de Barce-
lone, épousa Ade-
lais. Mort sans
enfans en 9C7.
Miron, évêque
|de Girone.
Oliba Cabret-
ta, comte de Cer-
dagne & de Be-
salu. Epousa Er-
mengarde, mort
en 9Q0. De lui des-
cendent les com-
tes héréditaires de
Cerdagne & de
Besalu.
Wifred , comte
\ de Besalu.
Borrel, comte
d'Urgel & ensuite
de Barcelone en
967, après la mort
de son cousin. De
[lui descendent les
comtes héréditai-
res de Barcelone
'& d'Urgel, dont
, les premiers fu-
rent dans la suite
rois d'Aragon, de
' Majorque , &c..
comtes de Pro-
vence , seigneurs
de Montpellier
Miron.
. Bencion, com-
. te de Carcasson-
. ne & de Razès
' vers l'an 900.
Acfred II ,
comte de Carcas-
sonne & de Razès
en 934.
Bernard.
Guillau.me II,
duc d'Aquitaine
& comte d'Auver-
gne. Mort sans
enfans en 926.
Acfred , duc
d'Aquitaine &
comte d'Auver-
gne après son
Irère, mort sans
enfans vers l'an
GuiLLAUJiE Tête
d'Etoupes, comte
de Poitiers &
d'Auvergne , duc
d'Aquitaine de-
puis l'an 927. De
lui descendent les
comtes héréditai-
res de Poitiers,
ducs d'A/juitaine
jusqu'à Eléonor,
épouse du roi
Louis le Jeune.
* On a marqué avec des points les filiations dont on n'a pas une preuve certaine.
Note
87
222
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
qu'il s'est glissé, sans doute, quelque faute
dans ce diplôme qui ne paroît qu'une copie
interpolée, nous croyons, sans avoir égard
aux années du règne qu'il faut nécessaire-
ment abandonner, que cette date doit être
reportée à l'an 810, d'autant plus que
S. Guillaume posséda le duché d'Aquitaine
ou de Toulouse jusqu'à l'an 806. Raymond
Raphinel peut donc lui avoir succédé dans
cette dignité.
BÉRENGER. — XIIL Le premier comte
ou duc de Toulouse après Guillaume, dont
nous ayons une connoissance certaine, c'est
Bérenger, qui étoit parent de l'empereur Louis
le Débonnaire & qui étoit déjà revêtu de
cette dignité en 819. Les annales d'Egi-
nhard' & l'Astronome' ne lui donnent que
le titre de comte. Mais il a celui de duc dans
Thegan', auteur contemporain; ce qui mon-
tre qu'il avoit, comme ses prédécesseurs,
une autorité supérieure à celle des comtes
dans le royaume d'Aquitaine. Il est vrai
qu'elle fut moins étendue depuis que la
Septiraanie & la Marche d'Espagne, qui
avoient dépendu de ce royaume depuis l'an
781, en eurent été séparées en 817, pour
former un duché ou gouvernement général
indépendant.
XIV. Nous voyons en effet que Bernard,
fils deS. Guillaume, fondateur de Gellone,
qui fut pourvu de ce duché du vivant de
Bérenger,étendoitson autorité sur ces deux
provinces; car il est qualifié indifférem-
ment^ par les auteurs contemporains duc
ou comte de Barcelone, comte de la Marche
d'Espagne & duc de Septimanie. Les ducs
de Toulouse ou d'Aquitaine perdirent donc,
par cette séparation, une partie considéra-
ble de leur gouvernement qui ne s'étendit
plus que sur l'Aquitaine propre St sur la
portion de la Narbonnoise qui demeura
unie au royaume d'Aquitaine, & qui com-
prenoit le Toulousain, avec les comtés de
Carcassonne & de Razès, comme nous le
prouverons* ailleurs. Il est vrai queBéren-
' Egiiihard, Annales, p. 262.
' Astronome, p. 3oo.
' Thegan, c. 54 & 57, p. 284 & seq.
* Eglnhard, Annales, p. 271. — Nithard, 1. i,
p. 36o, — Annales Berlin. & Fuld. &c.
5 Note XCIV.
ger posséda dans la suite le duché ou gou-
vernement de la Septimanie conjointement
avec celui de Toulouse ou d'Aquitaine, &
qu'il paroît qu'après sa mort Bernard, duc
de Septimanie, lui succéda dans celui de
Toulouse. Mais si l'un & l'autre de ces sei-
gneurs possédèrent ces deux duchés depuis
l'an 817, ou après la séparation de la Sep-
timanie du royaume d'Aquitaine, & ren-
trèrent par là dans la même autorité dont
les ducs de Toulouse, leurs prédécesseurs ,
avoient joui sur toutes ces provinces, ils ne
les possédèrent que comme deux duchés ou
gouvernemens généraux séparés & indépen-
dans.
XV. Il est toutefois assez vraisemblable
que la dépendance où avoient été la Sep-
timanie & la Marche d'Espagne du duché
de Toulouse avant cette séparation, fut un
des motifs qui engagèrent Bérenger à re-
mettre ' ces deux provinces sous son auto-
rité, après que Bernard eut été dépouillé de
leur gouvernement en 832. Sans doute, il se
crut d'autant mieux fondé à faire cette
réunion que Pépin I, roi d'Aquitaine, avoit
été aussi dépossédé' alors de ce royaume,
& qu'ainsi le partage de l'an 817, qui sépa-
roit la Septimanie de l'Aquitaine, ne subsis-
toit plus. Enfin, il paroît que Bérenger
étoit déjà duc de Toulouse dans le temps
de cette séparation, & qu'elle avoit été
faite par conséquent à son préjudice; ce
qui nous fait conjecturer qu'il ne fut peut-
être pas nécessaire que Louis le Débonnaire
le nommât, en 832, au duché de Septimanie,
comme l'a cru le P. Labbe, pour faire va-
loir ses prétentions sur ce duché '. Il lui
suffisoit qu'il fût alors vacant, & qu'il eût
auparavant fait partie de celui de Toulouse
qu'il occupoit actuellement. Aussi voyons-
nous que, même après que Bernard eut été
rétabli dans ses dignités, Bérenger^ lui dis-
puta toujours le duché ou gouvernement
de Septimanie, & qu'il porta cette affaire à
la diète de Crémieux de l'an 835, où il l'au-
roit emporté, selon toutes les apparences,
' Astronome, p. Sop & 3i5. — Voyez au tome I
de cette édition, livre IX, n. cxx.
' Astronome, p. Sop.
' Labbe, Tahles gèn. p. 486.
* Astronome, p. 3i5.
Note
87
Note
87
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
123
Édorig.
t. I,
p. 706.
sur son concurrent, s'il ne fût mort dans le
même temps; ce qui mit fin à la dispute.
Bernard demeura non-seulement par là pai-
sible possesseur du duché de Septimanie,
mais il succéda encore à Bérenger dans ce-
lui de Toulouse.
Bernard I. — XVI. Nous n'avons à la
vérité aucune autorité bien précise dans les
historiens du temps sur ce dernier article ;
mais il y a d'ailleurs de fortes présomptions
& diverses autres preuves qui ne permettent
guère de douter que Bernard n'ait été in-
vesti du duché de Toulouse, après la mort
de Bérenger. Que s'il n'y fut pas nommé
en 806, après son père, c'est qu'il étoit alors
sans doute trop jeune, & en effet il ne fut
pourvu du duché de Septimanie qu'en 820.
C'est ce qui est aisé à prouver, par le prin-
cipe que nous avons déjà établi, & qui est
appuyé du témoignage de tous les auteurs
& de tous les monumens du temps : savoir
que les titres de comte de Barcelone & de
duc de Septimanie ont toujours signifié la
même dignité, depuis l'érection de ce duché
jusqu'à la séparation de la Septimanie pro-
pre d'avec la Marche d'Espagne. Or, il est
certain que Bernard ne succéda, au plus tôt,
qu'en 820, au comté de Barcelone, puisque
Béra", son prédécesseur, ne fut proscrit &
dépouillé de ce comté que cette année.
Il n'aura été par conséquent duc de Septi-
manie que depuis ce temps-là. Aussi ne
voyons-nous pas qu'aucun ancien historien
lui ait donné l'un ou l'autre de ces titres
avant l'an 820. Il s'ensuit de ce que nous
venons de dire, que Béra doit avoir été duc
de Septimanie depuis Tan 817 jusqu'à sa
proscription, puisqu'il est certain, d'un
côté, que cette province fut érigée cette
année en duché ou gouvernement indépen-
dant de celui d'Aquitaine; & que de l'autre,
les titres de duc de Septimanie & de comte
de Barcelone furent synonymes depuis ce
temps-là.
XVII. S'il fallait cependant s'en rappor-
ter à Gariel', auteur de l'histoire des évê-
ques de Maguelonne, le duché de Septi-
manie & le comté de Barcelone dévoient
' Eginhard, p. 262.
' Gariel, Séries praesulum Magalonensium, p. 5i
& seq.
être séparés en 818, dans le temps de l'élec-
tion d'Argemire, évoque de Maguelonne,
dont il raconte l'histoire, puisqu'il prétend
que Bernard étoit alors duc de Septimanie,
& que Béra, comte de Barcelone, vivoit dans
ce temps-là. Mais ce n'est qu'une pure sup-
position; & tout ce que cet auteur rapporte
touchant la prétendue élection d'Argemire
est entièrement fabuleux. En effet, Arnaud
de Verdale, évêque de Maguelonne, qui a
écrit au quatorzième siècle l'histoire de ses
prédécesseurs, garde un profond silence là-
dessus'; & Aimoin, que Gariel se contente
de citer sur cela en général, n'en dit pas un
mot. Il suffit d'ailleurs de remarquer que
cet auteur fait Bernard % duc de Septimanie,
espagnol de naissance, pour se persuader
qu'il nous donne une histoire fabriquée à
plaisir. Nous ne disconvenons pas cepen-
dant, avec lui, que les peuples de la Septima-
nie n'aient porté des plaintes contre Ber-
nard , de ce qu'il avoit envahi les biens
ecclésiastiques & séculiers de la province;
mais ce ne fut^ qu'à la diète de Kiersi de
l'an 838, & par conséquent longtemps après
l'an 818. Enfin, l'ancien historien qui fait
mention de ces plaintes ne dit pas un mot
d'Argemire, & elles n'ont aucun rapport
avec les prétendues circonstances de l'élec-
tion de ceprélatàl'évêché de Maguelonne.
XVIII. Pour revenir à Bernard, il paroît
certain, comme nous l'avons déjà dit, qu'il
succéda en 835 à Bérenger dans le duché
ou comté de Toulouse. Catel"*, & après lui
nos meilleurs critiques , comme Baluze, les
PP. Labbe, le Cointe, Mabillon, Pagi ,
Ange , &c., n'en doutent point. Nous ne
connoissons que M. de Marca^ qui ait dit
le contraire, car La Faille® qui avoit d'abord
' Arn. de Verdale, LabbCj^iiZ. nova, 1. 1, p. 795.
^ Gariel, Séries praesulum Magalonensium, p. 5i
& seq.
' Astronome, p 3 16.
■^ Catel, Histoire des comtes, p. 64. — Baluze,
Marca Hispanica. — Lahhe^ Tables gén. p. .'Î41.
— Le Cointe, ad ann. 835, n. 80. — Mabillon,
ad ann. 806, n. 48. — Pagi, ad ann. 844, n. 9. —
Histoire gènéologi<]ue de la maison de France, t, I,
p. 680.
' P. de Marca, Histoire de Béarn, p. 686 & 693.
^ La Faille, Annales de Toulouse, t. i, p. 58 &
suiv.; add. p. 8.
Note
87
Noric
«7
224
NOTES SUll L'HISTOIRE DE 1,AN(;UE1)0C.
adopté le scntiiiic-iit de ce jirélat, jiaroît
s'<}itrf rétracté dans ses additions au prc-micr
volimio des Annales Je Toulouse. Aussi
L'St-il tiés-vraisoniblablc qu'après la mort de
Bérengor, Bernard se servit du crédit (|u'il
avoit h la cour pour rriiu;ttre dans sa la-
inillc & réunir en sa ])c'rsonne le gouver-
vain fort postérieur au neuvième siècle; &
c|uu les ])rétendus caractères en chiffres
dont Odo Aribcni dit s'être servi pour
écrire les circonstances de la mort de Ber-
nard, 8c qui ne paroisscnt pas cependant
dans son ouvrage, ressentent la fable. Quoi
(|u'il en soit, si c'est Ih le fragment d'une
NoTL
nenient général d'A([uitaine & celui de Sep- Chronique écrite du temps, comme le
timanie, possédés au|)aravant, sous le seul
titre de duclié de Toulouse, par le duc
(Juillaume, son père. Les étroiti\s liaisons
((u'il avoit déjà formées avec Pépin I, roi
d'A(|uitaine,qui disposa sans doute de cette
dignité en sa faveur, du consentement de
l'empereur son père, peuvent encore nous
le faire croire j il y a d'ailleurs d'autn^s
preuves qui nous le persuadent.
XIX. Nous eu avons une complète, si on
peut ajouter foi h un fragment histori(|ue
(|ui a été donné' par Pierre Borel, comme
tiré d'une ancienne chronic[ue, dont M. Ba-
luzo atteste avoir vu le manuscrit. Bernard
y est qualifié expressément comte de Tou-
louse^ ainsi ([u'on le peut voir dans nos
preuves'. Il faut avouer, cependant, que
croit' M. Balu/.e, elle doit avoir été inter-
polée dans la suite, non-seulement dans
l'épitaplie de Bernard, (|ui y a été visible-
ment ajoutée de l'aveu même de cet auteur,
mais encore dans quelques autres endroits.
XX. Nous avons lieu de soupçonner d'au-
tant plus cette Chronique d'avoir été inter-
polée, pour ne pas dire d'être entièrement
supposée, qu'un autre fragment que le même
Borel* en a donné nous confirme dans nos
soupçons. Ce dernier fragment, (|ui paroît
être la suite de l'autre, est conçu en ces ter-
mes : Interea Carolus rex in sylvam Vau-
renscm £• pagum Albïensem illî adjacentem
mittît mille quingentos équités & quinquc mil-
lia pediium^ qui casas, mansos, villas, oppida
multa & aliquas curtcs funditus cvcrtcrunt^ £•
quelque autorité qu'ait voulu donner* le sine deîectu viras &jacminas trucidarunt; cap-
célèbre M. Balu/.e i\ ce fragment, il nous
paroît un peu suspect. L'auteur y prend le
titre d'O./o Aribcrti <k entre dans un fort
grand détail des circonstances de la mort
de Bernard, qu'il prétend avoir été tué à
Toulouse par Charles le Chauve même. La
Faille % qui a rapporté aussi ce fragment
dans ses Annales de Toulouse^ en a donné
en même temps la critique. Il avoue que le
respect qu'il avoit pour les décisions de
M. Balu/e, faisoit tju'il ne le rejctoit pas
entièrement. Aux raisons de supposition
que cet annaliste a données do ce fragment,
& qu'on peut voir dans son ouvrage, nous
ajouterons cjue le terme de Vicarius rcgius
(|ui y est employé, & les cinq cents sols
toulousains d'amende que Saniucl, évêque
do Toulouse, fut obligé de payer pour
avoir fait inhumer Bernard, sont d'un écri-
' Borel, Antiquités de Castres, p. i{ & Origlna
.gauloUts, p. 4x1.
• Voytx aux Preuves de ce volume, n. LXIV,
Ktlatitin de la mort Je Bernard, duc de Sept'tman'te,
• Bnluxi, Not, Sn AgoharJ, — Marca Hisp^tulea,
• La Faille, Annales de Toulouse, 8c add. p. 8.
tivos tanquam perduclles patibulo afjixcrunt ;
& dum magna stragc reditum parabant, &
Baldoinus cpiscopus Albicnsis junctls coptis
cum Alphonso Vabrcsio, seniore M.andebur-
gîco Castrensi Montanorum, in Carlovienses
vagantes & incautos irrupscrunt £- in transita
vadi Morinijluminis Acuti, ad intcrnecionem
deleverunt ; ita ut pêne omnes aut ferro aut
fluvio aut suspenJio pcrierint, & exinde vadum
Morinurn novam accepit denominationem, &
hodie in memoriam suspcnsionis nostrorum
vocatur Vadum Talionis. Ex Manuscripto
Odonis Aribertî anno 844.
Nous convenons que, suivant la Ciironi-
que de Castres, imprimée dans le septième
volume du Spicilége , Baudoin étoit évêque
d'Albi en 8443 mais qui est cet Alphonse de
ï'abres, seigneur Niandeburgique des mon-
tagnes de Castres, dont Odo Aribcrti fait
mention dans la sienne, & n'est-il pas évi-
dent que c'est un nom supposé? On sait
([uc les noms propres & les titres de sei-
gneuries étoient inconnus sous le règne do
' La Fuilla, Annales de Toulouse, & add. p. 8.
■ Borel, Antiquités de Castres, t. a, p. yy.
t. 1
p. 707.
«7
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
2 2.')
Charles le Chauve. Nous ne disons rien du
mot Carlovienses qui ne l'est pas moins,
sans parler de l'étymologie du lieu de Gui-
talens, que Borel a voulu faire dériver, sur
l'autorité de cette Chronique, de ces deux
termes gué & talion^ ce qui est une pure
chimère, car ce lieu se nomme dans les an-
ciens monumens Gultalentiae. Nous savons
d'ailleurs que Borel, qui a donné les frag-
niens de cette Chronique, n'avoit pas beau-
coup de critique, & qu'il a adopté fort légè-
rement bien des fables dans ses Antiqui-
tés de Castres, sur l'autorité de mémoires
peu fidèles & de monumens suspects. C'est
ce qui fait que nous n'avons osé faire usage
des diverses épitaphes ou autres monumens
qu'il rapporte, & dont plusieurs nous ont
paru contraires à la vérité de l'histoire.
Pour revenir à OJo Ariberti dont le nom,
qui est moderne, ne convient point au siè-
cle de Charles le Chauve ni môme au suivant,
cet auteur peut avoir composé sa Chroni-
que sur une plus ancienne, ou en avoir
pris le fond dans quelque auteur contem-
porain • car il faut avouer, d'un autre côté,
que nous trouvons plusieurs choses dans sa
narration, par rapport aux personnes, aux
lieux & aux circonstances de la mort de
Bernard, qui sont conformes aux monu-
mens du temps'. L'Annaliste de Metz sem-
ble assurer', par exemple, que Charles le
Chauve tua de sa propre main ce duc, dans
le temps qu'il ne pensoit à rien moins qu'à
périr par la main de ce prince. Carolus Ber-
nardum Barcilonensem ducem incautum & nihil
mali ab eo suspicantem occîdit. Nous savons
encore que Samuel, évéque de Toulouse,
vivoit en 844. L'autorité de cet écrivain,
quel qu'il soit, jointe à ce que nous savons
d'ailleurs, suffit donc pour nous persuader
que Bernard fut duc de Toulouse, depuis
' La chronique attribuée à Odo Ariherti est une
œuvre supposée à laquelle on ne doit avoir au-
cune confiance. Il suffit de lire avec attention les
différents fragments publiés par les Bénédictins,
pour s'en convaincre, & dom Vaissete n'avait pas
besoin d'en discuter si longuement l'authenticité.
Ce point établi, il est bon de remarquer qu'aucun
auteur contemporain ne donne à Bernard le titre
de duc ou de comte de Toulouse. [E. M.]
* Annal. Mettons, p. 3o2.
II.
la mort de Bérenger, soit cju'il ait uni alors
le comté particulier de Toulouse à celui
de Barcelone, qu'il possédoit déjà, contre
l'usage observé sous l'empire de Charleiiia-
gne, soit qu'il ait seulement ajouté à sa di-
gnité de duc de Septimanie celle de duc ou
gouverneur général du royaume de Tou-
louse ou d'Aquitaine, sans avoir été comte
particulier de cette dernière ville. Nous sa-
vons enfin qu'il avoit assez d'ambition pour
aspirer à ces grandes dignités, & assez d'in-
trigue & de crédit pour les obtenir.
XXI. On pourroit objecter que Bernard ,
duc de Septimanie, ne peut avoir été duc ou
comte de Toulouse après la mort de Béren-
ger, puisque Warin & Egfrid ' possédoient
cette dignité vers l'an 842, & de son vivant.
Mais, comme il est certain que ces seigneurs
tenoient le parti de Charles le Chauve &
Bernard celui de Pépin, son compétiteur
au royaume d'Aquitaine, il y a lieu de
croire que le premier de ces deux princes
donna le duché de Toulouse ou gouverne-
ment général d'Aquitaine à Warin, après
la mort de l'empereur Louis le Débonnaire ,
& que Bernard conserva la même dignité
au nom de l'autre, avec lequel il étoit fort
lié. Pour ce qui est d'Egfrid, il est qualifié
seulement comte de Toulouse, dans le
temps que Warin est appelé duc de la même
ville. Ainsi, il est fort vraisemblable qu'il
étoit subordonné à ce dernier, & qu'il n'en
étoit que gouverneur particulier sous ses
ordres. Ceci est confirmé par la conduite
que tint Bernard, à l'égard de Charles le
Chauve, après la mort de Louis le Débon-
naire j car quoiqu'il eût affecté de de-
meurer neutre entre ce prince & Pépin, son
concurrent, il se déclara cependant entiè-
rement pour le dernier, après la bataille
de Fontenay donnée au mois de juin de
l'an 841, ce qui porta enfin Charles à le
faire mourir, trois ans après, comme cri-
minel de lèse-majesté.
XXII. Nous savons en général que ce duc
fut mis à mort en 844'. Il paroît que ce fut
avant la fin du mois de juin de la même an-
née; car on voit une charte' de Charles le
' Nithard, 1. 4, p. 878.
• Annal. Berlin, p. 200.
' Cap'itulaires, append. t. 2, p. 1450 & seq.
Note
87
NoTf
87
226
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Éd.orig.
t. I,
p. 708.
Chauve, donnée au siège de Toulouse le
onze du même mois de l'an 844, dans la-
quelle il est parlé de certains biens situés
dans la Marche d'Espagne, que feu Bernard
comte (quondam Bernardus cornes) avoit
usurpés sur l'église de Girone. Or, comme
nous ne connoissons d'autre Bernard qui ait
exercé avant ce temps-là quelque autorité
dans cette Marche, & que nous savons,
d'ailleurs, que ce duc fut accusé" d'avoir
envahi les biens des Eglises de son gouver-
nement, nous ne doutons point qu'il ne
soit le même dont il est fait mention dans
cette charte^ ce qui prouve qu'il étoit déjà
mort dans le temps de sa date. Il paroît
même qu'il l'étoit déjà dès le mois de mai
de la même année, par ce que nous dirons
plus bas " touchant Sunifred, son succes-
seur dans son gouvernement.
EcFRiD ou AcFRED. — XXIII. On voit,
par ce que nous venons de rapporter, que
Bernard peut avoir été duc de Toulouse en
841 & 842, quoique Warin eût alors le
même titre & qu'Egfrid fût aussi qualifié
comte de la même ville en 842, car il est
certain que les deux derniers étoient atta-
chés au parti de Charles le Chauve, quoi-
que quelques modernes ' fassent Egfrid par-
tisan de Pépin, pour n'avoir"* pas bien com-
pris le texte de Nithard''. D'autres* préten-
dent qu'Egfrid n'a jamais été comte de Tou-
louse, & qu'il faut substituer à son nom
celui de Bernard dans le texte de cet histo-
rien qui lui donne ce titre; mais, comme
cette conjecture n'est appuyée d'aucune
autorité, nous ne saurions l'adopter. Egfrid
aura donc été véritablement comte de Tou-
louse, &il en aura possédé le gouvernement
particulier sous l'autorité de Warin, qua-
lifié en même temps duc de cette ville.
On prétend qu'Egfrid est le même que
Wifred, comte de Bourges, qui vivoit sous
' Astronome, Vie de Louis le Débonnaire, 1, 2
n. 7 & i5, p. 3i6.
•■ Page 284 de ce volume, n.xxxiii de cette Note.
' La Faille, Abrégé, p. 60. — Mémoires de Tré-
voux, décembre 1727, p. 2176.
* Voyez Labbe, Tables généal. p. 485 & 486.
5 Nithard, 1. 4, p. 378.
« Le Ceinte, ad ann. 842, n. i8, & ad ann. 844,
n. 33.
le règne de l'empereur Louis le Débon-
naire, & qu'Acfred, comte de Carcassonne
à la fin du neuvième siècle. C'est ce qu'as-
surent en particulier les Journalistes ' de
Trévoux qui nous ont donné depuis peu la
suite de la vie du même comte Egfrid, qu'ils
disent avoir tracée d'après les historiens & mo-
numens anciens. Mais il est évident qu'ils
confondent trois ou quatre comtes de même
nom, comme nous allons le faire voir en
examinant ce qu'ils avancent là-dessus : cela
nous écarte d'autant moins de notre sujet
qu'ils prétendent que ce seigneur, qu'ils font
mourir en 867, étoit comte de Toulouse.
« Acfred, disent ces écrivains (nous con-
« venons avec eux que les noms d'Acfred,
« de Wifred & d'Egfrid sont les mêmes)_,
<< étoit encore jeune lorsqu'il fut comte de
« Bourges & qu'il épousa en premières no-
« ces la comtesse Oda, issue comme lui du
« sang royal. Pour s'attirer la bénédiction du
« ciel au commencement de son mariage &
« de l'administration de sa comté, il fonda,
« en 828, le monastère de Saint-Genou.
« Il eut de sa première épouse la princesse
« Agane , & profita de la paix conclue
« en 834 entre Louis le Débonnaire & ses
« enfans, pour marier sa fille avec le prince
« Robert qui sortoit aussi de la race de nos
« rois. Le même comte ou duc de la pre-
'( mière Aquitaine fut toujours constam-
« ment attaché dans les guerres civiles au
« parti de Pépin, roi d'Aquitaine, lequel,
« après la mort de Bérenger, lui donna,
« en 837, la comté de Toulouse qui dépen-
« doit de ses États. Il se déclara dans la suite
« pour le jeune Pépin, fils du roi son bien-
ci faiteur, contre Charles le Chauve à qui
u l'empereur Louis le Débonnaire donna
« le royaume de ce jeune prince. Il se re-
« trancha sur les montagnes, & s'y maintint
« contre les forces impériales jusqu'en l'an-
« née 840, que Louis le Débonnaire mou-
ci rut. Il fut dépouillé de sa comté de Bour-
« ges par Charles le Chauve, qui, s'étant
« rendu maître de presque toute l'Aqui-
« taine, mit à sa place le comte Gérard; il
« se trouva en 841 , avec Emenon & les autres
« partisans du jeune Pépin, à la fameuse
« bataille de Fontenay, & en 843, il défit
Non
87
Mém.
de Trévoux f déc. 1727, p. 2174 & suiv.
Note
87
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
227
« dans une embuscade un corps de troupes
(( que Charles le Chauve avoit envoyées
« pour le surprendre. Il continua Pannée
« suivante à combattre pour le jeune Pépin
« qui fît la paix, en 845, avec Charles le
« Chauve.
« Acfred , après la mort de sa première
« épouse, n'ayant au plus que cinquante-
« deux ans, paroît avoir épousé vers l'an
« 860 Adelinde , fille de Bernard , comte
« d'Auvergne, nièce deRanulfe, duc de la
« seconde Aquitaine & sœur de Guillaume
« le Pieux, comte & duc de la première
« Aquitaine & comte d'Auvergne. La com-
« tesse Adelinde étoit fort jeune, & survé-
« eut longtemps à son mari. On voit par le
(' testament qu'elle fait à sa rnort, arrivée
« l'an 906, qu'Acfred laissa d'elle trois en-
(' fans : Guillaume II, qui fut duc d'Aqui-
« taine & mourut sans postérité, Acfred II
(' aussi duc d'Aquitaine, entre lequel & son
" père , faute de faire attention à la suite
« de l'histoire & delà chronologie, on a
(( mal à propos inséré un autre Acfred,
« de sorte qu'on a fait deux degrés généa-
<( logiques où il n'y en a qu'un , & que du
« même Acfred II, mort sans postérité, on
« a fait deux personnes. Le troisième fils
« d'Acfred I fut Bernard II, comte d'Auver-
« gne.
« Acfred resta fidèle à Pépin jusqu'en
« l'année 864, que ce prince fut arrêté &
(< enfermé à Senlis dans une étroite prison.
« Alors Acfred qui, pour le service de son
« roi avoit auparavant engagé Louis, fils de
« Charles le Chauve, à se déclarer contre
« son père , se voyant sans aucune res-
« source, prit le parti de mettre bas les
« armes. Il alla se rendre près de Robert le
« Fort qui le présenta, la même année 864,
« à Charles le Chauve & lui obtint sa grâce
« & la bienveillance de Charles. Depuis ce
« temps, Acfred tâcha de mériter de plus
« en plus les bonnes grâces du roi, qui lui
« donna l'abbaye de Saint-Hilaire de Poi-
« tiers , & trois ans après lui rendit sa
« comté de Bourges^ mais le comte Gérard
« qui en étoit en possession ne voulant pas
« la lui céder , on combattit de part &
« d'autre. Acfred eut le malheur, l'année
« suivante, 868, d'être vaincu & de perdre
« la vie dans cette guerre. Charles le
Note
84
« Chauve vint en Berry pour venger sa
« mort , y fit de terribles dégâts & fut
« obligé de s'en retourner sans avoir pu
« chasser Gérard de sa comté, qui revint
« dans la suite aux enfans d'Acfred. C'est
« ce que nous apprenons d'Acfred dans les
« histoires de la translation de S. Genou
« &de la vie de S. Jacques, dans les livres
« de Nithard, dans les Annales de Saint-
« Bertin & dans les divers monumens. »
Examinons présentement , suivant ces
monumens , les circonstances de la vie du
comte Acfred, après avoir remarqué que
les Journalistes de Trévoux ne l'ont com-
posée que pour la mettre en parallèle avec
celles de Robert, gendre du même comte, &
de Robert le Fort qu'ils prétendent être
petits-fils de ce dernier par Agane sa fille,
épouse de l'autre, & s'en servir pour prou-
ver que les uns & les autres ' étoient de la
race de Pépin &■ de Charlemagne.
1° Nous convenons d'abord qu'Egfrid , ou
Acfred, comtede Bourges qui, l'an 828, fonda
l'abbaye de S. Genou, conjointement avec
son épouse Oda^ étoit de la race royale de
Pépin & de Charlemagne j qu'il eut de son
mariage avec cette dame une fille appelée
Agane, laquelle épousa un seigneur de la
même race , que les uns font comte de
Madrie & les Journalistes comte de Sesseau,
en Berry. Les auteurs qui ont écrit la
translation des reliques de S. Genou ^ &
la vie de S. Jacques l'ermite, ne nous per-
mettent pas d'en douter^ mais nous igno-
rons si ce comte Egfrid étoit jeune ou vieux
lorsqu'il fut comte de Bourges & qu'il
fonda, en 828, le monastère de S. Genou, &■
s'il fit cette fondation pour s'attirer la béné-
diction du ciel au commencement de son ma-
riage & de l'administration de sa comté. Il
paroît, au contraire, par ce que disent les
Journalistes , qu'en 828 Acfred étoit marié
depuis longtemps , puisqu'ils prétendent
quildonna sa fille Agane en mariage, Van 834,
à Robert, comte de Sesseau; à moins qu'ils
ne veuillent qu'Agane ait été mariée à l'âge Éd orif
de six ans. De plus, ce que nous allons
dire touchant l'époque de la mort d'Acfred
' Mémoires de Trévoux, décembre 1727, p. 2174
& suiv.
" Acta SS. or'dinis S. Benedicti , saec. 4, part. 2.
t. 1,
p. 709.
Note
87
228
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
prouve, ce semble, qu'en 828 il devoit être
dans un âge assez avancé.
2° Il paroît certain que ce comte de
Bourges n'eut point d'autre femme qu'Oc/a.
Ainsi il ne l'épousa point en premières noces.
L'auteur de la translation des reliques de
S. Genou, qui parle de la mort de tous les
deux , ne dit rien du second mariage d'Ac-
fred , & il le fait mourir avec son épouse,
Ode, à peu près en même temps. D'ailleurs,
cet auteur fixe l'époque de leur mort envi-
ron à l'an 838 , & on ne sauroit différer
celle d'Acfred après l'an 846 ; par consé-
quent il n'a pu épouser, vers Van 860 , à
l'âge de cinquante-deux ans, Adelinde, sœur
de Guillaume le Pieux, comte d'Auvergne.
3° Venons aux preuves de l'époque de
la mort de ce comte de Bourges ; cet article
est d'autant plus essentiel qu'il fait voir
d'abord que la vie de ce seigneur, composée
par les Journalistes, n'est qu'un vrai roman ,
& qu'ils l'ont confondu avec un autre comte
de Bourges de même nom, tué l'an 868, &
avec un troisième Acfred, comte de Garcas-
sonne , mort vers l'an 906. L'auteur de la
translation des reliques de S. Genou, après
avoir employé quelques pages à rapporter
l'histoire de la fondation de l'abbaye du
même nom , parlant de la mort d'Acfred &
d'Ode ', dit positivement qu'ils moururent
peu de temps avant Pépin I , roi d'Aqui-
taine , qui décéda certainement l'an 838.
Hi fidelissimi conjuges, postquam à terres-
tri domo non manufactam aeternam in coelis
promeruisse digne credendi sunt : circa quod
tempus domnus etiam Pippinus Aquitaniae rex,
biennio ante patris sui obitum , ultimam vitae
sortitus diem , Pictavis apud sanctam Rade-
gundem sepultus est. Domnus vero Ludovt-
cus.... anno ab incarnatione Domini octin-
gentesimo quadragesimo féliciter obiit. On
voit, par le récit historique & la chrono-
logie de cet écrivain , que la mort du comte
Acfred & d'Ode, son épouse, précéda celles
de Pépin, roi d'Aquitaine, & de l'empereur
Louis le Débonnaire. Cette époque a paru
si certaine au P. Mabillon, qu'il n'a pas fait
difficulté' de reporter la mort de ce comte
' Acta SS. ord'inis S. Benedict'i, saec. 4, part. 2,
p. 228.
" Mabillon, Annal, ad ann. 828, n. 12,
& celle de son épouse, immédiatement
après la date d'une charte du même Pépin,
donnée la vingt-quatrième année de son
règne, ou l'an 838, pour confirmer la fon-
dation qu'ils avoient faite de l'abbaye de
S. Genou. Sub idem tempus decessere Vicfre-
dus & Oda, &c. Enfin, suivant le même
historien de la translation des reliques de
S. Genou, Acfred & son épouse avoient déjà
fait leur testament ' & disposé de leurs
biens dans le temps de cette fondation'.
4° On peut encore prouver que la mort
d'Acfred doit avoir précédé l'an 846 par
l'auteur de la vie de S. Jacques l'Ermite',
qui, ayant rapporté que ce solitaire alla
trouver le prince Robert, se sert de ces
termes en. parlant d'Agane son épouse :
Agana ex pâtre Vivichfrido comité QUON-
DAM Bituricensi; car le motquondam prouve
qu'Acfred étoit alors déjà mort, suivant le
style ordinaire des chartes & des auteurs
du moyen âge. Or, les Journalistes con-
viennent que S. Jacques alla trouver Ro-
bert l'an 846, & ce fut même plus tôt sui-
vant le P. Mabillon, qui rapporte cet évé-
nement "* sous l'an 841. Il est donc certain
qu'Acfred, comte de Bourges & fondateur
de l'abbaye de Saint-Genou, ne sauroit être
le même qu'Egfrid , comte de Toulouse
en 842, comme les Journalistes Fassurent
positivement. Quant à la qualité de duc de
la première Aquitaine que ces auteurs lui
donnent libéralement, on n'a aucune preuve
qu'il l'ait prise.
5° Les mêmes monumens ne nous ap-
prennent rien touchant l'époque du mariage
d'Agane, fille d'Acfred, avec Robert comte
■ Acta Sanctorum ord'inis S. Benedicti , saec. 4,
part. 2, p. 226 & 227.
* La discussion à laquelle se livrent ici les Béné-
dictins n'a plus aujourd'hui aucun intérêt. Il n'y
a jamais eu en 83o ou 840 de comte de Bourges du
nom d'Acfred. Ce personnage apocryphe a été in-
venté par l'auteur de la Translation des reliques de
saint Genou, récit légendaire dont la rédaction n'est
pas antérieure au onzième siècle, & qui n'a par
conséquent aucune autorité pour les faits qui nous
occupent ici. Voyez plus loin, dans la Note addi-
tionnelle, ce que nous disons à ce sujet. [E. M.]
' Acta Sanctorum ordinis S. Benedicti , saec, 4,
part. 2, p. 1 5i .
^ Mabillon, Annal, ad ann. 841, n. 40.
Note
87
Note
87
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
2 2f,
de Madrie, que les Journalistes rappor-
tent de leur chef à l'an 884, & immédiate-
ment après la paix conclue entre Louis le
Débonnaire & ses enfans. On n'a non plus
aucune preuve que Pépin I, roi d'Aquitaine,
ait donné au même Acfred, en 837, la comté de
Toulouse après la mort de Bérenger qui dé-
céda en 835, & non en 837.
6" L'époque de la mort d'Acfred I, comte
de Bourges, arrivée certainement en 838,
fait voir le faux de tout ce que les Journa-
listes avancent au sujet de ce comte, qu'ils
font partisan du jeune Pépin, roi d'Aqui-
taine. Il est vrai, comme nous l'avons déjà
remarqué , que quelques modernes préten-
dent, par un passage mal entendu de l'His-
toire de Nithard, qu'Egfrid, comte de Tou-
louse en 842 étoit attaché au parti de ce
prince ; mais le P. Labbe " a fait voir qu'on
n'a pas bien compris ce passage , & qu'il
prouve au contraire qu'Egfrid, comte de
Toulouse, fut toujours partisan de Charles
le Chauve, compétiteur de Pépin. Voici le
texte de Nithard, comme il est ponctué dans
l'édition de Duchesne, ponctuation' qui est
cause de l'erreur : Insuper Egfridus cornes
Tolosae e Pippini sociis, qui ad se perdendum
missi fuerant , quosdam in insidiis cepit ,
quosdam stravit. Il n'y a qu'à ôter la vir-
gule qui est après sociis & la mettre après
Tolosae, 8i le passage sera clair: au lieu
qu'il est embarrassé de la manière qu'on
le lit. Il prouve qu'Egfrid défit les troupes
que Pépin avoit envoyées pour le faire
périr.
7° Nous n'avons aucune preuve qu'un
Egfrid, comte de Bourges ou de Toulouse,
se soit retranché sur les montagnes S- se soit
maintenu en faveur du jeune Pépin contre les
troupes impériales jusqu'à Van S^o , ni que le
roi Charles le Chauve l'ait dépouillé de la
comté de Bourges pour la donner au comte
Gérard. Nous savons', au contraire, que ce
prince en dépouilla ce dernier pour en re-
vêtir un Acfrid ou Acfred. Il ne paroît pas
non plus qu'aucun seigneur de ce nom se
soit trouvé à la bataille de Fontenay, en 841,
& encore moins qu'il fût du nombre des
' Labbe, Tables gén. p. 4.35.
' Nithard, 1. 4, p. 378.
^ Annal. Berlin, p. 219.
partisans du jeune Pépin. Pour ce qui est de
l'embuscade de l'an 843, ou plutôt de l'an
842 , nous venons de voir qu'Egfrid défit,
dans cette occasion, un corps de troupes
que Pépin , & non pas Charles le Chauve ,
avoit envoyées pour le surprendre.
8" Cet endroit de Nithard est le seul mo-
nument que nous ayons d'Egfrid , comte de
Toulouse , & il n'en est plus parlé depuis
ni dans cet historien ni dans aucun autre.
Ainsi, c'est sans aucune autorité que les
Journalistes disent qu'il continua, l'année
suivante, à combattre pour le jeune Pépin ;
Note
87
Éd.
& si Robert le Fort faisoit alors la guerre, ^«lor'g-
ou les années suivantes, en faveur de ce p 710.
prince , ce ne fut pas sans doute à l'exem-
ple d'Acfred.
9" Nous avons déjà prouvé qu'Acfred I,
comte de Bourges, mourut l'an 838 j ainsi il
ne sauroit avoir épousé, vers l'an 860, &■
à l'âge de cinquante-deux ans, Adelinde, fille
de Bernard j comte d'Auvergne , nièce de
Kadulfe, duc de la seconde Aquitaine^ &sœur
de Guillaume le Pieux, comte & duc de la pre-
mière Aquitaine & comte d'Auvergne. C'est
un autre Acfred qui épousa cette dame &
qui , comme nous le prouverons plus bas,
étoit comte de Carcassonne. On verra aussi
qu'elle n'étoit point nièce de Ranulfe, duc
d'Aquitaine. Les Journalistes avouent que
l'an 860 Adelinde étoit fort jeune , & ils
prétendent qu'elle survécut longtemps à
son mari. Pour ce qui est de son âge, il est
certain qu'il devoit être alors fort tendre,
supposé même qu'elle fût déjà au monde j
car nous prouverons aussi que Bernard,
comte d'Auvergne, son père, ne naquit que
l'an 841. Il est vrai qu'elle survécut au
comte Acfred son mari ; mais nous ne sa-
vons pas si ce fut longtemps; car on n'en a
aucune preuve.
10" Suivant les Journalistes, on voit, par
le testament qu Adelinde fit à sa mort., l'an 906,
qu'Acfred laissa d'elle trois enfans, Guil-
laume II qui fut duc d'Aquitaine & mourut
sans postérité ; Acfred II, aussi duc d'Aqui-
taine, entre lequel & son père , faute de faire
attention à la suite de l'histoire & de la chro-
nologie, on a mal à propos inséré un autre
Acfred ; de sorte qu'on a fait deux degrés gé-
néalogiques où il n'y en a qu'un, & du même
Acfred II, mort sans postérité, on a fait
Note
87
280
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
deux personnes. Le troisième fils d'Acfred
fut Bernard II, comte d'Auvergne. ]>ions ne
connoissons d'autre testament de la com-
tesse Adelinde que l'exécution qu'elle fit,
l'an 906, de celui d'Acfred son mari mort
depuis peu, & c'est sans doute de cet acte
Acfred,queles Journalistes confondent avec
le comte de Bourges de ce nom qui vivoit
en 828, étoit partisan de Pépin II , & s'il
l'avoit été jusqu'alors, c'est-à-dire jusqu'à
l'an 864. Ces auteurs ajoutent qu'Ac/red, se
voyant alors sans aucune ressource , prit le
Note
87
que veulent parler ces écrivains. Or, dans parti de mettre bas les armes , &■ quil alla se
ce titre qui a été donné par le P. Mabillon' rendre près de Robert le Fort qui le présenta
& par M. Baluze , il n'est mention que d'un la même année, 864, à Charles le Chauve & lui
Acfred, fils d'un autre Acfred qui l'a signé, & obtint sa grâce. Il est bon de rapporter là-
qui étoit sans doute fils du testateur; mais dessus le texte même de l'Annaliste de Saint-
il n'y est pas dit un mot ni de Guillaume, ni Bertin : Egfridus ', qui transactis temporibus
de Bernard. Ceci fait voir qu'Acfred, mari cum Stephano filium fi- aequivocum régis ab
d'Adelinde, mort vers l'an 906, ne sauroit obedientia paterna subtraxerat, à Roberto
être le même qu'Acfred, comte de Bourges capitur , & régi in eodem placito praesenta-
en 828. Nous savons d'ailleurs que le pre- tatur : cui rex, deprecatione ipsius Rodberti
mier vivoit^ certainement en 883 & 884, & caeterorumque suorum fidelium, quod in eum
les Journalistes avouent que l'autre mourut commiserat perdonavit. On peut juger, par
en 868. Ce n'est donc pas mal à propos qu'on ce passage, si Egfrid se rendit de lui-même
a inséré un autre Acfred entre Acfred II, duc
d'Aquitaine, & Acfred I, comte de Bourges ,
que ces auteurs prétendent être son père ,
& ceux qui l'ont dit ont fait attention à la
suite de l'histoire & de la chronologie. Par
conséquent, on doit faire deux degrés généa-
logiques au lieu d'un, supposé qu'Acfred II,
duc d'Aquitaine, mort après l'an 927, descen-
dît en ligne directe d'Acfred, comte de Bour-
ges, mort en 838, à quoi il n'y a cependant
aucune apparence; car il paroît que ce der-
nier ne laissa qu'une fille unique , quoique
vraisemblablement ils fussent l'un & l'autre
de la même race.
1 1° Les Annales de S. Bertin font mention
près de Robert ou plutôt si ce dernier ne
le fit pas prisonnier pour le présenter au
roi à l'assemblée de Pistes. Les Journalistes
prétendent qu'Acfred étoit aïeul maternel
de Robert le Fort : l'Annaliste de Saint-
Bertin n'auroit pas manqué de l'observer
dans une pareille circonstance.
12'' Enfin ces écrivains avancent qu'Ac-
fred , après avoir obtenu la grâce & la
bienveillance de Charles le Chauve, tâcha
depuis de mériter de plus en plus les bon-
nes grâces de ce prince, qui lui donna l'ab-
baye de Saiht-Hilaire de Poitiers, &■ trois ans
après, c est-à-dire l'an Sôy, lui rendit sa comté
de Bourges; mais il est constant, par les
d'Egfrid, qui avoit engagé un des fils de Annales de Saint-Bertin % que lorsque Rai-
Charles le Chauve à se déclarer contre le
roi son père, mais elles ne disent pas,
comme ajoutent les Journalistes, qu'Egfrid
ou Acfred ait fait cette démarche pour le ser-
vice de son roi (Pépin II). Ces auteurs pré-
tendent d'ailleurs qu'il s'agit ici de Louis, fils
de Charles le Chauve, mais c'est de Charles,
roi d'Aquitaine & fils de ce dernier qu'il
est parlé dans cet endroit , & non de Louis :
Filium^ & aequivocum régis ab obedientia pa-
terna subtraxerat. Ainsi nous ignorons si cet
' Mabillon, Annales, t. 3, p. 696. — Baluze,
Histoire génèal. de la maison d'Auvergne, t. 2, p. 14.
' Baluze, Histoire généal. de la maison d'Auver-
gne, t. 2, p. I 3 8c seq.
' Annal. Bertin, p. 222.
nulfe I, comte de Poitiers, mourut l'an 867,
il possédoit cette abbaye. Il est vrai qu'Eg-
frid s'en mit en possession après la mort de
ce comte; mais il paroît qu'il s'en empara
de sa propre autorité , & que ce ne fut qu'à
force de présens qu'il obtint enfin du roi
Charles le Chauve la liberté de la posséder.
C'est par la même voie qu'il obtint le comté
de Bourges, qui lui fut donné, mais non pas
rendu. Carolus ab Acfrido abbatiam
S. Hilarii habente.... sicut quidam dîxerunt,
exenia non modica suscipiens comitatum
Bituricum-.. a Gerardo comité abstulit & prae-
fato Acfrido dédit.
' Annal, Bertin. p. 222.
^ lèid, p. 226, 229 & seq.
Note
87
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
!3l
Il résulte de tout ce que nous venons de
dire qu'Acfred, comte de Bourges, en 828,
est différent d'Acfred, comte de Toulouse, en
842, & non en S^o; que ce dernier est peut-
être le même que celui qui fut établi comte
de Bourges en 867 , mais qu'il n'y a rien de
certain là-dessus; qu'enfin Acfred, comte de
Carcassonne & mari d'Adelinde, sœur de
Guillaume le Pieux, comte d'Auvergne , est
différent des précédens , quoique les au-
teurs des Mémoires de Trévoux n'aient fait
qu'un seul comte de ces trois ou quatre.
Il est cependant vraisemblable qu'ils étoient
Ed.orig. Je la même race; mais s'ils étoient parens, ce
p.yi'i, n'étoit qu'en ligne collatérale, comme nous
verrons plus bas, où nous proposerons les
conjectures qui peuvent faire croire qu'ils
étoient tous de la race de S. Guillaume, duc
de Toulouse ou d'Aquitaine & fondateur
de l'abbaye de Gellone.
Quant à la postérité d'Acfred I, comte de
Bourges , nous savons seulement qu'il laissa
une fille, & l'ancien auteur de l'Histoire de
la translation des reliques de S. Genou té-
moigne qu'il ignoroit si ce comte eut d'au-
tres enfans : Quitus alïi ' praeter filiam fue-
rintne liberî parum comperimus. Si le même
Acfred eût épousé Adelinde en secondes
noces vers l'an 860, & en eût eu des en-
fans, cet auteur, qui écrivoit longtemps
après, ne l'auroit pas ignoré. Ainsi, Agane,
épouse de Robert, comte de Madrie, étoit
fille unique d'Acfred, comte de Bourges.
Du reste, il est très-incertain si Robert,
mari d'Agane , fut père de Robert le Fort,
quoi qu'en disent les Journalistes de Tré-
voux. On ne peut former là-dessus qu'une
légère conjecture , en supposant que le
père de Robert le Fort s'appeloit Robert ;
mais on n'a aucune preuve qu'il fût fils d'un
seigneur de ce nom , & la charte que ces
auteurs ' citent ne le dit pas. C'est ce qu'at-
teste le P. Mabillon ', témoin non suspect,
il n'y a qu'à copier ses propres paroles : AJ
hune annum 897 revocanda vîdetur charta
Rotberti comitis , & abbatis S. Martini Tu-
ronensis Hujus vero pênes Deum meriti
Acta Sanctorum ord'tnis S. Bénédictin saec. 4,
part. 2, p, 226.
^ Mémoires de Trévoux^ décembre 1727, p. 2182.
^ Mabillon, Annal, ad ann. 897, n. 16.
participem vult esse Dominum & sentorem ac
Germanum suum Odonem reç^em , necnon &
Dominum ^enitorem suum Rotbertum glorio-
sum dum vixit in terris comitem & ejusdem
loci abbatem. Postquae verba nonnulli recen-
tiores , qui Rotberti cognomento Fortis pa-
trem Rotbertum, Madriacensem comitem, esse
volunt, haec addunt : Adelaidem quoquegeni-
tricem& Rotbertum comitem avum nostrum,
quae verba in pancharta nigra Alartiniana
desunt. Similem interpolationem initio libri
primi Aimoini de miracuUs S. Benedicti obser-
vavimus. Aimoin est si éloigné de donner
pour père à Robert le Fort, Robert, comte
de Madrie, qu'il dit nettement que le pre-
mier étoit d'origine saxonne. Supererant '
autem duo fiUi Roberti comitis Andegavorum
qui fuit saxonici generis vir. Revenons à
Warin, duc de Toulouse ou d'Aquitaine &
contemporain d'Egfrid, comte de la même
ville.
Warin. — XXIV. On donnoit à Warin
le titre de duc ^ de Toulouse, dès le mois de
juin de l'an 841 qu'il se trouva à la ba-
taille de Fontenay, où il combattit pour
Charles le Chauve contre Pépin, à la tête
des Toulousains & des Provençaux. Ni-
thard', en parlant de lui, sous l'an 842, dit
que le premier de ces deux princes lui
confia le gouvernement de l'Aquitaine, ou le
soin d'y commander pendant son absence,
ce qui fait voir que le duché de Toulouse
étoit alors la même chose que le gouverne-
ment général de l'Aquitaine, & confirme
ce que nous avons déjà dit là-dessus. Au
reste, nous ne doutons pas que Charles le
Chauve n'eût nommé Warin au duché de
Toulouse, aussitôt après la mort de l'em-
pereur Louis le Débonnaire, c'est-à-dire
en 840, pour l'opposer au duc Bernard,
dont la fidélité lui fut toujours suspecte.
C'est tout ce que nous savons de ce duc de
Toulouse, qui survécut sans doute au même
Bernard, mais nous ignorons le temps de
sa mort. Nous parlerons encore de lui dans
' Aimoin, 1. 5, c. 41.
' Vita S. Genulphi, Bibl. Floriac. t. 2, p. 87, &
Duchesne, t. 3, p. 460. — Voyez Adhémar, Chro-
nicon, dans hahhe, Bibl. nova, t. 2, p. 161. — Chro-
nicon S. Maxentii, Labbe, Bibl. nova, p. 200.
3 Nithard, 1. 4, p. 378.
Note
87
Note
87
232
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
la suite, & nous examinerons s'il est le
même que le comte d'Auvergne de ce nom
qui vivoit en 819.
XXV. Il paroît qu'il conserva le duché
de Toulouse, ou gouvernementd'Aquitaine,
jusqu'à l'an 845, que Charles le Chauve,
ayant fait sa paix avec le jeune Pépin ,
lui céda", par le traité de Saint-Benoit-sur-
Loire, tout le royaume d'Aquitaine, à l'ex-
ception du Poitou, de la Saintonge & de
l'Angoumois qu'il se réserva. Warin & Eg-
tant que Guillaume, fils de Bernard, fut un
des plus zélés partisans du jeune Pépin, &
qu'il est certain', d'ailleurs, qu'il prit les
armes contre Charles le Chauve, compéti-
teur de ce prince, après qu'ils eurent rompu
la paix qu'ils avoient conclue, ce qui arriva
bientôt après, nous ne doutons pas que
Pépin ne l'ait nommé au duché de Tou-
louse ou d'Aquitaine, possédé auparavant
par le père & l'aïeul de ce seigneur, dont le
premier s'étoit sacrifié pour ses intérêts &
frid n'eurent plus depuis aucune autorité avoit subi le dernier supplice, parce qu'il
dans la ville de Toulouse, qui demeura à avoit embrassé son parti.
Pépin. Ce prince en donna le duché ou XXVII. Il faut avouer toutefois qu'on
gouvernement à un autre, avec celui du peut révoquer en doute une circonstance
reste de l'Aquitaine, dont il devint paisible qu'ajoute Adhémar*, savoir que Wlgrin
possesseur par le même traité, ce qui donna s'empara du comté d'Agenois pour les droits
occasion à la division de ce royaume en de son épouse, sœur de Guillaume : Agin-
deux duchés, comme nous le dirons plus num quoque urbem habebat, quam assumens
vindicavit propter sororem WillelmiTolosanî,
quam in matrïmonium acceperat ; ce qui est
contre l'usage des fiefs observé sous le rè-
gne de Charles le Chauve : car quoique les
comtés fussent déjà alors héréditaires, il ne
paroît pas que les femmes succédassent à
ces dignités. Nous ne voyons pas , d'ailleurs,
que le comté d'Agenois ait été alors dans la
maison des comtes de Toulouse. On ne
peut donc faire que peu de fonds sur une
bas.
Guillaume II. — XXVI. Il y a lieu de
croire que Pépin disposa alors de ce duché
en faveur de Guillaume, fils aîné de Ber-
nard, duc de Septimanie, s'il ne l'avoit
déjà fait en 844, aussitôt après la mort
du dernier, tant à cause que ce seigneur
avoit épousé" ses intérêts à l'exemple de
son père, que parce que nous savons d'ail-
leurs qu'il y eut, vers le même temps, un
Note
87
Guillaume duc OU comte de Toulouse. C'est pareille circonstance, quoique quelques
ce qui paroît par Adhémar^ de Chabanois auteurs postérieurs' aient suivi en cela
ou de Chabannes, qui rapporte que Wlgrin, cet historien, qui ne vivoit qu'au commen-
comte d'Angoulême, épousa une sœur de cernent du onzième siècle.
Guillaume le Toulousain. On convient que XXVIII. M. Marca'' prétend que Guil- Éd.orig
ce Guillaume étoit comte de Toulouse, & laume, fils de Bernard, fut duc de Septima- p. 712.
qu'il vivoit vers le milieu du neuvième siè- nie ou marquis de Gothie, & qu'il succéda
clej mais on est partagé sur son extrac- immédiatement à son père dans cette di-
tion. Les uns, après Catel ■• & le P. le gnité; mais il n'en donne aucune preuve.
Cointe, croient que c'est le même que le II est vrai que ce seigneur s'empara', en 848,
fils aîné de Bernard, duc de Septimanie 3 les des villes d'Empurias & de Barcelone sur
autres, avec M. de Marca% sont persuadés Aledran qui en étoit gouverneur, & de la
qu'il est différent. Comme il paroît cons- Marche d'Espagne; mais ce n'est pas une
' Annal. Bert'in, p, 201.
' Voyez le Cointe, ad ann, 844, n. 39. — Da-
niel, Histoire de France, t. i, p. 676, 678, 693.
^ Adhémar de Chabanais, Labbe, Bibl, nova, t. 2,
p. i63, & Duchesne, t. 2, p. 632 & seq.
■* Catel, Histoire des Comtes, — Le Cointe, ad
ann. 844, n. 39. — Voyez Labbe, Tables gén.
p. 429, 487 & seq.
^ P. de Marca, Histoire de Béarn, p. 693.
' Annal, Bertin, p. 2o3 & seq. — Chronicon Fon-
tanellensis monasterii , p. 388. — Epist, Eulog. —
Duchesne, t. 2, p. 399.
^ Adhémar de Chabanais, Labbe, Bièl. nova, t. 2,
p. i63, & Duchesne, t. 2, p. 682 8c suiv.
^ Historia Pontificum Engolismensium , p. 262.
^ P. de Marca, Histoire de Béarn, p. 686.
^ Annal, Bertin. p. 2o3 & suiv. & Chron, Fonta-
nellensis monasterii, p. 388.
Note
87
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
conséquence que Charles le Chauve, qui
fut toujours le maître de la Septimanie &
de cette frontière depuis la mort de Louis
le Débonnaire, son père, lui en ait confié
le gouvernement en 844. Quelle apparence
que ce prince eût disposé de cette dignité
en faveur du fils de celui qu'il venoit de
faire mourir pour son attachement au parti
de Pépin, & qui étoit lui-même un des plus
zélés partisans de ce prince? Il est donc
beaucoup plus vraisemblable que ce dernier
nomma Guillaume en 844, après la mort
de Bernard, au duché de Toulouse ou gou-
vernement des pays de l'Aquitaine qui lui
étoient soumis, ou du moins en 845, lors-
qu'il eut obtenu la plus grande partie de ce
royaume par un traité solennel. Comme
Charles le Chauve rompit ' ce traité peu de
temps après, & que les Aquitains le reconnu-
rent de nouveau pour leur roi en 848, ce fut
alors que Guillaume, sans doute pour se
maintenir dans son gouvernement, alla dans
la Marche d'Espagne, s'unit avec les Sarra-
sins & s'empara de Barcelone 5 & non
en 858, ainsi que le suppose M. de Marca'.
Si donc ce seigneur, qui fut tué au com-
mencement de l'an 85o, a été duc de Septi-
manie ou marquis de Gothie, ce n'aura été
que par usurpation, peu de temps avant sa
mort & non pas dès l'an 844.
Frédélon et ses successeurs. —
XXIX. Le siège que Charles le Chauve fut
obligé de mettre devant Toulouse, en 849,
peut encore fortifier notre conjecture &
nous faire croire que Guillaume étoit alors
duc ou principal gouverneur de cette ville
au nom de Pépin. Car il_ paroît que Fré-
délon qui la défendit contre Charles n'en
avoit pas le gouvernement en titre, & qu'il
n'étoit que le lieutenant de Guillaume; ou
du moins qu'à l'exemple d'Egfrid, dont nous
avons déjà parlé, il n'en étoit alors que
simple comte ou gouverneur particulier sous
l'autorité de ce duc, occupé dans le même
temps à faire révolter la Marche d'Espagne
contre ce prince. C'est ce que nous avons
lieu d'inférer des termes de la Chronique
de Fontenelle' qui nous apprend le détail
Annal. Berlin, p. 2o3 8c seq.
P. de Marca, Histoire de Béarn, p. 694.
Chronicon Fontanellensis monasteriij p. 388.
de ce siège, & qui ne donne à Frédélon que
le nom de gardien de Toulouse, custos urbïs.
XXX. Charles le Chauve ayant pris alors
cette ville qu'il conserva dans la suite, en
rendit le gouvernement' au même Frédélon
qui l'avoit défendue contre lui. Ce seigneur
fut depuis ce temps-là comte de Toulouse;
& comme lui & ses successeurs prirent" le
titre de duc conjointement avec ceux de
comte & de marquis, & quelquefois même
de duc ou de prince d'Aquitaine, c'est une
preuve qu'ils conservèrent dans ce royaume
la même autorité que leurs prédécesseurs
y avoient exercée, & que la ville de Tou-
louse continua d'être capitale d'une pro-
vince ou gouvernement général. Il fut
moins étendu à la vérité depuis la mort de
Louis le Débonnaire qu'il ne l'avoit été
sous le règne de ce prince & de Charlema-
gne, à cause de la division de l'Aquitaine
en deux duchés ou gouvernemens qui se fit
alors, comme nous le dirons plus bas.
De Frédélon, ou plutôt de son frère
Raymond I, qui lui succéda immédiatement
dans le comté de Toulouse, descendent les
comtes héréditaires de cette ville jusqu'au
dernier Raymond, qui mourut au milieu
du treizième siècle. Leur succession est
assez connue & ne souffre aucune difficulté
jusque vers le milieu du dixième, mais elle
est très-obscure & très-embarrassée depuis
ce temps-là jusqu'au milieu du onzième.
Nous tâcherons de l'éclaircir dans une "Sote
du tome IV. Venons présentement à la suite
des ducs de Septimanie ou marquis de Go-
thie, sous la seconde race.
^ II. — Ducs de Septimanie ou marquis de
Gothie, comtes de Barcelone.
BÉRA. — XXXI. Nous avons dit que le
duché de Septimanie fut érigé l'an 817, par
Louis le Débonnaire, dans le temps qu'il
démembra cette province du royaume d'A-
quitaine; que ce gouvernement général fut
' Chronicon Fontanell, p. 388.
* Voir aux Preuves de ce volume, sous le nu-
méro XCVI, Charte de Bernard, duc & marquis, en
faveur de l'abbaye d'Alaon, & sous le numéro C,
Donation faite aumonastèrc de Vabres, &c. — Catel,
Histoire des comtes, p, 6^, 70, 74, 77, &c.
Note
87
Note
87
284
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Éd.orig.
p.713.
composé de la Septimaiiie propre & de la
Marche d'Espagne, & que Barcelone en fut
la capitale. Nous avons dit aussi que les
comtes particuliers de cette ville furent en
même temps ducs de Septimanie j que ces
deux dignités furent jointes ensemble jus-
qu'à l'an 865, & qu'ainsi Béra, qui étoit
comte de Barcelone dans le temps de l'érec-
tion de ce duché, le posséda & en fut le
premier duc jusqu'à sa proscription, arri-
vée en 820.
Bernard I , Bérenger, Sunifred. —
Bernard , fils de S. Guillaume fondateur
de Gellone, lui succéda cette même année
& posséda paisiblement ce gouvernement
jusqu'en 832, qu'il en fut dépouillé à la
diète de Joac en Limousin. Béranger, duc de
Toulouse, fut alors mis à sa place, & quoi-
que Bernard fût rentré en grâce deux ans
après, & qu'il eût été rétabli dans ses di-
gnités, il lui disputa cependant le duché de
Septimanie. Mais le premier étant décédé
en 835, Bernard le posséda ensuite jusqu'en
844, qu'il fut exécuté à mort par ordre de
Charles le Chauve. Comme la Septimanie
appartenoit à ce prince, il disposa alors, ce
semble, du gouvernement de cette province
en faveur d'un seigneur appelé Sunifred
qui le poss'éda sous le titre de marquisat de
Gothie 5 car depuis la mort de Bernard tous
ses successeurs ne prirent plus que la qua-
lité de marquis.
XXXII. Besse " & le P. le Cointe après
lui prétendent que le comté de Barcelone
ou Marche d'Espagne & le marquisat de
Gothie ou Septimanie furent séparés aus-
sitôt après la mort de Bernard pour for-
mer deux gouvernemens différens , dont le
dernier futdonné , disent-ils, à Sunifred &
l'autre à Soniarius. Mais la charte de Char-
les le Chauve, sur laquelle le P. le Cointe
s'appuie pour prouver cette séparation,
n'en dit rien, & c'est par une supposition
manifeste qu'il ajoute de lui-même le nom
de Gothie au titre de marquis qui est donné
simplement à Sunifred , & celui de Barce-
lone à la qualité de comte qu'on donne
en général à Soniarius dans cette charte.
Nous savons, d'ailleurs, qu'en 858 la Septi-
' Besse, Hist. de Narhonne, p. 1 10 & suiv, — Le
Cointe, adann. 844, n. 41.
manie propre & la Marche d'Espagne ' ou
le comté de Barcelone ne composoient'
encore qu'un même gouvernement occupé
alors par Humfrid.
XXXIII. Nous ne disconvenons pas ce-
pendant que Sunifred n'ait succédé immé-
diatement à Bernard dans le duché de Sep-
timanie ou marquisat de Gothie; mais nous
sommes persuadés que ce gouvernement
avoit alors la même étendue que sous ce
dernier , par la raison que nous avons déjà
dite. Il paroît en effet, par la charte dont
nous venons de parler, que le marquis Su-
nifred étendoit son autorité sur la Septi-
manie. Il devoit donc avoir déjà succédé à
Bernard; ce qui prouve que si celui-ci con-
serva ce duché jusqu'à sa mort, il dut dé-
céder avant la date de cette charte qui est
du 8 du mois de mai de l'an 844.
XXXIV. Il est fait mention dans une au-
tre charte, datée de l'an 829', d'un seigneur
nommé Sunifred qui étoit fort avant dans
les bonnes grâces de l'empereur Louis le
Débonnaire , & auquel ce prince donna
alors le lieu de Fontcouverte dans la Sep-
timanie : nous conjecturons que c'est le
même que notre marquis de Gothie. Il est
rapporté dans ce diplôme que ce seigneur
étoit fils de Borrel , lequel possédoit de
grands biens dans le même pays. Nous
trouvons un comte appelé Borrel à qui
Louis le Débonnaire *, alors roi d'Aqui-
taine, donna en 798 le comté ou gouverne-
ment d'Ausone, de Cardone & de plusieurs
autres places de la Marche d'Espagne qu'il
avoit fait rétablir. Ce comte est vraisembla-
blement le même que le père de Sunifred.
Nous verrons bientôt que le père de Wifred
le Velu, tige des comtes héréditaires de Bar-
celone, s'appeloit aussi Sunifred : comme
les temps conviennent parfaitement, que
nous savons, d'ailleurs, que sous Charles
le Chauve les dignités étoient déjà héré-
ditaires ou qu'elles passoient aux plus pro-
' Capitul, Append. t. 2 , p. 1444.
' Acta Sanctorum ordinis S. Bened'ict'i , saec. 4,
part. 2, p. 46 & seq.
' Voyez aux Preuves de ce volume, sous le nu-
méro XLVI, la Charte de Louis le Débonnaire en
faveur d'un de ses vassaux appelé Sunifred,
'^ Astronome, p. 289 & seq.j p. 293.
Note
87
Note
87
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
23:
ches , & qu'enfin il est certain que les mê-
mes noms se perpétuèrent dans la famille
(les comtes de Barcelone, nous avons lieu
de croire que tous ces seigneurs étoient
de la même race , & qu'ils étoient proches
parens de S. Guillaume, fondateur de Gel-
loue, qui avoit eu le gouvernement général
de tout ce pays. Ainsi, si Charles le Chauve
priva Guillaume, fils de Bernard, duc de Sep-
timanie, de la succession à ce duché, il pa-
roit qu'il le conserva dans sa famille en la
personne de Sunifred.
XXXV. Au reste, c'est par une erreur
manifeste que Besse ' a confondu Sunifred,
marquis de Gothie, dont nous venons de
parler , avec Humfrid revêtu de la même
dignité & du comté particulier de Barce-
lone l'an 858 % puisque nous trouvons en-
tre eux deux autres marquis de Gothie &
comtes de Barcelone.
Aledran. — Le premier est Aledran qui
commandoit sur cette frontière en 849% &
qu'une ancienne chronique '' qualifie custos
Barcinonae & lîmîtis Hispanici. Aledran étoit
donc gouverneur de Barcelone & de la
Marche d'Espagne : or , comme la Septi-
manie propre fut unie avec la Marche d'Es-
pagne & le comté particulier de Barce-
lone , & qu'ils ne formèrent ensemble ,
jusqu'en l'année 865 , qu'un même gou-
vernement général , il faut qu'Aledran ait
été marquis de Gothie & qu'il ait égale-
ment étendu son autorité & sur la Septi-
manie propre & sur la Marche d'Espagne j
il aura donc succédé à Sunifred sans que
nous en sachions précisément le temps.
Nous ignorons aussi l'origine de ce sei-
gneur; cependant, comme il paroît que
le duché de Septimanie ou marquisat de
Gothie fut toujours dans la famille de
S. Guillaume, fondateur de Gellone, jus-
qu'au commencement du dixième siècle, on
pourroit conjecturer qu'Aledran étoit fils
de Théodoric ou de quelqu'un des autres
frères de ce duc, & que les deux^ frères
' Besse, Hist. de Narhoniie, p. 120 & suiv.
' Acta Sanctorum ordinis sanct'i Benedict't, saec 4,
part. 2, p. 46 8c seq.
^ Annal. Bertin, p, 204.
* Chronicon Fontanell. p. i88.
^ Abbon, de Bello urb'is Paris. I. 2, p. 5 18.
Théodoric & Aledran, qui aidèrent l'an 886
le comte Eudes à défendre Paris contre les
Normands, descendoient de lui.
UdaLRIC. — XXXVL L'autre marquis de
Gothie, qui se trouve entre Sunifred &
Humfrid, est Udalric ou Odalric qui occu-
poit' déjà ce marquisat vers l'an 852. Nous
voyons, en 843% un Adalaric, comte de Gi-
rone, d'Empurias & de Pierrelatte dans la
Marche d'Espagne, lequel épousa Rotrude,
fille du comte Béra fondateur de l'abbaye
d'Alet, & il étoit peut-être parent de notre
marquis Odalric. Quoi qu'il en soit , ce
dernier possédoit' encore le marquisat de
Gothie au commencement de février de
l'an 856, & il est certain qu'il exerçoit une
autorité supérieure dans le diocèse de Nar-
bonne & le Roussillon, & par conséquent
sur la Gothie propre ou Septimanie.
Humfrid. — XXXVU. Humfrid, qui avoit
déjà succédé '' à Udalric dans le marquisat de
Gothie au commencement de l'an 858, fut
proscrit & dépouillé' de ses dignités en 864,
pour s'être emparé, de son autorité pri-
vée, l'année précédente, de la ville de Tou-
louse. Il est certain qu'il étoit alors comte
particulier de Barcelone & gouverneur^ de
la Septimanie^ & de la Marche d'Espagne
sous le titre de marquis de Gothiej mais
après sa proscription, ces deux provinces
furent séparées & partagées en deux mar-
quisats ou gouvernemens généraux, comme
nous le verrons bientôt.
XXXVIII. Les auteurs catalans & espa-
gnols ont débité bien des fables au sujet
d'Humfrid, que Besse' a adoptées, tandis
qu'il révoque en doute l'entreprise de ce
' Voyez aux Preuves de ce volume, sous le
n, LXXVI, Plaid tenu a Crespian sous Udalric, mar-
quis de Gothie, & sous le n. LXXVIII, Charte de
Charles le Chauve, où il est fait mention d'Udalric,
marquis de Gothie.
" Marca Hispanica , c. J-JC) & seq.; c. SSy. —
Voyez Note XCI, n. 6.
' Voyez aux Preuves de ce volume, sous le
n. LXXXI j Charte de Charles le Chauve, en faveur
de Frédol, archevêque de Narbonne.
^ Acta Sanctorum ordinis sancti Bénédictin saec. 4,
part. 2, p. 46 & seq.
5 Annal. Bertin. p. 216, 218, 222 & suiv.
« Act. SS. O. S. Ben. saec. 4, part. 2, p. 46 & seq.
' Besse, Hist. de Narbonne, p. 1 20 & 129.
Noie
«7
Note
87
236
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Éd.oriîî.
t. I.
P 714-
marquis sur la ville de Toulouse. Il n'a pas,
sans doute, pris garde que ce fait est attesté
par l'auteur contemporain des Annales "
de Saint-Bertin ; ce qui, joint à quelques
autres circonstances^ nous donne lieu de
croire qu'il étoit de la même famille que
S. Guillaume, duc de Toulouse & fonda-
teur de Gellone, sur quoi nous allons don-
ner nos conjectures.
XXXIX. Nous supposons d'abord, comme
une chose dont on convient^ & qu'il est
maison, ce seigneur aura voulu par cette
entreprise remettre dans la sienne le du-
ché ou comté de Toulouse, dont Charles le
Chauve avoit disposé en faveur d'une autre
famille, & qui avoit été possédé succes-
sivement par S. Guillaume, par Bernard,
son fils, & Guillaume , son petit-fils. On
pourroit ajouter qu'Humfrid avoit possédé
vraisemblablement ce comté, & qu'il est
peut-être le même qu'Acfred ou Egfrid ,
comte de Toulouse en 842, & partisan de
très-aisé de prouver, que les noms d'Hum- Charles le Chauvej que ce prince ayant fait
frid, Egfrid, Wifred, Guifred, Aiguifred , la paix avec Pépin trois ans après, & lui
Ananfred & Acfred sont les mêmes, ainsi ayant cédé la ville de Toulouse avec une
que ceux' d'Alphonse, Adephonse, Ilde- grande partie de l'Aquitaine , il peut avoir
fonse, Anphous, Amphos, Amphuxus, An- donné alors à Humfrid, pour le dédommager
fossus, & que ce ne sont que différentes
terminaisons d'un même nom. Les noms
d'Humfrid & de Wifred étant donc les mê-
mes, & étant certain d'ailleurs que, dans
le neuvième siècle & les suivans, les noms
se perpétuoient dans les familles, nous ne
doutons pas qu'Humfrid, marquis de Gothie,
ne fût de la race de Wifred, comte de Bour-
ges, sous Louis le Débonnaire. Or, il est
certain que ce dernier étoit du sang (re-
gali prosapîa exorto) de Charlemagne'*, &
nous avons déjà remarqué que S. Guil-
laume, fondateur de Gellone, étoit proche
parent de ce prince, & qu'ils avoient une
tige commune. Enfin, nous voyons qu'Hum-
frid, marquis de Gothie, possédoit de grands
biens en Bourgogne^ & que le duc Ber-
nard *, fils de S. Guillaume de Gellone, avoit
plusieurs terres dans ce pays.
XL. Par là on peut expliquer la raison
pour laquelle Humfrid s'empara, l'an 863,
de la ville de Toulouse sur le comte Ray-
de la perte de ce gouvernement, quelque
comté particulier dans la Marche d'Espa-
gne, & enfin le marquisat de Gothie. Nous
trouvons ' en effet un Wifred , comte de
Girone de Besalu en 85o, & rien n'empê-
che de croire que celui-ci ne soit le même
qu'Humfrid, marquis de Gothie, puisqu'il
portoit le même nom.
XLI. Quoiqu'il en soit de ces conjectures,
il est du moins certain que ce marquis fut
proscrit l'an 864% & que le roi Charles le
Chauve le priva de ses dignités à cause de
son entreprise sur la ville de Toulouse.
Ce prince disposa l'année suivante du mar-
quisat de Gothie & le partagea en deux
gouvernemens généraux, dont l'un fut com-
posé des pays situés en deçà des Pyrénées,
& l'autre de la Marche d'Espagne. Il paroît
que Charles le Chauve conserva l'un &
l'autre dans la famille de S. Guillaume de
Gellone ou dans celle d'Humfrid. On pré-
tend' même que Wifred le Velu, comte de
moud I du nom. Comme les dignités étoient Barcelone & marquis d'Espagne, qui suc-
alors héréditaires, ou que du moins elles
ne sortoient pas ordinairement d'une même
' Annal. Bertïn. p. 216 & suiv.
" Mabillon, ad ann. 862, n. io5. — Mémoires
de Trévoux, décembre \']2.'j, p. 2266.
' Catel, Histoire des Comtes, p. 184.
■* Translat. S. Genulph. Acta Sanctorum ordinis
sancti Benedicti , saec. 4, part. 2, p. 228 & apud
Diich. t. 3. p. 453. — Vit. S, Jacob, Erem. Acta
Sanct. ord. sancti Benedicti , saec, 4, part. 2, p. i5i.
^ Acta SS. 0. S. Ben. saec, 4, part. 2, p. 47 & 5i .
« Nithard, 1. 3, p. 371.
céda au dernier dans cette dignité , étoit
son fils 5 mais nous ferons bientôt voir le
contraire. Si donc Humfrid laissa des en-
fans, ce que nous ignorons, ils ne succé-
dèrent pas à ses dignités''. On pourroit con-
jecturer qu'Egfrid ou Acfred, qui fut abbé
' Preuves àe ce volume. Chartes & Diplômes, ^cfe
de consécration de l'église deN.-D. de Riondegario au
diocèse de Girone. — Marca Hispanica, p. 783.
^ Annal. Bertin, p. 216 & seq.
' Besse, Histoire de Narbonne, p. 128 & suiv»
'' Voyez au tome I, livre x, n. 94.
Note
87
Note
87
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
237
séculier de Saînt-Hilaire de Poitiers, & à qui
le roi Charles le Chauve donna, l'an 867 ',
le comté de Bourges, étoit fils de ce mar-
quis, & qu'ayant été privé d'abord des di-
gnités de son père, il rentra depuis en
grâce auprès de ce prince.
^ III. — Epoque de la séparation de la Mar-
che d'Espagne & du marquisat de Gothie.
— Origine de JVifred le Velu, successeur
d'Humfrid, dans le comté de Barcelone ou
marquisat d'Espagne, & tige des comtes hé-
réditaires de cette ville.
XLII. La Marche d'Espagne & la Septi-
manie propre, après avoir été unies en 817
pour ne faire qu'un seul duché ou gouver-
nement général, furent séparées en 865, &
composèrent depuis ce temps-là deux mar-
quisats différens. M. de Marca' prétend
que cette séparation se fit en 849, mais
comme il est constant par l'Histoire de la
translation' des reliques des SS. George ,
Aurèle & Nathalie, écrite par un auteur
contemporain, qu'en 858 Humfrid, mar-
quis de Gothie & comte de Barcelone,
étendoit alors également son autorité
sur la Septimanie propre & sur la Marche
d'Espagne, il faut que cette séparation soit
postérieure à cette année. L'époque en est
d'ailleurs marquée par l'Annaliste de Saint-
Bertin'' qui, après avoir rapporté, sous
l'an 864, qu'Humfrid, marquis de Gothie^
fut proscrit & dépouillé de ses dignités,
dit, sous l'année suivante, que le roi Charles
le Chauve donna alors à Bernard une partie
de ce marquisat, partem ipsius marchiae illi
committit; ce qui marque un véritable par-
tage & un démembrement du gouvernement
d'Humfrid. M. de Marca ^ convient que ces
termes doivent s'entendre ou de la sépara-
tion de la Marche d'Espagne d'avec la Septi-
manie, ou du démembrement qui fut fait des
comtés de Carcassonne & de Razès d'avec
cette dernière province j mais il est per-
' Annal. Berlin, p. 22 & suiv.
" Marca Hispanica, p. 829 & seq.
^ Acta Sanctorum ordin'is sancti Benedicti, saec. 4,
part. 2, p. 46 & seq.
■* Annal. Berlin, p. 218, 221 & 222.
' Marca Hispanica, p. 33o.
suadé que le texte de l'Annaliste de Saiiit-
Bertin doit être entendu de ce dernier
démembrement. Comme nous faisons voir
ailleurs' que les comtés de Carcassonne
& de Razès furent séparés de la Septima-
nie ou Gothie dès l'an 817, & qu'ils con-
tinuèrent d'être unis au royaume d'Aqui-
taine, on doit conclure, selon M. de Marca
même, que le partage que le roi Charles le
Chauve fit en 865 du marquisat de Gothie,
& qui est marqué dans l'Annaliste de Saint-
Bertin, regarde la séparation de la Marche
d'Espagne d'avec la Septimanie j d'autant
plus que nous avons déjà fait voir qu'Hum-
frid étendoit, en 858, son autorité sur ces
deux provinces, & qu'il en étoit gouver-
neur général.
XLIIl. Nous ajouterons à cela qu'en 861'
la Marche d'Espagne étoit encore comprise
sous le nom général de Septimanie, au lieu
qu'après l'an 865 ces deux provinces furent
toujours distinguées par des noms différens.
C'est ce qui paroîtpar plusieurs monumens
qui prouvent que le nom de Gothie ou de
Septimanie fut restreint depuis ce temps-là
à la partie de la Narbonnoise première qui
portoit le nom de Septimanie, &. que la
Marche d'Espagne fut toujours appelée
dans la suite ^ Espagne., Espagne citérieure ^
Marche d'Espagne, & enfin comté ou Mar-
che de Barcelone & connue seulement sous
ces noms^ au lieu qu'auparavant, elle étoit
comprise sous le nom général de Septima-
nie, de Gothie ou de duché de Barcelone.
C'est ainsi que ces deux provinces sont
distinguées dans un décret "• du concile de
Troyes de l'an 878, judicibus in Hispania
&■ Gothia PROVINCIIS, &c. Sur quoi il faut
remarquer que par le nom d'Espagne on ne
doit pas entendre seulement ici, comme l'a
cru M. Baluze% la partie de ce royaume si-
tuée en delà de la rivière de Lobregat &
soumise aux François (supposé même que
• Voyez Note XCIV.
' Capitulaîres, t. 2, Append, p. 1482.
' Voyez iWarca Hispanica, p. 358, 401, iiii. —
Aux Preuves du tome V, Chartes & Diplômes,
Actes des conciles de la. province de Narhonne, tenus
a Barcelone & à Saint-Tibéri,
^ Conciles, t. 9, p. 314.
^ Baluze, Not. in Capitul. t. 2, p. 1287.
Note
87
Éd.orig.
t. 1,
p. 715.
Note
87
:38
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
ses peuples étendissent alors leur domina-
tion au delà de cette rivière, ce qui n'est
pas bien certain) mais encore tous les
pays situés entre cette même rivière & les
Pyrénées, puisque tout ce qui appartenoit
aux François au delà de ces montagnes
dépendoit d'une même province, & a tou-
jours fait partie du même gouvernement.
Cette distinction est encore confirmée par
un diplôme' du roi Charles le Simple, de
l'an 899, par lequel ce prince accorde à
Riculfe, évêque d'Elne, la liberté d'acheter
des biens-fonds dans son royaume de Go-
thie & d'Espagne, in regno nostro Gothicae
sive Hispaniae, car la particule sive a dans
cet endroit la même force que la conjonctive
d- , ce qui est expliqué dans les actes du
concile tenu à Atùlian^ au diocèse^ de Nar-
bonne, l'an 902, par les évoques de Gothie
& d'Espagne, pays qui composoient alors
la province ecclésiastique de Narbonne &
ne formoient auparavant qu'un seul gou-
vernement général, auquel divers anciens
monumens donnent le titre de royaume'.
Chacune de ces deux provinces gouvernées
auparavant conjointement par Humfrid ,
comte de Barcelone & marquis de Gothie,
furent donc administrées désormais sépa-
rément, l'une par Bernard qui lui succéda
dans le marquisat de Gothie ou Septima-
nie propre, & l'autre par Wifred le Velu
qui fut pourvu du comté de Barcelone &
du gouvernement ou marquisat de la Mar-
che d'Espagne. Comme il paroît que l'un
& l'autre de ces seigneurs étoient parens
d'Humfrid, & que Charles le Chauve con-
serva ces dignités dans sa famille qui étoit
la même, comme nous le conjecturons, que
celle de S. Guillaume de Gellone, cela nous
engage à discuter leur origine jusqu'ici
assez obscure. Nous commencerons par
celle de Wifred le Velu.
XLIV. Il est très-vraisemblable que ce
seigneur succéda immédiatement à Hum-
frid dans le comté de Barcelone & le mar-
quisat d'Espagne, ou du moins qu'il obtint
' Marca Hispan'ica., p. 832.
' Voyez au tome V de cette édition^ aux Preu~
ves, sous le numéro XXVIII : Concile tenu a Atti-
lian, dans le diocèse de Narhonne.
^ Baluze,Not. in Capital, t. 2, p. 1108.
ce gouvernement peu d'années après la
proscription de ce marquis, puisqu'il vivoit
sous l'épiscopat de Frédold, archevêque de
Narbonne, lequel mourut vers la fin de
l'an 872. Nous trouvons", en effet, un
Wifred comte ou marquis, qui fit un échange
de quelques biens avec ce prélat, de qui il
reçut l'église des SS. Pierre & Paul, située
dans l'île de Lac ou de Lee, au territoire de
Narbonne, dont le même Wifred fit ensuite
donation à l'abbaye de la Grasse. Or, il
paroit que ce seigneur est le même que
Wifred le Velu^, comte de Barcelone, puis-
que celui-ci fut bienfaiteur de ce monas-
tère & qu'il lui donna divers fiefs dans le
comté de Girone, sous le règne du roi Eu-
des. Nous savons' enfin que les comtes
Wifred &■ Miron frères vivoient au commen-
cement de l'épiscopat de Sigebode, arche-
vêque de Narbonne & successeur immé-
diat de Frédold sous le règne de Charles le
Chauve, c'est-à-dire vers l'an 878. Or, nous
verrons plus bas que Miron , comte de
Roussillon à la fin du neuvième siècle,
étoit frère de Wifred le Velu, comte de
Barcelone.
XLV. Le plus ancien auteur qui ait parlé
de l'origine de ce dernier est celui qui a
écrit' les Gestes des comtes de Barcelone à
la fin du treizième siècle, & qui, quoique
fabuleux dans les commencemens de son
ouvrage, au sentiment des meilleurs criti-
ques*, ne dit rien cependant dans la suite
qui ne soit conforme à la vérité de l'his-
toire & aux monumens les plus authen-
tiques : « Wifred le Velu, comte' de Barce-
« lone, étoit fils, dit cet auteur, d'un
' Voyez au tome V de cette édition , sous le
numéro XXII , Charte de Charles le Simple en fa-
veur del'ahhaye de la Grasse (899), & sous le nu-
méro XXXIV, une Charte du même roi en faveur
de la même abbaye (908).
^ Voyez aux Preuves de ce volume, sous le nu-
méro XCIX, Consécration de l'église de N.-D, de For~
miguera, dans le Capcir.
^ Gesta comlt, Barcin. — Marca Hispanica, p.53o
& seq.
'' Baluze, Praef, Marcae Hispanicae, & p. 400. —
Pierre de Marca, ièi^. p. 332 &suiv. — Caseneuve,
Catal. Franc, c. 5.
^ Gesta comit. Barcin. — Marca Hispanica, p 53p
& seq.
Note
87
Note
87
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
*;
« autre Wifred, comte de la même ville &
« originaire du château d'Arrian, dans le
'< Gonflant ou le Roussillon. Le dernier
« étant un jour allé à Narbonne, avec son
« fils de même nom, pour y saluer les en-
ce voyés du roi, il s'éleva tout à coup une
<( émeute parmi les soldats, dont l'un, qui
'< étoit François de nation, prit ce seigneur
(( & le traîna par la barbe. Wifred indigné
<( de cette insulte tira son épée & tua le
« soldat, mais en même temps il fut arrêté
'( lui-même prisonnier. On le conduisoit
u au roi lorsque ses conducteurs s'étant
>( aperçus qu'il cherchoit à s'échapper, lui
i< coupèrent la gorge, auprès du Puy-Saînte-
« M.arie. Le jeune Wifred, son fils, fut
« ensuite présenté au roi, qui apprenant
« les circonstances de la mort funeste de
« son père, en témoigna publiquement du
(' chagrin, & la crainte qu'il avoit que cette
(( affaire n'eût de fâcheuses suites pour
« les François. Ce prince confia au comte
« de Flandre l'éducation du jeune Wifred
« qui débaucha la fille de ce comte. La
« mère, instruite de cet accident, tint la
« chose secrète pour sauver l'honneur de sa
« fille, & fit jurer à ce seigneur qu'il l'é-
« pouseroit solennellement, s'il pouvoit
« parvenir un jour à la dignité de son père
« & entrer, dans la possession du comté
« de Barcelone. Wifred, après avoir pro-
« mis tout ce qu'on voulut, se revêtit
« d'un habit de pauvre que la comtesse de
« Flandre lui donna , & s'étant mis en
« chemin sous la conduite d'une vieille
« femme, il arriva aux environs de Barce-
« lone & fut reconnu, nonobstant le mau-
(( vais équipage où il étoit, par la com-
« tesse sa mère, parce qu'il étoit velu pres-
« que par tout le corps. S'étant ensuite
(( fait connoître aux principaux du pays ,
« ceux-ci le reconnurent pour leur comte
« & pour leur seigneur. Il tua enfin de sa
« propre main le comte Salomon, François
« (Gallicus') de nation, à qui le roi avoit
« donné le comté de Barcelone après la
« mort de Wifred I. Wifred le Velu, fils de
« ce dernier, régna par là paisiblement
« sur tout le comté de Barcelone depuis
« Narbonne jusqu'en Espagne. Il n'oublia
« pas d'envoyer chercher la fille du comte
« de Flandre qu'il épousa suivant sa pro-
NOTE
87
« messe & dont les parens lui obtinrent
« les bonnes grâces du roi , lequel lui ac-
« corda le domaine du comté de Barcelone
(( en hérédité pour lui & pour ses suc-
ci cesseurs, après qu'il eut chassé les Sar-
« rasins de la Marche d'Espagne, où ces
i< infidèles avoient fait beaucoup de pro-
ie grès. Ce comte fonda ensuite le monas-
« tère de Ripoll en 888, &c. »
XLVI. Quoiqu'il y ait beaucoup de fables Éd. on;;,
dans tout' ce récit adopté par la plupart p. "7,(5.
des auteurs espagnols, qui ont même en-
chéri par dessus, nous avons voulu cepen-
dant le rapporter en entier, parce que les
histoires les plus apocryphes sont fondées
quelquefois sur des vérités, & qu'il paroît
que celle-ci n'est point destituée de tout
fondemCiit. Il est certain, en effet : 1° qu'il
y a eu un comte ou marquis de Wifred, qui
a fondé' en 888 l'abbaye de Ripoll en
Catalogne, & qui est mort au commence-
ment du dixième siècle 5 2° il est très-vrai-
semblable'que lui ou ses ancêtres tiroient
leur origine du château d'Arrian dans le
Roussillon, & qu'ils y avoient fait ancien-
nement leur résidence, puisqu'il est certain
qu'il leur avoit appartenu 5 caries comtes
de Barcelone, descendans de Wifred, don-
nèrent cette terre à l'abbaye de Cuxa en
Roussillon, au commencement du dixième
siècle''. Nous savons d'ailleurs qu'ils possé-
doient' plusieurs autres terres ou fiefs dans
ce pays 5 3° il est fort probable que Wifred
le Velu succéda dans le comté de Barcelone
à un autre seigneur appelé Wifred ou Hum-
frid (nous avons déjà remarqué que c'est
le même nom), soit immédiatement après
que ce dernier eut été proscrit & que le
roi Charles le Chauve eut disposé de ses
dignités en 865, soit médiatement après la
mort de Salomon que nous savons avoir été
comte de Cerdagne l'an 863*, & qui paroît
avoir commandé' dans la Marche d'Espagne
' Marca Hispan'ica, c. 332.
' Ihii. c. 382, 817 8iseq.
' Ibid, C. 394 & 400.
" Ibid. c. 848.
5 Capital, t. 2, Appeni. p. i522.
^ Acta Sanct. 0. S. Ben. saec. 4, part. I , p. 647.
' Marca Hispanicaj c. 358. — Capital, t. 2, Ap-
pend. tit. 98-
Note
87
240
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
eu 869. Ainsi Charles le Chauve aura donné
le comté de Barcelone, après la révolte
d'Humfrid, à Salomon, comte de Cerda-
gne, & après la mort de celui-ci, il aura
investi de cette dignité Wifred le Velu ,
ou rétablit l'abbaye d'Arles, en Roussillon.
M. Baluze, qui en a donné la preuve, ignore
le nom de ce frère de Wifred le Velu ; mais
il n'y a pas lieu de douter que ce ne soit
le même que Miron, comte de Roussillon,
Note
87
neveu ou proche parent d'Humfrid ou Wi- qui vécut du moins' depuis l'an 874 jus-
fred, mais non pas son fils, comme nous qu'en 901, & que nous savons' d'ailleurs
verrons bientôt; 4° nous savons' que le roi avoir fait beaucoup de bien à l'abbaye de
Charles le Chauve, après la révolte d'Hum- Cuxa dans le même pays. Or, Miron étant
frid, marquis de Gothie, envoya par deux d'un côté fils de Sunifred & frère de Wifred
fois des commissaires dans cette province le Velu, & del'autre étant certain qu'il étoit
& à Toulouse pour s'en saisir sur ce sei-
gneur & les remettre sous sa main; & que
la seconde fois, Humfrid, pour prévenir les
suites funestes qu'il avoit à craindre de sa
désobéissance, prit la fuite par la route
d'Italie. Ce marquis peut donc avoir été
tué, dans cette occasion, par les officiers
du roi, du côté du Puy , en Vêlai. C'est ce
qui peut avoir donné sujet à la relation
fabuleuse que fait l'historien des comtes
de Barcelone de la manière dont Wifred
le Velu fut élevé à la cour ou auprès d'un
comte de Flandre , dont il peut avoir
épousé la fille, sans que nous soyons obli-
gés d'ajouter foi a. toutes les circonstances
romanesques de son mariage.
XLVII. Nous venons de dire que Wifred
le Velu n'étoit point fils de Wifred I, ou
d'Humfrid, fondés sur un ancien titre' de
l'abbaye de la Grasse, au diocèse de Carcas-
conne, qui paroît nous donner la véritable
origine de ce comte de Barcelone. Cette
pièce est datée de la première année après la
mort de Vempereur Charles le Gros ou de
l'an 888. Elle est donnée au nom de Sese-
nande, de Sunifred & des comtes Wifred,
Raoul ou Radulfe & Miron, lesquels font
tous ensemble une donation à ce monastère
pour le soulagement (propter remedium) de Su-
nifred leur père & d'Ermessinde leur mère. Le
comte Wifred dont il s'agit ici ne paroît
point différent de Wifred le Velu, comte de
Barcelone, qui vivoit l'an 888, & qui avoit
en effet plusieurs' frères dont l'un* fonda
' Annal. Bertin. p. 216, 218, 221.
' Voyez aux Preuves de ce volume, sous le nu-
méro CXII, Donation faite a l'ahbaye de la Grasse.
^ Concile de Barcelone, ann 906. — Baluze, Mis~
cell. t. 7, p. 5i.
^ Marca Hispanica, p. 400 & 894.
comte de Roussillon, dans le temps du ré-
tablissement 'de l'abbaye d'Arles dans le
même pays, c'est à lui qu'on doit attribuer
ce rétablissement.
Il est fait aussi mention des trois comtes
Wifred, Radulfe & Miron dans une autre
charte' de l'an 898, donnée en faveur de
l'abbaye de Cuxa, en Roussillon, dans la-
quelle le comte Wifred ou Guifred souscri-
vit (sans doute comme l'aîné) avant les deux
autres. Cette dernière charte parle d'une
comtesse Ermessinde qui vivoit alors & qui,
selon les apparences, n'étoit pas la même
que la mère de ces trois comtes, puisque la
charte de la Grasse , donnée dix ans aupa-
ravant, parle de cette dame d'une manière
à faire croire qu'elle étoit déjà morte :
mais comme cela n'est pas bien clair, nous
ne saurions dire si la comtesse Ermes-
sinde, dont il est fait mention dans le di-
plôme de Cuxa, étoit la mère ou la sœur
aînée de ces trois comtes, ou plutôt la femme
de quelqu'un d'entre eux. Quant à la com-
tesse Quixilo, qui est nommée dans la même
charte, M. Baluze* conjecture qu'elle étoit
femme du comte Miron, & il croit très-
vraisemblable que Radulfe étoit comte de
Confiant au pays du Roussillon. Nous avons
déjà fait mention d'une autre charte don-
née vers l'an 878, qui porte encore que les
comtes Wifred & Miron étoient frères.
XLVIII. Tout ceci est confirmé ' par la
suite de la généalogie de Wifred le Velu,
comte de Barcelone, donnée par l'auteur
des Gestes des comtes de cette ville, & est
' Marca Hispanica, p. 36o, 363, 796, 83 1, 835.
' Ibid. p. 363, 802, 8o3 & seq.
' Ihid.-p. 83 1.
* Ibid. p. 376.
' Ibid. p. 796.
Note
87
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
241
Ed.orig.
t. 1,
p. 717.
conforme aux titres les plus authentiques '.
On voit par ces monumens que Wifred le
Velu, comte de Barcelone, eut plusieurs
enfans; qu'il fut père d'un autre Wifred &
de Miron qui lui succédèrent l'un après
l'autre dans le même comté, & de Raoul ou
Radulfe, moine de Ripoll; que Miron,
comte de Barcelone, son fils, fut père de
Sunifred, comte de Barcelone & de Miron,
évèque de Girone, &c. Les noms de Suni-
fred, de Radulfe, de Miron, &c., se perpé-
tuèrent donc dans la famille des comtes de
Barcelone, de même que celui de Wifred,
Guifred ou Humfrid, dans celle des comtes
héréditaires de Roussillon, descendans de
Miron, ce qui sert à confirmer que Wifred
1« Velu, comte de Barcelone, étoit fils du
comte ou du marquis Sunifred , puisque,
suivant l'usage observé assez communément
dans ce siècle, Sunifred son fils s'appeloit
comme son père. Miron, comte de Roussil-
lon, & Wifred le Velu avoient un frère' ap-
pelé Humfrid, ce qui peut servir à prouver
leur parenté avec le marquis de Gothie de
ce nom. Wifred le Velu fut a'ieul d'Oliba
surnommé Cabretta, comte de Cerdagne &
de Bésalu, comme Sunifred, son aîné, le fut
de Barcelone. Oliba avoit épousé Ermen-
garde, ce qu'on sait par deux chartes que
M. Baluze a données à la fin' des Capitu-
laires, mais dont l'une doit être rapportée
à l'an 988 & l'autre à l'an 994, & non pas
à l'an 888 & à l'an 893, comme cet auteur
le suppose^ car, dans l'une, il est fait men-
tion de la première année du roi Hugues &
dans la seconde, de la sixième année du règne
du même prince; ce que nous avons cru
devoir remarquer en passant.
XLIX. Au reste, les auteurs catalans se
sont trompés en rapportant l'époque de la
mort de Wifred le Velu à l'année 914'' ou
aux deux précédentes j l'erreur vient de ce
qu'ils l'ont confondu avec Wifred III, comte
de Barcelone, son fils. Il est aisé de le
prouver, puisque Wifred le Velu n'a pas
vécu jusqu'à l'an 907, ce qui paroît par
une charte du mois de février de cette an-
' Marca Hispanica, p. §40 & seq. p. 835 & seq.
Conciles, t. 9, p. 82.
' Capitul. t. 2, Append. p. i5i5 & i5zz.
* Marca Hispanica, p. 382.
II.
née, dans laquelle le comte Miron, sou
fils, parle de lui comme étant déjà mort.
Et nuper' à quondam progenitore meo do-
mino Guifredo illustrissimo marchione, fi-c.
M. Baluze s'est trompé encore en donnant
dans ce temps-là à Miron le titre de comte
de Barcelone, car il est certain qu'il ne le
fut qu'après la mort de Wifred, son frère,
qui succéda dans ce comté à Wifred le Velu,
son père \ L'intronisation de Guignes, évè-
que de Girone, datée du 20 novembre
de l'an 908, fut autorisée par le marquis
Wifred. Extitit quoque inibi princeps maxi-
mus marchio Fifredus, &c. Ce dernier devoit
être le fils de Wifred le Velu, puisque son
père étoit alors déjà mort, & il devoit avoir
succédé au titre de prince & de marquis que
les actes du concile de Barcelone de l'an 906
donnent à l'un & à l'autre, sans autre addi-
tion, de même que l'acte dont il s'agit. Il pa-
roît d'ailleurs que le dernier autorisa par
sa présence ce concile de Barcelone; ce qui
prouve son autorité dans cette ville. Il est
parlé, en effet, dans les Actes' du même
concile, du marquis Vifred, qui avoit rétabli
l'évèché d'Ausone, comme d'un seigneur
différent du marquis Wifred qui autorisa
ce concile. Le premier, qui est le même
que Wifred le Velu, étoit donc mort avant
l'an 906, mais il étoit encore en vie en 901,
puisqu'il se dif mari de Widinilde dans une
charte de cette année comme dans une au-
tre' de l'an 889, & nous avons déjà vu qu'il
vivoit encore en 898.
L. Wifred, fils de ce dernier, ne survécut
pas longtemps à son père. Il fut empoi-
sonné* & il étoit déjà mort au mois de dé-
cembre delà quatorzième année ^ de Charles
le Simple. M. Baluze rapporte cette qua-
torzième année à l'an 911, parce qu'on ne
doit compter les années de ce prince dans
la Marche d'Espagne & à la gauche de la
Loire, que depuis la mort d'Eudes; mais
comme il paroît que dans ces provinces on
' Marca Hispanica, p. 838.
' Martène, Thesaur. anecd. t. i, p. 6l.
' Baluze, Miscellan. t. 7, p. 5i & seq.
^ Marca Hispanica, p. 836.
5 liid. p. 817.
* Ihid. p. 540.
' Ibid. p. 839.
NOTB
87
16
Note
87
142
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC,
a compté" aussi quelquefois les années du
règne de ce prince d'une époque encore
postérieure, c'est-à-dire depuis l'an 900 :
cela a donné peut-être occasion aux divers
auteurs cités' par M. Baluze, lesquels con-
fondent ce seigneur avec Wifred le Velu,
son père, de fixer sa mort à l'année 914 ou
à la suivante, ce que M. Baluze n'a pas
assez compris. Wifred II, comte de Bar-
celone, à qui Miron son frère succéda,
mourut donc au plus tard en 914.
LI. Pour ce qui est du comte Sunifred ou
Seniofred, père de Wifred le Velu, comte de
Barcelone, de Radulfe, comte de Gonflant,
& de Miron, comte de Roussillon , nous
ne saurions marquer précisément la dignité
dont il fut revêtu. Nous trouvons deux sei-
gneurs de ce nom dans la Marche d'Espa-
gne, au neuvième siècle, dont l'un qui fut
marquis de Gothie & comte de Barcelone,
l'an 844, succéda dans ces dignités à Ber-
nard, duc de Septimanie, comme nous l'a-
vons déjà dit. L'autre étoit vicomte de Bar-
celone l'an 858, sous l'autorité d'Humfrid,
marquis de Gothiej l'un ou l'autre fut sans
doute le père des trois comtes dont nous
venons de parler. Il paroît plus vraisem-
blable que ce fut Sunifred, marquis de
Gothie 'j car, selon les apparences, le roi
Charles le Chauve prit le successeur de
Bernard au duché de Septimanie ou mar-
quisat de Gothie dans la famille de ce duc.
Or, il paroît que Sunifred, père de Wifred
le Velu, comte de Barcelone, étoit proche
parent d'Humfrid, marquis de Gothie, s'il
n'étoit son frère aîné, & que ce dernier
étoit de la race de S. Guillaume, fonda-
teur de Gellone, comme nous l'avons déjà
observé. Reprenons la suite de nos mar-
quis de Gothie, & tâchons de développer
l'origine de Bernard, successeur d'Humfrid,
dans une partie du marquisat de Gothie ,
c'est-à-dire dans le gouvernement de la
Septimanie propre.
' Voyez Note VI, tome IV de cette édition.
* Marco. H'tspanica, p. 382 & 640,
' Sunifred, père de Wifred le Velu, était fils du
comte Borrel, qui fut nommé à Ausone, en 798,
par Louis le Débonnaire. Il vécut jusqu'en 85o au
moins. 11 fut le successeur de Bernard I au mar-
quisat de Gothie ou de Septimanie. [E. M.]
^ IV. — Suite des marquis de Gothie depuis la
séparation de cette province d'avec le comté
de Barcelone & la Marche d'Espagne.
Note
87
Bernard II. — LU. Les Annales de
Saint- Bertin ', qui nous apprennent la
proscription d'Humfrid, nous apprennent
aussi que le roi Charles le Chauve disposa,
l'an 865, d'une partie de sa dépouille ou du
marquisat de Gothie en faveur de Bernard,
fils d'un autre Bernard &■ de la fille du comte
Roricon. Besly' & Baluze après lui préten-
dent que le dernier Bernard que nous ve-
nons de nommer fut comte de Poitiers &;
aïeul paternel de Guillaume le Pieux, duc
d'Aquitaine : mais ils se trompent certaine-
ment, ce qui nous engage à traiter ici de la
véritable origine de ce duc. Cette matière
est d'autant moins éloignée de notre sujet,
que Guillaume fut marquis de Gothie, de
même que Bernard, comte d'Auvergne, son
père, qu'on a confondu mal à propos avec
Bernard, successeur immédiat d'Humfrid
dans le même marquisat.
LUI. Il est hors de dispute que Guil-
laume le Pieux étoit fils de Bernard, comte
d'Auvergne & d'Ermengarde', & que ce
dernier étoit fils d'un autre Bernard ^j mais
il n'est rien moins que certain que Bernard,
aïeul de Guillaume le Pieux, ait été comte
de Poitiers & mari de Bilichilde ou Bli-
childe, comme l'assurent Besly, le P. Labbe '
& M. Baluze ; car Bernard, fils de Bernard
& de Blichilde, que nous appellerons Ber- Éd. cri?.
nard II, fut nommé marquis de Gothie, p Vii^.
l'an 865, après Humfrid, & Bernard, comte
d'Auvergne, père de Guillaume le Pieux,
ne parvint à ce marquisat que l'an 878®,
après que Bernard II en eut été dépouillé
au concile de Troyes. Ainsi ce ne peut être
la même personne. Développons encore
d'une manière plus claire tout ce que la
ressemblance & l'équivoque des noms ont
' Annal, Bertin, p. 222 & seq.
" Besly, Histoire des comtes de Poitou, -p, i3. — Ba-
luze, Histoire gén. de la maison d'Auvergne, 1. 1 , p. 4.
' Baluze, Histoire généal, de la maison d'Auvergne,
t. I, p. 4 & 7} t. 2, p. 12.
'' Ibid. t. 2, p. 3.
' Lahhe, Tables généal, p. 383 & suiv.
* Annal. Bertin, p. 256.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
87
.43
causé de confusion dans ces généalogies.
LIV. Bernard, fils d'un autre Bernard &
de Blichilde, fille du comte Roricon, nommé
au marquisat de Gothie en 865", après la
proscription d'Humfrid , est le même' con-
tre lequel le concile de Troyes ' de l'an 878
rendit une sentence d'excommunication, &
que le roi priva de cette dignité pour la
donner à un autre Bernard. Or, ce dernier
n'est pas différent de Bernard, père de
Guillaume le Pieux. Par conséquent celui-
ci n'étoit pas petit-fils de Bernard, pré-
tendu comte de Poitiers & de Blichilde.
LV. Ces faits appuyés sur des preuves
certaines une fois supposés, examinons à
présent d'où pouvoit descendre Bernard ,
comte d'Auvergne& marquis de Gothie, père
de Guillaume le Pieux. Il est fait mention,
sous l'an 864, dans les Annales de Saint-Ber-
tin^, d'un Bernard, fils de Bernard, que Char-
les le Chauve avoit fait mourir pour crime
de rébellion par le jugement des François.
Voici les paroles de cet historien qu'il est
bonde rapporter : Bernardus Bernardi quon-
dam tyrannî carne & moribus filius, Ucentîa
régis accepta j de eodem placito (Pistensi),
quasi ad honores suos porrecturus, super noc-
tem armata manu regreditur, & in sylva se oc-
culens,ut quidam dicebant, regem, qui patrem
suum Francorum judicio^ occidijusserat,
& ut quidam dicebant, Rodbertum & Ranul-
fum régi fidèles malitiis occidere locum &
horam expectat. Quod régi innotuit, & mittens
qui eum caperent & ad praesentiam illius ad-
ducerent, fuga sibi consuluit, unde judicio
suorum fidelium, honores quos ei dederat rex
recepit, fi- Rodberto fideli suo donavit. On
voit manifestement, & nos meilleurs* criti-
ques en conviennent, qu'il s'agit ici du
second fils de Bernard, duc de Septimanie,
qui naquit à Uzès à la fin de l'an 840, qui
' Annal. Bertin, p. 222 & seq.
' Besly, Histoire des comtes de Poitou, p. 12
& i3.
' Conciles, t. 9, p. 83 & suiv. p. 89. — Annal,
Bertin. p. 256. — Duchesne, t. 3, p. 888, 890
&891.
■* Annal, Bertin, p. 221.
* Ibid. p. 200.
* Mabillon, ad ann. 864, n. i3. — Caseneuve,
Catal. Franc, c. 3, n. 9, p. 46. — Labbe, Tahles
jért. p. 4.18, £<.c.
n'étoit' pas encore baptisé en 841, lorsque
Dodaiie, sa mère, écrivit son Manuel, &
({ui fut appelé Bernard, comme son père.
Ainsi ce seigneur pouvoit avoir vingt-quatre
ans en 864. Or, nous avons déjà prouvé,
d'un côté, que Bernard, comte d'Auvergne
& père de Guillaume le Pieux, étoit fils
d'un Bernard différent du mari de Blichilde j
& nous voyons de l'autre, non-seulement
les mêmes noms perpétués dans les descen-
dans, suivant l'usage du siècle, mais encore
que Bernard, comte d'Auvergne & Guil-
laume le Pieux, son fils, furent revêtus suc-
sessivement de la dignité de marquis de
Gothie, possédée auparavant, sous le titre
de duché de Septimanie, par Bernard, fils
de S. Guillaume, fondateur de Gellone,
comme nous le prouverons bientôt ; & cela
sous le règne de Charles le Chauve, qui
s'étoit fait une loi de conserver les digni-
tés dans les familles. Il paroît donc que
Bernard, qui fut proscrit à la diète de
Pistes, & qui étoit certainement fils de
Bernard, duc de Septimanie, n'est pas dif-
férent de Bernard, comte d'Auvergne, père
de Guillaume le Pieux. On peut ajouter
que Bernard, duc de Septimanie, avoit plu-
sieurs terres ou fiefs en Bourgogne dont il
fit demander' la confirmation ou l'investi-
ture à Charles le Chauve, l'an 841, par
Guillaume, son fils aîné 5 & que Bernard ,
comte d'Auvergne & Guillaume le Pieux,
son fils, possédoient aussi de grands biens'
dans la même province.
LVI. Venons présentement à la généa-
logie de Bernard II, marquis de Gothie : on
a déjà vu qu'il étoit fils d'un autre seigneur
appelé Bernard & de Blichilde, fille du
comte Roricon. Besly^ assure que cette
dame épousa un comte de Poitiers nommé
Bernard, qui fut tué en 844 en combattant
contre Lambert, comte de Nantes^ mais il
se trompe : Bernard, mari de Blichilde, ne
fut jamais comte de Poitiers, ainsi qu'on le
verra dans peu. Nous trouvons seulement
qu'Emenon, comte de cette ville, & son
' ActaSS. Ord. S.' Ben. saec. 4, part. 1, p. 75o.
" Nithard, 1. 3, p. 371 .
' Baluze, Histoire généalog, de la maison d'An-
vergv-e, Preuves, p. 9 & 11.
■* Besly, Histoire des comtes de Poitou, p. 12.
NoTB
87
Note
87
■44
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
frère Bernard ' encoururent, en 889, la dis-
grâce de l'empereur Louis le Débonnaire,
& que le même Bernard s'étant retiré alors
auprès de Raynald, comte d'Herbauges ,
son parent, il fut tué en 844 dans un com-
bat contre Lambert, comte de Nantes. Or,
nous savons" d'ailleurs que Bernard II,
marquis de Gothie, fils de Blichilde & d'un
Note
87
toute sa vie cette dignité, ne décéda qu'en
866, vingt-deux ans après la mort du rqème
Bernard. Enfin les Annales' de Saint-Bertin
ne donnent pas le titre de comte à Bernard,
mari de Blichilde, au lieu qu'elles donnent
ce titre à Roricon, père de cette dame :
Bernardum ex quodam Bernardo & filia Ro-
rîgonis comitls natum in Gothîam mîttens,
seigneur appelé Bernard, avoit un frère partem îpsîus marchiae illi committit. On ne
nommé Emenon, qui se révolta avec lui doit, par conséquent, avoir aucun égard à Ed-o^'g
contre Charles le Chauve & Louis le Bègue. la même faute qui s'est glissée dans la Chro- p. 7'9-
Ainsi, il n'y a pas lieu de douter que Ber- nique de Saint-Maixent% dont l'auteur vi-
nard,marideBlichilde& père de Bernard II, voit au douzième siècle, & plus de cent ans
marquis de Gothie, ne soit le même que après Adhémar de Chabannes. Ce qui a
Bernard, frère d'Emenon, comte de Poi- donné occasion à cette erreur, c'est qu'Eme-
non, frère de Bernard, fut comte de Poi-
tiers, & que nous trouvons' un comte ap-
pelé Bernard qui étoit peut-être leur père,
lequel possédoit, à ce qu'il paroît, ce
comté l'an 81 5, car son envoyé rendit la
tiers en 889. Besly, pour avoir ignoré que
ce dernier avoit été comte de cette ville &
qu'il avoitun frère appelé Bernard, qui est
le même que le mari de Blichilde, a con-
fondu celui-ci avec le père de Bernard,
comte d'Auvergne, & par conséquent ce
même comte avec Bernard II, marquis de
Gothie, contre l'autorité des historiens du
temps qui les distinguent très-bien'. Il a
jeté parla, & par diverses autres erreurs
dans lesquelles il est tombé & que nous
relèverons dans la suite, une étrange con-
fusion dans la généalogie des premiers
comtes de Poitiers, & a entraîné tous ceux
qui ont écrit après lui sur cette matière
sans se donner la peine de l'examiner.
Il est vrai que le manuscrit* de la Chro-
nique d'Adhémar de Chabannes , dont
Besly s'est servi, qualifie comte de Poitiers
Bernard, tué en 844 en combattant contre
Lambert, comte de Nantes^ mais c'est une
faute qu'on ne trouve^ point dans tous
justice à Poitiers le mercredi 20 de juin,
la seconde année de Louis ^mpereur, ce qui
s'accorde très-bien avec cette année : mais
ce Bernard est différent du frère d'Emenon.
Du reste, nous donnerons plus bas les con-
jectures qui nous font croire que ces deux
seigneurs étoient de la même famille que
S. Guillaume, duc de Toulouse ou d'Aqui-
taine, fondateur de l'abbaye de Gellone.
Telle est l'origine paternelle de Bernard II,
marquis de Gothie ■*.
LVII. Quant à son origine maternelle,
voici ce que les monumens du temps nous en
apprennent : Bernard II étoit petit-fils, par
Blichilde sa mère, comme on l'a déjà dit, du
comte Roricon, que M. Baluze ^ & le P. Ma-
billon font comte de Tours : mais il paroît
les autres manuscrits de cette Chronique. que ces deux célèbres auteurs se sont trom-
D'ailleurs, ce seigneur ne sauroit avoir pés, ou plutôt que le premier a induit l'au-
possédé le comté de Poitiers, puisque tre en erreur; car si on examine attentive-
son frère Emenon en ayant été dépouillé ment les Gestes ^ des évêques du Mans, on
l'an 839, Rainulphe I, qui succéda'' immé-
diatement à ce dernier, & qui conserva
' Adhémar de Chabanais, p. i6o & suiv.
Chronicon S. Maxent. p. 107.
'•' Conciles, t. 9, p. 83 & suiv.
' Annal. Bertin, p. 266.
^ Besly, Histoire des comtes de Poitou, p. 177.
' Labbe, Bibl. nova, p. i5i, 16t.
« Annal. Bertin. p. zz(). — Adhémar de Chaba-
nais, p. 162.
' Annal, Bertin, p. 222 & seq.
' Chronicon S, Maxent — Labbe, Bihl.nova, t. 2.
p. 197.
' Besly, Histoire des comtes de Poitou, p. 176.
■* Il n'y avait aucun lien de parenté entre la fa-
mille d'Emenon, comte de Poitiers, & celle de saint
Guillaume. Voyez ci-après la Note additionnelle,
^ Baluze, Miscell, t, 3, in indice, — Mabillon,
ad ann. 824, n. 62.
" Acta Alderici Cen, episc, dans Baluze, Mise, t. 3.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
245
conclura aisément que Roricon devoit être
comte du Maine. C'est le même qui ', avec
son épouse Blichilde, rétablit, l'an 824,
l'abbaye de Saint-Maur-des-Fossés. Ils vi-
voient encore l'un & l'autre en 839. Le
comte Roricoi\ Jtoit déjà mort l'an 841, &
Blichilde, sa veuve, ayant pris l'habit re-
ligieux, fut ensuite abbesse. Roricon, dans
une charte, fait' mention de Goslin &
d'Adeltrude, ses père & mère; de Gauzbert
son frère, moine de Saint-Maur-des-Fossés,
& de Goslin, son fils, moine de Saint-Maur-
sur-Loire. Ce dernier est le même que
Goslin , abbé de Saint-Germain-des-Prés
& ensuite abbé de Saint-Denis & chance-
lier de France, lequel étoit oncle de Ber-
nard II, marquis de Gothie, comme nous
l'apprenons' par une lettre qu'Hincmar,
archevêque de Reims, lui écrivit, à la fin
de l'an 877, pour le détourner de prendre
parti contre Louis le Bègue & pour l'en-
gager à ramener à leur devoir Bernard,
son neveu, & Gosfrid , son frère , qui
s'étoient révoltés. Nous savons d'ailleurs
que Bernard II, marquis de Gothie, fut du
nombre des seigneurs* qui se révoltèrent
contre Charles le Chauve peu de temps
avant la mort de ce prince, & qu'il persista
dans sa révolte sous Louis le Bègue; au
lieu que Bernard, comte d'Auvergne, qui
étoit aussi du nombre des rebelles, se sou-
mit' avant le couronnement de ce dernier
prince. La lettre d'Hincmar, dont nous ve-
nons de parler doit être rapportée à la fin
de l'an 877, peu de temps après le couronne-
ment de Louis le Bègue, & non à l'an 879,
& au règne de Louis & de Carloman, comme
quelques-uns^ le conjecturent, parce que
Hincmar n'y parle que d'un roi & non
pas de deux. Gosfrid, dont il est fait men-
tion dans la même lettre, n'est pas diffé-
rent de Gausfrid , comte du Maine , qui
'Mabillon, adann. 824, n.62 &ann. 841,11. 36.
— Gesta Alder'ici, ihid, p. 5.
' Ibid.
^ Flodoard, H'ist. Rem, 1. 3, c. 24. — Mabillon,
ad ann. 871, n. 23.
* Annal. Berlin, p. 261 , 264, 2.56, 268. — Hinc-
mar dans Duchesne, t. 2, p. 476.
' Jnnal, Berlin, p. 268.
' Mabillon, ad ann. 870, n. 23.
possédoit déjà ce comté dès l'an 874, & dont
il est parlé' dans une charte de la même
année, ainsi que de l'abbé Goslin, son frère.
Nous apprenons des Annales de Saint-
Bertin ' qu'il se révolta avec ses enfans
contre Charles le Chauve, & qu'ils furent
également rebelles à Louis le Bègue. L'abbé
Goslin & Gosfrid, comte du Maine, son
frère, étoient donc fils de Roricon & on-
cles de Bernard II, marquis de Gothie. Il
est fait mention dans les mêmes Annales,
sous l'an 866, d'un comte Roricon qui fut
tué' alors en combattant avec son frère,
le comte Gosfrid , contre les Normands.
Nous ne doutons pas que ce dernier ne
soit le même que notre comte du Maine,
ce qui fait voir que Roricon I doit avoir
eu de son épouse Blichilde, Roricon II,
qui lui succéda sans doute dans le comté
du Maine, & Gausfrid successeur de ce
dernier en 866 dans le même comté.
LVIII. Il reste une difficulté à résoudre,
c'est que suivant l'Annaliste de Saint-Ber-
tin, Louis, abbé de Saint-Denis & chance-
lier de France, mort en 867, étoit* frère de
Goslin, abbé de Saint-Germain-des-Prés,
qui succéda à ses dignités. Or, il est certain
par le même annaliste' que Louis, abbé
de Saint-Denis , étoit fils de Rotrude, fille
aînée de Charlemagne. Ainsi, si l'abbé Gos-
lin a eu la même mère que Louis, il ne
sauroit être fils du comte Roricon & de
Blichilde, mais ces deux frères peuvent
avoir eu différentes mères. Nos généalo-
gistes conviennent que Roricon eut Louis,
abbé de Saint-Denis, de Rotrude, fille de
Charlemagne qu'il épousa clandestine -
ment & qui mourut en* 810. Rien n'em-
pêche donc qu'après sa mort il ait épousé
Blichilde en secondes noces & qu'il en ait
eu les comtes Roricon & Gosfrid, l'abbé
Goslin & plusieurs autres enfans, comme
il est aisé de le voir dans la généalogie
suivante qui l'expliquera encore mieux.
' Mabillon, ad ann. 874, n. 55.
' Annal. Berlin, p. 254 & 258.
' Ibid. p. 224.
^ Ihid. ad ann. 858, p. 210. — Mabillon, ad
ann. 85o, n. 8 ; 858, n. 33} 870, n. 23.
' Annal. Berlin, ad ann. 867, p. 227.
^ Annal. Mstlcns. p. 2y5.
Note
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Note
87
246
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Ed. orig.
1. 1,
p. 720.
Gosl'm, mari d'Adeltrude
Roricon I, comte du Maine,
épousa : 1° Rotrude, fille de Cliar-
lemagne ; 2° Bliciiilde. 11 mourut
vers l'an 841.
Gauzbert, moine de Saint-Maur-
des-Fossés , & ensuite abbé de
Saint-Maur-sur- Loire, mort vers
l'an 845.
Premier lit.
Second lit.
Louis, abbé de Saint-
Denis & chancelierde
France, mourut l'an
867.
Roricon 11, comte
du Maine, tué en com-
battant contre les Nor-
mands, en 866.
Gosfrid, comte du
Maine, se révolta en
877 & 878.
LIX. Il paroît que Bernard II, marquis
de Gothie, fut pourvu du comté de Poitiers
en 867 après la mort de Rainulphe I', comme
nous le dirons plus bas, où nous parlerons
des ducs héréditaires d'Aquitaine, ses suc-
cesseurs dans ce comté, dont il y a lieu de
croire qu'il a été la tige. Nous avons déjà
remarqué qu'il fut proscrit & dépouillé de
ses dignités en 878, que Bernard, comte
d'Auvergne, lui succéda alors dans le mar-
quisat de Gothie, & qu'enfin ce dernier
est le même que Bernard, fils puîné du duc
de Septimanie de ce nom*.
Bernard III. — LX. Comme Bernard,
comte. d'Auvergne, fut le troisième de son
nom qui posséda le marquisat de Gothie
ou gouvernement de Septimanie, nous l'ap-
pellerons Bernard III. Il n'occupa le comté
d'Auvergne qu'après l'an 870, & non pas au-
paravant. M.Baluze' qui l'a confondu avec
un autre comte d'Auvergne de même nom,
son prédécesseur , prétend qu'il épousa
Liudgarde en premières noces, & qu'Er-
mengarde, mère de Guillaume le Pieux ne
fut que sa seconde épouse. Il ajoute que
cette dernière étoit fille de Warin, ou Gué-
rin, comte d'Auvergne en 819, mort vers
l'an 856, 8c qu'enfin Warin, fils de Bernard
& d'Ermengarde & frère aîné de Guil-
laume le Pieux , après avoir succédé à
' Il n'y a pas eu de comte de Poitiers du nom de
Bernard, après 867. Ce que dom Valssete avance à
ce sujet ne repose que sur des conjectures. Ra-
nulfell succéda directement à son père Ranulfe I.
Voyez ci-après la Note additionnelle. [E. M.]
"Bernard II, comte d'Auvergne & père de Guil-
laume le Pieux, n'est pas le même que Bernard, fils
de Dodane. Voyez la Note additionnelle. [E. M.]
^ Baluze, Histoire généal, de la maison d'Auver-
gne, t. I, p. 4 & suiv.
Goslin, moine &
abbé de Saint-Maur-
sur-Loire en 845, suc-
cessivement abbé de
Saint-Germain -des -
Prés & de Saint-De-
nis , chancelier de
France & évêque de
Paris, mort en 886.
Blichilde, épouse de
Bernard, frère d'Eme-
non, comte de Poi-
tiers.
Bernard II , mar-
quis de Gothie, dé-
pouillé de ses digni-
tés en 878, au concile
de Troyes.
Etienne dans le comté d'Auvergne, posséda
cette dignité, du moins depuis l'an ^6% jus-
qu'au commencement du roi Eudes. La discus-
sion de tous ces faits nous engage à rap-
porter ici la succession des comtes d'Auver-
gne pendant le neuvième siècle. Nous l'ap-
puierons uniquement sur les anciens histo-
riens & les monumens du temps.
LXI. Nous trouvons d'abord un Warin',
comte d'Auvergne, qui en 819 agit de con-
cert avec Bérenger, comte de Toulouse, con-
tre les Gascons révoltés. Gérard % qui lui
avoitdéjà succédé dans ce comté, en 889,
fut tué à la bataille de Fontenai l'an 841;
Guillaume succéda' la même année à ce
dernier, & il paroît qu'il étoit son frère.
Besly"*, sur l'autorité d'une chronique ma-
nuscrite, prétend qu'Hervé, fils de Rainald
comte d'Herbauges, étoit comte d'Auvergne
lorsqu'il fut tué en 844, ce qui prouveroit
qu'il avoit succédé à Guillaume dans ce
comté j mais comme la Chronique^ d'Adhé-
mar de Chabannes & celle de Maillesais ne
donnent pas à Hervé la qualité de comte
d'Auvergne, il est fort incertain s'il occupa
jamais ce comté j le P. Labbe® croit qu'il
n'y a aucune apparence. Quoi qu'il en soit,
nous trouvons ensuite un Bernard, mari de
Liudgarde, comte d'Auvergne', pendant les
' Eginhard, Annales, p. 262.
"Adhémar de Chabanais, t. 2. — Labbe, Bibl,
nova, p. 160 & 161 .
3 Ihid.
^ Besly, Histoire des comtes de Poitou, p. 177.
^ Adhémar de Chabanais, p. 161 & 197. —
Labbe, Bibl. nova, p. 97.
« Labbe, Tabl. gén. p. 382.
' GalliaChristiana, nov. edit. t. 2, p. 471. — "Qa-
\uze. Histoire généal. de la maison d'Auvergne, -preu-
ves, p. 2. — M.ahillon, De Re Diplomatica, p. 53o.
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87
Note
87
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
247
années 846, 849 & 867. Ce même Bernard
étoit décédé avant l'an 869, selon une
charte' de cette année où il est appelé
quondam Bernardus cornes. Il paroît qu'il
mourut vers l'an 858, car nous voyons cette
dernière année & en 862, un Guillaume'
comte d'Auvergne', qui étoit en même temps
abbé séculier ou, comme on disoit alors,
abj^é chevalier de Brioude. En 864, Etienne \
comte d'Auvergne, qui occupoit ce comté
depuis quelque temps, fut tué en combat-
tant contre les Normands. Warin , succes-
seur de ce dernier, possédoit ce comté ' eu
868 & 869.
Il résulte de ce que nous venons de dire :
1° que Bernard, comte d'Auvergne & mari
de Liudgarde , est différent de Bernard ,
comte du même pays & mari d'Ermengarde,
puisque ce dernier ne posséda cette dignité
qu'après l'an 870, & que l'autre qui en étoit
déjà pourvu dès l'an 846, étoit déjà décédé
avant l'an 869; 2° que le même Bernard ,
mari d'Ermengarde & père de Guillaume le
Pieux, ne peut avoir été pourvu du comté
d'Auvergne qu'après cette dernière année;
car ce comté étoit occupé les précédentes
par Warin & ses prédécesseurs; 3° que
celui-ci ne peut être le même que Warin,
fils de Bernard & d'Ermengarde, puisqu'il
auroit été comte d'Auvergne avant son
père, ce qui n'est pas naturel. D'ailleurs,
les titres* qui sont rapportés ou cités par
M. Baluze, & qui peuvent servir à prouver
que Bernard & Ermengarde eurent un fils
appelé Warin ou Guérin, ne donnent pas
à ce dernier la qualité de comte, preuve
qu'il mourut jeune & qu'il ne parvint ja-
mais à cette dignité. Tous les autres mo-
' Baluze, Histoire généaî. de la maison d'Auver-
gne, p. 8.
' Il n'y a pas eu de comte d'Auvergne du nom de
Guillaume, de 858 à 862. Deux chartes mal datées
par la Gallia Christiana ont donné lieu aux généa-
logistes d'inventer ce personnage. [E. M.]
' Gallia Christiana, nov. edit. t. 2, p. 471.
* Annal, Bertin, p. 218. — Chronique de
S. Maixent, p. 198. — Epist, Nicolai, 1, 66. —
Conciles, t. 8, p. 466.
' Baluze, Histoire généal, de la maison d'Auver-
gne, Preuves, p. 7 & 8.
^ Ibid. p. i^, 19 & 21. — Mabillon, ad ann.
910, n. 61.
numensoù il est fait mention' d'un Warin,
comte d'Auvergne, regardent le prédéces-
seur de Bernard. Enfin, suivant le système
de M. Baluze, Bernard, mari d'Ermengarde,
n'auroit jamais possédé le comté d'Auver-
gne, puisque, de son aveu, Warin son fils
l'occupa depuis l'an 868 jusqu'au commen-
cement du roi Eudes ou à l'an 888. Or, il est
certain, & cet historien en convient, que
Bernard, mari d'Ermengarde, mourut au
plus tard en 886. Comme il est qualifié
comte d'Auvergne dans les auteurs con-
temporains, du moins depuis l'an 876 jus-
qu'à sa mort, il succéda par conséquent
dans ce comté à Warin, & ce dernier, dont
on ne trouve aucun monument qui le qua-
lifie comte d'Auvergne après l'an 869, ne
peut avoir été son fils.
LXII. Quant à ce qu'avance M. Baluze,
qu'Ermengarde, épouse de Bernard, comte
d'Auvergne, étoit fille de Warin, comte du
même pays en 819', il n'en donne aucune
preuve. Tout ce qu'on peut faire, c'est de
conjecturer que Warin I & Warin II du
nom, comtes d'Auvergne, étoient parens
de cette comtesse parce qu'elle eut un fils
de même nom; mais nous ignorons leur
degré de parenté.
LXIII. Il est également vraisemblable
que ces deux comtes d'Auvergne de même
nom étoient de la même famille aussi bien
que Warin, duc de Toulouse en 842, dont
nous avons déjà parlé & qui paroît diffé-
rent de l'un & de l'autre. Si celui-ci étoit
le même que Warin , comte d'Auvergne
en 819, il auroit conservé cette dignité. Or,
depuis l'an 819 jusqu'en 842, nous trou-
vons ce comté rempli par Gérard qui fut
tué à la bataille de Fontenai en 841, & par
Guillaume, successeur de ce dernier. Wa-
rin, duc de Toulouse, ne peut non plus
être le même que Warin II, comte d'Auver-
gne, qui vivoit en 868 & 869, puisque de-
puis l'un jusques à l'autre, nous trouvons
quatre seigneurs qui se sont succédé im-
médiatement dans ce comté. Il y a lieu de
croire" que Warin II étoit fils de Bernard,
son prédécesseur & mari de Liudgarde.
' Baluze, Histoire généal. de la maison d'Auver-
gne, p. 7 & suiv.
» Ibid. t. 2, p. 8.
Note
87
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87
248
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
LXIV. M.Baluze' prétend, sur l'autorité
de Duchesne, dans sou Histoire^ de la mai-
son de Vergy^ que Warin ou Guérin, comte
d'Auvergne en 819, ne mourut que l'an 856 j
mais le comté d'Auvergne étant occupé dès
Éd.orig. l'j^j^ 839 par Gérard, Warin devoit être mort
p. 72\. auparavant. Ces deux célèbres auteurs ont
été trompés, sans doute, sur la ressem-
blance des noms, & il paroît qu'ils ont
confondu Warin I du nom, comte d'Auver-
gne, avec Warin ou Guérin, comte ou mar-
quis de Mâcon en 85o ^ & en 856, lequel
mourut sous le règne de Charles le Chauve,
& avec un autre Warin qui étoif aussi
comte de Mâcon & qui vivoit encore sous
le règne de Louis le Bègue. De là vient,
sans doute, que M. Baluze fait vivre Wa-
rin II, comte d'Auvergne, jusqu'au commen-
cement du règne du roi Eudes, sans prendre
garde qu'il apporte ' des titres qui prouvent
qu'en 876 & 883 Bernard occupoit cette
dignité, & que Guillaume le Pieux, son fils,
lui avoit déjà succédé dès l'an 886^. Ainsi,
si Warin II eût été comte d'Auvergne depuis
l'an 868 jusqu'à l'an 888, il y auroit eu
deux comtes d'Auvergne en même temps ,
contre l'usage de ce temps-là.
L'erreur vient de ce qu'il fait^ comte
d'Auvergne Warin, fils de Bernard & d'Er-
mengarde & frère de Guillaume le Pieux.
Il est vrai* que le même Bernard eut un
fils appelé Warin, mais il n'y a aucune
preuve que celui-ci ait jamais été comte
d'Auvergne : il paroît, au contraire, qu'il
mourut jeune & avant son père dont il
étoit le fils aîné, car outre que Guillaume
le Pieux succéda® immédiatement à Ber-
nard son père, il est nommé après Warin
dans la plupart des actes'" où il est fait
mention de l'un & de l'autre. Il n'est donc
' Baluze, Histoire généal. de la maison d'Auver-
gne, t. I, p. 8.
' Duchesne, Histoire de la. maison de Vergy, p. 25-.
3 Ibid. Preuves, p. 6, 8 &. 25.
" Ibid. p. 7.
' Baluze, Histoire généal. de la maison d'Auver-
gne, Preuves, p. 3.
« Ibid. p. 4.
' Ibid. t. I, p. 5.
8 Ibid. t. 2, Preuves, p. 14.
» Ibid. p. 4.
'" Ibid. p. 5 & 14.
pas nécessaire d'effacer le mot defuncto-
rum, comme le prétend M. Baluze", dans
l'endroit de la charte de fondation de l'ab-
baye deBlesle, où il est dit que la comtesse
Ermengarde, mère de Guillaume le Pieux,
fit" cette fondation pro animabus fiUorum
suorum DEFUNCTORUM, Warini scîlîcet S»
Willelmî; puisque si cette dame fonda ce
monastère du vivant de Bernard, comte
d'Auvergne, son époux, comme il y a ap-
parence, elle peut fort bien avoir fait
mention de son fils Warin, déjà mort, &
d'un autre de ses fils appelé Guillaume,
mort aussi & différent de Guillaume le
Pieux. Nous voyons, en effet, que ce
dernier témoigne^ qu'il avoit eu plusieurs
frères, dans la charte de fondation du mo-
nastère de Soucill'anges, datée de l'an 916 :
Et pro absolutione anîmarum fratrum meo-
rum. Rien n'empêche qu'il en ait eu un de
son nom.
LXV. Quoique Bernai d, mari d'Ermen-
garde, n'ait possédé le comté d'Auver-
gne qu'après l'an 869, on lui donnoit
cependant la qualité de comte longtemps
auparavant, sans que nous connoissions
en particulier le pays ou le diocèse dans
lequel il exerçoit son autorité. Il est qua-
lifié comte dans un échange "* qu'il fit au
mois de janvier de l'an 864, conjointement
avec Ermengarde son épouse. Il prend la
même qualité' avec celle d'abbé séculier
de Saint-Julien-de-Brioude, en 866 & 868
& il est sans doute le même que Bernard,
comte par la grâce de Dieu, dont il est fait
mention dans une charte^ de l'église de
Brioude, datée du mois de mai, la sixième
année du règne de Charles, roi d'Aquitaine,
fils de Charles, roi des François; ce qui re-
vient à l'an 861.
Tout cela prouve : 1° que Bernard pos-
sédoit déjà quelque comté avant que d'être
' Baluze, Histoire généal, de la maison d'Auver-
gne, t. I, p. 5.
' Mabillon, ad ann. 910, n. 61.
' Mabillon, De Re Diplomatica, p. 569.
* Capitulaires, t. 2, p. 1483. — Baluze, Histoire
généal. de la maison d'Auvergne, preuves, t. 2, p. 3.
^ Gallia Christiana, nov. edit. t. 2, p. 471 2-4
seq.
® Capitulaires, t.^z, p. 1474.
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NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
249
proscrit à la diète de Pistes, vers le milieu
de l'an 864; 2° que Charles le Chauve lui
rendit dans la suite ses bonnes grâces, &
au plus tard dès l'an 866, aussitôt après la
mort de Robert le Fort & de Rainulfe I,
comte de Poitiers, ses ennemis; 3" que ce
prince le rétablit alors dans le comté dont
il l'avoit dépouillé à la diète de Pistes, ou
qu'il lui en donna quelque autre; 4" qu'il
disposa en sa faveur, après l'an 869, de
celui d'Auvergne, possédé certainement par
Bernard, du moins depuis l'an 876 jusqu'à
sa mort.
LXVI. Louis le Bègue lui donna le mar-
quisat de Gothie, en 878, après la proscrip-
tion de Bernard II, fils de Blichilde, ainsi
que nous l'avons déjà dit. C'est ce qu'at-
teste l'Annaliste de Saint-Bertin en ces ter-
mes : Ludovicus rex'... disperdtus est hono-
res Bernardi Gothiae marchionis per Theu-
doricum camerarlum & Bernardum comitem
Arvernicum, &€. On voit par là que Thierry
chambellan, & Bernard, comte d'Auvergne,
partagèrent les dépouilles de Bernard II,
marquis de Gothie. Or, il n'y a pas lieu de
douter que ce dernier gouvernement ne soit
échu à Bernard; car outre que Thierry eut
pour sa part de ces dépouilles le comté d'Au-
tun', où Bernard II, marquis de Gothie,
se fortifia après avoir été proscrit, nous
savons d'ailleurs que Guillaume le Pieux
posséda le marquisat de Gothie, dont il de-
voit avoir hérité de son père, comme il hé-
rita de lui du comté d'Auvergne. Jean, dis-
ciple de S. Odon, abbé de Cluny, auteur
contemporain, nous apprend, en effet, que
Guillaume le Pieux, duc d'Aquitaine &
comte d'Auvergne , étoit en même temps
marquis de Gothie : Guillelmum^ robustis-
s'imum comitem qui eo tempore Aquitaniam
GUTIAMQUE suo jure tenebat.
LXVII. Il est surprenant, après cela, que
M. Baluze, qui a fait de si grandes recher-
ches sur la famille de Guillaume le Pieux,
ne se soit pas aperçu que ce duc & Bernard
son père avoient été marquis de Gothie.
' Annal. Bertin. p. 266.
Ihid. p. 258. — Voyez Duchesne, Histoire de
la maison de Vergy, p. 28.
' Vita S. Odon. 1. 1 , Acta. Sanctorum ordinis S. Be-
nedicti, saec. 5, p. i52.
Note
87
Duchesne ' l'avoit reconnu avant lui dans
ses notes sur la Vie de S. Géraud d'Aurillac.
Il faut avouer cependant que ce dernier
confond, en cet endroit, Bernard, comte
d'Auvergne, avec Bernard, duc de Septima-
nie, décédé l'an 844, & Guillaume le Pieux
avec Guillaume, fils du dernier Bernard.
M. de Marca" ne fait pas non plus de dif-
ficulté d'admettre Bernard, comte d'Auver-
gne & Guillaume le Pieux, son fils, au nom-
bre des marquis de Gothie, sur l'autorité
de l'Annaliste de Saint-Bertin & de l'auteur
de la Fie de S. Odon^ qui s'expliquent mu-
tuellement. Il est vrai que le P. Labbe' pré-
tend qu'on peut justement débattre la qualité
de marquis de Gothie à Guillaume le Pieux,
fondée, dit-il , sur un passage mal assuré de
Jean l'Italien, auteur de la Vie de S. Odon ;
mais il auroit dû faire voir en quoi ce pas-
sage est mal assuré.
LXVIII. Si nous en croyons M. Baluze*,
Bernard, comte d'Auvergne & père de
Guillaume le Pieux, est le même que Ber-
nard surnommé Plantevelue (Plantapilosa),
à qui le roi Carloman donna ïinvestiture de
la comté de Mâcon en l'année DCCCLXXXIV.
Mais d'abord Bernard Plantevelue fut'
pourvu du comté de Mâcon en 880 & non
pas en 884 & il n'est rien moins que certain
que ce soit le même que Bernard, comte
d'Auvergne & père de Guillaume le Pieux. Éd.orig.
L'Annaliste de Saint-Bertin, qui rapporte ce p^'-ll
fait, a soin partout* où il parle de Bernard,
comte d'Auvergne, de le désigner par ce
titre; ce qui fait voir qu'il le distingue de
Bernard Plantevelue, & que ce sont deux
seigneurs différens. M. Baluze les a con-
fondus, selon les apparences, parce qu'il
savoit que Guillaume le Pieux, fils de
Bernard, comte d'Auvergne, possédoit des
terres dans le comté de Mâcon où il fonda
l'abbaye de Cluny : mais ce n'est pas une
conséquence que Bernard, comte d'Au-
vergne, ait été aussi comte de Mâcon. Guil-
' Duchesne, Bièl. Cluniac. p, 32.
' Marca, Histoire de Béarn, p. 687 & 694.
^ Labbe, Tables généal. p. 489.
* Baluze, Histoire généalog. de la maison d'Au-
vergne, t. I , p. 4. '
' Annal. Bertin, p. 260.
« nid. p. 256, 258, &c.
Note
87
2 5o
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
laume le Pieux possédoit sans doute ses
terres du chef de Bernard, duc de Septi-
manie, son aïeul, qui avoit plusieurs fiefs
en Bourgogne, ainsi que nous l'avons déjà
remarqué '.
LXIX. Cette confusion est cause que
M. Baluze attribue à Bernard, comte d'Au-
vergne, des enfans d'un premier mariage
qu'il prétend que ce seigneur contracta avec
Liudgarde, & d'où sortit, dit-il, Raculfe,
comte de Mâcon. Mais comme nous avons
déjà fait voir que le mariage de Bernard,
père de Guillaume le Pieux, avec Liudgarde
est sans aucun fondement, il s'ensuit que
Raculfe, fils de Bernard , comte de Mâcon,
n'étoit pas frère de Guillaume le Pieux.
Et en effet, suivant les preuves rapportées
par M. Baluze" même, Bernard Plantevelue
fut comte de Mâcon pendant sept ans : or,
comme il ne fut investi de ce comté qu'a-
près le mois de juillet de l'an 880% il ne
dut mourir, par conséquent, que l'an 887.
Mais il est constant, & M. Baluze "* en con-
vient, que Bernard , comte d'Auvergne &
père de Guillaume le Pieux, étoit déjà mort
au mois d'août de l'an 886. Ainsi, il est
évident que Bernard Plantevelue est diffé-
rent de Bernard, comte d'Auvergne. D'ail-
leurs, M. Baluze^ convient qu'il n'est fait
aucune mention de Raculfe dans les diver-
ses chartes que nous avons, & dans les-
quelles il est parlé j dit-il, dans un grand
détail des descendans & des proches du
même Bernard, comte d'Auvergne.
LXX. Nous avons déjà dit que ce der-
nier mourut en 886. Il est certain qu'il étoit
décédé dès le 18 du mois d'août de la même
année, & que Guillaume, son fils, lui avoit
alors succédé, comme il est porté dans une
' Baluze a raison. Bernard II, comte d'Auvergne,
nommé marquis de Gothie en 878, est le même que
Eetnarà Plantevelue, fait comte de Mâcon, en 880,
Mais il fait erreur quand il lui attribue une posté-
rité qu'il n'a point eue. Voyez la Note addition-
nelle. [E. M.]
' Baluze, Histoire 'généal. de la maison d'Auver-
gne, Preuves, t. 2, p. 4 & 5.
^ Annal, Berlin, p 266, 268.
^ Baluze, Histoire géaéal. de la maison d'Auver-
g«e,
Ibid.
p. 9.
p. i5.
charte ' de l'empereur Charles le Gros. L'au-
teur' de la nouvelle histoire généalogique
des anciens pairs de France prétend que
Bernard fut tué en 881^ dans un combat donné
en Auvergne durant le siège de Vienne, £• non
en 886, comme Balw^e Va écrit : mais il n'en
apporte aucune preuve. Ce qu'il y a de cer-
tain, c'est que Bernard, comte d'Auvergne,
& Ermengarde son épouse, vivoient ' encore
en 883. Ce comte ne paroît pas, d'ailleurs,
différent du marquis Bernard , dont il est
fait mention comme vivant, dans une
charte* de l'empereur Charles le Gros, du
mois de mai de l'an 885. Ainsi, l'époque
de sa mort doit être rapportée au plus tôt à
la fin de cette année.
Guillaume le pieux. — LXXI. Guil-
laume le Pieux, son fils, lui succéda dans
le comté d'Auvergne & dans le marquisat
de Gothie. Nous avons déjà prouvé, par le
témoignage de Jean, disciple de S. Odon &
auteur contemporain, que Guillaume pos-
séda ce marquisat. On peut le prouver en-
core par une charte' de Charles le Simple,
suivant laquelle ce prince donne à un évé-
que appelé En/onj, les biens possédés aupa-
ravant par les Juifs, aux environs de Nar-
bonne, à la prière de Guillaume son grand
marquis^ ce qui montre que ce seigneur
étendoit son autorité dans la Gothie. Cette
charte est datée de la trente-deuxième année
du règne de Charles le Simple, dans l'édi-
tion de Catel, & paroît, par conséquent,
postérieure à la mort de Guillaume le Pieux
arrivée l'an 918 ou au plus tard l'an 919.
Nous ferons voir ailleurs® que cette date
doit être rectifiée, & que ce diplôme est
antérieur à l'an 920. Il peut donc regarder
Guillaume le Pieux.
Il est encore parlé d'un comte appelé
Guillaume dans une autre charte de Char-
les le Simple de l'an 906, par laquelle ce
' Baluze, Histoire généal. de la maison d'Auver-
gne, t. 2, p. 4.
^ Le P. Ange, Histoire généalogique de la maison
de France, t. 2, p. 5i i.
^ Baluze, Histoire généal, de la maison d'Auver-
gne, Preuves, t. 2, p. 3.
"• Baluze, Miscellan, t. 2, p. i5o.
^ Catel, Mémoire sur l'Histoire de Languedoc, p. 77 •
^ Voyez au tome ÎV de cette édition, Note VII.
Note
87
N0T"E
87
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
2bi
prince accorde à l'abbaye tfe Saint-Denis
le lieu de Patriacum in pago Limosino ; ce
qui devant s'entendre, suivant le P. Ma-
billon", de Limoux, au diocèse de Nar-
bonne, pourroit confirmer que Guillaume
le Pieux étendoit son autorité dans la Go-
thie ou Septimaniej mais il est évident,
comme l'a remarqué Doublet' qui a donné
cette charte, qu'il s'agit ici du lieu de Patri
dans le Limousin. D'ailleurs, il n'y a jamais
eu dans le Languedoc de pays appelé Lîmo-
sinus pagus. Limoux a toujours fait partie
du Razès, dont cette ville est aujourd'hui la
capitale.
LXXII. M. Baluze' prétend que Guil-
laume le Pieux hérita de Bernard, son père,
du marquisat de Neversj mais il n'y a au-
cune preuve qu'aucun de ces deux seigneurs
ait jamais possédé ce marquisat non plus
que celui de Mâcon : la charte de l'empe-
reur Charles le Gros que cet historien cite
là-dessus ne le dit pas. Il est vrai qu'elle
leur donne la qualité de comte & de mar-
quis, & que ce prince confirme, à la recom-
mandation de Guillaume, la cathédrale de
Nevers dans la possession de deux églises,
dont l'une étoit située dans le comté d'Au-
tun & l'autre dans celui de Nevers^ mais
comme il est certain que Bernard ou
Guillaume le Pieux, son fils, furent comtes
d'Auvergne & marquis de Gothie, cela
suffit pour justifier le titre de comte &
de marquis qui leur est donné conjointe-
ment dans ce monument.
LXXIII. M. Baluze^ soutient encore après
Besly que Guillaume le Pieux fut comte de
Bourges, fondé sur ces vers d'Abbon dans
son Histoire du siège de Paris par les Nor-
mands :
Inde Lemovicas * adiens (Odo rex) Arvernicaque arvn,
Praevalidas Willelmi acies secura videt hostis,
Ni congressuras fluvius medio prohiberet.
Perdidit ergo suos illic Willelmus honores,
Hugoni régnante datos, qui Bituricensis
' Mabillon,' ad ann. poS, n. 29.
' Doublet, p. 81 3.
' Baluze, Histoire généal. de la maison d'Auver-
gne, t. I, p. 9.
'• Ibid. t. I, p. 9 & 10.
* Abbon, l. 10. — Duchesne, t. 2, p. 622.
Princeps extiterat consul; quare fuit actum
Hos inter geminos comités immane duellum
Mille super centum defleverat inclitus archos
Claromontensis Willelmus Hugone negatos, &c.
Note
87
Si ces mots qui Bituricensis princeps exti-
terat doivent se rapporter à Guillaume, on
ne peut pas disconvenir qu'il n'ait été comte
de Bourges avant sa révolte contre le roi
Eudes ; mais il doit s'ensuivre aussi qu'il
ne l'étoit plus lorsqu'il se révolta : extiterat.
Ainsi, ce prince n'a pu le dépouiller alors
du comté de Bourges, comme le prétendent
ces auteurs, pour disposer de cette dignité ^'{•°'''^-
en faveur du comte Hugues. C'est donc du P- 72'3-
comté d'Auvergne, possédé alors par Guil-
laume, que le roi Eudes l'aura dépouillé
pour en revêtir Hugues , ainsi que l'a en-
tendu le P. Mabillon ',& non pas du comté
de Bourges. Mais il n'est pas certain que
ces mots qui Bituricensis princeps extiterat ,
doivent se rapporter à Guillaume : ils con-
viennent plus naturellement à Hugues qui
est nommé le dernier. Dans ce sens, qui
nous paroît le plus naturel , il ne reste au-
cune preuve que Guillaume le Pieux ait été
comte de Bourgesj car ce qu'ajoute M. Ba-
luze , que l'acte de la fondation de l'abbaye
de Cluny par ce comte est daté de cette
ville, est une preuve trop foible. Si Guil-
laume le Pieux eût été comte de Bourges
dans le temps de ses démêlés avec le comte
Hugues, il seroit demeuré paisible pos-
sesseur de ce comté par la mort de ce com-
pétiteur & par sa réconciliation avec le
roi Eudes qui suivit de près , de même qu'il
demeura en possession du comté d'Auver-
gne & de ses autres dignités; mais nous
n'avons aucun monument qui fasse men-
tion d'un Guillaume, comte de Bourges
dans ce temps-là. Enfin, M. Baluze ' se
contredit lui-même, puisqu'il prétend
qu'Acfred , beau-frère du même Guillaume,
étoit alors comte de Bourges. Comme Guil-
laume, fils d'Acfred, comte de Carcas-
sonne, & neveu de Guillaume le Pieux,
s'empara^ du comté de Bourges l'an 919, &
' Mabillon, ad ann. 892, n. 70.
' Baluze, Histoire génial, de la maison d'Auver-
gne, t. I, p. 16 & 18.
^ Chron. Masc. Labbe, Bibl. nova, t. 2, p. 733.
Note
87
252
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
qu'il le posséda ' dans la suite , cela a peut-
être donné occasion à quelques auteurs,
qui ont confondu l'oncle avec le neveu,
de dire que Guillaume le Pieux avoit été
comte de Bourges.
LXXIV. Il est donc seulement certain
quç Guillaume le Pieux fut comte d'Auver-
gne & marquis de Gothie; il fut encore
duc d'Aquitaine dont il prit le titre depuis
la mort de Rainulfe II jusqu'à la sienne,
arrivée vers l'an 918 , après laquelle le mar-
quisat de Gothie passa aux comtes de Tou-
louse, qui se qualifioient aussi ducs d'Aqui-
taine, & qui étendirent par là leur auto-
rité sur presque tous les pays qui com-
posent aujourd'hui le Languedoc. Nous
discuterons, dans une Note de l'un des
volumes suivans, l'époque de cette union
& nous en examinerons en même temps
les raisons avec la suite des marquis de
Gothie , de la maison de Toulouse , jusqu'à
Raymond de Saint-Gilles qui, le premier,
au lieu de ce titre, prit, vers la fin du
onzième siècle, celui de duc de Narbonne,
lequel passa à ses successeurs. Comme cette
matière est très-obscure & pleine de diffi-
cultés , nous avons cru devoir la renvoyer
à une discussion particulière. Nous nous
contenterons d'ajouter ici quelques ré-
flexions sur le titre de duc d'Aquitaine
que prenoit Guillaume le Pieux & sur la
division de ce royaume en deux duchés ou
gouvernemens généraux.
^ V. — Division de l'Aquitaine en deux du-
chés. — Comtes de Poitiers ou d'Auvergne,
ducs d'une partie de l'Aquitaine depuis cette
division jusqu'à Guillaume le Pieux.
LXXV. Nous avons déjà vu que sous le
règne des empereurs Charlemagne & Louis
le Débonnaire , les comtes de Toulouse
étoient ducs ou gouverneurs généraux de
tout le royaume d'Aquitaine , à l'exception
de la Gascogne qui avoit ses ducs particu-
liers, & que les titres de duc de Toulouse &
de duc d'Aquitaine étoientalors synonymes'.
' Frodoard, Chronicon, ad ann. 924.
' VoyeZj au sujet de l'étendue du duché de Tou-
louse sous les Carlovingiens, la Note rectificative.
[E. M.]
Le duché ou gouvernement d'Aquitaine fut
partagé entre les comtes de Toulouse &
ceux de Poitiers peu de temps après la
mort de Louis le Débonnaire. Voici com-
ment : Pépin I, roi d'Aquitaine, étant mort
l'an 838, & ses deux fils Pépin & Charles
ayant été privés de la succession à ses États
par Louis le Débonnaire, leur aïeul , cet
empereur disposa de ce royaume en faveur
de Charles le Chauve son quatrième fils ;
mais comme le jeune ' Pépin avoit son parti
dans ce pays, Emenon, comte de Poitiers,
qui en étoit le chef, le fit proclamer, & ce
jeune prince fut reconnu par une partie
des Aquitains.
LXXVI. Pépin II tâcha de se maintenir
sur le trône , & Louis le Débonnaire , son
a'ieul, étant mort l'an 840 , il fit tous ses
efforts pour augmenter son parti. 11 fut
favorisé entre autres par le fameux Bernard,
duc de Septimanie, qui avoit épousé les in-
térêts du roi Pépin I , son père , & qui
étant en même temps duc de Toulouse ou
d'Aquitaine, pouvoit lui être d'un grand
secours. Ce duc affecta d'abord , à la vé-
rité, de paroître neutre entre les deux
compétiteurs au royaume d'Aquitaine, mais
on vit bientôt qu'il étoit tout à fait dévoué
à Pépin dont il soutint enfin ouvertement
les intérêts : ce qui fut la principale cause
de la mort ignominieuse que Charles le
Chauve lui fit souffrir en 844.
LXXVII. Comme Bernard étoit pourvu
du duché de Toulouse % ce prince, à qui
sa fidélité avoit toujours été suspecte, crut
devoir nommer à cette dignité, après la mort
de l'empereur son père, un seigneur qui lui
fût entièrement attaché. Il donna%en effet,
l'administration du royaume d'Aquitaine à
Warin, qui est qualifié duc de Toulouse ou
à' Aquitaine en 841 & en 842 , du vivant
de Bernard, comme nous l'avons déjà dit.
Ainsi, on vit alors deux ducs de Toulouse
ou d'Aquitaine, dont l'un étoit partisan de
Pépin II , & l'autre de Charles le Chauve,
' Adhémar de Chabanais. — Labbe, Bihl. nov.
t. 2, p. 160.
' Voir, au sujet de Bernard, la Note rectificative
où il est établi qu'il n'a jamais été duc de Tou-
louse. [E. M.]
^ Voyez Nithard, I. 4, p. 378.
Note
87
Note
87
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
253
Éd. orig.
t. I,
p. 724.
son concurrent; ce qui occasionna le pre-
mier partage de l'Aquitaine en deux du-
chés.
LXXVIII. Ces deux princes en vinrent
enfin à un traité', l'an 845, suivant lequel
tout le royaume d'Aquitaine demeura à
Pépin, à l'exception du Poitou, de la Sain-
tonge & de l'Angoumois que Charles se
réserva. Chacun fit ensuite gouverner les
pays qui lui échurent par un duc ou gou-
verneur général, ce qui confirma la division
de ce royaume en deux duchés, laquelle
subsista toujours depuis, quoique Charles
le Chauve eût repris sur Pépin les pays qu'il
lui avoit cédés^ car les comtes de Tou-
louse, ville capitale des Etats de ce dernier,
continuèrent de prendre le titre de duc,
ainsi que nous l'avons déjà remarqué, & les
comtes de Poitiers , ville principale de la
partie que Charles s'étoit réservée, com-
mencèrent seulement, dès lors, à se quali-
fier ducs d'Aquitaine. Aussi, voyons-nous
qu'il y avoit plusieurs ducs dans ce pays
en 889, comme il paroît par une épître '
du pape Nicolas I, de cette année, adressée
aux ducs d'Aquitaine, ad duces Aquîtanîae,
RAINULFE I, COMTE DE PoiTIERS ET
DUC d'Aquitaine. — LXXIX. Rainulfe I,
comte de Poitiers depuis l'an 889 jusqu'en
866, est en effet le premier comte de cette
ville auquel les anciens monumens' don-
nent le titre de duc d'Aquitaine. Besly "*, suivi
en dernier lieu par le P. Ange % prétend
qu'il fut institué premier duc de Guienne par
Charles le Chauve, en 864, lorsque ce prince
fut oint& couronné roi de Guienne, en la ville
de Limoges , le 6 de juin de la même année.
Il se contente de citer en général Aymar ou
la chronique d'Adhémar de Chabannes pour
preuve de cette institution : mais cet auteur
n'en dit rien, non plus que la Chronique
' Annal. Bertin. p. 201 & seq.
' Besly, Histoire des comtes de Poitou, p. 190.
^ Annal. Mettens. ad ann. 867, p. Sop. — Régi-
non, ad ann. 867. — Sigebert, ad ann. 866. —
Chron'icon Malleac. p. 196. — Besly, Histoire des
comtes de Poitou,^. 187 & suiv. — Hauteserre, Re-
rum Aquit, 1. 8, c. I4'
* Besly, Histoire des comtes de Poitou, p. i 5 &suiv.
^ Le P. Ange, Hist. gén. de la maison de France,
t. 2, p. 5l2.
de Maillesais & le Catalogue des abbés de
Saint-Martial cités parle P. Ange. Adhémar,
suivi par les autres , rapporte seulement '
que le roi Charles se fit couronner roi à Li-
moges la quin'^ième année après la bataille de
Fontenay. En quoi il s'est trompé grossière-
ment, comme le P. Labbe ' l'a remarqué,
puisque ce fut Charles, fils puîné de ce
prince, qui fut couronné roi d'Aquitaine
à Limoges, suivant l'Annaliste de Saint-Ber-
tin ' auteur contemporain, &non pas Char-
les le Chauve lui-même. D'ailleurs, cet évé-
nementarrivaen 855 & non en 854. Si donc
ce dernier prince institua duc d'Aquitaine
Rainulfe premier du nom, comte de Poi-
tiers, ce fut plus vraisemblablement en 845,
après le traité de Saint-Benoît-sur-Loire, par
lequel il se réserva le Poitou, l'Angoumois &
la Saintonge. Il lui donna sans doute alors
le duché ou gouvernement général de cette
partie de l'Aquitaine , tant à cause de son
attachement à ses intérêts (car Louis le
Débonnaire l'avoit établi comte de Poitiers
en 839 , après avoir dépouillé de cette di-
gnité Emenon partisan de Pépin ) , que
parce qu'il étoit , à ce qu'il paroît, delà
famille & proche parent de S. Guillaume ,
duc de Toulouse ou d'Aquitaine , comme
nous le dirons bientôt. Or, comme les des-
cendans en ligne directe de ce dernier sui-
voient alors le parti du jeune Pépin au nom
duquel Guillaume II, fils de Bernard, duc
de Septimanie, possédoit le duché de Tou-
louse, il y a lieu de croire que Charles le
Chauve , qui étoit dans l'usage de conser-
ver les dignités dans les familles, transféra
alors dans la ligne collatérale le duché de la
partie de l'Aquitaine qui demeura sous sa
domination.
LXXX. Quoi qu'il en soit , nous savons
certainement, sur le témoignage d'Adhémar
de Chabannes *, que Rainulfe I , comte de
Poitiers, étoit fils de Gérard , comte d'Au-
vergne. En quoi l'on voit combien nos gé-
néalogistes modernes, trompés par Besly,
qu'ils ont suivi trop aveuglément, s'égarent,
' Adhémar de Chabanais, p. 162. — Labbe, Bihl.
nova, t. 2, p. 198 & 271.
' Labbe, Bihl, nova, t. 2, p. 162.
' Annal. Bertin, p. 208.
^ Adhémar de Chabanais, p. 160.
NOTB
87
Note
87
i54
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
lorsqu'ils assurent sans preuve qu'il étoit fils
de Bernard & de Blichilde dont nous avons
déjà parlé, & qu'ils le font frère aîné de
Bernard, comte d'Auvergne, père de Guil-
laume le Pieux. Ces auteurs ne se trompent
pas moins lorsqu'ils lui donnent pour fils
Rainulfell, comte de Poitiers, & ses frères'.
Il est vrai que Rainulfe I laissa des enfans,
qui, selon l'Annaliste' de Saint-Bertin, fu-
rent privés de la succession aux dignités de
leur père, après que celui-ci eût été tué
en 856, ou selon d'autres' en 867, dans un
combat contre les Normands; mais il est
certain que Rainulfe II n'étoitpas son fils,
quoiqu'il fût son proche parent. La charte
que Besly rapporte'* pour prouver cette fi-
liation, dit tout le contraire. Suivant cette
charte, les chanoines de Saint-Martin-de-
Tours donnent à Rainulfe^ comte d'Aqui-
taine & à Ebles son fils, du consentement de
Robert, leur abbé, le lieu de Douzi (,Docia-
cum villam)^ dans le Poitou, pour le tenir
par précaire pendant leur vie, sous une
certaine redevance. Or, cette charte, qui est
sans date, est certainement postérieure à
la mort de Rainulfe I, arrivée en 866, &
est par conséquent de Rainulfe II, ce qu'il
est aisé de prouver.
1° L'abbé Robert, dont elle fait mention,
ne peut être que Robert, frère du roi Eudes,
qui ne posséda^ l'abbaye de Saint-Martin
qu'après l'an 888 ; 2° il est faux, comme
nous le prouverons plus bas, qu'Ebles pre-
mier du nom fût fils de Rainulfe I, mais
nous savons certainement que Rainulfe II
fut père d'Ebles II. C'est donc de ces deux
derniers qu'il s'agit ici; 3° cet acte est
relatif à un autre de l'an 892 ®, où il est
parlé d'Ebles, fils de Rainulfe, en ces ter-
mes : Ebolus juvenili aetate adhuc florens;
' Quoi qu'en dise dom Vaissete, Ranulfe II est
bien fils de Ranulfe I. Voyez la Note rectificative,
[E. M.]
" Annal. Berlin, p. 226 & 23o.
' Annal, Mettens. p. 3ofj.
^ Besly, Histoire des comtes de Poitou, p. 201 &
suiv.
5 Mabillon, ad ann. 887, n. i8,&adann. 897,
n. 16, &c.
^ Besly, Histoire des comtes de Poitou, p. 200 &
Suiv.
ces deux actes regardent donc les mêmes
personnes. Or, 'en 892, Ebles I étoit alors
avancé en âge, & il est d'ailleurs fait men-
tion de lui dans les deux titres en tierce
personne; ce qui prouve qu'ils regardent,
l'un & l'autre, Ebles II & Rainulfe II, son
père; 4° il est parlé aussi en tierce per-
sonne dans les deux chartes de Rainulfe I,
comme nous le verrons bientôt; 5° enfin ,
Robert, abbé, Fulrad, doyen, & Bernon,
trésorier de Saint-Martin-de-Tours, sont
nommés & stipulent également dans les
deux chartes : elles sont donc à peu près
du même temps ; & l'une étant de l'an 892,
l'autre ne sauroit être antérieure à la mort
de Rainulfe I, ou à l'an 866, temps auquel
les dignités de Saint-Martin-de-Tours
étoient occupées par d'autres.
Il est donc évident que la charte citée
par Besly regarde Rainulfe II, comte de
Poitiers : or, il est marqué dans cette
charte, comme dans celle de 892, que ce
comte n'étoit que parent de Rainulfe I.
In ' recompensatione tanti meriti, disent dans
la première les chanoines de Saint-Martin
en parlant du comte Rainulfe, père d'Ebles,
partibus S. Martini ac fratrum contraderet,
per seriem chartarum A Ramnulfo EJUS
CONSANGUINEO impetratum, &c. Ebles II
parlant en 892 de Rainulfe, son père, dans
la seconde, au sujet du même lieu de Douzi,
se sert de ces termes : Per"" auctoritatem char-
tarum a genitore meo Ramnulfo datis suis
pretiis acquisitum A RAMNULFO EJUS PRO-
PINQUO, &c. Il s'agit donc dans ces deux
chartes du même alleu, acquis par Rai-
nulfe II, de Rainulfe I, son proche parent,
consanguineo. Par conséquent, ce dernier
n'étoitpas son père'.
LXXXI. Besly'' met Ebles I au nombre
des comtes de Poitiers; mais les titres qu'il
rapporte ne prouvent nullement que ce
seigneur ait jamais possédé le comté de
' Toute cette argumentation de dom Vaissete
tombe devant l'énoncé des chartes que nous don-
nons à la fin de nos pièces justificatives. Voyez la
Note rectificative. [E. M.]
' Besly, Histoire des comtes de Poitou, p. 202 &
suiv.
' Ihid, p. 210.
'' Ihid. p. 200.
Note
87
Note
87
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
2.)J
Éd.oiig.
t. I,
p. 723.
cette ville, & l'acte dont nous venons ' de
parler regarde certainement Ebles II, fils
de Rainulfe II. Cet auteur convient', d'ail-
leurs, que depuis la mort de Rainulfe I,
ou l'an 867, jusqu'à l'an 888, que Rainulfe II
prit le titre de roi d'Aquitaine & se révolta
contre le roi Eudes, nous n'avons d'autre
Mémoire sur les comtes de Poitiers, qu'une
seule chronique qui qualifie de comte de
Poitiers le comte Bernard d'Auvergne , frère
de Rainulfe, Il ajoute que le même Bernard
prit la tutelle de ses neveux, fils de ce dernier,
lesquels pour leur bas âge ne furent inconti-
nent confirmés aux Etats & honneurs de leur
père ; en quoi il a été suivi par tous nos gé-
néalogistes. Si cet historien avoit rapporté
les paroles de cette Chronique, nous pour-
rions juger s'il y a eu effectivement un sei-
gneur nommé Bernard, qui ait succédé à
Rainulfe I dans le comté de Poitiers, & si
c'est le même que Bernard, comte d'Au-
vergne, père de Guillaume le Pieux, comme
Besly le prétend; mais nous pouvons as-
surer hardiment que le même Bernard ,
comte d'Auvergne, n'étoit pas frère de Rai-
nulfe I, comte de Poitiers, puisque nous
avons vu d'un côté que celui-ci étoit fils de
Gérard, comte d'Auvergne, & que de l'au-
tre, nous avons montré que Bernard, père
de Guillaume le Pieux, étoit fils de Bernard,
ducdeSeptimanie. S'il y a eu donc un Ber-
nard, comte de Poitiers, entre l'an 867 &
l'an 888, nous ne doutons pas qu'il ne soit
le même que Bernard II, marquis de Go-
thie , dont nous avons déjà parlé j car
comme l'Annaliste de Saint-Bertin nous
apprend que Charles le Chauve priva les en-
fans de Rainulfe I de la succession aux di-
gnités de leur père, il est d'autant' plus
vraisemblable que ce prince remit alors le
comté de Poitiers dans la famille d'Eme-
non, qui en avoit été dépouillé en 889,
& qu'il en investit Bernard II, marquis de
Gothie, neveu de ce dernier, que nous sa-
vons que le même Bernard'' fut père de
Besly, Histoire des comtes de Poitou, p. 201 &
suiv.
' Ibld. p. 21.
' Annal. Uert'in, p, 280.
* Il n'y a point eu de Bernard, comte de Poitiers,
en %^^-j. Voyez la Note rectificative. [E. M.]
Rainulfe II, comte de Poitiers, duquel des-
cendent, comme l'on en convient, les com-
tes héréditaires de cette ville.
Rainulfe II, comte de Poitiers et
DUC d'Aquitaine. — LXXXII. C'est ce
qu'il est aisé de prouver par l'origine de
l'abbé Ebles, que Besly appelle Ebles I, &
qui étoit certainement oncle ou plutôt
grand oncle paternel d'Ebles II, fils de
Rainulfe II. On a déjà vu' que Bernard II,
marquis de Gothie, étoit neveu par sa mère
Blichilde de l'abbé Goslin, mort évèque de
Paris' en 886. Or, l'abbé Ebles ou Ebles I
étoit aussi neveu du même Goslin, suivant
le témoignage d'Abbon', auteur contempo-
rain, dans son Poëme sur le siège de Paris
par les Normands.
Note
87
illic
Pontificisque nepos tbolus ibrtissimus abba,
Antistes Gozlinus erat primas super omnes
Huic erat Ebolusque nepos, raavortius abba, &c.
Comme nous savons d'ailleurs que cet
abbé & Bernard II, marquis de Gothie,
étoient de la maison des comtes de Poitiers,
ils dévoient être frères. Bernard II dut être,
par conséquent, père de Rainulfe II, car
on convient^ que l'abbé Ebles mourut sans
postérité.
LXXXIII. Nous n'ignorons pas que selon
Besly % suivi par nos généalogistes, Ebles I
étoit frère de Rainulfe II, comte de Poi-
tiers, &de Gausbert; mais ils n'endonnent
aucune preuve. Réginon^, auteur contem-
porain, parlant de la révolte de ces troià
seigneurs contre le roi Eudes, dit, à la vé-
rité, que Rainulfe II & Gausbert étoient
frères, mais il ne le dit pas de l'abbé Ebles,
ce qu'il n'auroit pas oublié. Post haec Odo
rex in Aquîtaîiiam proficiscitur contra Ram-
nulphum & fratrem ejus Gosbertum^ Ebulo-
' Voyez supra, n. 58.
' Mabillon, ad ann. 886, n. 1.
^ Abbon , de Bello urbis Paris. 1. i, p. 5o2 ,
5o5 &c.
"• Histoire générale des Provinces de France, t. 2,
p. 5l2.
^ Besly, Histoire des comtes de Poitou, p. 26.
* Réginon, ad ann. 892.
Note
87
.56
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
nem abbatem de Sancto Dîonysîo & alïos
nonnullos, &c. Sur quoi il faut remarquer
qu'on voit ici le frère de Raiuulfe II por-
ter le nom de Gausbert, de même que
l'oncle paternel de l'abbé Goslin. Or, ce
dernier étant oncle d'Ebles & de Bernard II,
marquis de Gothie, on peut confirmer par
là ce que nous venons de dire touchant la
descendance de Rainulfe II de ce dernier'.
LXXXIV. On pourroit objecter qu'E-
bles II, comte de Poitiers & fils de Rai-
nulfe II, faisant mention dans la charte de
l'an 892, d'Ebles I & de Gausbert, il les
appelle ses oncles & les met dans un égal
degré de parenté , pro remedio animae geni-
torîs mei Ramnulphi, cujus ratîonis exordia
obtînui ac avunculorum meorum Gausberti &
Eboli; & conclure de là que Gausbert &
Ebles dévoient être frères de Rainulfe II,
mais le mot avunculus peut s'entendre éga-
lement du grand oncle & de l'oncle 3 ainsi
le jeune Ebles pouvoit donner ce nom com-
mun à Ebles I & à Gausbert, quoique l'un
fût son grand oncle, & l'autre son oncle
seulement.
LXXXV. Nous ne savons pas si Ber-
nard II, marquis de Gothie, prit le titre de
duc d'Aquitaine, à l'exemple de Rainulfe I,
comte de Poitiers, son prédécesseur dans ce
comté 5 mais nous avons déjà vu que Rai-
nulfe II, comte de Poitiers, son successeur,
est qualifié comte d'Aquitaine dans un an-
cien titre j & comme nous savons d'ail-
leurs qu'il usurpa l'autorité souveraine dans
ce pays, lorsque Eudes eut été élevé sur le
trône, nous ne doutons pas qu'il n'ait été
revêtu auparavant de la dignité ducale. Il
est incertain s'il succéda immédiatement,
en 878, à Bernard II, marquis de Gothie,
son père, dans le comté de Poitiers, après
que ce dernier eût été proscrit au concile
de Troyesj nous savons seulement qu'il
possédoit cette dignité, du moins en 887.
Besly prétend" que Gérard, comte de
Bourges, Boson, son successeur, & le roi
' Dom Vaissete paraît avoir confondu ici Eble,
abté de Saint-Hilaire de Poitiers, qui était bien
frère de Ranulfe II, & Eble, abbé de Saint-Ger-
main-des-Prés & de Saint-Denis. Ce sont deux
personnages différents. [E. M.]
^ Besly, Histoire des comtes de Poitou, ]^ 2i&suiv
Eudes avant son élévation sur le trône,
furent pourvus du duché de Guienne, & que
Boson succéda à Gérard dans cette dignité,
en 871, mais il n'en apporte aucune preuve,
& le Continuateur d'Aimoin, qu'il cite par
rapport aux deux derniers, n'en dit rien.
Quant au roi Eudes, il est vrai qu'Adhé-
mar de Chabannes & l'auteur de la Vie de
S. Genou, abbé de Strade, le qualifient duc
d'Aquitaine avant son élévation sur le
trône j mais il n'y a qu'à rapporter leurs
propres paroles pour voir le peu de fond
qu'il y a à faire sur leur témoignage. At'
vero, dit ce dernier, Ludovico decedente
Balbo, filius ejus Karolus cognomine M.inor
post eum regnavit, contra quem Franci conju-
rantes, eum de regno expulerunt, fi* Odonem
Aquitaniae ducem pro eo regnare constitue-
runt, qui nec integris etiam in regno duobus
substitit annis, cui filius successit Arnulfus in
ipso pêne initio regni sui jam semivivus, &c.
Adhémar% qui s'exprime à peu près dans
les mêmes termes, ajoute : Hic Odo fuit
filius Raimundi comitis Lemovicensis , fi-c.^
passages qui contiennent autant d'erreurs
que de mots.
Le roi Eudes fit mourir Rainulfe II, dont
la fidélité kxi étoit suspecte. Nos' généalo-
gistes prétendent que ce dernier étoit déjà
décédé au mois d'octobre de l'an 892, sui-
vant la charte du jeune Ebles, son fils, que
nous avons citée & dont la date est ainsi
conçue ; Actum* Pictavis.... anno incarna-
tionis 892, indictione IX, die X mensis octobris,
régnante domno Odone rege anno lii; mais
il est certain que Rainulfe II ne mourut
qu'après le i5 d'octobre de l'an 893. En
voici les preuves :
1° L'année de l'Incarnation a été ajou-
tée à cette charte : elle doit appartenir au
10 octobre de l'année 891, & non de la sui-
vante, puisqu'elle est datée de l'indiction IX
& de la troisième année du règne du roi
Eudes. Or, suivant les Annales' de Réginon
' Vita S. Genulfi, l.z, c. 17. — Bibl. Floriacensls,
t. 2, p. 42 & seq.
' Adhémar de Chabanals, p. i63.
' Labbe, Tables gén. p. 386. — Histoire générale
des Provinces de France, t. 2, p. 5i3.
"* Besly, Histoire des comtes de Poitou, p. 211.
' Réginon, ad ann. 892. — Annal. Mettens. p. 327.
Note
87
Ed.orig.
p. 720.
Note
87
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
207
& de Metz, Rainulfe II étoit encore en
vie au mois de juillet de l'an 892, ce qui
fait voir l'erreur de la Chronique de Saint-
Maixent' qui rapporte la mort de ce sei-
gneur à l'an 890".
2" Nous savons' qu'incontinent après la
mort violente de Rainulfe II, le jeune
Ebles, son fils, se réfugia en Auvergne au-
près de Guillaume le Pieux, son parent.
Or ce jeune seigneur étoit encore à la
cour & auprès du roi Eudes, le i5 d'octo-
bre de l'an 898, comme il paroît par une
charte "* datée du même jour, suivant la-
quelle ce prince lui donna quelques fiefs
dans la Touraine.
3° Il est certain que Rainulfe II étoit
encore en vie l'an 893, puisqu'il se récon-
cilia seulement cette année ^ avec le roi
Eudes, qui le fit mourir quelque temps
après. Il est vrai que le jeune Ebles est
qualifié comte dans la charte de 892, & qu'il
paroît avoir contracté en son nom & sans
être autorisé par son pèrej mais cela ne
prouve nullement que son père dût alors
être mort, comme on le prétend^. Tout ce
qu'on peut inférer de là, c'est que comme
cette charte' est datée de Poitiers & que
Rainulfe II était encore alors' rebelle à
Eudes, il pouvoit avoir confié le comté
ou gouvernement particulier de cette ville
au jeune Ebles, son fils. Nous savons^,
d'ailleurs, que le roi Eudes disposa du
comté de Poitiers, aussitôt après la mort
de Rainulfe II, en faveur d'Adhémar, & que
le jeune Ebles, qui étoit alors dans cette
' Chronique de Saint-Maixent. — Labbe, B'ihl,
nova, t. 2, p. 199.
' Ce sont au contraire les Annales de Réginon
& de Metz qui se trompent, & la Chronique de
Saint-Maixent qui a raison. Ranulfe II mourut
en 890. Voyez la Note rectificative. [E. M.j
' Adhémar de Chabanais, p. i63. — Clironicon
Malleac. p. 201 .
^ Besly, Histoire des comtes de Poitou, p. 211 &
suiv.
'Réginon, ad ann. 893, — Annal. Mettens.
p. 328.
® Histoire générale des Provinces de France, t. 2,
p. 5i3.
' Besly, Histoire des comtes de Poitou, p. 211.
* Annal. Mettens. p. 328.
' Adhémar de Chabanais, p, i63.
ville, se retira incontinent en Auvergne où
il demeura plusieurs années avant que de
la recouvrer : preuve que Rainulfe II étoit
encore en vie dans le temps de cette charte.
Que si le jeune Ebles contracta en son nom,
c'est qu'il étoit sans doute émancipé. Enfin,
il est certain' que l'abbé Ebles ne mourut
que le 10 d'octobre de l'an 898 : ainsi on.
ne sauroit conclure' de ce que le jeune
Ebles fait don, dans cette charte, à Véglise
de Saint-Martîn-de-Tours, pour y prier Dieu
pour lui, pour Vâme de Rainulfe, son père,
& de ses oncles Gaw^bert £■ Ebles, qu'ils
étoient morts alors; car outre que, suivant
l'usage, on faisoit ces donations pour l'âme
des vivons comme pour celle des morts, on
devroit en conclure que le jeune Ebles
étoit mort aussi, puisqu'il fait cette dona-
tion pour son âme, pro retributione^ animae
meae.
LXXXVI. Adhémar, à qui le roi Eudes
donna le comté de Poitiers en 898, après
la mort de Rainulfe II, étoit fils"* d'Emenon,
qui avoit été dépossédé de cette dignité
en 839. Par là, le comté de Poitiers rentra
dans cette branche ; car nous avons déjà
observé qu'Emenon, père d'Adhémar, étoit
frère de Bernard, aïeul de Rainulfe II. Le
roi Eudes s'en tint donc à l'usage déjà établi
de conserver les dignités dans les familles \
Guillaume le Pieux, comte
d'Auvergne et duc d'Aquitaine.
— LXXXVII. Adhémar ne succéda pas ce-
pendant au duché d'une partie de l'Aqui-
taine, possédé par Rainulfe II. Cette dignité
fut conservée véritablementdans sa famillej
mais elle passa sur la tète de Guillaume le
Pieux, marquis de Gothie & comte d'Auver-
gne, qui se qualifia duc d'Aquitaine, après
l'an 893, & depuis la mort de Rainulfe II,
mais non pas auparavant.Guillaume prit ce
titre ou parce qu'il prétendoit lui apparte-
' Réginon, ad ann. 893. — Annal. Mette
p. 328. — Mabillon, ad ann. 892, n. 6.
' Histoire générale des Provinces de France, t. 2
p. 5i 3.
^ Besly, Histoire des comtes de Poitou, p. 209.
"* Adhémar de Chabanais, p. i63.
* Il n'y avait aucun lien de parenté entre la
famille d'Emenon & celle des Ranulfe; ces deux
familles étaient au contraire ennemies. [E. M.]
NoTG
87
II.
«7
Note
87
258
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
nir en qualité de descendant en ligne directe Ramnulfus consanguîneus erat WilUJmi nohî-
& plus proche héritier de S. Guillaume, Uss'imi comîtis Arvernorum. Il est rapporté
fondateur de Gellone, son bisaïeul, de Ber- dans l'un & dans l'autre que Raintilfe, se
nard, son aïeul & de Guillaume, son oncle, voyant mourir par le poison qu'on lui
successivement ducs de Toulouse ou d'A- avoit donné, recommanda son fils Ebles à
quitaine; ou parce que le roi Eudes, qui S. Géraud, fondateur de l'abbaye d'Aurillac,
avoit alors fait la paix avec lui &; qui avoit qui l'emmena secrètement en Auvergne au-
intérêt à le ménager, le lui déféra après la près de Guillaume le Pieux, lequel, en qua-
mort de Rainulfe II. Ainsi le duché d'Aqui- lité déparent de ce jeune seigneur, prit
taine, dont le roi Charles le Chauve avoit soin de son éducation. Regressusque' a
dépouillé la branche aînée pour le trans- palatîo sanctus GeralJus, clam subductum
férer dans la ligne collatérale, en la per- fiîium Ramnulfi a Pictavîs, Willelmo duel
sonne de Rainulfe I, comte de Poitiers, ren- Aquîtanîae comîti Arvernîs credîdït nutrien-
tra par là dans la première. Guillaume le dum, cul consanguîneus erat.
Pieuxétant mort sans enfans, ce duché passa XC. Nous avons plusieurs raisons qui ne
dans une autre branche, qui ayant égale- nous permettent pas de douter qu'Adhé-
ment manqué, il revint dans celle des com- mar, à qui le roi Eudes rendit le comté de
tes de Poitiers î en sorte que cette dignité Poitiers, possédé auparavant par son père
demeura toujours dans la même famille, Emenon, ne fût de la même famille que le
du moins depuis le milieu du neuvième siè- jeune Ebles, fils de Rainulfe II, & de la
cle jusqu'au milieu du douzième. C'est ce race de S. Guillaume de Gellone , bisaïeul
que nous allons tâcher de développer en de Guillaume le Pieux. Nous nous fondons
faisantvoir l'union de toutes ces branches '. 1° sur l'usage constamment observé sous le
LXXXVIII. Il paroît certain, par les preu- règne du roi Eudes de conserver les di-
ves que nous avons déjà rapportées, que gnités dans les mêmes familles 3 2° sur la
Guillaume le Pieux descendoit en ligne conformité des noms. Nous savons, d'un
directe de S. Guillaume de Gellone, & nous côté, que S. Guillaume, fondateur de Gel-
savons, d'ailleurs, qu'il étoit consanguin , lone, avoit un frère appelé Adalelme% &
c'est-à-dire de la même famille que le nous trouvons de l'autre qu'Adhémar avoit
Note
87
Hd.orl-.
t. 1,
p. 727.
jeune Ebles, fils de Rainulfe II, d'où il
s'ensuit que celui-ci étant également con-
sanguin de Rainulfe I, comte de Poitiers &
duc d'Aquitaine, ainsi que nous l'avons
déjà vu, tous ces seigneurs dévoient être
de la même race.
LXXXIX. Il est fait mention dans divers'
auteurs de la parenté qu'il y avoit entre
Rainulfe II & Guillaume le Pieux, Sum-
mamque habuit amîcltiam, dit Adhémar de
Chabannes' , (Ramnulfus) cum propinquo
sua Willelmo comité Arvernis , ou comme
s'exprime la Chronique'' de Maillezais : qui
' Voyez la Note rectificative où nous avons cherché
à déiiéler l'écheveau généalogique, si étrangement
embrouillé ici par les savants Bénédictins. [E. M.]
" Fragm. hist. apud Marten. Thésaurus anecd.
t. 3, p. 1 2 1 1 . — Labbe, Bihl. t. 2, p. ySô. — Besly,
Histoire des comtes de Poitou, p. 199.
' Adhémar de Chabanals, p. i63.
^ Chronicon Malleac. Bihl. nova, t. 2, p. 201. —
Voyez Martène, Collectio ampliss. t. 5, p. i 166.
aussi un frère' de même nom. Ainsi Ada-
lelme, frère de S. Guillaume de Gellone,
fut vraisemblablement aïeul d'Adhémar &:
d'Adalelme, fils d'Emenon'*, comte de Poi-
tiers. Nous voyons encore que ce dernier
avoit un frère appelé Bernard^ comme le
fils de S. Guillaume de Gellone; 3° sur ce
que le jeune Ebles, dans la charte^ de
l'an 891 ou de l'an 892 dont on a déjà parlé,
fait mention du même Adhémar qu'il appelle
son parent , per încrementa chartarum ab
Adalardo filio Ededonis nostro propinquo obti-
nuit pater meus, où il faut lire sans doute ,
ab Ademaro filio Emenonis ; 4° nous savons
' Adhémar de Chabanals, p. i63.
^ Voyez aux Preuves de ce volume, Chartes &
Diplômes, n. XII, Donation du comte Guillaume a
l'abbaye de Gellone.
5 S. Odon, Vita S. Geraldi, Bibl. Cluniac. p. 84,
■• Adhémar de Chabanals, p. 162 & sulv.
5 Ibid. p. 160.
** Besly, Histoire des comtes de Poitou, p. 210.
Note
87
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
2.)f
enfin qu'Adhémar prétendoit que le comté
de Poitiers lui appartenoit, comme étant
plus proche héritier d'Emenon, son père,
qui en avoit été'dépouillé l'an 889, ce qui
lui attira l'inimitié de Rainulfe II, & du
jeune Ebles, son fils, comme le remarque
une ancienne chronique' : Ramnulfus quo-
que Pictavensis & Ademarus filius Emenonis
inimici erant pro urbe Pictavîs quant Ade-
marus conabatur sibi vîndicare pro pâtre suo
Emenone. Toutes ces raisons confirment,
ce semble, ce que nous avons déjà avancé,
savoir que Bernard, mari de Blichilde &
frère d'Emenon, comte de Poitiers, fut
aïeul paternel de Rainulfe II, comte de la
même ville & duc d'Aquitaine, & que tous
ces seigneurs descendoientde la même tige.
XCI. Il est fait mention des deux frères
Adhémar & Adalelme en plusieurs endroits
du poëme d'Abbon ' sur le siège de Paris
par les Normands. Cet auteur rapporte'
qu'Adalelme étoit neveu (nepos) du roi
Eudesj Duchesne a ajouté ces mots à la
marge : Adalelmus nepos ex sorore Odonîs ;
ce qui prouveroit qu'une fille de Robert
le Fort avoit épousé Emenon , comte de
Poitiers, père de ces deux seigneurs. Ce-
pendant'' Réginon, sous l'an 898, explique
différemment la parenté qui étoit entre le
roi Eudes & Adalelme. Il dit que le dernier
étoit oncle de ce prince , quoiqu'il assure
en même temps que le comte Waltharius ,
fils du même Adalelme,, étoit neveu d'Eudes :
Waltharius cornes nepos Otthonîs régis, filius
scilicet avunculi ejus Adalelmi ; ce que nous
ne comprenons pas, à moins qu'on ne doive
lire nepotis ejus ou sororis ejus, au lieu à' avun-
culi. Car si Adalelme étoit neveu du roi
Eudes par la sœur de ce prince, Waltharius
aura été petit-neveu de ce dernier, ce qui
pourroit concilier Abbon avec Réginon ,
tous les deux auteurs contemporains. Le
dernier peut donc avoir donné la qualité
de neveu , nepos , à Waltharius à l'égard du
roi Eudes, quoiqu'il fût son petit-neveu :*
car si la leçon de Réginon subsiste , Wal-
' Adhémar de Chabanais, p. i63.
' Atbon, de Bello urhïs Paris, p. 609, 5 16, 52 i
& seq.
^ Ihii. p. 509.
* Réginon, Chronicon, p. 63.
tharius n'aura été que cousin germain de
ce prince. Quoi qu'il en soit, il est du
moins certain qu'Adhémar, comte de Poi-
tiers, frère d'Adalelme, étoit parent du roi
Eudes; ce qu'Abbon' assure positivement :
Consul Ademarus régi copulatus eidem
Progenie
consanguineus sua prétérit arma,
XCII. Nous avons lieu de croire que
Raynald , comte d'Herbauges (Herbalicien-
sis), doit entrer aussi dans la généalogie
de S. Guillaume de Gellonej car outre que
Bernard, mari de Blichilde & frère d'Eme-
non , comte de Poitiers , se retira ' auprès
de lui , après sa disgrâce arrivée en 889,
il est rapporté d'ailleurs, dans un ancien
historien', que Ranulfe I, comte de Poi-
tiers, & Rainon , comte d'Herbauges , son
parent (consanguineus ejus), combattirent
en 852 contre les Normands. Or, il paroît *
que le même Rainon étoit fils de Ray-
nald & frère puîné d'Hervé qui étoit cer-
tainement fils de ce dernier, & qui mourut
en 845. Raynald étoit peut-être frère de
Gérard, comte d'Auvergne, père de Rai-
nulfe I, comte de Poitiers, & ils pouvoient
être fils l'un & l'autre de quelqu'un des
frères de S. Guillaume , duc de Toulouse
& fondateur de Gellone.
XCîII. Nous n'ignorons pas que Besly '
& tous nos modernes rapportent d'une ma-
nière différente la généalogie de Raynald ,
comte d'Herbauges, qu'ils font a'ieul pater-
nel du même Rainulfe I , par Bernard son
fils puiné : mais comme il est certain que ®
Rainulfe I étoit fils de Gérard , comte d'Au-
vergne & non de Bernard, prétendu fils de
Raynald, comte d'Herbauges; & n'y ayant
' Atbon, de Bello urhis Paris, p. 522.
" Adhémar de Chabanais, p. 160.
' Ihid, p. 162. — Chronique de Saint-Maîxent,
p. 198.
t Adrevald. Mirac. S. Ben. 1. i , c. 33. — Adhé-
mar de Chabanais, p. 161.
5 Besly, Histoire des comtes de Poitou. — Labbe,
Tables gén. p. 38i & suiv. — Baluze, Histoire gé-
néal. de la maison d'Auvergne. — Histoire générale
des Provinces de France, t. 2, p. 5iO & suiv.
6 Adhémar de Chabanais, p. 160.
NOTB
87
Note
87
260
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Éd.orig.
t. I,
p. 728.
d'ailleurs aucune preuve 'que ce dernier
ait eu un fils appelé Bernard , tout le sys-
tème de ces auteurs qui se sont copiés les
uns les autres, tombe entièrement. Besly
prétend ' encore que Rainon, comte d'Her-
bauges, qu'il appelle Raimon, étoit petit-
fils de Raynald par Hervé, fils aîné de ce
dernier • mais on ne sait pas si Hervé fut
marié & s'il laissa aucune postérité. Rainon
devoit être plutôt fils de Raynald qui laissa
plusieurs ' enfans , & à qui il succéda im-
médiatement dans le comté d'Herbauges.
XCIV. Nous venons de dire qu'il n'y a au-
cune preuve que Raynald, comte d'Herbau-
ges, ait eu un fils appelé Bernard. Besly qui
Nous savons qu'il étoit fort lié d'amitié '
avec Guillaume le Pieux & avec Rainulfe II,
comte de Poitiers, & que ce dernier lui re-
commanda en mourant son fils Ebles. S. Gé-
raud, d'une famille très-illustre, étoit fils'
d'un autre comte appelé Géraud ou Gérard
comme lui & d'Adeltrude , & il étoit petit-
fils ' de Mathilde, fille de Pépin I, roi
d'Aquitaine''. Or, nous avons déjà vu que
Gérard, comte d'Auvergne & père de Rai-
nulfe I, comte de Poitiers, épousa une fille
de ce prince. Ainsi , S. Géraud étoit vrai-
semblablement petit-fils de Gérard, comte
d'Auvergne, qui devoit avoir eu Rainulfe I,
comte de Poitiers , d'un autre lit ; car nous
Note
87
l'a cru a été trompé par un manuscrit fautif savons, d'un côté, que celui-ci obtint ce
de la Chronique d'Adhémar de Chabannes
où il est dit qu'Hervé & Bernard, qui mou-
rurent l'an 844 dans un combat contre les
Normands, étoient fils de Raynald, comte
d'Herbauges : mais dans l'édition correcte
que le P. Labbe nous a donnée de cet au-
teur ^ sur plusieurs manuscrits , il est rap-
porté seulement qu'Hervé étoit fils de Ray-
nald; & en effet, les chroniques ^ posté-
rieures à celle d'Adhémar , lesquelles l'ont
copiée, donnent au seul Hervé la qualité de
fils de Raynald. Une semblable faute s'est
glissée dans l'édition de la vie de Louis le
Débonnaire par l'Astronome, dont Besly
s'est ® servi au sujet de Gérard, comte d'Au-
vergne , père de Rainulfe I & gendre du
roi Pépin. On lit dans l'édition de Besly :
Reginardus cornes S- gêner quondam Pîpplni;
au lieu qu'il faut lire 'avec Duchesne : Re-
gînardus cornes , Gerardus îtidem cornes & gê-
ner quondam Pîppîni , &c. , ce qui fait un
sens différent.
XCV. Il paroît encore que S. Géraud ,
fondateur de l'abbaye d'Aurillac , descen-
doit de Gérard , comte d'Auvergne , & père
de Rainulfe I, & qu'il étoit par conséquent
de la famille de S. Guillaume de Gellone.
' Besly, Histoire des comtes de Poitou, p. i3.
' Adrevald. Mirac. S. Ben. 1. i , c. 33.
' Besly, Histoire des comtes de Poitou, p. 169.
"* Adhémar de Chabanais, édit. Labbe, p. 161.
' Chronicon Malleac. -p. 197. — Chronicon Thuan,
apud Besly, 169.
^ Besly, Histoire des comtes de Poitou, p. 169.
' Duchesne^ t. 2, p. 317.
comté en 889 , & que de l'autre Pépin I ne
s'étant marié qu'en 822 , il ne put avoir eu
une fille nubile que longtemps après.
XCVI. Géraud ou Gérard, père de S. Gé-
raud d'Aurillac , est sans doute le même
que Gérard , comte de Limousin , dont il
est fait ' mention dans le cartulaire de l'é-
glise de Limoges & qui vivoit la huitième
année du règne de Charles le Chauve. Ce
qui nous porte à le croire , c'est qu'il pa-
roît que Gérard, comte d'Auvergne, qui fut
tué l'an 841 à la bataille de Fontenai, étoit
parent ® de Ratharius , comte du Limou-
sin , qui fut tué aussi dans la même action.
Or, comme nous savons que le successeur
de ce dernier s'appeloit Gérard , & que
c'étoit déjà l'usage sous le règne de Charles
le Chauve de conserver les dignités dans les
familles , il est assez vraisemblable que Gé-
rard, comte du Limousin, étoit fils du
comte d'Auvergne de même nom.
XCVII. On peut confirmer ce que nous ve-
nons de dire touchant la descendance com-
mune des comtes de Poitiers &de Guillaume
le Pieux, comte d'Auvergne, par un endroit
de Guillaume' de Malmesbury, que Besly
' S. Odon, Vita. S. Geraldi, p. 67, 83, 99, 100.
' Ihid. p. 67.
' Acta Sanctorum ordinis S. Benedicti, saec. 5, p. 6.
^ Il est bon de remarquer que saint Odon, qui a
écrit la vie de S. Géraud, ne dit absolument rien
qui puisse donner au saint cette origine. [E. M.]
^ Baluze, Hist. Tutellens. p. 9.
^ Adhémar de Chabanais, p. 161.
' GuillaumedeMalmesbury,£r;jt. 1. 2,c. 6, p. 28.
Note
87
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
261
n'a pas su comprendre '. L'historien anglois
rapporte que Louis, duc ou prince d'Aqui-
taine, qui épousa au commencement du
dixième siècle une fille d'Edouard I , roi
d'Angleterre, étoit de la race de Charlema-
gne. Mais comme on ne connoît aucun mem-
bre de la famille des comtes de Poitiers,
ducs d'Aquitaine , qui portât alors le nom
de Louis , Besly est persuadé que cet au-
teur a voulu parler d'Ebles , comte de Poi-
tiers & duc d'Aquitaine, dont le nom peut
avoir été altéré par les copistes, & qui
épousa en effet Adèle , fille d'Edouard I ,
roi d'Angleterre. Or, S. Guillaume de Gel-
lone étant de la race de Charlemagne % il
s'ensuit qu'Ebles, comte de Poitiers, qui
étoit de la même race, devoit avoir une
descendance commune avec Guillaume le
Pieux, arrière-petit-fils de S. Guillaume de
Gellone. Aussi le roi Lothaire , parlant du
même Ebles dans une charte de l'an 962 ,
l'appelle-t-il ' son cousin.
XCVIII. Un généalogiste moderne donne
une interprétation différente "* aux paroles
de Guillaume de Malmesbury : il prétend
que Louis , prince d'Aquitaine , dont cet
historien fait mention , est le même que
Louis l'Aveugle , fils de Boson , roi de
Provence. Il appuie son sentiment sur ce
que, suivant Chorier, les écrivains de ce
temps-là confondent souvent l'Aquitaine
avec la Provence, & sur ce que Louis
l'Aveugle étoit fils de Boson qui avoit
été comte de Bourges en Aquitaine.
Mais 1°, quand il seroit vrai que Louis
l'Aveugle eût épousé une fille d'Edouard I,
roi d'Angleterre, ce qui n'est fondé que sur
les conjectures très-incertaines de Cho-
rier % il ne s'ensuit nullement que la fille
d'Edouard, dont parle Guillaume de Mal-
mesbury , ait été son épouse , puisque
nous savons ®,& que ce même généalogiste^
' Besly, Histoire des comtes de Poitou, p. 40,
' Voyez Thegan. c. 36, p. 281.
' Gallia Christiana, nov. éd. t. 2, Instr, p, 36 1.
^ Histoire généalogique de la maison de France,
t. I, p. 61 .
' Chorier, Hist, duDauph. p. 716.
' Besly, Histoire des comtes de Poitou, p. 40, 225
& suiv.
' Histoire généalogique de la maison de France,
t. tj p. 5i3.
en convient, qu'Ebles épousa une des filles
de ce roi du troisième lit. Or, Chorier pré-
tend que cette fille d'Edouard du troisième
lit est la même que la femme de Louis
l'Aveugle. D'ailleurs, le sens de Guillaume
de Malmesbury n'est pas, comme l'explique
Chorier, que le prince d'Aquitaine qui
épousa la fille du roi d'Angleterre , ne fût
de la race de Charlemagne que par fem-
mes. Tertîam.... sortitus est Ludovicus Aqui-
tanorum princeps de génère Caroli M.agni
superstes ; ce qui marque plutôt, à ce qu'il
paroît, une descendance par mâles. Si le
prince d'Aquitaine, gendre d'Edouard, ne
descendoit de la race de Charlemagne que
par femmes , il n'y avoit rien là de fort
extraordinaire & qui ne fût commun à plu-
sieurs familles du royaume.
2° C'est avec raison que Besly' croit ou
que le nom de Louis a été substitué par les
copistes à celui d'Ebles, Ebolus^ dans le texte
de Guillaume de Malmesbury, ou qu'ils ont
corrompu ce nom. Il leur a été en effet
plus aisé de l'estropier & de prendre l'un
pour l'autre, qu'il ne l'a été à Guillaume de
Malmesbury & à Ingulphe, qui dit la même
chose, d'ignorer si Louis l'Aveugle étoit
roi d'Aquitaine ou de Provence, & de se
tromper sur le nom de la principauté de
celui qui épousa la fille d'Edouard. Il est
vrai que Chorier prétend que les auteurs
du temps ont confondu la Provence avec
l'Aquitaine : mais il n'en apporte d'autre
témoignage que celui de Léon d'Ostie' qui
parlant d'Hugues, comte de Provence, le-
quel vivoit dans un temps fort éloigné du
sien, l'appelle comte d'Aquitaine 3 sur quoi
cet auteur s'est trompé certainement. Il
faudroit faire voir que les historiens an-
glois du douzième siècle ont véritablement
confondu la Provence avec l'Aquitaine qui
devoit alors leur être fort connue, ce que
Chorier ne fait pas. Pour ce qui est de
Boson, père de Louis l'Aveugle, il est vrai
qu'il fut comte de Bourges : mais on sait que
ce comté ne passa pas à son fils, & qu'il en
jouit lui-même très-peu de temps à cause do
sa révolte qui suivit de près; en sorte que
' Besly, Histoire des comtes de Poitou, p. 40, 225
& suiv.
'Léon d'Ostie, Chronicon Cassin. n. 8(7.
Note
87
Note
87
Éd.orig.
t. I,
p. 729.
262 NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
ni lui ni son fils Louis ne possédèrent plus & au sentiment de plusieurs de nos criti-
rien depuis en Aquitaine. ques, descendoit de Wifred ou Acfred, comte
XCIX. Nous pouvons appuyer ce que nous de Bourges en 828 '. Or, nous avons déjà vu
venons de dire touchant la descendance que ce dernier étoit de la famille de Char-
commune de Guillaume le Pieux, comte lemagne, de même que S. Guillaume, fon-
d'Auvergne & d'Ebles, comte de Poitiers, dateur de Gellonej 2° suivant l'acte^ de
sur ce que S. Guillaume de Gellone eut plu- consécration de l'église de Formiguera ,
sieurs' frères qui, à ce qu'il paroît, eurent dans le Capcir, le comte Acfred étoit frère
des enfans. Ce duc fait mention dans son du comte Oliba, & cet Acfred doit être le
testament, en l'an 804, de son neveu Ber-
trand, & nepote meo Bertranno. Or, celui-ci
devoit être fils d'un des frères de Guillaume,
puisque Bernard son fils aîné ne se maria""
qu'en 825, & que ses deux sœurs uniques'
même que l'époux d'Adelinde, sœur de
Guillaume le Pieux, puisqu'il étendoit son
autorité sur les comtés de Carcassonne &
de Razès, & que les temps y conviennent.
Or, il est fait mention en même temps, dans
moururent vierges. Il ne paroît pas, d'ail- cet acte, des deux frères, les comtes Wifred
leurs, que ce duc eût alors quelqu'une de & Miron qui avoient fait bâtir cette église,
ses filles mariée. Reprenons la suite des conjointement avec les deux autres, pour
ducs d'Aquitaine depuis Guillaume le Pieux. eux & pour leurs parens ; d'où on doit con-
clure que ces quatre comtes avoient une
(? VI. — Suite des ducs d'une partie de VAqui- descendance commune. Ainsi, Wifred le
taine depuis Guillaume le Pieux. — Comtes Velu & Miron, comte de Roussillon, qui
de Carcassonne & de Rao^^ès.
Guillaume II, comte d'Auvergne ,
DUC d'Aquitaine , fils d'Acfred ,
COMTE de Carcassonne. — Acfred ,
DUC d'Aquitaine , frère de Guil -
LAUME II. — C. Guillaume le Pieux étant
mort sans enfans l'an^ 918, ses deux neveux,
Guillaume & Acfred, fils de sa sœur Ade-
linde, lui succédèrent l'un après l'autre dans
le duché' d'Aquitaine, non pas tant parce
qu'ils étoient ses plus proches parens &
qu'ils dévoient lui succéder naturellement.
sont ces deux frères, étant de la race de
S. Guillaume, fondateur de Gellone, comme
nous l'avons déjà vu, il s'ensuit que les
deux comtes Oliba & Acfred en étoient
aussi.
Cil. Cet acte prouve qu'Acfred, beau-
frère de Guillaume le Pieux, avoit déjà le ti-
tre de comte vers l'an 878, & c'est à peu près
à cette année qu'il faut le rapporter; car il
est certain qu'on ne sauroit faire aucun
usage de sa date telle qu'on la lit' dans la
copie qui a été tirée des archives de l'église
de Narbonne, où l'original ne se trouve
que parce qu'ils étoient, ce semble, comme plus, puisqu'elle est fautive pour l'année
lui de la race de S. Guillaume de Gellone, de l'Incarnation & celle du règne de
duc de Toulouse ou d'Aquitaine. Voici les Charles le Chauve, qui ont été sans doute
raisons qui nous le persuadent :
CI. 1° Ces deux frères étoient fils d'Acfred
comte de Carcassonne qui, à ce qu'il paroît"
' Voyez dans les Preuves de ce volume, aux
Chartres & Diplômes, n. XII, Donation du comte
Guillaume a Vabhaye de Gellone. — Acta Sancîo-
rum ordinis S. Benedicti, saec. 4, part, i, p. 88.
altérées dans cette copie, &qui ne peuvent
s'accorder entre elles, ni avec l'indiction.
Tout ce qu'on en peut conclure de certain,
c'est que Sigebode, archevêque de Nar-
bonne, ayant fait la consécration de l'église
' Acfred ou Aifroi était frère d'Oliba II, comte
Dodane, Manuale. — Acta Sanctorum ordinis de Carcassonne, & fils d'Oliba, premier du nom.
Acfred, comte de Bourges, est un personnage apo-
cryphe, inventé par l'auteur de la légende de saint
Genou. [E. M.]
' Voyez dans les Preuves de ce volume , aux
Chartes & Diplômes, n. XCIX , Consécration de
l'église de Notre-Dame de Formiguera dans le Capcir.
* lèid.
sancti Benedicti , p. 710.
' Acta Sanctorum ordinis S. Benedict
& 77.
■* Chronicon Malleac. p. 201,
' Baluze, Histoire généah
vergne, t. 1, p. 20 & suiv.
^ Ibid. t. I , p. i5 & suiv.
p. 72
de la maison d'Au-
NOTE
87
I
Note
87
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
2 63
de Formiguera, suivant cet acte le 21 de
septembre, indiction VI, sous le règne du roi
Charles le Chauve, cet événement dut arri-
ver entre l'an 872, que ce prélat succéda à
Frédold son prédécesseur & l'an 876, que
Charles le Chauve prit le titre d'empereur.
Ainsi, comme l'indiction vi, supputée de-
puis le mois de janvier, convient avec
l'an 873, cette consécration dut se faire
le 21 de septembre de la même année.
cm. Acfred, mari d'Adelinde, étoit donc
déjà comte dès l'an 873, & il est certain
d'ailleurs qu'il fut comte de Carcassonne ou
de Razès, du moins depuis l'an 883 jusque
vers l'an 906. Mais comme nous voyons d'ail-
leurs qu'Oliba, son frère, prenoit' encore
le titre de comte de Carcassonne l'an 877,
cela nous donne lieu de croire ou que l'un
étoit comte de Carcassonne & l'autre de
Razès, comtés qui demeurèrent toujours
réunis dans la même famille en la personne
de leurs successeurs j ou plutôt qu'ils pos-
sédèrent ces deux comtés par indivis, de
quoi il y a d'autres exemples.
CIV. Nous trouvons' un autre comte
de Carcassonne appelé Oliba qui vivoit
l'an 820 & l'an 835, & qui étoit déjà décédé
en 837, ce qui nous donne lieu de conjec-
turer qu'il étoit père ou plutôt aïeul
d'Oliba II & d'Acfred ; car nous voyons
qu'il est fait mention dans un ancien monu-
ment' d'un Louis, comte de Carcassonne,
vers le milieu du neuvième siècle, & qui, à
ce qu'il paroît, étoit fils d'Oliba I, comte
de la même ville*. Nous savons du moins
qu'en 820^ un seigneur appelé Louis signa
un acte après Oliba I, & avant Elmetrude,
' y oyez aux Preuves de ce volume, aux Chartes
& Diplômes, sous le n. CVII , Charte de l'empereur
Charles le Chauve en faveur d'Oliha, comte de Car-
cassonne.
' Voyez aux Preuves de ce volume, n. XXXVI,
Donation faite par Oliba, comte, & Elmetrude, sa
femme, a Adalric.abbé, & au monastère de la Grasse;
n. IV, Donation faite par R'ichilde, femme d'Oliba, &
comte, au monastère de la Grasse.
^ De Vie, Histoire de Carcassonne, p. 5o.
■* Il faut supprimer ce comte Louis de la liste des
comtes de Carcassonne, parce qu'il n'a jamais existé.
Oliba II était fils d'Oliba I. [E. M.]
* Voyez aux Preuves de ce volume, n. XXXVI,
Donation faite par Oliba, comte, & Elmetrude, sa
épouse de ce dernier; ce qui nous donne
lieu de croire qu'il étoit leur fils. Quoi
qu'il en soit, si Acfred, mari d'Adelinde,
étoit de la même famille que Wifred le Velu,
comte de Barcelone, ainsi qu'il est très-
vraisemblable, & s'il descendoit d'Oliba I,
comte de Carcassonne, ce dernier pou-
voit être frère de Sunifred, marquis de
Gothie, père du même Wifred le Velu.
CV. Charles le Simple, par un diplôme
du 3 de novembre de l'an 908 , confirme '
l'abbaye de la Grasse dans la possession de
l'église de Saint-Etienne dans le Carcas-
ses, conformément à la donation que le comte
Bencion de bonne mémoire lui en avoit faite,
£• de la même manière que le comte Oliba avoit
possédé cette église. Nous savons d'ailleurs
que le roi Charles le Chauve l'avoit don-
née au comte Oliba II', l'an 870. Nous
concluons de là : 1° que le comte Bencion
vivoit après l'an 899, puisque l'église de
Saint -Etienne n'appartenoit pas encore
alors à l'abbaye de la Grasse; car il n'en
est rien dit dans une autre charte' de
Charles le Simple datée de cette dernière
année, dans laquelle on trouve l'énuméra-
tion des biens qui appartenoient à ce mo-
nastère; 2° que le même comte Bencion
devoit être mort au mois de novembre de
l'an 908, puisque Charles le Simple, dans la
charte de cette année, l'appelle de bonne
mémoire; 3° enfin qu'il devoit être fils
d'Oliba II, & lui avoir succédé dans les
comtés de Carcassonne & de Razès, puis-
qu'il possédoit les mêmes biens que ce
dernier, qui laissa certainement des enfans.
CVI. C'est ce qui paroît par un autre mo-
numenf* de l'abbaye de Montolieu, au dio-
femme, a Adalric, abbé, & au monastère de le
Grasse.
' Voyez dans le tome V de cette édition. Chartes
& Diplômes, n. XXXIV, Charte de Charles le Sim-
ple en faveur de l'abbaye de la Grasse.
' Voyez aux Preuves de ce volume. Chartes &
Diplômes, n. XCIV, Charte de Charles le Chauve en
faveur d'Oliba, comte de Carcassonne.
^ Voyez dans le tome V de cette édition. Chartes
& Diplômes, n. XXII, Charte de Charles le Simple
en faveur de l'abbaye de la Grasse.
^ Voyez aussi au tome V, Chartes & Diplômes,
n. LÎX, Donation faite a l'abbaye de Montolieu par
Acfred //, comte de Carcassonne.
Note
87
Note
87
264
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Éd.orig.
t. I,
p. 730.
cèse de Carcassonne, de l'an 984, lequel con-
tient une donation faite alors à ce monas-
tère par un comte appelé Acfred, qui se dit
fils d'Oliba. Nous croyons donc qu'Oliba II
fut père de Bencion, & que celui-ci étant
mort sans postérité, son frère Acfred II lui
succéda avant l'an 908. Au reste, ce comte
Bencion est différent du comte de même
nom qui possédoit par indivis' avec Gaus-
bert, son frère, le comté de Roussillon, au
commencement du dixième siècle; car le
dernier Bencion vivoit encore l'an giS" & il
est certain que le comte de Carcassoiane de
ce nom étoit déjà mort en 908. Cette con-
formité de noms peut servir cependant à
confirmer ce que nous avons déjà dit de la
descendance commune de ces comtes. Nous
ignorons si Acfred II, comte de Carcassonne
& fils d'Oliba II, laissa des enfans; & si
Arnaud, que nous trouvons avoir possédé
ce comté avec celui de Razès, vers l'an 949,
& duquel descendent les autres comtes
héréditaires de ces deux pays, étoit de sa
famille. L'hérédité des dignités qui étoit
alors établie peut seulement donner lieu
de croire que ces derniers étoient tous de
la même race que les autres.
CVII. On peut confirmer la descendance
commune des Acfred , comtes de Carcas-
sonne , & d'Acfred, comte de Bourges sous
Louis le Débonnaire, & leur parenté avec
les comtes de Poitiers, ducs d'Aquitaine ,
parce que nous voyons que l'abbaye de
Saint-Hilaire , de Poitiers , fut possédée
comme héréditairement' au neuvième siècle
par quelqu'un de leur famille. Rainulfe I ,
comte de Poitiers & duc d'Aquitaine, jouis-
soit ■* de cette abbaye l'an 867 , lorsqu'il
mourut , & le comte Egfrid ou Acfred
s'en empara ^ après sa mort comme d'un
bien appartenant à sa maison. Ce dernier
ayant été tué un an après, Charles le Chauve
disposa * de l'abbaye de Saint-Hilaire en
faveur de Frotaire , archevêque de Bor-
deaux , & l'ôta , comme rapporte un ancien
' Marco. Hispanica, p. 383, 840 & seq.
' nu.
' Gallia. Christiana, nov. edit. t. 2, p. i 225 &. seq.
■* Annal. Bert'in. p. 226.
' Ib'iâ. p. 229
« Ibid. p. 23o.
historien , aux fils de Rainulfe I, & non
aux enfans de Robert le Fort , ainsi que le
veulent quelques modernes '. Les parens
de Rainulfe I rentrèrent bientôt après dans
la possession de cette abbaye , car l'abbé
Ebles la posséda jusqu'à l'an 898 qu'il mou-
rut; le roi Eudes la donna alors à Acfred,
évêque de Poitiers , qui paroît avoir été
de la même famille , & cette abbaye de-
meura^ toujours depuis dans la maison des
comtes de Poitiers, ducs d'Aquitaine.
CVIII. Il ne paroît pas que Guillaume
& Acfred, fils d'Acfred & d'Âdelinde , aient
succédé à leur père dans les comtés de
Carcassonne ou de Razès : ils en abandon-
nèrent sans doute la possession à leurs
cousins Bencion & Acfred pour se retirer
en Auvergne auprès de Guillaume le Pieux,
leur oncle, dans l'espérance de recueillir
sa succession. Guillaume succéda en effet
à ce duc , qui mourut sans enfans , tant
dans le duché d'Aquitaine que daiis le comté
d'Auvergne. Il décéda en 927 , suivant la
Chronique' de Frodoard. M. Baluze ''ajoute,
on ne sait sur quelle autorité , que ce fut
le 16 de décembre de la même année; mais
cela n'est pas possible , puisque , suivant
deux titres rapportés par cet auteur % Ac-
fred son frère qui lui succéda après sa mort
dans le duché d'Aquitaine, étoit déjà revêtu
de cette dignité le 11 octobre de l'an 927.
Il faut donc, ou que M. Baluze se trompe
sur le jour de la mort de Guillaume II, ou
si ce duc est mort effectivement le 16 de
décembre , que ce soit en 926 , ce qu'on
peut appuyer sur la Chronique de Massay ®
qui rapporte sa mort sous cette année.
Quoi qu'il en soit , Acfred son frère lui
survécut sans doute fort peu : nous ne
trouvons du moins aucune preuve qu'il ait
vécu après l'an 927. M. Baluze' pré-
tend qu'il y a un titre de cette année dans
' Mabillon, ad ann. 868, n. 86. — Gallia Chris-
tiana, nov, edit. t. 2, p. 3o & i225.
' Gallia Christiana, nov. edit. t. 2, p. 1226.
' Duchesne, Hlst. t. 2, p. 597.
* Baluze, Histoire généal. de la maison d'Auver-
gne, t. 1, p. 21.
5 Ibld. t. 2, p. 19 & suiv.
* Labbe, Blhl. nova^ t. 2, p. 733.
' Baluze, Histoire généal. de la maison d'Auver-
gne, t. I, p. 22.
Note
87
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
265
lequel II prend la qualité de comte d'Auvergne
& d'abbé de Brioude, comme son oncle Guil-
laume le Pieux & Guillaume , son frère,
Vavoient aussi été; ce qui prouveroit qu'Ac-
fred succéda à son frère dans le comté
d'Auvergne, comme il est certain qu'il lui
succéda dans le duché d'Aquitaine. Mais
ce seigneur n'est pas qualifié comte d'Au-
vergne dans le titre' cité par M. Baluze ni
dans aucun autre. On peut inférer seule-
ment de cet acte, daté du 11 d'octobre de
l'an 926, & par conséquent du vivant de
Guillaume, son frère, qu'il possédoit alors
les comtés de Brioude & de Gévaudan.
D'ailleurs Adhémar de Chabannes' assure
positivement qu'après la mort de ce dernier,
Charles le Simple donna à Ebles le comté
d'Auvergne. M. Baluze' ajoute qu'il y a lieu
de croire que ce prince s'en repentit, & qu'il
révoqua le don quil avoit fait à Ebles ; car
Acfred se maintint dans la possession de la
comté d'Auvergne & de la duché d'Aquitaine
jusqu'à son décès. Mais il n'y a aucune ap-
parence que ce prince, qui ne peut avoir
fait ce don qu'en 927, lorsqu'il eut été dé-
livré de prison, s'en soit repenti, puisqu'il
y fut remis bientôt après, & que Raoul son
compétiteur étoit ennemi d'Acfred ; & on
a déjà dit qu'il n'y a aucune preuve que ce
duc se soit maintenu dans la possession du
comté d'Auvergne.
Ebles, comte de Poitiers et duc
d'Aquitaine. — CIX. Guillaume II & Ac-
fred son frère étant morts sans postérité,
Ebles, comte de Poitiers, leur succéda dans
le duché d'Aquitaine qui demeura depuis
dans sa famille & qui avoit été possédé
auparavant par Rainulfe II son père. Quel-
ques annalistes des douzième & treizième
siècles^ prétendent qu'Ebles succéda im-
médiatement dans cette dignité à Guillaume
le Pieux & comme son plus proche héri-
tierj mais ils se trompent, du moins pour
le premier article. Ebles étoit né d'une
' Baluze, Histoire généalog. de la maison d'Au-
vergne, t. 2, p. 19 & suiv.
' Adhémar de Chabanais, p. i65. — Chronicon
Malleac, p. 202.
' Baluze, Histoire généalog. de la maison d'Au-
vergne, t. I , p. 25.
^ Martène, Ampliss. Coll. t. 5, p. 1 147 & 1 167.
NOTB
87
concubine"; & il est certain qu'il ne fut
surnommé M.an':^er*, qui Veut dire bâtard %
que parce qu'il étoit né d'un mariage illé-
gitime, quoi qu'en dise le P. Labbe^, suivi
parle P. Ange', qui prétend qu'il étoit fils
d'Adélaïde, fille du roi Louis le Bègue, la-
quelle avoit épousé, selon lui, Rainulfe II,
comte de Poitiers : mais ce mariage est
avancé sans preuve; il paroît cependant
que Rainulfe II eut* une épouse légitime
dont il n'eut point d'enfans.
ex. Quoique Ebles ne fût que bâtard,
cependant, comme il étoit fils unique de
Rainulfe II, il prétendit lui succéder dans le
comté de Poitiers, dont il s'empara en 902^
sur Adhémar son compétiteur, & dans la
possession duquel il fut confirnié% après la
mort de ce dernier, par le roi Charles le
Simple, à qui il avoit rendu des services^
considérables. Nous ne trouvons à la vérité
aucun titre où il prenne la qualité de duc
d'Aquitaine : mais il est certain par les
anciens historiens '" & par divers monumens
du dixième siècle, postérieurs à sa mort
arrivée vers l'an 935, qu'il parvint à cette
dignité". Le roi Lothaire, parlant d'Adèle,
sa veuve, s'exprime en ces termes : Conso-
brini ducisque potentissimi Eblonis conjux
illustris Adela ; ce qui fait voir que le
P. Ange " a eu tort de lui refuser le titre
de duc d'Aquitaine & de traiter d'erreur le
sentiment de Besly qui croit que Guillaume
son fils hérita de lui de ce duché. Or il ne
parvint à cette dignité que sur la fin de ses Éd.orig.
jours & après la mort d'Acfred, neveu de ^.'-ji^
Guillaume le Pieux, puisqu'en 926 & les
' Adhémar de Chabanais, p. i63.
' Ibid. p. i65.
' Voyez Geoffroi du Vigeois. — Labbe, Bihl, nova,
t. 2, p. 328. — Marca, Histoire de Béarn, p. 2o5.
t Labbe, Tabl. gén. p. 3o & 386.
^ Le P. Ange, Hist. gén. t. i , p. 35 j t. 2, p. 5 1 3.
" Adhémar de Chabanais, p. i63.
' Chronicon Malleac, p. 202.
* Adhémar de Chabanais, p. i65.
^ Labbe, Bibl. nova, t. i, p. 325.
'" Besly, Histoire des comtes de Poitou, p. 244
& 25 I. — Chronicon Malleac, p. 202. — Martène,
Ampliss. Coll. t. 5, p. I 147 8c 1 167. — Chronicon
Rotom. — Labbe, Bibl. nova, t. 1 , p. 365.
" Gallia Christiana, nov. edit, t. 2, imtr. p. 36 I
" Le P. Ange, Hist. gén. t. 2, p. 5i3 & suiv.
Note
87
166
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
années précédentes ', il ne portoit encore
que le simple titre de comte.
Guillaume Tète-d'Étoupes, comte
DE Poitiers et duc d'Aquitaine, et
SES successeurs.^ — Ebles fut père de
Guillaume Tète-d'Etoupes, comte de Poi-
tiers, que le roi Louis d'Outre-mer con-
firma' dans la possession du duché d'Aqui-
taine. Du même Guillaume descendent les
autres comtes de Poitiers, ducs héréditaires
d'Aquitaine dont la famille, après avoir
subsisté jusque vers le milieu du douzième
siècle, finit en la personne d'Eléonor ,
héritière de ce duché.
CXI. Le roi Louis d'Outre-mer donna ^
aussi à Guillaume Tète-d'Etoupes les comtés
de Poitou, de Limousin, de Vêlai & d'Au-
vergne, ou le confirma dans leur posses-
sion. Les comtes de Poitiers n'étendoient
alors l'autorité ducale que sur une partie
de l'Aquitaine; caries comtes de Toulouse,
qui exerçoient dans ce temps-là la même
autorité sur une autre partie de cette
province, continuèrent de se qualifier de
leur côté ducs ou princes d'Aquitaine jusque
vers la fin du dixième siècle. Ceux-ci
possédoient entre autres le Querci, l'Albi-
geois & le Rouergue, qui avoient tou-
jours fait partie de l'Aquitaine propre ,
outre le marquisat & comté de Toulouse,
compris anciennement dans ce royaume.
CXII. Il résulte de ce que nous venons
de dire : 1° que c'est avec raison que les
comtes de Toulouse prirent anciennement
le titre de ducs d'Aquitaine, dont ils étoient
en possession longtemps avant que les com-
tes de Poitiers ne se l'attribuassent; que
s'ils paroissent l'avoir abandonné au on-
zième siècle, ce ne fut que pour y substituer
celui de ducs de Narbonne, & qu'ainsi ils
ont toujours joui de l'autorité ducale;
2° que c'est sans fondement qu'un généalo-
giste'' moderne a avancé que Charles le
Chauve supprima le royaume d'Aquitaine
érigé par Charlemagne, & qu'il y établit des
' Besly, Hist. des comtes de Poitou, p. 218 & suiv.
' Adhémar de Chabanais, p. 166. — Chronicon
Malleac. p. 202.
^ Chronicon Mall/'ac. p. 202.
* Histoire générale des provinces de France, t. 2,
p. 5io.
ducs à vie. Car outre qu'il est certain que
Louis le Bègue étoit actuellement roi d'A-
quitaine lorsque Charles le Chauve, son
père, mourut, & que la suppression de ce
royaume par ce dernier n'a aucun fonde-
ment, nous avons vu d'ailleurs qu'il y eut
toujours des ducs en Aquitaine, depuis
Charlemagne; 3° que Guillaume le Pieux,
comte d'Auvergne, & les comtes de Poitiers
ne prirent le titre de ducs d'Aquitaine que
parce qu'ils descendoient de S. Guillaume,
fondateur de Gellone & duc de Toulouse
ou d'Aquitaine; qu'ils appartenoient à sa
famille, & qu'ils regardoient ce duché
comme héréditaire '.
Il est vrai que, s'il faut en croire quelques
modernes, Guillaume le Pieux ne prit le
titre de duc d'Aquitaine que parce que
l'Auvergne, dont il possédoit le comté ou
gouvernement, est qualifiée duché dans
quelques monumens, savoir : dans un di-
plôme de Louis le Débonnaire " de l'an 825,
& dans une charte ' de l'an 869. Mais on
voit assez, par la suite & le sens de ces mo-
numens, que le mot ducatus y est pris pour
un pays ou un gouvernement particulier :
situmin ducatum Arvernico ; obtinente ducatum
ipsius regionis JVarino, &c. Aussi voyons-
nous qu'entre ceux qui ont possédé ce comté
sous la seconde race & dont nous avons une
assez longue suite, Guillaume le Pieux &
Guillaume, son neveu, sont les seuls qui
aient pris ou à qui on ait donné le titre de
ducs. D'ailleurs, comme il est certain qu'il y
eut quelques comtes d'Auvergne qui furent
ducs de l'Aquitaine austrasienne ou orien-
tale sous la première race, le terme de
duché peut être demeuré à ce pays pendant
la seconde; c'est ainsi que le Poitou est
appelé iuché dans quelques titres posté-
rieurs au neuvième siècle, parce que ses
comtes étoient ducs d'une partie de l'Aqui-
taine.
' Nous avons déjà signalé à plusieurs reprises
l'erreur dans laquelle les Bénédictins étaient tom-
bés au sujet de la descendance de S. Guillaume de
Gellone. Voyez la Note addit. suivante. [E. M.]
^ Mabillon, ad ann. 825, n. 70.
^ Justel, Histoire des comtes d'Auvergne, p. 10, &
Preuves, p. 11. — Baluze, Histoire généalog, de la.
maison d'Auvergne, Preuves, p. 8.
Note
87
Note
RECTIF.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE. LANGUEDOC.
.267
[Note rectificative ajoutée par les nouveaux:
éditeurs.}
LE ROYAUME D'AQUITAINE, SES COMTES,
SES DUCS ET SES MARQUIS.
Nous avons vu comment la charte d'Alaon
avait surchargé l'histoire du huitième siè-
cle de personnages apocryphes & d'évé-
nements imaginaires. Dom Vaissete, qui,
sur la foi de ce trop célèbre document, ad-
mettait que l'Aquitaine avait été érigée en
fief par les rois mérovingiens & que depuis
Charibert elle n'avait cessé d'être possédée
à ce titre par la famille du duc Eudes, n'a
vu pendant toute la période carlovingienne
que la continuation du même ordre de
choses. Il veut que le duché dont Toulouse
était la capitale renfermât sous Charle-
magne & Louis le Débonnaire l'Aquitaine
tout entière, depuis les Pyrénées jusqu'à la
Loire. « Sous Charlemagne & Louis le Dé-
« bonnaire, dit-il, les comtes de Toulouse
V étoient ducs ou gouverneurs généraux de
« tout le royaume d'Aquitaine, à l'excep-
« tion de la Gascogne, qui avoit ses ducs
« particuliers, car les titres de ducs deTou-
« louse & de ducs d'Aquitaine étoient alors
« synonymes. » Plus tard, après la mort de
Louis le Débonnaire, il prétend que ce
duché fut divisé en deux : celui de Tou-
louse proprement dit, qui renfermait les
provinces méridionales, & celui de Poitiers
qui comprenait les provinces du nord. Au-
jourd'hui on sait combien les institutions
germaniques ont été modifiées par l'avéne-
-ment des carlovingiens, & il est aisé de voir
que ces divisions sont arbitraires & qu'elles
ne reposent sur aucune base solide.
L'idée préconçue d'un duché de Tou-
louse, embrassant toute l'Aquitaine, a eu
pour conséquence de forcer les auteurs de
VHistoire de Languedoc à attribuer dès
l'origine aux ducs de Toulouse une qualité
& des prérogatives qu'ils n'ont jamais pos-
sédées. Elle les a entraînés aussi à com-
prendre dans la série de ces ducs des per-
sonnages qui n'ont exercé aucune autorité
sur ce pays.
Il faut toutefois le dire à leur décharge,
c'est comme malgré eux que les savants
Bénédictins paraissent s'être engagés dans
Note
cette voie, & leur hésitation se trahit sou- '^^^V^-
vent par les expressions qu'ils emploient ;
« Il y a lieu de croire, » — k il est toute-
fois assez vraisemblable, » — « il y a de
fortes présomptions, » &c.
Une remarque faite par dom Vaissete, &
qu'il a eu le tort de vouloir ériger en règle
trop absolue, a été pour lui une autre
source d'erreur. Il dit que, sous les règnes
de Charlemagne & de Louis le Débon-
naire, les dignités de duc & de comte, quoi-
que non héréditaires, étaient néanmoins
presque toujours accordées par le prince
aux enfants de ceux qui les avaient déjà
occupées, ou, à leur défaut, à leurs plus
proches parents; remarque qui peut être
vraie, mais à la condition qu'on n'en tire
pas trop de conséquences & qu'on tienne
compte des nombreuses exceptions que
constate l'histoire. C'est ce que n'a point
fait dom Vaisçete, qui, après avoir formulé
ce qu'il croyait être une des lois de l'admi-
nistration carlovingienne, s'est trouvé pour
ainsi dire forcé, pour rester conséquent
avec lui-même, de rattacher à la famille de
S. Guillaume de Gellone la plupart des
comtes qui, au neuvième siècle, ont gou-
verné l'Aquitaine & la Septimanie. Non-
seulement pour lui les marquis de la Mar-
che d'Espagne & les comtes nommés en
Septimanie descendent de S. Guillaume,
mais les comtes de Poitou & ceux d'Auver-
gne se rattachent à la même famille par un
lien collatéral.
Le savant Bénédictin, par cette fiction,
était parvenu à créer, pour l'époque carlo-
vingienne, un système analogue à celui
qu'avait enfanté, pour la période mérovin-
gienne, la charte d'Alaon. L'Aquitaine du
neuvième siècle se trouvait aux mains d'une
même famille, comme celle du huitième
siècle avait été le domaine des descendants
de Caribert. On conçoit tout ce qu'il
peut y avoir d'exagéré dans un pareil
système qui, ne reposant que sur des con-
jectures, ne peut être accepté par la criti-
que moderne.
Il faut avouer du reste que dom Vaissete,
en abordant l'étude de ces questions de gé-
néalogies & de succession des comtes, a eu
à lutter contre des difficultés presque in-
surmontables. Il n'avait pas à sa disposi-
Note
RECTIF.
168
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
tioii l'ensemble des textes que nous possé-
dons aujourd'hui; il a cru pouvoir accepter
souvent les opinions de ceux de ses devan-
ciers dont la réputation parfaitement éta-
blie devait, à ce qu'il croyait du moins, le
dispenser de recourir aux sources origi-
nales, & la critique historique n'avait pas
atteint de son temps le degré de précision
scientifique qu'elle a acquis de nos jours.
L'historien faisait peu de différence entre
les diverses sources : il mettait sur le même
rang la Légende de S. Genou & la Chroni-
que d'Eginhard. Ne soyons donc pas éton-
nés de ce qu'il n'est pas toujours arrivé
juste au but.
Peut-être trouvera-t-on que nous mettons
trop d'insistance à signaler, chez les auteurs
de l'Histoire de Languedoc, des erreurs qui
ne sont après tout que des imperfections de
détail & qui n'affectent guère l'ensemble
de leur oeuvre. Si nous agissons ainsi, c'est
parce que l'histoire du Midi de la France
antérieure au onzième siècle n'a été l'objet
d'aucune étude nouvelle, après la publica-
tion de VHistoire de Languedoc. La plupart
des ouvrages d'érudition publiés depuis plus
d'un siècle n'ont fait que reproduire celui
des savants Bénédictins. L'An de vérifier les
dates, quand il a voulu donner la chrono-
logie des comtes d'Auvergne, de ceux du
Poitou, & du Languedoc, s'est borné à le
copier; c'est d'après lui que dom Bouquet
& ses continuateurs ont rédigé celles de
leurs annotations qui se rapportent aux
événements de l'Aquitaine. De leur recueil
ces annotations sont passées dans celui de
M. Pertz. Une nouvelle étude de ces ques-
tions, entreprise au point de vue d'une
saine critique, peut donc avoir quelque
intérêt; quant à son utilité, elle est incon-
testable. Mais une semblable étude ne peut
avoir de valeur que si elle est faite exclusi-
vement d'après les sources originales, & à la
condition de ne tenir compte des faits allé-
gués par les auteurs précédents qu'autant
qu'ils auront été comparés avec ces sources
& reconnus dignes de foi; c'est la méthode
que nous comptons employer. Nous ne
nous dissimulons point les difficultés que
nous devons rencontrer sur notre route,
mais quand même nous ne les surmonte-
rions pas toutes, nous croyons cependant
que ce travail offrira des faits nouveaux,
& que, sur quelques points, nous appro-
cherons plus près de la vérité que n'ont pu
le faire les auteurs de VHistoire de Langue-
doc; non pas que nous ayons la prétention
de les surpasser en sagacité, mais parce que
la critique moderne est un instrument très-
perfectionné & qui , par cela même, doit
conduire à de meilleurs résultats.
Pour introduire un peu de clarté dans
un sujet si compliqué, nous exposerons
d'abord en quelques lignes quelle était
l'organisation politique de l'Aquitaine sous
les carlovingiens & quelles ont été ses
principales divisions. Nous tracerons en-
suite la généalogie des familles qui ont
joué un certain rôle dans les événements
de ce pays, puis nous donnerons, pour
chaque ville, la liste chronologique des com-
tes & des marquis qui les ont gouvernées.
I
LE ROYAUME D'AQUITAINE.
(778-877)
La véritable conquête de l'Aquitaine par
les carlovingiens ne date que de 778, épo-
que où Charlemagne, après son expédition
d'Espagne, résolut, avant de retourner dans
le Nord, de donner à ce pays une organisa-
tion qui pût le garantir contre les révoltes
continuelles de ses habitants & permettre
aux institutions germaniques de s'implanter
sur le sol d'une manière définitive. Il crut
qu'en flattant les idées d'indépendance, qui
ont toujours fait le fond du caractère des
Aquitains, il rallierait plus facilement ce
peuple à sa domination. Pour atteindre ce
but, il érigea l'Aquitaine en royaume avec
un gouvernement particulier, & donna ce
nouveau royaume à son jeune fils Louis,
qu'il venait de faire baptiser au palais de
Casseuil. Les Aquitains pouvaient suppo-
ser, grâce à cette adroite combinaison^
qu'ils se gouverneraient eux-mêmes & qu'ils
auraient une certaine autonomie. En réa-
lité Charlemagne conservait le pouvoir,
c'était lui qui administrait sous le nom de
son fils. Il commença par confier toutes
les fonctions du gouvernement qu'il insti-
NOTE
RECTIF.
Note
RECTIF.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
tuait en Aquitaine à des hommes de race
franque; il choisit pour régent un homme
dans lequel il avait toute confiance, Arnoul.
En 793, quand il dut lui trouver un succes-
seur, ce fut Meginarius, homme sage &
profond politique, qu'il investit de ces
délicates fonctions.
Sous les mérovingiens , l'organisation
germanique n'avait pu être appliquée en
Aquitaine qu'en partie seulement, & d'une
manière intermittente; elle reçut dès lors
une assiette plus stable. Les domaines ap-
269
rer dans cette liste dressée par l'auteur de la
Vie de Louis le Débonnaire des villes comme
Angouléme, Rodez & Cahors, qui avaient
eu des comtes sous les mérovingiens & qui
en ont eu au neuvième siècle, ont prétendu
qu'elle était incomplète & que la division
de l'Aquitaine faite parCharlemagne en 778
devait comprendre un plus grand nombre
de comtés j qu'il était à présumer que l'As-
tronome ne nous avait transmis que les
noms des comtes qui étaient parvenus à
sa connaissance. Mais il ne peut en être
Note
KECTIF.
partenant au fisc furent donnés en bénéfice ainsi ; l'Astronome est trop bien instruit des
à des leudes qui s'établirent dans le pays ; choses qui regardent l'Aquitaine, pour ne
des Francs furent nommés aux fonctions nous avoir pas donné une liste complète ;
d'abbés, qui, dans les riches monastères, s'il n'a cité que neuf comtés, c'est que
constituaient aussi d'importants bénéfices. l'organisation du premier royaume d'Aqui-
Puis l'Aquitaine proprement dite, bornée taine n'en comportait pas davantage,
par la Loire au nord, la Loire & les mon- Quelques-unes de ces circonscriptions
tagnes de l'Auvergne à l'est, la Garonne pouvaient, il est vrai, renfermer, à l'exem-
au sud-ouest, fut divisée en neuf comman- pie de la Marche de Toulouse, plusieurs
déments ou comtés, dont chacun fut confié comtés proprement dits; mais y eut-il, dès
à un homme brave & expérimenté, choisi 778, un comte à la tète de chacun de ces
parmi les principaux chefs francs. Ces com- comtés particuliers, comme il y en eut un
tes furent : en Poitou, Abbon; en Berry, plus tard; & ce comte était-il placé sous
Humbert, qui peu après fut remplacé par l'autorité immédiate du comte principal,
Sturmion; dans le Limousin, Roger; dans comme ceux de la Marche se trouvaient
l'Auvergne proprement dite, Itier; en Vêlai,
Bull; en Périgord, Wilbod ou Guibaud ;
dans l'Albigeois , Haimon ; à Bordeaux ,
Seguin. La défense de la Marche de Tou-
louse fut confiée à Chorson'.
Quelques historiens' ne voyant pas figu-
' « Sciens autem rex Carolus regnum esse veluti
corpus quoddam & nunc isto, nunc illo incommode
jactari, nisi consilio & fortitudine, velut quibus-
dam raedicis, sanitas accepta tutetur... ordinavit
autem per totam Aquitaniam comités, abbatesque
necnon aiios plurimos quos vassos vulgo vocant,
ex gente Francorum , quorum prudentiae & forti-
tudini nulla calliditate, nulla vi obviare fuerit
tutum, eisque commisit curam regni prout utile
judicavit, finium tutamen villarumque regiarum
ruralem provisionem. Et Biturigae civitatis primo
Humbertum, paulo post Sturmium praefecit comi-
tem : porro Pictavis Abbonem, Petragoricis autem
Wilbodum, sed & Arvernis Iterium, necnon Valla-
giae BuUum, sed & Tholosae Chorsonem, Bur-
digalis Siguinum, Albigensibus vero Haimonem ,
porro Lemovicis Rothgarium. » Vita Hludovici Pu,
Pertz, t. 2, p. 608.
' Notamment Pierre de Marca, Marca Hispanica,
C. 252.
sous celle du marquis de Toulouse? c'est
ce que nous ne saurions décider. Ce qui
paraît certain , c'est que l'Aquitaine fut
alors divisée en neuf circonscriptions prin-
cipales, dont la plus considérable était le
duché ou Marche de Toulouse.
Ce duché était borné à l'ouest & au sud-
ouest par les Gascons rendus tributaires,
mais non encore soumis, & au sud-est par
les Sarrasins d'Espagne, qui occupaient
toutes les montagnes. C'était un gouverne-
ment essentiellement militaire, qui renfer-
mait huit comtés, savoir : ceux de Toulouse,
de Carcassonne', de Narbonne*, de Ma-
guelonne% d'Agde^, de Nimes', d'Elne
' Le premier comte carlovingien connu de Car-
cassonne s'appelait Dellonj il vivait vers l'an 800
environ, & peut-être avant.
" Le plus ancien comte carlovingien de Nar-
bonne est cité en 781; il s'appelait Milon,
' Amicus, comte de Maguelonne, est cité en 791.
■* Leibulfe était comte d'Agde en 812.
' Un comte, nommé Raoul, fut institué à Nimes
par Pépin, en 759. On ignore les noms de ses suc-
cesseurs.
Note
RECTIF.
270
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
& de Fezensac'. Nous ne faisons pas figu-
rer Béziers dans cette liste, parce que nous
croyons qu'Agde & Béziers faisaient partie
du même comté, & qu'il n'y avait qu'un
comte pour gouverner ces deux villes \
Ces comtés étaient administrés par des com-
tes ; celui de Toulouse prenait le titre de
duc ou de marquis.
Cette première organisation du royaume
d'Aquitaine resta à peu près la même
jusqu'en 806. Cependant la Marche de
Toulouse avait subi, avant cette époque,
d'importantes modifications : elle s'était
augmentée des comtés d'Ausone, de Girone,
d'Ampurias, d'Urgel, de Barcelone & de
Besalu, dont les territoires conquis sur les
Sarrasins lui furent annexés. Charlemagne,
par le partage de ses Etats, qu'il fit à Thion-
ville, en 806, entre ses enfants', augmenta
considérablement l'étendue du royaume
d'Aquitaine, qui appartenait à son fils
Louis. A l'Aquitaine proprement dite, s'é-
tendant depuis la Loire jusqu'aux Pyrénées
& renfermant la Gascogne, la Septimanie
& la Marche d'Espagne ou de Toulouse,
furent ajoutés le Nivernais, l'Avalonnais,
l'Auxois, le Châlonnais, le Maçonnais, le
Lyonnais, la Savoie & la Provence, jus-
qu'aux Alpes & à la mer.
L'Aquitaine subit une modification plus
importante encore, lorsque Louis le Débon-
naire, en 817, associa son fils Lothaire à
l'empire^. Par le partage qui suivit cet acte
solennel, fait à Aix-la-Chapelle le trentième
jour de juin, Pépin devait avoir l'Aquitaine
' L'Astronome, auteur de la Fie de Louis le Dé-
bonnaire, rapporte qu'en 801 Burgund, comte de
Fezensac, mourut, « Burgundio cornes Fedentia-
cus, » que Liutard fut nommé à sa place, & que les
Gascons supportèrent difficilement ce changement.
Le comitatus Fedentiacus est le comté de Fezensac.
Depuis la ruine d'Eause, le château de Fezensac
était, à ce qu'il paraît, devenu la capitale de
VElusaticus pagus j que l'on trouve encore cité
néanmoins sous ce dernier nom dans des chartes
du huitième siècle. Le comté de Fezensac fut con-
quis sur les Gascons indépendants par Guillaume,
en 791. Cette contrée fit alors partie de la Marche
de Toulouse. (Pertz, t. 2, p. 612.)
' Voyez ci-après $ xv, les comtes d'Jgde,
' Divisio imp. an no 806, Pertz, Leges, t. 1 , p. iç3.
* Ihid. anno 817, Peitz, Leges^ t. i, p. 198.
proprement dite, la Gascogne, toute la
Marche de Toulouse & quatre comtés,
savoir : Carcassonne, en Septimanie, Autun,
Avallon & Nevers, en Bourgogne. L'empe-
reur se réserva pour sa part, qui était aussi
celle de Lothaire, la Provence & la Gothie
ou Septimanie, à l'exception du comté de
Carcassonne donné à Pépin. La Marche de
Toulouse fut donc, en 817, séparée en
deux parties dont chacune eut son marquis
particulier.
Par suite de cet accord, la Marche de
Toulouse proprement dite se trouva ré-
duite au territoire du Toulousain, à celui
de Fezensac & au comté de Carcassonne.
La Marche d'Espagne ou Gothie avait Bar-
celone ou Narbonne pour capitale. Outre
les comtés placés au delà des monts, elle
renfermait toute la Septimanie, à l'excep-
tion du comté de Carcassonne, & se trouvait
composée des comtés de Narbonne, de Ra-
zès, de Maguelonne, d'Agde, de Nimes,
d'Elne ou de Roussillon, d'Ausone, de
Girone, d'Ampurias, d'Urgel, de Barcelone
& de Besalu.
Dans le partage fait en 83o par Louis le
Débonnaire au détriment de Lothaire, par-
tage qui n'eut pas d'effet, le royaume d'Aqui-
taine reçut une augmentation considérable
au nord, par l'addition de vingt-huit pagi
situés entre la Loire & la Seine ; mais au
sud rien ne fut changé aux limites de 817.
La Gothie continua à n'en pas faire partie".
Il n'en fut pas ainsi dans le partage défi-
nitif fait par l'empereur en 889, entre ses
fils Lothaire & Charles'. La Septimanie,
avec ses Marches, fit retour au royaume
d'Aquitaine, qui était le lot de Charles.
Mais cette disposition n'eut pas un effet
immédiat, parce qu'après la mort de Louis
le Débonnaire, arrivée en 840, Charles le
Chauve ne fut pas immédiatement reconnu
en Septimanie pour le souverain légitime,
comme plusieurs chartes le constatent. Ce
ne fut qu'en 848 que Lothaire & Charles,
étant parvenus à s'entendre entre eux,
firent un nouveau partage, en vertu duquel
les limites de l'Aquitaine furent encore re-
' Divisio imperii, anno 83o, Pertz, Leges, t. i,
p. 356.
* Ibid. anno SSp, Pertz, Leges, t. i, p. 434.
N0T8
RECTir.
Note
RECTIF.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
271
maniées. Le Vivarais & le diocèse d'Uzès après il mourut en prison. A partir de cette
furent retranchés de ce royaume, & ces époque, le fils de Charles le Chauve régna
provinces avec le Lyonnais & les pays limi- sans compétiteur, mais il mourut peu après,
trophes du Rhône échurent à Lothaire. A le 29 septembre 866. Le royaume d'Aqui-
la mort de celui-ci, arrivée en 855, le Viva- taine passa alors à Louis le Bègue, son frère,
rais & le diocèse d'Uzès furent compris dans qui fut couronné ' roi en 867.
le royaume de Provence. Ces deux provin- Ces changements de prince ne purent
ces rentrèrent en la possession de Charles s'effectuer sans apporter de nouvelles mo-
le Chauve, en 870, en vertu du partage des difications aux limites de l'Aquitaine. En
États de Lothaire II fait alors entre ce 855, lorsque ce royaume fut attribué au
prince & son frère Louis, roi de Germanie". jeune Charles, le Poitou, l'Angoumois & la
Depuis l'année 848 jusqu'en 865, l'état Saintonge n'en, furent plus séparés comme
politique de l'Aquitaine subit de nom- après le traité de 845. On lui rendit aussi
breuses vicissitudes. Pépin II, que Louis le les comtés situés entre la Loire & la Seine,
Débonnaire, dans le partage de 889, avait Autun, Nevers, Tonnerre, Auxerre, Aval-
privé de la succession paternelle, n'avait Ion, Châlons & Mâcon, en un mot, tout ce
pas tardé, après la mort de cet empereur, à qui en 853 formait les circonscriptions du
réclamer ses droits; il les soutint les armes onzième & du douzième missatîcum\
à la main, & ses tentatives ayant été quel- En 865, après la retraite définitive de Pc-
quefois couronnées de succès, Charles le pl"? il y eut une réorganisation complète
Chauve lui rendit l'Aquitaine' en 845, par 'le la Septimanie ou Marche d'Espagne. Le
le traité de Fleuri-sur-Loire; mais par le comté de Razès en fut distrait & réuni au
même traité il en restreignit considérable- duché de Toulouse'. La Gothie fut alors
ment les limites. Les comtés d'Autun, de divisée en deux parties* : la première con-
Mâcon, de Châlons, de Nevers, de Ton- tinua à porter le nom de Gothie; elle se
nerre, d'Auxerre & d'Avallon, c'est-à-dire composa des comtés de Narbonne, d'Elne,
toute la portion de la Bourgogne située en- d'Agde, de Maguelonne & de Nimes; la
tre la Seine & la Loire qui en avait autre- seconde, à laquelle fut réservée plus parti-
fois fait partie, en furent distraits; il y culièrement la qualification de Marche
manquait déjà le Vivarais & rUzège; Char- d'Espagne, renferma les comtés de Barce-
les en retrancha encore les comtés de Poi- ^one & d'Ampurias, d'Ausone, de Girone,
tiers, d'Angoulème & de Saintes, qu'il se d'Urgel & de Besalu \
réserva spécialement^ Telles furent les différentes vicissitudes
Ce traité n'eut, par le fait, qu'une durée P^^- lesquelles passa le royaume d'Aqui-
éphémère; Pépin n'ayant pas tardé à se taine, depuis sa première organisation en
brouiller de nouveau avec Charles le 778 jusqu'à l'année 877, où par l'avéne-
Chauve, fut dépossédé en 848 & rétabli ment de Louis le Bègue au trône de France,
plusieurs fois, en sorte que l'Aquitaine il se trouva définitivement réuni au reste
eut pour rois, de 848 à 85o, Charles le de la monarchie.
Chauve; de 85o à 852, Pépin; de 852 à 853,
Charles le Chauve; en 854, Louis, fils de ' 'S.ieWailly, Élém. de Paléographie, t. i, -p. i^g.
Louis, roi de Germanie, & Pépin; en 855, " Ce qui prouve que ces comtés furent retranchés
Charles, fils de Charles le Chauve, qui fut ^^ l'Aquitaine depuis 840 jusqu'en 855, c'est qu'ils
ensuite deux fois remplacé par Pépin & forment deux des douze missatica qui composaient
deux fois rétabli. Enfin, en 865, Pépin 'fut ^^ royaume^ de Charles en 853. Voyez Pertz, Leges,
livré à Charles le Chauve, & peu de temps
Noie
RFCTir.
' Divïiio regni Hlotharii, Pertz, Leges, t. i , p. 5 1 7.
' Annal. Berlin. — Recueil des Historiens de
France, t. 7, p. 63.
' Annales Bertiniani & Annales Trecenses. —
Pertz, t. 1, p. 441.
t. I, p. 428.
^ Hincmar, Annales Remenses. — Pertz, t. i,
p. 493.
■* lèid. p. 467.
' La Marche d'Espagne ne renferma d'abord que
ces six comtés; plus tard elle en comprit un plus
grand nombre, par suite de la subdivision de plu-
sieurs d'entre eux.
Note
RECTIF.
272
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
II
ORIGINE DE S. GUILLAUME DE GELLONE.
HISTOIRE DE SA FAMILLE.
Guillaume, plus connu sous le nom de
S. Guillaume de Gellone , était fils de
Théodoric ou Thierry & d'Aldane. Son
père était allié à la famille de Charlemagne,
propinquus erat régis, dit Eginhard'; il avait
des terres en Bourgogne, dans l'Auxois &
le pays d'Autun, ce qui fait supposer qu'il
était originaire de ce pays. Il assista en 778
à la rédaction du testament par lequel
révoltés, en employant tour à tour la force
& la persuasion"; c'est alors que fut créé
& annexé à la Marche le comté de Fezen-
sac, dont Burgund fut le premier comte\ Il
organisa ensuite plusieurs expéditions con-
tre les Sarrasins, qui avaient tenté d'envahir
de nouveau la Septimanie, aida à conquérir
sur eux les comtés d'Ampurias, de Girone,
d'Ausone & de Barcelone, & se démit en
806 de ses fonctions, pour prendre l'habit
monastique dans l'abbaye de Gellone, qu'il
avait fondée & à laquelle il devait donner
son nom. Il mourut en 812 '.
Guillaume, dans l'acte par lequel il dote,
Note
RECTIF.
Fulcrad, abbé de Saint-Denis, légua tous ^'^ ^°4, l'abbaye de Gellone% nous apprend
ses biens à cette abbaye, y compris ceux ^^'^^ ^^ait plusieurs frères , Theudoin ,
que Théodoric lui-même lui avait cédés \ Théodoric & Adalelme ou Aleaume, &
Théodoric prit une part active aux guerres ^^^^ sœnrs, Albe & Berthe. Ce que nous
contre les Saxons, il commandait en 782 ^^""^'^^ ^^^ Theudoin, Adalelme, Albe &
une expédition contre ces peuples'; en 791
il fit la guerre en Pannonie, sur les bords
du Danube. Surpris par les Saxons en 798,
le sixième jour de juillet, au dire des An-
nales de Saint-Amand'', il périt dans le
combat, & les troupes qu'il commandait
furent massacrées ^
Guillaume, son fils, avait été élevé à la
cour de Charlemagne, parmi les jeunes
Francs que ce prince faisait instruire sous
ses yeux dans la pratique des armes & de
l'administration®. Lorsqu'en 790, à la diète
de Worms, Chorson, duc de Toulouse,
eut été révoqué de ses fonctions, pour
Berthe, se borne à cette simple mention,
& ce n'est qu'à l'aide de conjectures peu
dignes de l'histoire, que dom Vaissete a pu
supposer qu'ils avaient laissé de nombreux
descendants. La charte que nous venons de
citer nous apprend encore que Guillaume
avait été marié deux fois, qu'il avait d'abord
épousé Cunégonde & ensuite Guitberge
ou Witberge; elle nomme aussi ses fils
Bernard, Witcharius ou Witchaire, Gau-
celme ou Gauscelin, & sa fille Helimbruch;
mais elle est loin de mentionner tous les
enfants de Guillaume. Un autre document,
dont l'importance est capitale, le Manuel
s'être laissé battre par les Gascons, Guil- ^^ DoJane, entre à cet égard dans de plus
laume fut chargé de défendre contre eux
la Marche d'Espagne, dont Toulouse était
alors la capitale, & qui, avec le Toulou-
sain, renfermait toute la Septimanie'. Le
premier soin de Guillaume, en prenant
possession de ce commandement, fut de
faire rentrer dans le devoir les Gascons
' « Quitus in ipsa Saxonia obviavit Theodo-
ricus cornes propinquus régis cum his copiis. »
Eginhard, Annales, ad ann. 782. — Pertz, Monum.
t. I, p. 169.
* Mabillon, Acta Sanctorum ordinis S. Benedicti,
' Eginhard, ^n«aZe5, — Pertz, t. 1 , p. 169.
^ Pertz, t. 2, p. 14.
^ Eginhard, Annales, — Pertz, t. i, p. 172.
^ Vita S. Guillelmi Gellonensïs,
' Voyez ce que nous avons dit ci-dessus, J 1.
grands détails. Dodane, qui écrivait en 842,
nomme parmi les parents de son mari,
morts pour la plupart à cette époque ,
Guillaume, son père, Cunégonde & Wit-
berge, femm'es de ce dernier, Théodoric,
frère de Guillaume, Gaucelme, Guarnarius
ou Warnarius, Aribertus ou Héribert, ses
fils, Gariberge & Rodlinde, ses filles, frè-
res & sœurs de son mari Bernard ^ Warna-
' Vita Hludov'ici imp. Pertz, t. 2, p. 609.
' Vita Hludovici , Recueil des Histor. de France^
t. 6. p. 91 .
' Vita S. Guillelmi Gellonensis,
^ Voyez ci-après, aux Preuves ^ Chartes 8c Di-
plômes, n. XII.
^ « Nomina defunctorum quos de quibusdam
praedictis supra praetermissis personis his brevia-
Note
RECTIF.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
273
rius doit être évidemment le même que celui
qui est appelé dans la charte Witcharius, &
nous savons d'ailleurs qu'Héribert, qui eut
les yeux crevés en 83o', & Gerberge qui fut
noyée dans la Saône en 834, par ordre de
Lothaire% étaient l'un fils & l'autre fille de
Guillaume. D'un autre côté, quoique Béra,
qui, avec sa femme Romille, fonda l'abbaye
d'Alet, vers l'an 8i3, ne soit mentionné
ni dans la charte de 804, ni dans le Manuel
de Dodane, nous avons tout lieu de croire
qu'il étaitfils de Guillaume j Béra se dit lui-
même, dans la charte de fondation d'Alet,
fils de feu le comte Guillaume'. Or, le
comte Guillaume était mort en 812, ce qui
s'accorde parfaitement.
Nous n'avons aucun renseignement sur
Warnier(ouWitchaire), qui mourut proba-
blement en combattant avec ses frères con-
tre Lothaire. Nous ne sommes pas mieux
renseignés sur le sort d'Helimbruch & de
Rodlinde, filles de Guillaume : l'une des
deux épousa, à ce qu'il paraît, le comte
"Wala qui depuis fut abbé de Corbie. Il
en est autrement de Bernard , d'Héribert
de Gaucelme & de Gerberge^ ces personna-
ges ont tous joué un rôle important dans
les dissensions de Louis le Débonnaire &
de ses enfants.
Mais avant de nous étendre sur le compte
de ces derniers, nous devons rapporter ici
tos agnoscè. Id sunt Willelmus, Cuhngundis, Ga-
riberga , Witburgis, Theodoricus, Gothzelmus ,
Guarnarius, Rodlindis. Sunt namque ex praedicta
genealogia, Deo auxiliante, jungentes in saeculô,
quorum vocatio illi manet percuncta qui eos crea-
vit, ut voluit.
« Quisquis de tua migraverit stirpe, quod non
est aliud nisi in potestate Dei , quando jusserit,
ipse similiter & de domino Ariberto avunculo tuo,
rogo tu, si superstes fueris, nomen illius cum
praescriptis personis supra jubé transcribi, orando
illum. » Manuale Dodanae. — Mabillon, Acta Sanc-
torum ordinis S. Benedicti, saec. 4, t. i, p. ySS. —
Il existe à la Bibliothèque impériale une copie du
Manuel de Dodane. C'est celle dont s'est servi Ma-
billon pour imprimer les extraits de cet ouvrage.
Ce qui est inédit peut avoir un certain intérêt au
point de vue de la littérature théologique, mais
n'en a aucun pour l'histoire.
' Annal. Bertin. Pertz, t. i, p. 425.
* Nithard, Hist. dans Pertz, t. 2, p. 6z3.
' Preuves^ Chartes & Diplômes, n. XVII.
II.
ce que l'histoire nous apprend au sujet de
Théodoric, frère de S. Guillaume. Ce comte
occupait un rang élevé près de Louis le
Débonnaire. Dodane parle de lui comme
d'un personnage considérable, pour lequel
elle avait une estime toute particulière. Il
exerça les fonctions de mîssus ou de com-
missaire impérial dans les comtés d'Autun,
de Nevers & d'Auxerre, depuis l'an 816 au
moins, jusqu'en 820. Nous avons plusieurs
notices des plaids qu'il tint en cette qualité '
& dans lesquels il prononça sur des diffé-
rends relatifs au fisc ou domaine impérial
de Perreci. Les biens dont il avait hérité du
duc Théodoric, son père, étaient situés dans
le même pays. En 826, il tint sur les fonds
de baptême son petit- neveu Guillaume,
fils de Bernard & de Dodane % & dut mou-
rir entre les années 828 & 83o. Comme il
n'avait pas d'enfants, il légua tous ses biens
à Guillaume, son filleul & son petit-ne-
veu, & comme celui-ci n'était pas en âge
de recevoir ces biens, il pria l'empereur,
auquel il en confia la garde, d'être son exé-
cuteur testamentaire & de remettre à Guil-
laume, quand il serait temps, les domaines
qu'il lui léguait, pour en jouir comme il
en avait joui lui-même. Louis le ^Débon-
naire mourut avant d'avoir rempli les in-
tentions du comte Théodoric. Après la ba-
taille de Fontenay, Guillaume vint trouver
Charles le Chauve & lui demanda de le
mettre en possession des biens qui avaient
appartenu à sa famille en Bourgogne,
à la condition qu'il se recommanderait à
lui , c'est-à-dire qu'il se déclarerait son
homme'. Charles le Chauve acquiesça à la
' Cartulaïre de Perreci, Chartes 3, 5, 7, 8 & 9,
& Recueil de Pérard.
* « Nec hoc praetereundum est, fili, de illo, qui
te ex meis suscipiens brachiis, per lavacrum rege-
nerationis filium adoptavit in Christo. Nomen
autem ejus appellatum est, dum vivit, domnus
Theodoricus, nunc vero quondam nutritor, etiam
atque amator tuus fuerat in cunctis, si ei licuisset.
Suscepit eum, ut credimus, Abrahae sinus, te quasi
primogenitum parvulum relinquens in saeculo, sua
cuncta domno & seniori nostro, ut prodesse tibi
valerent in omnibus remanserunt. » Manuale Do-
danae. — Mabillon, Acta Sanctorum ordinis sancti
Benedicti, saec. 4, t. i, p. ySS.
' « Nam Bernardus dux Septimaniae... filium
18
Note
KECTIF.
Note
RECTir.
274
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
demande du jeune Guillaume & l'appela
auprès de lui pour achever son éducation
militaire. C'est ce dernier événement, la
résidence de Guillaume auprès du roi, qui
détermina Dodane à adresser à son fils son
Manuel, dzns lequel il pourrait trouver une
règle de conduite pour ses nouvelles fonc-
tions'. Revenons maintenant aux fils de
S. Guillaume.
Bernard, qui passe pour l'aîné, est le plus
connu; il fut nommé comte de Barcelone
après la révocation du ducBéra. Il ne paraît
pas cependant avoir succédé immédiatement
à ce dernier comme marquis de Gothie,
& peut-être n'obtint-il ce titre qu'en 827,
lorsque son frère Gaucelme eut été révo-
qué de ses fonctions par l'empereur pour
avoir mal dirigé la guerre contre les Sarra-
sins'. Ce n'est en effet que l'année sui-
vante, en 828, qu'on trouve Bernard qua-
lifié pour la première fois par l'auteur
de la Vie de Louis le Débonnaire de co-
rnes limitum & partium Hispaniae^ ^ titre
équivalant à celui de marquis ou de duc qui
lui est attribué dans la suite. Bernard avait
épousé le premier jour de juillet de l'année
822, au palais d'Aix-la-Chapelle, Dodane,
qui était peut-être sœur de Louis le Débon-
naire ''. S'il était réellement le beau-frère
de l'empereur, on pourrait ainsi expli-
quer tout à la fois sa fortune rapide, les
jalousies qu'il excita parmi les Francs &
son attachement inviolable pour la per-
sonne de Louis le Débonnaire, attache-
ment qui le porta à sacrifier toute sa fa-
mille pour la défense de ce prince & à s'at-
suum Willelmum ad illum direxit, & si honores
quos idem in Burgundia habuit, eidem donare
vellet, ut se illi commendaret praecepit. Quam le-
gationem bénigne excepit & sicut postulaverat,
per omnia concessit. » Nithard, Pertz, t. 2, p. 662.
' « Audivi enim quod genitor tuus Bernardus in
manus domini te commendavit Caroli régis, admo-
neo te ut hujus negotii dignitatem usque ad per-
fectum voluntati, operam des. » Manuale Dodanae,
— Mabillon , Acta. Sanctorum ordin'is sancti Bene-
dicti, saec. 4, t. I, p. 755.
' Eginhard, Annales, ad ann. 827. — Pertz, t. 1 ,
p. 359.
' Vita Hludovîci tmperatoris, Pertz, t. 2, p. 632.
^ Manuale Dodanae, dans les Acta Sanctorum or-
dieis sancti Benedicti, saec, 4, t. 2, p. 756.
tirer, de la part de Lothaire & de Charles
le Chauve, une haine qui ne s'éteignit qu'à
la mort du dernier de ses descendants'.
Bernard eut de sa femme Dodane deux fils :
Guillaume, né le 29 novembre 826, & Ber-
nard , né à Uzès le 22 mars 841 '. Révo-
qué en 844, il fut jugé par ses pairs &
condamné à être décapité pour crime de
rébellion & pour excès de pouvoir '.
D. Vaissete veut qu'après la mort de Ber-
nard, Guillaume son fils aîné ait été pourvu
du duché de Toulouse; mais il n'allègue
d'autre preuve de ce fait qu'un passage de
la Chronique d'Adhémar de Chabanais qui
est loin d'être explicite & qui renferme de
telles erreurs qu'on ne peut y ajouter la
moindre confiance'*. Il est plus vraisembla-
ble de croire qu'après la mort de son père,
Guillaume se retira dans les terres que son
grand-cncle lui avait léguées dans le comté
d'Autun & dont il était entré en jouissance
après la bataille de Fontenay, en 841. Ce-
pendant, en 849, Guillaume voulut s'empa-
rer sur le comte Isembert, fils de Warin, &
sur Aledran, comte de Barcelone, de cette
dernière ville, à laquelle probablement il
prétendait avoir des droits. Il fit d'abord
Aledran prisonnier & se rendit momentané-
ment maître des comtés de Barcelone &
d'Ampurias; mais Aledran ayant recouvré
' Manuale Dodanae, dans les Acta Sanctorum or-
dinis sancti Benedicti, saec. 4, t. 2, p. 766.
' Baluze prétend que c'est à tort que Mabillon a
imprimé ainsi ce passage du testament de Dodane :
Inchoatio hujus lihelli secundo anno ohitus Ludovici
quondam mei fratris. II dit avoir vu le manuscrit
dont le fragment publié par le savant bénédictin
avait été tiré, & que ce manuscrit portait fort lisi-
blement : Inchoatio hujus lihelli secundo anno ohitus
Ludovici condam imperatoris , II kal. decemhris.
Cela peut être; néanmoins la copie dont s'est servi
Mabillon, car c'est bien une copie & non un ex-
trait, existe encore aujourd'hui à la Bibliothèque
nationale & elle est conforme à l'imprimé. D'ail-,
leurs, si Dodane n'avait pas été la sœur de Louis
le Débonnaire, pourquoi se serait-elle attachée à
nous faire savoir que c'était au palais d'Aix-la-
Chapelle, in Aquisgrani palatio, qu'elle avait épousé
Bernard, & pourquoi ce mariage aurait-il eu lieu
dans le palais impérial, s'il ne se fût agi d'une
princesse? Voyez Marca Hispanica, p. 349.
' Ann. Bertin. ad ann. 844.
'' Labbe, Bihliotheca nova mss. t. 2, p. 162.
NOTK
RECTIF.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
la liberté, les choses changèrent de face;
Guillaume, fait à son tour prisonnier, fut
condamné à mort en 85o, & exécuté comme
rebelle". Il n'avait guère plus de vingt-qua-
tre ans & ne paraîtpas avoir été marié; du
moins ne laissa-t-il pas de postérité.
Bernard , son frère, que nous appelle-
rons Bernard fils de Dodane, n'avait alors
que neuf ans. C'est lui qui , selon dom
Vaissete, fut comte d'Auvergne, marquis de
Gothie après le fils de Blichilde, & père
de Guillaume le Pieux. Mais le savant bé-
nédictin a confondu ici Bernard , fils de
Dodane, avec Bernard, fils de Letgarde ou
Liutgarde, comte d'Auvergne % dont il n'a
pas soupçonné l'existence. La première
fois qu'il est fait mention de Bernard, fils
de Dodane, c'est en 864; il avait alors vingt-
trois ans & se trouvait le dernier survivant
de sa famille. Charles le Chauve était à la
diète de Pistres & l'avait, à ce qu'il paraît,
confirmé dans la possession des biens tenus
jadis en bénéfice par son frère Guillaume en
Bourgogne. Au nombre de ces bénéfices se
trouvait peut-être le comté d'Autun. Mais
le jeune Bernard était loin de se montrer
reconnaissant de ce que le roi ne l'avait
pas entièrement privé des biens de sa fa-
mille; il ne pouvait oublier que Charles le
Chauve avait été l'ennemi de tous les siens,
qu'il avait ordonné la mort de son père &
celle de son frère Guillaume & il ne son-
geait qu'à la vengeance. Ayant obtenu, sous
prétexte de retourner dans ses terres , l'au-
torisation de quitter la diète avant sa con-
clusion, il partit de nuit & se cacha avec
une troupe de gens armés dans une forêt
voisine de Pistres. Il s'y mit en embuscade
dans le but , disent les uns , de surprendre
le roi; pour tuer, selon les autres , Ro-
bert le Fort, comte d'Anjou, & Ranulfe I,
comte de Poitiers, les principaux conseillers
du roi & les ennemis de sa famille. Le
roi ayant eu connaissance de ce complot ,
envoya des gens pour s'emparer de sa per-
sonne , mais Bernard put s'échapper &
prendre la fuite. Charles fit immédiate-
ment instruire son procès à la diète de Pis-
tres & il fut condamné à perdre ses hon-
' Chronicon Fontanell. Pertz, t. 2, p. 3o2.
* Voyez ci-après 5 VI de cette Note.
neurs & ses dignités, dont le roi disposa
en faveur de Robert le Fort, à la vie du-
quel Bernard avait voulu attenter'.
Bernard tint peu de compte de la sen-
tence prononcée contre lui; il se main-
tint à main armée dans le comté d'Autun;
& soit que Robert le Fort , auquel ce
comté avait été donné, n'ait pu réussir à
s'en emparer, soit qu'il en ait été em-
pêché par les Normands qui exigeaient
sa présence sur les bords de la Loire , il
fut le premier à conseiller au roi, en 866,
de donner à son fils Louis un bénéfice dont
il ne pouvait jouir'. Charles suivit son
conseil , mais cette nouvelle disposition ne
fit point abandonner à Bernard la voie
dans laquelle il était entré; il fallut em-
ployer la force pour le contraindre à céder.
Surpris, en 872, après une longue résis-
tance, par une bande d'hommes armés que
Bernard, fils de Blichilde, avait envoyés con-
tre lui, il périt dans la mêlée'. Charles, en
apprenant sa mort, donna le comté d'Autun
au marquis de Gothie en récompense du
service qu'il lui avait rendu. Ainsi finit,
sans laisser de postérité, le dernier des-
cendant de Guillaume de Gellone.
Arrivons aux autres enfants de Guillaume
dont nous n'avons pas encore parlé.
' 864. Bernardus Bernardi quondam tyranni
carne & moribus filius, licentia régis accepta de
eodem placito, quasi ad honores suos perrecturus,
super noctem armata manu regreditur & in sylva
se occulens, ut quidam dicebant, regem qui patrem
suum Francorum judicio occidi Jusserat, & ut qui-
dam dicebant, Rodbertum & Ramnulfum régis fidè-
les malitiis occidere locum & horam exspectat.Quod
régi innotuit & mittens qui eum caperent & ad
praesentiam illius adducerent, fuga slbi consuluit;
unde judicio suorum fidelium honores quos ei de-
derat rex recepit & Rodberto fideli suo donavit.
(Hincmar, Annal. Remenses. — Pertz, t. ! , p. 466.)
' 866. Carolus Rodberto comiti abbatiam S. Mar-
tini donat & ejusconsilio honores qui ultra Sequa-
nam erant per illius complices dividit, comitatum
quoque Augustidunensem,a Bernardo filio Bernardi
super Rodbertum occupa tum, Hludowico, filio suo,
ipsius Rodberti consilio, ad eum ditandum commit-
tit, (Hincmar, Annal. Rem. — Pertz, t. i , p. 471 .)
' 872. Wibaudus autem ad pontem Liudi ad
Carolum venit; nam illuc pro quibusdam in Bur-
gundia causis componendis perrexerat; ubi nun-
tiatur ab hominibus Bernardi filii Bernardi, Ber-
NoTE
KECTIF.
Note
«ECTIFt
276
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
TABLEAU GENEALOGIQUE DE LA FAMILLE DE S. GUILLAUME.
Théodoric, duc
des Francs, tué
par les Saxons en,
793, épousa Al-\
dane, dont il eut :
Guillaume de Gel-
lone, duc ou mar-
quis de Toulouse en
790, se fit religieux
en 806, mourut en
812. Epousa Cuné-
gonde & Guitberge,
dont il eut :
Teudoin , cité en
Adalelme ou A-
leaume, cité en 804.
Théodoric, com-
missaire impérial
en Bourgogne
Bernard , comte de Barcelone en 820,
marquis de Septimanie en 828; épouse, en
824, Dodane, sœur de Louis le Débon-
naire; nommé camérier en 829; décapité
en 844; eut deux enfants, Guillaume &
Bernard.
Héribert a les yeux crevés en 83o ; vi-
vait encore en 842, au dire de Dodane.
Witcharius ou Guarnier, cité en 804,
était mort en 842.
Gaucelme ou Gaucelin, comte de Rous-
sillon, cité en 807, en 812 & en 829, mis
à mort en 834, après la prise de Châlons.
Gariberge ou Gerberge, religieuse, noyée
dans la Saône, en 834, par ordre de Lo-
thaire.
Helimbruch.
Rodlinde, morte en 842.
Béra L comte de Carcassonne & de Ra-
„ „ , zès, se dit fils de Guillaume en 8i3 ; avait
816 & 821. Mort épousé Romille, dont il eut :
sans enfants vers ,
828 , après _ avoir
légué ses biens à
Guillaume, son pe-
tit-neveu.
Albe , citée en
Berthe, citée en
804.
(?) N., frère de
Théodoric".
Hildebrand, com-
ite d'Autun de 796
à 827. (Voyez ci-
' après la descendan-
, ce de ce comte.)
Guillaume, né le 29 novembre 826, dé-
capité en 85o, à Barcelone.
Bernard, né le 22 mars 841, obtient le
comté d'Autun en 864, veut attenter à la
vie de Charles le Chauve, est banni, &
s'empare de force du comté d'Autun; est
tué en 872.
Argilla vivait en 844, (
eut pour fils : |
Rotrude épousa Ala-l
rie, comte d'Ampurias,|
qui eut pour enfants : /
Béra II , comte
de Razès en 846.
Anna, citée en
Auriols.
' Nous faisons précéder d'un point d'interrogation (?) les degrés ou les personnages dont l'existence ne nous est pas attestée
positivement par les textes.
Note
KECTIF.
1° Gaucelme ou Gaucelin est un des
huit comtes auxquels Charlemagne adressa,
en 812, son diplôme en faveur des Goths
établis en Septimanie , qui avaient fui de-
vant les persécutions des Sarrasins d'Espa-
gne'5 il était alors comte de Roussillon
& le fut un peu plus tard d'Ampurias. Les
chartes lui donnent le titre de marquis \
Il paraît en effet avoir succédé, comme
marquis de Septimanie ou de Gothie, à
Béra le Goth; mais en 827 ou 828, il fut
probablement révoqué de ses fonctions ,
ainsi que plusieurs comtes de la Marche
nardus, qui Vitellus cognominabatur, occisus &
ejus honores praedicto Bernardo sunt dati. (Hinc-
mar, Annal. Remenses. — Pertz, t. i, p. 494.)
' Preuves, Chartes & Diplômes, n. XVI.
* Marco. Hispanka, Append. n, 12, & Recueil des
historiens de France, t. 8, p. 465.
d'Espagne, pour avoir mal dirigé la guerre
contre les Sarrasins'. En 829, c'est à son
frère Bernard qu'on donna le titre de mar-
quis, & celui-ci le garda jusqu'en 844.
Gaucelme, quoique révoqué de ses fonc-
tions de marquis, resta néanmoins posses-
seur du comté de Roussillon. Attaché à la
fortune de son frère, il prit part à ses dif-
férentes expéditions contre les enfants de
Louis le Débonnaire. Fait prisonnier dans
Châlons-sur-Saône, par Lothaire, en 884, il
eut la tète tranchée par ordre de ce prince,
tandis que Gerberge , sa sœur, qui était
religieuse, & qui fut prise en même temps
que lui, fut enfermée dans un tonneau &
noyée dans la Saône'.
' Eginhard, Annales, ad ann. 827. — Pertz, t. 2,
p. 217.
' Nithard, Hist. — Pertz, t. 2, p. 633.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
277
2° Un autre fils de Guillaume, Héribert ,
était déjà tombé, en 83o, entre les mains
des partisans deLothaire, & malgré l'in-
térêt que lui portait l'empereur, il eut les
yeux crevés '.
3° Quant à Béra, le dernier dont il nous
reste à parler, il était comte de Razèsj c'est
lui qui, dans la charte par laquelle il fonde,
vers 8i3, avec sa femme Romille, l'abbaye
d'Alet, nous apprend qu'il était fils de Guil-
laume de Gellone '. Il eut un fils nommé
Argilla, qui probablement fut son succes-
seur au comté de Razès, & une fille appelée
Rotrude, qui épousa Alaric, comte d'Ampu-
rias \ Argilla eut un fils nommé Béra comme
son père , qui fut aussi comte de Razès.
Béra deuxième du nom est cité en 844 &en
846 \ Il avait un successeur en 85o, ce qui
fait supposer qu'à cette époque il ne vivait
plus. On ne sait s'il eut des enfants, car les
chartes & les chroniques n'en font point
mention & ils ne lui succédèrent pas au
comté de Razès.
Dom Vaissete s'est donc livré à de pures
hypothèses quand il a prétendu que la plu-
part des comtes de la Septimanie & ceux
d'une partie de l'Aquitaine tiraient leur
origine de la famille de S. Guillaume, &
il a commis une grave erreur quand il a
considéré Bernard, fils deDodane, comme
le père de Guillaume le Pieux , fondateur
de Cluny. C'est ce que fera mieux com-
prendre le tableau précédent, qui offre la
généalogie de toute la famille de Guillaume
de Gellone.
III
HILDEBRAND, PREMIER COMTE D'AUTUN.
— HISTOIRE DE SA FAMILLE.
Si l'on tenait absolument à retrouver une
branche collatérale de la famille de S. Guil-
laume de Gellone, ce n'était point en Aqui-
taine, ni en Poitou, qu'il fallait aller la
' Hlotarius de Italia perveniens, placituin illic
hatuit, & Herebertum fratrem Bernard! excaecari
jussit. — Annal. Bert. Pertz, t. r, p. 425.
' Preuves, Chartes & Diplômes, n, XVII.
^ Marco. Hispanica, append. n. 18 & 19.
* Ibii. Ibïd.
chercher, mais en Bourgogne. Nous avons
signalé ce pays comme ayant été le berceau
de la famille de S. Guillaume; nous avons
vu que Théodoric, frère de ce dernier,
avait longtemps exercé les fonctions de
commissaire impérial ou de mîssus, dans
le pays d'Autun & dans l'Auxois, & qu'il y
possédait des biens considérables, qu'il lé-
gua en mourant à Guillaume, son filleul &
son petit-neveu.
Le plus ancien comte carlovingien d'Au-
tun, dont le nom soit parvenu jusqu'à nous,
est Hildebrand ou Childebrand, qui figure
pour la première fois comme comte &
comme commissaire du roi, dans un plaid
tenu en 796'. Nous avons lieu de croire
que Hildebrand appartenait à la même fa-
mille que S. Guillaume, & que son père
pouvait être le frère du duc Théodoric qui
fit la guerre aux Saxons. Dans ce cas, il se-
rait cousin germain de S. Guillaume & de
son frère Théodoric, qui fut commissaire
de Louis le Débonnaire dans la province de
Bourgogne. Plusieurs raisons nous portent
à faire cette supposition : d'abord la per-
sistance du nom de Théodoric porté à cha-
que génération par un membre, au moins,
de la famille de Hildebrand, puis cette con-
sidération que S. Guillaume & ses frères
étaient originaires du pays d'Autun; qu'ils
possédaient dans ce pays des biens en bé-
néfices, & qu'il paraît y avoir toujours eu
une étroite union entre les descendants de
S. Guillaume & la famille du premier comte
d'Autun.
Les généalogistes, qui ont voulu rattacher
les Capétiens aux Carlovingiens, ont pré-
tendu que Hildebrand descendait de Nebe-
lung ou Nevelong, qu'ils font petit-fils
de Pépin le Gros & neveu de Charles
Martel; mais cette filiation ne s'appuie que
sur une charte dont la fausseté est évi-
dente". Le nom du père de Hildebrand,
comte d'Autun, reste donc incertain, & rien
n'empêche qu'il ne puisse être le frère du
duc Théodoric, tué par les Saxons en 793.
Le comte Hildebrand % qui vécut au
' Cartul. de Perreci, n. 4. — Voyez aussi le Re-
cueil de Pérard.
* Gallia Chr'ist'tana, t. 4, Instr. coL 46.
^ Recueil de Pertz, Leges, t. i, p. 256.
Note
RECTIF.
Note
RECTIF.
278
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
GENEALOGIE DE LA FAMILLE D'HILDEBRAND , COMTE D'AUTUN.
Note
JIECTIF,
Eckard reçut, en 838, en bénéfice le fisc
impérial de'Perrcci; est cité comme 7nis-
stis en 85g, fait son testament en 876 ; il
avait épousé Aldegonde & Richilde, & mou-
rut sans enfants.
' Hildebrand, com-
te d'Autun, 796-
827, épousa Dyna-
me, & eut entre au-
tres enfants :
(?) N., frère de
Théodoric, père
de S. Guillaume
de Gellone '.
\ N.
Richard , mort jeune.
Théodoric exerça les fonctions de »a»s- l Théodoric rendit, en 885, aux religieux
sus sous Charles le Chauve; nommé ca- 1 de Fleuri-sur-Loire des biens qui avaient
mérier de Louis le Bègue & comte d'Autun < été injustement retenus par son père,
en 878, mourut en 879. 11 eut pour en- 1
fants : / N., fille mariée à Ursus, qui renonce, eu
[ 885, avec son beau-trère Théodoric, aux
Adane, religieuse ; vivait encore en 876. \ biens retenus par son beau-père.
(?) N.
Gerberge, que le comte Eckard appelle
sa nièce dans son testament.
i Eckard, cité par le comte Eckard dans
son testament.
N.
(?) Nevelong ou Nebelung, comte de
Nevers en 818.
1 (}) Bertrade, abbesse de Faremoustier.
(?) Tetberge, femme de Lothaire.
Théric, cité, en 876, dans le testament
I d'Eckard.
' Adhémar, cité, en 876, dans le testament
d'Eckard.
Vinetius, cité comme neveu
d'Eckard en 876.
Vinetius.
' Nous faisons précéder d'un point d'interrogation (?) les degrés ou les personnages dont l'existence n'est pas positivement
établie par les textes.
moins jusqu'en 827, eut de sa femme
Dyname, deux fils, Eckard ou Heccard &
Théodoric, plus une fille, Adane, religieuse
à Faremoustier".
Eckard, cité pour la première fois en 838,
dans un diplôme de Pépin I, roi d'Aqui-
taine, par lequel ce prince lui accorde le
fisc de Perreci en bénéfice' eut deux fem-
mes, Aldegonde & Richilde; il mourut sans
enfants, vers l'année 876, comme on peut le
présumer d'après son testament'. Il était
certainement parent du comte Eckard, tué
en 844 à la bataille d'Angoulème, où pé-
rirent Hugues, abbé de Saint-Bertin, fils
naturel de Charlemagne, & Richbaut, abbé
de Saint-Riquier, neveu de Louis le Débon-
' Cartul. de Perreci, n. 14. — Voyez aussi le
Recueil de Pérard, p. 23.
' Cartul. de Perreci^ n. 10.
' Nunc vero peto karitati vestrae ut istiusmodi
nostram consubstantiam dispensetis, ea vero ratione
ut si Deus nobis filium aut filiam intérim non de-
derit, in prlmis donate Deo & S. Mariae & S. Be-
nedicto & Floriaco monasterio... villam quae voca-
Xur Patriciacus, &c. (Testament du comte Eckard,
Cartul. de Perreci, n. 14.) — C'est la raison pour
naire"; mais nous ne pouvons préciser quel
était leur degré de parenté. Le dernier
avait deux fils qui furent faits prisonniers
à la même bataille; un d'eux s'appelait
aussi Eckard , il est mentionné dans le tes-
tament d'Eckard, comte d'Autun, sous le
nom d'Eckard, fils d'Eckard '.
Théodoric, frère d'Eckardj comte d'Au-
tun, fut employé comme commissaire par
Charles le Chauve dans plusieurs affaires
importantes'. En 877, il fut pourvu des
ionctions de camérier ou garde du trésor
royal; il devint comte d'Autun la même
année, lors de la révocation de Bernard,
marquis deSeptimanie, & mourut en 879*.
Il laissa deux fils & une fille, Richard, qui
mourut peu de temps après lui, & Théo-
doric, qui figure en 885 dans une renon-
ciation qu'il fit avec Ursus, son beau-frère,
laquelle le domaine de Perreci est devenu un
prieuré de Saint-Benoît-sur-Loire.
' Recueil des Hlst. de Fr. t. 7, p. 487.
' Cartul. de Perreci, n. 14.
^ Pertz, Leges, t. 1 , p. 462.
^ Cartul. de Perreci, n. 17.
Note
RECTIF.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
79
entre les mains de Théotbert, abbé de
Fleuri-sur-Loire , des biens que le feu
comte Eckard avait donnés par son testa-
ment à ce monastère pour le repos de
son âme & de celles de ses parents, biens
que le comte Théodoric, leur père, avait
retenus injustement en prétendant qu'ils
devaient lui revenir par droit de succes-
sion".
La famille du comte Hildebrand se con-
tinua probablement encore pendant plu-
sieurs degrés, mais les documents ne nous
ont rien révélé sur le sort de ces derniers
descendants. Faire de plus amples recher-
ches à ce sujet serait d'ailleurs sortir des
limites que nous nous sommes tracées. Nous
avons résumé ce qui vient d'être dit dans le
tableau placé en tète de la page 278.
IV
EMENON, COMTE DE POITIERS. —
HISTOIRE DE SA FAMILLE.
C'est en 838 qu'on trouve mentionnés
pour la première fois par les chroniqueurs
Emenon, comte de Poitiers, & ses frères
Turpion & Bernard'. Ces trois personna-
ges étaient-ils fils du comte Bernard, qui
administra pendant près de vingt ans le
comté de Poitou & auquel Emenon suc-
céda, étaient-ils Aquitains d'origine? C'est
ce qu'on ne saurait décider avec certitude.
Il se peut, néanmoins, qu'ils soient les fils
du comte Bernard, nommé à Poitiers par
Louis le Débonnaire en 814 ou 8i5. Eme-
non est un nom d'origine germanique ,
comme Bernard & Turpion.
Quoique cité en 838 seulement, il y a
apparence qu'à cette époque Emenon était
déjà comte de Poitiers depuis plusieurs
années 5 créature de Pépin I, roi d'Aqui-
taine, lorsque ce prince mourut, il resta
fidèle à sa famille, & se mit à la tête des
Aquitains, qui demandaient pour roi son
fils, le jeune Pépin II. Ce fut la cause de sa
perte : révoqué en 839 par l'empereur Louis
le Débonnaire, qui était venu à Poitiers
' Cartul, de Perreci, n. 17.
' Hincinar, Annal. Rem.
Pertz, t. 1
. P-
5u.
pour faire couronner son fils Charles, il dut
quitter le Poitou. Emenon avait deux frè-
res, Turpion, comte d'Angoulème, tué en
863, & qui mourut sans enfants', & Ber-
nard, dont nous parlerons plus bas. Il mou-
rut en 866' & laissa deux fils encore jeunes,
Adhémar' & Adalelme ou Aleaume^.
Adhémar, qui pendant près de vingt ans
fut l'ennemi irréconciliable de Ranulfe II,
comte de Poitou, s'empai-a de ce comté
en 893 après en avoir chassé le jeune Eble,
fils de Ranulfe 11% & se fit confirmer
dans cette usurpation par le roi Eudes aux
intérêts duquel il s'était toujours montré
fort dévoué. Il fut comte de Poitou pen-
dant neuf ans seulement , de 893 à 902 ,
Eble étant parvenu cette année-là à recou-
vrer ses domaines®. Adhémar avait épousé
Sancie ou Sanche , fille de Guillaume ï,
comte de Périgord, & comme il nen. eut
pas d'enfant', en lui s'éteignit le dernier
' Anno 863. Turpio cornes Engolismensis cum
Normannis congressLis, occidens eorum regem no-
mine Maurum & ab eo ipse occiditur. {^Chron'icon
Adhem. — Rec, des hist. de Fr. t. 7, p. 227. — Anno
863, 4 non. octob.) — Turpio cornes, miles fortissi-
muscum Normannis congreditur & occiditur. {Chro-
nicon Engol. — Rec. des hist, de Fr. t. 7, p. 222-223.)
' Voici comment la Chronique d'Adhémar de
Chabanais rapporte ces différents événements sous
l'année 889 :
« Idem imperator, audita morte Pipini filii sui,
decrevit Pipinum filium ejus parvum educari pênes
se in Francia. Emeno vero cornes Pictavinus con-
tra voluntatem imperatoris voluit éleva re in regem
Aquitaniae filium Pipini. Hac de causa imperator
motus ira Pictavis venit & inde Emenonem expulit
& fratrem ejus Bernardum, & Ramnulfum, filium
Girardi comitis Arvernensis, nepotem Willelmi
fratris Girardi, comitem Pictavis praefecitTurpio-
nem vero comitem constituit Egolismae & Raterium
comitem praeposuit Lemovicae. Emeno quoque ad
Turpionem fratrem suum se contulit, Bernardus
vero ad Rainaldum comitem Arbatilicensem. Impe-
rator vero filium SLUim Carolum Calvum in Aqui-
tania regnare fecit & Pipinum Parvulum secum
addaxit in Franciam ad nutriendum. (^Recueil des
historiens de France, t. 7, p. 224.)
' Chronicon S. Maxentii Pictayensisj édition Mar-
chegay 8c Mabille, p. 369.
"* Odo Cluniacensis, Fita S. Geraldi.
^ Chronicon S. Maxentii Pictav. p. 372.
« Uid.
^ Ibid. p. 375.
Note
RECTIF.
Note
RECTIF.
180
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
représentant de la famille du comte Eme-
non. Il mourut en 926'.
Aleaume ou Adalelme, son frère, n'est
connu que par la Vie de S. Géraud, écrite
par Odon, abbédeCluny\ Selon ce biogra-
phe, il périt dans une attaque qu'il avait
dirigée contre le château d'Aurillac.
Bernard, le plus jeune des deux frères
d'Emenon, partagea sa disgrâcej chassé de
Poitiers en 889, il se retira auprès de Rai-
naud, comte d'Herbauges, & périt en 844
dans une rencontre avec Lambert, comte
de Nantes. Il avait épousé Blichilde, fille
de Roricon I, comte du Maine & nièce
de Gauzbert, mort en 862 en combattant
également contre Lambert. Il laissa deux
enfants en bas âge, l'un appelé comme lui
Bernard & l'autre Emenon.
Bernard, fils de Bernard, que nous ap-
contre Charles le Chauve, fut excommunié
en 878 au concile de Troyes & révoqué de
ses fonctions. Il mourut en 879 ou en 880,
sans laisser de postérité, quoique dom
Vaissete prétende, mais à tort, comme nous
le prouverons au chapitre suivant, qu'il est
le père de Ranulfe II & de Gauzbert, sou
frère.
Emenon, frère de Bernard, fils comme
lui de Blichilde, a été confondu par plu-
sieurs historiens, notamment par les édi-
teurs du huitième & du neuvième volume
du Recueil des historiens de France, & par
M. Pertz', avec Emenon, comte de Poitou,
son oncle. Mais ce dernier mourut en 866,
& ce n'est qu'après cette époque, que son
neveu commence à jouer un rôle dans l'his-
toire. Attaché à la fortune d'Hugues, fils na-
turel de Lothaire, il prit part à la révolte de
Note
RECTIF.
pellerons Bernard , fils de Blichilde, du ce prince. En 878, il s'empara par surprise
nom de sa mère, pour le distinguer des
nombreux personnages de même nom qui
ont vécu à la même époque, fut nommé
marquis de Gothie par Charles le Chauve,
en 865. C'est celui que dom Vaissete appelle
Bernard II, marquis de Gothie, & qu'il
prétend à tort avoir été nommé comte de
Poitou, en 866, à la mort de Ranulfe I.
Bernard, fils de Blichilde, s'étant révolté
de la ville d'Evreux & commit aux environs
de tels excès, qu'il fut excommunié par le
pape Jean VIU, dans le concile de Troyes,
en même temps que son frère Bernard &
le duc Hugues \ Il n'est plus fait mention
de lui après cet événement. Voici un ta-
bleau de la généalogie d'Emenon & de sa
famille qui rendra plus sensible aux yeux
ce que nous venons d'avancer :
ÎAdhémar épousa Sanche, fille de Guillaume I,
comte de Périgord. Parvient au comté de Poitou
en 893 , le perd en 902, & meurt en 926 sans lais-
ser d'enfants.
Adalelme, tué au siège d'Aurillac.
Bernard, comte de Poitou en 814 & ( en 8^9 ; tué en 863.
826. 1 [ Bernard , fils de Blichilde, marquis de Gothie en
Bernard, chassé de Poitiers en \ 864 ; mort, en 880, sans enfants.
SSg, épousa Blichilde, fille de Ro- <
ricon I, comte du Maine. Tué en / Emenon prend Evreux en 878, & est excommu-
, 844. V nié, la même année, au concile de Troyes.
GÉRARD, COMTE D'AUVERGNE. — SA FA-
MILLE. — LES RANULFE.
Lorsque le roi Pépin I mourut, en 838,
il se forma deux partis chez les Aquitains :
celui de l'indépendance qui voulait avoir
pour roi le jeune Pépin, fils de Pépin I,
' Chronïcon S. Maxentii, édit. de la Société de
l'Histoire de France, p. SyS.
" Odo Cluniacensis, VitaS. Geraldi.
& à la tête duquel se trouvaient Emenon,
comte de Poitou, & son frère Bernard', &
' Conf. Hincmar, Annal, Rem, — Pertz, t. i,
p. S06, & la table du volume. — Nous avons déjà
eu l'occasion de remarquer que les éditeurs du Re-
cueil de M. Pertz avaient eu trop souvent recours
aux annotations de dom Bouquet & de ses successeurs
& qu'ils étaient tombés dans les mêmes erreurs au
sujet des personnages de l'époque carlovingienne.
' Conciles, t. 8. p. 3o6.
^ Chronïcon Adhemar'i Cahan. — Recueil de dom
Bouquet, t. 7, p. 224. — Consultez aussi le récit de
l'Astronome, Vlta Hludovici, Pertz, t. i, p. 644.
Note
RECTIF.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
2«I
celui des hommes ralliés à la conquête,
qui avait pour chefs Ebrouin, évoque de
Poitiers, Gérard, comte d'Auvergne, & le
comte Ratier. Ce dernier parti était le
moins nombreux; il ne se composait guère
que des leudes & des Francs qui avaient ob-
tenu des bénéfices en Aquitaine; aussi la
révolte contre l'autorité impériale devenait-
elle sérieuse, & ilfallutpourla conjurer que
Louis le Débonnaire fît une expédition en
Aquitaine & vînt aux fêtes de Noël de l'an-
née 839, à Poitiers, faire couronner roi
son fils Charles. Ebrouin, évêque de Poi-
tiers, & Gérard, comte d'Auvergne, furent
les hommes qui le servirent le plus utile-
ment en cette occasion.
C'est en 834 qu'apparaît pour la première
fois le « noble & fidèle Gérard, » comme
l'appellent ordinairement les chroniqueurs.
Il était un des deux ambassadeurs que Louis
le Germanique envoya alors à Aix-la-Cha-
pelle, pour voir son père retenu prison-
nier par Lothaire'. Peu de temps après,
lorsque Louis le Débonnaire eut été rendu
à la liberté, le fidèle Gérard est encore cité
comme un des plus intimes conseillers de
ce prince'. Laissé en Aquitaine après le
couronnement du roi Charles, avec un
corps d'armée, il fut chargé de maintenir
la tranquillité dans le Limousin & dans les
provinces limitrophes. Il prit part à la ba-
taille de Fontenay, & y trouva la mort parmi
les plus fidèles défenseurs de Charles le
Chauve'.
Le duc Gérard avait un frère appelé
Guillaume, qui fut son successeur au comté
d'Auvergne*; il avait épousé une fille de
Pépin I , roi d'Aquitaine , mais c'est d'un
premier lit qu'il eut Ranulfe, nommé, en 889
par Louis le Débonnaire, comte de Poitou
à la place d'Emenon révoqué^. On voit par
un diplôme de Charles le Chauve que
Ranulfe était, en 862 ^, abbé laïc de Saint-
Hilaire de Poitiers ; il fut tué avec Robert
' Thegan, Pertz, t. 2, p. 600.
' Ibidem, Pertz, t. 2, p. 602.
' Astronome, Pertz, t. i, p. 646.
* Chronicon Adhemari. — Recueil de dom Bouquet,
t. 8, p. 223.
^ Recueil de dom Bouquet, t. 8, p. 224.
« Uid. p. 576.
le Fort en 867, à la bataille de Brissarthe,
livrée contre les Normands. Dom Vaissete,
s'appuyant sur un passage assez obscur
d'Hincmar', prétend qu'après la mort de
Ranulfe I, ses fils furent privés des bé-
néfices de leur père, & que le comté de
Poitiers fut donné par le roi à Bernard ,
fils de Blichilde, nommé marquis deGothie
depuis deux ans. Mais cette assertion du sa-
vant historien de la province de Languedoc
est contraire à la vérité, & cette première
erreur l'a conduit à en commettre une autre
plus grave. Il prétend que Ranulfe II &
Eble, abbé de Saint-Hilaire de Poitiers,
étaient l'un fils & l'autre frère de Bernard,
& que Ranulfe II succéda à ce dernier
en 880 seulement , confondant ainsi deux
familles bien distinctes, deux familles en-
nemies , celle d'Emenon & celle de Ranulfe.
De telle sorte que, d'après son système,
c'est de Bernard, frère d'Emenon, & non
du comte Gérard, que descend la puissante
famille qui a possédé le Poitou pendant
près de quatre siècles , en se continuant
jusqu'à la reine Eléonore d'Aquitaine. Nous
verrons plus loin le cas qu'il faut faire du
passage d'Hincmar, où il est dit que les en-
fants de Ranulfe II furent privés de la suc-
cession de leur père. Cet auteur n'a pas
toujours été bien renseigné sur les hommes
& les choses de l'Aquitaine.
Il est certain que Ranulfe II n'est pas
fils de Bernard , qui mourut en 879 ou en
880 sans enfants. Deux chartes transcrites
dans la Pancarte noire de Saint-Martin" éta-
blissent sa véritable origine : il était fils
de Ranulfe I. La première de ces char-
tes est une donation faite vers l'an 888
par Ranulfe II à Saint-Martin de Tours ,
de certains biens situés dans le pays de
Briou sur la Charente , & dans laquelle
il se dit fils de Ranulfe I, & nomme
ses frères Gauzbert & Eble : Ego, Ram-
nulfus cornes, tractans cotidie molem mea-
rum nequitiarum, pro remedio animae geni-
taris mei Ramnulfi ac genitricis meae ac
' Hincmar, dans Pertz, t. i, p. 476.
' Voyez l'ouvrage que nous avons publié sous le
titre : La Pancarte noire de Saint-Martin de Tours,
brûlée en 1793, restituée d'après les textes imprimés
& manuscrits. Paris, Hénaux, 1866, i vol. in-8.
NOTB
RECTIF.
Note
KECTIF.
282
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
fratrum meorum Gau'{berti S'EboU, offero om-
nîpotenti Deo & sancto JSAartlno.... proprium
alodum meum noncupatum Aleriacum, situm-
que înpago Briocense, in vîcarîaSaviniacense,
super Jluvium Carantum, cum ecclesia quae
fuit constructa in honore sancti Pétri, &c. ' »
La seconde est une confirmation de cette
donation faite le 10 octobre 890 ou 891
par le jeune Eble , fils de Ilanulfe II , dans
laquelle il nomme son père Ranulfe I ,
& ses oncles Gauzbert & Eble. « £g"o,
Ebolus, juvenili adhuc aetate florens... qua-
tenus propitium habere merear Creatorem
meum, ejusque omnes sanctos , maximeque
beatum JVLartinum adjutorem, pro remedio
animae genîtoris mei Ramnulfi, cujus mer-
cede hujus rationis exordia obtinui, ac avun-
culorum meorum Gaw^^berti &■ Eboli 6- pro
remedio animae meae offero omnipotenti
Deo & sancto TAartino , donatumque in
perpetuum esse volo alodum meum proprium,
quem hereditate paternali hereditavi, nuncu-
patum Aleriacum in pago Briocense, in vi-
caria Saviniacense , super fiuvium Caran-
tum, &c'.
Ainsi Ranulfe II ne descendait point de
Bernard, fils de Blichilde, comme le disent
dom Vaissete & les auteurs de VArt de véri-
fier les dates.
Gauzbert & Eble, l'abbé, étaient ses frè-
res^ donc ce dernier n'était point frère de
Bernard, fils de Blichilde, ainsi que le croit
dom Vaissete.
Ranulfe II mourut en 890, comme le mar-
que du reste la Chronique de Saint-Maixent;
il ne fut donc pas empoisonné en 893, ainsi
que l'affirment tous les historiens , sur la
foi d'Adhémar de Chabanais; tels sont les
faits établis par les deux chartes que nous
venons de citer.
Eble, dit l'abbé, a été l'objet d'une au-
tre méprise de la part des auteurs de l'His-
toire de Languedoc. Ils l'ont confondu avec
Eble, abbé de Saint-Germain des Prés & de
Saint-Denis , chancelier de France , sous
le roi Eudes, mort à peu près vers le même
temps. Il est vrai que dom Vaissete n'est
pas l'auteur de la confusion dont il s'agit :
' Voyez ci-après, aux Preuves, Chartes 81 Di-
plômes.
' Ibid.
c'est Réginon qui, le premier, dans sa Chro-
nique , n'a fait qu'un seul personnage des
deux abbés de Saint-Hilaire & de Saint-
Denis. « Post haec in Aquitaniam , dit-il,
proficiscitur contra Ramnulfum & fratrem ejus
Go-^^bertum, & Ebulonem abbatem de Sancto
Dyonisio £• alios nonnullos , qui ejus imperiis
obtemperare renuebant , ut eorum insolentiam
reprimeret\ » Et plus loin : » Ebulo abbas
de Sancto Dyonisio, cum quoddam castrum
in Aquitania situm ardentius expugnaret, ictu
lapidis periit \ Mais il est facile de voir
que Réginon s'est trompé ou que les ma-
nuscrits qui nous restent de cet auteur ont
été interpolés en cet endroit. L'auteur des
Annales de Saint-Waast, bien mieux rensei-
gné , dit qu'en 892 Ranulfe II était déjà
mort; qu'Eble & Gauzbert, son frère, s'étant
révoltés contre le roi Eudes, celui-ci fit
une expédition en Aquitaine pour les ré-
duire à l'obéissance ; qu'Eble , apprenant
son arrivée , prit la fuite & mourut devant
un château , atteint par une pierre , & que
Gauzbert , serré de près, mourut aussi.
« Franci vero, qui dudum Odoni régi infesti
fuerant, sociatis sibi aliisj ut passent cam-
phre quae volebant, suaserunt régi, ut relicta
Francia, hiemandi gratia peteret Aquitaniam,
ut Francia, quae tat annis afflicta erat reçu-
perari posset ; & quia Ramnulfus obierat, &■
quia Ebulus & Goc^bertus ab illo desciverant ,
eos aut sibi resociaret aut de regno suo pelle-
ret, aut vitaprivaret. Ille credulus factus can-
silio adquievit eorum, nescius quae sibi para-
bant. At ubi fines attigitAquitaniae, Ebulus
ejus adventum praesciens in fugam versus , in-
terfectus est juxta quoddam castellum lapide ;
frater ejus Go^bertus, post haec obsessus, at-
que in brevi vitam finivit^ . Comme on le voit,
il n'est nullement question ici de l'abbé
de Saint-Denis.
Eble, fils de Ranulfe II, succéda à son
père en 890J c'est ce qui est prouvé par la
charte que nous avons citée plus haut.
Chassé de Poitiers par Adhémar, en 898% il
' Chron'icon Reg'inonis, Pertz, t. i , p. 604.
" Ihid. Pertz, t. 1, p. 6o5.
' Annales Veiastin. Pertz, t. i, p. 628.
^ Chron'icon Adiiemari, — Recueil de dom Bouquet,
t. 6, p. 236. — Voyez aussi Chron'icon S, Maxentii,
à la page 872 des Chroniques des églises d'Anjou,
Note
RECTIF.
Note
RECTIF.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
TABLEAU DE LA DESCENDANCE DE GÉRARD & DE GUILLAUME, COMTES D'AUVERGNE.
Note
RECTIF.
/ Gérard , appelé le ,
/ duc Gérard en 834, 1
I était comte d'Auver-
gne en 839, épousa
N., puis une fille de
Pépui I, roi d'Aqui-
taine. Tué eu 8.41 à
la bataille de Foute- i
nay.
Guillaume, frère de
Gérard, lui succéda
au comté d'.'Xuvergne
en 841. Etait mort en
846.
Ranulfe I, fils
de Gérard, nom-
mé comte de Poi-
tiers en 839 ; fi-
dèle de Charles le
Chauve, tué à la
bataille de Bris-
sartlic en 667.
f Bernard, coniic
d'Auvergne de-
Ipuis l'année 846
I jusqu'au mois d'a-
, vril 868 ; épou-
Isa : i" Luitgarde,
'dont il eut deux
fils ; 2° Ermen-
garde.
Ranulfe II succéda à
son pire, Ranulfe I, en
867 ; signe une charte de
Gausbert, son frère, en
878, & meurt en 890, ne
laissant qu'un fils jeune
encore.
Gausbert fait unedona-
1 tion en 878 ; fait opposi-
tion au roi Eudes en Aqui-
taine. Tué en 893.
Eble, abbé de Saint-Hi-
laire de Poitiers; se ré-
volte avec son frère Gaus-
, bert en 892 ; est tué ca
;893.
Bernard II» du nom ,
appelé Bernard Planteve-
lue, successivement comte
d'Auvergne & de Vêlai,
marquis de Vêlai & com-
ité de Maçon, épousa Er-
mengarde,dont il eut cinq
'enfants. Appelé fils de
1 Luitgarde pour le distin-
guer des autres Bernard.
.Mort en 885 ou au com-
' mencement de 886.
Warin, comte de Vêlai I
en 868 & 869. Mort pro-|
bablement en 869. l
Eble succède, jeune en-
core, à son père, en 890 j
ou 891. Il est chassé del
1 Poitiers en 893 par Adhé- |
' mar, & recouvre son com-
I té en 902. Il eut trois lem-
I mes : Arcmberge, Emilia-
ne et Adèie. H prit en 1
927 le titre de ducd'Aqui- |
, taine et mourut eu 935.
Guillaume
Téte-d'Etou-
pes succède à
son père en
935.
Maison des
comtes de
' Poitou jus-
I qu'à Eléono-
re d'Aquitai-
ne.
Eble, dit l'Abbé, abbé de
Saint-Hilaire de Poitiers &
de Saint-Maixcnt , évcque
de Limoges.
Guillaume, dit le Pieux, /
comte d'Auvergne et mar-
quis de Gothie de 886 à
918. Meurt sans laisser
de descendants, le 6 juil-
let 918. Il avait épousé
Ingelberge, sœur de Louis
l'Aveugle.
Garin, mort jeune.
Guillaume, mort jeune. |
Adalinde, mariée à Ac-
fred, comte de Carcasson-
ne, d'où :
Ave, religieuse, donne
à son frère le domaine de
Cluny pour y fonder une
abbaye.
Boson , mort avant son
I père.
Bernard, mort jeune.
Guillaume III succéda à
son oncle au comté d'Au-
vergne, & mourut sans en-
fants en 927.
Acfred , comte de Gevau-
dan, succéda, en 927, dans le
comté d'Auvergne, à son frè-
re Guillaume III ; il mourut
à la fin de la même année
\ sans laisser de postérité.
ne put recouvrer son comté qu'en 902", &
mourut en çSS ; il avait été marié trois fois.
Sa première femme s'appelait Aremberge,
la seconde Emiliane, la dernière fut Adèle,
fille de Rollon, duc de Normandie, dont il
eut deux fils, Guillaume & Eble'.
Guillaume , surnommé Tète-d'Etoupes ,
fut son successeur aux comtés de Poitiers,
de Limoges , d'Auvergne & de Vêlai. Il
prit le titre de duc d'Aquitaine. Eble, son
frère , fut abbé de Saint-Hilaire de Poi-
tiers & de Saint-Maixent , puis évèque de
Limoges 3 il entoura de murs la ville de
Limoges & le bourg de Saint-Hilaire de
Poitiers & reconstruisit le monastère de
Saint-Michel-en-l'Herm, qui avait été ruiné
par les Normands.
publiées pour la Société de l'Histoire de France, par
MM. PaulMarchegay & Emile Maèille. Paris, 1869,
in-8.
• liid. p. 373.
' Ibid. p. 376,
VI
GUILLAUME, FRERE DU DUC GERARD,
COMTE D'AUVERGNE. — SA FAMILLE.
Rien n'est plus confus que l'origine &
la filiation des comtes d'Auvergne avant
Guillaume le Pieux, telles qu'elles ont été
établies par Justel, par Baluze, par dom
Vaissete & par les auteurs de l'Art de véri-
fier les dates. Les ouvrages de ces historiens
sont remplis d'assertions contradictoires
ou d'allégations qui ne comportent point
l'examen ni le contrôle des textes. La pu-
blication du Cartulaîre de Saint-Julien de
Brioude ' est venue depuis lors jeter quel-
' Ce cartulaire a été publié en 1861, dans les
Mémoires de l'Académie des Sciences de Clermont-
Ferrand. Consultez aussi VEssai sur la chronologie
du cartulaire de Brioude, publié par M. Bruel,
dans la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, volume
de I 866, p. 4.ij5
Note
KECTIF.
284
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
que lumière sur cette question, & grâces
aux textes de ce recueil, nous pouvons
aujourd'hui mettre un peu d'ordre dans
la suite de ces comtes & nous faire une
idée plus exacte de leur origine.
Les premiers comtes d'Auvergne descen-
dent de Guillaume, nommé comte d'Au-
vergne par Charles le Chauve, à la place de
son frère Gérard, tué à la bataille de Fon-
tenay. Guillaume était oncle de Ranulfe I,
comte de Poitiers'. Ainsi s'expliquent na-
turellement les liens de parenté signalés
par différents chroniqueurs comme exis-
tant entre Ranulfe II & Eble son fils, d'une
part, & Guillaume le Pieux, comte d'Auver-
gne, de l'autre. Ils étaient cousins.
Il paraît que Guillaume I ne vécut pas
longtemps. On voit qu'il était remplacé, dès
le mois de mai 846, par un comte nommé
Bernard \ Aucun texte ne dit expressément
que ce Bernard soit son fils, mais s'il ne l'é-
tait pas, on ne pourrait expliquer la parenté
de ses descendants avec les comtes de Poi-
tou, à moins de confondre des familles très-
distinctes, comme l'a fait dom Vaissete, ou
de recourir à des suppositions qui ne peu-
vent être admises. Bernard premier du nom
est le successeur immédiat de Guillaume j ses
descendants, à ce qu'affirment les auteurs
contemporains, ont une communauté d'ori-
gine avec les comtes de Poitou 'j un de
ses fils nommé Bernard comme lui se si-
gnala par sa fidélité envers Charles le
Chauve & Louis le Bègue, vertu qui était
héréditaire dans la famille de Gérard, &
' Et Ramnulfum, filium Girardi comitis Arver-
nensis, nepotem Willelmi fratris Girardi comitera
Pictavis praefecit. [Chronicon Adhemari. — Recueil
de dom Bouquet, t. 6, p. 224.)
* Cartulaire de Saint- Julien de Brioude publié
par l'Académie des sciences, belles -lettres & arts
de Clermont-Ferrand, 1861, Charte 172.
^ Hic vero Ramnulfus ex conjuge légitima cum
non haberet prolem, suscepit ex concubina filium
Eblumnomine; summamque habuit amicitiam cum
propinquo suo Willelmo , comité Arverni j cum
Rolo principe Rodumi pactum firmavit, propter
metum Adhemari. — Il s'agit dans ce texte de Ra-
nulfe II & de Guillaume le Pieux. [Chronicon
Adhemari dans Labbe, Biblioth. nova mss, t. 2,
p. i63. — Voyez aussi Chronicon S. Maxentii, dans
les Chroniques des églises d'Anjou, p. 372.)
fort rare à une époque où les comtes de
l'Aquitaine étaient presque tous en révolte
ouverte contre le pouvoir royal, ou en
guerre les uns avec les autres; lui & ses
descendants furent toujours les défenseurs
de la royauté en Aquitaine & les alliés des
Ranulfe qui soutenaient la même cause j
toutes ces raisons nous portent à regarder
Bernard I, comte d'Auvergne, comme le
fils de Guillaume.
Bernard I est cité pour la première fois
dans une charte du mois de mai 846 ' ; il
fut marié deux foisj il fit avec sa première
femme Liutgarde ou Letgarde, au mois de
mai 849 , une donation à Saint-Julien de
Brioude'. Ermengarde, sa seconde femme,
figure avec lui dans un acte d'échange du
mois de janvier 864% fait entre les religieux
de Saint-Julien de Brioude & ceux de Mau-
say, près de Riom. Il vivait encore au mois
d'avril 868^, mais il était mort au mois de
septembre de la même année ' & était rem-
placé à cette époque , comme abbé de
Saint-Julien, par le comte Warin que nous
croyons être son fils. Warin, du reste, ne
porta le titre de comte qu'un ou deux ans
tout au plus j il est cité seulement par trois
chartes : en septembre & octobre 868^ & en
mars 869^5 il eut pour successeur, comme
abbé de Saint-Julien de Brioude, Frothaire,
archevêque de Bourges % & comme comte
Bernard deuxième du nom, comte d'une par-
tie de l'Auvergne % qui devait être son frère
& qui, dans tous les cas, est bien certaine-
' Cartul. de Saint Julien de Brioude, Charte 176.
' Idid. Charte 95.
3 Ibid. Charte 172.
•* Ihid. Charte 804.
^ Ibid. Charte 267.
6 Ibid. Charte 267 & \5z.
7 Ibid. Charte 56.
8 Ibid. Charte 182.
^ Il est cité en 668 par Hincmar, en ces termes :
Sed & eodem placito rex markiones Bernardum
scilicetTholosae &iterum Bernardum Gothiae, item-
que Bernardum alium suscepit. (Pertz, t. i, p. 480.)
— Et en 869 : Ipse rex ad Conadam vicum perrexit,
ubi quosdam Aquitanos obvios habuit, sed markio-
nes très videlicet Bernardos, quos sibi occurrere
putavit non habens obvios... ad Silvanectem rediit
(Hincmar, Annal. Remens. Pertz, t. i, p. 481.) —
Ces trois Bernard étaient Bernard, comte de Tou-
NOTE
RECTIF.
NoTn
RECTIF.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
285
ment le fils de Bernard I^ nous en trouvons
la preuve dans une charte du mois de juin
883, par laquelle un nommé Pierre donne
au monastère de Saint-Julien une vigne
située dans le comté de Brioude, pour le
repos de l'âme du glorieux comte Bernard
& de celles du comte Bernard actuelle-
ment vivant & de sa femme Ermengarde.
« Cedo supranominato loco, pro remedio ani-
marum. Bernardi glorîosîssîml comîtîs nec
non exîmli atque praeexcellentîssîmi superstitis
Bernardi comitîs, ejusque conjugis Imengar-
dis, gratta Dei comîtissae horumque prolîs,
sîve pro me vîneam unam, fi-c' » Le
comte Bernard, que l'on dit ne plus exister,
est Bernard premier du nom, mort en 868.
Celui que l'on dit vivant & mari d'Ermen-
garde, est le père de Guillaume le Pieux,
que dom Vaissete a confondu avec le fils de
Dodane, mais qui, comme nous l'avons vu,
doit en être distingué, Bernard, fils de Do-
dane, surnommé le Veau, VitelluSj n'ayant
jamais eu de possessions en Auvergne, &
ayant été tué en 872 par les soldats de Ber-
nard, fils de Blichilde, marquis de Gothie.
Bernard II_, comte d'Auvergne, est donc fils
de Bernard I.
Lorsque Charles le Chauve, en 872, confia
l'administration de l'Aquitaine à son fils
Louis, Bernard II, comte d'Auvergne, fut
un de ceux qui furent chargés de l'accom-
pagner dans son nouveau royaume avec la
mission de lui servir de conseil & d'appui'.
En 878, il fut nommé, par Louis le Bègue,
marquis de Gothie à la place de Bernard,
fils de Blichilde, privé de tous ses bénéfices
pour crime de félonie', tandis que le comte
louse, Bernard, fils de Blichilde, marquis de Gothie,
& Bernard, fils de Letgarde, comte d'Auvergne.
' Cartul. de Saint Julien de Brioude^ Charte i3r.
' Carolus autem filio suo Hludovico Bosonem
fratrem uxoris ejus, camerarium & hostiariorum
magistrum constituens, cui & honores Girardi co-
mitis Bituricensis dédit, eum cum Bernardo, itemque
cum alio Bernardo markione in Aquitaniam misit,
&dispositionem ipsius regni ei commisit:_Bernardo
autem Tholosae comiti, post praestita sacramenta
Carcassonem & Redas concedens, adTolosam remi-
sit. (Hincmar, Ann. Remens. — Pertz, t. i , p. 493.)
^ 878. In crastina (id. septemb.) Ludovicus rex,
invitatus a Bosone ad domum illius perrexit, cum
quibusdam primoribus consiliariis suis, & pastus
Théodoric, qui partagea avec lui les dé-
pouilles du marquis de Gothie, eut pour
sa part le comté d'Autun, possédé par le
fils de Blichilde depuis l'année 872, c'est-à-
dire depuis la mort de Bernard, fils de
Dodane. C'est à lui & à Boson que ce
prince confia, avant de mourir, la tutelle de
son fils, le jeune Louis"; & lorsque, à la
fin de l'année 879 , les rois Louis & Carlo-
man se brouillèrent avec Boson, roi de
Provence, Bernard II embrassa leur parti ,
il les accompagna dans l'expédition qu'ils
dirigèrent, en 880, contre ce prince & les
aida à s'emparer de la ville & du comté de
Màcon \ Après la prise de cette ville, le
comté de Mâcon lui fut donné pour ré-
compense.
Ainsi donc Bernard II, comte d'Auver-
gne, marquis de Gothie en 878, est le même
que Bernard Plantevelue , nommé comte
de Mâcon en 880 ; il doit être distingué
de Bernard, fils de Dodane, comte d'Au-
tun, qui n'eut jamais aucun bénéfice en
Auvergne ni en Septimanie, & qui fut tué
en 872; il était fils de Bernard I & de Let-
garde. Nous croyons que le comte Warin,
qu'on voit figurer en 868 & en 869 dans les
chartes % était son frère. Il est probable,
& honoratus ab illo, sed & ab uxore ipsius, des-
ponsavit filiam Bosonis Carlomanno, filio suo, &
cum consilio ipsorum consiliariorum suorum dis-
partitus est honores Bernardi Gothiae markionis,
per Theodericum camerarium, & Bemardum comi-
tem Arvernicum , & per alios secreto dispositos.
(Hincmar, Ann. Remens. Pertz, t. i, p. 5o8.)
' Ludovicus.., volens ire in partes Augustoduni
ad comprimendam rebellionem Bernardi markio-
nis... longius ire non potuit, filium & aequivocum
suum Ludovicum bajulationi Bernardi, comitis
Arvernici specialiter committens... (Hincmar. —
Pertz, t. I, p. 5io.)
' 880. Reges Ludovici quondam filii, ordinatis
qui regnum suum contra Nortmannos in Gante
résidentes custodirent, in Burgundiam versus Bo-
sonem per mensem julium a Trecas civitate per-
rexerunt, Carolo rege illuc cum exercitu suo in
Bosonem venturo, in quo itinere, ejectis de castro
Matiscano Bosonis hominibus, ipsum castellum
coeperunt & eum comitatum Bernardo cognomento
Planta Pilosa dederunt & perrexerunt ad obsiden-
dam Viennam. (Hincmar. — Pertz, t. i, p. 5i3.)
^ Cartul. de Saint-Julien de Brioude, Chartes 25/,
i52 & 56.
Note
RECTir.
Note
RECTIK.
• 86
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
en effet, qu'à la mort de Bernard I, ses
deux fils Bernard & Warin se partagèrent
l'Auvergne; Warin eutpour sa part le comté
de Brioude ou du Puy, c'est-à-dire l'ancien
comté de Vêlai, avec l'abbaye de Saint-
Julien, & Bernard le comté de Clermont ou
de Iliom. C'est ce que paraît vouloir dire
Frodoard dans son Histoire de l'église de
Reims. Il appelle Bernard, tantôt comte
d'Auvergne, tantôt comte de Riom « cornes
Rodomensis ou Rodonensis\ » Dom Vais-
sete n'a pas compris ce passage; il a cru
qu'il s'agissait ici d'un comte de Rouen,
mais indépendamment de ce qu'on ne voit
guère ce qu'aurait pu faire un comte de
Rouen dans la circonstance à laquelle
Hincmar fait allusion, il n'y a pas eu à
cette époque, à Rouen, de comte du nom
de Bernard.
La femme de Bernard II s'appelait Er-
mengarde% comme la seconde femme de son
père, & cette circonstance n'a pas peu
contribué à jeter de la confusion entre ces
deux personnages. Quelques auteurs, en-
tre autres Baluze, veulent que la femme
de Bernard II soit la fille de Warin, comte
de Vêlai ou d'Auvergne en 819, qu'ils
identifient avec Warin, comte de Mâcon,
mort en 854. Mais ils n'appuient cette allé-
gation d'aucune preuve & se trompent
certainement, car les temps ne sauraient
s'accorder. Il ne serait pas impossible ce-
pendant qu'une fille du comte Warin eût
épousé un Bernard, comte d'Auvergne,
mais alors ce serait Bernard I & non Ber-
nard II. La présence du nom de Warin,
porté successivement par plusieurs des-
cendants de Bernard I, donne un certain
poids à cette hypothèse. Dans ce cas , la
fille du comte Warin ne serait pas Er-
mengarde, mais Letgarde ; car ni Bernard II,
' Scripsit [Hincmarus] Bernardo comiti Tolo-
sano, propinquo suo, pro rébus ecclesiae in Aqui-
tania conjacentibus, quas ille in praestariam sibi
concedi petebat... unde alteri quoque Bernardo
comiti Rodomensi [alias Rodonensi] scribit, ut
loquatur cum hoc Bernardo, ne res ejusdem eccle-
siae suis hominibus in beneficium donet. — Fro-
doard, Hlstor'ia Kemcnsis ecclesiae, 1. 3, c. 26.
' Cartul. de Saint-Julien de Brioude, Chartes i3i
& l32.
ni Warin, son frère, ne peuvent être les
fils de la seconde femme de Bernard I.
Letgarde vivait encore en 849, & quand
bien même elle serait morte cette année-là,
ce qui n'est pas prouvé, Bernard, s'il était
fils d'Ermengarde, n'aurait pu naître qu'en
85o ou 85i au plus tôt. Il aurait donc eu
moins de dix-huit ans en 868, époque où il
occupait en Aquitaine une position trop
importante pour cet âge'.
Bernard II eut plusieurs enfants de sa
femme Ermengarde, savoir : Garin & Guil-
laume, morts jeunes; Guillaume dit le Pieux
qui lui succéda; Adalinde , qui épousa
Acfred ou Aifroi , comte de Razès , fils
d'Oliba ï & frère d'Oliba II, & Ave qui se
fit religieuse. Il mourut en 885. En 886%
il était remplacé dans le comté d'Auvergne
& dans le marquisat de Gothie par Guil-
laume le Pieux, son fils , qui prit le titre
de duc d'Aquitaine en 898 & épousa, vers
l'année 898, Ingelberge, sœur de Louis
l'Aveugle, roi de Provence; il n'en eut
qu'un fils, mort jeune, nommé Boson. A sa
mort, arrivée le 6 juillet 918, le duché d'Au-
vergne passa à son neveu, Guillaume dit le
Jeune, fils de sa sœur Adalinde. Quant au
marquisat de Gothie, ce fut la maison des
comtes de Toulouse qui en hérita'.
VII
Note
RECTIF.
OLIBA, COMTE DE CARCASSONNE.
TOIRE DE SA FAMILLE.
HIS-
On ne sait quelle est l'origine d'Oliba I,
comte de Carcassonne depuis l'année 817
jusqu'en 887. Les Bénédictins ont conjecturé
qu'il était de la famille de S. Guillaume de
Gellone ; mais cette conjecture ne repose
sur aucun fondement solide , comme il est
facile de s'en convaincre par la généalogie
de ce dernier que nous avons donnée plus
haut. Oliba fut marié deux fois. Elme-
' Hincmar, Ann. Rem. ad ann. 868 & 869. —
Pertz, t. I, p. 480 & 481.
' Diplôme de Louis le Gros, ann. 886. — Ba-
luze, Histoire généal. de la maison d'Auvergne, t. 2,
p. 4.
3 Voyez au tome IV de cette édition la Note VI.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
TABLEAU GÉNÉALOGIQUE DE LA FAMILLE D'OLIBA I , COMTE DE CARCASSOXXE.
287
Note
RECTIF.
Oliba I , comte de Carcassonnc en
820 & S35. Epousa lilmetruJe & Ri- '
childc.
Bencion , comte de Carcassonnc, mort avant 908.
Oliba II, comte de Carcassonne, ) Acfrcd, dit Acfrcd II, comte de Carcassonnc,
cil^ en 873 & en 877. Mort vers \ mort en ^34 ou ^35 ; eut peut-être une fille nom-
880. / mco Arsinde, qui épousa Arnaud, successeur d'Ac-
fred.
Bernard, mort jeune.
Guillaume succéda, en 918, à son oncle Guillau-
Acfroi ou Acfred, comte de Ra- ] me le Pieux dans le comté d'Auvergne. Mort en
zès, cité en 873. Epousa Adelinde, {927.
sœur de Guillaume le Pieux. & j
mourut en 906. f Acfred, comte de Gevaudan, succéda à son frère
Guillaume dans le comté d'Auvergne, mais mourut
la même année ou au commencement de 928.
trude, sa première femme, vivait en 820' ;
Richilde , la seconde , lui survécut ; elle se
disait veuve enSSy'. Dom Vaissete prétend
qu'Oliba I laissa un fils , appelé Louis,
qui lui succéda dans le comté de Car-
cassonne. Il allègue, comme preuve de ce
fait , que dans la charte de l'année 820
où est nommée sa première femme , ce
Louis a signé avant Elmetrude , & qu'ainsi
il ne pouvait être que son fils. A pren-
dre ce raisonnement au pied de la lettre,
ce n'est pas seulement un fils qu'aurait
eu Oliba I, mais bien deux; car dans la
charte en question , à côté de ce Louis ,
& avant Elmetrude , on voit aussi figurer
un Arnulfe. Mais la copie de cette charte
qui a été envoyée aux auteurs de VHîstoire
de Languedoc^ & dont ils se sont servi, était
fautive. Dans l'original, qui existe encore
aux archives du département de l'Aude, le
nom d'Elmetrude suit immédiatement celui
de son mari, comme on peut le voir dans
le texte que nous donnons ci-après de cet
acte, parmi nos preuves.
Les véritables fils d'Oliba I doivent être
Oliba II & Aifroi ou Acfred , l'un & l'autre
comtes de Carcassonne & de Razès, & ses
successeurs immédiats. Les comtes Oliba II
& Acfred sont dits frères dans l'acte de
consécration de l'église de Notre-Dame de
Formiguera dans le Capcir , à laquelle ils
assistèrent en 878 ^ Oliba II est nommé
pour la dernière fois en Syy"*; il dut mourir
'Voyez aux Preuves, Chartes & Diplômes,
n. XXXVI.
' nu. n. L.
» Preuves, Chartes & Diplômes, n. XCIX.
* Preuves, Chartes & Diplômes, n, CVII.
avant l'année 880. Aifroi, son frère , qui est
dit comte de son vivant, était probablement
comte particulier du Razès : on en peut
trouver la preuve dans ce fait, qu'Acfred
ayant vécu jusqu'en 906, & ayant exercé
les fonctions de comte jusqu'à sa mort, le
comté de Carcassonne fut occupé de sou
vivant par un comte nommé Bencion, qui
paraît avoir succédé directement à Oliba II
& qui devait être son fils. Ce comte Bencion
était remplacé en 908' par Acfred II qui,
dans une charte de l'année 984 % se dit fils
du comte Oliba II, d'où l'on doit conclure,
comme l'a très-bien remarqué dora Vais-
sete, qu'Oliba II eut deux fils qui furent
l'un & l'autre ses successeurs : Bencion ,
mort avant l'année 908, & Acfred II. Celui-
ci figure dans plusieurs chartes avec le titre
de comte de Carcassonne; il vécut jusqu'en
934 ou 935 environ. On croit qu'Arsinde,
femme d'Arnaud, comte de Carcassonne &
successeur d'Acfred II, était fille de ce der-
nier.
Acfred I , frère d'Oliba II , avait épousé
Adelinde j sœur de Guillaume le Pieux ,
comte d'Auvergne, & fille de Bernard Plan-
tevelue. Il en eut trois fils : Bernard, qui
mourut jeune, Guillaume & Acfred'. Ces
deux derniers succédèrent à leur oncle,
Guillaume le Pieux , dans le comté d'Au-
vergne. Guillaume prit , à l'exemple de
sou oncle , le titre de duc d'Aquitaine &
' Voyez au tome V de cette édition, Chartes &
Diplômes, n. XXXIV.
" Ibld. n. LIX.
' Cartulaire de Saux'illanges dans les Mémoires de
l'Académie des Sciences de Clermont-Ferrand , t. 3,
1861 , Charte i3.
Note
RECTIF.
288
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
mourut sans laisser d'enfants , entre les
mois d'avril & d'octobre de l'année 927 '.
Acfred , son frère, qui avait déjà le titre
de comte de son vivant & qui probablement
était comte de Gevaudan , hérita de toutes
ses possessions. Il se qualifia aussi comte
d'Auvergne & duc d'Aquitaine \ On n'a pas
de preuves qu'il fût encore en vie après
l'an 927. Il ne survécut donc que peu de
mois à son frère , & comme il mourut
sans laisser de postérité , les comtés d'Au-
vergne & de Vêlai , avec le titre de duc
d'Aquitaine, passèrent à Eble , comte de
Poitiers \
VÏII
BORREL, COMTE D'ÂUSONE. — HISTOIRE
DE SA FAMILLE. — ORIGINE DES ROIS
D'ARAGON.
Les villes d'Ausone & de Cardone ayant
été conquises sur les Sarrasins, en 798 *,
Louis le Débonnaire les fit reconstruire &
en confia la défense au comte Borrel. Bor-
rel , comte d'Ausone, figure au nombre des
principaux chefs qui accompagnèrent en
809 le roi d'Aquitaine, lorsqu'il pénétra en
Espagne, à la tète d'une nombreuse armée,
&vint mettre le siège devant Tortose^ Nous
ne connaissons pas l'époque exacte de sa
mortj elle est certainement antérieure à
l'année 8195 il y a même beaucoup d'appa-
rence que ce comte ne vivait plus en 812 ®.
' Conf. sur Acfred, la Charte i3 du Cartula'ire
de Sauxillanges, & les Chartes 167, 3i5 & SSy du
Cartula'ire de Saint-Julien de Brioude dans les mê-
mes Mémoires.
' Cartulaire de Sauxillanges, Charte i3.
' Son fils Guillaume Tête-d'Etoupes s'intitule
princeps Arvernorum dans une donation faite au
prieuré de Sauxillanges. Cartulaire de Sauxillanges,
n. 571.
^ Ordinavit autem illo in tempore (Hludovicus)
in finibus Aquitanorum circumquaque firmissi-
mam tutelam (contra Sarracenos); nam civitatem
Ausonam, castrum Cardonam, Castaserram & reli-
qua oppida olim déserta, munivit, habitarl fecit &
Burrello comiti cum congruis auxiliis tuenda com-
misit. — Vita Hludoyici PU, dans leRec. des Hist.
de Fr. t. 6, p. 91.
5 Ibid. t. 6, p. 93.
* En 819 il était certainement remplacé par
Il laissa un fils, nommé Sunifred, que
l'empereur Louis le Débonnaire confirma
en 829 dans la possession du lieu de Font-
couverte, situé en Septimanie, donné autre-
fois par Charlemagne à Borrel, son père'.
En 819 Sunifred était comte d'Urgelj il
assista cette même année à la consécration
de l'église de cette ville, qu'il avait aidé
l'évéque Sisebut I;, à reconstruire, & à la-
quelle il donna de grands biens \ Il est en-
core mentionné en 840, avec le titre de
comte'. Mais il porte celui de marquis dans
le diplôme de Charles le Chauve, donné en
844, en faveur des Espagnols réfugiés en
Septimanie*. Il avait succédé dans cette di-
gnité à Bernard I, révoqué peu de temps
auparavant.
Sunifred, comte d'Urgel & marquis de
Septimanie, mourut vers l'année 85o ou
85i, au plus tard'. Il laissa d'Ermesinde, sa
femme, cinq fils, savoir : Sunifred, Wifred
dit le Velu , Miron , Raoul & Humfrid.
Cette filiation est établie par un grand
nombre de chartes, parmi lesquelles nous
mentionnerons seulement les suivantes :
En 873 le comte Miron (comte de Rous-
sillon) assista avec Wifred, son frère, à la
dédicace faite par Sigebode, archevêque de
Narbonne, de l'église de Notre-Dame de
Formiguera dans le Capcir, qu'ils avaient
fait construire avec les comtes Oliba & Ai-
froy ^
Dans un jugement rendu au Vernet, en
Conflans, l'an 874, il est dit que le comte
Miron était fils de Sunifred. Le tribunal
rendit un arrêt suivant les lois visigothi-
Sunifred, son filsj il est à remarquer qu'on ne voit
pas son nom figurer au nombre des comtes aux-
quels Charlemagne adressa, en 812, son diplôme
en faveur des Espagnols.
' Preuves, Chartes & Diplômes, n. XLVI.
' Marca Hispanica, append. n. i & 2.
' Charte du 3 janvier 840 par laquelle Sunifred
donne à l'église de Notre-Dame d'Urgel, reconstruite
par l'évéque Sisebut I, certaines terres situées dans
les faubourgs de la ville d'Urgel, près de l'église
Saint- Pierre & Saint-Paul. Voyez ci-après aux
Preuves.
" Ihid. n. LXV.
^ Diplôme de Charles le Chauve pour Saint-
André de Sorède, Rec. des Hist. de Fr. t. 8, p. 5i5.
— - En 852 il était remplacé par Udalric.
« Preuves, Chartes & Diplômes, n. XCIX.
Note
nECTlF.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
ques sur ringénuité du nommé Laurent, naça de l'excommunier s'il ne réparait les
que le procureur du comte Miron préten- maux qu'il avait causés". On croit c[ue la
dait avoir été serf d'un fisc, ainsi que ses comtesse Quixilo, mentionnée dans la do-
parents & ses frères, sous le comte Suni- nation de l'année 885, était la femme de
fred, père de Miron : « Servitium fecerunt Miron. Ce comte mourut sans laisser de
domno SeniefreJo comité^ genhore seniore postérité en SçS. C'est à tort que dom
meo IVlirone'. » C'est ce qu'établit encore Vaissete le considère comme père de Su-
la donation de la ville de Prades, dans le niaire II, son successeur. Aucun texte n'au-
Conflans, faite au mois de mai 878 à l'ab- torise une pareille supposition,
baye de la Grasse, par le même comte Mi- Sunifred, mentionné dans le même acte'
ron à ses frères, les comtes Wifred & comme un des enfants de Sunifred I, mar-
Raoul, où on lit : Propter remedium dominî quis de Gothie, & qui fut évèque de Gi-
Suniefredi genitorîs nostri vel dominae Er- rone, est cité en 944'.
mensendae genitricis nostrae". Raoul, nommé dans le même document.
Le premier jour de décembre 885, le fut comte de Conflans; il figure comme tel
comte Miron, la comtesse Ermesinde, sa dans des actes de 876 & de 903''. Sa femme
mère, Raoul, son frère, & la comtesse se nommait Ralinde; ils eurent un fils ap-
Quixilo, qui devait être sa femme, firent pelé Oliba, qui vivait encore en 904% mais
donation à l'abbaye de Cuxa de l'église de qui paraît n'avoir pas survécu à son père.
Saint-Vincent du Vernet, dans la vallée de Raoul mourut en 914. C'est à tort que les
Conflans, avec toutes ses dépendances & auteurs de l'Art de vérifier les dates ont
notamment de l'alleu appelé Champlong & avancé qu'il avait été comte de Roussillon.
de la paroisse de Saint-Pierre dels Forçats, Humfrid , frère de Miron Se de Raoul,
dans la Cerdagne, avec les dîmes & autres était diacre & avait embrassé la vie reli-
dépendances'. Le comte Wifred souscrivit gieuse. Il sortit de son cloître en 878 &
le premier cette donation, que Baluze & commit en Septimanie de si grandes in-
dom Vaissete ont eu le tort de rapporter à justices que le pape Jean VIII le menaça
l'année 898, première année du règne de d'excommunication*, s'il ne rentrait dans
Charles le Simple. L'acte de délivrance une voie plus conforme à son état. Il est à
faite à Riculfe, évêque d'Elne, par les exé- croire qu'Humfrid reprit l'habit monasti-
cuteurs testamentaires du feu comte Miron que, car il nest plus fait mention de lui
des biens qu'il possédait dans le terri- par la suite.
toire d'Elne & qu'il avait légués à cette Wifred, qui était vraisemblablement le
église*, prouve que le comte Miron était second des cinq fils de Sunifred I, est le
mort le 12 mars 895 & que par conséquent célèbre Wifred le Velu, d'abord comte
la charte en question doit être antérieure d'Urgel & d'Ausone, puis comte de Bar-
à cette époque. Avant d'être le bienfaiteur celone.
de l'église d'Elne & de l'abbaye de Cuxa, Les historiens catalans ne rapportent
le comte Miron avait encouru les rigueurs qu'à l'année 874 le commencement de la
de l'Eglise; il avait commis avec son frère domination du comte Wifred sur le comté
Humfrid, diacre, de tels excès dans la Sep- de Barcelone, & ils paraissent avoir raison,
timanie qu'en 870 le pape Jean VIII me- puisqu'il ne put devenircomtede Barcelone
' Marca Hispan'ica, append. n. 34. ' Conciles, t. 9, p. Syy.
' Preavei, Chartes & Diplômes, n. CXII. — C'est ' Marca H'ispanicit, append. n. 56.
par erreur que les Bénédictins ont attribué la date * Ibid. n. 80.
de l'année 888 à cette charte ; elle doit être fixée '^ Cartul. d'Elne, (° 289, & copie dans la collect.
à l'année 878, pendant laquelle Louis le Bègue ne Moreau, t. 2, p. i 5i . — Charte de l'année 908. —
fut pas reconnu en Languedoc. Au tome V de notre édition, Chartes & Diplômes,
' Marca Hispanica, append. n. 56. n. XXX.
♦ Cartul. d'Elne, f" 193, & collée. Moreau, t. 3, ' Ihld.
P- 9'» '^ Conciles, t. 9, p. 577.
II. 19
Note
RECTIF.
290 NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
qu'après la mort du comte Salomon, chargé ecclésiastique : « Guîdfredus Pîlosî cornes er.
du commandement de la Marche d'Espa- predicta uxore quatuor habuîtfiUos Rudulfum
gne, en 864, en remplacement d'Humfrid. scilicet & Guîfredum, ISdironem & Sunïarium.
Or il est certain que Salomon était encore Primus îtaque Radulfus fuit monachus Rivi-
en vie en 868, époque où il tint un plaid' pulli & epîscopus Urgellensis'. » Raoul était
dans le Conflans, pays dépendant alors du encore enfant, lorsque le comte, son père,
comté de Cerdagne, qui n'était pas encore & la comtesseWidinille, sa mère, l'offrirent
séparé de celui de Barcelone. On aurait pour religieux, en 888, au monastère de Ri-
même une preuve certaine qu'il vivait en- poil, avec son héritage. On lit dans l'acte
core en 878 si l'on admettait, comme nous, de la dédicace de l'église de ce monastère :
que c'est lui qui rendit cette même année, « Et tradîmus ibi filîo nostro Radulfo cum
sous le titre de mîssus, un jugement en fa- omnî hereditate sua''. » Raoul souscrivit en
veur de l'abbaye de Caunes\ Wifred le l'an 911 les dernières dispositions de son
Note
RECTIF.
Velu fut le fondateur du monastère de Ri-
poll dont il dota richement l'église en 888'.
Il mourut en 906 & non en 911, comme le
dit l'auteur des Gestes des comtes de Barce-
lone. Wifred le Velu est le premier comte
héréditaire de Barcelone; sa femme s'ap-
pelait Widinille ■•, il en eut cinq fils : Wi-
fred II qui lui succéda au comté de Barce-
frère Wifred II. Etant devenu évêque d'Ur-
gel , il présida la deuxième dédicace du
monastère de RipoU, faite en gSS'. En 948,
il consacra l'église de Saint-Michel de Pons
située dans son diocèse*.
Miron, frère de Wifred II & de Raoul,
doit être distingué de Miron, comte de
Roussillon. Celui-ci mourut en 896 & le
lone, Raoul, moine de Ripoll, puis évêque premier vécut jusqu'en 928. Il avait épousé
d'Urgel, Miron, comte de Barcelone, après Ave, & fut comte de Barcelone après son
Wifred II, son frère, Suniaire, comte frère Wifred II. Un jugement rendu en fa-
d'Urgel, & Borrel, comte d'Ausone.
Wifred II, comte de Barcelone, est dit
fils du feu comte Wifred I, dans l'acte
d'exécution de ses dernières volontés'. Il
est distingué de son père dans les actes
du concile de Barcelone de l'année 906'
veur du monastère de Cuxa en 901, établit
qu'il était alors comte de Conflans'. Dans
une charte de l'année 907, il se dit fils du
feu comte Guifred ou Wifred *, illustre mar-
quis; il laissa en mourant quatre fils : Suni-
fred, Guifred ou Wifred, Oliba, surnommé
Wifred II avait épousé Garsinde'. Il n'eut Cabreta & Miron'. Nous reviendrons plus
pas d'enfants & mourut empoisonné en tard sur ces quatre personnages.
914, si l'on en croit l'auteur des Gestes des Suniaire, le quatrième fils de Wifred le
comtes de Barcelone. Velu, comte d'Urgel, donna, le 11 juillet
Une vente faite par Bonnemire & son 937, au monastère de la Grasse la terre de
épouse Ermesinde à Raoul, prêtre, fils* Ridauradansle comtédeBesaluavecl'église
du comte Wifred, en date du 29 août 908, de Notre-Dame*. Il eut l'administration du
prouve lavérité de ce qu'avance l'auteurde comté de Besalu ainsi que de tous les autres
ces Gejfcj, que le comte Wifred le Velu laissa domaines de son père pendant la minorité
un fils appelé Raoul, qui embrassa l'état
■ Preuves, Chartes & Diplômes, n. LXXXVIII.
* Baluze, Cap'itulaires, t. 2, p. 1490.
' Marca Hispan'ica, append. n. 40, 46 & 5o.
* Voyez, sur la comtesse Widinille, Marca His-
pan'ica, append. n. ^5, 46, 5o, 5i, 61, 71, &c.
5 Ibid. n. 64.
^ Voyez au tome V de cette édition, dans les
Preuves, n. XXXII.
' Marca Hispan'ica, append. n. 64.
* Archives de la cathédrale de Vie & copie, dans
Moreau, t. 3, p. 233.
' Gesta com'itum Barcinonensium. — Marca His-
panica, p. 640.
' Marca Hispan'ica, append. n. 45.
3 Ib'id. p. 386.
^ Ibid. p. 892.
^ Ibid. append. n. 60.
^ Ibid. n, 63. — Voyez encore sur Miron, comte
de Barcelone, & sur Ave, sa femme, les n°* 74, y6,
90, 96, &c.
' Marca Hispanica, append. n. 90.
* Archives du monastère de Camprodon, copie
dans la Collect. Moreau, t. 6, p. 55.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
291
des enfants du comte Miron son frère &
il mourut l'an 954'. Richilde, sa veuve,
donna en cette même année 954, à l'abbaye
de la Grasse, une autre partie de l'alleu de
Ridaura, avec les églises de Notre-Dame,
de Saint-Pierre & de Sainte-Marguerite".
Un diplôme interpolé & attribué à Charles
le Chauve, avec la date du 28 juillet 855% a
induit dom Vaissete en erreur. Ce savant
historien a confondu Suniaire, fils de Wi-
fred le Velu, avec Suniaire I, comte d'Am-
purias & de Roussillonj mais les docu-
ments que nous venons de citer démontrent
qu'avant 987 l'abbaye de la Grasse n'avait
aucune possession dans le territoire de
Ridaura; ce sont là les titres primitifs de
cette abbaye sur ces domaines; mais les
religieux n'ont pu être confirmés dans
leur possession par le prétendu diplôme de
Charles le Chauve du 28 juin 855, comme
l'ont cru dom Mabillon"*, dom Vaissete &
les éditeurs du Gaîlia Christîana^ .
D'après cette fausse supposition, les
auteurs de VHistoire de Languedoc ont
également confondu Richilde, veuve de
Suniaire, comte d'Urgel & administrateur
des domaines des enfants de Miron, comte
de Besalu, son frère, qui fit en 954 ladite
donation de Ridaura, avec Richilde, veuve
d'Oliba I, comte de Carcassonne, qui re-
nouvela, l'an 837, un bail en précaire fait
à son mari, dans son comté, par l'abbé de
la Grasse®. De nombreux documents éta-
blissent que la femme de Suniaire, comte
d'Urgel, s'appelait Richilde', mais un in-
tervalle d'un siècle sépare l'existence des
deux comtesses, qui n'eurent de commun
que le nom.
Les auteurs de VArt de vérifier les dates
ont aussi confondu Suniaire, comte d'Ur-
gel & mari de Richilde, avec Suniaire II,
comte d'Ampurias & de Roussillon. La
femme de celui-ci s'appelait Ermengarde',
' Archives du monastère de Camprodon, copie
dans la collect. Moreau, t. 6, p. 85.
' Ih'td. t. 6, p. 87, & Marco. H'ispanica, col. S^o.
' Preuves, Chartes & Diplômes, n. LXXIX.
^ Annal. Bened. t. 3, append. p. 770.
* Gallla Chr'ntiana, t. 6, p. pSS.
^ Preuves, Chartes & Diplômes, n. IV.
' Voyez Marca Hispanica, n. 80, 8 i, 178 & ipS.
* Ibïd. n. 70.
& Suniaire II est la souche des comtes
héréditaires de Roussillon.
Suniaire, comte d'Urgel, laissa trois en-
fants, Borrel, Ermengaud qui mourut bien
avant son père, & Miron. Nous revien-
drons bientôt à ces derniers.
Borrel, le cinquième fils de Wifred le
Velu, était comte d'Ausone; il avait épousé
Arsinde qui était morte en 936'. Lui-
même était décédé avant l'année 944% &
ne laissa qu'une fille nommée Richilde,
qui épousa Eudes, vicomte de Narbonne'.
Revenons aux enfants de Miron, comte
de Barcelone. De ses quatre fils, Suniofred,
l'aîné, fut son successeur. « Cui successif in
comitatu Barchinonae Seniofredus filius ejus
primus, » dit l'auteur des Gestes des comtes de
Barcelone^. Une donation faite en 941 au
monastère de Saint-Michel de Cuxa, par la
comtesse Ave, veuve du comte Miron & ses
fils Suniofred, Guifred , Oliba & Miron,
lévite, atteste la véracité du chroniqueur,
lorsqu'il nous donne les noms de trois des
fils de Miron'. En 937, Suniofred envoya
son frère Wifred vers le roi Louis d'Ou-
tremer, pour lui demander l'autorisation
d'aliéner certains domaines situés en Rous-
sillon & en Conflans, en faveur du monas-
tère de Saint-Michel de Cuxa®, ce qui lui
fut accordé. Il assista, en 953, à la dédicace
de la nouvelle église de ce monastère qu'il
avait aidé à construire & dont il était un
des principaux bienfaiteurs'. En 957, il fit
une donation au monastère de Ripoll'. Par
son testament, daté du premier jour d'oc-
tobre 966% il partagea ses biens entre les
différentes églises de la Marche d'Espagne
& de la Septimanie. Ce testament nous
' Marca Hispanica, n. 72.
» Ibid. n. 80.
^ Ibid. n. 72.
^ Ibid. p. 540.
' Ibid. append. n. 76. — Cet auteur se trompe
cependant quand il ne donne que trois fils à Mi-
ron ; il oublie le quatrième, Miron, qui fut prêtre.
^ Quod Seniofredus comes direxit ad nostram
praesentiamquemdamGuifredum fratrem suum, &c.
Diplôme de Louis d'Outremer, Marca Hispanica,
append. n. 7$.
' Marca Hispanica , append. n. 90.
' Ibid. n. 92.
® Ibid. n. I 04.
NoTB
RCCTIF.
2()2
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
apprend qu'il n'avait plus alors que deux
frères vivants, Oliba & Miron, ce que nous
savions d'ailleursj qu'il avait fait le voyage
de Jérusalem, & qu'il n'avait pas d'enfants.
Il est douteux qu'il ait jamais été marié.
Suniofred mourut l'année même où il fît
son testament, comme le prouve une dona-
tioii faite par ses exécuteurs testamentaires,
le 3o octobre 966, au monastère de Saint-
Pierre de Camprodon, en Catalogne". Cette
donation démontre aussi l'erreur de l'au-
teur des Gestes des comtes de Barcelone, qui
fait mourir le comte Suniofred en 964, &
celle de la Chronique de RipoU qui place
la mort de ce prince en l'année 967. Après
la mort de Suniofred, le comté de Barce-
lone passa à son cousin germain Borrel,
fis de Suniaire, comte d'Urgel.
Wifred, second fils de Miron, était comte
de Cerdagiie ; il a été passé sous silence par
l'auteur des Gestes des comtes de Barcelone.
C'est le fondateur du monastère de Cam-
prodon,dans le comté de Besalu\ Il mourut
avant son frère Suniofred, puisque celui-ci,
au dire d'une ancienne charte, fut son suc-
cesseur en Cerdagne : « Contïglt ut Idem co-
rnes Wifredus mîp;raretur a saeculo, acclpiente
vero dominatum illius fratre suo domno Sunio-
fredo^. » Il ne dut pas néanmoins s'écouler
un long laps de temps entre la mort des
deux frères, puisque, par un acte du 3o oc-
tobre 965, Wifred donna au monastère
d'Arles différents biens qu'il possédait en
Cerdagne, aux territoires dels Forçats &
de Volquera. Il est dit, dans la charte, qu'il
tenait ces propriétés en vertu de la dona-
tion à lui faite par la comtesse Ave, sa mère.
On peut conclure de la teneur de cette
pièce qu'Ave avait fait un égal jjartage des
biens énoncés entre ses fils Wifred & Su-
niofred , de telle sorte qu'ils paraissent
avoir été l'un & l'autre co-propriétaires du
comté de Cerdagne''. Wifred fut assassiné
par Adalbert, un de ses vassaux \
Oliba, surnommé Cabre ta, est cité comme
' Cartul. du monastère de Saint- Pierre de Cam-
prodon, (° 53, & copie dans Morenu, t. 10, p. 65.
' Marca Hispanica, p. SpS, & append. n. 85.
' Ihid. append. n. loo. Voyez aussi n. 112.
^ Collection Moreau, t. 10, p. 26,
' Marca Hispanica, p. 896 & 400.
Note
fils de Miroji & d'Ave dans la donation faite ^p'^it-
par cette dernière en l'an 941 '. Il était comte
de Besalu & il le devint de Cerdagne à la
mort de Suniofred, son frère aîné, en 966.
Le pape Jean XIII nous apprend, dans une
lettre de 968, que le comte Oliba Cabreta
ayant fait le voyage de Rome, lui demanda
de prendre sous sa protection spéciale' l'ab-
baye d'Arles, fondée parle frère de son aïeul.
Oliba mourut en 988' ; il laissa de sa femme
Ermengarde quatre fils & non trois comme
le dit l'auteur des Gestes des comtes de Bar-
celone^ : 1° Bernard, surnommé Taillefer,
qui fut son successeur au ct)mté de Besalu &
auteur de la branche des comtes de Besalu
qui finit en l'année un avec Bernard III,
comte de Besalu ; 2° Guifred ou Wifred, qui
hérita de son père du comté de Cerdagne,
auteur de la branche des comtes de Cer-
dagne' qui finit avec Bernard-Guillaume,
com te de Cerdagne, mort en 1 1 17 ; 3° Oliba,
religieux, puis abbé de Ripoll, qui devint
évèque d'Ausone ou de Vie, & mourut en
1047^5 4° Béranger, premier du nom, évèque
d'Elne, dit fils du comte Oliba & de la com-
tesse Ermengarde dans une donation faite
par cette dernière à l'abbaye d'Arles en 993'.
Miron, le quatrième fils de Miron, comte
de Barcelone, est cité dans la donation de
sa mère de l'année 941'; il porte le titre
de prêtre dans le testament de son frère
Suniofred, de l'année 966'; il devint en-
suite évèque de Girone.
' Marca Hispanica, append. n. 76.
' Ibid. append. n. i ro.
^ Cartulaire de l'abbaye d'Arles.
■* Marca Hispanica, p. 542.
' Guifred, comte de Cerdagne, mourut en i o5o ou
io5i, à la fin du mois de j uillet, dans l'abbaye du
Canigou, où il s'était fait moine depuis quelques
années. C'est ce qu'a établi M. Léopold Delisle, en
publiant le Rouleau mortuaire de Guifred. C'est
donc à tort que les auteurs de VArt de vérifier les
dates ont placé la mort de ce comte en 1026 (t. 2,
p. 333). — Voyez Rouleaux des morts du neuvième
au quinzième siècle, recueillis & publiés pour la
Société de l'Histoire de France, par Léopold De-
lisle, Paris, Renouard. i865, 1 vol. in-o°.
^ Ibid. p. 445.
' Collection Moreau, t. 1 5, p. 56.
* Marca Hispanica, n. 76.
' Ibid. n. 104.
Note
RECTiF.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
TABLEAU GÉNÉALOGIQUE DE LA FAMILI-E DE BORREL, COMTE D'AUSONE.
293
Note
"ts
es'
Sunifred, comte
j d'Urgel en 819 ,
' marquis de Sepli-
manie en 844, mort
1 en 85o ou 83i. A-
vait épousé Ermes-
I sinde, dont :
I Sunifred, cité en 888,
I religieux . fut probable-
ment évêque de Girone.
Wifred le Velu, d'abord
comte d'Urgel, puis comte .
de Barcelone en 874, &/
marquis de la Marche)
I d'Espagne, épousa Widi-
nille, & mourut en 907.
Miron, comte de Rous-
I sillon , cité comme tel en
873, 874, 878, 885, mou-
frut en 895. Sa femme se
nommait Quixilio; il n'eut
1 pas d'enfants.
Raoul, com-
te de Con-
Hans, cité en 1 Oliba vi
885 & 904. \ vait encore
vécut )us-|en 904;
qu'en 914. (mais ilj
De sa femme \ mourut a-
Ralinde, il/vant son
n'eut qu'un [père,
fils, mort a- 1
vant lui. \
■Wifred II, comte de
Barcelone , épousa Gar-
sinde, & niourut sans en-
fants en 914. I
Raoul, moire de Ri-
poll, puis évêque d'Urgel,
vivait encore en 944.
Miron, comte de Besalu,
se dit fils de Wifred, déjà
décédé en 907, devint
comte de Barcelone à la •
mort de son Irèrc Wi-
fred H. Il épousa Ave,
dont il eut quatre enfants,
& mourut en 928.
Suniaire I", comte d'Ur-
gel, épousa Richilde,&j
eut l'administration du
comté de Besalu & de|
tous les autres domaines
de son père pendant la^
minorité des enfants de>
son frère Miron ; il mou- ,
rut en 95o. j
Borrel , comte d'Auso-I
ne, épousa Arsinde, morte '
en 936 , dont il eut une
fille nommée Richilde. Il
mourut avant l'année 944.
Suniofred, comtede Bar-
celone, mourut sans en-
fants en 966 ou 967.
Guifred ou Wifred, com-j
te de Besalu, fonda le mo-
nastère de Camprodon, &
mourut en 965 sans lais-l
ser d'enfants.
Oliba Cabrcta, comte
de Cerdagne & de Besalu
mort de Suniofred:
épousa Ermcnçarde, dont
il eut quatre fils, & mou-
rut en 988.
Miron , évêque de Gi-
irone
Borrel , comte d'Urgel
en 954; comte de Barce-
lone en 967, après la mort
de Suniofred, son cousm
germain; mort le 24 sep-
tembre 993.
Ermengaud, mort avant I
l'année 944.
.Miron, comtede Girone
en 947 & g68.
Bcrnîird l'aille-
fer, auteur de la
branche des com-
tes de Besalu.
Guifred ou Wi-
fred, mort en
io5o, comte de
iCerdagne, auteur
de la branche des
comtes de Cerda-
Igne.
Oliba, abbé de
Ripoll, puis évê-
que d'Ausone.
Béren|zerl«''du
nom,évequed'EI-
Raymond Bor-
rel, comtede Bar-
celone & auteur
1 de la branche des
I comtes de Baice-
loiie.
Ermengaud,
comted'Urge!, au-
teur de la bran-
che des comte»
d'Urgel.
Humfrid, diacre.
Nous terminerons cette notice en don-
nant les noms des enfants de Suniaire,
comte d'Urgel, auteur de la branche de
cette famille qui a eu la plus longue durée
& qui a donné naissance aux rois d'Aragon.
Nous avons déjà dit que Suniaire avait
eu trois fils, Borrel, Ermengaud & Miron.
Ermengaud mourut bien avant son père.
Borrel, qui était l'aîné, hérita du comté
d'Urgel à la mort de son père, en l'an-
née 950. Treize ans après, il devint comte
de Barcelone, par la mort de Suniofred,
son cousin germain; il mourut le 24 sep-
tembre 993', laissant deux fils : Raimond-
Borrel, qui fut comte de Barcelone, &
Ermengaud, qui fut comte d'Urgel & au-
teur de la branche des comtes de ce nom.
Quant à Miron, frère de Borrel, il pa-
Marca fiispanici, p. j^^o & coUett. Moreau,
t. I 5, p. 55.
raît avoir été comte de Girone. Il assiste
en 947 à la dédicace du château de Fenes-
trelle J il prend le titre de comte & même
de marquis dans deux donations qu'il fit
en 968 à l'église de Girone'. On ignore
l'époque de sa mort, & il ne paraît pas
avoir laissé d'enfant. Il ne doit pas être
confondu avec Miron, son cousin, évéquo
de Girone.
IX
SUNIAIRE II, COMTE DE ROUSSILLON. —
SA FAMILLE. — LES COMTES DE ROUS-
SILLON.
On ne connaît pas l'origine de Suniaire II,
qui fut comte d'Ampurias depuis l'année
884 au moins jusqu'à 916, & de Roussillon
' Marca Hn^panica, append. n. 1 c6 & 107.
Note
RECTIF.
294
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
depuis 895 jusqu'à 915. Était-il fils ou pe- Elmerade, frère des comtes Bencion &:
tit-fils de Suniaire I, comte de Roussillon, Gauzbert, fut évêque d'Elne de 916 à 920'.
mort en 85o? Appartenait-il à une branche Wadalde, le quatrième, qui avait aussi
collatérale de la famille de Borrel, comte embrassé l'état ecclésiastique, fut le suc-
d'Ausone?C'est ce qu'en l'absence de textes cesseur immédiat d'Elmerade; il occupa
décisifs on ne saurait affirmer. Les auteurs le siège d'Elne depuis l'année 920 jusqu'à
de VArt de vérifier les dates se sont trompés l'année 947^ Peu de temps avant sa mort,
quand ils ont prétendu qu'il était neveu de le 29 janvier 947, il fit donation à son
Raoul, comte de Conflans,& fils de Miron, église d'un alleu qu'il possédait en Rous-
comte de Roussillon'. Aucune preuve ne sillon'.
peut être donnée de ce fait. Suniaire II, Guifred ou Gausfred I, fils de Gauzbert,
comte de Roussillon, ne doit pas être con- succéda à son père vers l'année 940, & fut
fondu avec Suniaire, comte d'Urgel, fils de comte d'Ampurias & de Roussillon. Il est
Wifred le Velu, mort en 960 seulement : il cité pour la première fois avec le titre de
était mort le 5 juin 916 ' & avait épousé comte, dans une charte de l'année 942. Il
Ermengarde, dont il eut quatre fils : Ben- fut présent, le 24 décembre 946, à la con-
cion, Elmerade, Gauzbert & Wadalde. Cette sécration de l'église de Saint-Martin de
filiation est établie par un certain nombre Bautices faite par Ermengaud, archevêque
de chartes'. de Narbonne, assisté des évèques d'Elne &
Bencion paraît avoir été comte d'Ampu- ^q Girone. Dans l'acte qui fut dressé de
fias du vivant même de son père; c'est du cette cérémonie, il porte le titre de comte
moins ce qui ressort d'un acte de vente, d'Ampurias, de Pierrelate & de Rous-
fait entre particuliers, d'un fonds de terre sillon \ Ce comte & Ave, sa femme, firent
confinant, est-il dit dans l'acte, à un autre ^^ échange de quelques domaines avec une
appartenant à la comtesse Godlane, femme femme appelée Hermentrude, le 20 juin
du comte Bencion, Ce comte fit une dona- 959'. Gausfred était mort au mois de mars
tion à l'église d'Elne "*, le 4 mars 916, pour ^g p^n 991, ainsi qu'il ressort de l'acte de
le repos de l'âme desafemmejil mourut délivrance faite à l'église d'Elne, par la
la même année sans laisser de postérité, comtesse Guisle, sa bru, & par ses autres
comme il est établi par une autre donation exécuteurs testamentaires, des alleux qu'il
faite le i" septembre 916, à l'église d'Elne, possédait au territoire de Cabannes dans
par Elmerade, évêque de cette ville, dans jg comté de Pierrelate^ Il eut quatre fils
laquelle il rappelle la donation faite à la gj. j^^j^ ^j-^jg comme l'avancent les auteurs
Note
EECTir.
même église par son frère, le comte Ben-
cion d'heureuse mémoire'.
A la mort de Bencion, Gauzbert, son
frère, qui avait hérité de son père du comté
de Roussillon, hérita également du comté
d'Ampurias. Il avait épousé Trutgarde, ci-
tée en 922*, & qui vivait encore en 980'.
de VArt de vérifier les dates\
1° Hugues, qui fut son successeur au
comté d'Ampurias, & qui épousa Guisle
ou Guillemette;
2° Guilabert, qui hérita du comté de
Roussillon & qui donna en 1007 avec Hu-
gues, son frère, au monastère de Rodes,
Il laissa un fils nommé Guifred ou Gausfred ^^^^ champs situés au comté de Pierrelate,
sur lequel nous reviendrons. On ignore
l'époque exacte de la mort de Gauzbert,
elle peut être fixée à l'année 940 environ. ' Marca Hlspanlca, append. n. 65. — Conférez
la Note VI de dom Vaissete, t. IV de cette édi-
' Art de vérifier les dates, édit. in-fol. t. 2, p. 329.
' Histoire de Languedoc, t. III, 1. XI, n. lxxviii.
' Marca Hispanica, n. 70 & seq.
^ Ibid. n. 66.
' Ibid. n. 70.
« Ibid. n. 67.
' Cartul. de l église d'Elne, f 88.
' Cartul. d'Elne, collect. Moreau, t. 7, p. 126.
' Ibid. t. 7, p. 118.
'• Charte citée par Fessa. — Art de vérifier les
dates, in-fol. t. 2, p. 829.
' Cartul. d'Elne, collect. Moreau, t. 14, p. 216.
« Ibid.
"' Art de vérifier les dates, t. 2, p. 329.
Note
RECTir.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
TABLEAU GENEALOGIQUE DE LA FAMILLE DE SUNIAIRE II, COMTE DE ROUSSILLON.
293
NoTr
BECTir.
Bention ou Bencion , comte
d'Ampurias , épousa Codiane, &
mourut en 916, sans laisser d'en-
fants.
Suniairell,! Gauzbert, comte de Roussillon
comte d'Ampu- ]& d'Ampurias à la mort de Ben-
rias & de Rous- /cion, son Irère; épousa Trutj^arde
sillon, mort cn\& laissa un fils. Il mourut vers
l'année 940.
91 3. Epousa Er-
mengarde , dont ,
il eut quatre fils :|
Elmerade, évêqued'Elne, de 916 1
à 920.
Wadalde, évêque d'Elne, de 920
à 947.
Guifred ou|
Gausfred l";
comte d'Ampu-
rias & de Rous-
si! Ion , épousa
Ave, dont il eut
quatre enfants, &
mourut avant le
mois de mars]
991.
Hugues, comted'Ampurias, épou-
sa Guisie ou Guillette. Mort en
1040 au plus tard.
Guilabert I , comte de Roussil-
n , mort sans enfants avant le
7 août ioi3.
Gausfred II, succéda, en ioi3,
à son frère Guilabert dans le com-
té de Roussillon. Mort vers l'an-
née 1060.
Suniaire, évêque d'Elne.
' Pons !•' du nom,
I comte d'Ampu-
rias & de Pierrc-
' late , mort vers
.l'année 1079.
Guilabert II ou
Guislebert, com-
te de Roussillon,
vécut jusqu'en
\ 1 102.
près de la ville de Castillon , mort sans
enfants avant le 7 août de l'année lOiS";
3° Gausfred II, qui succéda en ioi3 à son
frère Guilabert au comté de Roussillon 5
4° Suniaire, qui fut évêque d'Elne de
967 à 978.
Il paraît qu'en mourant Gausfred I avait
partagé ses domaines entre ses deux fils
aînés Hugues & Guilabert, & que Gausfred
le plus jeune n'eut point d'apanage. C'est
du moins ce qui paraît établi par l'acte en
vertu duquel les exécuteurs testamentaires
de son père délivrent à l'église d'Elne les
biens que Guilabert avait légués à cette
église dans le comté de Pierrelate, & où il
signe sans prendre aucune qualité '5 d'ail-
leurs jusqu'en ioi3 Hugues & Guilabert
agissent toujours ensemble, l'un comme
comte d'Ampurias, & l'autre comme comte
de Roussillon, & ce n'est qu'après la mort
de Guilabert que Gausfred apparaît en
Roussillon avec l'autorité de comte. Les
auteurs de VArt de vérifier les dates ont pré-
tendu que Gauzbert II était fils de Guila-
bert, c'est une erreur. Il est constant que
Hugues, Guilabert, Gausfred II & Suniaire
étaient frères. C'est ce qui ressort notam-
ment d'une vente faite à l'abbé & aux reli-
gieux de Saint-Pierre de Rodes, par le
comte Hugues & la comtesse Guisie, sa
femme, Pons leur fils, Gausfred, comte de
Roussillon, & Suniaire, évêque d'Elne, leur
frère, du i5 janvier 1029^5 d'une autre vente
faite à la comtesse Guisie, par le comte
' Cartul. d'Elne, f" 70, collect. Moreau.
' Dissertation de Fossa , collect. Moreau , t. 14,
p. 216.
Marco. Hispanica, append. n. zoz.
Hugues, son mari, le 17 décembre io36,
dans laquelle le comte Hugues & la com-
tesse, sa femme, reconnaissent que l'abbaye
de Saint-Pierre de Rodes avait la propriété
de la terre de Kanouas, en Roussillon, & de
l'église de Saint-Cyr, en vertu d'une dona-
tion qui lui avait été faite par l'évêque Su-
niaire & qu'il tenait de Guifred I, son père,
& d'Ave, sa mère : de Guîfredo comité, pâtre
suo, & de matre sua nomine Ava comitissa'.
Il est donc certain que Suniaire, évêque
d'Elne, était frère de Gausfred II, comte de
Roussillon, & comme lui fils de Gausfred I
& de la comtesse Ave'. D'ailleurs, le 3 août
968, ce prélat souscrivit le jugement rendu
par le comte, son père, en faveur de l'ab-
baye de Saint-Pierre de Rodes : Guifredus
gratia Dei cornes, filiusque ejus Suniarius
religiosissimus episcopus^'j & fit donation le
3o juillet 972, conjointement avec la com-
tesse Ave, sa mère, à l'église d'Elne, de la
terre de Truillas, dans le Roussillon*.
SUITE CHRONOLOGIQUE DES COMTES
DE TOULOUSE.
(778-918)
I. Chorson. — Cborson est le seul des
neuf cbefs nommés en Aquitaine par Char-
' Marca Hispanica, n. 21 5. — C'est à tort que
Baluze attribue à cette charte la date de l'an ç35.
' Marca Hispanica, append. n. 109, & Capital,
des rois de France, t. 2, p. 1640.
^ Capitulaires. tit. 144, col. [5^^■
^ Dissertation de Fossa, déjà citée.
Note
RECTIF.
296
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
lemagiie',en 778 auquel les auteurs contem-
porains donnent le titre de duc ;« Chorso dux
Tolosanus^ » S'étant laissé prendre en 789"
par Adalaric, duc des Gascons, & n'ayant
recouvré la liberté qu'en s'imposant des
conditions honteuses pour le nom franc, il
fut déposé en 790, par Charlemagne, qui
nomma à sa place le duc Guillaume'.
II. Guillaume, dit de Gellone. —
Guillaume fut duc ou marquis de la Marche
de Toulouse depuis l'an 790 jusqu'en 806.
En79o, cette Marcheétaitcomposéedu pays
deToulouse & de la Septimauie ou Gothie.
Le premier soin de Guillaume, en prenant
possession de ce gouvernement, fut de faire
rentrer les Gascons révoltés dans le devoir^
il y parvint en employant tour à tour la
force & la ruse''. Il soumit définitivement
ceux qui habitaient le pays de Fezensac,
c'est-à-dire l'ancien territoire d'Eausej il
érigea ce petit pays en comté & y mit un
comte nommé Burgund ou Bourguignon.
Grâce à son activité & à l'impulsion qu'il
sut donnera la guerre contre les Sarrasins,
Guillaume étendit encore les limites de
son gouvernement. En 798 il repoussa les
Sarrasins qui avaient tenté de faire une des-
cente en Septimauie. En 799, il dirigea l'ex-
pédition faite contre Barcelone & assista à
la prise de cette ville qui eut lieu en 801.
Enfin, il agrandit la Marche de Toulouse
en y ajoutant successivement les comtés
d'Ausone, de Girone, d'Ampurias, de Bar-
celone, d'Urgel & de Besalu conquis sur
les Sarrasins ^ En 806, Guillaume se retira
du monde & se fit religieux dans l'abbaye
de Gellone qu'il avait fondée depuis quel-
ques années, & qui était placée sous la
direction d'un parent de Charlemagne,
l'abbé Juliofred "'. La vie religieuse que
Guillaume mena d<ans cette abbaye lui mé-
rita le nom de saint. Il mourut en 812'.
' Fita Hludovici Iivp. — Pertz, t. 2, p. 608.
' lèid. p. 609.
' Ihld.
' Ibid.
'■" Ibid. t. 2, p. 6 I o & 6 I I .
* Vita S. Guillelmi, dans les Acta Sanctorum or~
dlnis S. Bent'd'icti, saec. 2, t. 2, & Preuves, Chartes
& Diplômes, n. XIII.
' Preuves, Chartes & Diplômes, n. XVII,
Raimond Raphinel. — Dom Vaîssete,
qui du reste n'a fait que suivre Mabillon,
n'est pas éloigné de croire que le succes-
seur de S. Guillaume au duché de Tou-
louse fut un personnage nommé Raimond
Raphinel, auquel une charte, dont on est
fort embarrassé de déterminer exactement
la date, donne le titre de duc d'Aquitaine,
dux Aquîtanorum. Comme cette charte est
le seul document qui nous révèle l'exis-
tence de Raimond Raphinel & que Ma-
billon, qui l'a signalée le premier, n'en a
imprimé que quelques lignes", nous la don-
nons ici en entier d'après une copie qui
nous a été conservée par dom Estiennot. Il
sera facile de se convaincre par une simple
lecture que cette pièce est supposée.
In nomine sanctae & îndlvîduae Trinïta-
tîs , Ego Raimiindus Raphinel, gratin Dei
dux Aquitanorum, constitutus in confessione
cathoUcae veritatis & tuitione ûdelium, con-
siderans diem extremum, cernens me validis-
simis sceleribus involutum , perpendens reos
V astis flammarum inferni trader e cruciatibus,
& justos praemia Paradisi possidere sine de-
fectione, vel ad extremum de maie actis poeni-
tudinem gerens ut fugitivus misericordiam per
domesticos Dei expostulans, ad fontem pietatis
pro ablutione meorum accurrens criminum,
cedo vel dono locum qui appellatur Lumbers,
situm in territorio Tolosano , super rivulum
Savae, in quo est ecclesia consecrata in honore
genitricis Dei Nlariae, &■ oratorlum non longe
positum, in quo requiescit Christi confessor
ISAajanus ; £■ in alio loco, in comitatu vel epi-
scopio Nemausensi, non procul a littore maris,
fiscum qui Poscarias dicitur, in quo simili
modo est constructa ecclesia, in honore virgi-
nis lAariae. Has supradictas ecclesias & loca
praenominata , cum omnibus adjacentiis vel
appendieiis suis, terris cultis & incultis, & om-
nibus ad se pertinentibus, ab integro cum ter-
minis suis, ego Raimundus suprascriptus pro
aeterna remuneratione, sicut supradixi, cum
adjutorio Jesu Christi, redemptoris nostri&sal-
vatoris, cedo vel dono Deo omnipotenti & filio
ejus Jesu Christo fi- Spiritui sancto £■ genitrici
Dei Mariae, & sancto Tyberio, 6- Attilioni ab-
bati & sancto conventui fratrum, & monasterio
quod Caesarion dicitur; quod est constructum
' Mabillon, Annal. Bened. ad ann. 796.
Note
RECTir.
Note
RECTIF.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
297
în territorto Bîterrensi^ in suburbîo Agathensï,
in quo sacrata est ecclesia in honore proto-
martyris Stephani , in qua requiescit corpus
supradicti martyris Tiberii, & Attilion ibidem
pater monachorum secundum regulam S. Be-
nedicti praesse videtur ; &• hoc donum, in ali-
moniapauperumvel stipendia monachorum-jibi-
dem Deo servientium, fixum & firmum maneat
în perpetuum, ut pro nobis &■ pro salute ipsius
domni, senioris nostri Karoïi, serenissimi impe-
ratoris,divinam clementiam eos exorare delec-
tet. Siquis vero post discessum meum,suasione
maligna, hoc donum suprascriptum dîsrumpere
temptaverit, iraDei maneat super eum & cum
Cain fratricida sit portio ejus, & cum Datan ۥ
Abiron & cum Juda traditore, qui sacrum cor-
pus Domini vendidit , donec ad emendationem
reniât, £■ non valeat vindicare quod cupit, sed
componat, det &■ insuper dicto monasterio auri
libras XX. Insuper donum suprascriptum pe-
renni tempore sit stabilitum, sine ulla inquietu-
dine féliciter. Scripta carta donationis hujus,
rogante Raimundo principe, in mense martio,
XII kalendas aprilis, sub feria V, apud Biterris
civîtate, régnante domino \_Ludovico'],anno xxi
imperii serenissimi imperatoris Karoli. Serenus
levita scripsit ' .
Tout dans cet acte concourt à en dénoter
la fausseté : la formule gratia Dei dux Aqui-
tanoruMy qui n'était pas en usage à cette
époque, le protocole même de la charte,
qui rappelle celui usité au dixième siècle,
la date dont les synchronismes sont contra-
dictoires. Il faut donc effacer le nom de Rai-
mond Raphinel de la liste des ducs ou com-
tes de Toulouse & nous résigner, comme le
remarque dom Vaissete, à ignorer le nom
de celui qui succéda immédiatement à
Guillaume dans le duché de Toulouse.
III. BÉRANGER. — Béranger, comte de
Toulouse en 819% & parent de Louis le Dé-
bonnaire, était fils de Hugues, comte de
Tours '; il était par conséquent de la famille
de Robert le Fort. Il est probable que ce
fut en 817 qu'il fut nommé marquis de
Toulouse, lorsque cette Marche fut sépa-
rée de la Gothie ou Septimanie. L'auteur
Recueil de dom Est'iennct , manuscrit lat.
12760, f. 387.
Vita Hludovici pii, Pertz, t. 2, p. 624.
' Ihid. p. 642.
de la Vie de Louis le Débonnaire ne lui
donne que le titre de comte ; mais il a celui
de duc dans Thegan'. Outre la Marche de
Toulouse, Béranger possédait encore le
Vêlai. Deux actes datés de l'année 825, & ti-
rés du cartulaire de Saint-Julien de Brioude,
nous apprennent qu'après avoir reçu ce
comté en bénéfice de Louis le Débonnaire,
il reconstruisit le château de Vitri , près
Brioude, qui avait été autrefois détruit par
les Sarrasins".
Béranger était très-attaché à Louis le Dé-
bonnaire. Les auteurs du temps célèbrent
sa prudence & sa haute sagesse, & disent
que lorsqu'il mourut, il fut fort regretté
de l'empereur & de ses trois fils, dont il
avait également su se faire bien venir '.Ber-
nard, duc de Septimanie, ayant été déposé
en 832, Béranger fut, à ce qu'il paraît,
nommé à sa place. Nous avons, en effet,
la notice d'un plaid tenu à Elne qui cons-
tate qu'il exerça, en cette année^, les fonc-
tions de marquis en Septimanie. Bernard
rentra en grâce avant la fin de l'année 833,
& reprit possession de son gouvernement ;
mais Béranger ne voulut pas s'en dessaisir,
& comme chacun des deux compétiteurs
avait en Septimanie de nombreux partisans,
leur querelle menaçait d'exciter une guerre
civile, lorsque Béranger mourut subitement,
en 835, en se rendant à la diète de Crémieu^
Il faut noter toutefois au sujet de la date
de cette mort, fixée par dom Vaissete d'après
les indications des chroniqueurs, notam-
ment de l'auteur de la Vie de Louis le Débon-
naire^ qu'un diplôme de Pépin I, roi d'Aqui-
taine, mentionne Béranger, comte de Vê-
lai, comme mort en 833*.
Bernard I. — Dom Vaissete a prétendu
' Thegan. — Pertz, t. 2, p. 6o3.
' Cartulaire de Saint-Julien de Brioude, n. SSp.
' Eodem anno,ipso in itlnere obiitBerengarius,
dux fidelis & sapiens, quem imperator, cum filiis
suis, luxit multo tempore. — Thegan, Vita Hludo-
vici. — Pertz, t. 2, p. 6o3.
'• Cartul. de l'ahbaye d'Arles. — Preuves, Chartes
& Diplômes, Charte du 5 avril 832.
5 Vita Hludovici, Pertz, t. 2, p. 642.
* Recueil des Historiens de France, t. 8. — Fau-
drait-il admettre, d'après ce diplôme, que Béranger,
comte de Vêlai, n'est pas le même que Béranger,
comte de Toulouse ?
Note
RECTIF.
Note
KECTir.
298
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
que Bernard I, fils de Guillaume, marquis
de Septimanie, avait succédé à Béranger, en
835, dans la Marche de Toulouse. Il avoue
cependant qu'il n'existe aucune preuve de ce
fait, mais qu'il y a pour le croire de fortes
présomptions. Comme les principaux argu-
ments fournis par le savant historien de la
province de Languedoc à l'appui de cette
thèse, sont tirés d'une chronique fort sus-
pecte, attribuée à Odo Aribertl, chronique
qui ne mérite aucune confiance, nous ne
nous arrêterons pas à réfuter une assertion
démentie par le témoignage de tous les
chroniqueurs contemporains. Aucun d'en-
tre eux ne donne à Bernard le titre de comte
ou de duc de Toulouse j au contraire,
toutes les fois qu'il est fait mention de lui,
c'est par le titre de cornes Barcinonae, de
dux Septimanîae, de cornes Marcae Hispa-
niae ou Barcinonae, qu'il est désigné', c'est
à Barcelone qu'il réside, c'est en Septima-
nie qu'il agit. Bernard, fils de S. Guil-
laume, n'a donc exercé aucune fonction
dans la Marche de Toulouse , & son nom
doit être effacé de la liste des gouverneurs
de cette province.
Warin. — Un autre personnage qui ne
doit pas figurer non plus au nombre des
comtes de Toulouse est le duc Warin. Nous
croyons, avec dom Vaissete, que le duc
Warin ne peut être identifié avec Warin,
comte d'Auvergne, qui en 819 aida Béran-
ger, duc de Toulouse, à repousser les Gas-
cons^j il était comte de Mâcon. C'est en
cette qualité qu'en 825 il échangea avec
Hilbaud, évêque de Mâcon, la terre de
Cluny qui lui appartenait. L'acte d'échange
est daté de Mâcon, le 14 juillet 825. Louis
le Débonnaire confirma cette disposition
par un diplôme donné à Aix-la-Chapelle,
à la prière, dit-il, de son fidèle, le comte
Warin'.
Warin fut un des défenseurs les plus zélés
de Louis le Débonnaire contre son fils
Lothaire. En 884, aidé de Bernard, marquis
de Septimanie, il souleva les populations
de la Bourgogne en faveur de l'empereur,
' Voyez Pertz, Monum. t. 1 , p. 216,218,860,364,
423, 8tc.
* Pertz, t. 2, p. 624.
^ Cartul, lit: Saint-Vincent de Mâcon.
& au printemps les deux chefs s'avancèrent
jusqu'à la Marne pour réclamer sa liberté.
Mais la fortune ayant favorisé Lothaire,
Warin dut revenir en Bourgogne ; il se
renferma dans Châlons avec les principaux
partisans de Louis le Débonnaire. Lothaire
ayant fait le siège de cette ville, & l'ayant
forcée à se rendre, Warin, plus heureux que
ses compagnons de captivité mis à mort
par le vainqueur, eut la vie sauve. Lorsque
Charles le Chauve parvint à la couronne,
Warin suivit son parti"; c'est à lui & aux
Bourguignons mêlés aux Provençaux qui
marchaient sous ses ordres, que ce prince
dut le succès de la bataille de Fontenay
livrée le 25 juin 841 \
Ce qui a donné lieu aux savants auteurs
de YHîstoïre de Languedoc, d'affirmer que
Warin avait été duc de Toulouse, c'est que
la Chronique d'Adhémar de Chabanais &
d'autres chroniques plus récentes, disent
qu'à cette bataille Warin marchait à la
tête des Toulousains & des Provençaux.
Sed subito Garlnus dux, cum Toîosanis &
Provîncîanîs supervenîens , bellum restauravit
& fugatus est Lotharîus\ C'est là le seul pas-
sage sur lequel puisse s'appuyer le duché
toulousain de Warin. Cet exemple prouve
une fois de plus, avec quelle prudence il
faut faire usage des chroniqueurs du on-
zième & du douzième siècles pour écrire
l'histoire du neuvième. Ce qui ressort de
tous les textes contemporains, chroniques
ou chartes, c'est que Warin était comte de
Mâcon, de Châlons &d'Autun; qu'il prenait
le titre de duc, parce qu'il exerçait égale-
ment son autorité sur le Lyonnais, le Vi-
varais & le comté de Vienne. Il n'a jamais
été duc de Septimanie ni de Toulouse, &
on ïie le voit pas agir une seule fois dans
l'Aquitaine proprement dite. Il mourut en
' Vita Hludovici Imp. Peitz, t. 2. p. 687, 638.
" ïhid. t. 2, p. 624.
' Chronicon Adhemari. — Labbe , Bibliotheca
nova mss. t. 2. — Chronicon Malleacense, dans le
Recueil des Chroniques des églises d'Anjou, publié
pour la Société de l'Histoire de France par MM. P.
Marchegay & E. Mabille, p. 302. — Le rédacteur
du Chronicon Aquitanicum, mieux renseigné, l'ap-
pelle tout simplement dux Provinciae. Pertz, t. 2,
p. 253.
Note
RECTIF.
Note
RECTIF.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
299
853 ou 854 & laissa un fils nommé Isem-
bert, qui paraît avoir été comte d'Autun en
854', après avoir exercé en 849 & 85o un
commandement dans la Marche d'Espagne.
Il faut donc retrancher le nom de Warin de
la série des comtes de Toulouse.
IV. EcFRiD ou AcFRED. — Mais si Ber-
nard I, marquis de Septimanie, & si Warin
n'ont pas été comtes de Toulouse, quel a
donc été le successeur immédiat de Béran-
ger ? Nous avons tout lieu de croire que ce
fut Acfred, qui est dit comte de cette ville
en 842, & qui, selon Nithard, sut déjouer
les manœuvres des émissaires de Pépin en-
voyés pour le perdre". Les Bénédictins ont
parfaitement établi, contre l'opinion des
auteurs du Journal de Trévoux, qu'Acfred,
comte de Toulouse, n'était pas le même que
Wifred ou Acfred, prétendu comte de Bour-
ges de 828 à 840. Il n'était pas nécessaire
d'engager à ce sujet une discussion en règle;
car Wifred, comte de Bourges, est un per-
sonnage apocryphe inventé par le récit de
la translation des reliques de S. Genou pour
doter d'une illustre origine le monastère
d'Estrée. Ce récit purement légendaire a
été écrit au commencement du onzième
siècle , & certainement après l'année 990 ;
il ne mérite aucune confiance pour les
faits qui se sont accomplis près d'un siècle
& demi avant l'époque de sa rédaction. Il
n'y a donc pas eu de Wifred ou d'Acfred,
comte de Bourges. Quant à celui de Tou-
louse , on ne connaît pas son origine; tout
ce qu'on sait de positif à son égard se
borne à la citation de Nithard sous l'an-
née 842. Nous croyons cependant qu'il fut
nommé à Toulouse, après la mort de Bé-
ranger, & qu'il fut révoqué en 845, lors du
traité de Fleuri-sur-Loire.
Pépin, qui, par suite de ce traité, était
devenu tout-puissant en Aquitaine, ne pou-
vait laisser à Toulouse un des plus chauds
partisans de Charles le Chauve, un de ceux
qui lui avaient toujours fait le plus d'oppo-
sition; & en effet, lorsqu'en 849 Charles le
Chauve, voulant reprendre l'Aquitaine sur
Pépin, vint mettre le siège devant Tou-
Gallia Christiana, eccîesia ^duensis , Instrum,
t. i3, col. 5o, n. I 1.
' Nithard, Pertz, t. i, p. 3io.
louse, Frédclon, le comte qui défendait
cette ville, était un fidèle de Pépin.
Depuis sa sortie de Toulouse, jusqu'en
855 ou 856, on ne saurait dire ce que de-
vint Acfred. Il paraît cependant que Char-
les le Chauve , pour le dédommager de la
perte de son comté, lui avait donné quel-
ques bénéfices; mais Acfred, peu sensible
à ces bienfaits, avait cherché, de concert
avec le comte Etienne, à entraîner le jeune
Charles, roi d'Aquitaine, à se soustraire
à l'autorité paternelle". Il était parvenu
même à exciter une sédition, & en 864, Ro-
bert le Fort dut marcher contre les mé-
contents. Il prit les principaux parmi les-
quels était Acfred & les présenta au roi.
Celui-ci, à la prière de Robert & de quel-
ques autres comtes, pardonna à Acfred sa
conduite passée, & le renvoya après lui
avoir fait jurer qu'à l'avenir il lui serait
fidèle. Il y a lieu de croire qu'Acfred tint
son serment; car, en 867, Charles leChauve
joignit aux bénéfices dont il l'avait déjà
gratifié, l'abbaye de Saint-Hilaire de Poi-
tiers & le comté de Bourges qui n'était
point vacant, & cela, sans que le comte
Gérard, qui en était le possesseur, eût
donné au roi aucun sujet de plainte contre
lui. Gérard, justement irrité, défendit son
comté contre Acfred qui tenta de s'en em-
parer par la force. Or, un jour que les
soldats de Gérard l'avaient contraint à se
retirer dans un château dont il ne voulait
pas sortir, ils y mirent le feu, prirent le
comte Acfred, lui coupèrent la tête & jetè-
rent son corps dans le brasier qu'ils avaient
allumé \ Ainsi périt Acfred ou Ecfrid ,
comte de Toulouse.
V. Frédelon. — Dom Vaissete croit
qu'en 849 Frédelon n'était pas véritable-
ment comte de Toulouse , parce que la
Chronique de S. Wandrille, qui raconte le
siège de Toulouse par Charles le Chauve,
ne lui donne que le titre de custos urbîs;
mais le mot custos, dans les monuments de
cette époque, est souvent synonyme de
ceux de cornes & de marchio. En effet, Ber-
■ Annal. Bertin. ad ann. 864. — Rec. des Hist.
de France, t. 7, p. 88.
' Annal. Eertin. ad ann. 867. — Rcc. des Hist.
de France, t. 7, p. 97.
Note
HECTIF.
Note
RECTIF.
3oo
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Il ressort de ce que nous venons de dire
que la série des premiers comtes de Tou-
louse doit être établie de la manière sui-
vante :
Chorson, 778-790;
Guillaume, 790-8063
DÉRANGER, 817-835 î
ECFRID, 835-845;
FrÉDELON, 845-852 ;
Raimond , 852-864,-
Bernard, 864-875;
Eudes, 875-918.
nard I, marquis de Septimanie, est appelé
par Nithard, custos limitum Hispanîae.
Frédelon , qui avait été nommé comte
par le roi Pépin, rendit, en 849, la ville
de Toulouse à Charles le Chauve, & ayant
prêté serment de fidélité à ce prince, il fut
confirmé dans ses fonctions & demeura en
possession de son comté '.
VI. Raimond. — Au comte Frédelon,
dont la famille était alliée à celle d'Hinc-
mar, archevêque de Reims % succéda, en 852,
son frère Raimond : c'est de ce dernier que
descendent les comtes héréditaires de Tou-
louse, dont la filiation s'est continuée jus-
qu'au milieu du treizième siècle.
Guillaume, fils de Dodane. — Les
auteurs de VHistoire de Languedoc ont pré-
tendu que Guillaume, fils de Dodane, avait
été comte de Toulouse, & qu'il avait suc-
cédé au comte Warin. Nous avons fait voir
que c'était en Bourgogne, dans le pays
d'Autun, qu'étaient situés les bénéfices de
Guillaume, que les domaines qu'il y possé- de S. Guillaume de Gellone, figure comme
dait avaient appartenu à sa famille & qu'ils comte d'Autun & commissaire du roi, mîs-
lui avaient été légués par Théodoric, son sus ^ dans la Notice d'un plaid tenu à Bote-
grand oncle. Il est douteux qu'il ait ja- dono en 796, au sujet d'un serf nommé
mais obtenu un commandement dans la Dodon que son avoué réclamait comme
Marche d'Espagne, & ce n'était pas au mo- dépendant du domaine du roi'. Il récla-
ment où Charles le Chauve venait de faire mait d'autres serfs en 818 & 819 au tri-
mourir le père pour crime de haute trahi- bunal des missï, par la voix de Frédal, son
son, qu'il eût donné tout ou partie de sa avoué, serfs qui appartenaient au domaine
succession au fils. Ce qu'on ne saurait nier, impérial de Perreci & qui se prétendaient
cependant, c'est que Guillaume se crut libres'. Il y eut contre lui, en 826, une es-
lésé dans ses intérêts, qu'il prétendait avoir pèce de soulèvement des habitants de son
XI
suite chronologique des PRKMIKRS
COMTES D'AUTUN.
(796-921)
Hildebrand, que nous croyons être cousin
des droits sur le comté de Barcelone, &
qu'en 849, il vint disputer ce comté au comte
Aledran, successeur de Bernard. Après s'être
emparé de la ville de Barcelone & du comté
d'Ampurias, il fut fait prisonnier au com-
comté ; ils refusaient de lui fournir les che-
vaux de service auxquels ils étaient tenus.
L'empereur prescrivit aux mîssi , dans le
département desquels se trouvait le comté
d'Autun, de faire une enquête sur les faits
mencement de l'an 85o, jugé & condamné & de rendre sur ce différend une sentence
définitive'. Il esta présumer que les habi-
tants n'avaient pas précisément tort, 8c que
à être décapité pour crime de félonie '.
' Chronicon Fontcincll. — Pertz , Monum. t. 2 ,
p. 3o3.
' Scripsit (Hincmarus) Bernardo comiti Tolosano,
propinquo suo, pro rébus ecclesiae Remensis in
Aquitania conjacentibus. Frodoard, Historia eccle-
siae Remensis, 1. 3, c. 26.
' Ce qui a donné lieu à l'erreur de dom Vaissete
est un passage d'Adhémar de Chabanais, où on lit
eue Vulgr in épousa la sœur de Guillaume, comte
de Toulouse ; mais c'est probablement de Guil-
laume, comte de Bordeaux, qu'il a voulu parler.
pour leur donner satisfaction, on déplaça
le comte Hildebrand; toujours est-il que
l'année suivante, en 827, nous voyons un
Hildebrand, que nous croyons être le même
que le comte d'Autun, envoyé comme com-
missaire impérial, avec le comte Donat,
' Cartul. de Perreci, n. 4, & Recueil de Pérard.
' nid. n. 3, 7 & 8.
' PertZj LegeSj t. 1, p. 255.
Note
RECTIF.
NOTES SUR L'PIISTOIRE DE LANGUEDOC.
3oi
dans la Marche d'Espagne, pour mettre
ordre aux affaires de ce pays, compromises
par l'incapacité ou la mauvaise intelligence
des comtes qui y étaient préposés '.
Eckard, son fils, fut-il son successeur au
comté d'Autun? C'est ce qu'on ne saurait
affirmer. Il est fait mention de lui pour la
première fois dans un diplôme de Pépin I,
daté de Vouneuil, le 29 juin 838, par
lequel ce prince lui donne en bénéfice le
domaine de Perreci, situé dans le pays
d'Autun, avec l'église de Saint-Pierre & ses
dépendances'. L'année suivante, Louis le
Débonnaire qui faisait couronner à Poitiers
son fils Charles, roi d'Aquitaine, confirma
cette donation faite au comte Eckard, par
un diplôme daté du vingt-huitième jour de
décembre \ Il fut envoyé en 859, comme
commissaire, dans la Senonnaise avecThéo-
doric,son frère % & testa vers l'année 876'.
Voilà tout ce qu'on sait de positif à son
égard.
De 827 à 864, l'histoire des comtes d'Au-
tun est fort obscure, & il est à craindre
malheureusement qu'elle ne soit jamais
éclaircie d'une manière satisfaisante. Il est
certain que le comte Eckard possédait de
grands biens dans le pays d'Autun; mais
était-il aussi en possession du comté? Là
commence le doute.
Il paraît, d'après une Notice du cartulaire
de Perreci, que ce fut un comte Eudes qui
aurait succédé à Hildebrand^. Il fautpro-
bablement reconnaître dans ce comte Eu-
des celui qui fut comte d'Orléans & de
Nevers, depuis 828 environ jusqu'en 884,
& dont le fils, nommé Guillaume, tenait
encore des bénéfices en Bourgogne, lors-
qu'il fut décapité par ordre du roi.
Le duc Warin, comte de Mâcon & de
Châlons , paraît aussi avoir été comte d'Au-
tun. En 85o, il était abbé de Flavigni, en
Auxois'; une charte publiée par M. Gé-
raud lui attribue en 852 un rôle qui ne
' Fita. Hludovici, Pertz, t. 2, p. 63o.
* Cartul, de Perreci, n. lo.
' Ihid. n. II.
•♦ Pertz, Leges, t. i, p. 463.
^ Cartul. de Perreci, n. 12.
« Ibid. n. 5.
' Cartul. de Flavigni, Charte i.
peut appartenir qu'au comte d'Autun ' :
En 854 Warin était mort, & son fils Isem-
bert lui avait probablement succédé j car
on le voit, cette même année, posséder dans
la ville d'Autun des biens qui paraissent
faire partie du domaine des comtes de cette
ville'. Isembert avait obtenu avant cette
époque une mission dans la Marche d'Espa-
gne. Peut-être gouverna-t-il le comté d'Am-
purias pendant quelques années? En 849, il
défendit ce comté contre Guillaume, fils de
Dodane, qui réussit à s'en emparer momen-
tanément. Fait prisonnier avec Aledran ,
comte de Barcelone, il recouvra peu de
temps après la liberté. Il est probable qu'il
fut rappelé à la suite de cette campagne mal-
heureuse, & qu'il revint en Bourgogne. Il
n'est plus fait mention de lui par la suite.
En 865, nous trouvons Robert le Fort
titulaire du comté d'Autun; il le possédait
déjà depuis un an au moins, car Charles le
Chauve, en 865, avait ajouté le comté de
Nevers & celui d'Auxerre aux bénéfices
que Robert possédait déjà en Bourgogne.
Ces bénéfices, il les tenait en vertu de la
donation qui lui avait été faite l'année
précédente (864) des biens confisqués sur
Bernard, fils de Dodane, & il y a lieu
de croire que parmi ces biens se trouvait
le comté d'Autun , que Robert possédait
en 866 '.
Bernard, fils de Dodane, peut donc avoir
été nommé comte d'Autun en 864, ou un
peu auparavant. Il fut privé la même an-
née de tous ses bénéfices, & le comté d'Au-
tun fut donné à Robert le Fort. L'année
suivante, Robert joignit à ce comté ceux
d'Auxerre & de Nevers; mais Bernard ayant
réussi à se maintenir par la force dans la
possession des biens dont il avait été privé,
le roi, sur le conseil de Robert le Fort,
donna le comté d'Autun à son fils Louis ^.
Cette mesure n'arrêta point les prétentions
de Bernard, qui persévéra dans sa révolte
& se défendit les armes à la main; surpris
en 872 par une des bandes envoyées contre
lui par Bernard, fils de Blichilde, marquis
' Bihlioth. de VÈcole des Chartes, t. r, p. 2o5.
' Gallia Christiana, t. 1 3, instrumerita, col. 5o.
' l^mcmar. Annales Remens. — Pertz, t. i,p.47l.
* Pertz, t. I , p. 470.
Note
RECTIF.
Note
RECTIF.
3o2
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
XII
de Gothie, il fut tué dans la mêlée. Le roi
voulant reconnaître le service que venait
de lui rendre le marquis de Gothie, lui
donna les biens laissés vacants par la
mort du fils de Dodane, c'est-à-dire le comté
d'Autun & ses dépendances". C'est, en effet,
par le titre de Dux Augustidunensium que
le rédacteur des Annales de S. Waast dési-
gne le fils de Blichilde, lorsqu'il raconte
comment il fut condamné, en 878, pour
crime de haute trahison^
Après la condamnation de Bernard , fils
de Blichilde, les biens qu'il possédait fu-
rent partagés entre les fidèles du roi. Ber-
nard, fils de Luitgarde, comte d'Auvergne,
eut la Gothie pour sa part. Théodoric,
frère du comte Eckard, camérier de Louis
le Bègue, fut pourvu du comté d'Autun'. A
la mort de ce dernier, arrivée en 879, ce
comté passa entre les mains de Boson,
qui, s'étant fait couronner roi de Provence
le i5 octobre 879, donna le comté d'Au-
tun à son frère Richard ^. Celui-ci, connu
sous le nom de Richard le Justicier, est,
en effet, qualifié duc d'Autun dès l'an-
née 880. Il mourut en 921 & fut père du
roi Raoul. Sauf réserves, nous croyons donc
qu'on peut établir de la manière suivante
la liste des comtes carlovingiens d'Autun :
HiLDEBRAND, 796-827 -,
Eudes, de 83o' environ à 884 j
Warin, jusqu'en 854 j
ISEMBERT, 854J
Bernard, fils de Dodane, 804-872 j
Robert le Fort, 864-866^
Louis, fils de Charles le Chauve, 866 ;
Bernard, fils de Blichilde, 872-878 ;
Théodoric, frère d'Eckard, 878 & 879^
BosoN, marquis de Provence, 879 j
Richard le Justicier, 880.
' Pertz, t. I, p. 494.
* Annales Veiast. — Pertz, Monam. t. 2, p. ipy.
' Hincmar, Annales, ad ann. 878.
* Pertz, t. I , p. 5 12.
' Eudes est cité comme comte d'Orléans & de Ne-
vers dès 828. Il est possible qu'il ait été comte
d'Autun à partir de la même époque. Nous croyons
que c'est le même comte Eudes, qui est dit cousin
de Bernard I, marquis de Gothie.
Note
r.F.cTir.
COMTES DE POITOU.
(778-935)
Selon VArt de vérifier les dates, dont les
auteurs se sont contentés de copier Besly
en apportant à leur œuvre quelques-unes
des rectifications indiquées par Dom Vais-
sete, la série des premiers comtes de Poitou
doit être fixée de la manière suivante :
Depuis 8x5 jusqu'en 835 environ, Ricuin
& Bernard;
Depuis cette dernière date jusqu'en 839,
le même Bernard & Emenon son frère;
En 839, Ranulfe I;
En 867, Bernard II, marquis de Gothie
& de Septimanie ;
En 880, Ranulfe II , fils de Bernard,
marquis de Gothie ;
En 893, Adhémar, fils d'Emenon;
En 902, Eble, fils de Ranulfe M :
En 935, Guillaume I, Téte-d'Étoupes,
fils du précédent, &c., &c.
Nous prouverons dans cette note : qu'il
n'y a pas eu de comte de Poitou du nom
de Ricuin;
Que Bernard, comte de Poitou en 8i5,
n'était pas le frère d'Emenon; que tout au
plus pouvait-il être son père;
Qu'en 867, il n'y a pas eu de Bernard,
comte de Poitou, deuxième du nom;
Que Ranulfe II était fils de Ranulfe I
& non de Bernard, duc de Septimanie;
Qu'il succéda directement à son père en
867, & non en 880 seulement;
Qu'Eble succéda à Ranulfe II en 890,
qu'il fut chassé en 893 par Adhémar & ré-
tabli en 902.
I. Abbon. — Nous avons vu plus haut
que le comte auquel Charlemagne confia,
en 778, le gouvernement du Poitou, s'ap-
pelait Abbon. C'était, au dire de l'Astro-
nome, auteur de la Vie de Louis le Débon-
naire^ un de ses chefs les plus habiles. En
sa qualité de comte, Abbon présida, la
treizième année du règne de Charlemagne
qui correspond à l'an 780 de l'ère chré-
tienne, deux plaids tenus à Poitiers. Dans
le premier, qui eut lieu le dimanche dix-
huitième jour de novembre, il termina le
Note
RECTIF.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
3o3
différend qui existait entre les religieux
de Noaillé & Abolomiérus, abbé de Saint-
Hilaire de Poitiers, au sujet de certains
biens sur lesquels les deux abbayes pré-
tendaient avoir également droit'. Dans le
second, tenu peu de temps après, le pre-
mier jour du mois de décembre, il pro-
nonça sur un autre différend qui divisait
les mêmes communautés au sujet d'un acte
d'échange, autrefois passé à Poitiers, en
présence du prince Waïfre & sous son
autorité'. Le nom du comte Abbon figure
Novembre 780.
' Notitia quibus praesentibiis veniens Arembertus
clericus, die sabbati, Pictavis civitate, qualiter fuit
praesens in mensis november, dies x & octo, coram
Abbone comité, vel seniore suo Jeprone abbate, re-
petebat adversus alios homines Abolomieri ; dicebat
quod mansio Sancti Helarii in villa Luciago de
ratione Novaliacense, ubi Dodina colona Sancti
Helarii visa [est manere], malo ordine possederint
in rébus, in aquis, 8ic. Eoque praesente quaesita
respondit, quod ipsa in corte, nec suos heredes non
debere [rem] habere, sed... dixit quod de super Cas-
tro légitima initio habebant, per quod ipsa mansa
faciebant & in ipso initio, in dies xv, & eveniat
dies sabbathus, in ipsa civitate coram ipso comité
confirmaverunt etiam & ipsi Arembertus ipso Abo-
lomiere, quod villa Sancti Helarii de ipsa ratione
Novaliacinse... Luciago modo redderet, possederet
similiter initium legitimum ad ipsa placita, ac
firmaverunt per quid ipsa villa possederint. His
praesentibus factum fuit. Sig. Thodoenus, advo-
catus Abbonis comitis. S. Matheo, S. Thodoleno,
Hludovicus, S. Gonadelo, S. Wannigo, &c.
Data in anno xiii régnante domno Karolo rege,
in mense november. Nathem scripsit. (Recueil d'Es-
tiennot, ms. latin, n. 12767, f 253.)
2 Décembre 780.
Notitia ubi veniens Abolomiérus, sexta feria, ipsa
die kalendis decembris, Pictavis civitate, inter duas
ecclesias, ante Abbonem comitem seu & Jepronem
abbatem,ad placitum illum,quem contra Hermem-
bertum ex cellula Nobiliaco habebat Gratianus;
unde ipsa die scripturae initium legitimum prae-
sentare deberet, per quod locellum nuncupatum
Jaciacus, de ratione Novaliacensi possederit. Ad
praesens Abolomiérus advenit & concambium de
nominato Gratiano ibidem praesentavit, quomodo
decessor ipsius Abbomiere abba prout Gratiano
ipsum locellum concamiaverat, & Hermenbertus ad
praesens notitias ostendit ad relegendum, quomodo
clerici Sancti Hilarii, postquam ipse concamius
fuit factus Gratiano, ante Waifarium principem
miserunt in rationes pro cellula Novaliaci, quod
encore au bas d'une sentence prononcée
à Poitiers le 27 avril 790, par le tribunal
des mïssi dominici'^ & dans un diplôme
donné en 792 par Louis le Débonnaire
en faveur du monastère de Noaillé'. Il
est probable que ce comte vivait encore
en 811, & que c'est lui qui est cité parmi
les douze principaux chefs francs qui ga-
rantirent l'exécution du traité que Louis
le Débonnaire conclut cette année-là avec
malo ordine ipse Gratianus ipsam cum appenditiis
possidebat, & testamentum de nominato Hermen-
berto ante cessionem ipsius Waifario principi,
nomine Unegarius, praesentaverat, quomodo ipse
Jaciacus ad partes Sancti Hilarii pervenerat, ins-
pectoque ipso testament©, ipse Gratianus ipsum
Jaciacum tentare non potuerat, & per suos vadios
ipsam cellam, cum reliquis appenditiis suis parti-
bus Sancti Hilarii reddiderat, & Unegario pro ipsa
cella fidejussores donaverat. Relicta ipsa notitia,
taliter ipsi viri dixerunt, ad quando probi homi-
nes judicantes ante ipsum comitem adveniebant
ad alias causas judicandura, tune ita causa melius
judicata esse poterat, vel ab ipso comité, vel vene-
rabili viro Jeprone abbate. Etiam & ad invicem
litigatores convenit, ut quando ipse comes in
ipsam civitatem adventaret, & missus ab ipso co-
mité apud missum ipsius Hermenberti ipse Abolo-
miérus denuntiabit, in legitimo placito ante ipsum
comitem ipse Abolomiérus advenisse deberet, ad
hanc causam ratiocinandum apud ipsum Hermen-
Lertum vel missum de partibus Sancti Hilarii,
taliter ipse Abolomiérus visus fuit spondere : His
praesentibus actum fuit. Sig. Abbone comité. Sign.
Mathaeo. Sig. Sideberto. Sig. Dolinus. Sig. Er-
medrinus. Sign. Ermentreus. Sign. Theodrode.
Sign. Dodone. Sign. Gacilone. Sign. Emerigo.
Sign. &c. Data in mense decembri in anno decimo
tertio régnante Karolo rege. (Archiv. de Noaillé, —
Recueil de dom Estiennot , izjSj, f. 289. — Ma-
billon, Annal. Bened. t. 2, p. 716.)
27 avril 790.
' Notitia qualiter veniens Odaseira, die lunis,
v kalendis maii, Pictavis civitate, in aede domni
Helari, coram Alebaldo & Hermingaude misse
domno Hloduvicho, rege Aquitanorum , vel aliis
venerabilibus viris qui cum eis jderant... repetebat
adversus alicos istos nomine Faresmundo... alode
suo in pago Adrasinse in villa qui dicitur Pino...
Actum fuit a Frialdo in advocatione Adelbaldi
Hermengaudi missos. S. Dodone. S. Abbonis comitis.
S. Rotberto. S. Ermemberto. S. Regemberto. Data
in mense aprili, anno xxii régnante Karolo rege.
(Recueil de dom Estiennot, ms. latin 12757, f. 255.)
' Mabillon, Annal. Bened. t. 2, p. 71 5.
Note
RECilF.
Note
RECTIF.
3o4
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
les Normands '; Il aurait eu alors pour suc-
cesseur immédiat le comte Bernard, cité
dans un acte de 8i5 comme comte de
Poitou.
II. Bernard. — Ce dernier, en tous les
cas, ne succéda point, comme le veulent
Besly, Dom Vaissete & les auteurs de VArt
de vérifier les dates, au comte Ricuin, pré-
tendu successeur d'Abbon. Ricuin, qu'on a
fait à tort comte de Poitou, était comte
de Padoue. C'est Besly qui, trompé par la
leçon fautive des manuscrits de la Vie de
Louis le Débonnaire, a le premier commis
cette erreur. L'Astronome, auteur de cette
vie, rapporte qu'en 814 le comte Ricuin
fut chargé avec Norbert, évèque de Reggio,
en Italie, d'accompagner à Constantinople
les ambassadeurs grecs qui étaient venus
trouver Louis le Débonnaire à Aix-la-
Chapelle & renouveler le traité d'alliance
des deux Empires. Les éditeurs de cet
auteur donnent à ce comte le titre de Cornes
Pîctavinus". Mais, indépendamment du peu
de probabilité qu'il peut y avoir à ce qu'on
ait choisi un comte de Poitou & un évêque
d'Italie pour composer cette ambasssade,
nous avons le texte d'Eginhard qui , rap-
portant le même fait , donne à Ricuin la
qualification de Cornes Patavinus '. Cette
autorité est d'autant plus grande pour le
point qui nous occupe, que les manuscrits
d'Eginhard sont en général plus anciens
que ceux de la Vie de Louis le Débonnaire
& beaucoup plus nombreux. Il faut donc
restituer à Padoue le comte Ricuin & le
retrancher de la liste des comtes de Poitou''.
' Eg'tnhardl Annales, Pertz, t. i, p. 198.
• Vita Hludovici imper, ad ann. 814. — Recueil
des Historiens de France, t. "6, p. 174.
^ Quibus susceptis atque dimissis, domnus Hlu-
dovicus legatos suos, Nordbertum Regiensem epis-
copum & Richowinum Patavinum comttem ad
Leonem imperatorein direxit. Eginhard, Annales ,
Pertz, t. 1, p. 201.
^ La Vie de S. Cowion fait mention d'un comte
Ricuin comme vivant en 832. Les auteurs de VArt
de vérifier les dates attribuent cette mention au
comte Ricuin, cité en 814, & en concluent que
celui-ci fut comte de Poitiers depuis 814 jusqu'en
832 au moins, concurremment avec Bernard, qui
seul figure dans les actes authentiques. Mais faire
du Ricuin cité en 832 par la Vie de S. Cowion un
Bernard , successeur d'Abbon , qualifié
d'homme illustre, vir illuster, est nommé,
dans la Notice d'un plaid tenu à Poitiers, le
mercredi 20 juin 8i5, par Godilus, son
missus, ou lieutenant, au sujet de deux serfs
qui furent convaincus d'avoir fait fabriquer
de fausses lettres d'affranchissement. Nous
rapportons ici cet acte intéressant à plus
d'un titre.
Cum advenisset Godilus, missus illustri viro
Bernardo comiti, die mercoris Pictavis civi-
tate, XII kalendas julias,ad justiciasfaciendas,
ibique adveniens alicus homo nomine Ramnul-
fus , advocatus Sancti Juniani seu Dadeno
abbate, repetebat aliquo homini Allafredo &
germano Allifredo. Dicebat quod genitor
eorum, nomine Leofredus, servusfuerat Sancti
Juniani ex villa Teciaco, & ipse in postmodum
illo servitio, quod de eorum debuerat, malo
ordine reddere contemnebat. Qui jamdicti ho~
mines ad présente adstabant & charta ibi-
dem ostenderunt , cum alicus homo nomine
Alifredus ipsus (sic) ante eos dies ingenuus
relaxasset , reddita ipsa charta; taliter fuit
inventum quod falsa in omnibus aderat. In-
terrogatus fuit ipsus Allefredus & germano
suo AUfredo, ut si ipsa charta ver a aderat,
aut si ipsa adprobare potebant aut non; taliter
dixerunt quod ipsa charta adverare non po-
tebant, sed falsa in omnibus aderat £• ipsa
comscribere rogaverant, nec per nullo modo
ad ingenuitatem se tensare non potebant. Sic
ad présente ipsa falsitione per ipsa charta
rewadiaverunt & in servitium Sancti Juniani de
parte genitore eorum Allifredo se cognoverunt,
& ad pedes ipsius Ramnulphi se prostrade-
derunt, & wadios de omnibus ei dederunt, per
quid ipsa falsitione presentaverunt vel per
quid illo servitio contenderunt.
Godilus missus, S. Warachione, S. Asone,
S. Monario, S. Gestario, S. Gravimarus,
S. Theodaldo, S. Didone, S. Dotone, S.
DavoUngo, S. Bartholomeus, S. Gertuno,
S. Adulfo, S. Luveldori.
Data in anno secundo, régnante domno
Lhodovico rege '.
Ce comte est proljablement le même per-
comte de Poitiers est une hypothèse qui ne peut se
justifier.
' Collect. Fontencau, t. 21, p. çS. — Besly, His-
toire des comtes de Poitou, p. 1 76.
Note
V.ECTIF.
Note
RECTIF.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
3o5
sonnage que le comte Bernard, mentionné
en 8ii avec Abbon au nombre des fidéjus-
seurs qui jurèrent le traité fait avec les
Normands '. Dom Vaissete suppose qu'il
était fils d'Adalelme, trère de S. Guillaume
de Gellone, mais c'est là une simple alléga-
tion qu'aucun texte ne vient justifier. Ber-
nard vivait encore le 22 décembre 826, ainsi
qu'il ressort des termes d'un diplôme de
Pépin I, roi d'Aquitaine, confirmant la
donation faite par ce comte à l'abbaye de
Saint-Maixent d'un domaine qu'il possé-
dait en Poitou % Quelle est l'époque de sa
mort ? Besly, Dom Vaissete & les auteurs
de l'Art de vérifier les dates, qui veulent voir
dans ce comte Bernard un frère d'Emenon,
comte de Poitiers en 887 & 838, le font
mourir en 844. Mais les dates rendent la
chose impossible^ Bernard, frère d'Emenon
& Bernard, successeur d'Abbon, sont deux
personnages différents. Ce n'est qu'à partir
de l'année 838 que les chroniqueurs font
mention pour la première fois des trois frè-
res : Emenon, comte de Poitiers, révoqué en
839,Turpion, nommé comte d'Angoulème la
même année, & Bernard, le plus jeune. Ils
ne désignent ordinairement ce dernier que
sous le titre de frère du comte Emenon '.
' Annales Eg'inhardi, Pertz, t. i, p. 198.
" Pipinusgratia Dei rex Aquitanorura &c. Idcirco
notum fieri volumus omnium fidelium sanctae Dei
ecclesiae nostrorumque praesentium scilicet &futu-
rorum solertia,, quia ob deprecationem Bernardico-
mitis, placuit nobis quamdam villam, quae vocatur
Titiacus, quam ipse Bernardus in beneficio habuit,
quod est in pago PictavensijCum omnibus rébus ad
se praesenti tempore juste & legaliter aspicientibus
&pertinentibus,ad monasterium quod diciturSancti
Maxentii, ubi praesenti tempore venerabilis vlr
Rainardusabba praeesse videtur, reddere & de nos-
tro jure in jus & dominatione praedicti monasterii
& monachis ibidem Deo famulantibus conferre.
Hanc itaque villam... praedicto venerabili monas-
terio S. Maxentii .. concessimus.
Data X kalendas januarii, anno XII imperii
domni Ludovici serenissimi augustl. Actum ad illa
Warda prope Andiaco. [Recueil des Historiens de
France, t. 6, p. 664.)
' Anno 844. Bernardus, frater Emenonis & Her-
veus, filiusRainaldi, congressi cum Lantberto Nam-
netensi comité ambo occiduntur. {Chron'tcon Adhe-
mari Caban. — Recueil des Historiens de France,
t. 7, p. 225.)
IT.
Un auteur dit même en parlant de lui : « Un
certain Bernard, quidam Bernardus. » Ce
n'est pas d'une manière aussi vague qu'on,
eiit désigné un des anciens compagnons
d'armes de Charlemagne, un homme déjà
âgé, un comte qui avait administré le comté
de Poitou pendant près de vingt ans. Les
trois trères Emenon, Turpion & Bernard,
qui n'apparaissent qu'en 838, & qui mou-
rurent tous trois les armes à la main, c'est-
à-dire d'une mort prématurée, le premier
en 866, le second en 863', & le dernier en
844, appartiennent évidemment à une géné-
ration autre que celle de Bernard, succes-
seur d'Abbon. Peut-être étaient-ils ses fils.
III. Emenon. — Quoi qu'il en soit, à la
mort de Bernard, arrivée après l'année 83o,
c'est Emenon qui devint comte de Poitiers.
Pépin I, roi d'Aquitaine, étant mort en 838,
Emenon se mit, avec son frère Bernard,
à la tête de ceux qui voulaient lui donner
pour successeur son fils Pépin, encore
enfant. C'était agir contre la volonté de
Louis le Débonnaire, qui avait l'intention
de faire nommer roi d'Aquitaine son fils
Charles. Apprenant ce qui se passait, l'em-
pereur vint en 839 célébrer les fêtes de
Noël à Poitiers. Sa présence suffit pour dis-
siper les conjurés. Il fit proclamer son fils
roi d'Aquitaine, priva Emenon de ses fonc-
tions, l'exila ainsi que son frère Bernard,
& donna le comté de Poitou à Ranulfe I,
fils de Gérard, comte d'Auvergne & neveu
du comte Guillaume, successeur de ce der-
nier '.
Emenon se retira auprès de Turpin ou
Turpion, son frère, que Louis le Débon-
naire venait de nommer comte d'Angou-
lème, pour le récompenser sans doute de ce
qu'il n'avait pas pris part à la révolte de ses
frères. Turpion ayant été tué en 863 dans
un combat contre les Normands & n'ayant
point laissé de postérité, Emenon lui suc-
céda dans son comté & mourut le 22 juin 866
des suites des blessures qu'il avait reçues
dans un combat livré le 14 du même mois
contre Landri, comte de Saintes '.
' Chronicon Adhemarij ibid. t. 7, p. 25p.
' Ibïd. t. 7, p. 224.
' Turpio cornes Engolismensis cum Nortmannis
congressus, occidens eorum regem nomineMaurum
NOTR
r. ECTI F.
Note
RECTIF.
3o6
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
IV. Ranulfe I. — Ramnulfe ou Ranulfe,
fils de Gérard, comte d'Auvergne, fut nommé
comte de Poitou aux fêtes de Noël de l'an-
née 839. Il fut, comme son père, un des par-
tisans les plus dévoués à la politique & aux
intérêts de Charles le Chauve, qui à son
titre de roi d'Aquitaine ne tarda pas à join-
dre celui de roi de France. Lorsqu'en 845
Charles le Chauve, par le traité de Fleuri-
sur-Loire ', eut rendu au jeune Pépin II le
royaume d'Aquitaine, il en excepta les trois
comtés de Poitiers, de Saintes & d'Angou-
lême qu'il se réserva expressément. Ra-
nulfe prit alors un rôle important dans
les différentes querelles qui, pendant la
plus grande partie du règne de Charles,
divisèrent les comtes de l'Aquitaine, que-
relles qui trouvaient un aliment tout natu-
rel dans les réclamations que ne cessait
d'élever le jeune Pépin sur les trois comtés
qu'il soutenait avoir été retenus par son
oncle au mépris de ses droits. Ce prince
s'étant sauvé en 865 de Saint-Médard de
Soissons, où il était en prisan, & étant re-
tourné en Aquitaine , tomba entre les
mains de Ranulfe qui le livra à Charles le
Chauve'.
Ranulfe prit une part active aux guerres
contre les Normands. Aidé de son parent,
Rainaud, comte d'Herbauges , il gagna sur
eux la bataille de Brillac, qu'il leur livra
le 4 novembre 852. En 867, ayant réuni
ses forces à celles de Robert le Fort, comte
d'Anjou & de Touraine , il voulut couper
la retraite à ceux qui venaient de piller le
Mans, mais il fut tué dans le combat donné
près de Brissarthe.
Dom Vaissete & les auteurs de l'Art de
vérifier les dates ont prétendu qu'un des ef-
fets du traité de Fleuri-sur-Loire avait été de
ab eo ipse occiditur. Et Emeno fraterejus, dudum
cornes Pictavinus, tune Engolismae cornes extitlt,
& ipse post biennium cum Landrico Sanctoniensi
comité confligenr, interempto Landrico, in castrum
Runconlam reducitur saucius & octavo die mori-
tur, sepultus juxta basilicam S. Eparchii. (Chroni-
con Adhemari. — Recueil des Historiens de France,
t. 7, p. 227. — Voyez aussi Chronicon Aqu'itanicum,
ibid. p. 223.)
' Prudentii Annales Trecenses, Pertz, Monum,
t. 1, p. 141.
' Ibid, p. 470,
partager l'Aquitaine en deux duchés, celui
deToulouse & celui de Poitiers, & que cette
division fut stable & persista même après
que Charles le Chauve eut réuni toute
l'Aquitaine sous ses lois. Rien de sembla-
ble n'est résulté de l'exécution de ce traité ;
Ranulfe, de son vivant, n'exerça aucune
autorité sur l'Angoumois où commandèrent
successivement les comtes Turpion & Eme-
non, ni à Saintes où il y avait un comte
du nom de Landri. Son autorité s'étendait
encore moins sur les comtés de l'Aquitaine
méridionale, qui n'était pas soumise à
Charles le Chauve. L'idée où étaient les
auteurs que nous venons de citer, que
le duché de Toulouse avait compris dès
l'origine l'Aquitaine tout entière, est ce
qui a causé leur erreur. Il est certain que
les ducs de Toulouse n'ont pris le titre
de ducs d'Aquitaine qu'à partir du dixième
siècle.
V. Ranulfe II. — Les auteurs de VArt
de vérifier les dates, d'après Besly & dom
Vaissete, prétendent que le successeur de
Ranulfe I fut Bernard , fils de Blichilde ,
marquis de Gothie. C'est une erreur : Ber-
nard, fils de Blichilde, n'a jamais été comte
de Poitiers, & Ranulfe II fut le succes-
seur immédiat de son père. Le passage
suivant d'Hincmar a pu en faire douter ;
Ablatis denique a Rotberti filio, his quae post
mortem patris de honoribus ipsîus ei concesse~
rat & per alios divisis, sed & a filiis Ram-
nulfi tultis paternis honoribus, & data S. Hi-
larii abbatia, quant isdem habuitj Frotario,
Burdegalensium archiepiscopo, caput jejunîî
ante sanctum quadragesima, ad monasterium
Sancti Dyonisii rediit'. Mais il est certain
qu'on ne peut prendre ce passage au pied
de la lettre & qu'il renferme plus d'une
erreur. Ainsi, lorsque Charles le Chauve
donna les honneurs de Robert le Fort à
Hugues l'abbé , ce ne fut pas au détri-
ment du fils, comme le dit le Chroniqueur,
mais des fils de Robert le Fort, puisque ce
duc en avait deux, Eudes & Robert. Ce n'est
pas non plus à Frotaire que l'abbaye de
Saint-Hilaire fut donnée aussitôt après
la mort de Ranulfe I , mais à Acfred ,
Note
RECTIF.
' Hincmari
t. I, p. 476.
Remensis Annales, Pertz, Monum
Note
BECTIF.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
3o7
l'ancien comte de Toulouse. Frotaire ne
l'eut qu'après la mort de ce dernier.
On voit donc qu'il est permis de n'avoir
pas une confiance absolue dans le témoi-
gnage d'Hincmar, quand il nous dit que
Charles le Chauve priva les fils de Ra-
nulfe des biens paternels. Ce qui paraît
vrai , & c'est le sens qu'il faut donner au
passage que nous venons de citer, c'est que
Charles le Chauve enleva aux enfants de Ra-
nulfe certains bénéfices que leur père avait
possédés, entre autres l'abbaye de Saint-Hi-
laire, donnée d'abord à Acfred, puis à Fro-
taire, & celle de Charroux, donnée égale-
ment à Frotaire. Quant au comté, Ranulfe II
n'en fut pas privé 5 nous en avons la preuve
dans une charte donnée au mois d'avril 878
par le comte Gauzbert, frère de Ranulfe II ,
charte que celui-ci signa en qualité de
comte de Poitou'. Ranulfe II était donc
' Voici cette charte que n'a pas connue Besly &
qui est si importante pour l'histoire des comtes de
Poitou :
Avril 878.
Dura lux ista festinanter discurrit, &dies nostri
timbra praetereunt, ideoque opportet nobis ut de
futuro debeamus tractare judicium, ut quando qui-
dem transquisitio mortis casus invenerit, non nos
inveniat insperatos. Igitur ego in Dei nomine
vir venerabilis Gauzbertus comes tractans de Dei
timoré vel eterna retributione, ut mihi pius ac
misericors dominus in die ultima magni judicii
veniam largire dignetur, idcirco pro animae meae
remedium concedo ad basilicam praecellentissimi
Hilarii confessoris atque Pontificis,ubi ipse precio-
sus timato corpore requiescit, ad luminaria conti-
nenda ad ipsum sepulchrum, ubi Cercuelus castus
praeesse videvur, hoc est mansus meus indominica-
tus qui est situs in pago Santonico, infra illa
quinta civitatis, in villa nuncupante Dorodonno
tam in ipsa villa seu etiam infra murum civitatis,
tectis, domibus, aediiîciis cunctisque supra positis
terris, vineis, silvis, pratis, pascuis, exenis, exitis,
adjacentiis, aquis, aquarumve decursibus, mobilibus
& immobilibus... cum mancipiis meis ibidem com-
manentibus vel aspicientibus, Gislarde servo, cum
uxore &filiis&filiabus, & Armaldo servo, cum uxore
Siinfantibus eorum & omnibus aliunde... & taliter
hanc cessione placuit mihi inserere, ut quamdiu
ego advixero tenere & usurpare faciam & ad festi-
vitatem Sancti Hilarii, ad illo lumen solides v in
censum per singulos annos reddere faciam, & post
quoque meum discessum ipsas res emelioratas sine
ulla tarditate recipere faciant. Si quis vero, quod
comte de Poitiers avant la mort de Bernard,
fils de Blichilde, arrivée en 879 ou 880, &
même avant la condamnation de ce dernier
au concile de Troyes, puisque cette con-
damnation n'eut lieu qu'au mois de sep-
tembre 878. Si Bernard avait été comte de
Poitiers, Ranulfe n'aurait pu prendre cette
qualité. Donc Bernard n'a pas été comte de
Poitiers, & Ranulfe II a succédé directe-
ment à son père.
Frotaire mourut en 888j Eble , frère du
comte Ranulfe, fut alors pourvu de l'abbaye
de Saint-Hilaire de Poitiers. A sa demande,
le roi Eudes, par un diplôme en date du
3o décembre 890, confirma les chanoines de
Saint-Hilaire dans la possession des biens
affectés à leur mense '. Quant à Gauzbert ,
le troisième frère de Ranulfe , nous avons
vu qu'il prenait le titre de comte du vivant
de son frère, mais nous ne savons s'il exer-
çait son autorité sur un territoire déter-
miné.
Ranulfe II , suivant la politique tradi-
tionnelle de sa famille, qui était de res-
ter fidèle aux Carlovingiens , ne recon-
nut jamais l'autorité du roi Eudes. Il se
posa même comme son adversaire, prit le
titre de comte ou de duc d'Aquitaine, &
pour tenir tête au roi, fit alliance avec
Guillaume le Pieux, comte d'Auvergne, son
cousin. On ne sait quelle aurait été l'is-
sue de l'inimitié des deux princes, si Ra-
nulfe ne fût mort en 890 & non en 898,
futurum minime credo, si fuerit ego ipse aut ullus
de heredibus meis seu quislibet homo vel opposita
personna, qui contra hanc cessionem istam aliquid
agere aut inquietare praesumpserit, auri libras VI
argenti pondéra decem coactus exsolvat & quod
petit nullatenus valeat vindicare, sed praesens haec
cessio a me facta perennis temporibus valeat per-
durare cum stipulatione subnixa, manu mea pro-
pria subterfirmavi & qui post me firmaverunt ad
roborandum decrevi.
S. Gausberto comité cessione a me facta. Ram-
nulfus comes. S, Ermengarde. S. Ermenarius. S. A-
cardo. S. Ricpotoni. S. Ricardi. S. Anstario. S. Al-
berico, S. Gauzileno. S. Amalfredo. S. Isembardo.
S. Samuel. S. Adalramno. S. Mainardo. Data in
mense aprile anno primo post obitum Caroli impe-
ratore, régnante Clodovico rege. Gauscelmus clericus.
(^Archiv. de S. Hila'ire de Poitiers. — Collect. Moreau,
t. 2, p. 179.)
' Recueil des Hist. de France, t. 9, p. 45o.
Note
RCCTir.
Note
KECTIF.
3oB
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
comme le disent les auteurs de ïArt de vé-
rïer les dates sur la foi d'Adhémar de Cha-
banais'.
VI. Eble. — Eble, fils bâtard de Ra-
nulfe II, fut son successeur immédiat. Besly
& les auteurs de VArt de vérifier les dates
prétendent le contraire; mais une charte
donnée à Poitiers par Eble, le lo octo-
bre 890 ou 891, par laquelle il confirme une
donation faite par son père à Saint-Martin
de Tours , prouve qu'aussitôt la mort de
Ranulfe il prit possession de l'héritage
paternel. Il était encore fort jeune. Gauz-
bert & Eble, abbé de Saint-Hilaire, ses on-
cles , ayant pris les armes contre Eudes ,
celui-ci vint en Aquitaine pour les faire
rentrer dans le devoir; ils périrent l'un &
l'autre pendant cette expédition'. Aban-
donné à ses propres forces, le jeune Eble
ne put résister longtemps aux attaques
d'Adhémar, fils d'Emenon, qui, avec l'appui
d'Eudes, parvint, en 893, à s'emparer de la
ville de Poitiers''. Il se réfugia en Auver-
gne auprès de son cousin Guillaume le
Pieux, qui, à raison de l'étendue de ses
possessions , se trouvant le plus puissant
prince de l'Aquitaine, prit dès lors le titre
de duc de ce pays.
VII. AdhémaR. — Adhémar, fils d'Eme-
non, s'étant emparé du comté de Poitiers, en
resta maître jusqu'en 902. Ce qu'on sait de
son administration se borne à peu de chose,
car tout ce que rapportent de lui les au-
teurs de VArt de vérifier les dates est rempli
d'erreurs. Sur sa demande, le roi Eudes
accorda en 894 l'abbaye de Saint-Hilaire
à Ecfroid , évêque de Poitiers. En 898,
Adhémar assista à la donation que firent
de leurs biens à l'abbaye de Beaulieu Go-
defroi & Godèle sa femme, & il mit son
nom au bas de l'acte qui en fut dressé ^
Eble ayant réussi en 902 à rentrer dans la
ville de Poitiers, en chassa Adhémar, qui
' Voyez ce que nous avons dit ci-devant $ V.
^Preuves, Chartes & Diplômes, Charte d'Eble
de l'année 890 ou 891.
^ Annales Vedast. ad ann. 892, Pertz, t. i ,
p. 528.
^ Adhémnr, Chronicon, dans Labbe, Bihliotheca
nova, t. 2.
^ Carîul. de l'abhaye de Beaulieu, n. 29.
vécut encore longtemps, puisqu'il ne mou-
rut que le 21 mars 926 '.
Eble rétabli. — La jeunesse d'Eble, telle
qu'elle est racontée par Besly, dom Vais-
sete, & les auteurs de VArt de vérifier les
dates, n'est qu'une pure légende. Chassé
de Poitiers en 898, après trois ans de pou-
voir, Eble vécut en Auvergne, retiré auprès
de son parent Guillaume le Pieux, qui l'aida
en 902 à rentrer en possession du comté
de Poitiers. Voilà ce qui paraît certain.
A partir de 902, Eble prit part à plusieurs
des événements de l'Aquitaine : son nom
figure dans un grand nombre de chartes.
Ayant hérité en 927 ou 928 du comté d'Au-
vergne, par suite de la mort du comte Ac-
fred II, il prit alors le titre de duc d'Aqui-
taine, concurremment avec Raimond III,
comte de Toulouse, qui le prenait aussi; il
mourut en 935 & laissa ses domaines à son
fils Guillaume I, dit Tète-d'Étoupes '.
XIII
CHRONOLOGIE DES COMTES D'AUVERGNE
SOUS LA SECONDE RACE.
(839-935)
Ce que nous avons dit à propos de la
descendance de Guillaume, frère du duc
Gérard , facilitera singulièrement notre
tâche pour établir la suite des comtes
d'Auvergne pendant la période carlovin-
gienne.
I. GÉRARD. — Nous avons vu que le duc
Gérard avait été nommé comte d'Auvergne,
en 839, par Louis le Débonnaire, lorsqu'il
vint en Aquitaine pour faire couronner roi
son jeune fils Charles; Gérard fut tué
en 841, à la bataille de Fontenay.
II. Guillaume I. — Au duc Gérard suc-
céda en 842 Guillaume, son frère. Ce der-
nier ne vécut pas longtemps; au mois de
mai 846, il était remplacé par le comte Ber-
nard ^
' Chronique de Saint-Maixent dans le Recueil
des chroniques des églises d'Anjou, publié par la
Société de l'Histoire de France.
^ Besly, Histoire des comtes de Poitou.
3 Cartul. de Saint-Julien de Brioude, n. 172.
Note
RECTir.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
3of)
III. Bernard I. — Bernard figure en
qualité de comte d'Auvergne & d'abbé de
Saint-Julien de Brioude, dans des chartes
des mois de mai 846, juin 847, mai 849, fé-
vrier 867, mars 858, mai 860, janvier 864
& mai 866 '. Il vivait encore au mois d'avril
868, mais il était mort au mois de septembre
de la même année". Il eut deux femmes:
Luitgarde, la première , est citée en 849;
Ermengarde, la seconde, en 864 \
Les auteurs du Gallia Chrîstîana & de VArt
de vérifier les dates font mourir Bernard I
en 857 & lui donnent pour successeur un
comte nommé Guillaume, auquel succède
en 860 un autre comte nommé Etienne.
Etienne ayant été tué en 864, ils placent en
cette année un autre comte qu'ils appellent
Bernard II 5 mais ce comte Guillaume est le
produit d'une erreur & n'a jamais existé.
Ces auteurs s'appuient, pour justifier la
présence de ce Guillaume, sur une donation
faite aux chanoines de Brioude par Anas-
tase, doyen, des terres qu'il avait in loco
qui dicitur de Casellis, charte donnée , di-
sent-ils, tempore Willelmi comitis seu ab-
batis, mense marcio^ anno XX régnante Pipino
rege. Ces détails permettent parfaitement
de reconnaître la charte dans le cartulaire
imprimé de Saint-Julien de Brioudej elle y
occupe le numéro 282. Mais dans ce cartu-
laire, cette charte, à laquelle doit être assi-
gnée la date du mois de mars 858, au lieu
de mentionner le comte Guillaume, nomme
le comte Bernard : JJbi Bernardus cornes vel
abbas S. Juliani praeesse videtur. Il n'y a
donc pas eu de comte d'Auvergne du nom
de Guillaume entre 858 & 862.
Quant au comte Etienne, il y a bien eu
un comte de ce nom, mais rien ne prouve
qu'il fut comte d'Auvergne. La première
fois qu'il est fait mention de lui, c'est
en 860. Il est dit que Raimond, comte de
Toulouse, cita au concile de Tusei le comte
Etienne, fils du comte Hugues, qui, après
avoir fiancé sa fille en mariage ''j refusait de
l'épouser. Hincmar rapporte qu'en 862 ,
' Cartulaire de Saint-Julien de Brioude, n. 172,
190, 95, 77, 282, I 10, 176 8c 210.
' Ibid, ri. 304.
î Ibid. n. 95 & 176.
■♦ Recueil des Hist. de Fr. t. 7, p. 624 & 525.
Etienne persuada au jeune Charles, fils de
Charle^|,le Chauve, d'épouser contre la vo-
lonté paternelle la veuve du comte Her-
bert '. Enfin, en 864, les Normands s'étant
avancés jusqu'à Clermont en Auvergne tuè-
rent le comte Etienne & se retirèrent sans
encombre \ Mais il est à remarquer qu'au-
cun des auteurs qui nous ont rapporté les
faits que nous venons de citer n'appelle
Etienne comte d'Auvergne. Cette qualifica-
tion ne lui est donnée que par Adhémar
de Chabanais & par l'auteur de la Chro-
nique de Saint-Maixent , qui vivait au
douzième siècle'. Or, comme nous savons
qu'en 858, en 860 & en janvier 864, Ber-
nard I était encore en vie, il paraît cer-
tain qu'il n'y a pas eu de comte d'Auver-
gne du nom d'Etienne, pas plus qu'il n'y a
eu en 858 de comte du nom de Guillaume.
De ce qui précède il résulte aussi que la
distinction établie par les auteurs du Gallia
Christiana entre Bernard I & Bernard II ne
peut subsister, & que ces deux personnages
n'en font qu'un. Bernard I ne mourut ,
en effet, qu'après le mois d'avril 868.
IV. Bernard II, — Warin. — Au mois
de septembre 868, Bernard I était remplacé
comme abbé de Saint-Julien de Brioude par
le comte Warin ^, que nous croyons être son
fils. Warin était abbé de Saint-Julien, en
qualité de comte de Vêlai. Le comté de
Clermont, ou l'Auvergne proprement dite,
était alors occupé par un autre Bernard,
fils de Bernard I, que nous nommerons
Bernard II.
Ce Bernard est le même que Bernard
Plantevelue, celui qui fut marquis de Go-
thie en 878, & qu'Hincmar appelle cornes
Rodonensis. En 869 ou 870, à la mort de
Warin, il hérita de la partie de l'Auvergne
occupée par ce dernier, mais il n'hérita pas
de l'abbaye de Brioude dont s'empara Fro-
' Hincmari Remensis Annales, Pertz, t. i. p. 467
& ^66.
' Ibid. p. 462.
' Chronicon Adhemari dans Labbe , Bibltotheca
nova, t. 2, & Chronique de S, Maixent dans le
Recueil des chroniques des églises d'Anjou, publié
par la Société de l'Histoire de France.
•♦ Cartulaire de Saint-Julien de Brioude, n, 267.
— Voyez aussi les n. 56 & i52.
Note
RECTlf.
Note
BECTIF.
3lO
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
taire, archevêque de Bordeaux". Dès 868
il est fait mention de lui comme dUin des
principaux dignitaires de l'Aquitaine. Il alla
trouver le roi à la diète de Pistre avec
Bernard, marquis de Gothie, & Bernard,
marquis de Toulouse '. L'année suivante,
en 869 , il devait aller trouver le roi à
Cosne-sur-Loire, pour conférer avec lui
sur les affaires de l'Aquitaine'.
Il fut un de ceux auxquels Charles le
Chauve confia, en 872, la direction de son
fils Louis le Bègue en l'envoyant en Aqui-
taine"*. Bernard fut toujours un des plus
zélés défenseurs de ce prince, qui le choi-
sit pour être le tuteur de ses fils en 877,
lorsqu'il se sentit près de sa fin\ En 878,
Bernard fut nommé marquis de Gothie^.
Il ne cessa, depuis cette époque jusqu'à sa
mort, de s'opposer aux entreprises de Bo-
son, roi de Provence, & de l'empêcher d'en-
vahir les États des fils de Louis le Bègue.
Bernard Plantevelue perdit la vie dans un
combat; il était mort au mois d'août 886'.
De sa femme Ermengarde il avait eu trois
fils. Un seul, Guillaume, lui survécut &
fut son successeur.
V. Guillaume le Pieux. — Guillaume
succéda en 885, ou au plus tard avant le mois
d'août 886, à Bernard son père, dans les com-
tés d'Auvergne & de Vêlai , & dans le mar-
quisat de Gothie, ainsi que nous l'apprenons
' Frotaire fut abbé de Saint-Julien de Brioude
de 879 à 888 ; Adalgisus, évêque d'Autun, fut son
successeur de 889 à 892. Guillaume le Pieux devint
abbé du monastère en 893. On lui donne ce titre
dans un grand nombre de chartes depuis cette épo-
que jusqu'en 91 1. En 918 & 919, c'est Guillaume le
Jeune, successeur de Guillaume le Grand ou le Pieux,
Guillelmus Major, qui est abbé de Saint-Julien de
Brioude. Acfroi occupa ces fonctions du vivant de
son frère en 922 & en 923. Voyez le Cartulaire Je
Brioude, publié par l'Académie des Sciences de
Clermont-Ferrand en 1861, & la Chronologie du
Cartulaire de Brioude, publiée par M. Bruel. —
Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, 1866, p. 446.
' Hincmari Annales, Pertz, t. i, p. 480.
3 Ibid. p. 481.
^ Ibid. p. 493.
^ Ibid. p. 5o3.
« Ibid. p. 5o8.
^ Baluze, Histoire génial, de la maison d'Auver-
gncy t. 2, preuves, p. 3.
d'un diplôme de Louis le Gros en faveur
de l'église de Nevers, dans lequel ce prince
fait l'éloge de la fidélité de Bernard, & re-
connaît les services qu'il n'a cessé de ren-
dre à ses souverains légitimes '. Abbon, dans
son poëme sur le siège de Paris par les
Normands, donne à Guillaume le titre de
comte de Clermont\ Le même auteur nous
apprend qu'il prit parti contre le roi Eudes.
Ce prince lui ayant enlevé, pour le punir,
le Berry & l'Auvergne, & ayant donné ces
provinces au comte Hugues, il en résulta
une guerre entre ce comte & Guillaume,
guerre dans laquelle Hugues perdit la vie'.
Débarrassé de son compétiteur, Guillaume
devint plus puissant qu'il ne l'avait encore
été. Il est probable qu'il fit alors la paix
avec Eudes & qu'il finit par le reconnaître
pour roi, car on trouve le nom de ce prince
associé avec ceux de ses propres parents
dans plusieurs de ses fondations pieuses.
En 910, Guillaume fonda le prieuré de
Sauxillanges, en Auvergne, pour le repos
de l'âme, est-il dit dans la charte, de son
père Bernard, de sa mère Ermengarde &
de ses frères , d'Adelinde sa sœur & des
enfants de cette dernière , c'est-à-dire
de Guillaume III & d'Acfred, ses neveux
& futurs successeurs^. Ce fut aussi en 910
qu'il fonda l'abbaye de Cluny sur un fonds
de terre qui lui fut donné par sa sœur,
l'abbesse Ave. Par l'acte de fondation, daté
du II septembre 910, il soumit le nouveau
monastère directement au Saint-Siège ^
En 912, il fit une nouvelle fondation; ce
fut celle du prieuré de Maissac, en Auver-
gne. Cette fondation fut encore faite, est-
il dit dans l'acte, pour le repos de son âme,
de celles d'Eudes son seigneur, de ses père
& mère, de Louis l'Aveugle, son beau-frère,
& de sa femme Ingelberge®. Il fit confirmer
cet établissement par le pape Jean X.
' Baluze. Histoire génial, de la maison d'Auver-
gne, t. 2, preuves, p. 3.
" Abbon, de Bello Paris. Pertz, t. 2, p. 810.
3 Ibid.
■* Baluze, Histoire ginial. de la maison d'Auver-
gne, preuves, t. 2, p. 12.
' Bibliotheca. Cluniacensis, p. 2.
" Acta Sanctorum ordinis sancti Benedicti , t. 6,
p. 248 &. 254.
Note
RECriF.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
3ii
Guillaume le Pieux qui, dans un de ses
testaments fait en faveur de l'abbaye de
Sauxillanges, s'intitule prince de la Marche,
princeps Marchiae', & qui avait pris en 898,
lorsque Adhémar avait chassé le jeune Eble
de Poitiers, le titre de duc d'Aquitaine,
mourut le 6 juillet 918 \ Il n'avait eu qu'un
fils de sa femme Ingelberge, & ce fils nommé
Boson mourut avant lui. Guillaume fut
enterré dans l'abbaye de Saint-Julien de
Brioude dont il est regardé comme un des
principaux bienfaiteurs.
VI. Guillaume III. — Guillaume, dit le
Jeune, fils d'Acfred, comte de Razès, &
d'Adelinde, sœur de Guillaume le Pieux,
succéda à son oncle dans les comtés d'Au-
vergne & de Vêlai seulement'; Raimond,
comte de Toulouse, ayant hérité à titre de
proche parent du marquisat de Gothie. Le
nom de Guillaume figure au bas de l'acte
de fondation de l'abbaye de Cluny, & dans
une donation faite en 916, par son oncle,
au prieuré de Sauxillanges qu'il venait de
fonder. Guillaume III eut de longs démêlés
avec le roi Raoul, qui fit deux expéditions
contre lui, dans le but de l'expulser du
comté de Bourges. Guillaume, battu en 926,
fut forcé de se retirer en Auvergne; il mou-
rut la même année, le seizième jour de dé-
cembre, suivant l'obituaire de Brioude, &
ne laissa pas d'enfants; on ne sait pas même
s'il avait été marié.
Vil. AcFRED. — Acfred , fils d'Acfred,
comte de Razès & frère de Guillaume III, fut
le successeur de ce dernier dans les comtés
d'Auvergne & de Vêlai; il portait déjà le ti-
tre de comte du vivant de son frère, & était
abbé de Saint-Julien de Brioude. Ce fut
lui qui, en 926, défendit Nevers contre le
roi Raoul. Devenu comte d'Auvergne, il ne
voulut jamais reconnaître ce prince, & nous
avons plusieurs chartes de lui ainsi datées :
Anno IV (vel anno V) quo infidèles Franci
deshonestaverunt regem suum* Carolum &
' Cartulaire de Sauxillanges, n. 1^6.
'Guillaume, son neveu, s'intitule Guillclmus
cornes, successor Guillelmi Majoris dans une Charte
du 3o septembre 918. Cartulaire de Saint-Julien
de Brioude, n. 3 18.
' Ibid.
''Voyez Cartulaire de Sauxillanges, n. i3, &
Note
Kodulphum în prïncipem elegerunt. Acired fit '*^"*^'
son testament au mois d'octobre 927 ; il
mourut la même année ou au commence-
ment de 928 sans laisser d'enfants. Après
sa mort, Eble, comte de Poitiers, hérita
comme son plus proche parent du comté
d'Auvergne & du Limousin & prit le titre
de duc d'Aquitaine. A cette époque, de
toutes les familles dont nous avons retracé
l'histoire, quatre seulement subsistaient &
se trouvaient en présence : celle des Ra-
nulfe & celle des Raimond de Toulouse, les
descendants deBorrel, comte d'Ausone, &
ceux de Suniaire II, comte de Roussillon.
XIV
CHRONOLOGIE DES COMTES DE CARCAS-
SONNE ET DE RAZÈS.
(800-944)
Il y a un peu de confusion dans ce que
dom Vaissete a rapporté au sujet des com-
tes de Carcassonne & de Razès ; il n'a
pas réussi à distinguer assez nettement les
uns d'avec les autres. Pour mettre un peu
d'ordre dans cette matière , nous rappelle-
rons d'abord que le comté de Carcassonne
& celui de Razès ont toujours été sépa-
rés. Celui de Carcassonne avait la même
étendue que le diocèse de cette ville. Quant
au Razès, il faisait partie du diocèse de
Narbonne. On fit au neuvième siècle une
tentative pour l'en séparer & l'ériger en
diocèse particulier; mais cette tentative
échoua devant les réclamations des arche-
vêques de Narbonne qui, dans le but d'af-
firmer leurs droits sur ce petit territoire,
ajoutèrent à leur titre celui d'évéques de
Razès, episcopus Narhonensis & Redensis '.
Plus heureux sous le rapport civil , le Ra-
zès eut longtemps ses comtes particuliers,
différents de ceux de Narbonne & de ceux
de Carcassonne. On sait d'ailleurs qu'à par-
Cartulaire de Saint- Julien de Brioude, n. 167 &,
3i5.
' Un Léon, évêque de Razès, est nommé en
878. (Voyez Mainardj t. 1, pièces justificatives,
ann. 878.) Il y eut donc au neuvième siècle un
évèché de Razès qui eut une durée éphémère.
Note
RECTIF.
3i
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
tir de l'année 817, le comté de Carcassonne
fut distrait de la Septimanie & réuni à la
Marche de Toulouse. Nous nous occupe-
rons d'abord des comtes de Carcassonne;
nous donnerons ensuite la liste des comtes
de Razès.
$ I
Comtes de Carcassonne.
I. Dellon. — Le plus ancien comte de
Carcassonne qui nous soit connu, s'appe-
lait Dellon. Il est mentionné dans un titre
de l'an 838 comme ayant autrefois fixé, à
la demande des religieux de la Grasse, les
limites du territoire de Saint-Couat, dans
le comté de Carcassonne '. Le même docu-
ment nous apprend que Dellon était le père
de Gislefroi ou Gisclafred , comte de Car-
cassonne en 812; il a donc dû précéder ce
dernier dans ces fonctions.
II. Gislefroi. — Gislefroi ou Gisclafred,
fils de Dellon , est un des huit comtes aux-
quels Charles le Chauve envoya, en 812, son
diplôme en faveur des Espagnols réfugiés
en Septimanie \ Il est rappelé, en 828, dans
un diplôme de Pépin I , comme ayant fait
autrefois, avec Louis le Débonnaire, un
échange de terrains situés dans le comté de
Carcassonne', & en 838, comme étant fils
du comte Dellon. Il dut mourir avant l'an-
née 817.
III. Oliba I. — Il est fort présumable
que le comté de Carcassonne, qui à cette
époque fut séparé de la Septimanie, fut
alors donné au comte Oliba que nous
y trouvons installé en 820. Oliba & sa
femme Elmetrude, par une charte en date
du 12 septembre de cette même année'',
donnent à l'abbaye de la Grasse un alleu
appelé Favarios , situé dans le comté de
Carcassonne. Pépin I , par un diplôme du
27 septembre 827 , confirma, à la demande
du comte Oliba, les religieux de la Grasse
dans la possession de plusieurs domaines
que ce comte leur avait donnés dans son
' Preuves, Charles & Diplômes, n. LU.
» Ibld. n. XVI.
' Baluze, Capituîaires, t. 2. p. 1429.
* Preuves, Chai ces &. Diplômes, n. XXXVI.
comté '. Oliba I vivait encore le i^"" novem-
bre 835, comme le prouve un autre di-
plôme de Pépin I, donné en faveur de l'ab-
baye de Montolieu'. Il mourut avant le
mois de mai 837 j car, à cette date , Ri-
childe , sa seconde femme, faisant une
donation à l'abbaye de la Grasse , se dit sa
veuve '.
IV. Oliba II. — Quoiqu'on ne trouve la
mention d'Oliba II pour la première fois
qu'en 870 '', il y a lieu de croire qu'il fut
le successeur immédiat d'Oliba I. Oliba II
n'était que comte de Carcassonne & non de
Razès , comme l'a cru dom Vaissete. C'est ce
qui est établi par un diplôme de Charles le
Chauve du 20 juillet 870, par lequel ce prince
lui donne en bénéfice certains biens situés
dans le pays de Carcassonne, & par le di-
plôme du même prince, du 11 juin 877,
qui accorde au comte Oliba, qualifié de
comte de Carcassonne , les domaines situés
dans son comté, qui avaient appartenu à
Miron, fils de Béra, & qui avaient été confis-
qués sur lui pour cause de trahison '. C'est
le dernier acte où il soit fait mention
d'Oliba II. Ce comte dut mourir peu de
temps après; il n'était certainement plus en
vie en 880.
V. Bencion. — Il eut pour successeur un
comte du nom de Bencion, que dom Vais-
sete, avec assez de raison, croit être son fils.
Bencion était mort en 908 '', peut-être même
l'était-il quelques années plus tôt, mais nous
manquons de documents pour déterminer
plus exactement l'époque de sa mort.
VI. AcFRED. — Bencion eut pour succes-
seur son frère Acfred, que dom Vaissete
appelle Acfred deuxième du nom , pour le
distinguer de son oncle Acfred, comte de
Razès. Acfred , comte de Carcassonne, par
un acte du 24 mai 934, donna à l'abbaye de
Montolieu plusieurs alleux, situés dans le
comté de Carcassonne", qui lui venaient de
' Preuves, Chartes & Diplômes, n. XLV.
' Uid. n. XLIX.
' Ihid. n. L.
" IhU. n. XCIV.
' Ihld. n. CVII.
^ Tome V, Preuves, Chartes 81 Diplômes, nu-
méro XXXIV.
' Ibid. n. LÎX.
Note
RECTIF,
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
31.1
son père le comte Oliba II, auquel le roi
Charles le Chauve les avait donnés. Il paraît
qu'Acfred hérita de ses cousins Guillaume
& Acfred, comtes d'Auvergne, du comté de
Razès, & qu'il joignit ce comté à celui de
Carcassonne. Il mourut sans descendants
mâles. On croit qu'Arsinde, femme d'Arnaud
qui était comte de Carcassonne & de Razès
en 944, était sa fille, & que par son ma-
riage elle porta ces deux comtés dans la fa-
mille des comtes de Comminges & de Cou-
serans.
? II
Comtes de Ka'{hs.
I. BÉRA. — Béra était comte de Razès
en 8i3 lorsqu'il fonda dans son comté, avec
sa femme Romille, l'abbaye d'Alet ' ^ il a été
souvent confondu avec Béra, comte de Bar-
celone, qui vivait dans le même temps. On
a même prétendu que le comte de Razès &
celui de Barcelone ne faisaient qu'un même
personnage. Mais Béra, comte de Barcelone,
était Goth d'origine & le comte de Razès
se dit fils du comte Guillaume; le premier
eut un fils, nommé Willemond, qui périt
misérablement après s'être allié avec les
Sarrasins dans le but d'expulser Bernard,
fils de Guillaume, de la Marche d'Espagne,
&Béra, comte de Razès, eut un fils appelé
Argila & une fille nommée Rotrude. Il y a
donc lieu de distinguer ces deux comtes. Il
faut avouer toutefois qu'on ignore l'épo-
que précise de la mort du comte de Razès
& qu'il est difficile de décider si c'est à lui
ou au comte de Barcelone que fut adressé,
en 812, le diplôme de Charlemagne, en fa-
veur des Espagnols réfugiés en Septimanie.
II. Argila. — Dans une charte du 3o juil-
let 844, Argila se dit fils du comte Béra;
il vend à son fils Béra certains domaines
situés dans le pays de Razès \ Quoiquedans
cet acte il ne prenne pas le titre de comte,
il y a lieu de croire, néanmoins, qu'il était
ou qu'il avait été comte de Razès, car il
ne donne pas non plus ce titre à son fils
■ Voyez ci-après, Preuves, Chartes & Diplômes,
n. XVII.
' Marca Hispanica; append. n. i8.
Béra qui, dix -huit mois plus tard, prend la
qualification de comte, dans un acte de
donation '. Argila dut mourir à la fin de
l'année 844 ou en 846.
III. BÉRA II. — Béra, fils d'Argila, devint
comte de Razès en 845. Le 24 février de
l'année suivante, il donna plusieurs alleux
au monastère de Saint-André d'Exala, pre-
mière origine de l'abbaye de Cuxa'. Nous
n'avons pas d'autre renseignement sur ce
personnage , que les Bénédictins ont eu le
tort de mettre au nombre des comtes de
Roussillon. Il paraît qu'il eut un fils nommé
Miron. Nous ne saurions affirmer que ce
fils ait succédé à son père ni qu'il ait hé-
rité du comté de Razès. Une charte de l'an-
née 870' nous apprend qu'il avait pris parti
avec plusieurs autres habitants de la Gothie
contre Charles le Chauve, & que ce prince,
l'ayaivt traité comme rebelle, le priva de
tous ses biens & bénéfices dont il gratifia
Oliba II, comte de Carcassonne.
IV. ACFROI I. — Acfroi était frère du comte
Oliba. En 878, il assista, avec ce dernier,
en qualité de comte de Razès, à la dédicace
de l'église de Notre-Dame de Formiguera,
dans le Capcir ^ Il est à présumer qu'il y
avait déjà plusieurs années qu'il était en
possession de ce comté. En 883, il tint un
plaid à Carcassonne où fut jugée une cause
intéressant l'abbé Recamond & l'abbaye
de Saint-Hilaire, située dans le diocèse de
Carcassonne '. On voit par un diplôme du
roi Carloman, donné en 884, qu'il avait
présidé une enquête faite au sujet de cer-
tains biens que l'église de Narbonne possé-
dait dans le Razès % & il est rappelé en 908,
dans un diplôme de Charles le Simple,
comme ayant autrefois donné à l'abbaye
de la Grasse quelques possessions dans
le même pays'. Acfred avait épousé Ade-
linde, fille de Bernard Plantevelue, comte
■ Marca Hispanica, append. n. 19.
' Ihid.
3 Voyez ci-après, Preuva, Chartes 8c Diplô-
mes, n. XCIV.
■♦ Preuves, Chartes & Diplômes, n. XCIX.
5 Voyez au tome V, Preuves, Chartes & Diplô-
mes, n. V.
6 Ibid. n. VIT.
' Ibid. n. XXXIV.
Nm B
KECTIf.
Note
ClECTir.
3i4
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
XV
d'Auvergne"; il était beau-frère de Guil-
laume le Pieux, marquis de Gothie. Il mou-
rut vers la fia de l'année 905 ou au com-
mencement de l'année suivante, comme il
paraît par la délivrance que firent le 19 fé-
vrier de l'an 906 , Adelinde, sa veuve, &
ses autres exécuteurs testamentaires à Ra-
nulfe, abbé de Montolieu, du lieu & de l'é-
glise de Saint- Martin , situés près de la
montagne de Bassera, dans le comté de
Razès & de quelques autres domaines
qu'Acfred avait légués à ce monastère par
ses dernières dispositions". L'acte est sous-
crit par Acfred, un de ses fils -, il en avait
eu trois, Guillaume, Bernard ^ & Acfred.
V. Acfred II. — Il y a lieu de croire
qu'Acfred, qui signa l'acte d'exécution du
testament de son père, lui succéda dans le
comté de Razès, & qu'à la mort de Guillaume
le Jeune, son frère, arrivée en 926, il trans-
mit ce comté à son cousin Acfred , fils d'O-
liba, comte de Carcassonne, qui réunit ainsi
les deux comtés sur sa tête. Néanmoins, la
chose est incertaine "*. Il se peut qu'Acfred ,
fils d'Acfred, n'ait pas été comte de Razès
& que ce comté soit passé entre les mains
du comte de Carcassonne aussitôt après la
mort d'Acfred I. C'est, du reste, l'opinion
de dom Vaissete.
Par suite de la réunion des deux comtés
de Carcassonne & de Razès sur la tête
d'Acfred, comte de Carcassonne, le Razès
Note
RECTIF.
COMTES DE NARBONNE , DE NIMES , DE
MAGUELONNE ET D'AGDE.
^ I
Comtes de Narbonne.
MiLON. — Le plus ancien comte carlo-
vingien de Narbonne dont le nom soit
parvenu jusqu'à nous est Milon, qui con-
firma & fit exécuter, en 781, un jugement
rendu par les missi domînîci à Narbonne,
en faveur de Daniel , archevêque de cette
ville". Il est mentionné en 794 dans un di-
plôme de Charlemagne comme ayant été un
des fondateurs de l'abbaye de Cannes ".
MagnaRIUS. — En 791, Magnarius était
comte de Narbonne; il fixa cette année-là
les limites d'un territoire qui appartenait
à l'abbaye de Cannes '.
Sturmion. — Sturmion, comte de Nar-
bonne, depuis 800 jusqu'en 810 ou 811
environ, est rappelé dans un jugement de
l'année 834'', comme ayant reçu un rescrit
de Louis le Débonnaire, lorsque ce prince
n'était encore que roi d'Aquitaine.
Ce sont là les seuls comtes particuliers
de Narbonne dont les noms nous ont été
conservés. Il y a beaucoup d'apparence
qu'il n'y en a guère eu davantage. Par suite
passa avec le premier dans la famille des de la création de la Marche d'Espagne
comtes de Comminges & de Couserans.
' Cartulaire de Sauxlllanges, n. |3, & Cartulaire
de Saint-Julien de Brloude, n. 3i5.
* Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. XXXI.
' C'est de ce Bernard que Justel & Baluze ont
voulu faire descendre les la Tour d'Auvergne, mais
toutes les chartes sur lesquelles ils s'appuient pour
établir cette filiation ont été fabriquées pour les be-
soins de la cause. Bernard, fils d'Acfred, comte de Ra-
zès, ne paraît avoir joué aucun rôle dans l'histoire,
& il mourut certainement sans enfants. A l'aide
des chartes fausses fournies par de Bar, Baluze, qui
les croyait authentiques, a prétendu que ce Bernard
avait épousé Blitsende & avait eu pour fils un se-
cond Bernard, mari de Berthilde &. père de Géraud
de la Tour. Tous ces personnages sont apocryphes.
^ Acfred était abbé de Saint-Julien de Brloude,
& par conséquent comte de Velai en çiz & en
023, c'est à-dire du vivant de son frèrs.
OU Gothie, en 817, les domaines affectés
au comte de Narbonne devinrent un des
apanages du marquis qui commandait la
Marche. Il en fut probablement de même
pour les domaines des comtés de Nimes &
de Maguelonne, & pour quelques autres,
dans lesquels on ne voit résider aucun
comte après l'an 820; mais comme le mar-
quis ne pouvait se trouver à la fois dans
tous les comtés & remplacer tous les com-
tes dont il s'était réservé les fonctions,
ces fonctions furent exercées par des vi-
comtes qui relevaient directement de son
' Voyez ci-après, aux Preuves, Chartes & Di-
plômes, n. V.
' Ibid. n. VIII.
3 Ibid. n. VIÏ.
'^ Ibid. ad ann. 834.
Note
RECTIF
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
$ IV
autorité. C'est ce qui nous fait penser
qu'après l'année 820, les comtes particu-
liers de Narbonne furent remplacés par de
simples vicomtes.
? II
Comtes de Nîmes,
Raoul. — De même , à Nimes, après
Raoul, comte franc institué en 759 par
Pépin , après la prise de cette ville, on
ne trouve aucun comte mentionné jus-
qu'en 890 '. Il est probable cependant que,
sous Charlemagne & Louis le Débonnaire,
Nimes fut administrée par un comte, mais
ensuite il n'y eut plus qu'un vicomte placé
sous l'autorité du marquis de Gothie.
$ III
Comtes de NLaguelonne.
Le plus ancien comte de Maguelonne
qui nous soit connu est le père de S. Be-
noît d'Aniane dont nous ignorons le nom.
Il était Goth d'origine & fut confirmé dans
ses fonctions par Pépin, & par Charlema-
gne en 778'.
Amicus — Amiens fut peut-être son suc-
cesseur. Ce comte de Maguelonne est cité
dans les actes du concile de Narbonne
de 891 ; il était alors un des juges nom-
més par Charlemagne pour examiner la
cause pendante entre l'archevêque de Nar-
bonne & l'évêque d'Elne, au sujet des li-
mites du Razès ^
Robert. — Un autre comte , nommé
Robert, est cité dans un diplôme de 819
comme ayant autrefois délimité le terri-
toire de Villeneuve, dans le comté de Ma-
guelonne \ Robert a pu être comte de
Maguelonne entre les années 796 & 812.
Après Robert , nous ne trouvons plus de
comtes de Maguelonne mentionnés dans les
documents.
' En SpOjRaimond était comte de Nimes.
Vita S, Bened'ict't Anian, Acta Sanctorum ordinis
sancti Benedieti, saec. i^, t. 2.
' Preuves, Chartes & Diplômes, n. VI.
* Recueil des Hïst. de France, t. 6, p. 5 17.
Note
BECTir.
Comtes d'Agde & de Bé\lers. .
On ne connaît le nom d'aucun comte de
Béziers pendant la période carlovingienne,
& il esta croire que cette ville n'a jamais
eu de comtes particuliers. Nous nous fon-
dons, pour arriver à cette conclusion, sur
ce que, dans plusieurs chartes, le territoire
de Béziers est dit être dans le suburbïum
d'Agde & sur ce qu'en 897 il n'y avait qu'un
même vicomte pour Agde & pour Béziers:
Boso vicecomes Blterrensis & Agatensïs '. Nous
croyons donc que le comte d'Agde était en
même temps comte de Béziers. ^
Il y a eu des comtes à Agde, dès le sixième
siècle, & Grégoire de Tours nous a con-
servé le nom de l'un d'entre eux, nommé
Gomacharius.
Leibulfe. — Le premier qui soit men-
tionné sous les Carlovingiens est Leibulfe.
C'est un de ceux auxquels Charlemagne
envoya, en 812, son diplôme en faveur des
Espagnols réfugiés. Ilestcitéen822,comme
ayant autrefois délimité des salines situées
sur le territoire d'Agde & de Narbonne, 8c
qui avaient été données à l'abbaye d'Aniane'.
Nous ne saurions dire si ce Leibulfe est le
môme que celui qui reçut de Louis le Dé-
bonnaire, en 825% des domaines situés dans
la ville d'Arles. Si c'est le même , il faut
admettre alors que du comté d'Agde, Lei-
bulfe était passé à celui d'Arles.
Arnaud. — Arnaud est également men-
tionné en 822 , comme ayant été comte
d'Agde & de Béziers. Il avait donné à l'ab-
baye d'Aniane un domaine qu'il avait acheté
dans le territoire de Béziers^. Il ne vivait
plus en 822. Aucun autre comte n'est cité
avant 848.
Apollonius. — Apollonius était comte
d'Agde en 848 ^ 11 vivait encore en 872,
puisque Charles le Chauve, par un diplôme
en date de cette année*, lui donna une
' Voyez tomeV, Chartes & Diplômes, n. XVIII,
' Preuves, Chartes & Diplômes, n. XL.
' Ihid.
^ Ibid. n. XLI.
5 Ibid. n. LXXI &LXXII.
« Ibid. n. CVII.
Note
RECTir.
3i6
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
partie du domaine de la ville d'Agde qui
lui appartenait.
XVI
SUITE CHRONOLOGIQUE DES MARQUIS
DE SEPTIMANIE OU DE GOTHIE.
Nous avons dit que la Septimanie ou
Gothie fut séparée de la Marche de Tou-
louse en 817, & érigée en gouvernement
particulier. Ce gouvernement était composé
de la Marche d'Espagne proprement dite
& de la Septimanie , moins le comté de
Carcassonne qui fut réuni à la Marche
de Toulouse.
I. BÉRA. — Le premier marquis ou duc bé-
néficiaire de Septimanie fut Béra, qui avait
été nommé comte de Barcelone en 801, lors
de la prise de cette ville par les Francs. Ce
comte était Goth de naissance. L'an 820,
à la diète d'Aix-la-Chapelle tenue au mois
de janvier, il fut accusé de félonie par un
autre goth nommé Sanila. L'accusateur ,
au défaut de preuves, ayant offert le duel,
Béra fut vaincu & sa défaite emportant la
conviction du crime , selon les lois visi-
gothiques , il fut dépouillé de ses hon-
neurs & relégué à Rouen '. Les auteurs
de VArt de vérifier les dates disent que de
Romille, sa femme, Béra laissa un fils
nommé Argila , qui fut père de Béra, &c. ,
mais ils ont confondu le premier marquis
de Septimanie avec Béra, comte de Razès ,
fils de Guillaume de Gellone qui effecti-
vement fut père d'Argila & dont la femme
s'appelait Romille.
II. Bernard. — Bernard, fils de S. Guil-
laume, fut nommé à la place de Béra au
comté de Barcelone; il n'est pas certain qu'il
lui ait succédé immédiatement comme mar-
quis de Septimanie. On croit que Gau-
celme, son frère, fut d'abord investi de ces
fonctions'; mais en 827, Bernard s'étant
signalé contre Aison, qui avait fait révolter
la Marche, fut nommé marquis de Septi-
manie ou de la Marche d'Espagne'. On a
' Fita Hludov'ui Imp, Pertz, t. 2, p. 63o & seq.
' Voyez ce que nous avons dit à cet égard, 5 11.
' Voyez pour tous ces faits la Vie de Louis le Dé-
bonnaire dans Pertz, t. 2, p. 682 & seq.
vu ailleurs la part qu'il prit aux événe-
ments du règne de Louis le Débonnaire;
nous n'y reviendrons pas. Nous rappellerons
seulementque les ennemis de Bernard ayant
fini par l'emporter dans les conseils de l'em-
pereur, il perdit tout pouvoir à la cour &
fut exilé dans son gouvernement. Il se lia
alors avec Pépin, roi d'Aquitaine, & l'em-
pereur auquel cette alliance fut présentée
sous un jour défavorable, le dépouilla de
ses honneurs, en 832, à la diète de Joac, en
Limousin. Le duché de Septimanie fut
alors donné à Béranger, duc de Toulouse,
qui y exerça son autorité pendant quelques
mois '. Bernard, retiré en Bourgogne où il
avait encore des biens qui provenaient de
sa famille, travailla, de concert avec Warin,
à faire rétablir l'empereur que ses enfants
avaient déposé. Les services qu'il rendit
alors le firent rentrer en possession de son
marquisat en 833, dix-huit mois environ
après en avoir été privé. Les auteurs de
VHistolre de Languedoc ont prétendu que
Bernard avait été duc de Toulouse; nous
avons fait voir que cette assertion était er-
ronée. Bernard s'étant révolté contre l'au-
torité de Charles le Chauve, fut déposé
dans les premiers mois de l'année 844, jugé
par ses pairs, & eut la tête tranchée par
ordre du roi.
III. Sunifred. — Sunifred , fils de Bor-
rel comte d'Ausone, fut nommé marquis
de Septimanie aussitôt après la mort de
Bernard; il est cité sous ce titre dans le
diplôme de l'année 844 , donné par Charles
le Chauve en faveur des Espagnols réfugiés
en Septimanie \ Sunifred mourut en 85o
ou 85i au plus tard. Il n'a pas été comte
de Barcelone , & c'est ce qui renverse la
théorie des savants historiens de VHistoîre
de Languedoc , qui ont prétendu que les
titres de comte de Barcelone & de mar-
quis de Septimanie avaient toujours été
synonymes.
UAn de vérifier les dates donne pour
successeur à Sunifred, marquis de Gothie,
Aledran, qui figure dans les événements
'Voyez la notice d'un plaid tenu àEIne,au nom
de Béranger, en 832. Preuves, Chartes & Diplômes,
charte du 5 avril 832.
" Baluze, Capitul. t. 2, p. 1452.
Note
BECTIF.
Note
RECTIF.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
3i7
dont la ville de Barcelone a été le théâtre
en 849 & 85o. Mais Aledran était simple-
ment comte de Barcelone. Le successeur
de Sunifred au marquisat de Gothie fut
Udalric.
IV. Udalric. — Udalric ou Odalric tint
un plaid à Crépian, dans le diocèse de Nar-
bonne, en qualité de marquis de Septima-
nie, le 10 septembre 852 '. Il figure encore
avec le titre de marquis dans un acte de
853 '. On croit qu'il mourut vers 857.
V. HuMFRiD. — On trouve Udalric rem-
placé en 859 par Humfrid ou Unifred, qui
peut-être appartenait à la famille de Bor-
rel, comte d'Ausone. Humfrid était comte
de Besalu, avant que de succéder à Odalricj
il paraît avec le titre de marquis dans plu-
sieurs actes de 859 & de 862 ^ En 863, il s'em-
para de la Marche & de la ville de Tou-
louse, & en chassa le comte Raimond.
Charles le Chauve, informé de cette entre-
prise, le dépouilla l'année suivante de ses
honneurs &le condamna à l'exil ■*. Humfrid,
obligé de se cacher, s'enfuit en Italie ^
Ce fut alors que Charles le Chauve
partagea la Septimanie en deux gouverne-
ments particuliers : la Marche d'Espagne
qui eut Barcelone pour capitale, & la Sep-
timanie propre ou Gothie.
VI. Bernard II. — Bernard, fils de Do-
dane, fut le premier marquis de la Gothie
ainsi réduite. Nommé en 864, il gouverna
cette province jusqu'en 878. Dom Vaissete
prétend qu'il fut nommé comte de Poitiers
en 867, après la mort de Ranulfe I^
nous avons fait voir ailleurs l'erreur du
savant historien. En sa qualité de marquis
de Gothie, Bernard figure dans un certain
nombre de chartes, notamment en 870,
en 871 & en 875®. Charles le Chauve ayant
passé les Alpes en 877 pour aller s'opposer
aux entreprises de son frère Carloman,
Bernard se ligua contre lui avec d'autres
comtes, qui tous refusèrent de lui ame-
' Preuves, Chartes & Diplômes, n. LXXVI.
» Ihid. n. LXXVIII.
3 Ihld. n. LXXXII, LXXXIII & LXXXVIII, &
Collection Moreau, t. 2, p. 24.
^ Annales Bertin. Pertz, Monum. t, i, p. 467.
5 Ihld.
« Preuves, Chartes &. Diplômes, XCV, XCVI & CI.
ner les troupes qu'il leur avait demandées.
Le roi étant mort la même année, les
conjurés se réconcilièrent pour la plupart
avec son fils Louis le Bègue, mais Bernard
persista dans sa révolte. En 878, il s'empara
de Bourges & du Berry sur Boson, roi de
Provence, qui possédait ce comté depuis
quelques années, en vertu d'une donation
de Charles le Chauve; il commit dans ce
pays de tels excès qu'il fut excommunié au
concile de Troyes, tenu aux mois d'août &
de septembre 878, & privé de toutes ses
dignités". Indépendamment de la Gothie,
Bernard possédait, depuis 872, le comté
d'Autun qui lui avait été attribué après la
mort de Bernard, fils de Dodane \
Se voyant proscrit, il se retira dans le
comté de Mâcon, que Boson, avec le-
quel il s'était réconcilié, lui donna. Mais
assiégé dans Mâcon par les rois Louis &
Carloman, il y fut probablement pris à la
fin de l'an 879 ou au commencement de 880,
& puni du derniersupplice. Toujours est-il
que depuis lors on n'en entend plus parler.
VII. Bernard III. — Bernard Planteve-
lue, comte d'Auvergne, fut nommé marquis
de Gothie à la fin de l'année 878, après la
proscription & la condamnation de Ber-
nard II. Louis le Bègue auquel il avait rendu
de grands services & qui connaissait par ex-
périence son extrême fidélité, le nomma en
mourant tuteur de son fils aîné. Bernard se
hâta de faire couronner ce prince, ainsi que
son frère Carloman, pour prévenir les des-
seins des mécontents ; ce qui n'empêcha
point Boson, un des principaux, de se faire
déclarer roi de Provence le i5 octobre 879,
Se de se soustraire entièrement à l'autorité
des fils de Louis le Bègue. En 880, les deux
rois s'étant mis en marche, sous la conduite
de Bernard Plantevelue, pour faire rentrer
Boson dans le devoir, firent d'abord le siège
de Mâcon, prirent cette ville & la donnè-
rent à Bernard. Ils allèrent ensuite assiéger
Vienne, mais cette cité fit une plus longue
résistance. Tant qu'il vécut , Bernard ne
cessa d'avoir les armes à la main contre Bo-
son; il périt, dans un combat que lui livra
ce prince, avant le mois d'août 886, & laissa
' Annales Vedast. Pertz, t. 1, p. 5 17.
' Hlncmar, dans Pertz, t. r,p 5i3.
NOTB
BECTIF.
Note
RECTIF.
3i8
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
toutes ses possessions à son fils Guillaume
dit le Pieux.
VIII. Guillaume le Pieux. — Guil-
laume le Pieux fut comte d'Auvergne &
marquis de Gothie. Nous avons quelques
chartes où il figure en cette dernière qua-
lité. A sa mort, arrivée le 6 juillet 918, ses
domaines furent partagés entre Guillaume
le Jeune, son neveu, & Raimond II, son
parent. Celui-ci était déjà comte de Nimes
depuis l'année 890 au moins. Tous les faits
relatifs à ce prince ont été parfaitement
établis par dom Vaissete, ce qui nous dis-
pense de nous y arrêter davantage.
XVII
chronologie des comtes et des mar-
quis de BARCELONE OU DE LA MAR-
CHE D'ESPAGNE.
(801-864 & 864-994)
C'est en 864, après l'exil d'Humfrid, que
la Marche d'Espagne fut séparée de la
Gothie par Charles le Chauve. Cette pro-
vince eut Barcelone pour capitale. A partir
de cette époque, les comtes de Barcelone
prirent le titre de marquis, & leur autorité
fut supérieure à celle de tous les autres
comtes de la Marche, ce qui n'avait pas
toujours eu lieu auparavant.
Nous donnerons d'abord les noms des
comtes de Barcelone depuis 801, date de la
conquête de cette ville sur les Sarrasins,
jusqu'en 864, puis ceux des marquis de
Barcelone.
801-820. BÉRA. Voir son article aux mar-
quis de Gothie.
820-844. Bernard, fils de saint Guil-
laume. Voir son article aux marquis de
Gothie.
844-862. Aledran était comte de Bar-
celone en 848; il défendit cette ville contre
Guillaume, fils aîné du comte Bernard, qui
prétendait que ce comté devait lui revenir
par droit d'héritage. Le sort des armes ne
lui fut pas d'abord favorable, il fut fait pri-
sonnier & Guillaume lui enleva les villes
de Barcelone & d'Ampurias. En 85o, il ren-
tra en possession de ces deux places. Les
Sarrasins s'étant emparés de Barcelone
en 852, on suppose qu'Aledran périt en
cette occasion , car il i\qi\ est plus fait
mention par la suite.
Les savants historiens de la province de
Languedoc prétendent qu'Odalric ou Udal-
ric, marquis de Septimanie, fut le succes-
seur d'Aledran au comté de Barcelone.
Aucun document ne vient attester ce fait
qui toutefois n'est pas impossible. Quant à
Humfrid , successeur d'Odalric, il était
comte de Besalu, & il n'est pas non plus
prouvé qu'il ait été comte particulier de
Barcelone. Il peut donc y avoir du doute
sur les noms des successeurs d'Aledran, au
moins jusqu'en 864, époque de l'érection
du comté de Barcelone en marquisat.
I. Salomon. — Ce n'est point Wifred le
Velu qui fut le premier marquis de la Mar-
che d'Espagne, comme le disent les auteurs
de VArt de vérifier les dates ^ mais un comte
franc du nom de Salomon. Charles le
Chauve, mécontent des révoltes, continuel-
les dont les Marches d'Aquitaine étaient le
théâtre, après avoir divisé la Septimanie en
deux gouvernements pour rendre ceux qui
en seraient chargés moins puissants, confia
la direction de ces gouvernements à des
hommes nouveaux qui, n'ayant pas de ra-
cines dans le pays, lui seraient, à ce qu'il
croyait, plus fidèles. Ces hommes furent
Bernard, fils de Blichilde, pour la Gothie,
& Salomon pour la Marche d'Espagne. Les
Gestes des comtes de Barcelone constatent
fort bien l'antipathie qu'excita , chez les
seigneurs établis plus anciennement dans
la Marche, la présence du comte franc.
L'auteur de ces Gestes raconte que Salomon
mourut poignardé par "Wifred le Velu'. On
ne saurait cependant ajouter foi à ce récit
par trop romanesque, dont l'inexactitude
nous est révélée d'ailleurs par d'autres cir-
constances. La seule conclusion que nous
en voulions tirer, c'est que Salomon fut
nommé comte de Barcelone & qu'il fut
considéré comme un usurpateur par la
famille la plus puissante de la Marche,
celle de Wifred le Velu.
Salomon tint un plaid en 868, dans le
Conflans, au sujet de domaines qui avaient
été donnés à l'abbaye de Cuxa par Anne,
' Gesta com'itum Barc'in. — Marca Hispan'tca, 8cc.
Note
KECTIJ--.
NOTB
RECTIF.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
fille de Béra & de Rotrude'. Il vivait encore
en 873, si l'on admet comme nous que
c'est lui qui est désigné, sous le titre de
mîssus, dans un jugement rendu en son nom
en faveur de l'abbaye de Cannes'.
II. WiFRED LE Velu, fils de Sunifred
& d'Ermessinde, comte d'Ausone, fut le
successeur de Salomon. Les auteurs espa-
gnols prétendent que ce n'est qu'en 874 que
Wifred devint comte de Barcelone. Leur
opinion paraît très-vraisemblable, puisque
Salomon vivait encore en 873. En 888 ,
Wifred fonda l'abbaye de RipoU dans le
comté d'Ausone '. On voit par la charte de
fondation de cet établissement que le mar-
quis de Barcelone reconnaissait alors l'au-
torité du roi Eudes. Elle est datée du xii
des calendes de mai, anno primo Odonis
régis. En 890, Wifred & sa femme Widi-
nille donnèrent à cette abbaye différents
objets mobiliers & assistèrent à la dédicace
de l'église "*. Wifred le Velu mourut en 806
au plus tard ; il fut enterré dans l'abbaye
de Ripoll. L'auteur des Gestes des comtes
de Barcelone, & les autres écrivains cata-
lans après lui, placent la mort de ce comte
en 812, parce qu'ils l'ont confondu avec
son fils aîné, Wifred II \
III. Wifred II, fils de Wifred le Velu,
succéda à son père dans le comté de
Barcelone & dans le marquisat de la Mar-
che d'Espagne. Il fut le restaurateur de
l'église d'Ausone ou de Vie , & mourut
sans enfants en 914''.
IV. MiRON, son frère, fut son succes-
seur. Il épousa Ave, dont il eut cinq fils,
& mourut en 928, laissant le comté de
Barcelone à son fils aîné '.
V. Sunifred. — Sunifred, fils aîné de
Miron, posséda le comté de Barcelone de-
' BaluzCj Capitul. t. 2, append. p. 1490.
' Preuves, Chartes & Diplômes, n. XCVIII.
^ Marca Hispan'ica, append. n. ^5 & 46.
* Ihîd. n. 5o.
^ Voyez à ce sujet la Note précédente de dom
Vaissete.
® Archives de la cathédrale de Vie, dans la Col-
lect. Moreau, t. 3, p. 264.
' Sur la comtesse Ave, voyez Marca Hispanica,
append. n. 90, 92, 96, io5, 122 & 127, & Collect.
Moreau, t. 6, p. 2.
puis la mort de son père jusqu'en 967, date
de sa mort. En 9 j3, il assista à la dédicace
de la nouvelle église de Saint-Michel de
Cuxa qu'il avait aidé à construire. En 967,
il donna plusieurs domaines à l'abbaye de
Ripoll, &, comme il ne laissait point d'en-
fants,, il légua par son testament, en date
du i" octobre 966, tous ses biens aux dif-
férentes églises de la Marche d'Espagne &
de la Septimanie '. A sa mort, le comté de
Barcelone passa à son cousin germain Bor-
rel, comte d'Urgel.
VI. BoRREL. — Borrel, comte d'Urgel &
frère de Suniaire, succéda en 967 à Sunio-
fred, son cousin, dans le comté de Barce-
lone. Il se rendit plus puissant qu'aucun
de ses prédécesseurs. En 971, voulant sous-
traire les évêchés de ses Etats à la juridic-
tion de l'archevêque de Narbonne , il se
rendit à Rome , accompagné du fameux
Gerbert, alors religieux d'Aurillac, & ob-
tint une bulle du pape Jean XII pour
ériger Ausone en archevêché. Mais cette
bulle fut sans effet par l'opposition d'Ai-
mery, archevêque de Narbonne. En 985, les
Sarrasins pénétrèrent dans la Marche d'Es-
pagne, le défirent & lui enlevèrent momen-
tanémentla capitale de son comté. Borrel fit
son testament le 24 septembre 993 & mourut
peu après j son corps fut inhumé dans le mo-
nastère de Ripoll. Il fut marié deux fois j
Leutgarde, sa première femme, lui donna
deux fils : Raimond,qui lui succéda dans le
comté de Barcelone, & Ermengaud, qui fut
comte d'Urgel.
XVIIl
CHRONOLOGIE DES COMTES DE
ROUSSILLON.
(812-991)
I. Gaucelme ou Gaucelin. — Gau-
celme, fils de S. Guillaume, était comte do
Roussillon en 812. Il exerça, à ce qu'on
croitjles fonctions de marquis deSeptimanie
depuis la déposition de Béra, arrivée en 820,
jusqu'en 827. A cette époque , il fut rem-
' Marca Hispan'ica, n. 104, 81 Moreau, t. 10,
p. 65.
Note
RECTIF.
Note
EECTIF.
:)20
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
placé comme marquis par son frère Bernard ;
Gaucelme resta néanmoins comte de Rous-
sillon jusqu'en 884; il figure en cette qua-
lité dans un diplôme de l'année 829, par
lequel Louis le Débonnaire, à sa demande,
prend le monastère de Sorède sous sa pro-
tection". Gaucelme seconda son frère Ber-
nard dans sa lutte contre les enfants de
Louis le Débonnaire j fait prisonnier^
en 834, à la prise de Chalon-sur-Saône,
il eut la tête coupée par ordre de Lo-
thaire.
IL SUNIAIRE I. — Un jugement rendu par
Alaric, comte d'Ampurias , le 20 août 848,
prouve que ce comte avait succédé à Su-
niaire dans le comté d'Ampurias j celui-ci
était en même temps comte de Roussillon.
Il est fait mention de lui dans l'édit de
Charles le Chauve, donné l'an 844, en fa-
veur des Espagnols qui s'étaient réfugiés
en Septimanie. On ne connaît pas exacte-
ment l'époque de sa mort 5 néanmoins, il
vivait encore en 85o, & c'est à sa prière
que Charles le Chauve accorda un privilège
à l'abbaye de Sorède en Roussillon\ Dom
Vaissete & les auteurs de VArt de vérifier
les dates ont cru, sur la foi d'un diplôme
interpolé', que Suniaire I avait été aussi
comte de Besalu ^ mais ils ont confondu Su-
niaire I, comte de Roussillon, avec un au-
tre Suniaire, qui effectivement a été comte
de Besalu , mais qui vivait près d'un siècle
plus tard.
III. MiRON. — Miron, fils de Sunifred,
fut le successeur de Suniaire I. Il assista,
avec son frère Wifred le Velu, en 878, à la
dédicace de l'église de Notre-Dame de For-
miguera, dans le Capcir, faite par Sigebode,
archevêque de Narbonne. Il fut, en 878, un
des auteurs de la donation de la ville de
Prades, dans le Conflans, faite à l'abbaye de
la Grasse. Il donna en 885 , de concert
avec sa mèreErmessinde & son frère Raoul,
à l'abbaye de Cuxa, l'église de Saint-Vincent
du Vernef. En 882, il acheta d'un par-
ticulier appelé Qualefonsus, la terre de
Palan en Roussillon. Le comte Miron
' Marca Hispanica, append. n. 12.
' Preuves, Chartes & Diplômes, n. LXV.
' Recueil des Hist. de France, t. 8, p. Si 5.
^ Preuves, Chartes & Diplômes, n. LXXVI.
Note
était mort le 12 mars 8955 par un acte ^'''^ctif.
de ce jour, ses exécuteurs testamentaires
délivrèrent à Riculfe , évéque d'Elne , dif-
férents biens situés dans le Roussillon,
qu'il avait légués à l'église d'Elne '. Cet
acte fournit une preuve incontestable de
la domination du comte Miron sur le
Roussillon j car on y voit, parmi les biens
dont il avait disposé en faveur de l'église
d'Elne, ceux que ses procureurs avaient
judiciairement revendiqués & fait rentrer
dans ses domaines, pro judîciali causa sui
mandatar'ii conquîsierunt'' . Le comte Miron,
fils de Sunifred, ne figure pas au nombre
des comtes de Roussillon dont les auteurs
de VArt de vérifier les dates ont donné la
liste. Il ne doit pas être confondu, comme
l'ont fait quelques auteurs, avec Miron,
comte de Barcelone, son neveu. Miron ,
comte de Roussillon, était mort en 895,
& le comte de Barcelone vécut jusqu'en 928.
Raoul, comte de Conflans. — Les
auteurs de VArt de vérifier les dates, qui ont
confondu Suniaire II , premier comte hé-
réditaire de Roussillon, avec Suniaire I,
comte d'Urgel, quatrième fils de Wifred le
Velu , prétendent que Raoul , frère de ce
dernier & de Miron , a été comte de Rous-
sillon , mais ils se sont trompés : Raoul,
frère de Wifred le Velu, était comte de
Conflans seulement j c'est en cette qua-
lité qu'il figure avec ses frères en 878,
dans l'acte de donation de la ville de Pra-
des faite à l'abbaye de la Grasse, & qu'il
prend part en 885 à la donation de l'église
duVernet faite à l'abbaye de Cuxa. D'ail-
leurs, Raoul, comte de Conflans, ne mourut
qu'en 914, & deux chartes de l'année 900,
relatives à une enquête faite par les juges
du comté de Roussillon, au sujet de la terre
de Baho , prouvent qu'à cette époque Su-
niaire II était comte de Roussillon'.
IV. Suniaire IL — Suniaire II, comte
d'Ampurias depuis 880 , devint comte de
Roussillon en 895. Il n'était pas, comme
le disent les auteurs de VArt de vérifier les
dates, neveu de Raoul j on ne sait pas quelle
était son origine. Il vécut jusqu'en 915
' Marca Hispanica, append. n. 56.
' Collect. Moreaii, t. 3, p. 91.
' Notes de M. deFossa, Collect. Moreau^ t. 3, p. 91.
Note
HECTIF.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
321
& laissa d'Ermengarde, sa femme, quatre
fils : Hilmerade & Wadalde, qui furent
successivement évéques d'Elne , Bencion
& Gauzbert, qui lui succédèrent dans les
comtés de Roussillon & d'Ampurias". Su-
niaire II est le premier comte héréditaire
de Roussillon.
V. Bencion & Gauzbert. — Les deux
fils de Suniaire se mirent en possession du
comté de Roussillon après la mort de leur
père. Le premier avait épousé Godlane ,
comme on le voit par une donation qu'il
fit à l'église d'Elne le 4 mars 916, pour
le repos de son âme & de celle de Godlane,
sa femme '. Il mourut dans le cours de cette
même année. Après sa mort, Gauzbert, son
frère , se trouva seul en possession des
comtés d'Ampurias & de Roussillon 5 il as-
sista à la consécration de la nouvelle église
d'Elne, qui eut lieu au mois de septem-
bre 916'. On a de lui & de la comtesse
Trutgarde, sa femme, deux chartes, l'une
du 25 janvier 922, l'autre de l'an 980.
En 981, il fit une donation à l'église d'Elne,
de concert avecl'évêque Wadalde son frère.
Il laissa en mourant un fils appelé Gui-
fred ou Gausfred.
VI. GuiFRED. — Guifred ou Gausfred
succéda à son père entre les années 982 &:
942. Il est en effet prouvé qu'il était comte
de Roussillon en cette dernière année. Il
fut présent, le 24 décembre 956, à la con-
sécration de l'église de Saint-Martin de
Bautices faite par Ermengaud, archevêque
de Narbonne, assisté des évêques d'Elne
& de Girone. Dans l'acte qui fut dressé de
cette cérémonie, il est qualifié comte d'Am-
purias, de Pierrelate & de Roussillon. Ce
comte & Ave son épouse firent un échange
de certains domaines avec une femme ,
nommée Hermentrude , le 19 juin 959.
En 981, Guifred obtint du roi Lothaire un
terrain inculte entre Collioure & Bagnols.
Il mourut en 991, comme il est établi par
l'acte d'exécution de ses dernières volon-
tés \
A sa mort, Hugues, son fils cadet, eut
' CoUsct. Morenu, t. 3, p. 129 & 161.
' Marca Hispanica, n. 66.
' Ihld. n. 65.
^ CoUect. Moreau, t. 14, p. 216.
le comté d'Ampurias, & Guilabert celui de
Roussillon; Gausfred, le plus jeune de ses
fils, n'eut aucun apanage.
VII.' Guilabert. — Guilabert & Hu-
gues, son frère, firent ensemble, le 5 novem-
bre 1006, donation à l'abbaye de Saint-Pierre
de Rodes de certains biens situés dans le
comté de Pierrelate & d'un étang dans le
comté d'Ampurias. Guilabert est dénommé
le premier dans cet acte qu'il souscrivit
aussi le premier ; il était sans doute l'ainé.
Un acte d'échange consenti le i5 mars 1001
entre Béranger, évêque d'Elne & Scintil-
lus, abbé d'Arles & ses religieux, de biens
respectivement situés dans les comtés de
Roussillon & de Cerdagne , prouve qu'il
était comte de Roussillon. On peut ti-
rer la même conclusion de la délivrance
faite par ses exécuteurs testamentaires ,
le 4 |avril ioi3, de la terre de Pia en Rous-
sillon , qu'il avait léguée en alleu à l'église
d'Elne '.
Guilabert mourut sans enfants en ioi3.
VIII. Gausfred II. — Gausfred n'était
point fils de Guilabert, comme le disent les
auteurs de VArt de vérifier les dates ^ mais
bien son frère \ En 991, il signa, sans pren-
dre le titre de comte, l'acte par lequel les
exécuteurs testamentaires de son père déli-
vrèrent certains biens qu'il possédait au
territoire de Cabanes, dans le comté de
Pierrelate. Il succéda à son frère Guilabert,
& ses enfants possédèrent après lui le comté
de Roussillon, jusqu'à Gérard ou Gui-
nard II, mort en juillet 1172^
XIX
CHRONOLOGIE DES COMTES D'AMPURIAS.
(812-1040)
Ermengaire ou Irmengarius. — Er-
mengaire fut un des huit comtes auxquels
fut adressé le diplôme de Charlemagne,
donné le 2 avril 812 en faveur des Espa-
' Cartul. de l'église d'Elne, CoUect. Moreau, t. i^,
p. 216.
' Voyez pour tous ces faits les Notes de Fossa,
Collect. Moreau, t. 14, p. 216.
3 léid.
II.
Note
RECÏIF.
322
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
gnols réfugiés en Septimanie. L'année sui- & de Dodaae, paraît avoir été comte d'Ain-
vante ce comte, apprenant que les Sarra-
sins venaient de piller l'île de Corse, alla
les attendre à leur retour près de l'île de
Majorque & ayant surpris leur flotte, il
leur enleva huit vaisseaux, dans lesquels
il fît plus de cinq cents prisonniers'.
Gaucelme. — Après la mort d'Ermen-
gaire, Gaucelme joignit au comté de Rous-
sillon celui d'Ampurias. 11 en resta pos-
sesseur jusqu'à sa mort, arrivée en 834.
punas, puisque c'est sur ces deux comtes
que Guillaume s'empara des villes de Bar-
celone & d'Ampurias. Isembert était fils du
comte Warin'. Depuis cette époque, jus-
qu'en 880, on ne sait quels furent les comtes
d'Ampurias.
VI. SuniaIReII. — En 884, le comte Su-
niaire, assisté du vicomte Pierre, tint en la
ville de Portus, au comté d'Ampurias, un
plaid touchant certaines terres réclamées
Suniaire. — 11 y a lieu de croire que Su- par Estremin , archiprétre de Girone. Il
niaire I fut son successeur immédiat dans les est encore fait mention de lui dans un au-
deux comtés d'Ampurias & de Roussillon, tre plaid tenu en Roussillon, le 5 juin 915,
car il paraît certain que Suniaire fut comte touchant la propriété d'un ténement dans
d'Ampurias avant 843. A partir de cette épo- le territoire d'Elne , in adjacentïïs vilîae
que, il fut remplacé dans ce dernier comté Tresmalos, que Daniel, avocat du vicomte
par Alaric 8c resta seulement comte de Rous- Richelme, réclamait contre Recimir. Les
sillon. C'est ce que prouve un jugement témoins entendus dans l'enquête ordonnée
rendu par Alaric, le 20août 843, dans lequel ^ ce sujet déposèrent avoir ouï dire que
il est dit que l'évèque de Girone avait été Wademir, aïeul de Recimir & son père
investi d'un certain droit de tonlieu, par le Witigius , avaient possédé ce ténement
comte Suniaire, dans la ville d'Ampurias : jusqu'à ce que le comte Suniaire en eut
Suniario comité hic in Impurias civitate\ dépossédé Witigius par violence, pour le
Alaric. — Alaric était comte d'Ampurias donner en bénéfice à Tructérius. Le téne-
en 843, puisque par suite du jugement cité ment contesté fut adjugé à Recimir, du chef
plus haut, il fut obligé en cette qualité de de son aïeul'. Il est à croire que Suniaire
délaisser à l'église de Girone un fonds qu'il n'était plus alors vivant,
détenait injustement. Il avait épousé Ro- Suniaire II, comte d'Ampurias, était en
trude, fille de Béra I, comte de Razès, qui même temps comte de Roussillon. Les au-
lui survécut & lui donna une fille nommée teurs de VArt de vérifier les dates l'ont con-
Anne & un fils appelé Auriole'. Rotrude fondu avec Suniaire, comte d'Urgel, qui-
était morte avant l'année 868. Elle avait trième fils de Wifred le Velu, & dom Vais-
donné une partie de ses biens à l'abbaye de sete a cru qu'il était fils de Miron, fils de
Cuxa, du consentement de sa fille, qui elle Sunifred, comte de Roussillon. Il n'y a au-
aussi fit, en 876, une donation des domai- cune preuve de ce fait, & nous sommes rê-
nes qu'elle possédait dans les comtés du duits à ignorer quelle était l'origine du
Roussillon, de Conflans & de Pierrepertuse comte Suniaire II. Une charte du 10 avril
à Raoul, frère de Wifred le Velu & à sa çSi, & non 930, comme le marque dom
femme Ralinde "*. Vaissete, atteste que le comte Suniaire avait
Le comte Alaric mourut en 844. Auriole, pour femme Ermengarde^ Il laissa quatre
son fils, ne paraît pas lui avoir succédé, fils. Foyei^ aux comtes de Roussillon.
puisqu'il ne porte pas le titre de comte dans
le document qui nous révèle son existence,
Isembert. — Isembert, qui en 849 aida
le comte Aledran à défendre la ville de Bar-
celone contre Guillaume, fils de Bernard
' Eglnhard, Annales. — Peitz, t. 1, p. 200.
' Marca Hispanica, append. n. 16.
3 Ibid. n. 18.
'' Ibid. n. 6z.
Vil. Bencion & Gauzbert. — On ne
sait si Bencion & Gauzbert, fils de Suniaire,
se partagèrent les comtés de leur père ou les
gouvernèrent par indivis. Il est vrai que le
premier ne survécut pas longtemps à son
père, car il mourut dans le courant de l'an-
' Voyez plus haut, J IX de cette Note.
^ Marca Hispanica, append. n. i63.
^ Baluze, Capital, t. 2, p. i5ii.
Note
JRECIIF.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
323
Note
Ed.orig.
t. I,
p. 73i.
née 916. On trouve, en effet, dans le cartu-
laire d'Elne, une charte de l'évèque Hilme-
rade, datée du i" septembre 916, dans la-
quelle il rappelle une donation faite à sou
église par le comte Bencion, son frère, d'heu-
reuse mémoire : SimiUter quoque scripturam
donatîonîs benignae recorJadonis germant mei
Bentionis.comitis '.
Après la mort de Bencion, Gauzbert son
frère régna seul. Il laissa en mourant un
seul fils, Guifred.
VIIl. Guifred ou Gausfred. — Gaus-
fred succéda à Gauzbert, son père, dans les
comtés d'Ampurias & de Roussillon. Nous
ne pouvons que renvoyer à ce que nous
Il soutient que ce prince donna une égale
étendue à l'un & à l'autre, 8c que comme
la Septimanie ou province ecclésiastique
de Narbonne fit alors partie de ce royaume,
les archevêques de Bourges prétendirent
dès ce temps-là qu'elle devoit être soumise
à leur juridiction. Il ajoute, enfin, que
Charlemagne institua cette primatie par
des vues de politique pour accoutumer in-
sensiblement au joug françois les Aqui-
tains soumis auparavant à una domination
étrangère, soit par le moyen des fréquentes
assemblées du clergé d'Aquitaine qui dé-
voient se tenir à Bourges, ville voisine de
France, soit parce qu'on y devoit porter
Note
83
avons déjà dit sur ce comte. Voye'{ aux corn- p^j. appel toutes les affaires ecclésiastiques
tes de Roussillon.
IX. Hugues. — Hugues, fils cadet de
Gausfred, lui succéda dans le comté d'Am-
purias. Il fit, avec sa femme Guisle & Pons,
son fils, une vente à l'abbé & aux religieux
de Saint-Pierre de Rodes, des biens situés
enRoussillon,le i5 janvier 1029'. Le 17 jan-
vier io36, il reconnut que l'abbaye de la
Grasse avait la propriété de la terre de Ka-
nouas & de l'église de Saint-Cyr, situées en
Roussillon'. Hugues mourut vers l'année
1040. Il est l'auteur de la famille des comtes
d'Ampurias, qui finirent en i3o8 ^. [E. M.]
des différens diocèses qui étoient compris
dans le royaume d'Aquitaine.
II. La principale autorité sur laquelle
cet illustre prélat se fonde, pour prouver
l'institution de cette primatie, est celle
d'Adrevald', moine de Fleury, qui, parlant
des ravages causés par les Normands dans
l'Aquitaine bien avant dans le neuvième siè-
cle, donne à la ville de Bourges le titre de
capitale de cette province. Mais il ne s'en-
suit nullement de là, que la prétendue
primatie de Bourges sur Narbonne ait
commencé dès le règne de Charlemagne;
& quand il seroit vrai que la première de
ces deux villes eût été capitale de l'Aqui-
taine pour le civil, vers la fin du neuvième
siècle, lorsque Adrevald écrivoit, ce n'est
pas une conséquence que le métropolitain
de Bourges ait dû prétendre la primatie sur
la Septimanie qui, dans ce temps-là, ne fai-
soit plus partie du royaume d'Aquitaine'.
Il paroît, d'ailleurs, par le titre de capitale
LquivANT m. de Marca% le roi Charle- que cet auteur donne à la ville de Bourges,
^ magne établit la primatie de Bourges qu'il entend seulement qu'elle étoit métro-
NOTE LXXXVIII
Si les archevêques de Narhonne ont
été soumis à la primatie de Bourges.
lorsqu'il érigea l'Aquitaine en royaume.
' Marco. Hispanlca, appeiid, n. 65.
' CoUect. Moreau, t. 18, p. 101.
' Ibid. t. 21, p. 82.
^ Voir dans la Collection Moreau, t. 28, p. i65,
un jugement rendu le 7 avril 1044, au nom des
comtes Pons & Gausfred III, en faveur de l'abbé &
du monastère de Rodes, duquel il résulte que
Pons I, comte d'Ampurias, & Gausfred III, comtï
de Roussillon, étaient petits-fils de Gausfred I, Si
arrière petits fils du comte Gauzbert.
* Marca, de Primat, p. 14$ &seq.
pôle de la première province ecclésiasti-
que d'Aquitaine, ce qu'on ne discute pas.
Cet argument ne prouve donc rien contre
la Narbonnoise première, province tou-
jours distincte & séparée de l'Aquitaine, du
moins pour le spirituel, comme M. de
Marca en convient lui-même.
III. Ce prélat nous fournit encore des
' Adrevald, Miracuî. S. Bened. 1. ! , c. 33, B'ibl'io-
theca Flor. t. i, p. 65.
' V^oyez Note XCI.
Note
324
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
Éd.orig.
t. 1,
p. 732.
armes contre lui en avouant, dans le même la mort de ce pape, arrivée en 867, piiis-
endroit", que la primatie de Bourges n'étoit que Frédol, son prédécesseur, étoit encore
pas encore établie en 786, ce qu'il prouve
fort bien. Elle n'a donc pas été instituée
dans le temps de l'érection du royaume
d'Aquitaine par Charlemagne.
IV. Les principes établis par M. de
Marca' nous conduisent à la véritable ori-
gine de cette primatie, & il ne faut pas
la chercher ailleurs que dans les fausses
décrétales d-'Isidore Mercator. Or, comme
elles ne furent' reçues au plus tôt en
France que vers le milieu du neuvième
siècle, du temps d'Hincmar, archevêque de
Reims, il s'ensuit que la Septimanie ne
dépendant plus alors du royaume d'Aqui-
taine, les archevêques de Bourges n'ont pu
en place l'an 871 ' & même en 873.
Ces raisons ont engagé nos plus habiles
critiques, entre autres le P. Sirmond%
M. Baluze & le P. Mabillon, à regarder
cet article de la lettre du pape Nicolas I
comme faux & supposé. Il aura été fabri-
qué, sans doute, par quelque partisan du
prétendu patriarcat de Bourges, & aura
été ensuite inséré dans le décret d'Yves',
de Chartres & dans celui de Gratien où il
se trouve. Il y a lieu de s'étonner qu'un
aussi habile critique que M. de Marca ne
se soit pas aperçu de cette supposition , lui
qui a si bien défendu, d'ailleurs, le droit
des anciens métropolitains contre les en-
avoir aucune raison solide pour étendre trepriscs & la nouvelle juridiction des
leur juridiction sur cette province, quand primats.
même leur ville auroit été dans ce temps-
là capitale du même royaume pour le civil;
de quoi il n'y a aucune preuve. Il paroît,
au contraire, comme on l'a déjà vu, que la
ville de Toulouse fut toujours le principal
siège des rois d'Aquitaine.
V. Ce qui fait voir évidemment que les
archevêques de Bourges n'ont jamais pré-
tendu avoir une autorité primatiale que
depuis les fausses décrétales, c'est qu'on
ne sauroit produire aucun monument an-
térieur qui favorise leurs prétentions. Le
seul qu'on cite par rapport à la province
de Narbonne, estun article d'une épître du
pape Nicolas I, où ^ il est parlé des plaintes
que lui avoit faites Sigebode, archevêque
VI. On pourroit peut-être opposer le
témoignage de Théodulphe'*, qui, dans un
poëme qu'il adresse à Agiulphe, archevêque
de Bourges, prédécesseur de Raoul, se sert
de ces termes :
Es patriarchali primae praelatiis honore
Sedis, & aima patriim est subdita tiirba tibi.
Mais il est aisé de voir que Théodulpho
parle ici seulement de l'autorité métropo-
litaine d'Agiulphe qui, étant archevêque du
premier siège d'Aquitaine, avoit sous lui
plusieurs suffragans, ce qu'on ne conteste
pas. Mais de ce que Théodulphe a em-
ployé dans un poëme le mot patriarchali
de Narbonne, contre les entreprises de au lieu d'archiepiscopaîi, dont la quantité
Raoul, archevêque de Bourges, qui vouloit
exercer dans sa province une autorité
patriarcale -, mais cet article est visible-
ment supposé & fabriqué longtemps après.
Il y en a deux preuves certaines : la pre-
mière, qu'il ne se trouve pas dans les an-
ciens manuscrits' des lettres de Nicolas Ij
l'autre, que Sigebode ne fut archevêque
de Narbonne que plusieurs années après
' Marca, de Primat, p. i^S & seq.
» Ihid.
'Constant, Ep'ist. Sanct. Pontif. praof. t. i,
p. CXXXVIII.
* Conciles, t. 8, p. 5o5.
5 Sirmond, Concil. Gall, t. 3, p. 683 & seq.
ne sauroit convenir aux vers hexamètres
& pentamètres, on veuille conclure que,
dans ce temps-là, les archevêques de Bour-
ges étendoient leur juridiction primatiale
non-seulement sur toute l'ancienne Aqui-
taine, mais encore sur la Narbonnoise
première, province étrangère & séparée,
' Le P. d'Achery, Spicilegium, t. 8, p. 349 & seq,
' Sirmond, Concil. Gall. t. 3, p. 683 & seq. —
Baluze, Marca Hispanica, c. 36o, — Mabillon, ad
ann. 871, n. 27, ad ann. 873, n. 48.
^ Yves, part. 5, c. 56. — Gratian. Cap. conquetus,
q. 9.
''Théodulphe, Carmina , 1. 4, n. 4, vers 277,
p. 1084.
Note
88
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
on n'en voit pas la conséquence. Il est
cependant très-vraisemblable que ces vers
mal entendus sont la principale source du
prétendu patriarcat de Bourges.
VII. On doit en dire de même du titre
de patriarche donné au septième siècle
par S. Didier, évoque de Cahors, dans une
de ses lettres' à Sulpice, évêque de Bour-
ges, son métropolitain. Comme le nom
d'archevêque n'étoit pas encore alors en
usage, Didier' s'est servi de celui de pa-
triarche qui, dans son sens, répond à celui
d'évèque du premier siège de la province ,
primas sedis antistitem, comme il s'exprime
lui-même dans cette lettre. Mais ce qui
prouve évidemment qu'on ne sauroit faire
aucun usage de l'autorité de Théodulphe
& des lettres de S. Didier que nous venons
de citer, en faveur de la prétendue prima-
tie de Bourges, c'est que d'Hauteserre% l'un
de ses plus zélés défenseurs, n'en fait aucun
cas; qu'il convient qu'à la mort de Char-
lemagne l'église de Bourges n'étoit encore
que simple métropolitaine, & qu'il donne
pour principal fondement à sa primatie la
lettre de Nicolas I, dont nous avons déjà
montré la fausseté ^ d'où il s'ensuit que
cette primatie n'est appuyée sur aucun
fondement solide.
VIII. Le P. le Cointe% qui paroît favo-
riser le système de M. de Marca' sur la
dépendance de Narbonne de la primatie de
Bourges dès le règne de Charlemagne, se
sert, après ce prélat, pour appuyer son sen-
timent, du testament de cet empereur, de
l'an 8ii. Il prétend que comme il n'est
point parlé des métropoles de Narbonne ,
d'Eause & d'Aix, dans l'énumération* de tou-
tes celles des Gaules auxquelles ce prince
veut qu'on distribue une partie de ses bi-
joux, on doit distinguer deux sortes de mé-
tropoles; les unes qu'il appelle autocépha-
Ics , qui s'étoient maintenues dans toute
' Didier, Epist, i 2.
Basnage, Praef. in ep'ist. DesUeriij t. 1 lectio-
num ant. Canis. p. 633.
^ Hauteserre , Rerum Aqukaiiiae 1. ^ , c, ^j
1. 8,c. 2.
■• Le Cointe^ ad ann. 811, n. 8.
* Marca, i?e«eam. 1. 1 , c. 29.
* CapituUireSj t. i, p. ^87.
leur autorité, &dont quelques-unes, comme
Bourges & Arles, l'avoient même éten-
due sur d'autres. Il appelle les autres :
métropoles du second ordre (imminutae auc-
toritatis) ou d'une autorité subordonnée, parce
qu'elles dépendoient de quelque autre mé-
tropolitain'; mais tout ce système se dé-
truit aisément.
1° C'est vouloir deviner pourquoi ces
trois métropoles sont omises dans le testa-
ment de Charlemagne & une pure pétition
de principe; il n'y a qu'à nier que la rai-
son pour laquelle ces églises ne sont pas
comprises dans cet acte est qu'elles étoient
soumises à d'autres, & on ne pourra don-
ner aucune preuve de cette soumission.
2° Les archevêques de Bourges avoient
certainement moins de droit sur la pro-
vince de Narbonne que sur celle de Bor-
deaux , puisque cette dernière avoit tou-
jours été de la province civile d'Aquitaine,
& avoit fait même anciennement partie de
la province ecclésiastique de Bourges; au
lieu que Narbonne étoit la plus ancienne
métropole de la Narbonnoise , qui avoit
toujours fait un corps séparé dans les Gau-
les. Cependant la métropole de Bordeaux
qui devoitétre dépendante, suivant le prin-
cipe du P. le Cointe, est nommée dans le
testament de Charlemagne, tandis que celle
de Narbonne est omise.
3° Nous avons des preuves que sous les
règnes de Charlemagne & de Louis le Dé-
bonnaire, Narbonne étoit métropole indé-
pendante & du nombre de celles que le
P. le Cointe appelle autocéphales. Daniel,
archevêque de Narbonne, présida' au con-
cile qui fut tenu dans cette ville l'an 791,
en présence d'Elipand, archevêque d'Arles.
Or, ce dernier étoit archevêque autocéphale,
de l'aveu du P. le Cointe; Daniel qui avoit
la préséance sur lui devoit l'être aussi à
plus forte raison.
4° Si lorsque Charlemagne ordonna, l'an
8i3 , qu'on tiendroit en même temps cinq
conciles dans différentes villes du royaume,
Narbonne n'eût été que métropole du se-
cond ordre , soumise à celle de Bourges ; &
si toute la dépendance des métropoles du
second ordre consistoit à se trouver aux
' Conciles, t. 7, p. 964.
Éd.orig.
t. 1 ,
p. 733
Note
326
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
conciles des principales métropoles, comme
l'avance M. de Marca", les évêques de la
Narbonnoise première auroient dû se ren-
dre alors au concile où assista l'archevêque
de Bourges. Cependant, de l'aveu du P. le
Cointe% ce dernier prélat se trouva avec
les évêques de sa province au concile de
Tours, tandis que ceux delà Narbonnoise
première ou de la Septimanie assistèrent à
celui d'Arles.
5° Par la même raison, lorsqu'en 829,
Louis le Débonnaire ordonna' la convoca-
tion de quatre conciles dans les Gaules,
ce prince ne devoit pas nommer l'arche-
vêque de Narbonne parmi les quatre mé-
IX. Le testament de Charlemagne fait
mention des métropoles de Tarentaise &
d'Embrun , & il ne dit rien de celle d'Aix.
Le P. le Cointe ' conclut de là que les deux
premières étoient du premier ordre ou au-
tocéphales , & que la dernière étoit sou-
mise à celle d'Arles. Le huitième canon '
du concile de Francfort, de l'an 794, con-
firme cependant la décision des anciens
papes touchant la soumission de quatre
évêchés , du nombre desquels étoit celui de
Tarentaise, à la métropole de Vienne j ce
qui fait voir que quoique l'église de Taren-
taise fût déjà alors devenue métropole ,
elle relevoit néanmoins toujours de celle
tropolitains qui dévoient se trouver à celui ^^ Vienne. Ainsi , selon les principes du
de Toulouse , puisque ce prélat, suivant le P* ^^ Cointe, elle ne pouvoit être comprise
système de M. de Marca & du P. le Cointe, ^'^^^s le testament de Charlemagne. Il est
devoit suivre de droit le métropolitain de vrai que ce concile ne voulutpas prononcer
Bourges, son supérieur. Mais non-seule- ^" particulier, au préjudice de l'arche-
ment Louis ordonna nommément à Barthé- vêque de Vienne , sur la requête du mé-
lemy, archevêque de Narbonne , d'assister tropolitain de Tarentaise qui demandoit
au concile de Toulouse , mais encore d'avoir une autorité indépendante sur les
Agiulphe, archevêque de Bourges, qui de- évêques de sa province , & qu'il renvoya
voit s'y trouver aussi, n'est nommé qu'a- '^^ ^ pape la décision de cette demande;
près lui & après Adalelme d'Eause qui n'é- ™^*s le jugement du souverain pontife fut
toit encore que métropolitain du second lavorable aux droits de l'église de Vienne,
ordre, suivant le P. le Cointe. Quelle ^'^st ce qui paroît par une épitre de
étoit donc alors la prétendue primatie de Léon III à Volférius de Vienne, laquelle
Bourges, puisque son archevêque avoit le ^ ^^^^ les caractères de vérité. Le P. le
dernier rang parmi les métropolitains qui Comte la rejette sans autre raison que
assistèrent à ce concile ? parce qu'elle est contraire au système qu'il
Nous venons de dire qu'Adalelme étoit ^ inventé sur la différence des métropoles
archevêque d'Eause , quoique les derniers ^^^^s le siècle de Charlemagne. Mais comme
éditeurs du Gall'ia Chrïstlana ^ prétendent ce système n'est appuyé d'ailleurs d'aucune
qu'il l'étoit de Bordeaux ; ce qui est indif- preuve , & qu'il est détruit par les monu-
férent pour la question présente. Cepen- "^^ns que nous venons de rapporter, il faut
dant , comme nous ne connoissons le siège que ce soit pour toute autre raison que
de ces quatre métropolitains que par les mo- nous ignorons , que les trois métropoles
numens qui nous restent, & que le siège de de Narbonne , d'Eause & d'Aix aient été
Bordeaux se trouve rempli vers ce temps-là omises dans le testament de ce prince,
par Sicharius qui siégeoit sous Louis le Dé- Le P. le Cointe ' se sert encore du té-
bonnaire, il nous a paru plus vraisembla- nioignage d'Hincmar, archevêque de Reims
ble qu'Adalelme, qui n'est pas connu d'ail- qui, écrivant aux archevêques de Bourges
leurs, devoit être plutôt métropolitain de & de Bordeaux, les appelle les évêques des
la Novempopulanie que de la seconde Aqui- premiers sièges du royaume d'Aquitaine. Mais
taine. i° cette épître détruit la prétendue primatie
' P. de Marca, Histoire de Béarn, 1. i , c. 2p.
^ Le Cointe, ad ann. 8i3, n. 3 & 33.
^ Conciles, t. 7, c. iSpi.
* Gall'ia. Christianaj nov. edit. t. 2, p. 796.
' Le Cointe, ad ann. 8 1 3, n. 3 8t 33, & ad
ann. 794, n. 48 & seq.
" Conciles, t. 7, p. loSp.
' Le Cointe, ad ann. 011, n. 8.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
827
Édoric.
p. 734.
de la métropole de Bourges sur toute l'Aqui-
t^iae, puisqu'elle met celle de Bordeaux de
niveau avec elle; 2" la Septimanie ou pro-
vince de Narbonne , du vivant d'Hincmar ,
éloit séparée depuis longtemps du royaume
d'Aquitaine. Ainsi l'archevêque de Bourges
pouvoit être alors évéque d'un des premiers
sièges de ce royaume, sans que la métro-
pole de Narbonne fût soumise à sa pri-
matie.
X. M. Baluze' suit un système opposé à
celui de M. de Marca & du P. le Cointe,
touchant l'omission des métropoles de Nar-
bonne, d'Eause & d'Aix dans le testament
de Charlemagne. Il nie , par rapport à la
première , que ce soit à cause de sa dé-
pendance de celle de Bourges , & prouve
fort bien qu'elle a toujours été indépen-
dante de cette dernière qui n'a point pré-
tendu exercer sa primatie sur elle ni pen-
dant le règne de ce prince , ni sous celui
de Louis le Débonnaire. Il avoue cepen-
dant qu'il ignore la raison qui l'a fait ou-
blier dans cet acte & soutient enfin que
les deux autres n'ont été omises que parce
qu'elles ne subsistoient plus alors ; en quoi
il se trompe.
Il prétend que celle d'Eause avoit été
éteinte après la destruction de cette ville
par les Vandales 3 que depuis ce temps-là
les évêques de la Novempopulanie étoient
demeurés sans métropolitain , & avoient
été soumis à celui de Bordeaux , ville ,
ajoute-t-il, nommée capitale de la Novem-
populanie dans la Chronique de Fontenelle.
Mais M. Baluze n'a pas assez examiné ce
qu'il avance ici ; car, soit que la ville d'Eause
ait été détruite par les Vandales ou non ,
il est certain qu'elle subsistoit au sixième
& au septième siècles, & que nous avons
une suite' des métropolitains d'Eause pen-
dant tout ce temps-là. Rien n'empêche
donc qu'il n'y eût un archevêque dans le
temps du testament de Charlemagne. Nous
savons 3 d'ailleurs que cette ville fut ruinée
par les Normands, au neuvième siècle,
longtemps après la mort de ce prince; elle
pouvoit donc avoir alors un évéque. Aussi
Baluze, not. in Capital, t. 2, p. 1071 8c seq.
Galha Christiana, nov. edit. t. i , p. 3o2.
' Ibid.
voyons-nous que l'église d'Auch ne devint
métropolitaine qu'après la ruine de celle
d'Eause par les Normands. Pour ce q^ui est
du témoignage pris de la Chronique de Fon-
tenelle, nous convenons que dans le temps
qu'elle a été écrite , Bordeaux étoit capi-
tale du duclié de Gascogne; mais l'auteur
n'en parle que par rapport au civil.
M. Baluze' prétend prouver qu'il n'y
avoit point d'évêque à Aixdans le temps du
testament de Charlemagne : 1° parce qu'on
n'en connoît aucun depuis l'an 596 jus-
ques en l'an 866.11 avoue cependant qu'il y
en avoit un en 828; mais si cette raison
doit avoir lieu, il faudra dire que les siè-
ges épiscopaux ont été supprimés autant
de fois que nous trouvons des lacunes dans
le catalogue de leurs évêques; 2" suivant
cet auteur, l'église d'Aix demanda de ren-
trer dans les droits de métropole au concile
de Francfort de l'an 794 , ce qui fait voir,
dit-il , qu'elle étoit alors sans évéque :
nous concluons, au contraire, de cette
demande, qu'elle devoit en avoir' un. Or,
si cet évéque obtint ce qu'il demandoit, il
étoit donc métropolitain en 811 dans le
temps du testament de Charlemagne; & s'il
ne l'obtint pas, les évêques d'Embrun & de
Tarentaise , qui avoient fait avec lui la
même demande à ce concile, ne durent pas
l'obtenir, puisqu'ils étoient dans le même
cas. Cependant les églises de ces derniers
sont nommées parmi les métropoles dans
ce testament; ce qui montre qu'on ignore
la véritable raison de l'omission de celle
d'Aix & des deux autres.
NOTE LXXXIX
Origine des abbayes de Cannes ^ de
Saint-Chinian.
I.tL est certain' que, l'an 794 , Anian,
1 abbé , gouvernoit dans le diocèse de
Narbonne deux monastères qu'il avoit fon-
' Baluze, not. in Capital, t. 2, p. 1071 & seq.
' Gallia Christiana, nov. edit, t. i, p. 3o2 & seq.
' Voyez aux Preuves de ce volume, sous le nu-
méro VIII , Charte de Charlemagne pour l'ahhaye de
Note
Note
89
Note
89
328
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
dés, dont l'un portoit le nom de Saint-Jean
in Extorio , l'autre , celui de Saint-Laurent
in Olibegio. Nous connoissons la situation
du premier par une charte' de l'an 791 où il
est appelé S. Johannis Exequariensis , & où
il est dit qu'Anian l'avoit construit dans le
lieu de Caunes sur la rivière d'Argendou-
ble. Comme nous savons ' d'ailleurs que
l'abbé Daniel avoit donné au même Anian
le monastère des Saints-Pierre-&-Paul de
Caunes qu'il avoit fait bâtir, il n'y a pas
lieu de douter que ces deux monastères
n'aient été unis dans la suite & qu'ils
n'aient donné l'origine à l'abbaye de Saint-
Pierre de Caunes qui subsiste encore dans
le diocèse de Narbonne. Il paroît seule-
ment que le monastère de Saint-Jean &
celui de Saint-Pierre de Caunes , étoient
encore distingués ' l'an 791 , quoique gou-
vernés par Anian- ce qui prouve que Da-
niel lui avoit cédé dès lors le gouverne-
ment du dernier. Il paroît d'un autre côté
que ces deux abbayes étoient tout à fait
réunies & qu'elles ne formoient qu'un seul
monastère sous le nom de Saint-Pierre de
Caunes en 817 & en 821 : car il n'est fait
mention'' que d'un seul monastère de Cau-
nes au concile d'Aix-la-Chapelle en 817.
II. Il n'est pas si aisé de déterminer la si-
tuation du monastère de Saint-Laurent in
Olibegio. Le P. Mabillon , dans sa Diplo-
matique', prétend que c'est le même qu'on
appela dans la suite Saint-Laurent de Ver-
nosoubre , Vernaduprensis , d'une petite
rivière du même nom, lequel subsistoit *
en 897, & qu'il n'est point différent de l'ab-
baye de Saint-Chinian. Mais cela n'est pas
possible , puisque le monastère de Saint-
P. Mabillon l'a prouvé lui-même dans ses
Annales". Aussi ce savant religieux rétracte-
t-il dans cet ouvrage ce qu'il avoit dit dans
la Diplomatique, & prétend-il que le mo-
nastère de Saint-Laurent in Olibegio étoit
situé à Citou", lieu situé environ à une
lieue de Caunes, vers le nord, sur la ri-
vière d'Argendouble , de quoi il ne donne
aucune preuve.
Rien ne nous empêche donc de croire
que le monastère de Saint-Laurent in Oli-
begio ne soit le même que celui de Saint-
Laurent de Vernosoubre ; mais dans ce
cas-là, ce dernier doit avoir été différent
de celui de Saint-Chinian , du moins dans
son origine. On peut confirmer cette dif-
férence en ce qu'il est fait mention du mo-
nastère de Vernosoubre dans le concile de
Port de l'an 897% sous le simple nom de
S. Laurentii Vernaduprensis ^ & de l'abbé
Fro'ia qui le gouvernoit alors; tandis que
celui de Saint-Chinian est désigné deux
ans après sous le nom de Monasterium ^
S. Aniani confessoris & S. Laurentii martyris,
dans un diplôme de Charles le Simple,
dans lequel il est fait mention de Béra qui
en étoit alors abbé. Or, c'est la première
fois qu'on trouve dans les monumens le
nom de Saint-Laurent joint à celui de Saint-
Chinian pour désigner ce dernier monas-
tère ; ce qui nous fait conjecturer que ces
deux abbayes, différentes dans leur origine,
furent unies vers l'an 898, après la mort de
Fro'ia, abbé de la première. Il paroît cepen-
dant qu'elles étoient encore séparées en 899,
quoique soumises à un même abbé; car on
lit ces mots à leur sujet dans la charte Me
Charles le Simple, quod siti sunt in territorio
Note
89
Laurent /« 0/zieg^zo subsistoit déjà l'an ' 794 Narbonense. Quoi qu'il en soit, il paroît,
& que celui de Saint-Chinian ne fut cer-
tainement fondé qu'en 826 , comme le
Caunes. — Mabillon, de Re d'iplomatica, p. 5c3 &
seq.
' Voyez aux Preuves, même Charte.
' Mabillon, de Re d'iplomatica., p. 5^5.
3 Voyez aux Preuves, la Charte citée plus haut.
* Mabillon, ad ann. 817, n. 64; ad ann. 821,
n. 12.
^ Mabillon, de Re d'iplomatica, not. p 004.
* Baluze, Conc'il. Narb. p. 2.
^ Voyez aux Preuves, la Charte déjà citée.
suivant ce que nous venons de dire , qu'on
aura confondu d'autant plus aisément le
monastère de Saint-Laurent de Vernosoubre
ou in Olibegio avec celui de Saint-Chinian ou
Agnan, qu'on aura pris le saint évêque d'Or-
léans , patron de ce dernier, pour Anian ,
' Mabillon, Annal. Bened. t. 2. ad ann. 826,
. 77, &. p. 724 & seq.
" Mabillon , ad ann. 780, n. 3.
^ Baluze, Conc'il. Narb. p. 2.
"* Spicilegium, t. i3, p. 265.
5 Ibid.
Note
89
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
329
Éd. orig.
t. I,
p. 735.
Note
90
abbé & fondateur de l'autre; & que ces
deux abbayes étoient d'ailleurs situées sur la
rivière de Veniosoubre, au voisinage l'une
de l'autre, & dans le même diocèse.
III. M. Baluze' distingue, à ce qu'il pa-
roît, le monastère de Saint-Laurent de Ver-
nosoubre de celui de Saint-Chinian; il se
trompe cependant quand il prétend que le
premier fut uni à l'église de Narbonne sous
le règne de Louis le Bègue. C'est celui de
Saint-Laurent sur la rivière de Nielle, &
non pas sur celle de Vernosoubre, qui fut
uni alors à cette église , comme cet auteur
nous en fournit lui-même la preuve'.
NOTE XC
Si Guillaume, premier porte-enseigne,
qui se trouva au siège de Barce-
lone y est le même que S. Guil-
laume, duc de Toulouse. — Epoque
du siège de cette place par Louis
le Débonnaire , 6^ des expéditions
de ce prince dans la Marche d^Es-
pagne, jusques à Van 814^.
L'auteur de la vie de Louis le Débon-
naire, connu sous le nom de l'Astro-
nome^, parlant du siège de Barcelone par
Louis le Débonnaire , roi d'Aquitaine ,
met parmi les généraux qui s'y trouvèrent,
Guillaume , premier porte-enseigne (primus
signifer). On est en peine de savoir si ce
seigneur est le même que le duc de Tou-
louse de ce nom , fondateur de l'abbaye
de Gellone. Le P. le Cointe % suivi du
P. Pagi^, tient pour l'affirmative , & le P.
' Baliize, Not. in. Concil. Narh. p. 3.
' Voyez ci-après la Note CI, & au tome IV de
cette édition, Note LXXXIX, la suite chronolo-
gique des abbés de Caunes, & Note CIII celle des
abbés de Saint-Chinian,
^ IhU. p. i5 & seq. & append. p. 68 & 74, Ca-
pital, append. t. 2, p. 1491.
^ Astronome, p. 290.
^ Le Cointe, ad ann, 807, n. 4.
* Pagi, ad ann. 801, n. 10.
Mabillon', pour la négative. La concilia-
tion de ces célèbres annalistes dépend de
la fixation de l'époque du siège de Barce-
lone. Le P. le Cointe la met en 807 , &
prétend ' en même temps que S. Guillaume
ne prit l'habit religieux qu'en 808 j mais
nous ne pouvons pas douter que ce comte
ne se soit retiré à Gellone l'an 806. Outre
les preuves que le P. Mabillon en a don-
nées , nous pouvons y ajouter encore le
témoignage des Annales de l'abbaye d'A-
niane ' qui l'assurent positivement.
Comme le P. Mabillon ne fait difficulté
d'admettre Guillaume, -premier porte-ensei-
gne, & S. Guillaume, fondateur de Gellone,
pour la même personne , que parce qu'il
a bien voulu Supposer, après le P. le Cointe
& sans examiner ses raisons, que le siège
de Barcelone arriva l'an 807 , toutes les
difficultés s'évanouissent si nous faisons
voir que le dernier se trompe dans sa chro-
nologie , & qu'on doit rapporter ce siège
à l'an 801, ou au plus tard à l'an 8o3.
II. La première source de l'erreur vient
de ce que l'Astronome n'ayant pas marqué
dans son ouvrage l'époque des faits , les
éditeurs qui ont voulu la fixer à la marge
de cet historien, comme on le voit dans
l'édition de Duchesne, se sont trompés. Eu
effet, cette chronologie marginale, du
moins jusqu'à l'an 814, est contraire à
celle des Annales d'Eginhard & de tous les
autres anciens annalistes qui rapportent
les mêmes faits sous une époque différente
qui est la véritable, comme M. de Marca*
& le P. Pagi l'ont fait voir. Le P. le Cointe
avoue' lui-même qu'on ne doit faire aucun
fonds sur la première.
III. Aussi ce critique ^, sans s'embarras-
ser de cette chronique marginale , donne-
t-il l'époque qu'il lui plaît aux faits rap-
portés par l'Astronome. Il prétend seule-
ment que tout y est marqué de suite &
suivant l'ordre chronologique ; en quoi il
se trompe, & c'est ce qui, en particulier,
' Mabillon, ad ann. 806, n. 48.
" Le Cointe, ad ann. 807, n. 4.
^ Annales d'Aniane, dans les preuves.
^ Marca Hispanica, p. 284. — Pagi, ad ann. 801,
n. 12.
^ Le Cointe, ad ann. 804, t. 6, n.;9.
^ lèid. ad ann. 807, n. 4 & seq.
Note
90
Note
90
33o
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
l'a induit en erreur au sujet de l'époque du
siège de Barcelone.
IV. Suivant la narration de l'Astronome',
Louis le Débonnaire ne prit cette ville
qu'environ deux ans après le voyage que
Charlemagne, son père, fit sur les côtes de
France, à Rouen, à Tours, &c. Or, Charle-
magne,selon le même historien, n'entreprit
ce voyage qu'un an après avoir terminé la
vés & qu'ils sont rapportés confusément'
& sans ordre, du moins jusqu'en 814,
ainsi que le P. Pagi l'a fait voir, ou que si
l'Astronome a suivi l'ordre des faits, comme
le prétend le P. le Cointe , il faut qu'il y ait
une transposition dans le texte de cet au-
teur.
Cette transposition peut venir originai-
rement de la faute des copistes; c'est pour-
- j o' T. — "r ■ — ' - — _ "I ,~-->...j^v^i»t-
guerre de Saxe, laquelle finit en 804. Par quoi nous avons rectifié & rangé la suite
conséquent, la prise de Barcelone doit de ces faits dans le texte de cet historien ,
être postérieure de trois ans à la fin de la conformément aux époques certaines que
guerre de Saxe & appartenir à l'an 807. Tel nous en avons dans les Annales d'Eginhard
est le raisonnement du P. le Cointe. D'un & dans les autres anciens annalistes de la
autre côté, comme Eginhard' & nos anciens manière suivante :
annalistes rapportent le voyage de Charle- V. Hieme (799) ' transacta misît ad ïllum
agne sur les côtes de l'Océan , à Tours pater rex, ut ad se contra S axones euntem ,
in l'O-^ __.-»? 1 . ^ ^ 7„ . • y^ • •
m
& à Rouen, sous l'an 800, ce critique' est
obligé de supposer que ce prince fit deux
fois ce voyage , savoir cette dernière an-
née, & l'an 8o5. Mais il est évident que
ce n'est qu'un seul & même voyage 5 car
1° suivant l'Astronome '' & tous les autres
anciens historiens, Charlemagne ne parcou-
rut qu'une seule fois le dedans du royaume
depuis l'an 799 jusqu'à sa mort, & ils rap-
cum populo, quo posset, venir et. Qui ire non
differens, ad eum Aquisgrani venit, & cum
ipso ad Fremersheim, ubi placitum générale
habuit, super ripam Reni perrexit. In Saxo-
nia cum pâtre usque ad missam S. M.artinl
perduravit. Inde a Saxonia cum pâtre exiit,
& in Aquitaniam, magna hiemis exacta parte,
concessit.
Hieme (800) ' porro transacta Carolus îm-
portent tous les mêmes circonstances de perator, tempus opportunum nactus, utpote ab
ce voyage; 2° par les années marquées à externis quiescens bellis, coepit circumire loca
la marge de l'Astronome, ce voyage de- sui regnimari contigua. Quod dumLudovicus
vroit appartenir à l'an 802 , & il ne peut ''^^ comperisset Rothomagum misso legato
être rapporté à l'an 8o5, puisqu'il est cer- Hademaro, petiit eumin Aquitaniam divertere,
tain, par cet historien même, que Char-
lemagne le commença à la fin de l'hiver
& qu'il le continua au printemps. Or,
Eginhard atteste que ce prince demeura' à
Aix-la-Chapelle, en 8o5, depuis le commen-
cement de l'année jusqu'au mois de juillet.
Le voyage de Charlemagne sur les côtes
de l'Océan , rapporté par l'Astronome ,
5- regnum quod sibi dederat invisere & ad lo-
cum qui Cassinogilus vocatur venire. Cujus
petitionem pater honorabiliter suscepit 5- filio
gratins egit ; petita tamen negavit & ut sibi
Turonum occurreret mandavit: Quo fdius ve~
niens gratulabunde ab eo nimis susceptus, &
in Franciam redeuntem Vernum usque prose-
cutus est. A quo digrediens in Aquitaniam
Note
90
ae 1 wcean , rapporte par 1 Astronome , ^"■'■"■^ ^■"- ^ •/"" ui^h^ulcih m jiquuamam
n'est donc pas différent de celui que ce regressus est. Succedente^ vero aestate , Rex
prince entreprit en 800, comme M. de
Marca^en convient; ce qui prouve que les
faits de la Vie de Louis le Débonnaire ne
sont pas marqués de suite dans l'ouvrage de
cet historien, & à mesure qu'ils sont arri-
' Astronome, p. 250.
" Eginhard, p. 26 1.
' Le Cointe, ad ann. 806, n. 60.
* Astronome, p. 290.
^ Eginhard, Annales, p. 2.53.
^ Marca Hispanica, p. 284.
Carolus ad eum misit, mandans ut secum in
Italiam proficiscereiur ; sed' mutato consilio
jussus est domi manere.
Rege autem Romam pergente , ibidemquc
infulas imperatorias suscipiente , rex Ludovi-
cus Tolosam abiit iterum , atque inde in His~
' Pagi, ad ann. 801, n. 12.
* Astronome, dans Duchesne, t. 2, p. 290, lig. i
fcs suiv. & Pertz, t. 2, p. 61 i & suiv.
^ Ihid. lig. 3o & suiv. & Pertz, t. 2, p, (5i2.
* Ibid. lig. 6 £«. suiv. & Pertz, t. 2, p. 611,
on-T.
7J0.
Note
90
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
33 1
paniam contendit. Cui Barcînnonae appropin-
quanti Zaddo dux ejusdem civîtatîs tamquam
subjectus occurrit, nec tamen civitatem dedi-
dit ; quam trans^rediens rex &• Hillerdae su-
On voit par là que les deux seules trans-
positions qui se trouvent manifestement
dans cet endroit de la Vie de Louis le Dé-
bonnaire étant remises à leur place, tous
Noie
90
perveniens subegit illam atque subvertït les faits se suivent & sont conformes à la
consumpta. Quibus expletis imminente jam
hieme ad propria rediit.
JEstate (801) ' hanc sequente Zaddo dux
Barcinonensis suasus est a quodam sibi , ut
putabat , amico , Narbonam usque procedere.
Qui comprehensus , Ludovico régi est adduc-
tus , &■ patri Carolo itidem perductus. Ipso
tempore Ludovicus rex coacto populo regni
sui Tolosae, de his quae agenda videbantur
tractans deliberabat. Burgundione namque
mortuo , &c.... igni conjlagrarent. His perac-
tis succedente tempore visum est Régi & con-
siliariis ejusut ad Barcinnonam oppugnandam
ire deberent erant autem ibi Willelmus
primus signifer cogitantes quod Franci
hiemis asperitate a civitatis cohiberentur ob-
sidione... quum enim longa fessam obsidione
chronologie de tous les autres historiens
du temps.
VI. Cela posé , rien ne nous empêche de
rapporter la prise de Barcelone par Louis lo
Débonnaire à l'an 801, avec Eginhard, tous
les autres anciens ' annalistes & nos meil-
leurs ' critiques ; & quoique l'auteur Je la
Chronique de Moissac ^ parle de cette
prise sous Tan 8o3, on peut le concilier
avec les autres, en supposant qu'il n'en
parle dans cet endroit que comme d'une
chose passée depuis quelque temps. En
effet, après avoir dit un mot de Charle-
magne & remarqué que durant l'an 8o3 il
n'y eut aucune guerre , il vient ensuite au
siège & à la prise de Barcelone , mais sans
rien marquer de positif sur son époque; il
nostri tenerent urbem Regem vocant dit seulement que cette ville fut prise sous
F'enit ergo ad exercitum suum urbem vallan-
tem, atque indesinenti oppugnatione sex heb-
domadibus perduravit, 6- tandem superata vie-
fcri manus dédit Porro posthaec... hi?-
mandi gratia ad propria rediit... est reversus.
Redeunte (804) " porro tempore aestivo, im-
perator gloriosissimus Carolus Saxoniam petiit^
mandans filio ut & ipse tanquam in eadem
terra hiematurus, se subsequeretur. Quod ipse
agere festinans ad Neusciam venit Finito
tandem diutino atque cruentissimo Saxonico
hello , quod, ut ferunt , triginta trium anno-
rum tempus occupavit, Ludovicus rex a pâtre
dimissus in regnum proprium ad hiberna sese
cum suis collègit.
Rege (809) ^ porro Ludovico in Aquitania hi-
bernum exigente tempus, paterRex eum manda-
vit venire ad suum colloquium Aquisgrani in
purificatione sanctae TAariaegenitricisDei. Cui
occurrens & quousque plaçait cum eo commo-
rans quadragesimae tempore rediit. At succe-
dente aestate cumquantovisumest ei bellico ap-
paratuin Hispaniam proficiscitur, profectusque
per Barcinnonam & veniens Tarraconam, &c.
■ Astronome, dans Duchesne, t. 2, p. 2(,o, lig. 37
& suiv. 81 p. 3i.
^ Ihid, p. 290, lig. 17 & suiv.
' Ibid. p. 291, lig. 3o &suiv.
le règne d'Abulas , régnante in Hispania
Abulas , lequel monta sur le trône en 793*
& régna fort longtemps. On peut donc rap-
porter en 801 le siège de Barcelone dont
parle le Chronographe de Moissac sous
l'an 8o3.
Il est vrai qu'il n'est pas d'accord avec
Eginhard touchant la durée de ce siège, &
qu'il assure que cette ville fut prise par
Louis le Débonnaire après sept mois d'at-
taque; au lieu que l'autre la fait durer
deux ans : mais ces historiens peuvent en-
core être conciliés là-dessus, en supposant
que Louis fit investir Barcelone par ses
troupes en 799, qu'elles la bloquèrent jus-
qu'en 801^ & que ce prince l'ayant a^ttaquée
dans les formes cette dernière année, il la
prit dans l'espace de sept mois. Aussi est-il
certain ^ que Louis ne peut pas avoir con-
tinué en personne le siège de Barcelone
pendant deux ans, puisque ce prince servit
' Eginhard, Annales, p. 253. — Chronicon apud
Marcam Hispanicantj c. 758.
" Pagi, ad ann. 801, n. 10 8c 12.
^ Chronique de Moissac, p. 144 &. seq.
■• Roderic de Tolède, c. 22.
^Eginhard, Annales, p. 253. — Astronome,
p. 296. — Le Cointe, ad ann. 799, n. 24.
Note
9°
33:
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
en Saxe en 799, & ne revint en Aquitaine
qu'après la Saint-Martin; & que l'an 800
il alla rejoindre son père à Tours. Il aura
donc envoyé seulement des troupes dès
l'an 799 pour bloquer la ville de Barcelone
en attendant qu'il pût l'assiéger lui-même
dans toutes les formes, ce qu'il n'aura fait
qu'après l'assemblée générale du royaume
d'Aquitaine qu'il tint à Toulouse au com-
mencement de l'an 801 , & c'est seulement
depuis cette dernière époque que le Chro-
nographe de Moissac aura compté le temps
du siège, qu'Eginhard aura calculé d'un au-
tre côté depuis la première.
VII. On pourroit trouver encore un autre
moyen de concilier ces deux historiens, en
supposant que la place ne fut investie que
l'an 801 , & qu'elle se rendit en 8o3 , après
deux ans de siège, ce qui nous obligeroit
de dire qu'Eginhard a rapporté l'époque de
la prise de Barcelone sous l'année où elle
avoit commencé d'être attaquée. Mais le
texte de cet auteur est trop clair pour pou-
voir souffrir une telle interprétation : ainsi
nous ne faisons pas de difficulté de rappor-
ter avec plusieurs de nos historiens moder-
nes ' la prise de Barcelone à l'an 801.
Mais quand même elle ne seroit arrivée
que l'an 8o3j il sera toujours vrai qu'elle
a précédé l'entrée de S. Guillaume dans le
cloître , & que le P. le Cointe n'a aucune
raison de placer cette prise sous l'an 807.
On voit par là en même temps que c'est
mal à propos que quelques-uns multi-
plient" les sièges & les prises de Barce-
lone sous Louis le Débonnaire, de même
que le P. le Cointe a multiplié sans néces-
sité la prise' de Zade, gouverneur de cette
ville.
VIII. Sur ces raisons, nous ne doutons
pas, avec plusieurs de nos historiens'*, que
S. Guillaume, fondateur de Gellone, ne
' Marca Hispanica, p. 284 & seq. — Pagi, ad
ann. 801, n. 10 & 12.
' Coràemoy, Histoire de France, t. i^p. 592,601,
6o5, 606, 610 & seq.
3 Le Cointe, ad ann. 807, n. 3o ; ad ann. 806,
p. 68 & seq.
^ Cordemoy, Histoire de France, t. 1, p. 61 1.
Le Cointe, ad ann. 807, n. 3oj ad ann. 806, n. 68
& seq. — Labbe, Taèl. ^én. p. ^21
se soit trouvé au siège de cette place, &
qu'il ne soit le même que le premier porte-
enseigne de la couronne qui commanda un
corps d'armée dans cette occasion. Nous
savons d'ailleurs que ce duc exerça les pre-
mières charges de l'État : Petente domno
Guillelmo monacho, qui in AULA genitoris
nostri Caroli Augusti cornes extitit claris-
simus , dit Louis le Débonnaire , dans
une charte ' en faveur de l'abbaye de
Gellone, ou comme s'exprime l'auteur"
contemporain de la Vie de S. Benoît
d'Aniane : Guillelmus cornes, qui in aula
imperatoris prae cunctis erat clarior. Enfin,
un ancien martyrologe de l'abbaye de
Gellone le qualifie comte palatin', & sui-
vant l'auteur de sa vie ^, il fut capitaine de
la première cohorte, dux primae cohortis.
Nous savons, d'ailleurs', qu'après avoir fait
longtemps la guerre aux Sarrasins, il ne son-
gea à se retirer dans le cloître que lors-
qu'il eut entièrement délivré la Septimanie
de la crainte de ces infidèles, dont les cour-
ses dans cette province ne cessèrent entiè-
rement qu'après la prise de Barcelone. Il
paroît donc certain que ce seigneur se
trouva au siège de cette place.
IX. L'époque de la retraite de ce duc ar-
rivée en 806 fait voir d'un autre côté, con-
tre le P. le Cointe, que le siège de Barce-
lone est antérieur à cette année. Il est
constant, en effet, que S. Guillaume étoit
déjà profès de Gellone à la fin de l'an 807,
ce qui paroît par une charte ^ que Louis,
roi d'Aquitaine , donna alors en sa fa-
veur. Le P. le Cointe % pour éluder cette
autorité, réforme à sa fantaisie la date de
cette charte qu'il rapporte à l'an 809, sous
prétexte quel'indiction x ne convient pas
à l'an 807 , ce qui est vrai ; mais elle ne
' Voyez aux Preuves, sous le n. XIV, Charte
de Louis le Débonnaire en faveur de Vabhaye de
Saint-Guillem du Désert,
' Acta Sanctorum ordinis sancti Benedicti, saec. 4,
part. I , p. 207.
^ Ihid. p. 71 .
'^ Ibid. Vita S. Guill. p. 74 & seq.
'^ Ibid.
^ Voyez aux Preuves, la Charte n. XIV citée plus
haut. — Mabillon, Acta Sanctorum ordinis S, Be-
nedicti, Vita S. Guill. p. 90, & ad ann. 807, n. 6.
' Le Cointe, ad ann 8z4, n. 8.
Note
90
Éd.orig.
t. I,
p. 737.
Note
90
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
333
convient pas non plus à l'an 809; il n'y a
qu'à lire îndictîon XV au lieu de X, & tout
s'accorde parfaitement. Aussi est-il plus
aisé de croire que le copiste a omis un V
après le x, que de supposer, avec le P. le
Cointe, qu'il faut lire indiction u, ce qui
l'oblige d'ailleurs à renverser toutes les au-
tres notes chronologiques qui s'accordent
très-bien avec l'indiction XV ou avec la I.
X. S'il y a de la difficulté à fixer l'époque
de la prise de Barcelone , il n'y en a pas
moins à déterminer celle des autres événe-
mens qui sont rapportés par l'Astronome
jusqu'à l'an 814, entre autres la prise de
Tortose par Louis le Débonnaire. Suivant
la chronologie marginale ajoutée à l'ou-
vrage de cet auteur, les François durent
se rendre maîtres de cette ville en 808 ',
mais nous avons cru devoir en fixer l'épo-
que à l'an 811. En voici les raisons : 1° se-
lon l'Astronome , Louis ne prit Tortose
que la seconde campagne après avoir levé
le siège de cette ville. Or, les Annales d'E-
ginhard" & les autres historiens du temps
nous apprennent que ce prince le leva
en 809, par conséquent il ne prit cette place
qu'en 811 ; 2° un ancien historien' de
Charlemagne assure que lorsque Louis leva
le siège de Tortose l'an 809, il avoit été un
mois entier devant cette place. Or, ce prince
demeura à peu près le même temps , sui-
vant l'Astronome *, lorsqu'ill'assiégea pour
la première fois & qu'il fut obligé d'en
abandonner le siège deux ans avant que de
la soumettre. C'est donc sous la même
époque, c'est-à-dire sous l'an 809, qu'il
faut placer ce qui est rapporté de la levée
du siège de Tortose, & dans les historiens
de Charlemagne, & dans celui de Louis
le Débonnaire j & comme ce dernier prince
s'en empara deux ans après, ce dut être
en 811. On doit conclure de là que c'est
sans aucun fondement que la plupart de
nos historiens modernes , trompés par la
fausse chronologie marginale ajoutée à
l'ouvrage de l'Astronome , multiplient les
' Astronome, p. 292.
' Eginhard, Annales, p. 255.
magne, édit. Duch. t. 2, p, 63.
' Diichesne, ibid. p. 84.
* Astronome, p. 292.
— Vie de Charîc-
siéges & la prise de cette ville , & qu'ils
se contredisent les uns les autres.
XI. M. de Marca ' qui n'a, avec raison ,
aucun égard à cette chronologie marginale,
après avoir fixé la prise de Barcelone à
l'an 801 , rapporte à l'année suivante la le-
vée du siège de Tortose, & sa prise deux
ans après, ou l'an 804. Mais comme il est
constant , par les Annales d'Eginhard , que
Louis n'étoit pas encore maître de cette
ville l'an 809, ce prélat, pour se tirer de
cette difficulté , suppose , sans aucune
preuve , que les Sarrasins reprirent cette
place l'an 808, que Louis l'assiégea de nou-
veau l'an 809, & qu'ensuite, sans marquer
l'année, elle se rendit aux Françoise
XII. Le P. Pagi', après avoir réfuté M. de
Marca , prétend que Louis le Débonnaire
assiégea Tortose trois diverses fois , savoir :
En 806, en 808 & en 809, & que ce prince
leva chaque fois le siège, & il ne dit rien de
la soumission de cette place aux François.
XIII. Le P. Daniel ■• ne multiplie pas
moins les entreprises de Louis contre cette
même ville. Il prétend , sans aucune auto-
rité, que ce prince la prit d'abord en 808,
que les Sarrasins la reprirent peu de temps
après, & que Louis l'assiégea de nouveau
en 809.
XIV. M. de Cordemoy' rapporte la pre-
mière attaque & la levée du siège de Tortose
à l'an 806; il fait prendre ensuite cette ville
par Louis le Débonnaire en 808 , & pour
se tirer d'embarras, il ne dit rien du siège
de la même place par ce prince , rapporté
par Eginhard sous l'an 809.
XV. Enfin le P. le Cointe ® prend une
voie toute différente , & , sans s'arrêter à
la chronologie marginale de la vie de Louis
le Débonnaire, il fait assiéger Tortose
l'an 808, par Louis en personne, & lui
en fait lever le siège la même année. Il
ajoute que les François l'assiégèrent de
' Marca Hispan'ica, p. 298 & seq.
' Voyez la Note CI.
^ Pagi, ad ann. 806, n. i5, & 808, n. i3, 809,
n. 10.
^ Daniel, Histoire de France, t. i, p- 541.
' Cordemoy, Histoire de France, t. 1, p. 621
& 63i.
^ Le Cointe, ad ann. 808, n, 5 ; ad ann. 809,
n. i; ad ann. Sic, n. 53.
Note
90
Note
90
334
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Éd.orig,
t. 1,
p. 738.
nouveau l'année suivante en l'absence de ce
prince, ce qui est contre le témoignage
d'Eginhard; mais qu'enfin Louis l'ayant
encore assiégée en 810, il s'en rendit alors
le maître.
XVI. Toutes ces contrariétés disparois-
sent en supposant, comme nous l'avons
déjà fait voir, qu'il n'y a aucun fonds à
faire sur les années ajoutées à l'ouvrage de
l'Astronome, & qu'il faut fixer l'époque des
faits qui y sont énoncés par la chronologie
certainedes autres historiens ou annalistes.
Ainsi l'époque de la levée du siège de Tor-
tose par Louis le Débonnaire en personne,
dont l'Astronome fait mention, doit être
rapportée à l'an 809, suivant Eginhard, qui
la fixe cette année. Et comme l'Astronome
assure d'un autre côté que cette ville fut
prise par Louis deux ans après qu'il en eut
levé le siège, il s'ensuit qu'elle tomba au
pouvoir des François vers l'an 811.
Selon ce dernier historien, l'expédition
de Louis le Débonnaire contre les Gas-
cons révoltés & son voyage à Pampelune
sont postérieurs à la prise de Tbrtose &
antérieurs à l'association de ce prince à
l'empire, laquelle arriva enSiS. Or comme
nous savons que Louis passa tout Tété de
cette dernière année avec l'empereur son
père, il fautque cette expédition&ce voyage
appartiennent à l'an 812. Par là nous assu-
[AJdîtions &■ corrections pour quelques endroits
du IX'^ livre & des Notes LXXXVII & XC]
Note
ADUIT.
I.
T 'impression de ce volume étoit près- Éd orig.
moldus Nigellus , qui a écrit en qua-
que finie , quand le poëme d'Er- p;"^5^
tre livres, vers l'an 826, les guerres de
Louis le Débonnaire & les principaux
événemens de la vie de ce prince jusqu'à
cette année, est tombé entre nos mains.
M. Muratori qui l'a donné depuis peu
dans sa collection des écrivains' de l'His-
toire d'Italie , & qui l'avoit éclairci par
de savantes notes, croit que cet auteur
n'est pas différent de l'abbé Ermoldus que
Louis le Débonnaire envoya en 884 à Pé-
pin, son fils, pour l'engager à restituer les
biens qu'il avoit usurpés sur l'église d'Aqui-
taine; & d'Ermenaldus, abbé d'Aniane en
835 & 837. Il fonde son sentiment, 1° sur
la ressemblance des noms & l'autorité de
dom Mabillon; 2" sur ce qu'Ermoldus, qui
étoit actuellement en exil à Strasbourg,
lorsqu'il écrivoit son poëme, témoigne en
plusieurs endroits qu'il souhaite de re-
tourner dans les Etats de Pépin, roi d'Aqui-
taine, son maître : or, ajoute M. Muratori,
l'abbaye d'Aniane dépendoit alors des Etats
de ce prince; 3" enfin, sur les grands éloges
que cet auteur donne à S. Benoît d'Aniane
dont il décrit une partie de la vie & dont
rons la suite des autres faits rapportés par n paroît même qu'il étoit disciple par les
le même historien jusqu'à l'an 814, sur yQj.^ suivans, qui terminent le troisième
l'époque desquels nos modernes ne sont livre :
pas plus d'accord que sur celle du siège de
Tortose. Il est vrai qu'il faut admettre
nécessairement un vide dans la Vie de
Louis le Débonnaire par l'Astronome, de-
puis l'an 804 jusques à l'an 809, mais cela
ne souffre aucune difficulté, puisqu'il y en
a de semblables dans le même historien ;
soit parce que Louis demeura en paix & qu'il
ne se passa rien de considérable pendant
cet intervalle, soit que cet auteur ayant
Jam Bénédicte, tuum complesti ex ordine cursum,
Servastlque fidem, Paulus ut ore tonat.
Nunc paradisiaca residens laetanter in aula
yEquivocum sequeris, quem hic imitatus eras ,
Tertius in vestro finem tenet ecce libellus
Nomine, ut Ennoldi sis memor aime tut.
Nous adopterions volontiers la conjec-
ture de M. Muratori, si la seconde raison
écrit son ouvrage sur le rapport d'autrui ' , dont il se sert pour l'établir ne la détrui-
ainsi qu'il l'atteste lui-même, jusqu'à ce soit entièrement; car il est certain que la
que Louis prît la couronne impériale, il Septimanie, où l'abbaye d'Aniane étoit si-
ait omis de faire mention de quelques faits tuée, ne dépendoit plus du royaume d'A-
de moindre importance ou qui n'étoient pas quitaine en 826 & qu'elle en avoit été
venus à sa connaissance.
' Rerum Italicarum script, t. 2, part. 2, p. 3
' Astronome, p. 207. _ & seq.
Note
séparée ' par le partage de l'an 817. Ainsi
Ermoldus aura été abbé de quelque autre
monastère situé dans les Etats de Pépin;
il y en avoit plusieurs dans le royaume d'A-
quitaine que S. Benoît avoit réformés, &
où il avoit envoyé des disciples : peut-être
Ermoldus aura été tiré immédiatement
d'Aniane, pour être abbé de quelque mo-
nastère d'Aquitaine : ou bien il l'étoit de
celui de Conques" en Rouergue, dont il
décrit la fondation fort au long. Il peut
avoir succédé à Anastase qui gouvernoit
cette dernière abbaye' en 823.
II. Cetauteur emploie la plus grande par-
tie du premier livre à décrire le siège & la
prise de Barcelone, par Louis le Débon-
naire. Il parle entre autres de la diète qu3
ce prince tint pour délibérer sur cette ex-
pédition, & qui, selon l'Astronome^, s'as-
sembla à Toulouse. Voici ce qu'il en dit :
Tempore vernali ' cum rus tepefacta virescit,
Brumaque sidereo rore fugaate fugit ,
Pristinus ablatos remeans fert annus odores;
Atque humore novo fluctuât herba recens ;
Regni jura movent, renovantque solentia reges
Quisque suos fines ut tueantur adit.
Nec minus accito Francorum more vetusto
Jam satus a Carolo agmina nota vocat,
Scilicet electos populi, seu culmina regni ,
Quorum consiliis res peragenda manet.
Occurrunt celeres primi parentque volendo ,
Quos sequitur propius vulgus inerme satis.
Considunt moniti. Solium rex scandit avitum ;
Caetera turba foris congrua dona parât.
Incipiunt fari : Coepit tune sic Carolltes,
Haec quoque de proprio pectore verba dedlt :
Magnanimi proceres, meritls pro munere digni,
Limina quos patriae praeposuit Carolus,
Ob hoc cunctipotens apicem concessit honoris
Nobis, ut populo rite feramus opem.
Annuus ordo redit cum gentes gentibus instant ,
Et vice parti ta Ma rtis in arma ruunt.
Vobis nota satis res haec incognita nobis :
Dicite consilium, quo peragamus iter.
Haec rex; atque Lupus fatur sic Santio contra,
Santio, qui prapriae gentis agebat opus,
Wasconum princeps, Caroli nutrimine frétas,
' Voyez Note XCIV.
' Ermoldus Nigellus, p. 12 & seq. vers. io5.
' Gall'ia Chriitiana, nov. edit. t. i, p. 233.
^ Astronome, p. 290.
' Ermoldus Nigellus, p. 19 & seq.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
33:
Ingenio atque fide qui superabat avos :
Rex, censura tibi nobis parère necesse est ,
Haustus consilii cujus ab ore fluit.
Si tamen à nostris agitur modo partibus haec res,
Parte mea, testor, pax erit atque quies,
Duxque Tolosana fatur If^illelmus ai urbe ,
Poplite flexato lambitat ore pedes :
O lux Francorum, rex, & pater, arma, decusque,
Qui meritis patres vincis & arte tuos,
Virtus celsa tibi, & rector sapientia, magne
Concordi voto patris ab amne meant.
Rex âge, consiliis, si dignor, consule nostris
Atque meis votis, rex pietate fave.
Gens est tetra nimis Sarae de nomine dicta,
Quae fines nostros depopulare solet,
Fortis, equo fidens, armarum munere necnon ,
Quae mihi nota nimis, & sibi notus ego.
Moenia, castra, locos, seu caetera saepe notavi ;
Ducere vos possum tramite pacifico.
Est quoque praeterea saeva urbs in finibusillis,
Causa mali tanti quae sociata manet.
Si pietate De.i, vestro faciente labore,
Haec capiatur, erit pax requiesque tuis.
Illuc tende gradum rex, infer munera maitis.
Et Willelmus erit praevius, aime, tuus.
Tum rex adridens verbis ita fatur amicis,
Amplectens famulum, oscula datque capit :
Gratia nostra tibi, Caroli sit gratia patris ;
Dux bone, pro meritis semper habebis honos.
Haec quoque quae recinis, jam dudum pectoris arce
Ponere cura fuit; nunc recitata placent.
Consulo consiliis, ut poscis, consulo votis 5
Adventum citius credito, France, meum.
Namque unum fateor, cogor tibi dicere. Wilhelm,
Tu modo mente avida suscipe verba mea.
Si mihi vita comes domino tribuente supersit.
Ut reor, atque meum prosperet ipse itiner,
Possim aut Barchinona tuos fera cernere muros,
Quae tôt bella meis laetificata canis,
Testor utrumque caput (humeris fortasse recumbens
Wilhelmi comitis, haec quoque dicta dabat)
Aut mihi Maurorum contra stet turba profana,
Seque suosque tegens praelia Martis agat,
Aut tu Barchinona volens nolensque vetata
Pandere claustra jubés', & mea jussa petes.
Hoc dicto, proceres vario sermone fremebant,
Almificis pedibus basia stricta dabant.
Tum rex Bigonem verbis compellat amatum ,
Auribus in cujus dulcia verba sonat :
Ito, celer Bigo ; haec nostrorum edicito turbis,
Atque tuo nostra pectore verba tene.
Virginis ut primum Titan conscenderit astrum,
Et soror in propria sede sequetur iter,
Agmine densato praefatae exercitus urbis
Moenia noster ovans occupet arma tenens, &c.
' Pro juleb'ts.
Note
AUDIT.
Éd.orig,
t. I.
-P- 757-
Note
ADDIT.
336
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
On voit par ces vers que Guillaume , duc
de Toulouse^ détermina Louis le Débon-
naire à entreprendre le siège de Barcelone^
& par lessuivans', qu'il se trouva non-
seulement en personne à ce siège, mais en-
core qu'après le roi, il y exxt le principal
commandement, & qu'il s'y distingua par
divers exploits. Outre le titre de duc de
Toulouse, Ermoldus donne à Guillaume
celui de prince des Goths", & fait entendre,
en plusieurs endroits de son ouvrage que
ce seigneur avoit le commandement ordi-
naire dans la Marche d'Espagne où il avoit
entrepris diverses expéditions^ ce qui con-
firme ce que nous avons dit ailleurs % sa-
voir, que Guillaume, duc de Toulouse, est
le même que S. Guillaume, fondateur de
Gellone, & Guillaume, premier porte-ensei-
gne , qui se trouva au siège de Barcelone 5
& qu'enfin en qualité de duc de Toulouse,
il avoit une autorité supérieure dans toutes
les provinces qui composoient le royaume
d'Aquitaine, excepté dans la Gascogne qui
avoit ses ducs particuliers.
III. Il est parlé , en effet, au même en-
droit, de Loup Sanche, prince des Gascons,
qui se trouva ■* à la diète de Toulouse & en-
suite au siège de Barcelone. C'est à ce seul
monument que nous devons la connoissance
de ce seigneur qui étoit sans doute de la
famille d'Adalaric, duc de Gascogne, pros-
crit à la diète de Worms de l'an 790. Il n'en
est pas parlé', à la vérité, dans la Charte
d'Alaon où la généalogie de cette maison
est rapportée jusqu'à l'an 845, mais comme
cette charte nous apprend^ que le père
d'Adalaric s'appeloit Loup, & qu'après la
révolte de ce dernier, en 778, Charlemagne
accorda à l'autre une partie de la Gascogne ,
il est assez vraisemblable que Loup San-
che obtint alors l'autre partie, & qu'il
étoit frère puîné d'Adalaric. On peut con-
' Ermoldus Nigellus, p. 24, 26, 26, 27, 28.
' Ibid. p. 25.
3 Voyez Note LXXXVII, n 7 Scsalv. Note XC.
^ Ermoldus Nigellus, p. 24.
5 Voyez Note LXXXIII.
^ Voyez aux Preuves, sous le n. LXIII, Charte
de Charles le Chauve, en faveur de l'église de Tou-
louse & des monastères de la Daurade & de Saint-
Sernin,
firmer cette conjecture parce que, sui-
vant Ermoldus l^igellus, ce prince, pour
s'assurer sans doute de sa fidélité, avoit
appelé Loup Sanche à sa cour pour le
faire élever sous ses yeux, & que ce poète
le loue d'être plus fidèle que ses ancêtres;
ce qui s'accorde avec la Charte d'Alaon. Il
paroît' que ce seigneur fut père d'Asna-
rius & de Sanche Sancion, comtes ou ducs
de la Gascogne Citérieure. Asnarius étant"
mort rebelle à Pépin I, roi d'Aquitaine,
son frère Sanche Sancion s'empara de la
Gascogne en 836, & il en jouissoit paisi-
blement en 852. Arnaud, son neveu, fils
d'Ymon, comte de Pèrigord lui avoit déjà
succédé dans ce duché en 864.
IV. Nous venons de voir que la diète
d'Aquitaine, qui précéda le siège de Barce-
lone, se tint' au printemps, & que Louis
le Débonnaire ordonna ensuite au comte
Bigon de rassembler les troupes, de pren-
dre les devans & d'investir la place lorsque
le soleil entreroit dans le signe de la Vierge ,
c'est-à-dire vers la fin du mois d'août. Cet
auteur ajoute dans un autre^ endroit que
les travaux du siège n'étoient guère avan-
cés au bout de vingt jours;
Haec quoque bis denos per contraria soles
Accidit,
& qu'enfin la place se rendit un samedi à
la seconde lune :
Altéra luna suos compleverat in ordine soles, 8cc.
Il paroît qu'on peut concluçe de là que
Barcelone se rendit vers la fin du mois d'oc-
tobre; ce qui s'accorde assez avec Eginhard %
qui assure que Louis le Débonnaire conquit
cette place pendant Vété de l'an 801. Il est
vrai que ce dernier historien fait durer le
siège pendant deux ans : Ermoldus ^ semble
' Voyez Note LXXXIII, n. 1 1.
° Duchesne, t 2, p. 899 & 400 ; t. 3, p. 19a
& 206.
' Ermoldus Nigellus, p. 22.
^ Ih'id. p. 27,
' Eginhard, p. 25i .
'^ Ermoldus Nigellus, p. i8 & 19.
Note
ADDIT.
■%
Note
ADUIT.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
337
dire la même chose; car outre que, suivant
l'interprétation de M. Muratori, les vingt
soleils dont nous venons de parler peuvent
s'entendre de vingt mois, ce poëte dit au-
paravant que les François avoient tenté inu-
tilement, l'année quiavoit précédé la diète
de Toulouse, de se rendre maîtres de Bar-
celone aux environs de laquelle ils avoient
fait le dégât. Ce calcul ne sauroit s'accorder
cependant avec celui de l'Annaliste de Mois-
sac", suivant lequel le siège de Barcelone,
entrepris par Louis le Débonnaire, en
personne, dura sept mois; d'où l'on devroit
conclure que cette place ne se rendit que
vers le mois de mars de l'an 802, à moins
qu'elle n'eût été assiégée dès le mois d'a-
vril de l'an 801. On pourroit concilier, ce
semble, tous ces historiens par le témoi-
gnage de l'Astronome' qui, après avoir dit
que le siège de Barcelone fut très-long,
rapporte que les assiégeans voyant qu'il
ne pouvoit durer encore longtemps appe-
la dernière extrémité, contre les efforts
de Louis le Débonnaire, sortit une nuit
pour aller demander du secours à Cor-
doue, & qu'ayant été pris dans le camp des
François, & emmené à Louis, ce prince
l'envoya à Charlemagne, son père. L'Astro-
nome, que nous avons " d'abord suivi, pré-
tend au contraire que Zade fut fait pri-
sonnier à Narbonne, avant la diète de
Toulouse & le siège de Barcelone par
Louis, dans le temps qu'il alloit se soumet-
tre à ce prince; que les Sarrasins élurent
à sa place Hamur pour leur gouverneur,
& que celui-ci défendit cette ville pendant
tout le siège. Nous croyons la narration
d'Ermoldus d'autant plus fidèle & plus
exacte, qu'outre qu'il écrivoit dans un
temps peu éloigné de cet événement, elle
est confirmée par Eginhard &par l'Anna-
liste de Moissac, qui rapportent la même
chose. Ainsi Hamur n'aura été élu gouver-
neur de Barcelone à la place de Zade, que
Note
ADOIT.
lèrent Louis le Débonnaire, campé dans le sur la fin du siège de cette place.
Roussillon, pour lui faire honneur de la VI. Notre poëte' fait mention de plu-
conquête de cette place qui se rendit enfin sieurs comtes ou généraux qui se trouvè-
au bout de six semaines après l'arrivée de rent au siège de Barcelone, & dont les
ce prince; ce qui est confirmé par l'Anna- autres historiens ne disent rien,
liste de Moissac. Ainsi, on pourroit suppo-
ser, comme nous l'avons remarqué ailleurs,
^I.T^ que Barcelone fut d'abord investie pendant
P-758 l'été de l'an 799, que les troupes fran-
çoises en continuèrent le blocus en 800 ,
que Louis le Débonnaire en fit commencer
le siège dans les formes, dès le mois d'avril
de l'an 801, & qu'ayant ensuite marché
avec toutes ses forces au mois d'août de
cette dernière année, il campa d'abord
pendant quinze jours avec une partie de
l'armée dans le Roussillon, d'où il se ren-
dit devant la place, qui se soumit vers la
fin du mois d'octobre de la même année &
au bout de six semaines.
V. Ermoldus' raconte d'une manière dif-
férente de l'Astronome^ la prise de Zade ,
gouverneur de Barcelone pour les Sarra-
sins. Il rapporte que ce seigneur maure.
Interea, dit cet auteur, régis proceres, populique
phalanges
Dudum comraoniti, jussa libenter agunt.
Undique conveniunt Francorum more catervae,
Atque urbis mures densa corona tenet.
Convenit ante omnes Carolosatus agmine pulchro;
Urbis ad exitium congregat ille duces.
Parte sua princeps Willelm tentoria figit,
Heripretli, Liuthard, Bigoque, sive Bero,
Santio, Libulfus, Hllthibret, atque Hisimbard,
Sive alli plures, quos recitare mora est.
Coetera per campos stabulat diffusa juventus,
Francus, Wasco, Getha sive Aquitana cohors.
It fragor ad coelum, &c.
Lieutard étoit comte de Fezensac, Béra
fut nommé comte de Barcelone après la
prise de cette place ; nous avons parlé ail-
leurs de Leibulfe & d'Isembard dont le
après avoir défendu Barcelone jusques à premier étoit, à ce qu'il paroît, comte de
Narbonne & l'autre de quelque comté dans
' Annales de Moissac, p. ,44. ^^ Marche d'Espagne.
* Astronome, p. 290.
' Ermoldus Nigellus, p. 28. « Voyez au tome T, livre IX, n. xcv.
* Astronome, p. 290. a Ermoldus Nigellus, p. 24.
I
II.
22
Note
9'
338
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Éd.orig.
t. l,
p. 738.
■ qu'il se trompe & qu'elles appartiennent
également à celui de Charles le Chauve,
NOTE XCi ^^'" ^^ est fait mention d'Anne, fille de la
même Rotrude & petite-fille du comte Béra,
» . , , dans un jugement' rendu par Salomon,
Epoque de la fondation de Vahhaye comte de Roussillon , au mois d'août de
d'Alety aujourd'hui évêché. — Gé- la vingt-neuvième année du règne de ce
néalogîe du comte Béra, fondateur prii^ce ou de l'an 868, & il paroît par cet
de ce monastère. ^^^^ ^^^ ^^'"^ ^ ^^ ^^^^ Rotrude étoient
déjà morts dans ce temps-là. Le comte Béra,
mari de Romille, étant donc décédé avant
I. X TOUS apprenons d'une charte' qui est l'an 844, il ne peut avoir fondé le monas-
IN sans date, que le comte Béra &■ son tère d'Alet sous le pontificat de Léon IV,
épouse Romille fondèrent le monastère de No- & il faut rapporter cette fondation à celui
ire-Dame d'Alet dans leur propre fonds, que ce de Léon III qui siégea depuis l'an 793
comte avoît, ou hérité de son père, le comte
Guillaume, mort depuis peu, ou acquis des li-
béralités de l'empereur Charles, son seigneur,
& que Béra offrit ce monastère, avec le village
d'Alet, à l'église de Saint-Pierre de Rome, au
pape Léon & à ses successeurs, &c. Il est
aisé de conclure de là que le monastère
d'Alet fut fondé après l'an 800 & avant
l'an 814. En voici la preuve :
1° Cette fondation ne peut être rapportée
au pontificat de Léon IV, comme l'a fait
l'éditeur" du cinquième volume des Annales
du P. Mabillon, puisque le même Béra
étoit mort avant l'an 844, & que Léon IV
ne commençaà siéger que l'an 847. Il est fait
jusqu'en 816.
2" L'acte de cette fondation doit être pos-
térieur à l'an 800, & antérieur à l'an 814,
puisqu'il y est parlé de l'empereur Charle-
magne comme vivant, a domno imperatore
meo seniore Carolo : on ne sauroit d'ail-
leurs entendre ces paroles de Charles le
Chauve, qui ne fut point empereur sous
le pontificat d'aucun des papes du nom de
Léon.
3" On peut fixer encore d'une manière
plus précise l'époque de la fondation de
l'abbaye d'Alet, en supposant que le comte
Guillaume, père du comte Béra &■ mort de-
puis peu, dont il est fait mention dans cet
mention, en effet;, du comte Béra, mari de acte, est le même que le comte Guillaume,
Romille, comme étant déjà mort, dans deux fondateur de l'abbaye de Gellone 5 car,
chartes datées delà cinquième année du règne comme ce dernier mourut vers l'an 812%
de CAarZej, ce qui doit s'entendre de Char- il s'ensuit que la fondation du monastère
les le Chauve. L'une' est d'Argila, fils de ce d'Alet, qui est antérieure à la mort de Char-
comte, où il s'exprime en ces termes ; Ego lemagne, aura été faite vers l'an 81 3.
Argila, qui sum filius QUONDAM Berani co- H- On pourroit conjecturer aussi que le
mitis, venditor tibi Berane filio meo , &c. comte Béra, fondateur de ce monastère^, est
L'autre^ est une vente faite par Rotrude le même que le comte de Barcelone de ce
veuve du comte Alaric, & fille du feu comte nom qui vivoit alors', & qu'ainsi S. Guil-
Béra & de Romille, à son fils Auréole. Il est laume, fondateur de Gellone, étoit son père,
vrai que M. Baluze, qui nous a donné ces H est rapporté dans la vie de ce dernier,
deux chartes, rapporte la dernière au règne qu'après qu'il se fut retiré à Gellone, en 806,
de Charles le Simplej mais il est évident ses fils qui lui avoient succédé dans ses com-
tés l'aidèrent à bâtir cette abbaye : adju-
vantibus'' quoque eum filiis quos suis comita-
tibus praefecerat. Ce duc avoit donc alors
• Voyez aux Preavci, Chartes & Diplômes, sous
le n. XVII : Acte par lequel le comte Béra soumet
Vahhaye d'Alet, qu'il avait fondée, au pape Léon III
& a l'Eglise de Rome,
' Mabillon, ad ann. t 1 16, n. iç.
3 Marca Hispanica, p. 781.
^ Ibid. p. 837 ^ seq.
' Capitulaires, t. 2, p. 1489 &. seq.
' Mabillon, ad ann. 812, n. 5.
' Vita S. Ben, Anian. Act.x Sanctorum
sancti Benedicti, saec 4, part, i, p. 208.
Note
9'
ordinii
Note
9'
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
339
des fils en élat de posséder des dignités, &
nous trouvons en effet que Gaucelme,run
d'entre eux, étoit déjà pourvu de son vi-
vant du comté de Roussillon. Or, comme
il paroît d'un autre côté que Bernard, fils
du même Guillaume, ne parvint à la dignité
de comte ou de duc que l'an 820, il faut
qu'il ait eu des frères plus âgés que lui.
S. Guillaume, qui fut marié deux fois eut
peut-être du premier lit Béra & Gaucelme,
& Bernard peut avoir été l'aîné du second.
On peut ajouter que Charlemagne & Louis
le Débonnaire, son fils, qui après avoir
enlevé Barcelone aux Sarrasins, l'an 811,
donnèrent le comté ou gouvernement de
cette ville à Çéra, choisirent probablement
ce seigneur pour cette dignité, parce qu'il
étoit fils de S. Guillaume, qui avoit fort
contribué à cette ' prise, qui avoit la prin-
cipale autorité dans la Marche d'Espagne
& qui délivra cette frontière de la crainte
des infidèles 3 & qu'enfin cela est d'autant
plus vraisemblable, que l'empereur Louis
le Débonnaire ayant disposé, en 820, du
comté de Barcelone en faveur de Bernard,
fils de S. Guillaume, après la proscription
de Béra, il paroît avoir voulu par là con-
server cette dignité dans la même famille.
Il est vrai que S. Guillaume, faisant men-
tion de ses enfans dans les deux chartes de
dotation' de l'abbaye de Gellone, ne dit rien
du comte Béra. Mais ce duc ne parle pas
de tous ses enfans dans ces monumens
où il omet un fils & une fille, dont il étoit
certainement le père, comme dom Mabil-
lon' l'a fait voir. D'ailleurs, il y en a qui
sont nommés dans l'une & qui sont oubliés
dans l'autre.
Il faut avouer cependant qu'il y a de la
difficulté; car, suivant le témoignage de
l'Astronome * & d'ErmoldusNigellus, auteur
contemporain, Béra, comte de Barcelone,
étoit Goth de naissance, Si nous savons que
' Ermoldus Nigellus, 1. i, p. 20 & seq-
* Voyez aux Preuves de ce volume, sous le
n, XII, Donation du comte Guillaume à Vahhaye de
Gellone. — Acta Sanctorum ordinis sancti Benedicti,
ilid. p. 89 & seq.
5 Ibid. p. 71.
* Astronome, p. 3oi. —Ermoldus Nigellus, I. 3,
p. 53.
S. Guillaume étoit François 8c même de la
famille royale, à moins que, parle terme de
Goth, on ne doive entendre seulement que
le premier étoit né ou établi dans la Go-
thie. Si donc le comte Béra, fondateur de
l'abbaye d'Alet, étoit fils de S. Guillaume
de Gellone, il doit être différent de Béra,
comte de Barcelone; & si au contraire ce
dernier est le même que le fondateur de
l'abbaye d'Alet, le comte Guillaume, son
père, doit être différent de S. Guillaume de
Gellone.
III. Quoi qu'il en soit, il est du moins
fort vraisemblable que le comte Béra, fon-
dateur de l'abbaye d'Alet, étoit proche pa-
rent du comte de Barcelone de ce nom; &
que lui, Guillaume, son père, Argila son
fils & Béra, son petit-fils, possédèrent suc-
cessivement le comté deRazés, dans lequel
cette abbaye étoit située, & où ils avoient
divers biens ' : ce qui nous donne la suite des
comtes de ce pays jusqu'à ce que ce comté
passa dans la maison des comtes de Carcas-
sonne qui l'unirent à leur domaine. Comme
Béra, fils d'Argila, vivoit en 844, il paroît
qu'il n'est pas différent du comte de ce nom
qui fit une donation en 846' au monastère
d'Exalade dans le comté de Conflans. Nous
ne savons rien des descendans de ce dernier :
nous l'avons' mis au nombre des comtes
de Roussillon, parce que lui & ses ancêtres
possédoient de grands biens dans ce pays*.
IV. Nous avons ' cru d'abord que le comte
Alaric, mari de Rotrude, fille du comte
Béra, & qui, à ce qu'il paroît, étoit comte
de Girone & d'Empurias dans la Marche
d'Espagne, étoit peut-être le même que
Odalric ou Adalaric, marquis de Gothie
en 852 & 856. Mais cela n'est pas pos-
sible, car Alaric, mari de Rotrude, étoit
déjà mort en 844.
' Voyez aux Preuves, sous le n. XII, la donation
citée plus haut. — Marca Hispanica, p. 781.
" Ibid. p. 782.
' Voyez au tome I de cette édition, livre IX,
n. c.
* Béra, deuxième du nom, était comte de Razès
& non de Roussillon. Voyez ci-dessus l'addition à
la Note LXXXVII. [E. M.]
' Voyez aussi tome I, livre X, n. LVii, & dans
ce volume, Note LXXXVII, n. 36.
Note
9"
Kd. orî-T.
t. 1
p. 73q.
Note
9^
340
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
NOTE XCII
Époque de Vépiscopat d'Ariherty
archevêque de Narbonne.
CATEL' nous a donné le fragment d'une
lettre du pape Etienne adfessée à Ari-
bert, archevêque de Narbonne, dans la-
quelle ce pontife se plaint du privilège
qu'avoientles Juifs de la Septimanie dépos-
séder des biens aHodiaux. Cet auteur prend
de là occasion de placer l'épiscopat d'Ari-
bert entre celui de S. Théodard, qui mourut
l'an 893, & celui d'Arnuste, qui vécut jus-
que vers l'an 912, supposant que la lettre
dont on vient de parler est du pape Etienne,
successeur immédiat de Formose, auquel
il donne le nom d'Etienne VII, & que les
éditeurs des conciles appellent Etienne VI.
L'autorité de cet historien a entraîné Mes-
sieurs de Sainte-Marthe % qui ont mis aussi
Aribert parmi les archevêques de Nar-
bonne entre S. Théodard & Arnuste , mais
c'est mal à propos , car la lettre dont on
vient de parler n'est pas du pape Etienne,
successeur de Formose, puisque celui-là
élu seulement vers le mois de mai ' de
l'an 896, écrivit au mois d'août '' de la
même année une lettre en réponse à Ar-
nuste, archevêque de Narbonne, ce qui
prouve que ce dernier occupoit déjà le
siège de Narbonne dans le temps de l'élec-
tion de ce pape, & qu'Aribert ne peut
l'avoir rempli sous son pontificat. Messieurs
de Sainte-Marthe prétendent' d'ailleurs que
Arnuste assembla un concile à Jonquières,
au diocèse de Maguelonne , l'an 894, ce
qui prouveroit encore qu'il étoit archevê-
(jue de Narbonne avant l'élection du pape
Etienne, successeur immédiat de For-
mose j mais cette preuve est inutile, puis-
' Catel , Mémoires de l'histoire de Languedoc,
p. 771.
' Gallia Christiana, t. i, p. 371.
3 Annales Fuld. p. 682.
■* Conciles, t. 9, p. 476 & seq.
' Gallia Christiana, t. 1, p. 371,
qu'il est constant que le concile de Jon-
quières ' ne fut tenu que l'an 909.
Il faut donc chercher quelque autre pape
Etienne à qui la lettre écrite à Aribert
puisse convenir. Catel prouve'' très-bien
qu'elle ne peut être d'Etienne VII , élu
l'an 929, ni des autres papes de ce nom ses
successeurs, puisque les Juifs de la Septi-
manie n'avoient plus alors la liberté de
posséder des biens allodiaux. Le P. Cos-
sart% après avoir attribué cette lettre à
Etienne VI, avec cet historien, conjecture en-
suite qu'elle est d'Etienne V, prédécesseur
immédiat de Formose, ce qui n'est pas possi-
ble j car Etienne V n'ayant siégé que depuis
l'an 885 jusqu'à l'an 890, ce t^mps se trouve
rempli par l'épiscopat de S. Théodard, qui
mourut l'an 893. Enfin cette lettre ne peut
convenir à Etienne IV, élu en 816 & mort
l'année suivante, puisque Nébridius occu-
poit alors le siège épiscopal de Narbonne.
Il paroît d'un autre côté, par la même
lettre, que les Juifs possédoient alors des
biens allodiaux dans la Septimanie en vertu
des privilèges que des rois de France leur
avoient accordés : per quaedamregum Fran-
corum praecepta ; ce qui fait voir que l'épis-
copat d'Aribert doit être postérieur au
règne de Pépin le Bref, car 1° ce prince ne
fut maître de Narbonne que l'an 759"*^ ainsi
cette lettre ne peut être rapportée au pape
Etienne II, mort en 764; 2° Pépin fut le
premier roi françois qui régna dans la Sep-
timanie, & il paroît par cette lettre que plu-
sieurs rois français avoient déjà maintenu
les Juifs de cette province dans le privi-
lège de posséder des biens allodiaux : pri-
vilège dont ils jouissoient^ certainement
sous l'empire de Louis le Débonnaire. Il
ne reste donc que le pape Etienne III, élu
au mois d'août de l'an 768, à qui cette let-
tre puisse convenir.
Ce pape doit l'avoir écrite à la fin de la
' Baluze, Not. in conciL Narh, p. 4 & seq.
' Catel, Mémoires de l'histoire de Languedoc,
p. 771.
^ Conciles, t. 9, p. 478.
" Voyez Note LXXXV, n. 3.
'Voyez aux Preuves de ce volume, n. LIV,
Charte de Louis le Débonnaire en faveur de quelques
Juifs de la Seftimanie.
Note
02
I
Note
92
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
341
Éd.orig.
t. I,
p. 740.
Note
o3
même année ou au commencement de la
suivante, sous le règne de Charlemagne &
de Carloman, son frère, qui en montant sur
le trône peuvent avoir confirmé les Juifs
de la Septimanie dans le même privilège j
Pépin le Bref le leur accorda sans doute
après la soumission de cette province,
parce qu'ils y étoient très-puissans & en
grand nombre. Le siège de Narbonne pou-
voit alors être occupé par Aribert, car nous
n'avons aucune connoissance des évêques
de cette ville depuis la fin du septième siè-
cle jusques au mois d'avril de l'an 769, que
Daniel qui en étoit archevêque assista" à
un concile romain. Ce dernier succéda donc
à Aribert; car ceux qui prétendent qu'il fut
élu immédiatement après Nébridius se trom-
pent, & nous avons déjà remarqué ailleurs
qu'on a confondu celui-ci avec Nébridius,
successeur du même Daniel.
Il reste une difficulté, c'est que la lettre
du pape Etienne est adressée aussi aux puis-
sances Je la Septimanie & de l'Espagne ; ce
qui doit s'entendre, ce semble, des comtes
qui commandoient dans la partie de l'Es-
pagne soumise à la domination françoise,
& il ne paroît pas qu'il y eût encore des
comtes françois dans ce pays en 768. Mais
cela peut s'entendre aussi des évêques de la
Marche d'Espagne qui se soumirent à Pé-
pin, après que Solinoan, gouverneur sarra-
sin de Barcelone & de Girone, eut reconnu
la souveraineté de ce prince, vers l'an 760, &
quoiqu'il n'y eût pas encore des comtes fran-
çois dans les villes de cette frontière, il pou-
voit y en avoir pour la garder, ce qui suffit.
NOTE XCIII
Epoque de la fondation des abbayes
de Figeac «S- de Gaillac.
I.QUIVANT une charte du roi Pépin % ce
O prince après avoir fondé l'abbaye de
Figeac, en Querci, lui soumit le monastère
' Conciles, t. 9, p. 1721.
' Spicilegium,t. i3, p. 255 & seq. — Voyez Ma-
billon, ad ann. 812, n. 3.
de Saint-Quentin de Gaillac, qu'il avoit fait
constuire. Cette charte est datée de Figeac,
le 8 de novembre de l'an 755. Datum in eodem
loco, VI idus novembris,anno ab Incarnations
Domini DCC l^V^indictione nona. Ainsi, si elle
est de Pépin le Bref, ce prince doit être re-*
gardé pour fondateur de ces deux abbayes.
II. Nous n'entrerons pas dans la discus-
sion critique de cette pièce : on peut la
voir ailleurs'. Il nous suffit de remarquer
que la date en est fausse, puisqu'en 755*
Pépin le Bref, bien loin de se trouver en
Querci, demeura toute cette année en Ita-
lie. D'ailleurs, ce prince ne possédoit en-
core alors rien en Aquitaine; il n'en
dépouilla Waïfre qu'après l'an 760, & lors-
qu'il en eut achevé la conquête au mois de
juin de l'an 768, il revint promptement en
France où il mourut peu de temps après.
Cette charte qui vraisemblablement ' a été
interpolée, ne peut donc appartenir à Pépin
le Bref, comme quelques auteurs * le pré-
tendent; elle est plutôt de Pépin I, roi
d'Aquitaine, son arrière petit-fils, ainsi que
le croit^ le P. le Cointe.
III. Il est marqué, en effet, que le prince
qui fonda l'abbaye de Figeac lui imposa ce
nom à la place de celui de Junant (Convallis
Jonantis), que ce lieu portoit auparavant,
& dont il fit la donation à ce nouveau
monastère. Or, la vallée de Junant appar-
tenoit encore à l'église de Cahors au com-
mencement du règne de Pépin I, roi d'Aqui-
taine, comme il est marqué dans l'échange"
qu'en fit cette église avec ce prince l'an 819,
la sixième année de l'empire de Louis le Dé-
bonnaire, sous Vépiscopat d'Angarius ou Agar-
nus, éveque de Cahors, qui ne commença de
siéger qu'après l'an 770' & par conséquent
depuis la mort de Pépin le Bref. L'ancien
' Le Cointe, ad ann. 752, n. 164, & ad ann. 83^,
n. 68 & seq.
^ Annal. Mettens. p. 271.
^ Voyez Mabillon, ad ann. 812, n. 3.
'' Gallia Christiana, nov. éd. t. i , p. 171.
' Le Cointe, ad ann. 762, n. i54, & ad ann.
884, n. 68 & seq.
^ De la Croix , Acta episc. Cadurcensium, p. 48.
— Dominicy, Hist. mss. des comtes de Cahors.
— Gallia Christiana, nov. cd. t. i, p. 123. — Le
Cointe, ad ann. 820, n. 27.
' Gallia Christiana, nov. éd. t. i, p. I23,
Note
93
Noie
ç3
34:
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
auteur" qui nous a donné l'histoire de cette
abbaye témoigne d'ailleurs qu'elle ne fut
rétablie que sous l'empire de Louis le Dé-
bonnaire.
IV. On pourroit opposer une bulle d'E-
tienne II, où il est rapporté' que ce pape
consacra lui-même l'église de Figeac, après
que ce monastère eut été bâti par Pépin le
Bref, & qu'ainsi ce prince doit l'avoir fondé
ou rétabli; mais la seule' lecture de cette
bulle en fait assez connoître la supposition
sans parler de sa date conçue en ces ter-
mes : Actum publiée in eodem monasterio VII
îd. Novembr. anno Dominicae incarnationis
BCCLV, anno veroiv. D. Stéphanie papaell.
Data per manum Pétri S. R. E. diaconi car-
dinalis. Le pape Etienne II ne fut point en
France durant toute l'annéeySS. Il avoitdéjà
repassé les monts l'année précédente ■*, après
avoir couronné Pépin, & il demeura depuis
au delà des Alpes jusques à sa mort. On ne
doit pas faire plus de fonds sur une autre
bulle du pape' Pascal I qui rappelle la pré-
cédente & qui est datée du 21 d'avril de
l'an 822 : Pontijlcatus autem domini Pascalis
papae quarto qui in numéro Pontificum cente-
simus habetur. Le pape Pascal létoitdansla
cinquième année de son pontificat, & non
dans la quatrième, le 21 d'avril de l'an 822.
V. Enfin il est dit, dans la charte attri-
ou par quelque autre prince de la première
race, & elle aura été détruite dans la suite
par les Sarrasins, au huitième siècle; mais
elle n'aura été rétablie ou nouvellement
fondée qu'après l'an 819, par Pépin I, roi
d'Aquitaine. Aussi n'est-elle pas comprise
dans la Notice des monastères d'Aquitaine
fondés ou rétablis par des princes de la race
de Charlemagne, dont l'état fut dressé au
concile d'Aix-la-Chapelle de l'an 817. Il ré-
sulte de ce que nous venons de dire que
Pépin I, roi d'Aquitaine, ayant fondé le mo-
nastère de Figeac, il doit aussi avoir fondé
celui de Saint-Quentin de Gaillac.
VII. Le P. Mabillon' est persuadé que
ce dernier monastère n'est pas différent de
celui de Saint-Michel de Gaillac, en Albi-
geois, connu par divers monumens du
dixième siècle. Le P. de Sainte-Marthe*
prétend, au contraire, que celui-ci paroît
plus moderne, qu'ainsi l'autre devoit être
situé en Querci : mais on n'a aucune preuve
qu'il y ait jamais eu un monastère de Saint-
Quentin de Gaillac dans ce pays. Nous sa-
vons d'ailleurs que S. Didier, évêque de
Cahors, donna au milieu du septième siècle
le lieu de Gaillac en Albigeois à son église,
qui peut, par conséquent, en avoir disposé
dans la suite en faveur de l'ancienne ab-
baye de Junant, située dans le même pays.
Note
93
buée à Pépin le Bref, que ce prince établit oul'avoir échangé avec elle. Il est donc
à Figeac Anastase pour premier abbé. Or,
nous voyons un abbé de Conques de ce
nom qui vivoit en 828 sous Pépin I, roi
d'Aquitaine, & il est certain* que ces deux
monastères furent unis & gouvernés par un
même abbé jusques au pontificat d'Urbain II
qui les sépara. C'est donc Anastase, abbé de
Conques & de Figeac, dont cette charte
a voulu parler; aussi c'est à Pépin I , roi
d'Aquitaine, qu'il faut la rapporter.
VI. L'abbaye de lavallée de Junant'', <iura.
vraisemblable, supposé que cette dernière
abbaye ait subsisté sous la première race
& qu'elle ait été détruite au huitième siècle
par les Sarrasins, que ses religieux établi-
rent d'abord un monastère sous sa dépen-
dance, à Gaillac en Albigeois , & que ce
monastère ayant eu le sort de celui de
Junant, Pépin I, roi d'Aquitaine, qui réta-
blit celui-ci sous le nom de Figeac, rebâtit
aussi l'autre sous l'invocation de S. Quen-
tin, martyr. Le monastère de Gaillac fut
donc été fondée en Querci par le roi Clovis détruit, selon les apparences, par les Nor-
mands, au neuvième siècle, car nous le
voyons reparoître sous le nom de Saint-
' Baluze, Miscellan. t. 2, p. 208. — Mabillon »>r- i. 1 m* 1 j- •» o m i_i
^ ' ^ ' i -^ iduiiiun, Michel au milieu du dixième & il semble,
ad ann. 816, n. 5o. j. -n 1 * j t» 1
1 ,^ »»• /"t • .• j • o d ailleurs , que les comtes de 1 oulouse
GalLa Lhristiana, nov. éd. t. 2, mstrum. p. 43. ,, , ,- w 1
3 Le Ceinte, ad ann. 764 & 884, n. 68 & seq. ^ avoient fonde alors de nouveau.
* Mabillon, ad ?inn. 754, n. 6.
' Gallia Christlana, nov. éd. t. i, instrum. p. 48.
« Ihid. p. 171, & seq. instrum. p. 5;. ' Mabillon, ad ann. 7.54, n. 6.
'' Le Cointe, ad ann. 764 & 884, n. 67 & seq. ' Gallia. Christiana, nov. éd. p. 5z.
Note
94
NOTE XCIV
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC. 348
II. Ce fameux critique' donne le nom
de diplôme 9 cette pièce & la déclare fausse
sur ce qu'elle est datée, dans la préface
suivant l'année de l'Incarnation ; préten-
Ed.ong. <ç^^^ l'époque de la désunion de la Sep- dantque l'usage de dater ainsi les diplômes
P-^^''- timanie du royaume d'Aquitaine ^^t fort postérieur au règne de Louis le
Cl > ^' j -L' z Débonnaire : c'est là son principal arîm-
6* de son érection en duché; g» sur . ,, , , , , / l"*' ^rgu-
,, 1 /- 7/ o ment, mais d abord c est plutôt un capitu-
lacte de partage que fit, l an ^ 817, laire qu'un diplôme. Le premier est un rè-
V empereur Louis le Débonnaire de glement fait & autorisé dans une assemblée
ses Etats entre ses enfans. ou diète générale de la nation, ce qui
convient parfaitement à l'acte de partage
Baluze nous a donné, sur un ma- de l'an 817 , au lieu qu'un simple diplôme
est une charte donnée ordinairement hors
le temps de ces assemblées & de la seule
Débonnaire de ses Etats entre les trois
princes ses fils à la diète d'Aix-la-Chapelle
tenue au mois de juillet de l'an 817. Ce
monument qui est très-détaiilé & très-
intéressant pour l'histoire, nous apprend
Note
94
IVi • nuscrit de la bibliothèque de Col-
bert, l'acte' de partage que fit Louis le
en particulier : 1° que la Septimanie fut
alors séparée du royaume d'Aquitaine dont
elle avoit dépendu auparavant; ainsi c'est
là l'époque de l'érection de cette province
en duché ou gouvernement général indé-
pendant; 2° que le comté de Carcassonne,
qui jusques alors avoit fait partie de cette
même province, en fut séparé, & qu'il de-
meura uni au royaume d'Aquitaine.
Cet acte a tous les caractères de vérité &
est appuyé du témoignage des historiens '
du temps qui en font mention & qui nous
apprennent que Louis le Débonnaire asso-
cia alors à l'empire Lothaire, son fils aîné,
& qu'il fit reconnoître Pépin & Louis, les
puînés, l'un pour roi d'Aquitaine & l'autre
pour roi de Bavière. Malgré un témoignage
si précis, le P. le Cointe', qui a entrepris
la critique de ce monument, prétend faire
voir qu'il est faux & supposé. Examinons
ses raisons, & voyons si elles sont assez
fortes pour prouver cette supposition \
autorité du prince. Or, il n'est pas sans
exemple qu'avant l'an 817 & la mort de
Louis le Débonnaire, on ait inséré l'année
de l'Incarnation dans la préface ou dans
le corps des capitulaires. Sans faire de gran-
des recherches, on n'a qu'à ouvrir le pre-
mier volume de la collection de Baluze
on trouvera cette année marquée dans le
capitulaire de Pépin le Bref de l'an 744%
dans ceux de Charlemagne dressés à Aix-
la-Chapelle en 789^ & 797^, & sans sortir
de l'assemblée tenue dans ce palais en 817 ',
dans la préface du capitulaire qu'on y dressa
pour la réforme de l'ordre monastique,
ainsi que dans le statut* fait au sujet des
services dus par différens monastères. Le
P. le Cointe ne soupçonne de fausseté au-
cun de ces capitulaires.
Mais quand l'acte de partage de l'an 817
ne seroit qu'un diplôme , il est certain ,
par ceux mêmes dont le P. le Cointe re-
connoît la vérité, qu'avant cette année on
employoit quelquefois l'année de l'Incar-
nation dans ces monumens.Onvoit,dans le
même volume des capitulaires, un diplôme
de Charlemagne pour l'institution des évê-
chés de Saxe, daté de l'an 789 de l'Incar-
' Capitulaires, t. i , p. SyS &. seq.
' Eginhar(l,p.264. — Agobard, Epist. dans Dii-
cliesne.t. 2,p.33o. — Chronique Je Moissac, p. 147.
' Le Cointe, ad ann. 817, n. 335 & seq.
^ Quoique dom Valssete dise de fort bonnes cho-
ses dans cette note, la longue discussion à laquelle
il se livre pour réfuter l'opinion du P. le Cointe
peut être regardée aujourd'hui comme superflue.
Personne ne songe à attaquer l'authenticité de
l'acte de partage de 817, édité d'abord par Baluze,
& publié depuis par M. Pertz, dans le premier
volume des Leges.
' Le Cointe, ad ann. 817^ n. 335 & seq.
^ Capitulaires, t. 1, p. i55.
3 Ihid. p. 242.
^ Ihid. p. 275.
' Ihid. p. 579.
« Ibid. p. 585.
Note
94
344
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
nation'. Ce prince date de la même année
une charte qu'il donna' en favetir du comte
Trutman : l'acte qu'il fit du partage de
ses meubles & de ses bijoux est daté de
l'an 811 ' 3 c'est donc mal à propos que le
P. le Cointe rejette comme faux l'acte de
partage de l'an 817, parce qu'il est daté de
l'année de l'Incarnation.
III. Uneautre raison de ce critique^, pour
prouver la fausseté de cette pièce, c'est que
Louis le Débonnaire s'y sert indifférem-
ment des termes d'empire & de royaume
pour signifier la même chose. Il prétend
que ces termes diffèrent entre eux, que le
premier n'est qu'un simple nom de dignité
& ne marque aucun domaine , & que le
second signifie l'uii & l'autre. Il est vrai
qu'à prendre ces deux mots à la rigueur,
ils peuvent avoir une signification diffé-
rente, & nous convenons, avec le P. le
Cointe , que Charlemagne, en prenant la
couronne impériale, n'ajouta pas un pouce
de terre à son domaine; mais il est vrai aussi
unîversum IMPERIUM suum cum suis ipse dî-
vîderet.... sîn aliter vero , partitionem IMPE-
RII Imperatori & Carolo faciendam magis cen-
seret. Itaque Lotharius cum suis divisionem
REGNI domino imperatori pro suo libitu co-
mittunt , &c. On pourroit encore citer d'au-
tres exemples; mais ceux que nous venons
de rapporter sont plus que suffisans pour
détruire les foibles raisons du P. le Cointe.
IV. Cet annaliste' ne peut goûter que
Louis le Débonnaire, par l'acte de partage
de l'an 817, ait voulu assujettir ses deux
fils puînés à Lothaire leur aîné. Il prétend
que cet empereur n'a pu se proposer en
cela, comme il le marque dans cet acte,
l'exemple de Pépin & de Charlemagne ses
prédécesseurs, qui d'ailleurs, ajoute-t-il,
partagèrent également leurs Etats entre leurs
enfans. Mais : 1° Louis le Débonnaire ne
parle pas de Pépin en particulier , il ne
nomme que ses prédécesseurs en général.
2° Il est certain que le partage' que
Charlemagne fit, en 806, de ses Etats entre
Note
94
que du temps de ce prince & de ses succès- ses enfans ne fut pas égal, puisque ce prince
seurs,on employoitindifféremmentlesmots destina alors la plus grande partie- de la
regnum &/mpenumpour signifier la monar- monarchie au roi Charles, son aîné, & que
chie françoise. C'estainsi que Charlemagne, de six royaumes dont elle étoit alors com-
dans le partage qu'il fit de ses États en 806, posée, il lui donna ceux de Neustrie &
partage dans lequel il ne s'agissoit point d'Austrasie en entier avec la meilleure partie
de la dignité impériale, se sert indifférem- de ceux de Bourgogne & de Germanie, & à
ment des termes d'empire & de royaume : chacun des deux cadets un royaume avec
Divisiones^ vero a Deo conservati atque con- quelques provinces de l'un des autres
servandi imperii vel regni nostri taies facere royaumes. Par ce partage la portion de
placuit, Nithard, parlant du partage que
Louis le Débonnaire fit entre ses enfans,
l'an 817, & dans lequel Lothaire fut seul
déclaré empereur, dit cependant que Louis
partagea Vempire entre ses enfans : Univer-
sum^ imperiuminter filios divisit, ce qui fait
voir que le mot imperium est pris ici pour
regnum. Enfin, l'auteur de la Fie de Louis
le Débonnaire^ parlant du nouveau partage
que ce prince fit l'an 838, emploie indiffé-
remment les mêmes termes. Intantum'' ut,,.
» Cap'itulaires, t. i, p. 248.
* Ihid. p. 260.
3 Uii. p. 487.
^ Le Cointe, ad ann. 817, n. 336 & 340.
s Cap'itulaires, t. 1, p. 441.
s Nithard, 1. 1, p. 36o.
' Astronome, p. 3 16.
l'aîné fut donc plus forte de la moitié que
celles des deux autres.
3" Louis le Débonnaire pouvoit se pro-
poser l'exemple de l'empereur, son père,
en assujettissant ses deux fils cadets à leur
frère aîné. Comme la monarchie se trouva
trop étendue après les conquêtes de Char-
lemagne pour être gouvernée par un seul
roi, ce prince fit administrer pendant sa
vie par ses enfans, mais sous son autorité,
les royaumes d'Italie, de Bavière & d'Aqui-
taine, qu'il érigea en leur faveur comme
autant de fiefs mouvans de la couronne de
France. Ses vues étoient qu'il y eût un
chef dans la famille royale, auquel tous les
autres princes françois fussent soumis &
' Le Cointe, ad ann. 817, n. 338.
' Cap'itulaires, t. i, p. 441 & suiv.
Éd. ori".
t. I,'
p. 742.
£
Note
94
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
345
([u'ils regardassent comme leur supérieur.
Louis le Débonnaire suivit le même plan,
comme le P. Daniel' l'a fait voir. C'est
ainsi qu'après la mort de Pépin, roi d'Ita-
lie, Charlemagne donna ce royaume à Ber-
nard, fils de ce prince, qui le reconnut'
pour son seigneur.
Mais ce qui met ce que nous venons
d'établir dans tout son jour, c'est que le
même Bernard, roi d'Italie, qui n'étoit que
neveu de Louis le Débonnaire & qui natu-
rellement devoit être indépendant dans ses
Etats, vint cependant trouver ce prince à
Aix-la-Chapelle aussitôt après la mort de
Charlemagne, le reconnut pour son sou-
verain & lui prêta serment de fidélité : Con-
tradid'it^ semetipsum ad procerem, & fidelita-
tem ei cum juramento promîsit. De plus, Louis
le Débonnaire lui fit faire le procès comme
à sonvassaV^ lorsqu'il eut manqué de fidé-
lité, & confisqua sur lui le royaume d'Italie.
Le P. le Cointe, qui fait difficulté d'admettre
cette autorité supérieure de Louis le Dé-
bonnaire sur le royaume d'Italie, est obligé
d'en convenir, puisqu'il reconnoît pour
vrai le diplôme ' que ce prince accorda, pen-
dant la vie de Bernard & avant sa révolte,
en faveur de l'Église romaine. Louis con-
firma par ce diplôme non-seulement tou-
tes les donations que ses prédécesseurs
avoient faites à cette église de divers biens
situés dans les provinces d'en delà des Al-
pes , mais il en ajouta encore de nouvelles
dans le même pays. Si Bernard, roi d'Italie,
eût été alors indépendant, c'eût été à lui de
faire cette confirmation & non à Louis le
Débonnaire, son oncle, qui auroit fait le
libéral à ses dépens. Enfin ce qui prouve
l'autorité suzeraine de Louis sur les royau-
mes possédés par ses enfans, c'est que lors-
qu'il voulut les ramener à leur devoir pen-
dant leur rébellion, il leur rappela moins
le devoir filial que leur qualité de vassaux
8t le serment de fidélité qu'ils lui avoient
prêté : iVIemen^ote ' quod meî vassali esiU.
4" Outre le témoignage des historiens
modernes qui attestent" que, selon le premier
projet de Louis le Débonnaire, Lothaire devoit
avoir les mêmes droits à l'égard de ses frères
que Louis avoit eus & avoit exercés à l'é-
gard de Bernard, roi d'Italie, nous avons ce-
lui des auteurs contemporains. Ils assu-
rent que, par l'acte de partage de l'an 817,
Lothaire devoit avoir la supériorité sur ses
frères, & que ce fut le motif de leur mé-
contentement' : Supradictus vero imperator
denominavit filium suum Lotharium, ut post
obitum suum OMNIA REGNA, quae ei tradidit
Deus per manus patris sui susciperet, atque
haberet nomen & imperium patris, & ob hoc
caeteri filii indignati sunt. C'est ainsi que
s'exprime Thegan, ce qui est confirmé par
Paschase Radbert qui, dans la Vie de l'abbé
Walla*, se sert de ces termes : Consortem im-
perii,... & successorem totius monarchiae fe-
cerat. Agobard% archevêque de Lyon, par-
lant de ce partage solennel dans une lettre
qu'il adresse à Louis le Débonnaire, se
plaint fortement de ce que cet empereur
l'avoit révoqué, & il fait assez entendre que
l'intention de ce prince, en le faisant, avoit
été de soumettre les cadets à Lothaire,
leur aîné : Caeteris filiis vestris designastis
partes regni vestri ; SED UT UNUM regnum
ESSET, NON TRIA_, praetuUstis eum (Lotha-
rium) illis quem participem nominis vestri fe-
cistis. Enfin Adon, dans sa Chronique^,
témoigne que Lothaire , par ce partage ,
de^'oit exercer une autorité supérieure sur
tous ses frères. Huic (Lothario) pater impe-
rium post mortem decreverat PRO INTE-
GRITATE vix partem regni obtinere meruit.
Peut-on rien voir de plus précis }
Que si Lothaire ne jouit pas dans la
suite de cette autorité supérieure sur toute
la monarchie, c'est que le partage de l'an
817 n'eut pas lieu à son grand regret, à
cause de sa révolte & des divers troubles
Note
94
' Danielj Histoire de France, t. i, p. 647 & seq. ' Adrien de Valois, 1. 2, c. 17, p. 5i2. — Acta
* Annales Lo'isel. p. 249. — Eginhard, Annales, Sanctorum oriinis sancti Beneiict'i, saec. 4, part. 1.
p. 258. ^Daniel, Histoire de France, t. i, p. 647 & s^q.
' Thegan, c. 21. 3 xhegan, c. 21 .
* Eginhard, Annales, p. 261 & seq. — Astro- ■• Vita Vallae, 1. i, n. 10, p. 5o2.
nome, p. 299. — Thegan, c. 22. '' Agobard, Epist. t. 2, p. 4.5.
' Le Cointe, ad ann. 817, n. 6 84 seq. * Adon, Chronifon, Bibl. Patrum, t. 16, p. 809.
Note
94
346
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Éd.orii:;
t. I,
p. 74 j.
qu'il excita dans l'État avant la mort de
l'empereur son père, ce qui obligea ce
dernier à le priver de l'empire & à l'en dé-
clarer déchu. Ainsi, contre les premières
vues de cet empereur, & conformément à
ses dernières dispositions, ses fils & leurs
& prétend-il s'inscrire en faux contre tous
les diplômes où il ne prend que le titre
d'em
pereur
VII. Pépin, continue cet annaliste',
ayant été déclaré roi d'Aquitaine dès l'an 814
par son père Louis le Débonnaire, régna
successeurs régnèrent après sa mort, sans dès lors sur la Septimanie. Cette province
aucune dépendance les uns des autres, sur étoit par conséquent de son partage: mais
les provinces qui leur échurent, & ils y on voit tout le contraire dans l'acte de
gouvernèrent leurs États de la même ma- l'an 817. Nous convenons, avec ce savant
nière que les princes françois l'avoient Oratorien, que la Septimanie fut d'abord
fait sous la première race de nos rois, c'est- du partage de Pépin, parce qu'en 814 elle
à-dire avec une autorité souveraine & in-
dépendante.
V. Le P. le Cointe' critique la disposi-
tion que Louis fait de ses Etats dans l'acte
de partage de l'an 817. Il prétend que ce
prince auroit dû le faire égal & d'une ma-
nière plus convenable 3 mais est-ce une rai-
étoit encore dépendante du royaume d'A-
quitaine qui fut donné alors à ce prince :
mais cela empèche-t-il qu'elle n'ait pu être
démembrée de ce royaume par un partage
postérieur? Il s'ensuivroit du raisonnement
du P. le Cointe que cette province fut
toujours unie au royaume d'Aquitaine
son qui doive le faire passer pour faux & pendant la vie de Pépin, parce qu'elle en
supposé ? D'ailleurs, l'inégalité de ce par- faisoit partie en 814. Nous voyons^ ce-
tage est attestée par les auteurs" contem-
porains. Ils assurent tous que Louis ne
donna que l'Aquitaine à l'un, la Bavière à
l'autre, & qu'il réserva tout le reste de la
monarchie pour l'aîné.
VI. Le même historien rejette encore ' cet
pendant que les évèques de ce pays, entre
autres Barthélemi de Narbonne & Etienne
deBéziers, reconnoissoient l'autorité de
Lothaire en 833, lorsque Pépin, qui étoit
parfaitement uni avec ce prince, régnoit pai-
siblement sur tout le royaume d'Aquitaine :
acte, parce que l'empereur n'y parle que preuve que la Septimanie en avoit été déjà
de sa puissance impériale, au lieu qu'à séparée pour entrer dans le partage de Lo-
l'exemple du partage de Charlemagne de thaire. Mais ce qui fait voir évidemment
l'an 806, il auroit dû aussi faire mention que cette province ne dépendoit plus du
de sa puissance royale^ mais il est constant royaume d'Aquitaine sous le règne de Pé-
que ces deux termes signifioient la même pin I, c'est que lorsque Louis le Débon-
chosedans la personne de Louis le Débon- naire fit un nouveau partage' de ses Etats,
naire, parce que la puissance impériale en 835, entre ses trois fils puînés & qu'il
comprenoit éminemment la royale & non laissa à Pépin le royaume d'Aquitaine en
pas celle-ci l'autre. Aussi voyons-nous que
quoique Charlemagne ait toujours ajouté
dans ses diplômes le titre de roi des Fran-
çois à celui d'empereur, après avoir reçu la
couronne impériale, Louis le Débonnaire,
depuis qu'il lui eut succédé à l'empire, ne
prit jamais cependant que le titre d'empe-
reur dans toutes ses chartes, dont il nous
reste un très-grand nombre. Le P. le Cointe
veut-il disputer l'autorité royale à ce
prince depuis qu'il fut parvenu à l'empire,
' Le Cointe, ad ann. 817, n. 840.
' Eginhard, Annales , p. 261. — Astronome ,
p. 298. — Chronique de Moissac, p. 147.
^ Le Cointe, ad ann. 817, n. 841.
entier auquel il ajouta même plusieurs pro-
vinces, il disposa en même temps de la
Gothie ou Septimanie en faveur de Charles
le Chauve.
VIII. Il est fait mention dans le partage
de l'an 817 des deux villes de Luttraof &
d'Ingolstad, que l'empereur donna alors
nommément à Louis avec le royaume de
Bavière. Le P. le Cointe ^ ne peut compren-
' Le Cointe, ad ann. 817, n. 343.
' Spicilegium , t. 2. p. 5jç. — Le
ann. 833, n. 07 & seq. & n. 70.
' Capituîaires , t. 1, 685 & 690.
Cointe, ad ann. 8i5, n. 26 & seq.
■* Le Cointe, ad ann. 817, n. 344.
Cointe, ad
- Voyez le
Note
94
Note
94
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
347
dre cette disposition, parce que, dit-il, ces
deux villes dépendoient de ce royaume :
mais si ce critique avoit fait attention à
l'article du testament de Charlemagne qu'il
cite en sa faveur, il auroit trouvé la raison
de cette disposition. Dans le partage ' que
cet empereur fit en 806, entre les princes
ses enfans, il donna entre autres la Bavière à
Pépin, roi d'Italie, de la même manière que
le duc Tassîllon en avoit joui. Il en excepta
les deux villes de Luttraof & d'Ingolstad,
dans le NorgaAV, que ce duc avoit possédées
en bénéfice. Ainsi Louis le Débonnaire en
donnant la Bavière à son fils Louis, par
l'acte de partage de l'an 817, devoit spéci-
fier nommément ces deux villes qui avoient
été exceptées par le partage de l'an 806 &
qui étoient situées dans un pays particulier.
De plus , le duc Tassillon les avoit pos-
sédées d'une manière différente de celle du
reste de ses Etats. Ainsi la conformité de
ces deux actes de partage confirme au con-
traire la vérité de celui de l'an 817. Le P. le
Cointe, qui admet pour vrai celui de 806,
avoue' d'ailleurs que l'un & l'autre con-
tiennent plusieurs articles semblables en-
tre eux. Il doit donc admettre l'autorité de
l'un, puisqu'il ne doute nullement de l'au-
thenticité de l'autre.
IX. Enfin cet auteur^ objecte que Louis
le Débonnaire ne peut avoir ordonné, dans
l'acte de partage de l'an 817'', que, si après
sa mort quelqu'un des rois ses fils venoit à
mourir & qu'il laissât plusieurs descen-
dans légitimes, on éliroit l'un d'entre eux,
à l'exclusion des autres, pour régner à la
place de son père, puisque cet empereur
lui-même partagea ses Etats entre tous ses
enfans. Mais cette disposition n'a rien que
de conforme à celle que fit' Charlemagne
en 806. La suite de l'histoire nous fait voir,
d'ailleurs, que telle dut être la volonté de
Louis le Débonnaire, puisqu'il l'exécuta
de son vivant, & qu'après la mort de Pé-
pin I, roi d'Aquitaine, Charles son fils
puîné fut exclu de tout partage & de toute
' Capitulaires, t. i, p. 441.
' Le Cointe, ad ann. 817, n. 35i & 356.
5 Ihid. n. 356.
^ Capitulaires, t. 1, p. 077 & seq.
' Ihid. p. 4^2.
succession aux États de son père, sans par-
ler de Pépin II, son frère, que Charles le
Chauve dépouilla de ses Etats, quoiqu'une
partie des Aquitains l'eussent élu pour
leur roi.
X. Ce sont là les principales raisons dont
se sert le P. le Cointe pour infirmer l'acte
de partage de l'an 817; nous croyons les
avoir suffisamment réfutées & avoir par
conséquent établi la vérité de ce monu-
ment. Que si nos derniers historiens (Ze
P. Daniel, le Gendre, &c.) qui auroient pu
en parler, ne l'ont pas fait, il y a lieu
de croire que c'est par omission & par in-
advertance.
Nous pouvons ajouter enfin, pour confir-
mer la vérité de cet acte, que parmi plu-
sieurs diplômes qui nous restent de Pépin 1,
roi d'Aquitaine, on n'en trouve aucun qui
regarde la Septimanie ou la Marche d'Es-
pagne : preuve qu'après l'an 817, ces deux
provinces ne furent plus soumises à son
autorité. Cette raison est d'autant plus forte
que nous trouvons depuis diverses chartes
de ce prince en faveur des églises ou de
particuliers du diocèse ou comté de Car-
cassonne', lequel, suivant le même acte, fut
détaché de la Septimanie & demeura uni
au royaume d'Aquitaine. On peut encore
opposer au P. le Cointe le suffrage du
P.Pagi%qui reconnoît l'authenticité de cet
acte de partage, quoiqu'il se trompe en
supposant que la Septimanie tout entière
fut donnée alors à Pépinj car ce monument
dit tout le contraire.
XI. La vérité de cet acte une fois établie,
on explique aisément l'origine des préten-
tions de Bernard, comte de Toulouse, sur
les comtés de Carcassonne & de Razès,
dont Charles le Chauve lui accorda l'inves-
titure en 872, suivant l'Annaliste de Saint-
Bertin : Bernardo^ autemTolosae comiti post
praestita sacramenta Carcassonam & Rhedas
concedens , ad Tolosam remisit. Ce ne fut
pas une autorité immédiate que Bernard
' Capitulaires^ t. 2, append. p. 1427 & seq. —
Voyez aux Preuves de ce volume, sous le n. LUI,
Charte de Pépin I, roi d'Aquitaine, en faveur de
l'abbaye de la Grasse.
' Pagi, ad ann. 817, n. 1.
' Annal, Bertin. p. 240.
No 11:
94
Note
94
348
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
reçut sur ces deux comtés, car ils étoient
possédés alors paisiblement par Oliba II,
reconnu' pour comte de Carcassonne par
Charles le Chauve lui-même, en 870 & 877.
Il faut donc que ce prince lui ait donné une
autorité supérieure sur ces pays, qu'ils fis-
sent partie du marquisat de Toulouse, que
ce marquisat comprît par conséquent plu-
sieurs comtés particuliers, & composât un
gouvernement général. Aussi voyons-nous
Éd.orig. que_, SOUS le règne de Charles le Chauve, le
p. 744. titre de marquis désignoit ordinairement un
gouvernement de province, comme il paroît
par le titre de marquis de Gothîe qu'on don-
noit alors aux gouverneurs de la Septima-
nie. Or, comme le comté de Carcassonne
fut démembré de cette dernière province
par le partage de l'an 817, il dut être uni
dans le même temps au marquisat de Tou-
louse, distingué dans cet acte, & dans quel-
ques autres monumens du temps, du reste du
royaume d'Aquitaine, par le nom de Mar-
che de Toulouse. Le comté de Razès dut être
aussi détaché alors de la Septimanie, ou
du moins peu de temps après, pour être
uni au même royaume & faire partie du
marquisat de Toulouse". Ainsi les comtes
de cette ville, en qualité de marquis, exer-
çoient leur autorité sur les pays de la
Narbonnoise première, qui, après le par-
tage de l'an 817, demeurèrent dépendans du
royaume d'Aquitaine; savoir une autorité
immédiate sur le comté particulier de Tou-
louse, & une autorité médiate ou supé-
rieure sur les comtés de Carcassonne & de
Razès possédés par des comtes particuliers.
' Voyez aux Preuves de ce volume, sous le nu-
méro XCIV, Charte de Charles le Chauve, en faveur
d'Oliha, comte de Carcassonne, & sous le nu-
méro CVII , une autre Charte datée de 877, en
faveur du même comte.
* Les comtés de Carcassonne & de Razès furent
réunis au comté ou Marche de Toulouse, le pre-
mier en 817, & le second en 864. En 817, la Mar-
che de Toulouse était composée du Toulousain
proprement dit, déterminé par l'étendue de l'ancien
diocèse de Toulouse, du comté de Fezensac, ou de
l'ancien pays d'Eause, & du Carcassonnais. A ces
contrées fut ajouté, en 864, le pays de Razès. Voyez
ci-dessus IVoîe additionnelle à la A^ore LXXXVII ,
l I. [E. M.J
NOTE XCV
Sur les évêques de la Septimanie qui
se déclarèrent en faveur de Lothaire
6* contribuèrent à la déposition de
l'empereur Louis le Débonnaire.
Note
95
I. jL est certain, suivant le témoignage de
1 Frodoard ', que Barthélémy, archevê-
que de Narbonne, fut un des prélats qui se
déclarèrent avec plus de chaleur en faveur
de Lothaire contre l'empereur Louis le
Débonnaire, son père, durant les troubles
qui désolèrent le royaume en 833. Cela
paroît d'ailleurs par la souscription de ce
prélat au privilège ' qu'Aldric, archevêque
de Sens, accorda la même année en faveur
de l'abbaye de Saint-Rémi, située dans sa
ville épiscopale, & qui ne fut souscrit que
par les évêques partisans de Lothaire.
II. On trouve parmi ceux-ci un évêque
appelé Etienne, dont la souscription ^ est
ainsi conçue : Stephanus Biturlcensium în-
dîgnus episcopus subscripsî ; ce qui prouve,
ce semble, qu'Etienne étoit alors archevê-
que de Bourges. Nous sommes persuadés
cependant, avec le P. le Cointe'', qu'il y a
une faute de copiste dans cet endroit, &
qu'il faut lire Biterrensîum ou Biterrensîs,
au lieu de Biturlcensium ou Bituricensis.
Voici les raisons sur lesquelles nous nous
appuyons :
1° Cette faute n'est pas la seule' que
les copistes aient faite dans cet acte;
2° si Etienne eût été archevêque de Bour-
ges, il n'auroit pas souscrit en son rang,
puisque son nom ne se trouve qu'après
celui de six ou sept évêques; 3° cette
souscription étant de l'an 833, Etienne ne
peut avoir été alors archevêque de Bour-
ges, puisque Agiulphe, qui vécut jusques à
' Frodoard, Hist. Rem. 1. 2, c. 20.
' Spicllegium, t. 2, p. 579. — Le Cointe, ad ann.
833, 'n, 54 8c 67. — Mabillon , ad ann. 833,
n. 1 3.
' Spicilegium, t. 2, p. ^79.
^ Le Cointe, ad ann, 833, n. 70.
5 Ihid. n. 70 & 78,
Note
95
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
349
l'an * 840, occupoit ce siège dans le même
temps. Il est certain en effet que cet acte
est antérieur à la mort de Louis le Débon-
naire ; car ce prince le confirma l'an 835, ou
le 16 Je novembre de la vîngt-deuxïème année
de son empire, indîctîon XIII. Nous voyons
d'ailleurs que tous les évèques qui le sous-
crivirent vivoient en 833, & il n'est pas cer-
tain' que Fulconin, évêque de Worms, le
seul dont le P. Mabillon ' semble douter,
ne fût pas alors en place j 4° aucun Etienne,
archevêque de Bourges, n'a pu souscrire à
ce privilège depuis la mort d'Agiulphe &
du vivant d'Aldric, archevêque de Sens,
puisque Radulphe ou Raoul, successeur im-
médiat d'Agiulphe, vécut jusqu'à l'an 866'',
longtemps après la mort d'Aldric^ 5° les
évêques qui souscrivirent à ce privilège
reconnoissoient non seulement l'autorité
de Lothaire, mais encore leurs villes épis-
copales étoient comprises dans la portion
du royaume qui étoit échue à ce prince. In
ditione'' Domini imper atoris Hlotarîi serenîs-
simi Augusti constîtuti. Or, en 833, Pépin
étoit paisible possesseur de l'Aquitaine, &
par conséquent de la ville de Bourges, & il
vivoit en bonne intelligence avec Lothaire,
avec lequel il étoit alors ligué contre l'em-
qu'ils étoient alors à la suite de l'empereur
Louis le Débonnaire, objecte, pour prou-
ver qu'il s'agit, dans ces souscriptions,
d'Etienne, archevêque de Bourges, qu'il
n'est pas vraisemblable qu'un évêque de
Béziers ait assisté à ce concile à cause de la
trop grande distance des lieux. Mais,
1° quand cela seroit, onpeutformer la même
objection contre un archevêque de Bour-
ges, & il n'y a pas plus d'inconvénient
qu'un évêque de Béziers ait assisté à un
concile de Worms que Barthélémy, arche
vêque de Narbonne , son métropolitain ,
qui se trouve souscrit dans le même pri-
vilège • 2° il n'y a aucune preuve que les
évêques qui le souscrivirent fussent alors à
Worms & à la suite de Louis le Débon-
naire, comme le P. Labbe le prétend;
l'Astronome & l'auteur des Annales de
Fulde, que cet auteur cite en sa faveur,
n'en disent rien; 3" mais ce qui prouve
évidemment que ces évêques ne peuvent
avoir été assemblés à Worms & avoir été
alors à la suite de Louis le Débonnaire,
c'est qu'ils reconnoissoient, comme nous
l'avons déjà remarqué, l'autorité de Lo-
thaire qui l'avoit détrôné. Il est donc plus
vraisemblable qu'ils s'étoient assemblés à
Note
95
pereur leur père; 6° enfin, ce qui paroît Sens même, peu de temps avant ou après la
ôter toute la difficulté, c'est que nous trou-
vons la souscription ^ d'un Etienne, évêque,
qui ne paroît pas différent' de celui qui
souscrivit au privilège du monastère de
Saint-Rémi, jointe à celle d'Agiulphe,
archevêque de Bourges, à l'assemblée de
Kiersi de l'an 838.
diète de Compiègne, dans laquelle Lothaire
leur fit faire tout ce qu'il voulut contre
l'empereur son père.
Le P. de Sainte-Marthe ' objecte encore
qu'on ne trouve aucun évêque de Béziers
du nom d'Etienne, dans le neuvième siècle,
parmi les monumens de cette Eglise. Mais
Le P. de Sainte-Marthe* qui suppose, on n'en trouve pas non plus qui prouvent
après le P. Labbe % que les évêques qui
souscrivirent ce privilège étoient assemblés
à un concile de Worms, tenu en 833, &
' Conciles, t. 7, p. 1697. — Mabillon, ad ann.
840, n. 24.
' Le Colnte, ad ann. 833, n. 76.
' Mabillon, ad ann. 833, n. 11.
* Gallia Christiana, nov. éd. t. 2, p. ij.
^ Spicilegium, t. 2, p. 579.
Gesî. Aldrici eplscopi Cenom. c. 5o. — Baluze,
Miscellan. t. 3, p. 1 36 & seq.
Le Cointe, ad ann. 837, 838.
* Galha Christiana, nov. éd. t. 2, p. 23.
^ Labbe, Conciles, t. 7, p. 1678.
qu'il y ait eu un archevêque de Bourges de
ce nom dans le même temps. Nous connois-
sons, au contraire, la succession de ces ar-
chevêques pendant cet intervalle , & nous
ignorons celle des évêques de Béziers de-
puis la fin du huitième siècle jusque bien
avant dans le neuvième. Etienne qui sous-
crivit le privilège d'Aldric, archevêque de
Sens, & qui fut par conséquent un des
prélats qui embrassèrent le parti de Lo-
thaire contre l'empereur Louis le Débon-
naire, étoit donc évêque de Béziers, &
' Gallia Christiana, nov. éd. t. 2, p. 23.
Éd.orig.
t. J,
p. 7^5.
Note
95
35o
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
ceux qui l'ont fait archevêque de Bourges
se sont trompés. Aussi tous ' ceux qui ont
fait imprimer ce privilège l'ont tiré d'un
seul & même manuscrit.
III. On voit aussi que Salomon, évéque
d'Elne, étoit partisan de Lothaire, par une
charte * que ce prince lui accorda, & qui
est datée du lieu de Clunac, le 7 du mois
sur le siège d'Elne pendant les années 832
& 836", ce qui détruit l'épiscopat de Ram-
non sous l'an 833. Cet auteur a été encore
trompé parla chronologie d'un diplôme de
l'empereur Louis le Débonnaire qu'il a
rapporté à l'an 833, au lieu de le fixer à
l'an 821. Ce diplôme" fut donné par ce
prince k Aix-la-Chapelle en faveur de Ram-
NOTE
95
d'avril, la première année de Lothaire, em- non, évêque d'Elne, h cinquième du mois
pereur en France, & la huitième année de son de mars, la vingtième année de l'empire de
règne en Italie, indiction XII. Ces notes font Louis, indictionXlV. Or cette indiction con-
voir évidemment qu'on doit rapporter la vient à l'an 821 & non à l'an 833. D'ail-
date de cette charte à l'an 834, & par consé- leurs, le 5 du mois de mars' de cette der-
quent au temps que Lothaire, après avoir nière année, ce prince étoit à Worms, où
dépouillé son père de l'empire, s'en étoit il étoit arrivé avant le commencement du
emparé j car elles ne peuvent convenir à carême, & non pas à Aix-la-Chapelle. Il
l'an 840 & à la première année de l'empire faut donc corriger l'année de l'empire dans
de Lothaire, prise depuis la mort de Louis cette dernière charte & lire la huitième au
le Débonnaire, comme M. Baluze ' le lieu, àe la vingtième,
suppose, puisque le 7 du mois d'avril de
l'an 840, cet empereur n'étoit pas encore
décédé 5 que Lothaire étoit pour lors en
Italie & qu'on comptoit l'indiction XIII &
non la XII qui est marquée dans la charte.
Cette dernière indiction convient au con-
traire à l'an 834. Nous savons d'ailleurs que
Lothaire étoit alors en France & qu'il pre-
noit le titre d'empereur depuis la déposi-
tion de Louis le Débonnaire son père. Il
est vrai que la huitième année du règne de
Lothaire en Italie ne sauroit s'accorder
avec l'an 834, mais elle convient encore
moins avec l'an 840. Il faut donc lire in
Italia XIII au lieu de VIII, car le change-
ment de la lettre X en V peut être aisé-
ment arrivé par la faute des copistes. Par là
toutes les notes de cette date s'accordent
parfaitement.
On pourroit objecter qu'il paroît que
l'an 834, Ramnon étoit évéque d'Elne, &
non pas Salomon, &, en effet, M. Baluze''
place l'épiscopat du premier au mois de
mars de l'an 833; mais quand cela seroit,
Salomon auroit pu lui avoir succédé vers la
fin de ]a même année; mais M. Baluze se
contredit lui-même, puisqu'il met Salomon
NOTE XCVI
Epoque de la mort de Pépin I , roi
d^ Aquitaine f 6* de Béranger, duc de
Toulouse.
I.
' Voyez Tavellier, Ep'isc. Senon. — Spicilegium,
2, p. 579.
' Marca Hispanlca, Append. 776 & seq.
3 Ibid.
"• Ihid. p. 35o.
LA fixation de ces deux époques sert
beaucoup à établir celle des prin-
cipaux événemens arrivés durant les cinq
dernières années du règne de Louis le
Débonnaire, & qui sont rapportés assez
confusément dans la vie de ce prince écrite
par l'Astronome. Cette confusion a passé
dans la plupart de nos historiens modernes
qui ont été trompés par la fausse chrono-
logie marginale qu'on a mise à l'ouvrage de
cet auteur, & qui n'ont pas fait assez d'at-
tention qu'il a bien plus d'autorité "* pour
la vérité des faits qu'il rapporte, que pour
l'ordre & l'arrangement qu'il leur donne.
Commençons par l'époque de la mort de
Béranger, duc de Toulouse. Ce seigneur
' Marca Hispanlca, p. 35o 8c seq. & in indic. —
Marca H'tspan'ica , verbo Salomon.
' Ihii. Append. p. 70.
' Annal. Berlin, p. 189.
■• Voyez Pagi, ad ann. 836, n. 4 & seq. & supra.
Note LXXXIX,
Note
96
Note
96
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
35 1
décéda' durant la diète que l'empereur Nous savons d'ailleurs par le témoignage'
Louis le Débonnaire tint à Crémieu, dans de l'Astronome & par la date de diverses
le Lyonnois, & que les uns rapportent à chartes dont nous parlerons plus "bas,
l'an 835 & les autres à l'année suivante; qu'elle fut nîsemhlée pendant Vété au mois
ainsi, en fixant le temps de cette diète, nous de juin & de Juillet. Les Annales de Saint-
apprenons celui de la mort de ce duc. Bertin' & celles de Fulde, suivies par nos
II. Au mois de février & au commence- plus habiles' critiques, rapportent aussi
ment de mars de l'an 835, Louis le Débon- au mois de juin de l'an 835 l'assemblée de
naire tint une assemblée à Thionville, où Crémieu. Nous pouvons encore prouver
Ebles, archevêque de Reims, fut déposé. cette époque par d'autres témoignages.
Personne ne disconvient de cette époque IV. 1° Suivant le supplément de Thegan,
qui est fondée sur les actes originaux de
cette assemblée. Il faut lire cependant, dans
l'édition du P. Labbe', la vingt-deuxième
année de l'empire de Louis le Débonnaire
& non la vingt-troisième, pour faire accorder
cette année avec le quatrième du mois de
mars & l'indiction xiii.
C'est' à cette même diète de Thionville,
que Lambecius ^ a donné, Louis le Débon-
naire tint une assemblée à Thionville au
mois de mai de la vingt-troisième année de son
empire, & après la diète de Crémieu qui,
comme nous l'avons observé, se tint pendant
l'été. Or, le mois de mai de la vingt-troi-
sième année de l'empire de ce prince répond
à l'an 836. Ainsi l'assemblée de Crémieu
ou au plus tard* à celle de Crémieu qui la ayant précédé, elle doit par conséquent
suivit, que nos meilleurs critiques rappor- avoir été tenue pendant l'été de l'an 835;
tent le nouveau partage^ que fit l'empe- 2" Le P. le Cointe^ prouve, par la date de
reur de ses Etats entre ses trois fils Pépin, plusieurs chartes de Louis le Débonnaire,
Louis & Charles, à l'exclusion de Lothaire, qu'il tint la diète de Crémieu durant l'in-
& que d'autres® rapportent à une préten- diction xiii, qui ne peut convenir qu'à l'an
due assemblée tenue à Aix-la-Chapelle au 835. Nous avons encore® une autre charte
mois de février de l'an 837. Mais il ne pa- de ce prince, donnée à Lyon la vingt-
roît pas que ce prince ait tenu aucune deuxième année de son empire, ou l'an 835,
assemblée à Aix-la-Chapelle pendant ce ce qui prouve qu'il étoit alors au voisinage
temps-là. Nous savons seulement que dans de Crémieu. Il est vrai que cette dernière
celle qu'il tint dans ce palais à la fin de la charte est datée du mois de décembre, in-
mème année % il disposa en faveur du roi diction XV, mais il faut dire kal. junii ou
Charles, son fils, de toute la partie de la plutôt julii au lieu de januarias, & indic-
Neustrie, située à la droite de la Seine, <zo«e xili, au lieu de XV, comme M. Baluze'
qu'il avoit déjà donnée à Pépin par le par-
tage précédent ou de l'an 835.
III. L'époque de la diète de Thionville,
tenue au commencement de l'an 835, nous
donne celle de la diète de Crémieu ; car
selon Thegan% auteur du temps, l'empe-
reur alla la même année dans le Lyonnois
où il tint cette dernière diète; elle doit
être rapportée, par conséquent, à l'an 835.
' Astronome, p. 3i5. — Thegan, c. 67 & seq.
' Conciles, t. 7, p. \0^i.
^ Le Cointe, ad ann. 635, n. 26 & seq.
* Pagi,ad ann. 838, n. 4.
' Capitulaires, t. i, p. 685 & seq.
" Baluze, Not. in Capital, t. i, p. i i 17 & seq.
'Nithard, ]. I, p. ^67. — Annal. Bcrùn. p. 19
' Thegan, c. 57 8c seq.
l'a remarqué ;
3" Il ne paroît, au contraire, par au-
cun monument que l'Empereur Louis le
Débonnaire fût à Lyon ou aux environs,
pendant les mois de juin ou de juillet de
l'an 836, si l'on excepte la fausse chrono-
' Astronome, p. 3 i5.
^ Annal. Bertïn. p. 191. — Annal. Fuli, p. 5^6.
' Le Cointe, ad ann. 835, n. 80 & seq. — Pagi,
ad ann. 835, n. 80 & seq-; Lambecius, ad ann. 836,
n. 7 & 8.
^ Lambecius, B'ihl, Caes. \. 2, c. 5, p. 39 r.
' Le Cointe, ad ann. 835, n. 80 &seq. — Voyez
Gesta Aldr'ic'i Cenom. dans Baluze, Miscellan. t. 3 ,
p. 167.
" Marco. Hispanica, p. 7/5.
' IhiJ. p. 352.
NOTB
96
Éd.orig.
t. I,
P-746.
Note
96
352
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
logie ajoutée à la marge de la vie dç ce
prince, composée par l'Astronome^
4° On peut joindre à ces autorités deux
raisons de convenance : la première, qu'é-
tant constant qu'Ebles, archevêque de
Reims, fut déposé à l'assemblée de Thion-
ville, tenue au mois de février de l'an 835,
la diète de Crémieu où ses deux complices,
Agobard de Lyon & Bernard de Vienne,
furent jugés, dut suivre de près, & qu'il est
plus vraisemblable que ce fut la même an-
née plutôt que la suivante. La seconde que
Bernard, duc de Septimanie, ayant été réta-
bli dans ses dignités à la fin de l'an 884, il est
également vraisemblable que les différends
qu'il eut à cette occasion avec le duc Béran-
ger, suivirent de près ce rétablissement, &
que comme ces différends pouvoient avoir
de grandes suites, ils furent terminés en
835 plutôt qu'en 836.
V. On pourroit peut-être concilier la
contrariété qui se trouve entre les moder-
nes au sujet de l'époque de l'assemblée de
d'un comte appelé Hugues^ ce qui pour-
roit peut-être donner lieu de croire que
l'épouse de Lothaire étoit sœur de Béran-.
ger; mais ce qui prouve qu'on doit distin-
guer le père de ce dernier d'avec le beau-
père de Lothaire, c'est que Hugues, beau-
père de ce prince, ne mourut que l'an 836',
au lieu que le père de Béranger étoit déjà
mort pendant la diète de Crémieu % /avore
Berengarîi H. Turonîci quondam comitisfiUî.
Nous connoissons un troisième comte' ,
appelé Hugues, qui vivoit après l'assemblée
de Crémieu & qui avoitun gouvernement
aux environs de la Loire; peut-être étoit-ce
à Tours même : ainsi on peut conjecturer
que celui-ci étoit frère de Béranger, duc
de Toulouse.
VII. Quant à l'époque de l'assemblée de
Worms que l'Astronome "•, suivi par le P. le
Cointe', place immédiatement après l'as-
semblée de Thionville de l'an 835 & avant
celle de Crémieu, & qui devroit appartenir
par conséquent au mois de mai de cette der-
Crémieu, en supposant, avec le P. Mabil- nière année, le P. Pagi a fait voir® qu'elle
Ion", que Louis le Débonnaire tint deux as- ne fut tenue qu'en 836, postérieurement à
semblées dans le même lieu, l'une en 835 celle de Crémieu; nouvelle preuve qu'on
& l'autre deux ans après; mais il est cons- ne sauroit s'appuyer sur la chronologie de
tant par les anciens historiens qu'il n'y en l'Astronome, comme plusieurs de nos plus
eut qu'une, &, en effet, Thegan & l'Astro- savans ^ modernes en sont persuadés ou que
nome ne parlent que d'une seule diète
tenue dans cet endroit, & durant laquelle
mourut Béranger, duc de Toulouse, ce qui
fait voir que c'est la même diète. Aussi la
son texte a été transposé, ainsi que nous
l'avons déjà observé ailleurs.
VIII. Après avoir fixé l'époque de la
mort de Béranger, duc de Toulouse, tâ-
foule des historiens & des critiques mo- chons d'établir celle de Pépin I, roi d'Aqui-
dernes n'en admettent-ils qu'une, que les taine, sur laquelle tous nos historiens sont
uns' rapportent à l'an 836, & les autres' à fort partagés. Il est fait mention de ce
l'an 835. prince dans les actes du concile* que l'em-
VI. L'époque de cette diète, fixée à cette pereur Louis le Débonnaire convoqua à Aix-
dernière année, détruit par avance une la-Chapelle, au mois de février de l'an 836,
conjecture qu'on pourroit former touchant & qui se tint la vingt-troisième année^ de son
la famille du même Béranger. Il est mar- empire, indiction XIV. La même année, l'em-
qué dans l'Astronome'' que ce duc étoit fils pereur, après avoir tenu une diète àThion-
d'Hugues, comte de Tours^ & nous savons
d'ailleurs que Lothaire avoit épousé la fille
' Mabillon, ad ann, 835, n. 29, 8c ad ann. 887,
n. 67.
* Sirmond & Labbe, Conciles, t. 7, c. 1768. —
Marca Hispanica^ p. 3i5. — Labbe, Tabl. gén.
p. 43o, &c.
' Le Cointe & Pagi, ad ann. 835, n, 80 & seq.
'' Astronome, p. 3i5. — P. de Marca, Histoire
de Béarn, p. 685.
' Annal. Berlin, p. 191.
' Astronome, p. 3i5.
' Mabillon, ad ann. 835, n. 3i.
'' Astronome, p. 3i3.
'' Le Cointe, ad ann. 835, n. 78 & seq,
'^ Pagi, ad ann. 835, n. 4.
^ Ihii. ad ann. 836, n. 7.
* Conciles, t. 7, p. 1703.
® Thegan, apud Lambecium, Bihl. Ca.es. 1. 2, c. 5,
. 391.
Note
96
Note
96
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
353
Éd.orig
t. 1,
P- 747-
ville après Pâques, ou au mois de mai de la
vingt-troisième année de son empire^ en con-
voqua ' une nouvelle à Worms au mois de
septembre suivant, à laquelle les rois Pé-
pin & Louis se trouvèrent & qui fut suivie
peu de temps après de la mort de l'abbé
Wala & de plusieurs autres partisans de Lo-
thaire. Les anciens & les modernes' con-
viennent de cette dernière époque, excepté
l'Astronome % qui met cette assemblée de
Worms, & la mort de Wala & des autres par-
tisans de Lothaire, avant le concile'* d'Aix-
la-Chapelle dont nous venons de parler &
qui fut tenu certainement au mois de février
de l'an 836;, autre preuve du peu de fonds
qu'on peut faire sur la suite chronologi-
que des faits rapportés par cet historien.
L'empereur se préparoit pour son voyage
d'Italie au commencement de l'an 887, mais
il en fut détourné parles courses des Nor-
mands. C'estce qui estmarqué expressément
dansThegan% dont le supplément donné
par Lambecius finit au commencement de
cette année, la vingt-quatrième de Vempereur
Louis le Débonnaire^ & à l'assemblée que
ce prince tint à Nimègue, après le mois de
mai*. Ceci fait voir que l'assemblée d'Aix-la-
Chapelle où l'empereur donna à Charles le
Chauve, son fils, une grande partie de la
Neustrie, fut postérieure à celle de Nimè-
gue, puisque Thegan qui écrivoit alors
n'auroit eu garde d'omettre un fait si im-
portant. Or comme nous savons, sur le té-
moignage de Nithard^, que cette assemblée
d'Aix-la-Chapelle se tint pendant l'hiver,
elle doit appartenir par conséquent ou à la
fin de l'an 887, comme l'insinue l'Annaliste ^
de Saint-Bertin, ou, au plus tard, au com-
mencement de l'année suivante, ainsi qu'il
estmarqué dans les Annales de Fulde'. Le
' Thegan, apud Lambecium, Bibl.Caes, 1. 2, c. 5,
p. 391. — Annal. Berlin. Tp.3^i,
' Mabillon, ad ann. 836, n. 42. — Le Cointe, ad
ann, 835, n. 78 & seq. — Pagi, ad ann, 836, n. 7.
^ Astronome, p. 3j3, ligne 28.
* Ibid. p. 3i5, lignes i & suiv.
' Thegan, apud Lambecium, Bièl. Caes. 1. 2,
c. 5, p. 391.
^ Annal. Berlin, p, 191.
" Nithard, 1. I, p. 362.
* Annal. Berlin, p. 191.
» Annal. Fuld. p. 546.
premier assure positivement que Louis
roi de Bavière, assista à cette assemblée en
personne, & Pépin par ses députés. La
disposition qu'y fit l'empereur en faveur
de Charles ne fut donc pas un secret pour
ces princes, comme l'avance le P. Daniel',
qui exclut l'un & l'autre de cette assem-
blée.
IX. Il est aisé de fixer sur cette époque
celle du colloque qu'eurent ensemble à la
mi -carême, immédiatement après cette
assemblée, dans les montagnes du Tre»-
tin % Lothaire & Louis, roi de Bavière, &
que les Annalistes de Saint-Bertin & de
Fulde rapportent en effet à l'an 838. Or,
comme cette conférence précéda' la mort
de Pépin, c'est une preuve que ce prince
étoit encore en vie peiidant le carême de
cette année. Le P. Daniel* prétend même
qu'il se trouva au rendez-vous j mais il est
constant qu'il n'y assista pas. Nithard &
les Annales de Saint-Bertin & de Fulde ne
parlent que de Lothaire & de Louis, &
puisque, de l'aveu même du P. Daniel,
l'empereur faisoit garder avec tant de soin
le passage des Alpes, qu'il étoit impossible
à Lothaire d'entrer en France, comment
Pépin auroit-il pu se dérobera sa vigilance
& aller, à son insu, d'Aquitaine jusques
à l'extrémité de la Germanie? D'ailleurs
cet auteur n'a pas fait attention au témoi-
gnage de tous les historiens contemporains^
qui assurent que Pépin consentit non-
seulement par ses envoyés durant l'as-
semblée d'Aix-la-Chapelle, qui précéda le
colloque du Trentin, & ensuite par lui-
même durant celle deKiersi,qui le suivit,
à l'augmentation du partage de Charles
le Chauve, son frère, mais qu'il se déclara
encore protecteur de ce jeune prince par
l'entremise de l'empereur, son père. Pépin
n'avoit donc garde * de se liguer alors avec
ses deux autres frères contre ce prince.
X. Il est certain que l'assemblée de
' Daniel, Histoire de France, t. i, p. 640.
" Annal. Berlin, p. 191. — Annal, Fuld. p. 546.
' Nithard, 1. i , p. 362.
"• Daniel, Hisloire de France, t. 1 , p. 640.
* Astronome, p. 3 16. — Nithard, 1. i,p. 362.— •
Annal. Berlin, p. 191.
<• Le Cointe, ad ann. 837, n. zi.
Note
96
II.
23
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Kiersi, dont nous venons déparier, se tint
au mois de septembre après le colloque du
Trentin & avant la mort de Pépin. Elle
doit appartenir, par conséquent, au mois de
septembre de 838. Ce prince ne dut donc
décéder au plus tôt que vers la fin de cette
dernière année.
XI. Quelques auteurs ', trompés par la
chronologie arbitraire qu'on a ajoutée à la
marge de la Vie de l'empereur Louis le
Débonnaire composée par l'Astronome,
f©nt mourir Pépin au commencement de
l'an 838 j d'autres mettent sa mort un peu
plus tard. Pour nous, nous la fixons avec
les Annales de Saint-Bertin au mois de
décembre de l'an 838 ou au plus tôt, avec
celles de Fulde, au mois de novembre pré-
cédent. En voici de nouvelles preuves :
1° Le P. le Cointe" ne fixe la mort de
Pépin au commencement de l'an 838 que
parce que ce prince étant déjà décédé dans
le temps de la diète de Worms qui suivit
celle de Kiersi , il prétend que la première
se tint au mois de mai de l'an 838, mais la
suite nous fera voir que ce fut en 8395
2° L'Annaliste de Saint-Bertin ' rapporte
immédiatement avant la mort de Pépin une
éclipse de lune qui arriva le 5 du mois de
décembre. Or, cette éclipse ne peut con-
venir qu'au 5 du mois de décembre de
l'an 838, puisque cette planète étoit^ ce
jour-là dans son plein & non pas l'année
précédente;
3° Nous savons certainement par deux
chartes de Pépin que ce prince vivoit en-
core au mois de septembre de l'an 838. Il
donna la première en faveur^ de l'abbaye
de Corméri en Touraine, située à la gau-
che de la Loire, &, par conséquent, dans
le royaume d'Aquitaine. Cette charte est
datée du dernier du mois d'août, indiction I, la
vingt-cinquième année de l'empire de Louis &
la vingt-quatrième du règne de Pépin, ce qui
ne peut convenir qu'à l'an 833. La seconde %
' Le Cointe, ad ann. 838, n. i.
' Uid.
' Annil. Berlin, p. 193.
^ Vecchietti, Tabl, ma), ad ann. 838.
^ Mabillon, ad ann. 838, n. 1 Martène, t. i
?• 29,
*■ Voyez aux Preuves de ce volume, n. LUI,
que nous avons prise sur l'original, est
datée du 3 du mois de septembre de la même
indiction & des mêmes années de règne. Il
est donc incontestable que Pépin n'étoit
pas décédé, du moins avant le 3 du mois de
septembre de l'an 838, & l'Astronome, le
seul ancien historien qu'on pourroit oppo-
ser, ne dit rien de contraire à cette épo-
que, comme le P. Mabillon' l'a fait voir 5
4° Nous avons encore une preuve de
l'époque de la mort de ce prince dans la
supputation des années du règne de Pé-
pin II, son fils, que ce dernier comptoit
seulement depuis la fin de l'an 838. C'est
ce qu'on voit entre autres par une de ses
chartes datée" du 26 du mois de juin, indic-
tion X, la neuvième de son règne, ce qui ré-
pond à l'an 847. Si Pépin II eût compté les
années de son règne depuis le 18 du mois
de janvier de l'an 838, comme le prétend '
le P. le Cointe, il auroit dû dater cette
charte de la dixième & non pas de la neu-
vième de son règne; par conséquent, il n'en
comptoit le commencement que depuis la
fin de l'an 838. Une autre charte'' du même
prince est datée du iB du mois de février, in-
diction XI, la dixième année de son règne, ce
qui répond à l'an 848. Si Pépin II avoit
commencé de régner le 18 de janvier, il
auroit dû compter alors la on'{ième & non
pas la dixième année de son règne. Une
troisième charte' de ce prince donnée en
faveur de l'abbaye de Manlieu, en Auver-
gne, est datée du 4 d'octobre , indiction X,
la huitième de son règne., ce qui répond au
4 d'octobre de l'an 846, en comptant l'in-
diction depuis le commencement de sep-
tembre; mais ce calcul ne peut convenir
en prenant le règne de Pépin le Jeune de-
puis le commencement de l'an 838. Enfin,
le P. Mabillon* fait mention d'une qua-
trième charte de ce prince donnée le 27 da
mois de mai, la neuvième de son règne, indic-
Charte de Pépin I, roi d'Aquitaine, en faveur <?e
l'abhaye de la. Grasse.
' Mabillon, ad ann. 838, n. 1.
' Ib'id. 847, n. 5.
^ Le Cointe, ad ann. 838 n. i.
■* Gallia Christiana, nov. éd. t. 2, p. 5i3.
' Ibid. p. 119.
* Mabillon, ad ann. 847, n. 5i.
Note
96
Note
96
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
355
dénies le croient. Outre le témoignage
des Annales de Saint-Bertin ' qui font com-
mencer cette assemblée à la mi-août de
l'an 838, nous avons encore celui des Ges-
tes * d'Aldric, évêq-ue du Mans, qui font
voir qu'elle étoit actuellement assemblée
le 6 du mois de septembre de l'an 838 &
les jours suivants.
XII. Nous n'ignorons pas que le P. le
Cointe ', pour se débarrasser d'une si grande
autorité, suppose sans preuve qu'il faut
lire dans ces Gestes l'an 837, ^^ li^u de
l'an 838 & qu'il renverse d'ailleurs à sa
fantaisie toutes les autres notes chrono-
74.8. Pépin à la fiii de l'année 838, & au 18 du logiques pour les appliquer à l'an 837. Il
Ed.orig
t. I.
tion X, ou l'an 847. Or si Pépin avoit com-
mencé de régner au mois de janvier de
l'an 838 , il auroit dû dater alors de la
dixième &. non de la neuvième année de son
règne.
Le P. le Cointe', pour prouver son sen-
timent sur l'époque de la mort de Pépin I,
cite les notes chronologiques de deux
chartes de Pépin II, son fils, rapportées
par Besly. L'une est datée' du 11 du mois de
janvier^ indiction XI, la dixième année du
règne de ce prince^ c'est-à-dire de l'an 848.
Mais ces notes s'accordent également en
fixant le commencement du règne du jeune
mois de janvier précédent. Dans la se-
conde', ce prince date du 18 de janvier,
indiction VIII, la huitième année de son règne,
ce qui reviendroit à l'an 846 & prouveroit
que Pépin I dut mourir avant le i" jan-
vier 838. Mais outre que cette date est
contraire à celle des autres chartes que
nous avons déjà citées & qui, se trouvant
en plus grand nombre, doivent prévaloir,
il est certain d'ailleurs qu'elle n'est pas
exacte, puisque le 18 de janvier de l'an 845
Pépin II n'étoit pas encore paisible pos-
sesseur du royaume d'Aquitaine, & que
nous n'avons des chartes de ce prince que
prétend : 1° que la vingt-cinquieme année
de l'empire de Louis le Débonnaire qui y est
marquée, doit se prendre depuis le pre-
mier du mois de septembre de l'an 8i3,
que selon lui ce prince fut associé à l'em-
pire par l'empereur Charlemagne son père,
& se contredisant lui-même, il dit ail-
leurs"*, au sujet d'une autre charte, datée
de Kiersi avec les mêmes notes, qu'il faut
lire la vingt-quatrième & non la vingt-
cinquième de l'empire de Louis le Dé-
bonnaire. Mais quand, pour accommo-
der la date de ces deux chartes à l'opi-
nion de ce critique, on devroit compter
depuis la cession que lui fit de ce royaume les années de Louis le Débonnaire depuis'
le roi Charles le Chauve, son oncle, au son association à l'empire & non depuis la
commencement du mois de juin de l'an mort de Charlemagne, contre l'usage ordi-
845''. Ainsi ce diplôme est plutôt du 18 naire, il paroît au moins que la cérémonie
janvier de l'an 846, où Pépin étoit en effet de cette association, n'ayant été faite au
dans la huitième année de son règne. Peut- plus tôt que vers la fin du mois de septem-
ètre que Besly ayant vu l'indiction IX aura bre* de l'an 8x3, Louis ne pouvoit compter
par mégarde omis un chiffre & changé le IX les années de son empire que depuis ce
du chiffre romain en 8 de chiffre arabe; temps-là & non auparavant; 2° le P. le
5" Il est certain que Pépin I assista à Cointe' prétend que l'indiction I, qui est
l'assemblée de Kiersi-sur-Oise où Charles marquée dans les mêmes Gestes, doit être
le Chauve, son frère, fut déclaré une se- comptée depuis le commencement du mois
conde fois roi de Neustrie. Or cette diète
se tint au mois de septembre de l'an 838 &
non pas au mois de septembre de l'année
précédente % comme la plupart de nos mo-
' Le Cointe, ad ann. 838, n. 1 .
Besly, Histoire des rois de Guienne, p. 28.
' Ibid. ibid.
* Annal. Berlin, p. 201 & seq. — Mabillon,
ad ann. 845, n. 22.
* Le Cointe, ad ann. 83;, n. 28, &c.
' Annal. Berlin, p. 201 & suiv. — M.ibillon,
ad ann. 846, n. 22.
' Gesta Aldrici , dans Baluze, Miscellan. t. 3,
c. 37, p. 94j c. 5o, p. i32 8c seq.
' Le Cointe, ad ann. 837, n. 37 & seq.
< Ihid. n. 39.
^ Ibid. n. 39.
^ Chronique de Moissac, p. 146. — Astronome,
p. 294. — Thegan, c. 6.
' Le Cointe, ad ann. 837, n. 3o.
Note
96
Note
96
356
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
de septembre , & cela sur le faux sys- peratorîs, îndictione duodecima. Actum Att'i-
tème qu'il s'est fait", que Louis le Débon- nîaco palado, &c. Il est évident que cette
naire a toujours employé l'indiction grec- date ne peut convenir qu'au 2 du mois de
que dans ses cbartes & que les princes, ses décembre de l'an 884, ainsi que le marque
enfans, sont les premiers qui se sont le savant M. Baluze. Il s'ensuit de là qu'à
servis indifféremment de cette indiction & la fin de la même année 884, & après le
de la romaine qu'il appelle royale, laquelle premier de septembre, l'empereur Louis le
commençoit au premier de janvier. Le P. le Débonnaire employoit l'indiction com-
Cointe a été suivi dans ce système par le mune ou romaine, & qu'il ne comptoit les
P. Pagi'j mais il est aisé de faire voir que années de son empire que depuis la mort
ces deux célèbres annalistes se trompent de l'empereur Charlemagne son père.
& que Louis le Débonnaire a usé indiffé- ■ Il ne faut donc rien changer dans la date
remment de l'une & l'autre indiction, de d'une autre charte ■ du même empereur
même que ses enfans, ou plutôt qu'il s'est donnée à Kiersi le 7 du mois de septembre,
servi, comme eux, plus communément de indiction I, la vingt-cinquième année de son
l'indiction romaine qui commençoit au empire, dont nous avons déjà parlé, & qui
premier de janvier, que de l'impériale ou prouve manifestement que cette assemblée
de la grecque qu'on comptoit depuis le se tint au mois de septembre de l'an 838. Et
premier de septembre. c'est mal-à-propos que le P. le Cointe " altère
XIII. Nous pourrions citer là-dessus plu- cette date, à son ordinaire, pour l'accommo-
sieurs chartes qui prouvent en même temps der selon son système à l'an 887, prétendant
que Louis le Débonnaire comptoit tou- qu'il faut lire la vingt-quatrième année de
jours les années de son empire depuis la Louis & non la vingt-cinquième , sous pré-
mort de l'empereur Charlemagne son père : texte que toutes les chartes de Louis qui sont
nous nous contentons de les indiquer^ rapportées dans les Gestes d'Aldric, évêque
pour nous arrêter à une preuve qui est du Mans, & qui sont du mois de septembre
sans réplique. Il est constant, & le père avec l'indiction i, doivent être rapportées
le Cointe n'en disconvient point, qu'au à l'an 887, ce qui est une pétition de prin-
mois de décembre"* de l'an 833, Louis le cipe. Il est constant d'ailleurs qu'il y a
Débonnaire, après avoir été honteusement plusieurs autres chartes de cet empereur
dépouillé de l'empire, étoit actuellement rapportées dans les mêmes Gestes ^ où l'in-
prisonnier de Lothaire, à Aix-la-Chapelle, diction romaine est évidemment employée
& qu'il n'exerçoit alors aucune autorité après le i"" de septembre, & où les anjiées
dans le royaume. Cela supposé, le P. le de l'empire de ce prince ne se comptent
Cointe ne sauroit rapporter à ce temps-là que depuis la mort de Charlemagne. C'est
la date d'une charte de cet empereur qui, ce qu'on voit, entre autres, dans un diplôme
suivant son système, devroit avoir été don- de Louis le Débonnaire donné en faveur
née par ce prince au palais d'Attigni, le de l'église du Mans & daté de Poitiers,
second du mois de décembre de l'an 833, & le 16'' du mois de novembre, la vingt-sixième
qui est ainsi datée : Z)<afa' quarto nonas année de son empire, indiction 11, Or cette
decembris, anno Christo propicio vicesimo charte appartient certainement à l'an 889,
primo imperii domni Lodovici serenissimi im- puisque nous savons' qu'il étoit alors à
Poitiers, & que l'année précédente il ne
, T /- • . j ^o ^ s'y trouvoit pas dans le même temps. C'est
' Le Comte, ad ann. 840, n. 6i. ^ '^ ^^ ^o,.
" Pagi, ad ann. 840, n. 3, & 843, n. 12.
3 Marca Hhpanka, p. 767.— Capitulaires, t. 2, ■ Gesfi AUncl, dans Baluze, MlsccUan. t. 3
append. p. 1406, 1407, 1426. — Mabillon, ad c. Sy, p. 94. '
ann. 836, n. 46; ad ann. 837, n. 83; ad ann. ' Le Cointe, ad ann. 837, n. 3o.
839, n. 14, &c.— De Re diplomatica, l. 2, c. 24, & ^ Gesta Aldrlci, dans Baluze, MisciUan. t. 3,
=-^^' "• '3- p. 32,99, io3, &c,
■• Le Cointe, adann. 833, n. 55 &se(j. * Ibid. c. -ji , -p. ij3.
^Marca Hlspunica, p. 773. ' 5 j^^d. Berlin, p. 193 & secj.
Note
96
Kd.orîg.
t. I,
p. 749.
NctTK
96
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
357
donc un second exemple qui prouve ma- reur Louis le Débonnaire se réconcilia
nifestement que Louis le Débonnaire se avec Lothaire & fit un nouveau partage de
servoit dans ses chartes de l'indiction ro- ses Etats, doit appartenir ' à l'an 839 con-
maine ou royale, comme il plaît au P. le formément à la chronologie des Annales*
Cointe de l'appeler, & qu'il comptoit les de Saint-Bertin & de Fulde. Nous avons
années de son empire depuis la mort de encore d'autres preuves qui démontrent
Charlemagne, & non depuis son associa- que cette dernière diète s'assembla en 839 :
tion à l'empire, comme le veut" cet auteur, 1° H est certain' que l'empereur étoit
puisqu'il auroit dû dater cette dernière encore à Aix-la-Chapelle le 3o du mois
charte de la vingt-septième année Si non de la d'avril de l'an 838, & que cette année le
v/ng-Nj/xzème de son empire, ce qui n'est pas jour de Pâques tomba le 14 du même
ainsi. Ce critique est obligé encore de ren- mois. Or il est marqué dans l'Astronome*
verser ici toute la chronologie de cette que l'empereur partit pour la diète de
charte pour l'accommoder à ses idées con- Worms aussitôt après cette solennité:
tre la foi des actes & sans aucune autorité, Fenit ergo juxta Condictum ad Wormaciam
au lieu qu'on l'explique très-aisément sans post Paschae solemnitatem, &c. Ce fut donc
y rien changer. ^11 8393
XIV. Pour ne laisser rien à désirer sur 2° Cette diète ne lut tenue qu'après^ la
cette matière, nous préviendrons une ob- révolte de Louis, roi de Bavière, & que
jection. On pourroit dire qu'il paroît par l'empereur, son père, ayant passé le Rhin à
plusieurs' chartes du roi Charles le Chauve Mayence, au commencement de l'année, il
que ce prince comptait quelquefois les l'eut chassé de Francfort, où il séjourna
années de son règne depuis la fin de l'an ensuite quelque temps, ce qui n'arriva qu'au
837. Or, comme il fut déclaré roi deNeus-
trie à la diète de Kier^i, on pourroit con-
clure de là que cette diète fut tenue en 837.
Mais Charles ne fut que confirmé alors
dans la possession de ce royaume qui lui
avoit été déjà donné à l'assemblée d'Aix-la-
Chapelle tenue à la fin de l'an 837, comme
nous l'avons déjà montré; ce qui suffit
pour expliquer le calcul des années du
règne de ce prince depuis l'an 837.
XV. Nous observerons au sujet de l'as-
semblée de Kiersi dont nous venons de
parler, que le P. Daniel ' se trompe lors-
commencement de l'an 839". Nous avons
d'ailleurs' des preuves que Louis le Débon-
naire étoit à Francfort le 18 du mois de
février de l'an 839, au lieu que si l'on s'ar-
rètoit à la suite des faits rapportés par
l'Astronome % ce prince auroit dû être
pour lors à Aix-la-Chapelle;
3" Il est certain que Nithard, auteur con-
temporain & préférable à l'Astronome, rap-
porte cette assemblée de Worms à l'an 839,
car il parle immédiatement après du dé-
part de l'empereur pour la diète de Châ-
lons-sur-Saône qui fut tenue au mois
qu'il avance que Louis, roi de Bavière, s'y de septembre de la même année 839, de
trouva en personne, & que Pépin n'y as- l'aveu de tous nos historiens. Quàpropter^
sista pas, car c'est tout le contraire*. Cet
historien a confondu, sans doute, cette
diète avec la précédente d'Aix-la-Chapelle,
où Pépin n'assista que par ses députés.
XVI. L'époque de la diète de Kiersi &
celle de la mort de Pépin que nous venons
d'établir prouvent que la diète tenue à
"Worms, au mois de mai ou de juin, qui
tut postérieure, & durant laquelle l'empe-
' Le Cointe, ad ann. 839, n. 5 & seq.
" Mabillon, ad ann. 856, n. i3 & seq.
' Daniel, Histoire de France, t. i, p. 640 & suiv.
* Nithard, 1. 1 , p. 3o2. — Astronome, p. 3 1 j.
' Marca Hispanica, p. 3 18.
* Annal. Berlin, p. 195 & seq. — Annal. Fuld.
p. 547.
^ Gesta Aldrici , dans Baluze, Miscellan. t. 3 ,
c. 47, p. 126. — Le Cointe, ad ann. 838, n. 82,
p. I 17 & seq.
■•Astronome, p. 3 16.
' Nithard, 1. i, p. 862 Sisuiv.
^ Annal. Berlin, p. 194.
' Voyez aux Preuves de ce volume, sous le nu-
méro LIV, Charle de Louis le Débonnaire en faveur
de quelques Juifs de la Septimanie.
* Astronome, p. 3 16 & suiy.
9 Nithard, I. 1, p. 363.
NOTB
96
Note
96
358
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
his îta, ut praefatum est, cum Lothnrio per-
fectisj collecta manu valida per Cavillonem
Clarummontem... petit, &c.
XVII. Nous relèverons ici, par occasion,
une faute du P. Ange', augustin déchaussé,
qui applique, après d'Hauteserre', à Pé-
pin I, ce que l'Annaliste de Metz' rapporte
en 822 ', & par là hors d'état d'entrer dans
la cléricature sous l'épiscopat de ce prélat.
Il est vrai que suivant l'Annaliste de Metz,
le père de Pépin voyant qu'il ne pouvoit
le dévouer à l'Eglise, lui laissa dans la suite
la province d'Aquitaine, & que nous ne
trouvons pas que Pépin I ait disposé de ses
de Pépin II son fils; savoir que son père Etats avant sa mort : mais cela doit s'en-
voulut le faire tonsurer lorsqu'il étoit en- tendre que Pépin II, son fils, lui succéda
core enfant & le mettre sous la discipline dans le royaume d'Aquitaine, dont il pos-
de Drogon, évêque de Metz, jon oncle ; mais séda, en effet, une grande partie,
que Lothaire, oncle paternel de ce jeune
prince, voyant qu'il étoit très-bien fait, s'y — —
opposa. Voici les paroles de l'annaliste qui
ne laissent aucune équivoque quand on les
examine attentivement : Fuit vero iste Pip-
pinus filius Pippini filii Ludovici imperatoris.
De quo ferunt quod cum PATER, dum adhuc
puerulus esset, voluerit ad clericatus officium
promovere, ac Drogoni episcopo Met-
TENSI AVUNCULO SUO commendare erudien-
dum liberalibus simul 5* ecclesiasticis disci-
plinis ; sed paternis vocibus Lotharius ejusdem
pueri PATRUUS obvians, non permisit eum
attondi, sed vi abstraxit de manu patris : erat
enim isdem puer, ut aiunt, ingentis pulchritu-
dînis. Cui postmodum pater Aquitaniam tan-
tum provinciam concessit ; sed non ei in pros
I.
NOTE XCVII
Epoques des d'ijjerens sièges de Tou-
louse, par Charles le Chauve.
ON ne peut pas douter que Charles le
Chauve n'ait assiégé Toulouse l'an
844. Outre l'Annaliste de Saint-Bertiu*
qui l'assure positivement, nous avons en-
core plusieurs chartes de ce prince da-
tées' de la quatrième année de son règne &
de la VlV indiction lorsqu'il faisait le siège
de cette ville ; ce qui convient parfaitement
perum cessit, quod a Dei servitio revocatus avec l'an 844. Suivant ces chartes, ce prince
est. Ebrietatibus enim & comessationibus die f\it occupé à ce siège du moins depuis le
noctuque vacans, ad ultimum mente captus ,
in amaniacam incidit passionem, & praesen-
tem vitam cum dedecore finivit.
On voit par là, i" qu'il s'agit ici de Pépin,
19 de mai jusqu'au 25 juin delà même année.
II. D'un autre côté, un grand nombre de
diplômes'* qui nous restent de ce prince
sont datés de devant Toulouse, depuis la fin
fils^de Pépin, fils de Louis le Débonnaire, & du mois d'avril jusques à la fin du mois de
par conséquent de Pépin II; 2° que le juin Je Za VI"" /nc/zVtion, laquelle convient à
père de Pépin dont il est parlé dans cet l'an 843. Charles le Chauve auroit-il donc
endroit étoit neveu de Drogon, évêque de
Metz; il ne s'agit donc pas de Louis le Dé-
bonnaire dont ce prélat étoit frère natu-
rel ; 3° que Lothaire étoit oncle paternel
du jeune Pépin qu'on vouloit tonsurer. Or,
Pépin I étoit frère & non pas neveu de
Lothaire ; 4° enfin, ce qui lève toute la dif-
ficulté, c'est que Drogon, de l'aveu même du
P. Ange, ne fut évêque de Metz qu'en 823,
& Pépin I, roi d'Aquitaine, étoit déjà marié
■ Histoire généalogique de la maison de France,
1 I, p. 44.
^ Hauteserre, Rerum Aquitanlae 1. -7, c. 17.
' Annal. Meîtens. — Duchesn;, t. 3, p. 304.
fait le siège de cette ville à deux diverses re-
prises & pendant deux années consécutives,
ou faut-il supposer que tous les diplômes
de ce prince donnés devant Toulouse, &
datés de la vi^ indiction, doivent être cor-
rigés, 8c qu'il faut y lire îndiction vil, pour
' Histoire généalogique de la maison de France,
t. I, p. 3i.
' Annal. Berlin, p. 20 1.
^ Capitulaires, t. x, appeild. p. 1444, 1448 £t
suiv.
■* Voyez aux Preuves de ce volume, sous les nu-
méros LIX, LX, LXI, &.C., plusieurs chartes dç
Charles le Chauve.
Note
96
Note
97
Éd. cria
t. I,
p. 75o.
1
Note
97
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
359
les rapporter à l'an 844? On pourroit faire
cette supposition si Vindiction VI ne se trou-
voit que dans une ou deux de ses chartes,
comme l'a cru le P. le Cointe ' qui n'en con-
noissoit pas davantage. Mais il n'est pas
vraisemblable que la même erreur se soit
glissée dans sept ou huit diplômes dont
nous avons vu plusieurs en original , & que
ceux qui portent Vindiction VII soient les
seuls hors d'atteinte. C'est ce qui nous dé-
termine à croire que Charles le Chauve
assiégea Toulouse pendant deux années
consécutives, savoir en 848 & en 844; il
n'y a rien, d'ailleurs, dans les monumens
du temps qui ne favorise notre sentiment.
III. Nous savons, en effet, que ce prince,
après la célébration de ses noces à Kiersi,
vint en Aquitaine' au commencement de
l'an 843, qu'il parcourut ce royaume, &
qu'il n'étoit de retour en France que le
5 du mois de juillet' de la même année. Il
peut donc avoir fait le siège de Toulouse
pendant cet intervalle. La dernière charte
qu'il donna devant cette ville durant^ Z'/n-
Jzca'on VI est du 20 de juin. Or, depuis ce
jour-là jusques au 5 de juilletsuivant, qu'il
étoit à Attigni, il paroît avoir eu suffisam-
ment du temps pour se rendre de Toulouse
dans ce palais. On peut même supposer
que parmi tous les diplômes qui sont datés
de Vindiction VI, il y en a peut-être quel-
qu'un où on a mis cette indiction au lieu
de la VII, & si ce dernier étoit du nombre,
il y auroit encore plus de temps pour le
voyage de Charles, d'Aquitaine en France.
IV. Il reste cependant une difficulté,
c'est que les chartes datées de l'indiction VI
sont toutes de la quatrième année du règne
de ce prince, au lieu de la troisième année
qu'il auroit fallu compter en prenant le com-
mencement de son règne depuis la mort de
Louis le Débonnaire, son père. Mais il est
certain que Charles le Chauve comptoit de
différentes époques les années de son
règne; outre le calcul pris depuis l'an 887
' Le Cointe, ad ann. 8^3, n. 10.
' Annil. Berlin, p. 200.
' Le Cointe, ad ann. 8^3, n. 1 1.
■* Voyez aux Preuves de ce volume, sous le nu-
méro LXTI, Charte de Charles le Chauve en faveur
de l église de Narbonn:,
qu'il fut reconnu roi deNeustrie" dont nous
avons déjà parlé, il se servoit communé-
ment de deux autres: l'un depuis la mort
de l'empereur son père , ou depuis le 20 de
juin de l'an 840, & l'autre qui n'est guère
moins ordinaire, depuis la fin de l'an 889
qu'il fut reconnu roi d'Aquitaine à Cler-
mont & à Poitiers. Or, suivant ce dernier
calcul, ce prince étoit dans la quatrième
année de son règne au mois d'avril & de
juin de l'an 843, & les dates des chartes qu'il
donna l'année suivante devant la même ville
de Toulouse & dans lesquelles la quatrième
année de son règne est jointe avec Vindic-
tion VII, doivent être calculées en prenant
le commencement de son règne depuis la
mort de Louis le Débonnaire : c'est donc
proprement l'indiction qui doit déterminer
la différence du calcul & fixer la chronolo-
gie de ces diverses chartes. Nous avons plu-
sieurs autres' diplômes de ce prince qui ne
nous permettent pas de douter qu'il ne
comptât souvent le commencement de son
règne depuis la fin de l'an 839. Tel est en
particulier l'un de ces diplômes daté ^ duBde
mars, indiction V, la troisième année de son
règne, ce qui revient à l'année 842. C'eût été
seulement la deuxième à compter depuis le
20 du mois de juin 840, ou depuis la mort de
Louis le Débonnaire. Charles le Chauve
s'étant donc servi indifféremment de ces
deux manières décompter, on doit rappor-
ter à l'an 843 toutes les chartes de ce prince
où l'indiction vi est jointe avec la qua-
trième année de son règne.
V. Si la date d'un diplôme que ce prince
donna'' à Compiègne le 11 de mai, indic-
tion IV, la quatrième année de son règne, en
faveur de l'abbaye de Saint-Riquier, étoit
bien sûre, elle devroit être rapportée à l'an
843, ce qui prouveroit que Charles ne pou-
voit être alors devant Toulouse. Mais il est
bien plus vraisemblable ' qu'il s'est glissé
■ Voyez Note XCVII, n. i3.
' Capitulaires, t. 2, append. p. 1467, 1460, 1^61,
1466. — Mabillon, Annales, p. 748, 749, &c. —
Martène, Ampliss. collect. t. i, p. 106, ii3.&c.
' Mabillon, ad ann. 843, n. 7-1.
^ Chronicon Centul. — Spicilegium, t. z. éd. in-
tbl. p. 3i5.
* Le Cointe, ad ann. 843, n. 10.
Note
97
Noxn
97
36o
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
une erreur dans le chiffre de .l'indiction le 25 du mois de juin de la quatrième année
de ce diplôme que dans sept ou huit autres, de son règne, indiction VII, ce qui répond à
qui, outre qu'ils doivent l'emporter par l'an 844. Il paroît cependant qu'il faut lire
leur nombre, subsistent encore en origi- dans cet endroit Kal. Junii au lieu de Juliî^
nal; au lieu que nous n'avons qu'une co- puisque le 25 du mois de juin de l'an 844,
pie du premier donnée par un auteur qui Charles devoit être dans la cinquième an-
vivoit près de trois siècles après sa date, & née de son règne, de quelque manière qu'on
qui l'a inséré dans sa Chronique. prenne le commencement, & non dans la
VI. Le capitulaire" qui fut dressé à Tou- quatrième, comme il est marqué dans cette
louse en présence de Charles le Chauve charte, à moins qu'il ne faille corriger l'an-
étant daté de Za quatrième année du règne de née du règne commele croitleP.leCointe ',
ce prince , au mois de juin de l'indiction VI , & lire la cinquième au lieu de la quatrième,
nous avons cru, pour les raisons que nous Dans ce dernier cas, Charles étant encore
venons de donner, qu'il doit être rapporté occupé au siège de Toulouse à la fin du
à l'an 843. Nous voyons, d'ailleurs', qu'il mois de juin de l'an 844, il ne sauroit avoir
est antérieur au concile de Beauvais qui dressé dans la même ville le capitulaire
fut tenu au mois d'avril de l'indiction Vil ^ ou dont nous avons parlé. D'ailleurs, le privi-
de l'an 844, nouvelle preuve que Charles lége' que ce prince accorda aux Espagnols
le Chauve étoit devant Toulouse au mois réfugiés dans la Septimanie, & qui fut sans
de juin de l'année précédente. Aussi le doute donné dans la même assemblée, est
P. Sirmond* & les derniers compilateurs daté du monastère de Saint-Saturnin, près
des conciles^ rapportent-ils ce capitulaire de Toulouse, le u du mois de juin delaqua-
à la même année 848. trième année de son règne. Ainsi Charles le
VII. Quant à l'induction que quelques Chauve n'aura été maître de cette ville que
auteurs tirent® delà date de ce capitulaire, l'an 849, après l'avoir assiégée de nouveau j
que Charles le Chauve étoit alors déjà maître ce qui fait voir qu'il en entreprit le siège
de Toulouse, nous ne voyons aucune né- trois diverses fois.
Ed.orig. cessité de l'admettre, puisque l'assemblée
p. 751. où il fut dressé peut avoir été tenue dans iNote additionnelle ajoutée par les nouveaux
le camp & hors de la ville, & selon toutes éditeurs.}
les apparences, au monastère de Saint-
Saturnin où ce prince avoit son quartier Les auteurs de VHistoire de Languedoc
lorsqu'il assiégea Toulouse. Nous n'avons, prétendent que Charles le Chauve assiégea
d'ailleurs, aucune preuve que Charles se soit deux fois la ville de Toulouse, unepremière
rendu maître de cette ville, ni en 848, ni fois en 848, & une seconde en 844. Nous
l'année suivante ; nous avons, au contraire, croyons qu'ils se sont trompés & que leur
sujet de croire qu'il en abandonna le siège opinion ne peut être soutenue en présence
ces deux années, puisque, selon les histo- de dix-sept diplômes de Charles le Chauve
Note
97
riens du temps, il eut alors plusieurs échecs
en Aquitaine, & que suivant une charte', il
étoit encore occupé au siège de Toulouse
' Capîtataires, t. 2, p. 22.
' Ibid.
' Il'id, p. 19.
* Sirmond, Not. in Cap'itul. t. 2, p. 730.
* Conciles, éd. Labbe, t. 7, p. 178^; éd. Har-
douin, t. 4, p. 1458.
* Baluze , Not, in Capital, t. 2, p. 1262.
Catel, Mémoires de l'Histoire de Languedoc, p. 56o.
— Le Cointe, ad ann. 844, n. 55.
' Capitulaires, t. 2, p. 1449.
dont voici les dates rangées par ordre chro-
nologique :
1. Data nonis aprilis, anno... dictionevî...
Airancus villa super fiuvium Tarni. — 5 avril
844 ^
2. Data ïll. kalend. M.aii, indict. VI^ anno
IV régnante Karolo. Actum Ferrucius villa*
— 29 avril 844''.
' Le Cointe, ad ann. 844, n. 52.
' Capitulaires, t. 2, p. 26 & seq.
^ Diplôme de Charles le Chauve pour Saint-Ser-
nin de Toulouse. Preuves, n. LXIII.
^ Diplôme en' faveur des enfants de quelques ré-
NOTE
ADDIT.
Note
ADDIT.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC. 36 1
l3. Data II idus junii , înd'tct. VI, anno
3. Data II kalend. maiî, indict. VI, anno
IV... Actum Ferrucius villa. — 3o avril 844'.
4. Data V idus maii, indict. VII , anno
IV... Actum in monasterio S. Saturnini prope
Tolosam. — 10 mai 844'.
5. Data m idus maii, indict. VI, anno
IV... Actum in monasterio S. Saturnini prope
Tolosam. — i3 mai 844 ^
6. Data II idus maii, indict. VI, anno
IV... Actum in monasterio S. Saturnini prope
Tolosam. — 14 mai 844''.
7. Data XIV kal. junii, indict. VII, anno
IV... Actum in monasterio S. Saturnini, dum
obsideretur Tolosa. — 19 mai 844 \
S. Data XIII kal. junii, indict. VU, anno
IV.., Actum in monasterio S. Saturnini prope
Tolosam. — 20 mai 844^.
9. Data nonis junii, indict. VII, anno IV...
Actum in monasterio S. Saturnini, prope To-
losam.— 5 juin 844'.
10. Data nonis junii, indict. VII, anno
IV... Actum in monasterio S. Saturnini, dum
obsideretur Tolosa. — 5 juin 844*.
11. Data V idus junii, indict. VII, anno
IV... Actum in monasterio S. Saturnini prope
Tolosam. — 11 juin 844^.
12. Data III idus junii, anno IV... Actum
in monasterio S. Saturnini prope Tolosam. —
i3 juin 844'°.
fugiés espagnols dans le pays d'Agde. Preuves,
n. LVII.
' Don fait à Hildricus de quelques biens situés
en Minervois. Ibid. n. LVIII.
" Donation faite à Domnolus, abbé de Saint-
Pierre de Besaudun. Recueil des Historiens de France,
t. 8, p. 455.
^ Diplôme en faveur de l'abbaye de la Grasse.
Preuves y n. LIX.
^ Diplôme en faveur du monastère de Cuperia.
Ibid. n. LX.
5 Edit en faveur des Espagnols réfugiés en Sep-
timanie. Ibid. n. LXV.
^ Diplôme en faveur de l'abbaye de Saint-Lau-
rent en Narbonnais. Capitulaires, t. 2, p. 1452.
' Diplôme confirmant Theofroid dans la posses-
sion de Fonjoncouse. Preuves, n. LXVI,
* Diplôme en faveur de Richefroid , abbé de
Saint-Chinian. Recueil des Historiens de France,
t. 8, p. 459.
' Diplôme pour l'église de Sainte-Grate, diocèse
d'Urgel, Ibid. p. 461.
'° Autre Diplôme en faveur des Espagnols fugi-
tifs. Ibid. p. 463.
Note
ADDIT.
IV... Actum in coenobio S. Saturnini juxta
Tolosam. — 14 juin 844'.
14. Data XII kalend. julii, indict. VI, anno
IV... Actum in coenobio S. Saturnini martyris
juxta Tolosam — 20 juin 844 \
15. Datum vu kalend. julii, indict. vil,
anno IV... Actum in monasterio S. Saturnini
dum obsideretur Tolosa. — 25 juin 844'.
16. Data II kal. julii, indict. VII, anno V...
Actum in monasterio S. Saturnini. — 3o juin
844\
ij.Data régnante gloriosissimo rege,
indict. VII. Actum Tolosa civitate. — 844 ^
Ces diplômes, à l'exception du seizième,
ont tous été donnés pendant la quatrième
année du règne de Charles le Chauve, quoi-
que les uns soient datés de la sixième indic-
tion & les autres de la septième; c'est là ce
qui a déterminé dom Vaissete à attribuer les
premiers à l'année 843 & les derniers à l'an-
née 844, & à admettre que Charles le Chauve
avait assiégé deux fois Toulouse; mais pour
faire accorder ces deux dates avec la qua-
trième année du règne de Charles le Chauve,
il est obligé de supposer que pour les diplô-
mes marqués de la sixième indiction, cette
quatrième année était comptée à partir de
son règne en Aquitaine, 25 décembre 839,
& que pour ceux marqués de la septième,
son règne était compté à partir de la mort
de Louis le Débonnaire, 20 juin 840. C'est
là une distinction purement hypothétique
qui n'est pas suffisamment justifiée.
Nous croyons que tous ces diplômes ap-
partiennent à la même année, & que ce
sont les indictions qui sont fautives. Il ne
faut donc pas en tenir compte, & ne s'ap-
puyer que sur la date du règne du prince,
& alors tous ces actes auront été don-
nés en 844, année où, selon les Annales de
Saint-Bertin, Charles le Chauve fit effec-
' Diplôme en faveur de l'église de Narbonne.
Preuves, n. LXI.
^ Autre Diplôme en faveur de l'église de Nar-
bonne. Preuves, n. LXII.
^ Sauvegarde pour l'abbaye d'Arles. Recueil des
Historiens de France, t. 8, p. 458.
■'Diplôme pour Psalmodi. Ibid. p. 466.
'Diplôme pour l'abbaye de Saint-Polycarpe.
Ibid. p. 465.
Note
ADDIT.
362
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
Note
98
tivement le siège de Toulouse. On voit par
ces documents que Charles le Chauve ar-
riva sur les bords du Tarn le 5 avril 844,
que le 29 & le 3o du même mois, il était
à Castel Ferrus. Le 10 mai il était devant
Toulouse, logé dans le monastère de Saint-
Sernîn. Il y resta depuis cette époque jus-
qu'au 3o juin suivant, au moins. Le iS
du même mois, il paraît que la ville n'était
pas encore prise, puisqu'un diplôme en
date de ce jour fut donné dans le monas-
tère de Saint-Sernin, dum obsîderetur To~
Zojû^ pendant qu'on assiégeait Toulouse 3
ce qui s'accorde avec le témoignage de plu-
sieurs auteurs qui disent que pendant ce
siège Charles le Chauve ne se rendit pas
maître de cette ville.
Il ressort, dans tous les cas de ce que
nous venons dédire, que Charles le Chauve
ne mit le siège devant Toulouse qu'une
seule fois, en 844. [E. M.]
NOTE XCVIII
Epoque de la prise de Toulouse par
les Normands.
IL est certain que cette ville fut prise par
les Normands vers le milieu du neuvième
siècle. L'abbé ' Armentaire, qui écrivoit
alors l'histoire de la translation des reli-
ques de S. Philibert, l'assure en termes
exprès : Crescît innumerablUs numerus"
Northmannorum Capîuntur quascumque
adeunt civitates , nemîne resistente : capitur
Burdegalensïum, Petrocorium, Santonum, Le-
movicensium, Engolisma atque Tolosa civi-
tas ; Andecavensïum, Turonensium perinde, &
Aurelîanensium civitates pessumdantur , &c.
On trouve à peu près les mêmes termes dans
l'auteur qui a compilé ' au onzième siècle
la Chronique de S. Bénigne de Dijon, dans
celui qui a continué celle de l'abbaye de
' Acta Sanctorum orâinis sancti Bened'icti, saec. 4,
part. I , p. 557.
' Ibid. p. 555 & seq.
^ Chronicon S. Benigni D'ivionens'ts, Spic'ilegium,
t. i,p. 410. — Voyez Le Long, Bibl. kistor. n. 5i33.
Bèse, & dans l'histoire' que Thibaud, reli-
gieux de ce dernier monastère, nous a donnée
au commencement du douzième siècle de
la translation des reliques de S. Prudent,
martyr de Narbonne, dans son abbaye. Ce
dernier ajoute seulement que les Normands
prirent aussi la ville de Narbonne.
Aucun de ces auteurs ne fixe l'époque
précise de la prise de Toulouse par ces
peuples : mais il paroît par la suite du
discours de l'abbé Armentaire que cet évé-
nement dut arriver vers l'an 85o, ou du
moins entre l'an 848 & la fin de l'an 85i.
Cet auteur place, en effet, la prise de Tou-
louse par les Normands, d'un côté après
qu'ils eurent pris les villes de Bordeaux, de
Périgueux, Saintes, Limoges & Angoulême,
& de l'autre avant qu'ils ne s'emparassent
d'Angers, de Tours, de Rouen, de Paris,
de Beauvais & d'Orléans. Or, les auteurs
du temps ^ nous apprennent que ces pirates
se rendirent maîtres de Bordeaux & de Pé-
rigueux en 848, de Rouen & de Beauvais
en 85i, d'Angers & de Tours en 853, d'Or-
léans en 855, & enfin de Paris en 857. Par
conséquent, à suivre cet ordre, ils auront
pris Toulouse entre l'an 848 & l'an 85i,
c'est-à-dire vers l'an 85o.
Nous ne disons rien sur ce que le P. Ma-
billon%dans ses Annales, semble fixer la
prise de cette dernière ville par ces pirates
à l'an 848, parce qu'il est visible que c'est
une faute d'impression, & qu'il faut lire
dans cet endroit Burdegala au lieu de To-
losa : mais nous croyons devoir remar-
quer que CateP se trompe lorsqu'il rap-
porte à l'an 855, sous l'autorité d'Aimoin,
le siège & la prise de Toulouse par les
Normands, & qu'il assure' que les reli-
gieux de Castres y avoient transféré alors
les reliques de S. Vincent, martyr; car,
outre que le siège de cette ville par les
Normands, dont parle Aimoin dans l'his-
' Labbe, Bihl. nova, t. 2, p. 608.
^ Chronique de Normandie, — Duchesne, t. 2,
p. 525. — Annal. Bertïn. p. 200. — Annaliste ds
Metz, Duchesne, t. 3, p. 804.
^ Mabillon, ad ann. 848, n. 62.
■• Catel , Mémoires de l'histoire de Languedoc,
p. 5io.
^ Ihid. p. 553.
Note
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
363
Note
ADDIT.
toire de la translation des reliques de ce
saint martyr, doit être rapporté à l'an 863,
cet auteur ne dit point d'ailleurs que les
religieux de Castres aient jamais transféré
le corps de ce saint à Toulouse, ni que
ces peuples se soient emparés alors de cette
ville; il assure", au contraire, qu'ils furent
obligés d'en lever le siège dans cette oc-
casion. Ainsi ce que cet historien dit de ce
siège est différent du siège & de la prise
de la même ville dont parle l'abbé Armen-
taire.
Les Annales de Saint-Bertin' font men-
tion d'une course que firent les Normands
l'ail 844 jusqu'aux portes de Toulouse; ce
qui pourroit faire croire que ce fut alors
que ces pirates s'en emparèrent. Mais nous
avons déjà fait voir que la prise de cette
ville, dont parle Armentaire, est posté-
rieure à l'an 848. D'ailleurs, l'Annaliste de
Saint-Bertin témoigne que les Normands
ne firent alors que ravager les environs de
Toulouse & qu'ils se rembarquèrent in-
continent pour aller tenter de nouvelles
entreprises sur les côtes de la Galice, & il
ne dit point qu'ils aient pris cette ville, ce
qu'il n'auroit pas oublié. Ainsi nous nous
en tenons à l'époque de l'an 85o.
[Note additionnelle ajoutée par les nouveaux
éditeurs.']
Le Midi de la France a eu autant à souf-
frir des invasions des Normands que les
provinces du Nord. Si ceux-ci ont pénétré
plus tardivement dans les contrées méridio-
nales, ils n'en ont pas moins fait de très-
longs séjours dans la Loire & la Gironde.
Nombre de villes, de monastères ont été
détruits par eux, & cependant c'est à peine
si on peut recueillir quelques renseigne-
ments sur la manière dont les faits se sont
passés dans l'Aquitaine & la Septimanie.
Voici un court résumé de ces événements
tels que nos recherches ont pu nous les
faire connaître.
Dès les premières années du neuvième
siècle, les Normands avaient doublé la
Acta Sanctorum ordinis sancti Benedicti, saec. 3,
part. 1, p. 65o & 768.
' Annal, Berlin, p. 201.
pointe du Finistère & avaient visité les
côtes de la Bretagne; ils étaient arrivés jus-
qu'à l'île de Noirmoutier. En 819, les reli-
gieux de Saint-Philbert , qui habitaient
cette île, faisaient fortifier leur monastère
dans le but de se mettre à couvert de leurs
incursions. En 820, une flotte normande ,
composée de treize vaisseaux , détruisit la
ville de Bouin, située dans la baie à la-
quelle Bourneuf a depuis donné son nom.
En 83o, ils ravagèrent entièrement l'île de
Noirmoutier, à l'exception du monastère
de Saint-Philbert, protégé par ses mu-
railles. Néanmoins comme leurs incur-
sions étaient de plus en plus fréquentes,
& qu'ils avaient failli, en 884, se rendre
maîtres du monastère , les religieux quit-
tèrent l'île en 836 pour se réfugier sur le
continent. En 848, les Normands pénétrè-
rent pour la première fois dans la Loire;
ils s'avancèrent jusqu'à Nantes, qu'ils brû-
lèrent, après avoir ravagé toute la vallée
aux environs. L'année suivante, ils se divi-
sèrent en deux bandes ; l'une se dirigea
vers les côtes de la Galice & l'autre entra
dans la Gironde au mois d'octobre. Cette
dernière remonta la Garonne & arriva jus-
qu'à Toulouse; mais il n'est pas certain
qu'elle se soit alors emparée de cette ville.
Vers l'année 846, une flotte normande qui
avait pénétré dans la Charente prit Sain-
tes. En 847, les Normands, revenus dans
la Gironde, firent le siège de Bordeaux
qu'ils ne prirent cependant qu'en 848,
après avoir tué Guillaume, duc de cette
ville; ils remontèrent de nouveau jusqu'à
Toulouse qu'ils prirent. Ils s'emparèrent
de Melle en 848 & de Périgueux en 849.
En 85o, ils prirent une seconde fois Bor-
deaux & s'y établirent pendant deux ou
trois ans. C'est dans cette ville qu'ils orga-
nisaient leurs expéditions pour l'Espagne.
En 855 on les voit reparaître à Bordeaux
qu'ils avaient abandonné depuis deux ans.
En 856 ils prirent Poitiers. En 858 ils firent
le tour de l'Espagne, ravagèrent le Roussil-
lon& toutes les villes du littoral méditerra-
néen, & entrèrent dans le Rhône. Nimes
& Arles notamment tombèrent entre leurs
mains ; ils s'établirent dans la Camargue &
y restèrent jusqu'au commencement de
l'année 860. Après s'être avancés jusqu'à
Note
AODIT.
Note
ADDIT.
364
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
99
Éd. orig.
t. I,
p. 752,
Valence , ils quittèrent enfin le Rhône
pour se diriger en Italie. Poitiers les vit
de nouveau sous ses murs en 863^ ils
détruisirent de fond en comble le monas-
tère de Saint-Hilaire, situé aux portes de
la ville, envahirent la même année l'An-
goumois, & la suivante, ils s'avancèrent
jusqu'à Clermont en Auvergne, où ils tuè-
rent le comte Etienne; ils revinrent à Poi-
tiers en 865 & s'en emparèrent j ils y re-
vinrent encore en 867, tandis que ceux qui
résidaient dans la Charente reprenaient
Saintes. Ceux qui séjournaient dans la Gi-
ronde vinrent camper à Bordeaux dont ils
étaient encore maîtres en 876 , puisque
l'archevêque Frotaire se plaignait alors de
ne pouvoir séjourner dans sa ville épisco-
pale. A partir de cette époque leurs excur-
sions devinrent moins fréquentes. [E. M.]
NOTE XCIX
t^poque de l'union des comtés de
Querci 6* de Rouergue au domaine
des comtes de Toulouse.
I.T-'ROTAIRE, archevêque de Bourges,
-T donne, vers l'an 876', à l'abbaye de
Beaulieu, située dans le bas Limousin sur
les frontières du Querci, le lieu ou village
à''Orbassac, situé dans le même pays sur la
rivière de Vezère, qu'il avoit acquis du
comte Eudes. Ce prélat ajoute qu'il fait
cette donation pour l'âme de Raimond &
de ses enfans Bernard, Eudes & Arbert :
Pro anima Regimundi, fiUorumque ejus Ber-
nardi & Odonîs atque Arbertî, ut in expia-
tionem proveniant nostrorum delictorum. La
conformité de ces noms avec ceux' de
Raimond I, comte de Toulouse & dé ses
enfans, Bernard, Eudes & Arbert ou Be-
noît, prouve que c'est d'eux qu'il s'agit dans
' Voyez aux Preuves de ce volume, sous le nu-
méro cm, Donation faite a l'abbaye de BeauUeUj
en Limousin, par Frotaire, archevêque de Bourges.
' Voyez aux Preuves de ce volume, Chartes 8i
Diplômes, n. XC, C, CXI.
cette charte, comme M. Baluze' l'a fait
voir.
II. Justel% qui le premier a donné cet
acte, prétend' que Raimond dont nous
venons de parler est le même que le comte
de Limoges de ce nom qui vivoit l'an 845
& qui, ajoute-t-il, défit les Normands dans
le Limousin, l'an 923, avec Guillaume le
Pieux, comte d'Auvergne; mais il se trompe
doublement. Car 1° Raimond , comte de
Limoges en 845, étoit déjà mort en 848 ,
comme nous le prouverons plus bas; 2° le
comte Raimond, qui, l'an 923, se joignit
contre les Normands à Guillaume, comte
d'Auvergne & duc d'Aquitaine, neveu de
Guillaume le Pieux (& non pas à Guillaume
le Pieux lui-même alors déjà décédé), étoit
comte de Toulouse, comme nous le ferons
voir aussi, & non pas comte de Limoges.
D'ailleurs, quelle apparence que le Limou-
sin ait été gouverné par un même comte
pendant l'espace de près d'un siècle? Il
s'agit donc, dans cette charte, d'un Rai-
mond différent du comte de Limoges de ce
nom, & ce ne peut être que Raimond I,
comte de Toulouse.
III. Nous pouvons confirmer ce que nous
venons de dire en faisant voir que le comté
de Querci, limitrophe du Limousin, étoit
déjà alors du domaine des comtes de Tou-
louse, & que Raimond I, & après lui Ber-
nard & Eudes, ses enfans, le possédèrent
successivement; ce qui nous engage à
examiner dans quel temps ce comté entra
dans leur maison. JusteP convient que
Raimond II, comte de Toulouse, étoitaussi
comte de Querci dès l'an 932. Mais il
avance sans preuve que les prédécesseurs
de ce seigneur s'en étoient emparés sur un
certain Robert, qu'il qualifie comte de
Querci & de Turenne; car M. Baluze' a
prouvé que ce Robert ne fut pas comte de
ces pays, & qu'il ne porta même jamais le
titre de comte ; qu'à la vérité Godefroy,
son père, fut comte & seigneur du pays do
' Baluze, Hist. Tutel. p. 9,
' Justel, Maison de Turenne, Preuves, p. 11.
^ Ibid. p. 7, & Histoire de la. maison d'Auvergne^
p. 8.
■* Ihid. Maison de Turenne , p. \6,
'Baluze, Hist. Tutel. p. lo&seq.
Note
99
Note
99
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Turenne, mais que ni celui-ci, ni aucun
de ses descendans, ne furent point comtes
de Querci.
IV. Marc-Antoine Dominicy, professeur
en droit dans l'Université de Cahors, a suivi
à peu près le même système dans son his-
toire manuscrite des comtes de Querci
dont il a recherché l'origine. N'ayant pu
trouver qu'un certain Autricus, qu'il pré-
tend avoir été comte de Querci & avoir
vécu la sixième année de l'empire de
Louis le Débonnaire, il suppose avec Jus-
tel , que Rodolphe, Godefroy & Adhémar
qui étoient de la même race, furent suc-
cessivement comtes du Querci à la fin du
neuvième siècle & au commencement du
dixième. Mais M. Baluze a montré, comme
nous l'avons déjà dit, que ces seigneurs
étoient seulement comtes ou vicomtes de
Turenne, dans le bas Limousin. Ainsi, c'est
sans aucun fondement que Dominicy sup-
pose que Ra imond II s'empara du comté
de Querci après la mort d'Adhémar qui
mourut sans enfans' légitimes. Et en effet,
ajoute M. Baluze, si les comtes de Tou-
louse se fussent emparés du Querci sur les
seigneurs de Turenne, ils se seroient empa-
rés aussi des terres que ces derniers possé-
doient dans le même pays & qui faisoient
une partie considérable de leur domaine :
mais nous voyons, continue-t-il, que les
vicomtes de Turenne, successeurs d'Adhé-
mar, jouirent tranquillement de toutes les
terres qu'ils possédoient en Querci, tandis
que les comtes de Toulouse étoient d'un
autre côté paisibles possesseurs de ce comté.
V. Il n'y a donc pas lieu de douter que les
comtes Raimond, Bernard & Eudes ses en-
fans, dont il est fait mention dans plusieurs
titres de l'abbaye de Beaulieu, ne soient
les mêmes que les comtes de Toulouse de
ce nom, & qu'ils n'aient été en même temps
comtes de Querci, pays limitrophe du bas
Limousin, dans lequel cette abbaye est
située, comme l'a cru M. Baluze qui a
examiné cette matière attentivement. Pro-
hant îsta' ^ dit cet auteur, au sujet de la
charte de Frotaire, archevêque de Bourges,
dont nous venons de parler, comitatum Ca-
' Baluze, Hln. TuteL p. i6.
' Ihid. p. ,o.
Jurcensem & alïquam partempagî Lemovicen-
sis, quae vicîna erat DorJoniae, fuisse tum in
potestate comitum Tolosanorum. Nous pou-
vons appuyer la remarque de M. Baluze
par d'autres monumens qui prouvent que
le comté de Querci étoit déjà dans la mai-
son des comtes de Toulouse, du moins sous
Raimond I, qui vécut depuis l'an 85i jus-
que vers l'an 865.
VI. Il est fait mention de ce comte dans
la charte de fondation de la même abbaye
de Beaulieu, fondée par Rodolphe, arche-
vêque de Bourges. Cette charte, qui a été
donnée d'abord par Justel ' & ensuite par
le P. Mabillon% est datée de la manière
suivante : Data donatione in mense novembri
anno VI, régnante Carolo rege serenissimo,
indictione XV. Ces deux^ auteurs rapportent
cette date à l'an 846 ou à la sixième année
du règne de Charles le Chauve; mais ils se
trompent, elle doit être de la sixième an-
née du règne de Charles, roi d'Aquitaine,
qui étoit fils de ce prince & qui fut cou-
ronné à Limoges au mois d'octobre de l'an
855. Ainsi cette charte doit être de l'an 860.
Voici des raisons qui le prouvent manifes-
tement :
1° Rodolphe ou Raoul, archevêque de
Bourges, y fait donation à Chunibert , abbé
de SoUgnac, du lieu de Beaulieu pour y éta
blir des religieux. Or Sylvius, prédécesseur
de Chunibert, fut"* abbé de Solignac, du
moins depuis l'an 841 jusques à l'an 852.
Cette charte doit donc être postérieure à
cette dernière année;
2° Adhémar^ de Chabannes, dans son
Histoire des abbés de Saint-Martial de
Limoges, parlant de la même abbaye de
Beaulieu, en met la fondation plusieurs
années après l'an 848, & par conséquent
après la sixième année du règne de Charles
le Chauve. Suivant son calcul, cette fonda-
tion dut être faite la sixième année du
' Justel, Maison de Garenne, Preuves, p. 7 8c su iv.
'Mabillon, Acta. Sanctorum ordinis sancti Bene-
d'ict'i, saec. 4, part. 2, p. 161 & seq.
^ Justel, Maison de Turenne, p. 7. — Mabillon,
Acta Sanctorum ordinis sancti Benedicti, saec. 4,
part. 2, p. i6i, & ad ann. 846, n. 43.
^ Voyez Gallia Christiana, nov. eJ. t. 2, p. 563.
* Adhémar de Chabanais, p. 271.
Note
99
Note
99
366
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Éd. orig.
t. I,"
p. 753.
règne du jeune Charles, roi d'Aquitaine &
fils de Charles le Chauve, comme nous le
ferons voir plus bas;
3° Le P. de Sainte-Marthe' a fait im-
primer la même charte de fondation de
l'abbaye de Beaulieu ou testament de Ro-
dolphe, archevêque de Bourges, avec cette
date différente : Factum autem testamentum
hoc anno XVI, régnante Carolo minore ; ce qui
prouve que cette fondation fut faite sous le
règne du jeune Charles. Mais comme ce
prince ne régna que onze ans en Aqui-
taine, il est évident qu'il faut lire anno vi
au lieu de anno XVI. Ainsi c'est dans la
sixième année du règne du jeune Charles
en Aquitaine que l'abbaye de Beaulieu fut
fondée , car l'indiction XV, marquée dans
les copies données par Justel & le P. Ma-
billon, doit avoir été ou ajoutée au cartu-
laire de Beaulieu, ou altérée par les co-
pistes, puisqu'elle ne convient ni à l'an 846,
ni à l'an 86oj
4° On voit enfin, par plusieurs autres
chartes données par Justel & Baluze, que
l'abbaye de Beaulieu n'étoit pas encore
entièrement fondée l'an 859 8c que l'ar-
chevêque Rodolphe avoit seulement com-
mencé alors d'en faire jeter les fonde-
mens. C'est ce qui paroît entre autres par
une charte' datée de la cinquième année
du jeune Charles, Carolî mïnorîs , par la-
quelle Rotrude, belle-sœur de ce prélat,
donne le lieu de Béliac, en Limousin, aux
moines qui bâtissoient alors le monastère
de Beaulieu, monachis qui monasterium con-
struunt in orbe Lemovicino, &c. Justel &
Baluze rapportent' avec raison cette charte
& quelques autres semblables, au règne du
jeune Charles; ils dévoient aussi y rappor-
ter plusieurs autres qui sont datées de
même : régnante Carolo Minore & qu'ils met-
tent cependant^ sous le règne de Charles
le Chauve, son père, ce qui a induit le
' Gatlid. Chfistiana, nov. éd. t. 2, p. 568, 8c
Instfum. p. 188 & seq.
* Justel, Maison de Turenne^ Preuves, p. 8. — Ba-
luze, Hist. Tutel. append. p. 3 16.
'Justel, Maison de Turenne, p. 12. — Baluze,
Hist. Tutel. p. 38.
^ Justel, Maison de Turenne, p. 7 & suiv. — Ea-
luze, Hist. Tutel. p. 3io & suiv.
P. Mabillon en erreur & lui a fait croire
que le monastère de Beaulieu subsistoit
déjà l'an 848 ' & avant la charte de sa fon-
dation qu'il rapporte à l'an 846.
Entre ces chartes', datées du règne du
jeune Charles, il y en a deux de la qua-
trième année de son règne, anno IV Caroli
minoris ^ que M. Baluze rapporte mal à
propos à l'an 844, & dans lesquelles l'ar-
chevêque Rodolphe s'exprime de manière
à faire voir que l'abbaye de Beaulieu n'é-
toit pas alors encore fondée , mais qu'il
travailloit seulement à sa construction.
Cedo ad monasterium, quod Bellus locus dici-
tur quod, Christo propitio, infundo juris
mei construo, fi*c., sancto Petro Bellilocencis
monasterii quod ego, Christo propitio, infundo
juris mei aedificare censui, &c. Ainsi au mois
de juillet de l'an 869, qui est la date de ces
chartes, ce monastère n'étoit pas encore
bâti. Or, si sa fondation avoit été consom-
mée dès l'an 842, ou du moins dès l'an 846,
comme on le prétend, ce prélat n'auroit pas
dit en 869 qu'il avoit dessein de le bâtir.
Nous savons d'ailleurs' que cet archevêque
ne demanda qu'en 869 au roi Charles le
Chauve la confirmation de sa fondation :
peut-on croire qu'il eût attendu si long-
temps si cette abbaye eût été fondée dès
les premières années du règne de ce prince?
VIL II se présente cependant une dif-
ficulté : c'est que dans la charte de fonda-
tion ou testament du même prélat, que nous
avons dit devoir être de l'an 860, Gairulfe
n'est nommé que parmi les religieux du
monastère de Solignac qui furent introduits
dans celui de Beaulieu , tandis qu'il est
qualifié abbé de ce dernier monastère dans
d'autres chartes, qui, suivant notre sys-
tème, sont antérieures à ce testament. Mais
comme on voit par cet acte que Rodolphe
chargea Chunibert, abbé de Solignac, d'avoir
la principale administration du nouveau
monastère de Beaulieu, il ne convenoit pas
sans doute que Gairulfe en fût qualifié
abbé conjointement avec Chunibert auquel
il étoit soumis & qui lui avoit confié le
gouvernement de ce monastère. D'ailleurs
' Mabillon, ad ann. 840, n. 24.
' Baluze, Hist. Tutel. p. 3oç & scq.
' Mabillon, ad ann. 8Ô9, n. 64.
Note
99
Note
99
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
367
la même difficulté se rencontre, en sup-
posant que l'abbaye de Beaulieu fut fondée
l'an 846 & que le testament de Rodolphe,
archevêque de Bourges, est daté de cette
dernière année.
En effet, le P. Mabillon', & après lui
le P. de Sainte-Marthe citent une charte
datée de la première année du règne du roi
Charles, qu'ils rapportent à l'an 841 & dans
laquelle il est fait mention du même Gai-
rulfe, abbé de Beaulieu. Ainsi, soit que cette
dernière charte soit du règne de Charles
le Chauve ou de celui de Charles, roi
d'Aquitaine, son fils, il paroît toujours que
Gairulfe avoit le titre d'abbé avant le tes-
tament de l'archevêque Rodolphe, dans
lequel il n'est qualifié cependant que sim-
ple religieux de Solignac, & nommé parmi
ceux de ce monastère que l'abbé Chunibert
avoit envoyés pour établir celui de Beau-
lieu. Il est vrai que cette même charte
peut être rapportée à l'an 899 ou à la pre-
mière année du règne de Charles le Sim-
ple en Aquitaine, car nous savons que le
même Gairulfe étoit encore' abbé de Beau-
lieu l'an 897, & nous ignorons l'époque de
sa mort; mais ce seroit une nouvelle
preuve que le testament de Rodolphe est
fort postérieur à l'an 846 , puisqu'il est
bien moins vraisemblable que Gairulfe ait
été abbé de Beaulieu pendant près de
soixante ans de suite, que pendant qua-
rante seulement. Enfin, Rodolphe ayant
vécu jusques à l'an 866, il est beaucoup plus
probable que son testament, qui contient la
dotation du monastère de Beaulieu, est de
l'an 860 plutôt que de l'an 846, & que ce
prélat disposa de ses biens vers la fin, plu-
tôt qu'au commencement de son épiscopat.
VIII. Nous avons dit qu'il est aisé de
concilier avec notre époque celle qu'Adhé-
mar de Chabannes donne de la fondation
de l'abbaye de Beaulieu & que ce qu'il rap-
porte là dessus ne sauroit convenir avec
la sixième année de Charles le Chauve. Cet
auteur', qui écrivoitau commencement du
onzième siècle & qui étoit Aquitain, dit
' Mabillon, ad ann. 840, n. 24. — Gallia Chris'
tiana, nov. éd. t. 2, p, 601,
• Justel, Preuves, p. 24.
' Adhémnr de Cliabanais, p. 271.
NOTB
99
que l'état monastique ayant été introduit
dans l'église de Saint-Martial de Limoges
l'an 848, Dodon, qui fut le premier abbé
de ce monastère, le gouverna pendant
trois ans; qu'Abbon lui succéda & fut abbé
durant onze ans; & que la cinquième an-
née du gouvernement de ce dernier, Char-
les le Chauve (ou plutôt Charles son fils)
fut sacré roi d'Aquitaine, à Limoges, &c.
Adhémar ajoute : Hoc anno coenobium Bel-
lolocum a Radulpho archiepiscopo fundatum
&■ consecratum. Si on rapporte les mots
hoc anno à la cinquième année du gouver-
nement de l'abbé Abbon, ce calcul revient
à l'an 856 où il paroît, en effet, que Rodol-
phe jeta les premiers fondemens de l'ab-
baye de Beaulieu. Que si les mots hoc
anno doivent être rapportés à la onzième
année du gouvernement d'Abbon, comme
il est naturel, puisque Adhémar rapporte
immédiatement après la mort de cet abbé
& qu'il parle de son successeur, son calcul
est entièrement conforme au nôtre, car
Abbon, l'an 860, étoit dans la onzième
année de son gouvernement '.
IX. On doit conclure de ce que nous Éd.orig,
venons de dire que le testament ou fonda- p. 754.
tionde l'abbaye de Beaulieu par Raoul ou
Rodolphe, archevêque de Bourges, étant
de l'an 860, le comte Raimond qui le signa
ne peut être le comte de Limoges de ce
nom, car Gérard avoit déjà succédé à ce
dernier la huitième année du roi Charles le
Chauve, comme l'atteste' M. Baluze. Prae-
sertim, dit cet auteur, cum anno octavo rég-
nante Karolo serenissimo Aquitanorum rege,
tempore Stodili episcopi , Geraldum fuisse
comitem Lemovicensem reperiamus in char-
tulario ecclesiae Lemovicensis. Or cette hui-
tième année du règne de Charles ne peut
regarder que Charles le Chauve , puis-
qu'elle est jointe à l'épiscopat de Stodilus,
évêque de Limoges, qui ne s'étend pas au
delà de l'an 860, & que la huitième année
' M. Deloche a emprunté une partie de cétt3
note à dom Vaissete, 8c l'a insérée dans sa préfaça
du Cartula'ire de Beaulieu, Voyez cet ouvrage, où
l'époque de la fondation de Beaulieu est de nou-
veau discutée, ainsi que la date des plus anciennes
chartes de ce cartulaire. [E. M.J
* Baluze, Hist. Tutel. p. 9.
Note
99
368
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
du règne du jeune Charles ne peut con-
courir qu'avec la fin de l'an 862 & l'an 863'.
Ainsi le comte Raimond, qui étoit présent
à la charte de fondation de l'abbaye de
Beaulieu, doit être le comte de Toulouse
de ce nom qui vivoit alors.
X. Il est fait encore mention de ce sei-
gneur dans plusieurs autres titres" de
l'abbaye de Beaulieu, & eii particulier
dans une donation faite à ce monastère,
par l'archevêque Rodolphe, du lieu de
Beliac, en Limousin, dont il avoit fait un
échange avec lui, quem cum Raîmundo
comité concambiavi. Cette charte, qui est
datée du mois de mai, la quatrième année du
règne du jeune Charles, c'est-à-dire de l'an
859, ne peut convenir à Raimond , comte
de Limoges ; elle confirme au contraire
l'époque de la fondation de l'abbaye de
Beaulieu que nous venons d'établir.
XI. Mais ce qui prouve évidemment que
le comte Raimond, dont il est fait si sou-
vent mention dans les titres de l'abbaye de
Beaulieu du neuvième siècle, est le même
que Raimond premier du nom, comte de
Toulouse, c'est que nous savons d'ailleurs
que celui-ci étoit comte de Querci, comme
il paroît par le témoignage d'un auteur qui
a écrit au onzième siècle l'Histoire abré-
gée de l'abbaye de Figeac, & qui, parlant
d'Aymar % premier abbé de ce monastère
depuis son rétablissement, dit qu'il mourut
l'an 852, indiction xv, du temps de Rai-
mond, comte de Toulouse. Or, comme cet
auteur ajoute que ce dernier est le premier
des comtes de Toulouse qui prêtèrent ser-
mentde fidélité aux abbés de Figeac, & que
nous savons d'ailleurs que ces seigneurs ne
le prêtèrent qu'en qualité de comtes de
Querci, il s'ensuit que Raimond devoit
posséder ce comté. Obiit autem, dit cet au-
teur, temporibus Raimundi Tolosani comitis
& Stephani episcopi Cadurcensis anno ab
incarnatione Domini 852, indictione XV
Hic vero Raimundus supradictus cornes pri-
mus per sacramentum fidelitatem Fiacensi
abbati juravit.
XII. Cette preuve, jointe à un grand
' Gallia Chr'istiana, nov. ed, t. 2, p. 5o8.
■ Justel, Maison de Tur. Preuves, p. 12, i3, i5.
' Baluze, Miscellun, t. 2, p. 298 Se sc;j.
nombre de titres de l'abbaye de Beaulieu,
qui font mention conjointement ou sépa-
rément du comte Raimond & de ses en-
fans , les comtes Bernard & Eudes , ne
nous permet plus de douter que ces sei-
gneurs ne soient les mêmes que les comtes
de Toulouse de ce nom qui vivoient dans
le même temps ; d'où il est aisé de conclure
qu'ils dévoient posséder dès lors le comté
de Querci & qu'il étoit déjà dans leur
maison du moins dès l'an 852.
XIII. A Raimond I , comte de Toulouse,
succéda son fils Bernard. Ce dernier est
nommé avec son frère Eudes dans la charte
de Frotaire, archevêque de Bourges, de
l'an 876, en faveur de l'abbaye de Beau-
lieu dont nous avons déjà parlé. Il est
encore connu par d'autres titres ' du même
monastère & n'est point différent du comte
Bernard qui, tenant %q.% assises" dans un
lieu appelé Semmarium, situé sans doute
en Querci, y rendit un jugement en faveur
de la même abbaye, sur laquelle on avoit
usurpé quelques biens. Ce jugement est
daté du mois d'août, la quatrième année du
règne du roi Louis, fils du roi Charles, c'est-
à-dire de l'an 870, temps auquel vivoit
Bernard, comte de Toulouse. Car c'est de
Louis le Bègue, qui étoit roi d'Aquitaine
du vivant de Charles le Chauve, son père,
qu'il s'agit dans cette charte, & Justel, qui
a voulu la rapporter à l'an 838, s'est trompé
grossièrement, puisque, outre que l'abbaye
de Beaulieu n'étoitpas encore fondée dans
ce temps-là, c'étoit Pépin & non pas Louis
qui régnoit alors en Aquitaine.
XIV. Eudes succéda à Bernard, son frère,
dans le comté de Toulouse. Il est parlé
d'un comte Eudes dans plusieurs titres ' du
cartulaire de l'abbaye de Beaulieu, entre
autres dans l'acte de vente que fit ce comte
à Frotaire , archevêque de Bourges , du
lieu d'Orbassac en Limousin, que ce prélat
' Mabillon, ad ann. 91 1 , n. 76.
" Justel, Maison de Turenne, Preuves, p. \i. 8t
aux Preuves de ce volume, sous le n. XCV, Juge-
ment rendu par Bernard, comte de Toulouse,
^ Voyez aussi aux Preuves , sous le n. Cil ,
Echange fait entre Eudes, comte de Toulouse, & Fro~
taire, archevêque de Bourges, & autres titres cités à
la suite.
Note
99
Note
99
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
369
donna ensuite à cette abbaye. Cet acte est dans le même dessein, la sixième année
sans date j mais comme il doit être antérieur de son empire, il est à présumer que ce
à cette donation, laquelle est au plus tard dernier est la confirmation de l'autre &
de l'an 876 comme nous le ferons voir dans qu'ils furent donnés à peu près dans le
la No<e suivante, cette vente dut se faire même temps; d'où il s'ensuit que Gilbert
vers la fin de l'an 875 ou au commencement n'étoit plus comte de Rouergue en 820.
de l'année suivante. Il est à remarquer que XVI. Le premier comte de ce pays que
le comte Eudes fit cette vente ' du consente- Bonal trouve après Gilbert est Raimond ,
ment de son frère Arbert; ce qui confirme qui vivoit en 950. Comme il est certain que
qu'il s'agit ici d'Eudes, comte de Toulouse, ce dernier étoit de la maison des comtes
qui avoit" en effet un frère appelé Arbert, de Toulouse, ainsi que nous le verrons
lequel fut surnommé Benoît. On convient ailleurs, c'est une preuve que le comté de
que Raimond II, fils d'Eudes, & ses suc- Rouergue étoit au moins dès lors dans
cesseurs, furent comtes de Querci. Nous en cette maison. Et comme les fiefs de dignité
Éd.orlg,
M,
p. 755.
apporterons dans la suite diverses preuves.
Ce comté demeura donc dans la maison
des comtes de Toulouse depuis le milieu
du neuvième siècle jusques à l'an 1271
qu'il fut réuni à la couronne après la mort
de Jeanne, dernière comtesse de Toulouse
& de Querci.
étoient alors héréditaires depuis long-
temps, elle devoit le posséder plusieurs
années auparavant. Il paroît, en effet,
qu'elle l'occupoit déjà depuis le règne de
Louis le Débonnaire, car nous trouvons un
comte ' appelé Fulcoald qui étoit com-
missaire sur les frontières de ce pays avant
XV. Pour ce qui est du comté de Rouer- l'an 887 & qui en étoit vraisemblablement
gue, nous trouvons que les comtes de Tou- comte. Or, Frédelon & Raimond I, son
louse en ont été maîtres &qu'ilspossédoient frère, qui se succédèrent dans le comté de
de grands biens dans ce pays, soit en alleu, Toulouse depuis l'an 849, étoient fils d'un
soit en bénéfice, dès le commencement du seigneur appelé ' Fulguald : ainsi Fulcoald
neuvième siècle. Bonal, juge des montagnes ou Fulguald, comte de Rouergue, est sans
de Rouergue, qui a fait de grandes recher- doute le même que le père do ces deux
ches sur les anciens comtes de ce pays dont comtes de Toulouse à qui il dut trans-
il a laissé une histoire manuscrite, n'a pu, mettre ce comté. Aussi voyons-nous que
malgré tous ses soins, en trouver qu'un Frédelon, fils de Fulguald, possédoit' déjà
seul depuis le règne de Charlemagne jus- quelque comté dans l'Aquitaine vers l'an
ques au milieu du dixième siècle. C'est 845, avant qu'il fût pourvu de celui deTou-
Gilbert, dont il est fait mention dans un
diplôme de Pépin I, roi d'Aquitaine, en fa-
veur de l'abbaye de Conques, dont cet
auteur rapporte un fragment. Notum sît, dit
ce prince, qualiter olim venerabilis Dado,
quemdam îocum qui dicïtur Conquas desertum
atque a Saracenis depopulatum in pago Ru-
tenicOj per licentiam Gilberti quondam comitîs
de ratione fisci régis accepit, & monasterium
a fundamentis construxit , &c. Bonal ne rap-
porte point la date de ce diplôme; mais
comme il est assez conforme à celui' que
l'empereur Louis le Débonnaire donna
' Voyez aux Preuves, le n. Cil.
' Voyez aux Preuves, n. CXI, Donation Je Ber-
tei\, comtesse de Toulouse, au monastère Je Vahres.
' Capitulaires, Append. p. i^i6, & Gall. Christ.
noY. éd. t. i,p. 236.
louse, & comme nous savons d'ailleurs*
qu'il domina sur le Rouergue, de même
que Raimond & Bernard ses successeurs,
il devoit posséder dès lors ce comté. Nous
savons enfin que le même Raimond avoit
des biens considérables dans ce pays où il
fonda l'abbaye de Vabres.
On peut ajouter à toutes ces raisons que
' Voyez aux Preuves, sous le n. LIT, Charte Je
Louis le Débonnaire en faveur Je l'ahhayc J'Aniane,
' Voyez aussi aux Preuves, n. LXXXVII, Charte
Je fonJation de l'ahhaye Je Vahres, par Raimond,
comte Je Toulouse.
' Frodoa rd, /fiir. Rem. I. 3, c. 20.
* Voyez aux Preuves, sous le n. C, Donation,
faite au monastère Je Vahres, pour le soulagement
Jes âmes Jes Jucs & marquis FréJelon, RaimonJ &
BernarJ.
Note
99
II.
24
Syo
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
100
nous ne connoissons, depuis Gilbert, aucun
comte de Rouergue qui soit différent des
comtes de Toulouse, lesquels possédoient
certainement ce comté au commencement
du dixième siècle. Ainsi il demeura tou-
jours dans la maison de ces comtes depuis
eiiviron l'an 83o jusques à l'an 1271 qu'il fut
réuni à la couronne avec les autres do-
maines de cette maison.
On voit, par ce que nous venons de dire,
que Frédelon succéda d'abord à son père
Fulguald dans le comté de Rouergue & que
le roi Charles le Chauve lui ayant donné,
en 849, le comté de Toulouse, il posséda
conjointement ces deux comtés qui passè-
rent à son frère Raimond & à ses succes-
seurs ; que ce dernier qui fut pourvu du
comté de Querci que ce prince lui avoit
donné vraisemblablement, le joignit aux
deux autres, & qu'ainsi, dès le milieu du
neuvième siècle, Raimond posséda le Tou-
lousain, le Rouergue & le Querci & les
transmit à ses descendans qui les conser-
vèrent toujours depuis dans leur famille,
outre plusieurs autres fiefs de dignité qu'ils
ajoutèrent dans la suite à leur domaine.
NOTE C
Epoque de la mort de Bernard II,
comte de Toulouse , frère 6 prédé-
cesseur d'Eudes,
I.
l'an 876. C'est ce qui paroît ' par la charte
de Frotaire dontnous avons déjà parlé dans
la Note précédente & par laquelle ce pré-
lat donne à l'abbaye de Beaulieu le lieu
d'Orbassac dans le Limousin qu'il avoit
acquis du comte Eudes, lequel n'est pas dif-
férent de notre comte de Toulouse, comme
nous l'avons déjà prouvé.
III. Cet acte est daté de la manière sui-
vante dans le cartulaire de cette abbaye :
Datum huîc cessionîs cartulae în mense Au~
gusto, anno IV, împerante Karolo III in Gal-
Uis ; mais cette date ne peut se soutenir,
puisque la quatrième année de l'empire
de Charles le Gros, supposé que ce soit de
lui qu'on a voulu parler dans cette date,
comme le prétend le P. Mabillon", ne
sauroit s'accorder avec la troisième année
du règne de ce prince en France ou dans
les Gaules. Aussi ce savant annaliste, pour
concilier ces deux époques, a-t-il cru qu'il
falloit lire anno VII împerante au lieu
à' anno IV, & rapporter cette date à l'an 887.
Mais outre que c'est contre l'autorité du
cartulaire de Beaulieu, il est certain d'ail-
leurs que cette donation doit avoir été
faite du vivant de Charles le Chauve.
IV. En effet ce prince la confirma par
un diplôme ' du mois de juillet de l'an 876,
parce que, suivant un acte de l'an 1 164 % le
lieu à'Orbassac dépendoitdu fisc ou du do-
maine royal. Karolus rex Francorum prae-
dîctae ecclesîae concessît quia de jure illîus
dinoscebatur ; ce qui fait voir que la charte
de Frotaire doit être du règne de Charles
le Chauve, que le comte Eudes ou ses pré-
décesseurs avoient possédé le lieu d'Orbas-
NOTE
100
BERNARD II, comte de Toulouse, dut
mourir vers la fin de l'an 875; en voici sac en bénéfice, & qu'enfin la vente = qu'en
uve. Suivant une lettre' qu'Hincmar fit ce seigneur à Frotaire. archpv^miR Ha
la preuve, ouivani une iettre" qu
lui écrivit peu de temps avant le départ de
Charles le Chauve pour l'Italie, ou avant le
mois d'août de l'an 875, il étoit alors en-
core en vie, & il est fait mention de lui
comme étant déjà décédé dans une charte'
du mois de décembre de la même année.
fit ce seigneur à Frotaire, archevêque de
' Voyez aux Preuves, sous le n. Cil, Echange
fait entre Eudes^ comte de Toulouse, & Frotaire, ar-
chevèque de Bourges.
' Mabillon, ad ann. 827, n. 21.
^ Voyez aux Preuves de ce volume, sous le nu-
II. On peut confirmer cette époque eu "^"^ ^^^' ^^'"'^^ ^^ l'empereur Charles le Chauve
faisant voir qu'Eudes, son frère & son suc
cesseur, étoit déjà qualifié comte dès l'an
875 ou, au plus tard, au commencement de
'Frodoard, ^iir. Rem. 1, 3, c. 26.
* Voyez aux Preuves, le n. C, déjà cité.
en faveur de l'ahhaye de Beaulieu, en Limousin,
^ Voyez aux Preuves, sous le numéro CXIII,
Echange de l'église de Tudel avec le lieu d'Orbassac,
en Limousin,
* Preuves, n. Cil, Echange fait entre Eudes ,
comte de Toulouse j & frotaire , archevêque de
Bourges.
Note
100
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
3/1
Note
IQI
NOTE CI
Éd.orig.
1. 1,
p. 756.
Bourges, de même que la donation de ce
prélat à l'abbaye de Beaulieu, sont anté-
rieures au diplôme de Charles le Chauve.
On peut appuyer ce que nous venons
de dire par une charte" du roi Carloman
de l'an 882, qui confirme cette abbaye dans Sur quelques événemens arrivés du ^-'^ «rig
la possession du même lieu d'Orbassac , temps des Sarrasins^ & sous le règne P- <5'7-
conformément à la charte de Charles le ^^ ^^^ -^ ;^ Débonnaire.
Chauve. D ou 1 on doit conclure que la
date de la donation de Frotaire , telle
qu'on la lit dans le cartulaire de Beaulieu,
ne peut être rapportée au règne de l'empe- ^^^ • dont il a accompagné l'Histoire d'Es-
reur Charles le Gros & qu'elle doit avoir pflg'nc de don Juan de Ferreras , qu'il a tra-
Tv «• d'Hermilli , dans les savantes notes
été ajoutée. Aussi est-il évident que les
trois ou quatre lignes où elle est ren-
fermée depuis ces mots secundum manda-
tum, & que nous avons fait imprimer" en
italique, n'appartiennent pas au corps de
duite en françois, prend la défense de cet
habile historien ou annaliste, dans toutes
les occasions où il est contredit par les mo-
dernes : il nous a fait l'honneur en par-
ticulier de comparer les divers endroits do
l'acte, lequel étant par conséquent sans notre histoire, où nous ne sommes pas
date, on doit la régler par celle de la
charte de Charles le Chauve qui en fait
mention. Or, comme il paroît, d'un autre
côté, qu'Eudes ne peut avoir été comte de
Toulouse que vers la fin de l'an ByS, il faut
que cet acte', de même que celui par le-
quel ce seigneur vendit le lieu d'Orbassac
à l'archevêque Frotaire, dans lequel il
prend le titre de comte par la grâce de
Dieu, & qui est sans date, appartiennent à
la fin de cette année ou au commence-
ment de la suivante* ; ce qui confirme l'épo-
que de la mort de Bernard, comte de Tou-
louse, & de l'avènement de son frère Eudes
à ce comté dont nous avons parlé au com-
mencement de cette Note.
' PreuveSj n. CX, Charte du roi Carloman en fa-
veur de l'ahhaye de Beaulieu, en Limousin.
' Preuves, n. CIII, Donation faite en faveur de
l'abhaye de Beaulieu, en Limousin, par Frotaire, ar-
chevêque de Bourges.
' Voyez aux Preuves, sous le n. Cil, Echange fait
tntre Eudes, comte de Toulouse, & Frotaire, archevê-
que de Bourges.
* M. Oeloche (Introduction au cartulaire de Beau-
lieu, p. 236), contrairement à ropinion de dom
Vaissete, a fixé, comme Mabillon, à l'année 887 la
date du privilège de Frotaire pour le village d'Or-
bassac (appelé depuis Le Saillant), & à l'année 88(5
l'acte de vente du même lieu, par le comte Eudes, à
Frotaire. Les raisons qu'il donne à l'appui de son
opinion sont convaincantes. [E. M.]
d'accord avec Ferreras & où nous avons
cru devoir l'abandonner, & il décide tou-
jours en sa faveur. On doit attribuer sans
doute, avec les Journalistes de France', le
zèle de M. d'Hermilli pour l'historien es-
pagnol, à la vive estime qu'il a conçue
pour lui; & nous n'avons garde de blâmer
cette estime qui est très-bien fondée :
mais oserons-nous lui dire avec les mê-
mes Journalistes , après l'avoir remercié
des termes polis & obligeans dont il use
à notre égard « qu'il paroît n'avoir pas
« toujours été assez en garde contre la
« prévention si naturelle aux traducteurs
« en faveur de leur auteur. « Au reste ,
nous n'entreprenons pas de répondre à
toutes ses réflexions 3 plusieurs sont trop
vagues ou trop peu développées : nous
nous contenterons de quelques observa-
tions.
I. Nous avons dit dans notre premier
volume (livre VIII, n. LXVii)queles Maures
d'Espagne, à l'exemple de ceux d'Afrique,
se soulevèrent contre Ocba ou Aucupa,
leur gouverneur, le destituèrent de son
gouvernement l'an 742, tirèrent Abdel-
melec, son prédécesseur, de la prison où il
l'avoit enfermé, & rétablirent ce dernier
dans son ancienne dignité. M. d'Hermilli
fait" à ce sujet la réflexion suivante : Par
' Janvier, 1744.
" Hist. gén. d'Espagne, t. 2, p. 474.
Note
372
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Éd.orig.
t.V,
p. 072.
la suite néanmoins de V histoire, il paraît que, d'ailleurs, le texte de la Chronique
que c'est une faute contre la vérité & con- d'Isidore de Béja est fort obscur, à cause
tre la chronologie. Nous avons cité en de sa corruption, ainsi que M. d'Hermilli
note la Chronique d'Isidore de Béja', qui en convient lui-même. Mais quelque obs-
rapporte la destitution d'Abdelmelec & curité qu'il y ait dans cette chronique, il
l'élection d'Aucupa à l'an 787 de J.-C. Cui y est marqué clairement que Belgi, s'étant
& mox post modicum in aéra DCCLXXV rendu maître de Cordoue, fit mourir Ab-
an. Leonis imperii XVII & Arabum CXVIIII delmelec, qui étoit du parti du kalife Is-
Iscam XV successor venit nomine Aucupa, cam, opposé aux rebelles. Par conséquent
qui dum potestate praecelsa, genealogiam & Belgi étoit du parti de ces derniers, & op-
legîs suae custodiam, cuncta tremet Hispania : posé au kalife. Or, Roderic de Tolède ayant
praedecessorem vinculo aligans judices ab eo mis Belgi à la tête des rebelles dès le com-
praepositos fortiter damnât, &c. Isidore dit mencement de la révolution, nous avons eu
ensuite quelques lignes plus bas, parlant lieu de croire que, de son temps, il y avoit
du même Aucupa : Qui & post paulum, PE- des copies de la Chronique d'Isidore de
RACTO QUINQUENNIO , Abdelmelic prae-
facto régna restaurons infirmitate correptus,
mox languor ad vitalîa rediit, &■ saeculo mi-
grât.,.. Abdelmelic vero consensu omnium
in aéra DCCLXXX, anno imperii Leonis XXII,
Arabum CXXIV, Iscam XX eligitur in régna
Arabum, &c. Si l'on ajoute cinq ans à
l'an 735, il en résultera qu'Aucupane mou-
Béja moins obscures & plus intelligibles
qu'elles ne le sont aujourd'hui, & qu'il
aura trouvé ce qu'il avance dans cette même
chronique : mais c'est trop s'arrêter à des
minuties.
III. Nous avons rapporté, sous l'an 809,
livre tX, n. LXII, le récit de ce qui se passa
au seul siège de Tortose entrepris par le
rut qu'en 742, & il n'y a aucune preuve roi Louis le Débonnaire, & nous avons fait
qu'il n'ait pas régné au delà de l'an 740. Ce voir dans la Note XC que tous les moder-
n'est donc une faute, ni contre la vérité,
ni contre la chronologie.
II. M. d'Hermilli prétend que nous
avons eu tort de refuser" à Belgi la qualité
de neveu &de lieutenant général de Culta,
nés qui ont multiplié cette expédition,
trompés par une transposition évidente
du texte de l'Astronome dans la vie de
ce prince, n'étoient pas fondés. Ferreras,
qui est de ce nombre, a rapporté sous
général du calife. Il ajoute « que l'expli- l'an 802 & sous l'an 809 la même expédi-
« cation que nous donnons au texte de
« la Chronique d'Isidore de Béja ou de
« Badajoz, fait que nous rapportons une
« partie des actions de Belgi d'une autre
« manière que Ferreras, quoique le détail
« où est entré cet écrivain & les circons-
« tances qu'il rapporte sous les années
« 741 & 742 eussent dû nous déterminer à
« ne s'en point écarter, sans en donner
tion de Louis contre la ville de Tortose.
M. d'Hermilli', après avoir d'abord ren-
voyé à cette Note, sous l'an 802, dit sous
l'an 809 : « Il paroît que les nouveaux his-
« toriens du Languedoc ont confondu cette
« campagne de Louis (en 809) avec celle
« que ce prince fit en 802, suivant Ferre-
« ras; rapportant les événemens de l'une
« & de l'autre sous l'an 809. « Il pouvoit
« du moins quelque raison. » Nous croyons dire plus véritablement que c'est Ferre-
avoir suffisamment donné les raisons qui ras qui a confondu les événemens de la vie
nous ont fait écarter de Ferreras, en citant de Louis le Débonnaire, & qui les a multi-
dans nos notes Roderic de Tolède qui, dans plies sans nécessité , ou bien M. d'Hermilli
scn Histoire des Arabes \ c[U2L\ifie Belgi gé- devoit faire voir que nous nous sommes
aérai des rebelles; & c'est ce qui nous a trompés, en supposant la transposition qui
fait écarter du récit de Ferreras, parce se trouve dans l'Astronome.
Il ajoute que nous n'avons appuyé d'au-
cune autorité ancienne les faits que nous
avons rapportés sous la même année 809,
' Chronicon Isidorl Pacensis, p. 19 & seq.
* Hist. gcn. de Languedoc, tome I, livre VIII,
n. XLVii.
* Hiit. gcn. d'Espagne, t. 2. p. 547.
Note
loi
' H'ist. gén. d'Espagne, t. 2, p. 55 1.
Note
lOI
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
373
savoir que dans le temps que le roi Louis qui a engagé un anonyme, partisan du Vi-
le Débonnaire entreprit le siège de Tor- gan, à nous adresser une dissertation, dans
tose, « un autre corps de troupes fran- laquelle il réfute les raisons de M. de Man-
« çoises agissoit contre Amoroz, gouver- dajors, & se fonde principalement sur l'o-
« neur sarrasin de Saragosse & d'Huesca, piniou commune. Quant au défaut de con-
« qui refusoit l'obéissance à Louis 5 que ce venance des deux noms, il prouve fort bien
« corps étoit commandé par le comte qu'elle n'est d'aucun poids , à cause de
Note
102
NOTB
102
« Auréole, qui avoit fait bâtir plusieurs
« châteaux aux environs de ces deux
« places, pour en resserrer les garnisons. »
M. d'Hermilli pouvoit consulter les garans
que nous avons cités en note, & tous nos
anciens annalistes", entre autres les Anna-
les de Loisel & de Metz où on lit les paroles
suivantes : Aureolus cornes, qui in confinio
Hispaniae atque Galliae, trans Pyrenaeum ,
contra Oscam & Caesar-Augustam residebat,
defunctus est; & Amoro^ praefectus Caesar-
Augustae atque Oscae ministerium ejus invasit,
& in castellis illius praesidia dispos uit; mit-
tensque ad imperatorem legationem, se cum
suis omnibus ejus obsequio traditurum pro-
mittit. On voit dans la suite de ces histo-
riens, qu'Amoroz ne tint pas sa promesse
& qu'il refusa de se soumettre à Charle-
magne.
NOTE Cil
Éd.orig, ^nj- i^ situation de Vindomagus 6* du
V'^(i2. Castrum Latera.
diverses vicissitudes arrivées dans les chan-
gemens des noms. Il appuie son sentiment
sur les ruines de quelques anciens bâti-
mens trouvées au Vigan, sur ce qu'on
trouve quelquefois des médailles dans l'an-
cienne enceinte de cette ville, & sur ce
qu'on y a découvert, en creusant des aque-
ducs & autres ouvrages qui marquent son
ancienneté.
M. Astruc, dans son Essai sur Vhistoire
naturelle de Languedoc ', a employé plu-
sieurs pages pour chercher la situation
du même lieu de Vindomagus. Il rejette
toutes les opinions précédentes & s'étend
sur les raisons qui lui font croire que
Vindomagus est la ville de Sauve, dans les
Cévennes & le diocèse d'Alais. On peut
croire que l'amour de la patrie a beaucoup
contribué à lui faire préférer cette posi-
tion à toutes les autres. M. de Mandajors
pourroit lui opposer le peu d'analogie du
nom ancien avec le moderne ; & en suppo-
sant l'exactitude des positions marquées
dans Ptolémée, on ne sauroit trouver un
demi degré de longitude de distance de
Sauve à Nimes. D'ailleurs Ptolémée mar-
que que la latitude de Nimes & celle do
Vindomagus soiit les mêmes. Or, M. Astruc
convient que celle de Sauve est plus sep-
tentrionale que celle de Nimes de quelques
minutes. Comme celle du Vigan est encore
I. Ti /r DE Mandajors * parlant de la situa-
IVi • tion de Vindomagus, ville des Vol-
ces Arécomiques, fait voir qu'elle ne sauroit plus septentrionale, ce serait une objection
convenir à Uzès, en supposant l'exactitude à faire. à ceux qui prétendent que cette
des positions marquées dans Ptolémée, dernière ville est le Vindomagus de Ptolé-
puisque, suivant ce géographe, Vindomagus mée : mais il faut convenir que la dis-
étoit plus occidental que Nimes d'un demi tance du Vigan à Nimes est beaucoup plus
degré. Il rejette aussi le sentiment de ceux grande que celle de Sauve à Nimes & que
qui croient que la situation de Vindoma- par conséquent la position du Vigan, par
gus convient au Vigan, dans les Céven-
nes, & il se fonde sur ce qu'il n'y a au-
cune analogie entre les deux nomsj ce
' Annales Loisel. & Met. — Recueil des Historiens
de France^, p. 355 & suiv.
• Hist.eritiq. de la. Gaule Harbonn. p. S^l Scsuiv.
rapport à la longitude, cadre beaucoup
mieux. Enfin, si la distance de Sauve à
Nimes paraissoit suffisante, nous aimerions
mieux croire que l'ancien Vindomagus est le
' Mémoire pour l'Hist. naturelle de Languedoc ,
p. 6i & suiy.
Note
102
374
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
raire, en ait fait mention 5 4° que Lates
étant situé à l'embouchure de la rivière
de Lez, Mêla en a parlé après avoir nommé
cette rivière. Mais ce qui doit décider en-
tièrement la question, est que Pline' fait
mention de l'étang de Lates, Stagnum La-
tera. Or, comme il y avoit alors certaine-
ment aux environs un château du même
nom, c'est de ce château que l'étang aura
pris son nom; ainsi il devoit être situé vers
ses bords, au lieu que la citadelle de Mont-
pellier en est éloignée de deux lieues.
village de Vendargues, situé à deux lieues
de Montpellier, vers le levant , & à peu
près sur la route de Montpellier à Nimes.
On trouve dans Vendargues l'analogie des
deux noms, & la distance de Vendargues à
Nimes est la même que celle de Sauve à
Nimes. Tout ce qu'on pourroit objecter,
c'est que la situation de Vendargues est un
peu plus méridionale que celle de Nimesj
mais elle n'est pas plus méridionale que
celle de Sauve n'est septentrionale à l'égard
de la même ville de Nimes. Nous ne nous
arrêterons pas davantage sur ces discus-
sions, qui, comme le dit fort bien M. As-
truc, ne sont que des conjectures : c'est au
public à préférer celles qui lui paroîtront
les plus vraisemblables.
II. M. Astruc' prétend que le Castellum
Latera de Pomponius Mêla ne sauroit être
le château de Lates. Il conjecture que ce
château devoit être situé dans l'endroit où
on a construit la citadelle de Montpellier.
Ses raisons sont : i" que le bourg de Lates
est trop nouveau pour que Pomponius
Mêla en ait pu faire mention- 2" que l'en-
droit où il est bâti devoit être couvert de
son temps des eaux de l'étang, puisque ce
n'étoit encore qu'un marais en 1 121 ; 3" que
Pomponius Mêla, en décrivant le Langue-
doc, ne parle que des lieux situés sur la
route de Rome en Espagne, & que le village
de Lates n'étoit pas situé sur cette route j
4" que, suivant la méthode suivie par ce
géographe, Castellum Latera dévoit être plus
occidental que la rivière de Lez. On pour-
roit répondre à ces raisons : 1° qu'il ne s'agit
pas dans PomponiusMéla du bourg moderne
de Lates, mais d'un ancien château de ce
nom qui subsistoit de son temps, 8t d'où le
bourg aura pris son nom dans la suite;
1° que la côte de Languedoc ayant éprouvé
diverses vicissitudes, les environs du châ-
teau de Lates pouvoient n'être que des
rtiarais au douzième siècle, &: avoir été bours, on y a ajouté une figure où l'on les
moins marécageux onze siècles auparavant' verra dans le même ordre que présente l'o-
3* qu'il suffit que le château de Lates n'ait riginal, qui est pour le moins aussi net &
NOTE cm
Sous le règne de Théodebert, la ville
d'Uzès avoit une monnoie. Nous ne sau-
rions mieux le prouver que par la savante
dissertation qui nous a été communiquée,
& que nous insérons ici. Elle est de
M. Abausit, originaire d'Uzès, & établi de-
puis longtemps à Genève. Nous avojis fait
graver l'empreinte de la pièce d'or dont il
s'agit parmi les monnoies que nous don-
nons dans la dernière planche à la suite
des sceaux de l'ancienne noblesse de la
province.
Dissertation sur une pièce d'or frappée
à U';^ès.
AU mois de mai 1718, il a été trouvé sous
un vieux ravelin, à Genève, une pièce
d'or frappée à Uzès & qui est revenue de
droit à la bibliothèque publique de Genève.
On joint ici l'empreinte de cette monnoie j
& comme les caractères, à cause de leur peu
de relief bien qu'ils soient fort distincts ,
n'ont pas également bien réussi sur l'em-
preinte & qu'elle n'a pu les tracer qu'à re-
NOTE
io3
Ed.orig.
t.V,
p. 669.
pas été éloigné de la grande route de
Rome en Espagne , pour que Pomponius
Mélâ, qu\ n'a pas prétendu faire un itiné-
* Mémoire pour i'Hht. nntùrelîe it Luii^utdoCi
p. 34&suiY.
aussi lisible que la copie.
La tête du roi est couverte d'un diadème,
ou espèce de petit bonnet avec les lam-
beaux ou lambrequins qui pendent au
• Pline, 1. 9, c. t.
Éd.orig.
tV,
p. 070.
Note
io3
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
375
derrière de la tête. Immédiatement au-
dessus est une petite croix, & au-dessous
deux figures dont l'une ressemble au fer
d'un javelot, & l'autre à un petit bâton ou
sceptre avec une espèce de ruban qui y est
attaché. La Légende est VCECIE CIT. à
la ville d'Usés. CIT. est une abréviation
pour Civîtas , titre qui , sur toutes les
monnoies de la première race , est toujours
donné aux villes épiscopales, pour les dis-
tinguer des autres lieux, comme M. le Blanc,
qui avoil fort étudié toute cette matière, le
remarque dans un bel ouvrage des mon-
noies de France, pag. 129, édit, de Holl.
Sur le revers est une grande croix ap-
puyée sur un piédestal, avec ces mots tout
autour, ALDERICVS FECET. Alderic est
le nom du monétaire qui a fait frapper la
pièce. Fecet est mis pour Fecît; l'E & l'I
qui se prononçoient presque de même étant
souvent mis l'un pour l'autre, comme
CIVET pour Civitas dans une monnoie de
ce temps-là. Il nous reste quantités de piè-
ces d'or de la première race, où le moné-
taire, ou fermier de la monnoie, après
avoir mis le nom de la ville autour de la
tête du roi, faisoit graver le sien sur le
revers; & cet usage qui immortalisoit le
monétaire & laissoit le prince dans l'obs-
curité, si peu séant à la majesté royale
qu'il étoit sans exemple partout ailleurs,
excepté quelques monnoies d'Angleterre,
déconcerte aujourd'hui les savans, presque
toujours embarrassés à nommer l'auguste
tête qui les occupe.
Tous les C sont ici carrés, comme dans
plusieurs monnoies de ce temps-là; CLO-
DOVE. CLOTHARIVS. CHARIBERTVS.
&c. La petite croix ne coupe le mot
VEECtIE, qu'afin de pouvoir se trouver
immédiatement sur la tête du prince, de
même que MASflLIE, ROTOfMO , &c.,
dans de pareilles monnoies de la première
race, frappées à Marseille, à Rouen, &c.,
sur lesquelles la croix répond au dessus de la
tête, 8c qui sont rapportées avec plusieurs
autres de même nature par M. le Blanc.
Les noms des lieux y sont d'ordinaire si
mal orthographiés & tellement défigurés
par l'ignorance du monétaire, qu'on a de la
peine à ne pas les confondre, & souvent les
plus habiles critiques ne savent où ils en
sont. Il n'y a pas ici le moindre doute sur
Uzès; car outre qu'on ne connoît point de
ville dans les Gaules, dont le nom ait quel-
que rapport & puisse être confondu avec le
sien, il y est écrit Ucecîa, comme il le doit
être, & comme il l'est, en effet, dans l'an-
cienne Notice des Gaules, publiée par le
P. Sirmond à la tête des Conciles. Le pape
Hilarus, dans une lettre écrite l'an 462, où
il ôte à l'évéque de Narbonne la présidence
dans les conciles provinciaux, pour la don-
ner à Constantius, évêque d'Uzès, orthogra-
phie Uceticy de même que divers évéques
de cette ville l'écrivirent dans leur sous-
cription aux conciles. Mais la différence
est très-légère, c'est au fond la même pro-
nonciation; & d'ailleurs, outre l'ancienne
notice ci-dessus citée, il y en a deux autres
encore publiées par Duchêne , qui tien-
nent pour Ucecia, aussi bien que Grégoire
de Tours, le plus ancien de nos historiens,
liv. 6, chap. 7, dans lequel il fait l'éloge
de Ferréol, évêque d'Uzès, son contempo-
rain, & mort vers l'année 58i.
Voilà ce qui regarde l'extérieur de la
pièce. Reste à savoir si elle est d'un roi
des François, plutôt que d'un roi des Vi-
sigoths, ou d'un roi des Bourguignons-
Vandales, puisque ces trois puissances ont
assez longtemps partagé l'empire des Gau-
les, & que la seconde même tenoit encore
le Languedoc & le Roussillon vers le com-
mencement du huitième siècle, lorsqu'elle
fut détruite par l'arrivée des Sarrasins.
On exclut d'abord les Bourguignons, dont
le règne finit en 534. L'étendue de leurs
États est exactement connue : on sait par
les souscriptions des conciles, & surtout
de celui d'Epone, le nombre de leurs villes
épiscopales, nom par nom, & il est bien
certain qu'ils n'ont jamais été les maîtres
d'Uzès.
La pièce ne sauroit être non plus d'un
roi des Goths ou Visigoths, quoiqu'ils aient
possédé le Languedoc pendant deux cent
cinquante ans. On voit dans toutes les mon-
noies qui nous restent d'eux, qu'ils igno-
roient cet usage bizarre & tout^ fait sin-
gulier, de substituer le nom du monétaire
à la place de celui du roi; & parcourant
celles qui sont dans le cabinet de Sa Ma-
jesté, & le type de celles que rapporte
Note
io3
Note
io3
376
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Aiitoiiius Augustiuus dans ses dialogues des
médailles, on y voit constamment le nom
du roi visigoth & jamais celui du moné-
taire.
Il faut donc que cette tête sans nom ap-
partienne à un roi de France : mais ce roi
6toit-il de la première race, ou de la se-
conde, ou bien de la troisième? Rien n'est
plus aisé que de vider la question. Sous la
seconde race, depuis Pépin, on introduisit
une nouvelle police j les monétaires ne
glées par le fameux traité de l'an 536 qui
assura aux François la possession d'un
grand nombre de villes, entre autres d'U-
zès. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'on voit
S. Firmin assister, parmi les évéques fran-
çois, dans deux conciles tenus à Orléans
en 541 & 559, & dans le deuxième concile
de Paris en 55i, assemblés sous les trois
princes françois qui régnoient alors en
même temps. Cela nous explique un fait
rapporté dans la vie de S. Firmin que
Note
io3
lirent plus leurs noms sur les espèces, & S. Ferréol,son successeur, fut ordonné par
au lieu de la tète du roi que l'on voit ici,
on ne mettoit presque toujours que le
monogramme de son nom. D'ailleurs, la
pièce dont il s'agit, comme son poids le
marque, est un tiers de sol d'or, lequel
pesoit vingt-huit grains & demi de notre
poids de marc , le sol pesant quatre-vingt-
cinq grains & un tiers. On ne trouve plus
do ces tiers de sol d'or sous la seconde
race, ni sous la troisième. C'étoitune mon-
noie originairement romaine dès le temps
de Constantin, imitée par les François,
depuis leur entrée dans les Gaules, & de
même poids chez les uns & chez les au-
tres. Elle étoit fort en vogue sous la pre-
mière racej & M. le Blanc (pag. 78) rap-
porte quatre-vingt-douze de ces pièces d'or,
avec ce caractère particulier, conforme à
la nôtre, qu'on n'y voit pas le nom du roi,
mais seulement celui de la ville & du mo-
nétaire.
Pour aller pied à pied, & pour débuter
par ce qu'il y a de plus sûr, il faut commen-
cer par exclure ceux des rois de la première
race qui ne sauroient réclamer la pièce
dont il est question; car elle n'a pu être
frappée à Uzès qu'entre l'an 536 & l'an 674
ou environ, ce qui est à peu près tout le
temps que ces rois ont tenu Uzès, pendant
que tout le reste de la province, excepté
le métropolitain d'Arles & non par celui
de Narbonne; c'est que, par le traité de 536,
Arles avec la Provence avoit été cédée aux
François pendant que Narbonne & pres-
que tout le Languedoc étoient restés aux
Visigoths; & la défiance des princes ne
souffroit point alors que les évéques
de leur domination eussent des liaisons
avec les évéques étrangers. Uzès fut tou-
jours sans interruption sous les rois fran-
çois, à ce qu'il paroît par Grégoire de
Tours, Hv. 6, ch. 7 , par un fragment des
Gestes de Dagobert /, mais surtout par un
vieux catalogue des suffragans de Nar-
bonne où Uzès n'est pas nommé. Enfin,
on voit tout d'un coup Potentin, évêque
d'Uzès, souscrire avec celui de Narbonne
& ses suffragans dans le treizième concile
de Tolède, tenu sous Ervige, roi des Visi-
goths en 682. Apparemment que ce chan-
gement s'étoit fait dès l'an 673 , lorsque
Vamba, son prédécesseur, vint à main armée
dans le Languedoc, où profitant de la foi-
blesse de ces princes qui vivoient dans une
molle oisiveté, il trouvoit une occasion favo-
rable de s'emparer d'Uzès, qui revint ainsi
à ses premiers maîtres, sous lesquels elle
demeura depuis, jusqu'à ce que les Visi-
goths ayant été chassés par les Sarrasins,
& enfin ceux-ci par les François, la pro-
Toulouse, étoit soumis aux Visigoths qui vince reconnut Pépin, premier roi de la
régnoient en Espagne. En voici la preuve : seconde race, l'année 755.
Probatius, évêque d'Uzès, paroît l'an 5o6 Or, dans tout cet intervalle de temps,
dans le concile d'Agde avec les autres pré- savoir depuis l'an de J.-C. 536 jusqu'en 673,
lats de la province, sujets d'Alaric, roi des il n'y a aucun prince françois à qui la pièce
Visigoths; mais cette ville changea bientôt d'or puisse mieux convenir qu'à Théode-
de maître, par les guerres qu'eurent ceux-ci bert I, petit-fils du grand Clovis, & qui
Éd.orig. avec les François tantôt vainqueurs & tan- outre l'Austrasie possédoit encore une
p.Vi. tôt vaincus. Les bornes des deux États jus- grande lisière de pays, voisine de l'Etat des
que-là fort incertaines, furent enfin ré- Visigoths & dans laquelle se trouvoit Uzès.
NOTB
io3
NOTES SUR I/HISTOIRE DE LANGUEDOC.
377
Note
104
La raison que i'oii er.. a, ou plutôt la con-
jecture, est tirée des deux marques qui sont
au-dessous de la rête, savoir, le sceptre &
le fer de javelot. Ce prince qui étoit natu-
re'lerr.ent fier, d'un grand courage, & tou-
jours à la tête de ses troupes^ affectoit dans
ses nionnoies d'y porter toutes les marques
de sa dignité; & à ce caractère qui lui est
particulier, on distingue d'abord ses mé-
dailles d'avec celles des autres princes Fran-
çois, dans lesquelles on voit une parfaite
& uniforme simplicité. Il nous reste de lui
deux sols d'or où il est représenté avec un
javelot dont le fer paroît derrière la tète. Il
commença de régner en 534, & il mourut
vers l'an 548, âgé d'environ quarante-sept
ans.
NOTE CIV
AJOUTÉE PAR LES NOUVEAUX ÉDITEURS.
Sur les populations primitives de la
Gaule,
Voici en quels termes le dernier historien de la
Gaule narbonnaise, M. Ernst Herzog, a résumé
dans le prooemium de son livre (écrit en latin,
comme on le sait), l'histoire des populations pri-
mitires qui ont habité le sud & le sud-ouest de la
Gaule, antérieurement à la conquête romaine. A
part quelques peints de détail hasardés ou discu-
tables, sur lesquels nous nous sommes déjà expli-
qués, nos lecteurs seront frappés comme nous de
la solidité de cette exposition, où les témoignages
anciens sont appréciés & mis en œuvre avec une
sûreté de critique qui laisse rarement place à de
sérieuses objections, même au point de vue de la
chronologie, si délicate en pareille matière.
TOUS les écrivains anciens, qui ont tou-
ché de près ou de loin à l'histoire
des premiers temps de la Gaule, sont una-
nimes à reconnaître que la côte maritime
comprise entre les Alpes & les Pyrénées
était habitée, avant l'arrivée des Celtes,
tosthène & par Strabon', plaçait aux ex-
trémités de la terre habitée un peuple des
Ligyes, entre les Scythes d'une part & les
iEthiopes (les Africains) de l'autre, à l'in-
verse des géographes de date plus récente
qui remplacent dans cette énumération le
nom des l^igyes par celui des Cel ;es *.
Hécatée, de Milet, qui écrivait, comme on
le sait, au sixième & au cinquième siècle
avant notre ère , bien longtemps après
Hésiode, par conséquent', était tout aussi
explicite que lui à cet égard, puisqu'il
signale formellement comme une popula-
tion de race ligyenne le peuple des Êlésy-
kes, qui habitait, disent tous les anciens,
au voisinage de Narbonne, dans le sud-
ouest du pays qui s'est depuis appelé la
Gaule.
Quelques-uns prétendent, il est vrai, que
ce pays n'était pas possédé exclusivement
par les Ligures & qu'ils y étaient mêlés
de très-bonne heure à des Ibères venus,
suivant toute apparence, de la péninsule
espagnole. Ils s'appuient, à ce sujet, sur
un texte souvent cité de Thucydide qui,
en parlant de la Sicile & des Sicanes, les
habitants primitifs de l'île, les signale eux-
mêmes comme un peuple ibérien d'origine.
Il nous les montre, en effet, établis, avant
leur émigration, sur les bords d'un fleuve
Sicanus, d'où ils auraient été refoulés par
les Ligures ^ ce qui semblait indiquer que
ce fleuve Sicanus était lui-même situé dans
la Gaule, où quelques-uns le confondaient
avec la Sequana des époques plus récen-
tes \ Il restait à savoir, il est vrai, ce qu'é-
' Strabon, vu, p. 3oo, Cas. 'Ha-looo; [J^apTjp h
toî'ç ut:' 'Epa-coaOÉvo'j; r.a.aoi'zt^MV) ïr.tmv.
AiOfo-âî T£ Aiyûç T£ loi ^LxûOai; trnrjjjLoXyouç.
La leçon Aiyûç t£ a été rétablie par Cramer
d'après les manuscrits, dont la plupart donnent
Xiyu!JT\ 5e.
' Comme Scymnus de Chio, par exemple : Orb.
description YV. 170 & suiv.
' Voir ce passage chez Etienne de Byzance :
'ILXIauxot, l'Ovo? Atfjwv. 'E/.STxroç Eùoo)-r, . (Klausen,
Hecat. Fragment. 20.)
^ Thucydide, vi , 2 : S'.xavof — o)? tj àXr^OEsa £u-
pÎT/ETOti, "ISripe? ovT£; xai àiCn -ou ilty.avo'j t.o-wx/j xoiî
NoTB
104
par un peuple que les Grecs désignaient
sous le nom générique de Ai>£ç, les Latins i^ 'ig^^j-J^ {,-b Ai-rû.ov' ivaaTàvTE?
sous celui de Ligures. C'est ainsi que le ' Carl Mueller, Geogr. Graeci minor. p
poëte Hésiode, dans un vers cité par Éra- {Not. ai ScyUeis periplam, ? 3.)
«7-
Note
104
Î78
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
taieut réellement ces Ibères des bords du le poëte Silius Italiens', comme l'historien
Sicanus & si le fleuve inconnu dont ils Dion Cassius ' (sans parler de Zonaras^ &
avaient pris le nom appartenait plutôt à des Byzantins qui les copient), désignent
la Gaule qu'à l'Espagne, ce qui n'allait à eux, sous le nom de Bébrykes, le peuple
rien moins qu'à enlever au témoignage de historique ou fabuleux qui habitait, au
l'historien grec, quelque grave & bien in- voisinage de Narbonne, le pays compris
formé qu'on le suppose, une partie de son entre les lagunes & les Pyrénées, particu-
importance. En voyant cependant, à une larité qui ne serait pas elle-même sans
époque plus récente, Strabon' affirmer à importance, si l'onadmet, comme l'assurent
son tour, comme Avienus le répète après Avienus'' & Etienne de Byzance% que ces
lui', que les écrivainsanciensdonnaientle Bébrykes étaient originaires de la pénin-
nom d'Ibérie à la partie de la Gaule située suie espagnole. Il ressortirait, en effet, de
à la droite du Rhône, & en rapprochant cette indication, qu'ils représentaient chez
leurs témoignages de ceux d'Hésiode & nous la race ibérienne dont ils formaient la
d'Hécatée, on est bien tenté d'en conclure,
avec la plupart des historiens modernes,
que les Ibères, habitants primitifs de l'Es-
pagne, se seraient établis de vive force
principale ou l'une des principales tribus,
emportée au delà des Pyrénées par quel-
que émigration oubliée & établie de vive
force au milieu des Ligures.
dans ce pays où leur souvenir s'était con- On s'est demandé plus d'une fois si ces
serve & que, refoulant ou pénétrant les Ligures, qui couvraient ainsi, aux temps
tribus liguriennes, ils auraient de proche primitifs, toute la côte méridionale de la
en proche étendu leur domination jus- Gaule, n'y étaient point divisés, suivant
qu'au bord du Rhône, en laissant, il est l'usage à peu près constant des barbares,
vrai, aux Ligures une partie du pays qu'ils en tribus distinctes, & si quelqu'une de ces
habitaient avant eux. C'est delà même ma-
nière que l'on s'explique comment Scylax
de Caryande, dans un périple rédigé, à ce
que l'on croit, sous le règne de Philippe II
tribus n'aurait point pris de l'ascendant
sur celles qui l'entouraient, comme l'avait
fait à une époque plus récente le peuple
des Bébrykes, dont le souvenir a survécu
de Macédoine', pouvait affirmer à son tour ainsi à celui des Ibères. Les noms d'Ar-
qué le pays situé entre les Pyrénées & le baxanes, d'Eubies, d'Ipsicures, qui sont
Rhône, était encore habité de son temps
par des Ibères mêlés aux Ligures, tout en
désignant ce littoral sous le nom géné-
rique de Côte des Ligyes, accrédité, à ce
qu'il paraît, par les anciens navigateurs
grecs *. Des écrivains d'une époque plus
récente, comme Scymnus de Chio % comme
'Strabon, m, p. 166, Cas. : Ikû xa\ 'I6r)p(av
unb \xh TÔiv npox^pwv y.aXefaOai r.à'Sa.^ Tr)v l'Çw Toy
PoSavou y.a\ tou ?a6(xoû toî utco tCjv F'aXaTf/.wv •/.6X7rwv
çtpiYYOjiivou, ot û£ vSv 8piov a-j-cî)? xtOev-cai xrjv riup-rj-
vrjv X. T. X.
* Aviertus : Ota maritlma, vy. 608 & suiv. :
Huius [Rhodani) alyeo liera tellus atque Ligyes as-
peri intersccantur.
' Cari Mueller : Geogr, Graeci mlnor. prolegg,
p. xxxin sqq.
^ Scylacis Car. Peripl. ? 3 : àr.o Bk 'I6r^pwv è')f0VTat
AïyuE; y.oà "16r)p£ç |JitY*^^? l-'-^/.P' ~OTa[j.oij 'l'oûavou. —
<t rFapcxTrXou; Aiy^wv ành 'Ep.7:op(ou p-é/pi 'PoûavoO nota-
|j.ou » 8uo r)[X£pCiv xai [xiàç vuxiéç.
^ Scymnus de Chio, vv. 199-202 : sTt' "ISrjps; o^-
parvenus jusqu'à nous & que Théopompe,
e;:fcixa TrapaOaXdJtTioi Y.i-:io Afyucç ^yovxat xa\ 7î6Xeiç
'EXXrjvfôïç.
' Silius Italicus : Punie, m, vv. 442 sqq.
' Tzetz ad Lycophr. Cass. 5i6 : Aftov Se Kox/.stat-
vbç Toù; NapSwvrjafou; BiSpuxa? Xlyêt, ypitcpwv outwç • ttôv
râXsti \xh B£5pûx(jDV, vuv oï Nap6ovr,at'wv laxl tb Ilopr]-
vatov Spoç. Ce que dit plus loin le même com-
mentateur {ad vers, i3o5j, au sujet des Bébrykes,
qu'il appelle cette fois un peuple gaulois à'Ovo;
raXaxwv, qui habitait, dit-il, entre les Pyrénées,
les Cévennes & l'Ibérie, doit s'entendre plutôt de
la position de leur pays, situé chez les Galli, que
de leur nationalité proprement dite.
' Zona ras, 8,21 : xo 6'po5 touto (xb nuprjvatov) h.
T7)? OaXa'JarjÇ x^? ::âXai \}h BsSpw.o)';, uaxspov Vz Napêw-
"iTpiuT) (5pSa;j.svov I? xï)V ^Çw xr]v [j.cyâXr]v oiaxsIvE'..
^ Avienus, Ora maritime, vv. 472-486.
* Etienne de Byzance : Bs6p'jzwv I'Ovt) Sûo, xb [aÈv
Tcpbî xw n6yxt<), h xî) 'Aafa, xb oï Txapà tofs "IS/ipaiv, h
T^ Eùpci)7:r).
Note
104
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEPOC.
379
d'après Etienne de Byzance ' , attribue à
certaines tribus liguriennes, ne répon-
draient que bien imparfaitement à cette
question, puisque l'historien s'est stricte-
ment borné à nous les conserver, sans nous
puisque l'écrivain les distingue, à la Ligu-
rie italienne.
A partir d'Hérodote, le nom des Élésy-
kes disparaît de l'histoire comme nation
distincte. On en est réduit à supposer
apprendre même s'ils appartenaient aux qu'elle aura été déiruite ou refoulée par
Ligures du littoral gaulois ou à ceux de les Celtes, comme la partie des Bébrykes
la côte italienne. Hécatée, qui attribue que Dion nous montrait tout à l'heure
formellement aux Ligures gaulois le peu- assise sur le versant septentrional des Py-
ple des Elésykes, se trouve lui-même en rénées, ou qu'elle aura disparu en se fon-
contradiction avec le poète Avienus, qui dant soit avec les Galls, soit avec les
leur donne pour capitale la ville de Nar- Ibères pyrénéens. Aussi, dès le temps de
bonne % fondée ou occupée dès cette épo- Polybe, ne trouve-t-on plus trace de mer-
que par les Celtes, comme nous l'apprend cenaires elésykes dans les armées des Car-
Hécatée lui-même. On concilierait, il est thaginois en Sicile où ils ont fait place à
vrai, les deux opinions en admettant que des Ibères, à des Ligures (Italiens) & à des
dès le temps d'Hécatée les Celtes étaient Celtes', ce qui semblerait indiquer que les
déjà les maîtres de la ville de Narbonne Celtes avaient déjà remplacé les Elésykes,
proprement dite, tandis que les Elésykes, c'est-à-dire les Ligures, sur les côtes de la
c'est-à-dire les débris des Ligures vaincus Gaule comprise entre le Rhône & les Py-
par les Celtes, se maintenaient dans l'in- rénées. Quant au caractère & aux mœurs
térieur ou sur la côte maritime voisine de de ces Ligures primitifs, il est presque inu-
la ville. Reste à savoir pourtant si le té- tile d'ajouter qu'aucun monument écrit ou
moignage d'Avienus, quoiqu'il puise d'or- figuré' ne nous fournit à cet égard aucune
dinaire à des sources respectables (on indication digne d'être recueillie. Tout ce
sait que son poëme a été écrit au qua- que l'on peut dire, en étendant aux Li-
trième siècle de notre ère), est de nature gures gaulois le peu que nous apprennent
à balancer celui d'Hécatée, qu'il se borne les anciens sur ceux de la Ligurie propre-
peut-étre à reproduire, en altérant, d'après ment dite, c'est qu'ils étaient guerriers,
quelque manuscrit incorrect , le nom
d'Élésyke, qui se serait trouvé transformé
ainsi en celui de Bébryke. Ce que l'on
peut affirmer, au moins, c'est qu'ils exis-
taient encore au temps d'Hérodote, qui
nous les montre en 480, figurant en Sicile
à titre de mercenaires dans l'armée du ty-
ran Terillus d'Himera avec des Ibères &
des Ligures appartenant, probablement',
' Etienne de Byzance : 'Ap6aÇavo\, e'Ovoç AiyuaTt-
Jt(5v. TtapfrXsov 8à ir)v ytipav triv 7:pt/)Tr)v l'prjjjLov, î^v
IvéfjLovTO 'li]»(xoupot Y.oà 'Ap6aÇavo(. — Id, : 'I({/{xoupoi,
ÏOvoç AiY'j<JTiy.ov 6z6no^r.oi -:£'3aapa-/.oaT(~) xpltoi ■ îjv hi-
(Aovco 'It{({-/.oypoi xa\ 'Ap6a$avo\ y.txX Eù'6iot , A^yu^î xb
Y^voç. — Id. : Eu6'.oi, l'Ovoç \t.^Ma-ziy.6^ . £tpr,Tai Iv tCj
T:£p\ Twv 'ApSaÇavwv.
' Avienus, Ora marltlma, p. 684 & suiv. Gens
Elesycum prias îoea kaec tenebat^ atque Nario civi-
tas erat ferocis maximum regni caput. (Voir, au
sujet des sources où puise Avienus, Uckert, Geogr, p. 229, n. 24) parle bien d'entassements de pierres,
der Griech und Roem. ii. 4, p. 473 & suiv. découverts aux environs d'Aix, & que l'on croit, à
' Hérodote, vu, i65. Voir, à ce sujet, Forbiger, cause de leur forme, l'ouvrage des Ligures; mai*
Handbuch der alten Geogr. i, 71, N. 14, ces attributions ne sont rien moins que certaines.
rusés & tellement barbares, que leur pays
n'était pas sûr même pour les marchands
étrangers que le commerce y attirait.
Plus loin, l'historien fait ressortir ce qu'il y
a d'aventureux ou de matériellement faux dans
les traditions répétées bien des fois, qui attri-
buaient aux Phéniciens l'ouverture de la grand»
route littorale qui s'est appelée depuis la Foie Do-
mitia, la découverte &. l'exploitation des plus an-
ciennes mines de nos montagnes dans les Pyrénées,
les Cévennes ou les Alpes, & la fondation de pré-
tendues colonies sur les côtes & dans l'intérieur
du pays. Il rappelle à ce sujet les travaux tout
' Polybe, I, 17 : Ot 8è Kapyr)86vtot (anno A. C.
263) — ÇsvoXoYTÎuavcEî roXXoùç (xèv AiyuaTfvou; xa\
KeXtoÛç, lit oï nkzio'Ji toûxtov "IG/jpaç, S;;avTa4 sî; trjv
SixeX£av ànéaxEiXav.
' Uckert (Geogr. der Griech und Roem. il, a,
Note
104
38o
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
récents du docteur Morers, l'homme le plus com-
pétent aujourd'hui en fait de langue & d'archéo-
logie phéniciennes, qui ne trouvait sur les côtes
méridionales de la Gaule qu'une seule ville, celle
de Roskmo, dont le nom paraisse phénicien d'ori-
gine ', puis il ajoute :
C'est à ce premier âge auquel le nom
des Ligures & celui des Ibères sont restés
attachés, qu'a succédé ce qu'on pourrait
appeler l'âge ou l'époque celtique où nous
allons voir figurer d'un côté les Celtes ou
Galls, comme les appelaient les Romains,
de l'autre les Hellènes ou les Grecs, re-
présentés par les Phocéens de Massilia.
Le poëte Avienus, qui fait allusion à ce
grand événement, dans le passage souvent
cité où il nous montre les Ligures de la
Gaule centrale refoulés « par la main des
Celtes M sur les côtes de la Méditerranée',
ne nous apprend point malheuresement
à quelle époque ou dans quel siècle se
placerait cette révolution oubliée. Mais
on peut l'induire, approximativement au
moins, en la rapprochant des plus an-
ciennes invasions celtiques dans la pénin-
que ou quelque temps auparavant que se
placeraient les invasions des Celtes dans la
Gaule méridionale, où leur présence nous
est attestée par des inductions d'un autre
genre, parmi lesquelles nous signalerons
la légende, chronologiquement fausse, qui
mettait le héros celtique Bellovèse en re-
lations directes avec le fondateur de la
colonie de M.assaUa\ & les textes, histo-
riques cette fois, qui nous montraient tout
à l'heure les débris & les souvenirs des Li-
gures disparaissant par degré des côtes de
la Gaule où le nom des Celtes allait domi-
ner sans partage.
Quant à la position respective de ces
diverses populations & à l'étendue du ter-
ritoire occupé par chacune d'elles, on peut
affirmer, en s'autorisant surtout du témoi-
gnage précieux d'Hécatée, que, dès le com-
mencement du cinquième siècle, la pré-
pondérance appartenait sans contestation
aux Celtes, dont les tribus descendues du
Nord, avaient pénétré à la manière d'un
coin entre les Ligures & les Ibères, refou-
lant les uns vers les Pyrénées, les autres
suie espagnole, car il y a toute raison de ^" ^^^^ '^^ Rhône, dans le pays monta-
Note
104
croire que l'époque où les Celtes se sont
établis au sud des Cévennes a coïncidé,
à peu de chose près, avec celle où ils ont
pénétré dans l'Espagne centrale, où leur
domination aurait immédiatement succédé
à celle des Phéniciens, comme l'assurent
unanimement Strabon' & Pline \ A défaut
de date précise, que les temps primitifs
comportent rarement, M. Movers a établi,
par des inductions d'une grande vraisem-
gneux & maritime où s'était élevée la ville
grecque de IVlassalia. Il est à remarquer,
en effet, que ce n'est point exclusivement
à celle de Narbon que le vieil historien
attribue le titre de ville celtique, devenu
pour nous un trait de lumière au milieu
de ces obscurités, mais qu'il désigne sous
le nom générique de Celtique (f^ Ks^ti-/.-^,
Celtlca, Gallià) tout le pays qui s'étend
entre les Pyrénées & le Rhône' & qu'il
blance, que la domination des Phéniciens Y signale, indépendamment de Narbonne,
une ville celtique du nom de Njpa; dont
on ignore, il est vrai, l'emplacement'.
Entre le Rhône & les Alpes, l'historien
ne paraît connaître, comme les naviga-
teurs grecs, que la partie du pays la plus
rapprochée de la mer. Mais, en attri-
buant, comme il le fait, à la A'.YucfTt/,Y) les
villes de Massalia & de Monoecus (Mo-
en Espagne était en plein déclin dès le
commencement du septième siècle avant
notre ère'. Ce serait donc vers cette épo-
' Movers, Die Phoen'iiier, 11, 2, p. 644 & suiv.j
654 & suiv.
' Avienus, Ora maritima, vv. i33 à 145.
' Strabon, m, p. i58j Cas. : tl auvdtaniXeiv lèo-j-
XoVTO àXXl^XoiÇ (o't "I6ir)p£ç), OUÏE Kap/JjSùvfotÇ UTÏ^pÇev
ccv /.aTaaxpÉ'^/aaOai Ir-ikOauii t/jv ;:X£!aTr,v aùiwv ix ji:£-
pto'Jafa;, /.ai eti npitepov Tuplot?, Etxdt KsXtotç z. t. X.
* Plin. Histor. natural. m, 3 : In universam
H'tspaniam, M. Varro peryenisse Iberos & Persas &
Phoeniees Celtasque & Poenos tradit.
' Movers, Die Phoeni\ier, 11, 2, p. 654.
' Liv. v, 34.
' Hécatée : Fragm. 19 (Klausen) : NapSwv, l[x-
7i6piov ■Ao^ T.()k\% KeXtixi^ — Et au Fragm. 22 : Maa-
caXfa, r6Xtî -crj? AiyuaTr/^ç, xaià Trjv KeXti/.t^'v, âno'.y.oî
•l'w/.ai'wv.
' Hécatée : Fragm. 21 : NûpaÇ, î:6Xiç K£Xxf/.T5.
Note
104
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
38 1
naco)', situées l'une & l'autre sur les con- ne faudrait point conclure de cette parti-
fins de la Cisalpine & de la Transalpine, cularité que les Massaliotes n'aient point
ne nous apprend- t-il pas implicitement fréquenté son port, où ils venaient, en
que l'on désignait déjà de son temps sous remontant la gouîe de VAtax, acheter les
le nom de Ligurie toute la côte maritime métaux & les productions de la Gaule cen-
qui s'étend depuis les bouches du Rhône traie, qu'ils exportaient à leur tour sur les
jusqu'à la Toscane actuelle (l'ancienne côtes & dans les ports du voisinage. [E. B.]
Étrurie) > Dans l'intérieur des terres, dont
l'histoire, à cette époque, nous est com- ~ ' ■ —
plétement inconnue, on peut au moins
conclure de la tradition relative à Bello-
vèse (voir plus haut) que les Celtes avaient
étendu par degrés leurs établissements,
non-seulement dans la vallée du Rhône
dont ils occupaient les deux rives, mais
dans celles de l'Isère & de la Durance,
par lesquelles ils avaient pénétré jusque
dans les profondeurs de la chaîne des Al-
pes, ne laissant aux Ligures que les défilés
ou les montagnes incultes qui s'étendent
entre la Durance & la mer.
Il ne faut point oublier d'un autre côté
que la ville de Monoecus, dont nous par
NOTE CV
AJOUTÉE PAR LES NOUVEAUX ÉDITEURS.
Le temple de Delphes.
I
T E temple de Delphes, dont nous n'avons
point la prétention de refaire ici l'his-
toire, à peu près étrangère à celle de notre
province", est un des rares monuments an-
lions tout à l'heure, & celle d'Ampeîus ciens dont l'origine & les commencements
dont le nom complètement grec semble nous soient connus d'une manière à peu
indiquer aussi une colonie massaliote % pi'ès certaine. On sait, en effet, qu'il a
étaient situées l'une & l'autre à la gauche été fondé dans les premières années de la
du Rhône, qui servait lui-même de limite soixante & unième olympiade (536 ou 535
occidentale à la AiYusT'.y.r, de l'historien. avant notre ère), à une époque qui ré-
Ne ressort-il pas de ce fait, trop peu re- pondrait chronologiquement au règne de
marqué jusqu'ici, que les Phocéens, nou- Servius TuUius à Rome (578-53^), & à la
vellement établis sur les côtes de la Gaule, royauté de Pisistrate à Athènes (56o-528).
avaient d'abord senti le besoin de garantir Assiégé deux siècles & demi plus tard
leur métropole contre les barbares du par des bandes gauloises que les Béné-
voisinage, et que plus tard ils auraient dictins croyaient sorties précisément du
fondé quelques comptoirs sur les côtes Languedoc & de Toulouse, il leur aurait
liguriennes pour assurer de ce côté leurs échappé par l'intervention miraculeuse des
relations commerciales avec l'Italie? Mais dieux & des héros protecteurs de la ville,
ils s'étaient soigneusement abstenus de comme il avait échappé par un autre mi-
fonder aucun établissement de l'autre côté racle aux bandes orientales de Xerxès, qui
du Rhône, ce qui les aurait brouillés tout avaient déjà envahi la Béotie & la Pho-
à la fois avec les Celtes & avec les Ligures, cide, ruinant les villes sur leur passage
qu'il fallait contenir au moins avant de & emmenant captives des populations en-
rien entreprendre du côté opposé. Quant tières. Quoique l'on ignore absolument de
à Narbonne, à laquelle Hécatée donne le quelle manière & à quelle époque il a été
nom de ville ou de marché celtique', il détruit, tout semble indiquer qu'il est resté
debout, survivant il est vrai à sa popula-
' Hécatée, Fragm. zi : M6vot/.oç, riXtç AiYuaTr/.r; _ ^'^^ ^ ^ ^°" prestig_e, jusqu'à la chute du
pour MaisaZ/a, voyez i«;>rà, p. 38o, col. 2, note 2. polythéisme qui coincidc, dans l'Empire
' Hécatée, Fragm. 24 : 'AjjitzeXo;, r.ùliq t?,î A'.vja- d'Orient, avec la seconde moitié du qua-
xixr,;.
' Voyez supra, p. 879, col. i, note 2. • Voyez toine I, p. 21, note 2.
Note
'M
NOT*
io5
Note
io5
382
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
trième siècle de notre ère. Il aurait eu ainsi
la bonne fortune, très-rare elle-même, de
traverser les huit ou neuf siècles qui sépa-
rent le règne de Servius Tullius de celui
d'un siècle après l'incendie dont nous ve-
nons de parler, se borne à quelques détails
intéressants, il est vrai, au sujet de ce si-
nistre, sans rien nous dire de l'édifice
de Théodose & de ses deux fils, sans autre détruit qu'il désigne sous le nom généri-
remaniement que des travaux de restaura- que & vague de v/;o; (ion. p. vadç), comme
tion exécutés probablement aux frais de le temple bien connu qui avait pris sa
l'empereur Trajan, comme semble l'indi- place'. Tout ce que nous apprennent à ce
quer une monnaie gréco-romaine, frappée sujet les écrivains anciens, c'est qu'on le
à Delphes même sous le règne de ce prince regardait généralement comme l'ouvrage
(98-117). Mais il ne faut point oublier, si de deux architectes légendaires, fils d'un
l'on veut se faire une idée à peu près exacte
de cette vie séculaire où les siècles s'ajou-
tent aux siècles comme les années s'ajou-
tent ailleurs aux années, qu'il avait été
précédé lui-même par plusieurs générations
de lieux saints, dont le dernier, au moins,
appartiendrait aux époques historiques,
s'il est vrai, comme l'assurent des écri-
vains dignes de toute confiance, qu'il ait
été détruit par un incendie, la première
année de la cinquante-huitième olympiade
(648 avant notre ère)'.
A en juger par les indications que nous
ont laissées à ce sujet les écrivains grecs
& romains, ce premier temple de Delphes
n'aurait eu rien de commun avec les mo-
numents mythiques ou légendaires qui l'a-
roi des Minyens d'Orchomènes, que con-
naît & cite déjà par leur nom un écrivain
du dixième siècle avant notre ère, le poète
de l'hymne homérique à Apollon', ce qui
prouve, pour le remarquer en passant,
que cette tradition remontait elle-même
à un âge très-respectable :
...Aâïvov oùobv £Orjy.sTpGço)v'.oç ifi' ^A^(a\j.'l]^riq^
'Jiésç 'EpYÎvcu, çpiXot dcOaviTotGi OsoTatv
("V[j.voç eî; ^Ar.àXk, vv. 296-7.)
« Au-dessus de ces fondements le seuil do
pierre fut posé par Trophonios & Agamé-
dès, fils d'Erginus, chers aux dieux im-
mortels. »
Il ressort, en effet, de tous les témoi-
vaient précédé lui-même, puisqu'il ressort gnages relatifs aux deux frères, qu'on les
de tous les témoignages qu'il était bâti regardait en Grèce comme les fondateurs
cette fois de pierres taillées, superposées de l'architecture proprement dite, à la-
dans un ordre régulier. On le regardait, quelle ils passaient pour avoir ouvert &
aux époques historiques, comme un des frayé les routes qu'elle a parcourues de-
types les plus anciens de l'art religieux puis avec tant d'éclat. Pausanias, qui ré-
chez les Grecs, & tout autorise à croire sume un des derniers cette opinion accré-
qu'il a tenu au moins une grande place ditée longtemps avant lui, les cite comme
dans le développement de leur architec- les premiers des Grecs « qui eussent bâti
ture, grâce à la popularité qui entourait des palais aux rois & des temples aux
dès le temps d'Homère l'oracle & le sanc- dieux » (Pausan. 1. x, c. 4). On leur attri-
tuaire de Pytho, connus depuis sous le nom buait notamment la fondation de cons-
de Delphi (AsXcpoî). Mais on en est mal- tructions massives, connues dans la Grèce
heureusement réduit à des inductions sur du nord sous le nom générique de O-o^aupc!,
la forme & sur l'âge de ce monument pri- parce qu'on les regardait comme l'ouvrage
mitif, qui n'a laissé dans l'histoire qu'un
nom & de vagues souvenirs. Hérodote lui-
. . .^ , 1 Tii . . ' > ' •••TÔv h ^îl^oiQi vuv loVTa wô^, ô vàp jipôispov
même, qui voyageait dans la Phocide près ?^ . ^Uf. „ 00 ^ ' .' ' ' .'^ "^
' /i ' ° j^'^-vj éojv... (HÉROD. II, 10c, & I, 5o, voir supra.)
' 'TiAVOç A di 'A-6X).wva (édit. F. Didot, iSSy^
' Iztl TE xaTExafeTO 5 Iv AEXcpofat vrjôî (Hêrod.
I, 5o, II, 180 & v, 62) ...y.aT£/.aûôr; 81 'Ep^ixXsfôou
plv 'A07ivî]atv dfpy^ovTO?, nptÛTW 5è t% ÔYOôrjç oXu[j.7:td-
80Ç è'tsi xat 7r£VT7]zoaT:^ç, fjv KpoTwv(aTr]ç hiy.a. AtÔYvr)-
Toç (Pausan. x, c. 5).
p. 528 & suiv.). — Tout semble indiquer au
moins que les parties principales du poëme ont
été écrites avant la Lxvii" olympiade (592), près
d'un demi-siècle par conséquent avant l'incendie
dont nous avons parlé.
Note
io5
Note
io5
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
383
des rois de l'époque héro'ique qui s'en ser- d'ordinaire ces massives constructions, où
vaient, disait-on, pour abriter leurs riches- l'on ne pénétrait en certains cas qu'en des-
ses bien ou mal acquises. A en juger par cellant la pierre qui leur servait de clé de
les descriptions que nous en ont laissées voûte '. Il y a même toute raison de croire,
quelques écrivains anciens, qui en parlent comme nous le verrons bientôt, que les
souvent en témoins oculaires, ces curieux petits édifices, connus depuis à Delphes
monuments auraient été bâtis à peu de sous le nom de Or,aaup2( (les trésors du
chose près de la même manière & sur le temple ou du dieu) & dont la plupart
même type. Tous affectaient la forme d'une existaient encore à l'époque impériale,
coupole ou d'une cloche, fermée au som- n'avaient rien de commun, comme forme
met par une puissante clé de voûte. Ces au moins, avec le monument qui leur au-
coupoles massives reposaient à leur tour rait servi de point de départ & de type
sur deux massifs de fondation qui péné- dans l'hypothèse que nous discutons. Il
traient plus ou moins profondément dans n'aurait pas ressemblé davantage à celui
le sol, & un archéologue contemporain, qui l'a remplacé fort peu de temps après
que ces indications paraissent avoir frappé, l'incendie dont nous venons de parler,
en a conclu que le premier temple de Del- puisque l'on sait, de source certaine cette
phes n'aurait été lui-même qu'un de ces fois, que ce nouveau temple était hypaethre
OY]'jaupo(, analogue comme forme, sinon ou à ciel ouvert, comme nous le dirions
comme taille, au célèbre trésor des Atrides aujourd'hui. Il l'était au moins dans la par-
à Mycènes, le seul de ces antiques monu- tie de la cella que les Grecs désignaient
ments qui nous soit parvenu intact. sous le nom d'àBjTcv, & nous trouverions.
Ce ne serait pas ici le lieu de soumettre pour notre part, dans cette particularité
à une discussion en règle cette assertion trop peu remarquée, plus d'un motif de
théorique qui remonte, comme point de croire qu'il en était de même du temple
départ, à Ottfried Mueller & qui a été antérieur', qui aurait ainsi rappelé, aux
reproduite depuis à bien des reprises, en
deçà comme au delà du Rhin, sur la foi de , . , •• j i- r •. j
' 1 r 1 i '^'^ seule manière de 1 expliquer serait de siip-
l'historien éminent qui lavait formulée ^^^^^ ^^^ l'incendie aurait été l'ouvrage d'une
le premier". Mais il nous sera permis au malveillance sacrilège & que l'on y eût mis le feu
moins de remarquer qu'elle ne se concilie par la porte d'entrée, à peu près comme nous le
pas beaucoup mieux avec la description du mettons aujourd'hui dans nos fours de boulanger,
poète, contemporain du monument, qu'a- explication repoussée elle-même par le témoignage
vec les détails circonstanciés recueillis à d'Hérodote, qui affirme que le temple avait brûlé
KOTB
io5
Delphes par l'historien Hérodote sur l'in-
cendie de 548, dont la violence & les rava-
ges deviennent à peu près inintelligibles
dans un monument sans charpente, sans
toiture & sans fenêtres, comme l'étaient
' Der Xdttvo? oùôôç ^u Delphi war ein Thesauros
(III, IX, 404) den die Minyeischen Baumeister aus
kyklopischen Felsmassen errichtet habcn soUtcn
{Hymn. auf Ap. Pyth, i i5. Steph. B. s. v. AeXjpoi
Ottfried Mueller, Handbuch der Arehaol. der
Kunst, p. 295 & Orehomenos und die Minyer, c. 4,
p. 95. — Voir, à ce sujet, MM. Max Duncker,
Gesch. der Alterthum., t. iv, pp. 597-8, & Preller
qui atténue, lui, & corrige dans une certaine me-
sure l'assertion d'Ottfried Mueller : tf^ahrschein-
lieh ein in eyclopischer If^eise gebautet Kellerartigts
Gesehoss unter den Tempel (Pauly^s Real Encyclop,
t. Il, pp. 916).
sans cause connue : 'O yào 7:p(5":Epov Iwv aùtéOt aù-
Toixatioç x.aTExâr) (Hérod. 1. n, c. 180). Quant aux
Delphiens, qui savaient 8c se rappelaient tant de
choses sur l'incendie de leur temple, que tel ou tel
de leurs vieillards pouvait avoir vu debout, on
s'expliquerait plus difficilement encore comment
& pourquoi ils auraient négligé d'apprendre à
Hérodote, qui ne l'aurait certainement pas oublié,
que le monument détruit par cet incendie différait
non-seulement de celui qui l'avait remplacé à Del-
phes, mais de tous les temples que l'historien avait
vus dans ses voyages en Grèce, en Asie & même en
Egypte.
' Il y aurait d'autant plus de raison de le croire
que le sol de cette partie du vsti; passait, n Del-
phes, pour un débris de l'ancien temple : !f.YOV
'Aya;j.rîoouî y.a\ Tpocptuvfou (Stevh. Byzantin sui voce
AîX'io() , dont les substructions auraient été res-
pectées par l'architecte du nouveau en raison de
leur caractère sacré (voyez plus loin).
384
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
dimensions & à l'ornementation près, les ont été bâtis depuis, les deux temples dont
temples hypaethres de l'ancienne Egypte, nous venons de parler; puisque temples &
avec laquelle la Béotie primitive parait enceintes avaient ici pour point de départ
avoir eu des points de contact de plus un oracle célèbre dont l'histoire se trouve
d'un genre". ainsi étroitement mêlée à celle du temple
Quant aux trois générations de lieux ou des temples de Delphes. C'était là, en
saints qui avaient précédé ces deux tem- effet, que s'ouvrait, au pied des roches
pies & sur lesquels on racontait à Del- phaedriades ', dont le mur circulaire (Oea-
phes bien des fables, ils n'étaient, suivant Tpwslcrjç) domine & encadre les croupes
toute apparence, que des enceintes à ciel culminantes de la montagne, l'espèce de
ouvert (lepiv, t£;j.£vo;), dans le mur des- soupirail ou de fissure rocheuse qui paraît
quels s'ouvrait une de ces portes sans avoir frappé de très-bonne heure les imagi-
linteau le plus souvent, que les poèmes nations, à cause de l'air vif & frais qui s'en
homériques désignent sous le nom carac- échappait par bouffées intermittentes',
téristique de Aaîvoç cjoc; (seuil de pierre). Les pâtres & les chevriers, dont les trou-
étendu au monument tout entier. On a peaux paissaient en liberté sur ces hau-
découvert & l'on découvre encore de loin teurs alors désertes, avaient remarqué,
en loin, au sommet des hauteurs qui dé- en effet, que leurs chèvres ne franchis-
coupent les côtes occidentales de la Grèce, saient jamais cette espèce de fondrière
depuis les golfes de Corinthe & de Crissa sans rouler sur elles-mêmes & se démener
jusqu'au golfe d'Ambracie, les vestiges plus d'une manière insensée. Les hommes, &
ou moins effacés de ces temples primitifs, les femmes plus encore que les hommes,
formés tantôt par un mur de terre rappor- éprouvaient comme les animaux l'influence
tée avec un certain art, tantôt, comme chez vertigineuse de ces exhalaisons souterrai-
les Celtes, par un cercle de grandes pier- nés qui troublaient l'esprit en décuplant
res fichées dans le sol par la base'. Mais il sa puissance & ouvraient parfois à ses re-
faut supposer au moins que ces enceintes, gards surpris des échappées divines dans
si elles sont réellement distinctes, se se- le domaine de l'avenir interdit aux mor-
raient succédé en s'élargissant & en se ré- tels. N'était-ce point, en effet, du sein do
gularisant par degrés, à l'endroit même où la terre que jaillissait cet esprit divin,
comme l'appelaient les gens de langue
'Nous songeons ici aux antiques traditions, latine, & ne savait-on point que ces
contestées, il est vrai, par Ottfried Mueller (Ocho- profondeurs inconnues étaient le royaume
menas pass.), mais admises par beaucoup d'autres, ou le domaine de divinités puissantes dont
aujourd'hui surtout (voyez pasi. la Symèoli^ue de ^ n'était probablement que le souffle ou
Note
io5
l'haleine (-v£^t;,x, halitus , spiritus , StrAB.
DioD. Justin, pass.) ' ?
Kreuzer traduite par M. Guigniaut, &c.), qui re-
gardaient le héros Cadmus (le fondateur de la
Cadmée) comme originaire de l'Egypte suivant les
uns, de la Phénicie suivant les autres, & ratta-
chaient ainsi la civilisation primitive de la Béotie • De çatScôç, poli, brillant, luisant,
à celle de ces contrées alors florissantes, dont la ' 2t6[xiov (Strab.) — xâcr|j.a f^ç {terrae h'iatus.
Grèce aurait reçu, par l'intermédiaire des grandes DiOD.). — Profundum terrae foramen {Jvsii}i [Tkog.
îles du sud, sa première culture & ses premiers PoMP.j liv. 24, c. 6). Strabon, qui en parle d'après
arts, l'écriture notamment. — Ce serait de l'Egypte des renseignements assez précis, à ce qu'il paraît,
que seraient venu» les 0/iaxjpo{ eux-mêmes, si l'on ajoute qu'il était étroit d'orifice telativement à sa
prenait au pied de la lettre la légende du roi
Rhampsimit, longuement racontée par Hérodote,
lir. 2, ch. 121 .
* Voir à ce sujet le voyage de Pouqueville Çpass.),
qui confond souvent, il est vrai, ces enceintes des-
tinées à servir de lieu saint (cromlech chez les Celtes
bretons; ring ou hring chezles Germains) avec cel-
les des lieux de refuge fortifiés [oppida), très-com-
muns aussi sur les côtes montagneuses de l'Epire.
profondeur : eivat xb [javxerov àvTpov zoîXov xaià ^â-
Oou;, où [JLtiXa EÙpiiaToiiov (Stbab. ix, ? 3); de là le
mythe très-simple & probablement très-ancien qui
regardait l'oracle de la montagne comme un oracle
chthonien, organe de la déesse Ft), la Terre, ..."%
r^î eïvai To ypTja-rJptov (Diod. lib. xvi, 26), ...-à
dp-/aiôxaia F^ç sTvai to ypr^air^ptov (Pausan. lib. x,
c. 5).
' nv$î3;j.a IvOoujtaa-iy.ôv (Strab.) ..ito ivOouutaaT'.x'^'j
Note
io5
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
385
Quant à l'âge de cet oracle, que les Del- tière'. Du port de Krisa, la ville sainte
phiens reculaient jusqu'à deux ou trois alors, KpTsâv tî uaOér^v (Homère, III. ii,
mille ans, on peut affirmer, sans rien don- v. Szo), qui avait succédé à celle de Kir-
ner aux conjectures, qu'il était au moins rha, détruite par les Crisséens', les pieuses
contemporain du vieil oracle de Dodone, offrandes étaient charriées à dos d'homme
en Épire, où un collège de prêtres bar- ou à dos de mulet jusqu'au seuil de pierre
bares, les SsXaoî, prédisaient aussi l'avenir de l'icpcv. On les y déposait, les unes à
en interprétant les murmures variés pro- côté des autres, sur un soubassement de
duits par le vent dans les rameaux des pierre ou de bois, en les garantissant de
grands chênes qui entouraient leur sanc- la pluie ou de la neige à l'aide d'un toit de
tuaire, resté, lui, à l'état d'ispbv ou de lieu chaume ou de quelque construction légère
saint. Dès le temps d'Homère, dont le té- qui auront plus tard donné naissance aux
moignage antérieur de quatre ou cinq Or^saupci en forme d'édicule, construits par
cents ans à l'histoire proprement dite, les rois ou par les villes grecques, dont
prend ici une importance exceptionnelle, ils portaient les noms gravés sur leur lin-
c'était de préférence vers l'oracle de Py- teau.
tho, comme on l'appelait alors, que se On comprend, après ce que nous venons
dirigeaient les rois ou les princes de la de dire, que ces richesses lentement accu-
race desAtrides, quand ils avaient quel- mulées aient eu le privilège d'exciter à
que coup de main à tenter sur les terres plusieurs reprises les convoitises publi-
de leurs voisins ou quelque crime utile à ques ou privées, & que le sanctuaire, pen-
commettre dans le cercle ensanglanté de dant ses huit siècles d'existence, ait changé
leur famille'. plus d'une fois de prêtres, de culte & mémo
Les offrandes (àvaOr,[j.aTa) de nature & de de dieu avant de tomber entre les mains
forme variées qu'ils emportaient sur leurs du divin Apollon, auquel il est resté. Dès
vaisseaux creux (c'est-à-dire sans pont), le temps d'Hérodote, avec lequel coni-
avec leurs gens de service & quelques pa- mence l'âge historique du monument, les
likares bardés d'armes étranges, comme les offrandes y étaient si nombreuses & si va-
vases grecs nous les représentent, étaient riées que l'historien se contente, pour en
destinées à payer quelquefois d'avance, le donner une idée, de signaler les objets
plus souvent après échéance, les bons con- d'or & d'argent qui y figuraient, en indi-
seils que le dieu leur avait donnés par la quant minutieusement le poids & la valeur
bouche de son dévia ou de son prophète. de chacun de ces objets, bijoux, vases.
Ce n'est que plus tard, en effet, que l'on cratères ou statues, dont on avait dans le
voit apparaître le trépied prophétique que temple des inventaires exacts, auxquels il
l'on dressait au-dessus du soupirail & sur emprunte probablement ses chiffres. On
lequel s'asseyait à son tour la pythie évaluait à plus de sept mille talents atti-
(vierge, jeune & belle dans ces premiers ques (quarante ou quarante & un millions
temps), de manière à recevoir, à sa sortie de notre monnaie) la valeur des présents
du rocher, le souffle ou l'esprit divin dont envoyés par les seuls rois de Lydie, les
Note
io3
les effluves l'étreignaient ainsi tout en-
-vEuijia (Plutarcii. De defect. orac. c. 58); evOeot Ia
TOu àtijLfjy (Pausan. 1. ix, c. 5); in vecordiam vertit.
(Justin, l.l.)
'ûç Y"P oî ypEiuv [ijOr^aaro <I>ot6oç 'AnôXXwv
IluOor h fj-j-aOé/j, 80' OnépSrj Xdïvov oùôbv
XçTjaoïJLSvoç.
(HoMÈR. Odyss. VIII, 79-81).
On disait familièrement, en parlant de ce pèleri-
nage, aller à Pytho, j;uOâ)0' lp/o[j.évr)v (...Odya. xi,
V. 58i).
premiers des barbares qui eussent dédié à
Delphes (...àva-riOéva'. e*!; AeAçcûç), après le
roi Midas de Phrygie; & l'on disait pro-
verbialement que la ville & le temple, car
' . . . Sî/o;AÉvr,v tÔ T.^n\>[s.a (SrnAii. lib. ix, c. 3,
Î5).
' Voir sur ces révolutions, dix ou douze fois
séculaires dès le temps d'Auguste, les curieux dé-
tails que nous ont conservés Strabon (/•^), Pau-
sanias, lib. x, c. 3;, & iEschin. contr. Ciésiph. 498,
36.
II.
25
Note
]o5
386
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
les maîtres de l'une étaient les propriétai-
res de l'autre, possédaient à eux seuls plus
d'or & plus d'argent que tout le reste de la
Grèce,
II
Le vrai temple de Delphes, celui que
désignent sous ce nom (o -^j^oq twv AsXcpwv)
les écrivains grecs ou romains qui vont
devenir ici nos guides', paraît avoir été
commencé dans les premières années de
la soixante & unième olympiade (536-533),
douze ou treize ans après l'incendie qui
avait détruit, à quelques substructions
près, le vab; de Trophonios & d'Agamé-
dês. Il existait donc depuis près d'un siècle
à l'époque où le visitait l'historien Héro-
dote, qui nous a laissé de précieux détails
sur la reconstruction du monument, en-
treprise, comme on le sait, par l'initiative
& sous la surveillance du conseil des am-
phictyons, qui tenait à Delphes, depuis la
ruine de Crissa, une de ses deux sessions
annuelles, celle que l'on désignait sous
le nom d'èapivr, ';:u7.aîa, la session du prin-
temps".
Les dépenses de toute nature que devait
entraîner ce grand travail (matériaux,
charrois & main-d'œuvre compris), avaient
été évaluées par les hommes de l'art au
chiffre approximatif de trois cents talents
(seize ou dix-sept cent mille francs de no-
tre monnaie), & réparties par le conseil
entre les diverses villes de la confédéra-
tion. Celle de Delphes, dont les habitants
avaient un intérêt tout particulier à la re-
construction du monument, avait étééqui-
tablement taxée au quart de la dépense
totale'. Mais les Delphiens, en gens avisés,
' Le monument ayant disparu sans laisser d'au-
tres traces que la terrasse rectangulaire qui lui
servait de soubassement, avec quelques fragments
de frises, de colonnes 8t de chapiteaux sur lesquels
nous allons revenir.
' ...tÔv o' £9' r);j.wv tw Oeo) vabv oV/.oBôtirjaav aèv àzo
Twv hpôJv ol 'A<i.'-pr/.rjov£i; ypT)ij.iTa)V (Pausan. lib. x,
c. 5).
' ...*AjX(piXTU(5viov 8à [Ji'.oOtoaiivTtov tov Iv AsX'^ofat
vuv l6vTa V7]ôv Tptrjxoafwv taXdtVTwv IÇspydaOai... to'j;
AeXçoù; Se l-Ké^oiXls T£TapTr;;;/'p'.ov tou [j.taOo>[JiaToç r.Oi-
paa/sfv (Héhod. 1, 11, c, 180),
avaient trouvé le moyen, dit l'historien,
de rejeter sur d'autres une partie de la
charge qui leur était imposée. Ils s'étaient
adressés, dans ce but, aux sentiments de
piété qu'excitait dans toute la Grèce, de-
puis la guerre de Crissa, le sanctuaire &
l'oracle du divin Apollon, & l'on avait
vu pendant plusieurs années les grandes
villes grecques d'Europe ou d'Asie en-
vahies par des groupes de pèlerins", qui
allaient de maison en maison implorant
la charité publique au nom de leur dieu
& acceptant avec reconnaissance le peu
qu'on leur donnait, sans se rebuter si
quelque porte se fermait à leur approche.
Le pays où les quêteurs avaient été le
mieux accueillis, de l'aveu des Delphiens
eux-mêmes, était la vieille & sainte Egypte,
où régnait alors le roi Amasis. Les Grecs le
surnommaient le Philhellène, parce qu'il
leur avait permis de s'établir & de com-
mercer librement dans une des villes du
Delta, celle de Naucratis, qui avait ainsi
sa population & son quartier grec, comme
les villes chinoises ou japonaises de Hong-
Kong & de Yeddo, les seuls ports de la
côte ouverts, il y a quelques années, aux
occidentaux, avaient chacune leur quar-
tier & leur population européenne. Pieux
& riche, comme l'étaient traditionnelle-
ment les rois de son pays, Amasis avait
fait donner aux quêteurs mille talents en
sel d'alun % tandis qu'ils avaient eu quel-
que peine à en tirer vingt mines de la
colonie grecque de Naucratis, préoccupée
avant tout de son commerce & de ses af-
faires ^
Les travaux, commencés vers l'an 535
avant notre ère, ne furent terminés que
vingt ans plus tard, & ils auraient proba-
blement duré plus longtemps, si une des
grandes familles d'Athènes, les Alcméoni-
des, chassés de leur patrie par la faction
' nXavwasvot 03 01 AeXaot r.îo\ xà; -ôXt;, iSwTfvaÇov. . ,
(HkHOD. 1. II, c. 180.)
^ On sait que les Égyptiens n'ont frappé mon-
naie que postérieurement aux conquêtes de Cam-
byse & d'Alexandre.
' ...oùx IXâyjaTov 1$ Aîyj;;:TOu ^vsfxavTO ' "AixaTt?
[xàv yâp açi èow/.E yi'Xia aTunTrjpiVjÇ -râXavist, oî 5s Iv
A'y'J'tw oîx.fovie; "KXXr,v£; eiV.oci jj.vsaç (Hékod. l.l.).
Note
io5
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
087
victorieuse de Pisistrate & de ses parti- les débris de colonnes & de chapiteaux
sans, ne s'étaient rendus adjudicataires des qui jonchent encore le sol ou les abords
travaux que le conseil des amphictyons du village de Castri, ])âti tout entier sur
avait mis à l'enchère". Riches & généreux, le soubassement pélasgique du temple'. Il
comme on l'était déjà dans leur ville, ils aurait ainsi ressemblé, dans ses grands
mirent à les exécuter un zèle 8c un luxe traits au moins, aux plus anciens monu-
que n'expliquerait pas seule la piété héré- ments religieux des Grecs que nous re-
ditaire dans leur famille comme la fortune. présentent aujourd'hui les temples encore
C'est ainsi que le péristyle du monument debout de Paestum, d'Agrigente, de Séli-
(zpévaoç), qui frappait de prime abord l'at- nonte, & le célèbre Parthénon d'Athènes,
tention & les regards, fut construit tout fondé une ou deux générations plus tard
entier en marbre blanc, apporté à grands (postérieurement à la LXXX* olympiade,
frais des carrières de Paros, contrairement 460 avant l'ère chrétienne),
aux clauses du cahier des charges, qui ne Quant aux dimensions du monument, on
stipulait d'autres matériaux que la pierre sait par le témoignage d'un sophiste grec
calcaire du Parnasse, exploitée déjà sur du troisième siècle qu'il avait cent pieds
plusieurs points'. Les tympans des deux de longueur sur une largeur & une hau-
frontons, les métopes & les triglyphes de teur proportionnelles', & qu'il était en-
la frise furent également décorés de sculp- touré de puissantes colonnes dont on
tures ou de bas-reliefs monumentaux exé- retrouve les tronçons engagés dans les
cutés presque tous par des artistes athé- substructions ou dans les murailles des
niens, & le poëte Pindare, qui écrivait ses maisons du village. Le stuc fin & blanc
premières odes un demi-siècle après la dé- dont ces débris sont encore revêtus de
dicace du monument, pouvait dire, sans loin en loin, avait évidemment pour but
exagération cette fois, que les descendants d'en dissimuler la matière' & de les re-
d'Erechthée (un des héros protecteurs mettre en harmonie de contour & de poli
d'Athènes) venaient de bâtir à Apollon avec celles du Trpfvaoç du temple qui aurait
«une maison digne de lui, dans la ville été octostyle, comme le disaient les Grecs"*,
sainte de Pytho, sur les croupes rocheuses si c'est lui que représente la monnaie ro-
du Parnasse. » (PiNDAR. Pythie. VII, 9.)
L'architecte, sur les plans duquel le mo- . m. Max Duncker assure, sans en donner
nument avait été construit, s'appelait de d'autre preuve, que les colonnes de l'intérieur du
son nom SpintharOS. Tout ce que l'on sait temple étaient d'ordre ionique {Gesch. der Alter-
de lui, c'est qu'il éti\it Corinthien de nais- thum, t. iv, pp. 597-98).
NOTB
io5
sance' & qu'il est mort avant d'avoir pu
mettre la dernière main à son monument
qui nous est lui-même assez peu connu,
quoique les écrivains anciens le désignent
ou en parlent à tout moment. Mais il res-
sort au moins de ces indications, quelque
laconiques qu'elles soient le plus souvent,
qu'il était d'ordre ou de style dorique,
comme nous l'apprennent d'un autre côté
...Tîûtp' 'A|xçpixTu6v(i)v Tov vr/ov [xtaOouvTat tov Iv
AEX(poî'a(, TÔv vuv lôvia.., xouxov êîoty.o8o[XTÎaat(HÉROD.
1. V, C. 62).
* ...Tdv TE VT)bv iÇspYf^^avro toû ;:apa5£{y{iaTOç vAX-
Xtov ...ITap{o'j ta I';x-foa0î aùtou 2f:-otV,axv (Héhod.
LU).
' Apx.tT^XTU)v SI X'.; Sni'vOapo; l-^vizxo ajxou Kopt'v-
OlOÇ (PAfS\N. 1. X, C. 5).
' vabî §y.aT6[X7:3ûOî (^Philostrat. vit. Apollon.
Tyan, vi, i i).
' Puisque le temple était bâti de pierre calcaire
du Parnasse : .. .-wp(vou XîOou (Hékod. 1. v, c. 62);
...h. -î); r.ixpxi or.oTxi z£p\ xbv Ilapva^aôv siaiv al roX.
Xat (Pausan. 1. X, c. 32, 2 1).
^ t5/.i:!iaxuXos , soutenu par huit colonnes ali-
gnées. — Le Parthénon, qui devait avoir plus
d'un point de ressemblance avec le temple de
Delphes, avait aussi huit colonnes de face sur
dix-sept de côté, en tout quarante-six colonnes,
car il était périptère comme lui, c'est-à-dire en-
touré de colonnes qui flanquaient les latéraux &
soutenaient les deux portiques (àcTO-jç) antérieur &
postérieur. L'intérieur du temple était divisé en
trois nefs formées par deux rangs de colonnes su-
perposées, destinées à supporter la toiture de l'édi-
fice dont les saillies reposaient extérieurement sur
les colonnes alignées qui entouraient la nef ou la
cella.
Note
j o5
388
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
rnaine frappée à Delphes sous le règne de amenées en Grèce par Xerxès, les seuls
l'empereur Trajan. peuples, disaient les Delphiens, qui eus-
Les sculptures du fronton qui servait de sent osé lever la main sur la ville sainte,
couronnement au portique antérieur re- défendue par le dieu lui-même & par les
présentaient les grands dieux de la triade héros protecteurs du temple,
delphique, Latone (A'/]tw), Diane ("Ap^sp.'-ç) A l'époque où Pausanias visitait le sanc-
& Apollon, escortés du chaste chœur des tuaire, que personne n'a décrit d'une ma-
Muses dont ils inspiraient les chants. Au- nière aussi exacte & aussi détaillée, an ne
dessus du divin cortège on apercevait, dans voyait plus à l'angle du xpcvaoç le grand
l'angle formé par le fronton, le char étin- cratère d'argent, dont les Delphiens se
celant du Soleil, conduit par le dieu lui- servaient au temps d'Hérodote pour y mê-
mème, couronné de tous ses rayons, comme 1er le vin & l'eau aux jours de grandes
il l'est à la fin du jour, & foulant du fêtes. Epargné à deux reprises par les bar-
pied de ses divins coursiers les nuages qui bares d'Europe & d'Asie, le sanctuaire avait
le séparaient de la terre '. Le bas-relief du été traité avec moins d'égards par un peu-
fronton postérieur était rempli par un pie de race grecque, les Phocidiens, qui
chœur de bacchantes & de ménades, grou- s'étaient emparés de la ville à main armée
pées aussi dans diverses attitudes autour & avaient converti le temple en une es-
de leur A'.ivusoç (le Bacchus de la Thrace), pèce de forteresse où ils résistèrent pen-
un des anciens dieux du temple & de la dant plusieurs mois aux populations du
ville, dépossédé aussi par le divin Apollon. voisinage, coalisées dans une sorte de croi-
Commencés par l'Athénien Praxias, élève sade pour reconquérir les lieux saints,
de Calamis, ces deux bas-reliefs que Pau- Un historien contemporain, Théopompe,
sanias décrit avec l'attention qu'il n'ac- dont les ouvrages sont malheureusement
corde guère qu'aux œuvres d'artistes émi- perdus, consacrait tout un chapitre de ses
nents, auraient été terminés l'un & l'autre Philippîca à énumérer les spoliations que
par l'Athénien Androsthènes, élève d'Eu- le temple avait subies par le fait de ces
cadmus, car Praxias était mort, comme profanateurs, qui, après avoir épuisé les
l'architecte Spintharos, sans avoir pu met- provisions enfermées dans les celliers, en
tre la dernière main à son œuvre'. Sur les étaient venus à porter la main sur les ri-
métopes de la frise, séparées par des tri- chesses entassées dans le temple ou dans
glyphes ornés eux-mêmes de bas-reliefs, se les trésors qui en dépendaient, depuis les
déroulaient d'un côté les scènes variées de objets d'or & d'argent convertis en mou-
la lutte des dieux & des géants, de l'autre naie pour salarier les mercenaires dont se
celles des divers travaux d'Hercule, associé recrutaient leurs bandes jusqu'à ceux de
ici à d'autres héros bienfaiteurs de l'hu- bronze & de fer qu'ils avaient fondus ou
manité, puisque l'on y voyait l'irrépro- forgés pour en fabriquer des armes,
chable Bellérophon attaquant la chimère C'est ainsi qu'avaient disparu avec le
au triple corps, telle que la représen- grand cratère dont nous venons de par-
taient les poètes & les artistes de l'âge 1er, une foule d'àvaOr,[j.aTa ou d'offrandes
épique ^. L'architrave était décorée, comme d'un grand prix, sauvés non sans peine par
celle du Parthénon à Athènes, d'un cordon les Delphiens, lors de l'incendie du pre-
continu de boucliers dorés, provenant les mier temple, & qu'Hérodote avait trouvé
uns des bandes gauloises commandées par dispersés dans les trésors particuliers des
Brennus^, les autres des bandes persanes villes grecques', où on les croyait, à cause
de cela, mieux gardés que dans le temple
lui-même. Le seul objet qui attirât le
regard, sous la majestueuse colonnade un
peu vaste & nue au premier siècle de
notre ère, était une statue de bronze du
Note
io5
' ..."/.ai [j.ouaai, oiaiç xz 7]Xîou... (Pal'SAn. lib. x,
c. 19, 5 4.
^ Pausan. l.l.
^ Euripid. Ion, v. i83 & suiv.
* ...h àpioTcpa FaXaTÔiv or) o::Xa (Pausan. lib. x,
c. 19. 5 4)>
' Dans celui des Corinthiens notamment.
Note
io5
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
389
vieil Homère, le premier qui eut chanté la
puissance sans égale du dieu â l'arc d'ar-
gent & les miracles de sa ville sainte, la
rocheuse Pytho, où l'on venait de tous les
points de la Grèce consulter son oracle.
Sur les murs extérieurs de la cella étaient
gravées en lettres d'or quelques-unes des
sentences les plus célèbres de la sagesse
antique, sans en excepter le FvwO'. TsauTcv
de Socrate avec lequel la religion menacée
à son tour avait fini par se réconcilier.
Ces aphorismes philosophiques, que li-
saient ou qu'épelaient les pèlerins avant
de pénétrer dans le sanctuaire, alternaient
sur le fond blanc du mur avec des E de
diverse taille regardés comme des allu-
sions symboliques au culte ou à l'histoire
du dieu". Ils n'étaient, disait-on, que la
reproduction d'un original conservé dans
le trésor du temple qui en possédait trois
exemplaires, l'un de bois, donné par les
Sept Sages de la Grèce (venus tous les sept
à Delphes suivant la tradition, & tous en-
semble qui plus est); un autre de bronze
envoyé par les Athéniens, 8c un troisième
d'or massif, offert par l'impératrice Livie,
une des dernières bienfaitrices du temple,
que Néron allait dépouiller.
Dans le vacç où les pèlerins ne péné-
traient qu'après s'être purifiés dans une
des fontaines saintes & avoir immolé au
moins un des animaux agréables au dieu
(une chèvre ou un bouc le plus souvent),
les premiers objets qui frappaient le regard
étaient une statue d'Apollon plus grande
que nature, dédiée, disait-on, par le con-
seil des Amphictyons, & un groupe allégo-
rique de cinq figures, dans lequel l'artiste
avait représenté les trois Parques (at McTpat)
conduites par Jupiter & par Apollon qui
prenait, à ce titre, le nom de [^-oipaYér^ç
(guide ou conducteur des Parques). Envi-
sagé sous ce nouvel aspect, le grand dieu
de Delphes n'était plus seulement le con-
fident des destinées humaines, il en deve-
nait le maître & l'arbitre, & les sceptiques
les plus obstinés n'avaient qu'à s'incliner
devant ses oracles aussi infaillibles que
ceux de Jupiter dans l'hiéron de Dodone.
Mais à côté de ces oeuvres, relativement
' Plutarch. de Et ap. Delpli. c. 2. 17.
modernes, car Pausanias se contente ici de
simples indications, sans noms propres &
sans dates, figuraient quelques-unes des re-
liques les plus vénérées du sanctuaire dont
elles rappelaient ou explic[uaient l'his-
toire. C'était à ce titre que les périégètes
(les cîceroni du temple), faisaient remar-
quer aux visiteurs un autel de forme ar-
chaïque dédié au dieu Poséidon (Neptune)
qui avait ])Ossédé, jusqu'à l'arrivée d'Apol-
lon, la ville sainte & le temple où il ren-
dait ses oracles par des prêtres ou des pro-
phètes à lui. Un endroit du sol, jonché de
cendres & de charbons à demi calcinés que
l'on évitait soigneusement de balayer, pas-
sait, à tort ou à raison, pour le foyer où le
prêtre d'Apollon avait immolé de sa main
le héros Néoptolème, fils d'Achille, un des
premiers profanateurs du sanctuaire. Plus
loin on voyait, adossé au murale siège de
fer où s'asseyait le poète Pindare, pen-
dant les longues heures qu'il passait dans
le temple à méditer les louanges du dieu
ou à chanter les athlètes qui se disputaient
le prix de ses jeux devenus célèbres dans
toute la Grèce".
La partie du monument spécialement
affectée au service de l'oracle était connue
à Delphes sous les noms de [j.avTîTov l'oracle
proprement dit, ou sous celui d'àcuTov,
parce qu'elle était inaccessible aux femmes
& interdite même à la foule des visiteurs,
que les serviteurs du temple contenaient
non sans peine à l'entrée de la cella. Pau-
sanias, qui devient ici réservé & sobre de
détails, suivant son habitude, ne signale
dans cette partie du sanctuaire où le vul-
gaire ne pénétrait plus, qu'une statue du
dieu en or dont il ne spécifie ni le poids
ni la taille, ni l'auteur, ni le donateur.
Tout semble indiquer pourtant, & nous
en trouverions au besoin une nouvelle
preuve dans la phrase sacramentelle ...y.a-
Tc'.G'.v dq 10 xpr^tjTtjpiov ...y.axéS-/] ïq xb [jiavTsrov
(descendre à ou vers l'oracle) appliquée
par les anciens' à la Pythie au moment où
' De là le nom de IljOta sous lequelùl désignait
lui-même ces odes d'un mouvement si rapide &
d'un style si élevé.
' Par Plutarque notamment : De Pytit. oracul.
& Je defcct. oracul. pass.
Note
io5
Note
io5
390 NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
elle allait prophétiser que le sol du tem- par où s'échappait le souffle ou l'esprit di-
ple était ici surbaissé, c'est-à-dire infé- vin (divinus afflatus; -:b 7:vs5[j,a èvOoucr'.as-:'.-
rieur au sol de la cella dont il se trouvait -/.cv), & c'était au sommet du trépied, sur
ainsi séparé par un ou plusieurs degrés, un escabeau assujetti au couvercle que
Un géographe de date récente, il est vrai, s'asseyait à son tour la Pythie, de manière
mais qui emprunte volontiers ses rensei- à dominer la foule silencieuse & émue qui
gnements à des sources anciennes, Etienne se pressait à l'entrée du vacç & jusque sur
de Byzance, assure formellement que cette les gradins du péristyle,
portion de l'édifice était dallée de marbre Depuis l'esclandre du Thessalien Eché-
pentélique, & qu'elle avait fait partie du cratès, qui avait enlevé de vive force, as-
monument de Trophonios & d'Agamédès, sisté de quelques amis, une des Pythies
respecté & conservé ici par l'architecte du du temple ' dont la beauté , relevée par
rfouveau temple en raison de son carac- l'enthousiasme divin, l'avait enivré jusqu'à
tère sacré. D'autres inductions, plus con- troubler sa raison, il avait fallu renoncer
à les choisir, comme on l'avait fait jus-
qu'alors, parmi les jeunes filles les plus
nobles, les plus riches & les plus belles
de la ville'. Les seules conditions que
l'on exigeait d'elles, depuis cette réforme,
étaient d'être encore saines de corps &
d'esprit, & d'une chasteté à l'abri du soup-
çon^ Mais il était rare que les plus robus-
tes elles-mêmes résistassent longtemps à la
vie d'émotions périodiques à laquelle on
les condamnait. Celle que Plutarque avait
vue sur le trépied & qui faisait exception
à cette règle, car elle avait atteint un âge
presque avancé, devait ce privilège à un
Note
I o5
cluantes encore, ne permettent point de
douter qu'elle ne fût restée hypaethre, c'est-
à-dire à ciel ouvert (jt:' a?0ipOj comme
l'avaient été jusqu'à la naissance de l'ar-
chitecture proprement dite les sanctuai-
res primitifs dont nous essayions tout à
l'heure de distinguer les âges & les types.
Mais les peintures des vases, plus expli-
cites & moins scrupuleuses ici que les
écrivains de profession, nous ont con-
servé de précieux détails sur la disposition
& l'ameublement de cette partie de l'édi-
fice dont elle passait avec raison pour le
centre & le lieu saint par excellence".
C'était là, en effet, que se trouvait le ce- certain calme de tempérament sur lequel
lèbre trépied sur lequel montait la Pythie s'émoussaient les impressions divines & à
pour prédire ou pour annoncer l'avenir une égalité d'humeur qui lui avait attiré
de par le dieu, comme on le disait à Del- d'unanimes sympathies dans la ville &
phes : jAavxeûsaOat èv. toj Osou. Il était doré même dans le temple où l'on parlait d'elle
& analogue, au moins par la forme, aux comme d'une femme simple & sainte, aussi
trépieds de fer ou de bronze dont on se
servait de toute antiquité dans l'intérieur
des maisons grecques; avec cette diffé-
rence seulement qu'il était ici d'une taille
exceptionnelle ( -ptzoBa u'|*/]Xév) & sur-
monté au sommet d'une sorte de couvercle
circulaire & bombé qui lui donnait un
aspect particulier. Ce couvercle, devenu
lui-même un objet de vénération pour les
croyants qui le désignaient sous le nom
de '6\\).oq ou de •/.jxAcç iJ.Tfzv/.éq (le cercle
prophétique), était à jour & formé de deux
traverses rivées au sommet du couvercle
où elles se coupaient en manière de croix.
Le trépied était dressé au-dessus de la cre-
vasse, soigneusement respectée elle-même,
' XQ àoutov — Tou vaou To IjwTaTw (pass.).
régulière dans sa conduite que circons-
pecte dans ses discours ■*. Etrangère aux
choses & aux plaisirs du monde dont elle
n'avait ni l'habitude ni le goût, car elle
était fille de pauvres paysans (...Yîopyôjv
TTcVYi-wv, Plutarch. Z.L), elle était tout
entière à ses devoirs & à son dieu dont
' Car il y en avait plusieurs à cette époque
de foi.
" Diodore de Sicile assure que l'on s'était arrêté
à rage de cinquante ans révolus : ...'Jaispov r.vnr^-
v.o^noi Itwv (Diod. xvi, 26), qui avait paru offrir
cette fois des garanties suffisantes.
^ . . . àyvrjv 5'.à piou (Plutarch. De oracul, c. 46,
defect.).
^ . .. vo[i.([j.u; -/.al xaXôJ; xa\ p^SiW.ïv rjTa/.xw;. (Plu-
tarch. De Pyth. oracul. c. 22.)
Note
I o5
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
391
elle traduisait les pensées les plus intimes
sans exagération & sans effort, « comme
le ferait une chaste épouse pour laquelle
l'époux n'aurait point de secrets '. » D'au-
tres la comparaient à l'archet muet ('itay;/.-
Tpov) qui fait vibrer la lyre sans en parta-
ger l'émotion intime, ou à la pure ^ôAyjvy)
(la Lune), dont la lumière douce & égale
n'est aussi qu'un reflet de celle du SoleiP.
Mais en dépit de ses cheveux blancs &
de ses joues amaigries elle était restée fi-
dèle, comme les sibylles qui l'avaient pré-
cédée, au costume traditionnel sous lequel
nous les représentent les peintures des
vases grecs & qui n'était autre chose lui-
même que le costume national des jeunes
Phocidiennes au temps de la croisade de
Crissa. Vêtue de la xystis, espèce de tuni-
que traînante dont la laine fine & souple
accusait sans pitié les contours ou les an-
gles, elle portait les cheveux relevés en
boucles sur le front & tombant derrière la
tête, où ils étaient retenus par une sorte
de résille en fil d'or. Ses jambes nues
étaient chaussées du cothurne que por-
taient les acteurs tragiques ou comiques'
dont le costume, religieux à l'origine, re-
montait lui-même aune haute antiquité;
& ce n'était jamais sans un mouvement
de curiosité respectueuse, même à cette
époque, qu'on la voyait monter lente-
ment sur le trépied, entourée, suivant
l'usage, des saints & des prêtres du tem-
ple, la main pleine de farine d'orge (v,pi-
O'.vov àXsupov) & mâchant les feuilles du
laurier sacré. Au bruit de son apparition,
porté bientôt de groupe en groupe, les
oisifs de tout âge qui passaient leurs jour-
nées dans le temple où les arrêtaient des
spectacles de plus d'un genre, les pèlerins
& les touristes que les périégètes prome-
' , . .wç àXrjOôJî T7)V 'l'>i'/Jl^) tw Oeo) oûvcaTïV, dit Plu-
tarque (l.l.), en avouant pourtant qu'elle n'avait
plus rien d'une épousée, au sens habituel du mot :
. . .iXây t'JTa T'/jv vy|j.cpr,v toouoïtv.
' . . . Ot'ov y^p<ji[LViov t^ ITuOîa rpbç à/.OTjv, xaOù)? ^Xioç
ypiÎTai aîXrjvrj r.phç, oitv (Plutarch. De Pyth. oracul.
c. 21 .)
' . . . xpojSûXou; x£ /^paouç /.ai ^u-r-toaç [;.aXa/.à;
....^.xai z6jj.?)v aoSapwilpav -/.at -/.ôOopvov. (Plu-
T.VRCii. De Pyth. oracul. c. 24.)
liaient d'un monument à l'autre en les
étourdissant de leur bavardage érudit, les
philosophes eux-mêmes dont le ii\).vK<i
était resté l'asile & qui y dissertaient m^-
tin & soir de choses sacrées ou profanes,
se précipitaient à l'envi vers les portes du
temple toujours ouvertes ce jour-là. Les
derniers arrivés se hissaient sur des esca-
beaux ou sur des pierres apportées du voi-
sinage, & tous écoutaient l'oreille dres-
sée, dans un silence religieux, les mots
incohérents & les phrases entrecoupées
que prononçait la sibylle, sur une mélo-
pée lentement accentuée dont la mono-
tonie contrastait avec l'éclat de ses yeux
qui semblaient percer les ténèbres, avec
le tremblement convulsif dont frémis-
saient tous ses membres & avec la sueur
qui ruisselait de son front sans qu'elle
osât l'essuyer.
C'était, suivant toute apparence, en
dehors de l'àcuTOv & même du va;ç que se
trouvait le laurier sacré (?epâ, ';:'jOr/.r, oxsvr,),
qui tremblait aussi, disaient les dévots, au
moment où se manifestait l'esprit saint'
& dont la Pythie mâchait les feuilles
avant de monter sur le trépied. La fon-
taine Cassotis, dont elle devait boire l'eau
sainte pour achever de se mettre en com-
munion avec le dieu, naissait assez loin
du temple où elle était amenée par un
aqueduc voûté, de manière à couper trans-
versalement le va5ç d'où elle ressortait à
ciel ouvert après l'avoir traversé. Mais
c'était certainement dans le temple lui-
même ik au voisinage de l'àouTOV, que se
trouvait l'espèce de sacristie où l'on enfer-
mait les pèlerins Us jours d'oracle* & où
ils devisaient de choses & d'autres en
attendant l'appel de leur nom. Plutarque,
le premier & le seul des écrivains an-
ciens qui en parle, assure qu'elle se rem-
plissait à certains jours de senteurs parfu-
mées, beaucoup plus délicates que celles
de l'encens & de la myrrhe, & qui ne
pouvaient provenir que de l'intérieur du
temple au moment où le dieu le remplis-
sait de son souffle.
' . . . 6 «IJoîGoç aùîbç 7:u0iy.fjv ositiaç oâov/jv. (AniSTOrii.
Plut. V. 21 3, Se Schol. ad l.l.)
"j....,Tou; /pwpiÉvouî XM Oio). (Plcxakcu. f^«.)
Note
io5
Note
io5
39:
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
III
& les mosquées des musulmans, qui sont
restés fidèles à ces vieilles habitudes, pro-
Pour se faire une idée à peu près exacte bablement orientales d'origine, sont en-
du monument que nous venons de décrire, core entourées ou précédées d'une vaste
il faudrait se le représenter, comme nous cour fermée (haram) que l'on ne distingue
le montrent les écrivains anciens, assis au point en orient du temple proprement dit.
centre d'une terrasse qui dominait à son Quelque vaste qu'elle ait été à l'origine
tour la petite ville de Delphi (AeX^oO & la ou qu'elle soit devenue, par suite de re-
vallée encaissée du Pleistos, sur les flancs maniements ou d'additions successives, la
de laquelle elle s'affaissait « en talus mosquée n'occupe généralement que le
abruptes de tous les côtés '. » Ce que l'on fond ou le centre de cette enceinte où se
appelait à Delphes le terne nos du temple', sont élevés à diverses époques les tom-
n'était autre chose que l'aire de cette ter- beaux de saints personnages, des colon-
rasse, circonscrite extérieurement par un nés ou des stèles votives, quelquefois de
mur d'enceinte percé de nombreuses issues petites mosquées de date récente bâties
destinées à en faciliter l'accès du côté de sur le modèle de la grande. Les vasques
la ville. Tout ce qui se trouvait à l'inté- des fontaines jaillissantes qui précèdent
rieur de ce mur d'enceinte, connu ici l'entrée ou les entrées du monument, en-
comme ailleurs sous le nom de mur sacré tourées de cyprès ou de palmiers, dispa-
(6 tîpbç r.tp'.îoXoz) , était regardé comme raissent en partie au milieu de ces cous-
Note
io5
appartenant au dieu & faisant partie de
son temple'. Les pagodes des bouddhistes
' Parnassi in rupe undique impendente... (JuST.
Epitom. XXIV, 6). — AeXçoÎ'i; os t) t.6Xiç, à'vavcs; oik
r.i'^r\i 7:apé/£-at o/f,tj.<x, (Pausan. x, 8, 5 9).
' ...IssXOovrt 5È h '0 t£[A£voç (Pausan. x, 9).
' OuTo; Sa (ô Upbç rspISoXoç tou 'A7:6XXtovoç) y.t~
Y^Oj'. [Asyaç y.cà (JvwtâTOj tou icfTswç laxi* T^T(xr,VTat 8e
xa\ è'^oooi St'aÙTOu ouve/sI'î (Pausan. x, 9). — La ville
qui avait son organisation politique 8c. son admi-
nistration distinctes de celles du temple, comme le
prouve une foule d'actes officiels : ...jûspl xb îepbv
y.at TTjv roXiv -wv AsXçCJv (Boeckii, Corp. Inscr. Graec.,
n" 1693), n'était qu'une petite ville de montagne
née de l'oracle & du temple dont tout le monde
vivait de près ou de loin dans la ville: ihi ciyita-
tcm frequent'ia hominum fecit (Justin, Epitom,,
16, xxi),car elle n'avait d'autre territoire culti-
vable : ...-ETpwocî ytopfov (Strab. ix, m, \ 3), que
l'étroite vallée du Pleistos qui bruissait à trois
stades au-dessous : ...où -X^ov .,.r\ xp;a aidôta.
(Pausan. x, 8), & la plaine alluvionale de Crissa
frappée depuis longtemps d'interdit par un décret
des amphictyons (Voir tome I, p. 22). Au temps
de Strabon qui la décrit d'une manière très-pittores-
que, elle n'avait pas plus de seize stades de circuit :
...|y./.atosxa araôfwv /.u/.Xto (Strac, l.l.^ un peu moins
de trois kilomètres), pas de murailles proprement
dites, grâce aux précipices qui en tenaient lieu
[...non mûri sed praecipitla (Justin. Epitom. l.l.), &
elle se composait de deux quartiers bien distincts
dont le mieux habité qui était en même temps le
plus élevé, était connu sous le nom poétique de
tructions disparates, & l'on s'explique, en
tenant compte ici de la vie séculaire du
temple, comment le temenos avait fini par
se trouver encombré aussi de monuments
Napé : Nc<7:ri ...'A;:oXXû>via Ndnrj (PiND.),à cause des
nombreuses fontaines qui le traversaient en se ren-
dant au Pleistos. — Le temple, qui dominait les
deux quartiers de la ville : ...àvotitio tou aaTSw;
Pausan. Z.Z.), était orienté de l'est à l'ouest comme
la vaste terrasse qui lui servait de soubassement &
encadré du côté du nord par l'hémicycle des roches
phédriades: . ..OsaTpoêiorjç xxTà /.opu-iTnv (Strau. 1.1,
.. in formam theatri (Justin, l.l.) qui lui formait
comme un rempart naturel : ...çpoûp'.ov à-h/ytaç,
(Héliod. Aethiop. II, p. I 10). Il présentait ainsi
son flanc droit sur la vallée et avait, du côté de
l'est, son entrée principale, formée par un escalier
monumental qu'ont remis au jour les fouilles pra-
tiquées dans ces derniers temps aux abords du
sanctuaire. C'est à côté de cet escalier qu'a été dé-
couverte la plus ancienne des inscriptions gravées
sur les murs polygonaux du soubassement} elle
remonte à l'an 221 avant notre ère & serait ainsi
postérieure d'un demi -siècle environ à l'exode,
c'est-à-dire à la déroute des bandes gauloises qui
avaient assiégé le temple sans y pénétrer, comme
l'assurent tous les historiens grecs, à l'excep-
tion d'un seul, qui soutenait, lui, que Brennus
était entré dans le temple où il n'avait trouvé, à
son grand étonnement, que des statues de bois ou
de pierre : ...sic vabv 2X0ù)V àpYupoviv [lèv r\ ypuaouv
oùoÈv etosv àvâOrj[j.a, àYâX[j.ata ôè aôva XtO'.va za\ fûXivx
(DiOD. l.l. XXII, c. 4).
Note
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NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
d'âge, de taille & de formes diverses, mêlés
de loin eu loin à des reliques en renom
comme la pierre arrondie (une moraine
probablement?) sur laquelle montait la si-
bylle Hérophile ', la première femme qui
ait eu l'honneur « de chanter les oracles
au nom du dieu, » & le célèbre ci;.^aAc;; ^y^ç
(umbilicus terrae)^ dont le bas-relief mysté-
rieux avait toujours le privilège d'attirer
la foule'.
Le plus connu de ces monuments, dont
la plupart n'étaient que des édicules d'as-
sez petite dimension, paraît avoir été celui
de la déesse Pyj (la Terre), qui avait pré-
cédé tous les dieux dans la possession du
sanctuaire où elle avait conservé sous cha-
AsXço't arîadtv çacrtv ajai -cou; y pr,a[i.cu; ovojjia 'llpoçt-
Xr)v, 21{6uXXav os iTîly.Xrjitv (Pausan. x, 12). On la
montrait à côté du portique bâti par l'athénien
Phormion, à l'occasion d'une bataille navale ga-
gnée sur les alliés des Spartiates, pendant la guerre
du Péloponèse.
' Ce bas-relief, que nous connaissons aussi par
les peintures des vases grecs où il est représenté
à plusieurs reprises (voir passim les ouvrages de
Broenstedt, de Mueller & de O. Jahn, planches &
textes) n'était, en réalité, que l'image en relief de
la montagne sainte du Parnasse, regardée à Del-
phes comme le centre & le point culminant de la
terre. Elle y était représentée sous la forme d'une
espèce de mamelle cachée en partie, comme l'affirme
Strabon, sous des bandelettes de laine ou de soie,
& accostée à ses extrémités de deux aigles d'or
massif (d'autres parlent de deux $erpentsailés)dont
les images , arrachées par les Phocidiens au temps
de la guerre sacrée, n'étaient plus représentées que
par les trous des tenons qui avaient servi à les fixer
sur le marbre. Ces deux aigles, lâchés par Jupiter
des deux bouts de l'horizon, comme le racontait le
poëte Pindare dans une de ses Pythiques (IV, 4),
s'étaient précisément rencontrés au-dessus de la
ville & du temple, dont la position se trouvait
ainsi déterminée par une autorité indiscutable. —
C'était par une conception du même genre que
la montagne sainte de Jérusalem, sur laquelle se
fixaient, depuis les croisades, les regards de l'Eu-
rope chrétienne, était devenue par degrés un point
géographique d'une importance exceptionnelle, le
centre aussi & le sommet du globe terrestre, que
l'on se représentait, au temps de Christophe Co-
lomb, sous la forme d'une poire élargie & aplatie
par la base (voir passim les ouvrages de M. de
Humboldt).
Il était
cun d'eux sa place & ses droits '.
bâti tout à côté <lu grand temple, à l'en-
droit où la fontaine Cassotis en ressortait
à ciel ouvert après l'avoir traversé du nord
au sud. En remontant le Lit de cette fon-
taine, cachée ici sous un aqueduc qui en
amenait les eaux à Vadyton du temple, on
rencontrait, à quelque distance du monu-
ment, un tombeau d'apparence archaïque,
entouré suivant l'usage d'un mur de clô-
ture peu élevé % & à quelque distance du
tombeau une relique d'un autre genre, qui
avait aussi grand besoin d'explication, car
elle n'était autre chose qu'un caillou roulé
de taille moyenne, dit un écrivain ancien
(...)a'Ooç ècTtv c'j t>iYaç, Pausan. X, 24), &
d'apparence assez insignifiante. Le tom-
beau sur lequel les Delphiens venaient
tous les ans faire des libations & des sa-
crifices expiatoires, était celui du héros
Néoptolème, égorgé, comme nous l'avons
dit, à l'entrée du sanctuaire, où il voulait
pénétrer de vive force. Le caillou auquel
le poëte Hésiode avait fait l'honneur d'une
allusion, passait pour la pierre qu'avait
avalée le vieux Saturne, au lieu & place de
son fils Jupiter, sauvé ainsi par miracle '.
Aussi était- il en grande vénération au-
près de certains dévots, qui le frottaient
d'huile vierge & l'emmaillotaient de laine
en suint aux jours de fête, comme s'il se
fût agi du divin enfant lui-même*.
' ...T% F/)? Etvat TO -/^pTjaTTÎptOV (DiOD. XVI, 26)}
...Ta (Jp/aiÔTata Yr\ç, eïvat xb yprjiTïîpiov (Pausan. x,
5). Un ancien poëte, l'auteur ànChant Eumolpien,
prétendait même qu'elle l'aurait possédé en pa-
réage avec le divin Poséidon (desCrisséens?); ...IIo-
GEtSwvoî iv xoivw y.at F^ç Etvat 10 [xavTefov (Pausan.
l,l.)i ce qui explique le crédit qu'elle avait con-
servé dans le temple où beaucoup de pèlerins asso-
ciaientson nom dans leurs prières à celui du divin
Apollon : ...tw Oew y.at x^ F^ xî) Upà (Aesch. Adv.
Ctesiphon. p. 154).
' 'EÇeXOôvxi 5è xou vaoû xa\ xpariévxi 2ç àptaxEpàv
rEp(6oX6ç liu y.cà Neo:ïxoX^{aou tou 'AyiXXiwç h aùxio
xâçoç... (Pausan. x, 24).
' . . . xat oj? auO'.; ^asaîv aùxbv ô Kp6voç (Pausan.
I.I.' ; c'était le dieu lui-même qui l'avait depuis
apporté à Delphes, comme le racontait le poëte
(HesiOD. Theogon. v, 498).
* ... y.x'. /.axà £opT»)V É/,âoxr)v è'pia ?7;ixt0éaai xôt àpyot
(Pausan. l.L).
NOTB
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Note
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*94
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
La Lesché des Cnicliens, que l'on ren-
contrait plus loin encore en montant vers
les roches Phédriades, d'où descendent les
belles eaux qui arrosaient la Napé, n'é-
tait, comme son nom l'indique, qu'une
salle de repos & d'entretien", bâtie par
les gens de l'île pour ceux de leurs com-
patriotes qui se rendaient aux jexxx & aux
fêtes d'Apollon. Mais ce lieu solitaire avait
un attrait tout particulier pour les hom-
mes de goût & pour les artistes qui admi-
raient là, loin de la foule & du bruit, un
des chefs-d'œuvre de la peinture antique.
Nous voulons parler des fresques célèbres
où le peintre Polygnote de Thasos % un
contemporain de Phidias, avait retracé les
grandes scènes du sac & de l'incendie de
Troie avec une justesse de pinceau & une
hauteur de style' que n'auraient point dé-
savouées le grand poëte dont il aimait à
s'inspirer. Elles se déroulaient dans une
série de tableaux sur les murs latéraux
d'un portique rectangulaire qui devait res-
sembler lui-même au célèbre Campo Santo
de Pise, dont tout le monde connaît les
fresques archaïques & l'élégante déco-
ration architecturale, qui remonte aux
premiers temps de la Renaissance ita-
lienne.
Les trésors (OYjîa'jpoO que les périégètes
nommaient chacun par leur nom aux pèle-
rins & aux touristes (çév:i) toucheraient
' ...8ti IvraûOa ouvbvTSî tb (Jpyafov t4 te crouBaio-
tepa BtEXéyovTO xa\ érrôua [j.uOtt)^r) (Pausan. x, 25) •.
elle aurait ainsi ressemblé au célèbre Szfaç de
Sparte, l'un des plus anciens monuments laïques
de l'art grec, qui n'était lui aussi qu'un lieu de
promenade & de causerie abrité du soleil auquel il
faut toujours songer en Grèce. De là le nom de
Sx(aç,lieu ombragé, à l'ombre, a la sumbra, comme
disent les Espagnols.
' ... li-U ol'y.r)[Aa YP«9^? ?Xov toQ noXuyvtiTou, hi-
Oijjjia jjiÈv KviS(tov... (Pausan. l.l,).
' . . .xa\ EÙTrpîTtsfaç I? tooouTov larfv rizouîa... (Pau-
san. X, 3i). Aussi, l'écrivain qui accorde à peine
quelques mots ou quelques lignes nux ouvrages les
plus émlnents de l'art antique a-t-il consacré sept
chapitres de son dixième livre à la description des
fresques du vieux maître qui lui rappelaient, il
est vrai, le poëme de VIliade & les mille petits
problèmes d'érudition que soulevait à son tour ce
texte devenu sacré.
de plus près encore à l'histoire du temple
dont ils n'étaient en réalité que des dé-
pendances. On sait de source certaine, en
effet, qu'ils avaient été bâtis aux frais des
villes grecques ou de leurs colonies, &
qu'ils étaient destinés à abriter les offran-
des publiques ou privées' que chacune
d'elles envoyaient aux dieux, comme on le
disait à Delphes d'un mot devenu sacra-
mentels A en juger par le peu que nous
en apprennent les écrivains anciens, qui
se contentent aussi de les désigner chacun
par leur nom, sans en excepter Pausanias
lui-même, ils étaient alignés l'un à côté
de l'autre dans l'aire du temenos, à peu de
distance des marches du naos, qu'ils au-
raient ainsi entouré comme une sorte de
ceinture '. La plupart d'entre eux por-
taient gravé sur le linteau de leur porte
ou sur le tympan de leur fronton le nom
du peuple ou de la ville qui les avait bâtis.
C'est en relevant ces noms disséminés chez
des écrivains d'époques diverses que l'on
a pu en dresser des listes qui nous donnent
une grande idée, tout incomplète qu'elle
soit encore, de ce que nous appellerions
aujourd'hui la clientèle du dieu & de la
sphère étendue dans laquelle s'exerçait son
action religieuse^. Mais on en est à peu
près réduit à des conjectures sur la forme
de ces petits monuments dont quelques-
uns paraissent de date récente, relative-
ment parlant, & dont les plus anciens
eux-mêmes n'auraient eu rien de commun
avec les Or^cjaupoi de l'âge héroïque, s'il faut
' AyjXouac §' ot Oriaaupot ou? x.al Èr)aoi v.oiX ouviarat
'/aTEazeûaaav, £t? ou? xal y^pr^ijiaTa àvETfOevro... (Strab.
IX, c. m, 2 4).
(î;xécJT£iXav le, AsXcpO'jç [pass.).
* Voir passim Pausan. lib. x, c. 9 & suiv.
* A en juger par les àvaOïJjj-aTa plus concluants à
notre sens que les Orjiaupof, dont le nom paraît
avoir changé de sens d'époque en époque, ce cercle
d'action se serait étendu de la petite île volcanique
de Lipari & des côtes méridionales de la Gaule, où
nos Massaliotes dédiaient de très-bonne heure à
Delphes, jusqu'à la côte d'Asie & à celle d'Afrique
où la ville de Cnlde, colonie de Lacédémone, &
celle de Cyrène, colonie de Théra, étalent repré-
sentées par des offrandes d'une importance excep-
tionnelle (Pausan. l.l.).
Note
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Note
io5
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
395
en juger par les noms vaguement vulgaires
sous lesquels les désignent les écrivains de
l'époque classique' & par la description
que nous a laissée Pausanias des trésors
du dieu (...Ospâxs; zoj Oéou, Eurip.) dé-
posaient dans le temenos après les avoir
consacrés. C'est ainsi que les marais sacrés
des Tolosates s'étaient remplis lentement
de l'Altis à Olympie antérieurs en date à de masses d'or & d'argent (^âpr, , massœ,
ceux du temple de Delphes" auxque^ ils
ont probablement servi de modèle.
Lors de l'incendie de 648, dont les sou-
venirs étaient encore vivants au temps
d'Hérodote, c'était dans le trésor des Co-
rinthiens & dans celui des Clazoméniens,
regardés sans doute comme les mieux fer-
més & les plus sûrs, que l'on avait déposé
les riches offrandes des rois de Phrygie &
de Lydie, ce qui laisserait supposer que
les plus anciennes de ces constructions
remontaient au moins à la fondation du
second temple, si elles n'étaient point
contemporaines du premier. Les offrandes
PosiDON.) sur lesquels le proconsul Cé-
pion faisait main basse lors de l'invasion
des Cimbres, & que l'on voit à l'époque
romaine tous les peuples barbares de la
Gaule & de l'Italie apaiser leurs génies
(oa([j,ov£ç, PosiDON.) en jetant des monnaies
d'or, d'argent ou de bronze dans les creux
de leurs fontaines & dans les sources de
leurs rivières où nous les retrouvons en-
core aujourd'hui'. Mais ces vieilles habi-
tudes, restées si longtemps vivaces dans
notre Occident, avaient été modifiées 8c
transformées de très-bonne heure dans la
Grèce antique, où l'on voit dès le hui-
qu'elles étaient destinées à abriter contre tième & le septième siècle avant notre ère,
les intempéries des saisons ou contre les les métaux précieux revêtir déjà les formes
mains avides des voleurs que la sainteté du de l'art, comme le prouveraient à Delphes
lieu n'arrêtait pas toujours, devaient res- même les riches offrandes des rois de
sembler elles-mêmes aux àvaOrjiJ.a-a de l'âge Phrygie & de Lydie qui ouvrent pour
héroïque, dont les poèmes d'Homère ne ainsi dire la série des àvaOY)[j.aTa du temple,
parlent, il est vrai, qu'en termes gêné- Il ressort, erl. effet, des descriptions d'Hé-
raux & convenus, reproduits religieuse- rodote, quelque laconiques qu'elles soient
ment par les Aëdes de l'époque suivante.
Elles n'étaient dans le plus grand nombre
de cas que des lingots ou des disques d'or
& d'argent que les prêtres & les serviteurs
' Otxoç, oixïjfjux (chez Plutarch. pass.) & par les
mots tout aussi vngues ...ttoiuv, oixoôofAav Orjaaupbv
Tw Oîw..,l? AeXooû; (Pausan. & Plvt. pass,).
' Le plus ancien de ces trésors de l'Altis à
Olympie aurait été, selon Pausanias, celui des
Mégariens de l'Attiquequi remontait, dit-il, à une
époque antérieure à l'ère des Olympiades (776 av.
J.-C). Il induisait le fait d'une inscription gra-
vée sur un bouclier, qui couronnait lui-même le
fronton du monument .. .àvâxEitat oï xat oiiizlçf uj^èp
Toîj dtETou Touç Mey^p^scç àr.o KopivOîwv àvaOarvat tov
O/jaaupôv XÉYouaa (Pausan. VI, i5); ce qui prouverait,
si le monument n'avait point été rebâti ou rema-
nié, qu'il ressemblait déjà, comme type au moins,
aux petits édicules à fronton, si communs à l'épo-
que classique dans le temenos des grands temples.
le plus souvent, que les métaux précieux
qui en font toujours la matière, s'y pré-
sentent, non plus sous leur forme brute,
comme le disaient les anciens (;(p'jsouv à'pYOv
aurum & argentum infecium^pass.) mais sous
celle de bijoux monumentaux, de vases de
toute taille & de toutes formes, distingués
à leur tour sous des noms très-divers',
' Voir dans les notes ia tome I, nos études sur
les Tolosates & les Nemausenses.
' ...xà àizh T^? S£ip9)5 r.oà t«; Zwvaç; ...xa\ ycûiiaîa,
àpyûpex xuxXoxEpsa (gtitti argentei); ..,xat 7:!0ou; xâ
àpyuplou; (dolia argentea); .,.y.cà repi^favTT^p'-a Svo...
xprjt^paç ûûo (j-ty^Os'. [lEydXouç . . . L'un de ces deux
cratère», qui contenait 600 amphores de vin, pas-
sait à Delphes pour être l'ouvrage de Théodore de
Samos, dont l'école (de fondeurs & de ciseleurs)
la plus ancienne de la Grèce, était alors dans tout
son éclat : ...wursX Se \i.h AeXoo\ SeoSojpou -cou SajAi'ou
Il faut ajouter à ces points de ressemblance que les È'pYov eTvai xal lyw ooxéw (Hérod. i, 5i); un cratère
trésors de l'Altis étaient alignés, comme ceux du d'or, d'or pur cette fois, dédié au dieu par le roi
temple de Delphes, mais celte fois en ligne droite, Alyattès , un des prédécesseurs de Crésus, avait
sur une sorte de mur ou de jetée en pierre calcaire pour base un u;;oxpr]Tr,p(Siov exécuté par Glaucus
qui s'étendait entre le temple de Junon au nord de Chio a le premier des hommes qui ait trouvé le
& le mont Kpéviov au sud (Palsan. /./.). moyen de fondre le fer & de le travailler en œuvres
NOTB
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Note
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396
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
quelquefois même sous la forme de statues de l'âge antérieur à Phidias'. Un groupe
animales, comme le lion d'or dont nous que Pausanias avait remarqué, dans le tré-
avons parlé, ou de statues humaines comme sor des Mégariens, était composé de figu-
rimage archa'ique connue à Delphes sous rines en bois de cèdre (Çmciol) inscrustées
le nom de panetière du roi Crésus, à cause ou revêtues d'or (yp'jaM cir(VOia[jiva). Il re-
sans doute de quelque corbeille chargée présentait le combat du divin Hercule &
qu'elle portait sous le bras ou sur la tête '. du fleuve Achéloiis, assistés chacun par une
A Olympie, qui avait ses trésors avant divinité amie & passait pour l'œuvre d'un
le temple de Delphes & qui les avait con- sculpteur de Sparte, Médon, qui aurait
serves intacts, ou peu s'en faut, le temple fleuri de la 56"^ à la 58*^ olympiade, puisqu'il
de Jupiter n'ayant point eu à subir les ava- était élève de Dipœnus & de Scyllis, les
nies des bandes mercenaires de Philomélos fondateurs de l'Ecole de Sicyone' (olymp.
& d'Onomarchus, Pausanias avait retrouvé 5o). Mais le moment n'était pas éloigné où
dans les plus anciens d'entre eux quelques ces alliages eux-mêmes, restes d'antiques
échantillons de cet art archaïque qu'il dé- habitudes, allaient tomber en désuétude à
crit à cause de cela, sans doute, avec une leur tour, & où les métaux précieux, sans
attention toute particulière. Comme à l'é- être formellement exclus des sanctuaires,
poque précédente, les bijoux, les armes & allaient y céder la place à des œuvres d'art
les meubles de luxe paraissent y tenir tou- proprement dites, à des images sans valeur
jours une grande place. C'était dans le intrinsèque, puisqu'elles étaient le plus
trésor des Sicyoniens qu'il avait vu l'épée souvent, de bronze ou de marbre' mais qui
courte à poignée d'or, que l'on attribuait
au héros Pélops 8c les célèbres OiXajJ.S'. ' de ' De là, la sculpture connue sous le nom de
bronze dédiés parle tyran Myron OrthagO- chryséléphantine (ivoire & or), dont il avait vu à
ride (olymp. 33 — 648 avant notre ère) qui Olympie de rares spedmina ; dans le trésor des Sé-
offraient une des plus anciennes applica- li^^o^tiens de Sicile, un Bacchus dont la tête, les
1 1 „„j i^„: .„ Q, pieds & les mains étaient d'ivoire; dans celui des
tions connues des deux ordres dorique & i;, , ,,^ ,. r^ , •
, ^ , Metapontiens , d Italie, un tndymion , tout en
ionique'. Les statues, encore rares a cette . . . ,,, , , • , ,, ^, ,
^ ' ivoire aussi, a 1 exception des draperies (:;Ar]V 0£ £3-
époque, y étaient le plus souvent de petite p-^^^^ y^ j„ anathemata les plus récents du riche
taille ou de taille moyenne, fort inférieure ^^^^^^ jes Sicyoniens, était une corne d'Amalthée,
à celle de la panetière du roi Crésus qui en ivoire, envoyée par Miltiade^ fils de Simon,
atteignait, dit Hérodote, trois coudées de lorsqu'il commandaitdans la ChersonèsedeThrace;
hauteur (I mètre 35 ou 40 centimètres). il portait gravé sur le dos de la corne, en carac-
L'or, pour lequel les dieux conservaient tères archaïques (àp/a(otç 'ÂTTixor; Ypai^l^ac^Ou^e '"«-
une prédilection instinctive, s'y mêlait cription en deux vers qui ajoutait une valeur de
sous des formes diverses (incrustation,
revêtement, marqueterie) à des matières
précieuses elles-mêmes, à l'ivoire surtout,
que travaillaient de préférence les artistes
Note
io5
d'art. » Ce précieux morceau, qui existait encore
au temps de Pausanias, veuf de son cratère d'or
fondu par les mercenaires Phocidiens, avait été
transporté, au temps de Plutarque, dans la lesché
des Cnidiens.
' ...v.oà orj /.ai YU''*»'-ôî e'ÔwXov ypjcjjov z^'.r.r^yy xb
AeXcpoi TÎiç àpxo"/.6:;ou ttJî Kpotaou tîy.civa Xéyoyai eïvai
(Hérod. U.).
* ...[jiayaipa t) IIéXotioç ypuaou xtjv XaSrjv n£;roir)[X£vr]
(Pausan. VI, 19).
' 'Ev Ô£ Tw Orjaaupio Y.cà OaXâ[ji.ouç Sûo l3ïo{r)g£, tov
jiÈv Awpiov, TOV 0£ Ipyaaîaç i^'ç 'Iwvwv. XaXxovi }J.èv ot)
«•JTOu; Ewpwv £ipYaa(j.évou? (Pausan. l.l.).
plus à cet ivoire incomparable : « Je suis l'image
(aYaX[j.a) dédiée à Jupiter Olympien par les Grecs
de la Chersonèse, après qu'ils eurent escaladé les
murs d'Aratus; ils étaient commandés par Mil-
tiade » (Pausan. vi, 19).
" On voyait dans le trésor des Epidamniens, un
groupe du même genre, & en cèdre aussi (.../iôpou
|j.£v /.at tayta). Il représentait Atlas supportant le
ciel (avec les noms des deux artistes gravés au-
dessous de la voûte céleste : Théoclès & Hégylus,
son fils?) & à côté d'Atlas, Hercule avec l'arbre
aux pommes d'or des Hespérides , enlacé par un
serpent (Pausan. l.l.).
^ C'est aux sculpteurs Dypoenus & Scyllis, dont
nous venons de parler, que l'antiquité attribuait,
comme on le sait, l'invention ou tout au moins la
vulgarisation de la sculpture sur marbre. Mar-
more scalpenio prim'i omnium inclaruerunt Dypoe-
nus & Scyllis (Pline, lib. xxxvi, 4) (4, l).
Note
io5
NOTES SUR LlnSTOIRE DE LANGUEDOC.
397
en prenaient une très-grande par le talent
des artistes dont elles étaient l'ouvrage.
L'art qui sort tout entier des profondeurs
de l'âme humaine, sans autres instruments
que ceux qu'il sait se créer, avait donc
aussi le don de changer en or tout ce qu'il
touchait & allait frapper ainsi d'un dis-
crédit définitif les métaux précieux, regar-
dés longtemps comme les seuls présents
dignes de la divinité, comme les seuls au
moins qui lui fussent agréables. Il pou-
vait même, entre les mains « d'excellents
artistes » comme Myron, Polyclète & Phi-
dias', élever l'humanité au-dessus d'elle-
même, & devenir le médiateur habituel
entre les hommes & les dieux dont il rap-
prochait les essences sans avoir la pré-
tention de les confondre.
IV
Si nous n'avions pas abusé déjà de la
patience de nos lecteurs qui ne s'intéres-
sent pas tous également aux grandes cho-
ses de l'art antique, nous aurions tenu à
les accompagner dans l'intérieur du terne-
nos où les visiteurs les plus instruits eux-
mêmes ne s'aventuraient guère sans un
guide. A défaut de descriptions détaillées
que permettent rarement les brèves indi-
cations des écrivains anciens, auxquelles
la science en est ici réduite, c'eût été un
plaisir pour nous que de leur signaler au
moins, chemin faisant, les principales de
ces œuvres d'art qui se substituaient par
degrés aux naïves offrandes de Vâge d'or\
comme on l'appelait avec raison (dans les
' Contemporains tous les trois , comme on le
sait, & tous trois élèves du même maître, le fon-
deur Agéladas, d'Argos [Olymp. 70 à 80).
' Nous sera-t-il permis de constater à propos de
cette révolution trop peu remarquée que le discré-
dit des métaux précieux dans les temples coïncide
à peu de chose près avec l'époque de l'invention
de la monnaie qui allait les faire servir à des usages
tout laïques & tout profanes. Ajoutons à l'appui
de cette remarque que les plus anciennes monnaies
connues ont commencé sous la forme de lingots ou
de disques dans la série de bronze (chez les Romains
par exemple), & probablement dans celle de l'or,
où le tdXavTov des Grecs n'a jamais été qu'une
monnaie de convention.
temples surtout), & dont la plupart appar-
tenaient à la statuaire, le plus grec, sinon
le plus brillant de tous les arts grecs. .
Ces statues de marbre ou de bronze qui
se pressaient aux temps historiques dans
l'enceinte du temenos n'étaient à l'origine
que des images saintes, de petite taille le
plus souvent & d'un style hiératique qui
rappelait, h plus d'un égard , l'attitude &
la pose des statues égyptiennes. Celle que
l'on regardait comme la plus ancienne à
l'époque où Pausanias le visitait était un
petit Apollon de bronze (..... 'A7:c)j,o)va
[Jir/.p5v, liv. X. 16) analogue par le style,
comme il l'était par la taille, à la célèbre
figurine de l'ancienne collection Pourta-
lès, qui portait le nom du dédicant gravé
en toutes lettres sur la plinthe de l'àvaAy.a.
L'historien Théoponipe, qui écrivait au
quatrième siècle avant notre ère & qui
parlait du temple & de son temenos en
homme exactement informé", assure que
les statues y étaient encore perdues de son
temps au milieu de trépieds, de dolia & de
cratères de bronze (l'or & l'argent ayant
partout disparu) qui formaient toujours le
fond de la décoration du temenos.
Mais ces images rigides s'étaient animées
& assouplies à mesure que l'art grec s'af-
franchissait lui-même de l'esprit hiérati-
que qui avait présidé h sa naissance. Dès
le temps de Phidias, qui ne sculptait guère
comme on le sait que des images saintes,
elles se distinguaient par l'harmonie des
proportions & par la justesse des attitudes
alliée à l'élévation sobre des mouvements
ou des gestes. Mais on les trouve déjà
mêlées à Delphes, comme ailleurs; à des
images d'un tout autre genre, à des images
tout humaines & toutes profanes, comme
nous le dirions aujourd'hui, car quelques-
unes n'étaient que des portraits en pied,
' Il avait consacré un chapitre spécial (probable-
ment dans son Histoire delà guerre sacrée) à l'énu-
mération des objets précieux enlevés ou détruits
dans le temple par les Phocidiens: ...::£pt Jx AeX^ôjv
ouXrjOÉvTwv yprjiJLâTwv (Athen. xii, p. 532. — Diou.
XIII, p. 6i5j. Plutarque le regardait encore comme
l'écrivain qui avait parlé le plus exactement de
l'oracle & du temple : ...oùoevb; ^ttov àvO^Mr.wi h-
nouoa/.w; r.zpi tb )(priaT>5ptov (Plut, de Pytii. orac. 19).
Note
io5
NOTB
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398
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
exécutés à l'occasion de quelque service tie, qui avait eu aussi son jour de prépon-
rendu au dieu ou à la patrie". D'autres en dérance, étaient exécutés le plus souvent
plus grand nombre étaient des images idéa- sur le produit de la dîme que chacune des
lisées, les images des villes grecques elles- villes alliées ou clientes prélevaient à l'in-
mêmes (la patrie dans le monde antique tention du dieu surtout ce qui leur arri-
était la ville natale) représentées poéti- vait d'heureux : sur le butin d'une bataille
quement sous les traits de leurs fondateurs gagnée contre les barbares & même contre
(Y^pwç y.TiaTYji;, olyJ.cvr,q, lr.6iYJ[j.ocy ou des allu- les Grecs^ sur la découverte de mines d'or
sions aux grands événements de l'histoire & d'argent dont le dieu réclamait sa part' ;
contemporaine qui venaient ainsi se tra- sur le produit d'une chasse ou d'une pêche
duire d'époque en époque dans l'intérieur miraculeuse; sur les revenus d'une moisson
du sanctuaire, quelquefois sous la forme ou d'une vendange inaccoutumées, & que
de statues isolées, plus souvent sous celle la plupart d'entre elles acquittaient reli-
de groupes sculptés composés de dix, de gieusement. De là les formules : èx, cr/.âroç,
douze ou de quinze figures de grandeur — à-oov/dvrtq^ — aTcb oî-/.â-*^; MapaOa)v(oi> IpY^u;
naturelle. Ces groupes, où se coudoyaient — àxb Ipyou tcutou... (pass.) que portaient
en manière de tableaux vivants, les dieux, souvent les inscriptions de ces riches
les demi-dieux & les grands hommes de àvaOYjixaxa disparues elles-mêmes avec les
toutes les grandes villes de la Grèce, de chefs-d'œuvre dont elles expliquaient l'o-
Miltiade' à Lysandre & de Lysandre aux rigine\ Pour détacher ces groupes animés
rois de Macédoine en passant par la Béo- de la foule des statues qui tes entouraient
& leur donner en même temps tout l'effet
• Nous citerons comme exemples de ces statues- monumental qu'ils pouvaient produire, les
portraits (àv8p(avt£î, £ty.(SvE? hùçi^r.iùv, pass.) l'image villes qui les dédiaient faisaient construire
du plongeur Scyllis de Skioné & de sa fille Hydna, à leurs frais, ici de petits hémicycles entou-
commandées & exécutées aux frais du conseil des j-és d'un mur de marbre (r.toiSoloq, è^éopa),
amphictyons, en y joignant celle du malade amai- ^^nieurs de légers portiqueS Cîxéa) décorés
gri, sauvé probablement par le dieu dont parle ^, • ^ j ^ i i u ^
° ' . / , > -, . o , 11 extérieurement de trophées d armes ou de
Pausanias {[xiu.r,u.oi vaÀxouv, x, 2), & la statue de la , . ... ,
DU ' ' • • j- ■. ■ c A' . proues de navire: ce qui explique, pour le
courtisane rhryne qui indignait si protondement ^ ? t 1 n 5 1
les philosophes de l'époque classique, quoiqu'elle ^'^^^ ^n passant, de quelle manière étaient
fût une œuvre de Praxitèle, charmante au point tombés en désuétude les antiques 6rjjaypo(
de vue de l'exécution comme à celui de la réalité. du temple, dont noUS cherchions tOUt à
" Voir parmi les nombreuses statues de ces héros l'heure l'origine & l'usage. Pausanias, qui
fondateurs que Pausanias décrit à son titre de pa- s'était fait Ouvrir par CUriosité Celui deS
triote & d'érudit, celle du héros 'Avopsûç, fonda- Sicyoniens, assure qu'il l'avait trouvé com-
teur de la ville d'Andros qu'on signalait aux étran- plétement vide & qu'il en était de même
de tous ceux qui existaient encore de son
Note
io5
gers, à cause de son costume archaïque ou national,
car il était armé d'une cuirasse que sa chlamyde re-
couvrait : . . .y^Xap-ûSa liiX xw Oi&oaxt (Pausan. x, i3).
' Le groupe dédié aux dieux par les Spartiates
& leurs alliés après la désastreuse victoire d'iEgos-
Potamos, ne comprenait pas moins de dix statues
divines ou humaines, au milieu desquelles se trou-
vait le vainqueur Lysandre couronné de laurier
par les mains de Neptune, avec Hermon, le pilote
de son vaisseau, & le devin Abas qui lui avait
temps. La langue avait fini par changer
elle-même, comme les habitudes & les
usages qu'elle traduisait, & il suffit de lire
' Le trésor des Siphniens avait été bâti tout
exprès pour recevoir la dîme de cet or qu'il avait
exigé : ...i/IXeuasv ô Osôç aTioçipeiv OEy.ârrjv I? AsX-
çoûç (x, II), & qu'ils payèrent régulièrement jus-
prédit la victoire. Autour de ce groupe principal qu'à l'époque où les filons tarirent, & où les
s'alignaient les images de tous les chefs alliés qui Delphiens réclamèrent à leur tour, disant qu'ils
avaient pris part à la bataille. Ils étaient placés, n'avaient plus de dîme à payer quand le bénéfice
non sans intention, à peu de distance du beau leur manquait.
groupe élevé par les Athéniens après la victoire de ' xw ^aOpw... l:ii'Ypa;jL;j.a [jlÉv laxiv à£o Sey.dxr,; xoîi
Marathon^ aux dieux ou aux génies tutélaires de MapaOwvi'ou à'pyou xtO^vat xà; £?-/6va?... (Les dieux
la ville, & au stratège Miltiade qui avait eu la 'AOï^vr) & 'A7:6X).wv 8c les héros d'Athènes, xai dtvrlp
principale part au combat (Paysan, x, 6 & 10). xSv CTxpaxrjyriaâvxwv MiXx'.âô/i; (Pausan. x, 10).
NOTB
io5
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
399
avec un peu d'attention le dixième livre mieux l'Orient & la Grèce'. Pausanias, qui
de Pausanias pour être convaincu que l'on décrit en termes bien laconiques, il est
appliquait de son temps le nom de Or]aaupG{ vrai, ce que Pline évaluait en chiffres
à ces groupes sculptés qui avaient porté ronds, nous eût donné une idée plus
le coup de grâce aux OY;aa'jpo( de l'âge pri- exacte encore de ce musée sans égal où se
mitif restés debout, comme bien des cho- reflétait dans tout son éclat la vie de la
ses restent debout dans les temples après
avoir perdu leur caractère, leur destina-
tion & leur sens.
En dépit des spoliations que le sanc-
tuaire avait eu plus d'une fois à subir avant
Grèce antique, & dont la vue, (r, 0£a), la
vista des Italiens, était devenue toute une
affaire, l'affaire de plusieurs jours sinon
de plusieurs semaines. Il ressort, en effet,
des descriptions du touriste grec, accom-
celle de l'empereur Néron qui en avait pagnées, comme elles le sont souvent de
enlevé d'un seul coup cinq cents statues noms d'artistes % qui ont chacun leur his-
d'hommes ou de dieux, choisies avec un toire & leur date approximative, qu« tou-
certain goût', le temple de Delphes pas- tes les écoles de l'art grec, à partir des
sait encore, au premier siècle de notre écoles archaïques de Samos, de Sicyone &
ère, pour un des lieux du monde les plus d'Egine, y étaient représentées par des
riches en œuvres d'art. Pline, qui écri- œuvres d'élite qui n'ont rien de commun,
vait comme on le sait sous Vespasien,
quelque temps par conséquent après la
désastreuse visite de l'archéologue tout-
puissant,
... Contemptor d'ivum Me^entlus,
(ViRG. jEn. VII, a^g.)
évaluait encore à trois mille le nombre
des statues du sanctuaire, qui ne le cédait
sauf quelques rares exceptions, avec les
statues anonymes & restaurées de nos mu-
sées actuels \
C'est par cet ensemble de souvenirs re-
ligieux & nationaux, associés ici à une
profusion & à une variété d'objets d'art
dont les écrivains anciens ne nous don-
nent qu'une idée bien incomplète, que
s'explique l'attraction singulière que le
point sous ce rapport au temple toujours sanctuaire paraît avoir exercée à toutes les
vénéré d'Olympie, quoique l'un & l'autre époques sur les hommes de race grecque,
eussent perdu depuis longtemps déjà le sur ceux au moins d'un esprit cultivé &
prestige qui entourait leurs fêtes & leurs d'une éducation littéraire qui mouraient
jeux. Athènes & Rhodes, les deux villes rarement sans avoir visité le temple de
artistes de cette époque de décadence, en Delphes & celui d'Olympie. Les monta-
avaient conservé à peu près le même nom- gnes sonores qui accidentent ici le pay-
bre, disait le consulaire Muciènus, un des sage, en serrant de près la mer que l'on
hommes de son temps qui connaissait le n'oublie jamais complètement en Grèce,
& le site merveilleux du temple où l'on
' "Oç Tov 'AîuoXXwva (NÉpwv) ::£VTa-/.oa(aç Oewv té
(Jva[j.(? àï-sfXeto xa\ àvOptlJTCtov £ix6va; yaky.iç (Patjsan.
X, 7). — Parmi ces statues toutes de bronze, à ce
qu'il paraît, figurait le portrait (etxtjjv, àv8p(aç) de
la plongeuse Hydna, fille d'un marin ou d'un pê-
cheurde Skioné, plongeur lui-même de profession,
& qui avait sa statue dans le xéii-Evo; à côté de celle
de sa fille. Les amphictyons leur avaient décerné
cet honneur pour avoir réussi, pendant une nuit
d'orage, à couper les amarres des vaisseaux persans
ancrés au-dessous du mont Pélion, ce qui repor-
terait l'événement & l'ouvrage au temps des guerres
médiques, c'est-dire à la plus belle époque de l'art
grec : ...Iv 8è lotç àvBpidéatv OTîôaou; Nipwv IXâSsv Ia
AeXçôJv, h ToÛTOi; tov àp'.0(i.bv xa\ xt]? "Vovr-,? àrsTzXvj-
ptoaEv f) £?y.tiv (Paysan, x, 19).
n'accédait, même à l'est, que par des che-
mins de montagne pénibles à gravir en
' Rhodi etiam num tria, millia slgnorum esse
Mucianus ter consul prodidit, nec pauciora Athe-
nisj Olympiae, Delphis superesse creduntur (Plin.
1. xxiii, 1).
' Pour les œuvres dignes de remarque (Xôyo'j
{idtXtaTa à'çta), les seules dont il soit décidé à s'occu-
per, comme il le répète à plusieurs reprises (Pausan.
X, 9).
' Voir à ce sujet les chapitres vi, ix, x, xi, xiii,
XIV, XV, XVI, xvni, XIX, du livre x de Pausanias
(<I>w/.i/.â) qui devient ici la source principale en y
joignant plusieurs des petits traités de Piutarque
[de Pyth, oracul.; de Defect. oracul., &c.).
NoTB
io5
Note
io5
400
NOTES 5UR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
toute saison', ajoutaient encore à cette turaient rarement les touristes les plus
impression de respect ou de crainte à intrépides, fatigués de noms propres &
laquelle personne ne songeait à se sous- d'admiration sous un soleil ardent. Pline,
traire. Tous pensaient au dieu en gravis- qtii en parle pertinemment, assure que
sant, sous un soleil ardent, les paliers l'on y voyait encore de son temps des
étages du grand escalier, & ce n'était ja- lutteurs de bronze du célèbre Myron, un
mais « sans entendre leur cœur battre des contemporains de Phidias & un Pan-
dans leur poitrine, » comme le dit un cratïaste de Pythagoras de Khegium, que
vieux poète, qu'ils atteignaient l'aire du beaucoup de connaisseurs plaçaient au-
temenos, où le temple se révélait tout à dessus de Myron pour le fini des détails
coup à leurs yeux précédé de son grand & pour l'agencement harmonieux des par-
auteT, dont la fumée se perdait en tour- ties'.
billons moirés entre les chapiteaux du Mais nous ne voulons point oublier
pronaas. Si tous ne se prosternaient point tout à fait que cette étude du temple & de
en s'agenouillant, comme le faisaient, dès ses dépendances, ne touche qu'incidem-
le troisième siècle, beaucoup de pèlerins, ment aux Gaulois de l'armée de Brennus,
ceux de l'Orient surtout, tous étaient pro- qui n'auraient eux-mêmes rien à voir avec
fondement frappés de l'aspect majestueux les Volkes de Tolosa, si l'on accepte les
du monument, dont les lignes harmonieu- conclusions d'une de nos études précé-
ses se détachaient sur les parois dorées dentés. Campés comme ils devaient l'être
des roches phédriades ' & de ces milliers au delà du Pleistos, sur les croupes du
de statues qui se pressaient autour du dieu mont Kirphis, fort inférieures à celles du
en manière de cortège. Parnasse, ils n'apercevaient guère que le
Le peuple des athlètes & des agonîstes mu- faîte & les chapiteaux du temple, cachés
s'icaux'', qui entourait comme une arrière- en partie par les monuments de toute na-
garde celui des dieux, des demi-dieux & ture dont il était entouré. Les chevaux &
des grands hommes, avait lui-même ses les chars de bronze doré, qui frappaient
œuvres de maître, & parfois ses chefs- leurs regards au soleil levant & qui exci-
d'œuvre, perdus il est vrai dans les rangs talent d'étranges convoitises dans leurs
serrés de cette seconde armée, où s'aven- imaginations ardentes & naïves % apparte-
naient évidemment à l'armée des athlètes
' Cette route de l'est qui reliait la Phocide à la dont Pausanias ne parle même point,
Béotle & à la Thessalie n'était autre que la route parce qu'il n'y avait « rien trouvé, dit-il,
fourchue (ax.iaTr) ôld'^pass.), où Laïus avait été tué ^yj f^j digne d'attention^ » [E. B.]
par son fils Œdipe, & qu'il ne faut pas confondre
avec la route de Crissa {Chalcoun depuis) ou du
sud qui menait à Delphes en remontant la vallée
du nXetatoî : aseendentibus ad tempîum a Cirrha ,
Liv. XVII, c. i5).
* ...TiXrjdîov Tùu pw[iou xou [iz^^iD^it^... (Pausan. x,
14. ?)•
' Elles dominent de deux cents pieds l'aire du
tIjievoî & de deux mille pieds le niveau de la mer
(Pkeller, Pauly's Encyclop. sub voce Delphi).
* Ces statues d'athlètes, comme les appelle un
peu dédaigneusement Pausanias (x, c. 9, i), prove-
naient, comme source principale, des jeux Pythiens
dont l'histoire a été écrite à plusieurs reprises, &
comme source accessoire, des jeux de la délivrance
(StoTï^pia) établis par les Athéniens & les Phoci-
diens après la déroute des Gaulois. L'histoire de
ces jeux, fort obscure jusqu'ici, a été éclairée dans
ces derniers temps par les découvertes épigraphi-
ques accomplies aux abords du sanctuaire.
Note
io5
' ...fec'it & (Myron) , , .Delphicos Pentathlos,
pancratiastas (Plin. lib. xxxiv, c. 8 (i5). — vicit
eum [Myronem) Pythagoras Rheginus ex Italla pan-
crat'iaste Delphis posito. — eodetn y'tcit & Leontiscum
(Plin. lib. xxxiv, c. 2 (5).
' , ..statuas que cum quadr'tg'is quorum ingens
copia procul visebatur solido auro cusas esse (Justin,
Epitom. lib. xxiv, c. 8).
' ...C/ù tAsm Ti T)You[Jia'. (j-ouor]i; àçi'ou; (Pausan. x,
c. 9). — Il ne déroge à cette règle qu'en faveur du
Crotoniate Phayllos, dont il a tenu à sauver le
nom de l'oubli, non point à cause de ses prix au
pentathle &. à la course, mais pour avoir, lors de
la guerre des Mèdes, construit 8c armé à ses frais
une galère à laquelle il donna pour équipage tous
les Crotoniates qui se trouvaient en Grèce.
Note
106
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
401
NOTE CVI
AJOUTÉE PAR LES NOUVEAUX ÉDITEURS.
Les Volkes Tectosages.
C'est à l'antiquité que remonte, comme
point de départ, l'histoire ou la lé-
gende des émigrations des Volkes Tectosa-
ges en Grèce & en Asie. Indépendamment
de cette origine respectable, surtout dans
un temps où l'on acceptait toutes les as-
sertions des anciens avec un respect à peu
près égal, elle avait encore un autre genre
de mérite aux yeux des écrivains & des
lecteurs méridionaux , qui ne voyaient
point sans un certain sentiment de vanité
le nom & le drapeau de leurs ancêtres pro-
menés triomphalement du rocher fatidi-
que de Delphes aux murs de Pessinunte &
d'Ancyre dans l'ancienne Phrygie. L'exis-
tence historique de Toulouse, dont la
ville d'Ancyre n'était qu'une colonie, si
elle avait été réellement rebâtie par les
Tectosages, comme on l'affirmait, se trou-
vait ainsi reculée de près de deux siècles,
& l'on s'explique à ces divers titres l'inté-
rêt tout particulier avec lequel les Béné-
dictins ont suivi d'époque en époque, & de
pays en pays, ces émigrations aussi étran-
gères à leur sujet que les établissements
des Gaulois dans l'Italie du nord, & leurs
guerres acharnées contre les Romains'.
' Nous tenons à rappeler pourtant qu'ils avaient
trouvé cette tradition universellement admise à
l'époque où nous reporte la publication de leur
premier volume (lySo). Le grand tableau de la
fondation d'Ancyre par les Tectosages, que le cé-
lèbre Antoine Rivalz avait peint quelques années
auparavant (il était peintre en titre de l'Hôtel-de-
Ville, de l'année lyoS à l'année lySS,) était des-
tiné, comme celui de la défaite de Sosthène, roi
de Macédoine, à décorer les murs d'une des salles
du Capitule, que les actes contemporains désignent
sous le nom de troisième galerie (la salle du Ban-
quet depuis]. Il y avait remplacé une grande fres-
que de Pierre Rivalz représentant le même sujet
qui remontait à l'année 1682 (elle ne fut terminée,
» ce qu'il paraît, qu'en l'année 1694; — Archives
Quelles que soient les remarques de
détails & les objections que soulève Sur
plus d'un point cette longue histoire de
guerres dévastatrices, d'impiétés, de cruau-
tés ou de trahisons sans résultats, car on
a remarqué avec raison qu'elles n'ont laissé
que des ruines & des souvenirs d'effroi
dans la plupart des pays qu'elles ont tra-
versés, nous nous serions fait scrupule
d'interrompre par des digressions intem-
pestives ces beaux & simples récits où nos
lecteurs auront retrouvé la plupart des
qualités qui distinguent le livre de nos
savants historiens, même au point de vue
de la forme. Mais il nous sera permis,
avant de rentrer sur le terrain réel & so-
lide qu'ils ont abandonné pour un instant,
de soumettre à un examen impartial la
tradition sur laquelle reposent ces longs
prolégomènes & de rechercher par qui, à
quelle époque, & dans quel but elle a été
accréditée.
En faisant abstraction de quelques té-
moignages secondaires & de ([uelques in-
dications postérieures en date, dont nous
discuterons plus loin la valeur historique".
de l'hôtel de ville'), & qui ne faisait elle-même
que traduire une opinion depuis longtemps accep-
tée, car on la trouve déjà formulée chez Catel, qui
regardait aussi comme des compatriotes les Galates
de la grande Phrygie & les désignait, comme les
Bénédictins, sous le nom familier de «05 Tectosa-
ges. (Catel, Mém. de l'Hist. du Languedoc, 1. 3,
p. 419, Tolose, i633.)
' Les plus importants de ces témoignages de se-
cond ordre sont : 1" Celui de DioJore de Sicile,
qui décrit assez vivement (1. 22, Eclog. i3) la com-
position & la physionomie de l'armée de Brennus,
que suivait une foule bariolée de valets, de mar-
chands 8t de pourvoyeurs de toute espèce avec
d'immenses convois de chariots « au nombre de
deux mille au moins; » z° celui de Polybe, qui
nous a laissé de précieux renseignements sur le
petit royaume de Tylé ou Tyli, fondé par les Gau-
lois sur les côtes méridionales de la Thrace (1. 4),
8c sur les rapports des Galates d'Asie avec les rois
de Syrie, de Pergame, de Bithynie & de Macé-
doine (Hist. 1. 5. — Excerpt. légat, du chap. 33
au chap. 121.); 3-^ Tite-Live, qui raconte en détail
la guerre des Romains contre Antiochus, y a rat-
taché, comme Polybe, l'invasion 8c la conquête de
la Galatie par le consul Cn. Manlius. 11 décrit
incidemment dans cet épisode l'organisation 8c le
NOTB
106
II.
'.6
Note
io6
402
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
on peut (lire que les sources se réduisent pour la gravité de la forme qui rappelait,
ici à trois témoignages principaux : i" celui disait-on, quelque chose de la vieille élo-
de Trogue Pompée, qui embrassait dans quence. (Auctor severissimus, Pline, 1. ii,
son ensemble l'histoire des émigrations 114. — vîr priscae eloquentiae, IvSTlî^.
gauloises en Orient depuis leur départ de tbid.) Sa famille, originaire du pays des
la Gaule jusqu'à l'établissement des Gala- Voconces, était restée obscure jusqu'au
tes en Phrygie; 2° celui de Pausanias qui temps de Pompée, qui avait accordé à son
se borne, lui, aux expéditions de Cambau- grand-père le droit de cité romaine, à la
les dans la Thrace , de Bolgius dans la suite de services rendus pendant la guerre
.Macédoine, de Brennus dans la Phocide, contre les Sertoriens en Espagne. Son
& dont le récit paraît puisé le plus sou- père, qui avait servi sous Jules César,
vent (pour le siège de Delphes notamment) avait été chargé de diverses missions par
à la môme source que celui de Trogue le général qui lui dictait ses lettres les
Pompée; 3" celui de Strabon, qui diffère plus secrètes, & lui avait confié la garde
de l'un &: de l'autre sur des points très- de son anneau. (Epistularum^ue & legatîo-
graves, comme nous allons le voir, & mè- num sîmul & anuli curam habuisse. Trog.
nerait comme résultat à des conclusions VoMP. Histor. philippic. Epîtom. \. ^3, c. 5.)
à peu près opposées. Mais rien n'indique qu'il eût recherché
Nous ne savons presque rien de Trogue lui-même les emplois & les honneurs,
Pompée, si ce n'est qu'il était Gaulois quoiqu'il ait passé, à ce qu'il paraît, la
d'origine, qu'il vivait du temps d'Auguste, plus grande partie de sa vie à Rome, où
comme Tite-Live, & qu'il avait composé le calme rétabli par degrés, & de riches
en latin aussi (latino sermone, lusTiN. bibliothèques récemment ouvertes au pu-
Praefat. p. 3, édit. de Just. leep. Leips. blic, attiraient de toutes les provinces des
1869) une grande histoire que l'on citait hommes éminents, amis comme lui de la
longtemps encore après lui pour l'éten- retraite & de l'étude.
due des recherches qu'elle avait exigées & Le grand livre qui avait occupé Trogue
Pompée pendant les meilleures années de
.,. . , . /. , sa vie, ne nous est connu aujourd'hui que
peiire de vie tout militnire de ce petit Ltat bar- 1 / / , ri • / 1' /
f , , j f ^ P'ir un abrège (tpitome), rédige au temps
bare, cantonne, comme une horde de Cosaques, au' ., , " ^ '
cœur d'un grand pays civilisé & amolli, que les "^^^ Antonins, a ce qu il parait, par un
Gaulois rançonnaient de diverses manières, en compilateur obscur, dont on ne sait pas
louant leurs services aux rois du pays & en frap- même exactement le nom '. En élaguant du
pant les peuples & les villes de lourdes contribu-
tions de guerre. (L. 38, c. 16 & suiv.)j 4" Thisto-
rien Memnon , qui écrivit, à la fin du premier
siècle de notre ère, une grande histoire de la ville
d'Héraclée (^Heracloa Pontica) avec laquelle les Gau-
lois s'étaient trouvés plusieurs fois en querelle,
comme avec les Grecs de Byzance, qui leur payaient
le tribut, nous a conservé les clauses (aï auvO^zat)
du traité conclu par le roi Nicomède avec les Gau-
lois de la Thrace, le seul document officiel qui ait
survécu à cette histoire oubliée dont la légende
allait s'emparer. (Memnon, Fragment. 1. i3 & 14,
c. 19 : Cakl Mueller , Fragment. Historié, Graec.
t. 3, p. 536.) — A l'exception de saint Jérôme,
sur l» témoignage duquel nous reviendrons plus
loin, les autres écrivains auxquels les Bénédictins
se réfèrent (Arrien, l'historien d'Alexandre j Appien
d'Alexandrie, Velléius Paterculus, Pline l'Ancien,
Polyen, 8ic.) ne leur ont fourni souvent qu'un
mot, un trait, un détail, une anecdote plus ou
moins caractéristique.
Note
106
' La biographie de ce lustinus (c'est le çognomcn
plus que modeste sous lequel il se désigne lui-
même) est contenue tout entière dans une courte
préface (praefatio lustini) qui sert d'introduction
à son Epitome. Il nous y apprend, avec une con-
cision tout antique, qu'il l'avait aussi composé à
Rome pour mettre à profit les loisirs dont il y
jouissait, sans nous dire même à quelle occasion &
à quelle époque (per otium quo in urhe versahamur ;
Praefat, Iustini, p. 3). Le nom du personnage
auquel l'ouvrage était dédié, suivant l'usage du
temps, est resté en blanc dans les meilleurs ma-
nuscrits (quod ad te, , non tam cognoscenJi
quam emendandi causa traiismisi , id. ih. — Voir
Iac. Bongars ad editioncm lustini) & l'on peut au
moins affirmer qu'il n'avait rien de commun avec
l'empereur Antonin, dont les anciens éditeurs in-
terpolaient ici le nom (^imperator Antonine) , &
confondaient ainsi notre historien avec le martyr
Note
106
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
4o3
texte de l'historien tout ce qui lui sem- hleau.Elle n'y figure que comme une ville
blait sans utilité', il était parvenu à le italienne plus puissante ou plus heureuse
condenser dans un volume qui ne devait que les villes étrusques & campauiennes,
pas excéder de beaucoup les dimensions donf le nom avait déjà franchi l'Adriati-
de tel ou tel des quarante livres (volu- que, mais tout aussi étrangère qu'elles h
mina) dont se composait l'ouvrage origi- la Grèce proprement dite. L'historien se
nal% Mais il en avait au moins respecté contente d'y raconter en quelques pages
le plan, la marche, les divisions, les digres- (1. 48, c. i-3), sa naissance & ses commen-
sions même, que l'on retrouve indiquées céments entourés de fables, comme ceux
ou résumées assez exactement dans son de la ville phocéenne de Massalia qui tient
abrégé. A l'exemple des historiens grecs, une plus grande place que Rome dans son
dans l'intimité desquels il avait longtemps livre, probablement parce qu'elle était
vécu, Trogue Pompée y paraît surtout grecque d'origine'.
préoccupé du monde ancien & de la Grèce, Après la chute de Thèbes, qui succédait
qui tient par tant de côtés au monde anti- elle-même à Sparte & à Athènes, un ins-
que, au sein duquel elle était née. Quoi- tant maîtresse de la Méditerranée & de ses
que son récit s'étende chronologiquement côtes orientales (6 xAascjov.p xT(a ), c'était la
jusqu'à la conquête de la Macédoine & de Macédoine qui était devenue le vrai cen-
la Grèce par les Romains, Rome ne jouait tre de la Grèce par la politique habile ou
qu'un rôle secondaire dans ce vaste ta- heureuse du roi Philippe, plus tard celui
de l'Orient, rattaché à la Grèce par les
lustlnus qui vivait réellement à cette époque (voir conquêtes d'Alexandre , & les regards de
EusEB. Chronic. suh an. 143). — Quant au livre l'historien semblent s'arrêter avec un sen-
de Trogue Pompée que l'abrégé de Justin a certai- timent d'admiratiou involontaire sur ce
nement contribué à faire oublier, il n'en reste foyer de civilisation & de puissance autour
aujourd'hui que de rares fragments, dont le plus duquel allaient graviter pendant plusieurs
important à tous les égards est le grand discours
(fonc/'o) adressé par Mithridate à ses généraux &
à ses soldats au commencement de sa longue lutte
contre les Romains. Il est écrit en langage indi-
rect, suivant l'habitude de l'historien, qui blâmait
chez ses contemporains les discours directs, fort à
la mode à cette époque {^quam obViquam Pompe'ius
Trnpus exposait, quon'iam in Liv'io & in Sallustio
reprehcndit quod conciones directas, pro sua oratione,
operi suo inserendo historiae modum excesserint.
siècles les intérêts du monde civilisé. Les
généraux & les successeurs d'Alexandre ,
qui se partagent ou se disputent après lui
les lambeaux de ce vaste empire, ne fai-
saient que continuer dans chacun de ces
pays, où l'historien les suivait à son tour,
l'œuvre d'assimilation commencée par le
conquérant, & qui restera son éternelle
gloire. Mais, à cette histoire du monde
Ti\OG. PoMP. Epiiom. 1. 38, c 3), & il a été re- grec, racontée à la manière deThéopompe,
produit textuellement cette fois par l'abréviateur, Tr02Ue Pompée avait prise pour mo-
qui tenait à nous donner une idée du talent & de
la manière de son historien [quant orationem dig-
nam duxi cuius exemplum brevitaù huius operis
inscrerem , Id, ib.). On a fait aussi honneur à
Trogue Pompée de certains morceaux à effet qui se
détachent par leurs dimensions ou par leur carac-
tère du texte souvent aride de l'abrégé, comme
le retour d'Alcibiade à Athènes 8^ le parallèle de
Philippe & d'Alexandre, auxquels nous sommes
fort tentés d'ajouter le tableau du siège & du désas-
tre de Delphes, sur lequel nous allons revenir.
Cognitione quaeque dignissima excerpsi, & omis-
)gU£
dèle% il rattachait comme lui, sous forme
' Breviter igitur initia Romani imperii perstrinxît,
ut nec modum propositi operis excédât, nec utiquc
origincm urhis quae est caput totius orbis siîentio
practermittat, (Trog. Pomp. Epitom, 1. ^3, c. i.)
' Théopompe de Chio, qui se regardait & qu'on
regardait comme un continuateur de Tliucydide
parce qu'il avait écrit sur les affaires de la Grèce
une histoire ('EX^r,v'.y.a\ 'laropfat, ii'jVTa^t; 'EXXr,viy.Civ)
qui faisait chronologiquement suite à celle de la
sts hii quae nec cognoscendi voluptate iucunda nec guerre du Péloponèse, avait consacré au règne du
f^^cmplo erant necessaria, brève yeluti florum corpus- roi Philippe un autre ouvrage beaucoup plus
culumfeci. {Praefat. Iustin. p. 3.) étendu que le premier (en cinquante-huit livres),
Horum igitur quaîtuor & quadraginta volumi- où l'histoire du monde gravitait aussi autour de la
num, nam totidcm edidit. {Praefat. lusTiN, p. 3.) Macédoine. C'est à cet ouvrage, intitulé <I>t?,ir7:ixà
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NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
de digressions, l'histoire de tous les peu- uns, de Minerve & de Diane; suivant les
pies civilisés ou barbares avec lesquels les autres, de trois Génies (Aat[j,ov£;) protec-
Grecs s'étaient trouvés en rapport ou en teurs de la ville. Il les suit de la Grèce en
contact pendant ce mouvement d'expan- Asie-Mineure (1. 25), où le roi Nicomèdc
sion féconde'. C'est ainsi que son livre de Bithynié s'était chargé de les intro-
s'ouvrait (1. 2, c. i-5) par une histoire des duire, & où ils allaient cette fois songer à
nomades de la Scythie que leurs incursions eux & se faire leur part après avoir fait
en Asie avaient mis successivement aux celle des autres. Il cararactérise quelque-
prises avec les Egyptiens, les Assyriens & fois avec justesse ces invasions de jeunes
les Perses, & qu'il se terminait (1. 48 & 44) gens, dont les bandes armées continuaient
par des détails historiques ou légendaires à franchir de loin en loin les frontières de
sur les Celto-Ligures de la Gaule & les la Grèce & se répandaient de là comme des
Ibères de l'Espagne, que pénétraient à ejjûzmj dans tous les Etats grecs de l'Europe
l'occident les colonies grecques ou car- & de l'Asie, où on les trouve mêlés, sous
thaginoises de Massalia & d'Emporiae, à des noms & à des titres divers ([j/.sOw-a'!,
Malaka & à Gadir, le Gadès des géogra- mercenaires; ocpuçipoi, gardes du corps ou
phes grecs. hallebardiers), aux intrigues des cours &
Les Gaulois, qu'une bizarrerie de leur aux luttes des princes qui ne savaient plus
destinée allait conduire au cœur même de se passer d'eux'. Quoique leur histoire se
cet empire en déclin, sous les successeurs trouve ainsi subordonnée à celle des rois
dégénérés d'Alexandre, devaient tenir une d'Epire, de Bithynié, de Syrie & même
place considérable dans une histoire dont d'Egypte, l'historien ne les perd point de
la Macédoine formait pour ainsi dire le vue (l. 26, 27, 28) au milieu des intrigues
centre. Quoique Justin abrège 8c condense, égoïstes dont il essaie de suivre les fils
jusqu'à le dessécher parfois, le récit de ces enchevêtrés. ( divisa temporibus & série
événements oubliés en partie, on peut rerum J/g-ejffl_, Prae/a^ lusTiNl, p. 3.) Leur
dire sans exagération qu'aucun des his- nom reparaît dans son livre à côté de celui
toriens anciens dont les ouvrages sont des princes qu'ils servent ou qu'ils trahis-
parvenus jusqu'à nous, ne les a présen- sent, & c'est à lui que les historiens mo-
tés d'une manière aussi détaillée, & sur- dernes ont emprunté quelques-uns des
tout aussi suivie. Il ne se contente point, traits qui caractérisent le plus vivement
comme Pausanias, de raconter en détail cette singulière époque, où la civilisation
(1. 24) l'expédition de Bolgius en Macé- s'éteignait par degrés sous l'empire de la
doine, & celle de Brennus en Phocide, où force & de la guerre devenue une science
la ville & le temple de Delphes n'avaient que les barbares apprenaient, à leur tour,
échappé à la furia des Barbares que par pour la retourner contre leurs nouveaux
l'intervention du dieu'\ assisté, suivant les maîtres.
Il ne faut point oublier pourtant, si l'on
„ ,., . . ^, , ... veut apprécier les choses à leur juste va-
8c qu 11 avait mis fréquemment a contribution, que * * '
Trogue Pompée avait emprunté le titre de son ^'^^'■' importance de ces renseignements
livre: Trogi Pompei HistoriaephiUppicae. (Voir sur ^ ^^ ^^S^^ ^^ confiance qu'ils méritent,
cette question de détail Meineke, /"ragmertt. Poef, que Trogue Pompée écrivait au temps
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comic. t. 2, part. 2, p. laSi, & Carl Mueller,
Fragment, histor. Graec. intr. p. lxv à Lxxvn.
' Graecas & totius orbis historias composuit... cu'tus
lihris omnium saeculorum, regum, nationum populo-
rumque res gestae contïnentur, (Praefat. Iustin.
p. 3.)
* On y désignait Apollon sous Je nom générique
du dieuj, comme on désigne encore à Padoue saint
Antoine sous le nom du Saint [Il Santo), à Lorette
la Vierge locale sous le nom de La Madona (Mm- neque pulsi regno ad alios quam ad Gallos confugc-
dona). runt. (Trog. Pomp. Histor. pkilipp. I. 25, c. 2.)
d'Auguste, comme nous l'avons déjà re-
marqué, c'est-à-dire près de trois siècles
après les événements qu'il raconte. Son
' Quamquam Gallorum ea tempestate tantae fc-
eunditatis juventus fuit, ut Asiam omnem vclut exa-
mine aliquo implerent... Ncque reges Orientis sine
mcrcenario Gallorum cxcrcitu ulla hclla gesserunt,
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NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
4o5
témoignage, quelque consciencieux qu'on
le suppose, ne peut donc avoir d'autre va-
leur que celui des historiens oubliés aux-
quels il empruntait ces renseignements, &
il suffit de parcourir avec un peu d'atten-
tion les fragments de ces écrivains (car
leurs ouvrages sont presque tous perdus
aujourd'hui), pour être convaincu que la
plupart d'entre eux ne brillaient ni par
l'esprit d'exactitude qui recueille scrupu-
leusement les faits, ni par l'esprit de cri-
tique qui les discute ou les apprécie. Phy-
larque de Naucratis ', que Trogue Pompée
paraît avoir suivi de préférence dans cette
partie de son histoire (du 1. 24 au 1. 28)%
' M. Cari. Mueller, le dernier éditeur des Frag-
ments de Phylarquc (^Fragmenta, h'nt. Graec, t. i,
p. 334-358), conjecture, non sans vraisemblance,
qu'il était né à Naucratis en Egypte, mais qu'il
avait passé la plus grande partie de sa vie à Athè-
nes, ce qui lui a valu les deux épithètes de 'AOr^varo;
T] Nau/pa-cttr,;, sous lesquelles on le trouve désigné
chez Athénée, 1. 2, § 5 1, p. 58.
' Eum autem , in his omnibus, ex scriptoribus
modo laudatis Phylarcum maxime secutum esse, etsi
certis argumentis prohari nequeat, gravis tamen ori-
tur suspicio, Heeren, qui a mis le premier cette
vérité en évidence dans sa belle dissertation sur
les sources de Trogue Pompée [De Trogi Pompei
fontihus & auctoritate : Mém, Je l'Acad. de Goettin-
gue, t. i5, p. 185-245), ajoute {ib. p. 232) au nom
de Phylarque ceux de Du ris de Samos (Aovpiç 6
Sâu'.oç) & de Jérôme de Cardie ('l£pi{)Vu;i.o? 6 Kap-
otav6;). Mais il est bien évident que le premier de
ces historiens n'a pu rien lui apprendre, au moins
pour ce qui touche à l'histoire des Gaulois en
Orient {res Gallicae), puisque son histoire ('laxoptai
ou Maxs^ovtxdt) s'arrêtait précisément à l'année 281,
où commencent leurs incursions. h'Histoire des
successeurs (d'Alexandre) de Jérôme de Cardie (xwv
Ata8(5-/^ojV ou tôjv 'E7ïfj'6viov 'laxopfa), que Diodore &
Plutarque paraissent avoir mise largement à con-
tribution, allait, elle, jusqu'à l'année 272, date de
la mort du roi Pyrrhus, 8c même au delà. Mais
rien n'indique que l'historien se soit occupé, dans
cet ouvrage, des res Gallicae & que Trogue Pompée
nu fait de sérieux emprunts à son livre, presque
entièrement perdu aujourd'hui. (Voir Brueckner :
De vita & scriptis Hieronym. Card. : Zeitschrift fur
alterth ml. IVissenschaft, 1841, p. 253 & suiv., &
Carl Mueller, Fragment, historié. Graec. t. 2,
p. 400-460.) — Restent donc, comme source prin-
cipale, les 'la-copfai de Phylarque, auxquelles Tro-
gue Pompée paraît avoir emprunté, non-seulement
avec quelques autres historiens du même
temps, ne serait pas lui-môme à l'abri des
reproches que nous venons de formuler,
car il appartient incontestablement à cette
école d'historiens romanesques & déclama-
toires ([j.uOoXsYoi, p-/3Topty.sî), qui paraissent,
comme le dit Polybe (en parlant de lui
précisément), beaucoup moins préoccupés
de la vérité que de l'effet à produire sous
son nom chez des lecteurs frivoles & bla-
sés, dont la raison, le goût & les lumiè-
res allaient baissant tous les jours, & par
les mêmes causes. Postérieur' de près d'un
siècle à Théopompe, il avait écrit comme
lui une histoire de son temps (272-220)
qui rappelait, à plus d'un égard, le livre
toujours célèbre des ^\^'X<.~r.v/.i ^ & où il
mêlait, comme lui, de longs discours & des
tableaux à une foule de digressions desti-
nées à reposer ou à réveiller l'attention
du lecteur, à des anecdotes agréablement
racontées, à des descriptions de pays & de
peuples inconnus, à des généalogies qui
se perdaient aussi dans les nuages, à des
récits romanesques ou légendaires relevés
de traits merveilleux dont l'imagination
était devenue friande'.
une partie de ce qu'il nous apprend dans les siîf
livres dont nous venons de parler, mais une foule
de détails & de faits disséminés dans d'autres par-
ties de ses Historiae philippicae , comme l'histoire
des origines fabuleuses de Cyrène au livre i3, c. 7,
& au livre i5 celle du roi Sandrocottus, le libéra-
teur de l'Inde après la mort d'Alexandre : Auc-
tor libertatis Sandrocottus fuerat c. 4. (Voir
J. Fr. LuCHT, Phylarchi Fragm. Lips. i836, in-8°.)
— C'est en resserrant encore le cadre de ses recher-
ches & en les réduisant aux res Gallicae propre-
ment dites, que nous sommes parvenus à distin-
guer la légende toute récente de Timagène du récit
déjà légendaire de Phylarque & à ajouter ainsi un
nom à la liste déjà longue des écrivains mis à con-
'tribution par Trogue Pompée.
' ST^ouoi^wv 0' £15 è'Xîov i/.y.aXeî'aOai xou; àvayivcid-
■/.ovTaç, 7.%i cTjij.-aOEî's 7:ouî'v toî"? X£yo|j.£voiç (Polyb.
Hist. 1. 2, c. 56).
'Voir, à l'appui de ces assertions, les Frag-
ments de Phylarque publiés par J. Fr. Lucht, par
Aug. Brueckner (Phylarchi historiarum rcliquae ,
Breslau, 1839, i-5i), & par Carl & Théod. Muel-
ler (^Fragment, hist. Graec. Paris, Didot, 1841,
t. I, p. 334-358). Parmi ces anecdotes (historiun-
culae), que lui ont empruntées des écrivains plus
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NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Si l'ieii ne prouve, comme Heeren l'a comme on le dirait aujourd'hui : un ton
remarqué justement, que ce soit réelle- qui rappelait à plus d'un égard celui des
ment à Phylarque que Trogue Pompée & poëtes tragiques, auxquels Polybe le com-
Pausanias aient emprunté leur récit en parait avec raison", une intelligence re-
tableau du siège & de la retraite de Del- marquable de la mise en scène & un goût
phes, dont nous avons déjà signalé les du merveilleux qui donnait chez lui un
points de ressemblance ', il est certain au air surhumain aux choses les plus simples
moins que l'on y retrouve quelques-uns en apparence. Dans un autre tableau du
des traits qui distinguaient sa manière, même genre, & que nous croirions vo-
lontiers emprunté au même ouvrage, car
/ 11 II j c -,<-^;^c fa,v,;i;»^c i^ 6St certain que Phylarque s'y occupait
récents, nous rappellerons celle des aspics lamiliers t ; n j i
que les Égyptiens appelaient à chacun de leurs attentivement des Gaulois , & surtout des
repas en faisant claquer leurs doigts, & qui ve- Galates, dont le nom reparaît à plusieurs
naient en rampant manger sur la table des molae reprises dans ses Fragmenta'' /Vrogue Pom-
de farine & de miel pétries à leur intention (Phy- pée nous montre les Barbares en guerre
LARCH. 1. 12, Frag. 26, MuELLER, p. 840), & Celle avec un roi de Macédoine, égorgeant de
du dauphin reconnaissant qui, sauvé par un Mi- leurs propres mains leurs femmes & leurs
lésien de la main des pêcheurs qui venaient de le gnfants pour apaiser leurs dieux, dont les
prendre, le sauva à son tour à la suite d'un nau- ^^^^^^^^ annonçaient une défaite, & pOUr-
frage où l'équipage du vaisseau périt tout entier
Quelques années plus tard, le Milésien étant venu
à mourir, on ne fut pas peu surpris de voir le
port & la rade remplis de dauphins que l'ami du
défunt avait convoqués de lui-même à ses funé-
railles. (Phyl. 1. iz, Fragm. 25, p. 340.) Un jeune
suivis pendant le combat, où ils périrent
presque tous, par les mânes irrités de leurs
victimes, dont les larmes & le sang tom-
baient en ruisselant sur leurs armes. Les
exagérations que repousse ou que discute
aigle, qu'un enfant avait élevé & nourri avec ten- au moins l'histoire digne de ce nom, les
dresse, poussa plus loin encore ce sentiment de pieux mensonges que l'esprit national ac-
reconnalssance & se fit brûler vif dans le bûcher
qui consumait les restes de son jeune maître (Phy-
LARCii. Fragm. 49, p. 349-35o). Quant au mer-
veilleux dont Phylarque relevait ses récits, & que
le grave Trogue Pompée ne dédaignait pas à son
tour, s'il faut en juger par les traits dont Justin a
cepte sans examen & que la tradition exa-
gère ou poétise encore quand elle s'en est
une fois emparée, étaient assurés de trou-
ver bon accueil chez ces écrivains rede-
venus légendaires sans la grâce de la jeu-
émaillé son abrégé {Brève florum corpusculum nesse, & nous rappellerons à ce sujet que
praefat. p. 3), on en trouve des traces, non-seule-
ment dans les généalogies mythologiques mises à
la mode par Théopompe, mais dans la biographie
de ses principaux personnages, dont la grandeur
future se révèle dès leur enfance par des prodiges
de toute espèce. (Voir nu livre i5, c. 4, le lion
qui désaltère Sandrocottus de ses sueurs, & au
livre 23, les abeilles, le loup & l'aigle qui prédi-
sent de diverses manières la future royauté d'Hié-
ron à Syracuse.) Ces niaiseries légendaires (dcT07:a), prunté, sans s'en douter, l'anecdote du riche Ga-
les deux historiens, après avoir raconté de
la même manière les désastres de cette re-
osivà....... y.aOxwp 01 tpaYowioYpatpou (Polyb. l.l.)
' Notamment au livre 2, Fragm. 2} — au
livre 6, Fragm. 11, — & au livre 14, Fragm. 3o,
3i, 32. C'est à lui que les Bénédictins ont em-
qul déparaient le livre de Phylarque aux yeux des
écrivains de bon sens (Plutarch. de Iside & Orlslde,
c. 29), étalent précisément ce qui plaisait chez lui
à Calllsthène de Sybarls, un des devanciers de Tl-
magène, à Parthénius de Nlcée, l'historien roman-
cier des 'EpwTixdc, & aux écrivains de la même école.
' Fuisse en'im. hic videtur, quisquis fueritj idem
cum eo quem Pausanias quoque in rehus Gallicis,
quas passim commémorât, exscripsit. Convenit cnim
plerumque cum Justine, ium in nominihus ducum,
tum in reruni gestarun narratione (HiiEHEN, 1,1.
p. 23 1).
late Ariamnès, « qui traita pendant un an toute
sa nation avec une magnificence, un ordre & une
abondance incroyables '. » [Athénée, 1. 4, J 34,
p. i5o.) — Dans un autre passage, Phylarque
nous montre les Gaulois, ces mangeurs de pain,
comme les appellent encore les peuples de race
germanique, couvrant de viandes empilées & de
pains brisés par morceaux (à'p-ouç îîoXXoI»; -/.aTay.s-
xXaafxdvouç) la table royale & attendant pour man-
ger que le roi ait commencé à manger lui-même.
' Voyez tome I, liv. I, ch. xxxiit, p. 70.
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NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
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traite, où tout semblait se réunir contre Trogue Pompée ne se seraient certaine-
les profanateurs, assuraient presque dans ment pas contentés, s'ils en avaient trouvé
les mêmes termes qu'il n'en était pas sorti de plus précises chez les historiens qu'ils
un seul vivant de la Grèce : Ut nemo ex copiaient', ne disparaissent que dans un
tanto exercîtu vel ad memoriam iantae claclis passage du livre 32, dont les assertions
superesset. (TR-OG. Pomp. Hist. phîlîpp. inattendues contredisent sur des points si
Epitom. 1. 24, c. 8) : wç [j/r^Béva oï-/.aos graves le témoignage des deux historiens,
à^oswOyivai (PausANIAS : Phocî. p. 478) 'é qu'il est encore à peu près impossible de
Il est à remarquer d'ailleurs que, dans le croire emprunté à la même source. Dans
tous les passages dont nous venons de
parler, les Gaulois sont constamment dé- . l^s id<:-es de Trogue Pompée à ce sujet nous
signés sous le nom de Galli, ou de Ta/J-Tat, paraissent résumées fort exactement dans un pas-
que les Grecs appliquaient indifférem- sage du discours de Mithridate, d'autant plus con-
ment aux; Gaulois de l'armée de Brennus cluant qu'il n'a point passé, comme nous l'avons
& aux Galates de l'Asie-Mineure. Ces ap- "léjà remarqué, par le crible toujours suspect de
pellations génériques, dont Pausanias & l'abréviateur Justin. L'historien qui parle ici des
Gain tes d'Asie les désigne encore sous le nom gé-
nérique de Gain & déclare très-catégoriquement
' Voir encore Diodore de Sicile, qui reproduit qu'ils sont de la même race que les Gaulois de
à son tour l'assertion des deux historiens (anavis; l'Italie du Nord, devant lesquels les Romains
ois-iOlipriTav, xal oùiîî'iç u-sî-sf^Or) àr.zkM-^i oTy.ov : Dio- avaient tremblé si longtemps {Gallorum nomen
Don. Sic. 1. 22; Edog. i3, p. 870). Pour concilier ?"o^ semper Romanos terrait. Tj\og. Pomp. Epitom.
cet anéantissement des Gaulois de l'armée de Bren- 1- ^8, c. 4), qu'ils combattaient de la même ma-
nus, admis par la plupart des historiens anciens, nière & qu'ils étaient venus, comme eux, de la
avec les événements postérieurs de leur histoire, Gaule par un chemin plus long seulement &
les Bénédictins sont forcés d'en revenir à la version beaucoup plus pénible (nam hos qui Asiam inco-^
de Tite-Live qui suppose, lui, une sécession opérée ^""^ Galles ah illis qui Italiam occupaverunt sedihus
en Dardanie dans l'armée envahissante 8c un corps tantum distare : originem quiiem ac virtutem genus-
de vingt mille hommes se détachant, sous des chefs î"^ pugnae idem habere : tantoque his acriora esse
à lui, pour aller chercher fortune en Thrace & quam ilhs ingénia, quod longiore ac difficiliore spa-
ailleurs {Hi Galli, Brenno duce, in Dardanos per- ■ ^'°- P^'' IHyricum Thraciamque prodlcrint. Id. Ib.).
venerunt, Ibi seditio orta, & ad yiginti milia homi- — Ce rapprochement des deux invasions gauloises
num , cum Lonorio & Lutario regulis , secessionc «lans l'Italie & dans la Grèce du Nord se retrouve
facta, a Brenno in Thraciam avertunt. T. Liv. 1. 38, '^^ ^^^^ ^^ ^a légende des émigrations gauloises,
c. 16, édit. W. Weissenborn, Lips. i853). Les Tec- telle que Justin l'a racontée d'après Trogue Pom-
tosages, que l'on retrouve peu de temps après éta- P^^j Si doit reposer lui-même sur une donnée à
blis en Galatie avec les Trocmes & les Tolistoboïes, P*" P»'" exacte, même chronologiquement parlant,
figuraient évidemment dans ces bandes dissidentes, '^ar il y a toute raison de croire, comme l'a judi-
à moins de supposer qu'ils n'y aient pris ce nom cieusement remarqué M. Mommsen [Roem. Gesch.
ou ce surnom à la suite de leur établissement. ^' i , Z. 3i 8, *. i), que les plus anciennes inva-
Mais il eût fallu, dans cette hypothèse, que le slons gauloises en Italie ne peuvent guère remon-
texte de Justin autorisait d'ailleurs ( pars in ter au delà du quatrième siècle avant notre ère.
Jsiam, pars in Thraciam, 1. 32, c. 3), renoncer à Le ban ou l'essaim oriental auquel la légende
l'idée que les Tectosages eussent figuré, soit au gauloise donnait pour chef le fabuleux Ségovèse,
siège de Delphes, soit dans la grande armée de aurait mis un siècle environ à franchir ou à tour-
Brennus, où l'on tenait à honneur de citer leur ner les Alpes, à refouler de loin en loin, pour se
nom, & les savants historiens, pour concilier tout faire place (comme l'ont fait les Boii, les Scor-
cela, se sont arrêtés à un moyen terme. Ils suppo- disci , &c.), les populations belliqueuses du fias-
sent que le corps des Tectosages dont ils vont ra- Danube, où Alexandre les aurait trouvées, s'il faut
conter le retour en Pannonie 8c à Toulouse, fai- en croire la tradition, 8c où leur mouvement en
sait partie du corps d'armée laissé par Brennus à avant allait être arrêté, comme le remarque judi-
Héraclée, à la garde de son camp 8c de ses trésors, cieusement Polybe, par la forte organisation 8c les
Se que c'était de là qu'ils s'étalent débandés, après ressources militaires de la Macédoine, devenue
la mort du général, pour se répandre en Thrace une puissance de premier ordre depuis Philippe 8c
8c sur les côtes de l'Hellespont, où la légende allait Alexandre (0 r.ol'kiy.'.ç 5v auvÉoaivs y'T'^^'^^^-) ['■^i "f°"
de nouveau s'emparer d'eux 8c de leur nom. -/.aOr.aÉvwv INIxzE^ôvtov. (Polyb. Hist. 1. 9, p. 567).
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ce passage, que l'on peut regarder comme L'état du pays qu'il avait sous les yeux ne
le point de départ de la théorie que nous répondait plus évidemment au développe-
discutons, l'historien assure que les Gau- ment de population & de puissance (y.al
lois de l'armée de Brennus (Gaîlî, bello
adversus Deîphos infeliciter gesto Trog.
PoMr. Hist. philipp. 1. 32, c. 3), fatigués
de la vie errante qu'ils menaient depuis
des années en Thrace & en Asie, s'étaient
Suva3T£U(ja{ ttots y.at cjavopY;7a'. , StraBON,
Géogr. 1. 4, c. I, ^ i3, édition de Carl
MuELLER & Fr. Duebner. Paris, Didot,
i853), que supposaient des émigrations
aussi considérables, en admettant même
décidés à quitter la Grèce & à retourner que les premières bandes aient été recru-
chez eux par le chemin qui les y avait tées ou grossies, chemin faisant, par des
amenés (per eadem vestigia qua vénérant... contingents étrangers, & il en concluait
id. ib.). Une partie des fugitifs s'arrêta au qu'elles avaient eu pour résultat d'appau-
confluent du Danube & de la Save, au vrir & d'épuiser la ruche d'où elles étaient
pied du mont Scardus ou Scordus, dont ils sorties, phénomène dont il avait, du reste,
prirent le nom (Scordiscosque se appellarî constaté d'autres exemples chez d'autres
volutt... id. ib.)- Les Tectosages, eux, con- peuples barbares & même civilisés.
tinuèrent leur route sans se laisser dis-
traire de leur but, & arrivèrent non sans
peine, il est vrai , à Tolosa, leur ancienne
patrie (Tectosagi autem cum in andquam
Quant au retour des Tectosages, qui
avaient figuré, disait-on , dans l'armée de
Brennus à Delphes (Tsy.-ocâYaç cétpas'. [XETas-
•/îTv rî;; ir\ AîAîoùç c-paisiaç, id. ib.) & que
patriam Tolosam venissent in Tolosensem Timagène ramenait à Toulouse (èv 7::A£i Tc-
lacum... id. ib.). A('o7t/), id. ib.) chargés de trésors mal acquis
Pour apprécier la valeur de ce nouveau (wç eipr,-/.- Tiî^.aYévTjÇ, id. ib.)^ il déclare tout
témoignage, historiquement parlant, & le simplement le fait invraisemblable, sinon
degré de confiance qu'il mérite à son tour, impossible, & il oppose au récit de Tima-
il faut revenir au passage de Strabon dont gène la version de Posidonius [r.'.^Tiùy-.t^zq
nous avons déjà signalé l'importance. Ce 0 è^xlv 0 Iloaeiowviou AÔyoç, id. ib.), qui pré-
passage, qui explique assez bien, si nous
ne nous trompons, les contradictions que
Ton aura remarquées entre la première &
la seconde partie de la légende que nous
venons de résumer, se trouve dans le qua-
trième livre de sa Géographie, consacré,
comme on le sait, à la description de la
Gaule, & qui paraît avoir été écrit en l'an
18 ou 19 de notre ère. En quittant le ter-
tendait, lui, que les Gaulois n'avaient pu
rien emporter du temple de Delphes, dé-
valisé parles Phocidiens pendant la guerre
sacrée, un demi-siècle auparavant. Il paraît
même convaincu, comme les trois histo-
riens dont nous rappelions tout-à-l'heure
le témoignage, qu'il iien était pas revenu
un seul vivant dans les Gaules, grâce aux
dissensions intestines qui avaient suivi les
ritoire des Volkes Arécomiques pour en- désastres de la retraite & dispersé les ban-
trer dans celui des Volkes Tectosages,
qu'il décrit l'un & l'autre en témoin ocu-
laire, avec une intelligence & une sobriété
de langage dont les anciens ont emporté
le secret, le souvenir des aventures héroï-
ques que ce nom réveillait à cette époque,
chez les érudits au moins, s'est présenté de
lui-même à son esprit. Mais les formules
dubitatives & les réserves de toute espèce
dont il entoure ici chacune de ses asser-
tions (fast... Tivé; çaciv... £Î/.b; cï... cjy. lyoïJ.vi
des de divers côtés (âXAcu; èz' àXXx \).i^T^
y.ci-y. c'./oîTaî-av, id. ib.).
Ce serait donc au Syrien Timagène que
remonterait, comme point de départ, la
tradition relativement récente qui regar-
dait les Tectosages de l'Asie-Mineure
comme les descendants des Volkes de la
Narbonnaise, à moins de supposer que
Timagène ne l'eût empruntée lui-même à
quelque écrivain plus ancien. Mais, en
admettant que Strabon, dont on ne con-
çpâuc'.v...), indiquent suffisamment qu'il teste pas plus le savoir que la probité, lui
n'acceptait qu'avec des restrictions nom- ait imputé gratuitement des assertions
breuses les traditions plus ou moins vrai- erronées, dont il ne serait que l'écho, dans
semblables que l'on racontait à ce sujet. cette hypothèse comprendrait-on plus fa-
NOTB
106
Note
106
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
409
cilement à quel titre & dans quel but Tro-
gue Pompée lui-même aurait laissé dans
l'ombre uu fait aussi considérable que
celui-là, s'il l'eût trouvé consigné chez les
historiens du troisième siècle qu'il a mis
à contribution dans la première partie de
sa légende'? Il est impossible, d'ailleurs,
de comparer avec un peu d'attention le
récit de Trogue Pompée, tel que nous le
trouvons dans VEpitome de Justin, & le
fragment de Timagène, dont Strabon nous
a conservé la substance sinon le texte, sans
être frappé des points de ressemblance que
présentent les deux versions, non-seule-
ment pour le fond des choses, mais pour
la manière dont les faits s'y succèdent &
s'y enchaînent. Toutes les deux, en effet,
nous montrent les Tectosages, après leur
retour à Toulouse, frappés d'une maladie
contagieuse & forcés, pour apaiser leur
dieu, de déposer dans ses temples ou dans
les lacs qui en dépendaient, cet or sacri-
lège qui devait être, cent cinquante ans
plus tard, également fatal au consul Cé-
pion, dont l'histoire se trouve mêlée des
deux côtés à celle de l'émigration & du
retour des Tectosages'. Si Trogue Pom-
' Ajoutons à ce que nous venons de dire que
cette nouvelle légende se détache bien nettement,
même chez Trogue Pompée, auquel les Bénédictins
l'ont empruntée, du récit héroïque ou légendaire
(expédition de Brennus, siège & retraite de Del-
phes, 8cc.) que l'on attribue, à tort ou à raison, à
l'historien Phylarque. Elle figure, en effet, dans
le trente-deuxième livre de son histoire, qui pa-
raît emprunté pour le fond des choses à Polybe,
comme plusieurs des livres suivants, & le règne du
roi Persée, dans lequel elle paraît avoir été inter-
calée, après coup probablement, nous reporterait
chronologiquement à une époque déjà très-éloignée
du temps des invasions (178-167), quoique l'histo-
rien avoue lui-même qu'il fait ici allusion à des
événements d'une date plus ancienne.
Nous reproduisons textuellement les versions
des deux historiens que nos lecteurs pourront
ainsi rapprocher & comparer de point en point :
Kai xou; T£x.TO(jàYaç Zi cpocat ixETaa/sîv tt]; Izi AeXspoùç
aipa-reiaç, (zx"t) Toyç te Ori^aupou? tùÙ; EupsO^vraç 7:ap'
a-JXoXi unb ï,/.t7:{wvoç -ou a-paTrjYoù -rwv 'i'ii)[i.ai(ov Iv
T.(j\z\ ioXwaoT, xôiv È/.îîOev yprii^.âTtov [J.£p05 sTvat «pacrt,
rpoaQuvat oà xoli; àvO&ior.ou; -/.ai t/. xwv îoîwv ot'/.wv
àvtepouvxaî -/-ai IÇtXaay.ouivou; xbv Osiv • zpoaa-^ajjievov
3 aùxûv xbv Zy.mM^ta. oià xovJxo h oydxyyrîaaai xaxaT-
pée, qui écrivait sous Auguste, n'a fait,
comme tout l'indique, que reproduire, en
Tpf|at xbv p(ov , wî îep6TjXov hfj}.ifii'nx (y7;b) xr;;
raxpfôoç, oia56youî 8' ir.QXi-6-na. naioaç, 5; tjvéÇ»)
xaxaropv£u02(aaç , wç £tpr,/.£ T'.jjiaY£vr-,î àr.okén07.i
(Strad. 1. 4, c. 1,5 i3.) ...Namijue Galli hcllo ad-
versui Delphos infeliciter gesto, in quo majorent vim
nutninis quant hostium senscrant , amisso Brenno
duce, pars in Asiam, pars in Thraeiam extorres fu-
gerant. Inde per eadem vestigia qua vénérant anti-
quam patriam repetivere Tectosagi autem cum in
antiquam patnam Tolosam venissent comprcfiensique
pestifera lue essent, non prias sanitatem recipcravere,
quant haruspieum responsis moniti aurunt argentum-
que bellis sacrilegiisque quaesitum in Toloscnsent
lacum mergerent : quod omne magno post tcmpore
Caepio Romanus consul ahstulit,,. Quod sacrilcgiun
causa excidii Caepioni exercituique eius postea fuit.
(Tkog. Pomp. Epitom. 1. 82, c. 3). Quelle que soit
la part à faire au rhéteur Timagène dans cette
légende, arrangée & publiée par lui, il y a plus
d'une raison de croire qu'elle reposait aussi sur
une tradition indigène ou locale (e/'/i hcimische
Sage ou JVandersage , cc»nme diraient les Alle-
mands), analogue à la légende nationale, celle-là,
des grandes émigrations de Bellovèse & de Sigo-
vèse, oii Tite-Live & Trogue Pompée paraissent
avoir puisé simultanément {^Haec accepimus,T. Liv.
1. 5, c. 33), & que Trogue Pompée reproduit plus
poétiquement, sinon plus exactement que Tite-
Live (CGC milia homini veluti ver sacrum mise-
runt... ducibus avibus... &c. Troc. Pomp. Epitom.
1. 24, c. 4). Mais nous ne croyons pas nous aven-
turer beaucoup en affirmant que cette tradition
ne remontait point au delà du consulat ou du
proconsulat de Cépion (io6-io5), dont on racon-
tait à Toulouse, d'une manière toute légendaire,
les malheurs & la fin tragique. Elle serait née,
comme la plupart des légendes, du sentiment de
vanité que l'on avait éprouvé chez les Volkes de
la Narbonnaise, en apprenant qu'il existait en
Orient, chez les Galates de l'Asie-Mineure, un
peuple de Tectosages assez puissant pour avoir
attiré les armes des Romains, & assez respectable
pour avoir été maintenu par eux dans son indé-
pendance. Aux objections que l'on pouvait oppo-
ser & que l'on opposait probablement à ces pré-
tentions, en s'appuyant sur l'ancienneté des
émigrations elles-mêmes dont le temps devait
avoir effacé le souvenir, les Tolosenses répon-
daient, sans se déconcerter, que leurs ancêtres
étalent retournés à plusieurs reprises en Illyrie
& en Thrnce, où l'espoir du pillage les attirait
(praedae dulcedine j Troc. Pomp. Epitom. 1. 32,
c. 3), & que c'était une bande sortie aussi de leur
pays (ex gente Tectosagorum non mediocris populus.
NOTB
lOÔ
Noté
106
410
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
l'arrangeant & en l'encadrant historique-
ment, le récit de Timagène, dont les ou-
vrages paraissent, en effet, antérieurs aux
siens, nous trouverions dans ce fait un
riche en traits merveilleux & en légendes
romanesques ', racontées avec un air d'as-
tres prisonniers & acheté par Faustiis, fils de
nouvel argument à l'appui de l'opinion Sylla, il fut plus tard affranchi par son maître &
que nous venons d'émettre , & il serait réduit pour vivre à toute espèce d'expédients & de
à peu près démontré, au moins pour nous, métiers. Quoique Suidas nous apprenne (dans un
que c'était Timagène qui avait accrédité, texte corrigé par Reinesius) qu'il a vécu sous
un demi-siècle avant notre ère, la légende Pompée, sous César & sous Auguste, sa réputation
11... • „ o, „^ i^„ „ ^„* ^s littérateur & d'homme d'esprit ne dut commen-
que les historiens anciens & modernes ont , ., ^ ,, • ,
? . , , , 1 . 1 r • ^' ^ 1 • <^sr qu a 1 époque ou il essaya, en desespoir de
depuis répétée bien des lois d après lui. ^ , ^ ^ , ■ o /, ■ 11.
r r 1 cause, de monter en chaire & d enseigner la rhe~
Elle iisurait, suivant toute apparence, ^^ • ' • 1 r • 1
5 1**1, " , , . torique, métier lucratif aussi pour quelques-uns.
dans un de ses ouvrages où l'historien Devenu commensal d'Asinius Pollio (un Pompéien
grec avait réuni tous les renseignements rallié, comme nous dirions aujourd'hui. — Voir
qu'il avait pu recueillir, nous dit Ammien Thorbecke Comment, de C. Asinii PolUonis yhd &
Marcellin {collegit ex multîpUcïbus librïs , stud. Leyde, 1820), & introduit par lui chez Au-
AmM. Marcellin, 1. l5, c. 9), sur l'his- g"ste, qu'il indisposa bientôt par ses bons mots
toire ancienne de la Gaule, vers laquelle cavaliers qui n'épargnaient personne (homo acidae
se reportait l'attention depuis la conquête ^'""ê^"' ^ «''«'^ ^'^^'■- ^'''''''' ^«""^ ^ ^'""' " ?«"
de Jules César. Mais quoique ce traité soit "^"^'-^ improhe sedyenustc drcta : Senec. Controy. 34.
— Timagenls aemula. l'ingua : Horace, Ep'ist. 1. 1,
ep. 19, V. i5), il avait, suivant toute apparence,
précédé dans la tombe son bienfaiteur, qui lui
resta fidèle, même après sa disgrâce (in contuhcrnio
Asinii PolUonis consenuit : Senec. de Ira, 3-23. — >
Pollion serait mort, suivant Thorbecke, en l'an 3
aujourd'hui perdu, comme tous les ouvra-
ges de Timagène dont nous connaissons à
peine les titres ', il est certain qu'il était
id. ib.) qui avait chassé plus récemment les Histri
de la Pannonie (^spoliatisque Histris in Pannonia de notre ère), ce qui nous ramènerait approxiona-
conseditj id. ib.), comme Trogue Pompée le raconte tivement aux trente dernières années du siècle qui
dans un autre passage du même chapitre, emprunté a précédé l'ère chrétienne, de l'an 35, par exem-
évidemment à la même source, pie, à l'an 5 avant Jésus-Christ, c'e^t-à-dire à une
' Un de ces ouvrages, assez nombreux, à ce qu'il époque antérieure à celle de Tite-Live, dont la
paraît (Timagenes , historiarum scriptor... Senec. de grande histoire paraît avoir été écrite de l'an 20
Ira, c. 23. — P'.ëXfa 5' lypa^is roXXdt : Suidas, sub ou 25 avant Jésus-Christ à l'an i3 ou 14 de notre
yocé)^ était une histoire de l'empereur Auguste ère, & par conséquent à celle de Trogue Pompée,
qu'il avait briilée lui-même à la suite de sa dis-
grâce (...at combureret kistoriant rerum ab illo ges-
tarum, Senec. Controy. 34). Urt autre avait pour
titre le mot BaatXewv (Etienne de Byzance, sub
yoce Milyas), ce qui ferait songer encore à une
histoire des successeurs d'Alexandre ou de quel-
qu'un de ces successeurs. (Voir Carl Mueller,
Fragm. hist. Graec. t. 3, p. 217.) Mais l'étendue du
morceau résumé par Ammien Marcellin & les re-
cherches considérables qu'il avait exigées (voir
plus haut) indiqueraient plutôt un ouvrage ou un
traité spécial, comme l'a supposé Bonamy (Recher-
qui connaissait la grande histoire de Tite-Live,
comme le prouve un des textes quô nous avons
cités plus haut... quoniam in Livio & in Sallustio
reprehendit, &c. (Trog. Pomp. Epitom. 1. 38, c. 3.)
' Il y racontait, par exemple, que les premiers
habitants de la Gaule étaient aborigènes & qu'ils
avaient reçu le nom de Keltes (c'est la vraie pro-
nonciation du mot latin CeZfae), d'un prince char-
mant, comme sa mère, qui leur avait donné, elle,
celui de Galates [Celtas nomine régis amahilis &
matris ejus yocabulo Galatas dictas : Aaim. Marcell.
1. 10, c. 9). Ailleurs il reproduit, avec des varian-
ches sur Timagène, Mém. de l'Acad, des Inscr. & tes qui lui appartiennent, la légende du voyage de
B. L. t. i3, p. 46), qu'une digression intercalée l'Hercule grec dans la Gaule, de ses expéditions
dans une biographie historique comme celles de contre les tyrans Géryon 8c Tau risque, & de ses
Cornélius Népos ou de Plutarque. La chronologie amours avec les filles ^u pays d'où étaient sorties
de ces livres oubliés serait encore plus difficile à des générations toutes nouvelles. (Id. ib.) L'intérêt
rétablir que leurs titres. Mais on sait positive-
ment que Timagène était arrivé à Rome en l'an
54 avant notre ère, après la prise d'Alexandrie,
où son père exerçait le métier lucratif de changeur
ou de banquier. Vendu par Gabinius avec les au-
de ce passage qui frappait Ammieri (...sed postea
Ttmagencs j & diligcntia Graecus & lingua, haec
quae dia sunt ignorata collegit ex multiplicibus li-
bris, cuius fidem secuti, obscuritate dimota... Id. ib.)
à cause de ces légendes & de ces fables repoussées
Note
io6
Note
io6
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
411
surance qui impatientait ses contempo-
rains, sans en excepter Tite-Live qui
l'appelle, dans un mouvement de mauvaise
humeur, le plus léger des Grecs : levissimi
ex Graecis. (T. Liv. Hist. 1. 9, c. 18) '.
Le seul argument sérieux aux yeux du
géographe que l'on pût invoquer à l'appui
de cette prétendue parenté, dont il cher-
chait vainement les preuves, était le nom
même de Tectosage porté jusqu'en Asie
par une fraction des Galates (tcùtou [;,ev ojv
l/_0(ASV T£7,JAf,p'.CV TOÙ? ÏX'. 'ACÙ v5v Xf'fOlJ.hoUÇ
Tey.TOîjâYa: , Strabon, zV. ib., ,..Tb Tp-irov
c' 7.7:0 Toî) èv KôAT'-y-Yi sOvo'jç Jzy.xc'7X'(tç, id.
1. 12, c. 5, ? 1), car il remarque avec rai-
son que les Trocmes & les Tolistoboïes
(TcX'.sTcSorf.sO qui formaient les deux au-
tres tribus de la nation, quoique Gaulois
aussi d'origine (cùij.ç'jAov, îb. 1. 4, c. i, ^ i3,
— ... ofj.oYAwTTWv '/.ai -/.ax' àXXo ohovi Vcr^^-
AaY;;.Évov, zV. 1. 12, C. 5, ^ i) n'avaient point
laissé d'homonymes dans la Gaule, pas plus
avec raison de tous les livres sérieux, consiste dans
quelques traditions druidiques qu'il doit avoir em-
pruntées à quelque écrivain plus ancien, comme
Callisthène de Sybaris, qui avait écrit aussi sur la
Gaule (VcCkxzv/A) un ouvrage considérable (par ses
dimensions au moins), car il avait plus de treize
livres, auquel Timagène paraît avoir fait de nom-
breux emprunts. C'est au moins à ce Callisthèna
que remontait (-/.aOwç îa-copeT KaXXtaOcvrj; 6 Suôaof-/]?
Iv lY raXaif/.wv, zap' ou tfjV uTrôOeiiv dV/^ev TiaaYivr]{
ô L'jpoç. — Pseudo-Plutarcii. Libère fluv., cité par
dom Bouquet, p. pS. — Voir aussi Stocke, scrm,
98) l'histoire ou la légende du scolopide (SzoXori-
ooç, Stobée l'appelle KXounwxa), ce poisson fabuleux
de l'Arar ou du Brigoulos, nom primitif de l'Arar,
qui blanchissait pendant les premiers quartiers de
la lune, devenait complètement noir au dernier,
& qui mourait en se perçant lui-même de ses
épines quand il avait atteint toute sa grosseur.
Une petite pierre de la couleur & de la taille d'un
grain de sel que l'on trouvait en la cherchant bien
dans l'intérieur de la tête de ce poisson d'avril,
passait pour guérir la fièvre quarte dans la méde-
cine des druides, aussi riche en recettes bizarres
(voir Pline, pass.) que la médecine superstitieuse
du moyen âge.
Ce passage obscur par la suppression du nom
propre qui eût achevé la pensée de l'historien, a été
expliqué avec beaucoup de sagacité par M. Schwab,
de Livio & Timagène, historiarum icriptoribus, Stutt-
gard, 1834, ?• 320 & suiy.
en deçà qu'au delà des Alpes. Mais il suf-
fit d'examiner avec un peu d'attention ce
nom de Tectosage pour être convaincu
qu'il n'a rien de commun avec les noms
de peuple sous lesquels se désignaient les
populations gauloises & qui les suivaient
quelquefois dans leurs migrations, comme
le prouvent les noms de Boi'i, de Senones,
de Ceziomanni;, portés évidemment en Italie
par les bandes sorties de ces diverses tri-
bus. De quelque côté qu'on l'aborde, il
nous paraît impossible d'y voir autre chose
qu'une épithète en manière de sobriquet
(Folcae Tectosagae ou Tectosages), emprun-
tée à l'un des traits les plus connus du
costume gaulois & qui pouvait, par cela
même, s'appliquer à des populations très-
distinctes les unes des autres. C'est ainsi
que les aventuriers de tout pays, dont les
bandes organisées au delà des Alpes péné-
traient encore de loin en loin en Italie,
un ou deux siècles après les invasions dont
nous venons de parler, y avaient pris ou
plutôt reçu le nom de Gaesatae, emprunté
cette fois à un détail de leur armement
(gaes ou gais, sorte d'épieu), & dont on
n'a jamais songé, que nous sachions, à
faire un nom de peuple '.
Le témoignage de César sur le peuple
gaulois des Tectosages % qui habitaient en-
core de son temps aux environs de la forêt
Hercynia, n'aurait pas beaucoup plus de
' Dans un cas comme dans l'autre, le Gacsum &
le Sagum seraient évidemment deux mots celtiques,
affublés de finales latines. Mais il ne serait nul-
lement impossible que le nom deTectosages (Tecto-
sages, Tectosagae, Tectosagl , car les trois formes
paraissent usitées) ne fût tout simplement un so-
briquet, comme l'épithète ou le surnom des Aréco-
miques, donné probablement à l'autre fraction des
Volkes par les Grecs de Massalia. Le nom des
Gaulois Scordisques de la Dardanie, celui des
Gaulois Orobii des Alpc» italiennes ('Op66io!, un
peuple gallo-ligure, à ce qu'il paraît), n'étaient-ils
pas empruntés aussi à des idiomes étrangers &
imposés de même par des populations étrangères
avec lesquelles les émigrants s'étaient trouvés en
contact ou en rapport i*
' Fuit autem tempus tjuum Germanos Galli vir-
tute superarent, ultro bella inferrent, propter homi-
num multitudinem agrique inopiam trant Khenum
colonias mitterent, (Caesar, 1. 6, c. 24.)
NOTB
106
Note
io6
412
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
valeur, historiquement parlant, que les terait à prouver que les Volkes de la Gaule
récits légendaires des historiens grecs de appartenaient eux-mêmes ou avaient ap-
la décadence, auquel il paraît lui-même partenu à la confédération des Belghes,
emprunté. Il est au moins singulier de dont l'idiome, transporté par eux en Asie,
voir l'historien invoquer ici, contre son aurait été parlé simultanément par les
habitude, le témoignage d'Eratosthène & Trocmes & les Tolistoboïes, qui formaient,
des écrivains grecs sur l'étendue de cette avec les Tectosages, le peuple gallo-grec
immense forêt dont il ne parlait, lui, que des Galates.
par ouï-dire, car on sait que sa reconnais- Ce que l'on peut affirmer au moins, c'est
sance en Germanie n'a guère dépassé la que les peuples volkes de la Narbonnaise
rive droite du Rhin qu'il avait franchi le sont restés complètement inconnus à l'his-
premier à la tête d'une armée. La seule toire jusqu'à des époques relativement
chose qui lui appartienne dans ce témoi- récentes, puisque ce n'est qu'au temps
gnage, dont on s'est exagéré l'importance, d'Annibal que leur nom apparaît comme
est le nom des Volkes qui s'associait tout une réalité dans l'histoire & dans la géo-
naturellement à celui des Tectosages chez graphie de la Gaule. [E. B.]
un écrivain qui connaissait les populations
de la Gaule pour s'être trouvé en rapport —
avec la plupart d'entre elles & qui tenait
à les désigner sous leur véritable nom".
Quant aux affinités que saint Jérôme
constatait encore au cinquième siècle de
notre ère entre l'idiome des Galates de
l 'Asie-Mineure & la langue que l'on
parlait au bord du Rhin dans le pays des
Trévires, elles prouveraient, il est vrai,
que les bandes dévastatrices, dont le
royaume de Galatie était sorti, sortaient
elles-mêmes de la Gaule, ce que l'on n'a
jamais contesté sérieusement, & de diver-
ses parties de la Gaule, ce qui est au moins
vraisemblable'. Mais elles ne prouveraient
rien en faveur de la thèse que nous com-
battons, car, en admettant même que les
Tectosages d'Ancyre soient originaires de
Note
1 06
NOTE CVII
AJOUTÉE PAR LES NOUVEAUX ÉDITEURS.
Le vicus 6» le pagiis dans la Gaule
romaine.
Le morceau qu'on va lire est détaché d'un travail
considérable sur l'état des campagnes & sur les
institutions données ou laissées par les Romains
aux populations rurales de la Gaule. Le fragment
que nous en publions ici, tout incomplet qu'il est
lui-même, suffira pour donner une idée de l'intérêt
qui s'attache à ces questions négligées, qui éclai-
rent de lumières inattendues les problèmes les plus
graves de notre ancienne histoire, celle par exem
la Gaule Narbonnaise, assertion qui ne pie de la naissance & de l'organisation des villes
repose sur aucun témoignage digne de foi, *" ^^"^^ {ciyltates), qui ne sont en réalité que
comme nous venons de le montrer, il res-
' Itaque ea. (juae ferùlissima Germaniae sunt loca,
tircum Hereyniam silvam (^quam Erastostheni & eui-
busdam Graecis fama notant esse video, quant illi
Oreyniam appellant) Voîcae Tectosages occupaverunt
tttque ibi consederunt. Quae gens ad hoc tempus his
sedibus sese continet summuntque habet iustitiae &
bellicae laud'ts op'tnionem (^id. id.).
' Cunt Galatae non de illa parte terrarum (Aqu'i-
tania) sed de ferocionbus Gallis sint profecti,.,
Galatas j excepto sermone graeco quo omnis Oriens
loquitur^ propriam linguam eamdem pêne habere
quant Treviros, nec referre si cliqua exinde corrupe-
rint (HiERONYM. Prolog, in 1. 2, Commentar. Epistol.
ad Galatas, c. 3).
des agrégations de vici & de pagi gaulois réunis,
hiérarchisés & centralisés municipalement par les
Romains. — Le travail de M. Barry devant être
complété & remanié plus tard, nous nous sommes
crus en droit de supprimer les textes épigraphiques
ou autres, sur lesquels notre collaborateur appuie
chacune de ses assertions. [Note de la Direction,]
LE pagus'y que les écrivains anciens ne
séparent guère du vicus avec lequel il
a des points de contact de plus d'un genre
' Le mot latin pagus, que les glossateurs grecs
ou romains rattachaient au radical T.T^'^r\, TkrjY»?
{nr[-^a.Qo() ou Traya (^Dorice) : Pagi à;;b xSi'^ TïrjYwv
appellantur (Serv. in Virg. Georg. II, v. 38 jj;
NOTB
107
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
4i3
(vicl pagîque per vîcos & pagos vica- dans celui du Vercors (arrondissement de
tim, pagatim, pass.), paraît avoir joué un Die, Vantique Dea Auguste) : & Tite-Live
rôle considérable aussi dans l'histoire & nous en fournirait un exemple bien autre-
la géographie de l'ancienne Gaule, où il ment ancien chez un des peuples les plus
avait probablement son nom indigène", puissants de l'ancienne Gaule, s'il faut
supplanté depuis par le nom latin ou ita- prendre au sérieux ce qu'il raconte au
lien qu'il a conservé'. sujet des premières invasions gauloises en
Ce que l'on peut affirmer au moins, sans Italie, où le peuple des Hédues aurait été
rien donner aux conjectures, c'est que l'on représenté par un de ses pagi désigné aussi
désignait sous le nom de pagus, en Gaule sous le nom pluriel à'Insubres ( Insubrl-
comme en Italie, une circonscription ter- bus, pago Haeduorum Liv., 1. 5, c. 34.).
ritoriale supérieure à celle du vîcus sous La ville italienne de Novarîa, fondée par
le double rapport de la population &: de ces Vertacomacori, comme celle de Medio-
l'étendue, & probablement aussi ancienne lanum l'avait été deux ou trois cents ans
qu'elle, puisque César l'avait trouvée tout auparavant par les Insubres, devrait ainsi
établie chez la plupart des populations gau- son origine non point aune nation gau-
loises. Plus d'un siècle avant César, le loise (eOvoç, na/Zo), mais à un pagus, c'est-
vieux Caton signalait chez les Voconces, à-dire à une fraction de nation gauloise
qui habitaient entre le Rhône & les Al- dont les contingents restaient distincts au
pes, l'existence d'un pagus des Vertacoma- delà comme en deçà des Alpes & y travail-
corî, dont le nom est resté reconnaissable laient chacun pour leur compte.
C'est à dater de l'époque impériale, qui
coïncide elle-même avec la nouvelle orga-
nisation donnée par Auguste aux provinces
transalpines (voir à ce sujet Pline & Ptolé-
mée), que la lumière commence à se faire
sur l'histoire & la géographie du pagus,
grâce surtout aux inscriptions antiques qui
nous révèlent tous les jours l'existence &
les noms de nouveaux pagï, disséminés sur
tous les points de notre territoire". A l'in-
— Pagus a xriYij, <{uOii est fons (SciiOL. in luv.
Sat. XVI, V. 33); — P^gi dict't a fontibus, quod.
eadem a<jua uterentur (Voir, à ce sujet, au tome I
de cette édition, notre étude sur les origines de
Nemausus), a<juae en'im lingua Dor'tca r.x^ax appel-
lantur {^KVh DiAC. p. 221J, dériverait, suivant les
étymologistes contemporains, du verbe pangere
(j:'q^^\»[i.i [r.'^i^oi], ficher, enfoncer, hât'ir : Mommsen,
Tribus, p. 16, & Roem. Gesch. t. i, p. 37), ou du
radical pasco (^paître, faire ou mener paître) , c{ui verse du vïcus , aU-desSOUS duquel On ne
impliquerait l'idée de dépaissances ou de pâturages trouve guère que leS propriétés privées
communs : pascui communia (Doedeulein, Syn
t. 8, p. 6; Facciolati & Freund, sub voce).
' Pourquoi, en effet, le pagus & le vicus n'au-
raient-ils pas eu chez nous leurs noms à eux
comme ils les avaient en Germanie (Heim, Haus,
Hof; Dorf.,.., Gaue, Marck), surtout si l'on admet,
comme tout semble l'indiquer, qu'ils existaient
l'un & l'autre à une époque fort antérieure à la
conquête romaine?
' Notre vieux mot français païs ou pays, dont le
(villae, vilîulae, fundi, praedia)^ entre les-
quelles s'intercalent quelquefois des ha-
meaux désignés sous des noms divers (loci,
vtcuîî, vïcïn'iae, dans l'Espagne du Sud) ou
des maisons isolées (aedificia, casae, casulae,
Caes.), bâties de torchis & couvertes de
chaume, il formait alors la circonscription
moyenne des territoires gaulois, celle qui
servait d'intermédiaire entre le vicus & la
sens répondrait par quelques côtés à celui du mot cîvîtas, prise au seus géographique du mot.
pagus, n'en est évidemment qu'une forme altérée. Comme lucivitas, dont il était devenu la
dérivée presque sans changement des cas infléchis subdivision légale, chaCUn d'eux avait SOil
du mot {pagi, pagis), prononcé à la romaine. —
Les adjectifs pagartui (au pluriel pagani), pagani-
cus^ /lagcrtsiî, auraient donné naissance à une autre 'Les monuments législatifs qui nous en font
famille de mots ou de noms propres [Pagan, Payan, connaître d'une manière plus complète la consti-
paycn. Pages, pagèse, Page^y, &c.), sous lesquels tution & l'organisation intérieure appartiennent,
on désignait & on désigne encore dans les pays de pour la plupart, aux derniers temps de l'Empire,
langue romane, dans le Roussillon, par exemple, c'est-à-dire à une époque de décadence continue
les habitants du pagut, pour U pagus comme pour la civltas.
Note
107
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107
414
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
territoire distinct, enclavé dans celui de la les désigne), habités, dit-il, par des gens
cité, oùfil conservait son nom, circonscrit de la même nation (7,wj;,a( twv c[xo£Ov(ov),
comme le sien par des limites (fines, termî- & dépendant politiquement de la ville ro-
nus), qui devaient dans plus d'un cas re- maine de Nemausus (civîtas, colonia Ne-
nionter elles-mêmes au temps de l'indé- mausus, — voir les notes précédentes), à
pendance, car il est impossible de douter laquelle ils payaient les impôts qu'elle
que la Gaule n'ait eu dès cette époque versait à son tour dans les caisses du trésor
ses agrimensores & son système métrique impérial. A une époque plus récente, il
à elle. Nous en trouverions la preuve est vrai, les Itinéraires d'Antonin & de
dans une foule de noms celtiques, comme Théodose signalent dans le nord de la
ceux de bonna, d'où le français bonnier, Gaule, chez un des peuples de l'ancienne
d'ûrzpenwzJ, l'arpent, de /eug-fl, la lieue, &c., Belgique, un district désigné sous le nom
qui ont traversé, avec les mesures qu'ils significatif de Decevipagî, & dont les sub-
représentent, non-seulement l'époque ro- divisions auraient été fort inférieures en-
maine, mais le moyen âge &; la renais- core à celles des /jag-z de la Gaule Narbon-
sance. naise, puisque le district désigné sous ce
Rien n'indique, il est vrai, quelles étaient nom n'avait pas même eu l'honneur d'être
les dimensions habituelles de ces circons- érigé en civîtas, lors de l'organisation ter-
criptions géographiques, dont le nombre ritoriale de la Gaule & qu'on le trouve
& l'étendue auraient varié de contrée à enclavé, comme le serait \tn simple pagus,
contrée & même de territoire à territoire, dans le territoire d'une cité de second ou
s'il faut en juger par ce que nous savons de troisième ordre, celle des Médioma-
du pays des Helvétiens & de celui des Are- trikes.
comikes, les seuls peuples de l'ancienne Ces anomalies, dont nous pourrions ci-
Gaule, malheureusement, dont l'organisa- ter d'autres exemples, en Gaule & hors de
tion territoriale nous soit approximative- la Gaule (en Italie surtout), devaient tenir
ment connue. Il ressort, en effet, du té- dans certains pays à la nature & à la confi-
moignage de César, qui parle ici>d'après des guration du sol dont le pagus représentait
documents statistiques & officiels (deux souvent ce que nous appellerions aujour-
choses assez rares chez les écrivains an- d'hui les régions naturelles. Ailleurs elles
ciens), que le pays des Helvétiens limité, s'expliqueraient par des différences de po-
comme il nous le montre lui-même, par le pulation, dont le chiffre absolu ou relatif
Jura, le lac Léman & les deux fleuves du devait varier lui-même de territoire à
Rhône & du Rhin, ne comptait pas de son territoire, suivant l'âge, l'étendue & le dé-
temps plus de quatre pagi, d'une étendue veloppement des cultures. Il faut ajouter à
& d'une importance considérable, il est ces causes générales d'inégalité que l'ins-
vrai, puisque chacun d'eux (en les suppo- titution An pagus, quoique commune à la
sant à peu près égaux), aurait possédé une plupart des populations primitives de l'oc-
centaine de villages (sans compter les op- cident, paraît avoir varié de l'Italie à la
pida disséminés au milieu de ces villages). Gaule & même du sud au nord de la Gaule,
avec une population moyenne de soixante- dont l'histoire & la civilisation présentent
cinq ou soixante-six mille habitants.
^ Chez les Volkes Arécomiques, au con-
traire, dont le territoire n'était pas de
beaucoup inférieur à celui des Helvétiens,
à toutes les époques des différences bien
tranchées. Antérieures souvent à la con-
quête romaine, ces différences se seraient
maintenues, même à l'époque impériale.
en étendue au moins, le nombre des pagi sous l'apparente uniformité du régime mu-
s'élève brusquement à un chiffre cinq ou
six fois supérieur. Strabon, qui avait tra-
versé leur pays lors de son voyage en Gaule,
dans les premiers temps du règne de Ti-
bère, n'y distinguait pas moins de vingt-
nicipal imposé par les Romains à toutes
les provinces de leur vaste empire; & si
les documents ne nous faisaient point dé-
faut, nous aurions certainement plus d'une
dis,tinction à établir sous ce rapport, entre
Note
107
quatre y.wjxa'! (c'est le nom sous lequel il la Narbonnaise où le pagus était devenu,
Note
107
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
41D
longtemps avant Auguste, un détail de la
clvïtas, & la Gaule d'outre-Loire où il con-
servait, comme chez les Helvétiens, une
sorte de vie distincte à côté de la civîtas,
plus lente ici à naître ou à grandir'.
Chez les Volkes dont l'organisation ter-
ritoriale, telle que la décrit Strabon, rap-
pellerait à plus d'un égard celle de l'an-
cienne confédération latine, à l'époque où
Rome groupait autour d'elle les seize ou
dix-sept tribus rustiques (^tribus rusùcae,
opposées aux quatre tribus urbanae de Ser-
vius), soumises jadis à Albe la Longue,
plusieurs des bourgades qui leur servaient
de centre avaient déjà l'importance & le
rang de petites villes, comme le prouverait
à elle seule la célèbre inscription géogra-
phique du musée de Nimes, reproduite &
étudiée par nous dans une note spéciale'.
Les autres, à l'exemple de celle-là, s'étaient
entourées de murs de terre ou de pierre,
& Pline, qui écrivait un demi-siècle après
Strabon, pouvait, sans exagération, qua-
lifier du nom militaire d'oppida (...sicat
XXIIII loppida îgnobîlîa'i Nemausiensibus
attrîbuta, 1. 3, c. 4 [5]) , ces petites villes
parentes & soumises, à l'aide desquelles
la jeune colonie surveillait & administrait
le territoire montagneux dont elle était
devenue la métropole. — Quant aux Be-
cempagi des Médiomatrikes, dont il ne faut
point, du reste, s'exagérer l'importance,
puisque nous nous trouvons ici en pré-
sence d'un fait isolé représenté par un
simple nom de lieu, il nous suffira de rap-
peler, pour l'expliquer en partie, que les
feudistes allemands ont quelque peine à
distinguer l'un de l'autre le Gaue & la
lAarck, auxquels les actes anciens parais-
sent appliquer indifféremment le nom gé-
nérique de pagus (Jacob Grimm, Deutsch.
' hes pagl nationaux 8t autonomes des Helvct'iî,
que Strabon désigne cette fois sous le nom carac-
téristique de cpîjXa (ouXrJ, çuXov, lignée, parenté),
devaient ressembler à plus d'un égard aux clans
celtiques du Border & des hautes terres d'Ecosse,
dispersés dans un pays montagneux, dont ils se
partageaient les vallées (waters) boisées encore &
incultes, à l'exception des bas-fonds qui entou-
raient les villages.
" Voir au tome I de cette édition, p. i5i Si suiv.
Rechts Alterthuem, p. 532 & suiv.). Pris au
pied de la lettre, ce mot de Decempagi ré-
veillerait alors l'idée d'un de ces syndicats
de vicî, que les Romains avaient trouvés
tout établis chez les populations barbares
de la Gaule & qu'ils paraissent avoir res-
pectés dans certains cas, tantôt en les cons-
tituant sous le nom générique de saltus, à
la façon de leurs civitates, avec cette diffé-
rence'qu'elles n'avaient pas de chef-lieu ou
de métropole proprement dite, tantôt en
les attribuant, c'est-à-dire en les annexant
à telle ou telle civîtas, dont elles deve-
naient alors une dépendance, au sens ter-
ritorial comme au sens politique du mot.
Ce que l'on peut affirmer au moins en
s'autorisant cette fois de témoignages ir-
récusables, c'est que le pagus formait en
Gaule, comme partout, la subdivision géo-
graphique des grands territoires délimités
& organisés par les Romains sous le nom
de civitates, quoique l'étendue de ces cir-
conscriptions inférieures paraisse avoir
varié, comme leur nombre, de civitas en
civitas. A en juger par les inductions que
nous fournissent à ce sujet la provenance-
des monuments épigraphiques qui prend
ici une importance exceptionnelle & la
perpétuité de certains noms de lieu qui
ont traversé tout le moyen âge, ces pagi,
d'étendue inégale, auraient été situés eux-
mêmes à des distances inégales de la civitas
ou de la ville murée, à l'extrémité quelque-
fois de son territoire dont ils formaient
alors les frontières ou les limites (paganî
pagi Lucretii qui sunt finibus Areîate'nsium,
loco Gargario — pagani pagi Farra-
tici, in finibus Cremonensium, &c. Inscript,
pagan. passim.). Séparés souvent les uns
des autres par une chaîne de collines (ju-
gum), par une lisière de forêts (silva, silva
caedua,-çniS?..) ou par un cours d'eau, comme
nous l'apprend dans certains cas le nom
du pagus lui-même (^pagani pagi Transul-
mani, Translucani, pass.), on les trouve
ailleurs assis sur les deux rives de ce cours
d'eau dont ils occupaient & possédaient
toute la vallée, à la façon des wàters du
Border écossais (compagani rivi Larensis,
près de Tarragone en Espagne, HuEB-
NER, 4125). Leurs noms, dont un assez
grand nombre nous Sont connus aujour-
Note
107
416
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
d'hui, grâce aux découvertes continues de
l'épigraphie, paraissent le plus souvent
indigènes ou Gaulois d'origine, quoiqu'on
les trouve presque toujours écrits au sin-
gulier, ce qui semblerait indiquer qu'ils
étaient à cette époque de véritables noms
de lieu & non plus des ethniques ou des
noms de peuple, comme au temps de l'in-
dépendance. Il n'y aurait d'exception à
faire à cette règle devenue générale sous
l'empire, qu'en faveur de la petite cité
des Antessiodorenses (municipium Antessîo-
dorense... — l'Auxerrois depuis), qui dis-
tinguait ses pagi par des numéros d'ordre :
pagus I (primas), pagus II (secundus), pa-
gus III (tertîus), s'il faut prendre au pied
de la lettre le texte d'une inscription vo-
tive découverte à Auxerre, il y a plus d'un
demi siècle, & que nous reproduisons ici
textuellement :
DEC APPOLLINI R - P ' PAGI ' II ' M ♦ ANTESSIODVRI
Deo Apolliiii r(es) p(ublica) p(agi) secundi m(unicipii)
Antcssioduri.
Ferrussac, Bulletin archéologique,
aiiuiic 1821, 17, 20; — Orelli-Hen-
ZEN, 1. S. 52l5.
Enclavées & disséminées ainsi dans le
territoire des civitates auxquelles la con-
quête les avait attribuées, comme le di-
saient durement les jurisconsultes romains
(ager attrïbutus, pagus attrïbutus), ces anti-
ques circonscriptions allaient se trouver
placées à l'égard de leur métropole dans
des rapports de dépendance que les fau-
tes & les malheurs de l'Empire devaient
aggraver encore en les resserrant de siècle
en siècle. Non contents de leur enlever les
droits de souveraineté que plusieurs d'en-
tre eux s'arrogeaient avant la conquête
& qui disparaissent, chez nous au moins,
à dater de l'époque impériale, les Ro-
mains s'étaient crus en droit de soumettre
à une sorte de révision l'étendue & les
limites de leur territoire que les agents
impériaux remaniaient au besoin, aussi
cavalièrement que leurs institutions. En
Orient, comme en Afrique & en Espagne,
on les voit à plusieurs reprises créer ou
organiser de nouveaux /Jag-i qui prenaient
leur place ou leur rang dans Vager à côté
des anciens dont ils ne se distinguaient
que par leurs noms (d'hommes ou de
dieux), italiens alors ou romains d'appa-
rence. C'était de la même manière, il est
vrai, que les nations gauloises elles-mêmes
avaient été traitées à la suite de la con-
quête par les nouveaux maîtres du pays,
que l'histoire nous montre, quand elle
daigne descendre à ces détails, respectant
ici ce qu'ils démembraient ou divisaient
ailleurs, créant à l'occasion des territoires
spéciaux en faveur de telle ou telle ville
privilégiée, comme la jeune colonie de
Lugdunum qui allait devenir, en quelques
générations, la métropole des trois pro-
vinces chevelues & la plus grande ville de
la Gaule.
Mais en subordonnant ainsi les pagl à
leurs métropoles sous lesquelles ils s'effa-
cent, comme des rouages de second ou de
troisième ordre disparaissent dans le jeu
d'une machine bien réglée, la conquête
avait tenu, tout l'indique, à leur laisser
leur place & même leur rôle dans le cercle
de la clviias, puisqu'on les y retrouve aux
époques historiques avec leur territoire
distinct, comprenant généralement plu-
sieurs villages, & leur population compo-
sée en majeure partie de paysans indigè-
nes. Ce n'est que par exception, en effet,
& au voisinage des grandes villes romaines,
que l'on trouve mêlés à ces rusdci à demi-
barbares un certain nombre d'affranchis,
devenus à prix d'argent propriétaires dans
le pagus dont ils briguaient à ce titre les
modestes magistratures, les seules, il est
vrai, qui leur fussent accessibles.
Dans l'ordre politique, où la dépen-
dance du pagus paraît plus marquée en-
core, les plus importants d'entre eux par
l'étendue comme par la population avaient
conservé de même une sorte de vie dis-
tincte au milieu de la cîvitas, & nous
allons voir, en pénétrant avec un peu
d'attention dans le mécanisme de leur or-
ganisation intérieure, qu'ils y formaient
encore de véritables communautés, ayant
chacune leur religion à elle & adminis-
trant leurs propres affaires par des magis-
trats électifs, relevant eux-mêmes d'une
assemblée souveraine. — Un texte de Pline
l'Ancien, dont l'importance & le vrai sens
ne paraissent point avoir été généralement
Note
107
Note
107
NOTES SUR- L'HISTOIRE DE LANGUEDOC. 417
compris, semblerait indiquer que ces di- pie, que les inscriptions désignent tantôt '°^
verses communautés avaient en Italie une sous le nom de templum, tantôt sous celui
organisation commune, réglée par une loi de fanum, était desservi aussi par une
générale', dont chacune d'elles se serait confrérie de paysans libres ou affranchis,
approprié les dispositions principales : ce Mais il y a toute raison de croire que
•qui achèverait d'assimiler, dans une sphère cette confrérie se recrutait cette fois dans
inférieure, il est vrai, la commune rurale les divers villages de la circonscription
du />ag"UJ aux communes urbaines, de taille, dont elle représentait ce que nous appel-
de rang & de noms très-divers (colonîae lerions aujourd'hui les notabilités, l'aris-
cîvium Romanorum, Latînorum, municipia, tocratie de naissance ou de parenté, f(ue
fora, concïlîabula) ^ qu'avaient organisées les peuples de race celtique plaçaient au
sur un type uniforme les lois municipales moins au niveau de la fortune. Le temple
de Jules César, dont la plus importante, la du dieu lui-même, s'il n'avait point de
lea lulia munîcipalîs, nous a été conservée curateurs spéciaux (curatores fani) , était
en partie. ordinairement placé sous la surveillance &
sous la direction des magistrats du pagus,
1 que l'on voit en mainte occasion disposer
de ses revenus & même de ses offrandes
La religion du pagus, que nous connaî- (ex redîtu fanî ex donîs ' Inscript.
trions à peine sans les Inscriptiones paga- pass.), pour restaurer, pour agrandir ou
nîcae, où elle tient une assez grande place, pour embellir le monument confié à leur
paraît avoir été wne religion essentielle- garde. Nous citerons, à l'appui de cette
ment topique, comme celle du vlcus, avec assertion, une belle inscription découverte
laquelle elle aurait plus d'un point de au commencement de ce siècle chez les
ressemblance. Il ressort, en eïiet, des in- VolkesTectosages, sur les limites des deux
dications ou des renseignements fournis villes romaines de NarZ^o Mar//wj fi- Je Crtr-
à ce sujet par les inscriptions, que la plu- <^o^o Folcarum :
part des pagi avaient, comme les vici, leur
dieu protecteur ou tutélaire, désigné le
plus souvent sous le titre de genius ou de
genïus pagî, quelquefois sous quelque nom
de dieu romain qui se substituait lui-même
à ces appellations génériques, quand les
idées ou les croyances des pagani s'éle-
vaient h leur tour au-dessus du cercle étroit
dans lequel elles se renfermaient d'ordi-
naire. C'est ainsi que l'on voit en Italie les lenus, Vcicntonis l(ibertus), Phileros, T(itus) Airidius/r(iti)
pay«ans de certains pagî dédier des autels
au divin Jupiter, le grand dieu du Pan-
théon classique, qui prend alors l'épithète
spéciale de Jupiter compagus ou celle de
Jupiter paganicus (lovi paganico, lovi
compago : Inscript, pagan. pass.).
Comme le dieu du vicus, dont le nom se
confondait souvent (dans nos Pyrénées, relief dont se composait le trésor du Mefcurius
par exemple) avec celui du village où il Cannetonensis, découverts en i83o, à Berthouville,
■ — près de Bernay, en Normandie (aujourd'hui à la
Bibliothèque nationale), consistaient le plus sou-
vent, dans les pays pauvres, en autels : arae, arulae
inscrits de noms barbares (même après le premier
siècle) & dressés par les confrères (soJales) ou par
les dévots du dieu {cultorei) après que leurs vœux
avaient été exaucés ...Votum solv'it libens merito.
T'VALERIVS''C»F»SENECIO
P ' VSVLENVS ' VEIenToNIS » L
PHILEROS
T'ALFIDI'VS'T'L'STABILIG
M » VSVLENVS » M » L* CHAR iTo
M A G I STr I'PAGI'EX'RED iTv 'FANI
LARRASONI'CELLAS'FACIVND
CVRAVERVNT IDEMQVE PROBAVERVNT
T(itus) Valeiius, C(aii) f(ilius), Scnccio, P(ublius) Usu-
l(ibertus), Stabilio, M(arcus) Usulenus, M(arci) l(ibcrtus),
Charito, magistri pagi, ex reditu faui Larrasoiii ccllas ta-
ciundas curavcruut iidcmque probaverunt.
celui du pagus, ce qui devait arriver dans plus
d'un cas.
• Ces offrandes de nature & de valeur diverses,
comme le prouveraient les beaux vases d'argent à
avait son culte & ses fidèles, le dieu du
pagus avait son temple à lui, situé d'ordi-
naire dans le chef-lieu du pagus'. Ce tem-
' Qui aurait alors deux temples & deux dieux,
ù moins que celui du vicus ne se confondît avec
II.
»7
Note
107
41!
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Le culte du reste & les cérémonies du de Mars, les trois victimes du suovciaurUe,
culte paraissent avoir été fort simples dans une truie, une brebis & un taureau {...hos-
ces sanctuaires rustiques où l'on ne trouve tîae lustrales. Inscrîp. pagan. pass.), & la
jamais trace ni de prêtres proprement cérémonie se terminait, comme la plupart
dits, ni de serviteurs attachés à ces prêtres des cérémonies municipales, par un repas
sous divers noms & à divers titres. La prin- public (..:.. escae paganicae, ibid.) où les
cipale de leurs fêtes, la seule dont par- pagani, représentés par leurs conseillers,
lent avec un certain détail les écrivains mangeaient en commun sur des tables de
anciens, était connue en Italie sous le nom marbre achetées & données par quelque
de paganalia ou de paganicae feriae & se riche pafronuj^ comme le portique soutenu
célébrait chaque été à des époques qui pa- de colonnes qui les abritait ( porticus
raisseiit avoir varié, comme la moisson, de pagana, paganica, pass.)- Au second & au
contrée en contrée'. Elle consistait dans troisième siècle de notre ère, où les popu-
une procession expiatoire (lustratlo) où les lations des campagnes célébraient encore
magistri pagî (voyez plus loin) faisaient à les paganalia sous des noms qui paraissent
grands pas le tour du pagus en appelant la avoir varié de pays en pays, comme la cé-
protection de leur dieu « sur les promesses rémonie elle-même, c'était souvent aux
de la terre & sur les espérances des fa- indications fournies par ces usages sécu-
milles. » Ils étaient suivis par la plus laires que recouraient les ogr/menjorej ro-
grande partie de leurs administrés, vêtus mains pour retrouver, en cas de contesta-
de blanc comme eux, succincti comme eux tion, les vraies limites du pagus effacées
pour marcher plus vite & traînant sur souvent par le temps ou par l'incurie,
quelque chariot tendu de draps blancs (là
où les chemins le permettaient) la statue tt
de leur saint patron (tutela, patronus, sanc-
tus patronus, lar publicus, pass.), comme on Dans l'ordre politique, qui ne dépassait
le faisait encore, au temps de Grégoire de guère, depuis la conquête romaine, le
Tours, dans certains pdg-i de la Gaule cen- cercle restreint des intérêts municipaux,
traie où le paganisme s'est longtemps sur- le pagus avait, comme toute communauté
vécu à lui-même. Au retour de cette céré- légalement reconnue, ses magistrats & son
monie, assez longue & assez pénible si le assemblée dont l'existence nous est attes-
territoire était coupé, comme il l'était sou- tée tout à la fois parles écrivains & par
vent, de collines ou de montagnes boisées les inscriptions antiques. Électifs & an-
{saltus)^ on faisait des libations de vin ou
de lait sur l'autel allumé du dieu :
Pagum lustrale, coîoni.
Et date paganis annua liha focis,
(OviD., Fast. I, 669-670.)
Dans certains pagi plus riches ou mieux
posés que les autres, on immolait comme
à Rome, après les lustrations du Champ
' Le type de ces solennités rustiques paraît avoir
nuels, comme nous allons le voir, lès
magistrats du pagus n'étaient en réalité
que les délégués de cette assemblée dont
la conquête avait restreint & précisé les
droits, sans lui retirer pourtant l'admi-
nistration & le gouvernement de ses pro-
pres affaires, pour tout ce qui touchait au
moins à ses intérêts locaux.
Mais nous en sommes malheureusement
réduits à des inductions, quelquefois même
à des conjectures sur la composition &
l'organisation intérieure de ces parlements
été la fête romaine des Arvalia ou AmbaryaUa, que j-UStiques OÙ figuraient de droit, à ce qu'il
célébrait encore., au quatrième siècle de notre ère. "^ ^ 1 -u r 1 r mi •>
- , ■ ,• , r ■ , , ■ ,, parait, tous les chets de tamille, propne-
une confrérie dix ou douze lois séculaire, celle ' . . 1 t.* r 1 j
des frères Arvales (^fratres Arvales), dont un épi-
graphiste italien, l'abbé Gaëtano Marini, a écrit
l'histoire dans un livre célèbre, devenu très-rare
malheureusement : Gli atti e monumenti de'i fra-
tcJli Arvali, Roma, 1793, 2 vol. in-i^".
taires de maisons ou de biens-fonds dans
les villages du ressort. Les séances de
l'assemblée, qui n'avaient probablement
rien de fixe ni de régulier, se tenaient
tantôt en plein air, tantôt en lieu clos.
Note
107
Note
lOJ
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
419
NOTC
suivant la saison. Elles étaient convo- qui présidait l'assemblée ou par le no<arjuj '°7
quées, ajoute le grammairien auquel nous qui lui servait de greffier, ces décisions
empruntons quelques-uns de ces détails, étaient transcrites sur les registres de la
au son du cor ou de la trompe, comme communauté qui devait avoir ses commen-
l'étaieut au moyen âge les assemblées de taria cottiJiana comme les curies des villes
paysans dans les petits cantons de la Suisse, romaines. Elles devenaient alors, sous les
ce pays du pagus par excellence, & prési- noms de pagi scîtus ou de decretum pagi,
dées, comme les curies des civitates, par un des actes légaux, analogues pour le fond
des magistrats de la communauté qui pa- comme pour la forme aux ordonnances
raissent avoir joué un grand rôle dans ces rendues par les magistrats municipaux,
assemblées bruyantes dont ils dirigeaient De ces documents officiels, intéressants
les délibérations & probablement les vo- à plus d'un titre, le seul qui nous ait été
tes, s'il s'agissait de nouveaux magistri à conservé intégralement est le célèitre pagi
élire, ou d'uiv patronus à remplacer. A en scltus du pagus Herculaneus , un des pagi
juger par ce qui se passait dans des pays urhani ou suburbani de Capoue dont la
voisins de la Gaule, comme les montagnes fondation remontait, il est vrai, à une
de la Ligurie ou celles du nord de l'Es- époque relativement ancienne, mais qui
pagne, les décisions y auraient été prises n'aurait à ce titre même que des points de
à la majorité des suffrages, comme nous contact éloignés avec nos pagi rustiques^
le dirions aujourd'hui (... ex majori parte de la Gaule : l'organisation des plébéiens
Langensium Veituriorum : Sententia IS/Linu- romains établis à Capoue, après la prise
ciorum, ex senati consulta, de Fin. înter Ge- & la destruction de la ville campanienne,
nuates & Langenses Veiturios : Orelli, i, rappelant, à plus d'un égard, celle de la
3i2i). Mais il y a toute raison de croire plèbe romaine avant l'établissement du tri-
qu'elles s'énonçaient ou s'exprimaient en- bunat. Dans les provinces occidentales de
core, comme au temps de l'indépendance, l'Empire, dont nous sommes surtout préoc-
par des murmures ou des clameurs d'assen- cupés ici, les inscriptions se contentent le
timent, car il n'est jamais question dans plus souvent d'indiquer ou de résumer eu
les Inscriptiones paganicae de ces tessères quelques mots l'objet ou l'affaire qui avait
inscrites, en ivoire ou en os (jtabellae)^ qui donné lieu au pagiscite en le mentionnant
jouent un grand rôle dans les inscriptions lui-même sous, son nom légal ex pagi
municipales des villes où elles rempla- scitu... décréta ou ex décréta paganarum,
çaient nos bulletins de vote, ni de la cor- pagi... (Inscript, pagan. pass.), sans le re-
beille d'osier (ci^ffl) destinée à les recevoir, produire textuellement. Mais ces brèves
ni des praesepta à claire-voie où les élec- indications suffisent pour nous donner au
teurs s'entassaient en attendant leur tour, moins une idée des attributions de i'as-
comme à la queue de nos théâtres, ni des semblée dont la compétence s'étendait à
surveillants d'origine diverse chargés de tous les actes de la vie publique du pag-uj;,
contrôler les votes & le scrutin, les uns depuis les élections proprement dites jus-
au nom de la commune, les autres au nom qu'aux affaires de nature très-diverse aux-
des candidats eux-mêmes qui faisaient ainsi quelles il se trouvait méléj car il ne faut
la police de leur propre élection. Ce que point oublier que les pagi avaient, comme
l'on peut affirmer au moins, en s'autori- toute corporation constituée, le droit de
sant de témoignages auss?' nombreux ici propriété, qui implique à son tour une
que concluants, c'est que rien d'important foule d'autres droits, comme celui d'ac-
ne se faisait dans le pagus , sans Tinter- quérir ou d'aliéner (par vente ou autre-
vention de cette assemblée, que les magis- ment), de recevoir des donations ou des
trats étaient tenus de consulter sur les legs, de poursuivre ou de défendre en jus-
détails les plus insignifiants de leur admi- tice, &c. Ce serait cette assemblée ou le
nistration & derrière laquelle on les voit comité chargé de la représenter pendant
constamment abriter leur responsabilité. l'intervalle des sessions (quoiqu'on ne le
Libellées séance tenante par le magistrat trouve nommé ni indiqué nulle part), qui
Note
107
420
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
ic8
aurait disposé souverainement des immeu- cle & plus de recherches & de travaux
blés de la communauté comme de ses ca- dirigés dans ces voies récemment frayées,
pitaux & de ses revenus. C'est elle que les on est forcé de reconnaître qu'il reste en-
inscriptions nous monfr^ent à tout moment core énormément à faire & à dire sur les
engageant ici telle ou telle parcelle de problèmes de tout genre qu'elle soulève,
terrain (Loco Dato Décréta Paganorum) ou souvent sans les résoudre. Mais il serait
l'affectant à de nouveaux usages, employant injuste d'oublier les services qu'elle a déjà
ailleurs ses capitaux à la fondation de quel- rendus aux premiers temps de notre bis-
que monument d'utilité ou d'agrément pu- toire, pour lesquels elle est devenue,
blic, ou à l'agrandissement de ceux qu'elle comme l'épigraphie, qu'elle devance pres-
possédait déjà. que partout, une source précieuse de ren-
Nous devons ajouter pourtant que l'on seignements & de lumières,
ne trouve plus trace, au moins chez nous. Le monnayage de la Gaule Narbonnaise,
du droit qu'avaient jadis possédé les pa- dont nous sommes surtout préoccupés ici,
ganî d'admettre un étranger à la résidence paraît être né sous l'influence de la viHe
& aux privilèges qu'elle conférait, ou de phocéenne de Massalia, fondée six cents
conclure des traités d'hospitalité récipro- ans avant notre ère, sur la côte monta-
que (hospitium) avec telle ou telle popu- gueuse de la Méditerranée; car on ne ren-
lation du voisinage (gentiïitas'), quelque- contre presque jamais dans le sud de la
fois même avec de hauts fonctionnaires Gaule, même chez les Volkes Tectosages,
romains dont ils devenaient ainsi les amis de ces belles monnaies d'or ou d'electrum
& les protégés. Ces traités, une fois con- imitées des statères macédoniens du roi
dus, étaient gravés en double exemplaire Philippe (36o-336), qui auraient servi de
sur de petites plaques de bronze (tesserae type, suivant une opinion très-accréditée,
hospïtales , hospitalitatis) qu'échangeaient aux plus anciennes monnaies de la Gaule
les parties contractantes & dont quelques- chevelue. Dans le midi, c'est en argent
NoTV
108
unes sont ainsi parvenues jusqu a nous.
[E. B.]
NOTE CVIII
AJOUTEE PAR LES NOUVEAUX EDITEURS.
Numismatique gauloise,
IL ne faut point oublier que la numisma-
tique gauloise n'était pas encore née à
l'époque où les Bénédictins écrivaient leur
histoire'. Aujourd'hui même, après un siè-
' Ce n'est même qu'à la fin du siècle que la nii-
mismatique proprement dite a pris le caractère 8c
l'autorité d'une véritable science, par la publica-
tion du grand livre d'Eckhel : Doctrina nummorum
veterum, Viennae (1792-98, 8 vol. in-4''). Les in-
génieuses recherches de Pellerin, qui reposaient,
comme on le sait, sur une des plus belles collec-
tions de médailles qu'un simple particulier ait
réunies [elle a été acquise depuis par le cabinet
que paraissent avoir été frappées les plus
anciennes espèces monnayées, à l'exemple
des monnaies de Massalia, qui n'a jamais
émis d'espèces d'or, & n'a adopté le bronze
qu'à des époques relativement récentes,
au second ou troisième siècle avant notre
de France, au prix de 3oo 000 fr.], avaient paru
quelques années auparavant 1762-1767, sous le
titre de Recueil de médailles de rois, de peuples &
de villes, avec plusieurs suppléments, 9 vol. in-4".
— Quant à la numismatique gauloise, il suffit de
citer les noms diversement célèbres de Pellerin, Je
Barthélemi, de Lelewel, de MM. de Lagoy, de
Crazannes, Albert de Luynes, Duchalais, Lenor-
mant, de Longpérier, de Witte, Charles Robert &
de Saulcy, pour rappeler tout le chemin qu'elle a
parcouru depuis Paul Petau & Bouteroue, qui lui
avaient ouvert la route au dix-septième siècle
(1610-1666). La plupart de ces travaux, ceux au
moins qui touchent directement ou indirectement
à la Gaule méridionale, ont été résumés, discutés
& complétés par M. de La Saussaye dans un livre
qui rappelle les beaux temps de l'érudition fran-
çaise par la solidité du savoir 8c le bon sens élevé
de la critique : Numismatique de la Gaule narhon-
naisc, in-4°, Paris, Rollin, 1842,
NOTR
108
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
421
ère. Leurs légendes, quand elles en ont,
sont écrites en caractères grecs assez purs,
comme le dialecte dorien qu'elles parlent
dé préférence. Leur poids & leur mode de
division répondent, autant qu'il est pos-
sible d'en juger, au poids & au système de
coupure des monnaies de Massalia; toutes
choses qui s'expliquent assez naturelle-
ment par les relations commerciales que
les Massaliotes paraissent avoir nouées de
très-bonne heure avec les populations bar-
bares du littoral, avec celles mêmes de
l'intérieur, en remontant les rivières &
les fleuves de la côte (l'Atax, l'Arauris, le
Rhodanos), dont les anciens avaient re-
marqué déjà l'heureuse disposition géo-
graphique '.
Quant à leur âge, sur lequel il serait
difficile de rien préciser, il y a toute rai-
son de croire qu'elles sont au moins con-
temporaines des plus anciennes monnaies
de la Gaule proprement dite, que l'on fait
remonter, sur des données assez plausi-
bles, à la première moitié du troisième
siècle avant notre ère. Mais cette influence
massaliote, que tant de témoignages nous
attestent, ne paraît s'être exercée directe-
ment que dans la basse vallée du Rhône,
où chaque peuple & même chaque ville,
grande ou petite, ont eu leurs monnaies
autonomes, frappées à l'imitation des mon-
naies contemporaines de Massalia'. Au
' Voir, au sujet de ces antiques relations com-
merciales, le chapitre célèbre de Strabon sur les
fleuves de la Gaule (1. 4, c. 11, $ 14), commenté
d'une manière remarquable pour tout ce qui tou-
che à la Garonne par l'abbé Audibert, dans sa
Dissertation sur les origines de Toulouse, (Toulouse,
1764, p. 5o.)
' Les plus importantes de ces villes massaliotes,
dont un numismatiste éminent a retrouvé les titres
(M. DE Lagoy : Attribution de quelques monnaies
médites des Gaules, A'i-k, 1817, in-4<'), sont, sur
la rive droite du fleuve, celle de Nemausus, qui a
eu momentanément ses monnaies grecques, quoi
qu'en dise M. Herzog, avec la légende NAMA-
^ATwv & le type du sus gallicus; — sur la rive
g'Tuche, celle A'Avcnio chez les Cavares, AOVEvuov
(l.l. pp. 19-21), qu'Etienne de Byzance appelle
en effet une ville massaliote (Aoucvi'wv, rSh'.i, Maa-
aaXfaç, Steph. Byzant. sub voce); celle des Samna-
ges ou Samnugtnses , lAMNArilTtov (trois types
delà de ce cercle assez resserré, c'est par
l'intermédiaire de ces colonies ou de ces
comptoirs intérieurs qu'elle agissait sur
les populations barbares de race diverse
dont elle était devenue l'institutrice. Mais
ces comptoirs eux-mêmes deviennent rares
à l'ouest comme les ports {Setlum, A^atha,
Leucas?) sur les côtes sabloneuses de la
mer des Sardons (}iap5oviy.cv 7:éAaYo<;, Po-
LYBE, aujourd'hui le golfe du Lion), bat-
tues tour à tour par VAuster & par VAfri-
cus'. Plus loin encore, elle paraît avoir
abandonné ce soin à d'autres villes grec-
ques, ses soeurs, dont quelques-unes al-
laient devenir ses rivales, & parmi ces
villes, phocéennes d'origine pour la plu-
part, l'attention s'arrête involontairement
sur celles d'E[;,7;op(ov (lat. Emporiae) & de
connus), qui paraît répondre au bourg de Vieux-
Sénas, situé sur une voie antique, à égale distance
entre Glanum & Cabelio des Cavares (1,1, pp. 28-
29)5 — celle des Glanici, TAAMIvliiN', dont la cu-
rieuse monnaie a été découverte, en effet, dans le
sol de l'antique Glanum, Saint-Remy aujourd'hui
(1,1., pp. 17-24)5 — enfin celle des Caenicenses ,
KAINIKHTQN, que Pline cite comme Glanum^
parmi les peuples latins de la Narbonnaise, &
qui paraissent avoir emprunté leur nom à celui
du Caenus (la Touloubrei') qui tombe dans la Mé-
diterranée, au-dessous de Vernègues (l.l., pp. 25-
3i). On peut y ajouter dans les Alpes le petit
peuple des Tricorii, qui habitait les bords fertiles
du Drac, entre Gap 8c Grenoble, OKIPT, en ca-
ractères rétrogades (Z.Z., pp. 29 & suiv.), & celui
des Rigomagenses : PIKO ou PIKOM, entre Di-
nia & Sollinium, dont l'attribution appartient à
M. de la Saussaye (^Numismatique de la Gaule
Narbonnaise, pp. 114-120), comme celle des Scgo-
vii : CErOB (Segouin ou Segovin, près de Sé-
sanne, au moyen âge Villa SegoUna ou Scgovina,
Walckenaer, Géographie des Gaules, t. 2, p. 29),
dont le nom figure à côté de celui des Segusini...
SECVVIORVM SECVSINORVM... dans la célè-
bre inscription de l'arc de triomphe de Suze. (Nu-
mismatique de la Narbonnaise, pp. 1 20-1 25). La
plupart de ces monnaies appartiennent, il est vrai,
à des époques relativement récentes. Elles parais-
sent se rattacher aux accroissements de territoire
accordés par les Romains aux Massaliotes, de Ma-
rins à Pompée.
' Caeterum rarae urbcs, quia rari portus & om-
nis plaga (on l'appelle encore la Plage dans le
Midi) Austro & Africo exposita est. (Mêla, 1. z.
NOTK
108
Note
io8
422
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
'Pôloq (ou 'PéBï), TToXf/v'.cv 'Rix-op'-rrov) ' fou- rieniie, que le commerce attirait aussi dans
Note
108
dées, l'une & l'autre au delà des Pyrénées,
sur la côte orientale de la Catalogne ac-
tuelle. Emporiae, dont l'histoire nous est
mieux connue que celle de Rhoda, paraît
avoir atteint d'assez bonne heure (au troi-
sième ou au quatrième siècle avant notre
ère) un certain degré d'importance & de
prospérité commerciales, qui tenait en
partie aux relations habituelles de ses vais-
seaux avec les grandes villes grecques de
la Sicile dont elle avait adopté le système
numismatique, & inondait de ses colpor-
teurs les marchés barbares du voisinage,
au delà comme en deçà des Pyrénées, où
son influence se faisait sentir jusqu'aux
embouchures de la Loire.
C'est un fait acquis dès aujourd'hui à la
science, que la plus grande partie des
monnaies de l'Aquitaine & de la Narbon-
naise occidentale ont été frappées sur le
type des monnaies d'argent ou de bronze j
ses murs", frappait en même temps des
monnaies grecques d'argent au type corin-
thien du Pégase (légende EMIIOPIÛIS, en
caractères rétrogrades), & des monnaies de
bronze à légende ibérienne (aux revers du
Cheval ailé, de l'Hippocampe ou du Lion
en course), ce qui expliquerait, pour le
dire en passant, le mélange singulier de
légendes grecques & ibériennes, que l'on
trouve associées sur certaines monnaies de
' Strabon (I. 3, c. 4, ^ 8) nous la montre, en
effet, partagée intérieuremetit par un mur qui sé-
parait les populations très-inégales des deux villes,
car celle des Grecs, qui faisait face à la mer (grae-
cum oppidum, in mare expositum : TiTE-LiVE, 1. 34,
c. 9), avait à peine quatre cents pas de longueur,
tandis que le mur de la ville espagnole, plus éloi-
gnée du rivage, avait trois mille pas de circuit.
M. Boudard, qui traduit la légende des monnaies
ibériennes d'Emporiae par le mot tonites (littéra-
d'Emporiae, dont le système numismatique
n'a plus rien de commun, comme nous
l'avons remarqué déjà, avec celui de Mas-
salia & de ses colonies orientales'. Em-
poriae, dont la population grecque vivait
en bons rapports avec la population ibé-
' Tite-Live regarde les Emporitains comme des
colons de Phocée, d'où les Massaliotes sortaient
eux-mêmes : Graeci... a Phocea unde & Massalien-
ses oriundi... (TiT. Liv. 1. 24, c. 9), & Pline les
appelle, comme Tite-Live, des descendants des
Phocéens : Qui Phoceensium fuere soboles. (Pline,
1. 3, c. 4.) Agatha elle-même (Agde aujourd'hui),
qui a des monnaies grecques de type massaliote
(voir M. de La Saussaye, Numismat. de la Gaule
Narbonnaise, pp. 90-91), aurait été, suivant Scym-
nus de Chio {Orhis descriptio, v. 207), une ville
phocéenne & non point massaliote d'origine.
' Voir, sur les rapports commerciaux & numis-
matiques d'Emporiae & de Syracuse, une remar-
quable étude de M. le duc de Luynes, publiée en
I 840 dans la Revue de numismatique (p. 85 8c suiv.),
& mise à profit par M. Th. Mommsen dans ^on
Histoire de la monnaie romaine (^Gesch, des roem.
Mun^wesens, z. 678, und Folg.). II faut dire pour- que des monnaies grecques, quoiqu'on parlât aussi.
ement toni-^ocose, toni--^oco-cose , Numismatique
ibérienne, pp. 285-89), Suppose avec beaucoup de
vraisemblance qu'elle avait emprunté ce nom à
l'étang ou à la lagune de Toni, que signale Avie-
nus dans un passage assez obscur de son Ora mari-
tima.
Stagnum inde Toni montium in radicibus...
(AviE.NUS, Ora marit. v. 54.)
Mais c'est probablement à tort qu'il a cru recon-
naître (l.l. p. 25) le nom inconnu aussi du port
de la ville dans la légende MVNICI pium , que
l'on retrouve en caractères ibéro-latins au revers
des monnaies latines d'Emporiae; ce qui prouve
seulement que la langue & même l'écriture ibé-
rienne se sont maintenues dans la Tarragonaise
assez longtemps après la conquête & l'organijation
de la province. On sait, en effet, que c'est à des
époques relativement récentes q'ue les deux villes,
fondues en une seule, sont devenues romaines :
Hispanis prias, postremo & Graecis in civitatem Ro-
manam adscitis (Liv. l.l.), & qu'elles ont com-
mencé à frapper des monnaies à légendes latines :
mV^lClpium EMPORr/ae, ou MV^lCïpium EM-
PORIfanHW, plus heureuses ou moins heureuses,
sous ce rapport, que Massalia, qui n'a jamais émis
tant que M. Aug. Bœckh avait, dès l'année i838,
rattaché les monnaies d'argent de Rhoda & d'Em-
poriae à celles de Syracuse & indiqué l'influence
qu'elles avaient exercée à leur tour sur le mon-
nayage des villes ibériennes. (Metrologische Uenter-
suchungen, Berlin, i838, 1. 33, z. 339-340.)
dès le temps de Varron, trois langues différentes
sur les quais de son port, connu, lui, sous le nom
de Lacydôn , & dans les magasins en forme de
hangars qui y conduisaient (^Kanabae ou Canabae,
in Kanabis ou Canabis, d'où Canabiarium, en fran-
çais Canebière).
Note
108
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
423
la Narbonnaise, parmi lesquelles nous si-
gnalerons celles des A0rr02TAAHT0l ,
avec la légende ibérienne PARP ou ÇTOP
(suivant la lecture) dont l'attribution est
encore incertaine, malgré ces deux indica-
tions. Il faut dire pourtant que l'on ren-
contre dans tous les grands centres com-
merciaux de la Gaule méridionale jusqu'à
Vieille-Toulouse & au delà, un très-grand
nombre de monnaies ibériennes propre-
ment dites, mêlées aux moniwies de bronze
d'Emporiae ou aux monnaies phéniciennes
de la côte espagnole (type du Cabire) &
qu'il est à peu près certain aujourd'hui
que la Gaule elle-même a eu des monnaies
ibériennes, frappées, suivant toute appa-
rence, dans les villes fondées ou coloni-
sées chez nous par des populations venues
de l'Espagne actuelle, car elles sont aussi
communes de ce côté-ci des Pyrénées,
qu'elles sont rares dans la Tarraconaise ^
où on ne les rencontre presque jamais'.
Au courant massaliote, dont nous parlions
tout à l'heure, il faudrait donc ajouter un
contre-courant ibérien ou gréco-ibérien,
venu cette fois de la péninsule espagnole,
dont la civilisation urbaine a certainement
cïevancé d'un ou deux siècles celle de la
Gaule méridionale. Mais ces influences
' Ce fait intéressant, qu'avaient entrevu & pres-
senti plus d'une fois les numismatistes méridio-
naux, a été mis en pleine lumière par M. Boudard,
de Béziers, dans ses belles recherches sur la langue
&sur récriture des Ibères (^Numismatique ibérienne,
Béziers, pp. 76-80 & 235-205). L'auteur ne s'est
point contenté de compléter, de rétablir & d'ex-
pliquer, suivant le système d'interprétation adopté
par lui, les légendes de ces monnaies énigmatiques,
écrites en consonnes (quand elles ne le sont point
en sigles), dans un alphabet perdu comme l'idiome
à peu près oublié dont ils traduisent les mots, il
a essayé de les restituer ou de les attribuer, comme
on dit en numismatique, aux anciennes villes de
la Gaule méridionale, dont il croit y retrouver les
noms, mais nous sommes forcés de reconnaître,
malgré notre estime pour ce livre & notre amitié
pour l'auteur, que la plupart de ces attributions,
à commencer par celle de Nedhena (le Narho de
l'époque grecque ou romaine : pp. 237-248) 8c de
Nemi (le Nemos ou Ncmaus des Volkes Arécomi-
ques : pp. 25i-255) soulèvent à leur tour des dif-
ficultés & des objections dont l'examen excéderait
de beaucoup le cadre que ces notes nous imposent.
étrangères que subissaient alternativement
les populations du Midi, ne paraissent
point avoîr effacé complètement, chez cel-
les de race gauloise surtout, les souvenirs
de parenté & les relations de toute espèce
qui les rattachaient à la Gaule du Nord,
& que la domination momentanée des Ar-
vernes au second siècle avant notre ère,
avait eu pour résultat de resserrer encore.
C'est probablement ainsi que s'explique-
raient la fabrique & les types tout gaulois
(le sus gallîcus, &c.), des plus anciennes
monnaies des Cavares ou des Volkes Aré-
comiques, si distinctes des élégantes mon-
naies grecques que les monétaires de
Massalia allaient frapper, chez ces deux
peuples, un demi-siècle plus tard. Ce ne
sera même qu'avec peine, comme nous
allons le voir, que Rome, devenue maî-
tresse de la Gaule du sud & de ses popula-
tions hétérogènes (121-118 avant J.-C),
parviendra à leur imposer son système 8c
ses types monétaires, qui brisaient ici des
habitudes prises & dérangeaient des rela-
tions depuis longtemps établies.
Quoique les monnaies gauloises de la
Narbonnaise soient anépigraphes pour la
plupart, & que leurs légendes, quand elles
en ont, présentent des abréviations, des
variantes ou des anomalies d'écritures qui
en rendent la lecture assez difficile, on est
à peu près d'accord dès aujourd'hui sur
l'attribution d'un certain nombre de ces
monnaies, parmi lesquelles nous signale-
rons la monnaie grecque des Namasates,
frappée sous l'influence & probablement
sous ladomination des Massaliotes (légende
NAMA-2AT0JV, de NAMA2 ou NAMA2A
forme dorienne du mot gaulois Nemoi
ou Nemause, en latin Nemausus Nimes),
celle des Bettarates (légende BHTAPPA,
BHTAPPATI2, BHTAPPATIC, BHTAPPTI2.
dérivés de Br;Tappx, en latin Bctarra, Bae-
terrae, Beterrae, Baeterra Septimanorum, &c.,
Béziers aujourd'hui), & les oboles d'ar-
gent au type de la roue' que l'on ren-
' M. de Crazannes, qui a publié & décrit un
assez grand nombre de ces monnaies, trop dédai-
gnées des numismatistes, avait remarqué, comme
tout le monde, qu'elles présentent souvent des dif-
férences très-marquées de fabrique, de dessin, de
Note
108
Note
108
424
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
contre en si grand nombre dans le terri- initiales V, VO, VOL, VOLC, que l'on
toire des Volkes Tectosages ou dans les trouve quelquefois intercalées de diverses
pays voisins du leur". Les sigles ou les manières entre les rayons de cette roue
ne peuvent guère s'appliquer qu'au peuple
forme même, quoique leur poids reste habituelle-
ment le même, à quelques oscillations près. (Mém.
de la Soc, arch. du Midi de la France, t. 4, pp. 76-
99.) Il y avait donc quelque raison de croire
qu'elles avaient été frappées ou émises à des épo-
ques & dans des localités différentes, chez des po-
pulations alliées ou vassales des deux grandes tri-
bus volkes. Cette conclusion s'est trouvée confirmée
tout récemment par la découverte faite aux envi
celtique des Volkes, dont l'autonomie nu-
mismatique remontait certainement au delà
de l'époque romaine que nous indique-
raient ces légendes toutes latines. Mais il
reste toujours à déterminer à laquelle des
deux fractions des Volkes appartiendraient
ces monnaies»barbares, & il y a toute rai-
son de croire qu'elles ont été frappées par
rons de Rodez d'un atelier de monnayeur celtique les Volkes Arécomiques dont elles nous
où l'on a trouvé, à côté d'oboles à la roue, déjà offrent le type habituel (le Cheval eu
frappées & taillées, des fragments de lingots d'ar- ÇOUrse à gauche), accompagné quelquefois
gent qui avaient servi à leur fabrication. Ces lin- des initiales AR, ARE OU AREC, inscrites
gots n'étaient autre chose que des lames d'argent ^u droit OU au revers de ces monnaies)'.
étroites & minces que l'on estampillait de chaque j^^^^^ l'Aquitaine, que les VolkeS enta-
côté sur le métal à demi refroidi & que l'on taillait
ensuite par fractions égales; ce qui explique, pour
le dire en passant, la forme carrée de la plupart
de ces pièces, que l'on prenait rarement la peine
d'arrondir, à moins que le poids ne le demandât,
& le désaccord des types du droit & du revers qui
ne se correspondent presque jamais. — Les Lusi-
tains de l'Espagne ultérieure, où le commerce se
faisait encore au temps de Strabon par voie d'é-
change, çopTt'tov àjAO'.Ç^, chez les populations de
l'intérieur au moins, se servaient, dit-il, en guise
de monnaie, de ces lamelles d'argent qui ne pa-
raissent même point avoir été frappées au coin
chez eux (cognate en italien) & taillées comme
chez les Volkes (argentum infectum?), car l'ache-
teur en coupait lui-même une partie & la donnait
au vendeur, qui l'acceptait, après l'avoir pesée
préalablement : t) to3 àpvupou l\i<j[xxxoi à-o^c'uLvovTci;
O'.o6aat. (Strabon, 1. 3, c. 3, $ 7.)
' Ces curieuses monnaies que l'on trouve dis-
persées ou enfouies, en très-grand nombre quel
maient à l'orient, & que les Romains, de-
venus les maîtres de la Province, étrei-
gnaient par le cours de la Garonne, dont
ils préteiidaient posséder les deux rives,
les attributions deviennent moins nom-
breuses &, à tout prendre, moins certai-
nes, quoique l'on ait cru reconnaître le
nom des Auscii écrit eu abrégé : AVSC,
vallées des Pyrénées, de Saint -Jean -de -Verges
(Ariége) jusqu'à Bayonne. Elles paraissent avoir
été, deux ou trois siècles avant notre ère, la
monnaie de cours du pays ou des pays dont
nous venons d'indiquer les limites, sans autre
raison que la puissance & la richesse du peuple
conquérant des Volkes, alors à son apogée, &
l'influence prépondérante qu'il exerçait sur les
autres populations du Midi, devenues ses alliées
politiques 81 commerciales, quand elles n'étaient
quefois (à Cox , par exemple, i836, à Drudas, point ses sujettes ou ses clientes. Il faut, pour
1837, tout récemment [4000] à la Cipière, près de
Toulouse), sur tous les points du territoire habité
par les Volkes Tectosages, depuis Vieille-Toulouse,
où le sol en est jonché, jusqu'à Bram [Brocomagus)
&. Carcassonne (^Carcaso Volkarum), sont communes
encore cTiiez les Ausc'ii, chez les Alblgenses , où
l'on en a découvert, il y a vingt ou vingt-cinq
ans, un trîsor considérable, aux environs de Cas-
tres, chez les Kuthen'i provinciales & cleuthcri, chez
les Volkes Arécomiques, où on les rencontre quel-
quefois seules (trésor de Sauve) quelquefois mêlées
aux monnaies du pays dont le type est très-
distinct du leur. Au delà du Rhône, M. de La-
goy les a trouvées mêlées aux monnaies de Mas-
bien comprendre tout ceci, se reporter par la pen-
sée au onzième ou au douzième siècle de notre
ère, où le Midi se trouvera de nouveau partagé
en un certain nombre d'Etats distincts & autono-
mes sous la souveraineté nominale des roi^ capé-
tiens de l'Ile-de-France, & où l'on voit la mon-
naie des comtes de Toulouse se répandre de la même
manière & s'accréditer par les mêmes moyens, non-
seulement dans les petits Etats de leur mouvance,
mais dans des Etats étrangers 8c voisins, comme
la Provence à l'est 8<. le Béa m à l'ouest.
' Voir sur cette question de détail les travaux
de MM. de Lagoy (passim), de Crazannes, &c.,
résumés & complétés par M. de La Saussaye.
Note
108
salia ou des villes niassaliotes, comme on les (Numiimatique de la Gaule Narbonnaise, pp, i5o-
trouve mêlées aux monnaies ibériennes dans les '54.)
Note
108
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
420
dans les compartiments d'une obole d'ar-
gent imitée aussi des oboles de Massalia, &
celui des BELENI, BELINI ou BELINDI
(les gens du pays de Belin, dans les Lan-
des), sur une petite monnaie d'argent qui
porte au droit & au revers le nom de
BELINOC ou BIIINOS, écrit au singulier
il est vrai. Les Vasates (Bazas aujourd'hui),
dont la ville s'appelait Coslo ou Cossîo Va-
satum, auraient eu aussi leurs monnaies
autonomes, si c'est à eux qu'appartient,
comme le veut M. de Lagoy, un rare de-
nier d'argent qui porte d'un côté l'ethni-
que COSII, de l'autre le nom de CALITIX
(le nom de quelque chef local), au type du
cavalier casque & armé de la lance'. Une
petite monnaie d'argent, qui a fait long-
temps partie de la collection de M. J. Sou-
lages, & dont le type rappelle exactement
celui des oboles anépigraphes des Volkes
Tectosages, porte très-distinctement au
revers les lettres CO VEN, partagées en
deux groupes entre les rayons inférieurs
de la roue & qui répondraient assez exac-
tement à l'ethnique d.*iin petit peuple qui
a eu aussi son importance & sa notoriété
au pied des Pyrénées. Nous voulons par-
ler des Convenae (archaïce CO-VENae),
dont la ville (Lugdunum Convenarum) était
la plus ancienne en date & l'une des plus
monumentales, avec celle des Ausciî, de
toutes les villes romaines de l'Aquitaine :
h Y), 'jccXiç AcÛYCouvov •... y.aAY) Se y.al -f) twv
Aùcxtwv. (Strabon, 1. 4, c. 3, ^ I.) Mais il
n'y a plus de doute possible au sujet de
l'attribution de la petite monnaie d'argent
ou de billon des Sotîates, qui porte avec
le nom du peuple écrit en toutes lettres
SOTIOT ou SOTIOTA, le nom du roi qui
gouvernait ce peuple au temps de l'expédi-
tion du jeune Crassus : REX ADIETVANUS
(M. DE Crazannes, Mém. de la Soc. arch.
du Midi de la France, années 1 832 -33,
pp. 109-119; & M. DE Lagoy, Attribution
' Voir, sur ces diverses attributions, M. de La-
goy, Deicript'ton de quelques médailles médites^
pp. 3i & suivantes, & Revue numismatique, an-
née 1842, p. 12, année 1839, p. 401. — M. de
La Saussnye, Conjectures sur la numismatique de la
Gaule Aquitaine, Revue numismatique^ annés i85i,
p. 10 & sniv., p. ')8i & suiv.
de quelques médailles des Gaules, Aix, 1837,
pp. 16-17.). M. de la Saussaye, qui attri-
bue aux Sotiates \.n\ rare denier d'argent
qui porte pour légende le nom de Crassus
lui-même : KPACCUS, est tenté de croire
que cette monnaie, historique comme la
précédente, aura été frappée postérieure-
ment à l'expédition dont nous venons de
parler par le roi barbare lui-même, resté
en possession de ses Etats & rallié à la
conquête, comme le roi Calitix des Cosii
ou des Vasates, ce qui expliquerait assez
bien les types tout romains que présen-
tent leurs monnaies : d'un côté, celui de la
Louve marchant, emprunté aux deniers de
P. Satrienus; de l'autre, le type officiel
des Dioscures qui se simplifie sur les de-
niers gaulois & s'y transforme en une sorte
de Mars équestre, sous les traits duquel
les tribus devenues romaines divinisaient
leurs dieux protecteurs (tutela, patronus)
de l'époque précédente (M. DE LA Saus-
saye, Conjectures sur la numismatique de la
Gaule Aquitaine ; Revue numismatique, an-
née i85i, pp. 16-18.).
Ces monnaies de l'Aquitaine à légendes
toutes latines sont évidemment postérieu-
res en date aux monnaies de la Narbon-
naise à légendes grecques, dont quelques-
unes remontent, comme nous l'avons dit, h
des époques relativement anciennes. Mais
on peut regarder comme certain qu'elles
ont été frappées chez le peuple qui les
émettait, par des ouvriers (monetarii') qui
ne faisaient que traduire en caractères
grecs ou romains, quelquefois en caractè-
res grecs & romains bizarrement entre-
mêlés, des noms qu'ils entendaient pro-
noncer tous les jours, & l'on entrevoit
l'intérêt que doivent prendre, à ce titre
seul, ces monnaies à légendes qui nous
offrent pour la première fois des lectures
indigènes, sinon officielles, d'une foule de
noms de peuple & de ville trop souvent
défigurés par les écrivains classiques ou
par leurs copistes. C'est ainsi, pour nous
borner à quelques exemples, que s'est
trouvée fixée l'orthographe du nom anti-
que de Béziers : BY;T2ppa, Baetarra, Bae-
terra, que les manuscrits travestissaient en
Bitterra, Blilerra, Biherra, &c., & celle du
nom des Sotiates de l'Aquitaine propre-
NOTB
108
Note
io8
426
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
ment dite, qui s'appelaient certainement Mais n'est-il pas singulier de voir tel ou
dans leur langue Sotiotes ou Sotîota, avec tel de ces types, comme le trépied massa-
.une finale latine qui diffère elle-même de liote ou phocéen, associé sur les monnaies
celle donnée à cet ethnique par le jeune gréco-ibériennes des Longostaletî , dont
Crassus. La curieuse monnaie des Segobîî, nous avons parlé plus haut, à la tête d'un
dont nous avons parlé plus haut, est venue Mercure jeune & grave, aux cheveux bou-
fort à propos nous attester l'existence d'un clés sous le petasus (cîncinnatus), comme le
petit peuple des Alpes qui ne nous était Mercure de Toûget, dont nous avons dé-
connu que par l'inscription de l'arc-de- crit la curieuse figurine. Les oboles à la
triomphe de Suze, où de graves érudits roue des Volkes Tectosages, quoique frap-
proposaient tout simplement de l'effacer, pées sur le type des oboles massaliotes du
à cause de la ressemblance que présente quatrième & du troisième siècle, nous
cet ethnique avec celui des Segusini (ceux offrent de même une foule de symboles
de Suze), à côté duquel il est gravé. Il n'y variés, intercalés entre les jantes de la
a point jusqu'aux noms propres d'homme, roue divine, rendus avec plus de soin que
écrits souvent au revers de ces noms de la tète du dieu devenue méconnaissable
peuples, qui ne prennent eux-mêmes un dans le plus grand nombre de ces mon-
cértain intérêt historique, soit par la phy- naies, & qui rappellent involontairement
sionomie caractéristique de ces appella- les types accessoires groupés autour du
tions elles-mêmes, particulières à certaines type principal dans les beaux statères de
langues, soit par le rang élevé qu'occu- ia presqu'île armoricaine ou dans ceux des
paient évidemment ces personnages dans villes de la Confédération belge.
les tribus gauloises ou aquitaniques, gou- Ce que l'on peut affirmer au moins, c'est
vernées le plus souvent par des chefs héré- que la conquête romaine n'a pas mis fin,
ditaires, dans les derniers temps de l'ijidé- comme on le croyait jadis, au monnayage
pendance au moins'. gaulois, qui se serait ainsi survécu jus-
Les types c[ui accompagnent ces légen- qu'au temps d'Auguste, en traversant & en
des sont beaucoup moins variés dans le reflétant les diverses influences sous les-
midi que dans le nord de la Gaule, puis- quelles paraît s'être développée la civilisa-
qu'ils ne sont le plus souvent que l'imita- tion méridionale. A l'exception des villes
tion de types étrangers, les uns Massa- colonisées parles Romains après la con-
liotes comme le xùy.Xo; p.avTtxoç, le trépied, quête, & dont les habitants, restés citoyens
le lion, les autres emporitains ou ibé- romains, n'avaient & ne pouvaient avoir
riens, romains ou gaulois d'apparence. d'autre monnaie que celle de Rome, toutes
les villes gauloises de la Province avaient
' Nous citerons parmi ces noms propres d'homme,
presque tous gaulois ou celtiques d'apparence, même
en Aquitaine (CALITIX, &c.,voir plus haut), ceux
de BITOVIOC & de PIFANTIC que nous four-
nissent les monnaies des Baetarrates, & ceux de
conservé le droit de frapper elles-mêmes
les monnaies de bronze. & même d'argent
dont elles avaient besoin", & il est certain
que la plupart d'entre elles ont usé de ce
droit en restant fidèles le plus souvent aux
BmUOC, AOVKOTIOC & KOTINNOS (ancienne habitudes numismatiques de la période
collection de Lagoy) qu'on lit distinctement sur précédente, au poids & aux Symboles deS
les curieuses monnaies des AoyYOOxaXrjTOi. En Aqui-
taine, celle des Sotiotes, dont nous avons déjà
signalé l'intérêt historique, est venue fort à pro-
pos rectifier le nom du rix ou du chef de la tribu,
que les anciens éditeurs des Commentaires appe-
laient invariablement Adcantuanus, en dépit de
deux ou trois manuscrits qui donnaient des leçons
moins Inexactes. M. Nipperdeï lui-même altère
encore légèrement le nom du roi qu'il écrit Adie-
tunus & celui du peuple, qu'il transforme en Son-
tiates (César, édlt. de Nipperdeï, I. 3, ce. 21, 22).
monnaies de Massalia, auxquels commen-
cent à se mêler des types empruntés à la
numismatique romaine, celui des Dioscu-
res, par exemple, réduit souvent à un seul
cavalier surmonté de l'étoile, ou celui du
magistrat togatus , debout à côté d'une
' Voir M. Mommsen, Gesch. des rcem. Mùn^~
we'^ens^ p. 674 & suiv., & M. Herzog, Gallia Nar-
hoiiensis, pp. 53-54,
Nqtij
108
Note
io8
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
427
palme fichée en terre^, symbole de la civi- de relever la fortune de sa faction en s'ap-
lisation romaine qui pénétrait dans la Pro- puyant sur l'Espagne & la Gaule Narbon-
vince sous des formes municipales. C'est à naise. C'est l'influence que son passage
cette époque aussi que paraît remonter le peut avoir eue sur les destinées de la Gaule
signe du denarîus : X, inscrit comme ceux Méridionale que la présente Note a pour
du semis: S, ou du quadrans : Q, sur des objet d'étudier; après avoir indiqué les
monnaies qui restent fidèles aux types & sources de cette partie de l'histoire de la
aux poids massaliotes. Aux noms de peu- République romaine, nous rappellerons
pies & de villes, gravés comme jadis sur sommairement la suite des événements, en
l'une ou l'autre des faces de la monnaie, indiquant ceux qui ont pu exercer sur la
répondent encore quelquefois, sur la face Narbonnaise la plus grande influence,
opposée, des noms propres d'homme au Les sources de l'histoire de la guerre de
nominatif, dans lesquels il est difficile de Sertorius sont les suivantes : les Fragments
voir autre chose que des noms de rois de Salluste, les F/ej de Plutarque, les Gucr-
{reguli) ou de chefs {duces, aTpaTr,YoOj ce res civiles d'Appien. Les renseignements
qui semblerait indiquer que quelques-unes fournis par Salluste seraient de beaucoup
au moins des villes de la Province n'a- les plus importants si son Histoire nous
valent point perdu sous le nouveau régime était parvenue en entier. Ecrit moins de
tous les privilèges de leur ancienne auto- cinquante ans après les événements, com-
nomie. posé sur des documents authentiques &
La seule différence qui distingue réelle- rédigé par un homme d'un esprit réfléchi,
ment le monnayage de cette époque du cet ouvrage devait renfermer les rensei-
monnayage gaulois proprement dit est la gnements les plus précis & présenter nn
prédominance tous les jours plus marquée ordre chronologique à peu près exact,
de la langue & de l'écriture latines qui se Heureusement qu'un amateur de mor-
substituent un peu confusément à la lan- ceaux oratoires nous a conservé en entier
gue & à l'écriture grecques employées les discours contenus dans cette Histoire,
exclusivement jusqu'alors dans les légen- & c'est à lui que nous devons la fameuse
des monétaires, avec l'écriture ibérienne lettre de Pompée, qui renferme tant de
dont le sud-ouest de la Gaule nous a offert détails sur l'état de la Gaule à cette épo-
de nombreux specimina. Mais on sait que que; elle est vraisemblablement l'analyse
le même fait se produisait à la même épo- de la lettre originale de Pompée au sénat
qne dans les pays étrangers à la Gaule dont Salluste avait consulté les archives,
romaine, comme le prouve la curieuse — Les /^/ej de Plutarque, rédigées au pre-
monnaie des Sotiotes, dont la date précise mier siècle de notre ère, ne brillent ni
nous est fournie par le nom très-recon- par la critique_, ni par la suite du récit;
naissable du roi Adietuan, qui commandait elles n'en contiennent pas moins nombre
les troupes de la Confédération aquitani- de faits curieux, qu'il est bon de relever.
que lors de l'expédition du jeune Crassus, — Enfin les Guerres civiles d'Appien, qui
cinquante-six ans avant notre ère. [E. B.] a probablement employé les écrits de Plu-
tarque, donnent la chronologie des évé-
nements racontés par son prédécesseur; il
faut remarquer que les témoignages de
ces deux auteurs concordent généralement
avec les rares fragments de Salluste que
nous possédons encore; on peut donc
supposer qu'ils ont tous les deux employé
ce dernier auteur.
NOTO
109
NOTE CIX
AJOUTÉE PAR LES NOUVEAUX ÉDITEURS.
Sertorius.
L'un des meilleurs lieutenants de Ma- Sertorius naquit en 121 d'une famille
rius, Sertorius, chassé de l'Italie par obscure; il fit ses premières armes sous le
les progrès du parti aristocratique, tenta consulat de Cépion & faillit périr lors de
428
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
la défaite de ce général par les Cimbres; Le pouvoir de Sertorius s'étendit sur la
il passa ensuite en Espagne & apprit dans Narbonnaise; ce fait, qui n'est mentionné
de longues & difficiles campagnes à bien ni par Plutarque ni par Appien, ressort
connaître ce pays, à manier l'esprit de ses des termes de la lettre de Pompée au sénat,
habitants. Quand éclatèrent les guerres Cette lettre mentionnée par Plutarque, &
civiles, il prit parti pour Marins, & lors- dont le résumé a été conservé parSalluste,
que Sylla revint triomphant en Italie, il est de l'an 75-74; car Plutarque, dans sa
dut, comme bien d'autres Romains, quitter vie de LucuUus, dit que ce dernier, alors
l'Italie pour échapper aux proscriptions, consul, fit parvenir à Pompée les secours
& vers 82 av. J.-C. il occupa pour la pre- qu'il demandait pour le retenir plus long-
mière fois l'Espagne. Chassé bientôt de ce temps éloigné de Rome. Voici l'analyse de
pays par Annius, lieutenant de SyJla, il ce texte important qui contient plusieurs
passa en Afrique, y guerroya longtemps faits intéressants pour l'histoire de la Pro-
avec succès, & enfin en 78, peu de temps vince.
avant la mort du dictateur, il rentra en Pompée commence par reprocher au sé-
Espagne & soumit toute la péninsule. nat son indifférence pour sa fortune; il ne
Peu après, une nouvelle tentative vint serait pas plus abandonné s'il était un en-
ranimer les espérances du parti démocra- nemi de la République. Il s'est fatigué à
tique; sorti de charge en 78, le consul leur écrire, à leur envoyer des émissaires;
M. iEmilius Lepidus vint administrer la il a dépensé toutes ses ressources, toute sa
Gaule Narbonnaise en qualité de procon- fortune personnelle; il lui a fallu suffire
sul; il dut sans doute se concerter avec aux dépenses de trois années avec la solde
Sertorius dont le pouvoir s'affermissait de d'une seule. Pense-t-on qu'il pourra tou-
jour en jour & envahit l'Italie en 77; battu jours remplir l'office de trésor public &
près de Rome, il alla mourir en Sardaigne, faire subsister une armée sans argent, sans
& plus tard le traître Perpenna amena à vivres? Sans doute il a montré plus de zèle
Sertorius la majeure partie de son armée. que de prudence en acceptant une telle
Cependant les forces de celui-ci s'accrois- charge; en quarante jours il a équipé une
saient de plus en plus; les peuples barba- armée, il a repoussé des Alpes à l'Espagne
Tes acceptaient sa domination, il groupait les ennemis qui déjà menaçaient l'Italie • à
autour de lui toutes les forces du parti travers les montagnes il a trouvé une route
populaire renaissant en son armée, &, inconnue à Annib al, il a recouvré {rece-^'x) la
maître des passages des Pyrénées & des Gaule & les Pyrénées Malgré ces succès
Alpes, il menaçait l'Italie d'une nouvelle il a un pressant besoin de secours : l'Es-
invasion. Pompée partit alors pour ren- pagne Citérieure, qui a échappé à l'en-
forcer l'armée de Métellus ; il passa les nemi, a été ravagée par les deux partis;
Alpes comme un autre Annibal, força les les cités maritimes, malgré leur bonne vo-
défilés des Pyrénées & vint entamer con- lonté, ne peuvent plus suffire aux besoijis
tre Sertorius une lutte de quatre ans. de son armée ; la Gaule ', qui l'année pré-
Le texte d'Appien nous fournit les détails cédente a déjà fourni à Métellus de l'ar-
suivants : après un an de lutte & un hi- gent & des vivres, est épuisée &, par suite
vernage prolongé dans les Pyrénées, les d'une mauvaise récolte, elle peut à peine
troupes des deux consuls redescendent dans pourvoir à sa propre subsistance. Pompée
la plaine la première année de la 76" olym- a non-seulement dépensé sa fortune, mais
piade (76 av. J.-C); ce n'est que dans le il a encore épuisé son crédit; il ne lui
courant de la troisième année après celle-ci reste plus d'espoir que dans le sénat, & si
que Sertorius fut assassiné par Perpenna. celui-ci ne se décide pas à lui envoyer des
Le passage de Pompée en Espagne eut secours, malgré son général, l'armée, &
donc lieu vers le printemps de 76, & la do- avec elle toute la guerre, repassera en Italie,
mination du parti sertorien dans les Gau-
les dura, par conséquent, un peu moins de ■ On peut croire qu'ici Pompée, ou plutôt Sal-
deux ans. luste qui le fait parler, entend la Cisalpine,
Note
J09
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
429
Ainsi Sertorius occupa la Gaule méridio-
nale pendant près de deux ans, & nul doute
que les peuples de ce pays n'aient profité
de la circonstance pour tenter un mouve-
ment national. Du moins les Volkes Aré-
comiques firent plusieurs tentatives qui
amenèrent une répression énergique & la
confiscation de leur territoire; il fut donné
à la ville grecque de Marseille qui le con-
serva jusqu'à ce que César \int s'en empa-
rer; c'est même à cette circonstance que
l'on peut attribuer en partie la fidélité de
cette ville au parti pompéien; à la même
époque remonte la formation du peuple
des Convenae, & enfin, c'est à cette pé-
riode de réaction & de répression qu'il
faut attribuer l'administration tyrannique
de M. Fontéius. De tous ces faits il ressort
qu'il exista vers 77 un nouveau mouve-
ment national en Gaule, mouvement sur
lequel d'ailleurs nous n'avons aucun dé-
tail.
A l'histoire de cette répression se ratta-
che une question intéressante & qu'il im-
porte d'indiquer. Parmi les monnaies, dont
on trouve des spécimens sur le territoire
de la Province, il en est plusieurs qui sem-
blent imitées des types celtibériens, tant
pour les figures que pour les légendes; ce
monnayage, tout de bronze, est difficile à
expliquer. Deux explications se présen-
tent : faut- il le rapporter à l'époque de
Sertorius & supposer que l'influence celti-
bérienne a pénétré en Gaule à la suite de
l'armée insurgée, ou bien doit-on rester
dans le doute & déclarer le fait inexplica-
ble dans l'état actuel de la science. Nous
allons exposer successivement les deux
opinions.
La plus grande raison que l'on puisse
faire valoir pour attribuer à l'influence du
parti sertorien dans le midi de la Gaule ce
içonnayage encore inexpliqué, est l'impos-
sibilité de le rapporter vraisemblablement
à une autre époque, à cause des types qui
se ressentent de l'influence grecque ; on
procède donc plutôt par hypothèse que
par raisonnement &, dans tous les cas,
l'attribution locale de ces monnaies reste
fort incertaine.
C'est ce que n'a pas compris l'auteur
d'un volumineux ouvrage sur la numisma-
tique ancienne de l'Espagne, publié en
1870; nous voulons parler de M. Alois
Heiss, qui a voulu donner une significa-
tion précise aux emblèmes souvent infor-
mes que portent ces monnaie^Sf expliquer
leurs légendes indéchiffrables. Suivant lui,
plusieurs monnaies des Volkes Arécomi-
ques seraient celtibériennes &, parmi ces
monnaies, il attribue les unes à Agde, les
autres à Narbonne ou à Béziers. Mais il
ne nous a pas semblé très-heureux dans
ces attributions; pour la prétendue mon-
naie d'Agde, il voit dans la légende l'em-
ploi de deux mots basques dont la réunion
rappellerait la signification première du
nom 'AYaOr,; la monnaie portant Onthga,
il supplée Onatheguîa, soit ona, bon, &
theguia suffixe de lieu '. Ailleurs, dans une
monnaie des Nérîens, il reconnaît une mon-
naie des Narbonnais, d'anciens manuscrits
de Festus Aviénus donnant pour nom pri-
mitif de Narbonne, Nado ou î^aro; les deux
leçons existent (Heiss, pp. 433, 435-436).
L'attribution à Béziers n'est guère plus
fondée, & l'auteur va jusqu'à retrouver
sur les monnaies le nom de la tribu des
Perpetani, qui aurait habité Perpignan,
ville qui ne paraît pas avant le dixième,
siècle de notre ère. Ces quelques exem-
ples montrent combien il faut se défier do
l'imagination en matière de monnaies cel-
tibériennes.
Si, laissant de côté les attributions de
M. Heiss, nous passons à l'opinion néga-
tive, nous trouverons, il faut l'avouer, des
arguments beaucoup plus nombreux &
peut-être plus concluants. Ils peuvent se
ramener à deux principaux; d'une part,
la domination de Sertorius n'a duré que
très-peu de temps dans le midi de la Gaule,
' On sait qu'il n'est pas encore absolument cer-
tain que le basque moderne dérive directement de
l'ancien ibère; si bien que, malgré notre incom-
pétence absolue dans ces questions de haute phi-
lologie, le raisonnement de l'auteur nous paraît
pécher par la base. Dans ces questions de mon-
naie, on ne tient pas toujours assez compte du
transport de ces pièces amené par les échanges
commerciaux. Dans bien des cas, au lieu de vou-
loir expliquer à tout prix, on ferait peut-être
mieux de se résigner à ignorer quelques menus
faits, & laisser les monnaies sans attribution.
NOTB
109
Note
109
480
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
deux ans à peine, &, d'autre part, cette
révolte, tout en servant de prétexte aux
nations vaincues pour essayer de recon-
quérir leur indépendance, ne perdit pas
pour cela son caractère purement romain.
Ennemi de Sylla, mais non de Rome, Ser-
torius entendait bien ne pas laisser s'af-
faiblir le prestige de sa patrie & se perdre
un seul de ses droits. Trop habile pour
heurter de front les désirs des Celtibères,
il chercha à les flatter & à s'en servir,
sans se laisser dominer par eux; il disci-
plina ses troupes à la romaine, forma un
sénat de Romains, & fit élever ses otages à
Osca à la façon des jeunes Romains; enfin
quand des revers inattendus vinrent com-
promettre ses projets, il déploya à l'égard
des Celtibères toute la cruauté impolitique
d'un conquérant, & s'aliéna leurs esprits;
NOTE ex
AJOUTÉE PAR LES NOUVEAUX ÉDITEURS.
Le Trophée de Pompée.
I
CE trophée, dont on cherche depuis
longtemps l'emplacement & les rui-
nes, est désigné chez les écrivains anciens
tantôt sous le nom de trophée de Pompée
(Trophaeum Pompeîî, Plin. — 1 Çiir.v.z,^ xoij
IIc;;j,~rifoL>, toj ITupï^vaiou, Dio. Cassius), tan-
tôt & le plus souvent sous les noms pluriels
de Trophea Pompeîî (Plin.) Te
Note
1 10
"à IIo[X7:'/;(o'j
ce fut certainement l'une des causes de Tp57:ata, xà àvaO-/i[j,aTa toD IIoixk-/)(c'j, Strab.
sa chute. Comment admettre que ce même {Les offrandes ou les dédicaces de Pompée.)
Sertorius, qui faisait si bien respecter en
Espagne le prestige du nom romain, ait
transporté en Gaule toute l'organisation
de la péninsule & jusqu'à son système mo-
nétaire? Deux ans auraient-ils suffi pour
amener un changement aussi radical dans
les mœurs & dans les habitudes de tout un
peuple? Le fait par lui-même semble im-
probable; les Volkes se soulevèrent sans
doute & profitèrent de l'arrivée de Serto-
rius pour secouer un joug qu'ils ne suppor-
taient qu'avec peine; mais ils n'allèrent
pas lui emprunter une monnaie que, pro-
bablement, il ne leur apportait pas. C'est
ailleurs qu'il faut chercher les traces du
passage de cette révolte en Gaule, dans la
constitution politique du sol, si profondé-
ment changée à la suite du rétablissement
du pouvoir de la République romaine, c'est
dans ce fait d'une nation tout entière avec
son territoire donnée à une ville grecque.
Telles sont les principales raisons qu'.on
pourrait faire valoir de part & d'autre;
nous ne croyons pas que dans l'état actuel
de la science, il soit possible de se pro-
noncer; l'affirmative semble hardie, & si
l'on se décide pour la négative, il faut bien
avouer qu'on ne saura plus à quelle épo-
que placer ce monnayage gaulois, conçu
évidemment sous une influence celtibé-
rienne. [A. M.]
Tous s'accordent à dire qu'il était situé « à
l'extrémité orientale de la chaîne ou du
mont Pyréné, » qui formait depuis la con-
quête romaine, sinon plus tôt, la ligne de
démarcation entre la Gaule & l'Ibérie.
Strabon, qui précise ce qui restait de va-
gue dans ces indications, & dont le témoi-
gnage prend ici une importance toute
particulière, parce qu'il parlait de choses
qu'il avait vues par lui-même, ajoute que
le monument était assis « sur les àxpa des
Pyrénées, au lieu même où passait la route
qui menait de la Gaule & de l'Italie dans
l'Espagne ultérieure, c'est-à-dire dans l'Es-
pagne du sud. j) Cette route, que le géo-
graphe avait suivie lui-même en franchis-
sant la chaîne des Pyrénées, n'était & ne
pouvait être que la voie Domîtia ouverte
ou rectifiée, par les Romains immédiate-
ment après la conquête de la Narbonnaise.
Il y a même toute raison de croire, puis-
que Strabon écrivait au temps de Tibère,
qu'elle était encore à cette époque la seule
route carrossable^ comme nous le dirions
aujourd'hui, qui menât de la Gaule en
Espagne. Mais il resterait à savoir par où
& sur quel point elle franchissait alors les
contreforts de la montagne & la ligne de
faîte qui servait de frontière aux deux
pays.
Un des grands érudits du dix-septième
Note
I 10
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
43i
siècle, Pierre de Marca, qui a cherché le
premier la solution de ce petit problème,
s'en était tenu pour le résoudre aux indi-
cations que fournissent à ce sujet les do-
cuments anciens, & de préférence à celles
que lui offraient les Itinéraires d'Antonin
& de Théodose, qui signalent l'un & l'autre
une route partant de Narbonne ou de Sal-
ses & traversant les Pyrénées à l'ettré-
mité de la chaîne. Le premier de ces do-
cuments sur lequel reposait en partie son
argumentation, indique, il est vrai, sur ce
point deux routes ou deux tracés distincts
qui différaient à leur tour du tracé indiqué
par la table théodosienne, dont la rédac-
tion paraît antérieure, pour le dire en pas-
sant, à celle de l'Itinéraire. Mais ces dissi-
dences de détail, assez communes du reste
dans les documents de cette espèce, ne pa-
raissent point avoir arrêté l'éminent his-
torien qui ne voyait dans ces divers tracés
que les énoncés différents d'une seule &
même route dont le parcours répondait, à
peu de chose près, à celui de la grande
route actuelle de France en Espagne, qui
se dirige, comme à l'époque romaine, de
Salses sur Perpignan, & de Perpignan vers
le faîte de la montagne, en passant par
Céret, parBoulou, représentés par les sta-
tions ad Centurîones & ad Stabula de l'Iti-
néraire. Le trophée de Pompée, dont la
position se trouve indiquée d'une manière
.si précise par le texte de Strabon, aurait
été situé au-dessus ou au bord de cette
route, à l'endroit désigné par les itiné-
raires sous les noms de : Ad Pyreneum ;
summum Pyreneum- in summo Pyrenneo, qui
n'était autre que le col ou le passage actuel
du Perthus, creusé par la nature dans le
faîte de la chaîne, à plus de quatre lieues
de la mer & de la côte. Si le monument
n'était point situé sur les berges du col
lui-même, où l'on n'aperçoit point traces
de ruines ou de substructiohs antiques, il
devait couronner quelqu'une des hauteurs
qui le dominent comme le fait aujourd'hui
le fort de Bellegarde, construit au dix-
septième siècle sur l'emplacement d'un
ancien chateau-fort fondé au moyen âge
par les rois d'Aragon, ce qui expliquerait,
pour le dire en passant, la disparition du
iuonument antique enseveli sous les cons-
tructions du fort actuel ou démoli pour
leur faire place.
II
Quoique l'opinion de Pierre de Marca
ait fait longtemps & fasse encore autorité
dans la science, on a remarqué avec raison
dans ces derniers temps que la plupart dea.
attributions proposées par lui, sur la foi
de l'Itinéraire, soulèvent des difficultés &
des objections de plus d'un genre. Le tracé
auquel elles l'avaient conduit avait lui-
même l'inconvénient trèsrgrave d'aban-
donner le littoral où se trouvaient au
temps ancien toutes les villes dont le nom
est parvenu jusqu'à nous pour se jeter, à
partir de RuscinOj dans l'intérieur des
terres oii il ne rencontrait plus que des
localités obscures, à l'exception de la ville
toute moderne de Perpignan, sur laquelle
pivote, comme on le sait, la route ac-
tuelle. Il était de plus en contradiction à
peu près constante avec le témoignage des
historiens & des géographes les plus an-
ciens, qui ne signalent entre la Gaule &
l'Espagne qu'une seule route dont le tracé
suivait à l'est comme à l'ouest les côtes de
la mer, & franchissait la chaîne de Pyré-
nées en contournant les promontoires qui
les terminent.
Cette route, qui existait plus de deux
siècles avant notre ère (à l'état de route
barbare au moins), puisque Tite-Live nous
montre Annibal, après le passage des Pyré-
nées, asseyant son camp auprès de la ville
iVIlliberis^ encore florissante à cette épo-
que, & traitant de là avec les chefs ou les
délégués des populations gauloises du voi-
sinage, campés, eux, sous les murs de Rus-
cino, était évidemment celle que Polybe
avait suivie quelques années après la con-
quête de la Narbonnaise, & qu'il avait
trouvée jalonnée déjà « de huit en huit
stades de cippes ou de bornes milliaires »
dont il avait eu soin de relever les chiffres
depuis les bouches de l'Ebre jusqu'à la ville
â'Emporiae, depuis Emporiae jusqu'à l'en-
droit où elle franchissait le Rhône, sous
son nouveau nom de Fia Domitia. César,
qui repassait une dernière fois les Pyré-
nées, après sa victoire de Munda où il
NOTB
I 10
482
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
venait d'écraser le fils & les partisans de accidentent les côtes à partir du village
Pompée, les avait franchies, comme le dit d'Argelès-sur-Mer. Nous en trouverions
un de ses historiens, « en doublant les une autre preuve, si ce fait pouvait être
promontoires où se trouvaient situés les sérieusement contesté, dans un autre texte
trophées de son rival. Mais il n'avait pas où Strabon décrit les côtes méridionales de
voulu donner prise, pour sa part, aux ap- la Gaule, depuis les embouchures du Var à
prédations malveillantes qu'avait provo- l'est jusqu'à la frontière des Pyrénées, que
quées ce monument de vanité sous les les uns plaçaient, dit-il, au temple de la
apparences de modestie, & il se contenta Véntis Pyrénéenne, tandis que d'autres les
d'élever sur une des rampes qui l'avoisi- reculaient à l'ouest jusqu'à l'endroit où se
naient « un grand autel de pierres polies » trouvaient les trophées de Pompée. C'est
en reportant aux dieux l'honneur de son cette frontière sur laquelle les opinions se
succès. — Strabon, dans les divers passages trouvaient déjà partagées au temps de
où il parle à son tour de cette voie ro- Strabon & fixée par Mêla & par Pline à la
maine, nous la montre, comme Polybe, ser- pointe de Cervera où elle est resiée jus-
rant de près le littoral & franchissant les qu'aujourd'hui. Ce serait donc sur les hau-
ay.pa des Pyrénées à l'endroit même où se teurs de ce promontoire & aux environs
trouvaient les trophées de Pompée. Mais il du col de Banyuls, qui répondait lui-même
NoTi
1 10
resterait à savoir quel était ici le vrai sens
de ce mot à/pa que le géographe français
assimile gratuitement au Summum Pyre-
neum des itinéraires, en l'appliquant indif-
féremment à tel point de la ligne de faîte,
tandis que Strabon ne l'emploie, ici & ail-
aii Summum Pyreneum de l'Itinéraire, si l'on
tient à le remettre d'accord avec les géo-
graphes de l'époque antérieure, qu'aurait
été construit, soixante-deux ans avant
notre ère, le monument dont nous cher-
chons l'emplacement. Comme la grande
leurs, que pour désigner les accidents du Atalaya de Ker-Roig, avec laquelle le con-
contour, caps, promontoires ou presqu'îles fondaient les géographes du seizième siè-
produits sur la côte de la mer par une
chaîne de montagnes dont les contreforts
viennent s'y affaisser.
... Et arva late & gurgltem pont'i premlt.
(AviEN. Ora marit'im, Sfjy.)
En admettant, comme quelques érudits
ont été tentés de le croire, que le tracé de
l'Itinéraire, tel que le traduit Pierre de
Marca, répondît à une route distincte, ou-
verte dans les derniers temps de l'Empire,
pour répondre à des besoins ou à des habi-
tudes nouvelles, il n'en, reste pas moins
certain, en présence de témoignages aussi
suivis, qu'il n'existait encore au temps
d'Auguste & de Tibère, entre la Gaule &
l'Espagne, qu'une seule grande voie de
communication dont le tracé n'avait rien
de commun à coup sûr avec la route ac-
tuelle de Perthus. Construit au bord de
cette route, comme Strabon nous l'apprend
dans le texte que nous venons de citer, le support à des trophées d'armes placés ou
trophée de Pompée aurait été assis lui- agencés de diverses manières. C'était sur
même à peu de distance de la mer, sur les ce soubassement, dont les dimensions de-
croupes de l'un des promontoires qui en valent être considérables ici, qu'était gra-
cie, sa masse blanche se détachait de très
loin sur ces croupes dénudées d'où le re-
gard embrasse un immense horizon, & ce
sera probablement sur ce point que les
érudits roussillonnais en retrouveront les
substructions, si des recherches plus pa-
tientes & mieux dirigées viennent donner
un jour la sanction de découvertes posi-
tives aux inductions théoriques que nous
venons de réunir.
III
Quant à la forme & à la taille du monu-
ment, dont les anciens ne nous apprennent
absolument rien, il y a plus d'une raison
de croire qu'il devait ressembler aux mo-
numents du même temps & du même genre
construits par les Romains dans les Gaules,
c'est-à-dire, en d'autres termes, qu'il était
composé d'un soubassement massif, circu-
laire ou polygonal, destiné à servir de
Note
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
433
vée en gros caractères l'inscription du mo-
nument dont la perte à son tour serait
bien regrettable, s'il est vrai, comme Pline
l'assure, que le général y énunièrât par
leurs noms les huit cent soixante-seize
villes prises ou reprises par lui, au delà
ou en deçà des Pyrénées, en omettant, il
est vrai, le nom du général qui les lui avait
longtemps disputées. Les armes qui déco-
raient la plate-forme du soubassement
étaient celles des légionnaires ou des gué-
rilleros de Sertorius. Elles y étaient grou-
NOTE CXI
AJOUTÉE PAR LES NOUVEAUX ÉDITEURS.
Emigrations des Celtes,
LES plus anciennes traditions histori-
ques, conservées dans quelques rares
passages des auteurs anciens, nous mon-
pées, appendues ou entassées, comme on trent le pays que l'on appela plus tard
le voit au revers des monnaies impériales Gaule occupé par les Ibères, dont les nom-
ou sur les parois des arcs de triomphe, breuses tribus peuplaient une grande partie
forme romaine & plus récente de ces anti- des côtes de la Méditerranée. Cette race,
ques trophées tombés d'assez bonne heure sur laquelle il ne nous reste que quelques
en désuétude. Mais il nous est impossible indications assez vagues, avait pour voisins
d'admettre, comme le supposent les Béné-
dictins sur la foi de Pierre de Marca, que
Pompée ait poussé l'oubli des convenances
& des habitudes romaines jusqu'à se laisser
sur les bords de la mer les Ligures; ceux-ci
y dominaient dès le temps d'Hésiode dont
un vers, conservé par Strabon, nous les
montre touchant aux Ethiopiens & aux
représenter lui-même, au milieu de ces Scythes. Plus tard, si l'on en croit des au-
dépouilles opimes conquises avec l'or & le teurs, postérieurs il est vrai, mais qui ont
sang de la République. Le point de départ puisé à des sources anciennes, les Ibères
de cette étrange assertion, qui a été depuis chassant les Ligures jusqu'à l'est du Rhône,
reproduite & répétée bien des fois est un donnèrent à la côte entre l'Espagne & ce
texte mal compris de Pline le Naturaliste, fleuve le nom d'Ibérie". En tout cas, il
qui signale parmi les objets rares ou pré- semble certain, que ces deux peuples, que
cieux que l'on portait devant le char du quelques auteurs ont confondus en un
vainqueur lors de son troisième triomphe,
un portrait ou un buste de grandeur natu-
relle composé tout entier de pierres pré-
cieuses taillées & serties suivant leur diver-
seul, se partageaient inégalement le pays
quand, à une époque indécise, les Celtes
vinrent les attaquer.
Il est impossible de déterminer avec
site de teinte & dans lequel la foule avait exactitude le moment où ces peuplades ont
reconnu ses traits. A cette image fastueuse, pu quitter les hauts plateaux de l'Asie,
indigne d'un Romain & même d'un homme berceau commun des races ariennes. Partis
grave, l'écrivain oppose en l'apostrophant bien longtemps après les bandes latines &
l'image d'un tout autre genre qu'il s'était helléniques, elles n'ont pas dû se mettre en
élevé à lui-même sur les croupes de Pyré- marche vers l'occident avant le douzième
nées, aux confins des deux pays barbares, ou treizième siècle. Passant au nord de la
reconquis & pacifiés par son courage. Mais mer Caspienne, les Celtes longèrent le
il suffit de lire avec un peu d'attention ce Pont-Euxin cherchant sans doute comme
passage d'assez mauvais goût pour être con- tous les peuples de leur race un passage
vaincu que Vimage dont il est ici question vers le midi. Trouvant les péninsules déjà
(car l'écrivain ne se sert jamais des mots occupées, ils durent forcément chercher
signum ou statua) était, comme nous le di- une issue vers l'ouest; mais il leur fallut
rions aujourd'hui, une image toute mo- de longues années pour franchir l'immense
raie, d'autant plus ressemblante et plus espace qui les séparait de leur pays origi-
glorieuse que le vainqueur s'y effaçait der- naire. Il est difficile aujourd'hui de se
rière les noms & les trophées de ses vic-
toires. [E. B.]. » Strabon, 1. 3; Festus Aviémis. Ora Marlt'tma.
NOTP
1 1 I
II.
28
4^4
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
rendre bien compte de la lenteur avec Trogue-Pompée. Les récits de tous ces écri-
laquelle s'avançaient ces nations, obligées vains diffèrent entre eux d'une manière
de chercher la nourriture de chaque jour,
de livrer perpétuellement bataille aux peu-
plades qui occupaient la route. L'époque à
laquelle ils purent pénétrer dans la Gaule
reste donc absolument inconnue; nous sa-
notable, & nous croyons utile d'analyser
chacun d'eux.
Le récit de Tite-Live est le plus expli-
cite, mais aussi le plus légendaire. Ambi-
gate, roi des Bituriges, craignant de ne
vous seulement par le vers d'Hésiode cité plus pouvoir gouverner son peuple, dont
plus haut qu'au dixième siècle, ils n'avaient le nombre s'accroissait sans cesse, décide
pas encore atteint les bords de la Méditer- une grande émigration; il choisit pour la
ranée. Encore est-ce peut-être forcer le diriger ses deux neveux, Sigovèse & Bello-
sens de ce texte qu'affirmer d'après lui que vèse; chacun d'eux entraînant à sa suite
les Ligures seuls occupaient toutes les cô- une partie des peuples clients des Bitu-
tes de la mer Intérieure; il indique seule- riges, tire au sort les pays qu'il doit en-
ment que c'était un peuple maritime connu vahir. A Bellovèse échut le midi, à Sigo-
des navigateurs grecs; mais d'autres races vèse le nord. Tandis que ce dernier va
pouvaient vivre à côté de lui sans que le occuper la forêt Hercynienne, son frère,
poëte crût nécessaire de les mentionner. descendu vers le Rhône, secourt les Mar-
Ce fut dans les trois siècles qui suivirent seillais contre les Ligures, leurs ennemis,
que les Celtes touchèrent enfin les côtes pénètre en Italie par le pays des Taurins,
de la mer, dont ils possédaient une partie détruit la puissance étrusque & s'étend
dès le sixième siècle; le géographe Hé-
catée, qui vivait à cette époque, parle de
Narbonne comme de l'une des grandes
cités celtiques. Déjà fort avancée à cette
dans la vallée du Pô. Tite-Live fixe cette
émigration au règne de Tarquin l'Ancien
(162 de Rome zzz 690 av. J.-C).
Le récit de Plutarque, beaucoup moins
époque, la conquête eut encore besoin de fabuleux, & qui nous semble emprunté à
trois cents ans pour se compléter; au temps d'autres sources, ne nomme pas les chefs
de Polybe, la côte tout entière du pro- de cette expédition; pressés par la famine,
montoire de Vénus au Var était Celtique, une partie des Celtes quittent leur pays
& des Ligures il ne restait plus que quel- avec leurs femmes & leurs enfants; les uns
ques tribus montagnardes toujours en lutte vont au nord, les autres descendent s'éta-
avec les envahisseurs. blir entre les Alpes & les Pyrénées. Long-
Jamais peuple ne fut plus remuant & temps après, guidés par un prince étrus-
plus voyageurque les Celtes; à peine éta-
blis dans la Gaule, au milieu des guerres
civiles, des mouvements intérieurs qui
changeaient sans cesse la face du sol, ils
que, traître à sa patrie, ils pénètrent en
Italie, renversent la domination toscane
sur les bords du Pô, établissent de nom-
breuses villes & s'étendent entre les mers
commencèrent à émigrer de toutes parts & Adriatique & Tyrrhénienne. C'est seule-
reprirent vers l'Asie la route que leurs an-
cêtres avaient suivie. Parmi ces émigra-
tions la plus célèbre est, sans contredit,
celle qui eut pour origine les expéditions
de Sigovèse & de Bellovèse. Cet événe-
ment, sur lequel nous n'avons que des ré-
cits bien postérieurs, composés par des
ment longtemps après que, s'étendant vers
le sud, ils viennent attaquer l'Etrurie elle-
même & engager avec Rome cette longue
suite de guerres qui devait durer deux
cents ans.
Justin se contente de mentionner à pro-
pos des guerres des Gaulois avec la Macé-
historiens étrangers, a donné lieu à de doine ce fait du départ d'une partie de la
nombreuses hypothèses qu'un examen at- population gauloise; sans donner de date
tentif des textes ne permet pas d'admettre. précise, il dit que c'est à la suite de ce
Trois historiens anciens nous ont parlé de mouvement qu'eut lieu la prise de Rome,
cette émigration, ce sont ; Tite-Live dans ik que la cause principale en fut la famine,
le livre V de son Histoire, Plutarque dans Un examen attentif de ces récits nous
sa Vie de Camille, Justin dans son Abrégé de conduit à mettre de côté celui de Justin,
Nora
1 1 1
Note
I I 1
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
^.)j
N.n /
qui se rapporte aux mêmes sources que les Aljjes qui de tout temps ont arrêté les
celui de Tite-Live & ne présente aucune ennemis de l'Italie. Bien lojigtemps après,
utilité pour le cas présent. Il est d'ailleurs au temps d'Auguste, Trogue-Pompée- ra-
difficile de savoir à quelles sources ont contant ces événemejits, admire ces peu-
puisé Plutarque & Tite-Live. Tous les dé- pies pour s'être hasardés sur ces sommets
tails qu'ils nous ont conservés proviennent inaccessibles, & dit qu'une acdon sem-
sans doute de sources écrites plus ou moins blable a valu à Hercoile les louanges &
dignes de foi, qui pouvaient elles-mêmes l'admiration des siècles. Enfin quelque
les avoir empruntés à d'anciennes tradi- ébranlé, quelque affaibli qu'on puisse le
tions. Des deux versions, la plus nette, en supposer, l'immense empire fondé par les
mettant de côté quelques faits légendaires, Etrusques dans la vallée du Pô a-t-il pu
est sans contredit celle de Plutarque; elle s'écrouler d'un seul coup, en laissajit dé-
distingue surtout d'une manière beaucoup couvertes les villes mêmes de Toscane?
plus nette que l'autre les différentes pha- Nous croyons que la vraisemblance histori-
ses du mouvement. Partis du centre delà que, la connaissance que l'on a aujourd'hui
Gaule, les Celtes font un premier séjour de ces époques anciennes ne permettent
au nord de Marseille; ils passent plus tard pas d'admettre dans l'histoire de sembla-
en Italie & engagent contre les Etrusques blés révolutions. La vraisemblance, à dé-
une longue guerre, qui se termine par leur faut de preuves historiques, veut que les
triomphe. Le récit de Tite-Live, au con- Celtes aient mis de longues années à at-
traire, plus orné, plus circonstancié, est teindre les Alpes, elle veut encore que la
moins précis & moins probable; après nous lutte entre eux & les Etrusques du Pô ait
avoir longuement raconté le départ des duré longtemps; & c'est cette conquête
Gaulois, il nous les montre immédiatement progressive, ce refoulement constant des
aux prises avec Rome, oubliant que d'après populations de la Toscane vers le sud, qui
sa propre chronologie trois siècles sépa- amena vers le commencement du quatrième
rent ces deux époques.
De nos jours ces traditions ont donné
lieu à de nombreuses discussions; tandis
que les uns adoptant de point en point le
récit fabuleux de l'historien latin, promè-
nent pendant trois siècles les Celtes du
pays des Bituriges aux portes de Clusium,
les autres leur font franchir ce vaste espace
en quelques années & les font apparaître
en Italie quelques années seulement avant
la bataille de l'Allia. Nous croyons ces
deux opinions exagérées, & si l'expédition
de Bellovèse n'est pas aussi ancienne que
siècle av. J.-C. le choc des Romains & des
Celtes.
L'invasion des nouveaux arrivants avait
expulsé les Ibères du nord de la Gaule,
mais la lutte continua lojigtemps encore
dans les montagnes des Pyrénées, & tou-
jours combattant, les Celtes finirent par
franchir les Pyrértées & s'étendirent au
nord & au centre dans la Galice & dans la
Lusitanie. A quelle époque eut lieu cette
nouvelle invasion, comment s'effectua-
t-elle, il nous est impossible de le dire;
nous savons seulement, par un passage de
le veut Tite-Live, elle ne peut cependant Diodore de Sicile, que la lutte entre les
être placée à une époque aussi récente
que le veulent q-uelques historiens. Re-
marquons d'abord qu'il a dû falloir bien du
temps aux bandes qui suivaient les en-
vahisseurs pour venir du centre de la
Gaule jusqu'aux bords de la mer, à travers
un pays peuplé de nations hostiles, éner-
giques, & que plus tard les Romains ne
purent soumettre qu'à force de patience &
de temps.
deux peuples fut longue & acharnée; mais
si l'on songe qu'au troisième siècle avajit
notre ère, à l'époque des guerres puni-
ques, les Celtibères & les Ibères se parta-
geaient la péninsule, on est porté à croire
que l'invasion celtique était déjà ancienjic
à cette époque, puisque vainqueurs &
vaincus ne formaient plus qu'une seule
nation sur une partie du territoire. C'est
ce fait que nous indique Diodore de Sicile,
De plus, n'aiira-t-il pas fallu longtemps quand, après nous avoir dit que les Celtes
à ces peuplades pour se décider à franchir & les Ibères, après avoir longtemps corn-
rOTE
I I I
436
IS^DTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
NoTC
battu pour la possession du sol, avaient par la conquête romaine. Un fait entre
enfin iait la paix, conclu des mariages, & beaucoup d'autres peut prouver jusqu'à
grâce à cette union fondé un empire assez quel point l'influence de cette race fut
fort pour résister longtemps aux armées persistante. On sait que ces Volkes for-
romaines. Remarquons toutefois qu'aux maient deux grandes tribus : les Tectosa-
deux extrémités de la chaîne des Pyré- ges & les Arécomiques; longtemps après, à
nées, dans le Roussillon actuel & dans les la fin du premier siècle de l'ère chrétienne,
pays basques, la race Ibère a conservé plus cette division subsistait encore; elle n'était
longtemps qu'ailleurs ses caractères parti- plus qu'historique, il est vrai; mais malgré
culiers. Ce fait de la persistance de la race, deux siècles de conquête & de civilisation
visible encore aujourd'hui pour les Bas- romaine, on distinguait encore les villes
ques, est attesté pour le Roussillon par les des Volkes Arécomiques & celles des Vol-
noms de lieux, qui semblent presque tous kes Tectosages. [A. M.],
se rattacher à des racines ibériques.
Cependant le midi de la France n'en
avait pas encore fini avec les invasions;
aux Ibères & aux Ligures avaient succédé
les Volkes. Ceux-ci, dont la véritable ori-
gine est peu connue, ne paraissent pas
dans l'histoire avant deux cent dix-huit
avant J.-C. Ce fut à eux qu'Annibal, qui ve-
nait de passer les Pyrénées, s'adressa pour
obtenir le libre passage jusqu'au Rhône;
les ambassadeurs de leurs tribus reçurent
ses propositions à Ruscino. A cette épo-
que leur puissance s'étendait même sur
NOTE CXII
AJOUTÉE PAR LES NOUVEAUX ÉDITEURS.
Sur les Colonies romaines de la
Narbonnaise.
ANS la présente Note & dans la sui-
vante, nous avons essayé de combler
les deux rives du Rhône, car en traversant une lacune de l'œuvre des Bénédictins,
ce fleuve, Annibal eut à lutter contre eux. lacune dont il faut accuser moins les
Dès cette époque ils nous apparaissent auteurs de VHistoïre de Languedoc que
comme les peuples les plus puissants de l'époque à laquelle ils vivaient. Au dix-
la Celtique méridionale, les chefs d'une huitième siècle, la critique des textes épi-
de ces ligues qui se partageaient la Gaule; graphiques n'avait pas fait les progrès
leurs nombreuses tribus s'étendaient déjà immenses qu'elle a accomplis aujourd'hui,
depuis la Garonne jus(^u'au Rhône. C'est & les institutions romaines n'étaient en-
probablement à eux qu'il faut rapporter la core qu'imparfaitement connues. Dans la
fondation des principales villes du pays : grande place qu'ils ont accordée dans leur
Nimes, Béziers, Carcassonne & Toulouse. ouvrage à l'histoire de la domination ro-
Quant à leur origine précise, il est diffi- maine dans la Narbonnaise, ils n'ont rien
cile de la connaître. Quelques historiens, dit des institutions municipales, transpor-
conduits par la ressemblance des noms, les tées en Gaule lors de la conquête & qui
ont rapproché des Bolgs d'Irlande & des y ont exercé une si grande influence Jk
Belges du nord. Etaient-ils Kymris, étaient- laissé tant de traces & de monuments,
ils Celtes, c'est ce qu'on ne peut détermi- Pour combler une lacune aussi regret-
ner. Pourtant, en l'absence de tout témoi- table, on ne pouvait songer à faire un tra-
gnage, on peut sans invraisemblance les vail de première main. Les savants travaux
rattacher à la race kymrique, dont les publiés depuis vingt ans, tant en Aile-
tribus s'aventurèrent quelquefois fort loin magne qu'en France & en Italie, ont arrêté
de leurs premiers établissements. En tout les lignes que devront suivre désormais
cas, quelle que soit l'origine de ces peu- tous ceux qui s'occuperont de pareilles
pies, c'est à eux que la moitié de la Gaule études, & faire un travail absolument ori-
dut certainement son organisation primi- ginal après les ouvrages de MM. Momm-
tive, conservée plus tard en grande partie sen, Herzog, Rénier, après les publications
Note
112
fï
Note
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
4^
do Borgliesi & de Henzen, était chose à
peu près impossible. Aussi s'est-on con-
tenté dans ces notes de résumer les prin-
cipales théories aujourd'hui reçues, afin
de donner l'ensemble de la science con-
temporaine sur la matière. Le livre de
Herzog, publié en i863 à Leipzig, sous
le titre de Gallïae Narbonensîs historia, a
fourni le fond du présent travail.
Cette note, après quelques indications
préliminaires, contient l'histoii^e abrégée
des colonies romaines de la Province, &
étudie successivement leur régime intérieur
& leurs magistrats. Dans la note suivante,
après avoir traité la difficile question de
l'établissement des colonies latines, nous
indiquerons en quoi leur administration
intérieure & leurs magistratures diffé-
raient de celles des colonies romaines, &
nous terminerons par quelques lignes sur
la décadence du régime municipal.
Dans l'organisation des provinces con-
quises, les Romains poursuivaient un dou-
ble but : créer un pouvoir fort qui les
rassurât contre les tentatives des vaincus,
& établir une administration aussi simple,
aussi facile que possible. Ce système reçut
des applications diverses dans chacune des
provinces, suivant la nature des lieux, le
caractère des habitants, leur état de civili-
sation & les circonstances de la conquête;
il comportait une espèce d'ordre, une série
de degrés par lesquels les peuples soumis
avaient à passer. Aux peuples conquis par
la force, dont les terres confisquées avaient
été adjugées à Vager publicus, on imposait
la colonie romaine, établissement semi-
civil, semi- militaire, fondé en principe
sur l'expropriation des anciens habitants,
sur l'implantation d'une petite Rome au
milieu des peuples vaincus. Au-dessous
vient la cité latine, dans laquelle peuvent
entrer les peuples qui ont accepté de meil-
leure grâce le joug romain; on les assimile
alors aux alliés les plus favorisés, aux La-
tins. Au-dessous encore les st'ipendîariî ,
soumis à un état provisoire, servant do
transition entre la colonisation régulière
& les premiers moments de la conquête.
Tel fut le système qui fut employé cons-
taiiimoiit pendant la République & pendant
los beaux temps de l'Empire; il réunissait
tous les avantages; se déchargeant sur les
magistrats particuliers des villes des dé-
tails de l'administration, le gouverneui- de
la province pouvait d'autant plus facile-
ment veiller aux intéfêts géjiéraux. Tant
qu'il fut applic[ué avec sagesse, ce système
prévint les révoltes aussi bien que les
excès de pouvoir; son extension à tout
l'Empire contribua fortement à transporter
dans toutes les provinces l'esprit & les ins-
titutions romaines. C'est dans sa violation,
dans la suppression de ce juste équilibre
entre le pouvoir central & la liberté locale
qu'il faut voir une des principales causes
de la chute de la domination romaine.
Avant de parler des colonïae & des muni-
clpia, peut-être sera-t-il utile de dire quel-
ques mots des praesîdia, des castella & des
populi stipendiarii. Parmi les premiers, pen-
dant quelque temps on put compter Tou-
louse, qui depuis la première conquête
jusqu'à la fin de la guerre cimbrique fut
occupée par une garnison romaine. Le
propre de ces villes était de n'avoir pas
d'administration distincte, d'être soit réu-
nies à la colonie la plus voisine, soit pla-'
cées sous l'autorité immédiate du gouver-
neur de la province'. Plus tard les castella
reparurent dans la Narbonnaise; les Itiné-
raires du quatrième siècle nous y montrent
des castella, entre autres Carcassonne, an-
cienne civitas, qui avait perdu une partie de
son importance. Ce sont alors plutôt des
postes militaires élevés soit contre les re-
belles ou les Bagaudes, soit contre les Bar-
bares qui commencent à ravager la Gaule.
Les populi stipendiarii étaient ceux qui
payaient le stipendîum, dont la fixation
était laissée à l'arbitraire du gouverneur
de la province; c'était un tribut annuel,
auquel il fallait ajouter des vivres & des
troupes en cas de guerre. Le stipendium
était généralement imposé à toutes les pro-
vinces après la conquête; il était remplacé
par le jus coloniarum plus ou moins rapi-
dement, suivant l'état du pays; la Narbon-
naise s'étant assez rapidement assimilée,
cet état transitoire ne dura probablement
que peu do temps. Cependant Toulouse,
' Herzog, p. j3. I
NoTU
1 12
Note
1 I 2
438
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
qui semble avoir d'abord reçu le titre de aucune magistrature à Rome; mais cette
cité fédérée, puisqu'elle s'était soumise loi cessa d'être exécutée sous les empe-
volontairement aux Romains, ayant égorgé reurs, & les colonies commencèrent à
sa garnison romaine lors de l'invasion des fournir des sénateurs. On sait que Claude
Cimbres, dut revenir à l'état de ville sti- fit accorder ce privilège aux habitants de
pendiée". la Gaule chevelue, & dès Vespasien, on
voit des citoyens de colonies romaines &
Les colonies romaines établiesr dans la latines qualifiés de consulaires , de prè~
Narbonnaise furent au nombre de deux : teurs, &c. '.
Narbo Martius, Narbonne, & Baeierrae , Quand on fonde une colonie de droit
Béziers. La première des deux est la plus romain ou latin en dehors de la capitula-
ancienne. Fondée en ii8 par un sénatus- tion imposée aux vaincus, c'est une loi du
consulte, obtenu par l'éloquence de Cas- sénat qui la décrète & qui fixe les règles
sius, & malgré l'opposition des patriciens, qui devront présider à son administration
elle ne tarda pas à prendre une grande intérieure, qui nomme le personnage qui
importance qu'elle garda toujours jusqu'à devra l'établir (conc/ucere)^ qui détermine le
la fin de l'Empire romain. 11 ne semble pas nombre des colons & la quantité de terre
qu'il y ait eu d'autres colonies romaines qui devra leur être adjugée. Aussi, dans
fondées dans la Province jusqu'au temps de toutes ces colonies, trouve-t-on la plus
César. Celui-ci envoya renouveller celle grande diversité soit dans les noms des ma-
de Narbonne & fonder celles de Fréjus, gistrats, soit dans le mode d'administration
Béziers, Aix, &c., par Tibérius, père de intérieure. Mais cette diversité était plus
l'empereur, non pas à la fin de la guerre apparente que réelle, & sous des noms
des Gaules en 5o, mais probablement après différents, les fonctions à l'origine furent
la guerre d'Alexandrie, dans laquelle s'é- à peu près partout les mêmes. Elle cessa
tait distingué ce même Tibérius. Elle eut même en partie, quand, en l'an 46 avant
donc lieu entre 47 & 44, dates de cette J.-C, le dictateur eut promulgué la célè-
guerre & de la mort de César. Le nom bre lex Julia , granûe constitution, loi or-
porté par Béziers & Fréjus de Septimano- ganique, qui put s'appliquer à toutes les
rum, Decumanorum, semble prouver qu'el- colonies romaines présentes, passées & fu-
ies furent des colonies de vétérans tirés tures, & dans laquelle furent réglés jusqu'à
des légions de ce nom; mais ce ne furent la minutie les moindres détails de l'admi-
pas des colonies purement militaires, puis- nistration intérieure d'une cité',
que à cette époque les légions de ce nom Les habitants jouissant du droit de cité
combattaient en Espagne. romaine au point de vue civil, étaient ins-
crits dans l'une des tribus; quand une co-
Les habitants des colonies romaines lonie était fondée, tous étaient inscrits dans
jouissent de tous les âroits civils des ci- une seule tribu, dont ils ne pouvaient plus
toyens romains; il ne leur manque que les sortir. Quand plusieurs colonies étaient
droits politiques; ils ont droit de mariage fondées à la fois dans une même province,
& droit de commerce (connubîum & corn- toutes étaient inscrites dans la même
mercium'). Us ont à payer les charges impo- tribu; Narbonne était de la tribu Papîria,
sées axix citoyens romains, les impôts que Béziers, de la tribu Pupinia\
l'on paye dans la ville, & de plus la capi-
NOTB
1 IZ
tation & l'impôt foncier, charges purement
provinciales; ils servent dans les armées
romaines & sont incorporés dans les lé-
gions, toutes les fois qu'il y a un delectus''.
En principe, ils ne peuvent prétendre à
' Herzog, pp. 5i à 53, iSy.
" Herzog, p. i58.
' Herzog, pp. i65 à 167.
' Herzog, p. 149. — La lex Julia municipalis a
été publiée pour la première fois d'après les tables
trouvées à Héradée, en Italie, au dix-huitîèrne
siècle, par Mazôcchio, sous le titré s*liivaht : Iri
régit Herculanensis masaei tabulas Héracleenses com-
mentari'i. Nenpoli, 1754-55, 2 part. in-f".
' Herzog, p. 164.
Note
I 12
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
439
Pour subvenir à l'existence de la colo- de îllo compito ad iîlam vïam, de illa via ad
nie, la loi du sénat lui attribuait un terri- illum rivum. C'est ainsi qu'au moyen âge,
toire pris sur Vager publicus. On appelait surtout dans le Midi, on conserva l'habi-
de ce nom l'ensemble des domaines appar- tude prévoyante d'indiquer scrupuleuse-
tenant à l'Etat, quelle qu'en fut la prove- ment toutes les limites des propriétés, de
nance; il embrassait donc les terres con- boula em boula., de borne en borne, disent
quises, les domaines confisqués par les les chartes en langue vulgaire; & de là le
lois civiles ou politiques, & les terrains verbe emboular, embolar, synonyme de c/é-
occupés comme incultes ou sans proprié- limiter.
taires connus. C'était généralement sur les Pour indiquer les limites de chacune de
terres conquises que s'établissaient les co- ces petites propriétés, on employait des
lonies. Des règles minutieuses & qui pro- autels, des statues, des pierres portant le
cédaient directement des anciennes pra- nom du propriétaire {lapides inscripti, Hy-
tiques augurales présidaient à l'attribution GIN)'. Outre ces terres assignées aux par-
à chaque famille de la portion à'ager pu- ticuliers, la colonie recevait encore des
blicus qui lui revenait; ces règles nous forêts, d'où elle pouvait tirer des maté-
ont été transmises en partie par des écri- riaux pour la construction de ses édifices
vains postérieurs, par quelques agrono- publics, & moyennant une redevance, les
mes, par Hygin entre autres. A l'époque de colons avaient le droit d'y faire paître
la royauté & dans les premiers temps de la leurs bestiaux.
république, ce fut à des prêtres inférieurs Outre cette terre conquise, dont on n'a-
que revint spécialement le droit de bor- vait pris que la partie nécessaire à l'éta-
ner ces propriétés; on les appelait agri- blissement de la nouvelle colonie, 8c sur
mensores. Avant tout, ils consultaient les laquelle les anciens habitants vivaient en-
augures & faisaient des sacrifices aux dieux core dans une demi-liberté, Hygin distin-
pour se les rendre favorables. Prenant gue encore un ager occupatorius, la terre
d'abord l'orientation du lieu, Vagrimensor conquise sur des ennemis que l'on en a
traçait idéalement une vaste enceinte, com- expulsés, & dont chacun occupe ce qu'il
prenant le terrain assigné à la colonie; cha- peut en cultiver. L'Etat d'ailleurs s'y ré-
que côté recevait un nom technique. Cette servait toujours des droits supérieurs & se
enceinte, qui devait avoir certaines propor- ménageait des redevances, que les compa-
tions en longueur & en largeur, une fois gnies de publicains prenaient à bail,
établie, on en énumérait soigneusement les Mentionnons encore le quaestorius ager,
bornes, c'était Vager limitatus. Les chefs de terrain conquis & occupé, que le ques-
famille étaient alors répartis en décuries, teur met en vente sous certaines condi-
& le terrain était partagé en autant de tions, rarement exécutées, & moyennant
lots qu'il y avait de ces décuries, en indi- des redevances que souvent l'on ne payait
quant toujours soigneusement les bornes pas. Enfin venaient encore les agrivectiga-
qui séparaient l'un de l'autre chacun de les, portions de Vager publicus excédant la
ces lots; Vager était alors dit divisus. Enfin terre limitée, 8c louées pour un temps plus
on procédait à son assignation, c'est-à-dire ou moins long par contrat emphytéotique
qu'on divisait chacun de ces lots en dix à des publicains dont l'Etat exigeait certai-
parties égales ou équivalentes ik on les nés redevances '.
tirait au sort per sorticulos (ager assigna-
tus). C'était là surtout, pour éviter les pro-
cès, que les arpenteurs avaient soin de
bien déterminer les limites réciproques;
autant que possible, ils devaient enfermer
les propriétés entre des cours d'eau, des
chemins, des accidents naturels faciles à
reconnaître, 8c l'acte d'assignation les in-
liquait tous d'une manière méthodique :
Notb
1 iz
' A l'époque carolingienne on employait des
croix de pierre, mais la pratique était restée la
même & le comte était chargé de veiller à la dé-
termination des limites.
' Hygin, éd. Ruhdorff, Berlin, 1848, pp. Ii3 à
I i5j c'est le premier volume des Roemisc/ic Fcldmcs-
ser; le second volume contient des dissertations de
MM. Laclimann, Mommsen St Hulidorfî. — Voir
Note
I iz
440
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
En principe, le premier résultat de Tins- général en chef (imperator'), par le sénat
lallation d'une colonie romaine en pays ou par le peuple); par aZZecf/on (choix libre
conquis était de faire disparaître l'an- du peuple ou de ses mandataires se por-
cienne population. Mais il n'en fut pas tant sur un incola); par adoption, jusqu'à
ainsi en Gaulej la conquête était devenue la majorité, époque où il fera son choix;
plus douce & les Gaules furent traités à l'adopté peut faire partie de deux cités;
peu près comme les populations de la enfin par affranchissement ; l'affranchi sous
Grande-Grèce. Du temps de Strabon, on l'empire devient mu«zcepj de la ville qu'ha-
distinguait encore les Gaulois indigènes bitait son maîtrel En un mot Vincola ,est
des colons étrangers; il parle à plusieurs un municeps, qui habite un autre municeps
reprises des Allobroges, des Nimois". Dès que le sien. Du reste ils ont leurs lares &
le règne de Vespasien, au rapport de Pline, leurs pénates, & les constitutions impé-
la Narbonnaise était devenue absolument riales ont soin de les distinguer des adven-
romaine, & suivant cet auteur, elle ne se tores & des hospites, qui sont des nomades,
distinguait plus de l'Italie". Ce fait d'ail- des habitants de passage. En outre les mu-
leurs est prouvé par la rapidité avec la- nicipes & les incolae prennent la même
quelle les noms gaulois disparurent des part dans les choses sacrées, & nous les
inscriptions'. En même temps la province voyons se réunir pour dédier l'autel de
divisée en cités, voyait le nom des peuples Narbonne à Auguste; ils profitent des
anciens disparaître; les nationalités locales bienfaits que la ville reçoit, avantage dont
s'effaçaient; au contraire, dans le reste de profitaient aussi les adventores & les hospi-
la Gaule, les noms de cités ne prévalaient tes'. L'action du patronat ne s'étendait que
pas encore du temps de Ptolémée, & n'ont sur les municipes, & les incolae n'avaient
jamais prévalu entièrement, comme le pas à accomplir les devoirs de citoyens; ils
prouvent les noms des villes''.
LES HABITANTS.
Le caractère propre de la colonie est de
devaient obéissance entière aux magistrats
de leur lieu d'habitation. A l'origine ils
étaient exempts des charges 8c des hon-
neurs municipaux, mais plus tard ils y fu-
rent sévèrement astreints, quand il n'y eut
former un même tout, un ensemble hors pi^s que des impôts à acquitter. On dis-
duquel il n'y a que des étrangers. Dans la tingue dans toute l'étendue de la civitas les
cité nous trouvons, habitant l'un auprès municipes & les incolae. Les plus chargés
de l'autre, mais ne jouissant pas des mêmes ^^^^1 les premiers sont les municipes intra-
droits, le municeps ou colonus & Vincola. jnurani, qui jouissaient en effet de tous les
Le premier a droit de cité (^civitas); le avantages attachés au séjour de la ville &
second qui ne le possède pas peut dans n'avaient pas à supporter les frais d'entre-
sa condition se comparer au métoeque tien des v/cc:m ou magistrats des v/a'.
d'Athènes; le premier possède tous les a l'origine on ne pouvait en aucune
droits, le second n'en possède qu'une par- f.iço,i ^.(^e municeps de deux cités; cette
tic. On peut être municeps par naissance; impossibilité existait encore du temps de
maison peut le devenir par <ra/25/«/>^//o« Cicéron. Sous l'empire, la jurisprudence
(établissement d'une colonie soit de vété- changea un peu à cet égard, & à partir de
raus, soit de citoyens, soit d'alliés par le T.ajan, les provinciaux élevés à la dignité
sénatoriale purent tout à la fois être ci-
anssi, dans le nouveau Dictionnaire des antiquités toyens de l'Italie & exercer des charges mu-
nu. publie la maison Hachette, le mot agcr publi- ^jcipales dans leurs villes Originaires; leurs
affranchis furent citoyens de ces villes'.
' Voir, à ce sujet, le n" 87 de VApp. cpigr, de
Herzog.
- Herzog, pp. 74, 177.
^ Herzog, p. 181 .
cif,, pp. i33 à i35 (art. Je M. Humbert, de Tou-
louse).
' Strabon, I. iv, ce. 180-187.
' Pline, Hist. nat., 1. 3, c. 5.
^ Herzog, p. 1 83.
^ Parisii ; Senones ; Anibi.\ni, Herzog, pp. 121
Si suiv.
Note
1 12
NoTB
I 12
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
441
LES ORDRES.
qu'à Rome on l'abaissa dans un grand
nombre de cas. On sait par diverses cir-
Au point de vue politique, la cité ne constances que dans le midi de la France
comprend donc que les municîpes. Ceux-ci
se divisent en deux ordres : le peuple
(plebs) & les décurions (decuriones). Cette
distinction se fonde sur l'état des person-
nes & sur le cens; dans chacun des ordres
on a aussi différents degrés d'honneurs.
Nous parlerons d'abord de la. plebs.
La plebs comprend des libertïni & des
/ingenui. La première classe renferme les
marchands, les industriels & les artisans;
les chevaliers furent très-nombre\ix, ce
qui suppose un grand nombre de familles
riches; c'est ainsi qu'au cirque d'Orange,
on compte jusqu'à trois rangs réservés à
cet ordre. Leurs seuls privilèges étaient :
le port d'un anneau d'or, l'usage d'une
tunique angusticlave, & certaines préro-
gatives honorifiques, par exemple dans les
cérémonies publiques'.
Passons maintenant aux pouvoirs de la
les propriétaires du sol font partie de la plebs. A l'origine elle avait le droit de
seconde. En effet, pendant plusieurs siè-
cles, l'agriculture resta aux mains des hom-
mes libres; fondées à l'origine par des
colons libres, les cités de la Narbonnaise
eurent plus longtemps que les autres pro-
vinces de l'Empire une population agricole
libre, & les terres assignées lors de l'éta-
blissement de la colonie demeurèrent plus
longtemps entre les mains des descendants
nommer les magistrats dans ses comices
par curies. Il est certain que dans plu-
sieurs villes latines de l'Espagne elle con-
servait encore ce droit à la fin du premier
siècle; c'est ce que prouvent les fameuses
tables de Malaga & de Salpensa; c'était du
reste le seul qui lui restât, elle n'avait plus
le droit de rendre dans ses comices de dé-
cisions législatives; ainsi donc il semble
des premiers colons; de là l'état florissant certain que les villes latines conservèrent
de l'agriculture pendant plusieurs siècles,
état qui frappa Strabon lors de ses voya-
ges. Ce ne fut que plus tard que le nom-
bre des affranchis l'emporta sur celui des
libres.
longtemps cette institution. D'autre part
la lex JuUa munïcïpalis, qui ne s'applique
qu'aux colonies romaines, y indique des
comices constitués de la même façon que
ceux des cités espagnoles. Enfin une ex-
Si les hommes libres dans l'antiquité plication heureuse de la fameuse inscrip-
abandonnaient le plus généralement l'exer-
cice du commerce & des arts manuels aux
affranchis, il faut l'attribuer au profond
mépris qu'ils professaient pour ces occu-
pations. On n'admettait guère qu'un pa-
tricien pût se livrer à autre chose qu'au
tion de l'autel élevé à Auguste par la co-
lonie de Narbonne, donnerait à penser
qu'à cette époque l'élection des magistrats
appartenait à la fois aux décurions & au
peuple; les magistrats qui tenaient les
comices avaient probablement le droit
grand commerce, dans lequel excellaient d'accepter ou de rejeter les noms des can-
particulièrement les chevaliers. Les mé-
tiers étaient organisés par corporations
isodalitïa) ; Ags notes nombreuses insérées
au tome I de cette édition ont fait con-
naître l'organisation intérieure de ces as-
sociations. Parmi ces métiers exercés uni-
quement par des libertïni, il faut compter
la médecine; à plusieurs points de vue
didats populaires. Sous la République, un
candidat ainsi repoussé conservait toujours
le droit d'appel au sénat; sous l'empire, ce
fut au prince qu'il put avoir rçcours. Tan-
dis qu'à Rome les comices étaient réunis
au sénat, dans les colonies ils subsistaient
en droit, mais en fait ils n'étaient plus
convoqués que par les décurions pour
c'était une fonction publique (voir plus approuver les décrets honoraires qu'ils
bas). Au nombre des ingenuï, on comptait avaient rendus. Dans les villes latines, &
les eçuife^ a pZeic, qui se nommaient ainsi probablement aussi dans les colonies ro-
parce qu'ils possédaient le cens exigé pour mainès, tous les habitants faisaient partie
taire partie de l'ordre équestre, quatre des comices & avaient droit de vote; c'est
cent mille sesterces. Ce cens resta tou-
jours très-élevé dans les provinces, tandis ■ Herzog, pp. 186, 19^ à 196!
NoTB
I IZ
I 12
442
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC
ce que prouvent les tables de Malaga & de
Salpensa. Quand il s'agissait d'affaires inté-
ressant tout le territoire, à la pîebs urbana
venait se joindre la population des cam-
pagnes".
Les décurions sont les citoyens dont les
noms sont inscrits dans Valbum decurïo-
num. Pour y arriver, il faut avoir un âge
fixé par les lois, être de bonnes vie &
mœurs, posséder une certaine fortune &
exercer une profession honorable 5 c'était
avant tout une classe censitaire. Rarement
on n'était que décurion; presque toujours
on le devenait après avoir exercé une ma-
gistrature, après avoir parcouru tout l'or-
dre des honneurs. Outre les honneurs mu-
nicipaux, les décurions obtenaient presque
toujours à Rome le titre de chevalier, le
cheval public, que donnaient les empe-
reurs, & l'inscription dans les cinq décu-
ries des juges publics de Romej on les
voit presque toujours inscrite dans la cin-
quième, pour laquelle on n'exigeait qu'un
cens de deux cent mille sesterces; quant
au cheval public, il était généralement
accordé à ceux qui avaient exercé des
charges militaires équestres, telles que le
tribunat de cohorte; cependant on voit
fréquemment cet honneur accordé à de
simples officiers municipaux & même à des
jeunes gens. Les droits honorifiques atta-
chés au titre de décurion étaient : une
place d'honneur au théâtre, un vêtement
particulier, une part plus forte dans la
distribution des sportulae^ enfin plus tard
le titre de splendidissimus''.
Les décurions étaient nommés soit par
les magistrats, qui eux-mêmes en faisaient
partie, soit par un décret de l'ordre, soit
enfin par les magistrats quinquennaux,
lors du renouvellement du cens. On pre-
nait naturellement ceux qui avaient le
cens le plus élevé & qui avaient atteint
l'âge fixé par la loi, vingt-cinq ans; on
pouvait les choisir dans toute l'étendue
du territoire de la colonie. Quelques-uns,
parmi lesquels il faut compter les patrons,
n'avaient que les insignes des décurions
sans en exercer les fonctions. Du reste on
' Herzog, p. 2o5.
' Herzog, p. 190. ^
ne sait rien ni sur la manière dont cet
ordre exerçait ses pouvoirs, ni sur les
règlements qui gouvernaient ses assem-
blées; on ignore aussi dans quelle mesure
il prenait part à l'exécution de ses déci-
sions'.
Ses pouvoirs en eux-mêmes sont mieux
connus, grâce aux monuments épigraphi-
ques, aux dispositions de la lex JuUa, &
enfin aux travaux de Justinien, dont le
Digeste a résumé les anciennes constitu-
tions des empereurs sur la matière. Dans les
colonies romaines, leurs pouvoirs étaient
les suivants : ils s'occupaient des affaires
municipales & religieuses, choisissaient les
magistrats & les patrons de la cité & re-
crutaient l'ordre. A ces pouvoirs, les décu-
rions joignaient dans les colonies latines
des pouvoirs judiciaires assez étendus,
dont nous dirons quelques mots dans la
Note CXIII.
I" Administration des affaires munivipa-
les. — Ils administrent le trésor, exami-
nent les comptes par eux-mêmes ou les
font examiner par des commissaires qu'ils
nomment, revisent le tableau de ferme
& de location des immeubles & des droits
appartenant à la colonie; ils décrètent
la vente des biens engagés, achètent des
terres au nom de la communauté, élèvent
des statues aux bienfaiteurs de la ville
{ex décréta decurionum, disent les inscrip-
tions), fondent des cimetières, président
aux distributions des largesses publiques,
accordent des immunités ou des remises
d'impôts, prennent soin des routes & des
travaux publics; ici ils creusent un canal,
ailleurs ils construisent un pont, dressent
un autel à la divinité d'Auguste ou consa-
crent un temple; ils semblent aussi avoir
eu le soin des routes d'intérêt local dans
l'étendue de la cité, fixent les places dans
l'intérieur des théâtres, enfin accordent le
droit de construire & de reconstruire les
maisons.
2° Affaires religieuses. — Dans certains
cas on voit les décurions nommer les fla-
mines d'Auguste; ils choisissent encore les
seviri augustales, dont la charge semble à
la longue être devenue municipale & leur
' Herzog, pp. 209 à 2i3.
NoxB
112
Note
I 12
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
443
assignent des places spéciales dans les sal-
les de spectacle & dans les cirques.
3° Choix des patrons & des magistrats, —
Enlevé au peuple d'assez bonne heure,
comme nous l'avons vu plus haut, ce droit
passa promptement aux mains des décu-
rions, & les comices ne firent plus que
donner un vain assentiment aux choix
qu'ils avaient faits '.
morts sans avoir été plus haut que la ques-
ture ou l'édilité. Les conditions de cens,
d'état, d'âge & de position étaient réglées
dans les colonies romaines avec des dé-
tails infinis par la lex JuUa. De même
qu'à Rome, les charges que les magistrats
avaient à supporter étaient assez lourdesj
il leur fallait donner des cadeaux, des dis-
tributions gratuites au peuple, payer les
Ajoutons à ces attributions des déçu- jeux ou les spectacles, ou les embellir en
rions le choix de quelques officiers pu-
blics, parmi lesquels il faut mentionner
les médecins & les professeurs d'arts libé-
raux. Les premiers & quelquefois aussi les
seconds étaient pris parmi les lîbertînï. Le
Digeste en abandonnant aux décurions le
soin de les nommer, à l'exclusion du pré-
sident de la province, stipule qu'ils de-
vront être habiles & de bonnes moeurs.
Une autre loi interdit aux décurions
d'attribuer des salaires à d'autres qu'à des
médecins ou des personnes exerçant des
professions libérales; le nombre des mé-
ajoutant aux sommes allouées par la ville,
& contribuer à l'érection des théâtres, des
cirques & des amphithéâtres, &c.'.
Avant tout, les magistrats sont les délé-
gués de l'ordre, de la curie; ils se partagent
la direction des affaires administratives &
les différents services publics; ils convo-
quent l'ordre, lui soumettent les cas diffi-
ciles ou embarrassants, président les co-
mices, recueillent les votes du peuple, à
l'époque où il avait à les exprimer. Enfin
il est probable qu'ils possédaient une par-
tie du pouvoir judiciaire; mais on ne sait
decins était fixé'. C'est sans doute à cette rien sur ce qui se passait à ce sujet dans
intervention des municipalités dans l'ad- les colonies'.
ministration des écoles qu'il faut attribuer
le grand éclat qu'elles jetèrent dans la
Narbonnaise pendant les quatre premiers
siècles de notre ère, éclat qui ne s'éteignit
que lentement, lors des invasions.
LES MAGISTRATS.
Créés à l'origine par le peuple, nommés
plus tard parles décurions, les magistrats
dans les colonies 8c dans les municipes
étaient annuels & rééligibles, nommés
tous ensemble iïterum, collegae, disent les
inscriptions). L'or^/o. honorum était le même
qu'à Rome, tel" qu'il avait été fixé par
Sylla : édilité, questure & consulat, ou
dans les municipalités duumvirat. Presque
toujours, grâce à ces élections annuelles,
on atteignait le rang suprême; ce n'est
que dans des cités très-importantes, comme
Les magistrats changent de nom, sinon
de pouvoir dans les différentes colonies, &
comme toujours, c'est aux inscriptions
qu'il faut demander l'indication exacte de
leurs noms & de leurs attributions. La lex
Julîa indique ces dernières d'une manière
générale, sans désigner d'une manière spé-
ciale les noms qu'ils doivent porter. Voici
dans leur ordre chronologique les noms
des magistrats que nous trouvons dans
chacune de ces colonies :
A Narbonne : Praetores duumvïrî, quaesto-
res, aediles, aediles duumvirî , duumvïri ^ duum-
viri quinquennales, praefecti pro duumviro ;
A Arles : jEdiles munerarii, duumviri juri-
dicundo ;
A Vienne : Quattuorviri, quattuorviri juri'
dicundo, duumviri aerarîi, triumviri locorum
publlcorum persequendorum. Nous n'indi-
quons pour ces deux dernières colonies
Nimes, dans lesquelles on comptait un que les magistrats différents de ceux que
grand nombre de familles riches & in- l'on trouve à Narbonne; les inscriptions
fluentes, que l'on trouve des gens qui sont manquent complètement pour Béziers\
t 12
' Horsog, pp. 21 t à 212.
* Oigaste, livre i, De decretis ab ordinc faciendis,
5o, 9.
' Herzog, p. 220.
' Herzog, pp. 224 à 226.
' Herzog, p. 21 3.
Note
1 12
444
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Aux magistrats appartient le soin du
trésor (cura aerarii), le recouvrement des
impôts, l'administration des domaines pu-
blics, la location des terres, l'acceptation
des legs & des dons faits à la ville, l'admi-
nistration des fonds affectés aux cultes &
aux travaux publics. Chaque magistrat a
en même temps une certaine puissance ju-
fin du troisième siècle, une certaine juri-
diction entraînant le droit de prononcer
des amendes contre les délinquants. Les
édiles avaient encore la police des moeurs,
l'inspection des tavernes & des auberges
& la surveillance des prostituées. Ils sur-
veillaient les bains publics, les fontaines,
les aqueducs & les égouts, & faisaient
diciaire, destinée à lui permettre d'exercer observer les lois somptuairës dans les fu-
ses fonctions avec plus d'autorité; c'est nérailles. Ils avaient l'inspection de la
pour cela qu'on l'appelle juridicundo, il a voirie & faisaient exécuter par les pro-
droit de juridiction dans son ressort'. priétaires les articles de la lex Julîa rela-
Commençons par les édiles; dans les co- tifs au pavage des rues aux environs des
lonies, ils reçurent des fonctions analo- monuments publics; ils étaient encore
gués à celles qu'ils avaient reçues à Rome; chargés de faire rentrer les frais du pa-
ils furent institués par la lex Julîa. Avant vage quand les propriétaires se montraient
de parler en détail de leurs fonctions, nous récalcitrants. C'étaient encore eux qui di-
croyons bon d'indiquer sommairement par rigeaient le nettoyage des rues, veillaient
quelles vicissitudes passa cette dignité dans à ce que la voie ne fût pas obstruée par
les colonies romaines de la province. A les habitants, le tout sous peine d'amende
Narbonne nous trouvons des aediles, qui
se qualifient quelquefois de duumvîrî. On
sait que leurs fonctions embrassaient la
cura urbîs, annonae & ludorum. Dans cer-
tains cas, & probablement par suite de
l'accroissement du nombre des affaires,
telle ou telle partie de ces fonctions pu-
rent être confiées à des magistrats particu-
liers; c'est ainsi qu'à Arles, nous trouvons
pour l'homme libre, du fouet pour l'es-
clave; ils défendaient les attroupements
sur la voie publique, & réglaient les heu-
res de circulation des chariots. Enfin ils
surveillaient l'entretien des temples & des
monuments publics & privés & avaieiit le
droit d'établir des ponts. Pour les bâti-
ments privés, ils faisaient respecter l'ali-
gnement & abattre les saillies, réparer ou
des aedîles munerarii, ayant l'intendance démolir les maisons qui menaçaient ruine;
des grands jeux annuels, dont les frais
étaient payés en partie par eux, en partie
par le trésor public'. A Vienne, au con-
traire, on leur laissa cette partie de leurs
attributions, mais on leur enleva le soin
des constructions publiques & la surveil-
lance de la voirie, que l'on confia à des
triumviri locorum publîcorum persequendo-
c'était aussi à eux que revenai^t le soin de
prévenir & d'éteindre les incendies.
2° Cura annonae; c'était proprement le
soin des approvisionnements. On y ratta-
chait la surveillance des poids & des mesu-
res, l'inspection des marchés & des den-
rées. Les édiles étaient encore originaire-
ment chargés de faire exécuter les lois sur
rum, qui apparaissent dans les inscriptions Vager publicus & de poursuivre ceux qui
à l'époque d'Adrien. Du reste dans la même le détenaient injustement.
ville, à cause de la multiplicité des affaires
administratives, le questeur avait fait place
aux duumviri aerarii\
Comme à Rome, les édiles dans les colo-
nies eurent donc les fonctions suivantes :
1" Cura urbïs ; ce ternie embrasse la po-
lice municipale, & à ce sujet, un traité de
Papinien atiribue encore aux édiles, à la
Herzog, p. 22 1.
Her^og, p. 22 1.
Herzog, p. 2 I 6.
3** Cura ludorum; les édiles finirent par
payer en grande partie de leur bourse les
jeux qui se donnaient au peuple. On sait
qu'à Rome, dans les derniers temps de la
République, c'était une source de rivalités
constantes & de grandes dépenses pour les
candidats à l'édilité, qui séduisaient le peu-
ple par des promesses réciproques.
Sous l'empire, les édiles tombèrent dans
une décadence absolue, aussi bien à Rome
que dans les colonies; à Rome on les avait
peu à peu dépouillés de la plupart de leurs
Note
1 12
Note
t 12
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
445
attributions & il semble qu'il en ait été de
même dans les provinces. Originairement
& d'après la lex Julia, ils devaient être
nommés par le peuple, comme tous les
autres magistrats, ce droit devint promp-
tement illusoire, & ce fut alors la curie
qui les nomma sur la présentation des édi-
les sortants. Les édiles municipaux exis-
taient encore du temps de Dioclétien; une
constitution de cet empereur les men-
tionne; mais à cette époque leurs pouvoirs
avaient été presque entièrement annulés
par le pouvoir central & ses représen-
tants'.
Les questeurs dans les provinces comme
à Rome étaient en quelque sorte des tré-
soriers qui recevaient l'argent dû à la ville
& employaient les fonds conformément
aux ordres des duumvirs, sans les discuter.
On retrouve cette magistrature dans toutes
les cités italiennes*.
Venaient enfin les magistrats suprêmes,
qui dans la colonie remplissaient le rôle
des consuls à Rome, les duumvïrî. Ces ma-
gistrats ont porté différents noms; à Nar-
bonne les inscriptions les plus anciennes
les appellent praetores duumvïrî. On les
trouve dans des inscriptions du temps de
César, & avec l'orthographe archaïque de
praitor; citons entre autres une inscrip-
tion qui paraît authentique, mais dont
l'interprétation laisse encore à désirer;
M. Herzog la rapporte à Carcassonne,
nous serions plutôt portés à la rapporter
à Narbonne; cette question sera d'ailleurs
étudiée dans la Note suivante. Du reste,
de toute façon, cette inscription doit être
de peu postérieure à César. On retrouve
encore ce nom de praetores au temps d'Au-
guste; il est plus ancien que ceux de
duumv'ir ou de quattuorvîr ; le premier
n'apparaît en Italie qu'à l'époque de Sylla,
quand par la colonisation des terres enle-
vées aux Italiens & données aux vétérans,
le droit romain s'étendit à toute l'Italie.
Au troisième siècle avant J.-C. & encore
un peu avant la guerre sociale, les ma-
gistrats suprêmes des villes de Campanie
s'appelaient praetores. Plus tard nous re-
Dietionnaire des antiquités, y, iEniLES.
' Herzog, pp. 216 à 225.
trouvons encore ces magistrats dans des
inscriptions de Nimes ik d'Avignon ; seu-
lement à Nimes, ils s'appellent praetores
quatiuorviri; nous expliquerons plus tard
ce que veut dire ce nom particulier. Quant
à préciser exactement à quelle époque ce
titre disparaît, on ne peut le faire; on
sait seulement que les inscriptions ces-
sent de le porter à la fin du règne d'Au-
guste '.
Les duumvïrî les remplacèrent donc dès
cette époque à Narbonne & probablement
aussi dans les autres colonies, mais leurs
attributions furent sans doute les mêmes
que celles de leurs prédécesseurs. Nous
verrons plus bas en quoi elles consistaient.
On trouve aussi à Narbonne des praefectï
pro duumvïro; ce ne sont pas des magistrats
ordinaires, mais comme leur nom l'indi-
que, des suppléants, remplaçant les duum-
virs empêchés par quelque raison. Leur
mention est très-fréquente à Narbonne;
on peut croire que c'est parce que dans
une ville aussi importante, le titre de
duumvir était l'apanage de quelques gran-
des familles, qui se faisaient remplacer
dans leurs fonctions".
Ce qu'à Vienne & dans plusieurs colo-
nies latines, on appelle quattuorvïrî, quat-
tuorvïrî jurïdïcundo, n'est autre chose que
la réunion des duumvïrî, de Vaedïlîs & du
quaestor; ailleurs on les trouve indiqués
sous le nom de quatuor collegae jurïdïcundo
praeposîtï. Mais on a d'une part les quat-
tuorvïrî jurïdïcundo, au nombre de deux,
représentants du pouvoir souverain, de
l'autre les quattuorvïrî jurïdïcundo aedîîî-
cîae potestatîs\
Nous trouvons encore des duumvïrî quîn-
quennales ; d'après la lex Julîa, tous les
cinq ans les duumvïrî jurïdïcundo recrutent
l'ordre des décurions, établissent le cens
du municipe, dressent les tabulae censorîae
& les transmettent aux magistrats publics.
Comme ils n'exercent ce ])ouvoir que tous
' Herzog, pp. 54, 214, 2i5. — Voir aussi une
dissertation du même auteur publiée sous ce titre :
De praetorihus Galliae Narèonensis municipalihus,
Lipsiae, 1862.
^ Herzog, p. 219.
* Herzog, p. 217.
Note
MX
,NOTB
•JI2
446
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
les cinq ans, ceux qui sont de charge cette qu'elles étaient personnes civiles. Leurs
année-là s'appellent (Quinquennales', magistrats, que l'on appelait aedîles ou ma-
A côté de ces magistrats purement civils, gîstri pagi, étaient, dans certains cas, élus
mentionnons les magistrats religieux; en par les habitants, ailleurs nous les'voyons
effet, dans les colonies comme à Rome, la nommer par l'ordre de la colonie & im-
religion faisait partie de l'administration posés par elle. Suivant le Digeste, ces
publique, & les ministres du culte étaient communautés rurales payaient un tribut
des magistrats au même titre que les duum- annuel ou impôt foncier, que l'on appe-
virs ou les préteurs. On trouve donc dans lait la capitation. Dans certains cas, on
les colonies romaines & latines des flami- pouvait démembrer le territoire d'une cité
nés, des pontifes, des augures, des arus- trop grande pour être administrée commo-
pices; les inscriptions de Nimes nous four- dément, & en former un nouveau muni-
nissent toutes ces fonctions. Elles étaient cipe; c'est ainsi qu'au deuxième siècle de
perpétuelles & n'y étaient admis que ceux notre ère, Nimes fut démembrée, & on
qui remplissaient les conditions exigées forma sur son territoire une nouvelle cité
des magistrats. Toutefois comme à Rome, latine, Sextantîo'. Pour faire agir le pou-
l'aruspice pouvait être pris parmi les af- voir central dans ces vici, les magistrats de
franchis. Mais en dehors de l'Italie, les la colonie s'y faisaient représenter par des
colonies latines ne pouvaient avoir ni lieutenants, prâe/ec^j^ nommés par eux',
culte de Vesta, ni collèges d'augures & de Comme signes extérieurs de leur puis-
pontifes. On croit que les pontifes & les sance, les magistrats des colonies avaient
prêtres étaient nommés par les décurions. des appariteurs ou statores, officiers infé-
Aux cultes publics ordinaires, ajoutons rieurs salariés par la colonie, & que l'on
ceux de la maison impériale & d'Auguste, prenait d'ordinaire parmi les libertinP,
qui dans certaines villes paraissent avoir ^
été unis à celui de Rome^ les patrons.
Note
1 12
L'autorité des magistrats suprêmes de
la colonie s'étendait non-seulement sur la
ville, mais encore sur le territoire qui lui
avait été assigné lors de sa fondation. L'in-
térieur de la cîvitas était réparti en un cer-
tain nombre de circonscriptions que l'on
appelait pagi, & dont les chefs-lieux étaient
les vzcz, bourgs. Si l'on en croit un passage
des Origines, d'Isidore de Séville, ces cir-
conscriptions s'appelaient aussi castella.
Suivant cet auteur, qui a généralement
puisé à des sources anciennes & véridi-
ques, ce sont des agglomérations d'habi-
tants ne possédant pas le droit de cité &
unies à cause de leur peu d'importance à
la cité la plus voisine. Du reste, elles for-
maient une espèce de petite cité, que les
inscriptions nous montrent élevant des
statues à leurs bienfaiteurs, émettant des
vœux d'intérêt local, réclamant auprès du
prince le respect de leurs privilèges, enfin
recevant des dons; ce dernier fait prouve
' Herzog, p. 221.
' Herzog, pp. 233 à 235.
On appelait patrons de hauts personna-
ges généralement doués d'une grande in-
fluence, que les colonies se choisissaient
pour protecteurs, pour intermédiaires en-
tre elles & le pouvoir central. A l'origine,
cette institution eut une grande impor-
tance tant civile que politique; dans les
derniers temps de la République, tous les
sénateurs de grande famille avaient pour
clients telle ou telle colonie. Ils en soi-
gnaient les intérêts en cas de procès pen-
dants à Rome, portaient devant le Sénat
les plaintes des villes opprimées par les
proconsuls, réclamaient la révision des
taxes trop lourdes qui leur avaient été im-
posées, en un mot remplissaient à leur
égard tous les devoirs de protecteurs ou
de défenseurs. Plus tard la charge de pa-
tron devint purement civile, & les villes
se choisirent de préférence, soit les mem-
bres mêmes de la famille impériale, soit
' Herzog, pp. 171, 172.
' Herzog, p. 226.
' Herzog, p. 226.
Note
I 12
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
447
de hauts personnages dont le crédit à la
cour était bien assuré. Ce ne fut plus au
sénat qu'on eut à s'adresser pour le re-
dressement d'un tort, pour la réparation
d'une injustice, l'octroi d'un secours, ce
fut à l'empereur, source de tout pouvoir &
de tout crédit. En un mot, l'institution du
patronat était devenue pour les colonies
une institution de droit public.
A l'origine les patrons étaient choisis
par le peuple dans ses comices, mais plus
tard ce droit lui fut enlevé comme tous les
autres, & ce fut aux décurions que leur
choix appartint. Leurs prérogatives prin-
cipales étaient l'inscription en tête de
YAlbum des décurions de la cité, certains
honneurs particuliers, tels qu'érection
de statues, construction de monuments
rappelant un bienfait reçu, un service
rendu, &c. Jamais, d'ailleurs, ils ne fai-
saient partie des décurions; c'est ce que
NOTE CXIII
AJOUTÉE PAR LES NOUVEAUX ÉDITEURS.
Colonies latines de la Province.
A COTÉ des colonies romaines propre-
ment dites, on avait les colonîae cïvîum.
Komanorum juris /«a/zc/. C'était le transport
dans une province de l'Empire d'une cité
italienne, avec tous ses droits & toute son
organisation; elle formait alors un terri-
toire particulier, soumis à une organisa-
tion particulière. Ce système ne fut trans-
porté dans la Province qu'après lé règne
d'Auguste & en dehors du Languedoc.
Venaient ensuite les coloniae foederatae ;
NOTB
ii3
parmi elles noxis n'avons à relever que les
prouve surabondamment r^^/ium de Canu- coloniae foederatae Latinorum ; le régime
sium, publié par M. Mommsen dans ses intérieur de ces villes était celui des douze
inscriptions de Naples. Plus tard & eon- cités latines, calqué lui-même sur la cité
trairement à l'esprit primitif de l'institu- latine entrée la première dans l'alliance
tion, le patronat devint héréditaire; en de Rome, sur Rimini. Il fut plus tard
même temps le titre de patron se multi-
pliait; non-seulement on eut un patron
chargé de la défense continuelle des pri-
vilèges de la cité, mais encore on vit ce
titre accordé à des individus qui une seule
fois, dans une occasion importante, avaient
rendu à la ville des services importants.
Ils recevaient alors le titre de patroni cîv'i-
tatis ; on leur élevait des statues, on leur
votait des inscriptions pompeuses. Ce titre
réglé d'une manière définitive, tant par la
loi Rubria que par la loi Thorïa; voici les
principes sur lesquels reposait cette orga-
nisation :
Tout citoyen a la latinité; il a le droit
de commerce avec les Romains, mais non
pas celui de mariage. Les magistrats &
leurs familles obtiennent le droit de cité
romaine. Du reste, l'administration inté-
rieure est à peu près la même que celle
finit par se prodiguer outre mesure, & les des colonies romaines; seulement, le droit
inscriptions mentionnent des patrons qui
n'avaient pas dépassé la questure dans
l'ordre des honneurs.
Dans la Province Narbonnaise, on trouve
à la fois des patrons des villes & des pa-
trons des campagnes; on peut remarquer
qui les régit est le droit latin & non plus
le droit civil; les habitants payaient l'im-
pôt foncier & la capitation. Ces villes
différaient donc des colonies romaines
plutôt pour l'état des personnes que pour
celui de la ville elle-mêmej elles n'étaient
à ce propos que contrairement à ce qui fédérées que par fiction; une alliance
s'était passé à Rome, où la population ru- étroite entre Rome & les cités latines,
raie avait presque entièrement disparu, il alliance prolongée pendant des siècles,
semble que dans la Narbonnaise, elle sub- avaient réduit à un seul les deux droits
sista longtemps dans les vici & dans les publics qu'elles avaient autrefois & le
paf;î, en restant distincte de celle des vil- droit privé gardait seul son caractère la-
ies". rA. M.] tin. Suivant Strabon, lé principal privi-
lège des villes latines était d'être affran-
' Hcrzog, pp. 27.6 à 269. chics du pouvoir du proconsul; mais ce
Note
ii3
448
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
n'était clans tous les cas qu'une juridic- terminer l'époque à laquelle on y a fondé
tion paternelle, gracieuse, que le gouver- les colonies latines, c'est déterminer en
Note
ii3
neur aurait eu à exercer; elles suppor-
taient d'ailleurs les charges des Romains,
payaient leurs tributs & suivaient leurs
lois. Aussi, à la longue, ne les rangea-t-on
plus au nombre des cités fédérées, & cela
dès le temps d'Agrippa, dont Pline a copié
les Commentaires dans son Histoire natu-
relle. Les citoyens des villes latines ser-
vaient dans les légions romaines; les
inscriptions nous font connaître des lé-
gionnaires de Nimes, de Carcassonne, du
Vêlai, d'Aix & de Cavaillon, car à cette
époque il n'y a plus de légions séparées,
romaines & latines; le service militaire
donnait le droit de cité. Et ce qui prouve
que les cités latines n'étaient plus alors
regardées comme des villes fédérées, c'est
que les soldats fournis par les Voconces
forment des cohortes & des légions sépa-
rées'.
Les cités latines de la Province sont les
suivantes : Carcasum (Carcassonne), Ces-
sera (Saint-Thibéry), Loteva (Lodève), Ne-
mausiis (Nimes), Piscenae (Pézénas), Rus-
cino (Castel-Roussillon), Tolosa (Toulouse)
& Sextantio (Substantion), cette dernière
fondée au deuxième siècle de l'ère chré-
tienne.
Les sources de l'histoire des villes lati-
nes sont d'une part la lex Rubria, donnée
par Jules César aux cités de la Gaule Cisal-
pine en 49; de l'autre, les fameuses ta-
bles de Salpensa & de Malaga, qui ont
servi de fondement au célèbre ouvrage de
M. Mommsen sur le droit municipal de
Rome. Ajoutons que pour bien des points
la lex Julia municipalis peut fournir des
renseignements importajits, s'appliquant
aussi bien aux cités latines qu'aux colonies
romaines.
DE l'époque de la FONDATION DES CITES LATINES
DU LANGUEDOC.
Comme on connaît parfaitement l'épo-
que de la fondation des colonies romaines
de la Province, ou que du moins on peut
la fixer d'une manière assez exacte, dé-
' Herzog, p. i53.
même temps l'époque de son organisation.
Cette question est particulièrement obs-
cure; le laconisme des auteurs anciens,
abréviateurs ou compilateurs sans mé-
thode & sans critique, qui nous ont ra-
conté cette partie de l'histoire romaine,
la perte des livres de Tite-Live, qui trai-
taient cette question, ne permettent pas
d'atteindre des résultats bien précis; il
faut se contenter de simples probabilités.
La Province semble avoir été conquise
en l'an 121 avant J.-C; une colonie ro-
maine y fut installée presque immédiate-
ment, en l'an 118. Fut-elle organisée tout
entière, ou bien resta-t-elle quelques an-
nées encore dans l'état transitoire d'une
première conquête? La dernière opinion
est celle de Pighius, reproduite par Zumpt,
savant allemand de nos jours; celui-ci a
même exagéré le système de son prédéces-
seur en prolongeant cette période de vingt
ans, jusqu'au cinquième consulat de Ma-
rius (100 av. J.-C). Ce système a été com-
battu de nos jours tant par les savants
allemands, Herzog entre autres, que par
M. Barry; dans une note du premier vo-
lume de cette édition (pp. 161-164) on
trouvera réunies les principales raisons
qui permettent de la repousser absolu-
ment.
Est-ce à dire que la Province ait été im-
médiatement couverte des colonies latines
que nous y trouvons cent quatre-vingts
ans plus tard, au temps de Pline? On ne
saurait ni le nier ni l'affirmer; seulement,
si nous faisons remarquer que les témoi-
gnages les plus sérieux s'accordent pour
représenter les Volkes comme s'éfant sou-
mis volontairement (entre autres Dion Cas-
sius), il semblera peu probable que l'on
ait choisi ce moment pour déposséder ces
nouveaux alliés de leurs terres au profit
de colons latins.
Remarquant de plus que pendant toute
la période qui suivit les consulats de Ma-
rins la Province fut bouleversée par tant
de guerres, les gouverneurs s'y succédè-
rent avec tant de rapidité, on en est arrivé
à supposer que les colonies latines n'ont
pu être fondées que par César au moment
Note
ii3
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
449
de sa dictature. Cette question mérite d'ê-
tre examinée î nous croyons que l'on a
beaucoup exagéré le rôle de César dans la
Gaule méridionale. C'est ce que prou-
vera, nous l'espérons, l'examen attentif
des preuves sur lesquelles on a établi cette
opinion.
Un seul texte sérieux a été cité : c'est le
fameux passage du Tibère de Suétone dans
lequel ce biographe, parlant du père de
l'empereur, dit qu'il fut chargé de con-
duire des colonies dans la Gaule, parmi
lesquelles Narbonne & Arles; remarquons
que Suétone ne parle que de villes romai-
nes que Tibérius eut à renouveler & non
pas à fonder, puisqu'elles existaient anté-
rieurement; de plus, il emploie le mot de
colonîae, qui à son époque ne s'appliquait
plus à des cités latines; cette dénomina-
tion leur avait été enlevée. Ainsi donc,
rien qui indique l'établissement de muni-
cipes dans ce texte; d'ailleurs, la mission
de Tibérius dura peu & il eut à établir ou
à renouveler la plupart des colonies ro-
maines de la Province, ce sont les inscrip-
tions qui le prouvent.
La seconde preuve se rapporte à Nimes,
dont M. Mommsen dans son Histoire de la
monnaie romaine, & M. Herzog dans son
Gallia Harbonensis attribuent la fondation
à César, sur la foi de certaines monnaies
frappées dans cette ville. Mais cette opi-
nion nous semble avoir été complète-
ment réfutée par M. Barry', & il paraît
que c'est à Auguste que l'on doit rappor-
ter la fondation de cette grande ville; elle
fat d'ailleurs fondée sur le territoire donné
par Pompée aux Massaliotes en 77, & que
César leur enleva de nouveau après la prise
de leur ville.
Nous arrivons enfin au dernier argu-
ment proposé par M. Herzog, à la fameuse
inscription de Carcassonne. Trouvée à
Rieux-Mérinville, à mi-chemin entre Nar-
bonne & Carcassonne, elle fut publiée
d'abord par M. Herzog dans sa disserta-
tion sur les préteurs de Narbonne, puis
dans son Gallia Narbonensis. Dans le pre-
mier de ces deux ouvrages il l'avait rap-
portée à Narbonne, dans le second il l'at-
' Voir tome I de cette édition, pp. 242 à 261.
IT.
tribua au contraire à Carcassonne. Voici
cette inscription :
G. COMINIO G. F.
VOLT. BITVTIO.N
PRAIT. G. I. G. '
M. Herzog y voit un Cominius Bitution,
préteur municipal de Carcassonne (colo-
niae Juliae Carcasonis). Dans sa première
opinion, il avait supposé que les sigles
voulaient dire : coloniae Juliae Claudiae ;
mais il paraît que le nom complet de Nar-
bonne est autre & doit comprendre coZo-
nia Julia Papiria Claudia Narbo IA.artius.
De plus, le nom de la tribu des cités lati-
nes est Voltinia, tribu qu'indique l'inscrip-
tion, tandis que tous les citoyens & magis-
trats de Narbonne faisaient partie de la
tribu Papiria. Mais d'autre part, expliquer
d'une manière aussi précise des abrévia-
tions dont on n'a qu'un exemple nous pa-
raît le fait d'une mauvaise méthode. En
outre, rappelons qu'une inscription négli-
gée par M. Herzog & reproduite dans le
tome I de cette édition', mentionne comme
vivant à Narbonne & y exerçant les fonc-
tions de duumvir, înterrex & édile, un T. Co-
minius, & M. Barry fait remarquer' que le
nom de Bitutio semble être un diminutif
de Betutius, que l'on retrouve fréquemment
dans les inscriptions narbonnaises. Ainsi
donc s'il paraît établi que cette inscrip-
tion ne se rapporte certainement pas à
Narbonne, il semble certain d'autre part
qu'il est impossible de la rapporter sûre-
ment à Carcassonne.
Cette dernière ville n'apparaît pas dans
l'histoire avant l'ouvrage de Pline, dont la
liste, composée, comme on le sait, sur les
relevés ordonnés par Agrippa, nous l'in-
dique comme l'une des colonies latines de
la Narbonnaise. Elle ne serait donc men-
tionnée antérieurement à Agrippa que
dans l'inscription de M. Herzog & dans
un passage de César, dont le texte a donné
lieu à de nombreuses discussions. Au cha-
' Herzog, Append'ix ep'tgraph'tcuSj n. 266.
* Voir tome I, p. i3o, sous-note 10.
' Voir au tome I de cette édition, p. 129,
sous-note 6.
*9
Note
n3
Note
ii3
4:30
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
pitre XX du livre III de la Guerre des Gau-
les, César dit que le jeune Crassus, sur le
point de partir pour une expédition con-
tre les Sotiates, peuple d'Aquitaine, reçut
des secours des villes {civitates) de la pro-
vince les plus voisines : Toulouse & Nar-
bonne. Les anciennes éditions de César
ajoutaient Carcassonne au nombre de ces
citésj les plus récentes, celles de Nipper-
dei dans la collection Teubner & celle du
Suédois Frigell, publiée à Upsal en 1861,
s'accordent pour le supprimer. D'après le
tableau des manuscrits donné par cette
dernière édition, on voit que si les manus-
crits du neuvième siècle s'accordent pour
omettre le nom de Carcassonne dans ce
passage, un manuscrit du onzième siècle
de la Bibliothèque nationale (lat. 6764) le
donne sous cette forme Carcasone ; Ve est
cédille j à ce manuscrit joignons trois au-
tres du Vatican, de Leyde & de Hanau.
Toutefois, en l'absence de toute autre
preuve, on ne peut rien préjuger quant à
sa présence dans le texte primitif. Remar-
quons cependant que dans la phrase les
noms de villes sont à l'ablatif & que le
mot de Carcasone est aussi à l'ablatif dans
le manuscrit de Paris; or, au onzième siè-
cle, au cas où le manuscrit aurait été écrit
dans le midi de la France, seule manière
d'expliquer une interpolation, la ville de
Carcassonne s'appelait Carcassona depuis
fort longtemps déjà, puisqu'elle n'est pas
autrement nommée dans Grégoire de
Tours; la forme Carcasone se rapproche
visiblement du nom de Kapv.dc(ù donné par
Ptolémée'. Si donc on veut y voir une in-
terpolation, il faut la supposer faite à une
époque ancienne, où le nouveau nom de
Carcassonne n'avait pas encore fait oublier
l'ancien.
Quoi qu'il en soit de ces hypothèses,
que Carcassonne ait été une cité, une ville
latine dès avant la dictature de César, ou
qu'elle ne le soit devenue que plus tard, il
nous semble difficile d'attribuer à César la
fondation de toutes les colonies latines de
la Narbonnaise, & nous croyons qu'il est
difficile de retarder jusqu'à ce moment
l'organisation de ce pays.
' Voyez A. de Valois, Notitia Galliaram^ p. 126.
Avant d'exposer notre opinion, nous
croyons nécessaire de rappeler les princi-
paux événements qui signalèrent les pre-
mières années de la conquête.
La Province romaine fut conquise vers
l'an 121 avant J.-C.,à la suite des victoires
de Domitius & de Sextius. Dès l'an 118, on
y fonde la colonie de Narbonne & l'on y
trace ou répare la célèbre voie Domitia, qui
devait unir l'Italie & l'Espagne. D'après
des témoignages postérieurs, il est vrai,
mais qui semblent empruntés à des sources
dignes de foi, d'après celui de Dion Cas-
sius, notamment, les Volkes Tectosages,
s'étant soumis volontairement, reçurent le
titre d'allié (foederati) & par conséquent
gardèrent leur territoire; on leur imposa
seulement une garnison romaine, proba-
blement pour garder cette place impor-
tante contre les attaques des Gaulois in-
dépendants du nord & de l'ouest. Ainsi
donc, il n'y avait pas lieu de fonder une
colonie, puisqu'il n'y avait pas eu de con-
fiscation de territoire.
Quelques années plus tard, il en était
tout autrement. Les Cimbres & les Teu~
tons envahissent la Gaule vers l'an iio;
vainqueurs des Gaulois du nord, dont ils
ont ravagé les campagnes, ils battent les
Romains en plusieurs rencontres & enta-
ment la Province. C'estalorsque les Volkes,
abandonnant l'alliance romaine, séduits par
les menées des barbares, & désireux proba-
blement de recouvrer complètement leur
indépendance, leur ouvrent les portes de
Toulouse & massacrent la garnison ro-
maine {praesidium) ; cette trahison est ven-
gée par Cépion; mais écrasé par les bar-
bares sur les bords du Rhône, celui-ci dut
sans doute abandonner l'ouest de la Nar-
bonnaise. Plusieurs années s'écoulent :
Marins nommé consul, attend les Cimbres
& les Teutons de pied ferme, réorganise
l'armée & remet le pays sous la domina-
tion romaine. Battu par son questeur,
Sylla, le roi des Volkes, Copillus, est fait
prisonnier. On connaît la suite.
Redevenue maîtresse de ce pays, Rome
dut punir sévèrement une trahison aussi
insigne; en confisquant les terres de ses
alliés infidèles, elle était dans son droit &
elle ne prenait qu'une mesure de pru-
NOTE
ii3
Note
n3
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
45 1
dence. C'est ce que nous rapporte Appien
dans le préambule de son Histoire des
guerres civiles\ Saturninus, au cours de
sa lutte contre les Métellus, proposa un
projet de plébiscite ayant pour but le par-
tage des terres occupées dans les Gaules
parles Cimbres, terres qui n'appartenaient
plus aux Gaulois, mais aux Romains; elles
étaient situées dans la Province, & nul
doute qu'il n'y faille comprendre les terres
des Volkes, alliés des Cimbres pendant plu-
sieurs années.
Ces terres confisquées étaient donc dès
l'an 99 avant J.-C. un sujet de préoccupa-
tions, & un sujet irritant, puisqu'il ser-
vait de prétexte à de nouvelles batailles
entre patriciens & plébéiens : tandis que
vraisemblablement les patriciens voulaient
les laisser provisoirement sans destination,
Saturninus, appuyé sur Marins, préten-
dait l'attribuer a ix Italiens; voici du reste
l'analyse de tout ce passage :
Pendant son sixième consulat, Marins
s'unit aux ennemis de Métellus, contre le-
quel il nourrissait une haine secrète. Pour
la satisfaire Apuléius propose une loi,
décrétant le partage des terres occupées
dans la Gaule par les Cimbres, terres qui
à la suite de l'expulsion de ces peuples
par Marius, ne devaient plus appartenir
aux Gaulois, mais aux Romains. On avait
ajouté à la loi, que si le peuple l'adoptait
& en faisait un plébiscite, le sénat jurerait
d'y obéir dans les cinq jours; celui qui
refuserait ce serment payerait une amende
de vingt talents & serait chassé du sénat.
Cette loi était dirigée contre les patriciens
en général & contre Métellus en particu-
lier, qui, on le savait bien, ne prêterait
jamais un pareil serment. Apuléius fixe le
jour des comices & fait avertir les tribus
rurales, auxquelles il se fiait davantage,
comme composées en grande partie d'an-
ciens soldats de Marius; d'ailleurs cette
loi, faite surtout en vue des alliés italiens,
ne plaisait que peu au peuple de Rome.
Grand tumulte aux comices. Apuléius
chasse des rostres les orateurs qui veulent
parler contre la loi. Les tribus urbaines
ont beau soutenir qu'il tonne, signe né-
' Livre I, c. 21, édit. Didot.
faste, Apuléius n'abandonne pas son en-
treprise. Attaque du peuple da la ville,
qui disperse les habitants de la campagne.
Mais ceux-ci reviennent en plus grand
nombre & finissent par l'emporter. La
charge de Marius l'obligeait à proposer
immédiatement le serment au sénat; c'est
ce qu'il fait, il parle lui-même contre le
serment; Métellus & le sénat l'applaudis-
sent. Cinq jours après, le dernier jour du
délai fixé par la loi, le consul rassemble le
sénat & lui dit : « Quil craint que le peuple
ne soit favorable à la loi. Il croit qu'il faut
jurer dans les termes indiqués par la loi; la
multitude venue des champs se dispersera
alors ; plus tard on pourra alléguer que cette
loi n'en est pas une, puisqu'elle a été emportée
par la force S* sous de mauvais présages. »
Aussitôt Marius se lève & va tout le pre-
mier avec ses amis prêter serment au tem-
ple de Saturne. Les autres sénateurs, sauf
Métellus, font de même; Apuléius excite
la foule contre celui-ci, le fait arracher de
la curie par ses viateurs, & propose une
loi qui frappe Métellus de l'exil & lui in-
terdit le séjour de l'Italie. Le peuple de
Rome indigné veut résister; mais Métellus
refuse de fournir une occasion de troubles
civils & sort volontairement de la ville.
Marius promulgue alors la loi, avec sa dis-
position additionnelle. Quelques mois plus
tard Glaucia & Apuléius périssaient après
une courte résistance au Capitole.
Ainsi donc, de ce passage d'Appien, qui
semble écrit d'après des sources authenti-
ques & contemporaines, il résulte que dès
cette époque (99 avant J.-C), la coloni-
sation de la Gaule méridionale était une
question à l'ordre du jour; les terres oc-
cupées par les Cimbres ayant été confis-
quées au profit de Vager publicus, il fallait
les employer; Saturninus voulait les don-
ner à des colons latins; il parvint à faire
passer sa loi, mais elle ne put certainement
pas être exécutée, car il mourut quelques
mois après. Nous ne prétendons donc pas
faire dater de cette époque la colonisa-
tion de la Gaule narbonnaise; nous pré-
tendons seulement prouver qu'il est in-
vraisemblable qu'on ait attendu cinquante
ans pour prendre une mesure aussi néces-
saire.
NOTB
ni
432
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
D'autre part, il faut remarquer que c'est
à partir des Gracques, malgré leur mort
tragique, que le mouvement de colonisa-
tion du monde romain a pris sa plus
grande extension. On sait que si Tibérius
s'était appuyé sur le peuple de Rome, son
frère Caïus essaya de s'associer les Latins
& les alliés italiens; la même pensée avait
inspiré Scipion Émilienj tous deux péri-
rent, l'un avant d'avoir terminé, l'autre
avant d'avoir seulement ébauché cette
grande tâche. Mais l'exemple donné par
eux fut suivi après leur mort. C'est alors
que l'on fonda les colonies de Narbonne
& d'Aix malgré le sénat, & qui sait si d'au-
tres colonies latines ne furent pas fondées
après la guerre des Cimbres ? Sans doute la
guerre sociale suivit de peu la révolte de
Saturninus, mais peut-être dans l'inter-
valle la loi qu'il avait fait porter fut-elle
exécutée dans une partie de ses disposi-
tions & quelques esprits conciliants cher-
chèrent-ils ainsi à donner aux alliés quel-
ques satisfactions. En tout cas, rien dans le
texte de Suétone, rien dans l'inscription
de Carcassonne ne permet, à notre avis, de
supposer que César ait fondé des colonies
latines dans la Province romaine.
Au cours de la discussion, M, Herzog
mentionne un argument sur lequel, du
reste, il n'insiste pas beaucoup & dont
voici l'exposé. On sait que d'ans les villes
latines, les magistrats sortant de charge &
un certain nombre d'autres notables ob-
tenaient la cité romaine & étaient par
conséquent inscrits dans une des tribus de
la ville, & quand une cité tout entière re-
cevait d'un seul coup la cité romaine, elle
entrait dans la même tribu. Quand dans
une province on établissait à la fois plu-
sieurs colonies, ces colonies recevaient la
même tribu, tandis que lorsqu'elles étaient
fondées isolément, chacune avait la sienne.
Or dans la province, tandis que Narbonne,
Béziers ont chacune leur tribu (Papiria,
Pupînîa) , toutes les cités latines n'ont
qu'une seule tribu : Voltinîa. M. Herzog
en conclut que toutes ces cités furent fon-
dées en même temps. En donnant à cet ar-
gument la valeur qu'il lui attribue, comme
la colonie de Nimes semble avoir été fon-
dée par Auguste, tout son raisonnement
serait détruit par la base & c'est à Auguste
qu'il faudrait attribuer la fondation de
toutes les villes latines de la province.
Mais nous ne croyons pas que cette raison
ait une grande valeur; on peut penser que
plusieurs colonies fondées en même temps
ont reçu à Rome la même tribu, & que
plus tard Auguste ayant fondé une nou-
velle colonie dans la même province, lui
donna la même tribu que les autres".
Les colonies latines à l'origine s'appel-
lent municipia, comme les villes italiennes;
mais à partir de Jules César & pour un
temps elles reçurent le titre de coloniae,
qui impliquait des droits beaucoup plus
élevés. C'est beaucoup plus tard seule-
ment que le nom de civîtates fut appliqué,
tant aux villes latines qu'aux colonies ro-
maines; on le voit paraître à la fin du
deuxième siècle, & à partir de Caracalla il
est seul usité". En effet, à partir de cet
empereur, le droit de cité ayant été con-
cédé à tous les sujets de l'Empire, la prin-
cipale distinction entre les villes romaines
& les villes latines disparut, & un même
nom servit à les distinguer.
Les principaux privilèges des colonies
latines sont les suivants : elles sont exemp-
tes des tributs du sel & de la tête (impôt
foncier & capitation) & s'administrent li-
brement à l'intérieur de leur cité. Leurs
magistrats annuels & élus tiennent leur
autorité des comices & de l'ordre des dé-
curions. Entre les colonies & les muni-
cipes il n'y a aucune différence essentielle
pour l'organisation intérieure; elle réside
tout entière dans des points de détail. Au-
trefois les colonies romaines faisant partie
intégrante de Rome, n'avaient point de
magistrats particuliers; plus tard elles re-
çurent une organisation qui se calqua na-
turellement sur celle des municipes'.
LES ORDRES. — LES MAGISTRATS.
Si nous commençons par les ordres, nous
n'aurons que peu de chose à dire. Cepen-
dant il faut remarquer que les anciens ha-
' Herzog, p. 164.
" Herzog, p. i53.
' Herzog, p. iS"],
Note
ii3
NoTi;
I i3
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
453
bitants du pays restèrent pendant quelque
temps à côté des nouveaux colons dans
une situation qui nous est inconnue. Ceux
de Nimes venaient de recevoir la latinité
quand Strabon écrivit son ouvrage. Nous
trouvons d'ailleurs dans les villes latines
comme ailleurs la plehs & les decuriones.
La première est composée comme dans les
colonies romaines; elle a en principe les
mêmes pouvoirs; seulement elle les a éga-
lement perdus. Les décurions se recrutent
de la même façon, jouissent des mêmes
honneurs, exercent à peu près les mêmes
pouvoirs. Seulement à tous ceux dont ils
Jouissaient dans les colonies, dans les villes
latines ils ajoutaient des pouvoirs judi-
ciaires. C'est au moins ce que semblent
indiquer les fameuses tables de Malaga &
de Salpensa récemment découvertes. On y
voit l'habitant du municipe latin qui a
affranchi un esclave de moins de vingt ans
par-devant les duumvirs, obligé d'en four-
nir la preuve par-devant les décurions. En
outre quand le duumvir a à nommer un
tuteur d'office, s'il ne peut prendre con-
seil de ses collègues, il doit demander
conseil aux décurions. Enfin la loi de Ma-
laga prouve que quand une amende avait
été prononcée par un magistrat, si appel
en était interjeté, c'étaient les décurions
qui prononçaient en dernier ressort. On a
supposé que c'était parce que l'appel était
interdit aux habitants des municipes, &
on en a conclu que tant que les jugements
appartinrent aux comices, le droit d'appel
fut attribué aux décurions '.
Les règles générales qui présidaient au
choix & à l'élection des magistrats des
villes latines furent les mêmes que pour
ceux des colonies romaines. Seulement
leurs pouvoirs y furent un peu plus éten-
dus; à la surveillance des édifices publics,
à l'administration du trésor, ils ajoutèrent
certains pouvoirs judiciaires. Tandis que
dans les cités romaines, les magistrats ne
pouvaient ni nommer un tuteur, ni rece-
voir un affranchissement ou autoriser une
adoption, dans les municipes, ils possé-
daient tous ces droits. C'est au moins ce
que semblent indiquer les documents espa-
' Herzog, p. 212.
gnols plus haut mentionnés. De plus ils
y exerçaient une certaine juridiction con-
tentieuse qui s'étendait sur tous les habi-
tants du municipe; enfin ils pouvaient,
dans certains cas, en tant que le compor-
tait l'exercice de leurs fonctions, infliger
des amendes légères, sans appel aux décu-
rions '.
Comme dans les colonies romaines, les
noms que les magistrats reçoivent dans les
différentes cités latines sont différents,
sans que leurs fonctions le soient. A Tou-
louse nous trouvons des quaestores^ des
quatiuorvïrî, des quattuorvïrî ab aerarlo, &
des praefecd vîgilum & armorum. Ainsi que
nous l'avons vu dans la Note précédante,
on appelait quattuorvïrî, au moins d'après
l'opinion la plus généralement suivie, la
réunion des duumvirs, de l'édile & du
questeur. A l'époque où commence la série
de ses monuments épigraphiques, Tou-
louse était donc administrée comme la
plupart des autres colonies latines par le
collège des quatre magistrats.
A Nimes, au contraire, les noms des ma-
gistratures semblent avoir été beaucoup
plus variables. En suivant l'ordre de date,
on trouve les praetores quatt., les quattuor-
vïrî & les quattuorvïrî ab aerarîs'. Nous
avons déjà indiqué dans la Note précé-
dente quelles ont été les vicissitudes de la
charge de préteur municipal; antérieure à
celle de duumvir, elle lui céda peu à peu
la place; cependant on en trouve encore
dans des inscriptions de Die, qui ne fut
fondée qu'en 27 avant J.-C. M. Herzog
établit d'une manière ingénieuse que ce
titre de préteur a dû survivre à l'an 12
avant J.-C.; en effet, une inscription de
Narbonne' qui le donne fournit en même
temps la forme coerare, qui remplace celle
plus ancienne de coïrare dans une inscrip-
tion de cette date donnée par Orelli. En
tout cas il disparut définitivement au com-
mencement du règne de Tibère, époque
où l'on voit paraître les quattuorvïrî juridi-
cundo. Sous Vespasien paraissent des quat-
tuorvïrî ab aerarîo, magistrats au nombre
' Herzog, p. 224,
* Herzog, p. 2 1 "î.
' Herzog, ^pp- 11" '6.
Note
ii3
Note
ii3
454
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
de quatre, comme l'indique leur nom, qui
exercent leur charge de concert avec le
questeur & l'édile; c'étaient les anciens
duumvirs, dont le nombre avait été doublé
à cause de l'étendue de leurs fonctions &
de leurs occupations multipliées. Ces nou-
veaux magistrats avaient en même temps
pris l'administration spéciale du trésor pu-
blic. On peut attribuer la création de ces
nouvelles magistratures à la grande éten-
due de Vager Nemausensîs. Ce changement
est analogue à celui qui se produisit à
Vienne, colonie romaine; seulement, tan-
dis que dans cette dernière ville on avait
créé des duumvîri aerarïi & des duumvirl
locorum publicorum fersequendorum, à Ni-
mes on a créé des quattuorvîri aerarîî. Dans
le premier cas on a séparé du pouvoir sou-
verain l'administration financière & celle
des travaux publics, dans le second, on lui
a réuni la surveillance du trésor'.
On trouve encore à Nimes un praefectus
vigllum & armorum, sur lequel on a beau-
coup discuté sans atteindre aucun résultat
bien certain. On ne sait si c'était une
charge municipale ou une charge pure-
ment administrative. Pourtant certaines
inscriptions semblent donner raison à la
première hypothèse; car on y voit figurer
des personnes qui paraissent être des ma-
gistrats municipaux. On ne sait par qui ce
personnage était nommé; on a quelque-
fois rapproché son nom de celui du chef
des sept légions de vigiles instituées à
Rome par Auguste contre les incendies.
Peut-être existait-il à Nimes un corps ana-
logue entretenu par la municipalité; son
chef aurait été nommé soit par l'ordre des
décurions, soit par le président de la pro-
vince. On rappelle encore à cette occa-
sion une lettre de Trajan à Pline, dans
laquelle cet empereur lui ordonne de dis-
soudre une corporation de vigiles cons-
tituée par les charpentiers de Nicomédie,
pour veiller aux incendies; l'empereur
craignait sans doute qu'une pareille asso-
ciation ne devînt pour le pouvoir central
une source d'embarras. A Nimes, on voit
cet emploi rempli par des personnages
importants, gratifiés du cheval public
(equo publico ornatus), & ayant le cens
équestre '.
Quant aux patrons, leur rôle dans l'or-
ganisation des villes latines était exacte-
ment le même que dans l'organisation des
colonies romaines.
ADMINISTRATION PUBLIQUE.
Dans leur administration intérieure, les
municipes jouissaient d'une liberté à peu
près complète, mais, comme membres d'un
grand corps, ils étaient astreints à certains
devoirs généraux & soumis au pouvoir du
gouverneur de la province. On sait qu'à
partir d'Auguste les provinces furent divi-
sées en provinces sénatoriales & impéria-
les; les premières depuis longtemps sou-
mises & déjà à demi-romaines, les autres,
provinces frontières, récemment conquises
ou animées d'un esprit dangereux. Parmi
les premières fut la Narbonnaise, qui, dès
le premier siècle de l'ère chrétienne, était
déjà à demi-romaine; elle continua donc
à être gouvernée comme auparavant par
un préteur; mais là comme dans les pays
dont il s'était réservé l'administration,
l'empereur conserva la plus grande auto-
rité, & ce fut généralement de lui que les
agents du pouvoir central reçurent leurs
instructions & leurs pouvoirs. Le préteur,
comme son nom l'indique, réunissait tous
les pouvoirs : chef militaire, il comman-
dait les troupes chargées de garder la pro-
vince & d'y maintenir l'ordre; juge, il
traçait les circonscriptions judiciaires du
pays, indiquait les chefs-lieux de chacune
d'elles & y tenait chaque année les con-
ventus judiciales; il jugeait les causes les
plus importantes, dont ne pouvaient con-
naître les magistrats municipaux; enfin
administrateur, le préteur faisait dresser
les tables du cens (tabulae censoriae) d'après
le recensement quinquennal des duumvirs,
qui répartissait les impôts & les redevan-
ces entre chaque cité; il s'occupait encore
du soin des routes & de l'entretien des
édifices de l'Etat; au point de vue reli-
gieux, il présidait les sacrifices célébrés
au nom de la province. Pour l'aider dans
NoTB
n3
' Herzog, pp. 217, 218.
' Herzog, p. 222.
NoTB
ii3
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
455
ses fonctions, le proconsul a des lieute-
nants, legati pro praetore, qui ne sont guère
que des espèces de lieutenants sans initia-
tive personnelle. A côté du préteur est le
questeur de la province qui tient le compte
de l'impôt, le reçoit & en donne quittance;
pour les assister dans leurs fonctions ces
magistrats ont de nombreux employés in-
férieurs, pris souvent parmi les affranchis
& que l'on appelait assesseurs. En outre,
ils avaient une chancellerie, des scribes &
des notaires'.
Les principales charges qui pesaient sur
les villes étaient les impôts & les redevan-
ces. Les impôts étaient établis d'après la
tabula census, qui fut dressée pour la pre-
mière fois dans tout l'Empire par ordre de
César & terminée pour l'Occident en 27
avant J.-C. C'était à la fois un dénom-
brement & un cadastre : elle contenait
la description des terres & l'énumération
des personnes, & servait à asseoir & l'im-
pôt foncier & la capitation. Elle divisait
les habitants en trois classes : les proprié-
taires du sol, les marchands & les artisans,
enfin les pauvres qui étaient exempts.
Les principaux impôts étaient le trîbu-
tum soîi ou foncier & le tributum capitis
ou capitation. On percevait de plus des
revenus en nature : en vins, en huile, en
froment, & les magistrats avaient droit de
réquisition; c'est ainsi que les Gaules
fournissaient le lin & les voiles des vais-
seaux. Ajoutons encore la vîcesîma liberta-
t'is &■ manumissîonum , le patrimonîum Cae~
saris, dont les produits appartenaient au
trésor impérial. On levait encore le qua-
rantième sur toutes les marchandises pas-
sant de la Narbonnaise dans les autres
provinces (quadragesîma Gallîarum).
Les impôts étaient levés par les magistrats
ou plutôt par les décurions; cependant le
blé exigé pour les armées de passage dans
la province était reçu soit par le procureur
de César, soit dans la Narbonnaise par le
procureur du blé dans la Narbonnaise &
la Ligurie, & d'autre part le vingtième sur
les héritages était payé à Vaerarium mîli-
tare, qu'administrait un bureau spécial'.
Herzog, p. 240.
= Herzog, p. 247.
D^ns l'intérieur de chaque cité c'était à
l'ordre des décurions que revenait le soin
de percevoir & d'acquitter l'impôt; on
sait qu'ils en étaient responsables & que
ce système fut une des principales causes
de la destruction des municipalités romai-
nes au cinquième siècle. L'ordre nommait
des employés, exactores tributorum, qui se
mettaient en relation directe avec les con-
tribuables. Au cas où le chiffre marqué
n'était pas atteint, Vexactor comblait le
déficit ou à son défaut les décurions.
Outre ces impôts payés par les colonies
à l'Etat, elles avaient encore à subvenir
à leurs charges intérieures. Ces charges
étaient l'entretien des monuments publics,
les jeux, les sacrifices, le payement des
médecins & des professeurs d'arts libé-
raux, &c. Les recettes consistaient dans
la location des terrains appartenant à la
ville, dans les droits indirects que les mar-
chandises payaient à leur entrée, dans des
taxes sur les courtisanes, &c. En outre,
on avait des impôts qui atteignaient les
citoyens proportionnellement à leur for-
tune. A toutes ces ressources venaient
s'ajouter les largesses privées; on voit des
statues dressées à des citoyens qui avaient
construit un bain gratuit, donné de beaux
jeux ou fait respecter les privilèges du
municipes. A l'origine, toutes ces charges
étaient acceptées volontairement par les
magistrats; ce n'est qu'à partir de l'empire
& du deuxième siècle que d'honorifiques
elles devinrent obligatoires'.
DÉCADENCE DU SYSTÈME MUNICIPAL.
Après avoir duré plusieurs siècles, le
système municipal arriva sur la fin de
l'Empire romain à une décadence com-
plète, & loin d'être un remède à la si-
tuation difficile créée au monde romain
par la guerre civile & l'invasion des bar-
bares, il ne fut plus qu'un mal de plus
ajouté aux autres maux. Les causes de
cette révolution singulière sont multiples,
mais cependant on peut les ramener faci-
lement à deux principales : d'une part la
destruction des libertés intérieures dont
' Herzog, pp. 829 à 832.
Note
ii3
Note
ii3
436
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
jouissaient les municîpes, de l'autre, déve-
loppement du système financier & par
suite écrasement de la classe moyenne.
Avant d'examiner ces deux faits, remar-
quons qu'à mesure que l'on avance vers la
pouvoir central auprès de la colonie; les
patrons acceptaient comme une charge
honorifique le soin des affaires de la ville,
les curateurs s'en acquittaient comme d'un
emploi; les uns protégeaient, les autres
période barbare, les distinctions légères surveillaient. Aussi cette institution eut-
qui jusque-là avaient séparé les colonies elle pour conséquence nécessaire d'enle-
romaines & les municîpes s'affaiblissent de ver aux municipalités tout ressort inté-
plus en plus; les anciennes colonies de- rieur, toute activité & toute vie',
viennent des civitas ou metropoUs, suivant Les fonctions municipales étaient gra-
qu'elles sont villes ou capitales d'une pro- fuites; le jour où elles devinrent une
vince, & plusieurs d'entre elles tombent charge, personne ne voulut en supporter
au rang de simples castella. le poids. Nous avons dit plus haut que les
On comprend qu'un pouvoir aussi cen- décurions dans leur ensemble étaient res-
tralisateur que le pouvoir impérial n'ait ponsables du payement intégral de l'impôt,
pu longtemps s'accommoder de la liberté Quand, à la fin de l'Empire romain, les
intérieure dont jouissaient primitivement impôts devinrent écrasants & dépassèrent
les munîdpcj. L'un des premiers qui semble toute proportion, ils se trouvèrent dans
y avoir porté atteinte, c'est Trajan; admi-
nistrateur habile, soigneux, pour ne pas
dire méticuleux, prévoyant, on le voit
dans sa correspondance avec Pline le
une situation lamentable; placés entre les
contribuables qui, ruinés par les guerres
civiles & les invasions, ne pouvaient payer
& le gouvernement central qui avait de
Jeune s'occuper des moindres détails de plus en plus besoin d'argent & adminis-
l'administration intérieure des cités, leur trait le trésor d'une façon déplorable, ils
allouer des subsides pour des construc- durent payer seuls pour tous; mais alors
lions publiques, dissoudre des corpora- ils ne s'appellent plus décurions, ce sont
tions d'ouvriers qui lui paraissaient dan-
gereuses; en un mot, s'occuper des mille
détails d'une administration municipale.
Il est probable que pas plus que les villes
asiatiques, les cités des Gaules ne furent
les curlaUs, & l'on sait tout ce que ce nom
rappelle de misères 8c de malheurs. Fu-
rent compris parmi les curiahs tous ceux
dont la fortune en terres dépassait vingt-
cinq arpents {jugera)], on n'en excepta
à l'abri de cette tutelle ombrageuse. C'est que les classes privilégiées, fort nombreu-
sous Trajan que paraissent les curatores ses, & la charge fut héréditaire. Le code
rerum publicarum; choisis généralement de Théodose, à la fin du quatrième siècle,
par l'empereur en dehors du munic'ipe contient & résume à ce sujet les législa-
qu'ils devaient administrer, pris dans l'or- tiOns antérieures; il nous montre le curiale
dre équestre de "Rome, parmi ceux qui enchaîné à sa charge, astreint à toutes
avaient rempli quelque charge honorable, les obligations qu'elle peut comporter,
ils étaient nommés pour un temps indé- On lui défend successivement d'habiter la
terminé & étaient sans doute révocables à campagne pour se soustraire aux charges
volonté; ils administraient une ou plu- qu'entraînait le séjour à la ville, d'entrer
sieurs villes. Leurs fonctions consistaient dans l'armée, dont les membres étaient
dans l'examen des comptes municipaux, exempts de l'impôt; ils ne peuvent le faire
l'inspection des monuments publics dont qu'après avoir parcouru tout le cercle des
ils ordonnaient la réparation; ils veillaient honneurs; pour entrer dans les ordres, il
aussi à faire respecter le cens; en un mot, leur faut trouver un remplaçant qui ac-
c'était une sorte de tuteur que l'empereur cepte les charges & le titre de curiale. En
donnait aux municipalités. Comme on l'a outre, ils étaient assujettis à certains im-
fait remarquer, ils jouaient un rôle tout pots spéciaux qui ne pesaient que sur
opposé à celui des patrons; ceux-ci rcpré- eux & devaient fournir des recrues (,tiro-
sentaient la colonie à Rome auprès du
pouvoir central , eux représentaient le ■ Herzog, pp. 253, 7.5.].
Note
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Note
ii3
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
457
nés), avec tout leur équipement, ou payer
une somme équivaleiiie. Leurs privilégesi»
étaient faibles, eu égard à leurs charges;
s'ils tombaient dans la misère, la curie de-
vait les nourrir, & dans aucun cas ils ne
pouvaient être mis à la torture. Une fois
qu'ils avaient traversé sans encombre la
série des magistratures, ils pouvaient es-
pérer prendre place parmi les clarissimes
ou les comtes de l'empire.
Cette nouvelle situation faite aux mu-
nicipalités amena la création d'une nou-
velle magistrature inconnue aux temps
antérieurs. Ce fut celle du defensor civita-
tîs ; nommé tantôt par la curie tout en-
tière, tantôt par le peuple, c'est une sorte
de patron local ayant des attributions ju-
diciaires, défendant la cité contre les em-
piétements du pouvoir central, en un mot,
un défenseur, un avocat toujours prêt à
plaider sa cause. Ce fut à cette fonction
que les évêques durent une grande partie
de leur influence, & c'est probablement à
son exercice qu'il faut attribuer le déve-
loppement de leur pouvoir politique sous
les rois barbares.
Les municipalités, devenues ainsi un
rouage administratif, disparurent presque
complètement quand les barbares envahi-
rent les Gaules; elles s'effondrèrent dès le
cinquième siècle; les curiales se hâtèrent
de sortir de l'étroite prison dans laquelle
les avaient enfermés les lois impériales,
& de toute cette organisation savante il
ne resta plus que le souvenir & quelques
termes conservés dans les formules juridi-
ques'. [A. M.]
' Nous ne parlons pas ici de la théorie qui veut
rattacher aux municipalités antiques le mouve-
ment communal du moyen âge. Sans vouloir
trancher d'un seul coup une aussi difficile ques-
tion, nous ferons toutefois observer que l'exis-
tence des municipia romains est absolument im-
probable après l'époque barbare. Pour assimiler
les communes des onzième & douzième siècles aux
ir.unicipes gallo-romains, il faut, croyons-nous,
connaître bien superficiellement les uns & les au-
tres, & d'ailleurs, tant qu'on n'aura pas produit
un texte des siècles intermédiaires constatant
l'existence réelle 8c continue des duumvirs 8c des
dccurions, nous refuserons toute créance à des
théories mal fondées & impossibles à prouver.
NOTE CXIV
AJOUTÉE PAR LES NOUVEAUX ÉDITEURS.
Numismatique de la province de
Languedoc,
I
PÉRIODE ANTiaUE
PRÉLIMINAIRES
AU treizième siècle, dit dom Vaissete,
lorsque le nom de Languedoc fut mis
en usage, il désignait presque la moitié de
la France. La numismatique raisonnée des
pays de langue d'Oc, aux diverses époques
de leur histoire, serait donc une œuvre de
longue haleine qui ne saurait trouver ici
sa place; aussi me bornerai-je, à peu
près, aux monnaies que peut revendiquer
la province de Languedoc telle qu'elle
était constituée au dernier siècle.
A l'époque oix commence la période mo-
nétaire, le vaste territoire qui forma cette
province était presque entièrement oc-
cupé par des hommes de race celtique'.
On rencontrait : au nord, les Helviens, les
Vellaves, les Gabales & la portion des
Rutènes qui fut comprise plus tard dans
la Province romaine; au centre, le grand
' La race celtique a couvert l'Occident à une
époque très-reculée; mais au quatrième siècle avant
Jésus-Christ, alors que s'introduisit chez les hom-
mes de cette race l'usage de la monnaie, les histo-
riens grecs désignaient sous le nom de FaXdtTat les
peuples répandus le long du Danube &. ceux qui,
comme les Volkes, commençaient à jouer un rôle
prépondérant entre le Rhône & les Pyrénées. J'em-
ploierai donc le mot Gaulois de préférence au mot
Celte, dans la description des médailles, sans me
préoccuper si ces deux ethniques sont synonymes,
comme le pense M. d'Arbois de Jubainville (Re-
vue archéologique , îS'/S, t. 3o, p. 4), ou si le se-
cond désigne, suivant la théorie de M. Alexandre
Bertrand {Revue arc/tcalogi<fue, 1875, t. 29, p. 281),
un rameau spécial qui aurait étendu son nom sur
une grande partie de la Celtique.
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NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
peuple des Volkes; au sud, vers la mer, premières étapes de l'invasion d'orient en
encore des Volkes, puis des Ibères & d'au- "bccident. D'autres «se formèrent sur le
très peuplades peu importantes, diverses haut Danube, puis s'étendirent sur la rive
d'origine, & auxquelles on ne saurait at- droite du Rhin. Enfin ce fleuve & les Alpes
tribuer avec sûreté aucune monnaie. De furent franchis, & la vaste agglomération
cette donnée ethnographique, il ressort qui devait recevoir plus tard le nom de
tout d'abord que les monnaies gauloises
devaient être les plus communes des pièces
antiques qui se rencontrent en Languedoc.
Les monnaies ibériques & les monnaies
romaines sont, en effet, moins nombreuses
& surtout moins variées. Mais, pour bien
saisir les caractères spéciaux du monnayage
Gaule, se forma entre les deux mers. Les
Celtes se trouvèrent ainsi, aux deux extré-
mités de leur domination, en face du
monde grec : dans les contrées danubien-
nes, ils étaient voisins de la Macédoine;
sur le littoral de la mer Intérieure, ils
communiquaient très -facilement avec la
qui fut propre aux Gaulois des contrées Grande -Grèce, tandis qu'ils touchaient,
enserrées dans le Languedoc, il faut se re-
porter d'une manière générale à l'origine,
au développement & aux transformations
du signe d'échange chez les peuples de race
celtique.
d'un côté à la Massaliètide, de l'autre aux
colonies grecques de l'Ibérie. Les rela-
tions volontaires ou imposées qui s'éta-
blirent à la longue entre une race, vieille
déjà de civilisation & de richesses, & une
La race celtique, au temps de sa force race intelligente & jeune, firent naître
expansive & de ses conquêtes, n'était pas chez celle-ci de nouveaux besoins, parmi
confinée dans les limites de la Gaule de lesquels figurait nécessairement & au pre-
César; elle formait une vaste domination mier rang le signe d'échange. Or, & c'est
qui s'étendait au travers de l'Europe & dont un fait acquis, le peuple le moins puissant
les diverses parties constituaient un tout. s'est toujours borné à imiter le système
Les plus anciens centres celtiques se trou-
vaient au nord de la Grèce 'j c'étaient les
' On ne saurait admettre le système trop atsolu
en vertu duquel les Gaulois, débordant en masse
sur l'Europe, auraient poussé tout d'abord jusqu'au
sol lointain de la France actuelle & n'auraient
que plus tard, opérant un mouvement inverse,
lancé sur la Grèce & sur l'Asie-Mineure le trop
plein de leur population. Les conquêtes durables
se font pas à pas, & la vallée de l'Ister, l'une des
grandes routes de l'invasion, fut assurément occu-
pée avant la rive gauche du Rhin & le versant
occidental des Alpes. Si les Gaulois de notre Gaule
s'implantèrent chez les Ibères & jusque dans l'île
de Bretagne, ils ne fournirent pas seuls sans doute
les migrations ou les bandes de mercenaires qui
ravagèrent le nord de l'Italie. Ce sont, dans tous
les cas, les Gaulois du Dajiube qui devinrent pour
la Grèce un danger permanent. Est-ce à dire pour
cela que les habitants du Danube auraient seuls
pris part à l'expédition contre Delphes, ainsi qu'on
doit le conjecturer d'après le témoignage de Polybe
(1. 4, c. 46) & de Pausanias [Descrïp. de la. Grèce, 1. i ,
c. 4, 5 4), qui étaient Grecs l'un & l'autre, partant
bien informés, & dont le premier vivait à une épo-
que assez peu éloignée des événements? Il est diffi-
cile de se prononcer, non-seulement parce qu'il y a
beaucoup de témoignages opposés, mais parce que,
monétaire de l'autre, sauf à modifier plus
tard le type des espèces; le statère d'or &
ses divisions, la drachme d'argent, ses mul-
tiples & ses sous-multiples devaient donc
devenir & sont devenus, en effet, les mon-
naies des peuples gaulois. Ce fut, d'après
les prototypes grecs, vers la fin du qua-
trième siècle avant J.-C, que le travail
d'assimilation commença. Les premières
monnaies sont remarquables par leur exé-
cution & témoignent d'un développement
artistique & industriel qui surprend '.
s'il est incontestable que les familles gauloises ont
dû se scinder au début tout en gardant leur nom, ce
qui a induit en erreur les géographes & les histo-
riens anciens, il ne faut pas oublier non plus que
le génie gaulois comportait les expéditions loin-
taines, & que les Volkes des bords du Rhône & de
la Garonne ont pu envoyer des secours aux Volkes
du Danube, lorsque ceux-ci ont envahi la Grèce
& la haute Phrygie. (Consulter, à ce sujet, A. Ber-
trand, Celtes, Gaulois & Francs, in-8°, 1878, p. 28.)
' La fabrication des monnaies antiques en gé-
néral & spécialement des monnaies du Danube ou
de notre Gaule dont les reliefs étaient prononcés
& le métal de bon titre, du moins dans les pre-
miers temps, exigeait des machines très-puissantes
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NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
459
La race gauloise prit ses modèles moné-
taires dans diverses parties du monde grec
& même dans l'île de Thasos; mais elle
imita surtout les monnaies de Macédoine
&, parmi elles, celles de Philippe II (36o-
336)'. Néanmoins les deux principaux mé-
taux, l'or & l'argent, ne furent pas égale-
ment employés partout. Sur le Danube
on ne frappa relativement que peu d'or,
& l'argent devint la véritable monnaie
usuelle sous forme de drachmes & surtout
de tetradrachmes. Au contraire, dans notre
Gaule, du moins au centre & au nord, la
monnaie qui domina tout d'abord fut le sta-
tère d'or au type de Philippe'. Le statère
était, comme on sait, un signe d'échange
en quelque sorte international, qui fut co-
pié ou adopté de divers côtés, même chez
les dynastes d'Asie'. Les premiers statères
& la pratique de difficiles procédés d'affinage. La
gravure sur coin, même lorsqu'on se bornait à
imiter les types grecs avec addition d'accessoires,
suppose, de son côté, une culture artistique fort
avancée. Les monnaies sont un critérium de la ci-
vilisation dont on ne tient pas d'ordinaire un
compte suffisant.
' On trouve aussi en Pannonie des contrefaçons
du statère d'or d'Alexandre, & en Dacie des imi-
tations sur flan d'or de la monnaie d'argent de Ly-
simaque (Mommse.v, Hist. de la monn. rom,; tra-
duite par MM. de Blacas & de Witte, t. 3, p. 291).
' Il existe aussi de rares pièces d'or gauloises
copiées sur des statères qui se frappaient en Sicile
avant le milieu du troisième siècle, époque où cette
île, réduite en province romaine, n'émit plus que
du cuivre & quelques petites pièces d'argent.
■• On a cru longtemps que l'usage de frapper des
statères d'or, au type de Philippe II de Macé-
doine, ne s'était introduit dans notre Gaule qu'a-
vec le butin rapporté de Delphes à Toulouse.
M. Charles Lenormant, lui-même, a longuement
soutenu cette thèse [Revue num. i856, p. 3o3 &
suiv.); mais les résultats de l'expédition de Delphes
sont fort contestés (Strabon, 1. 4, c. 1, $ i3) SiTon
n'est même pas certain qu'elle ait été faite par les
Tectosages de notre Gaule; enfin, en admettant
que l'or du temple de Delphes ait été rapporté à
Toulouse, il faudrait expliquer comment cet or
consistait en statères de Philippe, mort depuis
longtemps. M. Lenormant veut que les Phocéens,
qui avaient eux-mêmes pillé le trésor de Delphes,
aient été contraints à le reconstituer en monnaies
au type de Philippe; mais c'est là une hypothèse
toute gratuite. Le type de Philippe, il ne faut pas
frappés en Gaule sont de fort bonnes imi-
tations, reconnaissables cependant à un
faire tout particulier trahissant la main
d'un artiste indigène; les accessoires dési-
gnant, dans les prototypes grecs, les ate-
liers monétaires, sont d'abord copiés habi-
lement'. Puis l'initiative des graveurs de
coin & le goût particulier à la Gaule pren-
nent peu à peu leur essor j le flan se
charge de détails nombreux & bizarres,
exécutés souvent avec une grande rudesse;
la tête d'Apollon s'altère & se couvre de
coiffures exubérantes ou de mèches désor-
données & entremêlées de divers orne-
ments; le bige grec se déforme & n'est
plus représenté que par un seul cheval &
une roue placée quelquefois devant celui-
ci. Le conducteur, dans quelques ateliers,
est remplacé par un oiseau ou par un ob-
jet informe. Enfin le cheval prend une
tête humaine chez les Armoricains, tandis
qu'il se montre chez les Belges sous l'as-
pect bizarre d'un animal dont tous les
membres sont disjoints'. L'art né au con-
tact des Grecs avait dégénéré chez la plu-
part des Gaulois, lorsqu'ils succombèrent
sous les armes romaines', & l'on peut croire
que la culture générale des hommes de cette
race avait elle-même déchu ■•.
l'oublier, ne s'est pas introduit que chez les Gau»
lois, & l'on ne saurait douter qu'ils l'aient adopté
à l'époque même où il était en pleine circulation.
' Le même fait s'est produit dans les monnaies
du Danube, sur lesquelles M. Millier (Numism.
d'Alexandre le Grand, Copenhague, i855, p. 384)
a retrouvé des emblèmes qui, significatifs chez les
Grecs qui les avaient choisis, n'avaient plus sur
les pièces d'imitation que la valeur d'un orne-
ment, mais en facilitaient la circulation.
' Ces singulières représentations du cheval s'ob-
tenaient par l'application successive, dans le coin
monétaire, de poinçons peu exacts correspondant
chacun à une partie de l'animal.
' Parmi les productions faisant encore hon-
neur à l'art, dans les derniers temps de l'autono-
mie gauloise, on peut citer les statères sur les-
quels on lit : Vercingetorix, & qui paraissent, sans
qu'on en soit absolument certain, avoir été frap-
pés par le dernier défenseur de la liberté gauloise
& non par un chef plus ancien ayant eu la même
dénonination.
^ Strabon [Géographie, 1. 4, c. 4, 2 6)» •iP''"
avoir rapporté ce qu'un auteur ancien disait des
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460
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Les monnaies d'argent ont été rares dans
le Centre & dans le Nord de notre Gaule
jusqu'à l'époque où le système romain s'y
substitua à ce qui restait du système grec;
mais elles sont devenues de bonne heure
abondantes dans le Midi. Cette différence
tient à des conditions topographiques par-
ticulières. Les Volkes & les autres peuples,
dont le territoire correspond au Roussillon
& au Languedoc, se trouvaient, en effet,
enclavés vers la mer, entre la Massaliètide
& les comptoirs grecs de Rhoda & d'Empo-
rium; or, dans ces centres commerciaux,
l'argent seul était transformé en espèces
monnayées & de petit échantillon", tandis
que l'or s'employait au poids. Il en fut de
même dans la puissante colonie phéni-
cienne de Gadès, en Sicile, dès le milieu
du troisième siècle, lorsque cette île fut
devenue province romaine, en Italie & à
Rome mème^. Il était donc naturel que
les Volkes & les autres habitants du Lan-
guedoc admissent le système monétaire des
peuples plus civilisés avec lesquels ils
étaient en rapport & que, se séparant du
reste de la Gaule, ils renonçassent aux sta-
tères empruntés, au début, à la Macédoine
ou à la Sicile', & ne fissent plus que des
habitudes tout helléniques des Gaulois, ajoute
qu'une telle appréciation a lieu de surprendre
lorsqu'on voit ce qu'ils étaient devenus.
' Contrairement aux peuples de la Grèce, qui
admettaient les tétradrachmes, les Phocéens de la
Massaliètide &d'Emporlum, & les Rhodiens d'Ibé-
rie ne se servirent guère que de la drachme.
' Ce ne fut que très-tard, sous Sylla, lorsque la
Gaule du midi était déjà conquise, que la Répu-
blique eut de l'or monnayé, & encore ne s'agis-
sait-il que de pièces frappées dans les armées ou
dans les provinces par les généraux, proconsuls
ou préteurs, agissant en vertu des droits de V'impe-
rium. L'or ne devint, à proprement parler, mon-
naie d'Etat dans le monde romain , qu'à partir
d'Auguste } jusque-là les grands payements se fai-
saient au poids & depuis longtemps la plus forte
partie de l'encaisse de Vaerarlum était constituée
en lingots d'or.
' Les monnaies d'or siciliennes dont on ren-
contre des copies en Gaule, sont anciennes & né-
cessairement antérieures à l'année 241 où l'île fut
réduite en province romaine, ou tout au moins à
l'année 210 qui vit la chute du royatime de Sy-
racuse.
monnaies d'argent. Ces monnaies d'argent
étaient destinées à l'appoint & aux tran-
sactions de détail; c'est l'or au poids qui
fournissait le moyen d'opérer les grands
payements. Le fait ici est parfaitement
d'accord avec la théorie, puisque des mon-
naies gauloises d'argent se trouvent encore
en fort grande abondance dans le Midi
& qu'il est constaté, par le récit de Stra-
bon', que les Tolosates conservaient dans
les étangs sacrés, comme dans le lieu le
plus sûr ([j.âÀiaTa S'aÙTsïç aï X([i-vai r^v àau}a'av
T:ap£T/ov)% de l'or & de l'argent, sous forme
de lingots, (3âp-/] , & de meules travaillées
au marteau, [xuXcuç cçpup'rjXaTcuç. Quant aux
rares statères d'or qui se rencontrent dans
le Languedoc, ils peuvent provenir, sui-
vant leur type, d'une fabrication faite, soit
très-anciennement' par les Volkes, soit
plus tard par des peuples situés au nord de
cette province, qui durent conserver très-
longtemps l'étalon d'or, comme on le fit
généralement dans la partie centrale de la
Gaule. En effet, les Vellaves & les Ga-
bales étaient clients des Arvernes & ont
dû nécessairement adopter le système de
cette puissante nation, où l'or monnayé
dominait; il en est de même des Helviens
qui demeurèrent dans la clientèle des Ar-
vernes jusqu'au moment où Pompée les
rattacha aux Massaliètes. Les Rutènes, que
César classa plus tard dans la Celtique,
ont dû aussi se servir d'or comme les peu-
ples du centre''.
Les monnaies d'argent qui se rencon-
trent dans le Languedoc, ne se rapportent
qu'exceptionnellement aux types de la
' Géographie, 1. 4, c. i, i3.
" Ihid. 1. 4, c. I, p. i3.
' J'ai vu, il y a quelques années, dans la collec-
tion de M. Mathon, à Béziers, un statère d'or des
premiers temps de l'imitation, dont l'origine gau-
loise ne se trahissait que par la forme bouletée des
lèvres & par quelques détails d'exécution. Peut-
être était-il de fabrication méridionale.
■* Si l'on s'en rapportait au témoignage isolé
d'une Ou deux trouvailles, dont je parlerai plus
loin, les habitants de la partie méridionale du
pays des Rutènes. ceux-là mêmes qui appartinrent
à la Province romaine, auraient eu, au contraire,
cîu moins pour l'argent, le système des Volkes,
! ^'ît ils étaient voisina.
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NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
461
Massaliètide; c'est de la monnaie de Rhoda
qu'elles procèdent, d'abord par des imi-
tations serviles, puis plus tard par des
imitations plus lointaines qui sont d'une
abondance extrême &: qui sont connues des
numismatistes, sous le nom impropre de
monnaies à la croix. Ces monnaies n'ont
été attribuées jusqu'ici qu'aux seuls Tec-
tosages; mais, en raison même de leur
abondance & du rayon étendu de leur gi-
sement, il est difficile de ne pas admettre
qu'elles appartiennent non-seulement à
toute la race volke, & par conséquent aux
Arécomiques, mais aux Bituriges Vivis-
ques" & même aux habitants du sud-ouest
de la Gaule, entre la Garonne & l'Océan,
que Strabon désigna plus tard sous le nom
d'Aquitains & qui étaient encore très-nom-
breux de son temps\ Il paraît, en effet,
malgré l'opinion contraire qui a prévalu
jusqu'à ce jour, difficile de supposer que
ces hommes, complètement entourés de
peuples ayant des monnaies', soient res-
tés isolés & n'aient pas adopté l'usage du
signe d'échange. Quoi qu'il en soit, la
question demeure douteuse, & c'est aux
Volkes que reviendra toujours la plus
grande part dans le puissant monnayage,
dont les produits se rencontrent, non-seu-
lement entre l'Océan & le Rhône, mais sur
la rive gauche de ce fleuve & jusques en
Souabe. Il convient donc de réunir quel-
ques courts détails sur cette nation consi-
dérable.
Les Volkes, dans le grand mouvement
d'orient en occident, semblent, à divers
indices, avoir formé d'abord des établisse-
ments sur le bas & le moyen Danube"*, puis
vers la source de ce fleuve & sur la rive
' On ignore en quel siècle les Bituriges Vivis-
ques ont franchi l'estuaire de la Garonne & créé
Bordeaux j mais il est probable que ce fut à une
époque où le monnayage qui nous occupe durait
encore.
' Strabon porte à plus de vingt le nombre de ces
petits peuples {Géogr. 1. 4, c. 2).
' Les Aquitains étaient voisins des Volkes à
l'est, des Santons au nord, &, au sud, des peuples
d'Hispanie.
* Justin (1, 32, c. 3) signale la présence des
Volkes en Pannonie.
droite du haut Rhin '. De là, débordant sur
le sol de la France actuelle, ils envahirent
la vallée du Rhône & le pays qui s'étend
au sud & à l'ouest des Cévennes, pendant
que d'autres nations gauloises occupaient
le bassin de la Loire ou celui de la Seine.
L'histoire n'a pas enregistré les luttes que
ces conquérants eurent à soutenir contre
les indigènes ou les hommes de^ leur race
venus avant eux. On n'est pas fixé sur
l'époque des derniers établissements gau-
lois; mais dans le sud de notre pays ils
avaient eu lieu avant le commencement de
la période monétaire'. En 211, les Volkes
étaient maîtres des deux rives du Rhône,
car ce sont eux qui disputent ce fleuve à
l'armée d'AnnibaP; ils étaient donc encore
à cette époque en communication facile
avec les rameaux de leur race demeurés
sur le haut Danube & sur le haut Rhin.
Ce fait était à constater; il aura son im-
portance pour la partie de mon travail
consacrée à la description raisonnée des
monnaies. Plus tard les Volkes de notre
Gaule paraissent s'être retirés sur la rive
droite du Rhône, faisant de ce fleuve la
' César (1. 4, c. 24), qui ne parle que des peu-
ples qui lui étaient opposés, cite les Tectosages
comme habitant la lisière de la forêt Hercynia,
dont la partie occidentale était enclavée entre le
Rhin & le Danube ; de son côté, Isidore de Séville
[Etymol. 9, c. 2) constate qu'il y avait, de son
temps, des Tolosates, c'est-à-dire des Tectosages,
sur la rive droite du Rhin, au milieu des Bructères
& des Chamaves qui étaient Germains.
' M. d'Arbois de Jubainville [Revue des questions
hist. 1873, p. 37 & suiv.), dans un article sur
l'étymologie du nom des Volkes, remarque que le
périple de Scylax ne met encore que des Ligures &
des Ibères sur le rivage de la Méditerranée aujour-
d'hui français, tandis que le Traité du monde, at-
tribué à Aristote (c. 3), nomme cette partie de la
côte raXaTr/.6; x6X-oç. Le savant celtiste en conclut
que les Gaulois ne dominèrent sur la Méditerra-
née qu'après la rédaction du périple de Scylax,
c'est-à-dire pas avant le milieu du quatrième siècle
avant J.-C. Ce serait à peu près l'époque où com-
mence pour les Gaulois la période monétaire j
mais la date qu'il assigne à ce périple n'est pas
admise par tout le monde. Cf. Letronne, Journal
des Savants, 1826, p. 267, & Muller, Geographici
minores, éd. Didot, i 855-6 1, prolégomènes, p. 44.
3 Tite-Live, Histor. 1. 21, c. 26.
462
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
barrière qui devait les séparer des Vocon-
tiens & des Salyes. Le territoire situé au
sud des Cévennes leur appartenait &, vers
l'ouest, ils avaient dépassé la haute Ga-
ronne, dans une partie de son parcours '.
Au sud, suivant dom Vaissete', ils auraient
cuser devant le sénat le préteur Manius
Fontéius '.
Les grandes nations gauloises se subdivi-
saient en plusieurs peuples ou avaient des
clients. On ne sait à ce sujet rien de cer-
tain sur les Volkes de notre Gaule, sinon
Note
114
occupé les territoires qui formèrent, dans qu'ils se divisaient en Tectosages à l'ouest,
les temps modernes, le Roussillon & le
comté de Foix. J'ai déjà dit qu'il y avait
aussi, dans ces deux dernières contrées,
d'autres populations & notamment des
hommes de race ibère.
Les Volkes, à une époque qui n'est
pas déterminée, subirent, comme presque
toute la Gaule, la domination des Arver-
nes j mais, d'après ce qu'on sait de la cons-
titution politique des Gaulois, une domi-
nation de cette nature n'était qu'une sorte
de suzeraineté, ne comportant pas l'ab-
sorption des pouvoirs administratifs^ aussi
n'est-il pas probable que les types volkes
aient jamais été abandonnés pour les types
arvernes. Les Volkes, au temps de Cicé-
ron, étaient un des deux principaux peu-
ples de la Narbonnaisej ce sont eux qui
s'étaient chargés, avec les AUobroges, d'ac-
' C'est du moins l'avis de quelques auteurs,
tandis que d'autres prétendent que les Volkes ne
dépassèrent pas l'Ariége. Les premiers ont pour
eux Pline (1. 3, c. 5, p. 6) qui constate que les
Tolosates étaient des Volkes; les seconds s'ap-
puient sur César (de Bello Galîico, 1. 3, c. 27) qui
range au nombre des Aquitains les Garumni, chez
qui la Garonne prenait naissance, & sur Strabon
{Géographie, 1. 4, c. i, p. i) qui fait des monts
Cemnènes ou plutôt des Corbières, qui en sont la
partie méridionale, la ligne de démarcation entre
la Celtique & l'Aquitaine j mais ces divers témoi-
gnages ne s'excluent pas. En effet, les peuples
dépossédés par les nouveaux venus se retiraient
d'ordinaire vers la montagne, laissant à l'en-
vahisseur le plat pays. On comprend donc que
les anciens habitants, à l'arrivée des Volkes, se
soient retirés vers les Pyrénées & vers l'ouest, en
sorte que les sources de la Garonne auraient con-
tinué à leur appartenir, tandis que les Volkes
auraient possédé le fleuve & l'auraient même dé-
passé à une certaine distance de sa source. Strabon,
d'ailleurs, dit plus loin (1. 4, c. 2, p. i) que le
territoire des Aquitains ne commençait qu'à la Ga-
ronne. Cf. Mém. de la. Société d'archéologie du Midi
de la France, 1849, p. 244, art. de M. Jouglar.
' Voir au tome I de cette édition, p. iio.
& en Arécomiques à l'est j que les Tecto-
sages comprenaient les Tolosates, chez qui
était située Tolosa, dont le territoire ren-
ferme une énorme quantité de monnaies de
type volke. Les Arécomiques ne paraissent
que tard dans l'histoire*. Les monnaies
gauloises qui leur appartiennent incon-
testablement, sont relativement modernes.
Leur métropole était Nimes; mais leur ville
la plus importante était Narbonne, dont
l'existence est constatée par Hécatée de
Milet' dès le commencement du cinquième
siècle avant J.-C. Narbonne était le seul
grand port sur la mer Intérieure dont pus-
sent librement user les Gaulois, car le
golfe galatique était enserré d'un côté par
la Massaliètide, de l'autre par les colonies
grecques de Rhoda & d'Emporium. Aussi
ce port recevait-il les marchandises de
toute la Gaule"* & même, par la Garonne
& l'Aude, l'étain & les produits de l'île de
Bretagne, destinés aux besoins de l'Italie
ou de la Grèce. L'importance du transit &
du commerce qui se faisaient ainsi sur le
territoire des Volkes, explique l'extrême
abondance du numéraire qu'ils nous ont
laissé. Nimes a eu un monnayage spécial
important, composé d'abord de monnaies
à légendes grecques, puis de monnaies à
légendes latines. Quant à Narbonne, elle
ne peut revendiquer sûrement aucune
monnaie J nous verrons plus loin, toute-
fois, qu'on a proposé de lui attribuer des
bronzes à légendes ibères. Cette ville ayant
obtenu le droit romain, son atelier mo-
nétaire, s'il avait existé, aurait été fermé,
du moins sous la République. Nimes, au
contraire, qui n'eut que le droit latin,
' Cicéron, pro Fontelo, p. 1 1.
' Strabon & Pline sont les premiers qui aient
parlé des Arécomiques.
^ Fragmenta historiaram graec. publiés par Ch.
&Th. Muller, Paris, Didot, i853, t. i, p. 2, l 19.
■* Strabon, 1. 4, c. i, p. 2.
Note
"4
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
463
frappa monnaie longtemps après avoir été
annexée, avec toute la Narbonnaise, au
territoire de la République.
J'ai déjà parlé des peuples qui bordaient
les côtes de la mer Intérieure & dit com-
bien il est difficile d'établir quelque chose
de précis à leur égard. Les Arécomiques
possédaient la mer par Narbonne, & l'on
doit supposer, d'après divers indices, que
les Tectosages avaient eu pied sur le golfe
galatique, sans en être les seuls habi-
tants, car les Sordones, qui étaient Ibè-
res, occupaient incontestablement, pen-
dant la période monétaire, la partie des
côtes voisine du promontoire pyrénéen.
D'autres peuples avaient aussi leur place
sur les bords de la merj mais rien n'est
plus obscur que l'histoire de la Gaule
méridionale dont la possession fut long-
temps disputée & par les envahisseurs ve-
nus du nord-est & par ceux que la mer
amenait. C'est ainsi, pour citer un seul
exemple, que les Bébryces, mentionnés
par plusieurs auteurs anciens ' & auxquels
on a cru pouvoir attribuer des monnaies,
nous sont présentés successivement par les
érudits modernes, comme Ligures % Ibè-
res', & Gaulois"*, ou même comme n'ayant
pas existé sur notre sol '. Aux peuples
' Cf. Scymnus de Chio [Orhls dese, dans les Geog.
minores, éd. Miiller, t. i, p. 204, v. 200); Silius
Italiens (v. 418 & suiv.); Dion Cassius [Hist,
Rom. I. 34) } Etienne de Byzance (au mot), &c.
" Walckenaer, Géographie des Gaules, t. i, p. 87
& suiv.
^ Boudard, Numismati<iue ihérienne, p. 240 8c
SUÏY.
4 M. de Saulcy [Rev. arch. 1867, t. i5, p. 84),
corrigeant le texte de Festus Avienus {Ora marit,
y. 585), fait des Bébryces un peuple qui aurait
formé, avec Narbonne pour capitale, un véritable
royaume, aux chefs duquel se rapporteraient des
monnaies gauloises à légendes grecques, qui seront
décrites plus loin.
^ Adrien de Valois (Notitia, au mot), dom Vais-
sete (tome I de eette édition, p. ii5 & suiv.),
& d'Anville {Notice de la Gaule, au mot Atacini,
p. 107), contestent qu'il y ait eu aux environs de
Narbonne un peuple nommé Bébryces. Le Diction-
naire archéologique de la Gaule (au mot), combat
cette opinion &, sans se prononcer sur la race des
Bébryces, il accepte leur existence & constate qu'ils
avaient laissé leur nom à la mer de Narbonne.
dont parle l'histoire ou que mentionnent
vaguement les périples, il faut encore
joindre d'autres peuples, ainsi que le prou-
vent les légendes monétaires. Que d'em-
barras !
Outre les monnaies de Nimes, le numé-
raire qui paraît appartenir aux parties du
Languedoc & du Roussillon les plus voi-
sines de la mer, se compose de pièces de
bronze présentant entre elles de grandes
analogies de fabrique j mais les unes sont
grecques par les légendes & gauloises par
les noms, tandis que les autres sont revê-
tues de légendes ibériques. Je me conten-
terai donc, quand le moment sera venu,
d'étudier ces pièces en elles-mêmes, de dé-
terminer leurs caractères particuliers &,
autant que possible, leur âge relatif, mais
je m'abstiendrai d'hypothèses sur les peu-
ples par lesquels ou pour lesquels elles
ont été fabriquées.
DESCRIPTION
Nous arrivons maintenant à la descrip-
tion des diverses monnaies qui appartien-
nent au Languedoc. Aucune monnaie d'or
ne pouvant être attribuée avec quelque
certitude à cette province, nous commen-
cerons par les pièces d'argent les plus
anciennes, c'est-à-dire par les imitations
pures du type de Rhoda^ je donnerai en-
suite des spécimens des nombreuses va-
riétés, fabriquées pour la plupart par les
Tectosages, & qui ressemblent encore,
mais de plus loin, à ce modèle. Puis vien-
Ce nom, qui aurait subsisté en dehors des no-
menclatures officielles de Rome, se retrouve au
douzième siècle, dans Zonaras {Annales, édit. de
Du Cange, 1686, t. i, p. 406). La Commission de
la topographie des Gaules, acceptant la correction
de M. de Saulcy, identifie d'ailleurs les Bébryces
avec un autre peuple, les Élisyces de Festus Avie-
nus. Il est à remarquer que Hécatée (édit. citée,
t. I, p. 2, ? 20) nomme aussi les Elisyces, &,
comme cet auteur écrivait à la fin du sixième
siècle ou au commencement du cinquième avant
J.-C, le nom qu'il rapporte devrait prévaloir sur
celui de Bébryces, dans l'hypothèse où les deux
peuples n'en feraient qu'un. — Voir aussi la note
de M. Edward Barry, insérée au tome I de cette
édition, p. 3 & suiv.
Note
"4
Note
114
464
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
(Iront les pièces à légendes. Ces monnaies
formeront huit groupes :
1° Monnaies d'argent servilement imi-
tées des drachmes de Rhoda, au type de la
rose retournée, & divers spécimens de dé-
générescence;
2° Monnaies d'argent, dites à la croix,
complètement anépigraphes, qui rappel-
lent encore, mais de plus loin, le proto-
type de Rhoda, à la rose retournée, & qui
empruntent quelquefois les accessoires de
leur type aux monnaies d'Emporium ou à
celles de Sicile. Ce groupe considérable se
partagera en deux, suivant que le revers
ne présentera pas ou présentera une hache;
3° Monnaies d'argent procédant à la
fois, au droit, du type de Rhoda à la rose
vue en dessus &, au revers, du type de
Rhoda à la rose retournée;
4° Monnaies diverses d'argent, soit ané-
pigraphes, soit à légendes latines ou ibéri-
ques, qui se rattachent au second groupe
& au troisième par un ou plusieurs termes
intermédiaires;
5° Monnaies d'argent & monnaies de
bronze appartenant aux Arécomiques în
génère;
6° Spécimens en argent & en bronze du
monnayage particulier de Nimes;
7° Bronzes portant, en caractères grecs,
les uns des ethniques, parmi lesquels celui
de Béziers, les autres des noms gaulois
avec ou sans le titre de BA2IAEY2J
8° Bronzes dont les légendes sont tra-
cées en caractères ibériques.
Les quatre premiers groupes sont liés
entre eux par l'enchaînement des types;
le cinquième & le sixième n'ont de liaison
ni avec ceux qui les précèdent, ni avec
ceux qui les suivent. Les deux derniers
sont complètement indépendants des au-
tres; ils appartiennent tous les deux à un
même système monétaire.
PREMIER GROUPE
IMITATIONS PURES DE LA DRACHME DE RHODA
Pendant que Marseille exerçait, non-
seulement sur le littoral, entre le Rhône
& les Alpes, mais au delà des Alpes, dans
l'Italie septentrionale, une influence que
nous démontrent incontestablement les
monnaies de ces contrées", les colonies
grecques de Rhoda & d'Emporium, fon-
dées l'une & l'autre sur la côte des Indi-
gètes, au sud du promontoire pyrénéen,
avaient, avec les peuples dont le territoire
forma depuis le Roussillon & le Lan-
guedoc, des relations suivies, des marchés
communs, & voyaient leurs drachmes con-
trefaites, avec plus ou moins d'habileté,
au nord des Pyrénées. Les drachmes d'Em-
porium" ont été copiées sur plusieurs
points de la Gaule' mais n'y ont pas créé,
comme celles de Rhoda, un type national;
je les négligerai donc pour ne m'occuper
que des drachmes de Rhoda & de leurs
contrefaçons.
Scymnus de Chio"* dit que Rhoda avait
été bâtie autrefois par les Rhodiens d'Asie
Mineure; Strabon^ donne dubitativement
à cette ville la même origine & ajoute
qu'elle appartenait de son temps aux Em-
poritains : on croit, en effet, qu'Empo-
' Les villes de la Massaliètide & quelques peu-
ples voisins avaient adopté le type de Marseille,
en changeant les légendes (conférer de la Saussaye,
Num. de la Narh. passim). Les Gaulois de la Cisal-
pine ont contrefait la drachme au lion, en cher-
chant à imiter la légende MAISAAIHTQN, ou en se
bornant à la remplacer par des caractères informes
& sans signification (voyez un article que j'ai
publié dans la Revue numismatique, année 1860,
p. 202).
" Les drachmes d'Emporium comportent deux
types. Dans le premier, le droit représente la tête
de Cérès à gauche & le revers un cheval debout,
au-dessus duquel plane uneVictoire ailée. Dans le
second, la tête de Cérès regarde à droite j des pois-
sons, comme sur diverses monnaies de Sicile, sont
placés, deux devant le visage, un derrière la tête;
au revers, le champ est occupé par un cheval ailé.
Conférer A. Heiss, op. laud. p. 87 & pi. I.
3 On a trouvé des imitations de la drachme d'Em-
porium jusque dans le Limousin. Il existe aussi
des monnaies de provenance & d'attribution in-
certaines, dans lesquelles il y a quelque chose du
second type; la Victoire qui plane sur le cheval
n'est plus représentée que par une sorte de courbe
surmontée d'un point.
■♦ Geographici minores publiés par Millier j édi-
tion Didot, t. 1, p. 204.
5 Geogr. 1. 3, c. 4, 8.
Note
114
Note
"4
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
465
Lorsque la rose est vue en dessus, le
rium, ville importante, habitée à la fois sition naturelle. Dans le premier cas, qui
par des Grecs & par des Ibères, que sépa- est le plus fréquent, le calice & la tige
rait un mur, avait, peu de temps après sa coupée se confondent en projection & sont
fondation, absorbé sa voisine, ce qui ex- figurés par un petit globe, qui marque le
pliquerait comment les monnaies d'Em- centre de la pièce. Du calice.se détachent
porium sont moins anciennes & ont duré les sépales barbus, qui partagent le cnamp
plus longtemps que celles de Rhoda. Quant en quatre parties égales; dans chacun des
à la date précise de la fondation de cette angles se développe un large pétale, ou
dernière ville, il est difficile de la déter- bien un double système de pétales dont les
miner. M. Heiss, sans donner de preuves, plus longs sont repliés sur eux-mêmes,
adopte l'année SyS avant J.-C. En admet-
tant avec le même auteur" qu'Emporium
soit du cinquième siècle & que le mon-
nayage de Rhoda ait cessé quand com-
mença celui de cette colonie, les drach-
mes qui nous occupent remonteraient au
sixième siècle ou tout au moins au cin-
quième; cette époque me paraît trop re-
culée. Les drachmes de Rhoda sont assu- centre est marqué par la gerbe des étami-
rément très-anciennes & auraient même, nés & le champ de la pièce est occupé par
suivant M. de Longpérier, précédé celles huit pétales, posés deux à deux & sem-
de Rhodes; mais je ne pense pas qu'on blant légèrement repliés sur eux-mêmes,
puisse les faire remonter au delà du qua- ainsi que cela se produit lorsque la florai-
trième siècle. Or, comme il est de noto- son est très-avancée. Les extrémités des
riété en numismatique que les premières quatre folioles barbues apparaissent dans
contrefaçons sont émises à l'époque même les quatre angles rentrants formés par les
où les prototypes sont mis en circulation^ pétales,
on peut en conclure que nos copies sont
elles-mêmes anciennes & "n'ont pas été
frappées très-longtemps après les statères /^/'P^^Ê^X i/?'^
au type grec du bige, qui sont du qua- i i- / . ^zW) \vtr-
trième siècle & qu'on considère comme les
premières monnaies de la Gaule.
La drachme de Rhoda d'Ibérie, qui a été
si souvent imitée au nord des Pyréénes, est La fleur que nous montrent les drachmes
très-pure d'exécution; elle présente d'un de Rhoda d'Ibérie ne diffère pas de celle
côté une tête de divinité' avec le nom du que les Rhodiens adoptèrent comme type
peuple, de l'autre une rose épanouie, vue & qu'ils introduisirent dans les ateliers
soit retournée, soit en dessus, dans sa po- monétaires de la Lycie & de l'île de Nisy-
ros". Les numismatistes ont vu aussi sur
• Deicr'tp. gén. des monn. ant. de l'Espagne, p. 84. quelques monnaies de Rhodes la fleur d'une
' C'est ainsi, à une autre époque, que les mon- sorte de grenadier, nommé balaustium, avec
naies des grands Etats, telles que le gros tournois laquelle peut se confondre une rose sau-
de France & l'esterling d'Angleterre, ont été con- ^^gg représentée à peine entr'ouverte &
trefaites, aussitôt leur apparition sur les marchés.
Les espèces, ainsi introduites dans les ateliers des
barons 8c des évêques, y ont créé de nouveaux
systèmes monétaires, dont les produits successifs
ont été en s'a f faiblissant dans leur poids & leur
titre &. en se modifiant dans leur type.
' Cette tête, fréquente sur les monnaies de Si-
cile, estd'attribution incertaine. Cf. toutefois Kevae
num. 1840, p. 412, & 1866, p. 392.
II.
comprimée encore entre ses sépales'. Il
' A. de Longpérier, Revue num. 1840, p. 406 &
sulv.
' Voir [Revue num. 1 863, p. 224 & pi. X) une
médaille de Rhodes, classée par M. Waddington
entre l'an 406 avant J.-C. & la paix d'Antalcidas,
en 387.
3o
Note
114
Note
"4
466
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
semble que les artistes, chargés de graver
les coins monétaires dans les villes du nom
de Rhoda', se soient plu à représenter sous
tous ses aspects la fleur qui servait à ce
nom d'expression phonétique.
La taille des monnaies a varié dans le
monde grec, suivant les pays & les temps,
&, comme les procédés de fabrication
étaient imparfaits & que des pièces fabri- lier & pendants d'oreille^ devant le visage
quées par des faussaires se rencontrent quelques caractères ne présentant plus au-
dans les dépôts, il arrive que des spéci- cun sens & destinés seulement à tenir la
mens, frappés dans le même système, ne place du mot POAHTflN.
donnent pas, à la balance, tout à fait le REVERS. Rose épanouie, retournée &
même poids^ en outre, il n'est pas sans laissant voir deux systèmes de pétales sur
exemple que le même Etat ait frappé dans lesquels se détachent les quatre sépales
deux systèmes différents j il est donc sou- barbus.
monnaies au droi't jdesqlielles la tête de
divinité est encore très-reconnaissable. Ce
n'est qu'à la troisième planche que je don-
nerai, n° I & n" 2, des imitations de l'autre
type de Rhoda, c'est-à-dire de celui où la
rose est vue en dessus.
N° I. Tête de femme à gauche, avec col-
NOTE
114
vent difficile de déterminer le système au-
quel appartient le numéraire d'une colonie
lointaine, surtout lorsque les pesées n'ont
pas porté sur un grand nombre d'exem-
plaires & qu'on ne table pas, par consé-
quent, sur de bonnes moyennes. Aussi
M. Mommsen" renonce-t-il à faire entrer
les espèces de Rhoda d'Ibérie dans un
des systèmes drachmiques de la Grèce.
M. Vasquez Queypo% plus osé, fixe à 4888
le poids que devaient présenter les drach-
mes de Rhoda & les rattache, ainsi que
celles d'Emporium, au système olympique.
Le type de Rhoda, dont les imitations
se rencontrent le plus fréquemment, est,
comme je viens de le dire, celui où la rose
étant retournée, les sépales barbus décou-
pent le champ de la pièce en quatre parties
égales. Je vais réunir, du n° i au n" 4 de
la planche première, des spécimens de ces
contrefaçons^ on verra ensuite des exem-
ples anciens de la croix à branches lisses
substituée aux sépales barbues, et enfin,
sous les n°' 7 & 8, un dispositif cruciforme
tout particulier qui apparaît au revers de
' La ville grecque de Rhoda ou Rhodanusia,
qui s'élevait à l'embouchure du Rhône suivant
quelques auteurs & qui n'existait plus au temps de
Pline (Hist. nat. 1. 3, c. 5 & 6), a peut-être aussi
donné le type de la rose à ses monnaies, si toute-
fois elle en a eu. Les pièces attribuées jusqu'à ce
jour à Rhodanusia appartiennent à d'autres villes.
' Hist. de la monnaie romaine; traduction de
MM. de Blacas &. de Witte, t. 3, p. 242.
^ Systèmes métriques & monétaires des anciens
peuples; in-8°, iSSp, t. 3, p. 72.
Cabinet de France j argent d'assez bas titre;
4 grammes 98; pi. I, fig. i.
Cette pièce a un poids élevé, qui dépasse
même celui que M. Vasquez Queypo assi-
gne à l'étalon; elle est par conséquent
fort ancienne, car les premières & bonnes
imitations, chez les peuples secondaires de
tous les pays, ont eu seules le poids du
prototype.
N° 2. Tête de femme tournée à gauche,
comme celle du n" i, mais de style tout à
fait barbare; le champ est vide devant le
visage, l'artiste gaulois ou ibère, qui avait
composé le coin, n'ayant pas pris la peine
d'y disposer des traits à la place de la lé-
gende grecque.
R. Les pétales sont disposés comme au
second revers du premier prototype grec,
sauf qu'ils sont étroits. Les sépales ne sont
plus que des bandes en croix régulière-
ment dentelées.
Cabinet de France; argent; 4,93; pi. I, fig, 2.
Il eût été facile, si l'espace l'avait per-
mis, de placer des termes intermédiaires
entre le n° i & le n° 2 '.
N° 3. Tête analogue à celle du n° 2, mais
plus barbare encore.
R. Croix dentelée, avec un seul reste de
pétale dans chaque angle ou canton.
Cabinet de France; argent; 4,93; pi. I, fig. 3.
' On peiit voir quelques-unes de ces variétés
soit au Cabinet de France, soit dans les collec-
tions particulières.
Note
114
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
467
N" 4. Tète à gauche d'assez bon style;
collier & pendants d'oreille; sur le front
se dresse une sorte d'aigrette, en arrière
de laquelle sont figurées des mèches de
cheveux qui descendent jusqu'au cou.
R. Croix à branches minces & dentelées,
reproduisant assez fidèlement les sépales
du n° I, seulement les folioles adhérant à
la tige en sont séparées & forment quatre
petits croissants, aux pointes tournées en
dehors. Un filet circulaire remplace les
pétales les plus courts; des objets courbés
& arrondis, semblables à ceux du n° 3,
figurent dans chaque canton" les autres pé-
tales.
Cabinet de France; argent; 4,85; pi. I, fig. 4.
Le n"4 est beaucoup plus voisin, comme
art, du prototype grec que les n"* 2 & 3; il
appartient à une autre série d'imitations.
On a trouvé, il y a quelques années,
dans la Charente, un assez grand nombre
de pièces dont la tête est plus en relief &
plus barbare que celle du n" 4, mais dont
le revers est le même; ces pièces, moins
anciennes, ne pesaient guère que 4,20.
N° 5. Tête à gauche, analogue à celle du
n° I, mais de style différent & de moins
bonne exécution.
R. Aucun reste de pétales; filet circu-
laire comme au n° 4, d'un diamètre pres-
que égal à celui du flan & limitant deux
barres à angle droit & sans dentelure, qui
remplacent les sépales; en sorte que le
type du revers représente une roue à qua-
tre rayons, ce qui le rapproche complète-
ment de certaines oboles de Marseille",
& jusqu'à un certain point de diverses
monnaies de la Sicile & de la Calabre'.
On réunissait souvent plusieurs éléments
d'imitation dans un même coin monétaire
pour étendre sa circulation.
Ancienne coll. de la Saussaye; argent; 5,oo ;
pi. I, fig. 5.
N° 6, Tète à gauche, plus barbare 8c dé-
notant une époque moins ancienne.
Cf. de la Saussaye.
' Torremuzza, Siciliae vcteres numm'i, pi. XXXII,
14, & Sambon, Monn. de la presqu'île italique,
in-4°, 1870, pi. XVII, n. 2.
R. Barres évidées, se croisant h angle
droit au milieu du cTiamp, dépassant,
comme au.n" 4, le filet circulaire à peine
accusé & se prolongeant jusqu'aux bords
du flan.
Coll. Charles Robert; argent; 4,3(;; pi. I, fig. 6.
N* 7. Tête à gauche, assez heureuse dans
ses proportions générales, mais barbare
dans ses détails; les pendants d'oreille re-
posent sur le collier.
R. Dispositif formé de quatre courbes
rentrantes, se confondant deux à deux vers
les extrémités du flan; au centre, un globe
entouré de trois points & d'un petit trian-
gle.
Coll. Charles Robert; argent; 4,67; pi. I, fig. 7.
N" 8. Tète à gauche ; le pendant d'oreille
tombe très-bas.
R. Dispositif analogue à celui du n" 7;
mais les courbes sont plus aplaties & for-
ment un quadrilatère dont les côtés sont
presque droits; du centre, marqué par un
point qu'entoure un annelet, partent qua-
tre fuseaux évidés aboutissant aux angles.
Dessin communiqué par M. de la Saussaye;
argent; 4,17; pi. I, fig. 8.
Cette monnaie, la précédente & leurs
variétés portent, au droit, une tête qui rap-
pelle toujours la divinité féminine; mais,
par le quadrilatère curviligne du revers,
elles s'éloignent du type de Rhoda; je
les ai intercalées ici parce que le qua-
drilatère de leur revers reparaîtra plus
loin sur d'autres pièces comme signe ac-
cessoire.
Les huit monnaies qui précèdent ont un
poids élevé, qui se rapproche assez de
celui du prototype de Rhoda pour qu'on
puisse croire qu'elles étaient destinées à
circuler sur le même pied que celui-ci.
Elles sont fréquentes, dit-on, aux envi-
rons de Castelnaudary, & M. A. Heiss
pense qu'elles ne se rencontrent jamais
au sud des Pyrénées. Il est difficile, en
présence de renseignements aussi peu pré-
cis, de faire des conjectures sur le peuple
gaulois ou ibère auquel elles doivent être
attribuées. Quant à l'âge de ces contrefa-
çons, du moins des mieu'x exécutées, il ne
NOTR
1 1/,
Note
114
468
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
doit pas différer beaucoup de celui des ces qui procèdent de la rose retournée',
prototypes eux-mêmes, puisque les peu- la fleur n'est plus représentée que par ses
pies imitateurs choisissaient nécessaire- sépales en croix, qui ont même perdu,
ment pour modèles des pièces en pleine dans presque toutes les variétés, les den-
circulation; puis la copie servile, une fois telures qui les caractérisent. Les restes de
naturalisée dans leurs ateliers monétaires, pétales, d'abord représentés comme sur le
se reproduisait en s'altérant. On peut spécimen des imitations directes, gravé
croire, en se reportant à ce qui a été dit sous le n° 4 de la planche I, se transfor-
plus haut au sujet de Rhoda, que les ment bientôt en croissants ou font place
drachmes forgées au type de cette colo- à de petits objets extrêmement variés,
nie sont fort anciennes; mais on ne peut Les monnaies à la croix ont été long-
dire jusqu'à quelle époque leur fabrica- temps négligées ; cependant des spécimens,
tion s'est prolongée.
recueillis au dernier siècle dans la riche
mine de Vieille-Toulouse, avaient été étu-
diés par quelques antiquaires & par Duby
lui-même. Ce dernier', partageant un
préjugé populaire accepté aussi par Fauris
de Saint-Vincens', les identifiait avec les
monnaies frappées à Melgueil par les évè-
ques de Maguelone & dont les caractères
DEUXIEME GROUPE
MONNAIES ANÉPIGRAPHES A LA CROIX AVEC ACCESSOIRES
DIVERS
Les pièces d'argent dites à la croix' for
ment, isolées &: en nombre, le fond des arabes attirèrent, en 1266, les censures de
trouvailles du Languedoc; elles se ren- Clément IV''. Le conservateur des mé-
contrent même, mais moins fréquemment,
dans une partie de l'Aquitaine &, à l'est,
au delà du Rhône'. La quantité des mon-
naies à la croix recueillies depuis quel-
ques années paraît prodigieuse, lorsqu'on
considère depuis combien de siècles le sol
est remué. Cette abondance avait déjà été
constatée au dernier siècle, & l'abbé Au-
dibert' rapporte que les paysans deman-
daient à travailler pour rien à Vieille-
' On reviendra plus loin sur les imitations
(pi. III, fig. 1 & 2) qui procèdent de la rose vue
par dessus.
' Monnaies des prélats & barons, t. i, pi. XIV,
n"* 2 & 3.
^ Dissertation sur les monnaies de Provence, in-
sérée dans l'Histoire de Papon.
* On fit au moyen âge de nombreuses imitations
& contrefaçons de la monnaie arabe. M. de Long-
périer (Kevue num. 1 856, p. 63) a publié une mon-
Toulouse, certains qu'ils étaient de se naie d'or de Bérenger Raimond, comte de Barce-
dédommager par les monnaies qu'ils re-
cueillaient. Ces monnaies dites à la croix
se rattachent à la drachme de Rhoda par
plusieurs termes intermédiaires, qui ont
été décrits dans le groupe précédent. La
tête est encore une tête de femme, sauf
lone (1017 à io35), sur laquelle on voit au droit,
en légende circulaire : RAIMVNDVS COMES, &
sur l'une & l'autre face, en caractères arabes, l'ins-
cription verticale des monnaies frappées par son
contemporain, le prince hammoudite Yahia, roi de
Malaga. Plus tard, les monnaies d'or & d'argent
des Almoravides s'étant répandues dans le Midi de
de rares exceptions; mais, dans les divers la France, plusieurs barons se hâtèrent d'en faire
aspects qu'elle revêt, on ne trouve pour fabriquer des contrefaçons. Ce sont des pièces d'à r-
ainsi dire plus rien de l'image pure & si gent nommées millares que l'évêque Bérenger de
caractéristique du prototype grec.
Au revers, pour ne parler que des piè-
' Il n'existe que deux ou trois monnaies de
bronze, de provenance encore incertaine, pouvant,
par leur type, se rattacher aux monnaies d'argent
à la croix.
* Cf. de Crazannes, Revue num. 1839, p. 161.
' Dissertation sur les origines de Toulouse, 1764,
p. 8.
Frédol fabriquait au nom de Mahomet. La fabri-
cation des monnaies à légendes arabes n'avait pas
seulement lieu au château de Melgueil ; aussi
saint Louis reprochait-il à son frère, Alphonse de
Toulouse, de tolérer qu'on frappât, dans le comté
venaissin, des pièces sur lesquelles on donnait à
Mahomet le titre de prophète de Dieu. (Germain,
Anciennes monnaies seigneuriales de Melgueil & de
Montpellier, in-4°, 1862, p. 33; 8c Monnaie maho-
métane attribuée a un évêque, publications de la
société arch. de Montpellier, t. 3, p. 683 & suiv.)
Note
114
Note
114
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
469
dailles du Roi, Barthélémy, 'consulté par
le savant toulousain, Audibert, reconnut
le premier que les pièces à la croix étaient
gauloises & n'hésita pas à les attribuer
bases d'une classification de cet important
numéraire, d'après le type des têtes repré-
sentées ; de son côté, M. de la Saussaye
avait signalé quelques spécimens qui lui pa-
aux Volkes Tectosages'; cette opinion a raissaient particulièrement anciens, parce
été reproduite par M.Dumège'. Sestini
& M. de Lagoy"*, allant plus loin, ont
entrevu dans ces pièces le souvenir de la
monnaie frappée en Ibérie par les Grecs
de Rhoda, mais ils ont eu tort de les attri-
buer à une autre ville de même ethnique.
qu'on y pouvait encore reconnaître la tête
divine, telle qu'elle se voit sur les imita-
tions directes de la drachme de Rhoda. Il y
a assurément dans le travail de ces deux sa-
vants des principes qui ne devront pas être
négligés, mais dont l'application est loin
Rhoda ou Rhodanusia, colonie grecque d'être générale. En effet, dans quelques
qui passe pour avoir existé à l'embouchure
du Rhône. Un habile numismatiste, M. de
Crazannes% a réfuté sans peine la locali-
sation à Rhodanusia de l'immense numé-
raire à la croix, mais il s'est trompé à son
trouvailles, & notamment dans celle de Bé-
ziers, il y a des pièces portant des têtes de
style fort différent & semblant, par l'état
de leur conservation, n'avoir pas circulé
plus longtemps les unes que les autres.
tour en considérant les deux barres qui Dans d'autres dépôts les têtes se reprodui-
se croisent dans le champ à angle droit
comme un type essentiellement national &
usité chez les Gaulois dès la plus haute
antiquité & avant même l'arrivée des Grecs
qui fondèrent Marseille & les villes du
nom de Rhoda. Le type grec a précédé le
type gaulois.
sent & les revers changent. Il faut donc
renoncer à entreprendre un classement
rationnel, par époque & par contrée, des
monnaies d'argent au type de la croix, tant
que de nouvelles trouvailles, soigneuse-
ment enregistrées & étudiées par les ar-
chéologues du pays, n'auront pas apporté
Le cadre de cet article ne permettant de nouveaux & nombreux éléments d'ap-
pas de citer & encore moins de reproduire
dans les planches toutes les variétés con-
nues des monnaies muettes à la croix, je
me suis borné à faire un choix des spéci-
mens les mieux caractérisés par le type de
la tête au droit, ou, au revers, par les ob-
jets représentés dans les cantons de la
croix. Si quelquefois j'ai fait suivre un de
ces spécimens d'une pièce n'en différant
prédation. M. de Saulcy avait formé deux
grandes divisions, comprenant l'une les
monnaies ayant une hache au revers, l'au-
tre les monnaies sur lesquelles cette arme
ou cet outil n'est pas représenté. Je sui-
vrai son exemple, non que je considère ces
deux sortes de pièces comme correspondant
bien nettement à des contrées différentes
ou comme n'appartenant pas à la même
que fort peu, c'est que je voulais montrer époque, mais uniquement parce que c'est
qu'on se contentait souvent, pour obtenir
un coin nouveau, d'y changer un de ces
objets accessoires ou seulement de les
poinçonner dans un ordre inverse.
Un maître, M. de Saulcy^ avait posé les
' Audibert, Dissertation sur les origines de Tou-
louse ; Toulouse, 1764, in-S",
''Monuments des Volces Tectosages ; Toulouse,
1814, in-S".
^ Medaglie Ispane , i8i8, p. i8o & pi. VIII,
n°* 3 à 7.
^ Notice sur l'attribution de quelques médailles des
Gaules, 1837, p. 4.
Dissertation sur les monnaies gauloises au type
de la croix ou de la roue; Toulouse, 1839, in-4".
* Revue num. 1867, p. i & suiv.
un moyen de mettre de l'ordre dans la
description. Quant aux variétés comprises
dans chaque division, je m'efforcerai de
suivre, autant que possible, l'enchaîneni: iit
des types du revers, sans me préoccuper
des têtes & en commençant, bien enteiuiii,
parles pièces qui se rattaclient encore net-
tement au prototype de Rhoda. Je signa-
lerai cependant, à l'occasion, les têtes de
bon style & les plus barbares en appa-
rence, sans affirmer que les unes soient
les premiers produits, les autres les der-
niers du monnayage à la croix, car l'étran-
geté des visages ou des coiffures peut être
le fait d'un atelier aussi bien que d'une
époque ou d'une tradition, hiératique.
NoTi;
114
Note
114
470
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Les monnaies à la hache, que je ne dé-
crirai du reste qu'après les autres, avaient
été considérées par mes devanciers comme
présentant une particularité qui contri-
buait à les distinguer spécialement j je
veux parler de deux poissons, placés de-
vant le visage & empruntés soit à diverses
monnaies de Sicile", soit aux drachmes
d'Emporiumj mais les poissons se rencon-
trent aussi dans le champ du droit des piè-
ces au revers desquelles la hache n'existe
pas. Il arrive souvent, sur les monnaies à
la croix de l'un & de l'autre groupe, que
les poissons soient remplacés par deux
branches dentelées ou même par un fleu-
ron qui semble sortir de la bouche.
M. de Barthélémy a bien voulu revoir
avec moi le classement de ce deuxième
groupe.
PREMIER SOUS-GROUPE
Monnaies sans la hache.
N° I. Tète à gauche • devant le visage les
poissons d'Emporium.
R. Croix cantonnée de quatre restes de
pétales, comme au n° 3 des imitations di-
rectes de la drachme de Rhoda, au type de
la rose retournée.
Trésor de Béziers'; coll. Charles Robert} flan
bien arrondi j argent; 4,60; pi, I, fig. 9.
Cette pièce offre ainsi un souvenir des
types monétaires de deux ateliers.
N° 2. Tète à gauche j chevelure exubé-
rante, mais bien rendue j les poissons ne
paraissent pas avoir existé. Le visage, d'art
tout gaulois, n'est pas sans une certaine
harmonie.
R. Croix cantonnée de quatre restes de
pétales, comme au numéro précédent, &
d'un objet en forme d'oreille.
Rencontrée à Béziers & dans l'Aveyron; Cabi-
net de Francej argent; flan bien arrondi; 3,65;
pi. I, fig. I o.
' Cf. Torremiizza, Vet. num, Sic'iViae, ij8i,pas-
sim, & A. Salinas, Le moncte délie antiche citta
di Sicilia, in-4'', 1872, pi. XIX, fig. 24 à 82.
^ Le trésor de Béziers se composait de ySo pièces
d'argent. Cf. M. L. Nogiiier [Bull, de la soc. archéol.
& scicntif. de Béliers, 1872, p. 277 & pi. IV).
Cette pièce^ plus ancienne que la précé-
dente par son type, s'éloigne davantage
par son poids de la drachme de Rhoda.
N« 3. Tète à gauche d'un style tout dif-
férent^ les lèvres semblent découpées dans
le profil, au lieu d'être représentées par
deux petits globes détachés & obtenus dans
le coin au moyen d'un poinçon.
R. Semblable à celui du n° 2.
Trésor de Béziers; coll. Charles Robert; argent;
3,5i ; pi. I, fig. u.
N° 4. Tête à gauche, différente de celle
du numéro précédent^ les lèvres sont dé-
tachées & très-allongées.
R. Semblable à celui du n" 2.
Trésor de Béziers; coll. Charles Robert; argent;
4,60; pi. I, fig. 12.
N'» 5. Tète à droite toute particulière 5
coiffure partagée en plusieurs lobes par
des baguettes. Le champ de la pièce est
encadré dans un grènetis.
R. Revers analogue au précédent, mais
les figures représentant les pétales sont
plus pointus & l'objet accessoire est rem-
placé par une sorte de torque.
Trésor de Béziers; coll. Charles Robert; argent;
4,70; pi. I, fig. i3.
N" 6. Tête à droite; chevelure délicate-
ment rendue, nouée vers le bas; sur le
cou, à la place du collier, deux courbes à
pointes aiguës.
R. Comme celui du numéro précédent,
si ce n'est que le torque est remplacé par
un objet fermé.
Trésor de Béziers; coll. Charles Robert; flan
coupé aux ciseaux; argent; 3,53; pi. I, fig. 14.
N° 7. Tête à droite ; le nez & le menton
sont démesurément gros; les lèvres sont
remplacées par deux globules; l'œil est
triangulaire; le front est orné d'un ban-
deau perlé, sur lequel sont placés des arcs
de cercle; les cheveux, relevés au-dessus
de ce bandeau, retombent sur la nuque;
un fleuron est placé devant la bouche.
Quelques exemplaires laissent voir le grè-
netis qui entourait la pièce.
R. Croix avec une petite sphère au cen-
NoTE
114
Note
114
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
471
tre. Les objets qui rappellent les pétales
sont plus allongés que dans les numéros
précédents & en tout semblables à ceux
qui se montrent sur le n" 2 & le n° 3 des
spécimens d'imitation pure de la drachme
de Rhoda. Au premier canton, dans la cour-
bure de l'objet qui remplace le pétale, le
graveur a représenté une figure composée
d'une demi-circonférence coupée par un
arc de cercle de plus grand rayon; au
quatrième canton le reste de pétale est
accompagné d'un perlé.
Plusieurs exemplaires recueillis à Vieille-Tou-
louse; coll. Gariel; argent; 3,41 à 3,45; pi. I,
fig. 36.
N° 8. Tête barbare à gauche; chevelure
frisée à deux étages; le profil, sur les
exemplaires où les lèvres sont épaisses,
rappelle complètement le type nègre.
R. Croix cantonnée, comme aux numé-
ros précédents, de quatre objets tenant
lieu & place des pétales; mais ces objets,
tout à fait aigus à leurs extrémités, sont
devenus des croissants; dans leurs conca-
vités trois points & un annelet.
Coll. Charles Robert; trois exemplaires; 2,52 à
2,80; pi, I, fig. i5.
Cette monnaie, connue dans les collec-
tions sous le nom de tête de nègre, était
représentée par divers exemplaires variés
dans le trésor de l'Ile de Noé; elle est
commune à Vieille-Toulouse & a été ren-
contrée plusieurs fois par M. Ricard sur
le territoire de l'ancien évêché de Mague-
lone.
L'image du croissant, à laquelle les gra-
veurs de coin étaient tout simplement ar-
rivés par la dégénérescence progressive du
prototype, est très-fréquente sur les mon-
naies à la croix & se retrouvera sur plu-
sieurs des spécimens à décrire. Elle a beau-
coup préoccupé les numismatistes; ainsi,
au dernier siècle, elle a contribué à faire
confondre les monnaies des Tectosages ou
de leurs voisins avec la monnaie melgo-
rienne, incriminée par Clément IV', &, de
nos jours, les antiquaires qui veulent trou-
Le croissant, qui est considéré comme l'em-
blème de l'ishimisme, ne figure sur aucune mon-
naie arabe.
ver sur les monnaies gauloises des thèmes
religieux y ont vu la preuve que nos ancê-
tres étaient voués au culte de Diane triom-
phante'. Sans contester que les Gaulois
aient, comme d'autres peuples, mis des
emblèmes religieux sur leurs monnaies, il
ne faut pas oublier que, dans la compo-
sition de leurs coins, ils empruntaient
souvent aux monnaies étrangères non-seu-
lement le type principal, mais ses acces-
soires.
N° 9. Tête à droite, lourde de style; la
chevelure est représentée par trois longues
mèches à double courbure.
R. Type du numéro précédent; l'annelet
porte un point à son centre; les reliefs
sont largement accusés.
Cabinet de France; argent; 3, 12; pi. I, fig. 16.
Suivant M. de Saulcy% il n'y a point de
monnaies à la croix plus communes dans
le Languedoc que celles qui portent, au
revers, comme les n*" 8 & 9, quatre crois-
sants recouvrant trois petits globes & un
annelet. Ces monnaies se rencontrent par-
fois aussi en Provence,
N° 10. Tète à gauche, d'un style tout
particulier; le front est fuyant & le visage,
en quelque sorte découpé à part, se déta-
che de la chevelure 8c du cou.
R. Croix cantonnée de quatre croissants
& de cinq points. Les branches de la croix
sont minces.
Cabinet de France; flan coupé aux ciseaux;
argent; 3,76; pi. I, fig. 17.
N" II. M. Garîel possède une variété
de cette pièce, du poids de 8,72, au re-
vers de laquelle les croissants paraissent
n'avoir pas existé, il n'y a dans les cantons
que les cinq points. D'autres exemplaires,
sur lesquels on ne voyait également que
les points, faisaient partie du trésor de l'Ile
de Noé & pesaient de 3,3o à 3,40.
N° 12. Tête, dite tête de nègre, analogue
à celle du n" 8, fig. i5.
R. Môme type de revers où les trois
Note
114
' De Crazannes, Revue num. \'i.n), ji
* Revue num, 1867, p. 10.
177.
NOTR
114
472
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
croissants, couvrant chacun un point, sont
parfaitement visibles.
Coll. Garielj argent j flan coupé aux ciseaux;
3,19.
N"^ i3. Tète à droite; le nez, les lèvres
& le menton ont été obtenus, dans le coin,
au moyen de poinçons; la chevelure re-
tombe en longues mèches doublement
contournées & terminées par de petites
sphères; sur le front un diadème; de gros-
ses perles forment un collier.
R. Croix cantonnée de quatre croissants
& d'un point.
Trésor de Béziers; coll. Charles Robert j flan
coupe aux ciseaux; argent; 4,69; pi. I, fig. 18.
élégamment contournés; le cou est rem-
placé par un petit triangle.
R. Croix portant dans le second canton
un point & un croissant; dans le qua-
trième, cinq petits globes disposés en croix,
& dans les deux autres, des objets trop
effacés pour être déterminés.
Musée de Saint-Germain; argent; flan cisailUj
pi. I, fig. 2 1 .
N° 17. Tète à gauche, ressemblant à celle
du n" 2, fig. 10; mais le flan ayant été ci-
saillé, le haut de la tête n'est pas visible.
R. Croix portant, au premier canton, un
annelet; au second, un autre annelet avec
un point au centre & deux points placés
sur la circonférence; au troisième, un si-
N° 14. Tête à gauche; traits largement gne en forme de S; enfin, au quatrième,
accusés; cheveux disposés en boucles, ré-
gulièrement entrelacées 8c enveloppées par
un ornement epicycloïdal. Ce dispositif se
retrouve, dans d'autres parties de la Gaule,
sur des monnaies voisines du temps de
César.
R. Croix portant, au premier canton,
des restes de points; au second & au troi-
sième, un croissant recouvrant un petit
globe; au quatrième, trois petits globes,
montés sur une tige ou placés bout à
bout.
Trésor trouvé dans les environs de Blaye; Cabi-
net de France; argent; 3,49; pi. I, fig. 19.
N" i5. Tête à gauche, très-barbare; les
traits du visage, le cou triangulaire & les
cheveux ont été obtenus, dans le coin, au
moyen de poinçons appliqués les uns à
côté des autres.
R. Analogue à celui du numéro précé-
un croissant enveloppant un point.
Cabinet de France; flan cisaillé; argent; 2,70;
pi. I, fig. 22.
Je possède un exemplaire de cette pièce
dont la tête est plus barbare, où l'ordre
des signes n'est pas le même au revers &
qui pèse 2,58.
Une variété, découverte à Périgueux,
appartient au musée de cette ville.
Enfin le musée de Toulouse en possède
un exemplaire, au droit duquel se voit la
tête dite tête de nègre; cette pièce a été
exhumée à Pinsaguel.
M. de Crazannes, trompé par un exem-
plaire qui ne laissait pas distinguer tous
les accessoires du type, avait fait du signe
en forme de S & de l'annelet le commen-
cement du nom des Sotiates'. D'après ce
que j'ai dit plus haut, il n'est pas tout à
fait impossible que les Sotiates aient par-
ticipé au monnayage à la croix, mais on en
dent. Le coin n'ayant pas porté sur le mi- est encore réduit sur ce point à de pures
lieu du flan, on ne voit qu'un anneau, placé hypothèses. Les seules monnaies apparte-
dans le troisième canton, & trois globes,
montés sur une tige, dans le quatrième.
Cabinet de France; argent; flan cisaillé; 2,95;
pi, I, fig. 20.
Cette pièce, rapprochée de la précé-
dente, est un exemple frappant de la dé-
générescence des types.
nant sûrement aux Sotiates' sont moins an-
ciennes que les monnaies à la croix, même
que celles qui portent une légende latine.
N° 18. Tête à gauche; les lèvres & le
nez sont pointus; les cheveux forment des
boucles.
N" 16. Tête à gauche; incomplètement . cf. de la Saussaye, Revue num. ,866, p. BçS.
sortie du coin, mais paraissant procéder = Voir ces monnaies dans les planches du Prcf.
de celle du n" i3, fig. 19; les cheveux sont topog. des Gaules, n. 47.
Note
114
NOTB
114
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC. 478
R. Croix présentant, dans le premier l'autre une série de petits angles inscrits
canton incomplet, un point; dans le se-
cond & le troisième, un croissant, & dans
le quatrième, une sorte de fleur de lis
surmontée d'un trait.
Trésor de Béziers; coll. Charles Robert; argent;
flan cisaillé; poids moyen de plusieurs exemplai-
res : 3,65; pi. I, fig. 25.
N" 19, Tête à droite; œil démesurément
ouvert; lèvres anguleuses; barbe courte;
collier perlé.
R. Croix à branches minces; le premier
canton est occupé parmi croissant enve- pée en deux; il n'est pas probable qu'il
loppant un point; le second est fruste; le ait renfermé un croissant, cet objet étant
troisième laisse distinguer l'amorce d'un généralement figuré deux fois dans le coin,
annelet. Quant au quatrième, qui fait l'in- Le quatrième canton est occupé par une
térêt de la pièce, il est occupé par un qua- sorte de roue à aubes courbes,
drilatère curviligne, qui n'est autre chose n^ j^ Noé; empreinte plus grande que les flans
Note
114
entre deux arcs de cercle concentriques.
Musée de Saint-Germain; argent; flan cisaillé
& devenu rectangulaire; pi. I, fig. 23.
Une pièce analogue a été rencontrée en
Provence, suivant M. de la Saussaye".
N* 22. Tête de même style, mais tournée
à gauche.
R. Au premier canton, les restes d'un an-
neau à dents; au second, la série de petits
angles jointifs; le troisième canton tout
entier a disparu lorsque la pièce a été cou"
qu'un type principal devenu accessoire
(voir les figures 7 & 8 de la planche pre-
mière).
Capdenac; Cabinet de France; argent; 2,90;
pi. I, fig. 26.
& pouvant servir à deux pièces; argent; de 3,3o
à 3,40'; pi. I, fig. 24.
J'ai compris cette monnaie & la précé-
dente dans la première planche, par suite
d'une ressemblance de tête que j'ai indi-
Ce spécimen, par sa tête barbue, rap- quée ; mais comme un des objets figurés à
pelle les monnaies transpyrénéennes, com- leurs revers n'est pas visible, il ne serait
munes surtout dans la partie de l'Ibérie pas impossible que ce fût une hache. Ces
qui forma la Tarraconaise; il doit être pièces passeraient alors à la seconde plan-
cependant attribué à la Gaule, si les trou- che, où elles prendraient place après les
vailles à venir confirment les observations monnaies, également cisaillées, qui ont été
de M. A. Heiss, desquelles il résulte que gravées sous les n°' 21 & 22. De nouvelles
les monnaies n"*' 7 & 8, pi. I, ne se ren- trouvailles permettront seules de trancher
contrent pas en Espagne. la question.
N" 20. Tête sans barbe tournée à droite.
R. Revers mal venu & laissant voir seu-
lement un point au troisième canton & un
quadrilatère au quatrième.
Trésor de l'Ile de Noé; argent; pesant de 3,3o
à 3,40'.
N* 21. Tête à droite; bon style; cheve-
lure analogue à celle de la monnaie décrite
plus haut, n" 2 & fig. 10. Le flan, cisaillé
après la frappe, ne laisse voir du visage
que l'œil & le sourcil.
R. Le flan, plus petit que le coin, ne
montre que deux des cantons de la croix,
portant l'un un objet en forme d'oreille,
' Cf. l'article de M. d'Hervey de Saint-Denis;
Revue num. 1841, p. i55 & i56, & pi. VI, fig. 8.
N° 23. Tête à gauche; le nez & le front
rappellent le profil grec; chevelure légè-
rement indiquée.
R. Croix cantonnée d'un signe en forme
d'oreille, avec un point au centre, & de
trois objets ressemblant à des V.
Capdenac; Cabinet de France; flan arrondij
argent; 3,6o; pi. I, fig. 27.
Ces objets ressemblant à la lettre V & la
panse du signe arrondi comme une oreille
ont pu, aussi trompeurs que la pièce à l'S,
faire admettre par quelques numismatistes,
au début des études gauloises, une pré-
tendue légende renfermant les principales
' Revue num. 1866, p. 399.
"^ Hervey de Suint-Denis; Rtvuc num.
pl.VII, fig. 3.
1841,
474
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
lettres du nom latin des Volkes. M. de la
Saussaye a, le premier, constaté que ces
divers signes n'étaient pas des lettres".
N° 24. Tête à droite, de moins bon style
que la précédente & d'un caractère tout
particulierj l'oreille est retournée.
Cette pièce, d'exécution assez barbare,
faisait partie de la collection de M. de
Saulcy, à qui elle avait été présentée comme
provenant de la rive droite du Rhin.
N° 28. Tète à droite, à peu près de même
style que la précédente j les boucles des
Note
114
R. Croix cantonnée de deuxV &de deux cheveux sont plus petites & plus serrées.
objets formés chacun de trois croissants &
d'un petit globe.
Cabinet de France j flan arrondi; argent; pi. I,
fig. 28.
Une pièce toute semblable a été com-
prise, par M. de Crazannes*, dans une
planche de monnaies à la croix, qu'il si-
gnale comme découvertes dans les dépar-
tements du Gard, de la Haute-Garonne &
de Tarn-&-Garonne.
N° 25. Tête à droite j cheveux courts &
frisés.
R. Croix ayant, au premier canton,
un V; au second, un annelet; au troi-
sième, un grand anneau, un annelet & un
point; au quatrième, un V, surmonté de
cinq points.
Catinet de France; flan rond; argent; pi. I,
{]g. 29.
N° 26. Tète à droite; type du n° 24,
lîg. 28, décrit plus haut.
R. Croix portant, au premier canton &
au quatrième, un objet en forme de V &
trois annelets dans les deux autres cantons.
Cabinet de France; reliefs légèrement accusés;
dan arrondi; argent; i,56; pi. I, fig, 3i.
N" 27. Tête à droite, tout à fait barbare;
mèches de cheveux à deux étages. L'œil, seules qui se seraient rencontrées en Ger-
le nez & les lèvres sont représentés par de manie. M. de Saulcy en possédait, en effet,
petits globes. d'autres exemp-Iaires, qui lui avaient été
R. Croix portant, au premier canton, vendus comme provenant du grand duclié
un V; au second, deux points unis par un de Bade & de la Forêt Noire. D'un autre
trait; au troisième, trois points, dont un côté, plusieurs pièces semblables existent
R. Croix portant, au premier canton,
un V à extrémités bouletées; au second,
deux points unis par un trait; au troisième
& au quatrième, trois ou quatre points
assez confus.
Cabinet de France; argent; 1,82.
N" 29. Tête à droite, tout à fait barbare;
les cheveux sont rendus par des demi-cer-
cles superposés.
R. Croix portant, au premier canton &
au quatrième, une figure formée d'une
sorte de V dont l'ouverture est partagée
en deux par une bissectrice; au second 8t
au troisième, trois annelets.
Collection du prince de Furstenberg, à Donau-
eschingen ; flan rond ; argent; 1 ,91; pi. I, fig. 3o.
Des sept pièces précédentes, qui forment
une famille à part, caractérisée par la pré-
sence d'un objet en forme d'angle, avec
ou sans bissectrice, l'une, le n" 23, a été
trouvée à Capdenac; l'autre, le n° 24, pro-
vient, suivant M. Chalande, de Rodez;
une troisième, le n° 27, est indiquée par
M. de Saulcy comme découverte de l'autre
côté du Rhin, & l'on peut croire qu'il
en est de même du n° 29, qui fait partie
de la collection du prince de Fursten-
berg. Ces deux dernières monnaies, d'un
style tout particulier, ne seraient pas les
est peu visible; enfin, au quatrième, deux
arcs de cercle joints bout à bout.
Cabinet de France; flan rond; argent; i,85,
pi. I, fig. 32.
' Revue num. 1866, p. 395.
=■ Revue num. iSjp, p. i65 & 168, 8c pi. Vil],
ilg. 9.
dans les collections d'Augsbourg '. Ce sa-
vant ne doute donc pas que des monnaies,
portant dans les cantons un signe procé-
' lahresherîc/ttc des h'istonschcn Kreisverelns von
Schwaben und Neuhourg,^fur die lahre 1839 und
1840; Augsbourg, 1843; 111-4°; P- 'c-^ à 108 &
pi. I, n°*37 &46, pi. III, n'''29, 3i, 32 & 34.
Note
114
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
47J
dant de l'angle, ont été rencontrées entre
le haut Rhin & le haut Danube, & comme
il est, sinon impossible ', du moins peu pro-
bable qu'un seul trésor, venu de Gaule, ait
fourni tous les spécimens dont je viens de
parler, il s'ensuivrait qu'il y avait, en Ger-
manie, un peuple qui avait le même type
monétaire que les Volkes des plaines de la
Garonne. Or on sait par César* qu'il y avait
des Tectosages sur les confins de la forêt
Hercynia, & Isidore de Séville^ énumère
desTolosates parmi les Bructères, les Van-
gions & les Chamaves; on est donc na-
turellement amené à classer les monnaies
portant le signe angulaire en partie aux
Volkes de notre Gaule, en partie aux Vol-
kes de Germanie, & comme le type de ces
monnaies, de même que celui de la plu-
part des monnaies que nous étudions, est
d'origine gréco- ibérique, il s'ensuivrait
que les premiers formaient le centre, le
gros de la nation & qu'ils avaient donné
aux autres leurs lois monétaires. Ce n'est
que beaucoup plus à l'est, en descendant
le Danube, que l'on rencontre un système
monétaire tout différent, ayant pour unité
principale une grosse pièce d'argent, le
tétradrachme, dont le type général avait
été puisé directement dans les ateliers de la
Grèce. Dans tous les cas, la numismatique
", apporte ici, à l'histoire des Gaulois, des élé-
ments dont la valeur mérite d'être discutée.
N° 3o. Tête à gauche j les traits du visage
sont bien proportionnés; la coiffure est
régulière.
' Les monnaies, dans l'antiquité, étaient sou-
vent transportées fort loin, entre peuples de même
race. M. de Saulcy possédait une pièce à la croix
trouvée chez les Gaulois du Danube, & l'on sait
qu'Eckhel, lorsqu'on lui montra, à Toulouse, un
bronze portant l'ethnique de Béziers & fort com-
mun dans le Languedoc, déclara qu'on lui en
avait apporté de la Basse-Hongrie une quantité si
considérable qu'il dut la livrer au fondeur. Enfin,
suivant le témoignage de Lelewel, un tétradrachme
inconnu dans les ateliers de la Gaule & apparte-
nant aux riverains du Danube, ainsi qu'on n'en
doute plus aujourd'hui, aurait été trouvé sur le sol
de la France.
' Bello Gallico vi, 24.
^ Hispal. Etymol. ix, ch. 2, J 56.
R. Croix cantonnée de quatre angles
très-ouverts, dont les côtés se confondent
presque avec ses branches.
Cabinet de France; flan circulaire; petit mo-
dule; argent; 0,68; pi. I, fig. 33.
Si cette jolie monnaie a, par les objets
figurés dans les cantons, quelque analogie
avec les numéros précédents, elle est d'un
style tout différent & plus pur. M. E. Mu-
rot, attaché au cabinet des médailles, l'at-
tribue aux Gaulois de la Transpadane, où
elle s'est rencontrée,
N° 3i. Droit présentant seulement une
forme inintelligible légèrement en saillie.
R. Croix cantonnée d'un angle, d'une
sorte de K avec un point, d'un annelet, &
enfin d'un arc de cercle terminé par de
petites boules & surmonté d'un point.
Cabinet de France; flan rond; argent; 1,90;
pi. I, fig. 35.
N" 32. Au droit, des traits confus, que
l'état de la pièce ne permet pas de déter-
miner.
R. Croix portant, au premier canton,
un angle avec bissectrice, semblable aux
objets représentés sur la pièce n" 29,
fig. 3o; au second & au troisième, un ob-
jet formé d'une sorte de tige qui se bifur-
que à son extrémité, vers le bord de la
pièce, en deux arcs de cercle; enfin, au
quatrième canton, un point, &, au-dessus,
l'amorce d'une courbe convexe.
Cabinet de France; argent; 1,21.
Cette pièce, que je n'ai pas fait graver,
est de provenance inconnue.
N° 33. Je cite ici, mais seulement pour
mémoire, une monnaie' de type insolite,
dont je ne connais pas l'original. Elle
présente, au droit, une tête casquée à
gauche; au revers, une croix portant, dans
le premier canton, un objet indéterminé;
dans le second, un annelet; dans le troi-
sième, un point; & dans le quatrième, une
main ouverte. Si cette pièce a réellement
existé, elle doit être sortie d'un atelier
voisin du pays des Santons, auxquels on
" Cf.de la Saussaye, Jîevwe num. 1866, pi. XV'II,
fig- 47-
Note
114
Note
114
476
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
attribue des pièces d'or, sur lesquelles se
voit également une maiji comme signe
accessoire.
Les trois monnaies suivantes présentent
une croix, non plus à branches lisses, mais
à branches fourchues, qui rappellent les
sépales de la rose retournée, tels qu'ils
sont représentés à la fig. 4, pi. I.
N" 34. Droit semblant sans empreinte,
tant la forme de la tête est peu accusée.
R. Croix dont les branches sont four-
chues à leurs extrémités & portent un pe-
tit globe à leur rencontre. Dans les can-
tons, des objets en forme de fer à cheval.
Cabinet de Francej flan arrondi; argent; 4,5o;
pi. I, fig. 34.
N° 35. Droit présentant à la place de la
tête une saillie en forme de sphère aplatie,
qui occupe presque tout le champ de la
pièce.
R. A peu près semblable à celui du nu-
méro précédent '.
N° 36. Objet placé horizontalement &
traversé par une sorte de hampe.
R. Croix à branches doublement four-
chues à ses extrémités j dans les cantons,
au lieu des objets en forme de fer à che-
val, des croissants minces & aigus, sembla-
bles à ceux de quelques-unes des pièces
décrites plus haut, & par exemple, des
n"" 17, 18 & 25, mais les pointes tournées
en dehors, c'est-à-dire vers les bords de la
pièce'.
Je n'ai pas dessiné cette pièce, ni uno
ou deux de ses variétés, que je ne connais
pas en naturel Leur poids est élevé &
atteint quelquefois près de 5 grammes.
Les petits croissants, qui cantonnent la
' Cf. de la Saussaye, Revue num. i 866, pi. XVII,
fig. 54.
* Les croissants tournés en dehors ont été fré-
quemment employés, dans l'antiquité, comme élé-
ments du type monétaire. Voir, par exemple, les
monnaies frappées en Carie au cinquième siècle
avant J.-C. (Waddington, Revue num. i856, p. 60
Se pi. III, fig. 5 & 6.)
3 Cf.de la Sau.saye, Revw; num. 1866, pi. XVIÏ,
fig. 57.
croix fourchue, lorsqu'ils se rapprochent
du centre, donnent tout à fait au revers
de cette pièce l'aspect du revers du n** 4,
fig. 4, où le calice de la rose retournée &
ses sépales barbus sont encore parfaite-
ment accusés.
N° 37. Dans le premier sous-groupe des
monnaies à la croix & immédiatement
après la fig. i5 de la pi. I, j'aurais dû, si
je m'en étais rapporté uniquement au re-
vers, décrire la monnaie suivante; mais le
type insolite qu'elle présente au droit lui
réservait une place à part :
Note
114
Tête de face dont le visage, vers le bas,
s'élargit démesurément. Sur la tête, une
sorte de crista dont les rayons sont termi-
nés par de petites boules, comme sur les
n"' 17 & 18 de la pi. II. De chaque côté
du visage, un filet enroulé en volute.
R. Croix cantonnée de trois croissants,
les pointes tournées en dedans, & dans la
concavité desquels se rencontrent un an-
nelet & trois points.
Ancienne coll. de la Saussaye; musée de Lyon;
argent; 3,5o '.
Cette pièce, découverte, il y a trente-
cinq ans, avec des monnaies analogues
aux figures l5, 24, 26 de la planche I, &
20, 22, 3i de la planche II, fut acquise par
M. le marquis d'Hervey de Saint-Denis qui
l'offrit à M. de la Saussaye.
M. de Longpérier a constaté que ce type
insolite rappelle les monnaies d'Yviça, au
Cabire, dont on a trouvé des exemplaires
dans un trésor exhumé en Languedoc. La
circulation simultanée dans le midi de la
Gaule des monnaies baléare."; & d'une pièce
gauloise reproduisant leurs principaux ca-
ractères, prouve de nouveau que des rela-
tions internationales existaient en Gaule
au sujet du signe d'échange comme dans
tout le monde grec.
' Revue num. 1840, p. 413, Si pi. XXIII.
Note
"4
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
477
DEUXIEME SOUS-GROUPE
Monnaies a la hache,
La hache a été considérée par M. Du-
mège & par M. de la Saussaye ' comme re-
présentant une arme de guerre & servant
en même temps de symbole à la nation des
Tectosages. Il n'est nullement certain que
la hache, qui figure sur les monnaies à la
croix, soit autre chose que l'outil dont on
se sert dans diverses professions. Quant au
caractère emblématique que lui attribuent
ces auteurs, il est également contestable.
Le fait d'être représenté sur des monnaies
gauloises n'implique pas nécessairement
qu'un objet ait été l'emblème de la na-
tion'; la variété des plantes, des animaux,
des armes, des outils & des objets de toute
sorte accumulés, comme types principaux
ou comme accessoires, sur les pièces de di-
vers métaux, aussi bien au nord & au cen-
tre qu'au midi, exclut le caractère qu'on
veut donner à quelques-uns de ces objets.
Il faut se borner à constater que la hache,
de tous les accessoires du type de la croix,
est, pour un motif qui nous échappe, ce-
lui qui se rencontre le plus sur les mon-
naies qui s'exhument dans le midi de la
Gaule. La hache n'est pas particulière aux
monnaies dites à la croix, on la rencontre
non-seulement sur diverses monnaies de la
Grèce, mais sur un statère gaulois, qui ne
paraît pas être d'origine méridionale.
' Rev. num. 1866, p. 894.
* Les monnaies, dont le caractère a été jusqu'aux
temps modernes essentiellement commercial, com-
binaient leurs types dans un Lut spécial. Au moyen
âge même, à l'inverse des sceaux & des bannières,
les monnaies ne s'attachaient pas toujours à exhi-
ber l'emblème héraldique du seigneur ou celui de
la cité. Si les blasons & si l'image des saints pa-
trons se montrent fréquemment sur les monnaies
de cette époque, il arrive fort souvent aussi que le
blason est torturé de manière à figurer aux yeux
celui d'un voisin plus puissant, & que le saint
représenté n'est pas le patron de la ville, mais
celui d'une cité étrangère dont on avait intérêt à
imiter les monnaies. C'est ainsi que le chatel de
Tours 8c la fleur de Florence ont envahi le coin
monétaire de plusieurs Etats d'Europe, sans être
devenus en aucune façon les emblèmes de ces Etats.
N" i.Tête à gauche, chevelure à boucles
courtes & régulières; collier perlé; à hau-
teur du visage, les deux poissons emprun-
tés aux drachmes d'Emporium ou à diverses
pièces de Sicile.
R. Croix à branches lisses, avec quatre
objets rappelant les pétales de la rose, &,
dans la courbure de deux de ces objets, un
signe en forme d'oreille & une hache.
C'est, sauf l'addition de cet instrument,
le revers des fig. 10, 11 & 12, pi. I, appar-
tenant au premier sous-groupe.
Trésor de Béziers; coll. Charles Robert; flan
arrondi; argent; 3,63; pi, II, fig. 1.
N" 2. Variété de tête; chevelure en lon-
gues mèches; même revers.
Trésor de Béziers ; plusieurs variétés; argent;
pi. II, fig. 2.
N° 3. Autre variété de la même pièce;
la tête beaucoup plus grande & d'Un style
différent; rien de visible devant le visage;
les cheveux sont formés de mèches con-
tournées. Le revers est le même.
Trésor de Béziers; coll. Charles Robert; argent;
3,55; pi. II, fig. 3.
N° 4. Tête de femme à droite; collier;
cheveux réunis sur le derrière de la tête
& s'échappant du lien en mèches ténues;
entre les lèvres, une tige portant deux
feuilles. Cet accessoire, élégamment rendu,
présente le dispositif général des deux
poissons.
R. Croix cantonnée de quatre restes
de pétales, en dedans desquels se trou-
vent répartis un losange, avec un point
qui lui donne l'aspect d'un œil, un signe
en forme d'oreille, un triangle. & une
hache.
Cabinet de France; argent; pi. II, fig. 4.
M. de la Saussaye' pense que le graveur
du coin a bien eu l'intention de représen-
ter un œil & une oreille, qui avaient été
les emblèmes de la divinité. Mais alors la
hache & le triangle devraient aussi revêtir
un caractère hiératique, & il en serait de
même des moindres accessoires.
' Revue num, 1866, p. 894.
NOTB
114
Note
114
478
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
N° 5. Tête à gauche; collier; l'arcade
souccilière & l'oeil ont une largeur déme-
surée; les cheveux sont ramenés en ar-
rière, relevés & liés à leur extrémité, de
manière à former une saillie très-pronon-
cée qui occupe une partie du champ de la
pièce. Devant le visage, les deux poissons.
R. Croix cantonnée de quatre restes de
pétales, dans la courbure desquels se re-
connaissent : 1° deux sortes d'oves évidés,
renfermant des objets en forme de fruits,
2° une hache surmontée de deux points;
3° un objet elliptique fermé par un petit
globe. La hache est munie de son couvre-
tranchant.
Cabinet de France; 3,45; pi. II, fig. 5.
Je possède plusieurs exemplaires de cette
jolie monnaie, qui proviennent tous du
dépôt de Béziers. La chevelure y est tou-
jours caractérisée par une queue énorme;
mais les revers présentent des variétés qui
consistent dans une disposition différente
des accessoires ou dans la suppression de
quelques-uns d'entre eux.
N° 6. Tête à gauche; cheveux formant
trois systèmes de boucles; une sorte d'ac-
colade placée en face de la bouche est
substituée aux deux poissons.
R. Semblable à celui du n° 4, sauf le rem-
placement dû triangle par quatre points.
Coll. Charles Robert; argent; 3,57; P^- ^^^
fig. 6.
Plusieurs variétés de cette pièce se sont
rencontrées dans le dépôt de Béziers.
N" 7. Tète à gauche, mal venue; che-
veux hérissés; nez rentrant; menton fort
en saillie.
R. Croix cantonnée de quatre restes de
pétales, dans la courbure desquels se re-
connaissent une olive, trois points, une
hache & enfin un anneau dont le centre
est marqué par un point.
Cabinet de France; Fonds de Luynes; très-petite
pièce d'argent pesant 0,40, ce qui en ferait un
tritemorion ; mais le poids des subdivisions est
assez irrégulier & il est difficile de se prononcer
sur un seul exemplaire.
N° 8. Tête à gauche semblable à la pré-
cédente, mais bien venue & d'assez joli
style; le sourcil est fortement accusé; les
cheveux sont formés de mèches rejetées en
arrière.
R. Croix cantonnée de quatre restes de
pétales, d'un anneau, d'un objet ellipti-
que, d'une hache & de trois points.
Cabinet de France; fonds de Luynes; argent;
0,39.
Il existe des variétés de cette division,
où les objets du revers sont inversés.
Le système de permutation des acces-
soires était très-usité; il permettait, sans
changer de poinçons, d'obtenir un nombre
très-considérable de coins différents.
N" 9. Tête de femme à gauche; chevelure
régulière, formée de deux étages de boucles
en forme de c/j; ornement d'oreille à trois
pendants; en face du visage, deux poissons..
R. Croix cantonnée, au premier, d'un
reste de pétale & d'une olive; au second,
des mêmes signes; au troisième, d'une ha-
che; au quatrième, d'un reste de pétale &
d'une ellipse évidée.
Sur un dessin commmuniqué par M. Anatole
de Barthélémy, pi. II, fig, 7.
M. Gariel possède une pièce de même
revers, mais dont la tête a un autre carac-
tère & dont le poids est de 3,55.
N° 10. Tête à gauche très-barbare; le
visage & le cou sont mal ajustés l'un à
l'autre; les lèvres sont représentées par
deux tiges terminées en forme de boule;
les cheveux sont formés de mèches isolées;
à la hauteur du cou, des traits recourbés
semblent un souvenir de la queue du n° 5,
fig. 5. Devant le visage, les deux poissons.
R. Croix cantonnée, au premier & au
quatrième, d'un reste de pétale & d'une
olive; au second, d'un reste de pétale &
d'une ellipse; au troisième, d'une hache.
Provenance inconnue; Cabinet de France;
plomb de grandes dimensions; pi. II, fig. 8.
Duchalais & M. de la Saussaye ont déjà
publié cette pièce qu'ils considèrent comme
authentique. Ce dernier, pour expliquer
ses dimensions tout à fait insolites dans
notre Gaule & la nature de son métal, pro-
pose de la considérer comme un faux te-
tradrachme du temps, ou plutôt comme
l'âme d'un tetradrachme qui aurait perdu
Note
114
NOTB
"4
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
479
sa légère enveloppe d'argent. Le tétra-
drachme ne se frappait ni chez les Volkos,
ni dans les pays voisins. Cette pièce n'est
peut-être qu'une contrefaçon moderne.
N" II. Tète à gauche; le front & l'ar-
cade sourcilière se confondent; la coiffure
est formée d'un mélange de grosses perles
& de courbes.
R. Croix avec un globe à la rencontre
des bras; dans les cantons, ce qui rappelle
les pétales; de plus, dans le second, une
courbe en forme d'oreille, &, dans le troi-
sième, une hache.
Coll. Charles Robert; argent) 3,55j pi. II,
fig. 9.
N° 12 Tète à droite d'assez bon style;
devant le visage, deux courbes perlées te-
nant la place des deux poissons.
R. Croix portant, au premier canton &
au second, un objet rappelant les pétales
& placé entre un point & une courbe per-
lée; au troisième, une hache; au qua-
trième, le reste d'un pétale enveloppant
un point.
Dessin publié par M. de la Saussaye (Reyue
num. 1866, pi. XVI, n. Sz); argent; 3,5o.
N" i3. Tête à gauche; derrière & sous
l'oreille, une croix bouletée.
R. Croix cantonnée de deux olives, d'une
hache & d'une ellipse évidée; ces figures
étaient sans doute enveloppées les unes
& les autres par les pétales, mais les di-
mensions du flan ne permettent de recon-
naître que l'un de ces objets.
Cabinet de France; flan cisaillé; argent} pi. II,
fig. 10.
N° 14. Profil analogue à celui du numéro
précédent; derrière la tête, à la place de la
croix bouletée, un gros pendant d'oreille,
formé d'une perle & de trois poires à
queue,
R. Incomplet, paraissant le même que le
précédent.
Cabinet de France; argent; 2,80.
N° i5. Tête à gauche; les cheveux sont
représentés par des ovales détachés; les
narines sont minces, le nez aigu ; les lèvres
sont de gros points ronds unis au visage
par des tiges effilées. Deux poissons dans
le champ.
R. Croix portant, au premier canton, une
olive; au second, une ellipse; au troisième
& au quatrième, une hache; ces figures
étaient sans doute entourées chacune d'un
pétale; mais le coin n'a pas entièrement
porté sur le côté gauche de la pièce.
Cabinet de France; fonds de Luynes ; argent;
2,87; pi. II, fig. I I.
Il est à remarquer que la hache, par le
peu de saillie qu'a la lame relativement
au talon, ressemble, sur cet exemplaire, à
un marteau de forgeron.
N° 16. Type rappelant, au droit, celui
représenté à la figure 5 de la planche II;
les deux poissons ont un si grand nombre
de nageoires qu'on peut les prendre pour
deux rameaux feuillus.
R. Croix cantonnée de quatre restes de
pétales ayant pris la forme aiguë des crois-
sants; dans la courbure des croissants,
deux olives, une hache & une ellipse évi-
dée;
Dépôt de Béziers; coll. Charles Robert; argent;
3,55; pi. II, fig. 12.
N° 17. Il existe une subdivision du nu-
méro précédent, sur laquelle on voit, d'un
côté, une iête à gauche fort confuse; de
l'autre, la croix & des accessoires analo-
gues, sauf que l'ellipse évidée est pleine &
ne diffère plus par conséquent des olives
des deux premiers cantons.
Cabinet de France; argent; 0,26.
N" 18. Tête à gauche; chevelure îrrégu-
lière; collier représenté par un anneau
dentelé; devant le visage, à la place des
poissons, deux courbes terminées par des
points sphériques.
R. Revers analogue à celui du numéro
précédent, mais où les objets placés dans
l'intérieur des croissants font corps avec
eux.
Ancienne coll. de la Saussaye; musée de Lyon;
argent; 3,53; pi. II, fig. i3.
N" 19. Tête à gauche; chevelure très-
élevée; deux poissons devant le visage.
Note
114
Note
114
480
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
R. Croix cantonnée, au premier, d'un
objet elliptique avec un point au centre;
au second, d'un objet qu'on ne peut plus
déterminer; au troisième, d'un croissant &
d'une hache; au quatrième, d'un croissant
& d'un losange. Le coin, qui n'a pas entiè-
rement porté, devait aussi représenter un
croissant au premier & au second canton.
Coll. Charles Robert; très-petit module; argent;
trois exemplaires pesant de 0,40 à 0,48; pi. II,
fig. 14.
N° 20. Tète à droite d'un style tout par-
ticulier; le haut du visage est formé par
un triangle bouleté à ses sommets & dans
l'intérieur duquel un point figure l'œil;
la mâchoire est remplacée par des points
& la chevelure par des courbes.
R. Croix cantonnée de trois croissants &
d'une hache; il y avait peut-être un crois-
sant en dehors de la hache.
Cabinet de France; coll. Charles Robert; plu-
sieurs variétés; argent; poids de o,25 à 0,44;
pi. II, %. .5.
Cette pièce & la précédente se ratta-
chent, par leur type, à des unités dont le
Ce type bizarre est évidemment conven-
tionnel, ainsi que le prouve la bonne exé-
cution des détails. On le retrouve, avec de
légères différences, sur un assez grand
nombre d'exemplaires, dont le poids ne
s'écarte guère de 3,45.
N° 22. Tête à droite représentée égale-
ment par un triangle avec des courbes.
Des aigrettes la surmontent, comme la
crista d'un casque.
R. Croix cantonnée d'un petit globe, d'un
anneau, avec un point au centre & d'un
point sur la circonférence, d'une hache &
d'un petit globe dans un croissant, tourné
les pointes en dehors.
Trouvé à Capdenac; Cabinet de France; argent;
3,5o; pi. II, fig. 17.
N° 23. Triangle facial & traits analo-
gues à ceux du n° 21; le contour n'a
que deux courbes; l'aigrette est placée
dans le haut de la pièce, comme au n° 22.
R. Croix cantonnée, au premier, d'un
globe; au second, d'un croissant les poin-
tes en dehors, d'un globe & d'un point;
Note
114
poids dépasse 3, 5o; elles sont donc, autant au troisième, d'une hache, & au qua-
qu'on peut en juger par des pesées isolées, trième, d'un globe.
trop légères pour des oboles, trop lourdes
pour des hemi-oboles. Il faut provisoire-
ment les classer parmi les tritemorions ou
huitièmes de l'unité principale, en admet-
tant que les Gaulois du sud aient accepté
tous les sous-multiples du système drach-
mique.
Les n°* 19 8c 20 proviennent de Vieille-
Toulouse.
N° 21. Tête à droite, du même type mais
plus complète que celle du numéro précé-
dent. Des courbes partant des sommets du
Trouvé à Capdenac; Cabinet de France; argent;
3,17; pi. II, fig. 18.
Une pièce analogue a été découverte à
Montauban.
M. de Saulcy' a déjà signalé l'étrangeté
de ces monnaies à figure triangulaire. Il
les considère comme appartenant à l'une
des dernières périodes du monnayage à la
croix.
N° 24. Tête à gauche; profil assez pur;
ornements de cheveux contournés à la ma-
triangle représentent les cheveux & le bas nière de la corne d'Ammon.
du visage; en face du visage, un signe R. Croix cantonnée de trois points &
ayant la forme d'un P; une sorte de dra- d'une hache.
perie, relevée par des attaches, entoure la
tête. Dans le champ, des traits parallèles
terminés par des points.
R. Croix cantonnée, au premier, d'un
croissant entre deux points; au second &
au quatrième, d'un petit globe; au troi- sorte de crête sur le front,
sième, d'une hache.
Cabinet de France; argent; pi. II, fig. 16. ' Revue num. 1867, p. 8.
Trésor de Béziers; coll. Charles Robert; argent}
3,57; pi. II, fig. 19.
N° 25. Tête à droite; cheveux entremê-
lés de courbes & de perles & formant une
Note
"4
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
481
R. Semblable à celui du numéro précé-
dent.
Musée de Saint-Germain ; argent; pi. II, fig. 20,
Il y avait, dans le trésor de Béziers, une
variété de cette pièce dont la tête, tournée
à gauche, était du type de la pièce gravée
pi. I, fig. 9.
N" 26. Tête à droite de bon style; mè-
ches dressées sur la tète; la première
retombe sur le front.
R. Croix cantonnée d'un point, d'une
trinacrie sicilienne, d'une hache & d'un
point.
Dessin communiqué par M. A. de Barthélémy;
argent; pi. II, fig. 21.
N° 27. Tète à droite, couverte de che-
veux bouclés, partagés en deux étages.
R. Croix cantonnée d'un anneau perlé
avec globe au centre, d'une trinacrie, d'une
hache & d'un petit globe.
Dessin communiqué par M. A. de Barthélémy;
argent; pi. II, fig. 22.
Une monnaie semblable à la précédente,
sauf au quatrième canton du revers où le
point est également entouré d'un perlé,
faisait partie du trésor de l'Ile-de-Noé,
près Auch, & pesait, comme les autres
pièces du dépôt, de 3,3o à 3,40'.
N" 28. Tète à droite à peine indiquée;
ensemble confus.
R. La trinacrie du second canton est
remplacée par un signe en forme d'oreille;
les trois autres cantons sont identiques à
ceux du numéro précédent.
Dessin communiqué par M. A. de Barthélémy;
musée de Saint-Germain j flan cisaillé; argent;
3,40 ; pi. II, fig. 23.
N° 29. Tète à gauche; bon style; sourcil
bien accusé.
R. Croix cantonnée, au premier, d'une
fleur étoilée remplaçant le point inscrit
dans un perlé, &, au second, de la courbe
du numéro précédent. Le troisième canton
& le quatrième sortent du flan, attendu
que le coin du revers était beaucoup plus
grand que celui du droit 8c pouvait servir
' Revue nurn. 1841, p. 167 & pi. VI, fig. i.
II.
NOTB
en même temps qu'un coin de droit c[ui ''"^
aurait porté deux tètes.
Coll. Gariel; flan cisaillé; argent; 3,32.
N" 3o. Tète dont on ne voit que le nez,
le coin n'ayant pas été appliqué régulière-
ment.
R. Semblable à celui du n° 27, si ce n'est
que la figure du second canton est rem-
placée par deux sortes de crosses, dont les
spirales sont tangentes l'une à l'autre &
dont les hampes vont rejoindre, sur lo
bord de la pièce, les branches de la croix.
Coll. Gariel; flan cisaillé en carré; argent;
3,40.
N" 3i. Tête à droite; grandes mèches
régulièrement contournées.
R. Croix cantonnée alternativementd'une
hache & d'un anneau centré.
Dessin communiqué par M. A, de Barthélémy;
argent; pi. II, fig. 24.
N" 32. Tête à gauche, dont les lèvres &
le menton présentent une grande saillie;
le front est en dehors du flan. Sur d'autres
exemplaires, c'est le bas du visage qui sub-
siste.
R. Croix. Au premier canton, un signe
dont on ne voit que l'amorce; au second,
une courbe perlée; au troisième, une large
hache dont le manche est lui-même formé
de petits globes jointifs; au quatrième, un
anneau dentelé en dedans & au centre du-
quel se trouve une étoile.
Trésor des environs de Rodez; coll. Charles Ro-
bert; flan cisaillé en rectangle; argent; 2,25;
pi. II, fig. 25.
Les coins de cette pièce étaient beau-
coup plus grands que le flan, qui a été mis
au poids au moyen de ciseaux; c'est un
nouvel exemple d'un procédé de fabrica-
tion très-usité dans certains ateliers & qui
rend la contrefaçon plus difficile.
N" 33. Tête à gauche, de bon style; nez
un peu aigu; cheveux en courtes boucles
rendues avec assez de naturel; perles à la
naissance du cou.
R. Croix dont les branches se réunissent
sur un anneau centré; au premier canton
& au quatrième, une rouelle perlée & î'
3i
Note
"4
482
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
quatre rayons; au second, une courbe en
forme d'oreille; au troisième, une hache à
manche perlé.
Dessin communiqué par M. A. de Barthélémy;
musée de Saint-Germain} argent} 2,24} pi. H,
fig. 26.
N" 34. Tête analogue à celle du numéro
précédent, mais mal veiiue.
R. Même revers, si ce n'est que la courbe
du second canton est perlée comme les
rouelles.
Mèze (Hérault)} Cabinet de France} argent}
2,26.
N° 35. Tête à gauche; les mèches, lon-
gues, tombantes & à double courbure, rap-
pellent une coiffure fréquente sur les mon-
naies du centre & de l'occident de la Gaule
& dénotent peut-être un voisinage d'ate-
liers.
R. Croix cantonnée d'une hache au pre-
mier & au troisième, &, au second & au
quatrième, de deux anneaux concentriques
dont le plus grand est perlé.
Coll. Boulangé} argent} pi. II, fig. 27.
N" 36. Tête semblable à celle du numéro
précédent.
R. Croix cantonnée d'une sorte de fla-
bellum; d'une roue à quatre rayons; d'une
hache & d'un point.
Ancienne coll. Gillet, à Nancy j argent} 1,86}
pi. II, fig, 28.
N° 37. Pièce semblable au n. 35, si ce
n'est que la tête n'appartient pas au type
du centre de la Gaule; trouvaille de l'Ile-
de-Noé; voir la planche VI de la Revue
numismatique de 1841,
N° 38. Tête analogue à celle du n" 35,
mais où le cou est remplacé par deux traits
en angle, terminés par de petits globes.
R. Croix cantonnée d'un anneau perlé,
d'une roue à quatre rayons, d'une hache
& d'une figure assez difficile à décrire.
C'est un rectangle ouvert à ses extrémités
& sur lequel repose une sorte de compas à
branches courbes. Les objets représentés
sur les monnaies gauloises, aussi bien dans
le Centre & dans le Nord que dans le Midi,
sont extrêmement nombreux & très-variés;
les uns sont empruntés à des prototypes
grecs; les autres, & les plus bizarres, sont
de création indigène. Ces accessoires méri-
teraient une étude spéciale & d'ensemble.
Mèze (Hérault)} Cabinet de France} argent;
1 ,83 } pi. II, fig. 29.
N° 39. Tête à gauche; cheveux disposés
comme aux n°' 34, 35 & 37; deux traits se
rencontrant à angle aigu, à la place du
cou; un annelet devant le menton.
R. Croix cantonnée d'un objet elliptique
dentelé & ouvert en manière de torque;
d'une rouelle à quatre rayons; d'une hache
& d'un angle surmonté d'une sorte de tête
d'oiseau.
Cabinet de France} très-petit module} flan
épais } argent} 2,15; pi. II, fig. 3o.
N° 40. Tête à gauche, de bon style; che-
velure formée de boucles longues & bien
disposées.
R. Croix cantonnée d'un quatre-feuilles,
d'un anneau dentelé avec une étoile flam-
boyante au centre, d'un objet ressemblant
à une grenade entr'ouverte & d'une hache
à manche perlé.
Capdenac} Cabinet de France; flan cisaillé;
argent; 3,5o; pi. II, fig. 3i.
Une pièce presque identique, faisant
partie de la collection Colson & pesant
3,32, ne montre que le bas du visage, mais
laisse voir, à la hauteur où commence la
poitrine, un objet elliptique avec point au
centre. Cette monnaie rentre dans la caté-
gorie de celles dont le coin s'appliquait
sur un flan large qu'on coupait ensuite
aux ciseaux.
N" 41. Variété du numéro précédent;
l'anneau dentelé, avec un astre au centre,
est accompagné d'un objet difficile à défi-
nir. On peut voir le dessin de cette pièce
Revue num. 1866, pi. XIV, fig. 11, art. de
M. de la Saussaye.
N° 42. Tête à gauche, analogue à celle
du n° 40, fig. 3i, & d'assez bon style.
R. Croix cantonnée, au premier, d'un
quatre-feuilles; au second, d'un objet en
forme de navette; au troisième, d'une
Note
114
NOTB
114
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
483
hache;
télé.
au quatrième, d'un anneau den-
Argent} flan cisaillé; trésor de l'Ile-de-Noé. Je
n'ai pas fait graver cette monnaie que je n'ai pu
dessiner moi-même. On peut en consulter la
figure, pi. X, fig. iz, Revue num, 1866, art. de
M. de la Saussaye.
N° 43. Tête à gauche, mal venue, mais
analogue à celle des numéros précédents.
R. Croix avec un anneau perlé au pre-
mier canton 5 une hache au troisième &
un quatre-feuilles au quatrième.
Musée de Saint-Germain; dessin communiqué
par M. A. de Barthélémy; argent; flan cisaillé;
pi. II, fig. 36.
N° 44. Tête à gauche, de bon style j de-
vant le visage, une sorte d'accolade rappe-
lant les poissons.
R. Croix cantonnée, au premier, d'un
disque partagé en quatre par deux barres
en croix & dans les angles desquels sont
de petits croissants; au second, d'un an-
nelet perlé avec point au centre; au troi-
sième, d'une hache; au quatrième, d'un
anneau dentelé en dedans, avec point au
centre.
Cabinet de France; fonds de Luynes; argent;
3,29; pi. II, fig. 32.
Cette pièce est très-curieuse par la pré-
sence, au premier canton, comme type ac-
cessoire, du type principal des monnaies
à la croix dont j'ai donné plus haut, pi. I,
divers spécimens.
Plusieurs pièces analogues au n. 44 faisaient
partie d'un dépôt exhumé en Provence, au delà
du Rhône, & qui doit se trouver aujourd'hui à
Avignon, au musée Calvet.
N° 45. Tête à gauche, analogue à celle
du numéro précédent; au revers, l'annelet
perlé & le disque aux croissants ont per-
muté entre eux; arg.; 3,32; ancienne coll.
de la Saussaye.
N° 46. Tète à gauche; fleuron ou pois-
son; le haut du coin a seul porté.
R. Disque à croissants, entouré d'une
branche avec ses feuilles ou d'une cou-
ronne. Le coin étant beaucoup plus grand
que le flan, on ne voit, au revers, qu'un
des cantons de la croix.
Dessin communiqué par M. A. de Barthélémy;
pi. II, fig. 33.
Il est à remarquer que ce disque, coupé
en quatre par deux barres en croix & can-
tonné de croissants, qui se trouve comme
accessoire de type sur les monnaies à la
croix, n°' 44 & 45, existe aussi sous le che-
val d'un statère d'or qu'on croit arverne';
il y a là évidemment une idée commune
& peut-être une preuve de voisinage.
N° 47. Tête à gauche; collier; cheveux
formés de boucles contournées.
R. Croix avec une hache au troisième
canton, & dans les trois autres, un flabel-
lum ou une large feuille sur laquelle se
détache une couronne de perles; chaque
feuille est jointe par une tige au centre de
la croix &, pour la symétrie, un trait va
du centre au talon de la hache.
Musée de Saint-Germain; dessin communiqué
par M. A. de Barthélémy; pi. II, fig. 34.
N" 48. Variété de la pièce précédente,
où la tête est couverte de petites boucles
disposées parallèlement au front en ma-
nière de couronne.
Ancienne coll. du comte de Renesse; argent;
2,3o.
N" 49. Tête à gauche, d'assez bon style;
une sorte de bandeau de cheveux crêpés
règne le long du front & supporte des or-
nements formés de courbes & de points.
R. Croix cantonnée, comme au n" 47, de
trois larges feuilles & d'une hache; les
feuilles laissent voir leurs nervures par-
tant de la tige.
Musée de Saint-Germain; dessin communiqué
par M. A. de Barthélémy; pi. II, fig. 35.
Des pièces analogues aux trois précé-
dentes & pesant de 2,25 à 2,3o ont été
trouvées à Mèze (Hérault).
On peut juger par les spécimens que j'ai
réunis en deux groupes principaux pour
en faciliter la description, combien sont
variées les monnaies à la croix & dans le
' Revue num. i856, pi. IX, fig. 9.
Note
114
Note
114
484
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
type ou le style de la tête, & dans la forme
ou la disposition des accessoires du revers.
En se rappelant que c'est seulement depuis
peu d'années que ces monnaies sont soi-
gneusement recueillies, on se fera une idée
de l'importance extraordinaire qu'avait
prise la fabrication du signe d'échange chez
les Volkes &,sans doute, chez quelques-
uns de leurs voisins, & l'on ne doutera pas
qu'il y ait eu, dans ces temps reculés, plu-
sieurs ateliers sur le sol du Languedoc &
que chacun de ces ateliers ait fonctionné
assez longtemps. L'état de la science ne
permet pas, malheureuse ment, de formu-
ler quoi que ce soit à ce sujet.
TROISIÈME GROUPE
MONNAIES d'argent RAPPELANT, D'uN CÔTÉ, LA ROSE VUE
EN DESSUS, DE l'autre, LA ROSE RETOURNÉE
Pendant que la croix à branches unies
se formait à la longue, comme dégénéres-
sence des nervures foliacées de la rose vue
en dessous & recevait dans ses cantons,
ainsi qu'on vient de le voir, des objets qui
n'étaient autre chose que les pétales trans-
formés, auxquels se joignirent d'autres ob-
jets, tels que les haches, il est probable
que le type de Rhoda à la fleur vue en des-
sus (voir plus haut, p. 465), subissait aussi
ses transformations, en sorte que l'image
de la rose perdait de sa vérité & que la tête
divine s'altérait, comme elle l'avait fait sur
les drachmes dont le revers montre la fleur
retournée. Quoi qu'il en soit, il arriva,
dans certains ateliers dont les produits re-
trouvés sont très-rares, que la tête disparut
& fut remplacée par la croix des deux pre-
miers groupes; ce qui produisit des pièces
montrant, d'un côté, la rose vue de face,
mais mal rendue, &, de l'autre, le souvenir
de la même fleur vue en dessous. Ces mon-
naies, qui rappellent à la fois les deux types
de revers des drachmes de Rhoda, ont déjà
été signalées par M. A. de Longpérier". En
voici deux spécimens :
N" I. Fleur épanouie; les pétales en
forme de croissant sont séparés par de
gros points.
' Revue num. 1840, p. 414 Se pi. XXIII, n. 6.
R. Croix dont les branches sortent d'une
sphère; une hache au troisième canton.
L'état de la pièce ne permet pas de juger
de ce qui se trouvait dans les autres can-
tons.
Trésor de l'IIe-de-Noé ' ; coll. de M. le marquis
d'Hervey de Saint-Denis, à Paris; argent; 3,40 à
3,5o; dessin de M. de la Saussaye, pi. III, fig. 1.
Un autre exemplaire, un peu difTérent, mais
encore plus incertain au revers, fait partie du
cabinet des médailles & ne pèse que 3,23.
N" 2. Fleur analogue à la précédente;
au centre, des points représentant les éta-
mines.
R. Croix dont les branches sont un peu
évasées; un croissant au premier canton,
au second & au quatrième; une hache au
troisième. C'est le revers de la figure i5
de la planche 1 1.
Cabinet de France; argent; 3,5o; pi. III, fig. 2.
Le n. i provient de Vieille-Toulouse, suivant
M. Chalande.
QUATRIÈME GROUPE
MONNAIES DIVERSES d'aRGENT, TANT ANÉPIGRAPHES QU'a
LÉGENDES LATINES OU IBÉRIQUES, ET SE RATTACHANT AU
SECOND GROUPE OU AU TROISIÈME PAR UN OU PLUSIEURS
TERMES INTERMÉDIAIRES
PREMIER SOUS-GROUPE
Monnaies anépigraphes.
Les pièces muettes qui me restent à dé-
crire commenceront par une monnaie por-
tant, au droit, une tête, au revers, une
croix & se rattachant intimement au se-
cond groupe; si j'ai réservé cette monnaie
pour la troisième planche, c'est qu'elle in-
troduit, par son revers devenu droit, une
nouvelle pièce (figure 4), portant de l'au-
tre côté un sanglier, & c|ue cette pièce
donnera elle-même naissance à une nou-
velle série dont je produirai quelques spé-
cimens de la figure 5 à la figure 9.
N"* I. Tête à gauche ayant sur le cou
une sorte de V perlé, comme à la figure 2g
de la planche II; c'est le collier & l'amorce
' Revue num. 1841, art. de M. d'Hervey de
Saint Denis sur la trouvaille de l'Ile-de-Noé.
Note
"4
Note
"4
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
485
du vêtement. Les cheveux sont formés de
boucles longues & régulières, comme sur
quelques numéros du second groupe & sur
les monnaies bien connues appartenant au
Centre & à l'Ouest de la Gaule de César.
R. Croix portant, au second canton, une
rouelle à quatre rayons, &, au quatrième,
la tète d'un animal, peut-être un chevreau,
tournée adroite; le coin n'ayant pas porté
sur le milieu du flan, on ne peut savoir
quels objets occupaient les autres cantons;
ils étaient sans doute, comme au numéro
suivant, une hache & une torque, mais dis-
posés dans un autre ordre.
Cabinet de France; argent; 1,78 ; pi. III, fig. 3.
Vieille-Toulouse, suivant M. Chalande.
N" 2. Le revers du numéro précédent
devenu droit porte une croix ayant, au
premier canton, une hache, au second,
une sorte de torque perlée, au troisième,
une tête de chevreau tournée à gauche, &
au quatrième, une rouelle à quatre rayons.
R. Sanglier à gauche dans un grènetis;
un anneau perlé, avec un point au centre,
se voit entre les jambes de l'animal.
Ancienne coll. du comte de Renesse; aujour-
d'hui Cabinet de France; flan circulaire; argent;
1,80; pi. III, fig. 4.
Le sanglier n'était pas, comme on l'a
pensé longtemps", l'emblème de toute la
Gaule. La constitution des peuples qui
couvraient ce vaste pays ne comportait
pas, en effet, l'adoption d'un signe uni-
que, à la manière des armoiries ou du dra-
peau des grands Etats modernes. Mais, de
tous les animaux, le sanglier a été, avec
le cheval, celui que les habitants des di-
verses contrées de la Gaule ont le plus
souvent représenté sur leurs monnaies.
N° 3. Tète barbare à gauche; cheveux
disposés en manière de crête.
R. Sanglier à gauche; au-dessus & au-
dessous un croissant semblable à ceux que
présentent, dans leurs cantons, plusieurs
des monnaies à la croix.
Coll. Charles Robert; flan quadrangulaire coupé
aux ciseaux; argent; 2,21 ; pi. III, fig. 5.
De la Saussaye, Revue num. 1840, pp. 243 à
260.
Cette pièce se rattache aux monnaies à
la croix par la figure 4 qui a un revers
analogue; elle s'est trouvée au nombre de
plusieurs centaines à Castres (Tarn); on l'a
rencontrée aussi en quantité près de Mèze
(Hérault), en même temps que les mon-
naies, également de bas poids (1,20 à i,3o),
au type des grandes feuilles ou du jlabcl-
lum' dans les cantons de la croix.
N" 4. Tête à gauche, de grandes dimen-
sions ; deux arcs dentelés remplacent la
chevelure.
R. Semblable, suivant toute apparence,
à celui du numéro précédent. Le coin n'a
pas entièrement porté.
Provenance inconnue; ancienne coll. Tôchon
d'Annecy; flan pentagonal coupé aux ciseaux;
argent; 2,25; pi. III, fig. 6.
N" 5. Tête à gauche, d'un style tout par-
ticulier & qui n'est pas sans élégance; col-
lier; amorce de vêtement; cheveux formés
de deux étages de petites boucles arron-
dies.
R Sanglier à gauche, lourdement exé-
cuté; sous l'animal, un anneau avec un
point au centre; grènetis.
Coll. Charles Robert; flan cisaillé; argent;
2,23 ; pi. III, fig. 7.
Cette pièce & la suivante se sont ren-
contrées en nombre dans le dépôt do
Rodez, ou plus exactement de Goutrcns,
localité située à quelques kilomètres au-
dessus de cette ville.
N" 6. Tête à gauche comme au numéro
précédent, mais de moindres dimensions;
cheveux dressés.
R. Sanglier à gauche; au-dessus de lui 8c
au-dessous, un annelet avec un point au
centre.
Coll. Charles Robert; argent; 2,26; pi. Ill,
fig. 8.
La pièce n° 6 a été coupée en forme de
rectangle allongé; de sorte que la tète,
d'ailleurs fort petite, n'occupe que le haut
du flan, au bas ^luquel on reconnaît l'a-
morce d'un grènetis circulaire, qui enca-
drait une seconde tète. Ce dispositif prouve
• Voir pi. II, fig. 34 & 35.
Note
114
Note
"4
486
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
qu'on employait, dans certains cas, des
coins au moyen desquels on imprimait à
la fois plus d'une image sur de grands mor-
ceaux d'argent, qui étaient ensuite décou-
pés. D'autres fois, les coins se trouvaient
plus grands que ne devait l'être la pièce
mise au poids; alors le coup de ciseau
coupait en deux la tête du droit & le san-
glier du revers; enfin, & c'était un cas
assez fréquent, un grand coin au droit
était opposé à un coin de revers de dimen-
sions ordinaires ou même trop petites, &
réciproquement. Ces bizarreries de fabri-
cation, qui ne sont pas exclusivement le
propre de l'atelier duquel sont sorties les
deux pièces précédentes, avaient sans doute
pour but non- seulement de faciliter la
ifabrication, mais de gêner l'industrie des
faux-monnayeurs en ne leur livrant qu'une
partie de l'image.
N° 7. Variété dans laquelle le droit est
uni.
R. Sanglier à gauche, avec un annelet
au-dessus de lui & au-dessous.
Provenance inconnue} Cabinet de France} flan
cisaillé} argent} 2,28} pi. III, fig. 9.
La présence d'un grand nombre de mon-
naies au sanglier dans les dépôts de Cas-
tres & de Rodez permettrait de supposer
que ce type appartenait aux Rutenî, dont
la monnaie se serait ainsi rapprochée de
celle des Volkes, par un terme intermé-
diaire, la figure 4. Mais d'autres pièces au
sanglier s'étant rencontrées à Mèze (Hé-
rault), on ne peut constater autre chose,
sinon que ce type caractérise l'un des mon-
nayages usités dans l'Est de la contrée qui
forma le Languedoc. Les trouvailles à ve-
nir en apprendront davantage.
DEUXIÈME SOUS-GROUPE
Monnaies a légendes latines.
J'arrive maintenant aux monnaies à la
croix avec traces de légendes latines; elles
forment un sous-groupe important, mais
l'extrême rareté de leurs spécimens n'a
pas encore permis de les bien étudier.
Leur poids est peu élevé.
N" I. Tête à gauche; le visage n'a pas
porté sur le flan; le champ de la pièce est
presque entièrement occupé par une che-
velure que le graveur de coin a produite
en burinant des courbes concentriques, le
long desquelles de petites masses allongées
ont été ensuite poinçonnées.
R. Croix ressortant très en relief sur le
champ. Dans le premier canton & dans le
second, une courbe concave appartenant,
suivant toute apparence, à un objet qui
sort du flan; au troisième canton & au
quatrième, un fruit, en forme de poire ou
de pomme plutôt que d'olive, est attaché
par sa queue au point où se rencontrent les
bras de la croix. Une légende incomplète &
mal venue se voit dans le bas de la pièce.
Indiqué comme trouvé à Vieille-Toulouse, avec
des pièces anépigraphes à la hache} coll. Garielj
argent} 2,90} pi. III, fig. 10.
N° 2. Croix avec une hache mal venue
au troisième canton & une olive dans les
autres; on lit, vers le bord de la pièce :
SE TV Le T est très-douteux. C'est
le type même du revers du n° i devenu
droit.
R. Systèmes de courbes terminées par
des points, au milieu desquelles on distin-
gue une trinacrie & une sorte de S.
Provenance inconnue} coll. du comte de Ker-
gariou} cuivre enveloppé d'une feuille d'argent}
1,72} pi. III, fig. II.
Une monnaie analogue, exhumée en iSSy, avec
des anépigraphes à la croix, dans le bois de Séri-
gnan, & portant lisiblement, suivant M. Bou-
dard, le mot SETV, a été attribuée, par son pos-
sesseur, M. Ricard, à Setion Volcarum', l'ancien
Arx Setiena d'Aviénus. Cette attribution ingénieuse
est contestable.
N" 3. Même type au droit; la hache est
parfaitement marquée au troisième can-
ton; en légende : COVED.
R. Le revers est analogue à celui du nu-
méro précédent, sans que les courbes
soient disposées de la même manière.
Cabinet de France} provenant du marquis de
Lagoy} flan cisaillé de forme quadrangulairc} ar-
gent} pi. III, fig. 12.
' Numismatique ihérienne, p. 25o.
Note
114
Note
"4
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
487
N" 4. Même type; trois points sous la
hache, entre le fer & le manche; en lé-
gende peut-être : Q. IVL. COVED. Tous
les caractères ne sont pas certains, vu
l'état de conservation de la pièce.
R. Figure formée, autour d'un point, de
quatre feuilles contournées en manière de
flammes; dans le champ, des S.
Vieille-Toulouse; Cabinet de France; ancienne
collection de Saulcy; argent; 2,85; pi. III, fig. i3.
N" 5. Même type au droit; on ne voit
que deux points sous le fer de la hache;
en légende : COVED"
R. Figure semblable à celle du numéro
précédent; dans le champ, des S. Em-
preinte n'ayant pas porté au centre du
flan.
Trouvée à Vieille-Toulouse; Cabinet de France;
ancienne coll. de Saulcy; flan coulé dans un
moule; argent; 2,00; pi. III, fig. 14.
N" 6. Même type au droit; on reconnaît
trois ou quatre lettres analogues à celles
gravées au premier canton du n" 4.
R. Revers semblable à celui du numéro
précédent; un seul S est visible.
Cabinet de France; ancienne coll. de Saulcy;
flan cisaillé; argent; 2,40; pi. III, fig. i5.
N" 7. Tête à gauche, très-fruste, mais
de bon style & rappelant le type d'Apol-
lon des monnaies de Marseille.
R. Croix partageant en quatre le champ
de la pièce; petit globe au centre; dans
les cantons, COVE.
Vieille-Toulouse; coll. Charles Robert; flan
arrondi; argent; 0,24; pi. III, fig. 16.
Cette petite pièce, que je dois à M. Cha-
lande, tient à la fois des monnaies à la
croix qui se rencontrent dans le Langue-
doc & des monnaies à la roue, portant le
nom de Syracuse' ou le nom de Marseille,
MA22. Elle semblerait, par la ressemblance
des tètes, contemporaine de ces dernières
oboles; mais sa légende ne permet pas de
la faire remonter aussi haut.
' Cf. Salinas {Revue num. 1 867 & pi. X, fig. 5o),
quj décrit une obole syracusaine très-ancienne,
au type de la croix ou de la roue.
N° 8. Pièce analogue au n" 7, mais où la
tête, pendant que le revers n'a pas changé,
a pris un style tout à fait gaulois; devant
le visage, divers traits dans lesquels on peut
reconnaître les traces des poissons d'Em-
porium, ou, à la rigueur, les lettres V S.
Cette hémiobole m'a été vendue à Paris, comme
ayant été trouvée avec la pièce, figure 14, plan-
che II; elle est en argent d'assez bon titre; son
flan est rond; elle a perdu un fragment & ne
pèse plus que 0,19; pi. III, fig. 17.
Les légendes des monnaies précédentes
sont difficiles à interpréter. Quelques nu-
mismatistes, ne s'attachant qu'aux quatre
premières lettres COVE, y retrouvent le
commencement, avec anousvera, du nom
des Convenae. Cette leçon, difficile à sou-
tenir, n'a été acceptée que sous toute
réserve par la Société archéologique du
Midi de la France". D'autres ont lu Co(lo-
nia) Ve(dantiorum). Au reste, il n'est pas
probable qu'on ait affaire à un nom de
peuple ou de lieu. C'est ainsi qu'une pe-
tite pièce, du même type que les deux
précédentes, sur laquelle on lit, du côté
de la tête, DVRN, &, entre les bras de la
croix, A V S C, après avoir été longtemps
attribuée à un peuple voisin des Tecto-
sages, les AVSCI ou AVSCII', est aujour-
d'hui restituée à un chef du nom d'Aus-
crocos', & paraît appartenir à un peuple
habitant au nord de Marseille \
N° 9. Voici une monnaie muette que
son type rattache à la fois aux pièces à la
hache & aux monnaies (planche III, figu-
res II, 12 & i3) qui portent au revers des
objets en forme de S :
Croix partageant en quatre le champ de
la pièce. Au second canton, l'amorce d'un
objet de forme elliptique; au troisième,
des traits qui paraissent appartenir à une
' Bull, in-^", 1872, p. 49.
• La Saussaye, Rev, num, i85i, p. 10 & pi. I.
' Cf. Dictionnaire topographique de la. Gaule, au
mot Avsci.
* Cf. au Cabinet de France l'original sur lequel,
en raison de sa petitesse, on n'a pu inscrire que
les abréviations DVRN & AVS, & le denier publié
par M. de Saulcy [Revue num. 1864, p. 172), &
portant en toutes lettres : DVRNACOS & AVS-
CROCOS.
Note
114
NOTB
i'4
488
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
hache; au quatrième, un annelet. L'objet
qui était représenté au premier canton du
coin n'a pas porté sur le flan.
R. Rouelle à quatre rayons, placée entre
deux points; dans le haut de la pièce,
une sorte de 8, un S & trois points.
Cabinet de France; argent; 0,27; pi. III, fig. i 8.
TROISIÈME SOUS-GROUPE
Monnaies a légendes ihér'tijues.
Je termine la série des monnaies d'argent
à la croix par la description de deux mon-
naies dont la légende est ibérique.
N" I. Tête à droite, d'assez bon style;
collier de perles; chevelure composée de
mèches tombantes, que surmonte une sorte
de couronne formée de perles ou de petites
boucles.
R. Croix cantonnée de quatre olives,
semblables à celles qui se remarquent sur
quelques-uns des numéros précédents; en
légende : 'M^H'SA
Ancienne coll. de Lagoy; Cabinet de France;
fonds de Luynes; argent; 8,47; pi. III, fig. 19.
J'ai reproduit les lettres qui canton-
nent la croix suivant l'ordre que leur
donne M. Aloïss Heiss", & cependant les
graveurs ont généralement évité de placer
dans un même canton le premier & le
dernier caractère d'une même inscription.
M. Heiss traduit cette légende par le mot
ONTHGA, contraction de ON(a)TH(e)GA,
le bon lieu, & attribue dubitativement la
pièce à Agde, 'ÀYâOï] tu/y;. M. de la Saus-
saye' avait proposé de rejeter cette mon-
naie de l'autre côté des Pyrénées, où ce-
pendant le type pur de la croix à branches
lisses n'est pas connu; il trouvait, dans la
légende, le mot ^'^^\4^^', abréviation du
nom des Vascons, peuple voisin de Rhoda;
mais ilchangeait gratuitement, pour arriver
à cette lecture, un î^ en /^ & un Z en I^; il
était d'ailleurs également disposé à croire
cette pièce de Bazas, où elle aurait précédé
une monnaie à légende latine que M. de
' Descr'tp. des monn. de l'Espagne, 1870, p. 483.
' Revue num, 1 866, p. SpS.
Lagoy avait, sans fondement, attribuée
à cette ville. Un ibériste avait proposé
4'ni>1^r', soit ESBAN ou ESPAN ', mot qui
se retrouverait, sous la forme Hîspanorum,
dans des légendes monétaires antérieures à
l'Empire. Enfin M. Boudard' voyait deux
mots dans la légende & voulait que la pièce
eût été frappée par deux villes alliées. En
appliquant l'alphabet proposé tout récem-
ment par M. Antonio Delgado, de Séville,
on arriverait à d'autres résultats. Dans
l'état actuel de la philologie ibérique, le
mieux est de s'abstenir de toute lecture &
de constater simplement que le n" 7 se
rapporte, par son type, à la Gaule & qu'il
a été frappé soit sur le versant nord des
Pyrénées, soit sur un des points du litto-
ral, où avait persisté l'usage de la langue
ibérique.
N° 2. Une autre monnaie appartenant à
M. le vicomte Francisque de Saint-Remy
m'a été récemment communiquée.
Tête tournée à gauche, chevelure for-
mée de trois courbes bouletées d'un aspect
analogue à celles de la figure 10 de la
planche III.
Le revers ne diffère de celui du nu-
méro précédent que par la légende
I><Ot*X/sllli/s|.
QUATRIEME SOUS-GROUPE
Type du cheval.
Je termine cet article par deux pièces
d'argent qui, bien que n'étant plus au type
de la croix, mais à celui du cheval, peu-
vent être placées ici, d'abord parce qu'elles
proviennent du Languedoc, ensuite parce
que la légende de la première semble être
la même que celles des n°' 7 & 8 du
deuxième sous-groupe; enfin parce que le
flan de la seconde est cisaillé, suivant un
usage qui s'était particulièrement déve-
' Kevuc num. 1867, p. 11. Le savant auteur
rappelle que, sur diverses monnaies romaines, la
figure de l'Espagne est accompagnée d'un lapin,
animal dont le nom phénicien devait être SPAN,
comme le nom hébreu.
' Op. laud. p. 224.
Note
114
Note
114
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
489
loppé clans les cités gauloises auxquelles phases. Quelques-unes, les plus anciennes,
se rapprochent de la drachme de Rhoda,
dont le poids, suivant M. V. Queipo, va-
rie, sans tenir compte du frai, de 4,58 à
4,88 ', tandis que d'autres se réduisent à la
taille soit du denier romain, 3,90, soit du
victoriat, qui eut une grande circulation
dans les contrées en relations avec Rome,
de l'an 228 à l'an 117 avant J.-C., & dont
le poids, d'abord de 3,41, s'abaissa ensuite
correspondait cette province.
N° I. Tête à gauche de fort mauvais style;
le profil est creux & le nez relevé; le haut
de la tète a disparu.
R. Cheval en course à gauche; dans le
haut de la pièce, COV Ce commence-
ment de légende est suivi d'une quatrième
lettre incertaine.
Vieille-Toulouse; Cabinet de France; le flan ^ 2,92'. Parmi les plus anciennes & les
est arrondi; les dimensions sont très-petites; ar- plus lourdes, se classent les ■j5o pièces
gent; 0,22; pi. III, fig. 20. d'argent, comprenant plusieurs variétés,
qui ont été découvertes près de Béziers,
N" 2. Tête à droite; chevelure composée en janvier 1872. La pièce d'argent à lé-
de boucles symétriquement reliées deux à gende ibérique pèse à peu près autant que
deux & formant une sorte de crête. le victoriat romain à ses débuts. Les mon-
R. Cheval en course à droite; à l'exer- naies muettes à la tête de nègre, quelques
gue, ..COLRA ou ..COVRA; les trois der- spécimens à légendes latines, &c., appar-
tiennent à des émissions, de poids déjà fort
affaibli. D'autres, telles que la pièce à la
tête de chevreau, descendent au-dessous
de 2 grammes', tout en conservant à peu
près le même diamètre. Par contre, une
pièce que je n'ai pas décrite, sans em-
preinte au droit & chargée, au revers,
d'une croix avec rayons dans les angles,
est assez épaisse, sans être plus large,
pour peser 5,35. L'abaissement de poids
se produit habituellement, dans les mon-
nières lettres ne sont rien moins que
certaines; la dernière paraît être un V
retourné. Il est possible qu'il y ait eu une
autre lettre avant le C.
Vieille-Toulouse; Cabinet de France; argent;
2,53; pi. III, fig. 21.
Les monnaies à la croix & les pièces qui
s'y rattachent étant décrites, il me reste à
dire quelques mots de leur âge probable
& du système auquel elles paraissent se
rattacher. Elles n'ont assurément pas com- naies, en même temps que l'avilissement
mencé aussitôt que les contrefaçons pures du type; mais si cette corrélation se re-
des monnaies de Rhoda, & ce n'est sans connaît quelquefois dans les monnaies à
doute qu'au temps où celles-ci non-seule- la croix, il arrive aussi que des spécimens
ment étaient en circulation, mais avaient légers sont particulièrement de bon style,
déjà subi des altérations dans leur type, Le système drachmique comprenait un
que les Volkes ont fait graver des coins grand nombre de multiples & de sous-
ou des moules, dans lesquels le modèle multiples. Le plus usité de ses multiples
grec ne se retrouvait plus qu'à l'état de
lointain souvenir. Il est impossible de fixer
des dates ni pour le début du monnayage
à la croix, ni pour sa suppression. Il est
avéré que des monnaies muettes à la croix
se sont rencontrées avec des monnaies à
caractères latins qui sont relativement peu
anciennes ; mais cette circonstance ne
prouve pas que les unes & les autres
soient contemporaines; on sait, en effet,
qu'il y a souvent des écarts énormes entre
l'âge des pièces d'une même trouvaille.
fut le tetradrachme adopté par les Gaulois
du Danube; mais les tetradrachmes ne fu-
rent jamais en usage ni dans les colonies
grecques de l'Ibérie, qui n'émirent que
des drachmes, ni dans la Massaliètide, où
les plus lourdes pièces d'argent ne furent
' Systèmes métri<jucs & monétaires des anciens
peuples, t. 3, iSSçj, table, p. 73.
^ Hist. de la monn. rom, t. 3, p. 96 & 98.
' Marseille, sans renoncer à ses légendes grec-
ques, a aussi subi l'influence romaine en abaissant
Note
114
Quant à la taille des monnaies à la croix, le poids de ses drachmes, qui passèrent de 3, 80
il est incontestable qu'elle a suivi diverses à environ 2,60.
Note
114
490
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
que des didrachmes. Il n'est donc pas sur-
prenant que les Volkes & leurs voisins
s'en soient tenus, dès les premiers temps,
à la drachme & à ses subdivisions'. Cel-
les-ci, toutefois, sont beaucoup plus rares,
soit qu'on en ait moins frappé, soit que
leur petitesse en ait fait disparaître davan-
tage. Les pièces reproduites sous les figu-
res 14 & l5 de la planche II, comparées
à l'entier de même type, correspondent,
l'une à l'obole ou sixième de la drachme,
l'autre à l'hémiobole. Les petites pièces
avec COVE (pi. III, fig. 16 & 17) sem-
blent, malgré leur légende latine, devoir
se ranger encore parmi les hémioboles.
CINQUIÈME GROUPE
MONNAIES d'argent ET MONNAIES DE BRONZE APPARTENANT
AUX ARÉCOMIQUES IN GENERE
Les monnaies à la croix sont fréquentes
au delà du pays des Tectosages & même
de l'autre côté du Rhône^ elles peuvent
donc, ainsi que je l'ai dit plus haut, être
revendiquées dans une certaine propor-
tion par les Volkes Arécomiques. Mais il
existe des monnaies sur lesquelles on lit
les abréviations VOL ou VOL AREC &
qui sont par conséquent l'œuvre explicite
de ces derniers.
1. — Monnaies d'argent.
Les cinq premières sont de style gau-
lois, mais leur légende latine trahit l'in-
fluence romaine :
N° I. Tête à gauche, dans un grènetis
perlé; l'oeil est représenté par un point
placé dans un triangle dont le nez forme
deux côtés^ les lèvres & le menton sont
remplacés par de petits globes. La coiffure
est montée sur une sorte de barre incli-
née allant du sommet de l'œil à celui de
l'oreille. Trois lignes de points ou de
' On a vu plus haut, il est vrai, une pièce de
plomb du diamètre des tétradrachmes j mais, ainsi
que je l'ai dit, il n'est pas certain que cette pièce
suspecte ait été fourrée & qu'on puisse même la
considérer comme une monnaie fausse du temps.
traits représentent les cheveux; entre la se-
conde ligne & la troisième, une couronne
de laurier, la pointe des feuilles tournée en
bas. Derrière l'oreille un trait recourbé.
R. Cheval à gauche; de petits points mar-
quent sa crinière; dans le champ, entre le
cheval &; le grènetis, le mot abrégé : VOL.
Vieille-Toulouse; Cabinet de France; argent j
2j32 ; pi. III, fig. 22.
N° 2. Profil à gauche; mêmes traits de
visage, mais plus petits; chevelure beau-
coup plus symétrique; la barre, une série
de points allongés & la couronne de lau-
rier constituent une sorte de lourd ban-
deau qui enveloppe la tête; au-dessus de
ce bandeau, des cheveux à peu près verti-
caux & disposés symétriquement des deux
côtés d'un ornement de forme ovale.
R. Cheval à gauche; au-dessus de son
cou, une sorte de lézard ou une branche
chargée de baies. Entre les jambes : VOL.
Cabinet de France; argent ; 2,40 ; pi. III; fig. 28.
N° 3. Tête à gauche; même profil; coif-
fure à peu près semblable à celle du 11° 2;
au-dessus du cheval : VOL, au-dessous,
une petite roue à quatre rayons. Cet ac-
cessoire s'est déjà rencontré à la figure 29
de la planche II.
Cabinet de France; argent; 2,3 1 ; pi. III; fig. 24.
N° 4. Variété du n" 3 où la roue est de
beaucoup plus grande dimension.
Coll. Charles Robert; argent; 2,45.
N° 5. Tête à gauche, de meilleur style
que les précédentes; l'œil est bien détaché
du nez; la bouche est assez régulière; la
nuque & le cou sont représentés par un
trait qui n'est pas recourbé comme sur les
autres exemplaires. La barre au-dessus du
front a disparu; la couronne de laurier
se confond quelque peu avec les cheveux.
R. Cheval à gauche; au-dessus de lui
comme au n° i une tige avec cinq appen-
dices. Cette pièce, dont le dessin est perdu,
n'a pu être gravée.
N° 6. La monnaie suivante, à la tête
grecque d'Apollon, rappelle les petites
pièces, avec COVE, décrites plus haut.
Note
114
Note
114
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
491
Tète à droite, de style grec; chevelure
composée d'une série de courbes disposées
sur le front & de mèches qui s'élèvent au-
dessus de cette sorte de couronne pour
s'incliner ensuite en arrière. Devant le
visage /R abréviation qui paraît compléter
l'ethnique inscrit au revers.
R. Rouelle, dans les cantons de laquelle
on lit : VOLC.
Cabinet de France; argent ; o,56; pi. III, fig. 25.
Cette monnaie est plus ancienne que
les précédentes; sa belle exécution dénote
un artiste encore formé à l'art grec.
H. — Monnaies de bronze.
N" I. Buste de femme à droite; au-
dessous du visage, un monogramme formé
d'un A & d'un R liés.
R. Aigle éployé, la tête tournée à gau-
che, la patte droite posée sur un épi & la
gauche tenant une couronne^ derrière la
tète un javelot que l'artiste a eu l'inten-
tion de faire passer dans le bec de l'oiseauj
à l'exergue l'ethnique VOLC.
Cabinet de France; bronze; 1,78; pi. III. fig. 16.
Cette pièce est d'un style bien inférieur
à celui de la précédente.
M. E. Hucher' remarque avec raison
que ce curieux spécimen du monnayage
des Arécomiques est une copie du denier
de Q. Pomponius Rufus, dans laquelle le
sceptre qui supporte l'aigle est remplacé
par une tige de blé. L'époque d'émission
du denier romain n'est pas connue, ajoute-
t-il, mais comme cette pièce se trouvait
seule & très-fruste dans un trésor formé
de monétaires d'Auguste bien conservés,
on pourrait la faire remonter tout au
moins jusqu'à l'an 120 ou i3o avant J.-C.
Cavedoni admet l'année 71 avant J.-C,
comme date d'émission du même denier'.
Dans l'une & l'autre hypothèse, le bronze
de Nimes que je viens de décrire, étant
du même type que le denier romain, est
antérieur au temps de César.
N» 2. Buste de femme à droite, les che-
veux disposés en diadème sur le front;
' VArt gaulois, z^^ partie, p. iip.
' Cohen, Médailles consulaires, p. 268.
dans le champ de la pièce une couronne;
en légende : VOLCAE.
R. AREC; personnage debout, tourné à
gauche & vêtu d'une toge formant un sinus
dans lequel il cache ses bras;. c'est ce qu'on
appelait, à Rome, cohibere brachîum. Cet
ajustement, que présentent les plus an-
ciennes statues, resta longtemps en usage
chez les philosophes & les hommes à main-
tien grave. Dans le champ de la pièce un
arbre ou un rameau semblable à celui que
présentent les bronzes de Lyon.
Coll. Charles Robert; bronze; 2,00; pi. III,
fig. 27.
Cette monnaie est assez commune; il
en existe des spécimens différant complè-
tement entre eux de style & d'exécution.
M. de la Saussaye considère le person-
nage debout comme la personnification du
oy;[j,0(;; cette interprétation est générale-
ment admise, mais il ne faut pas oublier
que chez les peuples subissant l'influence
grecque ou l'influence latine, les images
monétaires sont souvent, comme au n° i,
des imitations adoptées en vue de la circu-
lation & non des représentations nationa-
les destinées à consacrer le souvenir d'un
fait religieux ou d'un événement politique.
SIXIÈME GROUPE
MONNAYAGE PARTICULIER DE NIMES
PREMIER SOUS-GROUPE
Monnaies grecques avec l'ethnique.
I. — Argent.
Les trois monnaies suivantes portent des
légendes grecques & se classent par leurs
divers caractères à une époque plus recu-
lée que la plupart des monnaies des Aré-
comiques in génère.
N° I. Tête nue imberbe, tournée à gau-
che. Les cheveux, courts & bouclés, sont
entourés d'un bandeau élégamment relevé
à ses extrémités; derrière la tête un A.
R. Cavalier au galop, tenant les rênes
de la main gauche & de la droite deux
traits horizontaux; à la forme conique de
sa coiffure, le pileus, & à la présence d'une
NOTB
114
Note
114
492
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
étoile dans le champ de la pièce, il se re-
connaît facilement; c'est un des Dioscures
& assurément Castor qui, fils d'un dieu,
recevait plus d'hommages que son frère.
A l'exergue, sous la ligne qui marque le
sol : NEMAY.
Coll. Charles Robert; argent; 2,22; pi. III,
fig. 26.
Cette rare pièce, fine d'exécution & grec-
que de style, avait attiré, dès le dix-sep-
tième siècle, l'attention des numismatistes;
Bouteroue la déclarait « d'assez bon maî-
tre. » Elle est assurément ancienne, & c'est
à tort, à mon avis, que M. de la Saussaye
la considère comme ne pouvant remonter
qu'au temps de la domination romaine.
Les numismatistes avaient été conduits à
rajeunir cette monnaie parce qu'ils avaient
toujours cru que les lettres de l'exergue
étaient latines; ils lisaient, en effet,
NEMAV ', mais l'exemplaire le plus com-
plet du cabinet de France porte comme
le mien un Y incontestable. De NEMAV,
on faisait NEMAVSVS, nom du protec-
teur de la ville. NEMAY est l'abréviation
du nom grec de la ville ou de l'ethnique
NEMAYSATHN. Cette dernière leçon vient
tout naturellement à l'esprit lorsqu'on se
rappelle que l'on rencontre le plus sou-
V-iit sur les monnaies le nom du peuple,
& que ce nom est presque toujours au
génitif pluriel. Sans aller chercher des
exemples dans les parties lointaines du
monde grec où ils abondent, je les pren-
drai chez les peuples voisins ou peu éloi-
gnés de Nimes & je citerai les monnaies
portant : PQAHTnN, EMnOPlinN, MA2-
2AAIH[TnN], SAMNAPHTON, KAINIKH-
THN, rAANIKHN, & des bronzes propres
au sol même du Languedoc sur lesquels on
lit AOrrOCTAAHTnN.
Quoi qu'il en soit, un spécimen-du mon-
nayage autonome des Nemausates est chose
importante, & il est intéressant d'y re-
trouver le type des Dioscures si ancien &
si fréquent dans le monde grec, & que les
' Numism. de la Narhonn. p. 162. Les autres
numismatistes, 8c parmi eux M. E. Hucher, dans
sa remarquable Etude sur l'Art gaulois (2"'* partie,
1873, p. 129), ont également, faute de posséder un
bon exemplaire, lu NEMAV au lieu de NEMAV.
Romains avaient adopté eux-mêmes, lors-
qu'ils commencèrent, en 486, un an avant
la première guerre punique, à se servir
d'un signe d'échange en argent monnayé'.
N" 2. Variété de la pièce précédente,
mais dont l'exécution générale est moins
bonne. Les cheveux sont lourds, le ban-
deau est raide & les lèvres épaisses; c'est un
spécimen un peu moins ancien que le n° i.
Ancienne coll. Tôchon d'Annecy; argent; 2,22;
pi. III, fig. 29.
N" 3. Tête à gauche très-caractérisée,
semblant un portrait; front bas & fuyant;
nez aquilin; lèvres petites; front en saillie;
style plus romain que grec ; spécimen
moins ancien que les autres.
R. Guerrier à cheval, vêtu & armé comme
au n° I, mais plus raide; le cheval, dont la
tête est très-lourde, est plus ramassé; à
l'exergue : NEMA...
Cabinet de France; exemplaire fruste; argent;
2,62 ; pi. III, fig. 3o.
M. Mommsen', qui y lit aussi NEMAV,
considère ces pièces comme présentant une
imitation des types romains, mais apparte-
nant par leur poids au système grec.
II. — Bronze.
Tête de femme ou peut-être d'Apollon,
tournée à gauche; bon style; grènetis.
R. Sanglier à gauche posé sur une barre
formant sol. En légende & sur deux lignes
horizontales : NAMA^ATCHN]'.
' Voir Mommsen, la Monnaie romaine, traduc-
tion de Blacas & de Wltte, i"" période, 486 à 787
de Rome (268-217 av. J.-C), pi. XXII, n"» 1 à 6.
' Hist, de la monnaie rom. trad. de Blacas & de
Witte, t. 3, p. 253.
^ On rencontre également le radical écrit par
un A, dans la célèbre inscription de Vaison :
CErOMAPOC I OÏIAAONEOS | TOOVTIOVC | NA-
MAÏCATIC I EIQPOVBllAll | CAiMICOCi^ | NEMfl-
T0\. Cf. Roget de Belloguet (ÊrArto^en/egaw/. gloss.
r\° 237), qui reconnaît dans TOOVTIOVC le titre
au génitif que portait le père, & Pictet [Revue
archéol. 1867, t. i, p. 65), qui accepte & appuie
cette opinion. Namausatis, équivalent par iota-
cisme de Namausatès, est le nominatif singulier
& se rapporte au fils.
Note
114
Note
114
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
493
II. — Broii/c.
Cette monnaie, dont il existe plusieurs
coins, est inférieure d'exécution, surtout
pour le revers, aux trois spécimens du Les trois bronzes suivants paraissent du
monnayage d'argent de Nimes. Elle doit même temps cjue les pièces d'argent, dont
être moins ancienne.
Coll. Charles Robert; bronzej 2,35j pi. III,
fig. 3i.
DEUXIÈME SOUS-GROUPE
Monnayage a légendes latines de la. colonie de Nimes.
Je commence la description du numé-
raire de Nimes colonie par les monnaies
que leur type & leur style signalent comme
remontant au moins au temps de César. Ce
sont de petites pièces d'argent & de cuivre
ils se rapprochent beaucoup par le type
du droit.
N" I. Tête casquée à droite; amorce du
vêtement; dans le champ de la pièce, à la
hauteur du cou, un anneau, peut-être
un Q.
R. Deux tiges d'arbre inclinées l'une
vers l'autre; un empâtement marque !a
place des racines; dans le champ un vase
renversé qui serait, suivant M. de la Saus-
saye, une allusion à la fondation de la
qui, moins anciennes que les pièces à l'eth- colonie.
nique grec, le sont évidemment plus que
les as qui forment le fond du deuxième
sous-groupe.
Cabinet de France; bronze; 1,19; pi. III, fig. 34.
Argent.
N° 2. Tête casquée à droite; derrière la
tête un signe en forme de S.
R. Figure féminine debout, la tête coif-
fée de la thalia ou chapeau des dames
N° I. Tête casquée adroite; barbe courte; grecques' & tenant une patère de la main
grènetis. On voit le haut de l'épaule sur droite; derrière elle, un cippe; devant
laquelle le vêtement est maintenu par une elle, deux tiges qu'on pourrait prendre à
fibule. la rigueur pour deux serpents dressés,
R. NEM COL en deux lignes horizon- malgré l'absence des enroulements habi-
tales dans une couronne de laurier'. tuels.
Cabinet de France; trois exemplaires; argent;
de 0,36 à 0,48; pi. III, fig. 32.
Cabinet de France; bronze; 2,80; pi. III, fig. 35.
M. de la Saussaye* suppose que le gra-
veur du coin a représenté une femme
N° 2. Autre d'un style moins fin; les l'et- faisant une offrande aux serpents aga-
tres du revers sont plus grandes; un point thodaemons, c'est-à-dire aux bons génies
se voit entre les deux lignes. de la nation ; mais les monuments ne
Cabinet de France; 0,39; pi. III, fig. 33. donnent pas en général la première place
Ces pièces sont fort rares; on sait que aux sacrificateurs, & d'ailleurs l'agatho-
le monnayage de l'argent en Gaule fut dasmon ne se symbolisait que par un seul
conservé sous César à l'exclusion de l'or reptile^
& qu'il disparut pendant ie principat d'Au-
guste. Le bronze a, sur quelques points, N" 3. Variété du numéro précédent; la
duré plus longtemps. tête casquée du droit est barbue, & la
Note
114
' Raoul Rochette trouvait dans la couronne
ainsi figurée sur les monnaies, la couronne d'or
offerte par le peuple ou le symbole du peuple lui-
Tnême. Cette opinion est trop savante. Les couron-
nes ont servi à l'encadrement d'un grand nombre
de types monétaires dans tous les pays & dans tous
les temps, soit qu'elles aient gardé leurs feuilles,
soit qu'elles aient dégénéré en simples grènetis à
pointes ou à perles.
' C'est ainsi qu'on représente Demeter, suivnnt
M. Heuzey, dont on connaît les belles recherches
sur le costume antique. Si la figure féminine ét;iit
Demeter, elle aurait devant elle des tiges de blé 8c
non des serpents.
' Op. laud. p. i6r>.
^ Gerhard, Ueher Agathodamon und Bona Dca, in
Ahhandl. der Berlin Akademie, 1847 ^Gesammelte
Abhandl. 1868, t. 2, p. 21.
Note
"4
494
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
1° Tète nue d'Auguste.
figure féminine du revers est caractérisée
par la pose toute particulière de la tète.
Coll. Charles Robert j bronze j pi. III, fig. 36.
Divers numismatistes' ont considéré les
sigles Q & S comme indiquant respective-
ment la valeur monétaire du n° i & des
n"' 2 & 3, qui seraient alors des quadrans
& des semis. Les poids ne répondent pas
complètement à cette supposition, mais on
sait que le cuivre se taillait sans soin.
Je passe à la description des monnaies
les plus abondantes & les plus curieuses
de la colonie de Nimes. Ce sont des bron-
zes de dimension & de poids très-variables,
dans quelques-uns desquels on pourrait
retrouver l'as, qui fut réduit sous le trium-
virat d'Octave, Marc-Antoine & Lépide, au
tiers de l'once, c'est-à-dire à 9 gr. 04.
Ces bronzes portent d'un côté les bustes
adossés d'Auguste & d'Agrippa ' avec la lé-
gende IMP DIVI F & quelquefois les si-
gles P. P.j de l'autre, un crocodile attaché
par une chaîne à une tige feuillue de la
racine de laquelle s'échappent horizonta-
lement deux branches qui s'étendent à
droite & à gauche sous l'amphibie, mais
sur lesquelles ses pattes ne reposent pas.
Dans le champ : NEM COL. Si la tète
d'Agrippa est toujours ceinte de la cou-
ronne rostrée, celle d'Auguste est succes-
sivement représentée nue, couronnée de
chêne ou laurée. En même temps que la
coiffure d'Auguste change, de notables dif-
férences se produisent dans l'ensemble du
type. Je classerai donc les as de Nimes en
trois subdivisions; mais, pour ne pas trop
m'étendre, je ne décrirai, ni ne ferai gra-
ver, pour aucune d'elles, qu'une faible
part des variétés de coin & de style qui en
sont déjà coiinues.
' La Saussaye, Num. de la. Narhonn. p. \65 •
Mommsen, Hist. de la monnaie rowi. traduct. t. 3,
p. 255, note.
' C'est par suite d'une erreur matérielle, déjà
signalée ailleurs (Froehner, le Crocodile de Nîmes,
1872, broch. in-8°, p. 5), que M. Mommsen (^Hlst.
de la monnaie rom. éd. allemande, p. 677, note 14,
trad. p. 256, note 1), a indiqué des bronzes de
Nimes comme présentant les têtes d'Auguste & de
César. Ce type ne se rencontre en Gaule que sur
les bronzes de Lyon & de Vienne.
Note
114
Au droit, la légende est toujours : IMP,
DIVI. F, sans addition des lettres P. P.
Sur quelques exemplaires le menton d'A-
grippa laisse voir une barbe courte. Au
revers, sauf sur une pièce très-dégénérée,
le crocodile est tourné à droite; les rugo-
sités de sa peau sont indiquées par des
points comme sur un aureus d'Auguste j
des bandelettes, formant au centre un si-
nus, flottent à droite & à gauche du pal-
mier. Cette subdivision des bronzes de Ni-
mes est largement représentée dans toutes
les collections; elle comprend quelques
spécimens de bon style, puis une quantité
énorme de pièces formant des dégénéres-
cences successives du prototype, en sorte
que les dernières sont tout à fait barbares.
N° I. Une barbe courte couvre le men-
ton d'Agrippa; ses cheveux sont abondants
& descendent sur le front, au-dessous de la
couronne; ses traits présentent, mais à un
moindre degré que sur les monnaies frap-
pées à Rome, le caractère si connu & si
accentué qu'on retrouve chez son arrière
petit-fils, Néron. Le profil d'Auguste est
assez pur de dessin & bien copié sur les
portraits de ce prince. Le cou des deux
personnages est d'une longueur démesurée.
R. Le crocodile est heureusement rendu;
ses mâchoires sont entr'ouvertes & lais-
sent voir des dents acérées; le collier & la
chaîne sont burinés avec soin.
Communiqué par MM. Rollin & Feuardent;
flan large; 19,40; pi. IV, fig. i.
Cette pièce très-pesante représente évi-
demment une unité principale du mon-
nayage de Nimes; elle se rapproche, sans
tenir compte du frai, du poids d'un dou-
ble as, dans le système qui fut adopté sous
le triumvirat d'Octave, Marc-Antoine &
Lépide.
N" 2. Variété de la précédente, mais de
moins bon style.
Publiée par M. de la Saussaye, p. iSp, n° 3o.
N" 3. Mauvaise exécution; style grêle &
sec; les cheveux sont rendus par une série
de courbes concentriques; les tètes gar-
Note
114
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
495
dent encore quelque chose de leur carac-
tère respectif. Au revers, les dents de la
mâchoire supérieure du crocodile sont
plantées en dehors j cette singulière re-
présentation, très-caractéristique, appar-
tient exclusivement aux variétés de la pre-
mière subdivision. La chaîne est à peine
indiquée; les lettres sont bouletées.
Coll. Charles Robertj module un peu plus petit
que celui du n° i j i3,io j pi. IV, fig. 2.
N* 4. Les deux tètes sont jeunes & n'ont
plus rien du caractère qui leur était pro-
pre; on dirait que le graveur du coin, pour
représenter Auguste & Agrippa, s'est ins-
piré des images monétaires de Caius & de
Lucius, fils de ce dernier & de Julie.
Ancienne coll. de Saulcy; flan exceptionnelle-
ment large} 9,95 } pi. IV, fig. 3.
N° 5. Variété de têtes; celle d'Agrippa
est remarquable par la longueur du nez &
par le peu d'espace laissé à la bouche & au
menton; l'ensemble est de mauvais effet.
Le mot IMP est placé entre deux points.
Au revers, la chaîne au lieu d'être tendue
retombe le long de l'arbre.
Cabinet de France; module du n" 2; bronze j
ii,35j pi. IV, fig. 4.
N° 6. Autre variété. Les deux têtes pro-
cèdent d'un même type qui n'a rien ni
d'Auguste ni d'Agrippa. Au revers le cro-
codile est court & mal rendu; sa chaîne
n'est pas visible; il a toujours des dents
au-dessus de la mâchoire supérieure; ses
jambes sont plus longues & plus épaisses.
La forme des lettres est moins bonne.
Coll. Charles Robert; module du n° 2; bronze;
12,95; pi. IV, fig. 5.
Cette pièce porte au droit l'empreinte
d'un poinçon circulaire composée de deux
D séparés par un arbre & non de deux P,
comme on l'a écrit. .Cette contre-marque,
qu'on ne saurait interpréter que par Dé-
crète Decurïonum, est très-fréquente sur les
monnaies de la première subdivision. Elle
se trouve même répétée deux fois sur un
exemplaire.
N" 7. Autre variété de têtes avec la
contre-marque A^G (Augustus) imprimée
sur le revers avec un poinçon quadran-
gulaire '.
N'' 8. Les profils ressemblent un peu h
ceux du i\° 5, fig. 4; mais leur exécution
est plus mauvaise. Les mots DIVI. F. ne
sont pas visibles; au revers la chaîne
tombe parallèlement à l'arbre, en sorte
que le crocodile semble suspendu.
Communiqué par MM. Rollin & Feuardentj
moyen module; bronze; 6,80; pi. IV, fig. 6.
N" 9. Les têtes figurées au droit sont
tout à fait barbares; le crocodile, au re-
vers, est tourné à gauche, & les mots
COL NEM se trouvent écrits en boustro-
phédon. L'inhabile graveur du coin a co-
pié directement son modèle sans se rendre
compte qu'il n'en obtiendrait, à la frappe,
que l'image symétrique.
Deux variétés déjà publiées par M. de la Saus-
saye, pi. XIX, fig. 17; pi. XX, fig. 38, de sa Nu-
mismatique de la Narbonnaise.
N° 10. Autre plus barbare encore; la
couronne rostrée ne se reconnaît plus
qu'à un trait recourbé qui apparaît sur le
sommet de la tête d'Agrippa, au milieu de
mèches aiguës. Le crocodile est tourné à
gauche; l'arbre s'incline du même côté; la
chaîne n'est plus visible. Quant aux lé-
gendes, elles n'ont aucun sens.
Coll. Ch. Robert; assez petit module; bronzej
7,35; pi. IV, fig. 7.
' Les contremarques sont très-fréquentes sur les
as de Nimes de la première subdivision, & se ren-
contrent quelquefois sur ceux de la seconde. La
troisième subdivision seule, du moins à ma con-
naissance, n'en porte aucune trace. Le mot IMP,
bien que déjà exprimé dans la légende, se trouve
reproduit dans le champ de quelques exemplaires,
soit seul, soit à côté du poinçon portant AVG.
D'autres sigles & monogrammes, & divers objets
tels que la roue à quatre rayons, ont aussi servi
à contremarquer les as de Nimes. La nature & le
but de ces types accessoires Se postérieurs méritent
un travail d'ensemble spécial, qui ne pouvait
trouver sa place ici. On peut consulter d'ailleurs
les Mémoires de V Académie de Toulouse, i8.')8, &
l'article de M. de Saulcy (^Mélanges de num. C fasc.
1875, p. 417), où est indiquée la solution d'uU
grand nombre de ces petits problèmes.
NoTB
114
Note
114
496
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
N° II. Je dois citer ici, d'après M. de la térisent. Le proiil d'Auguste n'est nulle-
Saussaye, pi. XX, 11" 36, un as fort curieux ment ressemblant. Les attaches des cou-
qui appartient, par son type, à la pre- ronnes des deux personnages sont très-
mière subdivision. Le flan circulaire, sur longues & descendent en serpentant le
lequel il est frappé, porte, adhérant à la long de leurs cous. Un point au centre de
masse, un appendice figurant la cuisse la pièce. Au revers le crocodile est de bon
d'un sanglier'. Par sa forme comme par style; sa gueule est entr'ouverte, mais
son séjour dans le bassin de la fontaine ses dents sont à leur placej son ossature
sacrée de Nimes, où il a été rencontré, ce est rendue avec beaucoup de soin. La
bronze cesse d'être une monnaie &: de- peau, dont les rugosités sont figurées par
vient un véritable ex-voto. Il est à remar- des points, semble n'exister que sur la
quer que le sanglier s'est déjà montré tète. La chaîne est formée d'anneaux cir-
tout entier sur un des premiers spécimens culaires jointifs, ayant chacun un point à
du monnayage de Nimes à l'ethnique. Le leur centre. Un anneau est fixé au-dessous
crocodile figuré au revers de cet ex-voto du collier.
est d'une exécution barbare & rappelle Communiqué par MM. Rollin & Feuardent;
celui du n° 8'. bronze} i3,io; pi. IV, fig. 8.
NOTR
"4
2° Tète d'Auguste couronnée de chêne.
Dans cette subdivision, la plante du re-
vers est toujours inclinée à droite. Une
lourde couronne, qui paraît être formée
de feuilles de chêne, est attachée au haut
& à gauche de l'arbre par des lemnisques
qui s'étendent horizontalement de l'autre
côté. Le crocodile n'est pas tout à fait
rendu de la même manière que dans la
première subdivision : ses côtes sont visi-
bles comme s'il s'agissait d'un squelette
dont la peau aurait disparu. Les légendes
au droit & au revers sont les mêmes que
celles de la première subdivision. Les
monnaies à la couronne de chêne, sans
être rares, sont beaucoup moins commu-
nes que celles à la tête nue, & ne com-
prennent ni de très-beaux spécimens, ni
des exemplaires complètement dégénérés.
N" I. Agrippa a le front carré, le nez
bombé & le menton saillant qui le carac-
' On avait d'abord prétendu que cet appendice
était emprunté à un cerf ou à une biche, & on
pouvait le croire d'après les dessins publiés. M. de
la Saussaye {Revue num. 1840, p. 249) pense que la
forme du pied caractérise exclusivement un porc.
' On sait combien était fréquent l'usage de jeter
comme ex-voto des monnaies dans les sources. On
en a une preuve par le trésor de Bourbonne qui
renfermait un millier de pièces de Nimes au croco-
dile, avec d'autres monnaies dont la dernière ap-
partenait au temps d'Honorius.
N*^ 2. Les têtes d'Agrippa & d'Auguste se
ressemblent exactement & ne rappellent
ni l'un ni l'autre de ces personnages. Au
revers, le crocodile, de très-grandes di-
mensions, occupe presque tout le champ
de la pièce 3 son ossature n'est pas ren-
due de la même manière qu'au n° l.
Coll. Charles Robert; bronze; i3,6o; pi. IV,
fig. 9.
Je possède des variétés du n° i & du n" 2
dont le poids varie de i3,58 à 18,70.
Les légendes, sur toutes les pièces de la
deuxième catégorie que j'ai eues sous les
yeux, sont formées de lettres légèrement
pattées, tandis que les lettres bouletées
sont fréquentes sur les pièces de la pre-
mière catégorie.
3° Tète d'Auguste laurée.
La légende au droit se complète des
sigles P'P*. Au revers le crocodile est
rendu comme dans la seconde subdivision.
Quant à l'arbre, dont l'extrémité est re-
courbée à gauche, il est plus épais que
celui des deux premiers groupes & par-
fois formé de trois tiges. La lourde cou-
ronne attachée à l'arbre, est remplacée
soit par une couronne très-légère, à feuilles
de laurier, soit par deux anneaux concen-
triques dans l'intérieur desquels se mon-
trent des feuilles détachées.
Les monnaies de la troisième subdivi-
Note
"4
NOTES SUR L'ÎIISTOIRE DE LANGUEDOC.
497
sion, moins rares que celles de la deuxième,
le sont plus que les bronzes de la pre-
mière. Leur valeur artistique, presque
constante, & leur nombre prouvent qu'el-
les n'ont pas été fabriquées aussi long-
temps que ces derniers.
N" I. Le visage d'Agrippa & celui d'Au-
guste sont à peu près rendus dans leur
caractère respectif; les bandelettes qui
attachent la couronne rostrée & la cou-
ronne de laurier sont très-longues sans
être aussi contournées que dans la seconde
subdivision. Des mèches de cheveux plan-
tées fort bas se replient sur le cou comme
dans les monnaies de Néron. Au revers
le crocodile a été gravé avec un burin
assez fin. Le collier, au lieu d'être massif,
est formé de deux ou trois cercles jointifs.
Les lettres des légendes sont légèrement
pattées.
Communiqué par MM. Rollin & Feiiardent;
bronze; 12,20; pi. IV, fig. 10.
N" 2. Les deux têtes ont un caractère
commun plus éloigné du type d'Auguste
que de celui d'Agrippa & très-rapproché
de celui que certaines monnaies donnent
aux Flaviens. Au revers, la chaîne a une
double courbure. Les lettres de la lé-
gende sont régulières & de forme assez
ancienne.
Cabinet de France; grand module; bronze;
12,40; pi. IV, fig. 11.
Il existe plusieurs spécimens des mon-
naies de cette subdivision qui se distin-
guent les uns des autres par le type des
têtes & par une exécution plus ou moins
bonne, mais en général ces pièces n'arri-
vent pas à des dégénérescences aussi avan-
cées que celles de la première subdivision.
Ainsi, aucune de celles que j'ai eues sous
les yeux ne montre le crocodile avec les
dents en dehors.
N° 3. Je termine par la description d'un
exemplaire avec appendice en patte de
sanglier.
Au droit les deux profils sont fortement
accusés & gardent, jusqu'à un certain
point, leur caractère distinctif; au revers.
le sommet de l'arbre s'incline fortement à
gauche, de sorte que la couronne semble
suspendue à sa dernière feuille. Les let-
tres des légendes sont droites & légère-
ment pattées. L'ensemble de la composi-
tion est d'un assez bon effet.
Cabinet de France; bronze; 14,90; pi. IV,
fig. 12.
On rencontre souvent, isolés ou dans
des dépôts, des bronzes de grand module
de la colonie, qui ont été coupés en deux
de manière à laisser une des deux têtes
sur chacun des morceaux. Il s'en trouvait
un grand nombre dans la trouvaille faite,
à la fin de 1873 dans une ancienne source
de Bourbonne-les-Bains. Si les entiers
étaient des as, ces fragments passaient
pour des semis. L'usage de couper en deux
les monnaies, que j'ai déjà signalé au su-
jet des espèces d'argent attribuées aux
Tectosages 8c à leurs voisins, a été très-
fréquent à Rome, au temps de la Répu-
blique, & s'est longtemps perpétué dans
divers pays'.
Il faut rechercher maintenant comment
Nimes conserva ou rouvrit son atelier mo-
nétaire sous la domination romaine & put
frapper les pièces qui viennent d'être dé-
crites & qui forment le deuxième sous-
groupe du sixième groupe.
Les peuplades ou les villes d'un pays
conquis n'étaient pas toutes placées dans
les mêmes conditions politiques & admi-
nistratives. Les plus favorisées jouissaient
du droit romain, optivio iure ; d'autres ob-
tenaient seulement le droit latin; venaient
ensuite les alliés & les stipendiaires. Il ne
nous est parvenu que peu de chose sur
l'état de la Transalpine; plus tard, lorsque
couverte au nord par les conquêtes de Cé-
sar, elle eut pris à peu près, dans l'échelle
de l'assimilation, le rang qu'avait la Cisal-
pine avant les lois Julia (664 de R., 90 av.
J.-C.) & Plautia Papiria (665 — 89), sa con-
dition s'améliora d'une manière générale,
mais sans s'unifier'.
' Cf. Revue num. 1867, p. 493, nrt. de M. A. de
Longpérier.
" On ne sait pas au juste quand le même droit
Note
114
II.
32
498
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
On sait cepeiulaut cjne les belles con-
trées conquises par M. Fulvius Flaccus,
C. Sextius Calvinus, Q. Fabius Maximus
& Domitius ^nobarbus' avaient attiré dès
le début un mouvement d'émigration ap-
portant avec lui le droit romain. C'est
ainsi que, quatre ans après la fondation
d'Aix% c'est-à-dire l'an 636 — ii8, une co-
lonie de citoyens romains fut conduite
dans l'antique ville de Narbonne qui pos-
séda dès lors le droit romain'.
Plus tard des vétérans sortis des légions
qui, sous César, avaient porté les armes
romaines du Rbin à l'Océan & jusque
chez les Belges septentrionaux, & qui
avaient pris part aux guerres civiles, fu-
rent envoyés après la paix à Narbonne,
où ils confirmèrent le droit romain'', & à
Arles où ils l'apportèrent s'il n'y existait
déjà\
Il est constant aussi que deux autres
deductio de vétérans furent envoyées à
politique régna sur la Narbonnaise. L'unité abso-
lue de la constitution provinciale est une idée
moderne, & les monuments prouvent que Cara-
calla lui-même n'avait pas, comme on le lui
prête, mis tout l'Empire exactement sur le même
pied.
' Cf. tome I de cette édition, p. 79, n. 4.
" Il y a pénurie de documents historiques, &
l'on ne connaît pas tous les points qui furent
alors colonisés par des citoyens romains.
' Cf. Cicéron, pro Fonteio, i3.
"* L'arrivée d'une deductio de vétérans élevait
nécessairement la ville au rang de colonie ro-
maine, sans qu'il s'ensuivît nécessairement que
tous les habitants de cette ville devinssent citoyens
romains, car, dans l'antiquité comme au moyen
âge & comme aujourd'hui encore en Orient, les
populations n'avaient pas les mêmes droits poli-
tiques par ce seul fait qu'elles appartenaient à
la même agglomération. Cette diversité de condi-
tion se rencontrait aussi dans les simples colonies
latines, où l'on pouvait conquérir le droit romain
par l'exercice de certaines. magistratures. C'est pré-
cisément en parlant de Nimes que Strabon rappelle
ce fait [Géogr, liv. 4, ch. 12).
^ Narbonne reçut les vétérans de cette dixième
légion qui s'était illustrée sous César dans la con-
quête de la nouvelle Gaule j Arles ceux de la
sixième. Ces vétérans, qui venaient de faire la
guerre d'Alexandrie, furent conduits par Tib.
Claudius Néro, père de l'empereur Tibère (Sué-
tone, Vie de TiherCj ch. a).
Arausio & à Baeterrae, & qu'une troisième
vint fonder Forum lulii'. Pendant que ces
centres recevaient ainsi le droit romain
par l'arrivée des colons militaires, de nom-
breux oppîda gaulois, parmi lesquels était
Nimes, obtenaient le titre de colonie & le
droit latin sans avoir reçu de colons, du
moins de colons romains.
Mais si la plus grande obscurité enve-
loppe l'état politique de la Transalpine,
on est encore moins renseigné en ce qui
concerne la constitution monétaire de cette
région.
En partant de ce principe que le régime
monétaire devait varier dans les villes avec
leur condition politique, on a tenté d'éta-
blir la loi de cette dépendance. La Répu-
blique romaine faisait en effet, au point
de vue de la monnaie, une différence ab-
solue entre les cités de droit romain comme
Narbonne & celles de droit latin comme
Nimes. Dans les premières les habitants,
devenus citoyens romains & soumis désor-
mais aux lois générales de l'Etat, devaient
se servir des monnaies qui circulaient,
comme signes officiels de l'échange, sur le
territoire de la République, ou bien s'ils
conservaient un atelier monétaire, cet
atelier n'était plus qu'une succursale de
' Certaines analogies permettent d'établir que
ces colons arrivèrent entre les années 44 & 47
avant J.-C, en même temps que les vétérans assi-
gnés à Narbonne 8c à Arles. Arausio devint ainsi
le centre de vétérance de la légion n*; Baeterrae
de la vu^j Forum Julii de la vin^ (Pomponius
Mêla, De situ orbis, liv. 2, ch. 5, & Pline, Hist.
nat. liv. 3, ch. 4 & 5). Enfin, je crois qu'un texte
conservé au musée de Périgueux & malheureuse-
ment incomplet mentionne les Primani. Il n'est
pas certain toutefois que toutes les colonies mili-
taires de la Transalpine aient été envoyées par Cé-
sar, comme celles de Narbonne 8c d'Arles. Lorsque
Auguste, voulant assurer, l'an 740, le sort de cent
vingt mille légionnaires, leur assigna des rési-
dences dans diverses provinces & notamment dans
la Narbonnaise, beaucoup durent venir en Gaule,
car Dion Cassius (liv. 64, ch. 23) nous apprend
que les légionnaires étalent alors renvoyés de pré-
férence dans leur propre pays; or on sait que les
Gaulois servaient, depuis le temps de César, am
recrutement de plusieurs légions. Dans, tous les
cas, on peut croire qu'Auguste renforça les colo-
nies créées par son père adoptif.
Note
114
Note
114
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
499
celui de Rome'. Cette jurisprudence se
modifia sous Auguste, & les associations de
citoyens romains, colonies ou municipes,
purent frapper monnaie par permission
spéciale de l'empereur.
Dans les autres cités au contraire, celles
de droit latin, les habitants étant considé-
rés comme de véritables étrangers' exer-
çant encore certaiiis droits régaliens, l'ate-
lier monétaire restait naturellement ou-
vert, à moins d'interdiction, & changeait
seulement son type & ses légendes.
Cette doctrine est à peu près confirmée
par les monuments. En effet, on ne coii-
naît de monnaies, ni pour Narbonne, ni
pour aucune des villes colonisées par des
vétérans &, par conséquent, essentielle-
ment de droit romain. Des trois villes que
les monnaies qualifient de colonies, les
deux premières, Nimes & Cal>ellîo\ étaient
de droit latin; la troisième, Vienne, était
primitivement de droit romain, mais il est
possible qu'elle soit descendue au droit la-
tin lorsque ses citoyens eurent été chassés
par les Allobroges''; d'ailleurs, les mon-
naies de Vienne, qui portent d'un côté :
IMP. CAES DIVI F DIVI IVLI, avec les
têtes de César & d'Auguste', & de l'autre
le navire des as de la République, avec
Colonia luUaYiennensis, sont d'une époque
où les colonies romaines pouvaient frap-
per monnaie avec la permission spéciale
de l'empereur, & l'on sait que cette per-
mission ne se mentionnait pas toujours,
par exemple de l'autre côté des Pyrénées,
dans la Tarraconaise où plusieurs colonies
de droit romain, telles que Caesaraugusta,
' Mommsen, De la monnaie romaine, traduction
de Blacas & de Witte, t. 3, pp. 218-221 8c SSp.
' Gaius, Instit. t. 1 , p. 79.
' On frappa à Cabellio des subdivisions en ar-
gent & en bronze. — Cf. la Saussaye, Op. laud,
fig. I à 6.
■* Herzog, De Gall, Narhon. pp. 90 à 94; Zuinpt,
Studio, romana, p. 332 & si:iv., 8c Comment, epigr,
p. 370, supposent que Vienne n'avait pas au début
le ius ciyitatis complet. Voir aussi de Boissieu,
Ins
de L
•yon, p. 1 40.
* DIVI F se trouvant en face de la tête d'Au-
guste 8c DIVI IVLI en face de celle de César, 8<
le style n'étant pas celui du temps d'Auguste, on
peut croire que IMP CAES se rapporte à Tibôre.
ont frappé monnaie au commencement de
l'Empire. C'est seulement, pour ne pas
sortir de la péninsule, dans la Bétique 8c
la Lusitanie que la légende porte réguliè-
rement permîssu Caesarîs.
Lyon qui fut de droit romain, d'abord
comme municipe, ensuite comme colonie
de citoyens, a frappé, vers le même temps
que Vienne, des bronzes de grand module,
portant comme ceux de cette ville les têtes
de César & d'Auguste &, au revers, le na-
vire, avec COPIAj ces pièces paraissent
également constituer un monnayage ur-
bain autorisé par l'empereur'.
La jurisprudence du gouvernement im-
périal n'avait donc rien d'absolu au sujet
des monnaies de villes & de colonies, &
l'on peut croire, à en juger par le déve-
loppement énorme que prit le numéraire
de Nimes, par rapport à celui de Cabellio,
devienne & de Lyon, & par son abon-
dance dans presque toutes les régions de la
France, que le pouvoir central n'avait pas
seulement toléré que cette colonie latine
continuât à frapper monnaie en changeant
dans ses légendes l'ancien ethnique grec
par les mots latins COL'NEM, mais qu'il
l'avait choisie, pour des raisons qu'on
ignore aujourd'hui, comme le point prin-
cipal où devait se fabriquer le numéraire
d'appoint nécessaire à toutes les Gaules.
' Au reste, les monnaies de Lyon n'ont pas
toutes le même caractère. Ainsi les pièces d'argent
qui portent ANT • IMP 8c que M. Monunsen
{^Hist, de la monnaie romaine, trad. lac, cit.) con-
sidère comme des monnaies de ville, semblent
avoir été frappées comme monnaies de gouver-
neurs, en vertu du droit dont jouissait tout com-
mandant d'armée, qu'il s'appelât consul, préteur,
proconsul, propréteur, ou qu'il eût le tirre d'im-
perator. Un passage de Strabon (liv. 4, ch. 3) ca-
ractérise bien le monnayage de Lyon : y.oiX -0 v6[j.iaaa
yoLoi-zv-ii'M IvTaîJOx tô te àpyjpoûv r.at 70 ypyaouv ot
Tôjv 'Pto'j.at'djv fjYî;j.6v£;. On peut également considé-
rer comme frappés par les gouverneurs les bronzes
portant d'un côté la tête d'Auguste ou la tête de
l'un de ses successeurs jusqu'à Néron inclusive-
ment, de l'autre le célèbre autel de Rome 81 d'Au-
guste. Si l'atelier de Lyon frappait ces pièces, ce
n'était pas, dans tous les cas, parce que cette ville
avait reçu le titre de colonie, mais parce qu'elle
était alors la métropole religieuse des Gaules, où
chnqne cité, à son tour, envoyait un prêtre.
NOTB
114
Note
"4
5oo
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Le type des monnaies de Nimes à légen-
des latines a été l'objet de nombreuses
dissertations; il mérite que nous nous y
arrêtions quelques instants.
Les petites monnaies d'argent & de
bronze portant NEM-COL (pi. III, fig. 32
à 36) sont plus anciennes que les bronzes
aux tètes d'Auguste & d'Agrippa; elles pa-
raissent remonter au moins au temps de
César. Ce sont probablement les premières
monnaies gallo-romaines de Nimes. Il n'est
pas certain, du reste, que cette ville ait
reçu le titre de colonie avant la guerre
civile; on croit généralement qu'elle ne
l'obtint que sous César, alors qu'elle fut
affranchie, ainsi que son territoire, de la
domination marseillaise sous laquelle Pom-
pée l'avait placée. Je ne répéterai pas ce
que j'ai dit, en décrivant ces monnaies, du
sujet qu'elles représentent; c'est le type si
discuté des bronzes de grand module que
je vais examiner, en commençant par le
di:oitqui présente les tètes opposées d'Au-
guste & d'Agrippa.
Au temps de César & d'Auguste on réu-
nissait souvent deux & même trois têtes
dans le champ d'une monnaie. Sur les piè-
ces de bronze les bustes étaient fréquem-
ment opposés l'un à l'autre, comme à Nimes,
à Vienne & à Lyon; c'était un moyen de
rappeler le type traditionnel des as à la tête
de Janus. Les césars & les leurs formaient
ordinairement le fond de cette iconogra-
phie inspirée par la flatterie ou la recon-
naissance. Agrippa était désigné pour figu-
rer sur les monnaies, non-seulement parce
qu'il était entré dans la famille impériale,
mais parce qu'il fut un des hommes les plus
considérables & les plus populaires de son
temps. Dès 718 la destruction de la flotte de
Sextus Pompée lui mettait sur le front la
couronne rostrée qu'il porta toujours sur
les médailles, & dont jusque-là aucun Ro-
main n'avait été décoré". La victoire d'Ac-
tium fit de lui le premier personnage après
Octavien & lui valut plus d'une fois des
honneurs égaux à ceux de ce prince. Il fut
désigné, en ySi, pour succéder à Auguste,
& lorsqu'il mourut, en 742, il exerçait de-
puis six ans la puissance tribu nitienne.
' VelUius Paterculiis, liv. 2, c. 81.
On rencontre, en effet, la tête d'Agrippa,
non-seulement sur des monnaies frappées
à Rome", mais sur des monnaies de Gadès
& de Carthago nova, en Hispanie, de Pa-
rïum, en Mysie', & de Sinope, en Paphla-
gonie'. On reconnaît son nom au revers
d'une médaille dont le droit montre les
têtes affrontées du divin Jules Se d'Octa-
vien. Ephèse l'avait associé à Julie dans
un de ses coins monétaires; mais c'est à
côté d'Auguste, comme à Nimes, qu'il est
le plus fréquemment représenté'' &, par
exemple, dans la Cyrénaïque, sur une
monnaie frappée par un proconsul' en
vertu des droits de Vîmper'ium. Je ne parle
pas des monnaies de Vienne, où la tète
d'Agrippa n'est point représentée, quoi
qu'on en ait dit''.
Cette fréquence de l'image d'Agrippa
sur les monnaies de Rome & des provinces
dispenserait de chercher dans ce qu'on sait
de l'histoire de Nimes le motif du type
monétaire que la colonie adopta ou reçut.
Cependant on ne saurait douter que la
venue d'Agrippa dans le sud des Gaules
pendant son troisième consulat & que les
immenses travaux qu'il fit exécuter dans ce
pays & à Nimes même, n'aient contribué à
augmenter sa popularité chez les Aréco-
miques & dans leur métropole.
Quant au revers des as de Nimes, il faut
constater tout d'abord qu'il a un caractère
spécial, non par la présence du crocodile,
emblème qui se voit sur d'autres monnaies
du temps, mais par ce fait que l'amphibio
est enchaîné ou suspendu à un arbre.
' Cohen, Méd. imp. t. 2, p. >o8.
' Mionnet, Suppl. t. 5, p. 711.
' Mionnet, t. 2, n, i 04.
^ Cohen, Méd. imp. t. 2, p. i(5, & Méd. consu-
laires, fam. V'ipsania, p. XLii, fig. i.
^ Millier, Num. de l'anc. Afrique, t. I , p. 167.
* La tête que Mionnet [Supplément, t. 1 , p. 146,
n. 145), M. de la Saussaye, op. laud. p. 128 Si.
129) & Duchalais [Catal. des monn. de la Gaule,
■p. 19, n. 36) ont considérée comme représentant
Agrippa, n'est pas ornée de rostres. C'est la tète de
César rendue par un artiste inhabile. Dans tous
les cas, les bronzes où cette ttte se voit appar-
tiendraient par leur style & leur type à Lyon
& non à Vienne.
Note
114
Note
114
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
bol
Suivant M. Frœhner", ce type moné- un type faisant allusion à rasservissenient
taire aurait été inspiré aux habitants de de l'Egypte, c'est-à-dire à un événement
Nimes par la possession d'un trophée rap- capital qui avait déterminé l'élévation d'Au-
porté par les vétérans venus coloniser guste. Le crocodile de Nimes n'est, en
Nimes après la conquête de l'Egypte en effet, que le crocodile des aurei & des de-
724. J'ai dit plus haut, d'après le témoi- niers d'Auguste, dont la légende explica-
gnage des auteurs, que Nimes était une tive AEGVPTO CAPTA a été remplacée
simple colonie latine &, certes, si une de- par une chaîne emblématique'.
ducdo de légionnaires y était arrivée sous
César, après la bataille d'Alexandrie, ou Le végétal qui se voit derrière le croco-
sous Auguste, après la conquête de l'E- dile a toujours été indiqué par les numis-
gypte, cette deductîo aurait apporté avec matistes comme étant un palmier; mais il
elle le droit romain; toutefois, si la pré- ne ressemble nullement à cet arbre, tel
sence d'un crocodile à Nimes n'est pas due qu'il est & tel qu'on le représentait sur les
à une deductîo de vétérans, puisque cette médailles antiques. Au lieu de l'arbre aux
ville n'en reçut aucune, on pourrait ad- rameaux étages, c'est une simple tige feuil-
mettre que l'amphibie avait été apporté lue (voir les pièces de la première & de h.
par un vétéran isolé', un négociant ou un deuxième subdivisions) ayant l'apparence
voyageur. Les phénomènes, les objets exo- d'un dattier à tige bifurquée, du pied de
tiques jouaient, en effet, dans le monde laquelle s'échappent deux rejetons; ce se-
grec & romain un rôle considérable, & rai t même, si l'on veut (voir figure 12), une
prenaient souvent place dans les temples touffe de roseaux dont la tête s'incline,
en qualité d'ex-voto'. L'amphibie, sur les
bronzes de la deuxième subdivision & de
la troisième, montre une sorte d'ossature,
ce qui donnerait raison à M. Frœhner;
mais, en numismatique surtout, il faut
faire une grande part au caprice des ar-
II y a lieu d'examiner maintenant quelle
put être la durée du monnayage des bron-
zes au crocodile. Cette question assez obs-
cure a été traitée par des savants dont la
compétence est incontestable en histoire
tistes. Il n'est pas nécessaire d'ailleurs de & en épigraphie, mais qui ont le tort de
supposer qu'on conservait à Nimes un cro- considérer les monnaies comme des nronu-
codile, pour admettre qu'on y avait choisi
' Le crocodile de Nimes, brochure in-8", 1872,
pp. i3 & 14.
* En dehors des colonies militaires, conduites
lians diverses provinces sous César 8c sous Auguste,
des vétérans furent renvoyés individuellement
dans leurs foyers par ces princes 8t leurs succes-
seurs. Ils venaient y jouir de leur droit de citoyen
romain & y remplir des fonctions qu'on s'empres-
sait de leur confier. Au début, la conquête récente
du sol ou les confiscations qui suivirent la guerre
civile permirent de leur attribuer des terres; plus
tard, on leur donna de l'argent pour en acheter.
' Ainsi une carcasse de baleine ornait le por-
tique du temple d'Esculape à Sicyone, la peau &
les maxillaires d'un serpent tué par Régulus en
Afrique étaient conservés au Capitole, des peaux
de singes avaient été rapportées à Carthnge par
Hannon; enfin la dépouille d'un crocodile pris
dans un des lacs de la Maurétanie inférieure avait
été déposée par Juba II dans le temple d'Isis à Cé-
sarée.
ments ordinaires & de leur demander les
enseignements directs & précis que don-
nent les édifices portant le nom de leur
fondateur, ou les pierres sépulcrales sur
lesquelles se développe le cursus honorum.
du défunt. Les monnaies n'appartiennent
' M. Frœhner a été entraîné à attribuer le type
de Nimes à une deductio de vétérans de la guerre
d'Alexandrie parce qu'il avait vu dans la couronne
d'un as de la collection Gansauge à Berlin & d'un
exemplaire du cabinet de France la date alexan-
drinc MA, année 14. Rappelant que le principal
d'Auguste date du 7 janvier 711, jour où il reçut
V'imper'tum & le titre de propréteur, l'auteur fait
remarquer que l'an 14 correspond à l'année 724,
qui est celle de la conquête de l'Egypte. Ce rap-
prochement est certainement ingénieux, mais les
signes assez confus qui ressemblent à des caractè-
res ne sont, à mon avis, du moins sur l'exemplaire
du Cabinet de France, que les feuilles de l'inté-
rieur de la couronne. Je ne connais pas le spéci-
men conservé à Berlin.
Note
"4
Note
Do:
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
"^ pas nécessairement au temps que semblent
marquer les événements auxquels leur type
fait allusion & les personnages dont l'i-
mage, le nom ou les titres sont rappelés
dans leurs légendes. Cela tient à ce que
les monnaies romaines ou gallo-romaines
n'étaient pas, en général, destinées comme
nos médailles modernes à jalonner l'his-
toire, mais plutôt à rappeler un fait passé,
devenu populaire, ou simplement à repro-
duire, comme l'avaient fait les Gaiilois au-
tonomes, des types connus du public &
propres à faciliter les transactions com-
merciales. Ce qui suit confirmera cette as-
sertion.
Il suffit de parcourir une collection de
médailles pour s'assurer que la présence,
sur une pièce, de la tête d'un Auguste, &
que l'indication de l'une de ses magistratu-
res ne veulent pas dire toujours que cette
monnaie ait été émise de son vivant ou
lorsqu'il était en charge. Quant aux pièces
où la tête de M. Vipsanius Agrippa se voit
à côté de celle de l'empereur, il est facile
de démontrer que ce sont, pour la plupart,
de simples monnaies commémoratives ou
posthumes. Ainsi un denier frappé par
le triumvir monétaire Cossus Lentulus re- '
présente d'un côté la tête d'Agrippa avec
M. AGRIPPA COS TER; de l'autre, Au-
guste lauré avec AVGVSTVS COS XI"; or
le onzième consulat d'Auguste est de l'an
736, tandis que le troisième d'Agrippa est
de 727. Ua bronze du Musée Britannique
représente également Agrippa & désigne
son troisième consulat, tandis que les ma-
gistratures indiquées au revers ne peuvent
appartenir qu'à Tibère. Enfin il existe une
monnaie où Borghesi' reconnaît d'un côté
l'image de Jules César avec une légende
qui se rapporte à Auguste &, au revers,
écrit horizontalement dans le champ :
M • AGRIPPA • COS • DESIG, en sorte
qu'aucune des inscriptions du coin n'a
trait au personnage représenté.
Aux exemples fournis par les monnaies
frappées à Rome, & constituant le numé-
raire officiel de la République, on peut en
joindre d'autres pris chez des peuples plus
' Cf. Cohen, Méd. consul, pi. XV, fig. iç.
* QSuyres complètes, t. i, p. io5.
ou moins soumis, mais jouissant encore
comme Nimes d'une certaine autonomie
monétaire. A Saragosse {Caesarauç^ustà) on
a frappé des bronzes portant d'un côté :
M • AGRIPPA • L • F • COS • III autour de
la tête rostrée d'Agrippa; de l'autre : le
type emblématique de la fondation d'une
colonie avec les sigles C • C • A, &, en lé-
gende circulaire des noms de duumvirs qui
sont, tantôt SCIPIO & MONTANYS, tan-
tôt TITVLVS & MONTANYS. Or, d'au-
tres monnaies de Saragosse nous appren-
nent que Scipio & Montanus, puis Titulus
& Montanus ne furent en charge que sous
le principat de Caligula. Il est donc in-
contestable, ainsi que l'a déjà remarc[ué
M. A. Heiss', que les magistrats de Sa-
l'agosse qui émettaient des monnaies au
nom de Caligula faisaient aussi forger des
bronzes posthumes montrant l'image d'A-
grippa & rappelant son traditionnel troi-
sième consulatt J'ajouterai que la tète n'a
plus rien sur ces bronzes du profil bien
connu d'Agrippa, & que leur style les rap-
proche tellement de ceux de Caligula,
qu'on n'eût pas hésité à les déclarer con-
temporains, lors même qu'on n'en aurait
pas eu d'autre preuve. Il est presque inu-
tile de constater qu'il existe encore d'au-
tres monnaies où Agrippa figure quoique
mort depuis longtemps; tels sont deux
moyens bronzes fabriqués sous Tibère en
785 & en 789 (32 & 36 ans ap. J.-C),
ainsi que l'indiquent les énoncés des ma-
gistratures, qui montrent, grâce à d'ha-
biles artistes. Agrippa sous ses traits habi-
tuels, avec la légende M • AGRIPPA • L • F •
COS- IIP.
Il arrive aussi que le caractère de res-
titution soit nettement indiqué : ainsi
Titus & Domitien se plurent à repro-
duire sur des moyens bronzes la tête popu-
' Monnaies antiques de l'Espagne, p. 209. Cf.
aussi les n"' 28 &. 29 de la pi. XXV & les n"" 53 à
56 de la pi. XXVI. — Les inagistrats de Caesarau-
giista firent aussi forger des monnaies en mémoire
d'Auguste (A. Heiss, pi. XXIV, n"* 22-2.3), au nom
de Gerraanicus & d'Agrippine (pi. XXVI, n°^ ^j
à 00).
' Cf. Eckhel, t. 6, p. i65, 8c Cohen, Monn.
Imp. t. I, p. 109, n° I Si n" ^.
NOTB
114
NoTi;
114
NOTES SUR I/HISTOIRE DE LANGUEDOC.
5o3
lairc d'Agrippa & la légende M • AGRIPPA*
COS • III. Enfiti Trajan signa des pièces
d'argent sur lesc[uellcs on voyait d'un côté
la tête d'Agrippa, de l'autre celle d'Au-
guste', & où le caractère de restitution
était indiqué par le mot RESTITVIT.
Il est donc amplement démontré, par ce
qui précède, que la tète d'Agrippa devint,
comme celles de César & d'Auguste, un
type monétaire traditionnel qui s'employa
longtemps à Rome & dans les provinces.
Mais j'ai déjà fait remarquer, en décri-
vant les bronzes de Nimes, combien les
têtes d'Auguste & d'Agrippa sont variées
dans leur exécution ou leur caractère, &
combien la dégénérescence générale de
certains exemplaires est allée loin. De tels
contrastes ne peuvent s'expliquer que par
une très-longue fabrication de types deve-
nus posthumes. Si quelques-uns des plus
jjeaux spécimens des bronzes de Nimes, re-
trouvés jusqu'à ce jour, remontent, par
leur type & leur art, au principat d'Au-
guste, la plupart sont beaucoup moins an-
ciens\ Dans cet ordre d'idées les spécimens
des subdivisions que j'ai établies dans les
as de Nimes, suivant que la tête d'Auguste
était nue ou couronnée', n'ont plus né-
cessairement les uns sur les autres l'anté-
' Cohen, op. laud. pp. 1 09, 1 1 o & 1 1 i .
' Dans une étude intéressante au point de vue
historique, mais dont les conclusions numismati-
ques ne sont pas admissibles, M. Auguste Pelet,
justement frappé de ce fait que beaucoup des
bronzes de Nimes sont postérieurs au temps d'Au-
guste, n'a fait commencer leur fabrication que
sous les Antonins (Me?;;:, de l'Acad. du Gard, 1 860,
pp. 63 à i33).
' On n'est pas parfaitement d'accord sur l'épo-
que où Octavien eut le droit de porter la couronne
c!e chêne & la couronne de laurier. La couronne
civique lui aurait appartenu en 727, lorsque, sui-
vant l'expression de Pline (1. xvi, ch. 3}, le genre
humain la lui eût décernée. Une monnaie où la
tète d'Auguste est couronnée de chêne est classée à
l'an 735 (Cohen, t. 1, p. ô3, n. 98). Quelques
auteurs pensent que le laurier fut conféré au
second César en même temps que la couronne
civique. D'autres pensent que ce prince avait ob-
tenu dès 714 de se parer du laurier chaque fois
que ses rivaux le feraient. lin 718, il fut autorisé
à la porter constamment (Dion Cass. 1. 48, 16, &
1. 49, i5.
riorité qu'avait par exemple la concession
de la couronne de chêne sur celle de la
couronne de laurier^ il est même probable
que les uns & les autres sont postérieurs
à la dernière de ces concessions. Dans tous
les cas les numismatistes exercés sont d'ac-
cord sur ce point que si le n" i de la plan-
che IV, où la tête d'Auguste est nue, parait
un des plus anciens spécimens de la série,
c'est aussi à ce type que so rattachent les
exemplaires le plus complètement dégé-
nérés, tandis que les bronzes portant la
couronne de chêne ou la couronne de lau-
rier ne présentent aucun spécimen, ni
aussi beau que le n" i, ni aussi dégénéré
que les figures 5, 6 & 7, caractérisées par
des dents extérieures à la mâchoire du
crocodile; il est donc évident que si le
type de la tête nue a commencé plus tôt
que les autres, il a duré plus longtemps,
& qu'une particularité, telle que l'ab-
sence de couronne, ne permet pas de faire
la moindre conjecture sur l'âge de l:i
pièce.
C'est donc en vain que les savants ont
tenté de déterminer l'âge des as de Nimes.
MM. Mommsen' & Herzog' déclarent par
exemple que ces bronzes sont antérieurs
à l'année 727 où Octavien reçut le titre
d'auguste, qu'on ne négligea jamais de lui
donner depuis dans les inscriptions. Or, le
titre d'empereur ne remontant qu'à 724-5,
la fabrication n'aurait duré que trois ans.
Il est inutile d'insister sur ce fait qu'un
numéraire, dont il reste encore aujour-
d'hui des quantités très-considérables sur
presque tous les points de la Gaule & des
spécimens d'un art & d'un style tout à fait
différents, n'a pu être frappé en si peu de
temps. D'ailleurs, si le titre d'auguste a
toujours été reproduit depuis 727 dans les
textes épigraphiques, il est souvent négligé
dans les médailles dont le champ étroit ne
comporte que des légendes écourtées ; ainsi
Auguste, dans des deniers frappés en 7. 34
par le triumvir monétaire P • PETRON
[IVSj TVRPILIANVS, s'appelle tvinlot
CAESAR AVGVSTYS, tantôt CAESAR
' Hist. de la. monn. rom. trad. t. 3, p. 667.
' De Gall, Narhon. prov. rom, p. 106.
Note
114
Note
114
5o4
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
DIVI F'; ainsi encore dans les médailles
de restitution les successeurs d'Octavien ne
lui donnent pas toujours le titre d'auguste'.
Parmi les auteurs qui cherchent à dater
les divers bronzes de Nimes, il en est qui
pensent que les spécimens (voir pi. IV,
11°" I & 2), sur lesquels Agrippa porte une
barbe, auraient été frappés à l'époque où
ce grand homme put se croire en défaveur
& se retira à Mytilène pendant quelques
mois'. Mais lors même, ce qu'on ignore,
qu'Agrippa dans son chagrin aurait pris
un signe de deuil, il faudrait supposer que
les monétaires de Nimes, bien au courant
de ce qui se passait au Palatin & à Myti-
lène, se seraient hâtés de refaire leurs
- coins & d'y pointiller le menton du per-
sonnage qu'ils y représentaient à côté d'Au-
guste. Or, lorsque l'empereur, en 744,
après la défaite de Varus, prit officielle-
ment le deuil & laissa pousser sa barbe"*,
les monnaies, au moins celles frappées à
Rome, n'auraient pas manqué de nous
révéler ce détail d'étiquette, si tel avait
été l'usage. Ajoutons qu'un des bronzes
sur lesquels Agrippa se montre avec une
courte barbe est évidemment par son style
postérieur à l'époque d'Auguste.
Les sigles PP, tracées dans le champ des
bronzes de la troisième subdivision, ont
aussi beaucoup embarrassé les auteurs qui
veulent que les coins de ces curieuses
monnaies aient été exclusivement com-
posés du vivant d'Auguste & d'Agrippa.
En effet, Agrippa mourut en 742 & ce ne
fut que dix ans plus tard, en 752, qu'Au-
guste reçut du sénat le titre de père de la
patrie. Les uns, comme MM. de Lagoy
& de la Saussaye, supposent que toute
la légende IMP • DIVI • F • P • P • n'appar-
tient pas à Auguste & que les sigles P • P •
sont relatives à Agrippa & signifient PA-
TRONVS PARENS': mais ce fractionne-
' Cohen, Méd. imp. t. i, p. 83.
* Cohen, Méd. imp. t. 1 , p. 84.
' Pline, Hist. nat. 1. 7, ch. 49.
* Suétone, Vie d'Auguste, 23.
^ M. de la Saussaye, op. laud. p. 170, étale son
opinion de ce fait que les habitants de Gadès au-
raient donné à la fois & en toutes lettres à Agrippa
ment de légende serait fort bizarre, &
d'ailleurs, ainsi qu'on l'a déjà fait remar-
quer', le bronze ne portant pas le nom
d'Agrippa ne saurait porter son qualifi-
catif. D'autres supposent que ces sigles si-
gnifient qu'Auguste était : P(arens) P(atro-
nus) COL(oniae) NEM(ausensis). Les em-
pereurs ont accepté, en effet, quelquefois
le titre de patron d'une colonie dans la-
quelle ils se faisaient remplacer par un
cooptatus. Ils prenaient aussi le titre de
PARENS COLONIAE^; mais je ne crois
pas qu'on ait d'exemple de la réunion des
deux titres. Enfin, divers savants, recon-
naissant avec M. Mommsen que les sigles
P*P' ont toujours & exclusivement signifié
Pater Patrice dans les légendes monétaires
impériales, aussi bien sous Auguste que
sous ses successeurs, en sont amenés à ad-
mettre que les colons de Nimes devançant
de dix ans le décret du sénat auraient pris
sur eux, ce qui ne serait pas sans exemple,
de déclarer, de leur chef, Auguste père de
la patrie. Ce n'est là, dans tous les cas,
qu'une hypothèse.
En résumé, les monnaies portant P'P*
sont, ainsi qu'on l'a vu plus haut, non-seu-
lement pour la plupart de meilleur style
que celles des d^ux premières subdivi-
sions, mais leurs dégénérescences descen-
dent moins bas de l'aveu des meilleurs nu-
mismatistes. Il s'ensuit encore \n\Q fois
que le synchronisme historique, qui les
fait classer après les autres, n'est pas d'ac-
cord avec le fait monétaire.
Mais, après avoir repoussé le système de
MM. Mommsen & Herzog, qui ne don-
nent aux monétaires de Nimes que trois
ans pour fabriquer des monnaies dont l'a-
bondance fut si grande', faut-il, comme
le titre de Patronus Parens. C'est une erreur;
les monnaies de Gadès frappées en Thonneur
d'Agrippa l'appellent municipii parens ou munici-
pii patronus, mais ne réunissent jamais les deux
titres. — Cf. A. Heiss, Monn. ant. de l'Esp. 1870,
p. 35o & pi. LU.
' Frœhner, Le crocodile de Nimes, p. 6.
' Auguste prend ce titre dans les inscriptions de
Vérone & de Bologne.
' On a trouvé, en 1875, à Bourbonne-les-Bains^
un millier d'as de Nimes entiers ou coupés en
deux, qui constituent la partie la plus importante
Note
114
NOTR
114
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
5o5
quelques numismatistes, déclarer que l'an-
tique colonie a frappé monnaie pendant
toute la durée de l'Empire, & que le type
primitivement adopté ne s'est jamais perdu.
Ce serait aller beaucoup trop loin, & il
faut se borner à constater que les pièces
SEPTIEME r, POfPE
BRONZES PORTANT, EN CAnACTKRES GRECS,
OU DES NOMS d'hommes
DES ETHNIQUES
Ce groupe, formé de pièces qui se ren-
au type d'Auguste & d'Agrippa ont été contrent habituellement dans le Langue-
frappées soit officiellement à Nimes, soit doc', se subdivise en trois sous-groupes
ailleurs par des faussaires, pendant une comprenant : le premier, les monnaies des
assez longue période & au delà sans doute Longostalètes; le second, les moniwies de
non-seulement du principat de Caligula, divers chefs gaulois; le troisième, les mou-
sous lequel on mettait encore en Hispanie naies attribuées à Béziers.
le nom d'Agrippa sur la monnaie, mais du
principat de Néron, dont la tète se voit sur
les monnaies de Lyon. C'est une exception
à la centralisation, beaucoup plus rapide &
plus complète en Occident qu'en Orient,
mais une exception qui, dans tous les cas,
avait disparu depuis longtemps au troi-
sième siècle, époque où la Gaule fut cou-
verte de bronzes, d'un tout autre style, frap-
PREMIER SOUS-GROUPE
Monnaies des Longostalètes,
Ces monnaies sont exclusivement de
bronze, tandis que le monnayage au type
dit de la croix semble n'avoir compris que
de l'argent (voir les deuxième & troisième
pés par Posthume & les empereurs gaulois. groupes). Elles se subdivisent en pièces de
beau style grec portant seulement l'eth-
Avant de passer au septième groupe, je nique & en pièces moins anciennes & de
dois dire un mot d'une petite pièce de médiocre exécution, sur lesquelles on ren-
plomb qui, sur l'autorité du savant Miner- contre, outre l'ethnique, des noms de chefs
vini", aurait porté CAESAR • P • P • : écrits également en lettres grecques & un
mot en caractères ibériques.
Les spécimens d'art grec sont fort rares;
on en connaît cependant plusieurs varié-
tés; je n'en citerai que trois :
M. Chalande & l'un des auteurs de ÏHis-
toïre du jeton, M. Jules Rouyer, qui ont la
pratique des mereaux ainsi que des plombs
de douane & de commerce employés dans
le Midi, ont reconnu que cette pièce ne
remontait pas au delà du dernier siècle.
C'est le plomb d'un marchand dont le nom
est en partie effacé 8c renferme quelques
lettres du mot Caesar. L'inversion COL*
NEM au lieu de NEM • COL & la substi-
tution d'un véritable palmier étage à la
branche ou à la tige des bronzes de Nimes
suffiraient pour faire mettre en doute l'an-
tiquité de cette pièce.
N" I. Buste de Mercure tourné à droitej
des ailes à la tète. Dans le champ, à la
hauteur de la nuque, un caducée. La pièce
est entourée d'un grènetis formé de gros-
ses perles.
R. AOrrOITA I AHTnN en deux lignes
verticales, entre lesquelles se voit un tré-
pied ; dans le haut, une étoile.
Cabinet de France; bronze; 8,55; pi. IV, fig. i3.
Cette monnaie est médiocre de conser-
vation & a perdu un peu de son poids ;
elle se distingue par son style large & par
la pureté de ses lignes, dont la planche ne
donne malheureusement qu'une idée affai-
blie.
Note
"4
d'un trésor formé à la longue de pièces jetées dans ' Dès le dernier siècle, on avait signalé la pré-
la source en l'honneur de Borbo. sence de ces pièces à Montaut & à Vieille Tou-
' ^"BS'" '^' osserya^ioni numïsmat'iche, Napoli, louse; cf. Rossignol, Mcm. de la. Société archéoU
i856, p. i55 & pi. VI, fig. 1. du. midi de la France, i86o, t. 9, p. 26 & suiv.
Note
114
5o6
NOTES. SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
N" 2. Autre moins belle & moins an-
cienne, mais digne encore de l'art grec 5 le
sigma est devenu lunaire & l'oméga cursif.
De la Saussaye, Num'tsm. de la NarhonnaisCj
pi. XXII; trouvée à Agdc; bronze; 9,08.
Je possède une pièce semblable au n" 2,
quoique d'un autre coin, qui pèse 9,36.
N° 3. Variété dans laquelle le trépied
n'a pas la même forme.
Dessin de l'nbbé Audibert, dans le t. i des Mc~
moires de l'ancienne Académie de Toulouse.
Les bronzes précédents sont une imita-
tion fidèle des bronzes d'Agrigente, qui
portent d'un côté une tète sans légende,
de l'autre l'ethnique AKPArANTiNnN au
génitif pluriel, STiivant l'usage grec, & dis-
posé également en deux lignes verticales à
droite & à gauche d'un trépied'. Ils res- gent-ils plus leurs recherches que vers
semblent également beaucoup à des pièces cette contrée. C'est ainsi que M. Charles
frappées à Rhegium, peut-être au qua- Lenormant'^, faisant descendre à l'époque
puis le père Hardouin, à de nombreuses
dissertations & à bien des hypothèses. Pel-
lerin', qui lisait A0rr02, Heu, & TAAH-
TflN, des Talètes, allait chercher sur le
mont Taygète un lieu nommé Talet. L'opi-
nion que les Longostalètes appartenaient
à la Laconie a prévalu longtemps & a été
propagée par Eckhel'«& Sestini^ Barthé-
lémy seul, qui connaissait un exemplaire
de nos monnaies trouvé à Vieille-Tou-
louse, reconnut qu'elles appartenaient à
la Gaule & les attribua à un roi des Arver-
nes"*; mais Mionnet' ne tint aucun compte
de l'avis de son célèbre prédécesseur au
cabinet des médailles & classa encore ces
monnaies à la Laconie. Les trouvailles fai-
tes depuis quelques années dans le sud de
la Gaule ne laissent plus de doutes à ce
sujet. Aussi les savants modernes ne diri-
NOTE
114
trième siècle'' av. J.-C, & à des bronzes de
Crotone, que la présence du koppa dans
leur légende, ?P0, fait considérer comme
remontant au moins aussi haut\ Au reste,
le trépied est fréquent dans tout le monde
grec, & par exemple en Macédoine'', où
les Gaulois puisaient aussi leurs modèles
monétaires, & à Marseille, ville voisine
des lieux de provenance^ mais le type gé-
néral des bronzes de Marseille diffère de
celui des Longostalètes.
Ce peuple, dont le nom était proba-
blement AoY'i'oc^iaAfiTa'. % a donné lieu, de-
' Torreinuzzn, Vet. num, Siciliac, pi. VII, fig. i5,
16 &, 17.
^ Sambon , Monnaies de la presqu'île it.iliijuc^
pi. XXV, fig. 48.
' Sambon, Monnaies de la presqu'île italique,
p. 33o.
■* On le trouve sur un statère de Macédoine qui
faisait partie d'un trésor enfoui vers 3io (Wad-
dington, Rev. num. i865, pi. I, fîg. 7).
■' C'est du jTioins la forme qu'on peut supposer
par analogie, d'après les ethniques MacjaaX'.-^Tai
(épigraphie monétaire), ÏN'avTOuà'Ta'. (Strabon, 1. iv,
ch. 6, 6), Najxv^-a'. (Strabon, 1. iv, ch. i 1, t; Pto-
lémée, 2, 8, 9). Les deux derniers ont, en latin,
pris la forme ethnique en ates (César, B, G. m, i,
6, IV, 10; Pline, m, 20, 24, iv, 18, 82; Orelli,
n" 188), si commune chez les Gaulois.
de la domination romaine ces monnaies
qui sont incontestablement plus anciennes,
suppose qu'il existait un magistrat romain
du nom de Longus, dont le pouvoir se se-
rait exercé sur les Talètes, peuple voisin
de la Tet. M. de Lagoy' trouve dans TAAH-
THN l'ethnique de Tallet, en Roussillon;
M. de la Saussaye^ admet que AOrfOlTA-
AHTflN est un nom composé des ethniques
de deux peuplades différentes, en sorte
que la monnaie qui le porte aurait été
émise par une confédération de Gaulois
du pays de Langonïa, dans le Gévaudan,
& de Gaulois du pays de Tallet, dans le
Roussillon; M. Boudard" en fait Longos-
îala &, coupant le mot en deux, Longos &
Tala, il suppose qu'il s'agit de Telo, dont les
anciens ne nous auraient conservé qu'une
partie de l;i dénomination & attribue nos
'Recueil de médailles, t. 1, p. 125, pi. XIX,
fig. I 2 & 1 3, 8c t. 5, suppl. p. 9 1 .
^ Doctr, numor, t. 2, p. 285.
^ Classes générales, 1''' édit. p. 49.
^ Cf. Origines de Toulouse, par l'abbé Audibert,
pp. 9 St 14.
^ T. 2, p. 228, n'" 89 & 90.
•^ Rcv. num. i853, pp. i32 & suiv.
' Rev. num. 1841, pp. 85 & suiv.
® Op. laud. p. 1 89.
" Op. laud. p. 270.
Note
114
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
nionnaîes à Toulon. D'autres interpréta-
tions, basées sur des consonnances ou de
simples jeux de mots, ne méritent pas
d'être mentionnées. M. de Saulcy', à qui
tant de problèmes de la numismatique
gauloise doivent leur solution, pense qu'il
faut trouver un lieu du nom de Longostalo
dont les habitants auraient été les Longos-
talètes & cherche ce Longostalo dans un
vers d'Aviénus :
Tum Mansa viens, oppidumqus Naustalo,
Et urbs, &c
c[u'il corrige en
Tum Mansa, viens, oppidum Longostalo :
Et urbs, &c
Cette leçon fort ingénieuse fait disparaître
un que inutile, mais les poètes du qua-
trième siècle ne se faisaient pas faute de
chevilles. L'auteur ajoute que ïoppidum
des Longostalètes pourrait bien n'être au-
tre chose que Murviel, où l'on a rencon-
tré tant de débris antiques. L'opinion de
M. de Saulcy, quelque crédit qu'on lui
doive attribuer, n'a pas la valeur d'une
démonstration & ne saurait faire loi. Il
est en numismatique, comme en géogra-
phie, des points sur lesquels on ne peut
entièrement porter la lumière; aussi me
bornerai -je à dire que les bronzes des
Longostalètes, d'après les provenances
déjà connues, appartiennent incontesta-
blement au sud de la Gaule & sans doute
au Languedoc".
Les monnaies des Longostalètes à nom
d'homme sont de style assez varié, mais
toujours inférieur à celui des bronzes ne
portant que l'ethnique.
N" I. Tête étroite & pointue, lourde
iVexécution; dans le champ, un caducée j
' Études topographiques sur VOra marltima d'A-
viénus, Rev. arch. 1867, t. i, p. 89 & suiv.
^ Duchalais lui-même (^Dcscr. des méd, ^aul.
p. 91), malgré son désir de les rapprocher de Per-
pignan & de les donner au Roussillon, dit seules
ment qu'elles «se rencontrent habituellement non
loin de cette province, n
5oj
AOY-
en face & au-dessus de la tùto
KOTIKN.
R. Trépied où les anneaux qui relient
les supports sont remplacés par des trin-
gles bouletécs ; en légendes verticales :
AOrrOCCTAJAHTwN &, en dedans, sous
une barre, les caractères ibériques P't'OP.
Cabinet de France^ bronze; 8,20; pi. IV, fîg. 14.
Le nom complet est AOYKOTIKNOC; il
est écrit en toutes lettres sur un autre
exemplaire du Cabinet de France, n" i320,
que j'aurais également reproduit si la tête
avait été mieux conservée.
Il existe dans la même collection des
variétés de ce bronze sur lesquelles ou lit :
AOYKOT ou AOYKOTIK &, avec vue in-
version, AOYKOTNKOC. D'autres exem-
plaires auraient porté AOYKOTiKNNO ou
AOYKOTIKYNO suivant M. Boudard', &
AOYKOTION suivant M. de Montégut'; je
n'ai pas pu vérifier ces deux leçons.
Je n'ai jamais rencontré non plus la lé-
gende AOYKOTIOC, dans laquelle LeleucP
reconnaissait le chef LVCOTIOS dont le
nom se lit sur une monnaie bien moins
ancienne, c'est-à-dire un petit bronze
gallo-romain des derniers temps. M. Du-
mège^ donne la même leçon, AYKOTÎOY
& M. A. Heiss, de AOYKOT qui se lit sur
un exemplaire du cabinet des médailles,
fait également AOYKOTIOC. C'est, je le
répète, AOYKOTIKNOC que donne l'exem-
plaire le plus complet. Les caractères qui
forment ce nom, de même que la tête de
Mercure & le caducée, ont été successive-
ment en dégénérant, si bien qu'il existe,
à la limite, des spécimens devenus tout à
fait barbares, dans lesquels l'ethnique est
remplacé par des traits sans signification
& dont le poids est beaucoup plus faible.
Pour ne pas charger la planche, je n'ai fait
graver aucune de ces dégénérations.
Il est à remarquer que AOYKOTIKNOC
est un nom essentiellement gaulois. Knos,
ainsi que l'a constaté M. d'Arbois de Ju-
' Op. lauA. p. 269.
=■ Mêm. de l'Acad. de Toulouse, t. i, pi. V, n. 1.2,
' Type gaulois.
•î Édition in-S" de l'Hlst, de Languedoc, t. i,
notes.
NOTK
"4
Note
"4
5o8
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
bainville, est une finale qui se rencontre
dans un certain nombre de noms patro-
nymiques également gaulois'.
N° 4. Buste de Mercure j la tète est
étroite & en pointe; le cou est raide &
entouré d'un collier; un caducée dans le
champ; devant le visage, BwKIOC. L'aile,
le pétase, les cheveux, ainsi que le cadu-
cée, sont figurés par des contours perlés.
Les lettres sont bouletées.
R. A peu près semblable à celui du nu-
méro précédent.
Communiqué par M. Chalande, de Toulouse;
bronze; 9,10; pi. IV, fig. i5.
Il existe à Narbonne des exemplaires
variés de cette pièce, qui ont été recueillis
dans les environs de la ville.
M. Charles Lenormant' avait, d'après
Lelewel, admis qu'un exemplaire mal con-
servé du Cabinet de France portait TOTO
derrière la tête, ce qui aurait donné
TOTOBOKIOS, nom dans lequel ces nu-
mismatistes reconnaissaient le Toutobocîo
d'une petite monnaie de bronze à légende
latine & beaucoup moins ancienne. Mais
je ne pense pas qu'il y ait sur la pièce du
Cabinet autre chose que Bôkïos, qui n'est
du reste que le nom gaulois bien connu
Bôgîos, avec la substitution, qui n'est pas
sans exemple, de k ou de c à g-. Les bronzes
portant Bôkios sont plus rares que ceux
sur lesquels on lit Loukotîknos ; ils présen-
tent également des dégénérations successi-
ves, qui finissent par arriver à la barbarie.
La plupart des variétés sont remarquables
par une forme de tète qui se rencontre en-
core dans le pays de Toulouse.
Les mots : Loukotîknos & Bôkios ne sem-
blent pas se rapporter à Mercure qui au-
rait eu deux noms différents sur des piè-
ces semblables; ce sont plutôt des noms
d'homme qui se sont perpétués sur les
monnaies, pour désigner soit des fonda-
teurs ou des chefs du peuple des Lon-
gostalètes, soit des Gaulois qui auraient
' Gobannl-cnos, Toutissi-cnos, Truti-cnos,
Taranu-cnos, Opplani-cnos, &c.
" Rey. num. i858, p. 144.
conquis ce peuple à une époque où il avait
depuis longtemps un atelier monétaire &
qui auraient introduit leurs propres déno-
minations dans les produits de type grec,
mais déjà dégénérés, de cet atelier.
On a beaucoup écrit sur le mot ibérique,
qui se voit au revers des exemplaires déjà
dégénérés, à noms patronymiques gaulois,
entre le commencement de l'ethnique grec
& le trépied'. M. de Lagoy' trouvait (en
1841) à ce mot une grande analogie avec le
nom de Béziers, Baeterrae. M. Boudard',
en 1859, en faisait PTOP, d'où Petopi ou
Patopî, &, comme il avait imaginé de lire
Toulon dans la partie grecque de la lé-
gende, il avait cherché dans les environs
de cette ville une localité antique dont le
nom se rapprochât de Patopî, & s'était du-
bitativement arrêté au Patavïum de l'Ano-
nyme de Ravenne. Cette laborieuse expli-
cation avait tout au moins l'inconvénient
de rejeter beaucoup trop à l'est les mon-
naies des Longostalètes. M. A. Heiss*,
adoptant l'alphabet de M. de Saulcy% avait
lu PARP ou PAVRP, Perpignan. Mais cette
dernière ville, inconnue des auteurs de
l'antiquité, est mentionnée pour la pre-
mière fois dans un diplôme de Charles le
Simple®, &, pour lui reconnaître une ori-
gine antique, il faudrait supposer qu'elle
avait perdu son nom pour le reprendre
sous les Carlovingiens, ce qui n'est pas
du reste sans exemple. En outre, contrai-
rement à l'assertion de Duchalais, M. E.
Barry^ a démontré que les bronzes des
Longostalètes, communs à Vieille -Tou-
' Les inscriptions bilingues se rencontrent sur
les monnaies comme sur les pierres; on en trouve
en Italie où la légende latine est accompagnée de
mots accessoires écrits dans la langue des anciens
habitants, c'est-à-dire en osque ou en grec.
* Rey, num, 1841, p. 88.
' Op. laud. p. 2yo.
^ Descr. des monnaies Je l'Espagne, t. i, p. 439.
'^ Essai de classification des monnaies autonomes
de l'Espagne, Metz, 1840, in-8'', pi. VI.
* Cf. au sujet de l'origine de Perpignan, les
publications de la Société archéologique de Mont-
pellier, in-4'', n. 17, 1848, p. 10.
^ Essai d'attribution d'une monnaie gauloise iné-
dite, in-8°, p. 6, note i.
Note
114
Note
114
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
509
louse & sur divers points du Languedoc, la constatation de leur provenance par
n'ont jamais été découverts eu certain nom- M. de Montégut' & l'avis de l'abbé Bar-
bre dans le Roussillon. théleniy qui, plus près de la vérité, les
En appliquant au mot P^^OP l'alphabet croyait arvernes. La prétendue origine
tout récent de don Antonio Delgado", on orientale de ces bronzes, acceptée au der-
trouverait PVOP. La question d'attribu- nier siècle par Pellerin', était encore il
tion est donc fort douteuse, & il me suffit y a quelques années un véritable article de
d'avoir constaté que ces bronzes doivent foi, en sorte que M. de la Saussaye s'est
être classés parmi les monuments gaulois, bien gardé de leur donner place dans la
d'abord parce que les noms d'homme sont numismatique de la Narbonnaise, & que,
gaulois, ensuite parce que, à l'époque où si M. Dumège en a parlé dans son édition
l'on frappait monnaie dans le sud de la de dom Vaissete, c'est que, considérant les
Gaule, les Gaulois, qui s'étaient déjà illus- Tectosages des bords de la Garonne comme
très par des conquêtes lointaines, jouaient les pères des Tectosages qui s'établirent
sans aucun doute dans le pays le rôle pré- en Asie-Mineure' &c Toulouse comme la
pondérant. La présence d'un mot ibérique métropole d'Ancyre, il avait cru devoir
dans la légende grecque n'indique donc faire une longue note sur les monuments
pas que la pièce ait été frappée chez des & les monnaies de la Galatie. On sait au-
Ibères indépendants; c'est ainsi que les jourd'hui que les bronzes en question
Romains, maîtres de la péninsule, mirent s'exhument assez fréquemment dans le Lan-
plus tard des mots ibériques à l'usage du guedoc; d'autre part non-seulement on a
peuple, dans des légendes écrites en latin. constaté* qu'aucune de ces pièces n'exis-
tait dans les collections formées en Orient,
mais M. Waddington & M. Georges Per-
rot ont parcouru toute la Galatie sans en
Monnaies en hron^e de chefs gaulois. rencontrer un seul exemplaire'. Il est donc
incontestable que les monnaies du deuxième
Les monnaies formant le deuxième sous- sous-groupe ont été frappées & émises sur
groupe sont pour la plupart connues de- notre sol.
puis longtemps; elles portent divers noms
DEUXIÈME SOUS-GROUPE
d'homme sans ethnique. Aucune d'elles
n'est aussi ancienne que les premiers bron-
zes des Longostalètes, c'est-à-dire que ceux
à l'ethnique, dont j'ai signalé le beau style
grec; mais, par contre, les spécimens les
Je commencerai par le chef dont les
monnaies ont donné lieu à la plus longue
polémique.
BITOUIOS ou BITOUKOS. — N° i.Busto
plus dégénérés de ce deuxième sous-groupe à droite de bon style, sans valoir le n° i
sont meilleurs & par conséquent de moins des Longostalètes. La tête est nue; les
basse époque que plusieurs des monnaies cheveux largement bouclés; le cou épais
au nom de Loukotiknos ou de Bôkios. Leur & bien accusé ne laisse voir aucune amorce
type habituel est, au droit, un buste ca- de vêtement; dans le champ, à hauteur de
ractérisé par la présence d'une massue; au la nuque, une massue la poignée en bas.
revers, un lion avec le nom d'homme à r. Lion galopant à droite, la queue
l'exergue. Un type montrant d'un côté
une tète diadémée, de l'autre un sanglier,
n'existe que pour un seul chef.
Pendant que les bronzes des Longosta-
lètes étaient réputés grecs de Laconie, les
monnaies que je vais décrire passaient
pour appartenir à des rois galates, malgré
• Huevo método de classificacion de las medallas
auîonomas de Espana, Séville, 1873, t. 1.
pendante; à l'exergue, en deux lignes :
' Cf. Mém. de l'ancienne Académie de Toulouse,
t. I, 1782, pp. 95 & siiiv, & pi. V.
' 4* vol. suppl. 1767, p. 92.
^ Voir plus haut, p. i58, note 1.
^ Cf. Saulcy, Rev. num. i856, pp. 3 & suiy.
' Les monnaies Galates qui se rencontrent «n
Orient sont relativement récentes; elles appar-
tiennent au temps de César.
Note
'M
Note
"4
10
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
BiTOYiOC BACIAEYC. Le sigma lunaire
qui termine le nom d'homme appartient
en môme temps au mot BACIAEYC dont le
graveur a relevé la dernière syllabe.
Cabinet de Francej bronze; io,5o; pi. IV,
fig. i6.
Un bronze semblable, mais de moins bon
style & moins bien conservé, du poids de
11,04, qui appartenait à M. de Saulcy,
semblait avoir les deux mots complets.
Il existe au Cabinet de France des varié-
tés sur lesquelles la tète est à peu près la
même ou plus ramassée & dont les légen-
des sont : BITOYIO BACAEYC & BITOYIG
BACIAEYC.
N° 2. Buste à droite, de moins bon style
que le 11° i & de type différent; les che-
veux forment des boucles étroites & nom-
breuses; l'épaule est visible & laisse voir
les plis d'un vêtement qui fait un sinus
au bas du cou. En face de la nuque l'a-
morce d'une massue.
R. Lion galopant à droite; à l'exergue,
en deux lignes : BITOYIOC BACIAEY.
Trouvé à Ornaisons (Aude); bronze; belle con-
servation. Empreinte communiquée à la Commis-
sion des travaux historiques par M. Berthomieu.
N" 3. Tête nue à droite, de bon style;
cheveux formés de longues mèches tom-
bantes; cou nu; le buste n'est pas indiqué;
massue la poignée en bas.
R. Lion galopant à droite; à l'exergue :
BiTOYKOC BACL...
Vieille-Toulouse; Cabinet de France; bronze;
i3,io.
Je connais une variété du n° 3 dont le
poids est de 10,44'.
Un savant% reprenant la thèse soutenue
au dernier siècle par Barthélémy, a tenté
de maintenir aux Arvernes les monnaies
du chef B'.TOU'.cc & de l'identifier lui-même
' Il existe au musée de la ville de Lyon un
exemplaire sur lequel on a cru lire RITOTAOC
BACIAKVC; mais un examen attentif m'a fait re-
connaître que le A est un K dont la partie supé-
rieure est mal venue sous le coin.
^ Charles Lenormant, Rcy. num, i858, pp. 121
& 124.
avec Bituitus ou Betultus", le chef qui ré-
sista aux armées romaines de Domitius
^nobarbus & de Q. Fabius Maximus.
Cette attribution était justifiée aux yeux
de l'auteur par le mot latin B'touio; qui
se serait reconnu sur un statère de type
arverne; mais cette lecture est plus que
problématique. Les bronzes de JV.touio?
communs en Languedoc, ne se rencon-
trent pas en Auvergne &, lors mém-e qu'ils
appartiendraient au temps de la domina-
tion arverne, il ne faudrait pas moins y
reconnaître un type méridional, propre
aux Gaulois qui habitaient les contrées
auxquelles correspond le Languedoc, car
le caractère de la suprématie exercée suc-
cessivement, dans les Gaules, par certains
peuples, ne ressemblait nullement à une
conquête &, suivant toute apparence, n'an-
nulait pas l'autonomie administrative des
cités dominées; on croit même, d'après les
médailles, que les clients 8c les cités se-
condaires, qui participaient aux ligues mo-
nétaires, conservaient une partie de leur
type. Tout ce qu'on peut dire, au sujet de
BtTC'j'.oc ou BiTOuxoc, c'est qu'on y retrouve
le mot celtique bien connu BITV.
Il existe au Cabinet de France une pièce
de l'ancien fonds, à peu près de même type
que le n" i & dont le poids est de 10,62.
Elle porte à l'exergue BITOYIOTOfO on
BITOYIOrOrO, & paraît être la pièce que
M. Dumège a décrite & fait graver" & à
laquelle il attribuait une origine orien-
tale. On considère au Cabinet de France
la légende de ce bronze comme refaite; je
me borne simplement à le citer pour mé-
moire.
CATANTOLOS. — N" I. Buste à droite,
d'un style assez large, rappelant l'art grec;
le sommet de la massue apparaît à la hau-
' B'.Tut-of, Strabon, Geogr. 4, ch. 2, 3, & B(tu(ç,
Posidonius dans Athénée, iv. Eusèbe, Chronologie,
donne Vetuhus, & les tables de marbre du Capi-
tule Betultus-^ Appien avait adopté [Ccltïc. p. 12)
la forme B'-toïtoç, sans doute par analogie avec le
chef celte qui donna, en 65, la mort à Mithridate
(Appien, Mithridate, 117; Tite-Live, ch. 102).
^ Edit. in-8° de VHist. de Languedoc, t. i, notes,
p. 620.
Note
114
Note
"4
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
teiirdu cou, comme si elle était appuyée
sur l'épaule gauche qu'on ne voit pas. Le
tout est renfermé dans un grènetis.
R. Lion galopant à droite, la queue
pendante; à l'exergue, en deux lignes :
KAIANTOAOY BA2IA.
Ancienne coll. de la Saussayej bronze; 12,70;
pi. IV, fig. 17.
N° 2. Pièce à peu près semblable, mais
où la massue, placée verticalement, se dé-
tache du corps, tandis qu'au revers les
deux O de Kaiantolou n'ont que moitié de
la hauteur des autres lettres.
Cabinet de France; bronze; 10,37.
N" 3. Autre où la tête est beaucoup plus
gauloise aussi bien en Orient qu'en Occi-
dent". Je rappellerai ce que j'ai dit, il y a
trente-deux ans% de cette manière de voir
qui était alors fort répandue. La consti-
tution de notre Gaule, telle qu'on peut la
rétablir sur les témoignages anciens, ne
comportait pas l'adoption d'un emblème
unique. Plusieurs animaux, diverses plan-
tes & des objets de toutes sortes figurent
sur les monnaies de nos pères, & le cheval
plus souvent que le sanglier'.
RIGANTICOS. — N" I. Buste à droite;
nez très en saillie, front fuyant, menton
pointu; la tète, couverte de boucles cour-
tes, est jetée en arrière, en sorte que les
derniers cheveux touchent l'épaule; celle-
NoTB
114
petite & où l'on voit en face du cou l'a- ci est figurée par une demi -sphère c(ue
morce du vêtement; la massue est placée
la poignée en haut.
Coll. Charles Robert; bronze; 9,90.
C'est au chef Caiantolos qu'appartien-
nent les bronzes au type du sanglier. En
voici la description :
N° 4. Profil féminin; cheveux contour-
nés & relevés vers le sommet de la tètej le
front orné d'un diadème, le cou d'un rang
de perles; devant le visage : KAIANTOA;
grènetis.
R. Sanglier passant à droite; au-dessus
de lui trois points numéraux; à l'exergue :
BA2IAEn2. Le sigma final, de forme an-
cienne, est placé au-dessus du trait hori-
zontal qui marque le sol.
Cabinet de France; bronze; flan mince; petit
diamètre; deux exemplaires; 5,3o & 5,84; pi. IV,
fig. 18.
Autre, même diamètre, mais flan plus
épais.
Cabinet de France; bronze; 8,84.
Cette jolie pièce est assez commune; il
y a des exemplaires sur lesquels le dia-
contourne le vêtement; le cou n'est ainsi
visible qu'en avant. Derrière la tête une
massue verticale, la poignée tournée en
haut.
R. Lion galopant à droite, battant l'air
de sa queue; à l'exergue, entre deux traits,
PirANTIKOC.
Coll. Charles Robert; bronze; 9,3.5.
Cette pièce, fleur de coin, la seule, à ma
connaissance, dont la légende soit com-
plète, m'a été cédée trop tard pour être
gravée.
N" 2. Buste à droite; la tète est verticale,
dans la position naturelle; le profil est
moins en saillie; l'épaule n'est pas visi-
ble; le cou est à 'peu près supprimé; des
traits fort raides indiquent le commence-
ment du vêtement.
R. Lion galopant h. droite; à l'exergue
PirANTIKO.
Cabinet de France; trouvée à Pézénas; bronze;
9,25; pi. IV, fig. 19,
N" 3. Buste à droite; la tête est plus
dème n'existe pas; Pellerin en connaissait large que la précédente; l'oreille est très-
une portant en toutes lettres KAIANTO-
AOY'.
M. de la Saussaye, au sujet de ce bronze,
qu'il croyait frappé en Galatie, a prétendu
que le sanglier était l'emblème de la nation
' Cf. aussi Mcm. de l'Acad. de Toulouse, 1782,
pi. V, fig. 22.
grande & tout à fait de la forme de l'objet
qui se voit dans les cantons des monnaies
à la croix gravées sous les n"' 10, 11 & 12
' Revue num. 1840, p. 260 & pi. XIX, n. 10.
' Cf. Commission historique du département du
Nord, 20 avril 1844.
' Voir plus haut, p. 4^9.
Note
114
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
(le la planche I. Les cheveux, au lieu d'être
formés de boucles détachées, se composent
de courbes dentelées qui suivent la forme
de la tête. La massue est tournée la poi-
gnée en bas.
R. Lion galopant à droite; à l'exergue
PirANTIK..
Coll. Charles Robert; bronze; 9,97.
N°4. Buste à droite; cheveux en boucles
détachées; l'oreille comme au 11° 3; l'é-
conservé de l'un des numéros précédents,
avaient fait inventer, par Mionnet', les
chefs Gaticus & Vanticus\
Brono^es douteux. — Un bronze du Cabi-
net de France, au type du lion, comme
les précédents & évidemment de même
origine, porte à l'exergue : ...AMYTOY;
un autre, donné par M. Dumège% yAMY-
T02 BACIA. Ces deux monnaies, si elles
étaient authentiques, feraient connaître
Note
114
paule représentée par une demi-sphère; le un chef nouveau ayant pris un nom grec;
vêtement forme devant le cou un sinus
très-avancé & en pointe.
R. Lion galopant à droite; à l'exergue
.TATIKO.
Cabinet de France; bronze; 8,89.
Le N a disparu à l'exergue, soit par ou-
bli du graveur, soit plutôt par anousvâra'.
Les bronzes de Rigantikos sont de style
assez médiocre & moins anciens que les
premiers spécimens du monnayage au nom
de Kaiantolos. 11 en existe des variétés,
plus médiocres encore d'exécution, dont le
poids ne dépasse guère huit grammes.
M. de Lagoy a publié, en 1839, dans la
Revue numismatique, comme monnaie d'un
mais leurs légendes semblent refaites; je
pense donc qu'il faut les laisser parmi les
pièces suspectes jusqu'à ce qu'une trou-
vaille soit venue, contre toute attenter,
leur constituer un acte de naissance.
TROISIEME SOUS-GROUPE
Monnaies attr'ihuées à Bé'^'ters.
Les monnaies suivantes, dont il existe
de nombreuses variétés, de style plus ou
moins médiocre, se rencontrent comme
les autres dans le Languedoc. Elles se rat-
tachent étroitement par leur type général,
aussi bien que par le dispositif de leur lé-
Galate d'Asie, un bronze au type du n° 2, gende, aux bronzes du deuxième sous-
dont la dernière lettre, qui n'était pas vi- groupe,
sible, devait être, suivant lui, un Y« L'exis-
tence d'un spécimen complet, le n° i, rend
le nominatif plus probable. Millingen, au-
quel l'exemplaire de M. de Lagoy avait été
communiqué % n'admettait pas PlfANTI-
KOY, qui ne lui semblait pas gaulois &
proposait BPirANTIKOY, où il retrouvait
à la fois le nom de lieu Brigantium & le
nom d'homme Briganticus cité par Tacite'.
Il est incontestable qu'il n'y a aucune let-
tre avant le p, & d'ailleurs Rigantikos est
parfaitement gaulois^.
Le bronze n° 4 8c un exemplaire mal
' Cf. A. de Longpérier, lîevae «am. 1864, p. 844.
' Revue num. 1 889, p. 19.
' Hist, 1. 2, c. 21.
■* Cf. Zeiiss, Gramm, celt, 2" éd. p. 99, & d'Ar-
bois de Jubainville, Archives des missions scientifi-
ques, 3" série, t. i, p. 53o, qui donnent l'un 8c
l'autre le radical regant; or on sait que le e &
le i se permutent fréquemment.
N" I. Buste à droite, une main élevée à
la hauteur du visage, les cheveux terminés
sur le cou par une sorte de queue étroite
& dont la courbure est en dehors; c'est
une coiffure caractéristique qui se ren-
' T. 4, p. 406, & suppl. t. 7, p. 657.
' L'exemplaire où Mionnet lisait Vanticus avait
été publié par Fierez (pi. LI, n. 6) comme ap-
partenant à Anticaria ; cet auteur reconnaissait
néanmoins que le style de la pièce n'était nulle-
ment espagnol. Cf. Don A. Delgado, Nuevo mc-
todo de classificacion de las medallas autonomas de
Espana, 1873, t. 1, p. xxxiii.
^ M. Dumège (éd. in-S" de VHist. de Languedoc,
t. I, pi. X, fig. 3) déclare que cette pièce est galate,
mais son type la rapporte à notre Gaule. On sait
d'ailleurs que Brogitarus, qui vivait seulement à la
fin de la République & qui acheta le titre de roi
en 696, est le seul Galate auquel on attribue incon-
testablement aujourd'hui des monnaies. Cf. Mom-
msen, Hist. de la monn, romaine, trad. t. 3, p. 3i3.
Note
114
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
5i3
contre fréquemment sur les monnaies des Les bronzes, dont je viens de citer quel-
autres parties de la Gaule. Derrière la tète ques variétés, sont attribués à Béziers de-
une massue, la poignée en haut. puis le temps de Pellerin. Duchalais seul',
R. Lion galopant à droite & battant l'air qui ne connaissait pas les publications ton-
de sa queue; dans le champ, au-dessus de lousaines', contestait encore la provenance
l'animal, une sigle ayant à peu près la de ces monnaies & les croyait orientales,
forme d'un kappa ou d'un digamma; à BHTAPPATIC, équivalent par iotacisme
l'exergue : BHTAPPATI. de BHTAPPATHC, est une forme adjec-
CabinetdeFrance; bronze; 9,i8i pi. IV, fig. 20. tive au nominatif singulier, tirée du nom
de la ville, Ha-i-rs^ca', lîa-Tappx*, Ha-.-rîpa'. %
N° 2. Pièce à peu près semblable à la Baeterrae''' & Betarrae''. Ce n'est qu'à la fin
précédente, mais au revers de laquelle on du troisième siècle qu'on trouve Besara*^
distingue nettement, après le |^ la panse acheminement à l'orthographe moderne',
d'une lettre, qui paraît être un sigma lu- C'est ainsi que "Avy.apa fait, à l'ethnique,
naire, si bien que la légende complète 'AYy.apaTir;; ; AiYetpa-AiYSipiTr;;; "Aoava-'Acx-
serait BHTAPPATIC. v(rr,ç, &c. Il est vrai que les médailles de
Cabinet de France; bronze; 8,3i. la Grèce OU des pays grécisés, lorsqu'elles
ne donnent pas le nom de la ville, portent
N" 3. Même type au droit, mais exécu- presque toujours l'ethnique pluriel, soit
tion plus barbare; les cheveux sont repré- au génitif, ce qui est le plus fréquent'",
sentes par de simples traits parallèles, soit au nominatif" ; mais le nominatif sin-
inscrits entre le front & une courbe enve- gulier masculin n'est pas sans exemple; on
loppante, dont l'extrémité inférieure se le trouve à Catane & à Neapolis". Eckhel"
relève en crochet, à la hauteur du cou. Le
Note
"4
haut du vêtement est orné de perles.
R. Lion au galop; la jambe de devant
est attachée au corps par une sorte de S
très en saillie. Au-dessous de l'animal, en-
tre deux barres horizontales : .HTAPP....
Trouvé aux environs de Narbonne; communi-
qué au Comité des travaux historiques par M. Ber-
ihomieu.
Bon nombre des bronzes du troisième
sous-groupe se rapprochent tout particu-
lièrement par leur style de la pièce por-
tant PirANTIKOC.
Sur un des exemplaires appartenant au
cabinet de France, le kappa ou le digamma
est lié à une sorte de M. Les sigles de
cette nature, fréquentes dans le champ des
monnaies antiques, sont difficiles à inter-
préter, lorsqu'on est sevré de toute don-
née historique'.
' Charles Lenormant (Revue num. i858; p. i56
81 pi. IV, fig. -) reconnaissait dans cette ligature
les lettres latines : F, L, M, d'où il faisait Vonteiui
hegatus M.anii. La pièce aurait alors été frappée
par Lucius Fonteius, parent & légat de Manius
Fonteius; mais les bronzes du septième groupe ne
portent que des légendes grecques &. appartien-
nent, comme on le verra plus loin, à une époque
antérieure à l'administration du célèbre préteur
(77 à 75 avant J.-C). D'ailleurs, le monogramme,
fùt-il latin & composé des lettres F, L, M, on ne
saurait accepter la leçon de M. Charles Lenor-
mant, aujourd'hui qu'on a mieux étudié les déno-
minations chez les Romains & la manière dont
elles s'abrégeaient. En effet, Lucius Fonteius ne
pouvait être reconnu à l'initiale de son gentill-
c'tum; quant au préteur, il n'était pas désigné non
plus par son prénom, car le prénom ne suffit que
s'il s'agit d'un père. D'ailleurs Manius ne s'expri-
mait pas par la lettre M, mais par la sigle M'.
(V^oir les médailles de la famille Fonteia, Cohen.)
' Catalogue, p. 84.
' Cf. Mém, de l'ancienne Académie de Toulouse,
ij8i, art. de M. de Montégut.
' Strabon, Géogr. 1. 4, c. 1, 6.
* Etienne de Byzance, ad verb,
' Ptolémée, 1. 2, ch. 10, 9.
* Pomponius Mêla, 1. 2, c. 5.
' Pline, 1. 3, c. 4.
* Festus Aviénus, Ora maritima, v. Spp.
' Saulcy, Revue archéol. 1867, p. 87.
'° Voir plus haut, p. 492.
" Cf. les médailles de Syracuse, sur lesquelles ou
lit quelquefois : ïrPAKOÏlOI.
" On rencontre aussi le nominatif singulier neu-
tre : BKÏilIKON, TEPi:iKON, & le génitif singulier
masculin : IJVBAOV.
" Doct. num. t. 1, p. xcvi.
II.
3î
Note
1.4
014
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
considère même la présence de l'etlinique
singulier dans une légende comme une
preuve d'ancienneté de la monnaie.
Le mot BHTAPPATIC occupant à l'exer-
gue la place du nom d'homme dans les au-
tres bronzes au type du lion, on est porté
à se demander si cette épithète, le Beter-
rate, ne se rapporte pas aussi à une per-
sonnification masculine, & peut-être à
Hercule dont le buste se voit au droit;
mais je ne connais guère d'exemple d'un
surnom de dieu ou de déesse inscrit seul
sur le flan; si riEPPAlA est le surnom d'A-
thénée à Perga, l'ethnique est précédé dans
la légende par le nom de la déesse; à An-
dires la monnaie porte : OEA ANAIPHNH;
enfin, à Methymne,on trouve l'adjectif seul
au nominatif singulier masculin comme à
Béziers, mais c'est une tète féminine, celle
de Pallas, qui est placée dans le champ de
la pièce. BHTAPPATIC est donc un ethni-
J.-C, les bronzes, du module même des
nôtres, frappés au quatrième siècle à Sa-
lapia, en Apulie", les pièces de Capoue k
légende osque'', & les monnaies bien con-
nues du tyran d'Agrigente, qui donna son
nom vers 280 à la ville de Phintias'.
De l'âge de leurs modèles, on peut coU"-
dure que les bronzes des Longostalètes &
que ceux au lion ou au sanglier ont été
mis en circulation, dans le midi de la
Gaule, à une époquç fort ?incienne; les
premiers, à en juger par leur style d'abord
remarquable, puis successivement dégé-
néré, ont commencé plus tôt & duré plus
longtemps. Fixer des dates précises pour
le début de ces monnayages & surtout pour
leur fin est chose impossible. On peut dire
seulementque les bronzes de grand module,
rendus par le sol du Languedoc, y ont fait
leur apparition vers la fin du quatrième
siècle ou au troisième, à l'époque où les
Note
114
que localisant la monnaie suivant l'usage hommes de race celtique, que les historiens
général & pas autre chose.
Observations générales sur le septième
groupe. — Le type des bronzes au lion qui
forment le deuxième sous-groupe & le
troisième est emprunté au monde grec,
comme l'image de Mercure & le trépied
qui caractérisent les monnaies des Lon-
gostalètes. Il suffit, pour s'en convaincre,
de consulter le bronze de Hieron II, roi de
nomment, dès lors, plus particulièrement
raXiiat, avaient incontestablement pris la
haute main sur le littoral méditerranéen
de la Gaule, si longtemps disputé par tant
de peuples de diverses origines, venus par
terre ou par mer.
Quant à la limite inférieure de la pé-
riode d'émission des bronzes du septième
groupe, elle ne saurait être déterminée,
même approximativement. Les trouvailles,
Syracuse', & celui de Perdiccas, l'un des qui seules à peu près peuvent servir de
prétendants à la succession d'Alexandre le critérium, induisent souvent en erreur
Grand. Le lion à allures vives, tel qu'il se lorsqu'elles ne sont pas assez nombreu-
voit sur les pièces de Riganticos, rappelle ses pour se contrôler l'une l'autre, car
plus particulièrement les monnaies de Ly- non-seulement les types se perpétuaient
simachia% ville fondée, suivant Pausanias, dans les ateliers de l'antiquité, témoin la
par un autre général d'Alexandre, Lysi- chouette archaK{ue d'Athènes qui se re-
maque, qui lui succéda en Thrace. produisit si longtemps, mais même le nu-
Le type du sanglier, qui se voit sur une méraire, lorsqu'on en fivait abandonné le
des monnaies de Kaiantolos, est au moins
aussi ancien que celui du lion, en Grèce,
en Asie, en Italie & en Sicile. Pour ne
parler que de ces deux derniers pays, je
signalerai les tétradrachmes unifaces d'E-
trurie que quelques savants ne font pas
remonter moins qu'au sixième siècle avant
' Mionnet, Supp, n. 63o.
' Pellerin, Rec. dcméd. t. 2, p. 197, pi. XXXIV,
%. 25.
type dans les ateliers, continuait souvent
à circuler''; ou bien des générations suc-
• Pellerin, t. i, pi. IV, fig. 46.
' Samboa, Méd, de la preiqu'île italique^ 1871,
p. 170.
^ Mionnet, n. iij, 81 Torremiizga, Numm, vet,
Stciliae, pi. CVII, fig. 1 à 5.
■* On sait que les bronzes roinains étaient encore
aux mains des Arabes au moment de la conquête
de l'Algérie,
NOTK
"4
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
5i5
cessives apportaient leur offrande dans des
sanctuaires & y constituaient des trésors
composés de pièces de divers âges, n'ayant
([\ie peu circulé & paraissant aujourd'hui
émises en même temps".
La détermination des ateliers d'où sont
sorties les monnaies du septième groujîe,
autres que celles portant BHTAPPATIC,
est encore plus difficile que l'appréciation
de leur âge. On a vu, en effet, qu'on n'a-
vait pas encore déterminé d'une manière
certaine où se trouvaient les Longosta-
lètes; quant aux monnaies au type du lion
& à noms d'hommes, auxquelles se rattache
par une légende commune la pièce portant
un sanglier, on peut seulement conjectu-
rer qu'elles appartiennent à la partie du
Languedoc voisine de la Méditerranée,
d'abord parce qu'elles sont semblables au
bronze que l'on attribue à Béziers, ensuite
parce que c'est surtout chez les peuples
du littoral qu'ont dû se répandre les types
monétaires de la Sicile & des contrées
d'outre-mer; mais il n'y a rien de certain à
ce sujet, & les ateliers ont pu à la rigueur
se trouver sur d'autres points du Langue-
doc, car tout le monde sait que les proto-
types venaient souvent de loin, témoin le
statère de Macédoine servant de modèle
aux statères gaulois qui se rencontrent dans
le centre de la France. Dans l'hypothèse
où les bronzes du deuxième sous-groupe
appartiendraient aux contrées méditerra-
néennes, on ne saurait hésiter à les classer,
comme l'a fait M. de Saulcy, à Narbonne
même; seulement il ne faudrait pas admet-
tre alors qu'aucune d'elles, même la plus
dégénérée, fût postérieure à l'an ii8 avant
J.-C, car on a vu plus haut que, sous la
République, la fabrication monétaire au-
tonome ou locale, cessait entièrement &
de plein droit dans toute ville devenue co-
lonie romaine. Narbonne a eu, dans la plus
haute antiquité, une grande importance;
'Telle est la trouvaille de Boiirbonne qui com-
prenait des monnaies antérieures à César & des
n\onnaiej contemporaines d'Honorius. J'ai assisté
en Orient à des fouilles qui ont fait découvrir,
dans la même maison, des monnaies grecques an-
térieures à l'Empire 8t des pièces byzantines.
c'est dans son port qu'on embarquait, les
produits de la Gaule venus par terje, &
ceux de l'île de Bretagne apportés par la
Garonne & qu'un court transit à dos de
bêtes de somme jetait facilement dans
l'Aude. Les habitants de Narbonne, unis
par le commerce à la Grèce & surtout à
ses colonies occidentales, devaient tout
naturellement connaître le numéraire de
ces contrées & créer, par l'adoption de
son type, un signe d'échange de facile cir-
culation.
Quoi qu'il en soit, le septième groupe
comporte avec lui une donnée très-impor-
tante, en présence de la rareté & de l'in-
certitude des documents écrits, à savoir
qu'une race gauloise, caractérisée par les
noms de ses chefs ou de ses héros, domi-
nait sur le golfe de Narbonne ou en ar-
rière, à une époque très-reculée, lorsque
le littoral appartenait, du côté de l'orient,
aux Grecs de la Massaliétide, & au sud-
ouest, au delà du promontoire pyrénéen,
à d'autres Grecs fixés en Ibérie. Si mainte-
nant nous envisageons la beauté de quel-
ques-uns des bronzes qui ont été décrits
plus haut, nous en conclurons que ces
Gaulois avaient une civilisation avancée,
prise au monde hellénique, & qui avait
déjà décru lorsque la répu])lique romaine
mit le pied sur le sol de la Transalpine'.
HUITIÈME GROUPE
DUONZES A LÉGENDES inÉIlIQUEr.
Il existe des bronzes à légendes tracées
en caractères ibériques ' qui se rencon-
' Voir plus haut, p. 462, & Strabon, 1. 4, c. i,
p. 2.
' Les monnaies découvertes en Espagne, & sur
lesquelles se reconnaissent les mêmes caractères,
reçoivent ordinairement le nom de celtibériennes,
parce que les deux principaux peuples de ce pays
étaient les Ibères 8c les Celtes, & que les anciens
eux-mêmes appelaient Celtibérle une partie de la
péninsule. Si j'emploie simplement l'épithète iic-
r'i<jues pour désigner ces pièces & celles du huitième
groupe, c'est que, suivant M. A. Heiss {Op. laud.
p. 4 8c f)), les premières se rencontrent précisément
là où les Ibères étaient restés en majorité 8c qu'il
n'est pas démontré que, sur le territoire de Lan-
NOTE
114
Note
114
5l6
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
trent fréquemment dans la contrée à la-
quelle est consacré cet article & dont,
suivant M. A. Heiss, la présence n'aurait
pas été signalée jusqu'à ce jour dans les
trouvailles faites en Espagne. Ces bronzes
appartiendraient donc à quelqu'un des
peuples, ibères d'origine, qui s'étaient ins-
tallés au nord des Pyrénées & sur le litto-
ral. Les plus communs portent d'un côté
une tête de femme, de l'autre un taureau
bondissant; quelques-uns, & ce sont les
plus rares, montrent au revers un hippo-
campe.
Voici, comme spécimens, trois variétés
du premier type & un exemplaire du se-
cond".
N° I. Tète de femme à droite; devant le
visage, P\, sigle qui paraît indiquer la va-
leur de la pièce.
R. Taureau bondissant; au-dessus de lui
une couronne; à l'exergue : POr'A'+^H.
Cabinet de France j bronze j pi. IV, fig. 21.
Cette monnaie, dont il existe plusieurs
variétés, se rencontre assez fréquemment
dans la Narbonnaise & dans les environs
de Béziers. Suivant M. Boudard (p. 266),
on devrait y lire Poiaitz & Poathze, & l'at-
tribuer à l'une des villes des Bebryces,
peut-être à celle qu'Aviénus" nomme Po-
lygium; suivant M. A. Heiss (p. 487), la
légende la plus complète donne Bricitze,
Bebryces^ & peut-être même Béziers.
M. H.-G. Phillips^ qui ne paraît pas con-
naître l'ouvrage de M. A. Heiss, & qui ad-
met généralement les leçons de M. Bou-
gtiedoc, les Longostalètes, peuple inconnu, mais
qui paraît bien indo-européen, & les hommes in-
contestablement gaulois qui signaient, les uns 8c
les autres, les bronzes du septième groupe, aient
participé à la fabrication de ceux du huitième.
' M. Boudard & M. A. Heiss ont fait graver
dans leurs ouvrages toutes celles des monnaies
ibériques, qui sont considérées, jusqu'à preuve du
contraire, comme frappées au nord des Pyrénées.
' Ora maritlma, v.6i3.
' Voir plus haut, p. 463, un passage concernant
I«s Bebryces.
* Iber'ischer Ursprung von Stammes-und St'dJtena-
men im Sûdl. Gallien, Mém. de l'Acad. de Vienne,
iTyi, LW!!*^ volume, p. 409 & 410.
dard, propose Pézénas, faisant remarquer
que cette ville n'est pas éloignée de Béziers.
On arriverait à une tout autre lecture si
on appliquait l'alphabet & les règles po-
sées par M. A. Delgado qui, s'il n'est pas
un philologue de profession, a l'avantage
d'être venu le dernier".
N" 2. Tête de face, à droite. Devant le
visage 1^1.
R. Taureau bondissant; au-dessus de lui
une couronne; sous ses pieds & en une
ligne horizontale : KI^<IHK<K.
Coll. Charles Robert j bronze; 10, o5; pi. IV,
fig. 22.
N° 3. Tête de femme à droite; devant le
visage : H^'M^M.
R. Type & légende semblables à ceux du
numéro précédent.
Cabinet de France; bronze; 6,96; pi. IV, fig. zS.
Les monnaies n°' i & 2 comportent de
nombreuses variétés & même des dégé-
nérescences. Les spécimens qui ont pris
place dans les musées du Midi ou dans les
collections Mathon & Bonnet à Béziers,
Mazel à Pézénas, Allez à Saint-Thibéry,
Ricard & Renouvier à Montpellier, Barry
& Chalande à Toulouse, &c., proviennent
exclusivement de la Narbonnaise, ainsi
que l'a constaté M. Boudard, p. 208.
N" 4. Tète de femme à droite; devant le
visage : f^«.
R. Hippocampe à droite; à l'exergue .
Coll. Charles Robert; bronze; 3,99; pi. IV,
fig. 24.
Le mot en caractères ibériques, qui se
lit au revers des trois numéros précédents,
a donné lieu à de nombreux commen-
taires, les uns peu sérieux% les autres con-
' Op. laud. proleg. p. cxxix.
* M. de Lorichs avait imaginé de traduire
KI^^HK^K par : Tredecima exterior'is officina aeris
nummorum, curator nummorum. M. Phillips (Op.
laud. p. 394), renonçant à trouver, à l'e-xergue du
revers, ce qui se lit sur toutes les monnaies, c'est-
à-dire un nom d'homme ou de dieu, de ville ou
de peuple, voire même une indication de valeur,
Note
114
Note
114
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
017
formes à l'état actuel de la philologie ibéri-
c(ue. La lecture, qui a fait autorité jusqu'à
ce jour parmi les collectionneurs de mé-
dailles, est celle proposée par M. Boudard
(pp. 117 & 128), acceptée par M. de
Saulcy ' & rééditée par M. A. Heiss. Sui-
vant ces auteurs, le mot de l'exergue serait
'Ncdhena ou }^erencoen, c'est-à-dire les ha-
bitants de Narae ou l^aro, ancien nom de
Narbonne. Quant au mot placé au droit
du n" 2, M. Boudard y retrouve T^etima,
dont il fait Setiena, VArx Setiena d'Avié-
nus; mais pourquoi cette monnaie aurait-
elle porté sur chacune de ses faces un nom
de lieu différent?
En résumé, si les bronzes à légendes
ibériques, dont je viens de donner des spé-
cimens, sont frappés sur notre sol, il est
encore impossible de dire sciemment à
quels ateliers il faut les rapjiortcr. Pour
ne parler que des attributions les plus ré-
pandues en France, celles du n" i, à Bé-
ziers, & des n"" 2 & 3, à Narbonne, elles
soulèvent, à priori, plus d'une objection.
On se demande pourquoi Bézicrs, qui avait
ses bronzes à légendes grecques, aurait eu
d'autres bronzes à légendes ibériques. La
même remarque est à faire pour Narbonne,
dans le cas où les bronzes de la deuxième
subdivision du septième groupe seraient
bien de cette ville. Supposera-t-on que le
monnayage ibérique est antérieur à l'autre ?
Mais, outre que les caractères extérieurs
des pièces qu'il a produites & leur res-
semblance avec des monnaies bien con-
nues de la péninsule' ne permettent pas
reconnaît dans le sanscrit un équivalent du mot
ibérique, voulant dire beuglant, qualificatif du
taureau représenté.
" Revue num. i856, p. 4.
' Le monnayage ibérique de la péninsule est, en
général, considéré comme ne pouvant pas remon-
ter au delà de la fin du troisième siècle avant J.-C.
Cette opinion est basée sur ce fait que les espèces
d'argent sont imitées des deniers qui n'ont com-
mencé à Rome qu'en îÎ'-k). On rencontre cependant
dans la Tarraconaise quelques bronzes qui rap-
pellent les types du deuxième sous-groupe du sep-
tième groupe, &qui semblent également d'imitation
grecque, ce qui les reporterait un peu plus haut.
11 en est de même du pégase Se du taureau à tète
humaine, qui sont empruntés à la Sicile.
cette hypothèse, on ne saurait admettre
que les Ibères aient été les maîtres de Nar-
bonne & de Béziers à l'époque où com-
mence la période monétaire. Ce peuple
avait en effet cédé dès lors, sur la plus
grande partie du littoral, devant le déve-
loppement de la race gauloise' déjà puis-
sante par ses nombreuses conquêtes. Quant
à l'hypothèse de monnaies ibériques frap-
pées à Narbonne, postérieurement aux
monnaies gauloises à légendes grecques,
elle est encore moins admissible, car quel-
ques spécimens des unes & des autres de
ces monnaies sont évidemment contempo-
rains par leur style. On ne saurait non
plus supposer que les Gaulois, maîtres du
golfe de Narbonne & des contrées en ar-
rière, faisaient pour eux des monnaies à
inscriptions en caractères grecs Sf, pour
les Ibères demeurés dans le pays, des mon-
naies à caractères exclusivement pris dans
la langue de ces derniers; des légendes bi-
lingues auraient suffi.
Les bronzes portant des inscriptions ibé-
riques se rattachent parfaitement par leur
métal, leur type & leur module, à des
monnaies au taureau & à l'hippocampe,
qui se rencontrent de l'autre côté du pro-
montoire pyrénéen, chez les Indigètes, les
Ausetani & les Cosetani', c'est-à-dire dans
les contrées dont le patois actuel se parle
également dans une partie du Roussillon;
on sera donc naturellement porté, jusqu'à
preuve formelle du contraire, à attribuer
ces bronzes à des points voisins des Pyré-
nées & où les Ibères étaient encore en
majorité.
APPENDICE
Nlonnales attribuées à tort à la province
de Languedoc.
Des monnaies autonomes, muettes ou à
légendes grecques, & même des monnaies
gallo-romaines, sont encore classées dans
quelques collections à la province de Lan-
guedoc, sur la foi d'interprétations erro-
' Voir plus haut, p. 461.
' Cf. A. Heiss, pi. IV, fig. 44 & 45, pi. III,
fig. 5o, pi. V, fig. 4, Se pi. VI, fig. i3.
NOTB
'M
Note
114
5i8
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
nées ou téméraires. Il semble utile de si-
gnaler ces monnaies.
VOLKES TECTOSAGES
M-Onnaîes d'or. — J'ai dit plus haut qu'il
n'était pas impossible que les peuples qui
ont émis tant d'espèces d'argent aient aussi
frappé, surtout dans les premiers temps,
de l'ot" au type grec. J'ai même cité un sta-
tère qui pourrait leur appartenir. Un autfe
statère a été publié, il y a quelques an-
nées, comme émis par les Volkes Tectosa-
ges". C'est une pièce de type grec, mais de
facture gauloise, qui montre au droit une
tête assez barbare &, au revers, un bige
sous lequel on distingue V & ►£], sigles
dont on a fait les initiales de la double
dénomination de ce peuple. Une telle in-
terprétation ne saurait être admise : la
lettre V, comme d'autres lettres isolées, se
rencontre souvent dans le champ des mon-
naies grecques, & le second objet n'est
autre chose que le trident qui y est encore
plus fréquent'; d'ailleurs la ligature T &
E serait plutôt 'E que HE. On sait que dans
la période de l'imitation pure, c'est-à-dire
dans les premiers temps, les artistes gau-
lois se bornaient à contrefaire, ainsi que
l'a parfaitement démontré M. Millier',
non-seulement le type principal, mais les
sigles & les objets accessoires propres à
diverses villes, & qui d'ordinaire perdaient
toute signification entre les mains des imi-
tateurs*.
On avait reconnu une monnaie gauloise
dans une toute petite pièce d'or portant
d'un côté une tête à droite & de l'autre
un oiseau; on retrouvait TOLOS^ dans la
légende latine mal conservée du droit. Les
progrès de la numismatique permettent de
' Revue nam. i856, p. 223.
' Voir par exemple les monnaies d'Amphipolis,
de Sicyone, de Priène, de Phalasarna, &c.
' Numismatique d'Alexandre le Grand, Copen-
hague, i855, p. 384.
■* C'est ainsi, à une autre époque, que le CONOB
des sous & des tiers de sou byzantins devint, dans
les imitations des premiers mérovingiens, une sim-
ple étiquette de circulation.
^ Mém, de l'Acad, des sciences de Toulouse, '847,
pp. 407 & suiv.
restituer cette pièce à la période mérovin-
gienne.
Monnaies d'argent. — Plusieurs auteufS'
ont reproduit deux pièces du type géné-
ral des monnaies à la croix. La première
porte au revers, répartis dans les can-
tons, les mots VOL TEK, uil croissant
avec un point dans sa concavité & un
croissant enveloppant un anhelet; la se-
conde présente en plus une hache sous
chacun des mots VOL & TEK. Ce sont des
pièces faites à plaisir' & qui n'auraient
pas dû surprendre la religion des anti-
quaires.
Monnaies de brono^e. — On trouve fré-
quemment à Vieille-Toulouse un petit
bronze portant au droit une tête qui pa-
raît être celle d'Apollon avec l'abréviation :
L • MVN ; au revers un oiseau avec une
légende complète où M. de Barthélémy'
reconnaît le mot VLATTV. On considère
cette pièce comme frappée par L. MVN[a-
tius] Plancus, qui aurait associé son nom
à celui d'un chef gaulois, comme le faisait
Aulus Hirtius dans la Belgique. Cette asso-
ciation n'ayant pu se produire que dans la
nouvelle Gaule & non dans la Narbon-
naise, depuis longtemps annexée à la Ré-
publique, M. de Barthélémy pense que
cette pièce n'appartient pas au pays des
Volkes; tel est aussi mon avis, si le nom
gravé au revers est bien celui d'un chef.
On sait que, dans les localités aussi riches
en médailles que Vieille-Toulouse, il s'en
trouve fréquemment venant de peuples
plus ou moins éloignés.
VOLKES ARÉCOMIQUES
Une petite monnaie d'argent, portant
une tête avec NINNOS & au revers un
sanglier avec MAVS, avait été classée sans
aucun motif à Nimes par le célèbre Le-
' De Crazannes, Dissert, sur les monnaies gau~
loises au type de la croix & de la roue, Toulouse,
in-4", 1889; Dumège, notes de l'éd. in-8" de l'fîist.
de Languedoc, t. i , p. 620, & pi. X, fig. 5.
' Revue num. 1866, p. 397.
' Les libertés gauloises, brochure in-8", p. 10.
Noté
114
Notb
"4
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
IcMvel' & nuiiiitCMUie :i la Narl)ouiiaise par
Duchalais'.
C'est encore à Nimcs f|iic ce dernier a
donné le bronze suivant, au revers duquel
il lisait NAMA :
On n'a qu'Ji jeter les yeux sur la lé-
gende de cette pièce pour reconnaître que
le M renferme une ligature qui introduit
une lettre de plus & change ainsi le ra-
dical.
Un tétradrachme, montrant d'un côté
une tète & de l'autre un cavalier avec
ATTA à l'exergue, a été, à Toulouse, l'ob-
jet d'un article important de la part de
M. Buzairies' qui, d'accord avec Leleuel
(Type gaulois) & Duchalais (Catalogue,
n" 293), la croit de notre Gaule & propose
de l'attribuer à Narbonne, Atacinorum De-
cumanorumque colonia^'^ mais cette pièce,
d'un module insolite chez nos pères, est
des plus communes dans les contrées qui
bordent le Danube, & doit être maintenue
à cette région, alors même que des exem-
plaires isolés en auraient été rencontrés
soit en Languedoc, soit en Espagne.
Une petite pièce de bronze, sur laquelle
on lisait [V]CCETIO, a été classée à Uzès
dans la numismatique de la Narbonnaise '.
La légende complète est TASGETIOS &
se rapporte à Tasgetius, chefcarnute dont
parle César.
Une autre localité de l'ancien pays des
Arécomiques, Vissée, avait été gratifiée
par M. de Lagoy^ d'une monnaie de bronze
ne portant que VIRE, mais sur laquelle il
' Etudes namismat'iqueSj type gaulois, p. 200 &
note SyS.
* Catalogue, in-S", i8^6, n° 3o6.
' Mém. de la Société archéoîogi<}uc du midi de la
France, t. 19, 1867, p. ^3 & suiv.
* Pomponius Mêla, 1. 2, c. f).
* La Saussaye, Num. di la Narb. p. 177.
^ Revue num. 1841, p. 12.
^^9 Note
y a en réalité VIRED[ISOS]' & que son "'♦
style ne permet pas d'attribuer au midi de
la Gaule.
COLONIES GRECQUES
De ])etites monnaies d'argent, portant
d'un côté une tête de femme, de l'autre un
animal, un lion peut-être, avec les let-
tres ATj avaient été données par M. de la
Saussaye' à Agde, Agathe. Le f est dou-
teux sur les exemplaires que j'ai vus &
rien ne prouve que ces sigles soient le
commencement de l'ethnique; c'est une
attribution à réserver.
Une belle drachme grecque, portant KAI-
NlKHinN, "'a pas été frappée à Vieille-
Ville, entre Nimes & Montpellier, comme
le supposait M. Dclmas', mais dans la
Massaliétide à laquelle son type la rap-
porte & où habitaient les Cœnicenses dont
parle Pline*; c'est à tort que M. Dumège
a fait graver cette pièce dans la planche
jointe aux notes de son édition de VHis-
toire de Languedoc.
MONNAIES GALLO-ROMAIKES DE DIVERS PEUPLES
Il faut ôter à la ville Substancion la
monnaie sur laquelle M. de la Saussaye
lisait SEX[<ûn«/o] F[c//x]'. Il s'agit d'une
monnaie de Tlitus], POMP[ciuj] ou
POMPCon/uj] SEX[fi] F[/Z/wj], dont l'ate-
lier n'était peut-être pas situé dans les
contrées qui ont formé le Languedoc, car
il y avait des Pompeii dans tout le midi de
la Gaule & même au delà.
La lecture erronée dont les conséquen-
ces ont été le plus graves est celle qui a
été propagée par Eckhel* lorsque, confon-
dant la légion W ferrata de Phénicie avec
la VP victrix de l'armée d'Occident', il re-
* E. Hucher, Revue num. 1839, p. 83.
* Num. de la Narb. p. 90.
^ Mém. de la Société des antiq. de France, noiiv.
série, t. 3, p. 210.
■• Hist. nat. t. 3, 4, 36.
' Op. laud. p. i8d & stiiv.
* Doctrina num. t. i, p. 70.
' Cf. Ch. Robert, Coup-d'ceil gênerai sur les lé-
gions romaines, 1870, in-4", p. 44.
Note
114
i)20
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
trouvait Ruscino sur un moyen bronze
d'Auguste frappé à Béryte'..M. Duniège%
M. de la Saussaye ' & plus récemment
M. Mommsen^ ont, sur la foi de cette
médaille mal comprise, supposé qu'une
légion avait eu ses quartiers d'hiver dans
les environs de Perpignan & sans doute à
Castel-Roussillon. Zumpt' qui partage la
même illusion se demande comment Rus-
cino ayant reçu une légion sous Auguste
n'a été classée par Pline, d'après Pompo-
nius Mêla, que parmi les oppîda décorés,
il est vrai, du titre de colonie, mais pour-
vus seulement du droit latin. Plutôt que
d'étudier la monnaie, Zumpt admet que
Pline s'était trompé.
Une petite pièce de bronze portant
T-ATINOS ou TATINOS a été attribuée
aux Rutènes, d'après l'origine d'un seul
de ses exemplaires". Cette monnaie est
fort commune & ses provenances habi-
tuelles, sans être déjà assez accusées pour
permettre une attribution incontestable,
la font classer provisoirement à un peuple
situé plus au nord.
Il existe au Cabinet de France un pré-
cieux statère d'or au revers duquel ou lit
KABALLOS, & des bronzes moins rares
qui présentent la même légende. Quelques
numismatistes ont cru pouvoir donner ces
pièces aux Gabales. Il est certain qu'elles
portent simplement un nom d'homme &
n'appartiennent pas au midi de la Gaule.
Les Vellaves ont pu, avant la conquête,
frapper monnaie dans le style arverne.
Plus tard les monuments nous les mon-
trent revêtus du titre de liberî, & l'on peut
supposer qu'ils ont conservé jusque sous
Auguste le droit d'émettre des monnaies.
Une monnaie d'argent peu ancienne &
' Mionnet, t. 5, p. 338, n" 26.
* Cet auteur disait en 1840 (dans ses notes sur
l'édition in-8" de Dom Vaissete, t. i, p. 628) que
les monnaies frappées à Ruscino au nom d'Au-
guste étaient trop connues pour qu'il eût à s'en
occuper.
^ Op. laud. p. 193 & sulv.
* Hist. de la monn. romaine, 1873, t. 3, p, 207,
trad. de M. de Wittc qui rectifie l'erreur.
^ Comment, épigr. t. 1, p. 414.
^ Mém. de la Société archéol. de Toulouse, i86p,
p. 226, art. de M. Rossignol.
assez fruste, du poids de 2,04, figurait dans
la belle collection de M. de Saulcy comme
appartenant aux Vellaves; elle semble en
effet porter VEL, mais c'est une lecture
trop incertaine & sur laquelle il faut se
réserver jusqu'à la découverte d'un exem-
plaire mieux conservé.
Si ces éliminations n'ont pas grand in-
térêt pour les hommes qui se tiennent
jour par jour au courant des progrès de la
science, elles auront l'avantage de justifier
l'extrême réserve que je me suis moi-
même imposée dans le cours du travail
consacré aux monnaies antiques de la pro-
vince de Languedoc.
P. Charles Robert,
Membre de l'Institut.
NOTE CXV
AJOUTÉE PAR LES NOUVEAUX ÉDITEURS.
Siw les Visigoths.
LES travaux qui ont été publiés depuis
un siècle sur l'invasion 8c l'établisse-
ment des Visigoths en France n'ont pas
sensiblement modifié les résultats des re-
cherches des Bénédictins sur cet épisode
de l'histoire du Languedoc. Nous allons
résumer dans cette J^ote, en suivant le
texte des auteurs, les c(uelques points de
détail qu'une étude plus approfondie des
sources (auxquelles, d'ailleurs, aucun do-
cument nouveau n'est venu s'ajouter) a
permis de préciser & de rectifier.
C'est vers l'an 40oqu'Alaric, roi des Visi-
goths, passa pour la première fois les Alpes
& envahit l'Italie. Vaincus à la bataille de
Pollentia, le jour de Pâques de l'an 402 ',
' Et non de 4o3. — Les Bénédictins ont cru
devoir admettre trois invasions d'AIaric en Italie :
\w\t première qui aurait eu lieu en 400, la seconde
en 402 & la dernière en 408. Il n'est pas certain,
d'ailleurs, que la femme & les enfants d'AIaric
aient été faits prisonniers à la bataille de Pol-
lentia.
Note
114
Note
ii5
Note
ii5
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
021
les Visigoths durent repasser le Pô, &,
après un retour offensif" sans succès, re-
gagner rillyrie. En 408, Alaric envahit de
nouveau l'Italie. Ayant mis deux fois le
siège devant Rome, & n'ayant pu obtenir
de l'empereur Honorius les conditions de
paix qu'il exigeait, il fit proclamer Attale,
préfet de Rome, empereur à la place d'Ho-
norius. Il chercha en vain à s'emparer de
Ravenne, résidence de ce dernier; puis il
se tourna pour la troisième fois contre
Rome & se rejidit maître de cette ville,
qui fut saccagée & pillée. Après la mort
d'Alaric, en 410, les Visigoths élurent pour
roi son beau-frère Athaulphe '.
En 412, Athaulphe, emmenant avec lui
Attale (qui avait été dépouillé de sa dignité
par Alaric peu de temps après son élé-
vation) & Placidie, sœur de l'empereur
Honorius, qui avait été faite prisonnière
quelques années auparavant, quitta l'Italie
& envahit les Gaules, où Constance, gé-
néral d'Honorius, venait de vaincre l'usur-
pateur Constantin. Sur le conseil d'Attale,
Athaulphe songea à s'allier avec Jovin,
autre usurpateur, qui s'était fait proclamer
empereur à Mayence & qui s'était emparé
de la Gaule ultérieure. Une entrevue entre
Athaulphe & Jovin étant restée sans résul-
tat, & ce dernier ayant associé à l'empire
son frère Sébastien, Athaulphe fit des
propositions de paix à Honorius. Il s'en-
gagea, contre la promesse d'une certaine
quantité de blé (nous ne connaissons pas
les autres conditions stipulées par lui) à
faire mourir les deux usurpateurs & à ren-
dre la liberté à la princesse Placidie. Ces
conditions furent acceptées par l'empe-
reur. En conséquence, Athaulphe, de con-
cert avec Dardane, préfet des Gaules, mit
le siège devant Valence, prit cette ville &
fit prisonnier Jovin, tandis que Dardane
s'emparait de Narbonne, où s'était enfermé
Sébastien. Les deux frères furent mis à
mort, 8c leurs têtes envoyées à Ravenne.
Ces événements se passèrent en 413.
Cependant, la quantité de blé promise
aux Visigoths n'ayant pas été livrée par
l'empereur, & la clause du traité relative
à Placidie n'ayant pas été exécutée par
Il était frère de la femme d'Alaric.
Athaulphe, celui-ci ne tarda pas à re-
prendre les hostilités contre l'empire. Il
chercha d'abord à s'emparer de Marseille;
mais repoussé par Boniface, qui comman-
dait dans cette ville, il se tourna vers
Narbonne, s'en rendit maître par surprise
& occupa bientôt après Toulouse & Bor-
deaux. Enfin, au mois de janvier 414, il
épousa Placidie. Constance, général d'Ho-
norius, qui lui-même avait brigué la main
de cette princesse, & qui dominait alors
l'esprit de l'empereur, se mit aussitôt en
campagne contre les Visigoths. Il attaqua
Narbonne & força les troupes qu'Athaul-
phe y avait laissées en continuant sa mar-
che vers les Pyrénées, à abandonner cette
ville & à rejoindre le gros de leur armée.
Athaulphe, qui avait revêtu de nouveau
Attale de la pourpre impériale, se voyant
dans l'impossibilité de procurer des vivres
à son peuple (la flotte d'Honorius empê-
chait l'arrivage des grains), & probable-
ment pour d'autres causes encore, résolut
de quitter les Gaules. Il traversa les Py-
rénées avec toute son armée & s'empara
aussitôt de Barcelone. Quant à Attale, il
tomba entre les mains des Romains & fut
envoyé à Ravenne'.
A Barcelone, vers la fin de l'année 414,
Placidie donna le jour à un fils, (jui fut
nommé Théodose. Cet enfant mourut bien-
tôt après, & les efforts que firent Athaul-
phe & Placidie pour obtenir la paix de
l'empereur, restèrent sans résultat. Au-
cun renseignement n'a été transmis sur la
campagne qu'Athaulphe dut entreprendre
' Les Bénédictins, acceptant une indication de
Philostorge, représentent la capture d'Attale par
Constance, comme une des clauses du trnité de
paix conclu entre les Visigoths & les Romains
en 416. Mais Attale avait déjà été abandonné par
Athaulphe avant cette époque (V^oyez Phosperi
Chron. ad ann. 416). Quant à la date, il paraît,
en effet, que c'est en 416 que Constance s'empara
de la personne de l'usurpateur, puisque cet événe-
ment fut célébré, à Constantinople, par des jeux
de cirque, le 28 juin & le 7 juillet de cette même
année. (Voyez Leueau, Hist, du Bas-Empire, t. 6,
p. 449.) — L'accord qui aurait été conclu entre
Athaulphe & Constance & d'après lequel il aurait
été défendu aux Visigoths d'avoir des vaisseaux
(voir t. I, p. 4o3), n'est pas suffisamment prouvé.
NOTB
ii5
NoiK
1 15
022
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
contre les peuples barbares qui occupaient Placidiej il s'engagea en outre à faire la
alors l'Espagne. Au mois d'août de l'an 41 5, guerre, au nom de l'empereur, aux Van-
le roi visigoth fut assassiné par un de ses dales, aux Suèves, & aux autres peuples
domestiques nommé Doubios ou Wernulf germaniques établis en Espagne. Cette paix
(Eberulf)', lequel voulut venger sur lui la fut conclue en 416. Dans les deux années
mort d'un autre chef visigoth (peut-être suivantes, les Visigoths reconquirent à
de Sarus), son ancien maître, & se venger l'Empire la plus grande partie de l'Espa-
des offenses personnelles qu'il avait reçues gne. Vers la fin de l'année 418, en vertu
du roi. Mais il est permis de croire que le d'un nouveau traité entre Wallia & Cons-
mécontentement d'une grande partie des tance ratifié en 419, les Visigoths quittè-
Visigoths qui demandaient la guerre avec rcnt l'Espagne, repassèrent les Pyrénées &
Rome, & qui montrèrent bientôt après vinrent s'établir dans l'Aquitaine'. Wallia
leur aversion pour tout accommodement mourut dans cette même année 419'. Les
pacifique, ne fut pas complètement étran- Visigoths élurent à sa place Théodoric'.
ger au meurtre d'Athaulphe '. Quoi qu'il La paix entre les Visigoths & les Ro-
en soit, ce ne fut pas son frère, auquel, en mains ne dura pas longtemps. Dès l'année
mourant, il avait recommandé Placidie & 422, un corps de vingt mille Visigoths^ qui
une politique d'amitié avec Rome, qui fut se trouvaient sous les drapeaux du général
élu roi à sa place, mais le frère de son an- romain Castinus, envoyé pour combattre
cien ennemi Sarus, Sigéric (Sigrich), porté
au trône par son parti triomphante Le
nouveau roi fit mettre à mort les enfants
d'Athaulphe & traita Placidie avec rigueur.
Mais il n'exerça le pouvoir que peu de
jours. Soit qu'il hésitât à ouvrir les hos-
tilités contre les Romains, soit qu'il eût
le désir de faire la paix, soit pour toute
autre cause, il fut assassiné le septième
jour après son avènement. On lui donna
pour successeur Wallia. Celui-ci reprit
aussitôt les hostilités, tant contre les Ro-
mains, que contre les barbares qui occu-
paient l'Espagne, & soumit la plupart des
villes situées sur la côtej depuis Barcelone
jusques à Cadix. Comme Alaric, quelques
années auparavant, il songea à envahir
l'Afrique, mais une tempête détruisit ses
vaisseaux. Cette circonstance, ainsi que le
manc[ue de vivres & l'approche de l'armée
romaine sous Constance, qui avait traversé
les Vandales en Espagne, abandonnèrent
l'armée romaine sur le champ de bataille
& déterminèrent ainsi la défaite de leurs
alliés''. Après la mort d'Honorius, en 423,
Théodoric, profitant des troubles suscités
dans l'Empire, & principalement dans les
Gaules, par l'usurpation de Jean, primicier
des notaires, s'empara de plusieurs vilks
de la Narbonnaise première & mit, en 42"),
le siège devant Arles, métropole de la pro-
vince. Aëce, qui commandait dans les Gau-
les pour l'empereur Valentinien, força les
Visigoths à lever le siège & leur infligea
une sanglante défaite (en 426). Cepen-
dant, dès l'année suivante, ils entrepri-
rent, au nom de l'empereur, une cam-
pagne contre les Vandales d'Espagne. En
429, ils firent une nouvelle tentative sur
Arles. Aëce, occupé du côté du Rhin à
faire la guerre aux Francs, accourut en
toute hâte, attaqua les Visigoths & les mit
les Pyrénées, détermina Wallia à accepter en déroute. Leur chef, Aonulf, fut fait pri-
les propositions de paix que lui fit faire sonnier.
l'empereur Honorius. Il reçut six cent Dans les années suivantes, Théodoric
mille mesures de blé & rendit la liberté à
' Joniandès, c. 3 i .
' Orose, 1. VII, c. ^3.
' Dom Vaissete parle de « la bassesse de sa nais-
cance. » C'est là une erreur. Le rôle que joua Sarus
' Sur les motifs probables de ce traité, voyez le
texte, t. I, p. 420.
^ La fille que Wallia laissa en mourant fut, dans
la suite, la mère de Ricimer, Se non son épouse,
Théodoric n'était pas fils de Wallia, ni petit-
comme général, & plus tard comme ennemi de fils d'Alaric, comme l'ont prétendu quelques auteurs
l'empereur & d'Athaulphe, montre rimportance modernes. *
de ce personnage. 1 Idace, Chronlcon, pp. 21-22
NOTB
ii5
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
'J2
3
demeura tranquille dans ses États. Lors de
la lutte entre Boniface & Aëce, ce dernier
ayant paru à la frontière de l'Italie avec
une armée de Huns, les Visigoths se dis-
posèrent à secourir l'empereur. Mais peu
de temps après, en 486, ils rompirent la
paix qui avait été conclue quelques années
auparavant 8c attacjuèrent la ville de Nar-
bonne. La place résista longtemps & fut
enfin délivrée par les généraux Litorius &
Aëce. Ceux-ci, voulant poursuivre leurs
succès, afin de mettre un terme aux ten-
tatives constamment renouvelées des Visi-
goths pour sortir des limites que les traités
leur avaient assignées, envahirent le terri-
toire de Théodoric". Litorius, s'approchant
de Toulouse par le sud, assiégea la ville,
tandis qu'Aëce, venant du nord, mettait en
déroute une armée de Visigoths & leur tuait
huit mille hommes. Théodoric demanda la
paix. Litorius la lui refusa & donna l'assaut
à la ville (en 489); mais il fut vaincu &
tomba entre les mains des Visigoths qui le
firent périr. Comme dans le récit de cet
événement il n'est pas question d'Aëce, il
paraît probable que Litorius, jaloux de la
gloire de ce général, avait attaqué la ville
avant l'arrivée de son rival qui était en
même temps son chef. Les Visigoths se
disposaient à profiter de leurs avantages &
à étendre leurs conquêtes, lorsque Avittis,
préfet des Gaules, réussit à ménager un
' Dom Vaissete (voir au t. I, p. 429) présente
ces faits autrement. S'appuyant sur un passage
ambigu de Sidoine Apollinaire [Carm, iv, 210), il
croit devoir admettre deux campagnes différentes,
dont la première se serait terminée après la levée
du siège de Narbonne, peut-être même par un traité
de paix entre les Roinains & les Visigoths j ceux-ci
auraient ensuite renouvelé la guerre & assiégé la
rille de Tours. Toutefois, il paraît certain que,
après avoir secouru Narbonne, Litorius avait re-
pris la route du nord & que, sur l'ordre d'Aëce, il
envahit le territoire des Visigoths, en traversant
l'Auvergne & en gagnant Toulouse du côté du sud.
(Voyez Sii). Apollin. Carm. vu, 246 & suiv.) Les
auteurs modernes ont méconnu ces mouvements.
(Voyez AsciiBACii , Gesch'uhte ier Westgothen ,
p. 117; Daiîn, Die Kccn'igc der Germancn, t. 5,
p. 74.) — D'autre part, il faut rejeter tous les
faits mentionnés par D. Vaissete d'après la Vie de
saint Orens.
nouveau traité de paix dont nous igno-
rons les conditions. On rapporte seule-
ment que Théodoric, à la demande d'Aëce,
éloigna de sa capitale Sébastien, fils de
Boniface, qu'il avait protégé jusqu'alors,
& qu'il fournit aux Romains des troupes
auxiliaires contre les Suèves. En 446, une
armée de Visigoths, sous les ordres du
général romain Vitus, envoyée en Espagne
contre les Suèves, fut battue par Réchila,
roi de ces derniers» Mais cette alliance
n'eut pas plus de durée que celles qui
avaient été conclues précédemment. Théo-
doric s'unit bientôt ouvertement ailx en-
nemis de l'Empire. Il donna sa fille en
mariage à Réchiarius, roi des Suèves, &
l'aida, avec ses troupes, à étendre ses con-
quêtes en Espagne (en 449). H maria son
autre fille avec Hunéric, fils aîné de Gen-
sérid, roi des Vandales d'Afrique". Cette
dernière union fut rompue, peu de temps
après, par la cruauté de Genséric & fut
cause d'une profonde inimitié entre les
deux rois, si bien que Genséric engagea
Attila à envahir les Gaules'*
Le roi Théodoric ayant trouvé la mort
dans la bataille contre Attila', les Visi-
goths acclamèrent sur le champ de bataille
son fils Thorismond, qui, sur le conseil
d'Aëce, renonça à attaquer de nouveau
Attila 8c retourna à Toulouse.
Thorismond, peu de temps après sou
avènement, entreprit une campagne con-
tre les Alains, sur la rive droite de la
Loire. Il tourna ensuite ses armes contre
les Romains, probablement à cause des
dépouilles du camp d'Attila, dont Aëce
' Le rôle joué par les Visigoths dans In guerre
contre Attila ne prouve pas, comme le préten.l
D. Vaissete, que Théodoric ait fidèlement observé
l'alliance conclue avec les Romains en 439. Il est,
au contraire, certain que le roi des Visigoths ne
cessa jamais entièrement les hostilités contre les
Romains. Ce n'est pas en vertu des anciens traités
que les Visigoths s'unirent aux Romains pour
combattre les Huns, mais pour défendre leurs pro-
pres intérêts & leur sécurité contre wn ennemi
qu'ils savaient être plus formidable que rtmpire.
' Voyez le texte, t. I, p. 439.
' Voyez sur cette bataillé le texte, t. I, p. 440
& suiv.; & sur la prétendue seconde invasion dAt-
tila dans les Gaules, ib, p. 4^9.
NoTt:
I I j
Note
ii5
524
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
s'était emparé. II fit une tentative sur Ar-
les & ne fut détourné de son entreprise
que par l'intercession de Tonance Fer-
réol, préfet des Gaules. Aëce lui-même
apaisa le roi visigoth par l'envoi d'un pré-
cieux bassin d'or. Dans la troisième année
de son règne, en l'an 453", Thorismond
tomba victime d'une conspiration à la tête
de laquelle se trouvaient ses deux frères
Théodoric & Fridéric. Les auteurs ne sont
pas d'accord sur les motifs de cette cons-
piration. Selon les témoignages des chro-
niques d'Idace & de Prosper, Thorismond
aurait été assassiné parce qu'il voulait re-
nouveler la guerre contre les Romains.
D'après une autre chronique (Isil). Chron,
Goth.)^ il aurait mécontenté ses sujets par
son gouvernement despotique. Quoi qu'il
en soit, la politique de Théodoric II, qui
succéda à son frère Thorismond, fut, en
ces deux points, opposée à celle de son
prédécesseur. Du vivant de l'empereur Va-
lentinien, il resta fidèle à l'alliance avec
les Romains & ne prit les armes contre
eux qu'au moment où, après la mort de
Valentinien III, les usurpations & les in-
vasions des barbares troublèrent profon-
dément l'Empire. Les bonnes relations fu-
rent rétablies & fortifiées, lorsque Avitus
eut été élevé à la dignité impériale par
Théodoric & reconnu par toutes les pro-
vinces. Au printemps de l'an 456, Théo-
doric entreprit, au nom du nouvel empe-
reur, une expédition contre les Suèves
d'Espagne, mais il ne commença sérieuse-
ment les hostilités qu'après la chute d'Avi-
tus (probablement au mois de septembre
de l'an 456)% battit les Suèves à la bataille
de Paramo (le 5 octobre 456), s'empara de
Bracara (le 28 octobre), parcourut toute
la province & soumit entièrement les Suè-
' Voyez ci-dessus la Note LII.
' Voyez le texte, t. i, p. 456 & siiiv. D'après
l'exposé de D. Vaissete, il pourrait paraître qu'à la
bataille de Paramo, Théodoric eût encore combattu
pour la cause de l'Empire. L'avUeur bénédictin qui,
dans la Note LUI ci-dessus, a très-justement rec-
tifié l'erreur chronologique commise par Idace, &
qui place la déposition d'Avitus au mois de mai de
l'an 456, a évidemment pensé que cet événement
était resté inconnu à Théodoric pendant plus de
quatre mois, ce qui est peu vraisemblable.
ves, fit mettre à mort leur roi Réchiarius
& leur donna un nouveau roi en la per-
sonne d'Aïulf, un de ses sujets. Rentré à
Toulouse au mois d'avril 457, il continua
ses hostilités contre l'Empire en envoyant
en Espagne des troupes qui y étendirent
ses conquêtes. En 439, repoussant les pro-
positions de paix de l'empereur Majorien,
Théodoric passa le Rhône & mit le siège
devant Arles, défendue par le comte ^gi-
dius. Celui-ci, dans une sortie heureuse,
mit en déroute l'armée des Visigoths.
Théodoric consentit ensuite à renouveler
l'alliance avec les Romains & servit l'em-
pereur Majorien, en46i, contre les Suèves.
En 462, par suite de l'assassinat de l'em-
pereur Majorien & de la proclamation de
Sévère, & à la faveur de l'hostilité entre le
général ^Egidius 8c le gouverneur de la
Narbonnaise, Agrippin, les Visigoths ac-
quirent la ville de Narbonne & la Nar-
bonnaise première jusqu'au Rhône, qui
leur furent cédées par Sévère". iEgidius
s'étant retiré vers la Loire, les Visigoths
le suivirent & s'emparèrent du château de
Chinon', où le général romain les assiégea
sans succès î mais il leur infligea bientôt
après, dans les environs d'Orléans, une
sanglante défaite, dans laquelle Fridéric,
frère de Théodoric, fut tué. Après la mort
d'iEgidius, en 464% Théodoric, délivré de
son plus redoutable ennemi, pouvait son-
ger à agrandir encore son territoire aux
dépens de l'Empire. Cependant il ne pa-
raît pas qu'il ait profité de cette occasion
pour faire de nouvelles conquêtes de quel-
que importance en Gaule. Mais il tourna
toute son attention vers l'Espagne, où il
chercha à pacifier les Suèves. Il fut assas-
siné par son frère Euric, vers le milieu de
l'an 466.
Quelque temps après son avènement au
trône, Euric, sans doute pour renouveler
& faire confirmer l'alliance avec l'Empire
romain, envoya une ambassade à Léon,
' Voyez le récit de cet événement dans le texte,
t. I, p. 460 & suiv., 468 & suiv,, & ci -dessus
Note LVI.
' Il est cependant possible qu'ils aient déjà pris
cette place à une époque antérieure.
^ Voyez ci-dessus Note LVI.
Note
1 1 j
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
empereur d'Orient'. Mais bientôt il dé-
clara la guerre à l'empereur Anthènie,
s'empara de plusieurs villes en Espagne,
de l'Acjuitaine première, & dans les an-
nées suivantes, pendant les rapides chan-
gements de gouvernement dans l'Empire
d'Occident, de presque toutes les provin-
ces situées entre la Loire, la Méditerra-
née, le Rhône & l'Océan. Enfin toutes ces
conquêtes, y compris l'Auvergne, lui fu-
rent confirmées & formellement cédées,
en 475, par l'empereur Népos. En 477,
Eiiric passa en Espagne, & aidé par un
corps d'Ostrogoths sous la conduite de leur
roi Widimer, il soumit toute la province,
dont il ne laissa aux Suèves qu'une bande
de territoire sur la côte du nord- ouest.
En 480, prenant pour prétexte la mort
de Népos, avec lequel il avait conclu son
dernier traité de paix, & qui, dans son
exil, avait toujours été reconnu par la
Provence, Euric passa le Rhône, s'empara
d'Arles, de Marseille & de tout le ter-
ritoire jusqu'aux Alpes, qu'Odoacre, roi
d'Italie, était hors d'état de lui disputer\
Il tourna ensuite ses armes contre les
Bourguignons, auxquels il enleva quel-
ques villes, & mourut à Arles, vers la fin
de l'an 484.
Alaric II, fils & successeur d'Euric, se
trouva, peu de temps après son avène-
ment, appelé à défendre son territoire
contre un ennemi bien plus redoutable
que l'Empire romain, affaibli par tant de
guerres civiles. Les Francs, qui jusqu'alors
n'avaient pas eu de points de contact avec
les Visigoths de la Gaule, devinrent, en
486, par la conquête du royaume de Sois-
sons sur Syagrius, leurs voisins immédiats.
Alaric, sommé par Clovis, roi des Francs,
de lui livrer Syagrius qui s'était réfugié
dans ses États, n'osa lésister h cette de-
mande. Par l'envoi, en 489, d'une armée
de secours à Théodoric, roi des Ostro-
goths, Alaric avait gagné l'amitié de ce
puissant roi. L'intervention de Théodo-
ric prévint une première guerre entre
Alaric & Clovis, qui se réconcilièrent
momentanément dans une entrevue, vers
l'an 5oo, dans l'île de Saint-Jean'. Après
avoir vaincu les Bourguignons, qu'Alaric
n'avait pas osé secourir ouvertement, Clo-
vis* tourna ses armes contre les Visigoths.
Ceux-ci furent entièrement défaits, en 5o7,
à la bataille de Vouglé, dans laquelle Alaric
trouva la mort. A la suite de cette jour-
née, les Francs & les Bourguignons, leurs
alliés, s'emparèrent de rA((uitaine & de la
plus grande partie des autres Etats soumis
aux Visigoths & enfin de Narbonne, où
Gésalic, qui avait pris le gouvernement
des Visigoths après la mort d'Alaric, s'était
retiré. Gésalic passa les Pyrénées & établit
sa résidence à Barcelone. Les Francs & les
Bourguignons se trouvèrent arrêtés dans
leur entreprise sur la Provence par l'arri-
vée d'une armée, que Théodoric, roi.d'Ita-
lie, venait d'envoyer en Gaule sous le
commandement du duc Ibbas. Celui-ci,
après avoir battu les alliés près d'Arles,
reprit la ville de Narbonne & se rendit en
Espagne, où il devait combattre Gésalic.
Ce dernier, ayant usurpé la couronne sur
Anialaric, fils légitime d'Alaric, s'était li-
gué avec Clovis. Il fut vaincu & obligé de
chercher un refuge en Afrique. A son re-
tour, il tomba entre les mains des troupes
de Théodoric & fut mis à mort (en 5ii).
Il fut le dernier roi du royaume de Tou-
louse.
Avant de conclure cette rapide esquisse
historique, il est nécessaire de faire re-
NOTB
ii5
' Nous n'avons rien à ajouter à la longue disser-
tation que D. Vaissete a consacrée à l'origine & au
sens du nom de Septlmanie (voir t. I, p. 480 &
suiv., & ci-dessus Note LVII) , si c6 n'est <jue ce
nom est plus ancien que ne le dit D. Vaissete,
puisque Pline (m, 4) &. Pomponius Mêla men-
tionnent le peuple des Septumani sur le territoire
de Béziers.
' La cession formelle de la Provence par Odoa-
cre n'est pas certaine. Procope est le seul auteur
ancien qui en parle (De Bello Goth. i, 12").
' Voyez, sur l'époque de cette entrevue, ci-dessus
Note LX. — Malgré les fortes raisons données par
D. Vaissete pour placer cette entrevue avant la
guerre de Clovis contre les Bourguignons, quel-
ques auteurs modernes croient qu'elle eut lieu
après cette guerre.
^ La supposition d'une alliance de Théodoric,
roi des Ostrogoths, avec Clovis dans la guerre
contre les Bourguignons, est probablement le ré-
sultat d'une erreur chronologique de Procope (Z?e
Bdlo Goth. I, 12).
Note
I là
5:6
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
marquer que dom Vaissete, ainsi que la
plupart des auteurs qui l'ont précédé &:
suivi, paraissent, dans le récit de la con-
quête du royaume des Visigoths par les
Francs, avoir attaché une trop grande im-
portance à la question religieuse. Car,
d'une part, il résulte des témoignages an-
ciens que les persécutions des habitants
catholiques par les rois ariens n'étaient
qu'isolées; &, d'autre part, on voit par
ces mêmes témoignages, qui, presque tous,
nous ont été transmis par des auteurs
ecclésiastiques, que le zèle des évoques
contre le gouvernement hérétique dépas-
sait bien souvent les sentiments des laï-
ques. Il est cependant naturel de supposer
que les habitants aient dû préférer un
conquérant qui professait leur propre re-
ligion à un conquérant qui en professait
une autre. Il serait donc injuste d'accuser
les habitants de la Gaule soumis au gou-
vernement des Visigoths d'avoir trahi la
cause d'un régime qui n'avait pas encore
jeté de bien profondes racines dans le
pays. En somme, c'est presque exclusive-
menteur le champ de bataille que se dé-
cida le sort du royaume de Toulouse.
[Observations additionnelles aux H l.xxxiv & suiv.
du livre VIL]
Il est généralement admis que les Visi-
goths, aussitôt après leur établissement en
Aquitaine, en partagèrent les propriétés
territoriales (y compris les esclaves & le
bétail) avec les anciens habitants, & qu'ils
prirent pour eux les deux tiers. Mais il
n'existe aucun document qui constate cette
division d'une manière positive, pour les
temps antérieurs à la conquête de l'Es-
pagne par Euric, & il convient d'ajouter
qu'un tel partage, exécuté d'une façon ré-
gulière & uniforme, ne paraît pas pro-
bable à cette époque. L'état de choses
que nous indiquent les lois visigothi-
ques ne s'était établi que depuis le règne
d'Eu rie'.
' D. Vaissete dit (t. I, p. 768) que ce partage
fut toujours religieusement observé. La Lex Fisi-
gothorum nous montre, au contraire, qu'il y eut
souvent des exceptions à la règle.
Les conquérants germaniques & les an-
ciens habitants de la province (Romani)
demeurèrent toujours séparés, pendant
toute la durée du royaume de Toulouse,
par leurs lois & leurs mœurs. Chacune des
deux nations avait ses propres lois & ses
juges'. Les mariages entre Romains &
Barbares étaient défendus sous peine de
mort. Les Romains n'étaient pas exclus
de la vie publique & du gouvernement.
Ils prenaient part à la guerre^ & ils rem-
plissaient des fonctions, parfois les plus
élevées.
Dom Vaissete dit (t. I, p. 768) que « les
hommes libres étoient tous censés nobles,
mais leur noblesse étoit fort relevée par
les dignités ou par les biens qu'ils possé-
doient. » Tel, en effet, était le caractère
de la nouvelle noblesse visigothique qui
avait remplacé l'ancienne noblesse' d'a-
vant la migration des peuples germani-
ques. Aussi, dépendant de causes extérieu-
res & changeantes, restait-elle très-vague
& flottante pendant plusieurs générations.
Il faut donc se garder de voir des repré-
sentants d'une noblesse de naissance dans
les primates, priores , optimates , summates
virî, &c., mentionnés dans les lois ou dans
les auteurs anciens. Il n'y a que l'expres-
sion nobilîs qui, dans la plupart des cas,
paraisse désigner les nobles ou libres de
naissance. Les privilèges des hommes no-
bles étaient considérables. Dans certains
cas, ils étaient soumis à une juridiction
exceptionnelle, celle du roi, & plus tard
d'une assemblée d'ecclésiastiques & de
fonctionnaires de la cour (senîores & g'^r-
dingi). Dans l'application de la peine,
la loi ne leur impose, le plus souvent,
que des amendes d'argent. La loi établit
d'ailleurs des distinctions particulières en-
tre les différentes classes de la société, les
' Il paraît cependant que les ducs, comtes &
viguiers visigoths étaient investis du droit de ju-
ger les Romains aussi bien que les Visigoths.
' Longtemps avant la loi du roi Ervige.
' Il est souvent question, chez les Visigoths,
avant leur invasion en Gaule, de familles distin-
guées par leur noblesse, de personnages illustres
par leur naissance, &c. Mais on trouve à peine
une trace de cette ancienne noblesse après l'inva-
sion.
Note
1 15
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
7
Note
116
hommes libres (ingenui), les affranchis &
les esclaves. Les îngenui, qui primitive-
ment ont dû jouir des mêmes droits c[ue
les nobles, deviennent peu à peu, par
raccroissement de la puissance des nobles
& par leur propre appauvrissement, une
classe inférieure. [H. Z.]
NOTE CXVI
AJOUTÉE PAR LES NOUVEAUX ÉDITEURS.
Le canal Ruhresus.
ON n'a point assez remarqué, à propos
de ce grand ouvrage sur lequel le
temps est resté sans prise jusqu'ici', que
les ingénieurs romains, en le construisant,
se proposaient un double but, car il y a
toute raison de croire que l'étang de Bages
& de Sigean leur doit en grande partie son
existence.
C'est à dater de ce moment, en effet,
que les eaux du fleuve' ont cessé de s'étan-
cher & de se perdre dans cette dernière
flaque d'eau que ses atterrissements au-
raient fini par combler à son tour. Arrê-
tées à leur entrée dans l'étang par le bar-
rage transversal dans lequel s'ouvre la
bouche du canal (la goule d'Aude), elles
' S'il ne doit point durer éternellement, comme
l'nssurait Pierre de Marca dans un chapitre re-
marquable de son Limes Hispanicus (,..ad fabricam
lapideae molis in perpetuum duraturae : Marc,
Hispan. 1. I, c. 7, 2 7), on peut au moins affir-
mer qu'il est le mieux conservé de tous ceux que
les. Romains ont laissés dans la ville ou aux envi-
rons de Narbonne. Les blocs massifs de pierre
dont il est construit ainsi sont taillés avec tant
de soin & ajustés avec tant d'art sur le lit de
béton qui leur sert de base qu'ils ont résisté jus-
qu'ici à l'action de l'eau combinée avec celle des
siècles, & qu'il suffirait de quelques dragages
bien dirigés pour le rendre à sa destination pri-
mitive.
* Et non d'un bras du fleuve, comme le disent
les Bénédictins en confondant le présent avec le
passé. (Voir les notes sur la ville de Narbonne
nsérées au tome I de cette édition.)
s'y trouvaient emprisonnées dans un lit
factice qu'elles ne franchissaient plus qu'à
l'époque des crues, & où elles ont conservé
assez de chasse pour tenir en suspension
les dépôts sédimentaires dont elles sont
presque toujours chargées'. Le grau étroit
& souvent ensablé, qui servait do déver-
soir à l'étang', se trouva lui-même élargi
& déblayé par le mouvement du fleuve,
qui atteignait la mer cette fois, & l'attei-
gnait avec assez de force pour s'y créer &
s'y maintenir un estuaire abordable. Le
port de Narbonne, comme on l'appelle un
peu complaisamment, n'était en réalité
que le lit d'Atax, doiit les embouchures
équivoques s'étaient ainsi trouvées fixées
du même coup dans l'étang comme dans la
mer. De ce canal sous-lacustre qui en for-
mait la passe ou le goulot, les navires
marchands & les navires de guerre remon-
taient dans le lit du fleuve, régularisé lui-
même à l'aide d'endiguements ou de dra-
gages, & venaient s'amarrer dans le port
proprement dit, qui s'étendait depuis l'ar-
che subsistante du jpons vêtus le long des
deux rives du fleuve, bordées pendant
plusieurs milles de magasins, de cabarets
ou de garnis (mûris ambïtu , tavernïs,
SiDON. l.l. v. 39), à l'usage des pilotes
{navïcularli) ou des matelots du cataplus.
Quant à l'étang de Bages & de Sigean,
que le canal coupe transversalement à son
extrémité, il est impossible de douter,
après ce que nous venons de dire, qu'il ne
formât déjà une flaque d'eau bien distincte
de l'étang de Gruissan, que le fleuve n'a
jamais traversé. On peut même affirmer
que ses limites, nettement tracées au nord-
ouest par la digue dont nous avons parlé,
ne différaient point essentiellement de ce
qu'elles sont aujourd'hui. Au nord de
l'étang de Cruissan, les plaines alluviona-
les qui entourent de leurs ondes fertiles
les montagnes arides de la Clappe (l'an-
' C'était la couleur habituellement rougeâtre de
ces dépôts qui avait valu à la lagune ou aux
démembrements de la lagune quand elle se brisa
en flaques d'eau distinctes, les noms de ruhresus
(Mêla) 8c de ruhrensis lacus,
* « Qua mare ndmittet, tennis aditu. » (Mfii.A-
1. 2, c. 5.)
Note
116
Note
ii6
528
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
cienne însula Lexii) étaient depuis long- par degrés ses allures torrentueuses. En
temps émergées & cultivées, puisque l'on continuant à s'exhausser & à s'étendre de
y rencontre, comme dans les trois îles de siècle en siècle, la riche plaine créée par
l'étang de Sigean, des traces d'habitations, ses atterrissements' gênait l'écoulement de
des tombeaux & des inscriptions gallo- ses eaux, que les déclivités du sol atti-
romaines. raient Jadis. Son lit se remplissait de bancs
A l'inverse de la région septentrionale ou de grèves mobiles qu'il remaniait à
de la lagune en amont de la ville, où les chaque crue% & l'on s'explique par cet
Note
116
étangs, les bas-fonds & les marais vaseux
se succédaient encore au temps d'Ausone,
c'étaient ici les terres qui reprenaient l'as-
cendant sur les eaux, refoulées par degré
dans les profondeurs de la lagune. Les
enchaînement de révolutions solidaires les
unes des autres, comment il a fini par
abandonner lui-même, au commencement
du quatorzième siècle, la vieille ville ro-
maine, à laquelle il avait longtemps servi
désordres & les malheurs de toute espèce de port. Le canal de la Robine, que les
qui ont marqué les derniers temps de la ingénieurs de François I" ont eu quelque
domination romaine dans la Gaule méri- peine à ramener sous ses murs, ne porte
dionale ne pouvaient que favoriser encore q"e des barques pontées & ne rappelle
cette sourde extension des atterrissements plus qu'une ombre de cette antique pros-
que l'on ne songeait même plus à com- périté maritime & commerciale, que les
battre'. Dès le temps de Sidoine, de riches
cultures où la vigne & l'olivier se mêlaient
aux arbres fruitiers, aux céréales & aux
prairies, avaient déjà pris possession de la
partie centrale de la lagune, asséchée, à ce
qu'il paraît, & cultivée l'une des premiè-
res. Elles s'étendaient sur plusieurs points
jusqu'aux murs de la ville, qu'elles entou-
raient ainsi d'une seconde auréole :
Salve, Narbo potens saliibritate,
Urbe & rure simiil bonus videri.
(SiDON. l.l. V. 37-38.)
Et le poëte pouvait dire sans exagération,
dans un langage tout païen encore, que le
territoire de Narbonne était à peu près le
seul où Paies, Cérès, Bacchus & Minerve
régnassent l'un à côté de l'autre sans em-
piétements comme sans désaccord :
Unus qui venerere jure divos
Leneum, Cererem, Palem, Minervant
Spicis, palmite, pascuis, trapetis.
(SiDON. l.l. V. 45-47.)
Le fleuve, dont on ne s'occupait guère
plus que de la lagune depuis la chute de
l'Empire, s'obstruait lui-même & reprenait
■ Nous rappellerons incidemment que c'est à la
même époque & en partie par les mêmes causes
que la ville de Ravenne s'est trouvée isolée de
l'Adriatique, dont elle avait été un des ports les
plus fréquentés.
Narbonnais eux-mêmes paraissent avoir
oubliée. [E. B.]
NOTE CXVII
AJOUTÉE PAR LES NOUVEAUX ÉDITEURS.
Origines de Toulouse,
(Voir, au tome I de cette édition, les notes dont cette étude
n'est que le complément.)
SI nous avons tenu compte, dans les déve-
loppements où nous venons d'entrer,
des indications plus ou moins précises que
nous fournissaient tour à tour l'histoire &
l'archéologie, il doit en ressortir, comme
un fait acquis dès à présent à la science,
que le lieu de Vieille-Toulouse n'était à
l'origine qu'un oppidum celtique, bâti sur
une des collines qui commandent le cours
' Elle atteint actuellement, à Narbonne, 2 mè-
tres 099 millimètres au-dessus du niveau de la
mer.
' Le fleuve, à cette époque, reprend momenta-
nément possession d'une partie du terrain qu'il a
perdu depuis l'époque romaine. Vues du clocher
de Saint-Just, ces eaux débordées rappellent quel-
que chose de l'époque oii la ).{;j.vrj iNapÇo'w.Tiç cou-
vrait encore la meilleure partie du riche bassin
qui a formé depuis le territoire de Narbonne.
Note
117
NOTB
"7
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
529
NoTB
(le la Garonne par une des tribus volkes ressemblance il devait s'établir, avec le "^
qui habitaient la rive droite de la rivière. temps, entre les principaux de ces villa-
Quoiqu'il paraisse ici de construction re- ges, des inégalités plus ou moins tran-
lativement récente, cet oppidum aurait été chées qui tenaient elles-mêmes à des cau-
destiné, comme l'étaient partout les o/7p;Va ses très-diverses : ici, à l'étendue ou à
celtiques, à servir de refuge momentané la fertilité de leur territoire cultivable;
aux populations du voisinage qui s'y reti- ailleurs, au voisinage de quelque cours
raient, en cas d'alerte, avec leurs bestiaux, d'eau dont les vïcanî s'attribuaient la navi-
leurs provisions & le meilleur de leur gation ou la pèche; quelquefois à l'exis-
avoir. Comme la plupart d'entre eux, il tence d'un gué ou d'un pont de bois qui
aurait été bâti aux frais ou par les mains leur ouvrait des relations avec les popula-
de ces populations elles-mêmes, qui y tra- tions de la rive opposée. C'est ainsi que
vaillaient à tour de rôle, sous forme de l'on voit naître & grandir chez les Insu-
corvée, & dont il restait, à ce titre, la bres , établis au delà des monts dans la
propriété commune'. Mais il ne faut point plaine du Pô, la future grande ville de
oublier que la plupart de ces lieux de re- M.ediolanum qui devait son nom & sa pros-
/u^e n'avaient pas de population sédentaire périté à la riche plaine (lane, Janne, cel-
ou permanente' & que le gros de la na- tice ; — land, lande, landes, germanice) dont
tion vivait, comme vivent encore nos pay- elle allait devenir la métropole". D'autres,
sans (pag-anz), dans des villages ouverts comme la 5zenna ou /^/enna des AUobroges,
dont la plupart ont traversé, sans perdre auraient été pour ainsi dire le présent du
même leur nom indigène, les deux mille fleuve navigable (owpov xoJ zo':a;j.ou, HÉRo-
ans qui nous séparent de ces époques re- DOT.), sur les bords duquel elles étaient
culées'. nées". Il leur suffisait pour y grandir de
Quoique situés d'une manière très-di- s'en assurer le commerce, tantôt en y
verse, suivant la configuration ou le relief construisant une flottille de barques assez
du sol, ces villages barbares présentaient, nombreuses pour décourager toute con-
à peu de chose près, le même aspect, dans currence, tantôt en ouvrant aux marchan-
le même pays au moins. Dans le Sud-Ouest dises que les étrangers leur apportaient des
de la Gaule, ils étaient composés de chau- débouchés capables de les attirer, malgré
m'ièves (casae, casulae) bâties de torchis & des péages dont elles étaient frappées',
de poutres fichées en terre, couronnées
par un haut toit de chaume & s'alignant • Boïi trans Alpes provecti Laudem Pom-
irrégulièrement sur une rue plus ou moins peïam, Insubres Mediolanum (condidere) (Pli.v.
longue''. Mais en dépit de ces traits de 1. 3, c 17).
^ « Oî [jlÈv àXXo'. y.tojj.iTjObv Çw^tv, oî 0* ?-ioavla-:aTOi
roXtv ô' 5jiwi; tou È'Ovo'j; XsYO[j.£vr,v /.aieaxsui/.aî'. niX-.v.
"lôpurai oÈ It:\ xw 'Poôâvo) » (Strad. 1. 4, c, i). En
Espagne, dont la civilisation paraît avoir précédé
celle de la Gaule même dans le Midi, Strabon
nous montre les premières villes naissant de même
au bord des rivières navigables, It:\ xôiv ;:o-:a|xâJv,
ou sur des canaux creusés de main d'homme,
oto'jpuYSç, qui se substituaient à leurs embouchures
souvent ensablées (Strab. 1. 3, c. 2, 5 5), tandis
que le reste de la nation, chez les Celtibères ou
ailleurs, vivait, y.wjjLr,5bv ou xaxà xo'iaa?, dans des
villages sans murailles, analogues à ceux que nous
décrivions tout à l'heure : « ...àypioi Y*P ^^ "^"^
y.tf)[xaç oîxo'jvTS; * Totouioi 0' ot roXXot xCiv IGr^ptuv
(Strab. 1. 3, c. 4, l i3).
'« portoria reliquaque omnia Haeduorum
vectigalia parvo pretio redempta habere... (Cac«.
' Aussi étaient-ils placés, dans la plupart des
etvitates, sous la surveillance du magister pag't, qui
relevait lui-même du chef de la tribu ou de la
nation {jegulus, vergobret. — Voir, dans ce vo-
lume, Note CVII, pp. 412 à 420, notre étude sur
les pagl & les v'tci avant & pendant la domination
romaine.)
" Ce qui explique, pour le remarquer en passant,
comment ils ont eu rarement l'honneur de donner
naissance à des villes, au sens moderne du mot.
^ Voir, à ce sujet, nos études sur l'histoire 8c
»ur l'épigraphie des Pyrénées.
* « Ad hune diem nationibus exteris ex his ré-
bus (fronde, arundine, luto) aédificia constituun-
tur ut in Gallia, Hispania, Lusitania, Aquitania,
scanduhs robusteis aut stramentis » (Vitruv.
1. I.C. I).
II.
Note
117
53o
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Le commerce de nos grands cours d'eau
& les corporations de nautes ou d'utricu-
la'ires qui l'exploitaient avant la conquête
romaine, se trouveraient ainsi contem-
porains de nos plus anciennes villes qui
leur devraient en partie naissance, & nous
allons voir, en interrogeant avec un peu
d'attention les historiens & les géogra-
phes anciens, que c'est à peu près de cette
manière qu'aurait commencé la ville de
Tolosa, au milieu d'autres villages volkes
dont elle allait devenir la tète & le chef-
lieu.
Le plus ancien des témoignages auxquels
nous faisons allusion serait incontestable-
ment celui du philosophe Posidonius, un
Grec de Syrie", qui vivait à la fin du second
siècle avant notre ère% & qui avait écrit
une histoire de son temps destinée, dit un
1. I, c. 18). — iter per Alpes quo magno cum
periculo jn.ignis que cum portoriis mercatores ire
consueverunt (1. 3, c. 1).
' Strabon nous apprend, en effet, qu'il était né
à Apamée, sur l'Oronte : 'EvteuOsv (Iç 'ATîaasîaç)
o' è'a-ci Iloastoowto; 6 oxoj'iV.oç. — 'Aîraiiebç 1% Tr,ç i^uptaç
(Strab. 1. 16, c. II, $ 10, & 1. 14, c. 2, 2 i3),
quoiqu'il eiit passé sa jeunesse à Athènes & le reste
de sa vie à Rhodes, où son savoir & son enseigne-
ment lui firent une réputation légitime : Hoasi-
oo'jvioç V JnoXitfS'jaaTO [J-àv èv Pooto ■/.a\ îio-^'.rsxvjrjz^i
(Strab. l.l.). Il avait été, à Athènes, l'élève &
l'ami du stoïcien Panaetius, à la mort duquel il
paraît avoir quitté la Grèce pour n'y plus revenir,
Mnésarque, un de ses condisciples, ayant été
choisi pour diriger l'école illustrée par leur maître
commun.
' Un de ses biographes, Janus Bake, suppose,
sur d'assez bonnes raisons, qu'il serait né en 619
de Rome (olymp. 161, 2 j 1 35 avant J.-C. — Bake,
Pos'idoniï Rliodii doctrinae Teliquiae. Lugd. Batav.
1810, p. 8). Mais on est moins certain de l'époque
de sa mort qui se placerait en l'année 5i avant
notre ère, s'il faut prendre au pied de la lettre
l'assertion du traité des Maxpiêioi (attribué long-
temps à Lucien de Samosate. Voir Ranke, Pollux
&■ Luc'ianus. Quedlinburg, i83i, pp. i6~2z) ; TÉt-
^apa zat ôySo/jV.oVTSc [ïxri èodoacv), tandis que Suidas
assure qu'il serait venu à Rome cette même
année, sous le consulat de Marcus MarcelluS :
^ÀOî Se /M è; 'PwiAVjV l<:\ i\lâf/.ou Map/.sXXou (Suid.vs,
Î.Z.). — Voir, à ce sujet, l'opinion de M. Cari
Mueller, qui croit Posidonius plus jeune qu'on
ae le suppose & qui reculerait volontiers d'une
dizaine d'années l'époque de sa naissance,
écrivain ancien, à faire suite à VHistoirê de
Polybe '.
De ce grand ouvrage, qui embrassait
ainsi la période orageuse des guerres ci-
viles dans le monde romain & les essais
d'organisation politique ou administrative
qui en ont marqué la fin, il ne reste au-
jourd'hui que des fragments recueillis par
les écrivains du temps d'Auguste ou par des
compilateurs de date plus récente \ On
peut en dire autant de nombreux traités
spéciaux composés par lui sur des sujets
très-divers & dont la plupart ne nous sont
connus aujourd'hui que par leurs titres ^
' ...?YP^'t'"^ 'IaTop(av xr)V [lEtà IIoluS'.ov h P'.SKoi;
v6', dit ailleurs Suidas, en confondant, il est vrai,
notre Posidonius d'Apamée avec un Posidonius
d'Alexandrie, élève de Zenon & de Kitias (Suidas,
l.l, apud Cari Mueller, p. 249). Il paraît certain,
en effet, qu'elle commençait au point où finissait
l'histoire de Polybe, c'est-à-dire à la prise de
Carthage (146), & qu'elle s'étendait au moins jus-
qu'à l'année 90 ou 91 avant notre ère, puisqu'un
fragment du quarante- neuvième livre cité par
Athénée (l'ouvrage en avait cinquante-deux, au
dire de Suidas) était relatif au luxe insensé d'un
certain Apicius, exilé en 93, sur la rogatio du
tribun Rutilius Rufus. M. Cari Mueller a essayé
d'établir, par des raisons dont quelques-unes nous
paraissent au moins discutables, qu'il aurait écrit,
à l'intention de Pompée, une seconde histoire des-
tinée à faire suite à la précédente & qu'il aurait
étendue jusqu'à la mort de Pompée, peut-être
même jusqu'à celle de César (44 avant J.-C), ce
qui reculerait de treize ans, cette fois, les limites
de sa vie (^Histor. Graec, Fragmenta, t. 3, p. 25i.
"^ Comme Athénée & Suidas, qui le citent tex-
tuellement & par longs fragments d'ordinaire. - —
Les voir réunis &. classés avec beaucoup de soin
dans le troisième voluine des Histor'icorutn graeco-
rum Fragmetita, publié par Firmin Didot dans sa-
bibliothèque gréco-latine.
^ Les titres de ces divers traités, dont un assez
grand nombre nous ont été conservés (ITspt 4''"'/%»
— 'llO'.y.b; X6yo;, — IIcp\ doîtwv, — ITEpI TiaCwv, —
1T£&\ Oswv, — nsp\ fjp(/)t»v VM Ôai[j.ôvtov, — Tlept [j.xv-
T'./.rjÇ, — IIcp\ ■/.oiij.o'j, — TIcp\ y.svou (sur le vide),
— n3o\ lov.îavo'j, — nep\ [j.î-îwpwv seu [;.sxcwpoXoY'.z.';),
suffiraient pour prouver qu'il n'avait négligé au-
cune branche des connaissances acquises de son
temps, depuis la théodicée, la métaphysique, la
logique & la morale, jusqu'à l'histoire naturelle,
la météorologie, la géographie (mathématique ou
p'iysique) & l'ethnographie que l'on ne séparait
Note
117
Note
117
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC. 53 1
Note
contrées de l'Occident', comme la Gaule "^
& l'Espagne, dont les Romains achevaient
alors la conquête, commencée depuis près
Mais le nombre de ces emprunts & la ma-
nière dont parlent de lui la plupart des
écrivains qui le citent ou qui le copient',
indiquent suffisamment qu'on le regardait
de son temps comme un observateur d'un
esprit ingénieux & solide, habitué à juger
par lui-même de toute chose & ne sépaiant
point les sciences exactes ou naturelles,
dont les stoïciens se préoccupaient avec
raison, de la philosophie qui les domine
& les éclaire à leur tour'. Strabon, qui le
cite à tout moment dans les premiers livres
de sa Géographie, le donne sans hésitation
« comme l'homme de son temps qui savait
le plus de choses', » & qui les savait le
mieux, grâce à la méthode qu'il s'était faite
de ne négliger aucun détail dans les phé-
nomènes qu'il étudiait & de remonter au-
tant que possible aux causes qui les expli-
quent *.
Pour se rendre nettement compte des
graves événements qu'il avait à raconter, il
avait voulu, comme Polybe, connaître pur
lui-même quelques-uns des pays qui en
avaient été le théâtre. C'est dans ce but
qu'il avait entrepris, jeune encore, de
longs 8c pénibles voyages dans diverses
point alors de l'histoire proprement dite. Dans
son Traité de l'Océan, le plus souvent cité de tous
ses ouvrages après sa grande histoire, il avait
réuni tout ce que l'on savait de son temps 8c
tout ce qu'il avait appris dans ses voyages sur
l'étendue, la profondeur, la configuration 8c. les
grands phénomènes de la Mer Extérieure.
' On sait avec quel éclat il avait enseigné dans
la ville de Rhodes, où il s'était fixé au retour
de ses voyages (de là le nom de Rhodien sous
lequel on le désigne souvent) & où il avait eu
pour auditeurs, pour élèves ou pour amis quel-
ques-uns des hommes les plus considérables de
son temps, à commencer par Cicéron & le grand
Pompée.
' C'est, à peu de chose près, l'opinion que se
faisait Strabon de la géographie elle-même, qui
relevait suivant lui de la philosophie, comme
toutes les branches des scierlces humaines t ...vsw-
YpaçtxJ^v tîjî Toîi cpiXo^^wj r.^x'^ixy.xdxi îTvat
(Strab. 1. I, c. I , ? i).
' 'Av7)f) tôjv Y.7.V îjaà? cpiXoiiçtov roÀu;j.aO:7ta-:o;
(Strak. l.l.).
* IloXb Y<^P 2'''' T^ aîtioXoYixbv ftapà aJT<~) 7.oà to
àpiaiotéXtl^ov , Bnsp ixxXfvou^w ol îi;xix£pot 5ià tV;
?;;(zpy}iv twv aîuwv (Stuad. 1. 2, c. 3, 2 7 sub fine).
' Sans nous jeter dans des discussions sans fin
sur la date 8t sur la succession de ces voyages,
étrangers pour la plupart à notre sujet, il nous
suffira de remarquer qu'ils sont probablement
postérieurs, de plusieurs années au moins, à la
mort de Panaetius, que l'on fixait elle-même, sans
preuves suffisantes, à l'année 1 10 avant notre ère.
En admettant, comme le veut Janus Bake, que le
voyage d'Espagne ait été réellement distinct de
celui de la Gaule, qu'il aurait précédé dans l'ordre
chronologique, il faudrait supposer, comme consé-
quence, que notre voyageur y serait arrivé par
mer, comme il en est certainement revenu (.../.aTà
Tov àvdrXouv -rbv h. tîjç 'lSr,pîa; (Sthad. 1. 3, c. 2,
î 5), en traversant notre golfe du Lion (la mer de
Sardaigne alors), où il avait recueilli de précieuses
observations sur la profondeur exceptionnelle de
la mer dans ces parages & sur les vents d'est (0?
Eupot) qui y régnent avec une sorte de régularité
pendant certaines saisons, car il aurait été ballotté
par eux pendant trois mois des îles Baléares à la
Sardaigne & de la Sardaigne à la côte d'Afrique.
— Quant au voyage de Gaule, dont les étapes
nous sont comme indiquées par les citations de
Strabon, il y a toute raison de croire qu'il aurait
commencé par la Ligurie italienne & gauloise,
c'est-à-dire, en d'autres termes, que le voyageur
serait entré en Gaule par la route de la Corniche,
comme nous le dirions aujourd'hui. (Voir, à ce
sujet, les curieux détails qu'il avait recueillis à
Massalia, chez son hôte Charmoléon, sur les
mœurs des Ligures, sur leurs habitudes laborieu-
ses 8t sur leur âpreté au gain. Stuab. 1. 3, 2 5.)
Après avoir franchi le Rhône au-dessus de la Crau
(le Campus lapideus, -eSfov XiOôJOcç , de Strabon,
1. 4, c. 1,5 7). Il aurait traversé la Province de
l'est à l'ouest, en suivant comme tout le monde
la Via Domitia, qui faisait suite elle-même à la
Via Aurélia. Mais il l'aurait quittée à la hauteur
de Narbonne pour se jeter au nord-ouest, dans
le pays des Volkes où nous allons le suivre. Ce
qui reste certain 8t ce que l'on n'a pas suffisam-
ment remarqué, c'est qu'il n'a point dépassé do
beaucoup, du côté du nord, ce que nous appel-
lerions aujourd'hui les crêtes du bassin de la Ga-
ronne, car Strabon, qui le prend si volontiers
pour guide, ne le cite plus qu'une seule fois au
delà de cette limite, à propos de l'île sainte des
bouches de la Loire, dont le culte & le temple
entretenu par des femmes sevrées de leurs maris
rappelaient aux Grecs les cultes orgiastiques du
Bacchus de la Thrace (Atovûaoi y.aTS/^ojxfva?. Stiîau.
1. 4, c. 4, l 6).
Note
"7
532 NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
d'un siècle. La Gaule méridionale, dont ils aussi les premiers renseignements que
étaient les maîtres depuis plusieurs an- nous possédions sur le fleuve Garounas
nées, n'était guère mieux connue que la (Garoun — o — a), comme Strabon l'appelle
Péninsule ibérique, quoiqu'elle touchât (évidemment d'après lui) ', qui écoule vers
par une de ses frontières à l'Italie propre- l'Océan les eaux de la Péninsule, comme
ment dite'. Polybe, qui l'avait traversée de le fleuve Atax (l'Aude) les écoule en sens
l'ouest à l'est, en longeant comme Annibal inverse vers la Méditerranée,
les côtes de la mer c/e Narionne, n'avait pas Le peuple des Volkes Tectosages, qui
pénétré dans l'intérieur du pays' que notre formait toujours la population dominante
voyageur avait tenu à voir par lui-même de l'isthme, était dès cette époque en plein
(à cause de cela peut-être)', s'arrêtant sui- déclin de population comme de puissance,
vant son habitude partout où il trouvait Aussi, le jeuiie voyageur avait-il quelque
quelque fait digne de remarque^, & ne peine à s'expliquer, en présence de ce ter-
craignant point à l'occasion de s'aventurer ritoire inculte ou dépeuplé sur beaucoup
au delà des limites de la Province, chez de points, les grandes armées qui en se-
les populations encore barbares de l'Aqui- raient sorties jadis & les grandes choses
taine & de la Celtique, qui confinaient, à accomplies par ces grandes armées". Mais
l'ouest, avec les Volkes Tectosages. Il est
T^î xaxà Ndtpêwva OaXdîxTrjç tov (iy.savbv, f>v <pr)at TToasi-
Bwvto? IXdtTTW -co)V -pioy.Xt'wv axaSIiov (Strab. 1. 4,
c. I, 5 14).
' ...hnoi Fapo'jva r:oTa[j.oij (Strab. 1. 4, c. i, $ 1)
...ln\ xbv Fapouvav T:ota[i.6v ...pa SI -/.ai o Tapoûva;...
NoTi;
117
au moins le premier des historiens & des
géographes anciens qui paraisse s'être fait
une idée à peu près exacte de la configura-
tion de notre pays, resserré, dit-il, entre
les golfes de la Mer Extérieure & de la
Mer Intérieure, qui réduisent ici le conti- (Strab. l.l. 5 i5). Nous avons déjà remarqué que
nent à un isthme véritable, « large à peine César estropie sous la forme Garumna^ d'après le
rapport du jeune Crassus sans doute (voyez César,
De Bello Galllco, edid. Nipperdeï, pass.), le nom
de notre grand fleuve que nous retrouvons ici sous
sa forme indigène, c'est-à-dire sous sa véritable
forme.
' èoizaai Se xa\ 5uvaax£u7a( r.oiz v.cn sùavo&î^^a'.
(Strab. 1. 4, c. 1,5 i3). — Quoiqu'elles ne soient
point accompagnées chez Strabon de la formule
îo; çr^ai... ov '.p/jai Iloasioiivioç ...T:iOavt/)x£poç o' l3x\v
ô rioaïiotovi'ou Xôy'Jç (pass,), il nous paraît difficile
d'attribuer à d'autres qu'à Posidonius lui-même
ces indications qui émanent, à coup sur, d'un
homme connaissant parfaitement le pays & ne
cachant rien de ce qu'il y avait vu. Ce que l'on
peut affirmer au moins, c'est qu'elles ne peuvent
appartenir ni aux Commentaires de César, qui se
faisait des idées assez fausses du Sud-Ouest de la
Gaule, ni à ceux d'Agrippa, dont les nomencla-
tures exactes & arides (voyez Plin. 1. 3, passlm)
excluraient toute appréciation de ce genre. Quant
à Strabon, nous avons remarqué déjà qu'il ne con-
naissait point personnellement le pays entre les
deux mers, quoiqu'il eût traversé la Gaule en sui-
vant comme tout le monde la Fia Domitia, & qu'il
n'en parle jamais que par ouï-dire, en se référant
tantôt à Timagène, plus souvent à Posidonius,
dont l'histoire perdue se retrouve en substance
dans celle de Trogue Pompée abrégée par Justin
&. dans la grande compilation de Diodore de Si-
cile.
de trois mille stades à son point le plus
étroit'. » C'est à lui que remonteraient
' Elle n'avait pas même été découverte & révélée
par la guerre, comme le disaient les Romains
{^hcllo cognita), puisque tout semble indiquer que
la plupart de ses populations indigènes, imitant
l'exemple des Volkes Tectosages & Arécomikes,
se seraient soumises d'elles-mêmes au vainqueur
après la défaite du roi des Arvernes dont ils
étaient depuis quelque temps les feudataires.
" Il regardait même comme inconnu de son
temps tout ce qui se trouvait au nord de Narbonne
& du Tanaïs, dtYVioixov 7i[j.tv ?wç xou vGv laxtv..., &
traitait de mensonge tout ce qu'on avait dit ou
écrit à ce sujet, xouç SI Xéyovxdî; xt r.zrA xouxwv aXXw;
ïj Ypa-^ovxa; àyvosî'v /.ai [iûOoui; StaxtOÉvai vofiiaxéov (Po-
lyb. Hist. 1. 3, c. 38).
' On a remarqué déjà avec quelle exactitude il
relève, en Espagne comme en Gaule, les erreurs
de son devancier. (Voyez Carl Mueller, Index ad
Strahonem, sub voce Posidonius, pass.)
■* Il nous apprend lui-même qu'il était resté
près d'un mois à Gadès, où il avait, il est vrai,
beaucoup de choses à apprendre au sujet de cet
océan dont on racontait tant de fables avant lui :
ToidzovO' T)[jLÉpaç StaxpfJ/aç iv FaSsipoti; (Strab. 1. 3,
Cl,? 5). Voir passim son traité 7:Ep\ wxEavoï.
'...y.axà xb axevtoxaxov xou ?aO[Aov> xou oisfpyovxoç ànb
Note
"7
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
533
il paraît, en revanche, très-frappé de l'im- de repère, qu'il aurait dirigé ses cxplora-
portance qu'avait prise & que prenait tous
les jours leur nouvelle ville de TiXw'Jsr, ou
de ToAôissx, dont le nom, évidemment in-
digène, paraît ici pour la première fois,
comme celui du fleuve Garoun(o'), sur les
bords duquel elle était assise'. Nous ne
doutons même point pour notre part qu'il
ne l'ait habitée lui-même pendant quelque
temps', au moins, s'il faut en juger par les
détails si curieux qu'il nous a laissés sur
les mœurs encore simples de ses habitants
& sur les habitudes superstitieuses de leur
esprit, « très-livre, dit-il, à la crainte des
génies'. » Ce serait de là, comme d'un point
tions & ses voyages, tantôt du côté, de
l'Océan dont il paraît toujours préoccupé',
tantôt du côté des montagnes qui forment
les berges continentales de là vallée de la
Garonne & lui envoient en sens opposé
leurs eaux & leurs produits.
Il ressortirait de ces indications, qui
n'ont plus rien de commun, comme on le
voit, avec les rêveries légendaires deTima-
gène & des historiens de son école, que la
ville de Toulouse existait déjà à l'épocjue
de la guerre des Cimbres que paraît avoir
suivi de près le voyage de Posidonius lui-
même'. On serait même en droit d'en con-
NOTE
117
' h Tziikti ToXoKi5r]... h t^ ToXo'jîot) . . . h oï t^
ïoXw'J'Jr; . . . (Strau. 1. 4, c. i , 5 i3). "lôpuxai S' îj
'J'oÀwiaa... (l.l. 5 14). Il faut ajouter à ces divers
textes celui de Dion Cassius relatif au /'«i civita-
tum foederatarum accordé par les Romains aux
Volkes Tectosages à la suite de la conquête, & qui
paraît remonter lui-même à une haute antiquité :
...ToXôiiaav T:p6-£pov [j.£v IvdTvovSov ouaav (Dio Cas-
sius, edid. Beck, Fragm. 90). Ce serait donc sous
la forme Toloss, eomme l'écrit Strabon d'après
Posidonius, 8c comme on le prononce encore
dans l'idiome roman du pays, que se présenterait
à l'origine le nom de la ville gauloise. Adouci par
les écrivains grecs ou romains de l'époque impé-
riale, qui l'écrivent presque toujours par un seul s
(^Tolosa ; inde Tolosani^ Tolosenses, Tolosatcs, chez
Cicéron, César, Mêla, Pline, Ptolémée, Martial,
Aulu-Gelle, Ammien Marcellin, Ausone, Paul
Orose, les Itinéraires, les Notitiae 8c les Inscrip-
tions, à deux ou trois exceptions près), il aurait
traversé tout le moyen âge 8c même la Renaissance
sans autre altération que l'intercalation acciden-
telle de la lettre A 8c la substitution du ^ à Vs
[Tholosa ou Tkolo^a), dont les monuments du
quatorzième 8c du quinzième siècle nous offrent de
fréquents exemples. (Voyez les chartes, les sceaux
8c les poids de la ville.) C'est vers le milieu du
dix-septième, comme on le sait, que le nom sonore
8c doux de Tolose (^Toloso en roman) a disparu
définitivement pour faire place, en français comme
en roman, au nom assourdi 8c alourdi de Tou-
louse (en roman Toulouso).
A peu près comme le césar Julien avait habité,
trois ou quatre siècles plus tard, la petite ville de
Lutctia, chez les Parisii, sur laquelle nous avons
ainsi de précieux renseignements émanant aussi
d'un témoin digne de toute confiance.
^ ...T) y^o)pa noXij/p-joo; ouia /.ai Octaiox'.aôvwv -/.où
où :;oXui£X(ôv tôt"; ptoiî (Strab l. 4, c. i. J i3). —
Nous reviendrons sur ces appréciations qui au-
raient besoin elles-mêmes de commentaires, s'il
nous est donné de reprendre 8c de terminer un
jour ces études auxquelles nous nous sommes atta-
chés par la peine même qu'elles nous ont donnée.
' C'est au moins chez Strabon, dont la géogra-
phie reflète si souvent la grande histoire 8c les
traités spéciaux de Posidonius (sans les distinguer
malheureusement), que l'on trouve pour la pre-
mière fois des détails exacts 8c précis sur le cours
navigable du fleuve Garoun[o], qui ne comptait
pas moins de deux mille stades de longueur, comme
celui de la Loire, oiaytXtdjv o 6;xûv a-aoîwv Èttiv 6
nXou; ixa-cpwv xwv roxaiAwv (Strab. 1. 4, c. 2, 5 1),
sur les trois grands affluents qui le grossissent à
partir de Tolossa, ...tp'.at T.o-z7.\xr>X^ aù;rjO£t'; [l-l-), 8c
sur, la manière dont il tombait dans l'Océan,
...âtX oà v.xi 6 Fapojvaç eiç t'ov wx-aviv {l.l. c. 1,
5 I i), à quelque distance du pays occupé par les
Bituriges Viviskes 8c de leur nouvelle ville de
Bourdigala.
' L'époque de son voyage, que déterminent déjà
d'une manière générale les textes de sa grande
histoire relatifs à l'origine 8c aux migrations des
Cimbres (Strab. 1, 2, c. 3, 5 6 ; 8c 1. 7, c. 2, 5 2),
nous paraît ressortir avec plus de précision encore
des renseignements qu'il nous a conservés relati-
vement aux trésors des Tolosates, confisqués par le
proconsul Cépion à la suite de leur révolte. (Voir,
à ce sujet, tome I, livre I, p. 71, note 3.) C'est
bien à lui cette fois que Strabon «mprunte, comme
il le dit lui-même, les précieux détails qu'il nous
transmet à son tour sur la nature de ces trésors,
composés de lingots ou de disques d'or 8c d'argent,
sur les lacs sacrés où ils étaient déposés, & sur le
chiffre d'argent monnayé que représentaient ces
lingots (^aurum infectum). Lui-même les avait cer-
tainement recueillis sur les lieux 8c ils prouvent,
à notre sens, que le voyage de Posidonius avait
Note
117
534
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
dure, par voie d'induction au moins,
qu'elle remontait comme point de départ
à une époque antérieure à la conquête
romaine, puisque l'on sait, par un témoi-
gnage digne aussi de toute confiance, que
les Romains devenus les maîtres du pays
avaient traité en alliés (...ToXtSaaav TrpÔTspov
[X£v £V(77:ov5ov oucav. DiON Cassius, edid.
Beck, Fragm. 90) les Tolosates, dont la c'i-
vitas aurait ainsi passé, sans changement
bien marqué, de la domination des Ar-
vernes à celle des Romains. Si rien ne
prouve formellement qu'elle ait été dès
cette époque une ville royale (^ajîXstov,
regia), bâtie & habitée par les rois du pays,
comme l'avait été en Thrace la ville de
Tulé ou Tylé, fondée aussi par un chef de
bande gauloise', on peut affirmer au moins,
en s'autorisant de ce nom de Tolosates ap-
pliqué ou étendu au pays dépendant de la
ville, qu'elle en était de très-bonne heure
le lieu maître ou le chef- Heu, comme le
disait Polybe en parlant des villes gauloises
de la Cisalpine (...y.'jpiwxaTOç i6zoq rr^ç -../.w-
paç. Hist. 1. 2, c. 34).
Située, comme la grande ville de TS/iedio-
lanum, au centre de riches plaines alluvio-
nales, défrichées & cultivées ici de temps
immémorial, elle était citée dès cette épo-
que pour l'abondance & la variété de ses
productions, en céréales particulièrement.
C'était de là que le préteur Fontéius, un
demi-siècle plus tard, envoyait aux armées
de Métellus & de Pompée, serrées de près
par les guérillas espagnoles de Sertorius,
ces grands convois de blé ou de vivres que
Cicéron faisait valoir comme autant de ser-
vices rendus à la République'. Mais elle
dû suivre d'assez près le proconsulat de Q. Servi-
lius Ciiepio, qui répond lui-même aux années io5
& 106 avant notre ère. On retrouverait même,
dans la manière dont sont racontés ces graves évé-
nements chez Strabon & chez lui, quelque chose
du sentiment d'irritation patriotique & religieuse
produit sur les Tolosates par ces profanations,
nui n'avaient pas plus profité, disaient-ils, à la
République qu'à celui qui les avait commises.
' , , .y.oOLz'py.nic, xwv 6pa/.wv /.a\ xaTaT/.c'jacjâ[Xîvoi
3aTÎXs'.ov -TjV TuXt^v (Polyb. Hist. 1. 4, c. 46).
' Maximum frumenti numerum ad Hispaniense
bcllum tolerandum imperavit (Cic. pro M. Fonteio
Orat. c. 6, I4[4]' — César, qui rapproche il est
joignait à cette source de richesse les
avantages d'un commerce de transit que
notre voyageur expliquait à son tour par
l'heureuse position de la nouvelle ville,
assise, comme il le remarquait judicieuse-
ment, « au point le plus étroit de l'isthme
qui formait ici le seuil des deux mers, » sur
les bords d'un grand fleuve navigable qui
menait directement à l'océan'. Ce n'est
point, comme on le voit, aux géographes
de notre temps & de notre siècle qu'ap-
partiennent exclusivement ces apprécia-
tions élevées qui expliquent par les traits
distinctifs du climat & du soP les progrès
inégaux de la civilisation & le développe-
ment plus ou moins rapide des sociétés
humaines. Dans le chapitre souvent cité
de sa géographie sur la disposition symé-
trique des bassins & des cours d'eau de la
Gaule, que l'on croirait tracés, comme il
le remarquait déjà « par la main d'une
Providence bienveillante^ » Strabon nous
a laissé un modèle achevé de ces vues
d'ensemble, qui devançaient chez lui de
près de deux mille ans les progrès & les
découvertes des sciences exactes qui leur
servent aujourd'hui de base. Mais on n'a
point assez remarqué qu'il ne faisait que
reprendre dans ce tableau, en les étendant
à la Gaule tout entière, quelques-unes des
notions émises par son devancier sur la
configuration particulière de notre pays &
sur les avantages que devaient en retirer
tôt ou tard le commerce & l'industrie \
C'est ainsi qu'il nous montre les denrées
& les marchandises que le commerce mari-
time entassait dans le port déjà célèbre de
vrai les Tolosates des Santones {<jai non longe a
Tolosatiam fmihus ahsunt), appelle leur territoire
un pays découvert & très- riche en blé... Loc'n
patentibus maximuque frumentariis (Caes. de Bello
GallicOj 1. I , c. I o).
' "'lopuiai 5' 7j ToXwaja xaià tb CTEvwTaxov tou
iaO[xou... ov çTjai noasioo'Jvtoç IXtiTiw tojv Tp'.ayfj.X(wv
aTaSt'wv (Strab. 1. 4, c. 1,5 14).
* ...TÎ); Twv xdrM^i àpsx^; (Strab, l.l.),
' ...Triv ô[j.oXoYtav tÎ)? 7.wpa? r.^Âi xt tou; noTa|j.o'j;
y.ai xrjv OdtXa-rav xrjV -' Îy.-qç, 6[7.ofwî zat ttjv hahi...
&ixt î-\ TÔjv xo'.ouTwv y.àv xb x% ::povo(as È'pT^'' i-iaao-
xupsfjOa'! x'.ç Sv ô6^euv (Strab. l.l.).
* ...xà; xou p(ou [i.£xà faoxwvr|? araa'. rpb; à'-avxaç
■/.a\ xà; w^sXsi'a; àvstaOat y.o'.vâç (Strab. 1.1.)
Note
117
Note
"7
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
53!
Narbonne', remontant sur des chalans ou
des radeaux le cours torrentueux de l'Atax
(l'Aude aujourd'hui) jusqu'au point où
s'arrêtait complètement la navigation de
la rivière'. Un portage de sept à huit cents
stades, qui s'opérait tantôt à dos de mulet,
tantôt sur les petits chariots du pays atte-
lés de deux bœufs ou de deux vaches, sui-
vant la nature ou le poids des marchandi-
ses % les amenait de là jusqu'à la ville
volke de Toloss, sur les bords du fleuve
Garouno , où commençait ce que nous
aj)|)ellerions aujourd'hui la navigation ré-
giilière & permanente de ce nouveau cours
velle ville de Bourdïf^ala (Bordeaux de-
puis), que le petit peuple celtique des Bi-
turiges Viviskes venait de fonder sur la
rive gauche du fleuve, à soixante milles
romains de ses embouchures'. Assise,
comme elle l'est toujours, à l'entrée des
landes du Médoc, sur les bords d'un étang
où la marée pénétrait en remontant le lit
de la rivière, par un chenal creusé de main
d'homme, elle était destinée à devenir le
port maritime de la vallée dont Toloss
s'était trouvée naturellement l'entrepôt,
grâce aux avantages d'une position tout
exceptionnelle & au voisinage de deux
NOTB
"7
d'eau \ Celles que la ville n'arrêtait point chaînes de montagnes qui lui envoyaient,
au passage pour la consommation de ses comme le remarque un poëte ancien, leurs
habitants ou pour celle des villages & des
hameaux du voisinage, déjà nombreux à
cette époque, étaient chargées de nouveau
sur des barques sans pont, armées d'un
long baliveau en guise de gouvernail. On
les garantissait, comme aujourd'hui, du so-
leil ou de la pluie au moyen d'une bâche
populations, leurs productions & leurs
eaux
Inniimeris cultam popiilis, confinia propter
Ninguida Pyrenes 8c pinea Cebennarum.
(AusoN. Clcr. Urb. Tolos. V. 4-6.)
Rien de tout cela ne prouvait, il est
de toile soutenue en manière de tente par vrai, que la nouvelle ville eût commence
une perche placée transversalement, & au bord de la rivière & en plaine au lieu
elles descendaient ainsi, en s'engravant de de naître sur les croupes de la colline du
loin en loin, le cours du fleuve^ où corn- Pech-David, comme le prétendait l'abbé
mençaient à s'élever d'autres villes barba- Audibert. Mais il ressort au moins des in-
res, destinées à devenir florissantes à leur dications recueillies sur les lieux, par le
tour. Nous songeons en écrivant ceci au voyageur grec, qu'elle était déjà de son
grand village d'Aglnn (latine Aginnum'),
chez le peuple celtique des Nitiobriges®,
dont les possessions s'étendaient aussi sur
les deux rives de la Garonne, & à la nou-
' Voyez au tome I de cette édition, livre II,
p. I iS, la note sur les origines de Narbonne.
' 'Iv/. oï N(io6(ovo; àva-Xîîiai [j.Iv l-\ iif/.pôv t(~)
"Axa/t... (Strad. l.L).
^ Voir les bas-reliefs du musée de Narbonne 8c
notre dissertation sur les chars rustiques de la
Narbonnaise 8c de l'Aquitaine (Toulouse, Chau-
vin, i86o, in-4"), où nous avons publié (p. i5,
n. i) le dessin d'un de ces chars. — Extrait des
Mémoires de la société anhéologiijue du Midij t. 6,
6" livraison.
* [Tel^E-jî-at oï ttXéov I-kX xbv Tapoûvov zoTajxbv, -/.oà
TùiiO' Siov i/.xav.oiftDv ïî Entaxoofwv aTao{wv (Stiub.
* ...fct" 6à -/.ai 6 Tapoivaç £?; xbv oV/.£av(5v (Strab.
U.).
* ...îtpbç 8i ToixcMç Nixid6piYsj (Strab. 1. 2, c 11,
$2).
temps ce que les Grecs appelaient un i;;-;-
piov, c'est-à-dire une ville marchande d'une
certaine importance. Cette importance,
elle la devait en grande partie à ce que
l'on appelait encore au moyen âge le port
de Toulouse, le plus animé de la rivière à
cette époque', & il est impossible de dou-
ter, en étudiant sur le terrain le texte de
l'écrivain grec, dont les détails s'éclairent
& se confirment l'un par l'autre, que ce
' "l^X-^i oè (xb Twv Bixoupfywv à'Ûvoç) £(JL-6piov Hojo-
Zlyoikoi. lr.iy.ù[i.v)0') XipoOaAâx-r, xtvt tjv ::oio'jaiv at l/.-
GoXa\ xou T:oxa[j.ou (Strab. 1. 2, c. i i, 5 i).
' Voici ce qu'écrivait le conseiller Anne Rull-
man, un demi-siècle avant la création du canal
des deux mers, qui n'a fait, comme on le sait, que
faciliter 8c régulariser les habitudes commerciales,
dont nous cherchons ici le point de départ ;
« Quoiqu'elle soit illustre 8c abondante par le com-
merce que la rivière de la Garonne lui donne... »
(Anne Rullman, Récit des anciens monuments, Bi-
blloth. nat. mss. t. i, n. 8649.)
Note
117
536
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
port n'ait été situé dès les premiers temps,
à l'extrémité de la cité proprement dite,
vers le point où ont successivement dé-
bouché les quatre ou cinq générations de
ponts qui reliaient, à l'époque romaine,
la Narbonnaise à l'Aquitaine, & au moyen
âge le haut Languedoc à la Gascogne". Le
centre de ce port qui s'est étendu depuis
en aval & en amont de son point de dé-
part, aurait ainsi répondu à ce que l'on
appelait le port de la Daurade avant l'exé-
cution des grands travaux qui l'ont refoulé
par degrés du côté du nord & réduit à l'es-
pace étroitement limité qu'il occupe au-
jourd'hui.
Si c'était, comme tout l'indique, dans
l'ancien port de la Daurade, vers l'endroit
où a débouché depuis le plus ancien de
nos ponts iPons Vêtus), que s'opéraient les
transbordements auxc[uels Posidonius fait
si clairement allusion', il faudrait en con-
' On peut affirmer, au moins, en s'autorisant
de traditions confirmées récemment par des décou-
vertes archéologiques d'un véritable intérêt, que le
premier de ces ponts était de fondation romaine,
& qu'il aboutissait à ce que l'on appelle aujour-
d'hui la rue des Marchands, anciennement rue du
Pont-Vieil. De là peut-être l'espèce de préséance
que paraît avoir conservée à toutes les époques le
quartier de la Daurade dans l'organisation muni-
cipale de la cité : « Le capitolat de la Daurade a
esté tousiours censé & estimé la première région
ou capitolat de Tolose. » (Catel, Mém. p. 145.)
Le Pont-Neuf, qui représente depuis trois siècles
bientôt ces générations de ponts emportés l'un
après l'autre par le temps ou par le fleuve, est
resté partagé transversalement jusqu'à la Révolu-
tion française entre les deux capitoulats de la Dau-
rade &du Pont-Vieil. (Voir Catel, Mém, p. 199.)
* Les autres ports mentionnés dans les actes du
moyen âge, les seuls documents qui entrent à ce sujet
dans quelques détails, sont le port de Tounis, qui
se confondait avec le port de la Daurade avant la
construction des ponts en maçonnerie qui ont
relié successivement les deux rives du fleuve, le
port de Vidou, qui répondait à l'ancienne place
de Saint-Pierre-des-Cuisines, en dehors de la c'iyi-
tas proprement dite (avant l'annexion du bourg),
& enfin le port Garaud en amont & en dehors
aussi de la cité, dont le prieur de la Daurade
« se disoit seigneur, prétendant que le roy & em-
pereur Charlemagne luy avoit donné la seigneurie
de la rivière de Garonne depuis la Mote Saint-
Hilaire jusques au château de Sainct-Michel , ce
dure que c'était au voisinage de ce port,
sur la rive droite du fleuve qui s'abaisse en
se dilatant du côté du nord, que se serait
établie, à son tour, la population bariolée
de charpentiers, de bateliers, de portefaix
& de calfats que suppose à toutes les épo-
ques le mouvement d'un grand port. Les
magasins ou les entrepôts des trafiquants
(negotiatores) que l'on désignait alors sous
le nom générique de cannabae (ou kanna-
hae, les baraques), parce qu'elles n'étaient
le plus souvent que des hangars bâtis de
planches ou de terre battue, se seraient
agroupés à leur tour & sans beaucoup
d'ordre, suivant l'usage du pays, sur les
terrains les plus rapprochés de la plage
où commençaient à se dessiner quelques
rues irrégulières, grâce aux courtiers &
aux changeurs, italiens où indigènes, qui
venaient prendre leur part au dévelop-
pement de la nouvelle ville". A Tolosa,
comme à Narbon, comme à Lugdun, chez
les Ségusiaves, comme à Massalia, qui
avait depuis longtemps sa Cannebière, type
& point de départ de toutes les autres,
c'était cet assemblage de constructions ali-
gnées ou disséminées autour du port, qui
constituait ce que l'on appelait la ville
marchande dont le voyageur grec paraît
surtout frappé chez nous. En supposant,
comme on est tenté de le croire, jcju'el le
ait été de son côté précédée & préparée
là par un centre de population indigène,
ce centre de population n'aurait jamais été
qu'un village volke, assis, comme la ville
marchande, au bord de la rivière, mais à
l'abri de ses inondations, sur la crête de
la terrasse qui s'étend en pente douce des
hauteurs du Château -Narbonnais jusqu'à
l'entrée du port de la Daurade'.
qui, toutes fois, lui estoit contesté par les capi-
touls de Tolose. » (Voir Catel, Mém, p. 2i3, qui
cite à ce sujet un acte de i338.) Remarquons inci-
demment que ces divers ports étaient tous situés,
comme la ville antique, sur la rive droite de la
rivière.
' « ... a civibuS Romanis qui negociantur in
Gallia... Nemo Gallorum sine cive Romano quid-
quam negocii gerit, rtummus in Gallia nullus sine
civium Romanorum tabulis commovetur. » (Cic.
pro M. fonteio, Orat. c. Il [i].)
" Un relèvement géodésique exécuté au milieu
Note
117
Note
117
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
537
Quant à Vieille-Toulouse, qui n'a jamais neuses ou pierreuses se transforment, il est
eu, que nous sachions, de pont sur la ri- vrai, en plaines fertiles à mesure que l'on
vière, en dépit de sa prétendue prospérité s'éloigne du bord de l'eau, & nous rappel-
commerciale, il est plus difficile encore lerons, à ce sujet, qu'il existe, presque en
de s'expliquer où aurait été situé le port face de Vieille-Toulouse, un gros village,
animé que suppose son « grand commerce,» celui de Portet, dont le nom significatif
puisque la rivière se trouve ici bordée de (Portetum, a Porta, ou a Portando) semble
falaises à pic qui se prolongent sans in- indiquer une de ces antiques escales d'at-
terruption sur une étendue de quatre à terrissement qui jalonnaient le lit de la
cinq kilomètres, en amont comme en aval rivière à l'époque où elle servait encore
de V oppidum. Fermée ainsi, & comme inac- de grande route, la dernière probablement
cessible par sa rive droite, elle n'est réel- que l'on rencontrât avant d'atteindre le
lement abordable que par sa rive gauche port de la Daurade'.
formée de grèves dénudées (on les appelle
des graves dans le bassin de la Garonne)
qui contrastent avec les grandes îles boi- Pour l'abbé Audibert, qui confondait
sées (les ramiers) qui coupent de loin en comme tous nos historiens le témoignage
loin le lit du fleuve'. Ces grèves sablon- de Posidonius avec celui de Strabon, pos-
térieur de plus d'un siècle, les preuves
j ■ ,i^i» 4»-.,:»- /'.,c^^ Q, «.II.» , ^ ,. . V de cet ancien commerce se réduisaient
du siècle dernier (lyooj oc malheureusement très-
incomplet donne une différence de vingt-cinq ^ peu de chose près aux monnaies ar-
pieds en moyenne entre le chemin de hallage de cha'iques que recèle en si grand nombre
la rivière, élevé, près du Pont-Neuf (rive droite), le petit plateau de Vieille-Toulouse. Il
de huit pieds quatre pouces au-dessus de l'étiage, était SurtOUt frappé du contraste que pré-
& le sol de l'espèce de plateau qui a servi de sou- sentent à cet égard le sol de la ville
bassement à la ville. Les points culminants de haute OÙ l'on ne rencontre guère que des
monnaies antérieures à la conquête, &
Note
117
cette terrasse, dont le sous-sol formé par les an-
ciennes alluvions de la rivière a été exhaussé à son
tour par le travail continu des constructions &
des démolitions toujours fréquentes dans l'enceinte
d'une grande ville, seraient, d'après ce relèvement,
la place Rouaix, qui atteint quarante-un pieds
six pouces, au-dessus de l'étiage moyen, la rue
Nazareth au^coin de la rue des Coffres, trente-
huit pieds neuf pouces dix lignes, la place Saint-
Etienne, trente-six pieds quatre pouces onze
lignes, la place Saint-Georges, trente-cinq pieds
onze pouces sept lignes, 8c enfin la place royale
(du Capitole aujourd'hui), qui ne dépasse point,
comme la place Saint-Sernin, trente-trois pieds
& quelques pouces. Le niveau relativement élevé
de la place d'Assézat (trente-sept pieds cinq pouces
onze lignes) s'expliquerait par l'accumulation des
déblais produits sur ce point par le débouché des
divers ponts dont nous venons de parler & par le
mouvement de constructions & de transit qu'ils y
entretenaient. (Rapport des commissaires nommés
par l'académie de Toulouse, &c. Mém. de l'Acadé-
mie, t. I, pp. Jij9 & suiv.)
' Il faut ajouter à ces appellations géographi-
ques particulières au bassin de la Garonne, qui a
sa langue à lui, comme tous nos grands fleuves, le
nom à'arainiers {ab arena), sous lequel on désignait
les bancs & les grèves de sable que la rivière crée
ou emporte à chaque crue (Voir la Canio de los
celui de la ville basse où l'on ne trouvait,
suivant lui, que des médailles romaines
toujours postérieures au règne d'Auguste.
C'était sur ce contraste, accepté par lui
comme un fait indiscutable, que reposait
en grande partie la distinction qu'il éta-
blissait entre l'ère des deux villes dont
Eretges, chez Fauriel, pass'im.), & celui de viviers,
qui s'appliquait, lui, aux stagnations momenta-
nées ou durables que le fleuve formait sur ses
deux rives. De *là les noms de canto de viviers &
de carreyrot de viviers (cadastre de 1478) appliqués
aux terrains submersibles voisins de la gleisa. de
la Daurada. On y a trouvé, dit M. de Montégut,
des monnaies romaines enfouies presque au ni-
veau de l'eau, à vingt-cinq pieds au-dessous du
quai & de l'église actuelle (De Montégut, Re-
cherches sur les anti^, de Toulouse — Mém. de l'ane.
acad. t. I , p. 75).
' « ...& de Castaneto usque ad villam de Porteto
inclusive » (charte de 1279, chez Lafaille, Hist, de
Toulouse, t. 2, Pièces justificatives, p. 6). M. Du-
mège assure que l'on y a trouvé des traces d'habi-
tations romaines {Hist. des Institutions de Tow-
louse, t. 4, p. 52).
Note
"7
538
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
l'une ne serait pas seulement antérieure à de remblai atteignît déjà de leur temps
l'aufre de quatre où cinq siècles, mais lui une épaisseur de douze à quinze pieds,
aurait donné littéralement naissance, par qu'il a certainement dépassée depuis cette
un déplacement de population oublié des époque, le sol romain sur lequel il repose
liistoriens, comme beaucoup d'autres faits se trouverait aujourd'hui à quatre ou cinq
du même genre'. Il en était même venu à mètres au-dessous du niveau de la ville
déterminer approximativement la date de actuelle, c'est-à-dire à une profondeur que
cette émigration qui se serait produite dépassent rarement les tranchées & les
entre le règne d'Auguste, où commencent fondations de nos travaux de construc-
les séries monétaires de la ville basse, & tion, quelque solides qu'on les suppose".
celui de Néron, où s'arrêtent à peu près Mais on comprend sans beaucoup de peine
complètement celles de la ville haute% que cette couche de remblai, très-variable
Mais cet argument, regardé par lui de ville en ville, variera encore dans la
comme décisif, perd une grande partie de même ville à mesure que l'on s'éloignera
sa valeur si l'on tient compte de la rapidité des régions centrales, où le mouvement des
avec laquelle s'exhausse le sol des villes constructions suit & reflète celui de la po-
antiques, de celles surtout qui sont restées pulation elle-même. Dans les quartiers
comme la nôtre enfermées dans l'enceinte excentriques ou délaissés, comme on en
qu'elles s'étaient donnée à l'origine'. En trouve dans toutes les villes & à toutes les
admettant, comme l'affirmaient les ingé- époques, elle perdra une bonne partie de
nieurs du seizième siècle'', que ce terrain son épaisseur, comme l'ont prouvé, entre
autres exemples, des fouilles exécutées il
' «Sans aller chercher dans l'histoire, dit l'jibbé Y a trente OU trente-deux ans à l'extré-
Audibert, des exemples qu'il me seroit facile de mité méridionale de la ville, à l'entrée de
produire, l'on en trouvera d'actuellement existans la place intérieure Saint-Michel , située,
dans la Gaule Narbonnoise; » à Carcassonne, par comme SOU nom l'indique, à l'intérieur de
exemple, dont la ville basse n'est, comme on le l'enceinte romaine. Quoique les tranchées
sait, qu'une excroissance de la Cité, & à Perpi- j^g dépassassent guère ici deux mètres ou
gnan, qui s'est formée des ruines de l'ancienne
Note
"7
Ruscîno, dont elle est à peu près « à la même dis-
tance que l'est Toulouse de Vieille -Toulouse. »
(AuDiBERT, Dissert, p. 41.)
* C'était à cette époque, en effet, ou peu de
temps après cette époque, sous le règne de Galba,
que se plaçait, toujours dans le même ordre d'idées,
la fondation de la prétendue colonie romaine de
Toulouse que nous avons discutée dans le tome I
de cette édition, pp. i3i, iSz, 167 à 184, 207,
208. (Voir, à ce sujet, les ouvrages de l'abbé Au-
dibert, de M. de Montégut 8c de M. Dumège, qui
admettent tous l'existence de cette colonie.)
' Voir dans une note de M. l'abbé Cochet (Bul-
letin monumental, de M. de Caumont, année iSyr,
p. 367) les chiffres comparés 8c probablement ap-
proximatifs de cet exhaussement qui paraît avoir
varié sensiblement de l'une à l'autre de nos gran-
des villes romaines, dans le nord-est au moins
(Troyes, Metz, Trêves, 8cc.). On sait qu'à Rome il
atteignait, dès le temps de Montaigne, la hauteur
d'une lance de lansquenet.
* « Par ce portail on entroit en la ville qui de-
puis a été haucée (iic) de plus de douze plés, comme
encore l'on volt bâtissant les malsons où se treu-
vent des paués à la fois trois, à la fois quatre. »
(Antoine Noguier, Hist. Tolosainej pp. 25 8c 26.)
^passassent gu(
deux mètres & demi de profondeur, elles
avaient suffi cette fois pour entamer sé-
rieusement le sol celtique & pour remettre
au jour quelques-unes de ses épaves qui
rappelaient celles du sol de VieiUe-Tou-
Nous reviendrons plus loin sur ces Indications in-
téressantes empruntées probablement par le vieil
historien à notre grand architecte Nicolas Bache-
lier, son contemporain 8c son ami.
' Ce sous-sol qui a servi lui-même de suhstratum
au sol romain, est connu à Toulouse sous le nom
générique de balme ou baume (halma), mot d'ori-
gine celtique comme la plupart de nos anciennes
appellations géographiques. Il paraît formé d'un
mélange de terre, de sable 8c de gravier plus ou
moins agglutinés, déposé par les anciennes allu-
vlons de la Garonne, à l'époque oii le lit du fleuve
oscillait entre le plateau de l'Ardenne 8c les colli-
nes qui dominent à l'est la terrasse sur laquelle
allait s'asseoir la ville antique, flanquée de ses
nécropoles « pour doutance des Inondations ds la
Garonne, » comme le remarque judicieusement un
de nos anciens historiens, (Antoine Noguier, Hist
Tolosainc. pp. 2 8c 3.)
Note
"7
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
539
louse, car on y retrouvait la plupart des tout quand les unes & les autres remon-
nionnaies archaïques qui avaient frappé talent à une haute antiquité, comme la voie
si vivement l'imagination de l'abbé Audi- bien connue qui reliait depuis la conquête
bert '. la métropole des Volkes de l'ouest au port
En dehors des murailles qui formaient & à la ville de Narbonne.
l'enceinte de la ville à l'époque romaine Ce ne serait pas le lieu de rechercher
comme au moyen âge, ces curieux débris ici par qui, à quelle époque & dans quel
deviennent rares, il est vrai, comme le sol but avait été construite cette route sécu-
de remblai dont ils constituent, pour ainsi laire, dont l'histoire est étroitement liée à
dire, les fossiles. On ne les rencontre plus celle des origines & des premiers temps de
qu'accidentellement, sur les points, clair- la cité. On sait au moins de source cer-
semés eux-mêmes, où existait, à l'époque taine qu'elle y aboutissait, à l'époque ro-
romaine, quelque centre de population maine comme au moyen âge, par une porte
ou quelque villa suburbaine, entourée de monumentale, à laquelle elle avait donné
son jardinet complanté d'arbres verts aux- son nom & dont on a retrouvé, au sei-
quels se mariaient quelques statues de zième siècle, l'élégant arceau, à moitié
pierre ou de marbre'. Mais ils reparaissent enterré sous une couche de remblais qui
en revanche au voisinage des portes qui atteignait même ici dix à douze pieds de
s'ouvraient, de distance en distance, dans hauteur, dit un écrivain contemporain".
ce mur d'enceinte & le long des grandes Elle était bordée, comme toutes les gran-
routes qui aboutissaient à ces portes, sur- des voies romaines à la sortie des grandes
villes, d'une double rangée de tombeaux
' Plusieurs de ces monnaies, acquises par nous (monumenta, sepulchra, sepulchreta, aedicu-
sur les lieux & de la main des ouvriers, faisaient lae, OU acdiclae)^ qui commençait à partir
partie de notre collection de médailles & ont passé de la porte & se prolongeait, en suivant la
avec elle dans le musée de la ville de Nimes où route, jusqu'à plusieurs milles de distance.
elles figurent encore aujourd'hui. On y remarquait
surtout des monnaies ibériennes ou phéniciennes
de bronze & des monnaies gauloises à légendes
grecques (AOrrOSTAAlITQN, BHTAl'l'AT[QNJ,&c.)
ou à légendes ibériennes, d'une excellente conser-
vation, mêlées à de nombreux speclmina du mon-
nayage des Volkes, drachmes, oboles ou hémiobo-
les d'argent. Parmi les monnaies ibéro-gauloises
De ces tombeaux, construits souvent
avec un certain luxe, sur un terrain acheté
lui-même à gros deniers, la plupart pa-
raissent avoir été détruits ou dispersés à
des époques probablement anciennes, car
on ne trouve que très-rarement à Tou-
louse de ces débris de bas-reliefs ou d'ins-
dont nous venons de parler, figurait le rare moyen criptions tumulaires SI communs dans tOU-
bronze dont M. Boudard traduisait par NEMI la tes les grandes viUes de la Narbonnaise\
légende ibérienne, 81 qu'il attribuait sans hésita-
tion à la ville toute volke de Nemausus. (Boudard,
Numism. ibérienne, p. 262, J 70, n°' 2 8c 3, &
pi. XXIX, n°' 1 1 8t 14.)
' On retrouve, même à l'intérieur de la ville,
quelques-uns de ces petits jardins que nos anciens
cadastres désignent sous le nom roman de hort ou
ort {hortus, hortulus), & qui paraissent se multi-
plier dans les régions excentriques de la cité pro-
prement dite ou dans les quartiers neufs qu'elle
s'est annexés à diverses époques, comme le bourg
proprement dit Sa le faubourg Saint- Cyprien :
... tiran vers Garone ont es l'ort de Moss. Jacmes
de Belveser, marchant, (Cadastre de 1478, Duméce,
Hist. des Institutions de Toulouse, t. 4, p. çS.)
... très hostalets am un ort a la carrlera de la Ylhe
(depuis carriera de Mtrapeis) ...un hort a Parga-
minieras. (Cadastre de 1458, Dumège, Institutions^
t. 4, p. 67, notes.)
' « Sa porte étoit mi-enterrée, ayant d'ouver-
ture dix pams 8t plus, 8c de largeur semblable me-
sure. » (Antoine Noguier, Hist. Tolosaine, p. 25.)
' De là les plaintes formulées bien des fois à ce
sujet par nos historiens 8c nos érudits dont In
plupart s'étonnent avec raison « qu'une ville aussi
célèbre ait conservé aussi peu de monumens de
son ancienne splendeur. » (De Montégut, Rechcr~
ches sur les antiq. de Toulouse, mém. de l'ancienne
académie, t. 1, p. 66.) Un contemporain de Catel,
le conseiller Anne Rullmann, avait remarqué
longtemps avant M. de Montégut que « Tholose
est fort deffiiillante en fondemens de temples, de
palais, de ponts, d'arcs, de portiques, de colonnes
8c mesme de statues, figures, médailles, graveures,
pièces funèbres, épitaphes 8c inscriptions. » (Anne
Rullman, Récit des anc. monumens, &c, 1626;
Note
117
NOTB
117
540
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Mais, à côté de cette grande route dispa-
rue avec les tombeaux qui eu devenaient
le complément, il existait, comme dans
toutes les grandes villes, un lieu de sépul-
ture commune, qui paraît remonter ici à
un âge très-reculé & qui a eu, cette fois,
la bonne fortune d'échapper en partie,
grâce à son obscurité même, aux dévasta-
tions intéressées dont nous venons de par-
ler. Tout semble indiquer, en effet, qu'il
était destiné aux familles pauvres de la
ville, qui brûlaient gratuitement leurs
morts dans quelque ustrinum public, bâti
lui-même à peu de distance de la route, &
les enterraient ensuite dans quelque cime-
tière commun dont les tombes agroupées
ou alignées ne se distinguaient les unes
des autres que par les bornes (cîppi) qui
en marquaient les limites ipedatura)'. Il
était situé à l'endroit occupé depuis par le
cimetière chrétien de Saint-Roch ou des
Récollets, qui a servi de sépulture pen-
dant huit ou dix siècles à une partie de la
population bourgeoise & auquel il a très-
probablement donné naissance % car on y
rencontre des inscriptions chrétiennes &
Biblioth. nationale, mss, fonds français, n. 8649,
t.,, p. III.)
' Ce n'était que par exception au moins que
l'on y rencontrait quelque sepulchretum de forme
& de taille modeste que beaucoup de familles
remplaçaient par une simple dalle de pierre ou
de marbre, couchée à plat sur la tombe {mensa) à
laquelle aile servait ainsi de toiture.
' Il est remarquable au moins que l'on ne trouve
ici ni trace, ni souvenir de quelqu'un de ces saints
ou martyrs locaux autour desquels se pressaient
les sépultures des fidèles (^sepeliri ad sanctos , ad
martyres, pass.), & qui ont donné naissance à
beaucoup de cimetières chrétiens, sans en excepter
notre cimetière des nobles de Saint-Sernin, situé,
lui, à l'extrémité opposée de la ville, au bord aussi
de quelque grande voie romaine. Les seuls monu-
ments anciens dont l'existence nous soit attestée
ici par des témoignages dignes de foi, sont la cha-
pelle, relativement moderne, de Saint-Roch (le
patron des pestiférés), qui a donné son nom au
cimetière lui-même, & une église de Sainte-Marie
du Férétra, qui paraît n'être autre chose que la
chapelle actuelle du couvent des Récollets. Elle
est désignée sous le nom de : Ecclesia Beatae Mariae
de Feretrario dans un acte de iSSy, relevé & cité
par Catel. (^Mémoires, pp. 128 & 210.)
de grands tombeaux de pierre en forme
d'auge, mêlés aux sépultures païennes dont
nous sommes surtout préoccupé ici". Ce
qui reste certain en tout état de cause,
c'est qu'il était beaucoup plus étendu à
l'époque romaine qu'au moyen âge, puis-
qu'on en trouve les tombes réunies ou
disséminées sur un espace qui ne mesure
pas moins de douze à quinze hectares
de superficie^ particularité qui s'explique
elle-même par les habitudes respectueuses
des anciens à l'égard des morts & par les
règlements sévères qui interdisaient aux
sépultures d'empiéter les unes sur les au-
tres'. Sa forme, qui doit avoir changé
' On voit encore dans un des vergers de la
borde Milhès un de ces lourds cercueils de pierre
qui paraît, il est vrai, appartenir par sa forme
aux premiers temps du moyen âge. M. de Monté-
gut, qui en signale plusieurs autres dans le secc'.-id
de ses Mémoires sur le cimetière des Récollet»
(Mém. de l'acad. de Toulouse, i'" série, t. 3,
p. 298), mentionne & décrit ailleurs trois boucles
de ceinturon « en bronze argenté, » provenant
du même cimetière, & qui appartiendraient d'une
manière plus précise encore à l'époque wisigo-
thique ou mérovingienne, (l.l. p. 285, pi. XIV,
n. ,.)
' « Dans cet espace est une contenance d'envi-
ron vingt arpents qui a servi anciennement de
cimetière. » (De Mo.ntkgut, l.l. t. 1 , p. 76.) —
M. Milhès, dont les indications m'ont été bien
utiles, en contrôlant ou en complétant sur beau-
coup de points celles de M. de Montégut, en éva-
lue, lui, la superficie à quinze ou dix-huit hec-
tares.
' Le plus connu de ces cimetières publics est
celui des soldats de la flotte à Misène qu'une
longue inscription, retrouvée, au seizième siècle,
près de Naples, désigne sous le nom de Puhlicum
sepeliendorum militum classis praetoriae Miscnensis.
(GrUTEK, 208, OrELLI , 4406, MOMMSEN, I. N.
2646). Avant d'être réformé, comme il paraît
l'avoir été par un des officiers supérieurs de la
flotte, nommé Alfenius Senecio [suhpraefectus
classis praetoriae Misenensis, Ll.), le terrain de ce
cimetière avait servi déjà de lieu de sépulture,
puisqu'on y trouvait, comme au cimetière des Ré-
collets, des tombes en grand nombre disséminées
sur un vaste espace ( quum haheat plurima &
dispersis locis sepulchra, l.l.), quelquefois même su-
perposées les unes aux autres (superposita), au lieu
d'être réunies ou alignées Çcunjuncta, l.l.) comme
elles devaient 1 être. Ces profanations & ces dé-
NoTE
"7
NOTB
117
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
541
comme ses limites d'époque en époque,
serait à peu près celle d'un triangle irré-
gulier dont la base s'appuierait au pied
des collines que les tombes n'atteignent
nulle part'. Les côtés du triangle seraient
tracés à l'est par la rue, relativement
moderne, du faubourg Saint- Michel , à
l'ouest, par le talus des falaises qui sépa-
rent la terrasse formée par les anciennes
alluvions de la Garonne (terrain miocène
ou molasse')., des alluvions de date récente
dont le fleuve reprend possession à cha-
cune de ses grandes crues %
A en juger par les découvertes que l'on
a faites & que l'on fait encore de loin en
sordres qui blessaient la. rel'ig'ton des tombeaux
(... oA contemptum religionis... propter contemptam
religionem sepulchrorum, l.l.) avaient été énergi-
qiiement réprimés par le vice-amiral qui avait
commencé par exproprier un certain nombre de
propriétaires dont quelques-uns se prévalaient
contre lui d'un titre de vente régulier (... se pos-
sessorem esse ex causa empt'ion'is, I.Î.), & qui avait
réussi en fin de compte à rétablir le bon ordre Se
la décence dans le partage comme dans l'aligne-
ment des terrains assignés (asslgnata... loca assi-
gnata... pass.), ne voulant plus, dit-il, que les
soldats pauvres de la flotte continuassent à être
soignés ou inhumés par aumône (... ne aère con-
lato curentur sepelianturque, l.l.).
' J'apprends pourtant, au moment où se ter-
mine l'impression de ce travail, que l'on rencontre
des amphores identiques à celles du cimetière jus-
qu'à la hauteur du domaine de Rangueil, situé
comme on le sait à l'extrémité de l'avenue Snint-
Agne, à trois kilomètres au moins du Capitole.
Elles provenaient toutes, à ce que m'assure M. Paul
de Sahuqué, de la partie du domaine comprise
entre la route 8t le pied des collines. Elles y
étaient si communes sur quelques points que les
enfants de la maison se faisaient un jeu de les
briser ou de les achever à coups de pierres. Plus
près de la chapelle Saint-Roch, mais du même
cfité de la route, M. Murel père, en défonçant, il
y a déjà longtemps, un terrain acheté par lui,
pour la plantation d'une pépinière, avait ren-
contré sur plusieurs points des substructions an-
tiques disséminées à quelque distance les unes des
autres, comme devaient l'être les assises des sepul-
chreta qui bordaient la route.
"M. de Montégut assure même (comme
M. Milhès) que l'on en trouve quelquefois « dans
le pré qui est au-dessous de la chapelle de Saint-
Roch. » (De Montégut, l.l. p. 81.)
loin dans ce vaste périmètre, les sépultu-
res du cimetière des Récollets, celles au
moins que l'on peut regarder comme anti-
ques, auraient été conçues & exécutées
sur un plan uniforme. Elles consistent, à
quelques rares exceptions près, dans une
sorte de réduit ou de caveau rectangulaire
creusé dans le sol meuble (terre végétale
ou balme) & dont les dimensions étaient à
peu près les mêmes en largeur comme en
profondeur. Le revêtement des parois,
dont quelques fragments étaient restés
en place, paraissait formé tantôt d'une
couche de terre glaise que l'on appli-
quait mouillée sur la balme, plus souvent,
d'une sorte de stuc rougeâtre dans lequel
la brique pilée joue le principal rôle &
qui a pris, sous l'action du temps, une
consistance & une solidité remarquables.
Toutes, sans exception, contenaient un
nombre plus ou moins considérable à'urnes
cinéraires (c'est le nom sous lequel les dé-
signent nos anciens érudits), dérangées &
brisées le plus souvent par l'effondrement
des toitures destinées à les abriter.
Il devenait difficile de douter, en pré-
sence d'indications aussi concluantes, que
chacun de ces caveaux n'ait été destiné à
servir de sépulture à une famille dont les
membres seraient venus successivement y
occuper leur place". Les cendres, mêlées
d'ossements calcinés, que l'on retrouvait à
l'intérieur des urnes, de celles au moins
qui étaient restées intactes, avaient elles-
mêmes leur valeur & leur sens, historique-
ment parlant. Elles prouvaient, en eï^Qi.,
que la plupart de ces sépultures étaient
postérieures en date à la conquête ro-
maine, qui avait introduit en Gaule comme
ailleurs l'usage de brûler les morts & de
les inhumer en dehors des villes, le long
des grandes routes qui y conduisaient. A
l'exemple des familles riches, dont les
tombeaux de forme & de taille diverses
s'alignaient au bord de la route, chacune
de ces familles y avait évidemment son
locus, c'est-à-dire son terrain à elle, me-
suré au cordeau comme celui des riches,
• « On en rencontre des amas de six, de huit,
de douze, rangées l'une à côté de l'autre. » (De
Montégut, l.l. p, 81.)
Note
117
Note
117
542
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
& que chacune d'elles recouvrait ou dé-
corait à sa guise'. Mais les élégantes ollae
de verre ou d'albâtre, dans lesquelles les
riches recueillaient & enfermaient les cen-
dres de leurs morts au sortir du bûcher,
étaient ici remplacées, presque sans excep-
tion, par de lourdes amphores de terre
cuite, identiques, comme forme, comme
taille & comme teinte, aux amphores de
Vieille -Toulouse, d'où elles provenaient
suivant toute apparence'. Dans les rares
' Les distinctions que nous établissons ici, en
nous autorisant de faits du même genre constatés
par nous ou par d'autres dans une foule de villes
romaines (dans celles des Convenue, par exemple,
& des Auscii; voir nos études d'épigraphie, pass.)^
nous paraissent ressortir des différences que pré-
sentent, à défaut des tombeaux eux-mêmes, les
inscriptions antiques du cimetière des Récollets,
dont les unes appartiennent à des personnages
d'un rang élevé, revêtus des hautes magistratures
de la ville (voir notre Appendlx eplgraphica) ,
tandis que les autres étaient destinées à des gens
de condition inférieure, affranchis eux-mêmes ou
descendants d'affranchis. Nous songeons surtout
en écrivant ceci à la petite dalle inscrite de CU-
PITUS TOLOSANI FILIUS, découverts, assure
M. de Montégut, « au-dessous de la chapelle de
Saint-Roch, dans un pré dépendant de la pre-
mière tuilerie « (De Montégut, Recherches, l.l.
p. 90). — Le cimetière des Sablières de Terre-Nègre
à Bordeaux, qui paraît avoir plus d'un trait de
ressemblance avec notre cimetière commun (^publi-
cum) des Récollets, aurait été situé à la même dis-
tance à peu près des portes de la ville antique 8t
présenterait à peu près aussi la même proportion
de sépultures par incinération & de sépultures
par inhumation. M. Jouanet, qui évalue cette
proportion à 20 = i, assure que l'on en a retiré
plus de vingt mille urnes cinéraires, qui n'ont
rien de commun, il est vrai, comme forme &
comme taille, avec les grandes amphores des po-
lyandres de Toulouse.
" Catel (jyiém. 1. 2, p. 128) & M. de Montégut
(^Recherches, l.l. p. 80) avaient déjà remarqué que
les urnes cinéraires des Volkes de Tolosa n'étaient,
le plus souvent, que des amphores de terre cuite,
présentant à peu de chose près la même forme 8c
la même taille dans les divers cimetières de la ville
antique. Mais il n'en serait pas de même des loca.
destinés à les abriter, s'il faut prendre au piei de
la lettre ce que Càtel raconte « de creux ou de
caves rondes » découvertes de son temps au quar-
tier de Terre-Cabade (terra cahada, cabata, cavata)^
près du cimetière de Saint-Snuveur, voisin lui-
hypogées qui n'avaient été ni effondrés
ni ouverts, on les retrouvait debout & en
ligne, adossées aux parois du locus ou ap-
puyées les unes contre les autres. Elles
ressemblaient ainsi aux diota de terre
blanche qui servaient de tonneaux dans
les celliers des bourgeois de Pompéi, avec
cette différence pourtant qu'elles étaient
ici dressées, le culot en haut & le cou-
vercle en bas '.
Les inscriptions qui auraient pu jeter
quelque lumière sur cette mystérieuse né-
cropole, devenaient ici à peu près inuti-
les, puisqu'elles avaient été mutilées ou
déplacées dans les révolutions que le ci-
metière paraît avoir subies depuis la chute
du polythéisme S Comment distinguer,
d'ailleurs, parmi ces inscriptions, celles
qui provenaient du cimetière que nous
venons de décrire & celles qui apparte-
naient aux riches tombeaux des bords de la
route, dévastés ou détruits à des époques
plus anciennes encore ' ? Les amphores
même de l'église Saint-Etienne & que l'on trouva
« toutes ceinctes 8c environnées d'anciennes urnes
de terre qui estoient pleines de cendres Se de char-
bon. » (Catel, l.l. p. 128.)
' « Celles qui paroissent n'avoir pas été remuées
sont placées perpendiculairement, la pointe en
haut, à deux ou trois pieds de profondeur. »
De Montégut, p. 81.)
' Nous avons déjà remarqué, du reste, combien
ces incriptions sont rares même au cimetière des
Récollets, d'où proviennent la plupart de nos
textes antiques (voir, à ce sujet, notre Appendix
epigraphica). Il faut ajouter qu'on les y trouve
mêlées à des inscriptions chrétiennes, ce qui s'ex-
plique à merveille si l'on admet, comine tout
l'atteste, que le cimetière chrétien se soit ici su-
perposé au cimetière antique.
' On voit encore en face de la borde Milhès,
mais de l'autre côté de la route, deux bornes
(c'est au moins la destination qu'on leur a don-
née) que nous croyons faites l'une 8c l'autre de
main d'homme 8c qui rejnonteraient, si nous ne
nous trompons, à l'époque gallo-romaine de notre
histoire. Elles paraissent formées d'une espèce de
béton composé de gravier Se de cailloux roulés,
noyés dans un bain de mortier, que l'on aurait
ensuite tassé dans un moule de planches dont il
aurait pris 8c gardé la forme. La plus grande des
deux, qui est en même temps la mieux conservée,
présente extérieurement la forme d'un cippe carré^
mesurant o'" 35 sur chacune de ses faces 8c élevé
Note
117
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
543
dont les débris obstruaient le sol ' ne
contenaient, elles, en fait d'inscriptions,
que des sigles de potier assez rares d'ail-
leurs sur les poteries de Vieille -Tou-
louse'. Mais à côté de ces anipliores,
muettes comme les tombes qui les abri-
taient, on retrouvait en revanche UJi assez
grand nombre de ces objets de matière &
de nature diverses que les pauvres enter-
raient avec leurs morts comme les riches,
& qui prenaient ici un intérêt particulier,
puisqu'il y avait toute raison de croire
qu'ils étaient pour la plupart contempo-
rains des morts qu'ils avaient suivis dans
l'autre vie '.
d'un mètre environ au-dessus du sol. La plus
petite, qui paraît ronde, rappellerait approxima-
tivememt la forme des colonnettes (columella) que
l'on dressait quelquefois au-dessus des tombeaux.
L'une & l'autre ne seraient, à notre sens, que les
âmes de deux sepulchrcta de taille &. de forme
diverses, dont le revêtement extérieur (stuc ou
dalles de marbre [crustae]) aurait été arraché 8c
détruit, probablement depuis des siècles. Mais il
resterait toujours à savoir si ces sepulchrcta pro-
viennent du bord de la route ou s'ils apparte-
naient au cimetière commun dans l'enceinte du-
quel on les a retrouvés.''
' « Il y a un terroir joignant la ville du costé
du Chasteau Narbonois où, en labourant la terre,
on rencontre des urnes toutes entières, en si grand
nombre qu'elles empêchent quasi que la terre ne
soit fertile. Ce terroir est appelé le fèrétra. »
(Catel, Mém. p. 128.)
' M. de Montégut parle pourtant d'une de ces
amphores qui portait, dit-il, une inscription ro-
maine (gravée à la pointe probablement; & qui
aurait été achetée par M. l'évéque d'Agde. (De
MONTKGUT, l.l. p. 81 .)
' Celles de ces épaves que l'on trouvait dissé-
minées à la surface du sol 8t en dehors des tombes
y auraient été probablement perdues ou dédiées
en manière d'offrande, lors des solemnités publi-
ques ou privées que l'on célébrait à certains jours
(^statis d'tehus) sur les tombeaux des morts & dont
l'usage a survécu chez nous à la chute du poly-
théisme. Nous faisons ici allusion aux foires bien
connues que l'on célèbre encore de dimanche en
dimanche dans chacun des faubourgs de la ville
sous le nom caractéristique de férctra, & dont la
plus ancienne en date est incontestablement celle
du faubourg Saint-Michel. M. de Montégut assure
même qu'elle en a été pendant longtemps la seule
& que ce serait à dci époques relativement récentes
Le premier de nos érudits qui paraisse
avoir compris l'importance de ces épaves
funèbres, dispersées le plus souvent au
sortir de la terre qui les recelait, était
\\i\ contemporain de l'abbé Audibert avec
lequel il ne paraît avoir eu du reste au-
cune relation personnelle, quoiqu'ils s'oc-
cupassent l'un & l'autre d'études du même
genre & portant précisément sur les mê-
mes sujets'. Il s'appelait de son nom M. de
Montégut, & avait été pourvu à vingt-
trois ans d'une charge de conseiller au
Parlement de Toulouse. Membre de l'aca-
démie des Jeux Floraux, comme la plupart
de ses collègues aux enquêtes ou aux re-
quêtes, il était devenu, quelques années
après, membre de l'académie des sciences,
inscriptions & belles-lettres de la même
ville, où il avait pris de bonne heure uwq
place considérable & dont on le regardait,
à la fin du siècle, comme l'archéologue en
titre'. Quelque discutables que nous pa-
raissent aujourd'hui la plupart des travaux
sur lesquels reposait cette réputation fort
établie de son temps, il faut dire pourtant
à son éloge qu'il prenait au sérieux, comme
plusieurs de ses contemporains, les pro-
blèmes que soulevait & que soulève en-
core la question des origines de notre
ville, & qu'il ne négligeait aucune des in-
dications qui pouvaient de près ou de loin
servir à les éclairer. Il nous apprend lui-
même que son attention avait été ramenée
& pour satisfaire les populations des divers fau-
bourgs de la ville, que l'on aurait établi depuis
les fèrétra. de Saint-Etienne, de la Porte-Neuve,
de Saint-Pierre-des-Cuisines & des Minimes (/./.).
' On se rappelle que c'était à l'abbé Barthé-
lémy, l'auteur du Jeune Anacharsis, que s'était
adressé directement l'abbé Audibert quand il pré-
parait les matériaux de sa dissertation, oubliant
ainsi l'académie des sciences, inscriptions & bel-
les-lettres de Toulouse & ses membres les plus
érainents.
" Comme M. de Saint-Amans (1702-1763) en
avait été le numismatiste émérite. M. Dumèj^Ci
dont la réputation, discutée elle-même, devait
éclipser celle de ses deux devanciers, était iié,
comme on le sait, en l'année 1779 ou 1780, car
il y a du doute même sur l'année de sa naiss.iuce,
& n'est arrivé à la notoriété que dans les premiè-
res années du siècle suivant.
NoTB
117
•>44
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
NOTB
''7 vers rantlque cimetière des Récol-lets à la il n'avait ni l'esprit judicieux, ni le sens
suite de découvertes inattendues, opérées, historique, dépourvu malheureusement de
à partir de l'année 1776, par les ouvriers savoir & de critique, il s'était attaché à en
de l'une des tuileries qui exploraient de- déterminer l'âge & la provenance qui pre-
puis longtemps déjà le sol argileux du ci- naient ici un intérêt tout particulier. Il
metière". en avait dressé de longues listes, en accom-
Sans négliger les objets antiques sortis pagnant ses descriptions de planches plus
en assez grand nombre de ce sol funèbre & concluantes souvent que ses commentai-
dont la plupart étaient heureusement tom- res, & ce n'avait point été sans surprise,
bés entre ses mains % M. de Montégut ce travail de classement terminé, qu'il y
s'était attaché de préférence aux monnaies avait reconnu à son tour la plupart des
proprement dites dont les légendes & même monnaies archaïques que l'abbé Audibert
les types parlaient, cette fois, un langage croyait particulières au sol de Vieille-
intelligible, pour les érudits au moins. Il Toulouse, sans en excepter les monnaies
n'avait point oublié & l'on n'oubliait point phéniciennes, ibériennes ou ibéro-gau-
autour de lui que c'était sur les données loises que nous retrouvions tout à l'heure
ou sur les inductions fournies par elles dans l'intérieur de la ville, en deçà de la
que reposait en grande partie « le système porte Narbonnaise '. La seule différence
de l'abbé Audibert, « qui n'allait à rien qui distinguât les produits des deux sta-
moins qu'à retrancher à la ville de Tou- tions, comme on le dirait aujourd'hui,
louse « quatre ou cinq siècles d'existence, c'est que ces monnaies barbares, au sens
au moment le plus brillant de soji his- classique du mot, se trouvaient ici mêlées à
toire. » A l'exemple de son devancier, dont des monnaies romaines' dont la série me-
surait toute l'époque impériale, depuis le
' Il la désigne familièreTnent sous le nom de
la première tuilerie, parce qu'elle était la plus
rapprochée de la chapelle Saint-Rocli (Z.Z.). Deux
autres tuileries, situées à peu de distance de celle-
là & assises aussi au bord du chemin, ont disparu
comme elle, en faisant place, il est vrai, à deux
vastes tuileries de date toute récente, fondées
cette fois en dehors du cimetière antique, entre
le pied de la colline & le ruisseau de Bounlayrou
qui tombe dans la Garonne à la hauteur du Port-
Garaud.
^ Il les a décrits dans une série de Mémoires
dont deux seulement ont été imprimés dans le
Recueil des mémoires de l'académie des sciences.
NoTB
117
règne d'Auguste jusqu'à ceux de Constan-
tin & de Théodose.
Si le cimetière des Récollets n'était,
comme tout l'indique, qu'une des nécro-
poles de la ville voisine', d'où prove-
' Nous en trouvons la preuve dans le texte
suivant : « Les mêmes fouilles m'ont procuré un
grand nombre de médailles celtibériennes avec des
têtes nues ou voilées, jeunes ou barbues, des figu-
res de cavalier, de taureau & des caractères runi-
ques [sic) qu'on ne sauroit expliquer » (Recherches
sur les antiquités Je Toulouse, p. 98), & dans la
inscriptions & belles-lettres de Toulouse. (Recher- planche complémentaire de ce Mémoire dont le
ches sur les antiquités de Toulouse^ pp. 65 à 1 1 o. numéro 27 représente une des monnaies attribuées
— Antiquités découvertes a Toulouse pendant le par M. Boudard à la ville de Narbonne (?/ec/Ae«a).
cours des années 1783, 1784 & 1786, l.l. t. 3, ' « J'ai cru inutile de faire une mention par-
p. 265 à 296.) Un troisième mémoire, qui faisait ticulière du grand nombre de médailles de bronze
suite au précédent & qui devait offrir aussi des & d'argent, tant consulaires qu'impériales, depuis
détails intéressants noyés au milieu de beaucoup Auguste jusqu'à Constantin, que découvrent cha-
d'hérésies historiques ou archéologiques, a disparu que jour les ouvriers qui font des excavations près
depuis longtemps des archives de l'académie, où il
était resté à l'état de manuscrit. On le trouve in-
diqué sous son véritable titre : Antiquités décou-
vertes h Toulouse pendant les années 1786, 1787,
1788, 1789, 1790, avec plusieurs autres travaux
du même auteur, également disparus, dans la
notice que M. Dumège a consacrée à la mémoire
de M. de Montégut & qui figure elle-même dans
le tome 2 de la Biographie toulousaine.
la tuilerie voisine de la chapelle Saint-Roch, Vers
la fin du mois de février dernier, ils trouvèrent
un vase de terre contenant vingt-neuf médailles
d'argent dont quatorze consulaires & quinze im-
périales. Parmi ces dernières il y avoit treize Ti-
bères du même coin. » (De Montégut, l.l. p. 97.)
^ La plus ancienne, il est vrai, & la plus im-
portante de ses quatre nécropoles, comme le re-
marquait avec raison M. de Montégut « puisque
Note
117
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
545
liaient à leur tour la plupart des monnaies la ville basse, comme le remarquait avec
que l'on y découvre', ne ressortait-il point raison M. de Montégut' que s'appliquerait
de leur témoignage irrécusable (pour l'abbé exclusivement tout ce que nous racontent
Audibert surtout), que cette ville existait les historiens anciens au sujet de l'an-
au moins dès les premiers temps de la do- cionne métropole des Tectosages, de ses
mination romaine dans les Gaules? Il y lacs sacrés, assez difficiles à expliquer dans
avait même toute raison de croire, ce prin- le système de l'abbé Audibert, & de ses
cipe posé & admis, qu'elle occupait déjà, à trésors en or ou en argent dont le souve-
peu de chose près, la place où nous la re- nir est resté asssocié au souvenir, de ces
trouverons au moyen âge, & que c'était à lacs. Mais il se trompait, comme l'abbé
elle que s'appliquait, dès cette époque, le Audibert s'était trompé avant lui, quand il
nom séculaire de Toloss ou Tolose, étendu reportait indistinctement à l'époque de
depuis la fondation de Voppîdum à la mon- l'indépendance toutes les monnaies gau-
taïgnctte du Puy-Davîd,(\\i\nenétvàic{\x\inc loises ou autres que recèle le cimetière
dépendance au sens politique comme au des Récollets, puisque l'on sait de source
sens stratégique du mot'. Ce serait ainsi à certaine aujourd'hui que les Romains, de-
venus les maîtres de la Gaule, avaient laissé
les monuments qu'on y découvre remontent au
temps des Gaulois & au premier siècle de Rome
[i/c], 1) (De Mo.NTÉGt'T, î.l. p. 80.)
' C'est aussi de laque proviennent, comme nous
espérons le démontrer (Voir notre Appendix epi-
graphica), la plupart de nos inscriptions tumulai-
res, soit païennes, soit chrétiennes, dont la pro-
venance prend à son tour une certaine importance.
aux populations indigènes le droit de fa-
briquer elles-mêmes leurs monnaies & de
les mettre en circulation concurremment
avec les monnaies de coin romain aux-
quelles nous les retrouvons mêlées'.
Ce serait donc à l'époque romaine qu'ap-
partiendraient en réalité la plupart de ces
monnaies archaïques d'apparence que nos
puisqu'elles ont survécu aux monuments dont elles anciens érudits reportaient au troisième
faisaient partie. En établissant, contrairement à
l'opinion généralement admise (Voir M. Edmond
Leclant, Inscr. chrét. de la Gaule, t. 2, n°* 598,
600, 602, 6o3, 604, 6o5), qu'elles proviennent
toutes, à une seule exception près, du cimetière
des Récollets & non point de Vieille-Toulouse ;
nous ajouterons un argument de plus aux argu-
ments invoqués par l'abbé Audibert contre l'opi-
nion, insoutenable il est vrai, qui regardait la
colline de Vieille-Toulouse comme le cimetière
des Tolosates à l'époque romaine, & qui expli-
quait ainsi l'immense quantité d'amphores brisées
que l'on en retire depuis des siècles
ou au quatrième siècle avant notre ère,
sur la foi d'un texte de Justin (Trogue-
gnac à Vieille-Toulouse), 8c de Castaneto usque
ad villam de Porteto inclusive. » (Charte du roi
Philippe le Bel, apud Lnfaille, Histoire de Tou-
louse, t. 2 ; Appendix ad calcem, p. vi.) Il ne
faut pas perdre de vue, si l'on veut apprécier
à sa juste valeur l'importance de ce texte intéres-
sant à plus d'un titre, que les droits reconnus
aux évéques de Toulouse par la charte de 1279
remontent, comme point de départ, à une époque
On peut affirmer, au moins, que, dès le trei- évidemment antérieure an treizième siècle, & que
zlème siècle, la colline & le village de Vlellle-Tou- les évèques, antérieurs eux-mêmes aux comtes mé-
louse faisaient partie du domaine temporel des rovingiens ou carlovlngiens, auraient été dans
évèques de la ville qui s'étendait du côté du sud beaucoup de villes les héritiers des municipalités
jusqu'à la petite ville de Portet, dans la vallée de gallo-romaines, ce qui pourrait reporter fort loin,
la Garonne & jusqu'au village de Castanet, dans comme point de départ, les Indications que nous
la vallée de l'Hers. Nous en avons la preuve dans venons de relever.
le texte plus cité que connu de la Philippine où re
trouve mentionné, pour la première fols, le nom
de Vieille-Toulouse : « exceptls terrltorlis
vlllae Tolosae (la ville de Toulouse) superlus ex-
pressis vidcllcet a pratls praedictis Ircll Inclusive
& de pratis usque ad villam Tolosanam & de To-
losa usque ad ripariam aut Togil rivum (la rivière
ou le ruisseau du Touch), & a villa de Blagnaco
.S< de Mata usque nd Ve-erem Tolosnm (de Bla-
' n D'après les monumens que je viens de rap-
porter, il paroît de la plus grande évidence que
Toulouse a existé de tous les temps au lieu où
elle est aujourd'hui. » (De Montégut, Recherches,
/.Z. p. 97.)
' Voir à cî sujet les savants & récents travaux
de MM. Th. Mommsen, Aloïs Heiss & Charles
Robert, cités ou résumés par nous dans plusieurs
des notes précédentes.
Note
I 17
II.
35
Note
117
546
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Pompée) que nous avons réJuit lui-mènie
à sa juste valeur'. Il n'y aurait pas même
d'exception- à faire à ce principe en faveur
des curieuses monnaies connues sous le
nom d'ibéro-gauloises, s'il est vrai qu'elles
aient été frappées, comme on le croit au-
jourd'hui, au temps de Sertorius, par les
villes naissantes de l'Aquitaine & de la
Narbonnaise, ralliées à sa cause & soule-
vées par ses partisans contre les Romains'.
Mais à côté de ces monnaies de date ré-
cente, relativement parlant, on en remar-
c(uait d'autres qui ])araissaient remonter
cette fois à un âge réellement antérieur à
la conquête romaine. Il nous suffira de
citer parmi ces monnaies, dont la descrip-
tion nous mènerait trop loin, les espèces
d'argent si nombreuses & si variées de
' Voir au tome I de cette édition, p. yr, notre
étude sur les prétendues émigrations des Volkes
Tectosages de Toîosa en Orient & en Grèce.
' « Le monnayage des Volkes Arécomiques n'a pu
se produire qu'à l'époque indiquée ci -dessus (de
l'an 90 à l'an 77 avant J.-C), puisque c'est seule-
ment pendant cette période de troubles que ces peu-
ples recouvrèrent leur indépendance. » (M. Aloïs
Heiss, Monnaies antiques de l'Espagne, Paris, 1870,
p. 434.) Remarquons pourtant que parmi les villes
attribuées aux Volkes Arécomiques par le savant
numismatiste figure, avec celles d'Agde & de Bé-
ziers, la colonie romaine de Narho Martius, dont
on ne s'expliquerait guère la participation à un
soulèvement dirigé contre les Romains 8c qui
ne paraît point avoir été prise par les Gaulois
révoltés, quoiqu'elle ait été certainement assiégée
par eux. Propugnat pariter pro salute M. Fontci'i
Narhonensis colonia, quae per hune tpsa nuper ohsi-
dione hostiuni liberata nunc cïusdem miseriis ac
periculis commovetur (Cic. pro M. Fontcio orat,
c. 20, 46 [36], edid. R. Klotz), 8c ailleurs : quid
coloni Narbonenses? qu'td volunt? quid existimant?
hune per vos volunt; se per hune ineolumes existi-
mant esse (Cic. l.l. c. 6, 14 [4]). Aux trois villes
que nous venons de nommer, M. Aloïs Heiss
ajoute celle de Perpignan dont il croit retrouver
le nom PAR? (inconnu avant le onzième siècle)
sur une monnaie gallo-grecque des AOITO^TAAH-
TOI ? 8c qui aurait dépendu, comme Narbonne
elle-même, des Volkes Arécomiques devenus ainsi
les maîtres de tout le littoral, depuis le Rhône
jusqu'aux Pyrénées. — Voir aussi notre Etude sur
les Volkes où nous nous sommes permis de contes-
ter quelques-unes de ces assertions tout au moins
aventureuses,
types que frapjîaient les rs^uli des Tolosa-
tes (?) à l'imitation des drachmes de Khoda
& (.VEmporîae, comme le veulent aujour-
d'hui tous les numismatistes '.
Comparées aux monnaies barbares dont
nous venons de parler, ces monnaies indi-
gènes l'emportaierit sur elles par le nombre
comme par la diversité des types ou des
calibres, & M. de Montégut était dans le
vrai, cette fois, quand il concluait du grand
nombre de ces médailles découvertes dans
ui^e seule des nécropoles de la ville, que
la Tolosa des Tectosages était dès cette
époque une ville riche & populeuse, comme
l'attestait d'ailleurs le témoignage si grave
du voyageur Posidonius. Cette prospérité
précoce qui tenait en partie à la fertilité
du territoire dont elle passait déjà pour
le chef-lieu, & au voisinage des Pyrénées,
renommées alors pour leurs placers &
leurs lavages d'or, s'explique plus natu-
rellement encore par les avantages de sa
])Osition géographique qui avait fait d'elle
le centre & l'entrepôt du commerce entre
les deux mers". Les monnaies d'argent & de
bronze que recelait en assez grand nombre
le cimetière des Récollets, provenaient évi-
demment de la même source que les lin-
gots d'or & d'argent déposés par les riches
dans les marais sacrés, voisins aussi de la
ville, 8c nous ne doutOJis point, pour no-
' Sans nous expliquer, il est vrai, par quelle
bizarrerie on ne rencontre, ni à Toulouse, ni à
Vieille-Toulouse, aucun spécimen de ces belles
drachmes qui auraient servi de type aux mon-
naies indigènes, tandis que l'on y trouve, 8c en
très-grand nombre, des spécimens très-variés de la
monnaie d'argent des Massallotes dont les types
& les subdivisions (drachmes, oboles, hémioboles,
quarts d'obole) rappellent de si près les subdivi-
sions 8c le type des monnaies d'argent fabriquées
par les Volkes, à partir surtout de l'époque (an-
cienne elle-même) où apparaît sur les monnaies de
Massalia la tête d'Apollon avec le /•.û/Ao: [j.avTc/.ij;
au revers. (Voir passim les travaux de MM. de
Lagoy 8c de la Saussaye.)
" Pomponius Mêla, qui écrivait sous Auguste,
un siècle tout au plus après le voyage de Posido-
nius, signalait déjà Tolosa comme une des villes
les plus opulentes de la Narbonnaise : Urhium
quas hahct [Gallia Narhoncnsis) opulentissimae
sunt Areeomicorum Nemausus, Tolosa Tectosa-
gum (Po^ii*. Mêla, 1. 2, c. 5).
Note
I 17
Note
I 17
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
547
tre part, qu'elles n'aient été portées de là tracé de cette route, qui devient discu-
(nous avons dit comment) à Vieille-Tou- table dans la zone la plus rapprochée de la
louse, où on les retrouve presque à fleur ville où le temps a fait table rase, à quel-
de terre, tandis qu'elles sont enfouies au ques exce])tions près, de la double rangée
port de la Daurade sous une couche de tombeaux qui la représenteraient pour
énorme de remblais & de constructions nous, n'est pas beaucoup ])lus certain, il
d'âges divers. est vrai, au delà du suburbïum. & dans la
Quant à la route séculaire elle-même, vallée de l'Hers, où s'arrêtent, à partir de
qui avait servi de base au cimetière anti- Badera (Baziége), les colonnes milliaires
que que nous venons de décrire, il y a qui la jalonnaient encore au quatrième
toute raison de croire que c'était vers la siècle de notre ère'. Dans l'enceinte de la
ville basse qu'elle se dirigeait, dès les ville antique, qui aurait, comme la direc-
temps les plus anciens, & qu'elle y arri- tion de ses grandes artères, de précieuses
vait, comme aujourd'hui, en laissant de indications à nous fournir, on ne sait pas
côté la prétendue ville grecque du Pech- même d'une manière précise où était si-
David, dont le prestige se dissipe à mesure tuée la belle porte romaine que Nicolas
qu'on l'étudié avec plus d'attention". Le Bachelier avait retrouvée au seizième siè-
cle, à moitié enterrée sous les construc-
' II nous serait facile de prouver par des cita-
tions que le système de l'abbé Audibert, comme
l'appelait avec raison M. de Montégut, a fait
longtemps & fait encore autorité chez nos histo-
riens & nos érudits. C'est ainsi que le plus connu,
sinon le plus sérieux d'entre eux, écrivait en 1814:
« La positon de l'antique Tolosa (c'est-à-dire do
Vieille-Toulouse, opposée sous ce nom à la ville
de la plaine) devait paraître avantageuse à un Tectosages, là \\\\ tertre monumental , 8cc. u
peuple guerrier. Située au sommet d'une colline [l.l. t. 4, p. 90.)
tions féodales de l'ancien château Narbon-
nais & qui fut détruite avec elles, comme
nous l'apprend un historien contemporain,
« par ordre de Messieurs du Parlement'. )>
de Toulouse on trouve sur la chaîne de collinei
élevées entre l'Ariége (lisez l'Hers) & la Garonne
le sol où existait autrefois la métropole des Volkes
escarpée & près du confluent de l'Ariége, cette ville
était en quelque sorte fortifiée par la nature. Du
haut de ses tours... » (Dumkge, Monuments reli-
gieux des Volkes Tectosages, Toulouse, 1814, p. 47.)
Dans le dernier de ses ouvrages oii ses opinions
' Nous publierons en les discutant dans notre
Appendix epigraphica les inscriptions de ces quatre
colonnes qui ne nous sont connues jusqu'ici que
par les lectures inexactes ou mensongères qu'en a
données M. Dumège dans ses Monuments religieux.
s'étaient sensiblement modifiées sous l'influence de (Toulouse, 1814, pp. y/i 81 76.)
la critique contemporaine, quelque malveillant ' « Faisant la démolition de ces deux tours (du
qu'il se montrât à son égard, & où ses convictions Château Narbonnais) on i trouva un portail de
d'autrefois faisaient place par moments à un scep- singulier artifice & naïve excellence, enrichi do
ticisme poussé trop loin à son tour (Voir notam- beaucoup d'ornemens d'architecture (approchant
ment le premier volume de son Histoire des insti- toutefois plus de l'œuvre gothique qu'antique) &
tutions de Toulouse, Prol. t. i , p. 28), il revient entaillé de pierre blanche. Sa porte estoit mi-en-
encore de loin en loin à ces rêveries historique» terrée... Sur icelle porte se montroient quatre arcs
qui se mariaient chez lui à des rêves & à des sou- en forme d'arcade ou d'architrave naucelle [sic)
venirs d'un autre genre. « On sait que Tolosa sur laquelle aussi i avoit une gradile (^sic, un gra-
(Vjeille-Toulouse) était l'antique patrie des guer- din) afin de soutenir un trophée tiré en bosse &
riers qui suivirent Brennus sous les murs de Del- de bonne grâce, n (Ant. Noglieh, Hist. Tolosaine,
phes. Elle subsistait donc longtemps avant la con- 1 Ï57, 1. 4, p. 24.) Le caractère & l'ornementation
quête des Gaules par les Romains, w (Dumkge, du monument que Nicolas Bachelier, un cxtelicnt
Institutions, t. i, p. Sp.) « L'ancienne métropole jugf en pareille matière, trouv.iit approchant do
des Tectosages (Vieille-Toulouse), plus éloignée de l'œuvre gothique , laisserait supposer, sans certitudo
la Garonne que ne l'est la nouvelle ville, était de- il est vrai, que la porte à laquelle cette route abou-
puis longtemps abandonnée (théorie de l'abbé Au-
dibert poursuivie, comme on le voit, jusque dans
ses conséquences) lorsque ce poëte [Ausone] com-
posa ses éloges des cités les plus célèbres. » (l.l.
t. I, p. 39). Et au tome IV, « en se rapprochant
tissait aurait été reconstruite ou réparée, comme
la route elle-même, par les princes de la seconda
maison Flavienne ou par ceux de la famille de
Théodose dont on lit les noms sur les bornes mil-
liaires qui en marquaient le» étapes.
NOTR
117
Note
"7
548
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Si l'on réfléchit pourtant que c'est du
faubourg des Récollets que proviennent,
sans exception, les inscriptions, les am-
phores & les sépultures antiques décou-
vertes dans cette région de la ville, tandis
que l'on ne retrouve rien de pareil dans
le quartier de Montaudran, dont la grande
route traversait aussi un cimetière anti-
que", on en reviendra à penser avec nous
que le tracé de la voie à l'époque romaine
répondait, à peu de chose près, à celui du
moyen âge, c'est-à-dire, en d'autres ter-
mes, qu'elle se dirigeait vers la ville en
suivant, sans déviation, jusqu'au village de
Sainte-Agne, le pied des collines qui for-
' Le cimetière auquel nous faisons ici allusion
est l'ancien cimetière Saint-Michel affecté, à ce
qu'il paraît, aux paroissiens de la Daurade (Voir
Catel, Mémoires, 1. 2, pp. 235-236.) qui en gar-
daient ou en faisaient garder la clé. Il était situé
au delà des fossés (valat^) qui couvraient de ce côté
l'enceinte des fortifications, & devait occuper aussi
un espace considérable, dans les derniers temps au
moins, puisqu'on en retrouve les épaves à l'extré-
mité de l'allée Saint-Michel, dans le vaste local oc-
cupé aujourd'hui par la gendarmerie, &dans toute
l'étendue de la place Extérieure-Saint-Michel que
traversait dès lors une longue rue du même nom.
Il était contigu, du côté de la ville, à l'ancien ci-
metière des juifs qui habitaient en grand nombre
le quartier de la Dalbade, aux environs de la rue
Jouixaigues, comme nous l'apprennent des actes
relevés & cités par Catel. (Mem. 1. 2, p. 208.) A
en juger par les documents écrits (Voir notam-
ment les actes relatifs à l'érection de l'église Saint-
Michel fondée en i33i.) & par le caractère des
épaves (croix de pierre sculptées ou Inscrites;
petits objets de parure ou de dévotion que l'on
en retire à chaque fouille), il était en plein épa-
nouissement du treizième au seizième siècle, 8c
aurait ainsi contribué à l'abandon de l'antique
cimetière des Récollets, situé plus loin de la ville
81 de l'autre côté de la route romaine. La route
de Montaudran, qui longeait l'extrémité de ce
cimetière pour entrer obliquement dans la ville
par la barbacane de la porte Narbonnaise, n'au-
rait été, d'après tous ces Indices, qu'un chemin
de grande communication, probablement celtlgue
d'origine, comme beaucoup de chemins du même
genre; mais très-distincts des grandes routes ro-
maines devenues, après la chute de l'Empire, la
propriété des rois de race Franke & Capétienne,
comme le prouvent les noms caractéristiques de iter
Gallicum, iter Franeicum , lou cami, lou gran cami
Francès sous lesquels on les désignait dans le midi.
ment la berge occidentale de la vallée de
l'Hers. Il paraît certain au moins que rien
ne distingue ce prolongement de la route
romaine proprement dite, dont le tracé est
indiqué jusqu'à Baziége par les bornes
milliaires dont nous venons de parler &
qu'il ne projette à son tour aucun embran-
chement du côté des collines, où il n'existe
& n'a jamais existé que des chemins d'ex-
ploitation praticables tout au plus pour
les bétes de somme".
C'est à la hauteur du domaine de Ran-
gueil, à deux kilomètres de la porte Nar-
bonnaise, que la route paraît abandonner
le pied des collines qu'elle longe depuis
Montgiscard pour se jeter brusquement
vers le nord & vers la ville, où elle entre
aujourd'hui par une avenue monumentale
qui rappelle les grandes routes pavées des
environs de Paris ou de Versailles. Elle
prend à partir de ce point le nom d'ave-
nue Sainte-Agne & se soude, en deçà de
la barrière, à la grande rue du faubourg
Saint-Michel qui s'élargit à son tour pour
la recevoir & la continuer. Mais il suffit
d'un regard jeté sur le terrain, comme di-
sent les gens du métier, pour être frappé
du contraste que présentent cette large
avenue née visiblement d'une rectification
de date récente' & la route proprement
' Nous devons une partie de ces renseignements
à l'obligeance de M. Delfau, ancien conducteur
principal des ponts & chaussées, l'un des hommes
de notre temps qui connaissent le mieux la vallée
de l'Hers &. la vole romaine a Narbone Tolosam
(devenue la route nationale n" 1 1 3) qui suivait le
thalweg de la vallée en se dirigeant vers Toulouse,
tantôt par des affleurements tracés autant que
possible sur le talus des prairies que la rivière
Inonde presque chaque année (Voir les prata Ircli
de la Philippine^, tantôt par de longs viaducs per-
cés de pertuls voûtés (de là le nom local de Pom-
pertw^at) quand elle était forcée de couper le fond
de la vallée, comme elle le fait précisément de
Baziége à Montgiscard.
" Elle serait au moins postérieure à la création
du canal du Midi qui appartient, comme on le
sait, à la seconde moite du dix-septième siècle. J'ai
entendu dire à des vieillards du quartier que les
beaux ormeaux qui ombragent l'avenue, de Ran-
guell à la barrière, avaient été plantés, il y a plus
de cent ans, par M. Murel, grand-père des pépi-
niéristes de ce nom.
Note
1 17
Note
117
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
549
dite qui existe toujours sous le nom de
chemin des Chauroux (aujourd'hui de
Saint-Roch -Vieux), & qui n'abandonne
définitivement le pied de la colline qu'à
la hauteur de la chapelle Saint-Roch, si-
tuée, comme nous l'avons dit, en plein
cimetière antique". C'est, en effet, au-
dessous de cette chapelle que commence
la longue rue des Récollets, qui ne serait
elle aussi que l'ancienne voie romaine,
bordée depuis des siècles de deux rangs de
maisona habitées, ce qui achèverait d'ex-
pliquer, pour le dire en passant, comment
les tombeaux de cette voie funèbre ont
disparu de si bonne heure & d'une ma-
nière si complète'.
' Nous rappellerons, au sujet de cette chapelle
reconstruite il y a moins d'un siècle, qu'elle re-
pose elle-même sur un lit de substructions anti-
ques (de dix mètres de longueur sur un mètre de
hauteur au-dessus du sol actuel) dans lesquelles
M. de Montégut reconnaissait les assises d'un
temple dédié à Jupiter Férétrien [Recherches, t. i,
p. 77). Le béton dont elles sont formées rappelle
exactement celui des deux sepulchreta que nous dé-
crivons plus haut, dans la note 3 de la page 042
Uustr'tnum où l'on brûlait les corps avant de les
inhumer aurait été situé, disent les estachans de
M. Milhès, à l'extrémité de l'un des vergers du
domaine où le sol est formé en grande partie de
cendres qui donnent aux arbres fruitiers une vi-
gueur tout exceptionnelle comme la saveur de leurs
produits. Les limites du cimetière, qui dépassait à
l'ouest la route actuelle de Vieille-Toulouse, dépla-
cée probablement pour doutance des inondations,
auraient elles-mêmes répondu, à peu de chose près,
à celles du verger dont nous venons de parler, puis-
qu'on ne trouve plus au delà ni amphores bnsé«s,
ni épaves funèbres.
' M. Dumège, qui se tire volontiers d'embar-
ras par des procédés conciliants, admet comme
antiques, c'est-à-dire comme voies romaines, &
romaines au même titre, les trois tracés que nous
essayons de distinguer, sans en excepter la recti-
fication toute moderne de l'avenue Sainte-Agne
qui se détache à Rangueil de la voie antique.
Celui de la rue des Récollets, le seul auquel nous
accordions, pour notre part, le titre officiel de
voie romaine, figure il est vrai parmi ces trois
tracés, mais au lieu de s'infléchir à partir de la
chapelle Saint-Roch pour rejoindre par une
courbe élargie la borde de Rangueil 8c le pied des
collines, cette route se prolonge chez lui, du côté
de Vieille-Toulouse, oii elle va se relier à une
Isolé, comme il l'est toujours, au centre
du massif de collines qui l'entoure de ses
replis, loin du fleuve & de la route qui
l'oubliaient chacun de leur côté par des
raisons du même genre, Voppîdum de
Vieille -Toulouse ne communiquait, lui,
avec la ville que par un chemin de mon-
tagne resserré entre le lit du fleuve & les
hautes falaises qui le bordent jusqu'au
pont d'Empalot. De là le nom de chemin
des Etroits sous lequel on le désigne en-
core dans la ville comme dans le fau-
bourg. C'était au sortir de ces défilés qu'il
rejoignait, au-dessous de la chapelle de
Saint-Roch, la grande route romaine avec
laquelle il pénétrait dans la ville par la
porte monumentale dont nous venons de
parler ou par une porte antérieure à celle-
là, mais qui devait porter comme elle, le
nom de Porte Narbonnaise. [E. B.]
NOTE CXVIII
AJOUTÉE PAR LES NOUVEAUX ÉDITEURS.
Sur les invasions arabes dans le
Languedoc.
LES Bénédictins, auteurs de VHîsto'ire de
Languedoc, & tous les auteurs qui les
ont suivis, y compris le dernier de tous,
M. Reinaud, ont attribué aux invasions
faites en France par les Sarrasins, dans le
courant du huitième siècle, une impor-
tance réellement exagérée. A les en croire,
les armées arabes auraient procédé avec
une méthode, & leurs établissements au-
raient eu une fixité qu'il nous est impos-
sible de leur attribuer. On comprend assez
facilement comment a pu se produire cette
erreur dont nos savants prédécesseurs ont
été les premières victimes j les chroniques
qui parlent des invasions sarrasines sont
extrêmement peu sûres & peu nombreu-
ses; toutefois, celles qui peuvent passer
autre voie romaine qui, de la Novempopulanie &
de Bordeaux, pénétrait dans la vallée de l'Ariége.
(Du.MÈGE, Institutions, t. 1, p. 4-4-)
NoTR
' 17
Note
118
Note
ii8
55o
NOTES SUR l'histoire DE LANGUEDOC.
pour les plus dignes de foi sont loin d'être la plus grande circonsjK'ction & à com-
aussi affirmatives que le pourraient faire niencer par donner des renseignements
croire des récits plus modernes. En effet, aussi précis que possible sur la valeur de
si l'on excepte les chroniques dites d'Isi- chacune d'elles.
dore de Béja & de Moissac, & le court
passage fourni par l'un des continuateurs
de Frédégaire, on peut dire que tous les
autres documents se composent de Vies de
saints, presque toujours rédigées long-
temps après les événements par des moi-
nes peu lettrés & sans moyens de con-
NOTK
ii8
1
Les sources chrétiennes de l'histoire des
invasions & des établissements des Arabes
dans le Languedoc sont au nombre de qua-
tre, deux contemporaines, une autre de
trôle, qui confondaient tout naturellement peu postérieure & qui a employé des indi-
les invasions de la première époque bar- cations annalistiques contemporaines, une
bare & les invasions sarrasines du huitième dernière enfin qui, quoique beaucoup plus
siècle, ou bien empruntaient à des chants moderne, ne laisse pas de fournir quel-
populaires, à des romans les accessoires & ques renseignements provenant de sources
quelquefois le fond de leur récit. Nous anciennes.
citerons comme exemple la Vie de saint i" Chronique dite d'Isidore, éveque de
Guillem de Gellonej ce comte est un per- Béja. — Elle fut publiée, avec quatre
sonnage tout à fait historique, les événe- autres chroniques épiscopales d'Espagne,
ments de sa vie sont bien connus, & cepen- par Prudencio Sandoval, à Pampelune,
dant le second rédacteur de sa Vie a mêlé en i6i5^ elle a depuis été republiée par
au récit de pure édification composé par Florez, dans son Espana sagrada'. Elle
ses devanciers de longs passages emprun- embrasse les derniers temps de la monar-
tés à des romans populaires, à quelqu'une chie visigothique & la première moitié du
des plus anciennes versions de la geste de huitième siècle & va jusqu'à l'ère 792 =
Guillaume au Court neo^'. Il faut encore rap- an de J.-C. 764. Pour toute l'époque de la
peler, nouvelle source d'erreurs, surtout domination arabe, cette source est de la
pour les écrivains de la frontière orien- plus haute valeur j l'auteur, qui ne fut pas
taie, la confusion qui semble s'être faite évéque de Béja, comme l'indiquent à tort
dans leur esprit entre les courses des Sar- quelques manuscrits mal copiés, dut vivre
rasins & celles des Hongrois. En effet, longtemps à Cordoue, tant il paraît bien
ces invasions sont à un certain moment, informé de tout ce qui se passa de son
contemporaines, c'est au dixième siècle temps dand cette ville, Il faut remarquer
que les Sarrasins ravagent les côtes de la aussi que, tout au contraire des historiens
Provence & que les Hongrois pénètrent postérieurs, il n'est hostile ni aux derniers
jusque dans le Languedoc oriental. Les rois visigoths, ni aux Arabes. En em-
deux races ennemies étaient païennes, ployant sa chronique, il faut se mettre
leurs attaques étaient également redou- en garde contre la barbarie de la langue,
tées, la confusion était inévitable'. Ce encore plus incorrecte que celle des au-
sont là les principales raisons qui nous très écrivains du même siècle. Un émi-
Ont engagé à user de chaque source avec nent critique de nos jours, M. Dozy', a
essayé de prouver que l'obscurité & l'af-
fectation de son style proviennent de glo-
• Sur la vie de saint Guillem, qui est antérieure ggg anciennes introduites dans le texte par
à la fin du onzième siècle, puisque Orderic Vital ^^j^ copiste trop SoigneuX, & croit, en dé-
la cite, voir une note du tome I de la présente i^^^.^^^,^,^^ j^ texte de ces gloses, pOl'Voir
édition, p. 884. ^ ' '
' C'est notamment de là que viennent des lé-
gendes sans grande valeur historique sur l'occupa- ' Tome VIII,
tion des hautes >allées des Alpes par les Sarrasins, ' Dans ses Recherches sur la littérature & l'h'is-
que Reinaud a eu tort d'employer sans examiner to'ire de l'Espagne sous la domination arabe; Leyde.
leur authenticité dassez près. 1861, 2 vol.
Note
ii8
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
55 1
établir qu'il est écrit en prose riniée; ce certainement contemporaine des événe-
serait peut-être le plus ancien exemple de ments, & ciui ne consistait peut-être qu'en
ce genre de composition littéraire. Sans renseignements anualistiques.
discuter cette question, qui n'est pas de 4" Chronique dite d'Usés. — On la trou-
notre ressort & qui ne pourra jamais être vcra complète pour la première fois &
résolue que par une étude attentive des collationnée sur le manuscrit original du
manuscrits, remarquons que le texte de ([uatorzième siècle, à la fin du présent vo-
Sandoval, quoique très-barbare, est prélé- lume. La plupart des notes historiques
rable, & que dans son édition Florez a eu qu'elle fournit sont empruntées aux Anna-
le tort de vouloir corriger les fautes de les d'Aniane ou peut-être à leur source,
latin & les passages obscurs; il a employé Mais outre ces extraits, qui par eux-mê-
pour ce travail des corrections du dix-sep- mes n'ont aucune importance, cette chro-
tième siècle. — A cause de l'exactitude de nique contient quelques détails nouveaux,
sa chronologie, Isidore de Béja nous four- tirés des archives de la cathédrale d'Uzès
nira le fond du récité & qui paraissent provenir d'une source
Ce chroniqueur a été suivi de fort près très-ancienne,
par Roderic Ximéaiès, archevêque de To-
lède au treizième siècle, auteur de VHis- \\ est extrêmement difficile de détcrmi-
tor'ia Arabum, publiée notamment par Er- ncr d'une manière exacte la date de toutes
penius, en 1625, à la suite de son édition les expéditions des Arabes dans la Septi-
d'Elmacin. manie, à cause du peu de traces laissées
2" Continuateur de Frédégaire. — Cette par ces incursions & de la confusion qui
chronique, à proprement parler officielle, règne à ce sujet dans les chroniques. Pour
est dédiée à Childebrand, frère de Charles la chronologie nous suivrons de préférence
Martel, & ne contient guère que le récit Isidore de Béja, sans toutefois nous con-
élogieux des exploits de ce derhier. L'au- damner à n'employer que lui.
teur ayant vU lui-même une bonne partie La première date à fixer est celle de la
des faits qu'il raconte, & ayant connu les première de toutes ces invasions; si l'on
autres par des témoins oculaires, sa chro- en croit les historiens chrétiens & notam-
nique est extrêmement précieuse; elle ne ment la Chronique de Moissac, ce serait
contient d'ailleurs que deux courts passa- en 721, & sous les ordres de El-Samah,que
ges relatifs à notre sujet. l'auteur appelle Zama ou Sema, que les
3" Chronique de M.oissac & Annales d'A~ Arabes auraient pour la première fois fran-
niane. — Quelque opinion que l'on adopte chi les Pyrénées. Pourtant on a voulu pla-
au sujet des rapports entre ces deux textes, cer avant cette expédition une & peut-être
en tout cas extrêmement voisins", il faut deux invasions successives. En effet, plu-
remarquer que la question, dans le cas sieurs auteurs arabes, assez anciens il est
présent, n'a aucune importance, puisque vrai, mais qui ne sont cités que par un
seules les Annales d'Aniane contiennent compilateur du seizième siècle, Maccarî,
les années 716 à 778, dates extrêmes que prétendent que l'honneur d'avoir le pre-
notre sujet ne dépasse pas. On trouvera mier envahi la Gaule revient au conqué-
dans les preuves du présent volume tous rant de l'Espagne, à Mousa. Suivant eux,
les passages relatifs au Midi, collationnés suivi d'une troupe d'élite composée de ca-
sur le seul manuscrit ancien qui nous reste valiers & de fantassins armés à la légère,
de cet ouvrage. Ces annales contiennent ce chef aurait franchi les Pyrénées, pris
quelques erreurs de date que nous aurons Narbonne & Carcassonne & rapporté un
à rectifier un peu plus bas. Leur source riche butin. Ce témoignage semble bien
presque unique pour l'époque qui nous oc- précis & bien affirmatif & pourtant tous
cupe, est une chronique languedocienne, ces événements paraissent peu vraisembla-
bles. Sans doute à ce moment l'éîat de la
'Voir au présent volume, Preuves, col. i & Septimanie était tellement déplorable qu'il
suiY. devait être difficile aux chrétiens de résis-
NOTE
118
NOTB
ii8
a:>2
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
ter à de pareils envahisseurs. La destruc-
tion du pouvoir central avait probable-
ment eu pour premier effet de rendre in-
dépendants les anciens officiers royaux qui
n'auraient rien pu faire pour arrêter ces
incursions. Toutefois, la prise & le pillage
d'une ville telle que Narbonne, métropole
ecclésiastique de toute la Province, aurait
peut-être laissé quelques traces dans les
chroniques & les Annales d'Aniane attri-
buent la première conquête de cette ville
à El-Samah. Ajoutons que les circonstances
de cette prétendue conquête sont si sin-
gulières, cette histoire d'un butin immense
trouvé dans une petite place de guerre,
telle que Carcassonne, si peu vraisem-
blable, que nous n'hésitons point à regar-
der cette prétendue expédition de Mousa
tout au moins comme douteuse^ peut-être
même faut-il en attribuer l'invention à la
vanité des auteurs arabes, désireux d'attri-
buer au même homme la conquête de
l'Espagne & la première invasion de la
Gaule'.
Quoi qu'il en soit, nous n'avons aucun
renseignement certain avant Alahor ou El-
Haur, qui devint gouverneur de l'Espagne
en 716. Isidore de Béja dit qu'il administra
pendant trois ans, à partir de cette année
(ère 754), qu'il s'occupa principalement
d'assurer l'administration de la justice (per
Hispan'iam lacertos judicum mîttit)^ & qu'il
lutta contre la Gaule Narbonnaise, en em-
ployant tour à tour les armes & les négo-
ciations {debellando & pacificando); enfin il
soumit l'Espagne entière à des impôts ré-
guliers'. Rappelons qu'Isidore de Béja est
contemporain ou tout au moins de peu
postérieur à ces événements. Il est vrai
que plusieurs auteurs arabes vont plus loin
& prétendent que c'est El-Haur qui prit la
ville de Narbonne, mais le texte d'Isidore
' Remarquons encore que cette prétendue expé-
dition de Mousa aurait eu lieu entre yi.l, date
de l'entrée de ce chef en Espagne, S.< 714, date de
son départ pour Damas. Même en admettant son
existence, il faut lui attribuer une durée si courte,
qu'elle ne put avoir aucune importance, — Voir"
du reste ce que M. Zotenberg en dit plus bas,
dans la deuxième partie de cette note.
" Fierez, viii, p. 2p5.
est extrêmement affirmatif & ne permet
pas de rejeter le témoignage de la Chro-
nique de Moissac qui fixe cet événement à
la neuvième année, à compter de l'invasion
de l'Espagne. On pourra nous objecter que
cette même chronique de Moissac donne
comme synchronisme à cette date l'an 7i5,
alors que la vraie date est 720. Mais cette
indication de la neuvième année est aussi
fournie par la Chronique d'Uzès, ce qui
prouve que c'était bien la première leçon;
nous pensons que l'année de l'Incarnation
aura été ajoutée par le copiste, & que
la chronique languedocienne primitive ne
contenait que cette indication de la neu-
vième année. Nous regarderons donc comme
à peu près certain que El-Haur ne fit que
ravager quelques cantons de la Septima-
nie, sans prendre Narbonne.
El-Haur fut remplacé, en 719 ou 720,
par El-Samah, que les chroniqueurs chré-
tiens appellent Zama ou Sema. Isidore de
Béja fait commencer le gouvernement de
ce nouveau personnage à l'ère j5j. Voici
l'analyse du passage de ce chroniqueur qui
se rapporte à lui : Zama soumet la Gaule
Narbonnaise (suam facit) & fait aux Francs
une guerre incessante; il fortifie la ville
de Narbonne & y met une garnison de sol-
dats choisis (electos milites ad praesidia
tuenda). Ces expressions nous permettent
d'ajouter foi à un passage d'un historien
postérieur, de Paul Diacre, qui a dû em-
ployer en cet endroit des sources conteni-
])oraines; il rapporte qu'à ce moment les
Sarrasins vinrent en Gaule avec leurs fa-r
milles, comme s'ils eussent eu l'intention
de s'y établir". Tel est, en effet, le carac-
tère de l'invasion de El-Samah; c'est la
première tentative sérieuse, la seule peut-
être que les Arabes aient jamais faite. A
ces détails, fournis par les chroniqueurs
espagnols, les Annales d'Aniane en ajou-
tent quelques autres qui paraissent em-
pruntés à des sources contemporaines;
les habitants de Narbonne furent, les
hommes passés au fil de l'épée, les fem-
mes & les enfants emmenés en captivité.
Non content de ce premier succès, El-
' Paul Diacre, H'ist. Langobard, 1. 5.
quet, t. 2, p. 63p.
D. Bou-
NoTR
m8
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC. 553
Saniah marcha sur Toulouse & en coin- rait eu lieu en 731 ; mais comme il ne
mcnça le siège; mais attaqué par le duc donne aucun détail caractéristique, on
d'Aquitaine, Eudes, il est battu & tué dans peut croire qu'il aura confondu une course
le combat. Son armée bat en retraite &, peu importante avec la grande invasion de
conduite par Abd-el-Rahmân, se retire à 702. En tout cas, Isidore de Béja, contem-
Narbonne. Au bout d'un mois arriva le porain des événements, ne parle pas de
nouveau gouverneur envoyé par le calife, ce fait.
Ambiza ou Ambessa. Cette bataille, dite de Roderic Ximenès, évêque de Tolède au
Toulouse, dut avoir lieu à la fin de 720 ou treizième siècle, rapporte aussi à l'an j3i
dans les premiers mois de 721 5 elle resta une grande expédition qui aurait été diri-
longtemps célèbre dans la mémoire des au- gée contre Arles; mais comme dans le même
tcurs arabes.
1-es Sarrasins restaient maîtres de Nar-
Jjoiine, & c'était pour eux un lieu de dé-
barquement toujours prêt, un point d'appui
passage il fait mention du fameux champ
d'Aliscans & rapporte plusieurs faits assez
romanesques, il est probable que son récit
est le résultat de la combinaison des in-
excellent pour de nouvelles invasions. Am- dications fournies par Bède & par d'ancien:
biza fut quatre ans gouverneur (721-725)'.
Il fit faire la guerre par ses lieutenants.
C'est peut-être à cette époque que remon-
tent les premières grandes dévastations des
Arabes, celles qui ont laissé le plus de
traces dans les récits des chroniqueurs.
récits poétiques empruntés à la geste de
Guillaume au Courtnez.
Nous arrivons maintenant à la grande
expédition d'Abd-el-Rahman, qui eut lieu
probablement en 782. Ce nouveau gouver-
neur, homme pieux & zélé, vint ranimer
En 725, Carcassonne est pris de vive force le courage des Arabes; il prépara longue-
{obsedit); Nimes se soumet volontairement ment & patiemment tout ce qu'il lui fallait
& livre des otages j les envahisseurs arri- pour réaliser ses grands projets, commença
vent jusqu'à Autun, qu'ils brûlent le 22 août par écraser Munuza, allié du duc Eudes,
de cette année'. C'est sans doute au même & se mit en campagne au printemps de
temps qu'il faut rapporter les ravages exer- 732. Ce fut réellement avec celle de El-
cés, dit-on, dans le Vêlai & dans le Rouer- Samah la seule grande entreprise tentée
gue du temps de Dadon, fondateur du mo- en France par les Arabes. Passant par la
nastère de Conques', & de saint Théofred
ou saint Chaffre, abbé du Monastier; re-
marquons toutefois que pour ce dernier
fait nous n'avons que le témoignage d'un
hagiographe du onzième siècle'*.
Les années qui suivirent cette grande
Navarre & franchissant les Pyrénées occi-
dentales, l'armée arabe alla prendre Bor-
deaux, ravagea le centre de la France &
se fit écraser par Charles Martel & les
Francs d'Austrasie à Poitiers, ou du moins
aux environs de cette ville. Abd-el-Rahman
prise d'armes paraissent avoir été perdues était mort dans la bataille,
par les Sarrasins au milieu de querelles C'était la première fois que les Arabes
intestines; en effet, c'est à cette époque avaient à combattre les Francs du nord;
qu'il faut placer la lutte entre Arabes & mais la lutte une fois commencée ne de-
Berbers; ceux-ci étaient dirigés par Mu- vait plus finir que par la destruction de
nuza, qui semble avoir été gouverneur des l'un des deux partis; & une fois introduit
provinces du nord de l'Espagne & des par- dans le Midi, Charles Martel voudra le
ties de la Septimanie voisines des Pyré- posséder seul.
nées. Il est vrai que Bède le Vénérable
mentionne une grande incursion qui au-
' Isidore de Béja.
' Annales d'Aniane.
* Ermoldus Nigellus, liv. i, v, 19,5 & siii/.
* Voir tome I de cette édition, livre VIII, cha-
pitre XXI, p. 791 .
Repoussés du centre de la Gnule, les
Sarrasins essayèrent de s'étendre vers la
Provence. A la faveur des luttes qui de-
puis près de soixante-dix ans divisaient la
Neustrie & l'Austrasie, ce pays semble,
comme l'Aquitaine, être devenu l'apanage
de familles puissantes à peu près indépen-
dajites&qui ne reconnaissaient plus la su-
N0T8
118
Note
ii8
554
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
zeraiiicté des royaumes du nord. L'un de
ces princes, Mauronte, duc ou comte de
Maiseille, menacé dans son indépendance
par Charles Martel, appela les Arabes à
son aide & leur livra Avignon & Arles.
Cette occupation de la Provence dura
quatre ans, au dire de la Chronique de
Moissac (735-738). On peut croire qu'à ce
moment le Languedoc oriental leur appar-
tint tout entier.
tes de race gothique; Charles leur de-
manda des otages (.obsides) & les aban-
donna à toutes les représailles des Arabes.
On peut croire que le souvenir de cette
singulière conduite contribua fort à retar-
der la soumission du Languedoc à ses fils'.
La puissance des Arabes n'en était pas
moins à tout jamais ruinée en Gaule; & il
semble qu'ils n'aient jamais pu réparer cet
immense désastre. La plupart des villes de
Mais bientôt Charles Martel voulut la Septimanie, sauf Narbonne, leur avaient
mettre fin à un état de choses si inquiétant échappé, & tout le pays paraît avoir été,
pour son autorité. Pour agir plus sûre- pendant les dix ou quinze années qui sui-
ment contre les envahisseurs, il s'allie avec virent, en proie à la plus grande, anarchie.
Liutprand, roi des Lombards, dont les Sar- En 761, le duc d'Aquitaine, Waïfre, essaya
rasins avaient probablement menacé les de s'en emparer & alla ravager les envi-
possessions, & descend la vallée du Rhône. rons de Narbonne. Cette tentative éveilla
Précédé par son frère Childebrand, il vient sans doute les craintes de son adversaire,
prendre Avignon, dont la garnison est mas- Pépin, &, dès l'année suivante, celui-ci se
sacrée, &envBhit le Languedoc. Après avoir faisait livrer, par le goth Ansémond, les
rapidement parcouru toute la Province, il villes de Nimes, Agde & Béziers; vers la
met le siège devant Narbonne. même temps un autre goth, père de saint
La situation des musulmans était diffi- Benoît d'Aniane, lui cédait Maguelonne.
cile; l'arrivée des Francs avait amené un Les Sarrasins furent dès lors bloqués dans
soulèvement général du pays, & les chré- Narbonne. Le siège ou plutôt l'investisse-
tiens des Pyrénées interceptaient les com- ment dura sept ans entiers; malgré l'aban-
munications. Pourtant le gouverneur de
l'Espagne, Okbâ, malgré ses embarras de
toute espèce, malgré les révoltes qui le
menaçaient de toutes parts, essaya de sau-
ver Narbonne; une flotte, armée par ses
ordres, vint débarquer auprès de cette ville
un corps d'armée commandé par Amor.
don où la laissaient les Sarrasins d'Espa-
gne, la garnison tint bon. Enfin, en 759^
Pépin ayant promis aux Goths de leur
conserver l'usage de leurs lois, ceux-ci ou-
vrirent les portes & lui livrèrent la ville,
Quant aux villes d'Elne & de Carcassonne,
les annales d'Aniane n'indiquent pas à
Charles, aussitôt ce débarquement connu, quelle époque les Francs s'en emparèrent,
va a la rencontre de l'ennemi avec une
partie de ses troupes, le rencontre sur le
bord de la mer, à l'embouchure de la
Berre, & après une bataille acharnée le
force à se rembarquer; la plupart des mu-
sulmans avait péri. Le succès du siège de
Narbonne semblait assuré par cette vie-
mais il est probable que leur soumission
précéda ou suivit de peu celle de Nar-
bonne & qu'elle ne donna lieu à aucune
résistance sérieuse.
C'est ici que nous nous arrêterons dans
cette revue rapide. Une fois les Arabes
expulsés de la Gaule, la lutte changea coin-
toire, mais rappelé dans le nord par de plétement de caractère; si l'on en excepte
nouvelles incursions des Saxons & des Fri- la grande tentative de 793, ce furent les
sons, Charles abandonne son entreprise, chrétiens qui allèrent chercher les infi-
quitte le Languedoc en traversant la vallée dèles en Espagne, & la Septimanie, long-
de l'Hérault & remonte le cours du Rhône. temps encore en butte aux attaques des
Il laissait dans le pays de terribles traces pirates, aux razzias des Arabes de l'Aragon,
de son passage; le port de Maguelonne fut pour toujours à l'abri d'une conquête
détruit, les arènes de Nimes incendiées, définitive. [A. M.]
témoignèrent de son affection pour les
populations chrétiennes. Il semble qu'à ce ■ Annales d'Aniane, continuateur de Frédégaire,
moment le pays fût gouverné par des com- Isidore de Béja.
Note
liS
NoTB
ii8
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
jT la première invasion musulmane en cUç;i
des Pyrénées, rcj)Osent probablement sur
La No<ô que l'on vient de lire résume les une confusion du nom de « pays des
renseignements que les sources occiden- Francs » donné par les Arabes indiiférem-
tales nous fournissent, touchant les inva-- ment à la France proprement dite & à
sions des musulmans dans le midi de la la province de Catalogne. Or nous savons
France & leur domination éphémère dans que cette dernière province a été envahie
une petite partie du Languedoc. Les Infor- par Mousa'.
mations éiiumérées & appréciées ci-dessus Une incursion attestée à la fois par les
nnt sans doute plus d'autorité que les ré- chroniques chrétiennes & les historiens
cits, composés longtemps après les événe- musulmans est celle que les Arabes entre-
ments, des historiens arabes. Cependant il prirent, sous le commandement d'Al-Horr,
nous paraît utile de résumer & de mettre vers l'an 718. Ils parcoururent toute la
en regard des témoignages chrétiens les Scptimanie, jusqu'à Nimes, & s'eji retour-
données, assez vagues d'ailleurs, des écri- nèrent au delà des Pyrénées, chargés de
vains musulmans qui, parfois, ont pour butin & emmenant un grand nombre de
base des traditions plus anciennes. captifs'. Quelques auteurs arabes affirment
A en croire les historiens arabes, la prc- qu'Al-Horr s'était emparé de la ville de
mière invasion musulmane en France au- Narbonne'. Cependant ce fait n'est établi
rait eu lieu peu de temps après la conquête par aucun témoigjiage positif, & on ne
de l'Espagne par Târiq-ben-Zeyy.îd & saurait prétendre qu'Al-Horr ait occupé,
Mousa-ben-Noçaïr. Ce dernier, après avoir d'une manière durable, aucune partie du
soumis les provinces du nord-est de la territoire français.
presqu'île ibérique, aurait pénétré en En l'an 100 de l'hégire (719 de J.-C.)*,
France & serait arrivé jusqu'à Narbonne Al-Horr ayant été remplacé dans le gou-
& Carcassoiine. Dans l'église de Sainte- vernemeiu de l'Espagne par Samah-ben-
Mariede Carcassonne il aurait trouvé sept Mâlik, celui-ci ne tarda pas à traverser les
colonnes d'argent massif d'une dimension Pyrénées, résolu de faire la conquête dé-
considérable. Ahmed-ben-Mohammed al- finilive de la Gaule Narbonnaise, & il mit
Maccarî, auteur du commencement du dix- le siège devant Narbonne. La ville, après
septième siècle, qui rapporte cette tradi- avoir résisté un certain temps, fut forcée
tion, en mentionne une autre d'après la- d'ouvrir ses portes & subît toute la rigueur
quelle Mousa aurait formé le projet de des vainqueurs, soit qu'elle n'eût pu obte-
retourner en Orient par Constantinople, nir une capitulatioji, soit qu'on voulût la
en traversant toute l'Europe chrétienne '. punir de s'être soustraite à l'autorité mu-
Enfin il existe d'autres légendes relatives sulmane, après l'avoir acceptée lors de
au même sujet qui ne paraissent pas avoir l'expédition d'Al-Horr. La population mâle
une base plus réelle que celles que l'on fut massacrée, les femmes & les enfants
vient de lire'. En effet, comme le fait furent réduits en esclavage. Le général
remarquer avec raison un savant espagnol, musulman augmenta les fortifications de
les assertions des chroniqueurs arabes, la ville, y laissa une garnison & tourna
qui attribuent au conquérant de l'Espagne ensuite ses armes contre Toulouse. Cette
cité était sur le point de succomber, lors
' Voyez Rëinaud , Invasions des Sarrasins en
France, p. 7. — Maccarî, Analectes sur l'histoire & ' Voyez Gayangos, Z. et. 1, p. 644. — Ibn al-
la littérature des Arahes d'Espagne, édit. de Leyde, Athîr, /. c. p. 448.
t. I, p. 144 & suiv. — D. Pasc. de Gayangos, r/:(? ' Voyez Reinaud, Z. c. p. ri. — Gayangos, /. f.
History of the Mohammedan dynasties in Spain, t. 2, p. 407. — Conde, Historia de la. domination
t. I , pp. 288 & siiiv. de los Arabes en Espana, t. i , p. 69.
* Voyez Maccarî, l, c. — Nowaïri dans le Jour- ' Voyez Conde, l, c. — Well, Geschichte der
kA atiati^ue, année 1841, t. 1, p. 673. — Ibn al- Chalifcn, t. 1 , p. 610.
\thir, ki, d« Tornberg, t. 4, p. 448. ■* Ibn al-Athîr, /. c. t. 5, p. 40.
Note
118
556
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Note
que Eudes, duc d'Aquitaine, arriva avec fréquent changement des gouverneurs em-
une forte armée au secours de sa capitale. péchèrent les Arabes de renouveler leurs
Une bataille sanglante eut lieu le 8 du tentatives sur la France. Les troupes mu-
mois de dsou'l-hiddja de l'an 102 de l'hé- sulmanes qui étaient restées en deçà des
gire (9 juin 721 de J.-C). Les Arabes su- Pyrénées firent sans doute, dans différen-
birent une entière défaite; leur général tes directions, des courses qu'ils poussaient
resta parmi les morts, & Abd er-Rahmân parfois fort loin, & dont le principal motif
al-Ghâfeqî, qui avait pris le commande- était le désir d'amasser du butin. C'est à
ment, ramena les restes de l'armée musul- cette époque qu'il faut peut-être rappor-
mane à Narbonne'. ter les expéditions musulmanes dans le
En l'an 107 (725-26 de J.-C), sous le centre & dans l'est de la Frai%ce dont le
règne du calife Hischâm, Anbasa-ben- souvenir est resté pendant longtemps si
Sohaïm, gouverneur d'Espagne, traversa vivant dans la tradition. Les auteurs ara-
les Pyrénées pour venger la défaite de bes ne donnent d'ailleurs aucun détail sur
Toulouse. Il assiégea la ville de Carcas- ces entreprises, qui n'avaient pas uiia
sonne qui fut forcée de se rendre. Les grande portée militaire ou politique,
habitants durent remettre au vainqueur la En l'an ii3 de l'hégire, Abd er-Rahmân
moitié de leurs biens & délivrer tous les al-Ghâfeqî fut de nouveau nommé gouver-
captifs musulmans. Ils s'obligèrent en ou- neur de l'Espagne. Quelques auteurs rap-
tre à payer un tribut annuel & à recon- portent qu'un de ses premiers soins fut de
naître l'autorité musulmane dans les re- punir le gouverneur de la Cerdagne, ([ue les
lations politiques & militaires'. Anbasa chroniques chrétiennes appellent Munuza
mourut la même année, soit de mort natu- & qui avait conclu une étroite alliance
relie, comme le supposent quelques au- avec Eudes, duc d'Aquitaine. Voici, sur
teurs arabes, soit sur un champ de bataille, l'autorité de Coude, la version musulmane
dans une expédition en Provence'.
Dans les années suivantes, les troubles
qui agitaient l'Espagne musulmane & le
' Voyez Conde, î. c. t. i, p. 71. — Macrari,
édit. de Leyde, t. 1 , p. 145. — Gayangos, l. c. t. 2,
pp. 33 8c 407. — D'après quelques auteurs arabes
Samah fut seulement blessé dans cette bataille, Si
il aurait perdu la vie dans un combat contre Pe-
lage. D'autres placent la bataille de Toulouse en
l'an io3 de l'hégire. L'impression produite par
cette défaite sur l'esprit des Arabes d'Espagne fut
très-profonde. Ils appelaient la bataille, celle de
Balât (platea?), & le champ de bataille lui-même
Balât as-schohadâ (plateau des martyrs). Encore
du temps d'Ibn-Hayyân, auteur cité par Maccari,
une légende avait cours en Espagne, d'après la-
de ce fait suffisamment connu d'après les
sources occidentales : « Othmân, fils d'A-
bou-Nis'a, lequel avait, à deux reprhes
différentes, exercé le gouvernement de
l'Espagne, était en rivalité de puissance
avec Abd er-Rahmân, & se croyait plus de
titres que lui au poste de gouverneur.
Dans une de ses courses il fit Lampégie
[fille d'EudesJ prisonnière. Épris de sa
beauté, il l'épousa, & s'unit d'intérêt avec
Eudes. Aussi quand Abd er-Rahmân mani-
festa l'intention de pénétrer de nouveau
les armes à la main jusqu'au cœur de la
France, Munuza se crut obligé d'opposer
les liens qui l'unissaient à Eudes; & comme
Abd al-Rahmân refusait de reconnaître un
quelle un mouedssin invisible annonçait journel- traité qu'il Ji'avait pas lui-même dicté, di-
lement, sur ce champ de bataille, les heures légales saut qu'il ne pouvait pas exister entre les
musulmans & les chrétiens d'autres inter-
médiaires que le glaive, Munuza se hâta
d'instruire son beau-père de ce qui se pas-
sait, afin qu'il eût le temps de se mettre
sur la défensive'. >>
de la prière musulmane. Voyez Gayangos, L c.
p. 33. — Ibn-Khaldoûn (voyez Gayangos, Z. c.
p. 37) & un auteur anonyme (ms. arabe de la Bi-
blioth. nat. anc. fonds, n. 706, fol. 61) donnent
le nom de « bataille de Balât » à la bataille de
Poitiers.
' Voyez Ibn al-Athîr, î. c. t. 5, p. 101.
' Voyez Ibn al-Athîr, Z. c. pp. 10 c & 373. —
Conde, l. c. t. i, p. 78. — Gayangos, Z. c. t. 2,
pp. 35 &. 407. — Reinaud, Z. c. pp. 22 8<. sr.iv.
' Voyez Reinaud, Z. c. p. 37. — Conde, Z. c.
t. I, p. 83. — D'après certains auteurs arabes la
révolte de IVÎunuza eut lieu sous le gouverne-
NOTB
ii8
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
557
Abd er-Rahmân, après avoir traversé les route, duc de Marseille, avait passé le
Pyrénées, pris la ville de Bordeaux, & Rhône & s'était emparé de plusieurs villes
vaincu le duc d'Aquitaine, s'avança rapide- importantes de la Provence, entre autres
ment vers la Loire; il saccagea Libourne & d'Avignon'. Da:ns les années suivantes, les
Poitiers & se disposait à attaquer la ville musulmans établirent un certain nombre
de Tours, lorsque Charles Martel accou- de forts (rebât) dans différents endroits du
rut avec une armée. Les auteurs arabes no Languedoc, entre les Pyrénées & le Rhône,
donnent que peu de détails sur ces événe- & renouvelèrent leurs courses dans le Dau-
nients qui finirent par la défaite de l'ar- phiné & la Bourgogne'. Lorsque, en ySy,
niée musulmane. Ils affirment cependant, Charles Martel reprit sur les envahisseurs
& en cela ils sont en oppositioji avec les la plus grande partie des territoires con-
chroniques chrétiennes, qu'en présence
même de Charles Martel, les troupes d'Abd
er-Rahmân se précipitèrent sur la ville de
Tours & s'y livrèrent au massacre & au
quis, il arriva jusqu'à Narbonnej mais la
ganiison musulmane de cette ville résista à
tous ses efforts &, après avoir battu une
armée arabe envoyée d'Espagne par mer
pillage. En outre, ils sont à peu près d'ac- au secours des assiégés, il se retira'. Cepen-
cord pour placer le lieu de la bataille déci- dant, deux ans après, il fut obligé d'entre-
sive entre les deux armées aux environs
de la ville même de Tours, tandis que d'a-
près toutes les autres sources la rencontre
eut lieu sur le territoire de Poitiers" (au
mois de ramadhàn de l'an 114 de l'hégire,
octobre 782 de J.-C.)- L'action dura deux
prendre une nouvelle campagne contre
Mauronte & ses alliés musulmans, & de
poursuivre ces derniers jusqu'à Narbonne.
Vers cette époque, la guerre intestine
qui, plusieurs années auparavant, avait
éclaté parmi les musulmans d'Espagne, y
jours. Les musulmans, voyant leur camp sévissait dans toute son ardeur. Abd al-
attaqué par les Français, accoururent à sa Mélik, fils de Qatan, ayant été nommé
défense, en quittant les rangs, de crainte pour la seconde fois gouverneur d'Espa-
de perdre le butin qu'ils y avaient accu- gne, après la mort d'Oqba, fut vaincu &
mule. Leur général ayant été tué, ils ne tué par les insurgés. Abd er-Rahmân, fils
cherchèrent plus à prolonger la résistance
& s'enfuirent à la faveur de la nuit dans
la direction des Pyrénées\
Abd al-Mélik, fils de Qatan, successeur
d'Abd er-Rahmân dans le gouvernement
d'Espagne, ne réussit point à effacer l'échec
que les armes mulsumanes venaient de su-
bir. Battu dans une expédition contre les
populations chrétiennes du nord de l'Es-
d'Oqba, le Lakhmite, gouverneur de Nar-
bonne, marcha contre Baldj , l'adversaire
du gouverneur assassiné, à la tête d'une
armée de quarante mille hommes ou, d'a-
près d'autres, de cent mille, & tua le gé-
néral ennemi de sa propre main. Il re-
tourna ensuite à Narbonne''. Plus tard, en
129 de l'hégire (747 de J.-C), il est fait
mention d'un autre gouverneur de Nar-
pagne, il fut remplacé en 116 de l'hégire bonne, nommé Abd er-Rahmân-ben-Al-
(735 de J.-C.)' par Oqba, fîls d'al-Haddjâdj. qama le Lakhmite, qui se révolta contre
Peu de temps auparavant, Yousouf, gou- Yousouf, fils d'Abd er-Rahmân, émir d'Es-
verneur de Narbonne, d'accord avec Mau-
ment de Haïtham, prédécesseur d'Abd er-Rahmân.
Voyez Dozy, Histoire des musulmans d'Espagne,
t. I, p. 256.
' Voyez Reinaud, pp. 43-45. — Conde, Z. e. t. I,
pp. 86 & suiv.
' Ibn al-Athîr, Z. c. t. 5, p. i3o. — Gayangos,
l. c. t. 2, p. 37.
Mbn al-Athîr, Z. c. t. 5, p. 374. Cependant
dans un autre passage de la chronique d'Ibn al-
Athîr il est dit qu'Oqba fut nommé en 117 de
l'hégire.
pagne. Il ne tarda pas à être vaincu 8c
tué. Sa tête fut envoyée à Cordoue^
• Maccarî, t. i, p. 173. — Reinaud, p. 55.
' Maccarî, p. i53. — Reinaud, p. 56. — Gayan-
gos, Z. c. t. 2, pp. 37 & 410.
' Maccarî, Z. f. — Reinaud, p. 56.
■* Ibn ai-Qouthia, ms. arabe de la Bibliothèque
nationale, ancien fonds, n. 706, f" 8 v". — Ibn
al-Athîr, Z. c. t. 5, p. 374. — Reinaud, /. c.
p. 75.
'Voyez Ibn al-Athîr, Z. c. t. 5, p. 287. — Dozy,
NoTB
118
Note
558
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
On connaît, d'après les sources chré- acte ou y introduire des interpolations,
tiennes, les dernières luttes de la domina- On sait combien sont importantes ces re-
tion musulmane en Languedoc & la prise cherches critiques, surtout quand il s'agit
de Narbonne par Pépin le Bref en 709. d'actes d'une grande ancienneté, puis-
Les auteurs arabes gardent le silence sur que seules elles empêchent l'historien &
ces événements. Ils s'appliquent, au con- le juriste d'aller étudier les institutions
traire, à grossir l'importance d'une incur-
sion armée dirigée, en 177 de l'hégire
(793 de J.-C), par l'émir de Cordoue, Hi-
schâm, contre les provinces méridionales
de la France. A cette occasion, le général
musulman Abdou '1-Mélik-ben-Abdou '1-
Y/âhid-ben-Moghîth pénétra jusqu'à Nar-
bonne; mais après avoir en vain essayé de
prendre cette cité bien fortifiée, il se retira
chargé d'un butin immense. Les Arabes
considérèrent cette expédition comme un
grand succès pour leurs armes '. [H. Z.]
d'une époque dans des actes plus moder-
nes de deux siècles.
Les actes sur lesquels porteront notre
examen sont :
i^UndipIômedeCharlemagnede l'an 806;
2°, 3°, 4° & 5° Quatre diplômes de Charles
le Chauve de 855, 859, 869 & 870;
6° Un diplôme de Charles le Simple de
l'an 908;
7" Une bulle de Gélase II de l'an 1 1 iS;
Enfin, quelques diplômes provenant du
cartulaire d'Aniane.
Note
119
Note
119
NOTE CXIX
AJOUTÉE PAR LES NOUVEAUX ÉDITEURS.
Remarques sur quelques actes publiés
par D. Vaissete.
PARMI les actes publiés par les Bénédic-
tins dans leur Histoire de Languedoc, il
en est plusieurs dont l'authenticité peut ne
pas paraître absolument certaine; la plu-
]}art, en mettant de côté les chartes du
monastère d'Alaon qui se rattachent à un
autre ordre de faits, sortent des archives
des monastères de La Grasse & d'Aniane,
& c'est par une étude attentive de leur con-
tenu & de leur forme diplomatique que
nous avons pu déterminer assez rigoureu-
sement dans quelle mesure le faux s'y mêle
au vrai 8r comment les moines de ces deux
couvents s'y prenaient pour falsifier un
[J'isto'ire de l'Afrique & Je l'Espagne intitulée al-
Bayano 'l-Moghrib, t. 2, p. 39.
' Voyez Reinaud, l, c. p. io3. — Maccarî, trad.
de Gayangos, t. 2, pp. 99, &. 426. — Dozy, al-
Bciyano 'l-Moghrih, t. 2, p. 66. — Novaïri, ms. ar.
de la Blbl. nat. ancien fonds, n. 646, f" 96 v". —
Ahu 'l-Mahasin 'ihn Ta gri, Annales... éd. Jiiynboll,
t. I, p. 484.
? 1
DlpISiïie de Charlemagne de l'an 806 (Doat, v. 66,
f" 7, d'après le Livre vert, cartulaire de l'abbaye
de La Grasse de la fin du quinzième siècle, au-
jourd'hui aux Archives de l'Aude; Mahul, Car-
tulaire de Carcasionne, t. 2, p. 209).
L'authenticité de ce diplôme a été forte-
ment contestée par les Bénédictins, notam-
ment par Mabillon ' & par D. Vaissete'.
Les raisons invoquées par ces savants sont
les suivantes : Cet acte indique comme abbé
de La Grasse Nimphridius, alias Nebridius,
fondateur du monastère, qui était devenu
à ce moment archevêque de Narbonne,
titre que le texte ne lui donne pas. En ou-
tre, la date porte : Actum publiée ISIarbona,
tandis qu'à ce moment de l'année 806 (avril)
Charlemagne célébrait les fêtes de Pâques
à Nimègue. Il avait quitté Thionville, qu'il
habitait depuis le mois de décembre pré-
cédent, & où avaient été arrêtés les termes
de la première divisio imperîi; il passa à
Nimègue la plus grande partie du carême
jusqu'à Pâques, & quitta cette ville vers le
milieu d'avril pour aller à Aix-la-Chapelle'.
Les deux objections sont assez fortes en
elles-mêmes; mais si l'on considère que
' AnnaleSj ad ann. 807, n. 63.
' Tome I de cette édition, livre IX, chap. XL.
^ Eginhard, Annales, ann. 8c5-8o6.
>
NOTB
Iip
NOTES SUR LmSTOIRE DE LANGUEDOC.
559
& y a péri en 1871. Dans ses fornuiles,
ce diplôme ne présente rien de suspect;
c'est le corps même de la pièce qu'il faut
examiner pour reconnaître les parties in-
terpolées. Comme la plupart des actes
carolingiens, ce diplôme n'est que la con-
firmation & rénumération des principales
possessions de l'abbaye. Voici quelques-
unes des terres qu'il indique :
Dans le Carcasses, Saint-Couat, Saint-
Geniès & Bouilhonac. — Saint-Couat ap-
partenait à La Grasse dès 814 (diplôme
do Louis le Débonnaire'), Saint- Génies
dès 843 (diplôme de Charles le Chauve*);
Bouilhonac ne paraît que dans un diplôme
de 899 de Charles le Simple'.
Dans le Narbonnals, Cabrespine (diplôme
de 814), Lîcitum (?) & La Palme (diplôme
de 814). ^-
Dans le Rousslllon, la celle de Prades
(églises de Saint-Pierre, Saint-Sauveur,
Saint-Jean, Saint-Gervais & Saint-Celse) &
Saint-Martin-de-Canohès. Le premier de
ces deux lieux fut donné en 878* par les
comtes Wifred de Barcelone, Raoul de
été déposé à la Bibliothèque du Louvre Confient & Miron de Roussillon. Quant
au lieu de Canohès, il ne fut donné que
le diplôme, à part quelques légères fautes
de transcription, ne contient pas une for-
mule inusitée & donne des dates parfaite-
ment exactes & concordantes (sixième de
l'Empire, trente- neuvième du règne en
France, trente-deuxième du règne en Ita-
lie; 800, 768, 774); que l'indiction i3, qui
ne concorde pas avec la date de 807, s'ac-
corde avec celle de 806, en la faisant par-
tir de l'an 3i3, suivant l'usage général do
l'époque carolingienne, on admettra le
diplôme pour authentique en supposant
seulement l'oubli de la formule episcopus
& abbas après le nom de Nifridius, & wnc
erreur du copiste dans la transcription du
nom de lieu '.
? Il
Diplôme de Charles le Chauve de l'an 855
(^Preuves, col. 3oo.)
L'original, ou du moins ce que l'on
regardait comme tel, n'existe plus aujour-
d'hui; offert en 1829 par M. de Beaumont,
préfet de l'Aude, au roi Charles X, il avait
NoTB
119
' L'objet de ce diplôme est la confirmation, par
Charlemagne à Nimphridius, de la jouissance des
trois églises de Lézignan (Sainte-Candide, Saint-
Félix & Saint-Nazaire); ces deux dernières églises
sont indiquées comme possédées par l'abbaye de la
Grasse en 11 18 dans la bulle de Gélase II, dont
nous parlerons plus bas. En 1^53, une bulle de
Nicolas V ordonna l'union de ce prieuré à la mense
conventuelle'. — M. Sickel, dans ses Acta Karoli-
norum , t. 2, p. 426, suh vcrho Orhionensc, met
cet acte au nombre des acta spuria; aux raisons
par nous indiquées & qui n'ont pas échappé à sa
vers 970 par Suniaire, évéque d'Elne, &
restitué à l'abbaye en io36 par Hugues,
comte d'Ampurias^
Viennent ensuite les terres des pays d'Au-
sone & de Bésalu dans la Marche d'Espa-
gne. Parmi ces domaines figurent les domai-
nes donnés au dixième siècle par Suniaire,
comte d'Urgel, et notamment le prieuré de
Riundar, au diocèse de Girone, qui, en
908, époque de la consécration & de la
dotation de son église, n'appartenait pas
haute critique, il ajoute la suivante : le monastère ^ncore à l'abbaye de La Grasse; il paraît
est appelé Crassa par le texte, alors que ce nom ne
paraît pas avant 85o & n'est fréquemment employé
qu'à partir de çSS. — Mais cet argument ne nous
p.iraît pas beaucoup plus fort que ceux que nous
avons indiqués plus haut, & n'aurait une valeur
réelle que si nous possédions l'original du, di-
plôme. M. Sickel admet d'ailleurs que l'acte ori-
ginal a pu être daté de Nimègue (Niumaga), d'où
le copiste aura tiré Narbona, & que dans tous les
c;is il a dû y avoir un diplôme de l'empereur,
donné à ce moment, puisque les éléments de la
date concordent parfaitement.
« MahuI, t. 2, p. 390.
n'avoir été donné qu'en 953 à l'abbaye*.
De cette revue rapide des domaines in-
diqués par ce diplôme, il résulte qu'un
bon nombre de ces terres n'ont appartenu
à l'abbaye de La Grasse que longtemps &
pour quelques-unes très-loiigtemps après
' Preuves de ce volume, col. 91.
' D. Bouquet, t. 8, p. 441.
^ Tome V de cette édition, col. 99.
* Preuves de ce volume, col. 399.
' Tome V de cette édition, Preuves, col. 420.
" Tome V de cette édition, Preuves, col. 41 5.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
sa date. Nous conclurons donc que cet acte
a été recopié & interpolé; le même fait
sera prouvé de la même façon pour le di-
plôme de 908, que nous étudierons plus
bas, & nos con'clusions seront, cette fois,
confirmées par l'étude du prétendu origi-
nal. Quant à l'époque où le faux a été
commis, nous ne le croyons pas antérieur
à 970, date de la donation du lieu de
Canohès par l'évéque d'Elne, & peut-être
à io36, date de la restitution de cet alleu
par le comte d'Ampurias.
$ ÏII
Diplôme de Charles le Chnuve pour Isembert
de l'an 859. [Preuves, col. 3o8.)
Ce diplôme nous a été transmis par un
original parfaitement authentique, encore
aujourd'hui bien conservé, scellé du sceau
plaqué en cire brune; il en existe une co-
pie figurée aux archives de Carcassonne.
Nous rappellerons à ce sujet qu'il faut dis-
tinguer deux espèces de copies figurées;
les unes sont destinées à remplacer l'ori-
ginal égaré ou en mauvais état, &, par
une supercherie peu dangereuse, on a
cherché à leur donner l'apparence de ce-
lui-ci; les autres, au contraire, comme le
diplôme de 855, constituent de véritables
faux; on y a introduit des clauses nouvel-
les, on y a augmenté les privilèges concé-
dés à l'abbaye ou au particulier. Tel est
le cas pour le présent diplôme, & le faux
y est d'autant plus manifeste que l'original
existait encore à l'abbaye quand la pièce
fausse y fut fabriquée.
Nous connaissons ce dernier acte par
le fac-sîmile publié tout récemment par
M. l'abbé Verguet, de Carcassonne. Tout
d'abord, ce document, par ses caractères
extrinsèques, son écriture, la disposition
lie ses parties principales", est de nature
il inspirer le doute. Mais quand on en exa-
mine le fond, les clauses, on comprend
tout de suite dans quel but la falsijîca-
' L'original du diplôme pour Isembert a huit
lignes; la copie en a douze; la place du sceau a été
mal choisie : trop loin des souscriptions & trop
près du corps de l'acte; la date aussi y est plus
rapprochée du monogramme royal.
tion a été faite. Par l'acte original, Charles
le Chauve concédait à un de ses fidèles,
nommé Isembert, les lieux de Ribaute-sur-
Orbieu & de Cébazan (Zeiû^û«); la pre-
mière de ces localités fut depuis possédée
par l'abbaye de La Grasse; mais il paraît
que le lieu de Cébazan ne passa pas entre
ses mains. Le faussaire supprima donc la
mention de ce dernier village, la remplaça
par rénumération minutieuse des limites
de Ribaute, & à la suite de cette interpo-
lation il plaça une phrase indiquant la
cession par le roi du lieu de Villerouge,
voisin de Ribaute. Remarquons que même
sans l'existence de l'original, cette addi-
tion rendrait le diplôme suspect; car au-
cun diplôme carolingien ne donne des in-
dications topographiques aussi précises Si.
aussi détaillées que celui-ci ; généralement,
&: cela se conçoit, le notaire royal se con-
tente de donner le nom du lieu, le vocable
de l'église cédée & laisse aux officiers lo-
caux, au comte ou à son missus, le soin de
fixer les limites de la concession, soit
d'après les dépositions des anciens du
pays, soit d'après les accidents naturels du
terrain. Nous donnerons pour exemple la
concession de Fontjoncouse par Charle-
magne à l'espagnol Jean"; le roi se con-
tenta d'indiquer le nom du lieu cédé, & le
comte de Narbonne, Sturmion, se chargea
d'établir les limites & de poser les croix
de marbre qui étaient alor^ employées à
cet usage'.
^ IV
Diplôme de Charles le Chauve pour Adroarius (861*
[Preuves, col. 320.)
L'original de ce diplôme existe à la Bi-
bliothèque nationale, parmi les chartes
réunies par Baluze^ Dans sa forme diplo-
matique, il ne présente rien que de par-
faitement régulier; les formules sont exac-
tes; les terres concédées au vassal du roi,
Adroarius, ne sont pas tellement étendues
que la donation puisse, par elle-même,
être révoquée en doute. Cependant, plu-
' Preuves de ce volume, col. Sp.
' Preuves de ce volume, col. i85, plaid de 83.^.
3 Auj. lat. 8 837, f" 83.
Note
"9
Note
"9
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
56 1
sieurs faits nous empêchent de regarder ce simplement remplacer l'original, probable-
prétendu original comme parfaitement au- ment endommagé.
fhentique. D'abord une difficulté dans la Outre ce diplôme pour Adroarius, les
date; l'acte porte indîctione xii, anno xxi Archives de La Grasse en contenaient un
régnante glorîosîssimo Karolo rege. Or, en autre, dont la seule copie connue existe
comptant l'indiction depuis 3i 3, il faut VIII. actuellement à Carcassonne. Nous le don-
D'autre part, le second x du mot XXI n'est nons en note, car nous croyons cet acte
pas parfaitement net, & dom Bouquet, en inédit',
éditant ce diplôme après dom Vaissete, a lu
anno xvi; mais, dans ce cas, il faudrait en-
core corriger l'indiction : la seizième année
du règne de Charles le Chauve est 856, &
l'indiction doit être III. Nous avons, pour
? V
Diplôme pour Oliba de 870. [Preuves, col. 36i.)
En examinant même minutieusement l'o-
notre part, adopté la lecture de dom Vais- riginal de ce diplôme, conservé aujourd'hui
sete, mais ceci importe peu quant à présent; à la Bibliothèque nationale', il est difficile
ce qu'il faut remarquer, c'est que, dans tous de n'en pas admettre la parfaite authenti-
les cas, la date doit passer pour fausse, cité : parchemin, écriture, teinte de l'encre,
cas assez rare dans les originaux carolin- souscriptions, tout paraît conforme aux ha-
giens, rédigés & surtout datés générale- bitudes de la chancellerie carolingienne,
ment avec grand soin. Une seconde preuve,
moins concluante, est une faute de latin : . Exempla hec est. In nomine sancte & IndivU
Quendam fidehm nostrum, Adroarïo nomine; due Trinitatis. Caroh.s gratia Dei rex. Regalis cel-
dans tous les autres actes authentiques, le situdinis mos est fidèles suos donis muitiplicibus
nom d'homme est à l'accusatif, comme le atque ingentibus honoribus honorare Scsublimare.
demande la grammaire; toutefois, nous Itacjue notum sit omnibus sancte Dei Ecclesic
avouons ne pas tenir outre mesure à ce fidelibus & nostrls presentibus atque futuris, quia
dernier argument, & l'aspect de la charte <:on"dimus ad proprium cuidam fideli nostro
nous paraît plus encore de nature à con- ^droano res quasdam nostre proprietaiis quae sunt
,. ' ■ -11 site in comitatu Narb
nrmer nos soupçons. Au premier abord, „, . . .
* ' ' , . ' Honano nostre propnetatis
on a peine a se figurer cet acte écrit par , , •. . j j u- • ■
1 " I esse cognoscitur, prêter id quod Hispani in npri-
un notaire royal à l'époque carolingienne; ^-^^^^ ^-^^^ ^Uq quocumque modo ibidem aberc nos-
l'écriture en est sans doute belle & régu- cuntur. Unde etiam precellentiae nostre preceptum
Hère, & l'imitation des caractères grêles hoc fieri jussimus, per quod memoratas res cum
des diplômes royaux est relativement assez suprapositis & vineis ne terris & boscis, exitibus
parfaite; mais vers la fin la main du scribe 81 regress:bus, pascuis, aquis aquarumque decursi-
S'est fatiguée, & les lettres affectent une ^"S, terminis atque adjacentiis memorato fideli
forme plus arrondie, rappelant par plus '^"'^'^ Adroario ut dictum est ad proprium con-
d'un trait l'écriture diplomatique de la fin
du dixième siècle. Les soupçons se confir-
ment encore en comparant cet acte avec
l'acte pour Isembert', dont l'original est,
cette fois, parfaitement authentique, écrit
deux ans plus tôt & donné par le même
cedimus & de nostro jure in jus ac potestacem
illius confirmavimus
& de anulo nostro sigillari jussimus.
Signum (locus monogrammatis) Karoli gloriosis-
simi régis. — Gislebertus notarrus ad vicem Hlu-
dovici recognovit & subscripsit. — Le lieu dont
il est ici question semble être Villefloure, Aude,
notaire (Folchrîcus), Ainsi, pour nous ré- arrondissement de Limoux, qui était certainement
sumer, cet acte ne peut être qu'une copie <*-i"* '« comté de Narbonne au neuvième siècle.
figurée, à laquelle on mit plus tard le I-t date de l'acte a disparu, mais les noms du no-
sceau de l'original, dont il porte encore la "''' Gislebert & du chancelier Louis permettent
«„„„^ ,• .,, . , de la fixer d une manière approximative. Gisle-
trace; remarquons d ailleurs que rien, dans , ^ , r. . «, . • <■
, 11. , "«""t *"' notaire de 047 a 80 1 : Louis fut chance-
lé corps de lacté, ne permet de supposer ,• 1 00 o// , , . •
' '1 ' • lier de 009 a 860. La date est donc circonscrite
une falsification positive; on aura voulu entre 847 & 86. . (Voir dom Bouquet, t. 8, pp. 487.
r.68 & 600.)
' Baluzc, Armoirgs, jço, n. 481. ' Lat. 8837, f" 44.
NuTli
119
11.
U
Note
"9
t62
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
^ VI
Un seul fait, resté inaperçu jusqu'aujour-
d'hui, nous a conduit à mettre en doute
cette autlienticité; toutefois, dans l'état de
la question, nous nous contenterons de
l'indiquer en laissant à de meilleurs diplo-
matistes le soin de la trancher.
Diplôme de Charles le Simple pour l'abbé Witiza,
de 908. (Tome V, Preuves, col. !2i.)
L'original de cet acte, provenant, comme
On sait que les sceaux plaqués, dont la plupart des précédents, de la collection
usaient les Carolingiens, étaient placés sur formée par Etienne Baluze, est conservé
le parchemin même, au milieu d'une série aujourd'hui dans les Armoires, y. 3go^n. 23.
d'enroulements & de notes tironiennes, qui Dans le contexte de l'acte, rien ne semble
complétaient la souscription du notaire; avoir été interpalé; nous ne trouvons pas
le parchemin une fois entaillé en étoile, ici, comme dans le diplôme de 855, men-
on introduisait l'extrémité de ces petites tion de domaines acquis seulement un siè-
lanières dans la cire chaude qui débordait cle plus tard par l'abbaye; de toutes les
en dessous & surtout en dessus; l'empreinte terres qu'il indique, les unes apparte-
était placée par-dessus, & la cire une fois naient sûrement à La Grasse à la fin. du
durcie, le sceau adhérait suffisamment à la neuvième siècle, les autres pouvaient, sans
pièce. Dans l'acte que nous examinons en invraisemblance, lui avoir été données dès
ce moment, le sceau semble n'avoir jamais cette époque. Les interpolations, tout en
été plaqué, du moins la cire n'a laissé au- étant possibles & même probables, étant
cune trace à la place elle-même, ni sur la données les habitudes singulières des n,o-
partie du parchemin qui avait été repliée taires de La Grasse, sont donc impossibles
par- dessus. Au contraire, un peu plus loin à vérifier; mais ce qu'on peut contester,
& sur la même ligne était cousu tout un c'est l'authenticité de l'acte scellé qui nous
appareil de plaques de parchemin destinées a été conservé. Or, malheureusement, tous
à contenir le sceau lui-même. Le parche- les caractères extrinsèques de cet acte prou-
min de l'acte a été entamé; par-dessous a vent qu'il est supposé, & que nous n'avons
été collée une plaque de peau portant des affaire qu'aune copie figurée & même assez
caractères de la fin du douzième siècle, & grossièrement.
par-dessus, faisant poche, un autre frag- L'aspect général de l'écriture, la couleur
ment de charte de la fin du treizième siè- de l'encre, beaucoup plus pâle que celle
cle, le tout cousu de gros fil sur les bords. des diplômes authentiques, la forme un
Le sceau y est resté assez longtemps pour peu insolite de l'invocation monogramma-
déteindre sur une partie du parchemin qui tique qui se trouve au haut de la marge
était repliée par-dessus. Avons-nous affaire de gauche, suffiraient pour nous rendre ce
ici à un faux commis de toutes pièces au document suspect; mais c'est surtout dans
quatorzième siècle, ou bien a-t-on seule- la disposition de la date & des dernières
ment voulu garantir le sceau qui menaçait parties du texte que le faux peut être saisi
de disparaître? Nous laissons à de plus ha- sur le vif.
biles le soin de résoudre ce problème'.
' Sans vouloir rien affirmer, nous ferons encoie
remarquer la forme insolite de la donation, l'éiau-
mération minutieuse de limites imperceptibles, ce
qui est peu ordinaire dans un diplôme royal ; nous
avons déjà fait une remarque analogue plus haut,
à propos du faux diplôme pour Isembert. — Dans
la note que nous avons insérée en publiant le
présent acte pour Oliba (Voir ci-après, Preuves,
col. 36 1), nous nous sommes montré beaucoup trop
affirmatif. En examinant de nouveau ce document,
nous avons vu qu'il n'était pas impossible de sou-
tenir son authenticité absolue.
Voici comment est disposée cette partie
des diplômes carolingiens :
{Fin du texte.)
Sigliiim Karoli {monogramma) gloriosissimi régis.
Talis ad vicem talis rccognovit & subscripsit. {Sigilhim.)
D.itum m nouas noveiiibris Actum &c.
Le tout est fort espacé, & on a laissé
au-dessous de la dernière ligne une large
Lande de parchemin, dont les bords sont
coupés parfaitement droits. Au contraire,
Noie
119
I
Note
"9
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
dans cet acte de 908, toutes ces diverses
parties sont rapprochées les lines des au-
tresj la date, d'une écriture évidemment
très-postérieure, est tout au bord du par-
chemin, qui n'a même pas été coupé droit
& qui est de qualité inférieure. Enfin, le
sceau, extrêmement éloigné de la souscrip-
tion du notaire, a été tellement rapproché
du texte, que l'avant-dernière ligne n'est
pas aussi longue que les précédentes &
que le haut de la plaque de cire en oc-
ciqje une partie. Ajoutons que ce sceau
est d'une taille tout à fait extraordinaire;
en le comparant avec ceux de Charles le
Chauve, on reconnaît immédiatement un
sceau de ce dernier prince, dont les bords
ont été renforcés, sans doute pour lui
donner plus de solidité. Ajoutons encore
que le monogramme du roi, si bien dessiné
dans les actes originaux, est ici incorrect
ik diffère dans ses proportions du type
consacré pour tous les souverains du nom
de Charles.
Nous en conclurons que l'acte a été re-
fait, probablement vers la fin du dixième
siècle; c'est l'époque que semblent indi-
quer certaines particularités de l'écriture
du scribe, aux endroits où sa main fati-
guée l'empêchait de se plier à une imita-
tion complète du modèle qu'il avait sous les
yeux. Toutefois, il faut admettre que Char-
les le Simple délivra un diplôme qui a servi
de modèle à celui-ci. En effet, la formule
de la date, qui mentionne les deux années
du règne de Charles le Simple, en comp-
tant de 893, date de son avènement, & de
898, date de la mort d'Eudes, le nom du
notaire qui s'appelait bien Ernuste, & du
chancelier Anschéric, évêque de Paris ',
sont choses qu'un scribe du dixième siècle
ne pouvait inventer. Quant à la question
' Cet Ernuste fut notaire depuis çoS jusqu'à 909';
iam un diplôme sans date, en faveur de Saint-
Martin de Tours', il prend le titre A'arckicancel~
lar'tus, sans qu'on sache à quelle époque le placer,
entre Anschéric, mort au commencement de 911,
& Hervé, archevêque de Reims, qui succéda pres-
que immédiatement à celui-ci dans ces hautes fonc-
tions.
' D. Bouquet, t. 9, p. 696.
' D. Bouquet, t. 0, p. 712.
de l'intégrité du texte, la rareté des docu-
cuments diplomatiques nous défend de la
trancher tout d'abord '.
$ VII
Bulle du pape Gélase II de l'an 1118,
(Tome V, col. 870.)
Une ancienne copie de cette bulle existe
à la BiL..othèque nationale'; l'examen de
cet acte prouve, en effet, que ce ne peut
être un original, bien que le parchemin
porte les traces d'une bulle qu'il a portée
autrefois. Nous n'y trouvons ni le mono-
gramme de Benevalete, ni la roue ou dou-
ble cercle concentrique; on s'est contenté
de transcrire la devise du pape : Deus in
loco sancto suo; la date est exacte, & tous
ses éléments concordent parfaitemeiit, mais
le cardinal secrétaire, Chrysogone, a ou-
blié le principal de ses deux titres : ac
bîbliothecarli. Nous sommes donc certai-
nement en présence d'une copie figurée,
exécutée probablement, d'après certains
indices fournis par l'écriture, vers le mi-
lieu du douzième siècle.
Mais doit-on en conclure que l'acte a été
falsifié ou supposé? La première phrase
du texte de l'acte nous avait d'abord con-
duit à cette seconde hypothèse; voici cette
phrase : In Lateranensis palatii thomis rep-
perimus quod Karolus împerator béate Ma-
rie Crassense monasterium in Carcasensi par-
rochia edificans, beato Petro obtulerit cum
universis que eidem loco contulerat. Ces
quelques lignes contiennent deux faits
inexacts; ce n'est pas l'empereur Charle-
magne qui a construit le monastère de La
Grasse, & ce texte de 11 18 est le premier
qui mentionne ce privilège de la dépen-
dance immédiate du Saint-Siège. Ces deux
faits semblent empruntés aux légendes mo-
nastiques, qui, combinées avec des frag-
ments tirés des chansons de geste françai-
ses, donnèrent lieu, un siècle & demi plus
' Tout ce qu'on peut dire, c'est ^que les terres
dont la possession est confirmée à l'abbaye, y sont
mentionnées dans un désordre peu ordinaire, &
qu'on n'y suit pas l'ordre traditionnel d«s pagi
dans lesquels elles étaient situées.
" Baluze, Armoires, v. 398.
Note
119
Note
119
564
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
tard, à la rédaction du fameux Phiîomena'.
A première vue, & étant donné le peu de
scrupules des moines de La Grasse, il sem-
blerait que cet acte ait été inventé de toutes
pièces ou tout au moins fortement falsifié.
Mais ici se présentent plusieurs difficul-
tés. L'acte de Gélase II a été confirmé par
Calixte II; une bulle de ce dernier pape,
du 17 juillet II 19", en reproduit toutes
les clauses, en ajoutant la variante sui-
vante : Ex domini nostri sancte memorie Ge-
îasiî pape privilégia cognovimus, in thomîs
Lateranensis palatii, etc. Cet acte nous est
connu par un vidimus de Grégoire IX', &
le niêmevidima en même temps la bulle de
Gélase. Il est difficile d'admettre que les
moines de La Grasse aient fabriqué deux
actes absolument pareils, dont les dates
sont parfaitement exactes, &, d'autre part,
Chrysogone, bibliothécaire de l'Eglise ro-
maine, n'aurait pas, sous Calixte II, renou-
velé une bulle fausse, dont la rédaction lui
était attribuée; entre les deux actes, il n'y
a pas un an d'intervalle. En outre, cette
bulle de Gélase II ne fut pas seulement
présentée à Calixte II, elle fut encore
examinée par la chancellerie du pape
Adrien IV, & ce dernier, dans une bulle
du 26 avril 11 58% déclare qu'en prenant
l'abbaye sous sa protection, il suit l'exem-
ple dé son prédécesseur, d'heureuse mé-
moire, le pape Gélase.
Comment donc concilier ces faits en ap-
parence contradictoires? Voici l'hypothèse
que nous regardons comme la plus proba-
ble; on sait que Gélase vint se réfugier
en France & y passa la majeure partie de
son court pontificat; il était à Maguelonne
quand il donna l'acte qui nous occupe; les
moines de La Grasse, profitant de son éloi-
gnement de Rome, où les archives pontiii-
' Voir notamment le texte latin, publié par
Ciampi (^Geita Kciroll niagni ad Carcassonam &
W^rhonam, Florence, 1828), p. 53. Ce privilège
ie dcpeniirc immédiatement du Saint-Siège n'était
p;iS possédé paç l'abbaye en 954, date d'une bulle
d'Agapet II (GaZ/i'a Christiana, t. 6, Instr. c. 424.
' Ui. Robert, Elude sur les actes de Calixte II,
Documents, p. m.
' Baluze, Armoires, 38o, n. 39.
'' Mahul, Cartulalre de Carcassonne, t. 2, p. 253,
cales étaient certainement restées, lui pré-
sentèrent peut-être une notice sans valeur
positive, rappelant les traditions admises
])ar eux comme vérité historique. Le pape
donna à ces traditions une valeur réelle
en les faisant entrer dans le préambule do
sa bulle. Une fois ce premier acte octroyé,
il n'aura pas été difficile aux religieux d'en
obtenir la confirmation de Calixte II &
d'Adrien IV.
La bulle de 1118 est donc authentique,
mais rédigée d'après des légendes sans fon-
dement historique.
? VIII
Diplômes pour l'abbaye d'Anianc.
Tous les actes relatifs à Aniane, dont
nous avons à parler ici, se rapportent aux
tentatives faites par cette abbaye pour se
soumettre le monastère de Saint-Guillem-
du-Désert, autrement dit de Gellone. La
question de cette soumission peut paraî-
tre, jusqu'à un certain point, élucidée;
toutefois, il reste quelques points obscurs
à éclaircir, & c'est ce que nous allons es-
sayer de faire. On sait qu'en l'an 804,
saint Guillaume, comte de Toulouse, fonda
dans le diocèse de Lodève un monastère
destiné plus tard à devenir célèbre & dans
lequel il fut enterré. Cette fondation fut
certainement faite avec les avis & sous la
direction bénévole de saint Benoît, qui ré-
sidait à cette époque au monastère d'A-
niane. Jusqu'au milieu du onzième siècle,
nous voyons les deux abbayes vivre dans
une entière indépendance l'une de l'autre,
lorsque tout à coup, sous l'administration
de l'abbé d'Aniane, Emenon (1062-1093),
nous voyons cette abbaye s'opposer à l'élec-
tion d'un abbé par les moines de Gellone,
attirer sur eux les foudres de l'Église & ré-
clamer des papes Nicolas II & Alexandre II
le rétablissement d'une sujétion imagi-
naire. Emenon avait, d'ailleurs, eu soin
de se munir de preuves; il présentait à la
cour pontificale une copie du testament
de saint Guillaume, contenant la clause
expresse que la celle de Gellone devait res-
ter à tout jamais soumise à Aniane comme
elle l'était à ce moment. Ces prétentions
d'Aniane fuient repoussées, & deux bulles
NOTF
119
NOTl
119
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
565
successives d'Alexandre II & d'Urbain II,
confirmées par une troisième de Calixtc II,
dont nous avons le texte, vinrent procla-
mer le droit pour les moines de Gellone
de librement élire leur abbé, déclarèrent
le monastère indépendant de toute autre
sujétion que celle du Saint-Siège & firent
à tout jamais justice de prétentions aussi
mal fondées.
Toutes les réclamations d'Emenon re-
posaient sur une copie du testament de
saint Guillaume, tirée du cartulaire de son
abbaye. La fausseté de cet acte a été prou-
vée complètement dans une dissertation
publiée il y a déjà longtemps dans la Bi-
bliothèque de V Ecole des Chartes'; nous rap-
pellerons seulement que les formules di-
plomatiques, le style de l'acte, le langage
employé, tout prouve que nous avons af-
faire à \{\\ remaniement du texte primitif
fait au onzième siècle; enfin, le fait seul,
pour cet acte, de provenir du cartulaire
d'Aniane, étant donné le peu de scrupule
des gens du moyen âge en pareille matière,
tendrait à le faire regarder comme inter-
polé pour les besoins de la cause.
Mais la question de la sujétion de Gel-
lojie à Aniane n'en reste pas moins encore
indécise, d'autant plus que certains diplô-
mes du neuvième siècle semblent la con-
iirmer; avons-nous donc affaire ici à des
prétentions bien fondées, mais apjjuyées
seulement surdos titres interpolés? (^'est
ce que l'examen détaillé de ces actes va
nous permettre de décider.
Le premier de ces actes est un diplôme
de Louis le Pieux de l'an 814% provenant
du cartulaire d'Aniane. Parmi les posses-
sions de cette abbaye qui y sont énumé-
rées, on y indique l'abbaye de Gellone,
avec toutes les celles & tous les domaines
dont saint Guillaume l'avait dotée. Tou-
tefois, remarquons rjue cette partie de l'acte
peut fort bieli avoir été interpolée, & que
dans ces longues énumérations de terres,
il suffit d'ajouter quelques noms, sans tou-
cher aucunement au reste des formules.
Une lettre du même prince au monastère
','Aniane mentionne dans la suscri])tion les
' ToîTic II, p. 177; article da M. Thoniassy.
' Preuves, col. 8i^
frères de Gellone'; cet acte provient aussi
du cartulaire d'Aniane. Dans cette lettre,
l'empereur donne aux moines d'Aniane des
conseils sur leur conduite, approuve l'é-
lection par eux faite de l'abbé Tructesinde,
&, à part ces deux mots de la suscription :
sive Gellone, on ne trouverait pas dans tout
l'acte un seul mot qui rappelle ce monas-
tère. Bien plus, l'empereur emploie dans
tout le cours de son épître le singulier 8c
non le pluriel : locus iste, monasterii, idem
monasterium. L'interpolation semble ici ab-
solument certaine.
Trois autres diplômes de confirmation,
deux de Louis le Pieux, l'un de 822', l'au-
tre de 837', & un de Charles le Chauve de
853*, donnent lieu aux mêmes remarques
que celui de 814. Tous ces actes provien-
nent du cartulaire d'Aniane.
Nous avons dit que tous présentent des
interpolations, sans pourtant qu'on puisse
les accuser de n'être pas authentiques dans
le reste de leur texte. Voyons si des actca
contemporains, complètement authenti-
ques cette fois, viendront confirmer notre
supposition. Remarquons d'abord que jus-
qu'au milieu du onzième siècle, la liste
des abbés de Gellone est à peu près com-
plète, & que nous ne savons pas qu'un
seul ait eu besoin de l'autorisation de celui
d'Aniane pour exercer son autorité. En ou-
tre, la pancarte de Juliofred, abbé de Gel-
lone, dressée vers l'an 806, ne parle pas de
cette suprématie d'Aniane & le diplôme de
Louis, roi d'Aquitaine, donné en 807, n'en
dit pas non plus un seul mot. Deux diplô-
mes pour Aniane, de 814, accordés à saint
Benoît, ne la mentionnent nullement & ne
donnent pas à cet abbé le titre d'abbé de
Gellone '^5 de même pour un autre diplôme
de 8i5®. Tous ces actes paraissent cependant
pour le moins aussi authentiques que ceux
que nous avons analysés plus haut. Nous en
conclurons donc que les moines d'Aniane,
dans le but de soutenir leurs prétentions,
' Preuves, col. I 36.
' Preuves, col. 141 .
' Preuves, col. 20 r.
^ Preuves, col. 290,
' Preuves, col. 87 & 89.
*■ Preuves, col. 101,
NiiT r.
119
566 NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC. ■
NOTP,
se contentèrent d'Interpoler un nombre de bable que pour rendre leur sentence en ''^
diplômes suffisant à leur gré & laissèrent faveur de Gellone, les juges apostoliques
aux autres leur rédaction primitive. Nous invoquèrent la tradition orale, le témoi-
ne prétendons pas, bien entendu, que les g"age des anciens du pays,
papes du onzième siècle aient fait toutes Tout ce qui précède n'est guère qu'une
ces remarques. En dehors des bulles dont hypothèse, mais elle a, suivant nous, tou-
leur chancellerie pouvait dans certains cas tes les apparences pour elle, &. si on ne
reconnaître l'authenticité, ils étaient abso- l'adopte pas, il faudra regarder le problème
lument incapables de discerner un faux comme insoluble, les vraisemblances histo-
commis sur un diplôme ancien, on com- riques empêchant d'admettre \^ iustice des
prend facilement pourquoi. Il est pro- prétentions de l'abbé d'Anianc. [A. M.]
::^t^^t^^:^i:^^:^i:^<p:$^:}^^
r r
TABLE GENERALE
DES NOMS ET DES MATIERES
A
I
ABBON (le moine); son poëme sur le sit-ge de Paris
par les Normands, p. 255.
ABBON, comte de Poitiers, pp. 269, 3o2.
ABDELASIS; à quelle époque commença-t-il à gou-
verner l'Espagne? p. i86.
ABDELMËLIK , gouverneur arabe de rE$pagne,
p. 557.
ABD-ER-RAHMAN ou ABDÉRAME AL-GHA-
FEQî, gouverneur arabe de l'Espagnej ses expé-
ditions, sa mort à la bataille de Poitiers, pptiy5,
206, 553, 556, 557.
ABD-ER-RAHMAN, le Lakhmite, gouverneur arabe
de Narbonne, p. 557.
ABOLOMIÉRUS, abbé de Saint-Hilaire de Poitiers,
p. 3o3.
ACFRED II, comte de Carcassonne, fils d'Oliba II,
p. 287; indiqué par erreur par dom Vaissete
comme deuxième du nom, p. 3 12.
ACFRED I ou AIFROI, frère d'Oliba II, comte de
Carcassonne, comte de Razès, pp. 262, 286, 287,
3i3.
ACFRED II, duc d'Aquitaine, comte de Gévaudan
& d'Auvergne, frère de Guillaume III, pp. 262,
287, 3 1 1 ; n'a peut-être pas été comte de Razès,
p. 314.
ACFRED ou EGFRID, comte de Toulouse, ne doi;
pas être confondu avec Wifred ou Acfrcd, pré-
tendu comte de Bourges, p. 299. Voir ECFRID.
ACFRED ou F.GFRID, ancien comte de Toulouse,
possède l'abbaye de Saint-Hilaire de Poitiers,
pp. 3o6, 307.
ACFRED. Voir HUMFRID.
ADALARIC; Charlemagne lui donne une partie
du duché de Gascogne, p. 188.
ADALARIC, comte de Girone, mari de Rofrude,
p. 235.
ADALARD, évèque d'Anis ou du Puy, p. 172.
ADALARD, comte de Châlons-sur-Saône, p. 214.
ADALBERT, duc d'Austrasie ou comte de Metz,
p. 214.
ADALBERT, vassal de Wifred, comte de Cerdagne,
p. 292.
ADALELME, évêque d'Eause, p. 326.
ADALELME ou ALEAUME, fils d'Émenon, comte
de Poitiers, pp. 279, 280.
ADALELME ou ALEAUME, frère de saint Guil-
laume de Gellone, comte de Toulouse, p. 272.
ADALGISUS, évêque d'Autun, abbé de Saint-Julien
de Brioude, p. 3 10.
ADALINDE, fille de Bernard II, comte d'Auvergne,
femme d'Acfred ou Aifroi , comte de Razèî,
pp. 262, 286, 3 13.
ADANE, religieuse à Farcmoustiers, fille d'Hildc-
brand, comte d'Autun, p. 278.
ADEFONSUS, vicointe dans le Roussillon, en 83i,
p. 193.
ADÈLE, fille d'Edouard, roi d'Angleterre (du
royaume anglo-saxon), p. 261.
168
TABLE GENERALE DES NOMS ET DES MATIERES.
ADÈLE, cousine &. femme de Waïfre, duc d'Aqui-
taine, p. 188.
ADÈLE, fille de RoHon, duc de Normandie (?),
troisième femme d'Eble, comte de^Poitiers, mère
de Guillaume Tête d'Eioupe & d'Eble, évéqiie de
Limoges, p. 265.
ADELINDE, sœur de Guillaume le Pieux. Fo'tr
ADALINDE.
ADEPHONSE. Foir ALPHONSE.
ADHEMAR, comte de Poitiers, fils d'Emenon; er-
reurs des auteurs de l'Art de vérifier les dates à
son sujet, pp. 279, 3o8.
ADHEMAR, comte ou vicomte deTurenne, p. 365.
ADIETUAN, roi ou chef des Sotiates, p. 427.
AoMiNiSTRATiON PUBLIQUE dnns les provinces ro-
maines, pp. 404, 455.
ADOYRE, femme d'Antoine, vicomte de Béziers,
p. 188.
ADRIEN IV; bulle de ce pape pour La Grasse,
p. 564.
ADROARIUS (diplôme suspect pour), pp. 56o, 56 1;
autre diplôme inédit pour le même, pp. 56 1,
note.
Adulx, montagne sur les limites de la Narbon-
naise, p. 22.
AeCE, général romain, p. 522.
vEGIDIUS, général romain, p. 524. Toir GILLES.
vEMILIUS LEPIDUS (M), proconsul de la Nar-
bonnaise, p. 428.
vtTHERIUS, n'a pas été évêque de Maguelonne,
p. 5i.
/Ethiopes, nom donné aux Africains par les géo-
graphes anciens, p. 377.
AGAMÉDÈS, fils d'Erginus, l'un des deux archi-
tectes du temple de Delphes, p. 382.
AGANE, fille d'Acfred, comte de Bourges, & d'Oda,
p. 227.
AnoE; n'est pas comprise dnns la Notice des cités
des Gaules, p. 121; livrée à Pépin par Ansé-
mond, p. 554.
— (comtes d') et de Béziebs, sous les carolingiens,
pp. 269, 3 i5.
— (concile d'), tenu en 5o6, p. 121.
AcENAis, faisait partie de la deuxième Aquitaine,
p. 123.
ytger puhl'icus, sens de cette expression; manière
dont on en faisait l'attribution aux habitants
d'une colonie romaine; témoignage des anciens
auteurs, p. 409.
S AGGRÈVE, évêque du Puy, p. 180; ses actes,
p. 174.
AGIULPHE, archevêque de Bourges, pp. 326, 348.
S. AGNAN, évêque d'Orléans, p. 328; dans le Midi
saint Chinian.
AGOBARD, archevêque de Lyon, p. 352.
AGRIPPIN, comte romain, gouverneur de la Nar-
bonnaise; époque à laquelle il livra Narbonne
à Théodoric II, pp. i 18, 524,
AGRIPPIUS, évêque de Viviers, p. 54.
AGUIRRE (cardinal d'); critique de plusieurs
pièces qui se trouvent dans m collection des
conciles d'Espagne, p. 193.
AIFROI. Voir ACFRED, comte de Razès.
AIGUIFRED. Voir HUMFRID.
S. AIGULPHE, évêque de Metz, p. 148.
Aime, autrefois Axima, village vers les sources de
l'Isère, p. 72.
AlULF, roi des Suèves, p. 524.
A IX; ses évêques furent-ils soumis aux évêques
d'Arles? p. 141 .
Aix-L,\-CiiArP.LEE (assemblée d'), en 837; partage de
l'Empire qui y est décidé, p. 353.
Alains; occupent sous Aëce les pays situés entre
la Loire & le Rhône, p. 95; cantonnés sur la
rive droite de la Loire, p. 523.
ALAHOR, gouverneur d'Espagne. Foir AL-HORR.
Alaon, monastère du diocèse d'Urgel, p. 187.
— (charte d'), pp. 189, 191, 192.
— (charte dite d'), publiée par le cardinal d'A-
guirre, p. 187; sur son authenticité, pp. 189,
191 , 192 ; M. Fauriel en fait à tort le fondement
de son Histoire de la Gaule méridionale^ p. 197;
sa langue; le but que s'est proposé son auteur;
preuves de sa fausseté; erreurs historiques qu'elle
renferme, p. 198; personnages qu'elle a inven-
tés; personnages empruntés par elle à l'histoire,
p. 199; son histoire, p. 2co; quel peut être l'in-
venteur de cette charte? p, 2o3; à quelle époque
a-t-elle dû être fabriquée? p. 204; il y a tout
lieu de croire qu'elle est l'œuvre du faussaire
Tamayo Salazar, p. iSp.
ALARIC I, roi des Visigoths, époque de sa pre-
mière entrée en Italie, p. 020; sa seconde inva-
sion en Italie; sa mort, p. 52 1.
ALARIC II, roi des Visigoths, p. 525; époque de
son entrevue avec Clovis, p. i3i; durée de son
règne & époque de sa mort, pp. i33, 134.
ALARIC, comte d'Ampurias, pp. 277, 32o, 32 1.
ALBE, sœur de saint Guillaume de Gellone, p. 272.
Ai.i;e; il est difficile de bien établir l'époque de la
translation du siège d'AIbe à Viviers, p. 55.
Am!i, n'appartenait pas aux Visigoths à l'époque
du roi Wamba, p. 182.
AiiiiGEois; ce pays a-t-il été conquis par Théo-
doric sur les Français? pp. i37, 145.
ALCIME, fille de Sidoine Apollinaire, p. 134.
ALDANE, épouse de Théodoric, mère de saint
Guillaume de Gellone, p. 272.
ALDEGONDE, femme d'Eckard, comte d'Autun,
p. 278.
ALDRIC, archevêque de Sens, p. 348.
ALEAUME. Foir ADALELME.
ALEDRAN, marquis de Gothie & comte de Barce-
lone, pp. 232, 235, 274, 3i8; n'était pas mar-
quis de Gothie, p. 317.
Ai.ET, abbaye; époque de sa fondation, pp. 235,
335, 338,
ALEXANDRE II, pape, p. 564.
ALEXANDRE, moine de Toulouse, adversaire de
Vigilance, p. 88.
AL-HORR, ALAHOR ou EL-HAUR, chef arabe;
son expédition en Septimanie, pp. i85, 552,
555.
Allia (bataille de 1'), p. 435.
TABLE GENERALE DES NOMS ET DES MATIÈRES.
Ai.i.EMANOS OU Vandai-hs; époque de leur invasion
sous les ordres de Crocus, p. 88.
Am'KS; les anciens appelaient ainsi les montagnes
d'Europe; Fortunat donne ce nom aux Pyré-
nées & aux montagnes d'Auvergne, & l'Astro-
nome aux Cévennes, p. S^.
— CoTTiHiNNES, appartenaient à l'Italie, p. 22.
— GnECQiES ou Penmnes, p. 76; leur province
ecclésiastique n'a jamais dépendu de l'ancienne
Narbonnaise, p. 107.
— MAr.iTiMHS; il faut distinguer deux provinces
de ce nom, l'une érigée par Auguste & l'autre
par Constantin, p. 76; cette province subsistait
longtemps avant le milieu du quatrième siècle,
p. 108; elle faisait partie des Sept provinces,
p. I 20.
Ali'S, époque de la destruction de cette ville, p. 94.
A 1,7,0 N, canton de l'arrondissement du Vigan
(Gard), p. i5o.
AMALARIC, roi des Visigoths; époque de son rè-
gne; sa mort, pp. 14.'), 144, 525.
5. AMAND, évéque de Maëstricht, abbé d'Elnonc,
pp. 148, 189.
AlMAND, duc des Gascons, pp. 187, 189; cité dans
la généalogie d'Eudes, p. 188.
S. AMANS, évêquc de Rodez; a-t-il été évéque de
Lodèvei' pp. 5o, 5i.
AMANTIA, épouse de Sérénus & mère de Gisèle,
citée dans la généalogie du duc Eudes, pp. 188,
189.
S. AMANTIUS, évêque d'Avignon. To/V AMATIUS.
S. AMARAND , martyr; son tombeau à Vieux,
p. 182.
— translation des reliques de saint Amarand,
saint Eugène, &c, en 1494, p> i33.
AMARVAN, duc de Saragosse, p. 188.
S. AMATIUS, évêque d'Avignon, pp. 54, 90; ses
actes mentionnent Félix qui aurait été le pre-
mier évêque de Nimes, p. 49.
AIMHIGATE, roi des Bituriges, p. 484; étendue de
ses Etats, p. 3.
AMRIZA, AMBESSA-ou ANBASA BEN SOHAÏM,
chef arabe, gouverneur de l'Espagne, p. i85;
histoire de son gouvernement, pp. 553, 556;
assiège Carcassonne cinq ans après le siège de
Toulouse par Zama, p. 204.
AMÉ, créé patrice par Contran, roi de Bourgogne,
à la mort de Celse, p. 157.
A.MICUS, comte de Maguelonne, pp. 269, 3i5.
AMOR , chef arabe envoyé en Gaule par Okba,
p. 554.
AMPELIUS, évêque qui souscrit, en 38i, le con-
cile de Saragosse, mais dont le siège n'est pas
marqué, p. 53.
Jmpclus, ville à la limite occidentale de la Ai-
•fuaxuT^, p. 38 1 .
AiMPURiAS (comté d'), pp. 235, 277; uni à la Mar-
che de Toulouse, p. 270.
ANANFRED. Voir HUMFRID.
AVASTASE, empereur, en guerre avec Théodoric,
•1. i!i6.
569
ANASTASE LE BIBLIOTHÉCAIRE; discoMion iur
un passage de cet auteur relatif aux invasions
arabes, pp. i85, 1 86.
A.NATiLiENS; situation du pays occupé par ces peu-
ples, p. 99; ils n'étaient m Narbonnais, ni Aré-
comiques, p. 99.
ANAXICRATE, archonte d'Athènes, p. 12.
ANBASA-BEN-SOHAÏM, gouverneur arabe de l'Es-
pagne, f^oir AMBIZA.
ANCHIGISE, fils de saint Arnoul, père de Pépin
d'Héristal, p. 190.
ANDROSTHÈNES , élève d'Eucadmus, sculpteur
grec, travaille au temple de Delphes, p. 388.
A.NGOiJMOiS; fait partie de l'Aquitaine deuxième,
p. 123.
Amane, abbaye, p. 3i5.
— discussion sur quelques diplômes royaux pro-
venant des archives de cette abbaye, pp. 564 &
suiv.
— (annales d'); leur valeur, leur source, p. 55i;
détails qu'elles fournissent sur les irruptions des
Sarrasins dans les Gaules, pp. 204, 2o5.
Anic'ium, Ams ou le Ply, ville du Vêlai, p. 171;
existait pendant la période gallo-romaine,
p. 181; était différent de Vellava, d'après Gré-
goire de Tours, p. 177.
— (évêques d'); depuis quelle époque ce titre fut-il
porté par les évéques du Puyi" p. 172.
ANNE, fille de Béra, comte de Razès, & de Ro-
trude, p. 3i8.
ANNE, fille d'Alaric, comte d'Ampurias, & de Ro-
trude, p. 322.
ANNIBAL, rencontre les Volkes entre les Pyrénées
8c le Rhône, p. 486; à quel endroit a-t-il passé
le Rhônei' pp. 17, 18, 19.
ANNIUS, lieutenant de Sylla, p. 428.
ANSCHERIC, évêque de Paris, chancelier sous
Charles le Simple, p. 563.
ANSEMOND, chef goth, livre la Septimanie à Pé-
pin, pp. 211, 554.
ANSEMOND, prend le titre de vidame & de vi-
comte, en 843, dans une charte de Girone,
p. 193.
ANTHÈME, empereur d'Occident, pp. 117, 520.
Antibes, ville appartenant aux Décéates, p. 78;
l'évêque de cette ville ou son délégtfé assiste au
concile d'Agde, en 5o6, p. 121.
ANTIPATER, succède à Méléagre, comme roi de
Macédoine, p. i3.
ANTOINE, vicomte de Béziers, p. 188.
S. ANTONIN, martyr en Gaule; causes qui peuvent
le faire confondre avec saint Antonin, martyr
de Syrie, p. 62; s'il a été martyrisé dans les
Gaules ou à Apamée, en Syrie? p. 59; noms de
ses compagnons, p. 63.
S. ANTONIN, martyr en Syrie; raisons qui peu-
vent le faire confondre avec le précédent, p. 62.
ANTRICUS, prétendu comte de Querci, p. 365.
AONULF, chef visigoth, p. 322.
Apam'iae, Voir Pamieus.
APOLLINAIRE, nom de famille d« l'évéqu* de
Clermont, Sidoine, p. 134.
570
TABLE GÉNÉRALE DES NOMS ET DES MATIÈRES.
APOLLONIUS, comte d'Agde, p. 3i5.
APPELLIUS, évêqiie d'Elne, p. 53.
Aquitaine; pays qui portaient ce nom au qua-
trième siècle, p. 83; étendue que lui donne à
tort dom Vaissete, p. 267; les Visigoths s'y éta-
blissent, p. 522; elle est conquise par les Francs
& les Bourguignons, p. 525; ses limites sous les
mérovingiens, p. 269; au huitième siècle elle
aurait été le domaine des descendants de Chari-
bert, & au neuvième celui des descendants de
saint Guillaume de Gellone, p. 267; ses limites
après le partage fait par Charlemagne à Thion-
ville, en 806, p. 270 ; modifications qu'elle subit
lorsque Louis le Débonnaire associe Lothaire à
l'Empire, p. 270.
— (monnaies de 1'), p. 425.
— (royaume d'); ses comtes, ses ducs & ses mar-
quis, note rectificative, p. 267; ses divisions sous
lescarlovingiens, pp. 268, 269, 270, 271; époque
où il fut séparé de la Septimanie, p. 843; réuni
à la monarchie sous Louis le Bègue, p. 271; les
fonctions du gouvernement y sont confiées à des
hommes de race franque, p. 269.
— (duché d'), pp. 169, 2i5 & suiv.; sa division
en deux duchés, pp. 252, 267; n'a pas eu lieu
après le traité de Fleuri- sur-Loire, ainsi que
le dit dom Vaissete, p. 3o6.
— (duc d'); ce titre aurait été synonyme de celui
de duc de Toulouse, p. 267; titre porté par
Guillaume Tête d'Étoupe, p. 283.
— (ducs d'), pp. 214 & suiv.
— (ducs d'une partie de 1') depuis GuillauiQe le
Pieux, p. 262.
— (comtés en), au nombre de neuf; leur organi-
sation, p. 269.
— (Deux) comprises dans les Sept Provinces,
p. 120.
— Deuxième cédée aux Visigoths par Constance
au nom d'Honorius, pp. ii3, 122, 120.
— Neustkienne, p. 169.
AnABES; note sur leurs invasions dans le Langue-
doc, d'après les historiens occidentaux & orien-
taux, pp. 549 & suiv.; sources chrétiennes de
ces événements, pp. 549, 55o. Foir Sarrasins.
Aragon, royaume, p. 202.
— (rois d'); leur origine, p. 288.
ARCAXANES,*tribu ligurienne, p. 378.
ARBERT-BENOIT, fils de Raimond I, comte de
Toulouse, pp. 364, 369.
ARBORIUS, envoyé de Théodoric II en Espagne,
p. 116.
ARCANUS (jEmilius), duumvir de Narbonne sous
Adrien, p. 47.
ARCONTIUS, évêque de Viviers, p. 04.
ARDULFUS, évêque de Viviers, p. 54.
Arécomiques, l'une des deux grandes tribus des
Volkes, p. 436; étendue de leur pays, p. 32;
ont-ils jamais été soumis aux Marseillais? p. 43 ;
division de leur pays en pagi ou bourgades,
p. 414.
— monnaies d'argent & de bronze émises par ce
peuple, pp. 490 & suiv.
— (monnaies faussement attribuées aux Volkes),
pp. 5i8, 519.
AREMBERGE, première femme d'Èble, comte de
Poitiers, p. 283.
Argent (monnaies d'), attribuées faussement aux
Volkes Tectosages, p. 5 18.
ARGILA ou ARGILLA, comte de Razès, fils de
Béra & père de Béra II, pp. 277, 3i3.
ARIBERT, archevêque de Narbonne; époque de
son épiscopat, p. 340.
ARIBERT, roi de Toulouse. Foir CHARIBERT.
ARIBERTUS ou HÉRIBERT, fils de saint Guil-
laume de Gellone, p. 272; a les yeux crevés,
p. 273. Foir HÉRIBERT.
Arisica (vicaria) , comprenait probablement toute
la vallée de l'Arre, p. i5o.
Arisitensis pagus, -p. 146.
— vicus, pp. 144, 149; siège d'un évêché au sixième
siècle, d'une viguerie carlovingienne au neu-
vième, répond à la partie occidentale de l'arron-
dissement du Vigan (Gard), p. i5o.
Arisitum. ou Arisidum, évêché érigé au sixième
siècle par les rois d'Austrasie; conservé jusqu'à
la fin du septième siècle sous la dépendance de
l'église de Metz, pp. 148, 149.
AuLES; si elle fut la métropole des Cinq Provinces
avant de l'être des Sept? p. io5; le siège du
préfet des Gaules y était établi dès le commen-
cement du cinquième siècle, p. 104; assiégée
par les Visigoths, p. 522; est assiégée de nou-
veau par les Visigoths, p. 624; époque du siège
de cette ville par Théodoric, roi des Visigoths,
p. 1 16; est prise par les Visigoths; Euric meurt
dans cette ville, p. 525; à quelle époque les
Français l'ont-ils assiégée? p. i3p; livrée aux
Arabes par Mauronte, p. 554.
— (évêques d'); leur juridiction sur les provinces
des Alpes maritimes & grecques, p. io5.
Arles (abbaye d') , rétablie par Miron, comte de
Roussillon, pp. 240, 292.
ARMENT AIRE, évêque d'Embrun, déposé au con-
cile de Riez de 439, p. 106.
ARNAUD DE VERDALE, évêque de Maguelonne,
p. 223.
ARNAUD, comte d'Agde & de Béziers, p. 3i5.
ARNAUD, comte de Razès vers 949, p. 264.
S. ARNOUL, évêque de Metz, pp. 167, 190.
ARNOULT, régent du royaume d'Aquitaine pen-
dant la minorité de Louis le Débonnaire, p. 269.
Arrian, château dans le Gonflent ou le Roussil-
lon, p. 239 Arria. [Pyrénées-Orientales)^ arr. de
Perpignan.
Arsat; cet évêché aurait été créé par les Visigoths,
p. 147; son histoire, pp. 146, 147.
ARSINDE, femme d'Arnaud, comte de Carcassonne,
pp. 287, 3i3.
ARSINDE, femme de Borrel, cinquième fils de Wi-
fred le Velu & comte d'Ausone, p. 291.
Arssaguez {pagus Arisitensis), pays compris dans
le Rouergue, p. 146; ce pays na jamais existé
& a été imaginé par dom Faissete a la suite d'une
fausse lecture de la charte en (Question. En réalité
le texte, qui est en langue vulgaire, porte Laissa-
GUEZ, pays de Laissac (Aveyron) , arr. de Millau.
Foir le texte au tome VIII, à l'an 1207.
TABLE GÉNÉRALE DES NOMS ET DES MATIÈRES.
J71
ARTALGARIUS, comte des Marches de Gascogne,
pp. 188, 190.
ASINARIUS, vicomte de Louvigni 84 de Soûle,
pp. I 88, 19!.
ASPASIUS, père de sainte Carissime, p. i33.
AsTARAC, comté en Gascogne, p. i5i.
ASTRONOME (1'), surnom donné à l'auteur ano-
nyme de la Vie de Louis le Débonnaire; cité 8t
critiqué, pp. 191, 269, 270, 271.
ATAULPHE, roi des Visigoths, p. 52 1; époque de
sa tentative sur Marseille, p. 95; il épouse Pla-
cidie; se rend maître de Toulouse, pp. 96, 52 1;
date de sa mort, p. i 17.
Atax, rivière, p. 38 ij Aude.
— modifications apportées dans le cours de ce
fleuve par les travaux d'art des Romains,
pp. 527, 528.
ATHAl^AGILDE, roi des Visigoths, p. 147.
ATTALE, empereur, p. 52t.
ATTILA, roi des Huns, p. 523; sur quelques cir-
constances de son invasion en Gaule, p. it3.
Attilian (concile d'), en 902, p. 238.
AUCUPA. Fb/VOKBA.
AUDIBERT (l'abbé); attribue trop d'importance à
la date des monnaies trouvées à Vieille-Tou-
louse & à Toulouse, pour fixer la date de la
construction de ces deux villes, pp. 537, 538.
AUDIGIER, chanoine de Clermont, auteur d'une
histoire manuscrite d'Auvergne, p. 178.
AULUS ou AVOLUS, évêque de Viviers, p. 54.
AURÈLE, évêque de Vêlai ou du Puy, pp. 171,
173, 177.
AURÉOLE, AURIOLE, fils d'Alaric, comte, com-
mande dans la Marche d'Espagne, pp. 322, 373.
AURIA, femme de Centulpbe, comte de Béa m,
p. 188.
Aluillac, château, p. 280.
— (abbaye d'), p. 258.
AURIOLE, fils d'Alaric, comte de Roussillon, &
de Rotrude. Voir AUREOLE.
AusoNE; son église, p. 319.
— (évéché d'), rétabli par Wifred, p. 241.
— (comté d'), p. 234; uni à la Marche de Tou-
louse, p. 270.
AUSTÉRIUS, évêque de Périgueux, p. 167.
S. AUSTINDE, archevêque d'Auch, p. i5i.
AUSTROVALDE, duc de Toulouse, p. 216.
AuTUN, brûlé par les Arabes en 725, pp. 2o5, 553.
— (comtes d'), de 796 à 921, p. 3oo; leur his-
toire est fort obscure de 827 à 864, p. 3oi.
Auvergne; est, en 473, la seule province des Gau-
les entre la Loire, le Rhône & les Pyrénées qui
n'appartienne pas aux Visigoths, p. i23; épo-
que où les Visigoths s'en emparent, p. 120;
a-t-elle'été cédée à Euric, roi des Visigoths, par
l'empereur Nepos, ou ce roi s'en est-il emparé
de vive force? p. 129, est soumise par Thierry,
fils de Clovis, p. 137; les Saxons y passent en
retournant d'Italie en Allemagne, p. 157.
— (comtes d') sous la seconde race, pp. 246, 247.
3o8.
— antien nom de la ville de Clermont, p.
92.
AuxERnB; son municipe était divisé en deux cir-
conscriptions, p. 416.
AuxolS, ajouté à l'Aquitaine par le partage de 806,
p, 270.
AUXONIUS ou AUXANIUS, évêque de Viviers,
F- 54-
AvALONNAis, ajouté à l'Aquitaine par le partage
de 806, p. 270.
Avantici, peuple des Alpes maritimes, réuni à la
Niirbonnaise par Galba, p. 74.
AVE, abbesse de Sauxillange, sœur de Guillaume
le Pieux, p. 3io.
AVE, religieuse, fille de Bernard II, comte d'Au-
vergne, p. 286.
AVE, femme de Guifred, comte d'Ampurias & de
Roussillon, p. 294.
AVE, femme de Miron, comte de Besalu, fils de
Wifred le Velu, p. 290.
AVE, femme de Guifred, comte de Roussillon,
p. 321.
AvENCHES, ville de Suisse, fait partie de la Séqua -
naise, p. 107; était, avant sa destruction, la mé-
tropole ecclésiastique des Alpes grecques, p. 107.
AVITUS, préfet des Gaules, p. 523 j élevé à l'em-
pire par les Visigoths, p. 524.
AVITUS, parent de Sidoine Apollinaire, p. 122.
Avignon, livrée aux Arabes par Mauronte, reprise
par Charles Martel, pp. 554, ^^7»
Aximci, aujourd'hui Aime, village vers les sources
de l'Isère, p. 72.
AYMAR, premier abbé de Figeacj époque de sa
mort, p. 368.
B
BADDON, épouse légitime de Reccarède, doit être
mère de Liuva II, p. 161.
BADERA, p. 547.
Bages (étang de), p. 527 (Aude), arr. de Narhonnc.
Bagsols, p. 32 1 ; Banyuls'des-Asprcs (^Pyrénées-
Orientales), arr. de Céret,
BALUZE; erreurs de cet auteur au sujet des comtes
d'Auvergne, p. 248, & de Bernard, fils d'Ac-
fred I, comte de Razès, p. 014.
Banyuls (col de), p. 432.
Barcelone; tombe au pouvoir des Visigoths,
p. 521; époque du siège de cette place par Louis
le Débonnaire, p. 329.
— (comté de), uni à la Marche de Toulouse,
p. 270.
— (Marche de); ses comtes & ses marquis, p. 3 18.
— (comtes héréditaires de), pp. 214 & suiv., 237;
erreur des Bénédictins qui prétendent que le
titre de comte de Barcelone & celui de marquis
de Septimanie ont toujours été synonymes,
p. 3i5.
— (concile de) de 906, pp. 241, 290.
BARTHÉLÉMY, archevêque de Narbonne, pp. 32(5,
348, 349.
L'asseua, montagne dans le comté de Razès, p. 314.
5/2
TABLE GÉNÉRALE DES NOMS ET DES MATIÈRES.
Bassin n'on, promis par Sésenand, roi des Visi-
goths, à Dagobert, p. 171.
BAUDEMONT, disciple de saint Amand & auteur
de sa Vie, p. 1 89.
BAUDOIN, évèque d'Albi en 844, p. 2^4.
S. BAUSILE DE NIMES 5 monastère construit sur
son tombeau, p. i33.
Bautices (Saint-Mat-tin de), église, pp. 294, 32i.
Bazas, assiégée par les Visigoths, p. loi.
Bi-.MiLinu, abbaye, pp. 3o8, 364, 365; époque de
sa fondation, pp. 36ô, 366.
EÉnnYCES de Bithynie, en Asie, pp. 3o, 3i.
Béuuyces ou Bf.nr.YKF.S, peuples qui auraient ha-
bité les environs de Narbonne jusqu'aux Pyré-
nées; auteurs qui en parlent, pp. 3o, 3i, 278;
témoignages des auteurs anciens au sujet de ce
peuple; son origine, p. 378.
BÉBRYX, fille de Danniis, p. 3o.
BELGI, chef arabe en Espagne; réponse à une
observation de M. d'Hermilli qui lui est rela-
tive, p. 372.
BF.i.i.rGAr.DE (fort de), p. 431.
BEI.LOVÈSE, neveu d'Ambigate, pp. 38o, 38 1,
434 ; pays qu'habitèrent les peuples qui l'ac-
compagnaient, pp. 4, .5 & suiv.; portée & sens
des traditions qui lui sont relatives, pp. 38o,
33 r.
BENCION, comte d'Ampurias, p. 322.
BENCION, comte de Carcassonne, successeur d'O-
liba II, pp. 263, 287, 3i2.
BENCION, fils de Suniaire II, comte de Roussillon,
pp. 294, 32 I .
BENOIT I, pape, p. 1.06.
S. BENOIT, abbé d'Aniane, pp. 190, 564.
BÉRA, abbé de Saint-Chinian, p. 328.
BEIlA, Goth de naissance, marquis de Septimanie
& comte de Barcelone, pp. 223, 233, 276, 3i6,
3i8; erreur des auteurs de l'j4rt de vérifier les
dates au sujet de ce marquis, p. 3 16.
BERA I, comtï de Razès, fondateur de l'abbaye
d'Alet; sa généalogie d'après les Bénédictins,
p. 338; était probablement fils de saint Guil-
laume de Gellone, p. 273; est différent de Béra,
comte de Barcelone, p. 3r3.
BÉR.A II, fils d'Argila, comte de Razès, pp. 277,
3i3.
BÉRARTUS, archevêque de Narbonne, p. 191.
BÉRENGER, évèque d'Elne, fils d'Oliba Cabreta,
pp. 292, 321.
BliUENGER, comte ou duc de Toulouse, p. 222;
remplace pendant quelques mois Bernard, duc
de Septimanie, pp. 234, 3 16 ; époque de sa mort,
p. 3f)2 ; fils de Hugues, comte de Tours, p. 297;
faut-il l'identifier avec le comte de Vêlai du
même nom? p. 297.
S BERNARD, archevêque de Vienne, pp. 178,352.
BERNARD, roi d'Italie, pp. 344, 345.
BERNARD I, duc de Septimanie, pp. 214, 223,
234, 252, 272, 3 18; n'a exercé aucune fonction
dans la Marche de Toulouse, p. 298; époque de
sa mort, pp. 225, 226; erreur des Bénédictins
au sujet de ce personnage; sa mort, p. 3 16.
BERNARD II, fils de Dodane, marquis de Gothie,
pp. 242, 244, 245, 246, 274, 317; peut avoir
été comte d'Autun, p. 3oi; sa révolte; est tué
par Bernard, fils de Blichilde, p. 270; sur-
nommé le Veau, p. 285.
BERNARD III PLANTEVELUE, marquis de Go-
thie, p. 3 17; deuxième du nom comme comte
d'Auvergne, pp. 240, 246, 249, 25o, 285, o3r;
père de Guillaume le Pieux & mari d'Ermen-
garde, p. 242.
BERNARD, marquis de Gothie, fils de Bernard 2c
de Blichilde, p. 242.
BERNARD, fils de Letgardou Liutgarde, confondu
à tort avec Bernard, fils de Dodane, p. 275;
serait père de Nortbert, évèque de Vêlai, p. 172.
BERNARD I, comte d'Auvergne, pp. 246, 3c9;
marié deux fois, p. 284.
BERNARD II, comte d'Auvergne. Fo'ir aux mar-
quis de Gothie.
BERNARD TAILLEFER , comte de Besalu, filî
d'Oliba Cabreta, p. 292.
BERNARD, fils de Blichilde, p. 275; un instant
duc de Gothie, en 864; a-t-il été comte de Poi-
tiers!* erreurs de dom Vaissete & des auteurs de
l'Art de vérifier les dates à son sujet, p. 3o5; ne
laisse pas de postérité; appelé Bernard II par
dom Vaissete, p. 280; généalogie de Bernard,
comte de Poitou, p. 280; possesseur du comté
d'Autun, après la mort de Bernard, fils de Do-
dane, p. 3o2.
BERNARD, comte des Marches de Gascogne,
p. 188.
BERNARD, comte de Poitou, père d'Emenon,
p. 3o5.
BERNARD, comte de Toulouse, fils de Raimond J,
p. 3oo; a possédé le Querci après son père,
p. 368; comte de Toulouse & probablement de
Rouergue, p. 069; époque de sa mort, pp. 370,
37'-
BERNARD, frère d'Emenon, comte de Poitiers,
mari de Blichilde, p. 279; sa mort, p. 280.
BERNARD, fils d'Acfred I, comte de Carcassonne,
& d'Adelinde, pp. 287, 814.
BERNON, trésorier de Saint-Martin de Tours,
p. 254.
Berre (bataille de la), gagnée par Charles Martel
sur les Arabes, p. 554.
BERTHE, sœur de saint Guillaume de Gellone,
p. 272.
BERTRAND III, abbé de Castres, p. i83.
BERTRAND, frère de Boggis, duc d'Aquitaine, cité
dans la généalogie d'Eudes, pp. 168, 187, 188,
189, 190.
Besalu (comté de), p. 241 ; uni à la Marche de
Toulouse, p. 270.
BESSE, a découvert ou inventé l'épitaphb de l'abbé
Citruin, p. 1 83.
BtziEr.S; origine probable de cette ville, p. 436;
colonie romaine, époque de sa fondation,
p. 438; époque à laquelle les Visigoths s'en em-
parèrent, p. 1 19; indiqué comme évéché par la
Notitia civitatum, p. 121 j livré à Pépin par
Ansémond, p. 054.
TABLE GENERALE DES NOMS ET DES MATIÈRES.
BtziERS (monnaies attribuées à), pp. 5iz, 5i3,
•■'I4-
— son territoire est indiqué par plusieurs chartes
carlovingiennes , comme étant dans le suhur-
bium d'Agde, p. 3i5.
— (comtes de); on ne connaît le nom d'aucun
comte de Béziers pendant la période carlovii^-
gienne, p. 3 i j.
— (concile de); ce concile hérétique est préside
par Saturnin, évêque d'Arles, p. 77.
B'iltcrrae Scptimanorum , p. 119.
Bi(;oiiKE (comté de); était un fief de Notre-Dame
du Puy, pp. 173, 177.
HLANDIN, comte d'Auvergne, p. 21 3.
Bi.AYE, assiégée par Charles Martel, p. 196.
lîLTCHILDE, fille de Roricon I, comte du Maine
& nièce de Gauzbert, femme de Bernard, frère
d'Émenon, comte de Poitiers, pp. 243, 280.
Bod'tontici, tribu des Liguriens Chevelus, p. 73; ne
sont point différents des Sentii de Ptolémée,
P- 74-
BOETIUS, le plus ancien évêque de Maguelonne
connu & probablement le premier de cette ville,
lîOGGIS, duc d'Aquitaine &. de Gascogne, cité
dans la généalogie d'Eudes, pp. 168, 187, 188,
189, 190.
EoiENS; ont pris part aux expéditions des Tectc-
sages; ont occupé la Bohême; sont-ils les mêmes
que les Tolistoboges? p. 8; vaincus par César,
en même temps que les Helvétiens, leurs alliés;
pays qu'ils ont occupés en Gaule après César,
p. 8; autres peuples qui portaient ce nom,
p. 8; leurs colonies en Italie & en Germanie,
p. 9; sont vaincus par les Romains, p, 12.
BoLGES, peuple d'Irlande, p. 436.
S. BONIFACE, pape, rétablit l'église de Narbonne
dans ses anciens droits, p. 110.
BONIFACE, comte romain, p. 023.
S. BONIT, évêque de Clermont en Auvergne,
p. 179-
BONNEMIRE, époux d'Ermesinde, p. 290.
BonuEAL'X, métropole de l'Aquitaine deuxième,
p. 123; les Visigoths s'en rendent maîtres après
avoir pris Toulouse, pp. 96, 52 1; l'évêque de
cette ville assiste au concile d'Agde, en ;jo6,
p. 121; pris & pillé par les Sarrasins, pp. 195,
553, 557; assiégé par Charles Martel, p. 196.
— (cimetière des Saulikhes de TEiinE-NicGnE à),
p. 542.
— (concile de), tenu vers 673, p. 182.
BdUDELAiS, fait partie de l'Aquitaine deuxième,
p. 123.
BORREL 1, comte d'Ausone, p. 234; histoire de
sa famille, p. 288.
— (généalogie de la famille de), comte d'Ausone,
p. 293.
r.ORREL II, comte d'Ausone, fils de Wifred le
Velu, p. 290.
BORREL, comte d'Urgel, fils de Sunlaire, devient
comte de Barcelone, pp. 291, 293, 319.
BOSON, marquis de Provence, comte d'Autun,
p. 3o2} roi de Provence, pp. 261, 317.
BOSON, comte de Bourges, p. 256.
BOSON, fils de Guillaume le Pieux, meurt avant
son père, pp. 286, 3ii.
BoLLou, lieu, p. 43 I .
BoLNLAvnou, ruisseau qui se jette dans la Ga-
ronne au port Garaud, à Toulouse, p. 544.
BotnCES (archevêques de); les archevêques de Nar-
bonne ont-ils été soumis à leur primatie? p. 323.
— l'évêque de cette ville assiste au concile d'Agde
en 5o6, p. 121.
Bour.GOU.NE; les Lombards y font une irruption,
p. 157.
BouncuiG.NO.NS, vaincus par Clovis, p. 525.
Braga (^Bracara), ville d'Espagne, prise par Théo-
doric II, pp. I 14, 524.
Buam, lieu du Lauragais; est-ce VEbromagus, où
demeurait saint Paulin? p. 80,
Buan ou Emhixan, sur la Garonne, au-dessous de
Blaye, p, 80.
BRENNUS; a-t-il pillé le temple de Delphes?
pp. 14, i5, 16, 17; défait Antipater en 47;»,
p. ,3.
Brianton, une des villes des Segusiani, p. 72.
Bniou, pays sur la Charente, p. 281.
Br.iouDE (Saint-Julien de), abbaye, pp. 247, 284,
309, 3 I o.
— (comté de) ou du PuY, pp. 265, 286.
BroJiontii, peuples des Liguriens Chevelus, peut-
être les mêmes que les FcsJiantii de Ptolémée ou
les FcJlantii de Pline, p. 73.
Br.o.NZE (monnaies de), attribuées faussement aux
Volkes Tectosages, p. 5 18.
BRUNULFE, oncle de Charibert, p. 164.
Bucii, pays du Bordelais qui aurait été autrefois la
demeure des Boiens, p. 8.
BULL, comte de Vêlai, p. 269.
BURCHARD, duc, père de Gerberge, femme d'Asi -
narius, p. 188.
BURGUNI), comte d'Eause & de Fezensac, pp. 272,
296.
Bt/.E.NS, lieu de l'Arssaguez (^corr, Laissiiguez),
p. 146.
C
CaiîANNES, territoire dans le comté de Pierrelatc,
pp. 294,321.
Cabaruks, petit pays dans le voisinage de Carcas-
sonne; origine de son nom, p. 162.
Caharet, château ; est-ce le Caput Arietis de Gré-
goire de Tours? p. 162.
Cadix, p. 322.
Cadui'.ces, peuples des Gaules, situés en dehors de
la Gallia Braccata, p. 24.
S. CALAIS, vivait peu de temps avant Grégoire de
Tours, p. 90.
CALIXTE I, pape, p. 177.
CALIXTE II, p, 565; bulle de ce pape pour La
Grasse, p. 564.
Camargue, île du Rhône, p. 139.
474
TABLE GÉNÉRALE DES NOMS ET DES MATIÈRES.
CAMiiALECTRES, peuples cités par Pline, se divi-
saient en Agésinates 8c Atlantiqiies, p. 24.
CAMILLE, proconsul d'Afrique ou de la Vien-
noise, p. 110.
Camprodon (Saint-Pierre de), monastère en Cata-
logne, p. 292.
Capcir (le), p. 3i3.
CAPDENIER, riche bourgeois de Castelnaudary ;
son testament, p. 161.
Caput Arlet'is, château sur les frontières de la Sep-
timanie, p. 161 .
Carcasses, appartient aux Visigoths sous le règne
de Reccarède, p. 162.
Carcassonne, pp. 424, 436; époque de la fonda-
tion de cette colonie latine, ses anciens noms,
pp. 449, 45o; ne devient cité épiscopale qu'au
sixième siècle, pp. 53, 121; ses premiers évo-
ques, p. 5i; époque du siège de cette ville par
les Français, p. i36j aurait été prise par le
chef arabe Mousa, pp. 55i, 552, 555; prise par
Ambessa, pp. 553, 556; sa soumission à Pépin,
p. 554.
— (comtes de) sous les carlovingiens, pp. 214 &
suiv., 262, 269, 3 r I, 3 12.
— la viguerie de Cabardès est réunie à celle de
Carcassonne, p. 162.
Caedone, comté, p. 234.
S"' CARISSIME; ses actes, p. i32.
Cass'inogilus, Casseneuil, en Agenais, p. 33o.
Cassotis, fontaine à Delphes, p. 391.
Castella, sens de ce terme, poste militaire, p. 437,
CastELNAUdarY, Castellum novum Arr'i, p. 161.
Castillon, ville du comté de Pierrelate, p. 295.
CASTINUS, général romain, p. 522.
S. CASTOR; est élu évéque d'Apt, p. io3 ; le mo-
nastère fondé par ce saint était-il situé à Nimes
ou aux environs? p. 102.
CATEL; examen de son opinion sur l'étendue de
la Gaule Narbonnaise, pp. 24, 25, 26, 27, 28, 29.
Cattes cités par Tacite; faisaient-ils partie des
peuples des Gaules ou de la Germanie? pp. 4
& 5.
Caturiges, peuples des Alpes Grecques, p. 72; men-
tionnés par Ptolémée comme faisant partie de
cette province, p. 76.
Caunes, lieu sur la rivière d'Argendouble, p. 328.
— abbaye, pp. 290, 3 14, 3 19; son origine, p. 327.
Q. CÉCILIUS MÉTELLUS Cj£LER, n'aurait point
commandé dans la Gaule Transalpine au mo-
ment de la découverte de la conjuration de Ca-
tilina, pp. 42, 43.
S. CÉLESTIN, pape, rend à l'église de Narbonne
ses anciens privilèges, p. no.
CELSE, patrice; date de sa mort, p. 157.
Celtes, peuple, pp. 377, 436; époque où ils attei-
gnent le bord de la mer en Gaule; elle coïncide
avec celle de leurs conquêtes en Espagne, p. 38o;
pays qu'ils habitaient d'après Polybe, Diodore
de Sicile & Strabon, pp. 1, 2; leurs migrations
racontées par Tite-Live, Plutarque & Justin,
pp. 433, 434, 435.
Celtique, nom donné par Hécatée au pays entre
le Rhône & les Pyrénées, p. 38o.
Cent-Fontaines, lieu d'où descend la Noguera,
p. 202.
Centrones, peuple des Alpes Grecques, maîtres de
la Tarentaise, p. 72; indiqués par Ptolémée
comme faisant partie des Alpes Grecques, p. 76.
CENTULLE, fils d'Adalaric, duc de Gascogne,
p. 188.
CENTULPHE, comte de Béa m, p. 188.
Cépian, lieu du diocèse de Narbonne, p. 3 17;
Cépie (^Aude), arr, de Limoux,
Cépière, près de Toulouse, p. 424.
CÉPION; enlève les trésors de Toulouse, p, i5;
dépouille les habitants de cette ville de leurs
libertés, p. 21.
Cerdagne, Ceritan'ia, pays, p. 182.
— (comté de), p. 241.
Céuet, p. 431 {Pyrénées-Orientales).
Cervera (pointe de), p. 432; située, d'après Marca,
sur les limites de la Narbonnaise, p. 27.
S. CESAIRE, évêque d'Arles, a le titre de vicaire
de Gaule 8c d'Espagne, p. 141 ; étendue de ce
vicariat, p. 142.
Cette, en Languedoc; cette ville fut-elle prise par
les Français sur les Visigoths, sous le règne de
Childebert? p. i52.
— (cap de) {S'itius ou Setlus mons), p. 119.
Ceuta, ville d'Afrique, p. i52.
Cévennes; formaient, d'après Catel, la limite de la
Narbonnaise jusqu'à la source du Tarn, p. 22.
S. CHAFFRE, abbé de Carmeri ou du Monastier,
p. 180.
Chalcédoine (concile de), p. iii.
CiiALONNAis, ajouté à l'Aquitaine par le partage
de 806, p. 270.
Chalons (concile de), p. 172.
Chamalièues, abbaye de filles, fondée par Génésîus
dans un faubourg de Clermont, a saint Vosi
pour supérieur, p. 180.
Champlong {corrigei Camplong), alleu dans la Cer-
dagne, p. 289.
CHARIBERT ou ARIBERT, roi de Toulouse, cité
dans la généalogie d'Eudes, pp. 187, 188, 189;
commencement 8c fin de son règne; étendue de
son royaume, p. 162.
CHARLEMAGNE, pp. 188, 190, 193, 270; érige le
royaume d'Aquitaine en faveur de Louis, son
fils, p. 268; sa vénération pour l'église du Puy,
p. 172; discussion sur un diplôme de ce prince
de l'an 806, pp. 558, 559; une bulle de 1118
lui attribue faussement la fondation de La
Grasse, p. 563.
CHARLES MARTEL, maire du palais; ses expé-
ditions en Aquitaine, p. 190; sa guerre contre
les fils d'Eudes, p. 196; invasions des Sarrasins
sous son gouvernement, p. 204; les bat devant
Poitiers, pp. 543, 557; expédition de ce chef
dans le Languedoc, pp. 554, 557.
CHARLES LE CHAUVE, concurrent de Pépin II
au royaume d'Aquitaine, p. 253; conclut en 845
le traité de Fleuri-sur-Loire, p. 271; faisait-il
partir les années de son règne de l'an 837?
p. 357; assiégea deux fois Toulouse, en 843 8c
844; preuves apportées par dom Vaissete à l'ap-
TABLE GENERALE DES NOMS ET DES MATIÈRES.
pui de cette opinion, pp. 358 & suiv, ; le pre-
mier siège de Toulouse par ce prince n'a jamais
existé j note rectificative des nouveaux éditeurs,
pp. 36o, 36r; p«Tys que le partage de 837 lui
attribue, p. 363; discussion sur un diplôme de
ce prince de l'an 855, p. 559 j discussion sur
un diplôme de l'an 859, p. 56o; discussion sur
un diplôme de ce prince de l'an 860, pp. 56o,
56 1 ; discussion sur un diplôme de ce prince de
870, pp. 56 r , 662; diplômes de ce prince pour
Aniane, p. 565.
CHARLES LE SIMPLE; charte qui lui est fausse-
ment attribuée par dom Martinez, p. 202; dis-
cussion sur un diplôme de ce prince de l'an 908,
pp. 562, 563.
CiiARKOux, abbaye, p. Soy.
Cheval; monnaies gauloises qui portent la figure
de cet animal, pp. 488 & suiv.
CHILDEBRAND. Foir HILDEBRAND.
CHILPÉRIC I, père de Clotaire II, p. i63.
C:HILPÉRIC II, p. 192.
CHILPING, comte d'Auvergne, p. 21 3.
CiiiNON; les Visigoths s'en emparent, p. 024.
CHINTILA, roi des Visigoths; époque de son règne,
p. 170.
CHORSON ou TORSIN, duc de Toulouse; la dé-
fense de la Marche de Toulouse lui est confiée
par Charlemagne, pp. 216, 269, 295, 296.
CHRAMNE, fils de Clotaire I, p. 194.
CHRYSOGONE, cardinal 8c bibliothécaire de l'É-
glise romaine, pp. 563, 564.
CHUNIBERT, abbé de Solignac, pp. 365, 366, 367.
CICÉRON; reproches qu'il adresse aux peuples de
la Narbonnaise, p. 9; restitution d'un passage
de cet auteur au sujet des expéditions de Pom-
pée dans la Gaule Narbonnaise, pp. 39, 40, 41.
CnriiRES; passage du Rhône par ces peuples, p. 33;
leur guerre avec Marius, pp. 33, 34, 35, 36.
CiMiEZ, ville des Alpes maritimes, pp. 72, 74.
Cinq provinces des Gaules; leur vicariat, pp. 68,
69, 70. 7'> 72.
CiTOU, lieu aux environs de Caunes, p. 328.
CITRUIN, abbé, souscrit le treizième concife de
Tolède, p. 182; est cité à tort comme abbé de
Castres, p. 182; vers en son honneur gravés
dans l'église de Castres, p. 182.
Ciyitas vetula ou Ruess'ium, p. 178.
Cl\mou, petite rivière qui se jette dans l'Aude au-
près de Trèbes, p. 162.
Clermont, appelée autrefois Auvergne, p. 92.
— (comté de) ou de Riom, p. 286.
CLODION, vicomte de Polignac, p. 178.
CLODOSVINDE, épouse de Reccarède, roi des Visi-
goths, p. i6r .
CLODULFE, fils de saint Arnoul, p. 190.
CLOTAIRE I, p. 147.
CLOTAIRE II, roi de toute la monarchie fran-
çaise, cité dans la généalogie d'Eudes, duc d'A-
quitaine, pp. 162, 188.
CLOVIS, roi des Francs; époque de son entrevue
avec Alaric, pp. i3i, 520; assista-t-il au siège
de Carcassonne? p. 137.
Cluny (abbaye de), fondée par Guillaume le Pieux,
p. 249.
CLUVIER, a nié qu'aucune colonie gauloise se soit
établie au delà du Rhin, p. 10.
CoLLiouRE, p. 321} est-ce l'ancienne Illiieris?
p. 29.
Colonies latines' de la Province, p. 447; leurs
noms, p. 448; leurs privilèges, p. 452; ordres à
l'intérieur de ces colonies, pp. 452, 453; droits
de leurs habitants, pp. 447, 448.
— latines du Languedoc, p. 448; époque de leur
fondation, pp. 448 & suiv.; discussion du texte
de Suétone, de l'inscription de Cominius, p. 449.
— romaines de la Narbonnaise, p. 436; droits
des habitants de ces colonies; p. 438; manière
dont la colonie est établie; inscription dans
une tribu; attribution d'un territoire, pp. 438,
439.
C0MMINGES et de Conserans (comtes de), p. 3i3.
Comte; sous les deux premières races ce titre est
donné à un gouverneur de diocèse, p. 214; de-
puis le règne de Charlemagne on donne à plu-
sieurs comtes le titre de marquis, p. 214.
CoNSERANS; faisait-il partie de la Province ro-
maine ou de la Novempopulaniei* pp. 25, 26.
— (comtes de), p. 3i3.
Consoranni, peuples d'Aquitaine habitant le pnys
de Comminges, p. 26.
CONSTANCE, patrice, général d'Honorius, aide
Patrocle à s'emparer de l'évêché d'Arles, p, 110;
date de sa mort, pp. i |3, 52 1.
CONSTANTIN, usurpateur de l'empire, p. 52 r.
CONSTANTINE, nom donné à la ville d'Arles
après la mort de Constantin, p. 79.
Consuaran'i, peuples qui habitaient anciennement
une partie du Roussillon & du Confient, p. 26.
Convenae, troupe de brigands espagnols établis par
Pompée en deçà des Pyrénées, dans le pays qui
a porté leur nom, pp. 20, 429.
CoRMERi, abbaye de Touraine; charte de Pépin I,
roi d'Aquitaine; en sa faveur, p. 354.
S. CORNEILLE, martyrisé sous Dèce, p. 88.
L. CORNÉLIUS LENTULUS, consul de Rome, l'.m
479, p. 12.
Cossio Vasatum (aujourd'hui Bazasj, p. 425.
Cox (monnaies trouvées à), p. 424.
Crèmieux (diète de), pp. 222, 35i.
S. CRESCENT, prétendu premier évêque de Car-
cassonne, p, 62.
CRISPIN, gouverneur de la Viennoise, p. 66.
CRITOGNAT, renfermé dans Alise, détourne les
assiégés de se soumettre aux Romains, p. 21.
Crocodile (bronzes de Nimes au type du); histoire
de cette famille monétaire, pp. 5oi, 5o2.
CROCUS, évêque, qui fut chassé de son siège par
Euric, roi des Visigoths, vers 474, occupait le
siège de Nimes ; est-ce celui qui assistait, en 475,
au concile d'Arles? p. 5o.
CROCUS, roi des Vandales; époque de son irrup-
tion, pp. 88, 89, 90, 91, 92, 93, 94; y a-t-il
eu plusieurs personnages de ce nom, rois des
Allemands ou des Vandales i* p. 90.
5/6
TABLE GENERALE DES NOMS ET DES MATIÈRES.
CitOiSSANT; cet emblème, qui figure sur certaines
monnaies de l'ancien Languedoc, n'est qu'une
dégénérescence du type des monnaies à la croix,
p. 471.
Croix; monnaies du pays des Volkes, anépigra-
phes, à la croix; leur attribution est incertaine;
leur origine probable, pp. 468 & suiv.
CUNÉGONDE, première femme de saint Guillaume
de Gellone, p. 272.
Curatores rerum publ'tcarum, rôle & institution de
ces magistrats, p. 406,
CuxA, abbaye, pp. 240, 289, 291, 3i8, 820; son
origine, p. 3 1 3.
S. CYBAR(£/'arcAiu5), abbé ou reclus à Angoulème,
p. 167,
S. CYPRIEN, martyrisé sous Valérien & Gallien,
p. 89.
S. CYPRIEN, évéque de Carthage, p. io3; écrit au
pape saint Etienne, p. 112.
D
DACIER; son opinion sur l'époque de la mort de
Ptolémée Céraunus, p. 12; se trompe en corri-
geant la chronologie de Plutarque, p. i3.
DADON, fondateur du monastère de Conques, p. 553.
DAGOBERT I, fils de Clotaire II; manière dont
il faut compter les jinnées de son règne, p. 162;
fit-il périr son neveu lldérici' p. 187; cité dans
la généalogie d'Eudes, p. 188; fait la paix avec
les Gascons, p. 189.
DAGOBERT II, roi d'Austrasie; son existence est
longtemps restée inconnue, p. 194.
DALMACE, évêque de Rodez, souscrit le concile
de Clermont en 535, p. 145; demande la réu-
nion à son diocèse du pcgus Arisitensis, p. 147.
DANIEL, abbé de Caunes, p. 328.
DANIEL, fils de Childéric II, plus tard roi sous le
nom de Dagobert II, p. 194.
DANIEL, avocat de Richelme, vicomte en Rous-
sillon, p. 322.
DARDANE, préfet des Gaules, p. 52i.
Daukaue (port de la), à Toulouse, p. 536.
Dea. A'ugusta (auj. Die), p. 413.
DfecÉAïKS, peuple gallo-ligurien, p. 73.
Dkcurions; comment on obtenait ce titre; leurs
honneurs; pouvoir de cet ordre, p, 442; admi-
nistration des affaires municipales, affaires reli-
gieuses, choix des patrons & des magistrats,
pp. 442, 443; leur pouvoir administratif & ju-
diciaire dans les colonies latines, p. 453.
Dcfensor civitatis; son rôle, p. 467.
DELLON, premier comte carlovingien connu de
Carcassonne, pp. 269, 3 12; corrige^ BELLON &
voyc^ aux Preuves du présent volume, c. 208.
Delphes; époque de son siège par les Tectosages,
p. .2.
— (temple de); menacé par les bandes de Xerxès
& par les Gaulois; époque probable de sa des-
truction; chronologie de différents édifices qui
se succédèrent, pp. 38 1, 382.
Delimies (temple primitif de); traditions ancien-
nes sur son origine & sur ses architectes; con-
jectures des modernes à son sujet, pp. 382, 383,
384; richesses & offrandes qui sont déposées de
bonne heure dans ce temple, pp. 385, 386.
— (temple proprement historique de) ; sa cons-
truction ; dépenses qu'elle entraîne ; manière
dont on y subvient, pp. 386, 387.
— (description du temple de); ses dimensions, sa
décoration, son trésor; pillages successifs qu'il
subit, pp. 387, 388, 389.
— (description des alentours du temple de); pe-
tits inonuments & reliques qui l'avoisinaient,
pp. 392, 393, 394.
— (temple de); statues de dieux 8c de héros qu'on
y voyait; quelques mots sur les origines & l'his-
toire de la statuaire grecque, pp» 397, 398, 399,
400.
DÉMOCLÈS, archonte d'Athènes, l'an 476 de
Rome, pp. 12, i3.
Denier de Saint-Pierre; a-t-il été levé par
Charlemagne sur les églises d'Aix-la-Chapelle,
de Saint-Gilles & de Notre-Dame du Puyi*
p. 177.
S. DENYS, évéque de Paris; époque de sa mission
dans les Gaules, d'après Grégoire de Tours,
p. 49.
DÉODAT, évêque de Mâcon, p. 167.
DÉOTARIUS, premier évêque d'Aisat, p. 147.
DEUTÉRIUS, évêque de Lodève, p. 145.
S. DIDIER, évêque de Cahors, pp. i63, 182, 3?5.
S. DIDIER, évêque de Langres, p. 90.
DIDIER, curé du diocèse de Toulouse, p. 83.
DIDIER, duc de Toulouse, p. 216.
Dignités; manière dont elles étaient conférées
sous Charlemagne & sous Louis le Débonnaire;
n'étaient pas encore héréditaires, pp. 21 5, 267.
DiocKSES dont se composait la Narbonnaise k l'é-
poque de l'union de cette province à la cou ^
ronne, p. 211.
DIODORE DE SICILE; quelle partie des Gauhi
habitaient les Celtes d'après cet auteur.'' p. 2.
DOD'ANE, femme de Bernard, duc de Septimanie,
p. 243.
DODON, serf, p. 3oo,
Domiùa (via); endroit où "îlle i''ra ne hissait les Py-
rénées; son histoire, pp. 43 i , 432.
DOMNUS, premier évêque d'Elne, occupait C2
siège en 07 1 , p.
53.
DONAT, comte, envoyé dans la Marche d'Espa-
gne, pp. 3oo, 3o I .
DONAT LOUP, comte de Bigorre, pp. 188, 191.
DoN/.i, lieu du Poitou, p. 254.
DORMER, érudit espagnol; communique la charu
d'Alaon au cardinal d'Aguirre, p. 202.
DOUBIOS ou WERNULF, assassin d'Atnulphe,
p. 522.
Drudas (monnaies trouvées à), p. 421.
Duc; sous les deux premières races, ce titre désignj
un gouverneur de province, p. 214.
DURIS DE SAMOS, l'un des historiens anciens,
mis à profit par Trogue-Pompée, p. 405.
TABLE GENERALE DES NOMS ET DES MATIÈRES.
Duumv'iri; anciens noms qu'ils ont portés; leurs
fonctions, p. 44J.
DYNAME, gouverneur de Marseille &. d'Uzcs,
p. i58.
DYNAME, femme d'Hildebrand , comte d'Autun,
p. 278.
Eal'SE; époque de la destruction de cette ville,
p. 327.
Eause, comté formé par saint Guillaume, duc de
Toulouse, p. 296.
Ehargehenui, évêque d'Angoulème, était peut-être
contemporain de saint Didier, p. 167.
EBLE, archevêque de Reims, p. 352.
ÈBLE, frère de Guillaume Tête d'Etoupes, nbbé de
Saint-Hilaire de Poitiers, puis de Saint-Maixent,
& évêque de Limoges, p. 283.
ÈBLE, frère de Rainulfe II, comte de Poitiers,
abbé de Saint-Hilaire de Poitiers, pp. 255, 282,
283, 807.
ÈBLE, comte de Poitiers 8c duc d'Aquitaine, sur-
nommé Mari'ier, p. 26'); bâtard de Ranulfe II,
son successeur immédiat, pp. 254, 256, 279,
3o8j succède à son père dans son comté; en est
chassé par Adhémar, p. 283; rentre dans son
comté; porte concurremment avec Raimond III
le titre de duc d'Aquitaine, p. 3o8.
ECIHCE, père d'Avitus, p. 95.
ÈBLE, comte, p. 191.
Ehromagus, lieu mentionné par les anciens itiné-
raires entre Toulouse & Carcassonne, p. 80; sa
situation, pp. 80, 81, 82; serait, dans Ausone,
le lieu de Braune, sur la rive gauche de la Dor-
dogne, à une lieue de Lugagnac, p. 82.
ÉBROUIN, évêque de Poitiers, p. 281.
ECFRID ou ACFRED, comte de Toulouse, pp. 225,
226, 299.
ECFROID, évêque de Poitiers, p. 3o8.
ECKARD ou HECCARD, fils d'Hildebrand, comte
d'Autun, p. 278; a-t-il été comte d'Autun i*
p. 3o I .
ECKARD, cousin du précédent, p. 278.
ECKARD, fils d'Eckard, p. 278.
Édiles, leurs fonctions dans les colonies, pp. 444,
445.
ÉDOBIC, général français, veut secourir Arles &
est décapité; en quel lieu se donna la bataille
entre ses troupes & celles de Constance? p. 95.
EGFRID, abbé séculier de Saint-Hilaire dé Poi-
tiers, p. 287.
EGFRID. Voir HUMFRID.
Elésykes, tribu ligurienne, p. 879; conjectures au
sujet de ce peuple; sa situation géographique,
pp. 378, 379,
ÉLIPAND, archevêque d'Arles, p. 325.
ELMERADE, évêque d'Elne, fils de Suniaire II &
d'Ermengarde, p. 294.
ELMETRUDE, première femme d'Oliba I, comte
de Carcassonne, pp. 286, 3 12.
Elne, autrefois lll'ihens, p. 100 ; sa soumission à
Pépin, p. 554; ne devient un évêthé qu'au
sixième siècle, pp. 53, 121.
— (comté d'), sous les carlovingicns, p. 269.
S. ÉLOI, évêque de Noyon, p. 167 ; sa vie par saint
Ouen, p. 95; fondateur de l'abhaye de Soli-
gnac, p. 169.
El.-SAMAH, chef arabe; époque de son expédition
en Gaule, p. 55 r ; commencement & fin de son
gouvernement, ses conquêtes en Gaule; sa mort
devant Toulouse, pp. 552, 553. Voir ZAMA.
Elusione, lieu entre Toulouse & Carcassonne, à
neuf milles à.'' Ehromagus, p. 81.
E.MBRAN ou BnA.N, sur la Garonne, au-dessous de
Blaye, p. 80.
Embrun, ville capitale des Caturiges, p. 72; hui-
tième cité des Alpes Maritimes, érigée en métro-
pole des sept autres, p. 76.
ÉMENON, abbé d'Aniane, p. 564.
ÉMENON, comte de Poitiers, & plus tard d'An-
goulème, pp. 243, 252, 3o5; histoire de sa fa-
mille, p. 279.
ÉMENON, fils de Bernard, frère d'Emenon & de
Blichilde; erreurs commises à son sujet par le
Recueil des historiens de France & par Pertz,
p. 280.
ÉINIILIANE, seconde femme d'Eble, comte de Poi-
tiers, p. 283.
EMILIUS, consul de Rome, l'an 476, p. i3.
EMMON, évêque d'Arsat, p. 148.
Empalot, pont près de Toulouse, p. 549.
Emporiae , colonie grecque en Espagne, p. 404;
était située sur la via Domiiia, p. 431.
— influence des monnaies de cette ville sur celles
de la Gaule Narbonnaise, pp. 422, 423.
Eparchius. Voir CyiîAR.
S. ÉPIPHANE; sa harangue à Euric, p. 129.
S. ÉREMBERT, évêque de Toulouse, p. i83.
ERIBALDUS, évêque de Viviers, p. 54.
ERIFONS, évêque; Guillaume le Pieux lui donne
les biens possédés par les juifs aux environs de
Narbonne, p. 25o.
Erisdii (Terra), partie de l'ancien diocèse d'Alais,
p. 149.
ERMENALDUS, abbé d'Aniane, p. 334.
ERMENGAIRE ou IRMENGARIUS, comte d'Am-
purias, p. 32i .
ERMENGARDE, seconde femme de Bernard I,
comte d'Auvergne, p. 284.
ERMENGARDE, femme de Bernard II, comte d'Au-
vergne & mère de Guillaume le Pieux, pp. 242,
286.
ERMENGARDE, femme d'Oliba Cabreta, comte de
Cerdagne, p. 292.
ERMENGARDE, femme de Suniaire II, comte de
Roussillon, pp. 294, 821.
ERMENGAUD, archevêque de Narbonne, pp. 294,
32!.
ERMENGAUD, comte d'Urgel, fils de Borrel, comte
de Barcelone, p. 298, 3iç.
ERMENGAUD, fils de Suniaire, comte d'Urgel,
meurt avant son père, p. 291.
II.
37
ERMESSINDE, femme de Sunifred, comte d'Urgel,
pp. 240, 288.
PJRMESSINDE, femme de Bonnemire, p. 290.
ERMILADIUS, comte d'Agen, p. i83.
EKMOLDUS NIGELLUS; son poëme, pp. 3.14, 335.
ERNUSTE, notaire royal sous Charles le Simple,
p. 563.
Esi'AGNE (Map.che n'); ses noms divers, p. 237;
avait Narbonne pour capitale; comtés dont elle
était composée, p. 270; époque de sa séparation
d'avec le marquisat de Gothie, p. 237.
ESTREMIN, archiprêtre de Girone, p. 822.
Ethiopiens, p. 433.
S. ETIENNE, pape, p. 108.
ETIENNE; était-il archevêque de Bourges on évo-
que de Béziers? p. 348.
ETIENNE, comte d'Auvergne, tué par les Nor-
mands en 864, pp. 247, 364.
ETIENNE, fils du comte Hugues; fiancé à la fille
de Raimond, comte de Toulouse; n'a jamais été
comte d'Auvergne, p. Soç.
Etruf.ie, p. 38 1,.
Étrusques, p. 435.
EuBiES, tribu ligurienne, p. 378.
EUCHERIUS ou EUTHERIUS , évêque de Viviers,
p. 54.
KUDES, fils de Robert le Fort, roi de France,
pp. 256, 3o6.
EUDES, duc ou comte d'Aquitaine, de Toulouse 8c
de Gascogne, pp. 168, i83, i85, 186, 188, 190,
191; son origine, pp. 186, 187; sa généalogie,
pp. 188, 189; note à ce sujet, p. 189; qualifié
prince & roi d'Aquitaine par presque tous les
anciens historiens, p. 191 ; époque de sa nais-
sance, p. 194; bat les Arabes devant Toulouse,
pp. 553, 556; sa mort, p. 196.
— (fille d'), donnée en mariage à Munuza, p. 196.
Voir LAMPAGIE.
EUDES, comte d'Autun, p. 3oi.
EUDES, comte de Toulouse; époque à laquelle il
succède à son frère Bernard, pp. 3oo, 370, 371;
a possédé le Querci, pp. 368 & suiv.
EUDES, vicomte de Narbonne, p. 291.
S. EUGÈNE, évêque de Carthags; a-t-il fondé un
monastère dans les Gaules i* p. i 32.
EUGÈNE; y avait-il à Nimes, en 45i, un évêque
de ce nom? p. 49.
EULALIE, belle-fille de Magnus Félix & femme
de Probus, p. i i5.
EUMACHIUS, évêque de Viviers; on donne à tort
à cette église deux évêques de ce nom, p. 54.
EURIC, roi des Visigoths, successeur de Théodo-
ric, pp. 118, 122, 524; éclaircissements sur
quelques faits de sa vie & sur sa famille, p. 129;
époque de sa mort, p. i3o.
EUSÈBE; cet auteur se trompe en plaçant la mort
de Sosthène à la seconde année de la cent-
vingt-quatrième olympiade, p. i3.
S. EUSTASE, abbé de Luxeuil, p. 168.
EUTROPE, préfet des Gaules, p. 1 i5.
KvANT.ir.E (prédication de 1'); époque de la mission
des sept évêques de la Narbonnaise, p. 49.
TABLE GENERALE DES NOMS ET DES MATIÈRES.
Evî;ciiÈs de la Narbonnaise première sous Hono-
rius, p. I 20.
S. ÉVODE ou VOSY, évêque du Vêlai, p. 171.
Folr S. VOSY.
ExALA (Saint-Andiîk d'), monastère dans le comté
de Gonflent, pp. 3i3, 339.
S. EXUPÈRE, évêque de Toulouse, pp. 59, 88.
EX.UPERE, professe la rhétorique à Narbonne,
P- 77-
EYSSELTNE, femme d'Hatton, comte de Pailhas,
p. 188.
FABIUS MAXIMUS, bat les Auvergnats & les Allo-
broges, &. soumet à Rome les pays habites par
ces peuples, pp. 19, 20, 21.
FARRICIUS, consul de Rome l'an 476, p. i3.
FAnEMOtSTiER, monastère, p. 278.
Fastes capitolins; différence entre la manière de
compter de ces Fastes & la supputation de Va-
ron, p. 12.
FAURIEL, croit à l'authenticité de la charte d'A-
laon, p. 202.
FAUSTIN, évêque de Lyon, p. 108.
FAUSTIN II, abbé de Castres, p. i83.
Favarios, lieu situé dans le comté de Carcassonne
p. 3 1 2.
FELIX; aurait été le premier évêque de Nimes; il
fut martyrisé dans le temps de l'irruption de
Crocus, p. 49.
FEPvRERAS ; son opinion sur l'époque où les Sar-
rasins firent la conquête de la Septimanie,
p. 186; doute de l'authenticité de la charte
d'Alaon, p. 193.
Fe/.ensac (comté de) sous les Carlovingiens, p. 270.
FiGEAC, abbaye; époque de sa fondation, p. 341.
S. FIRMIN, évêque de Gévaudan; fut-il le prédé-
cesseur ou le successeur de saint Privât? p. 58.
FIPvMIN, évêque de Viviers; on donne à tort à
cette église deux évêques de ce nom, p. 54.
Flavigm, abbaye en Auxois, p. 3oi.
FLAVIUS, roi visigoth, dont le nom est cité dans
les actes de saint Gilles; quel pouvait être ce
roi? pp. 140, 141 .
Flavius, titre des rois visigoths, p. 97.
Fleuri-Sur-Loire, abbaye, pp. 271, 279.
FLORUS, évêque de Lodève; est-ce le même que
saint Flour? p. 5o.
FLORUS, préfet des Gaules, siégeait à Trêves en
390, p. io5.
S. FLOUR, premier évêque de Lodève, d'après la
tradition, p. 5o.
FOLCRAD, duc d'Arles ou de Provence, p. 214.
Fontcouveute, lieu de la Septimanie, donné par
Louis le Débonnaire à Sunifred, p. 204, 288.
FONTEIUS; époque de son gouvernement dans la
Province romaine, pp. 41, 42.
FoNTKNEi.M-, al)baye, p. 194.
TABLE GENERALE DES NOMS ET DES MATIERES.
579
FoKCATS, territoire en Cerdagne, p. 292.
— (SAiNT-PiF.r.r.tc des), paroisse de la Cerdagne,
p. 289.
FoKMir,i/EnA (Notue-Dame de), église dans le Cap-
cir, pp. 262, 287, 320; sa dédicace, p. 3i3.
Forum Claurii ou Taue.ntaise, p. 72.
Fos, village auprès des Martigues, p. 99.
Francs, sont nommés abbés en Aquitaine sous les
mérovingiens, p. 269; s'emparent du royaume
des Visigoths, p. 520; époque de leur défaite
par les Ostrogoths, p. 139.
FREDAL, avoué d'Hildebrand , comte d'Autun,
p. 3oo,
FRÉDÉGAIRE; ce qu'il rapporte au sujet des fils
de Charibert, p. 187.
— (continuateur de); époque & valeur de la chro-
nique anonyme qu'on appelle ainsi, p. 55i;
restitution d'un passage transposé dans cet au-
teur, p. 212.
Frédelas (abbaye de) ou de Pamiehs; les reliques
de saint Antonin y ont-elles été conservées?
p. 60.
FRÉDFXON, défend Toulouse contre Charles le
Chauve, p. 233; comte de Toulouse, p. 299;
probablement comte de Rouergue, p. 369.
FRÉDOLD, archevêque de Narbonne, p. 238.
Fnfejus, capitale des Oxubiens, p. 73.
FRTDÉRIC, frère de Thorismond & de Théodo-
ric II, rois des Visigoths, p. 524.
FROiA, abbé de Saint-Laurent de Vernosoubre,
p. 328.
S. FRONT, premier évêque de Périgueux, p. 174.
FROTAIRE, archevêque de Bordeaux, abbé de
Saint-Julien de Brioude, pp. 3o6, 3o7, 3ic,
364.
FROTAIRE, archevêque de Bourges, pp. 284, 364.
FRUGELLO, abbé du monastère d'Alaon, p. 202.
FULCOALD ou FULGUALD, comte Se missus du
roi, peut-être comte de Rouergue, p. 369.
FULCONIN, évêque de Worms, p. 349.
FtlLCRAî), abbé de Saint-Denis, p. 272.
FULRAD, doyen de Saint-Martin de Tours, p. jS.j.
Gahalcs, peuples du Gévaudan, pp. 57, 58.
GaMr, nom phénicien de Gadès, p. 404.
Gagnac, lieu de l'Arssaguez (^corr. J.aissaguez),
p. .46.
Gau^lac (SAiNT-QuENTir* de), abbaye; époque de sa
fondation, p. 341 .
GAIRULFE, religieux de Solignac, abbé de Beau-
lieu, pp. 366, 367.
GAL II, évêque de Clermont, p. 167.
Galaxie, en Asie, pp. 9, 10, 11, 407, 408, 409,
410, 411, 412.
GALBA, joint à la Narbonnaise quelques peuples
des Alpes maritimes, p. 74.
Galhac, lieu du Laissnguez, p. 146.
Gamce, p. 435.
Gain, nom que les Grecs donnaient indi/Tîrem-
ment aux Gaulois de l'armée de Brcnnus St a\ix
Galates de l'Asie Mineure, p. 407.
Gallo-Guecs; d'après saint Jérôme, leur langage
était à peu près le même que ccluiqu'on parlait
dans les Gaules, p. 1 1.
Gai.lo-Liguriens; on appelait ainsi les Gaulois
Transalpins, p. 73,
GARIHERGE, fille de saint Guillaume de Gellone,
p. 272.
GARIEL; erreur de cet auteur sur l'origine de l'é-
glise de Maguelonne, p. fji.
GARIN, fils de Bernard II, comte d'Auvergne, &
d'Ermengnrde, p. 286.
Garonne; d'après Catel elle servait de limite à la
Gaule Narbonnaise depuis sa source jusqu'à
Toulouse, p. 22; commerce sur la Garonne à
l'époque de Posidonius, pp. .^34, 535.
GARSIMIRE, due ou comte de Gascogne, pp. i83,
191.
GARSINDE, femme de Wifred II, p. 290.
Gascogne, fait partie du royaume d'Aquitaine
après 806, p. 270.
Gascogne Transgahonnaise, p. 2o3.
Gascon-S, bornaient l'Aquitaine à l'ouest & au sud-
ouest, p. 269; soumis par Dagobert, p. 189;
révoltés contre Louis le Pieux, p. 191.
GAUCELME ou GAUCELIN, fils de saint Guil-
laume, comte de Roussillon, pp. 272, 3i9; joint
le comté d'Ampurias au comté de Roussillon,
p. 322.
Gaules; leur division d'après Jules César, p. i;
leur division en Ultérieure &. Citérieure, p. 95j
époque de leur division en treize ou quatorze
provinces, pp. 63, 64, 65, 66, 6-j, 68.
Gaole; ses populations primitives, pp. 377, 433
& suiv.
— Br.ACCATA, partie de la Celtique, p. i.
— Celtique proprement dite; la Narbonnaise en
faisait partie; bornes de cette partie des Gaules
d'après César, p. 1 ; son étendue suivant Polybe,
pp. I, 2.
Gauloises (invasions) en Italie & en Grèce, pp. 406,
407,
GAUSBERT, comte de Roussillon, p. 264.
GAUSBERT, frère de Rainulfe II, duc d'Aqui-
taine, pp. 221 , 255.
GAUSCELIN. Toir GAUCELME, p. 272.
GAUSFRED H, comte de Roussillon, fils de Gui-
fred & non de Guilabert, comme le disent les
auteurs de l'Art de vérifier les dates, pp. 295,
32 r .
GAUSFRED. Voir GUIFRED.
GAUSFRID, comte du Maine, p. 245.
GAUZBERT, frère de Roricon, moine de Saint-
Maur des Fossés, p. 246.
GAUZBERT, fils de Suniaire II & d'Ermengnrde,
comte de Roussillon & d'Ampurins, pp. 294,
32 1, 322, 323.
GAUZBERT, frère de Ranulfe II, pp. 28?., 307.
GAVIDIUS, évêque, assiste en 35^ au concile dî
Rimini, p. 86.
58o
TABLE GENERALE DES NOMS ET DES MATIÈRES.
GÉLASE II; bulle de ce pape pour La Grasse;
discussion à ce sujet, p. 563.
Geli.one, abbaye, p. 296; tentative des abbés
d'Aniane pour se soumettre cette abbaye, p. 564.
S. GENES, évêque de Clermont, aurait établi Vosi
comme premier abbé de Manlieu, p. 179.
GÉNÉSIUS, comte, fonde l'abbaye de filles de Cha-
malières, p. 180.
GÉNIALIS, diacre, p. 58,
GENSÉRIC, roi des Vandales d'Afrique, p. 523.
S. GEORGES, premier évêque du Vêlai, pp. 172,
174; ses reliques & celles de S. Marcellin sont
transférées de Vcllava au Puy, p. 172.
SS. GEORGES, AURÈLE & NATHALIE (histoire
de la translation des reliques des), p. 237.
GÉRARD, comte d'Auvergne; sa famille, pp. 247,
253, 280; tué en 841 à la bataille de Fontenai,
pp. 246, 281, 3o8; sa descendance, p. 283.
GERARD, comte de Bourges, pp. 256, 299.
GÉRARD, comte de Limoges, p. 367.
GÉRARD ou GUINARD II, comte de Roussi lion,
p. 32 I .
S. GÉRAUD, fondateur de l'abbaye d'Aurillac,
p. 258.
GERBERGE, fille du duc Burchard & femme d'Asi-
narius, p. 188.
GERBERGE, fille de saint Guillaume de Gellone,
noyée dans la Saône par ordre de Lothaire,
p. 273.
GERBERT, religieux d'Aurillac, plus tard pape
sous le nom de Silvestre II, p. 319.
GEn^IA^'!Iî; ses limites, p. 5.
S. GERMIER, évêque de Toulouse; sur l'authenti-
cité de ses actes, pp. i5o, i5i.
GERSAND, fils de Centulle, p. 188.
GÉSALIC, roi des Visigoths, p. 525; chronologie
de son règne, p. 1 35; époque de sa mort, p. |38.
Gksates; origine de ce nom, p. 41 i.
Gestes des comtes de Barcelone; valeur de cet ou-
vrage, p. 238.
Gkvxudan; a-t-il été conquis par Théodoric sur
les Françai s? p. 145.
— (comté de), p. 265.
— (église du), p. 57.
GILBERT, ancien comte du Rouergue, p. 369.
S. GILLES; ses actes; son monastère, p. 140; son
voyage à Rome, p. 141.
GILLES, maître de la milice, p. 116; époque de
sa mort, p. 1 19.
GiuoNE (comté de), p. 235; uni à la Marche de
Toulouse, p. 270.
GISÈLE, fille d'Amnnd, duc de Gascogne, épouse
de Charibert, citée dans la généalogie d'Eudes,
pp. 188, 189.
GI8LEFROI ou GISCLAFRED , comte de Carcas-
sonne, fils de Dellon, p. 3(2.
GODEFROI, comte ou seigneur de Turenne,
p. 364.
GODEFROI, bienfaiteur de l'abbaye de Beaulieu,
p. 309.
GODÈLE, femme du précédent, p. 309.
GODILUS , m'issus de Bernard, comte de Poitou,
p. 004.
GODLANE, femme de Bencion, comte de Roussil-
lon, pp. 294, 32 I .
GOMACHARIUS, comte d'Agde, p. 3i5.
GOMEZ (Alvaro), écrivain espagnol du seizième
siècle, p. 2o3.
GONDEBAUD, roi des Bourguignons, prend Nar-
bonne, p. 1 35.
GONTHIER, fils de Clotaire I, p. 194.
GOSLIN, fils de Roricon, moine de Saint-Maur-
Sur-Loire, puis abbé de Saint-Germain des Prés,
abbé de Saint-Denis & chancelier de France,
p. 245.
GoTiiiE (marquisat de); est séparé de la Marche
d'Espagne, p. 237.
— (marquis de), pp. 214 8c suiv.; leur suite de-
puis la séparation de cette province d'avec le
comté de Barcelone & la Marche d'Espagne,
p. 242.
GoTiiiNS, peuple gaulois d'origine, habitant sur
les frontières de la Pannonie, sont peut-être les
mêmes que les Tectosages de César, p. lo; la
langue parlée par ces peuples prouve, d'après
Tacite, qu'ils n'étaient pas Germains, p. 11.
GoTiiS; époque où ils conquirent le Rouergue sur
les Français & où les Français le reprirent sur
eux, p. 147.
Grandselve, abbaye, p. 161.
Gkasse (abbaye de La), pp. 263, 289, 290, 3 12,
323; discussion sur plusieurs diplômes prove-
nant des archives de cette abbaye, pp. 558 &
suiv.; falsifications qu'un diplôme pour Isem-
bert y subit, p. 56o.
GREC, évêque de Marseille, p. 129.
GRÉGOIRE DE TOURS; son témoignage au sujet
de l'église de Vêlai, pp. 177, 178.
Gr.ÉZES, château en Gévaudan, ne peut être forcé
par les Vandales, p. 92.
Guuissw (étang de), p. 527.
GUARNARIUS ou WARNARIUS, fils de saint
Guillaume de Gellone, p. 272.
GUERARD (Benjamin); un des premiers qui aient
mis en doute l'authenticité de la charte d'Alaon,
p. 197.
GUÉRIN. Foir WARIN, comte d'Auvergne, p. 247.
GUI, évêque de Vêlai, pp. 172, 175, 178.
GUIBAUD. Foir WILBOD.
Guidon'is (Bernard), évêque de Lodève, à la fin du
treizième »iècle, p. 5o.
GUIFRED ou GAUSFRED I, comte d'Ampurias,
fils de Gauzbert, pp. 294, 32i, 323.
GUIFRED ou WIFRED, comte de Bésalu, fils de
Miron, frère de Wifred II, pp. 290, 290.
GUIFRED ou WIFRED, comte de Cerdagne, fils
d'Oliba Cabreta, pp. 292, 293.
GUIFRED. Voir HUMFRID.
GUIFRED. Voir WIFRED.
Gl'IGUES, évêque de Girone, p. 241.
GUILABERT, comte de Roussillon, fils de Gui-
fred I, pp. 294, 32 1.
TABLE GENERALE DES NOMS ET DES MATIERES.
58 1
GUILLAUME DE CHALENÇON , évèqiie du Piiy,
pp. 172, 175.
GUILLAUME TÈTE D'ÉTOUPES, fils d'Kble 8t
d'Adèle, comte de Poitiers, d'Auvergne & de ^'e-
l;ii, prend le titre de duc d'AquitJiine, pp. 266,
283.
GUILLAUME I, comte d'Auvergne, frère de Gé-
rard, pp. 246, 281, 3o8; sa famille, pp. 283,
284.
GUILLAUME II, comte d'Auvergne, aurait vécu
jusqu'en 860, n'a jamais existé, pp. 247, 309.
GUILLAUME II LE PIEUX, fils de Bernard II,
comte d'Auvergne, & d'Ermengarde, comte d'Au-
vergne & marquis de Gothie, pp. 242, 249,
îSo, 267, 286, 3io, 3i8j fondateur de Cluny,
p. 277; avait le titre d'abbé séculier de Brioude,
p. 247.
GUILLAUME II (III de dom Vaissete) dit le Jeune,
fils d'Acfred, duc d'Aquitaine, comte de Razès,
comte d'Auvergne, pp. 25i, 262, 286, 287, 3i 1,
814, 364; abbé de Saint-Julien de Brioude,
p. 3io.
GUILLAUME I, comte de Périgord, p. 279.
GUILLAUME, comte de Rodez, engage à Raimond,
comte de Toulouse, Montrosier & plusieurs
autres châteaux, p. 146.
S. GUILLAUME DE GELLONE , comte de Tou-
louse, pp. 218, 296, 564; son origine, p. 272;
généalogie de sa famille, pp. 221, 276; ses
frères & sœurs; a été marié deux fois, p. 272;
erreurs de dom Vaissete au sujet de sa famille,
p. 267; ses deux testaments, p. 56;).
GUILLAUME, porte-enseigne au siège de Barce-
lone, est le même que saint Guillaume, duc de
Toulouse, p. 329.
GUILLAUME II, comte de Toulouse, fils de Ber-
nard, duc de Septimanie, Se de Dodane, pp. 232,
274; n'a jamais été comte de Toulouse, p. 3oo.
GUILLAUME, fils d'Eudes, comte d'Autun, p. 3oi.
GUILLEMETTE. Foir GUISLE.
GUIMERA, d'après Gérard de Vie deuxième évéque
de Carcassonne, & d'après MM. de Sainte-
Marthe premier évéque de cette église, p. 52.
GUINARD II, comte de Roussillon, p. 821.
GUISLE ou GUILLEMETTE, femme de Hugues,
comte d'Ampurias, pp. 294, 323.
GuiTALEiNSj étymologie de ce nom de lieu, p. 220.
GUITBERGE ou WITBERGE, seconde des deux
femmes de saint Guillaume de Gellone, p. 272.
H
Haciie, monnaies gauloises portant cet emblème;
sa valeur; explications qu'on en a données;
pp. 477 & suiv.
HAIMON, comte d'Albigeois, p. 269.
HARDOUIN, évéque du Vêlai, pp. 172, 178.
HATTON, duc d'Aquitaine, pp. 188, 190.
HATTON, comte de Paillas, p. 188.
HECCARD. Voir EKARD.
HEEREN; sa dissertation sur Trogue-Pompée,
p. 405.
HELENE, mère de sainte Carissime, p. i33.
HK.LELTÉniENS, peuples cités par César, p. 24.
HELIMBRUCH, fille de saint Guillaume de Gel-
lone, p. 273.
HELLADE, qui souscrivit en 45 1 la lettre des évo-
ques des Gaules à saint Léon, était-il évéque
de Lodève? p. 5 1 .
Hr.LVfcTiENS; division de leur pays en quatre pigi;
comparaison de leurs pagi avec les clans celti-
ques du Border & des hautes terres d'Ecosse,
p. 414.
Hei-viens, peuples du Vivarais; ont la liberté de
choisir un prince de leur nation pour les gou-
verner sous l'autorité des Romains, p. 21 ; ont-
ils jamais été entièrement soumis aux Marseil-
lais.!" p. 43.
Hêisaclée, ville mentionnée par Pline comme étant
aux embouchures du Rhône, p. 100.
Hercynie, forêt près de laquelle les Tectos.igs
vinrent s'établir, pp. 2, 3, 4; son étendue,
p. .'>.
HÉRIBERT. Foir ARIBERTUS.
S. HERMÉNIGILDE ; époque de son martyre,
pp. i58, 109, 160.
HERMENTRUDE, fait un échange avec Guifred
ou Gausfred, comte d'Ampurias, de Pierrel.ite
& de Roussillon, pp. 294, 32i.
Hebs (vallée de 1'), p. 547.
HERVÉ, fils de Raynald, comte d'Herbniiges,
pp. 22 1 , 246, 260.
HERVEUS, évéque d'Autun, pp. 171, 172.
HESPÈRE, fils d'Ausone, préfet des Gaules, p. 79.
HiEULE, baronnie donnée par saint Louis à la
maison d'Anduze, p. 146.
S. HILAIRE, pape, confirme les décisions rendues
par saint Boniface & saint Célestin, ses prédé-
cesseurs, en faveur de l'église de Narbonne,
p. 1 10.
S. HILAIRE, évéque d'Arles; dissertation de Qucs-
nel à son sujet, p. 110; a exercé les droits de
métropolitain sur les Alpes Maritimes, p. 106.
S. HILAIRE, évéque de Carcassonne; époque de
son épiscopat, p. 52.
HILAIRE, évéque de Javoux, p. 143.
S. HILAIRE, évéque de Poitiers, refuse de souscrire
le concile schismatique de Béziers, p. 77.
HILDEBRAND, premier comte d'Autun; histoire
de sa famille, pp. 277, 278, 3oo.
HILMERADE, évéque d'Elne, fils de Suniaire II,
comte de Roussillon, pp. 821, 323.
HINCMAR, archevêque de Reims, pp. 281, 32^.
HISCHAM, émir de Cordoue; son expédition en
Septimanie, p. 558.
HONORIUS; sa mort, p. 522.
S. HUBERT, évéque de Maëstricht & de Liège,
p. I 88 ; histoire de sa conversion, p. 190.
HUGOLIN DE CHATEAUVIEUX , fiancé à sainte
Carissime, p. 1 33.
S. HUGUES, abbé de Cluny, p. 61.
582
TABLE GÉNÉRALE DES NOMS ET DES MATIERES.
HUGUES, nbbé de Saint- Bertin , fils naturel de
Charlemagiie, tué à 1.'. bataille d'Angouleme ,
p. 278.
HUGUES, abbé de SaiiU-Hilaire de Poitiers, p. 006.
HUGUES, comte d'An'purias, fils de Guifrcd ,
pp. 294, 321, 320, 5Î9.
HUGUES, comte de Bourges, p. 25 1.
HUGUES, comte de Provence, p. 261.
HUGUES, fils naturel de Lothaire, p. 280.
HUMFRID, fils de Si.nifred & d'Ermessinde, em-
brasse la vie monastique, pp. 288, 289.
HUIVIBERÏ, comte de Berry, p. 269.
HUAIFRID, comte de Besalu, plus tard marquis de
Septimanie, pp. 234, 235, 236, 240, 317.
HUNÉRIC, fils aîné de Genséric, roi des Vandales,
p. 523.
HUNOLD, duc d'Aquitaine, fils d'Eudes, frère de
Hatton, pp. 188, 190,
HuiNS, p. 023.
I
IBBAS ou HIBBA, duc goth, général deThéodoric,
pp. 1 35, 139, 525.
luÈKES, p. 377; auraient succédé aux Ligures sur
les bords de la mer jusqu'au Rhône, pp. 378,
433; leurs monnaies, p. 423.
iBÉniE; sens de ce nom dans Strabon & dans les
auteurs antérieurs, p. 378.
Ibériques (bronzes à légendes); leur origine; leurs
légendes, pp. 5o7, 5o8, 009, 5i5, 5i6, Siy.
ICTÉRIUS, ITIER, nommé comte d'Auvergne par
Charlemagne; mis par la charte d'Alaon au
nombre des descendants d'Eudes, pp. 188, 190;
comte d'Auvergne, p. 269.
ILDERIC, roi de Toulouse, cité dans la généalogie
d'Eudes, pp. 187, 1 88.
ILDESINDUS, successeur d'Appellius à l'évéché
d'Elne, p. 53.
Ill'iher'is; note sur cette ville, p. 29; aujourd'hui
Elne; origine de ce dernier nom, p. 100; An-
nibal passe auprès de cette ville, p. 43 1 .
Impots, à l'époque romaine; tabula census de Cé-
sar; magistrats préposés à leur perception dans
la Narbonnaise, p. 455.
Incola; signification de ce mot; municeps habitant
un municipe étranger; ses droits & ses charges,
p. 440.
Inuiction romaine employée indifféremment avec
la grecque dans les diplômes de Louis le Débon-
naire, pp. 355, 356, 357.
Ingaun't , peuple d'Albenga , faisant partie des
Alpes Maritimes; d'après Pline &. Strabon ont
été soumis par Auguste, p. 74.
INGELBERGE, sœur de Louis l'Aveugle, roi de
Provence, femme de Guillaume le Pieux, comte
d'Auvergne, p. 286.
INGENUUS, évêque d'Embrun, successeur d'Armen-
taire, p. ic6.
INNOCENT I, pape, p. 110.
INNOCENT, évêque de Rodez, p. 148.
Inscription en l'honneur d'Ataulphe & de Placi-
die; dissertation de D. Vaissete à ce sujet,
pp. 97 à ) 02.
însuhres , serait le nom d'un des pagi du peuple
des Hédues, p. 413.
IntcmelVi, peuple de Vintimille, faisant partie
des Alpes Maritimes, p. 74.
IpsicuRES, tribu ligurienne, d'après Etienne de
Bysance cité par Théopompe, p. 378.
ISEMBARD, comte dans la Marche d'Espagne,
p. 337.
ISEAIBERT, comte d'Ampurias, p. 322.
ISEMBERT, fils de Warin, p. 274; a-t-il été comte
d'Autun i* p. 3o 1 .
ISEMBERT, vassal de Charles le Chauve, p. 56o.
ISIDORE, évêque de Béja ; époque, valeur & com-
position de la chronique espagnole qui porte
son nom, pp. 55o, 55i; cité, pp. i85, 186.
ISIDORE MERCATOR; auteur àss fausses Dccré-
talcs, p. 324.
ITIER, comte d'Auvergne, p. 269. To/V ICTÉ-
RIUS.
JANUARIUS, évêque de Viviers, p. 54.
Javoux, ancienne capitale du Gévaudan, désolée
par les Vandales, ne fut pas entièrement dé-
truite ou fut rétablie peu après, p. 92; fut
peut-être ruinée par les Hongrois en 925, p. 93.
SS. JEAN & ALMACHIUS, martyrs, p. 63.
JEAN III, pape, p. i56.
JEAN VIII, pape, pp. 280, 289.
JEAN X, pape, p. 3 10.
JEAN DE CUMENIS, évêque du Puy, p. 178; cède
en i3o6 le lieu de Saint-Paulian au vicomte de
Polignac, p. 179.
JEAN, évêque de Viviers, p. 54.
JEAN, primicier des notaires, usurpateur de l'em-
pire, p. 522.
JEAN, consul, p. 117.
Saint-Jean In Extorlo, monastère construit par
Anian, p. 328.
S. JEROME; valeur de son témoignage sur les res-
semblances entre la langue des Trévires & celle
des Tectosages d'Ancyre, p. 41 2 ; ses écrits contre
Vigilance, p. 88.
JÉRÔME DE CARDIE, l'un des auteurs mis à con-
tribution par Trogue-Pompée, p. 405.
JoNQuiF.RES (concile de), p. 340.
JOVIN, usurpateur de l'empire, p. 52 1.
Juirs; possèdent des biens allodiaux dans la Sep-
timanie, p. 340.
JULES CÉSAR; sa division des Gaules, p. i.
TABLE GENEllALE DES NOMS ET DES MATIERES.
583
s. JULIEN DE KRIOIJDE; un monastère a été
construit sur son tombeau, p. i33.
JULIUS VINDEX; peuples qui prirent part à sa
révolte, pp. 46, 47.
31'I.IOFRED, parent de Charlemagne, abbiî tle
Gellone, pp. 296, 56J.
JiNANT, vallée du Querci, p. 842.
— (abbaye de), p. 342.
JUSTIN, abréviateur de Trogue-Pompée; caractère
de son œuvre, pp. 402, 408 j son récit des mi-
grations des Tectosages, pp. 6, 7 j des migra-
tions des Celtes, p. 434.
K
Kanouas, terre située en Roussillon, pp. zp'),
323; aujourd'hui Canohci.
KiERSi (diète de), de l'an 838, pp. 223, 363, 353.
Kimris, p. 436.
LACARRY (le père); son système sur les expédi-
tions des Tectosages en Germanie, p. 4.
Laissac, lieu du Laissaguez, p. 146.
LAMBERT, comte de Nantes, pp. 248, 280.
LAMPAGIE, épouse du général Munuza, p. 188.
LANDRI, comte de Saintes, p. 305.
Languedoc; à quelle époque les pays qui le com-
posent furent soumis à la République romaine,
pp. 19, 205 de quelle manière il fiit soumis,
pp. 20, 21, 22; c'est à Fabius & à Domitius
^nobarbus qu'il faut attribuer sa conquête,
p. 20.
— FRANÇAIS; son sort après le partage du royaume
entre les quatre fils du roi Clotaire, p. 1.54.
Labzac, pays entre l'Hérault, la Vis & le Lergue,
P- •44-
Latcra (castellurn), cité par Pomponius Méln ;
quelle localité moderne représente-t-il :* p. 374.
Lattes; est-ce l'ancien castellum Latera, cïic par
Pomponius Mêla i* p. 374.
LAUNEBODE, duc de Toulouse, p. 2r6.
LAur.AGAis, tire son nom du château de Laurnc,
p. 33.
SAiNT-LAunENï in Olihegio; en quel lieu était situé
ce monastère, p. 328.
LEIBNITZ (de), cité, pp. 9, 41.
LEIHULFE, comte de Narbonne (?), p. 33?; comte
d'Agde, pp. 269, 3i5.
S. LEON, pape; sa décision au sujet des préten-
tions de l'église d'Arles sur celle de Narbonne
& sur la Viennoise, p. 110; sa deuxième épître
à saint Rustique, évêque de Narbonne, p. 111.
LEON, évêque de Razès, p. 3i i.
LÉON, empereur d'Orient, pp. 117, ^24, 025.
S. F^EONAUD, mort en Limousin, p. 60.
LÉONCE, évêque d'Arles, p. 5o.
LEOPARD, abbé, souscrit le treizième concile de
Tolède au nom de Potcntin, évêque d'Utiquc,
p. i83.
LETGARDE. Voir LIUTGARDE.
Lcucus, Leucia, Toul, p. 168.
LEUTGARDE, femme de Borrel, comte d'Urgel &
de Barcelone, p. 319.
LP:UVIGILUE, roi des Visigoths, p. i56; époque
de sa mort, pp. i58, 159, 160.
Lexovium, civitas Lcxoviorum, Lisicux, p. 168.
LÎEUTARD, comte de Fezensac, p. 337.
LiGONS, lieu du Laissaguez, p. 146,
Ligures ou Ligyes, peuple des bords de la Médl-
terrannée, pp. 377, 879, 484; témoignages an-
ciens sur leurs établissements maritimes en
Caule, p. 377; incertitude des renseignements
que l'on possède à leur sujet, pp. 878, 879.
— faisant partie des Alpes Maritimes, compris
au nombre des Liguriens chevelus d'Auguste;
leurs noms d'après Ptolémée & Pline, p. 74.
— GiiEVF.Lus (capillati), habitaient le sommet des
Alpes; soumis par Auguste, p. 73.
— Cisalpins, p. 73.
— Transalpins ou CALLo-LiGunir.NS, p. 73.
— DE Sicile; discussion du témoignage de Thu-
cydide à leur sujet, pp. 877, 378.
LiGuniE, p. 38 1} sens de ce terme dans Hécatée,
pp. 38o, 38 i; invasion des Cimbres & des Teu-
tons dans ce pays, pp. 33 a 38.
LiGYES (côte des), p. 378. "
Limites des Visigoths; ce que Sidoine Apollinaire
entend par ces mots, p. 112.
Limoges (Saint-Martial de); ses premiers abbés,
p. 367.
Lion (bronzes gaulois au); origine de ce type, son
histoire, pp. 514, 5i5.
LisiEUX, Lexovium , civitas Lexoviorum, p. 168.
LITORIUS, général romain, p. 523.
LIUTARD, comte de Fezensac, sert au siège de
Barcelone, p. 337.
LIUTGARDE ou LETGARDE, femme de Bernard I,
comte d'Auvergne, p. 284.
LIUVA I, roi des Visigoths ; époque de son règne
& de sa mort, pp. 1 55, i56.
LIUVA II, roi des Visigoths; époque de sa nais-
sance, pp. 160, 161.
LivU, château, p. 182.
Llobregat, rivière d'Espagne, p. 287.
LoDfeVE, indiquée comme évêché par la Notice des
cités des Gaules, p. 121; ses premiers évoques,
pp. 5o , 5i; reprise par Théodebert après la
mort de Clovis, p. 145; est perdue par les Vi-
sigoths; soumise de nouveau à leur domination
& devient la huitième cité de la Narbonnaise
première, p. 121.
LOLLIUS, gouverneur de la Narbonnaise, p. 38.
LoMiiARDS, établis en Italie avec les Saxons,
p. 107.
LONGIN , évêque de Viviers; on donne à tort à
cette église trois évêqucs de ce nom, p. 04.
584
TABLE GENERALE DES NOMS ET DES MATIERES.
LoNdoSTALKTES (moiinaics de bronze des), pp. 5o5
LOTHAIRF, I, empereur, p. 270.
LOTHAIRE II, p. 271.
LOUIS, abbé de Saint-Denis &. chancelier de
France, p. 245.
LOUIS LE DÉBONNAIRE, roi d'Aquitaine & em-
pereur, pp. 193, 270; à quelle époque il fit le
siège de Barcelone, pp. 329 à 333; manière dont
il comptait les années de son règne, pp. 355,
356; remarque sur la manière dont il datait ses
diplômes, pp. 355, 356; son diplôme pour Gel-
lone, p. 565; diplômes & lettre de ce prince
pour l'abbaye d'Aniane, p. 565.
LOUIS LE BÈGUE, roi de France, p. 271.
LOUIS IV D'OUTREMER, roi de France, p. 291.
LOUIS, roi de Germanie, assiste à la diète de
Worms de 836, p. 353.
LOUIS L'AVEUGLE, fils de Boson, roi de Pro-
vence, pp. 181, 261, 286.
LOUIS, fils de Charles le Chauve, 'comte d'Autiin,
p. 3oi.
LOUIS, mentionné comme comte de Carcassonne
vers le milieu du neuvième siècle, p. 263 ; n'a
jamais existé, p. 287.
LOUP I, duc de Gascogne, pp. 188, 190.
LOUP II, duc de Gascogne, p. i88.
LOUP, gouverneur de Marseille, p. i58.
LOUP CENTULLE, duc ou comte de Gascogne,
pp. 188, 191.
LOUP SANCHE, comte de Gascogne, p. 336.
S. LOUVENT, mort en 684, p. 92.
LUCIEN, évèque de Viviers; on donne à tort à
cette église deux évêques de ce nom, p. 54.
LuoAGNAf; [Lucaniacum), lieu sur la rive gauche
de la Dordogne, p. 80.
LUITPRAND, roi des Lombards, p. 211; aide
Charles Martel contre les Arabes, p. 554.
LusiTAMF,, p. 435.
Lyonnaks, ajouté à TAquitaine par le partage de
806, p. 270.
M
ïilABILLON, semble douter de l'authenticité de la
charte d'AIaon, pp. 192, 193.
MAGÉDOiNt'; époque de la première irruption des
Tectosages dans ce pays, p. 12.
Maçon (concile de), tenu en novembre 585, p. 160.
Maçonnais, ajouté à l'Aquitaine par le partage de
806, p. 270.
Magistrats des colonies romaines & latines; ma-
nière dont ils étaient nommés; ordo honorum
dans lei provinces; noms de ces magistrats,
p. 443; leurs fonctions, p. 444; leur autorité
s'étend sur tout le territoire de la colonie; di-
visions de ce territoire, p. 446.
— religieux des colonies, p. 446.
des colonies latines; leurs noms, leurs fonc-
tions, pp- ')5.i, .■)54.
S. MAGLOIRE, vivait peu de temps avant Gré-
goire de Tours, p. 90.
MAGNARIUS, comte de Narbonne en 79 i , pp. 2 1 8,
3 I 4.
MAGNUS FELIX; sa famille, pp. 114, ii5.
Maguelonne, livrée à Pépin par le père de saint
Benoît d'Aniane, p. 554; séjour du pape Gé-
lase II dans cette ville, p. 564; était-elle du
nombre des anciennes cités de la Septimnniei'
p. 121; origine de son église; fables débitées
par Gariel à ce sujet, p. 5i ; cet évéché fut érigé
avant ceux de Carcassonne & d'Elne, peu de
temps après la bataille de Vouglé, p. 121.
— (port de), détruit par Charles Martel, p. 504.
— (comté de) sous les carlovingiens, p. 269.
— (comtes de), p. 3 1 5.
Maires du palais, commencent à usurper l'auto-
rité royale après la bataille de Textri, p. 195.
Maissac, prieuré en Auvergne, fondé par Guil-
laume le Pieux, p. 3 10.
MAJORIEN, empereur, p. 524,
Mai.aka, ancien nom de la ville de Malaga, p. 404.
MALMESBURY (Guillaume de); discussion sur un
passage de ce chroniqueur, p. 261.
S. MALO, vivait peu de temps avant Grégoire de
Tours, p. 90.
Manancha, lieu qu'on croit être situé au diocèse
d'Apt, plus tard Manancuegno, où saint Castor
fonda un monastère, p. io3.
MANDAJORS (de); réfutation de son opinion au
sujet des Tectosages établis dans les environs de
la forêt Hercynie, p. 3.
MANILIUS NEPOS (L.), p. 39.
MANIUS CURIUS DENTATUS , consul de Rome
l'an 479, p. I 2.
Manlieu, abbaye en Auvergne, fondée par saint
Genès, évéque de Clermont, p. 179; charte de
Pépin II, roi d'Aquitaine, en sa faveur, p. 354.
MANLIUS, gouverneur de la Narbonnaise, p. 38.
MARCA (P. de); son opinion au sujet de la pri-
matie de l'église de Bourges sur l'église de Nar-
bonne, p. 323; son opinion sur la place qu'oc-
cupait le Trophée de Pompée, pp. 43 r , 432.
S. MARCELLIN, évèque du Vêlai, p. 176.
Marche d'Espagm:, pp. 232, 233.
MARCIEN , évéque d'Arles, hérétique novatien,
p. 1 08 ; sa déposition, p. 112.
MARIE, fille d'Asnarius, femme de Wandrigisile,
duc d'Aquitaine, pp. 188, 202.
Mariniers du Rhône, p. 79.
MARIUS (C), consul, pp. 33, 34, 35, 37, 38.
M.ARIUS (L.), général romain qui captura Crocus,
p. 90.
Mauquis; depuis le règne de Charlemagne on
donnait ce titre à plusieurs comtes dont le gou-
vernement était sur les frontières, p. 214.
MAi;sinLi,E ou Massalia (Grecs de), leurs établis-
sements sur la côte ligurienne &. leurs relations
avec les Celtes, p. 38 1; inflLience de cette ville
sur le monnayage de la Gaule Narbonnaise;
raisons de cette influence, pp. 419, 420; époque
de l'entreprise d'Ataulphe sur cette ville, p. 95;
TABLE GENERALE DES NOMS ET DES MATIÈRES.
585
ne peut être prise pnr les Visigoths , p. 021;
tombe en leur pouvoir, p. 020; a-t-elle appar-
tenu en entier à Sigebert? p. i58.
MARTIN I, pape, p. 174.
Mautinacii (^Octodurum), dans le Valais, p. 107.
MASriCIANUS, évëque de Viviers, p. /)4.
Massalia, pp. 38o, 403, 404. Voir Mausi-ille.
Massaliotf.s, achètent àNarbonne les productions
de la Gaule centrale, p. 38 1 .
MATERNE, premier évéque de Lodève dont on ait
connaissance; souscrit, en .Oofî , le concile
d'.Agde, p. 5r .
MATHILDE, fille de Pépin I, roi d'Aquitaine,
pp. 221, 260.
M\L\AC ou Mananciia, p. io3.
S. MAUR, vivait peu de temps avant Grégoire de
Tours, p. 90.
MAURICE, empereur, p. 160.
Mauritamk Tingitane, appartenait aux Visigoths
au septième siècle, p. i53.
MAURONTE, gouverneur d'une partie de la Pro-
vence, pp. 210, 21 I ; duc ou comte de Marseille ;
appelle les Sarrasins en Provence, pp. 5Ô4, 557-
Mausay, monastère près de Riom, p. 284.
MAUZER, surnom d'È^^es, comte de Poitiers,
p. 265.
Médiomatrikes, peuple du nord de la Gaule,
p. 4i5.
MEGINARIUS, gouverne l'Aquitaine pendant la
minorité de Louis le Pieux, p. 269.
MELANUS, évêque de Viviers; on donne à tort à
cette église quatre évéques de ce nom, p. 64.
MELCHIOR DE PALAU, évêque d'Urgel, p. 202.
MFïLÉAGRE, succède à Ptolémée Céraunus, dans
le royaume de Macédoine, p. i3.
MuNnn (évêques de); jusques à quelle époque les
évêques de Mende ont-ils pris le titre d'évéqiies
de Javoux ou de Gévaudnn? p. 92.
Mkhovingif-ns d'Aquitaine; leur généalogie d'après
la charte d'Alaon, p. 197.
Mehueys, lieu sur les frontières du Rouergue,
p. 146.
METELLUS CELER (Q. Caecilius), p. 42.
Métropoles ecclésiastiques autocéphales; ce qu'on
entend par là, p. 325.
Mit.iifcs (borde de), sur une partie du cimetière
antique situé au sud de Toulouse; objets qu'on
trouve sur ce domaine, p. 640; le sol du verger
est formé en grande partie de cendres; c'est
probablement là qu'était Vustrium, p. 549.
MILON, le plus ancien comte carlovingien cité de
Narbonne, pp. 218, 269, 314.
MINERVE, moine de Toulouse, p. 88.
MiNERVOis, a tiré son nom du château de Mi-
nerve, p. 33,
IMIRON, évéque de Girone, fils de Miron, frère de
Wifrcd II, pp. 241, 290, 292.
MIRON, comte de Barcelone après Wifred II, était
fils de Wifred le Velu, pp. 290, 319.
MIRON, fils de Suniaire, comte d'Urgel, comte de
Giione, pp. 29 1 , zi/i.
MIRON, comte de Roussillon, fils de Sunifred,
pp. 238, 288, 289, 320, 559; n'est pas indiqué
dans la liste des comtes de Roussillon publiée
par les auteurs de l'Art de vérifier les dates, &
ne doit pas être confondu avec son neveu Mi-
ron, comte de Barcelone, p. 32o. -
MIRON, fils de Béra II, comte de Razès, pp. 3 1 2,
3i3.
MoissAC; au confluent du Tarn dans la Garonne,
p. 26.
— (chronique de); rapports entre cet ouvrage his-
torique & les annales d'Aniane, p. ;"i.5i.
MOMMOLE, évéque d'O^indis , probablement le
même que l'évéque d'Uzès de même nom, p. 148.
MOMMOLE, succède à Amé dans la charge de pa-
trice, p. 167.
Monaco, Monoccus, colonie phocéenne de Mar-
seille, p. 38i; ville des Alpes Maritimes, p. ■'4.
MoNASTiER Saint-Chaitre, abbaye, p. 174. Foir
Saint-Ciiaffre.
MONAXIUS, consul au moment de la cession par
Constance aux Visigoths de la seconde Aqui-
taine, p. I i3.
MONDEJAR (marquis de) ; date qu'il assigne à lin-
vasion des Sarrasins dans les Gaules, p. 186.
MONDÉRIC, évêque d'Arsat, p. 148.
MoNFERRAN, lieu du Laissaguez, p. 146.
Monnayage de la Gaule Narbonnaise, pp. 420,
421, 422.
Monnaies ibériennes, p. 423.
— anciennes de la Narbonnaise; attribution d'un
certain nombre de ces monnaies à différentes
villes & à différents peuples; importance de
l'étude de ces monnaies, pp. 423 à 426.
— de bronze au type celtibérien que l'on trouve
en Languedoc; examen de la théorie qui les
fait dater de l'époque des tentatives de Sertorius
sur la Transalpine, pp. 429, 430.
— gauloises du Languedoc à légendes latines,
pp. 486 & suiv.
— gauloises à légendes ibériques, p. 488.
— gauloises; système & subdivisions du système,
pp. 489, 490.
— gauloises de bronze, portant en caractères grecs
des ethniques ou des noms d'hommes, pp. 5o5
& suiv.
— de bronze de chefs gaulois, rangées par ordre
alphabétique de noms de chef, pp. 609 à 5i2.
Monnaie d'or frappée à Uzès; sa description, son
attributirfiT à Théodebert I, pp. 374 à 377.
Montaudran, près de Toulouse, p. 548.
MONTEGUT (de); recherches de ce savant sur les
antiquités de Toulouse; arrive, par l'étude des
monnaies, à des résultats tout différents de ceux
de l'abbé Audibert, pp. .')43, ;'>44, h^'').
MoNTGiscARD, p. ^48 [Hautc-Garonne).
MoNTOLiEO, abbaye au diocèse de Carcassonne,
pp. 264, 3i 2.
MoNTROSiER, château engagé par Guillaume, comte
de Rodez, à Raimond, comte de Toulouse,
p. 146.
586
TABLE GENERALE DES NOMS ET DES MATIERES.
MOUSA HEN-NOÇAYR, chef nrabe, aurait envahi
la Septiinanie; la réalité de cette expédition
doit-elle être admise? pp. 55 i, 552; son expédi-
tion en Gaule d'après les historiens arabes,
p. 555.
Municcps ou colonus, sens de ces termes; droits de
la personne qu'ils désignent; comment on de-
vient municeps, p. 440
Municipal (système); sa décadence, pp. 455, 456.
MUNUZA, chef des Berbers d'Espagne; sa révolte,
pp. 195, 196, 553, 556.
Muratiense castrum. Muret (?), p. i5i.
MURÉNA (Caïus), p. 4?).
Muret, sur la Garonne, en amont de Toulouse,
p. i5i.
N
Nant, monastère sur les frontières du Rouergue &
de la Septimanie, p. 148.
Narho Martlus, colonie romaine; sa fondation,
son renouvellement, p. 438.
Narkon. Foir Nareonne.
Narbonnaise (Gaule); ses limites, pp. 22 à 29;
a porté quelquefois le nom d'Espagne Citérieure
ou Ultérieure, p. I43; a-t-elle fait partie de la
Celtique proprement dite? pp. 1, 2; les deux
provinces des Alpes Maritimes en ont- elles
jamais fait partie? pp. 72 à 76; au quatrième
siècle elle faisait partie de ce qu'on appelait
l'Aquitaine en général ou les Gaules proprement
dites, pp. 83, 84; les peuples qui l'habitaient
étaient-ils Celtes d'origine? pp. 2, 3.
— (ancienne); on ignore de quelle manière elle
fut soumise aux Romains, p. 19; ses colonies
romaines, p. 436; projet de Saturninus de fon-
der des colonies latines dans la Province; té-
moignage d'Appien, pp. 460, 45i, 452; ses
peuples furent-ils au nombre des soixante peu-
ples qui se trouvèrent à la dédicace de l'autel
d'Auguste à Lyon? pp. 44, 40, 46; part qu'elle
prit à la révolte de Julius Vindex, p. 46; épo-
que où elle a été envahie & conquise par les
Sarrasins, pp. 184, 186; époque de sa division
en deux provinces, pp. 63 à 68.
• — PREMIÈRE, comprise dans les Sept Provinces,
p. i20j époque de son union à la couronne,
p. 211.
>— SECONDE, comprise dans les Sept Provinces,
p. 120.
— (chemins de la); Via Domitla, p. 20.
Narbonne, marché celtique, p. 38 i ; ville celtique
d'après Hécatée; ses rapports commerciaux avec
Marseille, p. 38i ; capitale des Élésykes, d'après
Hécatée, p. 379; on y fonde une colonie latine,
p. 22; port de cette ville à l'époque romaine,
p. 527; état du sol aux environs de cette ville
à l'époque romaine; cultures; état des lagunes;
port de Narbonne, pp. 627, 528; Ataulphe s'en
empare, p. 96; attaquée par les Visigoths &
défendue par les Romains, p. 523; prise & re-
prise par les Visigoths & les Romains, p. 02 1;
prise par Dardane, p. 52 1 ; livrée par Agrippin
à Théodoric II, roi des Visigoths, pp. 118, 119,
123; est prise par Gondebaud, roi des Bourgui-
gnons, pp. i35, i38; est reprise par les troupes
du roi d'Italie, commandées par Ibbas, pp. 525;
époque de l'entrée des Sarrasins dans cette ville,
p. I 84; aurait été prise par le chef arabe Mousa,
pp. 55i, 555; aurait été prise par El-Haur,
p. 552; prise par Samah (ou Zama), pp. 186,
552, 553, 555; assiégée par Charles Martel,
pp. 554, 557; sa soumission à Pépin, p. 504;
aurait été prise par les Normands au neuvième
siècle, p. 862; les neveux de Constantin y sont
élevés, pp. 76, 77; patrie de Magnus Félix,
p. 114.
Nauhonne; indiquée comme évêché dans la Notice
des cités des Gaules, p. 121 ; son église n'a pas
été soumise à celle d'Arles avant 417, p. 108.
— (archevêques de); ont-ils été soumis à la pri-
matie de Bourges? p. 323.
— (évêques de); ont-ils regardé celui d'Arles comme
leur métropolitain avant Patrocle? p. 107; ajou-
tent à leur titre celui d'évêque du Razès, p. 3 1 1 .
— (royaume de'), nom donné quelquefois aux pos-
sessions des Visigoths dans les Gaules, p. i 43.
— (comté de) sous les carlovingiens, p. 269; à la
suite de la création de la Marche d'Espagne, les
domaines du comte appartiennent au marquis
qui commande la Marche; est administré par
des vicomtes, p. 314.
— (comtes de), pp. 214 8c suiv. 814.
— (concile de), pp. 3i5, 791.
Navarre (royaume de), p. 202.
NEBELUNG ou NEVELONG, neveu de Charles
Martel auquel on rattache la famille capé-
tienne, p. 277.
NÉRRIDIUS, archevêque de Narbonne. Foir NIM-
PHRIDIUS.
Nemausus, NiMES, pp. 414, 4l5.
NEPOS (Manilius), p. 39.
NEPOS (Julius), p. 129.
NÉPOTIEN, maître de la milice, p. i 16.
Nerusi, sont placés par Auguste parmi les Ligu-
riens chevelus, p. 78; peuple placé par Ptolé-
mée dans les Alpes Maritimes, p. 72.
NICOLAS I, pape, p. 324.
NICOLAS II, pape, p. 564.
NiMÈGUE (assemblée de), de 887, p. 353.
Nîmes, p. 436; d'après Strabon, cette ville se gou-
vernait en forme de république, p. 21; noms &
fonctions de ses magistrats romains, pp. 453,
454; se soumet aux Arabes, p. 553; incendie
des arènes de cette ville par Charles Martel,
p. 554; livrée à Pépin par Ansémond, p. 554.
— (monnayage particulier de), pp. 491 & suiv.
— monnaies grecques avec l'ethnique; argent,
pp. 491, 492.
— bronzes, pp. 492, 493.
— monnaies à légendes latines, p. 493,
— argent, p. 498.
— bronze, pp. 498 & suiv.
TABLE GÉNÉRALE DES NOMS ET DES MATIÈRES.
587
fliMP.S; histoire de l'ntelier monétaire de cette
ville à l'époque romnine, pp. 497 à 604.
— indiquée comme évêché pnr la Notice des cités
des Gaules, p. 121 .
— ses premiers évêquej, pp. 49, 5o.
— (comté de) sous les carlovingiens, p. 269.
— (comtes de), p. 3i5.
KTMPHRIDIUS ou NÉRRIDIUS, abbé de La Grasse,
archevêque de Narbonne, pp. 212, 558, 559.
Nivernais, ajouté à l'Aquitaine par le partage de
806, p. 270.
NoAiLLÉ, abbaye, p. 3o3.
NoouERA, rivière en Espagne, p. 202.
NORBANUS FLACCUS; c'est à la fin de son con-
sulat que Sertorius se retire en Espagne, pp. 41,
42.
NORBERT, évêque de Reggio, p. 304.
NoRMANDSj note additionnelle sur leurs invasions
dans le centre 8c dans le midi de la France;
suite chronologique de ces invasions, pp, 363,
364; époque de la prise de Toulouse par eux,
pp. 362 & suiv.
NORTBERT, évêque du Vêlai ou du Puy, pp. 178,
18 ij aurait transféré l'évéché de Vêlai dans la
ville du Puy, p. 172.
Notre-Dame, église dans le comté de Besalu,
pp. 290, 291 •
Novaria, ville fondée en Italie par les Gaulois,
p. 4i3.
NoVEMi'oruLANiE} Origine de ce nom, pp. 120,
121 ; comprise dans les Sept Provinces, p. 120;
fùt-elle cédée aux Visigoths par Honoréi' p. i23.
Numismatique de la Province, pp. 421 & suiv.;
période antique, pp. 457 & suiv.; peuples aux-
quels il faut rapporter les monnaies; influences
étrangères qui ont formé les types, pp, 467,
458, 409; dégénérescence des types grecs sur les
monnaies gauloises, p. 409; la monnaie d'ar-
gent prédomine dans le Languedoc; pourquoil*
pp. 420, 421, 422, 460; pays du Languedoc où
la monnaie d'or prédominait, & causes de cette
faveur, p. 460; géographie monétaire du pays
des Volkes & des pays voisins, pp. 461, 462,
4^3; types qui se trouvent sur les monnaies de
cette époque; écriture & langue des légendes,
pp. 426, 427.
— ancienne; époque approximative de chacun
des types, pp. 420, 421, 489.
NûfaÇ, ville celtique dont on ignore l'emplace-
ment, p. 38o.
O
OCRA, OKRA ou OQBA, gouverneur arabe de l'Es-
p.igne, pp. 554-;"j57; nouvelles observations sur
l'époque de la révolte des Arabes contre ce per-
sonnage, pp. 371, 372.
OctoJurum, plus tard Martinach dans le Valais,
p. 107.
ODA, épouse d'Acfred, comte de Toulouse, p. 227.
ODALRIC ou UDALRIC ; aucun document ne
prouve qu'il ait été le successeur d'Aledran au
comté de Barcelone, p. 3i8.
ODALRIC. Voir UDALRIC.
ODE, citée dans la généiilogie d'Eudes comme In
femme de Boggis, pp. 188, 190.
ODO ARIBERTI (chronique d')j sur l'époque de
sa rédaction, p. 225.
ODOACRE, roi d'Italie, p. 52').
OKBA ou OQBA, gouverneur arabe de l'Espagne.
Voir OCBA.
OLIBA, évêque d'Ausone ou de Vie, fils d'Oliba
Cabreta, p. 292.
OLIBA CABRETA, fils de Miron, frère de Wi-
fred II, p. 290; comte de Besalu & de Cerdagne,
pp. 241, 292.
OLIBA CABRETA, comte de Besalu &. de Cerda-
gne, pp. 241, 292.
OLIBA I, comte de Carcassonne, p. 3i2; histoire &
généalogie de sa famille, pp. 286, 287; père ou
aïeul d'Oliba II, p. 263; erreur de dom Vais-
sete au sujet de la descendance de ce comte,
p. 287.
OLIBA II, comte de Carcassonne & de Razès ,
p. 287; n'était pas comte de Razès comme le dit
domVaissete, p. 3i2; discussion sur un diplôme
de 870 qui lui est relatif, p. 56i.
OLIBA, fils de Raoul, comte de Gonflent, paraît
n'avoir pas survécu à son père, p. 289.
Olympiades; concordance entre ce système chro-
nologique & les années depuis la fondation de
Rome, p. i3.
Olympie; ses trésors, p. 396.
OMAR I, calife de Damas, p. 184.
OMAR II, calife de Damas, p. 184.
OPILION, consul en 453, l'année de la mort de
Thorismond, roi des Visigoths, p. ii3.
OQBA, gouverneur arabe de l'Espagne. Voir OCBA.
On (monnaie d'), qu'on peut attribuer aux Volkes
Tectosages, p. 5 18.
Or, DF, Toulouse, enlevé par Cépion; ne pouvait
provenir du prétendu pillage du temple de Del-
phes par les Tectosages, ce temple ayant été
pillé peu de temps auparavant par les Phocéens,
p. i5.
Oracle de Delphes; son ancienneté; témoignages
& traditions à ce sujet; hypothèses des moder-
nes, pp. 384, 38;); dispositions topographiques
du temple, pp. 389, 390.
Orange; c'est entre cette ville & le Pont-Saint-
Esprit qu'Annibal passa le Rhône, p. 17.
— (concile d'), convoqué par saint Hilaire d'Arles,
p. I 12.
Oses, peuples établis dans la Germanie; la langue
parlée par eux prouve qu'ils n'étaient pas Ger-
mains d'origine, p, 11,
OsTROGOTHS; à quelle époque ils défirent les Fran-
çais, p. 139.
OTHON, évêque d'Urgel, p. 193,
OxuBiENS, peuples gallo-ligurien, p. 73.
Oiindisj corruption i^Ucetiensis (?), p. 148.
588
TABLE GÉNÉRALE DES NOMS ET DES MATIÈRES.
PAGI (P.); son erreur au sujet de l'origine de
l'église de Carcassonne, p. 52} c'est sans fonde-
ment qu'il rapporte à l'an 721 toutes les expé-
ditions de Zama dans les Gaules, p. 186.
Paeus; sens de ce terme en Gaule 8c en Italie;
rapporte de cette circonscription & du vuus,
pp. 412, 41 3} division inférieure de la civitas;
sa constitution politique, p. 446.
— (le) à l'époque impériale; son étendue varie
beaucoup suivant les pays; exemples à l'appui ;
origine probable de la division en pa^hTp^. 41.!,
414, 415.
— (droits politiques du); ils lui sont enlevés
plus tard, pp. 41 5, 416; magistrats, assemblées;
leur rôle, leur autorité, pp. 418, 419, 420.
— (religion du); ses sources; ses formes diverses;
fêtes rustiques; culte, pp. 417, 418.
noms que les pagi prenaient dans les différentes
cités, pp. 4i3, 414.
Paîatium Gothorum, nom qu'aurait autrefois porté
Saint-Gilles, p. 100.
Pamiers; origine de cette ville, p. 69; n'est connue
que depuis 1 1 i 1 ; c'était alors un château biti
près de l'abbaye de Frédelas, p. 61.
Pamiehs (Saint-Antonin de), abbaye, p. 59.
Pami'ELUNE, ville d'Espagne, p. 191.
Paramo, bataille livrée aux Suèves par Théodo-
ric II sur la rivière d'Obrego, pp. i 14, 624.
Pauis (concile de), tenu en 36o ou 362; Saturnin,
évèque d'Arles, y est déposé, p. 79.
Pai'.taoe de ses États fait par Louis le Débonnaire
en 817, p. 343.
PARTHÉNIUS, évèque de Gévaudan, p. 93.
PARTHÉNIUS DE NICÉE, historien grec, a connu
& employé les œuvres de Phylarque de Naucra-
tis, p. 406.
PATERNE, évèque arien de Périgueux, p. 86.
Patui, dans le Limousin, p. lâi.
PATROCLE, évèque d'Arles, p. 106.
Patrons ; leur rôle; changements successifs dans
leurs fonctions; leur nomination, pp. 446,447.
S. PAUL, apôtre de la Narbonnaise, p. 109; pre-
mier évèque de Narbonne, peut avoir été envoyé
dans les Gaules longtemps avant saint Saturnin,
p. 49.
S. PAULIAN, évèque du Puy, p. 173.
S. PAULIN, ami d'Ausone; sur le lieu de sa de-
meare, pp. 80, 81, 82.
PAUSANIAS; époque à laquelle il place la défaite
des Gaulois devant Delphes, pp. 12, i3.
PÉLISSIER (Guillaume), évèque de Maguelonne,
p. 102.
PEPIN, roi des Franks, p. 191; conquiert la Sep-
timanie, p. 554.
PEPIN I, roi d'Aquitaine, p. 252; son attitude
vis-à-vis de l'empereur, son père, pendant les
années 8 >6 & 837, p. 353; assiste à la diète de
Worms de 836, p. 353; époque de sa mort,
p. 35o.
r
PEPIN II, roi d'Aquitaine, pp. 225, 252, 271 ; ma-
nière dont il comptait les années de son règne,
pp. 354, 355.
PEPIN D'HÉRISTAL, maire du palais, p. 190.
Péuigoud, appartenait à l'Aquitaine deuxième,
p. I 23.
PERPENNA, assassine Sertoriiis, p. 428.
Perreci, domaine impérial dans le pays d'Aiitun,
pp. 273, 3oo.
Perthus, col ou passage, p. 43 1 .
PÉTRONE, préfet des Gaules, p. 104.
Phéniciens; leur domination en Espagne, p. 38o.
PHÏGBERTE, sœur d'Ode, citée dans la généalogie
d'Eudes comme la femme de Bertrand, p. 188.
PHILON, intendant d'Ausone, p. 80.
PhocidiénS, pillent le temple de Delphes, p. 388.
S. PHŒBADE, évèque d'Agen, pp. 82, 85.
PHYLARQUE DE NAUCRATIS , historien grec,
employé de préférence par Trogue Pompée, pour
l'histoire des expéditions gauloises; valeur de
ses écrits; a été employé aussi par Pausanias,
pp. 4o5 à 408.
Pi A, terre en Roussillon, p. 32 1.
PIERRE, évèque de Girone, troisième fils de Ro-
ger I, comte de Carcassonne, p. 60; possède
l'abbaye de Frédelas, p. 61.
PIERRE, vicomte dans le comté d'Ampurias, p. oiz.
PiERRELATE (comté de), p. 235.
PISISTRATE, tyran d'Athènes, p. 38 i.
PLACIDIE, sœur d'Honorius, épouse d'Ataulphe,
pp. 96, 52 1 .
Plehs, division intérieure du viun'icipium; sa com-
position, ses pouvoirs; les comices, pp. 441,
PLINTA, consul au moment de la cession lajte
par Constance aux Visigoths de la seconde
Aquitaine, p. i i3.
PLUTARQUE; d'après cet auteur les Gaulois occu-
paient les extrémités de l'Europe, p. 5; suivant
lui Pyrrhus demeura six ans en Italie, p. 1 .: ;
explication d'un passage de cet auteur relatif à
la Ligurie & aux Alpes, p. 33; son reçu des
migrations des Celtes, p. 434.
PorriEES, démolie par Dagobert, p. 187.
_ (bataille de) en 732, p. 553.
_ (Sai!>;t-Hilaire de), abbaye, pp. 3o3 3o6;
Charles le Chauve en dispose en faveur de Pro-
taire, archevêque de Bordeaux, p. 264; ses abbes
séculiers, p. 237.
_ (comtes de) ou d'AuvERGNE, ducs d'une partie
de l'Aquitaine, p. 252.
Poitou, appartenait à l'Aquitaine deuxième,
123; fait partie du royaume de Charibert,
P- '89- , ,
_ (comtes de); erreurs de Besly à leur sujet; les
auteurs de VArt de yérlfier les dates ont copie
Besly, p. 3o2.
POLÉMIUS, préfet des Gaules, p. 11 5.
POLIGNAC (vicomte de), pp. 178, 179.
PoLLENTiA (bataille de), livrée le jour de Pâques de
l'an 402, p. 520.
TABLE GENERALE DES NOMS ET DES MATIÈRES.
589
Poi.YBE; parties de la Gnule habitées par les Celtes
d'après cet auteur, pp. i, 2,
POMPÉE; ses expéditions dans la Province Nar-
Lonnaise, pp. Sp, 40, 41.
— (Trophée de); sa place; tracé delà vo\e Domitia
au passage des Pyrénées, pp. 43o, 431 ; sa place
exacte est probablement au bord de la mer,
p. 432; conjectures sur sa forme probable,
pp. 432, 433.
PONS I, comte d'Ampurias, fils de Hugues & de
Guisle, pp. 29;"), 323.
Pont-Saint-Esprit; c'est entre ce lieu & Orange
qu'Annibal passa le Rhône, p. 17.
PoNTiON (concile de), p. 172.
Populi stipendiant; leurs droits & leurs devoirs,
pp. 437, 438.
Pcii'.T (concile de), en 897, p. 328.
Poiit-Vendhes ; d'après Catel les limites de la
Karbonnaise partaient de cette ville, suivaient
les cotes de la Méditerrannée 8t allaient jus-
qu'au Var, p. 22.
Poutet, village sur les bords de la Garonne, au
sud-ouest de Toulouse, pp. 537, 539.
Portus, ville du comté d'Ampurias, p. 822.
POSSIDONIUS; ses voyages dans le midi de la
Gaule & en Espagne, pp. 53o, 53 1, 532, 533;
témoignage de cet auteur sur Toulouse & les
Volkes; c'est par Strabon que nous le connais-
sons, pp. 53o, 53 1, 532.
POSTHUME, empereur; est-ce avant ou après son
règne qu'eurent lieu les invasions des peuples
d'outre Rhini* p. 91.
POSTHUMIEN, s'embarque à Narbonne pour l'O-
rient, p. 87.
POTENTIN, évèque d'Utique, p. i83.
PfiADES, vallée du Roussillon, p. 53.
— ville de Gonflent, donnée à l'abbaye de La
Grasse, p. 289.
Praesidia; signification de ce mot, p. 487.
PRAXIAS, élève de Calamis, sculpteur grec qui
travailla au temple de Delphes, p. 388.
Préfet des Gaules; à quelle époque sa résidence
fut transférée de Trêves à Arles, p. io3.
PRETIOSUS, disciple de saint Germier, p. i5o.
Priml'Liac, lieu situé dans la Narbonnaise, p. 84;
Sulpice Sévère y bâtit deux églises, p. 86.
Pr.iSCILIANISTES, p. 6ç.
S. PRIVAT, premier évêque connu du Gévaudan,
p. 58; époque de son martyre, pp. 88, 89; un
monastère est bâti sur son tombeau, p. i33.
S. PRIX ou PRIEST, évêque de Clermont, en Au-
vergne, pp. 179, 180.
PROCII.LUS (Valérius); César fait l'éloge de ce
chef des Helviens, p. 21.
PROCLIEN, vicaire du préfet des Gaules, pp. 70,
PROCULE, évêque de Marseille, métropolitain de
la deuxième Narbonnaise, p. 110.
Provence; à quelle époque elle fut soumise à Eu-
ric, p. i3o; les Francs &. les Bourguignons ten-
tent de s'en emparer, p. 525; son état au hui-
tième siècle, pp. 553, 554; ajoutée à l'Aquitaine
par le partage de 8c6, p. 270.
PnovE.NQUifcBES, lieu du Laissaguez, p. 146.
Province romaine ou Laxoledoc; a-t-elle été
assujettie aux Romains par la force des armes?
p. 21; quelle étendue on peut lui donner d'a-
près le témoignage de César, pp. 24, 20, 26;
preuve que cette province demeura toujours
fidèle à Septime Sévère, p. 48.
PsELDO - Dexter, fausse chronique composée en
Espagne à la fin du seizième siècle, p. 2o3.
PTOLÉMÉE CÉRAUNUS, roi de Macédoine; épo-
que exacte de sa mort, pp. 12, i3.
PUSCUS, consul, p. 1 17.
Pu Y (le), Anicium, existait à l'époque gallo-ro-
maine, p. 181 ; àquelle époque cette ville devint
capitale du Vêlai, pp. 93, 174; l'évêque Nort-
bert y aurait transféré le siège éplscopal, p. 172;
cette ville n'est connue sous ce nom que depuis
le douzième siècle, p. 172.
— (légendes sur l'église du), p. 174.
— (inscription du maître-autel du Puy; attribuée
à l'époque carolingienne, p. 179.
— (Notre-Dame du); époq^ue de sa construction,
p. 179.
— - (Saint-Georges du), église collégiale, p. 178.
Puy-Sainte-Marie, peut-être le Puy en Vclai,
pp. 289, 240.
PYRÈNE, fille d'Amycus, p. 3i.
Pyrénkes; elles sont, comme la plupart des hautes
montagnes de l'Europe, appelées Alpes par les
autours anciens; explication d'un passage de
Plutarque, pp. 33, 84.
PYRRHUS; époque de son entrée en Italie, p. 12.
Pythie de Delphes, pp. 385, 390, 391.
Pytiio (oracle de), ancien nom de l'oracle de Del-
phes, p. 385.
Q
QUELTDOTNE DE BESANÇON, p. 106.
S. QUENTIN, évêque de Rodez; époque de son
exil, p. i3i .
QuERCi; preuve qu'il appartenait aux comtes de
Toulouse au neuvième siècle, pp. 364, 365; épo-
que de la réunion de ce pays à la couronne,
p. 369.
Questeurs des colonies, p. 445.
S. QUINTIN, évêque d'Apt, p. io3.
QUIXILO, comtesse de Roussillon, femme de Mi-
ron, pp. 289, 293.
R
RABANIS, démontre la fausseté de la charte d'A-
laon, p. 1 97.
RACULFE, prétendu comte de Mâcon, p. 25o.
RADULFE, comte de Confient. Fo;> RAOUL.
RADULPHE ou RAOUL, archevêque de Bourges,
pp. 324, 349.
Sço
TABLE GENERALE DES NOMS ET DES MATIÈRES.
UAGNAHILDE; était femme d'Eiiric, p. i3o; fut-
elle inhumée dans le cimatière de l'église de la
Daurade? p. i 3 i .
RAINAUD, comte d'Herbauges, p. 280.
RAIMOND, comte de Limoges, p. 364; à identifier
avec Raimond 1, comte de Toulouse. Voir t. I,
p. 1 084.
RAIMOND, comte de R.ouergue, p. 61.
RAIMOND I, successeur de Frédelon dans le comté
de Toulouse, p. 233 ; comte de Toulouse 8c pro-
bablement de Rouergue, p. Sôp; sa famille,
p. 364; c'est de lui que sont descendus les comtes
héréditaires de Toulouse dont la filiation s'est
continuée jusqu'au milieu du treizième siècle,
p. 3oo.
RAIMOND II, comte de Toulouse, p. 364; a pos-
sédé le Querci, p. 369.
RAIMOND IV DE SAINT-GILLES, comte de Tou-
louse, reçoit de Guillaume, comte de Rodez,
divers châteaux, p. 146.
RAIMOND BORREL, comte de Barcelone, fils de
Borrel, pp, 293, 319,
RAIMOND RAPHINEL, duc d'Aquitaine, p. 220;
la charte dans laquelle il figure est supposée,
p. 296.
RAINFROI, maire du palais de Chilpéric, p. 192.
RAINALD, comte d'Herbauges, pp. 221, 244, 2^9,
260.
RAINALD, frère de Benoît, p. 194.
RAINULFE. Voir RANULFE.
RALINDE, femme de Raoul, comte de Gonflent,
pp, 289, 322.
RAMNON, évêque d'Elne, p. 35o.
RAMNULFE. Foir RANULFE ou RAINULFE.
Rangieil, domaine, près de Toulouse, p. 548.
RANULFE, prétendu cinquième évêque de Lodève,
p. 5i.
RANULFE, fils de Guillaume, comte d'Auvergne &
petit-fils de Pépin I, roi d'Aquitaine; abbé laïqLie
de Saint-Hilaire de Poitiers, tué à la bataille de
Brissarthe, p. 281.
RANULFE (les); leur généalogie, p. 283.
RANULFE ou RAINULFE I, comte de Poitiers &
duc d'Aquitaine, pp. 249, 253; tué à Brissarthe,
p. 3o6.
RANULFE, RAINULFE II, comte de Poitiers &
duc d'Aquitaine, pp. 25fj, 279, 3o6 ; erreurs de
dom ^'^aissete &. des auteurs de l'Art de vérifier
les dates k son sujet, p. 282.
RAOUL, archevêque de Bourges. /'o/V RADULPHE.
RAOUL ou RADULFE, moine de Ripoll, puis
évêque d'Urgel, fils de Wifred le Velu, pp. 241,
290.
RAOUL, RADULFE, comte de Confient, fils de
Sunifred & d'Erniesinde , frère de 'Wified le
Velu, pp. 24c, 288, 289, 3;2, Ô59 ; n'a ])as été
comte de Roussillon ainsi que l'affirment les
auteurs de l'Art de vérifier les dates, p. 3 7.0.
RAOUL, comte de Nimes, institué par Pépin en
759, pp. 269, 3i5.
Rasez. Voir Razks.
RATHARUJS, comte de Limoges, p. 260.
RATIER, comte d'Angoulême, p. 281.
Ravenne; Théodoric y fait construire des aque-
ducs en 5o2, p. I 36.
RA"rNALD, comte d'Herbauges. Foir RAINALD.
RazèS, a tiré son nom du château de Redas, p. 33.
— (évêché de), n'existe que pendant quelques an-
nées du neuvième siècle, p. 3i i.
— ce pays a eu ses comtes particuliers, pp. 277,
3 i I .
— (comtes de), p. 262.
RECAMOND, abbé de Saint-Hilaire, p. 3i3.
RECCARÈDE, roi des Visigoths & le premier qui
porte le surnom de Flavius, p. 98; époque de
ses expéditions contre les Français sur les fron-
tières de la Septimanie, pp. 168, 169, 160; épo-
que de sa mort, pp. 160, 161.
RÉCHIARIUS, roi des Suèves, pp. 523, 624.
RÉCIMIR, fils de Witigius, p. 322.
Rkcollets (cimetière des), à Toulouse, pp. 040,
541 , 642, 543.
S. RÉMI; le nom de Septimanie est-il cité dans
son testament? p. 124.
REMISTAN, frère du duc d'Aquitaine, Hatton,
p. 188.
Revessio ou Saint-Paulhan, ancienne capitale du
Vêlai, p. 93.
Riioda ; histoire & influence de cette ville mari-
time, pp. 464, 460; influence de la monnaie de
cette ville sur l'ancien système monétaire de la
province, pp. 422, 460, 461.
— (description de la drachme de); figures, pp. 465,
466 ;époqae où les Volkes imitent cette drachme,
p. 465.
— (taille des monnaies de); il est impossible de
connaître leur poids exact, p. 466.
RHODANIUS, évêque de Toulouse, refuse de sous-
crire le concile schismatique de Béziers, p. 77.
Rno.NE; depuis le mont Jura jusqu'à l'embouchure
de l'Isère il sert de limite à la Narbonnaisc,
d'après Catel, p. 22.
RICHARD LE JUSTICIER, comte d'Autun, pp. 278,
3o2.
RICHBAUT, abbé de Saint- Riquier, neveu de
Louis le Débonnaire^ p. 278.
RICHELME, vicomte dans le comté d'Ampurias,
p. 322.
RICHILDE, seconde femme d'Oliba I, comte de
Carcassonne, p. 287.
RICHILDE, femme de Suniaire, quatrième fils de
Wifred le Velu, comte d'Urgel, p. 290.
RICHILDE, fille de Borrel, comte d'Ausone & d'Ar-
sinde, femme d'Eudes, vicomte de Narbonne,
p. 291.
RICHILDE, femme d'Eckard, p. 278.
RICIMER, maître de la milice, p. 116.
RICUIN, comte de Padoue 81 non de Poitou,
p. 304; aucun comte de Poitou n'a porté ce
nom, p. 3 02.
RÎCULFE, évêque d'Elne, pp. 238, 289, 32o,
RiDALKA [Riodou(a') , terre du comté de Besalu,
p. 29-..
TABLE GENERALE DES NOMS ET DES MATIÈRES.
591
Riez, ville de la Viennoise, p. 7").
— (concile de), convoqué par saint Hilaire d'Arles,
p. 112.
R'tgomagentium , une des huit cités des Alpes Ma-
ritimesj sa situation est inconnue, p. yô.
RIGONTHE, princesse française que devait épouser
Reccarède, p. 161.
RiMiNi (concile de), p. 79.
UIPAIRE, curé du diocèse de Toulouse ou de Tar-
ragone, p. 88.
RiroLL, monastère, pp. 290, 3 19; fondé par Wi-
fred le Velu, p. 29c.
ROBERT LE FORT, comte d'Autun, &c., pp. 23o,
23i, 249, 275, 3oi, 3o6 ; tué à la bataille de
Brissarthe, p. 281; qualifié comte de Sesseau,
p. 227J de Madrie, p. 229.
ROBERT, fils de Robert le Fort, plus tard roi
sous le nom de Robert I, p. 3o6; abbé de Saint-
Martin de Tours, p. i.)J^.
ROBERT, comte de Maguelonne, p. 3ir).
ROBERT, prétendu comte de Querci & de Tu-
renne, p. 364.
RoniNE (canal de la), p. 528.
ROCHE-AIMON (de U), évêqiie du Puy, p. lyS.
RODERTC XIMENÈS, archevêque de Tolède au
treizième siècle; a employé dans son Histona
Arabunt, la chronique dite d'Isidore de Béja,
p. 5.')9; cité, p. 1 82.
Rodes (Saint-Pierre de) corrige'}^ Rosas, monastère
dans le comté de Pierrelate, pp. 294, 296, 32 i,
323.
RonEz, p. I 82.
RODLINDE, fille de saint Guillaume de Gellone,
pp. 272, 273.
RODOLPHE, archevêque de Bourges, fondateur de
Beaulieu, pp. 365, 366, 367, 368.
RODOLPHE, comte ou vicomte de Turenne, p. 365.
ROGER I, comte de Carcassonne, p. 60.
ROGER I, comte de Foix, réforme l'abbaye de
Frédelas, p. 6 r .
ROGER II, comte de Foix, refuse de restituer des
biens à l'abbaye de Frédelas, p. 61 5 assiste à la
première croisade & rapporte les reliques des
SS. Caïus & Alexandre, martyrs d'Apamée, en
Syrie, pp. 61 , 62.
ROGER, comte en Limousin, p. 269.
ROLLON, duc de Normandie; sa fille Adèle épouse
Ranulfe II, comte de Poitiers, p. 283.
Romains; époque où ils vainquirent les Gaulois
Sénonais & les Boiens, p. 12; en quel temps le
Languedoc leur fut soumis, pp. 19, 20, 21, 22.
Rome; pillée par les Visigoths, p. 52i.
ROMILLE, femme de Béra , comte de Razès,
pp. 273, 3i3.
RORICE, évèque 81 comte de ^'eIai, p. 178.
RORICON, comte, père de Blichilde, p. 243.
Rose (monnaies gauloises au type de la), imitées
de la drachme de Rhoda, pp. 466, 467; portant
au droit & au revers les deux figures de l:i rose
de Rhoda, p. 484.
ROSIA, fille de saint Sidoine, p. 1.34.
RosKiNO, ville d'origine phénicienne sur les côtes
méridionales de la Gaule, p. 38o. l'oir HtSciNU.
ROTRUDE, fille aînée de Charlcmagne, p. 245'.
ROTRUDE, fille de Béra, comte de Razès & femme
d'Alaric, comte d'Ainpurias, pp. 235, 277, 3i3,
322.
ROTRUDE, sœur de Rodolphe, archevêque de
Bourges, p. 366.
RoiERCUE; est conquis sur les Visigoths par
Thierry, fils de Clovis, pp. iSy, 145.
— (invasions des Arabes dans le), p. 553.
— (anciens comtes du); époque où les comtes de
Toulouse ont possédé ce pays, p. 369.
RoLSSii.LONj plusieurs noms de lieux de cette con-
trée semblent se rattacher à des racines ibéri-
ques, p. 436.
— (comtes de), pp. 293, 319.
RtnRESLS (canal); but & résultats de cet ouvrage
d'art; changements dans la direction du cours
de l'Aude, pp. 527, 528.
Ruessium, plus tard Vellava, aujourd'hui Saiiit-
Paulhan, pp. 171, 178.
RtsciNO, les envoyés d'Annibal vont y trouver les
chefs volkes pour leur demander le libre pas-
sage jusqu'au Rhône, p. 436.
Rl'STIQUE, frère de saint Didier; son prédécesseur
dans l'évêché de Cahors, p. i63.
S. RUSTIQUE, évèque de Narbonne, p. 1 1 1.
RUSTICUS, évèque de Viviers, p. 54.
RuTHKNES, peuple des Gaules hors des limites de
la Gaule Braccata ; se divisaient en Rui/icni
eîeutheri & en Rutheni provinciales, pp. 2.^, 25.
RUTILIUS, pocte qui compose un itinéraire avant
l'an 417, p. 96.^
SABINUS, évèque de Béarn ou de Lescar, 8c non
de Viviers, p. 55.
SADREGISILE, duc d'Aquitaine, p. 189.
Saint-Agne, village près de Toulouse, p. 548.
Saint-André, propriété 8t maisons appartenant
au monastère d'Alaon, p. 202.
Saint-Bertin (annaliste de), p. 287.
Sai.vt-Chiman, abbaye; son origine, p. 827.
Saint-Cyr, église, en Roussillon, pp. 395, 323.
Saint-Denis, nbbay«, p. 189.
Saint-Etienne, église dans le Carcasses, possédée
par l'abbaye de La Grasse, p. 263.
Sainte-Eui.alie de Larsac, lieu du diocèse de
Vabre sur les frontières du Gévnudan, p. 146.
Saint-Genou, abbaye fondée par Acfred, comte de
Toulouse, p. 227.
Saint-Gilles, ville près du Rhône, pp. 97, 119.
Saint-Hilaip.e, abbaye dans le diocèse de Carons-
sonne, p. 3 1 3.
Saint-Jean, île de la Loire où eut lieu l'entrovuc
d'Alaric 8< de Clovis, p. Sj.'i.
592
TABLE GÉNÉRALE DES NOMS ET DES MATIERES.
Saint-Jean in Extorio, ancien nom de l'abbaye de
Caunes, p. 328.
Saixt-Jean de Vef.ges (Ariége^, p. 424.
SAixT-LAunENT in Olibegioj emplacement de ce mo-
nastère, p. 328.
Saint-Lizier, ville du Conserans, sur le Salât,
p. 26.
Sainte-Marguerite, église dans le comté de Be-
salu, p. 291 .
Saint-Martin, église dans le comté de Razès,
p. 314.
Saint-Macr des Fossés, abbaye, p. 24.5.
Saint-Michel-en-l'Herm, monastère ruiné par les
Normands & rétabli par Eble, p. 283.
Saint-Michel de Pons, église dans le diocèse
d'Urgel, p. 290.
Saintonge, appartenait à l'Aquitaine deuxième,
p. 123.
Saint-Palliian, Civitas Vetula, Vellava, Ruessium,
Revessio, capitale du Vêlai, pp. 93, 171, 179}
appartient aux vicomtes de Polignac depuis
l'accord fait avec Nortbert, évéque du Puy,
pp. 172, 178.
Saint-Pierre, église dans le pays d'Autun, p. 3oi.
Saint-Pieri'.e, église dans le comté de Besalu,
p. 291.
Saint-Raimond, propriété & maison appartenant
au monastère d'Alaon, p. 202.
Saint-Rémi, abbaye de la ville de Sens, p. 348.
Saint-Rémi, petite ville de Provence, p. 97.
Saint-Rocii-Vieux, ancien chemin des Chauroux,
au sud de Toulouse, traverse le cimetière anti-
que; est peut-être l'ancienne voie romaine,
p. 549.
Salinae , ville des Suetrii , aujourd'hui Seillans,
p. 72.
SALOMON, évéque d'Elne, p. 35o.
SALOMON, comte franc, chargé du commandement
de la Marche d'Espagne, pp. 290, 3i8; comte
de Cerdagne en 863, p. 2J9.
SALUSTE, évéque d'Agen, p. 167.
Saluviens ou Salyens, peuple gallo-ligurien, p. 73.
SAMAH-BEN-MALIK ou EL-SAMAH; son expé-
dition en Septimanie, sa mort, p. .05").
S. SAMSON, vivait peu de temps avant Grégoire
de Tours, p. 90.
SAMSON, fils de Chilpéric II, p. 194.
SAMUEL, évéque de Toulouse, p. 224.
SANCHE SANCION, p. 336,
SANCIE ou SANCHE, femme d'Adhémar, comte
de Poitiers, p. 279.
S.Înglier, monnaies gauloises portant la figure de
cet animal au revers, pp. 484, 480.
SANILA, accusateur de Béra, marquis de Septima-
nie, p. 3i6.
Sarrasins; époque de leur entrée dans la Septi-
manie, p. 184; auraient été introduits en Gaub
par le duc Eudes, p. 196; ont-ils assiégé Tou-
louse en 720 ou 721? p. i85; époque de leurs
invasions dans les Gaules sous le règne de
Charles Martel, p. 204; leurs courses sont arrê-
tées par suite de l'alliance du duc Eudes avec
Munuza, p. 196; leurs ravages dans le Vêlai
en 729, p. 180; les comtés d'Ausone, de Girone,
d'Ampurias, d'Urgel, de Barcelone, de Besalu
sont conquis sur eux & annexés à l'Aquitaine,
p. 270. Voir Arabes.
SARUS, chef de Visigoths, p. 622.
S. SATURNIN, apôtre de Toulouse, p. 109; pre-
mier évéque de Toulouse; époque de son mar--
tyre; authenticité de ses actes, p. 58; l'époque
de sa mission dans les Gaules est fixée par ses
actes, p. 49; un monastère a été construit sur
son tombeau, p. i33.
SATURNIN, évéque d'Arles arien, pp. 77, 78.
Sauve; ce lieu est-il l'ancien Vindomagus? p. 873.
Sauxillanges, prieuré de l'Auvergne fondé par
Guillaume le Pieux, p. 3io.
Savoie, ajoutée à l'Aquitaine par le partage de
806, p. 270.
Saxons; leur passage dans la Province sous le
règne de Gontran, roi de Bourgogne, p. 157.
SCHÉDIUS, a nié qu'aucune colonie gauloise ait
été établie au delà du Rhin, p. 10.
SCIMINUS, fils d'Adalaric, duc des Gascons, p. 188.
SCINTILLUS, abbé d'Arles, p. 32 1.
SCIPION, consul; nombre de jours mis par lui à
remonter le Rhône jusqu'à l'endroit où Annibiil
l'avait passé, p. 17.
ScoRDiSQUES, peuple cité par Justin à propos de
l'expédition de Delphes, p. 9.
SCUTAIRE (& non SC;p.UTAIRE), évéque du Puy,
aurait construit la première église du Puy avant
493; aurait accompagné saint Vosi lors de son
voyage de Rome au Puy, p. 176.
SEBASTIEN, associé à l'empire par Jovin, p. 52 1.
SÉBASTIEN, fils de Boniface, p. 523.
SEDATUS, souscrit en 5o6 le concile d'Agde; est
le premier évéque de Nimes connu, dont l'épis-
copat ait une date certaine, p. 5o.
Segusiani, peuple mentionné par Ptolémée comme
faisant partie des Alpes Grecques, pp. 72, 76.
Seilt.ans, ville de Provence, située entre Amibes 8<
Senez, p. 72.
SEGUIN, comte de Bordeaux, p. 269.
Sclva. Gothescaj nom qu'aurait porté la forêt do
Saint-Gilles, p. 100.
Senez, ville des Vesdiantii, p. 72.
Sénonais (Gaulois), sont vaincus par les Romains,
p. 12.
Sept Provinces des Gaules; leur vicariat, pp. 68,
^9) 7°» 7'» 1^1 '20.
Septimanie ou Gaule Nareonnaise, p. 186; ori-
gine de ce nom, p. 119; Sidoine Apollinaire est
le premier qui ait donné ce nom aux Etats des
Visigoths dans les Gaules, p. 120; époque où les
Sarrasins l'ont envahie, p. 184; renfermait huit
diocèses lorsque les Sarrasins s'en emparèrent
sur les Visigotlis, p. 2 11 ; fait partie du royaume
d'Aquitaine après 806, p. 270; époque de sa
séparation du royaume d'Aquitaine & de son
érection en duché, p. 343; partagée en deux
gouvernements par Charles le Chauve, p. 3i7;
époque de son union à la couronne, p. 211.
— (évêques de la) partisans de Lothaire, p. 348.
TABLE GENERALE DES NOMS ET DES MATIERES.
IgS
Septimame ou Galle Narbo.nnaise (ducs de^,
pp. 2 14 & suiv.
— (marquis de) ou de Gothle, p. 3i6.
SEPTIML'S, évéque de \'iviers, p. 54.
SERÉNUS, duc d'Aquitaine, cité dans la généalo-
g;ie d'Eudes, pp. 188, 189.
SERGIUS, évéque de Carcassonne, successeur de
• saint Hilaire, p. 53.
SERTORIUS; époque du commencement 8c de la
fin de la guerre soutenue par ce général, pp. 41,
42; tentative de ce général sur la Gaulej sources
de rhistoire de ce soiilèvement, p. 427; biogra-
phie abrégée de Sertorius; situation de la Gaule
Transalpine; campagnes de Pompée, pp. 427,
428, 429.
S. SERVAIS DE TONGRES, p. 85.
Seîlus mots (cap de Cette), p. 1 19.
SÉvÉRAc-L'EctiSE, licu du Laissaguez, p. 146.
SÉVÈRE, prédécesseur d'Anthème, p. 117; époque
à laquelle il prit le nom d'empereur; la Pro-
Tince romaine lui reste fidèle, p. 48.
SÉVÉRIANE, fille de saint Sidoine, p. 184.
SEVÉRIEN, évéque de Gévaudan, quelques auteurs
l'ont confondu avec saint Sévérien, évéque de
Cabale, en Syrie, p. 5j.
SEVERIN, prétendu évéque de Viviers, p. 5-'.
SiCANES, peuple de Sicile, p. 377.
SICHARIUS, évéque de Bordeaux, p. 320.
SIDOINE. Foir APOLLINAIRE.
Sigean (étrmg de), p. 327.
SIGEBERT, roi d'Austrasie, pp. 147, 157.
SIGEBODE, archevêque de Narbonne, pp. 238,
262. 288, 324.
SIGISMER, chef barbare; a-t-il épousé une fille
d'Euric, roi des Visigoths? pp. 128, 129.
SIGOVÈSE, neveu d'Ambigate, p. 434; à quelle
époque eurent lieu ses expéditions hors des
Gaules? p. 3; quels sont les peuples qui mar-
chent sous sa conduite, & quels pays habitaient-
ils? pp. 4, 5 & SUIV.
SIGUINUS ou SCIIVUNUS, duc des Gascons, p. 191-
SIMON; y a-t-il eu à Maguelonne un évéque de
ce nom ? p. 5i .
SISEBUT I, évéque d'Urgel, pp. 202, 288.
SISENAND, roi des Visigoths; époque de son rè-
gne, pp. i63, 170.
SISINIUS, moine du diocèse de Toulouse, p. 88.
Sitius (woijj), cap de Cette, p. 119.
SoBRAKVE, royaume, p. 202.
Sogîorttii, tribu des Liguriens chevelus, peut-être
les mêmes que les Sentit ou les Sontii de Ptolé-
mée, p. 73.
Sotsso^s froyaume de) conquis par les Francs,
p. 525.
— (concile de), p. 172.
SoLiGNAC, abbaye au diocèse de Limoges, p. 169.
SONIARIUS, qualifié comte de Barcelone, p. 234.
Sontii, Sentit, désignés par Auguste comme faisant
partie des Liguriens chevelus, p. 73.
SoEÊoe, abbaye du Roussillon, p. iio.
SOSTHÈNE, roi de Macédoine, rè^ne de
d'après Eusèbe. p. |3.
SoTiATES, peuple d'Aquitaine, p. 425.
SPINTHAROS, architecte du, second temple de
Delphes, pp. 387, 388.
STODILUS, évéque de Limoges, p. 367.
STRABON; étendue qu'il donne à la Gaule Celti-
que, p. 2; son opinion sur la parenté des Tec-
tosages d'Europe avec ceux d'Asie, pp. 408,
411.
STURMION, comte en Berry, p. 269.
STURRUON, comte de Narbonne, pp. 218,314, 56o.
Suetri; sont désignés par Auguste comme faisant
partie des Liguriens chevelus, pp. 72, 73.
Sutvts, établis en Espagne, p. 522; sont battus
par les Vjsigoths, p. 524.
SUINTILA, roi des Visigoths; époque de son règne,
pp. i63, 170.
S. SULPICE, évéque de Bourges, pp. i65, 167,
325.
SULPICE SÉVÈRE; était Aquitain, pp. 82, 83;
natif de la Narbonnaise 8c peut-être de Tou-
louse, p. 84; ami de saint Paulin, p. 81; fait
bâtir un monastère à Primuliac, p. 87.
SUNIAIRE, évéque d'Elne, p. 559.
SUNIAIRE, comte de Besalu, est différent de Su-
niaire, comte de Roussillon, p. 32o.
SUNIAIRE I, comte de Roussillon, pp. 32o, 322.
SUNIAIRE II, comte d'Ampurias 8c de Roussillon,
pp. 293, 320, 322.
— (généalogie de la famille de), comte He Rous-
sillon, p. 295.
SUNnAIRE, comte d'Urgel, fils de Wifred le Velu,
pp. 290, 293, 559.
SUNIAIRE; erreurs de dom Vaissete, de dom Ma-
billon, des éditeurs du Gallta Christiana 8c des
auteurs de î'^rt Je vérifier les dates au sujet de
Suniaire, fils de Wifred le Velu 8c de Suniaire I
8c II, comtes d'Ampurias 8c de Roussillon,
p. 291.
SUNIÉRIC, général visigoth, p. 116.
SUNIFRED, évéque de Girone, fils de Sunifred,
comte d'Urgel 8c d'Ermesinde, p. 288.
SUNIFRED, fils de Borrel, comte d'Ausone 8c d'Ur-
gel, marquis de Septimanie, pp. 234, 288, 293,
3i6.
SUNIFRED ou SUNIOFRED, fils de Miron, comte
de Barcelone, pp. 241, 29c, 293.
SczE, une des villes des Se^usiani, p. -2.
SYAGRIUS, général romain, est défait par Clovis,
p. 525.
SYAGRIUS, gouverneur de Marseille; sa mort,
p. 164.
SYLLA, lieutenant de Marius, p. 21.
SYLVAIN, prétendu second évéque deLodève, p. 5r,
S. SYLVESTRE, pape; a-t-il érigé Maguelonne en
évêché à la demande de Constantin.'' p. 5i.
SYLVESTRE II, pape, p. -
SYLVIUS, abbé de Solignac, ^. .,...-
SYMMAQUE, pape, donne à saint Césaire, évê^ue
d'Arles, le vicariat d'Espagne, p. 141.
II.
38
594
TABLE GÉNÉRALE DES NOMS ET DES MATIÈRES.
T
TAMAYO SALAZAR (Juan), faussaire espagnol du
dix-septième siècle, p. iSç; auteur iii Marty-
rologium H'ispanicum ; a peut-être fabriqué la
charte d'Alaon, pp. 202, 2o3.
TABENTA1SE5 est érigée en métropole de la pro-
vince ecclésiastique des Alpes Grecques, après la
ruine d'Avenches, p. 107; son église est sou-
mise par saint Léon à celle de Vienne, p. i 07.
TarentinS; appellent Pyrrhus en Italie contre les
Romains, une année après l'irruption des Gau-
lois en Grèce, p. 12.
Tarn; d'après Catel, son cours séparait la Nar-
bonnaise & l'Aquitaine, p. 22.
Tafconi, peuple qui aurait habité entre le Tarn &
l'Aveyron, sur le Tescou, p. 33,
TATIEN, consul, p. 117.
Taurini, peuple de Turin, faisait partie des Al-
pes Maritimes, p. 74.
TectOSAGES, l'une des deux grandes tribus de la
nation des Volkes, p. 436; époque de leur émi-
gration d'après César & Tite-Live, p. 5; n'ont
pas passé les Alpes avec Bellovèse , mais ont
franchi le Rhin avec Sigovèse, p. 7; on est en
droit d'assurer que les Tectosages d'Asie descen-
dent des Tectosages du haut Languedoc, p. 11;
leur invasion en Macédoine & leur entrée en
Asie; date de ces événements, p. 22; sur quel-
ques circonstances de leur expédition à Del-
phes, pp. 14, i5, 16, 17; date de leur défaite
devant Delphes, d'après Pausanias, p. 12; épo-
que de leur seconde tentative sur Delphes, p. 12;
histoire ou légende de leurs émigrations en Asie
8c de leur retour à Toulouse ; origine de cette
légende, pp. 401 & suiv. ; sens probable de ce
nom; n'est pas un ethnique, mais plutôt un
surnom, p. 411; ceux qui s'établirent aux
environs de la foret Hercynie venaient-ils des
Gaules? p. 3; dans quels pays de la Germanie
se fixèrent-ils? pp. 3 à 10; ceux que César men-
tionne sont Gaulois d'origine; Strabon dit qu'ils
fondèrent le royaume de Galatie en Asie, p. 9;
il n'en est plus parlé après César; les Gothins
cités par Tacite sont peut-être le même peuple,
p. 10; mentionnés par César; origine de cette
tradition; essai d'explication, pp. 411, 412.
TERILLUS D'HIMERA, tyran, p. 379.
Tesconi , peuple de la Narbonnaise, mentionné
par Pline, p. 33.
Tescou, nom d'une rivière qui coule entre le Tarn
& l'Aveyron, p. 33.
TETRICUS, gouverneur de toutes les provinces
des Gaules, p. 65.
Teutons; passage du Rhône par ce peuple, p. 33;
leurs expéditions avec les Cimbres, pp. 33 à 36;
leur défaite par Marius, pp. 37, 38.
Textri (bataille de), p. 195.
THÉODARD, archevêque de Narbonne, p. 340.
THÉODEBALD, fils de Thierry, roi d'Austrasie,
p. 194.
THÉODEBERT I, roi de Metz; ses expéditions
en Septimanie, pp. 146, 146; attribution à ce
prince d'une monnaie d'or frappée à Uzès ,
p. 376.
THÉODORE, évêque de Marseille, p. i58.
THÉODORE, évêque du Vêlai, p. 174.
THÉODORE, auteur d'une histoire de Notre-Dame
du Puy; son opinion sur l'origine de cette église
p. 177.
THÉODORIC, roi d'Italie ou des Ostrogoths,
p. 52.5; est le premier prince barbare qui porte
îe titre de Flavius, p. 98; s'emploie pour récon-
cilier Clovis & Alaric, p. i3i ; est-il venu dans
les Gaules au secours des Visigoths? p. i35.
THÉODORIC I, roi des Visigoths, p. 522.
THÉODORIC II, roi des Visigoths, p. 524; épo-
que de ses expéditions en Espagne & de son re-
tour à Toulouse, p. I 14; à quelle époque sou-
mit-il Narbonne? mort de ce prince, pp. 117,
118, 119; son âge au moment de sa mort,
p. I 18.
THÉODORIC ou THIERRY, père de saint Guil-
laume de Gellone, p. 272.
THÉODORIC, frère de saint Guillaume de Gel-
lone, p. 272.
THÉODORIC, frère d'Eckard, comte d'Autun,
pp. 278, 3 02.
THÉODORIC, fils d'Hildebrand, comte d'Autun,
p. 278.
THÉODOSE, fils d'Ataulphe & de Placidie, p. 521.
THÉODULPHE, évêque d'Orléans, visite l'église
du Puy, p. 173; son poëme dédié à l'archevêque
de Bourges, p. 324.
S. THÉOFRED ou S. CHAFFRE, abbé du Monas-
tier, son martyre, p. 553.
THÉOTBERT, abbé de Fleuri-sur-Loire, p. 279.
THEUDE, femme de Bernard, comte des Marches
de Gascogne, p. 1 88.
THEUDIS, premier roi visigoth qui se soit établi
en Espagne, p. 143.
THEUDOIN, frère de saint Guillaume de Gellone,
p. 272.
S. THIBÉRY de Cessero; un monastère est bâti
sur son tombeau, p. i33.
THIERRY, fils de Clovis; pays qu'il soumet après
la bataille de Vouglé, p. 137.
Thionville; Charlemagne y fait un partage de ses
États en 806, p. 270.
— (diète de), pp. 35i, 352.
THOMAS I, évêque d'Albe ou de Viviers, en 81 5,
p. 54.
THOMAS II, évêque de Viviers en 11 5o, p. 54.
THORISMOND, roi des Visigoths, p. 523; manière
de compter les années de son règne, p. ii3;
époque à laquelle Théodoric II lui succéda,
p. 118.
THRASAMOND, roi des Vandales, reçoit Gésalic à
sa cour, p. i35.
TiiusY ou TtSEï (concile de), pp. 172, 309.
TIBÉRIUS, envoyé en Gaule par César, p. 438.
TABLE GENERALE DES NOMS ET DES MATIÈRES.
TIMAGÈNE, historien grec; preuve qu'un certain
passage de Trogue Pompée relatif aux expédi-
tions des Gaulois lui a été emprunté; témoi-
gnage de Strabon, pp. 408, 409, 410.
TITE-LIVE; son opinion sur les transmigrations
des Gaulois au delà du Rhin, p. 5; son récit de
l'émigration des Celtes, p. 4^4.
Tolède (conciles de); époque où fut tenu le se-
cond concile de cette ville, pp. 144, 14.'); le
quatrième, en décembre 633, p. 170; le trei-
zième, souscrit par Citruin, p. 182.
ToLiSTOiiOGES, suivent avec les Trocmes la fortune
des Tectosages, p. 8.
TolosS. Voir TOLLOUSE.
TONANCE FERRÉOL, préfet des Gaules, p. 524.
ToRSIiN. Voir ClIOllSON.
ToRTOSE (remarques sur le siège de) par Louis le
Débonnaire, pp. 372, 373.
Toscane, p. 38 1 .
TOTILA, investi par Louis le Débonnaire du du-
ché de Gascogne, p. 188.
TotJL, Leucus, Leucia, Tuîlum Leucoruni, avitas
Leucorum, p. i 68.
Toulouse; ses origines, p. 028; fondée probable-
ment par les Volkes , p. 436; ses habitants
jouissaient d'une entière liberté avant l'arrivée
de Cépion, p. 21 ; de ville fédérée devient ville
stipendiée, p. .')34; commerce de cette ville à
l'époque romaine 81 dès le temps des Cimbres;
témoignage de Posidonius, pp. 533 à 537;
preuve de son existence sur son emplacement
actuel à l'époque romaine par M. de Montégut,
pp. 543 à 546; Ataulphe ou un détachement de
son armée s'en empare, pp. 96, 52i; capitale
des Vjsigoths, p. 119; siège dé Toulouse par
Samah; bataille livrée devant cette ville; vic-
toire d'Eudes, pp. 553, 555, 556; assiégée par
Charles le Chauve; y a-t-il eu un seul ou deux
sièges consécutifs de cette ville!* pp. 358 & suiv.;
note rectificative des nouveaux éditeurs, prouvant
que le siège de 843 n'a jamais existé; itinéraire
de Charles le Chauve en 844, pp. 36o & suiv.;
époque de sa prise par les Normands, p. 362; à
quelle époque a-t-elle eu lieu? pp. 362, 363.
— devient ville ducale après avoir été ville royale,
p. 216.
— indiquée comme évêché dans la Notice des cités
des Gaules, p. 121.
— (concile de), en 829, p. 326.
— terres d'alluvion qui couvrent le sol de l'an-
cienne ville romaine; fouilles qui ont eu lieu
dans ces terres, pp. 538, 539.
— cimetières anciens, situés hors de l'enceinte ro-
maine; l'un d'eux occupe l'emplacement du
cimetière chrétien de Saint-Roch ou des Récol-
lets, pp. 540 à 543.
— (cimetière des Rêcollets à), pp. 540, 541.
— (cimetière de Saint-Michel à), p. 548.
— (Porte-Narbonnaise à); le point qu'elle occu-
pait n'est pas parfaitement connu; retrouvée
par Nicolas Bachelier au milieu du seizième
siècle; détails sur son ornementation; par ordre
de qui elle a été détruite, p. 547; il y avait eu
probablement une autre porte du même nom,
p. 549.
route qui
547.
Tol'Lolse (Saint-Roch, chapelle près de), p. 540.
— port de cette ville à l'époque gauloise; cons-
tructions qui l'entourent peu à peu, pp. 535,
536.
— (PonT-GAnAUD, à), p. 544.
— (Port de la Daurade, à), p. 534.
— (Port de TouNiS, à), p. 534.
— (Port du ViDOU, à), p. 534.
— essai de restitution du tracé de la
reliait cette ville à Narbonne, pp.
549; tombeaux qui l'avoisinaient, pp. 539,540.
— (royaume de); nom donné aux possessions des
Visigoths dans les Gaules, p. 143; fin de ce
royaume, p. 525.
— (royaume de) sous Charibert; son étendue,
p. 162.
— (Marche de) ; gouvernement essentiellement
militaire, renfermait huit comtés, p. 269; est
augmentée de plusieurs territoires après 806,
p. 270; fait partie du royaume d'Aquitaine
après 806, p. 270; réduite au Toulousain, au
Fezensac & au comté de Carcassonne, p. 270,
— (duché de); rectifications à son sujet, p. 267.
— (comté de) sous les Carlovingiens, p. 269.
— (duc de); ce titre aurait été synonyme de celui
de duc d'Aquitaine, p. 267.
— (ducs de); n'ont pris le titre de ducs d'Aqui-
taine qu'à partir du dixième siècle, p. 3o6.
— (comtes de), pp. 214 & suiv.; de 778 à 918,
p. 295.
Toulousain; son étendue au moment où il est cédé
aux Visigoths, p. i23; fait partie du domaine
des Français sous le règne de Reccarède, p. 162.
TOURNEMINE (le P.); son opinion sur les migra-
tions des Tectosages en Germanie est réfutée par
Leibnitz, p. 4.
Tours, aurait été prise par les Arabes, p. 557;
l'évêque de cette ville assiste au concile d'Agde
en 5o6, p. 121.
— (Saint-Martin de), abbaye, p. 281.
TRAJAN, restaure probablement le temple de
Delphes, p. 382,
Trentin (colloque que les fils de Louis le Pieux
ont dans les montagnes du), p. 353.
Trésor de Delphes; son histoire; vicissitudes
qu'il eut à subir, pp. 394 à 397.
Trêve [Treyidon), sur les confins du Rouergue,
p. 146.
Trkves, prise quatre fois par les barbares dans un
intervalle de temps fort court, p. 104.
TiiocMES; l'une des trois tribus des Gaulois d'Asie,
p. 8.
TROGUE POMPEE; valeur de son témoignage au
sujet des expéditions des Tectosages; sa vie, son
livre, pp. 402, 4o3; plan de son histoire; déve-
loppe surtout l'histoire de la Macédoine; son
importance pour l'histoire des émigrations gau-
loises, pp. 4o3, 404, 4o5; sources qu'il a em-
ployées, pp. 405 & suiv.
Trois Gaules; ce qu'on entendait par cette expres-
sion, pp. 44, 45.
Trophée érigé par Auguste au sommet des Alpes,
p. 73.
596
TABLE GENERALE DES NOMS ET DES MATIÈRES.
s. TROPHIME, apôtre d'Arles, p. 109; époque de
sa mission dans les Gaules, d'après Grégoire de
Tours, p. 49; a-t-il évangélisé toute l'ancienne
Narbonnaise? p. io5.
TROPHONIOS, fils d'Erginus, l'un des deux archi-
tectes du temple de Delphes, p. 382.
Troyes (concile de), de 878, pp. 242, 256, 280, 3 1 y
TRUCTÉRIUS, reçoit de Suniaire une terre en
bénéfice, p. 322.
Truili.AS, terre dans le Roussillon, p, 295. '
TRUTGARDE, femme de Gauzbert, comte de Rous-
sillon, pp. 294, 32 I .
Tullum Leucorum, civitas Leucorum, TouL, p. 168.
TuRENNE ; ses anciens vicomtes, p. 364.
Turin (concile de), pp. [04, 1 10.
TURPION, comte d'Angoulême, frère d'Emenon,
comte de Poitiers, meurt sans enfants, pp. 279,
3o5.
TuSEï (concile de). Voir Thusy.
U
UDALRIC, marquis de Gothie ou de Septimanie,
pp. 235, 3 1 7.
Ugcrnum; a quel moment ce château fut-il pris
sur les Visigoths par les Français? pp. 146, 162.
Umhranicï; situation de ce peuple, pp. 32,33.
UNIFRED, marquis de Septimanie, p. 317. Voir
HUMFRID.
URBAIN II, pape, p. 565.
Urgel (comté d'), annexé à la Marche de Tou-
louse, p. 270.
URSICIN, évèque de Cahors, p. 148.
URSUS, beau-frère de Théodoric, fils de Théodo-
ric, p. 278.
Utique, ville de la Bétique, en Espagne, p. i83.
UzÉGE, conquis par Théodoric sur les Français;
perdu par eux, puis repris par Théodebert en
533, p. 145.
UzÈS, Vtica, Ucecia, p. i83; orthographe de son
nom latin, p. 375; est perdue par les Visigoths,
p. 121; époque à laquelle cette ville a appar-
tenu aux rois francs, pp. 376; Dyname en est
gouverneur, p. i58.
— indiqué comme évêché par la Notice des cités
des Gaules, p. 121.
— monnayage de l'époque mérovingienne fait dans
cette ville, pp. 374 & suiv.
— (chronique dite d'); époque de sa rédaction;
s&s sources, p. 55i .
V
Vabres, abbaye, p. 369.
Vaison (concile de), convoqué par saint Hilaire
d'Arles, p. 112.
VALDTRUDE, fille de Walachise, épouse d'Eudes,
duc d'Aquitaine, pp. 188, 190.
Valence, prise par Ataulphe, p. 52!.
VALENTINIEN III, p. 524.
S. VALÈRE, évêque de Carcassonne, paraît être le
même que saint Hilaire, p. 53.
VALÉRIUS, évêque d'Albe, p. 54.
VALÉRIUS L^VINIUS (P.), consul de Rome, l'an
474» ?• '2-
VALÉRIUS PROCILLUS, chef des Helviens, dont
César fait l'éloge, p. 21.
Vallée Flavienne [Vallis Flaviana) , nom porté
autrefois par le territoire de Saint-Gilles, p. 98.
Vallis Nobilis, lieu OÙ était situé le monastère de
Saint-Antoine, p. 60.
Vandales, établis en Espagne, p. 522.
VANDRADE, femme de Hatton, duc d'Aquitaine,
p. 188.
VARRON (chronologie de); toujours suivie par
dom Vaissete; elle est en arrière d'une année
sur celle des Fastes capitolins, p. 12.
Vediantii, peuple mis par Ptolémée parmi ceux
des Alpes Maritimes, p. 72.
Vêlai; a-t-il été conquis par Théodoric sur les
Français? p. 145; invasions arabes dans ce pays,
p. 553.
— (évêché du); époque de sa translation dans la
ville du Puy, pp. 171, 172, 173.
S. VÉLARIUS, évêque de Viviers, p. 54.
Vellava. (anc. Ruessium de Ptolémée), p. 171; était
à l'époque où a été rédigée la Notice des cités
des Gaules, sous Honorius, la seule cité du Vêlai,
p. 180; d'après Grégoire de Tours, est différent
d'Anis, p. 177.
VÉNANTIUS, évêque de Viviers; on donne à tort
à cette église quatre évêques de ce nom, pp. 54,
'45.
Vence, ville capitale des Nerusii, p. 72.
VendargueS; ce village est-il l'ancien Vindonia-
gus? p. 374.
Vénus Pyrénéenne; son temple, p. 432.
— (promontoire de); d'après M. de Marca, aurait
servi de limite à la Gaule Narbonnaise, p. 27.
VENUSTE, évêque d'Agde, p- 91.
S. VÉRAN, évêque de Vence, p. 106.
Vercors, arr. de Die, p. 41 3. Voir Vertacomacori.
Vernet, en Gonflent, p. 288.
— (Saint-Vincent du), église donnée à Tabbaye
de Cuxa, pp. 289, 32o.
Vernosoubbe (Saint-Laurent de), abbaye du Nar-
bonnais, p. 328.
Vertacomacori, p. 41 3.
VÉRUS, évêque de Rodez, p. 167.
Via Domitia, p. 20; son tracé, p. 43 1 .
VIATOR, qu'on a supposé évêque de Maguelonne,
assiste au concile de Brague; se qualifie dans sa
souscription : episcopus Magnatensis ou Megne-
tensis, p. 5 I .
Vie. Voir Ausone, p. 319.
VIC (Gérard de), chanoine de Carcassonne; fables
qu'il raconte sur l'origine de l'église de Carcas-
sonne, pp. 5 I , Si.
Vicariat des Cinq Provinces, p. 75.
TABLE GÉNÉRALE DES NOMS ET DES MATIÈRES.
Vicomte; moment où ce titre a été en usage, p. 193.
VICTOR, disciple de saint Martin, p. 86.
VICTORIN, célèbre toulousain cité par le poëte
Rutilius, p. 96.
Vicus; sens de ce terme; étendue de cette circons-
cription territoriale, comparée à celle du pagus,
pp. 412, 4i3.
ViEiLi.E-TouLOLSE, p. ï}ï% ; cet Oppidum ne pouvait
avoir un port sur la Garonne, p. 537; route
qui unissait & unit encore cette colline à la
ville elle-même, p. 549.
Vienne, résidence du vicaire des Sept Provinces,
p. 10'); avait le titre de métropole avant le
milieu du quatrième siècle, p. 108.
Viennoise, comprise dans les Sept Provinces,
p. 120.
Vieux, monastère en Albigeois; a-t-il été fondé
par saint Eugène, évèque de Carthage? p. 182.
ViGAN; une partie de son arrondissement serait
l'ancien Vicus Arisitensis, p. i5o; ce lieu est-il
l'ancien Vindomagus? p. 373.
VIGILANCE; en quel lieu cet hérétique divulgua
ses erreurs, pp. 87, 88.
Villes gauloises; leur situation; leur nature,
pp. 529, 53o.
VINCENT, prétendu successeur d'^therius, n'a pas
été évèque de Maguelonne, p. 5i.
ViNDASyuE, ville, p. 91.
Vindomagus ; opinions des modernes au sujet du
nom moderne de cette ville, p. 373.
Viridesiccum. Voir VisSEC.
VisiGOTHS; note sur leurs invasions & leur éta-
blissement en France, p. 620; leur sortie des
Gaules, pp. 98 à loi; passent les Pyrénées en
5i5, p. 52 1 ; repassent les Pyrénées & s'établis-
sent en Aquitaine, p. 522; alliés des Romains
contre les Suèves, p. 523; battent les Suèves
d'Espagne, p. 524; époque de leur retour dans
les Gaules, pp. 112, ii3; leurs paix & guer-
res successives avec les Romains, pp. 523, 524;
leurs conquêtes dans les Gaules, p. 525; leur
royaume de Toulouse, p. 1 i3; étendue de leurs
possessions dans les Gaules, p. 120; prirent-ils
quelques places sur les Français à la fin du sep-
tième sièclei* p. 182; possédaient-ils quelques
places en Afrique du temps de Justinieni' p. i53.
— (trésor des), emportés de Toulouse & de Car-
cassonne, p. 1 37.
— division des terres à leur époque; droits des
anciens habitants; noblesse; justice; différentes
classes de la population, pp. 526, 527.
VissEC [Viridesiccum), lieu situé sur les frontières
du Rouergue, p. 146.
VITAL, abbé, frère du vicomte de Polignac, p. 1 73 ;
élu évèque du Vêlai par une partie du clergé,
p. 172.
ViTRi, château près de Brioude, détruit par les
Sarrasins & reconstruit par Bérenger, comte de
Toulouse, p. 297.
VivARAis, appartient à Théodebert après la mort
de Thierry, son père, p. 146.
ViviEfiS; ses premiers évèques, p. 53; ils prennent,
durant le sixième siècle, tantôt le titre d'évêque
d'Albe, tantôt celui d'évêque de Viviers, p. 55.
VocoNCES, tribu des bords du Rhône, p. 413.
VoLKES (rôle des^ ; dans l'ancienne Gaule; leurs
établissements; leurs conquêtes, pp. 461, 462.
Voir Arécomiques et Tectosages.
VoLyuERA, territoire en Cerdagne, p. 292.
S. VOSI ou EVODIUS, évèque du Vêlai, pp. 171,
173; aurait vécu à la fin du septième siècle,
p. 179; sa légende, p. 176; chef spirituel de
l'abbaye de filles de Chamalières, p. 180.
VouGLft (bataille de), pp. i33, 525.
W
WADALDE, évèque d'EIne, fils de Suniaire II,
comte de Roussillon & d'Ermengarde, pp. 294,
32 I .
WADEMIR, aïeul de Recimir, p. 322.
WAlFRE, duc d'Aquitaine; son origine, sa filia-
tion, pp. 188, 189, 190; sa tentative sur Nar-
bonne, p. 554.
WALA, abbé de Corbie, avait épousé une des filles
de saint Guillaume de Gellone, p. 273.
WALACHISE, personnage de la famille de Charles
Martel, cité dans la généalogie d'Eudes d'après
la charte d'Alaon, pp. 188, 190, 194.
WALLIA, roi des Visigoths; époque de sa mort,
pp. 112, I l3, 522.
WAMBA, roi des Visigoths, écrase la révolte du
duc Paul, p. 1 82.
S. WANDRILLE, abbé de Fontenelle, p. 194.
WANDRILLE ou WANDRÉGISILE, comte des Mar-
ches de Gascogne, fondateur de l'abbaye d'A-
laon, pp. 188, 191, 202.
WARIN, pp. 225, 23i, 752; duc de Toulouse en
842, paraît différent du comte d'Auvergne de
même nom, p. 247; comte de Mâcon, de Châ-
lons & d'Autun, n'a jamais été duc de Septi-
manie, ni de Toulouse; erreur commise à son
sujet par dom Vaissete, p. 298 ; comte de Mâcon
& de Châlons; paraît avoir été comte d'Autun,
p. 3oi .
WARIN, qu'on croit être fils de Bernard I, comte
d'Auvergne, pp. 246, 247, 284, 309.
WARNARIUS. Voir GUARNARIUS.
WARNIER. Voir WITCHAIRE, WITCHARIUS.
WIDINILLË, femme de Wifred le Velu, comte de
Barcelone, pp. 241, 290.
WIFRED I LE VELU, comte d'Urgel, d'Ausone,
puis de Barcelone, fils de Sunifred & d'Erme-
sinde, pp. 234, 236, 240, 288, 289, 319, 559;
sonorigine, p. 237.
WIFRED II, fils de Wifred le Velu & de Widi-
nille, succède à son père au comté de Barcelone,
pp. 241 , 290, 3 1 9.
WIFRED ou ACFRED, prétendu comte de Bourges,
personnage apocryphe, p. 299.
WIFRED. Voir HUMFRID.
WILBOD ou GUIBAUD, comte de Périgord,
p. 269.
WILLEMOND, fils de Béra , comte de Barcelone,^
p. 3.3.
598
TABLE GENERALE DES NOMS ET DES MATIÈRES.
WITBERGE. Voir GUITBERGE.
WITCHARIUS ou WITCHAIRE, fils de saint Guil-
laume de Gellone, p. 272.
WITIGIUS, fils de Wademir, p. 322.
WITIZA, abbé de La Grasse, p. 562.
"WoRMS (diètes de), de l'an 833, p. 349; de l'an
836; époque à laquelle elle fut tenue, pp. 352,
353; de l'an 83r); discussion à son sujet, p. 357.
Y
S. YRIER; ses obsèques, p. 92.
YOUSOUF, gouverneur arabe de Narbonne, p. 557.
X
XERXÈS, tente de piller le temple de Delphes,
p. 38i.
ZAMA, chef arabe, pp. 1 85, 186; est défait & tué
devant Toulouse, p. 204. Foir EL-SAMAH &
SAM AH.
ZOSIME, pape, trompé par Patrocle, évèque
d'Arles, p. 110.
PREUVES
PREUVES
DE L'HISTOIRE
DE LANGUEDOC
AAJ^AJfc^ju^t^*^
CHRONIQUES
I.
I
Éd.orig,
t. 1,
col. i5.
Extrait des Annales d'Anîane^.
— F.3A. — /\
NNO Dccxv, Sema% rex
p^^ — r . o D. — X *. Sarracenorum, post viiir
7i5 anno, quam in Spania ingressi sunt Sarra-
' Bibliothèque du roi. Manuscrits de Baluze,
n. 88. [Aujourd'hui latin 6941] — Duchesne,
Recueil des historiens de France, t. 3, p. i3o.
' L'extrait des Annales d'Aniane que nous don-
nons ici remplit une lacune considérable de la
Chronique d« Moissac, imprimée dans le troisième
volume des Historiens de France recueillis par Du-
chesne ; ces annales & cette chronique étant' la
même chose. Cette lacune s'étend depuis l'an 716
jusqu'à l'an 778'. L'extrait de ces annales qui la
remplit est d'autant plus intéressant pour l'his-
toire de Languedoc, que l'auteur, qui paroît avoir
écrit au commencement du neuvième siècle, traite
plus amplement qu'aucun autr« des irruptions des
Sarrasins dans cette province, 8t rapporte plusieurs
autres faits qui la regardent, ou les autres provin-
ces méridionales du royaume, où il vivoit sans
doute. Ces annales commencent à l'an 670 & finis-
sent à l'an 812, & la chronique se termine à l'an
818 ; ce qui pourvoit peut-être donrter lieu de croire
• Marca Hispanica, col. :\}g & :J43.
» Duchesne, Recueil des histOrtem de France, t. 3, p. iS;.
ceni, Narbonam obsidet obsessamque ca-
pit, virosque civitatis illius gladio perimi
que l'auteur de la chronique a copié les annales,
& que ces dernières ont été composées par quelque
religieux du monastère d'Aniane. Quoi qu'il en
soit, ces deux pièces ne diffèrent que par quelques
articles particuliers à l'abbaye d'Aniane, qui ont
été ajoutés seulement aux annales, & que nous
avons eu soin de rapporter. A la suite des mêmes
annales, on lit dans le manuscrit qui a appartenu
autrefois à l'abbaye d'Aniane, & qui a six ou sept
cents ans d'antiquité, 1° un fragment de la Vie de
Charlemagne par Eginhard, avec une addition tou-
chant la même abbaye; 2° une partie de la Vie de
Louis le Débonnaire semblable, à peu de chose
près, à ce qu'en ont dit les autres historiens du
temps; 3° un fragment de la Vie de saint Benoît,
premier abbé & fondateur d'Aniane; 4° un autre
fragment de la Vie de saint Guillaume, religieux
& fondateur de Gellone. Ces deux Vies ont été don-
nées dans le quatrième volume des Actes des saints
de l'ordre de Saint-Benoît. [Note des Bénédictins.]
Le manuscrit qui contient la chronique dont
les Bénédictins donnent ici quelques fragments,
provient du monastère de RipoU 81 fut acquis par
Baluze, qui y joignit un manuscrit des Gesta co-
mitum Barcinonensium de la fin du treizième siècle
& diverses pièces d'époques différentes. La partie
qui renferme la chronique date probablement du
onzième siècle; les éditeurs des Monumenta Ger-
maniae (SS. t. i, 281) la rapportent même au
dixième. L'écriture est une gothique serrée; les
II.
PREUVES DE l'histoire DE LANGUEDOC.
jussit : mulieres vero vel parvulos captivos — F. 4 a. — terga versus est exercitus
in Spaiiiam ducunt, & in ipso anno, mense Sarracenorum, maximaque pars ibi cecidit
tercio, ad obsidendam Tolosam pergunt. gladio. Ambisa, rex Sarracenorum, cum in-
Quam dum obsiderent, exiit obviam eis genti exercitu post V anno Gallias aggre-
Eudo princebs Aquitanie cum exercitu ditur, Carcassonam expugnat & capit, &
Aquitaniorum vel Franchorum, & comisit usque Nemauso pace conquisivit, & obsi-
cum eis prelium, & dum preliare cepissent, des eorum Barchinona transmittit.
Anno DCC XVII, iterum Chilpericus cum
Raganfredo vel Francis hoste comota ,
Ardinnam silvam ingressus, usque Renum
fluvium vel Colonia civitate pervenerunt,
vastantes terras : thesauro multo a Flec-
trude matrona accepte, reversi sunt. Sed
in loco qui dicitur Amblava, Karolo in eos
inruente, maximum dispendium perpessi
sunt. Eodem tempore, predictus vir Karo-
lus, exercitu commoto, iterum contra Chil-
pericum vel Raganfredum consurgens; con-
tra quem illi hostem colligunt, bellum
lettres sont parfois soulignées ou doublées de
rougej il n'y a point d'alinéas, & le manuscrit
est à longues lignes. Du feuillet 2 au feuillet 23,
nous avons la chronique allant de 670 à 812;
puis suivent des extraits fort longs de la Vie de
Charlemagne par Eginhard, des fragments de la
Vie de Louis le Pieux, & de celles de saint Guil-
laume de Gellone & de saint Benoît d'Aniane.
La chronique présente de grandes analogies avec
l'ouvrage historique, intitulé Chronique de Mois-
sae & publié pour la première fois par Duchesne,
t. 3, p. I 30-147, d'après un manuscrit provenant
de cette abbaye. Cela conduisit tout d'abord à préparantes accélérant : sed pacem Karolus
identifier les deux ouvrages, & dom Bouquet, en
republiant la chronique de Duchesne, y fondit
notre chronique & fit des deux un seul ouvrage
(t. 2, 648 ; t. 5, 67 ; t. 6, 1 7 1 ) j il employa notre
manuscrit. Enfin, en même temps que l'Histoire
de Languedoc, paraissait en 1729, le tome 6 de
l'Amplissima Collectio de dom Martène & dom Du-
rand qui contient in extenso le texte du manus-
crit de Ripoll.
De nos jours, on est revenu à une autre manière
de voir, & il semble certain que notre chronique,
écrite par un moine d'Aniane, & probablement
postulat, illisque contradicentibus, ad pre-
lium egressi sunt in loco qui dicitur
Viciaco, Dominica die illucescente, xii ka-
lendas aprilis, illisque fortiter bellantibus,
Chilpericus cum Raganfredo terga vertit.
Karolus victor extitit, regiones illas vasta-
tas atque captivatas, itemque cum multa
preda — F. 4 A. — in Austria reversus, Co-
lonia civitate veniens, ibique sedicionem
movit, cum Plectrude matrona disceptavit,
& tesauros patris sui sagaciter recepit, re-
vers le milieu du neuvième siècle, ne dérive pas gemque ibi Statuit nomine Clhotarium.
de la chronique dite de Moissac, sans pourtant ChilpericuS itaque vel RaganfreduS Eudo-
lui avoir donné naissance; elle procède des mêmes j^gm ducem expetunt in auxilium, qui mo-
sources, elle a employé les mêmes auteurs. Ces yg^s exercitum contra Karolum perrexit ;
sources sont : d'une part, Eginhard dont le corn- ^^ jy^ constanter occurrit ei intrepidus.
pilateur a copié de longs passages, & de l'autre, oir-jr- n • • ••x*
^ , . ^ , , . . , , . Sed Eudo lugiens, ransius civitate regres-
\ine chronique languedocienne, aujourd hui per-
An
720
An
717
due, qui contenait sur plusieurs faits, notamment
sur les invasions sarrasines, des détails intéres-
sants, des faits que l'on chercherait vainement
ailleurs. C'est l'usage commun de cette ancienne
chronique, qui a amené cette similitude complète
entre les deux auteurs & causé l'erreur de dom
Bouquet.
Comme cette chronique a déjà été imprimée plu-
sieurs fois & tout récemment dans la collection
de M. Pertz (SS. 1, 282-31 3), nous n'avons fait
que reproduire les extraits déjà donnés par les
Bénédictins & en compléter le sens j nous n'avons
ajouté que deux passages relatifs au Midi, le ré-
cit de la défaite de Roncevaux (778) & celui de
la grande invasion sarrasine de 793. [Note des
nouveaux éditeurs.]
SUS, Chilpericum regem cum tesauris re-
galibus sublatum, ultra Ligerim recessit.
Karolus enim persecutus non reperit eum.
Clhotarius quidem memoratus rex eo anno
obiit. Interea Radbodus dux moritur, an-
noque insequente Karolus, legacionem ad
Eudonem dirigens, amiciciasque cum eo
faciens, ille vero Chilpericum regem cum
multis muneribus redJidit. Mortuus qui-
dem est Noviomo civitate, regnavitque
annis V*. Franci vero Thedosium, filium
Dagoberti régis junioris, super se statuunt
in regem.
Anno DCC XXV, Sarraceni Augustudunum
civitatem destruxerunt iili feria , xi ka-
Éd.crig.
t. 1,
col. 16.
An
725
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
An
73.
An
732
An
734
Éd.oria
t. I,
col. 17.
lendas septembris, tesauruniqiie civitatis
illius capientes, cum preda magna Spaiiia
redeunt.
Anno DCC XXXI , Karolus vastavit duas
vices ultra Ligerim, & Raganfredus mo-
ritur.
Anno DCC XXXII, Abderanian rex Spa-
niae, cum exercitu magno Sarracenorum
per Pampalonam & montes Pireneos tran-
siens, Burdigalem civitatem obsidet. Tune
Eudo, princebs Aquitanie, collecto exer-
citu, obviam eis — F. 5 û. — exiit in pre-
lium super Garonna fluvium; sed inito pre-
lio Sarraceni victores existunt. Eudo vero
fugiens maximam partem exercitus sui per-
didit, & ita demum Sarraceni Aquitaniam
depredare ceperunt. Eudo vero ad Karo-
lum Francorum principem veniens, postu-
lavit ei auxilium. Tune Karolus, colecto
magno exercitu, exiit eis obviam, & inito
prelio in suburbio Pictavensi , debellati
sunt Sarraceni a Francis* ibique ipse Abde-
raman cecidit cum exercitu suo in prelium,
& qui remanserunt ex eis, per fugam re-
versi sunt in Ispania. Karolus vero, spolia
accepta, cum triumpho glorie reversus est
in Francia.
Anno DCC XXXIIII, Karolus ingressus est
in Frisia cum exercitu magno, delevit eam
usque ad internecionem ac suo subjugavit
imperio. His temporibus, Jusseph-Ibin Ab-
deraman Narbona prefîcitur. Alio anno
Rodanum fluvium transivit, Arelato civi-
tate pace ingreditur, thesaurosque civitatis
invadit, & per IIIT' annos totam Arelaten-
sem provinciam depopulat atque depredat.
His diebus papa Gregorius minor, Romane
aecclesiae episcopus, claves venerandi se-
pulcri Pétri Apostoli , & vincula ejusdem
cum magnis muneribus legacione ad Ka-
rolum principem Franchorum misit, quod
antea nullo Franchorum pfincipi a quo-
libet Romane urbis presule missum fuerat.
Epistolam quoque & décréta Romanorum
principum predictus papa Gregorius cum
legacione etiam munera misit. Quo pacto
patrato sese populus Romanus, relicto im-
peratore Grecorum & dominacione, ad pre-
dicti principis — F. 5 b. — defensionem
& invictam ejus clemenciam convertere cum
voluissent, ipse vero, his omnibus cum gau-
dio & graciarum accione Domino repensis.
ipsam legacionem cum magnis muneribus
Romam remisit. Posthaec elegit viros reli-
giosos ex suis fidelibus, Grimonem scilicet,
Corbiensis monasterii abbatem, & Sigiber-
tum, reclusum basilice sancti Dionisii mar-
tyris, & cum magnis muneribus ad limina
beati Pétri principis Apostolorum misit, ac
per eos omnia in responsis, que sibi &
populo Franchorum vissa fuerant, presuli
scriptum remandavit. Posthaec prefatus
princebs, audiens quod Sarraceni provin-
ciam Arelatensem vel caeteras civitates in
circuitu depopularent, collecto magno exer-
citu Franchorum vel Burgundionum vel
ceterarum in circuitu nacionum, que di-
cioni illius erant, Avinionem civitatem bel-
lando inrupit, Sarracenos quos ibi invenit
interemit, & transito Rodano, ad obsiden-
dam civitatem Narbonam properat. Quam
dum obsideret, Ocupa rex Sarracenorum ex
Ispania Amoribinailet cum exercitu magno
Saracenorum ad presidium Narbona trans-
mittit. Tune Karolus partem exercitus sui
ad obsidendam civitatem reliquid : reli-
quam vero partem sumpta, Sarracenis ob-
viam exivit in prelio super Berre fluvio,
& dum preliare cepissent, debellati sunt
Sarraceni a Francis cède magna, maxima-
que pars ipsorum cecidit in gladio. Et ex-
perti sunt Sarraceni a Franchorum prelio,
qui ex Siria egressi sunt, Karolum fortis-
simum in omnibus repererunt. Ipse vero
Karolus, spolia collecta — F. 6 a. — & co-
piosam predam, cum reverteretur, Magda-
lonam destrui precepit, Nemauso vero are-
nam civitatis illius atque portas cremari
jussit, atque obsidibus acceptis, reversus
est in Franeiam.
Anno DCC[LIIJ, Carolus princebs obiit.
Regnavit annis xxiii, & menses vi. Obiit ^"
XI kalendas novembris, filiique ejus Pipinus
& Karlomannus principatum patris inter se
dividunt. Karlomannus Austria, Alamannia
atque Toringia sortitur; Pipinus vero Bur-
gundiam atque Provinciam aceepit. Zacha-
rias nacione Grecus, sancte Romane Eccle-
sie papa sedit Rome. Hujus temporibus,
Karlomannus rex Franchorum, filius pre-
dieti principis Karoli, frater Pipini, divino
amore & desiderio caelestis patrie com-
punctus, sponte regnum reliquid, iiliosque
suos Pipino fratri comendavit
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
8
An
702
An
759
Éd.oiig.
t. 1,
col. 18.
An
762
— F. 8 û. — Posthaec Stephanus papa obiit. conseasu omnium Franchorum rex consti-
His temporibus Jusseph-Ibin Abderraman, tuitur
tyrannide assumpto super Sarracenos , in — F. 1 1 a. — Anno DCCLXXVIII, con-
Spania régnât. Dira famés tune Spaniam gregans Karolus rex exercitum magnum,
domuit. Waifarius princebs Aquitanie Nar- ingressus est in Spania, & conquisivit ci-
bonam depredat. vitatem Pampalonam , & ibi Taurus, Sar-
Anno Dec LU, Ansemundus gotus Ne- racenorum rex, venit ad eum & tradidit ei
mauso civitatem , Magdalonam , Agaten, civitates quas habuit, & dédit ei obsides
Biterris Pipino régi Franchorum tradidit. fratrem suum & iilium. Et inde perrexit
— F. 8 i. — Ex eo diè Franci Narbonam usque ad Cesaraugustam. Et dum in illis
infestant. Vuafarium principem Aquitanie partibus moraretur, comissum est bellum
Pipinus persequitur, eo quod noUet se di- fortissimum die dominica , & ceciderunt
cioni illius dare, sicut Eudo fecerat Karolo Sarraceni multa milia, & de oi-a nona factus
patri ejus. est sol ora lE-". Et iterum Saxones, perfida
Anno D ce LVIIII, Franci Narbonam ob- gens, menciens fidem, eggressi de fînibus
sident, datoque sacramento Gotis qui ibi suis, venerunt usque ad Renum fluvium,
erant, ut si civitatem partibus traderent succendendo omnia atque vastando; & cum
Pipini, régis Franchorum, permitterent eos reverterentur cum preda magna, pervenit
legem suam habere : quo facto, ipsi Goti nuncius ad Karolum regem adhuc in Spania
Sarracenos, qui in presidio illius erant, oc- degente. Cum enim assiduo ac pêne con-
cidunt ipsamque civitatem partibus Fran- tinuo cum Saxonibus bello certaretur, dis-
chorum tradunt. positis per congrua confiniorum loca pre-
Anno DCCLXII, gelu magnum Gallias, sidiis, tune Yspaniam quam maximo poterat
Illiricum & Traciam deprimit, & multe belli aparatu agreditur saltuque Pirenei
arbores olivarum & ficulnearum decocti superato, omnibus que adierat opidis atque
gelu aruerunt j sed & germen messium castellis in dedicionem acceptis, salvo &
aruit, & supervenienti anno predictas re- incolomi exercitu, revertiturj prêter quod
giones gravis depressit famés, ita ut multi in ipso Pirenei jugo Vuasconicam perfi-
homines penuria panis périrent. diam parumper in redeundo contigit expe-
Pipinus rex Narbonam veniens, Tolosa, riri. Nam cum agmine longo, ut loci &
Albigis & Ruthenis illi tradite sunt, & non angustiarum situs permittebat porrectus
post multum tempus, Vuaifarius princebs iret exercitus, Vuascones, in sumi montis
obiit mense junio. Pipinus vero rex, prin- vertice positis insidiis, — est enim locus
cipatu illius adepto, post dies C^^'^^, mense ex opacitate silvarum, quarum ibi maxima
septembrio, vitam finivit, regnavitque an- est copia, insidiis ponendis oportunus, —
nis XXVII, cum per annos XV aut eo extremam impedimentorum partem & eos,
amplius solis Francis imperaret. Finito qui novissimi agminis incedentes subsidio
Aquitanico bello, quod contra Vuaifarium précédentes tuebantur, desuper incursan-
ducem Aquitanie per continuos Vllll annos tes, in subjectam vallem deiciunt, confer-
gerebatur, apud Parisios morbo aque in- toque cum eis prelio, usque ad unum om-
tercutis diem obiit, regnumque illius filii nés interficiunt , — F. 11 b. — ac direptis
sui Karolus & Karlomannus inter se di- impedimentis , noctis beneficio que jam
vidunt, sed Karlomannus brevi tempore instabat protecti , summa cum celeritate
regno potitus obiit, totumque regnum pa- in diversa disperguntur. Adjuvabat in hoc
tris Karolus accepit. facto Vuascones & levitas armorum, & loci
Anno III Karoli régis, habiit Berta re- in quo res gerebatur situs; econtra Fran-
gina, mater Karoli, in Italia ad placitum chos & armorum gravitas & loci iniquitas
contra Desiderium regem, & reddite sunt per omnia Vuasconibus reddidit impares,
civitates plurime ad partem Sancti Pétri, & In quo prelio Eggiardus , régie mense pre-
Berta adduxit filiam Desiderii in Francia.. positus , Anselmus , cornes palacii , cum
Et insequenti anno Karlusmannus mor- aliis compluribus interficiuntur. Karolus
tuus est) Karolus autem,fratre defuncto, quoque rex reversus est cum suo exer-
An
778
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
lo
An
782
An
793
citu' Et in alio anno perrexit iterum
Karolus rex cum exercitu in Ispania, &
venit usque ad civitatem Metdina-Caeli, &
Sarraceni pacificati de trans flunien obsi-
des dedcrunt. In Ispania vero famés magna,
& mortalitas est, & rex sedit in civitate
Ilaone. Et insequenti anno, congregans
exercitum magnum, ingressusest in Ispania
super Navarros & pervenit usque ad flumen
Gaalz. Et ipsi Navarri tradiderunt se illi
omnes, & accepit obsides tam ingenuos
quam & lidos, & divisit ipsam patriam in-
ter episcopos & presbiteros & abbates, ut
in ea babtizarent & predicarent, necnon &
Ininidorum seu Bascanorum vel paganorum
magna multitude babtizata est. Inde rever-
tens habiit in Italia
— F. 12 û. — Anno DCCLXXXII, anno
XIIII Karoli régis, Benedictus abba qui
vocatur Vitiche, in loco qui dicitur Ania-
num, ex precepto supradicti régis Karoli,
monasterium hedificavitj in quo postea CGC
bus suis, cum exercitu magno Sarraceno-
rum, ad vastandum Gallias. Qui venientes
Narbonam, suburbio ejus igné succende-
runt,multosque Christianosac preda magna
capta, ad urbem Carcassonam pcrgere vo-
lentes, obviam eis exiit Wilelmus condam
comes, aliique comités Franchorum cum eo,
comiseruntque prelium super fluvium Oli-
veio, ingravatumque est prelium nimis, ce-
ciditque maxima pars in illa die ex populo
Christiano. Wilelmus autem pugnavi» foi-
titer in die illa; videns vero quod sufferre
eos non posset, quia socii ejus dimiserant
eum fugientes, divertit ab eis. Sarraceni
vero, collecta spolia, reversi sunt in Ispa-
niam
— F. 16 a. b. — Anno DCCXCIIII, rex
Karolus apud villam Franchofurt celebravit
Pascha. Anno autem xxvi regni sui, perve-
nit ad aures piissimi principis ac ortodoxi
Karoli, quod Helefantus, Toletane s^^dis
episcopus, cum alio episcopo sedis Orgel-
sub regimine suo monachos habuit, & per letane, Felice nomine, seu Infelice in dic-
ipsum exemplum per totam Gociam sive
Aquitaniam monasteria construuntur.
— F. i5 b. — Anno dccxciii His
temporibus regnabat Exam, filius Abdera-
man Abin Mavia. Iste Abin Mavia debella-
vit Jussef-Ibin & occidit eum & filios ejus,
regnavitque pro eo in Ispania annis XXX'' ni
& menses IIII''^ Hic — F. 16 a. — crudelior
omnibus regibus Sarracenorum fuit, qui
ante eum fuerant in Ispania; diversis cru-
ciatibus interemit innumerabilesSarracenos
& Mauros ; filium quoque patris sui, fra-
trem suum, truncatis manibus & pedibus,
igni cremari jussit. Christianos in Ispania
& Judeos in tantum tributa exigendo op-
presit, ut filios & filias suas venderent &
tis, qui uterque asserebant dicentes : quod
Dominus noster Jésus Christus, in quan-
tum ex Pâtre est ineffabiliter ante secula
genitus, vere sit filius Dei ; & in quantum
ex Maria semper virgine carnem assum-
mere dignatus est, non vcrus, sed adobti-
vus filius, perverso ausi sunt ore profiteri.
Quo audito, jamdictus princeps ad sedem
Apostolicam Adrianoque pape urbis Rome
missos dirigit, ac super prefatam heresim
predictum pontificem consulens, ex omni
imperio suo vel regno, per diversas pro-
vincias regni sui sibi subjectas, zelo fidei
succensus, suma cum celeritate procurren-
cia multitudo antistitum, sacris obteiiipe-
rando preceptis, in uno collegio aggreganda
pauci relicti penuria afficerentur, & per convenit apud villam, quae dicitur Fran-
presuram ipsius tota Ispania conturbata &
depopulata est. Mortuus est autem Abin
Mavia, & regnavit Exam filius ejus pro eo,
fecitque malum sicut pater ejus. Iste au-
diens, quod rex Karolus partibus Avuaro-
chofurt ; ubi universali sinodo congregata
cum missis domni apostolici Adriani pape
seu patriarcha, Aquileiense Pauli archiepi-
scopo, seu Petro Mediolanensi archiepi-
scopo , seu etiam Italie, Gallie , Gocie,
rum perrexisset, & estimans quod Avuari Aquitanie, Gallecie, sicut supradictum est,
contra regem fortiter dimicassent, & ob
hanc causam in Franciam reverti non li-
cuisset, misit Abdelmec, unum ex principi-
' Comparez Éginhard, Vita Karoli, c. 9, S; An-
nales Eginhardi, ad ann. 778.
episcopis, abbatibus, monachis, presbite-
ris, diaconibus, subdiaconibus ; inter quos
etiam venerabilis ac sanctissimus abbas Be-
nedictus , qui vocatur Vitiza, monasterii
Anianensis a partibus Gocie, & religiosos
suos monachos Bede, Ardo qui & Znia-
An
794
lid.orig.
t. I,
col. 19.
II
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
12
An
8o(5
An
812
An
814
ragdus, seu cunctis fratribus suis disci-
pulis : hi sunt Ingila, Aimo, Rabaniis,
Georgius cum ceteris fratribus, cunctoque
clero, devotoque populo pariter aggre-
gato
— F. 22 b. — Anno Dcccvi. In isto
anno, Wielmus condam cornes ad Ania-
num monasterium, qui est constructus in
honore Domini ac Salvatoris nostri Jesu
Christi & gloriose Matris ejus semper vir-
ginis pervenit, cum omnibus muneribus
auri argentique ac preciosarum vestium^
ilio se tradidit Christo omni vite sue tem-
pore serviturum. Nec moram in deponendi
comam fieri passus est ; quin pocius die
natalis apostolorum Pétri & Pauli, auro
textis depositis vestibus , Christicolarum
induit habitum, seseque Caelicolarum ad-
scisci numéro quantocius congaudens effi-
citur
— F. 23 b. — Anno D ccc xii, misit Ka-
rolus imperator très scarras ad illos Clavos
qui dicuntur Hunilti".
— F. 25 b. — Fecit idem (Karolus) a
parte meridiana prope littore maris, in co-
mitatu Magdalonense, in honore Domini
nostri Jesu Christi seu perpétue virginis
Genitricis Dei Marie, cujus basilicas com-
posuit, auroque & argento adornavit; ad
cujus structuram cum columnas & mar-
mora habere non posset, Nemauso civitate
cum magna diligencia adduci precepitj &
collectis thesauris suis de regnis singulis,
in Aniano monasterio adduci precepit nec
non lignis ttt Dominicis, & opéra multa
& magna in eodem loco composuit. Fecit
idem in littore, meridiana parte provin-
cie Narbonensis ac Septimanie, toto etiam
Italie littore usque Romam contra Mauros
super piraticam exercere adgressus'
— F. 34 b. — Anno D cccxiiii, Ludovi-
cus piissimus imperator regnavit, &c. —
F. 35 a. — Hoc anno suprascripto impera-
tor Ludovicus, id est primo anno imperii
sui, Benedictum abbatem de Aniano monas-
terio tulit propter famam vite ejus & sanc-
' Suit un long passage sur les guerres de Char-
lemagne, extrait de la Vie de Charlemagne d'Egin-
hard , c. 16 & 17.
" Ce qui suit est encore emprunté à Eginhard 81
comprend le testament de Charlemagne.
titatem, & prope Aquis, sedem regiam in
Ardena silva, habitare fecit. Ipse vero su-
pradictus abba antequam habiret in Fran-
cia, ordinavit in loco suo in monasterio
Aniano abbatem, nomine Zmaragdum
— F. 35 b. — Anno d ccc xvi Was-
cones rebellaverunt contra imperatorem.
— F. 36 a. — Anno D ccc xviii Was-
cones autem rebelles Garsiam-Muci super
se in principem eligunt, sed in secundo
anno vitam cum principatu amisit, quo
fraude usurpatum tenebat.
Anno D ccc XXI obiit béate memorie
Benedictus Vuitiza, abbas religiosus mo-
nasterii Anianensis , iii idus februarii ,
anno Viii régnante Ludovico piissimo
— F. 37 a. — Anno D CCC XL, imperii
vero prephati imperatoris anno xxvii, obiit
Ludovicus piissimus imperator, xii kalen-
das julii, indicione tercia ^ regnaveruntque
filii sui post eum cum magna gloria. Amen.
2.
II
Ancienne chronique des rois de France'^ .
ERA D ccc XXXIX, régnante D. Karulo
imperatore, anno ordinationis suae in
regno xxxiiii, introivit rex Ludovicus
iilius ejus in Barchinonam, expulso inde
omni populo Saracenorum. Régit annis
XVIIII.
Karolus praelibatus régit annis XLVII,
& menses III.
Ludovicus ejus proies régit annis XXIIII.
Leotarius régit annis II.
Karolus ejus frater régit annis XXVIIII,
& menses liii.
Ludovicus ejusdem filius régit annos vili.
Karlemannus régit annos vu.
' Tirée d'un manuscrit qui appartenait autrefois
à l'église de Carcassonne, & copiée par D. Claude
Estiennot, dans ses Fragments historiques, t. 10. —
Baluze, Marca Hispanica, p. 758. [Cette chronique,
de fnible importance, a été probablement écrite au
jour le jour des événements, & semble provenir
d'un nécrologe. Remarquons principalement la
manière dont elle indique le règne de Raoul, par
un interrègne de huit ans.]
An
816
lîd.orig.
t. 1,
col. 20.
An
818
An
8zi
An
i3
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
M
Karolus de Baguera régit annos iiii.
Oddo régit annos X.
Karolus rex annos xxxii, & nienses m.
Post ejus obitum non habuerunt regem
per annos VIII.
Postea régit Ludovicus proies Karoli an-
nos XVIII.
Post ejus obitum régit filius ejus Leuc-
tarius annos xxxii, & menses VI.
Post ejus obitum, fîlius ejus Ludovicus
ult
Postea régit Ugo, qui antca fuerat dux,
& subrepsit locum regiminis, & régnât in
Francia annos X
Post ejus obitum, régnât Rotbertus, fi-
lius ejus, & tradidit in carcerem Karolum
& filios ejus, quia erant de stirpe regum, &
resedit in regno annos xxxv.
Henricus régnât annis xxx.
Philippus régnât.
3.
Cronîca regum Visegothorum\
ERA QUADRINGENTESIMA fSEPTIMA],
IN GOTHIS PRIMUS REX AtANARICUS
EFFICITUR. PoST HUNC AlARICUS j QUO
IN Italia mortuo, Ataulfus ELIGI-
tur. isto regnante, gothi, relicta
Italia, Gallias hac post Spanias
OCCUPANT. AnNI VERO REGUM SUMMA
NOTANTUR.
[Anno cccLXViiiiJ, Atanaricus regnavit
annos xiii.
[Anno CCCLXXXII], Alaricus regnavit
annos XXVIII in Italia.
[Anno ccccx], Ataulfus regnavit an-
nos VI.
[Anno ccccxv], Sigericus regnavit an-
nos VII' ; alibi semis tantum dicunt.
' Chron'icon brève regum ff^isigothorum, — Dn-
chesne, Recueil des historiens de France, t. 4, p. 461 .
Collationnée sur le manuscrit de la Bibliothèque
nationale. Latin 4418, [° 189 (dixième siècle). Ce
qui a été mis entre crochets ne se trouve pas dans
le texte.
Corrige'^ menses.
[Anno CCCCXVIJ, Vualia regnavit an-
nos III.
[Anno ccccxviiii], Theuderedus reg-
navit annos xxxiii.
[Anno CCCCLI], Thurismodus regnavit
annos III; alibi unum.
[Anno ccccLiiJ, Theudericus regnavit
annos Vii ; alibi xill.
[Anno ccccLXVi], Euricus regnavit an-
nos XV.
[Anno cccc Lxxxiiii , .item] Alaricus
regnavit annos xxiii.
[Anno DVii], Gesaelicus regnavit an-
nos III, & in latebra annum i, alibi XV.
[Anno DXI], Theudericus de Italia rég-
nât in Spania, tutelam agens Amalerico
nepoti suo per consules annis XLI.
[Anno D XXV13, Amalaricus regnavit an-
nos V.
[Anno DXXXI], Theudi regnavit annos
XVI, menses VI.
[Anno DXLViii], Theudisclus regnavit
annum i, menses vi, dies xiii.
[Anno DXLix], Agila regnavit annos V,
menses VI, dies xiii.
[Anno DLiv], Athanagildus regnavit an-
nos XV, menses VI, vacantem regnum
menses V, & alibi Xiii.
[Anno DLXVii], Liuva regnavit annum I.
[Anno D Lxviiij , Liuvigildus regnavit
annos X.VIII.
[Anno DLXXXVi], Reccaredus regnavit
annos XV, menses vi, dies X.
[Anno DCI], item Liuva regnavit an-
num I, menses VI.
[Anno DCiii], Vuittericus regnavit an-
nos VI, menses X.
[Anno DCX], Gundenarus regnavit an-
num I, menses X, dies xiiil.
[Anno DcxiiJ, Sisebutus regnavit an-
nos VII, menses XI, dies XVI.
[Anno Dcxx], item Reccaredus regnavit
annos III.
[Anno DCXXI], Suuintila regnavit an-
nos X.
[Anno DCXXXI], Sisenandus regnavit an-
nos III, menses XI, dies xvi.
Chintila regnavit annos III, menses VIIII,
dies VIIII.
Tulga regnavit annos II, menses IIII.
Chindasvuindus solus regnavit annos V,
menses m, dies xx. Item cum filio suo
ID
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
i6
An
369
Recessuîndo rege , regnavit annos un,
menses Viii, dies xii. Obiit pridie ka-
lendas octobres, era DCLXI.
Recessuindus solus regnavit annos xiii,
menses vu, dies XI. Obiit kalendis septem-
bris, die llll feria, hora III, era DCCX, anno
Incarnationis Domini nostri Jesu Christi
DCLXXII, anno cycli decennovalis viii ,
luna III. Idem cum pâtre suo regnavit an-
nos IIII, menses viii, dies xi.
Suscepit autem domnus Vuamba regni
gubernacula eodem die quo ille obiit, in
supradictis kalendis septembribus, dilata
unctionis sollemnitate usque in die xill
kalendas octobris, luna xxi, era qua su-
pra. Idem quoque gloriosus Vuamba rex
regnavit annos viii, menses i, dies Xiiii.
Accepit quoque poenitentiam praedictus
princeps, die dominico exeunte, hora noc-
tis prima, quod fuit pridie idus octobris,
luna XV, era DCCXViii.
Suscepit autem succedente die secunda
feria, gloriosus domnus noster Ervigius
regni soeptra, quod fuit idus octobris,
luna XVI, era Dccxv, dilata unctionis sol-
lemnitate usque in supervenientem die do-
minico, quod fuit XII kalendas novembris,
luna XXI, era quo supra.
Chronologie 6* histoire abrégée des
rois goths qui ont régné en Gaule
6" en Espagne jusqu'au temps de
Charles Martel'.
A
r\. in
NNO Christi ccclxviiii, primum
Gothis Attanaricus regnavit annis
XIII'. Iste primus per Valentem impera-
torem in haeresim Arrianam cum omni
Gothorum gente intravit. Sub isto, Gothi
legem & litteras habere coeperunt, & cum
' Chronolog'ia & séries regum Gothorum, qui tam
in Gothia. Gallica quam in Hispaniis regnarunt us-
que ad Caroli Marteîli Francorum principis tempora ;
ex veteri coiice manuscripto coenobii Moissiacensis.
— Duchesne, Recueil des historiens de France, t. 4,
p. 704-706. — Dom Bouquet, t. 2, p. 704.
' Maie XIV.
eodem rege ab Hunnis de terra propria
expulsi sunt. Rex quoque Constantinopoli
vitam finivit sub imperatore Theodosio.
Anno CCCLXXXII. II. Alaricus regnavit
annis XIV '. Iste ob vindictam Gothorum
& Radagasto Scythae, quos Romani inter-
fecerunt, exercitum movit & Romam cepit,
ibique Placidiam , Theodosii imperatoris
filiam , cùm opibus multis depraedavit.
Postea in Italia obiit, sub imperatoribus
Honorio & Arcadio.
Anno ccccx. III. Ataulfus regnavit an-
nis VI. Iste supradictam Placidiam conju-
gem accepit, & quinto regni anno de Italia
Gallias adiit. Et dum Hispanias petere vo-
luisset, a suis interfectus est in Barcilona,
sub imperatoribus Honorio & Arcadio.
Anno ccccxv. IV. Sigericus regnavit "
annum I. Iste dum pacem cum Romanis
habere voluisset, mox a suis est interfec-
tus, sub imperio praedicto.
Anno ccccxvi. V. Wallia regnavit an- "
nos III. Belligerator fuit, cum imperatore
Honorio pacem habuit, & sororem ejus
Placidiam ei reddidit. Iste Hispanias in-
gressus, Wandalos & Silenguos in Betica
bello extinxit, & Alanos ad nihilum rede-
git. Ad Africam classice transire disposuit,
sed Gaditanum mare eum non dimisit. In
Gallias rediit ibique finivit vitam, sub im-
perio Honorii.
Anno ccccxviiii. VI. Teuderedus reg- ■
navit annis xxxiii. Iste Littorium ducem
Romanorum & cum eo multa milia Roma-
norum extinxit. Ex Hunis ce milia inter-
fecit , ibique fîraeliando occiditur , sub
imperio Theodosii junioris.
Anno CCCCLI. VII. Turismundus, filius '
ejus, regnavit annum l. Qui dum feralis &
noxius esset, a Theuderico & Fricdario
ejus fratribus est interfectus, sub impera-
tore Martiano.
Anno CCCC lu. VIII. Teudericus reg- "
navit annis xiii. Iste^ dum Gothis Abito
imperatore sumere auxilium dédit, & ob
hoc inde cum licentia idem Abiti impera-
toris cum ingenti exercitu Hispanias in-
travit, & XII miliario ab Asturica, apud
Urbicum fluvium Ricciarium , Suevorum
regem, praelio superavit, eumque perse-
' Corrige^ XXVIll.
An
382
An
410
An
4.5
An
416
An
419
An
461
An
452
17
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
i^
An
466
An
484
An
607
An
5ii
An
526
An
53 1
An
042
An
048
An
549
quens in Portugale, cepit atque occidit.
Braccaram cepit, sicqiie inde per Lusi-
taniam in Gallias rediit, ibique ab Eurico
ejus fratre interfectus, sub imperatore
Leone.
Anno cccc LXVI. IX. Euricus regnavit
annis xxvi. Iste Lusitaniam depraedavit,
Pampilonam & Caesaraugustam cepit, &
Gothis legem dédit. Arelate obiit sub im-
peratore Zenone.
Anno ccccLXXXiiii. X. Alaricus, filius
ejus, regnavit annis XXIII. Quem Clodoveus,
rex Francorum, apud Pictavem bello inter-
fecit. Ob cujus vindictam , Theodoricus
socer ejus, Italiae rex, Francos prostravit
interfectum & omnem thesaurum regium
aniisit, & Emeritam fugit, ibique sui eum
interfecerunt, sub eodem imperatore Jus-
tiniano.
Anno D Liin. XVII. Athanagildus reg-
navit annos XIV. Iste contra- milites Jus-
tiniani imperatoris, quos ipse contra Agila-
nem petierat, diu conflexit , atque eos
extinxit. Toleto morte propria decessit,
sub imperatore Justiniano.
Anno D LXVii. XVIII. Liuba regnavit
annos iil in Narbona. Iste fratri Leovi-
gildo Hispaniae administrationem dédit.
Anno D LXViiii. XIX. Leovigildus, adepta
Gallia & Hispania , regnavit annos xiv.
& regnum Gothis integrum restituit, sub Iste, valde haeresi Arrianae deditus, perse-
imperatore Athanasio (Anastasio).
Anno D VII. XI. Gesalaicus, Alarici filius,
regnavit annis iv. Iste a Gundebaldo, Bur-
gundionum rege, Narbona superatus, ad
Barcilonam fugit, inde ad Africam ad Wan-
dalos pro auxilio perrexit, & non impe-
travit. Inde reversus apud Barcilonam a
duce Theuderici, Italiae régis, est inter-
fectus, sub imperatore Athanasio.
Anno DXI. XII. Theudericus supradic-
tus, occiso Gesalaico, regnum Gothorum
tenuit annis XV, & superstiti nepoti suo
Amalarico reliquit. Ipse Italiam rediit &
ibi vitam finivit, sub imperatore Justiniano.
Anno D XXVI. XIII. Amalaricus regnavit
annis v. Iste a Childeberto, Francorum
rege, superatus, Narbonae interiit, sub im-
peratore Justiniano.
cutionem catholicis intulit & ecclesiarum
privilégia tulit. Massonam, Emeritensium
episcopum, exilio relegavit; suis pernicio-
sus fuit. Potentes per cupiditatem damna-
vit, Suevos superavit, & Galleciae regnum
Gothis admiscuit. Primus regali veste oper-
tus solio resedit. Urbem in Celtiberia fecit,
& Recopolim nominavit. Gothorum leges
ante correxit, & Toleto propria morte de-
cessit, sub Mauricio imperatore.
Anno D LXXXVI. XX. Recaredus, filius
ejus, regnavit annos XV. Iste, in exordio
regni sui catholicam fidem adeptus, omnem
Gothorum gentem ad cultum rectae fidei
revocavit, & per synodum episcoporum
Galliae & Hispaniae fidem catholicam con-
firmavit. Francorum hostes ix milia in
Hispania bello prostravit & tempora regni
Anno DXXXi. XIV. Tudis regnavit an- sui omni bonitate ornavit. Fine pacifico
nos XVII. Iste, quamvis haereticus, pacem
concessit Ecclesiae & episcopis, licentiam
dédit in Toletana urbe concilia peragere.
Anno DXLII, Francorum reges infra His-
panias usque Minium superavit, eumque
in palatio quidam insaniam simulando in-
terfecit, sub imperatore Justiniano.
Anno DXLVIII. XV. Theudisclus regnavit
Toleto decessit, imperante Mauritio.
Anno DCI. XXI. Liuba, filius ejus, reg-
navit annos II. Istum, praecisa dextra, in-
nocuum Vitericus occidit, & regnum sibi
suscepit, sub imperatore Mauricio.
Anno DCiii. XXII. Vitericus regnavit
annos Vii. Vir quidem strenuus in armo-
rum arte, sed expers victoriae, quod fecit
annum i. Qui dum thoros multorum macu- recepit. Intef epulas enim prandii a suis
laret & ob id multis necem excogitaret,
mox inter epulas gladio Ipsalmi jugulatur,
sub eodem Justiniano.
Anno DXLViiii. XVI. Agila regnavit
annos v. Iste, dum ad Cordubam urbem
pugnaret, in contemptum Christi, sepul-
chrum sancti martyris Aciscli quodam hor-
interfectus est, sub imperatore Phoca.
Anno DC X. XXIII. Gundemarus regnavit
annis il. Wascones una expeditione vas-
tavit, & propria morte Toleto decessit, sub
imperio Heraclii.
Anno DCXii. XXIV. Sisebutus regnavit
annis Viii. Iste potestate Judaeos ad Christi
An
554
An
567
An
569
An
586
rore pollueret, filium ibi cum multa copia fidem perduxit & ecclesiam Sanctae Leo-
An
601
An
6o3
An
610
An
612
19
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
20
An
621
An
63 1
An
63(5
An
640
An
642
An
672
An
680
An
687
cadiae Toleto opère miro fundavit. Astures secum regno praefecit. Toleto decessit, siib
& Wascones in montibus rebellantes hu- imperio Leonis.
miliavit, & suis per omnia benevolus fuit.
Hune quidam proprio morbo, alii immo-
derato potionis haustu, asserunt interfec-
tum, sub imperio Heraclii. Tune nefandus
Mahomet in Africa nequitiam legis stultis
populis praedicavit.
Anno DC xxi. XXV. Suintila regnavit
annos X. Victoria & consilio magnus fuit.
Wascones devicit, duos patricios Romanos
cepit. Omnem Hispaniam & Galliam stre-
nue rexit, & ob meritum Pater pauperum
vocatus est, & fine proprio Toleto deces-
sit, sub imperio Heraclii.
Anno DC XXXI. XXVI. Sisinandus reg-
navit annos iv. Iste synodos episcoporum
egit, patiens fuit, & regulis catholicis or-
thodoxus extitit. Toleto vitam finivit, sub
imperio Heraclii.
Anno Dcxxxvr. XXVII. Chintila reg-
navit annos iii. Synodos plurimos Toleto
cum episcopis egit , & subditum regnum
fide firmavit. Toleto vitam finivit, sub im-
perio Heraclii.
Anno DC XL. XXVIII. Tulga regnavit
annos m. Blandus in omnia fuit. 5.
Anno DCXLII. XXIX. Chindasuintus reg-
navit solus annos vi, & cum filio suo Re- Délimitation des sept évêchès de la
Anno DCCI. XXXIII. Vittiza regnavit
annos x. Toleto vitam finivit, sub imperio
Tiberii.
Anno DCCX. XXXIV. Rudericus regnavit
annos III. Istius tempore, aéra DCCLll, Far-
malio terrae Sarraceni evocati Hispanias
occupaverunt, regnupique Gothorum cepe-
runt, quod adhuc usque ex parte perti-
naciter possident , & cum Christianis diu
noctuque bella ineunt & quotidie confli-
gunt, dum praedestinatio usque divina
dehinc eos expelli crudeliter jubeat. Reges
Gothorum defecerunt. Sunt sub uno anni
CGC XIV.
Alarico régnante, ab aéra ceci, ingressi
sunt Gothi in Italiam. Post hujus annos,
reges Gothi Galliam ingressi sunt. Post
septem annos, Gothi Hispaniam mjgrave-
runt.
In aéra DCC LXV, regnavit Carolus Fran-
corum rex ac patricius Romae.
cesuinto annos iv. Hujus tempore quievit
Hispania & per synodos erudivit Eccle-
siam. Toleto obiit, sub imperio Constan-
tini noni.
Anno DCLXXII. XXX. Wamba regnavit
annos ix. Primo regni sui anno, rebellante
sibi Paulo duce cum quadam parte Hispa-
niae, prius féroces Wascones in finibus
Cantabriae perdomuit. Deinde, cunctis ci-
vitatibus Gothiae & Galliae captis, ipsum
postremi Paulum in Nemausense urbe vic-
tum celebri triumpho sibi subjecit. Postea
ab Ervigio regno privatur, sub imperio
Constantini noni.
Anno DCLXXX. XXXI. Ervigius regnavit
annos vi. Iste synodos multas Toleto cum
episcopis egit, filiam suam conjugem dédit
Egicani. Toleto obiit, sub imperatore Jus-
tiniano.
Anno DCLXXXVII. XXXII. Egica reg-
navit annis XV. Iste, dum regnum accepit,
filiam Ervigii cum juratione Wambae sub-
jecit. Filium suum Vittizanem principem
Narhonnaise j sous la domination
du roi JVamha^ .
ERA DCC IV (DCC XII), post Recesuindum
Wamba, rex Gothorum, regnum novem
annos obtinuit. Hic Toleto, ea hora, qua
unctus est in regem, cum quadam evapo-
ratione visa est apis a cunctis, qui aderant,
ex capite ejus exire & ad coelos volare.
Hoc signum factum est a Domino, ut fu-
turas victorias nuntiaret de inimicis per
eum & dulcedinem pacis, quam habuit erga
suos. Astures & Vascones in finibus Can-
tabriae crebro rebellantes edomuit & suo
imperio subjugavit; civitatem, quae Cartua
vocabatur, & Pampilonem ampliavit, quam
Wamba Lunam vocavit. Provinciam quoque
' Div'is'to term'tnorum episcopatuum provinc'iae Nar-
honensis, dum Gothis parebat ; ex i'ivisione dioece-
sium & parrochiarum Hispaniae a If^amha. rege facta,
— Duchesne, Recueil des historiens de France^ t. i,
p. 334. — Dom Bouquet, t. 2, p. 719.
An
701
An
710
Vers
678
21
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
22
Galliae, quae Hispania citerior dicitur, sibi
rebellantem , multis agminibus Fraacorum
interceptis, subjugavit & Paulum, perficlum
Galliae tyranmim, cepit, eique oculos evel-
lere praecepit, & ad urbem Toletanam cum
triumpho magno reversus, discordesque
pontifices, eo quod alii aliorum parochias
invadebant, ad concordiam stiiduit revo-
care. Fecit & chronicas regum priorum
coram se légère, ut facilius posset & termi-
nes parochiarum dividere, sicut antiquitas
denotaret & exigeret juris censura, & jura
propria qualiter ecclesia possideret, sicut
subjecta dénotât scriptura :
Narbonae Metropoli subjaceant hae sedes.
Beterris haec teneat : de Staleth usque
Barcinona, de Macai usque Ribafara.
Agatha haec teneat : de Nusa usque Ri-
beram, de Gallar usque Mirlam.
Magalona haec teneat : de Nusa usque
Ribogar, de Castello Millia usque Angcram.
Nemauso haec teneat : de Busa usque
Angoram, de Castello usque Sambiam.
Luteba haec teneat : de Samba usque
Rabaval, de Anges usque Montem Rufum.
Carcasona haec teneat : de Monte Rufo
usque Angeram, de Angosa usque Montana.
Elna haec teneat : de Angara usque Ro-
sinolam, de Laterosa usque Lamusam.
6.
Annales dites d'Auch^.
ANNO DCLXXXVII, Pippinus regnum
caepit.
Anno DCCXVI, Karolus, filius Pippini,
regnum caepit.
Anno DCCXLI, Karolus defunctus est;
Karoloman & Pippinus regnum caeperunt.
Anno DCCXLVI, Karlomannus Romam
perrexit.
Anno Dcc Lxviii , Pippinus rex obiit
VIII kal. octob. Karlus & Carloman, filii
' D'après un manuscrltde la Bibliothèque de Car-
pentras, des neuvième & onzième siècles, n. 279. —
Annales Auscienses. Pertz, Monumenta Germaniae,
SS. t. 3, p. 171.
ejus, regnum ceperunt. Karlomannus obiit
II non. octob.
Anno DCCLXXii, Adrianus suscepit ka-
lendis februarii.
Anno DCC xcvi, Adrianus papa defunc-
tus est viii kal. januarii.
Anno Dccci (800), domnus Karolus im-
perator factus est.
Anno Dcccxiiii (8i3), domnus Karolus
imperator obiit. Hludowicus filius ejus in
imperium successit.
Anno Dcccxv, Léo papa obiit viii kal.
junii. Stephanus successit. [A termino quo
Longobardi invaserunt Italiam usque ad
hune sunt anni CCXVI.]
Anno DCCCXVII, Stephanus papa obiit
VIII kal. februar. Pascalis succedit.
Anno Dcccxxiiii, Pascalis papa obiit.
Eugenius succedit.
Anno Dcccxxvii, Eugenius papa obiit.
Valentinus succedit mense i-, quo defuncto
Gregorius.
Anno DCCCXL, Hludowicus imperator
decessit.
Anno DCCCXLiiii, Gregorius papa obiit.
Sergius succedit.
Anno MLi, Willelmus cornes obiit viii
kal. novemb.
Anno MLXVI, obiit Austindus archi-
episcopus,. — Anno MLXVI IncarnatiOnis
Domini nostri Jhesu Christi, obiit sancte
memorie domnus Austindus, Ausciorum
archiepiscopus, anno Xi" ordinationis sue.
Post cujus discessum, ad erigendum diu
dirute aecclesie statum, frater Guillelmus
expetitur a populo & eligitur a clero ,
faventibus conprovincialibus episcopis &
comitibus necnon & coeteris principibus
Wasconie provincie, ut sit verus servus pa-
trisfamilias & fîdelis dispensator in domo
Dei , valeat, vigeat, laudaetur, ametur,
amen.
Anno M LXXV, dedicatio beati Orientii
aecclesie.
Anno MXCXVi, obiit domnus Willelmus
archiepiscopus.
Anno M cm, obiit Aimericus comes
egregius.
Anno MCViiii, depositio domni Hugo-
nis abbatis.
Anno M C XXVII, depositio domni Ponzii
abbatis,
2-3
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
24
Ancienne chronique d'U-i^èsK
Hoc tempore [tempore régis Gotho-
rum FlaviiJ fuit sanctus Veredemius,
gloriosissimus Christi confesser & hère- cum regem constituant. Rudericus rex cum
exersitu magno Gothorum, venit obviam
mita, in diocesi Uticensi, sepultus in loco
Sancti Privati de Garcio '.
Hiis temporibus', in Hispania super
Gothos regnabat Vuitiza , qui regnavit
annis VIII, mensibus tribus j iste deditus
feminabus', exemplo suo sacerdotes ac
populum luxurioze vivere docuit, irritans
furorem Domini. Tune Sarraceni in Yspa-
niam ingrediuntur. Gothi super se Ruderi-
An
701
' La chronique connue sous le nom A'' Ancienne
Chronique d'Unes a été imprimée, en 1646, par
Caseneuve dans son Traité du Franc alleu de la
Province de Languedoc (page 235 & suiv.). Il
l'avait tirée, dit-il, d'un vieux manuscrit faisant
partie de la bibliothèque de M. de Marca, arche-
vêque de Toulouse. Les douze articles dont elle est
composée dans les imprimés nous ont conservé le
souvenir de faits certains; aucun d'eux malheureu-
sement ne paraît avoir été placé sous sa véritable
date; de là, une inexactitude & une telle confu-
sion dans l'ordre des temps que les auteurs du
Recueil des historiens de France n'ont pas cru de-
voir l'insérer dans leur collection. Par contre,
d'autres érudits, parmi lesquels le père le Cointe,
entraînés par l'exactitude du fond des récits, ne
se sont pas assez défiés de la chronologie & l'ont
suivie en plusieurs endroits. Entre ces deux opi-
nions contraires, les Historiens de la province de
Languedoc ont pris un moyen terme : ils ont re-
gardé la chronologie de cette chroniqu'e comme fort
erronée ; mais quoique d'ailleurs prévenus contre le
fond même de la pièce en général, ils l'ont adoptée
sur deux ou trois faits qui sont entrés dans leurs
récits, en les rangeant toutefois sous leur véritable
date sans les discuter.
Dans un mémoire ' lu à l'Académie des Inscrip-
tions, dans la séance du i 1 juillet 1760, Ménard,
l'auteur de V Histoire de Nimes, s'est proposé de
rectifier les dates de cette chronique, composée,
dit-il, d'anciens titres tirés des archives de l'église
cathédrale de Saint-Théodoric d'Uzès, par un au-
teur anonyme du treizième siècle. Ménard exa-
mine le corps entier de l'ouvrage & parcourt en
détail tous les articles ; il démontre la fausseté des
dates par des discussions suivies, ramène les faits
à leur véritable époque, mais il ne connaissait pas
le manuscrit dont s'était servi Caseneuve, & il
avait du se contenter de suivre l'édition donnée
par ce dernier, édition fort défectueuse. Si Ménard
avait eu le manuscrit à sa disposition, son travail
eût été bien simplifié, car, outre les erreurs com-
mises par l'auteur de la chronique, il n'eijt pas
■ Histoire de l'Académie des inscriptions, t. 29, p. 287.
Sarracenis in prelio, in quo Gothi debel-
été obligé de corriger celles provenant du fait de
l'éditeur.
Ce manuscrit a été retrouvé par M. L. Delisle,
conservateur du département des manuscrits, à la
Bibliothèque nationale, qui a bien voulu nous le
signaler; c'est un in-4° (F. latin, n. 4974), écrit
sur papier au quatorzième siècle, qui, entre autres
ouvrages, renferme un opuscule de Bernard Gui,
Catalogus summorum pontificum. C'est sur les mar-
ges de ce traité, du f 78 v" au f° 83 r°, que la chro-
nique a été écrite, après coup & d'une autre main.
Elle n'a donc pas été rédigée au treizième siècle,
comme le croyait Ménard, mais au quatorzième
seulement. Par la manière dont elle est disposée, ce
n'est pas tant un ouvrage faisant un corps par lui-
même qu'un recueil de notes détachées ou d'addi-
tions au traité de Bernard Gui, tirées par l'auteur
de quelques anciens manuscrits, conservés dans les
archives de l'église cathédrale d'Uzès.
Parmi ces anciens manuscrits que l'auteur de la
chronique d'Uzès a eus à sa disposition, il y avait
une ancienne chronique qui, si elle n'est pas celle
d'Aniane, offre avec elle de nombreux points de
ressemblance; plusieurs des faits dont il nous a
conservé la mémoire sont rapportés dans des ter-
mes presque semblables. Il en est d'autres que seul
il nous fait connaître.
Nous avons collationné le texte sur le manuscrit,
en disposant les faits selon l'ordre chronologique,
& nous avons ajouté les passages qui, n'ayant pas
été copiés par Caseneuve, n'ont pas encore été im-
primés, & indiqué en notes les principales modi-
fications que nous avons dû faire subir à l'édition
de Caseneuve. Les dates en chiffres arabes, placées
en marge, ne se trouvent pas dans le manuscrit;
ce sont les dates réelles, celles auxquelles les évé-
nements se sont passés. [E. M.]
' Bibliothèque nationale, ms. latin 4974, f" 76 v°.
Passage qui n'a pas été imprimé par Caseneuve, ni
mentionné par Ménard.
' Ibid. Manuscrit latin 4974, f" 74.
' Ou filiabus ; le manuscrit donne plutôt femi-
nahus.
25
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
An
7.5
An
752
An
753
lati sunt a Sarracenis. Sicque in Yspania
fînitur regnum Gothorum & infra duos
annos Sarraceni pêne totani Yspaniam sub-
iciunt.
Sema, rex Sarracenorum, IX anno post-
qiiam Sarraceni in Yspaniam ingressi sunt,
Narbonam obsidet & capit, viros illius ci-
vitatis occidi jussit, mulieres & parvulos
captives duxit in Yspaniam.
Ipso anno, mense III, ad obsidendam
Tholozam processit ; quam dum obside-
ret, exivit obviam [ei] Eudo , princeps
Acquitanie cum exercitu Acquitanorum ac
Franchorum, & dum commiteret prelium,
maxima pars Sarracenorum periit, dans
terga fuge.
Annubiza, rex Sarracenorum, cum magno
exersitu v° anno post cepit Carcassonam
& acquisivit usque Nemauzum & obsides
Barchinona transmittit '.
Anno' Domini DCCLiii', Misemundus*
Gothus Nemausum, Magalonam, Agathem,
Biterris Pipino, régi Franchorum, tradidit.
Anno* Domini DCCXLIIII^, Misemundus
Gothus apud Narbonam occiditur, dum
Narbonam obsideret cum exercitu Fran-
chorum, a suo homine Ermeniardo no-
mine, ante portam Narbonensis civitatis.
' Cet alinéa & les trois qui précèdent n'ont pas
été imprimés par Caseneuve & n'ont pas été con-
nus de Ménard, — Ils sont conformes à la Chro-
nique d'Aniane. — Voyez ci-dessus colonnes 1, 2,
3 & 4.
' Ms. latin 4974, f" 7^ v°, n. i.
' L'auteur de la chronique avait d'abord écrit
DCCXLiii ; il a ensuite biffé l'x, ce dont Caseneuve
n'a pas tenu compte j aussi a-t-il porté ce fait
sous l'année 743. Ménard a démontré que ce pas-
sage avait été copié sur les Annales d'Aniane &
qu'il devait être rapporté à l'année 752. — Voyez
Ménard, n° 1.
■* Ansemundui dans la Chronique d'Aniane.
' Ms. f 75 v", n. 2. — Ménard, n. 2.
® Ménard a parfaitement établi que la mort
d'Ansemond devait être rapportée à l'année 753 ;
en conséquence, il accuse l'auteur de la chronique
d'avoir fait ici une erreur de onze ans. En réalité,
la différence entre la date fixée par l'auteur & celle
qu'il propose n'est que d'une année, l'auteur ayant
d'abord écrit dccxliih, comme il avait écrit plus
haut DCCXLiii; seulement il a rectifié cette der-
nière en effaçant l'x, mais il a oublié de rectifier
la seconde.
Anno" Domini DCCLVi', turbatio magna
facta est apud Nemausum civitatem inter
concives cum Cauna' uxor quondam Mi-
semundi occiditur j sic reperi in gestis
antiquis.
Anno^ Domini DCC Lilil', intrante mense
aprilis, in Nemauso & Ucessia jam redactis
sub Franchorum dominio, cessante domi-
nio Gothorum , intravit comes Radulfus
prout reperitur in archivis S. Thcodoriti
Uticensis.
Anno* Domini DCCLV', Franchi Narbo-
nam obsident dato sacramento Gothis, qui
ibi erant in civitate, quod si illam trade-
rent partibus Pipini, Franchorum régis,
dimiterent eos regere. Tune Gothi occi-
derunt Sarracenos qui in presidio illius
erant, & se cum ipsa civitate Narbonensi
tradiderunt Franchis, ut in libris antiquis
Sancti Theodoriti reperi*.
Anno ' Domini DCC XLVIII ■", Pipinus de
' Ms. f" 77 r", n. I. — Ménard, n. 4.
' Caseneuve & Ménard ont imprimé « anno
DCCXLVi»; le dernier a proposé de rapporter la
mort de Caune à l'année 764, année qui a suivi
celle de son mari Ansemond; le manuscrit porte
« anno dcclvi, » l'auteur ayant d'abord écrit
DCCXLVi & s'étant corrigé ensuite en biffant l'x.
' On peut lire Cauna ou Cauva.
* Ms. f* 79 v", n. I. — Ménard, n. 7.
* Caseneuve avait imprimé par erreur dcclvi,
mais il y a bien dccliiii dans le manuscrit. Mé-
nard s'est donné beaucoup de peine pour établir
que l'année 754 était la véritable date qui devait
être attribuée à l'entrée du comte Raoul à Nimes ;
le manuscrit lui ayant donné raison prouve en
faveur de sa sagacité.
* Ms. f" 76 r°. — Ménard, n. 3.
' Cet article a été copié sur les Annales d'Aniane,
qui notent le fait à l'année 769. — Il est vrai que
les Annales de Metz, qui le mentionnent égale-
ment, le rapportent à l'année 755. Or Caseneuve
a imprimé 745. Si Ménard avait vu le manuscrit,
il aurait remarqué qu'en effet l'auteur de la chro-
nique avait d'abord écrit dccxlv, mais qu'il avait
ensuite effacé l'x, ce que n'avait point remarqué
Caseneuve.
* Imprimé, reperitur.
' Ms. f° 77 r°. — N'a pas été imprimé par Case-
neuve.
'" Date fausse. — Cet article doit se rapporter
à l'année 759. — Voir les.Annales d'Aniane ci-
dessus, col. 7.
An
An
An
An
759
2 7
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
28
An
782
An
7S3
Ans
790
domo Francie incepit regnare ; Cornes in cassonam, exiit obviam beatus Guillermus
Nemoso, Ucessia, & Rutena. & alii comités Francorum comniizerunt
Anno" DCCLV'. Eodem ,anno, Benedictus que prelium super fluvium Oliverum j fu-
abbas, in loco, qui dicitur Anianum monas- gerunt Christiani & multi ceciderunt; bea-
terium hedificat secundum regulam S. Be- tus Guillermus pugnavit fortiter, & videns
nedicti, ad cujus exemplum par totam Go- quod non poterat rezistere, quia socii fu-
thiam ' monasteria construuntur. gérant, divertit. Inde Sarraceni reversi sunt
Anno'' Domini DCC LXll % Corbilla près- in Yspaniam cum spoliis".
biter in Psalmodio monasterium edificat Anno' DCC LXXVlll % obiit Xll kalendas
secundum regulam S. Benedicti. maii Victiringus, episcopus Nemausensis ,
Anno® Domini DCC LV', Guillelmus co- succesitque illius Christiconus in episco-
mes, qui infra fuit effectus monachus, Ne- patu, qui fuit vir bonus & fidelissimus &
ou 791 mausum ingreditur in die veneris ramis magne sanctitatis.
palmarum & eodem anno preerat episco- Hiis"* diebus (anno 778), preerat in Nar-
pus apud Narbonam vir venerabilis Daniel. bona dominus Nimbrisius, archiepiscopus
Hiis diebus* regnabat in Yspania Exam, magne auctoritatis & sanctitatis vir, ipse-
filius Abderaman ib in Mavia [iste ib in que ordinavit in episcopum Uticensem do-
Mavia] debellavit Juseph Ibin & occidit minum Sigipertum.
eum, & filium ejus regnavit annis xxxiii Hoc anno'^ DCCLXXX®, idus januarii
mensibus IV"^ Iste fuit crudelis prêter re- sexto% obiit Corbila, primus abbas Psalmo-
gibus Sarracenorum qui ante eum fuerunt dii, Nemausensis diocesis, succesitque illi
in Yspaniam, diversis cruciatibus intere- Elvatunirus % qui fuit de génère domini
mit multos Sarracenos & Maurosj fratrem Sigiperti I, Ucesiensis episcopi.
suum, truncatis pedibus & manibus, cre- Anno' Domini DCCLXXIX, obiit Guil-
mari jussitj Christianos & Judeos tantis lermus monachus, qui ante fuerat comes,
tributis oppressit ut liberos [suosj, ut man- apud Gelonem , V kalendas junii'°. Credo
cipia venderent. Hujus tempore depopu- quod fuit monacus prias" in loco qui di-
citur Sancti Guillelmi de Dezerto ".
Anno"' Domini Dec Lxxxvii, Nemausus
' Voyez ci-dessus la Chronique d'Aniane, que
l'auteur reproduit ici, en l'abrégeant.
' Ms. i° 82 r", n. I. Cet article n'a pas été Im-
lata est Yspania.
Eo" mortuo, regnavit dictus Exam, filius
ejus, & percepfo quod Karolus Magnus
erat in partibus Avarorum, mizit Adelmech,
iinum ex principibus suis, cum exercitu
Sarracenorum ad vastandum Gallias, qui
suburbia Narbone igné succendit, multos P""^^ P^*" Caseneuve.
Christianos occidit. Deinde, veniens Car- ' Date fausse; Victiringius est cité comme évê-
que de Nîmes en 791 j en 814, il était remplacé
par Chrétien.
' Ms. f° 78 r°. — Ménard, n. 6. '' Ms. f 8 i v". — Ménard, n. 9. — Voir Mé-
' Ménard rapporte la fondation de l'abbaye nard, pour la discussion de la date.
d'Aniane à l'année 782, d'après les Annales
d'Aniane, que l'auteur de la Chronique d'Uzès a
copiées presque mot pour mot.
' Ms. tota Gotha.
"• Ms. f" 79 v°, n. 2. — Ménard, n. 8.
' Date qui doit être remplacée par celle de 788,
comme l'a démontré Ménard.
« Ms. f 78 r°. — Ménard, n. 5.
' Ménard a parfaitement établi que cette date
devait être remplacée par celle de 790, qui est celle
de la diète de Worms.
8 Ms. f"^ 80 & 81.
' Cet alinéa & celui qui le précède n'ont pas été
imprimés par Caseneuve 8» n'ont pas été connus
de Ménard.
5 Ms. f° 82 v«.
^ Dccc Lxxx dans les imprimés, par erreur. —
Voir Ménard, n. 1 1 , pour la discussion de la date.
' Le quantième du mois a été omis par Case-
neuve.
* Elventun'irus dans Caseneuve.
^ Ms. f° 82 r". — Ménard n. 10. Le manuscrit
porte DCCLXXIX & non dcclxxvii, comme on le
voit dans les imprimés.
'° Juin dans Ménard, évidemment par erreur.
" Mot omis dans les imprimés.
" Ménard a montré que c'était au 28 mai 812
ou 8i3 qu'il fallait fixer la mort de saint Guil-
laume de Gellone.
•^ Ms. f° 83 r°.
Ans
792-814
An
800
An
802
An
An
820
29
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
3o
& Ucessia non habuerunt comitem. Tune giente, pronieruit & de sacerdotîi digni-
preerant judices ipsius civitatis Burcus ' & tate & de honore martyrii, ut quem jam
Gilimirus ; in Nemauso erat vicedominus venerabilem vita fecerat, etiam passio con-
Amenardus', filius Giliniiri , & in Ucessia secraret.
erat vicedominus Ricardus, filius Elesipio. II. — Tempore illo, quo post corpo-
Tunc preerat Christiconus episcopus in reum Salvatoris Domini nostri Jesu Christi
Nemauzo, Sigipertus in Ucessia, qui fecit adventum, exortus in tenebris sol justi-
unum tractatum de Gestis regum Francie, ciae splendore fidei illuniinare occidenta-
ut in eodem libro scriptum reperi in ar- lem plagam coeperat, postquam sensini &
chivo Sancti Theodoriti.
8.
Actes de la passion de saint Sernin^.
I. — Si eorum virorum beatissimas pas-
siones débita admiratione veneramur, quos
procul a sedibus nostris, non tantura renio- cordatione retinetur, primum & summum
gradatim in omnem terram Evangeliorum
sonus exivit, parique progressa in regio-
nibus nostris Apostolorum praedicatio co-
ruscavit, cum rarae in aliquibus civita-
tibus ecclesiae paucorum christianorum
devocione consurgerent, sed nihilominus
crebra, miserabili errore gentilium, nido-
ribus foetidis in omnibus locis templa fu-
marent ante annos L, sicut actis publicis,
id est Decio & Grato consulibus, fideli re-
tarum inmensitate terrarum, verum etiam
marinorum quoque fluctuum interpositione
discretas, famae deferentis officio & audi-
vimus & credimus felici martyrio conse-
cratos, atque illos dies, quibus in dominici
nominis confessione laetantes, beatoque
obitu regnis coelestibus renascentes, ejus-
Christi Tolosa civitas sanctum Saturninum
habere coeperat sacerdotem , cujus fide
atque virtute eorum , qui in urbe eadem
colebantur, daemonum coeperunt cessare
vaticinia, commenta nudari, artes detegi,
omnisque illorum apud gentiles potentia,
omnisque fallatia, christianorum fide cres-
dem Domini laudem, cujus in decertatione cente, decrescere. Cumque supradicto epi-
viribus adjuvati post victoriam coronan- scopo ad ecclesiam id temporis parvulam
tur; vigiliis, hymnis ac sacramentis etiam
solemnibus honoramus, ut eorum patro-
cinia atque suffragia in conspectu Domini
orando quaeramus, honorando mereamurj
qua sanctum istum diem solemnitate ve-
nerabimur, quibus gaudiis excolemus, in
juxta Capitolium, quod inter domum suam
& domum Dei erat, frequens itus esset ac
reditus, sancti viri praesentiam sustinere
fallax daemonum turba non potuit; & ut
erant muta simulacra nonnullis adumbrata
phantasiis, ad sacrilega obsequia & sollicita
quo vir beatissimus Saturninus, episcopus consulentium vota coeperunt in silentio
Tolosanae civitatis, & martyr, in eadem permanere.
civitate geminatam coronam , Deo lar-
' Caseneuve & Ménard Biricus.
* Caseneuve & Ménard A. Menardas.
m. — Cuncti itaque sacrilegae super-
stitionis antistites consulentes, tanta rei
novitate permoti, inter se invicem quae-
rere unde in numina sua venisset inusitata
^ Passio sancti Saturnini,episcopi Tolosani & mar- tantis temporibus taciturnitas , quisnam
tyris. — Dom Ruinnrt, Acta sincera , p. 109.
Collatlonné sur le manuscrit de la Bibliothèque
nationale, Lat. 1 i 748 , f°8i, du dixième siècle,
qui ne présente avec le texte de dom Ruinart que
quelques variantes orthographiques. Le manuscrit
latin 17002 (f° 182 è.), aussi du dixième siècle,
après la Vie originale, donne plusieurs récits de
miracles de saint Scrnin. Il contient, au P» 233,
une autre Vie de saint Sernin , beaucoup plus
longue, & renfermant de nombreuses interpola-
tions.
semper ista garrula oracula clausisset, ut
nec invocantium precibus excitata, nec
fuso cruore taurorum & tantis hostiis deli-
nita, aliquod consulentibus afferre respon-
sum aut irata, aut absentia, denegarentj
audiunt a quodam religionis nostrae ini-
mico, novam nescio quam surrexisse sectam
superstitioni gentilitatis inimicam, quae
Christiana appellatur, & in deorum suo-
rum excidium niteretur. Hujus etiam fidei
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
32
esse episcopum Saturninum, cujus crebro
juxta Capitoliuni transitu ad conspectiim
viri illius exterrita deorum suoriim ora
siluissent, nec facile posse reserari, nisi
episcopum illum mors maturata subtra-
heret. O infelix error, & caeca dementia !
Audiunt diis hominem esse terrori ; & a
delubris atque a sedibus suis daemones ad
transitum ipsius exsulare non solum au-
diunt, sed etiam intelligunt ; & hune vi-
rum, adoratis sibi idolis, etiam sine prae-
missa interminatione terribilem, interficere
potius quam honorare malunt miseri : non
considérantes , quod nullum magis quam
illum colère deberent, cujus servi suis
numinibus imperarent. Quid enim stultius,
quam timere metuentes & illum qui domi-
natur dominantibus non timere ?
IV. — Inter haec ergo conquirentium
& stupentium studia, cum magna fuisset
hominum multitudo congregata, & omnes
studiosius vellent , parato ad victimam
tauro, etiam certi aliquid de his quae di-
cebantur agnoscere, & deos suos litatione
tam ingentis hostiae vel reducere cupe-
rent, vel propitiare ; ecce ipsum Saturni-
num ad officium sollemne venientem, unus
ex illa malignantium turba eminus agnos-
cit & dicit : En ipsum adversarium culti-
bus nostris, novae religionis signiferum,
qui destruenda praedicat templa, qui deos
nostros daemonum appellatione condem-
nat , cujus postremo praesentia consueta
nos prohibet obtinere responsa ; itaque
quia ipsum nobis opportuno in tempore
debitus ipsi finis exibet, nostram pariter,
deorumque nostrorum vindicemus inju-
riam, quos jam nunc compellentibus nobis,
aut sacrificando placet, aut moriendo laeti-
ficet. Ad tam sacrilegae vocis impulsum,
omnis sanctum virum insanientium turba
circumdat, ac praesbytero uno ac duobus
diaconibus, qui obsequiis ejus adhaeserant,
per fugam lapsis, ad Capitolium solus at-
trahitur, & cum immolare daemoniis coge-
retur, clara voce testatur : Unum & verum
Deum novi, huic laudis hostias immolabo,
deos vestros daemones scio, quos incassum
non tam hostiis pecudum, quam animarum
vestrarum mortibus honoratis. Quomodo
autem vultis ut ego eos timeam, a quibus,
ut audio, dicitis me timeri ?
V. — Ad banc sancti episcopi vocem
omnis ille sacrilegae multitudinis tumultus
incanduit, tauroque illo, qui fuerat victi-
mae praeparatus, fune lateribus ipsius cir-
cumacto & post terga demisso, ad minis-
terium suae crudelitatis utuntur. Postrema
enim parte funis illius, quae ad posteriora
tauri ipsius deiluebat, sancti viri pedes
inligant, actumque stimulis acrioribus tau-
rum de superiori Capitolii parte in plana
praecipitant. Nec mora, inter primos des-
census ipsius gradus, capite collisa, cere-
broque excusso, & omni membrorum parte
corpore lacerato , dignam Deo animam
Christus excepit, ut quam pro nomine suo
fideliter dimicantem suppliciis furor gen-
tilis extorserat, suis post victoriam laureis
coronaret. Exanime tamen corpus, neque
obnoxium jam ullius injuriae, usque ad
eum locum tauro furente perductum est,
ubi, fune disrupta, tumulariam eo tempore
meruit sepulturam. Nam paucis id tem-
poris christianis, ipsisque propter furorem
gentilium sancti viri corpus humare me-
tuentibus, duae tantum mulierculae sexus
infirmitatem fidei virtute vincentes , &
viris omnibus fortiores, & sui sacerdotis
exemplo credo ad tolerantiam passionis
animatae, beati viri corpus ligneo feretro
immissum, quam maxime in proximo loco,
cunctis apte scrobibus condiderunt , ut
venerandas sibi sanctas reliquias non tam
sepelire quam abscondere viderentur : ne
forte sacrilegae mentis homines, si aliquid
conditi corporis tumulo vidèrent, honoris
adhiberi effossum statira corpus in frusta
discerperent & eriperent etiam ipsam
tenuem sepulturam.
VI. — Mansit aliquamdiu sub vili caes-
pite, omnibus quidem inhonorum, sed ho-
noratum a Deo martyris corpus ; donec
sanctus Hilarius, post multum temporis in
Tolosana urbe episcopus ordinatus, de an-
tecessoris sui obitu instructus & merito,
effossa usque ad ipsum sepulcrum ligneum
terra, sanctas veritus commovere reliquias,
transvolutionem desuper multo latere dili-
genter exstruxit basiliculam etiam admo-
dum parvulam vilibus lignis , ad locum
tantum arationis adjecit^ abscondendo vi-
delicet martyris corpus, ne perfidi homines
effossum eum deriperent. Procedente de-
33
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
34
hinc tempore, cum multorum ad basiliculani
illam fideliter' a saeculo recedentiuni pro
solatio propter corpus martyris quiescen-
tis deferrentur exsequiae, & locus omnis
dientes, causani salutis nostrac in fi de stare,
ncque sine causa Doniinuni evangelica voce
dixisse : Credis hoc i* Cui .cum responsum
fuisset : Credo, ait : Fiat tibi secundum
tumulatorum corporum multitudine fuisset fidem tuam. Non quod Doniinus, scrutator
impletus, sanctus Silvius, episcopatum su- cordis & reruni, de illius credulitate nes-
pradictae urbis indcptus, pulchram & spe- ciret, sed ut de his, quae de dominicis
ciosam basilicam niagnis sumptibus parans virtutibus dicerentur, aut his quae nobis
ad venerandi martyris transferendas illuc tribui posceremus, non debere nos dubic
reliquias, ante consummationem coepti credere commoneret. Unde quia & ipse
operis recessit e saeculo. Postcujusobitum, Salvator de talibus viris dixit : Si fecerïtîs
sanctus Exsuperius in summum sacerdo- voluntatem meam, jam non dicam vos servos,
tium cooptatus, vir absque ullius 'praeces- sed amicos ; & idem sub prophetali voce
sorum injuria, absque ullius qui ad tem- testatus est : TAihi autem nimis honorati
poris ecclesias regere videbuntur invidia, sunt amici tui, Deus ; & iterum : Hi sunt qui
non solum nuUi secundus, verum etiam venerunt de tribulatione magna, qui laverunt
ipsi beato martyri virtutum meritis com- stolas suas in sanguine Agni, qui sequuntur
paracandus, basilicam quam decessor suus Agnum, de quorum beatitudine dictum est :
fideliter inchoaverat, instantissime con- Plantati in domo Domini, in atriis Dei nostri
summavit & féliciter dedicavit, qui, cum florebunt ; & iterum : Pretiosa in conspectu
transferre illuc sancti martyris reliquias, Domini mors sanctorum ejus ; & iterum :
non pro sua incredulitate, sed pro ipsius Exultabunt sancti in gîoria; laetabuntur in
honore dubitaret, admonitus per quietem cuhilibus suis; & iterum : Gloria haec est
est, ne infideliter negligeret quod fideliter omnibus sanctis ejus; quibus non solum
credidisset, nullam fieri vel diminutione credere in Christum, sed & pro Christo
cinerum vel commotione membrorum spi- pati, ac statim post resolutionem corpo-
ritibus injuriam, quia manifesta res enim rum cum Christo esse donatum est; amicos
hoc martyribus proficere ad honorem, quod Dei ac dilectos Deo non negligamus ut
profuisset credentibus ad salutem. Statim- mortuos, sed honoremus ut vivos, quia
que, tali visione firmata, religiosis impera- non dubia fide certum est, quod si eorum
toribus precem detulit ac sine mora uUa fideliter suffragia postulemus, féliciter pa-
quod tam pie poposcerat impetravit, ut trocinia sentiemus. Quia etiam si illorum
translatas ad basilicam omni studio praepa- studia cessarent, ille optata praestaret, qui
ratam sancti viri reliquias non tam terne- cogitationum non solum praesentium ins-
raria violaret audacia, quam ambitiosius pector, verumetiam cognitor futurorum,
venerantis coleret absequela. dum rogatur, in suis se intelligit honorari,
VII. — Quod nunc huic opusculo super- qui est benedictus in saecula saeculorum.
pst, omnes legentes, omnes intelligant au- Amen.
U.
i* ilf: Ji!fe iLIft 4!* i» SVfe ji* Siife iifc >ite *l!t si»- J^fe iïfc ^]ii. Mk s^*. .^"i * ^'k i^d i''fe >*, ■>% .m iït iljK i"4 ^"«1 Alfc iïfe i^Jfc :*! Jjffe «4 t>"t iiit j-"& jMi M. -m JUii ^k ^Ifc
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CHARTES ET DIPLOMES
1. — I*
Èdit de l'empereur Honorîus pour t as-
semblée des sept provinces^
Éd.orig. TjONORius & Theodosius August. V. I.
j.Jl' ,'^ Il Agricolae praefecto Galliarum.
Saluberrima magnificentiae tuae sugges-
^" tione iiiter reliquas Reipublicae utilitates
iTavril. evidenter instructi, observanda provincia-
libus nostris, id est per septem provincias,
Éd.orig. mansura in aevum auctoritate decernimus,
t 1 . ...
col. 20. quod sperari plane ab ipsis provincialibus
debuisset. Nam cum propter privatas & pu-
blicas nécessitâtes, de singulis civitatibus,
non solum de provinciis singulis, ad exa-
men magnificentiae tuae & honorâtes con-
fluere vel mitti legatos, aut possessorum
*Au sujet de la double série de numéros attribuée
aux Preuves dans cette édition, rappelons ce que
nous avons déjà dit dans VAvis placé en tête du
tome I*""". Les chiffres romains indiquent les numé-
ros assignés aux pièces par dom Vaissete dans la
première édition. Les chiffres arabes indiquent l'or-
dre général que ces pièces & celles qui ont été ajou-
tées occupent dans cette nouvelle édition. Donc,
tous les actes qui ne sont désignés que par un nu-
méro en chiffres arabes ont été ajoutés par les
nouveaux éditeurs. [E. M.J
' Sirmond, In Sidonii operihus, t. I, p. 147 &
seq. — Lacarry, Praef. praet. p. 128.
utilitas aut publicarum ratio exigat func-
tionum : maxime opportunum & conduci-
bile judicamus, ut, servata posthac annis
singulis consuetudine, constituto tempore
in metropolitana, id est in Arelatensi urbe,
incipiant septem provinciae habere conci-
lium, in quo plane tam singulis quam om-
nibus in commune consulimus; primum ut
optimorum conventu sub illustri praesen-
tia praefecturae, si id tamen ratio publicae
dispositionis obtulerit, saluberrima de sin-
gulis rébus possint esse consilia, tum
quidquid tractatum fuerit & discussis ra-
tiociniis constitutum , nec latere potiores
provincias poterit, & parem necesse est
inter absentes aequitatis formam justiciae-
que servari. Ac plane praeter nécessitâtes
publicas, etiam humanae ipsi conversation!
non parum credimus commoditatis acce-
dere, quod in Constantina urbe jubemus
annis singulis esse concilium. Tanta enim
loci oportunitas, tanta est copia commer-
ciorum, tanta illic frequentia commean-
tium, ut quidquid usquam nascitur, illic
commodius distrahatur. Neque enim illa
provincia ita peculiari fructus sui felicitate
laetatur, ut non haec propria Arelatensis
soli credatur esse foecunditas. Quidquid
enim dives Oriens, quidquid odoratus
Arabs, quidquid delicatus Assyrius, quod
Africa fertilis , quod speciosa Hispania,
quod fortis Gallia potest habere praecla-
An
4i3
Kd-orif
t. I,
col. 21
An
4i3
3/
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
38
rum , ita illic affatim exuberat, quasi ibi
nascantur omnia quae ubique constant esse
magnifica. Jani vero decursus Rhodani &
Thirrheni recursus, necesse est, ut vicinum
faciant ac pêne conterminum vel quod iste
praeterfluit vel quod ille circuit. Cum ergo
huic serviat civitati quidquid habet terra
praecipuum, ad hanc vélo, remo, vehiculo,
terra, mari, flumine deferatur quidquid
singulis nascitur : quomodo non multum
sibi Galliae nostrae praestitum credant,
cum in ea civitate praecipiamus esse con-
ventum, in qua, divino quodammodo mu-
nere , commoditatum & commerciorum
opqrtunitas tantapraestatur? Siquidem hoc
rationabili plane probatoque consilio jam
& vir illustris praefectus Petronius ob-
servari debere praeceperit, quod interpo-
latum vel incuria temporum vel desidia
tyrannorum reparari solita prudentiae nos-
trae auctoritate decernimus, Agricola pa-
rens carissime atque amantissime. Unde
illustris magnificentia tua, & hanc praecep-
tionem nostram & hanc priorem sedis suae
dispositionem secuta, id per septem pro-
vincias in perpetuum faciet custodiri, ut
ab idibus augusti , quibuscumque mediis
diebus, in idus septembres, in Arelatensi
urbe noverint honorati vel possessores,
judices singularum provinciarum , annis
singulis concilium esse servandumj ita ut
de Novempopulana & secunda Aquitania,
quae provinciae longius constitutae sunt,
si earum judices certa occupatio tenuerit,
sciant legatos juxta consuetudinem esse
mittendos. Qua provisione plurimum &
provincialibus nostris gratiae nos intelligi-
mus utilitatisque praestare, & Arelatensi
urbi, cujus fidei secundum testimonia at-
que suffragia parentis patricii nostri multa
debemus, non parum adjicere nos constat
ornatui. Sciât autem magnificentia tua qui-
nis auri libris judicem esse mulctandum,
ternis honorâtes & curiales, qui ad consti-
2.— II
Martyre de saint Volusien\
UNiVERSis praesentes litteras inspectu- Éd.orig
ris pateat, quod nos Hugo, miseratione
t. 1,
col. 23.
divina humilis abbas monasterii Fuxi, ordi-
nisSanctiAugustini,dioecesisAppamiarum,
reperimus, vidimus, tenuimus & de verbo
ad verbum perlegimus in archivis nostris
& dicti monasterii, qui sunt in sacrario
ejusdem, in quibus instrumenta, libri &
scripturae antiquae & antiquorum gesto-
rum in monasterio, ejusdem basilica,seu
canonica gestorum antiquorum mentionem
expressam facientes pro conservando te-
nentur. Inter quos vidimus contineri,quod
beatissimus Christi martyr Volusianus, fe-
licis recordationis Turonensis archiepisco-
pus, cujus sacrum corpus in eadem basilica
requiescit, temporibus Clodovei, primi ré-
gis christiani Francorum, quibus intra Gal-
liam praemaxima clades pestifera gentis
armorum, Gotorum videlicet & Arianorum
irruit, quorum gladiis & multitudine pug-
nantium divastata extitit atque depopulata
urbs Turonica etiamque viduata tanto pas-
tore atque rectore suo, archiepiscopo vide-
licet beato Volusiano praedicto, a prae-
dictis malignissimis hostibus fuit vinctus,
& in exilium directus ad urbem Tolosa-
nam. Et sequitur ibi, quod quia eo tune
ipsi praefati hostes nequissimi regem ip-
sorum, nomine Alaricum, in eadem urbe
Tolosana residentem, suspectum habebant,
& ne se & civitatem suam catholicis subde-
ret & Franchis, fuit ideo tune beatissimus
Volusianus, qui relegatus & catenatus infra
moenia urbis Tolosanae tenebatur, ab ea-
dem per dictos nequissimos ejectus; qui
exinde eum vinctum & captivum volentes
tutum locum intra definitum tempus venire ad Hispanias & in longinquam transferre
distulerint. Data XV calendas maias. Ac- regionem, ut, ipso relegato, iidem nequis-
cepta Arelate x calendas junias, DD. NN. simi dictam urbem secure possiderent, &
Honorio XII &Theodosio VÏII augg. coss. catholicum populum sorde polluèrent hae-
resis detestandae. Fuit tune sanctus Volu-
An
498
' Hôtel de ville de Foix. (Bibliothèque natio-
nale, collection Doat, vol. 96, P 354.)
An
498
39
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
40
Éd.orig.
t. I,
col. 23.
sianus supradictus in loco qui dicitur Co-
roiia, prope villam Petrosam nuncupatam
fere uno milliario, ab eisdem nequissimis
decollatus, & per eos sibi truncato capite
inartyrio coronatus. Et etiam subsequitur
ibi, quod eadem martyrii nocte appareils
idem sanctus per visum duabus religiosis
mulieribus Julianae & Julitae, cuncta quae
gesta fuerant sui martyrii narravit : man-
dans illis ut ad clericos seu fidèles viros
3. — III
Extrait d'un manuscrit de l'église
d'Albi.
Ce manuscrit, dont M. l'abbé de Camps, à qui
il appartenoit en dernier lieu, avoit donné con-
noissance à M. Baluze, contient plusieurs conciles,
qui in FUXO erant vico accédèrent, per une chronique des papes, une division de la France,
dT7 . 1 •!• „ „ t * 0, :i,: & une collection de canons qu'on croit être celle de
Fuxi basilicam asportaretur, & ibi ^ , , ^ . , , ^ , ' ,, .
^ . • /-^ 1 Denis le Petit. A la fin de cette collection, on lit
tune requiesceret eius corpus. (Juod pro-
^ . . . . . . . ces mots :
tinus, ut in ipsis scriptuns antiquis au-
thenticis atque veris latius legimus conti- TTGO Perpetuus, quamvis indignus presby-
neri, mirabiliter factum fuit. In quibus C/ ter, jussus a domino meo Didone, uVbis
etiam legimus, quod dictus primus Franco- Albigensium episcopo, hune librum cano-
rum rex Clodoveus coepit regnare anno num scripsi post incendium civitatis ipsius.
dominicae Incarnationis CCCC Lxxxv, Hic liber recuperatus fuit, Domino auxi-
existens paganus seu gentilis, & in fine liante, sub die viii kal. augusti, anno IIII
quindecimi anni regni sui, cum iturus ad regnantis domini nostri Childerici régis.
praelium contra Gothos Arianos voto se
adstrinxisset, quod si eos superaret chris-
tianus efficeretur, eosdem superavit & de-
vinxit in bello, regemque eorum volente
Altissimo interfecit, ac & ipsos a Turo-
nensi, Pictaviensi, Tolosanoque & reliquis
urbibus Galliae turpiter expulsit. Et pe-
racta Victoria rediens, a beato Remigio,
Remensi episcopo, fuit baptisatus, & chris-
tianus existens regnavit aliis iv annis. Et
ita constat quod vixit possidens guberna-
cula dicti regni xxx annis, permanendo
gentilis XV annis, & aliis XV christianus,
& obiit anno Verbi incarnati DXV. Et sic
constat de antiquitate villae Fuxi, & quod
jam temporibus praedictis erant in ea fidè-
les Christiani. Et ita in praedictis antiquis
verisque & authenticis vidimus praedicta
gesta omnia contineri que perlegimus scrip-
turis, iis eorumdemque praemissorum om-
nium testimonium, illorumque veram cer-
titudinem habendam. Et ut eisdem plena
fides adhibeatur ubique, nos abbas prae-
dictus ad instantiam consulum & universi-
tatis de Fuxo & supplicationem, praesentes
litteras fieri nostrique sigilli proprii feci-
mus appensione muniri. Actum & datum in
praefato nostro Fuxi monasterio XXlli die
mensis octobris, anno ab Incarnatione Do-
mini M CGC LXXXIV.
Après cette note, on lit dans le manuscrit les
actes d'un concile tenu à Bordeaux par les évêques
des trois provinces d'Aquitaine, & assemblé :
Per jussorium gloriosi principis Childe-
rici régis, pro statu Ecclesiae vel stabilitate
regni : mediante viro inlustri Lupone duce,
per jussionem suprafati gloriosi principis
Childerici.
On voit ensuite les souscriptions des évêques de
Bourges, Bordeaux, Eauze, Conserans, Comminges,
Cahors, &c., avec celle à^Onoaldus, ahha missus
Alhigae cpiscopi.
Voici, du reste, le texte de ce concile, conservé
par Baluze', & publié par M. Pardessus, dans le
t. 2 des Diplomata, Chartae,
Concîlïum Burdigalense habltum cîrca annum
Christi DCLXXIII. — Cano BurdigaUnsis.
I. TN sanctae Trinitatis nomine. Cum in
1 diocesim Burdigalensem modo Gar-
nomo Castro, super fluvio Garunna, par
jussorium gloriosi principis Childerici re-
' Baluze, Armoires, v. zyS, P 69 ; ex vetustissimo
codice mss. ecclesiae Albiensis. [Ce manuscrit, que
son écriture rapporte tout au plus au neuvième
siècle, se trouve aujourd'hui à la Bibliothèque
d'Albi, n. 2 ; il est probable qu'un copiste de mau-
vaise foi l'aura antidaté. — Voir le Catalogue des
mss. des bihlïothcques des départements, t. i, i|8i-2.J
An
673
An
673
41
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
42
gis convenissemus, & ibidem in ecclesia
Sancti Pétri apostoli comproviuciales Aqni-
tani pro statu ecclesiae vel stabilitate rcgiii
fiiissemus adunati, ibique milita contraria
contra statuta Patrum vel canonicam auc-
toritatem inventa sunt, eo quod clerici
per contumaciam proprios episcopos de-
spicerent, & secularem habitum, & adhuc,
quod pejus est, amplius quam seculares
diversa contraria agerent, ibTdem decre-
tum est secundum statuta Patrum, ut ha-
bitu & incessu clerici religiose habitare
debeant, & nec lanceas, nec alia arma, nec
vestimenta secularia habere nec portare
debeant, sed secundum quod scriptum est :
Non in gladïo suo possîdebunt terram , &■
brachium eorum non liberab'it eos, sed dex-
tera tua, & brachium tuum & înlumînal'io
vultus tut'; statutum est, ut qui, post banc
definitionem, hoc agere aut attentare prae-
sumpserit, canonica feriatur sententia.
II. Similiter presbyteri, diaconi, aut qui-
cunque ex clero seculari mundeburdo, ut
familiare est, nisi cum convenientia cpi-
scopi. Quicunque autem , cum caritatem
[aut] dilectionem absque convenientia epi-
scopi ausus l'uerit ordine temerario ha-
bere, simili sententiae subjaceat.
III. De subintroductis vero mulieribus
episcopus, aut abba, aut quicunque ex or-
dine sacro antiqua patrum statuta, nisi
quod continent canones , vel in deinceps
habere presumpserit, ipsius canonica sen-
tentia judicetur.
IIII. Episcopi vero, qui, ut scriptum est,
quasi caput Ecclesiae praeeminent, &, ut
beatus Hieronymus scripsit, sicut Apostoli
esse debeant, formamque talem ecclesiis
ostendant, ut ipsi diligant clerum & ipsi
diligantur a clero, & forma sint fîdelium in
incessu, habitu, conversatione, in verbo,
in obedire, atque id quod seculare est post-
posito, teneant religionem, 8i sicut Apos-
tolus dicit, veram talem formam & reli-
gionem teneant, ut & stabilitas regni per
eos valeat stare, & salus populi, sicut de-
cet, per eos debeat, Domino auxiliante,
durare. Et si contra ordinem canonicum
aliquid attentare praesumpserint, canonica
sententia noverint esse coërcendos.
' Psalm. VLiii, 4.
Unde, mediante viro inlustri Lupone
duce, per jussionem suprafati gloriosi prin-
cipis Childerici, haec omnia quae superius
habentur iuserta in omnibus conservari
convenit. Quod si quis immemor, quae su-
perius comprehensa sunt, contempserit ,
synodali concilio canonicam se noverit in-
currere sententiam. Abbates vero vel mo-
nachi sub religione sanctorum Patrum in
omnibus conversari debeant.
Adus, metropolitanus Bituricensis urbis
episcopus.
Johannes, metropolitanus Burdegalensis
urbis episcopus.
Scupilio, metropolitanus Elosanae urbis
episcopus.
Ermenomaris, Petrogoris urbis episco-
pus.
Leviadus, Auxiensis urbis episcopus.
Salvius, Bcnarnensis urbis episcopus.
Gundulfus, Vasatensis urbis episcopus.
Ursus, Vicojuliensis urbis episcopus.
Bosolenus, Lactoriensis urbis episcopus.
Sesemundus, Convenarum urbis episco-
pus.
Astemon, Ellerona urbis episcopus.
Tomianus, Acquilesiminensis urbis epi-
scopus.
Maurolenus, Coseranensis urbis episco-
pus.
Beto, Caturcinae urbis episcopus.
Siboaldus, Agennis urbis episcopus.
Johannes abbas, missus Lemovicinae ur-
bis episcopi.
Onoaldus abba, missus Albigae urbis epi-
scopi.
An
673
Vente faite par Ni-^é-^ius 6* sa femme
Ermentrude au monastère de Mois-
sac '.
'ENERABILEM in Xpisto patrem &
domno viro apostolico Leutadem, vel
omnem congregacionem monasterii Mus-
V
An
680
' Cette charte a été imprimée par Mabillon,
Annales, t. i , p. 686. Léotadius, abbé de Moissac
An
680
43
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
44
ciacense, infra pago Cadurcino in onore
sancto Petro constructum esse videtur. Ego
enim Nizezius & uxor mea Irmitrudis, dum
reatum conssciencie nostre agnovimus, op-
portet nobis ut dum Deus in nostra volump-
tate posuit, secundum evvangelicam lectio-
nem, veram dispensatorem exinde pro Dei
introitum facerem, & ut adnesfiet Dominus
sicud in suo dignatus est Evvangelio dicere :
« Vade, vende omnïa que abes , & da pau-
« perîbus, & veni, sequere me, & abebïs
« tesaurum in celo. » Et ideo nos hanc
adveram vocem videmus vobis repredictis
servi Dei vel ad omnem congregationem
qui infra ipso monasterio superius nomi-
nato constructum esse videtur;
Dabo ego, in pago Tolosano, villas nun-
cupantes Calme, Abilide, Rarolingus, Viva-
deremus, Sambiliano, cum omni integritate
sua per teminos ac doa a nobis designata;
Et in alio loco, infra ipso pago, alias
villas nostras : Amfiniano, curtes nostras
indominicatas, cum ecclesiis aud solariis,
& viverio, & fructuario, piscatoriis, mo-
lendinis, simul cum apendiciis suis, Besin-
guSj Scoternam-villa, Etorfollingus-villa,
Sevegamcollas-vilare, cum ecclesia Sancti
Medardi, qui est infra ipso termino, cum
omni integritate & soliditate, cum servis &
colonis & mérita libertorum, una per ter-
minos & loca a nobis designata, id est : de
fluvio Garonna, per Mamare gurgite, inde
per média villa Sallis, una cum ecclesia
Sancti Saturnini, quem data nostra pecu-
nia de Guirardo condam visi fuimus com-
parasse, & inde per fanum quondam Pei-
au mois de mai de la septième année du règne de
Thierri III, ce qui correspond à l'année 680 de l'ère
chrétienne, est porté comme ayant vécu à cette
époque, dans le Catalogue des abbés de Moissac,
donné par le Gallia Clir'tstiana, nouvelle édition,
t. I, col. iSç. Il diffère de Léotadius, évêque
d'Auch au commencement du huitième siècle.
Voir, à ce sujet, Mabillon , Annales, t. i , p. 358 ,
& le Cointe, Annales, t. 4, p. 352 ; Pardessus, Di-
plomata, Chartae, t. 2, p. 184. Notre texte diffère
des imprimés ; il est conforme à la copie qui nous
a été envoyée par M. Devais aîné, prise sur la
charte conservée aux Archives du département de
Tarn-&-Garonne , à Montauban, série H, fonds
de l'abbaye de Moissac, original en parchemin,
coté n. 6962. [E. M.]
rucia, per fontem Niconastius, qui est in
média Agra , atque inde pervenit usque
Novaliense, seu in Montembèrterii quon-
dam usque in Stirpiniago & Vallum Euvaldi
usque in média Saldruna, inde per Inligone
usque in supradicto fluvio Garonna.
Et in alio loco, infra ipso pago Tolosano,
alias villas nostras his nominibus nuncu-
patas : Lampadiago cum ecclesia Sancti
Martini, Vulpiliago, Speutingus, Prarreta,
Mutaciones , ecclesia cum vilare Sancta
Gemma, Vila-Farpanas cum ecclesia Sancti
Germani, Villa-Gainago, Villa-Novolio cum
ecclesia Sancti Medardi. As villas superius
nominatas cum ecclesiis & omnibus vilari-
bus & ajacensiis earum per terminos a nobis
designatos, qui sunt per médium Garonna,
deinde usque in média Agra, deinde usque
in Arona, inde per palude Novaliense usque
in suprascripta Garonna.
Et in alio loco, in pago Agenense, villa
nostra Virvicarias, cum omni intecritate,
una per terminos qui sunt per lUo-Porto
& terminum Vasalonis, de alio vero latus,
termine Bordense-villa, deinde per rivum
Oppinione usque in média Garonna.
Et in pago Elesano, alias villas nostras :
Ginningus, Saviniago, cum omni integri-
tate, sicut a nobis per terminos antiques
possidere videtur.
Relinquimus quoque propriis eredibus
nostris in falcidio alias villas nostras, in
pago Tolosano, Modoreiago, Altomonte,
Basile, & in pago Agenense, Pompeiago, &
in pago Elesano, Malaronta.
As quoque villas superius nominatas, ex-
cepto illas que in falcidio dimitimus, alias
vero omnes que hec inseruimus, cum omni
integritate & soliditate, curtis, ecclesiis,
domibus, edificiis, mancipiis, colonis ibi-
dem commanentibus, & mérita libertorum
& colonorum utriusque sexus, cum terris
cultis & incultis, vineis, pratis, silvis,
pascuis, aquis aquarumve decursibus, cum
omne jure & ajacenciis earum, quesitum &
inquisitum, per hanc epistolam vendicioni
& vobis trado, transfero, atque transfundo
ad possidendum. Et accepimus a vobis pre-
cio in quo nobis bene conplacuit, hoc est
solidos auri purissimi septingentos & pal-
lios quatuor valentes solidos ce.
Es vero precia a vobis suscepta, anime
An
680
An
680
45
PREUVES DE L HISTOIRE DE LANGUEDOC.
An
767
nostre remedio, in alimonia pauperum ibi-
dem Deo serviencium expensavimus.
Omnia vero hec superius nominata in
manus vestras tradimus & succesorum ves-
46
sentia atque manu Fedanciî, abbatis eccle-
sie Sancti Antonini martyris, que est sita in
valle que dicitur Nobilis, ubi terminus esse
dinoscitur in pago Rutinico. Ad hanc tra-
An
767
trorum, ut possideatis & quicquid exinde dicionem affuere viri religiosi testes peti-
facere volueristis, liberum omnibus per-
fruatis arbitrium, stipulacione subnixa.
Facta carta vendicionis ista in mense
madio, anno septimo regni domni nostri
Theoderici régis.
Signum Nizezius, peccator, & Hermi-
trusdes, hanc epistolam vendicionis recog-
novinius & subsignavimus.
cionis abbatis Fedancii, scilicet Ildebaldus
archiepiscopus sedis Remensis, necnon Ai-
marus, Biturice sedis archiepiscopus, una
cum caterva episcoporum ceterorum nu-
méro XII ^ interquos affuit Justinus episco-
pus morbo regio percussus, qui prostratus
coram altare, ubi caput Antonini custo-
diebatur gloriosissimi martyris, subito di-
Signum f Gundoberto. Signum f Sicardo. vina protectione munitus & ejus interventu
Signum fAldeberto. Signum tAlmare. Sig- liberatus est. Hac caterva résidente simul
num t Sicardus Rubes. Signum fAutrico. aderat turba militum & comitum, inter quos
Signum f Dacoleno. Signum f Bermaro.
Signum f Frotrico. Signum f Guntario.
Signum t Bertaldo. Signum f Beboni.
Actum Musciaco monasterio puplice die
& anno quo sunt.
Cloroinus exius superniri meo scripsisse,
subsignasse.
5. — IV
erat Bertalaigus comes, atque Vulfraudus,
ScGotelmus, paletini comités, & alii nu-
méro XVI. Qui omnes una voce censere
nec non adclamavere cum maxima turba
populorum qui ibi aderant, dignum esse
augmentari casam Dei ob amorem & reve-
rentiam beati Antonini martyris, qui defen-
sor & protector semper extitit régi, & omni
exercitui suo. Ad quorum adclamationem
Pipinus rex serenissimus adquievit aug-
mentari casam Dei regalibus donacionibus.
Itaque cum suis consuitus magnatibus, mo-
nasterium Sancti Pétri apostoli quod dicitur
Éd.orig.
t. I,
col. 24.
Notice d'une^ donation faite au monas- Mormacus, quod est situm in pago Catur-
tère de S aint-Antonin, enRouergue, cino super fluvium Avarionis, in proprium
par le roi Pépin '.
NOTITIA traditoria atque forbanditoria
peracta a domno Pipino, rege serenis-
3imars. simo Francorum & Aquitanorum, in pre-
' Trésor des chartes, Toulouse, sac ^, n. 90. Ar-
chives nationales!. 3o8, n. 90 r°. Copie du treizième
siècle. — Cette notice peut reproduire les données
d'un ancien diplôme; mais sa forme inusitée, les
nombreux anachronismes & les erreurs matérielles
qu'elle renferme prouvent qu'elle a été rédigée
longtemps après les faits qu'elle rapporte. On ne
tradidit beati Antonini martyris capiti &
altari, in quo [subj Dei honore & benedic-
tione quiescit, & abbati Fedantio viro vene-
rabili & monachis & clericis inibi degenti-
bus presentibus & futuris. Hoc monasterium
totum predictum & ab integrum cum suis
adjacentiis, scilicet cum aiiis duabus eccle-
siis, quarum una Mornagellus & alia capella
Sancti martyris Felicis, necnon & cum mo-
nachis & mancipiis & omnibus possessioni-
bus que ad illud pertinebant, & in futuro,
Deo annuente, largienda erunt, cum vi-
neis, ortis, terris cultis & incultis, aquis
connaît point d'archevêque de Bourges du nom aquarumve decursibus, paxeriis, molendi-
d'Aimar, au huitième siècle. Celui qui vivait de j^jg jj^ on^^g ^i^ra fluvium VIIII cubitis,
dédit a termino montis Cussonis usque ad
mediam Vaurem & usque ad os antiqui va-
sis. Quantum infra illos fines concluditur,
totum & ab integrum dédit in proprium
Cette notice ne peut donc être considérée comme alode SUpradicte Case Dei. De repeti-
un acte authentique. [E. M.] cione vero, si quis imperator vel rex aut
763 à 767 s'appelait Landoarius; son successeur
s'appelait Herminardus ; il assista, en 769, au
concile de Saint-Jean de Latran. On ne connaît
pas non plus d'évéque de Reims du nom d'Ilde-
baud. Tilpin ou Turpin occupait ce siège en 769.
An
767
47
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
48
An
782
3 juin.
Éd. ori"
t. I,
col. 25.
6.
V
dux, comes vel vicecomes aiit abbas, vel causilicus & mandatarius de Danielo archi-
persona quaelibet magna vel parva a casa episcopo, Si par ordinatione de donipno &
I)ei abstrahere bec siipraJicîa voluerit , regi iiostro Carulo rege, & dixit : « Jubete
omnium supradictoriim cpiscoporiir.i gladio me audire ciim isfo présente Milone co-
ànathematis feriatur 8c cum Datan & Abi- mite, qui tabss villas, qui sunt in pago Nar-
ron in ijiferno sepeliatur. Data TI kalendas bonense, de causa aecclesiarum Sancforum
aprilis, anno xvr regni Pipini serenissimi Justi & Pastoris, & Sancti Pauli, & Sancti
imperatoris. Aguoscens Sigilfredus scripsit. Stephani 5 isto Milo comis eas retiiiet ma-
Signum Pipini Régis. lum ordinem injuste. Haec sunt nomina
de ipsas villas : Quincianus & fVlujanus
■ aecclesiarum sunt médias , villa Pucio-
Valeri, & Baxanus & Malianus villas sunt
ultra Ponte Septimoj causa est aecclesia-
rum ab intègre Sanctorum Justi & Pas-
. , j . toris ; villa Antoniam , Trapalianicus, Pa-
Jugement des commissaires du roi médinas, Agelio, Medellano, Buconiano,
Charlemagne en faveur d,e Daniel, FoUopiano, Aniciano ex medietate; Ma-
archevêque de Narbonne \ griniano, Lecas, Centopinus, Cristiniani-
cus, Petrurio ab intègre ; Canedo, Troilo,
DANIEL episcopo veregre profectus , re- Laurelis, Curte-Oliva , média 5 Prexanus
mansit causilicus iArluinus. Iy;itnr']n\xï\c media^ Caunas, Nivianus , insula Kauco,
in Dei nomine haec est noticia tradictlonis villa Gorgociano, Caunas, Casolas, Baias,
judicius. Cumque résidèrent missi glorio- Ursarias, Quiliano, ab intègre j Lapedeto
sissimo atque scellentissimo dompno nostro ipsa quarta parte ^ Colonicas, Mercuriano
Carolo rege Francorum in Narbona civi- ipsa quarta parte; Maglaco, Fonte dicta
tate, die martis, per multorum altercationes Buconiano, Callavo, Canovia longa, Abu-
audiendas & rectis negociis terminando, niano ex medietate; Leoniano ex medie-
ec per ordinatione de suos missos, id est tate; suburbium Sala super Ponte Septimo
Gualtario, Adalberto, Fulcône & Gibuino, in valle Gabiano ex medietate; Crotas, Cag-
& vassis dominicis , id sunt Rodestagnus nano, Sancti Marcelli, villa Totonis, Sancti
& Abundancius; & judices, qui jussi sunt Georgii, villa Ciliano, Sancti Crescenti ,
causas diriraere & legibus difinire, id est Sanctae Mariae, Segelona', ex medietate ;
Guntario, Dis"3olio,Leoderico,Petro,Bona- Gragnano villa, Aquaviva ex medietate;
vita, & Sisfredo; & aliorum bonorum omi- Masiniano ex medietate. Omnia & in om-
num qui ibidem aderant, id est Garibertus, nibus quantum ibidem retinebat jam pre-
Widaldus, îngobertus, Aruinus, Vicar, Wi- scriptus archiepiscopus, per causa aecclesia-
sulfus, Atila, Samuel, Donadeus, Argemun- rum Sanctorum Justi: &: Pastoris, & Sancti
dus, Ursione, Argimiro, Anselmo, V/arna- Pauli & Sancti Stephani, quod ego jam-
rio ; in eorum judicio vel presentia quos dictus Arluinus, qui sum asertor vel causi-
causas fecit esse présentes. Cumque ibidem licus & mandatarius de jamdicto archiepi-
residerent prescripti missi & judices vel scopo Danielo, hoc adprobavi per séries
plures bonis hominibus in Narbona civitate, condiciones, quod iste Milo comis retinet
ad rectas justicias terminandas & causarum ipsas villas malum ordinem injuste, & in-
e\-ordias dirimendas, in eorum presentia vasit de potestate de isto jam dicto archiepi-
ibique in supradictorum juditio veniens scopo, cujus ego mandatarius sum. A tune
homo, nomine Arluinus, qui est assertor vel nos missi, vassi dominici, & judices inter-
rogavimus jamdicto' Milone comité : « Qui
- Archives de l'église de Narbonnej _ copie du ^espondis ad isto Arloyno, qui est man-
dlxième siècle, Baluze, Languedoc, n. ,.[Auiour- ^atarms de jamdicto archiepiscopo de ac
d'hui Armoires, v. 892, n. 578]. Ce qui est en ita- causa. » Tunc Milo comis in suum respon-
lique est un titre mis en tête du document, dans sum dixit : « Ipsas villas Senior meus Karo-
le cartulaire de Narbonne; latin 11 01 5, f" 7. lus rex michi eas dédit ad benefitio. » A
An
782
An
782
49
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
5o
1. 1,
col. 26.
tiuic ipsi missi & judices & vassi doniinici archiepiscopo, & post taiita rei vcrhatCMii
interrogaverunt Milone comité, si potebat bene cognovimus, altercavimus iiiter nos
abere coudictioiies, aut recogniciones, aiit ante prescriptos misses, vassis dominicis,
judicium,aut festes, pro qiiibus ipsas villas & judices, vel plures bonis hominibus qui
partibiis suis retinere debeat ; tune Milo misso judicio residebant, & ordinavimus
comis dixit : « Non babeo nullum judicium Milone comité, ut de ipsas villas se exi-
veritatis, nec nuUa testimonia pro quibus gère fecisset, & Arloyno asertore, causilico
ipsas villas partibus meis vindicare debeani, & mandatario Danielo archiepiscopo, per
nec in isto placito, nec irti alio, nec in ter- suum sagonem revestire fecisset, sicut &
cio, nec nuUoque tempore. » A tune prefati fecit. Et congaudeat se Arloynus assertor,
missi, vassi dominici, & judices interroga- causilicus & mandatarius Danielo archi-
verunt Arloyno, qui est assertor vel causi- episcopo in nostro judicio suam percepisset
licus & mandatarius de jamdicto Danielo clara justicia. Dato juditio noticia tradic-
archiepiscopo, si potebat abere taie testi- tionis m nonas junii, anno xiiii régnante
monia, pro quibus hoc quod dicebat super Karolo rege Francorum. S. Milo comis, qui
Milone comité Hoc legibus aprovare po- hanc notitiam tradicfionis, judicii & evacua-
tuisset : & tune aseruit Arloynus, & dixit : tionis feci & firmare rogavi bonis homini-
« Sic habeo unde ad ipsa ora per judicio de bus. S. Garibertus. S. Widaldus. S. Ingo-
supradictos missos, vassis dominicis, ac ju- bertus, S. Aruinus, S. Wicar. S. Girulf'us.
dices. » Arloynus mandatarius suam agra- S. Atila. S. Samuel. S. Donadeus. S. Arge-
niivit testimonia. Nuper veniens Arloynus mundus. S. Ursio. S. Argimiro. S. Ansel-
a suum placitum quod arramitum abuit, 8c mus. S. Warnario. S. Gontarius. S. Leode-
ibidem sua testimonia protulit bonos omi- ricus.S.Petrus. S. Sisfredus.EgoWarnarius.
nés idoneos, his nominibus : Undila, Auri- Ego Adalbertus notarius. S. Boso, qui hanc
lianus, Kairato, Narbonellus, Dodemirus, noticiam tradictionis judicii scripsit sub
Lunares, Silencius, Bonus, Eneus, Guinari- die & anno quod supra.
eus, Witeringus, Teudesindus & Servandus,
qui sic testificaverunt in supradictorum ■
judicio, in facie Milone comité, & série
condiciones ; hoc iuraverunt in aecclesia
... . 7*
Sanctae Mariae, qui sita est infra muros '.
eivitatis Narbona : « Quia nos supranomi-
nati testes scimus, & bene in veritate no-
bis cognitum manet, & vidimus ipsas villas
superius scriptas cum fines & termines vel
ajacencias, que ad ipsas villas pertinet,
habentes & dominantem ad Danielo ar- V.^ benefacere jubeamur, nullo gratiam
chiepiscopo, cujus iste Arloynus asertor, summi régis & aeterni remuneratoris Dei
causilicus & mandatarius est, per causa accipere diffidimus j sed his quoque, qui-
aecclesiarum Sanctorum Justi & Pastoris, bus regendi cura commissa est, impensius
& Sancti Pauli, & Saneti Stephani 5 nam aliquid beneficii impertire studemus. Id-
& nos Undila, Aurilianus, Kaireto, Nar- circo ego AAvarnus, episcopus humiilimus,
bonellus, Dodemirus, Lunares, Silencius, cunetis successoribus meis per tempora t\i~
Bonus, Eneus, Guinarieus, Witeringus, Teu- turis notum fieri volo, quod post aliquanta,
desindus & Servandus vidimus jamdictas quae suceessione parentum meorum seu
villas cum illorum fines & termines, aben- regali munifieentia mei juris esse* viden-
tes & dominantem Danielo archiepiscopo, , tur, praedia matri eeelesiae Caturcensi, cui
cujus iste Arloynus assertor & causilicus JL>*3 auctore praesideo, collata, Moysiaci
& mandatarius est, ab intègre. » Et cum '^juoque loco in dioecesi ejusdem eeelesiae
nos prefati missi, vassi dominici & judices super fluvium Tarnis, in honore saneto-
videntes talem adprovatlonem de Arloyno
assertore, causilico & mandatario Danielo ' Mnbillon, Ànn. orA, S. Bmedicti, t. 2, p. 267.
Donation faîte à Vahhaye de Molssac
par AguarnuSf évêque de Cahors\
C
An
782
An
783
An
783
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
52
rum apostolorum Pétri & Pauli monaste-
rio constructo, aliquantulum contulerim.
Dono quippe jure perpetuae cessionis om-
nipotenti Deo & ejusdem apostolis in eodem
loco in dicto Moysiaco, ubi vir venerabilis
Hermeninus abbas cum maxima congrega-
tione monachorum Deo militare videtur,
praedium meum in pago Caturcino situm,
ecclesiam scilicet in honore sancti Pétri
fundatam , cum adjacenti villa, juxta al-
veum Avarionis, loco cui vocabulum est
Biolis. Aliam quoque ecclesiam in pago
Tolosano, super ripam fluminis Tarni, in
honore sancti Martini fundatam, cum ipsa
curte, vulgo Mulzacq nuncupata, insuper
& alio loco, in ipso pago Tolosano aliud
praedium meum, quod de fisco regali com-
ausu temerario exstiterit, qui injuste con-
tra hanc nostram cessionem seu oblatio-
nem insurgere voluerit, aeterna damna-
tione se noverit puniendum. Ut vero hec
nostra in aeternum firma stabilisque per-
maneat donatio, proprii nominis astipu-
latione censuimus consignatam reddere ,
auctoritate quoque jamdicta domini Hlu-
dovici régis fîrmare, ne présentes aut fu-
turi ulla valeant occasione eam calumniare.
Signum Aguardi, Caturcencis episcopi. Sig-
num Asterii archidiaconi. Signum Engel-
berti decani. Signum Hectoris. Signum
Vejandi. Signum Egelrandi. Facta carta
donationis anno DCC LXXXIII ', ejusdem
principis domini Hludovici secundo regni
Francorum , id est Aquitanorum ; in Dei
An
783
petenti servitio adquisivi, ubi sanctus Rus- nomine féliciter. Amen. Adeodatus roga-
ticus martyr & episcopus, antecessor uti- tus scripsit.
que meus, corpore quiescit, cum capella
Sancti Pétri sibi conjuncta. Similiter cedo
& trado eidem Domino Deo & sanctis
apostolis ejus in praefato monasterio Moy-
siaco, tenendum & possidendum a fratribus
praesentibus ibidem & futuris, pro stabili-
tate totius christianitatis Deo servientibus,
& in villis sive villaribus praenominatis,
quantum ego visus sum habere & tenere
vel quilibet homo per me, ecclesias & quid-
quid ad ecclesiasticum jus attinet, terras,
vineas, mansos, liberos, serves, & ancillas,
aquas, aquarumve decursus, cultum & in-
cultum, tam ad exitus quam ad ingressus,
totum ab integro trado tenendum, haben-
dum & possidendum. Insuper dicto monas-
terio, pro salute animae meae & parentum
meorum seu totius plebis mihi a Deo com-
8.
Diplôme par lequel Charlemagne ac-
corde aux religieux d'Aniane le
droit de choisir librement leur
abbé ^.
I
N nomine sanctae & individuae Trinita-
tis. Carolus Dei gratia rex Francorum &
Longobardorum, ac patricius Romanorum.
Maximum regni nostri in hoc augere cre-
dimus munimentum, si bénéficia opportuna
locis ecclesiarum benivola devotione con-
cedimus, ac Domino protegente stabiliter
missae, do siquidem potestatem, domini perdurare conscribimus. Igitur notum sit
mei Hludovici serenissimi régis evectus omnibus episcopis, abbatibus, comitibus &
protectione ac suffultus pontificali aucto-
ritate & totius cleri ecclesiae Caturcensis
corroboratione, cunctis fidelibus christia-
nis in nostra dioecesi commorantibus, ut
quicumque pro salute animae suae de prae-
diis aut substantiis suis Deo in eodem
monasterio aliquid offerre voluerit, libe-
ram habeat facultatem. Oblationes vero
cujuscumque rei, sive in terris, sive mobi-
libus rébus, vel in sacris thesauris ibidem
Deo oblatis, intacta & inviolata ibi perpe-
tuo permaneant, ordinamus atque consti-
tuimus perpétua sauctione. Si quis autem
vicecomitibus, vicariis, centenariis, judi-
cibus seu omnibus fidelibus praesentibus
scilicet & futuris, qualiter vir venerabilis
Benedictus, abba ex monasterio, quod ipse
novo opère jure proprietario a fundamen-
tis in honore Domini Dei ac Salvatoris
' DCC Lxxiii , par erreur, dans les copies qui nous
restent de cette charte.
' Cartulaire de l'abbaye d'Aniane, f" i5. — Ma-
billon , Acta. Sanctorum ordinis sancti Bened'icti,
saec. 4, part, j, p. 202. — Recueil des historiens
de France, t. 5, p. 701.
An
787
27
)uillet.
An
787
53
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
54
uostri Jesu Christi, seu sanctae semperque
virginis ejusdem Dei genitricis Mariae, seu
aliorum sanctoruni, aedificavit in loco nuii-
cupante Aiiiano, in pago Magdalonense,
subtiis Castro Monte-Calmense, ad nostram
accedit clementiam, & praedictum nionas-
terium cum omnibus rébus nostris plenis-
sima deliberatione visus est delegasse, &
ipsum sanctum locum sub nostra defen-
sione atque dominatione ad regendum
nobis visus est tradidisse. Idcirco ad ejus
petitionem taie pro aeterna retributione
beneficium erga ipsum sanctum locum visi
fuimus induisisse, ut in ecclesiis & locis
vel agris seu aliis possessionibus ipsius
monasterii , quas moderno tempore per
nostram donationem ac confirmationem
seu caeterorum fidelium juste possidere
videtur in quibuslibet locis, quidquid ibi-
dem propter divinum amorem collatum
fuit, quaeque etiam deinceps in jure ipsius
sancti loci aut per nos, aut per alios vo-
luerit divina pietas augeri ; praecipientes
jubemus atque anathematizamus, ut nullus
comes, neque episcopus aut uUa judiciaria
potestas ad causas audiendas, vel freda exi-
genda, aut mansiones vel parafas faciendas,
aut fidejussores tollendos , nec homines
ipsius monasterii tam ingenuos quamque
servos, qui supra terram memorati monas-
terii residere videntur, distringendos, nec
ullas redibitiones aut inlicitas occasiones
perquirendas, aut ullum omnino censum
inquirendum ullo umquam tempore iji-
gredi audeat vel exactare praesumat. Sed
hoc ipse abbas vel successores sui aut mo-
nachi memorati loci, praesentes scilicet &
futuri, propter nomen Domini, sub integrae
immunitatis nomine, absque cujuslibet in-
quietate aut contrarietate valeant domi-
nare, & nuUi umquam homini pro quali-
cumque re nullum censum omnino audeant
impendere; sed ipsum sanctum locum sub
nostra defensione atque dominatione volu-
mus constare. Statuentes ergo atque ju-
bentes ut neque vos, neque juniores aut
successores vestri, vel quislibet ex judicia-
ria potestate in ecclesiis & locis vel agris
seu reliquis possessionibus suprascripti mo-
nasterii vel de omnibus, quae suprascripta
sunt, nuUo umquam tempore inquietare
aut exactare praesumatis ; sed quod nos
propter nomen Domini & aeterna remune-
ratione ad jamfatum monasterium indul-
simus, perennibus temporibus proficiat in
augmentis. Et quandoquidem divina voca-
tione suprascriptus venerabilis Benedictus
abbas vel successores ejus de hac luce mi-
graverint ad Dominum, qualem meliorem
& nobis peromnia fidelem ipsa sancta con-
gregatio de suprascripto monasterio aut de
qualicumque loco voluerint eligere abba-
tem, qui ipsam sanctam congregationem se-
cundum regulam sancti Benedicti regere
valeat, per hanc nostram auctoritatem &
premissa indulgentia licentiam habeant; &
ubicumque voluerint ordinari, aut ipsi aut
monachi ipsorum vel a quolibet pontifice
ex praecepto & consensu nostro potesta-
tem habeant, quatinus ipsi servi Dei, qui
ibidem Deo famulari videntur, pro nobis
ac conjuge, proleque nostra & stabilitate
totius regni a Deo nobis commissi vel con-
servandi, attentius Domini misericordiam
exorare delectentur jussimus.
Signum Karoli gloriosissimi régis. Bar-
tolomeus notarius ad vicem Ludovici re-
cognovi.
[Data' VI kalendas augustas, anno nono
decimo regni nostri.
Actum in Raganexburg palatio nostro
publico, in Dei nomine.]
9. —VI
Concile de Narhonne^,
An
787
NNO Incarnationis dominicae Dec
LXXXViii% indictione xii, gloriosis-
simo quoque domino imperatore Karolo
A'
' Ce qui suit a été ajouté à la marge du cartu-
laire par une main du quinzième ou du seizième
siècle.
' Collationné sur la copie de Baluze, Armoires,
V. 374, i° 93, d'après les archives de l'archevêché
de Narbonne. — De Concordia Sacerdotii & Imper'ii,
1. VI, c. 25, p. 265. (édit. 1669).
' La date de l'incarnation ne s'accorde pas avec
celle des années du règne de Charlemagne; elle
correspondrait cependant à l'année 7895 mais le
titre d'empereur dpnqé à Charlemagne, & répété
An
788
55
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
56
. Éd.orig.
t. 1,
col. 27.
régnante anno XXIII, V kalendas julii. Dum salubrem esse comprobantes , pro prae-
pro multis & variis ecclesiasticis negotiis, dictis commoditatibus, & ne confinio His-
praesertim pro Felicis, Urgellitanae sedis paniae occasionem tristitiae ingereremus,
episcopi, pestifero dogmate, monente per unanimiter justo perpendinnis examine,
suae auctoritatis litteras donino apostolico ut nulli sedi deinceps sociata habeatur nisi
Adriano, ac domino imperatore per missum Narbonensi , servata verumtamen auctori-
suum nomine Desiderium, convenissemus tate, si per se episcopum habere nequive-
urbem Narbonam intra basilicam Sancti rit. Rogamus igitur cunctos subséquentes
Justi & Pastoris, ego scilicet Danihel, licet nos, & hoc nostrae auctoritatis decreto
indignus atque peccator, gratia tamen Dei confirmamus, sancimus, stabilimus, tam de
sanctae metropolitanae praemissae urbis Redensi pago, quam etiam de Ausonensi,
episcopus, necnon & Elifantus, Arelatensis sive confinio Narbonensi & Biterrensi ,
episcopus, cum plurimorum collegio vene- quod est Orbus, ut sicut coram nobis di-
rabilium episcoporum, una cum auctoritate scussum & comprobatum est, ita incon-
domni apostolici missoque praedicto domni vulsum & incontaminatum, nullius contra-
imperatoris Karoli, inter caetera quae ve- dictione valente, in perpetuum permaneat.
raci sermone finem acceperunt, orta est Si quis vero nostram communem contem-
querela coram nobis omnibus de parrochia nens diffinitionem , per aliquam insidiam
Narbonensi. Unde praecipiente domino aut subreptionem hoc nostrae firmitatis
imperatore, subtili examinatione & spe- decretum infregerit, aut aliqua machina-
ciali ob prolixas altercationes examinari tione violaverit ; si ordine ecclesiastico est
jusserat, de qua Danihel episcopus per adunatus, canonica sententia inrecupe-
testes idoneos, Justum scilicet Agathen- rabiliter feriatur, sicut temerator tanti
sem , & Vuiteringum Nemausensem epi- concilii ac decreti. Quod si laïca potestas
scopum, atque Amicum Magalonensem co- in hoc se per atrocitatis violentiam miscue-
mitem,ceterosque quamplures discutiendo rit, nisi a temeraria praesumptione se ci-
elucidans, totum Redensem pagum super tissime subtraxerit satisfaciendo quod deli-
Vuinedurium Helenensem episcopum jus- quit, digna ultione totius anathematis sit
tissime-evindicavit, & marginem parrochiae undique & ubique multatus, Domini nostri
Narbonensis ex alia parte usque ad flumen Jesu Christi & nostra auctoritate vigente.
qui vocatur Orbus, quamdiu vocabulum Ut autem hoc nostrae firmitatis decretum
suum idem comitatus retinet, superius & certiorem roborationis obtineat vigorem ,
inferius perduxit, plenissime ratione Vulfe- manus nostrae subscriptione illud robo-
garii, episcopi Biterrensis, cum praedictis rare studuimus.
testibus superata. Praeterea idem Danihel In Christi nomine Danihel, Dei mise-
archiepiscopus de Ausonensi parrochia i^- ratione sedis Narbonensis metropolitanae
tionem adhibens,ostendit quod nullo modo ecclesiae episcopus, hujus decreti institu-
episcopum ponere illuc potuisset ob paga- tione subcripsi. Ego Elefantus, primae se-
norum infestationem , & quemadmodum, dis Arelatensis episcopus, confirmavi. De-
auxiliante Deo, per antecessoris sui indus- sideratus Diensis episcopus subscripsi. Ego
triam quondam ibidem haeresis extincta Salicus, Arausisensis episcopus. In Dei no-
fuerit,& quia ejusdem pagi plebs, sicut mine ego Arricho, Tolosanae sedis episco-
quidam ipsorum in praesentia retulerunt, pus, confirmavi. In Dei nomine Donadeus,
nulli parrochiae adhaererevellet nisi Nar- Vuappincensis episcopus. In Dei nomine
bonensi ob principalitatem tantae sedis ego Francolinus, Conseranensis episcopus
praecipuae. Cujus archiepiscopi rationem subscripsi. Ego Lupus, Cavalionensis epi-
scopus, subscripsi. Ego Arimundus, Uce-
trois fois dans la pièce, prouve qu'elle n'a pu être
rédigée qu'après l'an 800. — Voyez, à ce sujet, la
discussion du P. Labbe, Conciles, t. 9, col. 4. 11
rejette l'authenticité de l'acte, qui, en tout état de
cause, n'aurait pu être souscrit par Félix. fE. M.]
cicensis episcopus, s. Ego Hiscipio, Car-
cassensis episcopus, subscripsi. In Christi
nomine Magincus, Adtensis episcopus, sub-
scripsi. Vuiteringus, Nemausensis episco-
pus, confirmavi. Félix, episcopus Urgel-
An
788
An
788
57
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
58
Éd.orig.
t. I,
col. 28.
An
litanae sedis, subscripsi. Ego Bonitus, todiiblo, in villa Cauuense, quam ab anti- ^^'
Valentinae sedis episcopus, s. Ego Justus, quo dicebatur Bufintis, quam perdonabit
Agatensis episcopus, subscripsi. Ego Adaul- rex Carolus ad ipso abbate cuni fVatribus
fus, Jerundensis episcopus, subscripsi. In suis praedicti. In quam testes ostenderunt
Christi nomine Vuenedurius, Helenensis coram vicedomino a Magnario comité de
episcopus, s. Ego Se[rvus Dei], Barcino- Narbona misso termines villae Cauuensis
nensis episcopus, s. Ego Autbertus, Anti- & adjacentiarum ejus; juraveruntque in-
politanae sedis episcopus, subscripsi. Ego primis per Deum Patrem omnipotentem 8c
JoanneSjCimelanensis episcopus, s. Ego...., Jesum Christum filium ejus, Sanctumque
Forojulensis episcopus, s. Ego Johannes, Spiritum,Trinitatem unum & verum Deum,
Madolonensis episcopus, s. Ego Asinarius, & per reliquias S. Jendesii (Genesii) mar-
Vicujuliensis episcopus. Abraham, Com- tyris Christi, cujus ecclesia sita est in su-
menensae sedis episcopus, s. Ego Amatus, pradicta villa Bufintis, ipsam villam eosdem
Carpentoratinensis episcopus, s. Ego Ra- habuisse limites tempore Gotorum, Milo-
ganbaldus, diaconus, Dunensis vocatus epi- nemque comitem eos eodem modo dirimisse
scopus, s. Ego Ansebrandus, diaconus ad & Karolum regem firniasse, quos habent,
vicem Landeberti Eglinensium episcopi s. jurant. Datum nouas décembres, anno
Ego Riccimirus, indignus presbyter, ad vi- xxiiii régnante Karolo rege Francorum &
cem Vulfegarii, sedis Biterrensis episcopi, s. Longobardorum & patricio Romanorum.
Ego Arricho cancellarius ac si indignus Signum Vincilani clerico. Signum Grulo...
presbyter hoc decretum scripsi die & anno Signum Teugilo. Arasolarius subscripsi.
quo supra. Gundesindus subscripsi, &c.
10. — VIT
II. — VIII
Limites de la ville de Cannes réglées
par l'autorité de MagnariuSj comte
de Narbonne '.
CONDITIONES sacramentorum as quas ex
ordinationem Magnario comis de Nar-
J^^ bona vel de judices Arasolario, Deoavio
An
794
cembre. vel aliorum [bonorum hominumj [qui sub-
ter subscripturi vel signa factores sunt, id
est] Vincila clericus, Lubicinus, Anterus,
Teuperitus, Teudericus, Sisenandus, Ga-
nilo, Primiselus & Baronta [quos causa fecit
esse présentes, jurare debeant] testes pro-
lati ab Aniano abbate cum monachis suis
deserviantibus Sancti Johannis Exequa-
riensis vel Sancti Pétri & Sancti Pauli mo-
nasteriis, quos edificabit supradictus Ania-
nus cum fratribus suis suber ribo Argen-
' Monasticon Benedictinum, t. 7 ; manuscrit latin
12664, f° 238 r". Un fragment de cette pièce a été
publié par Mabillon, de Re diplomaùca, p. 396.
Dom Vaissete l'avait reproduit sans y rien ajouter.
[E. M.]
Charte du roi Charlemagne pour
l'abbaye de Cannes^.
KAROLUS gratia Dei rex Francorum &
Longobardorum ac patricius Romano-
rum, omnibus fidelibus nostris praesenti-
bus & futuris. Rectum est regalis potestas J"'"et
illis tuitionem impertiat, quorum nécessi-
tas comprobatur. Igitur cognoscat magni-
tudo seu utilitas vestra, quia vir venerabilis
Anianus, abbas ex monasterio Sancti Joan-
nis & Sancti Laurentii, quod fuit constru-
ctum in locis nuncupatis Extorio & Olibe-
gio, nostro synodali concilie veniens una
cum monachis suis Continue, Stromundo,
Lurio, cum omnibus rébus atque homini-
bus suis recepimus ac retinemus, quatenus
diebus vitae suae sub nostra tuitione va-
leant quiète vivere & residere. Propterea
has literas nostras pro fîrmitatis studio eis
dedimus, per quas omnimo jubemus, ut
' Archives de l'abbaye de Caunes. — Baluze,
Capital, t. 2, p. 1399.
An
794
09
Éd.orig.
t I,
col. 29.
An
795
mars.
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Notum sit omnibus
60
nullus quislibet de vobis neque de junio- nianoruin. JNotum sit omnibus episcopis,
ribus vestris praedicto Aniano abbati seu abbatibus, ducibus, comitibus, vel cunctis
monachis suis, nec rébus vel hominibus fidelibus nostris tam presentibus quam-
illorum contingere nec inquietare aut
contra rationis ordinem calumniam gene-
rare non praesumatis, nisi ut diximus
cum omnibus rébus vel hominibus illorum
sub nostra tuitione valeant quiète vivere
que futuris. Rectum est regalis potestas
illis tuitione imperioat quorum nécessitas
comprobatur. [Igitur cognoscat almitasves-
traj qualiter Johanne ad nos veniente, & os-
tendit nobis epistolam, que dilectus filius
vel residere. Similiter concessimus ei vil- noster Ludovicus ei fecerat, & per ipsum
lam Cannas, sicuti Milo ad suum monaste- ad nos direxit. Et invenimus in ipsa epis-
rium per suas literas delegavit, cum om- tola insertum quod Jobannes ipse super
nibus appendicis suis, quatenus melius ereticos sive Sarracenos infidèles nostros
delectet ipsos servos Dei pro nobis vel magnum certamen certavit in pago Barchi-
stabilitate regni nostri Domini misericor- nonense, ubi superavit eos in locum ubi
diam exorare. Et si aliquae causae adversus dicitur ad Ponte, & occidit de jamdictos in-
eos surrexerint, vel homines eorum autol- fidèles, & cepit de ipsis spolia 5 aliquid
tae fuerint, quas in promptu absque gravi exinde a dilecto tilio nostro obtulit equm
illorum dispendio definire non potueritis, obtimum & brunia obtima & spata india
usque in nostram praesentiam reserventur, cum techa de argento parata, & peterat
quatenus ante nos secundum legis ordinem eis in pago Narbonense villare eremum
accipiant finitivam sententiam. Et ut haec ad laborandum que dicunt Fontes. Ille
autoritas firmior habeatur vel a fidelibus vero dédit ei ipsum villare & direxit eum
nostris melius conservetur, de anulo nos- ad nos. Et cum ad nos venisset cum ipsa
tro eam subter sigillari jussimus. epistola, quod filius noster ei fecerat, in
Vindolaicus ad vicem Radonis recog- manibus nostris se comendavit, & petivit
novit. nobis jamdictus fidelis noster Jobannes, ut
Data XIII kalendas augusti, anno vige- ipsum villarem quod filius noster ei dede-
simo sexto & vigesimo regni nostri. rat concedere feccissemus. Nos vero conce-
Actum Franconoforti palatio regio, in dimus ei ipsum villarem cum omnes suos
terminos vel pertinencias suas ab intègre,
& quantum ille cum homines suos in villa
Fontejoncosa occupavit vel occupaverit,
vel de heremo traxerit, vel infra suo ter-
mino, sive in aliis locis, vel villis, seu vil-
lares occupaverit, vel aprisione fecerit cum
homines suos ; hec omnia concedimus ei
Charte du roi Charlemagne , qui ac- per nostrum donitum,ut habeat ille & pos-
teritas sua absque uUum censum aut in-
quietudine, dum nos aut filii nostri fidèles
Dei nomine féliciter. Amen.
12.
IX
corde le lieu de Fontjoncouse à un
seigneurj appelé Jean
extiterint. Quam vero auctoritas firmior
habeatur, de anulo nostro subter sigillavi-
mus.
Gilabertus ad vicem Radoni recognovit
& scripsit.
Data in mense marcio, anno XXV & XVIII
• Archives de ^l'archevêché de Narbonne.^^Copl^e ^^^^^ nostri. Actum Aquisgrani palatio nos-
tro, in Dei nomine féliciter. Amen.
IN nomine Patris & Filii & Spiritus Sancti.
Carolus serenisgimus gratia Dei rex Fran-
corum & Langobardorum ac patricius Ro-
ancienne dans le manuscrit latin iioi5, f° 9, &
d'après ce texte dans Baluze, Armoires, v. 874,
{° 431. Le vol. iioi5 contient des fragments des
anciens cartulaires de Narbonne du douzième siè-
cle ; ces fragments vont du f° 5 au f° 19, & on
y reconnaît la trace de deux volumes différents.
Ils ne contiennent que des actes carlovingiens &
des diplômes du neuvième siècle. Ces fragments
ont servi à Baluze & ont été publiés par lui dans
ses Capitulaires & dans ses Conciles de la Narbon-
naise.
An
795
6i
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
62
An
799
juin.
Éd.orig.
t. I,
col. 3û.
i3. —X.
Diplôme du même roi, en faveur de
Saint-Benoit d'Aniane\
KAROLUS, gratia Dei rex Francorum &
Longobardorum ac patricius Romano-
rum. Omnibus episcopis, abbatibus, duci-
bus, comitibus, vicariis, ceateiiariis, scu
cunctis fidelibus sanctae Dei Ecclesiae &
nostris praesentibus & futuris notum sit,
qualiter vir venerabilis Benedictus, abba ex
monasterio sanctae Dei genitricis semper-
que virginis Mariae,quod est constructum
in loco nuncupante Aniano, in pago eu jus
vocabulum est Magdalonensi , serenitati
nostrae suggessit, eo quod ipse una cum
monachis suis loca aliqua hernia iufra fis-
cum nostrum nuncupante Juviniacum, an-
tique vocabulo vocatum Fonte -Agricole,
nunc autem Nova-cella appellatur, quam
ipsi proprio opère hedificaverunt , etiam
& molina duo infra ipsius terminum fisci
supra fluvium Lico visi sunt construxisse
inter mare & stagnum , loco qui vocatur
Porcarias, una cum consensu comitum &
caeterorum christianorum ibi circumqua-
que habitantium de loca herma accepisset;
similiter in loco qui dicitur Assogrado
cellam hedificasse, cum omni adjacentia
sua; etiam & alia loca Cumajacas & Cau-
cino super fluvium Araurem, ubi dicitur
ad Salices, ad pascua armentorum & alenda
pecora cum aliis usibus suis hactenus ha-
beant, & asserit se haec omnia cum aequi-
tatis ordine absque ullius illicita contra-
rietate possidere. Sed pro intégra fîrmitate
petiit celsitudini nostrae, ut quicquid nunc
tempore ipse cum monachis suis juste &
rationabiliter ad supradicta loca habere
dinoscitur, denuo per nostrae autoritatis
praeceptum ei & monachis suis inibi sub
sancta régula consistentibus plenissima de-
liberatione pro mercede aniniae nostrae
' Vidimus de l'an i3i4; Trésor des chartes du
roi, J. 343, n. 2. (Cette pièce manque aujourd'hui.)
Cartulaire de l'abbnye d'Aniane. — Acta Sanctorum
ordin'ii S. Benedicti, saec. 4, part, i, p. 222.
ad praefatum monasterium cedere & con-
firmare deberemus. Cujus petitionem de-
negare nolumus, sed in elemosyna nostra
ita concessisse & in omnibus confirmasse
cognoscite. Praecipientes ergo jubemus,
ut neque vos, neque juniorcs seu succes-
sores [vestri], quae memorato viro vene-
rabili Benedicto abbati aut successoribus
suis, de supradicta loca undecumque ad
praesens ipse & monachi sui cum aequita-
tis ordine ac juste & rationabiliter vestiti
esse noscuntur, inquietare aut calumpniam
generare, nec aliquid exinde contra justi-
tiam abstrahere aut minuere quoquo tem-
pore praesumatis : sed per hanc nostram
auctoritatem atque confirmationem ha-
beant in elemosina nostra omnique tem-
pore concessum, ita ut eis melius delectet
pro nobis, & filiis ac filiabus nostris, seu
cuncta familia domus nostrae, & omni
populo gentis nostrae Domini attentius mi-
sericordiam exorare. Et ut haec auctoritas
firmior habeatur, & diuturnis temporibus
melius conservetur, manus nostrae signa-
culis subter eam decrevimus roborare, &
de anulo nostro jussimus sigillare. Signum
Karoli gloriosissimi régis. Erchimbaldus ad
vicem Radoni recognovit & subscripsit.
Data in mense junio, anno XXXI & xxvi
regni nostri. Actum Aquis palatio nostro,
in Dei nomine féliciter. Amen.
14.
Diplôme de Charlemagne, qui con-
firme la fondation de Vahbaye de
la Grasse ' .
CAROLUS, gratia Dei rex Francorum &
Longobardorum ac patricius Romano-
rum. Omnibus episcopis, abbatibus, duci-
' Gallia. Christlana, t. 6, Instrum. p. 412. Colla-
tionné sur le fac-similé d'une partie de l'original,
qui se trouve dans la Paléographie universelle de
Silvestre (iSSp), t. 3. La charte originale, sur
papyrus, est conservée aux Archives de l'Aude. La
date a disparu, & c'est par conjecture que les au-
teurs du Gallia l'ont rapportée à l'an 778. Noul
l'attribuons, avec M. Sickel, à l'an 800.
An
799
Vers
800
«9
laiiv.cr.
Vers
800
63
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
64
bus, coniitibus, vicariis, centenariis , seu bertus recoguovi 8c subscripsi. [î^acta' XIV
cunctis fidelibus sauctae Dei Ecclesiae 8f kalendas februarii, iudictione l% anno XI
nostris presentibus & futuris notum sit, régnante Carolo gloriosissimo rege. Actuni
qualiter vir venerabilis Nimfridius abba Compendio regio palatio, in Dei nomine
serenitati nostrae suggessit, eo qiiod ipse, féliciter. Amen.]
una cum monachis suis, infra aeremum, in
territorio Narbonense, super fluvium Oro- —
bionem , in loco nuncupante Novalius,
monasterium in bonore- sancte Dei ge-
netricis semperque virgine Marie Jiovo
opère construxisset, ibique donrus eccle-
siae, & reliquas babitaciones aedificasset,
& vineas plantasset, & campos ad laboran-
dum vel prata de causa nostra iiscalium
& ab seniorum bominuni accepisset^ quod
usqxe nunc, sicut adserit, cum aequitatis
ordine, absque ullius contrarietate se ba-
ib.
XI
I
Jugement en J'aveur de Vahhaye de
Cannes^,
N judicio Cixiliani vicedomino, Trasna-
rio, Aggimiro, Recimiro, Arpadio... &
aliorum bonorum hominum, qui praesen-
bere & possidere profitetur. Ideoque petiit tialiter fuerant, id est Dubulinus, Alrua-
caelsitudini nostrae ut nos ei & monacbis rius, Apus recognosco me ergo Pi-
suis supradictum locum,cum omni adja- naudus quod negare non possum in
centia ad se pertinentia, undecumque ipse vestrorum supradictorum judicio, unde me
& monachi sui ad praesens juste & racio- repetet Anianus abbas seu etiam sui mo-
nabiliter vestiti esse noscuntur, deinceps nachi de villa Rissello, qui est in locum
ex nostra indulgentia in aelimosina nostra vestrum infra termine Caunensi , quem
cédera & confirmare deberenuis; cujus pe- perdonavit nobis dominus rex Karoius vel
titionem denegare noluimus, sed pro mer- Lodoicus rex, ubi nos modo habitare vide-
cedis nostrae augmentum, ita concessisse mur, unde precaria vobis fecimus ego Pi-
& [in] omnibus confirmasse cognoscite ; naudus & parentes mei scilicet Materindus
praecipientes ergo jubemus ut neque vos, & Fulgentius, ut de ipso villare per singu-
neque juniores, seu successoresque vestri los annos ibidem vobis exinde tascas &
memorato viro venerabili Nimfridio abbati, décimas persolvere debuissemus, & de ipso
aut successoribus suis de supradicto loco, villare cum sua adjacentia nulla intentione
unde ad praesens ipse & monachi sui cum vel fraude... exinde vobis taliter me recog-
aequitatis ordine ac juste & rationabiliter nosco in vestrorum supradictorum judicio,
vestiti esse noscuntur, inquietare vel ca- quomodo ego Pinaudus & parentes mei
lumniam generare nec aliquid exinde con- Materindus & Fulgentius quod ipsas tas-
tra justiciam abstrabere aut minuere quo- cas & décimas, quod vobis exinde dare
quo tempore presumatis. Sed per banc debuimus, ipsas vobis intendimus, & nihil
nostram auctoritatem atque confirmatio- vobis exinde dedimus prefatos VI annos, &
nem habeant in aelimosina nostra omnique insuper de ipso villare vobis cum discapire
in tempore concessum , ita ut eis melius voluimus, & in fraude vobis de ipso feci-
delectet pro nobis & filiis ac filiabus nos- mus ac ipsos pro vestro commeatu illos
tris fidelibus Domini misericordiam implo- habere voluimus. Sicque me recognosco
rare, jugiter exorare. Et ut haec nostrae Pinaudus quomodo ego & parentes mei su-
concessionis & confirmationis auctoritas prascripti pro vestro beneficio antea & per
perpetuo firmior habeatur, atque melius precaria vestra, quam vobis fecimus eam
omnibus temporibus conservetur, manus antea habuimus, & ea quae fecimus, vera-
nostrae signaculis subter eam roborare de- citer me recognosco in vestrorum supra-
crevimus & de anulo nostro sigillare jus- dictorum judicio. Data recognitione sub die
simus. Signum (locus monogrammatis) Karoli
gloriosissimi régis Francorum & LongO- ■ La date a été suppléée par le GalUa Chrlstiana,
bardorum ac patricii Romanorum. Lud- ' Archives de l'abbaye de Cannes.
Vers
800
lid.ong.
t. 1,
col. 3i.
An
802
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
C6
An
804
14 dé-
cembre.
III nonas madias, anno xxxiv régnante
domino nostro imperatore Karolo, rege
Francorum & Lunghobardorum S. Pi-
naudus, qui hanc recognitionem dédit.
S. Pictor Ermengaudus. S. Edowardus.
S. Atroarius. S. Argimirius. S. Riccimirus.
S. Cixilanus. S. Malus presbyter, qui hanc
recognitionem scripsit die & anno quo
supra.
16. — XII
Donation du comte Guillaume à
Vahhaye de Gellone\
IN nomine Domini. Ego Willelmus gratia
Dei cornes, recognoscens fragilitatis
meae casus humanae, idcirco facinora mea
minuenda vel de parentibus meis qui de-
functi sunt, id est genitore meo Theude-
rico & génitrice mea Aldana, & fratribus
raeis Theudoino & Adalelmo, & sororibus
meis Albana & Bertana, & filiabus meis &
filiis Bernardo, Witchario, Gotcelmo, He-
limbruch, & uxoribus meis Cunegunde &
Guitburge, & nepote meo Bertranno ; pro
nobis omnibus superius nominatis dono
ad monasterium quod dicitur Gellonis ,
situm in pago Ludovense juxta fluvium
Araou, constitutum in honore Domini &
Salvatoris nostri Jesu Christi & sanctae
Mariae semper virginis, & sancti Michaëlis
archangeli, seu apostolorum gloriosorum
Pétri & Pauli necnon & sancti Andreae ,
omniumque apostolorum, quod ego prae-
fatus comes Willhelmus construere in causa
domni & senioris mei Charoli jussi, & ex
doctrina venerabilis patris Benedicti mo-
nachos & abbatem posui, ut Domino Deo
jugiter ibi deserviant, donatumque in per-
petuum esse volo, hoc est res meas quae
sunt in pago jamdicto Ludovense ; inpri-
mis videlicet fiscum Litenis cum ecclesiis
Sancti Johannis & Sancti Genesii sub omni
integritate, cum villis & villaribus, vineis
' Cartulaire de l'abbaye de Saint-Guillem du
Désert. — Acta. Sanctorum ordinis S. Benedicti,
saec. 4, part, i, p. 88.
& campis, cultis & incultis , arboiibus
fructiferls & infructiferis, pascuis, pratis,
molendinis, piscatoriis, aquis & aquarum
decursibus, quantumcumque ad ipsum fis-
cum & colonicas ipsius aspicit vel aspicere
jure videtur ; omnia dono, trado ad pro-
prium perhabendum omni tempore. Habet
vero has collaterationes & infrontationes j
ab Oriente & sicut currit flumen Araou;
a Meridie sicut torrens Lacatis divergit in
ipso flumine; ab Occidente infrontat in
ipso Aviso, qui discurrit per concava mon-
tium in Bodena antiqua, quae est in super-
cilio montis ; ab Aquilone usque in termine
monasterii. Similiter in Marcomitis villa,
dono quantumcumque Deodatus presbyter
ibidem dato pretio comparavit, vel quan-
tum ibidem a me possessum est. Similiter
dono villam Saturatis cum ipsa ecclesia
Sancti Saturnini cum omni integritate,
cum casis, casaliciis, campis, vineis, pratis,
silvis, garricis, hortis, molendinis, aquis,
aquarum decursibus, quantumcumque ibi-
dem visus sum habere vel possidere, culta
& inculta ad ipsam casam Dei dono ad ha-
bendum. Similiter dono in Canneto villa,
quantumcumque visus sum habere & pos-
sidere. In pago quoque Magdalonense, in
villa Soregiae , quantumcumque ibidem
visus sum habere vel possidere. In pago
vero Albiense, dono villam Noviciacum seu
Wiciacum cum omni integritate sua vel cum
omnibus adjacentiis suis. Similiter dono in
Rutenico, in villa Bracoialo, mansos duos
cum vineis & terris cultis & incultis, quan-
tum ad ipsos mansos aspicit & aspicere
videtur. Ista omnia supra nominata ego
Willhelmus jamdictus comes, pro me &
pro praedictis personis dono & trado at-
que transfundo ad jamdictum monasterium
Gellonis, & altariis ibi Deo consecratis, &
monachis & abbatibus tam praesentibus
quam futuris, pro aeterna remuneratione,
ut Deum omnipotentem per omnia habere
possimus propicium , ut iidem monachi
laudantes ibidem assidue habeant unde
possint vivere. Si quis vero, quod futurum
esse non credo, vel ego ipse, aut aliquis
de haeredibus meis, seu quaelibet persona
contra hanc donationem meam, quam ego
prompto animo vel plenissima voluntate
facio, venire, interrumpere aut aliquid
An
804
Ed.orig,
t- I,
col. 32.
II.
An
804
(^1
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
68
An
804
1 5 dé-
cembre.
disrumpere teiitaverit, non liceat facere. cum suo adjutorio aedificavi, quem ipse
Quod si praesumpserit , Dei omnipoten- domnus Benedictus abba regere videtur,
tiam exoro, ut ipsa ultionem sumat in eo 5 donatumque in perpetuum esse volo ^ hoc
quia notum sit omnibus hominibus hune est res meas quae sunt in pago Lutwense,
honorem a me possessum tam ex originali ij est Litenis villa, &c. Ista omnia supe-
parte quam etiam ex adquisitione absque rius nominata pro nos supradictos ad ipsa
querimonia ullius personae. Facta est haec casa Dei vel ad suos rectores dono, frado
donatio XIX kalendas januarii, feria F', atque transfundo ab hodierno die ad ipsa
anno XXXIIII régnante domno nostro Cha- casa Dei, dummodo, si ipsa cella subjecta
rolo, rege Francorum & Longobardorum est ad Aniana monasterio, sicut hodie esse
ac patricio Romanorum, & anno quarto videtur, ipsa casa Dei vel sui rectores ha-
Christo propitio imperii ejus. Signum Wil- béant, teneant adque possideant. Nam si
Ihelmi.Signum Bernardi.Signum Gotcelmi. aliquis homo, propter malam cupiditatem
Signum domni Theuderici. Signum Ga- aut iniquum ingenium, ipsa cella sépara-
mardi. Signum Fulcoaldi. Signum Rangavi. verit de Aniana monasterio, tune ipsas res
Signum Nictardi. Signum Mauringi. Sig- superius nominatas volumus eas esse do-
num Sibaldi. Signum Guiraldi In no- natas pro nos omnibus superius nominatos
mine Domini ego Gallarius rogitus scripsi. ad Aniana monasterio, ad ipsas casas Dei
Sanctae Mariae & Sancti Salvatoris. Nam
Ego' in Dei nomine Willhelmus, reco- dum ipsa cella subjecta est ad Aniana mo-
gitans fragilitatis meae casus humanum , nasterio, sicut superius diximus, precamus
idcirco facinora mea minuenda vel de pa- ut ipse abbas de Aniana benigniter atque
rentes meos qui defuncti sunt, id est ge- misericorditer regat ipsa cella Gellonis
nitore meo Theuderico & génitrice mea seu fratres ibidem morantes : & quod ibi-
Aldane, & fratre meo Theodoino, & Teo- dem minus habuerit de stipendia in ista
derico, & Adalelmo, & sorores meas Albane parvitate quod ego in ipsa cella donavi,
& Bertane, & fîlios meos & filias Witcario nie propter Deum aliunde adjuvet & sub-
& Hildehelmo & Helinbruch, uxores meas veniat, sicut decet, abbatem suos benivolo
Witburg & Cunegunde, pro nos omnibus animo regere. Nam non adminuet de ipsa
superius nominatos dono ad sacrosanctae parvitate ad ipsos fratres, dummodo ipsa
])asilicae , qui est constructa in honore cella subjecta fuerit ad Aniana monaste-
sancto Salvatore 8c sanctae Mariae semper rio, sicut superius diximus. Si quis vero,
virginis, seu sancti Pétri & sancti Pauli quod futurum esse non credo, si ego ipse
& sancti Andreae & sancti Michaëlis, vel aut aliquis de haeredibus meis, vel quisli-
omnium apostolorum, in illa cella Gellonis, bet persona, qui contra hanc donationem
quem ego superius nominatus Willhelmus meam, quam ego prumpto animo vel ple-
per consilio domni abbatis Benedicti seu nissima voluntate iieri rogavi, venire aut
agere tentaverit, si ille sine peccato est,
• C'est-à-dire dimanche. forsitan potest nostra totorum peccata por-
' Ce second ncte est tiré du cartulaire d'Aniane. t^^^. Nam si ille ,am peccavit, puto se
Voyez dans la Bibliothèque de l'École des chartes, gravare sua & nostra sustinere veht & pro
t. 2, p. 177, un article de M. Thomassy sur les deux utriusque rationem reddere : quia nos, Deo
chartes de Gellone, où il prouve que la première juvante, per istam donationem speramus
seule est authentique, & que la seconde, celle du aliquid de nostra minuari peccata j & in-
i5 décembre, a été fabriquée au onzième siècle, super non valeat vindicare quod repetit,
dans l'intérêt des prétentions de l'abbaye d'Aniane, g^j inférât ad fisco auri libra I, & haec do-
qui essayait, à ce moment, de s'assujettir l'abbaye ^^^j^ ^^^ ^^^^ permaneat Omni tempore.
de Gellone. Les principales preuves qu'il donne de .., , ^. ,,,^^^^ 1 1 „ 1 „ •„,,„..::
, / , / , ,*^ . „" , , , Facta donatione xviil kalendas anuarii,
ce fait sont la barbarie du latin, 1 incohérence de , -.t
, , , . £ 1. • j 1 . anno XXXIIII régnante domno nostro Ka-
la rédaction, enhn 1 existence de documents -au- "
thentiques contredisant les affirmations de la charte rolo , rege FrancOrum & Longobardorum
fausse. Voir, au tome IV de la présente édition, ac patricio Romanorum , & anno 1 1 1 1
la p. 538. [E. M.] Christo propitio imperio ejus.
An
804
Ed.orig,
t. I,
col. 33.
69
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
70
An
806
Kd.orii,'
t. I,
col. 34.
vineas rétro Calmes. In Thomarîolas vineas
duas modiatas & campestresj in Monteni-
gro mansos quinque cum toto vineario,
quem vocant Oliveto; in villa Siniciacho
mansos septemj in villa Bajas mansos très;
Donation du même comte à Vahhaye j„ ^iUa Sorbes mansum unum; in Fano
An
80Ô
17. — XIII
de Gellone
H ANC omnem honorem adquisivit S. Wil-
lelmus, princeps totius Galliae finibus,
a dominis & piissimis Karolo & Ludovico
imperatoribus, sibi ipsi principes conce-
dentes ex fiscibus & omnibus in monasterio
Gellonensi Deo militantibus, ecclesiam sci-
licet Sancti Paragorii cum omnia quae ad
ipsam pertinent, Miliciacum videlicet &
Campaniacum , Sedratis cum ipsius loci
ecclesiam Sancti Saturninij hic ipse aliam
villam, quam vocant Margarania, cum ec-
clesia Sancti Felicis. Et in alio loco cellam,
quam vocant Creixellam, & ecclesiam Sancti
Genesii Ledenis cum ipso fisco, aliam vil-
lam, quam vocant Brunaute, alium villare,
quem dicunt Stagnole, alium, quem vocant
Cellam • hic ipse alium villare, quem vo-
cant Os j alium villare, quem vocant Agre
cum ipso bosco; alium villarem, quem vo-
cant Graixamarias ; hic ipse alium villarem,
quem vocant Exita ; aliam villam, quem vo-
cant Faxatis; alium villarem, quem vocant
Castrias cum ecclesiam Sancti Martini, &
quantum ad ipsam ecclesiam pertinetj alios
villares duos, unumTuda, & alium Tudeta;
aliumvillarem, quem vocant Balmam ; aliam
Willemo mansum unum; in Anaja mansos
quatuor; in Lavania mansum unum, & in
alia Lavania mansos duos; in villa Anglares
mansum unum; in villa Pruliano mansos
duos; in villa Anthora mansum unum.
Hune alodem superius resonatum adquisi-
vit domnus Willelmus, Karolo & Ludovico
imperatoribus, & est originale ex parte, &
ex parte impériale, & ex parte dimiserunt
homines pro remedio animarum suarum.
Et ego Juliofredus abba , consanguineus
Karoli imperatoris , feci hanc cartam seu
hoc testamentum scribere Ingilbodo pres-
bytero meo pro memoria, ut si defecisset
vita, non defecisset paginula.
18. — XIV
Charte du roi Louis le Débonnaire ,
en faveur de Vahhaye de Saint-
Guillem du Désert^,
N nomlne Domini Jesu Christi. Ludovicus
1 divina ordinante providentia rex sere-
nissimus Aquitaniae. Quoniam cogitandum
villam, quam vocant Reyis, cum ipsam ec- nobis est, qualiter aeterni Régis amorem,
An
807
28 dé-
cembre.
clesiam Sancti Martini ; aliam villam, quam
vocant Pauchiaco;,alium villare Calmidios.
In villa Ulmes mansum unum ; \n villa Va-
riatis mansum unum 5 i-n villa Calvates
mansos duos ; in villa Montilios mansos
duos; in villa Launates mansum unum;
in villa Millario mansos duos ; in villa
Isiates mansum un^m; in vill^ Cuguciaco
mansum unum; in fisco Gabriaco mansos
quinque; in villa Calmes mansum unum;
in villa Feviles mansos duos; in villa Rohas
ecclesiam Sancti Andreae cum omnia quae
obsistente peccatorum pondère, amittere
non possimus, locis insistentibus divinis
cultibus placuit largiri propter regnum
aeternum Salvatoris nostri ejusque inibi
sibi famulantibus bénéficia opportuna ,
quatenus ab illo remunerati gaudio sine
fine mereamur perfrui. Ideo notum esse
volumus omnibus fidelibus praesentibus &
futuris, quod petente domno Guillelmo
monacho, qui in aula genitoris nostri Ka-
roli augusti comes extitit clarissimus, sed
pro Dei amore meliorem exercens vitam
ad ipsam pertinent. In villa Maderi mansos studuit esse pauper recusando sublimia, ob
très cum uno molino optimo, & ad ipsas
' Cartulaire de l'abbaye de Saint-Guillem du
' Cartulat.ii'e de l'abbayt de Geljone, f° 3. — Ma- Désert, f° 91 . — Acta Sanctorum ordinis sancti Bv-
billon. Annales ordinis S. Bonedicti, t. 2 , p. 718. nedïcti, saec. 4, part, i, p. 5o.
An
807
71
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
72
inrevocabilem vero suae dilectionis circa
nos fidelitatem petitioni ejus praebeates
assensum, placuit nobis, tam pro mercedis
nostrae augmento, quam pro amore ejus,
ad monasterium quod dicitur Gelloni, si-
tum in page Lutovense juxta fluvium Araur,
subtus castrum Virduni, sacratum in ho-
nore Domini & Salvatoris nostri Jesii
Christi, & sanctae Mariae, sanctique Mi-
chaëlis, ac sanctorum apostolorum Pétri
& Pauli & sancti Andreae omniumque apos-
tolorum, constructum a jamdicto comité
Guillelmo in causa nostri genitoris, ubi
Juliofredus rector & abbas praeesse vide-
tur, aliquid ex rébus tradere nostris; id est
fîscum quemdam nostrum in pago Biter-
rense, qui dicitur Miliacus , cum villa &
ecclesia Sancti Paragorii, & Miliciano villa
atque Campaniano, cum omnibus appen-
diciis & adjacentiis suis sub omni integri-
tate, sicut a misso nostro comité Gotcelmo
per cruces in lapidibus sculptas seu decur-
sus aquarum in terminationibus traditum
& assignatum est, a genitore nostro & a
nobis possessum. Et in pago jamdicto Lu-
Ed.orig. dovense locum qui dicitur Gastrias, vulgare
coi. 35. autem Castra, pastura ad pecora eorum
alenda, cum ecclesia Sancti Martini cum
terminis & adjacentiis suis, cum omni in-
tegritate ad diversos usus eorum. Et in
eodem pago villam quae dicitur Magaran-
tiatis cum ecclesia Sancti Felicis, cum om-
nibus appendiciis & adjacentiis suis. Hono-
rem vero illum, quem domnus Guillelmus
seu alii fidèles per instrumenta chartarum
praefato monasterio tradiderunt, in qui-
buscumque locis sit, quaeque etiam dein-
ceps in jure ipsius sancti loci per nos aut
per alios voluerit divina pietas âugeri, to-
tum nos pro aeterna remuneratione prae-
dicto monasterio concedimus, ut perpetuis
temporibus in alimonia pauperum & sti-
pendia monachorum ibidem Deo famulan-
tium proficiat in augmentum. Haec omnia
praescripta cum ecclesiis, villis, villaribus,
domibiis, aedificiis, campis, terris, vineis,
olivetis, silvis, garricis, pratis, pascuis,
molendinis, aquis aquarumque decursibus,
perviis, exitibus, & regressibus, cultis &
incultis, cum omnibus adjacentiis earum,
totum & integrum praedicto monasterio
Gellonensi per hanc donationis auctori-
tatem perpetualiter concedimus ad haben-
dum : ita videlicet, ut quidquid ab hodierno
die & tempore de praedictis rébus facere vel
ordiuare vel etiam disponere habitatores
hujus loci voluerint, libero in omnibus
perfruantur arbitrio faciendi. Godolelmus
notarius ad vicem Guigonis recognovit. Da-
tuin hoc praeceptum v kalendas januarii,
indictioue x, auno xxvil domni Ludovici
regni, Tolosae publiée, Karoli vero im-
perii viii. Et ut haec auctoritas nostris
futurisque temporibus , Domino prote-
gente, valeat inconcussa manere, manu
propria subscripsimus, & anuli nostri im-
pressione si'gnari jussimus, in Dei nomine
féliciter. Amen. Signum domini Ludovici,
clementissimi régis.
ig. _ XV
Donation faite à Vahhaye d'Aniane\
MAGNUS est titulus cessionis in quo
nemo potest actum largitatis irrum-
pere , sed quidquid grato animo & pro-
pria voluntate donatur libenter, débet ei
cui conlata fuerit cessio irrevocabili modo
perenniter stabilitum. Nos propterea in
nomine Dei Trudoinus & Salomon, advo-
cati Autscindanae abbatissae necuon &
seniorissae nostrae, sicut nobis praecepit
simulque injunxit, ut ad illius vicem vel
nomen donare vel tradere deberemus, pro
remedio animae illius vel propter at-ter-
nam retributionem, ut diguam apud Deum
valeat invenire gratiam. Idcirco nos jam-
dicti donamus donatumque in perpetuum
esse volumus ad monasterium Anianum ,
quod est constructum in territorio Mag-
dalonense super fluvium Anianum, in ho-
nore sanctae Dei genitricis Mariae & sancti
Salvatoris, necnon & rectoribus ipsius mo-
nasterii praesentibus & futuris, ubi Bene-
dictus vir venerabilis abba una cum con-
gregatione ; ideoque donamus, atque de
praesenti tradinius res quae sunt in terri-
torio Nemausensi, suburbio Castro Andu-
' Cartulaire de l'abbaye d'y\niane.
An
807
Vet
8i(
73
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
74
Éd.orig.
t. I,
col. 36.
An
812
sianensî, sive infra ipsum paguni, villam Christianus, Elpericus, Homo-Dei, Jacen-
cui vocabulum est Berthomates ab omni tius, Esperan-Dei, item Stephanus, Zolei-
integritate, sicut ab Adebraldo sive ab ipsa nian, Marchatellus, Theodaldus, Parapa-
Aiitscindana habita vel possessa est, ita & rius, Gomis, Castellanus, Ardaricus, V/asco,
nos ipsam villam donamus atque tradimus Wisisiis, Witericus, Ranoidus, Sunicfredus,
ad partem praefati monasterii; hoc est cum Amancio, Cazerellus, Longobardus, Zate,
mansis, campis, curtis & hortis, cum exeis militeis, Odesindus, Walda, Roncariolus ,
& regressis, cum ecclesia Sancti Hilarii Maure, Pascales, Simplicio, Gabinus, So-
constriicta, necnon aliis ecclesiis quae in- lomo presbyter ad nos venientes, suggessc-
fra terminum de ipsa villa fundata fuerint, rint quod multas obpressiones sustineant
cum ogiatis & mansionibus ad Bertomates de parte vestra & juniorum vestrorum. Et
aspicientibus, cum terris cultis & incultis, dixerunt quod aliqui pagenses fiscum nos-
cum vineis & arboribus superpositis, cum trum sibi alter alterius testificant ad eoruni
pratis, pascuis, silvis, garricis, cum mo-
linis & molendinis , aquis aquarumque
decursibus, cum omnibus appendiciis &
adjacentiis suis, vel supposito cum rébus
inexquisitis, omnia & ex omnibus. Sicut
suprascriptum est, ab ipsa abbatissa ipsa
responsa fuerunt, ita nos praedicti Tru-
doinus & Salomon advocati, ad vicem ip-
sius ad monasterium praenominatum do-
namus & de praesenti tradimus ; in ea
vero ratione, ut quidquid post hune diem
proprietatem, & eos exinde expellant con-
tra justiciam, & tollant nostram vestituram,
quam per triginta annos seu amplius vestiti
fuimus, & ipsi per nostrum donitum de
eremo per nostram datam licentiam re-
traxerunt. Dicunt etiam quod aliquas villas
quas ipsi laboraverunt, laboratas illis eis
abstractas habeatis, & beboranias illis su-
perponitis & saiones qui per fortia super
eos exactant. Quamobrem jussimus Johanne
archiepiscopo misso nostro, ut ad dilectum
exinde rectores ipsius monasterii facere filium nostrum Lodoicum regem veniret,
aut judicare voluerint, in Dei nomen ma- & hanc causam ei per ordinem recitaret.
neat ejus plenissima potestas.
20. — XVI
Et mandavimus illi ut tempore oportuno
illuc veniens, & vos in ejus presentiam
venientes hordinare faciat, quomodo aud
qualiter ipsi Ispani vivere debeant. Prop-
terea bas litteras fieri precepimus atque
demandamus, ut neque vos neque juniores
vestri memoratos Ispanos nostros, qui ad
Diplôme de Charlemagne en faveur nostram fiduciam de Ispania venientes per
I
des Espagnols établis dans la Gothie
6* dans la Septimanie\
N nomine Patris & Filii & Spiritus Sancti.
Karolus serenissimus augustus, a Deo
nostram datam licentiam erema loca sibi
ad laboricandum propriserant, & laboratas
habere videntur, nullum censum super-
ponere praesumatis, neque ad proprium
facere permittatis ; quoadusque illi fîde-
coronatus, magnus, pacificus imperator, les nobis aut filiis nostris fuerunt, quod
Romanum gubernans imperium, qui & per per triginta annos abuerint per aprisio-
misericordiam Dei rex Francorum & Lan-
gobardorum, Berane, Gauscelino, Giscla-
fredo , Odilone, Ermengario , Ademare,
Laibulfo, & Erlino comitibus. Notum sit
vobis quia isti Ispani de vestra ministeria,
Martinus presbyter, Johannis , Quintila,
Calapodius, Asinarius, Egila, Stephanus,
RebelliSjOfilo, Atila,Fredemirus,Amabilis,
' Archires de l'église de Narbonne; copie, la-
tin II 01 5, f 8. — Baluze, Capital, t. i, p. ^ÇÇ-
nem, quieti possideant & illi & posteritas
eorum, & vos conservare debeatis, & quic-
quid contra eis justiciam vos aud juniores
vestri factum habetis, aut si aliquis eis in-
juste abstulistis, omnia in loco restituere
faciatis, sicuti gratiam Dei & nostram vultis
abere propiciam. Et ut certius credatis,
de anulo nostro subter sigillari jussimus.
Guidbertus diaconus ad vicem Ercambaldi
recognovit. Data un nonas aprili, anno
Christo propicio imperii nostri xii, regni
An
812
Éd.orig.
t. I.
col. 37.
An
812
75
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
76
An
81Z
26
février.
An
8i3
An
8i3
7 jan
viei".
vero in Francia [x]liiii, atque xxxviii
in Italia, indictione quinta. Actum Aquis-
grani palacio regio, in Dei nomine féli-
citer. Amen.
potest, sed iter quo cuncti gradiuntur,
exsequitur. Et quia pro bonis operibiis
pius Dominus fructum purgare non dedig-
natur quemlibet a sordibus peccatorum,
unde mihi in hoc saeculo ipse largire jus-
sit, vota mea persolvo, & pro abluendis
meis peccatis vel de parentes meos, qui
defuncti sunt, id est Theobrando genitore
meo, & Adiasiane génitrice mea, & ger-
mano meo Folcoteo , & uxore mea Ro-
trude, pro nobis omnibus supranominatis,
dono ad praeviventibus vel Deo servienti-
^,,„,o • n\ 11 bus, praesentibus & futuris dono dona-
SOGUESINDUS & uxor e us Clameldesana ' ' , .
. ,., .. A • • i,u *• T 111 tumque esse volo in perpetuum pro bona
vindiderunt Aniani abbati , Laudaldo ,^ . ., . ' / ^
ecclesiae retributione • hoc est res infra
21.
Extraits de deux chartes concernant
Vabhaye de Caunes.
presbitero vel monachis servientibus in
monasterio Libras, salinas positas in terri-
torio Narbonense, loco dicto Capestang
positas cum suis auctariis & adjacentiis,
pretio duodecim solidorum. Actum iiii ka-
lendas martias, annO XI i imperante do-
mino Karulo.
Ermenoldus vendidit quandam terram
in territorio Narbonense, suburbio Ven-
taionense, infra terminos villae Obiles si-
tam, Anno abbati, anno Xiii domino Ka-
rulo imperante.
22.
civitate Nemauso, id est mansum seniore,
ubi ipse commanere videor, cum reliquis
mansis ad ipsum mansum aspicientibus,
cum aedificiis, & arboribus superpositis ,
cu.m perviis & vadiis, campis, terris arabi-
libus, aquis aquarumve decursibus, hortis,
& vineis & mostalibus, omnia & in omni-
bus, totum & ab integro seu.... in exquisi-
tione, quod mihi ex comparatione obvenit
vel donatum fuit, cum omnibus appenditiis
vel adjacentiis suis, quidquid infra muros
ipsius civitatis visus sum habere vel possi-
dere, excepto quod Aldesidae & Desidera-
tae fîliae Antioci reddidi; caetera omnia
ad praefatum abbatem dono atque trans-
firmo. Et in surburbio ipsius civitatis, hoc
est in loca nuncupante Rutiliano & Ar-
cuelles, omnia quicquid in ipsa loca com-
Donatwn de Braîdingus au monastère paravi vel mihi donatum fuit, hoc est in
d'Anîane^, aedificiis, curtis, oglatis, arboribus po-
miferis & inpomiferis, aquis aquarumve
■ENERABILT in Christo patri Bene- eductibus vel decursibus, terris & vineis,
dicto, abbati de monasterio Aniano, cultis & incultis, pratis, pascuis, silvis,
qui est constructus in pago Magdalonense, garricis, farinariis, concidis, communiis,
super fluvio Aniano , in honore sanctae mostalibus, omnia & ex omnibus, totum &
Mariae & sancti Salvatoris vel reliquorum ab integro rem quod ego in praefata loca
sanctorum. Ego in Dei nomine Braidingus, habeo, dono ad supradicto abbate vel prae-
recogitans fragilitatem humanae carnis , fato monasterio. Et in villa Armacianicus,
quia dum quis vivit in saeculo de futuro quae sita est in littoraria infra pago Ne-
semper débet tractare, ut, cum ad suum mausense, res quod ego Rotrudi uxori
venerit transitum, portae ei aperiantur jus- meae per articulum donationis tradidi aut
ticiae, & dum mortem quis evadere non quas ipsa mecum semel in conjugio posita
conquisivit, & ipsa mihi ipsas scripturas,
■ Bibliothèque nationale. Mo«a5f;co« ^ene^iicn- P^o SUO guadio, coram bonis hominibus
num, t. 7. Latin 12664, f° ^yS v«. tradidit atque injunxit, ut ego in eleemo-
» Mabillon, Annales ordinis S. Bened'ict'i, t. 2, syna ipsius ad praefatum abbatem vel mo-
append. pièce xl. nasterio traderem atque consignarem vel
v
An
8i3
An
8i3
11
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
78
cartulam donationis facerem, sicut & feci ;
& doiio in jamdicta villa Armacianicus
niansum seniore, ubi nos ipsi commanere
videbamur, cum reliquis mansis ad ipsum
mansum aspicientibus,cum curtis & hortis,
oglatis, & aga & régressa, terris & vineis,
pratis, pascuis, silvis, garricis, arboribus
pomiferis & inponiiferis, aqiiis aquarumve
eductibus atqiie decursibus, eorum terras
cultas & incultas, oninia & ex omnibus,
sicut a nobis habitum vel possessum fuit,
excepto quod aliquibus pauperibus, qui
mihi vindiderant, per eleemosinam red-
didi. Et in villa Teliano, quidquid infra
terminum ipsius villae visi sumus habere,
excepto odatos, exaga & régressa eorum,
quod reddidi similiter. Et in villa Nocero,
quidquid visus sum habere ibi. Et in villa
Novicius similiter. Et in villa Malas-Pel-
les vel ad terminum ipsius villae quidquid
visus sum habere. Et in villa Novicianicus
domos cum curtis, hortos, odatos, exaga &
régressa eorum, terras, vineas cultas & in-
cultas, arboribus pomiferis & impomiferis,
pratis, pascuis, silvis, garricis, aquis aqua-
rumve eductibus, sicut a me habitum vel
possessum fuit. Et ad superna Arenaria
terras cultas & incultas, silvis, pascuis &
pratis, aquis aquarumve decursibus, vel
quidquid in ipso loco visus sum habere vel
possidere, excepto quod monasterio Sancti
Pétri Psalmodiensi dedi. Similiter & villa
Pauliaco, ubi vocant ad Sum Campa-
nera, ipsa villa ab omni integritate, man-
sum seniore cum reliquis mansis ad ipsum
mansum aspicientibus, curtes, exagae &
regressae, terras & vineas cultas & incul-
tas, ortos, oglatis, arboribus pomiferis &
inpomiferis, pratis, pascuis, silvis, garricis,
aquis aquarumve eductibus, una cum mo-
linare, qui est in ipso rio Ponderae, & est
infra terminum de villa Silvinianicus. Si-
militer & in villa Silyinianicus omnia &
ex omnibus, quibus visus sum habere vel
possidere. Et in villa Calvanianicus simi-
liter domos, curtes, oglatos, ortos, exaga
& régressa eorum, terras & vineas cultas
& incultas, pratis, pascuis, silvis, garricis,
aquis aquarumve eductibus atque decursi-
bus, cum omni adjacentia loci ipsius, quid-
quid ibi visus sum habere. Et in pago Uce-
tico, in valle Cathomico, in villa Combates,
quidquid ibi visus sum habere. Similiter
in pago Ucetico, in valle Mediogongo, villa
nuncupante Octubriaco , id est mansum
seniore, ubi ego ipse commanere videor,
cum reliquis mansis ad ipsum mansum aspi-
cientibus, cum aedificiis & arboribus, ter-
ris, vineis, pratis, pascuis, silvis, garricis,
arboribus pomiferis & inpomiferis, aquis
aquarumve decursibus cum omni adjacen-
tia sua, sicut a me habitum vel possessum
fuit. Et in pago Magdalonense, in villa
Marcilianicus, omnia quidquid ibi visus
sum habere vel possidere. Et in pago Ga-
valdanense, in valle Aarnisca, super ripam
ipsius fluminis, hoc est in villa quae dici-
tur Villaris, sive Bitnisco & Colades, nec-
non & in alio loco medietatem de villa
quae dicitur Viladis, quae est in pago Uce-
tico juxta Bosera. Et in alio loco, in ipso
pago, medietatem de villa quae dicitur Sul-
phorarias. Ipsas quoque villas, ut supra-
scriptae sunt & in hac cartula donationis
meae continentur, dono atque de prae-
sente trado, tam in domibus quam in edi-
ficiis, in curtis, in hortis, ogladis, exega 8c
régressa, terris cultis & incultis, pratis,
pascuis, silvis, garricis, cum arboribus po-
miferis & inpomiferis, cum molinis & mo-
lendinis, aquis aquarumve eductibus vel
decursibus, cum omnibus adjacentiis eorum
vel rébus inexquisitis, omnia & ex omni-
bus, sicut a me ipsae res suprascriptae
habitae vel possessae fuerunt, excepto quod
reddidi seu perdonavi. Caetera omnia, sicut
jam dixi, a parte praedicti monasterii sive
rectoribus ipsius praesentibus & futuris
dono, trado atque transfundo, in ea ra-
tione, ut quidquid post hune diem exinde
facere aut judicare voluerint, liberam &
firmissimam in omnibus habeant potesta-
tem. Si quis vero, quod futurum esse non
credo, si ego ipse, aut alius quis de heredi-
bus meis vel proheredibus, seu quilibet ulla
extranea persona supposita vel commissa,
quae contra hanc donationem meam, quod
ego prompto animo vel plenissima volun-
tate fieri rogavi, venire aut agere tenta-
verit, si ille sine gravi peccato cogitet, si
forsan possit nostra totorumque peccata
portare. Nam si ille jam peccavit, puto se
multum gravare vult, sucs & nostros susti-
nere velle & tantorum peccatorum ratio-
An
8i3
An
8i3
79
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
80
Ed.
orig.
col
.37.
V,
8
ers
i3
nem reddere, quia nos, Deo adjuvante, per
istam donationem speramus nos aliquid de
nostra minuere peccata. Insuper qui hoc
agere temptaverit , inférât eum, distrin-
gente fisco, argenti pondéra V, aurique li-
bram unam coactus exsolvat, & quae re-
petit vindicare non valeat ; sed praesens
donatio a me facta omni tempore firma &
inviolabilis permaneat, stipulatione sub-
nixa. Facta sollemniter donatione sub die
VII idus januarias, anno XLV régnante glo-
riosissimo domino Karolo imperatore, bé-
nigne gubernante Romanum imperium.
Signum Braidingo, qui hanc scripturam do-
nationis fieri volui & scribi rogavi, & manu
mea signum feci, & testes roborare rogavi.
Sig. Primus rogitus subs. Chidemirus rogi-
tus subs. Benicus rogitus subs. Erlomon
rogitus subs. Richelmus rogitus subs. Se-
neardus rogitus subs. Conrimirus rogitus
subs. Julianus rogitus subs. Wisinergus ac
si indignus diaconus, qui hanc cartam do-
nationis a suprascripto rogitus scripsi &
subscripsi, sub die & anno quo supra.
23. — XVII
Le comte Béra soumet Vahhaye d'Alet,
qii^il avoit fondée j au pape Léon 111
6* à l'Église de Rome ' .
IN Dei omnipotentis nomine. Ego Bera,
gratia Dei cornes, & uxor mea Romella
comitissa, sani mente integroque consilio,
humanae fragilitatis memores, ne, quod
absit, repentina praeveniamur morte, hanc
cartam donationis fieri volumus, ut dum
de rébus humanis ab hoc seculo discesse-
rimus ipsique vitae nostrae reddiderimus,
tune universa quae notamus vel notavimus
firma & stabilita permaneant, atque sta-
tuentes decernimus, ut plenissimam obti-
neant roboris firmitatem. Primum quod
animae christianae coelestia lucra quae-
renda sunt, ideo placuit nobis Berano co-
miti & uxori meae Romellae comitissae,
ut de rébus nostris donare debeamus prop-
ter remedium animarum nostrarum & pa-
rentum nostrorum, scilicet proprium nos-
triim, quod mihi Berano comiti advenit a
domno & genitore meo Guillelmo comité,
qui nuper fuit, & domno imperatore meo
seniore Carolo. Donamus ergo vicum nos-
trum dictum Electum & monasterium nos-
trum Sanctae Mariae fundatum a nobis
eisdem nostro Domino Deo omnipotenti,
& domno Petro apostolorum principi urbis
Romae , & inclyto papae Leoni Romano
cunctisque successoribus ad bene peragen-
dum & custodiendum : in tali vero condi-
tione hoc facio, ut ab hodierno die & dein-
ceps Romani pontifices sub propria ditione
teneant, ne a se predictum locum abalie-
nantes vel alias quaslibet subintroducentes
personas. Et ut dedicatio ipsius loci, quae
futura est te, domne Léo pontifex, favente
& praecipientedecentissime fiât, missis illuc
sanctorum apostolorum reliquiis & colum-
nam martyrum Christi, precamur insuper,
ut ad honorem genitricis Dei & Domini
nostri Jesu Christi aliquam portiunculam
dominicae Crucis mittatis. Iterum rogo, ut
illud monasterium ita liberum sub aposto-
lica deffensione semper permaneat, ut nulla
magna parvaque persona, neque dux, ne-
que comes, neque marchio, vir vel femina,
neque ulla clericalis vel laicalis phalangia
potestatem habeat nec paratas, nec mar-
chonaticos, nec teloneos, nec ullam redi-
titionem, nec ullum censum vel judiciaria
causa ibi requirat, nisi apostolica potestas;
& ut ita sit quod suprascripsimus, de ter-
tio in tertio anno Romano pontifici vel suo
legato locus Electi libram argenti persol-
vat. Tandem si ille pontifex bonus obser-
vator & custos, sicut suprascriptum esi^ in
omnibus fuerit, haec omnia, sicut supra
designatum est, cum dicta condonatione
domino nostro apostolorum principi Pe-
tro, & Leoni papae, & successoribus ejus
in perpetuum trado. Et est manifestum ut
haec scriptura semper firma permaneat,
manibus nostris subterfîrmamus & ab his
omnibus firmare rogamus. Signum Reco-
sindus. Signum Astremirus. Signum Prodi-
sus. Signum Bera comes, qui hanc donatio-
nem fecit & testes firmare rogavit.
Vers
8i3
Ed. orig
t. 1.
col. 38.
' Archives de l'église de Narbonne.
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
82
An
8i3
5 juin.
24.
XVIII
Testament d'un seigneur de Septi-
manie, nommé Dadila\
IN Christ! nomine. Incipit testamentum
Dadilae & divisionale bonorum
Itqiiae predictus Dadila omiies omnino
mancipiola niea utriusque sexiis, excepte
quod ad nepotem meam, nomine Agierli-
nam, donando concessi, id est Martino &
Verae, & ad uxorem meam, nomine Erme-
gundis, ancillam, nomine Primam, & Flodo-
berto, Teudericode, Genituria, Ilegundis,
Ingulfredo donando concessi, alios vero
ingenuos & absolutos esse voie, ut tan-
quam de ingenuis parentibus nati vel pro-
creati fuissent, ita se in splendore ingenui-
tatis manere congaudeant concessum illis
sit. Omne pecus & peculiareni illoriim mo-
bilem vel immobilem, quidquid tempore
meo conquisierint, aut in antea, Deo pro-
pitio, acquirere potuerint, faciendi exinde
quod voluerint in Dei nomine habeant
potestatem : patrocinium vero meum vel
defensionem, ut dum vivo mihi deserviant,
post vero meum discessum ubi vel ambu-
lare voluerint liberam in Dei nomine ha-
beant potestatem. In locum vero Salignacio
& Salignanello, quod ponitur in territorio
Magdalonensi, dono atque concedo parti-
bus beati Pétri apostoli monasterii Psalmo-
diensis quidquid in praedicta loca habere
videor vel possidere de luctuosa quondam
fîlia mea Dadana ; id est tam in domibus,
curtis, exitis & regressis eorum, sive & ba-
silica Sancti Joannis, Sancti Juliani, quae
in ipsa villa esse dignoscitur, in hortis, in
terris, in vineis, sive cum omnem potesta-
tem loci illius, quidquid de ipsa luctuosa
mihi obvenit, ut ipsum praenominatum
monasterium ad proprium sibi vindicet
atque defendat, pro remedio animae meae.
Ea vero ratione, ut ab omnibus custodia-
tur in omnibus, sicut in priore scriptura
quae ad ipsum monasterium Sancti Pétri
' Archives de l'abbaye de Psalmodi j original.
jamdudum fieri jussi continetur
In alia vero loca, de ipsa luctuosa ad filiam
meam Pauletam dono ac reservo
Ad monasterium Agnanénse,
id est Sanctae Mariae & Sancti Salvatoris,
dono atque concedo omnem portionem
mihi debitam in loco Petronaco, quod po-
nitur in territorio Ucetico, id est in domi-
bus, curtis cum exeo suo & regressu, earum
hortis, terris, vineis, sive & in vallem vel
molinis, quae ad ipsa loca pertinent; nec-
non & in pago Rotenico locum Paccionaco
sub omni integritate, & locus Marionallus,
quod est in valle Gardionenqua, quidquid
in ipsis locis habere videor de portione
mea, id est in omnibus curtis, exeis & re-
gressu earum, hortis, terris, vineis velT . .
praestationem in locis nominatis,
ut & ipse monasterium hoc sibi vendicet
ad proprium pro remedio animae meae
atque deffendat perenniter, volo atque in-
stitue. Ad monasterium vero, quod dicitur
Conchis, quod est in honore sancti Salva-
toris dedicatum, quod ponitur in territo-
rio Rodenico, dono atcjue concedo locum
Gressa sub omni integritate cum omni sua
praestatione. Et in locum Vetulla portio-
nem mihi debitam, quae de quondam patrc
meo Gregorio mihi obvenit; id est in do-
mibus, curtis, exeis & cum regressu ^-
rum, hortis, terris, vineis, cultis & incultis
vel omni praestatione loci ipsius, ut ipsum
monasterium pro remedio animae meae ad
proprium sibi vendicet atque deffendat.
Baucos vero meos aureos, quos a domino ac
piissimo domino Karolo imperatore accepi
vel ipse mihi donare jussit, ipse cui ego
eleemosynam meam injunxero pro reme-
dio animae meae in sacerdotibus ac pau-
peribus erogare faciat. Vasa argentea vel
aeramenta auro & argento vel ferramenta,
vel quidquid ullius metalli esse videntur,
vel alia ornamenta & vestimenta, vel sup-
pellectile domus meae Ermengaudis sub
omni integritate, una cum arma mea, quae
ad meum opus habeo, id est in spatis, lan-
ceis, brugnis & in scutis, vel alia mobilia,
vel quadripedem meum, ipse praedictus
cui eleemosynam meam injunxero in sa-
cerdotibus & pauperibus, orfanis & viduis
in eleemosynam pro remedio animae meae
erogare faciat. Hoc vero jubeo atque insti-
An
8i3
Éd.orig.
t 1,
col. 39.
An
8i3
83
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
84
tuo, ut îpsî monachi vel abbates ad ipsa
monasteria degentes praedictas res, quas
supra praemisi, per praedictas basilicas
possidere vel elaborare faciant, nullusque
In Christi nomine Marteres, ac si in-
dignus, diaconus testamentum rogatus sig-
navi.
Aldemarus clericus a suprascripto hanc
praesumat de potestate eorum ea sub- paginam testamenti scripsi & relegi, sub
An
8i3
Éd.orie
t. I,
col. 40.
trahere. Hoc vero in hac pagina testa-
menti mei annecti placuit, ut dum ego
vivo ista omnia suprascripta sub jure &
dominatione mea reservo* post vero meum
discessum, praedicta loca, quae ad praedicta
monasteria concessi, Ermegundis, si in vi-
duitate permanserit, post partem praedicta-
rum basilicarum usufructuario quoadusque
vixerit sibi hoc possidere vel tenere fa-
ciant. Hoc vero per jura & per ordinatio-
nem meam institue atque jubeo, ut unus-
quhque hoc quod superius scriptum est,
die & anno quo supra. Explicit.
Donation faîte à Vabbé Benoît 6- au
monastère d^Aniane, par Aiglebert
6* sa femme Deda '.
M-
A GNU s est titulus cessionis in quo
nemo potest actum largitatis inrum-
sic unusquisque possidere ac facere debeat, père, sed quia quid grato animo & promta
sicut per hanc paginam testamenti mei voluntate donatur libenter débet ei cui con-
iîeri decrevi. Et si quis contra hanc pagi- lata fuerit cessio inrevocabili modo perem-
nam testamenti mei ire aut agere conaverit niter stabilitum. Ego quidem Aiglabertus
ad inrumpendum, tamquam ullus de hae- & uxor mea Deda consideravimus quam
redibus meis, vel quisquis ille sit gravem sarcinam peccatorum habemus, re-
& a sancta communione extraneus, & in- miniscimur bonitatis Dei dicentis : Z)a<e e/e-
super det illi parti, cui abstrahere audeat mosïnam, £• omnia munda erunt vobïs. De
velvisus est abstulisse, auri libram unam illi tanta igitur racione & pietate Dei confisi,
perpetuo habituram, ista vero permanente iccirco per hanc epistolam cessionis nostre
hac pagina testamenti mei reservata firmi- dono donatumque imperpetuum esse volo
tate. Facta pagina testamenti mei reservata atque de jure nostro in potestate & domi-
firmitate. Facta pagina testamenti mei sub
*e nonas calendas junias, anno XLVI rég-
nante domino nostro Karolo imperatore.
S. Dadilani, qui hanc paginam testamenti
mei fieri volui, manu mea signavi, feci, &
testes adfirmare rogavi.
S. Argimirus diaconus rogatus a supra-
scripto in hac pagina testamenti manu mea.
S. Ausebertus rogatus in hac pagina tes-
tamenti manu mea.
S. Basila rogatus manu mea.
S. Bonus, ac si indignus, presbyter roga-
tus a suprascripto in hac pagina testamenti
manu mea.
S. Bertha teste in hac pagina testamenti
manu mea. Didannus rogatus scripsi.
In Christi nomine Joannes, ac si indig-
nus, episcopus signum feci.
Ilarinus presbyter, qui rogatus hoc tes-
tamentum signavit.
Audesindus, ac si indignus, presbyter
rogatus hanc paginam testamenti manu mea
signum feci,
nacione monasterii Anianensis in honore
sancti Salvatoris & sancte Marie, qui cons-
tructus est in territorio Magdalonense sub
Montecalmense , & ibi Benedictus abbas
unam congregacionem monacorum degere
videntur. Unde ego supradictus Aiglubertus
& uxor mea Deda ad jam supradicto monas-
terio sive ad rectores ipsius, presentibus &
futuris, tradimus atque donamus res nostras
in territorio Biterrense, in villa que dicitur
Granatiacar, sive infra terminum ipsius
ville, quantum quidem in ipsa villa visi
sumus habere vel possidere, vel quicquid
data nostra presencia comparavimus, cedi-
mus atque tradimus ab omni integritate &
superposito suo, terris cultis & incultis,
vineis , pomiferis & impomiferis, aquis
aquarumque decursibus suis cum omni
jure. Ista omnia superius nominata ad jam
supradicto monasterio tradimus atque do-
namus, & de jure nostro in jure ipsius
' Cartulaire d'Aniane, f" i23 v°.
An
814
14 mars.
An
814
85
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
86
monasterîi & potestate tradimus atque quondam cornes, qui ipsara cellulam in
transfundimus, ut ab hodierno die & tem- causa domni & genitoris nostri construxit,
pore habeat, adeat, teneat, possideat, jure- seu & alii boni homines per instrumenta
que imperpetuum vindicet ac deffendat. cartarum tradiderunt ; necnon & in prae-
Sane si quis, quod minime credimus esse dicto pago villam quae dicitur Magaran-
venturum, quod si nos aut aliquis de hère- tiate; & in eodem page, in loco qui dicitur
dibus nostris, vel quislibet ex adverso ve- Castra, pastura ad pecora eorum alenda
niens supposita vel admissa, qui contra cum terminis & adjacentiis suisj in pago
hanc cessionem a nos facta venire tempta- Bederense fiscum nostrum Miliacus, cum
verit seu venerimus, tune componat nobis ecclesia S. Paragorii & Militiane villam; &
in vinculo seu componat tantum & aliud
tantum vel quantum ad eo tempore ipsas
res melioratas valere potuerunt, & accessio
inrumpi non permittatur, sed plenissimam
in omnibus obtineat fîrmitatem. Facta car-
tula cessionis pridie idus marcii, anno primo
imperante domino Lodoico imperatore.
t Aigluberti. f.Dedam. t Mancioni. f Arte-
frede. f Rihiberto. f Ardeberti. t Aiberti.
t Elpengna. Atilius presbiter, ac si indig-
nus, monacus rogitus scripsit.
in pago Magdalonense castrum quod dici-
tur Montecalmense, situm juxta fluvium
Araur, cum ecclesia S. Hilarii & terminis
ejusdem monasterii Anianensis, usque ad
terminos eorum, sicut domnus & genitor
noster Karolus bonae memoriae piissimus
augustus trans ripam praefati fluminis per
suum praeceptum ad proprium antedictum
tradidit monasterium , excepto proprium
ingenuorum hominum, quod infra conja-
cet. Item in eodem pago illos Segos cum
piscatoria, quantumcumque in eodem loco
idem genitor noster quondam ad suum
habebat opus, qui est inter mare & sta-
gnum, cum ecclesia & villaribus & omnibus
aspicientiis vel adjacentiis suis. De silva
Diplôme de Louis le Débonnaire, en vero quae eidem fisco adjacet, concedimus
26.
faveur de Vabhaye d'Aniane\
IN nomine Domini Dei & Salvatoris nostri
Jesu Christi. Hludovicus divina ordi-
nante providentia imperator augustus. Si
eisdem monachis & eorum hominibus, ut
ad usus 8c ad piscatorias reemendandas ,
quantumcumque necesse fuerit, ad eorum
utilitates accipiant. Pascua etiam ad ani-
malia alenda absque ullius hominis impe-
erga loca divinis cultibus mancipata prop- dimento, ubi voluerint & illi & homines
teramorem Dei ejus que in eisdem locis sibi
famulantes bénéficia opportuna largimur,
praemium nobis apud Dominum aeternae
remunerationis rependi non diffidimus.
Idcirco notum sit omnibus fidelibus nos-
tris praesentibus & futuris, quia placuit
nobis pro mercedis nostrae augmente ad
monasterium quod dicitur Aniana, situm
in pago Magdalonense , constructum in
honore Domini & Salvatoris Jesu Christi &
sanctae Mariae semper virginis seu aliorum
sanctorum, ubi Benedictus abba praeesse
videtur, aliquid ex rébus tradere nostris,
id est quandam cellulam nuncupante Gel-
eorum habeant. Caetera vero quae restant
& silva & pascua, utantur & comes & ha-
bitatores civitates Agathensis, sicut anti-
quitus usus fuit. In' pago namque Agathensi
fiscum nostrum qui nuncupatur Sita, & in
pago Narbonensi salinas quae sunt in loco
nuncupante ad Signa, quantumcumque eis
noster missus Leibulfus comes designavit,
cum terminis & laterationibus suis. Haec
omnia praescripta cum ecclesiis, villaribus,
domibus, mancipiis, virgis, silvis, terris,
pratis, pascuis, garricis, molendinis, aquis
aquarumve decursibus, cultum & incultum
cum omnibus adjacentiis vel appendiciis
lonis, in pago Lutevense, cum omnibus ap- totum & ad integrum memorato concessi-
penditiis suis, vel quidquid ibi Willelmus, mus monasterio. Et hanc praeceptionem
nostrae auctoritatis pro firmitatis studio
' Recue'd des historiens de France, t, 6 , p. 406, fieri jussimus, per quam omnino praeci-
ex sched. J. Mabillonii. pimus atque jubenius, Ut nuHus ex fidelibus
An
8r4
An
814
87.
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
88
Éd.orig.
col. 40.
An
8>4
24 avril.
sanctae Dei Ecclesiae ac nostris de prae- vicedominis, vicariis, centenariis seu reli-
scriptis rébus a nobis praefato monasterio quis fidelibus vel ministris nostris discur-
vel congregationi ibidem degenti concessis rentibus notum sit, quod quicquid propter
aliquid abstrahere aut minuere temptet, divinum amorem vel opportunitatem ser-
nec homines ibidem commanentes distrin- vorum Dei agimus, hoc nobis procul dubio
gère, nec fidejussores tollere, nec paratas ad aeternam beatitudinem pertinere con-
requirere, nec ullas redibitiones exigere fidimus. Igitur comperiat omnium fîdelium
praesumat; sed sicut nobis ob amorem nostrorum soUertia presentium scilicet &
Dei praescripta loca cum omnibus eorum
appendiciis eidem congregationi delegare
atque perpetualiter ad habendum tradere
libuit, ita, Domino protegente, absque ali-
cujus contrarietate vel deminoratione aut
resultatione jure fîrmissimo ipsas res ha-
bere & possidere valeant. Placuit etiam
nobis hujus congregationi monasterii ,
quando Dominus habundanter largiri di-
gnatus fuerit, decem modia de oleo dare,
id est de telomena & solaria, quando vero
futurorum, quia vir venerabilis Benedictus
abba ex monasterio Aniano, situm in pago
Magdalonense, constructo in honorem Do-
mini & Salvatoris nostri Jehsu Christi &
sanctae Mariae semper virginis seu cetero-
rum sanctorum, detulit nobis praeceptum
domini & genitoris nostri Karoli serenis-
simi imperatoris, in quo continebatur, qua-
liter ipse memoratum monasterium in suo
proprio construxerat, & cym eidem geni-
tori nostro percartam donationis delegave-
minus, sex modia. Et jubemus per hoc rat, & quomodo idem serenissimus impera.
praeceptum procuratoribus earumdem vil- tor ipsum vel monachos ibidem degentes
larum praesentibus & futuris, ut mensuram sub immunitatis defensione susceperat; sed
olei praescriptam missis ejusdem congre- pro firmitatis studio petiit predictus abba
gationis, vel successoribus ejus jure uno celsitudinem nostram, ut denuo nos ipsum
annis singulis dare studeant. Haec quippe monasterium sub nostra defensione reci-
auctoritas ut nostris & futuris temporibus peremus. Cujus petitionem denegare no-
valeat inconvulsa manere, manu propria luimus, set ita in omnibus & présentes &
subscripsimus, & anuli nostri impressione futuri fidèles sanctae Dei Ecclesiae & nostri
signare jussimus. concessum atque perpétue a nobis confir-
Signum domni Hludovici serenissimi im- matum esse cognoscant. Praecipientes ergo
peratons.
Durandus diaconus ad vicem Helisacar
recognovi.
Data viiii kalendas maii, anno i Christo
propitio imperii nostri, indictione vu.
Actum Aquis palatio nostro, in Dei no-
mine féliciter. Amen.
27,
— XIX
jubemus, ut nullus judex publicus neque
quislibet ex judiciaria potestate, nec ullus
ex fidelibus sancte Dei Ecclesie & nostris in
ecclesias, aut loca, vel agros, seu reliquas
possessiones predicti monasterii, quas mo-
derno tempore per donationem & domni
imperatoris Karoli & nostras & ceterorum
fidelium juste possidere videtur, in quibus-
libet locis, quicquid ibidem propter divi-
num amorem conlatum fuit, quaeque etiam
deinceps in jure ipsius sancti loci aut per
nos aut per alios voluerit divina pietas au-
Diplôme de V empereur Louis le Dé- geri, ad causas audiendas, vel freda exi-
bonnaire en faveur de Vahbaye genda, aut mansionem vel paratam facien-
ii j ' „„, das, aut fidejussores toUendos, nec homines
a. Aniane . ' , . .
ipsius ecclesie tam ingenuos quam serves
IN nomine Domini Dei & Salvatoris nostri qui super terram memorate ecclesie resi-
Jesu Christi. Hludovicus divina ordinante dere videntur distringendos, nec ullas redi-
providentia imperator augustus. Omnibus bitiones aut inlicitas occasiones requiren-
episcopis, abbatibus, ducibus, comitibus, das, ullo umquam tempore ingredi audeat
vel exactare praesumat : & quicquid de re-
• Cartulaire d'Aniane, £° i5 v°. bus prefati monasterii fiscus sperare pote-
An
814
An
814
89
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
9° A
^ An
rat, totum nos pro eterna remuneratione cunique eis libuerit niissos suos in aliquani ''^
predicto monasterio concedinius, ut perpe- parteiu imperii nostri negotiandi gratia
tuis temporibus in alimonia pauperum & dirigera, cum carris videlicet & sauniis sive
stipendia monachorum ibidem Deo fanni- navigio, cum qualecumque scilicet nego-
lantium proficiat in augnientum. Et quan- tio, licentiam habeant pergendi ubi volue-
doquidem divina vocatione supradictus rint, absque alicujus infestatione vel con-
abba vel successores sui de hac luce migra- trarietate. Ideo has litteras auctoritatis
verint, quamdiu ipsi monachi interse talem nostre eis fieri jussimus, per quas jubemus
invenire potuerint, qui ipsam congregatio- cunctis fidelibus nostris & junioribus ves-
nem secundum regulam sancti Benedicti re- tris, ut nemo teloneum, neque pontaticum,
gère valeant, per hanc nostram auctoritatem nec portaticum, aut cespitaticum, seu ro-
& consensum licentiam habeant eligendi taticum, aut navaticum, atque salutaticum,
abbates, quatenus ipsi servi Dei, qui ibidem vel uUum censum aut uUam redibitionem
Deo famulare videntur, pro nobis & con- ab eis exigere praesumatis, set liceat eis
juge proleque nostra, & stabilitate totius per hanc nostram auctoritatem pacifîce &
imperii nostri a Deo nobis concessi vel libère hue illucque discurrere tam terreno
consecvandi, jugiter Domini misericordiam quamque navigio, & absque alicujus con-
Éd.orig. exorare délectent. Et ut haec auctoritas trarietate, sicut superius intulimus, vel in-
nostris futurisque temporibus. Domino festatione, aut detentione negotia sua per-
i. I,
col. 41
An
814
28 avril.
protegente , valeat inconvulsa manare , agere, & ubicumque advenerint, per vos
manu propria subscripsimus & anuli nostri salvationem & defensionem habeant. Et si
impressione signari jussimus. Signum Hlu- aliquis temere hanc nostram preceptionem
dovici serenissimi iniperatoris. Duraiidus inrumpere temtaverit, magistri locorum
diaconus ad vicem Helisacar recognovi. illorum, qui rempublicam procurare nos-
Data VIII kalendas maii, anno primo Christo cuntur, illud emendari jubeant , si Dei
propicio imperii nostri, indictione VII. nostramque velint habere gratiam. Et ut
Actum Aquis palacio nostro, in Dei nomine hec auctoritas firmiar habeatur & per fu-
feliciter. Amen. tura tempora plenius conservetur, de anulo
nostro subter sigillari jussimus. Faramun-
dus ad vicem Helisacar scripsit. Data iiii '
kalendas maias, anno primo Christo pro-
28. •»— XX picio imperii nostri, indictione VU. Actum
Aquis palacio nostro, in Dei nomine feli-
Dîplôme du même empereur en faveur citer. Amen.
de In. même abbaye \
I
N nomine Domini Dei & Salvatoris nos-
tri Jehsu Christi. Hludovicus divina or-
dinante providentia imperator augustus.
Notum sit cunctis fidelibus nostris partibus
Septimanie, Provincie, Burgundie consis-
tentibus, vel omnibus rempublicam procu-
rantibus presentibus scilicet & futuris,
quia in elemosina Benedicto abbati & mo-
nasterio Aniana, quod est constructum in
honore Domini nostri Jesu Christi in pago
Magdalonense, seu successoribus rectoribus
videlicet memorati monasterii, pro opor-
tunitate servorum Dei in eodem cenobio
consistentium concessimus, ut quando-
' Cartlilaire de l'abbaye d'Aniane, f° 16 v°.
29. — XXI
Diplôme du même empereur en faveur
du monastère de la Grasse^.
IN nomine Domini Dei & Salvatoris nostri
Jesu Christi. Hludovicus divina ordi-
nante providentia imperator augustus. Si
liberalitatis nostrae munere locis Deo di-
catis quoddam conferimus beneficium, &
' Le cartulaire porte iiii kal. & non ante kal.,
comme on lit dans la première édition.
' Archives de l'abbaye de la Grasse, original , &
vidimus de l'an 1240.
An
8r4
19 no-
vembre.
An
814
Éd.orig.
t. 1,
col. 42.
9ï
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
92
nécessitâtes ecclesiasticas ad petitiones in quibuslibet pagis, territoriis infra ditio-
servorum Dei nostro relevamus juvamine nem imperii nostri possident, quidquid
atque imperiali tuemur munimine , id no- ibidem propter divinum amorem collatum
bis ad mortalem vitam temporaliter transi- fuit, quaeque etiam deinceps in jure ipsius
gendam & ad aeternam féliciter obtinen- sancti loci aut per nos aut per alios vo-
dam profuturum liquido credimus. Igitur
noverit sagacitas seu utilitas omnium fide-
lium sanctae Dei Ecclesiae tam praesen-
tium quam futurorum, quia vir venerabilis
luerit divina pietas augeri, ad causas au-
diendas, vel freda exigenda, aut mansiones
vel parafas faciendas, aut fidejussores tol-
lendos, aut homines ipsius ecclesiae tam
Attala, abbas ex monasterio Sanctae Ma- ingenuos quamque & servos super terram
riae, quod est situm super fluvium Orbio-
nem, in confinio Narbonense & Carcas-
sense, obtulit obtutibus nostris auctoritates
immunitatis dompni & genitoris nostri bo-
nae memoriae Karoli, piissimi augusti, in
ejusdem commanentes distringendos, nec
ullas redibitiones aut inlicitas occasiones
requirendas, nostris nec futuris tempori-
bus ingredi audeat, vel ea quae supra me-
morata sunt penitus exigere praesumatj
quibus erat insertum, qualiter idem genitor sed liceat praefato abbati suisque succes-
noster eundem monasterium cum cellulis
suis subjectis, una quae vocatur Flexus,
quae est constructa in honore sancti Cucu-
fati, in territorio Carcassense, super flu-
vium qui vocatur Atax, cum omnibus ap-
penditiisvel adjacentiis suis; alteram, quae
soribus res ejusdem monasterii cum cellu-
lis sibi subjectis & rébus vel hominibus
aspicientibus vel pertinentibus, sub tui-
tionis & immunitatis nostrae defensione,
remota totius judiciariae potestatis inquie-
tudine, quieto ordine residere. Et quidquid
dicitur Caputspina, quae est dicata in ho- de praefatis rébus monasterii jus fisci exi-
nore sancti Pétri principis apostolorum in
territorio Narbonense, super rivulum qui
vocatur Clamesitis, cum omnibus appendi-
ciis vel adjacentiis suis j tertiam, quae
nuncupatur Palma, quae est sita in terri-
gere poterat, in nostra eleemosina in in-
tegrum eWem concessimus monasterio ;
scilicet, ut perpetuo tempore ad peragen-
dum Dei servitium augmentum & sup-
plementum fiât. Et quandoquidem divina
torio eodem Narbonense super littus maris, vocatione supradictus abbas vel successo-
cum omnibus ad se pertinentibus, una cum res ejus de hac luce migraverint, quandiu
congregationibus ibidem Deo famulanti- ipsi monachi inter se taies invenire potue-
bus, ob amorem Dei tranquillitatemque in rint qui ipsam congregationem secundum
eisdem locis consistentibus, semper sub regulam Sancti Benedicti regere valeant,
plenissima tuitione & immunitatis defen- per hanc nostram auctoritatem & consen-
sione consistera fecisset; sed pro rei firmi- sum licentiam habeant eligendi abbates,
tate postulavit nobis praedictus abbas & quatenus ipsi servi Dei, qui ibidem Deo
omnis ejus congregatio, ut paternum mo- famulari videntur, pro nobis, & conjuge,
rem sequentes, hujusmodi nostrae immuta-
tis praeceptum, ob amorem Dei & reveren-
tiam divini cultus, erga ipsum monasterium
& cellulas sibi subjectas fieri censeremus.
Cujus petitioni libenter as^ensum praebui-
proleque nostra, & stabilitate totius im-
perii, a Deo nobis conlati & ejus clemen-
tissima miseratione per immensum conser-
vandi, Domini clementiam jugiter exorare
délectent. Hanc itaque auctoritatem , ut
mus, & hoc nostrae auctoritatis praecep- pleniorem in Dei nomine obtineat vigo-
tum, immunitatis atque tuitionis gratia, rem & a fidelibus sanctae Dei Ecclesiae
pro firmitatis studio & animae nostrae & nostris diligentius conservetur, manu
emolumento fieri decrevimus ; per quod propria subterfirmavimus & annuli nostri
praecipimus atque jubemus, ut nullus ju- impressione signari jussimus. Data decimo
dex publicus, neque quislibet ex judiciaria tertio kalendas decembris , anno primo
potestate, aut ullus ex fidelibus nostris tam Christo propitio imperii domini Hludovici
praesentibus quam futuris in cellulas, aut serenissimi imperatoris, indictione octava.
in ecclesias, vel loca, sive agros, seu reli- Actum Aquisgrani palatio regio, in Dei
quas possessiones quas moderno tempore nomine féliciter. Amen.
93
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
An
814
2S 1)0
94
nostri juste & legaliter predicta sedes seu
collulas possidet, vel ea que deincebs a
bonis viris eisdem conlata fuerint ecclesiis,
ad causas audiendas, aut freda vel trîbuta
Diplôme du même empereur, en faveur exhigenda, aut mansiones vel paratas fa-
3o. — XXII
de l'église de Nimes\
IN nomine Domini Dei & Salvatçris nostri
Jehsu Christi. Ludovicus divina ordi-
nante providentia iniperator augustus. Cum
vtinbre. petitionibus sacerdotum justis & rationa-
bilibus divini'cultus amore favemus, su- «^^^nt, vel ea que supra memorata sunt
penitus exhigere présumant. Sed liceat me-
morato presuli suisque successoribus res
predictarum ecclesiarum cum omnibus sibi
subjectis sub inmunitatis defensione quieto
ordine possidere, & nobis fideliter deser-
vire, atque pro stabilitate nostra vel tocius
imperii a Deo nobis collati vel conser-
perna nos gratia muniri non dubitamus.
Idcirco noverit omnium fîdelium nostro-
rum tam presentium quam & futurorum
utilitas, quia vir venerabilis Christianus,
Nemausa civitate episcopus, obtulit obtufi-
bus nostris immunitatem domni & genitoris
nostri Karoli, bone memorie piissimi au-
gusti, in qua erat insertum, qualiter idem ^'''"'^^' ""^ ^""^ ^•^""^ ^ populo sibi sub-
genitor noster & predecessores ejus reges ^^'^^°^ ^'^^''^ Domini misericordiam exo-
predictam sedem, que est in honore sancte ^^^^' ^* quicquid exinde fiscus noster spe-
Mariae semper virginis seu & sancti Bau- '"^''^ poterat ad integrum concedimus, ut
delio constructum, una cum cellulis dua- P^rpetuis temporibus ibidem Deo famulan-
bus, una que dicitur Tornagus, que est *^""' proficiat in augmentum. Et ut haec
constructa in honore sancti Stephani pro- ^^fontas nostris futurisque temporibus ,
thomartyris, & alia que dicitur Vallis Fia- I^O'^^^o protegente, valeat inconvulsa ma-
viana, que est in honore sancti Pétri prin- "^'■^' "'^"" propria subscripsimus, & anulo
cipis apostolorum constructa, seu & ab his "^^^'^^ inp^essione signari jussimus. Sig-
cellulis ibidem aspicientibus, ob amorem """^ Lutdovuici serenissimi imperatoris.
Dei tranquillitatemquae fratrum semper Helisacar recognovit. Data iiii kalendas de-
sub plenissima tuitione & inmunitatis de- ^imbris, anno primo Christo propitio im-
perii domni Ludovuici serenissimi augusti,
indictione VIII. Actum Aquisgrani palatio
régie, in Dei nomine féliciter. Amen.
3i. — XXIII
fencione habuissent. Propter firmitatem
tamen, de nobis postulavit praefatus epi-
scopus Christianus, ut eorundem regum
auctoritates, ob amorem Dei & reverentiam
ipsius sancti loci, confîrmaremus auctori-
tate. Cujus petitioni libenter adquievimus,
& ita in omnibus concessimus atque par
hoc preceptum nostrae auctoritatis conîir-
mavimus; precipientes ergo jubemus, ut Diplôme du même empereur, en /aveur
nemo fîdelium nostrorum vel quislibet ex de l'église de Narbonne '.
judiciali potestate in aecclesias, aut loca,
vel agros, seu reliquas possessiones, sive tN nomine Domini Dei & Salvatoris nostri
eas quas moderno tempore in quibuslibet 1 Jesu Christi. Lodoicus divina ordinante
pagis & territoriis, Infra dictione imperii providentia iniperator augustus. Cum peti-
An
8.4
cienda, nec fideijussores tollendos, aut ho-
mines ipsius ecclesiae tam ingenuos quam
servos super terram ipsius conmanentes
injuste distringendos} nec ullas redibitio-
nes aut illicitas occasiones requirendas,
nostris aut futuris temporibus ingredi au-
Kd.orig.
t. I,
col. 44.
An
8.4
29 dé-
cembre.
Vidimus de l'an i334, dans un cartulaire de
Baluze, n. 643, à la Bibliothèque du roi. (Au-
jourd'hui latin 11016, fo 125; cartulaire sur pa-
pier, de la sénéchaussée de Beaucaire.j — Baluze,
Miscelîanea , t. 4, p. 420.
' Archives de l'église de Narbonne. — Baluze,
Chartes des rois, n. 11. [Aujourd'hui Armoires,
V. 390, n. 476} copie du onzième siècle. Ce qui
est entre crochets se trouve dans le ins. latin i ioi5,
fop.]
An
S14
o5
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Éd.orig.
t. 1,
col. 45.
tionibus sacercîotum justis & rationabili-
bus, divini [cultusj amore, favemus, su-
perna nos gratia muniri non difidimus.
Idcirco notum sit omnibus fidelibus sancte
Dei Ecclesie & nostris, tam presentibus
quam & futuris; quia vir venerabilis Nifri-
dius, Narbonnensis urbis archiepiscopus,
adiens obtutibus nostris , deprecatus est
96
sancte Dei Ecclesie & nostris verius cre-
datur & diligentius conservetur, eam manu
propria subscripsimus & anuli nostri in-
presione signari jussimus.
Sigfnum Ludovici, piissimi augusti. [Du-
randus diaconus ad vicem Elisachar recog-
novit. Data ilii kalendas januarias, anno
Christo propitio l imperii domni nostri
32. — XXIV
mansuetudinem culminis nostri, & matrem Ludovici piissimi augusti, indictione Vlll.
ipsius ecclesie civitatis, que est in honore Actum Aquisgrani palatio regio, in Dei no-
sanctorum Justi & Pastoris, vel sancte Ma- mine féliciter. Amen.]
rie semper virginis, cum monasterio quod
dicitur Sancti Pauli confessoris ubi ipse """"
sanctus corpore requiescit, quod est cons-
tructum aut procul ab eadem urbe, cum
omnibus moderno tempore sibi subgectis,
sub nostra defensione & inmunitatis tui- Lettres du même prince pour le mo-
cione consistere faceremus. Cujus preci-
bus, ob amorem Dei [& reverentiam] eo-
rumdem sanctorum , ejus precibus aurem
acomodare libuit, & banc nostre auctori-
tatis inmunitatisque preceptum [erga ean-
nastère de la Grasset
IN nomine Domini Dei & Salvatoris nostri
Jesu Xpisti. Hludovuicus divina ordi-
nante providentia imperator augustus.
dem] ecclesiam facere, per quod decerni- Omnibus episcopis, abbatibus, ducibus, co-
rnus atque jubemus, ut nemo ex juditiaria mitibus, vicariis, centenariis, missis dis-
potestate, nec uUus ex fidelibus nostris in curribus (^ic), vel omnibus rempublicam ad-
ecclesias, aut loca, vel agros, seu reliquas ministrantibus, seu ceteris fidelibus sancte
possessiones, quas presenti tempore possi- Dei Ecclesiae & nostris, notum sit, quia vir
det, vel ea que deinceps in jure & potestate venerabilis Atala, abba ex monasterio Sanc-
ipsius ecclesie divina pietas voluerit augere, tae Mariae, veniens ad nos, depraecatus est
ad causas audiendas, vel freda aut tributa celsitudinem nostram, ut eidem monasterio
exigenda, aut mansiones aut paradas facien- & congregacioni ibidem Deo degenti con-
das, aut fidejussores toilendos, aut homines cessisemus, ut de carris & sagmariis neces-
ipsius aecclesiae tam ingenuos quamque & saria ipsius monasterii vel congregacionis
servos distringendos, aut uUas redibitiones ibidem famulantis Deo, vel naves quae per
aut inlicitas occasiones requirendas, nostris mare vel flumina discurrunt illorum, vel de
aut futuris temporibus ingredi audeat, vel omnibus undecumque fiscus teloneum exi-
ea que supra memorata sunt, penitus exi- gère poterat concederemus, & nostram auc-
gere présumât. Sed liceat memorato pre- toritatem eidem faceremus, vel confirmare-
suli suisque successoribus sub nostra de- mus monasterio. Cujus precibus nobis, ob
fensione quiète residere & nostro parère amorem Dei, & venerationem illius sancti
imperio ; & quiquid jus fisci exinde exi- loci annuere, & hoc praeceptum munificen-
gere poterat, totum nos pro eterna remu- tiae nostrae firmitatis gratia circa ipsam
neratione eidem concedimus ecclesie, ut congregationem fieri libuit : per quod ju-
perpetuis temporibus clericis ibidem Deo bemus atque praecipimus, ut nemo fidelium
servientibus proficiat in augmentis, quate- nostrorum, nec quilibet exactor judiciariae
nus rectores ipsius ecclesie cum omnibus potestatis de carris & sagmariis aut de navi-
ad se pertinentibus, cum clero & populo
sibi subgecto, pro nobis, & conjuge, prole-
' Copié sur l'original; Baluze, Chartes des rois.
que nostra, ac tocius imperii, a Deo nobis „. ,^ ^ la Bibliothèque du ro,. [Aujourd'hui latin
per inmensam concessi, Domini misericor- g 887, n i. L'onginal, en parchemin, est un peu
diam, alacriter exorare delectet. Et ut hec entamé par le bas ; mais la pièce est d'ailleurs dans
auctoritas preceptionis nostre a fidelibus un bon état de conservation.]
An
814
An
814
An
8.4
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PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
98
An
8i5
bus, vel de qu[oIibetJ conmertio undecum- tibus Hispaniae ad nos confugerunt & in
que fiscus teloneum exigera potest, ulluni Septimania atque in ea portione Hispaniae,
An
8i5
teloneum accipere aut exactare praesumat.
Et ublcumque naves eorum aut aliqua con-
mertia ad quascunique villas aut loca acces-
sum habuerint, nuUus ex[igat de] homini-
bus eorum uUum obcursum , aut uUum
censum, aut uUam redibitionem accipere
vel exactare praesumat, sed licitum sit eis
absque alicujus inlicita contrarietate vel
detentione, per hanc nostram aucto[rita-
tem,] homines qui eorum causa praevidere
debent cum his quae deferunt per univer-
sum imperium nost[rum] libère atque se-
curae irae & redire ; & si aliquas moras in
quae a nostris marchionibus in solitudi-
nem redacta fuit, sese ad habitandum con-
tulerunt, & a Sarracenorum potestate se
subtrahentes , nostro dominio libéra &
prompta voluntate se subdiderunt; ita ad
omnium hominum vestrum notitiam per-
venire volumus, quod eosdem homines sub
protectione & defensione nostra receptos
in libertate conservare decrevimus :
I. Eo videlicet modo, ut sicut ceteri li-
beri homines cum comité suo in exercitum
pergant, & in marcha nostra juxta rationa-
bilem ejusdem comitis ordinationem atque
quolibet loco fecerint, aut aliquid mercati admonitionem explorationes & excubias ,
fuerint aut vendiderint, nihil ab eis pror- quod usitato vocabulo wactas dicunt, fa-
sus, ut dictum est, exigatur aut exactetur. cere non negligant, & missis nostris aut
Haec y[ero a]uct[oritas nostra...] is & dili- filiis nostris, quos pro rerum opportunitate
gentius credatur vel conservetur, eam de illas in partes miserimus, aut legatis, qui
anulo nostro sigillari jussimus. Durandus de partibus Hispaniae ad nos transmissi
diaconus ad vicem Helisachar recognovi & fuerint, paratas faciant & ad subvectionem
subscripsi. [Data an]no Xpisto propitio eorum veredos douent. Alius vero census
primo imperii domni Hludovuici serenis- ab eis neque a comité neque a junioribus
simi augusti, indictione VIII. Actum Aquis- & ministerialibus ejus exigatur.
grani palatio regio, in Dei nomine féliciter. II. Ipsi vero pro majoribus causis, sicut
Amen.
33.
Diplôme de Louis le Débonnaire, en
faveur des Espagnols fugitifs^ .
IN nomine Domini Dei & Salvatoris nostri
Jesu Christi. Hludowicus divina ordi-
nante providentia imperator augustus, om-
nibus fidelibus sanctae Dei Ecclesiae ac
nostris, presentibus scilicet & futuris, in
partibus Aquitaniae, Septimaniae, Provin-
ciae & Hispaniae consistentibus. Sicut nul-
lius vestrum notitiam effugisse putamus,
qualiter aliqui homines propter iniquam
oppressionem &crudelissimum jugum,quod
eorum cervicibus inimicissimaChristiniani-
tati gens Sarracenorum imposuit, relictis
propriis habitationibus & facultatibus, quae
ad eos hereditario jure pertinebant, de par-
' Recueil dei historiens de France, t. 6, p. 470.
II.
sunt homicidia, raptus, incendia, deprae-
dationes, membrorum amputationes, furta,
latrocinia, alienarum rerum invasiones, &
undecumque a vicino suo aut criminaliter
aut civiliter fuerit accusatus & ad placitum
venire jussus, ad comitis sui mallum omni-
modis venire non récusent. Ceteras vero
minores causas more suo, sicut hactenus
fecisse noscuntur, inter se mutuo definire
non prohibeantur.
III. Et si quispiam eorum in partem,
quam ille ad habitandum sibi occupaverat,
alios homines undecumque venientes ad-
traxerit, & secum in portione sua, quam
adprîsionem vocant, habitare fecerit, utatur
illorum servitio absque alicujus contradic-
tione vel impedimento, & liceat illi eos dis-
tringere ad justicias faciendas, quales ipsi
inter se definire possunt. Cetera vero ju-
dicia, id est criminales actiones, ad examen
comitis reserventur.
IV. Et si aliquis ex his hominibus, qui ab
eorum aliquo adtractus est & in sua por-
tione conlocatus, locum reliquerit, locus
tamen qui relictus est a dominio illius,
qui eum prius tenebat, non recédât.
1)
An
8i5
99
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
loo
V. Quod si illi propter lenitatem & man- diiiturna tempora a fidelibus sanctae Dei
An
8i5
suetudinem comitis sui eidem comiti hono-
ris & obsequii gratia quippiam de rébus suis
exhibuerint, non hoc eis pro tributo val
censu aliquo computetur aut cornes ille
vel successores ejus hoc in consuetudinem
praesumant, neque eos sibi vel hominibus
suis aut mansionaticos parare, aut veredos
dare, aut ullum censum vel tributum aut
obsequium, praeter id quod jam superius
comprehensum est, praestare cogantj sed
Ecclesiae & nostris & verius credatur &
diligentius conservetur, manu propria sub-
scripsimus & anuli nostri impressione sig-
nari jussimus.
Signum domni Hludowici serenissimi
imperatoris. Durandus diaconus ad vicem
Helisachar recognovit.
Datum kalendas januarias, anno Christo
propitio primo imperii domni Hludowici
piissimi augusti , indictione VIII. Actum
34.
XXV
liceat tam istis Hispanis, qui praesenti tem- Aquisgrani palatio regio, in Dei nomine
pore in praedictis locis résident, quam his féliciter. Amen,
qui adhuc ad nostram fidem de iniquorum
potestate fugiendo confluxerint, & in de- — —
sertis atque in incultis locis par nostram
vel comitis nostri licentiam consedentes,
aedificia fecerint & agros incoluerint, juxta
supradictum modum sub nostra defensione
atque protectione in libertate residere, & Diplôme du même empereur, en faveur
nobis ea quae superius diximus tam cum d' un de ses vassaux, appelé Jean\
comité suo, quam cum missis ejus pro tem-
porum opportunitate alacriter atque fide-
liter exhibere.
VL Noverint tamen iidem Hispani sibi
licentiam a nobis esse concessam, ut se in
vassaticum comitibus nostris more solito
commendent. Et si beneficium aliquod quis-
quam eorum ab eo, cui se commendavit,
fuerit consecutus, sciât se de illo taie obse-
quium seniori suo exhibere debere, quale
nostrates homines de simili beneiicio se-
nioribus suis exhibere soient.
VU. Idcirco has nostrae auctoritatis lit-
teras eis dare decrevimus, per quas de-
cernimus atque jubemus, ut haec nostrae
liberalitatis & mansuetudinis constitutio
erga illos tenore perpetuo ab omnibus fide-
libus sanctae Dei Ecclesiae & nostris inviola-
biliter conservetur. Cujus constitutionis in
unaquaque civitate, ubi praedicti Hispani
habitare noscuntur, très descriptiones esse
volumus : unam, quam episcopus ipsius ci-
vitatis habeat, & alteram, quam comes, 8c
tertiam, quam ipsi Hispani qui in eodem
loco conversantur. Exemplar vero eorum
in archivo palatii censuimus reponendum
ut ex illius inspectione, si quando, ut fieri
solet, aut ipsi se reclamaverint aut comes
vel quislibet alter contra eos causam ha-
buerit, definitio litis fieri possit.
Hanc quippe constitutionem, ut per
IN nomine Domini Dei & Salvatoris nostri
Jesu Christi. Ludovicus divina ordinante
providentia imperator augustus. Omnibus
fidelibus sancte Dei Ecclesiae tam nostris
praesentibus scilicet & futuris notum sit,
qualiterquidam homofidelis noster, nomine
Johannes, veniens fin] nostra praesentia
que in manibus nostris se comendavit, &
petivit nobis sua aprisione quicquid genitor
noster ei concesserat bac nos, & quicquid
ille occupatum habebat aud aprisione fece-
ratjvel deincebs occupare aut prendere po-
tebat, sive filii sui cum homines earum, &
ostendit nobis exirîde auctoritate quod ge-
nitor noster ei fecit. Nos vero alla ei facere
jussimus, sive melioravimus, & concedi-
mus eidem fideli nostro Johanne in pago
Narbonense villare Fontes & villari Cello-
Carboniles, cum illorum terminos & perti-
nentias, cultum & incultum ab intègre, &
quantum ille in villa Fontejoncosa vel in
suos terminos, sive in aliis locis vel villis
sive villares occupavit, sive aprisionem
fecit una cum suis hominibus, vel deincebs
facere poterit tam ille quam filii sui; om-
' Manuscrit de Baluze, coté Schedae Narhonen-
ses , à la Bibliothèque du roi. [Aujourd'hui Ar-
moires, V. 374, p. ^Si j d'après le cartulaire de
l'archevêché de Narbonne, latin iioi5, f° 10.]
Éd.orig.
t. 1,
col. 46.
An
8i5
An
8i5
loi
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
102
An
8i5
22
février
nia per nostrum donitum habeant ille &
filii sui & posteritas illorum absque uUum
censum vel alicujus inquietudine. Et nullus
cornes, nec vicarius, nec juniores eorum,
nec ullus judex publicus illorum homines,
qui super illorum aprisione habitant, aut
in illorum proprio distringere nec judicare
présumant : sed Johannes & filii sui &
posteritas illorum illi eos judicent & dis-
tringant, & quicquid per lege judicave-
rint stabilis permaneat, & si extra legem
fecerint per legem emendent. Et hec auc-
toritas nostra firma permaneat, dum ille &
filii sui & posteritas illorum ad nos & filios
nostros aut ad posteritate illorum fidèles
extiterint. Et ut credatis, de anulo nostro
inpressione signari jussimus. Durandus
diachonus ad vicem Helisachar recogno-
vit. Data kalendas januarias, anno Christo
propicio primo imperii domni Hludovici
piissimi augusti, indictione viii. Actum
Aquisgrani palacio regio , in Dei nomine
féliciter. Amen.
35. — XXVI
Diplôme du même prince en faveur de
Vabhaye d'Aniane ' .
IN nomine Domini Dei ScSalvatoris nostri
Jehsu Christi. Hludovicus divina ordi-
nante providentia imperator augustus. Si
enim ea que fidèles imperii nostri pro
oportunitate utriusque partis inter se com-
mutaverint nostre confirmamus auctoritati,
morem in hoc facto exercemus imperialem,
& in postmodum jure firmissimo mansu-
rum permanere volumus. Quapropter no-
verit utilitas seu industria omnium fide-
lium nostrorum tam presentium quam &
futurorum, quia adiens serenitatem culmi-
nis nostri vir venerabilis Benedictus, abba
ex monasterio quod vocatur Anianense,
situm in pago Magdalonense, constructum
in honore Domini & Salvatoris nostri Jesu
Christi & sanctae Mariae virginis, quod
ipse a fundamentis in suo construxit pro-
prio & domno & genitori nostro Karolo
' Gartulaire de l'abbaye d'Aniane, f° 17.
bone memorie prestantissimo augusto cum
omnibus ibidem aspicientibus per cartam
delegavit donationis, innotuit eo quod cum
pluribus hominibus per diversos pagos
commanentes commuta tiones fecisset, datis
scilicet de rébus predicti monasterii per
cartulas commutationum illis, & acceptis ab
eis de rébus eorum propriis ad partem mo-
nasterii sui similiter per cartulas commuta-
tionis & manibus bonorum hominum robo-
ratis : ea videlicet ratione, ut quidquid pars
alteri contulerit parti, absque ullius in-
quietudine aut injusta interpellatione jure
firmissimo retinerent; & idcirco postulavit
idem Benedictus, ut super easdem commu-
tationes nostre auctoritatis preceptum fieri
censeremus, per quod jure firmissimo &
ipse & rectores ipsius monasterii hoc quod
acceperant & quod illi aliis tradiderant
perenniter haberent & possiderent. Cujus
precibus, ob reverenciam ipsius sancti loci
& utilitatem utrarumque partiuni) hanc
nostre auctoritatis preceptionem super
easdem commutationes fieri decrevimus^
per quam decernimus atque jubemus, ut
non solum res que ab aliis hominibus eidem
tradite sunt monasterio, & eidem monas-
terio alii homines similiter per cartulam
commutationis tradiderunt, jure firmissimo
teneant atque possideant, verumetiam 8c
sicubi deinceps per cartulam commuta-
tionis cum quibuslibet liberis hominibus
rectores ipsius monasterii commutationem
facere voluerint, licentiam habeant : ea
scilicet ratione, ut commutationes pari te-
nore conscribantur mant?>usque bonorum
hominum roborentur, & quicquid pars
juste & rationabiliter alteri contulerit
parti per hanc nostram auctoritatem jure
firmissimo teneant atque possideant, &
quicquid exinde facere voluerint, libero in
omnibus perfruantur arbitrio faciendi. Et
ut hoc preceptum auctoritatis nostre ple-
niorem obtineat vigorem &perfutura tem-
pera inviolabiliter conservetur, de anulo
nostro subter jussimus sigillari. Durandus
diaconus ad vicem Helisachar recognovi.
Data VIII kalendas martias, anno Christo
propicio secundo imperii domni Hludovici
piissimi augusti, indictione viii. Actum
Aquisgrani palacio regio, in Dei nomine
féliciter. Amen.
An
8i5
Éd.orig.
col. 47.
io3
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
104
36.
Diplôme de Louis le Déhonnairey qui
confirme à Vahhaye d'Aniane la
possession de dijjf'érents biens \
An
8.5
tori per instrumenta delegaverat chartarum.
Hanc itaque cellulam, qiiae sicut diximus
nuncupatur Gordanicus, & illam quae vo-
catur Casanova cum omnibus ibidem per-
tinentibus vel aspicientibus, cum mancipiis,
domibus, aedifîciis, terris, vineis, silvis,
pratis, pascuis, aquis aquarumve decur-
sibus, mobilibus & immobilibus, cum omnia
quae praedictus Willelmus per venditiones,
IN nomine Domini Dei &Salvatoris nostri cessiones, donationes adquisierat & prae-
Jesu Christi. Hludovicus divina ordi-
nante providentia imperator augustus. Si
liberalitatis nostrae munere de beneficiis a
Deo nobis conlatis locis Deo dicatis aliquid
conferimus, id nobis & ad mortalem vitam
féliciter transigendam 8c ad aeternam per-
petualiter obtinendam profuturum liquido
credimus. Unde noverit experientia atque
utilitas omnium fidelium nostrorum tam
praesentium quam & futurorum, quia pla-
cuit nobis pro mercedis nostrae augmente
& animae emolumento quamdam cellulam
ex re proprietatis nostrae quae nuncupatur
Casanova, quae sita est juxta castrum quod
nuncupatur Planitium, in pago Ucetico,
super fluvium Cicer, quam dudum Willel-
mus quondam cornes a fundamento in ho-
nore sanctae Mariae semper virginis con-
struxerat & rébus quamplurimis ditaverat,
& domno & genitori nostro Karolo bonae
memoriae piissimo augusto cum rébus &
omnibus quae eidem cellulae aspicere fece-
rat per cartulam delegavit donationis, sed
postea propter compendium & loci utilita-
tem non procul ab eodem loco eadem cel-
lula constructa est, quae nuncupatur Gor-
danicus, in eodem pago & super eumdem
fluvium, ad monasterium quod nuncupatur
Aniana concedere & per hanc nostrae auc-
toritatis largitionem tradere, quod est situm
in pago Magdalonense, non longe a Castro
quod dicitur Monscalmus, constructum in ^ ^ t r • 7 t-»'t
honore Domini & Salvatoris nostri Jesu Diplôme de Louis le Débonnaire pour
Christi & sanctae Mariae semper virginis, l'église de Viviers^
ubi etiam Senegildus abba praeesse videtur,
quod olim vir venerabilis Benedictus abba y N nomine Domini & Salvatoris nostri Jesu
in suo construxerat proprio & similiter -»■ Christi. Ludovicus divina ordinante
domno & genitori nostro Karolo impera- providentia imperator augustus. Si sacer-
dotum ac servorum Dei justis petitionibus
' Cartulaire de l'abbaye d'Aniane, f" z\ v°, —
Mabillon, Acta sanctorum ordin'is sancti Benedicti, ' Columbi, de Reius gestis episcoporum Vivar'ien-
saec. 4, part, i, p. 221. sium, libr. 2, n. 3o. — Recueil des historiens Je
An
8i5
fato domno & genitori nostro tradiderat, &
cum his, quae postea praedictis locis a bonis
hominibus traditum est, memorato monas-
terio Aniano praesenti tempore tradidimus
& per hanc nostrae auctoritatis donationem
perpetualiter ad habendum concessimus, ita
videlicet ut quidquid in ipsis locis aut de
ipsis ad utilitatem & profectum rectores
aut congregatio ipsius monasterii facere
vel judicare voluerint, libero in omnibus
perfruaturarbitrio faciendi. Haecvero auc-
toritas largitionis nostrae, ut per curricula
annorum inviolabiliter inconvulsam obti-
neat firmitatem & a fidelibus nostris prae-
sentibus scilicet & futuris seu etiam & suc-
cessoribus nostris fidelibus sanctae Dei
Ecclesiae verius certiusque credatur, etiam
manu propria subterfirmavimus & anuli
nostri impressione signare jussimus.
Durandus diaconus ad vicem Helisacar
recognovi.
Data XII kalendas junias, anno Christo
propitio secundo imperii domni Hludovici
piissimi augusti, indictione vin. Actum
Aquisgrani palatio regio, in Dei nomine
féliciter. Amen.
37.
An
8i5
i5 juin.
An
8i5
io5
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
io6
acquiescîmiis, hoc nobis sane ad aeternam
beatitudinem provenire confidimus. Idcirco
comperiat omnium fidelium nostrorum
praesentium scilicet & futurorum indus-
tria, quia vir venerabilis Thomas, episcopus
Albensium seu Vivariensium , veniens ad
nos deprecatus est celsitudinem nostram,
ut pro nostrae mercedis augmente prae-
dictam sedem cum fratribus ibidem Domino
servientibus sub nostra defensione & im-
38.
XXVII
Charte du même empereur pour
V abbaye de Psalmodie
IN nomine sanctae & individuaeTrinitatis.
Ludovicus divina providentia imperator
munitate reciperemus. Cujus petitioni as- augustus. Si erga loca divinis cultibus man-
sensum praebentes, per nostrae auctoritatis cipata propter amorem Dei eis qui in iis-
praeceptum confirmare studuimus. Praeci- dem locis sibi famulantur bénéficia oppor-
pientes ergo jubemus ut nullus judex pu- tuna largimur, praemium nobis apud Deum
blicus, neque quislibet ex judiciaria potes- aeternae remunerationis rependi non diffi-
tate, seu aliquis ex fidelibus sanctae Dei dimus. Idcirco noverit sagacilas seu utilitas
Ecclesiae ac nostris in ecclesias, aut loca, omnium fidelium nostrorum tam praesen-
vel agros, seu reliquas possessiones, quas tium quam & futurorum, quia vir venerabi-
moderno tempore juste & rationabiliter lisTheodemirus, abbas ex monasterio quod
possidere videtur in quibuslibet pagis & situm [est] in pago Nemausensi, in insula
territoriis, vel quidquid etiam deinceps quae nuncupatur Psalmodia, constructum
propter divinum amorem ibidem collatum in honore sanctae Dei genitricis semper-
fuerit, ad causas audiendas, vel freda exi- que virginis Mariae & sancti Pétri prin-
genda, aut mansiones, aut paratas facien- cipis apostolorum vel aliorum sanctorum,
das, aut fidejussores tollendos, aut homines adiit serenitatem culminis nostri depreca-
ipsius ecclesiae tam ingenuos quam ser- tusque est, ut praedictum monasterium cum
vos injuste distringendos, sive ullas redi- omnibus rébus inibi aspicientibus ob amo-
bitiones vel illicitas occasiones requiren- rem Dei tranquillitatemque fratrum ibidem
das, ullo unquam tempore ingredi audeat, consistentium sub nostra susciperemus de-
vel ea quae sunt supra memorata exactare fensione & sub plenissima immunitatis tui-
praesumat, sed liceat servis Domini ibidem tione constitueremus. Cujus petitioni as-
consistentibus sub nostra defensione & sensum libenter praebuimus, & hoc nostrae
immunitatis tuitione perpetuo tempore auctoritatis praeceptum erga ipsum monas-
quiete residere, & pro nobis ac conjuge terium immunitatis & tuitionis gratia, pro
proleque nostra seu pro stabilitate to- divini cultus amore & animae nostrae re-
tins imperii nostri a Domino nobis col- medio, fieri decrevimus : per quod praeci-
lati & ejus clementissima miseratione pimus atque jubemus, ut nullus judex pu-
jugiter conservandi Domini misericordiam blicus vel quislibet ex judiciaria potestate
exorare. Et ut haec auctoritas verius cer- in ecclesias, aut loca, vel agros, seu reliquas
tiusque credatur, manu propria subscrip- possessiones quae ad idem monasterium
simus & anuli nostri impressione signari pertinere videntur, ad causas audiendas,
iussimus. vel freda exigenda, aut mansiones vel pa-
Signum domni Ludovici, serenissimi im- ratas faciendas, aut fidejussores tollendos,
peratoris. aut homines ipsius monasterii distringen-
Datum XVII calendas julii, anno II im- dos, vel ullas redhibitiones aut illicitas
perii domni Ludovici augusti, indictione occasiones requirendas, nostris & futuris
VIII. Actum Aquisgrani palatio regio, in temporibus ingredi audeat : sed ea quae
ipsis viris Deo famulantibus delegata sunt
perpetualiter eisdem habenda confirmamus.
Et quandoquidem tu,Theodemire abba, vel
An
8i5
3 décem-
bre.
Éd.orig.
t. I,
col. 48.
Dei nomine féliciter. Amen.
France, t. 6, p. 479. — L'abbé Rouchier, Hntoire
du Vivara'ts, t. I , p. 600. — Gallia Christiana, nov,
edit. t. 16, Instrum. col. 219.
' Archives de l'abbaye de Psalmodi.
An
107
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
108
An
8i5
Îddc2m-
bre.
successores tui divina vocatione ab hac
luce migraveritis, qiiamdiu inter se ipsi
monachi talem invenire potuerint qui ip-
sam congregationem secundiim regulam
ejus defensionem vel propter parvorum
hominum illicitas infestationes in manu
ejusdem domni imperatoris una cum mo-
nachis ibi degentibus se commendavit, ut
An
8i5
regere valeat, per hanc nostram auctori- sub ejus tuitione licuisset eis cum rébus
tatem licentiam habeant ibidem eligeiidi & hominibus eorum quiète vivere ac resi-
abbates, quatenus serves Dei qui ibidem dere, & deprecatus est clementiam nos-
Deo famulantur pro nobis ac stabilitate tram, ut praedictum moiiasterium una cum
totius imperii nostri immensam Domini cellula quae nuncupatur Sancti Martini
clementiam jugiter exorare delectet. Et ut praedicto monasterio subjecta, quae est
hujus nostrae auctoritatis praeceptum per sita in eodem pago super rivulum Lampis,
omnia tempora inviolabiliter conservetur quae est constructa in honore sancti Mar-
firmiusque habeatur, manu nostra subter- tini confessoris, cum rébus, hominibus, &
firmavimus & anuli nostri impressione si-
gillari jussimus.
Signum Hliïdovici, gloriosissimi impera-
toris.
Datum III nonas decembris, anno Christo
propitio II imperii domni Hludovici sere-
adjacentiis sive terminis suis, sub nostra
susciperemus defensione & immunitatis tui-
tione. Cujus precibus, ob amorem Dei &
reverentiam divini cultus, libenter aurem
accomodare placuit, & hoc nostrae aucto-
ritatis praeceptum immunitatis atque tui-
nissimi imperatoris, indictione VIII. [Ac- tionis gratia fieri decrevimusj per quod
praecipimus atque jubemus, ut nullus judex
publicus vel quislibet ex judiciaria potes-
tate in ecclesias, vel loca, aut agros, seu
reliquas possessiones praedicti monasterii,
quas moderno tempore juste & rationabi-
liter possidet vel quae etiam deinceps in
jure ipsius sancti loci voluerit divina pietas
augeri, ad causas audiendas, vel freda exi-
genda, aut mansiones vel paratas faciendas,
aut fidejussores tollendos, aut homines
monasterii tam ingenuos quam & serves
IN nomine Domini Dei &Salvatoris nostri super terram ipsius commanentes injuste
Jesu Christi. Ludovicus divina ordinante distringendos, nec ullas redhibitiones aut
providentia imperator augustus. Cum peti- illicitas occasiones requirendas, nostris &
tionibus servorum Dei justis & rationabi- futuris temporibus ingredi audeat, vel ea
libus divini cultus amore favemus, superna quae supra memorata sunt penitus exigere
nos gratia muniri non dubitamus. Proinde praesumat ; & quidquid de rébus praefati
noverit omnium fidelium nostrorum tam monasterii fiscus sperare poterat, totum
tum] Aquisgrani palatio, in Dei nomine
féliciter. Amen.
39. — XXVIII
Charte du même prince, en faveur de
Vabhaye de Montolieu^ ,
Éd.orig.
t.I,
col. 49.
praesentium quam futurorum sagacitas,
quia vit venerabilis Olomundus, abbas ex
monasterio quod nuncupatur Malasti, quod
est situm in territorio Carcassense super
fluvium Duranum, constructum in honore
sancti Joannis Baptistae, obtulit obtutibus
nostris quandam auctoritatem domni &
genitoris nostri Karoli piae recordationis
serenissimi augusti, in qua erat insertum
qualiter idem Olomundus ipsum monaste-
rium novo construxisset opère, & propter
' Archives de l'abbaye de Montolieu. — Baluze,
Appendix Capital, t. 2, p. lijoS.
nos pro aeterna remuneratione praefato
monasterio concedimus , ut in alimonia
pauperum & stipendia monachorum ibi-
dem Deo famulantium perpetuo proficiat
in augmentum. Et quandoquidem divina
vocatione supradictus abbas vel successo-
res ejus de hac luce migraverint, quandiu
ipsi monachi inter se taies invenire potue-
rint, qui ipsam congregationem secundum
regulam sancti Benedicti regere valeant,
per hanc nostram auctoritatem & consen-
sum licentiam habeant eligendi abbates,
quatenus ipsos monachos qui ibidem Deo
famulantur pro nobis & conjuge proie-
An
109
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
1 10
An
816
février
que nostra atque stabilitate totius iniperii hi qui inter eos majores & potentiores
nostri a Deo nobis concessi ejusque cle- eraiit ad palatium venientes ipsi praecepta
mentissima niiseratione per immensuni cou- regalia susceperunt, quibus susceptis, eos
servandi Domini immensam clemenîiam qui inter illos minores & infirmiores erant,
jugiter exorare delectet. Hanc itaque auc- loca (amen sua bene excoluisse videbantur,
toritatem, ut pleniorem in Dei nomine per illorum praeceptorum auctoritatem
obtineat vigorem & a fidelibus sanctae aut penitus ab eisdem locis depellere aut
Dei Ecclesiae & nostris verius credatur & sibi ad servitium subjicere conati sunt ;
diligentius conservetur, manu propria sub- alterum est, quod simili modo de Hispania
terfirmavimus & anuli nostri impressione venientes & ad comités sive vassos nostros
signan jussimus.
Signum Ludovici, serenissimi imperato-
ris. Durandus diaconus ad vicem Helisa-
char recognovit.
40.
vel etiam ad vassos comitum se commenda-
verunt & ad habitandum atque excolen-
dum déserta loca acceperunt, quae ubi ab
eis exculta sunt, ex quibuslibet occasioni-
Datum VI idus decembris, anno Christo bus eos inde expellere & ad opus proprium
propitio secundo imperii domini Ludovici retinere aut aliis propter praemiiim dare
piissimi augusti, indictione octava. Actum voluerunt; quorum ueutrum justum aut
Aquisgrani palatio regio, in Dei nomine rationabile nobis esse videtur. Et ideo per
féliciter. Amen. hanc nostrae praeceptionis auctoritatem
decernimus atque jubemus, ut hi, quTvel
— nostrum vel domni & genitoris nostri prae-
ceptum accipere meruerunt, hoc quod ipsi
cum suis hominibus de deserto excolue-
runt per nostram concessionem habeant.
Ceteri vero qui simul cum eis venerunt &
Diplôme de Louis le Débonnaire en loca déserta occupaverunt, quicquid de
faveur des Espagnols fugitifs \ inculto excoluerunt absque uUius inquie-
tudine possideant tam ipsi quam illorum
IN nomine Domini Dei & Salvatoris nos- posteritas, ita duntaxat ut servitium nos-
tri Jesu Christi. Hludovicus divina or- trum cum illo qui ipsum praeceptum ac-
dinante providentia imperator augustus. cepit pro modo possessionis quam tenet
Notum sit omnibus fidelibus sanctae Dei facere debeat. Hi vero qui postea venerunt
Ecclesiae & nostris tam praesentibus quam & se aut comitibus aut vassis nostris aut
& futuris seu etiam successoribus nostris, paribus suis se commendaverunt & ab eis
quia postquam Hispani qui de potestate terras ad habitandum acceperunt, sub quali
Sarracenorum se subtraxerunt & ad nos- convenientia atque conditione acceperunt,
tram seu genitoris nostri fidem se contu- tali eas in futurum & ipsi possideant & suae
lerunt, & praeceptum auctoritatis nostrae, posteritati derelinquant. Hoc nostrae auc-
qualiter in regno nostro cum suis comiti- toritatis decretum non solum erga praete-
bus conversari & nostrum servitium per- ritos & praesentes, verumetiam erga futu-
agere deberent, scribere & eis dare jussi- ros qui adhuc ex illis partibus ad nostram
mus, querimoniam aliqui ex ipsis Hispanis fidem venturi sunt conservandum statui-
nostris auribusdetuleruntduo capitula con- mus. De hac constitutione nostra septem
tinentem. Quorum unum est, quod quando praecepta uno tenore conscribere jussi-
iidem Hispani in nostrum regnum vene- mus ; quorum unum in Narbona, alterum
runt & locum desertum, quem ad habitan- in Carcassona, tertium in Rosciliona, quar-
dum occupaverunt, per praeceptum domni tum in Impuriis, quintum in Barchinona,
& genitoris nostri ac nostrum sibi ac suc- sextum in Gerunda, septimum in Biterris
cessoribus suis ad possidendum adepti sunt, haberi praecepimus, & exemplar eorum in
archivo palatii nostri, ut praedicti Hispani
' Baluze, Capitularia regum Francorum, t. 1 , ab ilHs septem exemplaria accipere & ha-
c. 570-571. bere possint & per exemplar quod in pa-
An
816
An
816
III
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
112
An
816
26 août
latio retinemus, si riirsum querela nobis
delata fuerit, facilius possit definiri. Et ut
haec nostrae auctoritatis constitutio fir-
miorem obtineat vigorem & a fidelibus
sanctae Dei Ecclesiae plenius per tempora
ibidem loci famulantium locum nostrum
quod dicitur Villapinta & ecclesiam in
honorem sancti Johannis Baptistae con-
structam, cum omni integritate, quantum-
cunque in ipso loco jure proprietatis
féliciter. Amen.
conservetur, manu propria subterfirma- modo nostra est possessio, & aliud prae-
vimus & anuli nostri impressione signari dium quod dicitur Villamanna in contiguo
jussimus. Signum domni Hludovici sere- superioris praedicti situatum, cum omni
nissimi imperatoris. Arnaldus ad vicem integritate, cum mancipia utriusque sexus,
Helizachar recognovit. cum domibus, aedificiis, terris, vineis, pra-
Data IV idus februarii, anno Christo tis, silvis, pascuis, aquis aquarumque de-
propitio tertio imperii domni Hludovici cursibus, molendinis, mobilibus & immo-
piissimi augusti, indictione ix. Actum bilibus, cultum & incultum, quaestum &
Aquisgrani palatio regio, in Dei nomine adquirendum, totum ab integro memorato
monasterio Soricinii ad cunctas ejusdem
monasterii nécessitâtes consulendas per-
petualiter ad habendum delegavimus. Et
hanc nostram auctoritatem sub nomine &
evictionis gratia fieri volumus, per quam
praecipimus, ut nullus judex publicus vel
quilibet ex judiciaria potestate in posses-
Dîplôme de Pépin I, roi d'Aquitaine^ siones memorati monasterii, quae deinceps
qui restaure Vahhaye de Sorè-^e^ . divina pietas in jure ipsius sancti loci vo-
luerit augere, ullas illicitas occasiones re-
quirere nullo unquam tempore audeat,
sed liceat ordinato abbati suisque succes-
soribus sub immunitatis nostrae vel succes-
sorum nostrorum defensione quieto ordine
possidere. Et quandoquidem divina voca-
tione a nobis ordinatus abbas vel successor
ejus ab bac luce migraverit, perpetuo se-
41
IN nomine Domini Dei & Salvatoris nos-
tri Jesu Christi. Pipinus gratia Dei rex.
Si erga loca divinis cultibus mancipata
propter amorem Dei ejusque in eisdem
locis famulantium propter eorum susten-
tationem quoddam conferimus praemium,
nobis apud Dominum aeternae remune-
rationis praemium rependi non diffidimus. cundum regulam sancti Benedicti per hanc
Proinde noverit omnium fidelium tam nostram auctoritatem & consensum licen-
praesentium quam & futurorum solertia, tiam habeant eligendi abbates, quatenus
quia placuit nobis propter amorem Dei ipsi monacbi, qui ibidem Deo famulari
& animae nostrae remedium construere videntur, pro statu totius regni nostri &
monasterium in pago Tolosano, juxta cas- incolumitate conjugis atque prolis Domini
trum quod dicitur Virdiminus, cui Sorici- misericordiam exorare valeant. Et ut haec
nii rivulo vocabulum constat indici Sori- auctoritas nostris & futuris temporibus
cinii, in honorem Dei & ejus genitricis
perpetuae virginis Mariae & omnium sanc-
torum, secundum quod eadem Dei genitrix
nobis visa est praecepisse. Conferimus igi-
tur eidem loco de rébus a Deo nobis coUa-
tis ad sustentationem, ut diximus, fratrum
' Baluze, Cap'itular'ta regam Francorum , t. 2,
Append. n. xin. [Il rapporte cette pièce à l'an ySS
& l'attribue à Pépin le Bref; les formules contre-
disent absolument cette attribution, &, à ce point
de vue, c'est avec raison que Mabillon, dans ses
Annales, l'a considérée comme fausse.]
debeat inconvulsa manere , manu nostra
subsignavimus & annuli impressione sig-
nari jussimus.
Signum Pippini gloriosissimi régis. Joan-
nes diaconus ad vicem Dagni recognovit.
Data septimo kalendas septembris, anno
Christo propitio secundo domni Pippini
régis, indictione septima. Actum Aquis-
grani palatio regio.
An
816
t
ii3
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
114
42. — XXIX
Charte de Louis le Débonnaire pour
V abbaye d'Aniane\
lîd.orig.
t. I,
col. 49.
I
N nomine Domini Dei & Salvatoris nostri
Jehsii Christi. Hludovicus divina ordi-
An
816
i5
nante providentia imperator augustus.
Notum sit omiiil)us fiidelibus nostris parti-
bus Septimauie, Provincie, Aquitanie vel
octobre. '^^ ceteris provinciis consistentibus, quia
vir veiierabilis Beiiedictiis abba ad nos-
tram accedens clementiani suggessit, ut per
nostram jussionem advocati monasterii
Anianensis perdita quererent & justa pos-
sessa ubique secundum legeni defende-
rent. Quem nos libenter recepinius & bas
litteras scribere & ei dare jussimus, per
quas omnibus notum facimus, ut sciatis
advocatos predicti monasterii Anianensis
omnia que secundum legem quesierint &
quicumque de predicti monasterii rébus
eis aliquid quaesierit & secundum legem
definitum fuerit, ratum & stabile perma-
neat. Et ideo precipimus ut ubicumque in
loca, vel potestatem, seu ministeria cujus-
libet & comitum advenerint & undecum-
que de rébus predicti monasterii justiciam
quesierint, absque ulla dilatione secundum
legem justiciam recipiant & faciant. Si vero
quilibet aliquam dilationem in justiciis fa-
ciendis opposuerit aut aliquam injustam
occasionem adhibere conatus fuerit, advo-
catis ipsius monasterii injungimus ut nobis
renuntient, ut nos illi qui nostram jussio-
Éd.orig. nem neglexerit secundum facti sui meri-
coi.5'0. ^^^ retribuamus. Dixit etiam nobis predic-
tus abba eo quod mancipia de monasterio
Sancti Martini vel alio, quod nos largitio-
nis nostre munere ad predictum Anianense
monasterium concessimus, per loca diversa
fugitiva sint : de quibus volumus ut ejus-
dem monasterii advocati ea perquirant,&
ubicumque inventa fuerint & secundum
legem Romanam tricennio se defendere vo-
luerint & boc advocati predicti monaste-
rii ex propinquis eorum circumcincxerint
aut testimonia idonea dederint, fiant de
eis secundum Romanae legis sanctionem,
ut tricennium ea excludere non possint.
Et ut has litteras nostras esse verius cre-
datis, de anulo nostro subter jussimus
sigillari.
Durandus diaconus ad vicem Frigidisi
recognovi.
Data idus octobris, anno Christo propi-
cio imperii nostri m, indictione x. Actum
Compendio palacio regio, in Dei nomine
féliciter. Amen.
43.
Diplôme du même prince^ qui concède
certains biens au monastère de So~
rè-^e ' .
IN nomine Domini Dei & Salvatoris nostri
Jesu Christi. Hludovicus divina ordi-
nante providentia imperator augustus. Si
erga loca divinis cultibus mancipata prop-
ter amorem Dei in eisdem locis famulan-
tibus quiddam conferimus, praemium nobis
apud Dominum aeternae remunerationis
rependi non diffidimus. Proinde noverit
omnium fidelium tam praesentium quam
futurorum solertia, quia placuit nobis
propter animae nostrae remedium & ae-
ternae retributionis fructum monasterio
quod dicitur Suricinum, sito in pago Tolo-
sano, in honorem Dei genitricis & aliorum
sanctorum constructo, ubi nunc Bertran-
dus abbas praesidere dignoscitur, certa loca
conferre quae Ariacas olim comes nobis
per dinumerationem tradidit in pago Aus-
ciensi, videlicet villam de Blizentia cum
ecclesiis ibidem fundatis in honorem Dei
genitricis & sancti Johannis, cum territoriis
de Peyrault, & aedificiis suis & mancipiis;
& aliam villam quae dicitur M.ontUeu, &
quicquid in dicta donatione continetur
cum mancipiis suis, & villam quae dicitur
Exartigas cum omnibus aedificiis & perti-
An
8i<S
An
8,7
ly avril.
■ Cartulaire d'Aniane, f° 23. — Baluze, Capitu- ' D. Bouquet, t. 6, p. 5ii, d'après les papiers
laria regum Francorum, t. 2, Append. n. xiii. de D. Estiennot.
An
817
ii5
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
116
nentiis suis, & villam quae dicitur Vacca-
ria, cum ecclesia Sancti Johannis, similiter
cum aedificiis adjacentibus, & villam quae
dicitur Marcillanum, cum aedificiis & per-
tinentiis suis, cum domibus & mancipiis, &
quantumcumque in ipso loco ad nos jure
proprietatis pertinere dignoscitur, cum ec-
clesia in eodem loco constructa in honorem
sancti Martini, & molendinum super flu-
vium de Gers, & quidquid in eodem loco
visi sumus habere ; insuper in pago Dagni
& in villa quae dicitur Alamanni & in villa
Modolingo, cum ecclesiis ibidem construc-
tis in honore Dei genitricis & sancti Sul-
pitii, cum mancipiis & colonis, cum domi-
bus & habitatoribus earum. Et quidquid
ibidem ad nos jure proprietatis pertinere
dignoscitur, cum ecclesiis & servis & colo-
nis utriusque sexus, cum domibus, aedifi-
ciis, terris, vineis, pratis, pascuis, aquis
aquarumve decursibus, molendinis, mobi-
libus & immobilibus, cultum & incultum,
44. — XXX
Charte du même empereur pour
l'abbaye de Cruai\
IN nomine Domini Dei & Salvatoris nostri Éd.ong
Jesu Christi. Hludovicus divina ordi-
nante providentia imperator augustus. Si
erga loca divinis cultibus dicata imperiali
more bénéficia opportuna largimur, idem
nobis & ad stabilitatem imperii nostri &
ad anime salutem minime profuturum non
dubitamus. Idcirco notum sit omnibus fide-
libus tam presentibus quam futuris, quia
Elpodorius cornes, adiens serenitatem nos-
tram, subjecit qualiter pater suus Eri-
bertus olim super flumen Rodanum in
comitatu Vivariensi, in loco qui vocatur
Crudatus, qui erat ex jure fisci nostri,
quaesitum & adquirendum, totum & ab desertum inveniens studio assumpto ob
integro & ad integrum donamus Deo & divinum amorem monachos ibidem con-
supramemorato monasterio Suricinii pro gregavit, qui in eumdem locum ejus &
salute animae nostrae ad stipendia fratrum ceterorum fidelium adjutorio fulti restau-
ibidem Deo servientium, & ad eleemosynas rarunt quatenus sub proposito monastico
faciendas, & ad alias praefati caenobii uti- consistèrent, sicut hactenus Deo annuente
litates hac donatione auctoritatis nostrae & fecerunt. Sed quamquam ille res quietas
perpetualiter delegamus, & ut de ipsis
abbates & monachi libère & quiète pro-
videre valeant. Et ut haec carta donatio-
nis nostrae futuris temporibus perpetuam
obtineat firmitatem & a fidelibus nostris
melius observetur, manu nostra subfirma-
vimus & annuli nostri impressione signari
jussimus.
Signum Hludovici serenissimi imperato-
ris. Durandus diaconus ad vicem Elizacar
recognovit.
Data V kalendas maii', anno Christo pro-
pitio IV imperii domini piissimi Hludovici,
indictione X. Actum Aquisgrani palatio
regio, in Dei nomine féliciter. Amen.
de parte sua redderet & auxilium oppor-
tunum eis juxta vires preberet ac elemo-
sine patris sui affectum haberet, petiit
celsitudini nostre, ut ipsos monachos una
cum abbate illorum Bonaldo, cum iis rébus
que ad eundem locum ex jure fisci perti-
nebant, plenissime sub nostra deffensione
acciperemus, quatenus in nostra vel illlus
elemosina deinceps quiète viverent & pro-
positum suum infatigabiliter observarent.
Cujus petitionem , quia justam ac Deo
amabilem esse cognovimus, libenter an-
nuimus, & ipsos monachos cum loco pre-
dicto & rébus eidem juste aspicientibus
sub nostra plenissima defensione recepi-
1. 1,
col. 5o.
An
817
16
juillet.
' La copie dont se sont servis les auteurs du ' Vldlmus de l'an 1397; archives du Domaine
Recueil porte m nonas maii, au lieu de v kalendas à Montpellier, titres de la sénéchaussée de Beau-
maii. caire. Cruas, n. 1. [Cet acte était une sorte de
Il faut attribuer les formes postérieures de noms recueil factice, auquel D. Vaissete a emprunté un
de lieux contenues dans ce diplôme à l'auteur d'une certain nombre de documents.] — Recueil des his~
ancienne chronique d'Auch auquel D. Estiennot toriens de France, t. 6, p. 5o7, d'après VHistoire de
l'avait emprunté. Languedoc.
An
817
117
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
118
Kd.oiig.
t. 1,
coI.Si.
mus, & ejus ut eodem in loco quieti
abhinc consistèrent ex nostra largitate
per nostram auctoritatem concessimus.
Precipientes ergo jubemus, ut nullus qui-
libet fidelium nostrorum , neque missus
discurrens, aut aliquis mundane actionis
ministerio fungens predictos monachos
de predicto loco inquietare présumant,
aut aliquid eis aufferre vel minuere de
rébus ad eundem locum juste perthienti-
bus pertemptet, aut aliquam insultationem
45.
Jugement rendu en faveur de Vévêque
de Giron e\
C
ONDITIONES sacramentorum
atque
exordinationes de missos gloriosissimo
domno nostro Lodovico imperatore, Nifri-
inferat, sed liceat eos per hos nostros im- dius Gerundensis episcopus, Christianum
periales apices sub nostra plenissima tui- item episcopum, seu & judices qui jussi
tione consistere, & pro nobis vel pro sta- sunt de ipsos missos dirimere causas, id est
bilitate totius imperii nostri Dominum Atroarius, Cirella, Adaulfus, Calbus, Pro-
quiete viventes jugis precibus exorare. vasius, Sculpiliarius, & Remulus, seu &
Precipimus etiam atque jubemus, ut nullus Magnentio, Salone, vel in presentia alio-
judex publicus ad causas audiendas, vel rum multorum hominum qui cum ipsis ibi-
freda exigenda , aut mansiones vel paratas dem aderant, juraverunt testes prolati quos
faciendas, aut fidejussores tollendos, aut profert advocatus Wadarilico episcopo id
homines eorum tam ingenuos quam & ser- est vicarius, dicens in faciem Godaldi pro
vos distringendos, nec ullas redliibitiones causa unde intentio vertebatur in testes,
aut inlicitas occasiones requirendas ullo Haec sunt nomina testium qui jurare de-
umquam tempore in eorum rébus quas bent & jurant, id est Argemirus, Vitales,
juste presenti tempore possident seu quas Cavatus, Valerius, Maurilio, Auripino,
deinceps Dominus voluerit augeri ingredi Segontio, & Condesindo, qui juraverunt :
aut ea que premissa sunt penitus exactare '< Dicimus perDeum patrem omnipotentem
présumant : sed liceat memorato abbati & per Jesum Christum filium ejus & per
ejusque successoribus res predicti monas- Spiritum Sanctum qui est inTrinitate unus
terii sub immunitatis nostre deffensione & verus, & ad locum venerationis Sancti
quieto ordine possidere. Quandoquidem ex Andreae quae fundata est in villa Borra-
divina vocatione supradictus abbas vel suc- ciano in territorio Bisuldunense , super
cessores ejus de hac luce migraverint,
quamdiu ipsi monachi inter se taies inve-
nire potuerint qui ipsam congregationem
secundum regulam sancti Benedicti regere
valeant, per hanc nostram auctoritatem &
consensum licentiam habeant eligendi ab-
bates. Et ut hec auctoritas nostris fu-
cujus sacrosanctum altare bas conditiones
manibus nostris continemus vel jurando
contangimus, quia nos suprascripti testes
scimus & bene in veritate notum habemus
& praesentialiter fuimus, quando erat Ra-
gonfredus cornes palatio una cum judices
dominicos Donatum & Ugabaldum in villa
turisque temporibus Domino protegente quae dicitur Baschara & perquisierunt ter-
valeat inconvulsa manere, manu propria minos de ipsa villa archas & fîxorias &
subterfirmavimus & anuli nostri impres- vindenates. Nos vidimus testantes in om-
sione signari jussimus. nibus hucciando truncato mantildo Ode-
Signum Hludovici serenissimi impera- rius comparatus & abaldela qui vocatur
toris. Maradon & avenatus & testificaverunt &
Data XVII kalendasaugustas,annoChristo juraverunt & fuerunt per ipsas archas &
propitio IV imperii domni Hludovici piis- iixorias. Unde nos supradicti testes pedes
simi augusti, indictione X. Actum Aquis- circuivimus & manibus nostris ostendimus
grani palatio regio, in Dei nomine félici-
ter. Amen.
signa. )) Et sic revestivit Walarico episcopo
' Baluze, Capitularia. regum Francorum , t. z,
r, 1416.
An
817
i5 dé-
cembre
An
817
IK
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
120
Éd.orig.
t. 1,
col. 5i.
Vers
8.7
de ipsa villa suprascripta cum terminos vel vel judiciaria potestate pro animabus nos-
omnes fines suos a parte sancti Felicis tris & pro anima Ludovici serenissimi im-
beatissimi martyris Christi sedis Gerun- peratoris senioris nostri , cujus dono &
densis, & ea quae scimus recte & fideliter consilio hoc factum est. Si quis suadente
testificamur per supradictum juramentum diabolo ex nostro vel ex alio génère do-
Vers
8.7
in Domino. Latae conditiones sub die oc-
tavo decimo kalendas januarii, anno quarto
imperante féliciter gloriosissimo domno
nostro Ludovico imperatore.
46. — XXXI
Donation faîte à Vahhaye du Mas-
d'A-^ilj par un certain Ebolatus,
sa femme Virane 6* leurs enfants \
W
nomine Domini nostri Jesu Christi
Domini mei. Ego Ebolatus dictus Nobilis
& uxor mea Virana cum filiis nostris Mau-
rino & Saione hominibus innotescere vo-
lumus, quia nos donatores damus locum
quemdam, quae Sylva-agra dicitur, & villam
vel villas quae ibidem sunt constructas,
cum ecclesia ibidem fundata in honorem
sancti Pétri apostoli , in qua requiescit
corpus sancti martyris Rustici super rivo-
lum quae Jerles dicitur non procul a Ga-
runna ilumine, & est in comitatu Tolo-
sano : & definimus nos suprascripti dona-
tores locum vel loca, & villam vel villas,
& ecclesiam supranominatam per anima-
rum nostrarum vel parentum nostrorum
remedium , sicut diximus, Domino Deo
& sanctae Mariae in monasterio praedicto
martyris Stephani, qui dicitur Asilius, &
abbati Asnarii & sanctis fratribus ibi com-
morantibus, ut ibi coenobium construant
fratrum congregationem qui pro se & pro
nobis fideliter orent. Cedimus sic istum
locum cum omni integritate pro amore
Domini, cum suis guarricis, cultibus &
incultibus, terris & vineis, cum rivis, pra-
tis, pascuis, cum exitibus vel redditibus
omnibus, sine uUius hominis inquietudine
' Cartulaire du Mas-d'Azil; bibliothèque Col-
bert, volume concernant la ville & l'abbaye du
Mas-d'Azil. [Aujourd'hui collection Doat, à la
Bibliothèque nationale, v. 97.]
num hoc suprascriptum scindere voluerit,
non valeat quod cupit, sed componat in
fisco auri libras decem, & donum hune
firmum & stabilitum sit omni tempore.
S. Eb(rtati qui cartham scribere & firmavit
& firmare rogavit. S. Maurini. S. Saione,
Régnante Ludovico imperatore, &c.
47'
Diplôme de Louis le Débonnaire pour
Vahbaye de Manlieu ' .
IN nomine Domini Dei & Salvatoris nos-
tri Jesu Christi. Hludovicus divina or-
dinante providentia imperator augustus.
Cum locis divino cultui mancipatis ob
divinae servitutis honorem opem con-
gruam ferimus, & regium morem decenter
implemus & id nobis profuturum ad aeter-
nae remunerationis praemia capescendo
veraciter credimus. Notum igitur esse vo-
lumus fidelibus sanctae Dei Ecclesiae &
nostris praesentibus scilicet & futuris,
qualiter nos sicut in aliis nostris auctori-
tatibus continetur Heimonem, venerabilem
abbatem ex monasterio cujus vocabulum
est Magnus-locus, quod est constructum
in honore sancti Sebastiani martyris, situm
in pago Arvernico, & congregationem illius
cum rébus illorum juste sibi competentibus
sub nostra suscepimus plenissima defen-
sione & immunitatis tuitione. Et ideo de-
cernimus atque per hos apices impériales
nostros sancimus, ut omnes res ejusdem
monasterii, sicut diximus, cum omnibus
sibi subjectis sub nostrae defensionis im-
' Baluze, Armoires, y. i Sp, (° 178, copie — Preu-
ves des libertés de l Eglise gallicane, p. i^Sî. —
D. Bouquet, Recueil des historiens de France, t. 6,
p. 5i3, d'après les notes manuscrites réunies à
l'abbaye de Saint-Germain des Prés par les auteurs
du Gallia Christtana.
An
17 août.
An
818
121
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
jR(
122
munitate consistant. Praecipientes ergo
jubemus atque praecipimus, ut nullus ju-
dex publicus aut cujuslibet superioris aut
inferioris ordinis reipublicae procurator
ad causas judiciario more audiendas in ec-
clesias aut villas seu reliquas possessiones,
quas moderno tempore in quibuslibet pro-
vinciis ad eundem locum pertinent vel
deinceps aut per nos aut per alios quos-
libet in jure ipsius monasterii divina pie-
tas voluerit augeri, ingredi praesumat, nec
freda, aut tributa, aut homines tam ingé-
nues quam servos super terram ipsius loci
commanentes distringere, nec uUas publi-
cas functiones aut redhibitiones vel inli-
citas occasiones acquirere, quibus in aliquo
idem monasterium sibique subjecti aliquid
injuste patiantur incomniodum, nostris fu-
turisque temporibus quisquam tam teme-
rarius existât, qui id faciendi inlicitam sibi
potestatem adtribuere audeat. Et quicquid
de rébus praefati monasterii fiscus sperare
poterat, totum nos pro aeterna retribu-
tione praedicto monasterio concedimus, ut
perennis temporibus in alimonia paupe-
rum & stipendia monachorum ibidem Deo
48.
Diplôme de Louis le Débonnaire con-
firmant les biens ^ possessions du
monastère de Saint- Antonin , en
Rouergue '.
IN nomine Dei omnipotentis & Salvatoris
nostri Jhesu Christi. Ludovicus divina
ordinante providentia imperator augus-
tus. Notum sit omnium nostrorum fidelium
solertiae presentium scilicet & futurorum,
quia ad deprecationem dilectae conjugis
nostrae Hermengardis inclinantes, ut ser-
vis aliquid adminiculum praeberemus sub-
nixis precibus cum certis fidelibus nostris
postulavit, ut nostra auctoritate ad locum
Sancti Antonini monasterii confirmaretur.
Has ergo ecclesias quae sunt in pago Ku-
thenico, scilicet ecclesiam Sancti Saturnini
de Gannail, & ecclesiam Sancti Saturnini
de Rofiac, & ecclesiam Sancti Ciriaci, &
ecclesiam Sancti Stephani de Cantenesac,
famulantium proficiat in augmentis, qua- & ecclesiam Sancti Juliani de Cairanct
liter monachos ibidem deservientes pro cum ipso manso de Vedrinas, & ecclesiam
nobis conjuge proleque nostra atque sta- Sanctae Mariae de Cregoalla, & ecclesiam
bilitate totius iniperii a Deo nobis concessi Sancti Joannis de Cant, & ecclesiam Sancti
atque conservandi jugiter Domini miseri- Joannis de Arenas, cum omnibus ad eas
cordiam operare debeant. Haec veto auc- pertinentibus, cum decimis & primiciis,
toritas immunitatis nostrae, ut per curri- cum servis & ancillis, concedimus monas-
cula annorum stabilem atque inconvulsam terii Beati Antonini monachis has eccle-
obtineat firmitatem, manu propria subter- sias & haec omnia superius nominata cum
iirmavimus & anuli nostri impressione si- oinni integritate, cum mancipiis promis-
gnari jussimus. cui sexus, cum domibus, edificiis, terris,
Signum Hludovici serenissimi impera- vineis, pratis, pascuis, silvis, aquis aqua-
toris. Durandus diaconus ad vicem Helisa- rumve decursibus, mobilibus & immobili-
char recognovi. bus, praedicto tradimus monasterio & con-
Data XVI kalendas septembris, anno gregationi ibidem Deo famulantium ego &
Christo propitio V imperii domni Hludo- conjux nostra consilio nostrorum fidelium
vici piissimi augusti, indictione xi. Actum virorum quorum nomina haec sunt : Ber-
Andecavis palatio, in Dei nomine féliciter, nardus Cermenis, & Benedictus ministe-
Amen. rialis, item Benedictus Ramnulfus, Bodo,
Bertinus, Adalgarius, Warno, Leotardus,
Betfredus, Magnifredus, Suano, Aduemo,
Watberto, Arnaldus, Agambaldus, Benja-
min & Johannes ; isti sunt comités palatii
' Collection Dupuy, vol. 635, f° 6. — D. Bou-
quet, t. 6, p. 5i I, n. 76.
An
Si8
An
819
février.
123
m
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
124
nostrî; cum reliquis pluribus, horum con- quam personae ingenuae & ex ingenuis
silio & suasu damus & praecipimus atque parentibus procreatae testificandi, testa-
jubemus, ut nullus umquam praedictas res mentandi , quaelibet negotia peragendi,
mancipia aut aliquid ad illos pertinens per quatuor terrae angulos vitani transi-
abstrahere vel minuere praesumat aut ali- gendi, & de omni pécore vel peculiari quod
quid impedimentum aut infestationem fa- Deus ei daret quod vellet faciendi. Facta
cere sive ingerere audeat. Sed quidquid ab carta libertatis sub die Vil idus februarii,
An
819
anno sexto régnante & imperante Hlu-
doicho imperatore.
hodierna die & tempore de his rébus atque
mancipiis facere vel judicare rectores sive
ministri monasterii voluerint, libero in om-
nibus perfruantur arbitrio faciendi quid-
quid elegerint. Haec vero auctoritas largi-
tionis atque confirmationis nostrae, ut per
futura tempora inviolabiliter atque incon-
cussam obtineat firmitatem, manu propria Fondation de Vahhaye de Bellecelle
subterfirmavimus &nominis nostri impres-
sione signari jussimus.
5o. — XXXII
en Albigeoise
Signum Ludovici serenissimi imperato-
ris. Durandus diaconus ad vicem Elisacbar
scripsit.
Data XVI kalendas septembris, anno
IN nomine Domini Dei & Salvatoris nos-
tri Jesu Christi. Hludovicus divina or-
dinante providentia imperator augustus.
Notum sit omnibus fidelibus nostris, quia
citer. Amen.
Christo propitio V imperii domni Ludo- vir venerabilis Benedictus abba una cum
vici piissimi augusti, indictione XI. Actum consensu Georgii abbatis Anianensis mo-
Andegavis civitate, [in Dei nomine] feli- nasterii , quem ipse ibidem successorem
elegerat & monachis ibidem consistenti-
bus, seu etiam & Nebridii reverentissimi
archiepiscopi & aliorum servorum Dei
cuidam cellulae, in pago Albiensi super
fluvium qui dicitur Aguotis sitae, nuncu-
pante Bellacella, constructae in honore
sancti Benedicti & aliorum sanctorum ,
quae nuperrimis temporibus novo opère
in rébus quas Ulfarius comes memorato
monasterio Anianensi delegaverat cons-
tructa est, taie privilegium ob firmitatem
loci illius concessit, ut semper de ipsa
congregatione ibidem eligerent abbates ,
Éd.oric.
t. 1,
col. 52.
An
819
g mars
49.
Charte d' ajjfranchis sèment en faveur
d'un nommé Benoît \
ROGAVIT Addilius Aster quando venit in
monasterium Sancti Pétri & Pauli,
cujus ecclesia sita erat moderno tempore in
loco Caunensi, super rivo Argento-duplo,
suburbio Ventaionense, territorio Narbo- quamdiu ibi taies inveniri potuissent. Si
nense, rogaverat, inquam, Addilius Johan- vero contigisset ibidem illum inveniri
nem ejusdem monasterii abbatem, ut si de minime posse, ut de praedicta congrega-
Benedicto servo suo aliquid contingeret tione Anianensis monasterii ibidem cons-
de parte imperatoris aut Berengarii co- titueretur. Et si aliter quam oportebat
mitis qui eum requirebat propter homici- fecisset aut a suo proposito in aliquo
dium unde eum interpellabat aut si morte exorbitasset, ut rector saepe nominati mo-
preoccupatus fuisset, ingenuum eum face-
ret & cartulam libertatis ei traderet. Unde
abbas ab omni jugo servili Benedictum
absolvit & ex cujuslibet dominio vel pa-
nasterii sua auctoritate illud emendaret.
Ceterum quamdiu suam professionem bene
observabunt, nullatenus qualibet occasione
eos infestassent aut eorum quietem per-
trocinio aut quolibet obsequio libertine- turbassent aut aliquid contrarii eis fecis-
rum eum exemit, faciens ei potestatem tan-
' Archives d'Aniane. — MablUon, Acta. Sancto-
' Latin 12664, f° 348. rum ordinis S. Benedicti j saec. 4, part, i, p. 220.
An
819
I2J
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
126
sent. Sed ut melius conservaretur, petiit ut seu successoribus nostris fidelibus sanctae
nostrae jussione manus ratum maneret. Dei Ecclesiae, quia placuit nobis, pro mer-
Proinde bas litteras fieri jussimus, per cedis nostrae augmente & aeternae remu-
quas jubemus, ut memorati fratres in eodem nerationis fructu, quandam villam quae est
loco consistentes juxta superius taxatum in territorio Magalonensi,cujus vocabulum
modum Deo quiète militent, & abbatem est Villanova , sicuti eam Robertus cornes
quamdiu ex se bonum eligere potuerint in beneficium habuit, ecclesiae Sancti Pétri
juxta praemissam constitutionem eligant ; Magalonensis, ubi Deo auctore Argemirus
& si a proposito suo aliorsum digressi fue- praeest, quia constat eam ex praedictis
rint, per abbatem Anianensis monasterii
corrigantur. Et sicut intulimus, nullam
infestationem aut inquietudinem qualibet
occasione , dum bene suum propositum
conservaverint, a rectoribus & congrega-
rebus ecclesiae fuisse cum omni integri-
tate reddere ; ita dumtaxat ut quidquid
rectores ac ministri praedictae sedis dein-
ceps pro oportunitate ipsius ecclesiae de
eadem villa vel de iis quae ad eam mo-
tione praescripti monasterii Anianensis derno tempore pertinent facere voluerint,
patiantur, sed juxta praemissam condi- libero potiantur arbitrio ad haec facienda.
tionem in omnibus quiète vivere valeant. Et ideo omnibus praecipimus ac per bas
Haec vero cellula sub eadem immunitate, litteras statuimus, ut nullus quilibet fide-
quam nos praedicto monasterio Anianensi lium nostrorum tam praesentium quam fu-
fecimus, indivisibiliter sicut res ceterae turorum praedictam villam cum omnibus
ad ipsum monasterium pertinentes, ita ea ad se pertinentibus de praedicta sede abs-
sub nostra defensione consistât. Et ut haec trahere, aut aliquid imminuere, aut in-
nostra jussio in omnibus firmior habeatur justam interpellationem ingerere praesu-
& melius conservetur, de anulo nostro mat; sed sicut a nobis injunctum est &
subter jussimus sigillari. per banc nostram auctoritatem praedictae
Durandus diaconus ad vicem Helisacar ecclesiae confirmatum, ita perpetuo perma-
recognovi. neat. Et ut haec auctoritas firmior habeatur
Data VII idus martii, anno Christo pro- & per futura tempora melius conservetur,
pitio sexto imperii domni Hludovici piis- de anulo nostro subter jussimus sigillari.
simi augusti, indictione Xii. Actum Aquis- Signum Ludovici serenissimi imperato-
grani palatio regio, in Dei nomine féliciter.
Amen.
5i. — XXXIII
Charte de Louis le Débonnaire en
faveur de l'église de Maguelonne '.
ris. Durandus diaconus ad vicem Helisa-
char recognovit.
Data idus martii, anno Christo propitio
sexto imperii domni Ludovici excellen-
tissimi augusti, indictione xil. [Actum]
Aquisgrani palatio regio, in Dei nomine
féliciter. Amen.
• 2.
IN nomine Domini Dei & Salvatoris nostri
JesuChristi. Ludovicus divina ordinante
providentia imperator augustus. Constat Diplôme de Louis le Débonnaire pour
nos divina ordinante gratia caeteris morta-
libus supereminere, unde oportet, ut cu-
jus praecellimus m.unere studeamus modis
omnibus ecclesiasticis rébus opem ferre.
Idcirco notum fieri volumus omnibus fide-
libus nostris praesentibus scilicet & futuris
' Archives de l'église de Montpellier. — Voir
Gariel, Séries praesulum Magalonensium, p. 52.
An
819
l'abbaye de Conques\
IN nomine Domini Dei & Salvatoris nostri "~^"^
Jesu Christi. Ludovicus divina ordi- „"
o 19
nante providentia imperator augustus. s avril.
' Archives de l'abbaye de Conques ; copie d'après
l'original dans la collection Dont, à la Bibliothè-
que nationale, v. 143, 1° i3. — Baluze, Capitulana
An
819
127
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
128
Multis fideliiim nostrorum & praecipue
his qui in occiduas partes sunt constituti
nosse credimus, qualiter vir religiosus Dado
quidam nomine , qui iiostris temporibus
religione & sanctitate divina sibi admini-
culante gratia emicuit, dum quietem adpe-
teret & vacando videre vellet quam suavis
est Dominus, quoddam locellum in pago
Rutenico super rivulum Dordunum , cujus
vocabulum est Concas inveniens huic ne-
gotio aptum, quo in loco nonnulli Chris-
tiani propter metum Sarracenorum , qui
illam terram pêne totam devastarunt & in
heremum redegerunt, dudum confugien-
tes permodicum construxerunt oratorium,
ipse adsumpto labore propriis manibus
eumdem locum juxta vires mundare atque
stirpare curavit & ut aptus ejus quieti
foret operam dédit. Sed non post multos
dies vir religiosus Medraldus nomine eum-
dem locum simul cum memorato Dadone
ad habitandum elegit. Et quia famam bo-
nae opinionis vera religio illorum apud
convicinos sparserat, nonnulli postponen-
tes seculum quietam nihilominus, quam
ipsi degebant, appetere vitam conati sunt.
Et eorum religiosis exemplis imitatores
fieri cupientes, eorum se magisterio sub-
didere j ac dum paulatim ipsa congre-
gatio cresceret, ecclesiam ibidem in ho-
nore Domini Dei & Salvatoris nostri Jesu
Christi construxerunt; & ut Dado juxta
divinitus sibi conlatum desiderium remo-
tiorem adhuc locum qui dicitur Grande-
Vabrum, sicut & fecit, peteret, & ut Me-
draldus abbas fieret, & ut ipsa congregatio
regularis juxta quod eis facultas & intel-
lectus a Domino tribuebatur existeret,
communi voluntate actum est. His vero ita
paratis, contigit eamdem congregationem
in nostra propria speciali defensione atque
tuitione devenire. Nam nos ut plenitus
sub régula sancti Benedicti Domino mili-
tarent & per bonorum monachorum con-
sultum & per nostram creberrimam ad-
monitionem efficere Domino opitulante
studuimus, & ad proprias eorum nécessi-
tâtes fulciendas de rébus nostris quiddam
ibidem delegavimus, ecclesiam videlicet de
regum Francorum,t. 2, Appendix c. 1416. — Recueil
des historiens de France, t. 6, p. 5 17.
Cermangis, & ecclesiam quae nominatur
Campus-Hiacus, & ecclesiam Sancti Chris-
tophori in Montiniaco constructum , cum
omni integritate earum, simili modo & ec-
clesiam de Garcanga cum curte de Gamma-
leria, iterum alteram ecclesiam ad Portum-
Acri sub honore sancti Saturnini cons-
[trucjtam, cum omnibus appendiciis earum;
necnon similiter contulimus ibidem eccle-
siam Sancti Salvatoris in Cicerniaco, &
alias duas ecclesias, unam in Burnacello, &
alteram in Rucenniaco, cum omnibus adja-
centes earum ; aliam quoque ecclesiam in
Ruhilia cum omni integritate sua, a quo
quidem tenore & Selvaniacum & omnia
quae ibidem delegata sunt per nostram
auctoritatem sub immunitatis tuitione ple-
niter consistere fecimus, ut videlicet omni
tempore memoratum monasterium cum ea-
dem congregatione & cum praedicto loco,
qui vocatur Grande-Vabrum, in quo memo-
ratus Dado exoptatam sibi quietem tenuit
& vivendi finem fecit, cum omnibus rébus
sibi juste pertinentibus sive quae in prae-
senti tempore possidet sive quae in antea
Dominus ibidem augeri voluerit, cum his
omnibus praedictus locus, qui dicitur Con-
chas, sub speciali nostra videlicet & filio-
rum vel successorum Deo annuente tui-
tione inviolabiliter consistât, ut eadem
congregatio quiète semper [sub] imperiali
& regali defensione tuta absque cujusli-
bet impedimento propositum suum, Deo
opem ferente, indefesse valeat observare &
pro nobis vel pro communi imperii nostri
stabilitate Dominum exorare. Haec vero
auctoritas ut ab omnibus veracius credatur,
manus nostrae signaculo subter eam robo-
rare & de anulo nostro sigillare fecimus,
Signum Ludovici serenissimi impera-
toris. Durandus diaconus ad vicem Helisa-
char recognovit & subscripsit.
Da,ta VI idus aprilis, anno sexto Christo
propitio imperii domni Ludovici piissimi
augusti, indictione xii. Actum Aquisgrani
palatio regio, in Dei nomine féliciter.
Amen'.
' C'est le premier diplôme accordé à l'abbaye de
Conques qui ait été imprimé. La plus ancienne
donation à ce monastère, contenue dans le vol. 143
de Doat, est de l'année 804.
An
8,9
129
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
i3o
53. — XXXIV
Éd.orig.
t. 1,
col. 53.
An
819
4 décem-
bre.
vel ad cunctas ejusdem monasterîi Anianae
nécessitâtes consulcndas, ad einoluinentuni
anime nostre perpetualiter concessinius
atque perpétue ad habendum delegavimus;
ita videlicet ut quidquid de ipsa cella vel
Diplôme de l'empereur Louis le Déhon- de rébus ad eam pertinentibus^ rectores &
naire pour V abbaye d'Aniane^. ministri supraniemorati monasterii dispo-
nere atque ordinare vel etiam facere vo-
IN nomine Dei & Salvatoris nostri Jesu luerint, libero in omnibus per^ruantur
Christi. Hludovicus divina ordinante arbitrio faciendi. Hec vero auctoritas lar-
providentia imperator augustus. Si libéra- gitionis nostre, ut per curricula annorum
litatis nostre munere de benefîciis a Deo inviolabilem atque inconvulsam obtineat
nobis conlatis ad loca divinis cultibus firmCitJatem, manu propria subterfirmavi-
mancipata propter amorem celestis patrie inus, & anuli nostri impressione signari
& substentationem ibidem Deo famulan- jussimus.
tium aliquid largimus, id nobis procul Signum Hludovici imperatoris serenis-
dubio & ad mortalem vitam felicius transi- simi. Faramund[usJ ad vicem Fridigisi re-
gendam &- ad aeternam perpetualiter obti- cognovi.
nendam profuturum liquido credimus. Id-
circo noverit omnium fidelium nostrorum
presentium scilicet & futurorum sagacitas,
quia nos, divina aspiratione tacti & celes-
tis patrie amore succensi, ob anime nostre
salutem vel stabilitatem christiani imperii,
libuit ad monasterium quod dicitur Aniana,
quod est constructum in honore Domini
nostri & Salvatoris & sanctae Marie sem-
per virginis, quod est situm in pago Mag-
dalonense, ubi Georgius abba preesse vide-
tur, quandam cellulam juris nostri que est
constructa in honore sancti Martini infra
muros Arelatensis civitatis, cum his que
ad ...., eundem presenti tempore per-
An
819
Data II nonas décembres, anno Christo
propicio imperii domni nostri vi, indic-
tione XII '. Actum Aquisgrani palatio re-
gio, in Dei nomine féliciter. Amen.
54.
XXXV
Diplôme du même empereur pour la
même abbaye ^,
IN nomine Domini Dei & Salvatoris nostri
Jesu Christi. Hludovicus divina ordi-
Éd.orÏB
t. I,
col. 54.
tinent, & locum qui est in pago Aurasione nante providentia imperator augustus. Cum
vocabulo Marenatia vel que ad ipsum lo- locis divino cultui mancipatis ob divine
cum pertinent similiter & in pago Avenio- servitutis amorem quiddam conferimus, &
nensi per hanc nostrae auctoritatis dona- imperialem morem decenter implemus &
tionem conferre. Hancverocellam superius id nobis profuturum ad aeternae remune-
prescriptam cum ecclesiis, domibus, aedifi- rationis premia capessenda veraciter cre-
ciis, mancipiis, terris, vineis, pratis, silvis, dimus. Idcirco noverit omnium fidelium
pascuis, aquis aquarumve decursibus, mo- nostrorum presentium scilicet & futurorum
lendinis, mobilibus & immobilibus, cultum soUertia, quia nos divino amore succensi
& incultum, totum & ad integrum quan- olim per nostrum preceptum tradidimus
tumcumque ad ipsam dictam cellam,sicut quandam cellam proprietatis nostre, sitam
diximus, presenti tempore légitime aspicit infra muros Arelatensis civitate, construc-
& nostri juris atque possessionis in pre- tam in honore sancti Martini confessoris
dictis pagis jure proprietatis est, per hanc Christi, cum rébus & mancipiis ad se as-
nostre auctoritatis donationem memorato picientibus vel pertinentibus monasterio
monasterio ad stipendia fratrum ibidem Anianensi quod est dicatum in honore
Deo famulantium & ad subsidia pauperum
' Le texte porte x.
' Cartulaire d'Aniane, ' Cartulaire d'Aniane, f" 24.
An
820
n.
An
820
i3i
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
l32
Éd.oiig.
t. 1,
col. 55.
Domini & Salvatoris nostri Jesu Christi &
sancte Marie semper virginis, situm in
pago Magdalonense. Et tune placuit nobis,
pro remedio anime nostre, ut pius Domi-
nus peccaminum nostrorum maculas ter-
gere & supernis civibus adiscisci dignetur,
quandam cellam juris nostri que dicitur
Massacia cum apendiciis suis, habentem
plus minus quadraginta mansos, que est ex
ratione predicte celle Sancti Martini, non
solum eidem celle reddere, sed etiam libe-
ralitatis nostre munere per hos impériales
apices nostros ibidem confirmare, quate-
nus eadem cella cum predicta villa perpé-
tue in jus & dominationem prefati mo-
nasterii Anianensis eorumque rectorum
persistât. Hanc vero villam, cum omnibus
ad se presenti tempore juste & legaliter
aspicientibus vel pertinentibus, cum do-
mibus, aedificiis, ecclesiis, mancipiis utrius-
que sexus, terris, vineis, pratis, silvis,
pascuis, aquis aquarumve decursibus, mo-
lendinis, perviis, exitibus & regressibus,
vel quantumcumque ad eam moderno tem-
pore aspicere videtur & nostri juris atque
possessionis jure proprietatis est, totum &
ad integrum , [exquisitum] vel inexquisi-
tum , predicte celle Sancti Martini &
monasterio Anianensi per hanc nostre auc-
toritatis donationem donamus atque trans-
fundimus; ita videlicet ut quicquid recto-
res&ministri prefati monasterii Anianensis
ob utilitatem & profectum predicti mo-
nasterii facere voluerint, libero in Dei no-
mine perfruantur arbitrio faciendi. Et ut
hec auctoritas per futura tempora inviola-
bilem obtineat firmitatem, eam manu pro-
pria subterfirmavimus & anuli nostri im-
pressione signari jussimus.
Signum Hludovici serenissimi imperato-
ris. Durandus diaconus ad vicem Fridugisi
recognovi.
Data IV idus marcii, anno Christo pro-
picio VII imperii domni Hludovici piissimi
augusti, indlctione xiil. Actum Aquisgrani
palacio regio , in Dei nomine féliciter.
Amen.
An
810
55.
Louis le Débonnaire prend sous sa
protection le monastère d^ Arles, si-
tué en Roussillon\
IN nomine Domini Dei & Redemptoris
nostri Jesu Christi. Hludovicus divina
ordinante providentia imperator aueustus.
Si erga loca divinis cultibus mancipata tembre.
propter amorem Dei ejusque in eisdem
locis sibi famulantes bénéficia opportuna
largimus, praemium nobis apud Dominum
aeternae remunerationis rependi non dif-
fidimus. Idcirco noverit omnium fidelium
nostrorum tam presentium quam & futu-
rorum solertia, quia vir venerabilis Castel-
lanus abbas monasterii Sanctae Mariae ve-
niens ad nos innotuit, eo quod ipse cum
fratribus suis in valle quae dicitur Asperia
monasterium in aedificia antiqua con-
struxit, in quo nunc Deo opitulante cum
turba monachorum sub sancta régula mili-
tât, obsecrans ut praedictum monasterium
& cellulas, quas ipsi ab eremo construxe-
runt & nunc ibidem aspiciunt, id est eccle-
siam Sancti Pétri in Arulas & ecclesiam
Sancti Johannis in Ricerdo & ecclesiam
Sancti Juliani super Buciacum rivolum &
caeteras res ad praedictum monasterium
Sanctae Mariae pertinentes vel aspicien-
tes, sub nostro susciperemus mundeburdo
atque tuitione , quatenus monachi cum
omnibus ad eos pertinentibus quiète at-
que libère viverent. Cujus precibus ob
amorem Dei & reverentiam divini cultus
aurem accommodare placuit, & hos nostrae
auctoritatis impériales apices fieri decrevi-
mus^ per quos precipimus atque jubemus,
ut nullus judex publicus aut quislibet ex
judiciaria potestate in praedictas cellulas
aut in rébus ad praedictum monasterium
legaliter aspicientibus ingredi temerario
ausu ad mansiones vel paratas faciendas
aut fidejussores tollendos aut homines
' Cartulalre d'Arles. — Copie : Balii2e, Armoires,
vol. 117, f° i85. — Historiens de France, t. 6,
p. 522.
An
820
33
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
i34
Éd.orig.
t. 1,
col. 55.
An
820
21 sep-
tembre.
ejusdem monasterii distringendos aut ullas
redibitiones aut illicitas occasiones requi-
rere aut exactare praesumat; sed liceat
praedictum abbatem & successores suos
cum his rebus praesenti tempore ad prae-
fatum monasterium aspicientibus sub nos-
tra defensione quiète vivere ac residere. Et
quandoquidem divina vocatione memora-
tus abba de hac luce migraverit, quandiu
ipsi monachi inter se taies invenerint qui
eos secundum regulam sancti Benedicti
regere valeant, licentiam habeant eligendi
abbates, quatenus ipsos monachos pro no-
bis conjuge proleque nostra vel pro stabi-
litate totius imperii nostri jugiter Domini
misericordiam exorare delectet. Et ut haec
auctoritas nostris futurisque temporibus,
Domino protegente, valeat inconvulsa ma-
nere, manu propria subterfirmavimus &
anuli nostri impressione signari jussimus.
Signum Hludovici serenissimi imperato-
ris. Durandus diaconus ad vicem Fridugisi
recognovit.
Data XV kalendas octobris, anno Christo
propitio Vil domni Hludovici piissimi au-
gusti, indictione xiv. Actum Vern. palatio,
in Dei nomine féliciter. Amen.
• 56. — XXXVI
Donation faite par Oliba, comte, 6»
Elmetrude y sa femme, à Adalaric,
abbé, 6" au monastère de la Grasse ' .
IN Dei nomine. Ego Oliba comes & uxor
mea Elmetrudes. Certum quidem & ma-
nifestum est enim & plurimis hominibus
cognitum quia venimus ad vos domino
Adalarico [abbate] & ad cuncta congrega-
tione Sanctae Mariae monasterii Urbionen-
sis vobis vestrum alodem quem habetis
[in pago] Carcasense in valle Aquitanica,
in villa quam vocant Favarios, cum omnes
fines & adjacentias suas totum & ab inte-
gro... enezis per donatum de me ipso Oli-
bane & uxori meae Elmetrudes, ut ipsum
An
8ao
alodem jam supradictum nobis praestare
faciatis... [vos] vero acquiescentes petitio-
nibus nostris, beneficiastis nobis ipsum alo-
dem superius nominatum per annos viginti
duos, in ea vero deliberatione, ut per sin-
gulos annos nobis solvere faciatis solidos
viginti propter ipsum alodem superius dic-
tum. Quod si ego Oliba comes & uxor mea
Elmetrudes domino Adalarico abbati vel ad
ipsam congregationem Sanctae Mariae, si
ipsos solidos non dederimus per singulos
annos supranominatos, in duplum compo-
nere vobis faciamus, & ista prae & aliis
firmis & stabilis permaneat. Facta ista
precaria XI kalendas octobres, anno sep-
timo imperante -domino nostro Ludovico.
S. Oliba qui hanc precariam feci. S. Omel-
trude, quae hanc precariam fecimus & tes-
tes firmare rogavimus. S. Arnulfus. S. Lo-
doicus. S. Antonius. S. Secofredus. S. Cen-
tullus S. Paschalis levita qui hanc
preccariam rogatus scripsit die & anno
quod supra.
57. — XXXVII
Jugement rendu par Agilbert, vidame
de Narbonne '.
CONDITIONES sacramentorum ad quos
ex ordinatione Algiberto vicedomino,
Cixsilane, Sunicfredo, Gomesindo, David
& Aigilane judicum, vel aliorum bonorum
hominum,qui subscripturi vel signa fac-
tores sunt, id est Aderanus, Restitutus,
Deudulfus, Leone &Salone, cos causa fecit
esse praesentes, jurare debeant testes pro-
lati, quos profert Mancio presbyter, qui
est abogadus de Joanne abbate, ac in facie Éd.orig.
de homine, nomine Justo, qui est elemose- coi. s'ô.
narius de Adalaldo qui fuit Maimon voca-
tus, una testium qui hoc jurare debeant &
jurant, id est Lupus, Garbiso & Franco.
Jurati autem dicimus & juramus imprimis
per Deum patrem omnipotentem & Jhe-
sum filium ejus Sanctumque Spiritum, qui
est in Trinitatem unus & verus Deus, & ex
An
821
3i mars.
' Original; fonds de l'abbaye de la Grasse, aux ' Archives de l'abbaye de Cannes. — Mabillon,
archives du département de l'Aude. De Re diplomaticaj p. 5i3.
An
821
i35
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
36
Vers
821
PauH in ripa Argentidupri. Ego Speneldes
facio vobis testanientum de omnino rébus
meis, quod visa sum habere vel possidere,
quod argumentari aut deinceps argumen-
tare potuero, aurum, argentum vel vesti-
mentum, pejora, majora vel minora, vineis,
terris. Post obitum vero meo sic vobis
dantiir absque concessum faciendi, & inde
quod volueritis maneat vobis potestas. Si
quis aut aliquis de heredibus meis ad ir-
rumpendum venerint aut venerit, inférant
aut inférât in vobis aut partibus vestris
auri libra una vobis perpetim abitura, &
hanc meus testamentus in omnibus abeat
fîrmitatem.
Signum Ispanildes qui hune testamen-
tum fieri volui. Signum Ansemundo. Sig-
num Benedicti. Signum Ananie. Elias in
Christi nomine presbyter suprascripto
hune testamentum scripsi & die & anno
quo supra.
59. — XXXVIII
sub die & anno quod subra.
58.
tous ses biens au
Caunes ',
monastère de
IN nomine Domini. Eego Spaneldes vobis
domno & abbate Joanne seu fratribus
tuis Caunense monasterio, quod sita est
vaselica sanctorum apostolorum Pétri &
' Mabillon, De Re diplomatica, p. 5 16. — Ase-
narius était abbé de Caunes en 822. Cet acte est
donc antérieur à cette époque.
mus, desiderantes ac optantes ut pietas
divina id ad suam & ad vestram communem
salutem proiicere faciat, & ille patris ac
pastoris inter vos locum obtineat, & vos
ut Christi oves pari humilitate ac devo-
tione, sicuti dignum & rectum est, subditi
& obedientes ei sitis. Et haec obedientia
vel humilitatis subjectio caritatis muni-
' Cartulaire de i'abbaye d'Aniane, f" 26 v°. —
V. Mabillon, Annales, t. 1, p. 474.
Vers
821
locum venerationis ecclesiae Sancti Juliani
martyris Christi, cujus baselica sita fundata
est infra muros civitate Narbona , super
cujus sacrosancto altario bas conditiones
manibus nostris continemus vel jurando
contingimus : quia nos subranominati tes-
tes diximus & bene in veritate novis cogni-
tum est, & praesentiter fuimus ad ipsa ora,
quando homo, nomine Adalaldus, [qui] fuit
Maimon vocatas, jacebat in lectulo suo in-
fra muros civitate Narbona ad egritudine
reptemptus, unde & mortuus fuit, adhuc
sua memoria in se abente ; sic nos praesen-
tes commendavit ab ipso Justo subrascripta
sub elemosinario, ut dediret sua vinea,
quod habevat in villa Marinorema, infra
insula Lici territorio Narbonense, quod
de omine nomine Lubraldo comparavit, ac
ipse dedisset tem ad monasterio Sancto
Petro, qui est constructus infra pago Nar-
bonense, in locum qui dicitur Caunas : &
quo diximus de bac causa, recte & fideliter
testificamus per subra adnixum juramen-
tum in Domino. Lafae conditiones sub die
pridie kalendas aprilis, anno octavo impe-
rante domno nostro gloriosissimo Ludovico
imperatore Signum t Lubone. Signum Lettre de Vempereur Louis le Déhon-
t Charbicone. Signum t Francone, qui has ^^^y^ ^^^^ religieux d'Aniane ' .
condiciones juraverunt. Signum f Justo qui
une sacramentum recepit Baldefredus y n nomine Domini Dei & Salvatoris nostri
subscripsi Xixila subscripsi. Hunicfre- 1 Jesu Christi. Ludovicus divina ordinante ^J^*^*
dus subscripsi. Gomesindus subscripsi. Ur- providentia imperator augustus, venera-
sius qui ads conditiones scripsi & subscripsi bilibus fratribus in Aniano sive Gellone
monasterio constitutis. Proxime accidit
Agobardum archiepiscopum ad nostram
devenisse praesentiam , indicans nobis,
quomodo eo praesente & Nibridio archi-
episcopo sine mora omnes pari consensu
Tructesindum super vos elegissetis abba-
tem : cui facto, quia rationabile nobis vi-
Testament de Spaneldes qui lègue debatur, adsensum praebere non distuli-
Avant
822
i37
PREUVES DE. L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
l38
lîJ.orig.
t. I,
col. 56.
mine est roboranda, quod sine simula- permanere voluerit sententia, tune nobis
tione falsae extrinsecus ostentationis in id significari prius faciatis, quam foris
vobis fieri necesse est. Vos enini optime viciais vestris ' notum fîat, quia cum in
nostis cum quanto studio ac sudore a aliis exercemus potestatem, in vobis ta-
beatae memoriae domno Benedicto pâtre men paternum semper volumus obtinere
vestro locus iste primo inchoatus ac con- affectum. Et quamvis haec licentia a nobis
structus est; deinde qua diligentia ille ni- sit vobis concessa, tamen summopcre ca-
tebatur, ut vos, quos divina superni pas- vendum est, ne de qualibet re adversus
toris gratia per suae devotionis instantiam abbatem vestrum levi ira aut prava in-
inibi coadunaverat, secundum monasticae flammati perturbatione, frustra pertinaci
vitae regulam recte conversaremini. Quod audacia adversus eum commoveamini. Nam
& Deo largiente, juxta id quod desideravit, si aliquis vestrum sine ratione adversus
ad effectum perduxit; sed &de sacrosancto eum inflammabitur & nostras aures sine
eodem examine per imperium a Deo nobis causa pulsaverit, nos adversus se noverit
commissum longe lateque piae conversa- districta animadversione commotum , ut
tionis normam coadunavit e vobis & disse- ille qui ejusmodi est caeteris fiât docu-
minare non destitit. Et cum profecto ita se mentum , ne in posterum aliquis audeat
res habeat, dignum vos admonere statui- adversus magistrum suum injuste consur-
mus, ut Deo coopérante id efficere stu- gère. Vos quoque, seniores, in omnibus
deatis, ne in diebus vestris res tam egre- adjuvate eum tam in districtione juniorum
gie inchoàta & ad incrementum perducta fratrum quam & in rcliqua utilitate mo-
quolibet casu quidquam detrimenti sumat : nasterii, nec illum solum sub tanti pon-
sed taies semper per Dei misericordiam deris onere gravari patiamini : sed, juxta
esse studeatis, ut de vobis possint sicut Apostolum , invicem onera portate, & sic
prius magistri & doctores sanctae non adimplebitis legem Cbristi. Vos autem,
solum regularis vitae, verum omnis spiri- juniores fratres, statuimus admonere, ut
talis normae & praecipui apicis adsumi, in omnibus abbati vestro & senioribus fra-
ubicumque nécessitas vel voluntas fuerit. tribus obedientes sitis & humiles, non pro-
Porro Tructesindum abbatem vestrum ad- tervi, non murmuratores , sed cum omni
monitum esse volumus, ut circa vos pater- humilitate ac mansuetudine servate propo-
num exerceat amorem & consideret secun- situm vestrum. Nam si secus egeritis, ut
dum aetatem vel valetudinem corporis vel aliquis vestrum adversus abbatem & fratres
infirmitatis molestiam, quid cui conveniat infletur & non sui abbatis & fratrum sus-
ex subjectis sibi, & caveat omnimodis, ne tinuerit correctionem, hune nobis cum
in négligentes adeo fervida zeli eastigatio festinatione mitti praeeipimus, ut eum in
modum excédât, ut eos pusillanimes red- talem dirigamus locum , unde ille vobis
dat, nec apud observantes mandata Dei minime possit quicquam inferre scandali.
talis sit, ut torpore & desidia in eis ri- Haec vobis idco scribere jussimus, ut co-
gorem constantiae frangat : sed maxima gnoscere possitis quantam euram ac soUi-
discretione juxta Apostolum sit omnibus citudinem de vobis habere desideramus.
omnia factus, ut omnes ad se pertinentes Eamdem enim familiaritatem , quam cum
salvare possit. Quod si forte evenerit, quod piae recordationis Benedicto abbate vestro
non optamus, ut ille extra regulam vobis habere visi sumus, si praeeepta ejus obe-
a memorato Benedicto optime traditam in dienter custodire volueritis, vobiscuni si-
aliquo deviaverit & magis voluerit quae militer habere volumus & curam vcstri
agenda sunt proprio arbitrio & voluntate ipsius monasterii semper agere. Et cjuia
quam vestro communi consilio agere, vos constat per ehartam donationis praedicti
eum, ut earissimi fratres & filii, eum omni patris vestri idem monasterium genitoris
mansuetudine & patientia corrigitej & si nostri prius & denuo nostrum esse alodem,
vobis adsensum praebuerit, & per vos cor- eamdem licentiam, quam ipse prius & nos
rectus fuerit, hoc Dei dono tribuatis. Si
vero ille pertinacior in sua, quod absit, * Le texte porte nosir\s.
Avant
822
Éd.orig,
t. I,
col. 57.
Avant
822
189
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
140
An
822
191
1ère. Amen.
60. — XXXIX
deinceps per praecepta immunitatis visi lariim & piscatoria manufacta vel quic-
sunius concedere , perpetuis temporibus quid fossis vel sepibus aut alio clusarum
iirmiter observare & iuviolabiliter con- génère precingitur eodem immunitatis
servare promittimus ; ut, quandocumque nomine contineri ; & quicquid intra hu-
divina vocatione praedictus abbas vel suc- jusmodi munimenta ad jus cujuslibet mo-
cessores ejus de hac luce migraverint, nasterii pertinentia a quolibet homine
quamdiu inter vos taies invenire potue- nocendi vel damnum inferendi causa spon-
ritis, qui ipsam congregationem secundum tanea voluntate committitur, in hoc facto
regulam sancti Benedicti regere valeant, immunitas fracta esse judicatur. Quod
per saepescriptam & roborandam nostram vero in agro vel campo aut silva , que
auctoritatem licentiam habeat[is] semper nulla munitione cinguntur, casu , sicut
eligendi abbatem. Optamus vos pro nobis fieri solet, a quibuslibet hominibus com-
orantes ac sanctum propositum vestrum missum fuerit, quamvis idem ager vel
custodientes in Christo semper bene va- campus aut silva ad ecclesiam preceptum
immunitatis habentem pertineat, non ta-
men in hoc immunitas fracta judicanda
est, & ideo non sexcentorum solidorum
compositione, sed secundum legem , que
in eo loco tenetur, multandus est is qui
fraudem vel damnum in tali loco convictus
fuerit fecisse. Precipimus tamen vobis, ut
Diplôme du même empereur j en faveur ^^^ ipsj caveatis & observetis quam junio-
de Vahhaye d' Aniane^ . res & ministeriales vestri, ut homines ac
famuli memorati monasterii in omnibus
IN nomine Domini Dei & Salvatoris nostri locis ad vestra ministeria pertinentibus
Jesu Christi. Hludovicus divina ordi- pacem habeant & eis liceat cum securitate
nante providentia imperator augustus, om- memorato monasterio deservire tam in
nibus comitibus, vicariis, centenariis sive privatis quam in publicis & communibus
ceteris judicibus nostris [in] partibus Pro- locis. Nec uUus vestrum vel juniorum ves-
vincie Septimanie & Aquitanie consisten- trorum ulterius audeat dispoliare, & vel in
tibus. Notum vobis sit, quia vir venerabilis fluminibus vel in plaga maris piscantes vel
Tructesindus abba monasterii Anianensis in aliis locis ad predictum monasterium
suggessit nobis atque indicavit, quod ho- pertinentibus diversas utilitatem & servi-
mines vel famuli memorati monasterii per tia facientes infestare vel inquietare aut
diversa consistentes in ministeriis vestris a debito injuncto sibi servitio prohibera
multa prejudicia & infestationes patiuntur vel aliquid contra legem & justiciam facere.
tam a junioribus vestris quam ab aliis ho- Quia si ulterius ad nostras aures fuerit per-
minibus, & non possunt habere defensio- latum & verum inventum , temeritatem
nem per preceptum immunitatis, quod nos nostri mandati condigna suis factis vin-
eidem monasterio propter Dei amorem & dicta coercere decrevimus. Propterea pre-
nostram elemosinam concessimus, eo quod cipimus atque jubemus, ut taliter exinde
vos sive juniores vestri dicatis non plus agatis, qualiter gratiam npstram vultis ha-
immunitatis nomen complecti quam claus- bere propiciam. Et ut certius hanc nostram
trum monasterii, cetera omnia, quamvis jussionem esse credatis, de anulo nostro
ad ipsum monasterium pertinentia, extra subter jussimus sigillari.
immunitatem esse. Propter hoc volumus. Data XIIII kalendas aprilis, anno Christo
ut intelligatis non solum ad claustrum propitio nono imperii domni Hludovici
monasterii vel ecclesias atque atria ec- piissimi augusti , indictione xv. Actum
clesiarum immunitatis nomen pertinere, Aquisgrani palatio, in Dei nomine felici-
verumetiam domos & villas & septa vil- ter. Amen.
Éd. orig.
t. I,
col. 58.
' Cartulaire de l'abbaye d'Aniane, f'' 16.
141
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
142
An
822
ria, quantumcumque in eodem loco idem
genitor noster quondam ad suum habebat
opus, qui est inter mare & stagnum, cum
ecclesia, & villaribus, & piscatoriis, & om-
Charte du même prince pour la même "ibus aspicentiis vel adjacentiis suis. De
61. — XL
abbaye^ .
IN nomine Domini Dei &SaIvatoris nostri
Jesu Christi. Hludovicus divina ordi-
nante provideiitia imperator augustus. Si
erga loca divinis cultibus mancipata prop- ad animalia eorum alenda absque ullius
silva vero, que eidem fisco adjacet, conce-
dimus eisdem monachis & eorum homini-
bus, ut ad usus & ad piscatoriam reemen-
dandas quantumcumque necesse fuerit ad
eorum utilitatibus accipiant : pascua etiam
An
821
Éd.oriff.
t.I,
col. 59.
ter amorem Dei ejusque mercedem, locis
sibi f'amulantes bénéficia opportuna lar-
gimur, premium nobis apud Dominum
aeterne remunerationis rependi non dif-
fidimus. Idcirco notum sit omnibus fideli-
bus nostris presentibus scilicet & futuris,
quia placuit nobis pro mercedis nostre
hominis impedimento ubi voluerint & illi
& homines eorum habeant. Cetera vero
que restant, & silva & pascua utantur &
comes & habitatores civitatis Agatensis, si-
cut antiquitus usus fuit. In pago namque
Agatense fiscum nostrum qui nuncupatur
Sita, & in pago Narbonensi salinas que
augmento ad monasterium quod dicitur sunt in loco nuncùpante ad Signa, quan-
Aniana, situm in pago Magdalonense, con-
structum in honore Domini & salvatoris
nostri Jesu Christi & sancte Marie sem-
per virginis seu & aliorum sanctorum, ubi
aune Tructesindus abba preesse videtur
cum turba monachorum, aliquid ex rébus
tradere nostris : id est quandam cellulam
nuncupatam Gellonis, sita in pago Ludo-
vense, cum omnibus appendiciis suis, vel
quicquid ibi Willelmus quondam comes,
qui ipsam cellulam in causa domni & ge-
nitoris nostri construxit seu & alii boni
homines per instrumenta cartarum tradi-
derunt; necnon & in predicto pago villam
tascumque eis noster missus Leibulfus co-
mes designavit, cum terminis & lateratio-
nibus suis. Insuper & cellam juris nostri,
que est constructa in honore sancti Mar-
tini infra muros Arelatensis civitatis, &
cum omnibus que ad eam in eodem pago
Arelatensi vel Avinionensi presenti tem-
pore legibus pertinent} & locum qui est
in pago Arausione vocabulo Morenatus
vel que ad ipsum locum pertinent; simi-
liter & villam que dicitur Massascia, cum
omnibus apendiciis, habentem plus minus
quadraginta mansos, que est ex ratione
predicte celle Sancti Martini. Hec omnia
que dicitur Magaranciate, & in eodem pago prescripta cum ecclesiis, villis, villaribus,
in loco qui dicitur Castra pastura ad pe- domibus, mancipiis, edificiis, terris, vineis,
cora eorum alenda, cum terminis & aja- olivetis, silvis, garricis, pratis, pascuis, mo-
centiis suis ; in pago Beterense fiscum lendinis, aquis aquarumve decursibus, pis-
nostrum qui dicitur Miliacus cum ecclesia catoriis, perviis, exitibus, regressibus, cul-
Sancti Paragorii, & Miliciano villa; & in tum & incultum, cum omnibus adjacentiis
pago Magdalonense castrum quod dicitur suis, & ad integrum quantumcumque juris
Monte-Calmense, situm justafluviumAraur, nostri & possessionis ac proprietatis, pre-
cum ecclesia Sancti Hylarii, a termino ejus-
dem monasterii Anianense usque ad ter-
minos eorum, sicut genitor noster Karolus
bone memorie piissimus augustus trans
ripam prefati fluminis per suum precep-
tum ad proprium antedictum tradidit mo-
nasterium, excepte proprium ingenuorum
hominum quod infra conjacet. Item in
eodem pago illos segos cum ipsa piscato-
' Cartulaire de l'abbaye d'Aniane.
dicto monasterio concessimus per hanc
nostre auctoritatis donationem ad stipen-
dia fratrum ibidem Deo famulantium &
ad subsidia pauperum, ad cunctas ejusdem
monasterii utilitates perpetualiter conce-
dimus ad habendum. Ita videlicet ut quic-
quid ab hodierno die & tempore [de] pre-
dictis rébus facere vel ordinare vel etiam
disponere rectores & ministri predicti mo-
nasterii voluerint, libero in omnibus per-
fruantur arbitrio faciendi. Et nuUus ex
An
822
143
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
144
fidelibus sancte Dei Ecclesie ac nostris de
prescriptis rébus a nobis prefato monas-
terio vel congregationi ibidem degenti
concessis aliquid abstrahere aut minuere
tentet, nec homines ibidem commanentes
distringere nec fidejussores nec paratas
requirere nec ullas redibitiones exigere
présumât : sed sicut nobis ob amorem
Dei prescripta loca cum omnibus eorum
apendiciis eidem congregationi delegari
atque perpetualiter ad habendum tradere
libuit, ita , Domino protegente, absque
alicujus contrarietate vel diminutione aut
resultatione jure firmissimo ipsas res ha-
bere & possidere valeant. Placuit etiam
nobis hujus congregationi monasterii-,
quando Dominus habundanter largiri dig-
natus fuerit, decem modia de holeo dare,
id est de Tolomena & Solaria :*quando
vero minus, sex modia; & jubemus per
hoc preceptum procuratoribus earumdem
villarum presentibus & futuris, ut mensu-
ram holei prescriptam missis supradicte
congregationis vel successoribus ejus in
Arelato annis singulis dare studeant. Hec
quippe auctoritas ut nostris & futuris
temporibus , Domino protegente, valeat
inconvulsa manere , manu propria sub-
scripsimus , & anuli nostri impressione
signari jussimus.
Signum Hludovici serenissimi impera-
toris. Ego Durandus diaconus ad vicem
Frigidisi recognovi.
Data XIII kalendas apriles, anno Christo
propitio VII II imperii domni Hludovici
piissimi augusti , indictione XV. Actum
Aquisgrani palatio regio, in Dei nomine
féliciter. Amen.
Éd.orig.
t. I,
col. 60.
An
822
14 août.
Omnibus fidelibus sanctae Dei Ecclesiae
praesentibus scilicet & futuris notum sit,
quia Tructesindus venerabilis abba ex mo-
nasterio quod dicitur Aniana, in honore
Dei & salvatoris nostri Jesu Christi nec-
non & sanctae Mariae constructum, nos-
trae mansuetudini suggessit, qualiter Ar-
naldus comes in pago Bitterrense villam
de Cinciano & casale proprium ex com-
paratione & adquisitione adquisivit, &
ipse Arnaldus per suum wadium domno
Benedicto tradidit praedictas res praefati
monasterii Anianensis ; quo mortuo missi
nostri partibus nostris praedictas res re-
vocaverunt; petiit itaque praedictus abba
Benedictus clementiam nostram, ut ipsas
res de' jure nostro in ejusdem monasterii
ditione perpetualiter ad obtinendum tradi-
dissemus, quod ita & fecimus. Petiit itaque
nos Tructesindus abba, ut nostrum prae-
ceptum super hoc negotio fieri juberemus,
per quod nostris futurisque temporibus
ipse & successores sui per eum securius
& firmius eas possiderent. Cujus petitioni
assensum praebuimus & hoc nostrae auc-
toritatis praeceptum fieri decrevimus, per
quod decernimus atque jubemus, ut quid-
quid rerum suarum praedictus Arnaldus ad
praefatum monasterium Anianum praedo-
navit, fîrmum & inviolabile permaneat,
ita videlicet ut quidquid de ipsis vel in
ipsis rectores & ministri supra memorati
monasterii disponere atque ordinare vel
etiam facere pro utilitate ejusdem monas-
terii voluerint, absque uUius injusta con-
tradictione ordinent atque disponant, &
faciant quidquid utilitati praedicti monas-
terii congruere & convenire prospexerint.
Et ut haec auctoritatis nostrae praeceptio
fîrmior habeatur & per futura tempora
melius conservetur, anuli nostri impres-
62. — XLI sione subter eam signari jussimus.
Hirminmaris diaconus ad vicem Fridu-
Diplôme du même empereur, pour la gisi abbatis recognovi.
même ahbaye\ ^^^^ xviiii kalendas septembres, aniio
An
822
IN nomine Domini Dei & Salvatoris nos-
tri Jesu Christi. Hludovicus divina or-
dinante providentia imperator augustus.
Christo propitio Vllll imperii domni Hlu-
dovici piissimi augusti, indictione [XV]. Ac-
tum Carbonaco villa palatio regio, in Dei
nomine féliciter. Amen.
' Cartiilaire de l'abbaye d'Aniane, f" 26. —
V. Mabillon, Annales, t. i, p. 724.
145
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
146
An
823
juin.
ÉJ.orig.
t. I,
col. ()i.
63. — XLII
Donation faite à la cathédrale
d'Usés',
LOCUM sacrum sancti Theodoriti mar-
tyris Christi sedis principalis, qui est
aedificatus atque constructus in Ucecia aut ipsas reliquias qui in ipso loco com-
civitate, ubi Amelius gratia Dei episcopus positae sunt vel contra ipsos clericos qui
canonici Sancti Theodoriti investituras de
alias res. Alias vero res quae supra menio-
ravimus in ipso comitatu teneat germanus
meus Amelius episcopus ad usandum dura
vivit; postobitum vero ejus ipsae resSancto
Theodorito vel ejus servientes sine ulla
tarditate revertant. Et si aliquis homo aut
princcps aut tyrannica potestas sive lai-
cus sive foemina, qui contra ipsum altare
regere videtur. Ego igitur in Dei nomen
Raynaldus & uxor mea nomine Agilburgis,
unaque pro amore Dei vel aeternae vitae
retributionis & per remedium animae
meae & animabus genitori meo vel géni-
trice mea & germanos meos, donamus ad
ibidem quotidie serviunt aliquod moli-
men aut insidias excitare voluerit, extra
limina sanctae Dei Ecclesiae sit alienus
atque extraneus, & corpus & sanguinem
Domini nostri Jesu Christi non sit dignus
accipere, & si receperit eum, veniat illi in
ipsum locum jamdictum aliquid de pro- opprobrium & improperium , & a trecen-
prietate mea, qui mihi Kaynaldo partibus tis & octo patres qui fuerunt in Nicaeno
genitori meo vel génitrice mea legibiis ad- concilio fiât damnatus & excommunicatus
venerunt. Sunt hae res sitae in comitatu sicut Arius & alii haeretici qui Ecclesiam
Uzetico & in comitatu Agatense; in comi- Dei scindere conati sunt, & insuper fiât
tatu Uzetico in villa Jovolongo, in ipsa anathema maranata, quatenus omnes male-
villa vel ejus terminio, donamus quantum dictiones veteris & novi Testamenti super
ibidem habemus totum ab integrum in usu eum rcdundent; & in antea donatio ista
canonicorum; ea vero ratione dum uxor firma & stabilis permaneat. Facta carta ista
mea Agilburgis vivit usum & fructum ha- in mense junio, anno x régnante Ludo-
beat, post decessum vero ejus ipsas res vico imperatore. Signum Kainaldus & uxor
Sancto Theodorito vel ejus servientes sine sua Agilburgis, qui carta ista scribere &
ulla tardatione revertant. Et in comi- firmare rogaverunt manus illorum. Firmat
tatu Agatense cedimus ad ipsum praefa- Balduinus presbiter. Teudo presbiter. Ful-
tum locum villam quae vocant Cauchos cherius presbiter. Desiderius firmat. Odo
eum ipsa ecclesia Sancti Martini vel eum firmat. Ausbernus firmat. Ugo firmat. .
ipsa turre & eum omnibus pertincntiis suis
sive adjacentiis suis, id est vineis, campis,
cultis & incultis, molinariis, salinis, pisca-
toriis, hortis, oglatis, pratis, pascuis, silvis,
garricis, arboribus pomifcris & impomife-
ris, aquis aquarumve decursibus & eum
64.
omnibus appenditiis vel terminis earum , ^^'^ d'échange entre Anastase , abbé
de Conques, 6» Bertrand, vassal de
Vempereur.
vel quidquid mihi in ipso comitatu perti-
net. Ista omnia suprascripta cedimus atque
tradimus ad ipsum sacrum locum, ut nobis
pius Dominus in futuro saeculo per inter-
cessionem almi martyris Theodoriti vitam
aeternam tribuere dignetur : ea vero ra-
tione, ut post discessum meum ecclesiam
INCLITUS atque triumphator in solio
sancto elevatus Lodoicus, divina ordi-
nante gratia imperator augustus, eum ipse
potens Aquis palatii in aula regali omnia
An
823
An
8?3
sep-
tembre.
Sancti Martini eum ipso presbiteratu vel universaque lustraret & cunctorum au-
cum ipsas décimas in praesenti recipiant diendi causas peragraret rectaque judicia
terminos ponere, ad ejus regui consistendi
' Cartulaire de l'abbaye de S;iint-Guillem du
Dttsert.
' Baliize, Capitulariaj t. 2, c. 1424.
An
823
147
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
148
fortia cuncta occurrerent, ibique veniens
ex regione Aquitanicae Anastasius abba ex
monasterio Conchas loci Sancti Salvatoris
petens & postulans que necessitate coeno-
bii ad aures clementiae nobilissimi régis, ut
aliqua causa quae juxta cellula Sancti Sal-
vatoris in pago Arvernis est, in loco qui
dicitur Molini Piscini, mansellos illos qui
ipse Anastasius abbas ecclesiae Sanctae
Mariae Laudunense cum omni integritate
Bertranno tradidit vel consignavit. Sic in-
ter se domnus & piissimus rex confirmare
& ordinare decrevit, ut stabilem & invio-
labilem sine ullo impedimento obtineant
firmitatem. Facta concambiaria ista in
mense septembris & anno decimo regni
An
823
sunt in ipsa villa de ratione sanctae Mariae Lodoici gloriosissimi régis. Stabilis indig-
Laudunense, quae Bertrandus dominicus
vassus per regia potestate vel gubernatore
Sanctae Mariae in bénéficie habebat. Unde
ipse dominus imperator petitionis ipsius
abbati audiri non renuit, sed in omnibus
sicut sua fuit petitio excambiandi ita per-
misit ut fieret, & missum venerabilem
virum Stabilem episcopum dédit ut inter
Anastasium abbatem & Bertramnum con-
cambiare & confirmare debuisset, quod ita
& fecit. Dédit primo Bertramnus, jubente
domino imperatore una cum ipso supras-
cripto misso, ipsos mansos in Molini Pis-
cini de ratione Sanctae Mariae partibus
Sancti Salvatoris Anastasio abbate per illa
confinia, per Roca Cervaria seu per Roca
qui est super illa Carraria, unde per fonte
Castellaria, & per Roca quae dicitur de
Livas usque ad Ellenionem,& per EUenio-
nem usque ad illa Roca Cervaria, cum
ipso molinario & haec omnia intra ista
debonatione cum ceteris viveriis, pratis,
silvis & pascuis, omnia & ex omnibus,
totum & ab integrum cum omni supra-
posito, ipse Bertramnus cum ipso misso
de partibus domni régis ipsius Anastasio
abbate partibus ejusdem Sancti Salvatoris
Conchas monasterii tradiderunt vel consig-
naverunt. Et contra dédit Anastasius abba
de ratione monasterii in ipso pago Arver-
nis partibus Sanctae Mariae Laudunensi
& Bertranno misso Sanctae Mariae in villa
Sonate vineas & terras, hoc quod Leod-
bertus pater concessit & nos in ipsa die
visi fuimus possidere ab integrum, & in
alio loco in villa Anticiaco vineas duas
quae Sigibertus presbyter concessit, & in
alio loco in villa Perariense vinea quam
Bego presbyter concessit & alla quam
Abolemus concessit & alia vinea quam
Vitalis concessit, & in valle Ambianensi
vineala una quae Armafredus abbas con-
cessit, Haeç omnia superius conscripta
nus episcopus jubente domino Lodohico
imperatore signavit.*
65.
Acte d'échange entre le comte Leî-
bulfe, préposé à la garde des côtes
de la Médîterrannée j 6» Noton,-
archevêque d'Arles ' .
QuociESCUMQUE inite fuerint epistole
commutationis, tanta firmitate subsis-
tunt quanta legum racio emptionis vindi-
cionisque forma testantur. Ideoque in Dei
nomine per licentiam domni imperatoris in-
ter virum venerabilem Notonem archiepi-
scopum Arelatensem una per consensum
vel voluntatem universorum clerorum ip-
sius civitatis, & etiam illustrem virum
Leybulfum comitem ut de commutandas
res inter eos ab utrasque partes communis
in Dei nomine tractaretur utilitas. Sic do-
uât atque commutât vel in presenti tradit
Noto venerabilis archiepiscopus partibus
Leybulfo comité aliqua particula de ec-
clesiarum rébus Sancte Marie Sancti Ste-
phani vel Sancto Genesio in pago Arela-
tense, insula suburbana ipsius civitatis, que
de utrisque partes circumdatur a Rodanum
flumen, cum ecclesias duas que sunt in
honore sancti Andrée vel sancti Vincentii,
& domus ad habitandum très cum mansiun-
' Cartulaire de l'abbaye de Lérlns aux archives
des Alpes-Maritimes, f" ii3 v". [Copie du dix-
neuvième siècle; Bibliothèque nationale, fonds
des nouvelles acquisitions latines, n. i i 55, 1° 232.]
— Cet acte d'échange, resté inédit, est celui qui est
visé par le diplôme de Louis le Débonnaire du
3 janvier 820. (Voir col. i52.)
An
824
7 no-
vembre.
An
824
149
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
100
culas modicas totidem très, & de vineis mo-
diatas xii, de prato modiatas Vi, de orto
modiata i, cum arboribus pomiferis & in-
pomiferis qui inter insula sunt, de terra
culta & inculta modiatas xi; & in loco qui
vocatur Rubinas dat jamdictus episcopus
ad supranominatum Leybulfum comitem
casas VIII, ortos il, de vinea modiatas iiii,
& in latere ipsa vinea de duas partes in
terra Sancti Cesarii & de alia parte in vi-
desindam, ab alio fronte Theufredo & he-
redes Marfidus, de uno fronte Faraldus &
de alio fronte Lonam ; illa autem domus
cum curte & orto habent consortes ab uno
latere & uno fronte via [que] dicurrit ad
ecclesiam Sancti Pétri, ab alio. latere Lona
prescripta, ab alio fronte Tresarica. Simili-
ter donat infra ipso agro Argentea ad ipsas
ecclesias in villa quae dicitur Rausennesa
casas II, de orto modiata i, inter consortes
nea Limari & de quarta parte subjungitur ab uno latere Anestasia, ab alio latere Mar-
in amnem Rodanum 5 similiter donat atque
jure perpetuo tradit de res ecclesiarum
jamdicîarum infra ipso pago in loco qui
vocatur Ferroniano mansiones v, ortos i,
de terra culta & inculta modiatas CCLXX;
& habet ipsa terra consortes de uno latere
terra Sancti Cesarii vel Sanctae Eulalie, de
altero latere terra Sancti Genesii, de uno
fronte Rodanum flumen, de alio fronte
paludem ; eo namque modo dat pre-
scriptus Noto archiepiscopus ad sepenomi-
natum Leybulfum comitem in territorio
ipsius civitatis in Campo Lapideo pascuam
de jamdictas ecclesias qui dicitur Pinnano,
ubi & puteus aque defossus esse dinos-
citur. Hec autem per licenciam domni
imperatoris Ludovici sicut suprascriptum
est Noto venerabilis arcbiepiscopus de ec-
clesiarum rébus per commutationem pro-
prietario jure partibus Leybulfo presentia-
liter tradit, ut perpetualiter ad proprio
sibi valeat vindicare & quicquid exinde
egeret facere vel judicare voluerit, sit illa
plenissima inviolabilisque potestas. Eo
presenti die & tempore hec contradat ad
vicem atque commutât vel in presenti tra-
dat Leybulfus comes partibus ecclesiarum
Sancte Marie Sancti Stephani vel Sancti Ge-
nesii, ad Notonem archiepiscopum harum
ecclesiarum, in pago Arelatense infra agro
tino, ab uno fronte Adalsendo & de alio
fronte via publica. Hinibi dat il vineas &
illa vinea est inter consortes, ab uno latere
Dominico, ab alio latere & uno fronte
Anastasia & ab alio fronte Martino; & illa
altéra vinea est inter consortes, de uno
latere Sperandeo & Juliano, ab altero la-
tere Adroaldo, de uno fronte Plitgarda, de
alio fronte via publica. Iterum inibi dat
Leybulfus comes ad prescriptas ecclesias
in villa que dicitur Gelatiatem casas ii &
vineas II, & ipsas casas cum unam ex illis
vineis est inter consortes ab utrasque par-
tes Emeringas ad Alsenda, & illa alia vinea
habet consortes ab uno latere Armantium,
ab alio latere Genesidum, ab uno fronte
terra Sancti Martini & ab alio fronte Gri-
maldo. Et in villa que dicitur Occisione
donat Leybulfus casas II cum ortis II inter
consortes ab uno latere & uno fronte Rot-
fredo, ab alio latere Herchival & ab alio
fronte viam publicam. Et similiter infra
Argentea donat atque tradit sepenomina-
tus Leybulfus ad partes supradictas casis
de terra laborativa inter tria loca qui vo-
cantur Gaugiaco, Inebericus& Occasionem
modiatas CCCC; & illa terra ad Gaugiaco est
inter consortes ab uno latere Anestasio &
suos heredes, ab alio latere meipsum dona-
torem & terra Absentorem, ab uno fronte
Argentea res proprias juris in eadem villa, via publica & ab alio fronte aqueductum
in campo publico ecclesias cum altares
in que sunt in honore sancte Marie vel
sancti Pétri necnon sancti Juliani cum se-
cretario & cellas II, cum curte & orto,
arboribus pomiferis, de vinea ipsius ec-
clesie modiatas XV, de terra laborativa mo-
diatas LX; & in ipsa villa in campo publico
dat Leybulfus domos duos cum curtes &
ortos II, & in illa unam casam cum curte &
ortos j habent consortes de uno latere Gon-
qui Penitentia nominatur; & illa alia terra
qui est Inebericus habet consortes ab uno
latere Rotfredo & Ansoaldo, ab alio latere
via que decurrit ad illa palude, ab uno
fronte terra Absentor & ab alio fronte est
via publica ; & illa terra ad Occasionem est
inter consortes ab uno latere Anestasio, ab
alio latere via descurrente, ab uno fronte
terra Sancti Genesii & ab alio fronte terra
Sanctae Mariae Uceticej & de ipsa terra
An
8z4
An
824
i5i
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
l52
sunt de prato modiatas XV. Et pro illo pas-
cuo supranominato predictus Leybulfus ad
jamdictas ecclesias insuper dictas in villa
Campo Publico de vinea modiatas viii inter
consortes ab uno latere vinea jamdicte Diplôme de Louis le Débonnaire en
66.
XLIII
ecclesie Sancti Pétri, ab alio latere Gon-
desindam, ab uno fronte meipsum donato-
rem & heredes Doda, ab alio fronte Martha
& heredes Martini vel ea agro commune
hac si qui alii sunt consortes. Sic taliter
hec omnia suprascripta Leybulfus jam-
dicto Notoni archiepiscopo per commuta-
tionem ad partes jamdictas duas presentia-
liter donavit atque tradidit perpétue jure
ad habendum vel possidendum. Hune des-
faveur de Leihulfe, comte d' Arles \
I
N nomine Domini Dei & Salvatoris nos-
tri Jesu Christi. Hludovicus divina or-
dinante providentia imperator augustus.
Si enim ea que fidèles imperii nostri pro
eorum opportunitatibus inter se commuta-
runt nostris coufirmamus edictis, imperia-
lem exercemus consuetudinem & hoc in
postmodum jure firmissimo mansurum esse
Éd.orij'.
t. 1,
col. 61.
An
82.5
3 jan-
vier.
pondent atque promittunt inter se ambae volumus. Idcirco noverit omnium fidelium
partes, ut non ipsi non heredes nec suc-
cessores eorum, qui contra bas partes com-
mutationes ambulare nec refrangere de-
beant. Et si qua pars hoc agere conaverit,
sit pars qui neglexerit parte custodiendi
culpabilis & impleturus in vinculo pêne
numerum auri libras IIII & in antea hec
présentes commutationes eorum omnique
tempore debeat perdurare firmiter. Unde
duae commutationes uno tenore conscrip-
nostrorum presentium scilicet & futurorum
industria, quia vir inluster Leibulfus cornes
per Hilduinum archicapellanum nostrum
nobis suggessit, ut liceret ei de quibusdam
rébus proprietatis sue commutationem fa-
cere cum rébus episcopatus Arelatensis ex
beneficio videlicet suo. Nos itaque jussi-
mus per nostras litteras Notoni Arelatensi
archiepiscopo utrasque res perspiceret, &
si congruum atque utilissimum ambabus
Éd.orig.
t. 1,
col. 62.
tas, ab ipsis vero subterroboratas & tes- partibus esset, licentiam haberent inter se
tibus asse rogitis subtuscriptas vel firmatas,
sibi ab utrasque partes in invicem mani-
bus tradiderunt atque commutaverunt ad
perpetuum, stabilitatem in Dei nomine
perdurandum una cum stipulatione & spon-
sione interposita pro omni firmitate sub-
nixa. Factas commutationes Arelato civitate
publiée, sub die Vii idus novembres, anno
XI imperante domno nostro Ludovico. Et
quod superius intimare debueramus, illas
vineas in Raunehsa & Ingelationes sunt
modiatas x. Noto licet indignus tamen
episcopus banc commutationem consensi
& subscripsi. Otoinus clericus consensi &
subscripsi. Léo dinconus consensi, & Dadila
rogatus. Gotus diaconus consensi. Galber-
commutandi & cartulam sicut moris est
inter se faciendi. Veniens itaque predictus
vir reverentissimus Noto archiepiscopus
in presentiam nostram dixit se commuta-
tionem prae manibus habere, & adserens
predictani commutationem congruam &
utilissimam esse, obsecrans tam ex parte
sua quam ex predicti Leibulfi ut super
easdem commutationes nostrum fieri decer-
neremus preceptum. Cujus petitioni ad-
sensum prebentes, jussimus ita fieri sicut
ipsi obsecrabant. Continebatur enim in eis
commutationibus, quod predictus Noto ar-
chiepiscopus, una per consensum & volun-
tatem canonicorum suorum, dedisset ex
rébus episcopatus sui de beneficio vide-
tus rogatus. Signum Eriuno teste. Rotfre- licet predicti Leibulfi eidem Leibulfo ad
dus testis. Rotardo testis. Emo testis. Seu- suum proprium ad habendum, aliquas res
fredus testis. Stephanus tastis. Ebrardus de ratione Sancte Marie & Sancti Stephani
testis. vel Sancti Genesii, in pago ipso Arelatensi
insulam suburbanam ipsius civitatis que de
utrisque partibus circumdatur a Rodano
flumine cum ecclesiis duabus, & domos
' Cartulaire de l'abbays d'Aniant;, f" 2j v".
An
8x5
i53
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
i54
ad habitandum très & aliis mansiunculis
tribus, & de vinea modiatas Xii, de prato
modiatas VI, de horto modiata una, de terra
culta & inculta modiatas quadraginta; &
in loco qui vocatur Rubinas casas viii,
hortos duos, vinea modiatas llll; & in loco
qui vocatur Feironiaiius mansiones V, hor-
tum unum, de terra modiatas CCLXX; & in
territorio ipsius civitatis inCampo Lapideo
pascua de supradictis ecclesiis qui dicitur
Pinianus, ubi puteus aque defossus esse
dinoscitur, solidatas XII cum terminis &
parti, deinceps per hanc nostram auctorita-
tem jure firmissimo toneat atque possideat,
ut quicquid exinde facere voluerit, libero
in omnibus perfruatur arbitrio faciendi
quicquid elegerit. Et ut hec auctoritas fir-
mior habeatur & per futura tempora me-
lius conservetur, de anulo nostro subter
jussimus sigillari.
Durandus diaconus ad vicem Fridegisi
recognovi.
Data III nonas januarias, anno Christo
propicio XI imperii domni Hludovici piis-
An
825
L'd.orig.
col". 63.
laterationibus, sicut earum in prescriptis simi augusti, indictione m. Actum Aquis-
grani palatio regio, in Dei nomine félici-
ter. Amen.
commutationibus continetur. Et econtra
in compensatione harum rerum dédit pre-
dictus Leibulfus cornes partibus supradic-
tarum ecclesiarum Sancte Marie & Sancti
Stepbani & Sancti Genesii, ex rébus pro-
prietatis sue que sunt infra agrum qui
vocatur Argenteo, in villa campo publico
ecclesiam cum altaribus tribus que sunt in Diplôme de Louis le Débonnaire en
67.
honore sancte Marie & sancti Pétri &
sancti Johannis, cum secretario & cellas
duas, cum curte & horto & arboribus, &
de vinea .modiatas quindecim , de terra
modiatas arabili LX, etiam in ipsa villa
domos duas cum curtibus & hortis, & in
villa que dicitur Raimessa, & in villa que
dicitur Salatiano casas IIII, vineas Ilii, &
de horto modiatam unam, & de alia vinea
modiatas decem ; & in villa Occisianus
casas duas, ortis duabus; & in villis que
vocantur Gaugiacus, Euricus & Occisia-
nus, & in villa Campo-Publico de terra
modiatas CCCC, de vinea modiatas Viii cum
terminis & laterationibus eorum, quemad-
modum in eisdem commutationibus conti-
netur. Unde & duas commutationes, sicut
superius comprehensum est, pari tenore
conscriptas manibusque bonorum homi-
num roboratas prefatus Noto archiepisco-
pus pre manibus se habere professus est;
set pro intégra firmitate petierunt celsitu-
dini nostre, ut ipsas commutationes denuo
per nostrum mansuetudinis preceptum plc-
nius in Dei nomine confirmare deberemus.
faveur de Saint-Julien de Brioude\
I
N nomine Domini Salvatoris nostri Jesu
Christi. Ludovicus divina ordinante pro-
videntia imperator augustus. Notum esse
volumus cunctis fidelibus sanctae Dei Ec-
clesiae & nostris seu etiam Deo dispen-
sante successoribus, quia postquam comita-
tum Brivatensem fideli nostro Berengario
illustri comiti concessimus, ille ingenio
quovaluit quamdam ecclesiam ubi sanctus
Julianus martyr corpore requiescit, quae
est constructa in vico Brivatensi non pro-
cul a Castro Victoriaco & a Sarracenis de-
structa & igné combusta erat, ad pristinum
statum reduxit, & in eadem ecclesia con-
stituit trigenta quatuor canonicos, & in
Castro praedicto Victoriaco quod similiter
reaedificavit vigenti, ut juxta canonicum
ordinem Domino militarent & canonice vi-
verent, quibus dédit rex ex beneficio suo,
scilicetde rébus praedictae ecclesiae Sancti
Juliani, mansos centum unde eorum néces-
sitâtes fulcirent & substentationem habe-
rent, videlicet praedictis clericis in com-
Quorum petitionibus denegare noluimus, mune sexaginta & abbati quem ipsi pariter
set sicut unicuique fidelium nostrorum
juste petentium ita nos illis concessisse
atque in omnibus confirmasse cognoscite.
Precipientes ergo jubemus, ut quicquid
pars juste & rationabiliter alteri contulit
super se elegerunt mansos quadraginta.
Precibus quibus valuit idem Berengarius
fidelis cornes nostram exoravit clementiam,
' Cartul. de Saint-Julien de Brioiide, chatte 229.
An
825
4 juia.
An
825
i55
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
i56
ut per nostrorum auctoritatem constitue- canonicos Sancti Juliani martyris, mansos
remus qualiter praedictos centum mansos & terras quae sunt in patria Vellavensi in
nullus exinde abstrahere praesumeret, & aice qui dicitur Chalmes-Ellarias, villam
ut abbatem super se canonici in praedictis quae nominatur Salegias cum araturis sex,
locis constituti inter se eligendi licentiam & in patria Arvernica in aice Cheiracenci
haberent & ipse abbas vel congregatio ejus villam cujus vocabulum est Charaisago cum
sub nuUius ditione fuissent, & nemini cui- araturis quatuor, inter se concambiare de-
libet obsequium pro praedictis rébus fecis-
sent nisi tantum ad partem régis annua-
tum caballum unum cum scuto & lancea
praesentassent, & in postmodum ab omni
exactione vel de functione publica aut
privata immunes & liberi essent. Cujus
berent, quod ita & fecerunt. Dédit autem
Wigo partibus Sancti Juliani & ipsius ca-
nonicorum villam qui dicitur Salegias cum
mansis, terris & omnibus ejus pertinentiis,
campis, pratis, pascuis, sylvis, aquis aqua-
rumque decursibus, cultum & incultum.
deprecationi quia justa & rationabilis no- quaesitum vel quidquid inquirendum est,
bis visa est aurem accommodare placuit &
hos nostros imperiosos apices fieri, per
quos decernimus atque jubemus, ut quem-
admodum praedictus Berengarius de supra-
scriptis locis & abbate atque canonicis vel
rébus ibidem concessit constituât atque
perordinavit & a nobis confirmari postu-
lavit vel quemadmodum superius dictum
est, ita deinceps nostris futurisque tempo-
omnia & ex omnibus, quantumcumque ad
ipsam villam aspicit vel aspicere videtur,
totum & ad integrum concambiavit Wigo
cum supradictis Berengario, Ferreolo, nec-
non & caeteris canonicis Sancti Juliani.
Praedicti autem Ferreolus , Berengarius
necnon & reliqui canonici Sancti Juliani
dederunt partibus Wigonis villam praedic-
tam scilicet Charaisago, cum mansis &
ribus Domino auxiliante fixum ac stabile aedificiis, exiis, adjacentiis, campis, pra-
permaneat. Sed & hoc nobis inserere pla- tis, pascuis, sylvis, aquis aquarumque de-
cuit, ut quidquid abhinc futurum in prae- cursibus & quantumcumque ad ipsam vil-
dictis locis divina pietas per nos aut suc- lam aspicit & aspicere videtur, totum & ad
cessores nostros vel per quoslibet liberos integrum concambiant cum ipso Wigone.
&Deum timentes homines concessum atque Et talis placuit eis voluntas ad ista con-
distributum fuerit, sub eadem conditione cambia, ut unusquisque de rébus supra-
sicut superius dictum est consistât. Et ut dictis faciat quod voluerit jure proprio
hanc authoritatis nostrae praeceptionem sine ullo contradicente, sed praesens a
atque confirmationem per futura tempora nobis factum concambium firmum & sta-
inviolabilem atque inconvulsam videamus bile permaneat stipulatione subnixum.
obtinere firmitatem, nostro annulo subter Facto concambio isto in mense octobri,
jussimus sigillari. anno undecimo régnante domino nostro
Data cessio ista secundo nonas junii, Pipino rege. Signato Emenardo. Signato
anno duodecimo imperii Ludovic! serenis- Magnerio. Signato Winerando.
simi augusti, indictione tertia.
An
825
An
825
68.
Acte à' échange concernant le comte
Bérenger^ .
LACUIT atque convenit inter viros
llustres Wigonem, Berengarium co-
octobre. mitem , Ferreolum abbatem & reliquos
Pi
69.
Diplôme de Louis le Débonnaire pour
le monastère de Saint-Hilaire' .
IN nomine Domini Dei & Salvatoris nostri
Jesu Christi. Ludovicus divina ordinante
providentia imperator augustus. Si erga
loca divinis cultibus mancipata propter
' Cartulaire de Saint-Julien de Brioude, n. 341, ' Baluze, Capitulana^ t. 2, c. 1409.
Vers
825
■%-
Vers
825
i57
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
i58
amorem Dei ejusque in eisdem locis sibi
famulantes bénéficia opportuna largimur,
praemium nobis apud Dominum aeternae
remunerationis rependi non diffidimus.
Idcirco noverit sagacitas seu utilitas om-
nium fidelium nostrorum tam praesentium
quam & futurorum,quoniam virvenerabilis
Monellus abba ex monasterio Sancti Hila-
rii, quod est situm in pago Carcassonense
super rivum qui dicitur Leuchus, construc-
tum in honore sancti Saturnini martyris,
ubi etiam praedictus sanctus Hilarius con-
fesser corpore requiescit, ad nostram acce-
dens clementiam, detulit obtutibus nostris
quandam authoritatem domini & genitoris
nostri Karoli bonae memoriae piissimi au-
gusti, in qua continebatur insertum qua-
liter idem genitor noster ipsuni monaste-
rium ad deprecationem praedecessoris sui
Nampionis abbatis sub suo suscepisset mun-
deburdo vel defensione, videlicet ut mo-
nachi in eodem monasterio commorantes
cum omnibus rébus eorum quiète vivere
absque alicujus infestatione licuisset. Pro
firmitatis namque studio postulavit nobis
praedictus Monellus abba, ut eumdem mo-
nasterium cum cellulis sibi subjectis, quae
nuncupatur Garelianus & alia quae nun-
cupatur Sancti Martini & villa juxta ipsum
monasterium quae vocatur Salas, ubi est
ecclesia constructa in honore sanctae Ma-
riae semper virginis, quam & nos eidem
monasterio concessimus, cum adjacentiis
vel terminiis predictorum locorum sub
nostra constitueremus defensione & immu-
nitatis tuitione. Cujus precibus ob amorem
Dei & reverentiam divini cultus libenter
aurem accommodare placuit & hoc nostrae
authoritatis praeceptum immunitatis, at-
que jubemus ut nullus judex publicus, vel
quilibet ex judiciaria potestate in ecclesias
aut loca vel agros seu reliquas possessio-
nes praedicti monasterii quas moderno
tempore juste [&] rationabiliterpossidetvel
quae etiam deinceps in jure ipsius sancti
loci voluerit divina pietas augeri, ad cau-
sas audiendas vel freda exigenda aut man-
siones vel paratas faciendas aut fidejussores
toUendos aut homines ipsius monasterii
tam ingenuos quam & servos super ipsius
terram commanentes injuste distringendos,
nec ullas redibitiones aut illicitas occasio-
nes requirendas nostris & futuris 4empo-
ribus ingredi audeat, vel ea quae supra
memorata sunt penitus exigere praesumat,
& quidquid de rébus praefati monasterii fis-
cus sperare poterit, totum nos pro aeterna
remuneratione praefato monasterio con-
cedimus, ut in alimonia pauperum & sti-
pendia monachorum ibidem Deo famulan-
tium perpetuo proficiat in augmentum. Et
quandoquidem divina vocatione supradic-
tus abba vel successores ejus de hac luce
migraverint, quandiu ipsi monachi inter
se taies invenire potuerint qui ipsam con-
gregationem secundum regulam sancti Be-
nedicti regere valeant, per hanc nostram
auctoritatem & consensum licentiam ha-
beant eligendi abbates, quatenus ipsos
monachos qui ibidem Deo famulantur pro
nobis & conjuge proleque nostra atque
stabilitate totius imperii nostri a Deo nobis
concessi ejusque clementissima misera-
tione per immensum conservandi Domini
immensam clementiam jugiter exorare de-
lectet. Hanc itaque auctoritatem, ut plenio-
rem in Dei nomine obtineat vigorem & a
fidelibus sanctae Dei Ecclesiae & nostris
verius credatur & diligentius observetur,
manu propria subterfirmavimus & anuli
nostri impressione signari jussimus.
70.
Diplôme de Louis le Débonnaire pour
le monastère de Sorède'.
IN nomine Domini Dei & Salvatoris nostri
Jesu Christi. Ludovicus divina ordi-
nante providentia imperator augustus.
Notum esse volumus cunctis fidelibus sanc-
tae Dei Ecclesiae & nostris praesentibus
scilicet & futuris, qualitervir inlusterGau-
celinus comes ad nostram accedens clemen-
tiam innotuit celsitudini nostrae, qualiter
quidam abba nomine Miro quondam in
territorio Helenense super fluvium Taci-
dum in quodam loco in honore sancti
Andreae monasterium aedificasset & mo-
nachos secundum regulam sancti Benedicti
' Marca Hispanica, Appendix, c. llllt
Veri
825
Vert
825
Vers
825
iSç
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
160
in eodem monasterio vivere constituisset ;
eoque rébus humanis exempte, Sisegurus
abbas in suo & loco & monasterio subro-
gatus fuisset; deprecatusque est nos idem
& ordinare valeant, licentiam habeant ex
se ipsis eligendi abbates. Et«ut haec nos-
trae autoritatis litterae ab omnibus verius
credantur & diligentius conserventur, de
71
XLIV
vir inluster Gaucelinus comes ut praedic- anulo nostro subter eas praecepimus sig-
tum Sisegurum abbatem una cum monachis nari.
suis & praedictum monasterium suum cum
omnibus cellulis ad eum pertinentibus in ~~
supradicto pago Helenense, unam videlicet
in honore sancti Martini sitam, in qua pri-
mitus idem abbas cum monachis habitare
coepit, ipsamque vallem cum praefata cel-
lula & cum omni integritate sua concedere-
mus, necnon & aliam cellulam in honore
sancti Vincentii constructam, seu & villare
quod dicitur Garrericis cum ipsis fiscalibus
terris vel etiam cum rébus vel adjacentiis
quas praesenti tempore in praedicta loca
juste & legaliter tenere & possidere viden-
tur, in nostra eleemosina sub tuitione &
defensione nostra consistere fecissemus,
quemadmodum alia monasteria infra Sep-
timaniam consistere videntur. Cujus de-
precationi assensum praebentes, ita nos
fecisse omnium fidelium nostrorum cog-
noscat industria. Propterea bas nostrae
auctoritatis litteras firmitatis gratia fieri
& ei dare jussimus, per quas praecipimus
atque jubemus ut nullus judex publicus
aut quislibet ex judiciaria potestate in ec-
clesias aut loca vel agros seu reliquas pos-
sessiones praedicti monasterii & cellulas
superius nominatas vel quae deinceps in
jure ipsius loci divina pietas augeri volue-
rit, judiciario more ad causas audiendas
vel freda exigenda aut mansiones vel pa-
rafas exigendas aut ullas redibitiones vel
illicitas occasiones requirendas ingredi
audeat vel ea quae supramemorata sunt
exigere praesumat, sed liceat praedicto ab-
denominatis per cartulam traditionis nobis
bâti ejusque successoribus absque ullius ad proprium tradidit, sicut in ipsa tradi-
injusta inquietudine cum omnibus rébus tione plenius constat esse gestum ; simul
ad se juste & legaliter praesenti tempore nostram deposcens serenitatem, ut opus,
pertinentibus quiète vivere ac residere, & quod ipse devotissime ad sanctam profes-
pro nobis conjuge proleque nostra atque sionem observandam inchoaverat Deoque
pro stabilitate totius imperii nostri una cum
monachis eorum Domini misericordiam ju-
giter exorare. Et quandocumque divina
vocatione memoratus abbas ejusque suc-
cessores de hac luce migraverint, quandiu
inter se taies invenire potuerint qui eos
secundum regulam sancti Benedicti regere
voverat & nobis perpetuo ad habendum
tradiderat, per nostram providentiam at-
que auctoritatem ad hoc conservaretur, ut
idem ordo eodem in loco pro nostra aeterna
' Archives de l'abbaye de Saint-Chinian. —
Mabillon, Annales, t. 1, p. 724.
Vers
825
t. 1,
col. 64.
An
826
i«>- août.
Fondation de Vabhaye de Saint-
Chinian '.
IN nomine Domini Dei & Salvatoris nostri Éd.ori
Jesu Christi. Hludovicus & Hlotarius
divina ordinante providentia imperatores
augusti. Si erga loca divinis cultibus
mancipata propter amorem Dei eique in
eisdem locis famulantibus bénéficia op-
portuna largimur, praemium nobis apud
Dominum aeternae remunerationis rependi
non diffidimus. Idcirco notum sit cunctis
fidfilibus sanctae Dei Ecclesiae & nostris
praesentibus scilicet & futuris, qualiter
Durandus abba in Septimania, in pago vi-
delicet Narbonensi, in villa quae dicitur
Vernodubrus, in proprio quod ei libera-
litate munificentiae nostrae contulimus,
monasterium ex nostro opère in honore
& veneratione beatissimi Aniani confes-
sons Christi, in loco qui dicitur Holatia-
nus inchoavit, monachos perplures con-
gregavit, abbatem eis nomine Woicam
praefecit, & per testamentum confirma-
tionis suae quasdam res & mancipia ibidem
delegavit, necnon libros & ministeria ec-
clesiae variamque suppellectilem tribuit,
& cum his omnibus eorum ac ceteris rébus
An
826
161
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
162
memoria atque eleemosyna perpetualiter
observaretur. Cujus donum gratanter sus-
cipimus & ejus petitioni libenter annui-
mus, atque per hanc nostram auctoritatem
sicut postulavit concessimus atque confir-
mamus. Proinde notum esse volumus om-
nibus vobis, quod praedictum nionasterium
cuni omnibus locis, villis, insulis, piscato-
riis, vel iis quae ad ipsum adspicere cer-
nuntur, cum omnibus etiam finibus, ter-
minis & adjacentiis eorum, cum mancipiis
ac ceteris rébus, quemadmodum in chartula
donationis, quam nobis contulit, plenius
continentur, ideo ut sancta professio ibi-
dem perpetualiter in nostra eleemosyna
conservari queat, devotissime contulimus,
ut omnia quaecumque praesenti tempore
possidere videntur vel ad eum adspicere
dignoscitur, quod in antea divino instinctu
aut a nobis aut a successoribus nostris
vel a quibusdam fidelibus sanctae Dei
Ecclesiae illis collatum fuerit, totum in
servorum Dei inibi Domino militantium
necessitatibus consulendum & pauperum
curam gerendum, propter divinum amo-
rem & honorem, Deo miserante, pro ablu-
Éd.orig. tione peccatorum nostrorum omni cedat
coi. 65. tempore. Sed ut quietius ibidem viri Dei
Domino famulari possint & a malis homi-
nibus res ejusdem coenobii sicut alia vel
nostrae proprietatis defendantur & tueri
queant, hanc nostram imperialem auctori-
tatem hujus rei gratia fieri jussimus, ut
omnes sub nostra etiam speciali defensione
& immunitatis tuitione consistere non du-
bitent. Praecipientes ergo inhibemus, ut
nullus judex publicus vel cjuislibet ex
judiciaria potestate aut quaelibet majoris
vel minoris ordinis persona ad causas ju-
diciario more audiendas in ecclesias, aut
loca, vel villas, seu reliquas possessiones,
quas in quibusdam pagis ac territoriis
praedictis tenet vel possidet monasterium,
aliasque, quas deinceps in jus ipsius sancti
loci divina pietas augeri voluerit, ingredi
praesumat, nec fieri tributa, vel paratas
seu mansiones accipere, sive teloneum
exigere, aut fidejussores tollere, vel homi-
nes ipsius coenobii tam ingenuos quam
servos super terram ipsius commanentes
distringere, nec ullas publicas fruitiones
seu redhibitiones vel illicitas occasiones
requirere aut exactare audcat : sed liceat
memorato abbati suisque successoribus res
praefati monasterii cum omnibus sibi sub-
jectis sub tuitionis atque immunitatis nos-
trae defensione, remota totius judiciariae
potestatis inquietudine, quietaordine pos-
sidere j & quidquid in eo fiscus exinde
exigere poterat aut sperare, tantum in fra-
trum stipendiis & in luminaribus ejusdem
ecclesiae consignandis atque pauperibus
alendis, sicut dictum est, cédât. Consti-
tuimus etiam, ut quandocumque divinu
vocatione memoratus abbas vel successores
ejus ab hac luce migraverint, licentiam
habeant monachi ibidem consistentés ta-
lem inter se per nostrum successorumque
nostrorum consensum eligere abbatem, qui
eis secundum regulam sancti Benedicti
praeesse & prodesse queat, quatenus ser-
vos Dei ibidem Domino famulautes pro
nobis proleque nostra ac stabilitate totius
imperii nostri Domini misericordiam exo-
rare delectet. Illud etiam per nostram
auctoritatem concedimus & confirmamus
atque nostros successores rogamus, ut hoc
monasterium sub sua speciali tuitione re-
tineant, & neque ad episcopum neque ad
aliud monasterium uUo unquam tempore
ab illis subjiciatur aut in beneficium cui-
libet tribuatur, sed solummodo in jure &
tuitione illorum pro omnibus temporibus
ad monasticum ordinem observandum per-
sistât, sicque hoc nostrum donationis opus
immobiliter conservent, sicut pacta sua a
suis successoribus conservanda optaverint.
Haec vero auctoritas ut pleniorem in Dei
nomine obtineat vigorem, manibus propriis
subterfirmavimus & anuli nostri impres-
sione signari jussimus.
Signum Hludovici piissimi imperatoris.
Signum Hlotharii gloriosissimi augusti.
Hirminmaris notarius ad vicem Frigi-
dusi recognovi.
Data kalendas augusti, anno Christo pro-
pitioxiii imperii domni Hludovici piissimi
augusti & Hlotharii IV, indictione IIII.
Actum Carisiaco palatio regio, in Dei no-
mine féliciter. Amen.
An
826
II.
i63
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
164
An
826
19 dé-
cembre.
72.
Acte de reconnaissance de plusieurs
habitants du territoire de Caunes,
qui déclarent tenir leurs biens en
bénéfice de Vabbé de Caunes\
RECOGNOSCIMUS nos homines qui habi-
tamus in villas Combalito & Castania-
rias, qui subterscripturi vel signum facturi
sunt, id est Maurinus, Bladimus, More-
rius, Ermenaldus, Leominus, Lunipertus,
Sauscerius, Urianius, Manas, Saorerius,
Gumbertus, Manianus , Servatus, Marti-
nuSjTructebertus, Melusarius, Gundaldus,
Lumpertus, Feraldus, Saturelhis, Berte-
rivus vel alii pares nostri qui subter signa
facturi sunt, in praesentia bonorum homi-
num qui ibi aderant, id est Musuedo, Pan-
taleo, Salomone, Eldogas, Bladiri, Mun-
nello, Langobardo, Datame vel aliorum
multorum bominum qui ibi aderant; recog-
noscimus quia sumus babentes villas ubi
nos habitamus cum omne illorum terminioj
per beneficium boc habuimus de domno
johanne abbate & fraternitate ipsius mo-
nasterii sanctorum apostoloruni Pétri &
Pauli, qui dicitur Caunas, quem domi-
nus Karolus quondam imperator vel filius
ejus dominus noster Ludovicus per suas
litteras ad ipso jamdicto perdonavit mo-
nasterio, usque in praesentem diem & ea
quae recognoscimus veritate, ut superius
in praesentia supra dictorum bonorum bo-
minum. Facta recognitione ista sub die
décima quarta kalendas januarii , anno
decimo tertio imperii serenissimi domini
Ludovici imperatoris. Signum Murmello.
Signum Bladino. Signum Lumperto. Sig-
num Ermenaldo. Signum Leomino. Sig-
num Sauscerio. Signum Urciscino. Signum
Sinpraniano. Signum Secopesto. Signum
Lamperto. Signum Mancionedeo. Signum
Servato. Signum Martino. Signum Iructe-
berio. Signum Melazario. Signum Gun-
' Archives de Cannes. — Copie dans la collec-
tion Doat, à la Bibliothèque nationale, vol. 58,
f" 228.
daldo. Signum Lamperto. Signum Sesaldo.
Signum Justosiori Signum Eldegiso.
Signum Mariallo Signum Luboberto.
Signum Jordano. Signum Astiario. Signum
Donoro. Signum Wbliaras. Signum Ma-
cello Signum Donato. Signum Joan-
nario major qui banc recognitionem
scripsi die & anno quo supra.
73. — XLV
Charte de Pépin /, roi d'Aquitainey
donnée à la prière d'Oliba, comte
de Carcassonne y en faveur du mo-
nastère de la Grasse^,
PIPPINUS' gratia Dei rex Aquitanorum.
Si petitionibus servorum Dei divini
cultus amore aurem libenter accomoda-
mus, id nobis profuturum ad anime nos-
trae salutem consequendam non ambigi-
mus. Igitur notum esse volumus cunctis
fidelibus sanctae Dei Ecclesiae nostrisque
tam praesentibus quam & futuris, quia vir
venerabilis Agilis abba ex cenobio Sanclae
Mariae, quod est constructum infra Car-
casensem pagum super fluvium Orobii, una
cum Oliba nos deprecatus est, ut villa-
rem quam ex conlatione idem Olibae no-
mine Musagellum necnon & in Musiaci
villa domos & terras idem abba habere vi-
detur, fîrmitatis gratiam, quatenus plenius
possiderent, facere juberemus. Cujus de-
precationem', ob amorem Dei & veneratio-
nem ipsius sancti loci, adsensum preben-
tes, cartulam confirmationis ei fieri libuit,
per quam obnixe precipimus, ut memora-
tum villarem cum jamdictis domibus & ter-
ris idem abba vel rector ejusdem cenobii
demum semper absque alicujus controver-
sia habere valeant. Et quicquid fiscus nos-
' Original, bibliothèque du roi ; Baluze, Char-
tes des rois, n. 3. (Aujourd'hui latin SSSy, n" 4;
le même volume, sous le n° 5, renferme une copie
fort exacte du même diplôme exécutée au douzième
siècle.) [A. M.]
' La suscription dans le diplôme original est
précédée d'une invocation tachygraphique.
An
826
Éd. crie,
t. I,
col 66.
An
827
27 sep-
tembre.
An
827
i65
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
166
An
828
tris in partibus aut comiti ipsius pagi com-
moranti sperare potuerit, totum in nostra
aelemosina vel ob petitionem ipsius Oli-
bae degentibus in eodem monasterio con-
cedimus ad habendum, ut in alimonia pau-
peruni & stipendia servorum Dei ibidem
Deo famulantium proficiat in augmentis.
Et ut haec a fidelibus nostris melius crede-
retur, de anulo nostro jussimus sigillari.
Sigebodus diaconus ad vicem Aldrici re-
cognovi & subscripsi.
Data V kalendas octobris, anno xiill
imperii domni Hludovuici serenissinii
augusti & XIII regni nostri. Actuni in
Ausonae castro, in Dei nomine féliciter.
Amen.
74-
Diplôme de Pépin 1, roi d'Âquitainej
pour le monastère de Montolieu\
PIPINUS gratia Dei Aquitanorum rex.
Cum petitionibus servorum Dei justis
& rationabilibus divini cultus amore fave-
mus, superna nos gratia pro hoc muniri
non dubitamus. Proinde noverit omnium
fidelium nostrorum tam presentium quam
futurorum sagacitas, quia vir venerabilis
Wilafredus abba ex monasterio quod nun-
cupatur Malastae, quod est situm in terri-
torio Carcassensi, super fluvium Durannum
constructum in honore sancti Johannis
Baptistae cum terminis & adjacentiis suis,
obtulit obtutibus nostris quandam autho-
ritatem domini ac genitricis (,sic) nostri
Ludovici piae recordationis serenissimi
augusti, in qua erat insertum qualiter an-
tecessor suus ipsum monasterium a novo
construxisset opère, & propter ejus defen-
sionem vei propter pravorum hominum
illicitas infestationes in manu ejusdem do-
mini imperatoris una cum monachis ibi
degentibus se commendavit, ut sub ejus
tuitione licuisset eis cum rébus & homi-
nibus eorum quiète vivere & residerej &
' Recueil des historiens de France, t. 6, p. 667.
— Baluze, Capitularia, t. 2, c, 1427.
deprecatus est clementiam regni nostri
ut praedictum monasterium cum cellulis,
quae nuncupantur sancti Martini, prae-
dicto monasterio subjectis, quae sunt sitae
in eodem pago super rivulum Lampi, sive
sanctae Ceciliae & sancti Pétri, quae sunt
super fîuvium Durannum, cum omnibus
rébus & adjacentiis sive terminis suis sub
nostra susciperemus defensione & immu-
nitatis tuitione. Cujus praecibus ob amo-
rem Dei & reverentiam divini cultus liben-
ter aurem accommodare placuit & hoc
nostraeautoritatis praeceptum immunitatis
atque tuitionis gratia fieri decrevimus; par
quod praecipimus atque jubemus, ut nullus
judex publicus vei quilibet ex judiciaria
potestate in ecclesias aut loca vel agros seu
reliquas possessiones praedicti monasterii,
quas moderno tempore juste & rationabi-
liter possidet vel quae etiam deinceps in
jure ipsius sancti loci voluerit divina pie-
tas augeri, ad causas audiendas aut freda
exigenda aut mansiones vel paratas fa-
ciendas aut fidejussores tollendos aut ho-
mines ipsius monasterii tam ingenuos quam
& servos super terram ipsius commanentes
injuste distringendos nec ullas redibitiones
aut illicitas occasiones requirendas nostris
& futuris temporibus ingredi audeat, vel
ea quae supra memorata sunt penitus exi-
gere praesumat. Concedimus etiam eisdem
fratribus juxta ipsum monasterium villas
duas, quarum haec sunt nomina villa Si-
garii & villa Addarii, cum omni integritate,
ut sicut de caeteris rébus proprietatem
faciunt, ita de eisdem facere ac ordinare
vel disponere valeant. Et quidquid de ré-
bus praefati monasterii fiscus sperare po-
terit, totum nos pro aeterna remunera-
tione praefato monasterio concedimus, ut
in alimonia pauperum & stipendia mona-
chorum ibidem Deo famulantium perpetuo
proficiat in augmentum. Et quandoqui-
dem divina vocatione supradictus abbas vel
successores ejus de hac luce migraverint,
quandiu ipsi monachi inter se taies inve-
nire potuerint, qui ipsam congregationem
secundum regulam sancti Benedicti regere
valeant, per hanc nostram authoritatem &
consensum licentiam habeant eligendi ab-
bates, quatenus ipsos monachos qui ibidem
Deo famulantur pro nobis & stabilitate
An
828
An
828
167
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
68
Vers
828
totius regni nostri a Deo nobis concessi praedictus Leonnius abba, lit idem monas-
j agiter Domini misericordiam exorare de- terium cum cellulis sibi subjectis quae
lectentur. Et ut haec auctoritas a fidelibus
sanctae Dei Ecclesiae & nostris verius cre-
datur & diligentius conservetur, manu pro-
pria subterfirmavimus & anuli nostri im-
pressione signari jussimus.
nuncupantur Garelianus & alia quae nun-
cupatur Sancti Martini & villam juxta
ipsum monasterium quae vocatur Salas ,
ubi est ecclesia constructa in honore sanc-
tae Mariae semper virginis, quam Gisca-
Signum Pipini régis. Candidus diaconus fredus genitori nostro de suo beneficio
ad vicem Endrici recognovit. dédit & nos eidem monasterio concessimus,
Datum octavo idus , anno decimo cum adjacentiis vel terminiis praedictorum
quinto imperii domini Ludovici serenis- locorum sub nostra constitueremus defen-
simi augusti & decimo quarto regni nostri.
Actum in Sancti Martialis monasterio.
75.
Diplôme de Pepîn I, roi d'Aquitaine,
pour le monastère de S aint-Hilaire '.
sione & immunitatis tuitione. Cujus preci-
bus ob amorem Dei & reverentiam divini
cultus libenter aurem accommodare pia-
cuit & hoc nostrae auctoritatis praeceptum
immunitatis atque tuitionis gratia fieri
decrevimus, per quam praecipimus atque
jubemus ut nuUus judex publicus vel qui-
libet ex judiciaria potestate in ecclesias
aut loca vel agros seu reliquas posses-
siones praedicti monasterii, quas moderno
tempore juste & rationabiliter possidet vel
PIPPINUS gratia Dei rex Aquitanorum. quae etiam deinceps in jure ipsius sancti
Si erga loca divinis cultibus mancipata loci voluerit divina pietas augeri, ad causas
propter amorem Dei ejusque in eisdem audiendas vel freda exigenda aut mansio-
locis sibi famulantes bénéficia opportuna nés vel paratas faciendas aut fidejussores
largimur, praemium nobis apud Deum ae- tollendos aut homines ipsius monasterii
ternae remunerationis rependi non diffî- tam ingenuos quam & servos super terram
dimus. Idcirco noverit sagacitas seu utilitas ipsius commanentes injuste distringendos
omnium fidelium nostrorum tam praesen- nec ullas redibitiones aut illicitas occasio-
tium quam & futurorum, quia vir venera- nés requirendas nostris & futuris tempo-
bilis Leonnius abba ex monasterio Sancti ribus ingredi audeat, vel ea quae supra
Hilarii, quod est situm in pago Carcasse- memorata sunt penitus exigere praesumat.
nense super rivum qui dicitur Leucus, Et quidquid de rébus praefati monasterii
constructum in honore sancti Saturnini fiscus sperare poterat, totum nos pro ae-
martyris, ubi etiam praedictus sanctus Hi- terna remuneratione praefato monasterio
larius confessor corpore requiescit, ad concedimus, ut in alimonia pauperum &
nostram accedens clementiam detulit ob- stipendia monachorum ibidem Deo famu-
tutibus nostris quandam authoritatem do- lantium perpetuo proficiat in augmentum.
mini & genitoris nostri Lodovici piissimi Et quandoquidem divina vocatione supra-
augusti, in qua continebatur insertum , dictus abba vel successores ejus de hac
qualiter idem genitor noster ipsum mo- luce migraverint, qui ipsam congregatio-
nasterium ad deprecationen praedecessoris nem secundum regulam sancti Benedicti
sui Egidonis abbatis sub suo suscepisset regere valeant per hanc nostram autho-
mundeburdo vel defensione, videlicet ut ritatem & consensum licentiam habeant
monachi in eodem monasterio commoran- eligendi abbates , quatenus ipsos menâ-
tes cum omnibus rébus eorum quiète vivere chos qui ibidem Deo famulantur pro no-
absque alicujus infestatione licuisset^ pro bis & conjuge proleque nostra atque sta-
firmitatis namque studio postulavit nobis bilitate totius regni nostri a Deo nobis
concessi ejusque clementissima misera-
"■ Recueil des historiens de France, t. 6, p. 668, tione per immensum conservandi Domini
— Baluze, Capltularia, t. z, c. 1429. immensam clementiam jugiter exorare de-
Vers
828
Vers
169
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
170
An
828
16 mars,
& An
23 juin.
76.
lectet. Hanc îfaque auctoritatem, ut pie- preesse videtur. Nos quidem in Dei nomine
nioreni iii Dei nomine obtineat vigorem Leybulfus & uxor mea Odda, Deo propitio
& a fidelibus sanctae Dei Ecclesiae & nos- sana mente integroque consilio, metuentes
tris verius credatur & diligentius conser- casum humane fragilitatis ne nobis repen-
vetur, manu propria subterfirmavimus & tina mors obveniat, placuit & placet animis
anuli nostri impressione signari jussimus. nostris ut aliquid de rébus nôstris propriis
Deo debeamus offerre & predicti monas-
~ terii abbati vel monachis ibidem Deo digne
famulantibus donare, sicut & facimus, dum
priscarum enim legum sanxit auctoritas ut
quicumque rem suam in quemlibet cedcre,
donare, tradere transfundereque voluerit,
Testament du comte Lelbulfe, préposé hic per seriem scripturariim , auxiliante
à la garde des côtes de la Méditer- Domino, laudabiliter plenius debeat corro-
ranée ' . borare. Ideo nos jamdicti Leybulfus & uxor
mea Odda ad praedictam ecclesiam Sancfi
NOTU]\i sit etiam tam presentibus quam Honorati & Sancti Caprasii,Leotmundo ab-
posteris, qualiter apud Ispaniam Tor- bâte ac monachis ibidem Deo servicntibus
tuose civitatis inventus est liber Dialogo- tam presentibus quam &futiiris & ad lumi-
rum, qui fuit juris Sancti Honorati mo- naria ipsarum ecclesiarum concinnanda vel
nasterii, & vastato eodem monasterio a stipendia monachorum aut sumptiones hos-
Sarracenis delatus est in jamdictam civi- pitii vel elemosinas pauperibus erogandas,
tatem. In quo (juidem libro erat scrip- ut cotidianis diebus semper assidue très
tura facultatiim sancti Honorati & sancti pauperes ex rébus a nobis traditis refi-
Caprasii monasterii Lyrinensis, & ut facul- ciantur & suscipiantur hospicio, vel pro
tates monas:terii predictorum sancti Hono- remedio animarum nostrarum, ut pius &
rati & sancti Caprasii que supradicta scrip- misericors Dominus veniam nobis parare
tura erat, quandocumque ab eoriim jure dignetur eternamj sub hac vero constitu-
propter hujus absentiam scripture ne pri- tione, ut singulis diebus omnique tempore
varentur, translata est fideliter ipsa eadem nobis ambobus singule misse celebrentur
scriptura apud Barchinoniam civitatem, in- & a cunctis fratribus presentibus & futuris
stante domnoGisleberto predicte urbis pre- quinque spalmi canantur assidue. Post obi-
sule& omni clero sibi commisso, Raimundo tum vero nostrum volumus atque omnino
scilicet archidiacono & Ermemiro sacrista testamur ut annis singulis ad constitutam
& Fulcone levita & Dalmatio presbytero diem egressionis, quo corpus jacuerit exa-
& Seniofredo, Germatico & Petro & Vif- nime, memorialem nostrum a cunctis celc-
fredo & Bonefilio & Domitio & Juliano & braturfratribus,&ante duobus diebus quam
Amalrico & Companno & Elia & Hermis- annus debeat impleri omnes sacerdotes
sinde & Raimundo sepedicte urbis princi- monasterii illiussingulas nobis canant mis-
pibus, seclusa tamen doli totius fraude, que sas. Ceteri vero fratrcs in his tribus diebus
sic incipit : psalmodie impleatur psalterium, ita dum-
Sacrosancte Dei ecclesie Sancti Hono- taxât ut cum dies anniversarii nostri adve-
rati & Sancti Caprasii monasterii Lyri- nerit, a die ista prcdicta implcantur officia
nensis, quod situm est in pago Foroju- & [regulariter] pro nobis ipsa nocte largian-
liensi, ubi &venerabilis Leotmundus abbas
' Cartulaire de l'abbaye de Lérins, aux archives
du département des Alpes-Maritimes, f" 117. —
Copie du dix-neuvième siècle, à la Bibliothèque
nationale. [Noliv. acquis, lat. m55, f" 234]. Le
cartulaire donne la rubrique suivante : Carta ah
Ispanns translata.
tur studia & cantentur vespre. Refectio
vero ipso die cunctis fratribus & famulis
eorum ac servientibus nobilis tribuatur,
scilicet aut piscium fcrtilitas aut volucrum
habiintantia qualem utiliorem judicaverit
abbas aut fecundaverit locus. Sub hac des-
criptione pro remedio animarum nostrarum
res nostras proprias cedimus, donamus,
An
828
An
171
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
172
tradimus atque transfundimus, que sunt in
pago Arelatensi , in insula que est subur-
bana illi civitati que nobis per commuta-
tionis epistolam & per licenciam domni ac
serenissimi Ludovici imperatoris obvenit
ad proprium, ubi & ecclesiam in honore
sancte Marie & sancti Honorati val sancti
Vincentii fundavimus necnon & basilicam
Sancti Andrée apostoli primatum tenet,
jamdictam insulam cum ecclesiis, domorum
edificiis, vineis, terris, pratis seu arbori-
bus pomiferis & impomiferis quantum de
circumquoque a Rodano circumcingitur
amne, seu & villam Ferronianam cum ter-
ritorio vel adjacentiis suis; & in villa Ru-
binas casas, terras aut vineas vel quan-
tumcumque jure nostro ibidem pertinere
videtur; necnon & in Campo Lapideo
pascium quod dicitur Primianus, ubi &
puteus aque videtur esse defossusj ista su-
perscripta que nobis per commutationis
epistolam obvenerit ad proprium jamdicto
monasterio vel abbati tradimus possiden-
dam. Damus insuper in vico Ugio dimi-
diam basilicam Sancti Pétri & dimidias res
que ad ipsam ecclesiam pertinent necnon
& domos, salinas, terras, vineas vel quic-
quid ibidem habemus. Similiter in pre-
dicto pago Arelatense, in villa que dicitur
Campo Publico & in villa Gelacione & in
villa Bartiniacus & in villa Clausonna
domos, terras, vineas, prata, pascua vel
quantumcumque in ipso pago legibus ha-
bemus in diversis locis vel in vallulis.
Eodem quoque modo donamus infra mu-
ros civitatis Arelato domos cum curte
vel adjacentiis earum, que michi de parte
genitoris mei quondam Gontarii obvene-
runt ad proprium, necnon & in ipsa curte
domum que nobis communiter Lupus con-
dam cornes dédit. Hec omnia& in omnibus
ad sepedictas basilicas Sancti Honorati
vel Sancti Caprasii aut abbati vel mona-
chis presentibus & futuris tradimus pos-
sidenda. Ita vero sub hac constitutione ut
in ipsa insula XX monachi, aut amplius
si congruenterpotuerint, sub régula sancti
Benedicti Deo deservientes & perpetuali-
ter consistentes j & si iste non convenerit...
testamur ut penitus non sit diminutus &
quod supertaxavimus ex his rébus potesta-
tem , usum & fructus sanctis supradictis
tradimus. Et ut ecclesie pars plenius cor-
roboretur, per singulos annos de frugibus
quos ibidem Deus dederit décima pars [a]
nobis fratribus qui in ipsa cella habitave-
rint persolvatur. Post obitum vero nostrum
volumus atque libentissime pronuntiamus,
ut sepenominate ecclesie Sancti Honorati
vel Sancti Caprasii abbas vel monachi pré-
sentes & futuri ibidem Deo famulantes in-
trépide per presens factum nostrum & nos-
tris manibus roboratum hec omnia & adhuc
si ibidem aliquid adquirere potuerint om-
nia in omnibus ad suam... potestatem, ita
ut nullus episcopus, abbas vel cornes nec
ullus ex heredibus nostris nec ulla opposita
vel subrogata persona de sepenominatis ré-
bus aliquid abstrahere de potestate Dei &
ecclesiarum vel ei digne servientium nec
minuere présumât; & qui contra hoc fac-
tum nostrum ire aut agere temptaverit vel
ad irrumpendum venerit non valeat vindi-
care quod repetit, sed sit parti ipsarum
ecclesiarum vel earum digne servienti-
bus culpabilis impleturus in vinculo una
cum sacratissimo sociatoque fisco penam
nummo auri libras x, & in antea hic actus
noster firmus & stabilis permaneat omni
tempore. Factum testamentum hoc sub die
XVII kalendas aprilis, anno imperante xv
domino nostro Ludovico imperatore. Sig-
num Leybulfi & uxoris ejus Odde, qui hoc
testamentum fieri voluerunt & firmare
rogaverunt. Ceteri firmatores Benedictus
archiepiscopus, Noto episcopus, Hildebo-
nus episcopus, Oadilus, Desideratus pres-
byter diaconus, Elidus presbyter, Octoinus
diaconus, Remefredus, Gimbertus, Lodfre-
dus, Ardradus, Heldericus clericus. Allô,
Stabilis, Pintinus, Bobo, Elde laicus, Lam-
bertus, Hectardus, Sielmus, Adondatus,
Eutropius, Vulgrimus, Herlulfus clericus,
qui hoc testamentum scripsit.
Translata sunt hec apud Barchinonam
fideliter in predictorum instantia x kalen-
das julii, anno scilicet vi regni Henrici
régis, t Gislebertus episcopus. f Beren-
garius episcopus. S. Bonparus presbyter.
Ermensindis comitissa. S. Folco. S. Ge-
raldi lévite, &c.
An
828
173
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
174
Éd.orig.
t. 1.
col. 66.
An
829
14 octo
bre.
Éd.orig.
t. I,
col. 67.
77. — XLVI
Charte de Louis le Débonnaire en
faveur d'un de ses vassaux appelé
Sunijred ' .
dovuici serenissimi imperatoris, regni Lo-
tharii octavo, indictione octava. Actiim
Triburini palatio regio, in Dei nomine
féliciter. Amen.
78.
I
N nomine Domini Dei &SaIvatoris nostri
Jesu Christi. Ludovicus divina ordi- Donation faite au monastère d*Aniane
nante providentia imperator augustus. Im-
perialem decet celsitudinem fideliter sibi
famulantes donis multiplicibus atquehono-
ribus magnis hono[ra]re atque sublimare.
Proinde notum essevolumus cunctis fideli-
bus sanctae Dei Ecclesiae & nostris prae-
sentibusscilicetSc futuris,quiaconcessimus
par une femme nommée Bestile '.
MAGNUS est titulus cessionis in quo
nemo potest actum largitatis inrum-
pere, sed quicquid grato animo & prompta
voluntate donatur, libenter débet ei cui
conlata fuerit cessio inrevocabili modo pe-
ad proprium cuidam fîdeli nostro Sunic- remniter stabilitum. Ego in Dei nomine
fredo quandam villam juris nostri, quae Bestila femina dono donatumque imper-
est in pago Narbonense, cujiis vocabulum petuum esse volo pro anima mea reme-
est Fons-Cooperta. Hanc vero villam cum dium seu pro porcione filii mei nomine
omni integritate sua & cum omnibus ad- Lildinum, que in presenti trado Deo in
jacentiis & finibus suis & cum villaribus, monasterio Aniano, quod constructum est
domibus, aedificiis, terris cultis & incultis, in territorio Magdalonensi in honore
vineis, pratis, pascuis, silvis, aquis aqua- sancti Salvatoris & sancte Dei genitricis
rumve decursibus, molendinis, exitibus & semperque virginis Marie, ubi venerabilis
regressibus , praedicto Sunicfredo fideli abba dominus Ermenaldus preesse videtur,
nostro ad proprium concedimus, & de nos- dono ad jamdictum monasterium seu ad
tro jure in jus & dominationem ejus cum rectores ipsius presentibus & futuris, in
omni integritate transfundimus, quemad- pago Biterrensi, in villa Plaxano, pro re-
modum dominus & genitor noster Carolus medio anime mee vel pro predicto filio
bonae memoriae serenissimus imperator
Borrello patri suo quondam concessum
habuit; ita videlicet, ut quidquid exinde
jure proprietario facere atque ordinare
voluerit, libero in omnibus potiatur ar-
bitrio faciendi quidquid elegerit. Et ut
haec auctoritas largitionis nostrae per
meo, id est casam cum curte & orto, &
vineam in se tenentem cum arboribus suis;
& habet ipsa casa per longum braciatas V
& in lato III, & ipsa curtis per longum
dextros X & in lato iiii, & ipse ortus cum
ipsa vinea habet per longum dextros LX
& in frontes habet dextros v & in lato III;
futura tempora inviolabilem atque incon- & inlaterat de parte Orientis ipsa casa &
vulsam obtineat firmitatem, manu propria ipse curtis & ipse ortus cum ipsa vinea
nostra subterfirmavimus & anuli nostri
impressione subter adsigniri jussimus.
Signum Ludovici serenissimi imperato-
ris. Meginarius notariusad vicem Fridugisi
recognovi.
Data secundo idus octobris, anno Christo
in casa & orto & vinea de jamdicto mo-
nasterio, per alios vero omnes latus de
me ipsa donatrice vel de meis heredibus.
Insuper dono infra terminium de ipsa villa
aliam vineam habentem in se modiatam &
cum curta determinata; & subjungit de
propitio decimo sexto imperii domni Hlu- parte Aquilonis in vinea Aboleni , per alios
vero latus subjungit de ipsa donatrice vel
■ Archives de l'abbaye de la Grasstj l'original ^e meis heredibus. Dono etiam infra ter-
est aujourd'hui aux archives du département de
l'Aude (fonds de la Grasse.) ' Cartulaire de l'abbaye d'Aniane, f" 128 r°&T°.
An
829
An
1/5
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
176
minio de ipsa villa campum habentem per
loiigum dextros LXXXV & in lato XXX; &
inlaterat de parte Orientis in terra de
Waldemare, per alios vero latus de meis
heredibus. Dono eciam infra ipsius ville
terminium pratum babentem per longum
dextros xxx & per latum xxv; & infron-
tat de Meridie in campo Aboleni, per alios
vero latus est pratus de meis heredibus.
Dono autem in ipsa villa de Linaria que
habet per longum dextros XL & in lato TII,
& inlaterat de parte Circi in terra Devarie,
per alios vero lata de meis heredibus. Et
in ipsa ecclesia Sancti Gervasi dono deci-
mam partem. Hec omnia suprascripta dono
atque concedo de meo jure & dominatione
ad jamdictum monasterium seu ad rectores
illius tam presentibus quam futuris, ea
racione, ut exinde ab hodierno die & tem-
pore facere aut judicare voluerint plenis-
simam atque firmissimam habeat potesta-
tem faciendi. Si quis vero, quod evenire
minime credo, si ego ipse aut ullus de
heredibus meis vel de propinquis aut
quislibet homo qui contra hanc donacio-
nem meam venire temptaverit aut eam in-
frangere conaverit, non hoc valeat vindi-
care & componat una cum distringente
fisco ipsas res melioratas duplas, sicut eo
tempore vendere potuerint. Et hec presens
donacio mea semper in sua maneat fîrmi-
tate. Facta cartula donacionis xii kalendas
januarii, anno xvi féliciter imperante
domino nostro Lodovico imperatore. S.
Bestile, qui hanc cartam donacionis fieri
rogavi & manu mea firmavi & testibus tra-
didi ad roborandum. S. Dedi. S. Guittaris.
S. Ansemare. S. Ermederrentii. S. Man-
cione. S. Rodobaldo. S. Matarello. S. Ru-
deberto. S. Constabile. S. Vodoigi qui
consens!. Ingila indignus diaconus hanc
donacionem cum duabus suprapositis jus-
sus ac rogatus scripsi die & anno quo
supra.
79-
Donation faite au monastère d'Aniane
par un prêtre nommé Jean ' .
VENERARILI in Christo patri Ermenaldo
abbate & monasterio Aniano, quod est
constructus in territorio Magdalonense in
honore sancti Salvatoris & sancte semper
virginis Marie genitricis Dei & Domini
nostri Jhesu Christi, ego in Dei nomen
Johannis presbiter donator vel cessor dono
atque cedo donatumque imperpetuum esse
volo pro anime mee remedio seu pro retri-
bucione eterne beatitudinis, dono jam ad
predicto monasterio seu ad rectores illius
monasterii présentes & futuros, in pago
Biterrense, infra terminium quod pertinet
de villa Plaxano, hoc est vineam vel ortos
& conplanandas vel complanandam , cultas
vel incultas; & est ipsa vinea vel ipsas cul-
tas & incultas, cum ipsas petras & cum
ipsas fontes que supra ipsa sunt Sancto
Gervasio super rivo qui dicitur Roveia,
& in omnibus ab integrum sicut per car-
tulas conpartalions (^zc) ad ipsam ecclesiam
qui est in ipso monte sita Sancto Gervasio,
super rio qui dicitur Rovegia, in omni-
bus ab integrum sicut percartulam conpar-
talions (,sîc) adquisivi de homine nomine
Galdrico seu Ragamfredo ; necnon & hoc
quod concanavi de germano meo Bene-
dicto, sicut michi per ipsas cartulas obve-
niat, una cum ipsis cartis adquisicionis,
excepto medio uno plantario quem pre-
dictus frater meus Benedictus inane & se
conplantavit & unum parum de terra
quem dedi nepote meo Costabili. Ista om-
nia superius nominata dono & de présente
trado ad jam predicto monasterio sive ad
rectores illius presentis atque futuris, si-
cut cum testibus pedibus cistlvi & adsig-
navi. Et habet ipsa vinea vel curtis, sicut
supra nominavimus, de parte Meridie dex-
tros LXX, & subjungit in atrio de pres-
bitero spectando in sancti Salvatoris vel
sancte Marie, & de parte Cerci dextros
An
83i
1 2 jan-
vier.
■ Cartulaire de l'abbnye d'Aniane, f" i 3o r° 8c v°.
An
83i
177
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
178
An
832
! avril.
cxxx, & subjungit in strata publica qui
discurrit ad stagno Piperello vel ubicum-
cjue, & de parte Aquilonis habet dextros
CLXXX & infrontat usque in alveo, & de
proclamabit qualiter tenebat cella in sub-
urbio Elenense in territorio Valle-Aspi-
rane in subditione monasterii que nuncu-
patur ad ipsos Bagniles, quem edificavit
parte Alatanis in superiore fronte subjun- Castellanus abba condani qui fuit, & est
git in terra sancti Salvatoris & sancte Ma- ipsa cella jam prefata in locum quem vo-
rie vel de Riganaldo. Ista omnia jam supra cant Arolas , quem siniiliter Castellanus
nominata vel assignata cum omnis adjacen- abba edificavit, qui fuit suus antecessor,
cias suas trado ad presens ad jam predicto Unde & ipse Castellanus abba fuerat inpre-
monasterio vel rectores ipsius, excepte sentia gloriosissimi imperatoris & pecierat
hoc quod superius jam nominavimus, quod
donatum habeo, ea vero racione ut quic-
quid ex predictis rébus rectores jam nomi-
nati monasterii ab hodierno die & tempore
agere aut judicare voluerint, maneat eis
ejus clementiam, ut quidquid in praedicto
monasterio vel in ejus cellulis retinebat
ejus praeceptum inde habuisset; quod ita
& impetravit & sic per ejus advocationem
dictus Babila abba ejus sedem post ipsum
firma potestas. Si quis sane, quod minime obtinuit; & dum sic ipsa cellula cum omnes
evenire credo, & ego aut aliquis quicum- fines vel adjacentia retineret, sic venie-
que homo, supposita vel admissa persona bant pagenses loci illius & volebant apri-
qui conatu banc donacionis cartulam ve- sione facere in ipsa ejus terminia. Et dum
nire aut ratraugere conaverit, componat se proclamasset dictus Babila abba ante
in vinculo una cum districto fisco ipsas res prefato comité Berengario, sic misit exinde
duplas & melioratas, quantas ad eo tem- exquisitionem inter pagenses illius terri-
pore carius vendere potuerit, & hoc quod torii qui veritate exinde dicerent; quos &
repetit vindicare non valeat, sed bec pre- reperit in nominibus, id est Salomone epi-
sens donacio firma & stabilis permaneat scopo, judices vero informâtes id est Odo-
stipulacione subnixa. Facta cartula dona- vacro, Gumilane, Valdefredo, Sabaricho,
cionis pridie idus januarii, féliciter anno Berane, Troilane seu & aliorum plurimo-
XVII imperante domino nostro Hlodovico rum bonorum hominum,Sperandeovigario,
imperatore. In Dei nomen Johannes qui Adefonso vicecomite, Parapario, Deodato
hanc donacionem fieri signavi. S. Wigano. presbitero, Onnonepresbiteroj & dum eos
S. Mauringo. S. Stabili. S. Alrmaldi. S. Fre-
dulfo. S. Benedicto. S. Benignus. Ingila,
licet indignus presbiter, hanc donacionem
rogitus scripsi & die & anno quo supra.
80.
Notice d'un plaid tenu à Elne en pré-
sence du comte Berenger' .
requireret quid exinde certius scirent, sic
dixerunt quod ipse predictus abba verita-
tem requirebat, ut dum tanta rei veritate
reperisset, dédit suos missos qui diligenter
hec scrutassent. Et abierunt dictus Erpo,
Ardo, Raptardo, Raberanno, Elniericho,
Igualdo, Ratramno, Odovicro, Sperandeo,
Teutelmo, & dederunt ad ipsa cella termi-
nia & fuerunt fixorias & fecerunt carac-
tera, sicut Lex Gotorum continet, per loca
ubi vocant Rudundo, & vadit per ipsa serra
ad ipsa Parata & inde per serra Longa, &
inde vadit ipse terminus per rigo Ferrario
usque ad ipso palatiolo a Castellano con-
dam edificato & ascendit in pirgas & super
Clota Boso, Scvadit in gurg Cabalar& usque
NOTITIA revestitoria qualiter & quibus-
que praesentibus ubique veniens Ba-
bilanus in presentia Berengario comité seu
& in presentia Erponi Salamoni episcopi ad ipsa roga quod est super Castro Corbi. Et
& alios plures qui cum ipsi erant ubique, sic ipse Berengarius cornes revestivit ipso
in eorum presentia in villa Elena sic se abbate bis superius scriptis presentibus,
secundum quod suus preceptus resonat, de
■ Cartulaire de l'abbaye d'Arles. — Bahize, Ar- ipsa cella & de quantum quod infra ejus
moires, t. 117, f".ii2. lerminia concluserant ipsi conspectores;
An
832
An
832
79
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
i8o
Ed.orig.
t. 1,
col. 67.
An
832
octobre.
& necesse fuit ad ipso abbate, ut notitia
revestitoria sibi exinde scriberet & bonos
homines inde in testimonium collegit.
Facta est ista notitia revestitoria sub die
un nonis aprilis, anno XVIIII imperante
domno nostro Hludovico imperatore. Sig-
num Totaldi. Signum Guntani. Lupertus
clericus qui hanc notitia revestitoria scripsi
sub die & anno quo supra.
81. -- XLVII
Diplôme de Louis le Débonnaire en
faveur d'un nommé Adalbertj son
vassaV .
IN nomine Domini Dei & Salvatoris nostri
Jesu Christi. Hludovuicus divina or-
dinante providentia imperator augustus.
Imperialis celsitudinis moris sibi bene
servientibus bénéficia oportuna largiri,
quorum fidelis famulatus non solum in
diversa certamina, sed etiam in reipubli-
ce obsequio fideliter obteniperare cog-
noscitur. Unde conperiat sollertia atque
utilitas omnium fidelium nostrorum tam
praesentium quam & futurorum, quia con-
cessimus ad proprium cuidam fideli vassallo
nostro Adalberto quandam villam juris
nostri, quae est in pago Tolosano, cujus
vocabulum est Fontanas, cum terminis vel
adjacenstiis suis ad ipsam villam pertinen-
tibus. Et ideo hoc praeceptum auctor[itatJis
nostrae praedicto fideli nostro fieri jussi-
mus, per quod decernimus atque jubemus,
ut abhinc in futurum praefatam villam
cum ecclesia, domibus, edificiis, terris,
vineis, silvis, pratis, pascuis, aquis aqua-
rumve decursibus, cum omnibus adjacen-
tiis teneat atque possideat suisque posteris
habendam relinquat j vel quicquid exinde
jure proprietario facere, ordinare, dispo-
nere voluerit, libero in Dei nomine po-
tiatur arbitrio faciendi quicquid elegerit.
Et ut haec auctoritas largitionis nostrae
' Original en parchemin , autrefois scellé, pro-
venant de Baluze, à la Bibliothèque nationale,
latin 8837, charte 6.
per curricula annorum firmior & verior
certiusque credatur, manu propria subter
eam firmavimus, & de anulo nostro adsig-
nari jussimus '.
Signum (locus monogrammatls) Hludo-
vuici serenissimi imperatoris.
Durandus diaconus ad vicem Teutoni re-
cognovi & subscripsi.
Data un nouas octobris, anno Christo
propitio XVIIII imperii domni Hludovuici
serenissimi imperatoris, indicione xi'. Ac-
tum Juvenciaco palacio regio, in Dei no-
mine féliciter. Amen.
82.
Diplôme de Louis le Débonnaire pour
t église d'Elne^.
IN nomine Domini nostri Jesu Christi Dei
eterni. Ludovicus divina propitiante cle-
mentia imperator augustus. Si erga loca
divinis cultibus mancipata propter amorem
Dei eique in eisdem locis famulantibus
bénéficia opportuna largimur, praemium
apud Dominum aeternae remunerationis
nobis rependi non diffidimus. Igiturnotum
esse volumus cunctis fidelibus nostris prae-
sentibus scilicet Scfuturis, quod venerabilis
Ramno ecclesiae Elenensis episcopus de-
precatus est magestatis nostrae misericor-
diam, ut praedictam sedem cum omnibus
ad se juste & legaliter moderno tempore
pertinentibus sub nostra tuitione & im-
munitatis defensione cum omnibus rébus
constitueremus ; quod ita & nos fecisse
omnium vestrum cognoscat industria. Prae-
cipientes ergo jubemus ut nullus judex
publicus vel quislibet ex judiciaria potes-
tate in ecclesias, villas, loca vel agros seu
reliquas possessiones memoratae ecclesiae,
quas moderno tempore possidet vel quae
deinceps in jure ipsius loci voluerit di-
vina pietas augere, ad causas judiciario
' Suivent quelques signes qui paraissent être des
notes tironiennes. [A. M.]
' Le texte porte vi.
' Marca Hispan'ica, c. 770, d'après le cartulaire
de régilise d'Elne.
An
832
An
833
5 mars
An
833
l8l
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
i8:
An
833
more audiendas vel discutiendas vel freda
exigenda aut mansiones vel parafas facieii-
das aut fidejussores toUendos aut homines
ipsius ecclesiae contra rationis ordinem
distringendos nec ullas redhibitiones vel
illicitas occasiones requirendas ingredi au-
deat. Praecipimus etiam atque jubemus ut
res, quas moderno tenipore juste & legali-
ter possidet vel quae ibidem divina pietas
augere voluerit, in eorum jure & doniina-
tione absque cujuslibet injusta inquietu-
dine aut illicita contrarietate persistant
neque ullam indebitam calumniam aut re-
petitionem de eis a quoquam ullo unquam
tempore patiantur; sed liceat eis memora-
tas res cum omnibus ad se juste & legaliter
pertinentibus absque alicujus injusta con-
tradictione quieto ordine possidere & de
eis jure ecclesiastico disponere quicquid
voluerit, quatinus nostro juvamine divi-
num cultum copiosius exequentes pro
nostra conjugis prolisque nostrae inco-
lumitate & stabilitate imperii nostri eos
Domini misericordiam attentius exorare de-
lectet. Et ut haec auctoritas nostra prae-
sentibus futurisque temporibus inconvulsa
permaneat, manu propria eam subterfir-
mavimus & anulo nostro sigillari jussimus.
tiones eorum, quas nobis pro necessitate
sua vel eorum sub manu ipsorum in Dei
servitio consistunt insinuaverint, ad ef-
fectum perducimus, non modo regiam in
hoc consuetudinem exercemus, sed etiam
ad aeternae retributionis mercedem nobis
talia facta profutura confidimus. Igitur no-
tum sit omnium fidelium magnitudini nos-
trorum praesentium scilicet & futurorum,
qualiter nos ad petitionem viri venerabilis
Aymonis abbatis ex monasterio Magniloci,
quod est constructum in honore sancti Sé-
bastian! gloriosissimi martyris & est situm
in pago Arvernico, quo sanctus Cassius
Christi confessor corpore requiescit, taie
pro reverentia ipsius sancti ac pro aeterna
retributione beneficium visi fuimus con-
cessisse, ut in villas ecclesiae ipsius sancti
Sebastiani , quas moderno tempore aut
nostro aut cujuslibet munere videtur ha-
bere vel deinceps in jure ipsius sancti
loci divina pietas ampliare voluerit, nullus
judex publicus ad causas audiendas vel
freda exigenda nec mansiones aut paratas
faciendas aut homines, qui legibus servira
per eos videntur, distringendos aut fide-
jussores tollendos ullo umquam tempore
ingredi praesumat; sed praedictus Aymo
An
833
Signum Ludovici serenissimi imperato- abbas & successores sui, qui fuerint rec-
ris. Hirminmarus notarius ad vicem Ugo- tores per tempora ipsius loci, propter no-
nis recognovi. men Domini sub intégra emunitate quiète
Data III nonas martias, anno Christo vivere ac residere debeant. Statuentes ergo
propitio XX imperii domni Ludovici piis- jubemus, ut neque vos neque juniores
simi augusti, indictione xi". Actum Aquis- seu successores vestri vel quislibet ex pu-
grani palatio regio. blica judiciaria potestate in villas, ut dixi-
mus, antedicti monasterii Sancti Sebas-
~~~ tiani, proprietatis videlicet nostrae, quas
moderno tempore intra régna Christo pro-
pitio nostra juste & rationabiliter tenere
& possidere videtur aut in antea divina
Diplôme de Pépin, roi d'Aquitaine, pietas inibi cum justicia & aequitate aug-
pour r abbaye de Manlieu\ mentare voluerit, ingredi ad causas au-
diendas aut freda exigenda nec mansiones
PIPINUS annuente divinae majestatis aut paratas faciendas ullo umquam tem-
gratia Aquitanorum rex. Si sacerdo- pore praesumatisj sed quidquid exinde
tum ac servorum Dei justis suggestionibus
83.
octobre, aurem libenter accommodaverimus & peti-
' Le texte porte xmi.
' Recueil des historiens de France, t. 6, p. 671 , &
copie dans la collection Doat, à la Bibliothèque
nationale, t. 117, f° 36i.
fiscus noster sperare poterat, ex nostra
indulgentia profutura salute in luminari-
bus ipsius ecclesiae Sancti Sebastiani per-
petualiter proficiat in augmentis, quatinus
melius delectet ipsos serves Dei, qui ibi-
dem Deo famulantur, pro nobis & proie
seu cuncta domo nostra jugiter Domini
An
833
l83
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
184
An
833
29 dé-
misericordiam implorare. Libuit praeterea
celsitudini nostrae inseri jubere, ut res,
quas eis nuper in praedicto pago consitas
in villis quae vocantur Dendans & Buxo-
gilus habendas concessimus, praesenti quo-
que auctoritate plenius confirmaremus.
Idcirco volumus atque confîrmamus , ut
sicut tempore quondam Landrici, Ger-
berti, Berengarii comitum easdem res cum
omni iiitegritate visi sunt obtinuisse, ita
abhinc absque ullius contrarietate cum
omnibus eisdem rébus, appenditiis, atti-
nentibus quiète eis liceat ad praedicti
partem monasterii praedicto videlicet ab-
bati ejusque successoribus possidere. Et ut
haec nostrae auctoritatis praeceptio nos-
tris & futuris temporibus inviolata Deo
adjutore valeat perdurare, manu propria
subterfirmare visi sumus & de annuli nos-
tri impressione sigillare jussimus.
Signum Pipini gloriosissimi régis. Dugi-
sus diaconus atque notarius ad vicem Do-
donis recognovi.
Data pridie nonas octobris, anno XX
imperii domini Hludowici serenissimi au-
gusti & XVIIII regni aostri. Actum in
Petra-Ficta, in Dei nomine féliciter. Amen.
84.
Diplôme de Louis le Débonnaire^ en
faveur d'un de ses vassaux^ nommé
Wimar\
I
N nomine Domini nostri Jesu Christi Dei
aeterni. Ludovicus divina ordinante pro-
videntia imperator augustus. Justum est ut
cêmbre. imperialis dignitas his qui suam devotio-
nem erga suam fidelitatem illibatam con-
servare noscuntur plurimis sublevet muni-
ficentiis , quatenus & in se hoc fecisse
gratuletur & alios ad hoc exsequendum
plenissime exhortare valeamus. Igitur no-
tum sit omnium iidelium sanctae Dei Ec-
clesiae nostrorumque praesentium scilicet
& futurorum sagacitati, quod Wimar vas-
• Marca Hispan'ica, c. 771, d'après le cartulaire
de l'église d'Elne.
sallus noster suam exequendo fidelitatem
ad nos veniens petiit pietati nostrae ut ei
& fratrisuo, Radoni nomine, taie concede-
remus privilegium, quatinus res quas geni-
tor eorum per concessionem patris nostri
Caroli praestantissimi imperatorisab eremo
in Septimania trahens ad villam construxit
quae vocatur Vicus Sirisidum, consistentem
scilicet in Valle Asperi, terminia habentem
a parte orientali villam quae vocatur Lo-
certetum, a parte meridiana villam quae
dicitur Macanetum , ab occidentali plaga
villam vocatam Paladdanum, a Septentrione
siquidem vocatam villam Laurosone, cum
omnibus adjacentiis suis vel cunf ipsa ec-
clesia, quae ibidem sita est in honorem
beati Pétri, silvis videlicet vel campis, vi-
neis seu pratis, pascuis, aquis aquarumve
ductibus vel decursibus, proprietario jure
concederemus ad habendum suisque pos-
teris in hereditate perennis mansurum
temporibus; quod 8c nos fecisse omnium
cognoscat fidelium nostrorum sagacitas. Et
ideo eis has nostras litteras fieri jussimus,
per quas abhinc in antea ipsi & posteritas
eorum possidere valeant. Praecipientes
ergo jubemus ut nuUus fidelium sanctae
Dei Ecclesiae nostrorumque de praefata
villa infra praefata terminia cum omnibus
adjacentiis suis eis ullam inferre praesumat
contrarietatem; sed liceat eis nostra auc-
toritate eamque tenere & possidere suis-
que heredibus hereditario jure couferre,
similiter faciendo quicquid elegerit. Et ut
haec nostrae largitionis praeceptio ple-
niorem in Dei nomine obtineat vigorem
& a fidelibus sanctae Dei Ecclesiae nos-
trisque verius credatur diligentiusque ob-
servetur, manu propria subterfirmavimus
& anuli nostri impressione signari jussimus.
Signum Ludovici gloriosissimi impera-
toris. D H ' ad vicem Elisacar re-
cognovit.
Data IV kalendas januarias, anno Christo
propitio XX imperii domni Ludovici piis-
simi augusti, indictione xi '. Actum Aquis-
grani palatio regio, in Dei nomine félici-
ter. Amen.
' Peut-être Hirminmaris diaconus.
' Le texte porte viii.
An
833
i85
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
l86
An
834
1 1 sep-
tembre.
85.
Déposition ' en justice par-devant le
vidame Etienne j au sujet de la pro-
priété du lieu de Fontes^.
'Î^^ONDITIONES sacramentoruni ad quas
v^ ex ordinatione Stephaiio vicedomino,
Restitundo, David, Aichone, Hiseniberto,
Scilane, Chilricone, Leone, Adefunso &
Benedicto judicum, vel aliorum bonorum
hoininum qui ibidem aderant, id est Recha-
redus, Ursius saio, Ramirus, Ado, Ataulfus,
David ', in eorum praesentia quos causa fe-
cit esse parentes (corr. présentes) jurari
testes prolaturi, quas profert Theudefredus
in facie Dextro, propter villare quae vo-
cant Fontes territorio Narbonense unde
intencio vertitur in ethereis {corr. inter
eis). Et haec sunt nomina testium qui hoc
jurant id est principuis primitibus, Balo,
Robila, Huneses, Guascuntus, Furriolus :
« Jurati autem dicimus per Deum patrem
omnipotentem & in Jhesum Christum filium
ejus sanctumque Spiritum qui est in Tri-
nitate unus & verus Deus, & per hoc locum
venerationis sanctae Mariae, cujus basilica
sita est infra muros civitatis Narbonae, su-
pra cujus sacrosancto altario has conditio-
nes manibus nostris continemus vel jurande
contingimus, quia de villare que vocant
Fontes, qui est in territorio Narbonense,
unde intentio vertitur inter Theudefredo
& Dextro, nos supranominati testes sumus
& vidimus quando venit Sturmio cornes
ad eo tempore super ipsum villare dum
heremus fuisset, & ibidem ostendit jam-
dictus Johannes epistolam scriptam ad re-
legendum, quo dominus Ludovicus, dum
rex fuisset, ad Sturmioni comiti direxit,
quod revestisset ipsum Johanne conda pa-
' Manuscrits du P. Laporte, à la Bibliothèque
de Toulouse. — La copie est très-défectueuse, & il
nous a été impossible de la corriger en plusieurs
endroits.
* Le manuscrit donne la rubrique suivante, qui
probablement n'était qu'une cote ancienne placée
au dos de l'original :
Haee est carta de villare quod dicitur Fontes.
trem de isto Theudefredo jamdicto villare
Fontes ab omne integritatem, cum om-
nes suos termînos & adjacentias & per-
tinentias ipsius villare, ut Johannes & ha-
buisset per suam adprisionem absque ullo
socio vel herede. Et per addictum domini
imperatoris & per suum verbum de ipsum
villare ab omnem integritatem Johanne
revestivit qualiter superius scriptum est;
& dum Sturmio comis cum suos judices
Narbonenses in ipsum villare fuisset, sic
inter dicto villare & villare qui vocant Gur-
gos termines & limites misit & invenit
veteres & misit novos inter villare Fontes
& villare Gurgos per ipsum ilicem ubi ipse
comis caractère facere ordinavit, qui est
ipse ilices secus via publica qui discurrit a
Colusiano, & misit alium termine inter
jamdictum villare Fontes & villa Custodia
per ipsam viam publicam qui venit de Pe-
tramale usque ad locum ubi vocant ad illum
Vadello, & misit tertium termine in loco
ubi ipsa via venit de villare Fontes & in-
trat in via publica qui venit de Petramala.
Et vidimus quando occupavit Johannes ipso
villare Fontes pro sua adprisione cum om-
nes suos termines & adjacentias eorum &
ibidem domos & curtes & ortos construxit &
terras aravit & cultavit; & vidimus quando
Johannes misit in ipsum villare sues he-
mines ad habitandum his nominibus : Chris-
tiano & iilios suos Atonelle Ele & Man-
sione & Tamunno, Imbelaso presbytère
aterrenario, Fedantio cum filios suos &
génère sue Ildebono, & beneficiavit illis
ipsum villare cum dômes & curtes & ortos
constructos & terras aratas & cultatas que
ipse cultavit; & ipsi homines ad tune sui
commenditi erant & illum habebant pa-
tronem; & quantum ipsi homines in ipsum
villare domos & curtes & ortos & vineas
construxerunt & araverunt, perdonitum &
per beneficium de Johanne hoc fecerunt,
nam non per illorum aprisione nec per
bénéficie cemes nec vicedomino nec de
alium quodlibet homine. Et dum Johannes
ipsum villare a bone integritate habuisset
per suam adprisionem, sicAdemares comis
eum mallavit quod ipse villares suus bene-
ficius esse debebat magnis palatii vel ante
Gaucelino, Berane, Giscafrede, Odilone &
Ermengario cornes seu etiam judices Cixi-
An
834
A
An
834
^7
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
i88
lane, Jonatan, Vincentio & Angevaldo, qui
erant ad tune judices dominici, seu etiamAr-
chibaldo notario & alios plures j & Johannes
in supradictorum judicio sua dédit testimo-
nia his nominibus, Huitalane, Alapodius,
Offoilolliames, Reccesindus, Salmonius,
Tremirus, & Ermegildus ; & sic testificave-
runt in supradictorum judicio & série con-
ditiones hoc juraverunt in ecclesia Sancti
Martini, cujus basilica sita est in Aquis pa-
laciij & viderunt quando fuit ipse villares
ab omne integritatem de Johannes per
86.
Diplôme de Vempereur Lothaire en
faveur de Wimar\
N nomine Domini nostri Jesu Christi Dei
aeterni. Lotharius augustus invictissimf
domini imperatoris Ludovici filius. Justum
est ut imperialis dignitas his qui suam de-
I
votionem erga suam fidelitatem illibatam
suam aprisionem, quam beneficius comitis servare noscuntur plurimis sublevet muni-
vel viceflominis, & postea vidimus ipsum ficentiis, quatinus in se hoc fecisse gratu-
villare habentem & dominantem ad Johan-
nem cum omnes suos termines & adjacen-
tias & pertinentias eorum & vestituram
habente per ipsa epistola domini impera-
lentur & alios ad hoc exequendum plenis-
sime exortari valeamus. Igitur notum sit
omnium fidelium sanctae Dei Ecclesiae
nostrorumque praesentium scilicet & fu-
toris & per suas conditiones qui sunt supe- turorum sagacitati, quia Wimar vassallus
rius scriptas, usque quod Leibulfus comis noster suam exequendo fidelitatem ad nos
eum abstulit ad Johanne sua fortia injuste veniens petiit pietati nostrae, ut ei & fratri
absque judicio, & hodie per lege & justicia suo Radoni nomine taie concederemus be-
ipse villares ab omne integritate cum om- neficium, quatinus res quas genitor eorum
nés suos terminos & adjacentias eorum per concessionem avi nostri Caroli prae-
plus débet esse de Theudefredo per apri- stantissimi imperatoris ab eremo in Septi-
sionem patris sui Johannem quam ad be- mania trahens ad villam construxit, quae
neficio comitis vel vicecomitis vel de quo- vocatur Villanova, consistentem videlicet
libet hominem. Et ea quae scimus de hac in Rossilione, terminia habentem a parte
causa juste & fideliter testificamus atque orientali villam quae vocatur Tesanum, a
juravimus per supra adnexum juramen- parte meridiana villam quae dicitur Villa-
tum in Domino.» Late conditiones m idus seca, ab occidentali plaga villam vocatam
septembris, anno XX imperatore domno Rastis velTertrium, a Septentrione siqui-
nostroLudovico imperatore augusto.S.Pri- dem vocatam villam Orlam cum omnibus
milicco. S. Romani. S. Guasconii. S. Lobi- adjacentiis suis, silvis videlicet vel campis
lani. S. Jonisii. S. Furioli. S. Principius.
Wijuvabi subscripsi qui as conditiones ju-
ravimus. S. Stephanus qui hanc exempla
subscripsi. S. Vuilialdus exempla firmavi
subscripsi. S. Theodosius subscripsi. S. Chi-
ricus qui hanc exempla subscripsi. S. Reka-
redus qui hanc exempla subscripsi. S. Aigo
subscripsi. S. Baldefredus subscripsi. S,
Scila qui hanc exempla subscripsi. S. Un-
dita subscripsi exempla. S. Todalnus qui
hanc exempla firmavi subscripsi. S. Bosso
vel vineis seu pratis pascuisque, aquis
aquarumve decursibus proprietario jure
concederemus ad habendum suisque pos-
teris in hereditate perennis mansuram tem-
poribus; quod & nos fecisse omnium cog-
noscat fidelium nostrorum sagacitas. Et
ideo eis has nostras litteras fieri jussimus,
per quas abhinc in antea ipsi & posteritas
eorum eam proprietario jure possidere va-
leant. Praecipientes ergo jubemus ut nuUus
fidelium sanctae Dei Ecclesiae nostrorum-
clerus qui has conditiones scripsi & sub- que de praedicta villa infra praefata termi-
scripsi sub die quo supra. nia cum omnibus adjacentiis suis ullam in-
ferre praesumat contrarietatem , sed liceat
eis nostra auctoritate eam quiète tenere &
An
834
1 8 dé-
cembre.
' Marco. Hispanica, c. 770, d'après le cartulaire
de l'église d'Elne.
An
834
189
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
190
Éd.orig.
t. 1,
col. 67.
An
834
21
juillet.
Éd.orig.
1. 1,
col. 68.
citer. Amen.
87.
XLVIII
possidere suisque heredibus hereditario exenipto, nostram expetîvit clementiam ,
jure conferre, similiter faciendo quidquid ut eandem advocationis curani Maurino
elegerint. Et ut haec nostrae largitionis vassallo nostro comniitteremus. Cujus p^
praeceptio pleniorem in Dei nomine ob- tioni nostris indigere auxiliis perpenden-
tineat vigorem & a fîdelibus sanctae Dei tes, divino tacti munere postulata conces-
Ecclesiae nostrisque verius credatur dili- simus, coniniittentes eidem vassallo nostro
gentiusque observetur, manu propria sub- Maurino nomine rerum monasterii sui
terfirmavimus & anuli nostri impressione curam in adquirendis videlicet justiciis
signari jussimus. & aliis faciendis. Propter hoc hos nos-
Signum Lotharii gloriosissimi augusti. tre auctoritatis apices ei successoribusque
Druggemirus sub Dei nutu notarius ad per tempora labentia sibi succedentibus
vicem Hermenredi recognovi. iieri & dari precepimusj per quos prece-
DataXV kalendas januarias, anno Christo pimus atque jubemus omnia quecumque
propitio imperii domini Ludovic! serenis- predictus advocatus superdicti monasterii
simi imperatoris xxi & Lotharii gloriosis- Anianensis nomine Maurinus secundum
simi augusti Xiii, indictione xi. Actum legem quesierit, aut querentibus obstiterit,
Gardina palatio regio, in Dei nomine feli- vei juste satisfecerit, atque legaliter diffi-
nita fuerint, rata & stabilita permaneant;
& ubicumque ad loca & potestatem seu mi-
— '■ nisteria cujuscumque comitum advenerit,
undecumque de rébus ejusdem monasterii
justiciam quesierit, absque uUa dilatione
secundum legem plenissime recipiat atque
querentibus faciat. Et quia constat idem
Charte de Louis le Pieux en faveur monasterium nostrum proprium esse, vo-
d'Ermenaldy abbé d'Anianef 6" de lumus atque precipimus, ut sepenominatus
son monastère \ advocatus nuUa uUatenus testimonia super
nostra ejusdem immunitate monasterii tes-
IN nomine Domini Dei & Salvatoris nostri tem recipiat; sed quicquid juste & legaliter
Jesu Christi. Hludovicus divina propi- quesierit sive defenderit, cum nostre partis
ciante clementia imperator augustus. Si testibus effectum rei evindicare ac perfi-
petitionibus servorum Dei justis & ratio- cere studeat. Si vero quilibet aliquam dila-
nabilibus divini cultus amore favemus, id tionem in justiciis faciendis opposuerit
nobis procul dubio ad eternam beatitudi- aut aliquam injustam occasionem conatus
nem promerendam profuturum liquido fuerit adhibere, predicto advocato injunxi-
credimus. Idcirco notum es&e volumus mus ut nobis renuntiet, & nos illi qui
cunctis fidelibus sanctae Dei Ecclesiae & nostram jussionem neglexerit secundum
nostris praesentibus scilicet & futuris, quia facti sui meritum retribuemus. Dixit etiam
Ermenaldus abba monasterii nostri quod nobis predictus Ermenaldus abba, eo quod
dicitur Aniana, ad nostram accedens man- mancipia de monasterio Sancti Martini,
suetudinem, ostendit nostre majestatis ob- quod nos largitionis nostre munere ad
tutibus quandam preceptionem, quam nos predictum Anianense monasterium conces-
olim ad petitionem predecessoris sui Be- simus, per loca diversa fugitiva sint : volu-
nedicti abbatis ob amorem Dei & monas- mus ut predictus advocatus ea querat, &
terii utilitatem fieri jusserimus, de advo- ubicumque inventa fuerint & secundum
catione videlicet que ad hoc in nostram legem Romanam tricennio se defendere
preceperamus commendationem , ut libe- voluerint, & hoc predictus advocatus ex
rius predicti monasterii utilitates & ne- propinquis eorum circumcinxerit aut tes-
cessitates procurare valeret. Sed eodem timonia idonea dederit, fiant in eis secun-
advocato divina vocatione rébus humanis dum Romanae legis sanctionem, ut tricen-
nium ea excludere non possint. Et liceat
' Cartulaire d'Aniane, f" 14 v". eis suas res proprias absque cujuslibet
An
834
An
834
191
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
19:
Hd.orig,
t. [,
col. 69.
An
835
i" no-
vembre.
interpellatione injiista aut inquietudine precibus ob amorem Dei & reverentiam
qu^ete possidere, & quia memorata ad per- divini cultus libenter aurem accommodare
d^endum ei injunximus, ab omni hoste placuit. Propterea praesentem auctorita-
vel vuacta sive ab omni publico servitio tem per hos regales apices eodem loco qiio
immimis existere, quatenus advocationem nobis postulatum est, quivocatur Malaste,
a nobis sibi injunctam liberius atque uti- suprascriptum villarem, situm in page To-
lius peragere valeat. Licentiam etiam de- losano super fluvium Fiscavum, ob peti-
dimus eidem abbati de minoribus & le- tionem praefati Viliafredi abbatis necnon
An
835
Olibae comitis precumque suarum inaes-
timabilem functionem liberalxter confir-
mamus, cum omnibus videlicet quae ad
ejusdem villaris integritatem pertinere
noscuntur tam in aedificiis quam in agris
necnon in cunctis adjacentiis jure ipsius
villaris mancipatis; eo scilicet ordine, ut
deinceps eumdem villarem, quem praedicto
monasterio Malaste nostrae delegavit pie-
tatis serenitas, cum omnibus suis adjacen-
tiis pro animae nostrae emolumentum in
praefati sancti loci potestatem transfera-
tur atque confirmetur : ita ut abhinc pars
ipsius monasterii vel rectores qui in ipso
loco per tempora fuerint per hoc nostrae
confirmationis scriptum habeant, teneant
atque lege perpétua possideant, eisdem ex
rébus nullo unquam tempore a quoquam
Charte de Pépin I, roi d'Aquitaine, en querelam pati pertimescant : sed ipsi sancto
faveur de Vahbaye de Montolieu ' . ^^co ac Deo dilectae congregationi profi-
ciat in augmentum. Reminiscentes insu-
PIPPINUS ordinante divinae majestatis per in bis similibus actis peccarainum nos-
gratia Aquitanorum rex. Cum petitio- trorum pondus in alico minuendo deficere,
nibus servorum Dei justis & l'ationalibus easdem res sub nostro mundeburdo ac tui-
divini cultus amore favemus, superna nos tionis defensione suscipimus, praecipien-
gratia muniri non dubitamus. Proinde tes atque per hos regales apices omnimo-
noverit omnium fidelium nostrorum tam dis decernentes, ut deinceps easdem res
praesentium quam & futurorum sagacitas, quocumque infra nostra terra nullus judex
quia virvenerabilis Viliafredus abba ex mo- publicus aut aliquis ex judiciaria potestate
vioribus causis alterum advocatum mittere,
qui prefati monasterii causas atque néces-
sitâtes utiliter fideliterque administrare
possit. Et ut bas litteras nostras esse vé-
rins credatis, de anulo nostro eas jussimus
sigillari.
Hirminmarus notarius ad vicem Hugonis
recognovi.
Data XII kalendas augusti, anno Christo
propicio XXII imperii domni Ludovuici
piissimi augusti, indictione XIII. Actum
Strennaca villa, in Dei nomine féliciter.
Amen.
XLIX
nasterio quod nuncupatur Malaste, quod
est situm in territorio Carcassense super
fluvium Duranum, constructum in honore
sancti Joannis Baptistae, petiit sublimitati
nostrae, annuente Oliba comité, quandam
villam Magnianacus, qui est situs in pago
Tolosano super fluvium Fiscavum, una
cum terminis & adjacentiis suis, sicut ter-
minatum est a Godoildo misso Wilelmo
comité, per hanc nostram praeceptionem
suprascripto monasterio in honore sancti
Joannis Baptistae confirmaremus. Cujus
' Archives de l'abbaye de Montolieu. — Mabil-
lon, de Re diplomatica^ p. 523.
infra easdem res ad causas audiendas aut
mansionaticos exigendos aut parafas aut pa-
reveredos requirendos ullo umquam tem-
pore ingredi audeat, sed liceat eis sub
nostro mundeburdo vel immunitatis tui-
tione quiète vivere ac residere. Et ut haec
nostrae confirmationis praeceptionisque
merces a fidelibus sanctae Dei Ecclesiae
& nostris firmius credatur diligentiusque
conservetur, manu propria subterfirmavi-
mus & anuli nostri impressione subter
eam jussimus signari.
Signum Pippini gloriosissimi régis. Isaac
clericus & notarius ad vicem Dodonis re-
cognovi & subscripsi.
An
835
Ed.orig.
t. I.
col. 70.
193
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
94
An
836
5 mars.
Data kalendas novembris, anno XXII aut mansiones vel paratas faciendas, aut
domni Hludovici serenissimi augusti & xxi fidejussores tollendos, aut homines ipsius
Art
836
regni nostri. Actum in Teotuadum pala-
tium nostrum, in Dei nomine féliciter.
Amen.
89.
Diplôme de Louis le Débonnaire pour
V église d'Elne '.
IN nomine Domini Dei & Salvatoris nos-
tri Jesu Christi. Ludovicus divina pro-
pitiante clementia imperator augustus. Si
erga loca divinis cultibus maucipata prop-
ter amorem Dei eique in eisdem locis fa-
mulantibus bénéficia opportuna largimur,
praemium apud Dominum eternae remu-
nerationis nobis rependi non diffidimus.
Igitur notum esse volumus cunctis fideli-
bus nostris praesentibus scilicet & futuris,
quod venerabilis Fulmo ecclesiae Elenen-
sis episcopus deprecatus est majestatis nos-
trae misericordiam, ut praedictam sedem
cum omnibus ad se juste & legaliter mo-
derno tempore pertinentibus sub nostra
tuitione & immunitatis defensione cum
omnibus rébus, id est cella Sancti Felicis
cum omnibus terminis & appenditiis suis,
& villa quae dicitur Torrente & alio vo- propitio XXIII imperii domni Ludovici
cabulo Alamanis, & Spedulia & pro con- piissimi augusti, indictione XIV '. Actum
gruentia ecclesiae suae territorium a Pe- Aquisgrani palatio regio, in Dei nomine
trafita usque super sua claustra, & cellulam féliciter. Amen,
etiam Sancti Juliani vel terras quas sui
homines ex eremo traxerunt necnon me- ' '
diam partem pulveratici, ex rafica & ex
mercato similiter seu de pascuario consti-
tueremus : quod ita & nos fecisse omnium
vestrum cognoscatindustria. Praecipientes Plaid entre David, abhé de Saint-^
ecclesiae contra rationis ordinem distrin-
gendos nec ullas redhibitiones nec illici-
tas occasiones requirendas ingredi audeat.
Praecipimus etiam atque jubemus ut res,
quas moderno tempore juste & legaliter
possidet vel que ibidem divina pietas au-
geri voluerit, in eorum jure & domina-
tione absque cujuslibet inquietudine aut
illicita contrarietate persistant, neque ul-
lam indebitam calumniam aut repetitionem
de eis a quoquam uUo umquam tempore
patiantur, sed liceat eis memoratas res cum
omnibus ad se juste & legaliter pertinen-
tibus absque alicujus injusta contradic-
tione quieto ordine possidere & de eis
jure ecclesiastico disponere quicquid vo-
luerint, quatenus nostro juvamine divi-
num cultum copiosius exequentes, pro
nostra conjugis prolisque nostrae inco-
lumitate & stabilitate imperii nostri eos
Domini misericordiam attentius exorare
delectet. Et ut hec auctoritas nostra prae-
sentibus futurisque temporibus inconvulsa
permaneat, manu propria eam subterfirma-
vimus & annulo nostro sigillari jussimus.
Signum Ludovici serenissimi imperato-
ris. Hirminmarus notarius ad vicem Ugonis
recognovi.
Data III nonas martias, anno Christo
90.
ergo jubemus ut nullus judex publicus vel
quislibet ex judiciaria potestate in eccle-
sias, villas, loca vel agros seu reliquas pos-
sessiones memoratae ecclesiae, quas mo-
derno tempore possidet vel quae deinceps
in jure ipsius loci voluerit divina pietas
augeri, ad causas judiciario more audien-
das vel discutiendas, vel freda exigenda,
' Marca Hispanica, c. yyS, d'après le cartulaire
de l'église d'Elne.
Martin de Cauquens, 6* ^Espagnol
Teuderedus ^.
CUM in Dei nomine resederet vir vene-
rabilis Fulcho, advocatus archiepisco-
pus, qui est missus domno nostro Ludo-
' Le texte porte xiii.
' Cartulaire de l'archevêché de Narbonne, la-
tin II 01 5, f*** 10 v" à M v"; copie du douzième
siècle. — Nous donnons en note quelques-unes des
An
836
17 dé-
cembre
IL
An
836
ig5
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
196
vico imperatore, in villa Juliano territorio
Narbonense pro multorum altercationes
audiendo & rectis judiciis causarum diri-
mendo una cum plurimum bonorum ho-
minum qui in ipso judicio residebant;
id est Gondesalbius abbas, Ermenardo &
Austenno uterque vicedominus, Arias, Wi-
liadus, Trasoarius, Teusodius, Siccarius,
Petrus, Ildagius vassis dominicis, David,
Bericus, Wademirus, Seila, Ermengillo,
Isimberto, Aigone & Leone judicum, seu'
& vassus ipsius Fulchoni Petrus, Teu-
paldus, Siderrhac, Fredericus vel aliorum
multorum hominum qui ibidem aderant ;
veniens Walaricus, qui est maudatarius
David abbas de monasterio Sancti Martini
Caucanensis, qui sita est super littore
maris, vel de congregatione ipsius monas-
terio in supradictorum judicio dicens :
« Jubete me audire cum istos homines bis
nominibus Trasoario & Teuderedo, quia
iste Trasoarius tenet ecclesia Sancte Ma-
riae cum vinea & terras qui infra termines
sunt de villa Maximiniaiio ubi ecclesia
Sancti Marcelli sita est, & iste Teudere-
dus tenet terras infra termines de villa
Maximino superiore & Maxsiauo subte-
riore, qui sunt in territorio Narbonense,
suburbio Minerbense'. » Tune prefatus
missus & judices interrogaveruntTrasoario
& Teuseredo : « Quid respondere vultis ad
hec?» Tune Trasoarius dixit : « Ipsas ter-
variantes fournies par le recueil du P. Laporte,
t. 2, p. 848, à la Bibliothèque de Toulouse j cette
copie, toute défectueuse qu'elle est, a dû, en effet,
être prise sur l'original, le cartulaire de Nar-
bonne étant à Paris depuis l'époque de Baluze. La
copie du P. Laporte porte le titre suivant, qui a
l'air d'être emprunté à une cotte ancienne : Judi-
cium quoi datum est sub Ludov'ico imperatore de
honore monasterii Caucanensis. Remarquons de plus
que c'est une autre expédition de notre acte ; celui
que nous donnons est un procès-verbal dont ce-
lui du P. Laporte n'est que le résumé, l'analyse;
du reste, les deux actes sont également authenti-
ques. [A. M.j
' Necnon,
' A la place du discours direct, le texte du
P. Laporte emploie le style indirect : Conquestus
est super.,.. De même plus bas les réponses de Tra-
soarius, de Teuderedus Scies demandes des juges
sont écrites dans le style indirect. [A. M.j
ras & vinea & ecclesia Sancte Marie non
sunt infra termines de villas Maximiano,
sed ipsas terras & vinea infra termines sunt
de villa mea ubi vocant Sancte Mariae
quae ego ad beneficio retineo, & termines
& fixorios & limites monstrare possum qui
sunt antiquitus positi inter villas Maxi-
mianus & ecclesie Sancte Mariae. » Tede-
redus dixit : « Quod infra termines de villas
Maximianus nunquam teneo terras, sed
infra termines sunt ipsas terras de villa
mea Talasianicus. « Tune asseruit Wala-
ricus & dixit : « Ecce nunc judicium,
ubi David abbas cum mandatario suo Gal-
teredo villas Maximianus & Cardeto ab
omnem integritate legibus adprobavit &
legibus conquisivit ad partem monasterii
Sancti Martini Caucanensis'. » Et cum
prefatus missus & judices ipsum judicium
relegere ordinavimus, sic in eum insertum
invenimus & taliter eorum continet aiic-
toritas, quomodo David cum mandatario
suo Gelteredo ipsas villas très ante dudum
tempus legibus adprobavit cum idonea i^s-
timonia & eas legibus conquisivit ab omne
integritate cum omnes illorum terminis,
cum molendinis, cum omnes adjacentias
& pertinentias ipsius villas, qualiter ipse
pitacius continet, quod Tractiorius abba
quondam ad Scunilale presbytero, & cum
nos missus & judices taies raciones ante
nos magis ac magis audissemus, tune nos
très ordinavimus testes Teutpaldo, Petro
& Berico, qui super ipsas villas ambulas-
sent, inter villas Maximianos, Cardeto &
Talasianicus termines & limites discernere
debuissent, & decrevimus judicium ut Da-
vid abba cum mandatario suo Vualarico
idonea testinionia venisset ad judicio ter-
mines & limites ipsius villas adprobare fe-
cissent; sicuti & fecerunt. — Cum jamdicti
missi Teutpaldus, Petrus & Bericus una
cum Teuderedo, Trasoario & Tairedo su-
per ipsas villas & termines ambulavimus,
sic ibidem invenimus una cum ipsa testi-
monia de David abbate, qui ipsos termi-
nis circumdaverunt, quod jamdicta ec-
clesia Sancte Mariae cum ipsas terras &
vinea infra termines sunt de villa Maxi-
miano, ubi ecclesia Sancti Marcelli sita
' Même remarque que plus haut.
An
836
An
836
97
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
est. Iterum invenimus quod iiiter villa
Maximiano & ecclesia Sancte Mariae nul-
lum termine nec limite nec fixorio nun-
quam habuit nullo quod tempore. Iterum
invenimus quod ipsas terras quod Teu-
deredus contendebat infra termines sunt
de villas Maximianos & non sunt infra
termines de villa Talasianicus. Quod post
bec factum fuit, tune David cum manda-
tario suo Walarico venientes ad illorum
placitum quia arramitum habuerunt ante
predicto misso & judices in villa Juliano
territorio Narbonense & ibidem illorum
te'stimonia protulerunt bonos, idoneos, bis
nominibus : Asenarius, Ebolu§, Stephanus,
Satrepaldus & Donatus, qui sic testifica-
verunt in supradictorum judicio & série
condicionesj bec juraverunt in ecclesia
Sancti Pauli , cujus baselica sita est in
villa Juliano : « Quia de terras & vinea &
ecclesia Sancte Mariae, unde intencio ver-
titur inter Walarico & Trasoario & Teu-
deredo, nos supradicti testes scimus &
bene in veritate nobis cognitum manet &
vidimus testes anteriores ambulantes & ter-
mines discernentes, qui juratum babebant
fîdelitatem ad partem régis, ad parte pre-
dictas villas & inter villas Talasianicus &
Maximiano superiore ubi ecclesia Sancti
Felicis sita est & usque ad Cardeto ubi ba-
bet orreo antiquitus factum calciuicum (>),
habentes omnes ipsas terras & de vineas
de quantum nos pedibus circumdavimus &
manibus insignavimus in facie predictus
missos infra termines de jamdictas villas
per hos annos xxx=* seu & amplius, per
ajacentias denominatas ad parte monaste-
rii Sancti Martini Caucanensis, ubi pri-
mus steterunt supradicti missi cum plures
hominibus ante de illa arcba antiqua qui
est ante jamdictas villas Maximiano &
Talasianicus. Deinde sic perambulavimus
per ipsa via publica de parte Orientis us-
que ad fixorio antique qui est erectus con-
tra villa Corbiciaco, de parte Aquilonis
unde declinavimus in torrente sicho qui
descendit de villa Corbiciaco, pergentes
per via publica qui discurrit contra Monte
Filinese, déclinantes ad sinistra latere per-
venimus ad ipsa Rocba, & descendimus per
septentrionalem partem subtus illas vineas
de villa Monte Filinese juxta quo arcba
198
antiquitus facta invenimus. Deinde perrexi-
mus per fîxoria qui dividet inter jamdictas
villas usque in via publica, qui discurrit
de ecclesie Sancti Marcelli ad ecclesia
Sancti Celsi, ubi invenimus lapidem gran-
dem ; unde & declinavimus per alla via de
contra Occidentem usque in fîxoria pate-
facta in eadem usque in ripa de rivo Ug-
none, & stetimus in locum eminentem
unde arcba antiquitus facta evulsa fuit.
Inde declinavimus per semitarum qui dis-
currit super ecclesia de Sancte Mariae &
sic per partem Meridie usque ad ipsum li-
mitem recta linea ad illa Petra Nativale
que vocant Pila & usque ad Rigo Spenna,
deinde ad fixorio antiquitus erecto & sic
subtus ipsum pratum per campos cultus
jam de parte Orientis ad contra Septen-
trionem reversi de retrofictum fixsorio us-
que in via, que discurrit de Altano partibus
Sancti Celsi & sic usque ad priore jam-
dicta arcba. Per ista loca vel diffinitiones
pertinent adpenditiones de supradictas
villas, quia iste Vualaricus ad partem Da-
vid abbati vel monasterii Caucanensis re-
cognovisset '. » Et cum prefatus missus
vicedominis & judices videntes talem ad-
probationem de David abbate vel de man-
datario suo Waltared securitatem & illorum
patuisset clara justicia, tune decrevimus
judicium per lege Gotorum & ordinavimus
Juliado saione nostro, ut de omnes istas
terras & vineas & ecclesiae Sancte Marie
David abbate tradere & revestire faciat, &
David ipsas res cum congregatione ipsius
monasterii Sancti Martini Caucanensis se-
curi habeant & jure vindicent omnique
tempore qualiter justum judicium inser-
tum est & vel illorum scripturas conti-
nent'.
Dato judicio suo die X" W kalendas ja-
nuarias, anno xxiii°domno nostro glorio-
sissimo Ludovico imperatore. Trasoarius.
Arias. Wistrimirus. Dettoszas. Siccarius.
Teodefredus. Austennus. Signum Petro.
' La déposition des témoins, qui est aussi en
style indirect dans le P. Laporte, y est beaucoup
plus claire. [A. M.]
' La clause du sajon manque dans le P. Laporte,
&, comme partout, le style indirect a été em-
ployé en cet endroit. [A. M.]
An
836
An
836
199
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
200
Siguum Teutpaldo. Seila. Léo. Teurîcus. S. Eucaillus. S. Samson S. Amabilis
Ermenisclus. Vuadamirus. Vuiliadus '. presbyter qui hanc praecaria scripsi sub
die & anno quo supra.
An
837
II.
Éd.orig.
t. I,
col. 70.
Donation faite par Richilde y femme
du comte Oliba, au monastère de la
Grasse^.
I
N nomine Domini. Ego Richildis foemina
quae fui uxor de quondam Olibaiii co-
miti, certum quidem & manifestum enim
& plurimis hominibus cognitum manet,
quia veni ad vos domno Agiiaue abbate
vel ad cuncta congregatione Saiictae Ma-
riae monasterii, & expetivi vobis vestruin
alodem, quem habeatis iiifra territorio
Karkasense in valle Aquitanica, villa quae
vocant Favarias cum oniiies fines vel adja-
centias suas ab intègre, quem teneatis vos
per dona scripturas de viro meo quondam
Olibani comiti, ut ipsum alodem janidic-
tum mihi praestare faciatis per annos vi-
ginti , sicut & fecistis. Et ego jamdicta
Richildis vobis domno Agilane abbate vel
ad illa congregatione SanctaeMariae, quod
ibidem fuerint post obitum vestrum, do-
nare faciam per singulos annos solidos
quadraginta propter ipsum alodem supe-
rius dictum. Quod si ego Richildis vobis
supranominatos domno Agilane abbate vel
ad illa congregatione Sanctae Mariae ipsos
solidos non dedero per ipsos annos su-
pranominatos, in duplo vobis componere
faciam : & ista precaria firmis permaneat
semper. Facta ista precaria sexto idus ma-
gii, anno vicesimo quarto imperante domno
nostro Ludovico imperatore. Sig f num
Richildis qui hanc precariam feci & tes-
tes firmare rogavi. Sig f num Lighatario.
' Le P. Laporte termine par la phrase suivante,
qui est évidemment prise sur une cotte ancienne
ou sur un cartulaire : Est & allas honor ibi prope
in ipso Minervense similiter sanctorum Justi & Pas-
toris, villa. Honerag, & iterum inter sanctum Justum
& Pastorem & ecclesia Sanctl Pauli, est & alla villa
que vocatur Upianus. [A. M.]
^ Archives de l'abbaye de la Grasse. [L'original
est aujourd'hui aux archives du département de
l'Aude.]
92,
LI
Diplôme de Louis le Débonnaire en
faveur de Vahbaye d'Aniane\
IN nomine Dei & Salvatoris nostri Jesu
Christi. Hludovicus divina propiciante
clementia imperator augustus. Omnibus fi-
delibus sancte Dei Ecclesie & nostris pre-
sentibus & futuris notum sit, quia olim
adhuc in Aquitania constituti & necdum
imperiali honore & nomine celitus insig-
niti, beneficiavimus quamdam villam in
pago Lutovense Aniani monasterii, que
est in honore sancti Salvatoris seu béate
Marie virginis & Pétri & Pauli apostolo-
rum atque archangeli Michaëlis dicata,
petente nimirum Benedicto ejusdem mo-
nasterii tune temporis abbate & per auc-
toritatem nostram delegare curavimus; sed
quia deinceps divinitus nobis imperiali
solio sublimatis easdem res potiori aucto-
ritate roboratas fuisse necdum constiterat,
Ermenaldus venerabilis ejusdem monaste-
rii abba nostre supplicavit démentie, ut
denuo nostram auctoritatem super rébus
ville que dicitur Curcionatis' accipere me-
reretur, per quam eas firmius possidere
valeret. Cui divino amore & honore adsen-
sum prebentes, hos nostros apices ei fieri
jussimus, per quos decernimus atque san-
cimus ut jamdicta villa Curcionatis cum
omni integritate sua, diebus vite nostre,
beneficiario munere in dominatione & gu-
bernatione Aniani monasterii rectorisque
illius atque sustentatione fratrum hi eo
Domino militantium persistât. Et quicquid
de ea jure ecclesiastico & modo beneficia-
rio facere disposuerint, liberam habeant
potestatem. Sed ut hec auctoritas nostra
firmior habeatur, de anulo nostro subter
jussimus sigillari.
Signum Hludovici serenissimi imperato-
' Cartulaire de l'abbaye d'Aniane, f° 28 y°.
• Caussenas.
An
837
'9
octobre.
lid.orig.
t. I,
col. 71.
An
837
201
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
202
ris. Hirmînmarius notarius ad vicem Hu-
gonis recognovi.
Data XI III kalendas novembris, anno
Christo propicio xxiiii iniperii domiii
Hludovici piissimi augusti, indictione XV.
Actum Aquisgrani palacio regio, in Dei
nomine féliciter. Amen.
93.
LU
An
837
21
octobre.
Autre charte du même empereur en
faveur de la même ahhaye\
IN nomine Domini Dei & Salvatoris nos-
tri Jesu Christi. Hludovicus divina or-
dinante providentia imperator augustus. Si
erga loca divinis cultibus mancipata prop-
ter amorem Dei eosque in eisdem locis
sibi famulantes bénéficia oportuna largi-
mur, praemium nobis apud Dominum ae-
ternae retributionis rependi non diffidi-
mus. Idcirco notum sit omnibus fidelibus
nostris praesentibus & futuris, quia placuit pecora seu alias utilitates, cum villulis &
nobis pro mercedis nostrae augmento ad omnibus aspicientiis suis. Et [in] alio loco
suis. Et in eodem pago villam Cincianum
cum appendiciis & adjacentiis suis. Et inter
confinia de pago Rutenico seu Nemausense
alpes ad pecora alenda seu alios usus quas
dicunt Jaullo cum terminis & adjacentiis
suis, quas olim praefato m.onasterio per
misses nostros Ragambaldo seu Fulcoaldo
comité tradidimus, cum omni integritate,
sicut a temporibus domni & genitoris nos-
tri ab eisdem monacbis possessum fuit; &
locum qui dicitur Auraria cum omni inte-
gritate, sicut olim a bonae memoriae Er-
mengarde regina praedicto monasterio tra-
ditum est. Et in pago Magdalonense cas-
trum quod dicitur Monte-Calmense situm
juxta fluvium Araur, cum ecclesia Sancfi
Hilarii a termine ejusdem monasterii Ania-
nensis usque ad terminum rerum, sicut
genitor noster trans ripam praefati flumi-
nis per suum praeceptum ad proprium jam-
dicto tradidit monasterio , excepto pro-
prium ingenuorum hominum quod infra
conjacet. Et super praefatum fluvium ,
Caucinum ad pascua armentorum & alenda
An
83-
Comajagas cum finibus & adjacentiis suis,
seu & Paliares cum appendiciis suis. Et in
loco qui dicitur Sogrado, cellulam quam Éd.orig.
ipsi monachi aedificaverunt cum adjacen- coi. 73.
tiis suis; omnia haec cum omni integritate,
sicuti a misso "genitoris nostri Karoli Ley-
drath archiepiscopo traditum & marmo-
ribus per cruces & terminationes adsigna-
monasterium quod dicitur Aniana, situm
in pago Magdalonense, constructum in
honore Domini & Salvatoris nostri Jesu
Christi & sanctae ac semper virginis Ma-
riae seu aliorum sanctorum, ubi venera-
bilis Hermenaldus abba praeesse videtur,
aliquid ex rébus tradere nostris, id est
quamdam cellulam nuncupantem Gellonis,
sitam in pago Lutovense, cum omnibus ap- tum fuit & ab ipsis monachis a temporibus
pendiciis suis vel quidquid ibi Willelmus genitoris nostri possessum. Et in ipso pago,
quondam comes, qui ipsam cellulam in in fisco nostro nuncupante Juviniaco, lo-
causa domni & genitoris nostri construxit, cum quodantiquo vocabulo Fons-Agricolae
seu & alii boni homines per strumenta dicebatur, nunc autem Nova-cella appella-
chartarum tradiderunt. Et in praedicto tur, quam proprio opère ipsi monachi ma-
pago villam quae dicitur Magaranciate & nibus suis aedificaverunt; etiam & molina
locum qui dicitur Castra-Pastura ad pecora duo infra ipsius fisci terminum super flu-
eorum alenda seu diversis usibus, cum ter- vium Lero ab eisdem constructa cum omni
minis & adjacentiis suis; & in eodem pago integritate, sicut hactenus a temporibus
fiscum nostrum Curcenate cum omnibus praelibati genitoris nostri quieto ordinc
adjacentiis suis. In pago quoque Biterense tenuerunt. Et inter mare & stagnum locum
fiscum nostrum qui dicitur Miliacus émus qui vocatur Porcarias, quem sibi ad porcos
ecclesiae Sancti Paragori & Miliciano villa alendum vel ad piscationis opportunita-
cum omnibus appendiciis & adjacentiis
' Archives de l'abbaye d'Aniane. — Acta SS. or-
dinis S. Benedicti, saec. 4, part. 1, p. 228 & seq.
tem seu alias adjacentias de locis heremis
praefati monachi susceperunt, & a geni-
tore nostro eis per praeceptum conlata
sunt. Item in eodem pago illos segos cum
An
837
• o3
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC. '
204
ipsa pîscatorîa & plagis maris & fiscum libus sancte Dei Ecclesiae ac nostris de
nostrum adhaerentem illis qui nuncupatur praescriptis rébus a nobis praefato mo-
An
837
Sita, qui est inter mare & stagnum, & sub-
jungit pago Agatensi, cum ecclesiis, villa-
ribus, mancipiis, plagis maris & piscatoriis,
cum omnibus aspicientiis & adjacentiis ,
cum silvis & arboribus supra positis usque
ad locum qui dicitur Carajacum, quantum-
cumque vel quomodocumque in eisdem
locis ibidem genitor noster quondam ad
nasterio vel congrégation! ibidem degenti
concessis aliquid abstrahere aut minuere
tentet nec in ecclesiis aut loca vel agros
seu reliquas possessiones praedicti monas-
terii, quas moderno tempore per donatio-
nes genitoris nostri ac nostras seu cete- Éd.ong
rorum fidelium juste possidere videtur in coi. 7'^.
quibuslibet locis, quidquid ibidem propter
suum habuit opus. Et in pago Narbonense divinum amorem conlatum fuit quaeque
salinas quae sunt nuncupante Ad Signa,
quantascumque noster missus Leibulfus
cornes eis designavit, cum terminis & la-
terationibus suis. Insuper & cellam juris
nostri, quae est constructa in bonore sancti
Martini infra muros civitatis Arelatensis
cum omnibus quae ad eam in eodem pago
Arelatensi vel Avenionensi praesenti tem-
pore pertinent. Et locum qui est in pago
Arausione, vocabulo Murenatis, quidquid
ad ipsum locum pertinet^ & villam quae
dicitur Massacia, cum omnibus appendiciis
suiSjhabentem plus minus mansos XL, quae
est ex ratione praedictae cellae Sancti Mar-
tini; seu & insulam Suburbanam nuncupa-
tam, quae cingitur ab omni parte a Rho-
dano flumine, cum ecclesiis ac rébus seu
etiam deinceps in jure ipsius sancti loci
aut per nos aait per alios voluerit divina
pietas augeri , ad causas audiendas vel
freda exigenda aut mansiones vel paratas
faciendas aut fidejussores tollendos aut
homines ipsius monasterii tam ingenuos
quam servos, qui super terram memorati
monasterii residere videntur, distringen-
dos nec ullas redibitiones aut illicitas
occasiones perquirendas ullo unquam tem-
pore ingredi audeat vel exactare prae-
sumat. Et quicquid de rébus praefati mo-
nasterii fiscus sperare poterat, totum nos
pro aeterna remuneratione praedicto mo-
nasterio concedimus, ut perpetuis tempo-
ribus in alimoniam pauperum & stipendia
monachorum ibidem Deo famulantium pro-
appendiciis suis, sicut quondam Leibulfus ficiat in augmentum. Et quandoquidem
cornes per auctoritatem nostram cum No-
toiie archiepiscopo ex suo alode excam-
biavit & jure possedit atque per cartam
donationis praefato contulit monasterio.
Necnon & in pago Ucetico donamus cel-
lulam proprietatis nostrae, quae nuncu-
patur Casa-nova, quae sita est juxta locum
divina vocatione supradictus abba & suc-
cessores ejus de hac luce migraverint,
quamdiu ipsi monachi inter se taies inve-
nire potuerint, qui ipsam congregationem
secundum regulam sancti Benedicti regere
valeant, per hanc nostram auctoritatem &
consensum, sicut in aliis eorum continetur
qui vocatur Gordanicus super fluvium Ci- praeceptis a nobis vel genitore nostro sibi
cer, sicut eam & genitor noster quondam conlatis, licentiam habeant semper eli-
possedit & nos olim praefato monasterio gendi abbates, quatenus ipsis servis Dei
per auctoritatem nostram concessimus.
Haec omnia praescripta cum omni inte-
gritate praedicto monasterio per banc
nostrae auctoritatis donationem perpetua-
liter concedimus ad stipendia fratrum ibi-
dem Deo famulantium, ita ut quidquid ab
hodierno die & tempore de praedictis ré-
bus facere vel ordinare voluerint ministri
loci ipsius, libero in omnibus perfruantur
arbitrio. Quamobrem hanc praeceptionem
nostrae auctoritatis pro firmitatis studio
fîeri jussimus, per quam omnino praeci-
pimus atque jubemus, ut nuUus ex fide-
qui ibidem Deo famulari videntur pro no-
bis & conjuge proleque nostra & stabili-
tate totius imperii a Deo nobis concessi
vel conservandi jugiter Domini miseri-
cordiam exorare delectetur. Et ut haec
auctoritas nostris futurisque temporibus
Domino protegente valeat inconvulsa ma-
nere, manu propria subscripsimus, & anuli
nostri impressione signari jussimus.
Hirminmaris notarius ad vicem Hugonis
recognovi.
Data XII kalendas novembris , anno
Christo propitio xxiv imperii domni
I
An
837
20D
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
206
Hliidovicî piissîmi augusti, indictione xv. nostra largicione vel cum reliquîs posses-
Actum Aquisgrani palatio regio, in Dei
nomine féliciter. Amen.
94'
sionibus, quas in presenti possidet vel
queque deincebs in jure ipsius monas-
terii aut per nos aut per alios quosque
divina pietas augere voluerit, sub nostro
mundeburdo nostraeque libertatis defen-
sione omni tempore persist[ére manda]-
mus. Et propterea jubem'us ut nulla po-
Dîplôme de Pépin I, roi d'Aquitaine, testas neque quislibet hominum ipsas pos-
en faveur de V abbaye de Joncels^. """^ ~
An
8.37
juin.
IN nomine sancte & individue Trini-
tatis. Pipinus divina ordinante provi-
dentia rex universis fidelibus. Cum locis
sessiones présumât aliquando a potestate
sive dominacione jamdicti monasterii mi-
nuere vel subtrahere, sed liceat Benedicto
abbati & successoribus suis cum ipsius loci
congregacione sine alicujus amiracione
Deo dicatis eisque inibi Deo servientibus quiète integerrimeque possidere. Et per
quidpiam muneris conferimus, id nobis nostram aetiam auctoritatem nionachi ibi
procul dubio ad aeterni regni premium ^^o servientes liberam semper abeant po-
consequendum profuturum cognoscimus
Quamobrem noverit soUercia cunctorum
sanctae Dei Aecclesiae filiorum {corr. fide-
lium), quia adiens nostri culminis serenita-
tem Bene[dictus] abbas Sancti Pétri Juncel-
lensis monasterii, quod est situm in territo-
rio Biterrense, peciit ut ipsum monasterium
restrueremus & de nostris regalibus bonis
augeremus. Cujus denique preces clemen-
ter audivimus & ad meliorandum locum
ipsi servisque Dei illic militantibus bé-
nigne aliquid largiendum, scilicet de Fonte
Pallagii usque ad Terram Nigram, abhinc
aetiam usque ad Fontem Aider' & inde us-
que ad Fontem Orbi, & descendit [usque]
ad terminum Tabule & inde iterum usque
ad Fontem Pallagii, ut necessitatibus eorum
suplementum conferatur; predictum au-
tem Juncellense monasterium cum hac
• D. Bouquet, t. 6, p. 676; copie ancienne,
commmuniquée par M. Paul Meyer. — Les remar-
ques de Baluze sur ce diplôme, Capitularia, t. 2
e. 1099, & Append'ix ibid., c. 1398 & 1699, "^
peuvent subsister, puisque l'année de l'incarna-
tion a été ajoutée sur l'ancienne copie que nous
avons collationnée. Le copiste aura lu anno xxvi
pour anno xxiv & aura ajouté de sa propre auto-
rité l'année de l'incarnation calculée sur la vingt-
sixième année du règne de Pépin le Bref. Avec
notre modification, la date est bonne & répond à
l'année 838, la vingt-quatrième du règne de Pépin,
roi d'Aquitaine. Remarquons, d'ailleurs , que la
copie a bien évidemment altéré le texte original
dans plusieurs endroits. [E. M.]
' Allier, dans dom Bouquet.
testatem ex se ipsis abbates eligere secun-
dum beatissimi Benedicti regulam, qua-
tinus pro stabilitate tocius nostri regni
misericordiam Dei implorare délectent. Ut
autem haec largicio & liberalitas nostrae
magnificentiae rata & inconvulsa omni
tempore permaneat, manu propria subter-
notavimus & anuli nostri inpressione si-
gillare fecimus.
Signum Pipini gloriosi régis.
Isachar notarius ad vicem Ermoldi re-
cognovit & signavit.
Datum mense junio, feria III", anno
XXIV ' Pipini régis. Actum villa Ponligo-
nis % in Dei nomine [féliciter. Amen.J
95,
LUI
An
83-
Éd.orig
t. I .
col. 73.
An
837
Charte de Pépin I, roi d'Aquitaine, en
faveur de l'abbaye de la Grasse 3.
PIPPINUS* ordinante divinae majestatis
gratia Aquitanorum rex. Si liberali-
tatis nostrae munere locis Deo dicatis
quiddam conferimus beneficii & necessi- tembrè.
' La copie porte xxvi.
* Dans la copie ancienne, Pons Ugonis.
' Bibliothèque du Roi; original, Baluze, Char-
tes des roisj n° 6. [Auj. lat. 8837, n» 7; original
en parchemin; les attaches du sceau plaqué exis-
tent encore.] [A. M.J
*La suscription est précédée dans l'original d'une
invocation tachygraphique. [A. M.J
An
837
207
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
108
Ed.orig.
t. I,
col. 74.
tates ecclesîasticas ad petitiones servorum
Dei nostro relevamus juvamine atque re-
gali tuemur munimine, id nobis ad morta-
lem vitam temporaliter transigendam & ad
aeternam féliciter obtinendam profutu-
rum liquide credimus. Igitur noverit saga-
citas seu utilitas omnium fidelium sanctae
Dei Ecclesiae tam presencium quam & fu-
turorum, quia vir venerabilis Agila, abbas
ex monasterio Sanctae Mariae, quod est
situm super fluvium Orobione in confinia
Narbonense &Charcasense, obtulit obtuti-
. bus nostris auctoritates immunitatis domni
& genitoris nostri Hludovuici serenissimi
augusti, in quibus est insertum, qualiter
idem genitor noster eundem monasterium
cum cellulis sibi subjectis, una quae voca-
tur Flexus quae est constructa in honore
sancti Cucufati in territorio Carcasense
super fluvium qui vocatur Atax cum om-
nibus appendiciis vel adjacenciis suis, alte-
ram quae dicitur Caputspina que est di-
cata in honore sancti Pétri principis Apos-
tolorum in territorio Narbonense, terciam
quae nuncupatur Palma quae est sita in
territorio Narbonense, una cum congre-
gationibus ibidem Deo famulantibus, ob
amorem Dei tranquilitatemque in eisdem
locis consistentibus, semper sub plenissima
tuitione & immunitatis defensione consis-
tere fecisset; sed pro rei firmitate postu-
lavit nobis predictus abbas & omnis ejus
congregatio, ut paternum morem sequen-
tes hujuscemodi nostrae immunitatis prae-
ceptum ob omorem (sic) Dei & reverenciam
divini cultus erga ipsum monasterium &
cellulas quae infra regnum nostrum sunt
fieri censeremus. Cujus petitioni liben-
ter adsensum prebuimus & hoc nostrae
auctoritatis preceptum immunitatis atque
tuitionis gratia pro firmitatis studio &
animae nostrae aemolumento fieri decre-
vimus, concedimusque praedicto monaste-
rio Orobioni omnes fines vel terminia
cum appendiciis suis, sicut Elisachar fide-
lis genitoris nostri & Oliba comes termi-
naverunt, cum cellula sibi coherenti quae
dicitur Vinosolus, & alteram quae voca-
tur Flexus quae est constructa in honore
sancti Cucufati, in territorio Carchasensi
super fluvium qui vocatur Atax cum om-
nibus appendiciis & terminiis suis, sicut a
Bellone' cofmijte & Gisclafredo filio ejus
terminatum est. Idcirco praecipimus at-
que jubemus, ut nullus judex publicus
aut quislibet ex judiciaria potestate ne-
que ullus ex fidelibus nostris tam presen-
tibus quam & futuris in cellulas aut in
ecclesias vel loca sive agros seu reliquas
possessiones quas in quibuslibet pagis &
territoriis infra ditionem regni nostri pos-
sident, vel quicquid ibidem propter divi-
num amorem conlatum fuit, vel quicquid
etiam deinceps in jure ipsius sancti loci
aut per nos aut per alios fidèles nostros
voluerit divina pietas augeri ; ad causas
audiendas, vel freda exigenda, aut mansio-
nes vel paratas faciendas, aut fideijussores
toUendos, aut homines ipsius monasterii
tam ingenuos quamque & servos super, ter-
ram ejusdem commanentes distringendos,
nec ullas redibitiones aut inlicitas occan-
siones requirendas , nostris nec futuris
temporibus ingredi audeat vel ea quae su-
pra memorata sunt penitus exigere presum-
mat. Concedimus etiam propter aemolu-
mentum anime nostrae, ut quicquid Spani
praedicto monasterio dederunt de hoc quod
ex eremo traxerunt, quem adprisionem vo-
cant & per preceptum genitoris nostri &
nostro tenere videntur, ut sint sub nos-
tro mundeburdo vel immunitatis tuitione,
sicut cetere alie res eidem monasterio per-
tinentes; & si in antea ex predictas res,
casas, vineas videlicet aut terras ipso in
loco dare voluerint, licenciam habeant. Et
liceat praefato abbati suisque successori-
bus res ejusdem monasterii cum cellulis
sibi subjectis & rébus vel hominibus aspi-
cientibus vel pertinentibus sub tuitionis
atque immunnitatis nostrae defensione, re-
mota tocius judiciaria potestatis inquie-
tudine, quieto ordine residere. Et quic-
quid de prefatis rébus monasterii jus fisci
exigere poterat, in nostra aelemosina in
integrum eidem concessimus monasterio,
[scili]cet ut perpetuo tempore eis ad per-
agendum Dei servicium augmentum &
supplementum fiât. Volumus etiam atque
' Le texte porte certainement Bellone; D. Vais-
sete & la plupart des anciens éditeurs avaient lu
Dellone ; c'est la seule fois que le nom de ce comte
paraît dans les textes. [A. M.]
An
837
An
837
209
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
110
Ed.orig.
t. I,
col. 75.
Ans
838-840
18 mars.
precipimus, ut si adversus jamdictum ab-
batem ejusque successoribus vel etiam 1110-
nachis ibidem Deo famulantes eorumque
rébus vel familia alique causae surrecte
vel orte fuerint, aut etiam ullus sit qui de
eorum rébus abstrahere vel minuare co-
gat, nuUatenus praesummat nec eos dis-
tringere neque de eorum rébus aliquid
minuare, quousque in presenciam nos-
tram vel comitis palacii nostri sint sus-
pense vel reservate, quatenus inibi cuncta
ad eos pertinencia secundum aequitatis
ordinem diffiniantur. Et quandoquidem
divina vocatione supradictus abba vel suc-
cessores ejus de hac luce niigraverint,
quamdiu ipsi monachi inter se taies inve-
nire potuerint qui ipsam cougregationem
secundum regulam sancti Benedicti regere
valeant, per hanc nostram auctoritatem
& consensum licenciam habeant eligendi
abbates. Et ut haec auctoritas a fidelibus
sanctae Dei Ecclesiae & nostris firmius cre-
datur diligenciusque conservetur, manu
propria subter firmavimus & anuli nostri
impressione sigillari jussimus.
Signum (locus monogrammatis) Pippini
gloriosissimi régis.
Albericus clericus ad vicem Isaac recog-
novi & subscripsi.
Data tertio nonas septimbres, inditione
prima, anno Christo propicio XXV rég-
nante domno Hludovuico serenissimo au-
gusto, & XXITII regni nostri. Actum sanc-
tum Martinum in Campania, in Dei no-
mine féliciter. Amen.
96.
Donation faite par Aliard 6* sa femme
Rametrude à Vahhaye d'Aniane ' .
SACROSANCTOQUE ac venerabili loco
Aniano monasterio, quod situm est in
territorio Magdalonense, in honore Do-
mini & Salvatoris nostri Jhesu Christi &
sancte ac semper virginis Marie genitricis
ejus & aliorum plurimorum sanctorum,
ubi vir venerabilis Elias abbas preesse dis-
' Cartulaire de l'abbaye d'Aniane, f° 127 r".
Ans
noscitur. Ego in Dei nomen Aliarduo & 838-840
uxor mea Rametrudis donamus donatum-
que imperpetuum esse volumus, pro ani-
marum nostrarum remedio seu pro cterna
retribucione seu animabus genitoris & ge-
nitricis mee Aroaldi seu Deidone, dona-
mus jamdicto monasterio seu rectoribus
illius presentibus & futuris, in pago Bit-
terrense, in villa Franconica vel stagno
Piperello seu infra terminium ipsius ville;
donamus omnem porcionem nobis debi-
tum cum omni fundo possessionis, in do-
mibus, in curtis, in vineis, in ortis, in
campis, in pratis, in pascuis, in arboribus
pomiferis & impomiferis, terris cultis &
incultis, garricis, molendinis, & exeis &
regressis, cum omnibus adjacenciis suis,
quicquid in predicta villa visi sumus ha-
bere vel possidere vel quicquid adhuc Deo
propicio adquirere vel augmentare po-
tuerimus; ea racione ut quandiu vixeri-
mus ipsas res per vocem ac licenciam seu
beneficio de habitatoribus illius monas-
terii, sicut inter nos & illos convenit, usu-
fructuario teneatis (j/c), & per singulos
annos ad dedicationem basilicae Sancti Sal-
vatoris predicti monasterii in censum ip-
sius unum modium de annona & unum de
vino solvere debeamus, & nichil de ipsis
rébus alicui homini donare, vendere aut
commutare habeamus licenciam neque de-
minuere, sed semper in melius augmen-
tare. Post obitum vero nostrum, ipsa abs-
que ulla tarditate vel alterius assignacione
pars uniuscujusque nostrum qui prior de
hoc seculo migraverit ad predictum rever-
tatur monasterium. Si quis sane, nos aut
aliquis de heredibus nostris, quod minime
futurum credimus, seu quelibet persona
contra hanc donacionem nostram venire
decreverit aut eam infrangere conaverit,
componat parti ipsius monasterii ipsas res
melioratas duplas, & hec presens donacio
nostra inrumpi non valeat, sed semper in
sua maneat firmitate, omni stipulacione
subnixa seu fisci tuicione firmissima. Facta
cartula donacionis XV kalendas aprilis, im-
perii magni nostri Hlodovici imperatoris.
S. Aliardo. S. Rametrude, qui hanc car-
tulam fieri seu firmare rogavimus. S. Roma.
S. Sibarnardo. S. Tateranno. S. Teothberto.
S. David. S. Dadilane. S. Ebromare. S. Ga-
Ans
838-840
211
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
212
sanialdas. Ingila indignus presbîter hanc
donacionem rogitus scripsit, die & anno
quo supra.
97. — LIV
Charte de Louis le Débonnaire en
faveur de quelques juifs de la Sep-
timanie '.
IN nomine Domini Dei & Salvatoris nos-
tri Jesu Christi. Ludovicus divina re-
propitiante clementia imperator augustus.
Licet apostolica lectio maxime domesticis
fidei nos bonum operare commoneat, cé-
leris quoque omnibus idem facere benivola
devotione non prohibet, sed potius ut res-
pectu divinae misericordiae propensus exa-
quamur hortatur. Proinde comperiat om-
nium sanctae Dei Ecclesiae nostrorumque
tam praesentium quam futurorum solertia,
quia dilectus frater noster Hugo venera-
bilis abba & sacri palatii nostri summus
notarius quosdam Hebraeos, Gaudiocum
videlicet & Jacobum atque Vivacium filios
suos, in nostram introduxit praesentiam
eorumque querimonias tam suis quam illo-
rum relatione didicimus. Suggesserunt ita-
que culminis nostri clementiae, qualiter
quibusdam adversitatibus, imo depraeda-
tionibus quorumdam malivolorum prae-
ceptum auctoritatis nostrae, quod eis olim
super rébus quibusdam quae dicuntur Va-
lerianis sive Bagnilis ex progenitorura suo-
rum possessione sibi jure competentibus
feceramus, per quam eas quiète possidere
valuissent, amiserint; suppliciter nostram
expetentes mansuetudinem, ut eis memo-
ratam auctoritatis nostrae praeceptionem
denuo rescribi sibique tribui juberemus,
per quam memoratas res quieto ordine
absque cujuspiam contradictione aut in-
quietudine in posterum observarevalerent.
Quorum petitionibus ob divinum amorem
libenter aurem accomodantes, hos nostros
impériales apices eis fieri ac dari decrevi-
mus, per quos praecipimus atque jube-
mus, ut memorati Hebraei eorumque pos-
' Archives de l'abbaye de la Grasse.
teritas memoratas res cum omnibus ad se
pertinentibus vel aspicientibus, id est cum
domibus ceterisque aedificiis, terris cultis
& incultis, vineis, pratis, pascuis, aquis
aquarumve decursibus, molendinis, exiti-
bus, egressibus & regressibus, absque cu-
juslibet contrarietate aut detentione sive
minoratione per hanc nostram auctorita-
tem teneant, possideant. Et quidquid de eis
jure proprietario ordinare, disponere aut
facere vendendo, donando vel commu-
tando voluerint, liberam in omnibus ha-
beant potestatem, neque quispiam eis de
saepedictis rébus ullam calumniam aut in-
quietudinem generare audeat, sed liceat
secure atque quiète Et ut haec auctori-
tas confirmationis nostrae inviolabilem at-
que inconvulsam obtineat firmitatem, more
nostro eam subterscribere & de bulla nos-
tra jussimus assignari.
Dataoctavokalendas martii,annoChristo
propitio vicesimo sexto imperii domini Lu-
dovici piissimi augusti, indictione secunda,
Actum Francofurd palatio regio, in Dei no-
mine féliciter. Amen.
98.
Donation du comte Sunifred à V église
d'UrgeV,
IN Dei omnipotentis nomine & Salvatorîs
nostri Jhesu Christi, temporibus dompni
& piissimi imperatoris nostri Hludovici,
Ego Suniefredus umillimus & pusillus om-
nium serviencium Deo, ob Domini amore
& helemosina jamdicli piissimi augusti &
clementissimi piissime & clementissime gu-
bernans imperium, ab illo accepta potes-
tate qualem in hoc habere videor, prop-
ter illum & refrigerium animae meae do &
concedo ad domum vocitatam domnae meae
semper virginis Mariae sedis Orgellita-
nae, quae antiquitus a fidelibus constructa
& ab infidelibus destructa atque a paren-
tibus nostris temporibus domni & piissimi
Karoli imperatoris restaurata esse a mul-
• Cartulaire de révêché d'Urgel. — Baluze, Ar-
moires, t. 117, p. 363.
An
839
Éd.orig
t. 1,
col. 76
An
840
3 jan-
vier.
An
840
2l3
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
214
tis scientibus non est ambiguum, modiata i
ex terra arabile, que ex mortuorum terra
sub nostro beneficio ad vivencium minis-
tres ecclesiarum & Deo militantes atque
degentes sub ipsius regimine sedis ad illius
obsequium & honorem voiumus esse man-
surum; que modiata est in suburbio Or-
gellitano prope ecclesiam beatorum apos-
tolorum Pétri & Andreae, que ex duobus
lateribus terminatur terra ipsius ecclesiae
sedis in que hoc ex Dei miseracione con-
cedimus, ex alio namque latere vinea ex
proprio domni Sisebuti antistis illam re-
gentis, ex tercio vero latere torrens quo-
que circumiens. Hista namque superius
nominata sano animo, sana mente iutegro-
que consilio ad domum jamdictae dompnae
meae semper virginis Mariae & ibi degen-
tes cum antiste qui fuerit ob helemosina
jamdicti piissimi augusti & remedium ani-
mae meae mansurum. Si quis sane, quod
fieri minime credo esse venturum, quod
si ego jamdictus Suniefredus comis aut
aliquis de fîliis vel de heredibus seu quis-
libet homo contra hanc dotem donacionis
venire temptaverit, primum ira Dei incur-
rat, postea vero coactus auri libra com-
ponere compellatur & in antea donacio
ista firmis existât. Facta donatione sub
die tercio nonas januarii, anno vicesimovi
imperante domno nostro Hludovico. fSu-
niefredus qui hanc donatione beneficii
feci. t Dotila archipresbiter. f Primus.
t Avanta. f Altimirus. f Desiderius. fH-
digernus. f Biritus. f Ibirus. t Teodosius
clericus. t Crispo. f Cometales levita qui
hanc dotem vel donationem rogitus scribsi,
& fdie & anno quo supra.
99.
Diplôme de l'empereur Lothaire pour
l'église d'Elne '.
N nomine Domini nostri Jesu Christi Dei
aeterni. Lotharius divina ordinante pro-
videntia imperator augustus. Omnibus fide-
' Marca Hispanlca, Appcndix, c. 776} d'après le
cartulaire d'Elne,
libus sanctae Dei Ecclesiae & nostris prae-
sentibus scilicet & futuris notum sit, quia
Salomon episcopus nostrae petiit pietati
ut ecclesiae suae quasdam villas & terras
vocatam Sancti Felicis cum omnibus ap-
penditiis suis, & villam quae dicitur Tor-
rente & Alamannis villa & pro congruentia
ecclesiae suae territorium a Petrafita usque
super sua claustra, cellulam Sancti Juliani
vel terras quas sui homines ex eremo traxe-
runt, necnon & mediam partem mercati
concederemus; quod & pro emolumento
animae nostrae prompta voluntate feci-
mus. Ideoque parti praefatae ecclesiae has
nostras litteras fîeri jussimus, per quas
decernimus atque jubemus, ut nullus fide-
lium sanctae Dei Ecclesiae ullo unquam
tempore de praefatis rébus quamlibet in-
ferre praesumat molestiam, sed liceat eis
rectoribus ipsius loci quiète frui & nos-
tram exorare incolumitatem. Et ut haec
auctoritas largitionis nostrae firmius ha-
beatur & per futura tempora melius con-
servetur, manu propria subterfirmavimus
& anuli nostri impressione signari jussi-
mus.
Signum Lotharii gloriosissimi augusti.
Balsamus notarius recognqvi.
Data VII idus aprilis, anno Christo pro-
pitio imperii domini Lotharii gloriosissimi
augusti in Francia i, in Italia xxviii", in-
dictione III. Actum Clunaco villa, in Dei
nomine féliciter. Amen.
An
840
100.
I.V
Exécution du testament d'un seigneur
appelé Teuhert^.
IN nomine Domini. Ego Teudericus & Éd.orig
Graginus & Terdericus presbiter & Fer-
raldus, qui sumus elemosinarii condam
qui fuit Teuberti, comendavit nobis suam
elemosinam per suum andanlangum & per
paginam testamenti sui, quod manibus suis
eum adfirmavitvel conscribere rogavi (j/c),
' Le texte porte In Italia viii, Indlctlone xii.
[A. M.J
* Cartulaire d'AnJane, f" izS r"»
t. I,
col. 76.
An
84Z
29 sep-
tembre.
An
842
2l5
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
216
vel pluresque personarum adfirmaverunt
vel subterfirmaverunt atque roboraverunt,
ita commeiidavit nobis ut omnis res suas
mobiles tam immobiles eas donare fecisse
fecissemus tam in sacerdotibus quam &
in pauperibus vel eciam in monasteriis
si que tam sucemancipia deliberare fecis-
semus, vel etiam ut de suum alodem ad
Amalberto donare fecissemus. Ita nos pre-
dicti elemosinarii donamus tibi Admal-
berto in villa Franconica, qui vocatur
stagno Piperella, qui est in territorio Bit-
terrense, quantumcumque in ipsa villa
vel in sua terminia ille qui fuit condam
loi. — LVI
Charte du roi Charles le Chauve en
faveur d'un de ses vassaux^ appelé
Milon ' .
EXEMPLAR AB OBTENTICO FIDELITER
TRANSLATA
IN' nomine sanctae & individue Trini- Éd.orig
tatis. Karolus gratia Dei rex. Regalis coi. 77.
Teutbertus habebat quia ex comperacione celsitudinis moris est fidèles suos hono-
illius abuerit, quantumcumque in ipsa ribus multiplicibus & beneficiis ingen- An
villa vel in sua terminia ille habebat que- tibus honorare atque sublimare. Proinde "^^
situm vel ad inquirendum , vel adhuc Deo ergo noverit omnium fidelium nostrorum cgmbrë
propicio deinceps coinquire (jzc) potueris, tam presentium quam futurorum sagacitas,
& cum ipsa ecclesia que est fundata in quia Miloni fideli nostro concedimus quos-
ipsa villa in honore sancte Marie. Simili- dam res juris nostri jure proprietario ad
ter tibi donamus ad justissimo ordine possedendum, que sunt site in pago Petre-
ereditario, sed in alio loco qui est in Pertuse : villares videlicet Buzinacum, &
predicto territorio Biterrense, in villa Palaerago, & Cordarias, & Menerbules,
Marguliago, vel in villa Barcianicas, & in seu Cubiziano, atque mansiones cum om-
villa Vapres tibi donamus ad proprio, & nibus eorum integritatibus; in pago etiam
in villa Pupiano similiter tibi donamus, Fenuleto, concedimus ei villares Petra-
quantum in ipsas villas vel in sua terminia ficta, Monedarias , Amariolas, Folietes,
ibidem habet, totum & ab integrum dona- Librarium similiter cum omnibus eorum
mus, in casis, casaliciis, curtis, ortis, ogla- appendiciis, & quantumcumque in hisdem
tis, vineis, terra culta & inculta, pratis, villis nostrae videtur esse proprietatis : ea
pascuis, silvis, garricis, arboribus pomi- videlicet condicione, ut quemadmodum de
feris & impomiferis, aquis aquarum sive reliquis suis proprietatibus, ex suprataxa-
decursibus, cum omnis adjacencias earum tis rébus per nostrae largitionis precep-
sive pertinentes; omnia & in omnibus tibi tum liberam & firraissimam in omnibus
donamus & tradimus ad proprio, ut potes- habeat potestatem faciendi quicquid vo-
tatem & inde habeas habendi, vendendi, luerit, tam donandi quam vendendi seu
solvendi seuque mutandi in Dei nomen & comutandi vel etiam eredibus relin-
& in omnibus habeas potestatem. Sane si -quendi. Et ut hec auctoritas verius cre-
quis contra hanc donacionem ad nos facta datur firmiorque permaneat, manu nostra
venerit ad exquirendum, aut nos elemosi- subterfirmavimus & anuli nostri inpres-
narii venerimus verquislibet homo, tune sione subter eam sigillari decrevimus.
componat nobis ista omnia predicta dubla Signum (/ocuj monog-rûmmatii) Karoli glo-
vel meliorata, vel quale adeo tempore riosissimi régis,
karius valere potuerit, & in antea donacio
ista firma permaneat omnique tempore. ,n-ii- i< 1 ni
„ , ' . 111 1 . Bibliothèque du roi; Baliize, Chartes des ron,
facta donacione m kalendas octobns, r. • ^■,l. ■ a 10
' n. 7. [Aiijourd hui Armoires, vol. 090, n. 477;
anno m quod abiit Lodowicus imperator, ^^p^, ^^^^^^e du onzième siècle. En tête de la ligne
tradidit regnum in ipsius manus filii Hlu- qui contient la souscription du roi & du chance-
teno. lier, la copie porte ces mots : Alla manus.\ [A. M.]
* Dans la copie, on a imité l'invocation mono-
grammatique de l'original. [A. M.j
é
An
217
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
218
Ans
842-84.3
An
843
23
janvier.
Jonas notarius ad vicem Hludoici res-
cribui & subscripsi die & anno quo su-
pra '.
Data' Viiii kalendas januarii, anno ter-
tio, indictione quinta, régnante Karulo
gloriosissimo rege. Actuni Carisaico regio
palatio, in Dei nomine féliciter. Amen.
102.
Vente faite à l'abbaye de Cannes par
Undesindey clerc j 6* sa femme Vin-
deline^.
UNDESINDUS clericus & uxor ejus Vin-
delina vindiderunt Gondesalvio ab-
bati Caunensi & ejus congrégation! très
partes molini siti in territorio Narbonensi
suburbio Ventaionensi, tennino villae Te-
setauni in quo Austwaldus habitabat, pre-
tio XX solidorum. Facta cartula venditio-
nis tertio nonas , anno tertio quo obiit
domnus Ludovicus imperator.
io3.
Diplôme de Charles le Chauve en fa-
veur d'un de ses fidèles, nommé Sic-
fred\
r,
nomine sanctae & individuae Trini-
tatis. Karolus gratia Dei rex. Si enim
congruis & opportunis fidelium nostrorum
petitionibus libenter assensum praebere
non differimus, regiae dignitatis debitam
consuetudinem exercemus, devoteque ac
' Ces derniers mots : Die & anno quo supra, sont
certainement de l'invention du copiste du onzième
siècle. [A. M.]
' Ici la copie porte encore les mêmes mots ; Al'ta
manus. [A. M.]
^ Monastlcon Bened'ut'inum, t. VII, lat. 12664,
f° 276.
* Cartulaire du Canigou. — Marca Hispanica,
Appendix , c. 778. — Recueil des historiens de
France, t. 8, p. 486.
fîdeliter nobis jure famulantes honoribus
plurimis honoramus, non solum in hoc
praedecessorum regum actus imitamur,
verum etiam in hoc eosdem nobis devotio-
res ac fideliores nullatenus affore dubi-
tamus. Quocirca noverit omnium sanctae
Dei Ecclesiae nostrorumque fidelium tam
praesentium quam & futurorum solertia,
quia concedimus cuidam fideli nostro no-
mine Sicfrido & per hanc nostram auctori-
tatem largimur ob devotionem servitii sui
compendium (,5Ïc) quasdam res juris nostri
quae ita noscuntur fore : in pago Russilione
villa videlicet quae vocatur Kanoas cum
suis omnibus appenditiis, & in pago Con-
fluente villa quae vocatur Prata cum man-
cipiis quae ad idem Confluente pertinent,
seu etiam in pago Cerdaniae villa quae vo-
catur Montelianos & Zencurrio, in pago
Orjel villa quae vocatur vallis Andorra
cum suis omnibus appenditiis, totum ad
integrum per hanc nostram largitionem,
sicut nos habere cernebamur. Ea videlicet
conditione, ut quemadmodum de reliquis
rébus suis, proprietatibus ac suprascriptis
rébus cum omni integritate per hoc nos-
trae largitionis praeceptum cum mancipiis
utriusque sexus, cum terris, pratis, pas-
cuis, silvis, montanis, aquis, aquarum de-
cursibus & omnibus adjacentiis vel quic-
quid dici aut nominari potest, liberam &
firmissimam in omnibus habeat potestatem
faciendi quicquid elegerit, tam donandi
quam vendendi seu commutandi vel etiam
heredibus relinquendi. Et ut haec auctori-
tas verius credatur atque permaneat, manu
nostra subterfirmavimus & anuli nostri im-
pressione decrevimus sigillari.
Signum Karoli gloriosissimi régis.
Aeneas notarius ad vicem Ludovici reco
gnovi.
Data X kalendas februarias , indictione
VI, anno III regni praecellentissimi ré-
gis Karoli. Actum Atravato monasterio
Sancti Vedasti, in Dei nomine féliciter.
Amen.
An
843
219
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
220
104.
LXIII
[Nous rétablissons ici la pièce LXIII, que les Bé-
nédictins avaient placée après les suivantes, datées
par erreur de l'année 843. Voir plus bas, c. 289.]
Charte du roi Charles le Chauve en
faveur de Véglise de Toulouse 6*
des monastères de la Daurade 6*
de Saint-Sernin\
IN nomine sanctae & iiidividuae Trinita-
tis. Karolus gratia Dei rex. Omnibus
episcopis, abbatibus, ducibus, comitibus,
vicariis, centenariis & actionariis, missis
discurrentibus notum sit, quia si petitioiii-
bus sacerdotum ac servorum Dei, que pro
oportunitatibus locis congruunt, aurem ac-
commodamus & ad effectum perducimus,
regiam consuetudinem exercemus & nobis
ad mercedem vel stabilitatem regni nostri
proficere non ambigimus. Igitur cognoscat
utilitas seu solertia omnium fidelium nos-
trorum tam praesentium quam & futuro-
rum, quia vir venerabilis Samuel ' Tolosane
ecclesiae civitatis episcopus, quae est con-
structa in honore sancti Stephani seu &c
sancti Jacobi apostoli, detulit serenitati
nostrae immunitates domni & genitoris
nostri Ludovici bonae memoriae serenis-
simi imperatoris & regum praedecessorum
nostrorum, qualiter ipsam sedem cum mo-
nasterio Sanctae Mariae, quod est infra
muros ipsius civitatis, cum omnibus ap-
penditiis suis necnon & monasterium
Sancti Saturnini martyris haud procul ab
eadem urbe constructum, ubi in corpore
requiescit, cum omnibus rébus & homini-
bus ibidem aspicientibus, propter amorem
Dei & reverentiam eorumdem sanctorum
sub plenissima semper defensione & im-
munitatis tuitione habuissent; sed pro fir-
mitatis studio petiit idem episcopus, ut
circa praedicta loca sanctorum denuo &
alia pro mercedis nostrae augmento con-
cedere & confirmare deberemus. Cujus pe-
' Archives de l'église de Toulouse.
moires de l'histoire de Languedoc, p.
' Far. Samuhel.
Catel, Mé-
titionem pro divino amore renuere no-
luimus, sed in omnibus & concedimus &
volumus, ut fidèles sanctae Dei Ecclesiae
& nunc & in futurum omnia a nobis con-
firmata esse cognoscant. Insuper etiam per
ejus petitionem taie beneficium ex nostra
clementia erga ipsa memorata loca sancto-
rum concessimus, ut nullus judex publi-
cus neque quislibet ex judiciaria potestate
neque aliquis ex fidelibus nostris in ec-
clesias, aut loca, vel agros, seu reliquas pos-
sessiones praedictarum ecclesiarum , quas
moderno tempore in quibuslibet pagis aut
territoriis infra ditionem regni nostri juste
habere ac possidere cognoscitur, quidquid
etiam deinceps in jure ipsorum locorum
sanctorum Dei voluerit divina pietas au-
geri, ad causas audiendas vel freda exi-
genda aut mansiones vel paratas faciendas
nec fideijussores toUendos aut homines
ipsarum ecclesiarum tam ingenuos quam-
que servos, qui super terram earum re-
sidere videntur, injuste distringendos nec
uUas redhibitiones aut illicitas occasiones
requirendas ullo unquam tempore ingredi
audeat vel exactare praesumatj sed liceat
memorato praesuli suisque successoribus
sub immunitatis tuitione quieto tramite
possidere & nobis fideliter deservire & una
cum clero & populo sibi subjecto Domini
misericordiam exorare. Et ut haec aucto-
ritas nostris futurisque temporibus Do-
mino protegente valeat inconvulsa ma-
nere, manu propria subterfirmavimus &
anulo nostro sigillari jussimus.
Signum Karoli gloriosissimi régis.
[Jonas diaconus ad vicem Ludovuici re-
cognovit.
Data nonis aprilis ann...] indictione VI...
[Actum... airancus villa super fluvium
Tarni, in Dei nomine féliciter. Amen'.]
Ce qui est entre des crochets se lit dans
' Ces derniers mots se trouvent dans une copie
sur parchemin, du douzième siècle, conservée aux
archives de la Haute-Garonne. Le parchemin ayant
été coupé très court sur le côté, il a pu y avoir
disparition d'une lettre initiale au mot airancus.
Cette transcription ancienne est évidemment ce que
D. Vaissete appelle l'original; car la date est, en
effet, déchirée; mais ce n'est en réalité qu'une cç-
pie du douzième siècle assez endommagée. [E. M.j
An
844
Éd.orig
t. i .
C0I.8S.
An
844
221
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
■222
Éd. orig.
M,
col. 77.
An
844
aq avril.
Éd.on'g.
col. 78.
plusieurs copies de cette charte qui sont aux
archives de Saint-Estienne & de Saint-Sernin
de Toulouse ; mais dans l'original l'endroit
de la date est déchiré, &■ on n'y Ut plus que
l'indiction VI, comme nous en a avertis dom
Jérôme Deidier, qui a vu l'original.
io5. — LVII
Charte du même roi y qui donne en
bénéfice le lieu de Mè-^Cj au diocèse
d'Agde ' .
IN nomine sanctae & individuae Trinita-
tis. Carolus gratia Dei rex. Si quorum-
cumque fidelium nostroriim petitioiiibus
benignum commodamus assensum, regiae
dignitatis debitam exercemus consuetudi-
nem & hoc apud aeternam beatitudi-
nem nobis prodesse atque ad totius nostri
regni utilitatem pertinere non diffidinius.
Quapropter cognoscat omnium sanctae Dei
Ecclesiae nostrorumque fidelium magni-
tude, quia Ato & Epsarius frater ejus
atque sorores filii Arion, necnon & Reg-
nopulus filius Bi-aceronis & sorores ejus
nostris obtulerunt obtutibus auctoritatem
avi nostri Caroli, qua continebatur, qua-
liter eorum avus quorumdam paganorum
fugientes tyrannidem, per suam auctori-
tatem suae clementiae roboratam eis con-
cessisset quasdam res in pago Agathense,
hoc est qui nuncupatur castrum de Me-
soae & castrum nuncupatum Turrem in
jus benefîciarium. Unde & praedicti fidèles
nostri nostram deprecati sunt clementiam,
ut nos, sicut avus noster avis eorum &
postmodum domnus genitor noster patri-
bus eorum Arrio seu Ayxomo postmodum
per auctoritatem suam concessit atque con-
firmavit, ita & nos illis pro favore conce-
dere dignaremur. Quorum petitionibus as-
sensum praebuimus & hanc nostram auc-
toritatem illis fieri jussimus, per quam
concedimus atque firmamus supradictas res
jure beneficiario, quantumcumque Arrius
8i Ayxomus per praedictas auctoritates visi
' Cartulaire de l'église d'Agde; copie à la Biblio-
thèque nationale, lat. 9999, f" 4.
fuerunt habere & praedictis fidelibus nos-
tris in haereditate & post ipsis succes-
serunt in beneficiario, ad habendum ea,
absque ullius inquietatione aut calumnia
quamdiu nobis fidèles extiterint supra-
scriptas res teneant & légitima ordinatione
possideant. Et ut haec auctoritas confirma-
tionis nostrae firmior habeatur, anuli nos-
tri suscriptione jussimus sigillari.
Data III kalendas maii, indictione sexta,
anno IV régnante Karolo gloriosissimo
rege. Actum Ferrucius villa, in Dei no-
mine féliciter. Amen.
An
844
106.
LVIII
Don fait par le roi Charles le Chauve ^
en faveur d'un nommé Hildricus, de
quelques biens situés au terroir de
Minerve '.
tN' nomine sanctae & individuae Trinita-
1 tis. Karolus gratia Dei rex. Regalis cel-
situdinis moris est fidèles suos donis multi-
plicibus & honoribus ingentibus honorare
atque sublimare. Proinde morem paren-
tum regum videlicet predecessorum nos-
trorum sequentes, libuit celsitudini nos-
trae quendam fidelem nostrum, Hildricum
nomine, de quibusdam rébus nostrae pro-
prietatis honorare atque in ejus juris po-
testatem [per] liberalitatis nostrae gratiam
conferre. Idcirco noverit experientia atque
industria omnium fidelium nostrorum tam
presentium quam & futurorum, quia con-
cedimus eidem fideli nostro Hildrico ad
proprium quasdam res juris nostri, sitas
in pago Menerbense, in suburbio Narbo-
nense, in villa quae dicitur Censeradus,
mansum unum cum capellam ibidem con-
sistentem que est constructa in honore
sancti Genesii. Memoratas res cum omni
' Bibliothèque du roi; original. Baluze, Chartes
des rois, n. 8. [Auj. lat. 8837, n. 8; original en
parchemin jadis scellé.]
' Dans l'original le texte est précédé d'une
invocation monogrammatique ou tachygraphique
& le dernier mot de la charte, amerij est écrit en
lettres grecques. [A. M.]
Éd. orig.
t. I,
col. 78.
An
844
3o avril.
An
844
223
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
224
An
844
integritate & eorum appendiciis, cum do-
mibus, aedificiis, terris, vineis, pratis,
silvis, pascuis, farinariis, aquis aquarumve
decursibus, vel etiam quicquid ad supra-
dictas res juste & legaliter pertinere vi-
detur praedicto fideli nostro Hildrico ad
proprium per hanc nostrae auctoritatis
conscriptionem concedimus & de nostro
jure in jus ac potestatem illius sollemni do-
lium tam praesentium quam & futurorum,
qualiter religiosus vir Domnulus abba ex
monasterio Sancti Pétri, quod ipse in pago
Bisuldunense super fluvium Sambuga una
per licentiam Ramponi marchionis pro-
priis manibus construxit, ad nostram ac-
cedens clementiam deprecatus est nos ut
praedictum locum ei concederemus atque
more regio ipsum sibique commissos su-
natione transferimusj ita videlicet ut quic- pradictumque monasterium cum cellulis
quid ab hodierno die & tempore exinde ibidem aspicientibus, quae nuncupantur
pro sua utilitate atque commoditate jure sic : in loco qui dicitur Ceresius, eccle-
proprietario facere decreverit, liberam & sia in honore sancti iMichaelis archangeli
firmissimam in omnibus habeat potestatem novo opère constructa, & in altero loco
faciendi, tam donandi quam vendendi seu qui dicitur Casa Mauri, ecclesia in honore
commutandi necnon etiam heredibus re- sancti Romani constructa, seu & villares,
linquendi. Et ut haec nostrae largitionis Albinianum scilicet & Buscariolas, omni-
atque donationis auctoritas perpetuam ob- busqué rébus & hominibus eidem monas-
tineat firmitatem, manu propria subter terio juste legaliterque pertinentibus sub
eam firmavimus & de anulo nostro adsig- defensionis nostrae tuitione immunitatis-
nari jussimus. que munimine recipere dignaremur. Cu-
Signum (locus monogrammatïs) Karoli glo- jus petitionibus clementer annuimus atque
eum sicut postulavit praedictumque mo-
riosissimi régis.
Jonas diaconus ad vicem Hludovuici re-
cognovit & subscripsit.
Data II kalendas mai, anno un, indic-
tione VI, régnante Karolo gloriosissimo
rege. Actum Ferrucius villa, in Dei no-
mine féliciter. Amen.
nasterium sub nostrae defensionis mu-
nimine recepimus. Quin etiam hoc reve-
rentiae nostrae praeceptum fieri jussimus,
per quod praecepimus atque jubemus, ut
nullus judex publicus vel quislibet ex judi-
ciaria potestate in ecclesias aut loca vel
agros seu reliquas possessiones memorati
monasterii, quas moderno tempore infra
ditionem regni nostri juste ac rationabi-
liter possidet vel quae deinceps aut per
nos aut per aliosquosque fidèles ac Deum
timentes in jure ipsius sancti loci voluerit
divina pietas augeri ad causas audiendas
vel freda exigenda aut mansiones vel pa-
ratas faciendas necnon & fidejussores tol-
lendos aut homines ejusdem ecclesiae tam
ingenuos quam & servos super terram
ipsius commanentes distringendos nec ul-
las redibitiones aut inlicitas occasiones
requirendas nostris nec futuris tempori-
bus ingredi audeat, vel ea quae supra me-
morata sunt penitus exigere praesumatj
sed liceat jamdicto Domnulo abbati suis-
lia facta profutura confidimus. Idcirco que successoribus res praedictae ecclesiae
107.
Diplôme de Charles le Chauve en
'faveur de Vahhé Domnole '.
IN nomine sanctae & individuae Trinita-
tis. Karolus gratia Dei rex. Si petitioni-
bus servorum Dei justis & rationabilibus
aurem celsitudinis nostrae accommodamus
& eorum suggestiones, quas nobis pro ne-
cessitate sua insinuaverint, ad effectum
perduxerimus, non solum in hoc regiam
exercemus consuetudinem, sed etiam ad
aeternae retributionis mercedem nobis ta-
noverit sagacitas seu utilitas omnium fide-
' Cartulaire d'Arles; Baluze, Armoires, v. 117,
f° ^94- — Recueil dei historiens de France, t. 8,
p. 455.
absque alicujus impedimenta aut mino-
ratione sub immunitatis nostrae defen-
sione quieto ordine possidere; & quicquid
exinde fiscus sperare poterat, totum nos
pro aeterna remuneratione eidem eccle-
An
844
An
844
225
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
226
L'd.orig.
t. 1,
roi. 79.
An
844
i3 mai
siae concedimus, ut in alimonia pauperum
& stipendia servorum Dei ibidem Deo fa-
niulantium proficiat in augmentum. Et
quandoquidem divina vocatione supradic-
tus abba vel successores ejus de hac lace
migraverint, quandiu ipsi monachi inter
se taies invenire potuerint, qui ipsam con-
gregationem secundum regulam sancti Be-
nedicti regere valeant, per hanc nostram
auctoritatem licentiam habeant ex se eli-
gendi abbates, quatenus eos pro nobis at-
que stabilitate regni nostri jugiter Dei
misericordiam exorare delectet. Haec vero
auctoritas, ut omni tempore inviolabilis
valeat permanere, manu propria subter
eam firmavimus & anuli nostri impres-
sione signari jussimus.
Signum Karoli gloriosissimi régis.
Deormarus notarius ad vicem Hiudovici
recognovi.
Data V idus maii, indictione VI, anno IV
régnante Karolo glorioso rege. Actum in
monasterio Sancti Saturnini prope Tolosa,
in Dei nomine féliciter. Amen.
108. — LIX
Extrait d'un diplôme de Charles le
Chauve en faveur de Vabhaye de
la Grasse ' .
IN nomine sanctae & individuae Trini-
tatis. Carolus Dei gratia rex, &c. Notum
sit quia Elias venerabilis abba ex monas-
terio Sanctae Mariae, quod est situm su-
per fluvium Orobione, &c.
(Le reste comme dans le diplôme de Louis
le Débonnaire, ci-dessus n. XXI.)
Jonas diaconus ad vicem Hludovuici re-
cognovit.
Data III idus maii, indictione vi, anno un
régnante Carolo gloriosissimo rege. Actum
in monasterio Sancti Saturnini prope To-
losam, in Dei nomine féliciter. Amen.
' Archives de l'abbaye de la Grasse.
109.
— LX
Diplôme du même roi en faveur du
monastère de Cubières ,. au diocèse
de Narbonne '.
IN nomine sancte & individue Trînita-
tis. Karolus Dei gratia rex. Omnibus
episcopis, abbatibus, comitibus vel om-
nibus fidelibus sancte Dei Ecclesiae & nos-
tris notum sit presentibus atque futuris,
quia veniens vir venerabilis abba, nomine
Lazarus, ad nos cum monasterio suo quod
situm est in pago Redensi in loco ubi
dicitur Cuperia atque in honore sancti
Pétri dicatum, adiens quoque serenitatem
& deprecans celsitudinem nostram, ut fa-
ceremus ei de alodibus suis seu de fisco
nostro auctoritatem regali ordine more fir-
matam; quemadmodum & facimus tam ad
eundem monasterium quam & eidem ab-
bati vel omnibus successoribus suis de om-
nibus causis sibi pertinentibus ; id est in
villis, villaribus, in ecclesiis, tam in dona-
ticiis & tradicionibus quam etiam in em-
pticiis & comutatu. Interea vero poscens
& nostram deprecatus est mansuetudinem
clementia, ut amodo sub nostra tuicione
atque defensione predictum monasterium
cum omnibus rébus predictis sibi perti-
nentibus reciperemus, sicuti & facimus;
& quemadmodum in ceteris regularibus
monasteriis auctoritas nostra succubit, ita
& in eidem monasterium predictum Cu-
peria stabili tenore esse decrevimus. Qua-
mobrem volumus atque jubemus seu &
concedimus huic venerabili abbati Elea-
zaro vel omnibus successoribus suis, ut
ab hodie & deinceps nuUus comes, judex,
vicarius sive vilicus ad eundem monaste-
rium, [nec in omnibus finibus vel terminis
' Bibliothèque du roi ; ms. de Baluze coté Schedae
Narhonenses, & archives de l'église de Narbonne.
[Collationné sur la copie du douzième siècle, du
cartulaire de Narbonne, lat. iioi5, f" 12 r°; —
cette copie est assez fautive Si ne contient pas un
membre de phrase que nous avons placé entre cro-
chets. Du reste, le diplôme, par ses formules & son
aspect général, paraît au moins altéré, sinon fabri-
qué.] [A. M.]
ir.
H
An
844
227
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
221
Éd.orig.
t. I.
col. 80.
suis,] nec în omnibus rébus predictis illi
partibus e contrario audacter & temerarie
ad emulandum vel ad insurgendum com-
mote nec ad violandum insurgere vel in-
gredi audeat, non ad inlicitas occasiones Édlt de Charles le Chauve en faveur
1 10.
— LXV.
querendas, nec nuUas redibitiones vel pa-
ra tas tollendas, neque mansionaticos vel
fredas exigendasj quod si fecerit, dampne-
tur ita sicut decretum est in capitulo nos-
tro '.
Quod si aliquis homo, Deo inspirante,
ad eundem locum aliquit tradere vel au-
des Espagnols réfugiés dans la Sep-
timanie '.
IN non
tatis.
N nomine sanctae & individuae Trini-
Karolus gratia Dei rex. Cum clamo-
ribus pauperum aurem celsitudinis nostrae
accomodantes, benignum assensum prae-
gere voluerit, plenam in omnibus habeat bemus ïdcirco notum sit omnibus sanc-
licentiam. Set liceat memorato abbati &
successoribus fratribusque suis ibi Domino
deserviri & jamdictum monasterium cum
rébus predictis omnibus per hanc nostram
auctoritatem quieto atque tranquillo or-
dine possidere, atque in perpetuum utili-
tae Dei Ecclesiae fidelibus & nostris prae-
sentibus atque futuris, quia quidam His-
pani in comitatu Biterrensi consistentes
ac in nostrae proprietatis praediis com-
manentes, id est Ranemirus & Hansemun-
dus presbyter, Aurifolio, Elias, Mirabilis
Éd. orig.
t. I,
col. 84.
An
844
19 mai.
ter quod voluerint vel dijudicaverint fa- presbyter, Cicila, dum obsideremus Tolo-
cere, & sub sancti patris nostri Benedicti
régula Domino valeant militari quiète.
Quod si ipsi abbates e seculo migraverint,
quamdiu inter se taies invenire potuerint,
qui ipsam congregationem secundum regu-
lam sancti Benedicti regere possint, licen-
tiam habea^it, & ipsi pro nobis & conjugi
proleque semper Domino exorari délec-
tent. Et ut hec auctoritas nostra inviola-
bilis atque inconvulsam obtineat firmita-
tem, manu nostra subter ea firmavimus &
anuli nostri impressione sigillari jussimus.
Signum Karoli (iocus monogrammatîs) glo-
riosissimi régis mitissimus.
Jouas diachonus ad vicem Hlodoici re-
cognovit & subscripsit.
Data II idus mai, anno liii, indictione vi,
régnante Karolo gloriosissimo rege. Actum
monasterii Sancti Saturnini prope Tolo-
sam, in Dei nomine féliciter. Amen.
' Ces formules ne ressemblent pas aux formules
ordinaires des immunités carolingiennes; il s'y
mêle certaines parties de phrases qui rappellent
les actes privés des dixième & onzième siècles.
D'ailleurs, le reste du diplôme, à partir de cet
endroit, est parfaitement cûnfo.rue aux règles di-
plomatiques oiauiaires. [À. M.J
sam & moraremur in monasterio Sancti
Saturnini, adeuntes serenitatis nostrae fas-
tigia, innotuerunt mansuetudini nostrae
qii^liter Ildericus & Petrus seu Emensi-
lus & quamplures eorum propinqui &
progenitores eorum confugerint in villis
quae dicuntur Aspirianus & Albinianus &
eas juste tenerent & proprietario jure;
quas siquidem aprisiones praefatorum His-
panorum progenitores per licentiam seu
concessionem avi nostri Karoli ac post
obitum illius genitoris nostri augusti Lu-
dovici ex deserti squalore habitabiles fru-
gumque uberes proprio labore fecerunt.
Quam denique rationem de more regali
fidelibus nostris venerabilibus, boc est
Notoni archiepiscopo, necnon & Elmé-
rado sacri palatii nostri comiti, Suniefrido
etiam marchioni & Suniario comiti di-
versisque nobilibus nostris, omnimodis
investigare decrevimus, &c. jubemus, ut
ab hodierna die & tempore nuUum homi-
num liceat eisdem Hispanis posteritatique
eorum & ipsis qui postea ad eorum fidem
veulent aliquo die cum dictis aprisioni-
bus sive hereditatibus, id est de domibus,
vineis, terris, hortis in praescriptis villis
consistentibus, aliquam inferre calumniam
aut uUam facere cojitradictionem ; sed si-
' Archives de l'église de Béziers. — Baluze, Cap'i-
tularla rcgum Francorum , appcndix, t. 2, c. '44v
An
229
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
280
An
844
30 mai.
eut a progenitoribus magnisque imperato- sollertiae, quia sicut in praecepto ante-
ribus parentibus eorum constat esse con- dicti domni ac genitoris nostri continet
cessum, ita ipsi & filii filiorum suorum imunitatis defensioneni atque tuitionem
usque in seculum cum onini securitate monasterio Sancti Laurentii, quod situm
ipsas res teneant atque possideant, & sub est in pago Narbonense super fluviu[m]
munburdo nostrae defensionis contra om- Nigella, seu David abbati suisque succes-
nium infestationem semper consistant. Sed soribus necnon & monachis in eodem
si etiam ex ipsis aliquis absque fîliis & monasterio consistentibus cum cella quae
nepotibus mortuus fuerit, volumus atque dicitur Canana, quae est super litus maris,
per hanc nostram auctoritatem concedi- necnon cum rébus quas idem David super
mus, ut eaedem res proximioribus suis Trasoarium & Theoderedum quoram mis-
parentibus revertantur licentiamque inter sis sepedicti domni ac genitoris nostri
se vendendi & concambiandi plenissime conquisierat, id est ecclesiam Sancti Mar-
An
844
habeant. Ut haec autem magnificentiae
nostrae auctoritas meliorem semper obti-
neat vigorem, de anulo nostro subter jus-
simus sigillari.
Deomarius notarius ad vicem Ludovici
recognovit.
Data XIV kalendas junii, indictione vu,
anno IV régnante Karolo glorioso rege, in
monasterio Sancti Saturnini, dum obside-
retur Tolosa, in Dei nomine féliciter.
Amen.
III.
Diplôme de Charles le Chauve pour
Vahhaye de Saint-Laurent y diocèse
de Narbonne '.
I
N' nomine sanctae & individuae Trini-
tatis. Karolus gratia Dei rex. Si ea que
aedictis imperialibus domni ac genitoris
nostri Hludovici piissimi augusti largita
vel roborata sunt atque décréta nostrae
mansuetudinis praecepto firmamus , re-
giam consuetudinem exercemus. Idcirco
notum fieri volumus omnium fidelium nos-
trorum praesentium scilicet & futurorum
' Recueil des historiens de France^ t. 8, p. 457 ;
original, aux archives du département de l'Aude,
provenant des archives de la Grasse. [Collationné
sur le fac-similé lithographique publié en 1 878
par l'abbé Verguet, de Carcassonne; l'original a
été interligné au douzième siècle j ces intercala-
tions sont écrites en minuscules gothiques.]
' Dans l'original, l'invocation est précédée d'une
autre invocation monogrammatique. [A. M.]
celli & Sanctae Mariae & Sancti Felicis, &
omnibus que in judicio exinde evindicato
& praecepto ex eadem re firmito conti-
netur, necnon cum cella nova sub honore
sanctae Mariae constructa in pago Carcas-
sense cum omnibus ad se pertinentibus
sicut in praecepto fratris nostri Pippini
exinde continetur, necnon & cum portu
secus monasterium in maris littore sito
per hoc clementiae nostre firmamus aedic-
tum, per quod constituentes decernimus,
ut sepefatum monasterium & in eo regu-
lari ac monastico ordine viventes amodo....
cum omnibus ad se pertinentibus, qfue
nu]nc possidere videntur vel que de ce-
tero a Deum timentibus hominibus ad
idem collatum fuerit monasterium sub nos-
tra successorumque nostrorum tuitione in
perpetuum maneat, quatenus nullus ju-
dex publicus neque quislibet ex judicia-
ria potestate aut ullus fidelium nostrorum
tam presentium quam futurorum cellas
aut ecclesias vel loca sive agros aut reli-
quas possessiones, quas nunc vel in post-
modum in quibusiibet pagis & territoriis
possident vel possessuri sunt, ad causas
audiendas vel freda exigenda aut mansio-
naticas vel paratas faciendas aut fidejus-
sores tollendos hominesque distringendos
vel quascumque redibitiones aut inquietu-
dines agendas nostris nec futuris tempori-
bus ingredi audeat, nec ea quae supra me-
morata sunt penitus exigere présumât, sed
liceat memorato abbati suisque successo-
ribus res ejusdem monasterii cum omni-
bus ad se pertinentibus sub tuitionis atque
immunitatis nostrae defensione, remota
totius judiciariae potestatis inquietudine,
quieto ordine possidere, Concedimus etiam
An
844
23l
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
232
112. — LXVI
ut homînes liberi comanentes infra termi-
nes & super terram ejusdem monasterii
terras, quas per licentiam abbatis & mo-
nachorum ex heremo traxerunt & inco-
luerunt, quiète possideant, ita tameu ut Charte du même roî, ou ïl est parlé
congrati obsequium sicut homines ingenui
exinde eidem monasterio exibeant. Hi vero
liberi homines qui in congruentia sepe-
fati monasterii de sua proprietate terras
& vineas aut molendina habent, conce-
dimus ut ad idem monasterium ea vendant
vel comutent, & ipsa emptio vel comuta-
tio plenissimam presentis nostrae auctori-
de Sturmion, comte de Narbonne\
IN nomine sanctae & individuae Trinita-
tis. Karolus gratia Dei rex. Si fidelium
nostrorum petitionibus benignum commo-
damus assensum, regiam exercemus con-
suetudinem & hoc postmodum jure firmis-
simo mansurum esse volumus. Idcirco
notum sit omnibus sanctae Dei Ecclesiae
Éd.ori"
t. I,
col. 85.
An
844
5 juin.
tatis aedicto in omnibus firmitatem ha-
beat. Quandoquidem autem abbas ipsius iidelibus & nostris praesentibus atque fu-
monasterii ab ac luce migraverit, quam- taris, quia quidam fidelium nostrorum
diu ipsi inter se taies invenire potuerint regni Septimaniae vassus noster nomine
qui ipsam congregationcm secundum regu- Teodtfredus nostris obtulit obtutibus auc-
lam sancti Benedicti regere ac gubernare
valeant per banc nostram auctoritatem
licentiam habeant ex semetipsis abbate[m]
eligere, quatinus ipsi servi & qui ibi-
dem Domino famulantur pro nobis & sta-
bilitate regni nostri Domini misericor-
diam exorare delectet. Et ut haec auc-
toritas nostri successorumque nostrorum
temporibus inviolabilem obtineat firmita-
toritatem avi nostri Karoli, qua conti-
nebatur qualiter patri suo nomine Jo-
hanni praescriptus bonae memoriae avus
noster Karolus concesserat villarem ad
laborandum qui vocatur Fontes, cum omni
sua integritate & quantumcumque ille in
Fontejoncosa de heremi vastitate traxit
cum suis hominibus. Ostendit etiam nobis
epistolam domni & genitoris nostri Hlu-
tem, manu propria eam subterfirmavimus dovici piissimi augusti ad Sturmionem co-
& anuli nostri impressione signari decre-
vimus.
Signum (locus monogrammatis) Karoli glo-
riosissinii régis.
Jonas diaconus ad vicem Hludovici re-
cognovi & subscripsi '.
Data XIII kalendas junii, indictione Vil,
[anno quarto]' régnante Karolo gloriosis-
simo rege. Actum in monasterio Sancti Sa-
turnini prope Tolosam, in Dei nomine
féliciter. Amen.
' Ici, traces du sceau, & au-dessous, la signa-
ture : Hludovicus. [A. M.]
' Les deux mots placés entre crochets manquent
tout au moins dans le fac-sïmile de l'abbé Ver-
guet; mais le lieu, l'indiction & le mois permet-
tant de les suppléer sans aucune difficulté.
lA. M.l
mitem directam, ut praedictam villam, id
est Fontes, memorato Johanni absque ullo
censu & inquietudine habere dimitteret,
propter quam epistolam avus noster Karo-
lus, ut in sua auctoritate continetur, illi
fieri jussithoc. Unde & praedictus fîdelis
noster nostram deprecatus est misericor-
diam , ut nos denuo praedictam villam,
quemadmodum domnus avus noster aiigus-
tus ac serenissimus augustus genitor nos-
ter patri suo per eorum litteras confirma-
verunt, nos denuo illi cum sua integritate
vel termino confirmare dignaremur. Qua-
propter & bas litteras nostras illi fieri
jussimus, per quas volumus atque fîrma-
mus, ut praedictus qui moderno habet fîde-
lis noster Teodefredus saepedictam villam
Fontes perpetuo tenere, habere & absque
ullius inquietudine possidere. Et condono
tibi quid pater tuus aut Vuilimirus avun-
culus tuus, aut homines illorum in villa
' Archives de l'église de Narbonne. — Baluze.
Regum Francorum Capitularïa, t. a, c. 1445.
An
844
:33
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
M
An
844
5 juin.
ii3.
Fontejoncosa habuerunt per aprisione, cul- suae tuitione defensioiiisque muniinine
tuni vel iiicultuni... tu fecisti sive feceris sicut & alia regioais Septimaniae nionas-
cum homines tuos, absque parafas aut ve- teria clenienter susceperit ac retiauerit.
redos , & habeas aecaoa posteritas tua Petiit itaque maasuetudiaeni aostram prae-
absque ceasu. Et ut haec autoritas coa- nomiaatus abba Richefredus, ut eamdem
firmatioais aostrae firma valeat perma- geaitoris aostri auetoritatem reaovare &
nere, de aaulo aostro subter eam jussimus praedictum Olociaaum moaasterium cum
sigillari. moaachis ibidem famulaatibus & cum su-
Joaas diacoaus ad vicem Hludovici re- pradicta cellula Saacti Laureatii sibi per-
cogaovit & subscripsit. tiaeate atque cum iasula cujus est vo-
Data noaas juuii, anno IIII, iadictioae cabulum Duaiaaa cum suis piscatoriis,
Vii,regaaate Karolo gloriosissimo rege. Ac- aecaoa stagaum quod dicitur Decimus
tum ia moaasterio Saacti Saturaiai prope cum suis similiter piscatoriis, sicut etiam
Tolosa, ia Dei aomiae féliciter. Amea. villam quae dicitur Scurifata, cum ter-
miais & fixoriis & omaibus adjaceatiis
suis, simul quoque muaicipiis omaibusque
aliis rébus, praefato moaasterio Saacti
Aaiaai Olociaai juste legaliterque perti-
aeatibus, sicut ia memorata geaitoris
Diplôme de Charles le Chauve en fa- aostri auctoritate praeceptioais pleaius
veur de Richejroid, abbé de Saint- coatiaetur, sub immuaitatis aostre tui-
rw • ^i tioae ac defeasioais muaimiae deauo
Lninian . ....
recipere digaaremur; supplicavit laterea
IN aomiae saactae & iadividuae Triai- idem abba revereatiam nostram ut & aliud
tatis. Carolus gratia Dei rex. Cum eaim moaasterium sibi commissum, sub boaore
servorum Dei ratioaabilibus petitioaibus scilicet praeclari martyris Stephaai coa-
beaigaitatis aostrae asseasum praebemus, structum & ia pago Carcassoaeasi sub rivu-
regiae celsitudiais opéra frequeatamus ac lum Oliveti situm, cum cella Saacti Johaa-
per hoc facilius aos eteraae beafitudiais nis eidem aspicieate atque cum omaibus
gloriam adepturos liquide credimus. Id- aliis rébus ratioaabiliter sibi appeadeati-
circo aotum sit omaibus saactae Dei Ec- bus, sub simili immuaitatis aostrae tui-
clesiae . fidelibus & aostris praeseatibus tioae seu defeasioae coastituere aoa de-
atque futuris, quia religiosus vir Richefri- aegaremus. Et deaique illius supplices
dus, abba moaasterii Olociaai, quod est ia praeces clemeater suscepimus, & ita illi ia
pago Narboaeasi, ia villa quae dicitur omaibus coacessum & uaiversae saactae
Veraodoverus, coastructum videlicet ia Dei Ecclesiae fidelibus & aostris praesea-
hoaore & veaeratioae beatissimi Aaiaai tibus aecaoa futuris aotum esse volumus.
coafessoris Christi, adieas culmiais aostri Praecipieates ergo jubemus ut aullus ju-
sereaitatem, obtulit praecelleatiae aostrae dex publicus aec quilibet ex judiciaria
domai & geaitoris aostri divae memoriae potestate cum qualibet majoris vel miao-
augusti Hludovici praeceptioais auctori- ris ordiais persoaa ad causas judiciario
tatem, ia qua coatiaebatur qualiter idem more audieadas ia ecclesias aut loca vel
moaasterium ejusdem domai & geaitoris villas seu reliquas possessioaes , quas ia
nostri pia devotioae sacroque studio fue- quibuscumque pagis & territoriis prae-
rit aedificatuni sive coastructum, qualiter- dictorum moaasteriorum potestas teaet
que idem geaitor aoster ipsura moaaste- vel possidet, vel quas deiaceps ia jus ipso-
rium cum sibi pertiaeate cellula aoa loage rum saactorum locorum diviaa pietas au-
ab eo distaate, quae dicitur Saactus Lau- geri voluerit, iagredi praesumat, aec freda
reatius, simul cum omaibus aliis rébus jure aut tributa vel paratas aut veredos seu
pertiaeatibus, quoadam sub immuaitatis maasioaes accipere sive teloaeum exigere
aut fidejussores toUere vel homiaes ipso-
' Recueil des historiens de France, t. 8, p. 459. rum coeaobiorum tam iageauos quam ser^
An
844
An
235
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
236
vos super terram ipsoruni comniorantes
distringere, nec uUas publicas fuiictiones
seu redhibitiones vel ilUcitas occasiones II 4. — LXI
requirere aut exactare audeat. Sed liceat
memorato abbati suisque siiccessoribiis res Diplôme du même roi en faveur de
praefatorum monasteriorum ciim omnibus Véglise de Narhonne\
possessiouibus, quas ex eremi squallore ad
cultum frugum ipsius... excoluerunt, quas tn nomine sancte & iudividue Trinitatis.
siquidem praesenti tempore juste legali- 1 Karolus gratia Dei rex. Quicquit enim
terque possident aliisque omnibus rébus ob anime nostre retribucionem ad loca
illis subjectis, sub tuitionis atque immuni- sanctorum condonamus, id nobis ad man-
tatis nostrae defensione, remota totius ju- sure vite beatitudinem pertinere nullate-
diciariae potestatis inquietudine, quieto nus dubitamus. Idcirco notum sit omnium
ordine possidere & quicquid jus fisci sanctae Dei Aecclesie nostrorumque fide-
exinde exigere aut sperare poterit, totum lium tam presencium quam & futurorum
in fratrum stipendiis & in luminaribus magnitudini, quia ob anime domni & ge-
earumdem ecclesiarum concinnandis at- nitoris nostri remedium seu & mercedis
que pauperibus alendis, sicut dictum est, nostre augmentum vel aetiam pro tocius
omnimode cedere. Constituimus etiam ut regni nobis a Deo commissi stabilitate, ad
quandocumque divina vocatione mémo- partem sancte Dei Aecclesie Narbonensis,
ratus abba vel successores ejus ex hac luce que est in honore beatorum martirum
migraverint, licentiam habeant monachi Justi videlicet hac Pastoris , concedimus
in plerumque memoratis monasteriis con- res quasdam que sunt site in comitatu
sistentes talem inter se per nostrum & Narbonense : villam videlicet Censeradam
successorum nostrorum consensum eligere cum omnibus suis finibus vel terminis seu
abbatem, qui eis secundum regulam Sancti adjacenciis vel quicquid ad eandem perti-
Benedicti praeesse & prodesse queat, qua- nere dinoscitur, videlicet cum domibus,
tenus servos Dei ibidem famulantes pro vineis, pratis, garricis, terris cultis & in-
nobis proleque nostra & stabilitate regni cultis, ad prefatum sanctum locum per
Domini misericordiam semper exorare de- hoc nostre auctoritatis preceptum plenius
lectet. Illud etiam per hanc nostram aucto- in Dei nomine confirmatum tradimus &
ritatem concedimus ac confirmamus atque confirmamus 5 sub ea videlicet condicione
nostros successores rogamus, ut praefata ut quidquid ex prefatis memoratisque re-
monasteria sub nostra speciali semper tui- bus ejusdem loci rector ab hodierno die
tione retineant, & neque ad episcopatum & tempore facere decreverit, liberam &
aut aliud monasterium ullo unquam tem- firmissimam sicuti de ceteris prefatorum
pore ab illis subjiciatur aut in beneficium sanctorum martirum rébus ordinandi ac
cuilibet tribuatur, sed solummodo in jure disponendi in omnibus quibuscumque sibi
& tuitione illorum pro omnibus tempori- bene libitis habeat potestatem. Et ut hec
bus ad monasticum ordinem observandum nostre auctoritatis largicio ab omnibus
persistant, sicque hoc nostrum devotionis sancte Dei Aecclesie fidelibus & nostris
opus inviolabiliter conservent, sicut pia presentibus vidaelicet hac futuris verius
facta sua post se conservanda optaverint. credatur, seu & per cuncta futura tem-
Haec vero auctoritas ut pleniorem in Dei pora inviolabilem atque inconvulsum obti-
nomine obtineat vigorem, manibus pro- neat firmitatis vigorem, eam manu nostra
priis subterfirmavimus & de anulo nostro subterfirmavimus & anuli nostri impres-
sigillari jussimus. sione insigniri decrevimus.
Signum Karoli gloriossimi régis.
Acta sunt nonis iunii, indictione vu. i u-ii- r- j • „ j d 1 ^»' c l j
' ' i v^ii^ vii, » Bibliothèque du roi ; ms. de Baluze cote Jcfterfae
anno IV Karoli praecellentissimi régis, in Narhonenses, & archives de l'église de Narbonne.
monasterio Sancti Saturnini, dum obsidere- [Collationné sur le manuscrit latin 1 1 oi5, i° i5
turTolosa, in Dei nomine féliciter. Amen. v»; copie du douzième siècle.]
Ed.orig,
t. 1,
col. 80.
An
844
An
844
287
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
238
Éd.orig.
t. 1.
col. 80.
An
20 juin.
Éd.orig.
t. I,
col. 81.
i
Signum (locus monogrammatts) Karoli & reverentiam eorundeni sanctorum au-
gloriosissimi régis. rem accomodare libuit, & hune nostre auc-
Jonas diaconus ad viceni Ludovici re- toritatis inmunitatisque preceptum erga
COgnovit [& subscripsit.] eandem aecclesiam facere. Siiniliter autem
Data pridie idus juni, indictione vi, concedimus eidem aecclesiae, sicut acte-
anno quarto regni prestantissimi régis nus a predecessoribus nostris, Pipino vi-
Karoli. Actum in cenobio sancti Saturnini delicet rege, & deinceps concessum est
niartiris juxta Tolosam , in Dei noniine [illi, medietatem totius civitatis, cum
féliciter. Amen. turribus & adjacentiis earum intresecus
& extrinsecus,] ab omni integritate, de
quocumque conmertio, ex quo teloneus
exigitur vel portaticus, ac de navibus
IIO. — LXII circa littora maris discurentibus necnon
salinis quidquid & comis ipsius civitatis
Autre charte du même roi en faveur exigit, pro oportunitate ejusdem aeccle-
de Véglise de Narbonne '. siae in omnibus [medietatem]. Per quod
decernimus atque jubemus, ut nemo ex
IN nomine sancte & individue Trinitatis. judiciaria potestate nec ullus ex fidelibus
Karolus gratia Dei rex. Cum peticio- nostris in aecclesias aut loca vel agros seu
nibus sacerdotum justis & rationabilibus reliquas possessiones quas presenti tem-
divini cultus amore favemus, superna nos pore possidet, vel ea que deinceps jure
gratia muniri non difidimus. Idcirco no- & potestate ipsius ecclesiae divina pietas
tum sit omnibus fidelibus sancte Dei Ec- voluerit augere, ad causas audiendas vel
clesiae & nostris tam presentibus quam freda aut tributa exigenda aut mansiones
& futuris, quia vir venerabilis Berharius' aut paradas faciendas aut fidejussores tol-
Narbonensis urbis archiepiscopus, adiens lendos aut homines ipsius ecclesie tam in-
obtutibus nostris, deprecatus est mansue- genuos quamque & servos destringendos
tudinem culminis nostri, ut matrem ipsius aut uUas redibitiones aut inlicitas occasio-
ecclesiae civitatis, que est in honore sanc- nés requirendas, nostris aut futuris tem-
torum Justi & Pastoris vel sancte Mariae poribus ingredi audeat vel ea que supra
semper virginis, cum monasterio quod di- memorata sunt penitus exigere présumât;
citur sancti Pauli confessoris ubi ipse sanc- sed liceat memorato presuli suisque suc-
tus corpore requiescit, quod est construc- cessoribus sub nostra defensione quiète
tum aut procul ab eadem urbe, cum om- residere & nostra parère jussione. Et quid-
nibus moderno tempore sibi subgectis sub quid jus fîsci exinde exigere poterat, to-
nostra defensione & inmunitatis tuicione tum nos pro eterna remuneratione eidem
consistere faceremus; id est tam illo atrio concedimus aecclesiae, ut perpetuis tem-
toto cum omni integritate infra Narbo- poribus clericis ibidem Deo servientibus
nam , cum turribus atque earum extrin- proficiat in augmentis, quatenus rectores
secus adjacentiis, quam abbatiis, villulis ipsius aecclesiae cum omnibus ad se perti-
vel territoriis ad eandem aecclesiam perti- nentibus, cum clero & populo sibi sub-
nentibus. Cujus precibus ob amorera Dei gecto, pro nobis & conjuge proleque nostra
ac tocius regni a Deo nobis per inmensum
' Archives de l'église de Narbonne, original. Co- concessi Domini misericordiam alacriter
pie, Bibliothèque du roi, Baliize, Chartes des rois, exorare delectet. Et ut haec nostre pre-
n. 9, [auj. Baluze, Armoires, y. Sço, n. 478 j
copie du onzième siècle] &. Fidimus de l'an i3i8j
Bibliothèque Colbert, vol. ms. sur l'église de Nar-
bonne, [auj. lat. I 1 oi5, f" 6 v".] Ce qui est entre
crochets ne se trouve pas dans la copie de Baluze,
que no.is avons suivie comme étant le texte le
plus ancien. [A. M.]
' Le manuscrit 1 1 oi5 porte Berarius.
ceptionis auctoritas a fidelibus sancte Dei
Ecclesie & nostris verius credatur & dili-
gentius conservetur, eam manu propria
subscripsimus, & anuli nostri inpressio-
nem signari jussimus.
Signum (locus monogrammatis) Karoli
gloriosissimi régis.
An
844
An
844
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Éd.orig.
t. 1,
col. 83.
An
844
289
[Jonas diaconus ad vicem Hludovuici re-
cognovit & subscripsit.
Data XII kalendas julii, indictione vi,
anno quarto regni prestantissimi régis
Karoli. Actum in cenobio sancti Saturnini
martyris juxta Tolosam, in Dei nomine
féliciter. Amen.]
116. — LXIII
Charte du roi Charles le Chauve en
faveur de Véglîse de Toulouse &
des monastères de la Daurade &
de Saint-Sernin.
[Nous laissons ici, pour ne pas Interrompre la
série, le titre de cette pièce, que les Bénédictins
avaient placée après les précédentes, datées par
erreur de l'an 843. Elle a été mise pîiis haut, à la
place qui lui est assignée par sa date, sous le
n. 104, col. 2 1 9. Voir du reste, au sujet de la date
des pièces LVIII à LXIII, au présent volume, la
Note additionnelle, p. 360-62.]
240
117,
LXIV
Relation de la mort de Bernard, duc
de Septimanie '.
PAGE itaque cum sanguine eucharistico
separatim per regem & comitem fir-
mata & obsignata, Bernardus cornes Tolo-
sanus & Barcinonensis Tolosam venit &
regem Carolum in cenobio sancti Satur-
nini juxta Tolosam adoravit, cumque rex
manu laeva tanquam sublevandi gratia
comitem apprehendisset , altéra, pugione
in latus ejus adacto, eum crudeliter inte-
remit, non sine crimine fidei & religionis
' Borrel , Antiquités de Castres, p. 12 & suiv. —
Ce récit est faux de tout point} les preuves en sont,
outre l'invraisemblance du fait en lui-même, qui
n'est confirmé par aucun autre témoignage, la
forme du récit, la langue de la prétendue épitaphe
(du provençal en 841 !), enfin des expressions
telles qtiC celles-ci : adoravit; — yicarius regius ;
— soLtdi Tolosani; — jurisdictio regia & laicalis, &c.
[A., M,]
violatae, nec sine suspicione patrati par-
ricidii; filius quippe Bernard! vulgo cre-
debatur, & os ejus mire ferebat, natura
adulterium maternum prodente. Post tam
nefandam necem , rex de solio sanguine
maculato descendens & pede cadaver per-
cutiens, sic exclamavit : Fae tïbi qui thala-
mum patris mei & domini tui foedasti! O quam
admirabilia judicia tua, Domine, dum rex
de thoro paterno violato praesumit sumere
vindictam, incidit in parricidium , & per
nimiam pietatem fît impius, atque ita adul-
terium parricidio punitur.
Per biduum ante fores inscpultum man-
sit cadaver. Tertio die Samuel episcopus
Tolosanus illud sepultura tradidit, cum
hac inscriptione in romancio tumulo ap-
posita :
Assi jay lo comte Bernad,
Fisel credeire al sang sacrât.
Que sempre prud'hom es estât.
Preguen la divina bontat,
Qu'aquela fi que lo tiiat
Posqua soy arma aber salvat.
Cum magno populi concursu exequia-
rum bonores comiti rependebantur, rege
intérim in saltu Vadegiaco venationi in-
dulgente. Quod cum ad aures ejus perve-
nisset, iratus est valde, & episcopus Sa-
muel coram vicario regio ter citatus com-
parere recusabat & cognitionem causae
suis coepiscopis demandari petebat; sed
rege renuente, coram vicario causam exer-
cere coactus est, & tandem post trinam
confessionem, eo quod cum pompa & epi-
grammate comitem damnatum ore & manu
regia sepelivisset , poena quingentorum
solidorum Tolosanorum mulctatur, & epi-
scopo adstante & plangente, monumentum
diruitur. Quod Tolosanus episcopus, ut &
alii Galliarum episcopi ita aegre tulerunt,
ut paucos post menses in conventu Chavi-
nionensi [Chavionense] enixe a rege Ca-
rolo postulaverint, ut sententia illa vicarii,
contra Tolosanum antistitem lata, tanquam
jura episcopalia & ecclesiastica enervans &
destruens abrogaretur. Quorum postula-
tion! rex nullo modo obtemperare voluit,
sed ore firmo respondit, se non passurum
ut episcopi in his quae pertinent ad jura
resjalia & ad leges reeni a iurisdictione
An
844
An
8^4
241
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
242
An
An
844
g juin.
118.
regia & laicali eximantur ; logem regni rium per immunitatis suae praeccptum
hanc antiqiiain esse, qua cautum est dam- sub sua defensione atque protectionc sus-
natos ob cri m en non debere sepeliri cum cepit. Quapropter suprascriptus abba Geila
precibus publiais & cum inscriptionibus. nostram deprecatus est clenientiam, ut nos
(Ex mss. Odonis Ariberù capellani Guerrici denuo praedictum monasterium cum mo-
palat. gloriosïssimï.) nachis ibidem Deo famulantibus & cum
omnibus rébus, quaecumque sicut dixi-
mus ipsi de heremo traxerunt sive quo-
rumlibet religiosorum hominum Deum-
que timentium [studia] illuc contulerunt,
ibidem juste ac legaliter pertinentibus sub
Diplôme de Charles le Chauve pour le nostra tuitione atque defensione recipere
monastère de Sainte -Engrate j au dignaremus. Propterea bas nostrae aucto-
dlocèse d'Ursel^ . ritatis litteras praenominato abbati suis-
que monachis ex praedicto monasterio fieri
IN nomine sanctae & individuae Trini- jussimus, per quas fidelibus nostris notum
tatis. Karolus gratia Dei rex. Si illius fieri volumus memoratum monasterium
amore, cujus munere ceteris mortalibus cum praefata cella & eorum omnibus ap-
praelati sumus, petitionibus servorum Dei penditiis vel cunctis rébus, sicut domni
justis & rationabilibus annuinuis & loca & genitoris nostri fuit, nostrum proprium
divino famulatui consecrata congruis mu- esse & sub nostra semper defensione atque
nificentiae nostrae beneficiis ad divinum tuitione consistere, ut nuUus episcopus
cultum uberius exequendum opem ferimus, aut cornes vel missus discurrens ibi ali-
praemium nos a Domino remunerari fide- quam dominationem aut tyrannidem aut
liter credimus. Igitur notum esse volumus potestatem exerccat, nisi quemadmodum
cunctis sanctae Dei Ecclesiae fidelibus & canonica auctoritas jubet, nec aliquam
nostris praesentibus atque futuris, quia redibitionem aut inlicitam occasionem illis
Geila venerabilis abba ex monasterio quod inferre praesumat. Et ideo quia praefatum
dicitur Sancta Grata, quod est situm super monasterium, sicut sub potestate domni &
fluvium Bogesia, constructum siquidem in genitoris nostri consistere visum est, modo
honore sanctae Dei genitricis Mariae, nos- sub nostra tuitione esse dinoscitur, conce-
tris obtulit obtutibus auctoritatem domni dimus monachis sub sancta régula ibidem
& genitoris nostri Hludowici serenissimi degentibus, ut post praefati abbatis suc-
augusti, qua continebatur, qualiter prae- cessorumque ejus discessum licentiam ha-
dictum monasterium cum cellula sibi sub- béant eligendi abbatem , qualiter ibidem
jecta quae dicitur Sancti Fructuosi & villa Deo militantes securius & quietius sub
quae dicitur Serras cum suo terminio Pos- monastica vita degentes pro nobis & con-
sedonius episcopus de heremi vastitnte ad juge proleque nostra Domini misericor-
culturam frugum perduxisset, & postmo- diam attentius exorare valeant. Et ut haec
dum veniens in memorati genitoris nos- auctoritas per curricula annorum inviola-
tri praesentiam praedictum monasterium bilem atque inconvulsam obtineat firmita-
contulit, ut sub defensione atque munde- tem & a fidelibus sanctae Dei Ecclesiae &
burdo piissimi genitoris nostri consiste- nostris verius certiusque credatur & melius
ret & perpetuo ibidem Domino monachi conservetur, de anulo nostro subter jussi-
famularent, ita ut nuUius ditioni subditi mus sigillari.
essent nisi solius Dei & semper sub de- Signum Karoli gloriosissimi régis,
fensione atque immunitate régis consiste- Jouas diaconus ad viceni Hludovuici re-
rent; unde & memoralus augustus, ob de- cogiiovit & subscripsit.
precationem Matfridi comitis praedictique Data V idus junii, anno iv, indictione vu,
cpiscopi Possedonii, praedictum monaste- régnante Karolo gloriosissimo rege. Actuni
in monasterio Sancti Saturnini prope To-
' Recueil des historiens de France, t. 8, p. 461. losa, in Dei nomine féliciter. Amen.
243
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
244
An
844
II juin.
119.
Dîplô
me de Charles le Chauve en fa-
veur des Espagnols fugitifs ' .
Ecclesiae glorioso sanguine redemptae &
ministret augmentum & animabus eorum
ac nostrae profîciat semper in emolumen-
tum.
I. — Igitur, sicut dictum est, ad omnium
vestrum notitiam pervenire volumus, quia
eosdem homines sub protectione & deten-
sione nostra denuo receptos sicut in uni-
IN nomine sanctae & individuae Trinita-
tis. Karolus gratia Dei rex. Si enim ea, tate fidei sic etiam in unanimitate pacis &
quae ob utilitatem sancte Dei Ecclesiae dilectionis conservare decrevimus, eo vide-
imperialibus edictis sunt constituta, mag- licet modo ut'sicut caeteri franci homines
nificentiae nostrae confirmatione denuo cum comité suo in exercitum pergant & in
instituentes corroboramus, ad diuturnam marcha nostra juxta rationabilem ejusdem
prosperamque regni a Deo nobis collati comitis ordinationem atque admonitionem
stabilitatem id ipsum attinere non dubita- explorationes & excubias, quod usitato vo-
mus, quin etiam ad capessendam aeternae cabulo vuactas dicunt, facere non negle-
felicitatis beatitudinem profuturum nobis gant, & missis nostris, quos pro rerum
liquido credimus. Itaque notum sit om- opportunitate illas in partes miserimus,
nium sanctae [Dei] Ecclesiae fidelium atque aut legatis qui de partibus Hispaniae ad
nostrorum praesentium scilicet & futuro- nos transmissi fuerint parratas f'aciant &
rum , partibus Aquitaniae, Septimaniae ad subvectionem eorum veredos douent,
sive Hispaniae consistentium magnitudini, ipsi videlicet & iili quorum progenitoribus
quia progenitorum nostrorum, magnorum temporibus avi nostri Karoli id ipsum
siquidem orthodoxorumque imperatorum, facere institutum fuit. Si autem hi qui
avi videlicet nostri Karoli seu genitoris veredos acceperint reddere eos neglexe-
nostri augusti Hludovuici auctoritatem rint, & eorum interveniente neglegentia
imitantes, Gothos sive Hispanos intra Bar- perditi seu mortui fuerint, secundum le-
chinonam famosi nominis civitatem vel gem P'rancorum eis quorum fuerunt sine
Terracium castellum cohabitantes, simul dilatione restituantur vel restaurentur.
cum his omnibus qui infra eundem comi- II. — Ecclesiarum vero census, id est nec
tatum Barchinone Hispani extra civitatem pascualia infra horum terminos vel eorum
quoque consistunt, quorum progenitores villas, nec telonea infra comitatum in quo
crudelissimum jugum inimicissimae chris- consistunt, nec alia quaelibet redibitio
tiani nominis gentis Sarracenorum evitau- neque a comiti neque a junioribus aut
tes, ad eos fecere confugium & eandem ministerialibus ejus deinceps ab illis ulla-
civitatem illorum magnipotentiae libenter tenus exigatur.
condonarunt seu tradiderunt, & ab eorum- III. — Et nisi pro tribus criminalibus
dem Sarracenorum potestate se subtrahen- actionibus, id est homicidio, rapto & in-
tes eorum nostraeque demum libéra & cendio, nec ipsi nec eorum homines a
prompta voluntate se subjecerunt; com- quolibet comité aut ministro judiciariae
placuit mansuetudini nostrae sub immu- potestatis ullo modo judicentur aut dis-
nitatis tuitione defensionisque munimine tringantur; sed liceat ipsis secundum eo-
benigne suscipere ac retinere & coha- rum legem de aliis hominibus judicia ter-
bitationem seu necessitatibus eorum op- minare, & praeter haec tria & de se &
portunum auxilium, sicut & ab illis pro- de eorum hominibus secundum propriam
genitoribus eorum & ipsis constat per legem omnia mutuo definire.
imperialium apicum sanctionem conces- IV. — Et si quispiam eorum in partem,
sum, clementer conferre, quatenus & nos- quam ille ad habitandum sibi excoluit, alios
tra regalis conservatio atque innovatio homines de aliis generationibus venientes
in eorum bene gestis operibus exaltationi adtraxerit & secum in portione sua, quam
aprisionem vocant, habitare fecerit, utatur
' Recueil des historiens de France, t. 8, p. 463. illorum servitio absque alicujus contradic-
An
844
An
245
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
246
tione vel împedimento. Et si aliquis ex praesenti tempore iii praedictîs locis resi-
ipsis hominibus qui ab eonim aliquo ad- deiit,quam bis qui adhuc ad nostram fidem
tractus est, in sua portioiie coUocatus, de iniquorum potestate fugiendo confluxe-
alium id est comitis vel vicecomitis aut rint & in desertis atque incultis locis per
vicarii aut cujuslibet hominis senioratum nostram vel comitis nostri licentiam con-
elegerit, liberam habeat licentiam abeundi; sedentes aedificia fecerint & agros inco-
verumtamen ex bis quae possidet, nihil luerint, juxta supradictum modum sub nos-
habeat nihilque secum ferat, sed omnia tra defensione atque protectione in unitate
in dominium & potestatem prioris senioris fidei & pacis tranquillitate residere, & no-
plenissime revertantur. bis ea quae superius diximus tam cum co-
V. — Placuit etiam nobis illis concedere mite suo quam cum missis ejus pro tempo-
ut quicquid de heremi squalore in quolibet ris opportunitate alacriter atque fideliter
comitatu ad cultum frugum traxerint, aut exhibere.
deinceps infra eorum aprisiones excolere IX. — Noverint praeterea iidem Hispani
potuerint, integerrime teneaut atque pos- sibi licentiam a nobis esse concessam , ut
sideant; servitia tamen regalia infra comi- se in vassaticum comitis nostri sicut alii
tatum in quo consistant faciant & omnes franci bomines commendent. Et si ali-
eorum possessiones sive aprisiones inter quod beneficium quisquam eorum ab eo
se vendere, concambiare seu donare pos- cui se commendavit fuerit consecutus, sciât
terisque relinquere omnino liceat ; & si se de illo taie obsequium seniori suo exbi-
filios aut nepotes non babuerint, juxta le- bere debere, quale nostrates bomines de
gem eorum alii ipsorum propinqui illis simili beneficio senioribus suis exbiberc
hereditando succédant, ita videlicet ut qui- soient.
cumque successerint servitia superius no- Utautem hae nostrae regalis auctoritatis
minata persolvere non contemnant. litterae erga eosdem Hispanos tenore per-
VI. — Simul etiam praecipientes injun- petuo ab omnibus fidelibus sanctae Dei
gimus ut nullus hominum de saepememo- Ecclesiae & nostris inviolabiliter conser-
ratis eorum aprisionibus vel villis, cum
propriis terminis propriisque earum fini-
bus & adjacentiis, injustam inquietudinem
illis inferre praesumat aut aliquam mino-
rationem contra legem facere audeatj sed
liceat eis ipsas res cum tranquillitate pacis
tenere & possidere, & secundum antiquam
consuetudinem ubique pascua habere &
ventur, manu propria nostra eas subter-
firmavimus & anuli nostri impressione sig-
nari decrevimus.
Signum Karoli gloriosîssimi régis.
Deormarus [notariusj ad vicem Hludo-
vuici recognovit.
Data III idus junii, anno iv régnante
Karolo glorioso rege. Actum in monasterio
ligna caedere & aquarum ductus pro suis sancti Saturnini prope Tolosam , in Dei
necessitatibus, ubicumque pervenire po- nomine féliciter. Amen.
tuerint, nemine contradicente juxta pris-
cum morem semper deducere. ~~~ — '
VII. — Si autem illi propter lenitatem
& mansuetudinem comitis sui, eidem co- 120.
miti honoris & obsequii gratia, quippiam
de rébus suis exhibuerint, non hoc eis pro Diplôme de Charles le Chauve qui
tributo vel censu aliquo computetur, ne- j ^ ^' i
^ i-'ULciui, lie prend sous sa protection le monas-
que cornes lUe aut successores eius hoc in , rj > , .
tere cL j4.rLei
consuetudinem vertere praesumat, neque
eos sibi vel hominibus suis aut mansiona- jn nomine sanctae & individuae Trini-
ticos parare aut veredos dare aut ullum 1 tatis. Karolus gratia Dei rex. Si erga
censum vel tributum aut servitium praeter loca divinis cultibus mancipata propter
id, quod jam superius comprehensum est, amorem Dei ejusque gloriosae matris in
praestare cogat.
VIII. — Sed liceat tam istis Hispanis qui ' Recueil des historiens de France, t. 8, p. 458.
An
844
An
844
2 5 juin.
An
844
247
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
248
eisdem locîs sibi famulantes bénéficia op-
portuna largimur, praemium nobis apud
Deum aeternae remunerationis rependi
non diffidimus. Idcirco noverit omnium
fidelium nostrorum tam praesentium quam
futurorum solertia, quia vir venerabilis
Recesindus abba monasterii Sanctae Ma-
riae ad Arulas veniens ad nos obtulit
obtutibus nostris auctoritatem domni &
genitoris nostri Ludovici imperatoris, qua
continebatur qualiter praedictum monaste-
rium, aedificatum a Castellano condam [in]
valle quae dicitur Asperia, sub sua immu-
nitate atque defensione cum monachis ibi-
dem Deo famulantibus & omnibus rébus
ad se pertinentibus plenissime suscepisset.
Unde praenominatus abbas Recesindus nos-
tram deprecatus est clementiam ut prae-
dictum monasterium denuo cum monachis
ibi consistentibus & cum cellulis ibidem
aspicientibus, id est cum ecclesia Sancti
Martini ad ipsas Felonicas in via quae dis-
currit ad ipsas Clusas, cum caeteris rébus
ad praedictum monasterium Sanctae Ma-
riae pertinentibus vel aspicientibus, sub
nostro reciperemus mundeburdo atque tui-
tione, quatenus idem monachi cum omni-
bus ad eos pertinentibus quiète ac secure
viverent. Cujus precibus ob amorem Dei
& reverentiam divini cultus aurem accom-
modare placuit & hos nostrae auctoritatis
regales apices fieri decrevimus, per quos
praecipimus atque jubemus, ut nullus ju-
dex publicus aut quilibet ex judiciaria po-
testate in praedictas celiulas aut in rébus
ad praedictum monasterium legaliter aspi-
cientibus ingredi temerario ausu ad man-
siones vel paratas faciendas aut fidejussores
tollendos aut homines ejusdem monasterii
distringendos, aut ullas redibitiones aut
inlicitas occasiones requirere aut exactare
praesumat, sed liceat praedictum abbatem
&successores suos cum his rébus praesenti
tempore ad praefatum monasterium aspi-
cientibus seu etiam a bonorum hominum
largitione abhinc delatis sub nostra defen-
sione quiète vivere ac residere. Et quando-
quidem divina vocatioiie memoratus abba
de hac luce migraverit, quandiu ipsi mona-
chi inter se taies invenerint qui eos secun-
dum regulam sancti Benedicti regere va-
leant, licentiam habeant eligendi abbates,
quatenus ipsos monachos pro nobis con-
juge proleque nostra vel pro stabilitate
totius regni nostri jugifer Domini miseri-
cordiam exorare delectet. Et ut haec auc-
toritas nostris futurisque temporibus Do-
mino protegente valeat inconvulsa manere,
manu propria subterfirmavimus & anuli
nostri impressione signari jussimus.
Signum Karoli gloriosissimi régis. Jonas
diaconus ad vicem Ludovici recognovit.
Datum VII kalendas Julias, anno IITI,
indictione vu, régnante Karolo gloriosis-
simo rege. Actum in monasterio Sancti
Saturnini, dum obsideretur Tolosa.
121. — LXVIII»
Charte de Pepin II j roi d'Aquitaine,
en faveur de Vahhaye de Moissac^.
PIPINUS gratia Dei Acquitanorum [rexj.
Si
An
844
Éd.orig,
t. I,
col. 91.
erga loca divinis cultibus emanci-
pata propter amorem Dei ejusque domi-
nio & ejusdem locis famulancium beneffî- An
cia opportuna largimur, largiturum nobis 844
asseruit Domini premia eterne rémunéra- 26 juin
cionis, & non diffidimus. Ideo omni nos-
trorum fidelium tam presencium quam
futurorum industria [noverit], quia vir
venerabilis Raugaricus abbas ex monaste-
rio quod dicitur Moyssiacus in pago Ca-
turcino super flumen quod dicitur Tarnus,
quod olim sanctus Amandus abbas in ho-
nore sancti Pétri principis apostolorum
construxit, obtutibus nostris auctoritatem
immunitatis domni & genitoris nostri Lu-
dovici serenissimi augusti optulit, in qua
erat incertum, quod non solum idem geni-
tor noster, verum etiam predecessores re-
ges predictum monasterium, ob amorem
Dei transquilitatemque fratrum ibidem
consistencium, semper plenissima tuicionc
& immunitatis deffencione honori habuis-
' Nous pinçons ici cette charte, avant le nu-
méro LXVII, qui est de l'an 845. [E. M.]
" Cartulaire de l'abbaye de Moissac. — Chro-
nique manuscrite d'Aymeric de Peyrat, abbé de
Moissac, écrite l'an 1399; ras. de la Bibliothèqne
Colbert, n. 2835. [Auj. latin 4991 a, f" i35 r°.]
An
844
•49
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
KJ.orig.
t. i,
col. 92.
sent; secl pro rei firmitate postulavit a fatem super ipsos, super eorum res assu-
nobis preffatus abbas, ut paternum seu niant aut niancionaticos exigant omnino
predecessorum nostrorum regum semper prohibemus, salva auctorifate canonica.]'
habendum hujusse rei immunitatis pre- Quando vero predictus abbas aut succes-
ceptum, ob aniorem Dei & reverenciam sores ejus de hac luce migraverint, quam-
ipsius circa ipsum monasterium, fieri sen- diu ipsi monachi inter se taies invenire
ccrenuis. Cujus peticioni asseiisuni pre- poteriut, qui ipsam cougregacionem , se-
buimus, & hoc nostre auctoritatis precep- cunduni regulam.sancti Benedicti regere
tuni erga ipsuni monasterium una cum valeant, per hanc auctoritatem & consen-
cellula sua sibi subjecta, que est sita in sum nostrum habeant deinceps licenciam
loco nuncupato Marciliaco super fluvium super se eligendi abbates. Hanc itaque
Céleris atque fundata in honore apos- auctoritatem ut pleniorem in Dei nomine
tolorum ejusdem principis, immunitatis [obtineat] *vigorem & a fidelibus sancte
atque tuicionis gratia Dei cultus amore Dei Ecclesiae & a nostris diligencius con-
[atque] pietatis nostro remedio fieri de- servetur, auulli nostri iinpressioni subter
cernimus. Propter quod precipimus atque jusimus sigillari.
mandamus, quod nullus judex publicus vel Datum Vl kalendas julii, anno v post de-
quilibet ex judiciaria potestate sive villas, cessum domui Ludovici serenissimi augusti
sive loca, vel agros, vel domos, sive reli-' & [viij eciam regni nostri. [Actum] in Cas-
quas possessiones memorati monasterii, tillione Castro, quod est super fluvium Dor-
quas illo tempore juste & racionabiliter donie, [in Dei nomine] féliciter. [Amen.]
possidebant monachi in eodem pago Ca- q„ soupçonne ce diplôme de supposition,
turcinio sive Tholosano sive in ahquibus^ ^^^ ^^ ^^^ p^^-^ jj^ ^^- d'Aquitaine, y donne
partibus vel quibuslibet ubicumque ipsi ^^ ^^^ ^^ genitor à l'empereur Louis le Dé-
monachi aliquid possidere videntur, sive ^o«nû/>e qui étoit son aïeul, & non pas son
ecclesias sive mansiones memorati monas-
terii vel que deinceps in jure ipsius dum
placuerit pietati augere, ad causas audien-
das vel tVeuda vel tributoria aut manciones
père; mais, outre que ce peut être une faute de
copiste, & que d'ailleurs on n'a plus l'original,
le mot de gemtor peut s'entendre à la rigueur
du grand-père. Aussi Aymeric de Peyrat, abbé
vel paratas faciendas aut fidejussiones ex- ^^ Moissac , qui a transcrit ce diplôme dans
petendas, communes vel propnas personas, ^^ Chronique, au quatorzième siècle, dit qu'il
ingenuos quoque & conservos qui per étoit difficile à lire à cause que l'écriture ètoit
ipsam causam & sperare videntur distnn- t.ès-ancienne, ce qui a donné lieu sans doute
gendo, nec ullas redibiciones aut lUicitas ^^^ j-^^^^^ ^^,^„ ^^^^^^ ^^^^ j^^ ^^^.^^^ 0„
occasiones requirendas, nostns & futuris ^^ ^^.^ ^.^^ d'ailleurs dans le reste qui puisse
temporibus ingredi audeat. Sed liceat me- f^^o^i^er le soupçon de supposition, & qui ne
morato abbati suisque successoribus vel ressente le style des autres chartes des rois de
omni congregacioni ibidem degenti res
predicti monasterii sub immunitatis nostre
defencionis quieto ordine possidere, ac
predictam selullam Marcilliaco nomina-
tim cum omnibus appendiciis suis acquisi-
tis vel acquirendis in eternum habere & elle est contraire aux règles de la chancellerie ca-
la seconde race. [Remarque des Bénédic-
tins.]
' La phrase que nous mettons entre crochets
nous semble être le produit d'une interpolation ;
tenere. Et quicquid exinde fiscus poterat
sperare, gratie nostre preceptione monas-
terio prefato concedimus in helemosinas
pauperum & stipendia monachorum ibi-
dem Deo famulancium, & perpétua conser-
rolingienne & semble trop ouvertement favoriser
les prétentions de l'abbaye de Moissac d'être
exempte de la juridiction de l'ordinaire. Du reste,
ce diplôme paraît peu authentique, au moins ^ans
sa forme actuelle. Aymeric de Peyrat ne nous dit
pas s'il l'a copié sur l'original ou sur une ancienne
vacione Deum orare délectent pro nOStra copie, & de plus, l'erreur que signale dom Vais
prOSperitate atque tOtiuS regni nostri Sta- se,e^ ^^^^ sa remarque, est inexplicable dans un
bilitate. [Episcopis vero Caturcensis eccle- diplôme royal du neuvième siècle 8c pourrait servir
sie, ut nullam dominacionem aut potes- à prouver que celui-ci a été remanié. [A. M]
An
844
25l
PREUVES DE L'FIISTOIRE DE LANGUEDOC.
202
An
844
3o juin.
122.
Diplôme de Charles le Chauve
pour Psalmodi '.
simus, per quod memorato monasterio
plenissime reddimus vel restauramus , id
est in pago Nemausensi coloiiicam subtus
Mariacum, & infra ipsam civitatem casalia
diruta & quoddam olivetuni , quod Fran-
ciscus qiiondam episcopus ejusdem civita-
tis eidem monasterio dédit, in villa Tel-
IN nomine sanctae & individuae Trinita- liano casale & vineas & aliquid de terris;
tis. Carolus gratia Dei rex. Si petitio- in pago autem Magalonensi, in villa Salsi-
nibus servorum, qui nobis pro utilitatibus nas ecclesiam Sancti Stephani cum suo
sanctae Dei Ecclesiae suisque necessitati- appenditio, in eodem pago colonicam
bus insinuaverunt, serenitatis nostrae au- Amantianicum, quae & Martiniacum voca-
rem accommodamus easque ad effectum tur, necnon & medietatem territorii villae
perducimus, regiae celsitudinis opéra fre- Colonzecates ; simul etiani & mancipia
quentamus & per hoc aeternae beatitudi- quae prescriptus cornes ipsi monasterio
nis gloriam facilius nos adepturos omnino pertinentia injuste retinebat. Has denique
confidimus. Idcirco notum sit omnibus res sicut dictum est praefato monasterio
sanctae Dei Ecclesiae fidelibus & nostris plenissime reddimus, & ob emolumentum
praesentibus atque futuris, quia religio- animae nostrae quamdam colonicam, quae
sus vir Theobaldus abbas monasterii sanc- Orivoldanicus [diciturj, prope fores prae-
tae Dei genitricis Mariae vel sancti Pétri dicti monasterii sitam de fisco nostro eidem
apostolorum principis ac sancti Pauli gen- transferimus regiaque traditione integer-
tium doctoris, quod est situm in insula rime delegamus, instituentes & sancientes
que appellatur Psalmodia, in pago scilicet ut ea quae reddimus & ea quae condona-
Nemausi, adiens culminis nostri serenita- mus in utilitatibus & usibus fréquenter
tem, innotuit reverentiae nostrae quas- dicti monasterii & fratrum in eodem Do-
dam colonicas in eodem pago vel Maga- mino servientium perpetuis temporibus
lonensi sitas suo quondam pertinuisse proficiat in augmentum & animae nostrae
monasterio, quas etiam dominus noster prosint in adjutorium. Sed & ad sublevan-
genitor augustus Ludovicus ad petitionem à\xm praeterea eorum necessitatem conce-
praedecessoris ejusdem abbatis, id estTheo- dimus eis licentiamque caedendi tribuimus
demiri, eidem monasterio démenti resti- de silva ipsi monasterio vicina quae appel-
tutione reddi jussitac restaurari mandavit. latur Pineta in utilitatibus ecclesiae & usi-
Sed quia contemptu & superbia Bernar- bus eorumdem, cum pascuis ejusdem silvae
dus quondam cornes eamdem genitoris pecora eorum alendi ; praecipientes atque
nostri jussionem implere neglexit & suis jubentes ut nuUus hominum illis aut suc-
hominibus, quibus ipsas res dederat, vio- cessoribus eorum de hoc aliquam praesu-
lenter habere permisit, petiit idem prae- mat ingerere contrarietatem aut aliquem
nominatus abbas pietatem nostram, ut ob
salutem animae ejusdem domini & geni-
toris nostri ac nostrae ipsas colonicas &
quaedam mancipia similiter monasterio
pertinentia, cum aliis quibuscumque re-
exigere censum, nec de piscatione maris
aut fluminis seu stagni aliquam illis audeat
inferre inquietationem aut exigere telo-
neum. Sed sicut a nobis est illis conces-
sum, ita omnibus cum omni quiète & se-
bus ibi quoque appendentibus, per magni- curitate per omnia tempora liceat illis
tudinis nostrae praeceptum ei reddere seu perfrui. Et ut haecnostra auctoritas per
plenius affîrmare dignaremur. Cujus déni- saeculorum tempora pleniorem obtineat
que deprecationem clementer audivimus firmitatem, manu nostra subter eam firma-
& ita ibi in omnibus concessisse cunctis vimus & anulo nostro sigillari jussimus.
notum esse volumus. Proinde ergo magni- Signum Caroli gloriosissimi régis,
ficentiae nostrae praeceptum hoc fieri jus- Aeneas notarius ad vicem Ludovici re-
cognovit.
' Recueil des historiens de France, i. i,^. ^66. Data II kalendas julii, indictione VII,
An
844
ti
An
844
253
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
An
lUITl-
juillot.
aniio V regni Caroli gloriosissimi régis. futuris in cellas aut ecclesias vel loca aut
Actum in monasterio Sancti Saturnini, in agros vel reliquas possessiones, quas nunc
in villis aut pagis & territoriis possidet
vel quas deinceps fidelium devot^o ibidem
augere voluerit, ad causas audiendas vel
freda exigenda aut mansiones vel paratas
faciendas aut fidejussores tollendos ho-
minesque distringendos vel quascunique
redhibitiones aut inlicitas occasiones re-
quirendas, nostris futurisque temporibus
ingredi audeat, vel ea quae supra memo-
rata sunt penitus exigere praesumat. Sed
liceat memorato abbati suisque successo-
ribus res ejusdem monasterii cum omnibus
ad se pertinentibus sub tuitionis atque
immunitatis nostrae defensione, remota
totius judiciariae potestatis inquietudine,
An
844
Dei nomine féliciter. Amen.
123.
Diplôme de Charles le Chauve pour
Vahhaye de Saint-Polycarpe' .
IN nomine sanctae & individuae Trinita-
tis. Karolus gratia Dei rex. Si ea quae
edictis imperialibus domni ac genitoris
nostri Hludovici piissimi augusti largita
vel roborata sunt atque décréta, nostrae
mansuetudinis praecepto firmamus, re-
giam consuetudinem exercemus idque no- quieto ordine possidere. Petiit etiam idem
bis maxime in ecclesiarum & servorum Dei venerabilis abba CentuUus celsitudinem
causis ad aeternam mercedem proficere nostram ut homines liberi commorantes
nobis confidimus. Idcirco notum fieri vo- infra terminos ejusdem monasterii, quos
lumus omnium fidelium nostrorum tam praefixerunt auctoritate domni ac geni-
praesentium quam futurorum [industriaej, toris nostri Gauselinus & Bernardus co-
quia sicut in privilégie dicti domni & ge- mites, terras quas ex aeremo traxerunt
nitoris nostri immunitatis defensionem at- quiète possideant & congruum obsequium
que tuitionem monasterio Sancti Poly- sicut homines ingenui exinde eidem mo-
carpi, quod situm est in pago Redensi, seu nasterio exhibeant, ne eorum ingenuitas
CentuUovenerabili abbati & ejus successo- vel nobilitas vilescat. Hi vero pagenses
ribus necnon & monachis in eodem mo- qui extra terminum ejusdem monasterii
nasterio consistentibus per hoc clementiae manent & terras infra fines praefati mo-
nostrae firmamus edictum, per quod con- nasterii habent, si eorum voluntas fuerit,
stituentes decernimus, ut saepedictum mo- de ipsis terris commutandi vel venun-
nasterium & in eo regulari ac monastico dandi per hoc nostrae auctoritatis prae-
ordine viventes amodo & deinceps cum ceptum ad eumdem monasterium licentiam
omnibus ad se pertinentibus vel appen- habeant, & ipsa emptio vel commutatio
ditiis atque adjacentiis seu terminis suis, plenissimam praesenti nostrae auctoritatis
necnon & cum Gaiano villare sive cum edicto in omnibus obtineat firmitatem.
rébus quas Austrimirus ei monasterio con- Quandoquidem autem divina ordinatione
tulit in pago Helenensi, quarum sunt no- supradictus abba vel successores ejus ab
mina Palatiolus & Salellas , seu & cum hac luce migraverint, quandiu ipsi inter
cella in pago Carcassensi conjacenti quam se taies invenire potuerint, qui ipsam con-
idem Austrimirus ad eumdem monasterium gregationem secundum regulam sancti Be-
delegavit, cujus vocabulum est Cornicia- nedicti regere & gubernare valeant, per
num, cum omnibus nihilominus quae dein- hanc nostram auctoritatem licentiam ha-
ceps a Deum timentibus ad idem conlatum béant ex semetipsis abbates eligere, qua-
fuerit, sub nostra successorumque nos- tenus serves Dei, qui ibidem Deo famu-
trorum tuitione in perpetuum maneant; lantur, pro nobis conjuge proleque nostra
videlicet ut nullus judex publicus neque & stabilitate totius regni nostri Domini
quislibet ex judiciaria potestate aut ullus immensam misericordiam jugiter exorare
ex fidelibus nostris tam presentibus quam delectet. Et ut haec nostrae largitionis
auctoritas nostris successorumque nostro-
' Recueil des historiens de France^ t. 8, p. 465. rum temporibus inviolabilem atque incon-
An
844
:55
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
2^(
Vers
844
vulsam obtineat firmitatem, manu propria qui vocatur Buxolus, & molendinos suos
subterfirmavinius & anuli nostri inipres- qui siti esse noscuntur in pago Redense,
sione adsignari jussimus. in villa quae dicitur Limosus, & alios duos
Signum Karoli gloriosissimi régis. molendinos in villa quae dicitur Rescemiri
Anscharius presbyterad vicem Hludovici super fluvium Atacio, quam propriis mani-
recognovit. bus memoratus abba & monachi sibi com-
Data [anno V] régnante gloriosis- missi construxerunt, seu & villam juxta
simo rege, indictione VIT. Actum Tolosa ipsum monasterium quae vocatur Salas,
civitate, in Dei nomine féliciter. Amen.
ubi est ecclesia constructa in honore sanc-
tae Mariae semper virginis, & alios duos
villares qui vocantur Issart & Irulia, qui
sunt in fines de ipso memorato monasterio
cum terminis & appendiciis suis, quam
hactenus supradictus domnus & genitor
noster augustus Ludovicus praedicto mo-
nasterio perauctoritatem suam praefinivit,
concessit atque delegavit, vel etiam omni-
bus rébus & omnibus eidem loco appen-
dentibus sub nostra similiter defensione
124.
Diplôme de Charles le Chauve pour
S aint-Hilalre '.
IN nomine sanctae et individuae Trinita-
tis. Karolus Dei gratia Francoriim rex.
Quicquid enim ob amorem divinae rêve- ac immunitatis tuitione recipere dignare-
rentiae operibus justis implere satagimus, mur; & in pago Russilionense cellas très,
ad aeternae beatitudinis gloriam capessen- una quae vocatur Nidolarias super flumen
dam profuturum nobis omnino non dubita- quae dicitur Techus ubi est ecclesia con-
mus, quin etiam ad regni nostri diutur- structa in honore sancti Stephani, & alla
num felicemque statum pertinere procul est in monte Furcato ubi est ecclesia con-
dubio credimus. Idcirco cognoscat saga- structa in honore sancti Martini & tertia
citas seu utilitas omnium fidelium nostro- est in monte Albaria in loco qui vocatur
rura tam praesentium quam & futurorum, Valle Vitraria, ubi est ecclesia constructa
qualiter religiosus Ana abba ex monasterio in honore sancti Martini, cum ipso villare
Sancti Hilarii, quod est situm in pago Car- qui dicitur ad Casa Sationi, cum terminis
cassonensesuper rivumLeuco,constructum vel adjacentiis illorum. Cujus petitionibus
scilicet in honore sancti Saturnini marty- clementer annuimus, cui etiam hoc excel-
ris, ubi etiam praedictus sanctus Hilarius lentiae nostrae praeceptum fieri jussimus,
confessor corpore requiescit, ad nostram per quod praecipimus atque jubemus, ut
accedens clementiam, obtulit mansuetudini nuUus judex publicus vel quislibet ex judi-
nostrae quandam auctoritatem sanctae ciaria potestate in ecclesias aut loca vel
memoriae domni& genitoris nostri augusti agros seu reliquas possessiones praedicti
Ludovici, in qua continetur qualiter idem monasterii, quas moderno tempore juste
domnus & genitor noster praedecessores & rationabiliter possidet vel quae etiam
suos [&J praedictum monasterium cum om- deinceps in jure ipsius sancti loci voluerit
nibus rébus sibi juste legaliterque perti- divina pietas augeri, ad causas audiendas
nentibus sub defensionis suae tuitione im- vel freda exigenda aut mansiones vel pa-
munitatisque munimine receperit. Petiit ratas faciendas aut fidejussores tollendos
etiam idem venerabilis Ana abba magni- aut homines ipsius monasterii tam inge-
tudinem nostram ut eandem auctoritatem nuos quam & servos super terram ipsius
genitoris nostri renovare & ipsum memora- commanentes injuste distringendos, nec
tumque monasterium sibi commissum cum ullas redibitiones aut illicitas occasiones
cellulis sibi subjectis, quae nuncupantur requirendas, nostris & futuris temporibus
Gareliacus, 8c alla quae nuncupatur Sancti ingredi audeatvel ea quae supra memorata
Martini, cum villare infra ipsos terminos sunt penitus exigere praesumat ; quicquid
de rébus praefati monasterii fiscus sperare
' Recueil des historiens de France, t. 8, p. f).!:'). poterat, totum nos pro acterna reniu liera-
Vers
844
Vers
844
257
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
i58
manere, manu propria subterfirmavimus
& amili nostri inipressione signari jussi-
nius.
I2D.
tione praefato nionasterio concedimus ut
in alimonia pauperum & stipendia mona-
chorum ibidem Deo f'amulantium perpetuo
proficiat in augmentum, vel ipsius molen-
dinos duos qui sunt in fluvio Atace in ter-
minio de villa Cerintiano. Praeterea nemi-
nem Dei nostrorumquefidelium industriam
latere volumus , quia saepedictus abba
nostrae suggessit praecellentiae, qualiter
quidam, sacerdos, cui nomen Autarius, ba-
silicam in pago Carcassonense sitam sub
honore scilicet sancti Adriani,cum omnibus
illi pertinentibus rébus praenominato suo
monasterio contulerit seu donaverit atque mentia rex. Omnibus episcopis, abbatibus,
per cartam traditionis legaliter firmaverit ducibus, comitibus, vicariis, actionariis,
Diplôme de Charles le Chauve pour
Vahhaye de Caunes',
r
nomine sanctae & individuae Trini-
tatis. Karolus divina propitiante cle-
sive per praeceptum, per quod eandem
basilicam gloriosus quondam rex Pippinus
largitus fuit eidem Autario sacerdoti, sicut
supra taxatum est plenissime memorato
loco donando contradidit ; quae quidem
ecclesia duos habet molendinos, qui at-
tinguntur terminis duarum villarum quae
dicuntur Prexianus & Rufiacus. Nostram
itaque fréquenter Ana abba petiit pietatem,
centenariis vel cunctis fidelibus nostris &
sanctae Ecclesiae praesentibus scilicet &
futuris notum sit, quia si sacerdotum ac
servorum Dei petitiones quas nobis pro
suis necessitatibus innotuerint ad effectum
perducimus, non solum regalem consue-
tudinem exercemus, verum etiam aeter-
nae remunerationis praemium apud Do-
minum rependi non dubitamus. Quocirca
ut ob nostrae mercedis augmentum supra- noverit omnium sanctae Dei Ecclesiae fide-
dicto sacerdoti Autario factam donationem lium nostrorumque tam praesentium quam
plenius confirmare dignaremus per hanc & futurorum soUertia, quia vir venerabilis
eandem excellentiae nostrae auctoritatem. abbas Hildericus ex monasterio quod dici-
Cujus precibus annuentes, constituendo tur Caunas, quod est situm in pago Narbo-
sancimus ut, sicut ab eodem Autario sacer- nensi, constructum in honorem sanctorum
dote praememorata basilica cum appendi- apostolorum Pétri & Pauli super fluvium
tiis praemisso monasterio est tradita seu Argentiduplicis, detulit nobis praeceptum
delegata, sic per hanc nostram auctoritatem
integerrime perpetuis temporibus in potes-
tate seu dominatione praenotati monaste-
rii rectorumque ejus consistât, & absque
avi nostri Karoli augusti imperatoris, in
quo continebatur qualiter idem monaste-
rium, cui bonae memoriae venerabilis ab-
bas Daniel praeerat, Aniano abbati in sua
alicujus contradictione vel minoratione eleemosyna concesserat, uti per ejus de-
omni tempore in utilitatibus ipsius sancti fensionem atque immunitatem & tuitio-
loci permaneat. Et quandoquidem divina
vocatione supradictus abba vel successores
ejus de hac luce migràverint, quandiu ipsi
monachi in[ter] se taies invenire potuerint,
qui ipsam congregationem secundum regu-
lam sancti Benedicti regere valeant, per
hanc nostram auctoritatem & consensum
licentiam habeant eligendi abbates, quati-
nem quiète secundum regulam sancti Be-
nedicti viverent^ & denuo avus noster per
suam auctoritatem paternum sequens mo-
rem suprascriptum monasterium cum suis
omnibus appenditiis vel terminis, sicut in
illorum instrumentis resonat, recepisset
immunitatemque bénigne contulisset, aliud
nobis simili tenore nostrae auctoritatis
nus ipsos monachos qui ibidem Deo famu- praeceptum, ipsius scilicetvenerabili quon-
lantur pro nobis & conjuge atque stabili- dam abbati nomine Daniel factum, qualiter
tate totius regni nostri Domini immensam
clementiam jugiter exorare delectet. Et ut
haec auctoritas nostris futurisque tempori-
bus Domino protegente inconvulsa valeat
ipsum monasterium sub nostrae imniuni-
tatis tuitione jure perpetuo manendum
' Recueil des historiens Je France, t. 8, p. 466.
Ver»
844
Ver»
844
II.
Vers
844
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
260
locis ciim villare, cum terminis & cum
casalibus & hortalibus, cum pratis & pas-
cuis, silvis, garricis, viae ductibus & reduc-
tibus, cultum vel incultum & cum omnes
adjacentias illorum ad proprio, in praefata
deliberatione vel deliberationis quod inter
me & te bene placuit atque convenit soli-
des quadringentos & nihilque de ipso pre-
tio apud te emptore non remansit, & est
25g
instituimus. Sed pro firmitatis munimine
deprecatus est nos praedictus abbas Hilde-
ricus, ut circa ipsum sanctum locum denuo
ei pro mercedis nostrae aeternae ac regni
nostri augmento eadem concedere digna-
remur nostrae auctoritatis praecepto. Cu-
jus petitionem denegare noluimus, sed ita
in omnibus & praesentes & futuri sanctae
Dei Ecclesiae fidèles & nostri concessum
ac perpetuo confirmatum esse cognoscant manifestum, ut ex prefati die & tempore
a nobis. Petiit etiam ut illas cellulas, quas quod de haec omnia superius scripta agere
in pago Carcassense in loco Laurano & vel judicare volueris habeas potestatem ad
Sancti Fructuosi cum omnibus Juribus & proprio. Et qui contra banc vinditionem
pertinentes suis & cum omni supra po- venerit ad irrumpendum, inferam vel infe-
sito illorum, & in Narbonensi in loco rant tibi vel partique tuae & omnia supe-
Sancti Pauli & salinas quas obtinent in rius scripta dupla, & in antea ista conditio
stagno juxta Narbonam , in loco qui dici- firma & stabilis permaneat & non sit dis-
tur Achadalard, in Minerbense ecclesiam rupta. Facta carta vinditionis sub die lll
Beatae Mariae, cujus vocabulum est Li- kalendas augusti, anno quinto régnante
bris cum omnibus appenditiis & perti- Karolo rege. Argilas. Wifredus. Castella-
nentiis suis, villam Baiano cum finibus ac nus. Frederius. Wiatarius qui hanc vin-
terminis illius ad domum sanctorum Pétri ditionem scripsi & subscripsi die & anno
& Pauli iCaetera desunt.] quo supra.
An
844
126.
Vente faite par Argila, fils du comte
Béra\
N nomine Domini. Ego Argila qui sum
filius quondam Berani comiti, vinditor
g T. ■)
„ tibi Berane filio meo. Sic placuit mihi &
3o
Juillet, placet & propria mea hoc elegit bona vo-
luntas, ut tibi filio meo Berane vindere de-
berem, sicuti & vindoj in suburbio Ele-
nense, in pago Russulionense vindo tibi in
ibidem loco villas duas quem habeo per
donitum de genitore meo condam Berane
comité & per comparatione de femina no-
mine Suadilane, id est Terrenum cum om-
nes fines & adjacentias suas, & alia villa
quae nuncupatur Furchas cum omnes fines
vel adjacentias; & in pago Redense, in lo-
cum ubi dicitur Saltum, vindo in ibidem
villa Donacanum cum ipsa baschea qui
ibidem fundata est in honore sancti Feli-
cis. Vindo illas villas jamdictas in ibidem
' Mcirca Hispanlca, col. 781 5 ex chartario eccle-
siae Elenensis.
127. — LXVII
Charte de Charles le Chauve, où la
généalogie d'Eudes, duc d'Aqui-
taine, est rapportée^
IN nomine sanctae & individuae Trinita-
tis. Carolus Dei gratia Francorum rex.
Dignum est sanctae Ecclesiae loca aucto-
ritate regali stabilire & justis monacho-
rum divini cultus amore ad nos peragran-
tium precibus favere. Idcirco notum sit
fidelibus sanctae Dei Ecclesiae. tam prae-
sentibus quam futuris, quod religiosus vir
Obbonius abbas, de partibus Hispaniae ve-
' Le cardinal d'Agulrre, Concilia. Hispanica, t. 3,
p. 141 & seq. — Ce diplôme est le célèbre docu-
ment qui, sous le nom de Charte d'Alaon, a peuplé
l'histoire du Languedoc, du septième au neuvième
siècle, de tant de personnages imaginaires, & qui a
engagé les Bénédictins dans un système historique
absolument inadmissible. Voir, sur cet acte, œuvre
d'un faussaire du dix-septième siècle, dans ce vo-
lume, la Note additionnelle à la Note LXXXIII j
& au tome I", passim, les notes particulières mises
au bas des pages. [A. M.]
Éd. orig
t. 1,
C01.X5.
An
84.5
21
janvier.
An
845
Éd.oiig.
t. I,
col. 86.
261
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
262
niens, de illa nempe Gotthici regni marca,
Francorum regibus olim nostroque niinc
praecepto subjecta & auspiciis geiiitoris
nostri augusti Ludovic! a Sarracenorum
squalore praeservata, obtutibus nostris
adiit, eum ad serenitatem praesentiae nos-
trae ducens venerabilis ac fidelis uoster
Berarius primae sedis Narboneiisis urbis
archiepiscopus, nobisque palam fecit, quod
praeclarus quondam Vandregisilus cornes,
consanguineus noster ac homo ligius,
quem post patris sui Artalagarii fpmitis
mortem genitor noster super Vasconiam ,
quae est trans Garumnam flumen, limita-
iieum constituit, quum Dei & militum
suorum auxilio inter alia a Sarracenis &
ab Amarvano Caesaraugustano duce eri-
puit totum illud territorium in dictae
Vasconiae montanis locis situm, quod est
ultra & circa flumen Balicram, nomine
Alacoon j & quod dictus Vandregisilus
cornes cum praeclara uxore Maria co-
mitissa in praedicto loco monasterium in
Dei genitricis honorem ante decennium
sumptibus propriis extruxit de consilio &
consensu filiorum suorum, videlicet Ber-
narthi ad praesens ejusdem Vasconiae co-
mitis & istius limitis custodis cum uxore
sua comitissa Theuda, & Atbonis nunc
Palliarensis comitis cum Eynzeliiia uxore,
necnon Antonii hodie vicecomitis Biter-
rensis cum uxore sua Adoyra , itidemque
Asinarii nunc etiam Lupiniacensis ac So-
lensis vicecomitis cum Guberga uxore suaj
qui omnes de infidelium spoliis monaste-
rium suscitarunt & clericos monachos se-
cundum regulam sancti Benedicti conver-
santes ex sancti Pétri apostoli Sirasiensi
monasterio cum eodem Obbonio abbate
ad illud contulerunt. Et quod monaste-
rium constructum ac dedicatum fuit de
licentia & consensu venerabilis quondam
Bartholomaei, primae sedis Narbonensis
tune archiepiscopi, & venerabilis Sisebo-
tus Orgellitanus episcopus, de cujus spi-
ritualitate locus est, juxta ordinationem
piissimi genitoris nostri augusti Ludovici
opus laudavit & ecclesiam praedicti mo-
nasterii benedixit, praesentibus veneran-
dis Ferreolo episcopo de Jacca, & Involato
Convenarum episcopo, necnon Oddoario
Sirasiense abbate, Hermengaudo abbate
Assiniense, Oddoario abbate Sancti Zacha-
riae, Fortunio Leigerensi abbate, Don-
done abbate Sancti Savini, Varino abbate
Alti-Fagiti, Attilio abbate Cellae-Fragilii,
& Transirico Sancti Joannis Oriolensis ab-
bate, cum aliis clericis & eremitis, & Sto-
lido abbate Sancti Aredii Attanensis, qui
ex Lemovicensi sancti Salvatoris basilica
tune comportabit ad novam ecclesiam bea-
tae Mariae lipsanas Hatthonis quondam
Aquitaniae ducis ac filii sui Artalgarii
comitis cum ceteris fidelibus. De quibus
omnibus autographum deditj similiterque
obtulit nostrae serenitati testamentum seu
placitum praedictorum Vandregisili comi-
tis & conjugis Mariae comitissae, in que
de consensu omnium filiorum suorum dic-
tus Vandregisilus eidem monasterio & cle-
ricis monachis secundum regulam sancti
Benedicti in eo conversantibus tam prae-
sentibus quam futuris reliquit : imprimis
omne jus quod ad se pertinere dixit super
monasterium de Rodi insula, quod olim in
honorem beatae Mariae aedificavit Ludo
Aquitaniae dux cum uxore sua bonae me-
moriae Valtruda, Valchigisi ducis de nos-
tra progenie filia & ubi praedictus Ludo
sepultus est, & omnes terras, ecclesias &
jura, quae ad praedictum Vandregisilum
comitem pertinere asserebat de patrimo-
nio suo in tota Aquitania, & praecipue in
pago Tolosano, Cadurcensi, Pictaviensi,
Agennensi, Arelatensi, Sanctonensi & Pe-
tragoricensi, quae fuerunt dicti Ludonis
Aquitaniae ducis & fratris sui Imitarii, &
eorum genitori Boggiso duci Dagobertus
rex concessit post mortem fratris sui Ilde.
rici Aquitaniae régis itidemque omnia
monasteria in tota Aquitania & Vasconia
seu jura eorum omnium quae fuerunt Lu-
donis Aquitaniae ducis, & ejus genitori
Boggiso duci Dagobertus rex concessit
post necem fratris sui Ilderici Aquitaniae
régis, ut supradictum est; necnon omnia
bona quae Amandus dux in Vasconia dédit
filiae suae Giselae reginae & postea reli-
quit nepotibus suis Boggiso duci & suo
fratri Bertrando, quos Haribertus rex ha-
buit ex Gisela uxore. Similiterque legavit
praefato monasterio jura quae dixit habere
in pago Lemovicensi : Parciaco, Nulliaco,
Podentiniaco & aliis quae fuerunt Jadre-
An
845
Éd.orig.
t.I,
col. 87.
An
845
263
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
264
An
845
gisili quondam Aquitanorum ducis, Vand- olim donavit Hariberto fratri & suis ne-
tadae comitissae matris sui progenitoris potibiis Boggiso & Bertrando, post necem
& ad eam pertinebant jure sanguinis; de- ut dicitur eorum fratris Ilderici Aquita-
nique de consensu principali filii sui Asi- niae régis jure haereditario ab Ludone
narii vicecomitis Lupiniacensis ac Solensis, Boggisi fîlio possessae fuere, & post illius
qui territorium de Alacone pro haereditate mortem a primogenito Hunaldo & Vifario
sortitus fuerat, dédit monasterio & mona- nepote, qui Aquitaniae ducatu potiti sunt,
chis praefatis ecclesias locorum de Aren- nomine tamen Francorum regum. Sed cum
nus, de Sancto Stéphane, de Malleo, de Vifarius dux toties sacramenta fidelitatis
Auleto, de Rocheto, de Vinialla, de Zal- inclito proavo nostro Pippino régi viola- Éd.orig.
vera & utraque Zopeira, de Pardiniella, de verit, ab eo saepius devictus fuit & post coi. 88.
Castannaria & Cornudiella, & omnia aloda eum apostata Hunaldus, dum Aquitaniam
eorum, scilicet Lavandarias & Parietes ; nova fcbellione praeoccupare conatus est,
juxtaque donavit ecclesiam castri nomine a magno Carolo avo nostro devicti atque
Vandres,quod ipse aedificavit contra Mau- rebelles dicti fuere. Propter quod Aquita-
ros de Jacca; & omnes haereditates & prae- nia tota cum Vasconia & cum omnibus
dia quae comitissa Maria habuit a pâtre juribus suis juxta Francorum leges ad Ca-
suo quondam Asinario comité post captam rolum augustum devoluta est, qui illam
civitatem, cum aliis campis & pagis in cum regali titulo excellentissimo Ludovico
praedicto testamento seu placito nomina- genitori nostro donavit, a quo omne jus
tis & contentis & a praedicto monasterio regaleque dominium super integram Aqui-
possessis post mortem jamdicti Vandre- taniam ad nos pervenit. Quod & de tota
gisili comitis & ejus uxoris Mariae co- Vasconia, Deo auxiliante, similiter actum
mitissae, qui in eadem ecclesia tumulati fuit; nam magnus avus noster Carolus
sunt. De quibus omnibus praefatus Obbo- fidelissimo Lupo duci, qui ex secunda Lu-
nius abbas suo monasterio sibique regiae donis linea seu generatione primogenitus
auctoritatis decretum fieri postulavit, ut fuit, nempe Hattonis ducis major natu, &
jamdictas villas, ecclesias, monasteria & denuo magni Caroli se imperio subjecit,
ceteras haereditates sub unius praecepti totam Vasconiae partem beneficiario jure
conclusionem nominatim inserens in per- reliquit; quam ille omnibus pejoribus pes-
petuum confirmemus, ut cum omnibus simus ac perfidissimus supra omnes mor-
facultatibus suis & nunc subjectis & mo- taies, operibus & nomine Lupus, latro
derno in tempore subjiciendis sub nostra potius quam dux dicendus, Vifarii patris
defensione & immunitatis tuitione consis- scelestissimus avique apostatae Hunaldi
tere faceremus. De quibus omnibus habito improbis vestigiis inhaerens, arripuit jure
consilio cum nostrae curiae optimatibus ut aiebat Adelae matris, fidelissimi nostri
ducis Lupi filiae. Attamen dum simulanter
atrox nepos sacramentum glorioso avo
nostro Carolo multiplex dicebat, solitam
ejus majorumque suorum perfidiam ex-
pertus, in reditu ejus de Hispania dum
cum scara latronum comités exercitus sa-
crilège trucidavit; propter quod postea
& cum archiepiscopis, episcopis, abbati-
bus, ducibus & comitibus, nobiscum tum
apud Carisiacum congregatis propter so-
lemnitatem ad nostras felicissimas nuptias
cum gloriosa domina Hermentrude sublimi
regina honorandas, recognovimus quod in
totum non possumus ejusdem abbatis pre-
cibus aures accomodare, utpote nostrae jamdictus Lupus captus misère vitam in
regali celsitudini & multorum juri adver- laqueo finivit, ejus filio Adalarico miseri-
santibus, quia praedictus Vandregisilus co- corditer Vasconiae portione ad decenter
mes minime facultatem habuit legandi seu
donandi villas, ecclesias, monasteria &
ceteras haereditates per Aquitaniam & Vas-
coniam constitutas, quia de posteriori li-
nea seu generatione Boggisi & Ludonis
ducum erat. Nam quae Dagobertus rex
vivendum relicta. Qui misericordia abu-
tens similiter ut pater, cum Scimino &
Centullo liliis adversus piissimum genito-
rem nostrum arma sumens ejusque hos-
tem in montanis adorsus, cum Centullo
filio in praelio occubuit. Sed genitor n03-
An
845
265
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
166
Éd.orig.
i. I,
col. 89.
ter solita sua piefate Vasconiam inter dic-
tum Sciminuni & Lupum Ceiitulli, de-
niortui Centulli filiuni, iterum divisit;
quam & Lupus Centulli & Garsimirus,
Scimini genitus, postea propter infideli-
tatem amiseruut, Garsimiro sicut & pa-
ter Sciminus in rebellione occiso, & Lupo
Centullo propter tyrannidem exsulato & a
principatu renioto. Tune enim praeexcel-
sus genitor noster, iterum Vasconia tota
vindicata & regio dominio conjuiicta,
illam e nianibus nepotum Ludonis in per-
petuum eruit & aliorum ex'nostro san-
guine gubernaculis commisit. Nam Vasco-
niae ducamen Totilo duci primo dédit &
post eum Sigihino Mostellanico, qui illud
nunc habet, exceptis tamen illis ditionibus
quas tenuerunt cum Arvernensi comitatu
Icterius, & cum Agennensi Ermiladius,
avunculus & frater praedicti Vandregisili
comitis. At enim de monasterio Sanctae
Mariae de Rodi insula, cum a Nortmannis
jamdudum incensum ac dirutum exstet,
nihil de ejus restaura tione speratur, & ita
de eo non loquitur. Ceteruni de villis &
haereditatibus, quas dux Amandus primum
reginae Giselae filiae & postea Boggiso
duci suoque fratri Bertrando nepotibus
reliquit, cum eis quae a matre Amantia &
a Sereno quondam Aquitaniae duce avo
tenuit praedicta Gisela regina, nullatenus
possumus in toto vel in parte illas confir-
mare. Nam post inaugurationem in His-
pania filiorum Garsimiri comitis citerioris
Vasconiae supranominati, [juxta eorum do-
nationem regio diplomate munitam], omne
jus super eas & praecipue super Bigorri-
tanum & Benearnensem comitatus ad Do-
natum Lupum & Centulupum, praedicti
Lupi Centulli ducis filios, devolutum est,
quod a genitore nostro & nobis confir-
matum duplici exstat praecepto, Nunc &
illos tenent dictus Donatus Lupus cornes
& Centullus, jamdicti Centulupi Benear-
nensis vicecomitis filius, sub Auriae ma-
tris regimine. Bona vero quae Jadregisili
ducis fuere in nostra potestate non sunt;
nam Dagobertus rex propter filiorum in
pâtre vindicando ignaviam, juxta leges Ro-
manas illis paternas possessiones abstulit
& sanctis martyribus Dyonisio, Rustico
& Eleutherio dévote distribuit : quorum
possessionem & nefas erit disrumpere &
apostolica, imperialia & regalia praecepta
violare. His summotis & in perpetuum
ad silentium redactis, ob Dei amorem &
Deiparae reverentiam, in ceterum placuit
celsitudini nostrae praedicti Obbonii ab-
batis petitionibus annuere. Visis praeser-
tim patentibus litteris, quas ad nos misit
humiliter super hoc rogans nobilis ac
fidelis noster Asinarius Lupiniacensis &
Solensis vicecomes, jamdicti territorii do-
minus, & propter bona servitia quae nobis
fecit contra Mauros de Corsica & alios
adversarios Francorum nobilis consangui-
neus noster Burchardus dux, praedictae
vicecomitissae Gerbergae pater, & praeci-
pue ex petitione & hortatu gloriosae con-
jugis nostrae Hermentrudis sublimis regi-
nae, hoc itidem nobis suggerente praefato
metropolitano Berario archiepiscopo cum
aliis fidelibus nostris, placitum nostrum
regale petentibus & acclamantibus, prop-
ter quod & hoc nostrae auctoritatis immu-
nitatisque praeceptum erga praedictum
Obbonium abbatem & idem monasterium
facere decrevimus. Itaque decernimus at-
que jubemus ut idem Obbonius abbas
praedictum monasterium, dum ipse in
carne vixerit, quia de ipso benedictionis
electionem suscepit, habeat in manu &
potestate sua, regulariter secundum regu-
lam sancti Benedicti sibi commissum illud
gubernans & studiose lucris animarum in-
vigilans, & post suum decessum monachi
& conventus monasterii potestatem ha-
beant alterum ex eis in abbatem eligendi.
Et ipse Obbonius abbas nunc & ceteri
abbates pro tempore successores ad nul-
lum regem, ducem, comitem seu potesta-
tem respiciant, nisi ad regem Franciae
immédiate, uti Aquitaniae & Vasconiae
regem, & secundum regulam sancti Bene-
dicti regulariter vivant, animas Deo verbis
& factis lucrantes, ut ex ovibus suae curae
commendatis aeternae mercedis gratiam ha-
bere mereantur. Et praecipue quod prae-
dictum monasterium habeat & possideat
res omnes, quas de consensu omnium filio-
rum suorum & praecipue Asinarii vice-
comitis pater eorum Vandregisilus cum
comitissa Maria uxore eidem legavit &
donavit. Et sub istius praecepti conclusio-
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PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
268
Ed.orig.
t. I,
col. 90.
nem nominatim inserimus, scilicet eccle- bâti memorato suisque siiccessoribus sub
sias locorum de Arennus, de Saiicto Ste- nostra defeusione pernianere nostroque
phano, de Malleo, de Auleto, de Rocheta, solo & juniorum aut successorum nos-
de Viniallo, de Zalvera, de utraque Zo- trorum in temporalibus immédiate parère
peira, de Pardiniella, de Castannaria, de imperio. Et quidquid jus fisci inde po-
Cornudiella, & omnia aloda eorum, id est terat exigere, nos propter Dei & beatae
Lavandarias & Parietes, similiterque eccle- Mariae reverentiam remittimus monaste-
siam loci de Vandres, domos de Jacca, & rio praedicto, & etiam ei nostra regali
haereditates qiias comitissa Maria habuit a licentia & potestate relaxamus & concedi-
patre suo Asinario comité, cum caeteris mus, quod nullum unquam censum persol-
campis & pagis in praedicto testamento vaut, nisi tantum censum spiritualem ei
contentis : exceptis tamen rébus illis, quas impositum pro animabus Vandregisili co-
supra a praecepto nostro excludimus & mitis & Mariae uxoris suorumque paren-
propter causas jamdictas confirmare non tum ac filiorum & totius stirpis Vandre-
valemus. Quae tamen approbamus sub hoc gisilae in perpetuum. Et etiam pro nostra
nostro institutionis decreto sublimiter & conjugis nostrae & juniorum seu suc-
ordinato & legaliter statuto, jure quieto cessorum nostrorum sainte & totius rega-
& inviolabiliter praedictum monasterium lis regiminis a Deo nobis & illis pro sua
absque uUa contradictione sub monasticae misericordia commissi incolumitate orare
dignitatis reverentia habeat ac sine fine quotidie teneatur. In ceterum nullum tri-
possideat, & cum tota integritate omnia butum vel debitum de omnium rerum
dicta quae obtinet pacifica & immota per- suarum possessionibus alicui persolvat :
maneant, & quidquid praedictum monas- sed libère & tranquille omnes haeredita-
terium nunc habet vel quaecumque in tes suas bac nostra legali absolutione pos-
postmodum, Deo auxiliante, babiturum sit sideat, & nullo unquam duci, vel comiti,
in dictis & non dictis locis, vel quodcum- vel vicecomiti, vel vicario, aut graffioni
que Deo comitante in posterum ubicum- seu alio domino, sed solum nostrae &
que acquirere sibi valuerit, omnia firmiter juniorum seu successorum nostrorum in
semper gaudeat. Insuper per hoc nostrum temporalibus subditum sit potestati imme-
excelsum praeceptum ordinamus & statui- diate, at vero in spiritualibus metropoli-
mus, quod nullus dux, cornes, vicecomes tano archiepiscopo Narbonensi & Orgel-
seu vicarius sive uUus exactor judiciariae litano episcopo dioecesano, qui nunc sunt
potestatis in ecclesias praedictas, aut loca, vel pro tempore fuerint, obediat, juxta
vel agros, vel alaudes, seu reliquas posses- ordinationem seu praeceptum genitoris
siones, quas praedictum monasterium re- nostri piissimi Ludovici augusti. Reserva-
tinet vel quas in tempus in jure ac po- mus tamen omnium locorum praedicto-
testate ipsius divina misericordia augere rum & praedicti monasterii advocatiam
potuerit ad causas audiendas seu gestium seu abbatiam, cum medietate decimarum
dandum vel freda & telonea exigenda aut omnium, gageriae titulo ad dictum vice-
feramina capienda aut mansiones seu pa- comitem Asinarium praefati territorii do-
ratas faciendas, seu fideijussores tollen- minum suosque ad successores & haeredes
dos aut homines ipsius monasterii tam vel ad alios, qui ab eo seu haereditaria
ingenuos. quam servos distringendos aut seu emptiva vel dotalitia ratione jus ha-
ullas redhibitiones aut illicitas occasiones buerint, dummodo praefato Orgellitano
requirendas nostro tempore vel junio- episcopo, qui nunc est vel pro tempore
rum seu successorum nostrorum ingredi fuerit, ab eo vel a successoribus suis ar-
audeat, nec curtes praefati monasterii pe- ciutae persolvantur. Ceterum si quis dux
netrare, vel ea quae supra enumerata sunt aut comes seu vicecomes seu vicarius aut
penitus praesumat exigere, sive comes sit graffio vel potestas terrae vel judex vel
aut vicecomes aut vicarius aut graffio aut alius e nostris fidelibus in futurum huic
gastaldus aut telonarius sive alius justi- regiae dignitatis sive auctoritatis prae-
tiariae potestatis. Sed liceat Obbonio ab- cepto litem vel aliquam controversiaiu aut
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interpretationeni seu dubium iaferre ten- beati Pétri principis apostolorum & sancti
taverit astu nialignitatis, sanctao & indi- Theofredi, ubî ipse corpore quiescit, ob-
viduae Trinitatis iram incurrat & olfen- tulit obtutibus nostris auctoritatem con-
sam beatae Mariae sustineat & in districto scriptam, in qua erat insertum quod ipsum
ac tremendo aeterni judicii examine eam locum Berengarius cornes donino Ludo-
adversariam inveniat, sitque anathema at- vico piissimo caesari augusto avo nostro
que reus divinae niajestatis atque huma- ad habendum in proprium obtulerit, &
nae judicetur, & temeritatis suae poenas ipse postmodum pius caesar ob perpetuae
exinde persolvat, & congrua omni poeni- vitae meritum monachis in eodem loco
tentia secundum ecclesiasticas leges Deo degentibus & venerabili Bodoni abbati ,
& beatae Mariae virgini in sexduplum sa- hujus scilicet Galterii antecessori, eorum-
tisfaciat. Et ut haec nostrae praeceptionis que successoribus ad gubernandum atque
auctoritas a fidelibus omnibus sanctae Dei perenne regulariter vivendum jure proprio
Ecclesiae & nostris in istis regni Franco- tradidit & consignavit. Obtulit etiam reve-
rum partibus & in illis citerioris Hispa- rendam patroni nostri Caroli régis invic-
niae & regni Gothici finibus, nostro im- tissimi auctoritatem, nostri videlicet avun-
perio subjectis & subjiciendis, verius & culi, qualiter ipsum locum sanctuin rega-
firmiter credatur & diligentius observetur, liter, veluti pater illius domnus Ludovicus
eam manu propria subscripsimus, & anuli imperator sicut dictum est olim fecerat, sua
nostri impressione signari juss.imus. defensione atque mundiburdo recepit im-
Signum t Caroli gloriosissimi régis. munitatisque tuitione. Ideoque pro studio
Rangenfredus notarius ad vicem Ludovici firmitatis praefatus abbas Galterius depre-
abbatis recognovit. catus est, ut praedictum monasterium cum
Data duodecimo kalendas februarii,anno omnibus rébus ad eum moderno tempore
quinto regni praestantissimi Caroli régis, jure pertinentibus, sicut alii reges egerunt,
indictioneoctava. Actum in Compendio pa- ita & nos eorum sequentes memoriam, sub
latio regio, in Dei nomine féliciter. Amen. nostra reciperemus defensione atque im~
munitatis tuitione. Cujus precibus libenter
' acquievimus eique quod petebat concessi-
mus atque per hoc praeceptum confîrma-
vimus, per quod praecipimus atque jube-
mus, ut nullus judex publicus, nec quislibet
Charte de Pépin II, roi d'Aquitaine, ex judiciaria potestate, aut ullus ex fideli-
en faveur de l'ahhaye de Saint- ^^^^ nostris in ecclesia, aut locis vel agris
pj rr , seu quibuslibet possessionibus, quas nunc
juste & legaliter infra ditionem regni nos-
PIPPINUS ordinante divinae majestatis tri possidet vel quae deinceps in jure
gratia rex Aquitanorum. Si erga loca ipsius monasterii divina pietas concesserit
divinis cultibus mancipata bénéficia op- augeri, ad causas audiendas vel freda exi-
portuna largimur propter amorem vitae genda sive paratas faciendas aut homines
eorum qui sibi famulantur in eisdem locis, tam ingenuos quam servos super terram
praemium nobis apud ipsani divinam cle- praedicti monasterii commanentes distrin-
mentiam aeternae remunerationis rependi gendos, aut ullas redhibitiones aut illici-
confidimus. Noverit interea sagacitas pru- tas occasiones requirendas, contra prae-
128. — LXIX
dentiae omnium fideliura nostrorum, tam
praesentium quam futurorum, quia veniens
vir venerabilis Galterius abbas ex coeno-
bio quod dicitur Calmilius, & est situm
ceptionem nostram facere audeat vel ea
quae super memorata sunt penitus exigere
praesumat. Quicquid etiam de praefatis
rébus monasterii jus fisci exigere poterat.
in pago Vellaico, constructum in honore pro aeterna remuneratione eidem conce-
dimus monasterio, & omni tempore in
' GalVia Chrlstlana, nov. edit. t. i, p. 169.— alimonia pauperum, stipendia monacho-
Archives de l'abbaye de Saint- ChafFre. rum ibidem Domino famulantium proficiat
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24
février.
271 PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC. 272
in augmentum ; concedimus hoc etiam, quo trado atque dono cum ecclesiam Sancti
magis lociis ipse publicetur cunctisque Andreae cum decimis & primiciis & obla-
crescat in augmentum. Et sicut in aliis tionibus, cum exiis & regressiis, viae duc-
locis ejusdem regionis aggregantur agun- tibus & reductibus, pratum & condirectum,
turque mercata, sic & in jamdicto loco pronum & planum, montuosum &vallosum,
juxta ecclesiam Sancti Joannis praesenti- uberrimum & siccum, cum suis affrontatio-
bus ac futuris temporibus quinta feria nibus. Affrontât autem ex una parte
mercatum agatur, nec ab uUo comité vel Bataller, de tertia in aquis sanctis & des-
misso comitis ab ipso aliquid exigatur, cendit per Canavélles & pergit ad Cune-
nec quislibet homo in eodem mercato ab baler, de quarta a Chervillar, de quinta
illis distringatur; sed quicquid fîscus nos- a Guardiola, de sexta a Cherescholat, de
ter vel cornes habere poterat, pro aeterna septima in Allen; quantum istae affronta-
remuneratione totum eidem ecclesiae con- tiones includunt, sic trado in dominio &
cedimus. Quod si quislibet reus in eodem potestate sancti Andreae & meae. Si
mercato repertus fuerit, a nemine dis- quis contra ista carta donationis paratus
tringatur, nisi prior quicumque fuerit in ad inrumpendum, inpriniis iram Dei omni-
eodem loco licentiam dederit vel certe potentis & cum Juda traditore firma &
criminosi ex ipso mercato foras fuerit ex- stabilis permaneat. Facta carta donationis
pulso. Quando vero praefatus abbas Gai- sexto calendas martii, anno sexto régnante
terius ex hac vita migraverit, si taies inter Carolo.
se invenerint qui eos secundun regulam Signum Bera comes gratia Dei man-
sancti Benedicti regere vaL-ant, per banc davit & testes firmare rogavit.
nostram auctoritatem licentiam habeant
eligendi abbates, quatenus monachos ibi
degentes pro nobis nostrorumque salute,
id est pro stabilitate regni nobis a Deo l3o.
concessi ejus misericordiam jugiter exorare
delectet. Ut autem haec nostra semper auc- Diplôme de Pépin II, roi d'Aquitaine,
toritas maneat inconvulsa, monogramma pour Vahbaye de Manlieu\
nostrum inserere curavimus ac de anuli
nostri impressione insigniri subter jussi- t-nipinus ordinante majestatis gratia
mus. 1 Aquitanorum rex. Si enim petitioni-
Signum Pipini precellentissimi régis. bus fidelium nostrorum maximeque Dei
Anno régnante octavo, indictione VIII. sacerdotum ad effectum perduximus, non
solum temporaliter earum ad praesens nos-
' tri fastigium & ad capescendam perennis
vitae gloriam liquido credimus profuturum.
12g. Idcirco noverit omnium sanctae Dei Ec-
clesiae fidelium nostrorum videlicet prae-
Donatîon faite au monastère d'Exala sentium sive futurorum magnitudo, quia
par le comte Béra, fils d'Argila\ venerabilis sacerdos Ayraldus nomine,
° Magnilocensis abbas fastigia culminis nos-
IN nomine Dei summi. Ego Bera gratia tri adiens deprecatus est, ut ob nostrae
Dei comes donator sum Deo omnipo- mercedis avomentum ad aeternamque re-
tenti & sancti Andreae apostoli, cujus munerationem atque ut locus emelioratus
coenobium situm est in valle Engarra, in vel reintegratus fieret, qui discessus undi-
locum vocatum Exalata. Audientes praedi- que a pravis hominibus adversabatur, taie
cationem sanctorum patrum quia eleemo- nostrae auctoritatis prâeceptum inpraevari-
syna a morte libérât animam, propterea cabile ei juberemus fieri, per quod abbatia
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I octo-
bre.
' Marco. H'tspanica, col. 782 j ex archlvio monas-
terii Coxanensis.
' Collection Dont , vol. 117, f° 358. — Recueil
des historiens de France, t. 8 , p. SSçj.
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PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
274
sub honore sancti Sébastian! martiris con-
structam, quae dicitiir nomine vulgari Ma-
gnilocensis, universae vitae suae tempore
sub nostra dominatione quiète tenere ac
possidere valeret, veluti deinceps Dei om-
nipotentis divinum officium incessanter
absque ulla discensione laudabiliter inibi
consummaretur. Hujus itaque pétition!
favorabiliter clementia utpote Dei sacer-
doti juste querenti annuimus placitum-
que praebuimus assensum, & hos nostrae
magnitudinis regales apices fieri decrevi-
mus, per quos rata inviolabilisque jam-
dicti venerabilis Ayraldi sacerdotis suis
temporibus maneat petitio, id est banc
nostrarh regiam atque excellentem autho-
ritatem concedimus & donando fîrinamus
abbatiam quae vulgari nomine Magnilo-
censis dicitur, constructam sub honore
sancti Sébastian! martiris, venerabili Ay-
raldo abbati ex eodem monasterio mona-
cho sub omni integritate atque sua cum
summa plenitudine, ut universo vitae suae
tempore pastoral! cura eam regat atque
monastico ordine inibi degens existât &
sine ulla dilatiorte vel minoratione secure
atque quiète eam teneat & possideat. Vo-
lumus etiam ipsius pro petitione, ut ipsum
monasterium sub nostra defensione ac im-
munitatis tuitione maneat, & ut nuUi
neque mansionatici aut freda aut parafas
a fîdelibus nostris quaerant aut accipiant,
sed sub nostra emunitate omnibus suis
locis consistât, nullusque homines ipsius
monasterii ex judiciaria potestate francos
scilicet aut servos super terram ipsius ma-
nentes vel légitime ad eum pertinentes
distringere audeat ; vel quidquid fiscus
noster exigere poterat totum ob nostrae
mercedis avomentum eidem venerabili ab-
bati atque locis concedimus. Liceatque
eidem abbati vel ejus successoribus advo-
catum habere, qui res praedicti monasterii
diligenter quaerat atque recipiat. Post obî-
tum vero praefati Ayraldi concedimus, ut
praedicti monachi habeant licentiam ex
seipsis eligeridi abbates, quemcumque uti-
liorem in eodem loco invenerint, qui se-
cundum regulam sancti Benedicti regere
audeat atque ordinare, & hic saepedictus
Ayraldus abbas dum vixerit secure & quiète
ordinet eundem locum, teneat atque pos-
sideat sine ulla contradictione. Haec vero
praecellentiae nostrae auctoritas, ut sem-
per in Dei nomine obtineat firmitatis vigo-
rem, monograma nostrum inserere curavi-
mus ac annuli nostri impressione insigniri
subter jussimus.
Signum Pipini precellentissimi régis.
Datum iiii nonas octobris, indictioneic*,
anno octave régnante Pipino inclito rege.
i3i.
Fondation du monastère de Bonneval
par Austoricus ' .
CUM cursus humane vite proclivis tra-
hatur ad mortem, & incertum unicui-
que homini sit quando ex hoc transeat
seculo, q^uapropter dum in suo quisque
consistit arbitrio, débet sollicite querere
quid ei post mortem proficiat ad salu-
tem. Idcirco ego in Dei nomine Austoricus
Christique redemptoris nostri amore, & ut
mihi idem plus Redemptor me a meis ab-
solvat vinculis delictorum, cedo viro vene-
' Les Bénédictins n'ont donné de cette charte que
l'extrait ci-joint, dans lequel le donateur s'appelle
Astanovus & non Austoricus ; cependant la charte
telle que nous l'imprimons existe à Montauban,
aux Archives de Tarn-&-Garonne, série H, fonds
de l'abbaye de Moissac, original en parchemin
coté 5970. Nous en devons la copie à l'obligeance
de M. Devais aîné, bibliothécaire :
« Ut pius Redemptor me a meis absolvat vinculis
delictorum, cedo ego Astanovus venerabili viro
Vuitardo abbati & monachis ex loco Moissiacensi
sub norma & ordine vitae regularis sancti Bene-
dicti degentibus castrum quod Cerrucium vocatur,
& est situm in pago Tolosano, super fluvium Ga-
ronae, in vicaria Garonense, que sub diurnali ejus
plaga australi, ubi ipsum monasterium construc-
tum donamus : cui nomen impoUimus Bonaeval-
lis, & in honorem Dei & sanctorum Pétri & Pauli
& sancti Aviti, ubi ipse abbas cum suis Deo famu-
lari videtur, ut pro meis delictis apud ipsum Do-
minum intercessores existant. Idcirco ego ipsum
castellum Cerrucium, quod mihi obvenit ex muni-
ficentia domini &. senioris mei serenissimi Pipini
régis per cartulam, &c. Facta autem est haec cessio
in mense martio, anno Incarnationis dominicae
DCCCXLVii, régnante Lothario rege anno vu. »
[E. M.]
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mars.
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rabili Vuittardo abbati a monachis ibidem sacrilego mortem repentinam eter-
ab eo congregatis presentibus scilicet & nalem, & ejus compulsatio nullo unquam
futuris, sub nornia vel ordine regularis tempore obtineat effectum, stipulatione
vite degentibus beati Fenedicti, castrum subnixa.
quod Cerrucium dicitur, situm in pago Facta cessio ista in mense martio, anno
Tolosano super fluvium Garonna, in vi- Incarnationis Domini DCCC"'° XL"'" Vii, &
caria Garonensem, quae in subdivali ejus régnante Lothario imperatore anno VI.
plaga australi, ubi ipsud monasterium si- Ici la signature Austor'icus.
tum est cui vocabulum inponimus Bone- Signum Austorico, qui hanc cartulam
vallis, in honore Dei ejusque sanctissimi contulitionis fieri vel adfirniare rogavit.
apostoii Pétri & sancti Aviti, ubi ipse cum Signum Datoni fratris. Signum Olibani.
suis Deo famulari videtur, & ut pro meis Signum Bertarii. Signum Atilio Afer. Sig-
delictis apud Deum intercessores exhistant. num Teadgarii. Signum f Doctriramni. Sig-
Idcirco ego ipsum castellum, quod mihi ex num Garinnomancii. Signum Siguvaldi.
munificentia domini & senioris mei sere- Signum Costani, qui Verandus vocatur
nissimi Pipini régis per cartulam obvenit, Signum Dodoagnaldi. Signum Dadulino.
de meo jure & potestate trado in jure & Signum Bosone. Signum f Uciandarii. Sig-
potestate illorum presencium & futuro- num f Dedoni. Signum f Salomon. Signum
rum una cum domibus & edificiis, terris f Uciandi. Signum fAgusto. Signum f
cultis & incultis, vineis, pomiferis, silvis, Signum f Ebeloni. Signum f
pratis, pascuis, molendinis, piscatoriis, Dodorsgitus. Signum f Rigoni, presbi-
ovicinis, exio & regressio, cum omni jure tero.
& adjacentias ad ipsum castrum pertinen- Sepparinus presbiter presens fuit.
tibus, sicut a nobis presenti tempore pos-
sidetur. Et nos eis designatum habemus
contra Orientem & Meridiem per Garon-
nam & illam guttam que decurrit per ter- 102,
ram nostram, & signa a nobis facta usque
in supradicto fluvio in Garonna. Quantum Diplôme de Charles le Chauve en faveur
infra istos fines conclusum est, totum & d'un de ses fidèles, nommé Alfonse\
ab integrum dono, cedo, & in Viila-longa,
in villa Sancti-Porcarii & Villa-Gottorum tn nomine sanctae & individuae Trini-
terris &vineas quascumque Atilius Rodaldi 1 tatis. Karolus gratia Dei rex. Regalis
habebat in easdem villas, quando de hac celsitudinis moris est fidèles suos donis
vita migravit, perpetualiter volumus esse multiplicibus atque ingentibus honoribus
concessum , ita ut de ab odierno die ipsi honorare & sublimare. Proinde ergo mo-
& successores eorum exinde pro rem parentum regum videlicet praedeces-
oportunitate sua facere voluerint, liberum sorum nostrorum sequentes, complacuit
in omnibus perfruanturarbitrium. Et, quod clementiae nostrae quosdam fidèles nos-
futurum esse non credo, si ego ipse, insti- tros, nomine Aldefonsum & nepotes suos
gante diabolo, contra hanc dona- Gomesindum & Durannum, de quibusdam
tionea me facta venire temtavero, aut uHus rébus nostrae proprietatis honorare atque
de heredibus aut pro heredibus meis, vel in eorum juris dominationem liberalitatis
quislibet persona uUo unquam tempore nostrae gratiam conferre. Itaque notum sit
eam inrumpere voluerit, iram Dei omni- omnibus sanctae Dei Ecclesiae fidelibus &
potentis incurrat & a liminibus sanctae nostris, praesentibus atque futuris, quod
ejus Ecclesie exors maneat & cum Core, concedimus janidictis fidelibus nostris Ade-
Dathan ScAbiron, quos ob scelere de fonso & nepotibus suis Gomesindo & Du-
terra obsorbuit, pars illius stagno rauuo ad proprium quasdam res nostrae
ignis & sulfuris & cum Balthasar, qui sa-
cratissima Dei vasa contra preceptum Do- ' Cartulaire d'Elne. — Marca Hispanlca, col. 'ji^.
juini indignis tractans manibuS or — Recueil des historiens de France, t. 8, p. 490.
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1 1 août.
propriemis, quae siint sitae in pago Nar- deat amminiculo, quatenus eos nobilitaudo
bonensLin locis quae dicuntur Liciniano, & provido moderamine consulendo erga
Cabim»^e & Sancta Candida, quas etiam sua reddat promptiores obsequia & fide-
ipsi & patres ipsorum per aprisionem ha- liores per omnia. Quanto itaque est utilius
buerunt. Unde & praecellentiae nostrae & animarum nécessitât! salubrius ecclesia-
praeceptum hoc fieri jussinius, per quod rum honestati subvenire easque congruis
memoratas res cum omnium rerum summa honoribus multari, qui quantô felices ha-
integritate, id est cum domibus caeterisque bentur pro earum defensione, tanto feli-
aedificiis, terris quoque cultis & incultis, ciores esse credimus sanctorum patrociniis
vineis, pratis, pascuis, aquis aquarumve & orationibus. Proinde noverit omnium
decursibus, molendinis, exitibus & regres- fîdelium nostrorum tam praesentium quam
sibus & omnibus suis adjacentiis, sicut die- futurorum, quod adiens ante praesentiam
tum est, quemadmodum ipsi & genitores serenitatis nostrae Apollojiius cornes noster
ipsorum per aprisionem antea habuerunt, communis fidelis enixius postulavit, qua-
eisdem fidelibus nostris, ut dictum est, tenus concederemus ad votum Dacberti re-
Adefonso & nepotibus suis Gomesindo & verentissimi episcopi Agathensis ecclesiae,
Duranno ad proprium concedimus & de ad subjectionem videlicet sancti Stephani,
nostro jure in eorum jus ad proprietatem tertiam partem rerum quaecumque ab ea
illorum solemni donatione transferimus ; ecclesia quondam magnifici antecessores
eo'videlicet modo, ut quicquid exinde ab nostri abstulerant, ad communem suorum
hodierna die & tempore pro sua utilitate nostrorumque fidelium utilitatem. Cujus
& commoditate jure proprietario facere petitioni aurem libentius praebentes, cle-
decreverint, liberam & firmissimam in om- menter concedimus eidem episcopo & suc-
nibus habeant faciendi potestatem. Et ut cessoribus ejus in ipso comitatu pulve-
haec nostrae largitionis atque concessionis raticum, pascuarium, piscaticum tam maris
auctoritas inviolabilis perseveret, manu quam aquae currentis, volitaticum, sali-
nostra eam subterfirmavimus & de anulo naticum, telonei mercatum, tertiam par-
nostro sigillari jussimus. tem in omnibus habendam, tam quaesitum
Signum gloriosissimi Karoli régis. quamque diligenter inquirendum, omnia
Lomardus notarius ad vicem Ludovici & in omnibus de nostra potestate in beati
recognovit. Stephani rébus placabili voto transfun-
Data sexto kalendas junii, anno septimo dimus. Jubemus etiam & regia auctoritate
régnante Karolo gloriosissimo rege, indic- decernimus, ut nullus judiciariae potes-
Éd.orig,
t. I,
col.yS.
tione V. Actum Attiniaco palatio regio, in
Dei nomine féliciter. Amen.
i33. — LXXI
tatis aut cujuscumque personae vir, a cle-
ricis aut a laicis supra terra praedicti loci
commanentibus audeat exigere mansiona-
ticum, portaticum, salinaticum, hospitati-
cum, nec alicujus redhibitionis curam in-
fligere, nec inquietare aut distringere; sed
quaecumque agenda sunt, in prae}udicio
Diplôme de Charles le Chauve donné ejusdem loci episcoporum omni tempore
à la prière d' Apollonius y comte maneat. Ut autem haec nostrae voluntatis
d'Agde, en faveur de l'église de la auctoritas certior habeatur, hoc serenita-
même ville ^ ^^^ nostrae praeceptum fieri decrevimus,
per quod jamdictus episcopus & succcoso-
N nomine sanctae & individuae Trini- res ejus ea omnia supradicta absque ulla
tatis. Karolus divina ordinante provi- inquietudine aut deminoratione sempi-
dentia rex. Dignum est ut regalis majestas ternis temporibus possidere valeant. Et ut
suorum procerum petitionibus pio provi- verius credatur & diligentiusab omnibus
observetur, manu propria subterfirmavi-
;^Cartulaire de l'église d'Agde j copie du dix- mus & anuli nostri impressione signari
huitième siècle, latin 9999, f° 2 r°. juSSimuS.
I
An
843
279
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
280
Vers
Signum Karoli gloriosissimi régis. pria subterfirmavimus & anuli noWri im- ^
Teudo cancellariiis ad vicem Hludovici pressione jussimus sigillari. ml
archicancellarii recognovit. Signum Karoli gloriosissimi regisl*
Data m idus augusti, indictione [xii], Foldericus ad vicem Ludovici recognovit
anno VIIII régnante Karulo gloriosissimo & signavit.
rege. Actum apud Carisiacum palatium, in
Dei nomine féliciter. Amen. —
Vers
Éd.ori"
t. I,
col. 96.
134. — LXXII
Diplôme du même prince en faveur
d'un de ses vassaux y à la prière
d'Apollonius, comte d'Agde^,
IN nomine sanctae & individuae Trini-
tatis. Karolus Dei gratia rex. Regalis
celsitudinis mos est fidèles regni sui donis
multiplicibus & honoribus ingentibus ho-
norare atque sublimare. Proinde ergo mo-
rem parentum regum videlicet praedeces-
sorum nostrorum sequentes, libet celsitu-
dini nostrae quemdam fidelem nostrum,
vassallum scilicet Apollonii carissimi nobis
comitis, nomine Deodatum , de quibusdam
nostrae rébus proprietatis honorare subli-
memque efficere : quae res sunt sitae in
pago Agathense, in villa quae dicitur Na-
siniano, quidquid ibi de nostra proprietate
esse visum est 5 & in pago Substantionense,
in villulis Aquaviva mansionem similiter,
& quidquid ibi nostrae proprietatis esse
visum est. Unde hoc celsitudinis nostrae
praeceptum fieri illique dari jussimus, per
quod memoratas res cum omni sua inte-
gritate memorato fideli nostro Deodato
aeternaliter in proprium concedimus &
de nostro jure in jus ac dominationem il-
lius solemniter transferimus : eo videlicet
modo, ut quidquid memoratus fidelis nos-
ter Deodatus ex praedictis rébus pro sua
utilitate ac commoditate facere decreverit,
in omnibus libero arbitrio potiatur fa-
ciendi, sicut [ex] reliquis rébus suae pro-
prietatis. Et ut haec nostrae auctoritatis
ïargitio firmior habeatur ac per futura
tempora melius conservetur, manu pro-
' Cartulaire de l'église d'Agde ; copie du dix-
huitième siècle, latin 9999, f° 3 y°.
i35. — LXXIII
Diplôme du même roi en faveur d'un
de ses vassaux, nommé Théofred^ .
IN nomine sanctae & individuae Trini-
tatis. Karolus Dei gratia rex. Regalis
celsitudinis moris est fidèles suos donis
multiplicibus & honoribus ingentibus ho-
norare atque sublimare. Proinde morem
parentum regum videlicet praedecessorum
nostrorum sequentes, libuit celsitudini
nostrae quendam fidelem nostrum, Teue-
fredum nomine, de quibusdam rébus nos-
trae proprietatis honorare atque in ejus
juris potestatem liberalitatis nostrae gra-
tia conf'erre. Idcirco noverit experientia
atque industria omnium fidelium nostro-
rum tam praesentium quam futurorum,
quia concedimus eidem fideli nostro Teue-
fredo ad proprium quasdam res juris
nostri sitas in pago Narbonense : villare
Fontis intègre cum suo termino, & quic-
quid in Fontejoncosa pater suus per ap-
prisione visus est juste habere, tanquam
illi fecerunt vel parentes illorum & ipse
Teudefredus ad praesens légitime habere
dinoscitur [aut quicquid ille deinceps aut
filii sui tam in Narbonense vel in aliis
locis regni nostri de aprisione parentum
illorum conquirere potuerint vel quidquid
illi emerunt vel émerint vel commutatum
habent aut commutaverint sive in Nar-
bonense sive in aliis locis regni nostri,
ubique in Septimania da aprisione justis-
sime conquirere potuerint vel fecerintj'j
' Bibliothèque du roi ; manuscrit dé Baluze coté
Schedae Narbonenses, [aujourd'hui y^rmoirei^ v. 874,
^228.]
' Ce que nous mettons entre crochets ne se trouve
pas dans In copie de Baluze & semble être une in-
terpolation peu ancienne, ajoutée peut-être dans
An
849
7 octo-
bre.
An
849
281
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
82
memoratas res cum omni integritate vel
eorum appendiciis, cum ecclesiis, cum
domibus, aedificiis, terris, vineis, pratis,
silvis, aquis aquarumve decursibus, vel
[molendinis seu] etiam quicquid ad supra-
dictas res juste & legaliter perttnet, prae-
dicto fideli nostro Teuefredo [& filiis suis]
Éd. orig.
t. 1,
col. 97.
An
849
18 octo-
bre.
nostre quendam fidelem nostrum , Ste-
fano nomine, de quibusdam rébus nos-
tre proprietatis honorare atque in ejus
juris potestatem liberalitatis nostre gra-
tiam conferre. Idcirco noverit experiencia
atque industria omnium fidelium nostro-
rum tam presentium quam & futurorum,
per hanc nostrae auctoritatis conscriptio- quia concedimus eidem fideli nostro ad
nem concedimus & de nostro jure in jus &
potestatem illius solemni donatione trans-
ferimus. Ita videlicet ut quicquid ab ho-
dierna die & tempore exinde pro sua uti-
litate atque commoditate jure proprietario
facere decreverint, liberam in omnibus
habeant potestatem faciendi, donandi, ven-
dendi seu commutandi & haeredibus re-
linquendi. Et ut haec nostrae largitionis
atque donationis auctoritas perpetuam
obtineat firmitatem, manu nostra sub-
terfirmavimus & anuli nostri inpressione
signari jussimus.
Sig. (locus monogrammatis) Karoli glorio-
sissimi régis.
Jonas diaconus ad vicem Hludovuici re-
cognovit.
Data nonas octobris, anno X, indic-
tione XII, régnante Karolo gloriosissimo
proprium quasdam res juris nostri sitas
in pago Narbonense : id est Villa-rubea
seu villare Vitiliano & villare Ancherano ;
memoratas res cum omni integritate vel
eorum appendiciis, cum domibus, hedifi-
ciis, terris, pratis, aquis aquarumve de-
cursibus, vel etiam quicquid ad supradic-
tas res juste & legaliter pertinere videtur
predicto fideli nostro Stephano de nostro
jure in jus hac potestatem illius sollempni
donatione transferimus. Ita videlicet ut
quicquid ab hodierno die & tempore
exinde pro sua utilitate atque commodi-
tate jure proprietario facere decreverit,
liberam & firmissimam in omnibus habeat
potestatem faciendi quicquid elegerit. Et
ut haec nostrae largitionis auctoritas per-
petuam in Dei nomine obtineat vigorem,
manu nostra subter ea firmavimus & de
rege. Actum Narbona civitate, in Dei no- anulo nostro jussimus sigillari.
mine féliciter. Amen.
i36. — LXXIV
Diplôme du même prince en faveur d'un
de ses vassaux, nommé Etienne ' .
Signum {locus monogrammatis) Karoli
gloriosissimi régis.
Jonas diaconus ad vicem Hludovuici re-
cognovit. Aledrans ambasciavit.
Data XV kalendas novimbris, anno X",
indictione xii, régnante Karolo gloriosis-
simo rege. Actum Albia civitate, in Dei
nomine féliciter. Amen.
I
137.
N nomine sanctae & individue Trini-
tatis, Karolus gratia Dei rex. Regalis
celsitudinis moris est fidèles suos donis
multiplicibus & honoribus ingentibus ho-
norare atque sublimare. Proinde morem Diplôme de Charles le Chauve en fa-
parentum regum videlicet predecessorum veur de la celle de Saint-Clément,
nostrorum sequentes, libuit celsitudini ^^ Rous sillon^ .
un intérêt généalogique. Les interpolateurs ont
d'ailleurs conservé l'ordre des phrases, & mis seu-
lement au pluriel les verbes qui sont au singulier
dans Baluze. [A. M.]
' Baluze, ms. coté Schedae Narbonenses. & la-
tin 1 1 o 1 5 , f°" 1 2 v° & 17 r°.
nomine sanctae & individuae Trini-
tatis. Karolus gratia Dei rex. Si erga
loca divino cultui mancipata propter amo-
r.
' Marca Hispanica, col. 786. — Recueil des his-
toriens de France, t. 8, p. 5 16.
An
849
Vers
85o
Vers
85o
i83
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
284
i38.
rem Dei eorumque inibi famulantium inviolabilem atque inconviilsam obtineat
bénéficia opportuna largimur, praemium firmitatis vigorem & ab omnibus fidelibus
nobis a Deo rependi non dubitamus. Id- sanctae Ecclesiae & nostris presentibus
circo noverit omnium fidelium sanctae Dei scilicet & futuris verius certiusque creda-
Ecclesiae nostrorumque tam praesentium tur ac diligentius nostris futurisque tem-
quam futurorum sinceritas, quia vir vene- poribus conservetur, eam manu nostra sub-
rabilis Sintremundus praepositus monas- terfirmavimus & de anulo nostro sigillari
terii vel cellulae Sancti Clementis veniens jussimus.
ad nos innotuit celsitudini nostrae, quod
ipse cum caeteris fratribus suis in pago
Russilionense super fluvium Theda illud
monasterium de eremo traxissent, in quo
nunc Deo opitulante cum caeteris mona-
chis commilitant, obsecrans ut praefatum Diplôme de Charles le Chauve pour
monasterium quod ab eremo traxerunt cum Saint-André de Sorède ' .
omnibus ad se pertinentibus suaque ain-
nitate ex omnibus partibus, videlicet quod jn nomine sanctae & individuae Trini-
conjungitur usque ad Yla ex uno latere 1 tatis. Karolus gratia Dei rex. Si servo-
sive etiam usque ad Vineale vel usque ad rum Dei petitionibus, quas nobis pro suis
gurgitem Barchinonam, qui discurrit in utilitatibus sive necessitatibus innotuerint,
Teda flumen, & in circuitu sicuti ipse mons benignum praebemus assensum, regiae cel-
vergit usque in praefato flumine, sub nos- situdinis operibus ac per hoc facilius
tra defensione & tuitione susciperemus , nos aeternae beatitudinis gloriam adeptu-
quatenus in eodem quiète ac secure vivere ros nullatenus dubitamus. Idcirco notum
valerent. Cujus precibus ob amorem Dei sit omnibus sanctae Dei Ecclesiae fidelibus
& reverentiam divini cultus adquiescere & nostris praesentibus atque futuris, quia
placuit & hos nostrae auctoritatis apices religiosus vir Froysclus abbas monasterii
fieri decrevimus, per quos praecipimus Sancti Andreae, constructi super fluvium
atque jubemus, ut nullus judex publicus Tacidum , in pago scilicet Helenensi , ad
vel quislibetex judiciaria potestate in jam- nostram accedens magnitudinem , ostendit
dicto monasterio vel in rébus ad eundem magnitudini nostrae quamdam praecepti
inspicientibus vel pertinentibus temerario auctoritatem a domno & genitore nostro
ausu ingredi ad mansiones vel parafas fa- augusto Ludovico praedecessori suo Sise-
ciendas aut fidejussores tollendos aut ho- guto abbati quondam factam atque dona-
mines ejusdem monasterii injuste distrin- tam, in qua continebatur qualiter idem
gendos aut ullas redibitiones vel illicitas domnus ac genitor noster eundem abba-
occasiones requirere nec exactare prae- tem memoratumque monasterium cum mo-
sumatj sed liceat praefato praeposito vel nachis suis aliisque rébus omnibus sub
successoribus suis seu cunctis fratribus ibi immunitatis suae tuitione defensionisque
Deo servientibus sub nostro mundeburdo munimine clementer suscepit. Petiit itaque
quiète vivere ac residere, quatenus ipsi praefatus Froysclus abbas clementiam nos-
pro nobis ac proie vel conjuge nostra seu tram, ut eandem genitoris nostri renovan-
etia;m pro totius regni nostri stabilitate tes praeceptionem , similiter eum & mona-
Domini misericordiam exorare délectent. chos suos una cum monasterio & rébus
Et quandoquidem divina vocatione mémo- omnibus sibi pertinentibus sub immuni-
ratus praepositus ex hac luce migraverit, tatis nostrae defensione accipere dignare-
quandiu ipsi monachi inter se taies inve- mur. Cujus precibus ob divinum amorem
nerint qui eos secundum regulam sancti & honorem libenter aurem clementiae
Benedicti regere valeant, per hoc nostrae nostrae accommodantes, eam ad effectum
auctoritatis praeceptum eis licentiam con-
cedimus eligendi praepositos vel abbates. . Marca Hispanica, col. 784. — Recueil des hls-
Et ut haec auctoritas praeceptionis nostrae torlens de France, t. 8, p. 5i5.
Vers
85o
Vers
85o
Vers
85o
285
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
286
nobis perducere libuit. Proinde hoc auc-
toritatis nostrae praeceptum eidem abbati
suisque per tempora labentia successoribus
fieri jussimus, per quod decernimus atque
sancimus ut idem monasterium cum cel-
luUs, terris, vineis, domibus, locis sibi
ubique subjectis, cum terminis & late-
rationibus sive adjacentiis eorum ad se
aspicientibus, seu cum agris, reliquis pos-
sessionibus vel etiam cum omnibus apri-
sionibus, quas ex eremi vastitate traxerunt,
simul cum iis deinceps, quae proprii labo-
ris sudore trahere & excolere ipsi succes-
soresque eorum potuerint, pariter quoque
cum illorum omnibus concambiationibus
& comparationibus, donationibus quorum-
cunque religiosorum , [quas] Deum ti-
mentes & amantes homines de rébus suis
condonarunt, vel condonaverint vel etiam
cujuscunque causa speciei sit rationabi-
libus possessionibus seu cum iis, quas ex
seculari habitu ad regulariam militiam
clerici seu laici convertentes omnes illic
donaverint vel donaverunt dona, videlicet
terras, vineas vel quicquid moderno tem-
pore dando videtur, sub nostro munde-
burdo permaneat. Praecipimus etiam ut
commutationes & venditiones quibuscum-
que liberis hominibus de rébus supradicti
monasterii fecisse dignoscitur aut dein-
ceps facere ipse aut successores sui vo-
luerint, ubicumque juste & rationabiliter
factae sunt vel fuerint, quiète per banc
nostram auctoritatem possideant neque
ullam inlicitam contrarietatem aut injus-
tam inquietudinem de eisdem rébus ullo
unquam tempore patiantur, quin jure eas
firmiter teneant atque possideant. Et nullus
judex publicus vel quislibet ex judiciaria
potestate in ecclesias aut loca vel agros
seu reliquas possessiones ejus & cellula-
rum sibi subjectarum, ad causas judiciario
more audiendas, freda exigenda vel para-
tas faciendas aut mansiones vel rationes
aut ullas redhibitiones aut illicitas occa-
siones requirendas aut fideijussores tol-
lendos vel illorum homines distringendos
ingredi audeat nec ea quae supramemo-
rata sunt exigere praesumat 5 sed liceat
saepedicto abbati suisque successoribus
absque cujusquam injusta inquietudine
cum omnibus ad se, sicut diximus, perti-
nentibus quiète vivere & Domino deser-
vire & pro nobis, conjuge proleque nos-
tra seu stabilitate totius regni nostri, una
cum monachis inibi Domino militantibus
divinam misericordiam jugiter exorare.
Praeterea noverit cunctorum .fidelium Dei
nostrorumque industria, quia admonente
Suniario dilecto nobis nostro comité con-
tulimus seu condonavimus suprataxato
Sancti Andreae monasterio, in supradicto
videlicet [pago], vallem Sancti Martini
sitam, quantum ipse mons aqua vergit, nec-
non & quoddam villare, quod dici consti-
tuimus Garrices, cum terminis & adjacentiis
suis, videlicet ut nostris futurisque tem-
poribus ipsae res ejusdem monasterii rec-
torumque suorum & monachorum ibidem
degentium proficiant utilitatibus stipen-
diisque in augmentum & animae nostrae
prosint in emolumentum. Et quandocum-
que divina vocatione memoratus abbas aut
successores sui ab [hac] luce migraverint,
quamdiu inler se taies invenire poterint,
qui eos secundum regulam sancti Bene-
dicti regere & gubernare valeant, licen-
tiam habeant ex semetipsis abbates eligere,
qui eis [sicut] diximus merito vitae' & sanc-
titatis prodesse possint. Et ut haec confir-
mationis auctoritas perpetuam obtineat
firmitatem, manu propria subterfirmavi-
mus & anuli nostri impressione assignari
jussimus.
LXXV
Acte de la consécration de Véglise de
Notre-Dame de Rionde-^ario j au
diocèse de Girone,
[Nous laissons ici, pour ne pas interrompre la
série des numéros, le titre de cette pièce que les
Bénédictins ont datée par erreur de l'an 85o, tan-
dis qu'elle est de l'année 908. Elle a été mise plus
bas, à la place qui lui est assignée par sa date,
n. 206, col. 410.]
' Le texte du Marca porte jure. [A. M.]
Vers
85o
287
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
An
852
10 sep-
tembre.
iSç. — LXXVI
nitate monasterii Gondesalvio, an non. Ita
sicut & fecerunt reversi in ejus vel eorum
judicio pariter dixerunt : « Nos vidimus &
invenimus, quod ipsas res infra signa proc-
An
852
Plaid général tenu à Crespian par xoria (corrige':^ fixoria) vel termines ipsas
res sunt vel subjacent a partibus monasterii
Gondesalvio. « Ad tune nos supradicti inter-
rogavimus Odilone, si potebat habere aliam
scriptura aut ullum indicium veritati aut
per testimonia ut ipsas res ad partibus suis
UdalriCf marquis de Gothie'.
CUM in Dei nomine resideret vir vene-
rabilis Udulricus commis in villa Cris-
piano in territorio Narbonense, pro mul-
torum hominum alterchassiones juxta bac vindicare valuisset. Ad tune ipse Odile se
recta judicia terminanda, una cum Artaldo, recognobit vel exvacuabit : « Quia de ipsas
Stephano & Teuderedo vassi dominici, Ala- res superius dictas, quae sunt in territorio
richo & Franchone uterque vicedomini, Narbonense, suburbio Ventolenense, ego
seu etiam & judices qui jussi sunt causas eas prendidi injuste mea propria praesum-
dirimere & legibus definere, id est Gulte- tione absque judicio de potestate Gonde-
redus,Teudefredus,Teuriscus,Senderedus, salvio abbati, dum ipse jure suo legibus
Ermeldus, Aprolinus & Bidegisus saione, retinuisset. » Quando suam recognitione si-
seu & bonorum hominum praesentia, id mul & exvacuasione scripsit fecitj cum nos
est Sisefredus, Bera, Ealdomare, Bellone, vidissemus suam recognitione & vacua-
Remesario, Ermericho & Alaricho, quos sione, perquamsivimus in lege Gotorum,
causafecit esse praesentes. Ibique in eorum ubi apertius invenimus in libro octabo,
praesentia veniens Ramnus qui est manda- titulo primo, era V, ubi dicit : c Nullus
tarius Gondesalvio abbate de monasterii commis, vîcarius , praepositus , auctor aut
Chaunense, & interpellavit Odilone pro procurator quîslivet ingenuus adque etiam
silva , quam vocant Spinasaria, pro terras serbus, rem ab alio possidentem post nomine
cultas bac incultas, ubi & dommos cons- regiae potestatis vel dominorum suorum aut
tructos abet, dicens : « Juvete me audire. suum usurpare praesumat ante judicium quod,
Iste praedictus Odilo prendidit ipsas res Ijinem'] expectat discussione, id quod ab alio
de potestate Gondesalvio abbate injuste, possidetur aut juris alterius esse dignosciiur
malum ordine, suam praesumsione, absque invaserit, omnem quod abstuUt & praesumsio-
judicio, dum ipse abba recte jure hoc sius invasit in duplum ei restituât, de cujus
abuisset. » Ad tune nos commis, vassi domi- jure visus est abstulisse, hac singulorum anno-
nici hac judices interrogavimus Odilone, rum fruges quas inde fideliter collegit, jura-
quid ad haec respondere vellet. lUe vero verit petitori compellatur exsolvere. n Dum
in suis responsis dicxit :« Manifeste verum nos commis, vassi dominici hac judices
est quod ipsas res ego retineo, set non in- vidissemus talem rei veritati & Ramnone
juste, quia de eremo eas tracxi in apri- mandatario Gondesalvio abbati, suamque
Éd.orig.
t. I,
col. 100.
sione. « Ac tune ipse Ramnus asserens dic-
xit : « Ego per testimonia & per praeceptum
& per judicium provare possum ipsas res ad
partibus abbati Gondesalvio. » Unde Ram-
nus ad tune hora praeceptum impériale &
judicium ad relegendum ostendit. Sed dum
relectus fuisset, invenimus veritate Gondi-
salvio abbate. Nam ipse commis jussit suos,
id est Ato, Gentaredus, Gulteredo & Er-
mello, ut super ipsas res venissent & rei
veritati vidissent, si erant ipsas infra ma-
' Archives de l'abbaye de Caunes, & copie dans
patuisset justitia, hordinavimus vel credi-
mus judicio, ut Bidegisus saione nostrum
ut super ipsas res venisset & Odilone
exinde exigere fecisset & secundum legem
ipso Ramnone ab omni integritate reves-
tire fecisset a partibus Gondesalvio abbate,
sicut & fecisset. Gaudeat se Ramnus in
nostrorum judicio suaque praecepisset
justitia. Dato & confirmato judicio quarto
idus septembris, anno xiii régnante domno
nostro Karolo rege. Golteredus subscripsi.
Steffanus subscripsi. Sendefredus subs-
cripsi. Ermenfredus subscripsi. Teudfre-
la collection Doat, à la Biblioth. national^v. 58. dus Subscripsi. TeUfiscus Subscripsi.
289
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
290
An
852
29 dé-
cembre.
An
862
26
février.
An
853
trae proprietatis rcbus honorarc. Tdcirco
iiotum essevolumus cunctis fidelibus sanc-
tae Dei Ecclesiae & nostris praeseutibus
atque futuris, quia concedimus ad pro-
prium jamfato fideli nostro Teuthmundo
quasdam res proprietatis nostrae, quae
sunt sitae iu pago Rossillonensi & in loco
ï. — Enneco' presbiterdonavit Donadeo qui dicitur Teulicius, id est mausa septem.
abbati & nionachis monasterii Caunensis Uude hoc praecellentiae nostrae praecep-
140.
Extraits de deux donations faites au
monastère de Caunes.
siti in territorio Narbonensi, suburbio Mi-
nerbensi, super rivo Argentoduplo, quid-
quid habebat in villa Olentiaco vel infra
ejus termines in territorio & suburbio
praetatis, id est cum exio & regresso eo-
rum, pratis, pascuis, silvis, garricis, aquis
aquarum, viae ductis & reductis. Actum
sub die un kalendas januarii, auno XIII
régnante Karulo rege.
tum fieri jussimus, per quod memorata
septem mansa cum omnium rerum summa
integritate, id est domibus caeterisque ae-
diiiciis, terris cultis & incultis, vineis, pra-
tis, silvis, pascuis, aquis aquarumve decur-
sibus, molendinis, exitibus & regressibus,
sicut dictum est, praedicto fideli nostro
Teuthmundo ad proprium concedimus &
de nostro jure in jus ac potestatem illius
solemni more transferimus, eo videlicet
II. — Balesinda' & filins ejus Basa modo, ut quicquid exinde ab hodierna die
dederunt Donadeo abbati & congrégation! & tenipore pro sua utilitate & commodi-
monasterii Caunensis in honore sanctorum
Pétri & Pauli constructi quandam terram
in territorio Carcassonensi prope monas-
terium Sancti Fructuosi sitam. iv kalendas
martias, anno XXII régnante Karulo rege.
141.
Diplôme de Charles le Chauve en fa-
veur d'un de ses fidèles nommé
Teuthmond^,
tate facere decreverit, liberam & firmissi-
mam in omnibus jure proprietario habeat
potestatem faciendi. Et ut haec nostrae
largitionis auctoritas inviolabilis perseve-
ret, manu nostra eam subterfirmavimus &
anuli uostri impressione jussimus sigillari.
Signum Karoli gloriosissimi régis.
Aeneas notarius ad vicem Ludovic! re-
cognovit.
Data XVI kalendas februarii, indicfione
XV, in anno XIII regni Karoli gloriosissimi
régis. Actum in Carisiaco palatio regio, in
Dei nomine féliciter. Amen.
I
N nomine sanctae & individuae Trini-
tatis. Karolus gratia Dei rex. Regalis
celsitudinis moris est fidèles suos donis
jauvier. multiplicibus & honoribus ingentibus ho-
norare atque sublimare. Proinde ergo nos
morem parentum videlicet praedecessorum
nostrorum sequentes, complacuit celsitu-
dini nostrae quendam fidelem nostrum ,
nomine Teuthmundum, de quibusdam nos-
' Archives de l'abbaye de Caunes, 8c copie dans
le Monasticon Benedict'tnum, à la Bibliothèque na-
tionale, latin 12664, f" 227 y°.
* Ibid.
' Archives de l'église d'Elne. — Marca Hhpa-
nica, col. 786. — Recueil des historiens de France,
t. 8, p. 5zo.
142,
LXXVII
An
853
I
Charte du roi Charles le Chauve en
faveur de l'abbaye d'Aniane \
N nomine sanctae & individuae Trini- t.T^'
tatis. Karolus gratia Dei rex. Si bene co'->"o-
gesta erga loca divinis cultibus mancipata ~ '
progenitorum nostrorum auctoritatis nos- ^53
tre preceptionibus confirmamus, régie cel- 21 juin.
' Cartulaire de l'nbbaye d'Aniane, f° 26 \", &
v'idimus de l'an i3 14, au Trésor des chartes du roi ;
Aniane, n. 3. [Ce vidimus est aujourd'hui en dé-
ficit.]
II.
J
An
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291
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
29:
sltudinis opéra frequentamus. Itaquenotum ros civitatis Arelatensis, cum omnibus que
sit omnibus sancte Dei Ecclesie fidelibus & ad eam in eodem page Arelatensi vel Avi-
nostris presentibus atque futuris, quia Ar- nionensi pertinent; & locum qui est in
nulfus venerabilis abba monasterii quod di- pago Arausione vocabulo Marenatis, quic-
citur Aniana, situm in pago Magdalonense, quidad ipsum locum pertinet, & villam que
in nostrara veniens presentiam, obtulit re- dicitur Massatia cum omnibus apenditiis
verencie nostre quoddam preceptum , per suis, habentem plus minus mansos quadra-
quod domnus & genitor noster dive me- ginta, & est in ratione predicte celle Sancti
morie Ludovicus imperator quasdam res Martini ;& in pago Ucetico donavit genitor
prenominato monasterio ob amorem Dei noster cellam suam que nuncupatur Casa-
& reverenciam sanctorum quorum ibi co- nova cum rébus sibi pertinentibus. Has
luntur reliquie in jus ecclesiasticum te- denique res omnes cum apendiciis & adja-
nendas delegavit atque contradidit, id est centiis earum , a premisso domno & geni-
quandam cellam nuncupantem Gellonis, tore nostro augusto Hludovico super pre-
sitam in pago Lutovense, cum loco qui fato monasterio coUatas atque contraditas,
dicitur Magarantiate seu & qui vocatur sine cujuspiam contradictione aut minora-
Castra cum terminis & adjacentiis suis; & tione perpetuo a rectoribus ejusdem tenen-
in pago Biterrense fiscus qui dicitur Milia- das concedimus & altitudinis nostre pre-
cus, cum ecclesia Sancti Paragorii & Mili- cepto hoc confirmamus. Precipientes atque
tiano villa, cum omnibus apendiciis & ad- jubentes ut nuUus ex fidelibus sancte Dei
jacentiis suis; & in eodem pago villam Ecclesie ac nostris de prescriptis rébus
Cincianum cum apendiciis & adjacentiis prefato monasterio vel congregationi ibi-
suis ; & inter confinia de pago Rutenico dem degenti a genitore nostro concessis,
seu Nemausense, alpes quas dicunt Jaullo aliquid abstraere, ut supra signatum est,
& locum qui dicitur Auraria ab omni inte- aut minuere tentet, nec in ecclesias aut
gritate, cum terminis & adjacentiis suis; loca vel agros seu reliquas possessiones pre-
& in pago Magdalonense castrum quod dicti monasterii, quas moderno tempore
dicitur Monte-Calmense, situm juxfa flu- per donationem genitoris nostri ac nos-
Éd.orig. vium Araur, cum ecclesia Sancti Hilarii ; tram confirmationem seu ceterorum fide-
coî lôi ^ super prefatum fluvium loco de Palhars lium juste possidere videtur in quibuslibet
cum villulis & aspicentiis suis; & in alio locis, quidquid ibidem propter divinum
loco Commajacas seu Paliares cum finibus amorem collatum fuit queque etîam dein-
& adjacentiis suis; & in loco qui dicitur ceps in jure ipsius sancti loci aut per nos
Sogradus, cellulam quam ipsi monachi edi- aut per alios voluerit divina pietas augeri,
ficaverunt; & in ipso pago, in fisco nun- ad causas audiendas vel freda exigenda
cupante Juviniaco, loco qui vocatur Nova- aut mansiones vel paratas faciendas aut
cella & molina duo infra ipsius fisci ter- fidejussores toUendos nec homines ipsius
minum, super fluvium Leco & inter mare monasterii tam ingenuos quamque servos
& stagnum locum qui vocatur Porcarias ; qui super terram memorati monasterii re-
& in ipso pago illos Segos cum piscatoria sidère videntur distringendos nec ullas
& plagis maris & fiscum adherentem illis, redibitiones aut inlicitam occasionem per-
qui nuncupatur Sita, qui est inter mare & quirendas ullo unquam tempore ingredi
Stagnum, & subjungit pago Agatensi, cum audeat vel exactare présumât. Et quicquid
mancipiis & omnibus piscatoriis & aspi- de rébus prefati monasterii fiscus sperare
centiis seu adjacentiis suis, usque ad locum poterat, totum nos pro eterna remunera-
qui dicitur Cerajacum, quantumcumque in tione predicto monasterio concedimus, ut
eisdem locis genitor noster c(uondam ad perpetuis temporibus in alimonia paupe-
suum habuit opus; & in pago Narbonense rum & stipendia monachorum ibidem Deo
salinas que sunt in loco nuncupaute Ad fanuilantium proficiat in augmentum. Et
Signa, cum terminis & laterationibus suis; quandoquidem divina vocatione supradic-
insuper & cellam juris nostri que est cou- tus abba & successores ejus de hac luce
structa in honore sancti Martini infra mu- migraverint, quamdiu ipsi monachi inter
An
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An
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Éd.orif
t. 1,
col. 102
293
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
'94
An
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23 juin.
se taies invenire potuerint, qui ipsam con- diem presentem omnem porcio mîchi de-
gregationem secundiim regulam saiicti Be- bitam, quod niichi advenif de condam ge-
nedicti regere valeaiit, per hanc nostram nitore meo vel génitrice mea vel illius, &
aiictoritatem ac consensum licentiam ha- quicquid ab hodierno die & tempore ex
béant semper eligendi abbates, quatenus ipsis rébus facere aut judicare volueritis,
ipsis servis Dei, qui ibidem Deo famulari
yidentur, pro nobis & conjuge proleque
nostra & stabilitate tocius regni a Deo
nobis commissi vel conservandi jugiter
Domini misericordiam exorare delectetur.
Et ut hec auctoritas confirmationis futu-
risque temporibus , Domino protegente,
valeat inconvulsa manere, manu propria
subscripsimus & anuli nostri impressione
assignari jussimus.
Signum Karoli gloriosissimi régis.
Bartolomeus notarius ad vicem Hluodo-
vici recognovit.
Data XI kalendas julii, indictîone i,
anno xiiii" régnante gloriosissimo Karolo
rege. Actum in Poncione fisco regio, in
Dei nomine féliciter. Amen.
143.
id est tam vi[n]dendi, donandi, cedendi,
committandi maneat eis firmissima potes-
tas, ex presenti die & tempore. Quod si
ego aut aliquis de heredibus meis vel quis
in is persona , quod minime credo esse
venturam, contra hanc cartulam anime
gratanter animo facta ad inrumpendum
venire temptaverit aud eam intringere
conaverit, componat parti ipsius monas-
terii ipsas suprascriptas res, una cum dis-
tringente fisco, melioratas duplas valere
perpetim habituras. Et insuper hec pre-
sens donatio nullo umquam tempore in-
rumpi non permitatur, sed semper in sua
maneat firmitate, omnique tempore cum
stipulatione & gesta alligatione interpo-
sita quoque pro omni firmitati subnixa.
Facta donatione sub die VIIII kalendas
julii, anno XI m régnante Karolo rege.
Signum Wistremirus qui hanc donationem
fieri volui & idoneos testes manu mea
firmare rogavi. S. Calpimiro. S. Adalberto.
Donation de Wîstrîmîrus à Vahhaye S. Agrecio. S. Acinberio. S. Aigoberto. S.
d' Aniane^ Adayndo. S. Unado. S. Dominico. S. Salo-
mone. S. Dagoberto. In Christi nomine
IN honore Domini sancti Salvatoris nostri Celsius licet indignus presbiter hanc dona-
sive Christi & sancte hac semper virgi- cionem rogatus scripsit, die & anno que
nis Marie genitricis ejus & aliorum pluri- supra,
morum sanctorum, ubi venerabilis Arnulfus
abbas preesse videtur una cum congrega- ~~
tione monacorum. Ego in Dei nomine Wis-
trimirus dono donatumque esse volo pro
anima remedii mei seu & per eternam re-
tributionem & vitam ; dono jamdicto mo-
nesterio seu rectoribus illius presentibus
ac futuris, in pago scilicet Magdalonensi
infra terminium de villa Granario, id est
casis, casaliciis, ortis, oglatis, exea, exre-
gressaque sua, & vineas, & terras cultas &
incultas, pratis, pascuis, arboribus & pomi-
feris & impomiferis, seu & cum omnibus
agacenciis ibidemque pertinentes, videli-
cet & fundus possessionis mee. Dono ad
144.
LXXVIII
Diplôme de Charles le Chauve qui, à la
prière du marquis Udalric, accorde
certains biens à deux Goths nommés
Sumnolde & RiculJ'e^,
An
853
I
N nomine sanctae & individuae Trinî-
tatis. Karolus gratia Dei rex. Regalis
celsitudinis moris est fidèles suos donis
multiplicibus atque ingentibus honoribus
honorare & sublimare. Ideoque notum sit
Éd.orig.
1. 1,
col. 102.
An
854
7 juillet.
' Le texte porte xiii ; mais il faut corriger xiiii,
pour faire concorder avec l'indiction. [A. M.]
' Cartulaire de l'abbaye d'Aniane, f" 90 v".
' Marca Hispanica, col. 787, d'après les archives
de l'église d'Elne.
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PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
296
omnibus sanctae Dei Ecclesiae fidelibus 8z;
nostris praesentibus atque futuris, quia ad
deprecationem dilecti nobis marchionis
nostri Odalrici concedimus ad proprium
quibusdam fidelibus nostris, id est Sum-
noldo & Riculfo Gotis, res quasdam nos-
trae proprietatis, quas ipsi hactenus per
aprisionis jus habuisse cognoscuntur, in
pago videlicet Elenensi & in comitatu Ros-
silionensi, hoc est quicquid in villa Mo-
niano & in Villanova & in Cabanes per
aprisionem ex successione avita atque pa-
145.
Dotation de Saint-André d'Exala,
par Protasius 6* cinq autres reli-
gieux ' .
cere decreverint, jure proprietario liberam
ac firmissimam habeant faciendi potesta-
tem. Ut autem haec praecellentiae nostrae
largitio meliorem semper in Dei nomine
obtineat firmitatem, manu nostra eam sub-
terftrmavimus & anuli nostri impressione
assignari jussimus.
Signum Karoli gloriosissimi régis.
Gislebertus notarius ad vicem Ludovici
recognovit.
cum suos vitulos & oves & cabras xxx &
porcos XXVI & equas IV & boves 11 & ca-
nes II, ob inde & de vestimenta frisis cum
vistitos & vebtas 11, & capas v, & sariciles
Xlll, & leutios villl, & bracas talgatas
XXXIII, & soturales parilia XV, & solarum
Data nonis [ulii, anno XV régnante parilia XL, & cangaves duas lanias & una
domno Karolo gloriosissimo rege, indic- sericia, & plumacos siricios V, & septela-
tione I. Actuni Condida, in Dei nomine nios tapites II, cupertorio siricio I, & vel-
feliciter. Amen. latas xi, &quadincos XL, & vadelincos Viii,
curtinas ii, pellicas VI, & suscinta parata
una & camisos m, & planetas lll, & stol-
las III Franciscas, & mappas quatuor parilia,
& tualias iiii, & saccos viii, & utres viii,
& bulgas dua parilia, & soccas VIII, & orga-
An
854
16
IN nomine Patris & Filii & Spiritus Sancti.
Nos in commune fratres Protasius archi-
presbyfer, Sancoli presbyter, Recosindus
presbyter, Victor presbyter, Atila mona- juillet
terna tenuisse usque nunc comprobantur, chus, Baro subdiaconus, nos omnes qui
simul etiam cum eisdem rébus, quas ex simul in una fide vivimus, facimus carta
ipsis aprisionibus avus eorum & genitor Deo omnipotenti & monachis qui sub jugo
Sunvildus & Hadefonsus quibusdam homi- regulari servire cupiunt in monasterio
nibus beneficiario jure habere permisisse Sancti Andreae post obitum nostrum in
sciuntur, & praeterea Rocam quam vocant locum Exalata. De nos autem qui super-
Frusindi quam eorum genitor per apri- vixerit fratrem suum retineat juri suo in
sionis auctoritatem tenuit. Unde siquidem .eleemosynam nostram & ibidem serviat &
praecellentiae nostrae praeceptum hoc usuare faciat dum vivit & post obitum suum
iieri jussimus, per quod memoratas res relinquat ad ipsa ecclesia vel monachos aut
cum propriis & justis terminationibus in- Exalata abbati qui a die illo erunt, quia
tegerrime memoratis fidelibus nostris Sum- hoc facimus necessitate timendi. Certum
nuldo & Riculfo in jus proprietarium ha- quidem & manifestum est enim quia sic
bendas concedimus & confirmamus atque placuit animis nostris & placet, nullius
de nostro jure in eorum jus & potestatem cogentis imperio nec suadentis ingenio,
solemniter transferimus, eo videlicet modo sed propria & spontanea hoc nostra elegit
ut quicquid exinde ab hodierna die & tem- voluntas bona, ut conversare debeamus in
pore pro sua utilitate & commoditate fa- suburbio Elenense, in valle Confluentaria,
in ecclesia Sancti Andreae locum Exalata,
& donamus de rébus nostris praefatis. Ego
Protasius archipresbyter dono cavallo uno
& mulo & asinos duos & vaccas quatuor
' Marca Hispanlca, col. 788} archives du m.o-
nastère de Cuxa.
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297
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
298
nas parilias IV. Et de alaude dono in villa
Taiiriniaco casas IV, & curte & hortos vi,
& viueas XII, & vinum qui exinde exibit
quinales ccc, & sunt tonnai VIII , & de
annona modii XXX cum oninia usibilia
ligni & ferri quod necesse habet homo, in
omnibus vel terris cultis vel incultis, cum
arboribus, cum exia vel regressia sua quod
juste & rationabiliter in fines suos habere
debeo. Et reservo in potestate mea villare
Cuxano & isto argento solides CXLVI ut ad
obitum meum manibus meis dare faciam
pauperibus aut oui voluero. Aliud vero
superius insertum post obitum meum sit
in potestate ipsius ecclesiae. Nam & ego
Sancoli presbiter dono oves xxiii, & ca-
vallo I, & equa I, & vellatas IV, & plumaco
uno & fertos ad turno; sic donitum atque
concessum est. Nam & ego Recosindus
presbyter dono cavallo uno & asino &
bove, & vineas II in Arriano in locum ubi
dicitur Ad Cruce, & libros V, & lectum
meum, & porcos vi, & leutios il, & de an-
nona modios XX, & de vino quinales XI-,
haec omnia dono sicut superius insertum
est. Nam & ego Victor presbyter dono
vacas III, & vitulos il, porcos 11, & li-
bros IIII, & vineas III, quas vobis piduavi
(j/c) vel in praesenti tradidi, quod se-
nior meus Protasius mihi dédit in villare
Coxano vel portionem meam, & lectum
meum vel ferramenta dono sicut superius
scriptum est. Nam & ego Atila dono
equas iii, & boves il, & vakas i, & freno
mulare l, & fatiro i, & lectum meum &
libros m, & stola polimita una & vi-
nea l, quod habeo cum Witidane fratre
meo, qui infrontat in strata & in Castro
Tarraca & in ecterre Terraferente, modia-
tas IX qui infrontat in terra Salustrii & de
alla parte in terra Singerici, de tertia parte
in terra Saporoni, haec omnia ad omnem
integritatem ad proprium sicut superius
scriptum est. Nam & ego Baro subdiaconus
facio similiter de omnia quod habeo vel
habere potuero. Denique de ab hodierno
die & tempore usuandi vel exfructuandi
unus ab alio quod supervixerit fratrem
suum habeat potestatem ex eo vivere, post
obitum extremo nullus praesumat, set in
jure ipsius ecclesiae insistât vel ad mona-
chis ibidem seryientes yel abLatibu§, Et si
An
864
nos dejecti fuerimus de isto loco ubi per-
rexerimus ad alium monasterium, omnia
nostra in potestatem retineamus, faciamus
exinde quod voluerimus vel quod conqui-
rere potuerimus. Et si nos omnes in isto
loco dies nostros deduxerimus & hic vita
distincta fucrit, res praefatas cum omnia
quod superius scriptum est remaneat in
ecclesia Sancti Andreae, sicut superius
scriptum est. Sane si quis, quod minime
credimus esse venturum, quod si nos su-
pradicti aut aliquis de successoribus nos-
tris vel ulla subposita vel subrogata per-
sona qui istum factum nostrum inrumpero
conatus fuerit aut fuerimus, inférant vel
inferamus juri vestro vel ecclesiae supe-
rius scriptae ista omnia dupla & inmelio-
rata perpetuis habitura & iste cartas firmis
permaneat. Facta scriptura usufructuari
nostra unus ab alio sub die XVll kalendas
augusti, anno [xv] régnante Karulo rege.
Protasius archipresbyter qui istum factum
in mea voluntate editum feci, ut dum vi-
vimus ex ea vivamus & dono libras XV.
Rescesvindus presbyter subscripsi. Victor
presbyter subscripsi. Baro subdiaconus sub-
scripsi. S. Bosoni. S. Senderedi. S. Lauren-
tii testium. Sanzoli presbyter qui banc
scripturam jussus scripsi & in mea volun-
tate édita feci & subscripsi die & anno
quo supra.
146.
Diplôme de Charles le Chauve pour
Montolîeu '.
IN nomine sancte & individue Trinita-
tis. Karolus gratia Dei rex. Cum peti-
tionibus servorum Dei justis & rationabi-
libus divini culti amore favemus, superna juillet
[nosj gratia pro his muniri non dubitamus.
Proinde noverit omnium fidelium nostro-
rum presentium futurorum[que sagacitasj,
' Original en parchemin, jadis scellé; Biblio-
thèque nationale, Baluze, Armoires, v. Spo, n. 480.
La pièce est extrêmement endommagée, & nous
avons mis entre crochets les parties qui ont dis-
paru. [A. M.] — Recueil des historiens de France^
t. 8, p. 53ij.
An
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3o
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299
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
3oo
quia vir venerabilis Richimirus abba ex
monasterio qiiod nuncupatur Mallasti, si-
tum in territorio Carcasensi super fluvium
Duranuni, constructum in honore sancti
Johannis Baptistae, cum terminis & adja-
cenciis suis, obtulit obtutibus nostris quan-
dam auctoritatem domni & genitoris nostri
Hludovuici pie rec[ordationisJ augustij [in]
qua erat insertum qualiter antecessoris sui
antecessor ipsum monasterium novo con-
struxisset opère, & propter ejus defen-
sionem vel propter pravorum hominum
inlicitos mo in manu ejusdem domni
imperatoris una cum monachis ibi degenti-
bus se commendavit, ut sub ejus tuitione
licuisset eos cum re[bus suis quijete vivere
ac residere, & deprecatus est clementiam
regni nostri, ut prefatum monasterium
una cum villulis quarum nomina sunt villa
Secarii seu villa [Alderii necnon] villa
Viniouis super idem fluvium prefatum, vil-
laremque nomine Magnianacum in pago
Tolosano super fluvium Fiscavum, nec-
non & cellulas que nuncupantur Sancti
Martini predicto monaster[io subjectas,
que sunt in eodem] pago super fluvium
Lampium, sive Sanctae Ceciliae & Sancti
Pétri, que sunt super fluvium jamdictum
Duranum, locumque qui dicitur Orato-
rio cum omnibus rébus & adjacenciis sive
terminis suis sub nostra susciperemus de-
f[ensione] & immunitatis tuitione. Cujus
precibus ob amorem Dei & reverentiam
divini cultus libenter aurem accommodare
placuit & hoc nostrae [auctoritatis pre-
ceptum] immunitatis tuitionisque gratia
fieri decrevimus , per quod precipimus
atque jubemus ut nullus judex publicus
vel quislibet ex judiciaria potestate in ec-
clesias, loca vel agros seu reliquas omnes
possessiones predicti monasterii, quas mo-
derno tempore possidet vel que etiam
deinceps in jure ipsius sancti loci voluerit
divina pietas [augeri, ad causas audiendas]
aut freda exigenda aut mansiones vel pa-
ratas faciendas aut fidejussores toUendos
aut homines ipsius monasterii tam inge-
nuos quam & servos super terram ipsius
commanentes injuste distringendos nec
uUas redibitiones aut inlicitas occasiones
requirendas nostris nec futuris tempo-
ribus ingredi [audeat vel ea quej supra
memorata sunt penitus exigere présumât.
Et quicquid de rébus prefati monasterii
fiscus sperare potest, totum nos pro aeterna
remuneratione prefato monasterio conce-
dimus, ut in alimonia pauperum stipendia-
que monachorum ibidem Deo famulantium
proficiat in augmentum. Et quandoquidem
divina vocatioue supradictus abba vel suc-
cessores ejus hac migraverint de luce,
quamdiu ipsi monachi inter se taies in-
venire potuerint, qui ipsam congregatio-
nem secundum regulam sancti Benedicti
regere valeaut, scilicet qui preesse pariter
& prodesse queant, per banc nostram auc-
toritatem licentiam habeant eligendi ab-
bates, quatinus pro nobis & totius regni
nostri stabilitate a Deo nobis concessi ju-
giter Domini misericordiam exorare delec-
tet. Et ut haec auctoritas a fidelibus sanc-
tae Dei Ecclesiae & nostris verius credatur
diligentiusque conservetur, manu propria
subterfirmavimus & anuli nostri inpres-
sione signari jussimus.
Signum (locus monogrammatis) Karoli glo-
riosissimi régis.
Gislebertus notarius ad vicem Hludo-
vuici recognovit & subscripsit.
Datum III kalendas augusti, anno XV,
indictione II, régnante Karolo gloriosis-
simo rege. Actum Germiniaco palatio, in
Dei nomine féliciter. Amen.
147. — LXXIX
Diplôme de Charles le Chauve pour
Vabbaye de la Grasse^.
IN nomine sanctae & individuae Trini-
ta[tis.] Karolus gratia Dei rex. Si ne-
cessitatibus servorum Dei opem ferendo
libenter consulimus, regiae dignitatis mo-
rem imitamur & ob id nobis Deum fore
propitium non dubitamus. Quamobrem no-
tum sit omnibus sanctae Dei Ecclesiae fide-
libus & nostris praesentibus scilicet atque
futuris, quia Suniarius venerabilis abba
Sanctae Mariae ad nostram accedens cle-
mentiam res quasdam datas Sanctae Ma-
' Archives de Tabbaye de la Grasse.
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Éd.orig,
col. 102.
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28 juin.
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3oi
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riae, ut illi eas praecepto nostrae auc- cum decimis & terminis & ajacenciis suis,
toritatis confirmarenius , deprecatus est, & ipsos mansos de vilare Aliario, cum con-
quas etiam avus & genitor iioster & nos daniinas & ipsas décimas quem Richildis
aliquantas confirmavimus, sed quia postea comitissa dédit Sanctae Mariae per cartam
Domino annuente auctae sunt, alio egue- donationis. Et in pago Gerundense villam
runt praecepto ; necnon etiam & sub nos- quae nuncupant Locustaria cum ecclesia
trae tuitionis mundeburdo tam se quamque Sancti Felicis,cum decimis & terminis &
praescriptam abbatiam accipi postulavit. ajacenciis suis. In comitatu Ausonense vi-
Cujus petitionibus aurem clementiae nos- lare Asenario & Spelucas cum terminis &
trae ob Dei amorem & sanctae Mariae ajacenciis suis, & alium alaudem quae di-
virginis intemeratae genitricis Dei dilec- cunt Cirviano & Felgeirolas & ipsa Serra,
tionem placide praebentes, hoc imprae- & ipsuni alium quae dicunt Elota & ipsa
varicabile praeceptum fieri illique dari Anglata, quantum ibi abuit Suniarius co-
jussimus, per quod praecipimus atque de- mes, & ecclesiam Sancti Martini cum deci-
cernentes jubemus ut cellae sive aliae res mis de villulis & vilaribus, cum terminis &
quae etiam praefato monasterio a Do- ajacenciis suis & terris quae in circuitu
minum timentibus collatae sunt, id est ejus sunt. Necnon etiam & reliqua quae
in pago Carcassensi Flexus cum ecclesia ibi collata fuerunt, tum terrae & vineae,
Sancti Cucufati , cum decimis & terminis prata & domos ad jamdictas pertinentes
suis & ajacenciis, & cellam Sancti Genesii seu segregatim datae praedicto abbate &
cum terminis & ajacenciis & decimis suis, suis monachis ibidem Domino famulanti-
Boliniaco cum ecclesia Sancti Pauli & bus ad suarum necessitatum emendationem
Sancti Ananiae cum decimis & ajacenciis sint & neque auferendi ex eis habeat po-
suis. Et in pago Narbonensi Caputspina testatem & sub nostro quoque mundeburdo
cum ecclesia Sancti Pétri, cum decimis & &pretextu nostrae doniinationis esse jube-
ajacenciis suis & terminis, quos Agila abbas mus praedictos monachos & suorum res, &
apprendit ante Fulconem missum nostrum, excussa omni potestate judiciaria volumus
& in Licito Sancti Pétri cum decimis & ter- ut nullus in rébus eorum potestatem ha-
minis & ajacenciis suis, & Palma super litus beat fîdejussorem toUere aut aliquem dis-
maris cum ecclesia Sancti Joannis, cum tringere neque paratam aut mansionati-
decimis & terminis & ajacenciis suis, & cum accipere. Nolumus ut ab istis vel ab
cellam quae dicitur Prata cum ecclesiis eorum hominibus aliquid telonei, id est
videlicet Sancti Pétri & Sancti Salvatoris & pontaticus, pascuaticus, salaticus aut ali-
Sancti Joannis & Gervasi & Celsi & Sancti quid redibitionis exigatur, secundum quod
Martini in villa Cannoiias cum decimis & in praecepto nostro & genitoris nostri
terminis & ajacenciis suis. In pago Con- continetur insertum, quatinus hac adjuti
fluente, in suburbio Elenense necnon vil- concessione pro nobis & regno nostro
lari Balta, quam idem abbas cum Isemberto Dominum implorare condelectet. Et ut
concambiavit. Et in pago Minarbensi in haec nostrae largitionis auctoritas a fide-
villa Anforarias domos & terras quos Agila libus sanctae Dei Ecclesiae & nostris fîr-
& Elias tenuerunt & salinae quae sunt in mius credatur diligentiusque conservetur,
subteriori loco. Et in Bisuldunense eccle- manu nostra subterfirmavimus & anuli iios-
siam Sancti Stephani juxta alveo fluviano tri impressione jussimus sigillari.
cum decimis & terris & vineis & molindinis Signum Karoli gloriosissimi régis,
cum caput-aquis & ajacenciis suis, & in Jonas notarius ad vicem Goslini recog-
ipso comitatu ipsum alaudem de Enox & novit.
Muliano cum ecclesiis & terminis & aja- Data IIII kalendas julii, indictione m, i':d.orig.
cenciis suis, quae Suniarius comes dédit anno xvi régnante Karolo gloriosissimo col. iÔ3.
Sanctae Mariae, Riodazani cum ecclesiis rege. Actum Atiniaco, in Dei nomine feli-
Sanctae Mariae, Sancti Joannis & Sancti citer. Amen".
Pétri & Sanctae Marguaritae, cum villulis
& vilaribus, quae in circuitu earum sunt, ' Le diplôme publié par les Bénédictins sous le
3o3
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
3o4
An
855
148. — LXXX
Charte de Vejnpereur Lothaire pour
V abbaye de Cruas\
N nomine Domini nostri Jesu Christi Dei
nachis ibidem Deo militantibus & omni-
bus rébus ac familiis inibi aspicientibus
vel pertinentibus sub sua recepisset tui-
tione & plenissima protectione, petens &
obnixe deposcens ut eandem auctoritatem
nostro imperiali corroboraremur precepto.
Cujus sincerissimam petitionem, ob divini
cultus amorem & eterne remuuerationis
fructum , libentissime annuentes, ipsos
IN nomine i^omini nosrn jesu ^nrisci ue
eterni. Lotharius divina ordinante pro
6seD- videntia imperator augustus. Si erga loca eniinentie nostre apices fieri censuimus,
tembre. divino cultui mancipata tuitionem ac de- per quos statuentes decernimus imoque
fensionem impertimur, morem sequimur jubemus, ut presens rector ipsius monas-
piissimorum regum idque ad emolumen- terii, Uliebaudus nomine, vel successores
tum anime nostre profuturum liquide cre- ejus atque cuncti monachi qui nunc vel
dimus. Proinde comperiat omnium sancte in antea ibidem Deo militare noscuntur,
Dei Ecclesie nostrorumque presentium vi- cum omnibus rébus & familiis sub nostro
delicet & futurorum industria, quia Rot- maneant mundeburdo & firmissima tui-
landus sanctae Arelatensis ecclesie vene- tione. Et nullus judex publicus vel missus
rabilis episcopus, cui monasteriolum in noster discurrens seu quislibet ex judi-
comitatu Vivariense super amnem Roda- ciaria potestate ad causas audiendas vel
num situm qui vocatur Crudatus regen- freda exigenda aut mansiones vel paratas
dum gratia commisimus, detulit obtutibus faciendas aut fidejussores tollendos aut
nostris auctoritatem bone memorie geni- homines eorum tam ingenuos quam & ser-
toris nostri Ludovic! quondam augusti , vos distringendos nec ullas redibiciones
ubi continebatur qualiîer idem piissimus aut illicitas occasiones requirendas uUo
imperator eundem monasteriolum cum mo- unquam tempore in eorum rébus, quas
juste presenti tempore possident vel us-
que deinceps Dominus voîuerit augeri,
ingredi aut ea que premissa sunt penitus
exactare présumant j sed liceat memorato
n. LXXIX est évidemment faux dans sa forme ac-
tuelle. En effet, parmi les possessions de l'abbaye
de la Grasse, il mentionne le domaine de'Ridouza
dans le Besaudun, qui ne fut donné qu'en 953, abbati ejusque successoribus res predicti
par Suniaire, quatrième fils de Wifred le Velu, & monasterii sub immunitatis nostre defen-
l'on pourrait y retrouver la mention de plusieurs sione quietO ordine possidere. Quando-
autres faits qui ne datent que du dixième siècle. De ^uidem vero ex divina vocatione supra-
t>lus, les formules ne ressemblent pas aux formules 1. ^ 11 1 • j 1
ordinaires, & le nom du chancelier Gozlin ne se
dictus abbas vel successores ejus de hac
, ,■ j r ■ luce migraverint, quamdiu ipsi monachi
trouve pas sur les listes de ces lonctionnaires caro- ^ ' 1 *
lingiens. Le chancelier, en 855 , était Louis. En ''^^^^ '^ ^^^^^ invenire potuerint, qui ipsam
outre, ce diplôme n'était plus conservé que par une congregationem secundum regulam sancti
copie du onzième siècle, copie figurée, paraît-il, Benedicti regere valeant, per hanc nostram
car dom Bouquet la prenait pour l'original. Con- auctoritatem & consensum liceutiam ha-
servée à l'abbaye de la Grasse jusqu'en 1790, elle béant eligendi abbates, quatenus rectores
passa alors aux archives départementales de l'Aude. ejusdem loci & monachi ibidem militantes,
En 1829, M. de Beaumont, préfet de Carcassonne, amodo & deinceps tranquillam & quietam
l'offrit, avec une bulle sur papyrus, d'Aeapet II. •* 1 » Tn „ c, „i,:„ i
' . . i' r;' ' 6 i' ' ^*> vitam ducentes, Ueo & nobis deservire
o. » j:_ia j- o_x : /-i 1.- v • '
atque pro stabilitate nostra vel tocius im-
perii divinitus nobis concessi, imo con-
servandi divinam misericordiam propen-
sius exorare procurent. Et ut hec nostre
auctoritatis preceptio pleniorem in Dei
nomine obtineat vigorem, manu propria
subterfirniavimus & anuli nostri impres-
sione adsignari jussimus.
1
& un autre diplôme de 876, au roi Charles X, qui
fit déposer ces pièces à la Bibliothèque du Louvre,
où elles ont péri lors des incendies de 1871. (Voir
L. Paris, Les Manuscrits de la bibliothèque du Lou-
vre; Paris, 1872, in-8°, p. 3o. — Mahul, Cartu-
laire de Carcassonne, t. 2, p. 224.) [A. M.]
' Vidimus de l'an 1897, aux archives du Do-
maine, à Montpellier, titres de la sénéchaussée de
Beaucairej Cruas, n. 3.
An
855
An
855
Ed.orig.
t. I,
col. 104.
3o5
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
3o6
An
867
i5
février.
Signiim Lothariî serenissimi augusti.
Kaymundus notarius ad vicem Hilduini
recognovi.
Data VIII idus septembris, anno Christo
gressibus, & omnibus exterminationibus,
cuni terminiis & omnibus integritatibus,
totum & ad integrum, veluti prememora-
tum est, prescripte matris ecclesie Sancto-
indictione m. Actum Romarici monte,
Dei nomine féliciter. Amen.
propitio imperii domni Lothariî pii impe- rum Justi & Pastoris beatorum martirum
ratoris in Italia xxxv & in Francia xv, partibus de nostro jure in jus ac potes-
tatem ecclesiasticam sollempniter trans-
ferimus perpetualiterque habendas dele-
gamus, sicut reliquas ejusdem sancte sedis
res ecclesiasticas , videlicet ut prescripte
ecclesie memoratus Fredoldus archiepi-
scopus eas recipiens, ecclesiastico jure in
usibus jamfate ecclesie tam ille quam
omnes sui successores absque ulla cujus-
piam contradicione per labentia tempora
ordinent canonice atque disponant legali-
ter. Ut autem hec munificentie [nostre]
auctoritas firma valeat perdurare, manu
propria subter eam firmavimus & annuli
nostri impressione sigillari jussimus.
Signum Karoli gloriosissimi régis.
Gisdebertus notarius ad vicem Ludovic!
recognovit.
Data XV kalendas martias, indictione
IIII ', in anno XVll regni domni nostri Ka-
149. — LXXXI
Charte du roi Charles le Chauve en
faveur de Frédoly archevêque de
Narbonne '.
IN nomine sancte & individue Trinita-
tis. Karolus gratia Dei rex. Si sacris
locis divino cultui mancipatis aliquid ex
juris nostri rébus seu facultatibus con-
ferre studemus, non solum in hoc regiam
exercemus dignitatem sed maximum regni
nostri munimen in hoc, agente divina gra-
tia, esse nullatenus dubitamus. Quaprop-
ter noverit omnium fîdelium sancte Dei rolis régis. Actum Carisi[a]co palatio, in
Ecclesie nostrorumque tam presentium Dei nomine féliciter. Amen,
quam & futurorum sollercia, quia com-
placuit démentie serenitatis nostre ut ob
Dei amorem nostramque in futuro ab ipso
piissimo judice retributionem quasdam res
nostre proprietates sancte matris eccle-
sie Narbonensis seu Redensis, que fun-
data esse dinoscitur in honore beatorum
martirum Justi & Pastoris, cui sedi pre-
sidere cognoscitur divina vocatione Fre-
doldus venerabilis archiepiscopus, que res
sunt site infra Narbonensem pagum, hoc
est prope Narbona civitate villares duos.
Hudolricus inclitus marchio hoc ambas-
ciavit.
l5o.
Plaid tenu à Elne par Rîchelme,
vicomte en Roussillon ^.
CONDITIONES sacramentorum ad quas
ex ordinatione Richeimo vicecomite
qui nuncupantur unus Casoles & alter sive & de judices qui jussi surtt causas
Alancianus, & insula quae vocatur Man- dirimere vel judicare, id est Suniemirus,
driacus & infra in insula Lici villarem Savaricus, Argemadus, Furrutio, Radeper-
qui vocatur Sancta Agatha, & alium villa- tus, Ermemirus, Inuvilardus, Albarus,
rem qui dicitur Curcuciacus. Unde etiam Vuittericus judicum, Godeforte saione &
altitudinis nostre preceptum hoc fieri jus- aliorum multorum hominum praesentia
simus per quod memoratas res cum om- jurant testes prolata quos profert Re-
nium rerum surama integritate,cum vineis, cemirus in faciem Daniheli qui est advo-
silvulis, terris cultis & incultis, ecclesiis,
aquis aquarumve decursibus, exitibus & re- . ig texte porte n.
' Cartulaire d'Elne, f" 127 v"; & copie dans la
' Cartulaire de Narbonnej [latin 1 ioi5, f" 6 r° j collection Moreau, à la Bibliothèque nationale,
copie du douzième siècle.] t. z, p. i3.
An
857
An
858
5 juin.
An
853
3o7
PrxEUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
3o8
davimus & manibus insiauavinius ad saio-
nem Goddeforte. Et est unus ex ipsis campis
juxta campum Jabenari vel juxta canipum
defensori, & alius campus est juxta cam-
pum Santioni vel juxta campum Tutildi, &
tercius campus est juxta campum Amabili
& inlaterat in campum Corbelli, & quartus
campus est juxta campum Eldefonsi & con-
frontât in campum Goderamai, & quintus
campus est juxta campum Argerici & sub-
jungit in campum Eldefonsi, & sextus or-
talis est juxta ortum Argerici, inlaterat in
ortum vel terra Truterici ; unde intemptio
esi inter predicto Recemiro & Danhiel ad-
V .cato predicto Richelmo vicecomite, qui
suprascriptas terras ad bénéficia repetet.
Sapemus & vidimus occulis nostris & auri-
bus audivimus & de présentes fuimus in
supra.
i5i.
LXXXII
Diplôme de Charles le Chauve en fa-
veur d'Isemherty son fidèle ' .
r.
' Bibliothèque du roi, Baluze, Chartes des rots,
n. i3 yau']. Armoires, v. Sço, n. 482] ; original en
parchemin, scellé d'un sceau bien conservé. Aux
archives de l'Aude, fonds de la Grasse, une copie
du onzième siècle environ, dans laquelle on a
predicta villa Tresmalos , quando venit cherché à imiter les caractères paléographiques &
avius istius Ricemiri condam nomine Wa- l'apparence de l'original. Cette copie a été prise
damirus & pater ipsius idipsi Ricemiri po"'' "" a^t-'e original par D. Bouquet, qui l'a
nomine Vuitigisus & prendiderunt jam- P"^l'^« ^ ^^ ''"'^^ '^^ véritable, dans ses Histo-
dictas terras prius per illorum adprisio-
nem sicut ceteri Spani vel per precep-
tum domini imperatoris, & possiderunt eas
infra hos legitimos annos, usque dum Su-
niarius comes eas tulit ad suprascripto
Vuitigiso pâtre istius nieminiti Ricemiri
sua fortia & inbeneficiavit eas ad homine
suo condam Tructerio, & hodie magis per
riens de France, t. 8, p. 556, d'après '"'D. Martène
& Durand; elle a été reproduite par M. l'abbé
Verguet de Carcassonne, en i8<i5 & en 187^; lui
aussi l'a prise pour l'original '. Outre la forme de
l'écriture, qui permet de reconnaître l'imitation
souvent grossière des caractères carolingiens, il
faut compter au nombre des preuves du remanie-
ment de cet acte à une époque postérieure l'inser-
tion de plusieurs clauses que nous donnons en
tinent ad istum Ricemirum pro partibus note ; elles ont toutes pour objet d'étendre la do-
avii sui condam Wadamiro & patri suo "'''^•°" '''y^^' °" ^'^" P''^'^'"'' ^" '""^"- ^^"^"-
condam Witigiso per illorum adprisione . • , ^ .. , . ,j ,. ,• , ,..,,•
" '■ .. ' • Voira ce sujet un article de M. Leopold Delisie, Btblto-
ad habendum per supradictas terras, quam thèque de l'École des Chartes, t. 35, 1874, p. 2o3.
An
catus pro scripto Richelmo vicecomite ulli homini ad benefitio, ad cujus vocem
pro causa unde intentio vertitur inter eos, Danhiel advocatus Richelmo vicecomite
& nomina testium hec sunt, id est Tutil- eis repetet. Et ea quae scimus recte & ve-
dus, Jobila, Amabilis, Pomponius, Sese- raciter tesîificamus per supra adnixum ju-
nandus, Sanctio, Firriolus : « Juramus in ramentum in Domino. » Late conditiones
primis perDeum patrem omnipotentem & sub die quinto junii, anno octavo decimo
per Jesum Christum filium ejus sanctum- régnante Karulo rege. Poponius. Signum
que Spiritum, qui est in Trinitate unus Tutildi. Signum Jobilani. Signum Sese-
& verus Deus, sive & per reliquias sancti nandi. Signum Santioni. Signum Firrioli.
Pétri cujus baselica in vicho Helna fundata Signum Enneconi ubi jurabimus. Danhiel
esse dignoscitur, super cujus sacrosancto qui anc juramentum recepi, Auditores. Sig-
altario bas conditiones manibus nostris num Pétri Eles presbiter. Wigila presbiter.
continemus vel jurando contangimus, quia Signum Mironi. Signum Argerici. Signum
nos jamdicti testes scimus & bene in veri- Irziaudi. Signum Rechilani. Margaptus
tate notum habemus de ipsas terras qui presbiter. Suniemirus. Ferutio. Radeper-
sunt in territorio Helenense infra fines & tus. Sabaricus. Albicus. Signum Godeforte
adjacentias de villa Tresmalos, ubi nos tes- saioni. Arm[en]tarius presbiter has condi-
tes accessionem fecimus & pedibus circum- tiones scripsi & subscripsi die & anno quo
nomine sanctae & individuae Trini-
tatis. Karolus gratia Dei rex. Regalis
celsitudinis mos est fidèles regni sui donis
Éd.orig.
t. I,
col. io5.
An
809
30 juin
3oQ PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC. 3io ~~
An ^ An
^ miiltipliclbus & honoribus ingentibus ho- nis nostrae praeceptum fieri illique dari ^
norare sublimesque efficere. Proinde ergo jussimus, per quod memoiatas res in iii-
morem paterjium regum videlicet praede- tegro cu[ni] ecclesia quam volumus cano-
cessorum nostrorum sequentes, libuit cel- nicae auctoritatis necnon etiam
situdini nostrae quendam fîdelem nostrum molendinis, terris cultis & incultis, vineis,
nomine Isembertum , ad deprecationem garricis, pratis, pascuis, silvis,.aquis aqua-
Humfridi carissimi nobis comitis ac mar- rumve decursibus, exitibus & regressibus
chionis nostri, de quibusdam rébus nostrae atque omnibus legitiniis exterminationibus
proprietatis honorare atque sublimare. seu etiam cum omnibus sibi pertinentibus
Ipsae enim res sunt sitae in pago Narbo- rébus integro praefato fideli nostro Isem-
nense super fluvium Urbionem , in villa berto aeternaliter in proprium concedi-
quae dicitur Ripa-alta, id est eadem villa mus, ac de nostro jure in jus ac domina-
in integro cum omnibus sibi pertinentibus tionem illius soUemni more transferimus,
rébus & in eodem pago villa quae vocatur eo videlicet modo, ut quicquic memora-
Zebezan similiter cum omni sua integri- tus fidelis noster Isembertus ex praedictis
tate'. Unde hoc altitudinis ac magnitudi- rébus pro sua utilitate ac conmoditate
facère decreverit, libero in omnibus po-
quons à ce sujet que les moines de la Grasse ont tiatur arbitrio faciendi , sicut ex reliquis
commis nombre de faux de cette espèce au dixième rebus SUae proprietatis. Ut autem haec
ou onzième siècle ; sans parler du diplôme de nostrae auctoritatis largitio majorem in
Charlemagne de 806, qui ne contient rien d'au- Dei nomine per supervenientia tempora
thentique, les archives de cette abbaye renfermaient obtineat VÎgOrem , manu propria Subter
encore un faux diplôme de Charles le Chauve de ^^^ firmavimus & anulL noStri impres-
855 (Voir plus haut, c. 804), le présent acte pour ^j^^^ hissimus sigillari.
Isembert, l'acte pour Adroarius, dont le prétendu c- V ]• /î
Signum Karoli (locus monogrammatîs)
gloriosissimi régis.
Folchricus diaconus ad vicem Hludo-
vuici recognovit & subscripsit (locus si-
gilll).
Data XII kalendas julii, indictione vu,
anno XX régnante Karolo gloriosissimo
rege. Actum Attiniaco palatio regio, in
Dei nomine féliciter. Amen.
cant Rubicunda, delnde vadit ad saixam excelsam
que est in monte superiore, & descendit per viam
diplôme remanié. — L'original du diplôme pour que vadit ad Vallem, que est inter duos montes,
Isembert contient à la première ligne une invoca- & sic vadit ad ilicem ubi facte sunt decuriae;
tion tachygraphique. [A. M.] deinde vadit ad terminum Sanctae Mariae monas-
^ Cette phrase in integro cum omni sua integritate terii , & deinde vadit usque in flumini Urbionem
manque dans la copie de Carcassonne. ad molinum subteriorem. Et m eodem pago villa
Ija même copie ajoute ici tout un long passage que vocatur Vjlla-Rubia cum ecclesia Sancti Satur-
donnant les limites du territoire concédé; voici ce nini, cum omni sua integritate. Et terminât pre-
fragment, qui indique bien dans quel but le faux dictus alodis de una parte usque in Plumbiaco ad
a été commis : ipsas Petras fictas & [usjque ad stratam publicam
« Et terminât predictus alodis de una parte de que vadit Narbonam ; deinde vadit usque in rivo-
molinos Gualapandi, qui sunt siti in ripa Ur- lum Ralaso, & vadit per ipsum rivolum usque ad
original est des plus suspects (Voir plus bas,
n. LXXXIV), enfin un diplôme de Charles le
Simple de 908, dont le fond peut être vrai, mais
qui, dans sa forme actuelle, est certainement
altéré; en effet, l'original conservé dans le vo-
lume 390 de Baluze, est tout à fait différent des
originaux carolingiens; l'écriture en est manifes-
tement imitée & la disposition de la souscription
du prince & du chancelier, ainsi que de la clause
de Vambasciator, le peu de régularité dans l'écarte-
ment des lignes, sont des preuves évidentes de sa
fausseté. Le sceau de cet acte est du reste authen-
tique & peut avoir été emprunté à l'original du
bione, ubi sunt signa supposita atque decurias
{sic), deinde vadit per torrentem & per ipsum
montem superiorem usque in roca ubi signa facta
sunt & usque âd Mata Ladornor, & vadit per se-
mitam usque ad ilicem magnam, que vocant Balla,
& sic vadit per semitam usque ad terram que vo-
fluvium Niella; deinde vadit per supradictum flu-
vium usque ad casal[em] de Modeir; deinde vadit
usque ad Podium Felicem & sic vadit usque ad
Prasas. n
Nous donnons ce texte d'après le fac-similé au-
tographique de l'abbé Verguet. [A. M.]
on
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC."
3l2
An
859
3o juin.
Éd.orig.
t. 1.
col. io6.
i52. — - LXXXIII
Diplôme de Charles le Chauve en fa-
veur d'un de ses fidèles^ nommé
Gomesinde '.
I. — In nomine sanctae & individuae
Trinitatis. Karolus gratia Dei rex. Regalis
celsitudinis mos est fidèles regni sui donis
multiplicibus & hoiioribus ingentibus ho-
norare sublimesqiie efficere. Proinde ergo
morem parentum regum videlicet praede-
cessorum nostrorum sequentes, libiiit cel-
situdini nostrae quendam fidelem nostrum
nomine Gomesindum ad deprecatioriem
Humfridi carissimi nobis comitis atque
marchionis de quibusdam rébus nostrae
proprietatis honorare atque sublimare.
Quae res sunt sitae in pago Narbonense,
hoc est villare quod dicitur Donnas cum
omnibus appendiciis suis, & in eodem pago
alterum villare quod vocatur Catorcinos ,
similiter cum omni sua integritate. Et in
eodem pago dari jussimus beneficium nos-
trum ad proprium, quod retinebat genitor
ejus Gomesindus & frater suus Adefunsus
per nostrum beneficium, ad jus proprium
habendas concedimus, & insuper quidquid
in nostra provincia adquirere potueris vel
quod tu antea retinebas plenaque integri-
tate totum & ad integrum vel inexquisi-
tum praedicto fideli regni nostri nomine
Gomesindo ad proprium concedimus & de
jure nostro in jus ac dominationem illius
transferimus. Unde hoc altitudinis nostrae
praeceptum fieri & memorato fideli nostro
dari jussimus, per quod praenominatas res
atque villares cum omnium rerum ad se
pertinentium summa integritate illi aeter-
naliter ad jus proprium habendas conce-
dimus & tu & filii lui & posteritas tua.
Eo videlicet modo, ut quicquid idem fidelis
' Copié sur l'original, appartenant à M. de
Donos, au diocèse de Narbonnej communiqué par
M. Pech, chanoine de Narbonne. [Ce diplôme pa-
raît encore au moins interpolé, sinon tout à fait
faux : en effet, l'incohérence de la rédaction em-
pêche de croire qu'il émane directement de la
chancellerie de Charles le Chauve. j [A. M.]
noster jamdictus Gomesindus ex praedic-
tis rébus pro sua utilitate ac commodi-
tate facere decreverit, liberrimo in om-
nibus potiatur arbitrio faciendi, sicut ex
reliquis rébus suae proprietatis; ut nul-
lus comes nec nullus quilibet homo possit
nomine regiae potestatis vel dominorum
prendere, nec usurpare non praesumat de
res fideli nostro Gomesindo nec de filios
nec de posteritate sua nec in placitum
distringere faciat nisi ante nos aut poste-
ritate nostra, nec ullum servitium num-
quam impendant. Ut autem haec nostra
auctoritatis largitio majorem in Dei no-
mine per supervenientia tempora obtineat
vigorem, manu propria subter eam firma-
vimus & anuli nostri impressione jussimus
sigillari.
Signum Karoli gloriosissimi régis.
Folchricus diaconus ad vicem Hludovici
recognovit.
Data pridie kalendas julii , indictione
VU", anno XX régnante Karolo gloriosis-
simo rege. Actum Attiniaco palatio regio,
in Dei noinine féliciter. Amen.
II. — In" primîs Deo miserante îmbuti
preceptis qualiter ecclesiarum Dei structo-
ribus future preparetur merces. Idcirco
pertractantes basilicam in honore sancti
Aifdree in jure nostro proprio caro, puro
sinceroque fundare animo studuimus &
fundatam propriis dotare rébus. In cir-
cuitu primitus ecclesie ad corpora sepe-
lienda fidelium qui vulgo dicitur ciminte-
rium , damus terram aripentos ll°% ad
nemoribus aripentos 11"% terras aratorias
nioiadas XX aripendos, V de vinea, & in
ipsum vilare donamus nos silva. Adjacen-
tias habet ipsa silva, de uno latus adjacet
ad Silva-Folcradane, de alio latus ajacet a
rivo qui dicitur Roga, de alia parte ajacet
a Terra-Leone, de alia parte ajacet ad strada
puplica. Quantumcumque infra totas istas
adjacentias loquitur, totum & ab integrum
nos donamus ad ecclesiam Sancti Andrée
cum exitu & regressu & omne superpo-
situm earum istarum rerum omnium ex
parte vinee cuncteque ajacentie ipsius do-
' Cartulaire de l'abbaye de Lézat; latin 9189,
f° 180 r°.
An
85p
An
859
3o dé-
cembre
An
859
3i3
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
3i4
An
859
3o juin.
natoris, ego Ermentrudes devota & filius honorare sublimesque efficere. Proinde
Egofredus tradimus vel concedinius jure ergo morem pareiitum regum videlicet
perpetuo possidcndas, ut meritis preci-
busque sanctorum semper una [cum] con-
sensuTholosani episcopi assignato idoueus
constituatur minister. Qui vero violare
presumpserit, sequestratus a consorcio se-
praedecessorum nostrorum sequentes, li-
buit celsitudini nostrae quemdam fidelem
nostrum nomine Aureolum ad preca-
tioiiem Humfredi carissimi nobis coniitis
atque marchionis de quibusdam rébus
cedat fidelium. Si quis vero persona quod nostrae proprietatis honorare atque subli-
absit de jamdictis rébus distrabere aliquid mare; quae res sunt sitae in pago Impuri-
temptaverit, minime quod vendicarevaleat, tano super Fluvianum, id est villare quod
sed convintus judicare potcstis, auri li- dicitur Salsidum cum omnibus sibi perti-
bras III coactus exsolvat & firmiter teneat. nentibus rébus p^igo Petralatensi alte-
Acta stipulatio a nobis est m kalendas rum villare quod vocatur Richusim, simi-
januari, sub die feria V*. Ego Salomon epi- liter cum omni sua integritate. Unde hoc
scopus sedis Tholosane concedo ibi par- celsitudinis nostrae praeceptum fieri ac
rochiam per fines & loca : de una parte memorato fideli nostro Aureolo dari jussi-
ajacet a rivo qui dicitur Roga, de alia parte mus, per quod supramemoratas res cum
ajacet a Firmino, de alia parte ajacet a omnium rerum ad se pertinentium ipsi
Grazago vel Cucudago, de alia parte ajacet eternaliter ad jus proprium concedimus
a Carciago. Quantumcumque infra istas habendas & de nostro jure in jus ac domi-
fines concluditur, totum & ab integrum nationem illius solemni more transferi-
ego Ermentrudes & filius Egofredus & mus. Eo videlicet modo, ut quidquid idem
Salamon episcopus concedimus istam par- fidelis noster Aureolus ex praedictis rébus
rochiam neminem contradicenteni , anno pro sua utilitate ac commoditate facere
XX Karlo régnante. Sig + Ermentrude de- decreverit, liberrimo in omnibus potiatur
vota. Sig t Egofrede, qui dota ista scri- arbitrio faciatque rébus sicut Ut
bere vel firmare rogaverunt. Sig f Geraldo autem haec nostrae auctoritatis largitio
clerico. Sig t Benedicto presbitero. Sig f majorem in Dei nomine per supervenien-
Homo Dei presbiter. SigfLeutardo près- tia tempora obtineat vigorem, manu pro-
biter. Sig f Gontardo. SigtAmelio. Sigt pria subter eam firmavimus jussimus
Leone. Sig t Geutardo. Sig f Autardo. Sigt sigillari.
Geiraldo. Sig t Salomon dono Dei episco- Signum Karoli gloriosissimi régis.
pus Tholosanus. SigfErimanni archidia- Folchricus diaconus ad vicem Hludovici
coni. Benedictus presbiter rogatus scripsit. recognovit & subscripsit.
Data pridie kalendas juliî, indictione
vu'', [annoj XX régnante Carolo gloriosis-
simo rege. Actum Attiniaco in palatio re-
^■^^' gio, in Dei nomine féliciter. Amen.
Diplôme de Charles le Chauve qui, —
à la prière du marquis Humfrid,
accorde certains biens à un de ses
fidèles, nommé Auriole\
IN nomine sanctae & individuae Trini-
tatis. Karolus gratia Dei rex. Regalis
celsitudinis mos est fidèles regni sui do-
nis multiplicibus & honoribus ingentibus
154.
Diplôme de Charles le Chauve où il
est fait mention du marquis Gau-
celin '.
N nomine sanctae & individuae Trini-
tatis. Karolus gratia Dei rex. Si erga
' Archives du duc de Médina-Cœli & de Cor- loca divinis cultibus mancipata propter
dova, &c. à Barcelone; & copie dans la collection
Moreau, à la Bibliothèque nationale, t. 2, f 24. • Recueil des historiens de France, t. 8, p. 56i,
An
859
An
860
19 no-
vembre.
An
860
3i5
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
3i6
amorem Dei eorumque in eisdem locis sibi extirpare commodum duxerint cum omni
famulaiitibus bénéficia opportuna largi- earum rerum integritate, sub nostro num-
mur, praemium apiid Dominum aeternae deburdo" sicut dictum est atque defensione
remunerationis rependi non diffidimus. integerrime contra omnium inquietudines
Idcirco notum sit omnibus sanctae Dei hominum constituentes; praecipimus at-
Ecclesiae fidelibus & nostris, praesentibus que jubemus ut nullus judex publicus vel
atque futuris, quia quidam religiosus vir quislibet ex judiciaria potestate in eccle-
Theodosius abba monasterii, quod est sias aut loca vel agros seu reliquas posses-
situm in pago Gerundense, constructum
scilidet ad honorem sancti Erneterii sanc-
tique Genesii , ad nostram accedens se-
renitatem obtulit praecellentiae nostrae
quandam domni ac genitoris nostri glo-
siones saepedicti monasterii & cellularum
sibi subjectarum, ad causas judiciario more
audiendas vel freda exigenda vel paratas
faciendas aut uUas redhibitiones aut fide-
jussores tollendos vel illorum bomines
riosae memoriae augusti Ludovici aucto- distringendos aut illicitas occasiones re-
ritatem praedecessori siquidem suo ve-
nerabili abbati Deodato factam , in qua
continebatur qualiter idem domnus & ge-
nitor noster per intercessionem Gauzelini
quondam marchionis eum & monacbos
quirendas ingredi valeat, sed neque via-
ticum neque portaticum neque salvati-
cum neque pascarium neque teloneum
aut ullum illicitum debitum nec ea quae
supramemorata erant exigere praesumat.
suos praedictumque monasterium cum om- Sed cum cellis supramemoratis, villari-
nibus rébus sibi pertinentibus sub suae bus aliisque omnibus rébus praenominato
immunitatis tuitione defensionisque mu-
nimine clementer susceperit. Petiit itaque
reverentiam nostram idem Theodosius
abba ut eamdem domni & genitoris nostri
rénovantes praeceptionem , eum mona-
chosque suos una cum praescripto monas-
terio & cellis sibi pertinentibus aliisque
omnibus rébus similiter sub nostrae im-
munitatis defensione recipere plenissime
dignaremur. Cujus inquam petitionibus
libenter acquievimus & ita illi concessisse
notum esse omnibus volumus. Quapropter
eumdem abbatem cum monachis suis, id
est monasterium cum omnibus rébus sibi
pertinentibus ac cellis sibi subjectis, qua-
rum altéra dicitur domus Sanctae Mariae
sita secus fluvium Amera, altéra vero do-
mus scilicet super fluvium Sterriam, nec-
non etiam cellulas duas in pago Imporita-
nense sitas, ex quibus una appellatur
Columbarium sita super fluvium Tace-
ram, altéra quippe dicitur Carceris sita
juxta maris magni littora, atque ecclesiam
in bonore sanctae Mariae semper virginis
& sancti Mathaei & sancti Johannis con-
monasterio pertinentibus in quibuscum-
que consistant locis sive pagis, necnon &
cum omnibus possessionibus quae juste
rationabiliterque perenni tempore possi-
dere dinoscitur, simul cum bis quae di-
vina pietas eidem sacratissimo loco per
quoscunque fidèles augere voluerit, liceat
memorato abbati suisque successoribus &
monachis in saepedicto loco degentibus
quiète vivere & easdem cum omni securi-
tate sine cujuspiam contradictione & mi-
noratione tenere & possidere eorumque
pro utilitatibus rationabiliter concambiare
vel vendere, & pro nobis conjuge prole-
que nostra seu stabilitate totius regni
nostri una cum monachis ibidem Domino
militantibus divinam misericordiam jugi-
ter exorare. Et quandocunque divina vo-
catione memoratus abba aut successores
sui ab bac luce migraverint, quandiu in-
ter se taies invenire potuerint qui eos
secundum regulam sancti Benedicti regere
& gubernare valeant, licentiam habeant
ex semetipsis abbates eligere, qui eis ut
praediximus merito vitae & sanctitatis
structam, in pago Gerundense sitam in praeesse & prodesse possint. Et ut haec
loco qui dicitur Vallis Anglensis, ipsas nostrae confirmationis auctoritas perpe-
salas seu ejus palatiolum quod vocatur tuam obtineat firmitatem, manu propria
Merlac cum omnibus appendiciis suis, subter eam firmavimus & anuli nostri im-
necnon & in alio loco qui vocatur Ausor, pressione signari jussimus.
& ex ipsa silva quantum in eorum usus Signum Karoli gloriosissimi régis.
An
860
An
860
3i7
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
3i8
Guillelmus notarius ad vicem Ludovici jungimus & domiiiio praesulis ejus Guisadi
recognovit. ac successoruni ejus perpetuo mancipamus,
Data XIII kalendas decembris, iiulictione videlicet ut ecclcsiastica & canonica auc-
VIII, auno XXI régnante Karolo gloriosis- toritate ad utilitatem & necessitatem sae-
simo rege. Actum in Pontione palatio
regio, in Dei nomine féliciter. Amen.
10
5.
An
860
19 no-
vembre.
I
pedictae sanctae sedis & servorum Christi
in ea degentium ordinent atque disponant
sine cujuspiam inquietudine aut contra-
dictione. Cerdaniensis vero pagus, Libien-
sis & Bergitanensis, Palariensis quoque,
Ripacurcensis, Gestabiensis atque Cardo-
sensis, Anabiensis ac Tirbiensis & locus
Sanctae Deodatae cum finibus suis, sicut
in memoratis imperialibus praeceptis no-
tum est scriptum fuisse, seniper subjaceant
plerumque dictae sedi Urgellensis eccle-
siae neque sit eis licitum ad alias vicinas
Diplôme de Charles le Chauve en
faveur de l'église d'Urgel\
N nomine sanctae & individuae Trini-
tatis. Karolus gratia Dei rex. Quicquid ecclesias migrare. Praeterea concedimus
pro utilitate & necessitate sacrorum lo- eidem sanctae sedi, ut sicut aliae ecclesiae
corum efficere contendimus, profuturum Septimaniae ita quoque eadem & rectores
nobis & ad praesentem vitani féliciter ejus semper habeant tertiam partem telo-
transigendam & ad aeternam beatitudinem nei de omnibus illius parrochiae mercatis.
facilius obtinendam omnino confidimus. Similiter etiam concedimus eidem eccle-
Ideoque notum sit omnibus sanctae Dei siae ob remedium animae nostrae tertiam
Ecclesiae fidelibus & nostris, praesentibus partem telonei omnium negotiatorum per
atque futuris, quia venerabilis vir Guisa- eandem parrochiam transeuntium atque
dus Urgellensis ecclesiae episcopus ad mercantium, nuUique sit licitum contra
nostram accedens reverenter sublimitatem hanc auctoritatis nostrae praeceptionem
innotuit de quibusdam rébus a gloriosis molestiam de bis de quibus dicitur rébus
imperatoribus Karolo avo nostro & Ludo- &; teloneis inferre super iis dicto ponti-
vico genitore nostro eidem ecclesiae suae fici ac successoribus ejus sive ministris
per praecepta impraevaricanda concessis, crebro dictae ecclesiae Urgellensis ad hoc
id est condaminam unam quae est prope exequendum constitutis, praesentibus tem-
hortum Sanctae Mariae & ecclesiam Sancti poribus & futuris. Ut autem hoc nostrae
Jacobi cum suis hortilibus & casalibus. auctoritatis scriptum pleniorem in Dei
Praeterea petiit ut eidem sanctae sedi nomine obtineat firmitatem, manu propria
redderemus contiguam aliam condaminam subterfirmavimus & anuli nostri impres-
& hortum praefatae condaminae adheren- sione signari jussimus.
tem ; addidit etiam de decimis Andorrensis Signum Karoli gloriosissimi régis,
pagi ferri & picis quae ecclesiae suae Gauzlenus notarius ad vicem Ludovici
debentur; simul etiam dixit nobis de qui- recognovit^ subscripsit.
busdam pagellis qui suae sunt parrochiae. Data Xiii kalendas decembris, indictione
ut progenitoribus nostris imperatoribus nona, anno xxi régnante Karolo glorio-
per praeceptum nostrum eidem sanctae sissimo rege. Acta Pontigone palatio re-
sedi beatae Mariae nomini dicatae secun- gio, in Dei nomine féliciter. Amen,
dum antiquam consuetudinem subjectos
esse confirmaremus. Cujus venerandi pon-
tificis supplicem rogationem clementer
audientes, praeceptum hoc altitudinis nos-
trae fieri jussimus, per quod praenomina-
tas res praescriptae sanctae sedis juri sub-
An
860
' Recueil des historiens de France, t. 8, p. 562.
3i.
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
320
An
86i
29 avril.
~ stabilem abeat roborem. Facta scriptura
vindictionis sub die m kalendas niaii, anno
l56. XXI régnante Karulo rege. Olerbius qui
hanc vindictionem feci. Signum Austredi.
Vente faite par Olerbius à Audesinde, Anastasius. Wadamirus presbyter. Signum
An
86i
Williscli. Signum Petroni. Sanctus presbi-
ter hanc vindictionem scripsi & subscripsi
die & anno quo supra.
157. — LXXXIV
Charte de Charles le Chauve en faveur
d'un de ses vassaux, nommé Adroa-
rius '.
IN nomine sancte & individuae Trinita-
tis. Karolus gratia Dei rex. Regalis cel-
évêque d'Elne, des jardins qu'' il pos-
sédait au territoire d'Elne '.
IN nomine Domini. Ego Olerbius venditor
vobis Audesindo episcopo emptori meo.
Constat me vobis vindere debere sicuti &
per hanc scripturam vinditionis mee vende
vobis in vico Helna, ortos meos quod ha-
beo per adprisionem parentum meorum,
& infrontat ipsi orti de uno latus in via
quae vadit ad mare, de alio latus infrontat
in clusum qui fuit Foremico & de tertio
vero & quarto latus infrontat in ortis qui
sunt de beneficio Sanctae Eulaliae & or-
tum Willisclo presbitero & ortum qui fuit situdinis moris est fidèles suos donis multi
Constantini. In dictos ortos vindo vobis plicibus & honoribus ingentibus honorare
omnem medietatem ab intègre cum exia & atque sublimare cupimus fulciri. Proinde
regressia vel omni superposito illorum, & morem parentum regum predecessorum
accepi ego vinditor de vos emptore precio nostrorum sequentes, libuit celsitudini
sicut inter nos bone pacis placuit adque nostrae quendam fidelem nostrum, Adroa-
convenit in aderato & definito denarios rio nomine, de quibusdam rébus nostrae
triginta quod vos emptor nobis dedistis & proprietatis honorare atque in ejus juris
ego vinditor de présente manibus meis re- potestatem liberalitatis nostrae gratiam
cepi & nichilque de ipso pretio aput vos conferre. Idcirco noverit experientia at-
emptore non remansit ; est manifestum. que industria omnium fidelium nostrorum
Quem vero portionem meam id est medie- tam presentium quam & futurorum, quia
tatem in prescriptos ortos quantum dictas concedimus eidem fideli nostro Adroario
infrontationis includunt, de meo jure in ad proprium quasdam res juris nostri sitas
vestro trado dominio ab intègre cum omni in pago Narbonense ; villam Airolas cum
voce appositionis mee vel repetitionis
Éd.orig.
t. 1,
col. 106.
An
861
23 mai.
abendi, vendendi, commutandi vel quid-
quid de jamdicta medietate in sepedictos
ortos facere volueritis, liberam in Dei no-
mine habeatis potestatem ex presenti die
& tempore. Et qui contra hanc scripturam
'Original à la Bibliothèque du roi j Baluze,
Chartes des rois, n. 26. [Aujourd'hui latin 8 SSy,
i° 83} parchemin jadis scellé.] Ce diplôme semble
peu authentique; si l'on compare son écriture à
celle de l'original du n. LXXXII, donné la même
vinditionis a me vobis facta & a VOS recepta année, écrit parle même notaire, on reconnaî-
venerit aut irrumpendum aut ego venero,
inférât vel inferam vobis aut partique
vestre medietatem dicta quantum ad eo
tempore inmeliorata fuerit cum predicto
pretio dupplum pariter vobis abiturum, &
insuper haec scriptura vindictionis inrumpi
non permittatur, sed in omnibus firmam &
' Cartulaire d'Elne, f" 1 29 ; & copie dans la
tra que c'est une copie figurée, habilement faite,
d'ailleurs, mais dans laquelle cependant, surtout
dans la première ligne en grandes capitales & dans
les dernières, on voit la fatigue du scribe le
trahir &. les lettres affecter une forme plus ronde
qui rappelle l'écriture diplomatique de la fin du
dixième siècle. Les archives de Carcassonne, fonds
de la Grasse, contiennent une reproduction de ce
prétendu original, qui est intitulée : Exempla hec
est. Cette dernière copie a été publiée comme un
collection Moreau, à la Bibliothèque nationale, original par l'abbé Verguet dans ses fac-sim'de des
t. 2, f° 3i. diplômes de la Grasse, n. 4. [A. M.]
An
86i
321
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
322
Ed.orig.
t. 1,
col. 107.
An
861
novem-
bre.
suos fines & termines & cum ipsa eclesia
ibidem sita in honore sancti Adriani &
cum ipsa silva Montederno, & ipso monte
que vocant Monasteriolum cum silva Bi-
toranda usque ad Riotaraciaco, & usque
ad Petraficta inter Redense &Narbonense;
& in villare Pereto ipso fisco & in villa
Calcicustello ipso fisco. Igitur ita confir-
mando memoratas res cum omni integri-
tate & eorum apendiciis, cum ipsa eclesia,
cum domibus, edificiis, terris, vineis, pra-
tis, silvis, pascuis, farinariis, aquis aqua-
rumve decursibus vel etiam quicquid ad
supradictas res pertinere videtur, prae-
dicto fideli nostro Adroario ad proprium
per hanc nostrae auctoritatis conscriptio-
nem concedimus & de nostro jure in jus
ac potestatem illius solemni dominatione
transferimus. Ita videlicet ut quicquid ab
hodierno die & tempore exinde pro sua
utilitate adque comoditate jure proprieta-
rio facere decreverit, liberam & firniissi-
mam in omnibus abeat potestatem fa-
ciendi, tam donandi quam vendendi seu
comutandi necnon etiam heredibus relin-
quendi. Et ut hec nostrae largitionis ac
donationis auctoritas perpetuam obtineat
firmitatem, manu propria subter eam fir-
mavimus, & de anulo nostro adsignari jus-
simus.
Signum (locus monogrammaùs) Karoli
gloriosissimi régis. Folchricus notarius at
vicem Hludovici recognovi & subscripsi.
Data X kalendas junii, indictione ix",
anno XXI régnante gloriosissimo Karolo
rege. Actum aput Compendio palatio regio,
in Dei nomine féliciter. Amen.
i58. — LXXXV
Donation faite à Vahbaye de Vahre,
dans Le temps de sa fondation^ .
SACROSANCTAE basilicae sancti princi-
pis Pétri & sancti Dionesii sive sancti
Vincentii maïtyris ceterorumque sancto-
rum quorum hic relif[uiae continentur &
venerandae esse videntur seu a viris re-
ligiosis qui in hoc loco consistere viden-
tur. Ego Rotlandus videns hune lociim
aptum & a viris religiosis venerandum,
cogitans intra me, volui ipsunl locum
construere sanctum pro remedium animae
Raymundi seniori meo, qui me in sacro
fonte sibi in filium spiritualem conjunxit,
& pro remedium animae meae vel paren-
tum meorum seu etiam pro remedium
animae avunculi mei Rotlandi, ut plus
Dominus & mihi & illi mercedem reddere
dignetur. Propterea ad ipsum locum cujus
vocabulum est Waber & ad ipsos mona-
chos qui ibidem degere videntur res meas
cedo cessasque in perpetuum esse volo,
hoc est curte mea cum appendiciis suis,
his nominibus Rigilio, Altcapias, Turon-
dellos vel ad ipsos Mansellos, similiter &
in alio loco curte mea Armario cum ca-
pella quae est in honore sancti Aredii vel
cum ipsa villa, quantum ibi aspicit vel as-
picere videtur, totum & ab integrum ibi
cedo; ita ut dum ego vivo usum & fructum
mihi reservo, post obitum vero meum ad
ipsum locum sacrum vel ad ipsos mona-
chos qui ibidem deservire videntur relin-
quo. Quod si ego, quod fieri non credo,
immutata voluntate mea, aut uUus haeres
vel propinquus meus vel ulla subrogata
persona, qui contra hanc cessionem ire
temptaverit, componat tantum & alium
tantum quantum ipsas res vel ipsas curtes
uUo tempore melioratae valere potuerint,
& quod petit non vindicet, sed praesens
cessio ista a me facta firma & stabilis va-
leat perdurare cum stipulatione subnixa.
Facta cessione ista in mense novembrio,
anno vigesimo secundo régnante Karolo
rege. Ego Rotlandus levita cessione a me
facta subscripsi. S. Alboni. S. Heldrammo.
S. Landrico. S. Lugibaldo. S. Rodgario.
S. Silvino. S. Roliano. Tresuinus rogatus
scripsit.
d'hui collection Doat, à la Bibliothèque nationale,
vol. 148, f« 20.]
An
861
Ld.orig.
t. 1.
col. 108.
' Le texte porte xii.
' Cartulaire de l'église de Vabre. Bibliothèque
Colbert, vol. ms. sur l'abbaye de Vabre. [Aujour-
II.
323
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
32^4
159.
LXXXVI
Histoire de la fondation de Vahhaye
de Vahre , en Rouergue , écrite par
Agio, abbé de ce monastère , au
commencement du dixième siècle \
— EMPORE quando ex partibus Europae
ab Aquiloiiis cardine diffusa gens Mar-
860-906 chomanorum sevissima atque barbarorum
immanior Galliamque introgressa, fortis-
simis ictibus sancta patiebatur Ecclesia,
nam nullo ferente barbarorum vesaniam,
erat non modica tribulatio, quia per om-
nes pane pagos juxta Gallicum Oceanum
dispersae sunt ecclesiae urbesque depo-
pulatae atque monasteria abjecta. Tanta
uamque fuerat rabies persequentium , ut
quos capere christianos quivissent aut
mucrone necarent, aut etiam quos horror
necis innocentum invaserat propter re-
demptionem servare nitebantur. Nonnulli
equidem christianorum torvissimam ex-
pert! persecutionem , relinquentes prae-
dia & patenios abjicientes fundos, partes
Orientis se incolatus dedere. Multi deni-
que elegerant magis cuspidibus occumbere
potius quam incolumes paternos linquere
lares. Alii nempe plures, quorum in cor-
dibus fides minime radices ceperat, lava-
crum sanctae regenerationis négligentes,
sed paganorum latebrosas diligentes astu-
tias, illorum se foedari & vitiis erant-
que seviores crudelioresque barbafis, ut
erant christiani prius indagare molieban-
tur eorum latibula , & utpote ipsorum
gratia & credulitas apud barbaros robo-
raretur, truculentis manibus proximorum
gaudebant fundere cruorem. Reliqui nam-
que veram praestolabantur pacem , nuUa-
tenus cognoscentes sua peccamina cum
nullis divina exercuisset ultio, quia prius-
quam accidisset hujus procella turbinis,
alter alterius rodebat vitam 8c dives egeno
' Bibliothèque Colbert, vol. ms. sur l'abbaye de
Vabre. [Aujourd'hui collection Doat, à la Biblio-
thèque nationale, vol. 148, f" i.] — Catel, His-
toire des comtes de Toulouse, p. 69 & suiv.
subdole quod possidebat aufferre gestie-
bat. Ideo data est ei dira ac prolixa tribu-
latio j tamdiu enimvero persisterat sevis-
sima atque truculentissima Marcomanio-
rum atrocitas, quatenus ecclesiae quae
nobili fuerant constructione editae in
heremum redigerentur & summa cacu-
mina parietis lucus densissimus coope-
riret. Sed maxime vero juxta mare tel-
lus inculta manebat accessusque hominum
illo rarus iiierat, nisi in tutissimis ac
munitissimis castellis, quia sicuti supra-
taxavimus incolae & clade ingruente aut
aliis regionibus transvexi sunt aut qui
remanserant pêne omnes interfecti aut
videlicet barbaris sunt commixti. Ceteri
qui evaserant in variis degebant praesi-
diis.
Erat igitur eo tempore monasterium
in provincia Galliae, in Petracorio pago,
nomine Palnatus, in quo jugiter deicolae
Christo famulabantur, nihil habentes pro-
prium praeter quod norma sancti Bene-
dicti cedebat. Alla namque plurima erant
monasteria in eadem provincia oppido
ditiora, quae, jamfata ingruente peste,
famis periculo multi monachorum sancti
Benedicti normam negligere coeperunt
& contra illius ritum proprium nisi sunt
habere; quos illi devitantes, nefas & illi-
citum censebant, dogmata Pauli praedica-
toris egregii pectore recolentes : Quis nos
separabit a charitate Christi? Tribulatio, an
angustia, an persecutio, an famés, an nudîtas,
an periculum, an gladius? Dicebant enim &
ipsi, quod nullo modo foret monachus, qui
in terra proprium quaereret, nec scilicet
propriam voluntatem, nisi tantumdem pro-
pria culpa & proprium locum j pauperes
'equidem erant in rébus, sed divites in
fide. Quibus praeerat abbas Adalgasius no-
mine, veneranda canitie, moribus justis,
alacer vultu, prosapia quidem nobili ge-
nitus & ore eloquentissimus. Qui videns
quod nullo modo illorum saevientium
propter praesentem necem foret posse,
coepit lustrare seu bonus pastor regiones
omnes, si forte inveniret ubi ab ore sae-
vientium suas pauperculas servare qui-
visset oviculas ; quoniam quidem minime
illi opportunum erat suo degere solo, in
quo creberrimas miserabiles ex dilectis
Ans
860-906
Éd.orig.
t. 1,
col. 109.
Ans
860-906
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
326
suis alumnis cerneret strages. Ventum est autem eo tempore eximius Helisachar in
igitur ad aures eximii marchionis Régi- eadeni urbe pontificali fungens ministerio,
mundi, qui illo tempore monarchiae To- quem niagnificus niarchio cum Adalgasii
losae fungebatur regendi iiegotio, quod abbatis sciret adesse praesentiam accer-
venerabilis Adalgasius abbas paganorum siri jussit, abbates de siio pago convenire
incursione foret una cum clieiitibus pro- fecit. Tune abiit gloriosus marchio ad im-
prio exulatus solo. Ille enim secum mente peratorem Karolum ob utilitatem monas-
pertractans divinitus fiante salutiferum terii, illique coenobium pia consideratione
reperit consilium, uti viroDei, cujus ce- praeventus, ne incommoda parentibus suis
leberrima per omnem provinciam reboat paterentur post ejus decessum, sub praes-
fama, ad degendum ex paternis tundis una titis per cartam tradidit possidendum, a
cum discipulis suis ederet coenobium , quo mox munitatae percepit continentem.
quatenus per illorum suffragia sua nec-
non & parentum suorum abolirentur cri-
mina. Denique concite ad praefatum ab-
batem mittere non desinens, rogare jussus
est quatenus ad loquendum cum eoTolo-
Ans
860-906
lid.orig.
t. 1,
col. 110.
Diplôme de Charles le Chauve en faveur
de V abbaye de Vabre,
In nomine sanctae ac individuae Trini-
sam ne pigeret accedere. Sed ille extemplo tatis. Carolus gratia Dei rex [Francorum
ad eum pergere nequiens, quoniam ab & Longobardorum ac patricius Romano-
urbe Tolosa fere sexaginta millia aberat rum] '. Maximum regni nostri in hoc au-
& pro re incerta meare ad eum nolens, gère credimus munimentum, si bénéficia
duos ad eum direxit discipulos, rogitans opportuna loca ecclesiarum benevola de-
uti per illos rem panderet, pro qua tanta votione concedimus, baec Domino pro-
terrarum spatia adiré jussus foret. Illi tegente stabiliter perdurare conscribimus.
equidem concite properantes jussa impie- Igitur notum sit omnibus episcopis, abba-
vere patris. Igitur jamfatus marchio cum tibus, comitibus, vicecomitibus, vicariis,
reperisset quod venerabilis abbatis prae- centenariis, judicibus seu omnibus fide-
sentia omnino placito, quod ei constitue- libus praesentibus scilicet & futuris, qua-
rat, minime esset affutura, sed & mona- liter vir venerabilis comes Raimundus, ex
chos ei adfore cognosceret ab eo missos, monasterio quod ipse novo opère jure
providens ne ei causam rei notaret accès- proprietario a fundamento in honorem
sus ejus, imo ne esset agilis Tolosam , Domini Dei ac Salvatoris nostri Jesu
omne pêne quod facere vellet & ut tamen Christi seu sanctae seniperque virginis
quod ei & suis mouachis inferre optaret, Mariae & sancti Dionysii precellentissimi
viri Dei missis propalare non obmisit. Sed martyris seu aliorum sanctorum aedifica-
tempus & diem constituere maliens, quo vit in loco nuncupante Vabro, in pago
venerabilis abbas Tolosam peragrare pos- Curieuse citra lympham Dordonis, ad nos-
set, metuens ne ceu marchioni ex pluri- tram accessit clementiam, & praedictum
mis partibus oriri soient nimbosae, sic monasterium cum omnibus rébus & orna-
inter nimium venerabilis patris iter mo- mentis ecclesiae suae appendiciis vel ad-
rosum nascantur plurima adversa, ne per- jacentiis suis, in manibus nostris plenis-
mittant adimplere utile propositum. Ideo sima deliberatione visus est delegasse, &
propinquum & opportunum placuit sta- ipsum sanctum locum sub nostra defen-
tuere placitum, ut exoneratus aliis rerum sione atque dominatione ad regendum no-
negotiis, cum eo ex amussim tractare qui- bis visus est tradidisse. Idcirco ad ejus pe-
visset de tantae utilitatis ope. At illi au- titionem talem pro aeterna retributione
ditis sermonibus profecti sunt, cumque beneficium ad ipsum sanctum locum visi
remeassent ad propria, cuncta ad reveren- fuimus induisisse, ut in ecclesiis vel locis
dum patrem retulerunt. Ille equidem cum vel agris seu aliis possessionibus ipsius
didicisset a discipulis quae a marchione
fuerant delata, cunctipotentem Dominum ■ Ce que nous mettons entre crochets est une
consulens, profectus est Tolosam. Erat interpolation postérieure. [A. M.]
An
863
juillet.
An
863
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Éd.orig.
t. 1,
col. III.
3 = 7
monasterii, quas moderno tenipore per
nostram donationem ac confirniationem
seu ceterorum fidelium juste possidere
videtur in qiiibuslibet locis , quidc[iiid
propter divinum amoreni collatum fuit
quaeque etiam deinceps in jure ipsius
sancti loci aut per nos aut per alios vo-
luerit divina pietas augeri, praecipientes
jubemus atque anathematisamus, ut nullus
cornes nec episcopus nec abbas aut uUus
judiciaria potestate praeditus ad causas
audiendas vel freda exigenda aut man-
siones vel parafas faciendas aut fidejus-
sores tollendos nec homines istius monas-
terii tam ingenuos quamque servos, qui
super terram memorati monasterii resi-
dere videntur, distringendos nec ullas
redibitiones aut illicitas occasiones per-
quirendas aut uUum oninino ceasum in-
quirendum uUo unquam tempore ingredi
audeat vel exactare praesumat. Sed hoc
ipse abbas vel successores sui aut mo-
nachi memorati loci, praesentes scilicet
& futuri, propter nomen Domini sub in-
tegrae immunitatis nomine, absque cujus-
libet inquietate aut contrarietate valeant
dominare & nulli unquam homini pro
, qualicumque re nullum omnino censum
audeant impendere, sed ipsum sanctum
locum sub nostra defensione atque domi-
natione volumus constare. Statuentes ergo
atque jubentes, ut neque vos neque junio-
res seu successores vestri vel quilibet ex
judiciaria potestate in ecclesiis, locis vel
agris seu reliquis possessionibus supra-
scripti monasterii vel de omnibus quae
suprascripta sunt nunquam uUo tempore
praesumatis; sed quod propter nomen Do-
mini aeterna remuneratione ad jamfatum
monasterium indulsimus, perpetuis tem-
poribus proficiat in augmentum. Et quan-
doquidem divina vocatione suprascriptus
venerabilis Adalgisus abba vel successores
ejus de hac luce ad Dominum migraverint,
qualem meliorem & nobis per omnia fide-
lem ipsa sancta congregatio de supra-
scripto monasterio aut qualicumque loco
voluerint eligere abbatem, qui ipsam sanc-
tam congregationem secuiidum regulam
sancti Benedicti regere valeat, per banc
nostram auctoritatem & praemissani in-
dulgentiam habeant & ubicumque volue-
3:8
rint ordinari aut ipsi aut monachi ipso-
rum vel a quolibet pontifice ex praecepto
& consensu nostro potestatem habeant,
quatenus ipsis servis Dei, qui ibidem Deo
famulari videntur, pro nobis ac conjuge
proleque nostra & stabilitate totius regni
a Deo nobis commissi vel conservandi
hactenus Domini misericordiam exorare
delectet.
Signum Caroli régis.
Adalguarius notarius scripsit ad vicem
Gisseni.
Data xilli kalendas augusti,indictionex,
anno xxilll régnante Karolo rege glorio-
sissimo. Actum Parisius civitate, in Dei
nomine féliciter. Amen.
Haec gloriosissimus rex Karolus vene-
rabili marchioni per praeceptum contulit,
sed & circumquaque utilia pecoribus la-
boribusque apta per cartam imperialem ab
eo loca suscepit. Honore auteni magno ab
imperatore donatus, scilicet argenti libras
ferme XL, ad suum in pace rediit quanto-
cius monasterium. Cognoscat quisquis ille
est, qui hanc cupit légère vel audire vi-
tam, cunctorum hoc caput esse coenobio-
rum, non solum quae Gociae in partibus
eonstructa esse videntur, verumetiam &
illorum quae in aliis regionibus ea tem-
pestate & deinceps per hujus exempla
aedificata atque de thesauris illius ditata,
sicut in antea narratum est. Sedulo consi-
derare libet quanta humilitate ac reve-
rentia isdem metuendus sit locus, qui tôt
principibus videtur esse munitus; siqui-
dem Dominas Christus princeps est om-
nium principum, rex regum & dominus
dominantium , beata vero Dei genitrix
Maria cunctarum virginum creditur esse
regina, Michaël cunctis praefertur agmi-
nibus angelorum; Petrus & Andraeas ca-
pita sunt apostolorum, Stephanus proto-
martyr principatum tenet in coro testium,
Martialis vero gemma refulget praesuluni,
Benedictus cunctorum pater est monacho-
rum '.
' Le même récit contient aussi l'acte de fonda-
tion de l'abbaye par Raimond, comte de Toulouse
& de Rouergue. C'est la pièce que dom Vaissete
publie à la colonne suivante. [A. M.j
An
863
329
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
33o
i6o. — LXXXVIl
An
862
3 110-
Éd.orig.
1. 1,
col. 112.
Et de mancipiis ad ipsum sanctiim locum
cedinius his nominibus ; Trudinare &
uxore sua cuni infantibus corum, exccpto
Franconi, Ariberto & uxore sua cum in-
Charte de fondation de Vahhaye de fantibus eoruni, Elizabeth cum infantibus
Vahre , par Raimondj comte de ^""'^ excepte Eliano, Harfredo cum infan-
Toulouse^ tibus suis excepto Raganfredo, Osterno
& uxore sua cum infantibus eorum, El-
PRISCARUM legum & imperatorum & drado cum uxore & infantibus eorum,
consulum decrevit auctoritas, ut qua- Eliano cum infantibus suis, Lamberto &
liscumque persona ex nobili ortus génère uxore sua cum infantibus eorum, Febrico
veiiibie. res suas in alieno jure transferre voluerit, & uxore sua cum infantibus eoruni, Stabile
tam in ecclesiis quam & in aliis hominibus & uxore sua cum infantibus eorum, Ingi-
per cartas, codicillos & légitimas tradi- baldo & uxore sua cum infantibus eorum,
tiones licentiam habeat faciendi. Quamo- excepto Raganfredono & Mudrico, In-
brem ego in Dei nomine Raimundus, di- gilsinndano cum infantibus suis excepto
vina annuente gratia cornes & marchio, & Vandalbergano & illo clerico quem inge-
uxor mea Berteyz pertractavimus casum nuum dimisimus, uxorem Ebrado cum in-
humanae fragilitatis nostrae, metuentes fantibus suis, Grimaldo & uxore sua c im
diem extremum, ne subito improvisa mors infantibus eorum. Haec enim omnia su-
adveniat & suae mortis laqueo tradat. Et perius nominata cum casis, capellis, cur-
ut uobis Dominus veniam donare digne- tiferis, vineis, pratis, sylvis, molendinis
tur, cedimus cessumque in perpetuum esse & adjacentiis, loca rustica & suburbana,
volumus res proprietatis nostrae, propter quaesitum & quod ad inquirendum est,
remedium animae nostrae & propter re- tradimus Domino omnipotent! & omni-
medium animae genitoris nostri Fulgualdi bus sanctis sive Aldagiso abbati vel siiis
& pro génitrice mea Senegundi & pro ger- monachis sive omnibus qui post eos ibi
mano meo Fredelone quondam, ut quorum futuri sunt. Tradimus de nostra potes-
fuit communis amor, sit & eleemosyna tate, de meorum dominatione, eo modo
communis, quae sunt sita in pago Ruthe- ut nuUus rex vel aliqua potestas habeat
nico, in vicaria quae dicitur Curiense, licentiam ipsas res beneficiare vel concam-
villam cujus vocabulum est Vaber cum biare sive condonare, nisi tantum ut sub
omni integritate, & Vedotio similiter, tuitione & immunitate régis perenniter
Biarcio similiter, Nogareda similiter, & consistât. Et quandiu ego vixero, de ipso
in Tarnesca, in villa quae dicitur Betia- sancto loco tutor & defensor fiam ; post
nus, vineas nostras quas Leotgarius ibi meum quoque discessum , Bernardum fi-
construxit. Haec enim quae supradicta lium nostrum constituimus non domina-
suiiî cum duabus capellis & mansis qua- torem , non haeredem, sed defensorem, ut
lUOr ibidem pertinentibus Adalgiso abbati mea vice ipsum sacrum locum defendat &
suisque monachis tradimus cessumque in monachos nutriat, familiam defendat. Post
perpetuum esse volumus, ad monasterium hujus quoque decessum , si Fulgualdus fi-
construendum in honorem sancti Salva- lins noster superstes fuerit, simili modo
toris & sanctae Mariae Dei genitricis sive ipsum locum ad bona facienda ei commen-
sancti Dionysii Dei omnipotentis praecel- damus. Quod si Dominus permiserit ut
lentissimi nostri martyris, ut unam dicto Odo filius noster supersit, in ipsa tuitione
loco catervam congregent monachorum, & defensione eum relinquimus, & ipsi mo-
qui secundum regulam sancti Benedicti nachi in suo jure suaque dominatione con-
ibi deserviant, hospites recipiant, paupe- sistent. Abbatem quem ipsi secundum re-
res recréent & pro nobis fideliter orent. gulam sancti Benedicti elegerint, cum
prior defecerit, habeant. De repetitione
' Cartulaire de Vabrej & copie dans la collection dicimus, si nOS ipsi immutafa voluntate
Doat, à la Bibliothèque nationale, vol, 148, f 7 v°. nostra aut ullus de haeredibus nostris
An
86z
An
862
Ed.orig.
M,
col. II 3.
33i
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
332
An
862
1.8 no-
vembre.
aut aliquis homo iniqua voluntate testa- id est Adefonsus & Ermenfredus, Teii-
mentum anterius vel posterius quasi a me defredus, Teuriscus, Adroarius, Beco,
factum protulerit, quod nec feci nec de- Medenco, Fortes & Senheresus jud[icesj,
crevi, nullum habeat effectum & prolator sive inpresentia H[icjtore, Albarico, Sala-
falsitatis reus teneatur obnoxius , ut ille mon,Eliane, Fridirico, Asefredo, Raui-
qui eleemosynam nostram voluerit extin- miro, Ennecone, Adimiro, Albaro, Gudino,
guère, imprimis iram Dei omnipotentis Gomesindo, Adilane & aliorum multorum
incurrat & cum Datau & Abiroii damna- bonorum ominum, qui cum ipsis ibidem
tionem perpetuam acquirat & in ultima residebant in mallo publico in Narbona
resurrectione cum electis portionem non civitate, pre multorum ominum alterca-
habeat, & cum Juda qui sacrum corpus tiones audiendas & necotiis causarum
Domini vendidit in perpetuum damnetur, derimendis vel rectis & justis judiciis
& insuper quod conatur agere non vindi- finiendis. Ibique in supradictorum judicio
cet. Et qui contra hanc cessionem ire aut veniens omo, nomine Richimirus, qui est
uUam calumpniam generare praesump- mandatarius de Richimiro abate & de con-
serit, quod petit non vindicet & insuper crecatione Sancti Johannis monesteri, qui
cogente fisco componat auri libras tri- situs est in territorio Carcasense justa
ginta, argenti pondéra centum, sed prae- fluvium Duramno, dicens : « Facite mihi
sens ista cessio omnique tempore invio- justitia de isto Savigildo de snos cu-
labilem obtineat firmitatem stipulatione bertos petrineos cum curte, cum exia &
subnixa. Facta cessione ista tertio nouas regrecia earum, sive & terra, sive & vinea
novembris, anno XXIII régnante Carolo qui est in territorio Narbonense, in villa
rege. Signum Raimundi comitis & mar- Staciano vel infra ejus terminos, quod
chionis. Signum Berteyz uxoris ejus, qui devet esse de gamdicto monesterio vel de
cessionem istam fieri & adfirmari rogave- Richimiro abate & de ejus concrecacione,
runt. Signum Bernardi comitis filii eorum. cui ego mandatarius sum, quod Petrus 8c
S. Fulgualdi filii eorum. S. Odonis. Eli- uxor sua tradiderunt, nomine Vuarnetru-
sachar Ruthenensis episcopus subscripsi. des, per ipsam scripturam qui in isto ju-
S. Bergantz. S. Begonis vicecomitis. S. Ge- dicium condicionis est inserta, & abuit
raidi. S. Rustagno. S. Gislamar. S. Jo- ipsa casa Dei & ejus concrecacio inter
rius Buca. S. item Geraldo. S. Tiodrico. Vuilafredo & isto Richimiro abatibus legi-
S. Amardo. S. Brumali. S. Roberti. S. His- timam vestituram seu & amplius. Iste Sa-
loni. S. Garaldi. S. Rudgerio. Erihenricus vigildus hoc invasit de illorum potestate
levita scripsit. malum ordine injuste infra istos duos an-
nos & exblatavit hoc injuste. » Nos missus
& judices, interrocavimus Savigildo : « Qui
respondis ad bec de bac causa? » Savigildus
in suo responso dicxit : « Ipsas casas petri-
neas cum curte, exia & recrecia earum,
Plaid tenu à Narhonne par les lieu- sive & terra, sive & vinea ego hoc retineo,
tenants d'Humfridj marquis de set non malum ordine nec injuste, quia
X-. T- I ego exinde scripturam emcionis abeo &
autorem nomine Pétrone, qui ipsas res
tN judicio Isimberto misso Unafredo co- n^'^i ii^ legibus autoricare débet. » Tune
1 mite seu & Adaulfo & judices qui jusi 110s missi & judices ordinavimus Hictore
sunt causas dirimere & legibus difinire, misso nostro, quod ad Savigildo fidiuxorem
tollere faciat, ut se presentare faciat una
, . , • j n uu^ j Tv/T . r f • • 1 cum sua scriptura & suos autores nomine
' Archives de labbaye de Montolieu; [original '
en parchemin très-effacé, latin 621 1 d, n. i ; la Pétrone & uxori sue, in villa Pegano que
copie dont les Bénédictins s'étaient servis était vocant Caput-stanio, in placito ante judi-
très-défectueuse, & le texte que nous donnons dif- ces in dies XV, & ad Rihimiro mandatario
fère beaucoup du leur. [A. M.] similiter de sua presentia^ & si minime
161. — Lxxxvin
An
862
Éd. orig.
t. 1 ,
col. 1 14.
An
862
333
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
334
fecerint, unusquisque conpoaat solidos X,
& quidquid ibidem ad judices legibus fini-
tum fuerit, de hac causa sic consistât. Suber
vero venientes ad placitum const[itut]um
in dies XV, in villa Pegano que vocant
Caput-stanio Savigildus ciim sua scrip-
tura & suum autore, nomine Pétrone,
& Richimirus niandatarius de sua pre-
sentia una cum sua scriptura, ante Ran-
drico niisso Isimberto qui est missus Una-
fredo comité seu & Adaulfo, & judices : id
est Ermenfredus, Teuriscus, Adalbertus,
Vuilimundo, & aliis plures bonis ominibus
qui cum ipsis in ipso judicio residebant;
ibique in supradictorum judicio presen-
tavit [Sa]vigildus suam scripturani & suum
autorem, nomine Pétrone, qui ipsas res
ei legibus autoricare debeat, sicut ille ei
fidiuxorem datum abebat. Et cum nos
judices ipsam scripturam de Savigildo
ante nos relegere ordinaremus, sic in eam'
insertum invenimus, quomodo Peter eam
fecit & uxor sua Aldana de supradictas res
& firmaverunt & testes firmare rogaverunt.
Post hec interrogavimus Pétrone, si vellis
autoricare ipsas res ad jamdicto Savigildo.
Peter dicxit : « Ipsam scripturam ego eam
feci ad jamdicto Savigildo & firmavi &
testes firmare rogavi, set ego eam legi-
bus autoricare non possum nec odie nec
nulloque tempore, quia ego & uxor mea
Vuarnetrudes antea tradidimus ipsas res
per scripturam donacionis ad jamdictum
domum Dei, unde iste Rihimirus man-
datarius, quam ad isto Savigildo. » Richi-
mirus presens stetit qui dicxit : « Hecce
judicium vel relatum ubi ipsa scriptura est
inserta, quomodo iste Peter & uxor sua
Vuarnetrudes tradiderunt ad jamdictum
monasterium in honore sancti Johannis
vel ejus concrecatione, cui mandatarius
ego, ipsas res superius scriptas & abue-
runt hoc per os xxx annos seu & am-
plius per legitimam vestituram, usqueco
iste Savigildus eas prendidift] de illorum
potestatem. » Et cum nos judices ordina-
remus ipsum judicium relatum ante nos
relegere, sic invenimus eum verum & le-
gibus factum, & ipsa scriptura qui ibidem
est inserta de supradictas res terminum
legis inclusum abebat, & vidimus eum de
testes juratum & firmatiim & de judices
legibus roboratum. Post hec înterrocavi-
mus Pétrone : « Qui vellis dicere contra
istum judicium ubi ipsa scriptura est in-
serta, si est verus aut legibus factus, aut
non ? » Peter dicxit : « In omnibus verus
est & legibus factus, sicut ibidem insertum
abet & nullam infamiam contra eum di-
cere non possum, nullo quod tempore.»
A tune nos judices cum vidissemus quod
Peter sic professus fuit ante nos & sic
ipsam scripturam conlaudavit, sic ordina-
vimus eum, ut suam recognitionem exinde
scriptisque fecisset, sicut & fecit, ubi dici :
« Recognosco me ego omo, nomine Pe-
ter, in vestrorum judicio ad petitione de
isto omine nomine Richimiro, qui est
mandatarius Richimiro abate & de con-
crecacione Sancti Johannis monesterii,
qui situs est in territorio Carcasense justa
fluvium Duramno, de id unde vos judices
me interrogastis, iste relatus quod iste Ri-
chimirus mandatarius ostendit ante vos ad
relegendum, ubi ipsa scriptura est inserta
de casas, curtes, terra & vinea qui sunt
infra terminos de villa Staciano, territorio
Narbonense, quod ego tradidi cum ux-^ri
mea nomine Vuarnetrude ac jamdicto mo-
nesterio, si est verus aut legibus factus,
aut non } Taliter vero me recognosco ego
jamdictus Peter, quia ipsa scriptura qui ia
ipsum relatum est inserta, ego eam feci
autoricare mea jamdicta de supradictas
res, & firmavimus & testes firmare rogavi-
mus, & tradidi ego ipsas res per ipsam
scripturam ad ipsam domum Dei, sicut in
ipsum relatum insertum est; & iste rela-
tus vel judicius vel qui in eum ibidem
insertum abet in omnibus verus est &
legibus factus, & nullam infamiam contra
eum dicere non possum nec odie nec nul-
loque tempore, & vera est mea recogni-
tio. » Cum nos judices vidissemus quod
Peter sic conlaudavit ipsam scripturam,
quod fecit & tradidi t ad ipsam domum
Dei, sic interrocavimus Savigildo, si pote-
bat abere uUam scripturam aut alia re
unde ipsas res partibus suis vindicare de-
beat. Savigildus dicxit : « Non possum nec
odie nec nulloque tempore nisi ista scrip-
tura quia non est legibus facta. » At tune
nos judices ordinavimus Savigildo, ut eum
excidere fecisset sicut & fecit, & suam re-
An
862
Fd.orig.
t. 1,
col. Il 5.
An
86z
335
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
336
Éd.ong
t. I,
col. IIO,
cognitionem exinde scriptis fecîsset sicut
& fecit, ubi dici : « Recognosco me ego
Omo, nomine Savigildus, in vestrorum ju-
dicio a peticione de isto Richiniiro qui
est mandatarius Richimiro abate & de con-
crecacionem Sancti Johanis monesterii,
qui situs est in territorio Carcasense su-
per fluvium Duramno, de id unde ille me
repetit per casas, curtes, terra & viuea
qui est in vijla Staciano, territorio Nar-
bonense, unde ego autorem debui dare in
vestrorum judicio, set minime hoc feci,
qui mihi hoc legibus autoricasset : unde
vos judices me interrocastis, si abeo exinde
autores vel ullam aliam scripturam, unde
ipsas res superius scriptas partibus meis
vindicare deveam. Taliter vero me recog-
nosco ego jamdictus Savegildus, quia de
ipsas res superius scriptas non abeo nec
abere possum nec scrip[tujram nec au-
tores nec nullum indicium veritatis, pro
quibus ipsas res superius scriptas partibus
meis legibus vindicare debeam nec odie
nec nulloque tempore, nisi ista scriptura
quod ego in vestrorum judicio absisi, quia
non est legibus facta, quia antea fecit ipsa
scripturas & tradidit ad ipsam domum Dei
quam ad me. « A tune nos judices cum
vidissemus taies recognitiones de Pétrone
& de Savilido factas & firmatas & de [ju]-
dices legibus roboratas, sic perquisivimus
in lege Cotorum, in libro V, titulo Illl,
era VllP, ubi dicit : De îs qui aliéna ven-
dere vel donare presumserint. Quotiens de
vendita vel donata re contentio comobetur,
id est si aliéna fartasse vendere vel donare
quemcumque constiterit, nullum emtori pre~
judicio fieri poterit, set ille qui aliénant for-
tasse rem vendere vel donare presumsit, du-
plam se domino cogatur exolvere, emtori
tamen quod accepit pretium retiturus, & pe-
nam quam scriptura continet inpleturus : &
quicquid in profectu conparate rei emtor vel
quod donatum accepit, studio sue utilitatis
agecerat, a locorum judicibus extimetur, ad-
que ei qui laborare cognoscitur a venditore
vel a donatore juris alieni sactisfactio jure
retatur. Tune nos missus & judices, cum
vidissemus taies recognitiones factas & fir-
matas de supradictos omines & de judices
legibus roboratas, & talem rei veritate de
Richimiro mandatario Richimiro abate &
talem lecum obtoritatis, tune decrevimus
judicium per legem Cotorum, & ordinavi-
mus Randrico misso nostro ut super ipsas
res venire faciat, & de furtibus Pétrone
eficat, & partibus Richimiro mandatario
Richimiro abate dare & revestire facit,
sicut lex Cotorum continet & in une ju-
dicium insertum abet. Dato & confirmato
judicio XITII kalendas decembris, anno
XXIII régnante Karolo rege.
S. Adefonsus. S. Ermenfredus. S. Teu-
defredus.
Teudemirus qui hune judicium scripsi,
una cum lifteras superpositas super verre
VII & subseripsi sub die & anno quod
supra.
162. — LXXXIX
Extrait d'une charte de Charles, roi
de Provence 6* fils de l'empereur
Lothaire , en faveur de l'église de
Viviers ' .
IN nomine Domini nostri Jesu Christi
Dei aeterni. Carolus divina ordinante
providentia rex, Lotharii quondam piis-
simi augusti & inclyti filius. Sublimitas
regalis magnitudinis, &c., quamobrem in-
dictum sit omnibus, &c., quod Gerardus
illustris cornes ae magister noster nos-
tram humiliter poposcit elementiam, qua-
tenus ad animae & parentum nostrorum
remedium res quasdam sancti Vincentii
Vivariensis eeclesiae, ad comitatum per-
tinentes, propter inopiam rerum episco-
palium ad episcopatum redderemus, ae
largitatem istius exhibitioni quatenus per-
petualiter inconvulse eas tenere posset,
certo concessu eas eeclesiae praeeepto
auctoritatis nostrae confirmaremus. Cujus
postulationi ut praefertur rationabili au-
rem niansuetudinis nostrae assensibiliter
inclinantes, hoc magnitudinis nostrae de-
cretum fieri censuimus, per quod statuen-
tes donamus ipsas res, hoc [est] tenementi
ad insulam quae Formicaria voeatur secun-
diim antiquam integritatem cum suis con-
' Archives de l'église de Viviers.
An
862
An
862
22 dé-
cembre.
■■;; 33? PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC. 338
An ' An
tiguis, sicut ad comitatum tenebatur, prae- vindimus vobis medietatem de terra nos-
fatis ecclesiae & successoribus ejus epi- tra quam abemus ex coniparatiouem, tani
scopis, & constituimus quatenus per hanc cultum quam etiam incultum , cum arbo-
nostram auctoritatem ab hodierna die ribus poniiferis & inhonestis, cum pratis,
deinceps tam Bernoinus episcopus, qui pascuis, silvis, garricis, aquis aquarum,
nunc praefatae praeest ecclesiae, quam vie ductibus & reductibus, in omnia quod
successores ejus advenientibus temporibus dici vel nominari potest, quod modo in
habeant quemadmodum de aliis rébus suae ipsa terra vel adjacentia sua continetur, ut
sedis absque ullius contradictione vel re- deinceps nos ipsi edificia ibidem opère
nunciatione quidquid juste & legaliter construxerinuis, in ecclesiis, domibus, cur-
voluerint potestatem faciendi. Et ut haec tis, molendinis, ortis, vineis vel oliveta
nostra constitutio, &c. & omnes labores quas ipsa terra exercue-
Signum Caroli régis. Gerardus cancel- rimus, medietatem vobis vendimus ad pro-
larius. prium ab intègre. Et infrontat ipsa terra de
Datum XI kalendas januarii, anno VII' uno latus in via que vadit per ipsa Com-
regni domni Caroli gloriosissimi régis, in- bella & pergit ad montem que dicitur Be-
dictione XI. Actum Meltavo villa' in Dei taria, de alio latus infrontat in ipso ribo
nomine féliciter. Amen. que dicitur ad Campo Longean & pervenit
usque ad ipsas Rocas. Et accepimus nos
La date de cette charte, qui n'a pas été vinditores de présente manibus nostris
donnée assc:^ exactement par le P. Columbi, recepimus & nichilque de ipso pretio apud
de Episcopis Vivarieusibus, p. 2o3, £• par vos emptore remansit; est manifestum.
JS/iNL. de Saînte-JVLarthe, Gallia Christiana Quem vero medietatem in prescripta terra
vêtus, t. 3, c. 1177, est prise d'un Vidinuis cum omnia quod ibidem abeatur vel dein-
de Van 1268, & d'un procès-verbal de Van ceps in ea bedifîcatum fuerit, de nostro
1407, qui sont aux archives de Véglise de jure in vestro tradimus dominio ad per-
Viviers^ & qui ont été vus par M.. Lancelot, abendum ad proprium ab intègre, cum
notre censeur. [Remarque des Bénédictins.] omni voce oppositionis nostre vel repeti-
tionis abendi, vindendi, commutandi vel
quidquid de jamdicta terra facere volue-
ritis abeatis potestatem ex presenti die &
l63. tempore. Et qui contra hanc scripturam
vindictionis a nos vobis facta & a vos re-
Vente faite à Audesînde , évêqiie cepta venerit ad inrumpendum aut nos
i,r,^ j ^' t: r j < • venerimus, inférant vel inferamus vobis
a hlne . par Amantiiis iy Laudeia- . . ,
\ '■ aut partique vestre ipsa terra quantum ad
nuSj prêtres • . ^^ tempore immeliorata fuerit, cum pres-
D^ • • v7 „ A ™ .• crinto pretio dupla vobis perenniter abi-
omini. Nos Amantius près- '-"i-"-'^ V 1 .'.,...
An I i--.. o n A • , „v,-. • 1 • tura, de insuper hec scnptiira vindictionis
'^^ 1 biter & Caudeianus presbiter simul in i"»"? uv, ^ . ' , .
863 . j. -t. A . 1 „: 1^ • inrumpi non permittatur, sed in omnibus
unum vinditores vobis Audesindo episcopo i'""'"!'' i '
""""• emptori nostro. Constat nos vobis vindere ^"^^^"^ ^ ^^^^'^^"^ ^^^^' roborem. Facta
deberemus, sicuti & per banc scripturam scriptura vindictionis sub die V idus mar-
• T .• • . • i:~ „ ^k-,„ : u tii, anno XXIII régnante Karulo rege.
vindictionis nostre vindimus vobis, in sub- i'm " h 5
urbio Elenense, in valle Confluente, infra Amantius presbiter qui hanc scriptura leci
fines de villa Verneto, ad locum ubi vo- vindictionis. Caudeianus presbiter qui hanc
cabulum est ad Cario-Farinazio, ibidem scriptura feci vindictionis. Bellus presbi-
ter. Signum Wirguni. Signum rructuosi.
Sicrnum Aldoni. Signum Petroni. Aimericus
' Alias \yn. ^ ^
, ,,\ „. ," ... presbiter. Eldeborus levita. Jheronimus
' Alias Bieltavo villa. J i • i • j-
3 Cartulaire d'Elne, f .3. v" ; & copie dans la diachonus. Sanctus presbiter hanc vindic-
collection Moreau, à la Bibliothèque nationale, tionem scripsi & subscnpsi die & auno
vol. 2, f° 37. quo supra.
339
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
340
Éd.orig.
t. I,
col. 117.
An
865
~ quinque & serratorum & ab integrum, &
ad Sudes mansos duos, & in alio loco in
164. — XC Talupio vel quaiitum ibi aspicit similiter
condonamus, & in Rovorianicas quantum
Donation de Bertei-^, comtesse de Tou- visi sumus habere, similiter & in Valilias
louse, au monastère de Vabre\ mansos duos cum ipsis mancipiis, & in
Cogiaco mansos duos cum Ingelberto &
PRISCARUM legum imperatorum & con- infantes suos, & in Nastogilo mansos qua-
sulum decrevit auctoritas, ut qualis- tuor, in Buciago mansos très, & in Cagio
cumque persona ex nobili ortus génère quantum visi sumus habere similiter cou-
res suas in alieno jure transferre voluerit donamus, & ad Petra super fluvium Tarno
tam in ecclesiis quamque & in aliis bomi- vinea una. Haec omnia superius nominata
nibus per cartas, codicillos & légitimas ad jamdictum monasterium , ubi venera-
traditiones, licentiam habeat id faciendi. bilis vir Adalgisus custos & rector sanctae
Quamobrem ego in Dei nomen Berteiz co- congregationis sub régula sancti Benedicti
mitissa & filius meus Bernardus comes & degentium esse videtur, pro remedium
marchio Tolosensis divina annuente gra- animae domini nostri Raymundi manibus
tia pertractavimus casum humanae fra- tradimus, transferimus atque transfundi-
gilitatis, metuentes diem extremum, ne mus in stipendia monachorum & in sus-
subita mors improvisa adveniat & suae ceptione hospitum, in eleemosynas paupe-
mortis laqueos tradat, & ut nobis Domi- rum, ut habeant, teneant, possideant &
nus veniam donare dignetur, cedimus ces- faciant exinde pars monasterii quidquid
sumque in perpetuum esse volumus res juste & rationabiliter facere voluerit, li-
proprietatis nostrae, quae sunt sitae in centiam habeat in omnibus faciendum
pago Ruthenico, in vicaria nuncupante quidquid voluerit. De repetitione vero
Curia & valle Sorica vel in Tarnesca, ad dicimus, quod fieri nuUatenus credimus, si
monasterium qui est situs super fluvium nos ipsi, quod absit, immutata voluntate
quae dicitur Dordone & est nuncupatus
Waber, & est in honore sancti Pétri &
sancti Dionesii ceterorumque sanctorum
quorum ibi reliquiae continentur, quem
domnus & genitor noster Raymundus mar-
aut ullus de haeredibus nostris vel quisli-
bet immissa persona contra banc cessio-
nem , quam nos promta voluntate pro
amore Del fecimus, ire aut resultare prae-
sumpserit, quod petit non vindicet & ejus
An
865
chio quondam Tolosensis una cum geni- petitio nullam obtineat firmitatem, sed in-
trice mea Berteiz jamdicta construxit vel super cogente fisco componat auri libras
construere jussit. Imprimis pro remedium viginti, argent! pondère centum, sed prae-
animae jamdicti Raymundi & nostrarum sens cessio ista omnique tempore inviola-
animarum mercede cedimus villa Calmi- bilem obtineat firmitatem. Facta cessione
lius cum omnibus appenditiis suis vel cum ista XI ' calendas madii, in die sancto sab-
mancipiis ibidem pertinentibus, & in alio bâti Paschae, anno XXV régnante Carolo
loco qui dicitur ad illa Brugaria mansos rege.
duos, & in Combarense in villa Ribdgo Et cedimus vobis servo nostro nomine
mansos duos, & in Peredo mansos duos, Franconi filiam Trudmor. Signum Berteiz
& in Segalare manso uno, & in Monte- comitissae quae cessione ista fieri vel ad-
calvo manso uno, & in Betianus quantum firmare jussit. Signum Bernardo comiti seu
visi sumus habere, & in Larciaco simili- duce, qui ambo pariter fieri rogaverunt.
ter, & in Vigrone mansos quatuor, & in S. Hictori. S. Dructamno. S. Tedico. S. Ber-
Croseto similiter, & in Casania mansos caudis. S. Begoni vicecomiti. S. Oncolentz.
S. Jorius. S. Beroz. S. Raymundo. Ermen-
ricus levita scripsit.
Éd.orig.
t. I,
col. 11$.
' Archives de l'église de Vabre, & copie dans la
collection Doat , à la Bibliothèque nationale,
vol. 148, f° 26. — GalUa Chrïsti<ina , nov. edit,
t. I. Instrumenta, p. 56,
' Le texte porte xy,
341
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
34:
i65.
166.
Réclamation faîte en présence de Fré-
dol, archevêque de Narbonne, par
Egika, abbé de Cannes \
NTERPELLAVIT Egika abbas nio asterii
apostolorum Pétri & Pauli c[uem vo-
. jii cant Cannas in sinodo vel concilie epi-
scopali coram Fridaldo Narbonensi ar-
chiepiscopo, Alarico episcopo, Durando,
Eldefredo & Daniele archipresbyteris ,
Bellone, Poliresindo & Placido presbite-
ris, Adanlfo cum judicibus qui jussi sunt
causas dirimere & legibus defînire, cum
rangeburgibus id est Gaugino, Guilardo,
Manuele, Arniago, Madeniane, Juvino,
Teurisilone, Senderedo, Beraue judicibus,
in villa Pratas, in territorio Narbonensi;
interpellavit, inquam, Deodatum presbi-
terum quod venisset infra monetates jam-
dicti monasterii violenter & prendidisset
ejus presbiterum nomine Ennegonem, eum
astrinxisset & tulisset ei annonam & vi-
num & alias res in tertium. Interrogatus
ab episcopis & judicibus & rangeburgis
sive & presbiteris, Deodatus respondit se id
fecisse mandante Fridoldo archiepiscopo.
Quo asserente se jussisse quidem Vulfirio
archidiacono & memorato Deodato ut re-
ciperent tertium & paratas in Minerbense
de ipsius ecclesiis, non tamen de monetate
& ecclesiis praefati monasterii, « quia num-
quam, inquit, antecessores mei fecerunt,
sic & ego non praesumo facere. » Quibus
auditis, ordinaverunt judices & episcopus
Deodato ut legibus componeret annonam,
vinum aliasque res superius scriptas &
monetate Egicano abbati & ejus congre-
gationi. Actum mense junio, anno XXVI
régnante Karolo rege.
' Archives de l'abbaye de Cannes. — Monasticon
Benedictinum, ms. latin \z66/[, f" 345.
Diplôme de Charles le Chauve en fa-
veur du monastère de Saint-Vin-
cent y en Be-{audun\
N nomine sanctae & individuae Trinita-
I
tis. Karolus gratia Dei rex. Si erga loca ^y^
divinis cultibus mancipata Deoque in eis-
dem famulantibus bénéficia opportuna lar- février,
gimur, praemium aeternae remunerationis
ob id nobis rependi non diffidimus. Idcirco
noverit omnium sanctae Dei Ecclesiae fi-
delium nostrorumque praesentium scili-
cet ac futurorum solertia, quia Angarius
dilectus nobis cornes innotuit serenildti
nostrae qualiter quidam venerabilis abba
nomine Rimila quandam cellam in pago
Bisuldunense in honore sancti Juliani &
sancti Vincentii construxerit & de inculte
eremo ad terrae culturam perduxerit. Qua-
propter altitudinis nostrae clementiam
humiliter postulavit, ut idem monasterium
cum eodem abbate & monachis cunctis-
que sibi pertinentibus rébus sub tuitionis
nostrae munimine & immunitatis defen-
sione sicut & alia regni nostri monaste-
ria susciperemus. Insuper petiit ut quod-
dam villare nomine Revidager, in eodem
pago a quibusdam Gothis & Guasconibus
exartatum & de eremi solitudine ad cul-
turam perductum atque constructum, ei-
dem sancto loco pro animae nostrae abso-
lutione largiri dignaremur. Cujus justis &
rationabilibus animaeque nostrae profi-
cuis precibus aurem celsitudinis nostrae
accommodantes, hoc largitionis atque im-
munitatis nostrae praeceptum fieri eidem-
que sancto loco dari jussimus, per quod
praefatum monasterium cum praefato ab-
bate ac monachis cunctisque sibi perti-
nentibus rébus & praedictas res a nostra
munificentia sibi largitas sub immunitatis
nostrae defensione regiaque tuitione sus-
cipimus. Praecipientes ergo jubemus ut
nullus judex publicus vel quilibet ex judi-
ciaria potestate in ecclesias aut loca vel
agros seu reliquas possessiones praefati
Recueil des historiens de France, t. 8 , p. 600.
An
866
343
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
344
An
866
I4 mal
monasterii, quas moderno tempore in qui- tio solidi unius. Actum pridie idus madii,
buscumque pagis vel terri toriis infra di- anno xxvi régnante Karulo rege.
tionem regni nostri juste & legaliter pos-
sidet vel quae deinceps in jure ipsius II. — Ahilo ' & filius ejus tradiderunt
sancti loci divina pietas augeri voluerit, ad de jure suo in dominio Egicani abbatis &
causas audiendas vel freda exigenda aut monachorum monasterii apostolorum Pe-
mansiones vel paratas faciendas aut fidei- tri & Pauli de Caunis quandani terram
jussores toUendos aut homines ipsius mo- sitam in territorio Minerbense, in subur-
nasterii tam ingenuos quam servos super bio Ventaionense, in terminio villae Eve-
terram ipsius commanentes distringendos rata. Actum xvill kalendas julii, anno xxvi
nec allas redhibitiones vel inlicitas oc- régnante Karulo rege.
casiones requirendas nostris futurisque
temporibus ingredi audeat vel ea quae su- III. — Wifredus' & uxor ejus Rihisenda
pra memorata sunt peuitus exigere prae- vendiderunt Egikano abbati & cunctae
sumat. Sed liceat memorato abbati suisque congregationi sanctorum apostolorum Pe-
successoribus res praedicti monasterii sub tri & Pauli quandam vineam sitam in pago
immunitatis nostrae defensione quieto or- Narbonense, in suburbio Ventaionense, in
dine possidere. Et quando divina voca- termino villae Trenciani, precio IV soli-
tione praedictus abba ab hac luce migra- dorum. Actum IV kalendas junii, anno
verit, quamdiu inter se taies invenire XXIX régnante Karolo rege.
poterunt, qui ipsam congregationem se-
cundum regulam sancti Bencdicti regere IV. — Meregoucia ' donavit Egigaiîo
valeant, per nostrum consensum licentiam abbati & ejus congregationi in terri-
habeant ex se eligendi abbates. Et ut haec torio Narbonensi , in suburbio Ventaio-
nostrae largitionis atque immunitatis auc- nensi, &c. Actum lir kalendas novembris,
toritas majorem in Dei nomine per futura anno XXX régnante Karulo rege.
tempora obtineat vigorem, manu propria
subter eam firmavimus & de anulo nostro "" ~
sigillari jussimus.
Signum Karoli gloriosissimi régis.
Hildeboldus notarius ad vicem Ludovici
recognovit.
Data octavo kalendas martii, indictione
XIV, anno xxvi régnante Karolo glorio-
sissimo rege. Actum Karisiaco palatio, in
Dei nomine féliciter. Amen.
An
866
An
866
14 juin.
An
869
29 mai.
An
3o
octobre.
167.
Extraits de quelques chartes de
V ah baye de C aunes.
I. — GuNTARius' & uxor ejus Mirne-
senda vendiderunt Egicano abbati vel
cunctae congregationi sancti Pétri & Pauli
terram cultam sitam in territorio Carca-
sense infra termines villae Gloganae pre-
' Monasticon Benedictinum , ms. latin 12664,
f 345.
- 168.
Vente faite par Recosîndus à Oliha ^
à sa femme Jvane, d'un alleu dans
le territoire de Céret^.
IN nomine Domini. Ego Recosîndus qui
sum vinditor Olibane & uxori suo Avane.
Quia placuit in animis meis & placet, nul-
lius cogentis imperio nec suadentis ingé-
nie, sed propria & spontanea hoc elegit
mihi bona voluntas aut vobis vindere de-
bemus, ita & vindo vobis alodem meum,
qui est in comitatu Rosolionense vel in
valle Asperi , in vigo Cereto- in ibidem
' Monasticon Benedictinum^ ms. latin 12664,
f° 345.
=■ Ibld.
3 Ihid.
^ Cartulaire d'EIne, f» 36i v" j & copie dans la
collection Moreau, à la Bibliothèque nationale,
t. 2, f° 56.
An
866
24
juillet-
An
866
345
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
346
villa vindo vobis casas, casalibus, ciim cur-
tibus, curtalibus, ortis & ortalibiis, pomi-
feris vel inipomiferis , terras vel vineas,
tam cultum quam incultum, molinis, mo-
linariis, aquis aquarum cum ipsos caput
aquis, pratis, pascuis, silvis, garricis, vie
ductibus & reductibus; & in alio loco ubi
vocabulum est Monte Acuto vindo vobis
casas, casalibus eu ni curtes & orreos &
ortos & ortalibus & terras vel vineas, cul-
tum vel incultum 3 & in alio loco infra fines
de Serralonga, que vocant Insolas, vindo
vobis casas, casalibus, ortis & ortalibus &
ipsas terras qui ibidem suntj & in alio loco
ubi vocabulum est Felgares, vindo vobis
casas, casalibus cum curtis & ortos & or-
talibus & terras, cultum vel incultum. Ista
omnia quod superius resonat, sic vindo
vobis omnem hereditatem meam qui michi
advenit de parentorum meorum seu ex
comparatione vel ipsa bereditate, qui mi-
chi advenit de fratre meo nomine Oriolo,
qui fuit quondam. Ista omnia quod supe-
rius resonat, sic vindo vobis omnia & in
omnibus quicquid visus sum habere vel
possidere, sic vindo vobis cum exio &
regressio & cum omni superposito suo &
cum illorum affrontationes ab integro, &
accepi ego vinditor de vos emptores pre-
tium sicut inter me & vos bone pacis pla-
cuit atque convenit moderato & definito
solidos ce tantum, quod vos michi de-
distis & ego de présente recepi & nichil
de ipso pretio super vos non remansit,
est manifestum. Ut de ex presenti die &
tempore quicquid de ista omnia facere,
agere, vindere aut commutare volueritis,
in Dei nomine habeatis potestatem omni-
que tempore. Quod si ego Recosindus aut
aliquis de fratribus vel de heredibus meis
aut ulla subrogata persona hominum ad
inrumpendum venerit aut ego venero, in-
feram vel inférant vobis ut in alio loco
duplo, ubi perpetim habitura & in antea
ista vinditio firmis permaneat omnique
tempore. Facta scriptura vinditione in
mense julio, viiii kalendas augusti, anno
XXVII régnante Carlo rege. Signum Reco-
sindus qui istam cartam vinditionis feci &
testes firmare rogavi. Signum Sendredus.
Signum Ermenardo. Signum Vinfredo. Sig-
num Richelmo. Signum Adroarius. Signum
I
Ermenardus. Teudefredus presbiter qui
istam cartam venditione scripsit & sub-
scripsit die & anno quod supra.
169.
Jugement rendu au nom du comte
Salomon '.
N judicio Salomonis comitis, Eldesindo
vicecomite & de judices qui jussi sunt
causas audire, dirimere vel judicare, id est
Trasebado, Ermemiro, Absalon, Longo-
bardo, Berane, Galindone judicum & in
praesentia Wiliemundo presbitero, Wa-
larico presbitero, Wilterico, Suniario,
Wanzane, Suniario, Fredenando, Sanson,
Dodone & Gintile saione vel aliorum plu-
rimorum bonorum hominum qui in ipso
judicio residebant, veniens homo nomine
Ricosindus quique mandatarius Salomoni
comité causas perquirere vel mallare, unde
& dicens ; « Audite me cum isto mandata-
rio de Witizane abbate & Protasio presbi-
tero, qui ipsas cartas accepit de ipsum alode
de villa Canavellas & Tresvallos & Ucenias
de Anna & Eldeberto abbate & eas protulit
in judicio qualiter tenet in ipsis supradic-
tis locis, casalibus, vineis, terris, hortos &
arbores qui débet esse de beneficio seniori
nostro. » Tune ipsi judices ad ipsum man-
datario nomine Wardina dixerunt : « Quid
ad haec respondes? » Et ille dixit : « Ego
omnia ista teneo per isto mandato cujus
vocem prosequor per cartas legibus faetas
quas fecit Anna & Eldebertus abba cum
monaehis suis & ad illos fecit Rotrudes
pro eleemosyna & illud aliud dimisit filiae
suae Annae, & illa fecit carta faciente Pro-
tasio ad domum Sancti Andreae eleemosina-
rum. » Iterum praedicti judices Recosindo
misso comitis dixerunt : « Potes habere
testes aut scripturas aut ullum indicium
veritatis, unde legibus convincere possis
ut per trigenta annos quieto ordine fuisset
beneficius & proprius non debuisset esse
de ista Anna aut de matre sua Rotrude aut
' Cartulalre d'Exala. — Baluze, Regum Franco-
rum Cap'itularia, t. 2, c. 1490.
An
866
An
868
18 uoùt.
An
868
347
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
348
I
170.
Diplôme de Charles le Chauve pour
le monastère d'Arles\
N nomine sancfae & individuae Trini-
avio siio Berane comité aut in isto aut in
alio aut in tertio placito? » Et ille Reco-
sindus in suo responso dixit : « Noii pos-
sum habere qiiod dicitis nulloque tem-
pore. » Tune ipsi judices interrogaverunt
ipsum mandatario coenobio Sancti Andreae
si potuisset adsumere vocem datoris & fir-
mare legibus cum testimonia ipsas cartas
& ipsum alodum ut infra istos trigenta ^ ^^^'S- Karolus gratia Dei rex. Quicquid
annos aut supra legibus aut quiète tenuis- V^^ ^ei sanctorumque amore & honore
set aut possessores fuissent Anna aut ma-
tre sua Rotrudes qui istas cartas donatio-
nis eleemosynarum fecerunt ad Sanctum
Stephanum vel Sancto Andreae ex voci vel
patri suo Berane. Et ille respondit : « Sic
possum habere taie testimonia quomodo
Bera cornes habuit ipsum alodem ex com-
paratione vel alode parentorum suorum &
quiète possedit & dimisit filia sua Rotrude,
& Rotrudes quiète tenuit per trigenta an-
nis & supra & quiète dimisit fîliae suae
Annae vel Eldeperto abbate pro carta do-
nationis per legis ordine. » Unde sic dédit
iste Wardina mandatarius vel Protasius
presbyter taie testimonia qui juraverunt
ad séria cmiditione sicut superius scrip-
tum est. Iterum praedicti judices Reco-
sindo mandatario Salomonis comitis dixe-
runt : « Fac cito exvacuationem , sicut
superius responsum dedisti. » — « Sic me
exvacuo ego Recosindus ab interrogatione
judîcum quod non possum diffamare ipsos
testes & ipsas scripturas, nec testes am-
pliores nec meliores ut legibus convincere
possim ut beneficius debeat esse, nec per
scripturas nec per ullum indicium veritatis
nec in isto placito nec in alio nec nullo-
que tempore, & haec mea evacuatio vera
est quod negare [non] possum in vestro su-
pradicto judicio. » Facta exvacuatione sub
die XV kalendas septembris, anno XXVIIII
régnante Karulo rege. Recosindus sub-
scripsi & feci. Fredemundus subscripsi.
Signum Ermefredi. Signum Godemarii.
Vacanus subscripsi. Sig. Ermenrici. Sig.
Isidori. Sig. Ausiliro. Sanson subscripsi.
Ennimirus. Galindo subscripsi. Absalon
subscripsi. Titwardo subscripsi. Bera sub-
scripsi. Juliono Dei miseratione presbyter ^^^ Villa-Asperia prope supradictos balneos
qui bannum evacuationis scripsi & sub-
scripsi sub die & anno qUO supra. ' ^i^rca Hlspanlca, c 793 j ex canularlo monas-
terii Arulensis.
An
869
23
agimus, profuturum nobis ad praesentis f*Jvrier.
vitae curricula felicius transigenda & ad
futurae beatitudinis praemia facilius obti-
nenda non dubitamus. Comperiat igitur
omnium fidelium sanctae Dei Ecclesiae
nostrorumque praesentium ac futurorum
solertia, quod ob Dei & sanctae Mariae
ejusdem Dei genitricis amorem & hono-
rem libuit celsitudini nostrae quoddam
monasterium in honore ejusdem sanctae
Mariae in pago Rossilionensi in Valle-As-
peria fundatum, cum Hilperico venerabili
ejusdem coenobii abbate cunctisque mo-
nachis sibi subjectis omnibusque sibi per-
tinentibus & appenditiis suis, in nos-
trae immunitatis munimine defensionisque
mundeburdo recipere ac firm-iter Domino
protegente tenere. Unde hoc altitudinis
nostrae praeceptum fieri eidemque sacro
loco dari jussimus, per quod praefatum
monasterium cum eodem abbate & mona-
chis sibi subjectis cunctisque appendiciis
suis, cum ecclesia Sancti Johannis in loco
qui dicitur Riart sita, & in comitatu Rus-
silionensi cella quae vocatur Cotsio, & su-
per fluvium Fullonicas cella Sancti Mar-
tini cum ipso Fontanile, jiixta praefatum
monasterium cella sancti Quintini mar-
tyris cum balneis omnique integritate, &
in ipso pago super rivum Ferrari i villare
quem ipsi monachi de Raganteo compara-
verunt, & in pago Bisuldunensi super flu-
vium Sambucae cella Sancti Pétri, & in
ipso pago qui dicitur Cerasia cella Sancti
Michaelis & cella quae dicitur Casa Mauri
cum suis terminis & villare Albaniano cum
suis terminis, & in villa Cuberia cella Sancti
Cypriani, & in praefato pago Russilionensi
An
Sôç)
349 PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC. 35o
villare qui dicitur Cotaletus cum finibus
& atljaceutiis suis cuuctisque sibi perti-
nentibus, cum omnibus etlam ad praefa- lyï*
tum monasterium aspicientibus, cum do-
mibus, aedeficiis, curtiferis , viridariis, Diplôme de Charles le Chauve pour le
hortis,vineis, terris, silvis, pratis, pascuis, _^ ,- j n -j ,
', .'/ ' ', .. ' monastère de ôorede\
aquis aquarumve decursibus, farinarns,
piscatoriis,exitibus & regressibus omnibus- JN nomine sanctae & individuae Trini- " ■
que aut regali dono aut quorumlibet Deum -*■ tatis. Karolus gratia Dei rex. Quicquid A,"
timentium largitionibus aut comparatio- pro Dei sanctorumque amore agimus, pro-
nibus aut commutationibus aut omnibus futurum nobis ad praesentis vitae lubrica février,
apprehensionibus, quas ipsi monachi pro- curricula facilius transigenda & ad future
priis manibus de eremi vastitate traxerunt beatitudinis praemia facilius obtinenda
aut quolibet adtracto vel adquisito quae non dubitamus. Comperiat igitur omnium
juste & rationabiliter possidere videntur fidelium sanctae Dei Ecclesiae nostrorum-
aut in futuro acquirere potuerint, in nos- que praesentium ac futurorum solertia,
trae immunitatis mundeburdum, tuitionem quia quidam venerabilis abba monasterii
ac defensionem recepinius & pleniter in sancti Andreae apostoli, in pago Elenensi
futuro retinere volumus. Quapropter prae- super fluvium Tacionem' siti , nomine
cipimus atque firmamus ut nuUus judex Johannes, ad nostram accedens magnitu-
publicus vel quislibet ex judiciaria potes- dinem, ostendit nostrae auctoritatis prae-
tate in ecclesias aut loca vel agros seu ceptum, in quo continebatur quod piae
reliquas possessiones ad causas audiendas recordationis genitor noster & nos idem
vel injusta freda exigenda vel paratas fa- monasterium cum ejusdem abbatibus &
ciendas aut ullas redibitiones vel illicitas monachis omnibusque ad illud pertinenti-
cccasioiies requirendas aut fîdejussores l^us in suae nostraeque immunitatis tui-
toUelidos vel illorum homines distringen- tione misisset, humiliter postulans ut
dos ingredi audeat nec ea quae supra me- iterum eandem immunitatis auctoritatem
morata sunt penitus exigere praesumat. renovare dignaremur. Cujus postulationi-
Sed liceat praefato abbati suisque succès- l^us ob Dei sanctique Andreae apostoli
soribus absque cujuspiam inquietudine amorem & honorem assensum praebentes,
quiète cum monachis sibi subditis vivere, suscipimus nominatum abbatem cum suo
Deo deservire ac pro nobis conjuge & monasterio ac monachis ibidem degenti-
prole totiusque regni nostri stabilitate bus sub nostrae immunitatis praecepto
Deum exorare. Licentiam etiam habeant cum omnibus cellulis ad eum pertinenti-
ipsi monachi secundum regulam sancti bus in supradicto pago Elenense; unam
Benedicti ex sese abbatem eligendi. Ut videlicet in honore sancti Martini sitam,
autem haec nostrae auctoritatis praeceptio i" qua primitus Miro quondam abba ha-
inviolabilem obtineat fîrmitatem, manu bitare coepit ipsamque vallem cum prae-
propria subter eam fîrmavimus & anuli ^^t^ cellula cum omni integritate concedi-
nostri impressione sigillari jussimus. mus^ necnon & atiam cellulam concedimus
Signum Karoli gloriosissimi régis. in honore sancti Vincentii constructam
Yrogius notarius ad vicem Goslini re- seu & villare quod dicitur Garricis cum
cognovit. ipsis domibus, quas Sisegutus quondam
Data VII kalendas martii, indictione 11, abba aedifîcavit per jussionem Ludovici
anno XXIX régnante Karolo gloriosissimo imperatoris, cum ipsis fiscalibus terris,
rege. Actum in monasterio Sancti Diony- cum terminis vel adjacentiis suis vel om-
sii, in Dei nomine féliciter. Amen, nia quaecumque ad eorum pertinent do-
minium, cum domibus, aedificiis, curtife-
' Recueil des historiens de France, t. 8, p. 61 3.
' Var. Tacitum.
An
869
01
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
352
ris, viridariis, hortis, vineis, silvis, terris,
pratis, pascuis, aquis aquarumque decur-
sibus, farinariis, piscatoriis, exitibus &
egressibus, perviis, adjacentiis & quicquid
aut regali aut aliorum Deiim timentium
donatioue aut emptioae aut commuta-
tione aut eorumdem monachorum manuum
propriarum apprehensione aut quolibet
adtracto vel acquisito juste & rationabi-
liter possident aut in future acquirere
potuerint, in nostrae immunitatis tuitione
172.
Vente faîte par Sigmunde 6* Flurîdia
à Audesinde, évêque d'Elne, de la
sixième partie d'une propriété située
dans le comté de RoussiUon\
IN nomine Domini. Nos Sigmunda & Flu-
ridia pariter vinditores vobis Audde-
ac mundeburdo recepinius & in futuro sindo episcopo emptori nostro. Constat nos
firmiter tenebinius. Quapropter praecipi- vobis vindere deberemus, sicuti & per hanc
mus atqiie firmamus ut nuUus judex pu- scripturain vindictionis nostre vindinius
blicus vel quislibet ex judiciaria potestate vobis in comitatu Rossolionense, in terri-
in ecclesias aut loca vel agros seu reliquas torio Helenense, prope ipso vico Helna,
possessiones ad causas audiendas vel in- vindimus vobis terram nostram quam ha-
justa freda exigenda vel paratas faciendas bemus per adprisionem parentum nostro-
aut uUas redhibitiones vel inlicitas occa- rum ; &infrontat vel inlaterat ipsa terra de
siones requirendas aut fideijussores toi- ab undique in terra de vos ipso emptore
lendos vel homines illorum distringendos & in via que vadit de Helna ad BercaJe silva
ingredi audeat, nec ea quae supra mémo- vel in terra de Eodoberto. In hanc terram
rata sunt penitus exigere praesumat. Sed vindimus vobis portionem nostram ab in-
liceat praefato abbati suisque successori- tegre, quam ibidem habemus, id est sextam
bus absque alicujus inquietudine quiète partem de omnem ipsam terram, & accepi-
vivere & Domino deservire & pro nobis mus nos vinditores de vos emptore pre-
conjuge & proie totiusque regni nostri cium sicut inter nos vos emptore remansitj
stabilitate Deum exorare. Et quandocum- est manifestum. Quem vero portionem
que divina vocatione memoratus abba aut nostram, id est omnem sextam partem in
successores ejus de hac luce migraverint, praescriptam terram quem abemus, de nos-
quamdiu inter se taies invenire potuerint, tro jure in vestro tradimus dominio ab in-
qui eos secundum regulam sancti Bene- tegre, cum omni voce oppositionis nostre
dicti regere & ordinare valeant, licentiam vel repetitionis abendi, vendendi, commu-
habeant ex seipsis eligendi abbatem. Ut tandi vel quidquid de jam de istam sextam
autem haec nostrae auctoritatis praeceptio partem quam in predictam terram habemus
inviolabilem obtineat firmitatem , manu facere volueritis, abeatis potestatem ex pre-
propria subter eam firmavimus & anuli sente die & tempore. Et qui contra hanc
nostri impressione sigillari jussimus. scripturam vindictionis a nos vobis facita
Signum Karoli gloriosissimi régis. & a vos recepta venerit ad inrumpendum
Frotgarius notarius ad vicem Goslini aut nos venerimus, inférant vel inferamus
recognovit. vobis aut partique vestre ipsam portionem
Data VII kalendas martii, indictione II, nostram, sicut sepedictum est, sextam par-
anno XXIX régnante Karolo gloriosissimo tem de dicta terra quantum ad eo tempore
rege.Actum in monasterio Sancti Dionysii, inmeliorata fuerit, simul cum praescripto
in Dei nomine féliciter. Amen. precio pariter dupla vobis perenniter abi-
tura, & insuper hec scriptura vinditionis
inrumpi non permittatur, sed in omnibus
firmam & stabilem abeat roborem. Facta
An
869
6 dé-
cembre.
' Cartulaire d'Elne, f" i 28 v° ; & copie dans la
collection Moreau, à la Bibliothèque nationale,
vol. 2, {° 90.
An
869
353
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
354
scriptura vindictionis sub die viii idus de- me & heredes meos. Et in alio loco qiieni
cenibris, aiino XXX régnante Karulo rege. dicunt Balaone sic vobis dono in commu-
Signum Sigmunda. Signum Fluridia qui tatione illam medietatem, quae mihi adve-
pariter hanc vinditionem fecinius & testes nit ex comparatione de homine nomine
firmare rogavimus. Dagerius presbiter. Ere- Attone, sicuti & inde jamdicta conjux mea
mis levita. Signum Aldoni. Signum Garni- quae fuit Rasegontia quondam de ipsa alia
zani. Signum Vidriundi. Signum Petroni. medietate vobis donationem fecit. Et affron-
Signum Franconi. Signum Beraldi. Signum tat de Oriente in terra de jamdicto Attone
Sisulfi. Sanctus presbiter hanc vindictio- & de Meridie in semmitario qui inde dis-
nem scripsi & subscripsi die & anno quo currit & de Circi in terra Bellone & de
supra. Aquilone in semmitario quousque in ipso
Brodio quomodo aqua vergit. Ista omnia
^ ~~~~ superius scripta sic vobis dono in vestra
commutatione pro ipsas terras quae de
17^' vobis recipio, quae sunt infra de villa
Cella-vinaria quae diciturTerras, quod ego
Donation faite par Adulfus à Egica, jamdudum tradidi ad domum sanctorum
ahbéf ^ aux religieux de Caunes\
Ans
869-B70
N nomine Domini Dei & Salvatoris nostri.
Ego Adulfus commutator vobis Egilkane
abbate vel cunctae congregatione sancto-
rum apostolorum Pétri & Pauli Cannes
apostolorum Pétri & Pauli Cannes monai-
terii, praesente Egilcane abbate vel mo-
nachis, seu propter remedium animae meae
& haec omne de meo jure in vestro trado
dominio ut quidquid exinde facere, agere
vel judicare volueritis, liberam & firmam
monasterii, qui est fundatus super fluvio habeatis potestatem faciendi quod vultis.
Argentoduplo, sic convenit internes ut In ea vero deliberatione, ut dum tgo Adul-
aliquid de alode meo vobis commutare fus vivo, per vestrum dominium teneam &
deberem, sicuti & facio. Dono vobis in possideam, post obitum vero meum absque
suburbio Ventaionense,'territorio Narbo- uUa dilatione remaneat ad domum sanc-
nense, in villa quae dicitur Obtesa illam torum apostolorum Pétri & Pauli rever-
meam portionem id est illam medietatem tere faciat. Si quis sane, quod fieri mi-
quae comparavi de homine nomine Hic- nime [credo] esse venturum, quod si ego
tario quondam in casas, in casaliciis, in Adulfus aut aliquis de haeredibus meis
terras cultas & incultas, in ipsa fonte & vel quislibet homo aut aliqua ex adverso
in ipso molendino vel molinares, & orteis veniens supposita vel subrogata persona,
vel ortalibus, pomiferis & impomiferis, quae contra hanc commutationem
pratis, pascuis, silvis, garricis, aquis aqua- ego venero ad irrumpendum in praemis-
rumque ductibus & reductibus, quidquid sis & sit socius Juda Scarioth, & insu-
dici aut nominari potest, quod in ipsa per ista omnia in duplo comp\)nere faciat
villa habeo, sic vobis committo, unde jam- & in antea commutatio ista firma &stabilis
dudum conjux mea Rosegontia, quae fuit haec permaneat. Facta commutatio ista in
quondam, vobis supradicto abbate vel mo- mense régnante domino nostro Karolo
nachis de illa sua medietate scripturam gloriosissimo rege, anno trigesimo regni
donationis fecit. Et habet affrontationes ejus.
ipsa villa de parte Circi in alode Bellone,
de Aquilone usque in summa serra quo-
modo aqua vergit, de Altano infrontat in
guttina quae discurrit super ipsa Devesa
quae cadat in rivo Octodupro & de Me-
ridie subjungit in monte qui dividit inter
' Copie dans la collection Doat, à la Bibliothè-
que nationale, t. 58, f" 228.
II.
355
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
356
174. — XCI
Jugement rendu en faveur de Vahhaye
de Saint-TJiibéry, dans un plaid ou
assemblée tenu à Narhonne^ .
Ed.orig.
t. 1,
col. 118.
c
UM in Dei nomine resideret Bernardus
cornes marchio, missus serenissimo
domno nostro Karolo rege, in Narbona
An civitate pro multorum altercationes au-
870 diendas & negotia causarum dirimenda
1 3 juin, gj recta ac judicia ordinanda, una & cuni
Leopardo & Adalberto vasos domenicos
seu & judices Teudefredo, Theriscone,
Medemane, Odolrico, Argefrido & Com-
parato saione, etiam & in praesentia Ad-
driulfo, Vuitardo, Recamberto, Ilderico,
Proroando, Andrico, Odilone, Austringo,
& in praesentia aliorum plurium bonorum
honiinum, quos causa fecit esse praesentes;
in eorum praesentia veniens Bonesindus
abbas^ex monasterio Sancti Tiberii, cui
vocabuluïh est Cesarion, una & cum ejus
congregatione, & se querelavit & procla-
mavit & dixit : « Audite nie querelanteni
& proclamantem, eo quod abbatia Sancti
Velosiani cum ecclesias & vineas & terras
& omnibus appendiciis suis & fiscum nos-
trum qui etiam vocatur Homeg'anus, quem
Karolus rex perenniter contulit ad jam-
dicto monasterio Sancti Tiberii per istos
praeceptos, quem ego hic in vestra ostendo
praesentia ad relegendum. Et sic dumque
nos ipsam abbatiam vel fiscum supradictos
retinuissemus vel antecessores mei quiète
retinuerunt pro partibus Sancti Tiberii in
Cesarione monasterii, ubi sacrum corpus
requiescit, sic venit Ato & sic ad ipso
monasterio vel ejus congregatione abstulit
sua fortia injuste. » Tune nos missus & vasi
dominici & supradicti judices ordinavimus
ipsos praeceptos ante nos relegere. Sed
cum ipsi praecepti ante nos relecti fuis-
sent, sic in unum praeceptum insertum
invenimus, quomodo Karolus rex dédit
ipsam abbatiam cum ipsas ecclesias & vi-
neis & terris & omnibus appendiciis cum
omni integritate, & illi placuit conferre
' Archives de l'abbaye de Saint-Tliibéry.
Deo sanctoque Tiberio : & ibi invenimus
quod est ipsa abbatia in pago Tolosano,
suburbio Savartense. Et in alium praecep-
tum invenimus, quomodo ipse jamdictus
domnus noster Karolus rex dédit fiscum,
qui vocatur Homegianus, ad praedicto mo-
nasterio Sancti Tiberii qui vocatur Cesa-
rion ab intègre; & est ipsa abbatia supra-
dicta in supradicto territorio Tolosano,
suburbio Savartense, super fluvium Arega,
& est ibi constructa ecclesia in honore
sancti Velosiani martyris; ipsum autem
fiscum suprascriptum est situm in terri-
torio Biterrense, in suburbio Caprariense;
& cum consilio Umfridi marchionis hoc
dédit ad praedicto monasterio vel Adre-
baldo abbati vel sanctis fratribus mona-
chis loci illius monasterii Cesarionis, ubi
sanctus Tiberius quiescit, cum omnibus
sibi pertinentibus, in integro perpetuis
temporibus, sine ullius hominis inquietu-
dine. Et in unum praeceptum invenimus
in ipso datarum anno decimo quod Karolus
rex regnabat, quod factus fuerat in Albia
civitate, & in alio de fisco, quod fuit da-
tum anno hono decimo quod Karolus rex
regnabat, quod factus fuerat in Pontiano
palatio, & ibi invenimus quod Karolus
rex manibus suis & firmavit & sigillare
jussit. Cum nos vero missus & judices vi-
dissemus & audissemus ante nos Bonesin-
duni abbatem cum sua congregatione &
vidissemus illorum praeceptos & cognos-
centes illorum veritati, ordinavimus Leo-
pardo vaso dominico misso nostro, ut super
ipsas res venire fecisset & sic ipso abbati
de praedicto monasterio vel ejus congre-
gationi reddidisset monasterium Sancti Ve-
losiani cum ecclesias, terris & vineis &
omne appendiciis & ipso fiscum Home-
giano in integro, sicut ipsi praecepti ré-
sonant, ad eos traderet atque revestire
fecisset. Et sic ipse Leopardus venit, sicut
ordinatus fuit, in comitatu Tolosano, cum
Adalberto, Teudfredo, Teriscone, Ildi-
miro, Arsulfo & Isimberto judices, & prae-
sentia Gisclafredi , Tancone , Walarico ,
Bellone, Teudesindo, Audesindo, Elde-
brando, Bonavidane, & sicut per ipsum
fuit ordinatum, eos revestivit atque tra-
didit ad partibus praedicti monasterii
Sancti Tiberii in integro, sicut illorum
An
870
Ed.orig.
t. I,
col. 119.
An
870
357
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
358
An
870
21 juin.
Éd. on g.
1. 1,
col. 120.
175. — XCII
praecepti résonant, sic ipse missi mona- petiit celsitudinem, ut pro mercedis nos-
chos ipsius abbati Bonesindi , nomine An- trae augmentum quaecunique data sunt
simiro, Vulberto, Aimirico, tradidit sicut vel fuerunt sub protectu nostrae domina-
illorum praecepti résonant. His praesen- tionis ac immunitatis salvamento recupe-
tibus actum fuit & traditum. Data & facta remus, atque jamdicto clerico Rotlando
traditione idus junius, anno XXX régnante & post ipsius decessum Benedicto filio Ra-
Karolo rege, indictione XV. Signum f An- geniundi fratri suo praecepto nostrae auc-
toninus. Signum f Atonius. Signum t Te- toritatis confirmaremus. Cujus petiticfni-
driscus. Signum f Letarius. Signum t Teu- bus aurem nostrae clementiae praebentes,
disclus. Signum fSalomcn. Signum tOlibe. libenter hoc imprevaricabile praeceptum
Signum t Isirbertus. Parasetbadus scripsit. nostrae auctoritatis fieri illique dari jus-
simus, per quod praecipimus atque jube-
————^-^—^—^—^———^^—^—^— mus, ut in quibusque locis jamdictorum
monachorum res sitae habentur, inviola-
bilis servetur immunitas neque aliquis
judicum in omnibus rébus eorum quid-
D'iplôme de Charles le Chauve qui quam districtionis aut injustae exactionis
confirme la fondation de l'abbaye conetur, quo remota saeculari judiciaria-
r Yrihre^ 'ï^^ potestate liberius pro nobis Domini
misericordiam valeant implorare. Quod si
IN nomine sanctae & individuae Trinita- aliquis hoc quod prohibemus temerario
tis. Carolus gratia Dei rex. Si necessi- ausu facere tentaverit, sexaginta solidos
tatibus servorum Dei etiam ad fidelium poena mulctatus exsolvat, & impiunitas
nostrorum deprecationem aurem celsi- nostra auctoritate concessa irrefragabi-
tudinis nostrae libenter accommodamus lis jure firmissimo teneat & inconcussa.
eamque ad effectum perdunmus, regiam Ad deprecationem quoque jamdicti fidelis
ex-rcemus consuetudinem & hoc nobis nostri Bernardi Rotlando abbati jamdic-
imposterum non dubitamus fore profutu- tum locum quandiu vixerit cedimus ad
rum. Igitur noverit omnium fidelium nos- habendum, quatenus secundum Dei suam-
trorum tam praesentium quam futurorum que dispositionem libère ei disponere, re-
sagacitatis industria, quod Bernardus Tolo- gère liceat & ordinare. Post ipsius quoque
sanus marchio & dilectissimus nobis fide- digressum Benedictus filius Ragemundi &
lis ad nostram accedens mansuetudinem frater Bernardi similem ex hoc secundum
innotuit, qualiter pater ejus Ragemundus Dei voluntatem utendi habeat monasterio
in pago Ruthenico & in loco suae pro- potestatem quamdiu vixerit. Ut autem hoc
prietatis super fluvium Dordone, in villa nostrae largitatis praeceptum pleniorem
Vabra, ecclesiam ad monasticum ordinem in Dei nomine obtineat firmitatem & vigo-
excolendum in honore sancti & gloriosi rem, &c.
principis apostolorum Pétri sanctique Dio-
nysii iiobili opère construxerit & con-
secraverit ac solemniter dedicaverit, quin
& ad divinum officium sacerdotes & le-
vitas ac reliquos pro oportunitate ipsius
loci ordinaverit ministres suumque filium
ibidem ad serviendum tradiderit, qualiter
etiam Rotlandus sui patris clericus, suas
ad idem monasterium tradens res, se ibi-
dem Domino suo sub monastico ordine
tradiderit. Quamobrem humiliter nostram
Signum Caroli gloriosissimi régis.
Data XI calendas julii, indictione III,
anno tricesimo régnante Carolo gloriosis-
simo rege. Actum Moriomannis' valle, in
Dei nomine féliciter. Amen.
' Le texte de Catel porte Morianis valle. [A. M."
An
870
' Archives de l'église de Vabre. — Catel, Histoire
des comtes de Toulouse, p. 74,
359
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
36o
An
870
28 juin.
Éd.orig.
t. I,
col. 121.
176. — XCIII
centiis suis, sicut in ipso juditio resonat
quod Agila abbas appraehendit ante Ful-
conem missum nostrum 3 & Palma super
litus maris in ipso pago consistente, nec-
Charte de Charles le Chauve en faveur ^^o'^ & cellam Sancti Pétri & Pauli in ter-
de l'abbaye de la Grasse\ ritorio Narbonensi ininsula Litia, quam
concambiavit Ilumfredus cum Fredoldo
IN nomine sanctae & individuae Trinita- episcopo nobis mandante- & cella quoque
tis. Karolus gratia Dei rex. Si nécessita- quae dicitur Prata cum sibi pertinentibus
tibus servorum Dei opem ferendo libenter ecclesiis in pago Confluente in suburbio
consulimus, régie dignitatis morem imita- Hilenensi • necnon & villa Ribalta quam
mi>r, & ob id nobis Deum fore propitium eisdem abba cum Isamberto concambiavit 5
non dubitamus. Quamobrem notum sit om- "n^ P^go quoque Minarbensi, in villa An-
nibus sanctae Dei Ecclesiae fidelibus & forarias, domos & terre quos Agila & Elias
nostris praesentibus scilicet atque futuris, tenuerunt, & salinae quae sunt in subte-
quia Suniefredus venerabilis abba Sanctae riori loco, iiecnon etiam & reliqua quae
Mariae ad nostram accedens clementiam ibi collate fuerunt,'' tam terrae & vineae
res quasdam datas Sanctae Mariae, ut illi & prata & domos ad jamdictas cellas per-
eas praecepto nostrae auctoritatis confir- tinentes seu segregatim datae, praedicto
maremus deprecatus est, quas etiam avus Sunifrido abbati & suis monachis ibidem
& genitor noster & nos aliquantas confir- Domino famulantibus ad suarum neces-
mavimus, sed quia postea Deo annuente sitatum emendationem sint, & neque ali-
aute suijt, alio eguerunt praecepto j nec- quis auferendi ex eis habeat potestatem,
non etiam ut sub nostrae tuitionis munde- & sub nostro quoque mundeburdo & prae-
burdo tam se quamque praescriptam abba- textu nostrae dominationis jubemus prae-
tiam accipi postulavit. Cujus petitionibus dictos monachos & suorum res. Et exclusa
aurem clementiae nostrae ob Dei amorem omni potestate judiciaria volumus, ut nul-
& sanctae Virginis intemerate genitricis lus in rébus eorum potestatem habeat fide-
Dei dilectionem placide prebentes, hoc jussores tollere aut aliquem distringere
inpraevaricabile praeceptum fieri, illiquae neque paratam aut mansionaticum acci-
dari jussimus; per quod praecipimus atque père. Nolumus praeterea ut ab istis vel ab
decernentes jubemus, ut celle sive aliae eorum hominibus aliquid telonei, id est
res quae jamfato monasterio a Deo timen- pontaticus aut rotaticus, cespitaticus, pul-
tibus collate sunt; id est in pago Car- veraticus, pascuaticus aut salaticus aut ali-
casensi Plexus cum ecclesia Sancti Cucu- quid redibitionis exigatur, secundum quod
fati terminis & adjacentiis suis, & cellam ii^ praecepto nostro & genitoris nostri
Sancti Genesii in ipso pago cum terminis continetur insertum , quatinus hac adjuti
& adjacentiis suis, sicut terminatum fuit concessione pro nobis & regno nostro ii-
ab Unoldo & Adalberto, & est sita in valle berius Deum implorare condelectent. Et
Aquitanica; & in pago Narbonensi Capud- ut haec nostrae largitionis auctoritas ma-
Spina cum ecclesia Sancti Pétri super flu- jorem in Dei nomine obtineat vigorem,
vium Clamose sitam, cum terminis & adja- manu propria subterfirmavimus & an-uli
nostri impraessione jussimus sigillari.
' Original : Bibliothèque du roi. Baluze, Chartes
des rois, n. 17, [aujourd'hui latin 8887, f 40;
original en parchemin, jadis scellé j il a été inter-
ligné, au treizième siècle, en minuscule gothique,
& le même volume contient vis-à-vis, sur la
page 41, une copie assez exacte de ce document,
du quatorzième siècle; seulement, le nom de lieu
a été mal lu par le copiste & est écrit Ataniaco,
comme l'avait imprimé dom \''tiissete.] [A. M.]
Signum (locus monogrammatîs) Karoli
gloriosissimi régis.
Adalgarius notarius ad vicem Goslini re-
cognovit & subscripsit.
Data llll kalendas julii, indictione III,
anno XXXI régnante Karolo gloriosissimo
rege. Actum Attiniaco, in Dei nomine fé-
liciter. Amen.
An
870
36i
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
36:
177,
— XCIV
An
870
20
juillet.
Ed.orig.
t. 1,
col. 122
Charte de Charles le Chauve en faveur
d'Oliha, comte de Carcassonne '.
IN nomi'ie sanctae & individi.de Trini-
tatis. Karolus gratia Dei rex. Regalis
celsitiulinis mos est fidèles regni sui douis
nuiltiplicibus & honoribus ingentibus nui-
nerari atque sublimare. Proinde ergo luo-
rem parentum, rerum (j/c) videlicet prae-
decessorum aostrorum sequentes, libuit
celsitudini nostrae Olibam dilectum nos-
trum comitem de quibusdam nostrae pro-
prietatis rébus honorare atque munerari.
Cedimus ergo ei in pago Carchasensi ecle-
siam Sanctae Mariae & Fraxinum fiscum
nostrum, & de Helesau usque in Cabar-
dense, & de Prada usque in flumine Fis-
covo, quantum ibi nostrum indominicatum
habebant; eclesiam vero Sancti Johannis,
& quantum in Basara fisco habere visi
sumus; Agrifolium vero & alterum Agri-
folium hoc quod ad fiscum nostrum per-
tinebat ; Corneliana vero, & Rebentino,
& Aurenciano, & Vinaciacum, & Sanctum
[Marti]num, quicquid ad nostrum indomi-
nicatum pertinere videbatur; Clariacum
quoque & Favars, & in valle Aquitanie
Sanctum Stephanum, quantum in jus nos-
' Original : Bibliothèque du roi. Balt ze, Chartes
des rois, n. i5, [aujourd'hui latin 8887, f" 44 ;
original en parchemin jadis scellé.] Les caractères
extrinsèques de ce diplôme sont de nature à nous
faire supposer pour lui une altération analogue à
celle qu'a subie le diplôme pour Adroariusj de plus
le fait suivant vient prouver qu'il a été recopié &
probablement remanié. On sait que les sceaux ca-
rolingiens étaient plaqués & reposaient sur des cer-
cles de parchemin entaillé en croix 5 au-dessous se
croisaient & se recroisaient les lignes & signes
tachygraphiques qui complétaient la souscription
du notaire & rendaient difficile la falsification ou
le remplacement du sceau. Or, dans ce diplôme,
le cercle de parchemin se trouve être un fragment
de charte de la fin du treizième siècle, au nom
d'un bourgeois de Carcassonne, Guillelmus Sci^i
fusterius ; sous cette première plaque en est une
autre portant quelques mots d'une écriture du dou-
zième siècle. La falsification de ce diplôme est
donc extrêmement postérieure. [A. M.]
tri indominicatus adtingere vel adherere
videbatur; necnon & in vicaria Ausonensi
ecclesiam Sancti Martini, & Insulam lon-
gam, & ecclesiam Sancti Amantii, & Rès-
ciacum cum omnibus quae ad fiscum nos-
trum pertinent; & in comitatu Ràtensi in
Festam, & Buxam, & Fontes, & Sanctum
Martinum, & Calau, & Solonello, Se Ma-
zirolas, & Arbuscello, & Bernacum cum
omnibus quae ad nostrum indominicatum^
pertinebant. Unde & hoc magnitudinis
nostrae praeceptum fieri illique dari jussi-
mus, per quod memoratas res cum omni
sua integritate, quantum ad proprium nos-
tri fisci pertinebat, praenominato Olibe
comiti aeternaliter ad jus proprium ha-
bendas concedimus & de nostro jure in
jus ac dominationem illius solemni more
transferimus, eo siquidem pacto, ut quic-
quid ex pracdictis rébus abhinc & dein-
ceps pro sua oportunitate jamfatus fidelis
noster Oliba agere voluerit, libero in om-
nibus potiatur arbitrio, quemadmodum ex
reliquis siiae proprietatis rébus agendum
deliberaverit. Ut autem haec nostrae auc-
toritatis largitio majorem in Dei nomine
optineat firmitatis vigorem, manu propria
eam subterfirmavimus anulique nostri in-
pressione assignari jussimus.
Signum (locus monogrammatïs) Karoli
gloriosissimi régis.
Gammo notarius ad vicem Gosleni re-
cognovit & subscripsit.
Data XIII kalendas agustas, indictione
III, anno xxxi régnante Karolo gloriosis-
simo rege. Actum Pontione palatio, in Dei
nomine féliciter. Amen.
An
870
178.
xcv
Jugement rendu par Bernard, comte
de Toulouse '.
NOTICIA cum judicio ante bonos viros
quam plurimos vel ante eos qui hanc
notitiam subterfirmaverunt, qualiter ve-
' Cartulaire de Beaulieu, f° 3i y° ; [collationné
sur le cartulaire imprimé dans les Documents iné-
dits, par M. Deloche, p. 55-56. J
871
août.
An
87.
363
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
364
niens Garulfus abbas ex monasterio Belli-
loci cum advocato suo, nomine Aichardo,
in villa quae vocatur Seiiniurum , die
lunae, aiite virum illustrem Bernardum
comitem interpellavit aliquem hominem
seu cum ecclesiolas vel terras, cellas vel
loca & bénéficia ad eundem nionasterium
pertinentia & monachis sibi subjectis, tam
pro auctoritate gloriosissimi senioris nos-
tri Caroli régis cum ista carta firmaremus,
Adenum , dicens quod ecclesiam Sancti sicuti & fecimus. Quapropter omnium fide-
Christophori ', quae est in pago Limovi- lium nostrorum cognoscat soUertia, quod
cino, în valle Cosatico, quem Rodulfus nos eidem venerabili Frugello abbati suc-
archiepiscopus sancto Petro ejusdem mo- cessoribusque ejus concessimus, ut nullus
nasterii sua cessione firmavit, malo ordine comes vel judex aut exactor aut vicarius
tulisset. Tune interrogatus est ipsi Adeno, vel nullus ex fidelibus nostris tam & prae-
si hoc legaliter defendere posset, quod sentibus quam & futuris infra eodem mo-
ipse omnino negavit & sic fidejussores nasterio vel eorum cellas aut bénéficia vel
dédit Oddonem & Umbertum, ut die con- appendicia, non ad fidejussores tollendos
stituto, quod est V idus augusti, super ipsas hominesque distringendos aut freda vel
res veniret & manibus suis, sicut spolia- paratas exigendas vel parafreda tollere
verat, ipsum abbatem Gairulfum legaliter aut ullas redhibitiones aut illicitas occa-
revestiret. Nam & ad ipsum placitum utri- siones nostris futurisque temporibus in-
que venerunt & sic fuit judicatum per
signum de ipsa ecclesia revestivit. Ideo
necesse fuit ipsi abbati ut exinde notitiam
ipsius rei per cartulae testamentum noti-
ficare deberet, quod ita & fecit. His prae-
sentibus actum fuit. Signum Oddonis. S.
gredi audeatj sed liceat memorato abbati
suisque successoribus res ejusdem monas-
terii, cum omni sibi pertinentia & cum
alia quae ibidem quis augere voluerit vel
dictus abbas vel sui monachi adhuc habent
ad conquirendum , omnia in quietudine
■Ed.orig.
t. I,
col. 123.
Umberti. S. Linarnaldi. Signum" Bernoni. quieto ordine possidere. Postulavit etiara
Signum Austaldi. Signum Teodoni, S. Bo- idem venerabilis abbas, ut cuncta pecora
soni. S. Benedicti. Facta ista notitia in gregum suorum per cunctos colles & calmes
mense augusto, anno IIII Ludovici régis sive pascuaria absque ullo homine blan-
filio Karoli régis.
79-
XCVI
diente pascant, quod ita & fecisse nos om-
nium fidelium nostrorum cognoscat soler-
tia. Si quis autem hoc decretum nostrum
cum audacia frangere ausus fuerit, juxta
ceteras immunitatis legem solvat, solido-
rum videlicet sexcentorum. Et ut haec
An
871
21
juillet.
I
Charte de Bernard, duc ^ marquis, en carta in omnibus optimam habeat firmi-
faveur de Vahhaye d'Alaon^. tatem, manu nostra subter eam firmamus.
Signum Bernardi marchionis. Data xil
N nomine sanjctae & individuae Trini- kalendas augusti, anno xxxii Karolo glo-
tatis. Bernardus gratia Dei comes, dux riosissimo rege féliciter. Amen,
atque marchio. Notescimus omnibus fide-
libus nostris praesentium scilicet & futu-
rorum, qualiter adiens Frugellus venera-
bilis abba mansuetudinem nostram depre-
catus est, ut ex monasterio sibi commisso
in pago Palliarense, valle Urritense, cujus
vocabulum est Alagone, & fundata ecclesia
in honore sanctae Mariae vel sancti Pétri
' Saint-Christophe de Cosac.
' Archives de Barcelone. [Cette charte est fausse
comme la célèbre charte d'Alaon ; elle était destinée
^ en rendre l'authenticité plus certaine.] [E. M.]
180.
Diplôme de Charles le Chauve en fa-
veur du monastère de Saint-André
d" Ex al a ' .
IN nomine sanctae & individuae Trini-
tatis. Carolus gratia Dei rex. Omnibus
episcopis, abbatibus, ducibus, comitibus,
' Recueil des historiens de France, t. 8, p. 687.
An
87.
An
87.
5 août.
An
871
365
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
366
vicariis, centenariis, actionariis, missis
nostris discurrentibus vel cunctis fide-
libus sanctae Dei Ecclesiae nostrisque
praesentibus scilicet & futuris notum sit,
quia, si erga loca divino cultui mancipata
tuitionem impertimur, non solum regalem
coiisuetudinem exercemus, verumetiam ad
aeternae retributionis niercedem nobis
talia facta profutura confidimus. Proinde
comperiat omnium vestrorum praesentium
scilicet & futurorum solertia, quoniam
sacerdotes septem liberi génère, id est Wi-
tiza, Protasius, Victor, Lucanus , Gunte-
fredus, Recceswindus, Sanctiolus, venien-
tes ex parochia civitatis quae vocatur
Origel, accepta a Wilado ipsius civitatis
episcopo licentia verum & adjutorio, sed
& alii post eis conjuncti homines liberi,
Attila, Baro, Leudomirus, cum reliquis eis
se conjungentibus secesserunt ad locum
qui dicitur Exalada juxta fluvium nomine
Tête in capite vallis Confluentis & eme-
runt de rébus propriis & facultatibus fîde-
lium sibi liberalitate locum servis Dei
aptissimum sibique construxerunt monas-
terium in honore sancti Andreae apostoli
sed & aliorum apostolorum Pétri, Johan-
nis & Thomae, quod monasterium ditave-
runt emptis, commutatis vel conlatis sibi
rébus in locis subterpositis, id est inTres-
Valles, in Ocenias, in Canabellas cum
finibus suis, terris &vineis, in Lare, in
Coxiano, in Cotaleto, in Edio, in Saltone,
in Maridianas, in Agnerra, in Tauriniano,
in monte Aliberga ipsumque monasterium
Deo coopérante ad effectum usque per-
duxerunt. Qui locus supradictus est situs
in confinio Ceridaniae marchiae nostrae,
sub dioecesi Fredaldi Narbonensis archi-
episcopi & parochia Audesindi Elnensis
episcopi. Unde nostram excellentiam pe-
tierunt ut eumdem locum sub nostra im-
munitate & defensione ac mundeburdo
susciperemus & per praeceptum nostrum
illis & suis successoribus & eidem loco
praesentibus & futuris temporibus taie
privilegium concederemus, quatenus post
Deum sub manu & potestate [nostra] per-
petuo maneant & in eodem loco degentes
sub monastico ordine vivant, atque ut li-
centiam eligendi abbatem ex seipsis secun-
dum regulam sancti Benedicti omni tem-
pore habeant, & ut nullus paraveredum
aut pascuarium vel mansiouaticum aut
aliquam indebitam exactionem ab eis vel
suis successoribus de eodem loco vel de
"rébus ad eundem locum pertinentibus tam
praesentibus quam futuris temporibus exi-
gat, sed quiète liceat eis pro statu sanctae
Dei Ecclesiae & régis ac regni stabilitate
orare. Quorum petitionem rationabilem
judicantes, eis in omnibus annuere judi-
cavimus, decernentes ut tam praesentibus
quam futuris temporibus idem monaste-
rium cum omnibus rébus ad se nunc per-
tinentibus & quae futuris temporibus ad
eumdem locum conlatae fuerint vel quas
in eodem monasterio degentes juste &
rationabiliter acquirere quocumque modo
potuerint , privilegium & immuuitatem
habeat & sub defensione ac mundeburdo
regiae potestatis permaneat, & in eodem
loco habitantes sub monastico ordine vi-
vant 8c licentiam eligendi ex seipsis secun-
dum regulam sancti Benedicti abbatem
omni tempore habeant. In cujus abbatis
regulari ordinatione episcopus ipsius ci-
vitatis, in cujus parochia est monasterium,
nuUam difficultatem exhibeat vel quam-
cumque exactionem contra régulas sacras
eidem loco imponat nec pro ordinatione
ecclesiasticorum ministrorum vel pro lar-
gitione consecrati olei vel chrismatis quod-
cumque emolumentum contra canones sa-
cros ab abbate vel a monachis monasterii
ipsius requirat. Et nullus judex publicus
vel quislibet ex judiciaria potestate seu
aliquis ex fidelibus regni nostri vel suc-
cessorum nostrorum paraveredum aut pas-
cuarium vel mansionaticum aut aliquam
indebitam exactionem ab eis vel eorum
successoribus exigat, neque in ecclesias
aut ad loca vel agros seu reliquas pos-
sessiones memorati monasterii ubi & ubi
constitutas, quas nunc habere videtur vel
de cetero per futura tempora idem monas-
terium acquirere potuerit, ad causas au-
diendas vel freda exigenda aut mansiones
aut paratas faciendas vel fîdejussores tol-
lendos aut homines ipsius monasterii in-
juste distringendos vel paraveredos aut
pascuarios exigendos, nec uUas redhibi-
tiones vel illicitas occasiones requirendas
aut quamcumque inquietudinem ipsi loco
An
871
An
87.
367
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
368
An
872
nomine féliciter. Amen.
& ejus habitatoribus inferendi licentiam la caciimen montis Bassegoti & montis
habeant vel ad ejus nionasterii loca ulio Petrabugati & collis Principii & usque ad
unquam tempore ingredi valeant vel exac- montem Magalellum & usque ad niontcm
tare praesumant. Sed liceat memorati mo- Allonem, cum villaribus ad ipsam Nucem
iiasterii abbati suisque successoribus & & usque in montem Ilicis & usque in cel-
omni congrégation! res praefati monas- lam vocabulo Talexano cum monte Maxu-
terii cum omnibus quae in sua ditione maco inter ipsas valles consistente, & in
habuerint sub immunitatis tuitione quieto Basse locum qui dicitur Olotis cum anti-
ordine possidere atque pro statu sanctae qua ecclesia in honore sanctae Mariae fun-
Dei Ecclesiae & pro stabilitate regiae po- data; & in eodem comitatu montem Sancti
testatis & regni nostri atque pro populo Laurentii cum basilica in honore sancti
nobis subjecto Domini misericordiam exo- Laurentii ejusdem fundata, cum villari &
rare. Et ut haec auctoritas nostris futuris- fonte vocabulo Sparrigaria, cum ipsius
que temporibus Domino protegente valeat montis integritate, praeter locum qui di-
inconvuîsa manere, manu propria eam sub- citur Castellares, quem tenent filii Dis-
terfirmavimus & de anulo nostro sigillari colii & Tirinsimiri, & praeter apprehen-
jussimus. siones Hispanorum intra ipsos termines
Signum Karoli gloriosissimi régis. sitas; basilica quam praefatus abba Rici-
Adalgarius notarius ad vicem Gozlini mirus juxta ipsos montes supra praefatum
recognovit. fluvium nomine Aginnum in honore sancti
Datum nouas augusti , indictione IV, Andeoli egregii martyris fundavit mona-
anno XXXII régnante Carolo gloriosissimo chisque quos ibi Deo famulaturos coUo-
rege. Actum Doziaco palatio regio, in Dei cavit, pro nostrorum absolutione pecca-
minum largiri & largiendo auctoritatis
nostrae praecepto perpetim habendas con-
firmare. Unde hoc praecellentiae nostrae
scriptum fieri eidemque sancto loco dari
jussiraus, per quod praefatas valles, colles
& montes cum suis villaribus cunctisque
Diplôme pour le monastère de Saint- appendicibus & praefatam basilicam Sancti
Andéol, en Be7audiin\ Laurentii cum monte & omnibus suis
appendicibus eidem ecclesiae in honore
IN nomine sanctae & individuae Trini- sancti Andeoli fundatae & dedicatae, prae-
tatis. Karolus gratia Dei rex. Quicquid scripto abbati nomine Ricimiro monachis-
pro amore Dei sanctorumque reverentia que inibi Deo militantibus eorumque suc-
agimus, profuturum nobis ad praesentis cessoribus perpetim pleniterque habendas
vitae curricula felicius transigenda & ad concedimus & de jure nostro in jus ac
futurae beatitudinis praemia facilius obti- dominationem illorum transfundimus, ec-
nenda non dubitamus. Comperiat igitur clesiastico & regulari habendos jure, pos-
omnium sanctae Dei Ecclesiae fidelium sidendos atque ordinandos. Ut autem haec
nostrorumque praesentium ac futurorum nostrae largitionis seu confirmationis auc-
solertia, quia ad deprecationem & salu- toritas inviolabilem nostris futuris([ue tem-
brem admonitionem dilecti nobis Ricimiri poribus obtineat firmitatem, manu propria
abbatis, ad Dei sanctique Andeoli & sancti eam subterfirmavimus & anuli nostri im-
Laurentii pretiosorum martyrum amorem pressione sigillari jussimus.
& honorem, libuit celsitudini nostrae in Signum Karoli gloriosissimi régis,
comitatu Bisuldunensi, super fluvium Agin- Data III idus aprilis, indictione il il,
num, vallem nomine Bichilibim & vallem anno XXXll régnante Karolo gloriosissimo
nomine Agogiam cum omnibus villaribus rege &; in successione Lotarii régis anno
intra ipsas valles usque in Tecum & usque tertio. Actum in monasterio Sancti Dio-
nysii, in Dei nomine féliciter. Amen.
' Recueil des historiens de France^ t. 8, p. 633.
I»I.
An
872
369
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
370
Éd.ori".
t. 1,
col. 123.
An
872
2 3 sep-
tembre.
lid.orig.
t. 1,"
col. 124
182
XCVII
vindicent vel défendant. Et qui contra
hanc cartam a me factani venerit ad ii-
rumpendum aut ego venero aut uUa op-
posita persona vel subrogata, tiinc com-
Donation faite par Apollonius, comte ponam seu componant partibus praefatae
d'Jgde, à r église de cette ville ' . ecclesiae ipsas domos, quales ad- eo tem-
pore carius valere potuerint, & in antea
INTEGRA mente sanoqiie consilio ac di- haec donatio mea in sua maneat potestate.
vina compunctione afflatus , in Dei Facta scriptura donationis ad ecclesiam
nomine ego Apollonius, astrictus enim Sancti Stephani, sub die nono kalendas
casu humanae fragilitatis, dum mortem octobris, anno XXXIII régnante domino
quis evadere non potest, sed iter qua nostro Karolo rege. Apollonius hanc do-
cuncti gradiuntur & exsequuntur, & quia nationem fieri volui & firmare rogavi, va-
pius Dominus boni operis fructus purgare cante cancellaria.
non dedignetur quemlibet a sordibus pec-
catoruni ; sed quod digne offeram aut quae
munera poterit ipsi placere, cum ipse f"e-
cerit omnia & ejus sunt universa? sed l83. — XCVIII
unde mihi Dominus in hoc saeculo largire
jussit, vota mea persolvo & ut in diem Jugement rendu en faveur de V abbaye
judicii remedium animae meae adquiram. j Caunf<;^
Ob hoc ego Apollonius comes supradictus
pro meis delictis atque criminibus dono x-^ONDiciONES sacramentorum , ad quas
& off'ero glorioso sancto Stephano niar- ^— ^ ex ordinatione Salamon misso, Isim-
tyri in sede Agathensi, dono donatumque berto seo & judices qui jussi sunt causas
esse volo a supradicta ecclesia, hoc [est] dirimere vel legibus diffinire, id sunt quin-
venerabili patri Dagberto episcopo vel a que Wuitesindo, Medemane, Uniforte,
canonicis qui ejusdem Deo deserviunt vel Argefredo, Eigone judicum, & Vulfino
adhuc servituri sunt, dono atque trado clerico & Adoura saione vel aliis quam-
domos cum curte, exeo & regressu suo, • plures bonis hominibus, qui cum ipsis in
quae domi sunt in Agathense civitate. De idem aderant in mallo publico ante Castro
parte Circi inlaterat ipsa curtis interna Menerba, id est in praesentia Baldomare,
Sancti Stephani, de parte Aquilonis in- Gildemiro, Invuirico, Joanne, Leonargo,
frontat ipse domus vel ipsa curtis in via Stavile, Eingerico, Amalberto, Bellone,
quae discurrit ad ecclesiam Sancti Ste- Edrorario, Anteo, Ildefredo, Daniel, Vuil-
phani. Isfa omnia siî^erius nominata de lierico, Flavione, Hermemiro & Licinio,
meo jure & dominatione ad praefato testificant & jurant testes prolati quos
sancto Stephano dono atque in praesenti profert homo nomine Unifortis, qui est
modo trado, in ea vero deliberatione ut niandatarius de homine nomine Daniel
post obitum meum nullus episcopus non abbate vel cuncta concrecasione monaste-
habeat ipsas domos licentiam nec in pa- rii sivi commissa monacorum sancti Pétri
rentibus nec in laicis vendendi, commu- apostoli Christi, cujus ecclesia sita est in
tandi, cedendi, benefaciendi nec qualibet paco vel territorio Narbonense, suburbio
occasione subtrahendi, sed ipse episcopus Minerbense, justa fluvio quem vocant Ar-
vel sui canonici ipsas domos ad praefatam gentedublum, in facie de supradicto misso
Dei ecclesiam in suos usus retineant & vel judices vel aliis quamplures bonis
pro meis reatibus Deo subveniant. Unde hominibus, qui in ipso placito cum ipsos
ab hoc hodierno die & tempore ipsa su- residebant, propter res vel devitum quod
pramemorata ecclesia vel sui rectores liaec ad jamdicta concrecasione superius scripta
monasterii Sancti Pétri, quod eis debebat
' CartLilaire de l'égliss d'Agde; [copie du dix-
huitième siècle, latin 9999, f" 14. J ' Archives de l'abbnye de Caunes.
An
872
An
873
2 3 avril.
An
873
Kd.orig.
t. 1,
toi. 125.
371
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
372
vel devitor est homo, nomene Fredaldus, & Pauli, sicut superius scriptum estj &
archiepiscobus de Narbona civitate sedis damus une testimonium infra niettas tem-
Narbonensis sancti Justis& Pastorisvel sua poris & a ximus recte &iideli(er tesitfi-
concrecasione ibidem commissa. Quando camur de hac causa per super adnixum ju-
mortuus fuit Fredaldus archiepiscobus, ramentum in Domino. » Late condiciones
devitor erat ad jamdicta concrecasione sub die villl kalendas madias, anno xxxill
monasterii superius scripta solido CCCL régnante domno nostro Karulo rege. Sig-
sanctorum Pétri & Pauli probter vinos & num f Arenario. Signum f Ilperico. Signum
annonas, argentum, mulo & kavallos vel fStefano. Signum fWifredo. Signumf Ma-
vestimenta, quod praestavit & vendidit quanoius. Signum f Magnaldus. Signumf
homo qui fuit [nomine] Egiga habba de Venerandus. Signum fFrancone. Signum t
jamdicto monasterio & sua concrecasio, Amunnus. Signum t Invviramnus. Signum
qui ad eo tempore ibidem erat commissa fAdalberto. Signum fAigooberto. Signum
simul pariter. Et sunt nomina testium qui f Reculfo. Signum f Bonarico. Signum t
hoc testificant & jurant : hic sunt Arena- Bellone. Signum f Alarico. Signum f Er-
rius, llpericus, Stephanus, Wifredus, Ma- menfredo. Signum f Salomon qui as con-
canoius, Magnaldus, Venerandus, Franco, diciones juravimus. Inchericus. Stabiles.
Amunnus, Invviramnus, Adalbertus, Aigo-
bertus, Reculfus, Bonaricus, Bellus, Ala-
ricus, Ermenfredus qui jurantes a « di-
cimus per Deum patrem homnipotentem o YCTY
& Jesum Christum filium ejus Sanctumque
Spiritum, qui est in Trinitate unus & ve-
rus Deus, & per te locum venerationis
sancto Nazario martyre Christi, cujus egle-
sia sita est ante kastro Minerba, supra
An
873
^
Consécration de t église de Notre-Dame
de Formiguera dans le Capcir\
NNO Incarnationis Domini nostri Jesu
cujus sacrosancto altario as condiciones a i
superpositas manibus nostris praesens con- l\ Christi [DCCC LXXIII] , indictione vi,
tenemus vel jurando contangimus : quia xi kalendas octobris, anno [XXIII] régnante
nos jamdicti testes ximus & bene in veri- Karolo gloriosissimo rege, veniens Sigebo-
tate notum havemus & vidimus & prae- dus sancte prime Narbonensis ecclesie hu-
sentialiter fuimus in jamdicto monasterio milis archiepiscopus in comitatu Redensi,
superius scripto, quando jamdictus Fre- in loco qui dicitur Fromiguaria, depreca-
daldus archiepiscobus in itinere venit in tus a Gulfarico abbate qui ecclesie Sancti
jamdicto monasterio Sancti Pétri & Pauli Jacobi monasterii preesse videtur & a co-
& sic recepit ipsa annona & ipsum vinum, mitibus hisce nominibus Vuifredo & fratre
id est in primis modios viginti de fru- ejus Mirone & comitibus Olibano & fra-
mento & viginti de vino, valente solidos tre ejus Ayfredo, comitum illorum depre-
septuaginta, in res mulo & kavallos & catione & voluntate spontanea, ad conse-
prunia & alias res valentes solidos cccc crandam ecclesiam Sancte Marie virginis
& alias plures res quod jamdictus Egiga matris Domini nostri Jesu Christi, cum
abba & presbyter quidam, qui fuit ad jam- appendiciis & horatoriis suis sancti Pétri
dicto monasterio Sancti Pétri & Pauli & apostoli & sancti Joannis Baptiste pre-
sua concrecasio ipidem commissa, quae ad cursoris Domini, que sita vel fundata est
eo tempore erat, praestitum fecit de jam- ipsa ecclesia in eadem villa Formiguaria
dictas res superius scriptas ita & vendidi; super ipsam aquam que vocatur Formigua-
& quando jamdictus P'redaldus archiepi- ria, quam corde & nutu divino edifi-
scobus de oc seculo obuit, debitor erat care conati sumus nos predicti comités,
justissime de jamdictas res superius scrip- pro Dei amore & remedio animarum nos-
tas abint esse, sicut superius scriptum esset,
ad jamdicta concrecasione monacorum vel > Ancienne copie aux archives de l'archevêché
clericorum ibidem commissa Sancti Pétri de Narbonne.
Éd orig.
t. I,
col. 126.
An
873
21 sep-
tembre.
4
An
873
373
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
374
An
874
îSmars,
trarum seu parentum nostrorum eccle- Cesari, Gulfredi, Maurecati, Senfredi, En-
siam pontifie! Sigebodo archiepiscopo ut necoiii, Siseguti, Danieli, Luponi,Enalai io
dedicaret & benediceret, ac dedicavit sajone, omnes (|ui in ipso juditio reside-
An
874
ad ipsius dedicationem tradimus & cedi-
mus prope ipsam ecclesiam de terra
arabili modiatas xc. Habet ipsa terra af-
frontationes ab intègre cedimus vel
donamus, ideoque nos supradicti comités
donamus vel tradimus ad domum Sancte
Marie in suffragia sancti Jacobi apostoli
fratris domini Gulfarico abbati vel suc-
cessoribus suis tam presentibus quam fu-
turis ipsam prenominatam villam Formi-
guaria cum omnibus finibus & adjacentiis
suis vel pertinentiis... ob amorem Dei ut
crimina peccatorum nostrorum dignetur
absolvere & propter dedicationem sancte
Marie & consecrationem ; sic tradimus
oninia ad abbatem Sancti Jacobi & Sancte
Marie & famulantibus cunctis ipsius loci,
ut si aliquis Deo inspirante légitime tr?-
dere voluerit & tradiderit aliquid, omnes
abbates & monachi tam présentes quam
futuri a partibus Sancte Marie ipsis pa-
trocinantibus recipiant, teneaut & possi-
deant atque per ipsius nomen défen-
dant Ego Sigebodus Narbonensis
ecclesie archiepiscopus manu propria hanc
donationem supranominate ecclesie con-
firmo & subscribo. Barnarius levita hanc
dotationem & donationem Sancte Marie
& Sancti Jacobi suprascripti manu propria
scripsi sub die & anno quo supra.
i85.
Plaid tenu par les agents du comte
Miron ' .
IN juditio Mirone comité seu de judices
qui jussi sunt causa audire, dirimere
vel recte judicare, id est Langobardus,
Bera, Odolpaldus, Dodo, Step-hanus, Ful-
gentius & Guintiocus judicum, vel in pre-
sentia aliorum multorum bonorum ho-
minum, Kandiani presbiteri, Rautefredi,
' Copie dans Baluze, Armoires, v. 117, f° 167,
d'après le cartulaire de Saint-Michel de Cuxa ,
f" 117.
bant; veniens homo noniine Sesenandus
mandatarius Mirone comité & dixit : « Au-
dite me cum isto Laurentio, qualiter servus
fiscalis débet esse ex nascendo de parentes,
de abios suos cum fratres vel parentes
suos & «ervicium fecerint domno Sunie-
fredo comité genitore seniore meo ad parte
fiscali per preceptum, quod precellentis-
simus rex Carulus fecit domno Suniefredo
comité, cujus voce me mandatarium man-
dat inquirere senior meus. » Tune supra-
dicti judices dixerunt Laurentio qui est
inquietatus pro se & parentes suos : « Qui
ad hec respondis? » Et ille in suis respon-
sis dixit : « Non debeo esse servus fiscalis
nec parentes mei ex nascendo de bisabios
vel visabias ex paterno vel materno, quia
ego & parentes mei sicut Lex Gotorum
continet per xxx-' vel quinquaginta annis
in domos in qua nati sumus inter pré-
sentes instetimus absque blandimento vel
jugo servitutis in villa Canabellas, nullo
comité vel judice nos inquiétante. » Nos
vero judices Sesenando mandatario dixi-
mus : « Potes habere testes aut scripturas
aut uUum indicium veritatis, unde pro-
bare possis isto Laurentio fratres vel pa-
rentes suos, ut servi fiscale seniori tuo
debeant esse, ut infra istos légitimes an-
nos quod responsum dédit servituti fuis-
sent ? « Et ille dixit : « Non habeo alla
probatione, nisi inveni in brève senioris
mei, quod pater suus ei dimisit femina
Ludinia, qui fuit parentes istius parentele
quem ego prosequor. » Nos vero judices
diximus Laurentio : « Unde advenit ista fe-
mina Ludinia in isto brève qui fuit soror
abie tue, si ancilla fiscalis non fuit? » Et
Laurentius respondit : « Nescio quomodo
hic resonat, set unum scio quod ancilla
inclinata in servitio non fuit; set si aliunde
ad filios suos conditio servilis non avenit
de parentes, quod mihi conjuncta est, non
pertinet ad filios suos servilis conditio. «
Nos autem perquisimus in Lege Gotorum,
ubi dicunt : Si qu'is ingenuum ad servïtîum
addîcere voluerit, ipse doceat quo ordine ei
servus advenerit, £• si servus ingenuum se
esse dixerit £• ipsi simili modo ingenuitatis
^7-
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
An
''"^ sue formam ostendat probatîonem^ & ce-
tera que secuntur. Proinde diximus ad isto
Laurentio si potuisset taies habere testes,
sicut lex coiitinet, ut nullum ex fisco per-
solvere debeat ille aut parentes sui. Ille
dixit : « Possum. » Introduxit légitimes
quatuor testes absque ullo crimiiie, id est
Guitesindo, Ataulfo, Bieles & Biatarius,
qui juraverunt a série conditioile, sicut
ibidem iusertum est. Tune nos supradicti
jiidices Sesennando diximus : « Potes alios
376
186.
c
Donation faîte au monastère de Va-
hre, pour le soulagement des âmes
des ducs ^ marquis F ré de Ion, Rai-
mondj ^ Bernard\
RISCARUM legum & imperatorum ac
consulum decrevit auctoritas, ut qua-
habere testes ampliores aut meliores, aut liscumque persona nobilis ortus génère
crimen quod in lege vetitum est testifi- res suas in alieno jure transferre voluerit,
candi dicere hodie aut postmodum? » Et tam in ecclesiis quam in aliis ho'minibus
ille in suis responsis dixit : « Non possum codicillos & légitimas traditiones licen-
habere testes nec scripturas nec uUum indi- tiam habeat ad faciendum. Quamobrem ego
cium veritatis, unde istos testes diffamiare in Dei nomine Richardus & conjux mea
possim aut istos ad servitium inclinare, Rotrudis annuente divina gratia pertrac-
neque istos trinos placitos nec ulloque tavimus casu humanae fragilitatis nostrae
tempore & hodie & deinceps, sic me re- & metuentes diem extremum, ne subita
cognosco vel exvacuo ab interrogatione" mors improvisa nobis obveniat & suae
judicum & presentia bonorum hominum, mortis laqueis tradat & ut nobis Domi-
in villa Verneto, in ecclesia Sancti Satur- nus veniam donare dignetur, & pro reme-
nini, & ut sacramenta fecerunt isti testes dium animae seniori meo qui fuerit quon-
veraciter recepi per jussione senioris mei, dam Fredoloni necnon 8e Raymundo seu
& ea que feci recte & veraciter me recog- etiam & Bernardo, qui fuerunt marchio-
nosco vel exvacuo in vestrorum juditio vel nés ac duces, ut eis Dominus delicto-
suprascriptorum presentia. » Facta recogni- rum suorum veniam largire dignetur; &
tione vel exvacuatione sub die Vlll kalen- propter banc causam cedo ad monaste-
das aprilis, anno xxxilll régnante Karulo rium , qui dicitur Vaber & est situs in
rege. Sig t num Sesenandi mandatario pago Rutenico super rivulum Dordoni, &
domno Mirone com.ite ad causas fiscalis est in honore Domini nostri Jesu Christi
requirendas, qui hanc recognitione vel & sanctae Mariae genitricis ejus necnon
exvacuatione feci & testes tradidi ad robo- & sancti Pétri principis apostolorum seu
randum. Miro. Intiocus. S. Protasius. Si etiam sancti Dionysii praeclarissimi mar-
domnus cornes, hoc est Deo propicio sive tyris, ubi moderno tempore Bernardus ab-
me adjuvante, fuerit conversus qui bas praeesse videtur cum monachis ibidem
hanc scriptura recognitionis vel évacua- Deo famulantibus. Cedimus ad ipsa casa
tionis jussus scripsi & die & anno quo Dei vel ad ipsos monachos cessumque in
supra \ perpetuum volumus, hoc sunt res nostias
qui sunt in pago Rutenico, in vigaria Mi-
' Lex Vis'igothorum, lib. v, titul. vn, leK viii. lianense, loco nuncupante Noviliaco, cum
^ La fin de cet acte paraît tronquée & est peu ipsas ecclesias quae Sunt fundatas prima
intelligible. in honore sancti Pétri, secunda sanctae
Mariae, tertia sancti Brictii^ ipsas eccle-
sias vel ipsas villas ibidem pertinentes his
nominibus Cumborlo, Baldara , Monte-
piano, manso uno qui dicitur ad Lica &
alios duos mansos qui dicitur ad Bosco; &
in alio loco mansos duos qui dicitur Fro-
Éd.orig.
t. 1,
col. 126.
An
874
décem-
bre.
Ed.orig.
t. I,
col. 127.
' Archives de l'église de Vabre.
An
874
377
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
378
Éd.orig.
t.I,
col. 128.
miiiio, ad illum Villaritum niansos duos;
item alio Boscho manso iiiio, ad Arcovolto
niansos duos; & in alio loco manso iino,
ubi Doolorgus visus sunt manere. Ista om-
nia superius nominata cum ipsas eccle-
sias vei cum ipsas villas sive mansos, totum
& ab integruni cedo ad ipsa casa Dei vel ad
ipsos monachos ibi Deo servientes, excep-
tis illos duos mansos qui dicitur Monte-
piano & illa Licca quod ad filio nostro
Dodotu usufructario reservanius una sub
censu, ut per singulos annos quatuor de-
nariis partibus monasterii donare faciat,
& post obitum illius pars monasterii in
suam revocare faciant potestatem absque
uUa contrarietate. Et ego Ricardus dum
vivo usum & fructum mihi reservo, post
obitum meum ipsas res superius nominatas
cum ipsas ecclesias, cum domibus, cum
terras cultas & incultas, cum mansis, pra-
tis, pascuis, silvis, farinariis, cum omni
integritate & adhaerentias eorum & fun-
dus possessionis, totum & ab integrum ipsi
monachi in suam faciant revocare domina-
tionem & potestatem absque ulla contra-
rietate. In eo vero modo, ut si mala volun-
tate succrescit ad ipsos rectores qui ipsos
monachos regere debent, tam rege quam
comité sive aliquo principe qui monas-
terium Vabrensem in fisco dominationis
tenere voluerit & monachos inquietare
praesumpserit , habeant res superius no-
minatas, ubi nullum principem metuant.
Nec uUus abba aut uUus princeps aut
ullus rector beneficiare aut concambiare
voluerit, non ei licentiam liceat facere,
sed ipsi monachi ex monasteriolo superius
nominati teneant, possideant bac mona-
chos nutriant & faciant exinde quidquid
melius voluerint. De repetiti-one vero,
quod minime fieri credo, quod si nos ipsi
immutata voluntate nostra aut ullus de
haeredibus nostris vel quislibet immissa
persona qui contra banc cessionem istam,
quam nos prompta voluntate pro Dei
amore fecimus, ire aut inquietare prae-
sumpserit, quod petit non vindicet, sed
insuper componat tantum & alium tantum
quantum eo tempore ipsas res melioratas
valere potuerint, in duplum sit redditurus
& quod repetit non valeat vindicare, sed
praesens cessio isfa omnique tempore firma
& stabilis valeat perdurare cum stibula-
tione subuixa. Facta cessione ista in mense
decembrio, anno trigesimo quinto rég-
nante Karolo rege Francorum sive Aqui-
tanorum. Signum Richardo qui cessione
ista fieri vel adfirniare rogavit.- Signum
Rotruduae uxori suae consentiente. S. Si-
galdus. S. Aymerico. S. Isimbertus. S. Alde-
berto. S. Celsarigo. S. Avumdantio. S. Ai-
menrado. S. Leutado. S. Tresinmis moua-
chus jubente Bernardo abbate scripsit.
187.
Délaissement du territoire de Pallal,
fait par Dominique à Castellan,
abbé d' Arles ',
IN judicio de judices qui jus.si sunt cau-
sas audire, dirimere vel judicare, id est
Albarus, Vuithericus, Joannes, Sindala,
Fauvane & Ranualdo judicum, seu & in
presentia Atone, Viatario, Eldegiso sa-
cerdotes, Hisselmo saione vel plures bonis
hominibus, id est Audericho, Trassivicho,
Viumarane, Taurello, Recharedo, Elde-
fonso, Leothario & Ferriolo, seu & in pre-
sencia multorum bonorum hominum qui
in ipso judicio residebant. Professus sum
ego Domenicus simulque exvacuo a peti-
cionibus Babilane qui est mandatarius vel
causilicus de Castellano abbate vel cuncta
congregacione cenobii Sancle Marie de
territorio Elenense, cujus basilica est sita
in Valle Asperi in locum quem dicitur
Arulas, vel ad interrogacionem de superius
scriptos'judices. Verum est in omnibus &
' Archives de l'abbaye d'Arles, & copie dans
la collection Moreau, à la Bibliothèque natio-
nale, vol. 2, f° iSy. — Cet acte permet de rectifier
la date d'une déposition de témoins, publiée par
Baluze dans le Marca H'ispan'ica, c. 798, sous la
date de 876} cette déposition est datée du 8 jan-
vier & est la deuxième partie de la procédure,
dont notre déguerpissement est la troisième. Dans
un premier plaid, qui est perdu, la cause s'en-
gage entre l'abbé d'Arles & Dominique j dans le
second (celui de Baluze), on entend Jes témoins
de l'abbé Castellan ; dans le troisième & dernier,
Dominique renonce à ses prétentions. [A. M.]
An
874
An
875
3o
janvier
An
875
79
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
38o
negare non possuni quod dum haberet jam- quam tempore. Sicut injuste & contra leges
dictus Kastellanus abba suo Palaciolo cum invasi, ego Domenicus ipso Palaciolo cum
terras cultas & incultas, id est in jamdicto terras vel adjacentias vel cum omnes arbo-
territorio Elenense vel in ipsa Valle Asperi res suos diversos de quantum in superius
prope jamdicto monasterio Arulas cum di- scriptas includunt, dum ipse abba Kastel-
. versas arbores, id est tota ipsa valle quam lanus condam hoc dimisisset ad omnes suc-
traxit Kastellanus quondam suus anteces- cessores suos post se & possedisset ipso
sor abbas cum alios suos monachos, cum Palaciolo ubi ipse domus est edificatus in
condam Hononi presbiteri, Eldesindo & honore sancti Pétri, sicut superius dicitur,
condam Amelio, Teudesindo & condam Ba- per hos annos quinquaginta cum omnia
sulino monachos & dimisit jamdictus abba superius inserta, & ubi testes de jamdicto
sicut etiam dicti monachi ipsum Palaciolo Babilane testificavere, verum testimonium
cum terras cultas & incultas & cum arbores testificaverunt vel a série condiciones ju-
jamdictos vel alios diversos arbores. Qui raverunt in prefato territorio in locum
est ipse Palaciolus in rivulo Rivo Ferrario que dicitur FuUonichas, in domum sancti
subteriore, ibidem infrontat in ipso rivulo Martini confessoris, quod plus débet esse
& subjungit in terra de Aucerico, & in- ipse Palaciolus cum omnes superius scrip-
frontat per summitatem de ipso pojo us- tas infrontationes vel cum omnia superius
que in terra que dicunt Kero de Audriso, saepedicta pro aprisione de condam jam
ipso Palaciolo jamdicto, ubi edificata est saepedicto Kastellano abbate vel Annone
ipsa domus que dicitur Sancti Pétri cum condam presbitero vel jamdictos mona-
ista omnesque terras de quantum in istas chos que fuerunt per illorum aprisione
afrontaciones jamdictas includunt, cum vel ruptura, quod illi primi homines hoc
omnes suos kastagnarios & nogarios & alios traxerunt de heremo ad cultura, quam de
diversos arbores, unde me vero ordine in- me Domenico, qui ipso Palaciolo cum
terpellat Babila mandatarius vel causilicus terras & omnia superius sepedicta invasi
de ista Palaciolo superius scripto, unde de potestate de antecessores de Kastellano
jam saepedictus Babila me mallavit man- abbate infra istos octo annos. Et ea que
datarius vel interpellavit. Ego Domenicus dico recte & veraciter me recognoscho si-
invasi de potestate de jamdicto Kastellano mulque exvacuo hic in vero supradicto-
cum terras cultas & incultas vel arbores, rum judicibus. Facta recognicione simul-
sicut superius dicitur, sive de potestate de que exvacuacione sub die tercia kalendis
ipsos monachos & eorum congregacione februarii, anno trigesimo quinto régnante
dum tenerent ipsum Palaciolo, de quantum Karolo rege. Signum Domenicus, qui hanc
in istas afrontaciones includunt, per apri-
sione condam Kastellani abbati vel suos
monachos condam Hononi presbiteri &
Eldesindo, Amelio, Teudesindo & Bassu-
meam recognicionem vel exvacuacionem
feci. Signum Amelius. Signum Agilla. Sig-
num Adeberto. Signum Fulgerano. Signum
Eldefonso. Signum Rodericho. Signum Jo-
lino monachos, & dederunt mihi ipsi judi- bannis. Signum Arrecto. Signum Vuarne-
ces unum & alium & tercium placitum, si beti. Signum Aimericho. Signum Adeberto.
potuissem ego Domenicus ad partibus meis Signum Vualdamare. Signum Rogatredus.
adprobare, quomodo ipse Palaciolus cum Petrus juroannus presbiter qui hanc re-
terras vel omnia sua sicut superius dicitur, cognicionem vel evacuacionem scripsi &
unde Babila causilicus vel adsertor me in-
terpellât, ista omnia mea debuissent esse
sicut ego dixi & dico, quod ad partibus
meis hoc adprobare non possum, quod ipse
Palaciolus cum terras cultas & incultas vel
arbores de quantum in suas superius scrip-
tas infrontaciones résonant mea debeant
esse non possum neque per testes neque
per scripturas nec hodie nec in nullo un-
sub die & anno quod superius.
An
875
38 1
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
382
Éd.orig
t. I,
col. l'il.
An
875
i3
juillet.
i. — CIV
naliter in jus proprium eidem loco cedi-
mus & delegamus. Unde hoc magnitu-
dinis ac celsitudinis nostrae praeceptum
fieri ibique dari jussimus, per quod me-
Charte de V empereur Charles le Chauve moratam villam cum omni suarum inte-
en faveur de Vahhaye de Beaulieu, gritate rerum abeant, teneant firmiterque
en Limousin^ absque alicujus contradictione aut miaio-
ratione possideant. Ut autem [hujus] nos-
IN nomine sauctae & individuae Trini- trae auctoritatis largitio majorem in Dei
tatis. Karolus gratia Dei imperator au- nomine obtineat firmitatem vigoris, manu
gustus. Imperialis celsitudinis mos est nostra eam subterfirmavimus annulique
fidèles suos donis multiplicibus & hono- nostri impressione assignari jussimus.
ribus ingentibus honorare atque subli- S. (Karolus) Karoli gloriosissimi impe-
mare. Itaque notum sit omnibus sanctae ratoris augusti.
Dei Ecclesiae fidelibus & nostris, prae- Data m idus julii, indictione ix, anno
sentibus scilicet atque futuris, quia com- xxxvi régnante Karolo gloriosissimo im-
placuit clementiae serenitatis nostrae ad peratore & in successione rcgni Lotharii
deprecationem Frotarii Biturigensis eccle- anno VI, imperii autem ejus anno i. Actum
siae archiepiscopi venerabilisque & di- Poncione palatio iniperiali, in Dei nomine
lecti nobis Gairulfi monasterii Belliloci féliciter. Amen,
abbatis, quod est in honore beati Pétri
constructum, ubi requiescit corpus sanc- ~~
tae Felicitatis martiris Christi, quod est
situm in pago Tornensi super fluvium
Dordonia, de quibusdam nostrae proprie-
tatis rébus pro absolutione peccatorum Plaid ou assemblée tenue par Vau~
An
875
189. — CI
nostrorum jamdicto abbati suisque suc-
cessoribus necnon & monachis ibidem
Deo famulantibus tam praesentibus quam
futuris honorare stipendiis & usibus eo-
rum in venturis generationibus. Quae siqui-
dem res sunt si tae in comitatu Lemovicino,
I
torité de Bernard Illj marquis de
Gothie '.
N judicio Isimberto misso Bernardo co-
mité sive & de judices qui jussi sunt
causas dirimere & legibus diffinire, id est
in valle" Exandonense, hoc est villa quae Teodofredus, Medema, Arifredus, Teode-
vocatur Orbaciacus, ubi quod sunt mansi ricus, Ildoigius, Sindilla, Albarus, Man-
decem cum terris, vineis, pratis, pascuis, tio, Galvilae, Fauvane judicum, Valafonso
molendinis, aquis aquarumve decursibus, saione vel in praesentia Hictore, Ragam-
secus fluvium Viseram, necnon & mancipia berto, Epulone, Munio, Adroario, Atone,
utriusque sexus desuper commanentibus Arnaldo, Aberaldo, Suniario, Sendebado,
vel ad id jure respicientibusj totum & ad Tractimiro, Domferanno, Ramnone, Mau-
integrum cum omni sua integritate per recato, Ermemiro, Senderedo, Georgio,
hoc altitudinis nostrae praeceptum aeter- Achilane & Victore vel aliorum plurimo-
rum bonorum hominum praesentia, qui in
* La plupart des dernières pièces publiées par ipsO judicio residebant. RecognoscO me
les Bénédictins (n°» CI à CXIII) ayant été mal da- Auvaldus a petitionibus Fridemiro, qui est
Éd.oric.
col. 128.
An
875
17 dé-
cembre.
tées, nous les avons rétablies à la place qui leur
est assignée par leur date respective, & nous nous
dispenserons à l'avenir de répéter à chaque pièce
déplacée la double note explicative de l'interver-
sion des numéros.
' Cartulaire de l'abbaye de Beaulieu, en Li-
mousin. [Collationné sur le cartulaire publié par
M. Deloche, dans les Documents inéditSj p. 28-24.]
* Alias villa.
mandatarius de Audesindo episcopo vel
ad interrogatione de supradictos judices j
verum est in omnibus & hoc negare non
possum, quia de his unde me mallavit me-
minitus Fredemirus mandatarius de Au-
' Cartulaire de l'église d'Elne. — Baluze, Regum
Francorum Capitular'ia, t. 1 , c. 1 486 & seq.
An
875
383
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
384
desiudo episcopo, quod ego injuste reti- debeant nec modo nec ulloque tempore,
neo homiues qui sunt comniaiientes prope quia plus pertinet ad Audesindum episco-
claustra Saucti Felicis & ejus terminio, pum, qui hoc perquirit recte jure eccle-
quae ipsi ecclesiae subditum esse débet siastico, quam a me Auvaldo qui retineo
sub ditione sanctae Eulaliae Elenense se- hoc partibus coraitis injuste. Et ea quae
dis ecclesiae, de ipso pojo ubi est ipsa me recognosco, recte & veraciter me re-
Mata & recte descendit & accipit partem cognosco vel evacuo in vestro supradicto-
de ipsum locum ubi ipsas vineas fuerant, rum judicio. Facta recognitione evacua-
& sic vadit ad ipsam viam qui discurrit de tionis sub die XVI kalendas januarii, anno
monte Albariae, & inde ducit ad locum XXXVI régnante Karolo rege. Auvaldus
ubi dicitur ad ipsas Aluminarias, & per- qui hanc meam recognitionem feci sub-
gens de ipsas Aluminarias per ipsos tor- scribi. Remesariiis. Mauregatus. Argere-
rentes ad ipsum pojum,. & iterum revertit dus. Ildoigius. Ragambertus. Sanctus pres-
recte ad ipsam praescriptam Matam. Et byter hanc recognitionem scripsi sub die
ego Auyaldus respondi quod non injuste, & anno quo supra,
sed partibus comitis & ad servitium régis
exercendum hoc retineo, & hanc meam
responsionem praesentiae vestrae judi-
cium condicionis ostendit saepedictus Fre-
demirus mandatarius de Audesindo epi-
scopo, qui legibus ductus est atque ibidem
resonat, ex qua auctoritate praedictus lo-
cus Sancti Felicis sub ditione sanctae Eu-
laliae esse débet. Quod etiam & vos prae-
fati judices me interrogastis si potuissem
per legitimos placitos habere scripturas
:9o.
Donation de plusieurs terres situées
en Ro us sillon j faite par Anne, fille
d'Alaric, à Raoul & à sa femme*.
Éd.orig,
t. I,
col. 129.
IC est exempla ab autentico fideliter
tolta nec addita nec minuta, sed juste
aut legitimos testes aut quodlib:it verum & fideliter translata, die kalendarum iiii'
documentum , per quod probare potuis- idus junii, anno xxx° régnante Karulo
sem ut saepedictus locus per bénéficia rege filio Ludovici, in presentia sacerdo-
vel adprisionem comiti regalem servitium tum, judicum vel fidelium laicorum qui
persolvi debeat vel homines loci illius subter scripturi sunt in hac exempla vel
commanentes vel contra ipsam scripturam manibus signa facturi :
aliquam inferre potuissem infamiam. Ma- In nomine Domini. Ego Anna, qui fui
nifeste verum est quia dictus locus Sancti filia condam Âlarici vel Rautrudes, do-
Felicis cum claustra & terminia ejus, sicut natrix vobis Radulfo & uxori tue Rid-
suus resonat judicius, a praedecessores linde. Certum est enim & manifestum &
Audesindo episcopo, videlicet Vinedario pluris hominibus manet cognitum quare
episcopo, Ramno episcopo, Salamone epi- placuit in animis meis & placet nullius
scopo & isto praesente Audesindo per hos quoqgentis imperio nec suadentis inge-
annos quinquaginta seu & amplius jure nio, sed propria & spontanea hoc elegiî
ecclesiastico possessum fuit per successio- mihi bona voluatas, ut vobis Radulfo &
nem sancti Felicis sub ditione Sanctae uxori tue Radllnde aliquid de rébus meis
Eulaliae, & ipse suus judicius condicionis donare deberem, sicut & dono vobis, in
verus est in omnibus & legibus factus. Et territorio Russulionense villa que dicitur
ego Auvaldus sic me recognosco atque Covengos cum suas ajacentias, cum exio
evacuo, quia non possum contra ipsum vel regressio earum & cum omne superpo-
judicium nullam inferre infamiam neque
probare per testes neque per scripturas
sed neque per ullum indicium veritatis,
quod ipse praefatus locus partibus comitis
esse debeat vel homines loci illius com-
manentes servitium régis exinde persolvi
sita illarum & cum ipsa ecclesia que ibi-
' Cartulaire d'Elne, & copie dans la collection
Moreau, à la Bibliothèque nationale, vol. 2^
f" i5ij vidimus du règne de Charles le Simple
(10 juin 91 7 ou 927)
An
875
1
An
876
22 avril.
An
876
385
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
386
dem est fundata in honore sanctiStephani; Signum Benedictus. Maugarîtus presbyter
& in alio loco dono vobis villa Trnliares qui hanc donationem scripsi & subscripsi
cum omnes suos villares cum ipsa ecclesia, die & anno quo supra,
qui ibidem est fundata in honore sancti Signum Ingilberto. Signum Isimberto.
Aciscli, & cum omnes ajacentias earum ab Signum Vicefredo testes qui ab audetico
integroj & in alio loco dono vobis villa relegendo audivi & visi hoc exempla fide-
Buacano cum suos fines vel ajacentias liter translata firmavi. Ausindus presbiter
earum & cum ipsa ecclesia, qui ibidem sicut ab fauJdenticCoJ vidi, relegi bac exem-
est fundata in honore sancti Martini, cum pla, presentialiter suprascriptis bominibus
exiia vel regressia earum ab intègre j & fideliter translatavi die & anno quod supra,
dono vobis alodem meum Teletas cum suo
apenditio & cum omni suo terminio ab in- ~
tegre; in alio loco dono vobis villa que vo-
catur Pidiliano cum suas fines vel ajacen-
tias & cum ipsas ecclesias que ibidem sunt
fundatas totum & ab intègre; & in alio
loco, in territorio Confluente dono vobis
villa que vocabulum est Comba ab omni
integritate cum servos & ancillasj & in alio
loco, in comitatu Bisillunense dono vobis
villa Romaniano cum suas fines vel aja
191.
Diplôme de Charles le Chauve pour
V église du Puy\
N nomine sanctae & individuae Trini-
I
tatis. Karolus ejusdem omnipotentis Dei
misericordia imperator augustus. Si sacris
centias, cum exia & regressia earum & cum locis divinis cultibus mancipatis aliquid
omne superposita illarum ab integritate; & subsidii conferimus, praesente & futuro
in alio loco, in territorio Petra-Pertusense, seculo ob id magis propitium non dubita-
dono vobis villa que vocatur Domonova mus Quocirca omnium sanctae Dei Ec-
cum servos & ancillas totum & ab inte- clesiae fidelium praesentium & futurorum
grum. Que vero jamdicta omnia superius comperiat universitas,quoniam Wido vene-
scripta de meo jure in vestro trado domi- rabilis ecclesiae Vallavensis episcopus ad
nio & potestate a proprio habendi, vin- nostram accedens magnificentiam, ostendit
dendi, concedendi, comutandi vel quic- nobis praeceptum a pâtre nostro anteces-
quid exinde facere, agere vel judicare sori suo factum, in quo continebatur quod
volueritis maneat vobis firma potestas. Si abbatiam Calmelii, in qua sanctus Theo-
quis sane, quod fieri minime credo esse fredus requiescit, antecessor suus ejusdem
venturum, quod si ego Anna aut aliquis ecclesiae monastico ordine vivere dele-
de filiis vel ullus de eredibus meis vene- gaverat atque inibi abbatem mittere con-
rit aut ego ipsa venero, inférant seu infero sueverat, salvo per omnia suo & ecclesiae
vobis partibus vestris ista omnia superius suae honore. Hac ergo de causa incuria
scripta, quantum ad eo tempore inmelio- episcoporum a jamdicta sede subtractus
ratum fuerit, dupla vobis perpetim haben- fueratSc Nos autem, deprecante eodem
dam, & bec donatio mea firmis permaneat venerabili episcopo, praeceptum patris
& irrumpi non permittatur, sed in omni- nostri [sequentes] eandem abbatiam potes-
bus plenam habeat roborem. Facta dona- tati episcopi & sanctae matris ecclesiae
tione ista sub die x kalendas madii, anno Vallavensis subjicimus, & subjectam nunc
XXX''VI° régnante Karulo rege. Signum & aeternaliter subjiciendam decernimus
Anna qui hanc donatio feci & testes fir-
mare rogavi. Signum' Dato. Signum' Agila.
Signum Giscafredus. Signum Ingilbertus.
' Le cartulaire porte ici ces mots : Alla manus.
' Même remarque que ci-dessus, ainsi que pour
les souscriptions de Giscafredus, Ingilbertus, Bene-
dictus & Maugarîtus.
ac salvo ibi monastico religionis or-
dine, secundum dispositionem & provi-
dentiam episcopi, sicut in praecepto patris
nostri habetur Abbas autem qui ibi fu-
turus fuerit seu etiam praepositus ab epi-
scopo cum eorum eligatur, ipse vero
' Recueil des historiens de France, t. 8, p. 649.
An
876
An
87^
Avant
juin.
II.
M
An
876
387
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
388
An
876
i5 juin.
episcopus minîsterium siium agens non tionem venerit ad irrumpendum, in primis
consentiat eligere praelatum, qui vitiis & iram Dei omnipotentis & ipsiiis sancti Pe-
voluptatibus eorum faveat, sed episcopus tri apostoli incurrat & cum Juda traditore
regularem normam excolere faciens nec- habeat participationem & ipsa omnia su-
non pro hoc sine dubio rationem red- pranominata firma & stabilis permaneat
diturum. Ut autem hujus nostrae restau- & probare non valeat, sed praesens
rationis reintegratio pieniorem in Dei scriptura plenam atque inviolabilem ob-
nomine obtineat firmitatis vigorem , manu tineat firmitatem. Facta donatione decimo
propria eam subterfirmantes, sigilli nostri septimo kalendas julias, anno trigesinio
impressione subter jussimus obsignari. sexto régnante vel primo imperante domno
Signum Karoli gloriosissimi imperatoris. Karolo imperatore.
Datum anno xxxvi regni Karoli glo- Signum Adalberga, qui hanc donationis
riosissimi imperatoris [in Francia, imperii cartam fieri volui & firmare rogavi. Sig-
ejus anno l. Actum inj monasterio Sancti num Veridan. Ascaleses.
An
876
L
Dionysii, in Dei nomine féliciter. Amen.
192.
Donation d'Adulberge à Saint-
Fierre de Caunes\
ICET infelicissimo casu humanae fra-
gilitatis semper pertractare non posse,
tamen nec tota oblivio securitatis maneat,
cum tantae sceieris circa se habere dinos-
citur. Ego enim in Dei nomen Adalberga
considerans super numerum arena maris
delicta mea&ut mihi Dominus meus Jésus
Christus secundus appareat judex, pro re-
medium animae meae dono ad ecclesiam
Sancti Pétri, qui est fundata in monasterio
quod vocant Caunas, dono tibi in territo-
rio Menerbense, suburbio Ventaionense
ad ipsum domum Sancti Pétri, dono tibi
in ipsa villa quod vocant Infrasias omnem
portionem debitam quod mihi obvenit ex
alodo parentum meorum, id est in casali-
ciis, curtis, hortis cum exiis & regressis,
terris cultis & incultis, pratis, pascuis,
silvis , garricis , arboribus pomiferis vel
inpomiferis, omnia & in omnibus de meo
jure in dominio Sancti Pétri trado ut de
ab odierno die & tempore in ejus consistât
potestatem, ista omnia supradicta.... ipsam
ecclesiam securam potestatem possideat.
Quod si ego aut aliquis ex heredibus meis
vel quislibet homo qui contra hanc dona-
' Collection Doat, à la Bibliothèque nationale,
V. 58, f° 226.
Sig. Adend. Sig. Rademrand. Signum
Olibanae. Sign. Fladulud. Sig. Waldad
presbiter qui hune donatione ista scripsi
& subscripsi die & anno quod supra.
193.
Vente faîte par Unovivus à Siinîa'ire
^ à sa femme^ d'un moulin situé
dans le pays d'Elne'.
I
N nomine Domini. Ego Unovivus vin- — —
ditor vobis Suniario & uxo/i tue Virgilia ^"
emptoribus. Constat me vobis vindere de- ^
berem, sicuti & per hanc vindo vobis in juillet.
territorio Helenensi, in villa Pallagiano,
in alveum Tête, vindo vobis molino cum
suo rego ad currendum vel discurrendum
& cum suo caputaquis qui est in villa
Campiliano cum aquis aquarum, vie ducti-
bus vel reductibus, introitu vel exia, vindo
vobis in ipso molino quem habeo cum
heredes meos vel cum Salviolo porcionem
michi debitam & ipsa mea porcio octava
pars in ipso molino. Ut hec omnia supe-
rius scripta résonant, vindo ab omni inte-
gritate & accepi ego de vos emptores pre-
cium quod inter nos placuit atque convenit
in aderato & diffinito precio denarios X
tantum, quod vos emptores michi dedistis
& ego vinditor de présente manibus meis
recepi & nichilque de ipso precio non re-
' Cartulaire de l'église d'Elne, f" 809 v°, & co-
pie dans la collection Moreau, à la Bibliothèque
nationale, v. 2, f" 174,
An
876
389
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
390
U'd.orig.
t. 1,
toi. i33.
An
877
II juin.
mansit; est manifestum. Quem vero jam-
dicto moliiio, sicut superius resonat, per
raciouem meam de meo jure in vestro
trado dominio & potestate habeiidi, vin-
dendi, cedendi vel comutandi & quidquid
que exiiide facere vel vindicare volueris,
maneat vobis fîrma potestas. Qui contra
hanc vindicionem venerit ad irrumpen-
dum aut ego ipse venero, inferam vel
inférant vobis aut partique vestre ipso
molino sicuti superius resonat in ipsis
locis, quantum ad eo tempore & die fue-
rit immelioratus, duplus perpetim haben-
dus, & hec vindicio firmis permaneat.
Facta vindicione XVI kalendas augusti,
anno xxxvii" & in secundo régnante
domno nostro Karulo imperatore. Signum
Unovivus qui hanc vindicionem feci &
testes iirmare rogavi. Signum Waldefre-
dus presbiter. Signum Helenus. Signum
Duraviles. Margaritus presbyter qui hanc
vindicionem scripsi & subscripsi die &
anno quo supra.
194. — CVII
Charte de l'empereur Charles le Chauve
en faveur d'Oliha^ comte de Carcas-
sonne '.
IN nomine sanctae & individuae Trinî-
tatis. Karolus ejusdem Dei omnipotentis
misericordia imperator augustus. Imperia-
lis celsitudinis mos est fidèles regni sui
donis multiplicibus atque bonoribus in-
gentibus honorare sublimesque efficere.
Proinde ergo & nos praedecessorum im-
peratorum, parentum videlicet nostrorum,
morem sequentes, libuit celsitudini nos-
trae quendam fidelem regni nostri nomine
Oolibam de quibusdam rébus quae sunt in
nostra ditione honorare atque sublimare;
quae res sitae sunt in Gotia, id est omnes
alodes qui fuerunt olim Mirone infideli
» Archives de l'abbaye de la Grasse. [Original
sur parchemin jadis scellé ; latin 8837, f° 55, pro-
venant de Baluze.] — Baliize, Regum Francorum
Capitularia, t. 2, c. i5oo.
nostro filio Berani ' & ob illius infidelita-
tem in jus & dominationem nostram lega-
liter devenerunt. Hos igitur omnes alodes
in variis comitatibus Gotiae consistentibus
jamdicto Oolibae fideli nostro concedimus
& concedendo perpetualiter delegamus, ita
ut ab hodierna die & deinceps liceat memo-
rato Oolibae comiti Carcasensi fideli nos-
tro ex eisdem alodis a nobis sibi concessis
facere quicquid voluerit, ceu de reliquis
rébus suae proprietatis; & omnia cartarum
instrumenta ex eisdem alodis dudum facta
seu quaslibet firmitatum conscriptiones
per hoc nostrae serenitatis praeceptum ir-
rita facimus atque evacuando annullamus;
sed liceat jamfato Oolibae comiti eosdem
alodes cum omni integritate sua atque ad-
jacentes quiète tenere atque pôssidere
nemine inquiétante. Similiter omnes alo-
des qui fuerunt Fredario & uxori suae
Drufianae, qui sunt in Carcasise, qui fuit
infidelis noster. Similiter omnes alodes
Hostolisi & fratrum suorum, qui alodes
sunt in Carcasinse, infidelium nostrorum.
Haec autem omnia cum ecclesiis, villis,
silvis, vineis, pratis & cum omni integri-
tate sua Oolibae in proprium concedimus,
& de jure nostro in jus ac dominationem
illius soUemni more transferimus, ita ut
ab hodierna die & deinceps quicquid ex
praedictis rébus facere voluerit liberam
& firmissimam in omnibus habeat potesta-
tem faciendi, ceu de reliquis rébus suae
proprietatis, nemine contradicente. Ut au-
tem hujus nostrae auctoritatis praeceptum
pleniorem in Dei nomine firmitatis obti-
neat vigorem, manu nostra illud firmavi-
mus atque anuli nostri impressione subter
jussimus sigillari.
Signum Karoli (locus monogrammatîs) glo-
riosissimi imperatoris augusti.
Audacher notarius ad vicem Gauzlini re-
cognovit.
Frotharius ambasciavit'.
Data m idus junii, indictione X, anno
' D. Vahsete avait imprimé : Olim infideli nos-
tro Etilio Berani. [A. M.]
' La clause de Vambasdator est placée au-dessus
de la place du sceau, à droite de la souscription du
notaire, dans les enroulements qui relient cette
souscription au sceau. [A. M.]
An
877
Éd.orig.
t. I,
col. 134.
An
877
891
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
892
An
877
=■■ août.
195.
An
XXXVII regni Karoli gloriosissimi impera- praeceptum concessimus j sed licet ipse "^"^
toris augusti in Francia & imperii ejus idem praeceptum habeat, non tamen vo-
secundo. Actum Carisiaco palatio féliciter lumus ut stabile sit, sed ipsi monachi &
in Dei nomine. Amen. omnes illorum ras in nostra & successo-
rum nostrorum ab hodierna die & deinceps
emunitate consistant. Praecipimus quoque
perpraesens nostrae altitudinis praeceptum
ut a nostra vel nostrorum successorum
tuitione memoratus locus numquam exci-
Diplôme de Charles le Chauve en fa- dat neque cuilibet aut episcopo aut cujus-
veur du monastère de Manlieu'. ^^^^^ dignitatis homini concedatur, sed in
eligendis abbatibus & constituendis régula
IN nomine sanctae & individuae Trini- sancti Benedicti & haec nostra imperialis
tatis. Karolus ejusdem Dei omnipotentis jussio omnimodis observetur. Praecipientes
misericordia imperator augustus. Si locis ergo jubemus atque praecipimus ut nuUus
divino cultui mancipatis emolumentum judex publicus aut quislibet superioris aut
nostrae imperialis celsitudinis exhibenius, inferioris ordinis reipublicae procurator
hoc nobis ad praesentem vitam facilius ad causas judiciario more audiendas in
transigendam & ad aeternam facilius ca- ecclesias aut villas seu reliquas possessio-
pessendam prodesse confidimus. Noverit nés, quae moderno tempore in quibuslibet
igitur omnium fidelium sanctae Dei Ec- provinciis ad eumdem locum pertinent vel
clesiae nostrorumque tam praesentium [quas] deinceps aut per nos aut per alios
quam & futurorum industria, quod Hei- quoslibet in jure ipsius monasterii divina
radus venerabilis abbas ex coenobio, cui pietas voluerit augeri, ingredi praesumat
vocabulum est Magnus-Locus, sito in pago nec freda aut tributa aut mansiones aut
Arvernico , in honore sancti Sebastiani paratas aut teloneum aut fidejussores tol-
constructo, ad nostram accedens mansue- 1ère aut homines tam ingenuos quam ser-
tudinem ostendit praecepta tam genitoris vos super terram ipsius loci commanentes
nostri quam & nostrae auctoritatis , in distringere nec ullas publicas functiones
quibus continebatur qualiter idem locus aut redibitiones vel illicitas occasiones
sub emunitate domni & genitoris nostri requirere, quibus in aliquo idem monas-
& sub nostra per nostrorum utrorum- terium sibique subjecti aliquod injuste
que praecepta consistere deberet. Nos patiantur incommodum, nec nostris futu-
denique eadem praecepta dijudicari per risque temporibus quisquam tam temera-
Frotarium venerabilem archiepiscopum ju- rius existât, qui id faciendi sibi potestatem
bentes, invenimus veras esse eorumdem attribuere audeat. Et quidquid de rébus
praeceptorum auctoritates & quod petiit praefati monasterii fiscus sperare poterat,
libenter ei concessimus. Quapropter cog- totum nos pro aeterna remuneratione
noscentes quod Agilmarus '' Arvernensis praedicto monasterio concedimus, ut pe-
episcopus non recte nec regulariter no- réunis temporibus in alimonia pauperum
bis suggessit, scilicet quando nos non & stipendia monachorum ibidem Deo fa-
utique recordantes quae superius dicta mulantium proficiat in augmentis, qualiter
sunt de emunitate ejusdem loci depre- monachos ibidem deservientes pro nobis
catus est ut eumdem locum sibi per prae- atque stabilitate totius imperii a Deo
ceptum dedissemus, affirmans quod ipse nobis concessi atque conservandi jugiter
locus ad suum episcopatum ex antiquo Domini misericordiam exorare delectet.
pertinere deberet; unde ejus falsitatem Volumus & constituimus ut quamdiu inter
quasi sub veritate ambulantem veram esse se talem invenire potuerint qui secundum
tune putantes, quod precatus est ei per regulam sancti Benedicti eos regere valeat,
semper de propria eligant congregatione
' Recueil Jes historiens de France, t. 8, p. 670. per nostram vel successorum nostrorum
' Alias Aymarus. licentiam abbatem. Volumus etiam ut fra-
An
877
393
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
394
An
877
I»'' août.
très ejusdem loci quemcumque voluerint
advocatum eligendi licentiam habeant &
ob comniemorationem etiam nostri tortum
ei dimittimus. Et ut hoc per omnia tem-
pera iuviolabiliter conservetur, manu pro-
pria subterfîrmavimus & anuli nostri im-
pressione insigniri jussimus.
Signum Karoli gloriosissimi imperatoris
augusti.
Audacher notarius ad vicem Gauzliai
recognovi.
Data kalendis augusti, indictione x,
anno xxxviii regiii domni Karoli impe-
ratoris in Francia & imperii ejus anno ir.
Actum Monasteriolo super fiuvium Segon-
nam, in Dei nomine féliciter. Amen.
196.
Diplôme de Charles le Chauve exemp-
tant de l'autorité épiscopale le mo-
nastère de Saint-Chajj're '.
IN n(
tati;
nomine sanctae & individuae Trini-
itis. Karolus ejusdem Dei omnipotentis
misericordia imperator augustus. Si locis
divino cultui mancipatis emolumentum
nostrae imperialis celsitudinis exhibemus,
hoc nobis ad praesentem vitam facilius
transigendam & aeternam felicius capes-
sendam prodesse confîdimus. Noverit igi-
tur omnium fidelium sanctae Dei Ecclesiae
nostrorumque tam praesentium quam fu-
turorum industria, quoniam venerabilis
abbas nomine Rostagnus ex coenobio, cui
vocabulum est Calmilius, sito in pago Vel-
laico, in honore sancti Theofredi con-
structo, ad nostram accedens mansuetudi-
nem ostendit tam praecepta genitoris nos-
tri quam & nostrae auctoritatis, in quibus
continebatur qualiter idem locus sub im-
munitate domni & genitoris nostri & sub
nostra per utrorumque praecepta consis-
tere deberet. Nos denique eadem praecepta
dijudicari volentes per Frotarium venera-
bilem episcopum, invenimus veram esse
eorum praeceptorum auctoritatem & quod
petebat libenter ei concessimus. Quaprop-
' Recueil des historiens de France, t. 8, p. 669.
ter cognosccntes quod Guido Vallavensîum
episcopus non recte nec regulariter sug-
gessit, scilicet quando nos non recolentes
quae superius dicta sunt de immunitate
ejusdem loci deprecatus est ut eumdem
locum sibi per praeceptum dedissemus,
affirmans quod ipse locus ad suum epi-
scopatum ex antique pertinere deberet;
unde falsitatem ejus quasi sub veritate
ambulantem ^veram esse tune putantcs
praeceptum ei quod precatus est conces-
simus; sed licet ipSe idem praeceptum ha-
beat, nos tamen volumus ut stabile non
sit, sed ipsi monachi & omnes ipsius mo-
nasterii res ad eos pertinentes in nostra ac
successorum nostrorum immunitate con-
sistant ex hoc & in futurum. Praecipimus
quoque per praesens nostrae sublimitatis
praeceptum, ut a nostra vel successorum
nostrorum tuitione memoratus locus num-
quam excidat neque cuilibet episcopo aut
alicujus dignitatis homini concedatur, sed
in eligendis & constituendis abbatibus ré-
gula sancti Benedicti & haec nostra impe-
rialis jussio omnimodis observetur. Prae-
cipientes ergo jubemus ut nullus judex
publicus aut quislibet reipublicae procu-
rator ad audiendas causas more judiciario
in ecclesias aut villas seu reliquas posses-
siones ingredi praesumat nec freda nec
tributa aut teloneum aut mansiones aut
paradas aut fidejussores aut homines tam
ingenuos quam servos super terram ipsius
loci commorantes distringere nec ullas pu-
blicas functiones vel illicitas occasiones
requirere, quibus in aliquo idem monas-
terium sibique subjecti patiantur injuste
aliquod incommodum, nec nostris futu-
risque temporibus quisquam tam temera-
rius existât, qui faciendi hoc illicitam po-
testatem attribuere sibi audeat. Et quidquid
de rébus praefati monasterii fiscus sperare
poterat, totum perennibus temporibus in
alimonia pauperum ac stipendia monacho-
rum ibidem Deo famulantium proficiat in
augmentum, qualiter monachos ibi deser-
vientes pro nobis atque stabilitate regni
nobis a Deo concessi atque jugiter conser-
vandi Domini misericordiam exorare de-
lectet. Volumus etiam ut quamdiu talem
inter se potuerint invenire qui secundum
regulam sancti Benedicti eos regere valeat,
An
877
An
877
395
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
396
Éd.orig.
t. 1,
col. i3i.
An
877
II août.
semper de propria congregatione eligant Romani esse dignoscitur; concedimus &
per nostram & successorum nostrorum li- confirmamus ei abbatiam quae vocatur Do-
centiam abbatem. Et hoc etiani volunnis zera, consistentem in comitatu Arausico,
ut fratres ejusdem loci quemcumque vo- fundatam super fiumen Rhodani, cum cel-
luerint advocatum eligendi licentiam ha- lulis & pertinentiis suis, districtum quo-
beant & ob remunerationem etiam nostri que ex burguitate & portum de utraque
dimittimus. Et ut hoc per omnia subse- parte, Meliatem quoque usque ad aquae-
quentia tempora inviolabiliter conserve- ductum cum exemplatorio, silvis & insulis,
tur, manu propria subterfirmavimus & & manso Godobro qui est de fisco nostro,
anuli nostri impressione insigniri jussi- insulam etiam Argentariam juxta Sanctum
mus. Andeolum, & ecclesias quas Sanctum Jus-
Signiim Karoli gloriosissimi imperatoris tum & Sanctum Marcellum, & Bornas man-
augusti. sum, necnon Botestatis & ecclesiam Sancti
Datum kalendis augusti, per manus Fro- Remigii, & in Corbonensi ecclesias duas
tarii archiepiscopi ambasciatoris , indic- Sanctum Martinum & Sanctum Stephanum
tione X, anno XXXVIII regni domni Karoli cum suis beneficiis, destructam quoque
in Francia & imperii ejusdem ii, in Dei ecclesiam Sancti Victoris super Rhodanum
nomine féliciter. Amen. us([ue Scotadium. Haec autem omnia su-
pradicta suisque rectoribus confirmamus
ecclesiae & confirmando perpetualiter de-
legamus, eo videlicet modo, ut nuUa sae-
culari potestate a gremio dictae eccle-
siae queant separari, sed liceat rectoribus
Charte de V empereur Charles le Chauve praefatae ecclesiae easdem res quiète te-
en faveur de Véglise de Viviers \ '^^'^ ^ V^o libito suo_ ut ecclesiastica
postulaverit utilitas ordinare. Ut aùtem
IN nomine sanctae 8c individuae Trini- hoc nostrae auctoritatis praeceptum ple-
tatis. Karol s ejusdem Dei omnipotentis niorem firmitatis obtineat in Dei nomine
misericordia imperator augustus. Si actis vigorem, manu nostra illud firmavimus
locisque divinis ciiltibus mancipatis emo- & anulo nostro jussimus sigillari.
lumentum imperialis celsitudinis exhibe- Datum lll idus augusti, indictione X,
mus servorumque Dei utilitatibus opem anno XXXVIII regni Karoli imperatoris in
ferendo contulimus, profuturum noJbis ad Francia & imperii ejus II. Actum Veson-
aeternae rémunéra nonis praemium facilius tio civitate, in Dei nomine féliciter. Amen,
obtinendum & praesentem vitam facilius
transigendam fore nullo modo dubitamus.
Quapropter noverit omnium sanctae Dei
Ecclesiae fidelium nostrorumque praesen-
tium & futurorum [industria], quomodo
197
CVIII
198.
cv
nos ob amorem Dei & beati Vincentii Y\d\mus par le pape Grégoire IX d^ une
martyris venerationera necnon & Bosonis
carissimi ducis nostri deprecationem con-
cedimus Vivariensi matri ecclesiae, quae
édita est in honore sancti Vincentii mar-
tyris, cui praeest Etherius venerabilis epi-
scopus, res quae quondam fuerunt in jure
ejusdem ecclesiae, id est Puletum & quic-
quid Sancti Vincentii in eodem comitatu
Valentinensi cum dimidia ecclesia Sancti
' Cartulaire de l'église de Viviers. — Columbi,
^e Kcbus gestis episcoporum Vivariensium, p. 2o3.
An
877
An
charte de Charles le Chauve pour
Vahhaye de la Grasse \
GREGORius episcopus servus servorum
Dei, dilectis filiis abbati & conventui
monasterii de Crassa salutem & apostoli- 26 juin.
• Bibliothèque du roi; Baluze, Bulles, n. 41 ;
[aujourd'liui Armoires, v. 38o ; original scellé en
plomb sur lacs de soie rouge & jaune]. Le diplôme
original de Charles le Chauve, donné en 1829 au
roi Charles X, avec le faux diplôme de 855 & la
An
1228
Hd.orig.
t. I,
col. l32.
397
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
398
cam benedictioneni. Quia loca religiosa trum preceptum permaneant, & ecclesie
diligimus & quietem afïcctamus régula- que in villas eorum sunt in eadem potes-
rium personarum, libenter suis intendimus taîe similitêr permaneant, & immunita-
commodis & inconimoditatibus obviamus. tem etiam nostram similitêr habcant siciit
Accedens sane nuper ad presentiam nos-
tram, fili abbas, nobis privilegium quod-
dam pie memorie imperatoris Karoli pre-
sentasti, humiliter supplicans ut, cum
nimium sit vetustum & ejus littera existât
antiqua & forme alterius quam moderna,
providere ne propter hoc jus monasterii
in nostro vetcn precepto continetur. Et
ut hoc ila juste conservetur, manu nostra
subterfirmavimus & anulo nostro insigniri
jussimus.
Signum Karoli (locus monogrammatîs) g\o-
riosissinii imperatoris augusti.
Audacter notarius ad vicem Gaudini re-
vestri decideret dignaremur. Eapropter cognovit.
privilegii ipsius tenorem de verbo ad ver- Datum viii" kalendas novembris, indic-
bum présent! pagina duximus annotaudum, tione décima, anno xxxvii regni domini
An
876
25
ociobre.
qui talis est :
« In nomine sancte & individue Tri-
nitatis. Karolus ejusdem Dei omnipoten-
tis misericordia imperator augustus. Si
Karoli imperatoris in Francia & imperii
ejus primo. Actura Elidione villa, in Dei
nomine féliciter. Amen. »
NuUi ergo omnino hominum liceat banc
servorum Dei petitionibus aurem nostre paginam nostre annotationis infringere
serenitatis acomodamus, & antecessorum vel ei ausu temerario contraire. Si quis
nostrorum morem sequimur & ob id pre- autem hoc attemptare presumpserit, indi-
sentem vitam facilius transigere & futu- gnationem omnipotentis Dei & beatorum
ram adipisci nuUomodo dubitamus. Nove- Pétri & Pauli apostolorum ejus se noverit
rit itaque omnium fidelium sancte Dei incursurum. Datum Perusii, VI kalendas
Ecclesie nostrorumque tam presentium julii, pontificatus nostri anno secundo,
quam & futurorum industria, quoniam
Songfredus abbas monasterii Sancte Marie
de loco qui dicitur Urbionis, sito in confi-
nio Narbonensi & Carcassensi, ad nostram '99*
accesserit clementiam, deprecans ut super
donationes, emptiones vel alias adquisi- Extraits de quelques chartes de l'ah-
tiones rerum ad jamdictum locum per- baye de Caunes.
tinentium nostrum pro firmitatis gratia
super addidissemus preceptum. Precipien- I. — Nantelmus", Nucilo & Luistelde
tes igitur jubemus, ut omnes ville id est donaverunt Danieli abbati & congrega-
Buxiniacus & Palairacus, Cujuzianus & tioni sanctorum apostolorum Pétri & Pauli,
Mansiones & villare Singularie cum om- quorum ecclesia fundata est super ripa
nibus possessionibus ad prefatum locum Argentodupli, terram sitam in comitatu
in quibuslibet comitatibus sint in eodem Carcasense, in villa Eloiano cum sua messe,
loco juste & rationabiliter per hoc nos- Actum XV kalendas junii, anno P régnante
Ludovico rege.
bulle d'Agapet II, a partagé le sort de ces deux
actes, lors de l'incendie du Louvre (voir plus haut, H. — SeNEFREDUS ' & Elsarius vendide-
col. 3o3). La bulle de Grégoire IX provient de ru^ Danieli abbati & congregationi Cau-
l'ancien Trésor des chartes. Sous saint Louis, elle j^^j^gis monasterii quasdam casas & curtes
fut copiée par Barthélemi de Pennautier dans le •.•\ q -i „•*„„ :
'^ ^ . „ . ... cum earum exitibus & regressibus sitas in
Resistrum curiae Franciae ; sur cette compilation .,, . .,. . • •• vt i_
„ ^ , . . j Villa Asiliano superiore terntoni Narbo-
& sur son histoire, nous nous permettrons de ren- '
voyer le lecteur à un petit travail publié par nous
dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes, t. 84, ' Archives de l'abbaye de Caunes. — Monasticon
année 1873, sous le titre de Catalogue des actes de Benedictinum ; ms. latin 12664, 1° 346.
Simon de Montfort. [A. M.] " Ibid.
An
876
An
878
18 mai.
An
878
5
octobre.
An
878
•99
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
400
Éd.orig.
t. 1.
col. 139.
An
878
nensis, s
que soli
iburbii Minerbc
lib(
& fil
hab«
potestatem om-
orum, sub die quinta ' mensis nique tempore. Et qui contra
octobris, anno F quo obiit Karolus impe- inrumpendum
An
878
rator.
200. — CXII
Donation faîte à Vahhaye de la
Grasse^.
In' nomine Domini. Nos simul in unum
donatores id est Sesenanda, Suniefridus,
Wifredus cornes, Rodulfus cornes, Miro
comes Suniefredo abbati vel cuncte con-
gregationi sancte Marie Urbionensis mo-
nasterii qui ibidem Deo serviunt vel ser-
vire cupiunt. Certum est enim & cunctis
bonis hominibus cognitum manet, quia pla-
cuit in animis nostris & placet, ut vobis ali-
quid donaremus infra territorio Helenense,
in comitatu Confluentano, in villa que
dicitur Pratas, donamus vobis ipsa villa
jamdicta, alodem parentum nostrorum ab
omni integritate^ & affrontât de una parte
usque in & alla parte
usque in rivo Literano in alode
de Suniefredo abbate vel monachis suis.
Infra istas affrontationes donamus nos su-
pradicti ipso alodem nostrum ad domum
Sancte Marie, que est fundata in comitatu
Carcassense juxta rivum Urbionem, cum
ipsa ecclesia que ibidem fundata est in
honorem sancti Salvatoris dicte.... olibeta
vel cunctis arboribus, aquis aquarumque
decursibus sive cum omnia quod nos
ibidem habemus quod potest homo,
aut quislibet homo, inférant vel inférât
vobis aut partique vestrae
& ab antea ista firmius
permaneat. Facta haec
oppositionis nostrae
madii, anno
quod obiit Karolus imperator
régnante, rege expectante
tenenda Sig. Sesenanda. Sig. Sunifre-
dus. S. Wifredus. S. Radulfus. S. Miro.
Sigfnum Chixilanes. S. Desindus. S. Jaurs.
S. Blorago. S. Oliba. S. Wuifredus.
201.
— CIX
Plaid ou assemblée tenue à Albi par
Raimond, comte de la même ville \
NOTITIA quorum roborationis vel signa- Éd.orig.
cula eorum qui subtus tenentur in- col! i35.
serti, qualiter venerunt aliqui homines his ______
nominibus, Segarius & Alidulfus necnon
& Hictarius seu & Ingilbaldus, videlicet
ex alla parte Karissima abbatissa ex régula
sancti Saturnini monasterii Ruthenensis
civitate degenti nam & Fulcrada Deo de-
vota, & ab utraque parte venerunt die
jovis, foras Albia civitate, in ecclesia Sancti
Affricani, in mallo publico, in praesentia
Reymundo comité & civiles judices qui
ibidem aderant, quorum nomina qui sub-
tus firmaverunt, in eorum praesentia. Ab
An
878
uoût.
utraque parte inter se contentiones habe-
donamus ab omni integritate cuncte con- bant pro Rodunda-Vabro, mansis, terris,
gregatione Sancte Marie propter reme- vineis cum ecclesiis quae ibidem sunt fun-
dium domni Suniefredi genitoris nostri vel datae, quidquid ad ipsam curtem aspicere
domnae Ermesindae genetricis nostrae sive dinoscitur, de quantumcumque Vudaldo
propter remedium & genitores & uxore sua Ingelbergane, qui quondam
nostri, & nos veniam mereamur accipere, fuerunt, débita fuit possessio. Dicebat Se-
nt & vos non pigeatis per illos garius & Hictarius nam & Ingilbaldus,
semper orare, ut de ab hodierno die & quod scriptos conligatos super Fulcradane
nominatum facere aut judicare volueritis, Deo devota & super Karissima abba-
' Ou hîen die xi. ■ Cartulaire de l'église de Vabre. — Bibliothèque
* Archives de l'abbaye de la Grasse. Colbert; recueil manuscrit sur Rodez. [Aujour-
' La charte est déchirée ou effacée en plusieurs d'hui collection Doat, à la Bibliothèque nationale,
endroits. [Remarque des Bénédictins.^ v. i32, i° 277.]
An
878
401
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
402
tissa scrîptos, judicios, notitias & jectivas de partem uxori suae & sua vel de parte
perhennis temporibus confirmatas habe- Petroni suuni haeredem, ut si post hune
rent, pro quas volebant ipsos alodes, man- diem exinde contra Fulcradane aut suis
SOS, terras vel vineas legibus adquirere. successoribus pro ipsas res uUa repetitione
Dum eos intendentes & inter se alter- removebat, Segarius suam legem compo-
cantes guirpivit supranominata Karissima nat & in antea ipse & uxor sua seu &
suam qui dicebat & monacham Fulcradam Petrus idem simul se taceant. Hictarius
nomine, & cartulam quam pro ipsam cur- similiter fidem fecit vinculo legis suae &
tem manu tenebat Fulcradane manibus Iiigilbaldus secundum legem suam fidem
reddidit, & per omnia dixit quod ipsas res fecit, quod in contra Fulcradane aut suis
nolebat tenere neque contentionem pro sucQessoribus de ipsa causa reparare non
hoc ipsut habere Fulcrada. Namque suam se praesumant. Unde Segarius in contra
cartam videntibus cunctis recipiens, cum Fulcradane fidejussorem talem dédit de
suis contracausariis in rationem intravit parte Godilane uxore sua, Leoni nomine,
& iuter se contendentes consenserunt ipsi ut si Fulcrada notitiam inde ostendebat
judices una per voluntatem ipsius comitis & eam Segarius pro parte suae uxori fir-
& arbitrium judicum, ut inter se pagum mare nolebat, Lco suam legem compone-
fecissent, quod ita & fecerunt, ita ut ob- ret & Segario ad hoc permittat, ut ipsam
tineat Fulcrada de Rodunda-Vaber prio- notitiam ei firmare faciat. Simili modo
rem illam haereditatem in capite, quam Hictarius pro ipsam notitiam fidejussorem
Gilbulgis cum Vualdo jugale suo adqui- alium opposuit, Deotimio nomine, ut eam
sierat, illam medietatem & reliqua. Cetera Hictarius firmare non renuat, & si hoc
vero omnem illam medietatem, de quan- facere noluerit, Deotimius suam legem
tumcumque in Rodunda-Vabro vel omni- componat & in antea ipsam notitiam Hic-
bus ibi pertinentibus , quae Vualdus & tario firmare faciat. Iterum vero Ingilbal-
uxor sua Iiigilberga qui ante fuit, illam dus alium fidejussorem de sua parte dédit,
aliam medietatem similiter Fulcrada obti- Rostagno nomine, ut si Ingilbaldus ipsam
neat & illas duas ecclesias dominicarias, notitiam non firmabat, Rostagnus suam
cum pratis & vineis quae inter eos com- legem componat & ipsam notitiam Ingil-
placuit, cum illorum adjacentiis, ut donet baldo firmare faciat. Ita vero de hac prae-
Fulcrada contraria pro ipsas res in ipsa dicta causa aliquis homo Alidulfus nomine
haereditatem & in ipso aice tantum de illorum fidem talem fecit, sua fistuca
alia terra quantum & haereditate illa ibi jactante in contra Fulcradane, ut ipsam
illi advenit pro ipsas res jamdictas, quod notitiam suam manibus firmare fratri suo
ita per omnia adimplevit. De illas vero Vualdo faciat & ut ipse Alidulfus eam ma-
vineas & maliolos, quos. jamdictos Fui- nibus firmet, & si hoc facere contempnunt,
crada hedificavit super ipsum tecritorium, suam Alidulfus legem componat & fratri
a suis partibus in integrum obtineat &
donet ad jamdictos haeredes alium tantum
terra in contra, quantum eo die & ipsis
vineis & malliolis ipsis advenire debuisset.
Illud autem quod superfluum est, mansos
& omnia quae superius sonat inter se di-
Éd.orig.
t. I,
col. i36.
SUO Vualdo eam firmare faciat & ipse Ali-
dulfus manibus eam firmet & hanc f;on-
venientiam stare & adimplere faciat. Unde
jamdictus Alidulfus duos fidejussores ip-
sius Fulcradane dédit, Segario & Hicterio,
ut post hune diem neque Alidulfus neque
vidât, sicut superius jamdictum est, quod frater suus Vualdus de quantumcumque
ita & fecit. Deinde Segarius & Hictarius de Rodunda-Vabro Fulcrada a sua parte
seu & Ingilbaldus unanimiter guirpierunt, recepit, ut nuUa inquietudine removere
Segarius de hoc quod per haereditatem non praesumat; & si quis ullus ex ipsis
Godilane uxori suae interpellaverat & hoc fecerit, Segarius & Hictarius unus-
Hictarius & Ingilbaldus de illorum parti- quisque legem suam componat & postea
bus in contra Fulcradane omnes plantos, in antea ipsas fides factas adimplere fa-
quos inter eos de Rodunda-Vabro causa ciant. Et illut illis inserere placuit, qui
orta fuerat. Segarius vero talem fecit fidem si fuerit ipsi aut ullus haeredum ac pro
An
878
An
878
403
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
404
An
Ed.orig.
t. 1.
col. 137.
An
882
14 juin.
202. ex
haeredum vel illorum successoribus de hac monasterium in honorem beati Pétri prin"
causa ulloque tempore causa calumpniae cipis apostolorum, quod supra commemo-
removebat, auri libram componat & quod ratum dicitur Belluslocus, construxit ob
repetit vindicare non valeat, sed haec no- amorem Dei & inibi monachos Deo famu-
titia stabilis & firma permaueat cum omni lantes pro suoruni absolutione peccatorum
firmitate adnixa. Unde pro bac causa ne- constituit. Denique submissis vultibus nos-
cesse fuit Fulcradane, ut inde notitiam trae serenitatis clementiam bumili pos-
bonorum hominum in testimonium colli- tulaverunt prece , ut idem monasterium
geret, quorum praesentibus actum fuit, pro malorum bominum infestatione sub
sub die jovis, in mense augusto, Albiae tuitionis nostrae mundeburdo ac muni-
civitate mallo publico, in praesentia Ray- mine defensionis cum rébus omnibus &
mundo comité, anno primo régnante Lu- mancipiis ad eumdem locum pertinentibus
dovico rege post obitum Karoli impera- recipere & retinere dignaremus : haec sunt
toris. S. Segarius. S. Alidulfus. S. Vualdo. jura jamdicti archiepiscopi Deo & eidem
S. Hictario. S. Ingilbaldo. S. Teuberto. loco oblata necnon villae quas divinae re-
S. Garrigus. S. Radulfo. S. Rodaldo. S. cordationis avus noster Karolus per aucto-
Guilabert auditor. S. Didimo. S. Teudomo. ritatem sui praecepti [concessitj, id est
S. Adalberto. S. Garifredus. S. Bernardo. Cameracum & Orbaciacum cum omnibus
S. Benamen. S. Alibranno. S. Ebroinus rébus & mancipiis ad se pertinentibus sive
rogatus scripsit, dictante Teudino can- etiam collationes bonorum hominum tam
cellario. praeteritorum, praesentium atque futuro-
rum undecumque juste & digne advenien-
~~~ tes. Quorum inquam preces rationabiles
esse intelligentes, hoc nostrae altitudinis
mundiburdi scriptum fieri jussimus, per
quod monasterium jamdictum cum eodem
Charte du roi Carloman en faveur de abbate Gerulfo, monachis praesentibus &
Vahbaye de Beaulieu, en Limousin'. futuris, cum ecclesiis & utriusque sexus
mancipiis, cum terris cultis & incultis,
IN nomine Domini Dei aeterni & Salva- vineis, pratis, alvis, pascuis, molendinis,
toris nostri Jesu Christi. Karlomamuis aquis aquarumve decursibus omnibusque
gratia Dei rex. Si utilitatibus locorum di- ad idem monasterium jure pertinentibus
vinis cultibus mancipatorum servorumque sub nostrae defensionis ac tuitionis mun-
Dei necessitatibus in eisdem degentium diburdo recepimus ac retinemus. Praeci-
aurem nostrae celsitudinis accomodamus, pientes ut nemo sanctae Dei Ecclesiae fide-
regium procul dubio exercemus munus lium nostris aut futuris temporibus non
ac per hoc ad aeternam beatitudinem ca- cornes vel vicecomes aut niissus discur-
pessendam minime titubamus. Idcirco no- rens seu quilibet reipublicae minister ab
verit fidelium omnium sanctae Dei Eccle- ejusdem loci abbatibus sive monachis per
siae nostrorumque tam praesentium quam tempora labentia uUa un'quam dona vel
& futurorum industria, qualiter acce- redibitiones sive expensas requirere prae-
dentes venerabiles viri ad nostrae altitu- sumat. Jubemus etiam ut nuUus rector
dinis clementiam Frotarius archiepisco- ejusdem sancti loci a nobis sive a bonis
pus Biturigensis necnon Gerulfus Belliloci hominibus res ejusdem sancti loci collatas
monasterii abba innotuerunt, quomodo in aliorum usus, nisi justa exigerit causa,
quondam Rodulfus ejusdem primae sedis transferre praesumat : sed liceat eis omni
archiepiscopus in sui juris suaeque pro- tempore, inquietudinibus omnibus remo-
prietatis rébus, in pago Lemovicino sitis, tis. Domino famulari ejusque clemen-
tiam pro nobis ac parentum nostrorum
' Cartulalre de l'abbaye de Beaulieu, en Li- excessibus ac Statu sanctae Dei Ecclesiae
mousin. [Collationné sur le cartulaire imprimé continuis precibus exorare, concessa bo-
par M- Deloche, p. 20 & suiv.] nae pacis quiète. Si autem adversus eos
An
882
4o5
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
406
An
883
6 avril.
caiisae ortae fuerint, quae habeant gravis tur Exinis, quae est in pago Rutenico, in
dispendii expensam, ad nostram reserven- vigariis cui vocabiiluni sunt Caniharense &
tur praesentiam iibi finem eos sequentur. Bruscense, iiiprimis casa niea dominicaria
Statuimus praeterea ut ex sese post hune cum capella, quae est fundata in honore
venerabilem virum Gerulfum ejusdem loci sancti Pétri sive sancti Hippolyti seu ce-
patrem abbatem eligendi habeant potes- terorum sanctoruni quorum reliquiae ibi
tatem. Ut autem nostrae roborationis auc- continentur, cum maiisos quatuor eccle-
toritas omni tempore vigeat & vigens siasticos, & in ipsa villa mansos très domi-
stabilis perseveret, manu nostra subterfir- nicarios; in Pelipio mansos quatuorj in
mavimus & de annulo nostro sigillari jus- Cartenago mansos très; in Fabricas man-
simus. SOS très; in Suagas mansos duos, manso
Karlomannus. Signum Karlomanni glo- ubi Adalbertus visus est manere uno; in
riosissimi régis. Riols mansos duos, manso ubi Agiricus
S. Norbertus notharius post obitum ma- visus fuit manere uno; in Exitello manso
gistri sui Wlfardi jussione régis. uno; Ariagos mansos duos; Metito mansos
Datum XVIII kalendas julii, anno III' duos; Rotharias mansos duos; in Laurite
Karlomanni gloriosissimi régis, indictione manso; in Villa manso uno; in Sils manso
XV. Actum apud Lipciacum villam Ande- uno; in Cambulio manso uno; in Lade-
gavensem, in Dei nomine féliciter. Amen. dubro manso uno; in Valedubro mansos
très; & in alio loco in ipsa curte capella
quae est fundata in honore sancti Timo-
thei cum mansos duos. Ista omnia supe-
2o3. — CXI rius nominata in iutegrum cedo ad jam-
dicto venerabili loco sacrisque pignoribus
Donation de Bertei-^, comtesse de Tou- ibidem humatis necne & Bernardo, qui
louse, au monastère de Vabre\ '^"^^os loci & abba fratribus Deo monastica
norma militantium praeesse videtur, cum
SI rerum mearum locis sanctis confero, terris cultis & incultis, cum pratis & pas-
dubium non est aeternae vitae praemia cuis, silvis pomiferis, molendinis cum omni
adepturam. Idcirco in Christi nomine ego integritate & superposita eorum & quid-
Berteiz, sagaci ut expedit hoc animo per- quid quaesitum vel inquirendum est &
tractans, locum cui vocabiilum est Waber, omne fundus possessionis, ut post hodier-
qui est situs in pago Rutenico, citra flu- num diem ipsas res superius nominatas
vium Dordonis, in ministerio Curieuse, & tam pro animae meae quamque & pro
est fundatus ipse locus in honore Domini animae genitoris mei Kemigii ac genitri-
nostri Jesu Christi necnon & venerabilis cis meae Arsinda necne & pro jugale meo
sanctae Dei genetricis beatae Mariae, prin- Raimundo & filio meo Bernardo, qui fue-
cipis quoque apostolorum Pétri martyris- runt quondam, seu & filio meo Odone &
que venerandi Dyonesii necnon & beati Benedicto, minuendis peccatis, praefata
Marii confessoris ceterorumque sancto- ecclesia Deo & monachis ibidem Deo mi-
rum ibidem humata pignorum consecra- litantes jure proprietario teneant & possi-
tum, eligo prout valui humiliter ex re- deant. Si quis autem aut ego ipsa aut
bus honorare paternis ideoque cedo loco ullus de haeredibus meis animo cupido
praenotato res quae mibi ex paterno jure res praetaxatas, loco jamdicto Vabrense
An
883
advenerunt, scilicet curte mea quae voca-
monasterio sacrisque pignoribus ibidem
humatis ac monachis Deo militantibus
condonatas ac traditas pro remedium meo-
rum, ex quorum mihi parte ipsae res adve-
nerunt, a praesenti die habeo, inquietu-
lid.orip
col. 139.
' Le texte de domVaissete portait anwoiiii; nous
corrigeons d'après l'imprimé publié par M. De-
loche. [A. M.] .. ,. . r » •
= Cartulaire de l'église de V.bre ;[& copie dans ^'"em aliquam inferre ausu temerano
la collection Doat, à la Bibliothèque nationale, praesumpserit aut praefatas res ad jam-
V. 148, fSp.J dicto monasterio abstrahere aliquo inge-
An
883
407
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
Éd.orig.
1. 1,
toi. 129.
Vers
886
408
nio tentaverit, quod repetit nullatenus sexus desuper commanentibus & omnibus
vindicare valeat, insuper judiciali potes- ad id jure aspicientibus, vobis publice tra-
tate coactus cum fisco publico très libras dimus : unde accepimus a vobis precium
auri componere cogatur & aeterna se sciât in quo nobis bene complacuit, hoc est ar-
damnatione multandum & a liminibus genti triginta libras, quod p-ecium de
sanctae Dei Ecclesiae habeatur extorris. manibus vestris in manibus nostris perce-
Facta haec carta donationis anno In- pimus & fecimus ex ipso quod voluimus.
carnationis Domini nostri Jesu Christi Sic memoratam villam cum omn'Dus ad eam
DCCCLXXXIII, indictione IV, Karlamaudi pertinentibus cum plenissima integritate
jam regiM monarchiae anno I, sub oc- vobis publice vendimus, tradimus atque
tavo idus etiam kalendarum aprilium. S. transfundimus, ut faciatis quidquid volue-
Berteiz quae donatione ista fieri vel fir- ritis, tenendi, dandi, venundandi atque
mare rogavit. S. Fulquardus. S. Benedic- commutandi jure proprio, nemine contra-
tus. S. Benedictus. S. Rostagno. S. Jain- dicente. Si quis vero, quod venturum esse
tardo. S. Oddo. S. Winaramno. S. Bernardo. non credimus, si nos ipsi aut ullus de
S. Airiberto, qui vocatus fuit Benedictus, nostris heredibus seu quaelibet alla in-
qui hoc consensit. S. Miloni. S. Emmoni. tromissa persona, quae contra hanc vendi-
S. Fludrigo. S. Ermengaudo. S. Bertramno. tionem venire aut eam refragare praesump-
S. Berno Tolosae sedis episcopus. S. Ato. serit, quod petit non vindicet, sed insuper
886
Sendraldus monachus sive sacerdos roga-
tus scripsit. S. Sigovinus.
cui litem intulerit auri libras X, argenti
libras XX coactus componat, & praesens
venditio nostris vel bonorum honiinum
manibus roborata ac stipulatione sub-
nixa omni tempore maneat inconvulsa. S.
Oddonis comitis & uxoris ejus Garsindis,
qui hanc venditionem fieri ratificare ro-
Échange fait entre Eudes , comte de gaverunt. S. Airberti fratris ejus qui hoc
204. — Cil
Toulouse 6* Frotaire, archevêque de
Bourges '.
IGITUR venerabili in Christo Frotario
sanctae Biturigensis ecclesiae archiepi-
scopo emptO'*. Nos enim in Christi no-
mine Oddo gratia Dei comes uxorque mea
Garsindis, assentiente fratre nostro Air-
berto venditores, constat nos vobis ven-
dere ita & vendidimus, tradere & tradi-
dimus res proprietatis nostrae quae sunt
sitae in comitatu Lemovicino, in vicaria
Exandonense, hoc est in villa quae vocatur
Orbaciacus, cum universis terris, pratis &
pascuis, farinariis, aquis aquarumve de
adfirmavit. S. Garsiae scriptoris comitis.
S. Willelmi comitis. S. Ragamfridi. Ram-
nulfus. Amalvinus.
2o5.
cm
Donation faite à Vabhaye de Beau-
lieu y en Limousin j par Frotaire,
archevêque de Bourges^,
IGITUR sacrosanctae ecclesiae Belliloci
monasterii in honore principis aposto-
lorum beati Pétri dedicatae, ubi rei a pro-
cursibus, secus fluvium Viseram, cultum & priis absolvi noscuntur delictis, ubi etiam
incultum, necnon & mancipiis utriusque vir venerabilis Gerulfus abba cum non
modica monachorum turba divino fungi
videtur officio. Idcirco ego in Dei nomine
Frotarius sanctae Biturigensis ecclesiae
archiepiscopus, tactus divina inspiratione,
' Cartulalre de l'église de Beaiilieu. [Collationné
sur le cartulaire publié par M. Deloche, p. 24-
26.] L'éditeur date cette pièce de 886-7 i "^^"^ Vais-
sete la plaçait en 876. Nous acceptons les conclu-
sions de M. Deloche, 8c, pour la discussion de
cette date, nous renvoyons le lecteur à son Intro-
duction, p. ccxxxv-ccxxxix. [A. M.]
' Cartulaire de l'abbaye de Beaulieu, en Li-
mousin. [Collationné sur le cartulaire publié par
M. Deloche, p. 26-28. j
Éd.orig.
col. i3o.
887
An
887
409
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
410
pro amore Dei & veneratione jamdicti signavit. [Sanctum mandatum quod Salva-
beati apostoli necnoii pro anima Régi- tor noster instituit pridie quam pateretur
mundi filiorumque ejus Bernardi & Oddo- de abluendis pedibus pauperum, nunc des-
iiis atque Arberti, ut in expiationem pro- tructum est ab eodem abbate nostro, qui
veniant nostrorum omnium delictorum, melius merito lupus dicitur rapax, qui sibi
cedo insuper stipendiis fratrum ibidem vindicat eamdem elemosinam sive nummos
Domino famulantium cessumque in per- quos dominus pontifex Rodulfus ibi con-
petuum esse volo res meas,quas deOddone stituit.J Datum huic cessionis cartulae in
comité comparavi, quae sunt sitae in co- mense augusto, anno Vii"' imperante Ka-
mitatu Lemovicino, in valle Exandonense, rolo, m in Galliis. S. Adrabaldus levita.
hoc est villa quae vocatur Orbaciacus, cum S. Ramnulfus. S. Adraldi. S. Gerolii. S. Jo-
vineis, pratis, terris & pascuis, farinariis, seph. S. Gerrardi. S. Johanis. S. Airberti.
aquis aquarumve deciirsibus, secus flu- S. Gumberti. S. Serancioni. S. Cuneberti.
vium Viseram, cultis & incultis, necnon S. Ragenaldi. S. Ildeberfi. S. Ingarii. S.
& mancipiis utriusque sexus desuper com- Vualtari. S. Airoaldi. S. Umberti. S. Boso.
manentibus & omnibus ad id jure aspi- S. Gerberti. S. Islonis. S. Adalberti. S. Ge-
cientibus : totum cum plenissima integri- deori'.
tatevolo ibi percuncta esse indultum atque
condonatum. Petimus namque ab abbati- "" ~~
bus & praelatis hujus sanctissimi loci, ut
annis singulis fratribus inibi Christo fa-
mulantibus ob nostri memoriam refec-
tione exhibeantj post funus quoque nos- Acte de la consécration de V église de
Notre-Dame de Riondejario, au
diocèse de Girone^,
An
887
206.
LXXV
trum in die depositionis nostrae id ipsum
deposcimus adimplere. Iterum petimus, ut
annuatim ex suprascriptis rébus custodi
ecclesiae vini modii x tribuantur, unde
sacrificium cotidie Domino offeratur. Licet
namque in cessionibus poena minime sit
inserendi necessaria, nobis quoque pro fir-
mitatis studio placuit inserere, quod si nos
[Nous plaçons ici la pièce LXXV, que les Béné-
dictins avaient datée, par erreur, de l'an 85o.J
IN r
ni
nomine sanctae & individuae Tri-
tatis. Post corpoream Dei nomine
ipsi aut ullus de nostris heredibus seu quae- Jesu Christi venerabilem adscensionem &
libet uUa emissa persona quae contra banc post salutiferam apostolorum suorumque
mei juris donationem, quam sana mente in- sequacium praedicationem , purgato jam
tegroque fieri decrevi [consilio], venire aut mundo ab idolorum turpissima servitute,
etiam refragare praesumpserit, primo ex non parvae gentilium turbae praebentes
virtute Sancti Spiritus & nostro ministerio colla suavissimo Salvatoris jugo innumera
eum innodamus & secundum saeculi poe- per totum orbem construxere episcopia
nam auri libras V, argenti libras xx, com- atque coenobia, ubi Deo dicati clerici
ponere cogatur suaque repetitio nuUum sive monachi religiose viventes, divina
obtineat effectum. Quod si in talibus per- celebrare mysteria communis utilitatis
severaverit, iram tnnae majestatis incurrat
& cum sancto Petro judicii die ratiocina-
turus veniat, nisi ante ad confessionem &
ad emendationem venerit. Et ut cessio fir-
miorem obtineat stabilitatem, eam subter-
firmavimus & bonorum virorum subterfir-
mare rogavimus. Frotarius sanctae Bituri-
gensis ecclesiae episcopus vidit, bene legit
atque signavit. Hecfridus episcopus Picta-
vensis signavit. S. Vuillelmus Caturcensis la date. (Voir plus haut", col. 407.) [A. M.J
episcopus. Adolenus Albiensis episcopus ^ Archives de l'abbaye de la Grasse
existimantes commodum, sic per terre-
' Le texte porte iiii°.
' Ce que nous mettons entre crochets, à la fin de
cet acte, est une partie que dom Vaissete croyait, à
juste titre, interpolée. L'éditeur du cartulaire de
Beaulieu a montré qu'il faut rapporter cette pièce,
qui se rattache à la précédente, à l'an 887, que le
roi Charles, que l'on y mentionne, est Charles le
Gros, & qu'il faut corriger a««o vu imperante àim
Kd.orlff.
col. i3i.
octobre.
An
908
411
PREUVES DE L'HISTOIRE
lîd.orig.
t. I.
col. 98.
mim habitaculum Deo dicatum fidelium
Spi
, LANGUEDOC. 412
cellae eidem supramemoratae Sanctae Ma-
niemdra 5piritus bancti fièrent recepta- riae cum titulis suis videlicet Sancti Jo-
culum. Proinde venerandus doninus co- hanuis & Sancti Pétri, in die ejus dedica-
mes cum omni veneratione vel reverentia tionis, décimas & primitias & oblationes
nominandus Vifredus ecclesiam quae est fidelium de villulis & villaribus, quorum
in comitatu Bisuldunense vel Ausonense, nomina sunt haec : Riodazarii, Crosaunas,
in villa Riodazari constructa habetur, cum Artigas, Bacholardario, Cuguciago, Fel-
propria voluntate episcopi domni Sonio- gars, Tamadela, Abietem , Galindono Vi-
fredi in cujus dioecesi sita dignoscitur lareto, Collo- Juvino, villare Aliano in
studuit consecrare, quo proficeret ad re- Bisuldunense territorio nostro. Sic con-
medium sui atque suorum. Peracta autem cedimus praelibatae ecclesiae cimiterium
consecratione praedictae ecclesiae paterno in circuitus ecclesiae dex[tros] XXX. Nam
affectu locumque semper in honore per- & domnus cornes Vifredus nostro assensu
maneret & Deo ibi servientibus quae ne- donat eidem ecclesiae ecclesiam Sanctae
cessaria forent subministrare largissime Margaritae cum decimis & primitiis de
posset, praesente coetu episcoporum, ab- villulis & villaribus ad ipsam ecclesiam
batum, canonicorum, ceterorum fidelium pertinentibus, cum terminis & ajacentiis
suorum qui praesentes aderant solercia suis. Et ego supramemoratus comes dono
ingenii & consilio cunctorum , firmissimo eidem ecclesiae supramemoratae in valle
sancivit decreto, quatenus praefatum coe- Riodazari, juxta ipsam ecclesiam domos
nobium sanctae Mariae virginis cum titu- meos, cum terras & vineas, cum & in
lis suis incontaminato statu semper jugi Collo-Juvino terras & vineas quos in do-
libertate vigeret & quidquid jam adqui- minium teneo cum terminis & ajacentiis
sierat vel in reliquum adquirere posset suis. Et habet afrontationes haec omnia
libère possideret, sicut sequens libellus suprascripta de Oriente in Frarago, de
déclarât. Meridie in terminis de ipsos Balbos per
Sub Dei nutu, haec membrana con- ipsa média Serra, & sic pervadit per ipsa
cessionis seu confirmationis quem fecit Serra usque in Gurgonigro, & i'njungit ad
Soniofredus Gerundensis sedis episcopus Aquabella usque supercilio montis, & per-
cum universo coetu archidiaconorum , ca- vadit in Collo-frigido per ipsa Serra usque
nonicorum seu aliorum clericorum in in colla de Cannas, & pergit ad ipsa Sen-
eadem sede Sanctae virginis Mariae Deo tigosa, & de Circi vero parte vadit per ipso
agonizantium. Domno itaque Vifredo co- medio rio quae dicunt Biauna. Modo vero
mite atque marchione jubente atque pre- excellentissimi & reverentissimi viri domni
cante, ui ecclesiae suae quae constructa Vifredi marchionis, confirmo ego Sonio-
esse dignoscitur in valle Riodazari, ut eam fredus episcopus cum voluntate omnium
consecraremus , & nos itaque inter nos clericorum nostrae sedis Gerundae & sta-
concordantes, quia humana fragilitas ma- tuimus ut ab hodierno die, id est a dedi-
gis potest dilabi in inferiora quam ascen- catione Sanctae virginis Mariae, qui est
dere ad suprema & potius delectare ter- sita in valle Riodazari, & deincebs ipsas
rena quam amare coelestia, & sine peccati décimas & primitias cum oblationibus fide-
contagione nemo possit in hoc aevo mor- lium de villulis & villaribus suprascriptis
tali vivere, & sciamus quia judex justus cum ecclesiam Sanctae Margaritae suisque
venturus sit in die examinationis reddere ministris, sicut superius scriptum est, ab
unicuique secundum opéra sua suppli- omni integritate, assensu bonorum om-
cium iniquis, vitam aeternam justisj ob nium clericorum seu laicorum qui ibi ade-
hoc ego Soniofredus episcopus, Gisca- rant, omni tempore inconvulsa perma-
fredus, Adalardus archipresbyteri, Persi- néant j sub ea tamen definitione ut per
uetus, Argibadus, Durandus, Rodegarius singulos annos sacerdotes & ministri qui
sacerdotes atque canonicorum seu cleri- in eadem ecclesia ministraturi erunt nobis
corum coetus, valde expavescentes, con- quoque successorumque nostrorum non
sideravimus in anime nostro concedere aliud solvant, nisi veniant ad concilia &
An
908
Éd.orig.
t. I,
col. 9y.
An
908
4i3
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
414
chrismale ministerium secundum institiita ad monasterium construendum in honore
canonum, & cum episcopus confirniatio- sancti Petri urbis Romae, &c. Facta ces-
nem exercera voluerit, obedientiani gra- sione ista m idus februarii, anno trige-
tissime exibere procurent. Perhacta sunt simo octavo régnante Carolo rege, &c'.
enim haec anno Incarnationis dominicae
DCCCC VIII ', kalendas octobris, anno XI " —
régnante Karulo gloriosissimo rege.
208.
An
926
lild.orig.
t. I,
-Ol. l32.
An
926
1 1
février.
Éd.orig.
t. I,
col. i33.
207. — CVI
Donation faite à Vabhaye de Vahre,
en Rouergue, pour le rétablissement
de celle de Nant ^.
SI rerum nostrarum, &c. Idcîrco in
Christi nomine ego Bernardus & uxor
mea Udalgarda pertimescentes diem mor-
tis , locum cui vocabulum est Waber,
qui est situs in pago Rutenico in minis-
terio Curiense, &c., elegimus prout volui-
mus humiliter ex rébus honorare, quae
nobis ob origine parentum seu ex con-
questo advenerunt seu ex rébus paternis,
ideoque cedimus loco praenominato res
proprietatis nostrae pro remedium animae
nostrae vel pro remedium genitori meo
Radulfo & génitrice mea Rodlinde vel pro
remedium Guigone, Madanulfo, Bernardo,
Gonduino, item Bernardo, Aldradi vel Fre-
delone abba & Mancio praeposito, & pro
cunctis amicis vel fidelibus nostris vel
pro remedium genitore meo Fredelone
& génitrice mea Odane & Benigno pres-
bytero, ut quorum fuit communis amor
sit & elemosyna communis. Eas namque
res quae sitae sunt in pago Rutenico, in
ministerio Nantense, hoc est ecclesia quae
est fundata in honore sancti Petri in villa
Triancianico, que vocant Nante, ubi aspi-
ciunt villae quorum vocabula sunt Moli-
nis, Ambolo, &c., in integrum cedimus ad
jamdicto venerabili loco sacrisque pigno-
ribus ibidem humatis necnon & Fredoloni
abba, qui custos loci fratribus Deo monas-
tica norma militantium praeesse videtur,
• Le texte porte dccc lviii.
' Cartulaire de l'église de Vabrej [& copie dans
la collection Doat, à la Bibliothèque nationale,
V. 148, f« 36.]
Dotatio sanctae 6* insignis ecclesiae
Vivariensïs^.
IN nomine Domini nostri Jesu Christi. "
Incipit catalogus de honore quem fidèles
Christi dederunt Deo & sancto Vincentio
pro redemptione animarum suarum & abo-
litione peccatorum suorum.
In primis de episcopis Albensium seu
Vivariensium. Civitas Albensium quae fuit
subversa a Croco rege Romanorum; sub
ipso rege asseritur isti episcopi fuisse Al-
beuses :
Primus episcopus Janoarius.
' La charte avait été mal à propos datée par les
Bénédictins de 877; en la supposant du règne de
Charles le Chauve, il faudrait 878, date posté-
rieure à la mort de ce prince; de plus, l'abbé Fré-
delon est du temps de Charles le Simple; cette rec-
tification recule donc encore de cinquante ans la
fondation du monastère de Nant (voir, au tome IV,
la note sur les abbés & les évèques de Vabre). [A. M.]
* Bibliothèque nationale, fonds de Lancelot,
t. 160. — C'est ce texte que les historiens & les
anciens annalistes désignent sous le nom de Charta
vêtus; rédigé par l'évêque Thomas II, il date de
çSo & non de 1 I 5i ; il est du règne du roi Conrad
de Bourgogne & non pas du règne de Conrad III,
roi des Romains; c'est ce que M. l'abbé Rouchier
démontre péremptoirement dans son Histoire du
Fivarais, t. i , p. 565 & suivantes. Ce texte se com-
posait d'une première partie, renfermant la chro-
nologie des anciens évêques & les diplômes royaux
jusqu'en 877; puis venaient un polyptique & les
additions faites par les évêques, successeurs de Tho-
mas II. C'est ce document qui a permis à l'abbé
Rouchier de donner une chronologie beaucoup
plus exacte des anciens évêques de Viviers; nous
avons, au tome IV, dans la chronologie de ces pré-
lats, adopté la plupart de ses rectifications. — Nous
donnons en note la traduction des noms de lieux •»
anciens, d'après le travail de M. Rouchier; les
variantes qui se trouvent en note nous sont aussi
fournies par lui, d'après une ancienne copie des
archives de l'Ardèche. [A. M.]
An
960
An
4i5
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
416
Secundus Septimius. cate', medio Saconaco, Vocerno. Ista om-
Tertius Maspitianus. Melanus. Auxo- nia dereliquit Deo & sancto Vincentio.
nius. Sed quanta miracula per eos Chris- Dotavit dompnus Heumachius Beciate
tus ostendere dignatus fuisset aut quibus cum ecclesia% Saduaco, Caucolomno, Car-
temporibus plebem suam rexissent aut qua tennaco, Luguiliano.
fuissent natione progeniti enarrare non Ego Secundus cum uxore mea Prima
possumus. nie cui summopere sedule obtu- condonavimus Deo & sancto Vincentio de
lerunt omnia novit. propriis nostris de mancipiorum & pecu-
Incipit de episcopis Vivariensium. liarium. In primis, in Vivariense quod
Primus episcopus in Vivario promotus ante Albense vocabatur, ecclesiam in ho-
praefuit, qui de Albense Vivario contulit nore sancti Victoris quae est in vertice
& Alba vicum appellari voluit. Deinde se- montis^ juxta fluvium Rhodani, de Scota-
cundus episcopus Lucianus régnante Ala- dio usque ad Albis ■* & usque ad summum
rico; deinde sanctus Valerianus; post hune montis Coiroti (a)^& usque exemplatorium
sanctus Venantius; deinceps Rusticus. De- totum & in alio loco caput montis cum
hinc sanctus Melanius, deinde sanctus Fir- colonicis LX una cum servis suis. Et in
minus, deinde sanctus Eucherius, deinde Bergundia, in comitatu Vivariense Tor-
sanctus Aulus, deinde sanctus Eumachius, tiliano dimidio una cum suis appenditiis.
deinde sanctus Longinus, deinde domp- Et in alio loco qui dicitur Vienisaco (A)®,
nus Johannes. totum & ab integrum tradTmus. Et in Va-
Domnus Joannes dotavit promotus epi- lentinense prope Rhodanum fluvium, villa
scopus Sancti Vincentii villas duas, Cla- quae dicitur Cupertas cum servis suis. In
riaco, Cassariae (a)'. Arelatense, in Ugio salinas areas octo ',
Dompnus Melanus ibi monasterium in per singulos annos eximit solidi trecenti.
Cassariense (A)' sancto Vincentio dotavit. Ista omnia dereliquimus Deo & sancto
Dotavit Lucianus episcopus Ameliaco
villa, Blandamisco, Ociaco : ista omnia de-
reliquit Deo & sancto Vincentio.
Dotavit domnus Valerius villa Coresse,
Vincentio.
Ego Léo & uxor mea Hostiliana condo-
navimus aliquid de nostris rébus quae
sunt in Vivariense, in aice Samsonense',
Scudio, Muoj dereliquit Deo & sancto de villa qui dicitur Quiciaco cum servis
Vincentio.
Dotavit sanctus Firminus, cum uxore sua
Aula (c), Lendronino', Meteratis cum ec-
clesia Sancti Andreae'*, Damate, Torni-
(a) Alias Cassaniae.
' Un grand nombre de v'illae mentionnées dans
ce document ont disparu, d'autres ont changé de
dénomination, de sorte que la restitution des
noms offre beaucoup de difficulté. — Clariaco,
villa inconnue pour nous. — Cassar'iae ou Casse-
r'iae , Chassiers , paroisse. [Cette note , comme les
suivantes, est empruntée textuellement à l'ouvrage
de M. l'abbé Rouchier, t. i, p. Sço & suiv.]
(i) Alias Axnacenum & Casanence.
" Monasterium in Cassariense, — Monastère de
Chassiers.
(c) Alias Ladamusco.
' Lendronino, — Villa dont le nom nous est in-
connu. Le P. Colombi a lu : Lacadusa, dont il a
fait le surnom i'Aula, méprise évidente, car alors
l'usage des doubles noms était entièrement perdu.
^ Meteratis cum ecclesia Sancti Andraee, — Saint-
suis usque ad flumen Begma (c) & Rose-
André-de-Mitrois, commune de Saint-Montan ,
ancienne paroisse, aujourd'hui supprimée.
' Tornicate. — Territoire ou quartier de Tourne
à Bourg-Saint-Andéol.
^ Beciate cum ecclesia. — Paroisse de Bessas.
' Ecclesiam S. Victoris quae est in vertice montis.
— L'église de Saint-Victor, aujourd'hui ruinée,
sur la montagne du Détroit, près de Lafarge, com-
mune de Viviers.
"• De Scotadio usque ad Alhis. — Depuis la ri-
vière de l'Escoutay jusqu'à Aps [Alba).
(a) Alias Conati ou Conoti.
5 Summum montis Coiroti. — Sommet de la mon-
tagne du Coiron.
[h) Alias Vieniscio.
* Vienisaco. — Vinesac, paroisse.
^ Salinas areas octo. — Huit salines.
* In aice Samsonense , de villa, &c, — Dans la
circonscription de Vaicis ou de Vager de Sampzon,
la villa de Quiciac, inconnue pour nous.
(c) Alias Bessina.
An
An
417
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
418
An
rias" : totiini sunt colonicas L. Tradinius Cnulatis carte ' cuni villis très Pociolis ^'^^
Deo & sancto Vincentio. Caligiaco ex Osigio totiun.
Ego Marins aedificavi ecclesiam in ho- Ego Albiiius dotavi Sancti Auli foras ci-
nore sancti Mauritii quae est super Hen- vitatis', Causonerii (a), Nargatis, Congo
ticani flumen'; dotavi eam colonicis XXX Scondolatis & Anoniatis & Brandatis & Pa-
una cuni servis suis; tradidi eam Deo & lagione.
sancto Vincentio. Ego Bobo & uxor mea Eulalia & frater
Ego Bellus qui fui natus in Viennense meus Rufinus aedificavimus ecclesiam in
8c nutritus in Vivariense, in infirmitate Arverniatense (b) in honore sancti Pétri
mea fui annos xxx ; aedificavi ecclesias super fluvium Liger. Dotavi eam de pro-
super Plenticam flumen' in honore sancti priis meis colonicis VI; & super Henticam
Pétri, sancti Pauli , sanctae Heulaliae, flumen villa que vocatur Utiaco; & ista
sancti Joannis & sancti Romani. Dotavi omnia tradimus Deo & sancto Vincentio.
Ego Aspasia dotavi sancto Vincentio in
Caxona Laudatis, & in Misilianence (c) '
Servationo totum usque Inno , Vola -
neta (c/) , vitem & pruinis totum usque in
fluvium Cicei.
Ego Sconbertus dotavi Sancti Romani
est in Vallevinaria'' cum colonicis X, & in foras portas, in Diense villam Orsiano (e)
monte Bergo ^ colonicas xx. usque in rio montis, in Vallevinaria* mo-
Ego Marcellus, Potamia (a) Deo sacrata dia terrae (/) viginti & vineas très, pratis
condonavi de propriis meis vel mancipiis, duo & Castria totum usque in summitate
in monte Bergo ubi dicitur Turnustus" montis.
colonicas decem & in monte Coiroto' co- Ego Venantius, sedis Vivariensis episco-
lonicas XX. P"S, dotavi ecclesiam in Luciatense "' in
Ego Fredegundis Deo sacrata aedificavi honore sanctae Mariae & sancti Martini
Melatis"* mouasterium puellarum in ho- Bessiaco''. Dotavi eas colonicas LXX cum
nore sancti Stephani & sancti Saturnini. servis suis & dimisi eas Deo & sancto Vin-
Hic vixi annis Vllll : hic defiuivi. centio.
Ego Ardulphus episcopus sedis Viva- Ego Yteria femina quae fui sine viro sexa-
riensis dotavi Deo & sancto Vincentio ginta annos, aedificavi ecclesiam in vertice
Mixano', Vicano dimidio, Canavarro ",
Para cum ecclesia sancti Laurentii" &
eas de meis propriis in loco ipso coloni-
cas LXXX una cum servis suis; tradidi eas
Deo & sancto Vincentio.
Ego Ebo & uxor mea Bertha donamus
sancto ^incentio de propris meis eccle-
siam in honore sancti Symphoriani, quae
' j4d Jîumen Begma &Roserias, rivière de Beaiime;
Rosières, paroisse. ■
^ Ecclesiam S. Mauritii... super Henticam /lumen.
— Saint-Maurlce-sur-l'Ardèche, paroisse.
' Henticam /lumen. — L'Ardèehe, rivière.
* Eccles, S. Symphoriani ^uae est in Vallevinaria
— Saint-Symphorien -de-Valvignères, paroisse.
'• Tn monte Bergo. — Montagne de Berc, à l'ouest
de Valvlgnères.
(a) Alias Potanna.
^ In monte Bergo uhi dicitur Turnustus. — Tour-
non- lès-Villeneuve-de-Berc, ancien prieuré.
^ In monte Coiroto, — Sur le Coiron.
* Melatis. — Mêlas, paroisse.
° Mixano. — Meysse, paroisse.
'" Canavarro. — Chanavari, territoire de la com-
mune de Rochemaure.
" Fara cum ecclesia S. Laurentii. — Lafare, villa
qui devait se trouver entre Rochemaure 8t Chana-
vari, près de la chapelle rurale de Saint- Laurent.
' Crudatis Curte. — Cruas, paroisse. — Les trois
villae qui suivent nous sont inconnues.
" Sancti Auli foras civitatis. — L'église de Saint-
Aule extra muros, à Viviers, entièrement ruinée.
(a) Alias Casoneni.
[h) Alias Arvematenie.
(c) Alias in Miliclanence.
' In Misilianence. — Dans le territoire de Mé-
zilhac.
(^) Alias Volenceta.
(e) Alias In Oisiano.
'' In Vallevinaria. — Terroir de Valvlgnères.
(/") Alias modia ter xx.
^ In Luciatense ecclesiam Sanctae Mariae. — No-
tre-Dame-de-Lussas, paroisse.
^ Ecclesiam S. Martini de Bessiaco. — Saint-
Martln-de-Bessiac, qui prit, plus tard, le nom de
Lavilledieu, paroisse.
lî.
N
An
ç5o
419
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
420
montis in honore sancti Thomae & sancti quae fuit soror sancti Auli dotavimus
Sebastiani". Dotavi eam usque in fluviiim sancti Vincentii de Cuisiniaco ' quod est
Scotadii' & villam quae dicitur Cacerdis & constructum super flumen Rhodani usque
tradidi eas Deo & sancto Vincentio. ad Bauarias^ & usque ad rivum Osonem
Ego Antherius patritius provinciarum & & Bello dimidiuni % & in Tricastinensis
uxor mea Sulpitia dotavi sancto Vincentio insula quae vocatur Argentarias quae est
de propriis nostris Albenate (a) ' palatium ad Burgogiates superiorem ^ Ista omnia
nostrum quod est constructum secundum tradimus Deo & sancto Vincentio.
Henticam fluvium cum ecclesiis duabus, Ego Rodulphus dotavi ecclesiani Sancti
una sancti Saturnini*, alia sancti Lupi ', Pétri in Rumpone monte-' & in Valenti-
Botericus (b) villam, Ragiatis villam, Ar- nense aedificavi ecclesiam in honorem
caiatis paludes, colonicas IIII, Oraches vil- sancti Albani, dotavi Deo & sancto Vin-
lam , Caninicus villam ; in Botera (c) *' centio. Et in Vivariense (a) aedificavi ec-
ecclesiam Sancti Johannis & Sancti Mau- clesias duas in honore sancti Projecti^'Ec
ritii'j sunt colonicas Lxxx cum servis sancti Stéphanie dotavi eas. Ista omnia
suis. Ista donamus Deo & sancto Vin- tradidi Deo & sancto Vincentio.
centio. Omnia ista dotaverunt ad sanctum Vin-
Ego Longinus episcopus aedificavi eccle- centium vel ad ipsa corpora s^nctorum
siam in honore sancti Stephani in monte quae in circuitu requiescunt, anno Vli reg-
Coiroto quae dicitur ad Scans% dotavi co- nante domno nostro Galdeberto & etiam
lonicas XX, & ecclesiam Sancti Laurentii", domno nostro Theuberto (A) rege , indic-
dotavi colonicas XX; ego indignus & pec- tione XI ^
cator consecravi eas & dereliqui Deo &
sancto Vincentio, & Silvatense medio cum
cxx colonicis una cum servis suis.
Ego Gombertus aedificavi ecclesiam in
honore sancti Vincentii in villa quae dici-
tur Crasco'", dotavi eam in primis villae
cum XXX colonicis, pratos iili, de vineis
unde exire possunt modii CLXXX.
Ego Alicinius & uxor mea Macedonia
An
950
' Ecclesiam S. Thomae & S. Sehast'iani. — Salnt-
Thomé, paroisse.
" Fluvium Scotadii. — Rivière d'Escoutay.
(a) Alias Albemiate.
3 Albenate. — Aubenas.
^ Una (ecclesia) S. Saturnini. — Saint-Sernin-de-
Lespinasse, paroisse.
■' Alia S. Lupi, — Saint-Loup-de-Mercuer, pa-
roisse.
(i) Alias Botellicus.
(c) Alias Bocera.
" In Botera. — Dans le district des Boutières.
' Ecclesiam S, Johannis & S. Mauritii, — Saint-
Maurice-sous-Chalancon, paroisse supprimée.
^ Ecclesiam S. Stephani in monte Coiroto quae
dicitur ad Scans. — Saint-Etienne-de-Sceautres,
paroisse.
*• Ecclesiam S. Laurentii. — Saint -Laurent-sous-
Coiron, paroisse.
'" Ecclesiam S. Vincentii villa Crasco. — Saint-
Vincent-de-Gras, paroisse.
' De Cuisiniaco. — Notre-Dame- de-Cousignac,
paroisse supprimée, près de Bourg-Saint-Andéol,
' Ad Bauarias. — Rivière de Berre dont l'em-
bouchure est en face de Cousignac, de l'autre côté
du Rhône.
' Bello dimidium. — Domaine de Bel, situé sur
la rive gauche du fleuve.
'' Argentarias... ad Burgogiatem superiorem. —
L'île d'Argentière & Bergoïata-le-Haut.
'' Eccles, S. Pétri in Rumpone monte. — Eglise
de Saint-Pierre sur la montagne de Rompon, qui
devint plus tard le monastère de ce nom.
(a) Alias in Valentinense.
" Eccl. S. Projecti. — Saint-Priest, paroisse.
' Eccl. Sancti Stephani. — ^ Saint-Etienne-du-Lac ,
près Privas, église supprimée depuis longtemps.
(i) Alias Cheuberto.
* Il est très-difficile de reconnaître quels sont
les deux rois ici désignés. D'après les anciennes
chronologies des évèques de Viviers, Galdehertus
serait Childebert F'', & Theubertus, Théodebert I'"',
qui régnèrent sur le Vivarais, après la destruction
de la monarchie des Burgondes, à partir de l'an-
née 534 ou 535. On ne trouve pas, dans toute la
série des rois mérovingiens, deux princes régnant
concurremment, dont les noms se rapprochent
autant de ceux que mentionne notre document.
Quant aux autres indices chronologiques, ils ne
peuvent convenir à aucun règne; il faut donc
qu'il y ait eu erreur de la part du scribe ou des
copistes.
An
Ç'JO
421
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
422
An
954
Ego Aginus vir illiistris & uxor mea Pe- dono vobis ipsa medietate cum ipsos fevos
que tenet de vicechomitatu, & dono vobis
quarta parte de fevo de vicechomite a tu
in dominico. Et propter hoc dono su-
prascripto convenio ego Pétri Raimundi
vicechoniiti & mulier mea Sibilla ad te
penditiis, alpes diias quae nuncupantur Raimundi vicechomiti de Cerritania quod
Taranicus' ibidem adhérentes usque ad sumus vestros solida mente contra cunctos
Borna' & usque ad Nitrense sive usque in homines vel feminas, exceptus comiti Ur-
valle Contronica & usque in Linna"*, quae gellitano, quod siamus tibi adjutores de
vertitur in Linna. Et in alio loco, in ipso ipsa honore quod haberetis vel in antea
tronilla dotavimus de propriis rébus nos
tris Sanctum Vincentium in Castro Vivarii
situm quod de genitore meo Aprimiculo
justissinie advenif, hoc est Valligorgia '
cum ecclesia Sancti Martini cum suis ap-
comitatu, ubi dicitur Silvaplanata"', eccle-
siam in honore sancti Pétri cum coloni-
cis XV... Sunt in summa colonicae centum
& octoginta cum servis suis. Tradimus Deo
& sancto Vincentio.
habere potueris cum nostrum consilium a
tener & a gire^ar &■ a défendre contra cunc-
tos homines vel feminas per fidem rectam
sine engan, & in hostes sive in kavalcades
ubi Petro Raimundi vicecomiti de Kastro-
bono ubi erat cum Raimundi vicechomite,
ipsos cavallarios qui fuerunt de ipso vice-
chomitatu fuerunt cum illo jamdicto. Et si
ego vicecomiti de Urgellitano jamdicto non
sum in istas cavalcades jamdictas sives in
hostes, kavallarios ipsos jamdictos de vice-
Accord entre les vicomtes de Cerdagne chomitatu faciant ipsas hostes vel kavalca-
209.
6* d^Urgel pour le château de Saint-
Martin^.
HEC est convenientia qui est facta inter
Raimundi vicecomiti de Cerritania
& Pétri Raimundi vicecomiti Urgellitano
atque conjux sua nomine Sibilla. Ego Rai-
mundi vicechomiti comendo ad vobis jam-
dictos Pétri Raimundi & mulier nomine
Sibilla ipso kastro de Sancti Martini & ego Raimundi vicecomite habeo opus po-
dono vobis Ermengaudi cum ipso fevo quod testate de ipsos kastellos jamdictos, JzVe 0
tenet de kastro Sancti Martini & cum suos ad vestrum baille vel ad unum vestrum ca-
milites. Similiter comendo vobis ipsos kas- ballarium qui dicat vobis quod donetis
tros de M.irales & de Cheralt, & dono vobis mihi jamdicta potestate quousque ad X dies
Berrengario de Aragal cum ipso feu que vobis Petro vicechomite & vestra mulier
tenet de ipso [vice]chomitatu & suos mi- & vestro misage. Et ipsa estada de Sancti
lites, & de aliis cavallariis qui rémanent Martini habeamus per medietate, & si non
donaberitis ipsam potestatem quod supe-
des & ipsum cervicium qui de ipsa honore
jamdicta débet exire ad Raimundi vice-
chomiti. Ego Pétri Raimundi vicecomite
& mulier mea Sibilla conveniemus a te
Raimu[n]di vicechomiti de Cerritania de
kastros ipsos suprascriptos quod donemus
tibi potestate quantosque vices la dema-
neds irads & pagads ad me jamdictum vice-
comite Raimon sive ad meum misage, & si
' Valligorgia. cum ecclesia Sancti Martini. —
Saint- Ma rtin-de-Valgorge, paroisse.
' Alpes... quae nuncupantur Taranicus. — Les
montagnes du Tanargue.
^ Ad Borna. — Borne, paroisse.
■^ In Linna. — La Ligne, rivière qui coule au
pied du Tanargue.
^ Ubi dicitur Silvaplantata. — Snuveplantade ,
paroisse supprimée.
'' Archives nationales, J. 879, n. i ; original en
parchemin, provenant du Trésor de Foix.
rius est scriptam de ipsos kastellos Ermen-
gaudi &: Benrenger de Aragal cum Raimundi
vicecomiti jamdicto cum ipsos kastellos
supranominatos & ipsa honore quousque
vicecomite Petro & mulier sua Sibilla ha-
beant potestate donata. Et si ego Petro
vicecomiti & mulier sua Sibilla, si enfra-
gien ista conveniencia qui desuper est
scripta ad Ramon vicecomite & no la U avîa
redreta infra XXX^ dies que el lo demanas
per si & per so misage Ermengaudi cum
An
9-4
An
9^4
42d
PREUVES DE L'HISTOIRE DE LANGUEDOC.
424
sua honore & cum sues homines & Be-
renger de Aragall cum sua honore & sucs
210. — CXIII
homines & cum illis alliis milites qui sunt
in ipso vicecomitatu tant se tengon cum
Ramon vicecomite tro che 0 agen redret. Et Échange de l'église de Tudel avec le
ego Raimmundi vicecomiti de Cerritania, si n^^ d'Orbaciac, en Limousin '.
ista convenientia qui desuper est scripta
enfragia ad Petro Ramon vicecomiti de /"^ Dei gratia Lemovicensis episcopus
Castelbo & ad Sibilla mulier sua, si infra kJ. praesentibus & futuris in perpe-
XXX^ dies no 0 avïa redret quod illis jam- tuum. Quoniam quae ab hominibus sunt,
dictos Ion demanasen Raimundi vicecomiti nimia sui vetusfate delentur & oblivioni
per nos 0 per nostre misage, Ermengaudi traduntur,scripto commendavimus qualiter
de Sancti Martini & Berenger de Aragal P- abbas Bellilocensis communi consilio
cum ipsos kastellos & cum ipsas honores capituli dédit nobis, concessit & succes-
& cum illis omines & alliis homines de soribus nostris ia perpetuum possidendam
vicecomitatu, M«( se ffg^en cum vicecomite terram de Sallem, quae antiquo nomine
& mulier sua tro che 0 agen dret ad vice- Orbaciacus vocabatur, cultum & incultum,
comité & ad mulier sua. Et ego Pétri Rai- cum vineis, pratis, aquis aquarumque de-
numdi vicecomite de Urgello & mulier cursibus, molendinis, paxedis, totum & in-
mea Sibilla U passaveds \si?i convQnniewû^. tegrum. Quam videlicet terram Frotarius
qui desuper est scripta & Raimundi vice- Bituricensis archiepiscopus de Odone co-
comiti lo reptava que illis se excondïga ad mite émit & Bellilocensi ecclesiae dédit
unum kavallarium qui abet X cavaliarios ac Gairulfo tradidit perpetuo possidendam.
logads de terra. Et si obieriet Raimundi Quam donationem Karolus rex Francorum
vicechomite primus sine infante de mulier, praedictae ecclesiae concessit, quia de jure
torn ipsa parte que habeat Ramon vicecho- illius esse dinoscebatur. Nos vero.dedimus
mite de vicecomitatu ad Petro vicecomite & concessimus eidem P. abbati Bellilocensi
& ad mulier sua Sibilla 3 & si obierit Pétri
vicecomiti sine infante de mulier Sibilla,
torn ipsa parte quod abeo de vicecomitatu
a Raimundi vicechomite. Actum est hoc
die kalendarum marcii, anno XVlll rég-
nante Leovico rege. Sigfnum Raimundi
ejusque successoribus ecclesiam de Tudel
in perpetuum possidendam cum omnibus
pertinentes suis, quae de jure ecclesiae
Bellilocensi fuisse dinoscebatur. Huic do-
nationi interfuerunt Hu. decanus Lemo-
vicensis & Abbonius canonicus, Aimericus
vicechomiti. Sig t num Petro Raimundi ejusdem ecclesiae sacerdos, W. prior, Ite-
vicecomiti. Sig t num Sibilla vicecomitissa rius monachus, P. Willelmi monachus,
qui ista convenientia mandavimus scribere Stephanus monachus, Ebalus sacrista, Hu.
& testes firmare rogavimus. Sig f num 5a- monachus. Facta haec carta & donatio
bot. Sigfnum Gonbalt. Sigfnum Bereger anno ab Incarnatione Domini millesimo
Guïllem. Sig f num Guillem de Espugola. centesimo sexagesimo quarto. G. abbas
Sig f num Ramon Ermengaudi de Sancti Solemniacensis. P. de Monasterio archi-
Martini. Ermingaus sacer[dos], qui hec diaconus. Hoc ipsum concessit Aymericus
convenientia scripsit cum literas ras[asj vel ejusdem ecclesiae archidiaconus.
melioratas in VI lineas, die & anno prefato
quod supra. Sig f num Arnal de Saga. ' Cartulaire de l'abbaye de Beaulieu, en Limousin.
^ ^-;) ^^ (^^ (j;^ ÎJ^ ^ ^ ^ 1^ 5;^ ^ tt^ 5^ ^ t^ Ç^ ^w) ^ Çj^ ^ (^ ^ ^ (^ <j^ tj^ ^ ^ ^^ ^ ^j^
INDEX
ONOMASTICUS ET GEOGRAPHICUS
N. B. — Niuneii aiabici coliiinnas indicant; pltira de ordine in praesenti indice observato scire
volenti, ad hujusce voluminis praefationem recurrendum.
A
Aarnisca, vallis & fluvius in Gavaldano, co-
lumna 78 ; Ni:^e près MendeÇ?).
ABBONIUS, canonicus Lemovicensis, c. 424.
ABDELMEC aut ADELMECH, diix Sarracenorum,
ce. 9, 27.
ABDERAMAN, rex Spaniae, c. 5.
ABDERAMAN ABIN-MAVIA aut IBIN, rex Sarra-
cenorum, ce. 9, 27.
Abies, villa in Bisuldunensi, c. 412.
AuiLiDE, villa in pago Tolosano, c. 48.
ABITUS, imperator, c. 16.
ABOLEMUS, c. 147,
ABRAHAM, Csmmenensis episcopus, c. 67.
ABSALON, judex, c. 346.
ABUNDANCIUS, vassus dominiciis, c. 47.
Adunianum, villa in Narbonensi, c. 48.
AcHADALARD, locus prope Narbonam, c. 209.
S. ACISCLUS, martyr, c. 17.
AcQuiTANi. Vide Aquitam.
ADALALDUS, qui & MAIMON vocatur, c. 134.
ADALARDUS, archipresbyter in Gerundensi, c. 44.
ADALARICUS, abbas Crassensis, c. i33.
ADALARICUS, filius Lupi ducis, c. 264.
ADALBERGA femina, c. 887.
ADALBERTUS, missus Caroli régis, ce, 47, SÔj.
ADALBERTUS notarius, c. 5o.
ADALBERTUS, vassus dominicus, ce. 179, 355.
ADALELM.US, frater Willelmi comitis Tolosae,
c. 65.
ADALGARIUS, cornes palatii, c. 122.
ADALGARIUS sive ADALGUARIUS notarius,
ce. 328, 36o, 367.
ADALGASIUS sive ADALGISUS, abbas Palnatensis
& deinde Vabrensis, ce. 324, 827, 239, 340.
ADAULFUS, Jerundensis episcopus, c. 57.
ADAULFUS, judex in Gerundensi, e. 118.
ADAULFUS, judex in Narboncnsi, ce. 33 1, 341.
Add AR 1 1 , Alderi I VILLA, in pago Carcassensi j
ce. 166,299; Villalier [Aude^, arr, de Carcassonne.
ADDILIUS ASTER, e. i23.
ADEBR ALDUS, c. 78.
ADEFONSUS vicecomes in pago Elenensi, c. 178.
ADEFONSUS, ALDEFONSUS, avunculus Go-
mesindi, jîdelis régis, ce. 276, 3i 1.
ADEFONSUS, judex, ce. i85,332.
ADELA, mater Lupi ducis, c. 264.
ADEMARUS cornes in Septimania, ce. 78, 186.
ADENUS, c. 363.
ADEODATUS scriptor, c. 52.
ADIASIANA, mater Braidingi, c. 76.
ADOLENUS, Albiensis episcopus, c. 409.
ADOURA, sajo, c. 3^o.
427
INDEX ONOMASTICUS ET GEOGRAPHICUS.
428
ADOYRA, uxor Antonii vicecoraitis Blterrensis,
c. 261 .
ADREBALDUS, abbas Sancti Tiberii, c. 356.
ADRIANUS papa III, ce. 10, 22, 55.
ADROARIUS, fidelis régis, c. 0205 judex, c. 332.
Ad Signa, salinae in pago Narbonensi, ce. 86,
291.
ADUEMO, cornes palatii, c. 122.
ADULFUS, c. 353.
ADUS, metropolitanus Biturieensis, c. 42.
AENEAS, notarius, ce. 218, 202, 290.
S. Affricani ecclesia in Albia civitate, c. 400.
AFRICA, ce. 16, 17, 19.
AGAMBALDUS, cornes palatii, c. 122.
AGATHE, AGATE, AGATHA, ce. 7, 21, 25.
— Sanetiis Stephanus in Agathe, eeelesia, ce. 278,
369.
Agatensis vel Agathensis pagus, ce. 86, 142, 2o3,
221 , 279, 291 .
Agathensis civitas, ce. 86, 369.
Agathensis comitatus, e. 145.
Agatensis cornes, c. 142.
Agatenses habita tores, c. 142.
Agathenses episcopi. Vide DACBERTUS, JUSTUS.
Agathensis cornes. Vide APOLLONIUS.
Agellum, villa in Narbonensi, c. 148; -^gel (^Hé-
rault), arr. de Saint-Pons^
Agennensis pagus ; Agenais, c. 262.
Agennensis episcopus. Vide SIBOALDUS.
Agennensis cornes. Vide ERMILADIUS.
AGIERLINA, neptis Dadilae, e. 8 1 .
AGILA, rex Gothorum, ce. 14, 17, 18.
AGILA vel AGILIS, abbas Crassensis, ce. 164, 199,
207, 3oi , 36o.
AGILBURGIS, uxor Rainaldi, c. 145.
AGILMARUS, Arvernensis episcopus, c. 391.
Aginnum flumen, c. 367.
Aginus, vir illustris, c. 421.
Agnerra, loeus in Rossilionensi, c. 365.
AGOBARDUS, archiepiscopus Lugdunensis, c. i36.
Agogia, vallis in Bisuldunensi, c. 367.
Agre, villare, e. 69.
AGRICOLA, praefeetus Galliarum, c. 35.
Agrifolium, loeus in pago Carcassensi, c. 36i;
Greffeil (^Aude), arr. de Carcassonne,
Aguotis, fluvius; l'Agout, c. 124.
AHILO, c. 344.
AICHARDUS, advocatus abbatis Bellilocensis,
c. 363.
AICHONE, judex, c. i85.
AIGILA, judex, c. 134.
AIGLABERTUS, e. 84.
AIGO, judex, e. 195.
AIMARUS, Biturieensis archiepiscopus, c. 46.
AIMERICUS, presbyter, c. 338.
AIMERICUS, saeerdos Lemovicensis, c. 424.
AIMERICUS cornes, c. 22.
AIMO, monachus Anianensis, c. 1 i.
Airoi.as, villa in pago Narbonensi, c. 32o.
Alacoon, loeus in Vaseonia, c. 261 5 Alaon.
Alagonensis (S. Maria), inonasterium , ce. 261,
263. »
Alamanis, Alamannis, villa in pago Elenensi,
ce. 193, 214.
ALAMANNIA, c. 6.
Alamannus, villa in pago Dagnense, c. 11 5.
Alancianus, villare prope Narbonam, c. 3o5.
ALARICUS episcopus, e. 041.
ALARICUS I rex Gothorum, ce. i3, 16, 20.
ALARICUS II, rex Gothorum, ce. 14, 17, 38, 4i5.
ALARICUS, vieedominus in Narbonensi, c. 287.
Alisa civitas, c. 414, vicus , c. 41 5; Aups, près
Viviers.
Albanianum, villare in pago Cerasia, c. 348.
Albaria (cella in monte), in pago Russilionensi j
le mont Alhhre, e. 256.
ALBARUS, judex, ce. 3o6, 378, 382.
ALBANA, soror Willelmi comitis, c. 65.
Albenate, palatium, c. 419; Auhenas [Ard'éche).
Albensium civitas. Vide Alba.
Albenses seu Vivarienses episcopi, ce. 314 & seq.
Albenses episcopi. Vide AUXONIUS, JANOARIUS,
MASPITIANUS, MELANUS, SEPTIMIUS.
ALBERICUS, elericus notarius, e. 209.
ALBIA, ALBIGAE, civitas j Albi, ce. 7,282, 356,
400.
Albiensis pagus ; Albigeois^ c. 66.
Albienses episcopi. Vide ADOLENUS, DIDO.
Albienses comités. T/VcREGIMUNDUS, ULFARIUS.
Albinianum, villare in pago Bisuldunensi, c. 224.
AlbiniAnus, villa in comitatii Biterrensi, c. 228;
Saint-Etienne d'Albagnan (^Hérault), arrond. de
Saint-Pons.
ALBINUS, c. 418.
ALDANA, mater comitis Willelmi, c. 65.
ALDANA, uxor Pétri, c. 332.
ALDEFONSUS. Vide ADEFONSUS.
ALDEMARUS elericus, c. 84.
Alderii villa, in pago Carcassensi, Vide Aodarii
VILLA.
ALDRICUS cancellarius, e. i65.
ALEDRANS ambaseiator, s. 282.
ALGIBERTUS, vieedominus Narbonensis, c. 134.
ALIARDUO, e. 210.
AliARIum, villare in pago Bisuldunensi, e. 3o2.
Aliberga, mons in Rossilionensi, c. 365.
ALICINIUS, c. 419.
ALIDULFUS, c. 400.
Allô, mons in Bisuldunensi, c. 368.
Altc\piAe, curtis in Rutenensi, c. 3225 Saint-Jean
d'Alcapies i^Aveyron), arr. de Saint-Affriquc.
Altusmons, villa in pago Tolosano ; e. 44; Mon-
tant, arr. de Muret (^Haute-Garonne) .
AMALARICUS aut AMALERICUS rex Gothoru»
ce. 14, 17.
AMALBERTUS, e. 21 5.
S. AMANDUS, abbas Moysiacensis, c. 248.
429
INDEX ONOMASTICUS ET GEOGRAPHICUS.
43o
AMANDUS, dux Vasconiae, c, 262.
AMANTIA uxor Sereni, Aquitaniae ducis, c. 26.').
AMANTIANICUM, colonia in pago Magalonensi,
c. 252.
AMANTIUS presbyter, c. 337.
AMARIOLAE, villare in pago Fenuletensi, c. 216.
AMARVANUS Caesaraiigiistanus, dux Sarracenus,
c. 261 ,
AMATUS, Cnrpentoratlnensis episcopus, c, 5j,
Amdiane.nsis vallis in pago Arvernensi, c. 147.
AMBISA aut ANNUKIZA, rex Sarracenoriim ,
ce. 4, 25.
Amdlwa, locus {Amblef, L'imhourg), c. 4.
Ameliaoum, villa in Vivariensi, c, 415.
AMELIUS, episcopus Uceciensis, c. 145.
AMENARDUS, filius Gilimiri , Nemausensis vicc-
dominus, c. 29.
Amfinianum, villa in pago Tolosano, c. 43.
AMICUS, Magalonensis episcopus, c. 55.
AMORIBINAILET, dux Sarracenorum, c. 6.
ANA, abbas Sancti Hilarii, c. 255.
AwKiENSis pagus, c. 3 18.
Anaja, villa, c. 70.
ANASTASIUS, abbas Conchensis, c. 147.
Ancheranum, villare in pago Narbonensi, c. 282.
Andecwum, palatium regium; Angers, c. 121.
Andorra, vallis & villa in pago Orgellitano,
c. 218.
AndorrensiS pagus, c. 3i7; Pays d'Andorre.
Anuusianensis castri suburbium, c. 72; territoire
d'Andu^e (^Gard),
Anforauiae, villa in pngo Minerbensi, ce. 3oi,
36o.
ANGARIUS, cornes, c. 342.
ANGERA, e. 21.
Anges, c. 21.
ANGEVALDUS, judex dominicus, e. 187.
Anglaris, villa, c. 70.
Angora, c. 21 .
ANGOSA, c. 21.
A.MANENSis (S. Salvator), monasterium in pago
Magdalonensi, ce. 9, 1 1 , 27, 53, 61, 72, 75, 82,
84, 85, 88, 89, ICI, io3, ii3, 124, 129, i3o,
i36, 139, 141, 144, 174, 189, 200, 201, 209,
291 , 393.
Amanenses abbates. Vide ARNULFUS, BENEDIC-
TUS, ELIAS, ERMENALDUS, GEORGIUS, SENE-
GILDUS, TRUCTESINDUS, ZMARAGDUS.
Amanum fluvius, c. 75j l'Anian, rivière.
S. ANIANUS, confessor, ce. 160, 233.
ANIANUS, abbas Caunensis, ce. 57, 58, 64, 73,
258.
Anicianuai, villa in Narbonensi, c. 48; Nissan
[Hérault), arr. de Béliers (?).
ANNA, neptis Beranae comitis, filia Alarici &.
Rotrudis, ce. 346, 384.
ANNO, abbas Caunensis, c. 75.
ANNUBIZA. Vide AMBISA.
Anomatis, in Vivariensi, c. 418.
ANSCHARIUS, presbyter, notarius, c. 255.
ANSEBRANDUS, diaconus, c. 57.
ANSELMUS, cornes palatii, c. 8.
ANSEIMUNDUS, gotus, c. 7. Vide MISEMUNDUS.
ANTHERIUS, patricius provinciarum, c. 419.
A.NTHORA, villa, c. 70.
Anticiacum, villa in pago Arvernensi, c. 147.
Antoma, villa in Narbonensi, c. 48.
ANTONIUS, vieecomes Biterrensis, c. 261.
APOLLONIUS, cornes Agathensis, c. 278, 279, 869.
APRIMICULUS, pater Agini, c. 421.
APROLINUS, judex, c. 287.
AQUAE. Vide AQUISGRANUM.
Aquaviva, villa in pago Narbonensi, c. 48; A'i~
gucsvives [Aude), arr. de Narhonne,
Aquwiva, villula in pago Substantionensi, c. 279;
Lésignan de la Cébc [Thomas, Dict, topogr.).
Aquisgranum, Aqcae, palatium regium, ce. 12, 60,
62, 74, 87, 89, 90, 91, 93, 96, 98, 100, loi,
102, 104, io5, 107, 109, .111, 112, ii5, 117,
125, 126, 128, i3o, ]3f, 140, 143, 146, 154,
181, 184, 194, 201, 2o5 ; Sanetae Marias ecde-
sia in Aquisgrano, c. 187.
AQUITANI, ce. 3, 2 5.
Aquitania, ce. 5, 9, 10, 97, ii3, 139, 200, 243,
262.
AquitAiMA secunda, provincia, c. 37.
AQUITANICA regio, c. 147.
Aquitanica vallis, in pago Carcassensi, ce. i33,
'99; ^"^ ^'^ Daigne.
ARASOLARIUS, judex, e. 57.
Araur vel Arauris, ce. 61, 86, 202, 291 ; l'Hérault.
ARAUSICUS comitatus, e. 396.
Ar\usione vel Arausio.n'EiNSis pagus, ce. 142, 2o3,
292; /"lyi d'Orange.
ARBERTUS sive AIRBERTUS, frater Oddonis co-
mitis Tolosani, ce. 408, 409.
Arbuscellum, villa in comitatu Redensi, c. 362,
Arbussols [Pyrénées-Orientales), arr, de Pradcs.
ARCADIUS, imperator, c. 16.
Arcaiatis, paludes in Vivariensi, e. 419.
ARCHIBALDUS, notarius, c. 187.
Arcuelles, villa in suburbio Nemausensi, c. 76.
Ardin.W vel Ardena silva, c. 4; les Ardcnnes.
ARDO ZMARAGDUS, monachus Anianensis, c. 10.
ARDULPHUS, episcopus Vivariensis, c. 417.
Arega, fluvius, c. 356 ; l'Ariége.
Arelate, Arelatum sive Constantina civitas, ce. 5,
17, 36, 142, i5i, 292; Arles.
— S. Andreae ecelesia , in suburbio urbis Arela-
tensis, c. 148; insula suburbana in civitate Are-
lato, c. 171; S. Vincentii ecelesia, in suburbio
urbis Arelatensis, e. 148.
ARELATENSIS episeopatus, c. i52.
Arelatensis pagus, ce. 142, 148, i52, 171, 2o3,
262, 292, 416.
— provincia, ce. 5. 6.
Arenaria superna , villa in pago Nemausensi,
c. 77 j Arenas [Gard).
Arenas (S. Joannes de), ecelesia in pago Ruthe-
nico, e. 122.
43 1
INDEX ONOMASTICUS ET GEOGRAPHICUS.
402
ARGEFRIDUS, jiidex, ce. 355, 370
ARGEIMADUS, jndex, c. 3o6.
ARGEMIRUS, episcopiis Magaloneiisis, c. 126.
Argentariae vel Arcentaria, insula in Rhodano,
ce. 3fj5, 42OJ l'île d'Argentière.
Argentea ager, in pago Arelatensi, ce. 149, i53;
terroir d'Argence.
Argentedublum, Argentodublls , Argentumdu-
PLUM, DUl'RUM, DUPLEX, rivilS, CC. 67, 123, I 36,
258, 289, 353 ; l'Argeiitdouble,
ARGIBADUS, arclupresbiter Gerundensis, e. 411.
ARGILA, filius Berani comitis, e. 259.
ARGIMIRUS, diaconus, c. 83.
ARIACAS, cornes, c 114.
Ariagos, lociis in pago Rutenico, c. 406.
Abiani, e. 38.
ARIAS, vassus dominicus, c 195.
ARIFREDUS, judex, c. 382.
ARIMUNDUS, Ucecicensis episcopus, c. 55.
ARLUINUS, eausilicus Danielis, archiepiscopi Nar-
bonensis, c. 47.
AuMACiANicus , villa in pago Nemausensi, c. 765
Aimargues (Gard), arr. de Nimes.
ARMAFREDUS, abbas Conchensis, c. 147.
Armarium, curtis in Rutenensi, c. 322.
ARNAL DE SAGA, c. 423,
ARNALDUS, cornes Biterrensis, c. 144.
ARNALDUS, cornes palatii, c. 122.
ARNALDUS, nota ri us, c. i i 1 .
ARNINGUS, judex, c. 341.
ARNULFUS, abbas Anianensis, ce. 291, 293.
AROALDUS, pater Aliardiii, c. 210.
Arriana haeresis, ce. i 5, 18.
Arrianum, locus in pago Elenensi, c. 297.
ARRICHO, episcopus Tolosanus, c. 56.
ARRICHO, cancellarius & presbyter, c. 57.
ARRIUS & AYXOMUS, Hispani fugitivi, c. 221.
ARSINDA, mater Berteiz comitissae, c. 406.
ARTALAGARIUS, cornes, marchio V'asconiae,
c. 261 .
ARTALDUS, vassus dominicus, c. 287.
ARTALGARIUS cornes, filius Hatthonis, ducis
Aquitaniae, c. 262.
Artigas, villa in Bisuldunensi, c. 412.
Abulense vel In Arulas (S. Petrus, monasterium),
ce. i32, 224, 247, 348, 'i-jZ -, Arles, en Roussillon.
Abulenses abbates. Fide BABILANUS, CASTELLA-
NUS, DOMNULUS, HILPERICUS.
Arvernensis, Arvermatensis, Arvep.nicus, pagus,
ce. 120, 147, I 56, 182, 391, 418.
Arvernensis comes. Vide ICTERIUS.
AsENARiUM, villare in pago Ausonensi, c. 3o2.
AsiLiANUM superi us, villa in territorio Narbonensi,
c. 398; Avilie (^Aude), arr, de Carcassonne.
AsiLiENSis (S. Stephanus), monasterium, c. 119;
le Mas-d'A^il.
AsiLiENSiS abbas. Fide ASNARIUS.
ASlNARItiS, Vicujuliensis episcopus, c. 57.
ASINARIUS comes, pater Manae comitissae, c. 263.
ASINARIUS, vicecomes Lupiniacensis 8t Solensis,
c. 261 .
ASNARIUS, abbas Asiliensis, c. 119.
ASPASIA, c. 418.
AspiRiANUs, villa in comitatu Biterrensi, c. 228 j
Aspiran (Hérault^ arr. de Lodève.
ASSOGRADUM, SoGRADUM, SOGRADUS, locuS 8c cellllla
in pago Magdalonensi, ce. 61 > 202, 291 ; Sau~
gras [Hérault), arr. de Montpellier.
AsTEAiON, Ellerona urbls episcopus, e. 42.
ASTERIUS, archidiaconus Catureensis, c. 52.
AsTt'RES, populus, ce. 19, 20.
ASTURICA regio, c. 16.
Atacil'S. Vide Atax.
ATANARICUS aut ATTANARICUS, rex Gothorum,
ce. i3, i5.
ATAULFUS, rex Gothorum, ce. i3, \6.
Atax, Atacius, flumen, ce. 91, 207, 256; l'Aude,
ATHANAGILDUS, rex Gothorum, ce. 14, 18.
ATHANASIUS, id est ANASTASIUS, imperator,
c. 17.
ATHO, comes Pallia rensis, c. 261.
ATILA, ATTILA, monachus Exalatensis, ce. 296,
365.
ATILIUS, presbyter, c. 85.
ATILIUS RODALDI, c. 275.
Atiniacum vel Atti N i aci;ai, palatium regium,
ce. 277, 3o2, 3 10, 3 12, 314, 36o; Attigny (^Ar-
dennes), arr, de Vou'^iers.
ATO, c. 355.
ATO, filius Arion, e. 221.
ATO, sacerdos, c. 378.
Atravatum, in monasterio S. Vedasti , c. 218;
Arras, au monastère de Saint-Vast,
ATROARIUS, judex, c. 118.
ATTALA, abbas Crassensis, ce. 91, 96.
ATTILA. Vide ATILA.
ATTILIUS, abbas Cellae Fragilii, c. 262.
ATTO, e. 354.
AUDACHER vel AUDACTER, nota ri us, ce. 3oo,
093, 398.
AUDDESINDUS vel AUDESINDUS episcopus Ele-
nensis, ce. 319, 337, 352, 365, 382.
AUDESINDUS, presbyter, e. 83.
AuGUSTUDU^UM civitas, c. 4; Autun.
AULA, uxpr S. Firmini, c. 415.
S. AULUS, episcopus Vivariensis, ce. 415, 420.
AuRARiA, villa, e. 202.
AuRARiA, alpes in pago Nemausensi, e. 29 ij les
Aurières.
Aur.ExciANtiM, villa in pago Carcassensi, c. 36i.
AUREOLUS, fidelis régis, e. 314.
AusciuM (S. Orientii ecclesia apud), c. 22.
AusciENSiS pagus, c 114; Pays d'Auch.
AusoNA castrum, e. i65.
AisoNENSis comitatus, c. 41 i.
— pagus, c, 3o2.
— parrochia, c. 55.
AusoNENSis vicaria, c, 362 ; vlguerle d'Al^onne^ en
Carcasses,
433
INDEX ONOMASTICUS ET GEOGRAPHICUS.
434
AtsoR, locus in pago Gerundensi, c. 3i5.
AUSTENNUS, vicedominus, c. 195,
AUSTINDUS, archieplscopus Ausciensis, c. 22.
AUSTORICUS, c. 274.
AuSTRiA, ce. 4, 6; Austrasie.
AUSTRIMIRUS, c. 253.
AUTARIUS, sacerdos, c. 257.
AUTBERTUS, Antipolitamis episcopiis, c. '>■/.
AUTSCINDANA , abbatissa monasterii ciijusdam
prope Andusiam castrum , c. 72.
AUVALDUS, c. 382.
AUXONIUS, episcopus Albensis, c. 415.
AVA, uxor Olibane, c. 344.
AvAKi, AvuARi, ce. 9, 27; les Avares.
AvARio, fliivius, ce. 46, 5r ; l'Avcyron, rivière.
AvEMONENSis pagiis, cc. I 29, 142, 2o3, 292.
AviMO civitas, c. 6 ; Avignon.
AWARNUS, episcopus Catuicensis, c. 5o.
AYFREDUS, cornes Redensis, e. 372.
AYMERICUS, archidiacoiius Lemovicensis, c. 424.
AYMO, HEIMO, abbas Magnilocensis, cc. 120, r82.
AYRALDUS, HEIRADUS, Magnilocensis abbas,
cc. 272, 391 .
B
BABILA, mandatarius Arulensls abbatis, c. 378.
BABILANUS, abbas Arulensis, c. 177.
Baciiolardarium , villa in Bisuldunensi, c. 412.
Bagnilës, locus in valle Asperi, c. 178.
Baiae, Baia.vuai, villa in Narbonensi, cc. 48, 70,
259; Bages (^Aude), arr. de Narbonne.
Balao, locus in territorio Narbonensi, c. 354.
Baldara, locus in pago Rutenieo, c. 376.
BALESINDA, foemina, c. 289.
Balicra, flumen, c. 261.
Balma, villa re, e. 69.
BALSAMUS, nota ri us, c. 214.
Balta, villaris in suburbio Elenensi, in Confluenti,
c. 3oi .
BarCINO.VA, BarCHINONA, BAKCILOiNA, CC. 4, 12, 16,
17, 2r, 20, MO, 169, 243 j Barcelone.
Barchinonensis comitatus, c. 243.
— pagus, c. 60.
Bauchikonensis marchio. Vide BERNARDUS.
Barciamcae, villa in pago Biterrensi, c. 21 5.
BARNARIUS, levita, c. 373.
BARO, subdiaconus, cc. 296, 365.
BARTHOLOMAEUS , archiepiscopus Narbonensis,
c. 26 I .
BARTHOLOMEUS, nota ri us, cc. 64, 293.
Bartiniacus, villa in pago Arelatensi, c. 171.
Basara, fiscus in pngo Carcassensi, c. 36 1 .
Bascani, populus, c. 9; les Basques.
Basciiara, villa, c. 118.
Basile, villa in pago Tolosano, c. 44.
Bassegotl-s, mens in Bisuldunensi, c. 368.
Bavariae flumen, c. 420; la Bcrre , affluent du
Rhône.
Bax'Anus, villa in Narbonensi, c. 48.
Beciate, in Vivariensi, c. 416; Bessas [Ardcche),
arr. de Largcntlere.
BECO, judex, c. 332.
BEDA, monachus Anianensis, c. 10.
Beuere.nsis, Beterensis pagus. Vide BlTERE^SlS.
Begma, flumen, c. 416; la Beaume, rivière.
BEGO, presbyter, c. 147.
BEGO, vicecomes in Rutenensi, cc. 33 1, 34r.
Bellacella, cella in pago Albicnsi, c. 124.
Belmlocensis (S. Petrus), monasterium, cc. 36S,
381,404,408,424; Beaulleu.
Bellilocenses abbates. Vide GAIRULFUS, P.
Bellilocensis prior. Vide W.
Bellilocensis sacrista. Vide Ebalus.
BELLO, comes Carcassensis, c. 208.
Bellum, in Vivariensi, c. 420.
BELLUS, c. 417.
BELLUS, presbyter, cc. 338, 341.
Benearnensis comitatus, c. 265; le Bcarn.
BENEDICTUS, archiepiscopus, c. 172.
BENEDICTUS VITICHE aut WITIZA, abbas Ania-
nensis, cc. 9, 10, 11,12, 27, 52, 61 , 67, 72, 75,
84, 85, 88, 89, 101, io3, I i3; quondam abbas
Anianensis, cc. 124, 137, 144, 200.
BENEDICTUS, abbas Juncellensis, c. 2o5.
BENEDICTUS, filius Raimundi comitis Tolosani,
c. 406; abbas Vabrensis, 358.
BENEDICTUS, judex, c. i85.
BENEDICTUS, ministerialis, c. 122.
BENEDICTUS, servus, c. I23,
BENEDICTUS RAMNULFUS, comes palatii, c. r22.
BENJAMIN, comes palatii, c. 122.
BERA, comes in Septimania, cc. 73, 186.
BERA, filius Guillelmi comitis, comes Redensis
cc. 79, 259, 347.
BERA, filius Argillae, comes Redensis, cc. 259,
271.
BERA, pater Mironis, c. 390.
BERA, judex, cc. 173, 341, 346, 873.
BERARIUS, BERHARIUS, Narbonensis archiepi-
scopus, cc. 207, 261.
BERENGARIUS, episcopus, c. 172.
BERENGARIUS, comes Tolosanus & Vellavensis,
cc. 123, 154, i55, 177; quondam comes, cc. i83,
270.
Bergitane.n'Sis pagus, c. 3 18; Pays de Berga.
Bergundia. Vide Burgundia.
BERGUSMONS, c. 417; Mont de Berc.
BERICUS, judex, c. 195.
Bernaclm, villa in comitatu Redensi , c. 362,
Brenac (^Aude), arr. de Llmoux.
BERNARDUS, abbas Vabrensis, cc. 876, 406.
BERNARDUS, filius Willelmi comitis, c. 65; co-
mes Tolosanus 8c Barcinonensis, cc. 289, 25i.
BERNARDUS, filius Raimundi comitis Tolosani,
c. 33o; comes & marchio Tolosanus, cc. 339;
355, 357, 363, 376, 406, 409.
INDEX ONOMASTICUS ET GEOGRAPFllCUS.
435
BERNARDUS, cornes, missiis imperatoris in Septi-
iTinnia, c. 254.
BERNARDUS CERMENIS, cornes palatii, c. iiz.
BERNARDUS, c. 413.
BERNARTHUS, cornes Vasconiae, c. 261.
BERNO, Tolosanus episcopus, c. 407,
BERNOINUS, episcopus Vivariensis, c, 337.
Beura, flumen, c. 6j Za Berre, rivière.
BERTA, regina, tixor Pipini, c. 7.
BERTALAIGUS coin es, c. 46.
BERTANA, soror Willelmi comitis Tolosae, c. 65.
BERTEIZ, BERTEYZ, comitissa Tolosana, ce. 329,
339, 4o5.
BERTHA, uxor Ebonis, c. 417.
Bkrthomates, locus in pago Nemausensi, c. 73.
BERTINUS, cornes palatii, c. 122.
BERTRANNUS, nepos Willelmi comitis, c. 65.
BERTRANDUS, abbas Suricinensis, c. i 14.
BERTRANDUS, frater Boggisi ducis, c. 262.
BERTRANDUS, dominicus vassus, c. 147.
Besingus, villa in pago Tolosano, c. 43.
BessiAco (S. Martiniis in), c. 418; Saint-Martin
de Bessiac [Ardhche^.
BESTILA, foemina, c. 174.
BeTERRAE. Vide BlTERRAE.
BETFREDUS, cornes palatii, c. 122.
Beïianus, villa in pago Ruthenico, ce. 329, 339.
BETICA, c. 16.
BETO, Caturcinae urbis episcopus, c. 42.
BiARCiUAi, locus in pago Ruthenico, c. 329.
BiCHiLiBis, vallis in Bisuldunensi, c. 367.
BroEGISUS, sajo, c. 287.
BiGORRiTANUS comitatus, C 265; le Bigarre,
BisiLLUNE.NSis vel BisuLDUNEMSis comitatus, ce. 367,
385, 41 ij le Bé^audun.
— pagus, ce. 224, 3oi, 342, 348.
— territorium, e. 118.
BlTERRAE, Beterrae, civitas , ce. 7, 21, 25, 110;
Bé^^iers.
BiTEi\E.\Sis comitatus, c. 228.
BlTTERENSlS, BeDERENSIS, BeTERENSIS p<igUS, CC. 56,
71, 84, 86, 141, 174, 176, 201, 2o5, 210, 291;
le Biterrois.
BiTTEREiN,SE, territorium, ce. 21 5, 356.
BITERENSIS episcopus. Vide VULFEGARIUS,
BiTERENSis cornes. Vide ARNALDUS.
BiTTERENSiS vicecomes. Vide ANTONIUS.
BiTORANDA, silva in Narbonensi, c. 32i.
Blandamiscum, villa in Vivariensi, c. 415.
Blizentia, villa in pago Ausciensi, c. 114.
BOBO, c. 418.
BODO, abbas Calmiliensis, c. 270.
BODO, cornes palatii, c. 122.
BoGESiA, fluvius in Hispania, c. 241.
BOGGISUS, dux Aquitaniae, c. 262.
BoLTNiACUM, villa in pago Carcassensi , e. 3oij
Bouillonac (^Jude), arr. de Carcassonne.
BONALDUS, abbas Crudatensis, c. 116.
436
BoNAVALLiS, inonasterium, c. 275; Bonneval, dans
le diocèse de Toulouse.
BoNAVALLENSis abbas. Vide VUITTARDUS.
BONAVITA, judex, c. 47.
BONESINDUS, abbas S.-Tiberii, c. 355.
BONITUS, Valentinensis episcopus, c. 57.
BONUS, presbyter, c. 83.
BoRRACiANUs, viUa in pago Gerundensi, c. 118.
BORRELLUS, pater Sunicfredi, fidelis imperatoris,
c. 173.
BOSO, dux Provinciae, c. 095.
BOSO, scriptor, c. 5o.
BOSOLENUS, Lactoriensis episcopus, c. 42.
BoTERA in Vivariensi, c. 419; Boutières (Ardèche).
BoTERicus in Vivariensi, c. 419.
Braccara, urbs, c. 17.
BRAIDINGUS, c. 75.
Brandatis in Vivariensi, c. 418.
Brivatensis vieus & «omitatus, c. 104,
Brivatènsi (S. Julianus), ecclesia, c. i52.
Brivatensis abbas. Vide FERREOLUS.
Brivatenses canonicl, c. i55.
Brugaria, villa in Ruthenico, c. 339.
Brunaute, villa, c. 69.
Bruscensis vicaria, c. 406; vigueric de Brusque
(Aveyron), arr. de Saint-Affrique.
BuACANUM, villa in Elenensi, c. 385.
BuciAcuM, rivulus, c. i32.
BuciAGUM, villa in Ruthenico, c. 340; Boussac
(Aveyron'), arr, de Rode^.
BucoNiANUM, villa in Narbonensi, c. 48.
BURCHARDUS, dux, c. 266.
BURCUS, judex in Ucessia, c. 29.
BuRDiGALiS, civitas, c. 5; Bordeaux,
BuRGOGiATA superior, in Vivariensi, c. 420; Ber-
goïata-le-Haut [Ardèche),
BURGUNDIA, BeRGUNDIA, CC. 6, 39, 416.
BURGUNDIONES, C. 6.
Bdrnacello (ecclesia de), in pago Ruthenico, c i 20.
BusA, c. 21 .
Buscariolae, villare in pago Bisuldunensi, c. 224.
BuxA, villa in comitatu Redensi, c. 362.
BuxiMACUs, villa in Carcassensi, c. 397,
BuxOGiLUS, villa in pago Arvernico, e. i83,
BuxoLiiS, villare in pago Redense, c. 256.
Bizi.NAOUM, villa in pago Petrapertusensi, c. 218.
C
Cabanes, villa in pago Elenensi, c. 295; les Ca-
banes { Pyrénées-Orientales)^ arr. de Millas, comm.
de Corbère.
Cabarde.n'SE territorium, c. 36 1 ; le Cabarde^.
Cabus MO.NS, villa in pago Narbonensi , c. 277;
Caumont, château près Lé^^ignan (Aude).
Cacerdis, locus in Vivariensi, c. 419.
Cadurcensis, Caturcimjs pagus, ce. 5i, 248,262.
437
INDEX ONOMASTICUS ET GEOGRAPHICUS.
438
Caesaraugusta, civitas, ce. 8, 17; Saragosse.
Cagium, villa in Ruthenlco, c. 340.
Cagnanum, villa in Narbonensi, c. 48.
Cairanct (S. JuLiANUS de), ecclesia in pago Riithe-
nico, c. I 22.
Calau, villa in comitatu Redensi. Vide Callavum.
CALBUS, jiidex, c. 118.
Calcicusteli.um, villa in Narbonensi, c. Szi.
Caligiacum, locus in Vivariensi, c. 418.
Callavum, Calau, villa in pago Narbonensi vel in
comitatu Redensi, ce. 48, 362; Cail/iau (^Aude),
arr, de Limoux.
Calme, villa in pago Tolosano, c. 40.
Calmes, villa, c. 69.
Calmidios, villa, c. 69.
Calimilius, villa in Ruthenico, c. SSp; Sa'int-
Chaffre.
Calmilius, monasteriinn, ce. 269, 386, 383 ; Sa'int-
Chaffre.
Calmilienses abbates. Vide BODO, GALTERIUS,
ROSTAGNUS.
Calvanianicus, villa in pago Nemausensi, c. yyj
Calyairargues (^Hérault).
Calvates, villa, e. 69.
Camdvrensis, CoMBARENSiS, vicaria in Ruthenico,
ce. 339, 406 ; yiguerie de Camarès [Aveyron), arr.
de Sa'tnt-Affri<jue .
Cambulium, loeus in pago Rutenico, c. 406.
Cameracum , locûs in pago Lemovicino, c. 404;
Chameyrac (^Corrè'^e), arr, de Tulle,
Campaniacum, villa, c. 69.
Campilianum, villa in pago Helenensi, c. 388.
Campus-Hiacus, ecclesia in pago Rutenico, e. 128;
Camjac (^Aveyron), arr. de Rode^.
Campus Lapideus, locus in pago Arelatensi, ce. 149,
i53, 171.
Campus publicus, villa in pago Arelatensi, ce. i5i,
i53, 171.
Canabellas, Canavellas, villa in pago Russilio-
nensi, ce. 346, 365, 374; Canaveilles {Pyrénées-
Orientales), arr. de P rades,
Canana, cella in pago Narbonensi, sita super lit-
tore maris, c. 23o.
Canavarrum in Vivariensi, c. 4175 Chanavari {Ar-
dèche).
CANDIDUS, diaconus notarius, c. 167.
Canedl'm, villa in Narbonensi, e. 48 ; Canct (Aude),
arr. de Narhonne,
Caninicus in Vivariensi, c. 419.
Cannoiias, locus in pago Narbonensi, c. 3oi.
Canovia lonca, villa in Narbonensi, c. 48.
Cant (S. Joannes de), ecclesia in pago Ruthenico,
c. 122.
Cantabkia, ce. 19, 20.
Cantenesac (S. Stephanus de), ecclesia in pago
Ruthenico, e. 1 22.
Capestagnum, Caputstanium sive Peganum, locus
in pngo Narbonensi, ce. 7.5, 332j Capestang
(Aude), arr. de Narbonne.
CapkauiEiNSB subiirbium, c. 356.
Capudspina, Caputspina (S. Petrus de), cclla in
pago Narbonensi, ce. 91 , 207,301,359} Cabres-
pine (^Aude), arr, de Carcassonne.
Carajacum, villa in pago Magdalonensi, ce. 2o3,
291 ; Caraussane, comm. de Cette. (Thomas, D.ic-
tionnaire topographi(]uc de l'Hérault.)
Carbonacum, palatium regium, e. 144.
Carcasises, Carcasinse, Carcassensis, Carcasso-
ne\sis,Carciiasensis, Ciiarcasensis pagus,cc.9i,
107, i33, i5j, 164, 167, 207, 234, 253, 255^
259, 3oi, 359, 36i, 390.
Carcasensis comitatus, ce. 898, 399,
— confînium, c. 897.
— territorium, ce. 191, 199, 289, 299, 332, 343,
CARCASSONA, CARCASONA, ce. 4, 10, 21, z5,
I 1 G j Carcassonne.
Carcassonenses episcopi. Fide HILARIUS, HISCI-
PIO.
Carcassonenses comités. Flde BELLO, GISCAFRE-
DUS, OLIBA I & OLIBA II.
Carcassonensis comitissa. Fide RICHILDIS.
Carcassonensis vicecomes. Fide FREDARIUS.
Carceris, cella in pago Imporitanensi, e. 3i3.
Cardetum, villa in pago Narbonensi, c. 196.
Cardosensis pagus, c. 3 18.
Carisaicum, Carisiacum, palatium regium, ce. 162,
217, 263, 279, 290, 343, 591 ; Kiersi.
Carium-Farinazium, locus in pago Elenen$i,c. 337.
CARLOMAN. Fide KARLOM ANNUS .
CAROLUS, CARULUS. Fide KAROLUS.
CAROLUS, rex Franeorum, c. 864.
CAROLUS, rex Provinciae, c. 336.
Cartenac.um, locus in pago Rutenico, e. 406; Cur~
cenac-Peyralès [Aveyron), arr, de Rode^.
Cartennacum in Vivariensi, e. 416.
Cartua, civitas, c. 20.
Casa-Mauri, cella in Cerasia pago, e. 348.
Casa-Mauri, villa in pago Bisuldunensi, c. 224.
Casania, villa in Ruthenico, e. 339; Cassagne-
Courtaud (^Aveyron), arr. de Rode^.
Casanova, cellula in pago Ucetico, ce. io3, 2o3,
292; Goudargues.
Casolae, villa in Narbonensi, c. 48.
Casoles, villaris prope Narbonam, c. 3o5.
Cassariae, villa in Vivariensi , c. 4i5; Chassicrs
[Ardèche).
Cassariense monasterium, c. 415.
S. CASSIUS, confesser, c. 182.
Castaniarias, villa in pago Narbonensi, c. i63;
Castans, près Cittou (Aude), arr. de Carcassonne.
CASTELLANUS, abbas Arulensis, ce. i3i, 178,247,
378.
Castellares, locus in Bisuldunensi, c. 358.
CaSTELLUM MlLLlA, C. 21.
Castillio, castrum super Dordoniam, c. 25o; Cas-
tillon-sur-Dordogns {Gironde).
Castra, Castriae, loeus in pago Ludovensi, ce. 6(),
141; Castries {Hérault), arr. de Montpellier.
Castrapastura, locus in pago Ludovensi, c. 201;
Saint-Martin de Castries, hameaUj commune de
La Facquerie.
4^9
INDEX ONOMASTICUS ET CEOGRAPHICUS.
440
Castria, lociis in Vivailensi, c. 418.
Castriae, villare. Vide Castiïa.
Castrum Victoriaclm, prope Brivate, c. 104.
Cathomicum, villa in pago Ucetico, c. 77.
Catorcinos, villare in pago Narbonensi, c. 3n.
CATURCE^SIS ecclesia, c. 5o,
Caturcenses episcopi. Vide AWARNUS , BETO,
WUILLELMUS.
CaturcensiS decanus. Vide ENGELBERTUS.
Caturcensis archidiaconus. Vide ASTERIUS.
Caturcinus pagiis. Vide Cadurcensis.
Caucanensis (S. Martini's), monasteriiim, c. 190;
Saint-Martin de Cauchene.
Caucanenses abbates. Vide DAVID, TRACTORIUS.
Cauchos, villa in pago Biterrensi, c> 145 ; Caux
(^Hérault'), arr. de Béliers.
Caucinum, locus in pago Mngdalonensi, ce. 61,
202; Causse de la Selle (^Hérault), arr. de Mont-
pellier.
Caucolo^inus, in Vivariensi, c. 416.
CAUDEIANUS, presbiter, c. 387.
CAUNA, uxor Misemiindi, c. 26.
Caunae, villa in pago Narbonensi, ce. 48, 58, 09.
— ecclesia S. Genesii in villa, c. 58; Caunes
[Aude^, arr. de Carcassonne.
Caunensis, Chaunensis sive Lieras (SS. Petrus 8c
Paulus), monasteriinn, ce. 57, 58, 75, 122, i35,
i63, 258, 287, 289, 341, 343, 353, 370, 386,
398; Saint-Pierre de Caunes.
Caunensis congregatio, c. 217.
Caunenses abbates. Vide ANIANUS, ANNO , DA-
NIEL, DONADEUS, EGICA, GOxNDESALVIUS ,
HILDERICUS, JOHANNES.
Caxona, in Vivariensi, c. 418.
Causonekh, in Vivariensi, c. 418.
Céleris, flumen, c. 249; le Celé, rivière.
Celi.a, villare, c. 69.
Cella-Vinaria , villa in territorio Narbonensi,
e. 354.
CELiiO-CARiiONiLES, villare in pago Narbonense,
c> 100.
f;ELTIBERIA, c. 18.
Censerada, CeiNSERADus, villa in comitatu Narbo-
nensi , ce. 222 , 236 ; Cesseras [Hérault"), arr. de
Saint-Pons.
CivNTOPiMS, villa in Narbonensi, c. 48.
«ENTULLUS, abbas S. Polycarpi, c. 253.
<:ENTULLUS, filius Adalarici, ducis Vasconiaé,
c. 264.
CENTULUPUS, filius Lupi Centiilli ducis, e. 265.
CENTULL'S, filius Centulupi Benearnensis viceco-
mitis, c. 265.
Cerajacum, locus in pago Agatensi. Vide Cara-
JACUM.
Cerasia, Cerdania, Cerdaniensis pagus, ce. 218,
3 18, 348.
Ceridania marchia, c. 365.
Ceresius, locus in pago Bisuldunensi, c. 224.
Ceretum, vicus in Rossilionensi , c. 344; Céret
(^Pyrénées-Orientales),
Cerintianum, villa super fluvium Ataeem, e. 257.
Cermangis (ecclesia de), in pago Rutenico, c. 128.
Cerrucium, castrum in pago Tolosano, c. 270 j
Castelsarrasin (^Tarn-&-Garonne^,
CESARION. Vide S. TIBERIUS.
Chalmes-Ellarias, aicis in pago Vellavensi, c. 1 56.
Charaisagum, villa in pago Arvernico, c. i56.
Charcasen'Sis pagus. Vide Carcassensis.
CHAROLUS, rex Francorum. Vide KAROLUS.
Chaunense, monasterium. Vide Caunensis.
Chavionensis eonventus, c. 240; Assemblée de Cha-
vignon.
Cheiracencis aicis, c. 1 56 ; terroir de Chirac [Lo-
zère).
Cheralt, castrum, c. 421.
CHILDEBERTUS, rex Francorum, c. 17.
CHILDERICUS, rex Francorum, ce. 40, 42.
CHILPERICUS, rex, c. 4,
CHILRICO, judex, c. i85.
CHINDASVINTUS, CHINDASVUINDUS, rex Gotho-
rum, ce, 14, 19.
CHINTILA, rex Gotliorum, ce. 14, 19.
Christiam, ce. 9, 27, 28, 127.
CHRISTIANUS episcopus, missus imperatorls,
e. m8.
CHRISTIANUS, CHRISTICONUS , episcopus Nc-
mausensis, ce. 28, 29, 3o, 93,
CiCEi, CiCER, fluvius, ce. io3, 2o3, 618 j la CèsCj,
rivière.
CicERNiAco (S. Salvator de), ecclesia in pago Ru-
tenico, p. I 28.
CiLiANL'M, villa in Narbonensi, c. 48.
Ci\ciANUM, villa in pago Biterrensi, ce. 144, 202,
291 ; Cissan (^Hérault).
CIRELLA, judex, c. 118.
CiRviANUM, villa in pago Ausonensi, c. 3o2.
CIXILIANUS, vicedominus, c. 64.
CIXSILA, judex dominicus, ce. 184, 186.
CLAMELDESANA, uxor Soguesindi, e. 75.
Clamesitis, Clamosus, rivus, ce. 91, 359; ^^ ^^'^~
maux.
Clariacum, villa in pago Carcassensi, e. 36i.
Clariacum, villa in Vivariensi, c. 415.
Clausonna, villa in pago Arelatensi, c. 171.
ClAVI HUNILTI, C. I I .
CLHOTARIUS, rex, c. 4.
CLODOVEUS I, rex Francorum, ce. 17, 38.
Clunacum, villa, c. 214.
Clusae, villa in Russilionensi, c. 247.
CoGiACUM, villa in Ruthenico, c. 340.
CoiROTUs mons, ce. 416, 417, 419; le Coiron (^Ar-
dèche).
CoLLLM-JuvTNUM, villa in Bisuldunensi, c. 412.
COLONIA civitas, c. 4; Cologne.
Coi.OMCAE, villa in Narbonensi, c. 48.
Colonzecates, villa in pago Magalonensi, e. 252;
Coulondres, près Saint-Tliibéry (?).
CoLLMBARiusijCelln super fluvium Tacerara in pago
Impontano, c. 5i5.
441
INDEX ONOMASTICUS ET GEOGRAPHICUS.
442
CoLusiANUM, villa in pago Narbonensi, c. 186;
Coui'^a (^Aude), arr, de Limoux.
COMAJAGAS, CUMAJACAS, COMMAJACAS slve PaMAHICS,
locus in pago Magdalonensi , ce. 61, 202, 291 ;
Saint-Jean de Combajargues [Hérault).
CoMiJA, villa in Confliienti, c. !585.
CoMnALiTuiM, villa in pago Narbonensi, c. i63.
CoMiiARENSis vicaria. Vide Camiiarc.nsis.
COMPARATUS, sajo, c. 355.
CoMPENDiuM, palatium reglum, ce. 64, 114, 269,
821 ; Compiègne,
Coxcae, in pago Rutenico, c. 127; Connues {Avey-
ron),
CoNCHis (S. FiDES de), monasterium , c. 82, 147;
Sainte-Foi de Conques.
CoNCHENSES abbates. Vide ANASTASIUS, ARMA-
FREDUS, DADO, MEDRALDUS.
CoNniDA, villa, c. 296; domaine royal au nord de
la Loire.
COXILUEXS, CONFLUENTIS, CoNFLUENTAUI A Vallis,
ce. 296, 337, 865; le Confient.
CoNFLUENTAsus comitatus, c. 399.
CoNFLUENTANLS comes. Vide RODULFUS.
CoNFLUENTis, pagiis, ce. 218, 3oi, 36o, 385.
Congo, in Vivariensi, c. 418; Coux (^Ardèche), arr.
de Privas.
CoxsERANE.NSis episcopiis. Vide FRANCOLINUS ,
MAUROLENUS.
CoNSTANTiNA urbs. Vide Arelatum.
CON.STANTlNOrOLIS, C \6.
CoNSTANTiNLS IX, impcrator, c. 19.
CONTINUUS, monachus Caunensis, c. 53.
CoNVENENSES episcopi. Vide AKRAHAM, INVOLA-
TUS, ISSEMUNDUS.
CORBILA, CORBILLA,abbas Psalmodiensis, ce. 27,
28.
CoRBOXENSiS, C. 396; pays près du Rhône.
CoRDARiAE, villa in pago Petrapertiisensi, c. 216.
CoRDUBA, c. 17; Cordoue, en Espagne.
CoRESSE, villa in Vivariensi, c. 415.
CoRNELiANA, viUa in pago Careassensi , c. 36i ;
Corneille, commune d'Aryens (^Aude).
CoRNiciANUM, cella in pago Careassensi, c. 253;
Comète, (^Aude), arr. de Carcassonne.
CoRONA, locus in pago Fuxensi, c. 89; Corne, près
Foix i'
CoRSiCA (Mauri de), c. 266.
CosATicuM, vallis in pago Lemovicino, c. 363;
Co usage s,
CoTALETUM, lociis in Rossilioncnsl, ce. 849, 365;
Codalet (^Pyrénées-Orientales), arr. de Prades.
CoTSio, cella in comitatu Rossilionensi, c. 848.
CovENGOS, villa in pago Rossilionensi, c. 884.
CoxiANUM, CuxANUM, iocus in Confliienti vel Ros-
silionensi, ce. 297, 365; Cuxa.
Crasco (ecelesia S. Vincentm de), in Vivariensi,
c. 419; Saint-Vincent de Gras yArdèche).
Crassensis sive Urbionensis (S. Mari\), monaste-
rium, ce. 63, 91, 96, i33, 164, 199, 207, 225,
3oo, 359, 397, 899.
Crassenses abbates. Vide ADALARICUS, AGILA,
ATTALA, ELIAS, SUNIARIUS, SUNFKFREDUS. *
Cregoali.a (S. Maria de), ecelesia in pago Ruthe-
nico, c. 1 22.
Creixella, cella, c. 69.
Crispiamm, villa in page Narbonensi, c. 287.
Cristimamcls, villa in Narbonensi, c. 48.
CROCUS, rex Romanorum, e. 414.
Crosal.nas, villa in Bisuldunensi, c, 412.
CnosETUM, villa in Ruthenico, c. 339.
Crotas, villa in Narbonensi, c. 48.
Crudate, curtis in Vivariensi, c. 418 ; Cruas [Ar-
dèche).
Crldatense, monasterium, ce. 1 16, 3o3.
Crudatexses abbates. Vide BONALDUS, ULIEBAU-
DUS.
GuiJERiA, villa in Cerasia pago, c. 848.
CuniziAiNUM, villa in pago Petrapertusensi, c. zi6,
CuGUCiAcuM, CiiGuciAGUM, villa in Bisuldunensi,
ce. 69, 412.
CuisiMACUM, in Vivariensi, e. 420; Notre-Dame
de Cousignac, près Bourg-Saint-Andéol [Ardèche).
CujuziANUS, villa in Careassensi, c. 897.
CuMAjACAS, locus in pago Magdalonensi. Vide Co-
MAJAGAS.
CuMRORLUM, locus in pago Rutenico, c. 376.
CUNEGUNDIS, uxor WiUelmi comitis, c. 65.
CuFERiA (S. Pétris de), monasterium, e. 226;
Saint-Pierre de Cuhière.
CupERiENSis abbas. Vide LAZARIUS.
CuPERTAS in Valentinensi, e, 416.
CuRCENATE, CuRCiONATis, villa in pago Lufovensi,
ce. 200, 201; Caussenat (^Hérault), (Thomas,
Dictionnaire topographique.)
CuRcuciAcus, villa ris in pago Narbonensi, c. 3o5;
Cuxac d'Aude (^Aude), arr. de Narhonne.
CuRiA, CuRiENSis vicaria, ce. 829, 889.
Ci?RiENSis pagus, c. 326.
CuRjENSE ministerium, ce. 4o5, 418.
CuRTis Oliva, villa in Narbonensi, c. 48.
Clstodia, villa in pago Narbonensi, c. 186; Cous-
touge (^Aude), arr. de Narhonne.
Cuxanum, villare in Confluenti. Vide Coxianum.
D
DACBERTUS, DAGBERTUS, episcopus Agathensis,
ce. 278, 869.
DADANA, filia Dadilae, c. 81.
DADILA, c. 8 1 .
DADO, abbas Conchensis, e. 127.
DAGBERTUS. Vide DACBERTUS.
Dagxensis pagus, c. ii5.
DAGNUS, caneellarius in Aquitania, c. 112.
DAGOBERTUS, rex, e. 262.
Damate, in Vivariensi, c. 4r5.
DANIEL, archiepiscopus Narbonensis, ce. 47, 55.
DANIEL, archipresbyter in Narbonensi, c. 841.
443
INDEX ONOMASTICUS ET GEOGRAPHICUS.
444
DANIEL, abbas Caunensis, ce. 258, Byo, 090.
DANIHEL. Fi de DANIEL.
DANIHEL, advocatus Richelmi vicecomitis, c. ao6.
DAVID, abbas S. Lavirentii ad Nigellam, c. 23o.
DAVID, abbas S. Martini Caiicanensls, c. 195.
DAVID, judex, ce. 1.34, i85.
DECIUS, consul, c. 3o.
DEDA, uxor Aiglaberti, c. 84.
DEIDO, pater Aliardul, c. 210.
DENDANS, villa in pago Arvernico, c. i83.
DEOAVIUS, judex, c. 5j.
DEODATUS, abbas S. Genesii in Gerundensi pago,
c. 3i5.
DEODATUS, presbiter, c. 341,
DEODATUS, vassallus Apollonii comitis Agatlien-
sis, c. 279.
DEORMARUS vel DEOMARIUS, notarius, ce. 22^,
229, 246.
DEOTIMIUS, c. 402.
DESIDERATUS, Diensis episcopus, c. 56.
DESIDERIUS, rex Longobardorum, c. 7.
DESIDERIUS, missus Caroli régis, c. 55.
DEXTER, c. i85.
DIDO, Albigensis episcopus, c. 40.
Diensis pagus, c. 418 ; pays de Die.
DISCOLIUS, c. 368.
DISCOLIUS, judex, c. 47.
DODO, cancellarius, ce. i83, 192.
DODO, judex, c. 373.
DODOTUS, filius Riehardi &, Rotrudls, c. 376.
DOMENICUS, c. 378.
DOMNULUS, abbas Arulensis, c. 224.
DoMONOVA, villa in Petrapertusensi, c. 385; Don-
neuve (^Aude), arr. de Carcassonne, près Tuchan.
DONADEUS, Vuappincensis episcopus, c. 56.
DONADEUS, abbas Caunensis, c. 289.
DONATUS, judex dominicus, c. 118.
DONATUS LUPUS, filius Lupi Centulli ducis,
c. 265.
DONDO, abbas S. Savini, c. 262.
Donnas, villare in pago Narbonensi, c. 3ii; Do-
nos [Aude), commune de Thé^an.
DoRDO, Dor.DONiA, DoRDUNUM, flumen, ce. 127,
326, 339, 357, 376, 38 I, 405 ; le Dourdon.
DOTILA, arehipresbiter in episcopatu Orgellitano,
c. 2l3.
DozERA, abbatia, c. 396; Don^ère (Drôme).
DoziACUM, palatium regium, c. 367; Don^y le
Royal {Saône-&~Loire) , arr. de Màcon.
DRUFIANA, uxor Fredarii, c. 390.
DRUGGEMIRUS, notarius, c. 189.
DUGISUS, diaconus notarius, c. i83.
DuNiANA, insula in pago Narbonensi, c. 234.
DURANDUS, arehipresbyter in Narbonensi, c. 341.
DURANDUS, sacerdos Gerundensis, c. 411.
DURANDUS, abbas S. Aniani, c. 160.
DURANDUS, diaeonus, notarius, ce. 87, 89, 96,
87, 100, ICI, 102, 104, 109, 114, I I 5, 121, 123,
125, 126, 128, i3i, i33, 143, 104, 180.
DuRAMNUS, DuHANNUS, DcRANUS, rivLlS, CC. I 07,
l65, 191, 299, 332; la Dure.
DURANNUS, fidelis régis, c. 276.
ERALUS, sacrista Belliloccncis, c. 424.
EBO, c. 417.
EJÎOLATUS dictus NOKILIS, c. 119,
Edium, Iocus in Rossilionensi, c. 365; Eus (Pyré-
nées-Orientales), arr.de Prades(>).
EGGIARDUS, regiae mensae praepositus, c. 8.
EGICA, EGIGA, EGIKA, EGILKA, abbas Caunen-
sis, ce. 341, 343, 353, 371.
EGICA, rex Gothorum, c. 19.
EGIDO, abbas S. Hilarii, c. 167.
EGOFREDUS, filius Ermentrudis, c. 3i3.
EIGO, judex, c. 370.
ELDEBERTUS, abbas in pago Helenensi, c. 346.
ELDEBORUS, levita, c. 338.
ELDEFREDUS, arehipresbyter in Narbonensi,
c. 341 .
ELDEGISUS, sacerdos, c. 378.
ELDESINDUS, vicecomes in Rossilionensi, c. 346.
Electum, Elecïensis (S. Maria), monasterium,
c. 80.
Elena, Elenensis, &c. Fide Helena , Helenen-
sis, &c.
ELIAS, abbas Anianensis, c. 209.
ELIAS, abbas Crassensis, ce. 225, 3oi, 36o.
Elidio, villa, c. 398 ; domaine royal près de Maës-
tricht.
ELIFANTUS, Arelatensis episcopus, c. 55.
ELISACAR, ELISACHAR, ELIZACAR. Fide HELI-
SACAR.
ELISACHAR, Ruthenensis episcopus, c. 33 1.
ELMERADUS, cornes palatii, c. 228.
ELMETRUDES, uxor Olibae comitis, c. i33.
Eloianum, villa in comitatu Carcassensi, c. 398.
ELPODORIUS, cornes Vivariensis, c. 116.
ELSARIUS, c. 398.
ELVATUNIRUS, abbas Psalmodiensis, c. 28.
Emerita, urbs in Hispania, c. 18; Mérida.
ENALARIUS, sajo, c. 374.
ENDRICUS, cancellarius, c. 167.
Engarra vallis, c. 271 ; vallée du Confient,
ENGELBERTUS, decanus Caturcensis, c. 53.
ENNECO seu ENNEGO, presbiter, c. 289.
Enox, alos in Bisuldunensi, c. 3oi.
EPSARIUS & sorores suae, filius & filiae Arion,
c. 221 .
ERCAMBALDUS vel ERCHIMBALDUS , cancella-
rius, ec. 62, 74.
ERIBERTUS, cornes Vivariensis, c. i 16.
ERIMANNUS, arehidiaconus in Tolosano, c. 3 1 3.
ERLINUS, cornes, c. 73.
ERMEGUNDIS, uxor Dadilae, c. 81.
445
INDEX ONOMASTICUS ET GEOGRAPHICUS.
446
ERMELDUS, judex, c. 287.
ERMEMIRUS, sacrista Barchinonensis, c. 169.
ERMEMIRUS, judex, ce. 3o6, 346.
ERMENOMARIS, Petrogorlensis episcopus, c. 42.
ERMENALDUS, HERMENALDUS, abbas Aiiianen-
sis, ce. 174, 176, 189, 200, 201.
ERMENARDUS vicedominus in Narbonensl, c. 195.
ERMENFREDUS, judex, c. 332.
ERMENGARDIS. Vide HERMENGARDIS.
ERMENGARIUS, cornes Ainpuriarum, ce. 73, 186.
ERMENGAUDIS, c. 82.
ERMENGILLUS, judex, c. 195.
ERMENIARDUS, liomo Misemiindi Gothi, c. 25.
ERMENOLDUS, c. 76.
ERMENTRUDES, femina, e. 3i3.
ERMESINDA, uxor Suniefredi, c. 399.
ERMILIADUS, cornes Agennensis, e. 205.
ERMOLDUS, cancellarius, c. 206.
ERPO, c. 177.
ERVIGIUS, rex Gothorum, ce. i5, 19.
ETHERICUS, episcopus Vivariensis, c. ^ç)^i.
Etorfollingus-Villa , locus in pago Tolosano,
c. 43.
S. EUCHERIUS, episcopus Vivariensis, c. 415.
EUDO, prineeps Aquitanie, ce. 3, 4, 5, 7, 26.
EUGENIUS II, papa, c. 22.
EULALIA, uxor Bobonis, c. 418.
S. EUMACHIUS, HEUMACHIUS, episcopus Viva-
riensis, ce. 416, 416.
EURICUS. Fide INEBERICUS.
EURICUS, rex Gothorum, ce. 14, 17.
EUROPA, c. 323.
EvERATA, villa in Minerbensi, c. 344.
ExALADA, locus in Confluenti, c. 365.
Ev.VLATENSis (S. Andreas), monastcrium , ce. 271,
296, 346, 365.
ExALATENSis abbas. Vide WITIZA.
EXAM, rex Sarraeenorum, ce. 9, 27.
ExANDONENSiS vallis, cc. 38 I, 409; vallée d'Yssan-
don (^Corrè^e)j, arr, de Brivcs.
ExANDONENSiS, vicaria, e. 407; viguerie d'Yssandon,
ExABTiGAS, villa in pago Ausciensi, c. 114.
ExEQuARiENSE monastcrium. Vide Caunense.
ExiNiS, eurtis in pago Rutenico, e. 406.
ExiTA, villare, e. 69.
ExiTELLUM, locus in pago Rutenico, e. 406.
S. EXSUPERIUS, episcopus Tolosanus, c. 33.
ExTORius sive Caunae, locus in pago Narbonensi,
c. 58.
EYNZELINA, uxor Athonis comitis Pallia rensis,
c. 261.
Farricae, locus in pago Rutenico, e. 406.
FaNUM WlLLELMUS, Villa, C. 70.
Para cum ecclesia S. Laurentii, in Vivariensi,
C. 417.
FARAMUNDUS, notarius, cc. 90, i3o.
Farmamim terra, c. 20.
FAUVA, judex, cc. 378, 382,
Favari AS, Favars, villa in pago Carcassensi,cc. i33,
199, 36i ; Favcrs (^Audc), arr. de Carcassonne,
Faxatis, villa, c. 69.
FEDANCIUS, abbas Sancti Antonini, c. 46.
Felgares, villa in pago Rossilionensi, c. 345.
Felgars, villa in Bisuldunensi, c. 412.
FELGEiROtAE, villa in pago Ausonensi, c. 3o2.
FELIX, Urgellitanus episcopus, cc. 10, 55.
Felonica (S. Maria ad), ecclesia, c. 247.
Fenuletensis pagus, c. 216; le Fcnouillèdes.
Ferraldus, elemosinarius Teuberti, c. 214.
Ferrarilm, rivulus, c. 348; le Riu-Férer, ruisseau,
FERREOLUS, Jaccensis episcopus, c. 261.
FERREOLUS, abbas Brivatensis, c. i55.
Ferromana, Ferronianus, locus in pago Arela-
tensi, ce. 149, i53, 171.
Ferrlcius, villa in Albigensi, cc. 222, 223; Cas-
telferrus{Tarn-&-Garonne),arr, de Castelsarrasin.
Festa, villa in comitatu Redensi, c. 362; Festes
& Saint-André (^Aude), arr, de Limoux.
Feviles, villa, c. 69.
S. FIRMINUS, episcopus Vivariensis, e. 41 5.
Fiscavum, Fiscavus, FiscoVLS, fluvius, cc. 191,
299, 36i .
FLAVIUS, rex Gothorum, c. 23.
Flexus, cellula in pago Carcassensi, cc. 91, 207,
3oi, 359. Vide S. CUCUFATUS.
Fluridia, c. 352.
FluviAnus, flumen, e. 3 14; le Fluvia, en Espagne.
FOLCHRICUS, diaconus notarius, cc. 3io,3i2,
314, 321.
FOLCOTEUS, frater Braidingi, c. 76.
FOLDERICUS, notarius, c. 280.
F0LIETES, villare in pago Fenuletensi, c. 216.
FoLLOPiANUM, villa in Narbonensi, c. 48; Feuilla
(Aude), arr, de Narbonne.
FoNS, dicta BucoNiAxuM, villa in Narbonensi,
e. 48.
FoNSCOOPERTA , Villa in pago Narbonensi, c. 173;
Fontcouverte [Aude), arr. de Narbonne.
FoNSJONCOSA, villa in pago Narbonensi, cc. 60,
100, 232, 280; Fontjoncouse (^Aude), arr. de
Narbonne.
FoNTANAE, villa in pago Tolosnno, c. 179.
Fontes, villare in pago Narbonensi, vel in comi-
t;itu Redensi, cc. 60, 100, i85, 232, 280, 362.
FoRMicARiA, insula in Rhodano, c. 336.
FoRMiGUARiA (ecclcsia S. Pétri & S. Johannis
Baptistae de], c. 372. Vide Fromiguaria.
FoROJULiENSiS pagus, c. 169; Pays de Fréjus.
FoROJULiENSis episcopus, c. 57.
F^ORTES, judex, c. 332.
FORTUNIUS, Leigerensis abbas, c. 262.
FRANCHO, vicedominus un Narbonensi, c. 287.
FrA.NCHOFURT, FrANCOFURD, FaANCONOFORTUM, pa-
latium regium, cc. 10, 59, 212; Francfort,
447
INDEX ONOMASTICUS ET GEOGRAPHICUS.
448
Fra.n'ci aut Franchi, ce. 3, 4, j, 6, 7, 8, 17, 18,
21, 20, 26, 38.
FRANCIA, ce. 5, 6, 7, 9, 12.
FRANCISCUS episcopus Nemausensis, c. 202.
FRANCOLINUS, Conseranensis episcopus, c. 56.
Francomca, villa seu stagnum Piperellum in pago
Biterrensi, ce. 2 10, 2i5 j Frangou'dle [Hérault],
Francorum reges, c. 17.
Fraxinum, fiscus in pago Careassensi, c. 36 i ; Fraise-
Cabarde'j^ (^Aude'j^ arr. Je Carcassonne.
FREDALDUS, FREDOLDUS, FRIDALDUS, archie-
piscopus Narbonensis, ce. 3o5, 3^1, 36o, 365, *
37,.
FREDARIUS, vicecomes Carcassonae, c. 390.
FREDEGUNDIS, Dec sacrata, c. 417.
FREDELO, abbas Vabrensis, c. 41 3.
FREDELO, FREDOLO, cornes Tolosanus, ce. 329,
376.
FREDOLDUS, archiepiscopus Narbonensis. Vide
FREDALDUS.
FRICDARIUS, fillus Teaderedi I, régis Gothorum,
c. 16.
FRIDALDUS. Vide FREDALDUS.
FRIDEMIRUS , mandatariiis Elenensis episcopi ,
c. 382.
FRIDEGISUS , FRIDIGISUS , FRIDUGISUS , FRIGI-
DISUS, cancellarius, ce. 114, i3o, i3i, i33,
143, 104, 162, 173.
— abbas & cancellarius, c. 144.
FnisiA, c. 5; Z,a Frise.
Fromiguaria, loeus in comitatu Redensi, c. 372;
' Froniiguières, sur la. Balchre, près de Kieutort.
FROTARIUS, FROTHARIUS, archiepiscopus Bitu-
ricensis, ce. 38 1, 4o3, 407, 408, 424.
FROTARIUS, ambasciator, ce. 390, 393, 395.
FROTGARIUS, notarius, c. 35i.
FROYSCLUS, abbas Suredensis, e. 284.
FRUGELLUS, abbas Alaonensis, c. 363.
FULCHO, FULCO, archiepiscopus, missus ijnpera-
toris, ce. 194, 3or, 36o.
FULCO, missus Karoli Magni in Narbonensi, c. 47.
FULCOALDUS cornes, missus imperatoris, c. 202;
peut-être le même que Fulgualdus.
FULCRADA, monialis S. Saturnini Ruthenensis,
e. 400.
FULGENTIUS, c. 64.
FULGENTIUS, judeK, c. 373.
FULGUALDUS, pater Raimundi, comitis Tolosani,
c. 329.
FULGUALDUS, filius Raimundi, comitis Tolosani,
c. 33i .
Fullonicae, fluvius in pago Rossilionensi, c. 348.
FuLLONiCHAE, locus in pago Elenensi, c. 38o.
FULMO, episcopus Elenensis, c. 193.
FuRCATO (cella in monte), in pago Russilionensi,
c. 256.
Flrchae, villa in pago Russulionensi , c. 25^;
Fourijues (^Pyrénées-Orientales), arr. de Perpignan.
FURRUTIO, judex, c. 3o6.
FUXENSIS abbas. Vide HUGO.
FuxuM, vicus, c. 395 Fois.
G
G. episcopus Lemoviceiisis, c. 424.
G. nbbas Solemniacensis, c. 424.
GAALZ, flumen in Ispania, c. 9,
Garianum, vallis in Narbonensi, c. 485 Pont-
Sepme, près l'étang de Capestang.
GABRIACUM, fiscus, e. 69.
Gaditanum mare, c. 16.
Gaianum, villare in pago Redensi, c. 253.
GAIRULFUS, GARULFUS, GERULFUS, Bellilo-
censis abbas, ce. 363, 38 1, 4o3, 408, 424.
GALDEBERTUS, rex Francorum, e. 420,
GALINDO, judex, c. 346.
Galindonl'M, villa in Bisuldunensi, c. 412.
GALLAR, e. 21.
Gallecia, ce. 10, 18.
GALLIA, GALLIAE, ce. 4, 7, 10, i3, 16, 17, 18,
1 9, 20, 27, 36, 323.
Gallicus Oceanls, e. 323.
GALTEREDUS, mandatarius abbatis Caucanensis,
c. 196.
GALTERIUS, abbas Calmiliensis, c. 269.
GALVILA, judex, c. 382.
GAMMO, notarius, c. 362.
Gannail (S. Saturninus de), ecclesia in pago Ru-
thenico, c. i 22.
Garca.\ga (ecclesia de), in pago Ruthenico, c. 128.
Gardina, pnlatium regium, c. 189.
Gardionenqua (vallis), in pago Rotenico, e. 82.
Gareliacus, Garelianus, cellula in pago Careas-
sensi, ce. i57, 168, 255; Garlieux (Aude), arr.
de Carcassonne.
Garnomum, eastrum in dioecesi Burdigalensi, c. 40.
Garonensis vlcaria, c. 275.
Garrericve, Garricae vel Garrices, villare in
pago Elenensi, ce. 159, 286, 35o.
GARULFUS. Vide GAIRULFUS.
Garumna^ Garunna, Garonna, flumen, ce. 5, 40,
119, 261, 275 j la Garonne.
GARSIAS, scriptor Oddonis comitis Tolosani,
e. 408.
GARSIAS-MUCI, princeps Waseonum, c. 12.
GARSIMIRUS , filius Scimini, dux in Vasconia,
c. 265.
GARSINDIS, uxor Oddonis, comitis Tolosani,
c. 407.
GAUCELINUS, GAUSCELINUS, GAUSELINUS, GAU-
ZELINUS, GOTCELMUS, filius Willelmi ducis,
c. 65.
— comes Russilionensis, ce. 73, 159, 186.
— comes missus imperatoris, e. 254.
— marchio, c. 3i5.
GAUDIiVUS, cancellarius, c. 398.
GAUDIOCUM, hebraeus, c. 211.
Gaugiacl'S, locus in pago Arelatensi, ce. i5o, i53.
GAUGINUS, judex, c. 341.
449
INDEX ONOMASTICUS ITT GEOGRAPHICUS.
45o
GAUSCELINUS, cornes. Vide GAUCELINUS.
GAUSELINUS cornes, missus imperatoris. Vide GAU-
CELINUS.
GAUZELINUS marchio. Vide GAUCELINUS.
GAUZLENUS, notaiius, c. 3i8.
GAUZLINUS, GOSLENUS, GOSLINUS, GOZLINUS,
cancellarius , ce. 'ioz, .'Î49, jj!, 367, 3^0, 393,
Gav\M)Am;nsis pagtis, c. 78; le Gévaudan.
GEILA, abbas S. Gratae, c. 241.
Gelacione, Gelatiate , villa in pago Arelatensi,
ce. i5o, 171.
Gellone.nsis (S. Salvaïor) vel S. Guillelmus de
Desertis, monasterium , ce. 28, 65, 69, 71, 85,
i36, 141 , 201 , 291 .
Gellonensis abbas. Vide JULIOFREDUS.
GEORGIUS, monachus Anianensis, e. ii; abbas
Anianensis, ce. 124, 129.
GERARDUS, cornes ac magister régis Provinciae,
c. 336.
GERARDUS, cancellarius, c. 337.
GERBERGA, vicecomitlssa. Vide GUBERGA.
GERBERTUS, cornes in Alvernia, c. i83.
Germimacum, palatiiun regiiim, e. 3oo j Gcrmi-
gny-les-Prés (^Loiret), arr. d'Orléans.
Gers, fliivius, c. i i5.
GERULFUS. Vide GAIRULFUS.
Gerunda, ce. I 10, 412; Girone.
Gercndensis ecelesia S. Felicis, c. ii8.
Gerundensis pagus, ce. 3o2, 3i5.
GESAELICUS, GESALAICUS, rex Gothonim,
ce. 14, 17.
Gestariensis pagus, c. 3 18.
GIBUINUS, missus Caroli régis, c. 47.
GILABERTUS, notarius, c. 60.
GILBURGIS, uxor Vualdi. Ti'rfe INGILBERGANA.
GILIMIRUS, JLidex in Ueessia, c. 29.
GixNiNGts, villa in pago Elesano, c. 44.
G1NT11.1S, sajo, c. 346.
GISCAFREDUS, archipresbyter in Gerundensi,
c. 4ir .
GISCAFREDUS vel GISCLAFREDUS, cornes Cnrcas-
sensis, ce. 73, 168, 186, 208.
GISDEBERTUS. Vide GISLEBERTUS.
GISELA, regina Aquitaniae, c. 262.
GISLEBERTUS, episcopus Barehinonensis, c. 169.
GISLEBERTUS vel GISDEBERTUS, notarius,
ce. 295, 3oo, 3o6.
GISSENUS, cancellarius, c. 328.
Gloga, villa in territorio Carcassensi, c. 343.
GociA. Vide Gotia,
GODALDUS, c. 118.
GODEFORTIS, sajo, c. 3 06.
GODILA, uxor Segarii, c. 401.
GODOILDUS, missus Willelmi comitis, c. 191.
GODOLELMUS, notarius, c. 72.
GOMBERTUS, c. 419.
GOMESINDUS, fidelis régis, ce. 276, 3i i.
GOMESINDUS, judex, c. 134.
lî.
GONDESALBIUS, GONDESALVIUS, abbas Caunen-
sis, ce. 190, 2 17, 287.
GONTARIUS, pater Leibulfi comitis, c. 171.
GoRDA.MCLS, cella in pago Ucetico, ce. ic.'i, 2o3;
Goudargues [Gard), arr. d'Usés,
GoRGoriANbM, villa in Narbonensi, c. 48 j Gruii-
san (^Audc), arr. de Narhonnc.
GOSLENUS, GOSUNUS. Vide GAUZLINUS.
GOTCELMUS cornes, missus Ludoviti régis Aqui-
taniae, c. 71 .
GOTCELMUS, filius Willelmi comitis. Vide GAU-
CELINUS.
GOTELMUS, palatinus cornes, c. 46.
GoTiM, GoTi, ce. 7, i3, i5, 16, 17, 18, 20, 24,
26, 38.
GoTiii sive Hispani, ce. 243, 342.
GoTHiA. Vide Gotia.
GOTiA, GOTIIIA, GOCIA, CC. 9, 10, 1 9, 21, 27, 328,
389.
GorrinCLM regnum, c. 261.
GOTUS, diaconus Arelatensis ceclesiac, c. liji.
GOZLINUS. Vide GAUZLINUS.
GRAECORUM imperator, e. 5.
GRAGINUS, elemosinarius Teubcrti, c. 214.
Grag.n'Anum, villa in Narbonensi, c. 48; Grancs
(^Aude) arr. de Limoux '}).
Graixamariae, villare, c. 69.
Graxarium, villa in pago Magdalonensi, c. 293$
Grenatiere. (^Thomas , Dictionnaire topographiq.)
Graxatiacar, villa in pago Biterrensi, c. 84.
Graxde-Vabrum, locus in page Rutenico, c. 127;
Grand-Vabre, sur le Lot [Aveyron).
GRATUS, consul, c. 3o.
GREGORIUS, papa, c. 5.
GREGORIUS, papa, c. 22.
GREGORIUS IX, papa, c. 396.
GREGORIUS, pater Dadilae, c. 82.
Gressa, villa in pago Rotenico, c. 82.
GRIMO, abbas Corbeiensis, c. 6.
GUALATRIUS, missus Caroli régis, c. 47.
Guascones. Vide Wascoxes.
GUBERGA, GERBERGA, uxor Asinarii, vicecomi-
tis Lupiniacensis ac Solensis, c. 261.
Glerricus, palatinus gloriosissimus, c. 241.
GUIDBERTUS, diaconus notarius, e. 74.
GUEDO, WIDO, Vallavensium episcopus, ce. 386,
394.
GUIGO, cancellarius, c. 72.
GUILARDUS, judex, c. 341.
GUILLELMUS, archiepiscopus Ausciensis, c. 22.
GUILLELMUS, GUILLERMUS, WILELMUS, WIL-
LELMUS, WILLERMUS, cornes Tolosae, ce. 10,
II, 27, 28, 65, 69, 70, 80, 85, io3, 141, 191,
201 .
GUILLELMUS, notarius, c. 317.
S, Guillelmus de Deserto. Vide GellonensiS
(S, Salvator).
Guillem DE ESPUGOLA, c. 423.
GUILLERMUS. Vide GUILLELMUS.
O
4^1
INDEX ONOMASTICUS ET GEOGRAPHICUS.
GUISADUS, Urgellensis episcopus, c. 3 17.
GUITBURGIS, iixor WUlelmi comitis, c. 65.
GUITIOCUS, judex, c. 3j3.
GULTEREDUS, judex, c. 287.
GULFARICUS, abbas Jocundensis, c. 373.
GUMILA, judex, c, 178.
GUNDEBALDUS, rex Burgundionum, c. 17.
GUNDEMARUS, GUNDENARUS , rex Gothoriim,
ce. 14, i8.
GUNDULFUS, Vasatensis episcopus, c. 42.
GUNTARIUS, c. 343.
GUNTARÏUS, judex, c. 47.
GUNTEFREDUS, sacerdos, c. 365.
GURGOS, villare in pago Narbonensi, c. 186.
H
HADEFONSUS, Gotus, fidelis régis, c, 290.
HARIBERTUS, rex Aquitaniae, c. 262.
HATTHO, dux Aquitaniae, c. 262.
HECFRIDUS, episcopus Pictaviensis, c. 409.
HEIMO, abbas Magnilocensis. Fide AYMO.
HEIRADUS, Magnilocensis abbas. Fide AYRAL-
DUS.
HELEFANTUS, Toletanus episcopus, c. 10.
HELENA, ELENA, ELNA, vicus, ce. 21, 177, 319,
352.
Helenensis (S. Eulalia), c. 383.
Helenensis, Elenensis pagus, c. 253, 284,295,
35o.
Helenense, Hile.n'Ense suburbium , ce. 178, 259,
296,' 3oi , 337, 36o.
Helenense, Elenense territorium , ce. i58, 307,
352, 378, 388, 399,
HELENENSESepiscopi. Fide AVDBESINBUS, FULMO,
RAMNO, SALOMON, VUINEDURIUS.
Helenensis abbas. Fide SISEGUTUS.
Helenensis pagi vicarius. Fide SPERANDEUS.
Helesau, fluvius, c. 36 i; l'AÎ'^au, rivière.
HELIMBRUCH, filia Willelmi comitis, c. 65.
HELISACAR, HELISACHAR, HELIZACAR, ELISA-
CAR, ELISACHAR, ELIZACAR, missus impera-
toris, c. 207.
— cancellarius, ce. 87, 89, 90, 94, 96, 97, 100,
ICI, ! 02, 104, 109, III, ii5, 121, 123, 125, 126,
128, 184.
HELISACHAR, Tolosanus episcopus, c. 326.
Helnensis (S, Petrus), ecclesia, c. 307.
HENRIÇUS, rex Francorum, c. i3.
Hentica flumen, ce. 417, 418, 4195 l'Ardèche.
HERACLIUS, iinperator, ce. 18, 19.
HERMENALDUS. Fide ERMENALDUS.
HERMENGARDIS, ERINIENGARDIS, regina, c. 202 ;
imperatrix, c. 1 22.
HERMENGAUDUS , abbas Assiniensis, c. 261.
HERRIENINUS, abbas Moissiacensis, c. 5i.
HERMENREDUS, cancellarius, e. 189.
462
HERMENTRUDES , regina, uxor Caroli Calvi,
c. 273.
HERMISSINDIS, comitissa Barchinonensis, c. 169.
HEUMACHIUS, episcopus Vivariensis. Fide EU-
MACHIUS.
HICTARIUS, c. 353.
HICTARIUS, c. 400.
HICTOR, missus a missis Unafredi comitis, c. 332.
S. HILARIUS, confesser, episcopus Carcassonae,
ce. 157, 167, 255.
S. HILARIUS, episcopus Tolosanus, c. 32.
HILDEBOLDUS, episcopus, c. 172.
HILDEBODUS, notarius, e. 343.
HILDEHELMUS, filius Willelmi comitis, c. 67.
HILDERICUS, abbas Caunensis, e. 258.
HILDRICUS, fidelis régis, c. 222.
HILDUINUS, archicapellanus imperatoris, c. i52.
HILDUINUS, cancellarius, c. 3o5.
HILENENSE. Fide HELENENSE.
HILPERICUS, abbas Arulensis, c. 348.
HIRMINMARIS, HIRMINMARIUS, HIRMINMARUS,
diaconus notarius, ce. 144, 162, 181, 191, 194,
201 , 204.
HISCIPIO, Carcassensis episcopus, c. 56.
HISEAIBERTUS, judex. Fide ISEMBERTUS.
HISPANI, ISPANI fugitivi, ce. 73, 74, 99, 109,
2o3, 228, 243, 307, 368.
HISPANIA, HISPANIAE, ISPANIA , ce. i, 3, 5. 6,
7, 8, 9, 10, i3, 14, 16, 17, 18, 19, 20, 24, 25.
27, 28, 36, 38, 74, 97, 98, 169, 243, 260.
HiSPANlA CiTERIOR. Fide GOTIA.
HISSELMUS, sajo, c. 378.
HLODOICUS, HLUDOICUS, HLUDOVICUS, HLU-
DOVUICUS, HLUODOVICUS, LUDOVICUS, LU-
DOVUICUS,cancellarius, ce. 54, 217, 218, 220,
222, 225, 226, 229, 23i, 233, 237, 239, 242,
246, 248, 252, 255, 277, 280, 281, 282, 290,
293, 295, 3oo, 3o6, 3io, 3i2, 314, 3i7, 3i8,
321, 343.
— a rc h i cancellarius, c. 279.
— abbas & cancellarius, c. 269.
HLOTARIUS, LEOTARIUS, LOTHARIUS, impera-
tor, ce. 12, 160, 188, 2i3, 3o3, 336.
HLUDOVICUS, rex Aquitaniae, ce. 11, 12, 60, 64,
70, 74, 1 85, 25i .
HLUDOVICUS, HLUDOWICUS, HLUDOVUICUS ,
LODOICUS, LODOVICUS, LUDOVICUS PIUS,
imperator, ce. 22, 69, 85, 87, 89, 90, 93, 94,
96, 97, 100, 101, io3, 104, 106, 107, 109, ii3,
114, 116, 120, 122, 124, 125, 126, 129, i3o,
|32, i36, 139, 141, 143, 146, 149, i52, 154,
i58, 160, i63, i65, 167, 171, 173, 179, 180,
i83, 189, [193, 194, 200, 201, 207, 211, 219,
228, 229, 233, 241, 247, 248, 253, 255, 261,
270, 284, 291, 299, 3o3, 3i5, 3i7, 35o.
HoLATiANus, locus in pago Narbonensi, c. 160.
Fide S. Chiniamj'S.
Homegianus, fiscus regius in pago Biterrensi,
c. 355; Fillemagne-l'Argentière (^Hérault), arr.
de Bé:;^icrs,
HONORIUS, imperator, ce. 16, 35.
453
INDEX ONOMASTICUS ET GEOGRAPHICUS.
454
HOSTILIANA, iixor Leonis, c. 4r6.
HOSTOLISUS, c. 390.
HU., decaniis Lemovicensis, c. 424.
HUGO, UGO, frater imperatoris, abba & palatii
summus notarius, c, 211.
— cancellariiis, ce. 181, 191, 194,201,204.
HUGO, abbas Fiixensis, c. 38.
HUGO, abbas, c. 22.
HUMFREDUS, HUMFRIDUS, UMFRIDUS, UNA-
FREDUS, cornes, marchio Septimaniae, ce. 'ioç,
3i r , 314, 33 1 , 356, 36o.
HUNALDUS, dux Aqiiitanlae, c. 264.
HUNI, c. 16.
ISPANM. Vide Hl.SPANI.
ISPANIA. Vide HiSPANlA.
IssART, villaris, c. 256.
Italia, ce. 7, 9, 10, II, i3, 16, 17, 20, 22.
ICIERIUS, cornes Arveriiensis, c. 265.
ILARINUS, presbyter, c. 83.
ILDAGIUS, vassus dominicus, c. 195.
ILDEBALDUS, archiepiscopus Remensis, c. 46.
ILDERICUS, rex Aquitaniae, c. 262.
ILDIMIRUS, judex, c. 356.
ILDOIGIUS, jiidex, c. 882.
Illiuicu.m, c. 7.
IMITARIUS , frater Ludonis, ducis Aquitaniae,
c. 262.
iMroRiTANKNSis, Imporitanus pagus , ce. 314, 3l55
Pays d'Ampurias.
Impuriae, c. 110; Ampurias.
IMPURITANENSIS cornes. Vide SUNIARIUS.
InedeKicus, Ecuicus, locLis In pago Arelatensi,
ce. i5o, i53.
Infrasias, viila in territorio Menerbensi, c. 887.
INGELBERGA sive GILBURGIS, uxor Vvidaldi,
c. 400.
INGILA, monachus Anianensis, c. 11.
INGILBALDUS, c. 400.
INGILBODUS, presbyter, e. 70.
Ininidi vel Bascani, populus in monte Pirenaeo,
c. 9.
Insolae, villa in Rossilionensi, c. 345.
Insula longa, villa in pago Carcassensi, c. 862;
Villelongue (^Aude), arr. de Carcassonne,
INUVILARDUS, judex, c. 3o6.
INVOLATUS, Convenensis episcopus, c. 261.
IPSALMUS, c. 17.
IRMITRUDIS, uxor Nizezii, c. 48.
IroliA, villaris, c. 256.
ISAAC, clerlcus & notarius, c. 192; cancellarius,
c. 208.
ISACAR, notarius, c. 206.
ISAMBERTUS, ISEMBERTUS, fidelis régis, ce. 3oi,
809, 36o,
IsiAïES, villa, c. 69.
ISIMBERTUS, HISEMBERTUS, judex, ce. i 85, 195,
356; missus Unafredi comitis,c. 884; missus
Bernardi, comitis Tolosae, c. 382.
JACOBUS, filius Gaudioci Hebraei, c. m.
JADREGISILUS, Aquitanorum dux, c. 262.
JANOARIUS, episcopus Albensis, c. 414.
Jaullo, alpes inter pagos Rutenicum 8c Nemau-
sensem, ce, 202, 291; Joli, hameau, commune de
Saint-Laurent de Caruels,
JERLES, rivolus, e. 119.
JHEROMMUS, diachonus, c. 338.
JOANNES, Cimelanensis episcopus, c. 67.
JOANNES, episcopus Nemausensis? c. 83.
JOANNES, abbas Caunensis. Vide JOHANNES.
JOANNES, diaconus notarius, c. 112.
JOANNES, judex, c. 878.
JocuNDE.NSis (S. Jacobus), monasterium, c. 872.
JocuNDENSis abbas. Vide GULFARICUS.
JOHANNES, archiepiscopus Arelatensis , missus
Karoli imperatoris, c. 74.
JOHANNES, metropolitanus Burdigalensis, c. 42.
JOHANNES, Madolonensis episcopus, c. 57.
JOHANNES, episcopus Vivariensis, c. 415.
JOHANNES abbas, missus Lemovicinae urbis epi-
scopi, c. 42.
JOHANNES, JOANNES, abbas Caunensis, ce. 128,
184, i35, 168.
JOHANNES, abbas Suredensis, c. 35o.
JOHANNES, eomes palatii, e. 122.
JOHANNES, Hispanus fugitivus, fidelis imperato-
ris, ce. 60, 100, i85, 282.
JOHANNIS, presbiter, e. 176.
JONAS, diaconus notarius, ce. 217, 220, 222,
225, 281, 288, 287, 289, 242, 248, 281, 282,
3o2.
JONATAN, judex dominicus, c. 187.
JovoLONGus, villa in comitatu Uzetico, c. 145,
JuDEi, ce. 9, 18, 27.
JULIADUS, sajo, e. 198.
JULIANA, foemina christiana, c. 89.
JuLiANUM, villa in pago Narbonensi, c. 195.
JULIOFREDUS, abbas Gellonensis, ce. 70, 71.
JULITA, foemina christiana, e. 89.
JuNCELLENSis (S. Petrls), monnsterium, e. 2o5.
JuNCELLENSis abbas. Vide BENEDICTUS.
JUSSEPH-IBIN-ABDERAMAN, praefeetus Narbo-
nae, ce. 5, 7, 9, 27.
JUSTINIANUS I, imperator, ce. 17, 18.
JUSTINIANUS II, imperator, c. 19.
JUSTINUS, episcopus, c. 46.
JUSTUS, e. 184.
JUSTUS, Agathensis episcopus, c. 55.
Jlvenciacum, palatium regium, c. 180.
455
INDEX ONOMASTICUS ET GEOGRAPHICUS.
456
ÏUVINIACUM, fisciis impeiatoris in pago Magalo-
nensi, ce. 6i, 202, 291 ; Juyignac (^Hérault), arr.
de Montpellier.
JUVINUS, JLidex, c. 341.
K
Kaxoas, villa in pago Rossilionensl, c. 218; Ca-
nohes (Pyrénées-Orientales), arr. de Perpignan.
Kaiîisiacum. Vide Carisiacum,
KARISSTMA, abbatissa S. Saturnini Ruthenensis,
c. 400.
Karkasense territorium. Fide Cahcasise.
KARLEMANNUS, rex Francorum, c. 12.
KARLOMANNUS, frater Pippini, ce, 6, 21.
KARLOMANNUS, frater Karoli régis, ce. 7, 21, 22.
KARLOMANNUS, rex Francorum, c. 403.
KARLUSMANNUS. Fide KARLOMANNUS.
KAROLUS MARTELLUS, dux Francorum, ce. 4,
.'>, 6, 7, 21.
KAROLUS I, CAROLUS, CHAROLUS , rex Fran-
corum, ce. 7, 8,9, 10, 48, 58, 64, 65; rex
Francorum & Longobardorum , ce. 61,62; rex
Francorum & Longobardorum , patricius Ro-
manorum (sic), ce. 62, 58, 09; rex Francorum &
patricius Romae, c. 20.
KAROLUS I, imperator, ce. 11, 12, 21, 22, 27,
55, 69, 70, 73, 80, 82, 86, 88, 91, 93, ICI,
io3, 107, iSy, i63, 173, 184, 188, 202, 212,
221, 228, 232, 243, 258, 264, 3i7, 326.
KAROLUS II, CAROLUS, CARULUS CALVUS ,
rex Francorum, ce. 2r6, 217, 219, 221, 222,
223, 225, 226, 228, 229, 232, 233, 236, 237,
239, 241, 243, 246, 25 1, 253, 255, 258, 260,
270, 276, 277, 279, 280, 281, 282, 284, 289,
290, 294, 298, 3oo, 3o5, 3o8, 3ii, 3i3, 314,
817, 320, 328, 342, 348, 35o, 355, 357, 359,
36 1, 364, 367, 374, 424; rex Francorum &
Longobardorum ac patricius Romanorum (sic),
c. 326 ; imperator, ce. 38 i, 386, 889, 891, 898,
895, 897, 404.
KAROLUS DE BAGUERA, imperator, c. 18.
KAROLUS IV, dietus SIMPLEX, rex Francorum
e. i3.
KAROLUS DE LOTHARINGIA, c. i3.
Kaucus, insula in Narbonensi, c. 48; île de Cau-
ehène, plus tard de Sainte-Lucie.
LADEDUBr.UM, locus in pago Rutenico, c. 406.
LAIBULFUS, eomes. Vide LEIBULFUS.
Lampadiago (S. Martinis de), villa & eeelesia in
pago Tolosano, e. 44.
Lampi, Lampis, Lampius, rivulus, ce. 108, 166,
299 ; le Lampi.
Lamusa, c. 2 I .
LANDEBERTUS, Eglincnsium episcopus, c. 57.
LANDRICUS, eomes in Alvernia, c. i83.
LANGOBARDUS, LONGOBARDUS, judex, ce. 846,
378.
Lapedetum, villa in Narbonensi, e. 48.
Larciacum, villa in Ruthenico, c. 889.
Lare, locus in Rossilionensi, e. 865.
LATEROSA, c. 21.
LAUDALDUS, presbiter Caunensis, c. 75.
Laudatis, locus in Vivariensi, c. 418.
Laudunensis (S. Maria), c. 147.
Launates, villa, e. 69.
Lauranus, villa in pago Carcassensi, c. 259; Laure
(Aude) arr. de Carcassonne.
Laurelis, villa in Narbonensi, c. 48.
LAURENTIUS, c. 874.
Laurites, locus in pago Rutenico, c. 406.
Lavama, villa, c. 70.
LAZARIUS, abbas Cuberiensis, e. 226.
Lecas, villa in Narbonensi, c. 48.
Leclm, fluvius. Vide Leiiim.
Ledems (S. Gemesius), fiscus, c. 69; Saint-Geniès
de Litenis, hameau (Hérault), commune de Saint-
Jean de Fos.
LEIBULFUS, LEYBULFUS, LAIBULFUS, cornes,
missus imperatoris, ce. 78, 86, 142, 148, i5i,
i52, 170, 187, 2o3.
Lemovicensis, LiMOviciNus comitatus, ce. 38 1 , 407,
409; pagus, ce. 262, 368, 408.
Lendroninum, villa in Vivariensi, c. 415.
LEO papa III, ce. 22, 80.
LEO, diaconus Arelatensis ecclesiae, c. i5i.
LEO, imperator, c. 20.
LEO, judex, ce. i85, 195.
LEO, c. 402.
LEO, c. 416.
Leocadiae (Eeelesia Sanctae), apud Toletum, c. i8.
LEODBERTUS, e. 147.
LEODERICUS, judex, c. 47.
Leomanum, villa in Narbonensi, c, 48.
LEONNIUS, abbas S. Hilarii, e. 167.
LEOPARDUS, vassus dominieus, e. 855,
LEOTARDUS, cornes palatii, c. 122.
LEOTARIUS, imperator. Vide HLOTHARIUS.
LEOTMUNDUS, abbas Lerinensis, e. 169.
LEOVIGILDUS, LIUVIGILDUS, rex Gothorum,
ce, 14, 18,
Lerinensis (S. Honoratus), monasterium, c, 169.
Lerum, Lecus, Liens, flumen, ce. 61, 291, 292;
le Lers.
Leuchl's, Leucus, rivus, ce, i57, 167, 255; le
Lauquetj rivière.
LEUCTARIUS, rex Francorum, c. 18.
LEUDOMIRUS, e. 365.
LEUTADES, abbas Moissiacensis, c. 42.
LEVIADUS, Auxiensis episcopus, c. 42.
LEYBULFUS. Vide LEIBULFUS.
LEYDRATH, archiepiscopus Lugdunensis, missus
imperatoris, c. 202.
407
INDEX ONOMASTICUS ET GEOGRAPHICUS.
458
LiDiE.xsis pngus, c. Ji8.
Liiii.AE, villa in Minerbensi, c. 2.59; Notre-Dame
de Libres, près A^illanet (Cnssini).
LiBHARius, villare in pago Fenuletensi, c. 216.
LiBRAS, inonastetiinn. Vide C.vliNKiNSe.
LiciiMANUAi , villa in pago Narbonensi, c. 277 j
Lé^ignan [Aude), arr. de Narionnc.
LiciTUM (S, Pbtri), in pago Narbonensi, c". 3oi.
Licus, LiïiA, insiila in pngo Narbonensi, ce. i35,
3o5; ile Sainte-Lucie.
Licus. Vide Ll'RUM.
LiGER, flumen, ce, 4, 5, 418; la Loire.
LILDINUS, filius Bestilne, c. 174.
Li.MOSLS, villa in page Redensi , c. 206; Linioux
(Aude).
LiMOViciNus pngas. Vide Leiniovicensis.
LiNARiA, villa in pago Biterrensi, c. 170.
LiPCiAcuM, villa in Andegavensi, c. 405.
LiTiA, insula. Vide Licls.
LITTORIUS, dux Romnnorum, c. 16.
LIUBA, LIUVA I, rex Gothorum, ce. 14, 18.
LIUBA, LIUVA II, rex Gotlioriiin, ce. 14, 18,
LIUVIGILDUS. Fide LEOVIGILDUS.
LocusTARiA, villa in pago Geiundensi, c. 3o2.
LODOICUS, imperator. Vide HLUDOVICUS.
LoDOVENSis pagus. Fide Lutevensis.
LODOVICUS, imperator. Fide HLUDOVICUS.
LOMARDUS, notarius, c. 277.
S. LONGINUS, episcopus Vivariensis, ce. 41 5, 419.
LoNGOBAiiDi, c. 22.
LONGOBARDUS, judex. Fide LANGOBARDUS.
LOTHARIUS, aiigustus. Fide HLOTHARIUS.
LUCANUS, sacerdos, c. 365.
LuciACENSE (ecclesia S. Marine in), c. 418; Notre-
Dame de Lussas (^Ardèche).
S. LUCIANUS, episcopus Vivariensis, c. 415.
LUDINIA, femina, c. 374.
LUDO, Aquitaniae dux, c. 262.
LuDOVENSis pagus. Fide Lutevensis.
LUDOVICUS, imperator. Fide HLUDOVICUS.
LUDOVICUS II BALBUS, rex Francorum, c, 12.
LUDOVICUS IV ULTRAMARINUS, rex Franco-
rum, c. i3.
LUDOVICUS V, rex Francorum, c. i3.
LUDOVICUS, LUDOVUICUS, cancellarius. Fide
HLODOICUS.
LuGuiLiANUM in Vivariensi, c. 416.
LUISTELDE, c. 398.
LUPO, dux, ce. 40, 42.
LUPUS, Cavalionensis episcopus, c. 56.
LUPUS, dux Vasconiae, c. 264.
LUPUS, Centulli filius, dux in Vasconia, c. 26a,
LURIUS, monachus Caiinensis, c. 53.
LlSITANlA, c. 17.
LtJTERA, c. 2r; Lodeve.
Lutevensis, Lutovensis, Lodovensis, Ludovensis
pagus, cci 65, 69, 70, 71, 85, 141, 200, 201,
291 .
M
Mac\i, c. 21 .
MACEDONIA, uxor Alicinii, c. 419.
MADEMA, MEDEMA, j udex, ce. 34 1 , 355, 370,382.
Maderi, villa, c. 6().
Magalellus, mons in Bisuldunensi, c. 368.
Magalona, Magdalo.na, civitas, ce. 7, 6, 21, 26.
Magalo.nensis (S. PuTRus), ecclesia episcopalis,
c. 126.
Magdalonensis comitatus, c. 11.
Magaloxensis, Macdalonensis pagus, ce. 61, 66,
78, 81, 86, ICI, io3, 129, iJi, 141, 174, 176,
201 , 25 1 , 291 , 293.
Magalo.ne.nse, Magdalonense terriiorium, ce. 126,
209,
Magalonexses episcopi. Vide AMICUS, ARGEMI-
RUS.
MAGALONENSIS cornes. Fide ROBERTUS.
Magaranciate, Magarantiate sive Castra, locus
in pago Lutovensi, ce. 86, 141, 201, 291J Saint-
Félix de Lode'i (^Hérault), arr. de Lodèvc.
MAGINCUS, Adtensis episcopus, c. 55.
Maglacum, villa in Narbonensi, c. 485 Mailhae
[Aude), arr. de Narhonne.
MAGNARIUS, cornes Narbonae, c. 57.
MAGNENTIUS, judex, c. 118.
Mag.ma.nacls, villa in pagoTolosano, ce. 191, 299.
MAGNIFREDUS, comes palatii, c. 122.
Magniloce,\sis(S. Sebastianus), sive Magnuslocus,
monasterium, ce. 120, 182, 272, 391.
Magmlocenses abbates. Fide AYMO, AYRALDUS.
Magrimanum, villa in Narbonensi, c. 485 Magric
[Aude), arr. de Limoux.
MAHOMET, c. 19.
Malaronta, villa in pago Elesano, c. 44.
Malas-Pelles, villn in pago Nemausensi, c. 77;
Malespeh [Hérault). (Thomas, Dictionnaire topo-
graphique).
Malasta, TVIaiaste, Mallaste, monasterium. Fide
Mo.vsoLivi s.
Malianus, villa in Narbonensi, c. 48.
MANCIO, presbyter, advocatus abbatis Caunensis,
c. 134.
Mandriacus, insula in pago Narbonensi, c. 3o5}
Mandirac (?), au sud de Narhonne [Aude).
Manselli, curtis in Rutenensi, c. 322.
Mansiones, villa in Carcassensi, c. "i^n ; Maisons
[Aude) arr. de Carcassonne.
MANTIO, judex, c. 382.
MANUEL, judex, c. 341.
MARCELLUS, c 417.
MARCiiOArANi sive Norman.m, c. 323.
Marciliacu.m , cellula , c. 2495 Marcillac-sur-Lot
[Lot), arr. de Figeac.
MargiliAnicus, villa in pago Magdalonensi, c. 78}
Marsillargues [Hérault j.
MARCJLL\.^u^!, villa in pago Aosciensi, c. i i.j.
4^9
INDEX ONOMASTICUS ET GEOGRAPHICUS.
Marenatia, Marenatis, lociis in pago Arausia-
censi. Fide Morenatus.
Margarania, villa, c. 69.
Maeguliagum, villa in territorio Biterrensi, c. 2i5.
MARIA, comitissa, uxor Vandregisili comiti»,
c. 261.
Mariacum, villa in pago Nemausensi, c. 202.
Maridianae, locus in Rossilionensi, c. 365.
Marinorema, villa in pago Narbonensi, in insula
Litia, c. i35.
Marionallus, locus in pago Rotenico, c. 82.
MARIUS, c. 417.
MARTERES, diaconus, c. 84.
MARTIANUS, imperator, c. 16.
Masinianum, villa in Narbonensi, c. 48; Mas'i-
gnan, près Saint-Marcel (Aude).
MASPITIANUS, episcopus Albensis, c. 410.
Massacia, Massascia, Massatia , villa in p;igo
Arausionensi, ce. i3i, 142, 2o3, 292.
MASSONA, Emeritensium episcopus, c. 18.
MATERINDUS, c. 64.
MATFRIDUS, cornes in Marca Hispanica, c. 241.
MAURI, ce. 9, II, 27.
MAURICIUS, imperator, c. 18.
MAURINUS, vassallus imperatoris, advocatus nio-
nasterii Anianensis, c. 190.
MAUROLENUS, Coseranensis episcopus, c. 42.
Maximinianum, villa in pago Narbonensi, c. 195.
Maximinum Superius, villa in pago Narbonensi,
c. 195.
Maxsianus Sucterior, villa in pago Narbonensi,
e. 195.
Mazirolae, villa in comitatu Redensi, e. 362.
Medellanum, villa in Narbonensi, c. 48 j Madaille,
grange, près de Lespignan (Cassini),
MEDEMA. Vide MADEMA.
MEDENCO, judex, e. 332.
MEDRALDUS, abbas Conehensis, c. 127.
MEGINARIUS, notarius, c. 173.
S. MELANIUS, episcopus Vlvariensis, c. 415.
MELANUS, episcopus Albensis, c. 410.
Melatis, monasterium puellarum rn Vivariensi,
c. 417; Mêlas [Ardèche).
Mellatis, villa in Vivariensi, c. 396 j Mêlas (Ar-
dèche),
Meltavum, villa, c. 837.
Menerba, castrum, c. 370.
Meneruensis, Menerbense pagus, territorium.
Vide M1NARBENSIS.
Menerbules, villa in pago Petrapertusensi, c. 216.
Mercurianum, villa in Narbonensi, c. 48; Mar-
corignan [Aude), arr. de Narbonne.
Meregoncia, c. 344.
Merlac, locus in pago Gerundensi, c. 3i5.
Mesoa, castrum in pago Agathensi, c. 22 ij Mè^e
[Hérault), arr. de Montpellier.
Metdina-Celi in Ispania, c. 9.
Meteratis (S. Andréas de), in Vivariensi, c. 410;
Saint~Andrê de Mitrois, commune de Saint-Mon-
tan (Ardèche).
460
Metitum, locus in pago Rutenieo, c. 406.
MiLiACL'S, MiLiciA>us, 8(.c., fiscus regius in pago
Biterrensi, ce. 69, 86, 141, 201, 291 ) Miliac
{Hérault).
MiLiANENSiS vicaria, c. 3765 viguerie de Millau?
MiLiciACLS, MiLiciANus, MiLiTiANUM , viUa in
pago Beterensi. Vide Miliacus.
MiLLARIUM, villa, c. 69.
MILO, cornes Narbonensis, ce. 48, 58.
MILO, fidelis régis, c. 216.
MlNARBENSIS, MiNERBENSIS , MenERBENSIS pagUS,
ce. 222, 259, 3oi, 36o.
Minerbense suburbium, ce. 190, 289, 370, 899.
MiNERBENSE, Menereense territorium , ce. 841,
344, 382.
MiNERBENSIS (eeclesia S. Nazarii), e. 871.
MiNERBENSIS a rchidiacon US. Vide VULFIRIUS.
MiNius, flumen, e. 17; le Minio.
MiRALES, castrum, c. 421.
MIRLA, c. 21.
MIRNESENDAS, uxor Guntarii, c. 343.
MIRO, abbas Suredensis, ce. i58, 35o.
MIRO, cornes Russilionensis, ce. 372, 873, 874,
399,
MIRO, filius Berani, infidelis régis, c. 389.
MISEMUNDUS, Gothus, c. 25,
MisiLiANENCis, in Vivariensi, c. 418} terroir de
Mé^ilhac,
MixANUM, in Vivariensi, c. 417; Meysse [Ardèche).
MoDOLiNGUs, villa in pago Dagnensi, e. 11 5.
MoDOREiAGus, villa in pago Tolosano, c. 44.
MoLiNi PisciNi, locus in pago Arvernensi, c. 147.
MoNASTERiOLUM, mons in pago Narbonensi, c. 32 1 .
MONASTERIOLUM SUPER SeGONNAM, C. 'i()'i j Mon-
treuil-sur-Saéne .
M0NEDARIAE, villare in pago Fenuletensi, c. 216.
MONELLUS, abbas S. Hilarii, c. 157.
MoNiANUM, villa in pago Elenensi, c. 296.
Mons Acutus, villa in Rossilionensi, c. 845.
MoKS Calmensis, castrum in pago Mngdalonensi,
ce. 53, 86, io3, 141, 202, 291; Moncalmes, près
Aniane [Hérault),
Monscalvus, villa in Ruthenico, c. 389 j Caumont
[Aveyron), arr. de Rode-^.
MoNSNiGEB, villa, c. 70.
Monsolivus sive Malaste, monasterium, ce. 107,
i65, 191, 299, 332; Montolieu.
MoNTiSOLiYENSES abbates. Vide OLOMUNDUS, RI-
CHIMIRUS, WILIAFREDUS.
MoNSPLANUS, locus in pago Rutenieo, c. 3j6.
MoNS-RuFL'S, c. 21.
Montana, e. 21 .
MoNTEDERNUM, silvn in pago Narbonensi, c. 32i.
Montelianos, villa in Cerdania, c. 218.
MoNTiLii, villa, c. 69.
MoNTiNiAco (S. Christophorls de), eeclesia in
pago Rutenieo, c. 128; Montignac [Aveyron),
arr. de Rode'^,
Montlieu, locus in pago Ausciensi, c. 114.
461
INDEX ONOMASTICUS ET GEOGRAPHICUS.
462
MoiiENATus, Makenatia, MuiiENAs, lociis in pago
Arausione sive Aiirasione, ce. 129, 142, 2o3,
292; Montas (^Faucluse), arr. d'Orange,
MORNAGELLUS, locuS, C. 46.
MoRiOMANNiS vallis, C. 358; Moricnval (Oise), arr,
de Senlis.
MouMACENSis (S. Petrus), monasteriuin, c. 46.
MoYSiAcuM, MoYsiAcus, sire MusciAcuM, monas-
terium, ce. 43, 5o, 248; Moissac.
MoYSiACENSES abbates. Vide AMANDUS, HERME-
NINUS, LEUTADES, RA.UGARICUS.
MujANus, villa in pago Narbonensi, c. 48; Mou-
jan [Aude), près Armissan.
MuLiANUM, alodis in pago Minarbensi, c. 3oi.
MuLZACQ, curtis in pago Tolosano, c. 5i.
MuRENAS, villa in pago Arausione. Vide MoRE-
NATUS.
MusAGELLus, villaris in pago Carcassensi, c. 164.
MusciAcuM, abbatia. Vide Moysiacum.
MusiAcus, villa in pago Carcassensi, c. 164:
MuTAciONES, villa in pago Tolosano, c. 44.
MuuM, villa in Vivariensi, c. 415.
N
NAMPIO, abbas S. Hilarii, c. 107.
Nante, lociis in pago Rutenico, c. 418 ; Natit
(Aveyron), arr, de Millau.
NANTELMUS, c. 398.
Nantense ministerium, c. 413.
Narbona, civitas, ce. 2, 5, 6, 7, 10, 17, 18, 21,
20, 26, 27, 28, 47, 55, 110, i35, 287, 281,
3o5, 332, 355.
Narbonense confinium, c. 396.
Narbonense siiburbium, c. 222.
Narbonense territorium, ce. i23, i85, 196, 217,
287, 288, 289, 332, 341, 344, 353, 370, 398.
Naubonenses archiepiscopi. Vide BARTHOLO-
MAEUS, BERARIUS, DANIEL, FREDALDUS,
SIGIBODUS.
Narbonenses archipresbyteri. Vide DANIEL, DU-
RANDUS, ELDEFREDUS.
Naruone.nses comités. Vide MAGNARIUS, MILO,
STURMIO.
Narbonenses judices, c. iS6,
Narbonensis (ecclesia S. Juliani), c- i35.
Narbonbnsis (ecclesia SS. Justi & Pastoris), ce. 48,
55, 95.
Narbonensis (ecclesia S. Mariae), ce. 95, i85.
Narbonensis (ecclesia S. Pauli), c. 48.
Narbonensis (ecclesia S. Stephani), c. 48.
Narbonensis comitatus, c. 236.
Narbonensis pagus, ce. 48, 60, 63, 75, 86, 91,
100,- i35, 142, 160, 173, 2o3, 207, 23o, 233,
258, 259, 277, 280, 282, 291, 3oi, 3o5, 309,
3i I, 320, 359.
Narbonensis parrochia, c. 55.
Narbonensis provincia, c. 11.
Narbonensis ecclesia, ce. 236, 237.
Narbonensis ac Reuensis ecclesia, c. 3o5.
Narbonensis vicedominus. Vide FRANCO.
Nargatis, in Vivariensi, c. 418.
Nasinianum, villa in pago Agathensi, e. 2795 Ni-
^ignan-l Evêque [Hérault), arr. de Béliers,
Nastogilum, villa in Ruthenico, c. 340.
Navarri, c. 9.
NEBRIDIUS, archiepiscopus Narbonenii». Vide NI-
BRIDIUS.
Nemausense suburbium, c. 76.
Nemausenses episcopi. Vide FRANCISCUS, VICTI-
RINGUS, VUITERINGUS.
Nemausensis (sedes), dicata S. Mariae & S. Bau-
delio, c. 93.
Nemausensis pagus, ec. 72, 76, 106, 202, 25 1,
291.
Nemausensis eomes. Vide RADULFUS.
Nemausensis vieedominus. Vide AMENARDUS.
Nemausus, Nemauzus, Nemosus, ce. 4, 6, 11, 19,
21, 25, 26, 27, 28, 29, 76.
NIBRIDIUS, NIFRIDUS, NIMBRISIUS, NINFRI-
DIUS, NEFRIDIUS, abbas Crassensis, c. 63; ar-
chiepiscopus Narbonensis, ce. 28, 95, 124, i36.
NiDOLARiAE, cella in pago Russilionensi, c. 256;
Nidoulières [Pyrénées-Orientales), commune de
Trcssere,
NIFRIDUS, Gerundensis epiicopus, missus impera-
toris, e. 118.
NiGELLA, fluvius, C. 23o ; la Nièle, rivière.
NiviANUs, villa in. Narbonensi, c. 48; Névian
[Aude), arr, de Narhonne,
NIZEZIUS, donator, e. 43.
NoBiLis, villa in pago Rutenico, c. 46.
NocERUM, villa in pago Nemausensi, ce. 77.
NoGAREDA, villa in pago Ruthenico, c. 329.
NORBER.TUS, notarius, c. 4o5.
NOTO, archiepiscopus Arelatensis, ce. 148, 102,
172, 228.
NovACELLA, locus in pago Magdalonensi, ce. 202,
291; Juvignac [Hérault).
NovALius, locus in pago Narbonensi, c. 63 ; an-
cien nom de la Grasse [Aude).
NovEMropULANA provincia, c. 37.
NoviciANicus, villa in pago Nemausensi, c. 77.
Novicius, villa in pagq Nemausensi, c. 77.
NoviLiAcus, locus in piigo Rutenico, c. 376,
NoviOMtAi, civitas, c. 4; Noyon.
NUCILO, donator, c. 398.
NuSA, c. 21.
O
OBBONIUS, abbas Alaonensis, c. 260.
Obiles, villa in pngo Narbonensi, c. 75.
Obtesa, villa in territorio Narbonensi, c. 353.
OccisiANus, Occisio, vilJn in pago Arelatensi ,
ce. i5o, i53,
Oceniae,' locus in Rossilionensi, c. 365.
463
INDEX ONOMASTICUS ET GEOGRAPHICUS.
464
OciAcuM, villa in Vivariensi, c. 41.5.
OCUPA, rex Sarracenorum, c. 6.
ODALRICUS. Fide IJDULRICUS.
ODDA, uxor comitis Leybulfi, c, 170.
ODDO. Fide ODO,
ODDO, rex Francorum, c. i3.
ODDO, c. 363,
ODDOARIUS, abbas S. Zachariae, c. i6t.
ODDOARIUS, Sirasiensis abbas, c. 261.
ODILO, cornes, ce. 70, 186.
ODILO, c. 287.
ODO, filins Raimundi comitis Tolosani, c. 33o}
cornes Tolosanus, ce. 406, 407, 400, ^2-^'
ODO ARIBERTI, capellanus, c. 241.
ODOLPALDUS, judex, c. 373.
ODOLRICUS, judex, c. 355.
ODOVACRUS, judex, c. 178.
Olentiaclm, villa in pago Narbonensi, c. 289;
Olon^ac (Hérault), arr. de Saint-Pons.
OLERBIUS, c. 319.
OLIBA I, cornes Carcassonae, ce. i33, 164, iç],
199, 207.
OLIBA II, OOLIBA, cornes Carcassensis, ce. 344,
36.1, 372, 389.
Olibegium, locus in pago Narbonensi, c. 58.
Oliveium, Oliverus, flumen. Fide OhOBio.
Omvetus, rivulus, c. 234.
OLOCIANUS. Fide S. ANIANUS.
OLOMUNDUS, abbas Montisolivi, c. 107.
Olotis, locus in Bisuldunensi, c. 368; Olot (Es-
pagne).
ONOALDUS, abbas in Albigensi, c. 42.
OOLIBA, cornes Carcassonae. Fide OLIBA.
Oraches, in Vivariensi, c. 419.
Oratorihm, locus in pago Carcassensi, c. 299.
Orbaciacum, locus in pago Lemovicino, ce. 38i,
404, 407, 409, 424.
Orbus, flumen, c. 55; l'Orè.
Orgel, pagus, c. 218; Pays d'Urgel.
Orgellitana, Urgellensis ecclesia , ce. 212, 817.
Orgelljtanum syburbium, c. 21 3.
Origel, civitas, c. 365.
ORIOLUS, frater Recosindi, c. 340.
OaivOLDAMCtJS, colonica prope Psalmodiense mo-
nasterium, c. 252.
Okobio, Orbio, Oliveius, Olivehus, Uubio, flumen,
ce. 10, 28, 63, 91, 164, 207, 225, 309, 399.
Oksiamm, in Vivariensi, c. 418.
Os, villare, c. 69.
OsiGiuM, in Vivariensi, c. 418.
Oso, riyus, c. 420.
P. abbas Bellilocensis, c. 424.
P. DE MONASTERIO, archidiaconu» Lemovicen-
sis, c. 424.
Paccionacus, locus in pago Rotenico, e. 82.
Palagione, in Vivariensi, e. 418.
Palairacls, Palaeragum, villa in Carcassensi, vel
in Petrapertusensi, ce. 216, 397; Palairac (Aude),
arr. de Carcassonne.
Palariensis, Palliarensis pagus, ce. 3i8, 363;
comté de Pailkan.
Palatiolus, villa in pago Elenensi, e. 253.
Palhars, Paliares, locus in pago Magdalonensi,
ce. 202, 291 ; Palkas, écart au nord de Saint-Jean
de Comhajargues (Hérault).
Pallagianum, villa in pago Helenensi, e. 388.
Palma, cella in territorio Narbonensi, ce. 91, 207,
3oi, 36o; La Palme (Aude), arr. de Narhonne.
Palnatus, monasterium in Petracorio, c. 324;
Paunat (Dordogné), arr. de Bergerac.
Pampalona, Paaipilo sive Luka, civitas, ce. 5, 8,
17, 20; Pampelune.
Paredinas, villa in Narbonensi, t. 48; Pradines,
près Névian (Aude).
Parisii, Parisius, civitas, ce. 4, 7, 328; Paris.
PASCALIS I, papa, c. 22.
Pauchiaclm, villa, e. 69.
PAULETA, filia Dadilae, c. 82. .
Pauliaclm, villa in pago Nemausensi, c. 77.
PAULUS, archiepiscopus Aquileiensis, c. 10.
PAULUS, dux, ce. 19, 21.
Peganum, in pago Narbonensi, c. 332. (Fide Ca-
putstagnum.)
Pelipjum, locus in pago Rutenico, c. 406; Peux-
Conffoulens (Ayeyron), arr. de Saint-A/frique.
Perariensis, villa in pago Arvemensi, e. 147.
Pekedum, villa in Ruthenico, c. 339.
Peretum, villa in Narbonensi, c. 32 1; Périère
(Aude), sur l'étang de Capestang.
PERPETUUS, presbiter Albigensis, c. 40.
PERSINETUS, presbyter Gerundensis, e. 411.
Perusilm, c. 398.
Petra, locus in Ruthenico, c. 340; Peyreleau
(Ayeyron), arr. de Millau (?).
Petrabugatls, mons in Bisuldunensi, c. 368.
Petracokius sive Petragoricensjs pagus, ce. 262,
324; Périgord.
Petravita, villa in pago Elenensi, ce. 193, 214.
PetrAficta, villaris in pago Fenuletensi, c. 216.
Petraficta, villa in Narbonensi, c. 32 1 .
Petraficta, palatium régis Aquitaniae, c. i83.
PetrAlatensiS pagus, c. 3 14; Pays de Pierrelatc.
Petramala, locus in pago Narbonensi, e. 186.
Petrapertise.vsis pagus, c. 216.
Petrapertusense territorium, c. 385; Pays de
Pierrepertuise.
Peïron'icus, locus in pago tJcetlco, c. 82; Pari-
gnargues (Gard), arr. de Ninies.
PETRONILLA, uxor Agini, e. 420.
PETRONIUS, praefectusGalliarum, c. 37.
PETRONUS, filius Segarii, c. 402.
Petrosa, villa, e. 39.
Petruriu:\i, villa in Narbonensi, c. 48.
PETRUS, iirchiepiscopiis Mediolanensis, e. 10.
465
INDEX ONOMASTICUS ET GEOGRAPHICUS.
PETRUS, jiidex, c. 47.
PETRUS, vassiis dominicus, c. 19.^.
PETRUS, vassus Fulchonis archiepiscopi, c. ipô.
PETRUS, c. 332.
PETRUS RAIMUNDI, vicecomes de Kastrobono,
c. 422.
PETRUS RAIMUNDI, vicecomes Urgellitanus,
c. 421.
Pcyrault, locus in pngo Ausciensi, c. 1 14.
PHILIPPUS I, rex Francorum, c. iJ.
PHOCAS, imperator, c. 18.
PiCTAVENSE siibiirbiuin, c. 5.
PiCTAviENSis pagus, C. Sp, 2625 Poitou.
PicTAViS, c. 17; Poitiers.
PiDiLiANUîNi, villa in pago Elenensi , c. SST); Pé-
tilla de la. Rivière (^Pyrénées-Orientales), arr. de
Perpignan,
PliVAlDliS, c. 64.
Pjneta, villa in pago Nemaiisensi, c. 202; Sylve-
Godesijue. (Germer-Durand, Dictionnaire topo-
graphique.)
PIPPINUS DE HERTSTALIO, majordomus, c. 2,1.
PIPINUS, PIPPINUS, dux Francorum, c, 6 ; rex
Francorum, ce. 7, 21, 20, 26, 46, 238, 267,
264.
PIPINUS I, PIPPINUS, rex Aquitanorum, ce. m,
164, i65, 167, 181, 191, 2o5, 206, 23o.
PIPINUS II, PIPPINUS, rex Aquitanorum, ce. 248,
269, 272, 275.
PiitENAEi montes, ce. 5, 8.
PLACIDIA, filia Theodosii imperatoris, c. 16.
PLACIDUS, presbiter, c, 341.
Planitium, castrum in pago Ucetico, c. io3; Les
Planes,
Plaxanum, villa in pago Biterrensi, ce. 174, 176;
Plaissan {^Hérault), arr. de Lodève.
PLECTRUDES, uxor Pippini ducis, c. 4.
PociOLi, in Vivariensi, c. 418.
POLIRESINDUS presbyter, c. 341.
PoMPELiAGus, villa in pago Agennensi, c. 44;
Poinpejac (^Lot-&-Garonne), arr. d'Agen,
PoNCio, PoNTiGO, PoNTio, PoNTi VNUM , palatium
regium, ce. 293, 3i7, 3i8, 356, 362, 382.
PoNTiGOMS villa, palatium regium, c. 206.
PONZIUS, abbas, c. 22.
PoncARiAE, locus in pago Magdalonensi, ce. 61,
202, 291; Porquières (^Hérault),
PoRTU-AcRi (S. Saturninus de), ecclesia in pago
Rutenico, c. i 28.
PORTUGALIS, c. I 7.
POSSEDONKiS, episcopus Urgellensis, c. 241,
POTAMIA, Deo sacrata, c. 417.
Pr.\i)A, villa m pago ' Carcassensi, c. 36ij Prades
(^Aude), arr. de Carcassonnc.
PiiAHRETA, villa in pago Tolosano, c. 44.
Prata, villa & cella in Confluenti, ce. 218, 36o,
399; Prades [Pyrénées-Orientales).
Pratas, villa in territorio Narbonensi, c. 041;
Prades (^Hérault), sur la BernasouhreSj arr. de
Saint-Pons.
466
PrE\Anis, villa in Narbonensi, c. 48; Prcissan
(Aude), commune d'Ouveillan.
Prexiams, villa in pago Carcassonensi , c. l'i-j ;
Preixan (Aude), arr. de Carcassonnc.
PRIMA, uxor Secundi, c. 416,
Principiis, collis in Bisuldunensi, c. 368.
PROTASIUS, arehipresbiter, c. 296; presbiter vel
sacerdos, ce. 346, 365.
PROVASIUS, judex, e. 118.
Provincia, ce. 6, 89, 97, ii3, 139.
Prulianlm, villa, c. 70; Prouille (^Hérault), arr.
de Saint-Pons.
PsALMOuiA, PsALMODiuM, insula in pago Nemau-
sensi, c, 1 06.
PsAT.MoniE.NSES abbatcs. Vide CORBILLA , ELVA-
TUMIRUS, THEOBALDUS, THEODEMIRUS.
P.SALMODIENSIS (S. Petrls), monastcrium, ce. 77,
81, 106, 25l.
Pucio-Valeri, villa in Narbonensi, c. 48; Saint-
Valiere (^Aude), arr, de Narbonne (?).
PuLETi'M, villa in comitatu Valentinensi, c. 395.
PtiMANUM, villa in pago Biterrensi, c. 2i5j Pou-
pian (^Hérault), arr, de Lodève,
Q
QuiciAcuM, villa in Vivariensi, c. 416.
QuiLiAiNLM, villa in Narbonensi, c. 48; Quillan
ÇAude), arr, de Limoux,
QuiNCiANis, villa in pago Narbonensi, c. 48.
R
RABANUS, monaehus Anianensis, c. 11.
RABAVAL, c. 21.
RADAGASTUS, Scytha, e. 16.
RADBODUS dux, c. 4.
RADEPERTUS, judex, c. 3o6.
RADO, caneellarius, ce. 59, 60, 62.
RADO, frater Wrmari, vassalli imperatoris, ce. 184,
188.
RADULFUS, cornes Uceticensis & Nemausensis,
c. 26.
RADULFUS, c. 384.
RAGAMBALDUS, missus imperatoris, c. 202.
RAGANBALDUS , diacouus, vocatus Dunensis
-piscopus, c. 57.
ly .GANEXBLRG, palatium regium, c. 54.
RAGANFREDUS, ce. 4, 5.
RAGANTEUS, e. 348.
RAGEMUNDUS, RAIMUNDUS , REGIMUNDUS ,
cornes & marchio Tolosanus, ce. 322, 325, 326,
329, 339, 357, 376, 406, 409.
Ragiatis, in Vivariensi, c. 419.
RAGONFREDUS, cornes palatii, c. 118.
R\iMi:s\, locus in pago Arelatensi. Vide Ralse.n-
NESA.
467
INDEX ONOMASTICUS ET GEOGRAPHICUS.
468
RAIMUNDUS, archidiacomis Barchinonensis ,
c. 169.
RAIMUNDUS, cornes Barchinonensis, c, 169,
RAIMUNDUS. Fide RAGEMUNDUS.
RAIMUNDUS, vicecomes Cerritaniae, c. 421.
RAMETRUDIS, iixor Aliardui, c. 210.
RAMNO, RAMNUS, episcopus Elenensis, ce. 180,
383,
RAMNUS, mandata ri us abbatis Caunensis, c. 287.
Ramon Ennengaudi de Sancto Martine, c. 423.
RAMPO, marchio in Septimania, c. 224.
RANDRICUS, missus a missis comitis Unafredi,
c. 333.
RANGENFREDUS, notarius, c. 269.
RANVALDUS, judex, c. 378.
Rarolingus, villa in page Tolosano, c. 43.
Ratensis comitatus. Fide Redensis.
RAUGARICUS, abbas Moissiacensis, c, 248.
Rausennesa, Raimesa, villa in pago Arelatensi,
ce. i5o, i53.
RAYMUNDUS, notarius, c. 3o5.
RAYNALDUS, c. 146.
Reiîentini'S, villa in pago Carcassensi, c. 36i;
Rehenty (^Audc), arr. de L'imoux.
RECCAREDUS I, rex Gothorum, ce. 14, 18.
RECCAREDUS II-, rex Gothorum, c. 14.
RECCESWINDUS, sncerdos, c. 365.
RECEMIRUS, e. 3o6.
RECESINDUS, abbas Arulensis, c. 247.
RECESVINTUS, RECESVINDUS, RECESVUINDUS,
rex Gothorum, ce. i5, 19, 20.
Recopous, urbs in Celtiberia, c. 18.
RECOSINDUS, presbiter, c. 296.
RECOSINDUS, e. 344.
Redenses comités. Fide AYFREDUS, BERA.
Redensis, Ratensis comitatus, ce. 362, 372.
Redensis pagus, ce. 56, 226, 253, 239, 32i.
Redensis comitissa. Fide ROMELLA.
REGIMUNDUS. Fide RAGEMUNDUS.
REGNOPULUS, filius Braceronis, e. 221.
S. REMIGIUS, episcopus Remensis, c. 39.
REMIGIUS, pater Berteiz comitissae, c. 406.
REMULUS, judex, c. 118.
Renus, fluvius, c. 4.
Rescemiri villa, in pago Redensi, c. 206.
ResciAcum, villa in pago Carcassensi, c. 362;
Raissac-sur-Lampy {Aude^, arr. de Carcassonne,
RESTITUNDUS, judex, c. i85.
Revidagau, villa re in pago Bisuldunensi, c. 342.
Revis, villa, c. 69.
REYMUNÛUS, cornes Albiensis, c. 400.
RiiODANUs, RoDANUs, fiumen, ce. 5, 6, 37, 116,
148, i52, 171, 2o3, 396, 416, 42c.
RiART (S. JoHANNES de), ecclesia in pago Rossi-
lionensi, c. 348.
RlBAFARA, C. 21 .
RiBALTA, RiPAALTA, viUa in pago Carcassensi,
ce. 309, 36oj Ribaute (^Aude), arr. de Carcas-
sonne.
RinDGUM, villa in Ruthenico, e. 339.
Rusera, c. 21 .
RiEOGAR, c. 21.
RICARDUS, filius Elesi'pio, vicedominus Uceticen-
sis, c. 29.
RICCIARIUS, Suevorum rex, c. 16.
RICCIMIRUS, presbyter, c. 07.
RiCERDO (S. JoiiANNES in), ecclesia in Valle-Aspe-
ria, e. i32.
RICH ARDUS, c. 376.
RICHEFRIDUS, abbas S. Aniani, e. 233.
RICHELMUS, vicecomes in Russilionensi, c. 3o6.
RICHILDIS, uxor Olibae comitis, ce. 199, 3o2.
RICHIMIRUS, abbas Monsolivensis, ce. 299, 332.
RICHIMIRUS, mandatarius abbatis Montisolivi ,
c. 332.
Richlsis, villare in pago Petralatensi, e. 314.
RICIMIRUS, abbas S. Andeoli, e. 367.
RICOSINDUS, mandatarius Salomonis comitis,
c. 346.
RICULFUS, Gotus, fidelis regius, c. 295.'
RIDLINDIS, uxor Radulfi, c. 384.
RiGiLLO, curtis in Rutenensi, c. 322.
RIHISENDA, uxor Wifredi, c. 344.
RIMILA, abbas S. Vincentii in Bisuldunensi,
c. 342.
RiODAZANUs, villa in pago Bisuldunensi, c. 3oi.
RiODAZARi, villa in pago Ausonensi, e. 411.
RiOLS, Idcus in pago Rutenico, c. 406.
RiPAALTA, villa in pago Narbonensi. Fide Ribaltâ.
RiPACURCENSiS pagus, e. 3i8; Pays de Ril>agor<^a.
RiSSELLUM, villa in terminio Caunensi, e. 64.
Ri VUS Ferrarils, rivulus, c. 079; RiwFerrer,
ruisseau, en Roussilîon.
ROBERTUS, comes Magalonensis, e. 126.
RocA Frusindi, in pago Elenensi, c. 295.
RoDANus, flumen. Fide Riiodanus.
RODEGARIUS, sacerdos Gerundensis, e. 411.
RODESTAGNUS, vassus dominicus, c. 47.
RoDi iNSULA (S. Maria de), monasterium, e. 262.
RODULFUS, archiepiscopus Bituricensis, ce. 363,
403.
RODULFUS, comes Confluentanus, c. 399.
RODULPHUS, e. 420.
Rodunda-Vaber, in Ruthenensi, e. 400.
RoFiAC (S. Saturninus de), ecclesia in pago Ru-
thenico, c. 122; Rouffiac (^Aveyron), arr. de Fil-
lefranche.
RoHAS, villa, c. 6().
Roma, ce. 6, m , 16.
Romani, e. 16.
ROMANLS populus, c. 5.
RoAiANiANL'M , vilIa in comitatu Bisillunensi ,
c. 385.
RoMARici MONS, viUa, c. 3o5 ; Rcmircmont.
ROMELLA, comitissa Redensis, c. 79.
ROSEGONTIA, uxor Adulfi, c. 353.
RosERiAE, in Vivariensi, c. 417; Rosières (^Ardèche).
469
INDEX ONOMASTICUS ET GEOGRAPHICUS.
470
ROSINOLA, ROSILIO, ROSCILIONA, CC. 21, IIO, |88;
Castel-Roussillon.
RosoLiONENSis, RossoLio.NENSiS comitatus, CC. 344,
35#
RossiLiONENSES comites. FiJe MIRO, SUNIARIUS.
RussiLioNENSES vicecoiTiites. Vide ELDESINDUS,
RICHELMUS.
ROSSILIONENSIS, RuSSlI,10\ENSlS , RuSSULIONENSIS
pagus, ce. 218, 256, 269, 283, 290, 290, 348.
— territorium, c. 384.
RussiLiONENSis, RussuLiONENSis pagus, terrltorium.
Vide RosSILIONENSiS.
ROSTAGNUS, abbas Calmiliensis, c. 393.
ROSTAGNUS, c. 402.
ROTBERTUS, rex Francorum, c. i3.
RoTENicus pagus. Vide Rutenicis.
RoTHAniAs, villa in pago Rutenico, c. 406.
ROTLANDUS, archiepiscopiis Arelatensis, c. 3o3.
ROTLANDUS, abbas Vabrensls, ce. 322, SSy.
ROTRUDES, uxor Braidingi, c. 70.
ROTRUDES, mater Annae, c. 346.
ROTRUDIS, uxor Richardi, c. 376,
RovEiA, RovEGiA, rivus, c. 176; la Rouyiè^e, ri-
vière.
RovORiAMCAE, villa in Ruthenico, c. 340.
Rluinas, villa in pago Arelatensi , ce. 149, ij3,
RucENNiAco (ecelesia de), in pago Rutenico, c. 1 28 j
Roussennac {Aveyron), arr, de Rode^.
RUDERICUS, rex Gothoriim, ce. 20, 24.
Rl'fiacus, villa in page Careassonensi , c. 207;
Rouffiac d'Aude [Aude), arr. de Carcassonne.
RUFINUS, frater Bobonis, c. 418.
RuHiLiA (ecelesia de), in pago Rutenico, e. 128.
RuMPO, mons in Vivariensi, c. 420 j le Rompon.
RUSTICUS, episcopus Viyariensis, c. 415.
RuTENO, c. 27; Rode^.
RUTE.MCUS, RUTHEMCUS, ROTEMCCS pagUS, CC. 66,
82, 122,. 127, 202, 291, 329, 339, 357, 376,
405, 413.
RuTHENENSis cpiscopus. Vide ELISACHAR.
RUÏHENI, c. 7.
RuxiLiAiMJS, villa in suburbio Nemaiisensi, c. 76.
SABARICHUS. Vide SAVARICUS.
Saconacum, in Vivariensi, c. 416.
Saduacum, in Vivariensi, c. 416.
Sala, villa in Narbonensi, c. 485 Salles d'Aude
(^Aude), arr. de Narbonne.
SALAMO. Vide SALOMON.
Salas, villa in pago Carcassensi, ce, 167, 168,
206.
Salatianl'S, villa in pago Arelatensi, c. i53.
Salegias, villa in pago Vellavensi, c. i56.
SALICUS, Arausisensis episcopus, c. 56.
Salignacium aut SAMG>AGELLts, locus in pago
Magdalonensi, c. 81 ; Sauviac [Hérault), f Tho-
mas, Dictionnaire topographique. )
SALr.ELAS, villa in pago Elencnsi, c. 253; Salcllcs
[Pyrénées-Orientales), arr. de Perpignan, commune
de Cabestang.
Salleii seu Orbaciacus (terra de), in Lemovicino,
c. 424.
SALO, jiidex, c. 118.
SALOMO, cornes & marchio in Marca, c. 346.
SALOMON, SALAMO, episcopus Elenensis, ce. 214,
383.
SALOMON, SALAMON, episcopus Tolosanus,
ce. 177, 3i3.
SALOMON, advocatus Autscindanae abbatissae,
c. 72.
Salsidus, villare in pago Impuritano, c. 314.
Salsjnae, villa in pago Magalonensi, c. 252.
Salto, locus in Rossilionensi, c. 365 j Sauto [Py-
rénées-Orientales), arr. de P rades.
Saltus, pars pagi Redensis, c. 259 j le pays de
Sault.
SALVIOLUS, c. 388.
SALVIUS, episcopus Beneamensis, c. 42.
SAMBIA aut SAMBA, c. 21.
Sambilianum, villa in pago Tolosnno,' c. 4^; Sa-
mouillan [Haute-Garonne), arr. de Saint-Gau-
dens [}).
Sambi:ca, Sambuga, flumen in Hispania, ce. 224,
348.
Samsonexsis aieis, in Vivariensi, c. 416; terroir de
Samp'^on [Ardècke).
SAMUEL, episcopus Tolosanus, ce. 219, 240.
SANCOLUS, presbiter, c. 296.
SANCTIOLUS, sacerdos, c. 365.
SanctonEiNSIS pagus, c. 262; Pays de Saintes.
SANCTUS, presbiter, c. 338.
S. Adrianus, basilica in pago Carcassensi, c. 257^
S. Alba.nls, ecelesia in Valentinensi, c. 420.
S. Amantius, ecelesia in pago Carcassensi, c. 362.
S. Andeoli abbas. Vide RICIMIRUS.
S. Andeolls, monasterium in Bisuldunensi, c. 367.
S. Andeolus, villa prope Rhodanum, c. 39j5 ;
Bourg-Saint-Andéol [Ardeche) , arr. de Largen-
tière,
S. Andréas, ecelesia in episcopatu Tolosano,
c. 3l2.
s. ANIA^'^;s sive Olocianus, monasterium, ce. 160,
z3i i Saint-Chignan.
S. Amani abbates. Vide DURANDUS, RICHEFRI-
DUS, WOICA.
S. Antonini abbas. Vide FEDANaUS.
S. Antomnus, monasterium, c. 122; Salnt-Anto-
nin-sur-V Aveyron [Tarn- &-Garonne\
S. Candida, villa in pago Narbonensi, e. 277.
SS. Cecilia & Petrus, cella in pago Carcassensi,
ce. 166, 299.
S. Christophorcs, ecelesia in pngo Lemovicino,
c. 363.
S. CiRiACUs, ecelesia in pago Ruthenico, c. 122;
Saint-Circq [Aveyron), arr. de Rode^.
47»
INDEX ONOMASTICUS ET GEOGRAPHICUS.
472
s. Clemens, cella in pago Russilionensi, c. 280.
S. Clementis praepositiis. Vide SINTREMUNDUS.
S. Crescentius, ecclesia in Narbonensi, c. 48;
Saint-Crescent, église près Narhonne.
S. CucuFATUS, ecclesia in pago Carcassensi, c. 91;
Saint-Couat-d'A ude (Aude), arr. de Carcassonne.
S. Cyprianus, cella in Cerasia pago, c. 348.
S. Deodata, lociis in Hispania, c. 3 18.
S. DiONYSiLS in Francia, monasterium, ce. 349,
35 1, 365, 368, 3875 Saint-Denis.
S. Erneterius ac Genesius, monasterium in pago
Gerundensi, c. 3i5.
S. Félix, villa in pago Elenensi, ce. 214, 383.
S. Félix, cella in pago Elenensi, c. 193.
S. Félix, capella, c. 46.
S. Fructuosus, villa & monasterium in pago Car-
cassonensi, ce. 259, 289; Saint-Frichoux [Aude),
arr, de Carcassonne.
S. Fructuosus, cella in pago Urgellensi, c. 241.
S. Genesils, cella in pago Carcassensi, ce. 3oi,
359.
S. Genesius, capella in villa Censerado, in pago
Narbonensi, c. 222.
S. Georgius, villa in Narbonensi, c. 48.
S. Grvta, monasterium, c. 241.
S. Heulalia, ecclesia in Vivariensi, c. 417.
S. HiLARii abbates. Vide ANA, EGIDO, LEON-
NIUS, MONELLUS, NAMPIO.
S. HiLARiiiS, monaste'rium,. ce. 157, 167, 255;
Saint-Hilaire du Lauquet.
S. Jacobus, ecclesia in civitate Urgello, c. 317.
S. JoANNES, ecclesia in Vivariensi, c. 417.
S. JoAîTNis, ecclesia Calmiliensis, c. 271,
S. JoHANNES, cella in pago Carcassonensi, ce. 234,
36i.
SS. JohAnnes & Mauritius, ecclesia in Vivariensi,
c. 419; Saint-Maurice-sous-Chalancon (^Ardèche).
S. JuLiANUs, cellula in pago Elenensi, ce. 193,
214.
S. JuLiANCs, ecclesia in Valle Asperia, c. i32.
S. Laurentu ad Nigellam abbas. Vide DAVID,
S. Laurentius, mens in Bisuldunensi, c. 368.
S.-Lal'rentius ad Nigellam, monasterium, c. 23o;
Saint-Laurent-sur-Niesle.
S. Laurentius, cellula in pago Narbonensi, c. 233;
Saint-Laurent j chapelle rurale^ près Saint-Chi-
gnan,
S. Laurentius, ecdlesia in Vivariensi, c. 419 j Saint-
Laurent-sous-Coiron (^Ardèche).
S. Lupus, ecclesia in Vivariensi, 'c, 419; Saint-
Loup-de-Mercuer [Ardèche).
S. Marcellus, villa in Narbonensi, ce. 48, 23o;
Saint-Marcel [Aude), arr. de Narhonne.
S. Margarita, ecclesia, e. 412.
S. Maria, cella in pago Carcassensi, ce. 23o, 36i,
S. Maria, cella super fluvium Amera , in pago
Gerundensi, e. 3i5.
S. Maria, cella super fluviinn Sterria , in pago
Gerundensi, c. 3 1 5.
S. Maria, ecclesia •& villa in pago Narbonensi
ce. 48, 190, 196.
S. Maria Deaurata, monasterium, e. 219; la
Daurade,
S. Martialis, monasterium in urbe Lemovica,
c. 167; Saint-Martial de Limoges, •
S. Martinus in Campania, c. 209.
S. Martinus, eastrum, c. 421.
S. Martinus, cella in urbe Arelatensi, ce. 129,
i3o, 142, 2o3, 291.
S. Martinus, cella in pago Elenensi sive Russi-
lionensi, ce. 159, 348, 35o; Saint-Martin^ ha-
meau (Pyrénées-Orientales), arr. de Céret.
S. Martinus, cella in pago Carcassensi, ce. 108;
i57, 166, 168, 299, 362.
— villa, ce. 255, 36 \i Saint-Martin le Vieil (Aude),
arr, de Carcassonne,
S. Martinus, monasterium, c. i i3.
S. Martinus, vallis in pago Elenensi, c. 286.
S. Martinus, villa in eomitatu Redensi, e. 362;
Saint-Martin-de-Villeréglan {Aude), arr, de Li~
moux (?).
S. Mauritius, ecclesia, c. 417; Saint-Mauricc-sur-
l'Ardèche.
S. Michael, cella in pago Cerasia, c. 348; Saint-
Michel, près d'Eyma [Pyrénées-Orientales), arr.
de Montlouis.
S. Paragorius, ecclesia in Biterrensi, c. ôç; Saint-
Pargoire [Hérault), arr, de Lodèye,
S. Paulus Narkonensis, monasterium, ce. 95, ij-j-
Saint-Paul de Narhonne,
S. Paulus, locus in pago Narbonensi, c. 209.
S. Paulus, ecclesia in Vivariensi, c. 417.
S. Petrus, cella in pago Bisuldunensi, e. 348.
S. Petrus, cella in pago Carcassensi, c. 299.
S. Petrus, ecclesia in pago Arverniatensi, c. 418,
S. Petrus, ecclesia in Vivariensi, c. 417.
S. Petrus in Rompone monte, ecclesia in Viva-
riensi, c. 420 ; Saint-Pierre de Rompon [Ardèche).
SS. Petrus & Andréas, ecclesia in suburbio Or-
gellitano, c. 21 3.
SS. Petrus & Hippolytus, capella in pago Rute-
nico, c. 406.
SS. Petrus 8c Paulus, cella in territorio Narbo-
nensi, in insula Litia, e. 36o.
S. PoLYCAKPi abbas. Vide CENTULLUS.
S. PoLYCARPUS, monasterium, c. 253; Saint-Poly-
carpe,
S. PoRCARius, villa in pago Tolosano, c. 275.
S. Privatus de Garcio, locus in diocesi Uceti-
censi, c. 24; Saint-Privat-du-Gard.
S. Projectus, ecclesia in Vivariensi, e. 420 ; Saint-
Priest [Ardèche).
S. QuiNTiNiJS, cella in pago Rossilionensi, juxta
Arulas, c. 348.
S. RoMANUs, ecclesia in Vivariensi, c. 417.
S. RusTicus, capella in pago Tolosano, c. 5r.
S. Salvator, cella in pago Arvernensi, c. 147.
S. Salvator, ecclesia Lemovicensis, e. 262.
S. Saturnini Rutiienensis abbatissa. Vide KARIS-
SIMA.
S. Saturmnus Ruthenensis, monasterium, e. 400;
Samt-Sernin de Kode^.
473
INDEX ONOMASTICUS ET GEOGRAPHICUS.
474
s. Satup. NiNus prope Tolosam, monasteriuTri,
ce. 219, 225, 227,228, 229, 23 1, 233, 235, 237,
239, 242, 246, 248, 253 j Saint-Sern'in.
S. Saturmnus, ecclesia in Vivariensi, c. 419;
Saint-Sern'tn de Lespinasse {Jrdèchc).
S. SATURNINUS, episcopus Tolosanus, ce. 29,
3o, 3 1 .
S. SILVIUS, episcopus Tolosanus, c. 33.
S. Stepiianls, cella in Caicassensi, c. 36i.
S. Stepiianls, ecclesia in Vivariensi, c. 420 ; 5rt/rtf-
Etienne du Lac [Ardechc),
S. Stepiianus, villa & monasterium in pago Car-
cassensi, c. 234; Satnt-Est'eve de Cahardc'^.
S. Sympiiorianus, in Vivariensi, c. 417; Salnt-
Symphorien de V alv'ignères [Ard'eche).
S. THEODORITUS Uceticensis, c. 26.
S. THEOFREDUS, ce. 386, 393.
SS. Thomas & Sebastianus, ecclesia in Vivariensi,
c. 419; Saint-T/iomé (Ardèche).
S. TiiiERii abbates. Fide ADREBALDUS, BONE-
SINDUS.
S. TIBERIUS, martyr, c. 356.
S. TiBERius, monasterium, c. 355; Saint-Thi-
héry.
S. TniOTiiEus, capella in pago Rutenico, c. 406.
S. VALERIANUS, episcopus Vivariensis, c. 415.
S. VENANTIUS , episcopus Vivariensis, ce. 415,
4.8.
S. VEREDEMIUS, heremita in diocesi Uticensi ,
c. 23.
s. Victor, ecclesia in Vivariensi, c. 416.
S. Vi.NCENTii abbas. Vide RIMILA,
S. V^iNCF.NTiLS, cella in pago Bisuldunensi, c. 342.
S. Vfncentus, cellula in pago Elenensi, ce. 159,
35o<.
S. VOLUSIANUS, archiepiscopus Turonensis, c. 33.
SARRACENI, ce. 2, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 12,
20, 24, 25, 26, 27, 28, 60, 97, 98, 109, 127,
164, 169, 243, 261.
SAVARICUS, SABARICHUS, ce. 178, 3o6.
Savartexse suburbium, c. 356; le Savarte:^.
SAVIGILDUS, c. 332.
Savimagus, villa in pago Elesano, c. 44; Savi-
gnac-Laussone (Gers), arr. de Lombe^,
S AXONES, c. 8.
Scans (ecclesia S. Stephani ad), in Vivariensi ,
c. 419; Saint-Etienne de Sceautrcs (^Ardèche),
SCILA, judex, c. i85.
SCIMINUS, filius Adalariei, duels Vasconiae,c. 264,
SCONBERTUS, c. 418,
ScoNDOr.ATis, in Vivariensi, e. 418.
ScoTADiLS, flumen, e. 419; l'Escoutay.
ScoTERNAM-viLLA, locus in pago Tolosano, c. 43.
ScuDiuM, villa in Vivariensi, c. 41 5.
SCULPILIARIUS, judex, e. 118.
SCUPILIO, metropolitanus Elosanus, e. 42.
ScuRTFATA, villa in pago Narbonensi, c. 234.
Secarii, SiGARii (villa), in territorio Carcassensi,
ce. 166, 299; Val-Sigier, près Montolieu {Aude).
SECUNDUS, e. 416.
Sedratis, villa, c. 69.
Segalare, villa in Ruthenico, c. 339.
SEGARIUS, c. 400.
Segelo.va , villa in Narbonensi, c. 48; Gléon
(Aude), arr. de Narborine.
Segi, locus in pago Magdalonensi , ce. 86, 141,
202, 291.
SEILA, judex, c. içS.
Selvamagum, villa in pago Rutenico, c. 128.
SEMA, rex Sarraccnorum, ce. 1, 25.
SENDEREDUS, judex, ce. 287, 341.
SENEFREDUS, c. 398.
SENEGILDUS, abbas Anianensis, c. io3.
SENEGUNDIS, uxor Fulgualdi, c. 329.
SENHERESUS, judex, e. 332.
SENMur.LW, villa, c. 363; Semur.
Septi.mania, ce. 11, 89, 97, 98, ii3, 139, r59,
160, 184, 188, 232, 234, 243, 280.
Septimamae marchiones. Vide HUMFREDUS, SU-
NIEFREDUS.
SEPTIMIUS, episcopus Albensis, c. 415.
SERENUS, dux Aquitaniae, e. 260.
SERGIUS, papa, c. 22.
Serra (Ipsa), alos in pago Ausonensi, c. 3o2.
Serralonga, villa in pngo Rossilionensi, c. 345;
Serralongues (Pyrénées-Orientales), arr. de Céret.
Serras, villa in pago Urgellensi, e. 241.
Servatioxi'M, in Vivariensi, c. 418.
SERVUS-DEI, Bareinonensis episcopus, c. 57.
SESEMUNDUS, Convenarum urbis episcopus, e. 42.
SESENANDA, c. 399.
SESENANDUS, mandatarius Mironis eomitis,
c. 374.
Sevegam Collas-Vilare, locus in pago Tolosano,
c. 43.
SIBILLA, uxor Petri-Raimundi , vieecomitis Ur~
gellitani, c. 421 .
SIBOALDUS, Agennensis episcopus, c. 42.
SICCARIUS, vassus dominicus, c. 195.
SICFRIDUS, fidelis régis, c. 218.
SiGARii (villa), in pago Carcassensi. Vide Secarii,
SIGEBODUS, archiepiscopus Narbonensis, c. 372.
SIGEBODUS diaconus, notarius, c. i65.
SIGERICUS, rex Gothorum, ce. i3, 16.
SIGIBERTUS, presbyter, e. 147.
SIGIBERTUS, monaehus S. Dionysii, c. 6.
SIGIHINUS, dux Mostellanicus, c. 265.
SIGILFREDUS, scriptor, c. 47.
SIGIPERTUS, episcopus Uceticensis, ce. 28, 29.
SIGMUNDA, e. 352.
Signa (Ad), loeus & salinae in pago Narbonensi,
ce. 86, 142, 2o3. _}j v^"
SiLEXGUI, c. 16.
Sils, locus in pago Rutenico, c. 406.
SiLVAPLANATA , in Vivariensi, c. 421; Sauveplan-
tade.
SiLVATENSis, in Vivariensi, e. 419.
SiLviMAMCus, villa in pago Nemausensi, c. 77.
475
INDEX ONOMASTICUS ET GEOGRAPHICUS.
476
SINDALA, judex, c. 878.
SINDILLA, judex, c. 382.
SINGULARIA, villa in Carcassensi, c. Spy.
SiMCiACnu:\i, villa, c. 70.
SINTREMUNDUS, prepositus S. Clementis, c. 283.
Sir.AsiE.NSis (S. Petrus), monasteriinn, c. 261.
SiRIA, c. 6.
SISEBODUS, Orgellitanus episcopus, c. 261.
SISEBUTUS, episcopus Urgellensis, c. 21 3.
SISEBUTUS, rex Gothorum, ce. 14, i8.
SISEGURUS, abbas Helenensis, c. iSp.
SISEGUTUS, abbas Siiredensis, ce. 284, 35o.
SISENANDUS, rex Gothorum, ce. 14, 19.
SISFREDUS, judex, c. 47,
SiTA, fisciis in pago Magdalonensi, ce. 86, 142,
2o3, 291; Cette (^Hérault'j, arr. de Montpellier,
SoGRADUM, SoGRADus, cellula in pago Magdalo-
nensi. Fide ASSOGHADUM.
SOGUESINDUS, c. 75.
SoLARiA, praedium regium in Arelatensi, c. 143.
SoLONELLUM, villa in comitatu Redensi, c. 362.
Sonate, villa in pago Arvernensi, c. 147.
SONGFREDUS, abbas Crassensis. Fide SUNIEFRE-
DUS.
SONIOFREDUS, Gerundensis episcopus, c. 41 i.
SoREES, villa, c. 70.
SoRiCA, vallis in Ruthenico, c. 339; 'dallée de la
Sorgue (^Aveyron).
SoRiciNiENSE monasterium. Fide Suricinense.
SoRiGiMU]\i, rivulus, c. \\\; le Sor, ruisseau,
SPANELDES sive SpENELDES, C. l35.
SPANIA. Fide HiSPANIA.
Spani fugitivi. Vide Hispani.
SpARRiGARiA, fons in Bisuldunensi, c. 368.
Spedulia, villa in pago Elenensi, c. 198.
SpELUCAS, villa in pago Ausonensi, c. 3o2.
SPERANDEUS, vigarius in pago Elenensi, c. 178.
Speutingus, villa in pago Tolosano, c. 44.
Spinasaria, silva in Carcassensi, c. 287; l'Espinas-
sière,
STABILIS, episcopus, missus imperatoris, c. 147.
Stacianum, villa in Narbonensi, c. 332.
Stagnole, villa re, c. 6<).
Staletii, c. 2 I.
STEFANUS, STEPHANUS, fidelis régis vel vassus
dominicus, ce. 282, 287.
STEPHANUS II, papa, c 7.
STEPHANUS, papa, c. 22.
STEPHANUS, vicedominus in Narbonensi, c. i85.
STEPHANUS, judex, c. 878.
STOLIDUS, abbas S. Aredii Attanensis, c. 262.
Strennaca, villa, c. 191.
STROMUNDUS, monachus Caunensis, c. 58.
STURMIO, cornes Narbonae, ce. i85, 282.
SUADILA, femina, e. 259.
SuAGAS, locus in pago Rutenico, c. 406.
SUANO, cornes palatii, c. 122.
SuESTANTiONE.NSis pngus, C 279; Pays de Substan-
tion.
SoDES, locus in Ruthenico, c. 840.
ScEVi, e. I 8.
SUINTHILA, SUUINTILA, rex Gothorum, ce. 14,
19.
SULPITIA, uxor Antherii, c. 419.
Sllpiiorarias, villa in pago Ucetico, c. 78.
SUMNOLDUS, Gotiis, fidelis régis, c. 295.
SUNICFREDUS, fidelis imperatoris, c. 178.
SUNICFREDUS, judex, c. 184.
SUNIARIUS, abbas Crassensis, c. 800.
SUNIARIUS, cornes Rossilionensis & Impuritanen-
sis, ce. 228, 286, 801, 307.
SUNIARIUS, e. 888.
SUNIEFREDUS, SONGFREDUS, abbas Crassensis,
ce. 809, 897, 899.
SUNIEFREDUS, SUNIEFRIDUS, cornes, marchio
Septunaniae, ce. 212, 228, 874; pater Wifredi,
Rodulfi, Mironis comitum. c. 899.
SUNIEFRIDUS, filius Suniefredi marchionis, e. 899.
SUNIEMIRUS, judex, c. 3o6.
SUNVILDUS, Gotus, fidelis régis, e. 295.
SuREDA (S. Andréas de), vel Surede.nsis, monaste-
rium, ce. i58, 284, 35o; Sorède,
SuREDENSEsabbates. Fide FROYSCLUS, JOHANNES,
MIRO, SISEGUTUS.
Suricinense, Soricixiense monasterium, ce. iii,
114; Sorède.
Suricinensis abbas. Fide BERTRANDUS.
Sylva-agra, locus in pago Tolosano, c. 119.
T
Tacidus, Tacio, Techus, Teccjs, Theda, flumen,
ce. i58, 256, 284, 35o, 867; le Tech.
Talasianicus, villa in pago Narbonensi, e. 196;
Talairan (^Aude^, arr, de Carcassonne.
Talexanum, cella in Bisuldunensi, c. 368.
Talupium, villa in Ruthenico, c. 840.
Tamadela, villa in Bisuldunensi, c. 412.
Taranicus, alpes in Vivariensi, c. 421 ; le Tanar-
gue, montagne,
Tarnesca, villa in pago Ruthenico, ce. 829, 889.
TarncS, flumen, ce. 5o, 220, 240, 248; le Tarn.
Tauriniacum, Taurinianum, villa in Confluent!
sive in Rossilionensi , ce. 297, 365; Taurinya
(^Pyrénées-Orientales), arr, de Prades,
TAURUS, Sarraeenorum rex, e. 8.
Techus, Tecus, &c. flumen. Fide Tacidds.
Teletas, alos in pago Elenensi, c. 885.
Telianum, Tellianum, villa in pago Nemausensi,
ce. 77, 202; Saint-Silvestre de Tellan.
TEODERICUS, frater Willelmi eomitis, c. 67.
TEODERICUS, judex, c. 882.
TEODOFREDUS. Fide TEUDEFREDUS.
477
INDEX ONOMASTICUS ET GEOGRAPHICUS.
478
TEODTFREDUS, TEUEFREDUS, THEUDEFRE-
DUS, vassus régis in Septimania, ce. i85, 282,
280,
TeotuaddM, palatium regium, c. 19.3 j Doué
(^Maine-&~Lo'ire).
TERDERICUS presbiter, elemosinarius Teuberti ,
c. 214.
Terracium, castellum in Hispania, c. 248.
Terrenum, villa in pago Russulionensi, c. 269}
Terris (^Pyrénées-Orientales), arr. de Perpignan.
Tesetaunum, villa in territorio Narbonensi, c. 217.
Tête, Tetis, flumen, ce. 365, 388 ; le Têt.
TEUBERTUS, c. 214.
TEUDEFREDUS, TEODOFREDUS, judex, ce. 287,
332, 355, 382.
TEUDEREDUS, THEUDEREDUS, rex Gothoriim,
ce. 14, 16.
TEUDEREDUS, THEODEREDUS, vassus domini-
cus, ce. 195, 23o, 287.
TEUDERICUS vel THEUDERICUS II, rex Gotho-
rum, ce. 14, 16.
TEUDO, eancellarius in civitate Albiensi, ce. 279,
4o3.
TEUEFREDUS, fidelis régis. Tj Je TEODTFREDUS.
Tedlicius, locus in pago Russilionensi, c. 290.
TEURISCUS, THERISCO, judex, ce. 287, 332, 355.
TEURISILO, judex, c. 341.
TEUSODIUS, vassus dominicus, c. 195.
TEUTHMUNDUS, fidelis régis, c. 289.
TEUTO, eancellarius, c. 180.
T11EDA, Tacio, &e. flumen. Vide Tkcw^v?,.
THEOBALDUS, abbas Psalmodiensis, c. 25 1.
THEOBRANDUS, pater Braidingi, c. 76.
THEODEMIRUS, abbas Psalmodiensis, ce. 106, 25 t.
THEODEREDUS. Vide TEUDEREDUS.
THEODOSIUS, abbas monasterii S.Genesii in Ge-
rundensi pago, e. 3i5.
THEODOSIUS, imperator, c. 16.
THEODOSIUS junior, imperator, ce. 16, 35.
THEODOSIUS, filius Dagoberti régis junioris, c. 4.
THERISCO, judex. Trie TEURISCUS.
THEUBERTUS, rex Francorum, c. 420.
THEUDA eomitissa, uxor Bernarthi comitis Vas-
coniae, e. 26 i .
THEUDEFREDUS. Vide TEODTFREDUS.
THEUDERICUS, rex Italiae, ce. 14, 17.
THEUDERICUS, pater comitis Willelmi, c. 65.
THEUDI, TUDIS, rex Gothorum, ce. 14, 17.
THEUDISCLUS, rex Gothorum, ce. 14, 17.
THEUDOINUS, frater Willelmi comitis, e. 65.
TuiRRENUM mare, e. 37.
Tholoz.v. FzJe Tolosa.
TiiOLOSANus pagus. Vide Tolosanus.
TnoMARiOLAE, villa, c. 70.
THOMAS, episcopus Vivariensis, c. io5.
THURISMODUS, TURISMUNDUS, rex Gothorum,
ce. 14, 16.
TIBERIUS, imperator, c. 20.
TiRBiENSis pagus, c. 3 18.
TlRINSlMIRUS, e. 368.
ToLETUM (ecelesia S. Leocadiae apud), c. 185 ciri-
tas, ce. 17, 19, 20, 21; Tolède.
ToLOMENA, praedium regium in Arelatensi, c. 143.
ToLOSA, Tholoza, ce. 3, 7, 25, 3o, 38, 72, 228,
239, 255, 324; Toulouse.
ToLOSANA ecelesia, S. Jacobus 8c S. Stephanus,
e. 2 19.
Toi.osANA eomitissa. Vide BERTEIZ.
ToLOSANi solidi, c. 240.
ToLOSAM episcopi. Vide ARRICHO, BERNO, EXSU-
PERIUS, HELISACHAR, HILARIUS , SALO-
MON, SAMUEL, S. SATURNINUS, S. SILVIUS.
ToLOSANi comités. Vide BERENGARIUS, BERNAR-
DUS, FREDELO, GUILLELMUS, RAGEMUN-
DUS.
T01.OSAXLS archidiaeonus. Vide ERIMANNUS.
Tolosanus comitatus, c. 119.
Tolosanus, Tiiolosanls pagus, ce. 89, 11 1, 114,
179, 191, 249, 262, 275, 299, 356.
TOMIANUS, Acquilesiniinensis episcopus, c. 42.
TORINGIA, c. 6.
ToRNAGO (S. Stephanus de), cella in pago Nemau-
sensi, c. ^Z; Tornac (Gard), arr. d'Alais.
ToRNENSis pagus, c. 38 r.
ToRNiCATB, in Vivariensi , c. 4i5; Tourne, com-
mune de Bourg-Saint-Andéol.
ToRr.ENS, villa in pago Elenensi , ce. 193, 214;
Torren? (Pyrénées-Orientales), arr. de Prades.
ToRTiLiANUM, in Vivariensi, e. 416.
ToRTUosA civitas, c. 169; Tortose.
TOTILUS, dux in Vaseonia, e. 265.
ToTONis (villa), in Narbonensi, c. 48.
Ti\AciA, e. 7.
TRACTIORIUS, abbas Caucanensis, c. 196.
TRANSIRICUS, abbas S. Joannis Oriolensis, c. 262,
Trapaliamcus, villa in Narbonensi, e, 48.
TRASEBADUS, judex, c. 846.
TRASOARIUS, vassus dominicus, ce. 195, 23o.
Trencianuai, villa in pago Narbonensi, c. 344;
Trausse (Aude), arr. de Carcassonne.
Tresmali, villa in territorio Helenensi, c. 307.
TiiESVALLES, Tresvalli , locus in Rossilionensi,
ce. 346, 365.
Triburinum, palatium regium, c. 174; Trihur.
Tricastinensis pagus, e. 420 j Pays de Saint-Paul-
Trois-Châteaux.
TROILA, judex, c. 178.
Troilum, villa in Narbonensi, c. 48; Treil, com-
mune de Sallèles-d'Aude.
TRUCTERIUS, homo Suniarii comitis, c. jo-j.
TRUCTESINDUS, abbas Anianensis, ce. i36, 139,
141, 144.
TRUDOINUS, advocatus Autscindanae abbntissae,
e. 72.
Tr.iLiARES, villa in Elenensi pago, c. 385; Truillas
(Pyrénées-Orientales), arr. de Perpignan.
TuDA, TuDETA, villare, e. 69; Latude (Hérault).
Tudel (ecelesia de) in Lemovicino, c. 424.
TUDIS. Vide THEUDI.
TULGA, rex Gothorum, ce. 14, 19.
479
INDEX ONOMASTICUS ET GEOGRAPHICUS.
480
TuRNUSTUS, c. 417; Tournon-Ves-Villeneuve-de-
Berc (^Ardèche),
Tlrondelm, ciirtis in Rutenensi, c. 322.
TcRONENSis pagus, c. 39.
TuRONicA urbs, c. 38.
TuRRis, castrum in pago Agathensi, c. 221 ; Tour
de Valernau (^Hérault).
U
UcECIA, UCESSIA, UCETIA, ce. 26, 27, 29; I7^^î.
UcETiENSiS (ecclesia S. Theodoriti), c. 145,
UcETicus pagus, ce. 77, 78, 82, loj, 14;'), 2o3,
292. Vide UzETici'S.
UcECiENSis episcopus. Vide AMELIUS, ARIMUN-
DUS.
UcETiCENSiS cornes. Vide RADULFUS.
UcETiCKNSiS vicedominus. Vide RICARDUS.
UcENiAE, villa in Rossilipnensi, c. 346.
UDALGARDA, uxor Bernardi, c. 41 3.
UDULRICUS, cornes & marchio Septimnnîae,
ce. 287, 295.
UGABALDUS, )udex dominicus, c. 118.
Ugil'M, viens in Arelatensi, ce, 171, 416,
ÛGO, dux Francorum, rex, c. i3.
UGO, cancellarius. Vide HUGO.
ULFARIUS, cornes Albiensis, c. 1 24.
ULIEBAUDUS, abbas Crudatsnsis, c. 304.
Ulmes, villa, c. 69.
UMBERTUS, e. 363.
UMFRIDUS, marchio. Vide HUMFREDUS.
UNAFREDUS, cornes. Vide HUMFREDUS.
UNDESmDUS, clerieus, e. 217.
UNIFORTIS, judex, c. 370.
UNIFORTIS, mandatarjiis abbatis Caunensis,
c. 370.
UNOLDUS, e. 359.
UNOVIVUS, c. 388.
URBICUS, flumen in Hispania, c. 16.
Uruio, rivus. Vide Or.iiio.
Urbionense monasteriiim. Vide Crassexse.
Urgellensis ecclesia. Vide Orgellitana.
Urgellitanus cornes, c. 422.
Urritensis vallis, c. 363.
Ursariae, villa in Narbonensi, c. 48.
URSIUS, sajo, c. i85.
URSUS, Vicojuliensis episcopus, c. 42.
Utiacum, villa in Vivariensi, c. 418.
UzETicus comitatus. Vide Uceticis.
V
Vaeer , Vabra , Waiîkr , locus in ministerio Cu-
riensi, in page Ruthenico, ce. 326, 329, 3à7,
406; Vahre (^Aveyron).
Vabrense monasterium , ce. 32 1, 326, 329, 339,
357, 376, 405, 4i3.
VAur.ENSES abbates. Vide ADALGASIUS, BENEDIC-
TUS, BERNARDUS, FREDELO, ROTLANDUS.
Vaccaria, villa in pago Ausciensi, c. i i5.
VadegiAcus SAI-tus, c. 240 ; forùt de Ba-^iége (^Haute-
Garonne) .
Vadellus, locus in pago Narbonensi, c. 186.
VALAFONSUS, sajo, c. 382.
VALCHIGISUS dux, c. 262.
VALDEFREDUS, judex, c. 178.
Valedibrum. locus in page Rutenico, c. 406.
VALENS, imperator, c. i5.
Valextinensis comitatus, c. BçS.
Valentinensis pagus, ce. 416, 420.
VALENTINUS, papa, c. 22.
Valerianis sive Bagmles, villa in Septimania,
c. 211.
Vaeiliae, locus in Ruthenico, c. 340.
Vallavensis ecclesia. Fjt/e Vei.lavensis.
Valle Flaviana (S. Petrus de), cella in pago Ne-
mausensi, e. 93; Espeyran [Gard], commune de
Saint-Gilles,
Valligorgia (S. Martinus in), in Vivariensi,
c. 421 ; Saint-Martin de Valgorge (Ardèche),
Vallis- AxGLENSis, locus in pago Gerundensi,
c. 3i5.
Vallis-Aqditanica vel Aquitanie, in pago Carcas-
sensi, ce. 359, 36 1; le Val de Daigne.
Vallis-Aspirana vel Asi'Eri vel Asperia, territo-
rium, ec. i32, 178, 184, 247, 344, 348, 378 j le
Valespir.
Vallisvixaria, terminium in Vivariensi, ce. 4t7,
418; le Valvignhres.
VALTRUDA, uxor Ludonis, duels Aquitaniae,
c. 262.
VANDREGISILUS, cornes, marchio Vasconiae,
c. 261.
VANDTADA, comitissa, c. 263.
Vapres, villa in pago Biterrensi, c. 21').
Variatis, villa, c. 69.
VARINUS, abbas Alti-Fagiti, c. 262.
Vascoxes, Vlascones. Vide Wascoxes.
Vascoxia. Vide Wascoxia.
Vedotius, locus in pago Ruthenico, c. 329.
Vellaicus, Veulavexsis pagus, ce. ij6, 269, 393.
Vellavensis ecclesia, c. 386.
Vellavexsis episcopus. Vide GUIDO.
Vellavexsis cornes. Vide BERENGARIUS.
Vextaioxexse suburbium, ce. 7'), i23, 217, 344,
353, 387; Ventajou, en Minervois.
Vextolexexse suburbium in pago Narbonensi,
c. 288.
Verx, palatium regium, c. i33,
V^ERXETUM, villa in suburbio Elenensi, in pago
Russilionensi , ce. 337, ■^75; Vernet en Confient
(^Pyrénées-Orientales), arr. de Prades.
Veuxodoveris, Verxodurrus, villa in pago Nar-
bonensi, ce. 160, i.'i'i ; Saint-Chinian (^Hérault),
arr. de Saint-Pons.
48 1
INDEX ONOMASTICUS ET GEOGRAPHICUS.
482
Vesontio clvltas, c. 896; Besani^on.
Vetulla, locus in pago Rotenico, c. 82.
VIATARIUS, sacerdos, c. 878 .
VicANUM in Vivariensi, c. 417.
ViciACUM, locus, c. 4; Fint'i, dans le Camhrésis.
VICTIRINGUS, episcopus Nemaosensis, c. 28.
VICTOR, presbyter, ce. 296, 365.
Vicus SiRisiDUiM, villa in Valle Aspcri, c. 184.
ViENiSAcuM, in Vivariensi, c. 416.
ViENNENSIS pngllS, c. 417.
VIFARIUS, dux Aqiiitaniae. Vide WAIFARIUS.
VIFREDUS, cornes. Vide WIFREDUS.
ViGi'.o, villa in Ruthenico, c. 339.
ViLADis, villa in pago Ucetico, c. 78.
Vila-Farpanas (S. Germanls de), villa & ccclesia
in pago Tolosano, c. 44.
ViLARETUM, villa in Bisuldiinensi, c. 412.
VILIAFREDUS, abbas monasterii Montisolivi. Vide
WILIAFREDUS.
Villa, locus in pago Rutenico, c. 406.
Villa-Gainago, locus in pago Tolosano, c. 44.
ViLLA-GoTTOKUM, viUa in pago Tolosano, c. 27*;.
ViLLALONGA, villa in pago Tolosano, c. 275.
ViLLAMANNA, pracdium in pago Tolosano, c. 112.
ViLLANOVA, in pago Elenensi, ce. r88, 29;); Ville-
neuve de la. Raho [Pyrénées-Orientales), arr. de
Perpignan.
ViLLANOVA, in territorio Magalonensi , c. 126;
Villeneuve [Hérault), arr. de Montpellier.
ViLLA-NovoLio (S. Martinus de), ccclesia & villa
in pago Tolosano, c. 44.
Villapinta, villa in pago Tolosano, c. 112; Ville-
pinte [Aude), arr. de Castelnaudary.
V1LLARIS, villa in pago Gavaldanensi, c. 78.
ViLLARUBEA, villa in pago Narbonensi, c. 2825
Villerouge [Aude), arr. de Carcassonne.
ViNACiAcuM, villa in pago Carcassensi, c. 36i.
VINCENTIUS, judex dominicus, c. 187.
VINDELINA, uxor Undesindi clerici, e. 217.
VINDOLAICUS, notarius, c. 59,
ViMONis, villa in pago Carcassensi, c. 299.
ViNOSOLLS, cella in pago Carcassensi, c. 207.
VIPvANA, uxor Ebolati, c. 119.
ViRDiMiNus, castrum in pago Tolosano, c. i 1 1.
VIRGILIA, uxor Suniarii, c. 388.
ViRvicARiAE, villa in pago Aglnnensi, c. 44.
Visera, fluvius, ce. 38 1, 407, 409 j la Vénère.
VITALIS, c. 147.
VITERICUS, VUUITTERICUS , rex Gothorum ,
ce. 14, 18.
ViTiLiANUM, villare in pago Narbonensi, c. 282;
Védillan [Aude), arr. de Narbonne.
V1VACIUS, filius Gaudioci hebraei, c. 211.
VivADEREMUS, villa in pago Tolosano, c. 43.
V1VARIENSES comités. Vide ELPODORIUS, ERI-
BERTUS.
VivARiENSES episcopi, G. 41 5. Vide ARDULPHUS,
AULUS, BERNOINUS, ETHERIUS, EUCHERIUS,
EUMACHIUS, FIRMINUS, JOHANNES, LONGI-
NUS, LUCIANUS, MELANIUS, RU STICUS, THO-
MAS, VALERIANUS, VENANTIUS.
VjvARiENSis comitatus, ce. 116, 3o3.
VivARiENSis pagus, ce. 417, 420.
ViVARIENSiS (S. VlNCENTIUs), CC. 336, SpS, 414,
4i;>, 416, 417, 418, 419, 420, 421.
Vivarium, castrum, ce. 41. 5, 421.
— ecclesia S. Auli extra muros, c. 418.
— S. Romani ecclesia foras portas, c. 418.
VocERNLM, in Vivariensi, c. 416.
VoLANETA, in Vivariensi, c. 418.
VUAIFARIUS. Vide WAIFARIUS.
VUALDUS sire VUDALDUS, c. 400.
VUARNETRUDES, uxor Pétri, c. 332.
VUIFREDUS, cornes. Vide WIFREDUS.
VUILAFREDUS, abbas Montisolivi. Vide WILA-
FREDUS.
VUILIMIRUS, avus Tcodcfredi, c. ïZi.
VUILLELMUS, Caturcensis episcopus, c. 409.
VUINEDURIUS, Helcnensis episcopus, c. 5').
VUITERICUS, VUITHERICUS, judex, ce. 3o6, 378.
VUITEPJNGUS, episcopus Nemausensis, c, 5.">.
VUITTARDUS, abbas Bonevallensis, c. 27a.
VULFEGARIUS, episcopus Biterrensis, c. 9,
VULFINUS, clericus, c. 870.
VULFIRIUS, archidiaconus in Minertcnsi, c. 341.
VULFRANDUS, palatinus cornes, c. 46.
VuLPiLiAGUM, *ilia in pago Tolosano, c. 44.
W., prior Bellilocensis, c. 424.
Wader, locus in pago Rutenico. Vide Vaber.
Wai!re.\se monasterium. Vide Vadrense.
WADALARICUS, advocatus episcopi Gerundensis
& vicarius, c. 1 1 3.
WADAMIRUS, avus Ricemiri, c. Zo-j.
WADEMIRUS, judex, c. i9r>.
WAIFARIUS, VIFARIUS, VUAIFARIUS, princeps
Aquitanie, ce. 7, 264.
WALARICUS, mandatarius abbaiis monasterii
Caucanensis, e. 195.
WALLIA, rex Gothorum, ce. 14, 16.
WAMBA, rex Gothorum, ce. i5, 19, 20.
Wandali, ce. 16, 17.
WARDINA, mandatarius abbatis Exalatensis,
c. 846.
WARNO, comes palatii, c. 122.
Wascones, ce. 7, 12, 18, 19, 20, 342.
Wascoma, Vasconia, ce. 22, 261.
WATBERTUS, cornes palatii, c. 122.
WIDO. Vide GUEDO.
WIELMUS. Vide GUILLELMUS.
WIFREDUS, VIFREDUS, comes Barchinoncnsis,
ce. 372, 399, 411.
WIFREDUS, c. 344.
II
483
INDEX ONOMASTICUS ET GEOGRAPHICUS.
484
WIGO, vir ilhistris, c. i55.
WILADUS, episcopus Urgellensis, c. 365.
V/ILAFREDUS., VILIAFREDUS, VUILAFREDUS,
abbas Montisolivi, ce. i65, 191, 332.
WILELMUS. Vide GUILLÉLMUS.
WILIADUS, vassus dominicus, c. 195.
WILLELMUS, cornes, c. 22.
WILLELMUS, cornes, c. 408.
WILLELMUS. Vide GUILLELMUS.
WILLISCLUS, presbiter, c. 819.
WIMAR, vassallus imperatoris, ce. i83, i88>
WISINERGUS, diaconus, c. 79.
WISTRIMIRUS, c. 293.
WlTBURG. Vide GuiTBURGiS.
WITCHARIUS, filins Willelmi comitis, c. 65.
WITIDA, c. 297,
WITIZA, abbas Exalatensis, c. 346; sacerdos,
c. 365.
WITIZA, rex Gothorum, ce. 19, 20, 24,
WLF ARDUS, cancellarius, c. 400.
WOIGA, abbas S. Aniani, c. i6o.
WUITESINDUS, jiidex, c, 370.
WUITIGISUS, pater Ricemiri, c. ooj.
Y
YROGIUS, notaiius, c. 349.
YSPANIA, HiSPANlA. Fit/ e Sl'ANIA .
YTERIA, femina, c. 418.
ZACHARIAS, papa, c. 6.
Zkbezan, villa in page Narbonensi, c. jcç; Ce-
ba'^an {Hérault'), arr. de Saint-Pons.
Zencuf.ridm, villa in Cerdania, c. 218.
ZENO, imperator, c. 17.
ZMAPvAGDUS, abbas Anianensis, c. 12,
TABLE
OUVRAGES CITES DANS LES TOMES I ET II
DE LA NOUVELLE EDITION DE L'HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC
N. B. — Les ouvrages précédés d'un astér'ique (*) ne sont cités que par les nouveaux éditeurs.
*Abn 'l-Mahasin Ibn Tagri. — Annales éd. Juynboll & Matthes, t. i. Leyde,
i853, in-8".
AcHÉRY (D. Luc d'). — Spîcîlegîurfl sive coîîectio veterum alîquot Scriptorum qui in Galliae
hibliothecis hactenus delituerant. Parisiis, 1728, 3 vol. in-f".
La première édition formait )3 volumes in-4'', Paris, 1605-1677. D. Vaissete paraît avoir employé
tantôt l'une, tantôt l'autre.
Acta Sanctorum, quotquot toto orbe coluntur vel a scriptoribus catholicis celebrantur...
Cette collection, que D. Vaissete désigne aussi sous le nom de Bollandistes, était arrivée, en 1729, au
tome VI de juillet, en i73i, au tome VII du même mois. Aujourd'hui elle a atteint la fin du mois
d'octobre} imprimée successivement à Anvers, Bruxelles, Tongerloo & Bruxelles (1643-1861).
' Dans la présente Table, sur le modèle de la- de retrouver. — Les ouvrages que nous avons em-
quelle nous en donnerons successivement d'autres ployés pour la rédaction de ce catalogue sont :
dans les tomes V, VIII, X & XII de l'Histoire le Manuel du Libraire Ae Brunet, la Bibliothèque
générale de Languedoc, nous n'avons compris, à historique du P. Lelong, le Catalogo de Salva, la
peu d'exceptions près, que les ouvrages formant Bibliotheca medii aevi de Potthast, & enfin quel-
corps & publiés séparément; nous n'indiquons ques recueils spéciaux qu'il serait trop long d'in-
que les articles de revue qu'il pourrait être difficile diquer ici.
486
TABLE BIBLIOGRAPHIQUE.
Ado (S.), archiepiscopus Viennensis. — Chronïcon, sive brevïarïum chronicorum de sex
mundî aetatïbus, usque ad ann. 869.
Bihliotheca PP. Lugdunensis, 1677, t. 16. — Pertz, SS. t. 2, p. 3i5.
— M.artyrologîum.
Edition donnée, vers i65o, par Mosander; plus tard, édition de Rosweyde. L'une & l'autre sont
antérieures à la publication du tome I des Bollandistes & indiquées par eux (janvier, t. 1, Préface,
p. LU a,
AdreVALDUS, monachus Floriacensîs. — IVLïracula S. Bénédictin abbatis Cassinensis.
Mabillon, AA. SS. ord. S. Bened. saec 2, p. 80. — De Certain, Les miracles de Saint- Benoit, Paris,
in-8°, i858, pour la société de l'histoire de France.
.£lien. — Farine historiae, gr. &■ lat., Tanaquillus Faber emendavit, Salinurii, 1668, iii-12.
AgaTHIAS scholasticus, Myrinaeiis. — Ilspt t?;ç 'hucTiviavoj BaciAeiac... De imperio & rébus
gestis Justiniani imp. libri 5 (SSz-SSç).
Dans la collection byzantine du Louvre, Paris 1660, in-f° j de nouveau à Venise, 1729, in-f".
Agobardus, episcopus Lugdunensis. — Opéra, éd. Baluze. Paris, 1666, 2 voL 111-8°.
— Epistoîa deploraioria ad Matfredum de divisione imperii Francorum inter haeredes Ludo-
vici pii (833).
Duchesne, t. 2, p. 329, & in edit. Bahiziana, t. 1, p. 42.
Aguirre (J.). — Collectio conciliorum Hîspaniae. Romae, 1693, 4 vol. in-f".
Aigulphi (Vita S.), abbatis Lerinensis & sociorum martyrum.
Bollandistes, 3 sept, i, p. 743.
AlMOiNUS, monachus S. Germani a Pratis. — Translatio S. Vincentii levitae ad monaste-
rium Castrum, dioc. Albigensis.
Mabillon, AA. SS. ord. S. Bened. saec 4, i, p. 5^4, & Bollandistes, 22 janv. 2, p. 400.
AlMOiNUS, monachus Floriacensîs. — Historia Francorum; éd. Nicot, Paris, iSôy (em-
ployée par D. Vaissete).
Duchesne, t. 3, p. i. — Bouquet, t. 3, 1 1, 12.
— Contînuatio (jbid).
Alcuinus. — Opéra.
Edit. de André Duchesne, Paris, 1617, in-f". — Réédit. par Froben, Ratisbonne, 1777, 2 vol. in-f".
— Epistolae.
Duchesne, t. 2, p. 668. — Bouquet, t. 5, p. 604. — Rec. complet dans les Monumenta Alcuiniana
de Jaffé.
Aîdrici {Gesta), episcopi Cenomanensis. Voyez Gesta episcoporum Cenomanensium.
Aldzreitterus & Brunnerus. — Annales Boicae gentis, a primis rerum Boicarum
initiis ad ann. i3ii. Francofurti, 17 10, in-f".
*Al-Makkari. — Analectes sur Vhistoire & la littérature des Arabes d'Espagne, publiés
par Dozy, Dugat, Krehl & Wright. Leyde, 1857-1864, 2 vol. in-4".
Amandi (Vita 5.), episcopi Trajectensis.
Bolîand. 6 févr. t. i, p. 854. — Alia. auctore Baudemundo, monncho Elnonensi; ihid. p. 848.
•^ Mabillon, AA, SS. ord. S, Bened, saec 2, p. 710.
AmmiaNUS Marcellinus. — Rerum gestarum qui de XXXI supersunt libri xviir.
Edit. donnée par Ad. de Valois, 1681, Paris, in-f". — Réédit. avec les notes du même & celles de
H. de Valois & de Lindenbroch, en 1693, à Leyde, in-4''.
TABLE BIBLIOGRAPHIQUE. 487
Anastasius Birliothecarius. — Fitae Romanorum pontificum, sîve liber pontlficalis...
ex edit. & cuni notis Fr. Blanchini. Romae, 1718-1735, 4 vol. iii-f".
Cité pour la vie de S. Grégoire II, Bolland. i3 fév. t. 2, p. 702.
AndAliciensis ANONYMUS, dans Ferreras (voir ce nom), ad aiin. 748.
Andegavense {Chronïcon).
Diichesne, t. 2, p. 386 — Ce que Duchesne appelle ainsi est une chronique de Saint-Sergj d'Angers,
dont il a publié deux fragments & que l'on retrouve complète dans les Chroniques des églises d'Anjou
de MM. Marchegay & Mabille, Paris, 1869, p. 129.
Andoque (Pierre). — Catalogue des évèques de Bé-^iers. Béziers, Martel, i65o, in-4°.
Ange (le P.). — Histoire généalogique & chronologique des grands officiers de la couronne
& de la maison du roi. Paris, 1726-1733, 9 vol. iii-f".
Plus connue sous le nom de son auteur & premier éditeur, le P. Anselme. — D. Vaissete a employé
la dernière édition de cet ouvrage & l'a souvent appelé : Histoire des pairs de France.
— Histoire généalogique &• chronologique de la maison de France,
Autre titre du précédent.
Anianî (Vita S.), epîscopi Aurelîanensis.
Dans Su ri us, Fltae SS, au 17 novembre. — Duchesne, SS. t. i, p. 52 i.
Annales veteres. Voyez les mots Loiseliani, Tiliani, Petaviani, Karoli (vita).
Duchesne, t. 2, pp. 9, 21, 3i, 53.
AnnalistA Saxo. — Chronïcon quo res gestae ah înitio regni Francorum enarrantur (741-
1139).
Dans le Corpus historicunt med'ii aevt de Eccard, Leipzig, 1723, 2 vol. in-f". — Pertz, éd. Waitz,
t. 6. p. 542.
Anonymus Cuspiniani.
Dans le De consuUbus Romanorum commcntarïi, Basil. i553, in-f". — Dans Roncalli, Fctustiora.
latinorum chron'ica, Padoue, 1787. — Voir, à ce sujet, G, Monod, Etudes critiques sur les sources de
l'histoire mérovingienne, p. 12. — C'est un fragment des célèbres Annales de Ravenne, auxquelles appar-
tiennent aussi les deux articles suivants. Ces annales viennent d'être reconstituées dans un des derniers
numéros du Neues Archiv dar Gesellschaft fur aeltere deutsche Geschlchte, 1876, p. 217 & suiv (art. de
M. Holder-Egger).
Anonymus Ravennensis.
C'est probablement le même que le suivant.
Anonymus Valesianus.
A la suite de 1' Antmien Marcellin (voir ce nom) de Valois, Paris 1681, in-f".
AnsEGISUS. — Capitularium libri IV.
Bnluze, Capitularla, t. i . — Hertz, Legcs, t. J, p. 256.
AnTONINUS. — August. aniiq.
Ouvrage que nous n'avons pu retrouver. C'est peut-être Vltinéraire attribué à l'empereur Antonin.
*Antonin (Itinéraire d'). Edit. Renier, Paris, i85o.
*Antonio. — Bibliotheca Hispana vêtus £• nova. Rome, 1672-1696,4 vol. in-f". Réim-
pression à Madrid, 1783-1788.
*Anville (D'). •— Géographie ancienne abrégée. Paris, 1768, 3 vol. in-12.
Appien. — Opéra. Edit. Didot, Paris, 1840, in-8".
b. Vaissete a sans doute employé l'édition dite \>ar'iorum cl'AmsterJam, 1670, 2 vol. in-S".
4«8 TABLE BIBLIOGRAPHIQUE.
♦Aristophane. Paris, Didot, 1860, in-8".
ArnALDUS de VerdALA, episcopus Magaloiiensis. — Séries episcoporum Magalonen-
sîum (770-1 133).
Labbe, B'iblioth. nova, t. i, p. 793. — M. Germain, de Montpellier, en prépare une édition qui sera
sûrement définitive.
Arrien. — De expedîtîonibus Alexandri magni lîbri VU. Amsterdam, 1668, i vol. iu-B".
*Art de vérifier les dates (L') des faits historiques... publié par D. Clément j édit. in-f",
Paris, 1783, 3 vol.
*ArtAUD (François). — Discours sur les médailles d'Auguste & de Tibère au revers de
l'autel de Lyon. Lyon, 1820, in-4'', pi.
*AscHBACH. — Geschichte der Westgothen. Francfort-sur-le-Mein, 1827, in-8".
AsïRONOMUS. — Vita Hludowici pii imperatoris (778-840),
Duchesne, t. 2, p. 286. — Bouquet, t. 6, p. 86. — Pertz, t. 2, p. 607.
AsTRUC (Jean), docteur en médecine. — Mémoires pour l'histoire naturelle de la province
de Languedoc, divisés en trois parties & ornés de figures & de cartes en taille-douce.
Paris, 1737, in-4°.
Athanase (S.). — Epist. ad solîtarîum.
Dans ses œuvres, édition des Bénédictins. Paris, 1698, 3 vol. in-f°.
Athénée. — Deipnosophistarum libri XV, avec les remarques & les notes de Casaubon.
Lyon, 1657 & 1664, in-f°.
*AiJDiBERT (l'abbé). — Dissertation sur les origines de Toulouse, Avignon & Toulouse,
1764, in-8°.
Audigier. — De l'origine des François & de leur empire. Paris, 1676, 2 vol. in-12.
Augustin (S.). — Opéra. Édit. des Bénédictins. Paris, 1679-1700, 8 vol. in-f°.
AusoNius. — Opéra, avec les Lectiones Ausonianae de Scaliger & le Commentaire de
El. Vinet. Bordeaux, 1690, in-4''.
Autisiodorensium (Gesta sive historia episcoporum).
Labbe, Biblioth. nova mss. t. i, p. 411, &. D. Bouquet, t. 9, 10 & suiv.
AviENUS (Rufus Festus). — Ora maritima.
D. Vaissete a probablement employé l'édition de Madrid, 1634, in-4". R-éédité dans les Poetae latini
minores de Wernsdorff.
AviTUS ViENNENSis (S.). — Epistolae.
Dans l'édition donnée par Sirmond, Paris, 1648, in-8°, & dans le tome II des œuvres eomplètes
de Sirmond.
*Aymard. — Les premiers évèques du Puy, étude critique sur leur ordre de succession
& sur la date de la translation du siège épiscopal de Saint-Paulien au Puy. Le Puy,
1870, in-8".
Baillet (Adrien), bibliothécaire du président de Lamoignon. — Vies des Saints de
France.
Dans le recueil des Vies des Saints, Paris, 1701, 1714, in-f", 4 vol. ïbid, 1701, in-8", 17 vol, Ibid.
1739, in-4", '° ^°''
TABLE BIBLIOGRAPHIQUE. 489
Baluze. — Concilia Galliae Narbonensis^ collecta & notis illustrata. Parisiis, Muguet,
1668, in-8".
— Miscellanea, hoc est collectio veterum monumentoruni quae hactenus latuerant in
variis codicibus ac bibliothecis. Parisiis, lôyS-iyiS, 7 vol. iii-8".
Il y en a une seconde édition, donnée par Mansi. Lucques, 1761, 4 vol. in-f".
— Capitularia regum Francorum. Parisiis, 1677, 2 vol. iu-8".
— Histoire généalogique de la maison d'Auvergne. Paris, 1708, 2 vol. in-f".
— Historia ecclesiae Tutelensis. Parisiis, 1717, in-4".
— Notae in Agobardum. Voir Agobardus, episcopus Lugdunensis.
— Notae in Cyprianum. Voir CypriANUS.
— Notes sur Loup de Ferrières. Fo/r Lupus.
— Notae in Salvianum. Voir Salvien.
— Notae in concordia Pétri de M.arca. Voir Marca.
Baronius (Caesar), cardinalis. — Annales ecclesiastici, usque ad annum 1198. Roniae,
1 593- 1607, in-f°. Voir Pagi.
Basnage. — Praefatio in epistolas Desiderii. Voir S. Desiderius, episcopus Caturcensis.
Bathildis (Vita S.), reginae Galliae.
Mabillon, AA. SS. ord. S. Bened. saec 2, p. yyS. — Bolland. 26 janv. t. 2, p. ySc;.
BaudraND. — Dictionnaire géographique & historique, revu & augmenté par D. Gelé,
bénédictin. Paris, 1705, 2 vol. in-f".
Bayle. — Dictionnaire historique £• critique. Troisième édit. Rotterdam, 1720, 3 vol. ia-l".
BeATUS Rhenanus. — Rerum Germanicarum libri très. Basileae, MDXXX, in f".
— Castigationes in Tacitum.
Ont paru d'abord dans l'édition de Bàle, de Froben, i533, in-f", & dans bieaucoup d'éditions posté-
rieures.
BedA. — Historia ecclesiastica gentis Anglorum, libri V. Éd. Chifflet. Paris, 1681, in-f".
Benedictus, levita sive diaconus. — Capitularia (843-847).
Baluze, Capitularia, t. i . — Pertz, Leges, t. 2, p. 17. — Forment les trois derniers livres de la
collection d'Anségise (voir ce nom).
Benedicti cVita 5.), abbatis Anianensis, auctore Smaragdo, ejus discipulo.
Bollandistes, 12 février, t. 2, p. 610. — A A, SS. ord, S. Bened. saec 4, part, i, p. 192.
Bergier. — Histoire des grands chemins de l'Empire romain. Bruxelles, 1728, 2 vol. in-4".
*Bernard (Aug.). — Description du pays des Segusiaves... Lyon, i858, in-8".
— Le temple d'Auguste £• la nationalité gauloise... Lyon, i863, in-4".
BernARDUS Guidonis. — Praeclara Francorum facinora variaque ipsorum certamina plu-
rimis in locis, tam contra orthodoxae fidei, quam ipsius gallicae gentis hostes impigre
gesta ab an. 1 200-1 3ii.
En partie de Bernard Gui, en partie de son prédécesseur, Pierre, évêque de Lodève. — Oatel, Comtes
de Toulousej p. iii. — Duchesne, t. 5, p. 764. — Bouquet, t. 21, p. 691.
BeroALDUS, in Suetonium. Fo/r SuETONius.
Bertharii (Passio 5.), abbatis Casinensis.
Bollandistes, 22 oct. t. 9, p. 670.
490
TABLE BIBLIOGRAPHIQUE.
Bertiniani annales (jj^i-SS 2).
Diichesne, SS. t. 3, p. i5o. — Pertz, SS. t. i, p. 423.
^Bertrand (A.). — Celtes, Gaulois & Francs. Paris, 1873, iii-8".
BertrANDI (Nicolas). — Opus de Tholosanorum gestls, ab urbe condita. Tholosae,, i5i5,
iii-f".
Besly (Jean). — Histoire des comtes de Poitou & des ducs de Guyenne. Paris, 1647, in-f".
BessE (Guillaume). — Histoire des ducs, marquis & comtes de Narbonne, avec les preuves.
Paris, 1660, in-4".
Besuense chronicon (600-1177).
Plus souvent appelé Annales Besuenscs. — Edit. par d'Achéry, Paris, 1604, in-4", & dans son
Spicilége, t. I , p. 489, ou t. I , p. 400. — Bouquet, t. 9, 1 1 , 12. — Pertz, SS. t. 2, p. 247.
BiNius. — Conciles.
Collection publiée par Séverin Bini, chanoine de Cologne en 1606, 4 vol. in-f°; une autre édition
en 1616 en 9 vol., & une troisième à Paris en 10 vol. i638 (Rigaud, Biblioth. sacrée, édit. de 1822,
t. 5, p. 47). Les notes de Bini ont été réimprimées dans la collection de Labbe.
*BoECKH (Auguste). — Corpus Inscriptionum Graecarum. Berolini, 1828 & ann. seq.
2 vol. in-f".
— Metrologische Untersuchungen. Berlin, i833.
*B0ECKING. — Notitia dignitatum & administrationum omnium tam civilium quam militarium
in partibus Orientis & Occidentis. Ad codd. mss. editorunique fidem recensuit com-
meHtariisque illustravit Ed. Boecking. Bonn, i839-i853, 3 vol. in-8''.
*BoFARULL Y Mascaro (D. Prospero). — Los condes de Barcelona vindicados. Barce-
lona, i836, 2 vol. in-8".
*BoiSSiEU. — Inscriptions antiques de Lyon, reproduites d'après les monuments ou
recueillies dans les auteurs. Lyon, 1846-54, in-4''.
BOLLANDISTES. Voir Acta Sanctorum.
*BoNAMY. — Recherches sur Timagène.
Dans les Mémoires de l'académie des inscriptions & belles-lettres^ t. |3, p. 46.
BoNGARS, in Justinum. Voir JusTiNUS.
Boniti (Vita 5.), episcopi Arvernensis, auctore coaetaneo anonymo.
BoUandistes, i5 janv. t. i, p. 1070. — AA. SS. ord. S. Bcned. saecul. 3, part, t, p. 89.
*BoNNEFOY (de). — Èpîgraphie Roussillonaise ou Recueil des inscriptions des Pyrénées-
Orientales. Perpignan, i856-i86o, in-S".
BoREL (Pierre). — Les antiquités, raretés^ &c. de la ville & comté de Castres en Albigeois.
Castres, Colomiez, 1649, in-8".
Bosc (Jean du). — Floriacensis vêtus bibliotheca benedictina. Lugduni, i6o5, in-8".
Bosquet. — Ecclesiae GalUcanae historiarum libri quatuor, usque ad datam a Constantino
impifatore ecclesiae pacem... Parisiis, i636, in-4".
Bouche (Honoré). — Ld chotographie ou description de la Provence. Aix, David, 1664,
in-f", 2 vol.
Bouchet (Jean du). — Là véritable origine de la seconde & tt'oisième lignée de la maison
de France... Paris, 1646 & 1661, in-f".
TABLE BIBLIOGRAPHIQUE. ^ 491
*BouDARD. — Essai sur la numismatique ibérienne, précédé de recherches sur V alphabet &
la langue des Ibères. Béziers & Paris, 1857-1859, iu-4".
*BoUQUET (D.). — Recueil des historiens de France & des Gaules Paris, i738-i865,
in-f", en cours de publication.
Dans notre ouvrage, ce recueil est indiqué tantôt par ces mots : Historiens Je France, tantôt par le
nom de D. Bouquet, éditeur des huit premiers volumes,
*BoUTARlc (E.). — Institutions militaires de la France avant les armées permanentes. Paris,
i863, iu-S".
BoUTEROUE. — Recherches curieuses des monnaies de France. i65o, in-f".
Branche (Jacques). — Les vies des saints & des saintes de l'Auvergne & du Vélay. Le Puy,
i652, in-8".
Briet (Philippus), e societate Jesu. — De Gallia antiqua, cum tabulis geographicis. Pari-
siis, Cramoisy, 1648, 3 vol. iii-4°.
Dans son Parallela geographiae veteris & novae, 1. 6.
BriZ MartinEZ (Juan). — Historia de la fundacion y antiguedades de San Juan de la
Pena; y de los reyes de Sobrarve, Aragon y Navarra, que dîerion principio a su Real
Casa, y procuraron sus acrecentamientos, hasta que se unio el Principado de Cataluna
con el regno de Aragon. Ordenada por su abbad, Don Juan Brii^ M.artine'{. Saragosse,
1620, in-f".
Salva, Catalogo, n. 2847.
*Brosses (le président de). — Histoire de la République romaine dans le cours du septième
siècle, par S alluste, en partie traduite du latin, en partie rétablie & composée sur
les fragments qui sont restés de ses livres perdus. Dijon, 1777, 3 vol. in-4".
*Bruel (A.). — Essai sur la chronologie du cartulaire de Brioude, dans la Bibliothèque
de l'Ecole des Chartes, t. 27, p. 446.
Brun (J.-B. le). — Fie de Saint-Paulin, en tête des œuvres de S. Paulin de Noie, édition
de i685. Voir Paulinus.
CabANNENSIS (Ademarus). — Chronicon Aquitanicum & Francicum, seu historia Franco^
rum, lib. 3.
Labbe, Bihlioth. nova, t. 2, p. i5i. — Pertz, SS. t. 4, p. m3j n'employer que cette dernière édition,
dans laquelle l'interpolateur a été, pour la première fois, imprimé séparément.
CaëSAR •— interprètatione £• notis illustravit Joan. Goduinus, in usum Delphini. Paris,
1678, in-4''. — Édit. Nipperde"i, Leipzig, i853; Frigell, Upsal, 1861.
* — Traduction avec annotations de A. Bernard & du général Creuly. Paris, i865-6, in-8",
2 vol.
Caesarii (Vita S.), episcopi Arelatensis, auctoribus Cypriano, Firmino & Viventio epis-
copis & auctoribus Messiano presbytero & Stephano diacono.
Mabillon, AA, SS. ont. S. Bened. saec, i, p. 65ç). — Bolland, 27 août, t. 6, p. 64.
CandiDIUS. — Historiae apud Photium. Voir OlympIoDORE.
Cange (Charles du Fresne, seigneur du). — Glossarium ad SS. medlae & infimae latînitatis;
editio nova, auctior & locupletior, opéra & studio mOnachorum ordinis S, Bene-
dicti e congregatione S. Mauri. Paris, Osmond, 1733, 6 vol. in-f"j
492
TABLE BIBLIOGRAPHIQUE.
CanisIUS. — Thésaurus monumentorum ecclesîastlcorum S- histoncorum seu lectiones anti-
quae. Ed. secunda, cur. Jac. Basnage, Antverpiae, lyaS, 7 tomes in-l".
Capitolinus. — Vitae T. Antonlnî, Marcî-AureUi, Albïnl imper atorum.
Dans les Historiae augustae scriptores de Saumaise & Casaubon. Parisiis, 1620, in-f°.
Casaubon. Notae in Spartîanum, in CapîtoUnum. Voye':^ ces noms.
Caseneuve (Pierre de). — Instructions pour le franc-alleu de la province de Languedoc.
Tolose, 1641, in-4°.
Cassianus. — De institutis coenobiorum, origine, causis &■ remediis vitiorum.
Dans les Opéra omnla du même, édit. d'Arras, 1628, 1 vol. in-fol., ou Douai, 1616, 2 vol. ïn-S".
Cassiodore. — Chronicon.
Dans ses Opéra omnia, édit. par Jean Garet, moine bénédictin. Rouen, 1679, 2 vol. in-f",
— Epistolae, ut supra.
Duchesne, t. i , p. SSy. — Bouquet, t. 4.
*Castagné. — M.émoire sur /'oppidum de Murcens. Cahors, 1868, 16 pages & 8 plan-
ches in-f".
Castrense (^Chronicon).
Dans d'Acliéry, Spicîleg'ium, t. 7.
Catel (Guillaume de). — Histoire des comtes de Tolose, avec quelques traités & chro-
niques anciennes concernant le même sujet. Tolose, Bosc, 1623, in-f".
— IS/Lèmoires de Vhistoire du Languedoc. Tolose, Bosc, i633, in-f".
Catrou. — Histoire romaine depuis la fondation de Rome (jusqu'en l'an 47 de J.-C).
Paris, 1725-1735, 21 vol. in-4".
*CAYLUS. — Recueil d'antiquités égyptiennes, étrusques, grecques & romaines. Paris^ 1752-
1767, 7 vol. in-4°.
CellARIUS. — Notitia orbis antiqui (alias Geographia antiqua). Lipsiae, 1731, 2 vol. in-4".
— Dissertation sur les Cimbres, citée tome II, notes, p. 34.
Sans doute une des dissertations qui accompagnent l'ouvrage précédent.
Celse. — De TS/Ledicina libri viii, ex recognit. Joh. Antonidae van derLinden. Lugdun.
Batav. Joh. Elzeverius, i657, in-12.
Cenomanensium (Gesta episcoporum).
Mabillon, Anaîecta yetera, p. 327, ou p. 819 suiv. l'édit. — Bouquet, t. 10, 11, 12.
Centulense (Chronicon). Voir Hariulphus.
ChABANEL (Jean de). — De l'antiquité de l'église de Notre-Dame de la Daurade à Tolose
& autres antiquités de la ville. Tolose, Colomiez, 162 1, in-8°.
Charenton. Voir Mariana.
Chesne (André du). — Historiae Francorum scriptores coaetanei tomus i. Parisiis,
i636, in-f'j t. 2, i636; t. 3, 1641; t. 4, 1641; t. 5, 1649.
Les trois derniers volumes sont de son fils François du Chesne.
^Chevalier (C). — Origines de l'Église de Tours. TourS;, 1870, in-8".
ChiffletIUS (Franciscus), e societate Jesu. — Dissertatio de uno Dionysio primuni AreO'
pagita & episcopo Atheniensi, deinde Parisiorum apostolo & martyre. Parisiis, 1676, in-S".
TABLE BIBLIOGRAPHIQUE. 493
*Chorier. — Recherches sur les antiquités de la ville de Vienne. Nouvelle édition, Lyon,
1828.
Chronicon.
Duchesiie, t. 2, p. 402. — C'est un fragment allant de 840 à 877, & qui paraît être tiré textuelle-
ment d« la chronique d'Adon de Vienne.
Chronicon.
Dans Lambecius, t. 2, p. 366. — Annales Francorum Laureshamemes iivc Fuldcmcs (714-817). —
Bouquet, t. 2, p. 645.
*Chrysostome (S.). — Homélies. Éd. Dubner, Paris, Didot, 1861, in-S".
*ClAMPi. — Gesta Karoli magni ad Carcassonam Sr Narbonam. Florence, 1828, in-8".
CiCERO. — Opéra omnia cum notîs variorum, 21 voL in-S". Edition Graevius, 1677-1730,
in-S".
Les nouveaux éditeurs emploient l'édition du Pro Cluentio de Reinhold Klotz, Leipzig, i852.
CiTRY DE LA GuETTE. — Histoire des deux triumvirats, augmentée de la Vie d'Auguste
par Larrey. Amst. lyiS ou 1720, 4 tomes eu 2 vol. in-12,
ClAUDIEN. — De bello Getico. — De VI Honorii consulatu.
Dans les œuvres de ce poëte, édit. variorum, Amst. in-8", i665} faite sur l'édit. de Heinsius.
Clotildis (Vita S.), reginae Francorum.
Mabillon, AA. SS. ord. S. Benei. saec. i, p. 98.
Cluverius (Ph.). — Germaniae antiquae libri très. Leyde, i63i, in-f*.
*CoHEN (Henri). — Description générale des monnaies de la République romaine, commu-
nément appelées médailles consulaires. Paris, iSSy, in-4°.
— Description historique des monnaies frappées sous l'Empire romain, communément appelées
médailles impériales. Paris, 1859-60, 5 vol. in-8°.
CoLUMBi (J.). — De rébus gestis episcoporum Vivariensium libri IV. Lugduni, i65i, in-4''.
Réimprimé à Lyon, en 1668, avec ses autres ouvrages j c'est cette dernière édition que D. Vaisseje
cite.
*C0MARM0ND. — Description du musée lapidaire de la ville de Lyon. — Epigraphie antique
du département du Rhône. Lyon, 1846-54, in-4°.
*Conciliorum Galliae tam editorum quam ineditorum colkctio, Opéra & studio monachorum
congreg. S. Mauri (D. P. Dan. Labat), 1789, in-f".
*CoNDE. — Historia de la dominacion de los Arabes en Espana. Madrid, 1820, 3 vol. in-4".
C0RDEMOY (Géraud de). — Histoire de France. Paris, 1685-1689, 2 vol. in-f".
Corneille (Thomas). — Dictionnaire universel géographique & historique. Paris, 1708,
3 vol. in-f".
CoSMAS Aegyptius, monachus. — Christiana topographia, &c.
Dans la Collectio nova patrum & scriptorum Graecorum de Bernard de Montfaucon, t. 2, p. ii3.
Paris, 1706.
COUSTANT (D.). — Opéra S. Hilarii, episcopi Pictaviensis. Voir S. HiLARlus.
— Epistolae Romanorum pontificum & qu<ie ad eos scriptae sunt... Parisiis, 1721, iu-1".
C0USTELIER. — Epistolae summorum pontificum.
C'est certainement une faute d'impression pour Coustant; voir l'article précédent.
494 ' TABLE BIBLIOGRAPHIQUE.
*CrAZANNES (de). — Dissertation sur les monnaies gauloises au type de la croix ou de la
roue. Toulouse, 1839, 111-4°.
*Cros-Mayrevielle. — Histoire du comté & de la vicomte de Carcassonne. Paris, 1846,
ia-8".
Cyprianus (S.). — Opéra, recogiiita studio & labore Stephani Baluzii... Parisiis, 1726,
iii-f°.
Cyprien (S.), pape. — Epistolae.
Dans Coustant. Voir plus haut.
*Dahn. — Die Koenige der Germanen, nach der Quellen dargestellt. Munich & Wurzbourg, |'
1861-1871, 6 vol. in-8°. . /^
Dalmatii (Vita 6".), Ruthenae urbis episcopi. '^•
Labbe, Bihlioth, nova, t. 2, App,
*DelAlo. — Divisions territoriales S- civiles de la haute Auvergne, pendant le moyen âge '
& les époques modernes jusqu'à la Révolution. 1809, ia-8".
Daniel (le P.), jésuite. — Histoire de France depuis l'établissement de la monarchie fran-
çoise dans les Gaules, Paris, lyiS, 3 vol. in-f°.
Edition employée par D. Vaissîte.
*Delisle (Léopold). — Le cabinet des manuscrits. Paris, Imprimerie Nationale, 1868-
1874, 2 vol. in-4''.
* — Rouleaux des morts du neuvième au quinc^ième siècle. Paris, Renouard, 1866, in-8". -è
Société de l'histoire de France. .< ,
*Deloche (Maxime). — Cartulaire de Vabbaye de Beaulieu.
Dans les Documents inédits, 1809, in-4°.
Description historique £• géographique de la France ancienne & moderne, par l'abbé de Lon-
guerue. Paris, 1719, in-f". ,
D. Vaissete, ne donnant pas le nom de l'auteur, a dû employer une réédition de 1722, qui n'indique
ni le nom d'auteur, ni le lieu d'impression.
Desiderii (Vita S.), Cadurcensis episcopi.
Labbe, Bihlioth, nova mss, t. i, p. Sjp.
— Ëjusdem epistolae.
Dans Canisius, Lect, anti^. éd. Basnage, t. 1, p. 636. — Duehesne, t. 1 , p. 870. — Bouquet, t. 4,
p. 36.
*DesjARDINS (E.). — Les embouchures du Rhône & les fosses Mariennes. 1866, in-4".
DioDORE de Sicile. — Ecloga. Voir Nicolas de Damas.
Dion Cassius. — Fragmenta, dans Valois. Voir OlympiodorE.
* — Dionis Cassii rerum Romanarum libri octoginta, ab Imm. Bekkero recognita. Lipsiae,
1849, 2 vol. in^8''.
DiONYSIUS HalicaRNASSEUS. — AntiquitatUm Romanarum libri quotquot sûpersiint (&
quae exstant rhetorica & critica omnia) graec* & lat. ex recens» & cum notis
Jo. Hudson. Oxoniae, 1704, 2 Vol. in-f"*
TABLE BIBLIOGRAPHIQUE. 496
Divîonensîs (Annales S. Benigni)^ 458-1052.
Labbe, BibUoth. nova, t. i , p. 293. — Pertz, SS. t. J, p. Sy. — Labbe leur donne le titre de Chron'icon
S. Bcnignt.
DOMINICY (Marcus-Antoiiius). — De praerogatïva allodîorum în provînciis, quae jure
scripto utuntur, Narbomnsî, Aquïtanlca, historica disquls'itio. Parisiis, 1645, 111-4°.
— Ansberti familia rediviva contra Ludovlci Cantareîîî Fabri G- Joannîs Jacobi Chifjletii
objectiones vindicata. Parisiis, 1648, iu-4".
— Ms. TAémoïres des anciens comtes du pays de Quercy & comté de Cahors, iii-4".
Un exemplaire dans la bibliothèque de Baluze, «aujourd'hui à la Bibliothèque nationale, fr. fjçjz^.
{VoirU P. Lelong, n°* 37604 & 37616.)
*DoNlOL (Henry). — Cariulalre de Brioude (liber de honoribus S. Julïano collatïs)^ publié
par l'académie de Clerniont-Ferrand. Clermont-Ferrand, i863, iii-4".
* — Cartulaîre de Sauxlllanges, publié par l'académie de Clermont-Ferrand, avec des
notes & des tables. Clermont & Paris, 1864, in-4".
DoujAT. — In Lîvium. Voir ce nom.
*D0ZY. — Histoire de l'Afrique & de l'Espagne, intitulée Al-Bayano '/ Mogrib, par Ibn-
Adhari... Leyde, 1848-1851, 2 vol. in-8°.
* — Recherches sur la littérature & l'histoire de l'Espagne au moyen âge. Leyde, 1860,
2 vol. in-8".
* — Histoire des Musulmans d'Espagne. Leyde, 1861, 4 vol. in-8".
DuBOS (J.-B.)' — Histoire critique de l'établissement de la monarchie franqoise dans les
Gaules. Paris, 1742, 2 vol. in-4".
*DUBY. (Tobiesen). — Traité des monnaies des barons, O-c. Paris, 1790, 2 vol. in-f».
DucANGE. Voir Cange (du).
*DucHALAiS. — Description des médailles gauloises faisant partie des collections de la
Bibliothèque royale. Paris, 1846, in-8°.
DUCHESNE. Fo/V Chesne (du).
*DuMÈGE. — Monuments religieux des Volces Tectosages, Toulouse, 1814, in-8".
* — Biographie toulousaine... Paris, 1828, 2 vol. in-8".
* — Histoire des institutions de Toulouse. Toulouse, 1844-1846, 4 vol. in-8".
DUPLEIX (Scipion). — Mémoires des Gaules, depuis le déluge jusques à Vestablissement de
la monarchie française. Paris, Sonnius, 1619, in-4".
*DuRAND & Granjent. — Description des monuments antiques du midi de la France. Paris,
1819, in-f".
/
Ebbonis & Goerici (Vitae SS.), episcoporum Senonîs în Gallia.
Mabillon, AA. SS. orJ. S, Bened. t. 3, part. 1, p. 649. — BoUand. 27 août, t. 6, p. 98.
EcGARDUS (Jo. Georgius). — De origine Germanorum eorumque vetustissîmîs coloniisy
migrationibus ac rébus gestis. Gottingae, i75o, in-4".
*EcKHEL. — Doctrina nummorum veterum. Viennae, 1792-98, 8 vol. in-4".
496 TABLE BIBLIOGRAPHIQUE.
Eclaircissements historiques sur les origines celtiques & gauloises, avec les quatre premiers
siècles des annales des Gaules, par le R. P. D***, religieux bénédictin (D. Jacques
Martin). Paris, 1744, in-12.
*Egger. — Examen critique des historiens anciens de la vie S- du règne d'Auguste. Paris,
1844, in-S".
Eginhardus vel EiNHARDUS. — Vita Karoli magni,
Duche«ne, t. 2, p. ç)3. — Bouquet, t. 5. — Pertz, t. 2, p. 443. — Edit. de Teiilet pour la société
de l'histoire de France. Paris, 1840-1843, 2 vol. in-S".
— Annales (Eginhardo tributi)^ a. C. n. ad ann. 829.
Duchesne, t. 2, p. 233. — Pertz, t. i, p. i35.
Eligii (Vita S.), Noviomensis episcopi, auctore Dadone sive Audoëno, episcopo Rotonia-
gensi.
D'Achéry, Splcileg. t. 5, p. iSp, ou t. z, p. 76.
Engolismensium {Historia pontificum &■ comitum), incerto auctore.
Labbe, B'tbUoth. nova, t. 2, p. 249.
Ennodius, episcopus Papiensis, postea Ticinensis. — Opéra; éd. Sirmond, Paris, 161 1,
in-8°.
— Vita S. Epiphanii, episcopi Ticinensis ; ibid.
ErchAMBEPvTUS, synchronus Karoli Martelli. — Breviarium regum Francorum inde a
saecul. V ad ann. 889.
Duchesne, t. i, p. 780. — Bouquet, t. 2, p. 690. — Pertz, t. 2, p. 328.
Eremberti (Vita 5.), episcopi Tolosani.
Mabillon, AA. SS. ord. S, Bened. saec. 2, p. 604. — Bolland. 14 mai, t. 3, p. 190. •
Ermoldus Nigellus, abbas Anianensis. — Carmina.
Muratori, SS. rer. Ital. t. 2, p. i3. — Bouquet, t. 6. — Pertz, SS. t. 2, p. 464. (D.Vaissete emploie
l'édition de Muratori.)
*EscHiNE. — Opéra omnia, graec, ad codd. mss. recognovit, animadversionibus illus-
travit J. H. Brenius, Turici, 1823-4, 2 vol. in-8''.
EsTiENNOT (D.). — Fragmenta historiae Aquitanicae mss. 12 vol.
Biblioth. nat. mss. latins 12763-12774. D. Vaissete cite particulièrement le tome 11, lat. 12773.
EuLOGius. — Memoriale Sanctorum.
Dans Schott, Hispania illustrata, t. 4, p. 223, & dans la Biblioth. PP. Lugdun. t. i5, ou Colon, t. 9.
EULOGlus, presbyter Cordubensis. — Epistola script a a. 889 de factionibus JVilhelmi
magni fi* comitis Sancii Sancionis adversus Çarolum Calvum.
Duchesne, t. 2, p. 399.
EUGENIUS (S.). — Opuscula.
Dans les œuvres de Sirmond, t. 2, p. 890.
■•'Euripide. — Tragédies ; éd. Fix. Paris, Didot, 1844, in-S".
EusÈBE. — Thésaurus temporum. Eusebii Pamphili chronicorum canonum omnimodae his-
toriae libri duo, interprète Hieronymo opéra & studio Jos. Scaligeri. Amstelodanii,
i658, in-fo.
TABLE BIBLIOGRAPHIQUE. 497
EusÈBE. — Fita Constantînî.
Dans l'édition des œuvres d'Eiisèbe donnée par Valois, 3 vol. in-f", Paris, \()'><) 8c \6-]'.\. Rééditée
par Readmg, à Cambridge, 1720.
— Praeparatîo Evangelica; édit. du texte grec, avec traduction latine, notes & index.
Paris, 1628, in-f".
EusTATHiUS. — Commentarîi in Dîonysium Periegetem.
Dans les éditions de ce dernier, Londres, 1688, in-8", Oxford, 1704 & 1710, in-8".
EuTROPiUS. — Cum metaphrasi graeca Paeanîi & nous varîorum; accédant Rufus Festus
& Messaîa Corvînus de progenîe Augustî, &c. Lugd. Batav. 1729, in-8".
Fabretti. — De aquîs 6- aquaeductîbus Romae dissertationes très. Romae, 1680, in-4''.
Faille (La). — Annales de la ville de Toulouse, avec un abrégé de l'histoire de cette ville.
Colomiez, 1687-1701, 2 vol. in-f°.
Faustae (Translatio 5".), virginis.
Duchesne, SS. t. 2, p. 400. — Bollandistes, 4 janv. t. i , c, 1091 . — Mabillon, AA. SS. orJ. S. Bened.
snec. 4, t. 2, p. 73.
FÉLIBIEN (D.). — Histoire de l'abbaye royal» de Saint-Denys, en France. Paris, 1706, in-f".
Fernandez de Pulgar (Pedro). — Historia seculare ecclesiastica de la ciudad de Palen-
cia... Primera parte del teatro clérical, apostolico y secular de las iglesias catedrales de
Espana... Madrid, 1679-1680, 3 vol. in-f".
Ferreoli (Régula S.).
Dans le Codex regularum monastlcarum... collectus olim a S. Bénédicte Anianensi, auctiis ab Holstenio
& postea cura Mar. Brockier editus. Romae, 1661, 3 vol. in-4"; Parisiis, i663, 8c Augustae Vindeli-
corum, 1769, 6 vol. in-f".
Ferreras (Juan de). — Synopsis historica chronologica de Espana. Madrid, Antonio
Perez de Soto, 1700, \i\-^°; réédition en 17 volumes in-4°, de 1776 à 1791. Voir
d'Hermilly.
La première édition est extrêmement rare. — Salva, Catalogo, n. 2943.
Festus (Pompeius). — De verborum signifie atione... cum interpretatione & notis Andr. Da-
cerii, ad usum Delphini. Parisiis, 1681, in-4".
Firmini (Fita S.), episcopi Ucetiensis.
Dans Duboucliet, Liber de origine domus Franclae, — Bolland, i i oct. t. 5, p. 640,
Fléchier, évéque de Ninies. — Recueil de toutes les antiquités qui se trouvent dans la
province de Languedoc, Ms. in-f", 6 vol.
Fleury. — Histoire ecclésiastique jusqu'en 1414, & la continuation jusqu'en iSçS par
Jean-Claude Fabre, prêtre de l'Oratoire, en tout 36 volumes» Paris, 1691-1738,
in-4'' & iii-i2.
FlodqARDUS (alias FrodoARDUS). — Historiarum ecclesiae Remensis 1. 4.
Edit. de Sirmond, Paris i6i5, in-8". BB. PP. Lugdunensis, t. 17, p. 5oo. — Lejeune, Reims, in-8"^
avec la traduction française.
Florentinius. — Fetustius occidentalis ecclesiae martyrologium. Lucae, 1668, in-f".
Florus. — Historia Romana, interpretatione & notis illustravit Anna Tanaq. Fabri fitîa,
in usum Delphini. Parisiis, 1674, in-4". — *Edit. Hahn, Leipzig, 1854.
498
TABLE BIBLIOGRAPHIQUE.
Florus Drepanius, diaconus Lugduiiensis. — Quereîa de divîsîone mperîi post mortem
Ludov'ici pii împeratoris.
Mabillon, Analecta vetera, t. i, p- 388; 2'' éd. p. 4i3. — Bouquet, t. 7.
FOLARD. — Commentaires sur Polybe.
D. Vaissete, citant le tome 4, a employé vraisemblablement la traduction de Polybe de Vincent
Thuillier, Paris, 1727-1730, 6 vol. in-4", fig. — Voir Polybe.
Fontanellense chronicon, vel potius Gesta abbatum F ontanellenslum (645-850).
D'Achéry, Splcil. t. 3, p. iSô, & t. 2, p. 263. — Bouquet, t. 2, 5, 6, 7, 9. — Pertz, t. 2, p. 270.
Fontanellense (Chronicon), sive S. JVandregisili (841-859).
Duchesne, t. 2, p. 387. — Bouquet, t. 7, p. 40. — Pertz, SS. t. 2, p. 3oi.
*FoRBiGER. — Handbuch der alten Géographie, aus den Quellen bearbeitet, Leipzig, 1842-
1848, 3 vol. gr. in-8".
FoRTUNATUS Venantius, presbyter & episcopus Pictaviensis. — Carmîna historica.
Duchesne, SS. t. i, p. 460. — Bouquet, t. 2, p. 472. — Ed. Luchi, Rome, 1786.
— Vita S. Hilarii, episcopî Pictaviensis,
Surius, Vit. SS. i3 janv. — En tète des œuvres de Saint-Hilaire, éd. de D. Coustant, Paris, 1693.
Freculphus, episcopus Leiixoviensis. — Chronicorum tomi II ab 0. c. usque ad Franco-
rum & Langobardorum régna.
Bihlioth. pp. Lugdunensis, t. 14, p. 1061, Parisicnsis, t. 15, p. 122.
FredegARIUS scholasticus. — Chronicon ab o. c. usque ad ann. Christi 641.
Ruinart, Opéra Gregorii Turonensis, p. 535. — Jusqu'en 584, ce n'est qu'un abrégé de Grégoire de
Tours j c'est ce qu'on appelle VEpilomc.
— (Continuateurs de).
A la suite de cet auteur, dans Duchesne, t. 1, Ruinart (édit. de Grégoire de Tours), & Bouquet, t. 2,
pp. 391-464, & t. 5, pp. 1-18.
Freinshemius. — Suppléments de Tite-Live. Voir Livius.
FrÉRET. — De Vorigine des Francs £• de leur établissement dans la Gaule. Ms.
Communiqué à l'académie des inscriptions en 1727 & 1728. — Lelong, n. i545i.
Frontinus. — De aquaeductibus urbis Romae commentarius. Patavii, 1722, in-4°.
— Stratagematon libri quatuor. Lugd. Batav. lySi, in-8".
Fuldenses (Annales), 680-901.
Duchesne, t. 2, p. 53 1. — Bouquet, t. 2, 5, 6, 7, 8. — Pertz, SS. t. i, p. 343. — D. Vaissete a aussi
employé l'édition de la dernière partie, donnée par Lambecius dans les Commentariorum de augustissima
bibliothcca Caesarea Vindoboncnsi lib. 8, t. 2, p. 357. Vindobonae, 1669.
*Gaetano Marini. — Gli atii e monumenti di fratelli Arvali. Roma, 1795, 2 vol. in-4".
Gallia Christiana, pr. éd. Voir Sainte-Marthe (les frères).
Gallia Christiana, nov. éd. par les bénédictins de la congrégation de Saint-Maur. Paris,
1715 & années suivantes^ le tome 4 est de 1728, le tome 6 (province de Narbonne),
de 1739.
Continuée & terminée par l'Académie des inscriptions 8c belles-lettres.
*Galy (le docteur). — Catalogue du musée de Périgueux,
TABLE BIBLIOGRAPHIQUE. 499
*Gantier (Ad.). — Nouvelles recherches sur la ville de Cala^urrïs Convenarum. Toulouse,
1869, iii-4".
Gariel (Pierre), doyen de l'église cathédrale de Montpellier. — Idée de la ville de
Montpellier, recherchée & présentée aux honnêtes ^ens. Montpellier, i665, in-f'"
— Séries praesulum IVÎagalonensium & Monspeliensium per annorum ordinem diij;esta.
Tolosae, Boude, i652, in-f". Ibid. i665, 2 parties, 1 vol. in-i".
*Gatien-Arnoult. — Histoire des doctrines morales, politiques & relif^ieuses en Gaule
avant la conquête des Romains. Toulouse, in-S", 1859.
Gaufredus, prior Vosiensis. — Chronicon.
Labbe, Bïhliotheca nova mss. t. z, pp. 279-342. — Bouquet, t. 10, 11, 12, 18.
Gautier (Hubert). — Histoire de la ville de Nimcs & de ses antiquités. Paris, 1720-172/^,
in-8-'.
*Gayangos (Don Pascual de). — The history of the Mohammedan dynasties in Spain,
exlracted from the Nafhu-t-Tib min ghosni-l-andalusi-r-rattih wa Tarikh li-Sanu-d-
din ibni-l-Khattib , by Ahmed ibn TVLohammed al-JMakkari. London, 1840-3, 2 vol. in-4".
Gei.LIUS (Aulus). — Noctium Atticarum libri 20.
D. Vaissete semble avoir employé l'édition de Leyde, 1706, in-4", avec notes des deux Gronovius.
*GÉNÉRAT. — Etude géographique & ethnographique sur les peuples qui avoisinaient le
cours inférieur du Rhône & de la Durance avant la conquête des Gaules par les Romains,
& recherches sur les villes de Vindalium & Aëria, & sur le passage du Rhône par Anni-
bal. Avignon, 1844, in-8".
GennADIUS Massiliensis presbyter (ce. a. 495). — Liber de viris illustribus seu de SS.
ecclesiasticis ; souvent joint aux œuvres de saint Jérôme.
Dans la Bibllotkeca. cccîcsijstica de Aubert le Mire. Antverpiae, 1639, in-f", p. 41.
Genulphi (Translatio & miracula S.), episcopi Bituricensis.
Mabillon, AJ. SS. ord. S. Bened. saec. 4, part. 2, p. 226.
Georgii (Historia 5.), diaconi, & aliorum mcrtyrum Cordubae in Hispania a. 852.
Mabillon, AA. SS. ord. S. Bcned. saec. 4, part. 2, p. 4.^.
Geraldi (Fita S.). Voir Odo (S.) Cl.UNiACENSlS.
*GermAIN. — Anciennes monnaies seigneuriales de M.elgueil & de Montpellier. i8{>2, in-4".
Extrait des Mémoires de la Société archéolooique de Montpellier.
— Monnaie mahométane attribuée à un évêque de Maguelonne.
Ibid. t. 3, p. 683.
*Germer-DurAND. — Dictionnaire topographique du département du Gard. Paris, Impri-
merie impériale, 1868, in-4".
GervASIUS Tilberiensis. — Otia imperialia sive Liber de mirahilibus mundi,
Duchesne, SS. t. 3, p. 363.
Gesta Dagoberti I, régis Francorum, scripta a monacho quodcm S. Dionysii anonymo (621-
662).
Ducliesne, t. i, p. 572. — Bouquet, t. 2, p. ^77.
Gesta Regum Francorum.
Ducliesne, SS . t. i , p. 690. — Houquet, t. 2, p Sjo.
II. Q
'ÔOO
TABLE BIBLIOGRAPHIQUE.
GiSELiNUS. — Vlta Sulpîcil Severi, sïve Chronologîa.
A la suite des Opéra, omn'ia. de cet auteur, édit. de Leyde, EIzévir, 1640, in-12.
GiSSEY (De). — Discours de la dévotion de Notre-Dame du Puy en Velay r& plusieui-s
remarques concernant l'histoire des évèques de Vêlai j. Lyon, Muguet, 1620, in-12.
— Le Puy, Varoles, 1644, in-8°.
GoDEFRiDUS ViTERBiENSiS. — Panthéon, seu unlversltatls Ubrl, qui chronlci appellantur
(ab 0. c. — 1186).
Pistorius & Struve, t. 2, p. 8. — Maratori, SS, t. 7, p. 347.
GoDEFROY (Jac). — Codex Theodosianus cum perpétua commentario Lugduni, i665,
6 vol. in-f".
L'édition la plus commune est celle de Ritter, Leipzig, 1786-1745,6 vol. in-f°, réimpression de celle
de Godefroy.
GoLTZius (Hubertus). — Thésaurus rel antiquarlae, ex antlquîs numïsmatibus. Antverpiae,
1679, ii^-4°'
Grasserius (Jacobus). — De antlqultatlbus Nemausensibus dissertatio Cologne, 1572,
Paris, 1607, Bâle, 1614, & Lyon^, 1616.
Gratîani decretorum Ubrl V, secundum Gregorlanas décrétâtes dîstînctl per Jo. de Turre-
cremataj cura J. Fontanini. Romae, 1726, in-f".
Gregorius I, papa (S.). — Eplstoîae.
Duchesne, t. i . — Bouquet, t. 4.
Gregorius Magnus (S.). — Opéra omnla, studio &• labore monachorum ord. S. Bénédictin
e congr. S. Maurl. Parisiis, lyoS, 4 vol. in-f°.
D. Vaissete cite notamment les Dialogi & les Moralia. in Job.
Gregorius Turonensis. — Hlstorla eccleslastlca Francorum. Ed. Ruinart, i6gg, in-f°.
Gronovius (J.). — Thésaurus antlqultatum Graecarum. Lugd. Batav. 1697, i3 vol. in-f°.
Grotius. — Proîegomena In hlstorla Gothorum.
En tête de son Historia Gothorum^ Vandalorum & Longohardorum . Amsterdam, Elzevir, i655, in-S".
Gruter. — Inscrlptiones antlquae totlus orbls Romani, In absolutlsslmum corpus redactae.
Amsterdam, 1707, 4 vol. in-fol.
GuESNAY (Joannes-Baptista), e societate Jesu. — Casslanus lllustratus, slve chronologîa
vltae Sanctl Joannls Casslanl. Lugduni, Cellier, i652, in-4''.
Gulllelml (Vlta S.), duels ac monachl Gellonensls.
AA, SS. ord. s. Bened. saec. 4, part, i, p. 72. — Bollandistes, 28 mai, t. 6, p. 81 i.
GuiRANUS (Galiiardus). — Ms. Antlqultates &■ inscrlptiones Nemausenses Ubrl iiii.
Nemausi, i652, 2 vol. in-f".
Le manuscrit original est à Vienne, en Autriche. D. Vaissete a sans doute connu la copie de Ségiiier,
indiquée par le P. Lelong, t. 3, n. 37870.
Hardouin (le p.). — Opéra selecta & opéra varia. Amsterdam, 1709 & I733, 2 vol. in-f".
— '^otes sur Pline. Voir Plinius major.
Hariulfus, monachus S. Pétri Aldenburgi apud Brugas. — Chronlcon Centulensls abba-
tlae seu S. Rlcharll. 625-io88.
D'Achéry, Spicil. t. 4, p. 419, & t. 2, p. 29 r. — Bouquet, t. 3, 5, 6, 7, 8, 10, 11, 12.
TABLE BIBLIOGRAPHIQUE. 5oi
Hauteserue ou AlteserrA. — Notae s- observadones în X libres historïac Francorum
B. Gregoril Turonensïs, 5- supplementum Fredegarii Tolosac, 1679, 111-4".
♦"HÉCATÉE. — Fragmenta.
Dans les Fragmenta historicorum Graecorum, de C. Miieller, t. 1, p. i.
HeiNDREICH. — Massilia.
Dans le tome 6 des Ant'iqu'itatcs de Gronoviiis. Voir ce nom.
*Heiss (AIoïs). — Description générale des monnaies de V Espagne. Paris, 1B70, in-4".
*HÉLI0D0RE. — Aethiopica.
Dans les Erotlcï scrlptorcs, éd. Didot, Paris, 1845, in-8".
Henschenius (Godefridus). — De tribus Dagobertis, Francorum regibus, diatriba. Mo-
lesheiniii, 1623, in-4''.
*HeNZEN. — Acta triumphalia Capitolina.
Dans le Corpus Inscriptionum de l'académie impériale de Berlin, t. i.
* — Annotationes Orellianae. Voir Orelli.
Hepidanus, coenobita Sancti Galli. — Annales brèves rerum in Alemania gestarum (709-
io56).
Duchesne, t. 3, p. 471. — Bouquet, t. 3, 10, 11. — Pertz, t. i, p. 72. — Ce sont les Annales San-
gallenses majores.
HeRMILLY (d'). — Histoire générale d'Espagne, traduite de l'espagnol, avec des notes
historiques & critiques. Paris, 1742-1751, 10 vol. in-4".
Traduction de Ferreras citée par D. Vaissete dans ses additions du tome V.
HÉRODIEN. — Hîstoriarum libri octo, gr. & lat., recogniti &■ notis illustrati. Oxoniae, 1699,
in-8».
Herodotus. — Historiae, graec. & lat. ex recensione Jac. Gronovii, cujus accedunt notae.
Lugd. Batav. 17 15, in-f".
*Herzog (E.). — De praetoribus Galliae Narbonensis municipalibus. Lipsiae, i863, in-8°.
— Galliae Narbonensis provinciae Romance historia, descriptio, institutionum expositio. Acce-
dit appendix epigraphica. Lipsiae, 1864, in-8".
*Hesiodus. — Carmina. Édit. Dubner. Paris, Didot, 1841, in-8".
Hilarii (Vita S.), episcopi Arelatensis, auctore Ravenno successore vel Honorato Massiliensi
vel alio synchrono.
Surius, 5 mai. — Bolland. 5 mai, t. 2, p. 25.
Hilarii {Vita S.), episcopi Pictaviensis. Voir FoRTUNATUS.
Hilarius Pictaviensis (S.). — Opéra, studio monachorum S. Bcnedicti. Parisiis, U693,
in-f".
Hilarius Arelatensis. — VincentU Lirinensis & Hilarii Arelatensis opéra. Édit. Baluze,
Paris, 1669, in-8".
HiNCMARUS, archiepiscopus Remensis. — Opéra. Édit. Sirmond, Paris, 164J, 2 vol. in-f".
— Epistolae. Édit. Duchesne, SS. Franc, coaet. t. 3.
— De ordine palatii & regni epistola ; dans Pédit. de Sirmond, plus liau citée.
HiRTius. — De bello Alexandrino. Voir Caesar.
5o2 TABLE BIBLIOGRAPHIQUE. '
Historiens de France. Foir Bouquet.
Hoffmann. — LeyJcon unïversah. Lugd. Batav. 1698, 4 voL ia-f".
HoMERUS. — Opéra.
Nous ignorons quelle édition a pu employer D. Vaissete; peut-être celle de Schrevelius. Leyde, chez
les Elzévirs, i6j6, x vol. in-4".
Honoratî (Sermo de vît a S.), auctore S. Hilario, episc. Arelatensî.
Surius, Vit, SS. 16 janv. p. 252. — Bolland, 16 janv. t. 2, pp. 17-24.
Horace. — Opéra, cum commentarïïs selectïsslmîs varïorum 6- schoUis întegrls Jo. Bond,
accurante Corn. Schrevelio. Lugduni Batav. i653, iii-8".
Hubertî vel Uberiî (liber de conversîone 5.), auctore anonymo,
Duchesne, t. 1, p. 678. — Bouquet, t. 3, p. 609.
*HubneR (Emni.)' — Inscrîptiones Hîspanîcae.
Fait partie du Corpus inscriptionum Litinarum de l'académie impériale de Berlin, in-f".
*Hucher (E.). — Vart gaulois ou les Gaulois d'après leurs médailles. Paris, in-4", ï86:").
Hugo FlAVINIACENSIS. — Chronicon Virdunense seu Flaviniacense {ab. 0. c. — 1102).
Labbe, Biblioth. nova, t. i , p. yf). — Pertz, SS. t. 8, p. 288.
♦Hygin. Êdit. Ruhdorff. Berlin, 1848, in-8".
*Ibn-AL-Qoutiya. — Ms. arabe de la Biblioth. nationale, ancien fonds, 11" 706.
*Ibn-EL-Athiri. — Chronicon quod perfectissimum inscribitur, ad fidem codicum Londi-
nensium, Parisinorum & Berolinensis edidit Carohis Johannes Tornberg. Lugd.
Batav. t. 4, 1870, t. 5, 1871.
Idacius, Lemovicensis seu Lemicensis episcopus. — Chronicon, oj^-^ô^. Édit. Sirmond,
Lut. Paris. 1619, in-8".
Dans les œuvres de ce savant, Paris, 1696, t. 2. — D. Vaissete a aussi employé les extraits publiés
par Canisius, Lectiones anti^uae, t. 2, p. i83.
IrÉNÉE (S.). — Contra haereses libri V. ...Parisiis, 17 10, in-f".
IsiDORUS, episcopus Hispalensis. — Chronicon seu Historia Gothorum (176-628).
Dans Grotius, Histor. Goth. Amstelodami, 1 65 j, in-8", p. 707. — Labbe, Biblioth. no/a, t. 1 , p. 6 1 .
— Historia Vandalorum £• Suevorum.
Ed. Viilcanius, Goth, & Longohard. rcrum SS. t. 1 , p. 225. — Florez, E-pana sagraJa, t. 33.
— Origines.
Dans les œuvres complètes de cet auteur; édit. Du Breuil. Paris, 1601, in-f".
IsiDORUS Pacensis (ou de Béja). — Chronicon Hispaniae (610-754). Édit. de Sandoval,
Panipelonae, i6i5, in-f".
Florez, Espana sagrada, t. 8, p. 274.
JÉRÔME (S.). — Chronicon,
Dans ses Opéra, emendata studio & opéra monachorum ord. S. Benedict'i, Parisiis, 1693-1706, 5 vol.
in-f". — D. Vaissete cite aussi quelques petites œuvres théologiques du même.
— Marlyrologium.
TABLE BIBLIOGRAPHIQUE. 5o3
JoHANNES, Biclarîensis abbas, postea episcopus Gerundensis. — Chronkon continuans
Victorem. Tunnunensem. 566-590.
Canisius, Lcct. antiq. éd. Basnage, t. i, p. 3 19. — Scaliger, Tlics. tcmpor. Lugdunl Batav. 1O06,
Amstel. i6')8.
JoNAS, episcopus Aurelianensis. — Contra Claudîum, sive De cultu imaginum libri très.
Dans la Bihllothcca vctcrum patrum. — Migne, Patrologia Jatina, t. ic6.
JoNGELlN. — Notida abbatiarum orciin'is Cislerc'iensls. Coloniae, 1640, in-f".
JoRNANDES sïve JoRDANES, episcopus Raveuiine. — De rébus Geticis seu de Gothorum sive
Getarum origine. 20i-55o.
Edit. Grotius, Fl'ist. Goth. Liigduni, lûoj, t. 1, p. 1.
JuLlANUS Toletaiius episcopus. — Historia de JVambae, régis Gothorum Toletani, expedi-
tione, a. 674.
Duchesne, t. i, p. 821. — Bouquet, t. 2. — Florez, Espana sagrada, t. 6, p. 542.
JuSTEL (Christofle). — Histoire généalogique de la maison d'Auvergne divisée en
sept livres. Paris, 1645, in-f".
— Histoire de la maison de Turenne, divisée en deux livres. Paris, 1645, in-f".
JUSTINUS. — Trogi Pompeii historiarum Philippicarum epiloma edente Jacobo Bon-
garsio. Paris. i58i, in-S".
JuVENAi.IS. — Satyrae \l, cum interpretatione & notis Ludov. Pratei, ad usum Delphini.
Paris, 1684, in-4°.
Karoli (Fita) magni imperatoris, ex annalibus Loiselianis ab incerto quidem auctore, sed
coaetaneo, ut videtur, composita,
Duchesne, SS. t. 2, p. 5o.
*Krevzer (Frédéric). — Symbolik und Mythologie del alten Volke. Darmstadt, 1819 &
i836, 6 vol. in-8°.
On consulte surtout en France la traduction de feu M. Guigiiaut. Paris, i82Ô-i3;5t, 4 vol. in-8",
en dix parties.
Labbe (Philippe). — Chronologia technica & historica Paris, 1670, 5 vol. in-f".
— - Tableaux généalogiques des six pairs laïques avec celui des comtes de Hainault
Paris, i652, in-12 (avec ceux de la maison royale de France).
— Nova Bibliotheca manuscriptorum. Parisiis, i657, 2 vol. in-f".
Labbe & CossART. — Conciliorum collectio maxima ad regiam editionem exacta, quarta
parte auctior. Parisiis, typis societatis typographicae^ 1672, in-f", 18 vol.
LacARRY (Aegidius). — Notifia antiqua magistratuum imperii & Galliarum Claroiuonti,
1675, in-4".
D. Vaissete cite le chapitre intitulé De pracfcctis practorio Galliarum,
Lacroix (Guillelmus de). — Séries & acta êpiscoporum Cadurcensium, quotquot hactenus
summa cura inveniri potuerunt. Accessit index chronologicus, quo êpiscoporum Cadur-
censium anni ad Christi Domini, summotum Pontificum & regum Galliae annos revocan-
tur. Cadurci, Daluy, 1626, in-4".
5o4 TABLE BIBLIOGRAPHIQUE.
LactANCE. — Liber de monlbus persecutorum, cum noiïs Steph. Balw^iï Traject. ad
Rheiiiim, 1692, in-8".
*Lagoy (de). — Description de quelques monnaies inédites de Marseille. 1834. "^
* — Attribution de quelques monnaies inédites des Gaules. Aix, iSSy, iii-4". ';
Lambecius. — Commentariorum de bihUotheca Caesarea Vindobonensi libri VIII. Yiiido- f
bonae, 1665-1679, 8 vol. in-f". 0;
Lampridius (Aelius). — Vita Alexandri Severi.
Dans le tome III des SS, histonae augustae minores lattnorum. Liigduni Batav. i632, 4 vol. iil-12.
Larrey. — Histoire d'Auguste.
A la suite de V Histoire des deux triumvirats de Citry de la Guette, éd. d'Amsterdam, 171 5 & 1720,
4 vol. in-i 2.
*LebeAU. — Histoire du Bas-Empire. Paris, 1707, 29 vol. in-12.
Lebeuf (Jean). — lAérnoires concernant l'histoire ecclésiastique & civile d'Auxerre. Paris,
1743, 2 vol. 111-4".
*LeblANT (E.). — Inscriptions chrétiennes de la Gaule antérieures au huitième siècle. Paris,
i856, 3 vol. iii-4°.
Lebrun (Le P.). — Dissertations sur les cérémonies de l'Eglise.
Dans le tome 2 de l'Explication littérale, historique & dogmatique des prières & des cérémonies de la
messe Paris, 1716-1726, 4 vol. in-8". Réédit. en 2 vol. in-12, Paris, 1826.
Lecointe. — Annales ecclesiastici Francorum (,ab ann. Christi ^ij ad ann. 845). Parisiis,
i665-i683, 8 vol. in-f".
Leibnitz. — De origine Francorum disquisitio. Hanoverae, 1716, in-12.
Le Long (Jacques), prêtre de l'Oratoire. — Bibliothèque historique de la France. Paris^
17 19, in-fo.
Nous citons la réédition de Fevret de Fontette, en 5 vol. in-f", 1768-1778.
Léo (S.) Magnus, papa. — Opéra. Édit. Quesnel, Lyon, 1700, 3 vol. in-f".
Léo Ostiensts sive Marsicanus, & Petrus, diaconus sive bibliothecarius Casinensis.
— Chronica monasterii Casinensis.
Muratori, SS. rer. Ital. t. 4, p. 241. — Pertz, t. 7, p. 074.
Leodegarii {Vita S.), episcopi Augustodunensis.
AA. SS. ord. S, Bened. saec. 2, p. 680. — Duchesne, t. t, p. 600. — Bollandistes, 2 octob. t. 1,
p. 460.
LiUDPRANDUS, episcopus Cremonensis. — Antapodosis (887-950).
Duchesne, t. 3, p. 662. — Pertz, SS. t. 3, p. 264.
Livius (Titus). — Historiarum quod extat, cum perpetuis Caroli Sigonii £■ J.-Fr. Gronovii
notis. ... Amstelodami, apud Dan. Elzevirium, 1678-1679, 3 vol. in-8".
La première édition du Commentaire de Sigonius est de Venise, Paul Manuce, i555.
— Historiarum libri, interpretatione S- notis illustravit Joan. Dujatius, in usum Delphinî;
ace. librorum deperditorum supplementa per J. Freinshemium. Parisiis, 1679-1682,
6 vol. in-4". — *Edit. Weissenborn, Leipzig, i853.
Loiseliani annales (741-788), melius appellandi annales Laurissenses majores (de Lorsch).
Duchesne, t. 2, p. 24-49. — Bouquet, t. 5. — Pertz, t. i, p. 134.
TABLE BIBLIOGRAPHIQUE. joj
LucANUS. — De bello cïviU, cum Hug. Grotîi, Farnabïi nous înteç^r'is £• varlorum seleciis-
simis. Lugduni Batav. 1669, iu-8" (de la collection Varïorum).
Lucas Tudensis, diaconus & episcopus. — Chronïcon mundl ah 0. c. usque ad ann, iiZG.
Scliott, Hlspatila illustrata, t. 4, p. i-i 17.
LuciANUS. — Opéra (graec. & lat.)^ ex versîone Joan. Bened'ictl, cum nous Integrls £• selec-
tîs varïorum. Amstelodami, 1687, 2 vol. in-8'\
Lupus, abbas Ferrariensis. — Epîstolae.
Dans les œuvres de cet auteur, édit. Baluze, Paris, 1664, in-8". — Duclicsne, t. 2, p. 727. — Bou-
quet, t. 6, 7.
*Mabille & MarchEGAY. — Chroniques des églises d'Anjou, publiées pour la Société
de l'histoire de France. Paris, Renouard, 1869, in-8°.
*Mabille (E.). — La pancarte noire de Saint-Martin de Tours. Paris, Hénaux, 1866, in-8".
Mabillon (Jean). — Acta Sanctorum ordinis Sancti Benedicti per saecuîa, ab anno 5oo
ad iioo. Parisiis, 1668-1702, in-f', 9 vol.
— Vetera analecta, sive coUectio veterum aliquot operum S- opusculorum omnis gencns
Parisiis, 1723, in-f°.
D. Vaissete paraît plutôt employer l'édition en 4 volumes in-8°, Paris, 1675-1685.
— • De liturgia gallicana lihri très Paris, i685, in-4°.
— De re Diplomatica lîbri VI opéra £• studio Parisiis, 1681, in-f". Edit. altéra,
Parisiis, 1709, in-f". — Librorum de Re diplomatica suppîementum. Parisiis, 1704, in-f*.
— Annales ordinis Sancti Benedicti, in quibus non modo res monasticae, sed etiam eccle-
siasticae historiae non minima pars continetur, ab anno 700 usque ad annum 11 16. Pari-
siis, Robustel, 1703-1713, 5 vol. in-f°. — Tomus sextus, ab anno 11 16 ad annum 1157.
Parisiis, 1739.
— iiotae in vita Walae. Voir Walae (yita).
*M.àcon (Cartulaire de S. Vincent de), publié par M. Ragut. Mâcon, 1864, in-4".
Maffei (Scipion). — Galliae antiquitates selectae, in plures epistolas distributae. Parisiis,
1733. Veronae, 1734, in-4°.
*Mahul. — Cartulaire du diocèse & de l'arrondissement de Carcassonne. Paris, Didron,
1 859-1 871, 6 vol. in-4''.
Il reste à paraître la deuxième partie du tome 6.
Malchus Philadelphensis. — Historïa.
Dans le Corpus historiae Byiantlnae de Du Cange, t. 8, i685, & dans celui de Nlebuhr, 1829.
MALMÈSBËiilÈNSlS (GuiUelmus). — Libriv de rébus gestis regum Anglorum (449-1125).
Savile, Rer, Angllc. SS. p. 2.
MandAJOrs (Jean-Pierre des Ours de). — Histoire critique de la Gaule Narbonnaisc.
Paris, 1733, in-i2.
*Mandet (Francisque). — Histoire du Vday. Le Puy, 1860-1861, 7 vol. in-i8.
*MAngon de la Lande. — Essai historique sur les antiquités de la Hautê^Loire.
Dans les Mémoires des antiquaires de France, t. 4, p. 69.
5o6 TABLE BIBLIOGRAPHIQUE.
MarcA (P. de). — Histoire de Béarn. Paris, Camusat, 1640, iu-f".
— Disseriatio de Primatu Lugdunensi. Parisiis, 1644, in-f" & in-8".
— De concordia sacerdotii & imperii, seu de libertatibus ecchsiae gallicanae dissertationum
Ubri quatuor, tomus primus, Parisiis, 1669, in-f".
— D/îarca hispanica seu limes hispanicus, id est geographica S- historien descriptio Catalan-'
niae, Ruscinonîs & circumjacentium populorum , ab anno Christi 174 ad ann. 1258,
auctore edente Stephaao Baluzio, Tutelensi. Parisiis, Muguet, 1688, in-l".
— De patria Vigilantii.
Dissertation dont nous n'avons pu retrouver la trace & que le P. Lelong ne mentionne pas.
Marcellinus, cancellarius Justiniaiii, cornes Illyrici. — Chronicon quod rerum orienta-
lium historiam Eusebii & Hieronymi usque ad Justiniani tempera prosequitur, 379-534.
Edit. Sirmond, Lutet. Paris, 1619, in-S", & dans ses œuvres, Paris, 1696, t. 2.
MARCIEN D'HÉRACLÉE.
Dans les Geographi de Hoeschel, 1600, in-f", & dans le tome i des Geographi minores de Muller,
p. 5i6.
Marculphus. — Formulas.
D. Vaissete emploie l'édition donnée par Baluze, à la suite de ses Cap'itulanes,
Marcus-Antoninus Aurelius, imperator. — De se ipso £• ad se ipsum Ubri xii. Lon-
dini, 1697, 111-4".
MariANA (Juau de). — Historiae de rébus Hispaniae Ubri XX. Toleti, 1592, fol. max.
•— Histoire générale d'Espagne, traduite en françoîs avec des notes par le P. Jos. Nie.
Charenton. Paris, 1725, 5 tomes en 6 vol. in-4", fig.
Marius Aventicensis episcopus. — Chronicon (455-58i).
Duchesne, t. 1, p. 210. — Bouquet, t. 2, p. 12.
*Marquardt (Joachim) und Theodor Mommsen. — Handbuch der Roemischen Alter-
thiimer. Leipzig, Flirzel, 1867, in-8".
La partie rédigée par M. Marquardt a comme sous-titre : Roemische Stattsverwaltung, iSyj, & forme
le quatrième volume du manuel.
MartènE & Durand (DD.). — Voyage littéraire de deux religieux bénédictins de la
congrégation de Saint-JVLaur. Paris, Delaulne, 1717 & 1724, 2 vol. in-4".
— Thésaurus novus anecdotorum, in quinque tomos distributus. Lutetiae, 1717, 5 vol. in-f".
— Veierum scriptorum & monumentorum ecclesiasticorum amplissima collectio. Parisiis,
1724-33, 9 vol. in-f".
Martial. — Epigrammata, avec notes & commentaires de Mathieu Rader. Moguii-
tiae, 1627, in-f".
Maxentii {Vita S.), abbatis Pictaviensis.
Mabillon, AA. SS. ord. S. Bened. saec. 1, p. 578, 8t Bolland. 26 juiil, t. 5, p. 169.
*MazoCCHIO. — In regii Herculanensis m.usaei tabulas Heracleènses commentarii, Nea-
poli, 1754-5, 2 part. in-f".
*Meineke. — Fragmenta poetaruni comicorum sive de Euphorionis Chalcidensis vita &
scriptis disscruit, £• quae supcrsunt ejus fragmenta coUegit & illustravit Gedaiii,
1B23, in-8".
TABLE BIBLIOGRAPHIQUE. 5oj
Mkmnon. — Apud Photium.
D. Vaissete a peut-être employé rédition cîe Henri Estlcnne, Genève, kV^^, i vol. in-8". Voir OlïM-
IMODOIIE. Réédité par Cari Muller, dans le tome 3 des fragmenta historicorum Graccorum , p. jzâ.
*Ml;nard. — Histoire civile, ecclésiastique £• littéraire de Nimes. Paris, Chaubert, lyjo-
1758, 7 voL in-4".
MÉNESTRIER (le P.) — Histoire civile & consulaire de Lyon Lyon, 1696, iii-f".
— Dissertation sur la (double) fondation de Lyon, & sur son nom.
D.ms SCS Caractères des ouvrages historiques, avec le plan de l'histoire de Lyon, Lyo)i, 1*^94, in-i:,
p. 338.
*MÉRIMÉE (Prosper). — Notes d'un voyage en Auvergne & en Limousin. Paris, i833,
ia-8".
Mettenses (Annales), 687-930.
Duchesne, t. 3, p. 262. — Pertz, SS, t. i, p. 3i6. — Pour la partie ancienne, c'est la reproduction
presque intégrale de Réginon.
MeurISSE (le P.). — Histoire des évèques & de l'église de Mef:^. Metz, 1634, iii-f".
*Mli,LlN. — Voyage dans les départements du midi de la France. Paris, 1807-181 1,
4 tomes in-8".
*MlONNET. — Description de médailles antiques, grecques & romaines Supplément. Paris,
1819-27, 9 vol. in-8".
Aîoissiacense chronicon.
Duchesne, t. 3. p. i3o. — Martène & Durand, AmpUssima collect. t. 5. c. 883. — Bouquet, t. 2, 5, 6.
-— Pertz, t. I, p. 282, & t. 2, p. 2.57.
*MoMMSEN (Th.). — De collegiis S- sodaliciis Romanorum. Kiel, 1843.
* — Inscriptïones regni Neapolitani latinae. Lipsiae, i852, in-f".
* — Die Stadtrechte der lateinischen Gemeinden Salpensa und IVialaca in der provin^:^ Betica.
Leipzig, i855. in-8".
* — Geschichte des roemischen M.iin':[wesens. Berlin, 1860, in-8".
* — Histoire de la monnaie romaine; traduction du précédent par de Blacas & de Witte.
* — Roemische geschichte. Berlin, 1861, 3 vol. in-12.
*MoNOD (G.). — Etudes critiques sur les sources de l'histoire mérovingienne, — Grégoire
de Tours & TAarius d'Avenches. Paris, 1872, in-8".
Bibliothèque de l'école des Hautes Etudes, fascicule 8.
*MoNTÉGUT (De). — Recherches sur les antiquités de Toulouse,
Dans les Mémoires de l'académie de Toulouse, t. i.
— Antiquités découvertes à Toulouse pendant le cours des années 1783, 1784 & 178J. Ibid,
MoNTFAUCON (Bem. de). — Palaeographia Graeca. Paris. 1708, in-f".
— L'antiquité expliquée & représentée par figures (en franc. & en lat.). Paris, Delaulne,
17 19, 10 vol. in-f", & Supplément, Paris, 1724, 5 vol. in-f", fig.
*Movers. — Die Phoeni':{er Bonn, 1841, in-8", & Berlin, 1849-1856, 3 vol. in-8".
Alo'^arabitanum (Breviarium).
Dans le Tractatus historico-clironologicus de liturgla anliqûa liispanica, en tête du tome 6 de juillet
des Acta Sanctorum.
5o8 TABLE BIBLIOGRAPHIQUE.
*MuELLER (Karl). — Geographi Graeci minores Paris, Didot, i855-i86i, 2 voL iu-8'.
* — Index ad Strabonem. Voir ce nom.
*MuELLER (Otto). — Handbuch der Archéologie cjer Kunst. Breslau, 1835, 111-8".
Munster. — Cosmographie Basileae, i55o, in-f .
Traduction faite par l'auteur de cet ouvrage, primitivement écrit en allemand & paru la même année
8c au même lieu.
MuRATORi. — Rerum Italîcarum scriptores praeclpui Mediolanî, ij25-i'j5i, 25 tomes
(28 ou 29 vol.), in-f°.
— Novus Thésaurus veterum inscriptionum. Mediolanî, 1 739-1 742, 4 vol. in-f".
Naiarianî annales (708-791), alias Laurissenses dicti.
Duchesne, t. 2, p. 3. — Bouquet, t. i, 5. — Pertz, t. 1 , p. 28.
Nicolas de Damas. — PolybH, Diodori SicuU, Nie. Damasceni, &c. excerpta ex coae-
taneis Const. Augusti Porphyrogenetae, H. Valesius nunc primum graec. edidit, latine
vertit notisque illustravit. Parisiis, Dupiiis, 1634, in-4".
Les notes de Valois se retrouvent dans l'édition d'Orelli, 1804, in-8", Leipzig.
NicoLAUS I, papa. — Epistolae.
Labbe, Concilia ^ t. 8.
NiTH ARDUS. — Historiarum libri IV.
Duchesne, t. 2, p. SSp. — Bouquet, t. 6, 7. — Pertz, SS. t. 2, p. 649.
N0GUIER (Antoine). — Histoire tholosaine ou de la province de Languedoc, depuis son ori-
gine jusqu'en i5S']. Tholose, i559, in-f".
Normannicum (Chronicon) sive Chronicon de gestis Normannorum in Francia (820-911).
Duchesne, SS, coaet. t. 2, p. 624, & SS, Norm, p. 32. — Bouquet, t. 6, 7, 8. — Pertz, t. 1 , p. 532.
Notitia civitatum Galliae.
Dans Sirmond, Opéra, & dans D. Bouquet, t. 2, p. t.
Odo (S.) Cluniacensis. — Fita S. Geraldi comîtis Aureliacensîi.
Duchesne, Bihliotheca Cluniacensis, Paris, 1614, p. 65. — AA. SS, i3 oct, t. 6, c. 3oo.
Odonis (Fita S.), abbatis Cluniacensis, auctore Johanne Salernensi vel Cluniacensi.
Duchesne, Bihliotheca Cluniacensis, p. i3. — Mabillon, AA, SS, ord, S. Bcned, t. 5, p. i5o.
OiHENART (Arnaud). •^- Notitia utriusque Fasconiae tum Ibericae tum Aquitanicae... Acce-
dunt Catalogi ponti^cum Fasconiae Aquitanicae hactenus editis pleniores, Parisiis, Cra-
moisy, i638 ou i656) in-4".
Olympiodore.
Dans le Photii Myriohihlon, sive Bihliotheca lihrorum, <jUos legit & recensait Photius, gr, edidit D. tîocs-
chelius & notis illustravit; latine vero reddidit & scholiis auxit Andr. Schottus.,. Rothomagi, i653, in-f".
OnuPhrius Panvinus. '^ Commentarii in fàstos consulares. Heidelbergae, i588, in-f".
*Orelli. -^^ Inscriptionum latinarum selectariim àmplissima collectio... Turici, 1828) 2 vol.
in^8". — Supplementa émendationesque edidit G, Hen-^en. i856, iii-8".
TABLE BIBLIOGRAPHIQUE. 609
Orosius. — H'istorïarum lîbrl Vii adversus paganos.
Dans les Bibliothèques des Pères.
Ovide. — Opéra, interpretadone &■ notis îllustravit Dan. Crïspînus, ad usum Delphinï. Lug-
duni, 1689, 4 vol. 111-4°.
Pagi CAntonius). — Crïtlca in universos annales ecclesîastîcos Baronii. Antverpiae, lyoS,
4 voL in-f".
On trouve ces annotations intercalées à leur place dans le texte dans l'édition de Mansi, Lucques,
1738-1757, 38 vol. in-f"; réimpression en cours d'exécution chez Guérin, Bar, in-4".
Panesçyrîci veteres. Basil. iSao; Antverp. 1599; Francof. 16075 Paris. i655j Hal. 1703.
Édit. critique de W. Jeager, Nuremberg, 1799.
^Paradis (Auguste). — Inscriptions chrétiennes du Vivarais,
Biblioth. de l'Ecole des Chartes, t. 14, p. S<)5,
Pardulphi (Vita S.), abbatis JVaracti.
BoUandistes, 6 oct. t. 3, p. 433. — Mabillon, AA, SS. ord. S. Bened. s. 3, pars 1, p. SyS.
*PARIS (Louis). — Les manuscrits de la Bibliothèque du Louvre. Paris, 1872, iii-8".
Paschale (Chronicon)^ ab 0. c. — 1042, cura & studio C. du Fresne, D. du Gange, Paris.
1688, iu-f". — Édit. Dindorf, Bonn, i832, 2 voL in-8°.
Dans les collect. des aut. Byzantins.
Paulinus Nolanus (S.). — Opéra, secundum ordinem temporum nunc primum disposita...
Paris, i685, in-4".
— Vita S. Martini episcopi Turonensis.
Dans les œuvres de S. Paulin.
Paulinus (S.). — Epistolae, avec notes de Rosweyde.
Dans l'édition de cet auteur donnée à Anvers, 1622, in-S".
Paulus DiAconus sive Warnefridi. — Historia Romana, libri xvi.
Placée, dans la plupart des mss., à la suite d'Eutrope, & publiée avec cet auteur & plusieurs histo-
riens de l'époque impériale, par divers éditeurs & en divers lieux, depuis 1471 jusqu'en 1648. — X'est
ce qu'on appelle d'ordinaire VHïstoria. Miscellanea. — D. Vaissete a peut-être employé l'édition de
Godefroy de 1091, réimprimée en 1684.
— Historia gentis Langobardorum. 568-744.
Éd. Grotius, dans les Hist. Goth. Fandal. & Langob. Amstelodami, i655, in-8", t. 2, p. 1.
— Liber de episcopis Mettensibus, usque ad a. ']']']>
B'ihl. max. Pa.tr. Lugd. t. i, p. 172. — Pertz, t. 2, p. 260,
Pour citer les extraits de Festus par Paul Diacre, D. Vaissete a probablement employé l'édition de
Hanovre, i6o5, in-4°, dans les Grammat'icae lat'inae auctorcs antiqui.
Paulus diaconus Emeritensis (t 65o). — Vita & miracula patrum Emeritensium. Madritî,
i633, in-4°5 Antverpiae, i638, in-4".
Par fragments, dans les notes de Franc. Bivariiis à la Chronique du Pseudo-Maxime, Madrid, lôjr,
in-f".
*Pausanias. Éd. Dindorf, Paris, Didot, 1845.
*Pellerin. — Recueil de médailles de rois, de peuples & de villes. 1 762-1 767, 9 vol. in-4''.
5io TABLE BIBLIOGRAPHIQUE.
*Pelloutier (Simon). — Histoire des Celtes, & particulièrement des Gaulois & des Ger-
mains, depuis les temps fabuleux jusqu'à la prise de Rome par les Gaulois. La Haye,
1740 8c 1700, 2 vol. in-12.
PÉRARD. — Recueil de plusieurs pièces servant à Vhistoire de Bourgogne Paris, 1654,
iu-f".
PeREZ. — Dissertatio ecclesiaslica.
C'e:t probablement le Pentateuchum fiile'i, s'ive volum'tna v, de Eccicsîa, de concilits, de Scnptura sacra.,
de trad'uionibus sacns; de Romano pontijîce, Matriti, 1620, i vol. in-f".
*PerTZ. — Monumenta Germaniae historica.
Scriptores, t. i à 2.1, Hanovre, en cours de publication.
Leges, deuxième partie de la collection nationale allemande, publiée jusqu'à ces derniers temps sous
la direction de M. G. -H. Pertz. — Les lois remplissent jusqu'ici les tomes 3, 4, i5 & 20 de la collec-
tion.
PetAVIUS (Dionysius) & iEgidius LacARRY. — Epitome historiae regum Francorum, a
Pharamundo usque ad annum i632, ex D. Pet. & chronologia regum Franciae. Claro-
monti, 1672, in-4".
Extrait du livre ij, c. 48, de l'ouvrage de D. Petau. Cette partie était intitulée De doctrina tcmpo-
rum ; D. Vaissete la cite sous le titre de Rationarium tcmporum.
Petaviani (Annales). 687-804.
Duchesne, 55. coaetan, t, 2, pp. 6-10. — Labbe, Biblioth, nov. mss. t. 2, p. ySB. — Bouquet, t. 2 & 5,
— Pertz, SS. t. I, pp. 7-18.
PetronIUS. — Satyricon... cum notis Bourdelotïi £• glossario Petroniano (edente Ad. Va-
lesio). Parisiis, 1678, in-12.
PhilASTRE (S.). — Veterum Brixiae episcoporum, S. Philastrii & S. Gaudentii opéra
Brixiae, 1738, in-f".
Philostorge.
Dans le Mynob'iblon de Photlus, 1673. Paris, in-f°.
Philostratus. — Vita Apollonii Tyanensis.
Dans les Philostratorum quae supenunt omnia, édit. de Cottfridus Olearius. Lipsiae, 1709, in-f".
*PhylARQUE. Éd. de Liicht, Lipsiae, i836, in-8".
DSns le tome i des Fragmenta historicorunt Graecorum de C. MuUer, p. 334.
*PicTET (Ad.). — Nouvel essai sur les Inscriptions gauloises.
Dans la Revue archéologique, année 1867.
PiGHIUS (Steph. Vinandus). - — Annales Romanorum, qui commentarii vicem supplent in
omnes veteres historiae Romanae scriptores, in tribus tomis distincti, e quibus duo poste-
riores posthumi nunc primum in lucem exeunt, opéra & studio And. Schotti. Antverpiae,
i6i5, 3 voL in-f", fig.
PiTTSCUS (Samuel). — Lexicon antiquitatum Romanarum. Leovard. 171 3, 2 vol. in-f".
PlANTAVIT de la Pause, évêque de Lodève. — Chronologia praesulum Lodovensium,
Aramontii, 1634, in-4".
PlinIUS major. — Historia naturalis, interpretatione & notis illustravit Joan. Harduinus,
in usum Delphini. Parisiis, i685, 5 vol. in-4", ^ 1723, 3 vol. in-f".
PliNIUS minor. — Epistolarum libri X £• Panegyricus Trajdno dictiis. .Lugdiini Batàv.
Elzevir. 1640, in-12.
TABLE BIBLIOGRAPHIQUE. 5ii
Plutarque. — Les %^ies des hommes illustres, traduites par Dacier Paris, 1721-1734,
9 vol. 111-4".
PoETA Saxo. — Annales de gestis Caroli Magnl imp. a. 771-814.
Duchesne, t. 2, p. i36. — Bouquet, t. 5, p. i36. — Pertz, t. i, p. 225.
POLDO D'AlbenAS (Jean). — Discours historial de l'antique & illustre cité de f^ismes en la
Gaule Narbonnoise... Lyon, i56o, iii-1".
POLYBIUS. — Historiarum libri, gr. & lat., interprète Isaac. Casaubono. Jac. Gronovius
recensuit Amstelodami, 1670, 3 vol. in-8".
Ln dernière édition est de Paris, Didot, iSjp, in-8". — D. Vaissete a connu Iss Excerpta Icgat'tonum ,
par l'édition de Valois, Paris, 1634. [Voir Nicolas un Damas.)
PoLYEN. — Stratagematum libri Viir. Isaac. Casauboiuis graece aune prinuini edidif,
emeadavit & aotis illustravit. Adjecta est Justi Vulteji latiaa versio. Liigduai, 1089,
ia-r2.
POMPONIUS MelA. — De situ orbis libri III cum notis. Lugd. Batav. 1646, ia-12.
Praejecii (Fita 5.), episcopi Arvernensis.
Bolland. iH janv. t, 2, p. 63o. — Mabillon, AA. SS. or.l, S. Bened. saec. 2, p. 640.
Preuves des libertés de l'Église gallicane.
Composent le tome II de la nouvelle édition du Commentaire de Dupuy sur les libertés de l'iJelise
gallicane, donnée à Paris, en lyiï», par Lenglet du Frcsnoy, 2 vol. in-4".
Priscien. — Libri omnes Veaetiis, in aedibus Aldi & Aadreae Asiilaai, i527, ia-4".
Priscus. — Historia By^antina usque ad ann. 474.
Fragments dans les Excerpta legationum , Aug. "Vindsï. i6o3, in-4'"-; Paris. 1648 ; Venetiis, 1729, Se
enfin Bonnae, 1829, dans le Corp. SS. H'nt. By^ant.
Probus (Aeinilius), sive potius CORNELIUS Nepos. — De virorum excellentium vita, inier-
pretatione & notis illustravit Nie. Courtin, in usum Delphini. Parisiis, 1675, ia-4".
Procopius. — Historiarum sui temporis libri VIII (395-559).
Les quatre derniers s'appellent souvent De hello Gottorum. — Avec une traduction latine de Grotius,
dans la Collectio hist. Gotli, Amstelodami, lôoô, p. 139. — Muratori, SS. t. i, p. 247.
— Tu)v 7.aO' xjTcv iT-op'.Giv ^J(6A•.a èy-co. Historiarum sui temporis libri Viii, 395-559.
Dans la collection byzantine du Louvre, i66i-i663, 2 vol. in-f". Vcnetiae, 1729, in-f". Bonnae,
i833, ex rec. G. Dindorf.
ProspeR. — Chronicon ab Adamo usque ad obitum Valentiniani ù- captam a Genserico
urbem Komam a. 455.
Labbe, Blhlioth. nova mss. t. i , p. i6.
Prosper (S.) Aquitanicus. — Carmen de Providentia.
Dans l'édition de Mangeant, Paris, Desprez, 171 r, in-f".
Prosper Tyro. — Chronicon, in appendice operum S. Prosperi Aquitanici. Parisiis, 171 1,
ia-1".
Prudence. — De martyribus.
Dans ses Opéra, interprctatione & notis illustravit Stcph. Chamillart, in usum Delphini. Parisiis, 1687,
in-4".
Ptolémée. — Geographicae enarrationis libri VIII, ex Bilibaldi Pirckheymeri translatione,
sed ad graeca & prisca exemplaria a Mich. Villanovano (Scrvef) jamprimum recognoti,
cum ejusdem scholiis. Liigduai, i535, ia-1".
5i2 TABLE BIBLIOGRAPHIQUE.
Pytheas.
Les ouvrages de cet auteur ne nous sont point parvenus j ce que nous en possédons nous a été
consçrvé par Strabon &. différents autres auteurs.
Q,UESNEL. — Notae înS. Leonem. Voir S. Léo papa.
QuiNTiLlEN. — De înstitutione oratoria.
Peut-être l'édit. de Strasbourg de 1698, en 6 vol. (4 pour le De institutionc, & 2 pour les Dcclama-
îiones), in-4°.
*Rabanis. — Essai historique & critique sur les Mérovingiens d'Aquitaine & la charte
d'Alaon. Bordeaux, 1841, in-8".
*Ranke. — Pollux & Lucianus. Qiiedlimbourg, i83i, iii-8".
ReginO, Prumiensis abbas. — Chronicon sive Annales... a Christo nato usque ad ann. 905.
Dans Pistorius, SS, rer. German. t. i, p. i. — Pertz, SS. t. i, p. SSy.
*Reinaud. — Invasions des Sarrasins en France £• de France en Savoie, en Piémont & dans
la Suisse , pendant les huitième, neuvième &■ dixième siècles de notre ère. Paris, i836, ia-8".
Reineccius. — De Misenorum origine.
Dissertation que nous n'avons pu retrouver,
Reland (Pierre). — Fasti consulares... cum appendice Hadr. Relandi. Traj. Batavoriim,
17 15, iii-8°.
*RÉNIER (Léon). — Itinéraires romains de la Gaule.
Dans l'Annuaire de la Société des antiquaires de France, année i85o.
Rictrudis (Vita S.), abbatissae Marcianensis, ab Hucbaldo, monacho Elnonensi, scripta
a. 907.
Mabillon, AA. SS. ord. S. Ben. saec. 2, p. çSç. — Bolland. 12 mai, t. 3, p. 81.
*RiTSCHL. — Die Vermessung des roemischen Reichs unter Augustus,
Dans le Rkeinîsches Muséum, année 1842.
*RoBERT (Ulysse). — Etude sur les actes de Calixte II. Paris, 1874, in-8".
RoDERICUS XlMENES, archiepiscopus Toletanus. — Chronica Hispaniae ab origine prima
ad a. 1243.
Schott, Hispania illustrata, t. 2, p. 20.
— Historia Arabum.
A la suite d'Elmacin, éd. d'Erpenius, Leyde, 1620, in-8".
RORICO. — Gesta Francorum, libri IV.
Duchesne, t. 1, p. 799. — Bouquet, t. 3, pp. 1-19.
^Rossignol (M. A.). — Les monographies communales du département du Tarn. (Arron-
dissement de Gaillac.) 4 vol. in-8°.
*RoucHlER (M. l'abbé). — Histoire religieuse, civile & politique du Vivarais. 1862, in-8",
tome I, seul paru.
RuFFUS (Sextus). — Breviarium historiae Romanae. Acced. anonymi Ubellus vetustus loco-
rum urbis S- provincîarum, edent. Christ. Cellario. Halae, 1698, ia-8°.
TABLE BIBLIOGRAPHIQUE. 5i3
*RUHD0RFF. — Gromatîci veteres Die Schrîften der roemïschen FeUmesser Berlin,
1848-1852, 2 vol. in-8".
RuiNART (D.). — Acta primorum martyrum sîncera... Parisiis, 1689 & I7i3, iii-4".
— De Persecutione Vandalorum. Voir Victor Vitensis.
— Praefatîo in Gregor. Turonens. Voir Gregorius TuronensiS.
*RULLMANN (A.). — Récit des anciens monuments de la première & deuxième Narbonnoise.
Biblioth. nat. manuscrit fr. 8 649-8 6;*) i.
RuTiLius NuMATiANUS. — Itinerarium... ab Jos. Castalione emendatum & annotationibus
illustratum. Romae, 1682, iii-8°.
Saint-Aubin (Gilbert-Charles le Gendre, marquis de). — Des antiquités de la nation &
de la monarchie Françoises. Paris, 1741, 111-4".
Saint Denys (.Chroniques de).
D. Vaissete a dû employer l'une des éditions prlnceps, celle d'Antoine Vérard de 1493, ou celle de
Guillaume Eustache de 1514. — L'édition la plus courante a été donnée par Paulin Paris, Paris,
Techener, 6 vol. in-8°.
Saint-Gall (Chronique de).
Ce sont sans doute les Annales d'Hepidanus. Voir ce nom,
Sainte-Marthe (les frères). — Gallia Christiana. Paris, i656, 4 vol. in-f".
C'est l'ouvrage que D. Vaissete désigne sous le titre de Gallia Christiana vêtus, ou prior editio.
— Histoire généalogique de la maison de France. Paris, 1628, 2 vol. iii-f".
Salaberti (Vita S.), .
Dans les AA. SS. ord, S. Bened. t. 2, n. i3.
*SalinAS. — Le monete délie antiche citta di Sicilia. 1872, in-4".
Sallustius. — Opéra quae extant, in usum Delphini diligenter recensuit 5* notulas addidit
Dan. Crispinus. Parisiis, 1674, in-4°.
Edit. Burnouf dans la collection Lemaire, Paris, 1829, in-S".
Salvien. — SS. Salviani Massiliensis & Fincentii Lirinensis opéra studio & labore
Balw^ii. Parisiis, 1669, in-8". — Réédit. en 1684.
*Sambon. — Monnaies de la presqu'île italique. 1870, in-4".
Sancti Maxentii (Chronicon), sive IVLalleacense.
Labbe, Biblioth. nova, t. 2, p. 190. — Bouquet, t. 7, 9, 10, 1 1, r 2.
SangALLENSIS nionachus. — De gestis Karoli magni lihri II.
Duchesne, t. 2, p. 107. — Bouquet, t. 5, p. ic6. — Pertz, SS. t. 2, p. 73i.
Saussay (A. de la). — Supplementum martyrologii gallicani. Lutetiao Parisiorum, 1637,
in-f'.
*Saussaye (de la). — Numismatique de la Gaule Narbonnaise. Blois, 1842, in-4".
ScALiGER — Notae in Ausonium. Voir AusoNius.
ScHEDius (Elias). — De diis germanis, sive veteri Germanorum, Francorum, Britannorum,
Wandalorum religione syntagmata quatuor. Amstelodami, Elzevirii, 1648, in-8".
5 14 TABLE BIBLIOGRAPHIQUE.
ScHOTT. — Hispaniae ïllustratae seu rerum urblumque Hispaniae, Lusîtaniae, &c. scriptores
varïî Francofurti, i6o3-i6o8, 4 voL in-f".
■"Schwab. — De Livlo & Timagene, hlstoriarum scrîptorïbus. Stuttgard, 1834.
ScYLAX. Édit. de Hœschel, Aug. Viiidel, 1600, in-8°.
Dans le tome 1 des Geographi minores de Muller, p. i5.
ScYMNUS DE Chio, avec traduction en vers par Fr. Morel, Paris, 1606, in-8".
Dans le tome 1 des Geographi graeci minores, t. i, p. 196.
SÉBASTIEN DE SALAMANQUE.
Dans les Historias de cinco obispos de Sandoval, Pampelune, 161 5. Voir plus haut IsiDOlius Pacensis.
SÉNÈQUE. — Opéra quae extant, întegr'is Justi L'ipsli, J. Fred. Gronovii & selectïs varlorum
commentar'iïs illustrata. Amst. D. Elzevirius, 1672, 3 vol. in-8".
Serviez. — ■ Les hommes illustres du Languedoc. Béziers, 1723, in-8°.
Servius. — Gloses sur Virgile, Voir ce nom.
*Sestini (abate Dom.). — Descri-^ione délie medaglie Ispane, appartenenti alla Lusitania,
alla Betica & alla Tarragonense. Firenze, 1818, in-4".
— Classes générales seu moneta vêtus urbium, populorum & regum, ordine geographico &
chronologico descripta Florentia, 1821, in-4".
*SlCKEL. — Acta regum £• imperatorum KaroUnorum digesta & enarrata. Wien, 1867,
2 voL in-8".
Sidoine Apollinaire. — Opéra, Jac. Sîrmondi cura & studio recognita notisque illustrata,
editio secunda (curante Ph. Labbeo). Parisiis, l652, in-4°.
La première édition du commentaire de Slrmond est de Paris, 16 li^, in-8". Le tout a été aussi réim-
primé dans les œuvres complètes de Sirmond. Voir ce nom.
SigebertL'S GemblACENSIS. — Chronographia (38i-iii2).
Publié bien dei fois; D. Vaissete paraît avoir employé l'édition de Pistorius, SS, rer. Germanicarum
éd. Struve, t. 1 , p. 689. — La dernière édition de cet auteur, dans laquelle on trouvera toutes ses con-
tinuations, est celle de Bethmann, dans Pertz, SS. t. 6, p. 3oo.
— Appendix ad Chronographiam,
Il semble que ce soit la continuation d'Anselme de Gemblours, donnée par Pistorius en 1,^)83, t. i,
p. 943. Elle va de 1112a 1 i35. On la trouve dans l'édition de Betlnr.ann, Monumenta Germaniae his-
torien, SS. t. 6, pp. 37J-385.
Sigolenae (Vita S.).
Dans les A A. SS. ord. S. Bcncdicti, t. 4, p. 040,
SiGONlus, in Livium. Voir Livius.
SiLIUS ItALICUS. — In. C. Silii Italici viri consularis Punica, seu de bello Punico secundo
libros XVII Cl. Dausqueius Sanctomarius, canon. Tornac. Parisiis, 161 5, in 4".
Silesiographia renovata, necessariis scholiis & observationibus aucta (de Nicolaus Henelius
ab Hennenfeld). Wratislav. 1704, 3 part. in-4".
*SlLVESTRE. — Paléographie universelle, collection de fac-similé d'écritures de tous les
peuples & de tous les temps... Paris, Didot, 1839-1841, 4 vol. in-f".
SiRMOND. — Concilia antiqua Galliae, très in tomos ordine digesta Lutetiae, 1629,
3 vol. in-f".
— Opéra varia, nunc primum collecta. Parisiis, 1696, 5 vol. in-f".
TABLE BIBLIOGRAPHIQUE. "i"
SiRMOND. — Notitia in Sîdon'ium. Voir SiDONIUS.
SozoMÈNE. — Historîa. Édit. de Valois, Paris, 1668, in-f".
SpARTIANUS. — Vitae Hadrlanî mperatoris — Severî — Caracallae. Édit. de Casaubon.
Dans les Historiae augustae Scriptorcs, de Saumarse & Casaubon, Parisiis, 1620, in-f*; ou dans le
tome 3 des Scriptores historiae augustae minores Latinorum, Lugduni Batav. i632, 4 vol. in- 12.
Spon (Jacob). — Recherches des antiquités & curiosités de la ville de Lyon. Lyon, 1673,
in-8°.
— M-lscellanea erudltae antiquitatîs, in qulbus Lugduni, i68j, iii-f".
Stephanus Byzantinus. — De urbibus (gr. & lat.). Édit. de Gronovius, Amsterdam,
1678, in-f".
*Stobée. — Sermones... Lipsiae, 1797, in-8''.
StrABO. — Kerum geographlcarum llbrl xvii, Isa. Casaubonus recensult... Luteliae Paris.
1620, in-f". — Édit. de Cari Mueller, Paris, Didot, i853-i8j7, in-8".
SUETONIUS. — Opéra, cum annotatlonlbus dlversorum (jnter quos Phll. Beroaldus). Amste-
lodami, i65o & 1671, in-24.
Suidas. — Lexicon. Edit. dite d'Aemilius Portus, Col. Allobr. 1619 ou i63o, 2 vol. in-f".
*Édit. dite de Gaifford, Halae, i834-i853, 2 vol. in-4°.
SULPITIUS Severus, presbyter Aquitanicus. — Chronica sacra ab 0. c. — cca. 400
In Bihlioth. max. Lugd. t. 6, p. 324.
Sulpitll PU iVlta S.), eplscopi Biturlcensls.
Bolland. 17 janv. t. 2, p. 167. — Mabillon, JA. SS, ord. S. Ben. saec. 2, p. 168.
SymmACHUS. — Eplstolarum llbrl X castlgatlsslml, cum auctarlo cum notls nunc
prlmum edltls a Fr. Jureto. Paris. 1604, i vol. in-4".
Tacite. — Opéra Édit. Gronovius. Amsterdam, Elzévir, 1672, 2 vol. in-8°.
— Dlalogus de clarls oratorlbus, ut supra.
*Taillefer (W. de). — Antiquités de Vésona, cité gauloise remplacée par la ville actuelle
de Pérlgueux Périgueux, 1821-1826, 2 vol. in-4".
TamAYO de SalazaR (Jo.). — Anamnesls slve commemoratlo omnium sanctorum Hîspa-
norum. Lugduni, i65i-i659, 6 vol. in-f".
*Teissier (Jules). — Etudes sur les eaux de îiimes. Nimes, 1846 & i8di, 3 vol in-8".
ThegANUS, chorepiscopus Trevirensis. — Vlta Hludowlci Imperatorls (8i3-835), cum
appendice ann. 836-837.
Duchesne, t. 2, p. 273. — Bouquet, t. 6, p. 73. — Pertz, t. 2, p. ô8:j. — L'AppenJix à part dans
Lambécius, Commentar. de hihl. Vindohonensi lib, 11, p. 341.
Théodore. — Histoire de l'église angéllque de Notre-Dame du Pul. Tolose, i6jj. — Au
Puy, 1693, in-8°.
Theodulphus, episcopus Aurelianensis. — Carmlna.
Sirmond, Opéra varia, t. 2, & Duchesne, SS. t. 2.
— Versus de Ludovlco Imperatore, slve Paraenesls.
Canisius, LL. antiq. t. 6, p. 504. — Duchesne, SS. t. 2, p. 326. — Bouquet, t. 6, p. 257.
II. R
5i6 TABLE BIBLIOGRAPHIQUE.
Theofredi (passîo S.), martyrîs, a quodam recentiore conscr'ipta mendisque infecta.
Labbe, Bihlïotk. nov. t. 2, p. 684.
*Thierry (Amédée). — Histoire des Gaulois, depuis les temps les plus reculés jusqu'à
V entière soumission de la Gaule à la domination romaine. Paris, 1828, 3 vol. in-8°.
*Thierry CAug.). — Considérations sur l'histoire de France.
En tête des Récits mérovingiens du même auteur. Paris, 1840, 2 vol. in-8°.
*ThomAS (Eug.)« — Dictionnaire topographique du département de l'Hérault. Paris, impri-
merie impériale, i865, 111-4°.
Thomassin (L.). — Ancienne & nouvelle discipline de l'Eglise. Paris, 1725, 3 vol. in-f".
*Th0MASSY (R.). — Critique des deux chartes de fondation du monastère de Saint-Guillem
du Désert.
Dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes, t. 2, p. 177.
*Thorbecke. — Commentarii de C. Asinii Pollionis vita S- studiis. Leyde, 1820.
Thuani {Annales). Vide Loiseliani annales.
♦Thucydide. Édit. Haase, Paris, 1842, Didot, in-8".
TiBULLi quae extant. — Accedunt notae cum variarum lectionum lihello, & terni indices...
Amstelodami, 1708, 111-4".
Tiliani annales (708-807).
Duchesne, t. 2, p. 11. — Bouquet, t. 2 & 5. — Pertz, t. i, pp. 6 & 219.
TiLLEMONT. — Histoire des empereurs & des autres princes qui ont régné durant les six
premiers siècles de l'Eglise Paris, 1690-1738, 6 vol. iii-4°.
— Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique des six premiers siècles. 1693-1712,
16 vol. in-4°.
TiTE-LiVE. Voir Livius.
*ToRREMUZZA (principe de). — Siciliae populorum & urhium, regum quoque £■ tyrannorum
veteres nummi, Saracenorum epocham antécédentes Panormi, 1781, in-f°.
*ToURNAL. — Catalogue du musée de Narbonne.
TouRNEFORT. — Relation d'un voyage au Levant Paris, 1717, 2 vol. 111-4°.
Trebellius Pollio.
Dans le tome 3 des SS. Historiae avgustae minores Latinorum, 4 vol. in-12. Lugd. Batavorum, 1682.
Tristan de S. Amant. — Commentaires historiques, concernant l'histoire générale des
empereurs romains, &c., illustrée par les médailles. Paris, 1644 ou 1657, 3 vol. iii-f".
TriTHEMIUS, abbas Herbipolensis. — De viris illustrihus ord. S. Benedicti libri IV. Colo-
iiiae, ap. Gerv. Calevium, i575, & dans ses œuvres complètes, Moguut. i6o5, iii-f°.
*Tudot (E.). — Collection de figurines en argile, &c. Paris, 1860, in-4''.
TzetzèS. — Lycophrontis Alexandra sive Cassandra, graec. £• lat. cum graecis Is. seu
potius Joan. T'^eto^ae commentariis cura & opéra Joan. Potteri. Oxonii, 1702, in-f".
*Uckert. — Géographie der Griecken und Roëmer. Weimar, i832, in-8°.
Uranii presbyteri epistola ad Pacatum de obitu S. Paulini, episcopi Nolani, in tomo II
Operum ejusdem. Parisiis, 1686, in-8°.
TABLE BIBLIOGRAPHIQUE. 617
USTJARDUS. — Martyrologium opéra & studio Joan. Soler'n. Antverpiae, 1714, in-f"
(édit. dite des BoUaudistes).
D. Vaissete a probablement employé de prcfcrence la suivante :
— Martyrologium sincerum, ad autographi in Sangermanensi abbatia servati fidem edilum,
ab observationibus Sollerii vindicatum, opéra &• studio D (Jac. Bouillart). Paris
1718, in-4°.
Vaillant (Jo. Foy). — Numismata aerea imperatorum, augustorum & caesarum in colonîis,
municipiis S- urbibus jure latio donatis, ex omni modulo percussa. Parisiis, 1688 ou 1697,
I vol. in-f".
Valerius Maxl-nius. — Factorum & dictorum memorabilium libri novem in usum Del-
phini. 16 j g, in-8''.
Valesius. — Gesta Francorum seu rerum Francicarum tomi très, a primordiis gentîs ad
Childerici destitutionem. Parisiis, 1646-1658, 3 vol. iii-f°.
— Notitia GalUarum, ordine alphabetîco digesta. Parisiis, Léonard, 1675, iu-f'.
Varro. — De lingua latina, avec les notes de Scaliger. Henri Estienne, i573, 5 part,
en I vol. in-8".
*Vasquez Queypo. — Systèmes métriques 5- monétaires des anciens peuples. 1859, 3 vol.
in-8°.
Vecchietti (j/ve Wecchietti). — Opus de anno primitive, ab exordio mundi ad annum
JuUanum accommodato ù- de sacrorum temporum ratione libri viii. Augustae Vindelico-
rum, 1621, in-f".
VeLLEIUS Paterculus. — Historiae Romanae, interpretatione & notis illustravit Rob.
Rigue-:^, in usum Delphini. Parisiis, 1675, in-4°.
Verani (Vita S.), episcopi Cavallicensis.
Labbe, Bibhoth, nova., t. 2, p. 690. — Bolland. 19 cet. t. 8, p. 467.
*Verguet (l'abbé). — Fac-similé autographique des cinq diplômes carlovingiens provenant
du fonds de Vabbaye de la Grasse {Aude). Carcassonne, 1873, album in-S" oblong.
Vie (Gérard de). — Chronîcon historicum episcoporum & rerum memorabilium ecclesiae Car-
cassonensis. i66jj in-f".
Victor (Aurélius). — Historiae Romanae compendium, interpretatione & notis illustravit
Anna Tanaq. Fabri filia, in usum Delphini. Parisiis, i68i, in-4''.
Victor Tunnunensis. — Chronicon.
Edit. Scaliger, dans le Thésaurus temporum, t. 2, p. 1.
Victor, Vitensis episcopuS. — Historia persecutionis Vandalicae.
Dans toutes les Biblioth. des Pères, & édit. de Ruinart, Paris, 1694, in-8".
Virgile.
D. Vaissete a probablement employé l'édition Taubmann, in-4*', '618, dans laquelle les Catalecta de
Virgile sont accompagnés du commentaire de Scaliger, paru en iSyS, à Lyon.
Visîgothorum {Codex).
Canciani, Leges Barbarorum. — D. Bouquet, t. 4, p. 283.
5i8 TABLE BIBLIOGRAPHIQUE.
Vîsïgothorum (Lex Romana')^ sive Brevïarîum Alarîcînîanum.
La seule édition à employer est celle de Haeiiel, Berlin & Leipzig, i 847-1 849, 2 part. in-4°.
VlTRUVlUS. — De architectura librî x, cum notis Guillelmi Philandri. Lugduni, apud
Joann. Toriiesium, i552, in-4'', fig-
* — M. Vitruvîi Pollionîs architectura, textu & recensione codîcum emendata, cum exerctta-
tîonïbus notlsque nov'issîmîs Joannis Polenî & comme ntariis var'iorum, additis nunc prîmum
studils Sîmonis Stratîco. Utiiii, i825-i83o, 4 vol. n\-/Ç.
Volusien {Vie de Saint). Limoges, 1722, in-12.
Vopiscus (Flavius). — Vitae Romanorum imperatorum.
Dans le tome 3 des SS. historiae augustae-minores Latinoruni. Liigd. Batavorum, 1632,4 vol. in-12.
VosSIUS. — De poëtis & de historicis latinis librî VII. Lugd. Batav. i65i, 2 vol. in-^°.
*Wailly (N. de). — Nouveaux éléments de paléographie. Paris, Imprimerie royale, i838,
2 vol. iii-4°.
Walae (Vita), abbatîs Corbeîensis, auctore Paschasio Radberto.
Mabillon, A A, SS. ord. S. Bened. saec. 4, t. i, p. 455. — Ext. Pertz, SS. t. 2, p. 533.
WalAFRIDUS Strabo. — De officHs divinis sive de exordiis & incrementis rerum ecclesias-
ticarum.
Dans la Bïbliotheca Patrum Lugdun. t. i5, p. 181.
*Walckenaer. — Géographie de la Gaule Cisalpine & Transalpine. Paris, 1889, 3 vol.
in-8°.
TVaningi (Vita 5".), confessoris.
AA. SS. ord. S. Bened. saec. 2, p. 972. — Bolland. 9 janv, t. i, p. 591.
*Weil. — Geschichte der Chalîfen, nach handschriftlichen groesstentheîls noch unbenutci^ten
Quellen bearbeit. Mannheim, 1846-1851, 3 vol. 111-8°.
*Wescher & Foucart. — Inscriptions recueillies à Delphes. Paris, Didot, i863.
XlPHILiNUS. — E Dione excerptae historiae (gr. & lat.).^ ex interpretctione Guil. Blanci a
Guil. Xilandro recognita : H. Stephanî in J. Xiphilinum spicilegium. Excudebat
H. Stephanus, 1592, in-f°.
Yepes (Antonio de). — Cronica gênerai de la orden de San Benito. Pamplona & Valla-
dolid, 1609-1621, 7 vol. in-f".
Yves, évêque de Chartres. — Panormia sive liber decretorum.
Dans les Opéra omn'ia de cet auteur, édit. de Fronton & Louchet, Parisiis, 1647, in-f°.
*Zeuss (I. C). — Grammatîca celtica. Lipsiae, i853.
ZoNARAS. — Annales, graece & latine, cum notis Car. Dufresne du Cange. Parisiis, 1686,
2 vol. in-f".
Dans la Byzantine du Louvre.
TABLE BIBLIOGRAPHIQUE. Sic
ZosiMUS papa. — Epistolae.
Dans Coustant, Epistolae <.umm, Fontijîcum.
ZosiMUS, cornes & fisci advocatus. — Hîstoria Romana sive Hïstoriae novae librî vi.
Édit. Cellarius, 1679, Cizae.
*ZuMPT. — De augustalïbus 5- seviris augustalîbus commentatto epîgraphica. Berolini,
1846, in-4".
ZURITA (Jeroninio). — Anales de la corona de Aragon, Sarragosse, 1610-1621, 7 vol.
in-f"; une seconde édition à Sarraojosse, 1666-1671.
Salva, Cat.ilogo, n"* '^2'^z-'^.
FIN DU TOME DEUXIEME.
.V
4
TABLE DES MATIÈRES
DU PRESENT VOLUME
Préface page v
Sommaires des Notes p. ix
Noms des auteurs des Notes ajoutées par les nouveaux éditeurs p. ix
Notes p. i
Table générale des noms & des matières p. 567
Preuves. Chroniques colonne i
— Chartes & Diplômes c. 35
Index onomasticus & geographicus c. 426
Table bibliographique , p. 485
^-5/
TOULOUSE, TYPOGRAPHIE PAUL PRIVAT, RUE TRIPIÈRE, p.
EDOUARD PRIVAT, LIBRAIRE-ÉDITEUR
RUE DES TOURNEURS, HOTEL SIPIÈRE, TOULOUSE
LISTE
PREMIERS SOUSCRIPTEURS
PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
A L'HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC
M. Abadie (Baptiste), ancien maire, à Saint-Gaudens.
M. l'abbé Abadie (Félix), prêtre, à Lécussan (Haute-Garonne).
M. Abeille (Urbain), propriétaire, à Villeneuve-de-Rivière (Haute-Garonne).
M. d'Ablanc de Labouysse, propriétaire, à Castelsarrasin.
M. le comte d'Adhémar (Roger), propriétaire, à Montpellier.
M, le comte d'Adhémar (V.), propriétaire, à Toulouse.
Archives du département de Lot-&-Garonne.
Bibliothèque de la Ville.
AGEN { Bibliothèque de l'Évèché.
Bibliothèque de la Cour d'appel.
Société d'Agriculture, Sciences & Arts.
M. l'abbé d'Aguin, chanoine honoraire, à Toulouse.
MM. AiLLAUD, GuiLLARD & C'^ , libraires & commissionnaires, à Paris.
ALAIS. Bibliothèque de la Ville.
Archives du département du Tarn.
Bibliothèque de la Ville.
M. l'abbé Albouy, curé de Saint-Pierre, à Toulouse.
M. Alengri (Charles), propriétaire, à Toulouse.
M. d'Al(^uier DE Montalivet, receveur de l'Enregistrement, à Pau.
M. Amiel (André), à Béziers.
M. Amigues fils (J.-B.), propriétaire & négociant, à Sigean (Aude).
M. Andoque (Alban), propriétaire, à Béziers.
ALBI
M. André (Edouard), ancien député, à Paris.
M. André (Maurice), avocat, docteur en droit, à la Canourgue (Lozère).
M. d'André (Joseph), avocat, à Toulouse.
M. Anouilh (Jean-Marie), avocat, à Saint-Girons.
M. le comte d'Anselme de Puisaye, au château de Tostat (Hautes-Pyrénées).
M. Anterrieu (Emile), directeur du Crédit viager, à Montpellier.
M. Anterrieu (Marius), propriétaire, maire, à Gigeau (Hérault).
M. Anthouard (J.-M.), juge-suppléant, avoué, au Vigan.
M. le marquis d'AraGON, au château de Salies (Tarn).
M. Arieu, notaire, à Castelnau-Maguoac (Hautes-Pyrénées).
M. ArnAULT, professeur à la Faculté de Droit, à Toulouse.
M. d'Arnoux-Brossard, propriétaire, maire, à Saint-Porquier (Tarn-&-Garonne).
M. ARR.AZAT, ancien député, membre du Conseil général de l'Hérault, à Lodève.
MM. ASHER & C''-', libraires, à Berlin (2 ex.).
M. d'Ast (Léonce), ancien maire, à Brignemont (Haute-Garonne).
M. Astrié-Rolland (Ernest), avocat, à Toulouse.
M. Atger (A.), ancien avoué, à Montpellier.
jsTTr^Tj ( Archives du département du Gers.
AUCH _,.,,, , , , 1.1 1 A 1 '
( Bibliothèque de 1 Archevêché.
Ms"" le duc d'Aumale, à Paris.
M. Auret (Etienne), libraire, à Pézénas (Hérault).
M. d'AvAIZE (Amédée), membre de la Société française d'Archéologie, à Lyon.
ÀTTT/".vT/-kV7 ( Bibliothèque du Séminaire.
AVIGNON , ^
( Musee-Calvet.
M. le marquis d'Ayguesvives (Albert), membre du Conseil général, à Toulouse.
M. le baron d'AyrAL DE SÉRIGNAC, à Labastide-du-Temple (Tarn-&-Garonne).
M. l'abbé AzAM, aumônier du Collège, à Revel (Haute-Garonne).
M. AzÉMAR (Edouard), docteur en médecine, à Luchon (Haute-Garonne).
M. AzÉMAR (Théophile), juge de paix, à Caussade (Tarn-&-Garonne).
M. BagnÉRIS (Justin), avocat-avoué, à Pamiers.
M. Balmelle (Gaston), avocat, ancien maire, à Nimes.
M. Baqué (Léon), banquier, à Luchon (Haute-Garonne).
M. le baron DE BarANTE, sénateur, à Barante-Thiers (Puy-de-Dôme).
M. l'abbé Barbe, chanoine honoraire de Bayonne & de Besançon, à Toulouse.
M. Barbey (Edouard), filateur, à Mazamet (Tarn).
M. l'abbé Barbier, directeur du Petit Séminaire, à Pamiers.
M. Barbier de la Serre, propriétaire, à Lavit-de-Lomagne (Tarn-&-Garonne).
M. Barry, général de division, à Perpignan.
M. Barry, professeur d'histoire au Lycée, à Toulouse.
M. BarthèS, docteur en médecine, à Cette (Hérault).
M. le baron DE Bastard, à Périgueux.
M. Batiffol (H.), agrégé de l'Université, professeur au Lycée, à Toulouse.
M. Baudens, membre du Conseil général, à Castelnau-Magnoac (Hautes-Pyrénées).
BAYONNE. Bibliothèque de la Ville.
M. le comte Bégouen, trésorier payeur général, à Toulouse.
M. le baron DE Belcastel, à Toulouse.
M. le comte DE Bellissen-Durban, à Toulouse.
M. le baron DE Bellissen (Cyprien), membre du Conseil général, à Foix.
M. le baron DE Belloc de Chamborant, à Béziers.
MM. BénéZECH frères, libraires, à Béziers.
M. Benoit, chef d'institution, à Narbonne.
M. l'abbé DE Benque d'Agut, supérieur de l'institution Saint-Martin, à Pau.
— 3 —
M. BÉRENGUiER, percepteur, à Labastide-de-Lévis (Tarn).
M. Bergerol (Élie), professeur à l'institution Py, à Fontenay-sous-Bois (Seine).
M. Berges (Amédée), peintre-verrier, à Toulouse.
RFRT TN i Bibliothèque impériale-royale.
( Bibliothèque de l'Université.
M. de Bermond (Louis), au château de Saint-Eugène (Tarn).
M. Berthomieu (Louis-Auguste-Célestin), propriétaire, à Paraza (Aude).
M. Berthomieu (Léonce), secrétaire de là Société archéologique, à Narbonne.
M. Bessières (Emile), propriétaire, à Saint-Nicolas-de-la-Grave (Tarn-&-Garonne).
BÉZIERS. Bibliothèque de la Ville.
M. BiBENT (Jules), directeur d'assurances, à Toulouse.
M. Bigot-Valentin, curé, à Fontes (Hérault).
M. BiLiNSKi (Albert), chef d'institution, à Montpellier.
M. DE BiLLY (Charles), conseiller à la Cour des Comptes, à Paris.
M. BiRAT (Aimé), propriétaire, à Capendu (Aude).
M. Blanc (Adolphe), avoué, à Millau.
Le R. P. Blancal, ancien supérieur des Missionnaires de Montauban.
M. BlaVY (Alfred), avoué à la Cour d'appel, à Montpellier.
M. BoNAFOUS, ancien principal de collège, à Albi.
M. BoNAFOUS-MuRAT, receveur particulier des Finances, à Villeneuve-sur-l,ot.
M. BoNFiLS, professeur à la Faculté de Droit, à Toulouse.
M. BoNNAL (Edmond), avocat, à Toulouse.
M. BoNNEL (Gabriel), avocat, à Narbonne.
M. Bonnet (H.), receveur de l'Enregistrement, à Rabastens (Tarn).
M. Bonnet (Louis), propriétaire, à Béziers.
M. Bonnet (Martin), à Cazouls-les-Béziers (Hérault).
M. Bordères (Edouard), ancien avoué à la Cour d'appel de Toulouse.
M. BoRELLY, manufacturier, à Brousses (Aude).
M. BoRiE (Victor), secrétaire général du Comptoir d'Escompte, à Paris.
M. BoRiES (Armand), notaire, à Narbonne.
M. BouFFET, ingénieur des Ponts & Chaussées, à Carcassonne.
M. BouiSSlN (Léon), membre du Conseil général de l'Hérault, à Paris.
M. BoUNiOLS fils, propriétaire, au château d'Espanel (Tarn-&-Garonne).
M. BoURDET (Saint-Ange), négociant, à Lézignan (Aude).
M. DE BouRDONCLÉ DE Saint-Salvy, aucieu capitaine de cavalerie, à Lavaur.
M. BouRGEAT (Louis), avocat, à Agen.
BOURGES. Bibliothèque de l'Archevêché.
M. Bousquet fils (Victor), négociant, à Béziers.
M. BoussÈs DE FouRCAUD (Louis), à Beaumarchez (Gers).
M. l'abbé Bouteille, professeur au Petit Séminaire, à Massais (Tarn).
M. BouziGUES (Jean), propriétaire, à Toulouse.
MM. Braumuller & fils, libraires de la Cour & de l'Université, à Vienne (Autriche).
M. BrenguIER (Victor), banquier, à Narbonne.
M. Bressolles (Gustave), professeur à la Faculté de Droit, à Toulouse.
M. Bruguière-Fontenille, avocat, à Clermont (Hérault).
M. l'abbé Brunet, prêtre, à Gaillac-sur-Tarn.
M. Bunel (Louis), avocat, à Toulouse.
M. BusQUET (Horace), ingénieur des Mines, à La Machine (Nièvre).
M. le marquis DE BuTE, à Londres.
M. le comte O'Byrne, propriétaire, au château de Saint-Géry (Tarn).
M. Cabannes (Alcime), propriétaire, à Argelliers (Aude).
M. Cabié (Edmond), à Roqueserière (Haute-Garonne).
M. Cabos (Joseph), avoué au Tribunal, à Toulouse.
r^KZjn-oc ( Archives du département du Lot.
( Bibliothèque de 1 hveché.
M. Gaillard (Emmanuel), imprimeur, à Narbonne.
M. Calas (Joseph), libraire, à Montpellier.
M. Calcat (Pierre), ancien juge de paix du Fousseret (Haute-Garonne).
M. Calmels d'Artinsac, notaire, membre du Conseil général, à Gramat (Lot).
M. DE Calmés, propriétaire, à Serviès-en-Val (Aude).
M. Calmettes (Germain), principal du Collège, à ÎVIillau.
M. Calmon, sénateur, à Paris.
M. Cambon (Eugène), principal du Collège, à Bédarieux (Hérault).
M. Cambres, avocat, à Cahors.
M. Camoreyt (Eugène), secrétaire de la mairie, à Lectoure.
M. le comte DE CampAIGNO, ancien député, ancien maire, à Toulouse.
M. de Campoussy (Emile), docteur en médecine, à Mijanés (Ariége).
M. Cangardel (Charles), avocat, à Cahors.
M. Capdepic, avocat, à Montauban.
M. DE CapÈLE (Julien), propriétaire, à Toulouse.
M. CaraYON-TalpaYRAC, propriétaire, à Toulouse.
M. Carbonel, conseiller de préfecture en retraite, à Cahors.
CARCASSONNE. Bibliothèque de l'Évêché.
M. le comte DE CardAILLAC, au ministère des Beaux-Arts, à Paris.
M. Cargue (Frédéric), avoué, à Saint-Gaudens.
M. l'abbé Carrère, curé, à Montauban-de-Luchon (Haute-Garonne).
M. Carrière-Montjosieu (Damien), docteur en droit, à Saint-Izaire (Aveyron).
M. DE Cassagne (Antoine), propriétaire, à Béziers.
M. DE Cassaigneau de Saint-Félix, propriétaire, à Montauban.
M. Cassan (Léon-Adolphe), juge de paix, à Técou (Tarn).
M. l'abbé du Cassé de Lassalle, prêtre, à Castelsarrasin.
M. Castel (Désiré), propriétaire, à IV^ontauban.
CASTELNAU-DE-MONTRATIER (Lot). Bibliothèque de la Ville.
M. l'abbé Castillon, archiprêtre, à Toulouse.
CASTRES. Bibliothèque de la Ville.
M. le comte de Castries, propriétaire, au château de Gaujac (Gard).
M. CathaLA (Charles), avocat, à Castelnaudary.
M. l'abbé Caujolle, secrétaire général de l'Archevêché, à Toulouse.
M. Caussé (Gaspard), conseiller à la Cour d'appel, à Toulouse.
M. Cauvet (Emile), avocat, à Narbonne.
M. Cavé-Esgaris (Maxime), notaire, à Bayonne.
M. Caviole (Jules), conseiller de préfecture, à Cahors.
M. CaylA (Henri), notaire, à Estaing (Aveyron).
M. Cazac, pharmacien, membre de la Société de médecine, à Toulouse.
M. Cazalis de Fondouce (Paul), à Montpellier.
M. Cazals, curé de Saint-François, à Lavaur.
M. Cazals (Louis), avocat, à Coursan (Aude).
M. Caze (Paul), substitut du procureur de la République, à Toulouse.
M. Cazes (Prosper), ancien notaire, à Millas (Pyrénées-Orientales).
M. Céré (Firmin), principal du Collège, à Castelsarrasin.
CETTE (Hérault). Bibliothèque de la Ville.
M. le baron DE Chabaud la Tour, général de division, anciem ministre, à Paris.
M. Chabrié (Henri), propriétaire, à Port-de-Penne (Lot-&-Garonne).
M. le prince de Chalais Périgord, à Paris.
M. Chaliès (Frédéric), notaire, à Sévérac-le-Château (Aveyron).
M. Challiol, libraire, à Albi.
M. Chamand (Denis;, avocat, à Uzès.
M. le comte DE Chambrun, sénateur, à Paris.
M. le marquis DE Champreux-d'Altenbourg, à Toulouse.
M. ChArvet (Gratien), agent voyer d'arrondissement, à Alais.
M. Chasserau (Auguste), vicaire, à Buzet (Haute-Garonne).
M. le baron Chaurand, ancien député, avocat, à Lyon.
M. Chelle, chef d'institution, à Montesquieu-Volvestre (Haute-Garonne).
M. Chesnelong, ancien député, à Orthez.
M. Chevalier, libraire, à Saint-Etienne.
M""* veuve Chevalier, née Mathey, rentière, à Vesoul.
M. Choit (Thomas), officier de l'Université, à Pamiers.
M. DE Christol (Henri), à Béziers.
M. ClaRET Llobet (Mathias), propriétaire, à Narbonne.
M. DE Clarens (Alfred), membre du Conseil général, maire, au Houga (Gers).
M. ClaRY, docteur en médecine, à Cahors.
M. DE Clausade (Gustave), à Rabastens (Tarn).
M. Clément (A.), doct. en méd., anc. maire, memb. du Cons. gén.,'à Frontignan (Hér'').
M. le duc DE Clermont-Tonnerre, à Paris.
M. le comte de ClervaUX, propriétaire, à Saintes.
M. Clos (Adrien), notaire, maire, à Sorèze (Tarn).
COGNAC. Bibliothèque de la Ville.
M. CoMBAL (Paul), professeur à la Faculté de Médecine, à Montpellier.
M. Combes (Anacharsis), avocat, à Castres.
M. Combes (Paul), rentier, à Durban (Aude).
M. de Combettes (A.), propriétaire, à Brens (Tarn).
M. le comte de Combettes du Luc, propriétaire, à Rabastens (Tarn).
M. DE Combettes Labourelie (Louis), propriétaire, à Labourelie (Tarn).
M. le vicomte de Comminges, à Toulouse.
M. l'abbé CoMPANS, aumônier, à Bordeaux.
M. DE Corail (Ernest), propriétaire, au château de Lahage (Haute-Garonne).
M. CosTE (Hippolyte), manufacturier, à Castres.
M. CoSTE (Louis), notaire, à Puisserguier (Hérault).
M. CoTTiN (Léon), principal du Collège, à Pamiers.
M. CouGET (Alphonse), président du Tribunal civil, à Muret.
M. CoURDiN, conseiller à la Cour d'appel, à Toulouse.
M. Courtes (Charles), négociant, à Lézignan (Aude).
M. CouRTY, général de brigade, commandant la subdivision du Gard, à Nimes.
M. CoURTY, professeur à la Faculté de Médecine, à Montpellier.
M. Cousin, avocat, à Toulouse.
M. CouybA (Louis), docteur en médecine, à Safnte-Livrade (Lot-&-Garonne).
M. Crès (Auguste), pasteur-président, à Vallon (Ardèche).
M. Crouzet (Emile), agent de change, à Millau.
M. DE Croze (Charles), propriétaire, à Paris.
M. DE Crussol des Epesse (J.-M.), imprimeur, à Figeac.
M. CusTOS, secrétaire de l'inspection académique, à Toulouse.
M. Daffis (Paul), libraire, à Paris.
M. Dallas (Arnaud), propriétaire, à Castelnau-Magnoac (Hautes-Pyrénées).
MM"es Dardignac sœurs, à Saint-Gaudens.
M. l'abbé Darnaud, prêtre, à Annonay (Ardèche).
M. Darolles (Marius), négociant, à Toulouse.
— 6 —
M. l'abbé DarrAS, auteur de VHlstoîre générale de l'Église, à Paris.
M. Daspit de Saint-Amand (François-Gustave), à La Réole.
M. Daste, ancien vice-président du Tribunal civil, à Albi.
M. DaudiraC, docteur en médecine, à Cauterets (Hautes-Pyrénées).
M. Debar (Henri), avocat, à Albi.
M. le baron Decazes, ancien député, membre du Conseil général, à Albi.
M. DefféS (Albert), négociant, à Toulouse.
M. Degeilh (Paul), greffier en chef du Tribunal, à Castres.
MM. Deigthon & C'c, à Cambridge (Angleterre).
M. l'abbé Déjean, curé, à Frouzins (Haute-Garonne).
M. Delagrave (Charles), éditeur, à Paris.
M. Delalain (Jules), libraire, imprimeur de l'Université, à Paris.
M. Delbosc (Emmanuel), négociant, à Montauban.
M. Delcasse, avocat, à Limoux.
M. Delcurrou, avocat général, à Montpellier.
M. Delisle (Léopold), conservateur de la Bibliothèque Nationale, à Paris.
M. Deloncle, receveur de l'Enregistrement, à Cette (Hérault).
M. Delpech (Arthur), propriétaire, à Narbonne.
M. Delquié (Edmond), conseiller à la Cour d'appel, à Toulouse.
M. Delzolliés (Ernest), propriétaire, à Castelmoron-sur-Lot (Lot-&-Garonne).
M. Delzolliés (Henri), propriétaire, à Agen.
M. DenaT, principal du Collège, à Castelnaudary.
M. Depeyre, ancien membre du Conseil général, à Montpezat (Tarn-&-Garonne).
M. Depeyre, avocat, sénateur, ancien ministre, à Toulouse.
M. le baron DesaZARS de Montgailhard, procureur de la République, à Albi.
M. DieulAFOY (Georges), docteur en médecine, à Paris.
M. DiRAT (Oscar), propriétaire, à Grisolles (Tarn-&-Garonne).
M. DoAT, ancien maire, à Capvern (Hautes-Pyrénées).
M. DoAZAN (Philippe), propriétaire, à Ondes (Haute-Garonne).
M. Domergue, ancien général comm. supérieur des gardes nationales, à Montpellier.
M. Don de Cépian (Camille), propriétaire, à Carcassonne.
M. DonnADILLE (Gustave), manufacturier, à Bédarieux (Hérault).
M. DoRMEAU, maire, membre du Conseil d'arrondissement, à Dehault (Sarthe).
M. l'abbé DoUMENG, prêtre-missionnaire, à Salies-du-Salat (Haute-Garonne).
M. l'abbé Doumenjou, curé, à Saint-Paul (Ariége).
M. Druilhet (Paul), avocat, à Lectoure.
M. Dubois (Emile), négociant, à Toulouse.
M. Dubois (Gaston), archiviste-paléographe, à Paris.
M. DucoM (Denis), propriétaire, à Montlezun (Gers).
M. Ducos, juge au Tribunal civil, à Agen.
■^ M. DucRos, avocat, à Cahors.
M""' Ducup-Marty (Irma), à Bassanel (Hérault).
M. DuFAURE, de l'Académie française, sénateur, ministre de la Justice, à Paris.
M. DuFOUR, avocat, ancien conseiller de préfecture, à Cahors.
M. Du Gabé, avocat, ancien député, à Toulouse.
M. l'abbé DuHAGON, directeur de l'institution des Sourds-Muets, à Toulouse.
M. l'abbé Duilhé de Saint-Projet, chanoine honoraire, à Toulouse.
M. DuLAC, docteur en médecine, à Luchon (Haute-Garonne).
MM. DuLAU & C"^, libraires, à Londres (4 exemplaires).
M. Dumas (Ernest), ancien député, à Paris.
M. l'abbé DuMAS, archiprêtre, à Pamiers.
M. Dumoulin, libraire, à Paris.
M. DuNAL (Benjamin), docteur en médecine, à Montpellier.
M. DuPAU CLouis), ancien sous-préfet, à Toulouse.
M. Duperie, docteur en médecine, à Agen.
M. Durand (Eugène), pasteur, à Castres.
M. DuRUY, ancien sénateur, ancien ministre de l'instruction publique, à Paris. .
M. d'Elbreil (Henri), propriétaire, à Montauban.
M. Escallé (Louis), chef d'institution, à Toulouse.
M. EscANDE (Jean), courtier, à Béziers.
M. ESPÉRONNIER, conseiller à la Cour d'appel, à Montpellier.
M. l'abbé EspiAU, supérieur du Collège, à Gimont (Gers).
M. EspirALlER (Joseph), propriétaire, à Cette (Hérault).
M. ESTOR, professeur à la Faculté de Médecine, à Montpellier.
M. le comte d'ExéA, propriétaire, à Lézignan (Aude).
M., le marquis d'ExÉA, propriétaire, à Toulouse.
M. Fabre, notaire, à Castelnaudary.
M. Fabre-d'Envieu, professeur à la Sorbonne, à Paris.
M. FabrègAT (Auguste), avocat, ancien maire, à Béziers.
M. Fabrège, propriétaire, à Montpellier.
M. Faget (Edouard), manufacturier, à Ratier (Lot-&-Garonne).
M. Faget (Ernest), ancien chef d'institution, à Toulouse.
M. FalguièRES (Henri-Sylvain), membre du Conseil général, à Cadalen (Tarn).
M. FalliÈRES, avocat, à Agen.
M. DE Farguette, capitaine à la remonte, à Agen.
M. Faulquier (Rodolphe), négociant, à Montpellier.
M. Faure (Hippolyte), propriétaire, à Narbonne.
M. Faure (d'Avignonet), avocat, membre du Conseil général, à Toulouse.
M. FavaTIER (Léonce), notaire, à Narbonne.
M. Favre (Jules), avocat, de l'Académie française, ancien ministre, sénateur, à Paris.
M. FéraL, avocat, membre du Conseil général, à Toulouse.
M. FerrÈRE (François), propriétaire, maire, à Bagiry (Haute-Garonne).
M. Feybesse (Osmin), avocat, propriétaire, à Carpentras.
M. FiLHOL, directeur de l'Ecole de Médecine, ancien maire, à Toulouse.
M. l'abbé FiLHOL, chanoine honoraire, à Toulouse.
M. FlammaN (François), négociant, à Bédarieux (Hérault).
M. FoCH (Cyrille), manufacturier, à Lédar (Ariége).
FOIX. Archives du département de l'Ariége.
M. l'abbé FoiX, curé, à Lespugue (Haute-Garonne).
M. FoNDi DE Niort (M.), avocat, à Toulouse.
M. FoNTAS, libraire, à Carcassonne.
M. FoRNAiRON (Ernest), propriétaire, à Florensac (Hérault).
M. Fort (Gustave), filateur, à Toulouse.
M. DE FoRTON, propriétaire, à Montpellier.
M. le baron DE FoucAUD, propriétaire, à Toulouse.
M. FouLD (Gustave), ancien député, à Paris.
M. FouQUET (Georges), négociant, à Paris.
M. FoURÈS (Léonce), docteur en médecine, à Coursan (Aude).
M. Fraisse (Ariste), propriétaire, maire à Florensac (Hérault).
M. de Framond (Alfred), propriétaire, à Marvéjols.
M. Gadrat (Paul), avocat, à Paris.
GAILLAC-SUR-TARN. Bibliothèque de la Ville.
M. GalimARD (Antonin), propriétaire, à Vals-les-Eaux (Ardèche).
GAP. Archives du département des Hautes-Alpes.
— 8 —
GARAISON (Hautes-Pyrénées;^. Bibliothèque du pensionnat Notre-Dame.
M. Garde, manufacturier, à Paris.
M. Garreau (Maurice), notaire, à Langou (Gironde).
M. Garrisson-Lacoste, nég', président du Tribunal de commerce, à Montauban.
M. Garrisson-Sol (Adrien), propriétaire, à Montauban.
M. Gary (Léopold), ingénieur civil, à Lagrasse (Aude).
M. Gasc, ancien conseiller d'Etat, ancien député, à Toulouse.
M. Gasc, propriétaire, à Paris.
M. DE Gauléjac, docteur en médecine, à Agen.
M. Gay (Alfred), substitut du procureur de la République, à Toulouse.
M. Gazel, président du Tribunal civil, à Limoux.
M. Georg (Henri), libraire, à Lyon (3 exemplaires).
M. Germain (Constant), avocat, à Toulouse.
M. Gesta (Louis-Victor), artiste peintre-verrier, à Toulouse.
M. GiLLARD, docteur en droit, avocat, à Castelsarrasin.
M. de Ginestet (Gustave), propriétaire, à Béziers.
M. DE LA Ginestière (Léon), propriétaire, à Trébas (Tarn).
M. Girard, ancien sous-préfet, à Cette (Hérault).
M. de Girard (Paul), propriétaire, à Montpellier.
M. GiRAUD, négociant, à Grenoble.
M. GiRAUD, chef de division à la Préfecture, à Montauban.
M. DE Gironde, propriétaire, à Montauban.
M. GiRONis DU Floquet, propriétaire, à Toulouse.
M. GlANDY, négociant, à Saint-Geniez (Aveyron).
M. Gleyses, membre du Conseil général, à Lavelanet (Haute-Garonne).
M. Gleyses (Etienne), propriétaire à Azillanet (Hérault).
M. l'abbé GoiFFON, prêtre, aumônier, à Nimes.
M. le baron DE GoNDRECOURT, général de division, à Paris.
M. GoULARD, avocat-agréé au Tribunal de commerce, à Toulouse.
M. GouNELLE (Alfred), négociant, à Marseille.
M. Goupil, ancien conseiller d'Etat, à Paris.
M. GoURDON (Louis), négociant, à Marseille.
M. le baron DE GouTTES. LagraVE, au château de Lagrave (Tarn).
M. Grand (Victor), employé des lignes télégraphiques, à Toulouse.
M. l'abbé GrANDOU, aumônier du Collège, à Figeac.
M. Granel (Jean-Auguste-Frédéric), avocat, à Gourgazaud (Hérault).
M. Granier de Cassagnac (Adolphe), député, à Paris.
M. l'abbé Granier de CassAGNAC, ancien principal de Collège, à Perpignan.
M. Granier-Faulquier, négociant, à Montpellier.
M. Granier (Jean), libraire, à Castres.
M. Grellet-Balguerie, juge au Tribunal civil, à Lavaur.
M. l'abbé Griet, prêtre, à Paris-Ménilmontant.
M. Griffe (François), avocat, à Carcassonne.
M. GuiBAL (Armand), président du Cercle du commerce, à Castres.
M. GuiLHEM (Emmanuel), propriétaire, à Venerque (Haute-Garonne).
M. DE GuiRiNGAUD (Ernest), propriétaire, à Castelsarrasin.
M. GuizoT, de l'Académie française, ancien ministre, à Paris.
MM. Hachette & O^, éditeurs, à Paris.
M. Hamel, ancien professeur de la Faculté des Lettres, à Toulouse.
M. Hébrard (Adrien), directeur du Temps, à Paris.
M. d'Hébray (Joseph), rentier, à Toulouse.
M. DE Heredia, propriétaire, à Paris.
— 9 —
M. HoMS (Louis), négociant, à Castres.
M. DES HouRS (Louis), sous-préfet, à Dax.
M. Hue (Jules), négociant, à Toulouse.
M. d'Hugues, professeur à la Faculté des Lettres, à Toulouse.
M. HUMBERT (Gustave), professeur à la Faculté de Droit, sénateur, à Toulouse.
M. Jacotin (Antoine), ancien élève de l'École des Chartes, au Puy-en-Velai.
M. Jacquemet, docteur & professeur agrégé à la Faculté de Médecine, à Montpellier.
M. l'abbé Jalabert, vicaire à la cathédrale, à Pamiers.
M. Jammes, ancien député, à Mazamet (Tarn).
M. Janot (Aimé), docteur en médecine, à Narbonne.
M. JeANJEAN, propriétaire, à Béziers.
M. Jeanjean (Félix), avoué, à Lodève.
M. JoHNSTON, ancien député, à Bordeaux.
M'"^ JouGLA, Salon de lecture, à Toulouse.
M. JourdaN (Joseph), négociant, à Lodève.
M. l'abbé Jourde, vicaire, à Cambourtil (Tarn).
M. le baron DE JuiLLAC, au château d'Odars (Haute-Garonne).
M. de Juvenel (Xavier), à Pézénas (Hérault).
M. KuNC (Aloys), maître de chapelle de la métropole, à Toulouse.
M. Labesque, docteur en médecine, à Agen.
M. Lacadé (Adolphe), juge au Tribunal civil, à Mont-de-Marsan.
M. Lacadé (Charles), notaire, à Lourdes (Hautes-Pyrénées).
M. DE Lacger (Gabriel), propriétaire, au château de Clôt (Tarn).
M. Lachenal, receveur particulier des Finances, à Brioude.
M. LacointA (Jules), direct, des affaires criminelles au Ministère de la Justice, à Paris.
M. l'abbé Lacombe, curé, à Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn).
M. Lacroix, banquier, à Montréjeau (Haute-Garonne).
M. Lacroix (Eugène), avoué, à Millau.
M. Lacroix (Léon), avocat, à Espalion.
M. Lafargue (Charles), chef de division à la Préfecture, à Agen.
M. DE Lafitte-Lajoannenque, membre du Conseil général, à Astaffort (Lot-&-Gar.).
M. Lafont, officier supérieur en retraite, à Villemur (Haute-Garonne).
M. Laforgue (Camille), propriétaire, à Quarante (Hérault).
M. DE LagaRCIE (Léon), percepteur, à la Salvetat-Peyralès (Aveyron).
M. Lagarrigue, notaire, à Cahors.
M. Lagarrigue (Fernand), consul, à Nice.
M. LamARQUE, ancien préfet, au château de Sermet (Dordogne).
M. Lambert (Alexandre), rentier, à Paris.
M. DE Lamberterie, avocat, ancien député, à Versailles.
M. DE Lamorte Félines, propriétaire, à Die.
M. DE Lamothe, archiviste du département du Gard, à Nimes.
M. Landes (Casimir), propriétaire, à Toulouse.
M. DE LanefraNQUE (Adolphe), maître imprimeur, à Bordeaux.
M. Lannes (Jean), avocat-avoué, à Toulouse.
M. DE Lapasse (Fernand), propriétaire, à Toulouse.
M. Lapeyre (Louis), chef d'institution, à Castres.
M. Lapeyre (Nestor), avocat, à Lourdes (Hautes-Pyrénées).
MM. Laplace, Sanchez & C'<2, éditeurs, à Paris.
M. LaplaGNE-Barris, conseiller à la Cour d'appel, à Paris.
M. l'abbé DE Laportalière, curé de la Dalbade, à Toulouse.
M. DE Larboust (Urbain), propriétaire, à Betbèze (Hautes-Pyrénées).
M. Laroche (Théodore), avocat, à Agen.
lO
M. Larquet (Jean-Marie-Alexandre), commandant de recrutement, à Toulouse.
M. l'abbé Larramiau, curé-doyen, à Argelès.
M. Larrieu, propriétaire, à Cazères (Haute-Garonne).
M. Larue, chef d'institution, à Montpellier.
M. Lassalle (Louis), professeur au Lycée, à Toulouse.
M. le baron DE Lassus, ancien député, à Montréjeau (Haute-Garonne).
M. Lasvignes, membre du Conseil général, à Touille (Haute-Garonne).
M. Latou, notaire, à Toulouse.
M. le comte Latour du Moulin, ancien député, à Paris.
M. l'abbé Latour de Noé, prêtre, à Toulouse.
M. Latrobe, imprimeur-libraire, à Perpignan.
M. Laugier, conservateur du Cabinet des médailles, à Marseille.
M. Laumond-Peyronnet, avocat, à Toulouse.
M. Lauque, propriétaire, à Mirepeisset (Hérault).
M. de Laval, baron d'Arlempde, à Roanne.
LAVAUR. Bibliothèque de la Ville.
M. Lavergne (Adrien), propriétaire, à Castillon (Gers).
M. Lavergne (Edmond), négociant, à Montauban.
M. Lemoigne, libraire-commissionnaire, à Paris.
M. LÉOTARD, ex-sous-bibliothécaire de la ville de Montpellier, à Paulhan (Hérault).
M. Lespinasse de Saune, avocat, à Toulouse.
M. DE Lestapis (Jules), sénateur, à Lacq (Basses-Pyrénées).
M. DE Lestapis (Henri-Pierre), substitut, à Mont-de-Marsan.
M. Lestrade (Alfred), docteur en droit, à Toulouse.
M. le duc de Lévis Mirepoix, au château de Léran (Ariége).
M. le comte DE LÉvis Mirepoix, à Paris.
M. LiEBER, négociant, à Béziers.
M. LiGER, directeur d'assurances, à Toulouse.
M. DE LiMAiRAC (Alfred), sénateur, au château d'Ardus (Tarn-&-Garonne).
M. DE LiMAiRAC (Charles), propriétaire, à Castres.
M. LiNAS (Louis), licencié en droit, à Toulouse.
M. DE LoNCHAMP (Louis), capitaine de cavalerie en retraite, à Castres.
M. Longuelane, libraire, à Narbonne.
M. LuRGUiE, avocat, membre du Conseil général, à Cahors.
T YON i Bibliothèque du Palais des Arts.
( Bibliothèque de la Ville.
M. DE Madron (Henri), propriétaire, à Cadalen (Tarn).
M. Magen, secrétaire perpétuel de la Société d'Agriculture, Sciences & Arts, à Agen.
M. Maistre (Jules), propriétaire, à Villeneuvette (Hérault).
M. DE Maleville (Léon), sénateur, ancien ministre, à Montauban.
M. Mallye (Jules), docteur en droit, à Brioude.
M. Malphettes (Emile), fondé de pouvoirs de M. le Trésorier général, à Albi.
M. Mame (Alfred), éditeur, à Tours.
M. de Manas aîné, maire, à Beaumont-de-Lomagne (Tarn-&-Garonne).
M. Mandrot (Bernard), archiviste-paléographe, à Paris.
M"^ Manent (Caroline), rentière, à Toulouse.
M. l'abbé Marcorelles, directeur de l'institution Sainte-Marie, à Rodez.
M. Mares (Henri), correspondant de l'Institut, à Montpellier.
M. DE Marion-Brésillac, juge au Tribunal civil, à Toulouse.
M. Marques (Joseph), avocat, à Cahors.
M. Marqueyret (Emile), avocat, à Montauban.
MARSEILLE. Cercle des Phocéens.
— II —
M. Martel (Alexandre), propriétaire, au château de Cassaii (Hérault).
M. Martin (Flavien), avocat, à Castres.
M. Martin (Joseph), propriétaire, à Bézicrs. • "
M. Martin (Martial), juge au Tribunal civil, à Saint-Gaudens.
M. Marty (Alfred), filateur, à Montauban.
M. Maruéjouls (Emile), membre du Conseil général de l'Aveyron, à Villefranchc.
M. DE Mas Latrie, chef de section aux Archives nationales, à Paris.
M. DE Massif de BouillaRGUES (Louis), propriétaire, à Nimes.
M. le marquis DE LA Tour-Maubourg, au château de Maubourg (Haute-Loire).
M. l'abbé MaupomÉ (François), aumônier du pensionnat Saint-Joseph, à Toulouse.
M. l'abbé Mauri, vicaire, à Mèze (Hérault).
MAZAMET (Tarn). Bibliothèque consistoriale.
M. Mazas (Etienne), propriétaire, à Lavaur.
M"" Mazens (Eulalie), maîtresse de pension, à Toulouse.
M. Mazet (Charles), chef d'institution, à Montpellier.
M. Mazuc (Emile), propriétaire, au château de Roquelune (Hérault).
M. l'abbé Meilhou, curé, à Saint-Jory (Haute-Garonne).
M. Meinadier, colonel d'artillerie, membre du Conseil général du Gard, à Versailles.
f Archives du département de la Lozère.
MENDE Bibliothèque de l'Évêché.
( Société d'Agriculture, Sciences & Arts de la Lozère.
MM. Michel & Médan, libraires, à Agen.
M. Micolon (Claude-Frédéric), expert-géomètre, à Yssingeaux.
M. MiGNET, de l'Académie française, à Paris.
M. MiGNOT, pharmacien, à Saint-Nicolas-de-la-Grave (Tarn-&-Garonne).
M. Mila de Cabarieu, ancien préfet, à Montauban.
M. MillièS-Lacroix, pharmacien, à Montauban.
M. du MiraL (Alban), propriétaire, à Montauban.
M. Molinier, prof, à la Faculté de Droit, membre du Conseil général, à Toulouse.
M. de Moly (Henry), président du Tribunal civil, à Foix.
MONGRÉ (Rhône). Bibliothèque de l'École libre.
M. MONIER, ancien principal de collège, à Pamiers.
M. Monod, propriétaire, à Paris.
M. le comte G. DE Monsabert, propriétaire, à Toulouse.
M. l'abbé Montagne, curé de Notre-Dame-du-Taur, à Toulouse.
\An\iTATTTiAXi i Archives du département de Tarn-&-Garonne.
( Bibliothèque de 1 Lveché.
M. DE Montazet (Charles), ancien sous-préfet, à Toulouse.
M. de Montbrison (Georges), au château de Saint-Roch (Tarn-&-Garonne).
M. DE Montbrison (Philippe), au château de Montbrison (Tarn-&-Garonne).
M. MoNTEL, négociant, juge au Tribunal de commerce, à Montpellier.
M. Montés, chef d'institution, à Carcassonne.
M. MoNTHiEU (Camille), agriculteur, à Cazères (Haute-Garonne).
M. DE MoNTMAUR (Paul), au château d'Estournel (Lot).
MONTPELLIER. Bibliothèque de la Ville.
M. le comte DE Montratier-Parazols, à la Baronnie (Tarn-&-Garonne).
M. DE MoNTVAiLLANT, maire, à Anduze (Gard).
M. MoRANDiÈRE, propriétaire, juge suppléant, à Jonzac.
M. MOREL, membre de plusieurs sociétés savantes, à Saint-Gaudens.
M. DE MoRTEAUX, propriétaire, à Labastide-de-Sérou (Ariége).
M"'*' la comtesse DE Mosbourg, au château des Bouyssès (Lot).
M. Moula, négociant, à Carcassonne.
MOULINS. Bibliothèque de la Ville.
M. MoURGUES, notaire, maire, à Tayrac (Lot-&-Garonne).
MOUTIERS (Savoie). Académie de La Val d'Isère.
M. le comte MuRAT (Joachim), député, à Paris.
NARBONNE S Bibliothèque de la Ville.
( Commission archéologique.
M. le comte DE Narbonne, propriétaire, à Castelsarrasin.
M. Narbonnès, avocat, à Narbonne.
M. DE Naurois (Auguste), propriétaire, à Toulouse.
M. Naves, notaire, membre du Conseil général, au Fousseret (Haute-Garonne).
M. Nicolas, professeur à la Faculté de Théologie, à Montauban.
vTT»/n-'c ( Bibliothèque de l'Evèché.
NIMES „.. ,. , , ^ , , ,,.,,
( Bibliothèque de la Ville.
M. Noguier, avocat, à Béziers.
M. Noubel (Henri), sénateur, à Agen.
MM. NuRET & fils, imprimeurs-libraires, à Châteauroux.
M. l'abbé Olive, curé, à Cabanial (Haute-Garonne).
M. DE l'Orme, propriétaire, à La Rouvière (Gard).
M. OuDiN (Henri), éditeur, à Poitiers.
M. d'Ounous (Louis), propriétaire, à Sabarat (Ariége).
PALMA (Iles Baléares). Bibliothèque de la Ville.
( Bibliothèque de l'Evèché.
PAMIERS j Bibliothèque du Petit Séminaire.
( Bibliothèque de la Ville.
M. le marquis DE PANAT (Samuel), à Toulouse.
[ Archives nationales.
uTc ) MiiT^istère de l'Instruction publique (20 exemplaires).
PARIS j Cercle de l'Union.
[ Société de l'histoire du Protestantisme français.
M. Paris (Emile), banquier, à Pamiers.
M. DE Parisot DE LA BoissE, propriétaire, à Montpellier.
M. ParrAN, ingénieur des Mines, à Paris.
M. Pascal, ancien préfet, à Bordeaux.
M. DE Passemar, vicomte de Saint-André, au château de Saint-André (Tarn).
M. Patot (Gustave), chef d'institution libre, à Marseille.
p. jT ( Archives du département des Basses-Pyrénées.
I Bibliothèque de la Ville.
M. PauilhAN, notaire, à Pézénas (Hérault).
M. Paulhac (Léon), négociant, à Toulouse.
M. l'abbé Pauthe, curé, à Viviers-les-Montagnes (Tarn).
M. PÉGOT, docteur en médecine, à Toulouse.
M. Pelet de Lautrec (Michel-Adolp.);, lieutenant-col., au chat, de Briord (L.-Inf.).
M. PÉLISSIÉ, sous-préfet, à Marmande.
M. le comte DU Peloux de Saint-RomAin, à Saint-Didier (Haute-Loire). i^
M. PenCHENIER (Auguste), propriétaire, à Bagnols (Gard).
M. PendariÈS, libraire, à Carcassonne.
M. l'abbé PÊNE, chanoine honoraire, supérieur du Collège^ à Bagnères-de-Bigorre.
M. Penent (Louis), ancien notaire, à Cazères (Haute-Garonne).
M. PÉRIÈS LabARTHE, propriétaire, au Mas-Grenier (Tarn-&-Garonne).
PERPIGNAN. Bibliothèque de la Ville.
M. PeyrANE, graveur en caractères, à Toulouse.
M. Peyre (Xavier), maire, à Bédarieux (Hérault).
— i3 —
M. le comte DE Peytes DE Montcabrier (Gustave), à Réalmont (Tarn).
M. Pi (Honoré), ingénieur civil, à Cosprons (Pyrénées-Orientales).
M. le baron DE PiGACHE Sainte-Marie, propriétaire, à Toulouse.
M. Pin (Paul-Emile), avocat, à Alais.
M. le comte DE Pins (Antonin), à Toulouse.
M. Pla, inspecteur des Écoles primaires, à Carcassonne.
M. Plassan (Bruno), avocat, à Toulouse.
M. PoiNSiGNON, inspecteur d'Académie, à Châlons-sur-Marne.
M. PoMiÈS (François), imprimeur-libraire, à Carcassonne.
M. DE Pons d'Arnave (Léopold), propriétaire, à Pamiers.
M. Pontet, ancien inspecteur d'Académie, à Toulouse.
M. l'abbé PotTIER, président de la Société archéologique, à Montauban.
M. l'abbé DE Pous, vicaire général, à Toulouse.
M. PradaL (M.-J.-L.), propriétaire, à Béziers.
M. PraDEL (Charles), propriétaire, à Puylaurens'(Tarn).
M. Pradel (Emile), député, à Saint-Antoniii (Tarn-&-Garonne). •
M. le comte DE PreissAC, ancien préfet, au château de Mauvers (Tarn-&-Garonne).
M""' la comtesse DE Preissac, à Saint-Médard-de-Guizières (Gironde).
M. Privât, docteur en médecine, maire, à Campagnac (Aveyron).
M. Privât (Lambert), propriétaire, à Sévérac-le-Château (Aveyron).
M. Prom, propriétaire, ancien maire, à His (Haute-Garonne).
M. PujOL, principal de collège, à Privas.
i Société d'Agriculture, Sciences, Arts & Commerce.
Bibliothèque de l'Évèché.
Bibliothèque de la Ville.
M. le comte DE PuYSSÉGUR, au château de Lavagnac (Hérault).
M. le comte DE PuYSSÉGUR, propriétaire, à Rabastens (Tarn).
M. Py, docteur en médecine, à Narbonne.
M. l'abbé Ravary, curé de l'Immaculée-Conception, à Toulouse.
M. Ravel (Gabriel), propriétaire, à Toulouse.
M™*" la comtesse DE RAYMOND, chanoinesse, à Agen.
M. RÉDARÈS (Ernest), avocat, à Nimes.
M. Regimbeau (Jules), docteur en médecine, à Montpellier.
REIMS. Bibliothèque de l'Archevêché.
M. Reinwald & C''^, commissionnaires, à Paris.
M. DE RÉMUSAT (Paul), député, à Paris.
M. le comte DE RessÉGUIER (Fernand), à Toulouse.
M. Revelly, négociant, à Albi.
M. DE Reversât MarsaC, au château de Marsac (Tarn-&-Garonne).
M. Rey (Paul), rentier, à Nay (Basses-Pyrénées).
M. Reynis (Eugène), rédacteur de VEcho de la Province, à Toulouse.
M. RiBES (Jean), entrepreneur, à Toulouse.
M. Richard, directeur du journal le Languedocien, à Pézénas (Hérault). ^
M. Rivière (Gabriel), propriétaire, à Toulouse.
M, DE LA Rivière (Octave), propriétaire, à Castelsarrasin.
M. le baron DE Rivières, au château de Rivières (Tarn).
M. l'abbé de Roaldès, aumônier du Lycée, à Cahors.
M. le marquis DE RocHAMBEAU, au château de Rochambeau (Loir-StrCher).
r^r^r^T-rj ( BibUothèquc de l'Évèché.
RODEZ -,.,,. - ,^ , , ,7.,,
( Bibliothèque de la Ville.
M. le vicomte DE RoDEZ-BÉNAVENT, sénateur, à Montpellier.
M. RoDiÈRE (Norbert), avocat, à Toulouse.
— M —
M. Roque (Gabriel-E.), brasseur, à Béziers.
M. DE RoQUEFEUiLLE, à Versailles.
M. le vicomte DE RoQUETTE-BuissoN, à Toulouse.
M. Rossignol, ancien receveur principal des Contributions indirectes, à Brive.
M. RoSTAING, manufacturier, à Vidalon-les-Annonay (Ardèche).
M. RouANET (Jules), propriétaire, à Castres.
M. RoucH (Armand), avocat, à Montpellier.
M. l'abbé RoucHiER, chanoine, à Viviers (Ardèche).
M. l'abbé RoUQUETTE, vicaire de Notre-Dame, à Millau.
M. RouzAUD (F.), propriétaire, à Bordeaux.
M. RoZY, professeur à la Faculté de Droit, à Toulouse.
M. Ru AU, direct, des Monnaies, memb. du Conseil général de la H^'-Garonne, à Paris.
M. DE RUBLE, à Paris.
M. SabaTIÉ (Edouard), propriétaire, à Lézignan (Aude).
M. Sabatier (Louis), libraire, à Saint-Gaudens.
M. SacaRRÈre, vice-président du Tribunal civil, à Toulouse.
M. Sacase, sénateur, à Toulouse.
M. Sagnier (Charles), négociant, à Nimes.
M. le^marquis DE Saint-Aulaire, à Périgueux.
SAINT-ÉTIENNE. Bibliothèque de la Ville.
SAINT-GAUDENS. Bibliothèque de la Ville.
M. de Saint-Lary (Fornier de), propriétaire, au château de Belbèze (Haute-Gar.).
SAINT-LAURENT-LES-BAINS (Ardèche): jBibliothèque de Notre-Dame-des-Neiges.
SAINTE-MARIE-DU-DÉSERT (Haute-Garonne). Bibliothèque de la Trappe.
SAINT-PE (Hautes-Pyrénées). Bibliothèque du Petit Séminaire.
M. DE Saint-Sernin, propriétaire, à Dieupentale (Tarn-&-Garonne).
M. Saltel, ancien greffier, à Espalion.
M. Sandral, principal du Collège, à Saint-Gaudens.
M. Sarding (Dominique), propriétaire, à Ramonville (Haute-Garonne).
M. le vicomte DE Sarret, à Béziers.
M. le baron Sarrut (Germain), conseiller à la Cour d'appel, à Toulouse.
M. Sarthe, libraire^ à Luchon (Haute-Garonne).
M. Satgé, négociant, à Carcassonne.
M. Saubot-Damborgez, avocat, ancien préfet, à Paris.
M. DE LA Saussaye, ancien recteur de Lyon.
M. Sauton, libraire, à Paris (2 exemplaires).
M. DU Sauzey (Eugène), licencié en droit, à Roanne.
M. le baron DE ScALiBERT, propriétaire, à Toulouse.
M. ScHiCKLER, président de la Société du Protestantisme français, à Paris.
M. DE ScoRBiAC, propriétaire, au château de Barbet-Lombez (Gers),
M. DE ScoRBiAC (Jean), propriétaire, à Montauban.
M. SÉBE (Casimir), propriétaire, à Cazouls-les-Béziers (Hérault).
M. SÉGUEVESSES (Charles), propriétaire, à Carcassonne.
M. Seguin, libraire, à Montpellier.
M. SeinARD (Joseph-Adolphe), propriétaire, à Alais.
M. Sérilhac, docteur en médecine, à Lamothe-Cumont (Tarn-&-Garonne).
M. Serin, curé, à Labastide-de-Lévis (Tarn).
M"*^ SerpANTIÉ (Sylvie), rentière, à Campagnac (Aveyron).
M. Sers, propriétaire, à Troupiac (Tarn).
M. Serville (Henry), avocat, à Toulouse.
M. DE SÉVÉRAC, maire, à Saint-Félix (Haute-Garonne).
M. Simon, ingénieur admin"" délégué de la C'*^ des Mines de Graissessac, à Montpellier.
i5 —
SOLESMES (Sarthe). Bibliothèque du couvent des Bénédictins.
M. DE Sorbier de la. 'Fourrasse, notaire, à Valence-d'Agen (Tarn-&-Garonne).
SpRÈZE (Tarn). Bibliothèque de l'École.
M. le baron de Soubeyran, député, à Paris.
M. Soulages (Gabriel), propriétaire, à Albi.
M. l'abbé SouPAiRAC, curé, à Creissan (Hérault).
M. StewART, propriétaire, à Londres.
M. SuRAN aîné, fondé de pouvoirs de M. le Trésorier général, à Toulouse.
M. TalaBOT, ancien député, à Paris.
M. Talon, ancien sous-préfet, à Saint-Geniez-d'Olt (Aveyron).
M. Talou (Léon), avoué, à Cahors.
M. Tamisey de Larroque, correspondant de l'Institut, à Gontaud (Lot-&-Garonne).
M. TeissiÉ (Eugène), propriétaire, à Toulouse.
M. l'abbé Terres, curé, à Tramesaigues (Haute-Garonne).
M. Teulade (Marc), propriétaire, à Toulouse.
M. TÉZENAS du Montcel, courtier en soie, à Saint-Etienne.
M. ThÈRON, notaire, à Lézignan (Aude).
M. ThÈRON (Emile), notaire, à Labastide-de-Lévis (Tarn).
M. Théveneau (Louis), propriétaire, à Béziers.
M. ThéVENIN (Louis), banquier, à Saint-Gaudens.
M. Thiers, de l'Académie française, ancien président de la République, à Paris.
M. Thomas, inspecf principal de Pexploitation des chemins de fer du Midi, à Toulouse.
M. Thomas (Edouard), sous-directeur secrétaire de la Santé, à Cette (Hérault).
M. Thomas (Émile-Paul), à Mèze (Hérault).
M. Thorin (Ernest), éditeur, à Paris.
M. TissiÉ-Sarrus (Louis), banquier, à Montpellier.
M. DE Tonnac-Villeneuve, propriétaire, à Gaillac-sur-Tarn.
Académie des Sciences, Inscriptions & Belles-Lettres.
Archives du département de la Haute-Garonne.
Bibliothèque de l'Archevêché.
Bibliothèque des Bons Livres.
Bibliothèque du Calvaire.
Bibliothèque de la Cour d'appel.
Bibliothèque de l'École Sainte-Marie.
Bibliothèque de la Faculté de Droit.
Bibliothèque de la Faculté des Lettres.
Bibliothè(jiie de la Faculté des Sciences.
Bibliothè(jue du Lycée.
Bibliothèque des RR. PP. Jésuites.
Bibliothèque de la Ville.
Le Salon des Arts.
Société Archéologique du Midi de la France.
Succursale du Petit Séminaire.
M. le marquis DE LA ToURRETTE, ancien député, à Tournon.
M. le baron DE Tourtoulon (Charles), propriétaire, à Montpellier.
M. le comte DE TrAVANET, éditeur, à Paris. /'
M. l'abbé DE Trémolières, prêtre, à Toulouse.
M. Trémollières, propriétaire, à Moussan (Aude).
M. Tron, député, membre du Conseil général, maire, à Luchon (Haute-Garonne).
M. l'abbé TusTET, archiprêtre, à Foix.
M. VA"isSE-ClBiEL père, ancien membre du Conseil général, à Nègrepelisse (T.-&-G.).
M. DE Vaissete (Aimé), propriétaire, à Brens (Tarn).
TOULOUSE
— i6 —
M. DE ValaDA (Calixte), propriétaire, à Réalville (Tarn-&-Garonne).
M. le vicomte DE Valady (Casimir), propriétaire, à Toulouse.
M. DE Valady (Eugène), avocat, à Rodez.
M. Valette, docteur en médecine, à Montpellier.
M. DE Vallat (Charles), propriétaire, à Sévérac-le-Château (Aveyron).
M. DE Valon (Arthur), député, à Cahors.
M. l'abbé DE Vassal, curé, à Saint-Martial (Tarn-&-Garonne).
M. Verdier (Auguste), propriétaire, à Toulouse.
M. Verdier (Gabriel), avocat, à Nimes.
M. Vergnes (Ferdinand), notaire, à Carcassonne.
M. Vernazobres (César-Jean), propriétaire, à Bédarieux (Hérault).
M. Vernazobres (Henri), propriétaire, à Bédarieux (Hérault).
M. Vernhes (Emile), docteur en médecine, à Béziers.
M. Vernière (Antoine), à Brioude.
M. le vicomte DE Vesins (Élie), au château de Vesins (Aveyron).
M. DE Veye (Gérard), à Toulouse.
M. ViALLA (Louis), président de la Société d'Agriculture, à Montpellier.
M. ViENNET (Alphonse), ancien receveur des Finances, à Salies (Hérault).
M. ViGUiÉ, président du Consistoire, à Nimes.
M. ViOLLET-LE-Duc, architecte, à Paris,
M. ViREMONDOY, juge au Tribunal civil, à Agen.
M. VlTALis (Lucien), député, à Lodève.
M. le comte DE VOGUÉ, membre de l'Institut, à Paris.
M. DE Voisins Lavernière (Etienne), sénateur, à Lavaur.
M. Wallon (Edouard), docteur en droit, à Montauban.
M. Yarz (Raoul), négociant, à Toulouse.
Toulouse, 1870-1876.
TOULOUSE, TYPOGRAPHIE PAUL PRIVAT, RUE TRIPIERE, 9.
I
DC
611
L298V5
1872
t.2
Vie, Claude de
Histoire générale de
Languedoc avec des notes
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